Quatre jours au sein d'une communauté indigène de Bolivie, expérience inoubliable et chouette initiative
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RE
Piranhas et bananes au petit déjeuner. Se rendre à Sanandita, petit village de la forêt amazonienne appartenant au Département de Cochabamba (Bolivie), est une véritable aventure et ce dès le commencement. Le responsable du tourisme de la communauté indigène Yuracaré, Juanito Cartagena, est venu nous chercher tôt le matin pour commencer le voyage. Ensemble nous avons effectué les 7 heures de bus nous séparant de notre destination, San Gabriel, sur des routes sans asphalte et pleines de trous et côtoyant les agriculteurs mâchant la coca. Cette petite ville se compose d’une unique rue poussiéreuse bordée de petits commerces dans lesquels on trouve tout le nécessaire pour la vie quotidienne dans la jungle. Nous profitons donc là-bas de la dernière occasion pour nous d’acheter des biens civilisés comme de l’eau en bouteille, fortement recommandée aux vues de l’eau salée du fleuve bue par les natifs. Nous arrivons au “port” dans un taxi délabré qui, de toute évidence, fut trafiqué pour mettre le volant à gauche plutôt qu’à droite, sa place d’origine. Quatorze personnes s’y tassaient sans problème, profitant efficacement de chaque espace disponible. Le canoë que nous empruntons pour finir fut chargé de la même manière, ainsi qu’à chaque mouvement le rebord de l’embarcation s’approchait dangereusement de la surface de l’eau. Par chance, à ce moment là, nous ne savions rien encore des piranhas et des caïmans qui partagent le fleuve avec les indigènes. Un étroit sentier battu nous mène du port à Sanandita, lointain village encaissé entre un lac et l’impénétrable forêt tropicale. Dix sept familles appartiennent à cette communauté. Leurs cabanes de bois s’alignent sur le bord du fleuve à quelques centaines de mètres les unes des autres. Pour les visiteurs, les habitants du village ont construit une cabane à part, à l’identique des leurs, c’est-à-dire faite de bois et de paille sur pilotis. Et à la question de savoir pourquoi on devait dormir à l’étage de ces cabanes déjà si élevées, étage auquel on accède par une échelle, Juanito nous répondit tranquillement que les Pasancas, énormes araignées velues, restaient au sol et ne grimpaient pas aux hauts murs. Ouf, c’est un moindre mal !

Chances de survie des touristes dans la jungle : sans aide, bien maigres.

La première nuit dans la cabane est insolite : la natte, dure en comparaison d’un matelas, l’obscurité la plus totale mais avant tout le tapage omniprésent de la jungle, remarquable en particulier la nuit. Là-bas, singes hurleurs, oiseaux nocturnes et grillons sans fin se donnent en concert. Le déroulement de la journée est vraiment très simple : levé avec le soleil et couché lorsque le ciel s’obscurcie. En fait, tout est très logique. Dans la jungle on doit renoncer à ce que sont pour nous des commodités normales comme l’électricité, l’eau courante et les installations sanitaires. Le matin, à 8 heures, notre chauffeur Renaldo vient nous chercher pour prendre le petit déjeuner. Leonora, sa femme, a déjà cuisiné au feu de bois le riz avec les bananes et le poisson, qu’elle nous sert alors avec un sourire timide. La première tâche après le petit déjeuner est de pêcher pour le prochain repas. Presque toutes les activités sont liées à l’alimentation. Vu d’un peu plus prêt, cela ne diffère pas tant du monde occidental, seulement, dans la jungle, on note une relation bien plus directe entre le travail et la nourriture. En pêchant dans le fleuve avec une cane à pêche se composant d’une corde et d’un crochet, je me rends compte que mes chances de survie dans la jungle sans l’aide experte de Ronaldo y Leonora seraient vraiment faibles. Je n’ai pas réussi à attraper un seul poisson malgré tous les conseils donnés et suivis avec soins. Je n’ai pas passé non plus le test suivant : la survie dans la jungle. Les fruits, nombreux et appétissants, situés pour la plupart en hauteur, au sommet des palmiers, ne pouvaient être récupérés que difficilement en secouant le tronc de l’arbre. En quelques secondes, Renaldo escalada le tronc qui n’avait pas même de nœuds. Moi aussi j’ai essayé, bien que dans la communauté les tâches soient séparées de façon relativement claire et que ce travail soit exclusivement réservé aux hommes. Par conséquent cela a provoqué un grand ahurissement! Je n’ai pas pu grimper plus trois mètres, ce qui en laissait encore plusieurs autres avant de pouvoir atteindre les fruits tant désirés.

Mais grâce aux capacités de grimpeur de Renaldo, nous découvrions ce jour-ci le paradis des fruits : bananes, papayes, oranges, citrons, cosses de cacao et raisins mettaient en évidence que nous étions en visite dans les tropiques. En plus de grimper aux arbres, la grande connaissance du peuple indigène de son habitat, la forêt amazonienne, ne cessa jamais de nous faire grande impression. Ils savent quelles baies utiliser pour pêcher, celles qui sont comestibles, celles qui sont vénéneuses et celles qui servent de remèdes pour diverses maladies. Et quand il n’y a pas d’endroit pour s’asseoir, ils coupent quelques arbres fins à la machette et en trois minutes les transforment en banc. Dans la jungle, notre «savoir urbain » n’est vraiment d’aucune utilité.

La connexion avec la nature et la mystique des aborigènes. L’étroite relation des Yuracarés avec la nature se note non seulement dans leur comportement vis-à-vis de leur environnement naturel –ils ne prennent jamais plus que le nécessaire et ce qui est renouvelable- mais également dans ses légendes, traditions et histoires mystiques. Bien que les Yuracarés furent christianisés au XVIII° Siècle, ils continuent à croire de façon fervente aux esprits et aux ancêtres. Ainsi, les jaguars et les crocodiles n’attaqueraient jamais un aborigène, tout comme les moustiques ne le piquent pas, car il a un lien très étroit avec les animaux et qu’il pourrait leur parler. Cela se révèle tranquillisant quand on passe la nuit dans une tente au milieu de la jungle et, heureusement, nous n’avons pris conscience que bien plus tard que les animaux ne nous connaissaient pas NOUS…

Susan Griesbach
AL Alexiaoups ·
Bonjour Susan!

Quel plaisir de te lire de bon matin.. je pars en Bolivie 1 mois en octobre et ton récit me donne de + en + hâte!

Alors merci 🙂
LO Loupiottes ·
Je confirme. Quel plaisir de te lire... Peux tu me faire parvenir les renseignements utiles pour me permettre de faire cette même expérience? Je serai également en Bolivie au mois d'octobre et je souhaite vraiment vivre ce que tu as décrit si authentiquement. Encore merci pour ton partage.
Les mots sont comme les sacs : ils prennent la forme de ce qu'on met dedans Quand deux personnes se taisent, ce silence est parfois bien plus éloquent que si elles parlaient.
RE Renbol ·
C'est avec plaisir que je peux te répondre ! Il faut te renseigner auprès de la fondation DELPIA, assoc à but non lucratif qui aide la communauté indigène à la mise en place de son projet de tourisme communautaire. Leur site internet est www.fundacion-delpia.org. Tu y trouveras toutes les infos nécessaires et surtout n'hésite pas à les contacter, ils répondent rapidemment. Et si tu as d'autres questions, je serai ravie de pouvoir t'aider !
LO Loupiottes ·
Tout dabord, un tout grand MERCI pour ta réponse si rapide! Je suppose que tu t'y es rendue en tant que "touriste" et non pas comme volontaire puisque si j'ai bien compris tu es restée sur place 4 jours. As tu une idée de "prix"! Cette question parce que j'ai un budjet et non pas parce que quel que soit le prix je pourais penser que cela soit trop cher! Si l'occasion se présente, je compte faire comme toi puisque je serai déjà 1 mois à l'association inti wara yassi en tant que volontaire et il me restera donc 2 semaines de "liberté" pour profiter de la Bolivie. Et je t'avouerais que je plus attirée par ce genre de rencontre que par la ville, les monuments, les missions jésuites...bon, ça c'est chacun son truc! Est-il INDISPENSABLE de parler Espagnol? Je m'explique. Je ne connais strictement rien en Espagnol et même si je compte m'y mettre de suite, je doute qu'en 5 mois je sois parfaite "bilingue". Bref, je suis interressée par toutes les infos qu'il te semble utiles de me transmettre. Encore merci à toi
Les mots sont comme les sacs : ils prennent la forme de ce qu'on met dedans Quand deux personnes se taisent, ce silence est parfois bien plus éloquent que si elles parlaient.
AL Alexiaoups ·
Salut tout le monde!

je suis votre discussion avec intérêt et j'avoue que je te rejoins assez sur toutes tes questions, notamment celle de la pratique espagnole..🤪 A part téquila, mojito et bienvenido en mi casa... les années lycées sont loin...🤪 😛

En tout cas, merci Susan pour tes précisions, je vais aller voir de ce pas ton lien!

🙂
FL Fleurdu34 Regular ·
Bonjour Merci pour ce récit .Il donne vraiment envie.Si tu avait des photos a nous monter ce serait super.Cordialemnt laurette
Laurette
SI Sinople Regular ·
Hola!

Merci... grace à toi g eu un instant l'impression de me retrouver avec Juan et Alan pescando en el rio!!! J'ai aussi eu la chance de vivre cette expérience extraordinnaire l'année dernière au cours d'un voyage en Bolivie et je regrette maintenant de ne pas avoir eu le temps d'y rester en tant que volontaire comme me l'avait proposer Alan... Ce qui est génial dans ce projet, c'est qu'on recherche réellement un enrichissement réciproque basé sur l'échange interculturel et humain avant tout. On vit au rythme de la communauté et on s'adapte autant que possible à leur mode de vie... Les Yuracaré de Sanandita sont vraiment des être exeptionnels qui redonnent du sens à l'idéal d'humanité! Merci à eux! D'ailleurs si tu as quelques photos, je suis preneur car j'ai perdu toutes les miennes sur la partie de ce voyage (de Cochabamba hasta La PAz via el Chapare, Santa Cruz y el Beni!!!😕). Merci

Eh un petit conseil à Loupiotte: si les actions de cette asso t'intéresse et que tu as un peu de temps à consacrer dans du volontariat en Bolivie, je t'assure que tu sera plus utile la bas qu'a Inti Wara Yassi... Quand je leur est rendu visite, il y avait déja prés d'une soixantaine de volontaires chez eux! Et ce n'était pas la haute saisons en plus! Question prix pour le projet de "turismo dual", je ne me souviens plus exactement (ils ont écrits sur leurs site je crois) mais c surement pas plus cher que ce que demande l'asso Inti w y pour une semaine de volontariat!

Buena vibra para todos! Mateo
BA Barab Regular ·
bonjour a tous ¡ on est revenus egalement hier de quatre jours inoubliables a sanadita...beacoup de choses ont ete dites...quelques petites precisions sur les nouvautes...juanito a aujoudh ui deux ruches dans son "jardin" qui lui permettent de recolter 2 a 3 litres de miel tous les trois mois..un bon complement de revenus qui leur permet de ne pas tomber dans la culture intensive de la coca... allan est en train de monter une asso pour les femmes de sanandita, il vient de decrocher une subvention, on etait ensemble la bas...

toujours dans la meme lignee, celle de preserver les cultures locales nous partons demain a indenpenzia pour travailler sur la construction de case en brique de terre et de paille.egalement au programme un peu de travaux d agriculture et le reperage d un trek de trois jours. pour indepenzia alla travaille egalemet avec des asso de cochabamba pour construire un four en terre, un sechoir a fruits et des toilettes seches. j ai quelques connaissances dans ce domaine mais le temps va nous manquer pour mettre ca en place.. si d autres parmi ont des connaissances la dessus n hesitez pas a foncer sur cochabamba, allan travaille avec son coeur et il est d une humanite et dune creativite impressionnante...y a de la place pour toutr le monde pas besoin de connaissances approfondies, ...j essaye de mettre quelques photos de sanandita et de vous donner des nouvelles d independencia..ah oui pour le prix tout compris et en payant content c est 1106 bol par tete de pipe...
RE Renbol ·
Hola todo el mundo !

Bien contente que ce projet plaise... Perso, après avoir passé ces quelques jours dans la communauté, je suis restée comme volontaire pour aider à l'office de Cochabamba. Concernant la pratique de l'espagnol, j'avoue que c'est beaucoup plus agréable et enrichissant de le parler et comprendre un minimum pour pouvoir communiquer avec la famille qui vous reçoit. Cependant, il y a généralement des volontaires à Cocha qui peuvent accompagner les touristes et faire office de traducteur. Bien sûr, si ils ne sont pas francophones, tout se fera en anglais.

Concernant les prix, tu as raison Mateo, ils sont sur le site de la fondation. En gros, pour quatre jours tout compris c'est environ 150 euros (transport, logement, nourriture...). Tout est´préciser leur page web, il y a juste à lire !

Et dès que j'ai le temps, j'essaie de mettre quelques photos...

Ciao !
BA Barab Regular ·
je t ai reconnu renbol....enfin je crois...bon on se renvoye apres notre sejour a independencia alors..ou ptet au bar ce soir...et au fait j ai retrouve ma carte memoir...jte raconterai
JC Jcattai ·
Salut a tous,

Je travaille actuellement comme benevole pour cette fondation, n hesitez pas a m ecrire pour plus d infos a l adresse jeronimo.delpia@gmail.com

Un petit cadeau pour ceux qui veulent des photos...
LO Loupiottes ·
merci à toi pour tes photos!

cela donne encore plus de vie à cette discution. Je ne pourai hélàs finallement pas me rendre cette année à Delpia mais je garde bien de côté tous les commentaires positifs concernant cette association. Je souhaite donc à tout ceux qui sont sur place ou qui vont s'y rendre, une découverte, un partage mutuel, et surtout beaucoup de joie. Bonne chance a DELPIA
Les mots sont comme les sacs : ils prennent la forme de ce qu'on met dedans Quand deux personnes se taisent, ce silence est parfois bien plus éloquent que si elles parlaient.
MA MadrinaNC Regular ·
Ouah!😮

J'adore ton récit ... Je pars en Bolivie en fin d'année enfin décembre janvier ... j'aimerai passer par là mais c'est la saison des pluies ... donc j'avais abandonnée l'idée ... est ce que tu sais si c'est possible vers la mi-janvier ... parce que j'ai peur qu'il pleuve trop et ce soit un peu galère pour eux d'accueillir des gens! 😕

Alala je ne sais plus quoi faire, a force de lire tous les récits sur ce forum j'ai envie de tout faire ... et je n'arrête pas de changer d'avis. Mais pour l'instant c'est ce projet là qui me tiens le plus à coeur car on rencontre vraiment des gens et c'est ce que j'ai envie de faire! je vais lire d'autre témoignages peut être que certains y sont allés à la même période que moi!

a bientôt et encore merci pour ton joli texte!

PS : tu parles d'aborigènes ... c'est pas en Australie les Aborigènes ... 😛
😄 Sophie 😄

«Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité.»
CY Cyclocosmos Veteran ·
+1

Il faut également savoir que le terme "indigène" utilisé dans le titre est mal choisi et pourrait être perçu avec connotation péjorative.
AT Atriurtre ·
- 1

pfffff , pénibles ces aseptiseurs de language...

indigène n'a rien de péjoratif !
AT Atriurtre ·
tu parles d'aborigènes ... c'est pas en Australie les Aborigènes ... 😛

ben non, ça peut être partout. encore une aseptisation du language...
MA MadrinaNC Regular ·
Ah ouais! Merci pour l'info! J'avais toujours entendu aborigènes pour ceux d'Australie en fait c'est pour ça! 🙂🙂🙂
😄 Sophie 😄

«Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité.»
SI Sinople Regular ·
Hola!

Je ne veux pas lancer de controverse linguistique mais je profite de cette intervention de cyclo pour prendre quelques nouvelles de nos amis de Sanandita... Quelqu'un à t il des nouvelles fraiche des projets de la fundacion?

A propos du terme "indigènes", la péjorativité est toute relative! Si en France on préfère utiliser le terme d'(amer-)indien plutot que celui d'indigène, en Am du sud c'est le contraire! La bas le terme d'"indios" donné par les colons aux peuples autochtone est considéré par ces derniers comme une insulte (surement à cause de la discrimination culturelle sociale et raciale qui l'accompagne)... il préfère donc se nommer eux m^me "indigenes". Tout dépend donc de la langue et du continent ou on emploi ce terme!

A luego!
HI Hibiscus6998 Regular ·
Hola, Je reviens du Pérou, et voilà une nouvelle idée de voyage ! Merci pour le lien, et je fais remonter le sujet afin de l'encourager, il vaut mieux que notre argent de voyageur profite ainsi aux indigenos.

Si certains veulent des tuyaux pour être avec des gens dans la sierra péruvienne, escribame en MP !
Préparer son sac léger et pratique

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