J'ai traversé le Péloponnèse en vélo en janvier février 2016. Voilà ce que j'y ai ressenti:
Pour les photos:
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Du berceau au guichet.
« J’aime mieux jouir de ma liberté que de faire bonne chère dans l’esclavage. » fable d’Ésope, VIIème siècle avant Jésus Christ, Grèce.
En plein coeur de l’hiver, nous voilà maintenant arrivés en Grèce, plus particulièrement dans le Péloponnèse, la partie sud du pays. Carrefour prépondérant de l’histoire du monde, naissance de la démocratie, philosophes, historiens, guerres de civilisations, le Péloponnèse est le coeur du berceau de la civilisation occidentale qui s’étend de part le monde aujourd’hui. La Grèce Antique, les athéniens, les spartes, les perses, tant de noms qui résonnent comme de grandes épopées de la création et du cheminement de l’ère contemporaine. Ainsi, nous pédalons sur les fondations du monde actuel, sur la création de la pensée occidentale, sur ce qui nous compose, notre culture et l’humanité actuelle.
Mais c’est bien dans le présent que nous découvrons la Grèce. Et force est de constater que malgré son Histoire, elle subit le matraquage du capitalisme de plein fouet. Dans la région de Pyrgos, cela fait un an qu’il n’y a plus de services d’éboueurs. Dans un rayon de 30 km autour de la petite ville de campagne, les poubelles de la société de consommation composent le paysage de plaines et de plages qui appellent au rêve. On y apprend que le service d’incinération a fermé il y a un an et que l’Etat ne prévoit pas d’en réouvrir… faute de moyen bien sûr, la Grèce devant payer la dette.
Plus loin, terrassés par la pluie le vent et la grêle, nous nous reposons dans une usine de fabrication de boîtes en plastique. Ah les joies du « libre- échange »! C’est ici que nous voyons comment une petite entreprise grecque parvient à survivre en faisant appel à ce que le capitalisme appelle « main d’oeuvre » mais qui n’est rien d’autre qu’esclavage. Les ouvriers viennent de Bulgarie, cela fait un an qu’ils sont ici, logés dans l’usine dans des conditions insalubres. Mais bon, c’est le prix du « libre- échange ».
S’en suit beaucoup de rencontres, on y voit une jeunesse grecque écrasée par l’austérité… L’humeur est, disons-le, à la « dépression ». Les jeunes vivent dans un monde où ils ont une dette à payer. Ils travaillent pour des salaires de misère, parfois 100 euros par mois. Ils parviennent à manger grâce a la solidarité, et à se loger en retournant vivre chez papa et maman… La jeunesse grecque a tenté de se soulever, Tsipras a été élu, puis lui aussi n’a rien pu faire face au capitalisme. Paye et crève !
Nous ne voyons pour le moment aucun modèle alternatif en Grèce. Non, il n’y a pas de retour à la nature, il n’y a pas de petits magasins bio, il n’y a pas de monnaie locale et autre idées tellement à la mode dans notre France bobo… ici, les gens payent , de leur liberté et de leur espoir, le prix de la dépendance à la société de consommation. Les jeunes ne semblent pas envisager d’autres modèles. Malgré l’austérité, ils veulent toujours le nouvel I phone…