Ils ne sont que trois, un homme et deux femmes. Lui avance, chemise pas fraiche, la machoire serrée : « c'est vous qui nous emmenez alors prenez les valises » Il fait un signe aux deux femmes.
Elles se trainent, épaules découvertes et pantalons courts. J'ai honte de marcher devant eux. J'évite de regarder mes amis rickshaws et taxis qui se poussent du coude.
L'homme monte à mes cotés, les femmes à l'arrière. Dans mon rétroviseur, je vois le maquillage des lèvres qui coule et leur odeur est forte. Mais je démarre et l'air brulant pénètre dans la voiture noyant la lourdeur de leur respiration.
L'homme me demande si je vis à l'ashram. Je lui dis que non. Il ne sait évidemment pas que nous travaillons tous pour l'ashram mais que nous ne sommes pas autorisés à vivre à l'intérieur. Il me dit que pour les femmes c'est la première visite au Maitre.
Tous ces occidentaux qui viennent adorer, en aveugle, un homme ordinaire qui n'a eu que le charme d'avoir été beau à 30 ans lorsqu'une anglaise traversait son village. Maintenant, ils sont beaucoup, de tous les pays, achetant des terrains, construisant des maisons et des écoles dans lesquelles nous ne pouvons que les servir. Le Maitre est vieux et malade. Son urine est analysée tous les matins et distribuée aux plus chanceux....Sa femme tient les comptes....Son fils attend la suite.....
Vous aussi ? alors à suivre








