Escapade dans les îles du Dodécanèse: Rhodes, Symi et Kastellorizo
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INTRO

Nous n' étions pas retournés en Grèce depuis 1979 et avions alors visité la Grèce continentale, en commençant par Athènes, puis, au volant d'une voiture ( Fiat 850, assez inconfortable surtout sur les pistes caillouteuses de montagne ) étions allés dans les Météores et à Corfou. La Grèce de cette époque n' a plus rien à voir avec celle de 2019, quarante ans plus tard. Elle était déjà touristique mais sans les infrastructures hôtelières d'aujourd'hui, ce qui rendait le voyage difficile à organiser au jour le jour, les hôtels et pensions étant tous pleins ou presque. Nous n' avions pas apprécié notre séjour comme nous avons pu le faire cette fois-ci, en choisissant d'aller dans les îles et en commençant par Rhodes, seconde plus grande île grecque après la Crête. Tout avait commencé par un entretien télévisé de feu notre grand académicien Jean d'Ormesson, helléniste et érudit, et grand amoureux de la Grèce où il allait chaque année. Il avait confié au journaliste qui l'interrogeait qu'il y avait une île en particulier, Symi, proche de Rhodes, qui le fascinait toujours autant après tant d'années, pour sa beauté particulière, un concentré, selon lui, de toutes les beautés de la Grèce. J' étais alors allé chercher Symi sur une carte de Grèce, et m'étais dit que les îles de la mer Egée valaient un voyage à elles seules. Il ne restait plus qu'à faire un choix : Rhodes d'abord, puis Symi, toute proche en bateau ( ferry à l' aller et express au retour ) et puis Kastellorizo, plus au sud, plus secrète, plus grecque, moins touristique, éloignée du tourisme de masse, si proche - trop proche selon les Grecs - de la Turquie, la ville de Kas étant à 2km et demie seulement de Kastellorizo dont la Turquie actuelle et son président Erdogan, nouveau sultan, revendique la propriété en permanence, prétextant qu'elle n' est habitée que par 200 personnes l' hiver ! Du coup, le gouvernement grec maintient en permanence 400 soldats dans des tours de guet en haut des sommets qui scrutent la côte d'en face. Et puis dès 6 heures du matin, des drones ronronnent au dessus du port et des rivages de l' île, à la recherche de bateaux suspects ou malveillants, à la recherche aussi de migrants en bateau pneumatique, échappés de la côte turque et à qui l' on dit qu' Athènes se trouve de l' autre côté de l' îlot où ils accostent si la marine grecque ne les empêche pas avant. A Symi comme à Kastelorizo, les migrants résident temporairement au commissariat de police avant d'être renvoyés vers Rhodes, puis Athènes. Ils n' ont pas le droit de se déplacer dans l'île ou même aux abords du port, mais n'ont l' air ni maltraités ni malheureux.

Départ aux îles donc pour ne pas changer... Nous sommes très îliens, résidant en Polynésie. Il y a vraiment de quoi se régaler en Grèce entre les Cyclades et le Dodécanèse. nous sommes tombés amoureux de la Grèce, des Grecs, si charmants et chaleureux, des paysages splendides, de la lumière, de la nourriture. Bref, un feu d'artifice et un cocktail délicieux à partager !

UN PEU DE GEOGRAPHIE ET D'HISTOIRE Le terme ' Dodécanèse ' veut dire ' Douze îles ' en grec, et c'est vrai qu'il y a douze îles principales mais en fait presque 160 îles en tout, si l'on compte dans le lot tous les îlots inhabités. On commence par Rhodes, la plus grande, et, dans un axe sud-nord, on pourra, si on a beaucoup de temps, faire escale à Karpathos, Kassos, Symi, Tilos, Nissiros, Astypalaia, Kos, Kalymnos. Plein sud, Kastellorizo, éloignée des précédentes. Toutes ces îles à la position stratégique sont proches des côtes d'Asie Mineure et ont constitué, dès l' Antiquité, un carrefour de civilisations, l'apogée de cet âge d'or se situant au 3ème siècle avant JC. Puis ce fut l' arrivée du Christianisme au 1er siècle de notre ère, et l' on notera le passage de Saint Paul à Rhodes et Kos, et celui de Saint Jean l' Evangéliste à Patmos où il rédigea l' Apocalypse. Ensuite, c' est un peu la tourmente avec les invasions successives des Perses, des Arabes, des Vénitiens, des Croisés, et, en 1522, des Turcs qui feront régner l' ordre ottoman sur la grande région pendant quasiment quatre siècles sans interruption, jusqu'à l' arrivée des Italiens en 1912 ! L' occupation turque et son cortège d'atrocités ( 1 million de Grecs décimés au début du 20ème siècle pour ne citer qu'un épisode tragique ) a laissé de mauvais souvenirs ici, et l' on se méfie toujours du grand voisin qui a tenté d'annihiler la culture et l' âme grecques. Les touristes turcs aiment venir en Grèce, on les y tolère... En revanche, le président Erdogan fait l' objet d'une intense détestation ! L' Etat grec nait officiellement en 1821 après une guerre d'indépendance, mais le Dodécanèse demeure sous le joug turc. L' ensemble de l' archipel sera rattaché à la Grèce en 1948 à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

UN PEU DE MYTHOLOGIE Rhodes était dédiée au dieu solaire Hélios. Selon le mythe, Hélios tomba amoureux fou de la nymphe Rhodes. S'approchant d'elle, il la réchauffa de ses rayons, et elle devint une île. Hélios et Rhodes eurent huit enfants, sept fils et une fille. Le second fils nommé Kerkafos devint à son tour père de trois garçons, Kamiros, Ialissos et Lindos qui sont aujourd'hui les trois plus importantes villes de Rhodes. le terme Rhodes signifie ' la rose ' en hommage à l'une des îles les plus fleuries de la région, et connue comme telle depuis l'Antiquité.

UN PEU... OU BEAUCOUP DE SISMICITE ? La Grèce a de tout temps été sujette aux tremblements de terre, plus ou moins violents, plus ou moins destructeurs. L 'un des plus importants fut celui de 226 avant JC qui fit s'effondrer sur lui-même le fameux Colosse de Rhodes, pourtant fait de bronze, quelques années après son érection à l' entrée du port de la cité ancienne. En 1481, un autre séisme détruisit la plus grande partie de la ville en quelques instants. Deux autres séismes sont dans les annales : l'un qui survint en 1926 et le dernier en juillet 2008, heureusement de magnitude plus faible que les autres et qui ne fit que des dégâts mineurs sur des bâtiments anciens de la ville médiévale.

RHODES : DES CHEVALIERS AU TOURISME MODERNE Le terme 'Rhodes ' désigne à la fois l' île et sa capitale. L' île, avec son patrimoine exceptionnel, est un concentré de cette histoire millénaire si riche et variée et un mélange d'Orient et d'Occident tout à fait étonnant et fascinant. En arrivant à Rhodes -Ville, on est tout de suite plongé dans l' ambiance médiévale des Chevaliers de l' Ordre de St Jean qui construisirent le bourg médiéval en 1309 et l' entourèrent de murailles fortifiées impressionnantes. Celles-ci protègent des palais, des mosquées, des églises. La ville fut originellement fondée en 408 avant JC, construite d'après les plans et selon le tracé quasi parfait d'un célèbre urbaniste de l' époque, Hippodamos de Milet. Elle acquit rapidement une importance géostratégique en favorisant les communications en Méditerranée et en combattant impitoyablement les pirates qui infestaient la région depuis toujours. Ce qu'on retiendra de l' histoire de Rhodes, c'est son rayonnement artistique, philosophique et culturel, magnifié par deux oeuvres uniques : le Colosse, statue en bronze de plus de 30 m de haut qui honorait Hélios, le dieu-soleil et qui se trouvait à l' entrée du port ( elle n' y est hélas plus ! ) et la Victoire de Samothrace que l'on peut admirer au Louvre à Paris. Ce rayonnement était tel qu'il attira en son temps des personnages illustres tels Jules César ou Lucrèce, mais aussi des moins recommandables tels Gaius Cassius, l' assassin de César qui pilla la ville et emporta tous les chefs d'oeuvre qu'il put dérober à Rome. Rhodes perd de son influence, devient une simple préfecture de l' empire romain, puis est rattachée à l' empire byzantin, et ensuite traverse une période de troubles et de pillages incessants pendant dix siècles, passe sous contrôle de Gênes et des Croisés, est vendue aux Chevaliers en 1309, est assiégée puis vaincue par les Turcs qui occuperont l' île pendant presque quatre siècles. Colonie italienne en 1912, Rhodes redevient enfin grecque après la Seconde Guerre Mondiale. La vieille ville médiévale est classée au patrimoine mondial de l' Unesco depuis 1988. Les remparts, agrémentés de tours ornées et de bastions, et cernés d'anciennes douves, sont dans un état exceptionnel, percés de onze grandes portes, dont celle d'Amboise ( du nom du frère du cardinal d'Ambroise, ministre de Louis XIII ), tout près du Palais des Grands Maîtres. On évitera, si possible, les deux rues hyper touristiques du centre. Elles sont bondées de touristes attirés par des échoppes sans grand interêt et vendant des produits made in China. Bref, ce que le tourisme de masse peut générer de plus laid et de plus toxique ! Ceci étant dit, on peut rapidement trouver des placettes et venelles tranquilles et apprécier la vieille ville autrement. On visitera donc la vieille ville, le port de Mandraki, et la ville neuve qui ne manque pas d'interêt si l' on veut voir et savoir comment vivent les Grecs : rues commerçantes, petits hôtels, tavernes où l' on mange divinement pour le tiers du prix demandé en ville, quartiers résidentiels, bâtiments officiels plus récents d'architecture néo-classique dite fasciste et puis, quand même, le théâtre antique ainsi que le stade et ses gradins en parfait état, et les temples dédiés à Zeus et à Hera.

DETAILS PRATIQUES

Vols Air France de Montpellier à Athènes via Paris CDG, puis Olympic Air / Aegean jusqu'à Rhodes. Une heure de vol. Nous n' avons que des compliments à faire à la compagnie nationale grecque qui assure son service avec professionnalisme et à l' heure. Bien sur, il y a beaucoup d'autres compagnies qui desservent Athènes ou Rhodes directement. L' aéroport est vite à saturation en pleine saison touristique ( ce n' était pas le cas en juin ) avec une centaine de vols quotidiens, dont neuf dixièmes sont des low-costs. Beaucoup de touristes russes, scandinaves, britanniques ( ces derniers envahissent et dénaturent Kos ) et chinois également ( plus branchés sur Santorin que Rhodes, semble-t-il ). Séjour à Rhodes ( en centre -ville pour des raisons pratiques ), puis à Symi - où il faut impérativement loger au moins une nuit pour profiter du port avant l' arrivée en bateau des touristes à la journée et après leur départ en fin d'après-midi ) puis à Rhodes de nouveau ( une nuit d'escale ), puis Kastellorizo, et enfin Rhodes à loisir, hors capitale, sur ses deux côtes, avec base à Gennadi dans le sud est. Pour ce dernier séjour, nous avons loué une voiture à l' aéroport, à l' agence HERTZ. Service impeccable. Ils sont même venus - sans facturer le déplacement - chercher la voiture à l' hôtel le dernier jour comme je l' avais souhaité, pour éviter les tracas de retour du véhicule à l' aéroport.

Carte routière d'origine allemande Reise de qualité impeccable. HERTZ a aussi fourni une carte indiquant les emplacements stratégiques des stations-service. Très utile surtout en fin de séjour. Attention, le carburant est cher, plus cher qu'en France. Compter de 1euro 70 à 1euro 90 par litre.

Guides du Routard et du Petit Futé.

Prévoir suffisamment d' argent liquide, en tout cas plus qu'en France, si on ne veut pas avoir des problèmes d'utilisation de cartes de crédit. De toute façon, les Grecs se méfient plutôt de leurs banques... Contrairement à des idées reçues, les îles se sont plutôt bien sorties de la crise économique, d'abord parce qu'elles sont une destination de choix et que la Grèce est belle et attirante partout, mais surtout dans les îles, également parce que la TVA y était quasi inexistante jusqu'en 2016. Bruxelles a imposé au gouvernement grec de faire payer aussi les îliens comme les continentaux, ce qui n' était sans doute que justice. Résultat : les Grecs ont privilégié le bas de laine rempli de grosses coupures en euros, celles-ci refaisant progressivement surface maintenant que la situation économique s 'est bien améliorée. On ne sera donc pas surpris de voir que les gens vivent souvent dans une certaine aisance et que les jolies maisons anciennes de port ( Symi ou Kastellorizo et ailleurs... ) sont rénovées avec goût et rachetées les unes après les autres. Prix d'une belle maison de port à Kastelorizo ( dont on peut penser que c'est une île perdue et loin de tout ) : 300.000 euros . Pas de clichés en tête donc, la Grèce îlienne vit plutôt bien, et le tourisme est une manne recherchée par tous, au risque parfois d'abîmer nature et sites côtiers où pullulent les hôtels. SI l'on veut éviter une partie de la côte est ( en particulier entre Rhodes-Ville et Archangelos ) et résider plus au calme et à la simplicité, on choisira la partie de côte entre Archangelos et Gennadi. On y trouve de beaux hôtels bien situés. Lindos est une petite ville adorable au pied de son Acropole, et y résider peut être une bonne solution. La côte est est plus chaude, la côte ouest est plus sauvage et ventée. Encore question de choix !

1er jour : 17 juin Départ de Montpellier pour CDG. Nuit à l' aéroport à l' IBIS. Très décevant et cher pour la prestation offerte. D'ailleurs les hôtels d'aéroport parisiens deviennent de plus en plus chers. C' était donc une fausse bonne idée ! A oublier à l' avenir. Si l' on vient de province avec Air France, soit l' on voyage toute la journée pour arriver à Rhodes en fin d'après-midi-midi, soit on voyage en soirée jusqu'à Athènes, on dort à l' aéroport pour deux à trois fois moins cher qu' à Paris et on prend le premier avion pour Rhodes le lendemain matin. A noter des vols directs saisonniers vers Rhodes au départ de Paris avec EasyJet, Transavia au départ d'Orly, Aegean au départ de Marseille ( une fois par semaine, le mardi actuellement ).

2ème jour : 18 juin Premier vol AF du matin CDG-ATH. Escale d'environ 1 heure 30 puis vol AEGEAN vers Rhodes. A l' aéroport d'arrivée, on peut louer une voiture ( à déconseiller si l'on commence ses vacances par Rhodes-Ville où il est impossible de se garer ), ou prendre un taxi ( uniquement des Mercedes) pour 25 euros, ou bien on attend sagement le bus qui vous dépose au centre près du port. On ne paiera que 5 euros par personne. Bus climatisé. Compter 20 mn de trajet. Installation dans notre petite pension confortable ( maison ancienne rénovée ), chambres agréables et bien climatisées, petit déjeuner exceptionnel avec confitures maison, et miel délicieux de l' île ( je conseille le miel de thym sauvage, le meilleur ). Nous avons vu de jeunes touristes chinois très branchés repartir chez eux avec 50 kgs de miel dans leurs valises !!! Puis nous faisons un premier tour de la vieille ville médiévale en fuyant les rues du centre où défile de long en large une foule compacte et sans imagination... Surtout, quand à 5 mn à pied, il y a tant de merveilles et cette belle et douce lumière qui glisse sur la pierre blanche des monuments.



Dans la vieille ville commençons par Chora, que l' on appelle aussi Hora, à savoir le quartier ottoman, là où l' architecture ottomane se développa pendant quatre siècles, en particulier les maisons à balcons de bois très typiques de cette période. A l' époque, les églises sont transformées en mosquées, la population grecque s'exile hors murs. On verra en particulier, de l' extérieur uniquement car elle n' est pas ouverte au public, la mosquée de Soliman, érigée en 1522 initialement mais détruite et reconstruite au 19ème siècle. Idem pour la bibliothèque musulmane édifiée en 1794 et abritant des manuscrits et Corans enluminés, mais fermée au public également.

3ème jour : 19 juin

Visite organisée des monuments et sites iconiques de la vieille ville. Nous nous sommes renseignés la veille : l' idéal est de commencer par la visite du Palais des Grands Maîtres. A la billetterie d'entrée, on peut acheter un billet tournant permettant de visiter trois monuments : le Palais bien sur, mais aussi le Musée des Arts Décoratifs sur la place Moussiou ainsi que l' Eglise Panaghia Tou Kastrou, place Moussiou également. On rajoutera pour 8 euros de plus - tous monuments dans un mouchoir de poche - le Musée Archéologique.

Nous quittons notre hôtel pour remonter immédiatement la fameuse Rue ( 'Odos' en grec ) Ipoton ou Rue des Chevaliers, qui était l' artère principale de la cité et du pouvoir au temps des Chevaliers. Cette rue est bordée des différentes auberges de l' Ordre, dont les membres étaient originaires des grands pays européens catholiques, et divisés en groupes linguistiques, de Provence, d'Auvergne , de France, d'Italie, d' Allemagne, d'Angleterre et d'Espagne. La langue écrite pratiquée par tous était le latin, la langue orale était le français, une langue dominante et majoritaire qui permit à 14 Grands Maîtres français sur 19 de diriger l' Ordre. Le Palais, situé en haut de la rue, était le siège du pouvoir et de l' autorité suprême. Les différentes auberges - de belles maisons patriciennes en fait- étaient souvent reliées par des arcades ou ponts. L' auberge de France, la plus belle, abrite actuellement le Consulat de France. En cas de problème, il ne faut pas hésiter à faire appel au Consul directement, ou à l' ambassade de France ( dans la capitale grecque ) qui dispose d'un médecin militaire. J' ai du demander aide et conseils à Madame la Consule ( par Email disponible sur le site Internet ) pendant ce séjour et elle s'est montrée réactive , charmante et attentionnée.

Ensuite direction le Palais des Grands Maîtres. Le Palais domine la ville et le port. il fait partie intégrante de la forteresse et des murailles. Au rez-de-chaussée, co-existent deux expositions permanentes sur la Rhodes ancienne depuis sa fondation. Au premier étage, salles de réception grandioses et appartements immenses dont les sols sont agrémentés de mosaïques des périodes hellénistique et romaine, et même chrétienne en son tout début. Voir en particulier la salle des Muses et celle de la gorgone Méduse. Le palais a été rénové par les Italiens de façon un peu fantasque; ils y ont laissé par exemple un buste de Mussolini que l' on verra à la billetterie !

Puis l' Eglise Panaghia Tou Kastrou ( ou Notre-Dame-du-Château ) Cet édifice est le plus ancien de Rhodes, construit au 11ème siècle par les Byzantins, transformé en chapelle gothique par les Chevaliers, puis en mosquée par les Ottomans. Belle exposition d'icônes byzantines et fresques pariétales datent du 14ème siècle.

Ensuite le Musée des Arts Décoratifs ( Place Argyrokastrou ) Celui-ci s'abrite dans l' ancien arsenal médiéval de la cité. Bel ensemble de salles composant une maison rhodienne datant de la période ottomane. Artisanat typique des îles du Dodécanèse, costumes traditionnels, exposition d'assiettes de Rhodes.

Il est temps de finir les visites par le Musée Archéologique ( pour 8 euros de plus, billet à acheter au Palais comme précédemment indiqué ). Compter 18 euros en tout par personne pour 4 monuments, ce qui n' est pas cher. Billets enfant et Senior disponibles. Ce monument gothique - agrémenté d' éléments Renaissance ici et là - et magnifique dans sa simplicité et sa majesté, était initialement l' hôpital des Chevaliers. La cour intérieure est cernée d'une galerie complète à deux étages où se trouve les différentes salles du musée. Celui-ci recèle de grands trésors archéologiques : sculptures en marbre, mosaïques datant de l'ère chrétienne, sculptures tombales, sarcophages, stèles funéraires, collections antiques diverses provenant de fouilles effectuées par les Italiens lors de l'occupation mussolinienne.

Entre les visites et en jonglant avec l' heure, il reste à faire un tour des remparts ( de midi à 15 heures uniquement à partir du Palais des Grands Maîtres ). Ces murailles sont énormes, atteignant jusqu'à 12 m d' épaisseur et 8 à 10 mètres de haut. Il reste des tours de garde frappées d'armoiries de chacune des auberges linguistiques. Les vues sur la ville médiévale et sur la mer sont superbes.

L' après-midi est juste entamée. Nous allons donc - après un déjeuner léger - nous en aller tranquillement visiter un coin de la nouvelle ville au dessus de l' ancienne, quartiers plutôt résidentiels, ombragés et fleuris jusqu'à ce que nous parvenions au site archéologique du temple de Zeus tout en haut en bord de corniche, ainsi qu' au stade antique et ses gradins. Peu de touristes se risquent à marcher jusque là car il fait chaud, mais on y voit malgré tout des bus de tourisme de temps en temps qui arrivent au site directement par la route haute de corniche. Il reste peu de vestiges, hélas, à part quelques colonnes cachées par des échafaudages, et seul le stade antique a vraiment de l' allure. De toute évidence, il manque de l' argent pour continuer les fouilles - commencées en 1912 par les archéologues italiens- et rebâtir le temple. Les pierres sont là, éparpillées au sol. Il manque la décision officielle de redonner du lustre à ce site laissé à l' abandon.

En fin d'après-midi et soirée, ce sera le port, et une balade sur les quais pour prendre le frais et apprécier le style architectural qu'y ont imposé les Italiens dans les années 30 : ce style mélange un peu tous les genres en fait : antique, byzantin, gothique, oriental à l' ottomane, Renaissance, avec en plus la touche néo-classique grandiose fasciste ( comme sur le Palais de Justice par exemple ou le Casino-Hôtel, ancien Grand Hôtel des Roses, ou encore l' Aquarium en style Art Déco ). Le maître d'oeuvre de tout ce renouveau urbanistique fut l' Italien Di Fausto.

Le carnet se poursuit en réponse à cette première partie... en photos.









VM
EL Elenitsa Veteran ·
Bonjour,

Joli récit de voyage, bravo! Une rectification quand même : la TVA dans les iles n'était pas inexistante avant 2016, elle était très réduite par rapport au continent, mais elle existe et a toujours existé.

Dans les iles les Grecs vivent du tourisme, donc ils sont plus chanceux que dans d'autres parties du pays. Ici à Athènes, on voit des personnes âgées mendier ou faire les poubelles. Eux, ne vivent pas vraiment bien!
VA Vaikeaiti Regular ·
Suite de mon carnet : Escapade dans les Îles du Dodécanèse : Rhodes, Symi et Kastelorizo

C 'est une suite en photos qui donnent une idée de la magie des lieux...

Au Palais des Grands Maîtres



Au Musée Archéologique

Sur les remparts



A l' Eglise Panaghia Tou Kastrou



A l' Acropole de Rhodes, puis le long du Lido à l' italienne, Casino-hôtel, Aquarium et plage de galets

VM
MA Max68 Globetrotter ·
Salut Moana,

Chouette un nouveau voyage ... qui me fait bien envie 😛 😎

Toujours aussi précis, détaillé et agrémenté de d'agréables photos ... merci et bravo pour le travail 🙂

Je vais lire avec attention la suite 😉
https://apprentisvoyageurs.com
VA Vaikeaiti Regular ·
Suite du carnet : Escapade dans les îles du Dodécanèse : Rhodes, Symi et Kastelorizo

SYMI

4ème jour : 20 juin 5ème jour : 21 juin

Nous avons décidé de passer une nuit à Symi. Départ le 20 par le premier ferry du matin et retour par l' express de 18 heures le lendemain. Attention : Ces deux bateaux ne partent pas du même quai ni du même endroit du port. Prévoir de la marge surtout le matin et prendre un taxi si nécessaire. Les bateaux partent à l' heure pile. Tout est rodé au millimètre et à la minute quand il s'agit de navigation en Grèce. On peut réserver le passage AR sur Internet, et récupérer les tickets à l' embarcadère en deux minutes.

Symi est une petite île de 58 km2, située à 40 kms au nord-est de Rhodes. On peut facilement s'y rendre en excursion à la journée, mais, comme je le signalais plus haut, il est préférable de dormir sur place au moins une journée. Symi est magnifique, île minérale aux falaises abruptes et qui semble aride, mais cache des vallons verdoyants et plantés de conifères et de belles plages, souvent nichées au fond de criques, accessibles en bateau uniquement. Beaucoup la considèrent comme la plus belle île du Dodécanèse, et Gialos, sa capitale portuaire datant du 19ème siècle, lovée au fond d'une jolie baie en arc-de-cercle, avec ses maisons roses, jaunes, bleues, ocre qui montent à l' assaut des hauteurs, est un régal pour les yeux quand le bateau se présente à l'entrée de la baie. Le réseau routier a été récemment amélioré et rénové et est bon contrairement à ce qu'on peut lire ici et là.

Dans l' Antiquité, Symi s'appelait Aigli, du nom de la nymphe qui enfanta les Trois Grâces. Comme Rhodes, Symi fut conquise et occupée par les Byzantins, les Romains, les Chevaliers de St Jean et les Ottomans et sut tirer son épingle du jeu mieux que Rhodes en devenant l'une des îles les plus florissantes du pays, abritant au 19ème siècle une population de plus de 20.000 âmes, dont beaucoup étaient pêcheurs, commerçants ou armateurs. Leur aisance financière se retrouve dans le nombre impressionnant de villas néo-classiques perchées sur les hauteurs. L' occupation italienne en 1912 mit fin brutalement à cet âge d'or. Symi se mit à végéter pendant quelques décennies, jusqu'à devenir dans les années 70 -80 une destination touristique-phare. Depuis lors, les Symiotes vivent principalement du tourisme, y compris de luxe ! Il suffit de voir la taille des voiliers racés et des yachts qui viennent mouiller quelques jours dans le port de Gialos pour s' en convaincre. On y mange excellemment comme souvent dans les îles. Pour se déplacer, faire appel à des prestataires de service qui vous baladent dans l' île et vous emmènent en bateau-taxi vers des plages nichées au pied des falaises. On y accède en quelques minutes, et on peut y passer une demi-journée et y déjeuner dans de très bonnes conditions. Bien sur, Symi est aussi une île pour randonneurs aguerris. Les marches y sont assez difficiles, surtout sous le soleil ardent de l' été grec.

Une fois que l'on est sorti de Gialos, il ne faudra pas rater la visite de Panormitis ou Monastère de l' Archange Michel, bâti au fond d'une crique de l' autre côté de l'île. Si l'on vient à Symi pour la journée, on trouve facilement des bateaux-croisière, voire le ferry habituel qui vous déposent d'abord à Panormitis et vous donnent le temps de visiter le monastère, puis vous transportent à Gialos où vous passerez quelques heures. Le monastère n' est pas accessible au public toute la journée, seulement de 11 h à 12 h et de 14 h00 à 16 h 00. Il vaut mieux ne pas se trouver le matin au milieu d'un groupe de touristes russes de 100 personnes ou plus, ou alors il faut arriver à l' ouverture à 9 heures ! A partir de 9 heures 30, c'est la foule !! Les visites de l' après-midi sont plus calmes et plus agréables. Nous y sommes, en fait, allés deux fois, car le prestataire qui nous conduisait ici et là allait chercher des travailleurs et employés de restaurants travaillant à Panormitis mais habitant à Gialos ou dans les petits villages traversés en montagne. En fin d' après midi, notre chauffeur nous récupère et nous dépose près d'une plage à quelques kilomètres de là, celle de Marathounda, pour quelques heures. Il y a tout ce dont on peut rêver pour un moment de détente : des transats, des parasols, deux restaurants pour un déjeuner rapide à la grecque et une eau claire et cristalline, encore un peu fraîche mi-juin. Mais il fait chaud et c' est un plaisir de nager dans une eau aussi belle. Le chauffeur revient nous chercher à 16 heures, nous repassons à Panormitis chercher des passagers et retour à Gialos.

Des plages autres, il y en a bien sur. La plus proche de Gialos se trouve à Pedi, petit village tranquille et hors du temps où l'on peut aussi loger directement sur baie et les pieds dans l' eau. Au Pedi Beach Hotel. D' autres plages sont accessibles par bateau uniquement : Aghios Georgios, Aghios Nikolaos, Nanou, Toli et Aghios Emilianos. Pour tous ceux qui veulent rester plusieurs jours à Symi et explorer l' île dans ses recoins. Au niveau restauration, il y a aussi le choix. Un restaurant nous a été recommandé chaudement, à savoir O Tholos, en bord de mer, de l' autre côté de Gialos après le chantier naval. Cuisine traditionnelle, et beaucoup de Grecs attablés autour de vous, ce qui est un signe des dieux... Compter 20 euros par personne pour 3 plats accompagnés de vin blanc maison ou de ouzo.







Retour à Gialos vers 16 h 45. Notre bateau est prévu pour 17 h 30 et nous avons largement le temps de récupérer nos bagages à la pension. Cette pension, je la recommande particulièrement pour l' accueil exceptionnel que l' on y reçoit. Il s'agit d'un bar-restaurant dont les nouveaux propriétaires, une jeune femme dynamique et son frère, ont rénové les parties hautes en appartements tout confort : beaucoup de place, cuisine équipée, climatisation. La pension donne sur le port, elle est en photo ci-joint. Prix doux, petit déjeuner complet servi sur plateau en chambre. Nom de la pension : Myrtia. J' ai renvoyé des commentaires sur les hôtels , pensions et restaurants fréquentés pendant ce voyage, à la fois sur Booking.com et sur TripAdvisor.

Arrivée au port de Rhodes tout près de l'une des portes de la vieille ville, après une traversée rapide en bateau express, plus véloce que le ferry. Nous allons passer une nuit supplémentaire au B&B choisi pour notre premier séjour en ville. Je vous donne aussi son nom : Evdokia Hotel. Idéalement situé au fond d'une venelle débouchant sur l' une des rues les plus encombrées du centre ville, et au calme, ce qui est un miracle ! Permet d'aller et venir et de rentrer se mettre au frais dans la journée quand le soleil cogne... Demain matin, départ aux aurores pour Kastelorizo, en ATR 72 car la piste d'atterrissage de l' île est la plus petite de Grèce et la plus courte aussi. On atterrit contre la falaise. Emotions garanties !

Suite sur une autre page...
VM
MU Muriel18 Globetrotter ·
Bonjour Moana

Moana+Rhodes=je vais jeter un oeil à ce carnet 😉.

Je retrouve avec plaisir Rhodes que nous avions découverte en avril 2006 (et il me semble qu'il y avait plus de monde qu'en juin 2019!). Nous étions allées à Symi pour une journée et je m'étais alors dit qu'il faudrait y retourner pour y passer 2 ou 3 jours ...ce qui n'est toujours pas fait mais ton carnet réveille cette ancienne idée 😇. Maintenant, j'attends la suite car je ne connais pas du tout Kastellorizo. Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
AL Aleph240758 Veteran ·
waouh merci pour ce carnet qui me réveille de beaux souvenirs. Rhodes n'était pas très touristique et Symi encore moins et je rêve toujours d'y revenir((il y a plus de 30 ans ) . Je ne connais pas Kastellorizo , je vais donc suivre la suite . MarieJo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
VA Vaikeaiti Regular ·
Suite du carnet : Escapade dans les îles du Dodécanèse : Rhodes, Symi, Kastellorizo.

6ème jour : 22 juin 7ème jour : 23 juin 8ème jour : 24 juin

Départ pour Kastellorizo en ATR. 35 mn de vol. Mer et ciel bleus sans un nuage. Nous allons y passer deux journées complètes et deux nuits également. Atterrissage plaqué et sur les chapeaux de roue au bout de la minuscule piste de l' île, en forme de pince de homard, rocailleuse, hérissée de rochers et de tours en ruine, encerclée de falaises. Celle-ci est utilisée aussi par les militaires grecs et il est donc interdit d'y prendre la moindre photo. Tout est calme sur le front turc mais on sent, derrière les sourires et les plaisanteries des habitants de l' île, une certaine nervosité par rapport au voisin encombrant.... L' armée a installé des fortins et bunkers sur les hauteurs d'où l'on surveille les côtes turques et les mouvements des bateaux en permanence. Kastellorizo, la plus exotique et lointaine des îles grecques, a toujours été convoitée pour sa position stratégique en Méditerranée ; c'est aujourd'hui un havre de paix et de beauté mais il n' en a pas toujours été ainsi. Une seule route asphaltée va de l' aéroport à l' unique et pimpant village qui s'enroule en guirlande de maisons néoclassiques et colorées autour d'une petite baie à la courbe parfaite. Le port de Kastellorizo, c'est celui de Gialos à Symi en plus petit, et surtout en moins touristique, dans le mauvais sens du terme. Un long regard circulaire sur le village qui s'éveille un beau matin d'été grec devant l' étendue bleue miroitante de sa baie, et on ne regrette pas d'être venu si loin. On reste subjugué par les couleurs, la lumière, la magie, la beauté minérale, âpre et sauvage de cette île, heureusement oubliée par le tourisme de masse. De toute façon, il y a peu d'endroits où se loger et il vaut mieux réserver comme nous l' avons fait avec précaution : en effet, pendant notre séjour avait lieu un mariage traditionnel et la plus grande partie des invités venait de Rhodes ou d' Athènes: il n' y avait plus une seule chambre à louer ! Tout au bout du port se dresse un petit phare, devenu restaurant. A côté du minuscule phare, une minuscule mosquée au dôme rouge et au minaret effilé. De l' autre côté, on remarque une magnifique maison ocre aux volets verts, la pension Mediterraneo qui a servi de cadre pour le film du même nom de Gabriele Salvatores. Beaucoup de maisons restaurées ou en voie de l' être, le plus souvent par des familles qui ont émigré en Australie et reviennent investir au village, dans la maison de famille abandonnée ou en ruine, ou alors en rachetant une autre maison. Il y en a, des ruines, et paradoxalement l' éventail est grand, mais une belle maison néo-classique rénovée se négociera entre 250 et 300.000 euros, moitié prix bien sur si on a hérité de la ruine initiale ! De grosses tortues caouanne - une attraction locale - fréquentent les eaux du port en journée et le soir sous les projecteurs immergés dans le quai. Pas de plages de sable fin à Kastellorizo. On se baigne dans la rade à partir d'échelles qui descendent dans l' eau face aux différents bars ou restaurants tels le café Faros ou l' esplanade de l' hôtel Megisti ou la pension Mediterraneo, ou alors on se fait conduire vers un îlot abrité à 5mn du port, aménagé avec parasols, chaises-longues, restaurant et la mer cristalline à ses pieds.

UN PEU D ' HISTOIRE Celle-ci est bouleversante quand on pense qu'au début du 20ème siècle, Kastellorizo comptait 20.000 habitants. ( contre environ 200 aujourd'hui en période calme hivernale ) Kastellorizo est l' une des plus petites îles grecques habitées, et pourtant elle s'appelle officiellement Megesti - ou ' la plus grande ' en grec - ou encore ' Meis ' en turc. Elle doit son nom au château construit par les Chevaliers de l' Ordre de St Jean qui, avant de s'installer à Malte, contrôlaient les îles du Dodécanèse au 14ème et 15ème siècles. L' une des tours de ce Castel Oro ou Castel Rosso domine encore aujourd'hui l' entrée du port. L' île avait une importance stratégique sur les routes commerciales entre Athènes et Smyrne d'un côté, et entre Beyrouth et l' Egypte de l' autre. Pendant la domination ottomane, les autorités de l' île parvinrent à obtenir l' autorisation de s'auto-administrer et de commercer sans entraves. Ses habitants sont alors des entrepreneurs nés et solidaires qui profitent de l' ouverture du canal de Suez pour fonder des colonies à Port-Saïd et Djibouti, en Indonésie et en Australie - où se trouvent environ 10.000 Gréco-Australiens dont les premier sont arrivés à l' époque pionnière - aussi en Afrique du Sud, aux Amériques et en France. Ils connaissent une réussite sociale et financière tout à fait exceptionnelle et en font profiter leur île d'origine, en offrant aux enfants une magnifique école, et l' éducation et la santé gratuites. A la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, les familles les plus riches possèdent même des terres et des résidences sur la côte lycienne en face. Détail étonnant : Dans les années 30, la rade était régulièrement fréquentée par des bateaux bien sur mais aussi des ....hydravions ! Air France et Imperial Airways, l' ancêtre de British Airways, utilisaient le port de Kastelorizo comme escale pour desservir la France du Levant, le Proche et le Moyen-Orient, Pondichéry ou Colombo. A partir de 1913, l'île commence à s'étioler et à perdre de sa superbe. Les grandes puissances de l' époque s'en emparent les unes après les autres; elle est bombardée plusieurs fois, détruite en partie par un séisme en 1926. La population est déplacée vers Chypre puis Gaza entre 1943 et 1945. Elle est ramenée sur l' île après la guerre à bord d'un navire anglais qui va faire naufrage, dernier épisode d'une période troublée et tragique puisque beaucoup de gens périront dans cet ultime catastrophe. Les habitants de Kastellorizo sont très nationalistes. il y a des drapeaux grecs partout, au fronton des maisons, sur les bateaux et caïques, sur les flancs des montagnes. Il faut réitérer et encenser en permanence la Grécité de l' île. Notre pilote nous a même chanté, au petit matin, un chant partisan, le drapeau grec hissé à l' épaule tout en dirigeant son bateau vers la Grotte Bleue.

On peut accéder au plateau du Monastère St Georges-de-la-Montagne qui surplombe le port par un chemin antique ou alors en taxi, car la montée est abrupte et il fait très chaud. Il est toujours plus facile et plus agréable de descendre que de monter sur des chemins étroits et caillouteux et pas du tout ombragés... Ce monastère fut fortifié au 18ème siècle; sa cour intérieure est pavée de mosaïques byzantines faites de galets, flanquée d'une chapelle et d'anciennes cellules monastiques. Entrée libre. Visite rapide. Le panorama sur plateau et en vue plongeante sur le port est superbe.

Egalement une acropole, elle aussi en ruine sur la butte rocheuse de Paleokastro datant du 4ème siècle avant JC. Des inscriptions doriques mentionnent le nom de Megiste, ancien nom de l' île. Vue imprenable sur la mer, les îlots pelés et au loin les montagnes bleutées de Turquie.

Il ne faut pas manquer l' excursion à la Grotte Bleue, plus grande que celle de Capri, un site naturel exceptionnel. Il convient de partir tôt le matin vers 8 heures après le lever du soleil quand elle est inondée de lumière. De la mer, l' ouverture de la grotte est à peine visible et on y pénètre uniquement en canot simple après s'être allongé au fond du bateau, et seulement par temps calme bien sur. Je vous conseille KOSTAS, autant pour les sorties en sea-taxi que pour la qualité de son restaurant désormais tenu par son fils. On y savoure d'excellents poissons du jour grillés ( prix au kilo ) , également du poulpe grillé ( un gros tentacule grillé p ar personne, doucement )à la plancha sous cloche et arrosé d'huile d'olive et de jus de citron ), des mini-crevettes rouges, spécialité de île, et puis toutes les bonnes et belles surprises que peut réserver la cuisine grecque. Nous n' avons pas cherché à aller ailleurs pour dîner deux soirs de suite dans une ambiance parfaite, tout au bord de l' eau. Compter 15 à 20 euros par personne pour 3 plats avec boissons et desserts ( toujours offerts : tranche de pastèque, ou cerises turques ou raisins au sirop ), un peu plus si l' on choisit un beau poisson sur l' étal, daurade ou mérou. Tout dépend de sa taille et de votre appétit... Bon vin blanc sec ou ouzo sur glaçons et à peine additionné d'eau pour accompagner tout cela.

Pour profiter de la mer, on va à l' îlot St Georges. Toujours avec Kostas qui vous dépose au retour de la Grotte Bleue ( et de Kolones, autre attraction marine proche ) et vient vous rechercher vers 16 heures. Au retour vers le port, et alors que l'on passe devant les ruines du Château des Chevaliers, on remarquera dans la muraille extérieure une anfractuosité toute particulière : il s'agit d'une tombe lycienne directement taillée dans la roche. Il y a aussi un endroit appelé Plakes, mais c'est en plein soleil toute la journée. Pas de parasols, pas de chaises-longues, uniquement des dalles de pierre pour se réchauffer le dos... Réservé à ceux qui manquent vraiment de soleil le reste de l' année et qui ne craignent pas les coups de soleil ! Nous étions à la Pension Alexandra, où officie une dame d'un certain âge qui offre pour un prix compétitif un petit appartement à 3 mn à pied du port. Alexandra est joyeuse, stylée et très charmante. Elle aime dorloter ses hôtes. Petit déjeuner non compris, mais on va acheter des croissants, du miel et du pain au supermarché en bas de la ruelle et à la boulangerie en face. Nous prévoyons toujours des sachets de thé ( ou de café instantané ) dans nos bagages : cela peut servir... Il y a d'autres restaurants bien sur, directement sur le port - comme Kostas - mais ils sont moins bons et plus chers. Chez Kostas, c'est traditionnel, copieux, sans chichis et grec à 100%. Accueil personnalisé et chaleureux. Ne cherchez pas plus loin.

Attention à bien désactiver les données mobiles de votre téléphone car on est tout de suite pris en charge par le réseau turc. Et celui-ci est hors zone Schengen, payant... et très cher !

Enfin, on peut aussi partir en excursion à la journée ou à la demi-journée, sur l' île turque de Kas en face. Vendredi matin est jour de marché, et l' ambiance est festive au souk. Passeport à confier au capitaine au départ qui à son tour le donne aux douaniers turcs le temps de votre visite. Nous avions personnellement choisi de rester grecs... Et maintenant quelques photos pour agrémenter cette partie du carnet.







Nous passons deux nuits à Kastellorizo, sans doute le moment le plus agréable et le plus serein de notre séjour. Coup de coeur assuré pour cette île du fin fond de la mer Egée.

8ème jour : 24 juin

Départ aux aurores pour Rhodes. Nous reprenons au retour l' avion qui nous avait déposé à 7 h 30 deux jours auparavant. Arrivée à l' aéroport de Rhodes : nous récupérons en 10 mn notre voiture, une Nissan Pulsar, confortable et spacieuse, et en route pour la découverte de la côte ouest de Rhodes.

La côte ouest est plus préservée des excès du tourisme de masse que la côte est. Elle est aussi plus escarpée, du moins par endroits et plus ventée aussi. Préférable à mon avis à la côte est, du moins pour la balade, la randonnée ou les bains de mer. Et puis il y a quelques endroits dignes d'interêt, naturels ou archéologiques. Quelques kilomètres après avoir quitté l' aéroport et Paradeisi, on peut, pour commencer la journée, aller marcher dans la Vallée des Papillons à Petaloudes, un écosystème unique où la végétation est luxuriante - du moins pour Rhodes - et où les sentiers d'accès sont ombragés. Les papillons y volètent par dizaines de milliers de mi-juin à mi-septembre et se collent partout, sur les troncs et les racines des arbres. Ils sont de taille modeste et peu visibles quand leurs ailes sont repliées, mais, dès qu'une nuée prend son envol, on est entouré d 'un océan de rouge et d'orange. Arriver tôt pour éviter la foule montante et descendante. Les cars de tourisme viennent jusque là - et arrivent vers 9 H 30 le matin. Idéalement, il est préférable d'arriver à l' ouverture à 9 heures pile si l'on veut un peu de calme et de fraîcheur. Ialyssos, première ville traversée après l' aéroport n' a que peu d'interêt de nos jours tant elle est dédiée au tourisme de masse et aux établissements hôteliers qui se suivent et se ressemblent le long du rivage. On continue sa route le long de la mer, parfois au milieu des plantations d'oliviers ou de vignobles, et on arrive à Kamiros, où l' on ira visiter l' antique cité bâtie en amphithéâtre. Grâce aux fouilles effectuées par les Britanniques à partir des années 1870, puis par les Italiens dans les années 1920, on a pu dégager - et ré-aménager- un site tout à fait exceptionnel remontant au 14ème siècle avant JC. L' âge d'or de la cité de Kamiros date du VIIème au VIème siècle avant JC . Signe d'une grande prospérité et d'un rayonnement culturel, social et financier, Kamiros est la première ville rhodienne à battre monnaie au VIème siècle avant JC. Ensuite elle périclite lentement mais surement, aidée en cela par deux séismes d'importance au IIIème et au IIème siècles avant JC, qui apportent leur lot de destruction. Trois ensembles distincts : premièrement, l' agora et le temple d'Apollon, ses deux sanctuaires et ses deux établissements thermaux. Puis un ensemble résidentiel d'habitations le long de ruelles étroites, l' ensemble étant traversé par une voie centrale plus large. Enfin, au sommet de la colline, une acropole sur 3 niveaux dotée d'une ' stoa ' dorique très longue et datant du IIIème siècle avant JC et un temple dédié à Athéna. Sous la stoa, les fouilles ont révélé la présence d'immenses réservoirs d'eau, qui, judicieusement placés en hauteur, alimentaient tous les quartiers de la cité en eau courante.

On poursuit- en faisant un crochet vers l' intérieur des terres et via Nani - vers le mont Profitis Ilias, en traversant une magnifique forêt de pins, tout à fait unique à Rhodes et dans les îles en général. On arrive au pied du mont à l' Hôtel Efatos, un bâtiment iconique de l' entre-deux-guerres datant de l' occupation italienne, bâti en 1929 et ayant un petit air britannique dans le style Agatha Christie. Randonnées possibles au frais et à l'ombre, ce qui est rare dans la région. La route fait une boucle et serpente, on revient tranquillement vers la côte via Dymilia, Eleoussa, Platania, Apollona, pour arriver à Kritinia où l'on visitera le château établi sur un promontoire en bord de mer par les Chevaliers de l' Ordre de St Jean en 1472, un édifice médiéval bien préservé avec vue de mer sur les falaises abruptes du cap Kopria, des îlots divers, et les rivages et reliefs de Halki, une île où les Rhodiens aiment séjourner le week-end. Un autre aperçu d'une Rhodes sauvage, loin des côtes bétonnées du nord.

La route descend vers le sud dans les terres vers Monolithos, village lui aussi doté d'une forteresse médiévale perchée sur un monolithe, et édifiée elle aussi par les Chevaliers. A partir de Monolithos, une petite route à flanc de falaise descend vers la mer sur plusieurs kilomètres. Il ne faut surtout pas rater cette partie du pourtour de Rhodes qui est la plus spectaculaire et la plus panoramique : falaises, mer, plages. Hélas, à un certain moment, la route s'arrête au niveau d'une plage où il fait bon se baigner, celle de Fourni. Ensuite, on ne peut que s'en retourner vers Monolithos , puis rejoindre Apolakkia. Puis soit l'on descend plein sud vers Katavia, la presqu'île de Prasonisi, endroit vierge et sauvage et paradis des windsurfers, soit on coupe vers la côte est pour rejoindre Gennadi. C 'est là que nous avons réservé une chambre dans un éco-hôtel ( EcoBeach and Magic Garden Hotel ) sans prétention, au calme le long d'une plage rectiligne. Gennadi est un village tranquille au centre minuscule ( supermarchés et restaurants tout de même ) dont les abords côté mer sont construits de petites résidences les pieds dans l' eau. Rien à voir avec ce qui se fait et se voit tout près de Rhodes au nord, mais certains trouveront Gennadi un peu trop calme. Nous avons terminé la journée en bord de mer. Bains et relaxation. Les chambres sont standard, mais la literie et les oreillers sont au niveau supérieur voire luxe, écologie oblige. C' est vraiment appréciable quand on a tourné toute la journée au soleil entre mer et montagne. Avant le dîner et le coucher, nous prenons 45 mn pour aller admirer le petit village de montagne d'Asklipios aux maisons blanches typiques, surplombé par la forteresse des Chevaliers - une de plus - dont il ne reste que les créneaux et la porte impressionnante. Retour à l' hôtel à la nuit tombante.

9ème jour : 25 juin Nous allons remonter tranquillement la route côte est jusqu'à Archangelos. Tout près de Gennadi, le village de Lardos qui peut être une alternative à Gennadi en termes de logement. les hôtels y sont peu nombreux, pas trop grands et l' ensemble touristique est plutôt de bon ton. En tout début de matinée, et en raison de la chaleur intense, nous avons décidé d' aller visiter Lindos, le bijou architectural de cette côte rhodienne, village d'une blancheur éblouissante aux jolies maisons agrémentées de portes en bois sculpté et aux ruelles bien protégées du soleil, sans oublier bien sur son Acropole antique, majestueuse et superbement conservée, fortifiée par les Byzantins puis les Croisés. Au point culminant de l' Acropole se trouve le temple d'Athéna, un des rares temples grecs à avoir préservé au fil des siècles sa colonne latérale et ses murs intérieurs. On admirera spécialement l' arcade dorique aux treize colonnes et les ruines du théâtre antique. Vue panoramique en arc-de-cercle sur la mer Egée, le village tout blanc en contrebas, les collines au loin, les plages de Lindos et de St Paul ( cette dernière étant plus sauvage ). Notre second coup de coeur après Kastellorizo. Il fait chaud à Lindos, très chaud même et il convient d'arriver à l'ouverture de l' Acropole, un peu avant 9 heures, avant que les touristes ne prennent d'assaut les escaliers qui montent au pied de l' Acropole ou les ânes obligeamment loués par des locaux pour 5 euros la montée ou la descente. C 'est un peu la foire d'empoigne et on n' hésite pas à vous marcher sur les pieds... Touristes russes particulièrement mal élevés et bruyants. Comme je l' ai dit, le seul moment de tranquillité relative est entre 9 heures et 9 heures 30, moment fatidique où arrivent les bus par dizaines. Aïe ! Paradoxalement, je recommanderais de loger à Lindos même pour profiter des matinées et des soirées. Acropole ouverte de 9 heures du matin à 20 heures. Village uniquement piétonnier. Des parkings sont aménagés sur les hauteurs mais bien sur vite encombrés après 10 heures du matin. Et ce n' était que le mois de juin !!! On peut évidemment venir à Lindos en excursion depuis Rhodes-Ville, en se mêlant à la foule de touristes et, hélas, sans choisir le moment de la journée le plus propice.

De Lindos, nous repartons vers le nord, vers Stegna Beach, lido-plage de qualité de la petite ville d'Archangelos, elle aussi dotée d'un château en ruine et difficile d'accès. Stegna est un endroit idéal pour déjeuner ou dîner, ses tavernes sont réputées. La plage est aussi parfaite pour la détente et les bains de mer. Pas trop de touristes en juin, on respire. Je conseille le restaurant Dimitri Kozas pour ses ' linguine ' aux oursins, une spécialité locale.

Nous ne remontons pas plus haut, puisque c'est à Archangelos que s'arrête la ligne ininterrompue d' hôtels et autres ' resorts ' où logent les milliers de touristes qui arrivent à Rhodes chaque semaine. Ceci étant, si l'on veut fuir la foule importune, on peut. Retour à Gennadi et repos en chambre climatisée à l'hôtel . Il a fait très chaud sur l' Acropole de Lindos et l' un de nous deux s' est retrouvé très fatigué...

Ce n' est pas mon but de vous importuner à partir de maintenant avec nos mésaventures mais notre voyage s' est arrêté ce 25 juin, alors que nous devions repartir vers Athènes le lendemain et vers Paris et Montpellier le surlendemain. Nous avons du rester une semaine supplémentaire à Rhodes, l' un de nous à l' Hôpital Général quelques jours en observation et l' autre dans un hôtel. Je recommande l' hôtel GALAXIAS où nous avons été chouchoutés comme jamais ( revues dans Booking.com et TripAdvisor ) ainsi qu'une fabuleuse taverne du nom de Ta Marasia dans Agiou Ioannou Street ( accessible à pied en 20 mn à partir du centre ) où l' on mange divinement. Je recommande en haut de la liste les beignets de courgettes maison et le calamar farci grillé doucement à la plancha et servi avec un filet d'huile d'olive et du jus de citron. Quelle merveille ! Egalement la taverne Ta Tsoukalakia, voisine de la précédente, dans la même rue, mais un cran au dessous tout de même, côté gastronomie.

Pas de retour à Athènes donc, ce sera pour l' année prochaine. Je termine mon carnet par des photos naturellement. j' espère qu'il vous aura convaincu d' aller ou de retourner en Grèce.

Les photos suivent... un peu de patience. Sur une autre et dernière page...
VM
VA Vaikeaiti Regular ·
Suite du carnet : escapade vers les îles du Dodécanèse : Rhodes, Symi et Kastelorizo

En photos pour la dernière partie de notre séjour , de nouveau sur l' île de Rhodes.

VM
VA Vaikeaiti Regular ·
Suite du carnet : Escapade dans les îles du Dodécanèse : Rhodes, Symi et Kastelorizo

Suite et fin avec des photos prises sur l' Acropole de Lindos



VM
VA Vaikeaiti Regular ·
Et quand même, pour finir, ne pas oublier la gastronomie grecque....



Voyageusement votre

Moana
VM
MU Muriel18 Globetrotter ·
Merci Moana pour ce carnet qui a réveillé de bons souvenirs...et m'a donné envie de découvrir Kastellorizo 😉. Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
IN Initialnms ·
Merci pour votre récit , je pars dans quelques jours à Rhodes et toutes vos photos n'ont fait qu'attiser mon envie . J'aurai juste une chose à vous demander ....Vos bon plan pour les restaurants ?

D'avance merci . N.

Et quand même, pour finir, ne pas oublier la gastronomie grecque....



Voyageusement votre

Moana
Niki
VA Vaikeaiti Regular ·
Bonjour Niki,

A Rhodes, c'est facile ... ! Nous avons suivi les conseils de notre hôte et n' avons fréquenté qu'UN seul restaurant digne de ce nom, fréquenté par les Grecs et où l'on mange vraiment très bien. Assez cher ( 20 euros + par personne avec les boissons ) mais succulent. En haut de la rue Sokratous ( rue centrale piétonne et très encombrée ), on bifurque vers les placettes Ippokratous / Menekleous. Nom du restaurant : Ta Petaladika. A 3 mn à pied de la mosquée du Sultan Moustafa.

Beau et bon voyage

Moana
VM
IN Initialnms ·
Moana , Je vous remercie pour cette adresse je testerai . 🌻🌻
Niki
SI Sissi57 Globetrotter ·
Bonjour, J'espère que le/la malade s'est rétabli. J'ai été à Rhodes, Symi et Kos en.....1972 . J'aurais très peur d'y retourner, quoique vos commentaires me paraissent un peu rassurants. Je me souviens de la plage, en bas de l'acropole de Lindos. il n'y avait rien. 2 ou 3 paillotes de plage, qui servaient une salade....et le bonheur d'êtres presque seuls là....Comment est-ce aujourd'hui?
Je n'aurai pas le temps...
EL Elenitsa Veteran ·
Depuis que Rhodes et Kos ont des aéroports internationaux avec des charters et low cost qui atterrissent il y a forcément plus de monde. Sans compter les paquebots de croisière à Rhodes.

Mais Symi reste encore sympa, pas mal de Grecs y vont en pèlerinage.

Mais en règle générale on arrive toujours à trouver des endroits sympas, calmes, des criques isolées où on a l'impression d'être seuls au monde.

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