J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012
c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement
Eric
mosquée de Soleyman le Magnifique
PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre
Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité.
Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos
SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum
24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h.
Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est.
Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏
A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎
Infos pratiques
Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas
Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol
1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL
1 pide ou galette : 0, 30 YTL
Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Très gentil à toi de m'avoir averti de ton départ. Je te suivrai désormais ici sur le carnet que sembles vouloir tenir sur le forum.
En demeurant ici, aussi triste et étrange que cela puisse paraître, les souvenirs de mon voyage demeurent un bloc compact d'où trop peu souvent ils montrent le bout de leur tête . Je te lis et les lignes des pécheurs sur le pont Galata, l'eau de cologne servi généreusement laissent réaffluer les images.
Salut Mékonq!
Me réjouit de te lire, je me souviens de mon arrivée à Istanbul, la différence de culture m'apprivoisa et j'ai adoré cet endroit, ainsi que mon voyage en Turquie jusqu'en Capados superbe endroit ! mon voyage c'est pratiquer en famille se qui nous a rendu la tache plus facile pays très accueillant au niveaux des enfants.
Enfin bref c'est pour cela que je me réjouit de lire tes périples, et d'en savoir plus .
meilleures salutations
Mymi
salut Aristomakos
c'était juste une question de budget, suis parti par easy jet pour 30 euros, eurolines c'était 94 euros jusqu'a Belgrade et 23 euros jusqu'a Istanbul
Sur les routes d'Anatolie Orientale
Malatya-Karadut
26-27 octobre
Ce matin en sortant de l'otogar, j'attrape un bus local. Le chauffeur ne pipe mot d'anglais. A l'aide d'un plan et de mon lexique, on arrive à se comprendre. Enfin c'est ce que je crois. En Turquie, les otogars sont éloignés des centres villes et celui de Malatya, en l'occurence se trouve distant de 6 kms. Quelques instants plus tard, le chauffeur s'adresse au bus bondé et tous les regards convergent vers moi. Il vient juste de demander si quelqu'un parle anglais😮🙂. Une jeune fille se présente, s'assied à coté de moi et me questionne dans la langue de sheakspeare. Ainsi c'est comme ça que de fil en aiguille, plusieurs personnes se relayent, changement de bus compris pour m'amener jusqu'au centre. Plutôt sympa, mon dernier accompagnateur me sort ses cartes de visite, il travaille à la Railway et est entraineur de foot🙂.
Ici, peu importe la barriere de la langue, les gens seront toujours prêts à vous aider et vous rendre service avec beaucoup de gentillesse.
Malatya donc, j'y reste une nuit, capitale de l'abricot (kayasi), vendu à tous les coins de rue de cette ville. Pas étonnant, sur la route d'Adiyaman, c'est une succession d'arbres fruitiers, de champs et de villages, contraste avec la rudesse des montagnes imposantes, rocailleuses, de couleur brune, dépourvues de végétation qui nous entourent, on entre dans le pays du Nemrut Dagi.
12h30, dans le dolmus, un cd de musique orientale tourne. Il fait 28 degrés dehors, temps propice à la sieste et à la farniente😎. Parfois, il s'arrête pour prendre une personne sur le bord de la route et repart.
Arrivée à Adiyaman, autre dolmus direction Kahta, nous sommes entassés mais comme par enchantement une place me tend les bras🙂. A Kahta, je rencontre le type qui tient la Karadut Pensiyon, ça tombe bien c'est là que je vais😛. Faut dire que lorsque j'ai demandé au chauffeur, Dolmouche Karadut ? il m'a amené direct à lui, tout le monde se connait ici. Mehmet m'invite à attendre dans l'épicerie qu'il tient, on boit un thé (cay), la TV diffuse un match de foot... le dolmus arrive et j'embarque. Je vais bientôt toucher au but, le Nemrut Dagi n'est plus tres loin. Ici, nous sommes en pays kurde.
Dans le dolmus, je m'asseois derriere, sur la banquette devant moi, 2 femmes et un bambin, dans les bras de sa mère, il me regarde d'un air amusé, je lui fais des grimaces😏, il me fixe de ses yeux malicieux ce qui fait rire les 2 femmes. Sa petite soeur, une fillette adorable avec de grands yeux profonds est assise sur la même banquette que la mienne. Regard intimidé. La route entre Kahta et Karadut s'élève, je ne me lasse pas de contempler le paysage mais je n'ai encore rien vu. La fillette est désormais assise à coté de moi, plutôt rassurée et tranquille. Le dolmus stoppe à Narince, un petit village, devant une échoppe ressemblant à une boulangerie, le chauffeur descend et achète plusieurs galettes (pide) tout juste sorties du four, les femmes en prennent aussi:). On se remet en route🙂.
Paysages d'Anatolie Orientale
Arrivée à Karadut, minuscule village en plein coeur des montagnes, l'auberge est parfaite. Je dois être le seul pensionnaire, c'est la fin de saison touristique mais elle est ouverte toute l'année. Les chambres sont hyper clean, il y a même un jardin où l'on peut planter la tente et des tables dehors pour déjeuner. On peut y manger midi et soir. Le personnel est très sympa, kurde, il y a Osman (fondu de football et de Galatasaray) et Dadu qui sont permanents, ce sont des enfants du pays. Le soir, des jeunes et vieux du village viennent pour prendre un thé, discuter ou regarder la TV. C'est vraiment un endroit reposant et accueillant pour y passer du temps. Même si le patron essaye de vendre son excursion pour le Nemrut😉.
Demain, une grosse journée m'attend.
Infos pratiques
Malatya
Ticket de bus : 0, 75 YTL
si vous êtes à l'otogar, sortir et traverser le boulevard, arrêt de bus en face. Demander au chauffeur "Vilayet" qui se trouve au centre de Malatya.
Pour aller à Karadut depuis Malatya
otogar de Malatya, prendre un dolmus pour Adiyaman 9YTL. Ensuite à Adiyaman, sortir de l'otogar, prendre à droite et suivre la route sur 300 m, arrêt dolmus pour Kahta devant une épicerie 1 YTL. A Kahta, arrêt dolmus pour Karadut devant l'otogar 3, 5 YTL. Il suffit de demander.
Karadut Pensiyon : 20 YTL la nuit avec petit déjeuner
A l'assaut du Nemrut Dagi à pied...et en tracteur😎
le 28 oct
Levé très tôt, je prend vite le petit déjeuner. J'ai prévu de consacrer la journée au Nemrut Dagi. A la Table d'à coté, déjeunent des Turcs qui reviennent du sommet, ils sont allés assister au lever du soleil.
Le lever et coucher de soleil, c'est la marque de fabrique de toutes les excursions. En saison, c'est l'usine à gaz, des minibus remplis de touristes en provenance de Kahta et Malatya convergent vers le Nemrut sans musarder en chemin. En 1h l'affaire est pliée. J'ai rien contre mais c'est pas mon truc. J'aime être libre de mes mouvements et prendre mon temps, en outre, j'adore la marche😛. Je sens que le patron de la pension me tire la gueule et sûr que ce ne sont pas des types comme moi qui feraient tourner son business. Hier, Osman me disait que la clientèle était constituée principalement de Russes, Américains, Australiens, Italiens, peu de Français.
Et c'est parti pour 8kms d'ascension. Sortie de Karadut sous un ciel bleu éclatant. Un gamin garde un troupeau de chèvres, "Hello", je lui fais signe de la main, "Money"🤪, il me suit sur quelques mètres puis retourne à ses bêtes. Il fait chaud, je tombe la chemise.
Ce silence...je monte tranquillement. Pause photo, me désaltère tout en contemplant les alentours. Arrivée devant l'entrée du parc national (depuis 1987 et classé au patrimoine humanité Unesco). C'est désert. La route atteint des pourcentages de 11% par endroits.
Hier soir, à l'auberge, je lisais l'histoire de ce géant. Il culmine à 2150m. Quand Antiochos eut l'idée d'y faire construire un temple et une chambre funéraire (?), il a bien senti les choses le bougre! Ici, la nature dégage une telle impression de puissance, pffft! Le temple qu'il a fait bâtir, consistait en un tumulus, 3 terrasses dont 2 bordées de statues colossales et de bas reliefs. Les blocs de pierres pour chaque statue pesaient des tonnes, la réalisation était monumentale......Je distingue un bruit de moteur qui progresse...un tracteur...bientôt il me rejoint et me dépasse. Le chauffeur m'invite à monter en marche, je m'exécute aussitôt. "Tesekkür"🙂..."Nerelisiniz"...."Fransizim"..."Ah! Jacques Chirac!"😏. Et à chaque voyage, force est de constater le degré de popularité de Chirac par le fait qu'il se soit opposé à Bush et sa bande, cela a marqué les esprits.
Sortie d'un virage, mon hôte pointe sa main sur la droite "Nemrut", en effet, on l'aperçoit au loin avec sa forme bien typique, surmonté d'un tumulus. Fin du voyage motorisé. Remerciement, échanges de regards complices et signes de la main. Il bifurque sur la gauche. Une pancarte indique 5 kms.
De nouveau seul. Silence total à peine interrompu par le léger bruissement de rares arbustes et quelques chants d'oiseaux. Entouré de montagnes, je poursuis ma route. Je croise un troupeau de moutons et de chèvres. Au fur et à mesure que la route s'élève, au fond se dessinent les contours du bassin mésopotamien délimités par le Tigre et l'Euphrate. Le paysage est stupéfiant de beauté, ouf! Je me pose 5 mn. Photos😮😎.
Je suis sur mon petit nuage et gagné par l'émotion. Suis presque arrivé...
Cette plaine bordée de grands fleuves fut le théâtre des affrontements des grandes civilisations antiques, la civilisation assyrienne, perse, grecque, romaine, hittite...sous l'oeil du Nemrut. Les derniers mètres se font par deux chemins en forme d'escaliers et c'est la récompense. Que de pierres gigantesques ! les têtes sont tombées des socles. Elles sont impressionnantes. Regards sévères.Bouches légèrement ouvertes comme si elles parlaient. Il y a là, un aigle et un lion. L'ensemble n'est certes pas en bon état mais dégage une telle force, les bas reliefs représentent des divinités.
Zeus Oromasdes
Au premier plan Antiochos 1er à droite Commagene
Tout autour, c'est une succession et enchevêtrement de montagnes de couleur brune de différents tons. Plus loin, on distingue nettement le début du bassin mésopotamien et les grandes étendues d'eaux de l'Euphrate transformé en lacs artificiels à cause du barrage Ataturk. Je suis sur le c...Toute ma pelloche y passe et le numérique n'est pas en reste😎. Je me trouve un coin à l'abri du vent sur un rocher et je me pose. Pour profiter de ses instants, regarder, contempler, penser, réfléchir et écrire.
Pur moment de bonheur😎🙂. Quelle chance de pouvoir voyager ! J'entend des voix, ça parle Italien. Un groupe passe furtivement sur le chemin processionnel. Les heures passent...
Antiochos a fait construire des statues représentant 3 grandes civilisations antiques. Il y a sa statue, celle de Tychée du royaume de Commagene, celle de Zeus-Orasmades, celle d'Apollon-Methras, celle d'Heracles-artagnes-Ares.
Voulait t-il que le temple soit le témoin de la rencontre et le mélange des cultures perses, helléniques et anatoliennes ?.....Le soleil commence à décliner et des groupes de touristes affluent. C'est vrai que ça vaut le détour quand il se couche derriere les montagnes. La nuit tombe et je redescend sur Karadut. Sur le chemin, je croise un Tchèque bardé d'un énorme sac à dos😮, il me demande si le Nemrud est encore loin et combien de temps, il compte planter sa tente sur place. Je descend d'un pas rapide sous une belle nuit étoilée. A mi-chemin, un camion de l'armée s'arrête et me propose de m'emmener à Karadut. Je préfère continuer ma marche jusqu'au bout. J'ai de très bonnes sensations, la nuit est belle, je suis heureux🙂. En 2 heures, suis à l'auberge et je fais la connaissance de 2 nouveaux pensionnaires, l'une est Coréenne, See Mii qui voyage depuis 8 mois. En vrac elle a traversé la Chine/Tibet/Pakistan/Iran/Arménie/Georgie/Turquie. L'autre est Russe, Macha qui vit en Inde depuis 8 ans, elle se balade en attendant son mari rentré a Moscou. Suis content de retrouver des voyageurs, on mange ensemble, on discute. See Mii est motivée le lendemain pour la marche, j'en connais un😛.
Demain, je met le cap sur Sanli Urfa proche de la Syrie mais quelle journée merveilleuse.😎
LES CARPES SACREES DE L'AYN I ZALEYDA
Sanli Urfa du 29 oct au 02 nov
Le matin à Karadut, réveil avec vue sur les montagnes:)). L'endroit est vraiment exceptionnel😎. Tout compte fait, une des plus chouettes pensions depuis que je voyage. Je me promet de revenir avec des amis français. See Mii, la Coréenne est déjà partie sur la route du Nemrut.
Macha part avec moi à Sanli Urfa, on va faire un bout de chemin ensemble. Ensuite, elle envisage d'aller en Syrie, elle n'a pas encore son visa. Osman nous emmène jusqu'à Kahta pour prendre un dolmus.
En route dernière vision du Nemrut. Il nous donne l'adresse d'un copain, Mustapha. Il tient l'hôtel Ugur à Sanli Urfa.
Sanli Urfa, j'accroche tout de suite🙂:)). Une ville située au sud est, proche de la frontiere syrienne. Architecture arabe. De vieilles mosquées, l'une date du 12eme siecle. Des rues débordantes d'activité, des odeurs, du bruit. Ici, on arbore fièrement le keffieh rouge ou noire, enroulé sur la tête ou autour du cou🙂.
On trouve aisément l'hôtel. Confort sommaire mais vraiment pas cher et c'est en plein centre.
Je découvre que c'est une ville biblique, un lieu de pélérinage. La ville des Prophètes. Ville natale d'Abraham, Adam et Eve y auraient séjourné et elle a un lien avec l'Arche de Noe. Le parc où se pressent chaque jour une foule de touristes venus pricipalement d'Iran et de Syrie est magnifique; noyé sous de grands arbres, jalonné de bassins et de fontaines, entouré de mosquées couleur miel et surmonté d'une citadelle qui surplombe la ville. Je suis frappé par le nombre d'enfants, vendeurs a la sauvette, cireurs de chaussures ou travaillant au bazar. Dans les bassins, une multitude de poissons, si nombreux qu'ils se montent dessus quand on leur lance de quoi manger. J'apprend que ce sont des carpes sacrées (et bien grasses)😉. On dit que c'est à cet endroit que le roi d'Assyrie Nemrod jeta Abraham dans la fournaise qui se changea aussitôten eau poissonneuse😛.
Je passe mes journées à me balader à travers la vieille ville. Bruits de rabots, de ponceuses, bruit de marteaux qui tapent sur le fer rougeoyant, forgerons, ébénistes, vendeurs de tissus, de casseroles, de café et d'épices. Je suis dans le bazar. Je m'asseois sur un banc pour observer le spectacle de ce ballet. Les vendeurs de thé passent devant les échoppes en tenant leur plateau garni de petits verres. Des vieux discutent sur les bancs d'à coté.
Un jour, je croise Ridwan au parc où l'on se fait souvent accoster et ça se termine direction le magasin🤪.
Il parle anglais et quelques mots de français. Kurde comme 80% d'habitants de cette ville. Je lui parle de mon voyage et pas question de m'encombrer d'un tapis. Finalement je l'accompagne et nous débouchons sur une petite ruelle couverte où sont regroupés tous les vendeurs de tapis, les échoppes sont minuscules mais débordent de couleur. On s'asseoit, il y a aussi un vieil homme, on discute, ils me demandent mon travail en France et si ça gagne bien. Puis sans trop d'hésitation car je me dis qu'il faut aussi parfois lâcher du lest, je leur achète quelque chose, un dessus de coussin. C'est léger. Il me servira durant le voyage. Ils m'offent le thé avant de nous séparer et nouveau passage dans le bazar au milieu du concert de coups de marteaux, rabots, ponçeuses et le défilé des vendeurs de thé, de café. J'adore !!!🙂😏
Le Bazar de Sanli Urfa
Macha ne sort pas beaucoup de l'hôtel. Gentille et exubérante, elle est dans son monde. Shanti Shanti !🙂. Elle trimballe son Pc avec elle. Amoureuse de l'Inde, elle n'est pas trop à l'aise pour voyager seule en Turquie excepté Karadut. Un jour, elle me montre toutes ses photos et celle du Népal, on se les passe en écoutant de la musique indienne avec thé et raki:). Je comprend mieux son attachement pour ce pays.
4 jours que je suis à Sanli Urfa. Une chose qui frappe ici lorsque on arrive de l'ouest est la pauvreté, bien visible de l'autre coté de la citadelle. A flanc de colline, des maisons construites les unes sur les autres, toutes avec leur réservoir d'eau sur les toits en forme de terrasses. Maisons parfois séparées par des escaliers montant jusqu'au sommet qui rappellent les favellas de Rio. Quelques routes sillonnent ce quartier, parcourues par des vendeurs ambulants de fruits légumes et quincaillerie. Des gamins jouent au foot, des fillettes sautent a la corde, les femmes étendent le linge sur les toits ou surveillent les plus jeunes des bambins. Des piments sèchent sur une terrasse.
Le soir, après 20h près de l'hôtel, le quartier est sous tension. Gyrophares, flics en civil, même dans le cybercafé, deux ont fait irruption🤪. On est dans le quartier de la préfecture (vilayet) et en ce moment ils sont sur les dents.
Je me sens bien dans cette ville mais ma route continue plus vers l'est.
Demain départ pour Mardin
Infos pratiques
Dolmus de Kahta a Sanli Urfa : 8, 5 YTL
Hôtel Ugur (a coté de l'hôtel Harran) : 15 YTL
Ticket de bus urbain : 0, 85 YTL
Mardin Diyarbakir Hasankeyf...au coeur du pays kurde
Sanli Urfa-Mardin-Diyarbakir-Batman-Hasankeyf-Diyarbakir
du 02 nov au 05 nov
Ce matin, départ pour Mardin. Je réveille Macha pour lui dire au revoir et lui souhaiter bon voyage. Elle continue sur Gaziantep pour l'obtention de son visa syrien. Dernier thé avec Mustapha. A la une du quotidien Zaman, manif de 15000 personnes à Hakkari, le slogan est clair: unité entre Kurdes et Turcs. Le message est significatif, Hakkari a toujours été un bastion de la rebellion, l'Irak est toute proche. Il y a une inquiétude parmi la population ici car ils ont peur d'être les boucs émissaires de la situation.
Sur la route, non loin de Sanli Urfa, des villages au milieu de nulle part, un dénuement total😐. Juste de la terre aride et des cailloux. A Kirlik, checkpoint militaire. Ils prennent les papiers de tout le monde pour vérification. Agacements dans le bus. 15 mn plus tard, on repart. A la TV, apparaît la gueule de Miss Condoléances (Condo Rice)😕, les mâchoires se crispent. Les 2 stewards ont remarqué la photo sur mon passeport, ça les fait marrer😏. Barrière de la langue oblige, on communique par petits dessins. Ils me servent thé sur thé et partagent une pomme avec moi. Dehors le paysage a évolué. Ce sont des champs de blé et de coton sur des kms. Nous traversons Kiziltepe, des files de camions, des silos. Ici la vie s'est organisée autour de ces précieuses denrées. Je repense aux villages 100 kms plus bas. Nous quittons la plaine, la route s'élève. Mardin est perchée sur une montagne à 1325m d'altitude. Je pars explorer la ville à pied. Très plaisant de se balader au milieu de ces vieilles maisons en pierre taillée couleur miel, arpenter de petites rues étroites et de jouir d'un beau panorama sur la plaine avec au fond la Syrie qui s'annonce🙂. Par contre, les hôtels sont chers. Je passerai la nuit à Diyarbakir. Dans une boulangerie, ça s'active, un gros tas de bois est entassé sur le toit...on me fait signe et m'invite à entrer. On m'offre une galette et du thé. Dans une joyeuse ambiance🙂, 6 personnes bossent à un rythme soutenu et répêté : 2 préparent la pâte a l'étage, 2 autres en font des pides (galettes) et 2 les enfournent. Les passants tendent la main à la fenêtre pour acheter ce pain tout chaud. Personne ne comprend l'Anglais, pas grave on se parle à force de grands gestes et d'éclats de rires😏, je leur montre quelques photos de France et de Jérusalem, ils apprécient.
Enfants de Mardin
La nuit tombe, je redescend vite pour attraper un dolmus pour Diyarbakir.
Je loge à l'hôtel Aslan Palace. Diyarbakir est une grosse ville. 1, 2 millions d'habitants. Il y la ville fortifiée, la nouvelle ville et les quartiers pauvres constitués de gens ayant fui leurs villages au plus fort de la répression de l'armée turque. Armée qui est toujours bien présente dans la ville. Une garnison stationne à l'extrémité de la ville. Les remparts de basalte noire qui entourent la vieille ville dateraient de l'époque byzantine et seraient une des plus grandes enceintes du monde.
Marché à Diyarbakir
Lorsque je reviens de dîner (certainement le meilleur restaurant de mon passage en Turquie, Safak avec un Firin Güvec délicieux : pour info c'est un mélange d'aubergines, de tomates, d'onions avec huile d'olive et mouton accompagné de riz blanc), le réceptionniste m'invite à rester dans le hall où sont disposés fauteuils, canapés et tv pour boire un thé. On fait connaissance. Il se prénomme Mehmet, Kurde, marié, des enfants. Il se révélera être durant mes 3 jours ici un interlocuteur chaleureux et prévenant🙂. Chaque soir, c'est le même rituel, on s'installe devant un thé, on discute. pas facile, il a quelques mots d'anglais et moi quelques mots de turc. Frustrant car ça limite la conversation. L' endroit est convivial car il y a toujours d'autres pensionnaires de l'hôtel. Je suis l'un des rares touristes, ils ne viennent pas à Diyarbakir. La ville souffre de sa mauvaise réputation. En 2006, des émeutes ont éclaté. Des bandes de gamins des quartiers pauvres sont descendus et ont pillé des magasins du centre. Le chômage est important. A chaque coin de rue, on peut voir des gens devant des étals de fortune, essayant de gagner péniblement leur vie, des bandes d'enfants vont et viennent😐.
Je fais le tour des remparts, entrecoupés par 7 portes. On peut monter et se balader sur le chemin de ronde. Tout le long, c'est aménagé en parcs et en jardins🙂. Des gamins jouent au foot, les fillettes font de la balançoire, parfois quelques uns m'accostent par des "Hello" et aussi "Para". Quelle vitalité 🙂! Mehmet m'apprend que la vieille ville compte 27 mosquées et 7 églises. Il aime sa ville, ça se sent et aimerait que je reste plus longtemps.
Dimanche, je prends un dolmus pour me rendre a Hasankeyf, vraiment sympa les dolmus, ils vont partout et où que l'on soit, on tend le bras et ils s'arrêtent😉. Le temps est ensoleillé. On passe par Batman, autre grosse ville. Je remarque une raffinerie et des usines. Puis la route s'engouffre dans des gorges où coule sa Majesté le Tigre.
J'aperçois des maisons troglodytes. On arrive. L'endroit est magnifique, je suis agréablement surpris. Partout des maisons troglodytes, des escaliers taillés dans la roche, le tout surmonté d'une citadelle en ruine, en bas le nouveau village qui ne sera bientôt plus qu'un souvenir (a cause du projet de barrage) et le Tigre qui serpente.
Du haut de la citadelle, la vue est imprenable et je photographie le fleuve sous tous les angles😎. Quand je descend, je vois 2 chiens attachés devant une maison troglodyte, ils aboyent, je passe. Quelqu'un habiterait t-il encore ici ?
Retour à Diyarbakir et je retrouve Mehmet autour d"un thé pour lui raconter cette belle journée.
Demain je pars très tôt pour Van, lever à 6h. Mehmet est un peu déçu que je parte mais je reviendrai à Diyarbakir.
Je revois le regard des gens lorsque j'arpentais les quartiers pauvres, mélange d'étonnement et de curiosité à la vue de cet étranger qu'ils n'ont pas l'habitude de rencontrer par ici, je revois tous ces enfants, ce petit bout de fillette qui vendait des mouchoirs dans la rue, ces gamins jouant au foot sur des petits espaces....
Diyarbakir, la mal aimée, écorchée vive et si sensible qui m'a touché.
Infos pratiques
Bus Sanli Urfa-Mardin : 15 YTL
Dolmus Mardin-Diyarbakir 5 YTL
Ticket bus urbain Diyarbakir 0, 75 YTL
Dolmus Diyarbakir-Batman 5 YTL
Dolmus Batman-Hasankeyf 3 YTL
Hôtel Aslan Palace (simple avec sdb) 20 YTL
Diyarbakir - Tatvan- Lac de Van - Van - Erzurum
Le 5-6-7 novembre
De nouveau sur la route, petit pincement au coeur en quittant Diyarbakir. Mehmet est à la réception, on se salue très chaleureusement.
7h à l'otogar. Je pars pour Batman dans un premier temps pour récupérer un bus qui doit m'amener jusqu'àTatvan au bord du lac de Van. Ensuite j'envisage de prendre le ferry jusqu'à Van et plus je pars tôt, mieux je pourrai profiter du paysage depuis le bâteau. Faut pas traîner, ma correspondance à Batman est à 8h30. Ça tombe bien, le chauffeur roule à tombeau ouvert et il rejoint un collègue. Une course de dolmus s'engage🙂, à l'intérieur, ça n'émeut pas grand monde, la plupart des gens ont piqué un roupillon.
En Turquie, les bus sont toujours bien remplis et quand il reste des places, le chauffeur prend des gens qui marchent sur la route, j'ai testé a Hasankeyf😛. Je suis maintenant dans le bus pour Tatvan. On traverse des paysages de basse montagne. La route remonte le cours d'une rivière jusqu'à Baykan et surprise...un checkpoint🤪. Contrôle des papiers des hommes, les femmes en sont dispensées. Ca dure 10 mn et nous repartons. Après Bitlis, bis répétita, mais ils nous font signe de passer. Soupirs de soulagement dans le bus.
Arrivée à Tatvan et au lac de Van, il est à peine midi. Je me dirige à pied vers le ferry en suivant la promenade au bord du lac très agréable. Ce lac de montagne est le plus grand de Turquie.
Lorsque j'arrive, tout paraît désert, les bâteaux amarrés atteints par la rouille, attendent une hypothétique traversée. Je remarque une voie de chemin de fer. Ça sent le sapin....Un type marche dans ma direction, je lui demande le ferry pour Van, il me dit que c'est ok mais vers 18h-19h, la traversée dure 4h. Raté pour mes plans 🤪. Il est 13h, 5 heures à tuer. Il m'indique un endroit à coté de l'embarcadère où je serai au chaud.
En effet, l'endroit fait office de café. 6 tables disposées dans une salle, une TV qui marche et une autre petite pièce où chauffe le thé. Des hommes jouent aux cartes par groupes de quatre. lls ne prêtent guère d'attention à ma présence car ils sont concentrés sur le jeu. A coté, la bouilloire chauffe constamment. Régulièrement durant l'après midi, des groupes sortent car ils travaillent sur le site. D'autres les remplacent et rentrent au chaud, se posent devant la TV, discutent et avalent un thé chaud. Parfois un vieux vient de loin, va s'asseoir sans mot dire dans un coin pour boire un thé et repars sans faire de bruit.
Le site comprend l'embarcadère des ferries et un terminal de chemin de fer. Je m'apercevrai que le ferry sert surtout pour les wagons de marchandises, des passagers : nous ne serons que 4. Les gens préfèrent le bus plus rapide.
Dans le café, ça tourne toujours autant. Ce sont des étudiants qui s'occupent de servir le thé. Ils me bardent de questions, si je suis marié, mon âge, mon job, si j'ai fait l'université, combien je gagne, combien coûte les vêtements en France etc...et mes réponses ils les retransmettent aux anciens qui sont assis a coté et qui n'arrêtent pas de les chambrer😏. Je leur montre quelques photos de France et de Jerusalem, ils apprécient. Puis chacun reprend son job. Les petits verres de thé brûlant, la TV qui diffuse une série.
Le ferry est arrivé. Les wagons sont poussés à l'intérieur par une locomative. Il fait nuit. Dans le café, Des tables se sont reconstituées et les tours de cartes reprennent, un des étudiants s'initie au jeu flanqué des conseils d'un ancien. Je prend mon sac sur l'épaule et jette un dernier regard sur ce lieu qui sent bon la simplicité🙂🙂.
Arrivée à Van en pleine nuit. Galère pour trouver un bus car l'embarcadère se trouve à 10kms du centre🤪. Je marche et finalement je trouve un bus qui m'emmène jusqu'au centre désert à cette heure. J'ai une adresse d'hôtel. Accueil froid.
Van, je n'ai pas trop accroché. Question de feeling. Grosse ville de 300000 habitants, bordée par le lac. J'en profite pour visiter le château qui vaut vraiment le coup pour le superbe panorama sur le lac, la ville et les montagnes derrière. Je téléphone au consulat d'Iran, on me dit de passer demain.
Direction Erzurum à 7h00, j'appréhende. Au tél, il ne m'a rien dit de plus, je suis dans le flou😐. Sur la route, on n'a pas le temps de s'endormir car c'est checkpoint sur checkpoint😐. Une fois c'est un contrôle de papiers; 10 kms plus loin bis répétita; puis ce sont les papiers et les bagages; après ce sont les papiers/bagages en présence des hommes en bas du bus; ensuite on nous fait signe de passer; ensuite nouveau contrôle des papiers🤪 Les passagers râlent et je les comprend car ça ressemble à du harcèlement...
Finalement, nous arrivons à Erzurum avec beaucoup de retard. Il fait 4 degrés. Sous la pluie. Les montagnes sont couvertes de neige. Erzurum est en altitude. Le dernier bus pour Dogubayazit est parti. Suis bloqué ici pour la nuit🤪. Je file rapidement au consulat. C'est la même personne qui me reçoit et je dois patienter durant 40 mn sans savoir si j'ai le feu vert. Entre temps, un Français Xavier accompagné d'une Turque Ceylan sont arrivés, on papote🙂. Ils font du stop depuis Ankara et envisagent de faire de même en Iran. Ceylan parle Français. Après l'Iran, elle retourne en Turquie pour poursuivre ses études. Xavier continuera jusqu'en Inde. Ils attendent un fax de confirmation d'Istanbul pour obtenir le visa ici. Quant à moi, il m'appelle et me donne le précieux sésame😎😏. Visa d'un mois. C'est ce que j'avais demandé. Un grand soulagement doublé d'une grande joie intérieure:)))🙂. J'ai l'impression de voler.
Demain je met le cap sur Dogubayazit et le mont Ararat🙂😉.
Infos pratiques
Dolmus Diyarbakir-Batman 5 YTL
Bus Batman-Tatvan 13 YTL
Ferry Tatvan-Van 5 YTL (pars à 18h00- 4h de traversée)
Ticket de bus urbain Van 0, 75 YTL
Bus Van-Erzurum 30 YTL
Erzurum-Agri-Dogubayazit
le 08/09/10/11/12/13 novembre
J'ai donc passé la nuit à Erzurum à l'hôtel Emre. Je l'ai trouvé dans une petite rue derrière l'artère principale de la ville, en face d'un cybercafé. Erzurum ne manque pas d'hôtels petit budget.
Le matin, je pars pour Dogubayazit. La compagnie de bus, je ne la sens pas du tout. Ils m'ont embrouillé sur les correspondances, à Agri pour Dogabayizit🤪. Du coup, je modifie mon billet et je trouverai moi même un dolmus à Agri. Pour ajouter au mécontentement, on a du retard. Les gens s'énervent et pas besoin de comprendre le Turc quand ils descendent du bus pour protester😐. Durant le voyage, je fais équipe avec un Turc qui part en Iran, on regarde la carte, il va à Tabriz et Orumieh pour une semaine. Il a quelques rials en poche. On discute du taux de change que je trouve anormalement bas. Un type très sympa🙂.
Toute la région est sous la neige. Quelques checkpoints plus tard, Agri se présente. Je trouve un dolmus dans les 15mn qui suivent, aidé par une personne qui m'a guidé jusqu'au petit otogar.
A 16h30 on est à Dogubayizit. La frontière iranienne est à 20 kms. Il fait nuit. C'est une ville de 80000 habitants, population kurde, située dans une vaste vallée au pied du massif mont Ararat. Je loge à l'hôtel Tahran.
Le soir, dans un cybercafé je revois le Tchèque que j'avais croisé en pleine nuit sur la route du Nemrut Dagi, il part aussi en Iran. Rendez vous pris à Tabriz hôtel Maschad ou après car nous avons le même itinéraire🙂.
Lendemain, je prend un dolmus pour me rendre au palais d'Ishak Pacha, à 7 kms de la ville sur une montagne. Ce palais est une petite merveille entouré d'un panorama sublime😎.
Il a été érigé en 1685 par un chef kurde nommé Ishak et mélange plusieurs styles architecturaux de la région. L'intérieur est bien conservé. On aperçoit la ville et le mont Ararat dont le sommet est sous les nuages. Dommage, on ne peut pas toujours être chanceux😉. Tout juste à coté, il y a une mosquée du nom d'Hani Baba, un philosophe et poète kurde. Le week-end, c'est un lieu de pélérinage et beaucoup de familles s'y rendent.
Dogubayazit : ici la population essentiellement composée de Kurde est pauvre. En descendant à pied d'Ishak Pacha, je croise un Kurde Mecit devant un camping. Il m'invite à rentrer boire un thé. Il y a là, Bertil un Hollandais qui vient dans la région depuis 20 ans. Lui et Mecit se sont associés pour ouvrir ce camping aux abords de la ville. Mecit me dit que Dogubayazit compte 95% (?) de chômage😐. La région ne reçoit pas d'aide du gouvernement. Tout part dans l'ouest. Les gens se débrouillent, vivent de petits boulots, un peu de ce qu'ils cultivent et du tourisme mais guère en ce moment. Beaucoup d'enfants traînent dans les rues dont certains ont leur père en prison pour raisons politiques. Dans la ville, des femmes kurdes ont ouvert un restaurant associatif pour venir en aide à leurs maris emprisonnés qui font partie du PKK. Ce sont elles qui servent, c'est rare en Turquie, on y mange plutôt bien et je m'y rend souvent. Le samedi, elles sont habillées en robes traditionnelles.
Le soir, à l'hôtel, il y a de fréquentes coupures d'électricité car le systeme n'a pas été remis à niveau alors que la population a triplé🤪. Cela fait 4 jours que je suis ici et j'aime beaucoup cet endroit.
Je rencontre des gens intéressants comme Bilar le gérant de l'hôtel Tahran, un type formidable. Kurde, marié, 4 enfants, passionné de voyage, il collectionne les guides🙂. De plus, il a une analyse très fine de la situation politique de son pays, je l'écoute avec beaucoup d'attention et j'apprends.
Il y aussi les voyageurs qui transitent depuis et vers l'Iran ou des types comme Bastien, un Français d'Aubagne🙂. Venu en stop avec une bande de copains en traversant les Balkans, il voyage maintenant seul. Il repart en France, les autres continuent jusqu'en Inde. Auparavant, il a séjourné dans la région une semaine, louant un âne à un paysan en passant par une agence de trekking. Parti se balader dans les montagnes de villages en villages, il me raconte l'hospitalité et l'attention qu'il a rencontré. Des gens extrêmement pauvres, qui l'ont invité à manger et partager le peu qu'ils avaient. Et aussi d'autres anecdotes moins drôles lorsque il s'est fait harcelé, jeté des pierres et pour finir voler des affaires par une bande de gamins alors qu'il courait après l'un deux qui lui avait pris son appareil photo🤪. Ensuite il a pu les recupérer grâce à l'imam du village avoisinant qui a lancé un appel et à l'instituteur.
Il y aussi Jade une jolie Chinoise de Shanghai🙂. Dynamique et volubile, elle est arrivée à l'hôtel hier. Après avoir quitté son boulot, elle voyage depuis 1 mois, pris le train jusqu'à Kashgar en Chine et rejoint la Karakoram Highway pour entrer au Pakistan, puis l'Iran en transit 7 jours et la Turquie. Ensuite elle envisage d'aller en Syrie pour noel et l'Egypte. On partage beaucoup de temps ensemble, à discuter voyages, se promener en ville et dans les environs. Je m'entend bien avec cette femme et je sens que c'est réciproque. Demain, je serai encore ici. J'ai la musique kurde qui trotte dans ma tête🙂.
Enfants de Dogubayizit
Infos Pratiques
Bus de Erzurum a Agri 15 YTL
Dolmus de Agri a Dogabayazit 6 YTL
Hey ! Je viens de m'inscrire sur voyage forum et je tombe sur ta balade 😉 ! Ouah ! L'idée que j'ai est Téhéran - Rajasthan via afghanistan (j'en rêve !!) mais là je crois que ça coince... 😕. Et seule je flippe un peu !
J'ai toujours voyagé en 4x4 ou moto. Mais pour ce voyage, seule, bus et marche sont peut-être préférable. Je ne sais pas.
Anyway, je "surveille" 😛 ton voyage de ... paris et je réfléchis sur le mien 🙂.
Bon vent à toi ! Et merci...
Myriam
Dogubayizit avec Jade au pied du mont Ararat (2)
14/15 novembre
Toujours à Dogabayizit. Cela fait 2 jours que je repousse mon départ. Après tout j'ai mon temps. C'est une bien belle région. Les gens sont sympas. Hier, deux Basques de Pampelune sont arrivés de l'ouest en vélo, Turquie et Syrie. Le soir, nous avons eu droit à du rock engagé basque lorsque Carlos s'est connecté sur son blog😏 mais joie ephémère à cause d'une ènième coupure de courant. Ce matin, ils sont partis en Iran avant l'Inde car ils n'ont pas eu de visa pour le Pakistan. On va se revoir quelque part sur la route🙂. Durant ces deux jours, j'ai pu faire des photos du mont Ararat en bénéficiant d'une vue dégagée.
Mont Ararat et petit Ararat
Mont Ararat
Jade est encore ici. Elle n'est pas pressée de partir. Nous sommes devenus inséparables. Je l'emmène au restaurant tenu par les femmes du PKK. Nous allons deux fois jusqu'à Ishak Pacha. Le premier jour, ce n'était pas prévu car je voulais lui présenter Mecit et Berdil au camping mais après avoir bu le thé et discuter avec nos hôtes, nous avons continué sur notre lancée, à pied et en stop mais à quelques minutes de la fermeture. En redescendant, un jeune couple de touristes d'Istanbul s'arrêtent pour nous ramener en ville. Le deuxième jour, nous sommes montés en stop. Froid de canard là haut. Visite du chateau. On n'a pas trainé. Stop pour rentrer.
Aujourd'hui elle m'a montré des photos du Tibet d'un précédent voyage auquel elle semble très attachée. Elle est bouddhiste. Elle a quelques photos du Pakistan, la partie nord, de la KKH, elles sont magnifiques.
C'est Jade que me donne l'idée d'aller en Afghanistan. A Peshawar, elle a rencontré trois gars qui sont partis à Kaboul par la Khyber-Pass. Elle me donne l'adresse de Seb un Suedois qui faisait partie du voyage. Je le contacte. Jade me fait écouter son répertoire de chansons françaises (celles qui sont populaires en Chine) comme Edith Piaf, Cabrel et d'autres que je ne connaissais pas comme Magic Boulevard🤪.
Nous passons du temps à discuter de nos pays respectifs, de nos voyages présents, futurs, boire le thé. parfois, lorsque il est à l'hôtel, Bilar s'associe à la conversation et nous apporte tout son savoir sur l'histoire de cette région.
Je les aime bien. C'est aussi pourquoi je n'arrive pas à décoller😉. Je me laisse transporter par ces belles rencontres et j'ai envie d'en profiter pleinement.
Bilar est un type chaleureux, passionné de voyage.
Jade ferait une bonne compagne de voyage. Je lui propose de me rejoindre en Inde. Ca la fait sourire. Le courant passe bien, je me suis attachée à elle. Dommage qu'elle fasse le chemin inverse du mien. J'essaye de ne pas trop gamberger en me disant que je la reverrai quelque part sur la route une autre fois...
Entre temps, Seb le Suedois m'a répondu. Il se trouve à Mashad au nord de l'Iran et me donne toutes sortes d'indications précises pour un itinéraire depuis Herat jusqu'à Peshawar en passant par Kaboul. Il me conseille vivement de prendre l'avion à Herat pour rejoindre Kaboul puis la route via la khyber-pass jusqu'à Peshawar au Pakistan. Je commence à me projeter. L'Afghanistan fait partie de ces pays dont je rêve secrètement. J'ai besoin de réfléchir avant de prendre une décision hâtive. J'en discute avec Jade et elle aurait bien aimée m'accompagner mais elle n'a plus de visa iranien et zut encore loupé🙁. Quand même j'aimerais trouver quelqu'un pour m'accompagner car je ne me sens pas d'y aller seul. J'aviserai en cours de route entre Tabriz et Yazd. De là, deux possibilités s'offriront à moi : La route via Zahedan juqu'à Quetta au Balouchistan ou Mashad en bus et l'Afghanistan par Herat.
Région de Dogubayizit au fond la vallée
Demain je pars probablement pour rejoindre la frontière. Changement d'heure (+1h30), changement de monnaie (tomans/rials), changement de langue (farsi et j'ai mon petit lexique). <b
De nouveau seul sur la route et c'est sur un air de musique kurde que le dolmus file à travers la vallée, le mont Ararat est derrière nous. Quelques bergers avec leurs troupeaux. Il fait beau. 11h30 mais sitôt passé la frontière :+1h30. Au fond, blotti sur les contreforts d`une montagne, un rare village. L`endroit n`est guère peuplé. On s`approche de Gurbulak en doublant la file de camions en attente. Sur la gauche, quelques blindés turcs font le gué. C`est une région sensible où 4 pays se font face ou presque : Turquie, Arménie, Iran, Azerbajian. Je laisse ce pays kurde que j`ai tant aimé. Des gens : Bilar, Mehmet. Des lieux : Karadut, Sanli Urfa, Dogubayazit, Diyarbakir. Un peu de blues dans l`âme de quitter Jade, cette femme intrépide. Nous étions comme 2 complices. Pour elle, la route passe par la Syrie et l`Egypte. Sa présence me manque. En ces circonstances, voyager seul devient d`un coup plus lourd à porter, plus dur à accepter aussi.
Frontière Turquie-Iran
Pas le temps de ressasser que l`Iran se profile. L`aventure continue avec son lot d`émotions. Je suis très étonné par la rapidité des formalités. Un seul guichet à franchir. Un type me prend mon passeport pour le vérifier et je le récupère 15mn plus tard. Me voici dans le hall, je descends les escaliers. Je suis en Iran.
Premiers pas hésitants: difficile de comprendre et de se faire comprendre. Tout est écrit en Persan. A Bazargan, ville frontière, je dois me frotter à la roublardise des taxis. En manque de repères et d`échelles de prix, malgré avoir âprement marchandé, je me fais enflé sur le prix de la course🤪. De plus, le chauffeur qui m`emmène à Maku, m`assure qu`il n`y a plus de bus pour Tabriz. En traversant la ville, il me désigne un hôtel et propose de stopper, je ne marche pas dans sa combine et lui demande de continuer. Au terminal, bein entendu je trouve un bus pour Tabriz. Celui qui relie Maku à Téhéran passe à Tabriz. Départ à 17h00. A l'intérieur du bus, les quatre jeunes filles en face de ma banquette, m'observent comme une bête curieuse en chuchotant et en pouffant de rire. lorsque nous arrivons à Tabriz, il fait nuit. Taxi pour l'hôtel Mashad.
Voilà maintenant une semaine que je suis en Iran. Quelques impressions en vrac
*Voyager en Iran est très bon marché pour les détenteurs de l`euro
*ce pays dit de 'l`axe du mal' est plutôt tranquille, on ne ressent pas de tension. Loin des idées reçues véhiculées chez nous. En france, les visages pâles virent au blème dès que l`on évoque ce pays🤪.
*Les gens que je rencontre sont accueillants, serviables et gentils. Toujours quelqu`un pour vous guider si vous êtes en panne d`orientation, pour vous aider à trouver le bon taxi collectif.🙂 Il suffit de demander.
Un exemple : Parti tôt visiter la forteresse de Babak à 110 kms de Tabriz, lorsque je me pointe pour acheter mon billet de retour, plus de place et pour cause, c`est la fin du week-end ( en Iran le vendredi) et les étudiants repartent à la fac. Après discussion (entre étudiants, le guichetier et d`autres personnes qui arrivent) on me trouve une place dans le bus et malgré mon insistance, impossible de payer mon billet. C`est aussi cela l`hospitalité iranienne.🙂
*Les gens sont curieux et n`hésitent pas a parler politique dans la rue. Encore des idées reçues qui volent en éclat. On me questionne sur Sarkozy et Kouchner. Ils sont amers car la France ne les avait pas habituée à une telle agressivité😐. Dans le bus qui me ramène de Kaleybar à Tabriz, entouré d`étudiants qui me bardent de questions durant les 2h30 de trajet, je suis assis à coté d`un ingénieur en transport, on discute. Pour lui la France a vendu son indépendance aux Usa. On évoque d`autres sujets dans le domaine international . Une personne très bien informée et un fin limier politique.
Les questions qui reviennent régulièrement car ils savent ce qui se raconte sur leur compte en Occident :
Quelles sont les raisons d`une telle diabolisation?
Quelle image avais je de l`Iran avant de venir?
Que vais je raconter à mon retour?
* La circulation est infernale et la pollution qui va avec. Pour la piétaille, traverser une rue exige de la dextérité pour slalomer entre voitures, bus et motos et de la vitesse pour piquer un sprint si cela est nécessaire.😏
Rues de Tabriz
*Les femmes portent le chador, mais un chador à l`iranienne, un ample voile noir qui couvre la tête sans cacher le visage et qui descend jusqu`à la taille. D`autres portent un Hejab de différentes couleurs. Elles sont coquettes et élégantes, portent des jeans. Certaines me lancent des regards qui me font tourner la tête...dans les deux sens. J`en ai même vu une avec des mèches violettes😛. Seules les religieuses sont couvertes jusqu`aux pieds. Les femmes sont actives, conduisent et siègent en politique. Loin de l`intégrisme pur et dur et de l`image de la femme soumise que les médias nous vendent.
*Depuis la Turquie, je continue mon exploration culinaire : je fais une cure de jus de fruits frais et milshakes, vraiment delicieux en Iran. Des difficultés pour trouver de bons restaurants mais hier, j`ai testé le khoresht, sorte de ragout avec du riz. Simple mais j'ai bien aimé. Et du thé bien sur.😏 L`Iran en quelques chiffres
70 millions d`habitants. 63% de la population a moins de 30 ans. 16% d`inflation. Pour exemple, le prix du carburant a triplé en quelques mois. 70% d`Iraniens mécontents du gouvernement. Tabriz
Ma 1ère étape. Ville importante. 2 millions d`habitants. Je loge dans un hôtel austère mais le type qui le tient (il est tout seul) est serviable rien à voir avec l'hôtel Mashad où je suis parti au bout de la première nuit.
A Tabriz, je rencontre Nasser Khan à l`office du tourisme. Personnage incontournable et guide officiel de la ville. Il parle 8 langues dont le Francais. Outre les conseils précieux qu`il prodigue sur la région et le pays, c`est aussi un type jovial, serviable et chaleureux. Marié depuis 3 ans, il a une petite fille de 14 mois. Durant 3 jours, je passerai lui rendre visite à l'office pour discuter et boire le thé. Ensuite à la fermeture du bureau, nous partons au cybercafe, il surfe une heure et rentre retrouver sa famille. Nasser est certainement le meilleur guide que l`on puisse trouver en cours de voyage.🙂
Le bazar de Tabriz est fantastique. Le plus vieux bazar du monde. Un labyrinthe de ruelles couvertes, long de 35 kms, réparti en secteurs : bijouterie, tapis, épices etc...Quel contraste avec nos grandes surfaces fadasses et aseptisées. Des centres commerciaux font leur apparition mais la population préfère se rendre dans ces endroits pleins de vie, de
couleurs et de senteurs.
J`y passe les 3 jours à me balader, faire des emplettes et prendre des photos😎. J'y rencontre un Francais en week-end. Il bosse à l`institut de Téhéran et maitrise le Persan. Son job : trouver des contrats pour des sociétés françaises dans le secteur gazier. Il fait la grimace en m`apprenant que la France s`est opposée au rapport de Mohamed el Baradei sur le nucléaire à l`Onu😐. Lorsque je lui fais part de mon intention de traverser le Balouchistan, il manque de s'étrangler. "ah vous les voyageurs, vous n'en faites qu'à votre tête !", "quand il y a des enlèvements, les emmerdes c'est pour nous !". Tiens encore un type qui bosse pour le renseignement🤪.
Un soir, en partant du bureau, Nasser me présente Hassan qui tient une boutique d`articles pour femmes dans le petit centre commercial en face du bazar. Un type raffiné qui parle très bien Francais. Avant la révolution, il avait fait ses études à la Sorbone à Paris. Traducteur assermenté, il ne trouve pas de travail. Le Francais n`est pas à la mode du coté de Téhéran. De plus, il est connu pour être opposant au pouvoir actuel.
Entretemps, je suis allé visiter la forteresse de Babak (rappel ci dessus : l`histoire du bus complet, des étudiants...😉), un héros national azeri et chef révolutionnaire. C`est un véritable nid d`aigle, seul accès : des escaliers abrupts. Pas eu le temps de grimper jusqu`au bout mais la randonnée en pleine nature et la vue etaient très plaisantes.
Je quitte Tabriz ce soir. Taxi collectif (No Bardast et annoncez la destination au chauffeur sinon vous payez la totalité de la course) jusqu`au terminal et bus de nuit direction Qazvin. Etape sur le chemin du chateau de Hassan Sabbah🙂.
de la fameuse secte des Assassins (Lire Samarcande d'Amin Maalouf)
Info pratiques
Taxi Bazargan-Maku : la course tourne autour de 10000 rials. Marchander ferme car les chauffeurs ont tendance à x5 ou x6
Bus Maku-Tabriz : fréquents sur la ligne de Téhéran. Bus au moins jusqu`à 17h00
Taxis collectifs à Tabriz : 2000 rials la course
Bus urbain Tabriz : achat d`une carte electronique disponible aux guichets dans la rue 10000 rials
valable si l`on reste 1 semaine
Bus volvo Tabriz-Qazvin : 60000 rials
Qazvin-Gazor khan château des Assassins-Qazvin
18-19-20 novembre
Après quelques péripéties, me voici enfin arrivé à destination. Enfin dis je, car entre un guide peu scrupuleux qui voulait me pigeonner en multipliant son prix x10🤪 sitôt monté dans sa voiture, entre un bus fantôme pour Gazor Khan et entre la roublardise d`un savari, ajouter à cela le bus de nuit de Tabriz qui m`a amené direct à Téhéran sans passer par Qazvin, ce fut laborieux et ce hors d`oeuvre m`a passablement mis de mauvaise humeur😐.
Heureusement, la seconde partie est plus agréable. La récompense est au bout. Une route qui monte et qui descend en lacets. Plus nous progressons au coeur de la chaine de l`Alborz, plus la nature déploie des trésors de paysages spectaculaires.
Gazor Khan est un petit village, à 2000m d`altitude, au pied du château des Assassins. La fameuse secte des Ismaéliens dont l`histoire est contée dans le livre d`Amin Maalouf 'Samarcande'. Le château qu`il a fait édifier est un veritable nid d`aigle. C'est le pays qui veut ça ? et le relief s'y prête merveilleusement. Babak, Alamut, Lamiasar... Nous franchissons un pont. Une rivière coule dans un profond canyon. Tout autour de nous, des vergers. Pour loger, je dispose d`une adresse. Une pension tenue par une famille au coeur du village.
Mr Sami me reçoit. Il parle quelques mots d`Anglais. La maison est sur 2 étages. La famille et leurs 3 filles vivent au rez de chaussée, le 2ème étage est réservé aux pensionnaires. On y accède par des escaliers pentus qui donnent sur une terrasse avec juste en dessous, la place du village.
Une grande pièce fait office de chambre. Le sol est recouvert de tapis. Devant l`entrée, une grande table en bois avec deux bancs de chaque coté. Dessus, une nappe et une boite à sucre pour le thé. A gauche, un vieux poêle. Au fond, empilés, des couvertures, couettes et coussins en nombre suffisant pour se confectionner des lits douillets. C`est simple mais convivial🙂. Mr Sami me montre son livre d`honneur et me le laisse. Je le feuillette. Les gens de passage y écrivent des messages mais il contient aussi un tas d`infos sur la région. Cartes, Parcours pour balades et randonnées avec croquis detaillés.
Ici, on est loin de l`agitation urbaine et médiatique. Le sentiment que peu de choses ont changé. La vie est paisible. Les femmes portent le foulard. Le soir, les gens se rassemblent sur la place pour palabrer tard dans la soirée. L`imam, personnage central, parle durant 1 heure au haut parleur, parfois plus, tout dépend de la quantite de nouvelles qu`il a sous le coude. Le matin aussi, on l`entend avec le chant du coq. C`est sur cette même place que l`on fête les mariages ou les enterrements comme c`est le cas durant mon séjour. C`est un hâvre de tranquilité.🙂
Mr Sami est l`instituteur du village voisin. Chaque jour, à 8h, il part sur sa moto, dispenser ses cours. Avant, il m`apporte le petit déjeuner. Le soir, c`est lui qui m`apporte le diner. Et à chaque fois, le plaisir de découvrir sur le plateau repas, les bonnes choses que sa femme a cuisiné😛. Du pain fait maison et des produits locaux, le tout arrosé de thé bien sur😏. Il me donne des conseils sur la région et les justes prix pratiqués pour les transports par bus et savaris. C`est là que je réalise que je me suis fait toisé par le chauffeur de savari qui m`a amené jusqu`ici🤪. Madame, la maitresse de maison s`enquiert de savoir si j`ai bien dormi. Elle parle quelques mot d`Anglais. Et comment! emmitouflé sous une couette et des coussins moelleux, je suis dans un cocon😛.
Le 1er jour, comme j`arrive en début d`après midi, je fais la visite du château ou plutôt des ruines. Pour l`atteindre, il faut emprunter des escaliers en pierre. En haut, des ouvriers procèdent à des fouilles. Ils vivent sur place dans une cabane qu`ils ont amenagé. Tout le long, ils ont installé des échafaudages. Le château d`Alamut est entouré de falaises vertigineuses mais avec suffisamment d`espace pour y vivre. A long terme, selon le chef de chantier, le projet est d`en faire un haut lieu touristique, avec l`ouverture d`un musée, la contruction d`une route pour drainer les cars de touristes. La vue est sompteuse. J`ai une chance inouïe car il fait très beau.😎
Le 2ème jour, après un petit déjeuner copieux : pain maison ( comme de grosses crêpes épaisses) confiture de prune, beurre et fromage de la région. Je pars à 9h. Mme Sami me donne de petits morceaux de fromage et il me restait du pain, ajouter à cela des dattes et des figues iraniennes, voici mon casse croute de midi. Randonnée de 8h00 à travers les montagnes.
Je suis les chemins utilisés par les bergers. Toute la journée, sous le soleil, j`escalade et dévale les montagnes balayées par le vent, traverse les nombreux vergers, franchit des sources et rivières🙂😎. Le silence...parfois entrecoupé par les sifflements d`un berger qui guide son troupeau. En toile de fond, les sommets enneigés de l`Alborz culminant à 4800m. Je suis sous le charme de cette région. La nature offre ce qu`elle a de mieux. Un panel de paysages magnifiques. Lacs, sources, cascades, canyons, couleurs🙂. Une végétation insolite comme ces immenses roseaux jaunes verts entourant un lac. Elle est généreuse car les vergers sont partout. Oups! dans un excès d`enthousiasme, j`ai failli oublier l`heure😮. Le soleil commence à décliner et je suis éloigné du village. J`arrive à la tombée de la nuit, fatigué mais très heureux de cette journée. Mr Sami m`accueille et c`est avec délice que je prend possession du plateau repas😉. Je prend soin de remplir le livre et Mr Ali écrit mon nom en Persan. Dernières recommandations pour le bus de demain à 7h00. Le matin, à l`aube, avant de partir, Mme Sami m`apporte du thé et récupère le livre d'honneur. En voyant mon message, je vois son visage qui s`éclaire🙂. Ils y tiennent à ce livre et je les comprend. Elle me demande si j`ai des cachets pour la tête, je lui donne de quoi se soulager. Elle aussi y va de ses recommandations concernant les bus et les justes prix. Je quitte la petite maison avec déjà l`envie de revenir. En espérant que le projet d`aménagement touristique même si ce n`est pas pour demain, ne défigurera pas cet endroit magique, point de depart de superbes balades. Et aussi que cette petite pension sera encore là avec ces gens adorables, Mr et Mme Sami et leurs filles. Ce séjour restera peut être comme mon meilleur souvenir en Iran.🙂🙂🙂
Infos pratiques :
D`après mes renseignements, il n`y a pas de bus direct pour Gazor Khan
Depuis le terminal de Qazvin : devant la gare des minibus, prendre le bus pour Mo`allem. Demander à une personne dans le hall (guichets) plutôt qu'à l'extérieur où vous risquez de tomber sur des guides ou des personnes qui voudront vous emmener au point de départ des savaris.
Prix du bus Qazvin-Mo`allem : 15000 rials. De Mo`allem, demander un bus pour Gazor Khan. Distance 21 kms.
Prix du bus Mo`allem-Gazor Khan : 5000 rials Si il n`y a pas de bus, prendre un savari sachant que la course Qazvin-Gazor Khan coûte 40000 rials ou faire du stop.
Gazor Khan-Mo`allem : départ du bus à 7h00 tous les matins. 5000 rials
Mo`allem-Qazvin : le bus attend celui de Gazor Khan : 15000 rials
Qazvin-Teheran : bus mercedes 7500 rials
Téhéran-Isfahan : bus volvo 40000 rials
😄, Juste un petit coucou pour que le file ne tombe pas au fond du forum et m'éviter d'avoir à la chercher partout .
Alors ? Et l'Iran ? Il doit vraiment faire froid du coté de Kashan, je me souviens des panneaux au bord de la route prévenant des risques de chute de neige....😛 un rêve alors qu'on crevait de chaleur ...
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
salut Catherine
merci de to n message
il commence a faire froid et j`ai attrape une angine. je suis a Yazd et il y a un beau soleil. je me retape tranquille avant de passer au Pakistan
Eric
Qazvin-Téhéran-Isfahan
21-22-23-24-25-26-27 novembre
Un bus m`emmène à Téhéran. Arrêt au Terminal ouest. Il y en a 4, celui qui m`intéresse pour rallier Isfahan, se trouve au sud. Pas moyen de trouver un taxi collectif et avec mon sac, ceux qui s`arrêtent, veulent m`emmener en solo. Je refuse, 'No Bardast', pas envie de me taper la totalité de la course et l`expérience de Qazvin m`est un peu resté en travers de la gorge. Du coup, je fais le trajet à pied, ça me permet de voir un peu Téhéran...sous la pluie🤪. Au terminal sud, je trouve un bus dans la demie heure qui suit. Impeccable 😎! Le réseau de bus en Iran est excellent et permet d`aller partout et à n`importe quelle heure. Je voyagerai de nuit. Distribution de biscuits, pistaches et boisson fraiche dans ce bus confortable et un service parfait. Une constante depuis la Turquie.
Isfahan au petit matin. Je descend à l`Amir Kabir Hôtel. Connu pour accueillir beaucoup d`étrangers, il y a aussi des Iraniens et quelques couples. Chambres simples, doubles et dortoirs mixtes sur 2 étages avec un jardin intérieur; au centre une fontaine, un endroit agréable pour prendre le petit déjeuner. L`ensemble est tenu par 2 frères, les Laurel et Hardy iraniens😉. Durant les 7 jours de mon séjour, c`est la première fois que je croise autant de voyageurs. Le matin de mon arrivée, je fais connaissance avec Peter un Suisse-Allemand. Lui aussi débarque. C`est un vieux loup de mer qui a roulé sa bosse dans un tas de pays, expérience qu`il me fait partager en me donnant un plan pour aller dans un village tibétain en Inde du Nord avec tous les détails jusqu`à la couleur du train. Un mec sympa🙂. Je rencontre Minjone un étudiant coréen qui part pour Shiraz, il reviendra 4 jours plus tard en compagnie d`une amie coréenne. Il voyage depuis quelques mois, traversant la Chine, le Pakistan, l`Iran et ensuite Istanbul, l`Egypte, Syrie et retour en Corée par la Russie. Un beau programme en perspective. Il y a aussi cette Japonaise qui partage mon dortoir. Elle voyage seule pour une durée de 9 mois. Elle arrive du Pakistan par la route. Celle que je risque d'emprunter. Elle me donne des informations récentes sur la traversée du Balouchistan et aussi une bonne adresse d`hôtel à Shiraz. Je croise deux Francais, l`un Nicolas de Valence qui arrive d`Ouzbékistan en vélo. Sur la route depuis février 2007 pour un tour du monde. Et des retrouvailles avec les 2 basques vus à Dogubayazit et évidemment Marek le Tchèque😏 que j`avais croisé en pleine nuit sur les pentes du Nemrut Dagi, c`est la 4ème fois qu`on se voit. Entre tout ce petit monde qui forme la communauté du voyage, on parle le même language. Il y a échange d`infos, on discute visas, coûts de la vie, bons plans de logement et endroits à ne pas manquer.🙂
Isfahan ou Ispahan, en Persan Esfahan est à 1500m d`altitude sur le plateau iranien. Passage de la route de la Soie et d`anciens caravanesérails pouvant contenir jusqu`à 600 chameaux. Ce qui fait le charme de cette ville est son architecture spéciale ; les maisons sont faites de briques et recouvertes de torchis, avec des cours intérieures dotées de fontaines et jardins et toits en terrasse. On voit cela tout autour du Bazar, de l`Imam Square et de la Mosquée Jameh. Malheureusement, le reste de la ville est rattrapée par des grands immeubles en beton et une circulation très intense, même les trottoirs sont investis par les motos. C`est une ville très touristique, les Iraniens viennent de tout le pays pour la visiter ainsi que quelques étrangers en groupes ou non organisés. Les mosquées sont fabuleuses; Il y un tel raffinement dans les mosaïques et motifs ornant les murs, les bas reliefs, les dômes et les pishtaks. Un régal pour les yeux. Ma préferée est la mosquée Jameh dont les 4 pishtaks reflètent 4 époques distinctes🙂.
Il y a Imam Square, une des plus grandes places du monde, une des plus belles aussi avec ses jardins, bassins avec jets d`eau, entourée par 2 des plus belles mosquées du monde, un palais et des batiments raffinés.
C`est ici que le premier jour, je croise Morteza et Majid😏, ils travaillent dans un magasin de tapis persans sur la place. Ils m`offrent le thé. Morteza parle bien Francais, Majid "ça roule ma poule" apprend quelques mots. Ensuite, je croiserai, soit l`un soit l`autre tous les jours dans la ville, à Imam Square, dans un cybercafé, sur les berges de la Zayandeh. Ils m`invitent à boire le thé dans la boutique dès que je passe dans le coin. ils tâtent le terrain pour me vendre un tapis, normal, faut bien que leur business tourne mais sans insister devant mon refus. Trop cher et je voyage léger. Les affaires marchent mal. La propagande occidentale leur fait beaucoup de tort. Outre le Francais, Morteza parle aussi l`Anglais et l`Espagnol. Toujours habillé comme un cador, il n`est pas encore marié et pas pressé de l'être. Majid est plus jeune. Je le rencontre le dernier jour quand il va chercher un billet de bus pour sa mère qui va à Bassorah en Irak.
Un endroit d`Isfahan où j`aime flâner sont les berges de la rivière Zayandeh. C`est mon coin préféré. La rivière serpente dans la ville sur une dizaine de kms. 11 ponts . 5 sont très anciens, dotés d`arches et de 3 niveaux. On les traverse à pied.
Les 2 berges ont été aménagées après la Révolution en parcs, espaces verts, aires de jeux, jardins d`enfants, terrains de sports. Endroit idéal pour la balade et pour la rencontre. Le week end (vendredi), c`est le lieu de RDV des familles d`Isfahan pour pique-niquer.
En me promenant ce vendredi, je ne passe pas inaperçu avec ma tête blonde. Une jeune Iranienne m`offre une fleur🙂 Quatre jeunes veulent que je les prenne en photo. En discutant avec eux, je comprend que ce sont de jeunes Afghans.
Enfants afghans
Une famille qui pique nique, m`invite à boire le thé. Il y a là au moins vingt personnes, assises dans l`herbe en cercle autour d`un grand tapis. Mon hôte me présente. Grand mère, Grand père, Papa, maman, oncles, tantes, enfants et il en manque, me dit t-il😏. On m`offre thé, fruits et pistaches. Les plus jeunes et mon hôte parlent Anglais. Je leur montre quelques photos de France. La conversation tourne autour des difficultés de la vie et du mécontentement de la politique gouvernementale. Mon hôte me récite un poème de Saadi.
Le pont Si-O-Seh est l`endroit rêvé pour prendre le pouls de la ville. Carrefour stratégique, reliant la Chahar Bagh, nord et sud, l`artère principale. Des milliers de gens y passent chaque jour. Un condensé de la sociéte urbaine iranienne. Tous les jours, je m`asseois et j'observe🙂. Au pied du pont, on peut prendre le thé sur fond de musique traditionnelle avec des poèmes de Hafez et Saadi. Photos des gens qui vont et viennent. Autour du pont, des groupes de jeunes zonent.
Des touristes iraniens comme Hadi et sa femme, en visite à Isfahan, ils habitent à Kermanshah dans l'est coté Irak. Hadi aime la France et le portrait élogieux qu`il en dresse est plutôt flatteur par les temps qui courent, j`essaye de tempérer.
Hadi et sa femme
Je croise aussi un représentant de la communauté gay de la ville qui me rappelle les déclarations d`Ahmadinejab à NYC. Pour preuve, Reza me montre une vidéo sur son portable. On peut y voir une gay party qui s`est deroulée le mois dernier de l`autre coté des berges. 80 personnes à faire la teuf😏. Les flics ont fait une descente.
J`aime me rendre dans le quartier arménien Joulffa, faire halte dans un café et prendre un capuccino. Les Arméniens sont arrivés au moment du génocide turc. Cette communauté chrétienne est autonome et prospère d'un point de vue économique. Le quartier dispose d'une dizaine d'églises.
Quelques impressions : Du fait de leur isolement, du manque de liberté et de perspectives, certains jeunes que je rencontre, ont une image angélique de l`Occident qui serait un remède à tous leurs soucis😐. Sous la pression de cette population jeune (près de 70% des Iraniens), le mur se lézarde. Les antennes satellites et les cafés internets avec ADSL fleurissent de partout. Coté cour, il y a les paroles et les affaires qui continuent : Pour exemple, Les multinationales US Coca Pepsi Del Monte (bananes) sont omniprésentes sur le marché iranien Dans les grandes villes, il y a prolifération de fast foods et pizzerias à tel point qu`il est difficile de trouver un restaurant où manger un plat de riz et boire un thé🤪. Je ne retrouve pas la tradition culinaire de la Turquie.
J'ai des nouvelles de Jade. Elle n'a pas bougé de Dogubayazit car elle espérait trouver un voyageur (euse) pour l'accompagner à travers la Turquie. Demain, elle se remet en route seule en direction du sud-est. Je n'ai pas rencontré Seb le Suedois. Personne désireux d'aller en Afghanistan. Et les informations en provenance de Kaboul ne sont pas bonnes. Une bombe a explosé dans la ville, la route jusqu'à la Kyber Pass n'est pas sûre. La raison reprend le dessus, seul je ne me sens pas de m'aventurer. Je caressais l'espoir de cotoyer cette population que je connais à travers les films de Christophe de Ponfilly.
Ce soir, je quitte Isfahan pour Shiraz.
Soignes toi bien surtout, une angine ce n'est pas si anodin .
Ah..... Yazd, j'avais bien aimé . On avait bien discuté avec un restaurateur qui nous avait ouvert les portes de son jardin pour la nuit et montré les cahiers et les livres en anglais, sur lesquels il enseignait à sa petite fille autre chose que l'école coranique et aussi une espèce de jeu de quilles bizarre .
Les amis avec lesquels on voyageait, au retour, ont dû retraverser le Balouchistan en car, de nuit, pour revenir de la frontière vers Quetta....Pas un bon souvenir .....
Par contre je suppose que la route qui à l'époque était en construction est maintenant terminée. Le paysage est magnifique, je me souviens notamment à peu près à mi chemin entre la frontière et Quetta d'une petite oasis très verte adossée à une colline très noire, magnifique .
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
Isfahan-Shiraz-Persépolis
Le 28-29-30 novembre
Mausolée de Hafez
Depuis mon arrivée en Iran, j`ai pu constaté la place importante que les Iraniens accordent à leur poésie.
Elle se chante dans les parcs, sur un bout de trottoir ou dans des chansons sur les berges d`Isfahan.
De grands poètes comme Hafez, Saadi, Ferdousi, Khayyam et tant d`autres sont très populaires. La visite de la tombe d`Hafez à Shiraz illustre bien cet attachement des Iraniens pour leur poésie.
Toute la journée, des gens de tout age défilent, se prosternent tout en récitant quelques vers du défunt poète, la gestuelle marque un profond respect. Des groupes de scolaires s`asseoient dans l`herbe à l`ombre des citronniers et lisent avec attention. A Isfahan, mon hôte qui m`avait présenté sa grande famille au cours d`un pique-nique, m`avait récité quelques vers du poète Saadi. C`est courant ici. Je repense aux yeux apeurés de certains en France lorsque l`on parle de l`Iran😐. Les idées reçues sont tenaces, vehiculées et martelées par le rouleau compresseur de nos médias-poubelle😐. Ce peuple à l`âme de poète ne mérite pas la mauvaise image qu`on lui fait en France.😐
Mausolée de Hafez
Shiraz, étape importante pour visiter Persépolis, le coeur de la civilisation perse, la capitale que Darius fit bâtir du temps de la grandeur de cet empire. Sur un plan personnel, beaucoup d`émotion, un retour en enfance🙂. Je me revois, lisant avec passion l'histoire des grandes civilisations antiques, celle de Perse était ma préférée.
Donc c`est parti pour la visite grandeur nature. Sur les bas-reliefs ornant les pans de murs des ruines, on voit la montée des marches sur un immense escalier de toutes les grandes civilisations de l`époque, venues rendre hommage à Darius, les Egyptiens, les Grecs, les Assyriens, les Indiens, les Ethiopiens etc...chaque délégation est respectée, même les vaincus se présentent avec dignité. Tellement plongé dans cette contemplation que j`entend le son des trompettes et le roulement des tambours. Voyage dans le temps🙂.
Persépolis
La visite des tombeaux de Nasgh-e-Rostam est l`autre temps fort de la journée. Ils sont distants de quelques kilometres de Persepolis. 4 tombeaux gigantesques taillés dans la roche en plein coeur d`une montagne, Celui de Darius I, Darius II, Xerces et Antaxerces. Impressionnant et magnifique !
Nasgh-e-Rostam
La ville de Shiraz, je ne m`éternise pas d`autant que j`attrape un vilain coup de froid😐. Une ville poussièreuse noyée sous une circulation intense. Une rivière qui n`est plus qu`un mince filet d`eau saumâtre, des rues remplies de fast-food et pizzerias🤪. Celle qui fut jadis la ville des poètes et du bon vin a bien changé. Impression mitigée jusqu`aux gens que je rencontre : un type se disant travailler au ministère des affaires étrangères qui parle un peu Francais et qui me trimballe de magasin en magasin comme pour m`exhiber tel un trophée ou un autre qui me pose questions sur questions alors que j`ai une extinction de voix. Je commence à verser dans la paranoïa en pensant que je suis suivi dans mes faits et gestes. Il est temps de prendre la tangente.
Les nouvelles de Kaboul ne sont guère réjouissantes et un chef tribal a été enlevé près de Herat. Personne en vue pour partager mon aventure. Je me rend à l'évidence et je renonce à mon projet pour l'instant. Pour le prochain voyage.
Direction Yazd pour me poser et me refaire la santé.
Informations pratiques
Bus Shiraz - Yazd : 50000 rials
Contente de te lire et de voir que tu te laisses aller et glisser vers la poésie. J'espère que le petit bonnet te protége bien; continue ta route et fais nous rêver... je t'avoue que j'aurais aimé être avec toi
je t'embrasse
Nacéra
merci Nace de ton message
en ce moment cause sante defaillante ton petit bonnet m`est tres precieux
samedi si tout se passe bien, je suis a Quetta au Pakistan
bizzz
Eric
Yazd, quand on la contemple du haut de l`un de ces nombreux toits en terrasse ou en flânant dans ce labyrinthe d`étroites ruelles, on a l`impression qu`elle a été modelée par le sable, qu`avec le vent, les murs vont s`effriter et tomber peu à peu en poussière.
Rue de Yazd
Un mirage planté au milieu du désert. L`une des plus vieilles villes du monde, cité faite en partie d`argile, aux formes et aux contours qui riment avec grâce et harmonie, avec ses badgirs, ses mosquées, ses réservoirs d`eau, ses maisons dotées de jardins intérieurs. Berceau du Zoroastrisme, la plus vieille religion monothéiste. Elle abrite encore aujourd`hui une communauté certes restreinte de Zoroastriens.
Jadis, elle brillait d`un vif éclat sur le passage des caravanes. Ville étape de la Route de la Soie et des caravanesérails. Quelques soient les époques, au milieu d`un environnement hostile, elle a toujours su s`adapter et rebondir pour ne pas sombrer dans l`oubli en développant des trésors d'ingéniosité.
Les tours du vent ou Badgirs jouxtant chaque maison et qui pointent dans le ciel avaient été conçues pour capter le vent et amener de l`air frais dans les intérieurs. Les réservoirs de forme ovale servaient à garder l`eau au frais. Exemples uniques de réussite architecturale.
Aujourd`hui des badgirs semblent à l`abandon. La modernité est passée aussi par ici. Des quartiers sont en cours de rénovation. Des tas de briques s`amoncellent, des ouvriers s`affairent et s`attèlent à la tâche. Des maisons seront transformées en hôtels ou en restaurants. Yazd retrouve un second souffle. Elle possède un charme incomparable à nul autre pareil. Il règne ici une douceur de vivre que l`on ressent à travers la gentillesse et la quiètude de sa population. Dès 13h, les échoppes ferment et ne rouvrent qu`à partir de 16h00...parfois 17h00. Dans ce decor aux formes arrondies, les chats évoluent avec bonheur, gambadant de toit en toit🙂. Deux ont élu domicile au Silk Road Hôtel. De petits chenapans ! La nuit, ils descendent dans les dortoirs et s`installent dans un fauteuil. L`un d`entre eux est reparti avec mes chaussettes😮🙂.
Le Silk Road hôtel, assurément le meilleur endroit où j`ai logé en Iran. Sept jours passés à récuperer et à soigner une angine et une toux tenace. Conçu comme la plupart des maisons de la vieille ville, toit plat avec terrasse, jardin intérieur entouré de chambres et disposé tout autour, de larges sofas recouverts de tapis et coussins ainsi que quelques tables pour manger et boire le thé. Cela me permet de me réconcilier un peu avec la cuisine iranienne🙂.
L`hôtel a aménagé des dortoirs pour les voyageurs à petit budget dont nous faisons partie. Nous ne sommes pas nombreux, c`est la basse saison. Je rencontre Arantza. Une Basque de Bilbao. Vive et chaleureuse, elle voyage depuis 3 ans. Elle arrive du Pakistan. Auparavant elle avait passé 10 mois au Nepal à travailler auprès de refugiés. C`est une vraie mine d`informations qu`elle délivre généreusement. Elle envisage d`aller en Turquie, Syrie et Egypte, puis d`Istanbul, retourner en Europe. Elle voulait passer Noël à Jérusalem mais sa famille la presse pour le passer à la maison. Tous les matins, nous farnientons durant 3 heures au petit déjeuner à discuter et boire thé sur thé. Ah les Latins!😎
Arantza
On est vraiment bien ici, c`est paisible et le personnel est accueillant. Elle repousse sans cesse son départ. Finalement nous partirons le même jour, mais dans des directions opposées.
Il y aussi des retrouvailles. Les deux Basques de Pampelune, Carlos et Lazaro le jour de mon arrivée, eux partent à Shiraz puis ensuite c`est l`Inde, le Nepal...sans leurs vélos trop encombrants qu'ils essaieront de vendre à Téhéran. On se donne RDV à Delhi ou à Pokhara, qui sait... Et en marchant au coeur de la vieille ville, qui je vois?...Marek !!!😏 pour la 5ème fois depuis cette nuit sur les pentes du Nemrut Dagi. Incroyable ! on est content de se revoir et on en rigole en nous remémorant nos rencontres précédentes😏.
Dans le dortoir du Silk Road Hôtel, d'autres voyageurs avec qui je sympathise : un Allemand Ronald, un type intéressant. Calme et solitaire, il écrit sur papier un carnet de voyage qu'il tape ensuite sur son ordinateur portable. Il a séjourné longtemps en Egypte avant de voyager en Syrie, Turquie, Iran. Un matin au déjeuner, il se confie. Il a connu une Egyptienne, la famille l'a accepté et il est question de mariage. Confronté à un dilemme à 35 ans entre la peur de se retrouver seul en Allemagne à mesure que le temps passe et la peur de ne plus pouvoir assouvir sa passion : voyager. Un jeune Italien Bilaro, chaleureux et jovial, jongleur saltimbanque. Son projet est de retourner à Istanbul pour faire de la musique. Il a son grand père qui vit dans la Creuse et parle un peu Français.
Grâce à Arantza, j`ai trouvé un compagnon de route pour faire Yazd-Quetta. Il est venu me voir à l'hôtel et nous sommes tombés d'accord tout de suite. La région du Balouchistan est secouée par des troubles et il est plus prudent de se regrouper pour franchir le secteur. Kato est un Japonais de Tokyo🙂. Après Quetta, il envisage d`aller à Peshawar. On se donne donc rdv à l`hôtel vendredi après midi pour partir ensemble jusqu'au terminal en taxi.
Un mot sur les voyageurs asiatiques, qu`ils soient Coréens, Japonais voire Chinois (de plus en plus), ils font preuve entre eux d`un réel esprit de solidarité et d`entraide, il suffit pour s'en convaincre de feuilleter les livres d`honneur laissés à disposition dans les guesthouses, hôtels. Leurs messages fourmillent d`infos précises, de recommandations avec dessins, plans, tarifs des lieux où ils sont allés. Ils prennent le temps de le faire pour les suivants. Chapeau🙂! Et dans les coins les plus reculés où quasiment personne ne se rend, vous croiserez toujours un Japonais ou un Coréen. Discrets mais efficaces 😉!
les badgirs de Yazd
Voila, départ imminent pour le Pakistan. Si tout se déroule bien, nous serons à Quetta dans la soirée de samedi. Une autre forme de voyage plus aventureuse commence, plus excitante aussi car le Pakistan c'est un saut dans l'inconnu. J'ai hâte d'y être.
Infos pratiques
Dortoirs Silk Road Hôtel : 40000 rials
A ne pas manquer la visite du Musée de l'eau : entrée libre
Ton périple en Turquie était très intéressant et ton arrivée à Shiraz me remplit de nostalgie, je me souviens d'un voyage dans ces régions il y a maintenant 35 ans et j'en garde des images et des souvenirs peut-être plus très précis mais chargés d'émotion quant aux magnifiques mosquées et jardins.
Un soir juste avant ton départ tu m'avais déposé Place Grand Clément et j'ai un peu l'impression d'être resté dans la voiture avec toi.
Luc
merci de vos messages
en effet Luc, nous avions passe une belle soiree ce soir la. J`ai lu avec bcp de plaisir ton carnet de voyage sur l`Albanie. Nous aurons l`occasion de nous revoir a Lyon et d`en discuter.
Je suis arrive ce matin a Quetta par bus, un voyage eprouvant de 1580 kms, mais tout s`est bien passe
Eric
Départ pour Zahedan aujourd`hui En attendant je passe la journée avec Arantza à l`hôtel. Elle aussi prend le bus pour Téhéran ce soir à 21h. Elle m`a préparé sur trois pages pleines de bonnes adresses avec des plans détaillés, des endroits qu`elle a aimé au Nepal à Pokhara et à Katmandu ainsi que des adresses au Pakistan et à New Delhi.
Kato le Japonais nous rejoint. On se met en route pour le terminal à 15h. Echanges de coordonnées et embrassades chaleureuses avec Arantza. Cette aventuriere au grand coeur. Dommage, j'aurais aimé partagé davantage de fragments de voyage avec elle mais les quelques jours à Yazd en sa compagnie m'ont apporté beaucoup de joie. Une rencontre marquante.
Sur le chemin, nous croisons Marek le Tchèque avec son éternel sac à dos. Le taxi stoppe à sa hauteur, "come in, we're going to the terminal" . Il prend le même bus que nous. Il va à Kerman. C'est sur la route de Zahedan. Sacré Marek ! Nous sommes inséparables. pour un peu, il serait venu avec nous mais pour lui c'est la fin du voyage car il n'a pas de visa pakistanais. Dans un mois, il retourne à Prague. A kerman, on se souhaite bonne route et bonne chance. Le bus repart. Je regarde une dernière fois la silouette de ce grand gaillard s'éloigner d'un pas déterminé dans la nuit.
Good Bye Marek !
Marek
Bus de nuit jusqu`à Zahedan. A l'aube, le soleil fait son apparition derrière les montagnes. Le ciel cotonneux prend des couleurs. C'est magnifique.
A 10 kms de la ville, un barrage militaire, c`est du sérieux. Nous sommes au Balouchistan.
6h00, la ville est encore engourdie par une nuit froide. Entourée de montagnes grises, du sable partout, un hélicoptere militaire survole la ville. Nous nous signalons à la police qui appelle un taxi collectif que nous partageons avec deux autres passagers. Nous passons devant une grosse base militaire. La région est connue pour sa contrebande, traffics en tout genre dont l`opium. L`Afghanistan n`est distant que de quelques kms. La frontière dans cette zone semi- désertique est poreuse en plus de la corruption. L`armée iranienne est sur les dents pour lutter contre les trafiquants. Des enlèvements de touristes sont survenus en guise de représailles et aussi une tentative américaine de manipuler certains chefs de guerre locaux pour exporter une guerre de basse intensité contre le gouvernement iranien.
La route est sécurisée. Enregistrement des occupants du taxi à la sortie de la ville. Nous sommes tracés de Zahedan jusqu`à Mirjaveh distant de 90kms. A destination, le chauffeur nous fait signer tour à tour, la feuille de route qu`il remettra aux autorités compétentes.
Tout s'est bien déroulé selon nos plans. Je quitte l'Iran, pensif...une population accueillante et une civilisation très riche. Un pays fascinant, méconnu et injustement décrié dans notre société nombriliste.
L'ouverture de la douane coté iranien a lieu à 8h00, il faut désormais rajouter 1h30 à nos montres. nous nous délestons de nos derniers rials pour une nouvelle monnaie, la roupie paki. Nous ne sommes pas les seuls à attendre.
Pakistan
la frontière est constitué de quelques cahutes perdues au milieu du sable. Accueil très courtois et ambiance décontractée. Seul signe de modernité, des petites caméras numériques qui établissent nos portraits avec nos fiches. Ils nous demandent de signaler avec précision nos itinéraires. Tout cela pour notre sécurité et à aucun moment nous ne ressentons de la tension. Le personnel est sympa. Kato les salue à la japonaise ce qui les amuse beaucoup. Les formalités sont rapides et nous sommes de l'autre coté.
J`avais prévu de prendre le bus de 10h pour Quetta mais je dois me raviser. c'est trop tard. Derrière le poste, des bus sont stationnés, des ballots sont chargés sur le toit. Après renseignement, l'un des bus va à Quetta. On achète nos billets. Départ à 12h. Nos bagages arrimées sur le toit, nous faisons le tour du propiétaire.
La frontière à Taftan au Balouchistan
Taftan est un village poussièreux planté au milieu du désert. Le poste frontière se situe à 1km plus bas. Une route principale qui relie Quetta à 624 kms. Une voie ferroviaire qui relie Zahedan à Quetta. Deux types vêtus de djellabas blanches près d'un pick up Toyota nous font signe. Ils nous offrent le thé. Ce sont des Baloutchs. Ils nous proposent de nous emmener mais c'est trop cher. Je m'éloigne et vais m'asseoir sur le seuil d'une cabane abandonnée, je ressens la fatigue car je suis toujours convalescent d'autant que je tousse. Un baloutch qui m'a aperçu de loin, m'accoste pour discuter. La conversation s'engage. Il me questionne sur mon voyage et très vite nous dévions sur les sujets politiques brûlants du moment: l'Afghanistan, l'Irak, la Palestine, le Pakistan, les Usa et Bush. Lui aussi a en mémoire le geste de Chirac "a great man" s'opposant à la guerre de Bush. Le bus s'apprête à partir. Salutations chaleureuses.
Il pénètre dans Taftan et stoppe. Un Pakistanais de Karachi m'informe que le départ est fixé à 18h. Il voyage avec sa copine depuis l'Iran. Je vais essayer de dormir. Kato lui en profite pour manger dans un petit restaurant. Il me reste des fruits dont j'avais fait la provision à Yazd.
Le village de Taftan
Souvenir de Taftan avec Kato et deux Baloutchs
Trajet de nuit et c'est parti pour 624 kms à travers le Balouchistan jusqu`à Quetta.
En route nous doublons et croisons des camions multicolores, des pick-up Toyota et d`autres bus. Les camions scintillent dans la nuit telles des guirlandes électriques. Le jour, ce sont de véritables peintures ambulantes avec des inscriptions se référant à Allah et plusieurs klaxons que le chauffeur utilise constamment. Nicolas Bouvier dans l'Usage du Monde leur consacrait un chapitre avec moults détails. Notre chauffeur a l'oeil vif et alerte pour éviter les pièges tendus par la route défoncée. Il la connait par coeur à force. Par moment, elle se détache ou se tranforme en piste, ou même en rien du tout. Musique à fond, impossible de dormir et de toute façon, nous sommes trop secoués. Contrôles militaires, un soldat monte et vérifie quelques passeports. Il y a des Afghans et ils font l`objet de plus d`attention. Une autre fois, tard dans la nuit, nous stoppons plus longtemps, une vingtaine de soldats lourdement armés bloquent le passage. Devant nous, un autre bus a été stoppé. Sur le coté, une mitrailleuse montée sur un pick-up. Ils sont aux abois. Un officier nous remarque à travers la vitre et monte aussitôt pour nous demander nos nationalités et où nous allons. Kato avec ses yeux bridés et moi avec mes cheveux blonds ne passons pas inaperçus. Il a l`air stressé et tout en nous regardant, appelle quelqu`un au talky-walky. Apparemment, à voir leurs regards, ils sont surpris de nous voir, ça a l`air tendu dans le coin mais impossible d`en savoir plus. Nous sommes dans l'expectative et un peu inquiets. Au bout d`un moment, les bus repartent à notre grand soulagement. Vingt kms plus tard, les véhicules militaires nous dépassent et s'arrêtent sur le bas-coté; à la tête du convoi, une jeep et l'officier qui nous a questionné. Il fait signe au chauffeur de rouler. Ils nous escortaient. Ensuite, excepté quelques contrôles de routine, on déroule jusqu`à Quetta.
7h un rickshaw nous dépose devant l'hôtel Muslin. Besoin de dormir. Mais devant l'excitation engendrée par la soif de découvrir, nous sommes dehors à 10h, prêts à explorer Quetta.
Première impression : Comparé à la Turquie et à l`Iran, le Pakistan est beaucoup plus désordonné, ce qui n`est pas pour me déplaire. Je revois l`Indonesie.
Ce qui ne change pas est la circulation intensive. Disons qu'il y a plus de diversité parmi les occupants de la chaussée. Ce sont des ballets incessants de Rickshaws, bus bariolés, carioles tirée par des anes, voitures dans un joyeux tintamarre. Et je n'en suis qu'au début. pour la nourriture, c`est mieux que l`Iran. Ce matin, je me suis régalé d`un riz biryani avec du thé et il y a plein de bonnes choses. La plupart des gens du coin sont Baloutchs. Ils sont ouverts et beaucoup parlent Anglais ce qui facilite les choses.
rues de Quetta au Balouchistan
J'achète une écharpe mauve en laine à un vieux type dans la rue et un sirop pour calmer ma toux toujours aussi tenace. Il y aussi des Afghans. Nous rencontrons l'un d'entre eux qui vend des chemises devant la gare ferroviaire. Un type très sympa. Kato l'a tout de suite reconnu à son facies. Dans certaines régions d'Afghanistan, les gens ont des traits similaires aux Japonais comme les yeux légèrement bridés. Ah l'Afghanistan ! cette mosaïque de peuples qui ne forment pas une nation d'où sa vulnérabilité. Massoud était le seul qui pouvait unifier le pays...
Demain, je vais au PTDC, le centre national de tourisme pakistanais et voir avec eux si les régions où je compte me rendre sont sécurisées. Ils possèdent des môtels dans les endroits qui m'intéressent : le site de Moenjodaro et le Lal National Park. Je prend le train de Karachi. Le site de Moenjodaro est sur la route. Il appartient à l`une des plus vieilles civilisations de l'humanité : la civilisation de l`Indus. Kato est déjà parti. En ce moment, il vole sur Peshawar. On s`est donné rdv à Lahore au Regal Inn Hôtel.
Infos pratiques
Bus Taftan-Quetta : 350 Rps
Rickshaws : Du terminal bus à la gare ferroviaire : 60 Rps
autres courses en ville, compter entre 30 et 40 Rps
Le train stoppe à Sibi, petite ville au coeur du Balouchistan. Les montagnes sont derrière nous, nous venons de franchir la Bolan Pass. Temps pluvieux et froid. Je reste sur le marchepied à observer les allées et venues sur les quais. Je remarque une gamine qui avance d`un pas assuré le long des wagons. Toute vêtue de rouge, pantalon et longue tunique. Elle s`arrête à hauteur d`un compartiment pour parler à l`un de ses occupants. Je la regarde passer. Elle aussi me regarde. Il se dégage une telle grâce de cette gamine et un regard qui vous fait fondre lorsque vous croisez ses grands yeux noirs. De long cheveux bruns descendent sur ses frêles épaules. Sa peau est mate et dorée. Une petite pierre est incrustée dans son nez. Magnifique et adorable fillette! Elle repasse entourée d`autres gamins qui la suivent au bout de la voie ferrée. Le train repart et quitte la gare. Sur le coté, un terrain vague. Des tentes sont dressées. Les gens qui vivent ici sont des refugiés afghans fuyant leur pays meurtri par tant de guerres et sous la coupe d'occupations étrangères. La petite Afghane est là, près des rails, avec une douzaine d`autres gamins alignés, à saluer le train et à tendre les mains. Le train s'en est allé et la petite Afghane est restée sur le quai.
Je n'oublierai jamais son regard.
Les réfugiés afghans sont près d`un million à rechercher un peu de stabilité ici dans des conditions précaires.
Le matin, je quittais Quetta sous des trombes d`eau. Des rues tranformées en torrent boueux. Il me faut tout mon courage pour traverser la rue. De l'eau jusqu'aux mollets, mes pieds sont trempés.
Malgré le peu de temps passé à Quetta, Je conserverai un bon souvenir de cette ville et de ses habitants. A la gare, je prend le Bolan Mail, c'est le le train pour Karachi qui dessert la ville où je me rend, Larkana. Auparavant, une visite au PTDC. Il est à coté de l'hôtel Muslin. le responsable m`assure que la région est ok.
Le Bolan Mail, un train fatigué et lent, sans chauffage et l`électricité qui dit oui, qui dit non. Pour nous, cela peut paraitre exotique mais pour les familles avec enfants qui le vivent au quotidien, c`est une autre histoire😐. Et dans ce train, les Pakis se déplacent en famille avec femmes et enfants ce qui me permet d`être aux premières loges. Il y a aussi des policiers dans chaque wagon. Dans mon compartiment, prend place deux familles, je m`éclipse discrètement pour permettre aux femmes d`être à l`aise, je m`installe tantôt sur un siège couchette en hauteur, tantôt sur un siège dans le couloir. Entre les passagers, les flics et les vendeurs ambulants, il y a du monde qui circule.
Et je fais des rencontres. Il y a ce type qui tient absolument à ce que je lise le Coran🙂, un jeune étudiant d`Hyderabad qui apprend l`Anglais, les deux pères de famille de mon compartiment. Je fais la connaissance de Khalid, un soldat de Quetta en permission, il est avec sa petite famille et part visiter sa mère et son frère qui habite près de Karachi. Il m`explique qu`avec un mois de permission par an, il souffre de ne pas voir assez ses parents. Je lui montre mes photos. Elles feront ensuite le tour de mon compartiment. Khalid fait l'interprête pour les autres qui le questionnent sur moi. Un type très gentil. A chaque arrêt du train, il m`offre du thé, m`invite à partager une assiette de Dhal avec des chapatis, me fait un cadeau. Echange de mails, je lui promet de lui envoyer des photos. Au lieu de dormir et de rejoindre sa famille dans son compartiment, il veille avec moi jusqu`à Larkana pour me dire au revoir.
Arrivé à Larkana, il m'accompagne sur le quai. On s'étreint chaleureusement avant de se quitter. Je le connais à peine et nous nous sommes liés d'amitié. Assurément une belle rencontre comme seul le voyage peut nous en offrir.
Khalil
Je traverse la voie ferrée. il y a de l'agitation dans la rue en face. Et la plupart des passagers ont pris cette direction.
Je repense à la gentillesse de ces gens rencontrés dans le Bolan Mail et l'image détestable dont on les affuble dans mon pays...et ils nous donnent des leçons d'humanité.
Il est tard et je me met en quête d`un hôtel. Par chance, j`en trouve un juste à coté.
Demain, visite de Moenjodaro.
Infos pratiques
Train Bolan Mail : Quetta-Larkana 255 Rps
(ligne Quetta-Karachi)
Le matin ça s'annonce mal. A la réception de l`hôtel, on me dit qu`il n`y a pas de bus de pour Moenjodaro. Le réceptioniste appelle un taxi qui me coûterait selon lui 1000 roupies😐. Je le vois qui discute avec le chauffeur et la vague impression de me faire arnaquer. j'hésite mais je n'ai guère de choix d'autant que je suis venu ici pour voir le site. Le chauffeur a une tête de pirate et un véhicule brinquebalant🙂.
C`est parti pour 30 kms sur des routes défoncées à zigzaguer entre les bus, les motos, les ânes qui tirent des charrettes etc...a travers la campagne et ses nombreuses rizières. Quelques villages crasseux et pauvres. En route, j`ai déboursé 100 roupies pour le carburant, il a mis la moitié. Quel roublard celui là !
Arrivée au site : je m`acquitte du droit d`entrée 200 roupies et paye quelques roupies pour le parking 20 roupies.
Je ne suis pas déçu par ce que je vois. On dit que c`est la plus vieille civilisation du monde qui vivait dans cette ville, il y 5000 ans : la Civilisation de l`Indus. Mais la plus visionnaire sûrement. Un réseau d`égouts parcourait toutes les zônes de la ville. De grandes rues pavées avec des poubelles. Une boulangerie. Un temple avec des bains pour les prêtres alimentés par des canaux drainant l`eau de l`Indus tout proche. Une piscine avec le systeme de drainage. Vraiment impressionnant !!! C`est bien préservé même si des problèmes de salinité demeurent et menacent le site. L`Unesco mène campagne...
Moenjodaro
Moenjodaro
Un type qui se presente comme chef de chantier me propose gentiment de faire le tour. Au pas de course, le chauffeur a du mal à suivre. A la fin, il me demande 300 roupies pour les photos que j`ai pris. Là, je dis stop et le laisse sur place😠. Je fais l`impasse sur le musée où il faut encore débourser 200 roupies, ils n`ont pas l`air contents de me voir rebrousser chemin
Moenjodaro
Moenjodaro
Avant de partir, je passe au PTDC, (organe officiel du tourisme pakistanais) pour acheter des cartes.Bien m`en a pris. Ali le responsable m`apprend qu`il y a un bus qui déssert Moenjodaro et pour cause il l`utilise chaque jour pour se rendre au bureau🤪. Mieux, lorsque je lui annonce le prix de la course de taxi, il me dit que le juste prix est de 500 roupies. Il discute avec le chauffeur et tout semble règlé. Nous buvons le thé. Je consulte le livre d'honneur et je constate que très peu d'étrangers visitent le site, hormis quelques Japonais. En y repensant, je commence à comprendre l'entourloupe. Ce n`est pas le chauffeur qui est à blâmer, je l`aime bien celui là, mais le type de l`hôtel qui voulait percevoir de l`argent sur mon dos😠. Entre temps, Ali a pris place dans le taxi et me propose une visite guidée en fin d`après midi de la ville. En arrivant à l'hôtel, je paie les 500 rps mais j'oublie de dire à mon chauffeur de garder la somme pour lui car je me doute bien que l'autre va rappliquer pour avoir sa commission.
Larkana, ville natale des Bhutto de père en fille. On ne peut pas se tromper à voir les panneaux géants les representant, aux carrefours stratégiques de la cité. C'est une ville sale, polluée, routes et trottoirs défoncés, électricité incertaine😐. Peu de choses à voir. Ali me montre la résidence de la famille (qu`ils n`habitent plus). De hauts murs terminés par des barbelés acérés entourent cette vaste propriété😐. Je me demande ce qu`a pu apporter concrètement Benazir Bhutto pour améliorer la vie ordinaire des gens d`ici lorsque elle fut premier ministre😐. A regarder autour de moi, je ne vois pas. Contraste saisissant avec la civilisation antique de l`Indus...
rues de Larkana
Au Pakistan, juste une petite poignée de familles trustent tous les pouvoirs dont les Bhutto et les Sharif. Les élections n`annoncent rien de bon avec le retour en grâce des deux ex ministres corrompus... Le bazar est divisé en 2 parties, une pour les femmes où les hommes peuvent aller, une autre pour les hommes où les femmes ne peuvent aller.
Après m`être essayé au cricket sans succès, suis plus à l'aise balle au pied, nous buvons un chaï et fin de la visite. Ali me raccompagne à l`hôtel. Il m`incite à faire escale à Sukkur plus haut sur l`Indus. Je verrai demain matin. Il me souhaite bonne route. Une personne dévouée et sympathique.
Larkana-Sukkur-Gotki-Sadiqabab-Bahawalpur-Lahore
le 12-13 décembre
Départ pour Sukkur. En sortant de l'hôtel, je fais signe à un rickshaw. Il n'y a pas de gare routière au Pakistan. Les bus partent en bordure des villes, à des endroits précis selon leur destination et la catégorie "express" ou "tourisme"🙂. J'indique au chauffeur du rickshaw "bus express Sukkur". En général, la population locale connait les emplacements.
Il m`amène au point de depart du bus. Le chauffeur est assis devant une table pliante. J'achète mon ticket et je monte. Une quinzaine de passagers. Cette fois ci nous partons.
Nous traversons la plaine du Sindh irriguée par le fleuve Indus qui descend de l`Himalaya. Il arrose la vallée du Ladakh en Inde avant de rentrer au Pakistan par le nord qu'il ne quittera plus jusqu'à son embouchure à Karachi pour se jeter dans la mer d'Arabie. En passant sur un pont et je peux le contempler quelques instants🙂. Alexandre le Grand et son armée l'avaient franchi avant de se frotter aux troupes de Porus. La bataille avait eu lieu dans la vallée de l'Indus.
En amont de Sukkur, un important barrage a été édifié. Une quinzaine de canaux apportent de l`eau pour irriguer les champs. Avec celle du Penjab, la province du Sindh est la plus riche du pays qu'elle alimente en denrées agricoles tel le coton et le riz. Ces deux provinces sont considérées comme le grenier du Pakistan.
Mon séjour à Sukkur sera très bref.
Un aller retour en rickshaw jusqu`au centre. J`ai l`adresse de l`Al Habi hotel. Le jeune qui m'accueille à la réception me dit de patienter. Le manager se présente et m`annonce que c'est complet. je n'en crois pas un mot mais que faire de plus🤪. Il demande à un de ses employés de m'accompagner pour me montrer un autre hôtel tout proche...histoire que je debarrasse le plancher😏. C'est l'histoire de la patate chaude.
2ème tentative 200m à quelques mètres dans la même rue...regard ferme du réceptionniste `It`s full`🤪.
3ème tentative dans un hôtel juste à coté, le type me regarde de haut en bas et me demande de sortir mon passeport dans la rue, je refuse😠. Il me propose une chambre de 4 lits et bien sûr je dois payer pour la totalité soit 400 Rps. Je demande à voir. La chambre est crasseuse🤪. Je refuse à son grand désappointement. J`en ai assez vu. C'est mal parti et je décide de filer.
Enervé, je me met en quête d'un rickshaw pour retourner prendre un bus pour Bahawalpur. Un jeune type en moto qui me voit errer dans la rue s'approche et m`invite à monter🤪. Méfiant, je pense qu`il veut de l`argent. Il parle un peu Anglais. J'essaye de lui expliquer mes projets. on arrive à se comprendre. "You're welcome my friend". Il m'emmène et nous progressons lentement, mes deux sacs sont encombrants. A chaque coup de frein, nous manquons de perdre l'équilibre. Puis, il s'arrête et me demande de l'attendre. Il rentre dans un magasin et je le vois discuter avec une personne. Ils ressortent ensemble. C'est l'un de ses amis. Il s'apprête à partir et prendre le bus dans la direction de Bahawalpur. C'est lui qui prend la relêve. Il a déjà pris place dans un rickshaw avec son sac. Juste le temps de dire au revoir à ce type dont je ne connais pas le nom. Echange de poignées de mains🙂. "Welcome you're my friend". Je rejoins mon nouveau guide, il a déjà payé la course et ne me demande rien.
Au bus stand, c'est l'effervescence. Il y a un bus express stationné sur le bas coté. C'est le bon. Nous nous installons et payons nos billets. Il ne fallait pas être en retard. 10 minutes et il démarre. Il est midi. Renseignement pris auprès du ramasseur de tickets, je dois changer de bus à Sadiqabab. Mon hôte descend avant, à Gotki. Je commence à accuser le coup. Fatigué et je traine des séquelles de ma trachéite. Si je pouvais dormir.
Le bus est bondé, bruyant et il n`a d`express que le nom car il passe dans tous les patelins sur sa route, faisant parfois un détour. Il fait chaud. A l'extérieur, beaucoup de pauvreté. Juste après Rohri, il y a ce village au milieu d`une montagne de déchets, envahi par des nuées de mouches...à la limite du supportable😮. 😐
Mon hôte est étudiant. Il est discret et serviable. Nous parlons très peu durant le voyage. Il a quelques mots d'Anglais et comme moi, il somnole groggy par la chaleur étouffante. Nous arrivons à Gotki. Avant de partir, il prend soin de demander autour de lui qui va à Sadiqabab afin de prendre le relai pour me guider🙂. Chaleureuses poignées de mains avant de se quitter. Encore un de ces anonymes dont je me souviendrai🙂. Les pakistanais en plus d'être accueillants, sont prévenants.
A sadiqabab, nous marchons le long d'un boulevard interminable. C'est une ville très animée . Les gens semblent étonnés de voir un étranger. Des regards amusés et amicaux m'accompagnent. Mon sac sur l'épaule, un bonnet noir qui couvre mes cheveux, je suis tranquillement mon guide qui marche devant🙂. Je me dis que même seul, je n'aurais eu aucun mal à trouver mon chemin, les gens sont si serviables. Vraiment je me sens en confiance😎.
Au bus stand, ça s'agite. Beaucoup de bus. Les moteurs chauffent. Des hommes sont sur les toits chargeant les bagages volumineux, d'autres tendent des cables pour bien arrimer les cargaisons. Des chauffeurs m'indiquent le bus pour Bahawalpur. Il y a du monde aux fenêtres. A peine suis je monté que le chauffeur me fait signe de venir m'asseoir devant. Ce sont soi-disants les meilleures places. Signe extérieur de l'hospitalité pakistanaise. Un siège à coté du conducteur, face au large pare-brise, je suis aux premières loges comme pour un spectacle. Et du spectacle il y en a, j'en ai pour mon argent et je n'en perd pas une miette malgré la fatigue😉😎.
Nous démarrons et nous empruntons l'highway mais très vite il bifurque à droite et s'enfonce dans la campagne. Arrêt dans chaque village. Le bus ne désemplit pas entre les sortants et les rentrants. Il y a des écoliers, des lycéens qui sortent de cours, des étudiants, des gens qui finissent leur journée de travail🙂. Le paysage se modifie. Nous sommes au Penjab. Un nouveau pensionnaire occupe la chaussée : le dromadaire. On longe le desert de Thar ce qui explique leur nombre important. Les villages affichent moins de pauvreté. Quelques tracteurs circulent. A un carrefour au centre d'une petite ville, j`assiste à un spectacle hallucinant : bus, camion, voitures, tracteur, motos, rickshaws, un dromadaire et un âne tirant leur cariole essayent en même temps de se frayer un passage dans un vacarme assourdissant😄. Plus loin, le bus doit doubler comme il peut, c'est à dire à la Pakistanaise, des files de tracteurs chargés à bloc de cannes à sucre sur des kms. Notre chauffeur dispose de toute une panoplie de klaxons qu'il utilise au moindre prétexte😉. Chacun a une fonction déterminée. L'un sert à doubler bus et camions, l'autre sert à avertir les piètons, un autre sert à amuser la galerie et celui là je le soupçonne d'en abuser😄...La nuit tombe. Sur les bas-cotés, des ouvriers agricoles se chauffent sur des braséros improvisés.
Il est 22 h lorsque nous arrivons à Bahawalpur après 10 heures de bus. Maintenant je dois vite trouver un rickshaw en espérant que l`hôtel où je vais, ne me refuse pas. Pas d'électricité dans le quartier. Je meurs de faim et de soif. Je repère un étal de fruits où j'achète des bananes, des oranges et une bouteille d'eau. Le jeune type qui m`emmène dans le centre, ne sait pas trop ou il va🤪. Il y a eu une grosse averse. Les rues ne sont pas éclairées, le sol est mouillé et jonché de flaques d'eau. Par deux fois, en évitant des trous au dernier moment, le rickshaw est à deux doigts de basculer🤪😮. Il stoppe plusieurs fois pour demander son chemin, il est aussi perdu que moi et distrait...Il oublie de serrer le frein à main et je suis obligé de sortir pour l'empêcher de débouler la pente pendant qu'il discute sans se rendre compte de rien. 🤪
Après tergiversations dans les quartiers du centre, nous trouvons l'hôtel. A peine ai je le temps de descendre mon sac qu'une personne se dirige vers nous me dire que "sorry it's full"😐. J'avais un pressentiment. Relax, je ne panique pas. Il est 22h30. J'ouvre le LP. Que me propose t-il ? il y a cet hôtel....nous sommes passés devant en venant. Il est juste à coté. Point positif : une grande avenue éclairée. Je rentre dans l`hôtel et à mesure que je m`approche, je vois le visage du réceptionniste se décomposer. Mauvais signe. Evidemment `Hotel is full` avec un air de chien battu. Une discussion s`engage avec le jeune rickshaw. Il change subitement de ton. Je comprend qu`il n`accepte pas d`étrangers même le fait qu`il se fasse tard n`y change rien. Je pense que c`est ce qu`a voulu lui dire le jeune qui parait mal à l'aise. En partant, je ne peux m`empêcher de lui parler du pays😠.
Hotel suivant qui est à coté. Un gars est à l'accueil. En lui parlant, je le vois en train de réfléchir. Il me jauge et pour me dire qu'il aurait une chambre. Je le vois venir et je sens un coup fourré. Je demande à la voir. Les draps sont défaits, une cigarette est encore en train de se consumer dans un cendrier. Pour quel tarif ? 800 rps m'annonce t-il d'un air désarmant de naturel. Celui là me prend pour le pigeon de service😠. A cette heure tardive, il a senti la proie facile. La moutarde me monte au nez. 700 rps !, il insiste en plus. Je lui fais comprendre sur un ton pas très tendre que c'est hors de question😠. besoin de me calmer pour analyser la situation. Je renonce à chercher quoique que ce soit. Reste deux solutions : soit je dors dehors, soit je repars en bus de nuit jusqu'à Lahore. il est 22h45. Pas certain qu'il y ait encore des bus. Selon le jeune, il y a un départ à 23h30. Il faut tracer. J'espère qu'il a raison. Enfin si il connait les horaires des bus aussi bien que les rues de sa ville, je peux m'inquiéter😏😛. Bah je fais du mauvais esprit😉.
Le bus est bien là et je pars direction Lahore. Merci au rickshaw qui m'a bien épaulé. Exit Multan. Un regret😐. Je vais pouvoir me reposer durant le trajet. Un bide cette journée, ça fait partie des imprévus de voyage, pas très réjouissants certes mais la vie n'est pas qu'un long fleuve tranquille. Et tout ne fut pas négatif dans cette odyssée.A 7h00, j'arrive à Lahore, exténué, après avoir traversé le sud est d'une traite.
Infos pratiques
Bus express : Larkana-Sukkur 110 Rps
Bus express : Sukkur-Bahawalpur 300 Rps
Bus de nuit : Bahawalpur-Lahore 300Rps
Merci très cher!!!
C'est super agréable à lire, surtout que nous sommes passés dans les mêmes endroits, je les visualise donc très bien... 😎
Je te souhaite plein de bonheurs pour la suite :)
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
Lahore
Foire aux bestiaux en prévision de la fête de l'Aïd
du 13 au 26 décembre Quelque part dans la banlieue de Lahore, je marche malgré la fatigue. Le bus nous a déposé loin du centre. Dans le quartier, c'est la foire aux bestiaux. Le jour du grand Aïd se rapproche et beaucoup de gens viennent acheter des moutons. Je dois rejoindre une rue qui s'appelle "the mail" mais je pars dans la mauvaise direction.🤪
Et puis c'est trop loin à pied, je me décide à prendre un rickshaw. Problème, celui ci ne pipe mot de ce que je lui dis, mon plan n'a aucune utilité non plus. Tant pis, je lui demande de m'amener au centre et ensuite je continuerai par mes propres moyens en espèrant que l'hôtel ne soit pas trop éloigné : Le Regal Inn. Passé le rickshaw, me voici arpentant la rue. Au fur et à mesure que j'avance, je demande mon chemin. Non sans mal, car j'ai l'impression de faire des détours. Sur le seuil d'un magasin de petit électroménager, mes derniers informateurs se mettent à sept pour m'expliquer ou plutôt s'expliquent autour de mon plan avant de délibérer. On m'a proposé un siège et du thé pour me faire patienter. Finalement, selon leur conclusion, je n'ai plus qu'à suivre Temple Road sur 1 km et passer devant le cinéma Regal Inn, la guesthouse se trouve dans une rue adjacente. Ouf ! j'arrive péniblement. Je longe The Mail, la grosse artère de la ville.Au fond d'une impasse, j'aperçois l'enseigne. Le Regal Inn se trouve au 2ème étage d'un vieil immeuble. Au RDC, une gargotte, du chaï fume dans une casserolle. Premier étage, un cybercafé. Les escaliers sont raides.
Rues de Lahore
Premiers jours éprouvants. Sitôt posé mon sac auprès de mon lit, je ne pense qu'à dormir. Le dortoir est presque vide. deux autres lits sont occupés. Depuis Shiraz que je traine un vilain coup de froid, je n`ai pas pu recupérer totalement et j'enchaine les maladies. Angine, Trachéite, Toux tenace. Ma traversée rapide du Balouchistan depuis Zahedan en Iran jusqu'à Quetta soit presque 1600 kms non stop et mon parcours chaotique dans le sud-est pakistanais entre les provinces du Sindh et du Penjab n`ont pas arrangé les choses🤪. J`ai besoin de recharger la mule. Repos les deux premiers jours. Je loupe la soirée soufi du jeudi soir. Malheureusement, ensuite je rechute. Mal à l`estomac, diarrhées, insomnies, fièvre😐. Cloué au lit sous les couvertures, je grelotte. On me fait boire une potion à base d'herbe que je manque de recracher. Rien n'y fait et le samedi soir, le fils de Malick le propriétaire du Regal Inn m'emmène voir un docteur à l'hôpital. La consultation est gratuite pour les étrangers. Encore un exemple de l'hospitalité pakistanaise; ça me laisse songeur. Il me fait une ordonnance et me voilà sous antibiotiques. Je ne peux rien avaler, ni dormir. Les nuits sont froides. Sans energie et sans force, je n`en mène pas large. cela va durer 4 jours qui me paraissent une éternité. Entre temps, je vois défiler les voyageurs quand dans ma tête, défilent des plats de boeuf bourguignon et de quenelles lyonnaises. Au lit, je passe mon temps à composer des menus qui me font saliver. Le 5ème jour, je refais surface. Je passe une nuit calme et recommence à m'alimenter avec du riz blanc. Ouf! il était temps car je commençais à douter. Le lendemain, je vais au supermarché qui fait l'angle et j'achète de quoi me mitonner des spaghettis en sauce. Les yeux plus gros que le ventre car mon estomac à la diète a besoin de reprendre son rythme. De Lahore, je n`ai rien vu mais je connais les moindres recoins de l`hotel😉.
Un mot sur cet endroit mythique
Le Regal Inn : J`en avais entendu maintes fois le plus grand bien avant de voyager dans la région. Et ce n`est pas usurpé. C`est un endroit vraiment spécial, unique. Pour résumer, je dirais que lorsque on passe la porte du Regal Inn, on est comme à la maison...en voyage🙂😎. La maison des voyageurs, ceci grâce à un homme, Malik un ancien journaliste, militant des droits de l`homme qui, avec son staff, se met en quatre pour nous soyons à l`aise. Chambres doubles, dortoirs, espace salon avec TV, espace cuisine avec matériel à disposition, espace internet, machine à laver, bibliothèque, quotidien paki en Anglais disponible tous les matins, docteur consultable gratuitement. Pour moi, une aubaine de pouvoir me refaire la santé dans un tel endroit et je leur en suis pleinement reconnaissant car ils m`ont soutenu dans ma concalescence🙂.
Carrefour des voyages. Endroit idéal pour rencontrer d`autres voyageurs. Lahore est à la croisée des chemins entre ceux qui viennent d`Inde, d`Iran et de la Karakoram Highway depuis Kashgar en Chine🙂. Il y a Anthony, un Australien de Perth, 55 ans avec sa topette à portée de main. Personnage haut en couleur, tout droit sorti d`un roman de Cizia Zyke. Avant, il cherchait des perles dans les eaux au large des iles indonésiennes. Sa devise : Un joint dans la main, une bouteille de whisky dans la poche😏. Vladimir et Catherine des Français de Paris qui arrivent de Karachi par le train. Ils sont rentré par la Khunjerab Pass au nord Pakistan en prenant la KKH depuis Kashgar. Auparavant ils ont traversé la Mongolie, le Kazaksthan, la Sibérie depuis septembre. Carla et Emmanuele un couple d'Italiens de Piacenza. Même itinéraire que le mien. A quelques jours près, on aurait pu se rencontrer à Dogubayazit en Turquie où ils ont croisé Jade. La guesthouse se remplit. Un Slovaque, un autre Australien, un Croate, un Turc, un couple américano-pakistanais, des Japonais dont Kato qui fera un passage-éclair avant de partir en Inde. L`ambiance est excellente.
Musiciens soufis au Regal inn
La musique soufie : Elle est omniprésente. Lahore est le poumon culturel du Pakistan avec un festival annuel de musiques soufies où toutes les provinces pakistanaises se donnent rendez vous. Le soufisme fait partie des facettes de ce pays méconnu et tant décrié en Europe. Assister à un concert ou à une nuit soufie est essentiel pour s'imprégner de la culture pakistanaise. Au Regal Inn, tous les jeudis, Malik organise deux sorties pour que les étrangers se familiarisent avec cet aspect important de la culture pakistanaise, pour élargir la vision qu'ils ont de ce pays. Chants soufis l'après midi et le soir, ça se passe au mausolée du grand maitre spirituel Baba Shah Jamal connu comme la Soufi Night. Le fils de Malick nous emmène car c'est difficile à trouver. Une grande pièce archi bondée, à ciel ouvert, trois musiciens jouent🙂. Les gens sont debout ou assis en tailleur sur le sol. Des vieux en cercle fuments de l'opium dans de grandes pipes mais la plupart des autres gens présents fument du hash. Un danseur soufi est en transe. Nous nous installons sur un coté. Les étrangers sont les bienvenus à condition de ne pas prendre de photos. Des serveurs tournent constamment avec des plateaux de gateaux et de chaï. Une personne reprend à répétition le nom d'Allah repris en choeur dans toute la salle. Et puis arrive les frères Sain, Gonga et Mithu, musiciens soufis. Deux légendes vivantes au Pakistan et aussi de prodigieux joueurs de Dhôl, sorte de gros tambours à deux faces. Gonga a un destin hors du commun. Sourd depuis l`enfance, son pere l`a initié au Dhôl en lui frappant les rythmes sur son dos pour qu'il ressente les vibrations.🙂 Cela lui a profité d`un point de vue musculaire. C`est un colosse😏. Le duo qu'il forme avec son frère est réputé au delà des frontières. Un film a même été réalisé pour la TV française (france5) http://www.france5.fr/common/playerVideo.php. La foule est enthousiaste. Gonga jouit d'un immense respect et il est avec son frère, le musicien soufi attitré de Baba Shah Jamal. Ils jouent sans s'arrêter, enchainant les rythmes. Au début, accompagné d'un saxophoniste et ensuite quatre danseurs entrent en scène. Ennivré par le rythme soutenu des dhôls, ils vivevoltent et tournoient devant Gonga et Mithu (voir les vidéos sur le site de Vlad et Cathia http://vladicath.canalblog.com ) . C'est très surprenant. A 1h du matin, nous décidons de rentrer. Quelle délicieuse soirée😎. En tant qu'amateur de percussions, je suis ébloui et impressionné par leur jeu. Le lendemain, pour la grande fête de l'Aïd, Malick nous offre un repas. Encore un signe d'hospitalité qui nous va droit au coeur. Plusieurs plats disposés sur un tapis et sur lequel chacun s'installe en cercle. Malick, ses deux fils et un ami partagent le repas avec nous. Enuite, Sain Mohammmad Ali et son groupe de musiciens soufis avec leur tabla, harmonium jouent durant deux heures. Repas, musique et danse. Décidemment, cette soirée se termine en beauté😎.
Les frères Sain Mithu et Gonga au Regal Inn
Concernant l'actualité En cette période d'élections, la rue pakistanaise est agitée. Depuis que Musharraf a décrêté l'état d'urgence en octobre, il y durcissement au niveau des libertés. A lahore, ce sont des manifestations, sittings pour protester contre la fermeture d`une émission de TV, contre l`arrestation d`un avocat. Chaque jour apporte son lot de protestations pacifiques qui font la une des journaux. Journalistes, avocats, lycéens occupent la rue. La société civile pakistanaise démontre une belle vitalité🙂. La campagne électorale bat son plein. Les deux candidats de l'opposition se déplacent dans le pays avec des fortunes diverses. Sur quelques affiches, à coté de la photo d'un candidat, on remarque un dessin, un tigre ou une bicyclette. Il parait que c`est pour aiguiller les illettrés. Une autre campagne d`affichage concerne la corruption avec le slogan `No Corruption`. Lu dans le journal : un lecteur propose qu`on les placarde devant le Parlement et bâtiments institutionnels. Des attentats suicides continuent de secouer le pays, surtout dans le Balouchistan, dirigés contre les militaires mais les civils ne sont pas épargnés. Dans le nord, à Peshawar, des explosions ont lieu dans des Cd`s Shops. A mardan, toujours dans le nord, enlevement d`un barbier et d`un vendeur de Cd`s, la connerie n`a pas de limite😐
Bus à Lahore
Rickshaws à Lahore
Cher Mékong, si tu es toujours à lahore, vas donc au supermarché du coin, au sous sol dans un batiment super moderne avec un garde armé devant la porte, c'est tout à côté du regal internet inn... On y vend des produits européen, yoghurt aux fruits, muesli, fromage qiri etc, ca fait du bien à l'estomac :)))
Joyeux Noel!
Et encore une super belle route :)
Puis remets bien le bonjour d'une belge passée chez lui ya qques temps, je garde un très bon souvenir de mon passage au regal inn :)
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
merci Parvat, le supermarket j`y suis alle chaque jour, c`est bien pratique. j`ai quitte depuis hier le regal inn et le Pakistan. Supers souvenirs et petit pincement au coeur en partant. Suis a Amritsar, tres content, j`adore.
Noël au Regal Inn à Lahore
Lahore
du 13 au 26 décembre
Il règne une bonne ambiance au Regal Inn. La plupart des voyageurs sont maintenant là depuis plusieurs jours. De plus les sorties à la Soufi Night et la soirée de fête de l'Aïd ont soudé des liens. Quant à moi, j'entame ma deuxième semaine. Le courant passe très bien avec les deux autres Français, Vladimir et Kathia et nous projetons de faire un bout ensemble sur les routes de l'Inde, du coté du Rajasthan et Goa. C'est assez évasif pour le moment mais l'envie y est. Nous partons visiter la vieille ville. En compagnie de Emmanuel et Carla les deux Italiens. Visite du fort de Lahore, de la mosquée Badshahi la plus grande du pays et le musée, l'un des plus important d'Asie. Il y a foule sur les sites touristiques. C'est la période des fêtes. Beaucoup de familles. Les Pakistanaises grandes et petites sont superbement vêtues de saris multicolores. C'est un déferlement de couleurs éclatantes. Nous sommes aussi une attraction de plus. Poses Photos. Sourires et regards bienveillants. Ambiance bon enfant et situations cocasses. A peine assis et nous voilà sollicités pour une nouvelle séance photo. Nous nous exécutons avec plaisir.
Rues de lahore la vieille ville
Jeu de cricket. au fond la mosquée Badshahi
Le lendemain, nous décidons d`aller assister au spectacle à Wagah. A cinq dans un taxi en compagnie de Vlad, Cathia, Emmanuele et Carla. Le show de Wagah Border se déroule quotidiennement à la frontière où soldats indiens et pakistanais, vêtus de costumes d`apparat, défilent tels des playmobils, se toisent du regard pour le plus grand plaisir des gens accourus en nombre d`Amritsar pour les Indiens et de Lahore pour les Pakistanais et qui remplissent les gradins. Le show se termine par la descente des drapeaux des mâts et chacun rapporte ses couleurs derrière la ligne. Tout est réalisé dans une synchronisation étonnante sous les vivas des deux publics déchainés chauffés à blanc par quelques meneurs agitant des drapeaux. Instants surréalistes. Ensuite tout le monde rentre chez soi. Le rendez vous est pris le lendemain. Les militaires des deux camps sont complices pour unir leurs efforts bien loin des remous politiques qui agitent les deux pays sur la question du Cachemire.
Compagnons de route : Emmanuele, Vlad, Kathia et Carla
Noël à Lahore. Ce matin, je fais quelques courses au petit supermarché dont je suis un client régulier depuis la fin de ma maladie et comme nous pouvons cuisiner au Regal Inn, je me prépare quelques petits plats. Un des vendeurs me souhaite un "happy Christmas" avec un grand sourire de bienvenue. L'hospitalité pakistanaise. Avec Vlad et Cathia, nous avons l'habitude de fréquenter le KFC à quelques mètres de là pour manger des glaces. La plupart des caissiers sont sourds. Devant les caisses, un panneau de langage des signes pour apprendre à communiquer, enfin quelques rudiments. Avec eux, c'est toujours très chaleureux. Lahore est connu pour son école spécialisée de sourds-muets.
Pour Noël, Malick nous fait une super surprise. Il propose un barbecue sur la terrasse, brochettes de poulets. Ses fils s'occupent d'aller chercher les ingrédients. Tout le monde se cotise et met la main à la pâte pour la cuisine. Notre groupe de voyageurs est réellement homogène, de bonne humeur aussi car de la musique est prévu pour la fin de la soirée. Ce sont les frères Sain, Gonga et Mithu en personnes qui viennent jouer. Nous buvons du petit lait. Lorsque leur venue a été annoncée, les voyageurs sur le départ n'ont pas hésité à rester une nuit supplémentaire. Malick connait bien les deux frères. Il avait organisé le reportage pour France5. Gonga arrive en premier avec sa petite fille, sourde comme lui. Ils sont suivis par Mithu et deux autres musiciens. Le mini concert de percussion débute. Un moment de pur bonheur. Outre le fait qu'ils soient de prodigieux joueurs de dhôls, ils font preuve d'une grande disponibilité et d'une grande gentillesse. Une façon à eux de nous souhaiter un joyeux noël. Puis ils repartent car ils doivent se produire dans une autre soirée. Gonga nous salue un à un chaleureusement et invite sa fille à faire de même. Quel personnage ! une belle leçon d'humilité. La musique soufie continue. Sain Mohammad Ali et son groupe prennent la relève pour chanter. On tape des mains et on danse. Quelle belle soirée ! elle restera gravée dans ma mémoire.
Gonga et Mithu au Regal Inn
Gonga avec un autre joueur de dhôl
Musiciens soufis au Regal Inn le jour de Noël
Le Pakistan aussi je m`en souviendrai. Ce pays balloté, meurtri par des flambées de violence qui n`en finissent pas mais qui recèle tant de richesses de coeur et de générosité. Un pays de musique. Je me souviendrai longtemps du sourire et de la gentillesse de ses habitants.
La fille de Gonga
Arrivée en Inde : Amritsar et l`Etang du Nectar
Souvenirs du Temple d'Or
Lahore-Attari-Amritsar
le 26/27/28 décembre
Lahore, ce matin, derniers préparatifs avant de partir. Nous sommes six à prendre la route pour l`Inde. Cathy et Vladimir les 2 Français, Carla et Emmanuele les 2 Italiens, Anthony l`Australien et moi. Nous décidons de voyager ensemble. Malik est présent pour nous dire au revoir. Quelques dernières photos. L`émotion est palpable. On a tous passé une soirée mémorable hier.
Quant à moi, j`aurais séjourné deux semaines ici. Le Regal Inn restera un très grand souvenir de mon parcours et peut être la meilleure guesthouse que j`ai connu.
nous partons dans 2 taxis jusqu`à Wagah. Les formalités se font en douceur dans la plus totale des décontractions, sous un beau soleil.
Frontière à Wagah Emmanele et Carla
En chemin, rencontre avec un Anglais qui se joint à notre petit groupe. India !!! Nous y sommes. La langue est l`Hindi. Monnaie : la roupie. nous croisons des centaines d`Indiens qui se pressent pour assister au show quotidien de rivalités entres les soldats indiens et pakistanais. La frontière ferme ses portes. Place au spectacle.
Attari.. On négocie avec un taxi pour nous amener jusqu'au Temple d`Or à Amritsar. Sept personnes avec bagages mais surtout un bon prix. Un peu serré mais ça passe. Bienvenue en Inde. Dans la voiture, tout le monde est silencieux. Concentrés sur le paysage qui défile. D`autres sont plongés dans leurs pensées comme moi. Déroulement du film de mon séjour pakistanais . Je me sens bien au milieu de mes compagnons. Sous mes yeux, un nouveau pays. Pincement au coeur. Des anonymes rencontrés dans le Sindh et le Penjab qui m`ont aidé, les Baloutchs de Taftan et Quetta, la petite Afghane de Sibi, Khalid et les passagers du Bolan Mail, Ali du Ptdc de Larkana ville des Bhutto, Malik et son staff du Regal Inn, les musiciens soufis, Gonga et Mithu les percussionnistes et tous ces sourires...je les revois tous...émotions...
Amritsar. Deux millions d`habitants. qui vient de Amrita Saras signifiant Etang du Nectar ou Bassin de l`Immortalité. Place sacrée pour les Sikhs. Arrivée au Temple d`Or. Beaucoup d`effervescence. Partout des hommes portant des barbes soignées et coiffés de turbans. Pas de doute, on est au coeur du Sikhisme. Nous logeons à l`intérieur du complexe excepté Anthony qui préfère un hôtel. L`alcool et la cigarette sont interdits à l`intérieur du Temple d`Or. Une des particularités de cet endroit est que l`on peut être logé gratuitement que l`on soit fidèle ou non. En effet, les Sikhs ont même prévu des dortoirs pour accueillir les voyageurs ce qui démontre un réel sens de l`hospitalité et de tolérance. Il y a six dortoirs de trois lits avec des casiers pour les bagages. Une grande pièce faisant office de grand dortoir avec 12 lits. Les draps et couvertures sont fournis. Un coin douche avec eau chaude. Il suffit de remplir le registre pour s`inscrire en arrivant. Durant les 3 jours passés ici, nos hôtes font preuve d`une grande gentillesse et d`une grande discretion, s`assurant de compter les lits disponibles afin de placer les nouveaux arrivants. La plupart du temps, ils restent devant l`entrée pour garder l`accès.
C`est là que nous rencontrons Yann et Ludivine qui font route vers le Pakistan. Ludivine m`explique qu`ils essaient d`obtenir le visa iranien en vain. En l`écoutant, j`ai le sentiment de la connaitre. "t`es tu renseignée sur les sites de voyage comme Forum Voyage ?", "Oui, j`y vais souvent...", "On se connait, moi c'est Mekong" et c`est ainsi que je fais la connaissance de Pekoune une forumiste avec qui j'échangeais sur le forum. Elle et son copain Yann voyagent depuis 5 mois en Inde. Le soir, repas tous ensemble, nous découvrons un petit restaurant à ciel ouvert, caché de la rue principale. Emmanuele a aperçu un bout de table et de la fumée. Bonne pioche. Il sert des plats végetariens succulents. Ce sera par la suite, notre rendez quotidien pour le dîner. Yann me donne quelques indications précieuses pour la suite de mon voyage. Ils ont séjourné à Hampi. Je retiens pour mon nouvel itinéraire.
L'entrée du Temple d'Or
A l'origine j'avais prévu l'Inde du Nord, le Népal, Darjeeling. Après réflexion, j'ai renoncé. Dommage. Je m'étais projeté sur les pentes de l'himalaya. Un rêve de gosse qui s'éloigne...ce n'est que partie remise. J'ai rangé soigneusement les petits papiers qu'Arantza m'avait préparé à Yazd pour le Népal. Les raisons qui me font renoncer est le besoin de soleil et le manque de temps. Besoin de soleil car mon organisme a été soumis à rude épreuve entre une angine, une trachéite et un estomac déficient. Il y a aussi la rencontre de Vlad et Kathia en route vers le sud qui pèse dans mon choix. Manque de temps car je dispose de six semaines entre le Népal et l'Inde. Trop juste. J'ai envie de prendre mon temps et tout compte fait, le nouvel itinéraire qui se dessine me fait saliver.
Le lendemain, visite du Temple d`Or. Pour y accéder, prière d`enlever ses chaussures et de se couvrir la tête. Devant l`entrée, les Sikhs ont prévu des consignes gratuites pour garder les chaussures des gens venant de l`extérieur. Beaucoup de choses sont gratuites. Des bus qui font la navette entre la gare et le temple, des logements et des emplacements comme la grande cour où les gens déplient des couvertures dès la tombée de la nuit, des toilettes, des douches communes, l`entrée du Temple d`Or et le must, une cantine géante pouvant accueillir 10 a 40000 visiteurs par jour. Le repas est simple mais bon. On s`asseoit par terre, par rangée et des hommes passent entre les rangs pour remplir les plateaux que l`on nous a remis a l`entrée. Un plat de Dhal, de haricots, de riz au lait et des chapatis. Après avoir terminé, chacun se dirige vers la porte de sortie où des personnes formant une chaine, nous délestent de nos ustensibles pour les remettre à une centaine d'autres s`occupant de faire la vaisselle dans d`immenses éviers. Sur la droite, des gens assis par terre, épluchent des oignons. Une organisation impeccable et les Sikhs sont toujours là pour veiller au bon déroulement des opérations.
L`accès au Temple se fait par un chemin de marbre, entouré d`arbres et de bassins. Au bout, un escalier... c`est un éblouissement. Devant moi, l`Etang de Nectar ; au milieu se dresse le sanctuaire sikh "le Har Mandir" recouvert de feuilles d`or qui lui donne cet aspect doré et qui lui vaut d`être appelé Temple d`Or. Tout autour de l`Etang du Nectar, des bâtiments blancs finement décorés. Des femmes, des hommes, des enfants suivent le chemin de procession fait de marbre de gauche à droite. Un tapis rouge est déroulé sur toute la longueur. Les saris des Indiennes sont magnifiques. Les hommes portent des turbans et pour certains arborent de superbes barbes blanches. C`est une explosion de couleurs.
Quelques fidèles prennent un bain. Le sanctuaire est accessible par un chemin orné de lampes en or. Ici se trouve le livre sacré du Sikhisme : le Granth Sahib. A l`intérieur et durant toute la journée, des prètres chantent inlassablement des hymnes associés à des mélodies sous forme poètique qui font partie du Granth Sahib. Sur fond de tabla, les chansons sont véritablement envoutantes.
En 1984 Indira Ghandi envoya l`armée au Temple d`Or sous prétexte que des nationalistes sikhs s`y étaient réfugiés, outrepassant le caractère sacré du lieu. Bilan : des centaines de morts dont des femmes et des enfants. Les liens déjà tendus entres les communautés hindous et sikhs se rompirent et des émeutes s`ensuivirent....Le livre sacré contient des textes et des poèmes faits pour être chantés. Il contient aussi des enseignements non sikhs. Des textes du poète indien Kebir et du Soufi Chaykh Farid faisant référence aux deux autres grandes religions. Un exemple qui témoigne d'un esprit d'ouverture......En représailles du massacre et de la violation du sanctuaire, Indira Ghandi fut assassinée par l`un de ses gardes du corps sikhs.... Avant de venir à Amritsar, je connaissais les Sikhs qu`à travers le meurtre d`Indira Ghandi, les cinq k le kesh, le khanga, le kachcha, le kara, le kirpan. Ce que je découvre ici me séduit et me questionne. La philosophie dont est imprégnée l'endroit me séduit. Quelle chance de pouvoir voyager et un enrichissement constant qui permet de gommer les clichés dans lesquels nous sommes enfermés.
Je m'achète un guide et une carte routière et je suis désormais bien pourvu pour entreprendre mon périple indien. Au cybercafé, j'ai une bonne surprise. Des nouvelles de Jade. Elle se trouve en Syrie. Elle me dit qu'elle compte rester quelques mois pour apprendre l'Arabe. Mon séjour se termine. Ce soir, bus de nuit pour Ganganagar en compagnie de Vladimir et Cathia et rejoindre ensuite Jaisalmer au Rajasthan. Nous faisons un bout de chemin ensemble, jusqu`à Mombai ou Goa. Pour la suite, on verra.
Yann et Ludivine sont partis au Pakistan au moment où l`on apprenait l`assassinat de Benazir Bhutto. Triste nouvelle pour le Pakistan et ses habitants pris dans un engrenage de violence sans fin. Quant a Emmanuele et Carla les deux Italiens, nos routes bifurquent. Ils partent demain en direction de l`Inde du Nord. Emmanuele a trouvé une moto Enfield pour un bon prix près de la gare. Après un dernier repas commun dans notre petit resto préferé, c'est le moment de se quitter. Echanges de mails et d`adresses. Embrassades chaleureuses. Je les aime bien. On espere se revoir en France ou en Italie. Tchao Tchao. Il est 22h00. Nous attrapons le bus in extremis.
Infos pratiques
Logement gratuit au Temple d`Or mais une donation est bienvenue
Rickshaw à Amritsar : 30 Rps
Becak : 10 Rps /personne
Les prix sont affichés sur quasiment tous les produits. Prendre le temps de vérifier le prix et payer la somme indiquée
Bus d'état : Amritsar-Ganganagar 136 Rps
Amritsar-Ganganagar-Bikaner-Jaisalmer-Jodhpur
le 29-30-31 décembre
Amritsar. A quelques minutes près, nous manquons de rester sur le quai. Il est 22h00. Le départ était prévu à 22h30. Incompréhension. Evidemment le bus est bondé quand nous nous pointons avec nos sacs encombrants. Aïe ! nous achetons nos billets avant de monter. Le chauffeur se concerte avec ses collègues et demande aux passagers du fond de nous faire de la place. Installés sur la grande banquette de derrière, nous gardons nos sacs sur nos genoux mais nous sommes assis. Les indiens qui ont libéré trois places sont debout dans le couloir. C'est un bus express et après quelques dizaines de kms, des gens descendent. Nous n'aurions pas eu à attendre debout longtemps. La montre de notre voisin indien affiche trente minutes d'avance. Voilà l'explication, nous nous sommes plantés sur le décalage horaire après le passage frontière. Voyage de nuit. Le chauffeur roule vite. La route est dégagée. Peu de circulation.
Arrivée à Ganganagar à 4h du matin. Au terminal, il y a déjà des gens qui attendent. La nuit est très froide. Une échoppe vend des petits gâteaux et du chaï. De gros boeufs noirs sont couchés dans un coin du vaste parking où stationnent de vieux bus Tata et Leyland. Après renseignement pris, pas de bus direct pour Jaisalmer et le premier bus pour Bikaner part à 7h00. Il fait très froid et nous rejoignons quelques Indiens autour d`un brasero improvisé🙂. Nous partons sous les premières lueurs du soleil. A l`extérieur, paysage aride et dépourvu de végétation. Rajasthan. Aux portes du Grand Désert de Thar qui se partage entre l`Inde et le Pakistan où il est communement appelé Cholistan. Les dromadaires sont nombreux dans la région. Un animal atypique avec son allure hautaine, rien ne semble le perturber et il avance à pattes feutrées.
Bikaner. Gare routière. Correspondance pour Jaisalmer. Nous sautons d'un bus à l'autre. J'achète des bananes et quelques biscuits. Vladimir va chercher de l'eau et des pommes. Le bus démarre. Je le cherche du regard. Kathia se précipite devant pour avertir le chauffeur... En Inde, lorsque un bus fait une halte, prière de ne pas s'éloigner trop loin car parfois au bout de cinq minutes, il repart sans crier garde....Il arrive en courant avec quelques victuailles. Le vieux bus est bien rempli. A bord de nombreuses familles.
Il est 19h30 lorsque nous arrivons à Jaisalmer dans la nuit. Contents mais usés par un voyage qui a duré presque 24 heures. A peine sortis, nous voilà assaillis par deux types qui veulent nous emmener à leur hôtel. J'ai déjà une adresse en tête, tout proche du terminal. C'est Anthony l'australien qui me l'a conseillé. Devant mon assurance, ils n'insistent pas et nous déposent au seuil du Golden City. Mauvaise pioche. C'est un hôtel assez cher. On se met à trois dans une chambre double. Pour une nuit, il fera l'affaire.
Jaisalmer "la ville dorée" est la ville principale du désert de Thar. Elle fut en son temps, une étape essentielle sur la route des caravanes. La basse ville est dominée par un fort impressionnant à 76 mètres de hauteur, surnommé "Sonar Quila". Il fut construit en 1156, fait de grès, avec des remparts de 9 mètres et 99 bastions qui permettaient de surveiller les allées et venues dans le désert et se prévenir d'attaques éventuelles. Le lendemain, nous partons le visiter. Maisons finement décorées appelées havelis, le palais, un temple jaïn.
A l'intérieur d'un temple
Tout est magnifique mais terni par la surexploitation touristique. Léger malaise devant toutes ces guesthouses, magasins de tapis, babioles en tous genres avec des vendeurs et rabatteurs à l'affût d'un hypothètique client. A force d'être si nombreux, cela crée un déséquilibre proche de la saturation. Un autre problème est que les structures ne sont pas adaptées à un tel bric à brac pour touristes. Des bastions se sont déjà affaissés😐. A cause du système de drainage et d`évacuations des eaux usées en surchauffe. Vu de loin, on a le sentiment que le fort va s`enfoncer dans la colline sablonneuse. L`Unesco et des associations comme Intach luttent pour sauver un chef d`oeuvre en péril. Bien sur, cela fait des mécontents car les guides papiers comme le LP conseillent de se loger dans la ville basse.
La ville basse : atmosphère plus détendue. Pause déjeuner. Un quartier excentré, un petit restaurant au 1er étage où nous mangeons très bien, un poulet biryani et des cubes de poulets en sauce. Délicieux ! 🙂. Ensuite balade dans les petites rues jusqu'à Hanuman Chowk où nous effectuons quelques achats dans un emporium (magasin d'état où les prix sont affichés).
Jaisalmer la ville basse
Premières impressions
L`inde me plait, c`est coloré, parfumé (parfois dans le mauvais sens certes...), bruyant🙂 et je trouve les Indiens accueillants. Bon, Il y a la cohorte de marchands de tapis, faux guides, acteurs de rue et rickshaws intempestifs mais ça fait partie du décor, l`important est de ne jamais se départir de sa bonne humeur. Après tout on n`a pas un couteau sous la gorge😉. Pour la situer par rapport à un autre pays, je pense à l'Indonésie. Des similitudes. Je me souviens qu'au bout de 2 semaines passées à Jogjakarta, certains de ces marchands de tapis "gratteurs" étaient devenus des potes😏. Petite parenthèse car j`avais lu beaucoup de posts négatifs et alarmistes sur le forum. Pour moi, le voyage, c`est noël tous les jours🙂🙂🙂.
Le soir, départ pour Jodhpur. bus de nuit. Le vendeur de billet nous enrhume sur le tarif, 150 Rps au lieu des 120 Rps que payent les autres passagers. De plus, il veut nous faire payer un supplément pour mettre nos bagages dans le coffre🤪. Protestations. On monte avec nos bagages a l`intérieur. Finalement, s`apercevant que la ficelle est trop grosse, il recule pour les bagages. Cette fois, nous avons pris une compagnie privée et ce genre de désagrément n'arrive pas avec les bus gouvernementaux.
Jodhpur, 4 heures du matin. un rickshaw nous amène à l'adresse que je lui indique. Nous nous éloignons du centre. Au bout du compte cette adresse s'avère être un tuyau percé. C'est le gérant de l'hôtel Golden City qui nous l'avait donné arguant du fait que c'est sa soeur, elle nous fera un prix, qu'il est près de la gare etc... J'aurais dû me méfier. Bilan : c'est loin et la soeur en question est trop gourmande sur les tarifs. A cette heure avancée de la nuit, elle nous imaginait en proies faciles. Demi-tour. Fatigués et transis de froid, nous nous dirgeons vers le Govind Hôtel que j'avais coché dans mon calepin. Pas de chance, celui ci est complet. Le manager nous propose la solution du Blue House dans le centre. Cette fois c'est la bonne. Un type à moitié endormi nous accueille gentiment. Le Blue House est une guesthouse familiale. Les prix sont corrects. Notre fidèle rickshaw est encore là. "Combien on te doit". Nous nous étions arrangés sur un prix mais la course a été plus longue que prévue. Je sens qu'il est gêné. Nous le payons généreusement car il nous secondait dans nos démarches nocturnes, sympa et honnête. Maintenant dodo. A demain Infos pratiques
Bus Ganganagar-Bikaner : 70 Rps
Bus Bikaner-Jaisalmer : 100 Rps
Bus Jaisalmer-Jodhpur : 120 Rps seat / 220 couchette
Nouvel an à Jodhpur la ville bleue
Jodhpur
31 déc/ 1-2 janvier 2008
Jodhpur, la ville bleue. J'ai un coup de coeur. Il fait bon se balader dans cette ville à travers ses ruelles étroites où l`on se perd facilement. De nombreuses maisons sont peintes en bleu et en indigo pour repousser la chaleur et les moustiques. Des boutiques font étalage d`étoffes, saris, dupattas (longs châles) et foulards rivalisant de couleurs éclatantes🙂. Sur les sentiers grimpant au fort et à mesure que l`on prend de la hauteur, nous voyons la vie des habitants s'organiser sur les terrasses de leurs maisons. Des femmes étendent le linge, d`autres épluchent des légumes. Des enfants nous font des signes et nous lancent des "Hello". Des gens sur le chemin nous sourient.
Douceur de vivre sous les rayons du soleil. Cet endroit me rappelle par certains aspects la ville de Yazd en Iran. Nous croisons des singes, à peine si ils font attention à nous, trop occupés à se gaver de mures qui poussent le long du sentier😛.
Sardar Market près de clock tower
Le fort massif ou Meherangarh construit par un roi Rathore, surplombe la ville et veille sur elle telle une sentinelle. En face, de l`autre coté de la ville, le palais du Maharajah construit en 1929, il vit encore dedans et une partie est devenue un hotel dont il tire quelques roupies. Paraitrait que ce sont les habitants qui ont casqué pour cette humble demeure🤪.
Au fort, accueil impeccable, des hôtesses parlant francais, nous délivrent des tickets avec audioguides en Francais, 250 rps avec appareil photo inclus. C'est parfait pour la visite. Vu de l`intérieur, il est aussi impressionnant. J`aime beaucoup Lohapol, la porte de fer herissée de pics qui se trouve au coeur du fort. Le chemin qui y mène est en pente montante en une ligne droite de 100m et au dernier moment il finit par un angle droit donnant sur la porte. En écoutant l`audioguide, c`etait prévu pour éviter les charges d'éléphants de guerre arrivant en pleine vitesse. J`imagine sans mal l`effet de terreur que pouvait produire ces gros pachydermes martelant le sol, toutes trompes dehors, lancés à vive allure et aux barrissements à glacer le sang. Je repense à la bataille qu`avait livré l`armée de Porus roi d`Inde avec ses centaines d`éléphants de combat contre les troupes d`Alexandre dans la plaine de l`Indus, le sol devait trembler...
Ce soir, il y fête au château pour le nouvel an. Des serveurs installent des chaises, des tables, des grills. On se prépare à festoyer.
Meherangarh
En redescendant sur Jodhpur, pause déjeuner dans un petit restaurant sur les pentes, tenue par deux femmes très gentilles. Comme il commence à faire un peu froid, elles nous apportent des couvertures🙂. Je prend un thali. C`est très bon. L`endroit fait aussi guesthouse. En montant à l`étage pour contempler la vue sur le fort, je constate qu`elle est vraiment clean. La prochaine fois si je reviens à Jodhpur, c`est là que je viendrai sans l'ombre d'une hésitation. Dans le quartier, les portes des maisons sont toutes ouvertes, les enfants jouent ensemble dans les petites rues et nous saluent par des `Hello` quand on les depasse. Ce soir, on fait la fête au Blue House. Notre guestouse est tenue par une famille jain. A la différence de l`Hindouisme, ils refusent le système de castes et sont végétariens comme on le constate sur la carte du restaurant, pas de viande ni d`oeuf.
Avant de commencer les festivités, avec Vladimir un petit détour en rickshaw s`impose chez l`épicier😛. Une bouteille de vodka pour pimenter la soiree, du jus de pomme et Vlad en grand chevalier qu`il est, achète un bouquet de roses pour sa dulcinée. Nous sommes installés sur la terrasse. La soirée débute par de la danse Sapora, une danse traditionnelle rajasthanie. Les danseuses sont parées de bijoux et de robes noires faites de broderies.
Danse toute en sensualité où les danseuses tournent sur elles mêmes en accèlerant le mouvement en même temps que la musique🙂. Cinq musiciens donnent le ton plus un jeune danseur vêtu de blanc et coiffé d`un turban rouge orange. La musique a une forte ressemblance avec la musique soufie pakistanaise.
La jeune danseuse rajasthanie virevolte, tournoie avec grâce et aisance. Son sourire juvenile illumine la soirée....Elle est extraordinaire la gamine !
Une petite rasade de vodka😏😛....Tout le monde est assis autour, sous des couvertures car il fait froid. Il y a une famille complète de Suisses de la Chaux de Fonds, une Australienne, 2 couples et 3 Belges avec qui nous sympathisons tout de suite, échanges de bons procédés bieres contre vodka. Damien, Caroline et Quentin voyagent en Inde pour 6 mois voire plus. Ils prennent leur temps. Le repas est un buffet végétarien, nous lui faisons honneur. C`est délicieux. Je découvre avec bonheur la cuisine végétarienne indienne.
Ensuite place au jeu. Les chaises musicales... Une rasade de vodka pour l'échauffement😛. Tout le monde est en piste. Je suis deux fois finalistes, la première je la perd contre le père (ou grand père..je sais plus...) suisse😄, la deuxième je la perd contre le petit suisse ou plutôt je dérape pour lui offrir le siège😄. Est ce l'effet de la vodka ? Les rires fusent de toutes parts. Tout le monde est bien chaud et se congratule. 2008 est là. Vive 2008. Les gens s`embrassent et dansent. Au loin, les feux d`artifices explosent dans le ciel etoilé.
L`an dernier, à la même époque, je pensais fortement à fêter une nouvelle année à l`autre bout de la planète...Une rasade de vodka s`impose pour inaugurer 2008..glouglou😛 ! Entre le Noël au Regal Inn et le nouvel an de Jodhpur, je suis comblé😎😎😎.
Ensuite, la soirée continue avec Damien, Quentin et Caroline jusqu'à leur guesthouse, munis de quelques bieres et d`un fond de vodka😛. Fin du chapitre 2007. Bonne année à tous les Vforumistes en vous souhaitant à vous aussi plein de voyages et d`émotions😎😄.
Ce matin, avec Vlad et Cathia, nous avons decidé de nous partager une voiture avec chauffeur pour aller à Udaipur. C'est au dessus de mon budget mais nous risquons de passer dans des chouettes endroits. En route nous prévoyons de nous arrêter visiter les temples jains de Ranakpur. Un petit extra aussi pour mieux voir la campagne indienne. Le temps est radieux.:)))
La première partie n'est pas vraiment passionnante. Tout le monde somnole...sauf notre chauffeur qui fait une embardée pour éviter un chien qui surgit sur la chaussée😮. Quant aux nombreux camions qui arrivent en face, prière de se pousser sur le talus🤪. Ici, c'est le plus gros qui passe. Nous déjeunons dans un restaurant au bord de la route. Le rendez vous habituel des guides qui aiguillent leur cargaison de touristes jusqu'ici. Le buffet est bon mais la note est salée. Du coup, je me sers trois fois pour bien me remplir la panse.
Ranakpur
On arrive à Ranakpur vers 14h00. c`est rempli de touristes. L`ensemble est impressionnant, un gros temple plus deux petits en contrebas. Ce sont des temples jaïns. Je reste dehors et prefère me balader . Je fais le tour pour trouver plusieurs bonnes prises d`angles et je tombe sur deux nids d`abeilles😮, à coté d`une porte. Il y a plein de singes, sur les arbres et sur le parking. Ils ne sont pas agressifs mais attendent qu'on leur jette de la nourriture.
On repart au bout d'une heure. A partir de là, la route s`élève, en petits lacets à travers des paysages boisés. Au détour d`un virage, encore un groupe de singes peinards qui nous regardent passer😄...Il y a un peu de fraicheur...ça fait du bien.Tiens encore des singes qui lézardent sur un pont😄...Le voyage est agréable. Nouvelle embardée pour éviter un autre singe bondissant qui traverse à toute allure😮. Notre chauffeur a de bons réflexes. Puis la route s`aplanit. Petits villages et paysages de rizières. On s`arrête au bord de la route. Les rizières sont irriguées à l`aide de petits canaux creusés dans la terre. L`eau est amenée par une noria que fait tourner des boeufs guidés par un paysan🙂.
Ca nous change du vacarme des villes. Un enfant garde un troupeau de chèvres. J`aperçois un héron ou tout du moins ça y ressemble avec son long bec. Tableau idyllique : au milieu du gué d`une rivière, entourée d`arbres et de verdure, des villageoises vêtues de saris roses et mauves, lavent des vêtements🙂.
L`Inde rurale. Ce pays marche beaucoup avec la paysannerie. Mais c'est une époque difficile. En effet, il y a de plus en plus de suicides chez des petits paysans ruinés. Je connaissais le problème avant de venir mais ici en ouvrant les journaux, on tombe souvent sur un encart signalant qu'un type a passé l'arme à gauche. Ces petits paysans trompés, floués par des banques et des multinationales obsédés par l'appât du gain qui les ont poussé à s'endetter pour investir dans la monoculture au détriment des cultures vivrières, et la grande imposture des Ogm qui met en péril le fantastique patrimoine alimentaire de ce pays, je pense à toutes les variétés de riz sur lesquelles lorgne Mosanto. Quant aux autres paysans, dépossédés de leurs terres, ils vont grossir les bidonvilles des grandes métropoles en quête de travail pour leur survie. Le tableau n'est pas si noir. Il y a un syndicat très actif, une confédération paysanne puissance 10 qui leur a permis de remporter quelques batailles. Mais les charognards des multinationales rôdent et il faut beaucoup de détermination face à ce rouleau compresseur.
Voilà pour la parenthèse politique.
Udaipur : la ville est au coeur d`un cadre somptueux. Entouré de petites montagnes, un lac majestueux : le lac Pichola au bord duquel se dresse fièrement le grand palais blanc du Maharajah local. En face sur une ile, le palais de Jagmandir. Sur recommandation de Parvat😉, nous nous rendons sans hésiter au Dream Heaven malgré l`insistance de notre chauffeur pour nous amener chez un de ses amis qui tient un hôtel. Bonne pioche. La guesthouse est située au bord du lac, au pied d`une passerelle. La première chose que l`on voit lorsque on débarque, est la terrasse. Sous le charme.
Elle est spacieuse et douillette avec une vue époustouflante. Ma chambre est lumineuse et coquette avec ses décorations au plafond et sur les murs. Je viens à peine d`arriver et je m`y sens vraiment très à l`aise. Le personnel est accueillant et serviable🙂. Quant à la cuisine qu`ils mitonnent, c'est délicieux😎. Toute une gamme de plats végétariens jusqu`au poulet biryani et la salade de thon maison. Durant 4 jours, je mange comme un ogre et mes deux acolytes ne sont pas en reste😛. Coté bouffe, nous nous entendons bien en disposant chacun d`un bon coup de fourchette😉😛. Toute la carte des plats végétariens y passe. Clients assidus, nous ne manquons pas un seul des trois repas😉. Des explorations culinaires qui sont de purs moments de plaisir. Le matin, qu`il fait bon prendre son petit déjeuner au soleil, profiter de la vue qui s`offre à nous et écouter le son des battoirs des femmes lavant le linge sur les ghats d`en face😎.
Revers de la médaille. Le lac est menacé par la pollution. Il est recouvert, en plusieurs endroits et totalement aux abords de la ville, d`une algue verte. C'est jonché de détritus. Il risque à long terme l`asphyxie. Cette algue prolifère entre autre à cause des rejets domestiques telles les eaux usées des hôtels qui se sont multipliés tout autour😐.
Parfois, on peut voir, des hommes en bateaux, ramasser la matière indésirable et ramener cette cargaison sur la terre ferme. Cela parait dérisoire devant l`ampleur de la tache. Pourtant, progressivement, la population est de plus en plus sensibilisée, c'est normal leur gagne-pain risque de disparaitre. Ceci grâce au travail des associations qui militent dans ce sens. Des femmes nettoient les bas cotés de la route en bas du Dream Heaven. Les moyens qu`elles utilisent sont certes rudimentaires mais elles agissent dans le bon sens. Un jeune Indien tenant un cybercafé, m`avoue son inquiètude face à la saleté du lac. Des initiatives encourageantes apparaissent pour combattre la pollution. Quelques panneaux solaires équipent le toit des hôtels, des rickshaws et même un bateau.
Udaipur depuis le palais blanc
Intérieurs du palais
Entretemps, nous visitons le palace. En plus du tarif d`entrée, il faut débourser 200 rps pour l`appareil photo. Décidemment, le propriètaire des lieux ne perd pas le nord. Je fais la sourde oreille et je parviens à me faufiler au milieu d`un groupe de touristes. Petit clin d`oeil à Parvat😉😏. L`intérieur est cossu, richement décoré, avec de belles galeries de peintures. En sortant, attendant Vlad et Cathy, je fais la causette avec un touriste indien qui lui attend sa femme. Le reste de mes journées, je reste à flegmarder sur la terrasse dans les confortables divans partageant mon temps entre sieste et lecture. Faut bien digérer😛😉.
Vlad et Cathy sont partis à Mumbai un jour avant moi. On se retrouvera là bas. Avec Vlad, On n`est pas du même bord, n'empêche. Le voyage gomme ces barrières. Un super gars. Cool et bon vivant😄. J`ai apprecié d`avoir partagé un fragment de voyage avec eux.🙂
Avant de partir, je passe à la boutique Sadhna tenue par des femmes qui vendent des sacs, etoffes, saris, foulards etc...je kiffe sur toutes ces couleurs. J'ai du mal à me décider. Pour un peu j'acheterai le magasin. Les produits sont fabriqués par des villageoises rajasthanies regroupées en coopératives par le biais d'une association Seva Mandir qui existe depuis 1969. http://www.sevamandir.org/history.htmhttp://www.sevamandir.org/sadhna.htm
Demain je quitte le Rajasthan pour la big apple indienne, Mumbaï
Infos pratiques
Bus sleeper Udaipur-Mumbay 400 rps pour un siege
Rickshaw : Dream Heaven-Bus station 50 rps
Macha ne sort pas beaucoup de l'hôtel, gentille et exubérante, elle est dans son monde. Shanti Shanti !🙂. Elle trimballe son Pc avec elle. Amoureuse de l'Inde, elle n'est pas trop a l'aise en Turquie excepté Karadut. Un jour, elle me montre toutes ses photos et celle du Népal, on se les passe en écoutant de la musique indienne avec thé et raki:). Je comprend mieux son attachement pour ce pays.
Tu m'as fait sourire. 🙂 Oui, l'Inde c'est autre chose...
Je quitte Udaipur dans un bus couchette. J'ai réservé un siège. Départ avec 1h de retard. Je discute avec deux Coréens. A Mumbaï, ils partent directement pour Goa. Décidemment tout le monde va à Goa. J'ai prévu d'y faire un stop...peut être qu'il y a mieux à faire.
Mumbai, 16 millions d`habitants, une ville où se cotoie l`opulence et l`extrême pauvreté. Bollywood et sa réussite insolente à quelques pas de Dharavi le plus grand bidonville de l`Inde devant l'aéroport.
Dans le sud, des buildings qui font face à la baie de la mer d`Oman. Quartier de Churchgate, Des bâtiments symbole d`un passé colonial révolu.On continue à descendre et c'est la Gateway of India qui draine des nuées de touristes qui prennent le ferry pour les iles Elephants.
Pour les voyageurs à petit budget, la ville a la réputation d`être très chère pour se loger. Heureusement, il y a l`Armée du Salut et c`est là que je descend. Situé à Colaba, juste derrière le prestigieux Taj Mahal Hotel. Il accueille quantité de voyageurs chaque jour. La plupart en transit pour Goa. Prix affiché en dortoir : 150 Rps avec petit déjeuner inclus. Une aubaine et ça va me permettre de séjourner quelques jours pour explorer la ville. Faut pas être trop regardant sur le confort et le bruit mais c'est le meilleur tarif du quartier pour les fauchés et budgets serrés. On peut aussi y manger et surfer.
C`est la première fois depuis que je suis en Inde qu`il fait aussi chaud. La journée, j`aime bien passer un peu de temps
autour du quartier de l`université, dans le parc appelé Ovale Maidan. Ici, du matin au soir, les Indiens jouent au cricket. Ils vouent une véritable passion à ce sport. Le soir, quelques matchs déchainent l`enthousiasme et provoquent un attroupement car l`endroit est très fréquenté. Le cricket, j`avais essayé une fois au Pakistan mais rien à faire, suis plus à l`aise avec un ballon dans les pieds.
Ovale Maidan Churchgate en face l'université de Mumbaï match de cricket
Marine Drive
L`autre lieu où les Indiens aiment venir se relaxer et bénéficier de fraicheur est Marine Drive, la longue promenade le long de la baie.Tout au bout, en remontant, se trouvent les quartiers aisés de Chowpatty Beach et Malabar Hill avec ses parcs et ses jardins. A Marine Drive, je croise Torrence le Jamaïcain. En fait il est Indien mais il a l'allure d'un mec des iles. Marine Drive, c'est son coin. Impossible de le louper pour ceux qui restent dans le quartier entre Ovale Maidan et Churchgate. Le type est instruit et engagé. Il aime parler de sa ville mais plutôt le coté pile. Une rencontre très enrichissante.
Un jour, je tente une approche pour visiter les Tours du Silence de la communauté Parsi de la ville. Descendants des Zaraoastriens de Perse. Ils forment une communauté forte de 60 000 personnes. C`est à travers le roman de Duchaussoy"Flash" que j`en ai entendu parler pour la première fois. Ce roman est t-il une histoire vécue ? je me suis longtemps interrogé sans avoir de réponse...Les Tours du Silence sont situées sur une colline au nord de Chowpatty Beach. Lorsque j`essaye de rentrer, je me fais refouler sans ménagement par des gardes, `Only Parsi`. Un homme descend du parc boisé et me confirme qu`il est Parsi. Je fais le tour par la route de derrière qui monte et suit le parc. Peine perdue. Impossible d`apercevoir quelque chose à cause des feuillages des grands arbres. Dans le ciel, je peux distinguer des oiseaux qui planent, à priori des rapaces. A l`origine, les Parsis n`enterrent pas leurs morts afin de ne pas polluer les sols et les laissent au sommet des tours où ils servent de nourriture aux vautours. Sauf qu`il n`y a plus de vautours qui ont disparu à cause de l'urbanisation galopante. En regardant le ciel, je m`interroge une nouvelle fois. Continuent t-ils de déposer leurs morts ici ? Peut être un début de réponse car les accès sont bien gardés. En Iran, à Yazd, les Zaroastriens les enterrent dans des cercueils scellés avec du béton et les Tours du Silence locales sont ouvertes au public.
Chowpatty Beach sud de Mumbaï
Mumbaï, la survie est le lot de millions de personnes qui améliorent leur quotidien à travers des petits boulots de rue. Il y a les dhabas wallahs, ceux qui livrent la nourriture, les parcels wallahs, ceux qui font les paquets pour les envois postaux, les dhobis wallahs ceux qui lavent le linge. Les plus nombreux sont sans conteste les hawkers. Dès le matin, partout dans la ville, ils déploient leurs étals de fortune, une table sur trépied, un simple tapis posé sur le trottoir pour vendre toutes sortes de bibelots, des fleurs, des noix de coco, des jus de fruits. Sur ces mêmes trottoirs, ils cohabitent avec les chiens étendus de tout leur long et qui dorment. Rien ne semble les perturber, ni le le flux constant des gens qui les frôlent, ni les klaxons. Ils seraient près de 100 000 selon les statistiques les plus récentes. Mais c`est la guerre des chiffres entres les organes officiels et les Ong`s de défense des animaux. 27000 animaux de compagnie et 70000 chiens errants appelés Trays. Leur nombre se stabilise grâce à la campagne de stérilisation mise en oeuvre depuis quelques années par les Ong`s qui prévoient encore 4 ans pour stériliser toute la gente canine. Au départ, Les instances officielles avaient suggéré une méthode plus radicale.
Un mot pour finir sur Tata et sa fameuse voiture qui fait la une, à grand fracas publicitaire. Nano, baptisée voiture la moins chère du monde. Beaucoup d`Indiens n`en ont cure. Surtout les 6000 familles de paysans de Singur (Bengale Occidental) qui ont été chassées de leurs terres pour l`implantation des usines l`an dernier. Hier, une manifestation s`est déroulée dans cette ville avec à leur tête Becharam Manna organisateur du Comité de protection des terres agricoles de Singur pour dénoncer cet état de fait. Une autre manif a eu lieu à Delhi en même temps. Le problème est récurrent partout en Inde, on exproprie des paysans de leurs terres pour créer des zones industrielles et des pôles chimiques moyennant pots de vins aux notables locaux. L`Inde est un colosse aux pieds d`argile. Le pays a beau afficher une croissance régulière mais pour la plupart des Indiens du monde rural, c`est le miroir aux alouettes. Dans certaines provinces, le torchon brûle et une rebellion "les Naxalites" couve et gagne du terrain, remettant en cause le système de castes et invitant les intouchables à se joindre à leur combat.
J`ai eu des nouvelles de Ludivine et Yann qui étaient rentrés au Pakistan le jour de l`assassinat de Benazir Bhutto. Ils sont revenus en Inde car tout était bloqué et ils ne pouvaient pas sortir de l`hôtel à Lahore. Ils attendent un visa pour aller en Iran. Lahore qui vient de subir un attentat. C`est la première fois qu`ils s`en prennent à cette ville, poumon culturel du Pakistan, épargnée jusque ici. J`ai une pensée pour les Pakistanais. Vlad et Cathy sont partis de Mumbai sans qu'on puisse se voir. Ils sont en route pour Chennaï en train car ils veulent passer quelques jours sur les Iles Andaman. Rdv est pris à Paris.
Moi je continue ma route seul. Finalement pas de Goa au menu, je préfère éviter les flots de touristes d'autant que c'est la haute saison et les prix enflent à vue d'oeil. Je m'enfonce dans les terres jusqu'à Bijapur dans le Karnataka.
De Bijapur, je compte pousser jusqu'à Badami et Hampi. Départ ce soir. Je partage le taxi avec un Hollandais Gerry, un type retraité, toujours impeccable sur lui, très poli et qui voyage petit budget. Lui prend le train pour Cochin.
Infos pratiques
Tarifs taxis : pas de rickshaws dans la ville, chaque taxi dispose d`un compteur, sur le coté gauche, s`affiche les unités (attention ne pas confondre avec les roupies). Chaque unité est à multiplier par environ 1, 4 pour trouver le prix de la course. Ex : pour aller de la gare Victoria jusqu`à la gare centrale des bus 26 unités x 1, 4 = 37 rps Jus de canne à sucre ( dans la rue) 4 a 8 rps
Assiette de fruit frais (dans la rue) 6 rps
Bus : Mumbai-Solapur 261 rps
Solapur-bijapur 70 rps
Un mot pour finir sur Tata et sa fameuse voiture qui fait la une, a grand fracas publicitaire. Nano, baptisee la voiture la moins chere du monde. Beaucoup d`Indiens n`en ont cure. Surtout les 6000 familles de paysans de Singur (Bengale Occidental) qui ont ete chassees de leurs terres pour l`implantation de l`usine l`an dernier. Hier, une manifestation s`est deroule dans cette ville avec a leur tete Becharam Manna organisateur du Comité de protection des terres agricoles de Singur pour denoncer cet etat de fait. Une autre manif a eu lieu a Delhi. Le probleme est recurrent partout en Inde, on exproprie des paysans de leurs terres pour creer des zones industrielles et des poles chimiques moyennant des pots de vins aux dirigeants locaux. L`Inde est un colosse aux pieds d`argile. Le pays a beau afficher une croissance reguliere mais pour la plupart des Indiens du monde rural, cest le miroir aux alouettes.
C'est affolant ce que tu dis là, vrai et important de le dire...
Bonne route!
Je suis impatiente de lire ton avis sur Bijaipur 😎
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
Chefs d`oeuvre islamiques de Bijapur
Mumbai-Solapur-Bijapur
Le 13-14 janvier
Je me suis assoupi dans le bus. Quand j'ouvre l'oeil, le bus est arrêté en rase campagne. Le chauffeur et le ramasseur de billets sont en train de manier des outils. Crevaison. De Mumbaï jusqu'à Pune, c'était inconfortable et obligé de jouer des coudes pour empêcher le type assis à coté de moi de dormir sur mon épaule. A Solapur, tout le monde descend c'est le terminus. Je demande au chauffeur "Bijapur" et il me fait signe d'aller me rasseoir. Coup de chance, c'est le même bus qui dessert Bijapur et quelques instants plus tard, c'est la cohue. Je suis aux premières loges pour assister à la montée des marches entre bousculade et brouhaha indescriptible.
Bijapur. 13h00. Un peu de retard. Une ville aux forts accents historiques. Elle fut en son temps capitale royale et il subsiste encore aujourd`hui des fortifications et les ruines d`une citadelle qui témoigne de son glorieux passé. Bonne surprise : le Tourist Hôtel. Situé sur l'artère principale. Un chambre simple avec douche toilette, moustiquaire et ventilateur pour 150 rps. Clean et bon accueil. Parfait pour ma bourse. Je croise deux Australiens.
Content de poser mon sac. Prêt à explorer la ville.
Les 2 monuments importants, Golgumbaz et Ibrahim Rouza sont situés aux deux extrêmités de Bijapur. En marchant, je fais l`objet de tous les regards souvent accompagnés de sourires, les `Hello` What`s your name` fusent de toutes parts de la bouche des enfants. Peu d`étrangers excepté les deux que j'ai vu à l'hôtel. Quel contraste avec Colaba à Mumbai, ma précédente étape.
Dans les rues, c'est la cour des miracles. Des vaches déambulent avec nonchalance. Il y a aussi des cochons noirs et de gros boeufs munis de très longues cornes peintes en rouge ou en vert, parfois ornés de pompons qui leur donnent un air très rock and roll.
Ibrahim Rouza. Aux abords de la ville. Peu d`agitation et pas de harcèlement. Juste que les gens sont curieux et c'est bien normal. Ibrahim Rouza est un château entouré d`une enceinte, bordé à l`intérieur comme à l`extérieur d`espaces verts. Construit pour l`amour d`une femme, il sert désormais de mausolée pour le roi et sa reine. A l`intérieur, on gravit un escalier pour déboucher sur une cour. Deux bâtiments rectangulaires se font face, composés de cinq larges entrées en forme d`arches, surmontés de quatre minarets et d`une coupole en forme de champignon. Au centre de la cour, se tient un bassin. L`architecture relève d`une grande finesse. C`est somptueux. Je dois dire que je ne m'attendais pas à pareil chef d'oeuvre. En ressortant je bois un jus de canne à sucre. J'ai découvert ce breuvage à Mumbaï et j'en redemande.
Ibrahim Rouza
Je traverse de nouveau la ville pour aller visiter Golgumbaz. Ca se fait aisément à pied. Je passe par les ruines de la citadelle. En route, j`achète du raisin à un vieux paysan. J`aime bien l`atmosphère générale de Bijapur même si les Hello et what`s your name deviennent parfois lassants. Enfin... Les locaux sont simples et accueillants.
Au bout d`un chemin rectiligne, parsemé d`arbres et de jardins, se dresse la masse imposante de Golgumbaz. Je me gratte la tête de surprise et je reste bouche bée. P.. que c'est beau. L`architecture est différente d`Ibrahim Rouza mais tout aussi magnifique. Un bloc surmonté d`une énorme coupole, une immense porte en fer. En ses extrêmités, quatre tours dont l`architecture me rappelle l'Italie et qui sont surmontées par de petites coupoles. Golgumbaz est le mausolée de Mohamed Adil Shah. Des centaines de touristes indiens. Soleil et c'est dimanche. Le garde qui prend mon ticket, me souhaite la bienvenue.
Golgumbaz
Golgumbaz ................................................................ La mosquée blanche à coté de Golgumbaz
Le soir, j`arpente les rues. Une place sur le trottoir se dispute âprement entre vaches, cochons, chiens et même des humains, beaucoup d`humains d'ailleurs qui s`affairent et s`activent car l`endroit est la place du marché des fruits et légumes. Quelle effervescence !!! J`achète des tomates, des figues, je voulais des mangues mais ce n`est pas la saison. Sur un étal, tout un groupe de personnes trient des légumes en reprenant en choeur une chanson. En face, une vieille femme harangue les passants. Un marché plein de vie, de couleurs et de senteurs. Je ne m`en lasse pas et fais trois fois le tour.
Le lendemain, je me mets en route pour Badami. J`ai été séduit par cette ville, sa population, son atmosphère et la beauté de ses monuments d`autant plus que je n`avais pas prévu de m`y arrêter. Laisser vivre l`imprévu fait partie de la magie du voyage et le transcende.
Infos pratiques
Bus : Bijapur-Bagalkot 50 rps
Bus : Bagalkot-Badami 21 rps
1 kg raisin 15rps
1 kg tomates 15 rps
Bijapur-Badami
le 14-15 janvier
Je continue ma découverte du Karnataka et en fin de matinée j'arrive à Badami. C'est un gros bourg traversé du nord au sud par une rue Station Road. La plupart des hôtels sont autour de la gare routière. J'en trouve un correct pour 150 rps. Je me plais ici. C'est tranquille et les gens sont sympas. Les prix sont très abordables. Badami n'a pas été vampirisé par le tout-tourisme...pour l'instant. J'espère que cela va s'éterniser.
Cet après midi, je vais me faire la balade des temples. Je pénètre dans le village. Successions de petites ruelles où les gens vaquent à leurs activités quotidiennes. Veaux vaches et cochons...et singes sont présents. Je manque de me faire niaquer par un chien et lui présente ma semelle en guise de réponse si il a l'idée d'y revenir. Les rayons du soleil tapent fort à cette heure de la journée, incitation à la sieste et à la farniente. Les portes des maisonnettes sont grandes ouvertes. Et toujours des sourires et regards bienveillants ponctués de "Namasté". Au bout, j'aperçois un temple perché sur un morceau de rocher. Ces ruelles forment un véritable labyrinthe. Je demande mon chemin. Une villageoise m'indique la direction.
Mais qu`est ce qui me pousse à marcher encore et encore...trouver un petit coin d`ombre sous un arbre, m`asseoir et contempler le paysage...patience.
Je parviens à l'entrée. Plusieurs marches d`escaliers à gravir. Quel calme ! en arrivant devant le temple, je tombe sur un groupe d`Indiens en train de déjeuner. Salutations et rigolades🙂. Ils se demandent bien ce que je fais à crapahuter sous cette chaleur. Une jeune femme me guide à l`intérieur du temple et des abords. D`ici, je dispose d`un joli point de vue sur Badami
Badami. Ce village a des airs de Jodhpur au Rajasthan. Maisons avec toits en terrasse. Douceur de vivre perceptible. Population tranquille et amicale. Comme Bijapur sa voisine plus au nord, cet endroit fut une place historique importante dans l`histoire de l`Inde et les fortifications dans les collines témoignent de son glorieux passé révolu. En regardant ce petit village tranquille, j'ai du mal à l'imaginer.
Le panorama est somptueux.
D`un coté, des collines d'où furent bâties des fortifications dont on voit les ruines. Sur des pans de rochers se dressent fièrement des temples hindouistes. Le village fait la jonction avec l`autre flanc de la colline où se trouvent les quatre grottes décorées de sculptures, dédiées à Vishnu, Shiva et au Jainisme. Et pour finir, au milieu de ce décor idyllique, un plan d`eau entouré de ghats où les villageoises lavent le linge. L`inde regorge de richesses et je m`en rend compte à chaque étape pour peu que l'on sorte des sentiers battus. Il me faudrait du temps et plusieurs voyages pour les découvrir🙂.
Durant l`après midi, je me promène sur les collines en montant par la porte nord du fort puis descente par l'autre versant devant le temple dédié à Hanuman dieu des singes. Retour au bord du lac. Mon temple préféré est situé au bord de l'eau, le Bhutanatha. A l'intérieur une statue de Mandi, la grosse vache.
Temple Buthanatha
Jamais vu autant de singes aux abords des édifices, sur les toits, les pelouses et les arbres. Ils font partie du décor et on n'y fait plus gaffe. Néanmoins, avec mes yeux d'occidental passionné de zoologie, je ne me lasse pas de les observer et ils me le rendent bien. Je ne perd pas une miette du spectacle.
Lendemain matin, réveillé à l'aube, je file visiter les quatre grottes avant que les groupes de scolaires déboulent. J'apprécie le silence quand je suis dans ce genre d'endroit. Les grottes sont reliées entre elles par des escaliers taillés dans la roche.
Elles sont ornées de colonnes et finement sculptées de statues représentant les divinités locales. C'est une roche de couleur ocre. Quelques écureuils profitent de l'accalmie matinale pour se montrer. En bas, le lac est emmitouflé sous une légère brume qui enveloppe le temple Bhutanatha. Le soleil commence à pointer son nez. Ses rayons illuminent le temple perché sur la colline d'en face ce qui lui donne une couleur dorée. Je fais photo sur photo en savourant ces instants délicieux avant que des dizaines de gamins fassent leur apparition en courant dans tous les sens. En repartant, je vois des dizaines de singes qui se sont rassemblés dans les arbres à coté de l'entrée, attirés par le bruit. Parmi eux, Il y a l' Iroquois, Spock et le timide.
Spock
L'Iroquois
Le Timide
Petit détour à la réception de l'hôtel pour récupérer mon sac et direction la gare routière à coté. Un bus pour Hampi, y a pas. J'opte pour la ville de Hubli et de là j'attraperai une correspondance.
Tout comme le voyage de notre amie Parvat, je suis le tien, ce roman vécu et offert pour mon plus grand plaisir.
Retrouver l'Inde que j'aime au fil des jours que tu nous fais vivre en direct ou presque, si bien racontée, cela me rappelle tant de souvenirs !
Amical salut d'une indophile et bonne route à toi...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
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Carnets de voyage › Indonésie / Papouasie-Nouvelle-Guinée · 52 replies
SECOND TOME, CHAPITRE XII - COUSIN ET TANTINE La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade. - (Spéciale…
Laos, un bout du nord à pied, chroniques expresses, mais sauvages! ~ De l'opium pour le bébé! (chez les Akha) De l'opium pour le défunt! (chez les Hmong) ~…
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not?
Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)
March 2nd — Departure by bus from Latour at 6:50 AM. The journey isn’t direct: we pass through Elne then Corneilla. In Perpignan, I switch to a BlablaBus heading to Barcelona’s northern bus station. Before reaching Le Perthus, French police stop us to check IDs. Several people aren’t in order, but after about fifteen minutes, we’re on our way again. We’re checked again at La Jonquera: this time, the wait lasts almost forty-five minutes while police identify those in violation and wait for a vehicle to pick them up. The driver then tries to make up for lost time; we finally arrive at our destination half an hour late.
I quickly head to the Arc de Triomphe metro station, located 200 meters away: you have to cross the bridge along the bus parking lot, then walk through a large garden; the station is on the right before the garden entrance. The trip to the airport isn’t direct: I have to change at Tomasso and take the line to the airport, where I arrive at 1 PM.
At the Emirates counter, I learn my flight was just canceled due to the war in Iran; they offer me another flight for the next day. I have to wait at the airport until 7 PM before being taken to a hotel; the next morning, I’ll take a flight to Vienna (with an 8-hour layover), then an Air India flight to Delhi, and finally a flight to Kolkata. I agree: I don’t know Vienna, so it’ll be an unexpected discovery.
At 7 PM, a small group is taken to the hotel, 35 minutes from the airport, where we’re served a light dinner upon arrival.
March 3rd — A taxi picks me up at 6:30 AM; the flight to Vienna takes off at 9:30 AM and arrives at noon. I’m free until 7 PM; the metro is direct to the city center. The weather is pleasant and not too cold, luckily, since my clothes are light.
When I exit the metro, I spot the St. Stephen’s Cathedral tower in the distance and approach it: the roof, made of glazed tiles, is remarkable.
Entry is free, and the interior, a mix of Gothic and Baroque styles in the center, is stunning.
Not far from there is St. Anne’s Church
, also Baroque, adorned with beautiful frescoes
—a music concert adds an enchanting atmosphere to the visit.
I continue my walk at random through the pedestrian streets lined with magnificent buildings: I’m charmed by the city.
Before heading back to the airport, I stop at a lovely tea salon. My flight will eventually leave with a delay.
Wednesday, March 4th — Delhi and a little luggage scare
We arrive in Delhi shortly after noon. Immigration is quick, and good news: my bag was checked through from Barcelona to Kolkata. I head to the connecting terminal and arrive half an hour before boarding: the flight goes smoothly. Upon arrival, the luggage comes out quickly… except mine. After filing a report, I’m told my bag is in Delhi—I have to retrieve it before taking another flight. I didn’t know (or had forgotten): with the delays, I wouldn’t have had time to pick it up and make the connection.
I take a taxi to the Ichamati Hotel. The welcome is warm, and the room is clean but very small. Without my bag, I feel a bit lost—I have nothing to change into.
Tonight, I’m dining with Raja and his friends at a beautiful restaurant, an old colonial house turned into a hotel.
We’re happy to see each other and have a comforting evening together.
This travel journal summarizes a trip I took in March to Argentine and Chilean Patagonia. It starts in El Calafate and ends in Ushuaia. During my planning, I considered looking into the Australis cruise from Punta Arenas to Ushuaia, as well as the W trek in Torres del Paine National Park. In both cases, I was put off by the prices. Instead of the cruise, I found two interesting wildlife excursions from Punta Arenas: whale watching in the Strait of Magellan and observing king penguins in Tierra del Fuego. The journey to Ushuaia was by bus. For Torres del Paine, things were a bit confusing, so I reached out to two agencies. In the end, I went with a rental car option, overnight stays on-site, and day hikes. I shared my full itinerary with the agency and ended up being taken care of by a local Argentine agency and a Chilean one.
So, here we go...
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
June 2024.
While hiking with my brother on the GR 36 Tour du Morvan, I catch sight now and then of strange rectangular markers fixed to tree trunks. Against a bright orange background, a deep black Greek tau topped with a white dove. My first encounter with the Assisi Way.
The Way of St. Francis: a pilgrimage route linking Vézelay in Burgundy to Assisi in Italy, covering nearly 1,800 km.
It felt like an obvious next step—I immediately knew I’d take it on, attempt the adventure solo.
In the months that followed, I talked about my project to everyone—family, friends, my partner. An avalanche of comments, more or less the same but varying depending on each person’s character and life experiences. But deep down, it all boiled down to one legitimate question: why?
And the answers?
Hesitant, awkward, partial, even confused. I quickly realized they weren’t so easy to find. It was as if my project seemed more like a whim, a kind of intimate caprice, rather than a well-thought-out plan.
Of course, I knew the reasons that pushed me to leave—you always have to give some. Loved ones need to understand to feel reassured, and that’s understandable.
But I fear that when I list them, they’ll sound like the same old checklist anyone embarking on this kind of journey might give.
Of all the reasons I could mention, I’ll highlight just one here: the call of the road, the solo adventure that brings a powerful sense of freedom.
A bit like Monsieur Seguin’s goat, who from her comfortable pen gazes longingly at the unconstrained horizon of the mountain.
But if I’m being honest, I think I didn’t really know what I was looking for—or, more importantly, what I’d find. Deep down, when I reflect on it, one word keeps coming up that explains nothing and everything at once: desire.
Now well past sixty, I know that when I ask myself who I am or where I’m going, two things bring me fully back to myself: hiking and writing.
And my intention was also to anchor this adventure through words, day by day. Writing down my feelings, emotions, discoveries, and reflections each evening. The famous travel journal that grounds the daily experience in reality.
When I discovered the app "Polarstep," which was initially just meant to keep my loved ones updated and reassured, inform them of my progress, and maintain a connection, I found an opportunity to do it a little differently than usual.
No retrospective notes polished up after returning, but spontaneous writing—recounting everything that crossed my mind during the day and publishing it immediately. A journey lived in real time.
This text is the exact transcription of my daily writings. Rereading them, I didn’t change a thing—just corrected a few mistakes and tweaked some awkward phrasing here and there. Short texts, fitting the format imposed by this kind of app. Writing as if addressing others.
Now, all that was left was to walk.
April 18, 2026 – Vézelay.
Here’s our account of our trip to Malaysia from September 11th to 27th.
I hope our tips can help others as much as this forum has helped us!
Day 0:
Departure from Nantes with a transfer in Amsterdam via KLM (720 €).
Day 1:
We arrive at KLIA1 in the early afternoon.
First challenge: figuring out where to pick up our luggage. Turns out the answer is right under our noses—we need to take the airport’s internal metro!
Once we’ve got our bags, we withdraw some cash from a Maybank ATM right there.
Next up: SIM card! Just outside the arrivals hall, several kiosks offer them. We go for a Celcom 5 GB card (70 RM).
Then it’s taxi time to get to KL, in the Bukit Bintang area—about 85 RM in a slightly old taxi with weak air conditioning.
We check into our Airbnb apartment, which is clean, more spacious than a hotel room, and—best of all—has a charming balcony with a gorgeous nighttime view!
We end up hanging out on that balcony, reviewing our plans for the next day. After dark, we take the monorail just a short walk away to enjoy our first evening on a rooftop at the 34th floor: Hélipad (Raja Chulan station—you have to enter the Menara Tower at the base of the station) with a panoramic view of the city and its iconic towers.
Finally, we head to Jalan Alor to grab a bite in this super busy street.
Big sleep ahead! 😴
After the summer of 2022 left me with a sense of unfinished business, here I am back in Swedish Lapland for the summer of 2024, ready to attempt the Sarek crossing again—and this time, tackle part of the Kungsleden too.
After much hesitation, my companion Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which, from what we’ve read, is stunning but very crowded (and it really is!!), and finish with the wilder option: SAREK! This park is known as Europe’s last wild space—I think it’s incredibly inspiring!!
The downside of this choice is that there are no resupply options in Sarek, and the Kungsleden isn’t exactly set up for long treks either, so we’ll have to carry a lot of food for the first part with Sarek in mind.
But hey, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (classic), head to Vakkotavare (also classic, but with some variations to avoid the official route and the crowds), then continue the Kungsleden from Saltoluokta. Before Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad).
At least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the jaw-dropping view of Rappaladen if we have to abandon the Sarek crossing.
That adds up to 17 days of trekking, including 1 rest day + 1 buffer day for weather delays.
So if you’re interested, I invite you to follow our overstuffed backpacks!
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure
Some info (guides used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta)
08/04 – 5km before Abiskojaure - on the east shore of Lake Alisjavri
08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja
08/06 – Just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo
08/07 - Salka – just past Singi + side trip to Djalson Lake
08/08 - Singi – Teusajaure
08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden)
08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure
08/11 – Saltoluokta – Sitojaure
08/12 - Sitojaure - Skierfe - So, Sarek or no Sarek?
08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
08/14 – Somewhere above Rapadalen – above the Skarki hut
Coming up:
08/15 – Above the Skarki hut - Skarja
After a pretty disastrous weather-wise trip to Gran Canaria, we’re hoping this time the sun will shine in Puglia.
It’s not a sure thing, though—the weather’s been awful all over Europe in early May.
For those who’d like to (re)read the story without the digressions, it’s here.
Saturday, May 16:
This time we’re flying out of Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight times, and proximity all worked for us.
The airport (Ryanair) was recently renovated... but it’s still not very well organized. There are hardly any seats in the boarding areas, and... the restrooms cost money!!!
The flight goes smoothly, though, and we land in Bari a little late.
We quickly pick up our rental car, a very local-looking Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian roads... and their unique driving quirks (like the fact that the countless road signs along the streets and in towns are purely decorative 😏, and that Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli.
The owner isn’t there, but they’ve left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch.
We explore the property:
And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:
Sunday, May 17:
After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start inland.
After a hearty breakfast,
we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs.
We easily find a free parking spot on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.
We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).
From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.
Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Here’s a little story about my first trip to Japan with my partner.
We went for our first visit from October 29 to November 13, 2024.
I had planned this entire trip back in November 2020, but given the health situation at the time, I had to cancel...
Here’s the classic route we took:
We booked everything ourselves and got a regional pass for the area from Kyoto to Hiroshima.
The hotels were reserved 3 months in advance on Book... and Agod... (1030 € for 2 people for 13 nights = 80 €/night).
For the flight, we chose a Qatar Airways flight with a layover to break up the long journey (950 € per person).
We also got a pass on the same site (Japan-Experience) to take the train connecting Narita Airport to Shibuya Station (the N'EX Narita Express).
Since the airport is 75 km from central Tokyo, we opted for this mode of transport, even though there are cheaper alternatives.
After reading various posts on VoyageForum, I understood how important it was to have a Welcome Suica card to pay for public transport (subway, tram, bus, boat throughout the country), and we were able to buy one at Narita Airport.
It turned out to be super useful!
After a long but smooth journey, we found ourselves at Narita Airport in the evening.
Even though we had a pass for the Narita Express, we had to go to a counter to make a reservation for the train (mandatory).
Then, once we arrived at Shibuya Station, we took the subway for 2 stops and finally reached our hotel, exhausted (Hotel Asia Center of Japan – 270 € for 3 nights with breakfast included).
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
We went to Albania in August 2025.
Our itinerary included adventure (sporty activities, site visits), naps on the beach interspersed with swims, incredible natural sites, and a bit of culture.
I booked all our accommodations on Booking.com. Note: almost all places ask to be paid in cash!! You can obviously withdraw from banks, but the fees are pretty high. Luckily, we had plenty of cash, and the country is very safe. You can pay in euros most of the time, which avoids exchange fees.
We started in Tirana. I’d read a really interesting post about Albania’s bunkers (link in my profile). We chose to visit Bunk’Art with a guide from the agency that wrote the post. It was fascinating—not only to better understand the country’s history but also because her grandfather was repressed by the regime, and she shared her family’s experience with us.
Bunkers are everywhere! In Tirana, Bunk’Art is the most interesting and largest. You’ll see the dictator Enver Hoxha’s office, where he would’ve taken refuge in case of an attack on the country. Bring a sweater—it’s really cold in the underground tunnels and their huge corridors.
You can visit other bunkers around the country, in Tirana and elsewhere. Almost all are just abandoned.
The cable car up Mount Dajti is right next to Bunk’Art. The view is stunning—you realize Tirana is so close to the mountains and the sea... But otherwise, it’s not that exciting for older teens (17 and 19) and their parents.
We picked up a rental car in Tirana—it’d be ours for the next three weeks. We used Goalbania’s agency to avoid any hassles. First, there aren’t many cars available in Albania in summer. Second, French credit cards can be a nightmare abroad. So we preferred to sort that out in advance.
After Tirana, we headed to Permet. Just a heads-up: the roads are in great condition except in the mountains. And Albanian drivers aren’t stressful to deal with. Though you might suddenly encounter a herd of goats crossing the road—haha—but if you’re not going too fast, it’s fine.
In Permet, I’d been dreaming of rafting on the Vjosa, one of Europe’s last wild rivers. And we did it with a local agency! It’s beautiful, accessible to everyone, not too physical but still a bit lively—just how we like it. You can even jump into the river in some spots.
In Permet, we also hiked through a canyon and visited a lovely little church.
And we took a workshop to make their local culinary pride: gliko. It’s a jam with whole fruits inside. We’d seen it on Goalbania’s site, and it was really fun. We were with a family where the secret to making gliko has been passed down for generations...
Next, we headed to Gjirokastër. A city we loved: its old traditional houses (Skendulli and Zekate), its grand castle, the Ali Pasha Bridge. Along the way, we stopped for artisanal ice cream at a little shop run by a grandmother who’s been making it herself for ages.
One afternoon, my husband *had* to go to the coast in the south, to Ksamil (he’d read it was better than Sarandë). Verdict: we didn’t like it. Parking is a nightmare, the beaches are super noisy and crowded. The sea is packed with jet skis, boats, pedalos, and ropes. Avoid it.
On the other hand, we really liked Himarë, where we went next. We stayed at a campsite where we rented tents with mattresses and sheets inside. Right by the sea, on a low cliff (about 2 meters high). You can hear the waves at night... Magical!! To swim, you either jump straight into the sea (almost from the tent) or climb down a ladder, which you’ll need to climb back up to get out.
I was a little worried the campsite wouldn’t be very comfortable, so afterward, I’d booked a small place in Gjilek. Turns out, the place was really tiny (one room for four, no kitchen) and pretty expensive (over 100 € a night). We’d drive to the beach or restaurants—it’s on a steep slope, so not very accessible. Parking near the sea is tricky. But the (private) beaches were nice—we’d rent an umbrella not too close to the music and spend the day there. We also went to a wilder beach, harder to reach, via a long path. Behind the beach, there’s an amazing canyon where we’d sometimes climb using ropes (already in place, no need to bring your own) over big boulders rolled around by the stream, which must swell a lot in spring.
So, the sea in Albania: it’s nice if you like swimming and relaxing, but it’s not the most interesting part of the country. There are so many other amazing things to see and discover—so many stunning sites! Maybe an agency could’ve helped us find more practical accommodations and avoid Ksamil and its surroundings.
We left the coast to head to the beautiful city of Berat and its "thousand windows." We explored the city, its fortress, and its icon museum.
Then we discovered the Osum Canyon—it’s incredible. The view from the top is breathtaking. And at the bottom, it’s magical. There’s little water in summer, so rafting isn’t an option. We weren’t tempted by the big-tube descent offered by an agency—it looked fun, but the group had 40 people. We preferred hiking on our own as a family of four. We scouted the area on Google Maps... and found where to descend. We walked in the water, then it rose to our waists, then our shoulders... We weren’t moving fast. And how to get back up?? Eventually, we followed a group with a guide—the path was hard to find.
After that unforgettable hike, we visited the Bogovë Waterfalls. It’s pretty, and we swam, but the water was *really* cold.
We passed through Tirana again and then headed to Shkodër. We explored a bit—its charming little streets, the Rozafa Fortress. There’s a tiny museum where you can see *huge* Ottoman stone cannonballs. And they tell you the (charming) story of the young woman who was walled alive in the castle’s foundations to ensure its strength...
Shkodër is mostly a stopover to head into the mountains and discover Theth. Our goal: hiking in the Valbona Valley, from Valbona to Theth. We organized the trip ourselves, without an agency, but it took some time to figure everything out. So I’ll save you the trouble—haha. Book your tickets on the Komanilakeferry website. The ticket includes:
🙂 minibus transfer from downtown Shkodër to Koman
🙂 ferry ticket from Koman to Fierze. This ferry ride is *gorgeous*—between mountain slopes covered in pine trees, and sometimes a little house with a few fields...
🙂 minibus ticket from Fierze to Valbona. Now you’re in the mountains! The minibus drops you off near your accommodation—pick one as close as possible to the start of the hike (if that’s your goal!). The ones at the far end of the village add up to 1.5 hours of walking. Our choice: Guesthouse Dioni. The host is really lovely, it’s in the woods, and it’s basic but great.
After a day of hiking, we arrived in Theth. What beautiful mountains! Then we explored Theth and the surrounding area. It’s pretty busy, but you can still enjoy the Blue Eye of Theth and its swim. It’s *so* cold! But so beautiful!
🙂 minibus ticket from Theth back to Shkodër.
After a night in Shkodër, we drove to Kepi i Rodonit. A guidebook (I forget which one) raved about its beauty. And it *is* beautiful!
But the view is ruined by plastic bottles and other trash in the bushes, along the paths, and of course on the beaches. The only peaceful spot: the private beach at Kepi i Rodonit, which is cleaned. You can rent an umbrella and have lunch there. That’s where we spent our last few days—very relaxing.
In short... Albania turned out to be perfect for us and our teens!
I’m diving into a recap of our loop—pretty classic, really—Denver-Yellowstone-Denver this past summer, from July 24 to August 17. Given the sheer number of trip reports already out there (or in the works), and since I don’t have the writing chops or the photography skills of many of you, I’ll keep it practical—well, I’ll try, at least—to share our take on some of the less-visited parks and spots.
First off, a huge thank you to everyone whose trip reports, blogs, websites, comments, and more helped us put together this itinerary. Looking back, it could’ve been even better optimized: a few disappointments when we missed out on some great discoveries, often because we were short on time. Plenty of reasons to come back to the area!
We’re traveling with our four (almost) teens—18, 16, 14, and nearly 12 years old. To keep the trip enjoyable for everyone, we had to make compromises on both sides: cutting a visit short to spend more time swimming, waking up at dawn, and so on. But logistics also played a big role—things like laundry, grocery shopping, and keeping luggage organized could’ve quickly become time-consuming without a little planning.
And honestly, I think we visited every Walmart along the way! Blame it on the lack of fridges in some accommodations and, more importantly, the *very* limited space in the car, which made it impossible to bring a proper cooler. I’ll come back to the car saga later.
For accommodations, this year we alternated between basic cabins in KOA campgrounds and Yellowstone (when staying more than one night in the same place) and hotels. Always with a pool (except in Yellowstone, of course), which let the kids burn off energy—because they always have reserves, even after packed days!—and, let’s be honest, gave us a chance to relax. No Wi-Fi issues either; we all had plans with 25 GB of data (a big thanks to Gilles for the amazing deal at 0.99 €). It worked perfectly, even for texts and calls between phones—no extra charges.
Now, onto our route: as I mentioned, a classic Denver-Yellowstone-Denver loop. To avoid rushing through the parks or spending all our time on the road, we prioritized staying as close to them as possible, with at least two nights in each place. And I’ve got to say, it’s really nice to settle in, even if it’s just for two nights. It also helped us deal with the weather, which wasn’t always great during this trip. The trade-off? With vacation time being limited, some driving days ended up being long. We knew that going in, but since we kept a relaxed pace with no time constraints (don’t ask me for timings—I don’t keep track of the clock on vacation, except in the morning to get everyone up before noon!), we sometimes ended up with marathon days.
With that said, I’ll dive into the trip itself in the next post.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
Hello,
Since I enjoy not only the countryside but also everything related to rail travel, I’m starting this photo thread dedicated to trains in Thailand (I’d guess most of us have taken one at some point...).
Feel free to post your pictures here as long as they fit the theme: rolling stock**, stations**, platforms, tracks (even without a train on them), technical equipment, engineering structures (bridges, viaducts), etc.—all in Thailand.
For each photo, I’ll (or you can) note the station or line where it was taken.
Comments and questions are welcome.
As I’ve mentioned elsewhere, I inherited my love of travel from my parents and some of my grandparents. A strong passion, but one that was unfortunately limited by our family’s modest resources. Back then, living in northern Alsace, a simple trip to the southern part of the region—with the Wine Route as our destination—felt like an extraordinary journey to a land of plenty for the little boy I was in the late 60s and early 70s.
Everything seemed so huge when you were still just a kid.
Back then, I was overwhelmed by countless sensations—I was already highly sensitive, with a keen mind and a nose and taste buds that were developing like a pro’s. Which, as I’d later realize, wasn’t always an advantage.
Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior.
Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust...
What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.
Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.
After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold?
And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs.
The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.
Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!
That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos.
When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.
Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.
The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.
Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams.
The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*
Hi there,
Here’s a recap of a trek through the Balkans covering three countries: Albania, Montenegro, and Kosovo. I was with a friend, and we didn’t do the full route (only one day in Kosovo).
It was a wonderful trek through snow-capped mountains and vast flower-filled meadows, meeting incredibly welcoming people.
At the end of the travel journal, I’ll share what I loved and what I liked less.
Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air.
Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.
Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.
The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.
We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.
The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it.
Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead.
We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!
That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉
I’d like to share my family trip to Colombia with kids aged 8. After spending hours browsing the forum and only having two weeks there, we decided to focus on two regions: the Coffee Zone for one week and the Caribbean coast for another. We traveled from August 8 to 23.
Day 1 – First stop: Bogotá
We arrived in Bogotá in the evening on an Air France flight—nothing to complain about, decent service, comfortable, and on time. However, the first night was a miss. We’d booked a hotel near the airport (Abitel Prime) for convenience, but the soundproofing was almost nonexistent; we heard planes as if we were on the runway. Luckily, exhaustion helped us sleep well anyway.
Day 2 – Off to the Coffee Zone and Salento
The next morning, we headed to the airport for a domestic flight to Pereira with LATAM. No issues: punctual and efficient, and in 30 minutes, we landed in Pereira. The landing already set a different mood: lush valleys, endless plantations, and humid air.
We picked up our rental car from Localiza. Unfortunately, the experience wasn’t smooth—the paperwork took forever, and the wait tested our patience. Finally free, we hit the road to Salento, one of Quindío’s gems.
We arrived in the late afternoon and discovered a colorful village bustling with artisan shops and cafés. Our first stroll helped us soak in the atmosphere before dinner at Bambú restaurant—a great surprise with careful cooking and local flavors. We spent the night at Casa Serafín, a charming little hotel, nicely decorated and well-located… but unfortunately very noisy.
Day 3 – The magic of Cocora Valley
This was one of the trip’s highlights. We set off early for Cocora Valley, famous for its giant wax palms, Colombia’s emblem. We chose the 12 km loop recommended by the *Routard*. The landscapes were spectacular: towering palms, rivers, suspension bridges. It felt like walking through a postcard. The weather was perfect.
That evening, we dined at Barnabé restaurant—pleasant setting, decent food, but the bill was a bit steep for what it was. Back to Casa Serafín.
Day 4 – Coffee and panoramic views
The plan was a visit to Finca El Ocaso. For 1.5 hours, we followed a passionate guide who explained the entire coffee process, from harvest to cup. Very educational, accessible for both kids and adults, all in a stunning setting. The tour was in English for us, and we translated for our kids, who aren’t bilingual yet.
In the afternoon, we climbed to Salento’s viewpoint. The valley view was superb. That evening, we ate at Veggie Garden, a simple and pleasant spot that was a nice change from the heavier meals of previous days.
Day 5 – Horseback ride to Santa Rita Waterfall
We booked a horseback ride with Cocora Magic. It was a real success: calm horses, a beautiful trail, mountain and meadow landscapes, and finally the refreshing and wild Santa Rita Waterfall. Without a doubt, one of the best moments of our time in the region. We even got a bonus ride up a 300-meter hill.
We then headed to Filandia, less known than Salento but just as charming. We spent the late afternoon enjoying the pool at MuchoSur Filandia. The hotel is beautiful, in an idyllic setting. However, we also had soundproofing issues and could hear our neighbors.
Day 6 – Rainy detour through Filandia and Manizales
Rain caught up with us in the early morning: torrents of water made it impossible to go out. We stayed at the hotel, reading quietly. By noon, the rain let up: a quick walk in Filandia, a quick lunch, then off to Manizales. We chose to stay at El Otoño hot springs. Great choice: as soon as we arrived, we plunged into the hot pools, perfect after hours on the road.
Day 7 – Hiking and hot springs
In the morning, we hiked the Camino de Super Coco (found somewhat randomly on Google). A pleasant trail with mountain views and a peaceful atmosphere. The afternoon was spent in the hotel’s thermal pools, with a short marked hike down to the river. Dinner on-site at the hot springs’ restaurant. A simple but very relaxing day.
Day 8 – Rain, jacuzzi, and games
We continued to Finca Los Alpes. The rain greeted us again, but this time it turned into an asset: nothing like a steaming jacuzzi with a view of the misty mountains. The kids enjoyed the facilities too: mini-golf, ping-pong, billiards. Dinner and night at the hotel, cozy vibes.
Day 9 – Off to the Caribbean coast
Back to the airport to return the car (still a bit long). Flight to Cartagena with Avianca: punctual and comfortable. Upon arrival, we picked up another car and headed straight to the Hyatt Regency, a modern hotel with a pool. That evening, we dined at the hotel—practical after a travel day.
Day 10 – Colonial Cartagena
We set off to explore Cartagena’s old town. It was enchanting: colorful facades, flowered balconies, colonial charm—just magical. However, the heat was stifling and very humid. Afternoon relaxation by the pool. Dinner at Gestlani, a good restaurant in town.
Day 11 – Road to Barú
A hearty breakfast, then one last swim in the pool before heading to Barú. We checked into Las Islas Hotel. The setting was enchanting: wooden cabins nestled in the vegetation, a private beach, turquoise sea, impeccable service. Dinner at the hotel’s restaurant.
Day 12 – Beach and relaxation
A full beach day in Barú. Warm water, white sand, coconut trees, peace and quiet. A real postcard scene with iguanas and birds.
Day 13 – On to Santa Marta
Another morning at the beach before hitting the road to Santa Marta. The drive was a bit long (6 hours), especially with traffic jams in Barranquilla. It was the longest car ride of the trip. We spent the night at Villa María Tayrona, a beautiful place near the park.
Day 14 – Tayrona Park
We left early for Tayrona Park. We entered through **El Zaino**, parked the car, and set off on a hike to La Piscina (about 2 hours). We stopped along the way at Playa Arenilla, a stunning little beach, to rest. Lunch on-site, a swim, then back by 4 PM. The hike was a bit tiring, but the nature was spectacular: dense jungle, the sound of waves, and even a monkey encounter along the way. Evening and dinner at the hotel.
Day 15 – Last swim and return flight to Bogotá
Our last morning was split between the pool and the beach (the hotel has direct access via a 7-minute trail through vegetation and flowers)—hard to leave this paradise. We drove to Santa Marta’s airport to return the car, then flew back to Bogotá. We spent the night at Casa Dann Carlton, a comfortable hotel. We simply ordered room service, arriving too late to go out.
Day 16 – Bogotá and the end of the trip
Our last day in Colombia. After a good breakfast, we explored La Candelaria. Its cobbled streets and colorful houses were worth the visit. We visited the Botero Museum (free) and the Gold Museum, both fascinating. Back to the airport for our 11:55 PM Air France flight.
That’s a wrap on a varied trip—lush mountains, colorful villages, dream beaches, and tropical jungle.
The pace was pretty relaxed, well-suited for our kids. They absolutely loved the trip to Colombia.
Driving in Colombia was very easy, and we didn’t regret renting a car at all—it gave us more freedom to get around.
If I were to do it again, here’s what I’d change:
- I’d spend less time in the Coffee Zone to stay a bit longer on the Caribbean coast, which was more relaxing for the kids. Or I’d head to Medellín, but I didn’t think the city was very kid-friendly.
- Bogotá is a city that deserves a day’s visit, but it’s not a must-see. Maybe I’d have taken the KLM flight from Cartagena to Amsterdam instead.
Since I didn’t have time to write a proper travel journal, I thought I’d share a few photos of Bologna—a really lovely city I discovered in 2017 while stopping on my way to Tuscany.
Around Piazza Maggiore, which was packed with a stage and chairs for a show, stands the Basilica of San Petronio, massive and Gothic in style, with an unfinished façade (a common sight in Italy).
Another building near the square:
But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.
Okay, it wasn’t a total disaster either. Actually, I hesitated before starting this travel journal: is it even worth writing about a holiday that won’t leave an unforgettable memory?
In the end, I went for it (there aren’t many recent travel journals about this destination).
So, read on... or don’t .
Every time we’ve been to the Canary Islands, it’s been by default (basically: where can we go in winter or early spring when we only have a week—so not too far, not too much jet lag, but with decent weather?).
This time, we had two weeks, but the winter plan kept changing: first Thailand (dropped for personal reasons), then Martinique (dropped because of work leave dates that weren’t up to me), and finally, the Canary Islands.
We’ve already been to Tenerife (which we really liked) and Lanzarote (which we liked a little less).
This year, two options: Gran Canaria or one of the smaller islands west of Tenerife (La Palma, or even La Gomera or El Hierro).
We chose Gran Canaria... not sure it was the right call!
Whose fault is it?
Storm Thérèse’s!
Yes, Storm Thérèse followed us on arrival, and its effects lasted quite a while. We had to adapt, cancel visits, change activities...
But even without Thérèse...
Saturday 21/03
Departure from Orly at 6:10 AM with Transavia.
The plane took off on time and landed a little early, tossed around by strong winds before touching down.
It had just rained, but it was (almost) no longer raining.
We quickly picked up our luggage and then the car at the Cicar counter.
We got a Seat Arona instead of the Corsa we’d booked. Well, while the driving position didn’t feel great at first (I got used to it), the engine’s smoothness and power were much appreciated on the island’s winding and sometimes steep roads.
It was only 10 AM, and we couldn’t theoretically check into our accommodation until 3 PM (the owner promised to message me if it was ready earlier).
So, we headed to the (big) *Jardín Botánico Viera y Clavijo*, where we planned to spend a few hours.
We found a huge parking lot... empty.
The passenger in the car in front of us (yes, we weren’t the only ones at the closed gate—there was a car in front and one behind) went to ask for info: it was closed due to the storm 😕.
So, we calmly headed toward Puerto de las Nieves, on the northwest coast of the island.
The plan: go to a restaurant, visit the village, and do some shopping while waiting for early afternoon.
As soon as we got out of the car, it started raining... we took shelter under the awning of a shop, waiting for it to pass. But the rain turned into a downpour, and within minutes, awning or not, Gore-Tex or not, we were soaked!
Since we were already wet, we might as well go to the restaurant—they weren’t far! But here’s the thing: contrary to what Google Maps said, they all opened at 1 PM, not noon!
Back to the car, wading through 5 cm of water because all the village streets were flooded .
The rain let up, we did some shopping, went to eat, and I got a message from the owner saying the accommodation was ready 🙂.
So, off we went to La Suerte, a few kilometers north of Agaete.
The downside of the place, especially with luggage, is that you have to climb several flights of stairs via an outdoor staircase (after parking more or less far away on a steep street) to get there 😛).
Of course, on the way from the car to the apartment, it started pouring again—the bags got soaked!
Enough rain for today! We settled in quietly, and by late afternoon, we could (finally!) go admire the view from the terrace.
Trip Planning
My partner and I are heading to the Canary Islands for a week at the end of September, specifically to Lanzarote. We chose this island over the more crowded ones for its volcanic landscape and the variety of hikes it offers.
I booked everything through Expedia: our hotel stay, car rental, and Ryanair flight tickets departing from Marseille. It was the only way to get a direct flight. To make getting around easier during our stay, I picked a hotel located in the center of the island from the wide selection available. It’s part of the Barceló chain, specifically the "Barceló Teguise Beach Adults Only" in Teguise Beach, which turned out to be an excellent choice.
The Trip
Sunday, September 21 - Monday, September 22
Departure
It’s 2:15 PM, and we’re at the Avignon TGV station. Danielle picked us up earlier due to the weather—thunderstorms and heavy rain all the way to the station. The TGV was on time, and it only took 30 minutes to reach Marseille Saint-Charles. The shuttle to the airport is quick and convenient, right behind the station.
The bus leaves for the airport in the middle of the storm, with flooded roads and cars stuck in some spots.
We get soaked making our way to the terminal. Two hours to wait before the flight. The plane finally takes off at midnight, but just before landing, the pilot announces that the destination airport is closed, and we’re being diverted to Tenerife. Ryanair will re-route us as soon as possible.
We end up waiting 2 hours, and Ryanair kindly gives us a 4 € voucher.
We re-board around 5:15 AM and take off at 6:00 AM. About 45 minutes to reach Lanzarote. After collecting our luggage, we head to the car rental desk. The counter in the terminal is closed, and we’re directed to parking lot P4—it takes us a while to find it.
I’m a bit worried about the rental company’s reaction since the car was supposed to be picked up 7 hours earlier, but it’s not a problem. A woman next to us is furious because she’s in the same situation, and her rental was canceled. Anne-Marie translates for her, but nothing changes.
We pick up a brand-new Toyota Aigo and head to the hotel.
After checking in, we cross the garden, walking alongside the large pool to reach our room.
A lovely first-floor room with a jacuzzi and a sea view.
It’s early, so we head to breakfast—a generously stocked and varied buffet with everything you could want.
Afterward, we drive to Cueva de los Verdes, but it’s packed with people and a long wait. We decide to come back another day.
Next, we visit Mirador Del Rio. This rocky viewpoint at the edge of the island has breathtaking cliffs plunging 500 meters into the ocean. The view is stunning and impressive.
A panoramic bar lets you cool off while enjoying the scenery.
We return to the hotel for a short walk around the neighborhood and enjoy the beautiful pool with its pleasant water temperature. Relaxing by the pool, sun loungers, and all.
In the evening, a very varied buffet at the restaurant. Then early to bed to recover from the sleepless night before.
Tuesday, September 23
After a restful night, we enjoy another varied and hearty breakfast. The terrace seating is very pleasant. We take an inland road leading to Timanfaya National Park.
The road near the park runs alongside vineyards where the vines are surrounded by lava stone walls to protect them from the prevailing winds.
Our first stop is at the visitor center, where the island’s volcanic activity is well-documented. Next, we stop at an area where you can take a short camel ride—two seats are installed on either side of the camel’s hump. This little ride offers a great view of the volcanic landscape from a higher vantage point. A fair price of 11 € per seat for a 20-minute ride.
We then head to the park entrance via the road leading to the parking lot, where only authorized buses can take the winding route inside the park.
It’s crowded, and we wait about 45 minutes with several stops before reaching the parking lot.
We board the bus, and the route offers beautiful views of this volcanic area and its many craters. The journey is very interesting, with several stops for photos.
At the parking lot, a guide shows us how the heat from the rocks beneath the surface can ignite dry vegetation. Water poured into holes in the ground immediately creates geysers and jets of steam.
The building next to the parking lot has a restaurant where meat is cooked using the heat from a well dug into the volcanic rock.
On our way back, we drive to Playa Blanca, a seaside town with a small sandy beach.
Back at the hotel in the late afternoon for dinner.
Wednesday, September 24
We wake up early and have a quick breakfast—few people are around at this hour. Two days ago, we booked a 10:00 AM visit to Los Verdes, lava tunnels created by eruptions and lava flows from the La Corona volcano, which extended all the way to the coast.
When the lava came into contact with the air, it solidified on the surface while continuing to flow underneath. The lava tunnels stretch for 8 kilometers to the volcano, but we only walk one kilometer.
The inside of the tunnel is impressive, with narrow passages and larger chambers.
You can see traces left by the flowing liquid lava—varied colors and twisted shapes.
At the end of the path, a large chamber has been turned into a concert hall with perfect acoustics.
Next, we visit Jameo Del Agua.
This is a continuation of the lava tunnel, developed by Manrique.
There are beautifully designed bar and restaurant areas, as well as an underground lake where you can see small blind white crabs—a protected species in this very pure water.
Higher up, there’s a lovely space with a central pool that could double as a swimming area, surrounded by beautifully designed white pathways that contrast with the blue water.
Further on, you reach a large space inside the lava tunnel, set up as a performance hall with perfect acoustics.
Stairs let you view this beautiful space from above. A gap in the lava landscape reveals the ocean on the horizon.
We head back toward the village of Yé, at the foot of the La Corona volcano.
A 160-meter walk from the church, a path crosses vineyard plots and then climbs to the top of the volcano’s crater in about 30 minutes. It’s the island’s highest volcano.
When you reach the edge of the crater, you see how deep it is, with steep slopes inside forming a large circular opening. The place is breathtaking and awe-inspiring.
We drive back to the hotel via a road that climbs quickly, offering a beautiful view of the island’s northern part.
Thursday, September 25
After another enjoyable and varied breakfast, we head to the center of the island toward the volcano park and stop at a roadside parking lot where a path leads to the Montana Cuervo volcano.
This is a crater that opened on one side. During an eruption, an explosion created a breach in the crater.
Huge blocks of rock were thrown dozens of meters away. The path goes through the breach and descends into the crater, allowing you to walk around it. It’s impressive, and you really feel small and fragile in this environment.
The crater walls, with their different colors, highlight the rock formations. The crater is surrounded by a sea of lava with sharp, jagged rocks.
You can walk around the outside of the crater, but it’s not very interesting. We then head to the west coast, stopping at a spot with a small green lake next to a beautiful black sand beach.
Next, we stop at Salinas de Janubio, a lovely viewpoint overlooking the salt marshes with different water colors. A small shop sells various local products.
We then head to the famous Papagayo beach.
The road ends at a booth where they charge 3 € to continue.
From here, the land is private, and you have to pay to drive down a 3-kilometer rocky dirt road.
Quite a few cars are driving along it, kicking up clouds of dust. The car gets a dusty makeover.
We arrive at a large parking area, with several paths leading to different small beaches.
We go to Papagayo, a small blonde sand beach surrounded by red rocks.
The beach slopes gently into the water, which is a pleasant temperature. The setting is charming and peaceful.
We stay for a while before heading back to the hotel.
Friday, September 26
We start with a visit to the César Manrique Foundation in Tahiche. This was originally one of his homes. The modern construction spans several levels and is integrated into the lava flow, using the gaps to create living spaces. Large windows make the rooms bright and open to the scenery. The place is pleasant, with flower-filled gardens outside. It’s well worth a visit.
Next, we drive to Las Grietas, where a path leads to a narrow crack in the volcanic rock, forming a tight passage where only one person can walk at a time.
The passage isn’t very long, but progress is slow due to the endless selfies being taken here.
We then stop at Casa Del Camposino, a renovated farm that houses several artisan shops.
We taste a local wine recommended by a charming woman and buy two bottles of Lanzarote red wine on her advice.
Now, we head to Tamara beach, a beautiful and wide beach at the foot of high cliffs. There are always great waves here, making it a surfer’s paradise.
On the way back to the hotel, we stop at the cactus garden, César Manrique’s final creation. Designed with a great sense of aesthetics around an old windmill, it features 4,500 varieties of cacti in various shapes, all in a beautiful setting.
We return to the hotel in the late afternoon for the evening.
Saturday, September 27
After another hearty breakfast, we head north to Haria. We stumble upon another of César Manrique’s homes, where he lived for a long time. This house is more traditional than the previous one but still has large, modern, and very pleasant rooms. At the back of the garden is his large studio, where he created his works.
Next, we visit the craft market—this was our original plan. Various stalls offer local items, and it’s very crowded. No room at the café terraces to sit down.
We then return to Famara beach for a long stay. There are always great waves here, much to the surfers’ delight. The water temperature is pleasant, and we enjoy it.
On the way back to the hotel, we stop at a gas station to refill the car, which has been very fuel-efficient. Gas is also much cheaper here than in France—1.16 € per liter of SP95.
We also wash the car, which was very dusty after the long dirt road to Papagayo beach.
At the hotel, we enjoy a farewell cocktail before dinner.
Sunday, September 28
We spend the morning by the hotel pool before checking out at noon. For lunch, we go to a restaurant called "Dona Lola," near the hotel, with a terrace offering a view of the coast. We order tuna carpaccio, which is delicious.
We then head to the airport, just 15 minutes away.
We return the rental car and go to the airport.
A long line to check in our luggage.
The return flight is on time.
A shuttle bus takes us to Saint-Charles station.
We then head to our overnight rental. The boulevard slopes down, making it easier with the suitcases.
The rental is between the old port and the train station.
Once there, we pick up the keys and make one last effort to carry the luggage up to the third floor.
The studio is nice, clean, and simply equipped—perfect for one night.
I’m a newbie to this forum, passionate about wildlife, the landscapes of East Africa, and Tanzania in particular.
This June 2024 trip/safari is our 7th visit to Tanzania and our 5th in the south, which has drawn us more than the north ever since we discovered it in 2015.
In 2024, the entrance fees for the reserves and services have gone up again since our last visit.
I chose to return first to Mikumi Reserve, which was the very first one we visited in the south. Then, we’ll head to Selous (J. Nyerere N. P.) as usual.
Initially, we wanted to spend 2/3 days on Mafia Island at the end of the trip, but it made the total cost too high, so we gave up...
We usually go to Ruaha and Selous, but I wanted to mix it up a bit—also to save some money...
As for the timing, June is a new experience for us. I thought it might be interesting to come just after the lodges reopen... hoping for some great wildlife encounters??
The trip starts in Marseille with our first flight on Ethiopian Airlines to Addis Ababa, then continues to Dar es Salaam, where we’ll finally set foot on Tanzanian soil again.
In Addis... "our" A-350.
.....
After arriving in Dar, we spent one night at a hotel near the airport. The next morning, we headed to the domestic flights terminal, which hasn’t changed in years.
By mid-morning, we boarded a Cessna 208B Caravan with Safari Air Link, heading to the Kikoboga bush airstrip in Mikumi, which we reached 45 minutes later.
Fun fact: the pilot was the same one as on our return flight two years ago.
Welcome on board:
Of course, a driver/guide team from our chosen lodge was waiting for us upon arrival:
I was surprised to see so many aircraft parked there... even twin-engine Embraer Brasilias??
As a fan of vintage planes, I loved it...
On the other hand, the light was incredibly harsh.....!!
Our guides only speak English. We knew that in advance. In the south, it’s very rare to find someone who speaks French. This’ll force us to dig into our high school English memories... from 60 years ago... at least.
It’s noon, and we head toward the lodge.
Near the airstrip, next to the Mikumi rangers’ base, there are quite a few herbivores. They find a bit more peace here—the big cats don’t venture this way...
Our first encounter was a group of Masai giraffes.
Rarer (for us), a savanna monitor lizard basking in the sun right in the middle of the track...??
A large gathering of impalas (mostly males) along with a few blue wildebeest:
Also unusual: a African crowned hornbill taking a dust bath in the middle of the track...!!
When it comes to identifying mammals or birds, I don’t know everything... so I might make mistakes. Please forgive me.
I’m counting on my friend Blesl’s active participation... 😉
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected.
Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel.
I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability.
So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog:
From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
Just back from two weeks in Andalusia, and I wanted to share this experience with you—maybe it’ll help with planning a trip. I’ll start with a quick recap in this post and try to add photos and day-by-day details later (still sorting through them). Hope I don’t bore you too much! 😎
Trip details:
April 20 to May 4, 2019:
7 days on the Costa de la Luz (El Puerto de Santa María) in an Airbnb,
4 days at the junction of the Costa del Sol and Costa Tropical (Salobreña) in an Airbnb,
3 days at Cabo de Gata for some rest at a campsite in Los Escullos.
Two families of four, each with our own car: three 9-year-old boys and a 6-year-old girl. One family was more into city exploration (not us, but we’re working on it), and the other preferred relaxation and nature (that’s us). We speak a little Spanish.
Over 5,000 km, including 2,500 km for the round trip from Carcassonne.
The weather: Variable, but we expected better for this region in late April. The first week on the Costa de la Luz was sometimes chilly (< 20°C), and the second week was warmer but not excessive (< 25°C). At least we didn’t get much rain!
Our budget: Around 2600 € per family:
700 € for accommodations, about 50 € per night,
1000 € for meals and restaurants. We usually spent around 50 € per family at restaurants—we ate out for lunch (except for 2–3 picnics) and cooked at home in the evenings, trying to be back by 6 PM.
600 € for activities: Río Tinto, a flamenco show, visits to the Alhambra, Giralda, and Alcázar, Oasis Park with meals, and a kayaking trip.
300 € for gas and tolls.
Preparation: A few months ahead with bookings for accommodations and tickets for the Alhambra, Giralda, and Alcázar. We used a few travel guides—I like the *Évasion* guide for initial planning. *Géoguide* was okay, but our friends’ *Routard* was the most useful. We also spent three months brushing up on Spanish with Mosalingua (a great spaced-repetition method, max 10 minutes a day). Downloaded Maps.me and the Andalusia map in advance—essential. And we used Tricount to track shared expenses with friends—super handy.
What we did/saw:
3 city visits (Seville, Granada, and Cádiz) + Málaga for our friends (we vetoed Córdoba—too many cities for us).
4 white villages (Vejer de la Frontera, Arcos de la Frontera, Grazalema, Ronda) + Tarifa for our friends.
Beaches (Tarifa and Bolonia, Matalascañas, Nerja, Cabo de Gata).
Nature and fun moments: Doñana National Park, a kayaking trip along the rocky coast near Nerja, and the Wild West/animal park in the Tabernas Desert.
A little culture: Río Tinto mines, the archaeological site of Itálica, Columbus’s caravels, Nerja Cave for us, and the Picasso Museum in Málaga for our friends. Plus, seeing the ham-drying process in the Alpujarras (for our friends).
Our highlights
Nerja and the surrounding villages: The rocky coast was amazing, and we loved the kayaking trip, even if the water was freezing for snorkeling. The beaches are sheltered from the wind, the town is charming, and the cave is incredible.
El Rocío and Doñana National Park. El Rocío has a timeless, almost Wild West vibe—we could’ve stayed a day or two. The quiet and pine scents reminded us of the Landes region.
What we didn’t love as much:
Río Tinto mines: Not super exciting, and the guides’ nonstop chatter kind of ruined the "nature" experience.
Our little regrets (for next time):
Forgetting our passports and missing a day trip to Tangier from Tarifa.
Not having an extra day around Nerja to go snowboarding in the Sierra Nevada—just 1.5 hours away (the kayak guide suggested it).
Not spending at least one night in El Rocío to explore Doñana National Park at dawn.
Antequera with the Guadalhorce reservoir and the Caminito del Rey (but it would’ve meant 2 more hours of driving, and we didn’t have the energy).
My general impressions of Andalusia and Spain
Landscapes: A feeling of extreme concentration of a single activity in some areas—endless olive groves, wind farms on the Costa de la Luz (which I thought were well-integrated), rows of buildings along the Costa del Sol (yikes, glad we didn’t stop there), greenhouses around Almería (a shame to have frozen the coast for so many kilometers), and the massive industrial port of Huelva.
What surprised us compared to France was the lack of small hamlets—villages are clearly defined, and people cluster there, leaving vast landscapes without human presence. In France, you find houses scattered everywhere.
Roads: Relatively few tolls. Sure, rest areas aren’t as nice as in France, but the roads are in good condition, and our wallet was happy. The roads are pretty straight with countless bridges and tunnels—the upside (besides fast travel) is that there aren’t many secondary roads disrupting the scenery.
Tourism and activities: A huge variety and richness. Feels like everyone can find something they like, and 15 days barely scratched the surface. It’s amazing how quickly you go from the coast to snow-capped peaks (Sierra Nevada) or from farmland to desert (Tabernas). And the mix of European and Arabic architecture in the same city is really special.
One small regret: Not interacting more with locals. We didn’t luck out with our Airbnbs. But shopkeepers were great—very patient with my broken Spanish! :-)
Overall, I think our choice to stay on the Costa de la Luz and then near Nerja worked well. We could explore pretty easily (even if we logged a lot of kilometers), and the settings were fantastic. The 3 days of total relaxation at Cabo de Gata were perfect.
If you prefer shorter stops, you could try staying in El Rocío (easy access to Seville and great for an early visit to Doñana National Park) or maybe Grazalema for a hike in the mountains (weather-dependent). And of course, Tarifa for a day trip to Tangier or Gibraltar.