Kirghizistan juillet 2019

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GR


C'est à mon tour, enfin, mais il n'est jamais trop tard, de vous narrer notre voyage au Kirghizstan, à l'été 2019. Trois semaines à deux, en autonomie. Le texte n'est à l'origine pas fait pour lire seul, mais pour étoffer les photos. Vous trouverez la version originale ici: https://sites.google.com/site/kirghizstan2019/



Préambule par Gilles “Le kirzistan vous connaissez ? » ai-je demandé à mes compagnons de plongée lors d’un W.E ensoleillé de septembre suite au coup de fil de Grisemote. «J’ai l’impression que ce sera ma future destination de vacances dont je ne connais même pas le nom ni où ça se trouve ». « Le Kurdistan ? Ce doit être près de la Turquie ». Une petite visite de Maps m’en apprend plus, à commencer par son orthographe alambiquée. Coincé entre la Chine, le Tadjikistan et le Kazakhstan, c’est la destination idéale pour être loin de tout, en pleine montagne, à des hauteurs impressionnantes … Mes craintes se sont révélées exactes dès le lendemain, sur un autre appel téléphonique codé « Les billets sont pris, je répète, les billets sont pris ». Au moins, comme cela, il n’y aura pas débat sur la destination. Mais que diable vais-je donc faire dans cette galère …? Qu'est-ce qui a bien pu nous donner l'envie? Et bien tout d'abord le carnet de voyage de Marie (mlefevre sur Voyage Forum) et ses superbes photos: https://sites.google.com/site/kirghistan201801/home puis aidée par les intervenants de Voyage Forum, je cite entre autre (mlefevre, Perju, Max68, laurence49b , Changgulu, Squeed38 ) merci à eux, le blog "voyager au Kirghizstan sur facebook, le superbe livre de Cécile et Laurent, véritable bible du Off Road, une carte, indispensable pour la préparation des étapes

et puis après avoir téléchargé multiples applications diverses et variées, nous avons utilisé Off Line Maps + qui nous a permis de télécharger les cartes au préalable et de pouvoir les utiliser sans connexion. Nous avions aussi les cartes vendues par Cécile et Laurent, très pratique et tout prémâché. Maps-me pour les stations services, banques etc.... Mais pas toujours à jour et "ioverlander" pour d'éventuels points de bivouac. Bref, une sacré préparation quand même. Comme toujours, pour que ça se passe au mieux sur place, le travail en amont est colossal. Nous partons à l'aventure certes, mais l'aventure ça se prépare!!!!

Le Kirghizstan est donc un pays d'Asie Centrale, qui faisait partie autrefois de l'URSS, et qui en garde quelques attaches, et dont la religion majoritaire est l'Islam, mais souple et entachée de chamanisme, chez les nomades et dans les villages de campagne. Pas de voile pour les femmes, et la vodka est la boisson dominante dans les supermarchés. On y parle russe (et vraiment peu ou pas anglais). Les Kirghizes sont un peuple nomade qui transportent leur campement, les yourtes, pendant les mois d'été, de juin à août, car ensuite les routes sont impraticables, et le climat extrêmement froid. Les nomades sont particulièrement accueillants. Il n'est pas rare, voire très fréquent, qu'ils établissent leur campement à plus de 3000 mètres.

Au Kirghizstan, il y a tellement, mais tellement de fleurs , que j'ai choisi de commencer chaque chapitre par une présentation florale.

Début juillet, c’est le départ. Nous partons de la capitale des Gaules, Lyon et son terminal d’aéroport flambant neuf, en plein rodage (un espace gigantesque et un goulet d’étranglement incompréhensible au niveau de la douane qui bloque tous les passagers au pied d’un ascenseur – le bordel quoi !). Vu le poids des bagages avec la tente et de quoi s’habiller chaud et froid, nous avons à nouveau opté pour Turkish airlines et ses 30 kgs par passager. L’avion à Lyon a pris du retard au décollage, du coup, c’est au pas de course que nous traversons de part en part le tout nouvel aéroport de Istanbul.

Encore un peu plus de cinq heures de vol et nous atterrissons à Bishkek, capitale du Kirghizstan. Avant de rejoindre notre loueur de voiture, nous récupérons nos bagages, et là surprise, un de nos sacs a disparu, remplacé par un autre qui lui ressemble fort, mais qui n’est pas le nôtre. Inédit comme contrariété ! C’est le sac avec notre tente et nous avons prévu de bivouaquer la presque totalité du voyage. Nous cherchons désespérément celui qui a subtilisé notre sac par erreur, mais rien n’y fait! Gilles part faire une déclaration de perte, pendant que l’employé de la location de voiture patiente avec les bagages et que je vais au comptoir de Megacom, nous acheter deux cartes SIM, téléphone et accès internet pour 2,50€ par semaine. Inutile de s’en priver, et très utile pour google maps (quand il y a du service, car la majeure partie des lieux où nous avons évolué sont en pleine nature, et sans réseau). Alors que je patiente au comptoir, je vois un papa et ses trois enfants avec un sac qui ressemble beaucoup au nôtre. Après vérification, c’est bien lui, et l’homme ne s’était pas rendu compte de sa méprise. Quelle chance de retrouver notre bagage, c’est inespéré ! Il faut ensuite monter au second annuler la déclaration, et récupérer enfin la voiture. Beaucoup de temps perdu! Notre loueur c’est TRAVELAND, trouvé sur internet avec des voitures qui semblent tenir la route, pour un prix dans la norme de ce que l’on peut trouver. Nous lui avons loué aussi table, chaises et réchaud. La fatigue, peut-être un excès de confiance, nous notons quelques points, et ne prenons pas de photos du véhicule. Grosse erreur ! Presque un mois après notre retour, nous recevons une facture de toutes les rayures ou craquelures ou je ne sais quoi qui nous sont imputées, et seront prélevées sur la caution laissée. Autant dire qu’ils vont refaire la carrosserie à nos frais et sans possibilité de recours. TRAVELAND SURTOUT PAS, à éviter absolument! Bref, nous ne savons pas encore que ce sont des voleurs, mais j’avais quelques méfiances quand même, dues au fait que Marie Lefèvre était passée par eux également, et sans avoir autant d’ennuis , ils n’avaient pas été très fair play. Nous avions réservé un NISSAN Patrol, et c’est en fait un MITSUBISHI Pajero. Les pneus, comme pour Marie, sont des pneus de SUV et non de 4X4. Ils feront l’affaire ainsi que la voiture maniable et suffisamment puissante à la fois car nous n’avons pas rencontré de terrain mou ou boueux. Par contre, pas très grande, nous devons replier les sièges arrières pour y caser la table pliante de grande taille, ainsi que notre malle que nous emportons dans tous nos voyages en camping, pratique mais encombrante. Nous rejoignons l’Aurum hotel où j’ai réservé la nuit de l’arrivée et celle du départ. Rien d'extraordinaire, mais a fait le job. Organisation du coffre, courses, repos et nous voilà partis pour une petite visite dans le centre ville. Pas trop de charme, architecture type années soviétiques, pas de temps à perdre dans l’esthétisme y compris pour les statues, comme nous le verrons maintes fois au cours du voyage.

Petit tour au bazar de Osh qui est gigantesque. Nous sommes d'ailleurs pris dans des embouteillages inextricables. Petite mise en bouche de conduite pour Gilles!

Nous dînons dans un restaurant pour l’équivalent de 7 euros à deux, et dodo.

Nous devons rejoindre aujourd'hui Kochkor où nous avons réservé deux jours de randonnée à cheval, pour monter au lac de Kol Ukok, par l’intermédiaire de JAILOO TOURISM. C’est un gros challenge, Gilles ne connait pas trop le cheval, quant à moi, je ne suis pas remontée depuis ma jeunesse, mais c’est un rêve. Alors, quoi de mieux qu’au Kirghizstan, pays du cheval par excellence, pour le réaliser.

Nous nous arrêtons à la Tour Burana, vestiges d'un minaret du 9ème siècle. L'environnement est beau, sous un ciel plombé, nous prenons nos premiers clichés avec délectation.

A côté de la tour, nous déambulons dans un champ de balbals, statues monolithiques de guerriers, datés semble-t-il, du 6ème au 10ème siècle. Ils ornaient les tombes des nomades turcs.

Nous reprenons donc la route pour atteindre Kochkor, but de la journée. L'arrivée sur le réservoir de Orto-Tokoy par une route qui le domine est sublime.

Kochkor est une petite ville assez sympathique au regard de celles, rares cela dit, que nous avons croisées. Nous arpentons notre premier cimetière niché au coeur des montagnes qui entourent la bourgade. Nous le trouvons plutôt attrayant, mais c'est notre premier jour, et nous découvrirons au fil du temps, l'importance des cimetières omniprésents, parfois presque des cités.

Par l’intermédiaire de Jailoo Tourism, nous passons la nuit dans une chambre «royale», dans la Guesthouse de Saïkal. Elle nous concocte un fort bon dîner et petit déjeuner . Nous goûtons nos premiers boortsoghs, des beignets que l’on nous offrira souvent lorsque nous serons reçus. Ce qui est amusant aussi, c’est le sucre candy qui est proposé sous forme de gros blocs, comme d’énormes minéraux de gypse ou de cristal de roche.

Nous partons dès le matin rejoindre nos chevaux, avec Kalys, notre guide anglophone pendant deux jours. Le reste du temps, il est étudiant en chirurgie dentaire à Bishkek. Nous avons prévu pour l’occasion des pantalons de cheval à prix modique, trouvés chez Décath, et des guêtres pour les mollets. Ça ne prend pas beaucoup de place dans les bagages et nous ne l’avons pas regretté. (ça soulage quand même pas les courbatures, faut pas rêver)! Les selles sont sommaires et mes rênes sont en sisal, mais le chemin est superbe. Pour conduire un cheval Kirghize il faut juste connaître les trois mots magiques : « tchou » (en avant), « drrrrrrr », (doucement) et « tak » (stop). Les chevaux sont quand même très à l’écoute et nous avons l’impression de conduire une Rolls Royce (même si le mien semble être un papy et me fait quand même mal au cœur). Nous nous arrêtons dans un premier jailoo pour déjeuner. (Les jailoos, ce sont les campements des nomades pendant l’été, qui installent leurs yourtes et leurs troupeaux dans les pâturages parfois même à 3000 mètres ou plus.) Une hôtesse nous attend et nous propose un repas très copieux. Toutes les tables des hôtes que nous avons rencontrés sont toujours garnies de gâteaux secs, bonbons, souvent de crème et de confiture. D’ailleurs dans les épiceries une partie très conséquente est dédiée à la vodka et à la bière, une autre ENORME aux gâteaux et aux bonbons, le reste étant de moindre importance semble-t-il. Nous goûtons, une boisson kirghize, sorte de bière au goût de levure et remplie de céréales fermentées. C’est très nourrissant et nous avons bien aimé, c’est le jarma. Nous reprenons nos montures pour rejoindre notre jailoo du soir au lac de Kol Ukok. Le temps se gâte, les Kways sont de sortie et les doigts commencent à être glacés. Le jailoo se trouve à 3100 mètres d’altitude. Toute la partie qui longe le lac est très abrupte, et le chemin étroit et caillouteux, il faut être vigilant pour essayer de guider son cheval au mieux. Le coin est superbe, mais le temps peu propice et nous sommes gelés. Un bon tchaï (thé) de notre hôtesse, dans la yourte « restauration » et une bonne dose d’arnica en ce qui me concerne et nous entamons une sieste car il fait très mauvais, et la rando équestre de la journée complète nous a quand même éprouvés. Ce sera notre première expérience sous la yourte (que nous partageons avec notre guide Kalys). Il y a des matelas chauds et moelleux et de grosses couvertures, mais malgré tout cela, j’ai du mal à me réchauffer tant j’ai eu froid. Notre hôtesse vient alimenter le poêle qui se trouve dans la yourte, et dont le tuyau traverse le haut pour évacuer la fumée dehors. Dans les alpages, pas de bois, on utilise donc le carburant que l’on trouve à profusion, la bouse de vache séchée. Au bout d’un certain temps, Gilles se lève pour alerter nos hôtes, de la fumée a envahi la yourte. C’est vrai que j’avais mal à la tête, mais n’y avait pas prêté attention. Le poêle est mal conçu. Kalys et moi rejoignons Gilles dehors, pendant qu’on répare la tuyauterie du foyer. Notre hôtesse s’excuse auprès de nous, nous avons quand même été à la limite de l’intoxication. Le temps est vraiment pourri, froid et dans un brouillard total nous rejoignons tous les membres du jailoo dans leurs imperméables qui s’amusent beaucoup à faire des photos avec nous. Repas du soir, poisson du lac pour Gilles qui a adoré et « plov » pour moi qui ne mange pas de poisson, espèce de riz (qui pourrait ressembler à des lentilles corail trop cuites), avec des morceaux de mouton. Ce n’est pas mon plat Kirghize préféré, un peu trop sec. Pain, crème, gâteaux, bonbons, thé à profusion. On se couche avec les poules même s’il n’y en a pas, mais après la chevauchée de la journée nous sombrons rapidement dans les bras de morphée. Kalys est très en retard au petit déjeuner. Il n’a pas attaché nos trois chevaux et ceux-ci ont ressenti un besoin de liberté, qui les a emmenés bien loin de nos yourtes. Et chouette, le soleil est là! Ce matin nous devons aller jusqu’à un lac plus haut (le lac Testor ) avant d’entamer le chemin du retour. Une fois nos montures récupérées, Kalys nous propose d’aller jusqu’au lac à pied si nous le voulons bien, car il a plu toute la nuit et le chemin est dangereux pour les chevaux, nous dit-il. Nous voilà donc partis. Kalys avait juste omis de nous dire que la balade était loin d’être de tout repos, et le lac pas tout près. Nous débutons à 3100 mètres, mais sommes beaucoup moins alertes que lui, enfant du pays qui sautille de rocher en rocher. Très rapidement, je suis « au bout de ma vie ». De surcroît, nous sommes partis sans eau, Kalys n’y ayant pas pensé, et on ne nous en a pas fourni. Suante, haletante, je progresse difficilement dans le terrain accidenté et Gilles est à peine plus à l’aise. Au bout d’une heure et demi peut-être de crapahutage pas aisé, notre cabri de Kalys, fait une chute dans les blocs de rochers et se tord de douleur. Nous craignons qu’il ne se soit cassé le bras. Nous le soignons avec notre trousse de secours, et lui mettons le bras en écharpe. Nous ne pouvons pas le laisser là, seul et souffrant visiblement le martyre, donc demi-tour, nous ne verrons pas le fameux lac malgré tous nos efforts pour y parvenir ! GRRRRRRR !!!!!! Je pense que Kalys, dans la jeunesse de l’âge (19 ans) a surestimé et le temps et la difficulté de la rando .

Nous sommes un peu inquiets tout de même car la route est longue pour retourner vers Kochkor, et nous ne voyons pas comment il va pouvoir repartir à cheval. (Parvenir jusque-là n’est possible qu’à pied ou à cheval). Mais arrivés près des yourtes, Kalys retire son bras en écharpe, par fierté, et nous rentrons donc, comme si de rien n’était ! La descente à cheval est plus fatigante que la montée, et nous sommes contents d’arriver enfin au bercail que nous regagnons du coup assez tard après toutes ces péripéties. Nous récupérons notre voiture laissée à la guesthouse, faisons le plein d’essence et les courses à Kochkor et nous avançons sur le chemin qui mène au lac Issyk Kul, vers le Fairytale canyon que nous devons aller voir le lendemain. Le coucher du soleil nous force à nous arrêter avant, et nous choisissons un point de bivouac sur le lac, repéré grâce à l’application « IOVERLANDER ». Nous campons tout près de l’eau, c’est notre première nuit sous les étoiles et le coin est calme et splendide. Seule une nuée de moustiques nous accompagne, gâchant le plaisir des lieux. Beaucoup d’aventures à la clé, pour ce trip à cheval, mais qu’est-ce que c’était bien!!!!!!

C’est près du lac Issyk-Kul, d'un bleu profond et entouré de hauts sommets de part et d’autre, que avons posé notre premier campement. Il est gigantesque et sa profondeur est de 280 mètres! C’est le lac alpin (1600 mètres d’altitude) le plus grand au monde après Titicaca. Il a la particularité d’être salé, et de ne jamais geler malgré les températures extrêmes en hiver. Sur l'autre rive, à l'opposé, après une bande de Kirghizstan, nous pouvons apercevoir le Kazakhstan.

Nous mettons un peu de temps à décoller pour nous organiser, et nous n’arrivons au canyon de Skazka (appelé aussi fairytale canyon) que vers midi. Il est tout près de la route, et nulle marche pour y accéder, donc très fréquenté (enfin, relativisons, comme cela peut l'être au Kirghizstan!). Cela étant dit, nous arrivons quand même à nous éloigner des quelques personnes présentes qui elles ne s’éloignent guère du chemin. C’est une palette de couleurs vraiment chouette.

Nous parcourons environ 80 kilomètres jusqu’à l’intersection de la route qui va nous mener à Jeti-Öguz (les sept taureaux), très populaire ici. Nous passons devant le lieu-dit « le cœur brisé ». La lumière est bien orientée, ce qui n’est pas le cas pour les splendides roches rouges. Nous repasserons aux sept taureaux le jour suivant puisque nous devons camper plus loin et que le chemin est un cul-de-sac.

Nous nous dirigeons vers le canyon en face des structures, les gorges du dragon. Elles sont aussi dans l’ombre. Nous nous enfonçons peu dans le goulet sans soleil et entamons la suite du périple jusqu’à la vallée des fleurs.

L’endroit est très fréquenté et de nombreux camps de yourtes jalonnent le chemin. Sûrement un haut lieu de villégiature pour les Kirghizes. Nous poussons jusqu’au bout du bout de la piste. Là, il n’y a plus personne hormis quelques yourtes et bien entendu des troupeaux, des chevaux. Il y a vingt kilomètres de piste, mais comme son nom l'indique, c'est de la piste, et le chemin est long.....Nous trouvons un très joli coin de bivouac, proche du torrent, un vrai petit jardin japonais. Oui, mais le soir tombe, nous sommes à 2200 mètres d'altitude, et le soleil est caché par les montagnes environnantes, ça caille sévère. Nous profitons du cours d’eau glaciale pour nous mettre deux bières au frais. Doudoune, bonnet et vite dans le duvet 0° après le dîner. La nuit est claire, et le ciel constellé d'étoiles.

Nous profitons de l’endroit sous le soleil. C’est très beau, et de nombreuses fleurs telles que nous aimerions en avoir dans notre jardin (lupins, pieds d’alouettes etc...) nous entourent. Nous avons d’abord la visite de chevaux curieux, puis plus tard d’un jeune garçon qui vient nous saluer (en russe naturellement). Peu de personnes parlent anglais, y compris les jeunes. Par contre, à chaque bivouac nous aurons des visites qu’elles soient de natures animales diverses, ou humaines. Il se passe toujours quelque chose. Le garçon est sympathique et s’installe à côté de nous. Je lui offre alors un « truc pour faire des bulles » (pas très élégant, mais je ne sais pas comment le dire autrement...), que j’ai amené de France, et nous regardons les bulles s’élever dans le soleil avec des reflets iridescents. Il est super heureux et repart ravi avec son cheval. J’avais prévu d’en amener plusieurs pour les offrir aux enfants, mais j’ai eu peur que cela ne finisse en déchet dans la nature, du coup seuls deux exemplaires ont voyagé avec nous. Par contre, nous avons amené des gâteaux français de toutes sortes, et nous les avons offerts à droite à gauche, au fil des rencontres, et cela a toujours été très apprécié. Les Kirghizes sont gourmands…. Nous reprenons tranquillement la route de retour, sur les traces de la veille. On ne va pas se mentir, le jeu n’en valait pas la chandelle. Beaucoup de temps de route de piste, et la vallée même si elle est belle n’a rien de plus que tant d’autres parcourues, y compris les fleurs que nous trouvons à foison partout, partout. Par contre, très fortuitement nous tombons sur un groupe de personnes en costume. C’est une mise en scène de photographies pour un guide touristique. Nous passons un petit moment à profiter de l’aubaine, et retournons ensuite aux formations rocheuses de Jeti-Öguz . Nous grimpons sur les falaises qui leurs font face de l’autre côté de la route et entamons une rando en longeant les gorges du dragon, mais cette-fois-ci en les surplombant. Ça aurait été un superbe coin de bivouac. De nombreuses ruches jalonnent les bords des routes, nous achetons plusieurs pots de miel à une vendeuse. Miel qui fut très apprécié de nos enfants, connaisseurs en la matière. Nous avions ensuite décidé d’aller dans la vallée de Altyn Arashan, point de départ pour le trek « Alakul ». Pas de trek pour nous, cependant on disait la vallée très belle, mais difficilement accessible. En fait, le loueur nous interdit trois endroits: celui-ci, le lac Kel Suu après le jailoo où nous devons aller, et la vallée près de Enilchek où nous devions aller également avant un changement de programme.(mais aussi les passages de rivière, donc quand on fait de la piste, difficile de les éviter la plupart du temps). Comme dit précédemment, nous nous méfions du loueur (et pour cause), donc nous décidons d’abandonner cette vallée et de nous diriger pour vagabonder vers Karakol et sa région, puisque notre prochaine étape sera Jyrgalan, plus au nord. Nous faisons un nouveau plein d’essence et de victuailles à Karakol, ville plus attractive que celles traversées précédemment sans toutefois nous laisser un souvenir impérissable. En fait, il y a un effort de couleur sur les maisons. Nous visitons la mosquée chinoise, rigolote, mais en travaux et c’est vendredi, donc on ne peut pas visiter l’intérieur et l’église orthodoxe, dont tout le charme à mon sens est dans l’architecture extérieure, l’intérieur étant très bling bling (jugement personnel).

Puis nous décidons d’arpenter les pistes jusqu’à la vallée de Karkara, où nous devrons rebrousser chemin au check point, faute d’avoir un permis. La balade n’est pas désagréable et nous permet de croiser chevaux, vaches, moutons, en pleine liberté et assister à certains instants de vie que nous prenons plaisir à observer. Ici, il n'y a pas de touristes, et nous sommes vraiment en tête à tête avec la nature. C'est vendredi, et dans un des villages que nous traversons, ils pratiquent un des hobbys nationaux, des joutes équestres. Ce sont ces jeux là entre autre auxquels nous assisterons en fin de voyage, lors des jeux nationaux au lac Son Kul. Deux équipes se disputent une carcasse de chèvre et doivent aller la mettre dans le but adverse. Des ruches, partout des ruches, des fleurs, partout des fleurs...Très alpin, très champêtre, très cultivé, pas désagréable à arpenter. Le soleil baisse et nous devons trouver un coin de bivouac. Pas toujours facile. Celui-ci nous prend du temps, nous faisons gare aux moustiques potentiels et une fois tous les critères validés nous trouvons enfin, un endroit sous un arbre, assez loin de la route. Nous ne sommes pas à une altitude trop élevée, 2000 mètres et la chaleur est douce. Au matin, ce sont les vaches qui traversent notre campement, entre la table, la voiture et la tente, de multiples cornes et sabots passent tranquillement pour rejoindre leurs pâturages. Puis, peu de temps après un homme à moto (assez rare pour le souligner) vient nous saluer. Il nous fait comprendre qu’il possède tous les pâturages alentours y compris celui sur lequel nous campons, mais pas de souci. Puis ce sont les abeilles ! Pourtant pas de ruches dans les environs proches ! Nous avons craint les moustiques et bien ce sont les abeilles qui nous importunent jusqu’à nous faire fuir très rapidement à l’issue du petit déj pris sur le pouce. On colle tout dans la voiture vite fait bien fait, pour le restructurer ailleurs. Entre-temps nous avons aussi eu la visite de cette petite famille, à trois sur le cheval. La femme parle parfaitement anglais, et nous explique qu’ici c’est la maison des abeilles. C’était donc ça !!!!! Une restructuration plus tard, nous rejoignons Jyrgalan, où nous avons réservé notre deuxième trip à cheval. Journée tranquille dans la guesthouse Alakol, siège de « destination Jyrgalan » . C’est avec eux que nous avons réservé notre trek de deux jours à cheval avec nuit en yourte à Eki Chat. La description qu’ils en donnent sur leur site est fameuse, nuit sous la yourte avec accueil d’hôtes extrêmement sympathiques, Danik et Yryskul qui vont nous concocter un repas traditionnel digne de ce nom. C’est la première prestation que nous réservons, et l’offre est alléchante. Nous payons une somme considérable 300$ pour la totalité, pour deux, énorme pour ce pays, mais on se dit que le jeu en vaut la chandelle! La journée de détente à la guesthouse est très plaisante. Repos pour certain, crapahutage pour d'autre, notamment dans le cimetière tout blanc, qui de loin semble entouré de neige! Des marguerites, ce sont des marguerites.... Nous profitons de l’endroit pour faire une lessive et Gilles, pour une somme modique, décide de tester une prestation proposée : des massages . Le masseur ne parle que russe, mais grâce à leurs téléphones qui traduisent tout avec reconnaissance vocale, ils arrivent à échanger. C’est ainsi que Gilles apprend, que la spécialité de son masseur, pourtant très doué, ce ne sont pas les massages mais l’api thérapie. Happy thérapie ? comprend Gilles. Non, non, «api thérapie», je peux vous faire essayer… C'est ainsi, que Gilles se voit appliquer une abeille à l'aide d'une pince à épiler sur la peau, qui la malheureuse finira écrasée, mais aura le temps de se défendre dans un virulent coup de dard. C'est bon pour les articulations, lui dit-il! Mais comme nous devons faire beaucoup de route, il ne conseille pas d'utiliser tout l'essaim, ouf!!!! Bon, pour une prochaine "apithérapie", on se contentera d'utiliser les produits de la ruche, efficaces sans porter préjudice à quiconque. A mon tour, je teste les bienfaits des massages, mais uniquement avec les mains ! Si vous passez par là, à essayer, je les recommande.... Force est de constater, ça aura été la journée des abeilles! Le repas du soir à la guesthouse est très bien. L'ambiance y est familiale. Puis nous plongeons dans un sommeil réparateur, dans notre chambre sommaire mais confortable, dans l'attente de notre périple équestre.

Après un bon petit déjeuner à la guesthouse, nous rencontrons notre guide et son comparse qui lui, nous rejoindra plus tard pour apporter nos bagages directement aux alentours de la yourte où nous devons dormir le soir. Les selles sont confortables, les chevaux semblent être en bonne santé, mais celui de Gilles a quand même une vilaine blessure à la patte, et au fil de la rando, il traîne de plus en plus, et ne veut pas poser le sabot par terre. Notre guide, Ourmat, parle un peu anglais, légèrement, mais semble plus à l’écoute de son téléphone sur lequel il passe le plus clair de son temps. Heureusement, nous sommes deux et pouvons échanger ensemble. La rando nous mène à un petit lac, pas terrible, où nous pique-niquons, puis à Tulpar Tash, rocher célèbre du coin. La balade est belle, dans des alpages remplis de fleurs sauvages que les chevaux prennent plaisir à grignoter dès qu’ils en ont l’occasion.Le second guide nous rejoint à cet endroit, avec un cheval qui porte tous les sacs, et nous continuons notre chemin à quatre, jusqu’à Eki Chat, où nous devons rencontrer nos hôtes sous la yourte. J’avais préparé Gilles, cette rencontre devait être un des moments forts du voyage. Quelle ne fut pas notre surprise, ou plutôt notre désappointement : la yourte n’est pas habitée, c’est une tente fermée par un cadenas, et il se trouve que nos guides en ont oublié la clé ! Il faut donc retourner la chercher à Jyrgalan, et cela prendra deux heures et demi. Pendant ce temps, notre guide monte rapidement une petite tente d’appoint où nous nous réfugions illico, car il pleut à seaux. A trois là-dedans c’est vraiment pas confortable, et la discussion est plus que limitée.

La clé enfin arrivée avec mon cheval qui du coup le pauvre a fait trois fois le chemin, nous prenons nos quartiers. La yourte possède des matelas, mais pas de couvertures confortables, nous avons dû prendre nos duvets, et pas de poêle, donc pas de chauffage. Nous sommes encore à plus de 3000 mètres. Nous profitons d’une éclaircie pour nous promener dans le coin, peuplé de troupeaux. Nous assistons au retour des moutons, remise en place des vaches qui s’éloignent par les chiens de berger, véritables terreurs, la traite des vaches etc… Le soir, c’est intéressant d’assister à toute cette vie. Une yourte côtoie la nôtre, mais nous n’arrivons pas à lier connaissance avec les habitants qui répondent tout juste à notre bonjour. Dans ce coin, ils sont plus préoccupés par leurs troupeaux de moutons, très conséquents d’ailleurs, et n’ont pas de temps à perdre avec des touristes, c'est ce qui m'a été expliqué à Jyrgalan. Ourmat, peu loquace, nous a concocté un petit repas sur son réchaud, bien loin des plats traditionnels kirghizes, ça ne nous change pas du camping… Les deux guides se couchent avec les poules (même s’il n’y en a pas), et après le coucher du soleil, nous les rejoignons, car il n’y a pas grand-chose à faire d’autre. C’est alors, que nous croyant endormis certainement, ils se relèvent pour partir dans la yourte voisine, partager une soirée vodka très certainement. Sympa !!!! Vous l’aurez compris la déception est immense et la moutarde nous monte au nez petit à petit. D’autant plus que nous avons un point de comparaison avec notre précédente virée à cheval. Ce matin, ce sont les moutons qui traversent le camp, à grands coups de bêlements. Nuit correcte, petit dej succinct comme tout le reste, et nous reprenons nos montures pour monter plus haut dans la montagne. Ah oui, mais visiblement notre guide n’est pas au courant du programme prévu par Gulmira, responsable de la prestation, et compte nous redescendre directement à Jyrgalan. Ah non, nous avons une deuxième journée de cheval de prévue ! Alors, il fait un effort et on monte doucement. Au bout de vingt minutes il nous demande si cela suffit ! Et bien non ! Dix minutes plus tard, même question! Nous montons encore, et là heureusement, nous allons rencontrer l’événement qui va nous faire retrouver le sourire et sauver la prestation, bien que ce ne fut en rien prévu. Ourmat, soupirant visiblement intérieurement, continue à monter, la mort dans l’âme. Bien entendu, il n’avait pas prévu non plus le pique nique de midi, puisqu’il n’avait pas prévu de faire une seconde journée de cheval. Cela-dit, il nous conduit à un jailoo. Il se trouve que c’est sa famille qui y habite, à peut-être 3500 mètres. Et là, nous allons faire une des plus belles rencontres de notre voyage, non grâce à Ourmat que visiblement on fait suer, non grâce à Gulmira de «Destination Jyrgalan» qui ne sait pas gérer son personnel et tout cela pour une somme exorbitante, mais grâce à cette famille qui nous a accueillis les bras ouverts. Farida, la grand-mère nous offre des boortsoghs, ces fameux beignets cités précédemment, et notre premier koumis. C’est du lait de jument fermenté, donc un peu alcoolisé que les nomades kirghizes affectionnent. Très aigre et très riche en lactose il est peu supporté par nos estomacs. C’est un honneur que l’on nous fait, et nous y répondons en buvant tout le bol. Le lait est recueilli pendant la période d’été, saison des poulains et stocké dans une outre ou une baratte, il est battu au fil de la journée. Nazdanat, est une petite fille très conviviale, voire délurée. Elle s’empare du téléphone de Gilles et très à l’aise multiplie les selfies et portraits. C’est très amusant, et nous repartons donc avec une collection inestimable de souvenirs de la famille. La maman, qui est la tante de notre guide, nous conduit auprès des poulains, c’est l’heure de la traite des juments. Comme pour les veaux, il faut tenir le petit à côté de sa mère qui du coup se laisse faire. Le petit peut ensuite téter à son tour. S’ensuit une partie endiablée de foot transgénérationnelle. Nous sommes bien tristes de repartir pour regagner Jyrgalan. Nous n’aurons bien sûr pas fait le trajet prévu, mais cette rencontre nous a comblés, et nous revenons malgré tout assez fourbus. A l’arrivée, Ourmat, nous fournit un sac pique-nique. Nous ne sommes pas dupes, il est improvisé et ne contient même pas un sandwich, mais des barres chocolatées. Nous en parlons quand même à Gulmira, mais elle n’arrive pas à mesurer ce qui s’est réellement passé derrière son dos. Je lui enverrai de nouveau un mail à notre retour, trouvant la prestation très chère, et la publicité somme toute mensongère. A savoir qu’elle figure toujours sur leur site https://jyrgalan.com/where-to-stay/eki-chat-yurt-camp/ Mais bien entendu, aucun gain de cause, dommage ! Nous reprenons notre route pour rejoindre de nouveau le lac Issyk Kul, pour le bivouac du soir. Arrêt eau, essence et courses à Karakol, nous achetons un seau d'abricots aux petits vendeurs le long de la route, et nous trouvons encore un endroit sympathique pour dormir, bien qu’assez proche de la route.

Nous avons dormi tout près de l’embranchement qui mène aux chutes de Barksoon. La route qui nous attend va être longue, sans croiser de stations services, donc par sécurité nous refaisons le plein d’essence et d’eau à la ville de Barksoon. Nous devons rejoindre en deux jours les environs de Naryn. Plusieurs routes s’offrent à nous et notre choix s’est porté sur le col d’Arabel. Piste qui peut s’avérer difficile par temps de pluie, avec deux gués qui pourraient poser problème. Heureusement, le temps est sec, et nous constaterons qu’effectivement ça peut devenir impraticable quand c’est boueux. Il y a parfois des ornières énormes, une pente raide et peu d’espace sur certains tronçons. Bref, en ce qui nous concerne, ce n’est pas là que nous allons trouver le problème, mais nous découvrirons cela un peu plus tard..... Nous passons rapidement aux chutes, sans grand intérêt, mais qui sont accessibles rapidement de la route, alors pourquoi s’en priver. Par contre, c’est bête, mais nous sommes heureux de voir le buste de Youri Gagarine, héros de notre enfance. Pendant l’ère soviétique, les cosmonautes venaient souvent dans la région pour se détendre, notamment dans les bains chauds (dont nous n’avons pas profité), fierté Kirghize. Nous décidons, avant d’entamer le col d’Arabel, de faire le gros détour par la mine de Kumtor, car nous avons pris de la marge pour ces deux jours.C’est une mine d’or, dont l’accès est très bien entretenu pour faciliter le passage des camions. D’ailleurs, lorsque nous arrivons à l’entrée de la zone, un convoi, assez impressionnant est en train de gravir la montagne. Les camions sont obligés de faire des pauses régulières, par contre ils grimpent très vite, et lorsque nous faisons des photos, c’est au pas de course, car les doubler est quand même fastidieux. Nous passons notre premier col de la journée, Barksoon Ashuu à 3819 mètres! La région est un haut plateau désertique, à plus de 3000 mètres une fois de plus, et où à part les camions, nous sommes les seuls. Malgré tout, nous croisons là encore des troupeaux et leurs bergers, ainsi qu’un ou deux jailoos au milieu de rien. C’est ainsi qu’en passant devant une famille près d’une yourte, un homme s’est mis à courir derrière notre voiture, en nous faisant de grands signes. Nous stoppons, et il nous fait comprendre qu’il a besoin de médicaments pour les yeux. Ça m’embête d’ouvrir tout le coffre, là, au milieu de rien, mais je le fais quand même et lui dégote des doses de sérum physiologique. C’est peu, mais l’homme repart en courant et en criant vers sa famille, et visiblement tout particulièrement ses enfants. Ça fait de la peine, et je crains que nous n’ayons pas été fort utiles. Nous atteignons ensuite les abords de la mine (située à 4000 mètres), et bifurquons pour terminer la boucle avant de passer le col d’Arabel. La belle route goudronnée laisse place à la piste.Une erreur de suivi de traces GPS, et nous voilà au milieu d’un gué plus que conséquent, sur la rivière Taragay que nous longeons un bon moment. Nous devons du coup le traverser deux fois, pas fiers du tout, ni l’un, ni l’autre. Nous serons plus vigilants quant au GPS!

Nous atteignons notre deuxième col, Söök Ashuu, à 4025 mètres cette fois-ci! Ça caille, mais l'endroit est superbe.Et puis nous bifurquons tout de suite après vers le col d’Arabel, qui lui est à 3840 mètres!!!! On n’avait jamais franchi des hauteurs pareilles auparavant et voilà que nous passons trois cols fabuleux dans la même journée! Whaouh!!! D’ailleurs à ce propos, je me rends compte assez rapidement que quand je descends faire une photo, il faut que j’évite de le faire en courant.

Revenons à nos moutons, que nous croisons d’ailleurs. Nous sommes arrêtés sur un pont étroit par une voiture qui fait le plein d’eau potable. Ils sont trois et remplissent des citernes entières. Du coup ça prend un peu de temps. C’est alors qu’arrive un berger et son troupeau gigantesque, sur fond de montagnes somptueuses, c’est magnifique. Je lui offre quelques gâteaux, et il semble me demander un couteau. Je lui abandonne un petit opinel, qui j’espère lui sera utile. Quelques clichés et nous continuons notre piste, au milieu des nombreux lacs, spécialité du coin. Nous croiserons dans la journée une unique voiture, une sorte d’estafette, qui mettra beaucoup de temps à monter, mais tout comme la tortue, finira par nous doubler quand nous poserons notre tente. La piste est superbe, minérale, mais fastidieuse et cassante. Cela prend beaucoup de temps, nous avançons difficilement ( peut-être 10 kilomètres en 1 heure de temps) et nous savons que deux gués qui peuvent se révéler périlleux nous attendent, il faut absolument que nous les traversions avant la nuit. Lorsqu’enfin ils se présentent, notre inquiétude tombe, après une étude du terrain, la traversée ne s’avère pas si compliquée, ouf! Ici, vous allez avoir deux narrations, la mienne et celle de Gilles, vous allez découvrir pourquoi!

Version Gilles Après un repas bercé par le gazouillis proche du torrent et une petit vodka réparatrice histoire de réchauffer nos os en vrac suite à l’état de la piste, nous admirons le ciel étoilé qui peine à s’exprimer avec la lueur blanchâtre de la pleine lune. Du coup, nous distinguons les grandes lignes cassées des monts alentours. C’est beau, mais il caille sévèrement et ce dès que le soleil quitte l’horizon. Nous devons tangenter le 0 °C. Ici, difficile de discuter avec nos voisins de tente vu que nous sommes seuls au monde. Donc rapidement, nous filons dans nos duvets sans demander notre reste. Endormis profondément, nous sommes tirés de notre sommeil par des bruits de pas et des voix d’homme autour de la tente, qui nous appellent. Minuit ! Une coutume locale ? Vu qu’ils parlent russe, nous ne pipons pas un traitre mot de ce qui se passe. Bandits de grand chemin, locaux à la recherche de vodka, voyageurs ??? Ça tourne vite dans nos cerveaux encore embrumés. « Bon, je vais sortir, mais je vais peut-être me faire attaquer … » Gloups ! Au premier regard, ils n’ont pas l’air patibulaire, mais bien costauds quand même. Ils m’expliquent en russe qu’ils sont plantés dans la rivière au niveau du gué et que ce serait un geste apprécié de les aider à en sortir, avec notre 4X4. Je parle russe maintenant ? Certaines scènes ont été mimées avec réalisme, ça aide. Je démarre le 4x4 avec mes deux nouveaux potes kirghizes et j’essaie de rejoindre la piste, ce qui n’est pas si simple en terrain « miné ». Constat au torrent. Oui, ils sont bien plantés, avec une sorte de J9 . On sent ces gens bien préparés à cette piste. Bref, on sort la sangle du loueur et j’essaie de les tracter. Rien à faire. Après quatre ou cinq essais, ils coupent la sangle (bien joué !) et m’expliquent que ce serait vraiment sympa de les amener chez eux à dix km de là en aval. Le 4x4 de nuit, jamais fait encore mais ça se tente. Par contre, nous sommes super justes en essence. Dix kilomètres fois deux pour le retour sur piste, c’est risqué. Ils m’annoncent que ce n’est pas un problème, ils pourront me donner dix litres d’essence là-bas. Un petit détour pour prévenir Grisemote et me voilà parti sur une piste défoncée, à la lueur des phares avec mes deux acolytes. Cinq puis dix kilomètres et déjà plus d’une heure de route. « Alors, elle est où cette maison (en langage des signes) ? Tout droit, pas de problème ». Mouai, je commence à trouver ça louche, d’autant que je pressens qu’il n’y a quasiment aucune activité humaine ici, mais pas facile à jauger dans le noir. Quinze kilomètres. Je m’arrête. « M’enfin, elle est où cette maison » (le « m’enfin » est compliqué à mimer) ? Tout droit , pas de problème ». Gros dilemme. Le réservoir descend et je pense qu’ils me mènent en bateau. Il n’y a rien ici, je ne vais pas avoir l’essence qu’ils m’ont promis. Il devient impossible de continuer sans me mettre aussi en difficulté, ce que je parviens à leur faire comprendre. Ils me font un grand sourire, me remercient chaleureusement, me proposent de me payer la sangle et l’essence, un coup de pogne et les voilà partis en pleine nuit sur la piste à pied. Prochain croisement avec une autre piste trente à quarante kilomètres (ce qui nous prendra le lendemain une demi-journée bien tassée). Je me fiche d’avoir des billets à la place de l’essence, d’autant qu’ici ce n’est pas cher. Ils ont tout simplement profité de la situation ou au mieux on ne s’est pas bien compris mais … une heure et demi plus tard, j’arrive à nouveau à la tente après avoir galéré pour la retrouver hors-piste (et pourtant j’avais un point GPS). Il est 3h30 Grrrrr ! (petit regret quand même : à posteriori, je me suis dit que j’aurais dû essayer de les tracter avec mon 4x4 non pas pour les faire avancer, car ils étaient plantés, mais pour les faire reculer …) Version Sylvie Nous décidons de bivouaquer juste après, dans les hauteurs qui dominent la superbe rivière Burkhan que nous allons suivre pendant une bonne partie de notre chemin. Le coin est encore couvert de fleurs multicolores. La pleine lune nous accompagne pendant le repas du soir. Bonnet, doudoune etc... sont de sortie. J’ai attrapé une sorte de bronchite et à cette altitude, c’est beaucoup plus compliqué. Cette nuit, à plus de 3000 mètres, il fait vraiment très froid et pas question de sortir ne serait-ce que le bout du nez du duvet! Et pourtant...... Aux alentours de minuit deux voix d’hommes appellent de façon virulente, en russe bien sûr à côté de la tente. Nous sommes loin d’être rassurés, car seuls au monde, et on ne sait pas ce qu’ils veulent. Gilles doit s’habiller et sortir dans le froid de canard. Ils lui demandent de les accompagner, il ne les sent pas vindicatifs. Je reste seule, hyper anxieuse. Une heure après, ils sont de retour, et Gilles me rassure. Ce sont des Kirghizes, de la capitale peut-être, car si nous nous avons pris bien des précautions pour les gués, ce ne fut pas leur cas, et ces couillons là (oui, on peut le dire), ont planté, non pas leur 4X4, mais leur camionnette, dans le gué, et cela en pleine nuit. Comme hélas, c’est la pleine lune, c’est à notre tente, toute proche, et surtout la seule qu’ils sont venus demander de l’aide. Nous avons une sangle, mais elle a cassé, bref, Gilles débarque notre barda du véhicule, pour, à leur demande les emmener vers une habitation, à dix kilomètres selon leurs dires, où ils pourront trouver de l’aide. Il fait tellement froid, et il n’y a personne d’autre, on ne peut pas les laisser. Je me rendors rassurée. C’est alors que j’ouvre de nouveau l’oeil, et je m’aperçois qu’il est 3H 1/2 du matin et toujours pas de Gilles! Alors là, inquiétude maximum, que lui est-il arrivé, et puis je suis seule, sans véhicule et sans réseau. Vers quatre heures, j’apprends le fin mot de l’histoire. Gilles revient. En fait leur maison n’était pas à dix kilomètres, mais toujours un peu plus loin, toujours un peu plus loin. Piste de nuit en plus, et nous savions que nous serions juste en essence pour finir le trajet jusqu’à Naryn. Nous étions en train de nous mettre nous même dans une sale situation, et à force de s’inquiéter pour le carburant, Gilles, pour éviter le suraccident a décidé de les laisser quand même sur le bord de la route. La lune est pleine, et il y a une bonne lumière. La mort dans l’âme il a refait la piste en sens inverse. Il a certainement fait plus de trente kilomètres pour les emmener, et voilà comment il est désormais quatre heures du matin! On reprend le fil Nous décidons que le lendemain (ou plutôt tout à l'heure!), lorsque nous croiserons la bifurcation du col de Tosor que nous avions laissé de côté pour celui d’Arabel, et qui plus est, qui nous ramènerait du mauvais côté de la montagne, nous prendrons la décision, suivant la jauge de carburant, de continuer notre route comme nous l’avions prévu ou alors de shunter vers Tosor, route encore très difficile, mais plus courte, et qui permettrait de trouver de l’essence plus rapidement. Dodo sous la couette, un peu inquiets pour ce qui va suivre, mais paradoxalement rassurés.

Gilles essaye d’expliquer (pour rappel ils ne parlent que russe et nous pas!) qu’il a déposé les deux autres au plus loin possible, que nous devons poursuivre notre chemin et que nous avons un vrai souci d’essence. C’est déchirant et nous savons, comme eux, que vraiment peu de monde passe ici, mais on ne peut plus faire grand chose si ce n’est prévenir quelqu’un. Là où nous sommes, il n'y a ni village, ni poste à essence, ni quoique ce soit avant notre point final.De nuit, il ne s’était pas rendu compte que c’était une famille entière, et certains, dont des femmes, dorment comme ils peuvent couchés par terre. Les deux gars ne sont pas revenus. Ils nous donnent une compensation pour pouvoir garder la sangle du loueur qu’il faudra que nous retrouvions. Gilles essaye d’expliquer (pour rappel ils ne parlent que russe et nous pas!) qu’il a déposé les deux autres au plus loin possible et que nous devons poursuivre notre chemin, et que nous avons un souci d’essence. C’est déchirant, ils nous supplient, ils savent que vraiment peu de monde passe ici, mais là, on ne peut plus si ce n’est prévenir quelqu’un. Il faut savoir que là où nous sommes, il n'y ni village, ni poste à essence, ni quoique ce soit avant notre point final. Nous reprenons donc la piste, que Gilles emprunte lui pour la troisième fois, mais de jour, c’est différent. Nous suivons la rivière pendant une soixantaine de kilomètres. Elle est superbe. De multiples marmottes ont transformé la montagne en gruyère. Par contre, elles sont beaucoup plus farouches que celles de chez nous. Elles commencent à courir dès qu’elles nous voient à cent mètres, elles attendent courageuses au bord du trou, et plongent avant que nous puissions les apercevoir autrement qu’au téléobjectif. Bref, un exploit d’en prendre une correcte en photo. Par contre, c’est assez amusant de les voir courir de partout. Nous ne recroisons pas les deux gars, et personne d’autre d’ailleurs. Un orage se profile dans le rétroviseur. Il nous poursuit pendant un long moment, sans nous rattraper avant la bifurcation de Tosor. La décision collégiale est prise, il faut changer les plans initialement prévus, la jauge d'essence ne nous encourage pas à continuer, il faut prendre la route du col de Tosor. C'est ici, à l'embranchement, que nous croisons le plus de monde, cette route est nettement plus fréquentée que celle d'où nous venons (où les deux hommes sont-ils allés?) Petite «discussion» avec un berger très très amateur de sablés français, et son chien en apprentissage, et en route pour le col de Tosor. C’est noir derrière, sur les côtés, nous allons vers l’unique petit coin de ciel bleu. Au moins, c’est le côté positif de l’affaire Nous avons quitté la rivière Burkhan pour celle de Jiluu Suu, plutôt tumultueuse. Cette piste est très différente de celle du col d’Arabel, mais tout aussi compliquée, voire plus. Nous enchaînons les gués dont les ponts ont été détruits, et parfois nous devons franchir des marches de près d’un mètre. Notre arrivée tardive sur la piste ne joue pas en notre faveur. Au fil de la journée, les glaciers fondent, et le débit de l’eau, donc des gués augmente. Le mauvais temps a fini par nous rattraper, la température est descendue à 6°C, et la grêle s’annonce de la partie. C’est alors que nous nous retrouvons face à un gué «de la mort qui tue». Déjà, il faut être courageux pour descendre l’étudier ce gué, Gilles l’est, moi pas. J’ai juste les choquottes, mais au chaud. Ensuite malgré l’étude du terrain, c’est un torrent qu’il faut traverser, et bien que Gilles semble savoir où passer, se lancer est une autre paire de manches. C’est là, que la chance nous sourit. Deux 4X4 de tours operators se présentent sur l’autre rive. Les conducteurs descendent eux aussi. Discussion inter-rives entre les pilotes, et les gars du coin se lancent. Nous pouvons donc étudier le passage de manière plus efficace. On leur demande d’attendre notre tour pour partir, c’est ainsi que nous l’avons passé! Au fur et à mesure que nous continuons à monter vers le col de Tosor à 3893 mètres, le temps devient de plus en plus compliqué, tout comme la route et notre moral au vu de la jauge qui descend, qui descend. Gilles prend beaucoup de plaisir sur cette piste, moi beaucoup moins, car nous ne pouvons pas traîner. A ce propos, c’est en haut du col que l'indicateur de fuel s’allume. Ouf, nous n’avons plus qu’à descendre. Mais arriverons-nous à atteindre la station service? Tout en haut, les glaciers lèchent la route, mais la lumière descend à vive allure, et le froid est très présent. Si nous ne voulons pas finir de nuit, nous ne pouvons guère nous attarder. Du coup, on n’a pas trop le temps de profiter de cette route exceptionnelle. Les paysages sur l’autre versant sont superbes, bien que la lumière ne soit plus présente. Nous arrivons à atteindre Issyk-Kul et faire encore dix kilomètres pour atteindre la station (je ne vous raconte pas l'ambiance dans la voiture!). Nous avons fait grosso modo 180 kilomètres depuis le gué. Nous rejoignons Tosor pour la nuit, mais un vent terrible souffle et où que porte le regard, le ciel est terriblement noir. La journée nous a quand même bien fatigués, et le temps peu engageant nous oriente vers un camping de yourtes, Tonia yurt camp. Nous dormons confortablement pour l’équivalent de 20 euros avec petit déjeuner, peut-être un peu cher pour le pays, mais peu importe, on l’a bien mérité. Nous arrivons hélas trop tard pour le repas du soir, mais nous pouvons utiliser la salle de restauration pour notre repas. C’est là que nous rencontrons cette famille suisse de cinq personnes qui eux ont grimpé notre col, mais en vélo! Et bien chapeau la petite famille!!!!! En tous cas, c’était bien sympa ce petit camping coquet, je le recommande.

Du coup, nous devons rejoindre les environs de Naryn comme prévu, mais refranchir les montagnes, et pour cela, repasser par Kochkor, et son réservoir que nous avons déjà découvert à deux reprises. C’est une grosse route, sans beaucoup de charme mais un ciel plombé l’agrémente de façon superbe, et chose imprévue, nous prenons plaisir au trajet. Les événements précédents nous obligent à changer notre programme, et nous décidons d’emprunter le col de Ulan Ashuu pour rejoindre Baetov en passant par Uchkun. Imprévu, mais un vrai bonheur! La piste est correcte, mais n'avance pas plus que les autres pistes: ornières, dévers, mais ça n'est pas boueux heureusement. C’est magnifique, il nous manque malheureusement une demi-heure de plus pour profiter pleinement de la vue au sommet, car l'ombre progresse et la lumière n'est plus là! Il nous faut trouver un coin de bivouac, mais le col est encore a plus de 3000 mètres et on n'est pas très chauds, c'est le cas de le dire pour dormir à cette altitude, on aimerait bien prendre quelques degrés en descendant un poil. Nous trouvons notre bonheur quelques centaines de mètres plus bas, avec une très belle vue dont nous profiterons au réveil....

Nous profitons de l'endroit, et décidons de remonter un peu pour la vue que nous n'avons pas eue hier. Nous croisons sur le chemin notre petit gars de la veille, avec qui nous avions partagé quelques gâteaux, celui qui emmenait ses frères et soeurs faire de la luge. Il conduit des "yacks" au pâturage. Ce sont en fait des dzos qui sont un croisement entre le yack et la vache. Ils sont un peu loin, mais nous aurons l'occasion d'en rencontrer de plus près. Il nous reconnaît et nous fait signe de le suivre. Il descend de son cheval, et accompagné de son chien, nous conduit à un espèce de trou, de grotte, bien caché, que nous atteignons après une petite marche d'approche. Pas exceptionnel, mais alors quelle vue! Notre petit gars est très fier de nous montrer la cachette secrète. Il ne parle pas du tout, est-il muet???? Alors que nous rejoignons notre véhicule, lui, court après son cheval qu'il n'avait pas attaché, et celui-ci a pris la poudre d'escampette. Le pauvre a vraiment du mal à le récupérer, car l'animal n'a pas décidé de se faire attraper. Nous attendons pour ne pas le laisser dans l'embarras, mais il finit par avoir raison de la bête. En poursuivant notre chemin, nous passons près d'une yourte, et on nous interpelle. Nous sommes conviés à l'intérieur. Pourquoi pas! Nous sommes donc accueillis par cette famille qui pour l'été se retrouve à 3000 mètres, avec leurs chevaux. C'est une grande famille. Autour du grand-père et de la grand-mère, les enfants, petits-enfants tous réunis. Ceux qui nous ont invité parlent très bien anglais, et pour cause, elle est juriste, et lui avocat. Ils ont également leurs frères et soeurs et toute une ribambelle d'enfants. Nous sommes dans une yourte, qui ne reçoit pas de touristes, telle qu'ils peuvent l'habiter en famille. On nous offre tout d'abord le traditionnel koumis, le lait de jument fermenté, un gros bol chacun! Accompagné des boorsoghs (beignets) et pour finir, on nous apporte un sac de friandise énorme, pour emporter avec nous. C'est comme du chocolat nous dit-on! En fait, ce sont des kourous, des petits fromages fermentés, très durs. C'est une recette ancestrale du temps de la route de Chine, où il fallait pouvoir conserver les aliments longtemps. Les kirghizes en sont friands, et dans les lieux touristiques, on en voit vendus le long des routes par paquets entiers. Il y a une certaine acidité à ces fromages. En ce qui me concerne, j'aime bien avec une tomate, un ou deux par ci par là, c'est pas désagréable. Du coup, le sac nous a accompagné pendant tout le voyage. Quelle belle rencontre cette famille.... Nous leur offrons pour les remercier des biscuits de Reims, que les enfants n'ont pas mis longtemps à apprécier. Echange de nos adresses mail, et nous poursuivons notre route. La route est superbe où que l'on regarde. Nous croisons pas mal de tombeaux.

Et nous rejoignons la route principale qui va nous emmener vers Baetov. Nous cheminons au milieu des badlands.Une fois de plus, nous ne savons plus où donner de la tête. Nous grimpons vers le col de Börülü Ashuu, plus communément appelé dans le coin MELS Ashuu (c'est à dire col de "Marx - Engels - Lénine - Staline ). Alors là, c'est un feu d'artifice de paysages de toute beauté. Il est difficile de ne pas s'arrêter à chaque virage. Là encore, il y a des fleurs à foison. Nous croisons à maintes reprises une voiture, une lada, avec quatre occupants à bord. Ils n'ont pas la chance d'avoir un 4X4, et ça grimpe sec! Ils doivent rejoindre un jailoo juste après le col. Nous leur proposons de l'aide, mais ils ont adopté une technique bien propre à eux: ils montent et quand le voiture chauffe, on ouvre le capot, on la laisse reposer, de l'eau et en route pour deux virages plus loin où on recommence la même opération. D'ailleurs, c'est très kirghize, la voiture sur le bas-côté avec le capot ouvert! Entre la voiture qui refroidit, et nous qui prenons des photos à presque chaque virage, nous cheminons ensemble jusqu'au sommet....

Ils sont tellement contents de venir nous faire un coucou. Leur peau est brûlée par le soleil, nous sommes à plus de 3000 mètres, et la protection solaire n'a pas l'air une priorité, semble-t-il. Quelques gâteaux partagés nous ont valu un beau sourire. La descente sur l'autre versant du Börülü est tout aussi attrayante que la montée, bien que très différente. Nous atteignons la vallée de la Terek, et progressons d'un côté, puis de l'autre de la rivière. L'heure qui commence à être tardive donne une couleur mordorée à ce paysage bucolique. Ici, une unique mais énorme ferme, vaches et moutons en quantité. C'est d'ailleurs l'heure pour eux de rentrer. Nous avions dans l'idée d'aller crapahuter dans une petite gorge découverte par Marie. Mais ce n'est pas du tout la bonne lumière et elle est plus que sombre, nous n'en verrons que l'entrée. De toutes façons, il est temps de se mettre en quête d'un campement pour être en place avant la nuit. Nous faisons le plein d'eau à la source captée juste aux abords de la grotte et décidons, malgré le froid qui commence à tomber, d'établir notre bivouac dans les hauteurs. Nous craignons toujours un peu les moustiques en campant près de l'eau. Nous n'avons pas regretté notre choix, la vue est belle, et nous assistons à un spectacle de galopades de chevaux sauvages. Comme nous sommes encore à plus de 3000 mètres, il ne fait pas bien chaud. D'ailleurs, le temps est à l'orage, et pour cette nuit, nous allons en subir un sévère.

La tente est trempée ce matin, et nous prenons notre petit-déjeûner sur fond d'arc-en-ciel. Le séchage est malgré tout relativement rapide et nous pouvons donc prendre la route vers notre destination, les kulak teepees, pour y faire une rando. Hier, en fait, nous aurions du rejoindre Laurence49b et sa covoyageuse, Stéphanie. Et oui, cela fait un bon moment avec Laurence que nous nous connaissons virtuellement, par l'intermédiaire de VF, où nous avons fréquenté un peu les mêmes discussions. Et l'occasion faisant le larron, nous nous retrouvons sous les mêmes latitudes, et nous réussissons à nous goupiller trois jours en commun pour aller jusqu'au lac Kel Suu. Mais notre nuit très aventureuse du col d'Arabel, et l'obligation de changer notre itinéraire nous a fait perdre une journée, et nous avons donc été dans l'impossibilité de retrouver les filles. Nous avons toutes les coordonnées pour pouvoir se joindre, mais faute de réseau la majorité du temps, pas moyen de les prévenir. Nous espérons donc les retrouver à Tash Rabat, après la rando, d'où nous devions partir ensemble pour le lac. Nous approchons les teepees. Là encore, pour la rando, nous avons suivi les traces de Marie, trouvées sur Wikiloc. C'est amusant de voir les troupeaux de chevaux sauvages, en tous cas qui ne sont pas entravés, et qui se promènent, vadrouillent, parfois se baignent. Il y a toujours un chef, qui observe, en avant-coureur, et là, s'il estime que la tribu peut y aller, là et seulement là, le reste de la troupe ose avancer. C'est toujours le même rituel! Je ne vais pas accompagner Gilles jusqu'au bout, car mon ventre se tord dans tous les sens de façon douloureuse, et le coeur n'y est pas. Début de troubles qui s'annoncent. Je me pose un peu pour patienter, en regardant les fleurs, et là, oh joie, voilà que s'avance une de ces fameuses tribus évoquées juste avant, avec son chef. On doit se croiser, alors de multiples précautions sont prises des deux côtés. Eux aussi ont pour objectif de faire la même rando, le but étant peut-être différent. Est-ce que cela a un rapport avec le névé tout au bout, au fond du canyon? Ce sont-ils dit "Tiens si on allait se faire une petite glace aujourd'hui?" Beau moment pour moi en tous cas, qui les trouve si majestueux.

Encore un petit col, le Kulak Ashuu à 3390 mètres et nous rejoignons ensuite l'embranchement pour aller à Tash Rabat. C'est un caravansérail, c'est à dire une espèce d'hôtel, de lieu d'accueil pour les marchands, à l'époque de la route de la Soie. Très bien conservé, il est un des hauts lieux touristiques du Kirghizstan. Donc, il y a peut-être une vingtaine de personnes. Nous en faisons la visite, dedans, dessus, autour, tout en guettant deux voyageuses françaises. Echec, elles ne sont pas là. Nous décidons alors d'aller chercher de l'essence en direction de Naryn, donc de refaire la piste en sens inverse. Il doit y avoir une nouvelle station service à la frontière avec la Chine, mais si jamais elle était fermée, nous ne pourrions pas faire la route jusqu'à Kel Suu. Alors par mesure de précaution, nous faisons une presque cinquantaine de kilomètres dans le sens inverse de notre itinéraire, jusqu'à une station que j'avais rentrée sur Maps-Me. Hélas, trois fois hélas, elle est désaffectée. Nous interrogeons quelques habitants, mais si nous ne voulons pas faire cent kilomètres (aller), il va falloir s'adresser à un gars du crû et son essence avec moins d'octanes que celle que nous prenons habituellement. Un homme, plus que gentil, va jusqu'à prendre sa voiture pour nous guider chez quelqu'un qui va faire office de pompiste avec un bidon. Nous osons même lui demander où nous pouvons nous débarrasser de nos poubelles que nous trimbalons depuis trois jours et qui commencent vraiment à être un problème. Et oui, hormis dans les grandes villes, il n'y a rien pour les détritus, c'est quelque chose à prendre en compte, au même titre que refaire le plein, ou remplir les bidons d'eau! Notre gentil pompiste, va les prendre chez lui, décidément, ils sont bien sympathiques.

Nous reprenons la piste pour Tash Rabat, pour être vers 15 heures là-bas, heure prévue pour notre départ vers Kel Suu avec Laurence. J'espère qu'elles auront eu la même idée! C'est la troisième fois que nous reprenons cette piste! En chemin, ous croisons un haut lieu d'école de vol pour les vautours, que nous prenons plaisir à regarder prendre leurs ascendances. Les filles ne sont pas là! Nous montons un peu pour avoir une vue d'ensemble mais rien! On va prendre la route, car il est déjà tard et nous espérons pouvoir planter le bivouac juste avant un gué qui peut s'avérer périlleux, et qu'il vaut mieux franchir le matin, avant la fonte des glaces. Le but du jeu serait de dormir juste à côté pour l'attaquer au plus tôt le lendemain. Piste quatrième! Finalement nous n'avons pas regretté ce second pélerinage au caravansérail, beaucoup de kilomètres inutiles, certes, mais la rencontre avec les vautours et le retour sous un ciel plombé en valaient la chandelle. Nous rejoignons la route principale, que nous suivons plein sud. Elle est goudronnée et parfaitement entretenue, car elle mène au col de Torugart (3752 mètres) , passage frontière avec la Chine. Comme nous la longeons pour aller à Kel Suu, il faut demander un permis spécial à l'avance qui nous permettra de passer les checkpoints. Il y a quelques endroits au Kirghizistan qui nécessitent ce permis, pour la même raison. J'avais un peu poussé Laurence à suivre cette route à l'aller, pour ne pas faire la même route aller- retour pour le lac. Cet itinéraire longe la vallée de l'Ak Say, jusqu'à l'embranchement pour Kel Suu. Nous passons pas loin du lac Chatyr Kul, sans nous en approcher car c'est très marécageux, la route que nous devons parcourir est longue et il faut s'avancer au plus loin avant la nuit. Le passage du checkpoint est un peu tendu, ils épluchent tout, mais nous le franchissons sans heurts. Une file de camions gigantesque est à l'arrêt, certainement en lice pour franchir la frontière dès l'aube. La station service, clinquante, est bien opérationnelle et ravitaillée. Nous refaisons donc le plein, et c'est parti pour environ 60 kilomètres de piste jusqu'au gué. Nous suivons le no man's land qui longe la frontière chinoise. Pour être tout à fait honnête, si ce n'est le ciel d'orage superbe et les quelques miradors qui nous distraient, les kilomètres se suivent de manière ennuyeuse. C'est plat, c'est droit, et le paysage n'a rien d'exceptionnel. Nous n'atteindrons pas le gué avant la nuit. Il nous faut trouver un emplacement plat, non caillouteux, et ce n'est pas si simple. Ici ce sont les mottes d'herbe qui dominent. Nous finissons par trouver l'ENDROIT! Pas terrible, mais on désespérait de dormir sous la tente ce soir. D'ailleurs nous inaugurons le dîner sous l'avancée, car l'orage qui nous tombe dessus est sans pitié.

Il fait beau au réveil. Par contre on s'est sacrément caillés cette nuit, malgré nos duvets 0°C! La montée sur la petite colline voisine à notre bivouac nous offre une jolie vue sur la vallée. Nous n'étions pas très loin du gué. Pas de filles en vue, et le gué que Marie et Fred ont eu beaucoup de mal à franchir au mois de mai est quasi à sec! Il est vrai que les ramifications de l'Ak Say sont gigantesques. Il faut trouver le bon passage à chaque fois, et trouver ensuite la bonne sortie, car les rives ont une allure de falaises. Comme avons peu d'eau, ça ne sera pas difficile, mais effectivement avec de l'eau ça doit être une autre paire de manches.

Nous croisons un papa et son fils qui vont chercher de l'eau, mais il n'y a quand même pas beaucoup de jailoos dans ce coin là. La partie de la route après le gué est plus attractive, nous longeons toujours l'Ak Say, ça doit être très beau quand la rivière est tumultueuse. 80 kilomètres plus loin, nous trouvons la bifurcation pour Kel Suu. C'est verdoyant, et le paysage pour y parvenir très beau, mais le temps est gris et sous un ciel blanc, les couleurs ne sont pas au rendez-vous.

Nous arrivons au jailoo de Kel Suu. Nous cherchons �� droite, à gauche, toujours pas de trace des filles. Et puis finalement c'est grand ici, avec plein de campements aménagés, moi qui pensait être au bout du monde dans un endroit confidentiel! Ça ne l'est visiblement pas tant que ça pour les tours operators. Il se met à pleuvoir des cordes. Nous pique niquons dans la voiture et faute de beau temps y faisons un petit somme. Une chienne adorable, que je surnommerai Fidèle, nous adopte et se couche près de notre roue. Un 4X4 s' avance sur la route pas loin. Il est midi, et il n'y a pas grand monde. Il y a deux filles dedans, et ce sont les bonnes! Ouhais!!!! Je monte dans le véhicule (Gilles roupille toujours) et nous échangeons avec bonheur le récit de nos aventures.

Quand le soleil daigne enfin pointer son nez, c'est magnifique! Alors Kel Suu, quel est ce joyau qui nous prend quasi 2 jours aller, idem pour le retour. Ce Kel Suu qui a généré tant de conversations sur certains posts de Voyage Forum? Tout d'abord, c'est un lac d'un exceptionnel bleu, cerné de montagnes, il a juste l'inconvénient de se vider d'un coup de manière impromptue, sans que l'on sache vraiment trop pourquoi! Alors imaginez, le trajet pour y accéder, le permis etc... et il se trouve que le lac s'est vidé avant notre venue, au mois de mai me semble-t-il, BINGO! Il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour qu'il se remplisse entre temps, car il est un peu "magique", on ne sait jamais.... SUSPENSE! Autre chose, les débats sont vifs sur la façon d'y parvenir, depuis le jailoo où nous sommes actuellement, qui est à au moins 1H30 du lac proprement dit, à pied. Déjà, dans nos conditions imposées par le loueur de voiture, on n'a pas le droit d'aller au-delà du jailoo. Il y a une piste, mais alors plus que périlleuse. D'ailleurs ont y a vu un 4X4 de russes, embourbé dans un dévers monumental, en fin d'après-midi, et nous ne les avons revus que le lendemain matin! Et puis il y a ceux, tous les tours operators qui traversent direct, par l'herbe marécageuse. Si cela ne me semblait pas une hérésie, de faire une trace, force a été de constater que c'était l'horreur! Ils ne passent pas dans UNE trace, mais ils ont complètement ravagé l'écosystème de partout. VRAIMENT A NE PAS FAIRE, c'est un massacre. Nous avions l'idée de dormir au bord du lac car nous avions vu avec Laurence de très jolies photos. Mais la difficulté de transporter le matériel, fait qu'au final nous choisissons le bivouac aux alentours du jailoo.

Les filles finissent leur pique nique et nous entamons la rando, guidés par notre chienne d'adoption. Incroyable, quand elle n'allait pas chasser la marmotte (je crois qu'elle croit encore au Père Noël!), elle nous indiquait les passages quand nous ne savions pas lesquels choisir. Le début de la balade est très plaisant. Pendant que nous nous évertuons à passer plusieurs gués, les nuages s'amoncellent. Le lac Kel Suu est à 3500 mètres d'altitude, et chaque fois que nous traversons l'eau nous avons de plus en plus froid. C'est alors que nous subissons une déferlante de pluie et de grêle. Ma gore tex était tout à fait obsolète, trempée jusqu'aux os et avec le mal de ventre qui continue à me tordre les boyaux, personnellement j'ai vécu un enfer. Nous arrivons enfin (il y a le retour tout de même), mais je n'apprécie pas le paysage, hélas, transie de froid. Par contre, vous l'aurez constaté l'eau est au rendez-vous même si le mauvais temps lui enlève sa jolie couleur bleue. Il y a des scientifiques sur place qui campent. Et bien moi, je suis contente au final de ne pas dormir ici, il fait un froid de canard, bien plus que de canard d'ailleurs!

Il nous faut ensuite repartir. Et là, deux écoles s'affrontent. Les trois filles ne souhaitent pas prendre le même chemin qu'à l'aller, car il y avait des passages difficiles, et avec le mauvais temps, la fatigue, nous ne nous sentons pas. Nous préférons prendre la rive droite, marécageuse, et franchir devant le village le gué important de cette rivière à ramifications impressionnantes, en espérant pouvoir trouver de l'aide si besoin. Quant à lui, Gilles, estime que nous aurons de l'eau jusqu'à la taille, et préfère franchir la rivière avant, pour rejoindre l'autre rive. Il ne pleut plus, mais le retour est long et fastidieux, dans un milieu bourbeux, spongieux, où nous progressons à force de plocs, plocs. Notre chienne gambade à nos côtés. Nous arrivons à hauteur de jailoo où deux garçons nous guettaient. Ils savaient qu'il y avait deux 4X4 dont les occupants n'étaient pas rentrés. Nous sommes rapatriés à cheval, derrière eux. Les montures ont de l'eau jusqu'au flanc. Notre petite chienne, hésite longuement avant de traverser, et a du mal à lutter dans le courant. Mais tout le monde regagne la rive sain et sauf. Il n'a pas fallut longtemps, pour nous mettre d'accord: ce soir nous dormirons dans une yourte, chauffée, avec un bon repas pour nous remettre. C'est dans la famille d'un des deux garçons que nous partageons tous les quatre notre nuit autour du poêle, à 3300 mètres, après un dîner plus que royal.

Nous nous réveillons avec le soleil, chouette! Nous avions décidé avec Laurence de consacrer deux jours à Kel Suu pour en profiter à fond. Décision est prise, nous y retournons à cheval. Notre jeune sauveur de la veille, Ursun, doit regrouper les chevaux nécessaires à notre expédition et nous prenons la route en milieu de matinée, accompagnés par notre chienne Fidèle et un de ses deux compagnons canins du jailoo. C'est fabuleux, nous chevauchons dans les plaines marécageuses. Nous avons un sentiment de liberté, d'immensité extraordinaire. Stéphanie qui voyage avec Laurence est courageuse, elle a très peur de monter à cheval, son guide lui tient le sien. Nous atteignons, après une petite chute de Gilles, sans bobos, notre destination. Nous nous attendons les uns, les autres, pour découvrir ensemble le lac sous le soleil. Et là, c'est grandiose! Nous nous contenterons de la vue de cette rive, les abords étant inaccessibles, sauf en bateau, mais que nous n'avons pas fait l'effort de prendre sur notre dos! Celui des scientifiques lui est toujours là.

Après avoir bien profité de notre rayon de soleil sur notre fameux lac, nous reprenons la route. La pluie se mêle de la partie, mais nous avons tous pris des dispositions à cet effet, et c'est beaucoup plus acceptable. J'ose demander à Ursun, si je peux galoper un peu. J'avais décidé de ne pas monter à cheval j'avais fait une croix dessus, en rapport avec les séquelles de mon cancer, et mon bras qui ne doit subir aucun traumatisme. C'est râté! Du coup, je m'étais interdit le galop. Encore râté! J'en rêvais!!!! Me voilà à galoper d'abord légèrement, puis à sabots déployés au milieu des grandes étendues sauvages, rapidement suivie par Gilles et Laurence. Notre guide, prend plaisir à voir notre joie. Nous n'avons pas eu les mêmes rapports avec lui que lors de nos randonnées équestres précédentes. Lui, c'est simple, bon enfant, génial. Quel bonheur, mais quel bonheur! Et c'est la fin! Nous rejoignons notre petite famille d'accueil.

Avec Gilles nous décidons de prendre la route plus tôt que prévu, pour nous avancer sur le trajet énorme qui nous attend le lendemain. Nous abandonnons donc les filles à leur "triste sort" pour parcourir autant de kilomètres que nous pourrons avant la nuit, sur la route devant nous conduire à la perle du Kirghizstan, le lac Son Kul, en passant par Naryn. Nous passons sans encombre le col de Kindi et son checkpoint, à 3400 mètres. Si le début du trajet était plutôt morne et ennuyeux, la fin est de toute beauté. Nous longeons la rivière At-Bashi. Ne réussissant pas à atteindre Naryn, nous trouvons un bivouac au milieu de champs de fleurs, dominant la vallée peuplée de nombreux jailoos.
Carnets de voyage (USA, ouest canadien, Namibie, Madère, Egypte, Islande): Voir mon profil.

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KR
Bonjour Sylvie,

Décidément les pays en "stan" ont la cote cette année ! [;)]

Je n'ai pas encore eu le temps de lire ton récit mais je le ferai dès que possible.

J'ai juste parcouru un peu le début et aussi la fin où j'ai compris que d'une part ton loueur n'était pas des plus honnêtes [:/] mais que d'autre part tu avais déjà un nouveau projet dans un pays (presque) voisin.

Peut-être une photo (pour servir de vignette à ton récit VF) serait un plus ! [:)]

A bientôt et bons futurs voyages !
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
ML
Salut Sylvie!

Quel copieux carnet de voyage! Que de rencontres, d'aventures, de paysages, je me suis régalée! Je comprends que la gestation ait duré si longtemps! Très belles photos!

Heureusement que le coup de la valise se termine bien! J'affuble tjs nos bagages d'un gros bout de tissus orange, pour éviter ce genre de confusion... Incroyable de voir comme la montagne est "peuplée" en plein été, par les nomades mais aussi par les moustiques à 4000 m d'altitude! Beaucoup plus de voyageurs étrangers aussi... Vous n'êtes pas allés voir le rocher aux pétroglyphes en faisant le tour près de Kumtor? Magnifique le lac Kel Suu! Je pense que le niveau d'eau dans la vallée était moins haut pour nous car nous avons marché au sec, en dehors bien sûr de la traversée du gué. A contrario on eu plus d'eau sur le gué de la piste vers (ou "depuis" pour vous) Torugart Pass. Sans doute que le lac Kel Suu étant rempli, le débit de la rivière en aval était plus important...

Je constate que tu n'es pas allée vers Toktogul et le Pic Lénine et mon petit doigt me dit que tu réfléchis à un voyage au Tadjikistan au départ de Bishkek?

Bon maintenant que tu as fini ta rédac, tu vas pouvoir te plonger dans la Mongolie!

A+ Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
GR
Coucou Krikri,

ah mais, oui, heureusement que tu es là, j'avais prévu la photo, et j'ai oublié. Merci à toi[:)]

Sylvie
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GR
Coucou Marie,

oui! C'es exactement ça, je vais avoir l'esprit libre pour la Mongolie.

Nous avons bénéficié de votre expérience, qui nous a permis d'affiner nos choix! Nous avons oublié effectivement d'aller voir ton rocher aux pétroglyphes, zut!!!

Merci de tes commentaires[:)][;)]

Sylvie
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GR
Ce matin, nous devons donc rejoindre le lac Son Kul, à 3100 mètres d'altitude, par le col Terskey Torpok, appelé plus communément col des 33 perroquets, en rapport au nombre de ses virages. Nous croisons des champs rose-vif, qui semblent bien protégés et labourés. La fleur est ma préférée (avec poissirène!). Grâce à mon ami Pierre-Henri, grand spécialiste des plantes, je sais que c'est du sainfoin, que l'on donne au bétail. Je suis un peu déçue, que cette superbe fleur finisse comme fourrage, mais bon! Champs jaunes de colza et champs roses se succèdent jusqu'au village d'Ak-Muz où nous faisons le plein d'essence et d'eau. Jolis petits cimetières et nous rejoignons, après avoir fait le plein de victuailles, et d'essence à nouveau, à Naryn, la route qui nous conduit jusqu'à la montée à Son Kul. Quelle bonne idée nous avons eue de nous avancer sur le chemin! Car un bruit étrange m'alerte à l'arrière. Sans aucune hésitation possible, nous avons crevé! En pleine pente raide du col des 33 perroquets, que rêver de mieux. Après multiples vains efforts, pas moyen de faire monter le cric fourni avec la voiture suffisamment pour changer la roue! Nous arrêtons un gros 4X4, avec quatre hommes costauds. Puis un couple nous rejoint, ils sont du Kazakhstan. Les hommes ont carrément soulevé la voiture. Merci encore à eux, car cela n'a pas été une mince affaire! Nous vadrouillons un peu à droite à gauche, puis décidons de contourner le lac par le nord-ouest. Nous passons près de pierres funéraires d'origine Scythe. Les cercles au nombre de neuf, sont appelés Tach-Tulga.

Son Kul est très prisé par les nomades, et les troupeaux sont nombreux, ainsi que les chevaux sauvages. Nous cherchons depuis un bon moment un endroit pour bivouaquer, mais les abords du lac ne présentent pas un terrain favorable pour planter la tente, et son parfois bourbeux et peuplés de moustiques. Le soleil commence à décliner, nous prenons la décision de passer la nuit dans une yourte. Les jailoos touristiques ici sont légion, et c'est surtout ce que nous ne voulons pas. Nous choisissons donc un groupe de yourtes simple, isolé et allons tenter notre chance. Pour 1000 soms par personne, environ 12 euros, on nous propose la nuit avec dîner et petit déjeuner. Nous avons une yourte superbement décorée, Elle va nous servir de lieu de repas qui sera ensuite transformé en chambre. Nos hôtes, comme à l'habitude ont leur propre yourte. Nous avons du temps avant le repas, et la lumière est belle, c'est l'occasion d'aller se promener. Nous ne pouvons cependant pas approcher les abords du lac, trop marécageux. Des chevaux, partout des chevaux. Rencontre avec un groupe curieux qui vient me voir, et leur leader qui me jauge. Ils s'approchent tout près, je n'ose même plus respirer. J'ai rempli les conditions, ils passent leur chemin. Notre hôte s'appelle Gildesbek. Il emmène Gilles faire un petit tour de cheval. Il est tenu, certes, mais la lumière est si belle. Gildesbek s'interesse à notre 4x4, alors Gilles pour lui rendre la pareille lui propose de le conduire. La nuit est déjà là, le tour sera de courte durée, mais Gildesbek est ravi! Pendant ce temps, je continue à observer les chevaux, et tout particulièrement cet étalon, qui a d'abord coursé mon groupe de chevaux, puis des ânes et tout ce qu'il pouvait trouver. Superbe quand on le voit galoper, mais celui-là, je préférerai ne pas le croiser. Un bon repas et au lit, bien fatigués de notre trajet.



L'ouverture rituelle du tunduk, sommet de la tente qui nous inonde de lumière nous annonce qu'il fait grand beau. Nous avons juste le temps de nous habiller et de faire une petite toilette, que les matelas sont rangés et la chambre transformée en salle-à-manger. Il n'y a pas de poële dans celle-ci, mais malgré l'altitude, les couvertures étaient suffisamment chaudes et nous n'avons pas eu froid. La yourte est décorée, murs comme sol, de gigantesques tapisseries toutes brodées par la grand-mère. C'est somptueux. Habituellement, les hôtes ne viennent pas manger avec nous, c'est la fille de la maison qui vient juste nous tenir compagnie et nous servir. Et bien ce matin, nous déjeunerons tous ensemble, très certainement pour nous remercier pour la virée en 4X4 (nous avions décliné l'invitation au thé le soir). Ils ne parlent pas anglais, sauf pour la fille aînée, étudiante, mais alors, juste quelques mots basiques. Ce n'est pas facile d'échanger, mais nous comprenons que Gildesbek élève du bétail (tient ici ils n'ont pas de chien de troupeau), sa femme Raymora est professeur de russe, et ils ont quatre enfants, l'aîné, ayant fini ses études est informaticien, il parle paraît-il parfaitement anglais, mais il est absent. Il s'appelle Marlen. Je m'étonne de ce prénom masculin, qui chez nous ne l'est pas, et Raymora, sourire aux lèvres, arrive à m'expliquer que c'est un prénom assez usuel, contraction de "Marx-Lénine"! La dernière a deux ans. Quand Gilles demande quand elle va commencer à monter à cheval, on lui répond que c'est déjà fait, d'ailleurs on nous montre la bosse conséquence de sa récente chute. Ah?! Toute la famille accompagne donc le papa pour passer les mois d'été dans les pâturages de Son Kul.

En ce qui concerne le petit-déjeuner, il est très copieux. On amène le samovar pour le thé ou le café. Et une fois que nous sommes bien rassasiés, on nous apporte un gros bol de koumis, le lait de jument fermenté. C'est un honneur que nous ne pouvons refuser. Personnellement, ça ne passe plus du tout et je trempe juste mes lèvres pour quelques gorgées. Gilles courageux, voire héroïque va finir son gros bol....et le mien! Le hasard nous a fait choisir cette yourte et quelle belle rencontre. Après quelques photos et échange de numéros whatsapp, nous les quittons presque tristes. La journée est dédiée à vagabonder à l'aventure sur les rives de la perle du Kirghizstan, puis en soirée de nous rapprocher du côté opposé où le lendemain nous nous sommes inscrits au festival national équestre. Son Kul est un haut lieu touristique, et de randonnées équestres. Nous profitons de la journée pour pique-niquer sur les hauteurs, prendre une douche, aller de recoins en recoins, et la journée passe assez vite. Il est temps de nous trouver un coin pour dormir. Nous choisissons cette fois-ci de nous éloigner du lac pour bivouaquer sur les hauteurs. Nous hésitons entre un champ de fleurs et un tapis d'edelweiss pour planter la tente. Cela nous fait mal au coeur, mais c'est inévitable de les écraser, il y en a partout, vraiment partout. Un apéritif avec vue sur le lac, et nous avons notre visite vespérale habituelle, pour ce jour, ce sont des vaches.



Nous sommes réveillés aux aurores par un gros bruit métallique. Gilles se lève, les vaches sont en train de se faire les cornes sur notre table et contre la voiture. Ouste, ouste, ouste suffit à les faire éloigner et à Gilles pour se recoucher. Une demi heure plus tard, même scénario, sauf que c'est à mon tour d'aller pratiquer le ouste, ouste, ouste. Oui, mais je m'aperçois qu'au milieu de ces vaches joueuses, il y a trois taureaux, d'ailleurs signalés par un ruban à l'oreille. Pas si fière, je me dirige doucement vers la voiture. Nous assistons à des meuglements pitoyables d'un des bestiaux en mal d'amour, et à des joutes tauresques. Ils finissent quand même par aller jouer ailleurs, et nous déjeunons tranquillement avant de rejoindre le lieu du festival du cheval. Batayaral, où nous devons nous rendre, est un haut lieu de yourtes destinées aux touristes. D'ailleurs autour du lac il y a plusieurs camps qui, tout comme le club med, savent choisir leurs emplacements. Près de l'eau, mais sans marécages. Nous passons quelques jailoos avant d'atteindre le camp en lui-même. Le CBT (Community Based Tourism) de Kochkor organise les jeux équestres nationaux de Son Kul. Nous avons donc réservé l'entrée aux différentes activités, le repas du midi et du soir et la nuit sous yourte avec petit déjeuner, pour la somme de 4400 KGS, soit environ 57 euros pour deux. Si on ne souhaite que voir les jeux à cheval c'est gratuit et ouvert à tous. Les repas sont pris à des tables communes sous de grandes tentes, dans un style auberge de jeunesse. Le festival est un mélange d'activités destinées aux touristes ( fabrication de beignets, les boortsoks, de tapis et montage de yourte, danses et costumes traditionnels), et ce pour quoi nous sommes là, les jeux équestres, véritable institution kirghize. Pour la première partie, nous avons regretté la continuelle sollicitation des touristes pour la participation aux différents ateliers, notamment le montage de yourte que nous aurions aimé voir dans des conditions réelles et sans main d'œuvre supplémentaire. Ceci étant dit, touristique certes, mais pas inintéressant. Nous nous installons pour les joutes équestres assis par terre sur fond de lac Son Kul, décor superbe. La police assure la sécurité, à cheval bien entendu ! Quatre équipes participent à la première épreuve, l'Utak Tartysh (attrape-chèvre). Jeu très ancien des nomades d'Asie Centrale. Contrairement à leurs voisins du Kazakhstan, les kirghizes continuent à sacrifier une chèvre (ici ce sera un mouton), à qui l'on a coupé la tête et les membres. À quand l'évolution des traditions pour utiliser une outre qui reproduirait la forme de l'animal martyr? Bref, deux équipes s'affrontent pour attraper le mouton et aller le mettre dans le but de l'équipe adverse, ici un pneu. La bête est clairement très lourde et la rixe est brutale, tant pour les hommes que pour les chevaux. Les équipes gagnantes reçoivent un prix conséquent, dont je ne me rappelle pas la somme. La dextérité des hommes, cravache dans la bouche, force le respect, même si leurs montures sont soumises à rude épreuve. Etonnant, les chiens qui évoluent au milieu des sabots des chevaux au galop, des quatre vingts sabots pour être précis! Mais Diantre, que font-ils là au risque de se faire blesser? Au bout d'un certain temps de jeu, voire d'un temps certain, où le "mouton ballon" passe de mains en mains, il n'est plus tout à fait frais, et nous comprenons alors l'intérêt que les chiens ont dans l'affaire: récupérer quelques morceaux de viande par ci par là, tout s'explique.... Le jeu suivant est celui que j'intitule "l'attrape-princesse", un peu plus glamour que le précédent, c'est le kyz-kumai. La jeune fille passe au galop devant le prétendant qui doit la rattraper pour lui voler un baiser. Dans le cas contraire c'est ensuite elle qui le poursuit et doit pour gagner, lui donner un coup de fouet. Seulement deux princesses participent à l'épreuve. S'ensuit le Tyin Enmei. Tous les concurrents partent ensemble au galop et doivent récolter de l'argent au sol lors de leur passage. Plutôt impressionnant. Le Er Enish est une forme de lutte à cheval où les règles autorisent des prises dangereuses. Le rôle du cheval dans l'épreuve est aussi important que celui du cavalier. Pour finir des jeux de lutte à pied, tir à la corde par équipe ou homme contre homme. Les kirghizes spectateurs assidus, à cheval, est-il besoin de le préciser, encouragent les participants. C'est là que le bât blesse, ou plus précisément le sabot! Dans l'enthousiasme ambiant, les jeunes kirghizes ne font plus guère attention où ils mettent les sabots. C'est ainsi qu'un cheval et son jeune cavalier se sont retrouvés sur mon pied! Il a fallut force de ouille ouille ouille, avant que l'équipage ne prenne conscience de mon peton en tongue, et ne déplace enfin l'imposante monture. Mille excuses du jeune, mais le mal est fait et c'est clopin clopant que je rejoins la voiture pour limiter les dégâts. Le pied a gonflé et doublé de volume. Heureusement, nous sommes à quatre jours du départ et j'arrive à marcher. Au jour où j'écris ces lignes, les radios ont montré que rien n'était cassé, mais j'ai dû finir aux urgences pour cause d'infection de l'hématome, puis échographie, IRM, prise de sang, deux mois de soins d'infirmières et beaucoup de temps chez le docteur! Les jeux équestres sur fond de Son Kul, c'était un vrai bon moment, mais notre rencontre avec des aventuriers baroudeurs lors de l'événement en fut un autre tout autant sympathique. Jean-Jacques voyageur aux longs cours sur son fidèle destrier, sa moto. Il écrit régulièrement des articles dans le magazine Road Trip, et a écrit un livre "le bandana bleu". Leslie et Jérôme, rencontrés la veille, partis pour onze mois avec leur propre 4X4, tout comme Charlotte et Julien, partis eux pour cinq mois avec leur Defender, 4X4 de baroudeur pur jus, et leur chien! Apéritif improvisé avec les moyens du bord de chacun devant notre yourte, et fin de soirée autour du feu de camp géant, ambiance boîte de nuit hyper sympa! (en ce qui me concerne, nulle question de guincher bien entendu!) La police montée nous demande de regagner nos pénates aux alentours de dix heures, pas très couche-tard les gaillards. Nous rejoignons donc notre yourte que nous partageons à sept. Je ne sais même pas trop avec qui nous avons dormi!



Après le petit déjeuner, nous faisons nos adieux à nos copains de rencontre qui eux volent vers d'autres horizons, tandis que nous nous rapprochons gentiment de notre destination finale, plus si lointaine. Notre parcours du jour doit nous faire redescendre dans la vallée par le col de Kara Keche (3384 mètres), vers les gorges de la Kökömeren. Nous délaissons celui de Moldo Ashuu prévu initialement, car nous craignons d’être peut-être un peu justes en essence. Le festival se déroulait à l’opposé de notre point de descente. Nous continuons donc tranquillement notre tour du lac. Le temps est au beau et l’eau parfaitement calme, avec son quota de troupeaux paissant tranquillement partout où le regard porte. La route du col est magnifique tout du long, et nous dominons pendant un bon moment d’imposantes mines de charbon. Nous croisons pas mal de camions transportant de et vers la mine le minéral anthracite, donnant une jolie couleur noire à la route et à la poussière par la même occasion, de fait que quand nous croisons un véhicule, nous n'oublions pas de fermer les fenêtres.

Nous passons à Chaek, pour l'essence, les courses et l'eau, mais aussi pour faire réparer notre pneu, car nous n'avons plus de roue de secours. Des réparateurs, ça ne manque pas, il y en a partout, mais nous sommes vendredi, et ils sont tous fermés. Malgré tout la chance nous sourit, car nous en dénichons un en plein travail dans son atelier. Le coupable était un clou, et le garagiste met du coeur à l'ouvrage, décortique tout, et nous repartons avec un pneu réparé. Il est encore tôt, et nous décidons de nous avancer vers le Sari Kamish dont il est prévu de faire le tour. Nous longeons la rivière Jumgal jusqu'à Aral, puis nous bifurquons vers Kyzyl Korgon. C'est alors qu'une voiture de police nous arrête, nous demandant où nous allons. Le policier nous affirme qu'il n'y a rien à voir dans ce coin-là (nous ne sommes pas loin de la mine d'uranium abandonnée de Min Kush, est-cela?). Bref, on ne va pas chercher les ennuis avec la police, et nous faisons demi-tour jusqu'à Aral, pour du coup, parcourir les gorges de la Kökömeren, jusqu'à Kyzyl Oy où nous comptons dormir. J'étais tombée amoureuse des gorges à la lecture du carnet de Marie, et bien nous y voilà! En revanche, notre bivouac du soir est difficile à établir. J'avais noté quelques points, mais soit ils sont occupés, soit trop loin. Nous tournons et retournons en explorant divers recoins, mais pas toujours optimums pour dormir dans de bonnes conditions. Nous optons, par dépit, pour un lieu visiblement fréquenté par des pique-niqueurs, ou campeurs, mais peuplé d'ordures. Avec l'habitude de dormir au milieu des pâturages, dans les immensités, je suis dépitée. Alors Gilles prend le taureau par les cornes, et brûle les ordures, de tous les feux de camp. Ça mérite bien une petite bière rafraîchie dans l'eau tumultueuse. La décision pour le trajet du lendemain est encore à l'étude, une bonne nuit de sommeil, et nous aviserons alors.



Que fait-on ce matin? On retente le trajet d'hier mais il ne faudrait pas tomber sur le policier de la veille, où nous abandonnons l'idée? On retente. Donc, demi-tour, vers les gorges de la Kökömeren de nouveau, mais dans la lumière du matin, puis Aral, et Kyzyl Korgon. Tout se passe pour le mieux! Les abords de la rivière sont vraiment superbes, et insouciants nous batifolons, en essayant des chemins à gauche, à droite, pique-nique avec vue extraordinaire.... Ah si nous avions su! Nous quittons la route goudronnée pour bifurquer sur une piste qui doit nous faire contourner le massif par le col de Kirk-Kiz à 3223 mètres. La piste est très fastidieuse, et vue l'allure à laquelle on avance, et vu les batifolages précédents, nous commençons à être inquiets quant à la finir avant la nuit. Donc avertissement, c'est très beau, mais c'est très très long, des heures en voiture!

Nous approchons du col, il fait froid. La lumière a déjà quitté la vallée, et nous ne disposons plus de beaucoup de temps avant que la pénombre ne s'installe partout. Les derniers kilomètres qui nous ramènent du col aux alentours de Kyzyl Oy, sont très beaux, mais pas appréciés par l'équipe à leur juste valeur, et le temps n'est plus propice à la photo. On en a plein les jantes, peur de finir de nuit, et disons-le, plus que ras-le-bol.

Nous regagnons le village de Kyzyl Oy pour s'acheter quelques victuailles et rejoignons notre camp d'hier, qui est juste à l'embranchement de la route du col. Nous constatons, que les gens de cette ville, et plus globalement du coin, sont beaucoup moins accueillants que ceux que nous avons rencontrés précédemment.



Initialement, de façon théorique, nous avions prévu de dormir plus loin, vers Suusamyr et d'y faire une rando avant de rejoindre la capitale. C'est mort! Donc retour sans fioritures pour rejoindre notre dernier point de chute l'hôtel. Nous replions pour la dernière fois notre tente, et nous dirigeons vers un groupe de jeunes qui sont venus pêcher au feu de camp juste à côté du notre, et nous leur offrons du matériel divers et varié, et des victuailles. Ils prennent le tout sans s'arrêter de jouer aux cartes, et sans un merci. Finalement, j'aurais préféré le donner à quelqu'un qui en aurait vraiment eu l'utilité, tant pis!

Nous continuons à longer la Kökömeren tumultueuse, et nous entamons la montée au col de Too Ashuu. La circulation est dense et les camions abondent, ils sont d'ailleurs obligés de s'arrêter régulièrement, car la pente est raide. De nombreuses "échoppes" de nomades jalonnent le trajet. Ici les kourouts (rappelez-vous les petits fromages très durs et très acides), le koumis (lait de jument fermenté) et le miel, remplacent les chips et le coca cola. C'est amusant de voir ces monceaux de petites boules blanches, comme si quelqu'un avait amassé les balles de traversant la chaîne des Kyrgyz Ala-Too et en longeant la rivière Kara Balta. C'est goudronné, c'est très fréquenté, mais c'est très beau. Nous traversons un tunnel et rejoignons la route encore plus encombrée qui va nous ramener à Bishkek. Voitures, camions, charrettes, piétons qui déboulent, ça n'avance pas et la route est fastidieuse. Bon an mal an, nous parvenons à Bishkek, et allons déjeuner tardivement au café Feyza. Nous restructurons nos bagages et nous mettons en quête de faire laver la voiture qui est vraiment cracra. Les stations de lavage pullulent et nous en trouvons une juste à côté de l'hôtel. Le lavage est manuel, et la voiture est astiquée, cirée, et brille comme un sou neuf. Le petit gars y a passé 1H30, nous lui donnons plus que le tarif prévu, même si nous n'en demandions pas tant. Retour au café Feyza où nous dînons de nouveau de spécialités kirghizes.



Il ne nous reste plus qu'à prendre l'avion, et rendre la voiture avant. Tout semble bien se goupiller, nous sommes dans les temps, avons tiré la somme que nous devons encore au loueur, nous prendrons de l'essence sur la route de l'aéroport. Oui mais! Première station, pénurie d'essence. Seconde station, n'accepte pas le paiement par carte, troisième station, il n'y en a pas! Et M....E. Gilles décide de reprendre la rocade en sens inverse et d'aller à dix kilomètres de là, dans une station que nous avons repérée. Et c'est la loi de l'enquiquinement maximum pour être polie. Nous nous faisons arrêter par un policier, ainsi que deux autres voitures kirghizes. Le Kirghizstan a la réputation d'avoir une police corrompue qui peut nous arrêter pour un oui pour un non, pour nous soutirer de l'argent. Nous avons toujours fait très attention, à rouler à la bonne vitesse, mettre nos ceintures et allumer les phares, pour ne pas leur donner matière. Sauf là! Pas de phares! Il nous demande nos passeports et nous fait comprendre qu'il faut glisser quelque chose dedans. Une première tentative le fait rire, la seconde sera la bonne. Nous constatons, sans que ça nous mette de meilleure humeur que les kirghizes sont logés à la même enseigne. Il nous quitte avec un "bon voyage au Kirghizstan. C'est ça! On va finir par rater l'avion en plus. Petit coup de fil du loueur qui s'inquiète. Nous finissons par faire le plein, avec l'argent qui nous reste, et retrouvons le gars de chez Traveland, qui n'est pas le patron, mais un petit jeune. Avec le flic voyou, nous n'avons plus assez d'argent pour le loueur. Je retourne vite fait retirer la somme due, mais ce n'est pas assez car le plein n'est pas tout à fait plein. Puis il nous trouve une rayure (15$), donc distributeur encore, et l'heure tourne! Je lui abandonne la cartouche de gaz toute neuve qu'il nous avait vendue déjà bien chère et qu'il refuse de racheter. Tout bénef pour eux. Nous filons au pas de course à l'enregistrement qui lui se passe bien. Je vois comme des bulles de jurons de capitaine Haddock au dessus de la tête de Gilles. On oublie tout cela, c'est dommage de terminer sur cette vilaine note, mais nous avons tellement aimé le pays que nous n'en gardons que le côté positif. Jusqu'au jour, où, trois semaines après, alors que nous étions à la montagne avec les enfants, nous recevons ce mail:

Je traduis car c'est en anglais:

Chère Sylvie, J'espère que vous avez passé un bon moment au Kirghizstan. Heureusement vous n'avez reçu aucune amende pour la circulation. En pièce jointe, vous trouverez un rapport détaillé concernant votre location.

J'ouvre ladite pièce jointe, et là notre loueur nous impute des rayures sur la voiture de tous les côtés, y compris le toit. Cette voiture ayant 150 000 km, elle en a vu déjà pas mal. Photos à l'appuis, il nous demande pas loin de 300 €. Pourtant, nous n'avons pas maltraité la voiture. Vous l'aurez compris, bien que nous soyons trois semaines après, nous ne sommes plus dans le pays et nous avons laissé l'empreinte de notre carte bleue en guise de caution, et pas fait de photos du véhicule ni avant ni après (des bleus quoi! Mais c'est quand même la première fois que ça nous arrive dans tous nos voyages). Je vous passe les différentes étapes, mails échangés, mais on l'a eu dans l'os! Cela ne va pas gâcher l'image de ce pays, mais en tous cas, eux, on ne va pas leur faire de la pub à ces voleurs. Comme il dit, heureusement on n'a pas eu d'amende, ça c'est chouette !

Nous gardons en tête un pays accueillant, des paysages de toute beauté, on aimerait bien y retourner. A refaire, j'enlèverais peut-être la partie vers Karakol et Jyrgalan, paysages alpins moins dépaysants, mais quand même pas déplaisants. Je l'aurais remplacée par un tour vers Sari Tash et le pic Lénine (7134 mètres) que du coup nous avons du écarter faute de temps. Nous referions du cheval avec plaisir, mais pas à Jyrgalan, ça aussi vous l'aurez compris.

Cela n'a pas atteint notre moral, et nous repartons l'été prochain..... en Mongolie!

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GR
J'ai fait un petit effort supplémentaire au niveau photos[;)]
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DI
Salut Sylvie,

J'ai lu ton voyage sur ton blog, avec toutes les belles photos. Sacrés mésaventures, et merci d'avoir précisé que tu n'avais rien de casser au niveau de l'orteil. Merci pour ce temps passé pour le blog, ça m'a permis de découvrir des contrées où je n'irai pas.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
GR
Coucou Diamina,

merci du petit mot, et je regrette de ne pas avoir suscité chez toi l'envie d'y aller, car c'est très chouette comme pays. Mais il y en a tant d'autres[;)]

Sylvie
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DI
Recoucou Sylvie,

je regrette de ne pas avoir suscité chez toi l'envie d'y aller, car c'est très chouette comme pays

Rassure-toi, tu n'y es pour rien, et grâce à toi, je n'ai pas eu besoin de m'y rendre pour être déçue. C'est vraiment très vert comme région, et moi ce que j'aime ce sont les régions désertiques, de plus c'est une région où il faut camper, ce qui n'est pas ma tasse de thé, et je me doute que les nuits en yourte n'ont pas dû être sur des lits, pas vrai?

Nous avons testé les hébergements rustiques au Ladakh, il y a 2 ans, ce qui nous a permis de savoir quelle était la limite à ne pas dépasser. J'ai aussi été confortée dans le fait que ne pas pouvoir dialoguer avec les locaux, pour moi était très frustrant. Le carnet de Max, non plus ne m'a pas convaincu. Le ratio efforts physiques et financiers contre paysages est largement en dessous de ce que je peux trouver en Amérique (nord ou sud). Surtout, que venant de Martinique, j'ai le billet d'avion FDF/Paris à rajouter!!!

Je trouve que ces régions conviennent parfaitement aux baroudeurs qui campent. Moi, j'ai besoin d'un vrai lit pour dormir. Et comme je parle anglais et espagnol couramment, du coup, comme tu dis, le monde est tellement vaste, et rien que sur le continent américain, il y a déjà tellement de choses à voir. Mais, je fais des efforts quand je sais que j'aurai un vrai lit avec des paysages désertiques (Europe, Turquie, Maroc, )

Merci encore d'avoir pris le temps de faire ce retour.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
DJ
Bonjour,

Je viens juste de tomber sur ton compte rendu et pour le moment je n'ai lu que le début... Je compte me rendre au Kirghizistan l'été prochain pour y faire surtout du trekking et je me pose une question d'ordre pratique: J'imagine que l'Anglais ne se parle pas trop dans ce pays mais je peux supposer qu'ils comprennent le russe?
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
PE
l'Anglais ne se parle pas trop dans ce pays mais je peux supposer qu'ils comprennent le russe?

Da ! [;)]
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
DJ
Спасибо !
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
GR
Super si tu parles russe, c'est vraiment le pays où aller[:)] Effectivement, ça parle très peu anglais, voire pas du tout, y compris chez les jeunes!
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KA
Salut Sylvie,

J'ai lu ton carnet, signalé par Marie, d'une traite ! Que de gués, oh là là, et quelle imprudence de la part de cette famille d'en passer un en pleine nuit ! Heureusement (pour eux [;)]) que vous dormiez tout à côté... De belles photos, de l'imprévu (j'étais déjà au courant depuis longtemps par Laurence de votre rendez-vous manqué), du suspense, des rencontres magnifiques, en bref tous les ingrédients d'un carnet réussi..

Merci ! Pascale
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
GR
Je suis super contente que tu soies venue jeter un oeil, même les deux sur notre carnet, je n'en publie plus beaucoup il est vrai, et beaucoup moins présente sur le forum. Malgré les petites déconvenues que nous avons vécues, c'est aussi ça les voyages, nous gardons un excellent souvenir de ce pays, où, il n' y en a plus tant que ça, tu éprouves un sentiment de grande liberté. Merci pour ton petit mot Pascale[:)]
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KA
Hello Sylvie,

De rien [:)].

Je me pose une question depuis un moment. J'avais toujours dit Kirghizstan (orthographe de mon E. Universalis), mais je vois qu'il a l'air beaucoup plus courant de dire Kirghizistan (Marie, Jef, toi...). Y a-t-il une raison? L'orthographe aurait-elle changé?

Pascale
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
GR
En fait on peut dire les deux ! Pour ma part, j'ai suivi l'orthographe du guide que nous avons utilisé. 😀
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ML
Salut Pascale, et Sylvie! Il me semble que je dis Kirghizstan mais VF a corrigé les titres de mes carnets... Pas facile de s'y retrouver d'autant plus si on mélange un peu avec l'Anglais (Kyrgyzstan) ou l'Allemand Kirgistan... Tout ça est phonétique finalement...non? Bon WE! marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
GR
Coucou Marie, Moi j'avais pris ma source sur Wikipedia qui dit qu'on autorise les 2!

Je suis plongée dans ton carnet Mongolie[:)] Bon week-end aussi

Sylvie
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KA
Hello Marie et Sylvie,

J'ai trouvé ce post, qui date de 2005, sur la question de l'appellation du Kirghizstan ... Quinze ans plus tard, la question n'est semble-t-il toujours pas réglée . Pour ma part, je m'en tiendrai à la graphie de l'Encyclopædia universalis [;)].

Bonne soirée à vous deux, Pascale
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
GR
Un vaste débat[;)]
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KA
Mince, j'ai oublié de mettre le lien: [;)]

https://voyageforum.com/v.f?post=340048;search_string=kirghizstan
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
MA
Hello Sylvie,

Beau carnet et belles photos, merci et bravo [:)]. Les paysages sont toujours aussi beaux .

Ton carnet aura agrémenté mon trajet Chateau Chinon - Ammerschwihr [:P].

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi toi et Marie persister avec ce loueur [;)] ... ok je ne vais aps tourner le couteau dans la plaie !.

Sinon ça me rappelle mes démêlées avec le loueur, faut m'expliquer comment on peut circuler au Kirghizistan sans franchir de gués ! .

Perso on avait trouvé la piste Chatyr Kul - embranchement vers le Kel-Suu pas du tout évidente niveau navigation, apparemment elle vous a posé moins de problème.

Je trouve que la partie Est ne me dépayse pas plus que ça ... en revanche le secteur d'Issy Oil me donne toujours autant envie.

Encore bravo [:)]
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GR
Bonjour Jean- François

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi toi et Marie persister avec ce loueur Clin d'oeil... ok je ne vais pas tourner le couteau dans la plaie !.

En fait, concours de circonstance. J'avais réservé depuis longtemps en cherchant sur internet, et puis Marie qui s'est décidée au dernier moment pour repartir m'a demandé à quel loueur je m'étais adressé. Et quand j'ai eu son ressenti, la réservation était déjà effective!

faut m'expliquer comment on peut circuler au Kirghizistan sans franchir de gués ! Surpris.

Oui, je me suis fait la même réflexion! Mais c'est un classique, ça me rappelle les Etats-Unis où tu peux louer un très bon 4X4, mais pas aller sur les pistes....

Perso on avait trouvé la piste Chatyr Kul - embranchement vers le Kel-Suu pas du tout évidente niveau navigation, apparemment elle vous a posé moins de problème.

Non pas trop de problèmes, mais quelques tatonnements malgré tout, pour trouver l'entrée derrière le poste frontière et pour rejoindre la rive au niveau du gros gué! Enfin, rassure-toi, des difficultés de navigation on en a eu quand même, si ce n'est là, ce fut ailleurs[;)]

Pour le reste d'accord avec toi, partie ouest pas si différente de certaines régions françaises, et la région Kökömeren , effectivement très chouette!

Merci pour ta lecture et ton gentil mot,

Sylvie
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ML
Salut Sylvie et JF! Ah? Je trouve moi que c'est la partie Est la plus "européenne"...Karakol et environs quoi... A+ Marie
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GR
Euh oui moi aussi, c'est ce que je voulais dire
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ML
Je m'en doutais[:P]! Moi c'est quand je suis dans l'hémisphère sud que je m'embrouille le plus!
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MA
Salut marie,

Mince comme Sylvie j'ai inversé ... oui, oui c'est l'Est que je trouve moins dépaysant

A+ [:)]

JF
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ML
Oui![;)]
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