L'instant d'un Stan
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Les carnets sur le Turkménistan n’étant pas très nombreux sur VF, je propose celui-ci, qui résume un très court séjour dans ce pays plutôt particulier mais loin d’être inintéressant pour autant.

Faisant partie de cette étrange catégorie de voyageurs qui aiment cocher les cases (je sais, une pratique un peu ridicule mais… incontrôlable… et qui ne tue pas !), faire un petit crochet par le Turkménistan avant de nous rendre en Ouzbékistan me semblait plus qu’une excellente idée.

L’un des avantages de faire régulièrement le trajet Australie-Europe est de pouvoir faire des stop-over (en général à Dubaï) et de là, explorer la région en utilisant les Frequent Flyer points accumulés au fil des allers-retours. Cette fois, ce sera donc une paire de ‘Stans’ en Asie Centrale.

Une fois n’est pas coutume, nous passons par l’intermédiaire d’une agence de voyages, essentiellement pour nous faciliter l’obtention du visa car il semblerait que celui-ci soit délivré par les autorités au petit bonheur la chance.

Quelques agences proposent plusieurs formules et circuits à effectuer en groupe (donc à des prix plus avantageux) mais pas de chance, les dates proposées ne correspondant pas aux nôtres, nous aurons donc notre propre tour ! Pour cela, il nous aura suffi d’établir un petit itinéraire et d’attendre quatre-cinq semaines pour les formalités. Nous serons entièrement pris en charge et accompagnés d’un guide et d’un chauffeur pendant toute la durée de notre court séjour au Turkménistan. Une fois passée la frontière avec l’Ouzbékistan nous nous débrouillerons très bien seuls.

Donc tout commence à Dubaï un jour de mai cette année.

5:20. Le jour se lève à peine quand nous atterrissons sur les pistes de cet aéroport qui ne cesse de s’étendre. Nous rejoignons la longue queue devant les guichets des douanes.

Il fait carrément jour et déjà chaud quand nous sortons de l’aéroport pour prendre un taxi. Superbe organisation, zéro attente, le jeune Népalais nous indique une voiture nickel conduite par une jeune Somalienne couverte d’un foulard aux couleurs de la compagnie, deux de ses collègues s’occupent de mettre nos bagages dans le coffre.

En ce premier vendredi de Ramadan, le trajet jusqu’à notre hôtel, situé à proximité de l’aéroport, n’aura duré qu’une dizaine de minutes, la circulation étant pratiquement inexistante.

Le buffet du petit déjeuner, que nous découvrons un peu plus tard, est tout simplement dément puisque l’on y trouve autant de spécialités arabes (tabouleh, hummus…) qu’indiennes (currys multicolores, beignets variés…) et même des petits pains au chocolat et des croissants pour les gourmands. Il ne nous reste plus qu’à nous reposer jusqu’à ce soir car nous n’avons aucune intention de sortir. Nous connaissons suffisamment Dubaï, en plus il fait très chaud et de toute manière tout est fermé jusqu’à ce soir.

23:00. Direction le Terminal 2, celui réservé à la compagnie FlyDubai, l’équivalent low cost d’Emirates Airlines et qui désert les destinations les plus improbables et les plus obscures comme par exemple… Achgabat !

Inutile de connaitre la porte d’embarquement pour savoir laquelle est la nôtre. Il suffit de regarder les passagers ou plutôt les passagères car les femmes turkmènes se repèrent de loin, toutes sont vêtues de leur très élégant costume national : longue robe étroite colorée et coiffe haute cachant leurs cheveux et tout aussi colorée. Nous repérons aussi un petit groupe d’étrangers aux cheveux gris et un couple de Chinois.

Vol plutôt inconfortable et sans chichi. Nous nous sommes amusés à regarder comment les passagers turkmènes se sont débrouillés pour caser leurs volumineux et encombrants bagages dans les moindres recoins encore disponibles. Leur expédition shopping est à l’évidence une réussite. Heureusement le vol n’est pas long (trois heures) mais avec le décalage horaire, il est bientôt 04:00 quand nous survolons Achgabat qui se révèle être (vu d’en haut) une incroyable oasis de lumières au beau milieu d’un immense désert complètement noir. Plus fort que Las Vegas !

Achgabat Mai 2019

Nos premiers pas se font le long d’immenses couloirs déserts tout en marbre et surveillés par quelques jeunes soldats en uniforme et casquette de style soviétique. Nous retrouvons le petit groupe d’étrangers aux guichets des douanes, réservés justement aux étrangers. Il s’avère que tous sont… Australiens !!!



Nous sortons notre invitation reçue et imprimée quelques jours auparavant et regardons le douanier remplir quelques formulaires, il nous indique ensuite un autre guichet. Là, c’est une douanière qui encaisse les billets de US$100 (par personne !) correspondant au prix du visa et aux diverses taxes. Petite consolation puisqu’elle nous rend quand même un billet d’un US$. Retour au premier guichet, pour cette fois se voir attribuer un beau visa autocollant.

Ici, on semble aimer les complications car les formalités sont loin d’être terminées. Il faut maintenant passer devant un guichet entièrement automatisé qui scanne le passeport, qui s’ajuste selon la hauteur du visage et qu’il faut gentiment caresser de l’extrémité des doigts. C’est en fait relativement simple et rapide. La lumière verte nous indique que nous pouvons poursuivre notre chemin… jusqu’au prochain guichet où nous attendent deux douaniers qui, à leur tour, scannent le passeport, vérifient le visa et le tamponne avec vigueur.

Reste à récupérer nos valises puis à rejoindre l’immense queue qui s’est formée devant les guichets d’inspection des bagages. Et là, nous ne nous sommes pas prêts de sortir car non seulement les locaux ramènent des charriots remplis de paquets mais surtout ils n’hésitent pas à se bousculer pour sauter la queue et cela sous les yeux mêmes des soldats complétement indifférents… pourtant censés mettre un peu d’ordre dans ce bordel général.

Heureusement, au bout d’un moment nous repérons une file réservée aux étrangers. Une fois les bagages passés aux rayons nous pouvons enfin rejoindre le hall des arrivées. Voir la pancarte avec nos noms est un grand soulagement. Nous faisons ainsi connaissance avec Arty, le jeune guide qui va nous accompagner pendant la durée de notre séjour.

Dehors, nous avons la surprise de constater qu’il fait très doux et pendant que nous attendons notre taxi, nous avons le temps d’admirer l’étrange architecture de l’aéroport en forme d’oiseau aux ailes déployées. Larges avenues désertes bordées de fontaines et de bâtiments éclairés par des effets lumineux, ici on ne lésine pas sur l’électricité, c’est vrai que ce pays de cinq millions d’habitants regorge de gaz et autres ressources en énergie !



Nous arrivons rapidement à notre hôtel et après de rapides formalités nous prenons possession de notre chambre… surchauffée et bien moins luxueuse que le hall de réception. Arty nous explique le programme des festivités et se propose de changer pour nous un billet de US$100 à un taux très avantageux : 800 Manats au lieu de 300 selon le taux officiel, ce qui devrait largement couvrir nos dépenses (repas) pendant la durée de notre séjour au Turkménistan.

Nous nous donnons rendez-vous plus tard dans la matinée. Après une bonne douche, quelques heures de repos seront bienvenues. Juste le temps de jeter un coup d’œil par la fenêtre pour voir à quoi ressemble la ville qui se réveille doucement. Juste en face se trouve un édifice rond qui est en fait le cirque, au fond sur la gauche, l’oiseau de l’aéroport et à droite quelques petits immeubles d’habitation à la soviétique et au-delà d’autres immeubles blancs plus récents. Sur les écrans géants dispersés ici et là, je distingue vaguement une succession de paysages, des chevaux en train de galoper et ce qui parait être des portraits du président pris lors de ses nombreuses et différentes activités. Je remarque aussi cet énorme bâtiment blanc-crème qui ressemble à un immense silo à grains (?!). Plus tard, Arty nous apprendra qu’il s’agit bien d’un ancien silo et qu’il est l’un des très rares bâtiments ayant résistés au tremblement de terre de 1948.



En bas, sur le parking pratiquement inoccupé, deux soldats font les cent pas en bavardant. Le jour se lève et le temps s’annonce nuageux, à l’horizon une chaine de montagnes apparait dans la brume.

Malgré la fatigue, le sommeil ne vient pas. L’Internet est capricieux et de nombreux sites restent inaccessibles mais nous pouvons envoyer quelques emails à CTN confirmant notre arrivée.

Autant aller prendre le petit déjeuner dans le restaurant, près de la réception. La salle ronde est vide et le buffet dressé n’a plus rien à voir avec celui de Dubaï ! Rien de vraiment très appétissant mais le thé est excellent ! Au-dessus des baies vitrées des fresques peintes représentant des chevaux la crinière au vent, différents édifices de la capitale et quelques paysages de steppes apportent un peu de couleurs. Derrière les rideaux, on aperçoit une piscine vide, des jardins où l’herbe attend patiemment d’être tondue et quelques bosquets fleuris où des oiseaux jouent à cache-cache.

Arty fait une brève apparition pour nous remettre nos Manats et nous confirmer le programme de la journée qui se résume en fait à une petite balade en ville avant de prendre la route pour aller au centre du pays pour aller voir un trou, mais attention pas n’importe lequel !

En attendant nous allons faire une petite balade digestive pour aller voir ce curieux cirque en dur et ses fioritures en béton. Sur l’esplanade au bas des marches une paire de femmes en robe longue et coiffure allongée poussent leur landau, trois gamins se poursuivent à vélo. Les rues environnantes sont bordées d’arbres et de rangées de petits immeubles de trois ou quatre étages que l’on retrouve dans toutes les ex-républiques soviétiques à part que ceux-ci sont fraichement peints et sont décorés de motifs géométriques. Quant aux trottoirs ils sont absolument nickel… et déserts.

Derrière le cirque, se trouve un petit parc que nous explorons en compagnie d’une chienne qui ne veut plus nous quitter. Les allées sont remplies de flaques d’eau datant des dernières averses. Quelques gamins sont en grande discussion pour choisir le prochain jeu et plus loin deux femmes, râteau et balai à la main, s’affairent à rendre le jardin plus agréable. La promenade s’achève plus vite que prévu car quelques gouttes commencent à tomber.

Problèmes d’interrupteur dans la salle de bain. Un réparateur finit par arriver mais impossible de le réparer. Nous changeons donc de chambre et d’étage. Réinstallation mais celle-ci n’est guère mieux puisqu’ici c’est l’air conditionné qui ne fonctionne pas. La troisième sera la bonne mais nous n’avons plus le temps pour nous assoupir une paire d’heures.

En début d’après-midi, Arty revient nous chercher pour aller prendre le déjeuner dans un petit restaurant qu’il connait bien et qui sert de la cuisine traditionnelle. Situé sur l’une des grandes avenues de la capitale, nous ne l’aurions jamais repéré car rien n’indique la présence d’un restaurant ni d’aucun commerce à vrai dire. A l’intérieur, joliment décoré d’objets d’artisanat et d’anciens outils agricoles, quelques familles terminent leur repas. Les serveuses parées de magnifiques costumes traditionnels, nous installent près des cuisines situées derrière une baie vitrée où s’affairent le personnel de cuisine. Nous nous régalons de soupes (sorte de chorbas) et de plovs (plat de riz et légumes plus viande) accompagnés de thé fort et parfumé.

Repus, nous retrouvons le 4x4 et son chauffeur, un authentique Turkmène affichant un grand sourire. Alors que nous circulons sur les larges artères fleuries et pratiquement vides de circulation, Arty commence son rôle de guide en nous expliquant l’histoire du pays, celle de ses deux présidents depuis l’indépendance, la fonction de certains bâtiments pompeux et toute une série d’anecdotes sur la vie au Turkménistan et à Achgabat où, sur un ordre présidentiel, toutes les voitures circulant dans la capitale doivent être blanches… pour être assorties aux bâtiments blancs ?! Eh oui, les façades des bâtiments sont pratiquement toutes en marbre et le blanc étant la couleur préférée du Président Gurbanguly Berdymukhamedov, pas question de lui déplaire !!!

Nous quittons l’autoroute pour nous retrouver dans un petit quartier de la banlieue semi-urbaine où aucun étranger ne viendrait se perdre. Mais c’est ici que le chauffeur doit récupérer notre piquenique de ce soir. Ici, la route en terre est criblée de nombreux nids-de-poule, les trottoirs sont défoncés ou inexistants et les maisons plus ou moins bien rafistolées. Pendant que le poulet finit de rôtir, nous découvrons l’envers du décor et comprenons que le Turkménistan n’est finalement pas différent des autres pays.

C’est la sortie des écoles et les écoliers en uniforme amènent un peu d’animation et de couleurs, enfin uniquement du vert et du blanc pour les filles et du blanc et noir pour les garçons. Toutes portent une longue robe verte et un tablier blanc et ont toutes des tresses, et tous portent une chemise blanche avec une cravate noire et des pantalons longs noirs. Toutes et tous ont sur la tête couverte d’une petite calotte colorée.



Nous retrouvons la grand-route bordée cette fois de banlieues en construction ou fraichement terminées. Les grosses bâtisses en brique, d’un étage et flanquées d’un garage-préau, sont toutes identiques. Construites autour d’un rectangle, qui sera peut-être un jour un espace vert, elles abritent plusieurs familles souvent de fonctionnaires. Arty nous apprend que les toits verts sont réservés à tel ou tel ministères, idem pour les toits bleus, rouges…

Bientôt nous quittons la belle autoroute pour nous retrouver sur une espèce de large nationale pleine de bosses qui longe ce qui semble être l’ancienne route encore plus abimée. La circulation se réduit au strict minimum, c’est-à-dire quelques semi-remorques et parfois quelques minibus.

Quant au paysage, le désert du Karakoum, il me fait diablement penser au bush australien. Même vaste étendue plate couverte d’une végétation parsemée et presque similaire et parfois quelques ondulations sablonneuses. Le temps reste couvert pendant pratiquement toute la durée du voyage. Les récentes et anormalement abondantes pluies ont donné un regain de vitalité et de couleurs à la végétation. A part les alignements des poteaux électriques au loin, on ne voit que le bush à perte de vue. Régulièrement, nous croisons des quelques chameaux indifférents et immobiles sur les bords de la route.





Nous arrivons enfin à Erbent, un patelin perdu dans les dunes de sable jaune et gris, pas très reluisant avec ses maisons bricolées mais au commissariat et à l’école flambant neufs. La station essence est le point de rendez-vous des camionneurs qui traversent le pays. Le temps de faire le plein et nous repartons. Quelques kilomètres plus loin, alors qu’approchent les premiers reliefs, le chauffeur prend une piste à droite qui grimpe vers un léger promontoire dominant l’immense plaine. Arrêt pour se dégourdir les jambes et admirer le paysage. Il fait agréablement doux, les grosses chaleurs sont passées et les rayons du soleil traversent enfin les nuages. Dans le sable, quelques curieux scarabées filent se cacher dans les touffes de hautes herbes sans imaginer que l’on peut les suivre à la trace.



La piste sablonneuse descend doucement, serpente autour de quelques buttes rocheuses puis débouche sur une vaste étendue grise. Un dernier virage pour atteindre un endroit légèrement surélevé et nous voilà enfin arrivés à Darvaza. Juste quelques centaines de mètres plus bas, nous découvrons le fameux cratère gazier. Au milieu de cette immensité, il nous parait bien petit mais ce n’est qu’une impression car dès que nous nous en approchons nous réalisons ses dimensions et surtout sa profondeur (près de soixante-dix mètres de diamètre et une vingtaine de mètres de profondeur).

Puis viennent le brut sourd et continu de la combustion et les bouffées de chaleur sur le visage. Quelle étonnante vision et quelle surprenante sensation ! Voici donc la Porte de l’Enfer.





Incroyable de penser que ce brasier brûlant depuis près d’un demi-siècle fut volontairement allumé afin que le méthane ne s’échappe pas à l’air libre et ne pollue l’atmosphère. D’après certaines sources locales ce trou serait apparu naturellement dans les années soixante et le feu allumé une vingtaine d’années plus tard. D’autres sources relatent que l’origine de ce cratère fait suite aux travaux d’exploration de pétrole et de gaz et au forage d’une poche de gaz, entrepris au début des années soixante-dix par des géologues et ingénieurs soviétiques.

Pensant que la combustion du gaz ne durerait que quelques semaines, il est décidé d’y mettre le feu. Mais voilà, la brèche est plus importante que prévue mais surtout le champ gazier souterrain est l’un des plus vastes au monde !

Plusieurs années plus tard, les habitants du village de Darvaza, situé à proximité, sont évacués et le village pratiquement entièrement rasé. S’il fut un jour question d’éteindre le feu, rien de tangible n’a jamais été entrepris. L’accès à la zone fut pendant de longues années interdit puis après l’indépendance finalement autorisé pour devenir un lieu touristique plutôt particulier.

Situé à près de 260 kilomètres de la capitale, l’endroit est facilement accessible sur la journée et peut faire l’objet d’une simple excursion (ce qui est notre cas). Mais il peut également être une étape où passer la nuit puisqu’il est situé pratiquement à mi-chemin entre Achgabat et la ville de Köneürgench tout au nord du pays. D’ailleurs, on aperçoit, bien à l’écart, quelques chalets et yourtes prévus à cet effet.

Sur le site, nous ne comptons qu’une dizaine de touristes dont trois Japonais installés autour de leur table pliante placée sur les bords du cratère. Nous faisons un premier tour dans le sens opposé des aiguilles d’une montre, hypnotisés par ce spectacle tellement inattendu composé d’une multitude de braises et de flammèches couvrant aussi bien les versants du cratère que le fond. Constant et fascinant jeu d’ombres et de lumières sur les éboulis de pierres grises et noires. Un léger coup de vent et nous sentons immédiatement la chaleur sur notre visage et l’odeur du gaz. En regardant bien, j’aperçois quelques bouts de fer, les restes des équipements miniers ayant sombrés dans le cratère.

Arty, fréquent visiteur des lieux, nous confirme qu’au fil des années, le trou s’est légèrement agrandi à cause des éboulements causés par la chaleur mais que l’intensité du feu tend à diminuer progressivement. Ceci dit, le feu ne semble pas près de s’éteindre de sitôt. Il nous apprend également qu’il y a une paire d’années, une expédition a été organisée pour examiner le fond du cratère et ramener des échantillons du sol. Le but étant d’étudier l’éventuelle survie, dans de pareilles conditions, de divers organismes et peut-être imaginer qu’une forme de vie soit possible sous les mêmes conditions extrêmes quelque part dans l’Univers…

A quelques centaines de mètres du cratère se trouve une paire de buttes permettant d’avoir une meilleure vue d’ensemble. La grimpette est facile et une fois perchés sur les rochers, nous découvrons non seulement la rondeur presque parfaite du trou enflammé mais aussi un beau panorama sur la plaine entourée de légères ondulations. Spectacle magique d’autant plus que la lumière du jour commence à baisser doucement et que les derniers rayons du soleil apparaissent sous la couche de nuages, illuminant ainsi la végétation, la roche et le sable.

L’ambiance sereine est bousillée avec l’arrivée d’un petit groupe d’adolescents russes plus occupé à prendre des selfies et à écouter du rock à fond la caisse.

Je pars à la poursuite du coucher de soleil que j’espère admirer au sommet d’une autre dune un peu plus loin derrière. Il faut faire vite mais ce n’est pas facile de marcher dans le sable et les hautes herbes. Une fois en haut, je comprends qu’il ne s’agit pas d’une dune avec un sommet mais une espèce de plateau sablonneux couvert de végétation. Demi-tour donc, mais là je découvre qu’une magnifique lueur orangée émerge maintenant du cratère, le contraste avec le paysage grisâtre est saisissant.



Pendant que nous admirions le panorama, notre chauffeur a préparé un piquenique pantagruélique et plus qu’excellent. Nous le dégustons avec appétit tout en jetant régulièrement des coups d’œil sur le fourneau un peu plus bas. A mesure que la nuit tombe, le feu devient de plus en plus fascinant à regarder, un peu comme un feu de cheminée géant… sans toutefois devoir y ajouter des bûches !

Il est bientôt 9:00 heures et il faut penser au retour mais avant de partir un dernier tour de cratère s’impose. Cette fois nous le faisons dans l’autre sens. Maintenant que la nuit est tombée, les pierres semblent être plus rouges et les flammes plus jaunes.



Nous reprenons la piste par laquelle nous sommes arrivés puis rejoignons la route principale. Quelques kilomètres plus loin, nous tournons à droite sur une autre piste en direction d’une autre lueur orange perdue dans l’immensité complétement noire.

Cet autre cratère, rarement visité, a lui aussi été formé par l’effondrement d’une cavité souterraine mais cette fois de manière naturelle. Il est beaucoup plus petit mais parait plus profond. Surtout, il a la particularité d’avoir un fond boueux constamment en ébullition. Ici, le bruit des grosses bulles qui explosent s’ajoute à celui de la combustion du gaz.



Cette fois, nous devons partir car la route est encore longue… et les nids-de-poule plus difficiles à repérer la nuit !

Quelques heures plus tard, d’autres lueurs apparaissent à l’horizon, plus nombreuses et plus lumineuses, elles annoncent l’imminence de notre arrivée à Achgabat. Mais nous devons faire un nouvel arrêt sur le bord de la route… En effet, le chauffeur doit laver la voiture avant de pouvoir circuler dans la capitale. Toute trace de boue ou d’insectes écrasés pouvant occasionner une amende voire carrément un retrait de permis !!! Quel bien curieux pays.

(à suivre...)
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
SI Sissi57 Globetrotter ·
Un carnet qui s'annonce bien dépaysant....
Je n'aurai pas le temps...
MA Masterpo Globetrotter ·
Achgabat où, sur un ordre présidentiel, toutes les voitures circulant dans la capitale doivent être blanches…

Et c'était le cas ?

une paire de ‘Stans’

une paire de femmes

une paire d’heures

une paire d’années

une paire de buttes

Que de paires... (et non le contraire 😛)
XR Xrctn Veteran ·
Ouh, tu en as oublié peut-être plusieurs paires... Mais je prends note.

Pour les voitures, c'était le cas.
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
ME Meg2 Globetrotter ·
Pour les voitures, c'était le cas.

j'ai vérifié sur mes diapos d'Ashkabat : en effet beaucoup de voitures blanches, à la louche, je dirais environ 3 / 4 ; le quart restant : noir ou gris métallisé. Ce que j'avais trouvé plus étonnant, c'était les rues quasiment vides dans ce centre rutilant en marbre blanc, et le fait que les femmes portent toutes le même type de tenue. Et aussi le fait que même quand les rues n'étaient pas complètement vides, les gens hésitaient à me parler. Ou alors, des policiers en civil sortaient de derrière un poteau ou un buisson quand je m'arrêtais pour prendre des photos...
YE Yemen Veteran ·
bonjour Xavier, je vais suivre avec intérêt ce périple. Destination qui ne doit pas manquer d'intérêt mais où le tourisme individuel semble bien compliquée ! 🤪 laurence
On est la somme de nos rencontres
XR Xrctn Veteran ·
Sans ‘paire’ et sans reproche !

Achgabat Mai 2019

La nuit fut courte et plutôt inconfortable, le système d’air conditionné étant foireux même dans cette chambre. Dehors, le ciel est nuageux mais beaucoup moins qu’hier et à travers la fenêtre je sens la chaleur qui cogne déjà.

Le buffet du petit déjeuner est aussi déprimant que la veille mais surprise nous ne sommes plus les seuls clients. Arty ne tarde pas à arriver et nous décidons de changer le programme de la journée. Plutôt que de commencer par la visite de la ville nous commencerons par celle du site archéologique de Nisa ainsi nous éviterons de nous retrouver dehors en plein cagnard.

Mais avant Nisa, une mosquée nous attend à Kipchak, une bourgade un peu en dehors de la capitale et lieu de naissance du premier Président, Saparmurat Niyazov.

Un sacré personnage celui-là ! Premier Secrétaire de la République Soviétique Socialisme Turkmène en 1985, il devient Président de la république quand celle-ci gagne son indépendance en 1991. En 1999, il est nommé Président à vie par un Parlement dont les députés ont été choisis par lui ! Il prône un retour aux traditions turkmènes, rédige un guide spirituel de la Nation (Ruhnama ou le Livre de l’Ame… carrément !) qui exulte le courage et la grandeur de l’esprit turkmène et établit certaines règles à suivre (et à apprendre par cœur dès les premières années scolaires). A chacun son ‘Petit Livre Rouge’ et son culte de la personnalité !

Il impose également le remplacement de l’alphabet cyrillique par un alphabet turkmène basé sur des caractères latins, proclame la stricte neutralité du pays puis prend toute une série de mesures les plus loufoques les unes que les autres comme par exemple le changement des noms des mois et des jours de semaine, interdiction des barbes pour les hommes (?!), interdiction des dents en or, interdiction des opéras, des ballets et des spectacles de cirque, fermeture tous les hôpitaux régionaux, il supprime ou réduit les retraites mais aussi rend gratuit l’eau, le gaz, l’électricité et même le sel raffiné ?! Chaque année, il fait libérer des milliers de prisonniers (qui sont surement arrêtés de nouveau un peu plus tard) et en 1997, devenu non-fumeur suite à une opération cardiaque, il interdit à tous les fonctionnaires de fumer en public (un précurseur !). Cela ne l’empêcha pas de mourir en 2006… à l’âge de 66 ans.

Grâce à l’exploitation du gaz et du pétrole, l’argent coule à flot et de nombreux projets architecturaux grandioses voient le jour. C’est ainsi qu’Achgabat devient la capitale la plus ‘marbrée’ au monde et que la plus grande mosquée d’Asie Centrale est érigée… celle-là même que nous allons visiter.

Impossible de louper la mosquée Türmenbaṣy Ruhy, cette énorme structure blanche, aux dômes dorés flanquée de quatre immenses minarets, se remarque de loin. Entourée de pelouses dignes d’un parcours de golf, de bosquets en fleurs et d’esplanades en marbre garnies d’une multitude de jets d’eau, elle en impose. Achevée en 2002, elle peut contenir 10 000 personnes (7000 hommes au rez-de-chaussée et 3000 femmes dans les galeries à l’étage) et comprend même un parking souterrain pour 400 voitures (Bouygues a bien fait les choses). Le chauffeur nous dépose à proximité du mausolée (une petite réplique de la mosquée) où repose l’ancien Président, Père bien-aimé de la Nation. Des escaliers mènent aux guérites abritant des soldats au garde-à-vous, absolument immobiles en plein cagnard puis à une petite salle octogonale entièrement recouverte de mosaïques aux motifs géométriques. De la galerie, nous avons une vue plongeante sur non pas un tombeau mais plusieurs ! Généreux, il partage son mausolée avec quelques membres de sa famille.

De là nous nous dirigeons vers le côté de la grande mosquée. Arty nous fait remarquer les inscriptions sur les minarets. Inscriptions uniques au monde sur une mosquée précise-t-il car elles ne sont pas en caractères arabes mais turkmènes. Mais le plus scandaleux pour les Musulmans du monde entier sont les inscriptions elles-mêmes car elles font référence non seulement au Coran mais aussi au Ruhnama. Traduites cela rend : « Le Livre de l’Ame est le plus sacré des livres et le Coran est le livre d’Allah. » De quoi chauffer quelques esprits !

Heureusement, à part quelques gardes et une femme que nous croisons avant de franchir le grand portail, il n’y a absolument personne une fois à l’intérieur de l’immense salle de prières couverte de tapis locaux et somptueusement décorée de mosaïques aux motifs symétriques et de dorures. Les colonnes en marbre blanc sont imposantes et les lustres et les chandeliers massifs en rajoutent un peu sur l’aspect bling-bling de l’ensemble. Sous l’immense dôme, seul le bourdonnement de la climatisation interrompt parfois un silence impressionnant.





Nous ressortons par le même portail pour nous retrouver sur une esplanade déserte décorée de bassins d’eau et de nombreuses fontaines sans oublier les rangées de drapeaux puis nous remontons dans la voiture qui nous attend. Direction la chaine de montagnes toute proche. La route se termine sur un petit parking vide au pied des montagnes.

Oulla, on sent déjà la chaleur ! Nous empruntons les ‘marches de Mitterrand’ qui contournent un rocher et mènent au guichet à l’entrée du site. Cet escalier a une particularité, nous explique Arty, il fut conçu pour la visite du Président Mitterrand en Avril 1994. Saparmurat Niyazov pensant que le président français avait une jambe plus courte que l’autre, demanda que les marches paires soient 1.5 cm plus hautes que les marches impaires (ou le contraire, je ne sais plus) ?!

La barrière de montagnes aux reflets verts semble infranchissable, d’autres sommets apparaissent sous la couche de nuages blancs, de l’autre côté l’Iran, un autre monde.

Les ruines de Nisa ne sont, à première vue guère impressionnantes, juste une succession de murs en terre pas très hauts et de buttes couvertes de grandes herbes (les restes de remparts eux aussi en terre). En fait, le plus impressionnant est le fait qu’elles datent de deux siècles et demi av. J.-C. et qu’elles tiennent (en partie) encore debout.

Il faut donc se replonger loin dans les livres d’histoire et essayer de se souvenir de qui étaient les Parthes, ceux qui justement ont fait de Nisa l’une des plus anciennes capitales de leur empire (de -247 à +224). Les Parthes forment une importante puissance dans la Perse antique qui s’étend des sources de l’Euphrate en Turquie jusqu’à l’est de l’Iran. Lors des conquêtes et des guerres contre les Romains, les frontières de l’Empire s’étirent même jusqu’au Levant et jusqu’au fleuve Indus.

Nisa, situé sur la Route de la Soie reliant l’Empire romain à l’Empire han en Chine, devient un important carrefour commercial mais aussi culturel car les Parthes adoptent un mélange des cultures et de pratiques perses, grecques et arméniennes et contribuent au renouveau des traditions iraniennes. Les Parthes ayant laissé peu de traces, la chronologie de leur histoire est essentiellement basée sur des documents romains et grecs voire même chinois. Ainsi l’on apprend que les Parthes sont raffinés, que leur administration et leur agriculture sont bien organisées, que leur structure gouvernementale est décentralisée et que leurs guerriers sont valeureux. C’est peu !

En gros, l’histoire de l’Empire parthe peut se résumer à un constant conflit avec l’Empire romain avec pour toile de fond le contrôle de l’Arménie, une sucession d’assassinats afin de prendre le pouvoir et de prises d’otages comme moyens de pression et d’influence. Les disputes internes permanentes finissent par affaiblir l’Empire parthe au point que ce dernier est remplacé par l’Empire sassanide, tout aussi déterminé d’en finir avec les Romains, mais qui sera, à son tour, emporté par les conquêtes musulmanes qui commencent vers les années 630 ap. J.-C., mais nous n’en sommes pas encore là !

Arty passe deux-trois coups de fil puis nous apprend que son ami, un vieux guide russe, n’est pas disponible aujourd’hui et qu’il faudra nous contenter de ses explications qui, hélas, sont plutôt succinctes.

Nous avançons vers la porte percée dans le mur formé de grosses ‘briques’ en terre parfois formant des motifs géométriques. Ceux-ci ont été en partie reconstruits, dans un passé récent, lors des campagnes d’excavation effectuées par des archéologues russes afin de déterminer si la forteresse de Nisa était une résidence royale ou bien un mausolée.





Si la réponse n’est toujours pas conclusive, ils ont dans tous les cas mis à jour plusieurs grands édifices, des mausolées, des temples dédiés à Mithra (une divinité indo-iranienne), des statues en marbre de style hellénique, des rhytons (vase en forme de corne utilisé pour des rituels religieux) en ivoire gravés d’images de style perse et des manuscrits relatant au commerce.

Parmi les édifices figure la Maison Ronde qui, malgré sa similitude avec les palais hellènes, a la particularité de former un cercle et une voute dans un espace carré. Autre particularité de l’architecture parthe, l’utilisation d’iwans (voute pleine ouverte sur un coté) pour de larges structures comme par exemple des salles d’audience, une manière astucieuse et esthétique pour remplacer les colonnes soutenant les toits.





Alors que nous pénétrons à l’intérieur des ruines ou plutôt dans un couloir bordé de murs en terre à ciel ouvert, il est difficile d’imaginer à quoi ressemblait exactement cette forteresse dont les épais murs (8 à 9 mètres à leur base) étaient également soutenus par 43 tours rectangulaires.

Bien vite, nous nous retrouvons dans une espèce de labyrinthe d’allées bordées de murs érodés menant aux deux principaux ensembles que comprend Nisa : au nord les ateliers, entrepôts (de vin !) et quelques demeures, au sud la Maison Ronde, la tour et résidences royales. Dans les deux parties, il faut encore faire preuve de beaucoup d’imagination pour reconnaitre quoi que ce soit.

Plus loin, nous grimpons jusqu’au sommet d’une butte couverte de coquelicots pour avoir une vue d’ensemble des ruines qui paraissent vraiment petites. De l’autre côté, les limites d’un village moderne s’étendent jusqu’au pied de l’ancienne forteresse.



A peine deux heures plus tard et après n’avoir croisé juste qu’un seul couple de touristes, nous repartons vers Achgabat pour y découvrir toute une série d’édifices modernes et de monuments tous aussi bizarres les uns que les autres.

Les avenues sont immaculées, bordées de magnifiques massifs de fleurs et de lampadaires extravagants mais surtout toutes sont entièrement désertes. Nous avons l’impression d’être les derniers survivants d’une apocalypse qui aurait détruit l’humanité tout en laissant les infrastructures et bâtiments intacts.



Nous passons en revue les spécimens d’une architecture qui se veut moderne et classique à la fois, et qui nous plonge au milieu d’un univers de science-fiction imaginé dans les années cinquante et soixante.

L’un de ces spécimens figure même au Guinness Book of Records ! A le voir on se demande pourquoi, surtout on s’interroge sur l’utilité et la fonction de ce bâtiment ressemblant à un triangle tronqué surmonté d’un immense cercle de marbre, d’acier et de verre décoré d’une étoile à huit branches (un symbole que l’on retrouve absolument partout). « This is the Alem Cultural and Entertaining Centre, opened in 2012. » nous annonce Arty. Il poursuit en nous expliquant que le cercle est en fait une grande roue, la plus grande au monde… dans un espace clos !



Parmi les principaux monuments, nous trouvons celui de la Neutralité (!) qui fait penser à une espèce de fusée sur trois pattes, d’où son surnom ‘le Trépied’. D’une hauteur de 95 mètres, ce bâtiment construit en 2010 remplace une arche construite en 1998 qui était alors surmontée d’une statue représentant le premier Président Saparmurat Niyazov. Cette statue de 12 mètres, entièrement plaquée-or, tournait en suivant la course du soleil de façon à ce que le visage du président soit toujours face au soleil. Quelle merveilleuse preuve de modestie !

Vient ensuite le monument de la Constitution érigé en 2011 pour marquer le vingtième anniversaire de l’indépendance du pays. Cette espèce d’obélisque en marbre de 91 mètres est décoré sur ses quatre côtés de blasons dorés aux motifs de tapisserie représentant les cinq provinces du pays et repose sur une plateforme de plusieurs étages abritant un musée et une salle de conférence et formant une série de cascades. Là encore, à part les deux soldats au garde-à-vous devant leur guérite en verre et le caporal de service, il n’y a strictement personne.



Encore plus fort est le monument de l’Indépendance (le plus haut du pays – 118 m) qui se trouve au milieu d’espaces verts impeccables. Là, il s’agit d’un dôme surmonté d’une colonne blanche et dorée dont la base est décorée d’un aigle… à cinq têtes ?! Trop forts les Turkmènes !

Le dôme, symbolisant une tente traditionnelle turkmène, est partagé par huit ‘pattes’ d’où coule de l’eau représentant les fleuves et les rivières. Cette eau alimente ensuite la multitude de fontaines et de cascades placées autour de l’esplanade (bien sur elle aussi entièrement en marbre) avant de parcourir le parc.

Je descends de la voiture pour voir de plus près ce ‘trésor national’. Les allées du parc sont immaculées, idem pour les bancs de fleurs, même les branches des arbres sont parfaitement alignées. Les cinq entrées du monument (fermé lui aussi !) sont gardées par des statues de guerriers géants tenant des lances dorées. Sur les bords de l’esplanade d’autres statues géantes représentent les grands hommes ayant marqué l’histoire du pays.



Le caporal de service me rappelle à l’ordre alors que je m’apprête à descendre les marches du milieu (surement seul le président peut les emprunter). Je risque d’être son unique attraction de la journée de garde !

En bas de l’allée et de la cascade, se trouve une autre fontaine encore plus kitsch celle-ci surmontée de la fameuse statue de Niyazov. La musique de Goldfinger me vient de suite en tête !

Nous roulons sur les boulevards toujours entièrement vides. Ceux-ci sont bordés d’immeubles d’habitations aux façades identiques, certaines du style néo-classique d’autres plus modernes et rectilignes, seule la couleur des toits change. Arty trouve une petite épicerie en bas de l’un de ces grands ensembles et part acheter de l’eau. J’en profite pour pénétrer dans l’entrée de l’un de ces HLMs de luxe. Surprise, le lobby n’a absolument rien de prestigieux, quelques plaques de marbre sont manquantes, l’éclairage est foireux, les boites aux lettres malmenées et des prises de courant pendent au mur. Pas besoin de gratter le vernis pour réaliser que ce que l’on peut admirer de l’extérieur ne correspond pas toujours à la réalité une fois à l’intérieur.



Il nous reste encore un monument à visiter avant le déjeuner : Le Palais des Mariages (Bagt Kosgi) qui se trouve un peu à l’écart sur les hauteurs, au-dessus du golf présidentiel aux pelouses intensément vertes et près d’un hôtel de luxe dont l’architecture fait penser au Burj Khalifa de Dubaï.

Le Palais, comme beaucoup d’édifices d’Achgabat, se classe dans la catégorie ‘style loufoque’. Les cinq premiers étages prennent la forme d’une étoile turkmène, légèrement décalée à chaque étage puis les cinq autres étages forment une sphère enfermée dans un carré, le tout entouré de fontaines. Il abrite plusieurs salles de réception, un hôtel et un shopping centre mais aujourd’hui il est, comme tous les autres monuments… fermé !



Il ne nous reste qu’à admirer la vue panoramique sur la capitale et sur l’immense parc qui ressemble davantage à une jeune pépinière tant les arbres sont encore minuscules. Nous essayons de repérer les ‘magnifiques’ monuments et édifices dispersés le long des grandes avenues et vus plus tôt.



Alors que nous revenons dans le centre-ville, nous découvrons d’autres monuments, tous aussi étranges, comme par exemple cet obélisque gradué au milieu d’un rond-point qui est en fait un thermomètre géant, indiquant qu’il faut chaud (30°-34°… au choix !) ce qui expliquerait l’absence de présence humaine.

Le déjeuner se prend dans une espèce de taverne russe entourée de beer gardens ombragés et inoccupés. Tout le personnel et les quelques rares clients sont Russes. Sur les grands écrans de télévision accrochés aux murs, nous avons droit au Top 50… russe. Seule la bière (Zip) est locale.

Repus et désaltérés, nous reprenons la visite de la ville, en prenant la direction du célèbre musée du tapis qui s’avère être… fermé ! Nous allons donc faire une balade dans un joli petit parc tranquille et allons saluer la statue de Pouchkine puis un peu plus loin celle de Lénine.

Nous allons ensuite visiter la mosquée Ertuğrul Gazi qui est une copie conforme (enfin presque !) de la Mosquée Bleue d’Istanbul. Inaugurée en 1998, elle honore le père d’Osman, fondateur de l’empire Ottoman. Elle comporte quatre étroits minarets et l’intérieur a certainement bien plus d’allure que la mosquée de ce matin. Nous apprécions sa fraicheur mais surtout sa superbe décoration et les nombreux vitraux colorés. Ici non plus, on ne se bouscule pas !





Après ce bref transit en Turquie, nous allons voir le Palais Oguzkhan, un vaste complexe d’édifices bling-bling, tous surmontés de larges coupoles scintillantes. Parmi tout ça se trouvent la résidence officielle du président, plusieurs grands halls de réception et plusieurs ministères, le tout gardé par d’autres soldats immobiles. Arty nous a prévenu, interdiction absolue de prendre des photos et impossible d’arrêter la voiture. Nous ne faisons donc que passer.

Nous poursuivons sur d’autres avenues en direction d’une autre fierté nationale : les installations sportives olympiques qui sont évidemment monumentales, impeccables et désertes. On y a même construit un métro aérien pour rejoindre les différents stades et salles de sport mais il ne fonctionne uniquement lors du déroulement d’évènements sportifs internationaux… c’est-à-dire presque jamais !

Arty s’assure que toutes les cases ont bien été cochées et qu’aucune attraction n’a été oubliée, le programme officiel est donc terminé… mais il reste encore beaucoup d’heures avant notre départ en train ce soir.

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Une visite au Marché Russe (Russian Bazaar) s’impose. Enfin des gens, nous ne sommes donc plus les uniques survivants d’un cataclysme. Enfin rassurés, nous pénétrons dans ce grand bâtiment ouvert rassemblant des étals… en marbre (!) où, parait-il, l’on peut trouver de tout, en particulier des fruits et des légumes disposés en pyramides colorées mais aussi les derniers téléphones, des épices, des vêtements, des souvenirs, des tapis, des fleurs, du pain, du miel, des gadgets électroniques… etc. bref un endroit qui mérite bien le nom de bazar avec en prime un avantage de taille : personne pour nous interpeller en nous vantant la qualité ou les prix des produits, seules les deux vendeuses de jus de fruits à l’entrée sont insistantes… pendant dix secondes.

Les vendeuses (en blouse verte) et les vendeurs (en blouse bleue) ne semblent pas être débordés cet après-midi, ni même étonnés de nous voir déambuler dans les allées. Toutes les femmes que nous croisons portent le costume traditionnel et se déplacent avec une certaine grâce.





Nous en croisons d’autres un peu plus loin dans la rue piétonne bordée de boutiques de mode et qui mène aux shopping centres ultra-modernes où nous espérons (enfin ‘nous’ ?!) trouver des souvenirs plus originaux que ceux aperçus au bazar. Pas de chance.

Hélas, nous n’en avons pas terminé avec le shopping pour autant puisqu’Arty propose à Ry de faire un tour au Teke Bazar, la version locale du Marché Russe. Sous une espèce d’immense préau à armature métallique, nous retrouvons les mêmes pyramides de fruits et légumes sur des étals en marbre identiques au précèdent. Grand nettoyage aux rayons boucherie qui pour une raison qui nous échappe ferme plus tôt.

Alors que nous nous apprêtons à sortir, je me fais aborder par un barbu pas content voire même menaçant qui me fait comprendre que je ne dois pas prendre de photos. D’ailleurs il veut voir celles que j’ai prises puis que je les efface. Arty vient à la rescousse, le ton monte, il est temps de partir.

Puisque nous avons encore quelques heures à tuer, je propose d’aller voir les ruines de la mosquée Seyit Jemaletdin située à une vingtaine de kilomètres. Le chauffeur jette un coup d’œil à sa jauge d’essence puis accepte.

Nous quittons rapidement les banlieues pour nous retrouver au milieu d’un paysage de champs bordés au nord par une formidable chaine de montagnes. Au bout d’une petite route nous tombons sur une petite mosquée aux murs jaunes et aux dômes dorés et juste derrière sur les ruines de ce qui était, d’après le guide, l’une des plus belles mosquées de l’époque Timuride (XVème siècle) et dont l’entrée était ornée par deux grands dragons jaunes, en total contradiction avec la coutume islamique.

Sur le parking, j’évite de justesse de marcher sur un serpent. Pas sur lequel de nous deux a eu le plus peur !

Quant aux dragons, ils furent détruits (et la mosquée toute entière) lors du tremblement de terre de 1948. Aujourd’hui, il ne reste qu’un amas de briques et des morceaux de murs, certains encore décorés de jolies mosaïques bleues. Il n’y a vraiment plus grand-chose à voir mais l’endroit est tranquille, à peine perturbé par les chants des oiseaux et les hennissements des chevaux dans le pré voisin.

Nous suivons le chemin en terre qui part au milieu des hautes herbes et d’arbustes et qui mène à une tombe et plus loin à un réservoir souterrain vouté, agréablement frais.





Retour dans le centre-ville qui sort petit à petit de sa torpeur. Quelques badauds font leur apparition. Après un rapide arrêt au restaurant traditionnel d’hier pour récupérer un repas à emporter dans le train, nous voilà à attendre sur les quais de la gare. Ils sont bien pleins ces quais, c’est bien la première fois que nous voyons autant de monde !





Le train arrive en gare à l’heure indiquée. Petite cohue au moment de grimper et accéder à notre compartiment, heureusement il est au début du wagon. Il ne nous reste plus qu’à manger notre délicieux (mais extrêmement gras) plov et à faire nos lits. La nuit est tombée rapidement et il n’y a plus rien à voir. Le roulis relaxe les corps fatigués, mieux qu’un massage, nous ne tardons pas à rejoindre le pays des rêves. (à suivre...)
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... suite et fin.

Mary Mai 2019

04:00. Nous arrivons en gare de Mary. Transfert rapide dans un hôtel dont le fronton est en construction. Chambre nuptiale bleue genre ‘plus kitsch que ça tu meurs’ mais le lit confortable permet un rapide retour au pays des rêves.

La nuit fut courte mais bienfaisante. Une douche réparatrice avant de descendre prendre un petit déjeuner très quelconque, assis sur d’extravagantes banquettes tout à fait dans le style de l’hôtel. Nous interrompons brièvement la conversation de deux locaux moustachus qui ne s’attendaient certainement pas à nous voir débarquer. En fait, personne ne s’attendait à la présence d’un couple de touristes, surtout pas la femme de ménage-serveuse-cuisinière qui finit par nous apporter du thé, du pain et des œufs baignant dans cette curieuse huile au gout venu d’ailleurs.

Arty et le chauffeur ne tardent pas à arriver. Il fait déjà bien chaud quand nous mettons le nez dehors en faisant attention de ne pas nous casser la figure au milieu de la terrasse en plein travaux. La rue principale, étonnamment large (elles le sont presque toutes à Mary), est déjà bien animée. Nous remarquons de suite qu’ici les bâtiments et les immeubles d’habitation sont plus moches, moins bien entretenus et que les voitures sont rarement blanches et très loin d’être aussi nickel qu’à Achgabat. Agréable retour à la normalité toute provinciale, à la poussière et… aux embouteillages, bref, à la vraie vie.

Fondée au début du XIXème siècle, à l’écart de l’ancienne Merv, Mary n’est alors qu’un avant-poste du Khanat de Boukhara comprenant essentiellement une petite forteresse. La ville passe aux mains des Russes en 1884 est devient un centre administratif et militaire et plus tard un carrefour ferroviaire. Grâce aux grands travaux d’irrigation effectués pendant la période soviétique, le coton assure la prospérité de Mary. Aujourd’hui, la prospérité (s’il y a car elle est difficile à discerner) vient plutôt de l’exploitation du gaz.

Grandes avenues, immenses parcs mais aussi quelques buildings (bibliothèque, théâtre, instituts, centres médicaux) autant de copies conformes (et toujours aussi bling-bling) que ceux d’Achgabat. Coincés au rond-point principal, nous avons tout le loisir d’observer les ouvriers en train de changer la toiture de la récente et impressionnante mosquée Gurbanguly Haiji dont la construction entre 2001 et 2009 ne fut apparemment pas un long fleuve tranquille, ce n’est d’ailleurs toujours pas le cas aujourd’hui puisque dix ans après son inauguration, il faut changer le revêtement du dôme !

Mary étant la dernière occasion de trouver quelques souvenirs artisanaux, nous demandons de faire un arrêt au Bazaar Zelyony. Sous un immense préau, les allées sont plus compactes et colorées que celles du bazar d’Achgabat, pourtant les marchandises restent les mêmes. Ry finit par trouver son bonheur et Arty joue à la perfection son rôle d’intermédiaire auprès des marchandes qui semblent être intimidées par notre présence. Malgré tous nos efforts, nous n’arrivons pas à liquider notre liasse de Manats.

L’étape suivante nous emmène dans un quartier aux rues en terre défoncées et aux vieilles maisons en bois délabrées et entourées de petits lopins de terre qui ressemblent plus à des terrains vagues qu’à des potagers. Au bout d’une de ces rues apparait la surprenante église russe Pokrovskaya (1900) dont la façade rouge et blanche tranche avec le voisinage. Quant à l’intérieur aux couleurs bleu ciel, blanc et bleu foncé et surchargé de tableaux et d’icônes il est encore plus surprenant !



Arty tient aussi à nous montrer, q rues plus loin, les restes des ateliers d’assemblage et de réparations des avions Mig qui faisaient la fierté de la ville… il y a bien longtemps car, à part le squelette rouillé d’un avion de chasse devant un petit entrepôt de brique rouge, il n’y a strictement rien à voir ! Circulons.

D’ailleurs, il est grand temps de partir vers Merv, l’ancienne citée (autrefois appelée la Reine du Monde), située à une trentaine de kilomètres plus à l’est. Les banlieues cèdent la place aux champs de coton toujours prêts à retourner à l’état de bush dès que le système d’irrigation disparait. Le paysage est aussi plat que le dos de la main et l’horizon s’estompe dans une brume de chaleur et un mélange de poussière et de fumée.

Régulièrement, nous apercevons, au milieu d’un champ, des groupes de femmes et de personnes plus âgées en train de biner la terre. Travail volontaire, comme le suggère Arty, ou bien travail obligatoire ?

Sans vraiment nous en rendre compte tant l’espace est vide, nous arrivons à l’entrée de Merv marquée par un petit musée tenu par une femme, la tête couverte d’un fichu, indice qu’elle est plutôt Russe que Turkmène. C’est d’ailleurs en russe qu’elle s’adresse à Arty.

Le musée archéologique est minuscule et seuls quelques statuettes, masques et fragments de poterie recouverts d’une épaisse couche de poussière sont exposés. Une vieille maquette permet de se rendre compte de l’immensité des lieux et de repérer les principaux sites.

L’histoire de Merv est ancienne et complexe car il s’agit en fait de cinq villes distinctes, proches les unes des autres, érigées à différentes périodes par plusieurs dynasties. Ses origines remontent au VIème siècle av. J.-C. quand Cyrus le Grand (fondateur du premier Empire Perse) fonde la première cité et son histoire se termine vers la fin du XVIIIème siècle quand elle est de nouveau rasée et sa population déportée.

Comme pour Nisa, c’est une belle embrouille. Je dois faire appel à mes lointains souvenirs du programme d’histoire appris en sixième. Alexandre le Grand, les Perses, les Assyriens, les Huns, les Mongols… tout ça me dit bien quelque chose mais qui sont les Mèdes, les Achéménides, les Séleucides, les Sassanides, les Parthes, les Timourides, les Omeyyades (ah, ceux-là je m’en souviens mais ils arrivent bien plus tard) et quantité d’autres dans cette histoire qui couvre tant de siècles ? Impossible de formuler la moindre chronologie entre ces peuples et ces empires… heureusement Google existe !!!

Les archéologues ayant fouillé ce vaste site ont dû prendre leur pied mais aussi attraper des cheveux blancs tant les séquences historiques sont compliquées et tant il ne reste plus grand-chose de visible sinon ces immenses remparts en terre, pratiquement tous effondrés, et ces quelques semblants de koschs (forteresses) qui semblent avoir fondu au soleil ou encore ces quelques mausolées éparpillés au milieu de cette immensité.

Ils ont établi qu’à chacune des périodes successives (hellénique, perse, arabe, turque, mongole, ouzbèke) correspond plus ou moins à une nouvelle ville, capitale d’un empire plus ou moins grand ou bref, et que toutes ont connues leur lot de conquêtes, de victoires, de défaites, de destructions, de reconstructions, d’agrandissements et d’embellissements. Ils ont également découvert des ruines de temples, de monastères, des stupas, des tombeaux leur indiquant que les habitants de Merv pratiquaient une multitude de religions allant du bouddhisme au zoroastrisme, du manichéisme au christianisme et à l’islamisme.

Au IVème siècle av. J.-C., Alexandre le Grand, en pleine conquête, en fait une base arrière, appelée Margiane. Plus tard, les pièces retrouvées ont permis aux archéologues d’établir la chronologie de l’empire Sassanide dont le règne s’étend sur quatre siècles avant de disparaitre après la conquête arabe au VIème siècle et la prise de Merv par les troupes musulmanes de Othman Ibn Affan. Arabes, Perses, Turcs se succèdent pour dominer cette plaque tournante essentielle pour le commerce mais aussi pour créer un carrefour culturel et scientifique de première importante et une ville prospère dont l’influence rivalise avec celle du Caire, de Bagdad ou de Damas. Au XIIème siècle, Merv devient l’un des principaux carrefours sur la Route de la Soie et l’une des plus grandes villes au monde (500 000 habitants).

Au XIIIème siècle, la cité est rasée et sa population entièrement massacrée par les hordes mongoles sous le commandement du fils de Gengis Khan. De l’apogée au néant en l’espace de quelques années. Bien que partiellement reconstruite, Merv ne retrouvera jamais plus son ancienne prospérité.

Au XIVème siècle, Merv repasse aux mains des Perses mais la cité ne parvient pas à retrouver sa splendeur d’antan, d’autant moins que cette fois se sont les hordes ouzbèkes qui mettent à sac la ville. Après leur départ, Merv connait une mini résurrection grâce notamment à la construction d’un barrage sur la rivière Murghab et aux travaux d’irrigation.

Vers la fin du XVIIIème siècle, le Shah Murad Beg, Emir de Boukhara, fait raser la ville, détruit le barrage et déporte la population (estimée à 100000 personnes) vers Boukhara et Samarcane.

Les Russes qui arrivent en 1884 découvrent, un immense terrain vague délimité par les mêmes murailles en terre effondrées que nous voyons aujourd’hui. Ce sont eux qui entreprendront les premières fouilles archéologiques et les premiers (et modestes) travaux de restauration.

Les premiers vestiges et peut-être aussi les plus remarquables : le grand Kyz Kala et le petit Kyz Kala sont le point de départ de notre visite qui, hélas, ne se fait pas dans un ordre chronologique puisque ces deux monuments massifs datent de la période Sassanide (VIème et VIIème siècles). Le premier, le mieux préservé, est en ce moment en cours de restauration donc en partie recouvert de bâches sombres, cependant les parties visibles laissent apparaitre les formes ondulées des énormes murs en terre et diverses voutes. Kyz signifiant fille en turc, on peut supposer qu’il s’agit là d’une sorte de harem où les femmes étaient gardées à l’abri du regard des hommes.



Quelques centaines de mètres plus loin, érigé sur une petite colline, un autre Kyz de dimensions plus modestes apparait. Cette construction également en terre est en grande partie érodée, ce palais semble avoir fondu petit à petit au cours des siècles. A l’intérieur se trouvent des espèces de cellules aux parois éventrées et des escaliers menant nulle part.







C’est aussi un point élevé qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur les différentes villes délimitées par de longues murailles défensives elles aussi en terre et d’apercevoir les rares ruines encore debout ou les quelques monuments éparpillés et récemment restaurés comme le mausolée du Sultan Sanjar (XIIème siècle) que nous verrons en dernier.

Nous reprenons la voiture pour longer ces interminables et encore impressionnants murs. Plus loin, la route passe par une brèche dans la muraille et pénètre dans une autre ‘ville’. Certaines sections de ces défenses sont en fait composées de trois murs construits l’un sur l’autre. Le premier datant de l’époque Séleucide est droit à l’extérieur et en espaliers à l’intérieur et sert de base au deuxième mur construit en briques de terre assez similaire (parait-il) aux forteresses helléniques que l’on retrouve en Anatolie à part que celles-ci sont en pierres et non en terre. Enfin le troisième mur, datant de la période Sassanide est composé de briques plus larges encore.

Pendant que les autres restent au frais dans la voiture, je pars examiner ces murs de plus près. Ils sont vraiment impressionnants, non seulement par leur largeur et leur hauteur mais surtout par leur longueur. Combien d’esclaves ou de soldats se sont tués à la tâche pour ériger un tel ouvrage ?





Derrière ces murs en argile, une vaste plaine herbeuse toute cabossée se déploie, ses limites se perdent dans la brume de chaleur. Il faut un sacré don de clairvoyance pour y ‘voir’ une ‘zone industrielle’ et les quartiers des artisans. C’est pourtant ici que l’on a excavé les restes de fours à poterie et des fonderies de métaux.

Le prochain arrêt à lieu au sanctuaire d’Ashkhabi qui regroupe un ensemble de tombes de compagnons du Prophète qui répandirent la religion islamique au VIIème siècle. Deux d’entre-elles, placées côte-à côte, sont particulièrement originales elles contiennent les dépouilles d’un certain Al Hakim Ibn Amr Al Jifari (mort en 670) et d’un certain Bureida Ibn Al Huseib Al Aslami (mort en 681). L’histoire ne précise pas pourquoi ceux-là ont eu droit à des iwans datant de la période Timuride (XVème siècle) et à des mausolées construits sur leur tombe au XIXème siècle !?

Les ouvertures dans les iwans donnent sur un paysage intrigant composé d’une multitude de bosses arrondies et sur d’anciennes machines en train de rouiller. Curieux clash de civilisations !

Un peu plus loin se trouve un ancien réservoir surmonté d’une espèce de coupole et décoré de sculptures à peine visibles. Sorti de nulle part, un groupe de gamins à vélo s’amuse à lancer des cailloux dans l’eau qui stagne quelques mètres plus bas. C’est à celui qui fera le plus bel écho.





Alors que nous pénétrons dans Gyaur Kala, la deuxième ville fortifiée (IVème siècle av. J.-C.) érigée par les Séleucides et dont l’aménagement urbain reflète (parait-il, bis) le modèle hellénistique (j’ignorais l’existence d’un tel modèle !) nous croisons plusieurs groupes de dromadaires rastas (c.à.d. avec dreadlocks). Plus loin, nous jetons un coup d’œil sur les ruines de la mosquée Beni Makhan dont ne subsistent que quelques pans de murs ‘fondus’.

Enfin, nous arrivons sur les bords d’un marécage formant une véritable oasis tout à fait inattendue au pied d’une rampe d’accès particulièrement raide. Cet unique accès à la ‘ville’ menait autrefois à une tour d’observation située en haut des remparts de la plus petite mais aussi de la plus ancienne ‘ville’ : Erg Galaou Erk Kala datant de la période Achéménide soit VIème siècle av. J.-C. ! C’est un sacré retour dans le passé que je fais alors que je grimpe cette rampe sous un soleil accablant mais accompagné et soutenu par de nombreux oiseaux qui virevoltent autour de moi. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut marcher sur des traces d’humains vieilles de vingt-sept siècles !

L’effort est vite récompensé ne serait-ce que par la vue panoramique sur ce vaste complexe archéologique de Merv mais aussi par la découverte de cette espèce de cratère parfaitement rond qui abritait la forteresse persane puis, plus tard l’Acropolis des Helléniques et l’Ark (quartier gouvernemental) des premiers Musulmans.

Le site doit être surement plus intéressant et révélateur vu d’en-haut car d’ici à part cet immense cercle presque parfait en partie recouvert d’une végétation basse et de terre aride et de crevasses, il n’y a rien… que le silence, parfois interrompu par le chant de cet oiseau bleu qui joue à cache-cache dans les petites cavités de l’ancienne tour.



Je suis surpris de constater l’extrême proximité des deux villages aux rues parfaitement perpendiculaires et le patchwork des champs qui s’étend jusqu’aux limites du désert.

Je retrouve les occupants de la voiture qui affichent tous un petit sourire en coin en me voyant tout dégoulinant.

Nous longeons d’autres murs et semblons même sortir du site de Merv pour nous diriger vers le sanctuaire et le site de pèlerinage de Yusuf Hamadini, un savant Sufi mort en 1140 et fondateur de l’Ordre de Naqshbandi. Cet important complexe de construction récente n’a rien d’exceptionnel mais rassemble les installations d’un centre de pèlerinage, une mosquée, des salles de prière, un minaret rond un peu à l’écart, un portail timuride et la tombe du savant, le tout entouré de massifs de fleurs.

C’est le seul endroit où nous rencontrons quelques personnes, principalement des hommes venus faire leurs prières. Quand je pense qu’ils devront attendre ce soir avant de pouvoir avaler la moindre goutte d’eau alors que nous en sommes déjà à notre troisième bouteille… d’un litre et demi !!!

Nous revenons sur nos pas, vers Sultan Gala, la plus grande des ‘villes’ de Merv pour voir les ruines de l’un des plus importants édifices datant de la période Seljukide : le Shahriar Ark, une véritable citadelle dans la citadelle mais dont il ne reste aujourd’hui que cette structure ondulée dont on ne sait d’ailleurs toujours pas s’il s’agit d’un pigeonnier ou bien une bibliothèque ! C’est à cette époque du Moyen-Age que le rayonnement aussi bien commercial que culturel et religieux de Merv atteint son apogée.

Il ne nous reste plus que le clou du site à visiter et surement l’édifice le mieux préservé parmi ce vaste champ de ruines : le mausolée du Sultan Sanjar datant du XIIème siècle. Etant le seul édifice encore debout, il se remarque de loin ce dôme posé sur des hauts murs en briques formant un carré de 27 mètres de côté et percés de deux ouvertures aux pourtours richement décorés tout comme le sont les fenêtres tout en haut. A l’entrée, un panneau nous indique que ce bâtiment (ayant fait l’objet de récents travaux de restauration financés par la Turquie) était, à l’époque de sa construction, reconnu comme étant la perle de l’architecture islamique de par sa grandeur, sa précision et son élégance… d’où peut-être son nom ‘Dar-ul-ahira’ (l’Autre Monde).



L’intérieur blanc est décoré de lignes géométriques bleues soulignant les formes des fenêtres et du dôme. Les coulasses et les nombreuses tâches sombres, dues aux infiltrations d’eau, commencent à ruiner les efforts de restauration entrepris mais ajoutent aussi une petite touche authenticité temporelle !

La visite est maintenant terminée et place au déjeuner que nous allons prendre dans un restaurant dans la petite ville toute proche. Encore une fois, aucun signe extérieur visible ne permet de savoir qu’il s’agit bien d’un restaurant, je me demande d’ailleurs comment nous l’aurions trouvé sans Arty. La grande salle vide est divisée en une série d’alcôves sur les côtés. Comme parfois au Japon, certaines ne sont meublées que de tables basses et de coussins, heureusement d’autres ont des tables et des chaises ‘normales’, c’est d’ailleurs là que nous installons.

Repas traditionnel copieux, nos hôtes désireux de nous faire gouter toute la palette de la cuisine turkmène : salades, plovs, brochettes… etc. Tout est effectivement délicieux mais nos estomacs crient vite grâce. Pendant que les mets se préparent, je pars inspecter chaque alcôve car toutes sont décorées d’anciennes photographies montrant des scènes de la vie quotidienne peu de temps après l’arrivée des Russes. Que de chemin parcouru en un peu plus d’un siècle !

Nos ventres ayant doublés de volume, nous allons pouvoir digérer tranquillement en regardant la route jusqu’à la frontière. Pas si vite car il nous encore reste un arrêt à faire pour voir les ruines d’une… glacière !?

Après avoir longé d’autres murs, tout aussi imposants mais en bien meilleur état car plus récents, nous quittons la ville pour nous enfoncer dans les champs de coton. Au milieu de l’un d’eux apparait une forme étrange en terre à moitié effondrée qui fait davantage penser à une gigantesque termitière plutôt qu’à une glacière. Il s’agit en fait d’une construction conique en argile permettant de stocker de la neige compactée afin de préserver récoltes et victuailles.





Ces amas d’argile, couverts de petits trous parfaits pour un nid, sont devenus des refuges pour des milliers d’oiseaux ou une immense ZUP pour hirondelles. A l’intérieur, malgré le plafond effondré, il semble effectivement y faire plus frais.

Mais rien ne vaut la fraicheur de l’air conditionné de la voiture. Cette fois, c’est non-stop jusqu’à Farap soit quatre heures de route. Les champs disparaissent rapidement et laissent place au désert recouvert d’une végétation basse poussant sur du sable. Longue route droite (mais certainement pas plate !) fréquentée que par quelques camions et de rares voitures.

Turkmenabat se profile à l’horizon, tout au moins les cheminées géantes de ses complexes industriels. Nous empruntons la voie expresse qui contourne le centre-ville et les banlieues avant de traverser l’Amu Darya, une impressionnante rivière au milieu de cette immense région désertique qui, à 300 kilomètres en direction du sud-est, forme la frontière avec l’Afghanistan.



Mais c’est vers la frontière avec l’Ouzbékistan que nous nous dirigeons en cette chaude fin d’après-midi. La route, devenue impeccable et balisée par de grands rond-points, longe les nouveaux quartiers de banlieue. Arrivent les premiers contrôles de police car il faut avoir de bonnes raisons pour circuler par ici. Une dernière ligne droite et voilà la barrière rouge et blanche annonçant la zone frontalière.

C’est ici que nous remercions et quittons Arty et notre sympathique chauffeur et que nous redevenons deux voyageurs indépendants… et libres !

Conclusion. Content d’avoir finalement coché cette case… d’avoir pu soulever un coin du voile qui recouvre ce pays et brièvement tenter de voir ce qui se passe en-dessous. Revenir au Turkménistan ne sera pas une priorité même, si faute de temps, je suis passé à côté des plus belles parties du désert et d’autres importants sites archéologiques, situés au nord du pays. Bref, le détour en valait la peine… mais je dis toujours ça !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
LO Lofoten Veteran ·
Il est tout simplement interdit de prendre en photo les habitants ! et les habitants dans la capitale le savent.
"Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage". Marek Halter

« Les montagnes sont des géants assoupis. (...) Peut-être que nous ne sommes que leur rêve, un rêve de la terre somnolente » Théodore Roszak
PA Patmallet ·
bonjour, je projète de traverser l'été prochain Le Turkmekistan en moto Entrée depuis l'Iran pour Ashgabat et deux escales à Mary et Turkmenabat avant de rejoindre Bukhara via la route M37 J'ai une autonomie en carburant de 450 km

Le visa d'après l'ambassade n'a pas l'aire de poser problème si on a le visa Iranien Est ce que cela te semble possible L'approvisionnement en carburant si on lit ton récit n'a pas l'air de poser problème peux tu me le confirmer connais tu l'état des routes ? as tu des conseils à me donner. merci dans tous les cas et bravo pour ce voyage
Patrick
XR Xrctn Veteran ·
je projette de traverser l'été prochain Le Turkmekistan en moto...

Tu vas donner des envies... Je n'imagine pas de problème concernant le ravitaillement en carburant. Routes impeccables dans la capitale et les proches environs, le reste me semblait OK, avec quelques tronçons parsemés de nids-de-poule. Pas de conseils particuliers... en espérant que tu 'apprécieras' la capitale science-fiction plutôt surprenante et que, si tu es amateur d'histoire(s), tu auras le temps de passer quelques heures à Merv. Effectivement, il est préferable de faire dans la discrétion pour ce qui est photographie.

Au fait, l'été il peut faire très chaud.

Bon voyage et bonne route.

Ah si, attention aux chameaux !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
PA Patmallet ·
merci Xavier, pour ces informations l'entree par l'Iran a l'air de poser problème pour les motards (pb de cylindré>250 cm3 interdite de circulation) et / ou de caution exorbitante la solution étant d'arrivée plus au nord et de rallonger la durée du séjour la bas ce qui au vue de ton carnet n'est sans doute pas dénué d'intérêts merci encore
Patrick
SY Sylvy Regular ·
Bonjour Patrick

Renseigne toi mais d' après ce que j' ai lu l'interdiction pour les motos de plus de 250 cm3 a été ou va être levée.

Pour le carnet de passage en douane ("caution exorbitante") tu peux l' éviter en passant par la filière Hossein (nombreux post sur ce sujet)

Si ça n' a pas changé (je suis allé au Turkménistan en moto en 2015), si tu ne prends pas de guide, tu ne peux obtenir qu' un visa de transit de 5 jours, il ne faut donc pas trop vouloir visité de chose.

Bonne préparation

Eric
LA Lapaz ·
Bonjour, combien de cases avez-vous cochées à ce jour? Cordialement.
XR Xrctn Veteran ·
Tous ceux qui sont affichés sur l'avatar sauf : Arabie Saoudite, Aland*, Bahrein, Faroe*, Kazakhstan, Malte, Norvège et l'Ukraine mais + d'autres qui ne le sont pas ! 😉 Disons que j'en ai cochées plus qu'il ne m'en reste à cocher. Par contre une grande lacune : aucun DOM TOM...
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
BI Bidul38 Regular ·
Merci pour ce récit et ces belles photos. Ça semble pas simple pour faire du tourisme seul dans ce pays, mais que de splendeurs à contempler.😏
MA Marimar94 ·






Nous avons fait - 2 amies - avec chauffeur et guide - lors de notre circuit sur la route de la soie - un passage au Turkménistan de 8 jours avec découverte de Nisa, Asghabat Merv désert et trou du diable.( picnic et camping tout près ! ).les chevaux alka teke... Et puis même si « on reste un peu sur sa faim quant aux vestiges de cette région de l’époque de la route de la soie - quelques restaurations en cours - ) nous avons fait de belles rencontres nous avons été très bien reçu , nous avons mangé chez l’habitant, discuté, échangé, en « baragouinant et avec l’aide de notre guide francophone, beaucoup roulé sur des routes difficiles parfois ( Des kilomètres en 4x4 dans le désert c’est long ! ) De beaux souvenirs ! Dépaysement, Et puis pas de touriste ! C’est très tranquille ! Traversée des frontières épiques : seules, ( nous changeons de guide et de voiture ) 2 amies dans un no man’land de 2 kilomètres sous un soleil de plomb, avec fouille complète de nos bagages (seules clientes il est vrai ! ) de nos médicaments ( recherche sur ordi de ces médicaments) Pour entrer en Ouzbékistan ....
XR Xrctn Veteran ·
De beaux souvenirs ! Dépaysement... Et puis pas de touriste ! C’est très tranquille !

Tout a fait, dépaysement et tranquillité garantis.

Ah, les fameuses marches 'Mitterrand"

https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
MA Marimar94 ·
Oui les marches Mitterand à Nisa Et puis soirée vodka et danse à Merv avec notre guide francophone ( d’origine kirghize) - à côté d’une salle occupée par une soirée dansante... avec des turkmènes en folie : quelle soirée ! Visite d’un village dans la montagne et repas chez l’habitant à Nohur Ashgabat et ses monuments , mosquée Azadi

Et camping à Darvaza à côté du trou du diable !! Etc...



De beaux souvenirs...
BI Bidul38 Regular ·
oui, vraiment vous devez garder de magnifiques souvenirs.Ça fait très envie. Merci encore our ce partage.😏
LA Lapaz ·
Tous ceux qui sont affichés sur l'avatar sauf : Arabie Saoudite, Aland*, Bahrein, Faroe*, Kazakhstan, Malte, Norvège et l'Ukraine mais + d'autres qui ne le sont pas ! 😉 Disons que j'en ai cochées plus qu'il ne m'en reste à cocher. Par contre une grande lacune : aucun DOM TOM...

Combien au total?
XR Xrctn Veteran ·
Ici
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
LA Lapaz ·
Impressionnant. Je viens de passer la centaine. Je reste un petit joueur...
MA Masterpo Globetrotter ·
Ouf, j'en ai quand même deux où tu n'es pas allé. La RCI et le Népal...
XR Xrctn Veteran ·
RCI... quesaco ?

@Lapaz En fait, ce n'est pas le nombre qui compte car au final ca ne veut pas dire grand-chose... sauf pour les amoureux de frontières !

Par exemple, du Canada, je ne connais que Vancouver et Montreal mais sur la carte du monde ca fait un gros morceau, idem pour l'Inde, je ne connais que New Delhi et Agra... difficile de dire donc que je connais ce pays si diversifié. En France, il me reste toujours plusieurs régions à découvrir (Bretagne, Normandie, Jura, Pyrennées centrales...)

Mieux vaut la qualité que la quantité... enfin il parait 😉
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
MA Masterpo Globetrotter ·
La capitale de la RCI, c’est Yamoussoukro 😛
XR Xrctn Veteran ·
Ah, si tu avais écrit CI j'aurais pu faire le rapprochement ! Je connais bien l'aéroport de la ville principale du pays... J'en suis même sorti une fois rapidement pour acheter des plantains au marché à côté du tarmac. Mon unique passage de frontière clandestin... à ce jour !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
AM Amarante63 Veteran ·
Bonjour Merci pour ce récit qui m'a beaucoup intéressée car.. Justement j'irai en mars pour la fête de Norouz avant de partir en Ouzbekistan. Un air de Corée du Nord, non ? Il vous reste la Transnitrie dans le genre...
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
LO Lofoten Veteran ·
Le Turkménistan n a rien a voir avec la Corée du Nord ! Strictement rien a voir ! Arrêtez cette comparaison svp !
"Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage". Marek Halter

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XR Xrctn Veteran ·
la fête de Norouz

Ah. c'est aussi la date de mon anniversaire !

Il vous reste la Transnitrie dans le genre...

J'y songe bien sûr !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
XR Xrctn Veteran ·
Le Turkménistan n a rien a voir avec la Corée du Nord ! Strictement rien a voir ! Arrêtez cette comparaison svp !

Difficile pourtant de ne pas la faire, cette comparaison. Cependant les deux pays restent très différents, déjà point de vue paysages, gastronomie et... sourires !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
ME Meg2 Globetrotter ·
Il vous reste la Transnitrie dans le genre...

J'y songe bien sûr !

dans cette catégorie de pays, n'oubliez pas l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud et le Nagorno Karabagh 😉 Attention quand même, si jamais vous revenez avec un de ces tampons sur votre passeport, vous ne pourrez plus aller soit en Géorgie soit en Azerbaidjan.
XR Xrctn Veteran ·
Je me suis approché de très prés des deux dernières mais je n'ai pas pu passer de l'autre coté, la frontière avec l'Ossétie du Sud était fermée (venant de Géorgie) et je ne suis pas allé au Nagorno Karabagh car je me rendais en Azerbaidjan juste après. J'ai appris plus (trop) tard que l'on peut obtenir un visa volant à la frontière du Nagorno Karabagh. Mais bon, comme il ne s'agit pas de 'vrais' pays... il n'y a donc pas de case à cocher !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
AM Amarante63 Veteran ·
Pas certain que j'y penserai ! 😉
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
AM Amarante63 Veteran ·
D'après les récits, je ne peux pas m'empêcher de faire la comparaison !!! Même s'il y a, je n'en doute pas des différences... Je n'ai pas encore visité le Turkmenistan pour pouvoir juger par moi-même !
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
LO Lofoten Veteran ·
Le seul point commun est le parti unique et l'absence d'opposition politique. Autrement tout y est différent et la nouvelle architecture du Turkménistan 1 000 fois plus intéressante que la Corée mais je vous laisse faire votre propre avis.
"Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage". Marek Halter

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ME Meg2 Globetrotter ·
Le seul point commun est le parti unique et l'absence d'opposition politique.

ce sont quand même 2 des très rares pays qui ont développé (et maintenu jusqu'à ce jour) le concept à ce point : là, on peut réellement parler de régime totalitaire et non d'une "simple dictature". Ceci dit, l'architecture, la situation économique, le climat et les paysages, sont, effectivement, bien différents.
LO Lofoten Veteran ·
En Afrique il y a une dizaine de régimes comme cela dont on ne parle jamais.. Mais au Turkménistan, la population manque de rien tout est propre et ce n' est pas la société de consommation qui nous envoit droit dans le mur...
"Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage". Marek Halter

« Les montagnes sont des géants assoupis. (...) Peut-être que nous ne sommes que leur rêve, un rêve de la terre somnolente » Théodore Roszak
ME Meg2 Globetrotter ·
En Afrique il y a une dizaine de régimes comme cela dont on ne parle jamais.. Mais au Turkménistan, la population manque de rien tout est propre et ce n' est pas la société de consommation qui nous envoit droit dans le mur...

vous avez sans doute raison, je connais très mal l'Afrique. Je sais juste que l'Erythrée est dans une situation similaire.

C'est très vrai que dans les pays occcidentaux, le traitement médiatique réservé à certains pays est parfois complètement disporportionné quand on le compare à d'autres pays (cf situation des droits de l'homme —et de la femme— en Arabie Saoudite par rapport à l'Iran, par exemple...)

Ceci dit, au Turkménistan, la population locale n'a pas faim, elle dispose généralement d'eau courante (souvent potable) et d'électricité ou gaz, et l'hygiène de base est bonne ; mais l'accès aux soins en hôpital pose problème, et les expropriations abusives ne sont pas rares : certaines banlieues d'Ashkabad sont beaucoup moins reluisantes que le centre. On peut aussi noter que le régime se finance par l'exportation massive d'hydrocarbures, ce n'est pas forcément un modèle de durabilité non plus...
LO Lofoten Veteran ·
Le pays s ouvre au tourisme sous contrôle c est déjà une autre rentrée de devise. La porte de l enfer est en train de devenir un classique alors qu a un moment ils voulaient trouver un moyen de l éteindre. Il y a aussi des infrastructures sportives de dingue depuis les jeux asiatiques : ils pourraient facilement acceuillir une coupe du Monde de foot ou des JO !
"Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage". Marek Halter

« Les montagnes sont des géants assoupis. (...) Peut-être que nous ne sommes que leur rêve, un rêve de la terre somnolente » Théodore Roszak
FR Fragrataloup Regular ·
salut, concernant les voitures , c est un peu différent , l ordre présidentiel était qu elles devaient être noires !!donc il fallait peindre les voitures blanches , finalement le ministre concerné a changé d avis !! autrement les voitures doivent nettoyées avant d entrer en ville et sont autorisées uniquement les voitures ayant une plaque de la capitale , pour les autres c est parking extérieur et transport en commun !!! juste pour information il y a aussi d autres belles choses a voir :l antique merv , au patrimoine mondial de l unesco , les traces des dinosaures dans l est , le canyon de yangykala qui est exceptionnel (du niveau de bryce canyon) et pour ceux qui lirons mon message ce n est pas la Corée du nord (j ai donné aussi)on peut circuler le soir en ville seul , aller au restaurant et parler avec les gens ....chose totalement impossible en corée
AM Amarante63 Veteran ·
Bonjour, eh bien mon voyage au Turkmenistan/Ouzbekistan est annulé par mon agence française... Le Turkmenistan refuse l'entrée des ressortissants français pour cause de coronavirus ! Mon problème est que j'ai acheté un vol sec par Turkish Airlines, je crains que ce soit pour ma pomme....
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
FR Fragrataloup Regular ·
salut c est mort pour le voyage mais ......je pense qu il est possible de le décaler , je viens de rentrer de voyage et la compagnie avait avant le départ propose de décaler les vols et comme turkish est sérieuse , cela devrait se faire .L agence française devrait aussi le faire !!
AM Amarante63 Veteran ·
oui mais difficile de prévoir une date avec tout ça...( d'autant que je voulais aller pour Norouz...)J'aimerais que TA me rembourse...j'attends un peu l'évolution pour appeler en Turquie; quand j'ai téléphoné en France, la semaine derniere, on ne m'a parlé que de remboursement de taxes....
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
FR Fragrataloup Regular ·
les compagnies aériennes n ont aucune obligation , l épidémie est un cas de force majeure donc c est de la négociation commerciale , si tu as pris les billets en direct cela me semble plus facile que par un site internet .Par exemple ma fille devait aller au Liban fin d année dernière et suis au problèmes internes cela ne s est pas fait , elle a annulé et a pu se faire rembourser (ce fut long par contre)

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