Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants
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Prologue

L'attente et la préparation ont maintenant fait place à l'excitation. Des mois à lire les guides, consulter les sites et les forums sur le net, des heures à collectionner des impressions, des informations des tuyaux et maintenant, dans quelques heures ce sera le départ pour l'aéroport. Avec son lot de petits pincements, les au-revoirs à nos trois enfants (bien qu'à bientôt 18 et 20 ans, peut-on encore parler d'enfants ? ), avec les doutes, les laisser pendant un mois, bien que nos propres parents seront bien présents. Tout va-t-il bien se passer ? Ici à Genève ou sur les chemins poussièreux du Laos ?

Mélange excitant qui ressurgit à chaque départ ...

Une fois n'est pas coutume, pas encore partis et déjà en train de prendre le clavier. Faire son voyage, dans sa tête en premier, le préparer, s'y préparer, commencer à le vivre, et partir. Cette année, j'innove. Non pas tant que l'idée vienne de moi, mais c'est vrai qu'au fur et à mesure des carnets de voyage, des amitiés, toutes virtuelles pour la plupart, bien concrètes pour d'autres, se sont formées. Des amitiés basées sur les mêmes passions, les mêmes envies de découvertes, et bien souvent les mêmes destinations !

Alors, les conseils ont fusé : "on aimerait suivre ton voyage, connaître vos impressions, mais là, en même temps que vous. Et puis le Laos, ça nous intéresse". L'idée du livre lao et ses chapitres a germé. Oui, pourquoi pas. Prendre le temps d'écrire, de retranscrire et de partager notre voyage au jour le jour, ou tout du moins dès que l'occasion se présente (merci le WiFi...) ?

Prologue, chapitre 1, chapitre 2, chapitres ... conclusion, remerciements ... Un livre. Que l'on prépare, que l'on peaufine, que l'on vit et que l'on range une fois terminé dans sa bibliothèque des souvenirs. Mais toujours à disposition pour y replonger. Comme un voyage en quelque sorte ...

Petit retour en arrière. Le Laos ... Coincé entre deux montres du tourisme, la Thaïlande et le Vietnam, ouvert depuis peu et pas encore atteint par le tourisme de masse, réputé pour la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages, comment ne pouvait-il pas nous attirer à lui, comme un aimant ? Comme toute cette si fascinante Asie finalement, mais certainement encore plus que d'autres contrées de l'Extrême-Orient. Est-ce son côté nature et beauté des paysages ? La réputation de son peuple accueillant et souriant ? Son ambiance de calme et de tranquillité ? Un condensé de tout cela, sans aucun doute, comme un besoin de souffler, de mettre une vie occidentale, où le temps rime avec rendement, entre parenthèse l'espace d'un périple.

Les sacs sont prêts, les esprits aussi.

Décollage avec SWISS vers 21h00 pour une courte étape vers Zurich, puis un long vol vers Bangkok. Demain, le chapitre 1 débute ... En route pour le livre lao.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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MO Moustiques Regular ·
ça y'est, c'est parti 🙂🙂🙂🙂

Je me réjouis de lire vos impressions suite aux différents échanges que nous avons eu.

Pour notre part, c'était un magnifique voyage.

Bon voyage Moustique

http://laos-cambodge-2010-11.blogspot.com
http://islande-ete-2009.blogspot.com http://laos-cambodge-2010-11.blogspot.com http://venise2012.blogspot.com
BA Babylon5 Regular ·
Hello Lolito Ca y est le départ est arrivé, dire qu'il me reste encore 4 mois à attendre le mien. Bon j'attends avec impatience tes premières impressions. N'oublie pas de parler de nous à M. Vong: 13 personnes pour le 4 juillet. Bises à Dom
GE Genevois Veteran ·
Chapitre 1 : Zurich-Bangkok-Vientiane

L'aéroport de Genève est vide et le check-in est donc immédiat. Exploit : nous avons réussi à limiter nos sacs à moins de 9 kilos chacun (Isa, tu me lis... ?). Précision toute helvétique, notre vol décolle pile à l'heure pour à peine 40 minutes de trajet pour rejoindre Zurich. Transit minimum : à peine 50 minutes. Plusieurs longs courriers décollent plus ou moins en même temps, Sao Paulo, Hong Kong et bien sûr Bangkok, ce qui rend les contrôles aux embarquements relativement longs.

Nous sommes dans les derniers à rentrer dans l'A340-300 de SWISS et nous rejoignons nos places tout à l'arrière de l'appareil. Une heure après l'envol, voici le repas et surtout un petit Stillnox qui m'enverra dans les limbes assez rapidement pour quelques heures de gagnées sur l'ennui du voyage. J'émerge gentiment, il reste 90 minutes de vol.Dominique aussi a dormi, mais sans aide. Vol tranquille ...

SWISS : nul n'étant prophète en son pays, c'est une des premières fois que je voyage avec notre compagnie nationale.Rien à dire. Avion impeccable, à l'allure sortant de l'usine, passages fréquents des hôtesses, nourriture correcte, ponctualité. Et en l'occurrence, au même prix que certaines compagnies du Golfe, Qatar notamment que nous avons l'habitude de prendre, tout du moins pour ce périple.

A l'arrivée à Bangkok, il y a foule. Les gros porteurs se succèdent, ne faisant pas mentir la réputation du plus gros hub du sud-est asiatique. Mais l'organisation est parfaite. Un nombre impressionnant de guichets sont ouverts pour le passage de l'immigration qui se déroule en très peu de temps. En arrivant au tapis des bagages, les sacs et valises de notre vol sont déjà en train de tourner.

Nous devons rejoindre la gare de Hua Lamphong pour notre train de nuit, le No 69, qui part à 20h00. Deux solutions pratiques : le bus ou la nouvelle ligne du City Train. Au même prix d'ailleurs, 150 baths. A la différence près que le train ne va pas jusqu'à la gare et qu'il faut changer pour le métro à Makassan. Par contre le tempo est imbattable : à peine une demi-heure. Nous avons le temps, nous optons pour le bus. Il nous faudra presque 2 heures pour atteindre la gare, tant les embouteillages sont importants. Mais nous aurons eu le temps de mesurer la frénésie de la capitale thaïe, ce grouillement perpétuel, comme un véritable termitière. Rien n'a changé depuis notre dernier passage ici en 2008. Pourquoi cela aurait-il évolué d'ailleurs ? Déjà dans le bain... Bref, si vous êtes à la bourre, le train s'impose.

A Hua Lamphong, le système est huilé. Comme prévu, un employé de la société Travex m'attend avec mes billets, commandés et payés sur le net, à peu près 3000 baths TTC comme se plaisent à le dire mes amis français, via le site www.thailandtrainticket.com. Aucune embrouille, tout joue. Je paie la taxe de livraison "main à main", 300 baths. Il nous reste un peu de temps avant le départ, juste de quoi aller nous restaurer dans une des gargottes en face de la gare. Achats de fruits, toujours aussi excellents et bon marché, et nous rejoignons notre wagon. Notre cabine individuelle doit bien faire dans les 2 m2 au maximum. Une banquette, une autre que l'on relève, un minuscule lavabo et les toilettes à l'étage, en bout de wagon. Mais nous aurons droit à des draps s'il vous plaît, blancs et propres. Le trajet doit durer près de 12 heures pour atteindre, Nong Khai, sur les bords du Laos, près de Vientiane, mais encore côté thaï. L'air conditionné fonctionne et si besoin, on peut le couper. Le convoi se met en branle, au propre comme au figuré. Rapidement, une employée vient voir si nous voulons commander de la nourriture, elle a même un menu. Non merci, nous sommes servis. Puis c'est au tour du faiseur de lit de venir faire son job. Il défait les couchettes, ajuste les draps et nous souhaite une bonne nuit. Un autre passe encore la serpillière dans le couloir, et pas qu'une seule fois. Plusieurs petits jobs qui en Europe serait effectué par un seul homme. Ou comment résoudre en partie le problème du chômage, à la sauce thaïe ...

La nuit avance, et même peut-être plus vite que ce train. Le rythme est lent, les arrêts fréquents.La voie semble unique, et pas seulement parce qu'elle n'est ni droite, ni plate, mais parce que nous faisons plusieurs arrêts pour croiser des convois. La longueur du voyage s'explique. Tremblements, secousses, ballotements, de quoi faire pâlir les quelques turbulences ressenties hier soir lors du vol. Dormir ? ce serait un luxe que de l'affirmer. Somnoler plutôt, et encore, par intervalle. Une deuxième nuit consécutive à manquer de sommeil. Vers 06h30, le wagon s'éveille, en même temps que le jour. Encore 2 heures.

0825h., notre heure d'arrivée à Nong Khai. Heure supposée, car aucune trace d'une ville. Nous sommes perdus en pleine campagne, cahotant à une allure modérée. Un dialogue anglo-thaï, bien plus thaï qu'anglo d'ailleurs, avec la personne qui fait le café nous apprend que nous aurons du retard. Combien ? La réponse est très claire : "delay, delay" en souriant. Le temps, toujours le temps. Les seuls à se soucier du retard sont les quelques Occidentaux du train. Le temps, cette notion qui n'a pas la même valeur pour un Blanc que pour un Asiatique, alors même que les journées ont partout la même durée... Le retard se comptera en heures. 3 en réalité.

Arrivés à Nong Khai, la frontière est là et rien de plus simple. A la gare même, il y a une navette traversant le pont qui enjambe le Mékong et qui va à la gare de Thanaleng, en territoire lao. Nous achetons le billet à 20 baths, puis nous passons par le poste-frontière thaï pour faire tamponner nos passeports pour la sortie du territoire. Une fois à Thanaleng, les douanes lao vont délivrer un visa en moins de temps qu'il n'en faut pour faire le trajet. Coût désormais de 35 $ (ou 1500 baths, faites vos comptes...) et il ne faut pas oublier une photo, sans quoi retour en Thaïlande. Une fois ces formalités accomplies, une bonne dizaine de chauffeurs de vans vous assaillent en anglais pour vous proposer un transport jusqu'à Vientiane. Il faut dire qu'il n'y a guère le choix, à moins de partir sur la route et de marcher quelques centaines de mètres jusqu'au village voisin pour attraper un tuktuk. En groupant le transport avec 3 Anglais, on s'en tire à 100 baths par personne, livrés directement à notre guesthouse. Mais il faut bien négocier, car le premier prix est à 300 ...

Notre guesthouse sera la Sisavad Villa, excentrée et pas dans la zone touristique. 15 $ la chambre avec douche et WC, très propre, clim et excellent lit. Il y a même une petite piscine dans laquelle nous ne tremperons pas un doigt. On s'enregistre, on réserve notre bus pour Vang Vieng pour demain et départ à pied pour un petit tour de ville. Première étape, Patouxai, l'Arc de triomphe lao, lui-même au bout des Champs-Elysées de Vientiane. On sent l'influence française... Le soleil tape fort et il fait chaud, un petit 35°. Nous suivons l'itinéraire proposé par le Lonely Planet et après Patouxai, voilà le marché de Talat Sao, typique asiatique avec ses stands où l'on trouve de tout, de la montre à l'artisanat en bois en passant par les récipients en plastique. Et les habituels stands de nourriture et de fruits bien entendu. Direction ensuite le bord du Mékong, près du Palais présidentiel et du Vat Si Saket avec ses centaines de buddhas.

Le Mékong, ce géant asiatique, à la base de tant de légendes. Un Géant capricieux à Vientiane, il n'y a presque pas d'eau, il faudrait encore parcourir des centaines de mètres sur une pseudo plage de sable pour toucher le liquide brunâtre. Ses quais sont animés, de jeunes lao portable à l'oreille, matant là les filles ou rigolant en groupe. Les rues à l'ouest du Palais composent le Vientiane touristique. Les guesthouses succèdent aux restaurants français et aux caves à bière belges. Il est loin le Laos communiste, fermé aux étrangers. Nous trouvons notre bonheur non pas dans une Gueuze (bien qu'avec la chaleur qu'il fait cela aurait été un vrai plaisir), mais dans la rue des échoppes de massage. Comment résister ? Deux nuits sans sommeil, marche depuis 3 heures sous le soleil. Il est temps pour un massage, des pieds car il faut bien commencer en douceur. Une heure de relaxation à se faire tripoter mollets et orteils sous la lumière tamisée du salon. A notre sortie, il fait nuit et la température a baissé d'au moins 5°, pas de quoi se rafraîchir. Retour à la Sisavad en tuktuk pour une bonne douche et le temps d'écrire.

Petite parenthèse pour parler des kips lao, la monnaie locale. Il convient d'être sacrément prudent, tous les billets se ressemblent et on aurait vite tendance à se tromper. Jamais à son avantage bien sûr. Pour obtenir des kips, là aussi très facile. Les ATM sont partout et une carte Visa ou Maestro fait l'affaire. En un retrait, je suis millionnaire. Un million de kips !

Vientiane en un jour à peine. Je vais me faire incendier. Comme dans tout endroit, il faudrait des jours entiers pour voir ce que la capitale laotienne recèle en son coeur. Mais nous cherchons autre chose ici, les escapades en nature, les villages, les rivières, alors nous zappons. Mea culpa.

Mais nous aurons déjà trouvé ici une partie de ce que nous venions y chercher : le sourire sur les visages, les "Sabaidee" des gens qui nous croisent, la facilité de vivre sans se soucier du Temps (tiens encore celui-là). Cela suffira pour aujourd'hui.

Demain cap sur Vang Vieng la décriée. Un autre chapitre.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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OL Olivier75015 Regular ·
Bonjour vous deux

Et bien c'est un bon début et surtout un pur bonheur de te lire presque en direct après tant d'échanges de messages avant votre départ. Nous avons l' impression d' y être déjà, (puisque nous partons en août prochain pour les lecteurs non avertis). C' est un excellente idée de faire le CR en "épisodes" au fil de votre voyage.

Très bonne continuation et comptez sur nous pour vous suivre dans votre périple au jour le jour.

Olivier et Mina😉
LU Luxb ·
Hello vous deux !

Quel plaisir de prendre de vos nouvelles et de participer virtuellement à votre aventure. De tout coeur avec vous, profitez bien !

Fred
GE Genevois Veteran ·
Chapitre 2 : Vientiane (suite et fin) - Vang Vieng

Je ne pensais pas reparler de Vientiane, mais la soirée passée là m'y oblige.

S'il fallait trouver un défaut à la Sisavad Villa, il résiderait dans son éloignement du centre. Evidemment, le jour on s'en rend moins compte, puisque dans le centre, on y est plus ou moins en balade. Mais le soir, quand il s'agit de trouver un endroit pour manger, l'isolement de la Sisavad devient un problème. Oh non pas un problème insurmontable, car les tuktuk sillonent la ville pour parer à ce souci majeur. 30'000 kips plus tard, vous voilà au coeur de la ville, là où vous trouverez des établissements pour tous les goûts (de la pizzeria aux spécialités méridionales ou provençales en passant par le toujours en vogue burger) et pour toutes les bourses.

Bon, dans ces quartiers, vous croiserez surtout le touriste classique, reconnaissable à sa peau chocolat, chocolat blanc vous aurez vous-même apporté cette précision, son bermuda militaire, son t-shirt soit sans manche pour montrer le dernier tattoo tribal à la mode, soit exhibant fièrement les couleurs de la Lao Beer ou son attachement au "Cambodia" ou à "Siam Reap" ou encore au "Golden Triangle" sur son t-shirt. C'est fou ce besoin qu'ont certains de prouver au reste du monde qu'ils sont dans leur trip Asie du sud-est. Quelques Occidentaux encore, l'âge mûr bientôt derrière eux, se baladant main dans la main avec des demoiselles bridées, mais pas ridées, vu leur sortie toute fraîche de l'adolescence. Bien sûr, ce sont ceux qui attirent l'oeil, mais le Laos attire évidemment aussi une grosse frange de voyageurs sac à dos qui n'ont pas ses caractéristiques. Heureusement.

Près de la Sisavad, rien de tout cela, il y a bien quelques guesthouses ou hôtels, mais l'Occidental se fait discret et de ce fait, les restos aussi. Donc, nous avons nous aussi rejoint la zone internationale de Vientiane pour notre repas du soir. Un petit resto sur l'avenue qui borde le Mekong, de mémoire le Thonglor ou quelque chose qui s'approche de cela, presque tout au bout côté ouest, qui proposait de magnifiques grillades de poulet mariné ou de poisson à l'allure de dorade, le tout à des prix très doux. Une cuisine délicieuse que le simple cadre du resto ne laissait pas forcément supposer. Retour à notre repaire en tuktuk pour une nuit qui sera sans doute meilleure que les deux précédentes. Le réveil est programmé à 08h00, le départ à 9.

C'est à la Sisavad que nous avons reservé notre transport "VIP". Avec l'âge, nous apprécions un peu de confort, et en plus, notre bourse peut se le permettre. En l'occurrence, ce sera 60'000 kips par personne, prise en charge sur place. Je remarque avec ironie que pas mal de services sont VIP dans ce coin du monde : les transports, certains cafés (ceux proposant le WiFi), certaines guesthouses, bref le VIP devient banal ... Il est vrai que vu le niveau de richesse des Laos, le touriste quel qu'il soit, est un VIP.

Après une nuit encore un peu difficile, cette fois c'est le décalage horaire, la température au lever est très agréable. Nous prenons notre petit-déjeuner à la Sisavad. Bien complet, avec fruit, café et de la baguette, et chaude ! A 09h00, un van vient nous chercher. Nous sommes les premiers à embarquer. Mais nous ferons le tour de plusieurs guesthouses pour remplir le véhicule. Finalement, nous irons à Vang Vieng en bus. Le van nous dépose sur une esplanade en bord du Mékong, le point de rendez-vous pour ce véhicule plus gros. 3 bonnes heures de route plus tard, nous débarquons à Vang Vieng. Nous sommes rapidement pris d'assaut par des rabatteurs qui nous vantent les mérites de leur guesthouse. Sans succès pour nous, nous avons une réservation à la Maylin Guesthouse.

Une réservation faite par Patrick (alias Bmonkey), un Québecois rencontré au hasard d'une discussion sur Voyageforum.com en 2009 alors que nous rentrions de Malaisie. Patrick avait posté un message fort sympathique et nous avions échangé quelques mots en messages privés. Le contact était resté et le hasard faisant bien les choses (c'est bien connu), Patrick et son amie voyagent cette année en Asie et notamment au Laos. Et le hasard faisant encore mieux les choses, il est Vang Vieng cette semaine. Via Skype, nous avons parlé et il m'a réservé mon bungalow. Elle est pas belle la vie ?

En sortant du bus, nous utilisons le plan du Lonely Planet et trouvons facilement la Maylin. L'établissement est de l'autre côté de la rivière et il faut traverser un pont. Un pont payant. Je connaissais les gardiens de phare, les gardiens de but, les gardiens de prison, et bien voilà les gardiens de pont. 4000 kips par personne l'aller-retour, 6000 si vous avez un vélo et 10'000 avec un scooter. Une entreprise privée, capitalisme à la lao, ou un vestige du communisme qui profite à l'ensemble de la communauté étatique des lieux ? Je ne le saurais probablement jamais. Et alors ?

Arrivés à la Maylin, notre bungalow est prêt. Et ce satané hasard est décidément bien luné, car nous devons avoir le meilleur possible, le No 15. La terrasse donne directement sur les formations karstiques qui entourent Vang Vieng. Un coin de paradis, avec le chant des oiseaux en prime, comme un bonus à la quiétude. Un bungalow tout simple, un bon lit avec ventilo et moustiquaire, une douche à l'eau froide et un WC, le tout sur pilotis. 70'000 kips la nuit, même pas CHF 9.-- pour les Suisses, EUR 6,50 pour les autres (taux de change tout personnel). Chaque bungalow a son petit carnet pour y inscrire ses consommations, la base, c'est la confiance. Nous profitons du calme, et allez soyons fous, plutôt de la magie des lieux.

Patrick m'a laissé un mot avec son adresse à Vang Vieng. Il sera temps de faire connaissance de vive voix, le rendez-vous est fixé à 17h00. Avant cela, nous aurons le temps de parcourir Vang Vieng et ses rues dédiées au tourisme, vente de lunettes de soleil et de tongs en tête. Du tourisme oui, mais pas n'importe lequel. Celui des vieux ados ou des jeunes adultes, c'est selon, qui viennent prendre leur dose d'exotisme, mais sans céder un pouce à leurs valeurs bien occidentales : fête, alcool (sans compter quelques autre produits "happy") et déconnade. On est bien loin des standards du Laos. Comme une call-girl qui a pourtant tout pour plaire sans s'abaisser, Vang Vieng a ouvert ses cuisses à cette mode, endroit unique dans ce pays encore si pudique. Bien sûr, il ne s'agit que de mon avis et certains pourront s'offusquer de ce point de vue.

A17hoo, nous rejoignons Patrick et Melissa qui sont partis il y a plus de deux mois de leur Canada natal pour parcourir l'Asie. Après l'Inde et la Thaïlande, les voilà au Laos, avant de mettre le cap sur le Cambodge, le Vietnam et la Malaisie. Quelques échanges virtuels via le net, et maintenant des échanges bien réels. Une bien belle rencontre, des échanges sur nos vies respectives, nous sommes sur la même longueur d'onde. D'ailleurs rendez-vous est pris pour un tour en moto demain dans les environs de Vang Vieng. Et dire que tout a commencé il y a deux ans par un simple message sur un forum.

Lorsque nous prenons le chemin du retour, la nuit est bien entamée. Petit stop dans la rue principale pour manger un petit plat, vérifier nos mails via le Wifi, avant de regagner la Maylin. En chemin, nous croisons les spécimens décrits plus hauts, bouteilles d'alcool à la main, le pas peu assuré. Une fille est même courbée en deux l'air absente, ses camarades s'inquétant pour elle. Décidément, ce côté de Vang Vieng est, excusez-moi de l'expression, vraiment à chier. Mais devant l'appât du billet, Vang Vieng se pose en victime consentante. Une vraie call-girl. Et pourtant, derrière cet habit de scène, il y a une autre facette, bien plus agréable. Nous le vérifierons demain.

L'air est frais, les insectes du coin nous jouent leur récital, la terrasse de notre refuge est un bonheur en cette fin de soirée.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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GE Genevois Veteran ·
Chapitre 3 : Vang Vieng (suite)

Il faudrait expliquer aux coqs laotiens que les chants, c'est au lever du jour, pas pendant la nuit. Et en même temps, on pourrait glisser aux chiens du coin qu'un Rock Band d'aboiements, c'est cool, mais pas lorsque les deux pattes dorment !

Ah, voilà le Laos que nous étions venus chercher. Voilà le Vang Vieng derrière le rideau. Tout a commencé vers les 09h00 avec la location d'une moto presque en face de la Maylin. 60'000 kips la journée, le plein fait.

La moto : un scooter en réalité, de fabrication chinoise, solide comme un roc. Les vitesses ? Il faut s'y faire. Le levier a deux positions. Vers l'avant pour monter de la 1ère à la 4ème, vers l'arrière de l'axe pour rétrograder. Ce qui fait qu'au début il faut réfléchir, même pour un adepte de la moto comme moi.

Patrick et Melissa nous rejoignent et nous voilà partis pour la boucle de l'Ouest comme la décrit le Lonely Planet. Première étape après quelques kilomètres bien pratiques pour assurer son équilibre sur la piste caillouteuse et prendre confiance.

Première étape donc : la grotte de Khan. Nous allons rapidement apprendre la valeur d'un billet de 10'000 kips. Car tout fonctionne aux 10'000 kips dans ce tour. A la grotte, 10'000 kips pour pouvoir y accéder, le prix est fixe et non négociable. Un homme, d'un âge très respectable va nous servir de guide dans les cavités et il nous remet des lampes de poches qu'il nous loue le temps de la visite à 5'000 kips la pièce. Les cavités sont assez impressionnantes, sans être exceptionnelles. Une statue de Bouddha trône au fond de l'une d'entre elles. Je ne recommanderai à personne de s'aventurer dans ses grottes sans guide, ni lampe. Et de un parce qu'il est très facile de s'y perdre et de deux car elles sont parsemées de trous profonds d'où personne ne vous remontera. Petite précision, le chemin pour aller à cette grotte est un ancien lit de rivière, je vous laisse imaginer comme cela secoue en scooter ...

Retour sur la route principale, avec pour but le fameux Blue Lagoon. Le prix pour y accéder ? Vous le connaissez déjà. Mais là, je dois dire que cela les vaut largement, ces 10'000 kips. Une rivière qui forme un bassin profond et par je ne sais quel procédé, l'eau rend un ton bleu. L'eau est fraîche et claire, c'est un bonheur de s'y tremper. Des cordes formant des balançoires pendent de la branche d'un arbre, des sauts sont possibles depuis cette même branche. Et pour arranger le tout, il y a même une petite échoppe qui fait à manger ou des fruit shake. Quelques touristes, quelques familles laotiennes, ce n'est pas la foule. Nous y restons suffisamment de temps pour nous rafraîchir, mais il nous faut reprendre la piste pour être sûrs de boucler le tour avant la fin de l'après-midi.

La partie gauche du parcours va nous permettre de traverser plusieurs villages laotiens. Les enfants sortent en courant des habitations, agitant leurs mains et nous lançant des "Sabaidee !" en souriant. Les animaux, poules, vaches, cochons, vivent en parfaite liberté au milieu des gens. Pas de souci pour prendre des photos, même si chaque fois nous demandons la permission. J'oublie de préciser qu'en toile de fond, il y a toujours ces fameuses collines karstiques d'une beauté spéciale. L'Asie telle qu'on se la représenterait sur un dépliant touristique ...

Souvent, nous devons passer une petite rivière sur un pont. Un pont ? En fait, quelques planches de bois enjambant le faible débit de l'eau. Ma découverte d'hier au sujet des gardiens de pont se vérifie encore aujourd'hui. Devant chacun d'entre eux, il y a un petit abri et un péage (pas besoin de préciser combien...).

Nous finissons par arriver au village de Nagnao où à la sortie, nous voyons une maison avec une enseigne en bois et peinte à la main "Restaurant". Un petit en-cas n'est pas de refus, nous stoppons. Il y a là une famille qui tient le commerce. Un homme et sa femme, avec leurs deux magnifiques enfants, dont le dernier a quelques mois. Nous commandons et vu que dans un des plats il y a des légumes, l'homme part en courant dans son jardin et en revient avec un chou. Vous avez dit bio ? Le repas sera excellentet très bon marché (20'000 kips par personne), nous jouerons un peu avec les enfants. Malheureusement le dialogue est impossible, l'anglais leur est inconnu et notre lao est très limité. Posté sur le bord de la piste, combien de clients s'arrêtent là ? Sans doute pas beaucoup, à tort.

Nous continuons notre tour, lâchons encore quelques milliers de kips pour des passages de pont. Le retour par la partie droite est un peu moins intéressant, non pas que les paysges soient moins beaux, mais il n'y a qu'un seul village à traverser. Nous ne sommes déçus que d'une seule chose : nous arrivons vers la fin de la saison sèche et toutes les rizières sont récoltées et vides. L'herbe est un peu brunie et brûlée par l'absence de pluie. Les mêmes paysages avec les rizières vertes de tiges devraient être féériques. M'enfin, on ne peut pas tout avoir ...

Retour à la Maylin vers les 16h00, nous sommes fourbus et surtout empoussiérés. Une bonne douche (froide) plus tard, nous voilà débarrassés des marques de la piste. Nous rendons notre monture, la tenancière n'y jette même pas un oeil. Patrick et Melissa nous ont quitté pour continuer leur périple asiatique, cela a été un réel plaisir de passer ces moments avec eux et de faire leur connaissance. Peut-être se reverra-t-on, à Montreal, à Genève ou ailleurs sur les chemins du monde ?

Un petit détour par un café qui propose le Wifi, juste après le pont payant, nous permet de nous connecter sur Skype et de parler à nos enfants. Puis, retour àla Maylin pour la spécialité de la patronne : le barbecue de poisson. Un beau et bon poisson grillé, avec de la citronelle dans ses entrailles. Un vrai délice. Quelques discussions aussi, avec des clients de la Maylin, des Français, des Suisse-Allemand, une Américaine, échange d'infos et de tuyaux entre voyageurs...

Comme hier, la température en soirée est très agréable. Un bruit de fond léger nous parvient des bars de Vang Vieng, mais sans que ce soit dérangeant. Chaque établissement ayant sa propre musique, je n'ose pas imaginer loger tout à côté... Aujourd'hui, nous avons vu l'autre Vang Vieng, celui que la majorité des touristes ici ne daigne pas visiter. Et quel dommage, car Vang Vieng sous cet aspect est à découvrir.

Chapitre 4 : Vang Vieng (suite et fin)

Comme hier, la température nocturne a été très agréable. Moins de concerts animaliers aussi ou alors notre sommeil était plus lourd.

Deuxième journée de découverte des environs. Vu que nous partons sur le côté du village, nous louons notre scooter de l'autre côté du pont, afin d'éviter le péage du retour. 50'000 kips, à ramener avant 18h00, à l'un des premiers loueurs rencontrés. Ici, aucun problème pour louer un deux-roues, tout le monde en propose.

Nous voilà partis direction nord, sur la route de Luang Prabang. Quasi aucune circulation, donc quasi aucun danger. Il faut toutefois se méfier principalement de deux choses. Un, les trous. Ils sont assez nombreux sur le bord de la route et surtout profonds. Passer dans un de ces trous à 40km/h signifierait la chute immédiate et le début de sacrés ennuis. Deux, la circulation qui arrive en sens inverse. Elle se décale souvent pour justement éviter les trous et tout-à-coup se retrouve sur la voie opposée, donc la votre. Avec ces précautions de base, les risques sont très minimes.

Première étape : l'Organic Farm, à 4km de Vang Vieng. Une ferme écologique qui cultive des mûres, élèves des chèvres et fait de la culture biologique. La visite peut être guidée, mais seul cela va aussi très bien. Nous avons pu nourrir quelques chèvres, voir les mûriers qui sont des arbres et non des buissons épineux comme chez nous. Et pour finir, 2 thés de mûres, un chaud, un froid.

L'Organic Farm se situe au point de départ du fameux tubing (pour les initiés, la descente de la rivière Nam Song sur des chambres à air, les rives étant parsemées de bars...). Remarquez qu'on ne pourrait rater l'endroit, vu la musique à plein tube (c'est le cas de le dire). On se croirait à une rave party dans les Vosges vu le niveau des basses de la techno. Les Laotiens attirent les touristes, tous Blancs, avec des shots gratuits, et il n'y a pas que de la bière. Je ne parlerai même pas des produits additionnels, tout cela sous un soleil de plomb. Il y a plusieurs tyroliennes pour sauter dans l'eau, certaines à près de 10 mètres au-dessus des flots. Des pontons aussi et même un toboggan géant. Le souci est que certains sont déjà bien imbibés lorsqu'ils tentent les sauts. Et il faut lâcher la corde au bon moment sous peine de venir s'écraser sur les rives, chute qui serait quasi mortelle. Nous voyons quelques jeunes boiter, les pieds bandés.D'autres arrivent sur les lieux une bière à la main (la bouteille de bière au Laos fait 6,4 dl). Bref, vraiment pas pour nous. Bien sûr, on peut aussi faire la descente sans toucher à l'alcool, ce qui est tout de même plus sûr. Heureusement les accidents sont rares. Mais quel contraste entre les paysans laotiens qui cultivent les champs juste à côté et la jeunesse occidentale qui fréquente ces lieux. Même s'ils apportent leur contribution à l'économie locale, ces loisirs ne font pas que des heureux et des associations font des pétitions pour lutter contre la pollution sonore et les abus en tout genre. Chacun aura son avis sur la question.

Nous repartons vers le Nord, la route est magnifique et traverse quelques villages, avec des maisons sur pilotis, les animaux en liberté, les bananiers et toujours ces monts karstiques autour de nous. Nous allons jusqu'au village de Pathang, à quelque 25km de Vang Vieng. Il est au pied de ce que les locaux appellent "la Dent", vu la forme de la montagne qui le surplombe. La photo depuis le pont (tiens, gratuit celui-là) au début du village est magnifique.

Nous revenons sur nos pas pour visiter un trio de grottes peu avant Pathang. Cette visite est décrite dans le Lonely Planet comme le Triangle de Tham Sang. En arrivant, nous n'avons pas le choix, nous devons garer notre scooter sous un abri. Payant. 5000 kips. Mais le gardien veille sur nos casques. Bon.

Un pont (aussi gratuit, bizarre) enjambe la Nam Song pour aller sur la rive où les grottes se trouvent. La première est la grotte de l'éléphant, en fait plus une caverne qu'une grotte, où trône une statue de Buddha. Nous sommes les seuls Blancs ici et pas mal de regards se tournent vers nous. Le plus enhardi d'un groupe de Laotiens nous aborde et nous demande de faire une photo avec lui.Du coup, les autres se lâchent et finalement, nous poserons avec tout un groupe, en plusieurs fois. Voulant savoir d'où on venait, la Suisse ne lui dit visiblement rien. Alors j'ai élargi la zone en disant que l'on venait d'Europe. Il a paru satisfait.

Deuxième étape, les grottes de Tham Hoi et Tham Loup. Tham Hoi est un couloir, haut et large, que l'on peut emprunter sur plusieurs kilomètres paraît-il. Je ne ferai que quelques centaines de mètres, puisque Dominique n'est pas très à l'aise et reste à l'extérieur. Un jeune laotien m'accompagne, il me servira de guide. On se croirait dans un couloir de métro, vu la forme de l'excavation. Parfois le plafond et les murs se resserrent rendant le couloir étroit et bas, mais sans être oppressant.

Puis, à quelques dizaines de mètres, ce sera Tham Loup, plus petite, différente, avec de belles démonstrations de stalagmites et stalagtites. Intéressant aussi.

Et ce que le Lonely Planet appelle le clou du spectacle, Tham Nam, une rivière souterraine qui surgit de la montagne. Un câble a été tendu dans le trou, sur plusieurs centaines de mètres, et on pénètre dans la grotte sur une grosse chambre à air en tirant sur ce câble pour avancer. L'eau est fraîche sans être froide et la sensation est étrange.

J'ai oublié de préciser que si la grotte de l'éléphant est gratuite, toutes les autres sont payantes (5000 kips pour Hoi et Loup, 10'000 pour Nam bouée comprise). Des lampes de poche sont fournies et comprises dans le droit d'entrée.

Une bonne après-midi de passée, des visites intéressantes et une belle route parcourue en moto.

Sur le retour, mon moteur a des ratés. Panne d'essence ! Heureusement, nous sommes dans un village et un homme vient voir ce qu'il se passe. Je lui fait comprendre que je n'ai plus de jus, il me fait des signes en me montrant des maisons plus loin sur la route. J'en déduis que j'y trouverai de la benzine. Et bien oui, 200 mètres plus loin, une petite épicerie vend de l'essence parmi ses produits. J'en achète 1 litre qui me permettront de rentrer sur Vang Vieng. Quelle chance d'avoir été à sec dans un village, sinon c'était poussette obligatoire...

Nous rendons le scooter et, petit tuyau qui peut être pratique à un groupe important de Bordelais en voyage (lesquels se reconnaîtront...), nous avons une astuce pour éviter le pont payant. En fait, il y a un pont gratuit surle haut du village, vers la Grandview Guesthouse, il n'y a plus qu'à longer la rivière et remonter vers Maylin. Ce pont gratuit peut aussi être emprunter par une moto, mais il faut être prudent, il est étroit et sans barrière. Le mot pont ne désigne pas ici une structure en béton avec barrière sécurisante, mais plutôt des planches et des piliers en bois, le tout souvent sans barrière.

Douche froide réparatrice, repos sur la terrasse, on récupère, avant de sortir manger. Demain changement de décor, départ pour Luang Prabang, en bus commandé et payé à la Maylin. 5 heures de route, une journée vouée au transport.

La journée a été riche, une fois encore, et nous avons adopté le rythme lao : contrairement à chez nous, ce n'est pas le temps qui nous a pris, c'est nous qui avons pris le temps.

Au revoir Vang Vieng, bienvenue Luang Prabang !
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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BA Babylon5 Regular ·
Salut Lolo Un groupe important de bordelais en voyage 😉😉😉 aimerait savoir si , au lieu de louer des scoot pour faire la boucle sud, on peut louer des vélos. Peut on en trouver aussi près de la maylyn GH? Le groupe attend la suite 😎.
GE Genevois Veteran ·
Pouvoir c'est toujours possible, il y a le choix. Maintenant, reste à voir si tes mollets et tes fesses le supporteront. On a mis 6 heures pour faire la boucle (avec les arrêts, visites, etc...) ... Faites votre choix ...
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BA Babylon5 Regular ·
Ca monte ou c'est plat? Et pour la location dans des vélos le coin?
GE Genevois Veteran ·
Chapitre 5 : Luang Prabang

Le lever se fait sans alarme, les animaux s'en chargent, mais heureusement pas trop tôt. Repas du matin, faire les sacs, payer l'addition. 500'000 kips pour tous les repas, les 3 nuits, un total vraiment bas pour les prestations.

A 0930h., nous sommes en attente en haut du pont payant où un bus local vient nous récupérer. Il fait la tournée des guesthouses pour conduire tous les touristes à la gare routière. Il y a tellement de monde dans ce bus, que les sacs forment un mur entre le chauffeur et le reste du véhicule.

Changement de véhicule et nous voici dans un grand car qui nous mènera à Luang Prabang, quelque 230 km au nord. Autant le dire tout de suite : environ 7 heures de trajet !!! La route traverse les montagnes, ça monte, ça descend. Et surtout ça tourne, encore et encore. Sans compter que la route est loin d'être régulière. Le car a donc une allure de tortue. Ceux qui sont sujets au mal des transports ont intérêt à se préparer. Ca secoue. Deux arrêts en cours de route, assez courts, qui permettent de se restaurer et de se soulager. Le prix du billet : 105'000 kips.

Nous arrivons à Luang Prabang vers les 1730h. et là, pas le choix, il faut prendre les tuktuk qui guettent les voyageurs à la descente du bus.10'000 kips livrés posés à la guesthouse de son choix.

Pour nous ce sera la Halolao, repérée sur internet. Un petit bâtiment principal à deux étages et un autre à l'arrière. La chambre est basique, un lit, un ventilo et une salle de bains, Wifi gratuit, le tout propre et au prix de 12$. Bon, le lit est vraiment mou. Située dans une petite rue sans trafic, il nous faut à peine 10 minutes à pied pour rejoindre le centre et le marché de nuit. Première constatation : 230 km plus au nord, il fait nettement plus chaud !

Nous allons directement au marché de nuit, il paraît qu'on y trouve de quoi manger. Ce marché offre tout d'abord un artisanat de qualité. Des tissus, des statues, des bijoux, des habits locaux et quelques babioles telles que des sacs. Nous y ferons quelques achats, c'est certain, mais pas ce soir.

Au niveau nourriture, d'entrée nous croisons les marchands de fruits qui préparent des shake devant vous. Vous choississez les fruits et on vous le fait devant vous. Puis avec l'aide de 2 touristes françaises, nous trouvons la ruelle des stands de nourriture. Incroyable. Des étals où il y a des dizaines de plats que l'on peut choisir, y compris des poissons grillés. Facile, l'assiette bien remplie de tout ce que vous voulez est à 10'000 kips, les poissons entre 15 et 20'000 kips selon leur taille. Il y a de quoi y manger pendant une semaine chaque soir différemment.

Deux poissons grillés plus tard, retour à la Halolao pour un petit moment agréable sur la terrasse. Autant il fait plus chaud, autant les moustiques sont bien plus présents. La protection est nécessaire. La rue assez vite calme. Malgré les cloisons assez minces, le calme règne à la Halolao, la nuit sera tranquille et ventilée grâce aux hélices qui tournent au plafond.

Le lendemain sera la journée vélo. Nous louons 2 cycles à la guesthouse (15'000 kips la journée chacun) et nous partons à la découverte de la ville. Tout d'abord deux grands cafés (gratuits avant 1030h), puis nous croisons les marchands de shake aux fruits. Cela sera notre petit-déjeuner du jour, un vrai cocktail vitaminé.

Que dire de cette journée ? Nous avons épuré toutes les petits chemins, les ruelles de la péninsule de la nouvelle ville de Luang Prabang. Le bout de la ville nouvelle est parsemé de magnfiques maisons de style colonial, transformées en guesthouses plus ou moins luxueuses. Palmiers et divers arbres en fleurs en prime. Il y règne un rythme nonchalent, peu de circulation, pas de klaxons, des gens cool, des enfants qui essaient de vous vendre des babioles (bracelets, etc..), mais sans agressivité. Nous pouvons même plaisanter avec certains d'entre eux.

Nous croisons pas mal de jeunes moines, car les temples sont nombreux. Certains sont payants, d'autres gratuits, au choix. Nous avons aussi parcouru le marché du matin, ses étalages de fruits (et des achats de papaye, de citrons verts et de mangues), sa boucherie en plein air avec les mouches indispensables à l'ambiance du lieu, les choses bizarres, comme un "tibia" de buffle et son sabot au milieu des poissons séchés... Pour le repas de midi, en réalité nos fruits achetés ce matin, il y a derrière la colline du Mont Phou Si, une rivière qui coule et un pont en bambou (payant) pour passer sur l'autre rive. Un petit coin d'ombre au coin d'une cahutte, la vue sur les enfants qui jouent dans l'eau. Certains d'entre eux n'en reviennent pas que nous mettions du citron vert dans notre papaye et que nous la mangions avec une cuillière. Nous sommes l'attraction du moment... Pas besoin ici de jouets sophistiqués pour distraire les gosses. Une vieille table au milieu de l'eau et c'est le concours de saut périlleux arrière. Et les éclats de rire pour ceux qui s'éclatent le ventre...

Cette partie de la ville est coincée entre deux cours d'eau dont le Mékong, finalement bien plus mythique ici qu'à Vientiane. Débit, courant, bateaux, le voilà, leMékong qui parcourt une grande partie de l'Asie, celui qui a construit des légendes.

En fin d'après-midi, nous montons sur la colline du Phou Si qui domine toute la ville afin d'assister au coucher de soleil. Coucher de soleil pas si impressionnant, faute à la brume.

Les mollets tirent, les jambes sont lourdes, la chaleur du jour nous a quelque peu assomés. Nous mangeons au Lamache, en terrasse sur les bords du grand Mékong. Un bon repas avant de rendre les vélos et de profiter du WiFi sur la terrasse de la Halolao. Le vélo est vraiment le must ici, pas de risque, libre circulation quelque soit le sens des voitures, liberté totale et en plus, c'est plat.

Demain, autre jour à Luang Prabang. Nous essaierons de louer une moto pour partir aux chutes de Khouang Xi, à 35 km au sud de la ville.
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MO Moustiques Regular ·
C'est une bien belle manière de raconter ton voyage, une belle formulation de phrases et le côté amusant, s'imaginer les décors sans photos, bon, je triche y étant allé peu de temps avant.

Je vois que le pont pour accéder à la grotte de l'éléphant était gratuit à ton passage, pas a notre passage, 10'000 kips par tête!

Dommage que vous ne saviez pas pour le pont gratuit à Vang Vieng, pourtant j'ai bien du le mentionner sur notre blog

Vous avez eu de la chance en louant le scooter en face du Maylyn, 2 clients ont perdu beaucoup de temps, leurs 2 scooters étant tombés en panne, ils ont du organiser le rapatriement. Depuis le pont gratuit, en montant dans le village, à 30m sur la gauche, 40'000 kips jusqu'à 19h00 en excellent état (neufs). Astuce pour ces scooters chinois, en 4e à l'arrêt, (suite à un rapide freinage) il suffit d'appuyer sur le levier de vitesse sur l'avant pour qu'il se mette au point mort.

Photos: Entrée de la grotte du lagon bleu; Vol matinal en montgolfière au-dessus de Vang Vieng; Pont parfois payant pour la grotte de l'éléphant au Triangle de Tham Sang

au plaisir de lire ce magnifique récit. Moustique
http://islande-ete-2009.blogspot.com http://laos-cambodge-2010-11.blogspot.com http://venise2012.blogspot.com
GE Genevois Veteran ·
Waouh la photo depuis la montgolfière... On les a vus... depuis le sol !!

Merci pour le tuyau du scooter, j'en prends un à l'instant et dans un petit moment, départ pour les chutes de Kuang Si. Je testerai.

A + (et merci pour les encouragements)
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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YA Yam421 Regular ·
Laurent, tu as bien fait de prendre ton notebook avec toi. Pendant ce temps, je voyage...par tes récits. Vivement juillet. A+
GE Genevois Veteran ·
Chapitre 6 : Luang Prabang (suite et pas encore fin)

On ne dort jamais vraiment longtemps à Luang Prabang. Les premiers pas résonnent tôt dans les couloirs des guesthouses. Les portes commencent à claquer dès 0600h. La raison ? L'aumône des moines. Chaque matin, les jeunes moines parcourent la rue principale de Luang Prabang et font l'aumône. Ce qui attirent inévitablement tous les touristes de la ville. Nous attendrons notre deuxième passage ici, à notre retour de Nong Khiaw d'ici une toute petite semaine pour aller assister à cet événement.

Nous sommes donc réveillés tôt, mais nous prenons le temps de savourer notre café du matin sur la petite terrasse de la Halolao, avant que le soleil ne commence à cogner et nous mettre presque KO. Nous partons voir un loueur de motos que nous avions repéré hier soir. Contrairement à Vang Vieng, la location ici, c'est le vélo. Pas facile de trouver un scooter ou une moto. Il y en a un à l'entrée de la ville nouvelle, sur la rue principale. Tarif : 130'000 kips la journée, soit le double de Vang Vieng !!! Est-ce l'effet "ville inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco" ? En tous les cas, impossible de négocier. Une agence de voyage voisine en propose aussi, 160'000. Bon, pas le choix. Enfin si, l'excursion aux chutes de Kouang Si est proposée à 90'000 kips pour deux depuis la guesthouse, en tuktuk ou minivan. Mais nous voulons vraiment être indépendants. Certains ont décidé de la faire à vélo. Alors là petit conseil : VTT obligatoire et mollets entraînés. Ca monte, tant à l'aller qu'au retour.

Et aujourd'hui, ce sera du nippon. Une Honda 100 cc, toujours à 4 vitesses. Première étape, pas bien longue. Le début du marché pour un shake aux fruits, désormais notre petit-déjeuner favori. Nous voyons bien les boulangeries qui proposent baguette chaude et confiture, mais laisser passer ces cocktails vitaminés (et si bon marché) est impossible.

Nous nous mettons en route. Aucune difficulté, la route qui mène aux chutes est le prolongement de la rue principale. Et quelques panneaux nous rappellent le chemin au cas où. Petit rythme, mais grande sensation de liberté. L'air nous siffle aux oreilles, on assiste à la vie locale au bord de la route, on s'arrête à volonté, un vrai plaisir. Peu de circulation, la route est bonne, peu de trous. Nous gardons tout de même nos casques. Des casques ? Plutôt une protection contre ... le soleil ! Pas sûr qu'ils tiendraient le coup en cas de gros choc. Mais nous veillons à ne pas dépasser les 40 km/h. Les chutes de Kouang Si sont à quelque 30 km, nous avons le temps.

La route traverse des villages hmongs et nous pouvons faire les arrêts désirés. Quelques tuktuk nous dépassent rapidement, nous avons bien fait de venir en moto. Nous arrivons vers une école et visiblement c'est la pause de midi. Les élèves sont dehors et nous voyons la cantine scolaire locale. Dehors, sous un arbre, distribution de nourriture. Nous stoppons et entrons dans le périmètre. Nous nous approchons et demandons si nous pouvons prendre des photos, ce qui est accepté avec le sourire. Un homme fait cuire des piments dans un wok sur un feu, des volailles, mi-oie mi-pintade, circulent au milieu de la "cuisine" et des écoliers. Quelques sourires, mais le contact est difficile. Timidité ? Pudeur ? Indifférence ? difficile à dire tant il est dur de lire les émotions sur ces visages asiatiques.

Nous poursuivons notre chemin et enfin, nous les voyons, ces fameuses rizières bien vertes. Il y en a peu, vu la saison sèche et le manque d'eau, mais tout de même. Par contre, ce que nous voyons bien, ce sont le nettoyage fait par les paysans suivant la méthode du brulis. Champs, sous-bois, collines, une grande partie du terrain est brûlée. Les arbres ont séchés, certainement dû à la chaleur et n'ont plus de feuilles. Autre dégât impressionnant : la pollution par le plastique. Bouteilles, sacs jonchent le sol à l'abord des villages. Les Laotiens ne mesurent pas encore l'importance de sauvegarder leur environnement naturel. Voilà qui devrait être prioritaire pour un pays qui se veut en plein développement touristique.

Nous arrivons aux chutes et trouvons le traditionnel parking à motos payant, 2'000 kips. Il y a là boutiques et stands de nourriture et boissons. Le parking est déjà bien plein avec des minibus et des tuktuk. Après avoir pris nos tickets (20'000 kips chacun), une route goudronnée monte en direction des chutes, de même qu'une petite piste. C'est cette dernière qu'il faut emprunter. Un enclos avec des ours asiatiques, bien moins grands que les ours européens ou nord-américains, soignés et à l'abri de mauvais traitements, se trouve là. Un plaisir de les voir s'amuser et épater la galerie avec leurs facéties. De vrais clowns.

Le chemin monte et longe immédiatement le petit cours d'eau qui forme bassins et cascades. L'eau doit être bien calcaire et donne un couleur turquoise. Ceux qui connaissent les chutes d'Erawan en Thaïlande sauront de quoi je parle. Des gens se baignent, nous garderons ce plaisir pour la redescente. Arrivés à la grande cascade, d'une hauteur de bien 30-40 mètres et où les groupes de touristes viennent faire la "kitch photo", il y a encore un chemin qui continue à monter de part et d'autre de la chute. Quelques marches bien raides, dans la terre sèche mais qui doivent être très glissantes en saison des pluies. 20 minutes plus haut, nous sommes sur un petit plateau, en forêt, qui sont le point culminant des chutes. Une barrière en bois protège du vide, mais on peut aller dans l'eau pour voir la déclinaison et le vide. La plupart des touristes restent en bas, dommage.

Bien transpirant, nous revoilà au niveau des petits bassins propice à la baignade. Il y en a 3 ou 4, donc un avec une corde "à Tarzan", qui fait le bonheur des jeunes anglo-saxons. Nous en choisissons une autre, plus calme. Il y a même quelques cabines pour se changer et, rapidement en maillot, je me jette à l'eau. Fraîche, juste pas froide, de quoi se soigner de la chaleur ambiante.

Dommage d'avoir dû une fois encore constater le manque de respect et de savoir-vivre, ou plutôt de savoir-voyager, de quelques jeunes Occidentaux. Certaines se baladaient en maillot de bain string, d'autres déambulaient bière à la main, d'autres encore hurlaient dans les vasques. Ce qu'aucun Asiatique présent ne faisait. Après un long moment à profiter des lieux, c'est le retour, par le même chemin. Là aussi, nous faisons quelques arrêts, notamment dans une rizière pour voir le système d'écoulement entre les divers bassins.

De retour à Luang Prabang, nous ne résistons pas à l'appel du massage. Au Lotus du Laos, dans la rue principale, après le musée national. Pourquoi celui-là, alors qu'il y en a tant d'autres ? Parce que nous étions passés devant et avions regardé les soins proposés, rien de plus. Un Full Body pour moi (ou presque Full, le tout bien tout honneur étant sauvegardé) et le Facial Massage pour Dominique. Une heure de détente chacun pour 60'000 kips chacun.

Nous rendons notre Honda avant de nous diriger au marché de nuit pour le repas du soir. a nouveau un choix incroyable. Ce soir, ce sera d'excellentes nouilles aux légumes et au poulet, les boissons pour à peine 60'000 kips au total.

Luang Prabang est vraiment une excellente étape, paisible. On s'y sent bien tout de suite et on se laisse vivre. Nous n'aurons pas de problème à occuper les jours que nous y passerons encore après notre escapade un peu plus au nord.

Demain, départ pour Nong Khiaw, à 4 heures de route. Un autre chapitre.
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OL Olivier75015 Regular ·
Salut à vous deux

Merci pour cet avant goût de vacances bien passionnant Une question : je ne suis pas motard : as tu une idée du prix d' un tuk tuk par jour pour un tour comme vous avez fait à VV ? Merci et excellente continuation. Mina et Olivier
GE Genevois Veteran ·
Désolé Olivier, alors ce sera vélo, car les tuktuk ne vont pas sur les pistes caillouteuses des alentours de VV ... Affûtez vos mollets !
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GE Genevois Veteran ·
Chapitre 7 : Nong Khiaw

Ce matin, nous testons la résistance à l'attente. Debout à 0700h. pour faire les sacs, prendre un petit-déjeuner et être prêt pour 0810h., heure à laquelle nous sommes supposés être pris en charge pour aller à Nong Khiaw. Le billet a été acheté à la Halolao pour 60'000 kips chacun.

A 0830h. un tuktuk nous prend et nous amène à la gare routière côté sud où la suite du voyage se fait en minivan. Départ programmé et annoncé vers 09h00. En réalité 10h30. 13 personnes, 13 sacs sur le toît et c'est finalement parti pour environ 3 heures de route avec un arrêt. Un beau parcours qui traverse de nombreux villages, avec les éternels enfants qui jouent. Nous sommes vraiment surpris de voir des bambins s'amuser à même le sol à parfois moins d'un mètre du bord de la chaussée où passent tout de même camions et voitures...

Le chauffeur est prudent, roule bien, rien à signaler. En début d'après-midi, nous voici arrivés à la gare routière de Nong Khiaw. Tout au début de la ville. Une ville ? Un gros broug plutôt, avec une rue centrale en terre et en poussière surtout en cette période sèche. En boue pendant les pluies j'imagine. Notre guide Lonely Planet l'avait mal située cette gare routière. Nous partons à pied pour rejoindre le pont qui enjambe la Nam Ou qui devrait n'être qu'à quelques dizaines de mètres. 20 minutes de marche plus tard, après avoir traversé tout le village, nous voilà arrivés au fameux pont. Un pont en dur, construit par des Chinois il y a presque 40 ans. La traversée du village a tout de même été très intéressante, aucun Blanc à l'horizon et de belles scènes de vie.

Les guesthouses de Nong Khiaw sont quasi toutes sur l'autre rive. Nous tentons notre chance à la Nam Houm Guesthouse, recommandée par le site travelfish.org. Dernière chambre de libre, un magnifique bungalow en bamboo, grand lit super confortable, une moustiquaire et de charmantes petites attentions, une bougie par ci, une fleur par là. 70'000 kips la nuit (même pas CHF 9.-- ou EUR 7.-- ...). Mais sans la vue sur la rivière, dont nous nous passons volontiers.

Nous laissons nos sacs et départ pour un tour des lieux. Il fait faim, donc première étape, un petit resto tenu par une famille laotienne sur le chemin en terre qui rejoint la route principale. Un riz sauté aux ananas, deux shake aux fruits et une bouteille d'eau, 25'000 kips ! Nous avions choisi celui-là, car il semblait moins touristique, plus familiale, très bon choix. D'autres restos proposent du Wifi, de la musique et des services un peu plus faits pour les Occidentaux.

Retour sur le pont. La vue depuis là est juste féérique. D'un côté le village, de l'autre la rivière qui coule au milieu de la vallée, avec une végétation et des collines typiques de la région. Nous sommes sous le charme. Comme depuis notre arrivée au Laos, rien de particulier à faire ici, juste une ambiance et le plaisir de jouir des lieux. Nous partons à pied nous balader le long de la route, le long des maisons aussi. Les femmes sont dehors et préparent des fines galettes à l'aide d'algues, qu'elles font ensuite sécher au soleil en y rajoutant de l'ail et sauf erreur des piments. Selon les mimes de l'une d'entre elles, c'est excellent. On la croit sur parole.

Il y a dans le village une échoppe de massage et de sauna aux herbes. Ce soir ? Demain ? J'irai c'est sûr. Il y a aussi des locations de VTT ou de vélos. Nous avons un tuyau (merci Voyageforum.com) sur une balade qui part le long de la Nam Ou pour rejoindre des villages, à environ 5 km. Bref, s'occuper une journée entière à Nong Khiaw ne posera pas de problème.

Nous assistons au coucher du soleil sur Nong Khiaw. Comme partout en Asie, la nuit tombe rapidement. Repas du soir au Deen Restaurant qui propose des mets indiens. Des naan et autres tandoori au fin fond du Laos... Entre 17 et 21 heures, le WiFi et l'accès à internet y est gratuit et nous pouvons donc converser avec nos filles via Skype. A notre sortie du restaurant, la température est bien descendue, même un pull ne serait pas de trop. La nuit risque donc bien d'être agréable. La fatigue est là et le coucher sera tôt, avant 22 heures.

Mis à part les discussions de volailles, et on s'y fait, la nuit a été parfaite. Fraîche au point de supporter le léger duvet de la chambre. Au réveil, la fraîcheur disparaît au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel. Un léger petit-déjeuner plus tard, nous voilà prêts pour notre balade du jour. Des villages le long de la Nam Ou que juste une piste relie à Nong Khiaw.

Le chemin pour s'y rendre se prend avant le pont, juste au-dessus de l'accès au Riverside Resort. Dieu que le soleil tape dur ! Et aucune ombre sur cette piste. Casquettes et bouteilles d'eau sont obligatoires. Après environ une heure, nous atteignons un premier village, mais il n'y a pas grand monde. A la sortie, nous pouvons entrer dans une classe de l'école. Personne.Un tableau noir, des banquettes bricolées en bois, point de pupitre, le strict minimum. Nous croisons un couple qui nous dit que le second village est bien plus intéressant. Donc départ. Le chemin n'est de loin pas plat, l'effort est parfois rude, surtout en pleine chaleur et sans air. Le VTT aurait été aussi une bonne option. 45 minutes plus tard, le second village est en vue. Afin de ne pas le manquer, il faut descendre tout de suite vers l'école. Un robinet est au coin du terrain, vers une barrière. Nous ne pouvons pas boire cette eau, mais mouiller notre casquette et nous rafraîchir, alors ça oui.

Ce village est traversé par une "rue" principale en terre. Nous pouvons nous balader en toute liberté. Peu de contacts, si ce n'est avec les enfants, les adultes répondent du bout des lèvres à nos Sabaidee. Là encore, nous ne savons pas si c'est de la timidité, de la pudeur ou juste de l'indifférence. Mais ce qui est certain, c'est que le contact est moins facile que prévu , bien moins qu'au Sri Lanka par exemple. Nous arrivons à un magnfique temple, plus ou moins au milieu du village. Un moine est assis à l'ombre lorsque son portable sonne. Modernité et tradition... Nous récupérons de l'effort, en nous protégeant du soleil sous un arbre. Nous sommes un peu découragés par l'idée de refaire environ 2 heures de marche sous le soleil et en pleine chaleur pour regagner Nong Khiaw. Il faut dire que si le village en lui-même est intéressant à visiter, le chemin lui n'apporte rien à la balade. C'est juste une piste, poussièreuse et sans ombre, ouverte au milieu de la végétation pour que les véhicules et piétons puissent rejoindre le bourg de Nong Khiaw.

Alors que nous sommes en train de prendre une photo d'une maison traditionnelle en bambou, un homme sort et nous demande, plutôt par signes, si nous allons à Nong Khiaw et nous prospose de nous y emmener avec son bateau. Il nous demande 50'000 kips pour le trajet. C'est vrai que les heures de marche en plein soleil ne nous motivent guère, alors on négocie. Non pas pour gagner de l'argent, mais plus par principe et pour montrer aussi que les touristes ne doivent pas devenir des "porte-monnaie à pattes". Au final, inflexible, il acceptera le prix de 40'000 kips. Elevé pour la région ce prix, mais bon, pour nous 40'000 kips, c'est à peine un coca dans un bistrot. En attendant qu'il parte chercher de l'essence, sa femme nous invite à visiter la maison. Pas de meuble, juste de quoi entreposer les affaires. Nous faisons aussi connaissance avec les enfants de la famille, 3 filles et 2 garçons, plus un qui n'est pas là. Une d'entre elles, Nahn âgée de 10 ans et belle comme une déesse, nous accompagnera jusqu'à Nong Khiaw.

Le moteur est enlevé de la barque et conservé à la maison. Nous partons donc, notre chauffeur moteur sur l'épaule et moi le bidon d'essence à la main. Sa barque est une embarcation plate qui n'est pas de première fabrication. Nous partons et pouvons voir les vies sur les rives de la Nam Ou. Les buffles et cochons qui sont soit couchés sur le sable, soit dans l'eau, les enfants qui sautent et jouent dans l'eau, les pêcheurs qui attrapent de beaux poissons avec leur technique de pêche locale.

A un moment donné, nous voyons un groupe de touristes nous faire des signes depuis la rive droite de la rivière. Ils veulent traverser de l'autre côté pour rejoindre la piste de Nong Khiaw. Nous faisons le détour, les prenons en charge. L'eau n'est pas loin d'entrer dans la barque, la ligne de flottaison s'est bien abaissée. Ils laisseront un bon pourboire à notre homme qui n'aura donc pas perdu son après-midi. Arrivés à Nong Khiaw après 40 minutes de navigation, j'offre une bière à notre batelier et 2 pâtisseriesà la petite Nahn qui avait les yeux émerveillés devant des escargots à la cannelle. Qu'elle a dégustés avec lenteur et visiblement plaisir.

Retour à notre guesthouse pour une douche et un peu de lessive. Nous sommes fourbus. Nous avons rendez-vous sur Skype avec notre fils vers les 17h00, mais ensuite, le massage du Sabaï Sabaï est dur à éviter et ne le sera d'ailleurs pas ... la nuit est fraîche, le lit de la Nam Houm Guesthouse est accueillant. Nous discutons encore un peu avec la souriante patronne des lieux, enceinte et bientôt à terme. Une bien belle famille qui tient sa petite entreprise de main de maitre. Une perle cette guesthouse.

Nong Khiaw, une excellente étape. Assuremment.
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GE Genevois Veteran ·
Chapitre 8 : Muang Ngoi

Le bateau part à 1100h. Car il n'existe aucune route pour se rendre à Muang Ngoi, sa seule voie d'accès se fait par la rivière Nam Ou. Un bateau ou plutôt une barque à fond plat, le moteur à fleur d'eau, capable de naviguer même lorsque le niveau d'eau est très bas.

Nous prenons notre ticket au guichet qui se trouve en haut des marches donnant accès aux bateaux. 20'000 kips chacun. Pas de réservation, on vient, on prend son billet et on embarque. Je me demande ce qu'il se passerait si les passagers étaient plus nombreux que les places disponibles ...

En tous les cas, aujourd'hui, c'est calculé au millimètre. Nous sommes serrés comme dans un paquet de nouilles, mais tout le monde est monté. 25-30 personnes, dont 90 % de touristes et leurs sacs, plus un couple de Laotiens qui doivent regagner leur village. 90 minutes de navigation à avoir les jambes repliées et le cul dur comme un caillou, assis sur une planche en bois.

Mais un parcours qui laisse voir la vie autour de la rivière. Là, les buffles qui sont couchés soit sur le sable soit dans l'eau en fonction de l'intensité du soleil, ici des enfants qui pêchent avec leurs filets-nasse entre les jambes essayant d'attraper de beaux poissons, des enfants toujours qui jouent dans l'eau, souvent à moitié nus, dans des éclats de rire. Ils savent tous nager les gosses d'ici.

Le bateau peine parfois à remonter le courant, car même si le débit est minimum, nous rencontrons parfois des rapides. Le batelier mène sa barque comme un chef, toujours au plus profond pour garantir le passage, frôlant les rochers à fleur d'eau ou la grève que l'on pourrait toucher en sortant la main du bateau.

Muang Ngoi est en vue. Et tout de suite on devine que l'endroit est magnifique. Perché au-dessus de la rivière, ses chalets et les terrasses de quelques restaurants donnant sur l'eau. Nous récupérons nos sacs et départ pour le village, en haut des marches. A peine arrivés, les patronnes des guesthouses abordent le touriste pour vanter les mérites de leur établissement. Nous sommes alpagués par la tenancière de la Ning Ning. Cela tombe bien, elle faisait partie de nos choix suite aux commentaires récoltés sur le net lors de la préparation du voyage. Elle nous mène à un grand bungalow en bois, avec une jolie terrasse et une chambre magnifique. Grand lit, très confortable, les draps sentant la lessive, une grande salle de bains très propre. Prix Madame ? 70'000 kips. Ok, vendu.

Muang Ngoi et son statut de bout du monde, accessible que par une belle rivière. Bout du monde non pas par un isolement total ou une difficulté particulière à l'atteindre (il y a encore de nombreux villages Hmong, Lao ou Khamu à des heures de marche plus loin à l'intérieur des terres), mais plutôt parce que l'indécence n'a pas eu l'audace d'équiper le village de WiFi et de réseau pour les téléphones portables. Moyens de communication qui sont tellement ancrés en nous, au point qu'ils feraient presque partie de notre patrimoine, et qui n'ont pas cours ici. Encore plus qu'ailleurs, le mot stress est absent du dictionnaire local. La vie coule paisiblement. Comme la Nam Ou en contrebas du village.

Muang Ngoi où les Occidentaux viennent chercher leur dose d'aventure et d'exotisme, en un lieu qui conserve son lien toujours par cette rivière. Oh bien sûr les paraboles fleurissent ça et là, même si l'électricité n'est pas disponible toute la journée. Avec l'arrivée des touristes, les habitants de ce magnifique endroit ont compris ce que nos besoins d'évasion pouvaient leur apporter et surtout leur rapporter. Les guesthouses sont nombreuses, les restaurants aussi, vous trouverez toujours de quoi vous loger ici. Et l'économie des lieux fonctionne comme cela.

Malgré que les touristes soient presque aussi nombreux que les habitants, Muang Ngoi sait garder son charme et ses traditions.Il faut entrer dans le village, sortir de sa rue principale en terre, parcourir les moindres recoins. Aller voir le match de foot du soir sur un terrain de fortune. Les buts : deux poteaux en bois et une tige de bambou pour faire la barre. Point de filet, lorsqu'un but est marqué, il faiut aller chercher le ballon dans la végétation. Certains joueurs ont des chaussures, la plupart sont à pieds nus. Les filles, elles, jouent au volley un peu plus haut, avec des cris chaque fois qu'un point est marqué. Aller voir les parties de pétanque, sans le pastis et les cigales. Le must reste la rivière en fin de journée. La rivière, lieu de pêche, voie de communication, terrain de jeux, et qui devient la plus grande salle de bains à ciel ouvert. Les habitants y descendent avec leur corbeille en plastique contenant tout le nécessaire : savon, serviette, brosse à dent. Et on s'y lave. Les cheveux, le corps, les pieds et les dents. A quelques mètres, une femme fait sa lessive. Un peu plus loin, une vieille femme y rince et fait regonfler son riz, déjà cuit et prêt à la consommation. Muang Ngoi, les scènes de vie y sont incroyables, loin de celles que nous avions pu connaître lors de nos précédents voyages, loin de nos standards. Et plus particulièrement avec les enfants. Alors que les notres sont aseptisés et couvés, ici l'enfant joue dans la poussière, les habits sales, au milieu des volailles et des chiens pas plus propres qu'eux. Ni console, ni jouet coûteux, les distractions sont un pneu de vélo, un bout de bois, un caillou, une caisse ou un carton dans lequel ils se croient au volant d'un bolide. Et ils sont beaux les enfants de Muang Ngoi, comme ailleurs au Laos.

Bref, assez palabré. Muang Ngoi est un passage obligé, même avec l'afflux des touristes blancs.

1800h. les générateurs se mettent en marche. La lumière fait son apparition et les télévisions s'allument dans les foyers. La rue principale se vide. Séries thaïs ou occidentales, les habitants de Muang Ngoi se rattachent au monde. Nous mangeons de délicieuses nouilles au Ning Ning, les portions sont généreuses et les prix aussi. Pas de distraction ici, les nuits sont longues, car on se couche tôt. 2200h., les générateurs se font silencieux. Il est temps pour le village de s'endormir.

En cours de nuit, une invitée-surprise, pas franchement bienvenue, s'est jointe à nous. La pluie. Et elle n'est pas venue seule puisqu'elle a amené éclairs et tonnerre. Un vrai orage tropical, des trombes d'eau, dont les gouttes jouent des percussions sur le toît de notre bungalow. Se sentant bien à Muang Ngoi, comme nous, elle est encore là au matin. Plus que quelques gouttes, mais suffisament pour perturber notre programme si elle venait à durer. Le ciel est bas, les nuages enveloppent les montagnes environnantes. Le soleil pointera tout de même son nez, perçant suffisamment la brume pour sécher l'humidité.

L'excursion du jour, à faire facilement sans guide : les grottes de Tham Kang, à environ 30 minutes à pied du village. Pour y aller, facile. Longer le terrain de foot, prendre le chemin qui continue, c'est tout droit. La balade est agréable, le long de rizières ou de cultures. Après une demi-heure, une petite cahutte est en vue. C'est le péage, 10'000 kips qui iront au développement des villages et de leurs écoles d'après un panneau explicatif. Il faut monter quelques marches pour entrer dans la grotte, mais n'espérez pas aller trop loin sans une puissante torche. Visiblement une rivière souterraine arrive ici. Quelques mètres plus loin en revenant sur le chemin, il y a une deuxième cavité, toute petite. C'est là que le ruisseau sort. Il ne faut pas hésiter à y pénétrer. On a de l'eau jusqu'aux genoux, mais au fond c'est assez profond pour faire une bonne trempette rafaîchissante. Nous l'avons fait sur le chemin du retour, car se baigner nu est exclu ici et il faut alors marcher avec les habits trempés. Après les grottes, nous marchons encore dans l'espoir d'atteindre les villages ethniques. Espoir déçu. Après 15 minutes supplémentaires, nous arrivons sur des rizières, bien dégagées. Il n'y aucune indication et nous choississons de tirer sur la gauche, mais 40 minutes plus tard, toujours aucun village en vue. Peut-être aurait-il fallu prendre à droite. Nous ne tentons pas cette autre option et nous revenons à Muang Ngoi par le même chemin, avec la petite baignade décrite plus haut.

Fin d'après-midi, le tonnerre gronde à nouveau au loin. L'orage semble se rapprocher. Nous nous relaxons sur une terrasse au-dessus de la Nam Ou, attendant la pluie.

Le Boupha Restaurant, au milieu de la rue principale, propose des buffets matin et soir à 15'000 kips. 7-8 plats différents, tous végétariens et très bon. Ce sera notre repas du soir, 40'000 kips pour deux boissons comprises !

Avant une bonne nuit, fraîche comme depuis notre arrivée dans le nord du Laos.
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ME Mercredi28 ·
Je me demande ce qu'il se passerait si les passagers étaient plus nombreux que les places disponibles ...

ben c'est pas compliqué: y'aurait illico un autre bateau pour embarquer le reste du troupeau.
GE Genevois Veteran ·
mmmhhhh.... Z'avaient pas l'air de penser comme cela en bourrant la barque du retour au point de ne pas oser passer les rapides ... pas d'autres bateaux pour 3-4 passagers supplémentaires (et leurs sacs). Mais on a l'habitude, au Sri Lanka, ce sont les bus où tant qu'il reste un micro-espace, on charge !!!
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GE Genevois Veteran ·
Chapitre 9 : retour à Luang Prabang

Nous achetons nos billets, le bateau part à 0930h. Ce sera deux bateaux, vu le nombre de touristes qui regagnent Nong Khiaw. Comme souvent en Asie, la moindre place est exploitée. Nous serons donc à nouveau bien plein, même trop. La ligne de flottaison se rapproche dangeureusement du bord de la barque.

Déjà dans un des premiers rapides, pourtant pas bien méchant, la barque tangue et une petite vague trempe tout un côté et évidemment toutes les personnes assises là. Alors bien sûr, le prochain rapide, tout de même plus mouvementé, va poser problème. Et bien non. Car le bateau s'arrête sur la berge juste avant et tout le monde descend. c'est parti pour 20 minutes de marche sur les bords de la Nam Ou, au milieu de la végétation. Nous voyons notre barque, et nos sacs, franchir facilement l'écueil pour aller nous attendre plus loin, là où l'eau est plus calme. Trekking compris dans le prix du transport !

Nous arrivons à la gare routière de Nong Khiaw à midi et le prochain bus pour Luang Prabang est programmé pour 1330h. Un peu d'attente, au calme des lieux. En fait, il y a 11 places dans le minibus et nous sommes 10. Conciliabule. Nous achetons la 11ème place entre tous et départ avec une heure d'avance. Du coup, il y a donc un siège de libre. Qui sera occupé par la femme du chauffeur que nous avons chargée en route et qui voyage gratuitement. Tollé chez certains, zénitude chez d'autres.

3 heures de route plus tard, nous sommes à Luang Prabang. Le chauffeur nous pose près du giratoire central, ce qui nous économise un tuktuk vu que les 2 gares routières de la ville sont bien excentrées. La Halolao n'ayant pas de place (nous avions demandé), notre choix s'est porté sur la Lao Lu, au coeur de la ville nouvelle, entre la rue principale et le Mékong. Un peu plus chère, 160'000 kips négociés à 130'000, mais aussi un peu plus confortable. Belle chambre, grande salle de bains, très calme, WiFi, proche du marché de nuit et de jour, bref, une très bonne option. Nous prenons nos quartiers, puis nous retournons au marché de nuit dont on ne se lasse pas. Le repas y sera pris, avant une bonne nuit, avec le bruit des gouttes sur un toît voisin comme berceuse. Il pleut.

Le réveil a été programmé à 0600h. pour voir l'aumône des bonzes. Il pleut encore et dans notre souci de partir léger, nous n'avons aucune protection contre la pluie. Cette pluie tropicale, sans vent ni baisse de température (pour l'instant...), qui tombe à grosses gouttes verticales. A la limite, c'est presque agréable. Nous traversons le marché de jour qui est déjà bien installé. Certains odeurs sont difficiles au saut du lit. Les rues de Luang Prabang sont quasi désertes en ce matin pluvieux.

Quelques femmes sont déjà prêtes pour les offrandes sur les bords des trottoirs. Un récipient à riz et un petit tapis pour s'agenouiller. Le parcours des moines se situent dans la rue principale, mais plutôt dans le fond de la ville, après le musée national. Nous trouvons un abri en face d'une de ses femmes. Un commerce aussi, l'aumône. On essaie de nous vendre un bol de riz à distribuer aux moines, loin de la spiritualité de l'offrande. Et nous les voyons arriver, en file indienne, avec leur toque orange vif, s'arrêter à tour de rôle devant les donneurs qui glissent une boulette de riz dans les écuelles qu'ils portent en bandouillière. La plupart des moines sont jeunes, certains doivent avoir à peine 13-14 ans.

Beau spectacle. Mais certains ont dû oublier que cette aumône du matin a avant tout une signification religieuse. Que dire des touristes qui se postent 2 mètres en face des moines et qui les prennent en gros plan, avec un bon coup de flash dans les yeux, au mépris de tout respect ? Que dire de ceux qui suivent la file indienne, comme si eux aussi réclamaient leur offrande ? Que dire de certaines qui se postent devant les moines, les épaules découvertes et vêtues de manière peu adaptée ? Les autorités religieuses de Luang Prabang envisagent d'ailleurs de cesser cette pratique, vu le caractère peu respectueux des traditions bouddhistes que les touristes leur imposent chaque matin.

Ce matin, vu la pluie, nous n'avons pas vu la foule. Mais il semble que certains autres jours plus cléments, l'aumône des moines tourne à l'ambiance de cirque. Désolant. La journée sera entrecoupée d'averses, de passages plus cléments et parfois de trombes qui tombent du ciel. Difficile de concocter un programme dans ces conditions. Nous décidons alors de parcourir Luang Prabang à pied, d'entrer dans les boutiques, de nous poser à la terrasse d'un café, bref de flâner. Et c'est très agréable.

1700h. En Angleterre, on pourrait considérer cela comme le Tea Time. A Luang Prabang, c'est le massage time. Nous partons à la recherche d'une échoppe. Après 2 tentatives avortées dans la rue principale (et finalement tant mieux), nous testons les bords du Mékong. Et juste à côté du chemin qui mène à la Pakham GH, jouxtant un coffee shop, voici un panneau sans prétention indiquant des massages. On lit ce qui est proposé et on y va. Une adresse fantastique. Nous sommes pris en charge par deux jeunes filles souriantes qui vont commencer par nous laver les pieds. Puis nous montons à l'étage pour 60 minutes de plaisir. Un thé au gingembre pour finir. Douceur, professionalisme, savoir-faire, un grand moment. Puisque c'est comme ça, nous y retournerons demain.

La pluie ne cesse pas et pire, la température est limite fraîche. Il nous faut sortir nos pulls. Sommes-nous en Asie du sud-est ? Petit détour au marché de nuit pour quelques achats. Marchandage de rigueur, le prix peut être divisé par 2 comme base de départ, ensuite ce sera vos talents de négociateurs qui feront le reste.

Au réveil, la pluie se plaît à contrarier notre programme. La location de vélos semble compromise. Et avec la pluie, la température, littéralement polaire pour la région, puisqu'il fait à peine 15 degrés à midi ! Histoire de tout de même bouger, nous prenons un tuktuk pour le marché de Phousi, sous un hangar, le plus important de Luang Prabang. Soit-dit en passant, il n'est pas du tout, mais alors pas du tout, à l'endroit donné par le guide du Routard. Ce marché est un énorme bric-à-brac désorganisé, où tout se vend, parfois sur un seul stand. Piles, ceintures, dentifrices, sachets de nouilles, etc... tout côte à côte. Seuls les aliments (et leurs odeurs) et les habits sont un peu plus regroupés. Et les touristes sont absents des lieux, ce qui donne vraiment une touche typique à cet endroit.

Nous arrivons à l'heure du massage time. Et c'est reparti pour 60 minutes de plaisir et de détente, avant d'aller manger dans un des restaurants de la rue principale. Vu la température glaciale pour l'endroit et la pluie, le marché de nuit est vide. Seuls quelques commerçants courageux ont monté leur stand. Nous ne nous éternisons pas dans les rues, retour à la Lu Lao pour s'enfiler sous les couvertures, un des rares endroits où il fait bien chaud ce soir.

Dernier matin à Luang Prabang. Il pleut sans discontinuer depuis 48 heures et toujours pas d'accalmie en vue. La température ? Toujours pareil, fraîche et même froide. En fin de matinée, départ pour le minuscule aéroport, tout de même international, de Luang Prabang. Nous volons aujourd'hui avec Lao Airlines jusqu'à Vientiane, pour une courte étape avant de rejoindre Pakse et le sud.Un ATR 72 à turbopropulseurs, quasi neuf. 40 minutes de vol, enveloppés dans l'ambiance cotonneuse des nuages, avec quelques bonnes secousses . Depuis la capitale laotienne, nous ferons les voyageurs sacs à dos "bobo". Vu que notre budget est pour l'instant en-dessous des prévisions, nous avons fait dans le luxe. Plutôt que le bus de nuit et l'assurance de manquer de sommeil avant le départ en moto pour les Boloven, nous avons réservé un vol Vientiane-Pakse, toujours sur Lao Airlines. Bonne nuit garantie à Vientiane, à peine 1 heure de vol au lieu de 10 d'inconfort. Mais ça, ce sera pour demain ...

En attendant, nous continuons à avoir froid à Vientiane, 13 degrés ce soir vers 1800h. !!! De mémoire de Laotiens, il n'avait jamais fait aussi frais ici, même durant les autres mois de l'année. Nous voyons des gens avec des gants et des bonnets. Cela se calmera-t-il en arrivant dans le sud ou la pluie va-t-elle nous suivre ?
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BA Babylon5 Regular ·
houlala, mais c'est quoi cet horrible temps?!! J'éspère bien pour vous que ça va s'arranger!
OL Olivier75015 Regular ·
Salut tous les deux.

Je lis votre "aventure" avec grand intérêt, curiosité et envie et je nous vois déjà en août prochain. Question stupide :N' étant pas bon nageur... en cas ou, y a t il des gilets de sauvetage dans ces bateaux un peu sportifs ? J' ai regardé aussi un vol direct Luang Prabang vers Pakse: il y a un vol tous les deux jours pour un prix de l' ordre de 168 USD en août prochain. C'est peut être un bon plan. Vous êtes nos éclaireurs en quelque sorte. Nous espérons que ce maudit mauvais temps va enfin vous lâcher.

Amitiés à vous deux😉 Olivier
IL Ilivic Veteran ·
J' ai regardé aussi un vol direct Luang Prabang vers Pakse: il y a un vol tous les deux jours pour un prix de l' ordre de 168 USD en août prochain. C'est peut être un bon plan.

Exact ; surtout étant donné que le prix de ce trajet en bus tourne autour des $20... 🤪
GE Genevois Veteran ·
Negatif Oli, pas de gilet. Mais je te rassure, Dominique nage comme une pierre aussi et elle n'avait pas peur. Les berges sont a moins de 20 metres et il n'y a pas beaucoup de debit. Les rapides, il n'y en avait qu'un et cela ne secouait meme pas. C'est juste que le bateau etait en total surpoids... Peut-etre qu'en aout il y aura un peu plus d'eau, mais ce n'est pas un torrent. Dominique est a cote de moi, elle confirme, meme pour elle ce ne sont pas vraiment des rapides, juste une manoeuvre qui peut etre delicate si le bateau est trop lourd comme c'etait le cas. Pour ton vol effectivement, bonne option, meme si c'est cher. Avions neufs ou tres corrects, service attentionne, une bonne surprise. Avec le recul, on regrette (un peu) de ne pas nous etre arrete a Thakek pour aller voir la grotte et la riviere souterraine qui est au nord de cette ville. Mais on ne peut pas tout faire ... A + pour la suite.
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GE Genevois Veteran ·
Chapitre 10 : Pakse et le plateau des Boloven

Les levers se suivent et se ressemblent. Il pleut encore et il fait toujours aussi frais. 0730h., notre MA60, petit cousin de l'ATR, décolle de Vientiane pour se poser 1h15 plus tard à Pakse. Par les hublots, nous pouvons voir avec joie que le soleil est présent.

Une petite course en tuktuk et nous voilà devant le Lankham Hôtel dans la rue principale. Notre but, louer une moto pour partir à la découverte du plateau des Boloven. Le Lankham propose plusieurs sortes de deux-roues, des 100cc, des 110cc et même une vraie moto, en l'occurrence une Honda 223cc trail, 75'000 km au compteur, mais encore bien vigousse comme une vraie gamine. 60'000, 70'000 et 200'000 kips respectivement à la journée.

Nous faisons quelques essais en nous asseyant les deux sur la selle avec un sac. Les scooters seront un peu juste au niveau des amortisseurs, vu notre poids. Donc au diable l'avarice, ce sera la moto. Une carte du plateau nous est donnée et notre loueur nous indique que le tour est à faire en commençant par Tad Lo et non pas par Paksong. Pourquoi, aucune idée.

Nous vidons un sac pour emmener l'essentiel avec nous, nous pouvons laisser nos affaires en dépôt au Lankham. Et c'est parti. Il est important de bien remettre à zéro le compteur journalier, car la carte mentionne les kilométrages pour prendre les bons embranchements. Encore pas mal de circulation à la sortie de Pakse, mais comme toujours, vitesse lente, pas d'énervements des conducteurs, c'est facile.

Boloven, acte I, première étape les chutes de Phaxouam. Payantes. 5000 kips par personne et 2000 pour la moto. Les cars des tours-opérateurs thaï s'y arrêtent aussi. Un pont de liane traverse la rivière pour accéder au petit promontoire d'où nous pouvons admirer les chutes. Impressionnantes ? Non. Jolies ? Oui. A peine 2 km de détour de la route principale, cela valait la peine.

Nous continuons ensuite direction Tad Lo qui sera notre étape du soir. Là encore, le kilométrage fourni sur la carte nous permet d'être attentifs. Un premier panneau annonce les chutes de Tat Suong sur la droite. Il faut encore continuer quelques kilomètres pour trouver la bifurcation pour Tad Lo qu'une piste en terre y conduit. La plupart des guesthouses sont situées après le pont qui passe juste après les chutes de Tad Hang et nous nous posons à la Siphaset, première à gauche. 70'000 kips pour une chambre simple avec douche. Après discussion avec d'autres touristes rencontrés plus tard, il semblerait qu'il y ait mieux dans le village, notamment la Palamei GH.

Nous partons à pied voir les premières chutes, juste là sous notre nez. Peu de débit vu la saison sèche, mais c'est tout de même assez beau à voir. L'eau par contre n'est pas très claire et même assez sale. Nous reprenons la moto et partons voir la chute de Tat Suong, selon les indications fournies par le Lonely Planet. La route, goudronnée, traverse des cultures, des bouts de forêts et nous croisons de nombreux paysans locaux, avec des enfants. Le dépaysement est total. Le dernier village avant d'arriver aux chutes remporte la palme. Volailles, cochons, chiens, enfants et adultes, tous cohabitent sous les maisons à pilotis, dans une ambiance d'un autre temps pour des Occidentaux comme nous.

La chute de Tad Suong est un à-pic vertigineux et impressionnant. Il serait très dangereux d'aller trop au bord, vu le vide. Par contre, là encore quasi pas d'eau, juste un filet qui dévale le précipice.

Sur le retour, nous voyons les habitants d'un village marcher le long d'une piste en terre pour aller à la rivière, avec tout le nécessaire pour le bain du soir. Nous prenons aussi cette piste et effectivement, l'endroit est peuplé. Lessive, des habits, mais aussi des corps. Les enfants nous entourent, touchent la moto, nous touchent aussi, avec de grands éclats de rire. Par repect pour les familles en train de faire leur toilette, nous ne prendrons pas de photo.

Retour vers les bungalows luxueux du Tad Lo Lodge, où il est possible de s'asseoir sur des rochers à fleur d'eau, avec une belle vue sur la rivière. Nous arrivons juste un peu tard pour voir deux éléphants et leur mahout traverser le cours d'eau pour rejoindre leur lieu de "stationnement" nocturne.

Le repas du soir, au Jom restaurant, tenu par une petite famille laotienne. La cuisine y a été fameuse, une belle adresse. Nous y rencontrons d'ailleurs un couple de Québécois en voyage depuis quelques mois autour de la planète. De bons moments d'échanges entre cousins francophones.

Une journée bien chargée et une excellente nouvelle. Le ciel est étoilé. La pluie déciderait-elle de nous laisser tranquille ?

Boloven, acte II. Ciel dégagé ce matin, cela fait du bien. Après le repas du matin, nous voilà prêts à reprendre la route. Nous quittons Tad Lo, qui se vante par un panneau d'être un village "crimeless", quelle belle philosophie, que bien des cités dites civilisées devraient prendre en exemple. A Ban Beng, nous tournons sur la droite direction Thateng. Selon les guides, nous devrions être sur une piste caillouteuse. Et non, la route est neuve, bitumée et belle. Nous voyons nos premiers caféiers. Dans les villages, les grains sèchent au soleil sur des bâches. Nous nous arrêtons quelques fois pour les décortiquer, encore verts une fois l'écorce enlevée. Les villages sont toujours aussi typiques, avec les animaux domestiqués, le robinet qui sert de point d'eau, de jeu pour les enfants et de salle de bains pour tout le monde.

Thateng, la route pour Sékong est bien indiquée. Une grande route, peu fréquentée, bien roulante. Sékong est une ville tout en longueur et il faut quitter la voie principale pour la découvrir. Toutefois, rien de spécial à voir ici. Nous décidons alors de poursuivre pour Paksong. Il fait chaud, nous avons l'impression d'avoir un foen qui nous souffle son air brûlant. Au moins 20 degrés de plus qu'à Luang Prabang. Ban Lak, le début de la piste pour Paksong. Même pas une station service pour faire le plein, juste une petite échoppe avec deux tonneaux qui sert de l'essence au décilitre si besoin. Un village étiré, de bout du monde, sans rien d'attirant. Nous nous assurons auprès de divers locaux que la piste qui part sur la droite est bien celle qui mène à Paksong. Personne ne parle un mot d'anglais ici, mais les signes sont unanimes, c'est bien là.

Une vrai piste en terre, poussièreuse à souhait dès que nous croisons un véhicule. Au début assez plate et régulière, et parfois parsemée de bosses et de cailloux. Nous croisons un ou deux petits villages, sans électricité, qui semble vivre de l'essentiel de ce que l'élevage et les cultures leur donnent. Rapidement, la piste s'élève dans la végétation. Une vraie jungle, sans âme qui vive. Les chutes de Katamtok, les plus hautes du Laos paraît-il, sont sur l'itinéraire. Nous relisons les lignes du Lonely Planet. Elle serait difficile à trouver, soyons attentifs.

La pente est parfois assez rude, mais notre Honda en a encore dans le ventre malgré son âge respectable. Après une quinzaine de kilomètres, une première chute est en vue sur notre droite. Katamtok ne doit plus être loin. Je repère deux arbres ceinturés d'un ruban plastique orange vif. En face, un chemin descend en contrebas. Et même un petit panneau en bois "Ketam Whater Fall", pas si difficile que cela. Une petite plateforme permet d'admirer l'eau qui dévale la montagne en face de nous, sur le versant d'en face. Belles chutes en effet.

Nous reprenons notre montée du plateau, encore quelques kilomètres, avant que la route ne devienne plate. Partout autour de nous des caféiers, parfois petits arbrisseaux, parfois adultes. Et toujours ces mêmes villages, avec les enfants qui agitent les mains à notre passage. Plusieurs fois nous nous sommes arrêtés, pour voir des femmes au travail, triant des grains ou fabriquant des petits balais avec des branches d'arbres. Merci l'indépendance de la moto.

Bien sûr, nous mangeons parfois la poussière lorsqu'on croise un véhicule, il faut même s'arrêter pour en prendre le moins possible dans les yeux et les poumons. Et nous n'avons encore rien vu ... Mais quel sentiment d'indépendance sur ce plateau perdu au sud du Laos, loin de tout signe extérieur de notre civilisation occidentale.

A un croisement, nous prenons la direction de Paksong et peu après, nous voyons notre premier camion, la benne chargée de terre. Le premier d'une longue série. Rapidement, nous allons constater que la route est en train d'être refaite. Une véritable autoroute de par sa largeur. Mais toujours en terre, avec toujours la même couche de poussière qui s'envole au moindre véhicule. Alors les camions .... 20 à 25 kilomètres comme cela, à manger le chemin (un ami québécois reconnaîtra cette expression), à ne pas pouvoir rouler vite vu le revêtement très inégal et surtout la poussière que l'on prend chaque fois, et c'est souvent, que l'on croise un poids lourd. J'imagine que ce petit enfer faisait partie de l'aventure.

Paksong est en vue. Enfin. Même si la fin était dure, cette piste était magnifique. Nous trouvons facilement la Borlaven Guesthouse, un kilomètre à la sortie du village sur la route de Thateng. Une grande maison en retrait, avec beau jardin et de l'herbe devant. Le propriétaire, très accueillant, ne parle quasi aucun anglais, mais pour une chambre aucun souci. 60'000 kips avec eau froide, 80'000 avec l'eau chaude. Vu notre état de saleté, eau chaude, merci. Et nous en abuserons pour ôter toute cette crasse qui a dû s'infiltrer partout. Belle chambre tout en bois, lit confortable, parfait. Le patron nous invite à le suivre derrière la guesthouse. Il a quelques bananes en main. Dans l'arbre derrière la maison vivent deux singes qui acceptent sans souci les fruits. Attention, il ne faut pas s'approcher trop près, le patron me mime qu'ils peuvent mordre. Pas lui, ils le connaissent et il les nourrit. Mais nous oui. Nous les voyons sauter de branche en branche, jouer dans l'arbre. Nos premiers animaux "sauvages" depuis notre arrivée au Laos.

Nous partons en moto pour le village et trouvons une petite échoppe qui vend du café et qui propose du WiFI, la seule de Paksong d'ailleurs, sur la gauche en direction de Paksé, avant le marché. Stop pour boire un petit noir et pouvoir vérifier nos mails et appeler nos enfants. Le tenancier des lieux, un Hollandais, fait pousser du café et organise une visite guidée de ses plantations avec toutes les explications relatives à la fabrication du café, depuis la jeune pousse du caféier jusqu'au liquide dans la tasse. Dégustation à l'appui. Nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin, avant de partir manger au Borlaven Restaurant, qui n'a rien à voir avec la guesthouse. Petite carte, mais très bon Fried Rice. Pas simple, personne ne parle anglais dans la petite famille qui tient l'établissement.

A notre sortie, la selle de la moto est trempée de rosée. Paksong est à 1300 mètres d'altitude et en soirée, il y fait frais. La lune est belle et ronde dans le ciel clair, quelle journée bien remplie.

Boloven, acte III. Nous avons rendez-vous à 0930h. au Coffee Shop pour la visite. Ce qui nous laisse le temps d'aller au marché de Paksong. Un marché traditionnel où aucun Blanc n'est en vue. Une petite vendeuse, coiffée de son chapeau de paille cônique, vient nous proposer des beignets. Mais à quoi ? Nous en prenons un pour goûter, 1000 kips. Excellent, c'est sucré et fourré avec du lait condensé. Du coup, c'est parti pour 4 beignets ! Après avoir fait le tour des stands, où comme d'habitude sur les marchés laotiens, tout se vend dans une ambiance de bric-à-brac, nous nous posons pour un café lao. Le café lao n'est pas un café pur, apparemment il est coupé avec du chocolat, du sucre et même du sel paraît-il. Il est filtré assez grossièrement à travers un tissu, qui laisse ensuite un dépôt au fond de la tasse.

Quelques belles photos plus tard, il est l'heure de rejoindre notre ami hollandais à sa petite échoppe. Curieux personnage, il est parti d'Europe il y a quelques années, s'est posé en Thaïlande et a fini par tomber amoureux et de la région de Paksong et d'une femme du coin. Depuis, il s'est lancé dans la culture du café. C'est parti pour deux heures de visite, avec dégustation à la fin. Visite guidée très intéressante pour connaître l'essentiel, depuis la pousse du caféier jusqu'à son âge adulte, depuis les premières récoltes jusqu'à celles amenant du profit, sur le pourquoi du café au Laos, sur la terre, etc... Vraiment très instructif et notre guide étant un passionné, il est très enthousiaste. Alors que nous sommes en pleine plantation, deux jeunes débarquent en courant, bâton à la main, visiblement à la chasse de quelque chose vu la manière dont ils frappent le sol, tout excités. Un gros serpent, à une quinzaine de mètres de nous, essayant d'échapper à ses poursuivants. Cerné, il ne pourra plus résister, même s'il se dressait, la bouche grande ouverte prêt à mordre. Un des jeunes exhibe sa proie. Un reptile d'environ 160 centimètres, tout gris. Venimeux ? Nous ne le saurons jamais, mais visiblement pas très apprécié ici.

De retour à l'échoppe, notre guide va rôtir des grains de cafés verts, pour les rendre prêts à consommer, dans un grand wok. L'odeur qui s'échappe est appétissante. Nous pouvons croquer ces grains chauds, prêts à être moulus. Un délice pour les amateurs. Nous en boirons facilement 3 petites tasses chacun. Prix : 50'000 kips par personne, dégustation comprise (minimum 4-5 tasses).

Il est l'heure de reprendre la route, direction Pakse. En chemin, deux chutes, dont l'accès est payant (5000 kips par personne plus 3000 pour la moto) Tad Fane et Tad Yuang. Tad Fane serait la plus haute de tout le Laos et c'est vrai qu'elle émerge de la végétation pour mourir plus de 100 mètres plus bas au pied d'une falaise. Mais nous la voyons d'en face, ce qui atténue le côté impressionnant des lieux. Tad Yuang, elle, est plus courte, mais on peut aller très facilement à ses pieds. Et c'est très beau, l'effort de descendre, et surtout de remonter, en vaut la peine. Visiblement, les familles viennent pique-niquer sur les hauts de la chute, là où la rivière compose de petites piscines.

Pakse est encore à quarante kilomètres, nous nous mettons en route. Au fur et à mesure que la route descend vers la plaine, la température, elle, remonte en flèche. En arrivant dans les faubourgs de la ville, nous transpirons malgré l'air de la vitesse. Nous nous posons à la Narin Thachaleun GH, dans une rue parallèle de la principale, à 3 minutes à pied du Lankham. La chambre est à 80'000 kips, soit 20'000 de plus qu'au Lankham, mais elles sont plus grandes et plus agréables. Nous restituons notre engin, qui ne nous a pas causé le moindre problème durant le tour et nous récupérons nos sacs laissés en dépôt. Avant de sortir manger, nous recomposons nos sacs et prenons une longue douche pour laisser toute la poussière à l'état de souvenirs.

Dimanche soir, la ville tourne au ralenti, mais au coin de la rue principale 200 mètres avant le Lankham sur le trottoir opposé, un petit resto attire le client, le Dao Linh. Les plats sont excellents, les prix doux, le service rapide et les employés très sympas. A côté de là, une ribambelle d'échoppes proposent internet à haut débit à 5000 kips de l'heure. Il fait chaud en soirée, nous voilà de retour dans la chaleur tropicale, fini l'air frais de l'altitude.

Boloven, conclusion. Un des points forts du voyage, c'est certain. Mais sans doute grâce à l'indépendance fournie par la moto. Arrêts nombreux, demi-tours, plaisir de rouler, de se sentir libre, un pur bonheur. Les Laotiens sont prudents sur la route, le seul danger pouvant provenir des chiens, cochons, poules, vaches, chèvres qui bordent les routes et qui, Dieu sait pourquoi, décident de se jeter sous les roues des véhicules, trouvant que le bord d'en face est plus intéressant. Un conseil tout ce qui a de plus personnel : si vous envisagez la piste du sud entre Paksong et la route Sekong-Attapeu et que vous êtes deux sur la même monture, envisagez la moto plutôt que le scooter. Les amortisseurs seront sinon mis à rude contribution, le risque de crevaison multiplié par beaucoup, le risque de chute aussi. Et n'oubliez pas, en cas de casse, vous payez cash. Sans compter que sur cette piste magnifique, vous pouvez faire parfois des kilomètres sans croiser qui que ce soit. Si vous restez sur les axes principaux, bitumés, un scooter pourra suffir.

Nous avons réservé notre transport pour Champasak au Lankham. Prise en charge devant l'hôtel, arrivée directement au centre de la ville ferry compris, bien pratique. 55'000 kips par personne, plus cher que le réseau local, mais sans tuktuk tant au départ pour rejoindre la gare routière qu'à l'arrivée à Champasak. La visite du Wat Phou, temple khmer, est au programme. Avant de filer aux 4000 îles, point final de notre périple lao.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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FA Fabd Regular ·
Bravo pour le récit! Perso, je n'avais pas aimé Vang Viang, vraiment un manque de respect envers les laotiens!
OL Olivier75015 Regular ·
Bonsoir Merci de l' information et combien de temps met le bus. A quelle heure part il ? Olivier🤪
IL Ilivic Veteran ·
Vous n'aurez pas de mal à trouver l'information et les sièges une fois sur place 🙂
GE Genevois Veteran ·
Complètement d'accord. C'est pour cela que nous avons boycotté le tubbing pour visiter les environs, vraiment magnifiques.

Une honte, le comportement de certains là-bas.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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GE Genevois Veteran ·
Chapitre 11 : Champasak

Changement de programme. Non pas pour Champasak, mais sur la manière d'y aller et la suite de la journée. En discutant hier soir, nous avons appris qu'il n'est pas toujours facile et aisé de rejoindre les 4000 îles depuis Champasak. Soit parce que personne sur place n'organise le transport faute de touristes suffisants, soit parce qu'attraper le bus sur la route principale relève de la galère. Nous changeons donc de plan au dernier moment, sans vraiment savoir si cette info est crédible.

Résultat, nous louons une moto, plutôt un scooter Suzuki 110cc, au Lankham. Nous irons à Champasak en deux roues, 40 kilomètres plus au sud. Pendant qu'on y est, on prend notre transport pour Don Khon au Lankham qui sont vraiment super organisés pour tout ce qui est touche à ces questions. Aller 60'000 kips par personne, retour 50'000. Je pose la question pour notre transfert vers Ubon Ratchathani, en Thaïlande, d'où nous décollerons à la fin de la semaine pour rejoindre Bangkok. La patronne, qui parle un très bon anglais, me conseille d'aller plutôt à la gare routière, distante d'à peine 2 kilomètres, pour acheter notre billet, il y est moins cher que celui qu'elle peut nous vendre. Merci madame.

Vu que nous avons notre scooter (toujours à 4 vitesses, en fait, c'est un scooto ou une mooter, au choix), nous trouvons facilement cette gare et achetons notre billet. Tous nos transports sont organsisés et payés jusqu'à Genève ! C'est simple l'Asie.

Puis départ en direction de Champasak. Les premiers 35 kilomètres se font sur la route principale du sud. La circulation n'y est pas si importante et comme toujours, les conducteurs laotiens, même les camions, nous doublent en prenant une grosse marge. Un petit embranchement sur la droite, au kilomètre 30 merci le compteur, nous permet de rejoindre le bord du Mekong. Champasak est de l'autre côté.

Le fleuve est large ici, plus d'un kilomètre au moins. Il était question d'un ferry pour traverser sur l'autre rive. Un ferry. Nous nous attendions donc à voir une assez grosse embarcation, traditionnelle de ce que l'on nomme normalement un ferry. Et bien ce sera épique. Pour les deux roues, il existe une petite embarcation qui permet d'embarquer 3-4 scooters et leurs passagers. Une embarcation ? En fait, deux pirogues en bois, reliées entre elles par des planches qui fait office de plateforme. A l'arrière d'une des deux barques, un moteur. Un ferry quoi...

Pour les voitures, c'est le même principe, sauf que les barques sont plus grandes et il n'y en a pas deux, mais trois. Le moteur est plus puissant, certainement un vrai moteur de bateau ou de camion. Et cela fonctionne bien. Pour nous deux et notre moto, 20'000 kips le trajet.

Une fois de l'autre côté, en haut de la petite rampe, il faut tout de suite prendre à gauche et ce sera la route pour le Wat Phou. Tout droit. Champasak est un long village organisé le long de cette route et la rive du Mekong. Un village charmant, où les maisons sont en bon état, où les fleurs égaient les entrées. Plusieurs temples se succèdent, nous roulons à peine à 20 km/h pour profiter des lieux. Nous voyons même de vieilles demeures coloniales, vestiges d'un passé où les Occidentaux occupaient la région. Si le Laos se repose, alors Champasak somnole. L'endroit est empreint de calme et de sérénité, on sent tout de suite qu'on y serait bien pour déconnecter quelques jours. Plusieurs guesthouses jalonnent la route, il ne doit pas être difficile de trouver un lit ici.

Après environ 8 km, le Wat Phou est en vue. 30'000 kips d'entrée pour voir ce que le Lonely Planet qualifie de joyau du Laos. Un temple d'origine khmer, enfin ce qu'il en reste. Ceux qui auront vu Angkor au Cambodge seront sans doute déçus, mais ce n'est pas notre cas.

Il fait chaud, très chaud. Aucun vent et le soleil frappe sans retenue, nous mettant presque KO debout. Une allée mène à deux temples dont il n'y a plus que les murs extérieurs. L'endroit est visiblement en réfection et des ouvriers travaillent pour consolider ce qui menace de s'écrouler. Nous voyons des escaliers monter la colline devant nous. Malgré la chaleur étouffante, il ne faut surtout pas éviter de gravir les marches. Il y a un autre petit temple à leur sommet et depuis là-haut, la vue sur le site est splendide. Mais quelle transpirée !

Heureusement, à peine plus haut que tout à l'heure, l'air souffle et nous sèche, sans aller jusqu'à dire qu'il nous rafraîchit. Certainement le plus chaud que nous ayons eu jusqu'à maintenant. Nous profitons des lieux avant de redescendre les escaliers.

Nous profitons encore une fois de la traversée de Champasak. Sur le bord de la route, une terrasse. Et une partie de pétanque tout ce qu'il y a de plus sérieuse. Les joueurs sont habiles, maitrisent tous les coups du jeu. Ce n'est pas une partie pour du beurre, les billets changent de main, avec sourire pour les uns, grimaces pour les autres. C'est qu'on joue pour de l'argent ici, cela ne rigole pas.

Retour au ferry. Celui pour les motos est au milieu du fleuve, alors nous prenons celui des voitures. Même prix, même principe. Etre au milieu du Mekong ... Une sacré histoire. Nous avalons les 35 kilomètres jusqu'à Pakse sans souci. Profitant de notre véhicule, nous parcourons les rues de la ville. Le seul intérêt que nous y avons trouvé, ce sont les bords du Mekong, au sud de la vieille ville, où il fait bon boire un Lao Beer au coucher du soleil. Enfin pour autant que l'astre ne disparaisse pas dans la brume ou les nuages comme ce soir. Sinon Pakse peut garder son statut de ville de transit, il n'y a rien à y faire.

Avant de rejoindre la chambre que nous avons prise au Lankham, 60'000 kips mais je confirme moins bien qu'à la Narin, nous passons notre soirée en jouant aux cartes sur les terrasses ou à profiter des tarifs imbattables d'internet pour donner des nouvelles. Demain, cette fois c'est sûr, départ pour les 4000 îles, au coeur du Mekong, encore une fois.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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GE Genevois Veteran ·
Chapitre 12 : les 4000 îles

Rendez-vous à 0800h. devant le Lankham. Un van nous attend et fera la tournée de quelques guesthouses pour remplir les sièges. Une dizaine de personnes en tout qui descendent soit à Don Det, soit à Don Khone. Deux bonnes heures de route pour rejoindre l'embarcadère. Il faut dire qu'avec les chauffeurs laotiens, les limitations de vitesse cela se respecte. 60 km/h, c'est 60 km/h. Même si la route est droite, bonne et qu'il n'y a personne. Tout-à-fait dans l'esprit lao.

La traversée pour rejoindre les îles est simple. De nombreux bateaux attendent le touriste. A peine arrivés, déjà montés à bord, toujours de ces barques plates traditionnelles du sud-est asiatique. Le premier arrêt est pour Don Det, où la majorité des jeunes descendent. Apparemment cette île correspond plus à l'ambiance qu'ils recherchent, alors que Don Khone est plus pèpère. 15'000 kips pour Don Det, 20'000 pour Don Khone.

Encore un peu de navigation et nous voilà sur notre repaire pour quelques jours. L'endroit est idyllique, les palmiers, droits et fiers, se dressent au bord du fleuve, donnant une ambiance particulièrement tropicale à l'endroit. Nous partons le long de la rue principale à la recherche d'un hébergement. Nous repérons la Somphamit GH, mentionnée dans le Lonely Planet. La patronne nous alpague. "Room, Room". 130'000 kips avec air conditionné . L'ambiance tropicale a un prix. Voyant que nous hésitons, elle nous glisse discrètement "120'000 for you". On demande à voir la chambre qui est nickel. Grand lit confortable, moustiquaire neuve, salle de bains propre avec eau chaude, terrasse avec hamac, le Mékong a 5 mètres. Vendu, surtout compte tenu du fait que certains voyageurs arpentent le chemin avec leurs sacs sans trouver de chambre de libre. D'autres chambres sont 60'000 kips, mais sans climatisation et le matelas est disons un fatigué. Il y a aussi des pensions plus simples et moins chères sur l'île, mais nous pouvons nous permettre un peu de confort.

Nous voilà installés. Première chose, nous donnons notre lessive et notamment les vestiges de la fameuse piste Sekong-Paksong. La pauvre lessiveuse va avoir du boulot. Des vélos sont à louer, nous verrons cela demain, cet après-midi, ce sera farniente. Alors que nous sommes sur la terrasse, nos amis canadiens rencontrés à Tad Lo passent devant nous justement en vélo. Retrouvailles, rendez-vous est pris pour le repas de ce soir.

La chaleur ici est encore pire qu'à Pakse et très peu d'air. Nous trouvons refuge et pitance au Khaem Khon Restaurant, à une trentaine de mètres de notre guesthouse. Une terrasse splendide sur le Mekong, une terrasse toute simple, artisanale, de pilotis et de planches, à l'ombre de palmiers. Excusez-moi, le paradis c'est ici ?

Retour à la Somphamit pour une séance de hamac. Trop chaud pour partir se balader. Farniente on a dit... Nous sommes déjà dans l'ambiance. De temps à autre, le bruit du moteur d'une barque vient troubler le calme ambiant. Rien de bien méchant, au contraire.

Et l'après-midi se déroule ainsi. Alors que le soleil commence à décliner, nous partons pour une courte balade, direction le pont bâti par les Français et qui rejoint Don Det. Pour le traverser, 20'000 kips par personne, valable pour la journée contre la remise d'un ticket. Argent qui va pour le développement social des autochtones, notamment les écoles. Si le soleil tape moins fort en cette fin de journée, la chaleur, elle, ne nous fait aucun cadeau. Nous suons de partout.

Alors que nous assistons au magnifique coucher de soleil sur les palmiers de Don Det, plus au loin, le ciel s'assombrit et des éclairs commencent à zébrer le ciel. L'orage se rapproche, le vent se lève, apportant enfin un peu d'air et de fraîcheur. Rapidement, les gouttes tomberont des cieux. Un orage tropical, un vrai, éclairs et tonnerre grondant. Juste l'heure de nous mettre à table avec Claude et Suzanne, nos amis Québécois , à l'abri d'une belle terrasse.

Au moment d'aller au lit, la pluie a cessé, mais l'air a été bien rafraîchi par ce déchaînement des éléments. Le calme règne sur le village, pas d'animations nocturnes ici. Don Khone a un petit air de Muang Ngoi. Guesthouses, restaurants, nombreux touristes, mais une vie locale préservée, avec des écoles, des temples, des élevages et des cultures. Bien sûr, l'économie locale doit tout au tourisme, mais ils ont, pour l'instant et pourvu que cela dure, su se préserver de son effet parfois néfaste. Pas de grosse construction, pas de bars musique à fond.

0630h. ma théorie se vérifie. Le village s'éveille et nous réveille. La route principale s'anime, les scooters et vélos circulent, les ouvriers se mettent au boulot, les cuisinières au fourneau. Les barques commencent à circuler sur le Mékong, imperturbable et tranquille ce matin comme hier soir. Pour une grasse matinée, il faut trouver une guesthouse, loin du bord de la voie principale du village et peut-être même loin du fleuve, les moteurs des bateaux n'étant pas vraiment silencieux. Première location de vélo, 10'000 kips par jour et par monture. Toutes les guesthouses en proposent. Il vaut mieux partir relativement tôt pour échapper à la chaleur étouffante. Nous décidons donc de visiter la partie de l'île opposée au pont. Chemins et sentiers, plats, parfaits pour la balade. Il n'y a pas qu'un seul village à Don Khone, les bords du Mékong sont également habités à d'autres endroits. Chemins bordés de cocotiers, enfants qui jouent, des Laotiens qui nous sourient, un véritable plaisir. Des chutes sont signalées, nous en prenons la direction jusqu'à un pont suspendu qui amène à une autre petite île et un restaurant. Des panneaux sont explicites, en lao et en anglais. Pas de drogue, pas d'abus d'alcool et pas de sexe dans la nature sur ce nouveau territoire, signé du chef du village propriétaire de la terre.

Nous traversons à pied le pont et suivons la piste une quinzaine de minutes. Nous voilà à nouveau au bord du fleuve. Effectivement des chutes dévalent un léger dénivelé. Des vestiges de vieux ponts en bois et bambous sont encore bien visibles. Leur base est maintenue au sol par des gros cailloux et les ponts étaient censés traverser ces passages non navigables. Censés, car tout est partiellement détruit maintenant. Vestige d'un temps passé où les hommes rêvaient de créer une voie praticable tout au long du Mékong, du Vietnam à la Chine en passant par le Laos. Nous voyons trois jeunes enfants chasser avec une longue tige de bambou. L'un d'entre eux, cinq ans à peine, tient un gros couteau en mains et une bouteille en plastique. C'est celui qui garde les prises, des lézards encore vivants dans leur contenant. Les deux autres sont les chasseurs, un armé du bambou et l'autre d'une fronde. Je me mêle à eux pour débusquer un petit reptile, mais nous n'aurons pas de succès. M'ayant accepté comme un des leurs, je leur donne un stylo que j'avais sur moi et mon carnet de note, encore bien vierge, vu que je me sers cette année de mon notebook.

Ils examinent le cadeau, me regardent en souriant et me gratifient d'un sincère Khop Chaï(phonétique, désolé pour l'ortographe), merci en laotien. Retour au pont suspendu et au petit restaurant pour un jus de fruit. Ce sera suffisant pour ce matin, le soleil est au zénith, la chaleur bien forte. Retour à notre guesthouse et après avoir dégusté un ananas frais, c'est parti pour une petite sieste.

Dans ces îles, je viens de remarquer une chose qui certainement est également de mise ailleurs au Laos. Quasi personne ne porte de montre, cet objet qui sert à mesurer, voire à quantifier le temps. Et quelles pourraient être les raisons saugrenues de vouloir mesurer le temps ici ? Sauf peut-être pour la tenancière du petit internet café qui facture 400 kips la minute. La vie se déroule à son rythme, pas besoin d'avoir un repère au poignet. Même les chiens, omniprésents, font la sieste à longueur de journée. Des chiens libres comme l'air, crasseux à souhait, mais jamais agressifs et qui visiblement ne sont pas errants. Ils regagnent toujours une habitation après leur court vagabondage.

Fin d'après-midi, le soleil s'en va éclairer d'autres horizons, les nuages qui parsèment le ciel nous donnent l'occasion de contempler un magnifique patchwork coloré. Coucher de soleil, cocotiers, le Mékong ... C'est fou comme les cocotiers peuvent avoir une influence directe sur un paysage. Toute une ambiance tropicale, effet relax garanti.

Fin de journée veut aussi dire cérémonie de la douche. Dans le Mékong pour les habitants des îles, dans les bungalows pour les touristes. Mais sans aucun doute avec la même eau. Les tubes qui partent directement des cuves surélevées au bord des guesthouses dans le fleuve sont bien explicites.

Nous prenons notre repas du soir avec Suzanne et Claude, nos amis québécois, qui nous racontent les anecdotes de leur tour du monde. Des paysages exceptionnels du Chili au camping en Nouvelle-Zélande, en passant par leur mauvaise expérience du Vietnam, il nous font rêver. Sacré choix de vie, tout vendre et partir, puis repartir, mais à zéro au retour.

Pas d'orage ce soir, mais du coup moins lourd aussi qu'hier soir. Malgré cela, nous serons bien contents d'avoir la climatisation et un bon matelas. Certains finissent leur voyage à se relaxer sur les plages thaïlandaises après avoir bourlingué dans le sud-est asiatique. Don Khone sera notre plage thaï.

Finalement, la grasse matinée, c'est possible. Impossible de démarrer quoi que ce soit avant midi. Et Dieu que cela fait du bien. Il fait chaud bien sûr, mais il y a aussi ce matin un petit air agréable et bienvenu. Petit-déjeuner au Khaem Khong où la patronne est vraiment souriante. Je commande un pancake qui aurait sans aucun doute gagné une médaille au championnat du monde des plus gros pancakes. La taille d'un volant de voiture, replié en deux, on aurait dit une pizza Calzone ! Calé jusqu'à ce soir, sans aucun doute.

Le but du jour, la découverte de notre voisine Don Det. Île plus petite et bien différente au niveau ambiance. Dès le pont franchi, nous prenons le sentier à droite, sur la rive du fleuve et sud de Don Det. Les petites fermes se succèdent. Les paysans locaux ont bien compris qu'ils pouvaient rentabiliser leur terrain par un complément touristique. Alors la plupart ont construit des petits bunaglows, souvent rudimentaires, à côté de leur "exploitation". Ce qui donne un charme indéniable à l'endroit, lorsque pour aller prendre un verre au petit resto attenant, vous traversez un troupeau de buffles ou de veaux. Ici le calme sera de mise, car le seul accès, c'est le sentier. Ni route, ni scooter, ni autre bruit, sauf évidemment les barques du Mékong et leur moteur pétaradant.

La balade est évidemment très agréable et reposante. Le tour de pédale est lent, le sentier longe le fleuve, passe sous les cocotiers. Nous nous rapprochons de "Don Det City", à la pointe nord de l'île. Un petit village pas plus grand que les autres. Les guesthouses se multiplient et nous remarquons rapidement la différence avec Don Khone. L'âge des touristes. La jeunesse en voyage se donne rendez-vous ici, tatouages, percings et dreadlocks en force. Les bars diffusent de la musique, d'autres affichent sans souci les consommations "happy". Tout au bout de la pointe, il y a même une plage de sable, le bikini y est de rigueur. Autre ambiance disait-on.

Nous revenons en direction de Don Khone par le bien nommé Sunset Drive. Les terrasses face au coucher du soleil sont nombreuses, les guesthouses aussi. Le ciel est plus dégagé ici que sur notre île, mais on ne voit tout de même pas l'astre se coucher dans le Mékong. A un moment donné, nous nous arrêtons devant un four à charbon artisanal. Un homme âgé et pas mal édenté sort d'une cahutte et vient m'expliquer, en lao, son fonctionnement. Il veut me dire la bonne aventure. Allons-y. Il dessine un soleil à plusieurs branches sur le sol à l'aide d'un briquet et me demande mon âge. A l'aide de mes 45 printemps, il tourne son doigt autour du soleil en comptant en lao, fait des calculs, écrit des trucs dans la poussière et au final, me prédit bonheur et prospérité jusqu'en 2016, ensuite on verra. Il ajoute qu'en 2017, le sud-est asiatique connaîtra un grave problème. Il mesure encore mes doigts de pieds, surtout les deux premiers, et y voit que je vivrais jusqu'à 96 ans. Ca va, j'ai de la marge. Il me dit encore de diminuer ma consommation de café et de thé. 10'000 kips la séance. Je lui donne son argent en riant, en espérant surtout qu'il a raison ! Le tour de l'île est bouclé.

Cela fait trois bonnes heures que nous tournons en vélo, il est temps de retourner à la Somphamit pour une bonne heure de hamac à l'ombre et à l'air qui souffle. Le rythme lao en somme. Somme, le mot prend tout son sens.

Le coucher de soleil sur les cocotiers de Don Det est toujours aussi époustouflant. Le ciel prend des tons roses, puis orangés, on ne s'en lasse vraiment pas. La nuit tombe, l'obscurité reprend ses droits. Aucune lumière ne s'allume sur les îles, visiblement pas d'électricité ce soir. Les bougies apparaissent, avant que finalement les ampoules reprennent le relais. A notre restaurant du soir, le petit serveur a 12 ans. Et il est très débrouillard. Il parle un excellent anglais et nous parle de musique, notamment de celle qu'il collectionne sur son vieux téléphone portable. Il nous fait défiler les titres. Les chanteurs américains ont la côte, il rêve de Justin Biebber... Je lui demande son email, mes filles se chargeront de compléter sa discographie.

Dernier jour entier sur Don Khone, dernier jour avant l'entame du retour. Nous reprenons nos vélos pour la partie de l'île que nous n'avons pas encore vue. Il faudra attendre ce dernier jour pour rencontrer le Laotien le plus stressé et le plus désagréable du mois. Le préposé au paiement du pont. A peine arrivés à sa cahutte, il en sort comme un diable de sa boîte et nous lance agressivement "pay ticket, pay ticket". Ni Sabaïdee, ni sourire. Je tente en vain de lui expliquer que son collègue d'hier m'avait dit que notre ticket, pris relativement tard, serait encore valable aujourd'hui. Et de plus, nous ne prenons pas le pont puisque nous restons sur Don Khone. Rien à faire "pay ticket, pay now" en me mettant dans la main deux coupons. Devant un tel comportement, totalement inadapté aux lieux, je les lui retourne en lui disant qu'il peut les garder, nous passerons ailleurs. La question n'était pas d'économiser 40'000 kips, mais être agressés de la sorte, en Europe encore, mais pas ici. D'autant plus incompréhensible qu'il y a des restaurants à une vingtaine de mètres de l'autre côté. Cette taxe doit-elle être payée pour aller boire un shake aux fruits ? Impossible d'en discuter pour le savoir.

Demi-tour donc, la partie de l'île que nous voulons parcourir reste accessible par le détour qui consiste à tourner dans l'autre sens, celui que nous avions déjà pris. Après quelques kilomètres sur un petit sentier, assez agréable, nous arrivons à la pointe sud de l'île, également la pointe sud du pays. Le Cambodge est là, juste en face, à portée de brasses. C'est un des deux points de départ pour l'observation des dauphins Irrawady, en voie de disparition, mais qui viennent trouver refuge dans les eaux, profondes à cet endroit, du Mékong.

Nous pensions le faire en fin de journée, mais un autre couple est également là et nous propose de partager un bateau, là tout de suite. Pourquoi pas, nous sommes sur place. 60'000 kips le bateau, divisés par 4. Notre batelier nous emmène à la limite des eaux territoriales laotiennes et s'accroche à un rocher sur lequel nous débarquons. C'est parti pour une heure d'observation. Nous voyons un premier groupe de dauphins au loin, près de la rive cambodgienne. Pas de quoi vraiment les distinguer. D'autant plus qu'il ne faut pas s'attendre à les voir sauter hors de l'eau, ils viennent juste en surface prendre de l'air avant de replonger dans des eaux plus fraîches.

La chance sera tout de même au rendez-vous puisque finalement un autre groupe de trois mammifères viendra respirer à environ 150 mètres de notre observatoire. Nous pouvons clairement voir leur tête bien ronde, une première pour nous.

Nous remontons la piste direction les chutes de Somphamit au nord-ouest. 1'000 kips de parking pour les vélos et nous nous retrouvons en face de ses chutes tout de même assez impressionnantes. L'eau arrive de partout, pour une différence de niveau de quelques dizaines de mètres dans des rochers. Infranchissable pour n'importe quelle embarcation. D'après les marques de l'eau sur la roche, le niveau d'eau peut encore être supérieur d'au moins 2 mètres.

Nous repérons un petit restaurant tenu par un couple qui a un jeune enfant qui dort dans un hamac. Le temps d'une pause et d'une bonne soupe de nouilles. Ce couple parle un bon anglais et est particulièrement sympathique, un plaisir que de se poser là. Le mari tient la petite terrasse, où un chien dort et quelques poules se baladent, tandis que sa femme est au fourneau. La soupe y sera délicieuse et le mari particulièrement honnête puisque je m'étais trompé dans les billets remis et qu'il aurait facilement pu encaisser 10'000 kips de trop.

L'après-midi est largement entamé, pour une fois il ne fait pas trop chaud, le temps est resté couvert toute la journée. Il y a visiblement un mariage à côté de notre guesthouse, la musique tourne depuis ce matin, toujours aux mêmes rythmes. Les hommes boivent quelques Lao Beer sur la terrasse, pendant que les femmes dansent à l'intérieur. Par contre, aucune trace des mariés. Farniente jusqu'à la nuit, voilà comment finir nos vacances.

Nous prendrons le repas du soir au certainement le meilleur restaurant des lieux, en face de l'auberge Sala Don Khone. Un peu plus cher que les autres, mais plus raffiné et surtout diversifié aussi.

Voilà, notre dernière nuit dans ces îles et donc au Laos. Les 4000 ìles. Une étape incontournable. Un lieu parfait pour ne rien faire, si ce n'est un peu de vélo et faire le tour de Don Khone et Don Det. Un lieu parfait pour oublier le temps. Un lieu parfait pour regarder le Mékong s'écouler sans hâte devant soi continuant sa route à travers l'Asie. Un lieu parfait pour simplement regarder les gens, et surtout les enfants, dans leur relation avec le fleuve. Terrain de jeu, lieu de pêche, lieu de bains, que de sourires et de rires autour de ce Mékong. Un lieu parfait pour juste accepter la nonchalance ambiante ...

Pas besoin d'en rajouter, les 4000 îles, un lieu parfait.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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DO Domalong ·
Quel beau récit ! J'hésite encore entre le Laos et le Cambodge pour poursuivre mon voyage l'été prochain, après 1 mois en Birmanie. J'avoue que vous me mettez l'eau à la bouche !Il me semble que les Laotiens sont des gens aussi agréables que les Birmans. J'aimerais me sentir aussi bien au Laos que je me suis sentie bien en Birmanie ! Votre récit me laisse penser que c'est le cas. Merci d'avoir pris le temps de nous faire partager ces beaux moments.
Le poisson rouge peut-il s'évader de son bocal?
GE Genevois Veteran ·
Chapitre 13 : 4000 îles - Pakse - Ubon Ratchathani - Bangkok

Nous avions organisé notre retour depuis Pakse et nous réalisons que c'était une erreur. Quasi tout le monde sur ces îles vend des billets de bus pour le Cambodge, les villes laotiennes et même pour Bangkok. Et moins cher, puisque la traversée pour Nankasang, sur le bord du Mékong, mais côté terre ferme est comprise. Pas notre billet payé à Pakse. La seule chose qu'il n'y a pas ici, c'est une banque. Mais encore, car plusieurs commerces changent Dollars et Baths.Notre minivan est censé partir vers 1130h., nous avons donc le temps de faire nos sacs et de prendre un dernier petit-déjeuner lao.

Le trajet en bateau jusqu'au port de Nankasang est fantastique. Nous longeons les berges et la végétation, nous croisons des barques de pêcheurs, des buffles qui prennent le frais dans l'eau, des enfants comme toujours qui jouent dans leur grande piscine naturelle.

A Nankasang, rien de plus facile. Dans la rue principale, un Laotien guette les touristes, très facile à reconnaître dans le paysage, vérifie leur billet et les oriente vers le bon minivan ou le bon bus. Nous trouvons ainsi facilement le notre pour Pakse. Et nous partons pile à l'heure. Un peu moins de trois heures de route plus tard, nous arrivons dans la ville. Le chauffeur fait la tournée des stations de bus ou des agences de voyages, puisque les destinations sont multiples. Certains montent sur Vang Vieng, d'autres vont à Bangkok et nous, nous allons à Ubon Ratchathani, la grande ville thaïlandaise de l'autre côté de la frontière.

Une heure d'attente à peine, le temps de manger un riz sauté au poulet dans la petite gargotte de la gare routière et nous montons dans notre prochain bus. Après une heure de route, voici la frontière. Côté lao, un premier guichet prend votre passeport et vous remet un ticket jaune. Avec ce ticket, vous allez à un deuxième guichet et vous payez 10'000 kips de taxe de sortie. Et on vous remet un ticket rose. Avec ce nouveau coupon, vous retournez au premier guichet et vous reprenez votre passeport. Le tout en 5 minutes, peut-être un peu plus suivant la queue. Côté thaï, c'est plus classique. On remplit sa carte d'immigration que l'on remet au douanier souriant en faction, un coup de tampon et le tour est joué. Le bus est déjà en Thaïlande, à attendre ses passagers.

Un grand marché bien achalandé permet de vite comprendre que le Laos est derrière nous. Mais les différences ne s'arrêteront pas là. La route qui va vers Ubon est une autoroute flambante neuve, au bitume parfait. Les maisons ne sont plus en bambou tressé et sur pilotis, mais de belles contructions. Les abords des routes sont propres et les jardins fleuris. Les veaux et les buffles ne traversent plus la route devant le bus qui roule. Les voitures qui nous dépassent sont neuves et en bon état. Même les rizières sont vertes et plantées. Il faut dire à ce sujet que les Thaïs font plusieurs récoltes par année, les Laotiens une seule. Un dicton local dit d'ailleurs que les Thaïlandais plantent le riz et les Laotiens l'écoutent pousser. Pas tout-à-fait faux. Aucun doute, le rustique Laos a fait place à la moderne Thaïlande.

A Ubon, comme souvent en Thaïlande, la gare routière est à l'extérieur de la ville. Un tuktuk nous amènera au Sri Isan Hotel où nous passerons la nuit avant notre vol de demain matin pour Bangkok avec Air Asia. Hôtel tout-à-fait correct, non loin de stands de nourriture de rue. Là encore, la différence avec le Laos est frappante. Musique rock dans la rue, plus d'énergie parmi les gens, environnement propre, pas de stand de bric-à-brac. Retour au monde moderne. Nous mangeons dans la rue avant de revenir à l'hôtel. Premièrement parce que la fatigue se fait sentir et que nous nous levons tôt demain matin et deuxièmement, parce qu'il fait frais. Bien plus qu'à Pakse, pourtant distante d'à peine 150 kilomètres. Autre atmosphère, autre climat.

L'hôtel organise le transport à l'aéroport pour 50 baths, rendez-vous est pris pour demain matin.

19 degrés au lever. L'Asie du sud-est connaît-elle sa vague de froid ? Après Luang Prabang, voici Ubon dans la fraîcheur. Un tuktuk affrété par l'hôtel nous emmène au petit aéroport de la ville. 8h00 tapantes, l'heure du lever du drapeau. Un garde uniformé se charge de monter l'étendard au grand mât devant le bâtiment. Les militaires sont au garde-à-vous et tous les Thaïlandais présents s'arrêtent pour regarder le drapeau et se tenir droit. Les haut-parleurs diffusent l'hymne national. Tout est stoppé pendant 1 minute, la scène est surréaliste. Même un piéton s'arrête au milieu de la route pour rendre hommage à son pays.

L'enregistrement est facile. Le vol Air Asia arrive de Bangkok à l'heure, il suivra donc aussi l'horaire pour le décollage. Dans le hall, nous sommes abordés par une femme assez âgée, à l'accoutrement assez bizarre puisqu'elle porte un bonnet. Elle parle un excellent anglais et veut juste nous faire la conversation. D'où vient-on ? Combien d'enfants a-t-on ? Est-ce qu'on apprécie la Thaïlande ? Contacts faciles, échanges, malgré les différences culturelles. Je n'ai jamais vécu ce genre de situations en Europe ...

Le vol d'Air Asia est parfait. Comme d'habitude serais-je tenté de dire. Petit prix, avions neufs et propres, personnel souriant, départ à l'heure. Seule entorse à une compagnie dite conventionnelle, il n'y a aucun service à bord, si ce n'est en payant. L'aéroport de Bangkok nous est presque familier. Après avoir récupéré nos sacs, nous descendons au niveau 1 pour attraper le bus pour KhaoSan Road à la porte 8. Certainement pas le meilleur endroit de Bangkok. Mais nous n'y restons que 24 heures et en 2008, nous avions passé plusieurs jours ici, à faire la tournée des temples et des lieux à visiter. Là, c'est différent. Nous voulons juste faire quelques achats que nous ramènerons comme cadeaux.

KhaoSan et sa faune bigarrée. Ici le spectacle est aussi dans la rue mais pas parmi la population locale, comme au Laos. Non, ce sont bien les touristes qui attirent l'attention. Impossible de ne pas exhiber ses tatouages, comme si un code l'imposait. Plus qu'ailleurs, il faut adopter le look du routard qui fait son pèlerinage asiatique, pantalon bouffant de rigueur, ou le t-shirt qui prouve que l'on est allé s'encanailler à la Full Moon Party de Koh Phan Ngan. Il faut parfois même en avoir le comportement en se baladant à pieds nus, jusqu'à en avoir la plante noire de crasse. Sans compter les séances de marchandage, où certains frôlent de près l'insolence et la malhonnêteté. Plus encore les vieux babacool qui ont fini par échouer ici. S'asseoir à une terrasse, déguster un bon shake aux fruits et observer. KhaoSan, l'incarnation du mythe Bangkok, mais pas de son âme.

Comme en 2008, nous logeons à la Lamphu House, à deux pas de La Rue, mais suffisamment en retrait pour y être au calme. Réservation obligatoire ici, beaucoup de voyageurs se font éconduire, l'établissement est complet. Que dire de nos 24 heures passées à Bangkok ? Pas grand-chose. Nous avons quitté le calme et la nonchalance des 4000 îles pour nous retrouver dans la foule et la frénésie de la mégapole. Transition difficile. Bien sûr, c'est toujours l'Asie, ses tuktuks, ses stands de rue, son excellente nourriture très bon marché au coin d'un trottoir. Mais le mot stress refait son apparition. Pas encore chez nous, mais dans l'ambiance, dans la circulation, dans le monde qui envahit les trottoirs. Nostalgie lao.

Pourquoi dès lors s'installer là me demanderez-vous ? Peut-être par paresse, puisque nous étions venus, nous connaissions, pas besoin de chercher. Peut-être aussi parce que tout y est sous la main (nourriture, achats, transport) et que nous sommes un peu fourbus d'un mois de Laos, à marcher, découvrir. Malgré tout, le retour est dans nos têtes et plus il approche, plus on se réjouit. Comme au départ, mais dans le sens inverse. Non pas d'abandonner cette Asie qui nous fascine toujours autant, mais bien de retrouver les notres.

Bangkok, nous n'en dirons pas plus, c'est le livre lao, rappelons-le.

Tout comme le livre débute par un prologue, il doit finir par un épilogue. Le dernier chapitre. Ce sera pour dans quelques jours, une fois avoir posé nos sacs chez nous.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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MO Moustiques Regular ·
Salut,

En voilà une très belle prose de votre voyage par chapitre, un régal à lire dans un français parfait, ça aussi ça fait plaisir 🙂

Allez vous le compléter par des photos ou sur un blog maintenant que le texte est fait?

Il semblerait qu'en moins de 2 mois, la moto 223cc du Lankham ait fait près de 6'000 km. Dommage, je n'ai pas pu lire de passage sur les chutes de Champee en face de Tad Fane, ni de Tayick Seua les plus belles d'après nous qu'on avait trouvé par hasard grâce à un panneau sur la route de terre à 9km de l'autre chute répertoriée dans le LP. Peut être, comme pour nous, après plusieurs chutes, on veut voir autre chose...

L'avion direct de Luang Prabang à Paksé, 3x/s lundi, jeudi et samedi est très pratique pour gagner du temps. 180$ dans un MA-60. Il continue d'ailleurs sur Phnom Penh.

Pour la procession des moines, aller à l'extérieur de Luang Prabang, l'ancien pont en métal, à 200m sur la droite, il y a un temple, de là partent une vingtaine de moines, ils traversent la route principale (prendre la route allant sur la gauche après le pont, juste avant le marché, ils vont jusqu'au fond et reviennent par une route plus loin en faisant une boucle, d'autre moines passent aussi par là, ils se croisent, une autre manière de voir la procession matinale des moines, sans touristes!)

Au plaisir de lire l'épilogue... 😉😉😉

Moustique

http://laos-cambodge-2010-11.blogspot.com
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GE Genevois Veteran ·
Epilogue :

Presque un mois de Laos.

Un mois à découvrir un pays ouvert à l'étranger depuis à peine 30 ans. Un mois à avoir eu souvent l'impression de visiter des lieux d'un autre temps. Un mois à avoir pu observer ce que nous n'avions pas encore vu ailleurs. Un mois à apprécier le côté positivement nonchalant de son peuple, accueillant et désintéressé. Un mois à admirer la joie de vivre des enfants. Un mois à contempler des paysages parfois époustouflants. Un mois à avoir une fois encore élargi l'horizon de nos découvertes.

Un mois seulement serais-je tenter d'ajouter, vu les choix qu'il a fallu faire et les nombreuses autres régions que nous aurions voulu visiter.

Mais j'ai conscience du privilège que nous avons de pouvoir traverser notre Planète Bleue en quelques clics sur internet et en quelques heures pour partir à la découverte d'autres contrées, d'autres peuples. Alors que la grande majorité des gens de cette Terre n'iront peut-être jamais dans la capitale de leur propre pays, voire même dans la grande ville proche de leur village. Ne l'oublions jamais et restons humbles.

A ne pas oublier non plus, et certains événements vécus au Laos m'inspire : malgré notre porte-monnaie bien garni, malgré notre abondance de biens, malgré notre savoir-faire technologique, malgré malgré, nous sommes dans LEUR pays, avec LEURS traditions et LEURS coutumes. Respect, retenue et adaptation, voilà ce qui doit guider nos pas, quel que soit l'endroit. Ce que nous avons vu à Vang Vieng ou à Luang Prabang (cf ci-dessus les chapitres concernés) nous ont provoqué colère et indignation.

Résumer la visite d'un pays n'est pas chose aisée. D'ailleurs est-ce vraiment utile ? Les mots ont parfois de la peine à retranscrire les émotions, mais c'est l'atmosphère qui se dégage et ce que les yeux peuvent traduire qu'il est possible de retranscrire. Pour ce qui est plus terre-à-terre et concret, les infos pratiques, j'ai ouvert un autre post, accessible en cliquant ICI.

Le Laos se vit autant qu'il se visite. Pas beaucoup de monuments tape-à-l'oeil, pas beaucoup de musées. Mais énormément de sourires et de rires d'enfants, de paysages qui donnent un sens concret à la beauté, de situations de vie qui n'ont plus cours dans nos sociétés et qui permettent de réaliser qu'énormément de gens vivent de l'essentiel, de situations simples comme une traversée du Mékong sur une pirogue en bois ou un bain dans une rivière. Plus qu'ailleurs, la vie n'est pas une course contre la montre au pays des millions d'éléphants, on se laisse vivre, aujourd'hui est aujourd'hui et pour le reste on verra demain. Le stress tel que nous le connaissons est inconnu au Laos. Bien sûr, du haut de notre grandeur sociale, on pourra toujours dire que le Laos est un pays en voie de développement. Mais nous y avons vu un peuple souriant, où les problèmes trouvent des solutions, où les gens ne se prennent pas la tête pour des futilités, où la vie prend son temps et non pas le temps prend la vie.

Vu d'Occident, l'impression restera toujours la même. Le bonheur reste souvent lié à l'abondance de biens, à acheter, consommer, avoir de l'argent. Au Laos, point d'abondance mais des plaisirs simples, pas d'achats particuliers sauf des biens vraiment nécessaires et pourtant des sourires, peu de gens riches et pourtant oui, ils le sont, riches. Même mot, autre signification.

Le Laos mérite qu'on le découvre tranquillement et non pas en passant en vitesse, entre deux étapes. Au risque de rater l'essentiel, l'ambiance. Peut-être que nous n'y reviendrons pas, qui sait ? Mais c'est certain, ce voyage a été exceptionnel, et comme chacun d'entre eux, il nous a enrichi à sa manière. Le transfert de nos quelque 800 photos sur notre Mac a été l'occasion de revivre chacune d'entre elle et de se rappeler de lieux, de gens, d'odeurs. C'est là que l'on se rend compte si le voyage entrepris restera quelque part en vous et/ou s'il vous a procuré des émotions particulières. Donc, je l'affirme une nouvelle fois, le Laos a été une découverte formidable.

Avant de conclure, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour le peuple japonais, digne et courageux dans les épreuves qu'il doit traverser actuellement. Courage.

Voilà, le livre lao s'achève ici. Il est temps de le refermer et de le ranger dans la bibliothèque de nos souvenirs. Nul doute que nous le ressortirons de temps à autre pour nous remémorer les nombreuses anecdotes vécues dans ce pays d'Asie.

C'était le livre lao et toute situation ressemblant à des faits réels ou à des personnes existantes n'est pas qu'une pure coïncidence.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

Carnets de voyage : cliquez sur mon profil.
MO Moustiques Regular ·
Bravo!

Tout bien fait jusqu'au bout, et même plus, sur ton lien avec plein d'info souvent demandées par les internautes, cool pour les prochains voyageurs.

Dès ton premier message, ton titre m'intriguait, sur les millions d'éléphants...

Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants

Avais je loupé quelque chose en allant au Laos sur les éléphants, même si j'en ai vu quelques uns, les millions me paraissait énorme. J'ai eu ma réponse sur ce site

http://www.gavroche-thailande.com/...-voie-de-disparition

Bon retour par chez nous et au plaisir de lire tes prochaines aventures. Moustique 😉😉😉
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YA Yam421 Regular ·
J'y retourne au mois de juillet pour découvrir le sud avant d'aller à Siem Reap.Dommage que tu ne nous fais pas profiter de quelques photos. Merci pour le texte en tout cas 😉
LA Land17 Regular ·
BRAVO, pour ce merveilleux récit. Je fais le même circuit en Novembre, mais en continuant sur le Cambodge par le RATANAKIRI.

Bravo encore !
LAND17
MA Marcvoyages Regular ·
Bravo et KOPCHAI pour ce récit de voyage!
http://marc-frontieres.blogspot.com/
NA Nathalielaos ·
Bonjour,

Merci pour ses infos, toujours appréciées, surtout quand elles sont récentes.

J'aimerais apporter deux précisions concernant Champasak.

Il n'y a aucun problème pour repartir directement de Champasak pour les 4000 îles. Les infos qui vous sont données a Pakse sont erronées. Vous devez simplement dormir une nuit a Champasak (au lieu de la passer a Pakse). Je vous propose l’itinéraire suivant depuis Pakse :

Vous pouvez réserver votre billet a Pakse Travel dans le centre de Pakse, ils ont également un site web. Les mini-van partent a 8h le matin de Pakse (ils viennent vous chercher dans votre guesthouse, c'est compris dans le prix), puis arrivent a Ban Muang, par la route 13, 45 mn après. De la un bateau vous attend pour traverser le Mekong (toujours compris dans le prix), qui vous dépose soit chez Anouxa Guesthouse, soit chez Souchitra. Préciser l'endroit ou vous voulez descendre au moment de l'achat de votre billet. Si vous voulez dormir ailleurs que chez Anouxa ou Souchitra, prenez quand même ce bateau, et de l'autre cote, vous pourrez marcher jusque la ou vous souhaitez.

Vous repartirez le lendemain (ou quand vous voulez) a 8h de Champasak, en bateau jusque Ban Muang, où un mini-van viendra vous chercher (le meme qui vous a deposé), vers 8h45, vous arrivez sans probleme aux 4000 iles dans la matinee. Le trajet pour les 4000 îles en Mini-van peut-être réserver depuis les guesthouses Anouxa ou Souchitra la veille pour le lendemain, si vous ne l'avez pas prévu depuis Pakse.

2eme précision : La nouvelle route depuis Pakse est terminée, meme si la fin reste caillouteuse. Plus besoin de traverser le Mekong en bateau pour venir a Champasak.

En Sangtwae, transport local, partant tous les jours du marche Talat Dao, entre 10h et 14h : 20 000 Kips (2 euros) utilisent cette nouvelle route, traversant le Mekong par le pont japonais a Pakse. Vous pouvez aussi louer une mobylette, la route est magnifique, en pleines rizières, soyez prudent avec les buffalos qui traversent (vous n'aurez jamais la priorité ;o)). Les transports locaux (sangtwae) sont peu onéreux, car ils sont destines a la population locale, la plus pauvre. Les conditions de transport vont avec ; ces petits camions ouverts partent quand ils sont pleins (de riz, de poules, de poissons, de bidons d'essence, de gens), ils sont exposes a la chaleur et a la poussière. Les Lao utilisent généralement leur mobylette pour ce trajet, ou leur voiture si ils en ont une.

Seul Pakse Travel utilise encore la route 13, qui mène aux 4000 iles, fait un stop pour Champasak et vous fait traverser le Mekong. Le minivan + bateau Pakse-Champasak, 1 départ tous les jours 8h = 60 000 Kips (6 euros) C'est plus cher, mais plus confortable.

Faites profitez les habitants de Champasak de votre passage, transformez votre visite éclair en une réelle rencontre, permettant un développement économique des villages de Champasak, en dormant sur place. L’hébergement sur place varie de 5 $ a 120 $, en passant par la guesthouse familiale jusqu'au resort avec piscine. Vous trouverez surement votre bonheur.

JE VOUS CONSEILLE DE PRENDRE UN BILLET PASKE-CHAMPASAK, ARRIVEE LE MATIN A CHAMPASAK, LOUER UN VELO POUR UNE VISITE DE VAT PHOU DANS LA JOURNEE, PROFITEZ DES VILLAGES AUTHENTIQUES DE CHAMPASAK TOUT L'APRES-MIDI. DORMIR UNE NUIT A CHAMPASAK A LA CAMPAGNE ENTRE MONTAGNE ET MEKONG, LOIN DES AGITATIONS DE PAKSE, ET REPARTIR LE LENDEMAIN MATIN POUR LES 4 000 ILES. Vous aurez pris le temps de visiter le Vat phou a votre rythme, de profiter de la campagne, et de continuer sur les 4000 îles, sans avoir a retourner a Pakse. Vous pourrez en profiter, pour vous détendre avec un massage au Champasak-Spa dans une maison traditionnelle Lao en bois au bord du Mekong, après votre visite a Vat Phou, Projet de développement durable pour les locaux.

Bonne route a tous, et merci encore Genevois pour vos récits.
www.champasak-spa.com, projet de développement durable au sud Laos
NA Nancy Regular ·
Bravo pour ce récit qui me rappelle tant de beaux souvenirs ! 🙂 Et félicitations pour la qualité du fond, de la forme et de la structure. C'est bien agréable à lire.
Nancy
GE Genevois Veteran ·
Vu qu'on m'a posé la question en MP, je confirme l'information pour tous ceux qui se rendent dans le sud du Laos :

Comme Nathalie le dit, on peut tout à fait organiser la suite de son voyage (soit vers le Nord et Paksé, soit vers le sud vers les 4000 îles ou le Cambodge) depuis Champassak où passer une nuit (ou deux) est bien plus agréable qu'à Paksé.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

Carnets de voyage : cliquez sur mon profil.
YA Yam421 Regular ·
Bonjour NathalieLaos,

Quel dommage ne pas pouvoir profiter de massage à Champasak Spa après la visite de Vat Phou. On est arrivé sans réservation et vous étiez "full" ! On fera mieux... la prochaine fois. Et encore merci pour votre chaleureux accueil.

(Ps: le lendemain j'ai rencontré le Champion de badminton de Champasak à Paksé ;) )
FL Flamenco11 ·
Bonjour Genevois, je recherche le mail d'Anouxa GH à champassak, en vain, l'auriez vs ns pensons ns y arrêter en novembre prochain. Vs devez revenir avec de superbes souvenirs du Laos et des Laotiens. Ns avions fait le nord il y a 3 ans. Merci par avance, cordialeent Christian
Flamenco11
NA Nathalielaos ·
Bonjour Flamenco,

Anouxa guesthouse n'a pas encore de mail pour gerer ses reservations...Patience...la gestion des plannings sur ordinateur n'est pas arrive jusqu'a Champasak. Si vous souhaitez reserver dans leur guesthouse, je vous propose de m'envoyer vos dates, nombre de personnes, et votre bdget, et je peux leur demander leur disponibilites et tarifs pour vous. (de 5 a 30 $). Je vous retournerai alors un email que je vous demanderai de bien vouloir confirmer (ou infirmer) dans les 48h. Je vous propose ce service a titre gracieux, je ne travaille pas pour Anouxa ni pour aucune Guesthouse, mais je peux aider des personnes en difficultes de contacts. En retour, je vous remercie de bien vouloir repondre rapidement, les demandes en instances etant sources de confusion. Je serai de retour a Champasak mardi 23. Tres bonne preparation de voyage. nathalie
www.champasak-spa.com, projet de développement durable au sud Laos
NA Nathalielaos ·
Bonjour Yam, Effectivement Le Spa a ete un peu charge en juillet/ d'aout. Il est generalement plus prudent de reserver un creneau horaire le matin pour l'apres-midi, ou la veille pour le lendemain. (c'est une info pour ceux qui ne sont pas encore venus a Champasak). et pour vous, ce sera pour la prochaine fois alors ? Tres belle continuation a vous

PS : comment avez-vous reconnu le champion du petit volant ?
www.champasak-spa.com, projet de développement durable au sud Laos
YA Yam421 Regular ·
je conseillerai à Flamenco de visiter le vat Phou avec des magnifiques paysages le long du trajet. Elle a fait le bon choix de faire un stop à Champasak, elle verra la vie des villages Laotiens.

(J'ai été présenté au champion du petit volant par mon ami. C'était le seul "farang" du gymnase ;))

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