Jours tranquilles à Sukhumvit (Bangkok)
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GE
Voici un récit d’un passé pas trop lointain….

Vendredi En début de soirée, je prends le vol de Singapore Airlines à Heathrow, direction Singapour. Le siège n’est-il pas assez confortable ou serait-ce peut-être plutôt l’excitation mentale que je n’arrive pas à modérer? Je suis poursuivi par tout un tas de pensées à la suite de ce que j’ai fait ces derniers jours en Europe et il me faut plusieurs heures avant de pouvoir m’endormir. Le petit déjeuner servi deux bonnes heures avant l’atterrissage à Singapour coupe court un sommeil qui n’a pas duré plus de 3 ou 4 heures.

Samedi L’avion a du retard et je dois courir pour joindre l’avion pour Bangkok, qui heureusement part du même terminal mais tout à fait à l’autre bout. J’ai une petite sueur, moins de 45 minutes entre deux avions ! 🤪 Le chef de service à bord du vol pour Bangkok vient me voir juste avant le décollage pour me confirmer que mes bagages ont bien été transférés! On ne peut pas rêver meilleur service et plus efficace. 😎🙂

J’arrive à Bangkok en fin d’après-midi et descends au Majestic Grande, dans soï 2 tout à fait au début de Sukhumwit et à deux pas de la station de « skytrain » Phloen Chit. J’ai eu beau expliquer à Y au téléphone où se situait l’hôtel, elle s’est obstinée à ne pas vouloir comprendre. J’aurais dû choisir un hôtel portant un nom plus simple ! On peut répéter « Majestic » 100 fois, pour une oreille thaïe, c’est tout simplement incompréhensible. Les Thaïs ne peuvent pas prononcer un « s » à la fin d’une syllabe, ils sont obligés de dire « t » : « plat-sa-tic », « hut-sa-band », « Aut-sa-trey-lia » pour « plastic », « husband » et « Australia ». Quand je demande à Y ce qu’elle se verse d’une bouteille sur sa nourriture, elle me dit « sawt », et je crois que c’est un de ces mots monosyllabiques typiques de la langue mais non ! c’est « sauce » mal prononcé ! La meilleure, c’est qu’elle dit « isse » pour « eat » (manger), « goss » pour « goat » (chèvre) ou pour « gold » (l’or). C’est comme si elle s’imaginait que pour dire un « t » final en Thaï on aurait peut-être bien écrit « s », et comme si elle faisait un effort intellectuel inversé pour bien prononcer ce « s » qui n’a jamais existé ! 😇 Mais n’allons pas plus avant dans les arcanes de la prononciation thaïe. Suffit-il de dire qu’il n’est pas à la portée du premier « farang » venu de s’y retrouver !

Je finis par la retrouver une heure plus tard. Elle est assise devant l’hôtel, me parlant dans son portable, pratiquement en pleurs parce qu’elle se demandait où j’avais bien pu disparaître ! Tournons la page !
IS Issanese ·
bah faut pas generaliser ; loin de la ; les thai qui ne savent pas prononcer l anglais comme il faut ce sont seulement ceux qui ont apprix sur le tas , bref ceux q ont pas recu beaucoup d instruction scolaire .

dans les coin chaud elle ont apprix sur le tas juste pour alpaguer le falang . ce sont generalement que les pauv filles de l issan qui causent comme ca ;
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bien d'accord, il ne faut pas generaliser, et bien d'accord, c'est pour commencer une question d'education.

Aussi d'accord sur la deuxieme partie de ta reponse, quant a "celles qu'on trouve dans les coins chauds".

Quant au reste, a chacun de savoir dans quelles eaux il peche! 🙂
AL Alan Globetrotter ·
Quant au reste, a chacun de savoir dans quelles eaux il peche! 🙂

...... dans ces eaux là justement Georges, dans ces eaux là ......... 😉 avec nos carnets on va peut être se croiser sur Sukhumvit où ailleurs ...... bonne année à toi ...... 🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
et bonne annee a toi aussi! 🙂 et ce serait un plaisir de se croiser, sur Sukhumwit ou ailleurs. 😉

ce que je voulais dire mais que j'ai oublie de preciser dans ma reponse precedente (rien a voir avec toi), c'est que "si A implique B, B n'implique pas A", je m'explique: il y a des millions de gens relativement peu eduques en Thailande, et la majorite d'entre eux ne se trouve pas dans "les endroits chauds". Ce n'est certainement pas mon intention de retomber dans cette eternelle et ennuyeuse polemique bien connue 😐 , d'ou ma remarque "a chacun de savoir dans quelles eaux il va pecher", et je m'en tiendrai la.
DA Daisyone Globetrotter ·
Et toi, le thai, tu le parles avec quel accent ? Tu le prononces bien ??? Bon, je sors...😄
daisy
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Nous allons manger dans l’un de nos restaurants préférés. Le feu et la fraîcheur de la nourriture thaïe, arrosée d’un délicieux « nám sôm » (jus d’orange), me remettent d’aplomb. Un soï ou deux plus loin, nous allons boire un verre à l’ABC. Nous aimons beaucoup ce bar où il y a presque toujours de l’excellente musique live et où les boissons sont très bonnes et à des prix corrects – ils font un « blue margarita » de premier ordre ! La faune y est en moyenne plus acceptable que celle qu’on croise sur la section initiale de Thanon Sukhumwit, à 2 sauts de “skytrain” de Siam Square, l’un des points de repère bien connus du centre de Bangkok.

Les environs sont souvent assez déprimants mais un minimum de description est nécessaire pour “viser” l’endroit. Les filles ou les “katoeys” (“lady boys”) qui font le tapin dès l’après-midi sont peut-être ce qui saute aux yeux en premier. Les étrangers masculins, le plus souvent vieux, gros, gras et chauves, et le plus souvent des anglo-saxons ou scandinaves bourrés de bière, leur font écho, si on peut dire. Ils ont le choix, les porcs, car s’ils ne trouvent pas leur bonheur sur le trottoir, ils peuvent se rabattre sur une multitude de bars où des clientèles féminines de toutes descriptions les attendent. Si ce n’est pas une “freelance” qui leur convient pour un “short time” de 1 ou 2 heures ou pour un “long time” jusqu’au matin, ils peuvent aller goûter à des “massages” dont je tairai les options par souci de décence ou aller se défouler les hormones dans un “bar à pipe”. Le sexe à Bangkok, c’est aussi simple que d’acheter une boisson dans un 7-11!

Aux alentours des premiers soï impairs, du côté du Grace Hotel, du « Tajine de Marrakech » ou de l’« Istanbul Showarma », c’est le Moyen Orient. Des hommes aux regards durs et hautains et aux visages mal rasés, souvent suivis quelques pas en arrière par les formes lourdes de leurs femmes voilées et habillées de noir de la tête aux pieds. Tous « en voyage d’affaires », paraît-il. Ben voyons ! À quelques pas du Grace Hotel, de l’autre côté de la rue, une demi-douzaine d’Africains (« khon dam ») dealent des substances suspectes….

Les passants se frayent leur chemin au milieu des stands qui encombrent les trottoirs étroits de l’avenue. Elle commence à Phloen Chit au centre de Bangkok, et ses 5 ou 6 premiers kilomètres séparent les districts de Watthana et Khlong Toei. Puis elle traverse les districts de Phra Khanong et Baang Naa (“quelques rizières�� – il fut un temps où c’était la campagne !) avant d’atteindre la province et de se poursuivre sur 400 kilomètres vers la frontière du Cambodge. À la limite de Phra Khanong, il y a le quartier de On Nut – c’est le dernier arrêt sur la ligne du “sky train”.

C’est là, entre Phra Khanong et On Nut, qu’habitait Y, quelques rues à l’arrière de l’avenue, dans un bloc d’appartements relativement bien tenu – il y avait même des caméras de sécurité ! Elle occupait une pièce de peut-être 20 mètres carrés qu’elle partageait avec un de ses deux fils, sa nièce Faa et sa petite fille Awn, une petite poupée belle à croquer et d’une vive intelligence. À quatre, ils se partageaient un seul matelas et Y couchait souvent à même le sol, sur le dur – je ne pourrai pas dire si c’est courant ni si c’est parce que les gens sont très pauvres et à la limite de la misère, mais je l’ai vu faire en province. La porte qui donnait sur un petit balcon était la seule source de lumière naturelle. La pièce d’eau était minuscule.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Et toi, le thai, tu le parles avec quel accent ? Tu le prononces bien ??? - --

Bonjour,

Que je le parle bien ou pas bien, peu importe, cela ne change rien à la validité de mes observations sur la façon dont certains Thaïs parlent l’anglais. Et pour éviter qu’on me prête des intentions négatives, je voudrais bien que l’on tienne compte de ce que ce genre d’observations peut se faire dans tout pays, pour toute langue étrangère. Pour commencer, on pourrait jeter un coup d’œil sur l’anglais tel qu’il est parlé par certains francophones....

On pourrait également se demander quelle sorte d’anglais on pourrait espérer entendre parler par un Français ou une Française qui n’est jamais sorti/ie de Trifouillis-lès-Oies et qui n’a pas poussé ses études au-delà du CEP (je sais qu’il a été abrogé, j'espère qu'on comprendra ce que je veux dire par là). Cela pour dire que (1) des degrés variables d’éducation et d’aptitude aux langues étrangères se rencontrent dans tout pays, ce n'est bien évidemment pas un phénomène unique a la Thailande; (2) ce n’est pas parce qu’une personne ne parle pas bien une langue étrangère que cette personne est un malfrat ou une femme de petite vertu.

Mais ceux qui voudront systématiquement voir du mal à toute parole émise sur la Thailande persisteront, j’en suis sûr. Il est bien regrettable, il me semble, que dès qu’il s’agit de la Thailande aucune discussion ne puisse se dérouler sereinement. 😕
IS Issanese ·
Les étrangers masculins, le plus souvent vieux, gros, gras et chauves

et on n accuse jamais les pas vieux, pas gros, pas gras et pas chauves , pourtant les plus nombreux ...............
IS Issanese ·
Tous « en voyage d’affaires », paraît-il. Ben voyons !

remarque, y en a bien qui se disent en voyage touriste, parait -il. Ben voyons !
ME MengWan Globetrotter ·
😎😎😎😎
Si vous avez compris tout ce que je viens de vous dire, c'est que j'ai dû faire une erreur quelque part. - Alan Greenspan Science sans conscience n'est que ruine de l'âme - Rabelais
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
J’en étais arrivé à la description du minuscule appartement où Y vivait à cette époque.

Si on pouvait s’inquiéter de ce logement primaire, il suffisait de faire quelques pas dehors pour se rendre compte qu’il y a bien pire. Derrière le bâtiment, on traversait un petit canal jonché d’ordures. Noirceur et humidité. Sur la berge douteuse – où se terminait la vase ? où commençait le sol ferme? – des gens vivaient dans une masure faite de planches, de cartons, de sacs à riz ou à ciment déchirés, de pneus et de sections de gouttière tordues jetés par-dessus pour assurer une solidité toute relative… 🤪 Plus loin et avant de rejoindre la rue la plus proche, plusieurs familles occupaient d’autres constructions précaires, sur un sol moins incertain peut-être. L’habitat ne faisait souvent que quelques mètres carrés. Les « maisons » de bois et sur pilotis devaient dater, on fait plutôt du béton de nos jours, ou bien ces gens n’avaient peut-être simplement pas les moyens de construire autrement. Vieilles ou récentes, toujours est-il que ces cahutes étaient en bonne voie d’effondrement, et rares étaient les niveaux qui respectaient l’horizontale! Les pluies diluviennes y étaient sans doute pour quelque chose. On ne pouvait pas ne pas frémir en passant dans de tels parages…

Mais il y a aussi des quartiers très chics bordant certains segments de Sukhumwit, où l’on trouve ambassades, bons et beaux restaurants, hôtels prestigieux, appartements luxueux, spas et salons de massage traditionnel (et très corrects ceux-la!) et ainsi de suite. Et les quartiers de Phra Khanong, Phrom Pong et On Nut ne sont pas si mal que ça. Aux alentours de la station de On Nut, il y a beaucoup de commerces, dont Carrefour entre autres.

Un dimanche matin, j’avais été avec Y « faire Tamboon » au wat qui se trouvait juste un peu plus loin. Il s’agit de la « bonne action » bouddhiste, et ça tient un peu lieu d’aller à la messe pour les chrétiens. Mais là s’arrête la comparaison. Oh ! Il y avait bien un bon nombre de moines qui faisaient un service dans la salle principale du wat, mais nous avions rejoint un pique-nique auquel une bonne centaine de gens s’adonnaient joyeusement, assis autour d’une quantité impressionnante de plats de tous genres dont on pouvait se servir à loisir - il suffisait de s’asseoir sur le plancher comme tout le monde. C’était délicieux. 😛 Je n’y avais pas prêté attention, mais je suis sûr que tout était végétarien, vu le contexte. Il régnait une bonne humeur, on bavardait tranquillement, et on entendait même quelques éclats de rire discrets. 🙂 À un certain moment, les moines firent une prière et tout le monde s’arrêta de manger et de bavarder pour se tourner vers la partie principale du wat en faisant un « waï», l’affaire de quelques minutes. Plusieurs femmes s’occupaient de ramasser les restes et du nettoyage. J’avais aussi remarqué à l’entrée du wat un groupe de femmes occupées à préparer la nourriture. Y m’avait expliqué que les gens préparent cette nourriture une fois par mois. On envierait facilement ces gens pour leur esprit communautaire et leur bonne humeur calme et décontractée. 🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Revenons sur la section initiale de Sukhumwit, celle qui va de Phloen Chit à la station Asok. Les stands offrent des marchandises médiocres ou des nourritures faites sur le pouce. Ça, il faut le dire, il suffit de peu de matériel pour les Thaïs pour produire des plats délicieux et bon marché! 😛 Mais j’allais oublier les mendiants, dont certains ont été estropiés dès leur enfance pour mieux attirer la sympathie des passants. Il y a, parait-il, une maffia qui rafle des enfants au Cambodge et les ramène en Thaïlande pour les jeter sur le pavé à chasser quelques dizaines ou centaines de bahts d’aumônes à la journée, après les avoir mutilés pour mieux gagner la sympathie des passants. 🏴‍☠️ L’ignominie n’a vraiment pas de limites!

Dans un tel tableau, les mendiants qui chantent des chansons de leur province rassureraient presque. L’oreille perçoit des bribes de Look Thung, qui semblent peiner pour poindre au milieu du capharnaüm général. La douceur et la nostalgie de ces chansons où s’exprime l’émotivité thaïe mais que la plupart des étrangers ignorent ou détestent… 🙂 Ou alors, c’est une bribe de Maw Lam, le “Docteur Danse” de l’Isaan. La moitié d’une phrase musicale … on imagine les danseurs arrêter leurs mouvements juste ce petit quart de seconde pour marquer le back beat …. ça me donne des frissons…. 😎😉

Dans les restaurants, les pharmacies, les « 7-11 », les salons de coiffure, les hôtels etc., on trouve bien sûr beaucoup de gens sur Sukhumwit qui vaquent à des occupations tout à fait normales. Blasés et bouddhistes, ils semblent être impassibles à la débauche qui sévit autour d’eux et qu’ils trouvent probablement assez normale.

Thanon Sukhumwit est une galaxie dont la description mériterait bien plus que les quelques lignes que je viens de lui consacrer. Une galaxie qui évolue dans l’univers de Bangkok, une ville géniale où on trouve absolument de tout, belle et moderne, délabrée et dégoûtante, vertueuse et dépravée, haute classe et vulgaire, infinie.
DE Dennis Globetrotter ·
bah faut pas generaliser ; loin de la ; les thai qui ne savent pas prononcer l anglais comme il faut ce sont seulement ceux qui ont apprix sur le tas , bref ceux q ont pas recu beaucoup d instruction scolaire .

dans les coin chaud elle ont apprix sur le tas juste pour alpaguer le falang . ce sont generalement que les pauv filles de l issan qui causent comme ca ;

......heu, là je rigole un peu tout de même : Issanese, c'est en français que tu devrais faire un effort........et tu peux le faire......

...et pis perso, les trucs genre "you handsome", ça me fait toujours marrer........
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Nous arrivons à l’ABC. Passé les « waï » et les sourires des serveuses à l’entrée, 🙂 nous retrouvons Faa et une amie à l’intérieur. Il est déjà bien 10 heures du soir passées. C’est le bon moment, l’atmosphère commence à chauffer. C’est l’heure à laquelle les gens ne peuvent plus se retenir et se mettent à danser à leurs tables ou sur la piste minuscule, devant la scène où un groupe comme souvent excellent nous sert un répertoire de derrière les fagots. Plusieurs morceaux de Led Zeppelin sur lesquels la chanteuse – elle a une pêche du tonnerre, celle-là ! - nous épate par ses prestations vocales. À la table voisine, un couple d’Allemands s’en donne à cœur joie. C’est que du rock & roll servi chaud comme ça, on n’en trouve pas à tous les coins de rue! 😎 L’Allemande s’est abandonnée à la danse, ça fait plaisir à voir. Le type nous dit que c’est leur dernier jour en Thaïlande et que ça leur fait mal au cœur. Oh ! comme je les comprends ! Mais au moins ont-ils trouvé une bonne adresse pour passer leur dernière soirée !

Où qu’on tourne la tête, c’est sourires sur sourires, ces magnifiques sourires joyeux et à pleines dents bien blanches des Thaïs. 😎 Beaucoup de filles et certainement assez faciles à aborder pour un homme esseulé... Mais où donc vont mes pensées ? Je suis en bonne compagnie avec Y, Faa et son amie. Après quelques verres, minuit passé, elles décident d’aller au X Club. Nous invitons les Allemands à se joindre à nous mais ils semblent être indéracinables. À peine dans la rue, nous tombons sur Malee (« jasmin »), une collègue de Y et de Faa, et son « faen » Somwit. À six, nous prenons un taxi qui nous dépose dans un sous-sol, à l’entrée du X Club. Je commande une bouteille de Red Label. Pour « mouiller » notre whisky, les sodas et cocas nous seront fournis à volonté.

Il y a des centaines de gens là-dedans ! Sur la scène, un groupe nous déballe une musique éclectique. Rock, techno, peu importe, on danse. Deux filles montent sur la scène pour se donner en spectacle, au plus grand plaisir des musiciens et de la salle, et croyez-moi ! elles nous en mettent plein les yeux ! Pour savoir danser, pas de problèmes, ces gens sont souples comme des chats, ils ont le rythme dans la peau et ils savent se laisser aller sans complexe! De mes jours « africains », je peux dire que les Thaïs n’ont rien à envier aux Africains pour ce qui est de danser. 😉

Puis le groupe nous sert quelques chansons thaïes qui doivent être bien connues car tout le monde se met à chanter à l’unisson. À notre table, nous avons droit à notre petite version privée: trois femmes nous addressent la chanson avec force d’expressions qui se veulent convaincantes. Je n’ai pas la moindre idée du sujet de la chanson, mais c’est divertissant. Ah ! ces femmes ! Pourra-t-on jamais dire comme elles sont gaies, mignonnes, chaudes, émotives, impulsives? Le cœur, les nerfs, le sang à fleur de peau. Un rien, et ça démarre. Quelques bons verres, une bonne musique et une bonne ambiance, et c’est vite le délire ! Ce sont des « Ferraris de la fiesta » ! 😎

Il doit être 4 heures du matin quand nous quittons le X Club. Retour sur Sukhumwit. Beaucoup de gens mangent à des petits restaurants installés à même le trottoir. Des bars de fortune se sont installés dans les petites heures de la nuit. Sur leurs comptoirs miniatures, il y a toutes les bouteilles qu’il faut, illuminées par des lampes de toutes les couleurs. 🙂😎 C’est gai et joli. Retour à l’hôtel « pleins » de cette soirée à tout casser ! Mais connaissant Y, la plus tendre et la plus mignonne des compagnes, nous ne nous avouerons encore pas comblés…. 😛😉
MA Mariecurry Globetrotter ·
Joli titre. On a de sérieuses références je vois.... 😎
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Merci! Tu es la premiere a le relever! 😉
DO Dolma Globetrotter ·
... Mais n'est pas Henry Miller qui veut !

Dolma 😕
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
GE Geob Veteran ·
On peut toujours le relire ! Et voir la formidable et joyeuse adaptation cinematographique de "Jours tranquilles a Clichy" par un artiste danois (1970). Film en noir et blanc.
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
c'est bien vrai, mais ca n'empeche le clin d'oeil! 😉
AL Alan Globetrotter ·
😉 ..... C'est curieux que l'on ne se soit pas encore rencontré lors de ces nuits dans la Cité des Anges ..... les as tu vu monté au ciel ces Anges chaque matin ..... , si, si, sur le coup des quatre heures je t'assure, crois moi on voit tout ce qu'on veut à cette heure là dans les brumes du Chao Praya au soleil levant .....

C'est vrai aussi qu'il y a des orchestres " live " de partout et souvent de bonne qualité, avec des chanteurs (euses ) à la voix suave et remplie de guimauve ..... mais trop bien, et nos cavalières d'un soir ( ou plusieurs ..... ) n'en sont que plus frénétiques et sensuelles .... les nuits thailandaises ne finissent jamais ..... tant mieux ... !!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Paraît-il, Claude Chabrol en a aussi tiré un film en 1990. Quelqu’un l’a-t-il vu ?
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Dimanche Je me réveille juste avant 10 heures. Y était dans mes bras il y a encore une minute, maintenant je la laisse entre les bras de Morphée (je ne suis pas jaloux !). Je descends manger mon petit déjeuner vite fait, bien fait, remonte et vois Y prête à partir à son travail. Le dimanche ??? Elle travaille vraiment beaucoup trop ! J’en profite pour me remettre dans les plumes pour deux bonnes heures de plus.

En fin d’après-midi, après avoir travaillé un peu dans ma chambre (il faut bien que je me prépare un peu pour le travail sérieux !), je retrouve Ivan (non, il ne s’appelle ni Alfred, ni Carl ! 😉) qui vient d’arriver de Hong Kong. J’ai fait appel à son expertise pour m’assister pendant les deux jours et demi de travail que j’ai devant moi. Nous prenons une bière au bar de l’hôtel. Le Majestic Grande est l’un de ces nombreux hôtels tout ce qu’il y a de plus correct à Bangkok, sans être parmi les plus luxueux. Ivan est un type pas compliqué, il n’a aucun plan pour la soirée et il se fie à mon bon conseil.

Nous allons manger dans notre petit restaurant, puis nous proposons à Ivan d’aller prendre un verre à l’ABC. Il ne dit pas non ! Nous y rencontrons d’autres amies de Y, passons une fin de soirée agréable avec, comme toujours, une excellente musique « live ». Y va faire quelques parties de pool avec Ivan à l’étage. Après les histoires salaces qu’il m’a racontées sur les bons moments qu’il a passés en Ukraine, et en particulier autour (ou plutôt sur ! 😉) des tables de pool, j’aurais peut-être des raisons de m’inquiéter….? 😮 Mais il n’y a pas plus décent qu’Ivan et Y est au-delà de tout soupçon ! À leur retour, Ivan me dit qu’il a eu beau faire, il n’y avait vraiment pas moyen de la laisser gagner. Hahaha ! Je la connais bien, elle est « jaï rohn », elle joue bille en tête sans jamais se donner ne serait-ce qu’un quart de seconde de réflexion. Et ce n’est pas faute de lui avoir expliqué maintes fois, en long et en large, comment mieux jouer !

Nous sommes rentrés relativement tôt à l’hôtel. J’espère enfin dormir une nuit suffisamment longue et réparatrice. Mais non, je n’arrive pas à fermer l’œil. Nous avons discuté de choses sérieuses avec Ivan (pas seulement de la façon dont on joue au pool à Kiev !). Les spéculations font rage dans mon esprit. Je suis pourchassé par tout un tas de pensées. Je vois l’aiguille avancer implacablement. Il est deux heures du matin : « il me reste 4 heures de sommeil, ce n’est pas trop mal ! ». Trois heures : «il faudrait bien que j’arrive à fermer l’œil ! ». Quatre heures : « p%^@@+ de D*^$ ! quand vais-je donc me mettre à dormir ? ». Cinq heures : « comment vais-je survivre aujourd’hui, si je ne dors que cette dernière petite heure ? ». Six heures moins le quart : « et m#$&! ». 😠 Je me lève, me rase, prends ma douche et m’habille. Y s’est réveillée et nous allons prendre notre petit déjeuner. Elle va travailler, elle aussi.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
« C'est curieux que l'on ne se soit pas encore rencontré lors de ces nuits dans la Cité des Anges ..... »

Ca arrivera peut-être un jour, Phêuan Alain ! 🙂

« les as tu vu monté au ciel ces Anges chaque matin ..... , si, si, sur le coup des quatre heures je t'assure, crois moi on voit tout ce qu'on veut à cette heure là dans les brumes du Chao Praya au soleil levant ..... »

Te voila bien poétique ! J’imagine certains de ces anges ont des allures pas très catholiques, hahaha ! 😉

« C'est vrai aussi qu'il y a des orchestres " live " de partout et souvent de bonne qualité, avec des chanteurs (euses ) à la voix suave et remplie de guimauve ..... »

J’adore cette « guimauve » bien typique, elle ajoute à la profondeur du pays !
AL Alan Globetrotter ·
J’adore cette « guimauve » bien typique, elle ajoute à la profondeur du pays !

Tu as raison ..... et dans une moindre mesure, mais pas aussi prononcé qu'en Thailande, on retrouve cela aussi au Cambodge .... mais il est vrai que ces bands sont fantastiques, et j'ai remarqué au mois de décembre que beaucoup d'étrangers profitent de la vague et se sont mélés à ces bands, et parfois même comme vu à Chiang Mai, ou ailleurs, ont leur propre band étranger qui écume bars et restaurants ..... mais rien ne vaut les mimiques et les roucoulements d'une thai en train de chanter ou susurrer ..... 😉 j'adore ça ...... il faut que je cherche à la maison, mais je crois que j'ai une photo de mon amie en train de se fourvoyer avec une guitariste thai ..... 😛
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
J'aurai peut-être l'occasion de revenir sur cette fameuse "guimauve" et sur les "roucoulements et les mimiques d'une Thaïe en train de chanter ou susurrer" dont Alan nous parle (il a un don pour trouver les mots qui conviennent!). 😉 Pour l'instant, me voici sur le point d'entamer une sérieuse journée de travail......

Lundi

Les amis, cela vous est-il jamais arrivé de passer une nuit blanche, vraiment blanche ? Et bien, croyez-moi, je ne suis pas frais ! D’autant plus que je n’ai pas tellement dormi la nuit de vendredi, venant d’Europe, ni la nuit de samedi à dimanche, à faire la java jusqu’aux petites heures! Et aujourd’hui, pas d’histoires, le travail m’attend. 😕 Nous avons rendez-vous à huit heures trente aux bureaux de STC. Mais je me dis que la fatigue est avant tout un état d’esprit mental et que je n’ai qu’à ignorer le fait que j’ai fait l’impasse complète sur le sommeil, et tout ira bien. Eh ! Je suis quand-même un peu bouddhiste sur les bords, après tout, non ?

Nous arrivons vite près de notre destination avec le « skytrain ». Il est tellement pratique (et propre !), et même pas trop encombré. De là, nous prenons un taxi pour aller à l’immeuble de STC. On nous mène à une salle de réunion où on nous présente à Khun N. C’est lui qui s’occupe de notre affaire et nous faisons connaissance avec son équipe. C’est l’atmosphère cordiale habituelle de ce genre de rencontre professionnelle. On veut nous convaincre de « participer » et on va faire beaucoup d’efforts pour nous démontrer qu’il s‘agit de l’affaire du siècle. À voir ! 😇

À midi (vite arrivé, ouf !), nous descendons tous au rez-de-chaussée de l’immeuble où se trouvent des commerces. Nous avons une table réservée dans un restaurant et la nourriture est excellente. Puis tout l’après-midi s’étire sur toute la longueur d’une présentation interminable mais heureusement entrecoupée de quelques saines et franches discussions. Quand nous faisons une pause, au milieu des quelques questions usuelles sur ce que nous faisons à Bangkok en dehors du travail etc., Khun N. nous laisse entrevoir qu’il se ferait un plaisir de nous entretenir le soir. Les paroles ne sont pas précises, mais on comprend bien un sous-entendu. En fait, il pourrait tout simplement nous proposer de nous emmener dans un de ces lieux de perdition à Bangkok dont le monde entier parle, devant les autres employés/ées de STC, ça ne choquerait probablement personne ! 🙂😉 Mais nous passons cette offre, tout reste d’une courtoisie subtile, légère et bon enfant.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
mais je crois que j'ai une photo de mon amie en train de se fourvoyer avec une guitariste thai ..... 😛

"Se fourvoyer"??? Il faut que tu nous la trouves, cette photo. Si, si, j'insiste! 😉
AL Alan Globetrotter ·
😉 ..... bon, si tu insistes ... pourvu qu'elle ne lise jamais ton carnet parce que elle va se trouver affreuse, c'est vrai qu'elle n'est pas à son avantage, mais il faut dire que la nuit était déjà bien avancée ( et les bières aussi, j'ai du la porter pour rentrer ..... 🤪 ) .......
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Lundi (suite)

Cette première journée de « travail » s’est enfin terminée. Comment j’ai pu tenir le coup après une nuit blanche totale (et la nouba des deux journées précédentes), je me le demande bien ! Il doit y avoir quelque chose dans l’oxygène qu’on respire à Bangkok…..

Le soir, Y nous retrouve au bar de l’hôtel, accompagnée de son amie Pohn. Il faut que je dise quelques mots sur ces femmes. Elles sont bien braves et courageuses, venues de leurs « mùu bâan » (villages) de l’Isaan et perdues dans Bangkok, avec souvent des enfants que leurs hommes volages et inconstants leur ont laissés à charge. 😕 Sans compter qu’elles s’évertuent toujours à envoyer un peu d’argent à leurs familles restées au village. Y ne fait pas exception à la règle. « Sa famille s’était défaite depuis la mort de ses parents », m’avait-elle dit, il y a déjà longtemps. J’ai dû constater par la suite qu’il faut parfois ne pas interpréter trop littéralement…. Je crois que quiconque a de l’argent dans une famille thaïe en fait profiter les autres.

Les gens de l’Isaan ont cette réputation d’être de bons travailleurs, courageux et dociles, et ils ont su se faire lentement apprécier dans le reste du pays où ils se sont exilés par millions. Au moins 10 à 15% de la population de l’Isaan, dit-on – plus d’un million de personnes - travaillent à Bangkok-même. Avez-vous remarqué que parfois Bangkok ne semble pas si surpeuplée que ça ? C’est qu’il y a un reflux énorme à la saison des pluies, quand beaucoup de ces provinciaux retournent « au pays » pour transplanter le riz de la famille: « dam naa » semble être une activité tellement ancrée dans la psychologie de ces gens que je me demande à quel moment un comportement devient un instinct, à quel moment on pourrait oser penser à une mutation…

Les Thaïs des plaines centrales ont longtemps méprisé les gens de l’Isaan parce qu’ils sont souvent très bruns de peau (parfois carrément noirs !), qu’ils sont moins évolués économiquement et qu’ils parlent des dialectes très différents du Thaï standard (surtout des dialectes Lao). Mais, pour le dire carrément, ces femmes ont des cœurs en or et sont des petits bijoux de dévouement. Prenons Y, par exemple : en plus de son physique agréable et de sa vivacité charmante, sa gentillesse et son cœur pur en font tout simplement une très belle personne, 🙂 et à ceux qui me diraient qu’elle a eu de la chance de me rencontrer, je répondrais que moi aussi j’ai eu de la chance de la rencontrer !

Nous prenons un taxi pour Suan Lum dont j’aime bien le marché le soir et où il y a quelques restaurants sympathiques. Nous nous trouvons désorientés au milieu des échoppes. Nous franchissons un portique de pierre, une reproduction assez fidèle des ruines khmères de Pimaï, peut-être ? Nous passons à côté d’une tribune où on est en train de mettre en place un spectacle qui va divertir les gens attablés dans un grand « food court » de plein air. Nous poussons un peu plus loin et arrivons à un restaurant de fruits de mer. Y et Porn passent les commandes en montrant du doigt les créatures vivantes qui vont finir dans nos assiettes et en discutant de la manière dont elles vont être préparées. Le repas est excellent mais l’addition est salée, l’équivalent de 90 euros! 😇 Eh bé ! C’est que nous avons donné un peu généreusement dans le homard et autres denrées de choix ! 😛 Peu importe, si Ivan et moi étions allés tous seuls dans un restaurant un peu huppé, la note aurait été tout aussi lourde, et je prends donc allégrement la note à mon compte.

Comme d’habitude, pourrions nous dire, nous allons descendre quelques verres à l’ABC. Bonne musique, faut-il le répéter ? Même les serveuses ne peuvent se retenir et tanguent en apportant les boissons. Certaines se mettent carrément à danser quand elles ont un petit répit entre deux commandes. 😎 Il faut le voir pour le croire, mais, hé ! nous sommes en Thaïlande et travailler ne veut pas dire être triste, oh là que non ! Dans ce pays, on veut avoir du « sanùk », de l’amusement, dans presque toutes les activités.

De retour à l’hôtel, il est de nouveau minuit bien passé. Je tombe dans un sommeil profond et réparateur.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Ah, mais quelle turpitude, Alain !!! C’est du propre! 😉

Tant de gens sympathiques avec qui s’acoquiner dans cette bonne ville de Krung Theep! 😎
DE Dennis Globetrotter ·
Joli titre. On a de sérieuses références je vois.... 😎

........ouais, perso j'ai traversé Clichy aujourd'hui, ben Sukhumvit c'est quand même mieux........
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mardi

Et une autre journée commence à 6 heures du matin. Les heures sont longues dans les bureaux de STC. 😕 Le soir, je suggère à Y d’aller dans un cabaret Isaan. « Bonne idée ! » s’exclame-t-elle, enthousiaste. Nous sautons dans un taxi et nous nous perdons quelque part du côté est de Bangkok. Il est déjà dans les dix heures du soir mais il n’y a presque personne. Nous ne sommes qu’en début de semaine, après tout ! Nous venons juste de nous installer à une table devant la scène que Fáa (« ciel ») et une amie, Bpuu (« crabe ») nous rejoignent.

Nous commandons tout un tas de plats et une bouteille de Red Label. Ivan qui disait aimer les plats épicés m’avoue être surpris par le feu de cette nourriture, qui est excellente comme toujours. Rien que prendre un peu de salade aux vermicelles et on cherche les pages jaunes pour trouver le numéro des pompiers ! 😛🏴‍☠️ Heureusement, il y a autant de glaçons que l’on veut, et il suffit de descendre verre après verre pour rafraîchir son gosier ! Ivan ne supporte pas le whisky et se met à la bière. Les filles et moi, donc, les introductions étant vite passées, nous nous mettons à tutoyer la bouteille de Red Label. 😉 C’était encore l’époque où Y ne faisait pas la moue devant un bon verre, avant qu’elle ne se décide, à la suite d’une retraite passée au wat, à ne plus boire une goutte.

Sur la scène, les musiciens nous divertissent d’un répertoire Isaan classique, enchaînant morceau sur morceau sans déjanter. Les chanteurs se succèdent les uns aux autres. L’atmosphère commence à se réchauffer un peu et quelques gens se mettent à danser entre les tables. Pendant un interlude, Y va se planter devant la scène, fait face à la salle, fait le geste de porter un micro à la bouche et se met à nous chanter une ou deux chansons !

Puis deux danseuses superbement habillées dans un style traditionnel viennent nous régaler d’une danse classique. Quel dommage que je n’aie pas de meilleur appareil photo, je les aurais filmées, elles sont si gracieuses ! Elles dansent les jambes fléchies, peut-être pour mieux faire ressortir les mouvements de leurs bras aux formes bien dessinées ?

Comme dans le « wayang orang » de Java ou les danses balinaises, on reconnaît bien les origines indiennes de cette danse. Elle est tout droit sortie des épopées du Mahabharata et du Ramayana, et fait donc partie du courant d’influence vishnouïte. Quand on parle des influences hindouistes sur la culture thaïe, et sur d’autres cultures de l’Asie du Sud-Est, c’est en effet l’influence vishnouïte qui me semble la plus marquée. J’en avais fait la remarque dans un autre poste «Peuples de l’Asie (suite) : Ayutthaya – L’influence culturelle hindoue » : http://voyageforum.com/...turelle%20hindoue%20;

La complexité et la sophistication indiennes ont peut-être été perdues en cours de route, mais je préfère ces versions asiatiques où il n’y a pas ces roulements des yeux et ces dodelinements de tête perpétuels qui m’agacent.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je ne vous ai pas beaucoup gâtés, question photos, alors en voici au moins une que j’ai prise de ces danseuses. Pas terrible (sauf pour ceux qui apprécient le « granulé ») mais ça donnera une impression, je pense.

Mardi (suite) L’un des chanteurs suivants est un « katoei », ou « lady boy ». Le terme français « travesti » ne rend pas justice à ce qu’est un « katoei ». C’est un phénomène répandu et accepté dans ce pays. Ce seraient des âmes réincarnées ainsi pour résoudre des conflits hommes-femmes qu’ils/elles n’avaient pas pu résoudre dans une vie précédente. « Il » se met à raconter des blagues entre deux chansons. Il a dû nous remarquer car il fait une allusion aux « phûuchaï faràng làw» dans le public. Eh ! Mais c’est de moi et d’Ivan qu’il parle : « les beaux étrangers » ! Les gens rient.

Quand il finit son numéro, Y lui fait signe de venir à notre table. Je n’arrive pas à suivre la conversation qui s’ensuit, mais je comprends qu’il est de Chiang Raï, dans l’extrême nord du pays, et non de l’Isaan. Les femmes s’exclament ravies : « Il parle Lao ! ». Les gens de l’Isaan sont un peu tatillons sur la dénomination « Lao », parce que cela a été trop souvent utilisé par les Thaïs « centraux » comme une insulte à leur égard – Y m’a fait la tête les deux ou trois fois que je lui ai dit qu’en fait elle est « techniquement » Lao. Mais là, visiblement, aucune retenue pour appeler leur dialecte « du Lao » !

La musique a repris de plus belle et nous dansons le « Maw Lam ». Je prends quelques photos : Y et Fáa, ivres d’allégresse (et de whisky ?), nom de Dieu ! elles ne font pas semblant ! (photo) Ivan s’y est mis lui aussi. Décidément, il est vraiment impeccable, ce bon vieil Ivan. Je prends deux ou trois photos de lui avec les femmes et le « katoeï » dans des poses d’une lascivité cocasse (photos que je ne montre pas par souci d’anonymat, désolé !).

Les sourires autour de nous, crénom de nom ! c’est un baume sur le cœur ! Le groupe de jeunes installés à côté de nous sont en pleine euphorie, comme pratiquement toute la salle qui s’est bien remplie entre-temps. Les mecs ont des bonnes bouilles et sont heureux de nous voir, Ivan et moi, participer à l’état d’âme général. On se sent bien et il n’y a qu’à se laisser porter par les bonnes vibrations. Nous nous offrons mutuellement des verres, trinquons sur nos pas de danse, nous nous serrons les mains de complicité. Je sais que plus tard j’aurai des retours de mémoire sur ces moments fabuleux, et que j’en aurai les larmes aux yeux.

Nous avons du mal à tirer les femmes du cabaret. Elles sont passablement éméchées et même fatiguées continueraient bien volontiers à danser. Mais il est plus d’une heure du matin et demain il faut travailler ! L’addition ? Nous nous en tirons à 70 euros pour le tout (la bouteille de Red Label en constituant plus de la moitié). Nous en avons eu pour notre argent !
MA Mariecurry Globetrotter ·
........ouais, perso j'ai traversé Clichy aujourd'hui, ben Sukhumvit c'est quand même mieux........

Connais pas Clichy mais je pourrai te donner mon avis sur Sukhumvit demain. 😎
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mercredi

Réveil à 6 heures, comme d’habitude, mais cela devient plus facile. Il y a quand-même une différence entre dormir 4 bonnes heures et ne pas dormir du tout, comme il y a deux jours ! Ivan et moi avons encore quelques heures à passer dans les bureaux de STC. Des échos de maw lam continuent à résonner dans nos têtes et on imagine une armée d’enzymes déployée pour décomposer les restes d’alcool qui flottent encore dans nos cerveaux…. 😊 Oh ! Ce n’est pas trop grave, c’est assez sympathique ici aussi. Rung, la jeune femme qui reste avec nous au cas où nous aurions besoin de quelque chose, est en train de lire sur l’histoire nazie. Nous bavardons un peu sur le sujet qui, dit-elle, l’intéresse beaucoup comme l’histoire européenne en général. Étonnant ! Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un Thaï ou une Thaïe avec ce genre d’intérêt. 😇

À midi, nous allons manger en bas de la tour. Dans le hall, juste devant nous, on vend quelque chose à un stand provisoire. Ce qu’on vend, peu importe, mais les filles sont jolies et ont des jambes à couper le souffle. 😎 Le reste de la journée se déroule rapidement. Retour à l’hôtel pour récupérer les valises et en route pour l’aéroport, car « le devoir » m’appelle ailleurs (et il faut aussi que je me repose un peu). Quand je la quitte, Y a le visage levé vers moi pour quelques derniers baisers. Je vois bien sa tristesse de me voir partir, et je sais qu’elle se retient pour ne pas pleurer. J’en ai aussi le cœur gros. 😕 Mais il ne faudra pas longtemps avant que je ne la retrouve.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Dans les pages qui précèdent, un phénomène a été brièvement évoqué qui sévit – et dur ! – dans ce merveilleux pays qu’est la Thaïlande, mais nous n’y étions pas vraiment revenus et avions peut-être laissé quelques lecteurs dans l’expectative. Réparons cela !

Il s’agit du phénomène de la « guimauve », celui des chansons suaves, doucereuses, mielleuses, mièvres, etc. qui ravagent le paysage musical thaï; celui des chansons dites du style « Lûuk Thûng » et le plus souvent chantées par des filles ou des femmes Isaan. Il serait faux de dire que tous les Thaïs apprécient ce genre, mais ceux qui le font en ont un engouement difficile à décrire. Beaucoup n’écoutent que ça, et se moquent bien de tous les autres genres. Ils vont aux concerts de « Lûuk Thûng» comme s’il s’agissait d’une grande messe. C’est un culte ! 😮 Recueillement religieux, extase ou délire, il faut voir pour croire. Aux premières mesures des airs les plus populaires, les filles et les femmes ne peuvent se contrôler, il faut qu’elles entonnent les chansons (dont elles en connaissent souvent des dizaines par cœur). Et comme le disait Alain, elles chantent (ou susurrent) avec force mimiques impayables. Il faut aussi voir les figures dramatiques, d'un style unique, exécutées par les groupes de danseurs ou danseuses qui accompagnent les chanteuses. 😉

Et de quoi parlent ces chansons ? Ce n’est pas sorcier, c’est de l’amour, toujours de l’amôôûr, comme dans tout autre pays. Le plus souvent, il semble, des amours frustrées ou impossibles. Le personnage de la fille trompée par son amoureux ou dont celui qu’elle aime en aime une autre revient avec une fréquence inéluctable. Oh! les thèmes ne vont pas chercher bien haut dans les sphères raréfiées de l’intellect. « Lûuk Thûng» veut dire « enfants des champs », ce qui trahit bien les racines populaires, campagnardes même, du genre. Mais on aurait tort de dénigrer ou de faire la fine bouche. Il faut savoir reconnaître la valeur et la qualité d’une culture qui va droit au cœur de millions de gens. Bien des gens crachaient sur le blues, par exemple…

Je donne quelques liens sur plusieurs versions d’une des chansons les plus populaires, « Mâi Châi Faen Tham Thaen Mâi Dâi » (« Je ne suis pas ta petite amie, Je ne peux pas la remplacer ») un grand classique du genre. La chanteuse, Takkataen Chonlada, a une voix précise et douce, hmmmm ! 😛 Rien qu’à voir ses pommettes bien saillantes, on sait qu’elle sort tout droit de l’Isaan. Entonnez les premiers mots « Gkô Yàak Duulae….» et observez la réaction de la « Thaïe moyenne » et vous serez étonnés. Le réflexe du petit coup de marteau sur le genou, chez le docteur, est à peine plus immédiat.

Versions doucereuses, mais aussi des versions au tempo plus soutenu. Qu’on ne s’étonne pas de l’ensemble de jeunes filles qui sautillent allégrement pour accompagner Takkataen, cela fait tout à fait partie du répertoire ! Pour savoir rire, les Thaïs sont vraiment très forts !

Et puis, pendant que j'y suis, j’ajoute le lien d’une chanson de Taï Orathaï, « Wan Têe Bo Mee Âay » (« Le jour où l’amant est absent », ou bien « Le jour où il n’y a pas d’amant »), une autre de ces chansons dont, une fois en tête, on ne peut plus se débarrasser ! Le dernier lien en est encore une autre, trouvée au hasard, un style personnel encore différent mais toujours dans le même esprit.

http://www.youtube.com/...&feature=related http://www.youtube.com/watch?v=OGbEY3iDjG4 http://www.youtube.com/watch?v=28dOx-gehc4 http://www.youtube.com/watch?v=xZO1nT7NC6w http://www.youtube.com/watch?v=prGx9OZRj7A http://www.youtube.com/watch?v=T2hwGZ0fz_s

http://www.youtube.com/watch?v=k2jAFFPIl98

http://www.youtube.com/...&feature=related

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