
Après l'interrail Grèce+Balkans de l'été 2013, nous sommes prêts pour un nouveau voyage de 5000 km en train à travers 11 destinations et 4 pays : Danemark, Suède, Norvège et Finlande pour découvrir la Scandinavie en plein hiver. Ce voyage que nous avons surnommé Scandirail16 commence à l’aube d’un des premiers jours de la nouvelle année avec la première étape d’une série: Copenhague. Le premier jour de voyage s’annonce long : 12 heures et 4 trains si tout va bien et que nous ne ratons aucune correspondance (pour certaines nous avons seulement 5 minutes). Partis de Strasbourg, après quelques minutes nous sommes déjà outre-Rhin et le français n’est plus qu’un souvenir. Notre premier changement aura lieu à Offenburg, petite ville du Baden-Württemberg. Etant pile à l’heure, nous pouvons prendre notre correspondance pour Mannheim sans nous presser, aidés entre autres par le fait qu’en Allemagne les quais de départ des trains sont fixes et donc connus d’avance. Avant même d’avoir le temps de nous installer, le contrôleur de la Deutsche Bahn est déjà là pour nous accueillir, en allemand et semble perplexe lorsque nous lui répondons en anglais (qu’il ne semble pas comprendre). Heureusement l’un de nous se débrouille en allemand et nous réussissons à passer la barrière linguistique. Il est à peine plus de 7 heures et, après une courte nuit, nous commençons à nous endormir quand nous arrivons à Mannheim. Là aussi nous avons peu de temps pour changer de train mais, grâce à la précision allemande, nous pouvons prendre notre correspondance sans devoir courir.
Une fois dans le train pour Hambourg, où nous attend notre dernier train de la journée, nous pouvons nous relaxer, rattraper un peu de sommeil et boire un cappuccino bien chaud en admirant par la fenêtre les paysages enneigés qui défilent.
Vers midi, nous arrivons dans la deuxième ville la plus peuplée d’Allemagne alors qu’une tempête de neige s’abat sur la ville et nous ressentons alors le choc thermique. Cette fois nous avons un peu de temps avant notre correspondance pour Copenhague et profitons de la gare qui ressemble à un centre commercial pour avaler quelque chose de chaud. Il est à peine plus de 13 heures quand notre dernier train arrive, avec une dizaine de minutes de retard (juste pour démentir la précision allemande citée plus haut), avant que nous ne nous transformions en glaçons.
Mais ce retard est vite pardonné par la surprise que nous réserve le premier jour de notre InterRail. Arrivés à Puttgarden, une petite gare du nord de l’Allemagne, notre train s’arrête et on nous annonce une attente de vingt minutes avant de pouvoir… embarquer sur le ferry qui nous emmènera au Danemark.
Embarquer sur un bateau tout en restant confortablement assis dans le train, ça n’arrive pas tous les jours ! Pour des raisons de sécurité nous ne pouvons rester dans le train, qui est maintenant dans la cale, tous les passagers sont donc invités à descendre du train pour se rendre dans le bateau. La traversée dure environ 45 minutes et nos compagnons de voyage en profitent pour grignoter un en-cas et dévaliser les différents duty-free. Nous montons sur le pont et affrontons le vent glacial pour prendre des photos du coucher de soleil sur la mer quand le commandant nous annonce l’arrivée imminente et nous invite à retourner dans le train. Nous arrivons dans la capitale danoise peu avant 19h et déposons nos bagages à l’hôtel, à deux pas de la gare avant de sortir pour un dîner en ville. Nous passons devant le Parc Tivoli, nous longeons Stroget, la rue du shopping au centre-ville et peu après la place Kongens Nytorv nous entrons dans la cour intérieure d’une bâtisse élégante qui doit être fort agréable les soirées d’été. Nous entrons chez Banksia, dans une ambiance hygge comme on dit ici (comprenez relax, avec des bougies, une lumière tamisée et une ambiance chaleureuse) où le chef australien nous invite à découvrir la cuisine et les vins de son pays. Ayant déjà testé les spécialités danoises il y a quelques mois, nous tentons un voyage en Océanie, entre kangourou et soupe de crocodile, le tout très raffiné et délicat.

Rassasiés et réchauffés après cette première longue journée de voyage hivernal vers la Scandinavie, nous rentrons à l’hôtel pour profiter d’un sommeil réparateur avant de poursuivre notre périple en direction de Göteborg, en Suède.
Après Copenhague , notre ScandiRail16 continue, direction la Suède . La capitale danoise est recouverte d’un manteau de neige quand nous nous réveillons. Nous nous rendons à la gare et, ayant bien vérifié les horaires sur des sites fiables comme celui d’Interrail, nous sommes surpris de ne pas trouver notre train sur le tableau des départs. Au guichet on nous dit de prendre un train pour l’aéroport, où nous en trouverons un autre pour la Suède.
Le train pour Göteborg est particulièrement confortable, on peut y accrocher nos vestes sur des cintres et la connexion à internet et gratuite. Après un peu plus de trois heures à admirer le paysage toujours plus nordique, nous sommes étonnés de ne plus voir de neige. Nous pensions qu’après l’Allemagne elle ne nous aurait plus quittés. Le froid, lui, ne manque pas à l’appel : il fait -10°C mais étant bien équipés nous ne le sentons pas.
La place de la gare est vide, la ville semble déserte.Nous traversons le centre commercial juste en face et nous nous retrouvons entourés par la foule qui se promène, joue aux échecs, fait du shopping ou mange dans un des nombreux cafés. Nous nous rendons alors compte qu’au nord de l’Europe la vie qui ailleurs a lieu à l’extérieur s’est transposée dans des espaces couverts et chauffés, que nous retrouverons tout au long de notre voyage.
Nous essayons de profiter de l’après-midi avant qu’il ne soit trop tard et visitons le Musée de la ville (StadsMuseum), qui se situe le long du canal, pas loin de la gare.
Nous y passons trois heures, à découvrir l’histoire des vikings et de Göteborg avec un voyage dans le temps de la préhistoire au XIXe siècle et restons ébahis devant l’énorme et unique navire viking exposé au public en Suède.
Le deuxième jour nous parcourons Kungsportavenyn, une des rues les plus importantes de la ville et arrivons au marché couvert de Saluhallen. Le bâtiment, construit il y a plus d’un siècle, abrite des dizaines de stands alimentaires pour tous les goûts, du salami de renne aux pâtisseries appétissantes, en passant par mille variétés de pains différents.

Juste au-dessus des étals de poisson se trouve un restaurant dont la spécialité est le poisson (évidemment) où nous faisons une pause et nous réchauffons avec une délicieuse soupe chaude. Gabriel, le restaurateur, n’a qu’à descendre la dizaine de marches qui le sépare du marché pour se fournir en poisson et adapte son menu aux arrivages du jour, gage de qualité et de fraîcheur.
Après avoir repris des forces, nous traversons le canal en direction du quartier Haga. L’église Hagakyrkan nous apparaît sur la gauche, illuminée par le soleil, et après quelques minutes nous arrivons sur Haga Nygata, la rue piétonne qui accède à l’un des quartiers les plus anciens de la ville, avec ses maisons en bois, ses bougies aux fenêtres et à l’entrée des boutiques et cafés.
C’est justement dans un des premiers cafés de la rue, Husaren, que nous nous arrêtons, tentés par les énormes brioches à la cannelle exposées en vitrine. On les appelle Hagabullenet ce sont certainement les plus grandes de Suède mais aussi d’Europe.
Nous profitons de l’énergie fournie par le sucre pour poursuivre notre visite par ce qui semble un exploit par ces températures (-10°). Nous montons les 200 marches qui mènent à la tour Skansen Kronan et sommes récompensés par la vue magnifique sur toute la ville. Avec ses 23 canons, la tour fut inaugurée en 1698 mais ne fut jamais utilisée en temps de guerre.
De retour sur Haga Nygata nous décidons de visiter l’église Oscar Fredrik indiquée non loin de là par notre carte. Après quelques minutes nous arrivons sur Linnégatan, avec ses façades élégantes du début du siècle.
Nous montons sur la petite colline où est érigée l’église et c’est à ce moment que les flocons commencent à tomber, comme pour ajouter une touche de charme aux photos de la magnifique église de style néo-gothique.

Nous arrivons dans la capitale norvégienne en fin d’après-midi et, après Göteborg, les 10° en dessous de zéro ne nous font plus peur. Nous nous promenons aux environs de la place de la gare qui grouille de monde, entre habitants et voyageurs. Nous suivons les illuminations de la ville, qui rappellent noël mais restent installées tout l’hiver ici quand nous nous retrouvons nez à nez avec la statue d’un lion sur le trottoir.
Nous nous laissons tenter par le menu du restaurant Statholderens Mat & Vinkjelleret ses plats associant les meilleurs ingrédients scandinaves aux épices et fruits exotiques. De la mangue qui accompagne le saumon norvégien à la purée d’ail qui exalte la viande de renne, sans parler du dessert à la réglisse et framboise, nous sommes conquis par l’inventivité duchef Bent Stiansen. Celui qui s’avère être une star des fourneaux ici en Norvège est également le premier chef norvégien à avoir obtenu le Bocuse d’Or.
Après une nuit régénérante, nous nous lançons à l’assaut du centre historique de la ville. Nous parcourons Karl Johans gate, rue centrale où abondent les boutiques et siège du Parlement.Nous nous dirigeons vers le Palais Royal qui apparaît au loin, rencontrant sur notre route une profusion de statues honorant des artistes norvégiens, l’université et des musées à chaque coin de rue.
Il y en a pour tous les goûts à Oslo: entre deux bâtisses historiques nous nous retrouvons sur une patinoire ouverte au milieu d’un parc qui diffuse de la musique disco, invitant les passants à y faire une pause, avec ou sans patins.
Nous atteignons la colline dominée par le Palais Royal, où les familles font de la luge et à l’heure du déjeuner nous nous dirigeons vers le tram pour découvrir un autre quartier.
Nous descendons à Grünerløkka, attirés par les graffitis colorés et les boutiques originales. Nous traversons le fleuve Akerselva et nous arrêtons à la Mathallen: une halle d’une trentaine de stands, boutiques, restaurants et bars où l’on peut acheter ou déguster les spécialités locales, des produits bio mais aussi d’importation.
Attirés par tout ce choix, nous prenons place et dégustons des sashimis de saumon norvégien et autres tapas, accompagnés de flatbrød et d’une bouteille d’eau estampillée Eau d’Oslo.
Nous découvrons alors que dans les cafés et restaurants scandinaves il n’y a jamais d’eau en bouteille, uniquement du robinet – plate ou gazeuse selon les goûts – car elle est considérée comme l’une des plus pures au monde.
Après une matinée à l’extérieur, nous passons notre après-midi au chaud à la Galerie Nationale pour y admirer la plus grande exposition d’art norvégien et étranger qu’Oslo puisse offrir. Nous passons de peintures d’artistes norvégiens aux statues de l’antiquités, non sans nous arrêter devant l’oeuvre la plus photographiée: le Cri d’Edvard Munch qui de près fait un certain effet.
Il est à peine plus de de 17 heures quand nous sortons de la Galerie Nationale et il fait déjà nuit. Nous passons devant la splendide cathédrale et rejoignons le port pour découvrir de près l’Opera, un édifice moderne et original au toit pentu sur lequel on peut monter pour admirer la vue sur le fjord.
Pour notre dernier jour à Oslo, nous retrouvons la capitale transformée par la neige qui recouvre les parcs, les rues, les statues et rend difficile la distinction entre routes et trottoirs.
Malgré l’épaisse couche de neige, la ville ne s’arrête pas et les trams continuent de circuler normalement. Bien équipés pour ce type de situation, nous en profitons pour rejoindre l’attraction principale de la ville: le parc Frogner (appelé aussi parc Vigeland).
Avec plus d’un million de visiteurs par an, le plus grand parc d’Oslo est ouvert toute l’année et abrite plus de 200 sculptures de Gustav Vigeland, des plus originales comme l’enfant qui fait un caprice à l’imposant Monolithe, une colonne de 17 mètres de haut composée de 121 figures érigée au milieu du parc.
Nous décidons de faire une partie du chemin du retour à pied pour admirer les maisons enneigées, illuminées par les bougies devant les fenêtres. Alors que nous prenons des photos et profitons de cette atmosphère, la montre nous rappelle notre rendez-vous avec le train.Nous nous promenons au milieu de ces œuvres d’art curieuses et amusantes dans l’atmosphère aussi feutrée qu’euphorisante provoquée par la neige. Nous explorons le parc pendant que les enfants font de la luge et les plus grands du ski de fond, à quelques minutes du centre, comme au milieu d’une station de ski en pleine ville.
Nous grimpons sur le premier tram pour la gare et saluons Oslo enneigée, prêts pour la prochaine étape de notre InterRail scandinave: Trondheim, à 500 km plus au nord.
RØROS
Le lendemain nous partons explorer la région et traversons en train fleuves gelés et forêts de sapins enneigés parsemées de maisonnettes rouges, pour descendre deux heures plus tard à Røros, un village pittoresque un peu plus au sud, inscrit depuis 1980 au patrimoine mondial de l’Unesco.
Après avoir admiré les beautés de Trondheim et le centre de la Norvège, quand le compteur nous indique 2000 km, le moment est venu de continuer notre route encore plus au nord, vers le cercle polaire arctique.
Nous sommes réveillés par la voix du contrôleur alors qu’à travers la fenêtre défilent des paysages de montagnes enneigées sous un ciel rose. Il est environ 9 heures du matin quand nous arrivons à Bodø, même si le peu de luminosité nous donne l’impression d’être à l’aube. Là encore, les -10°C ne nous effraient pas: à ces latitudes nous nous attendions à pire, mais nous serons vite comblés.
Nous explorons à pied le centre de cette ville qui compte environ 50.000 habitants et restons béats quand s’ouvre à nous la vue sur le fjord enneigé.
Nous montons au dernier étage du Scandic Havet pour profiter de la vue sur la ville, le port et le fjord et c’est à ce moment précis que le soleil a décidé d’apparaître timidement quelques minutes avant de retourner derrière les montagnes. La magie du lieu est accentuée par l’excitation palpable du personnel de l’hôtel. « C’est la première fois qu’on le voit depuis deux mois » nous disent-ils, ce qui explique leur émotion.
Nous fêtons l’événement avec des Solboller, des beignets ronds fourrés à la crème pâtissière qui célèbrent le retour du soleil dans le nord de la Norvège avant de nous rendre sur le port.
En prévision du voyage qui nous attend et sachant que la nuit tombe tôt à cette latitude, nous décidons de dîner à l’heure locale pour pouvoir partir de bonne heure le lendemain.














