Ma traversée de la Chine en 30 jours, du Sud vers le Nord
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Bonjour à tous et toutes.

Je publie mon premier carnet de voyage sur voyageforum, et j'ai choisi la Chine. Je m'essaie à cette épreuve sans aucune expérience de l'écriture. Je possède une page facebook (page publique et accessible en signature si vous voulez suivre tous mes autres voyages), mais le format facebook, c'est beaucoup d'images et peu de texte (bien que parfois j'essaie de faire des commentaires fournis), c'est le format moderne, on consomme très vite, il faut que ça "parle" immédiatement...

Avec ce carnet, je change donc de format, à savoir beaucoup de texte et peu d'images. J'ai réalisé cette traversée de la Chine en Juin 2016, et j'ai commencé à écrire ce carnet début Avril 2017 aidé par mes photographies qui ont ravivé mes souvenirs. Ne vous attendez pas à un carnet style "compte rendu d'agence de voyage" avec les détails de tous les repas, les horaires des bus et compte rendu sur le confort de la chambre d'hôtel... Il y en aura peut-être un peu de temps en temps, mais ce sont juste mes souvenirs que j'essaie de coucher sur papier. De même certaines journées seront bien développées, alors que d'autres seront vite expédiées. Ben oui, certains jours il ne s'est rien passé de bien intéressant dans mon voyage, en tout cas rien qui justifie que je le détaille sur ce carnet. D'autres journées pourront vous paraître sans intérêt particulier (les journées "d'organisations" par exemple), mais elles font partie à part entière de mon voyage. N'hésitez pas à mettre tous vos commentaires, qu'ils soient bons ou franchement mauvais, je suis ouvert à toutes les réflexions et promis, je ne me vexerais pas si on me dit que j'écris comme un pied ou que ma prose est soporifique!

Contexte du récit: Je m'appelle Denis, je suis un homme voyageant seul, 40 ans révolus au moment des faits, et j'ai quitté mon travail, rendu mon logement, vendu voiture, moto et des tonnes de choses qui composaient mon confort quotidien pour partir "à l'aventure" autour du monde sans date de retour précise... Bref j'ai laissé une vie tranquille et aisée pour m'en aller voir le Monde. Je voyage en "mode backpacker", c'est à dire de manière autonome, la plus économique possible, et sans réelle planification. Je n'avais d'ailleurs pas choisi d'aller en Chine au départ, je pensais plutôt aller en Indonésie et Australie après 6 mois passés en Inde et en Asie du sud-est (le grand classique des voyageurs au long cours!!). Et puis, à cause d'une pensée insignifiante, tout un enchaînement s'est produit dans mon esprit et j'ai finalement radicalement changé mes plans, j'ai bifurqué vers le nord depuis le Vietnam en direction de la Mongolie, et, la Chine étant sur la route, je me suis dit: "Après tout, pourquoi pas?..." C'est parti, je me lance....

Jeudi 2 Juin:

Ce carnet ne commence pas en Chine ou même dans un quelconque aéroport à attendre un vol vers l'empire du milieu, mais au Vietnam, à Hanoi.

Je suis content.

J'ai récupéré hier mon passeport à l'ambassade de Chine, et ô soulagement, il y avait à l'intérieur un visa valide de 30 jours! Ouf! Pourquoi ouf? Tout simplement car je n'étais vraiment pas sûr d'obtenir mon visa. En effet, si on s'en tient à l'ambassade de France, il n'est pas possible d'obtenir un visa chinois à Hanoi (info obsolète et fausse) mais si on écoute tout ce que dit le ministère des affaires étrangères, on ne voyage pas et on reste cloîtré chez soi, mais c'est un autre sujet! Pareil pour les agences à Hanoï: Visa chinois pour un français? Non, trop difficile à avoir selon les unes; oui, mais c'est cher et pas garanti selon les autres....

Bref, n'étant jamais mieux servi que par soi-même, j'ai fait les démarches tout seul et j'ai obtenu mon visa en temps et en heure! Je passerai sur les détails et la montagne de paperasse et de justificatifs nécessaires, mais je dois avouer que j'étais vraiment soulagé quand j'ai ouvert mon passeport et que j'ai vu le visa collé à l'intérieur... Donc je suis content, je suis à mon hôtel à Hanoï, il est 15h, dans une demi-heure je prends un bus pour Lao Cai, ville frontière où je dormirai cette nuit avant de passer demain matin en Chine, il était temps car demain c'est mon dernier jour autorisé au Vietnam!

Sauf que à 16h, puis 16h20, puis 16h45 toujours pas de bus... Le réceptionniste de l'hôtel (à qui j'ai acheté le billet de bus) m'annonce tout penaud après plusieurs coups de fils qu'il y a eu un "empêchement", que je ne peux pas prendre mon bus mais qu'il m'a réservé une place dans le bus du lendemain à la même heure et que pour se faire pardonner il m'offre la nuit d'hôtel... Je ne suis pas encore parti en Chine que déjà ça commence bien....

J'explique alors fermement, mais poliment (mais fermement!) au réceptionniste et à son patron qui l'a rejoint que je ne peux pas attendre un jour de plus, que mon visa vietnamien expire demain, que je dois absolument partir ce soir pour Lao Cai et vu que je lui ai acheté le billet il y a une semaine (une preuve de sortie du territoire vietnamien était nécessaire pour obtenir le visa Chinois, ne me demandez pas pourquoi: si je demande un visa pour aller en Chine, c'est bien que j'ai l'intention de partir du Vietnam, enfin il me semble...), je ne comprends pas cette annulation. Enfin si, je la comprends très bien c'est du surbooking classique...

Bref, après moult négociations et coups de fil, me voici embarqué à 21h dans un bus de nuit pour Sa Pa, avec l'assurance qu'il me laissera à Lao Cai aux environs de 5h du matin...

Mon œil!!

Comme je le craignais, le chauffeur du bus me jette à l'embranchement de la route de Sa Pa et de Lao Cai à 2h du matin et ne daigne même pas faire le très long détour de 4 km pour me laisser au centre-ville....

Bref, je fais un heureux: un chauffeur de taxi qui attendait là et n'espérait plus voir quelqu'un au milieu de la nuit! Ignorant ses sollicitations pour me conduire à "son" hôtel, je lui demande de m'emmener le plus près possible du poste frontière, et lui indique que je me débrouillerai ensuite. Effectivement, le gus me laisse 5 minutes plus tard devant l'entrée d'un bel hôtel qu'il me montre avec insistance... Mais un simple coup d'œil m'indique rapidement que le standing de cet hôtel est bien supérieur au standing de mon portefeuille!

Je remercie le chauffeur de taxi et je repère une terrasse de restaurant couverte par un auvent et avec un grand escalier en bois à plusieurs volées qui m'a l'air bien excentré et à l'abri des regards. Je n'ai aucune envie de chercher d'autres hôtels pour un résultat incertain, je vais donc terminer ma nuit ici, il ne fait pas froid, il fait même bon. Et puis j'ai réussi à dormir un peu dans le bus, même si tous ceux qui connaissent le standard des bus de nuit vietnamiens pourront confirmer que les couchettes ne sont pas, mais alors vraiment pas du tout adaptées à mon mètre 87 et mes 100 kgs!! De plus, demain je serais prêt à partir: le restaurant est situé pile en face du poste frontière vietnamien!

Que demande le peuple?

Un lit....

Vendredi 3 Juin

Quelque chose gratte ma chaussure et me réveille.

Un rat!!!!

Un coup de pied réflexe le fait fuir et je me relève. Le soleil vient de se lever, j'ai mal dormi (comment pouvait-il en être autrement?) et un coup d'œil aux alentours me montre que l'activité a déjà bien commencé: une petite foule attend déjà l'ouverture, prête à se ruer côté chinois. Pour l'instant des barrières empêchent l'accès au pont qui enjambe la rivière rouge, qui sert de frontière naturelle entre les 2 pays.



Il me reste un peu d'eau, je me débarbouille vite fait pour essayer de masquer ma tête de "celui qui a très mal dormi" et je vais m'installer avec les personnes déjà présentes devant le bâtiment des douanes et qui attendent l'ouverture des portes prévue à 8h pétantes.

Un jeune Viet changeur de monnaie au noir m'aborde et me proposant de me racheter mes derniers dongs avec des yuans. Il me reste environ l'équivalent d'une quinzaine de dollars, je lui demande son prix et après un rapide calcul (j'avais vérifié les taux la veille), je m'aperçois qu'il se prend plus de 15% de commission (!) et je lui signifie que je ne suis pas intéressé à ce prix. L'ouverture des portes approchant, il revient régulièrement à la charge avec un prix qui baisse tout aussi régulièrement. Finalement, alors que les portes se sont ouvertes et que la file avance (et moi avec), j'arrive finalement à négocier une petite com' de 5% pour lui que je trouve bien plus honnête. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je me fais remettre les billets de 5 yuans un par un dans ma main que je recompte au fur et à mesure pour éviter les tours de passe-passe, puis je prends mes billets, assez content de moi. Tiens, il me semblait qu'il y avait la tête de Mao sur tous les billets chinois... Ceux-là ne l'ont pas, bizarre... "Chinese money??" demandai-je à 2 ou 3 personnes dans la file, et leur réponse positive me rassure.

Le passage au poste frontière fut très rapide, tant du côté vietnamien que du côté chinois, et en moins d'un quart d'heure, je suis passé à Hékou en Chine avec un "Welcome to China!" accompagné d'un large sourire de l'officier d'immigration! Il est 8h30 et il me reste toute la journée pour aller à Yuanyang, ma première destination.

Vous connaissez l'application MAPS.ME pour smartphone? C'est une application fantastique. C'est un peu l'équivalent de google maps, mais surtout ça marche hors ligne, sans aucun réseau ni aucune connection à internet! Il suffit juste de télécharger les cartes à l'avance lorsqu'on a par exemple une connection wi-fi et c'est tout! Grace à MAPS.ME, je sais qu'il y a un distributeur de billets de la Bank of China à 450 m sur la 4ème rue à gauche, et je sais que la station des bus se situe à un peu plus de 4 km au nord de la ville. De plus tous les noms de lieu sont écrits en anglais et en chinois, ce qui me simplifiera énormément la vie pour la suite de mon voyage: en cas de difficultés de compréhension, je n'aurais qu'à montrer mon écran et la ville, le lieu ou la rue et l'adresse où je veux aller pour débloquer bien des situations!

Dans le même ordre d'idée, j'ai aussi téléchargé un petit dictionnaire franco-mandarin qui me sera très utile. Beaucoup de chinois (surtout ceux travaillant dans le tourisme en fait!) ont également ce genre d'appli sur leur smartphone (mandarin-anglais), et la barrière de la langue s'estompe alors très fortement! C'est fou ce que la technologie change les choses! Je pense que cela devait être sinon plus difficile, du moins beaucoup plus long de se faire comprendre ne serait-ce que quelques années en arrière! Il n'y a pas à dire, c'est vraiment extrêmement facile de voyager partout dans le monde à l'heure actuelle...

Revenons à Hékou où je prends un taxi qui me conduit à la gare routière pour la somme raisonnable de 10 yuans (env. 1,40 euros). Au moment de payer, je donne 2 billets de 5 au chauffeur qui les refuse en me demandant 10. "C'est bien 10 yuans" lui dis-je en montrant le chiffre 5 sur les 2 billets -No no, mao, mao! me rétorque-t’il. Puis il sort de son portefeuille un billet de 10 yuans et me lance un "Kuai, kuai OK!!" en me faisant comprendre que ce sont ces billets là qu'il veut. Je réalise à cet instant que mon petit changeur à la sauvette m'a bien eu. Il m'a bien refilé de la vraie monnaie chinoise, mais ce sont des "jiaos" ("mao" dans le langage courant), et il faut 10 jiaos pour faire un yuan (un "kuai" dans ce même langage courant)... Je pensais être un vrai baroudeur aguerri du style "les petites arnaques à 2 balles on me les fait pas à moi", et bien si, on me la fait et bien comme il faut!! Il a bien du rigoler après coup mon petit changeur à la sauvette!!... Bref, mon égo en prend un coup de s'être fait posséder de manière si grossière, mais finalement au bout de 5 secondes je prends ça avec le sourire, tout en me promettant intérieurement que c'est la dernière fois que je me fais avoir.... Je paye le chauffeur de taxi avec un billet de 100 yuans fraîchement sorti quelques minutes plus tôt du distributeur et me dirige vers les guichets de la gare routière.

La préposée aux tickets de bus parlant quelques mots d'anglais, c'est sans problèmes que je me retrouve assis dans le bus pour Yuanyang qui décolle à 10 h précises! Arrivée prévue entre 13 et 14 h, c'est parfait!

C'est un bus local et ça se voit...



Il y a des seaux dans l'allée, et je ne vois pas pourquoi. En fait, je comprendrai très vite après le départ: les chinois (et les chinoises!) ont la très mauvais habitude de cracher bruyamment par terre, et ces seaux sont là pour récupérer les glaviots... Même en Inde où les hommes crachent leur bétel d'un rouge immonde dans la rue, ils arrivent à se retenir et à ne pas cracher dans les bus... Ici ce n'est visiblement pas le cas! Beurk, bienvenue en Chine!

Alors que le trajet se déroule sans encombre pour la plupart des passagers, il n'en est pas de même pour moi... Un courant d'air frais ainsi que (je pense) mon repas de la veille commencent à remuer mes entrailles... Très vite il va falloir que j'aille me soulager... Je profite donc pour étrenner ma jolie appli sur mon smartphone et je lance la traduction de "WC urgent s'il vous plait" et la montre au chauffeur qui n'a pas l'air de comprendre, ainsi que d'autres passagers... Je tente donc "malade ventre WC" (mon appli est basique et ne peut traduire que des mots et pas des phrases)... Toujours pas de résultats et l'incompréhension est visible chez mes interlocuteurs...

Je me résous donc à adopter la bonne vieille méthode du langage des signes: je sors un rouleau de PQ de mon sac à dos, je vais voir le chauffeur en me tenant le ventre de la main gauche, en lui montrant de rouleau de la main droite et lui demande en faisant une belle grimace: "STOP PLEASE!!!" Le chauffeur éclate alors de rire (rapidement suivi par le reste des passagers), puis s'arrête 200 m plus loin en me montrant un buisson derrière lequel je cours me soulager. Finalement la technologie a ses limites dans la communication, et rien ne vaut les vieux trucs éprouvés pour se faire comprendre!

Après ce passage très glamour, mon bus arrive à Yuanyang. Mais ce n'est pas ma destination finale, la ville est dans une vallée, je dois prendre un autre bus pour accéder aux rizières et à leurs villages, situés tout la haut sur les montagnes à plus de 2000 m d'altitude. Visiblement les employés de la gare routière doivent avoir l'habitude de voir débarquer des occidentaux qui veulent aller voir les rizières, car je me retrouve très rapidement dans un minibus juste après avoir prononcé les mots "Yuanyang rice fields"! Ça monte et ça tourne beaucoup jusqu'au village, dans le brouillard et la pluie!

A ma descente de car, un petit bout de femme se précipite sur moi (c'est le mot juste) en me criant des "taxi, taxi!!! Hôtel!!! Hôtel!!!" tout en me montrant sa voiture flambant neuve. Je lui montre l'adresse de mon hôtel (réservé sur booking) et m'annonce un prix de 20 yuans (env 2.80 euros), proposition que j'accepte, ayant auparavant appris grâce à MAPS.ME que mon hôtel se situait dans un autre village distant d'une bonne dizaine de km.

Nouvelle parenthèse scatologique, mes intestins me tortillant à nouveau. J'aurais pu vous épargner ce passage mais finalement non, je me suis dit que ça faisait partie du voyage et de ses... découvertes! Suite à ma demande expresse (j'ai gagné du temps cette fois ci en lui montrant directement mon rouleau de PQ), Mya (puisque c'est son nom) m'indique les toilettes publiques, situées de l'autre côté du parking des bus.

Et là, j'ai cru que j'allais vomir...

Je pensais avoir tout vu en Inde et au Népal en matière d'insalubrité et de manque d'hygiène, mais je me trompais...

Les toilettes publiques du village, c'est 4 murs en briques recouverts d'un toit en tôle. Le sol est entièrement bétonné, et est traversé en son centre par une tranchée en pente d'une quarantaine de cm de large et d'environ un mètre de profondeur. C'est tout. Tout le monde s'accroupit à la queue-leu-leu et se soulage ainsi au vu de tous les autres, aucune cloison, aucune intimité... La tranchée doit être lavée quand le responsable doit la juger trop "pleine", mais visiblement, cela n'a pas été fait depuis longtemps... Au dégoût visuel s'ajoute une odeur absolument écœurante qui me fait hésiter quelques secondes avant de rentrer, mais l'envie est trop forte et je vais rejoindre les 2 chinois déjà en place, non sans avoir pris une grande inspiration avant de passer la porte! Je ressors de cet enfer pour m'apercevoir qu'il pleut des cordes! Le temps de faire les 50 mètres qui me séparent de la voiture de Mya et je suis trempé!!

P***** c'est quoi ce pays?!?!!!!

Il est 4 h de l'après-midi, et pour l'instant depuis hier mes premiers pas en Chine ne sont pas ce qu'on peut appeler un promenade de santé! Je ne suis pas difficile et les voyages "à la roots" ne m'effraient pas, mais là c'est quand même pas mal! Si le reste du pays et du voyage est du même tonneau, je sens que je vais me plaire ici!

Heureusement, les galères vont s'arrêter là, et dans sa grande bonté, le Dieu protecteur des voyageurs (s’il existe) va maintenant inverser la tendance pour ramener un peu d'équilibre!

Tout d'abord je m'aperçois que Mya a embarqué d'autres touristes dans son "taxi": 2 femmes et un petit garçon d'environ 4-5 ans. Nous faisons rapidement connaissance puisque tout comme moi, elles sont Françaises. Cool, ça me remonte un peu le moral de rencontrer des compatriotes! Stéphanie voyage avec sa maman et son fils pour une quinzaine de jours dans le Yunnan et à Shangai. Mais surtout Stéphanie a vécu et travaillé 5 ans en Chine et parle couramment le chinois. Et ça, c'est un avantage considérable!

Pendant le trajet, Stéphanie discute avec Mya, et elle nous apprend qu'il faut d'abord acheter un pass de 100 Yuans (env. 14 euros) pour visiter les rizières. Enfin, techniquement c'est pour avoir accès à tous les points de vue, points de vue qui ont été équipés de barrières à péage depuis que le lieu a été inscrit au patrimoine de l'UNESCO, ils ne perdent pas le Nord ces Chinois! Mya nous informe également que des navettes font régulièrement la liaison entre tous les points de vue, mais elle se propose de nous guider avec sa voiture pour 400 yuans la journée. Stéphanie arrive à négocier 300 yuans (soit 100 yuans chacun) et nous disons banco pour demain.

Finalement, ce sera bien mieux de visiter avec une "locale" à notre rythme, et surtout avec Stéphanie qui enlève complètement la barrière de la langue. Mya me dépose à mon hôtel (le K2 youth hostel) que j'avais pris soin de réserver au préalable sur booking afin de ne pas m'em.... bêter à chercher sur place pour cette première journée. RDV est pris pour le lendemain 8 h devant l'hôtel.

Première bonne surprise: l'hôtel est tout neuf et très clean. Le petit jeune réceptionniste parle suffisamment anglais pour que nous nous comprenions correctement et il me montre le lit dans le dortoir que j'ai réservé. Nouvelle bonne surprise: je suis tout seul dans l'hôtel et j'aurais la chambre entière pour moi, coooool!!! De plus, le dortoir possède une grande baie vitrée qui donne sur une magnifique vue de la vallée et des rizières, d'autant plus que la pluie a disparu et que le soleil est revenu!



Que rajouter? Un très bon repas préparé à l'hôtel même: une succulente et copieuse assiette de fried rice (oui je dois penser à mon estomac!) avec divers légumes et morceaux de poulets me revigore.

Ouf! Cette fois ci, l'entrée en matière est terminée, il est temps de songer à découvrir la Chine dès demain!

Samedi 4 Juin

Comme prévu, Mya me récupère ce matin à 8 h et nous partons pour une journée qui s’avérera magnifique.

Autant la veille nous avons eu de la pluie et du brouillard, autant aujourd'hui nous bénéficierons d'un temps bien ensoleillé dans l'ensemble. Mya nous confirme que nous avons de la chance sur la météo, car cela faisait plusieurs jours qu'il pleuvait. Et le temps redeviendra maussade dès le lendemain.

La majorité des touristes viennent ici en Novembre Décembre, quand les rizières n'ont pas de plants de riz et sont uniquement remplies d'eau, ce qui donne alors aux paysages des allures fantastiques de miroirs en escaliers. En Juin, les rizières sont vertes, mais cela n'enlève rien à leur beauté selon moi. Les rizières sont étagées en escaliers sur plus de 1000 m de dénivelé et sur des milliers d'hectares!



Le travail pour façonner et modeler ainsi la montagne a dû être colossal! Il a été effectué au cours des siècles par les hanis qui vivent ici. L'entretien de ces rizières est tout aussi fastidieux et nous restons admiratifs face aux explications données par Mya. Mya nous emmène bien entendu aux plus beaux points de vue, mais elle nous fait aussi découvrir des petits villages et nous promène jusqu'au milieu même des rizières.



Dans un de ces villages, nous sommes invités à visiter une maison traditionnelle Hani, mais entièrement reconstruite avec tout le confort moderne. En effet, la culture du riz est difficile et il ne se vend pas plus cher parce qu'il vient de Yuanyuang. Du coup, beaucoup de jeunes préfèrent se tourner vers le tourisme qui explose (et qui rapporte bien plus!) et de construire des hôtels ou guest-houses bien laids en béton gris, ou alors aller chercher des opportunités de travail en ville, à Kunming... Le gouvernement local a donc lancé un projet de rénovation des habitats traditionnels en partie pour essayer de retenir les paysans producteurs de riz, et aussi pour donner une "vitrine" à la vue des touristes.



Coup de chance (?), l'architecte responsable du projet est justement dans cette maison aujourd'hui et nous explique l'ordonnancement et l'aménagement intérieur des maisons Hanis autour d'un très bon café que nous avons commandé à la maitresse de maison (qui fait aussi restaurant, mais nous n'avons pas prévenu). Très honnêtement, je n'ai pas retenu grand-chose des explications de l'architecte et de la visite de la maison, car au moment de partir, j'ai demandé combien coutaient les 3 cafés que nous avions commandés, et la réponse de notre hôte me surprend: "One hundred and forty, please".

On se regarde avec Stéphanie, puis elle pose la même question en chinois, histoire d'éviter les malentendus... "Non non, me confirme-elle. C'est bien 140 yuans".

Soit 20 euros pour 3 cafés...

On paye avec le sourire (juste de façade le sourire hein!) vu que tout le monde sourit (sauf nous qui avons été "un poil" surpris du prix), puis nous sortons pour continuer notre promenade dans les rizières en se félicitant de n'avoir pas réservé le repas ici! Bref, cette anecdote est vite oubliée et nous reprenons notre route à travers ces superbes paysages!



Ne voulant pas dépenser des cent et des mille pour le repas de midi, nous demandons à Mya de nous indiquer une gargote locale. Elle nous emmène alors dans un petit boui-boui en nous demandant si nous aimons le buffle. Nous sommes OK pour tester, et nous voici attablés sur des chaises en plastique avec des paysans chinois qui nous regardent amusés en se demandant ce que nous sommes venus faire dans cet endroit, alors qu'il y a tellement de restaurants pour touristes sur les routes principales!! Stéphanie demande alors s’il y a du buffle à manger, mais plusieurs réponses affirmatives ne la rassurent qu'à moitié, et elle demande à la cuisinière de s'approcher pour regarder à l'intérieur de la marmite. Elle revient alors vers nous avec une petite moue et nous annonce que ce qu'on s'apprête à nous servir est bien du buffle, mais des tripes de buffle bouillies!! Et des tripes entières en plus... Ce n'est franchement pas appétissant et nous nous rabattons au dernier moment sur du porc plus classique et pas spécialement mauvais! Pas facile de manger avec des baguettes! J'avais pu m'entraîner un peu au Vietnam, mais là, plus question de demander une fourchette si je n'y arrive pas...

La journée se poursuit ainsi entre magnifiques points de vue officiels qui dominent des vallées encaissées donc les flancs sont recouverts de rizières et promenades au sein de charmants villages et de leurs habitants.



J'ai beaucoup aimé Yuanyuang et j'en ai gardé un bon souvenir.

Tout d'abord parce que c'est la première fois que je voyais des rizières en terrasses aussi gigantesques. J'en avais bien vues quelques-unes au Népal au départ du trek des Annapurnas, mais là on est dans une tout autre échelle! J'aurais pu en voir à Sa Pa au Vietnam, mais la pluie et le brouillard en ont décidé autrement... Ces paysages sont vraiment magnifiques, encore mieux que les photos de rizières en terrasse qui ornaient mes livres de géographie au collège...

Ensuite c'était ma première étape en Chine, ma première étape dans un nouveau pays. Comme je voyage au long cours, les 2-3 premiers jours qui suivent un changement de pays ont une saveur particulière: il faut s'adapter à un nouvel environnement, à une nouvelle langue, à une nouvelle monnaie, à une nouvelle organisation, à une nouvelle manière de vivre et une nouvelle "ambiance", c'est un sentiment que j'attends et que j'apprécie à chaque passage de frontière, et qui fait un des nombreux charmes de mon voyage...

Pour ce soir, j'indique à Mya que je compte me rendre demain à Kunming et elle me répond qu'il y a un bus direct qui part à 9h30. Stéphanie et sa maman ont la même destination que moi, rendez-vous est donc pris pour le lendemain avec Mya qui nous conduira jusqu'à la station de bus!

Pour l'heure, nous finissons la visite de ces très belles rizières et ces superbes paysages avant que le soleil déclinant nous indique qu'il est l'heure de rentrer!







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JO Jojoone1 Globetrotter ·
Bonjour,

De Facebook au récit de voyage, la démarche va du facile au long et complexe. On ne peut que féliciter celui qui l'entreprend. Et aussi le remercier, car pour cette destination c'est une denrée rare. Au vu des premiers paragraphes, je serai un fidèle lecteur.
« Tout le monde s'interroge sur comment laisser une meilleure planète à nos enfants, mais on devrait plutôt penser à laisser de meilleurs enfants pour notre planète. » Clint Eastwood
CA Carassou Veteran ·
Et moi aussi je serais une fidèle lectrice... Ma première Chine c'était en 1983 et je vois que les WC sont encore archaïques et les crachats d'actualité....j'en avais eu un dans mes lunettes quand un chinois eut loupé son coup!!!!..et pas de Maps me ni de smarthphone ...pas simple on suait sa Chine avec la chaleur!!! Et ravie de lire , ton style me plait Cordialement Carassou
SI Sissi57 Globetrotter ·
Bonjour, Je ne connais pas ( encore) la Chine mais je vais commencer à y remédier sous votre plume, le récit est très agréable à suivre
Je n'aurai pas le temps...
DE Denis007 Regular ·
Merci!

Pour les WC archaiques de ce type, je ne les ai revus qu'une seule fois, entre 2 bus dans des villages perdus... C'était très surprenant de trouver ce genre de constructions à coté d'infrastructures très modernes et toutes neuves (hotels, restaurants, routes...) prévues pour acceuillir les touristes! Pareil pour les crachats: en ville cela ne se fait (presque) pas!...
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CH Chris06 Veteran ·
très sympa ton carnet je vais suivre ....
chris06
JI JianadaRen Globetrotter ·
Je suis totalement d'accord avec cette précision.
DE Denis007 Regular ·
Dimanche 5 Juin

Journée transfert sans grand intérêt aujourd'hui.

Après avoir pris notre bus à l'heure dite, nous faisons un arrêt "casse-croûte" dans une sorte de magasin au bord de la route. L'occasion pour moi de découvrir les nombreux en-cas typiquement chinois: -Des œufs durs sous vide qui ont une couleur noirâtre repoussante, Stéphanie m'informe qu'ils ont cet aspect car ils ont été trempés dans du thé noir, et que c'est moins mauvais que ça en a l'air... Mouais, sans moi! -Toujours sous vide, des pattes de poule bouillies! Là, pas question en ce qui me concerne, mais vue la quantité proposée, les chinois ont l'air d'aimer ça... -Des gâteaux et des pâtisseries chimiques industrielles, en boite classique ou sous vide (décidément!) -Des sortes de sandwiches aux ingrédients que je n'ai pas pu identifier, encore sous vide... Et surtout, je fais connaissance avec la base du snack et du fast-food chinois: les "instant noodles"! Une bonne moitié du stock de ce magasin dans lequel le bus a fait une pause doit être constituée de ces nouilles déshydratées. Il y en a pour tous les goûts, et il y a plusieurs distributeurs d'eau bouillante à disposition. Bref, je fais comme tout le monde, je mange mes nouilles au bouillon de poulet, non sans avoir au préalable choisi une marque qui fournit une fourchette en plastique avec la boite, c'est quand même beaucoup plus pratique! Et je me surprend à trouver ce repas finalement pas si mauvais, ça me ramène 20 ans en arrière dans ma période étudiante: "Bolino, Bolino, les bons petits plats tout chauds!"... Si en lisant cette phrase, la mélodie de la publicité vous est revenue, c'est que vous avez plus de 35 ans!

Le bus nous laisse finalement à la gare routière de Kunming en milieu d'après-midi. Je fais mes adieux à Stéphanie, sa maman et son charmant petit garçon: nos routes se séparent ici.

Je pense en effet rester 2 nuits à Kunming pour visiter la ville demain, tandis qu'elles vont prendre un train pour une destination que j'ai oubliée (désolé Stéphanie si tu lis ces lignes et merci encore infiniment pour ton aide!). Nous nous quittons sur un dernier conseil de Stéphanie qui me dit que je ne dois pas payer plus de 40 yuans de taxi pour aller au centre-ville. Une demi-heure plus tard, le taxi me dépose devant mon auberge de jeunesse que j'avais réservée la veille sur Booking.

Contrairement à mes habitudes, pour tout le reste de mon séjour en Chine, je réserverais à chaque fois que possible mes hébergements sur Booking ou Agoda, c'est quand même beaucoup plus simple et je m'évite ainsi un stress inutile de recherche de toit au dernier moment sur place... Si il est assez facile de se promener et d'improviser un logement bon marché à la dernière minute en Inde et en Asie du Sud-Est, le problème n'est pas le même en Chine, et la réservation sur internet au fur et à mesure me permet en plus d'être quasiment sûr de trouver le meilleur rapport qualité-prix, le prix étant un critère très important pour moi, et en Chine, ces fameux prix ayant passé un ou deux échelons comparés à mes précédentes destinations....

Pour l'instant, me voici prenant possession de mon lit dans ce dortoir austère en sous-sol, dans lequel 2 autres jeunes chinois ont déjà leur quartiers et répondent à peine à mes "Ni Hao" ("bonjour")... Le gérant de l'auberge, bien que très sympathique, parle à peine 2 ou 3 mots d'anglais, mais nous arrivons à nous comprendre puisqu'il m'indique qu'à 300-400 mètres environ, je trouverai plusieurs restaurants pour manger ce soir.

Lundi 6 Juin

Aujourd'hui, j'ai prévu de visiter Kunming.

A priori, ça n'a rien d'extraordinaire comme programme, mais je vais devoir composer avec les chauffeurs de bus qui ne parlent pas un mot d'anglais (même pas "yes" ou "no"), les panneaux indicatifs du réseau de bus entièrement en chinois (seul le numéro de la ligne me donnera une indication) et l’absence totale d'information donnée par le staff de l'auberge: même pas une carte de réseau de bus ou un dépliant basique avec les choses à faire/voir à Kunming, le réceptionniste préfère s'affaler sur son canapé en regardant un navet hollywoodien sous-titré en chinois sur le grand écran LCD tout neuf... Pour les curieux et curieuses qui veulent savoir ce que je considère comme un navet hollywoodien, le film s'appelait "London has fallen" et racontait une histoire sans queue ni tête (mais avec beaucoup d'explosions!) sur un président des USA héroïque qui sauve le monde d'un vaste complot à lui tout seul aidé de son garde du corps et de son vice président à distance... Bref un pur "patriot movie" bien débile. Je ne sais pas ce que Morgan Freeman faisait dans cette daube, un gars de sa stature ne doit normalement pas avoir besoin de faire de "l'alimentaire"....

Mais je m'égare, ce commentaire n'a rien à voir avec le voyage!!

Je suis donc obligé de m'en tenir à ce qu'en dit le Lonely Planet en ce qui concerne les points d'intérêt de la ville. Lonely Planet que j'ai d'ailleurs acheté à Hanoï, avec une belle couverture cartonnée couleur de la toute dernière édition française (2015), mais qui se révélera être un assemblage relié de mauvaises photocopies de photocopies de l'édition... 2009!! Sacrés Viets, ils sont décidément très forts pour les petites arnaques!!

Bref, je me retrouve donc à me promener dans le centre de Kunming, et ma foi la ville n'est vraiment pas désagréable. La ville est moderne, il y a beaucoup de centres commerciaux et de buildings récents, les rues sont dans un état impeccable, un métro flambant neuf dessert les principaux quartiers, et malgré l'intense circulation automobile, je ne me sens pas dans une "jungle urbaine" comme dans la plupart des métropoles du Sud Est asiatique que j'ai parcourues récemment. S'il n'y avait pas tous les panneaux en chinois, je me serais vraiment cru dans une cité Européenne ou Américaine moderne... Franchement, l'ambiance contraste très fortement avec les villages ruraux d'hier...







La ville est tellement "moderne" que le centre ancien a disparu. C'est la méthode chinoise: on rase tout à grand coup de bulldozers pour reconstruire du neuf, du moderne et du pratique par dessus. Seuls quelques temples et maisons ont été épargnées. Pourquoi ces 3 maisons sont elles restées debout devant un ensemble de gratte-ciel par exemple? Je n'en sais rien, surement que le propriétaire aura refusé de vendre...



Stéphanie m'avait d'ailleurs expliqué qu'à ce sujet, beaucoup de chinois n'étaient pas forcément en désaccord avec cette politique de raser tout l'ancien pour reconstruire du neuf. "Il n'y a que vous, les touristes, qui râlaient lorsque tout un quartier ancien est détruit. Mais aimeriez-vous vivre dans des maisons en bois insalubres, les unes sur les autres et serrés comme des sardines? Ben nous non plus on n'aime pas ça et on préfère de loin les constructions modernes et neuves comparé à ce qu'on avait avant..." Pragmatiques ces chinois!

Les seuls édifices qui échappent à la destruction sont les temples et les monuments anciens (enfin pas tous!), et cela donne parfois des contrastes saisissants entre la tradition et la modernité: toute l'image de la Chine d'aujourd'hui!





Pour l'instant, bien qu'il n'y ait aucun monument ou lieu particulier à voir, je profite de l'ambiance de cette ville très calme, très reposante, la "ville de l'éternel printemps"... D'autant plus que les autorités ont eu le bon gout de conserver au centre le "parc du lac vert", un parc très agréable rempli de temples et de pagodes autour d'un lac où je passe le reste de l'après midi... Ce parc rassemble jeunes et vieux, promeneurs solitaires ou groupes de Tai-chi et d'aérobic pour femmes mûres dont la musique entraînante provoque des attroupements, vendeurs de glaces poussant leurs carriole, jeunes branchés zigzaguant en rollers entre les promeneurs, vieillards sans age jouant aux dames chinoises ou au jeu de Go, hommes pressés au costard tiré à 4 épingles et le téléphone collé à l'oreille, musiciens amateurs venant tester leur popularité guitare à la main, fanfare symphonique qui répète et qui essaye de faire plus de bruit que la chaîne Hi-Fi du cours d'aérobic situé à 60 m...

Bref, l'endroit est très agréable pour flâner et ne pas voir passer le temps!



Une fois rentré à mon hôtel, j'essaie de voir avec le patron s'il peut m'aider à réserver un billet de bus ou de train pour Dali, ma prochaine destination. Peine perdue, il m'indique juste l'emplacement de la gare sur une carte et se désintéresse de mon sort... Bon il va falloir que je perde mes habitudes contractées en Inde et en Asie du Sud Est: la-bas, toutes les guest-houses ou les hôtels sont capables, moyennant une faible commission de te réserver un ticket de bus ou de train, simplifiant ainsi beaucoup l'organisation d'un voyage. Visiblement ici ce n'est pas dans les mentalités.

Je vais donc devoir me débrouiller seul dès demain en allant acheter mon billet directement à la gare. J'ai essayé la réservation sur internet, j'ai vite laissé tomber...

Mardi 7 Juin

Après une petite grasse matinée jusqu'à 9h30 (!), me voici en route vers la gare de Kunming. Celle-ci étant située à environ 3 km de l’hôtel, j'ai décidé de m'y rendre à pied.

Grosse erreur.

Au bout de 2 km, je me retrouve devant des lignes ferroviaires absolument infranchissables autrement que par des échangeurs autoroutiers, et pas de passerelle piétonnière en vue, aussi loin que porte mon regard vers la gauche ou vers la droite... Evidemment, hier, j'ai pris le bus, je n'avais pas fait attention à ce genre de détail...

Voyant mon embarras, un chinois en scooter m'aborde et me fait comprendre qu'il peut me faire passer de l'autre côté pour 1 yuan (0,14 euros). Trouvant l'offre acceptable et n'ayant pas envie de faire 400 m en arrière jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche (pour comparaison un trajet en bus coûte 2 yuans), je lui montre le billet de 1 yuan pour confirmation et il me fait "OK OK...." en me faisant signe d'embarquer.

J'aurais pas du...

Mon Valentino Rossi amateur m'emmène à fond la caisse en slalomant inconsciemment entre les voitures qui nous klaxonnent copieusement, et pour cause vu que nous avons pris 2 bretelles d'échangeur consécutives à contresens! Du coup, après 500 m me voilà de l'autre côté des rails, soulagé et en seul morceau!

Mais alors que je tends son billet à mon pilote, celui-ci s'énerve brusquement et sans raison... Enfin si il en a une, de raison: il vaut maintenant 10 yuans et non plus 1 seul comme prévu!... Je reste ferme en essayant de lui faire comprendre que je lui avait bien montré le billet de 1 yuan mais rien à faire, il commence à vociférer, ce qui a pour conséquence d'attirer du monde et de former un petit attroupement. Evidemment, dans ce cas de figure, le touriste n'aura jamais raison, je commence à être pris à partie par plusieurs personnes, et, ne voulant pas envenimer une situation dont je sens qu'elle commence à se tendre, je lâche le billet de 10 accompagné d'une jolie insulte en français qui ne changera rien, mais ça soulage!!

Me voici donc finalement arrivé devant la gare de Kunming, immense et flambant neuve, comme le reste de la ville. Il y a bien une quarantaine de guichets d'ouverts, et absolument TOUT est écrit en chinois...



Je tente ma chance vers le guichet qui a la queue la plus faible, et tente de prononcer la phrase bateau en Chinois qui figure sur mon guide conversation touristique du Lonely Planet: "Bonjour, je voudrais acheter un billet de train 2ème classe pour Dali, s'il vous plait". Ma prononciation n'a pas du être excellente, mais au bout de 3 essais et après lui avoir montré mon petit guide avec la phrase écrite en chinois, la préposée me fait comprendre (en me l'écrivant en gros sur une feuille A4 qu'elle me colle sous le nez!) que je dois aller au guichet n°1.

Au guichet n°1, nouvelle incompréhension, et la guichetière me montre une cahute centrale avec un gros "i" comme "informations touristiques". Je me rends donc à ce bureau et prononce à nouveau ma phrase standard, et là surprise, l'hôtesse me répond dans un anglais parfait! Elle me demande la date, consulte son ordinateur, et m'indique avec le sourire qu'il reste des places pour demain et me donne le numéro du train. Comme elle ne fait que des renseignements, elle ne peut pas réserver mon billet, mais appelle directement une guichetière au numéro 26, lui indique toutes mes demandes (différents horaires, deuxième classe, place assise etc etc...) et m'informe que je peux aller faire la queue à ce guichet pour payer mon billet!

Ouf!

En possession de mon sésame pour le lendemain, je décide de revenir en ville pour essayer d'acheter une carte SIM locale pour mon smartphone, notamment pour avoir accès à internet.

Là aussi, ce fut difficile!!

Bien qu'il y ait des tonnes de petites boutiques qui vendent des numéros locaux, personne ne veut me vendre une carte SIM, je ne récolte que des "non" accompagnés d'un sourire gêné... Je tente ma chance dans les centres commerciaux et les boutiques de téléphonie mobile et même constat: un "non" gêné... Je persévère et finalement un vendeur qui parle quelques mots d'anglais m'indique que les cartes SIM des opérateurs chinois ne sont pas compatibles avec les téléphones occidentaux (pas le même format), mais que je peux tenter ma chance directement au stand de China Unicom dans l'immeuble d'en face, car ils sont les seuls à faire des cartes SIM aux deux formats: chinois et occidental. L’hôtesse de China Unicom qui m'accueille parle un anglais basique, et me répond qu'elle ne sait pas si ma demande est possible, elle doit passer quelques coups de fils pour savoir...

Ben zut alors.... Dans tous les pays que j'ai visités jusqu'à présent, une carte SIM locale prépayée pour internet s'achète en 3 minutes dans n'importe quel boui-boui... Ici ça a l'air plus compliqué...

Finalement, mon interlocutrice m'annonce que je vais pouvoir avoir satisfaction, et m'indique que la carte coûte 200 yuans (28 euros) pour 30 jours, avec 1 heure de communication et 2GB d'internet. C'est cher mais l'avantage très appréciable d'avoir une connection en permanence sur le smartphone me fait accepter. Après avoir scanné mon passeport et répondu à tout un tas de questions pour leur formulaire, me voici en possession d'un numéro chinois. Je teste avec l'hôtesse: internet à l'air de fonctionner! Un second test 5 minutes plus tard dans la rue avec cette fois ci le VPN activé me soulage: Google passe très bien, ainsi que face de bouc, test réussi, c'est parfait!

Pouvoir se connecter à l'internet mobile est une aide faramineuse en voyage, c'est pourquoi j'ai tenté le coup, même si je ne pouvais pas savoir si le VPN fonctionnerait sur le smartphone avant d'avoir tout acheté!

Je finis ma journée en dégustant "les nouilles qui traversent le pont". Derrière ce nom poétique se cache un plat typique de la région de Kunming: on vous sert des tranches de viande crue, des champignons crus, des nouilles crues et tout un tas d'herbes aromatiques. Bref, tout est cru! On vous apporte ensuite un bouillon de poule carrément en ébullition, dans lequel il faut plonger immédiatement tous les ingrédients qui "cuisent" ainsi sous vos yeux. Il n'y a ensuite plus qu'à déguster, bon appétit!

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SI Sissi57 Globetrotter ·
Bonjour, A vu des difficultés de communication, avez vous essayé d'utiliser une app comme google traduction? qui fonctionne hors connexion sur Android ( par contre pas sur Iphone). Si l'interlocuteur sait lire, cela doit simplifier considérablement les choses? sans compter qu'on peut aussi demander au téléphone de dire la phrase?
Je n'aurai pas le temps...
DE Denis007 Regular ·
Bonjour

J'ai en fait téléchargé un dictionnaire hors ligne avant d'arriver en Chine (je ne me souviens plus du nom) car le gros problème est qu'en Chine, Google est bloqué et inutilisable sans VPN. Comme je ne savais pas si le VPN que j'avais pris marcherai, j'avais donc prévu le coup avec cette appli (qui ne m'a au final pas été très utile), ainsi qu'avec un petit guide de conversation courante anglais-chinois acheté chez un bouquiniste à Hanoï. Ce petit guide papier m'a au final été bien plus utile!

Mais sinon, beaucoup de chinois qui travaillent dans le tourisme utilisent une application similaire à google traduction sur leur smartphone, et cela simplifie parfois beaucoup les choses!

Pour la "vie courante" durant le voyage, au début c'est assez déroutant de ne rencontrer personne qui parle anglais (contrairement à l'Asie du sud-est), mais au final on s'y fait et on trouve plein d'astuces pour arriver à se faire comprendre et à comprendre à peu près les réponses qui sont faites!

Cela renforce beaucoup la sensation de dépaysement, cela renforce la satisfaction une fois que l'on s'est compris avec son interlocuteur et au final cela démultiplie le plaisir du voyage!
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SI Sissi57 Globetrotter ·
C'est pas plus mal de voir qu'un bouquin garde son utilité par rapport au tout numérique.
Je n'aurai pas le temps...
TR Track ·
Très beau carnet que je vais suivre avec attention. J'espère retourner en Chine prochainement.
En tour du monde depuis le 25 novembre 2016. Surlaroutedesflo.blogspot.fr www.instagram.com/surlaroutedesflo
FL Florencew Regular ·
Super carnet de voyage, je me réjouis de lire la suite! Et ces nouilles ont l'air délicieuses :-)
Fais Ta Valise! Blog suisse romand dédié aux voyages en Asie, en Afrique, aux Etats-Unis et en Europe. Découvrez des destinations tendances comme Brooklyn, ou plus insolites comme la Corée du Nord, le tout sur un ton léger et parfois ironique.

www.faistavalise.ch
DE Denis007 Regular ·
Merci, je vais poster bientôt la suite, et oui, les nouilles étaient délicieuses! 😉
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VI Violeta91 ·
Bonjour Denis, je découvre ton voyage avec grand plaisir ! malheureusement j'ai pu le suivre partiellement, jusqu'au Kunming...! comment faire pour lire la suite ? Cordialement, Vivipast
DI Diaph52 ·
Bonjour Denis, Je découvre votre carnet de voyage avec d'autant plus de plaisir que j'ai aussi (un peu !) voyagé au Yunnan il y a qq années (vous pouvez voir qq photos sur mon site : http://fg-photos.pagesperso-orange.fr). Concernant facebook, si vous créez une "page", qui pourrait par exemple être consacrée uniquement à vos voyages, vous pouvez, grâce à l'onglet "écrire un texte" (qui n'existe pas dans votre "compte" personnel) aussi long que vous souhaitez; un lien y mènera directement depuis votre page. Bien à vous.
Francis
SI Sissi57 Globetrotter ·
Heureusement que tous les carnets ne se retrouvent pas uniquement sur FB, perso je n'y suis pas inscrite et ne veux surtout l'être. La consultation de pages en accès libre y est certes possible, néanmoins pénible pour ceux qui n'ont pas ce compte FB.Il serai dommage, comme on le voit parfois, que l'édition d'un message sur VF se borne à renvoyer sur une page FB.
Je n'aurai pas le temps...
DI Diaph52 ·
Bonjour, Je voulais juste signaler à Denis, qui disait en début d'article que sur facebook on ne pouvait pas mettre beaucoup de texte, qu'il était en effet possible d'écrire de longs texte par cet option. Après, chacun publie ou il veut, bien entendu. Et concernant facebook, on lui prête bien des défauts... qui ne sont, à mon avis, que ceux de ses utilisateurs : chacun fait de son facebook ce qu'il veut également.
Francis
DE Denis007 Regular ·
Bonjour Diaph

Concernant facebook, j'ai déjà une "page" (accessible en signature) ce n'est pas mon profil perso.

Oui c'est vrai qu'on peut faire des longs textes sur facebook, mais ce n'est vraiment pas adapté, les gens recherchent plutôt des photos et "zappent" très vite, c'est le format facebook qui veut ça... J'ai d'ailleurs créé cette page au début uniquement pour donner des nouvelles à la famille et aux amis, mais je ne peux pas m’empêcher de commenter mes photos! C'est pourquoi je me suis essayé ici à l'exercice plus difficile du récit de voyage au jour le jour avec beaucoup moins de photos, sachant que le "public" qui fréquente ce forum aurait à priori plus de temps à consacrer à ce genre de prestation! 😉

Pour Violeta, j'essaie de mettre la suite en ligne dans la journée (sachant qu'ici il est 10 h du matin...) 🙂
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DE Denis007 Regular ·
Mercredi 8 Juin

Après une nouvelle petite grasse matinée jusqu'à 9 h, me voici en route vers la gare de Kunming.

J'avais pris soin la veille de bien me faire indiquer sur mon billet les numéros de quai, train, wagon et siège, ce qui fait que je n'ai eu aucune difficulté à m'installer à la bonne place malgré toutes les inscriptions en chinois. Le train est bondé, et pas mal de personnes voyagent debout dans l'allée. certains sortent carrément le casse-croûte ou les inévitables instant noodles, vu qu'il y a 2 réservoirs d'eau bouillante par wagon.

Le trajet se passe sans encombre et je descend au terminus de Dali en milieu d'après midi.

A la sortie de la gare: un seul panneau en anglais dirige les occidentaux (en fait l'occidental, car je suis tout seul ce jour là!) vers l'arrêt de bus spécialement réservé aux touristes et qui m'emmène directement à l'entrée principale (la porte Ouest) de la vieille ville.

Grace à MAPS.ME, je n'ai ensuite aucun mal à trouver le dortoir que j'ai réservé: le "5 elements". Excellent accueil par une sympathique famille dont beaucoup de membres parlent un anglais basique mais correct. Je pose rapidement mes affaires avant d'aller passer la soirée en ville.

Dali est une ville qui a gardé ses remparts de l'époque moyen-âgeuse avec 4 portes massives aux 4 points cardinaux et où il fait bon flâner...



Il y a énormément de touristes dans les rues, mais à 99%, ce sont des touristes chinois. Dans la fameuse "rue des étrangers" (où je ne croiserai quasiment aucun étranger), de très nombreux magasins se succèdent apparemment typiques, mais j'ai l'impression que ça sonne un peu faux: c'est du "faux-ancien" je dirais: c'est tout neuf, mais reconstruit dans un style qui se veut authentique mais qui a du mal à cacher son coté "façade rapportée"... Qu'importe, les chinois n'aiment pas ça, ils adorent!!

Il faut cependant reconnaître que j'ai bien aimé me promener dans cette cité historique et visiter les différents temples bien mis en valeur par l'éclairage. La ballade dans la vieille ville à la tombée de la nuit est finalement assez agréable, c'est en fait la Chine touristique telle qu'on se l'imagine, avec ses maisons aux façades de bois et ses temples à l'architecture si particulière. Sans oublier les enseignes des magasins en bois suspendues et couvertes d'idéogrammes, idéogrammes si familiers aux chinois mais complètement exotiques pour le touriste occidental que je suis! Et en fait c'est bien un peu à ça que l'on s'attend lorsqu'on va en Chine, une image d'Epinal tout ce qu'il y a de plus cliché!





Une bonne surprise: du fromage! Et du fromage fondu enrobé de caramel qui est ma foi pas mauvais du tout, un mets que j'apprécie à sa juste valeur pour l'auvergnat que je suis après 8 mois passés en Asie sans fromage!! Le fromage ressemble un peu à de la tome et le mélange avec le caramel fondu n'est pas mauvais du tout.



Une moins bonne surprise: je goûte une autre spécialité locale, les gâteaux à la rose. Franchement, c'est pas bon... J'ai l'impression de manger une madeleine tombée dans un bol d'harpic WC! Le parfum est complètement artificiel, et surtout beaucoup, beaucoup trop fort! Je ne comprend pas le succès qu'ont ces pâtisseries, les Chinois en raffolent, et en famille!

Bref, je finis dans un restaurant pour touristes avant de rentrer à l'hôtel.

J'ai loué un vélo pour la journée de demain, je compte en effet visiter la célèbre pagode Shong Cheng et me promener un peu dans les environs.

Jeudi 9 Juin

La pagode Shong Cheng est distante du centre ville d'environ 2 km et est facilement accessible en vélo malgré la forte circulation automobile de la route principale qui y mène.

Les 3 célèbres tours m'indiquent que je suis arrivé à destination.



Première surprise, l'entrée est très chère: 120 Yuans, soit presque 17 euros! Mais bon le site est classé par l'UNESCO, et à défaut de faire grimper honteusement les prix d'entrée, cela doit bien valoir la visite, enfin j'espère... De manière générale, dès qu'un endroit en Chine attire les touristes, il ne reste pas longtemps gratuit et devient vite payant, voire même parfois exagérément cher, c'est comme ça... Les touristes chinois n'ont pas l'air de s'en offusquer et payent à chaque fois rubis sur l'ongle...

Au passage, la pagode étant classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, on trouve donc des dépliants en français. Mais l'intitulé du présentoir de ces prospectus est involontairement drôle: "lieu de propagande gratuite"! Vive Google traduction! Je rencontrerai d'ailleurs régulièrement d'autres perles de traduction comme ce joli: "et prenez soin de ne pas tomber"!



Deuxième surprise, le site est en fait très grand, et ce n'est qu'une succession de temples en pente douce sur les flancs de la montagne sur près de 1.5km, et l'ensemble est franchement très joli! Dali était la capitale des provinces du Sud au moyen âge et un grand centre politique et religieux avant que Kubilai Khan n'annexe la région au profit du royaume de Chine. Si le site a perdu son influence politique depuis plusieurs siècles, il a en revanche gardé une grande influence religieuse. Je me surprend à apprécier ma promenade dans cet immense ensemble où toutes sortes de divinités et philosophies sont révérées et mises en avant: cela va du bouddhisme au Taoisme, en passant par Confucius et les rois ogres de la mythologie locale! Bref, un vrai fourre-tout idéologique, qui n'a pas l'air de gêner plus que ça les chinois!

Les temples se succèdent et si ils peuvent paraître similaires vu de l'extérieur, je me rends compte que chaque temple possède sa propre identité lorsque je visite l'intérieur. Je retrouve des représentations de Bouddha dans le style Thailandais ou Birman, mais aussi d'autres dans un style plus chinois, où Bouddha et les moines sont représentés grassouillets et rigolards!

La visite du site me prend finalement pas mal de temps, d'autant plus que j'aime m'attarder et flâner dans chaque salle de chaque temple, à apprécier chaque détail, chaque statue cachée ou chaque estampe ancienne exposée... Et au final ce n'est pas plus mal, cela me permet de relativiser la grande taille du site et réellement d'apprécier cette visite à sa juste valeur.









Après cette fort agréable journée (je suis arrivé vers 10 h à la pagode et en suis sorti un peu avant 15 h!!) je retourne à l'hôtel où la patronne peut me réserver mon ticket de bus pour Lijiang le lendemain, et pour le même prix, je serais même accompagné jusqu'à l'arrêt pour être sûr que je monte dans le bon autocar! Si ça c'est pas du service!

Pour ce soir, je suis chaleureusement invité à dîner en famille car c'est la fête des "dragon boats". D'après ce que j'ai compris, un important et apprécié personnage s'était jeté à l'eau dans une rivière, mais ses admirateurs voulant récupérer son corps ont alors jeté à l'eau du riz enveloppé dans des feuilles pour nourrir les poissons et éviter que ceux-ci mangent le corps. Et c'est pourquoi en souvenir de ce jour tous les ans les chinois se réunissent en famille pour manger du riz farci avec toutes sortes de choses (haricots, porc, poissons...) dans une ambiance festive. D'ailleurs si certains lecteurs sont plus au fait de cette tradition, n'hésitez pas à m'éclairer, je relate son origine telle que je l'ai comprise et telle que je m'en souviens, mais il est fort possible que j'aie mal compris! Un peu gêné au début, je refuse poliment l'invitation, mais je me ravise très vite quand je me rends compte que leur insistance est vraiment sincère. Parmi les 3 occupants occidentaux de l'hôtel ce soir là, je suis le seul à avoir accepté, et je ne le regrette pas!

Je fais la connaissance de toute la famille: du grand père qui est fier d'exhiber sa gourde métallique qu'il a ramené d'un voyage en URSS lors de ses 25 ans au petit fils de 16 ans qui vient de rentrer à l'université et qui est parait-il très doué en natation: il a remporté toutes les compétitions de la région et va l'année prochaine se frotter au niveau national! L'ambiance du repas est vraiment bon enfant, je goûte un peu à tous les plats et ma misérable maîtrise des baguettes fait rire tout le monde!





Bref, c'est avec le sentiment d'avoir passé une très bonne journée que je rejoins mon dortoir où mes 2 colocataires dorment déjà, il est pourtant à peine 22h30!
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LU Lulu0984 ·
Bonjour, je suis avec intérêt votre périple en Chine.C'est vivant , amusant j'aime beaucoup. En même temps on se rend bien compte de la difficulté de communication, mais vous parvenez à nous montrer que ce n'est pas un problème, ce dont je suis persuadée.C'est une destination qui m'attire et figure sur ma wish list.😏 A tres vite de vous lire.
OD Odilefan ·
bonsoir, j'y suis allée 28 jours l'été dernier avec ma fille. pékin, datong, xi'an, pingyao, wuyuan ( zone rurale très jolie) huangshan, hangzhou , shanghai, pékin. c'est vrai que la communication n'est pas simple. peu de chinois parlent anglais! un conseil: faites vous écrire vos destinations en chinois, c'est très pratique pour les bus, taxis et train. sinon tout est noté en pinguin, et ça c'est très pratique!
CA Carolachine ·
Bonjour,

Cela me rappelle mes 3 ans passés en Chine, pourtant même à Shanghai dans les toilettes de supermarche il n y avait pas de porte en 2010!! mais bon quand on a envie on y va quand même ! C'est sure Les Chinois ne sont pas pudiques !
PA Parigino Veteran ·
Salut Denis

Il faut absolument que tu poursuives ton magnifique carnet de voyages. C'est un plaisir à lire, et en plus une potentielle mine d'informations pour moi qui serai dans le coin cet été 🙂
DE Denis007 Regular ·
Bonjour

Merci pour le retour, et bien entendu que je vais poursuivre ce carnet! Il faut juste être un poil patient car je l'écris au fur et à mesure dès que j'ai du temps libre, et comme je suis toujours en voyage (actuellement en Colombie), j'essaie d'abord de profiter de mon trip!

Pas d'inquiétude, la suite arrive très vite, dès que j'aurais retrouvé une bonne connection, et j'espère bien avoir terminé ce carnet avant l'été! :-)

Et merci pour tous ces retours positifs, ça fait très plaisir!
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FF Fflyercdg Regular ·
Un carnet particulièrement agréable à lire... Drôle, original, bourré d'informations utiles... Mon coup de coeur VF ! Merci de consacrer autant de temps à sa rédaction.

J'ADORE !!!! Et j'attends la suite avec impatience :-)
Voyager encore... Et toujours !!
DE Denis007 Regular ·
Vendredi 10 Juin

Le soleil me réveille comme hier matin aux aurores, mais cette fois ci, il est accompagné d'un étrange gémissement et d'une respiration marquée... Je regarde d'où peuvent provenir ces bruits et je n'ai pas à chercher bien longtemps: à peine ai-je tourné la tête que je me rends compte que mon voisin de chambrée (un Suédois ou Norvégien d'environ 25 ans) est couché sur son lit, la couverture enlevée, le caleçon baissé sur les genoux et... est en train de s'astiquer le manche les yeux rivés sur son smartphone!!! Durant mon voyage, j'en ai rencontré des sans-gêne dans les dortoirs: des voyageurs qui étalent leurs affaires sales partout (y compris sur ton lit), d'autres qui rentrent à 3 heures du matin complètement saouls et qui chantent et jouent de la guitare en réveillant tout l'hôtel, mais celui là, franchement, c'est le pompon!! Vive les voyages en dortoir, c'est la promiscuité avec tous ses avantages et ici ses inconvénients!

"-Hey, t'es pas tout seul ici!! lui lançai-je sur un ton assez autoritaire -Si t'aimes pas, tu regardes pas!" me répond cet hurluberlu sans pour autant s'arrêter ni quitter son écran des yeux...

Complètement décontenancé par la réponse, je préfère m'habiller en vitesse et rejoindre le salon pour attendre mon bus...

Heureusement, le staff de l'auberge a vite fait de me changer les pensées en m'offrant un thé et en discutant avec moi de ma destination du jour: la ville de Lijiang. Mes hôtes me préviennent que la ville est très jolie, mais qu'il y a encore plus de touristes qu'à Dali. Ben avec moi, ça fera un touriste de plus! Comme prévu, la fille de la patronne m'emmène à l'heure dite au bon endroit pour prendre le bus (à 600 m environ de l'hôtel), et attends même avec moi pour être sûre que je monte dans le bon bus! Franchement chapeau pour le service, je ne peux que recommander cette auberge à Dali: le "5 Elements"!

Il y aurait des tas d'autres choses à faire et à voir à Dali, notamment des ballades à vélo qui sont très populaires à travers les villages ethniques autour du lac, mais voilà je n'ai que 30 jours en Chine et je suis obligé de faire des choix, de ce fait, mon voyage contiendra une part non négligeable de temps passé dans les transports.

Le trajet en bus se passe sans encombres et c'est donc un peu après midi que j'arrive à la gare routière de Lijiang. Je mange dans un petit restau fast-food équivalent chinois du KFC. Certes ce n'est pas très "couleur locale", mais pour 30 yuans (4,20 euros) j'ai un menu avec 2 pièces de poulet frit, une portion de riz, des frites et un soda. En général, dans tous les pays que je visite, j'essaie de manger dans les petits restaurants locaux car c'est souvent là que je trouve le meilleur rapport qualité/prix (surtout prix!), mais je m'accorde aussi de temps en temps des "extras" comme des fast-food ou des restaurants plus "haut de gamme" (pas trop haut non plus hein!), je pense que c'est indispensable dans un voyage au long cours de se faire ce genre de petit plaisir. Après ce repas gastronomique, je reprends mon sac à dos mais et je m'aperçois qu'il pleut à verse lorsque je veux ressortir... C'est donc sous la pluie, mon sac sur le dos, le parapluie dans une main et mon smartphone dans l'autre que je cherche mon chemin vers mon hôtel. Tiens à propos de mon parapluie, je l'ai acheté 10 yuans (1,40 euro) quelques jours auparavant à une petite vendeuse devant la gare de Kunming, mais j'en ai visiblement pour mon argent: une baleine est en train de se faire la malle, et les coutures ne sont pas étanches, ce qui fait que de l'eau s'infiltre et coule régulièrement le long du manche... De la camelote "made in China"!

Bon, revenons à nos moutons, où se trouve mon auberge? OK, apparemment le chemin le plus court c'est de traverser le centre ville, puis de prendre à droite sur la grande avenue...

Sauf que voilà, arrivé devant le centre ville, 2 agents me demandent mon ticket pour passer. -Mon ticket? -Oui, l'accès au centre ville est payant. 80 yuans (soit un peu plus de 11 euros). Vous comprenez, tout le centre ancien est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, il faut donc payer pour y entrer.

C'EST QUOI CE TRUC????? PAYER POUR ALLER EN VILLE??? SOUS PRETEXTE QUE C'EST UNE ATTRACTION TOURISTIQUE??? Décidément ces chinois sont très forts et ne reculent devant rien pour exploiter à fond un filon touristique... Apparemment, je suis le seul que ça gêne, tous les autres touristes (chinois) ont l'air de trouver ça normal...

Je refuse tout net et je tente ma chance 2 rues plus loin, mais là aussi même constat: il faut payer!... C'est donc très énervé que je sors le portefeuille. En plus de ça, la pluie redouble et je presse donc le pas jusqu'à l'hôtel (Mama Naxi guest house) que je finis par trouver malgré les mauvaises indications qui m'ont été fournies lors de la réservation... La très gentille réceptionniste parle un bon anglais et m'indique plusieurs ruelles qui ne sont pas "surveillées" pour que je puisse visiter demain sans payer. Comme la pluie ne cesse pas, je passe la fin de la journée à l'hôtel à naviguer entre le grand écran et les programmes TV chinois et internet. J'en profite également pour réserver mon ticket de bus pour le surlendemain via la réceptionniste puisque l'hôtel propose ce service.

Demain, j'ai prévu une visite de Lijiang, de la vieille ville et de ses temples.

J'espère que la ville sera à la hauteur de sa réputation et saura me faire oublier la mauvaise entrée en matière de cet après midi... J'espère aussi que la pluie sera calmée d'ici demain!

Samedi 11 Juin

Lijiang est un très ancien carrefour commercial sur la route du thé. Tout le centre ancien est conservé et a été de ce fait classé au patrimoine mondial par l'UNESCO. Oui, encore l'UNESCO. J'ai l'impression que cet organisme me précède depuis que je suis arrivé en Chine... Après les rizières en terrasse de Yuanyang et les points de vue payants à 100 yuans, après le temple de Dali et son entrée à 120 yuans, vu l'exploitation faite par les chinois à tous leurs sites jusqu'à présent, à combien va me revenir Lijiang?

Pour l'instant je me promène dans le centre-ville sans avoir payé les 80 yuans de droit d'entrée (merci la jeune fille de l'hôtel pour m'avoir indiqué des petites ruelles non surveillées!) et je me faufile au travers de la foule. Oui, parce qu'il y a une foule très dense dans ces ruelles tortueuses. Il faut même régulièrement jouer des coudes aux heures de pointe. C'est pas forcément très agréable, mais c'est la rançon du succès! Lijiang accueille plus de 4 millions de touristes par an c'est énorme comme chiffre... Et sur ces 4 millions, 99.9% doivent être chinois, les touristes occidentaux comme moi sont très rares. En fait "très rares", ce n'est pas vraiment l'expression juste, disons qu'il y a une telle foule de chinois, que par comparaison les occidentaux semblent être inexistants... Pour les Chinois, Lijiang est une destination très romantique, beaucoup viennent ici en week-end, voire en lune de miel car la ville est relativement facilement accessible grâce à son aéroport relié à toutes les grandes villes du pays.

Je n'ai pas vraiment accroché à ce fameux centre-ville tant vanté.

Tout d'abord, j'ai l'impression qu'il n'y a strictement rien d'ancien, à part le tracé des rues. Absolument TOUT a été reconstruit, c'est du "faux-ancien" je dirais. Certes, il y a une unité architecturale dans le choix des pierres des murs, du bois des charpentes et des tuiles des toits, mais ça fait vraiment "rapporté", si on a la curiosité de jeter un œil à l'arrière des maisons, on s'aperçoit qu'en fait ce sont des constructions classiques sur lesquelles on est venu plaquer une façade en bois et un toit en tuiles, mais c'est tout neuf, et même si il faut reconnaître que le résultat est dans l'ensemble très joli et globalement réussi, j'ai vraiment l'impression que "ça sonne faux", je ne sais pas comment expliquer ce sentiment...

Ensuite, le centre-ville est presque uniquement constitué de centaines de magasins à bibelots pour touristes. Par exemple, il doit bien y avoir une cinquantaine (et je n'exagère pas du tout) d'échoppes vendant... des djembés!! Franchement en quoi les tams-tams africains sont ils représentatifs du passé glorieux de cette ville? Mais bon, le touriste chinois n'aime pas ça, il ADORE ça. Alors, si le touriste chinois adore ça, le marchand chinois très pragmatique va en faire fabriquer pour le lui vendre au prix fort! Et tout le monde est content!



Je dois tempérer un peu mes réactions ironiques et mes pensées sarcastiques car dans les ruelles sans marchands, il y a nettement moins de monde et certains coins sont vraiment très jolis... Je sens qu'un véritable effort a été fait pour rendre ces ruelles superbes et très photogéniques!





Je continue ma visite en me dirigeant vers le parc du bassin du dragon noir ("black dragon pool") au nord de la ville où se trouve un très joli temple qui, trônant élégamment devant les sommets enneigés de la montagne du dragon de Jade, est censé être une des plus belles cartes postales de Chine. Oui, les chinois aiment baptiser les lieux de noms très poétiques.

Dommage pour moi, même si ce temple et vraiment beau (si si je le pense vraiment!), le temps gris et les nuages bas cachent complètement les montagnes en arrière-plan... Je suis un peu déçu, mais je ne peux rien contre la météo! Au fait, comme ce parc est séparé du centre ville, il est aussi payant (40 yuans - 5,60 euros). On pourrait penser que le même ticket donne accès à la fois au centre ville et au parc, mais non, ce serait trop facile...



Pour finir la journée, je décide de me promener sur la colline qui domine la ville, il doit y avoir une belle vue depuis la haut.

Devinez quoi?

C'est payant aussi!!

Non pas que ce soit cher (30 yuans soit 4,40 euros) mais c'est le principe: cette colline est située à l'intérieur du centre ville qui est déjà en lui même payant! Bref, je déambule gentiment jusqu'en haut de la colline où se trouve une jolie tour en bois de 4 étages.



"Il doit y avoir une jolie vue d'en haut" me dis-je tout en rentrant dans l'édifice.

Et paf, 10 yuans de plus pour avoir le droit de monter en haut!!

Lijiang bat franchement tous les records d'exploitation mercantile d'attractions touristiques. C'est le summum et c'est vraiment une caricature. C'est un système de poupées russes: à chaque fois que tu veux voir un site qui est à l'intérieur d'un autre site, tu sors le porte monnaie. Mais le pire, c'est que ça marche! Les touristes chinois ne trouvent pas anormal de payer pour accéder au centre ville, puis de re-payer pour se promener sur une colline située à l'intérieur du centre ville, pour de payer à nouveau pour monter dans une tour située dans ce même parc...

Au final, je quitterai Lijiang avec une impression mitigée.

Il faut être honnête, certaines ruelles, maisons et temples sont vraiment beaux, voire parfois magnifiques. Mais cette foule de touristes, ces centaines de magasins de babioles "made in China", et cette exploitation mercantile vraiment abusive viennent absolument tout gâcher.

Dommage, cela aurait pu être tellement mieux....

Demain, changement de programme, retour à la nature, j'ai prévu de faire sur 2 jours le célèbre trek des gorges du saut du tigre, il me tarde d'y être!
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SO Solene40 Globetrotter ·
Ah ah quel beau réveil tu as eu Denis!! Merci de ne pas nous avoir caché ce grand moment (et on dit que les Français sont mal éduqués 😉) ! Je t'avoue que la Chine est un pays qui ne m'attire pas du tout mais j'ai de suite accroché à ton carnet vivant et drôle. J'espérais aussi que tu me fasses changer d'avis. Ben, pour l'instant, on peut dire que ce n'est pas du tout le cas!! Je déteste la "privatisation" de la nature, devoir payer pour voir un paysage ou un point de vue me sort par les yeux. Et puis la foule, au secours!! Je ne doute pas que tu as du trouver dans ton voyage des coins bien paumés et tranquilles donc j'attend la suite avec impatience. Merci en tout cas pour le partage et j'espère que tu nous feras le même pour quelques pays d'Amérique centrale (je travaille sur un carnet du Nica mais beaucoup plus court que toi!) Bon trip en Colombie et à bientôt 😎 Christelle (qui te suis aussi sur FB, je suis une vrai fan quoi!!)
Le monde est comme un miroir, si tu lui souris, il te sourit aussi!
DE Denis007 Regular ·
Merci Christelle!

J'espère que la suite de mon carnet te donnera quand même envie d'aller voir sur place car la Chine ne se résume pas (trop) qu'à la foule et des sites payants! 😉
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CH Chris06 Veteran ·
Bravo Denis ,

Je suis avec intérêt ta remontée sud- nord un projet que j ai "dans mes cartons" et que j ai remis à un peu plus tard suite à ma première incursion en chine du sud l an dernier ... Les paysages et le dépaysement j ai vraiment adoré ... Les chinois et la bouffe très moyen ... le prix du visa et les péripéties pour le voyageur individuel beaucoup moins .... Pour l instant je vais continuer avec attention de voyager en Chine avec toi derrière mon ordi 😉
chris06
DE Denis007 Regular ·
Dimanche 12 Juin

Il est 7h30 du matin, mon sac est prêt, enfin plutôt mes sacs sont prêts et j'attend le patron de l'auberge qui doit m'accompagner jusqu'au bus qui me mènera à l'entrée des gorges du saut du tigre. J'en profite pour faire le point sur les 2 journées à venir à l'aide de la fabuleuse carte dessinée par le staff de la "Mama Naxi Guest House":



Donc je récapitule le descriptif des étapes de ce trek telles qu'elles sont prévues:

-A 7h50, Le patron de l'auberge m'amène à pied jusqu'à l'arrêt de bus situé à environ 800 m d'ici. J'ai d'ailleurs réservé mon ticket par son intermédiaire, c'est quand même pratique de retrouver les bonnes habitudes prises en Inde et en Asie du Sud-Est! -A 8h15, j'embarque dans le bus pour les fameuses gorges. -Vers 10h environ, le bus nous laisse (nous serons plusieurs) à l'embranchement de la route et de la "Jane Tibetan Guest House", point de départ du trek à 1600 m d'altitude. Je prendrais juste mon petit sac et les affaires nécessaires pour 2 jours seulement. Mon gros sac à dos restera dans le bus qui le déchargera chez "Tina's guest house", à la fin du trek, où je pourrai le récupérer. J'ai un peu fait la moue en découvrant que je devrais laisser mon sac principal, mais le patron de la guest house m'a rassuré en me disant qu'il n'y avait absolument aucun problème, que l'organisation était très bien rodée et qu'il n'avait jamais eu à déplorer la moindre perte ou vol... Et puis, il a rajouté que si je voulais vraiment, rien ne m'empêchait de prendre mon sac complet de 13 kg avec moi durant tout le trek... Bref, cet argument m'a convaincu et je vais lui faire confiance! -Après 2 heures de marche, il sera possible de manger dans un petit village Naxi. -Puis viendra le plat de résistance, les fameux "28 virages" qui m'emmèneront au point culminant du trek à 2680 m d'altitude. -A partir de là, le chemin sera plus facile et suivant ma vitesse de marche, je pourrai dormir soit à la "Tea horse guest house", soit à la "Half way guest house". Aucune réservation n'est nécessaire. -Le lendemain, le chemin continue, traverse une chute d'eau puis se termine sur la route principale à la "Tina's guest house" où je pourrais manger et réserver mon ticket de bus vers Shangri-La, ma prochaine étape. -A partir de là, 2 options: soit j'attends tranquillement mon bus à 15h30, soit je fais une petite boucle de 1h30 - 2h environ jusqu'au fond des gorges, au bord de la rivière. -A 15h30, je récupère mon sac à dos et j'embarque dans le bus vers Shangri-La, arrivée prévue vers 19h.

Environ 25 km à faire en 2 jours, cela me parait très bien comme programme!

C'est parti, me voila donc dans le bus qui ramasse du monde dans plusieurs hôtels et guest houses de Lijiang. Au final, je serais accompagné de 6 occidentaux et d'une quinzaine de chinois qui, comme moi, vont faire ce trek réputé magnifique! Pour la météo, c'est pas terrible pour l'instant: il fait gris et il pluviote légèrement au départ de Lijiang...

Quelques kilomètres avant d'arriver à destination, notre bus stoppe et 2 officiels chinois montent afin de récolter l'argent des "permis de trek": 70 yuans (un poil moins de 10 euros). J'avais été prévenu que l'accès aux gorges était payant, soi-disant pour aider à préserver ce site naturel exceptionnel... Après tout pourquoi pas, si c'est pour la bonne cause: les parcs nationaux des USA et du Canada sont bien payants et personne ne s'en offusque... Idem pour la quasi totalité des treks du Népal qui nécessitent un permis payant.

Le bus nous laisse à 10 heures pétantes (quelle exactitude!) à l'endroit convenu et j'en profite pour bien montrer au chauffeur mon sac dans la soute en lui intimant des "my bag, Tina guest house!! OK?? TINA GUEST HOUSE!!" -OK OK, Tina Tina...." me répond-il machinalement... Bon j'espère qu'il connait son job et qu'il n'oubliera pas mon sac dans la soute, parce que mon sac c'est toute ma vie depuis 8 mois!!...

Je commence donc le trek malgré un temps toujours aussi gris et un léger crachin qui s'est invité dans la partie... Je marche depuis un bon kilomètre et je suis toujours une route goudronnée qui monte régulièrement, je commence à me dire que les chinois ont une drôle de conception de ce qu'est un trek... Et ce d'autant plus que le versant de la montagne en face est littéralement défiguré par des dizaines de bulldozers et de camions bennes qui sont en train de creuser pour la construction d'une future usine hydroélectrique. Mais... Je croyais que cette zone était protégée, qu'il fallait la conserver et que c'était pour ça que j'avais payé un droit d'entrée!!!



Bref, les Chinois et la protection de la nature et de leurs paysages, ça fait 2, ils ont l'air de s'en moquer... Tant qu'ils peuvent encaisser de l'argent par tous les moyens possibles, ils ne s'en privent pas... D'ailleurs, ce pays n'a plus de communiste que le nom, le parti unique qui régente la vie politique du pays est le dernier vestige de cette idéologie. Économiquement parlant, dans la pratique, cela fait longtemps que le business est encouragé entre particuliers, entre entreprises et avec les étrangers, tant que cela ne nuit pas au parti. Même si la croissance a ralenti ces dernières années, le peu que j'ai vu du pays lors de ma traversée était une modernisation ultra-rapide des villes, des villages, des infrastructures routières et énergétiques, et cela dans une organisation qui n'a apparemment absolument pas grand chose de collectiviste: business, business et business...

Revenons à mon trek, hourra: la route goudronnée a finalement disparu, je me suis engagé sur un petit sentier qui grimpe dur et la pluie a cessé!

Le chemin monte assez vite dans la forêt et régulièrement dans le brouillard. Mais des coups de vent occasionnels dégagent la vue et je m'aperçois que je prends rapidement de l'altitude et que le fleuve apparaît de plus en plus loin au fond des gorges. Puis le sentier devient relativement plat et avance désormais à flanc de montagne, de superbes vues se dévoilant au gré du vent et du brouillard...

Finalement, j'arrive au village Naxi un peu avant 12h30, mon timing est parfait. Je prends mon repas dans une sympathique auberge où j'ai rejoint un petit groupe déjà attablé tandis que d'autres marcheurs arriveront au fur et à mesure, suivant la vitesse de marche de chacun. Il règne une bonne ambiance entre occidentaux et chinois qui essaient de se comprendre mutuellement, un étudiant chinois et sa copine faisant office de traducteurs pour une vingtaine de personnes! Je reprends la route vers LA difficulté annoncée de la journée: les fameux 28 virages qui mènent au point culminant de cette randonnée.

J'arrive bientôt au pied de ce passage où se trouve une cabane dans laquelle ont élu domicile divers petits vendeurs et vendeuses qui proposent aux marcheurs tout le nécessaire pour affronter les virages: quelques gris-gris, des biscuits, de l'eau, des fruits (frais et secs), des barres de chocolats ou de céréales mais aussi... des cigarettes et plus étonnant encore: de la marijuana!!



Oui ces petits vendeurs proposent des sachets tout prêts d'herbe avec pipes et briquets inclus! Par curiosité, je demande le prix: 80 yuans le sachet (soit 11 euros), ce qui est déjà relativement bas mais face à mon désintérêt, le prix descend rapidement à 50, puis, 40, 30 et finalement 20 yuans (2,80 euros)!!! Visiblement les chinois ne semblent pas se soucier du prix et je comprendrais pourquoi en continuant mon chemin: en fait le cannabis pousse un peu partout par ici à l'état sauvage au bord du sentier entre les fougères et autres ronces, il n'y a qu'à se baisser pour en récolter des brouettes!

Bref, je continue tranquillement mon ascension et j'entame les lacets qui constituent les 28 virages. Chose amusante, tous les virages sont numérotés, comme le sont les virages les virages de l'Alpe d'Huez lors du tour de France par exemple. Ça permet de garder le moral au fur et à mesure de la montée en faisant le décompte!

Au final, ce passage tant vanté sera torché en 30 minutes pour ma part, vraiment pas de quoi fouetter un chat! Certes ça monte mais absolument rien de difficile comme j'avais pu le lire à droite à gauche sur le net... En tout cas, il faut reconnaître que la vue est géniale ici: le fleuve Yang Tsé qui pourtant est bien large parait ridiculement petit, bien au fond des gorges, environ 1000 mètres plus bas.



Les gorges du saut du tigre se vantent (ou plutôt les autorités chinoises les vantent) d'être les plus profondes du monde: en effet 2 sommets culminant à 5396 et 5596 mètres d'altitude encadrent les gorges, mais franchement ils sont bien en retrait (et cachés dans les nuages lors de mon passage!), et se baser sur ces 2 montagnes pour affirmer que les gorges ont plus de 3500 mètres de profondeur, c'est un peu capillotracté de mon point de vue...

Je continue de suivre le sentier qui est maintenant en léger faux-plat descendant et bien que les nuages masquent complètement les sommets, je trouve les paysages et l'ambiance très chouettes et agréables, même si les quelques autres randonneurs occidentaux que je croise pestent contre le mauvais temps... Mais je pense qu'il faut prendre ça avec philosophie: c'est la météo, personne n'y peut rien, et il vaut mieux se dire que cela pourrait être pire... En effet, j'aurais pu avoir du brouillard et de la pluie froide, ce n'est pas rare en cette saison...

J'arrive finalement tranquillement à la "Half way guest house" où je prends un lit en dortoir (toujours l'option la plus économique!), mais ils ont aussi des chambres avec salle de bain communes ou privées, au choix. Cette guest house est un bon choix pour passer la nuit, je l'ai trouvée assez confortable même si les douches sont un peu rustiques (mais j'ai vu bien pire en Inde et au Népal!), le restaurant sert des bons plats revigorants, et cerise sur le gâteau, j'ai même pu réserver d'ici mon ticket de bus pour le lendemain vers Sangri-La, pas besoin d'attendre d'être arrivé à la fin de la randonnée!

Lundi 13 Juin

Je traîne un petit peu dans mon lit douillet ce matin, car il pleut et il y a du brouillard, cela ne m'incite pas à partir tôt...

Finalement la pluie cesse vers 8h30 et je reprends ma route un peu après 9h.

Le sentier continue à plat en suivant les flancs de la montagne, et j'ai droit au même type de temps qu'hier: une forte couverture nuageuse masque tous les sommets... Dommage... La marche est vraiment facile, et le sentier passe par des passages étroits spectaculaires au bord de plusieurs centaines de mètres de vide pour un passage large de moins de 2 mètres par endroits!



D'autres fois, pour varier un peu les plaisirs (et pour me mouiller un peu aussi!), le sentier décide de traverser une immense chute d'eau qui dégringole depuis un point invisible dans les nuages et qui descend jusqu'au fleuve, tout en bas! Impressionnant!



Puis, un peu après cette fameuse chute, le chemin commence la descente de manière plus prononcée, jusqu'à arriver à la route goudronnée et la fameuse "Tina Guest house". Le grondement du fleuve que j'ai commencé à percevoir durant la descente fait maintenant office de bruit de fond même s'il est situé environ 150 mètres plus bas que la route à cet endroit.

Il est 11h30, je n'aurais mis que 2h30 depuis la "half way guest house", et encore en marchant pépère et profitant du paysage. En fait il est tout à fait possible de faire cette randonnée complète dans la journée avec un bon rythme de marche, mais franchement, je pense que j'ai choisi la bonne option en prenant mon temps sur 2 jours.

La première chose que je fais est de demander à la réception où sont stockés les sacs à dos qui sont arrivés par le bus d'hier. Je file voir au second étage que l'on m'a indiqué: il doit bien y avoir une trentaine de sacs entassés dans un coin de la pièce. Je commence la fouille et je tombe rapidement sur mon sac, ouf, il est là, complet et rien ne manque!

C'est donc rassuré que je vais profiter du restaurant avant de tenter la boucle d'une heure et demi qui descend tout au fond des gorges, à quelques mètres du fleuve. Il est midi vingt, mon bus décolle à 15h30, j'ai donc largement le temps.

Cette petite virée a été créée et est entretenu par les habitants du village qui demandent une participation de 10 yuans (1,40 euros) pour aider à l'entretien et à la "sécurisation" des lieux. Franchement, ce n'est vraiment pas volé vu le travail colossal qu'ont du effectuer les locaux pour par exemple creuser ce chemin spectaculaire à même la roche!



Finalement, j'arrive au bord du fleuve sur des rochers plus ou moins sécurisés. Le tumulte de l'eau à 3 ou 4 mètres est vraiment impressionnant, mais le grondement des flots l'est plus encore. Le bruit résonne très fort et est amplifié par l'écho des parois toutes proches, les touristes présents ici sont obligés de parler fort pour s'entendre...



Pour le retour, j'ai le choix entre 2 options: soit reprendre le même chemin qu'à l'aller, soit affronter une longue échelle plus ou moins verticale et branlante pour 10 yuans de plus...



Devinez mon choix?

L'échelle bien entendu!!

Au fur et à mesure de la montée, je me rends compte que la crinoline de protection est bien faible, que les ancrages dans la roche sont vraiment moyens, quand l'échelle n'est pas juste accrochée au tronc de petits arbustes!! Finalement une fois arrivé en haut, je me dis que ce n'était pas si terrible et même plaisant, les vues plongeantes lors de la montée incitant à regarder plutôt en haut qu'en bas!



La dernière partie de la remontée est plus classique et je me retrouve à prendre tranquillement mon bus à 15h30 comme prévu. En fait, il y a un bus qui part vers Shangri-La et 2 autres qui repartent en sens inverse vers Lijiang. Ces horaires sont très pratiques pour tous les randonneurs qui peuvent choisir soit de continuer leur route comme moi, soit de revenir à Lijiang. Le trajet dure près de 3 heures et monte et tourne de manière interminable: Shangri-La est située à 3250 mètres d'altitude et n'est rien de moins que la porte d'entrée du Tibet au Yunnan.

Vers 18h30, le bus me dépose à la gare routière à la nuit tombante. Il me reste environ 1,5 km pour rejoindre mon auberge, distance que je choisi de faire à pied. Arrivé à destination, après avoir pris possession de mon lit et posé mon sac, je me dirige vers le centre qui est très facile à trouver car il est dominé par une colline avec de nombreux temples illuminés en son sommet.



Après mon passage au Népal dans la partie Nord de l'Annapurna, me revoici revenu en terre de bouddhisme Tibétain et ce n'est pas pour me déplaire, bien au contraire!

La journée se termine sur la place principale par une danse traditionnelle qui occupe de nombreux habitants et me met directement dans l'ambiance: après le Yunnan, j'entame maintenant la partie Tibétaine qui va se poursuivre notamment dans le Sichuan, partie de mon voyage que j'attendais depuis longtemps, j'espère qu'elle sera à la hauteur de mes espérances!

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DE Denis007 Regular ·
Mardi 14 Juin

Il a fait un peu frisquet cette nuit mais cela ne m'a pas empêché de dormir comme un loir pour récupérer de l'activité de mes 2 jours précédents.

Je suis debout à 8h du matin, j'ai plusieurs choses à planifier pour ma journée.

Tout d'abord, ma première priorité est de penser à ma lessive, car j'arrive bientôt à court d'affaires propres. En effet, je voyage avec assez peu d'affaires et je suis régulièrement obligé de faire une lessive tous les 6-10 jours environ, parfois plus, parfois moins... C'est un paramètre à prendre en compte dans tous mes déplacements, car une lessive implique en général au moins 2 nuits et une journée complète au même endroit le temps que le linge sèche. Il est parfois possible de trouver des laveries équipées de sèche-linge qui me permettent de faire une lessive et de récupérer mes affaires dans la même journée, mais la plupart du temps jusqu'à présent, mon linge a séché sur des cordes!

Petit aparté, pour mon voyage, j'ai dans mon sac à dos: -1 paire de jeans que je n'ai quasiment jamais porté, parfois je me demande bien pourquoi je la trimbale... -une chemise en tissu qui connait le même sort que les jeans c'est à dire jamais portée depuis mon départ il y a 8 mois -2 pantalons/shorts très légers et très pratiques: le pantalon se transforme en short en 20 secondes à l'aide de fermetures éclairs. Je tourne entre les 2 en permanence, j'ai toujours l'un ou l'autre sur moi -4 T-shirts -3 paires de chaussettes -4 slips et caleçons -la doublure de mon anorak que j'ai gardée depuis le Népal car elle a l'avantage d'être légère, chaude et de relativement bien couper le vent. -1 K-way -1 serviette microfibre -ma trousse de toilette -1 chapeau -Pour les pieds, j'alterne entre mes chaussures montantes de randonnée et une paire sandales.

Et c'est tout pour les vêtements!

Pour être vraiment complet, il faut rajouter mon notebook et un grand sac plastique fourre-tout dans lequel j'ai bazardé pêle-mêle des chargeurs électriques divers, un adaptateur universel pour prises électriques, des stylos, un carnet dans lequel je note des tas de trucs utiles ou inutiles, 2 briquets (dont un qui ne marche plus), 1 jeu de cartes et un jeu de 5 dés (pour pouvoir jouer au "killer" y'a pas mieux comme jeu lorsqu'on s'ennuie entre voyageurs dans une auberge), une corde à linge avec ses pinces, un couteau multifonctions spécial "aventurier de la jungle" que je n'ai quasiment pas utilisé jusqu'à présent (j'en avais 2 à l'origine, mais des agents de sécurité tatillons m'en ont confisqué un à l'aéroport de Bangkok sous le prétexte fallacieux que cela ne me servirait à rien en cabine), 1 rouleau de PQ (trèèèès important, c'est la première richesse du voyageur au long cours!!), une lampe torche frontale (trèèèès importante aussi la lampe!!), des piles de rechange en pagaille pour la lampe (il doit y en avoir des usées dans le tas...), un kit de couture avec aiguilles fil et boutons de rechange que je n'ai toujours pas utilisé une seule fois, même à l'heure où j'écris ces lignes après 19 mois de voyage, 1 pack de lingettes humides pour bébé, une bourse contenant la monnaie qui me reste à la sortie de chaque pays et qui me fera un souvenir (mais qui commence de plus en plus à peser son poids...), une liasse de billets de ces mêmes précédents pays visités entourés par un élastique, mon guide de la Chine du Lonely Planet qui doit bien peser son kilogramme avec ses 1051 pages(!), 2 livres de poche d'occasion et qui attendent d'être à nouveau échangés dans la prochaine librairie que je trouverai sur ma route, un oreiller appuie-tête gonflable pour les long voyages en bus mais qui ne me sert plus car il est percé (il faudra que je pense à le jeter et à en racheter un autre), des boules quiès très utiles dans ces mêmes voyages en bus lorsque le chauffeur Thaïlandais est persuadé que tout le monde veut regarder son film de kung-fu avec le volume à fond à 1h du matin, une paire de lunettes de soleil, un répulsif anti-moustiques, 2 petits cadenas à code, 1 clef USB...

Bref, le sac d'un voyageur au long cours peut être un sacré capharnaüm!...

Fin de l'aparté!

Donc je disais que je dispose d'assez peu de vêtements et que je dois très régulièrement faire la lessive comme ce matin. Le réceptionniste m'indique la machine à laver qui marche avec des pièces de 1 yuan, mais petit problème elle refuse de démarrer... Qu'à cela ne tienne, la solution est simple: il faut juste mettre une grosse charge sur le couvercle à cause apparemment d'un capteur de porte défectueux.... En l’occurrence, le rôle de cette fameuse grosse charge sera assuré par 2 briques, on fait avec ce qu'on a sous la main!

Les 2 jeunes réceptionnistes parlant un anglais correct, j'en profite pour leur demander des renseignements pour la suite de mon voyage. J'ai l'intention de traverser l'Ouest de la province du Sichuan depuis Shangri-La jusqu'à Chengdu en passant par Litang et Kangding, mais je n'ai trouvé que très peu d'informations sur internet, quant au Lonely planet, il ne consacre qu'une seule demi-page très vague à ce long trajet... Mes 2 interlocuteurs ne connaissent pas cette région, la seule information utile qu'ils me donnent est qu'il y a un bus quotidien qui part tous les matins vers Daocheng, et que je peux acheter un ticket à la gare routière pour le lendemain. A leur connaissance, ce bus est le seul moyen d'aller dans le Sichuan depuis Shangri-La.

OK c'est déjà un début d'itinéraire. Je n'ai donc pas le choix, je dois prendre ce bus et j'aviserai ensuite une fois arrivé à Daocheng.

Après avoir étendu mon linge, me voici donc en route vers la gare routière où je suis arrivé la veille. Au guichet, personne ne parle anglais, mais j'arrive à bien gérer la chose avec mon petit phrasebook et je suis tout content de moi d'avoir acheté mon billet sans un seul mot d'anglais! Quoique en y regardant de plus près, il y a comme un hic: les seules choses qui ne sont pas écrites en Chinois sont un horaire (8h) et une date: le 16-06-2016. Ça ne va pas du tout, ce billet est pour après-demain, et moi je veux partir demain! Bref, retour à la case guichet, nouvelles explication et cette fois je prends un calendrier qui était accroché au mur en montrant bien la date de demain. Visiblement, mes interlocutrices ont fini par comprendre mais je sens qu'il y a un souci, j'ai l'impression que les tickets ne sont pas échangeables ou remboursables... Ou alors il n'y a pas de place pour demain, mais la seule chose que je comprend, c'est qu'il y a un problème, car les guichetières essaient de m'expliquer quelque chose en me montrant mon ticket, en m'indiquant la date du 15 et celle du 16 en faisant une mine désolée et en me rendant mon ticket...

Finalement, le responsable arrive et se fait expliquer la situation. J'essaie de lui faire comprendre que je ne veux pas partir le 16 mais le 15 et il finit par me rendre mes 107 yuans (env 15 euros) et s'en va...

Mais je n'ai toujours pas de ticket pour demain!!!!

Je ne bouge pas du guichet et retente une nouvelle explication, qui entraîne des discussions sans fin entre le responsable et ses 2 guichetières... Je commence à me demander si je vais arriver à partir d'ici quand la première préposée me fait alors signe de la suivre à un autre guichet, puis m'imprime mon billet, à la bonne date cette fois ci!!

Ouf!! Cet achat de billet sera le plus compliqué auquel j'aurais du faire face en Chine, près d'une heure de palabres et négociations!!! Mais j'ai enfin mon sésame entre les mains! Enfin j'espère que ce ticket est bon....

Il est presque 11h, il est grand temps de visiter un peu le coin et notamment le monastère du Ganden Sumtseling, situé à quelques kilomètres de la ville. Et là, tout est beaucoup plus facile: il y a des navettes régulières qui font la liaison entre la ville et le monastère, et elles sont très bien indiquées, aucun souci pour acheter le billet!

Le bus me dépose ainsi que d'autres touristes à l'entrée du monastère, monastère que je trouve franchement magnifique!

Le site est isolé au bord d'un petit lac et entouré de montagnes verdoyantes. Il y a le monastère à proprement parler et les nombreuses maisons où logent les 300 moines ainsi que tout le personnel nécessaire au fonctionnement de l'endroit. 300 moines, c'est le nombre que m'ont annoncé les tenanciers de mon auberge, mais je n'en verrai que très peu, je n'ai pas eu l'impression qu'il y en avait autant.

Mais qu'importe, j'ai adoré me promener et vagabonder au sein des différents bâtiments, entourés de chortens et de drapeaux de prière flottant au vent... On peut faire le tour du lac afin de profiter de différents points de vue, ce dont je ne me prive pas! Et comme les chinois font bien les choses pour leurs très nombreux touristes qui visitent les lieux, il y a régulièrement tout autour du lac le long du parcours fléché des panneaux avec des petits appareils photos dessinés pour indiquer les meilleurs endroits pour faire des photos! Je trouve cette "prise en main" des touristes amusante: "Tu vas d'abord là, ensuite tu suis la flèche et tu prends une photo ici. Puis tu continues à droite et tu prends une photo des canards, puis un peu plus loin toujours en suivant les flèches tu as une belle opportunité de prendre les montagnes en photo..."

Bref, c'est typiquement chinois...







Je passe finalement une bonne partie de la journée à flâner dans cet envoûtant monastère avant de réaliser qu'il serait temps que je rentre en ville car l'heure avance vite.

Je finirai la journée à me promener sans but précis dans les ruelles de la vieille ville et dans les temples qui dominent cette même vieille ville qui sont eux aussi très agréables. Ce que je prenais pour une grande tour dorée est en fait un moulin à prière, le plus grand du monde d'après les explications fournies par le LP, il ne faut rien de moins que 8 personnes pour arriver à le faire tourner!





La ballade dans le centre ancien est sympathique mais sans plus. En effet, toute cette partie de la ville a brûlé en 2014, et la reconstruction est en train de s'achever. De plus, de nombreux commerces ont porte close ou sont tout simplement vides car à priori pas encore attribués. Contrairement à ce à quoi je m'attendais il n'y a franchement pas beaucoup de touristes, ça me change de Lijiang, et ce n'est vraiment pas plus mal! Et ceci même si le véritable nom de la ville est Zhongdian et non pas Shangri-La. La ville a été renommée ainsi en 2001 pour attirer ces fameux touristes. Sacrés chinois, prêts à débaptiser une ville pour faire un peu de pognon....



Comment finir cette première journée de fort bonne manière?

Rien de plus simple: je cherche un restaurant aux spécialités tibétaines (et ils ne manquent pas!) et je me régale de momos, ces raviolis bouillis farcis, ici avec de la viande de Yak. Les derniers que j'avais mangés dans un restaurant tibétain de Goa en Inde n'étaient pas terribles et ne faisaient pas honneur à la gastronomie tibétaine. Mais cette fois-ci aucun doute, ils sont aussi bons que ceux que j'avais dégusté à Katmandou ou dans les villages de l'Annapurna!

Mercredi 15 Juin

Il est 7h30 et je viens d'arriver à la gare routière, mon bus partant à 8h, j'ai le temps d'acheter un en-cas avant de passer les contrôles. Oui, les contrôles car pour accéder à la zone d'attente, il faut passer son sac et ses bagages aux rayons X. La procédure est identique dans toutes les gares ferroviaires de Chine, mais c'est la première fois (et ce sera la seule) que je vois ce genre de vérifications pour monter dans un bus.

Je montre mon ticket à un agent qui m'indique un bus dans lequel je m'installe après avoir mis mon sac à dos en soute. Au bout de 3 minutes, un jeune couple chinois vient spontanément m'aborder, tout contents de parler à un étranger et de pratiquer leur anglais. Après quelques échanges classiques, ils s'enquièrent de ma destination du jour et s'étonnent lorsque je leur annonce que je vais à Daocheng.

"Ce n'est pas du tout le bus pour Daocheng! -Mais si regardez mon ticket, et j'ai demandé à un agent et même au chauffeur là... -Non non je vous garantis que ce bus ne va pas à Daocheng, je vais parler au chauffeur"

Après 30 secondes de discussion, mes bienfaiteurs reviennent et m'expliquent que le gars que je prenais pour le chauffeur n'est en fait qu'un employé de la gare qui a répondu par l'affirmative à ma question sans en comprendre un traître mot et qui ne sait même pas si ce bus va à Daocheng ou au diable vauvert! Du coup, je ressors mon sac à dos au grand désarroi du bagagiste qui l'avait enfoui au plus profond qu'il le pouvait dans la soute, et grâce à mes nouveaux amis qui interrogent agents et chauffeurs, je me retrouve finalement dans le bon bus, cette fois-ci c'est certain!

Ouf, il faut toujours rester vigilant, et sans ce couple venu taper la discussion, je me demande où j'aurais atterri!

Pour l'instant, je m'assois au fond du bus et je fais la connaissance de Youri (ce n'est pas son vrai prénom, je l'ai oublié, mais il avait une tête à s'appeler Youri, je l’appellerai donc Youri pour les besoins de ce carnet!) qui est Israélien et qui comme moi désire aller à Daocheng. Lui, cela fait la troisième fois qu'il change de bus en 30 minutes et il n'est toujours pas certain d'être dans le bon bus. Je le rassure et une fois rempli, le bus décolle vers notre destination du jour.

12 heures de bus c'est long.

C'est très long.

Surtout quand les deux tiers du trajet se font sur des routes de montagne non goudronnées, cahoteuses à souhait et avec un chauffeur qui appuie vraiment sur le champignon. On est secoués pire que des oranginas!

La route tourne, monte très haut dans les nuages et la pluie, redescend très bas dans des vallées sombres... Parfois, le bus est obligé de faire marche arrière car la route n'est pas assez large pour croiser un camion...

Je comprend maintenant pourquoi cette liaison est très peu empruntée par les voyageurs, elle est absolument horrible! C'est sans conteste le pire trajet en bus que j'ai effectué depuis mon départ, et pourtant j'ai le souvenir de certaines liaisons en Inde et au Népal qui avaient mis la barre assez haute! Nous avons droit à des pause-pipi toutes les 2 heures environ et à un break pour le déjeuner avec plat unique pour tout le monde: un bol de riz et du porc cuisiné avec des aubergines et des poivrons. C'est copieux et finalement pas mauvais, mais il y a toujours ces fichues baguettes...



Le trajet est très ennuyeux, Youri étant d'un naturel assez taciturne et répondant de manière fermée à toutes mes tentatives de conversation... Les paysages traversés sont spectaculaires, mais impossible de prendre une photo potable tant le bus remue dans tous les sens...

Vers 16h, nous avons enfin retrouvé une route goudronnée lorsque le bus s'arrête à la traversée d'une petite localité: il s'agit d'un barrage de police. 2 militaires montent alors et chacun s'occupant d'une rangée, ils entreprennent de vérifier consciencieusement les documents d'identité de tous les voyageurs. Nous tendons nos passeports avec Youri lorsqu'arrive notre tour, mais les 2 agents ne les regardent même pas et se contentent de les emporter avec eux... Puis un 3ème officiel monte dans le bus et annonce (ou plutôt crie) quelque chose en chinois et tout le monde se lève, emporte ses effets personnels et descend. Le chauffeur ouvre alors les soutes et tous les bagages sont sortis: c'est une fouille en règle. Chacun attend avec ses affaires le passage des policiers qui se contentent d'une inspection sommaire d'une vingtaine de secondes par bagage.

Finalement tout se passe sans encombres et alors que tout le monde est remonté dans le bus, nous faisons comprendre au chauffeur que nous attendons toujours nos passeports avec Youri. Il faudra encore attendre 10 minutes supplémentaires avant qu'un policier ne ressorte du commissariat avec nos passeports et nous les rende: visiblement les vérifications de nos visas ont été minutieuses...

Il est plus de 20h lorsque nous arrivons enfin à destination.

Je demande à Youri si il connait un endroit où passer la nuit, mais je me rends compte qu'il est arrivé les mains dans les poches. Heureusement que j'ai pris soin la veille de repérer 2-3 hébergements à bas prix sur booking et que je les avais mémorisés sur MAPS.ME!

Le premier hôtel auquel nous nous rendons nous propose des chambres basiques certes peu chères (70 yuans soit environ 9,80 euros) mais dont les murs suintent l'humidité. Un simple coup d’œil avec Youri me permet de refuser poliment et d'aller tenter notre chance à l'auberge suivante. Daocheng est une petite bourgade qui se parcourt facilement à pied même si il commence maintenant à pleuvoir. La deuxième visite est la bonne, nous prenons possession de nos lits très confortables dans un dortoir situé au premier étage d'une grande maison (la "Drolma's guest house") pour 30 yuans (environ 4,20 euros). Notre hôte est un vieux monsieur tibétain charmant qui ne parle pas un mot d'anglais au contraire de ses 2 fils qui ont quelques notions basiques de la langue de Shakespeare. Ils nous indiquent ainsi un restaurant pas trop cher pour ce soir et nous apprennent que les bus pour Litang, notre destination commune du lendemain, partent soit à 7 heures du matin, soit à midi. Mais il y a aussi la possibilité de prendre des taxis collectifs à toute heure de la journée, taxis qui partent une fois pleins.

Je pars donc au restaurant indiqué avec Youri. Mais Youri étant végétarien, il préfère se mettre à la recherche d'un autre endroit où manger après avoir vu les menus à base de poulet et de porc. Cependant, ce sera sans moi, car je suis fatigué et je n'ai pas envie de courir les rues sous la pluie.

Nous nous retrouvons le soir à l'auberge et commençons à discuter de la journée du lendemain. Il me fait part de son intention de prendre le bus de 7h. Ce n'est pas vraiment dans mes plans, je suis fatigué par cette longue journée et demain matin, il est fort probable qu'à 7 heures je sois encore en train de dormir.

Pour ce soir, je suis invité par la très gentille famille à prendre un thé devant un grand écran LCD flambant neuf qui fait la fierté du maître de maison: en effet lui et ses fils sont des grands fans de foot et ce soir il y a un match de l'EURO 2016 en direct: Russie-Slovaquie pas question de manquer ça!

Jeudi 16 Juin

Comme prévu, Youri s'est levé à 6h15 pour prendre le bus, et comme prévu je suis resté au lit jusqu'à 8h30. Franchement, ce lit vraiment est trop confortable et je suis bien au chaud sous les tonnes de couvertures!

C'est finalement vers 9h30 que je me retrouve sur la rue principale avec mon sac à dos. Le temps est bien meilleur que la veille et de larges morceaux de ciel bleu s'invitent au milieu des nuages blancs. Je suis très rapidement abordé par les chauffeurs de taxis collectifs qui m'ont repéré de loin. Ils me demandent tous 100 yuans (14 euros) pour me conduire jusqu'à Litang. Trouvant la somme un peu élevée pour faire les 150 km qui me séparent de ma destination, je tente l'auto-stop. Si ça ne marche pas, j'aurais toujours la solution du bus ou des taxis.

Cool, la première voiture qui passe au bout de 30 secondes s'arrête!

"Litang? demandai-je au chauffeur à travers sa vitre baissée -OK OK Litang me répond-il tout en sortant son téléphone et en pianotant..."

Et là il me montre son écran avec le chiffre 70 affiché en gros. OK il veut une participation aux frais, je ne m'y attendais pas. Voyant que je fais la moue et que je réfléchis, il n'hésite pas à poser son téléphone, à embrayer et à s'en aller!

Dans certaines régions du monde, notamment celles où les transports publics sont peu développés, il est courant que les chauffeurs demandent une participation aux personnes qu'ils embarquent avec eux, que ce soit des touristes étrangers ou des locaux. Visiblement, ça marche comme ça ici, je le saurais!

Je n'ai pas à attendre plus de 2 minutes pour qu'une deuxième voiture s'arrête. Cette fois-ci, c'est 50 yuans (7 euros) que le conducteur me demande. J'accepte cette proposition et me voilà parti à l'arrière d'une voiture dont les 2 occupants à l'avant passent leur temps à fumer cigarette sur cigarette et à parler très fort. Bon sang, Ils sont à coté l'un de l'autre, quel besoin ont-ils de parler si fort?! En fait, c'est une autre manie chinoise que j'avais déjà constatée depuis mon arrivée: les gens parlent fort, voire très fort. Que ce soit dans la rue, au restaurant ou au téléphone, beaucoup d'entre eux ne peuvent pas s'empêcher de presque crier pour communiquer...

La route est toute neuve, le revêtement est impeccable, c'est un vrai circuit et nous avançons à très bonne allure, mon chauffeur flirtant régulièrement avec les 120 km/h.

Tout le long du trajet, je ne peux pas m'empêcher d'admirer les nombreux chortens, les drapeaux de prière ou les gigantesques mantras dessinés à même les flancs des montagnes et qui sont ainsi lisibles de très loin. Nous traversons aussi de longs passages spectaculaires et infinis sans âme qui vive, ou alors de temps en temps quelques yaks ou quelques chevaux... C'est le Kham tibétain dans toute son immensité...





Nous arrivons finalement à Litang vers 11h30, c'est parfait, je vais d'abord me mettre à la recherche d'un lit pour ce soir, ensuite j'irai manger un morceau avant de consacrer l'après midi à la visite de la ville.

Hier, j'ai repéré 2 hôtels dans mes prix sur booking, je me dirige donc vers le premier des 2, celui qui avait le plus de commentaires positifs, même si je dois marcher 600 mètres alors que le deuxième est quasiment en face de l'arrêt des bus où mon chauffeur m'a laissé. Je le trouve sans difficultés sauf que voilà, une fois passée la porte d'entrée, une odeur écœurante m'accueille. Bon sang, les toilettes sont bouchées et ont débordé, c'est pas possible autrement!... Ou alors il y a un ou deux chiens crevés dans un coin... Ou les 2 à la fois... Bref, je fais rapidement demi-tour au grand désarroi du réceptionniste qui n'a même pas cherché à me retenir... Au final, je retourne sur mes pas et je me retrouve dans le premier hôtel que j'avais zappé un peu plus tôt, ou comment faire un kilomètre pour rien. L’hôtel n'est franchement pas terrible mais il a l'avantage d'être à 100m de la gare routière et d'avoir des dortoirs disponibles pour 40 yuans (5,60 euros). De plus, le patron parle quelques mots d'anglais, ce qui n'est pas désagréable!

Surprise, je retrouve Youri dans le dortoir! Il m'explique qu'il ne s'est pas embêté et qu'il a pris l’hôtel que tout le monde lui indiquait à sa descente de bus. Pour cet après-midi, il a une idée en tête: il veut absolument voir le rite funéraire bouddhiste qui consiste à abandonner le corps du défunt en pleine nature aux vautours et aux charognards. Franchement ça ne me tente pas du tout. Je ne comprends pas. Cette cérémonie, c'est quand même un rite funéraire privé et je ne me vois vraiment pas essayer de m'y incruster. Que dirait-on chez nous si des touristes chinois arrivaient appareil photo en bandoulière et venaient mitrailler de photos un enterrement? Mais lui ça ne le gêne pas plus que ça, il est au contraire très enthousiaste à cette idée...

Bref, c'est sans regrets que je le laisse à nouveau et que je m'en vais visiter la ville.

Située à 4014m d'altitude, La petite ville de Litang est constituée de 2 parties différentes: La ville nouvelle chinoise le long de la grande avenue principale et la vieille ville tibétaine au Nord.

La première chose qui me frappe sont les habitants: des tibétains au visage buriné par le soleil au look de cow-boys sous leurs grands chapeaux et trônant sur leurs motos. La principale avenue est très large et relativement déserte, les lieux donnent un peu l'impression d'un far-west à la sauce sino-tibétaine...



Au bout de l'avenue se trouve un grand chorten blanc: le Chorten Karpo.



Je me fait une place au sein du flot des pèlerins qui font inlassablement avec ferveur le tour du monument (à gauche!!) en actionnant les moulins à prière sur lesquels est gravé le célèbre mantra "Om Mani Padmé Hum". Certains actionnent les principaux moulins de la main droite et font également tourner un petit moulin individuel avec leur main gauche.



Je me dirige ensuite vers la vieille ville tibétaine composée de nombreuses maisons typiques, mais une d'entre elles se détache nettement: la maison natale du 7ème Dalai Lama.



Dire que cet endroit est très vénéré constitue un doux euphémisme. En passant la porte d'entrée, je constate que hormis l'arrivée de l'électricité, rien n'a du changer ici depuis 1708, date de naissance de Kelsang Gyatso qui deviendra le 7ème Dalai Lama. Ce lieu exigu respire l'ancienneté et la poussière, des peintures et de nombreux mantras couvrent les murs et l'emplacement exact où le Saint homme est venu au monde fait l'objet d'une dévotion sans pareille...







Alors que je ressors de la pièce sacrée vers la cour intérieure, un moine souriant me fait signe d'approcher et de le suivre vers l'arrière de la maison. Un peu intrigué, je m'exécute en voyant qu'il insiste avec un très large sourire...

Il me fait pénétrer dans une salle recluse à travers une porte si petite que même lui est obligé de se baisser pour rentrer. Je me retrouve dans une salle entièrement fermée dont j'estime les dimensions à environ 6m x 6m, éclairée par 2 ampoules électriques et des dizaines de bougies. 3 moines sont assis au centre et me regardent avec un sourire bienveillant. Mais ce qui me frappe le plus, ce sont tous les portraits et photos du Dalai Lama (l'actuel cette fois!) qui ornent les murs! Cela va du grand poster au petit médaillon tous entourés de bougies, de drapeaux de prière et de mantras... Toutes les photos représentent le Dalai Lama souriant, les moines sont eux aussi souriants, il règne ici une ambiance de grande sérénité... Les moines ne prononcent pas un mot, ils se contentent de me regarder et de sourire...

Je ne m'attendais pas à trouver ce genre d'endroit. Surtout ici. Les représentations et photos du Dalai Lama sont strictement interdites en Chine, et plus encore au Tibet!! Cette maison voit passer des centaines de fidèles par jour, la porte d'entrée si elle est un peu en retrait n'est en aucun cas masquée et les moines n'ont pas hésité une seconde à révéler son emplacement à un touriste occidental comme moi. Il est absolument impossible que la police chinoise locale ne soit pas au courant de l'existence de cette pièce. Tant que les tibétains ne font pas de grabuge, ils doivent fermer les yeux. Enfin c'est ce que je pense. Je ne saurais jamais, mais les moines ainsi que les 2 autres tibétains qui viennent de rentrer dans la pièce n'ont pas du tout l'air inquiets et ne font rien de particulier pour se cacher, bien au contraire...

Après cette visite émouvante, je continue ma route vers le monastère, sur les hauteurs au Nord de la ville.

Le monastère de Litang a une histoire récente tragique.

En 1949, Mao gagne finalement le conflit qui l'opposait à Tchang Kai Tchek et peut commencer à imposer le communisme à toute la Chine, Tibet y compris. Mais les tibétains refusent cette idéologie venue de Pékin et les problèmes augmentent régulièrement au cours des années 50. En 1956, les habitants de Litang se soulèvent, mais la rébellion est durement réprimée par l'armée chinoise. Les habitants se réfugient alors au monastère sous la protection des moines qui refusent de se rendre malgré les injonctions des militaires qui entament alors un siège très dur. Devant cette résistance inattendue, l'armée fait alors pilonner le monastère à coups de mortier, mais les moines et habitants tiennent toujours. Il faudra plusieurs raids aériens qui firent des dizaines de victimes pour venir à bout de cette poche de résistance, mais le début de l'insurrection était lancé et allait se propager à travers tout le Tibet jusqu'à la fuite du Dalai Lama en 1959...

Le monastère actuel qui me fait face n'a plus grand chose à voir avec celui d'origine. Il a été reconstruit il y a une vingtaine d'années et est en travaux, ce qui fait que je ne peux y pénétrer. Du reste, je ne vois que peu de moines. Je dois néanmoins reconnaître que le nouveau monastère s'intègre bien au paysage avec son mur d'enceinte et ses 108 chortens.

Je poursuis mon chemin vers un autre grand chorten isolé couvert de milliers de drapeaux de prière qui domine la ville. Des yaks broutent paisiblement. L'atmosphère respire la tranquillité et la sérénité. Des enfants accourent vers moi en me criant des "MONEY MONEY MONEY !!!..." Ils n'insistent pas devant mon refus et repartent jouer ailleurs en me laissant à nouveau seul. Je reste encore une bonne heure ici à ne rien faire, juste à profiter du lieu, à profiter du calme de l'endroit, à me dire que j'ai finalement beaucoup de chance de pouvoir voyager ainsi... Je repense à tous les récits d'Alexandra David-Neel que j'ai dévorés plusieurs fois chacun et je me promets intérieurement de tous les relire à nouveau dès mon retour en France... La luminosité diminue progressivement au fur et à mesure que le Soleil descend vers l'horizon, et, conseillé par une baisse sensible des températures, je constate qu'il est temps de rentrer.









Arrivé à l'hôtel, je retrouve Youri qui me demande comment s'est passée ma journée. Je lui raconte brièvement puis lui pose la même question à mon tour: A t'il finalement réussi à voir la fameuse cérémonie bouddhiste de l'offrande du corps des morts à la nature?

"Oui! me répond il enthousiaste. Les gens m'ont finalement bien accueilli après avoir été un peu surpris de me voir, et ils m'ont même laissé prendre quelques photos, c'était vraiment très impressionnant, tu veux voir?"

Non...

Merci...

Sans façons...
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JO Jojoone1 Globetrotter ·
Salut,

Comte tenu du nombre de fois où j'ai été mort de rire, si tu ne remportes pas le prix du meilleur carnet de voyage de l'année c'est que quelqu'un aura soudoyé le jury !
« Tout le monde s'interroge sur comment laisser une meilleure planète à nos enfants, mais on devrait plutôt penser à laisser de meilleurs enfants pour notre planète. » Clint Eastwood
SO Solene40 Globetrotter ·
Ah oui bien d'accord avec Jojoone, je me régale 😄. Et je comprends que tu ne te rappelles plus du prénom de "Youri" parce que des compagnons de voyage comme ça, on les oublie facilement 😉 A bientôt pour la suite
Le monde est comme un miroir, si tu lui souris, il te sourit aussi!
DE Denis007 Regular ·
Vendredi 17 Juin

Ce matin, départ pour Tagong, qui est à priori un joli village dont les rares descriptions que j'ai lues sur le net font l'éloge.

Hier soir, nous avons profité avec Youri du fait que le patron de l'hôtel parlait quelques mots d'anglais pour avoir des précisions sur les horaires des bus et nous savons donc qu'il n'existe pas de bus qui relie directement Litang à Tagong: il faut prendre un bus pour Kangding (il y en a un toutes les heures à partir de 6h et jusqu'à 10h) et se faire déposer à QinduXao. De là, la seule solution sera de prendre un taxi collectif vers Tagong.

"Mais hier tu m'as dit que tu étais arrivé en stop? me demande Youri -Oui, mais les chauffeurs attendent une participation au frais, et au final, ça revient aussi cher sinon plus que le bus. -Moi si je fais du stop, c'est pour voyager gratis, c'est pour faire "marcher l'entraide", je vois pas l'intérêt de payer, sinon autant prendre le bus comme tu dis! Il y a l'air d'avoir un peu de circulation sur cette route, je vais essayer en stop, mais sans payer un centime, tu crois que c'est faisable? -Ecoute, tu fais comme tu veux, moi je te raconte juste mon expérience d'hier et mon ressenti... Après bonne chance à toi et tant mieux pour toi si tu y arrives!..."

C'est sur ces paroles que nous nous séparons à la sortie de l'hôtel vers 8h du matin: je me dirige vers la gare routière à 100m tandis que Youri choisit d'aller à la sortie de la ville sur la route principale qui mène à Kangding.

J'achète mon billet pour le bus de 9h, le timing est parfait! J'ai quelques difficultés à faire comprendre au chauffeur que je veux m'arrêter à QinduXao, mais après avoir montré le nom de la ville en chinois sur mon smartphone, il s'écrie immédiatement: "Aaaahhhh Tchindudjao, OK OK..." Oui, car moi j'avais prononcé à l'occidentale "Kindugzao", en oubliant qu'en transcription pinyin, le "Q" se prononce "tch", et pourtant je connaissais la bonne prononciation car le patron de l'hôtel me l'avait encore donnée le matin même... Et encore, c'est sans compter les intonations de la langue chinoise qui sont au nombre de quatre: plate, strictement montante, descendante puis montante, strictement descendante. Un même mot peut donc avoir 4 sens différents suivant la manière dont on le prononce! Et pour corser un peu le tout, il faut rajouter les accents des différentes régions de Chine! Bref, essayer de parler chinois c'est déroutant pour un petit français comme moi, même si Stéphanie m'avait indiqué qu'on se faisait assez vite à ce système lorsqu'on étudiait le Chinois, et qu'une fois les principaux idéogrammes assimilés, cette langue n'était pas spécialement plus compliquée qu'une autre à apprendre....

Pour l'heure, me voici tranquillement embarqué dans mon bus en direction de Kangding.

A la sortie de la ville, j'aperçois Youri au bord de la route avec son sac à dos: visiblement il n'a pas beaucoup avancé dans sa quête de transport gratuit, cela doit faire une bonne heure qu'il est là, nous nous sommes quittés à 8h et il est 9h15... Je n'ai pas vraiment accroché avec Youri, ce n'était pas le style de compagnon de voyage que j'apprécie et en le voyant espérer un hypothétique lift gratuit (juste pour éviter de payer les 60 yuans -8,40 euros- du bus), je ne peux pas m'empêcher d'avoir une pensée mesquine et moqueuse du style Nelson Muntz (personnage de la série "Les Simpsons") et son fameux "HA HA!"...

Oui, je sais c'est mal de se moquer...

Le peu d'informations que j'avais trouvées sur le net concernant le trajet entre Litang et Tagong parlaient d'une route difficile, en mauvais état et avec de nombreux travaux. Et bien ce n'est plus du tout le cas! Les travaux sont terminés, la route est entièrement neuve, le revêtement enrobé est vraiment excellent et le bus file bon train. Malgré le ciel gris, les paysages traversés sont grandioses, des montagnes à perte de vue, mais très peu de végétation, beaucoup de vastes prairies avec une herbe rase, quand ce ne sont pas des champs de pierres qui nous accompagnent lors des passages en altitude. Car ça monte haut et ça descend bas, jugez plutôt: départ de Litang à 4014m d'altitude, passage d'un col à 4718m, puis d'un second à 4659m avant de descendre sur la ville de Yajiang à 2700m. Nouvelle forte remontée à 4412m avant de redescendre à QinduXiao à 3350m où me laisse enfin mon bus. Mon parcours du jour se finira ensuite à Tagong, à 3780m d'altitude.

Le bus me dépose en fait au bord de la route et j'ai moins d'un kilomètre à faire à pied pour rejoindre le village facilement visible depuis cette même route.

Je ne suis pas encore arrivé dans la rue principale de QinduXao que déjà 3 chauffeurs de taxis collectifs m'ont mis le grappin dessus. Dès qu'ils ont eu connaissance de ma destination, un a laissé tombé et 2 autres sont arrivés, et c'est à celui qui me proposera le meilleur prix: les premières offres commencent à 60 yuans (8,40 euros). C'est trop pour faire les 32 km qui me séparent désormais de Tagong. Il me suffit alors de continuer à marcher et de feindre le désintérêt pour que les montants chutent petit à petit: 50, 40, 30 et finalement 25 yuans (3,10 euros). A ce prix là, il n'y a plus qu'un seul chauffeur, les autres ayant lâché prise. Je montre alors au gagnant un billet de 20 et un autre de 5 yuans pour confirmer le chiffre écrit sur son smartphone, et il me fait signe de le suivre jusqu’à sa voiture, un carrosse de marque chinoise de la taille d'une FIAT panda, dont le siège avant est déjà occupée par une très vieille dame qui attend le départ. Je m'assois à l'arrière avec mon sac pendant que mon chauffeur se met en quête d'un autre passager, puis d'un troisième! On se retrouve vraiment serrés comme des sardines à l'arrière avec nos bagages (ce n'est pas la ridicule capacité du coffre qui nous aidera), mais c'est le jeu, il est compréhensible que le propriétaire de la voiture essaie de rentabiliser au maximum son trajet!

Tout le long de la route jusqu'à Tangong, ce ne sont que chortens, peintures, drapeaux de prières et immenses mantras en lettres tibétaines blanches sur les flancs des montagnes qui nous accompagnent.



C'est finalement un peu avant 15h que mon taxi me laisse sur la place de Tangong, en face du monastère. J'ai à peine eu le temps de payer le conducteur et de sortir mon sac de la voiture que je suis apostrophé par un petit bout de femme tibétaine qui ne sait dire que des "hôtel, hôtel hôtel!!!" avec un grand sourire et en me faisant signe de la suivre.

Jay Drolma (puisque c'est son nom) m'emmène jusque dans sa maison 2 ruelles en retrait de la place: la "Jay Drolma Guest House". De toutes façons, il m'aurait été difficile de la manquer car les seuls panneaux écrits en anglais sur la place sont les siens et ils dirigent vers sa maison! Je pense que j'ai du hésiter 1/10ème de seconde lorsque j'ai vu le dortoir qu'elle m'a proposé: une pièce absolument magnifique entièrement décorée en style Tibétain:



Franchement, pour 30 yuans (4,20 euros) la nuit, difficile, voire impossible de refuser!

Puis Jay Drolma me fait redescendre et me conduit dans la cuisine/salle à manger/salon où un grand poêle trône en son centre et diffuse une douce chaleur. Pourtant la surprise ne vient pas de ce poêle, mais des personnes autour: Youri est là et discute avec 2 jeunes filles blondes en buvant un thé!!

Mais comment a-t'il fait pour arriver avant moi?? Je l'ai vu attendre au bord de la route à la sortie de Litang!

"Hello Youri!

pas de réponse...

Youri est plongé dans sa conversation avec ses acolytes qui elles non plus ne m'ont même pas remarqué...

-HELLO YOURI! -Oh, hello! me répond-il enfin en tournant la tête et en s'apercevant de ma présence. -Comment as tu fait pour arriver si vite? Ça a marché le stop? -Oui Nickel, j'ai un peu attendu au début, puis j'ai eu la chance d'être pris par une femme dans sa voiture, elle allait directement ici, on n'a vraiment pas mis longtemps, et elle ne m'a rien demandé en paiement. C'était super cool de sa part!"

A cet instant, je me remémore la fameuse image de Nelson, mais cette fois-ci, c'est moi que Nelson pointe du doigt en poussant son ironique "HA HA!"...

"Et sinon, tu as pu faire un peu le tour, y'a des trucs sympas à voir ou à faire dans le coin?..."

Toujours aucune réponse et pour cause: Youri s'est immédiatement replongé dans sa conversation animée avec les 2 damoiselles. Comme lui elles sont Israéliennes et ils commentent fortement en hébreu un guide de voyage sur la Chine appartenant surement à l'une des 2 car il est aussi écrit en hébreu. Je suis totalement transparent à leurs yeux... J'ai l'impression d'être un vrai fantôme...

Je tente une nouvelle question, mais c'est peine perdue...

Je les laisse donc discuter entre eux et m'en vais explorer le village et les alentours.

Le monastère est fermé et je ne peux donc pas le visiter cet après midi. J'aperçois quand même les dizaines de chortens blancs à l'intérieur de l'enceinte, enceinte qui est constituée de très nombreux moulins à prière.



Je continue ma promenade vers une butte qui domine le village et où se dresse un grand chorten blanc. Arrivé au sommet, c'est sans aucun conteste le plus beau panorama que j'aurais vu en Chine qui se dévoile alors à mes yeux.

Le paysage est immense, presque infini.

Il n'y a pas un arbre, que des prairies avec une herbe verte bien rase. Mais ce vert est régulièrement constellé de drapeaux de prière aux couleurs si caractéristiques et toujours agencées dans le même ordre, du haut vers le bas: -le bleu qui représente la voûte céleste -le blanc qui représente l'air, les nuages, le vent -le rouge qui représente le feu -le vert qui représente l'eau -et enfin le jaune ou l'orange qui représente la terre.

Certains ensembles de drapeaux sont vraiment immenses, au point de couvrir la moitié du flanc de la montagne qui les supporte! Le but est qu'ils soient vus de très loin. Et c'est le cas! Je peux également apercevoir de nombreux mantras tibétains écrits à l'aide de ciment coulé à même le sol, les lettres font une bonne vingtaine de mètres de "hauteur" et sont également visibles et lisibles à des kilomètres. De très nombreux yaks sont éparpillés en contrebas dans la prairie. Un monastère à l'apparence récente siège au pied de la butte, de l'autre côté du village. Un autre monastère apparaît quant à lui bien plus loin, sûrement à quelques kilomètres de distance, mais la vue porte si loin qu'il n'a pas l'air si éloigné... En arrière plan des montagnes apparaissent et disparaissent au gré des nuages. Les plus hauts sommets ont troqué le vert lisse et uniforme des prairies contre le gris accidenté des roches et sont couverts de neige sur leurs cimes dentelées...

Au fur et à mesure que le jour se termine, la lumière change et donne un éclairage nouveau à ce paysage absolument fascinant.



















Tellement fascinant que je ne vois pas le temps passer. Il est maintenant plus de 20h, il est temps que je rentre au village dont je ne me suis pourtant pas éloigné de plus d'un kilomètre.

Je ne peux pas en rester là.

Il faut absolument que je prolonge mon séjour ici, j'informe donc Jay Drolma que je compte passer une nuit supplémentaire à Tagong, ce qui ne pose pas de problème, puisque excepté Youri et ses 2 copines israéliennes, je pense être le seul touriste dans le village ce soir...
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DE Denis007 Regular ·
Samedi 18 Juin

Après une très bonne nuit de sommeil, je suis prêt à partir pour la journée explorer les environs à pied.

Contrairement à ce que je pensais la veille, je ne me suis pas retrouvé seul avec Youri dans le dortoir: une allemande est arrivée assez tard, a tout juste répondu de manière dédaigneuse à mon bonsoir avant de s’asseoir sur son lit en position du lotus et de se mettre à méditer. Et ceci jusqu'à tard dans la nuit car je me suis endormi avant elle. Elle s'est réveillée avant moi ce matin et était encore en train de méditer lorsque j'ai quitté la maison de Jay Drolma vers 9h. Youri quant à lui dormait toujours et je n'ai pas vu l'esquisse de l'ombre des 2 israéliennes...

J'ai régulièrement rencontré des gens fabuleux en voyage, mais ceux là ont bien fait baisser la moyenne...

Me voici donc en route vers ce lointain monastère que j'ai aperçu hier.

Je continue de m'émerveiller à chaque fois que je traverse des "champs de drapeaux de prière", je ne sais pas comment appeler ces installations sur plusieurs dizaines de mètres de centaines de drapeaux. Vus de près, difficile d'y discerner quoi que ce soit, mais c'est vus de loin que ces drapeaux composent des formes géométriques le plus souvent triangulaires.

En chemin, je croise des troupeaux entiers de paisibles yaks occupés à brouter une herbe aussi rase qu'un terrain de football, mais les immenses surfaces à leur disposition compensent cet inconvénient. Un berger m'aperçoit et me fait signe de venir. Bien entendu, nous ne pouvons pas nous comprendre, et nous nous contentons d'échanger un "Tashi Delek" souriant, seule expression que je connais en Tibétain.



Après 2 bonnes heures de marche, j'arrive enfin au fameux monastère. Franchement, il me semblait bien plus proche vu depuis Tagong. Il doit être facilement situé à 5 ou 6 kilomètres du village. Les portes sont grandes ouvertes et je peux pénétrer à l'intérieur mais il y a ici bien peu de moines: seuls quelques-uns d'entre eux passent parfois d'un bâtiment à l'autre. Des haut-parleurs récitent d'incessantes litanies religieuses en tibétain. Le monastère est tout neuf (il y a encore une grue debout sur le dernier bâtiment) mais je n'ai pas l'impression qu'il soit bien "peuplé", je n'ai vu que de très rares moines...







A quelques encablures de ce monastère se trouve un village vers lequel je poursuis mon chemin.



Mais là aussi bien peu de monde est présent dans les rues. Seules quelques vieilles et vieux tibétains très âgés parcourent les rues de ce village pourtant typique tout en récitant des prières à voix basse et en égrenant une sorte de chapelet. Le village est pourtant très joli et de style typiquement tibétain, mais j'ai vraiment l'impression qu'il manque de vie, il y a plus d'animation à Tagong. Je passe devant 2 lieux de culte bouddhistes qui, même si ils ont été clairement rénovés récemment, m'apparaissent bien plus anciens que le précédent monastère. Mon attention est plus particulièrement attirée par un grand édifice dont la base est entourée de moulins à prières et les murs recouverts de centaines d'ardoises où sont gravées et peint des mantras en tibétain. J'avais déjà vu ce types d'ardoises recouvertes de mantras sur les chemins et les villages de l'Annapurna au Népal.







Je continue ma randonnée en amorçant désormais une grande boucle afin de commencer à revenir vers Tagong. Il est assez facile de s'orienter car certaines montagnes couvertes de drapeaux de prière se voient de très, très loin...

Sauf que vers 14h30, alors que je déambulais tranquillement au milieu de la verdure des montagnes, je suis surpris par un orage et des pluies régulières, courtes, mais intenses! Je suis complètement trempé! Ne voyant aucune amélioration météorologique à venir, je décide de couper au plus court et de rentrer à Tagong. Je me rends compte alors que j'ai beaucoup marché ce matin car à chaque nouvelle butte franchie, le village et ses montagnes environnantes n'en finissent plus de reculer....

Au final, je suis bien content de me sécher auprès du poêle pour la fin d'après midi!

Pour manger ce soir, je décide d'aller voir le Khampa cafe dont je n'avais pas vu l'écriteau la veille: il est situé sur la place du village et tout proche du monastère. A ma grande surprise, je suis accueilli par Max, le très sympathique propriétaire des lieux. Max est Tchèque et s'est tout récemment installé ici en reprenant cette auberge à laquelle il a ajouté un petit café-restaurant et un centre d'art local. Pour ce soir, il me conseille la spécialité de son cuisinier: le burger de Yak! Et même si les prix sont un peu élevés, je ne regrette pas ce choix, c'est vraiment très bon!

Au fur et à mesure de la soirée, je fais connaissance avec un chinois ami de Max qui travaille dans une agence de tourisme à Kangding. Il parle déjà un anglais basique mais veut apprendre quelques mots de français car, dit-il, c'est très important de parler ne serait qu'un tout petit peu, la langue des clients. Comme il a quelques notions d'anglais, il connait l'alphabet latin et la prononciation des lettres, je vais donc pouvoir commencer la leçon!

Après les classiques "Bonjour-Au revoir-S'il vous plait-Merci-Je m'appelle XXX", j'essaie de lui apprendre à compter en français, aidé par Max qui me traduit ses remarques du chinois à l'anglais, et qui traduit également mes réponses à ses questions.

"Ok on commence par le chiffre 1 qui s'écrit UN -YOUunnnnn prononce alors mon nouvel ami. -Non pas Youunnn, UN -mais les 2 lettres U et N ça fait younnnn -en anglais peut-être mais pas en français. Passons au chiffre 2 qui s'écrit DEUX -Déuuuxxxx déchiffre t-il péniblement -non pas déuuuxxxx mais deux, deeeeeeeee essayai-je de lui faire comprendre -pourquoi la lettre "X" s'écrit alors qu'elle ne se prononce pas? -parce que... parce que c'est comme ça!

Je commence alors à réaliser que le français n'est pas une langue simple à apprendre...

-On continue avec le chiffre 3 qui s'écrit TROIS -Troïïïïsssssss -Non trôaaaaaa. La lettre "S" à la fin ne se prononce pas, comme la lettre "X" à la fin de "deux" -OK mais c'est bizarre d'écrire des lettres qui ne se prononcent pas... Ça sert à quoi?

Arrivé au chiffre 6, mon élève me prononce fièrement un "SI" -Non, on prononce "sissss" -mais tu m'as dit que le "X" à la fin ne se prononçait pas!!! Et pourquoi les anglais l'écrivent exactement pareil, mais le prononcent "sixxxx"?

Oui le français c'est compliqué. Vraiment compliqué à assimiler.

Après être arrivés jusqu'à 20, nous décidons de changer et de regarder le verbe "être" conjugué au présent qu'il connait par cœur en anglais. En français, cela donne "je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont" Je vous laisse imaginer l'apprentissage de la lecture et surtout de la prononciation, notamment entre "tu es" et "il est".

Au final, cette leçon improvisée de français se termine par un grand fou rire et nous partageons tous ensemble un thé vert bouillant vraiment délicieux, tout ce qu'il faut pour me remettre de cette pluie de l'après midi et pour m'endormir sereinement!
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MA Marathon Globetrotter ·
Pour ce soir, je suis chaleureusement invité à dîner en famille car c'est la fête des "dragon boats". D'après ce que j'ai compris, un important et apprécié personnage s'était jeté à l'eau dans une rivière, mais ses admirateurs voulant récupérer son corps ont alors jeté à l'eau du riz enveloppé dans des feuilles pour nourrir les poissons et éviter que ceux-ci mangent le corps. Et c'est pourquoi en souvenir de ce jour tous les ans les chinois se réunissent en famille pour manger du riz farci avec toutes sortes de choses (haricots, porc, poissons...) dans une ambiance festive. D'ailleurs si certains lecteurs sont plus au fait de cette tradition, n'hésitez pas à m'éclairer, je relate son origine telle que je l'ai comprise et telle que je m'en souviens, mais il est fort possible que j'aie mal compris!

Bonjour,

Il me semble que personne n'a répondu à cette question - ce que vous écriviez est correct. En guise de remerciement pour ce carnet que je trouve très bien rédigé, voici après adaptations un court texte que j'ai écrit il y a quelques années au sujet de cette tradition très vivace en Chine tout particulièrement dans le sud du pays (le Hunan est une province méridionale) et à Taïwan. Le jour du Festival des Bateaux Dragons est férié en Chine et à Taïwan; il tombe courant juin (la date n'est pas fixe dans le calendrier grégorien, car c'est une fête lunaire).

++

Qu Yuan (~339-278 av. JC), poète et ministre vertueux du royaume de Chu, proposa l'établissement d'un système légal basé uniquement sur des personnes honnêtes et compétentes. Victime des calomnies de ses adversaires corrompus, il fut exilé par le roi. À l'âge de 62 ans, le 5° jour du 5° mois lunaire de l’an 278 avant JC, Qu se suicida en se lançant avec une grosse pierre entre ses bras dans le fleuve Miluo dans la province du Hunan, pour ne pas assister à la défaite de sa patrie. A la nouvelle de sa mort, le peuple se lança dans des barques, ramant à toute force pour retrouver son corps, en vain, et jetant du riz dans l'eau pour que les poissons le mange, plutôt que le corps du poète.

Depuis, chaque année, le jour anniversaire de la mort du poète, on mange des tronçons de bambou remplis de riz, ou des zongzi (riz glutineux fourré, cuit dans des feuilles de bambou). Dans les régions côtières, c'est aussi l'occasion de courses de bateaux-dragons : ce sont de longs et lourds bateaux de bois, avec un barreur, un nombre variable de paires de pagayeurs et un batteur, qui rythme les pagayeurs avec son tambour. C'est un sport très physique apparenté à l'aviron, sur des distances allant typiquement de 200 à 1000 mètres; les compétitions que j'ai vues à cette occasion attiraient toujours beaucoup d'équipes et de spectateurs.
SI Sissi57 Globetrotter ·
C'est un vrai bonheur de suivre votre carnet. Je ne suis pas sûre que j'irai un jour dans ces régions, mais votre récit bien enlevé m'en console.
Je n'aurai pas le temps...
DE Denis007 Regular ·
Bonjour Marathon et merci pour ces précisions et le fin mot de l'histoire.

En fait, dans l'histoire, j'avais compris que le corps avait été retrouvé et protégé de la voracité des poissons et que c'est cela que célébrait cette fête, visiblement ce n'est pas tout à fait le cas.

Je ne connaissais pas non plus les courses de bateaux-dragons qui ont lieu à cette occasion. Pour la famille qui m'avait invité ce soir là, cette fête était surtout l'occasion de se retrouver tous ensemble et de manger de nombreux plats différents à base de riz cuit dans des feuilles de bambous, dont certains sont préparés la veille.

Pour info, il y avait tellement de nourriture et de plats différents que je pense qu'ils ont du avoir des restes pour 2 jours! 😉
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DE Denis007 Regular ·
Dimanche 19 Juin

Voilà, il est temps de dire au revoir à Jay Drolma et de reprendre la route, aujourd'hui je me dirige vers Kangding pour ma dernière étape dans le Kham Tibétain. Même si elle ne parle que très peu l'anglais qu'elle a appris "sur le tas" au contact des touristes, Jay Drolma sait se faire comprendre et comprendre les demandes des voyageurs qui passent par sa guest-house. C'est ainsi qu'elle insiste pour me raccompagner jusqu'à la place du village et me conseiller à un chauffeur de sa connaissance pour un prix correct en taxi collectif vers Kangding. Enfin je suppose que le prix était correct, il m'a paru cohérent avec tout ce que j'avais payé jusqu'à présent.

Me voici donc embarqué dans un grand monospace de marque chinoise (il y a beaucoup de marques chinoises de voitures, complètement inconnues en occident) en route vers Kangding. La place de devant a été attribuée d'office à un moine, la première banquette est occupée par 3 femmes et je me suis retrouvé sur la seconde banquette avec de nombreux bagages et un petit jeune d'une quinzaine d'années qui n'aura qu'un seul but durant tout le trajet: faire le meilleur score possible à son jeu sur smartphone ses écouteurs enfoncés dans ses oreilles. La batterie de son téléphone le lâchera d'ailleurs au bout de 3 heures de jeu effréné, et il passera le reste du trajet à dormir en se servant de mon sac à dos comme oreiller...

Le trajet sera assez long car nous rencontrerons de nombreux travaux le long de la route ainsi que des bouchons de camions causés par ces mêmes travaux.

Après un nouveau passage de col à plus de 4200m suivi d'une descente interminable, nous arrivons enfin à Kangding un peu après 14h.

Première impression: c'est laid.

Franchement.

La ville n'est qu'un ensemble de blocs de béton gris amoncelés les uns à côté des autres sans qu'aucune attention n'ait été apportée à l'ordonnancement de l'ensemble. Les constructions ont poussé sur chaque bout de surface disponible et comme le terrain est montagneux, elles se sont toutes concentrées dans la faible largeur de la vallée... Les montagnes environnantes auraient pu un peu rattraper le coup, mais elles sont parcourues par plusieurs lignes électriques à très haute tension qui semblent avoir été posées en dépit de la logique...



Bref, l'endroit ne me donne pas vraiment envie d'y passer un peu de temps... Le changement est brutal après les villages tibétains de Litang et Tagong!

Mon chauffeur me dépose à un grand carrefour à l'entrée de la ville et je pars à la recherche de l'hôtel que j'ai repéré la veille sur booking: le "Zilham hostel". Celui-ci est situé à un petit kilomètre du centre sur les premières pentes des montagnes qui dominent la ville. Je n'ai pas beaucoup de difficultés à le trouver et au moment et j'ai à peine franchi le portail d'entrée vers la cour intérieure qu'une moto cross me dépasse et s'arrête devant moi.

L'homme qui en descend ôte son casque et me tend la main tout en me lançant un joyeux: "Salut! Comment ça va? -Bien et toi? -Qu'est ce que tu viens faire ici? -Je cherche un lit pas cher pour passer la nuit! -Ça tombe bien, j'ai ça en stock, suis moi!"

Kristopher est américain et est le propriétaire des lieux. Il s'est installé à Kangding avec son épouse il y a quelques années pour monter son petit hôtel. C'est le genre de gars que l'on ne peut que trouver sympathique dès la première seconde. Et c'est vraiment un type sympa, il n'en a pas que l'apparence!

Je le suis donc jusqu'à la réception où il pose ses 2 paniers remplis de légumes avant de s'occuper de mon cas et de me faire visiter l'établissement. Les dortoirs sont nickels, récents avec tout le confort nécessaire, idem pour la salle de bain. C'est donc sans aucune arrière pensée que je pose mon sac ici pour cette nuit. Le Zilham hôtel propose toutes sortes d'excursions et de randonnées dans la région de Kangding, et il propose aussi et surtout un service qui m'intéresse bien davantage: la réservation de billets de bus pour Chengdu! Pour 120 yuans (env 16,80 euros) je réserve donc un ticket pour le lendemain 8h, sachant qu'il y a des bus au départ de Kangding pour Chengdu toutes les heures à partir de 6h et ce jusqu'à 11h.

Soulagé du fardeau de l'achat du ticket de bus, je pars donc visiter la ville durant le reste de l'après-midi.

La ville confirme hélas la première impression que j'ai eue en arrivant: ce ne sont qu'immeubles de béton gris, modernes et sans âme qui se suivent le long de la rue principale. Enfin, quand je dis la rue, je devrais plutôt dire la rivière car c'est une rivière bouillonnante et dégringolant de la montagne qui partage la ville en 2 et fait office de point de repère naturel.

Le seul bâtiment qui subsiste de la ville ancienne est le monastère situé en plein cœur de la cité. Et même s'il parait aujourd'hui noyé au milieu des immeubles bien plus élevés que lui, il n'en garde pas moins une certaine harmonie, surtout à l'intérieur.



Je profite du reste de l'après-midi pour gravir la colline de Paoma Shan. A pied bien entendu, car pour les touristes fatigués ou pressés (ou les 2 à la fois), il y a une sorte de télésiège qui permet de monter rapidement et sans forcer les 400 mètres de dénivelé, pourvu que le passager soit prêt à payer les 40 yuans (5,60 euros) de ticket d'accès.

Mais très franchement, il vaut bien mieux faire un petit effort physique d'une heure même si le départ du chemin n'est pas facile à trouver, bien caché entre 2 immeubles! La montée est en effet très agréable en suivant des escaliers sans fin envahis de drapeaux de prière.



Au bout d'un moment, j'arrive dans une sorte d’amphithéâtre en plein air dominé par une statue de Bouddha, devant laquelle de jeunes moines souriants se prélassent et se prennent en photo à grands coups de selfies...



Il faut cependant continuer un peu plus haut pour arriver à un temple malheureusement fermé, mais d'où la vue sur la ville et la vallée est impressionnante.



Il ne me reste plus qu'à rentrer, trouver un petit restaurant pour terminer la journée. La place centrale de la ville est très animée en cette agréable soirée de Juin, et je remarque un curieux monument au milieu de celle-ci: un grand livre géant sur lequel jouent les enfants et qui reprend la musique et les paroles de "la chanson d'amour de Kangding", qui est aussi célèbre en Chine que peut l'être "Au clair de la lune" en France m'apprend le guide du Lonely planet.

Demain, c'est encore une longue journée de transfert qui m'attend: 7h de bus jusqu'à la grande ville de Chengdu signifieront la fin de la partie tibétaine du Sichuan et le retour dans la Chine "classique"...

Lundi 20 Juin

Pas grand chose à dire de cette journée, qui fut essentiellement une journée consacrée au transport: 7 heures de bus entre Kangding et Chengdu.

Lors de la pause déjeuner, le bus s'arrête avec une dizaine d'autres en pleine campagne dans une sorte de restaurant self-service et ô joie, ô bonheur, je retrouve les bonnes vieilles toilettes communes moyen-âgeuses telles que celles que j'avais rencontrées le premier jour à Yuanyang!

Elles m'avaient vraiment manqué!

Ou pas...

Un peu avant d'arriver à Chengdu, je remarque une chose étrange: nous traversons une autoroute 2x5 voies complètement vide qui parcourt les bois et les champs... Un coup d’œil sur la carte de la ville me donne l'explication: Chengdu est entourée de plusieurs autoroutes périphériques concentriques, et celles-ci ont été construites en prévision de l'extension future de la ville pour au moins les 20 ans à venir, ce qui fait que le dernier anneau se trouve à une bonne quarantaine de km du centre, et est pour le moment complètement désert... J'ai vraiment l'impression que les chinois jouent à SIMCITY mais en grandeur réelle. Dans SIMCITY on construit d'abord les routes et axes principaux, puis ensuite on implante des zones commerciales, industrielles, résidentielles; on amène ensuite l'électricité et l'eau et on attend que les gens veuillent bien venir s'installer! Là c'est exactement la même chose! Oui, je sais, pour comprendre cette référence, il faut être un peu geek et avoir joué au jeu vidéo SIMCITY...

Bref, nous arrivons à la gare routière vers 15h30, une vérification sur MAPS.ME m'indique que mon hôtel se situe à environ 4 km, distance que je décide de parcourir à pied, une petite heure de marche en ville, rien de tel pour se changer les idées après une journée de bus bien monotone!

Mardi 21 Juin

J'ai finalement bien pris mes quartiers hier soir à l'hôtel Lazybones.

Le Lazybones, c'est l'hôtel idéal pour les voyageurs occidentaux à Chengdu: des dortoirs mais aussi des chambres individuelles, doubles ou familiales, tout le staff parle correctement anglais et peut vous aider et même carrément organiser pour vous les visites de la ville, les réservations de taxis, bus, trains, avion, tricycles... Ils peuvent laver, sécher et repasser votre linge dans la demi-journée, ils peuvent réserver des billets d'opéra et vous organiser le trajet en taxi A/R, ils proposent également des tours dans tous les sites touristiques majeurs du Sichuan et même si je voulais aller dans un coin perdu où personne ne va jamais, je suis sûr qu'ils pourraient se débrouiller pour me satisfaire...

Certes, ce n'est rien de moins qu'une somme de services que tout bon hôtel digne de ce nom se doit d'offrir, mais c'est la première fois pour moi que je rencontre ce genre d'établissement depuis mon arrivée en Chine, et je peux vous dire que j'en ai lâchement profité! Aucun souci pour réserver un billet de bus pour le surlendemain vers Xi'An avec en prime la navette de l'hôtel qui me conduira à la gare routière. Aucun souci également pour se rendre ce matin au centre de recherches sur le panda géant: pas besoin de changer 3 fois de bus, la navette privée de l'hôtel va m'y conduire directement! Oui c'est un peu plus cher que les bus publics mais moins cher qu'un taxi individuel et le fait de ne pas se casser la tête, ça a du bon parfois!

C'est donc à 7h30 ce matin accompagné de 5 autres clients occidentaux de l'hôtel que nous partons vers le célèbre centre aux pandas de Chengdu.

J'avais lu différents avis sur ce centre, certains voyageurs ayant bien aimé, d'autres lui reprochant un coté "zoo" touristique... En effet, les pandas sont dans des enclos fermés, et les visiteurs payent pour venir les voir, c'est donc bien la définition d'un zoo, mais franchement, je ne vois pas d'autre moyen pour voir des pandas: il en resterait officiellement moins de 1600 en liberté dans les montagnes sur une surface immense et à part un coup de chance monstrueux (si tant est que les autorités chinoises vous laissent vous promener librement dans ces forêts montagneuses), il faut se résoudre à aller dans des zoos pour admirer ces "gros ours-chat", qui est la traduction littérale du mot "panda" en chinois.

Après avoir payé l'entrée de 60 yuans (8,40 euros), je peux commencer à visiter les différents enclos. Il est fortement conseillé de venir le matin jusqu'à 10h car c'est l'heure du repas pour les pandas. Le reste de la journée, ils préfèrent dormir à l'ombre et sont donc moins visibles. Mauvaise surprise à l'entrée: des pancartes m’apprennent que pour cause de rénovation, 2 des principaux enclos sont fermés au public et les pandas les habitant sont donc inaccessibles...

Dommage...

Mais bon, le centre de Chengdu possède plus de 100 pandas, et j'en verrai une bonne trentaine au total ce qui me satisfera plus que largement! Pour comparaison, il n'y a que 21 pandas dans les autres zoos du monde entier (dont 2 en France au zoopark de Beauval) tous "loués" à prix d'or par les autorités chinoises... Les pandas sont un symbole et une fierté nationale en Chine, et jusqu'à il y a quelques années, le fait de tuer un panda était passible de la peine de mort!...

Dans l'immédiat, la visite m'emmène rapidement dans un puis 2 enclos où les pandas se reposent et mangent, certains s'approchant même tout proche des barrières et des grilles pour le plus grand plaisir des visiteurs du jour. Même s'il mesure jusqu'à 1,80m et peut peser près de 120 kg, je ne peux pas m'empêcher de penser à une grosse peluche douce et timide en le voyant...







La visite est très bien organisée, et de nombreux panneaux explicatifs en anglais ainsi que des films et des activités au musée attenant m’apprennent des tonnes de choses sur les pandas: leur reproduction en captivité est très difficile, et à la naissance, le bébé est sourd et aveugle et pèse moins de 200 grammes! Il est donc impossible de savoir si une femelle est enceinte sauf à avoir recours à une échographie. Les naissances sont donc en général des surprises! De plus, un accouchement sur 2 en moyenne donne naissance à des jumeaux, mais malheureusement, la femelle ne s'occupe que d'un seul d'entre eux, celui qu'elle juge le plus apte à survivre et laisse mourir l'autre... Les chercheurs et zoologistes chinois ont développé une maternité spécifique avec des incubateurs pour les bébés rejetés qui sont pourtant très fragiles et se targuent aujourd'hui d'un taux de survie de 100% du deuxième bébé! La visite passe dans une de ces maternités et on peut voir les incubateurs derrière des grandes baies vitrées, et lors de mon passage, un minuscule bébé dormait dans l'un d'entre eux sous une couverture...





Mais j'ai également appris qu'il n'y avait pas que les grands pandas géants noir et blanc, il existe aussi une autre race de pandas, les pandas roux! Bien que plus nombreux que leurs cousins, ils sont également en danger de disparition car ils ont été l'objet d'un fort braconnage durant le 20ème siècle. Ils sont plus petits (50 à 60 cm pour 6-7 kg maxi) et pour le coup, ce sont de véritables peluches sur pattes! Ils est également plus facile de les approcher, visiblement habitués à la présence humaine dans le centre certains n'hésitent pas à traverser 2 mètres devant moi!



J'ai personnellement bien aimé la visite de ce centre et j'en suis ressorti avec la nette impression que les pandas étaient très bien traités ici et que tout le personnel du vétérinaire en chef au balayeur de crottes était impliqué à fond dans les soins et le bien-être des animaux. Bien sûr, en tant que simple visiteur comme des centaines de milliers d'autres, j'ai vu ce qu'on a bien voulu me montrer et tout était présenté sous un jour positif, mais je ne vois pas pourquoi il en serait autrement.

En tout cas, c'est enchanté que je rejoins la ville pour le reste de l'après midi et que je flâne dans le quartier ancien de Chengdu: il y a bien de magnifiques parcs avec de très jolis temples et pagodes, mais ce n'est pas l'image que je retiendrai de Chengdu: pour moi mon passage à Chengdu sera associé aux pandas!

Je rentre à l'hôtel vers 18h et vu ma forte carrure, je me fais embaucher immédiatement au déménagement des lourdes tables, chaises et table de billard de la petite salle à manger: ce soir, l'hôtel organise pour ses clients une petite représentation privée d'opéra du Sichuan: cool! Seulement 2 protagonistes, mais les costumes et les maquillages sont parfaits, et je me régale ainsi que la trentaine de spectateurs de ce petit show d'une vingtaine de minutes qui me montre une nouvelle image d'Epinal de la Chine après les pandas de ce matin!

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DO Dolma Globetrotter ·
Bonjour 🙂 Je découvre ce carnet et j'adore !

Je prends un énorme plaisir à parcourir ces coins du monde que je ne connaitrai pas par ton écriture limpide, drôle, imagée, spontanée et très agréable à lire. Merci de nous faire partager tes visites, tes balades, tes rencontres. Mais aussi tes réflexions, tes déceptions, tes bonheurs. Ton quotidien en fait, tout simplement.

Les photos sont un plus pour beaucoup et même si elles sont top elles ne remplaceront jamais pour moi tes mots. Alors à bientôt pour la suite de ton voyage...

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
DE Denis007 Regular ·
Bonjour Dolma et merci du compliment!

Pour l'écriture, le but principal de ce carnet est d'essayer d'emmener le lecteur à mes cotés au jour le jour, au quotidien. C'est pour cela que j'ai essayé de l'axer comme un récit et non pas comme une suite de descriptions, exercice que j'apprécie moins et où je suis moins à l'aise. C'est simple, quand je n'arrive pas à décrire, je mets une photo. C'est la solution de facilité, mais le format "carnet de voyage" m'autorise cette dérobade! 😉

J'essaie toutefois de mettre le moins possible de photos car je trouve mes clichés vraiment moyens, surtout quand je les compare à d'autres. Je n'ai hélas pas "l'oeil" du photographe, dans le choix des sujets et surtout dans le cadrage... Et je ne pense pas que cette qualité s'apprenne, on l'a ou on ne l'a pas...
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DE Denis007 Regular ·
Mercredi 22 Juin

10 heures de bus c'est long et monotone.

10 heures de bus, c'est une journée entière de mangée sur mon planning, mais bon la Chine est un pays très vaste, c'est comme ça, je savais que j'aurais inévitablement ce genre d'étape lorsque j'ai grossièrement préparé mon parcours.

Parti à 9h du matin de Chengdu, c'est de nuit vers 19h20 que le chauffeur du bus demande à tout le monde de descendre... au bord d'une voie rapide à la périphérie de Xi'An!

Bon sang c'est quoi cette histoire?

Nous sommes largués sur une sorte de parking provisoire encombré de panneaux et de signalisations de chantier au bord de l'autoroute. Il y a déjà 5 ou 6 taxis qui attendaient leurs clients, et d'autres s'arrêtent au fur et à mesure lorsqu'ils voient le bus stationné sur le bas côté et des potentiels clients encombrés de valises et de bagages... Je pensais naïvement arriver dans une gare routière animée avec plein d'échoppes pour manger un morceau, des toilettes, un départ de bus vers le centre ville etc etc... Mais bon je dois me faire une raison: après avoir vainement protesté auprès du chauffeur du bus - qui pour toute réponse m'a montré un taxi - je finis par très rapidement me retrouver quasiment seul sur cette aire de chantier... Un coup d’œil sur MAPS.ME me fait abandonner l'option de la marche: mon hôtel est en plein centre à plus de 6 km à vol d'oiseau, sans compter les autoroutes à traverser (j'ai déjà donné à Kunming!), je n'ai pas 50 solutions: je hèle donc le premier taxi qui arrive.

Le cinquième taxi qui passe s'arrête enfin à ma hauteur mais me répond quelque chose d'incompréhensible (logique c'est du chinois!) lorsque je lui montre l'adresse de mon hôtel écrite en chinois sur mon smartphone, puis embraye et démarre en me laissant à nouveau seul!!

Même réaction pour les 2 taxis suivants: visiblement j'essuie à chaque fois un refus dès qu'ils ont compris où était l'adresse!

Finalement, le troisième réussit à me faire comprendre qu'il ne pourra m'emmener qu'à proximité de l'adresse indiquée en me montrant un point sur la carte de mon smartphone situé à environ 600m de mon objectif de ce soir. J'accepte sans poser de questions et j'embarque dans son véhicule, bien décidé à arriver au plus vite à destination.

Nous arrivons finalement sur une large avenue au sein des immenses remparts de la ville. Mon chauffeur me laisse à un carrefour en me montrant du doigt la direction de ruelles encombrées par des charrettes, des motos et de très nombreux stands de nourriture qui encombrent les trottoirs au point que la majeure partie de la peu large chaussée est envahie par les piétons. Je comprends alors pourquoi les autres taxis ont refusé mon adresse: elle est située dans des quartiers peu propices à la circulation automobile, et je me demande même si les taxis sont autorisés à circuler dans ces ruelles à cette heure de la journée...

En tout cas, l'ambiance est très vivante: entre les sollicitations incessantes des marchands (même si je ne comprend pas un traître mot de l'argumentaire qu'ils déploient pour essayer de me vendre leurs babioles), les fumées des innombrables grillades à chaque coin de rue et les bousculades incessante dans les passages exigus, j'arrive tout de même à trouver mon hôtel: le "Alley youth hostel".

Ici, comme le nom de l'établissement l'indique, c'est "ambiance backpacker" à fond: le personnel est jeune, ultra-dynamique et complètement anglophone; la clientèle a moins de 30 ans de manière générale et est quasi-exclusivement occidentale; un projecteur diffuse sur le grand mur blanc de la salle commune le dernier James Bond en anglais sous titré en chinois; et cerise sur le gâteau, j'ai droit à une bière fraîche gratuite de bienvenue! Ça c'est une attention qui fait vraiment du bien et que j'apprécie à sa juste valeur!

Une bonne bière, ça ouvre l'appétit!

Je ressors donc à l'extérieur à la recherche d'un endroit où manger, et ce n'est pas ce qui manque, puisque le quartier musulman de Xi'An en regorge.

En fait de restaurants, ce sont plutôt d'innombrables stands de "street-food" qui encombrent les rues. Impossible de ne pas céder à une brochette de bœuf, de mouton ou de poulet tant la fumée et l'odeur de grillade m'accompagne où que je choisisse d'aller. je teste également une sorte de hamburger: 2 tranches de pain rond dans lequel est fourrée une grande quantité de viande de bœuf hachée et badigeonnée de sauce pimentée, c'est fameux! Je suis moins attiré par contre par les fruits de mer: des calamars enrobés d'une panelure et frits dans l'huile comme de vulgaires morceaux de poulets chez KFC... On peut également grignoter des cacahuètes, des noisettes, mais surtout des noix dont les stands abondent. "Qui n'a pas son petit sachet de noix?" semblent entonner tous les vendeurs en levant bien haut leur mains remplies de ces fameux sachets afin que tout le monde puisse les voir... Il y a même des brochettes de petits œufs, surement des œufs de caille. Des œufs en brochette? Je n'avais jamais vu ça avant!

Les desserts et les friandises occupent une bonne place dans tout ce joyeux bazar.

Les pâtisseries m'ont l'air lourdes et consistantes, je préfère tenter ma chance sur les yaourts artisanaux qui sont absolument succulents et réussis! Cela fait vraiment très longtemps que je n'avais pas apprécié ce goût si particulier du yaourt véritable, et c'est tellement bon que j'en prends un deuxième! Et que dire de ces brochettes de gâteau de riz, gâteau généreusement arrosé de caramel et recouvert de dattes? Les caramels, bonbons et autres nougats ont eux aussi droit à une large exposition. Il n'est pas rare que la rue soit encombrée voire coupée par ces artisans qui étirent la pâte sur 3 bons mètres, pâte accrochée d'un côté à un crochet sur un pilier en bois et étirée puis enroulée et pliée en 2 comme un simple lasso avant d'être étirée à nouveau par le pâtissier qui recommence inlassablement le même geste, encore et encore... Cela a l'avantage de faire arrêter quelques secondes les passants comme moi qui du coup peuvent être invités tout d'abord à goûter les friandises, puis ensuite à les acheter! Et ceci tout en profitant du spectacle...

Une autre manière de travailler cette pâte à confiserie consiste à en faire des grosses boules qui sont ensuite martelées sur une sorte d'enclume en bois par 2 hommes qui utilisent de lourdes masses en bois et qui assènent de puissants coups à tour de rôle sur la composition sucrée qui se ramollit petit à petit sous les coups portés... A mon avis, cela tient plutôt du folklore pour touristes, car cela m'étonnerait beaucoup que les milliers de boites de bonbons qui se vendent ici soient fabriquées de cette manière...

En bref, le quartier musulman de Xi'An, c'est le paradis des papilles. Je suis bien loin des pattes de poule sous vide, des nouilles déshydratées ou des tripes de buffle bouillies de Yuanyang!

A force de dépenser 5 yuans pour telle brochette, 10 yuans pour tel yaourt, 15 yuans pour tester tel dessert ou 20 yuans pour savourer ces "burgers" appétissants (à moins que ce ne soit l'inverse, je ne sais plus, je mélange un peu tous les prix...), je me rends compte que j'ai dépensé bien plus que mon budget habituel pour un repas...

Mais ce n'est pas grave, c'était bon. Et même très bon!

Et j'y retournerai demain soir sans hésitations, il y a encore plein de trucs que je veux tester...

Jeudi 23 Juin

Aujourd'hui, direction LA grande attraction de Xi'An: l'armée de terre cuite de l'empereur Qin.

Il y a un très grand nombre de choses que j'avais envie de voir durant mon périple, et l'armée de terre cuite en faisait partie. Bien sûr, je ne pourrais jamais voir tout ce dont j'ai envie, et quelque part c'est tant mieux: cela signifie que où que je choisisse d'aller, qu'il me restera toujours des choses géniales à faire, des endroits incroyables à découvrir. Au départ, mon itinéraire ne devais pas passer par la Chine, et j'avais donc repoussé à un jour ultérieur la visite de cette fabuleuse armée de terre cuite et de la grande muraille. Mais à partir du moment où j'avais décidé de traverser l'empire du milieu, je DEVAIS aller à Xi'An, tout comme je DEVAIS voir la grande muraille. Impossible de construire un itinéraire sans ces 2 étapes. Du coup, l'Indonésie, les Philippines, l'Australie et la Nouvelle Zélande, ce sera pour plus tard...

Pour l'instant je savoure ce moment dans mon bus qui me conduit sur le site archéologique. Pour prendre le bon bus, c'est très facile, impossible de se tromper: il faut prendre les bus bleus qui sont stationnés devant la gare: je ne me souviens plus du numéro, mais il y a un bureau pour les touristes impossible à manquer et où j'ai bien été renseigné. De plus, les chauffeurs et receveurs ne manquent aucun étranger et les dirigent vers les bons bus, qui affichent des grandes pancartes "Terracotta army" sur leur pare brise, impossible de les manquer!!

Le moins que je puisse dire, c'est que je n'ai vraiment pas été déçu!

Certes, le site est noir de monde.

Certes, l'entrée n'est pas donnée (90 yuans, soit environ 13 euros) mais je suis maintenant blasé du prix d'entrée des sites touristiques chinois, et de toutes façons, celui là les vaut 100 fois!!

Tout est bien organisé, toutes les explications sont en chinois bien sur mais aussi en anglais, ce qui fait que je peux facilement me passer d'un guide tant il y a d'informations à lire!

J'ai commencé ma visite par le musée, et j'ai ensuite enchaîné les 3 fosses dans l'ordre croissant de leur taille pour finir par la fosse n°1, la plus grande et la plus impressionnante. Et franchement je ne le regrette pas. J'ai été émerveillé par les 2 chariots en bronzes aux détails millimétriques, j'ai été stupéfait d'apprendre que plus de 40.000 armes (arbalètes, haches et épées) ont été retrouvées sur le site en plus des statues, et que la grande majorité de ces armes étaient dans un état de conservation exceptionnel du à la présence d'une fine couche de chrome protectrice. Ce procédé appelé "chromatation" n'a été re-découvert qu'au milieu du 20ème siècle en Europe, mais était connu en Chine il y a 2200 ans! Je suis resté coi devant les statues exposées au musée que je pouvais admirer à quelques centimètres, mais je suis resté encore plus scotché lorsque je les ai vues, alignées par centaines au fonds de leur fosses... Plus de 1500 statues ont été reconstituées et remises dans la place qui était la leur à l'origine, et d'après les archéologues, il en resterait entre 7000 et 8000 à restaurer...

Pharaonique chantier...

Toutes les statues sont différentes, aucune n'est identique, il y a toujours des différences dans les taille des statues, dans leurs postures, dans les coiffures, dans les vêtements, dans les visages et leurs expressions...

J'ai l'impression d'avoir l'armée de l'empereur en face de moi, 22 siècles plus tard...

J'ai l'impression que sur un ordre des officiers à cheval situés à l'avant, tous les soldats vont soudainement se mettre au garde-à-vous. Puis, que sur une deuxième injonction de ces mêmes officiers, toute cette armée va se mettre en marche au pas cadencé et que rien ne pourra l'arrêter, comme rien ne l'a arrêtée il y a 2200 ans...

Les artisans, ou plutôt les artistes, qui ont fabriqué toutes ces statues ont réussi une chose formidable: ils ont capturé une ambiance, ils ont figé le temps. Et aujourd'hui, tout est encore là comme si rien n'avait changé, car telle devait être la volonté de l'empereur Qin...

Il y a des lieux sur Terre qui sont tellement connus, des lieux tellement mythiques, des lieux dont nous sommes tellement abreuvés d'images que nous pensons les connaitre depuis toujours. Forcément, quand arrive le jour où on les voit enfin en vrai, on a peur d'être déçu. Et la plupart du temps, ils ne nous déçoivent pas. Enfin moi, ils ne m'ont jamais déçu: que ce soit le grand canyon aux USA, le Taj Mahal en Inde ou Bagan en Birmanie, à chaque fois j'ai eu la même pensée, la même réflexion:

"J'ai VRAIMENT bien fait de venir."

La grande armée de terre cuite de l'empereur Qin vient se rajouter à la liste: c'est mieux que sur les photos, c'est mieux qu'à la télé, c'est mieux que ce que je m'étais imaginé...

















Je suis rentré en ville en début d'après-midi, et, sur les conseils de la réceptionniste de l'hôtel, j'ai été acheter un billet de train pour Pékin, en TGV local. Pékin - Xi'An, c'est plus de 1000 km et 13 - 15h de bus de nuit. Ou 12 heures de train couchette.Ou 6h de TGV. Mon choix a été vite fait, même si le prix du TGV d'environ 520 yuans (environ 73 euros) est bien en dehors de mon budget, c'est de loin le moyen de transport le plus pratique entre ces 2 villes.

J'ai le souvenir d'avoir un peu galéré pour acheter mon billet, étant baladé du syndicat d'initiative local (qui excepté pour l'armée de terre cuite n'est absolument d'aucune aide) vers la gare et ses différents guichets, où il fallait repasser les contrôles aux portiques de sécurité à chaque fois, et où il y avait un monde fou et une queue exagérément longue...

De toutes façons, j'avais encore la tête dans les statues...

Même sentiment pour la soirée: j'ai retrouvé le quartier musulman et ses ruelles envahies d'odeurs et de goûts aussi attractifs qu'hier, mais je le connaissais déjà, le plaisir de la découverte n'était plus là....

De toutes façons, j'avais encore la tête dans les statues...

Je suis rentré à l'hôtel, j'ai discuté avec un couple d'anglais très sympathique qui m'ont donné plein de bons tuyaux pour visiter Pékin et la grande muraille de la meilleure manière possible, mais je n'ai pas retenu le quart de leurs conseils.

De toutes façons, j'avais encore la tête dans les statues...
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FA Fabhyène Veteran ·
Ohhhh merci Denis! C'est un site qui est sur "ma" liste... et tu décris bien la façon dont ces lieux nous mettent groggy, presque ivres... Quant aux papilles... On s'y serait cru!
Carnet Japon https://voyageforum.com/v.f?post=11473194;#11473194 Carnet Tanzanie https://voyageforum.com/v.f?post=10703331;#10703331 Carnet Ouest Canada https://voyageforum.com/v.f?post=9178900;#9178900 Carnet Birmanie https://voyageforum.com/v.f?post=8121234;#8121234
PA Parigino Veteran ·
Salut Denis

Merci pour les épisodes réguliers de ton carnet, vraiment très bon 🙂

Si je compte bien, tu as remonté la Chine du sud vers Pékin en une vingtaine de jours. C'est pas un peu effréné comme rythme ? Comment tu l'as senti sur place ?
JI JianadaRen Globetrotter ·
Tu es modeste pour tes talents de photographes. Les photos sont très bonnes. il est très difficile de prendre de bonnes photos des soldats à cause de la foule. À moins que tu les aies piquées sur internet ;-) 10 heures de bus en Chine, tu as plus de courage que moi
DE Denis007 Regular ·
Bonjour

Pour les distances, oui ça fait un peu "course organisée" avec le recul, c'est d'ailleurs pour cela que j'ai nommé ce carnet "Ma traversée de la Chine": "traversée" m'est apparu comme le mot le plus juste pour décrire mon parcours. J'ai du au final passer un bon tiers de mon temps dans les transports, mais cela ne m'a pas gêné plus que ça. Le transport qu'il soit en bus, train, taxi ou bateau fait partie intégrante du voyage selon moi. Bien sûr, si j'avais proposé cet itinéraire avant mon voyage sur ce forum pour avoir des avis, j'aurais surement récolté nombre de remarques (surement à raison d'ailleurs) sur le temps faramineux "perdu" en transports et sur les nombreux moyens d'améliorer ce brouillon! 😉 Mais voilà, mon dilemme était le suivant: "Je suis au Vietnam, je veux me rendre en Mongolie par voie terrestre, la Chine m'a accordé un visa de 30 jours pour cela, et je veux en voir un maximum possible à très petit budget car il se peut très bien que je ne revienne plus jamais en Chine de ma vie"! Avec le recul, et en sachant que j'ai planifié absolument TOUS mes transports au jour le jour, je trouve que je ne m'en suis finalement pas si mal tiré que ça! 😉

Merci JianadaRen et je te rassure, les photos sont bien les miennes, sinon quel est l'intérêt de faire un carnet? 🙂 En fait, j'ai eu 2 avantages pour prendre les photos: -Tout d'abord ma taille. Même si mon mètre 87 n'a rien d'exceptionnel en occident, il me permet cependant en Chine (et en Asie de manière générale) d'avoir une tête de plus que la population locale, quand ce n'est pas 2! -Ensuite, le zoom fait des merveilles! J'ai toujours été fidèle à la marque Panasonic et les optiques LEICA, qui, même sur un petit appareil compact comme le mien, propose une vraie bonne qualité d'image jusqu'à un grossissement de X5 environ. Après, ça se gâte un peu... Et puis, sur ce carnet, j'ai sélectionné 8 photos seulement sur un peu plus d'une centaine... Mais globalement, je ne suis jamais satisfait de mes photos que je trouve vraiment moyennes, surtout quand je les compare à d'autres.

Je poste la suite dès que possible, je l'écris par morceaux en soirée quand j'ai du temps: je reprends mes très nombreuses photos une par une et tout le déroulement de chaque journée me revient alors en mémoire, les photos sont une aide précieuse pour raconter un voyage au jour le jour, presque un an après!🙂
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OM Omega3 Veteran ·
Bravo Denis !

Pour un premier carnet de voyage, chapeau bas ! C'est vivant et intéressant et tes photos bien choisies.

Cela m'a doublement intéressée car je devais aller dans le Yunnan avec une coéquipière et j'avais peur que cela soit un peu trop galère avec la langue car j'étais allée auparavant au Japon et j'avais remarqué que la communication était difficile quand personne ne comprenait l'anglais.

A lire ton carnet, je vois que, en effet, cela aurait été galère, ne serait-ce que de ne pas savoir si on est dans le bon bus !

Bonne continuation et n'hésite pas à écrire un nouveau carnet !

Odile
Blog : odile-en-chemin.over-blog.com Site : www.odileenvoyage.fr CUBA, JAPON, BALI, THAILANDE, etc ANDALOUSIE https://voyageforum.com/v.f?post=8099098;live=1; PAYS BAS https://voyageforum.com/discussion/pays-bas-campagne-en-ville-d8215405/
DE Denis007 Regular ·
Merci Odile!

Pour la langue, à chaque fois que j'ai réussi à me faire comprendre et à comprendre les réponses faites, ce fut un petit moment de satisfaction, un de ces petits plaisirs qui me fait apprécier le voyage, et ce n'est finalement pas si difficile!

Avant d'essayer d'écrire un autre carnet, je vais d'abord finir celui-là! 😉
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DE Denis007 Regular ·
Vendredi 24 Juin

Journée consacrée aux transports aujourd'hui.

Comme prévu, j'ai pris mon train un peu après 9h du matin, et comme prévu il est arrivé vers 15h30 en gare de Pékin.

La ligne qui relie Xi'An à Pékin est toute neuve et très bien organisée: tous les affichages des destinations, numéros de trains, horaires sont en chinois et en anglais. Idem pour le billet, tout est écrit dans les 2 langues. La plupart des agents et guichetiers parlent quelques mots d'anglais, du coup c'est vraiment trop facile de s'orienter dans la gare, de trouver le bon quai, le bon train et le bon wagon. De plus, je ne suis pas du tout dépaysé comparé aux TGV français, car ce sont exactement les mêmes! C'est en effet Alsthom qui a vendu les rames, construit les lignes et les gares et tout est organisé quasi-exactement de la même manière que dans les TGV et gares françaises. Finalement, ça fait pas de mal un peu de facilité des fois!

La gare de Pékin Ouest où je suis arrivé est directement reliée au métro.

Là aussi, grande facilité pour s'orienter. Les tickets s'achètent à des automates qui ont un menu en anglais, et il y a des agents en uniformes qui repèrent le touriste un peu perdu devant la machine et qui l'aident à faire son premier achat. Puis, une fois qu'on a compris le système, tout devient beaucoup plus simple. Petite particularité du métro de Pékin: pour pouvoir accéder à chaque station, il faut montrer patte blanche et passer tous ses bagages au détecteurs de métaux, comme dans les aéroports. C'est aussi le cas pour accéder à chaque gare ferroviaire du pays. Mais ici, comme certaines stations de métro sont très fréquentées, il y a parfois un peu de queue, mais je n'ai jamais vu plus de 5 minutes d'attente.

Mon hôtel, le Dragon King Hostel, a le bon goût d'être situé à 150 mètres d'une bouche de métro (je l'ai d'ailleurs un peu choisi pour ça) ce qui fait que je n'ai aucune difficulté à le rejoindre. Les jeunes réceptionnistes sont souriantes, accueillantes et parlent un anglais absolument parfait!

Et bien dis donc, c'est la "journée facilité" aujourd'hui! Remarque je ne vais pas m'en plaindre, ça fait du bien d'activer le "easy mode" (encore une référence geek!) après les quelques jolies galères auxquelles j'ai parfois du faire face depuis mon arrivée en Chine!

L'hôtel étant situé dans un hutong, je décide d'aller faire une promenade à pied dans les alentours pour finir la journée. Les hutongs sont ces quartiers typiques de la capitale chinoise qui ont été épargnés par les reconstructions modernes à la sauce chinoise à grands coups de bulldozers et qui ont conservé leur ancien ordonnancement et leur ancienne architecture. Les guides de voyage et les blogs internet ne tarissent pas d'éloges sur ces quartiers "authentiques", mais franchement je n'y ai vraiment rien trouvé d'extraordinaire, c'est beaucoup de bruit non pas pour rien, mais pour pas grand chose selon mon point de vue...

Les guides de voyages, les blogueurs et les touristes en font-ils trop lorsqu'ils décrivent ces hutongs? Ou bien suis-je tout simplement blasé après 9 mois de voyage au point que j'aie besoin de voir des éléphants roses en tutu qui dansent le tango pour m'émerveiller? (ou une armée de terre cuite vieille de 2200 ans?) Surement un mix des 2, mais dans quelles proportions?

Allez savoir...

Samedi 25 Juin

Parfois, il est bon de passer des journées à ne pas faire grand chose durant un voyage au long cours.

Depuis mon arrivée en Chine, j'ai toujours avancé sans trop m'arrêter, poussé par les immenses distances à parcourir dans un temps limité de 30 jours.

Aujourd'hui, je suis arrivé à Pékin, la dernière étape de mon voyage en Chine. Mon visa est valable jusqu'au 2 Juillet, il me reste donc 7 jours à profiter. 7 jours au même endroit sans "bouger"? Diable, ça me change de mon rythme précédent!

Donc aujourd'hui c'est lever à 10h30, triage de photos, mise à jour de mes albums photo sur facebook, glandage sur internet, promenade dans les supermarchés du quartier pour faire quelques achats...

Bref, une journée très intéressante de backpacker glandeur comme je suis sûr que vous adorez les lire!

Ou pas...

Allez zou, on passe à la journée suivante!!

Dimanche 26 Juin

Après le break de la journée d'hier, il est temps pour moi de reprendre les bonnes habitudes du touriste lambda, à savoir visiter des monuments et autres lieux incontournables de la ville. Et pour aujourd'hui, ce sera la place Tian'anmen et la cité interdite que j'ai choisi de mettre à mon programme.

Déjà, j'ai le choix en sortant du métro: il y a 2 stations qui desservent la célèbre place: Tian'anmen Est et Tian'anmen Ouest. Et franchement, je comprends pourquoi lorsque je remonte en surface: cette endroit est absolument immense! Immensité renforcée par le fait qu'il n'y a pas beaucoup de monde qui déambule ici. Enfin pas beaucoup, je ne saurais pas vraiment dire vu le gigantisme des lieux, mais ce qui est sûr, c'est que j'ai vraiment l'impression d'un endroit clairsemé. Au nord se trouve l’immanquable et célèbre "porte de la paix céleste" qui n'est rien d'autre que l'entrée de la cité interdite. Le non moins célèbre portrait de Mao orne la partie supérieure de cette porte, entourée de 2 grandes inscriptions en chinois.



Un immense drapeau chinois sur sa hampe est disposé au centre de la place, tandis qu'au fond se trouve un monument à la gloire des héros du communisme ainsi que le mausolée de Mao.



C'est grand, mais je trouve l'endroit froid et sans véritable âme. C'est comme toutes les architectures communistes: c'est tellement grand et démesuré que cela en perd toute dimension humaine...

Je me dirige maintenant vers la "porte de la paix céleste" pour pénétrer à l'intérieur de la cité interdite, en passant au passage sous le fameux portrait de Mao.

Là par contre, il y a du monde, c'est même la foule!

Après un nouveau passage au détecteur de métaux, me voici faisant la queue pour acheter mon billet. Malgré une foule très importante, les files avancent relativement vite et finalement je suis surpris de ne pas perdre trop de temps dans les queues. L'entrée coûte 60 yuans (env 8.80 euros), c'est relativement bon marché comparé à de nombreux autres sites touristiques que j'ai eu l'occasion de visiter jusqu'à présent, je m'attendais à payer bien plus cher, c'est quand même la cité interdite! Pour 20 yuans (2.80 euros) supplémentaires il est possible de prendre un audioguide, mais je m'en passerais.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la cité interdite ne m'aura pas laissé un souvenir impérissable.

Tout d'abord, il y a du monde. Beaucoup de monde. Beaucoup trop de monde à mon goût. Je m'y attendais, c'est la rançon du succès du site le plus visité de Chine, il faut faire avec. Soit. Je vais donc faire avec. Mais la cité interdite est le seul endroit où le gigantisme des lieux n'atténue pas l'effet de foule. Malgré les immenses cours par exemple, tout le monde marche dans la zone centrale uniquement, on dirait une rivière humaine qui s'écoule d'une porte à l'autre, plus ou moins large, plus ou moins dense à chaque fois.



Et je ne parle pas des temples et des différentes salles car on ne peut en visiter quasiment aucune! Elles sont toutes fermées au public et l'intérieur est seulement visible à travers de petites portes où une foule s'agglutine pour faire des photos ou les inévitables selfies (comment peut on réussir des selfies dans des conditions pareilles?) Et pourtant, un couple de touristes chinois qui avaient demandé à ce que je les prenne en photo m'ont assuré qu'ils étaient soulagés, car pour eux il n'y avait pas beaucoup de monde et qu'ils s'attendaient à pire! Chacun son point de vue, tout est relatif!



C'est d'ailleurs vraiment dommage que l'on ne puisse pas visiter l'intérieur des diverses salles et temples: l'intérieur en bois sculpté et peint a l'air absolument magnifique! Mais je devrais me contenter comme tout le monde de photos prises à traves une porte ou une fenêtre, même si finalement je ne suis pas trop à plaindre car ma grande taille me permet de dominer la foule et de positionner mon appareil au dessus des nombreuses têtes chinoises qui se bousculent pour une place au premier rang! "Se bousculent" est le terme exact et approprié: beaucoup de chinois sont d'une impolitesse terrible quand cela ne tourne pas tout simplement au concours du plus malotru! Je suis témoin par exemple d'une scène sidérante où un jeune couple bouscule à coups d'épaules 2 retraitées pour se faire une place devant la barrière qui empêche l'accès à une salle du trône... Ce même couple sera d'ailleurs rapidement et prestement poussé vers la sortie par un troupeau de 5 jeunes filles de 18 ans à peine qui gloussent et emm****** tout le monde avec leurs perches à selfie... J'avais remarqué ce comportement dans le métro et dans la rue: c'est chacun pour sa pomme, on se bouscule et on ne s'excuse même pas; trop compliqué de s'excuser après avoir bousculé quelqu'un par inadvertance sur le trottoir. Certes ce n'est pas général, mais ce n'est pas rare non plus, loin de là...

Cela ne m'empêche pas de continuer ma visite dans cette ville dans la ville, dont je ne vois pas la fin.



A chaque immense cour succède un temple ou une salle que l'on ne viste pas mais qu'on traverse par de simples portes ou couloirs (boujour les goulets d'étranglement!) pour atteindre une cour suivante tout aussi immense et entourée elle aussi de temples et de salles qu'on ne visite pas. Je traverse ainsi dans l'ordre la porte de la paix céleste, la porte Duan, la porte du midi, la porte de l'harmonie suprême, le palais de l'harmonie suprême, le palais de l'harmonie du milieu, le palais de l'harmonie préservée, la porte de la pureté céleste, le palais de la pureté céleste, le palais de l'union, le palais de le tranquillité terrestre, le palais de la paix impériale... et encore je suis sûr que j'en ai oublié! C'est gigantesque, impressionnant de démesure mais au final j'ai trouvé l'ensemble lassant. Je pourrais presque affirmer que visiter la première cour et les premières salles est suffisant, tellement l'ensemble est répétitif! Oui je sais j'exagère, mais c'est vraiment l'impression que j'ai eue...

Heureusement qu'il y a un musée sympathique avec de magnifiques pièces qui vient un peu briser cette monotonie!

La sortie se fait à l'arrière de la cité et il est possible de monter en haut d'une petite colline dominée par un temple pour prendre un peu de hauteur est comprendre la démesure de la cité interdite: c'est une ville dans la ville, il n'y a pas d'autre mots pour la décrire.



Je retourne place Tien'anmen en contournant la cité interdite et en suivant les remparts et les douves, et bon sang qu'est ce que c'est long! Je ne me rappelais pas d'avoir autant marché à l'intérieur...

Au final, je rentre à l'hôtel avec une impression mitigée: certes la cité interdite c'est beau, certes c'est absolument gigantesque et impressionnant mais je ne peux pas m'empêcher d'être un peu déçu. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'en attendais autre chose. J'ai été enchanté par l'armée de terre cuite à Xi'An, mais j'ai été déçu par la cité interdite. J'espère que la grande muraille ne me réservera pas la même impression, tiens d'ailleurs en parlant de cette grande muraille il va falloir que je regarde un peu comment m'y rendre. J'ai vu que mon hôtel proposait des tours à la journée "clé en main", ce n'est pas vraiment mon style, mais je vais leur demander des infos, ça ne coûte rien...
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