15h10. Il fait beaucoup trop chaud pour un petit occidental comme moi habitué à la clim et à la machine à boisson du premier. Mais je suis venu en Inde pour en baver, pour contempler droit dans les yeux l’extrême pauvreté, les situations désespérées, voir même (tant que j’y suis, autant en profiter) la mort.
Je traîne depuis une heure déjà dans les petites ruelles de Dwarka, pratiquement toutes désertes à cette heure-ci. En fait, à part un drôle de hippie tout barbu qui je viens de croiser, je dois être le seul individu à déambuler dans cette ville.
OK, j’ai bien mérité une petite pause. Je m’appuie contre le premier pan de mur venu et goulotte quelques décilitres d’une eau déjà tiède (Il faudra vraiment que je m’achète une gourde isotherme : souffrir, oui, mais avec de l’eau fraîche, c’est mieux). Nous sommes sur les ghats, face à l’océan, la lumière est magnifique, tout a l’air paisible.
Paisible ? Pas tout à fait. Un attroupement vient de se former à quelques mètres de moi. J’entends tout d’abord de vagues propos à demi étouffés, puis des éclats de voix, des insultes, des cris stridents et maintenant de véritables hurlements !! Branle bas de combat ! Tout le monde sur le pont ! Il s’agit certainement d’un règlement de compte, d’une mutinerie, peut-être même d’une lapidation (ma première !). Accoudé sur mon petit muret (je me croirai au théâtre, c’est génial), je contemple la scène qui se joue, là, juste devant moi : Une indienne est en train d’insulter copieusement son mari. Des promeneurs se sont arrêtés tout autour du couple et suivent la dispute avec un certain intérêt (tout comme moi d’ailleurs, je ne le nie pas). On sent bien que la situation va dégénérer d’un instant à l’autre. Mais en fait pas vraiment. L’homme continue de se faire traiter de tous les noms sans esquisser le moindre petit signe de protestation. Pas un mouvement, pas une parole, rien ! Nous autres spectateurs commençons sérieusement à nous impatienter : S’engueuler comme çà sur ces admirables ghats il faut vraiment avoir rien d’autre à... CLAC ! L’homme vient de gifler sa femme à toute volée ! Quelle puissance ! Et quel bruit ! Nous avons tous sursauté sous l’impact ! Bon d’accord, il aurait peut-être pu parlementer un peu avant mais je dois reconnaître que sa technique est efficace : la fille s’est interrompue ins-tan-ta-né-ment. Et il remet ça ! Mais cette fois-ci, sa femme esquive magistralement dans un petit balancement d’épaules : c’est magnifique ! (J’ai failli applaudir) Les deux protagonistes sont à présent face à face et se jettent des regards incendiaires. Ils ont l’air de se jauger, d’établir une stratégie, d’analyser toutes les alternatives possibles. Nous sommes dans l’œil du cyclone, la suite va être fracassante. Plus personne ne bouge (moi je ne respire même plus, c’est dire). Soudain, l’homme dans un mouvement super rapide, agrippe le bras de sa femme et... les voit-y pas qu’ils se barrent ensemble, bras-dessus bras-dessous comme si de rien n’était ! ! J’y crois pas ! Remboursé ! Quels mauvais acteurs ! Et j’ai même pas eu le temps de prendre de photo ! Je quitte fissa les lieux, frustré comme tout, en maugréant tout bas contre ces couples qui s’exhibent ainsi en public : C’est tout bonnement scandaleux !
Tient, c’est la sortie des classes. Des dizaines de gosses en uniforme bleu, blanc ou beige rentrent chez eux en s’entassant dans des rickshaw, charrettes et scooters en tous genres. Ca piaille un peu partout, ils ont l’air tout content de leur journée et d’avoir appris plein de trucs intéressants (les veinards, moi j’ai rien foutu, je suis fatigué et j’ai encore soif). Je tourne au coin d’une rue et… manque d’écraser une petite fille. Celle-ci, immobile, me regarde bouche bée, les bras ballants, visiblement très surprise de me voir ici. Sourcils froncés, elle à l’air d’être en train de réfléchir à toute allure. Et soudain, me fixant avec insistance, elle me lance d’une petite voix aiguë : What is it ???
Là, c’est à mon tour de la regarder un peu éberlué. Bon : je conviens que ma tenue vestimentaire (streetwear tendance printemps-été 2005) ait de quoi l’impressionner. Et que mes lunettes de soleil à la Herbie Hancock, ma casquette à la Tiger Wood et mes chaussures à la Tony Parker puissent être légèrement déplacées dans cette petite ville rurale du Gujarat. Mais on ne m’avait encore jamais traité de « It » Jamais ! Je lui lance un regard noir du genre «Je ne vous permets pas de me traiter de la sorte mademoiselle, surveillez un peu votre langage tout de même » (Oui, j’ai été élevé à Neuilly, personne n’est parfait). Rien. Aucune réaction. Elle me dévisage très sérieusement et semble même attendre impatiemment une réponse… Ok, je vais lui montrer que sa mesquine petite attaque m’a à peine affectée (ça fait mal, oui !). Je lui fais un petit sourire et d’un ton badin, presque guilleret (quel grand acteur j’aurais pu faire…), je lui annonce : Hello, It is Vincent !
Elle ouvre de grands yeux en me regardant genre " Oui, bon, j’ai pas vraiment tout capté, surtout à partir du début, mais te fatigue pas, ça ira comme ça" OK : celle-là au moins ne va pas chercher à savoir d’où je viens, dans quel pays j’habite et ce que j’ai bien pu faire ces dix derniers jours... Mais sous son air un peu renfrogné, j’ai bien l’impression qu’elle est tout de même bien fière d’elle-même : En effet, elle a osé aborder un étranger comme çà, en pleine rue, et lui a posé une question super pertinente : c’est fort non ? Ses copines demain à l’école vont être super jalouses quand elle va leur raconter notre rencontre... Bon, ne souhaitant pas la quitter en mauvais terme, je tente tout de même de sauver la situation en lui lançant un petit « good-bye» mais cela ne semble pas non plus l’impressionner outre mesure (décidément…).
Le coeur serré, rongé d’inquiétude, je fini par la regarde s’éloigner: Si jamais elle ne suit pas très rapidement des cours d’anglais (si possible en commençant par une leçon pas trop dure, type "Hello, what is your name ?"), des touristes moins aguerris que moi risqueraient de ne pas se relever d’une telle rencontre...
Vincent-the-It 🏴☠️ (http://thisismyart.free.fr)
Quelques minutes avant l’altercation, sur les ghats de Dwarka:











A little sneak peek?









I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far-from-exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, the Nishiki Market:







Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.


We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.







But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.























Ooooooooh, giants!
Oh, how I love them! In the North, we have lots of these giants, like Reuze Papa and Reuze Maman in Cassel, or Gayant, Marie, and their children Binbin, Jacquot, and Fillon in Douai, and many more.
What’s more, the Ducasse of Ath is remarkable for its age and local roots; a procession was first mentioned in 1399, and today the many musical groups are still local (Ath and surrounding towns). The event is extremely popular: a good part of the population is there, all generations mixed together. Everyone knows the groups, floats, and giants, and each has their favorite! Originally, religious groups paraded, illustrating episodes from the Bible or the Golden Legend. Gradually, the parade became secular and kept evolving by adding new giants, historical figures, or allegories linked to local history (Ath, Belgian Hainaut, Belgium).
To wrap up this long introduction, know that the Ducasse of Ath lasts several days, but the highlight is the highly codified procession that takes place on the 4th Sunday of August (actually, the procession passes twice, once in the morning and once in the afternoon).


It’s followed by a human giant on stilts: "Saint Christopher of Flobecq," holding a flowered staff and carrying Christ on his shoulders (this time, not a real child!). It appeared in the 19th century, then disappeared from the procession before being reintroduced in 1976.






