Flânerie le long de la rivière Luangwa
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JE
Bonjour à toutes et tous,

En avril dernier, à la suite de Régis puis de Claire, nous avions partagé sur ce forum notre pérégrination atypique au Kenya dans la réserve du Masaï-Mara. A l'issue de ce récit, nous avions imaginé repartir soit en randonnée sur les plus hautes terres d'Ethiopie (une dizaine de jours dans les montagnes du Simien lors d'un long séjour en 2009), soit de suivre le cours tranquille de la rivière Luangwa, dans sa partie sud (deux semaines à cheval sur octobre et novembre 2019). Dans le but d'animer les colonnes désertées de Voyage Forum en raison d'une sournoise pandémie, nous avons choisi l'Afrique Australe, précisant que ce texte, destiné à notre entourage ne correspond pas tout à fait à l'esprit "Carnets de Voyages" du site, vous nous en excuserez. Comme la précédente, cette escapade est l'une des rares que nous ayons réalisée avec une agence : y prendrait-on goût ou vieillirait-on ? Pour agrémenter ses longues pages d'écriture (une trentaine pour la partie South Luangwa N P et une dizaine pour la visite de Mosi-oa-Tunya et alentours), Yolande a sélectionné les photos les plus représentatives de cette vadrouille zambienne, dont cette magnifique panthère, rencontrée dès notre entrée dans le sanctuaire.

En route pour le rêve, seule frontière encore ouverte. Bien amicalement. Jety 34.

Impossible de joindre la photo (au secours !), ci-joint le message de VF (??????)
Yol + D'Jack
MU Muriel18 Globetrotter ·
Bonjour à tous les deux

précisant que ce texte, destiné à notre entourage ne correspond pas tout à fait à l'esprit "Carnets de Voyages" du site

Peu importe, j'embarque avec grand plaisir 🙂. Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
CA Carassou Veteran ·
Bonjour J'embarque aussi pour me remémorer ce coin si riche en faune Carassou
JE Jety34 Veteran ·
Préliminaires. À 10 minutes près en ce jeudi 24 octobre, nos amis Baunéens voyaient, non leur avion, mais leur rêve s’envoler. C’est donc passablement stressés et bons derniers qu’ils enregistrent leurs bagages à destination de Lusaka : ah, les grèves perlées des agents de la SNCF ? Parcours sans histoire jusqu’à Nairobi avec la compagnie Kenya Airways, agrémenté d’un gobelet de champagne, puisqu’il n’y a pas de flûte en cristal en classe économique. Même dans du plastique, ce breuvage est un excellent remontant après les émotions du départ. Dans le hall, nous faisons connaissance de Martine qui sera la cinquième roule-ta-bosse de l’équipe. C’est une grande voyageuse participant pour la troisième fois à cette virée dans la vallée de la Luangwa : sans aucun doute preuve que l’endroit est remarquable, mais nous en étions persuadés, tant la promotion du « produit » à Montier-en-Der fut attractive sur le stand d’Objectif Nature. À 23 h 30, nous embarquons pour un saut de puce vers Lusaka où nous atterrissons à 1 h 20. Après la délivrance de nos visas à entrées multiples « Zambie-Zimbabwe », nous allons nous installer sur les fauteuils inconfortables du seul bar ouvert de cette aérogare vieillotte. Nous y avions fait escale en 1 987 avec Denise et Guy, lors de notre second périple dans un pays encore appelé le Sud-Ouest Africain. J’ai l’impression que rien n’a changé depuis ces temps reculés ! À 7 h 15, nous grimpons à bord d’un bimoteur de la compagnie locale Proflight, tout aussi pimpant que l’aéroport. Il est bourré comme un œuf et le couloir est encombré des énormes sacs photos des passagers en partance pour l’aventure dans un éden préservé, manquent que les cages à poules et les paniers de légumes ! Après une heure et quinze minutes de vol au-dessus d’une brousse desséchée et sans grands reliefs, nous atterrissons à Mfuwe International Airport, excusez du peu ! Notre cicérone est là, bronzé suite à moult séjours sous les tropiques et souriant à l’idée de réceptionner une vieille connaissance et quatre néophytes avides de découvertes. Hervé, que nous avons rencontré au Festival International de la Photo Animalière et de la Nature, nous présente son team : tout d’abord Lawrence assistant, chauffeur mais surtout guide, ensuite Alex, ranger armé d’une redoutable pétoire, désigné par les autorités du parc pour superviser et protéger les passagers et enfin notre véhicule, un robuste 4x4 de marque autrefois anglaise et maintenant indienne sans toit pour nous permettre de contempler le cosmos et la faune arboricole, ni monte personnes pour aider les séniors à se hisser sur les sièges élevés. Nos sacs sont embarqués dans un second véhicule qui rejoindra directement le camp de base. Pour nous, l’équipée commence dans la bonne humeur et par 35°, il n’est que 9 h 00, ça promet ! La D104 rectiligne menant au parc est en bien mauvais état aussi Lawrence conduit-il avec prudence. Outre les nombreux nids-de-poule, il doit prêter attention aux volailles et au bétail, aux enfants qui jouent sur la chaussée et aux adultes qui traversent sans se soucier de la circulation, c’est l’Afrique ! Luwi Bushcamp.

Après 30 ou 40 minutes, finie la civilisation, nous entrons dans une zone tampon appelée, je crois, Nsefu Game Reserve, et faisons nos premières rencontres : des impalas, des phacochères et des oiseaux dans la futaie. Ces animaux, très communs partout en Afrique subsaharienne, n’attirent pas beaucoup « l’homo touristus » venus filocher le Big 5, à tort, bien sûr, car toutes les espèces sont dignes d’intérêt sauf peut-être quelques bestioles du genre glossine ou nématocère. Nous pénétrons dans le sanctuaire puis franchissons au ralenti le tablier long de 222 mètres qui enjambe la rivière, bien en eau aux dires d’Hervé. Nous y apercevons une famille d’hippopotames et de nombreux piafs dans la forêt galerie ce qui est bon signe, notre récente escapade dans le Masai Mara nous ayant laissés sur notre faim à ce niveau. Le terrain est clairsemé et sec, seuls les grands arbres donnent une note de verdure à la brousse infinie et plate qui nous entoure. Sur une fourche haute de l’un d’entre eux, un mahagoni autrement dit acajou, nous précise Lawrence, est étendu un magnifique léopard, une femelle, notre présence l’indiffère mais elle daigne esquisser de vagues mouvements sur son perchoir, pour aiguiser l’appétit insatiable des adeptes du « clic ». Cette confrontation inattendue, à peine entrés dans le parc, nous enchante, nous, qui, excepté Martine, n’avons eu que de rares occasions d’admirer ce majestueux fauve, plus encore nos Angevins pour qui c’est une première. L’image que j’ai gravée dans mon esprit me rappelle étrangement une brochure feuilletée, cette nuit, dans l’aéroport, aurions-nous rencontré un émissaire du syndicat d’initiative venu nous souhaiter la bienvenue ? En tout cas bravo à l’œil perçant de Lawrence, voilà une belle entrée en matière dans ce parc, réputé, il faut le dire, pour sa riche population féline. Nous ne pouvons malheureusement pas rester aussi longtemps que nous le souhaiterions, timing oblige ! Nous continuons donc notre chemin à travers la plaine en direction de la rivière et y croisons, c’est une primeur, des pukus ou cobs de Vardoni, ce bovidé de taille moyenne est un proche cousin des cobs de Buffon et de Lechwe, mais aussi de celui à croissant ou de son presque sosie sans cercle blanc sur le postérieur, beaucoup plus communs. Son aire de répartition se limite à la Zambie, la République démocratique du Congo, le Botswana et des poches éparses dans les pays voisins tels l’Angola et la Tanzanie. Ces antilopes ont la particularité de vivre en groupes dans des régions boisées à proximité de l’eau. Il y a là aussi des éléphants, des cobs à croissant, deux lionnes à l’ombre d’un arbuste éloigné, un hippopotame sur la berge, plusieurs dans le lit de la rivière et une famille broutant sur la pelouse fleurie de Mfuwe Lodge. Ghislaine est aux anges, elle qui rêvait de taper sur les fesses rebondies ou de croiser le regard renfrogné de ces énormes cetartiodactyles que nous avions en vain recherchés lors de nos précédentes virées en Afrique Australe, elle est servie. Côté oiseaux, nous sommes de nouveau gâtés : hérons mélanocéphales et crabiers, jabirus d’Afrique, ibis sacrés, pélicans, ouettes d’Égypte, aigrettes blanches, ombrettes et une palette de passereaux, sans oublier l’omniprésente tourterelle sur laquelle personne ne daigne jeter un regard, encore moins un déclic. Vers midi, nous arrivons à destination, le comité d’accueil est au grand complet, signes de bienvenue, larges sourires aux lèvres et serviettes humides pour s’éponger le front ou s’essuyer les mains. Luwi Bushcamp établi sur la rive droite de la Lubi River, actuellement à sec, est entièrement ouvert sur la nature. Il est composé de cinq chalets pour les visiteurs, d’un bâtiment destiné à l’accueil, la détente et le bar ainsi que d’autres bâtisses à l’écart pour le personnel et l’administration, le restaurant et le foyer sont en plein air. L’ensemble est construit avec beaucoup de goût au moyen de matériaux naturels ce qui lui donne un charme incontestable et une intégration parfaite dans l’environnement. Le maître des lieux nous indique nos chambres, nous explique le fonctionnement des divers appareils, l’utilisation du sifflet si l’on souhaite un service, la nuit tombée ou de la trompette pour appeler au secours en cas de situation critique ! Un large lit douillettement paré, surmonté d’une moustiquaire trône au milieu de l’espace, la charpente et l’armature sont en rondins foncés, la toiture est en chaume, les cloisons pleines ou ajourées en jonc clair et le sol en parquet, le mobilier est simple, coquet et fonctionnel. Les sanitaires sont à l’extérieur, sous les étoiles et entourés d’un bat-flanc pour protéger la ou le quidam des regards indiscrets mais pas des incursions reptiliennes, simiesques ou encore proboscidiennes. Le luxe est au rendez-vous. Après cet intermède technico-administratif, nous nous rendons au bar pour prendre l’apéritif, sans alcool car le soleil cogne sérieusement, le thermomètre affichant 42° sous abri. Hervé en profite pour nous expliquer ce qui nous attend dans les jours à venir, nous met en garde sur le comportement malveillant des anophèles et mouches buveuses de sang. Enfin, tout pour nous mettre à l’aise, mais c’est déjà fait ! À la suite, nous passons au buffet, dressé sur la terrasse ombragée, le chef nous décrit avec emphase la composition des différents plats. Pas besoin de courir de peur de manquer comme on le voit souvent, ici, les mets à base de légumes, salades, féculents et viandes sont variés, copieux et fort goûteux, et puis, nous ne sommes que six. Malgré le risque d’un coup de bambou, je crois que certains se sont laissés aller à agrémenter ce déjeuner d’un verre de vin blanc ou rouge : les habitués ou les inconditionnels du chardonnay ou du chenin ! Après le café, chacun regagne son palais pour un moment de détente. Personnellement, j’ai décidé d’inspecter le secteur, avec prudence et mes jumelles, bien entendu, restant à distance de la Lubi qui ne présente qu’un large lit ensablé. Cet affluent de la Luangwa n’est pas pérenne, il ne coule qu’à la saison chaude et humide quand arrivent par le nord les premières pluies, à partir de novembre. Alors, la végétation reverdit, les animaux se dispersent, les pistes deviennent impraticables et les Lodges ferment leurs portes, notre séjour est d’ailleurs le dernier de l’année.



Mademoiselle Kaingo.





Quand madame Puku rencontre mesdames Impala.









La pêche à la grenouille : héron vert.



Cobes à croissants.



Zèbres de Crawshay.

Martin-chasseur à tête brune.
Yol + D'Jack
JE Jety34 Veteran ·
Merci à toutes celles et ceux qui ont embarqué avec nous. Il reste quelques places ! Jety 34
Yol + D'Jack
RO Rouquine38 Globetrotter ·
Super! Jacky alors j'embarque avec vous même si j'ai un peu de retard 😉
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
GI Girardinpho Veteran ·
Quelle chance dès le premier jour ! 🤩
Nathalie

Photos et carnets de voyage : http://www.girardinphoto.net
MU Muriel18 Globetrotter ·
Rebonjour 🙂

Il est bourré comme un œuf et le couloir est encombré des énormes sacs photos des passagers en partance pour l’aventure

Pas de pesée des bagages avant d'embarquer? Pour nous, ils avaient été très stricts sur le poids maximum autorisé (15 kg 😕) ...et rien ne traînait dans le couloir central... Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
ZE Zezettedez Regular ·
Salut, je ne veux pas paraitre presomptueuse, mais il me semble que le puku est un reedbuck? Je peut me tromper, le puku est assez rare, mais possiblement visible dans des endroits circonscris comme tu le dis.
JE Jety34 Veteran ·
Bonjour Valérie,

Les différences espèces de reedbuck comme le puku sont de la même famille et se ressemblent beaucoup surtout le bohor, ce dernier ne figure pas sur la "Species checklist" bien documentée qu'on nous avait donnée sur place. Quant à l'arundinum, celui du sud, qui lui y est listé, il serait plus petit avec un pelage roux tirant légèrement sur le grisâtre. De plus, Lawrence, notre guide fort compétent, n'a jamais prononcé le nom de reedbuck pendant notre séjour, où cela a échappé à ma vigilance.

Effectivement, le puku n'a pas une grande distribution en Afrique comme je le précise dans mon texte, South Luangwa étant certainement l'endroit d'Afrique où il est le plus présent et nous en avons vu beaucoup. C'est avec l'impala l'antilope la plus nombreuse de ce très riche parc. On attend un autre avis parmi les spécialistes qui ne manquent pas sur le forum.

Bien cordialement et merci de cette remarque intéressante. Jety 34
Yol + D'Jack
ZE Zezettedez Regular ·
Salut, Je ne mets la competence de personnes en cause, sauf peut etre la mienne. Effectivement le reed buck a une ligne noire sur le devant des pattes avant. Les femelles dans les 2 cas n ont pas de cornes. Les seuls puku que je sais avoir vu etaient a Chobe ou il y a une petite population repertoriee. Finalement, je n en cherchait pas ailleurs. J ai donc du en rater plein a South Luangwa. Le desavantage d etre autodidacte... Valerie
JE Jety34 Veteran ·
SUITE DE LA PREMIÈRE JOURNÉE.

15 h 00 sont l’instant du thé ou du café et du cake, le moment idéal pour entamer notre véritable reconnaissance, ce matin n’ayant été qu’une mise en condition ! Nous embarquons, armés jusqu’aux dents, du moins les photographes, j’ai nommé Martine, Yolande, Gérard et Hervé, Ghislaine et moi n’étant que de simples contemplateurs, puis nous quittons le camp en direction de la rivière. À part un panneau sur lequel est gravé Luwi Camp, il n’y a aucune indication pour s’orienter, ce qui n’encourage pas le commun des mortels à s’aventurer ici. Moi qui aime bien savoir où je suis, où je vais, comment se nomment les cours d’eau, chaque lieu géographique, je suis frustré, mais bon, je suis d’abord venu pour toutes créatures à poils, à plumes et à écailles. Plusieurs marigots, parfois importants et souvent boueux, subsistent dans le lit de la rivière, des groupes d’hippopotames s’y vautrent en compagnie de crocodiles léthargiques, du moins en apparence. Une faune nombreuse et variée s’y bouscule mais Jumbo reste prioritaire pour étancher sa soif. Les autres doivent poireauter : pukus, cobs à croissant, phacochères, guib harnaché, cynocéphales. Les oiseaux quant à eux ne sont ni impressionnés par les sauriens, ni par les mastodontes, ils volent, gambadent, picorent, chassent tranquillement. Hormis les variétés déjà nommées ce matin, il y a des oies de Gambie, des pintades, un couple d’aigles pêcheurs, des tantales ibis et un jabiru immature reconnaissable à son plumage grisâtre et à son bec brun foncé. En nous écartant des rives boisées, Lawrence attire notre attention sur une petite harde de zèbres nous précisant que ceux vivant dans la Luangwa sont différents de ceux broutant ailleurs, ils doivent leur nom à un triste sire, un certain capitaine Crawshay (ne pas confondre avec son presque paronyme Captain Crochet du roman de Peter Pan, qui lui aussi était un affreux Jojo) occupant ses loisirs à collectionner les tableaux de chasse. Pour les scientifiques, ce dernier se distingue par le fait qu’il ne possède pas d’infundibulum sur les incisives, en simplifiant : pas de dents creuses. Il faut donc une sacrée vue pour remarquer un particularisme si ténu mais fort heureusement le costumier de Beetlejuice lui a taillé un costume aux rayures plus étroites qui le différencie des quatre ou cinq autres sous espèces du sous-genre hippotigris. Revenus vers une zone marécageuse, nous assistons au bain d’une famille d’éléphants alors que trois lionnes et un jeune mâle attendent qu’elle libère la place pour se désaltérer. Nous poussons plus loin et stoppons sur un surplomb où nous sommes autorisés à nous détendre, même davantage après une inspection des fourrés voisins, sait-on jamais ? Le site est de toute beauté, magnifié par les lueurs du soleil couchant. Pendant que nous vaquons, nos deux amis ont sorti la table, les verres, les boissons et les toasts. Nous optons tous sauf Martine, plus raisonnable, pour un gin tonic une ou deux doses selon appétence, nous trinquons au bonheur de vivre un moment privilégié. La nuit est maintenant tombée et nous repartons guidés par le halo des phares et la puissante lumière du spot, Yolande appellerait cette opération du casserolage. Outre les herbivores qu’Alex évite de perturber, nous débusquons des lièvres des buissons (scrub hare) mais surtout deux lionceaux qui jouent sur le sable. Cœurs sensibles, nous nous inquiétons de les voir seuls à découvert alors que rôdent hyènes et léopards. Mais non, maman n’est pas très loin, nous la croyions d’abord morte car elle ne bouge pas et est dans une position étonnante mais au bout d’un moment, elle se lève péniblement se dirige vers sa progéniture en tirant la patte avant droite, puis leur prodigue caresses et coups de langue. La vie va être dure pour ces trois-là. De retour au camp, chacun est raccompagné à sa demeure puis récupéré à 8 h 30 pour le dîner car dans le noir, pas question de se balader seul. Le repas est excellent et le moral au beau fixe, chacun y allant de ses premières impressions. Le bonheur s’installe, comme dirait le Titi lorsqu’il est enchanté, le Titi, c’est moi en l’occurrence ! ********** Photos de nuit avec montée en ISO donc pas trop top, beaucoup de bruit mais c'était un moment tellement intense!!!! tant pis j'adore.

La maman blessée part chercher ses petits qui se sont éloignés imprudemment







retour vers un endroit plus sûr.



un peu de repos avant de mettre sa progéniture à l'abri.

Nous les quittons avec beaucoup de regrets.
Yol + D'Jack
SY Sylvie56 Veteran ·
J'embarque aussi pour ce voyage en Zambie! Une très belle scène que cette lionne avec ses petits. Espérons qu'elle se soit remise de sa blessure.....la vie est souvent rude dans la nature.... Le bonheur s'installe effectivement dans ce début de carnet .....hâte de suivre le reste de vos aventures.
https://www.routard.com/forums/t/safari-au-kenya-en-quatuor-octobre-2025/481554/25?u=karen56 https://voyageforum.com/forum/kenya-hors-sentiers-battus-d9781073/ https://www.routard.com/forums/t/evasion-au-kenya-entre-deux-confinements/276792
JE Jety34 Veteran ·
Re-bonjour Valérie,

Je ne suis pas un très grand spécialiste, principalement de certaines espèces d'antilopes où il existe un tas de sous espèces que l'on rencontre moins souvent et dont la différence est parfois un petit détail de rien, comme les reduncas, les guibs harnachés, les dikdiks, les céphalophes et j'en passe, mais je m'instruis un peu plus à chaque voyage. Le puku était une nouveauté pour moi, je m'en suis tenu aux infos de Lawrence et à mon guide-papier, ce dernier n'étant pas toujours clair. Ces bestioles ne vivent jamais en grand troupeau mais sont un peu partout dans les zones que nous avons sillonnées 8 à 9 heures par jour. Ta remarque m'a permis de constater que le puku ressemblait beaucoup au reedbuck et vice versa. Nous attendons un avis éclairé.

Bien cordialement et merci de ta contribution. Jety 34
Yol + D'Jack
JE Jety34 Veteran ·
Bonjour Sylvie,

Merci de te joindre à nous pour ce périple moins atypique que le précédent au Kenya mais peut-être plus riche et plus "sauvage" car nous n'avons pas croisé beaucoup de monde sur les pistes de la Luangwa.

Bien cordialement. Jety 34.
Yol + D'Jack
ZE Zezettedez Regular ·
Reresalut, D autant plus que les especes different d une region a une autre. Mais c est bon, c est un puku. Des centaines d heures de game drive par soit meme ne te mettent pas a l abri de quelques confusions parmi les antilopes surtout quand tu ne t attends pas a trouver cette espece particuliere a cet endroit. Il y a maintenant des elephants dans le Central Kalahari Game Reserve au Botswana, mais la, je ne risque pas de me tromper😉
JE Jety34 Veteran ·
Des éléphants dans Central Kalahari, étonnant mais pourquoi pas, ces mastodontes se sont bien adaptés en Namibie dans des régions désertiques. Jety 34.
Yol + D'Jack
ZE Zezettedez Regular ·
Oui, mais le probleme est qu ils n ont pas vraiment le temps de s adapter maintenant, et qu ils risquent de poser un sacre risque pour les autres animaux, vu ce qu ils bouffent et boivent. Ceux du desert ont appris a trouver de l eau souterraine et l ont transmis aux nouvelles generations , ca prend du temps. Ils ne sont pas vraiment a leur place, et sont arrives la pendant une saison des pluies abondante.on a eu des elephants dans un faubourg de Gabs!! Certaines personnes n en avaient jamais vu de leurs vies...
TO Toopil Veteran ·
Poussez vos petites fesses, faites de la place! J'embarque également!😛
Hakuna Matata!
JE Jety34 Veteran ·
Luwi Camp - Jour 2.

Le sommeil a été excellent mais nous n’avons pas entendu les « Noises 5 » (c’est ma contribution à la ferveur croissante du safariste de base pour le « Five », il en existe déjà un pour les Big, un pour les Little et un pour les Green) qui je le rappelle pour les vieux broussards ou l’annonce pour les non-initiés, sont les chants et cris les plus caractéristiques de la nuit africaine : le grésillement du grillon, le rugissement du lion, le ululement de la chouette, le grognement de l’hippopotame et surtout le ricanement de la hyène. Pour l’instant, nous n’avons eu que des borborygmes hippopotamesques et un concert de gazouillis au réveil. Un olibrius bizarre a fait irruption à l’aube, il s’est assis avec son escorte sans un mot à l’écart de notre tablée. Serait-il affecté de surdité ou d’aphasie car il ne répond à aucun de nos saluts ? Son comportement pour le moins inconvenant nous questionne : d’où vient-il ? Qui est-il ? Sitôt sa nourriture engloutie, il repart avec sa suite dans les pas de son scout vers l’est. Renseignements pris, ce gugusse est un citoyen Qatari qui se déplace pedibus d’un camp à l’autre, aux heures fraîches de la journée, fraîcheur toute relative car le thermomètre indique déjà 28°, alors que les rayons du soleil effleurent à peine la canopée, encore un traîne savane ! Après la dernière tasse de café ou de thé, chapeautés, crémés et harnachés, nous nous hissons dans le Land Rover avec plus ou moins d’aisance et partons pour une balade dans la plaine boisée qui borde le cours d’eau où nos rencontres sont, tout d’abord un martin-chasseur du Sénégal, un grand-duc de Verreaux et une fratrie de lions, deux filles et un garçon. On sent que ces trois-là ont une certaine affinité car les dames ont des attitudes suaves et Monsieur tournicote empoté tel un candide prétendant avec des mimiques pataudes : ils nous amusent bien !

Attention, scène de harcelement !









Notre chauffeur est très aguerri, connaissant parfaitement les desiderata des photographes, se plaçant toujours sous l’angle le plus judicieux et la meilleure lumière, mais il n’oublie jamais les contemplateurs quoique ce matin Ghislaine, elle aussi, ait sorti son artillerie, un ridicule compact de chez Sony, quand j’écris « ridicule », c’est seulement en comparaison des monstrueux objectifs Canon et Nikon de nos voisins voisines. Il se positionne légèrement en retrait de la trajectoire des félins qui marchent placidement sur un banc de sable, dédaigneux des pukus, impalas et grands koudous dispersés en grand nombre dans le secteur et sur leur garde.

Même pas un regard !

Les femelles s’accroupissent pour laper deux ou trois gorgées puis s’éloignent, le mâle leur emboîte le pas et le trio disparaît vers l’amont.



Nous longeons la berge, harcelés par les moustiques mais surtout les tsétsés dont les piqûres ne sont pas indolores : on ne va pas tarder à roupiller. Lawrence recherche le scoop et ne s’arrête plus pour les antilopes communes ou même les rarissimes zèbres de Crawshay et leurs compagnons ailés, les piquebœufs à bec rouge. Ces charmants buphagidés, Docteur Jekyll et M. Hyde de la savane africaine, bienfaiteurs lorsqu’ils débarrassent de leurs parasites leurs aimables convoyeurs, malfaisants lorsqu’ils se nourrissent du sang de leurs plaies, empêchant toute cicatrisation.

Piqueboeuf au casse-croûte.

Par contre, le pilote n’évite pas les éléphants, assez nombreux dans le parc malgré le braconnage, que l’on approche avec précaution et respect. Une famille composée d’une matriarche, de plusieurs tantes, de jeunes de toutes tailles et de nouveau-nés patauge dans une mare, buvant et s’aspergeant. À notre arrivée, ils redressent tous leurs énormes têtes et lèvent leur trompe pour nous sentir : « pas terrible cette odeur de spray ou de répulsif, doit contenir de l’alpha hexylcinnamic aldéhyde, sont bizarres ces hominidés ! » doivent-ils se dire ? Certains individus ne possèdent pas de défense, héritage de leurs ancêtres en réaction à l’hécatombe consécutive à la cupidité de certains pour l’ivoire, ils auraient inscrit dans leurs gènes que leur massacre pouvait être lié à leurs pointes : en attendant une autre version, prenons celle-ci comme bonne ?

Une matriarche sans défense.



Ces animaux sont stressés souligne Lawrence car, de leurs glandes sur les côtés du front coule un liquide visqueux. Est-ce notre présence aromatisée à la citronnelle ou celle des lions proches qui pourraient s’en prendre aux éléphanteaux ? À 8 h 00, nouveau rituel c’est la pause-café/biscuit à l’ombre d’un bel arbre. Tout le monde descend après les investigations minutieuses d’Alex dans les fourrés avoisinants. Celles ou ceux, tenaillés par un besoin urgent pourront profiter de cette halte, ou simplement se dégourdir les jambes ou encore observer la vie trépidante autour de nous. Je ne citerai que les singularités du moment, le rollier à longs brins paré de ses couleurs chatoyantes, sept paraît-il ?

Rollier à longs bruns.

Beaucoup plus éloignés, nous apercevons trois calaos terrestres, encore appelés bucorves du sud, ce beau volatile de 4 à 6 kg a une démarche solennelle mais un vol un peu lourd, il possède un bec puissant, un regard torve, la peau de son cou et de ses joues est rouge, du moins pépère car chez sa moitié tout est noir. Nous continuons notre découverte qui n’apporte rien d’original à notre moisson. Vers 10 h 20, alors que la chaleur devient accablante malgré un vent soutenu, nous sommes de retour, accueillis avec le même cérémonial. Après quelques échanges autour d’un verre et un peu de détente, nous partageons notre repas avant un peu de repos. C'est l'heure de la pose.
Yol + D'Jack
JE Jety34 Veteran ·
Bourguignon et amoureux des hyènes : deux points communs ! Jety 34
Yol + D'Jack
JE Jety34 Veteran ·
Luwi Camp-Jour 2 (suite et fin).

Comme hier, le rendez-vous est à 15 h 00 autour d’un verre ou d’une tasse et d’un gâteau pour un départ en vadrouille à 15 h 30, avec l’espoir de dénicher un léopard car Martine, très sobre, a promis de boire de l’Amarula et nous aimerions bien trinquer avec elle, mais plus encore admirer le joyau de la jungle ! Nous filons vers la rivière où pataugent des hippopotames, roupillent des crocodiles et gambadent des échassiers et des palmipèdes. Les impalas et les pukus dont un nouveau-né sont éparpillés partout

Bébé puku de quelques jours.



Bucorve du sud aussi appelé calao terrestre.



et notre phratrie léonine pionce toujours, ces Dames dans le sable et Monsieur allongé tel un sphinx en contre-haut de la berge : ils attendent la relative douceur du soir pour chasser. Deux éléphants, puis d’autres font leur entrée en scène, ces imposantes créatures sont des mâles gros-porteurs qui ont quitté les zones inaccessibles du parc où sévissent les massacreurs.



Cobes à croissant.



Dans ce secteur où les chasseurs ne sont que d’avides collectionneurs d’images, ils se sentent en sécurité mais la présence d’un véhicule est toujours inquiétante pour eux. En descendant la berge escarpée, nous surprenons un hippopotame broutant à l’ombre des acacias, il s’éloigne en trottinant et rejoint son refuge liquide, ce comportement sur la terre ferme n’est pas ordinaire pendant les heures torrides. Un petit kilomètre en aval, nous débouchons au pied d’une paroi à pic, haute de quatre à cinq mètres. Des guêpiers carmin y ont creusé des trous pour nicher, pondre, couver et élever leurs progénitures, j’en dénombre plus de six cents et constate qu’ils sont presque tous occupés. Sachant que chaque terrier abrite deux à cinq poussins, cette colonie doit dépasser les 2 000 sujets. Leurs ballets dans les airs et plus encore leurs alignements telles des brochettes sur les rameaux sont un véritable enchantement pour tous, leurs bavardages rauques fait de « tirrik-tirrik » ou cris d’alerte « rikrikrak » couvrant avec bonheur les centaines de déclenchements fusant autour de mes oreilles.

Guépiers carmin.





Trop rivés à leur lorgnette, les Nemrods du pixel ont-ils remarqué les adorables inséparables rosegorges qui eux aussi colonisent les anfractuosités et volent en groupe, perchés dans les branchages, ils se confondent avec le feuillage ! Un pygargue, juché à la cime d’un figuier observe ce remue-ménage, peut-être n’est-il pas qu’ichtyophage et aimerait-il mettre à son menu ces superbes méropidés ou encore ces délicieux perroquets nains ?

Pygargue vocifère ou aigle-pêcheur.



Guépiers carmin et inséparables rosegorges. Je reviens sur mes écrits, Yolande les a vus !



Dans un marigot peu éloigné, une maman hippopotame manifeste son mécontentement de nous sentir si près de son territoire, mais surtout de son bambin blotti contre elle, elle simule une charge en grognant, au moment où nous remontons sur le plateau.





Nous longeons le coteau escarpé vers l’orient, nous venons nous garer au-dessus d’un arbre décharné richement décoré d’une myriade de guêpiers, c’est une place rêvée pour l’apéritif, dont le choix de chacun est maintenant enregistré dans les mémoires de Lawrence et Alex. Comme hier, sans rien demander, ce sera une ou deux doses, au risque de contrarier nos barmen, mon Gégé te voilà obligé à assumer ta différence, tant pis pour ton foie ! Retour nocturne sans événement marquant : un hippopotame en baguenaude, une mère avec des jumeaux, situation rarissime, des éléphants, des herbivores et très loin, grâce à la vue aiguisée de notre guide, une genette. Je me demande comment en conduisant, il discerne dans le lointain avec un projecteur instable et sautillant un animal à peine gros comme un lapin ? Nous sommes de retour vers 19 h 25 et à table 30 minutes plus tard. Ce soir, le dîner est précédé de champagne offert par la Maison d’Anjou. Le barman, d’ordinaire si preste semble bien emprunté devant la bouteille. Gérard lui explique tout le cérémonial lié à ce divin breuvage : comment on ouvre, comment on sert et plus encore comment on fait les niveaux. Pour sûr qu’il retiendra la leçon ! Martine, privée d’Amarula puisque Madame la panthère n’a pas daigné se manifester, se venge sur une flûte. Ce repas sera le dernier servi à Luwi Bushcamp.

PS : les noms des animaux sont donnés pour les malheureux qui ne seraient pas encore allés en Afrique, pour les autres, c'est du commun !
Yol + D'Jack
MA Max68 Globetrotter ·
J'arrive, j'arrive, je suis tout essoufflé, il me faudra un verre de chardonnay pour m'en remettre 😉

Merci de nous faire voyager et rêver 😎 et bravo à la photographe 🙂 ... peut-être juste un coup de Photoshop pour que l'herbe soit moins brulée par le soleil et ce sera parfait
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JE Jety34 Veteran ·
Bonjour Jean-François,

Merci de te joindre à nous pour ce périple intense dans la Luangwa. Nous espérons que le compte-rendu et les photos, non encore triées, seront à la hauteur de ce que nous avons vécu. La suite arrive, même si il y a peu de réaction encore ! Bien cordialement. Jety 34.
Yol + D'Jack
MA Max68 Globetrotter ·
Des guêpiers carmin y ont creusé des trous pour nicher, pondre, couver et élever leurs progénitures, j’en dénombre plus de six cents et constate qu’ils sont presque tous occupés. Sachant que chaque terrier abrite deux à cinq poussins, cette colonie doit dépasser les 2 000 sujets. Leurs ballets dans les airs et plus encore leurs alignements telles des brochettes sur les rameaux sont un véritable enchantement pour tous, leurs bavardages rauques fait de « tirrik-tirrik » ou cris d’alerte « rikrikrak » couvrant avec bonheur les centaines de déclenchements fusant autour de mes oreilles.

je me serais bien joint à vous pour rajouter quelques centaines de clics, c'est une scène que j'aimerais beaucoup voir 😛 🙂 J'avais eu un avant goût au Drotsky Camp, où j'ai eu la chance de contempler quelques "trous" habités dans la rive de l'Okavango et depuis j'aimerais énormément en voir/revoir en grand nombre 😛 😎
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