Merci Djalma, Nimou et Ming de vos commentaires, ça me fait réellement plaisir.
Sur ce fil, qui ressemble au fil de soie de l’araignée, léger, inconsistant à peine capable de capturer quelques innocents insectes, je poursuis ma ronde de souvenirs, celle de mes rencontres de voyage. Des rencontres aimées de celles que l’on n’oublie jamais :
J’ai aimé la gentillesse de l’instituteur dans une école de Campeche dans le Yucatan, il nous a laissé dormir dans sa petite école bien à l’abri et en sécurité quand j’étais si jeune et si inconsciente…
J’ai aimé regarder Homme et le colporteur sur une route du Balouchistan. Tête contre tête, ils réparaient la roue crevée de la petite moto du colporteur. Deux hommes dans cette chaleur ahurissante, unis dans un même effort. Deux cultures, une même entraide…
J’ai aimé voir la jambe guérie du pêcheur de lagune dans le Tamil Nadu en Inde. Un abcès géant gonflait son mollet. J’ai pris ma trousse, j’ai incisé, j’ai drainé, poudre antibio et pansement. je suis venue six jours dans sa hutte au toit de feuilles de palmier où assis sur le seuil il réparait ses filets bougeant avec difficulté tant il avait mal.
J’ai aimé sa confiance et en étais honorée.
Et quand guéri, il m’a offert une langouste aux reflets bleus, nous l’avons fait cuire et manger ensemble avec sa femme et ses deux petits…
J’ai aimé rire aux larmes avec cette jeune femme indienne qui tenait sa galette de bouse, ne voulait pas la lâcher et voulait s’asseoir sur la moto pour essayer. Son mari dodelinait de la tête et souriait et incitait sa femme à monter sur la moto.
De guerre lasse, j’ai pris la galette, elle s’est assise et hop, son mari l’a rejoint.
Nous sommes allés boire le thé. Inattendu et drôle, vraiment.
J’ai aimé dormir chez un couple d’iraniens après Zahedan (je ne sais plus où!), s’asseoir sur des tapis magnifiques et tout doux, boire du thé au safran. La nuit arrivait, nous ne trouvions rien pour dormir et spontanément, ils sont venus vers nous. Que de bienveillance, que de générosités !
J’ai aimé rester six jours à Chivilcoy en Argentine où nous ne devions que faire étape, rencontrer Maria et son mari, découvrir que là c’étaient installés les premiers français, que la culture française perdurait encore. Aller dans leur quinta, faire la fête avec leur grande famille, danser (n’importe comment pour moi) en faisant tournoyer un foulard au-dessus de ma tête, apprendre que douze agriculteurs bourguignons étaient venus le mois précédent pour mêler leurs savoirs respectifs. Et rester tant d’années après encore un lien, c’est super.
J’ai aimé passer deux nuits en Patagonie dans une estancia, et avoir l’immense surprise et joie qu’ils aient noté la date d’anniversaire de mon mari, préparé un énorme asado, invité tous les gauchos et offert un gros gâteau avec des bougies en chantant tous joyeux anniversaire en espagnol.
Bon, il y a encore tant d’autres « j’ai aimé » mais déjà que c’est long et, dans notre monde où tout doit aller vite, bien peu vont lire…
En tout cas, j’imagine que chacun a aussi souvenirs de belles rencontres, celles qui font que l’on se sent vivant, celles qui font tomber les idées toutes faites, celles qui donnent le sentiment d’être plus riche.
A plus tard pour les « j’ai détesté » ! ../...