L'arrivée en Birmanie

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OP
Depuis plusieurs années que je rêvais de la Birmanie. Adolescent, j'avais entendu les dix dernières minutes d'une émission radio parlant de ses richesses. C'était en voiture et il pleuvait, je m'en souviens très bien Incapable de situer ce pays sur une carte et pourtant, ça me faisait rêver!

Quelques années plus tard, j'y suis enfin. Après un long transit à Bangkok consacré à somnoler, j'arrive à Yangon alors que la nuit tombe. Du ciel, une mosaïque de vert, de brun. Partout de l'eau. A la descente de l'avion, un vieux bus nous attend. Il dégage une fumée noire, qui sent l'essence de mauvaise qualité, plus lourde, plus étouffante. Nous sommes déposé devant le Hall. La nuit est chaude, moite. Après être passé devant une sorte de scanner, pour voir si je ne suis pas fiévreux, je me dirige vers le comptoir pour les étrangers. Il n'y a pas d'attente, peu d'étrangers, trois occidentaux. La femme vise mon visa, tout est en règle évidemment. Pas de sourire, mais bon, c'est pas son rôle.

Il n'y a pas beaucoup de monde dans cet aéroport. Après avoir récupéré mon sac de huit kilos, je me dirige vers mon hôte. Il porte la pancarte de la Guest House. Les quelques birmans, attendant des proches, portent tous le longyi. C'est très gracieux. Tout est calme dans cet aéroport, on se dirait dans une bibliothèque.

Dans la nuit, nous traversons la ville dans une vielle voiture bleu ciel. La fenêtre ne ferme plus, ça fait de l'air. Il y a très peu de circulation. Les voitures que je croise ont tantôt le volant à droite, tantôt à gauche. Quelques secondes, j'aperçois une grande lumière dorée à travers les grands arbres qui longent la route. C'est la pagode Schwedagon. J'y viendrai demain...

On arrive en peu de temps à l'hôtel. Je suis reçu par deux filles magnifiques. On me me montre ma chambre, m'explique le fonctionnement du ventilateur. Tout est nickel et je le fais remarquer quand on me demande si ça va. La peinture est encore fraîche, tout a été refait récemment.Il est dix heures environ, je suis fatigué, je ne veux pas sortir. Je descend au restaurant de l'hôtel. Le jeune serveur est plein d'humour, il deviendra un vrai complice. Nous somme quatre dans cet hôtel: un américain d'origine coréenne qui commerce du bois, un allemande qui donne des cours d'allemand et une finlandaise dépressive qui revient après un court retour dans son pays. Ils sont tous trois au restaurant. Le commercial est seul, nous ne parlerons que très peu. Il s'ennuie à mourir, ne sort que pour rencontrer ses fournisseurs, trouve les birmans barbare, incultes. Il préférait l'Afrique.

Je discute un peu avec les deux autres. Elles me mettent en garde contre la Birmanie: un pays de merde qu'elles n'arrivent pas à quitter. Elles trouvent les gens faux, les administrations épuisantes. Moi aussi épuisé, par le voyage, je monte me coucher. Mais l'excitation ne me quitte pas.

Je me réveille tôt le lendemain, bondi à la fenêtre, immédiatement. Je veux voir! Il faisait nuit à mon arrivée. Dans la rue, il y a des files de jeunes novices. Ils passent de maisons en maisons pour constituer leur repas. Celui-ci a lieu vers 10h00. Ils devront ensuite jeûner jusqu'au lendemain.

Je mange une omelette divine, dont je ne parviens pas à reproduire le goût. C'est vrai qu'il est difficile, en France, de trouver des oeufs, des tomates et des oignons birmans. Bien que je pense que le secret vient de la graisse utilisée...

Il est sept heure environ lorsque je quitte mon refuge! J'ai une grande poussée d'adrénaline. Je suis submergé par tout ce que je vois, ce que je sens, ce que j'entends. Il pleut légèrement. Je marche au hasard sans savoir où regarder. Les gens semblent me dévisager. Nous échangeons de très nombreux sourires. Les trottoirs sont très irréguliers, partout, des trous, des flaques. Je crois que mes yeux sont portés une bonne partie du temps sur mes pieds! Je m'arrête dans une rue pour contempler les étals des marchands. Je suis un enfant en train de confectionner une chique de betel.

Après une ou deux heures de marches, ça y est, j'ai réussi: je suis perdu. J'adore me perdre... J'ai 28 jours, la durée de mon visa, pour retrouver mon chemin!

Les rues deviennent plus bruyantes. La pluie tombe d'avantage. Je me réfugie quelques instants sous une porte. Quelqu'un vient me rejoindre. On échange des regards et des sourire pendant au moins une minute, sans mot. C'est long et fort. Puis nous reprenons nos routes. La mienne me conduit vers le grand marché de Yangon. Je veux changer des dollars. Très vite, un homme m'accoste. Je le sens bien et le suis donc dans son magasin. Il est encore fermé. Nous passons à quatre pattes sous le volet métallique de son commerce. Il le referme derrière nous. Je suis entouré de chemises, de chaussettes. Mon changeur est pakistanais. Il part dans l'arrière boutique et me laisse seul dans un magasin sans lumière. Je suis dans le noir, entouré de chaussettes, seul, en Birmanie. Cette idée me fait sourire...

Il réapparaît finalement avec deux liasses de billets. Je compte, me trompe, recompte... Ca doit être bon. Une poignée de main et je ressors à quatre pattes. Il ne pleut plus.
NE Nestor Veteran ·
Salut Opai!

Le récit de ton arrivée à Yangon me fait remonter de proches souvenirs. Je suis allé en Birmanie au début de l'été pour la deuxième fois et je me retrouve complètement dans ton récit. Il est difficile d'expliquer ce que l'on ressent quand on arrive dans ce pays mais tu as su retranscrire les sentiments, les odeurs, les images qui nous assaillent. C'est un voyage qui marque plus que tous les autres. C'est bien pour cela que je compte y retourner bientôt. Quant aux touristes (je ne dis pas voyageurs, volontairement) qui disent bouder Yangon, c'est que vraiment ils n'ont dû que l'effleurer et ne pas se perdre (comme tu le dis si bien) dans tous les sens du mot. Pour apprécier cette ville au-delà de ses sites connus (Sule, Shwedagon), il faut se balader dans les ruelles du côté de Thirimingala après avoir visité ce marché, manger dans un restaurant (très) local au risque de passer pour un fou aux yeux de vos amis à cheval sur l'hygiène alimentaire à qui vous raconterez cette expérience, prendre le train circulaire sous le regard étonné des locaux, se perdre au sens littéral du terme, essayer de trouver un taxi qui vous ramènera vers la paya Me La Mu sous une pluie de mousson, se "faire accrocher" par un moinillon hispanophile avec qui vous révisez votre peu d'espagnol, visiter le monastère et ses environs dudit moinillon où vous constatez de visu les terribles conditions de vie en Birmanie, "décrocher" le moinillon à qui vous promettez d'envoyer un CD audio d'enseignement espagnol, qui mettra des lustres à arriver (La Poste et la Birmanie ne faisant pas bon ménage). Ah, ces journées à Yangon, quel souffle d'air!

Ami Opai, continue sur ta lancée, t'es bien parti!
Voyagez, voyagez, il en restera toujours quelque chose!
SM Smokey Veteran ·
[;)]quelle chance tu as d'etre la bas[;)][;)][;)] smokey
appliquez vous à garder en toutes choses le juste milieu
DO Dolma Globetrotter ·
Un nouveau pays, donc une nouvelle arrivée que tu nous fais partager avec humour, désinvolture (à ton égard) et tendresse (à l'égard de ceux que tu rencontres)... C'est comme à chaque fois un bien agréable moment que nous passons en ta compagnie cher Opai.

Je suppose que les 28 jours suivants t'ont permis une belle découverte du pays et j'espère que tu nous la feras partager un jour ou l'autre.

Et puis, les chaussettes et les omelettes birmanes, c'est quand même quelque chose [;)]...

A bientôt

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
PA Parvat Globetrotter ·
Génial! vraiment génial... L'atmosphère est très bien décrite. J'ai moi aussi ADORE ce pays. Merci tout plein!!!
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
GI Ginas ·
Bonjour à tous ceux qui sont en Birmanie, Pensez-vous que je puisse emporter mon lecteur MP 3 ? On m'a dit que je risquais de me le faire confisquer tout comme les téléphones portables... Est-ce vrai pour les lescteurs MP3 ? d'avance merci pour vos réponses
Fabio et gina
TI Tinesaab Regular ·
salut non pas de souci pour ton lecteur mp3 moi j y vais tres souvent et je prend avec moi mon portable et ils me l ont jamais pris mais si tu as peur declare le comme ca tu auras aucun probleme par contre quand tu quittera le pays il faudra que te le montre sinon en birmanie il y a des lecteur mp4 ils sont trop bien j ai voulu en achetee un mais la notice et en anglais sinon ce lecteur lit les films les photos la musique sert de book enfin il et tres compler bon voyage laetitia
myanmar mon pays de coeur
IZ Izanora Regular ·
voila un petit texte bien sympathique a lire, qui laisse plein de mystere planer...
"La liberté de la graine réside dans l'accomplissement de sa nature qui est de devenir un arbre" Rabindranath Tagora
GI Ginas ·
Super merci pour le conseil je vais regarder les lecteurs mp4 tout en écoutant mon lecteur mp 3 à Yangon ! Joyeux Noêl[;)]
Fabio et gina
CL Cloti Regular ·
On nous avait dit qu'il ne fallait pas emmener de téléphone portable. Mais sur place, on a vu qu'on peut sans pb. Mon copain y est retourné avec son téléphone. Sans pb...sauf qu'il ne marchait pas de là-bas!!! Les MP3, j'en sais rien. Mais je pense que c'est pareil...
cloti

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