Le tour du Japon en 20 jours (mai - juin 2016)
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YU
Cela fait un peu moins de 2 mois que mon second séjour au Japon a touché à sa fin. Pour cette fois je suis reparti exactement à la même période (car elle fait partie d'une des meilleures et mes congés à l'université me permettent d'éviter la période estivale), et j'avais prévu un itinéraire beaucoup plus intense et original que l'an dernier. Autre nouveauté au programme : j'ai souhaité retourner au Japon en solo, ce qui m'a permis de voir et de découvrir le pays en étant beaucoup plus imprégné et attentif à ce qu'il se passait autour de moi. Mais aller à l'autre bout du monde avec pour seuls compagnons son sac à dos et sa valise a aussi engendré pas mal de péripéties plus ou moins inoubliables. Bref voici mon carnet de voyage de mon second voyage au pays du soleil levant.

Les dates : du 16 mai au 5 juin 2016

Le programme :

J0 (arrivée) : Narita J1 : Narita

J2 à J4 : Tokyo

J5 : Matsumoto J6 : Vallée de Kiso J7 : Nakatsugawa - Takayama J8 : Takayama - Shirakawago J9 et J10 : Kanazawa

J11 et J12 : Osaka

J13 : Hiroshima J14 : Kurashiki J15 : Miyajima J16 : Fukuyama - Tomonoura

J17 : Fukuoka J18 : Dazaifu J19 : Fukuoka

Météo

Je suis décidément un énorme chanceux. L'an dernier la météo était parfaite quasiment tous les jours, et cette année ce fut (presque) exactement la même situation, avec toujours de grosses chaleurs et un ciel dégagé en permanence. En détail :

- 13 jours de ciel bleu - 3 jours de pluie continue - 2 jours de bruine intermittente - 2 jours de ciel couvert
YU Yuri66 Regular ·
J0 : une arrivée ratée

Je décolle depuis l'aéroport de Barcelone à 17h25. Ca fait très bizarre de partir seul à l'autre bout du monde. A vrai dire je ne me suis pas inquiété une seule seconde, mais j'avais déjà dans l'avion le sentiment que ce deuxième voyage au Japon allait me réserver des surprises. Les deux vols ont évidemment été très longs, et c'est à bout de force que j'arrive à l'aéroport de Narita le lendemain à 18h30 heure japonaise.

Comparé à l'an dernier l'excitation est moins présente, j'essaie au contraire de garder mon calme et ma sagesse afin de trouver comment aller à Narita (la ville cette fois) car j'ai prévu d'y passer la nuit. Après pas mal d'allers-retours dans l'aéroport, je trouve mon train qui me conduit à la gare de Narita en 5 minutes. La nuit est tombée, j'ai beaucoup de mal à trouver le manga kissa dans lequel je souhaite passer la nuit et le stress s'accumule. La fatigue a créé un certain manque d'assurance qui m'a empêché d'essayer de baragouiner quelques mots de japonais à des passants afin de leur demander de l'aide. Finalement après près de 30 minutes de recherche je trouve le manga kissa. J'aurais préféré dormir dans un hôtel mais ils sont tous hors de prix à Narita.

Au bout de plusieurs échanges oraux confus et gênants avec la très gentille dame de l'accueil, je parviens à réserver un box avec futon pour un peu moins de 1500 yens, avec obligation de quitter le manga kissa à 4h du matin auquel cas il me faudra payer davantage. Je me presse d'aller dans mon box, ridiculement petit (je ne rentre même pas complètement lorsque je suis allongé alors que je mesure 1m75...) et j'essaie de dormir... jusqu'à ce qu'un séisme de magnitude 5 déboule subitement autour des 21h30 et fait sonner tous les téléphones portables du manga kissa. L'atmosphère est peu rassurante, mais au bout de 20 secondes la terre s'arrête de trembler et tout repart subitement à la normale. C'est à ce moment-là que j'ai ressenti que j'étais vraiment au Japon et que j'étais déjà bien gâté. Et inutile de vous dire que je n'ai quasiment pas dormi de la nuit...

Les centaines de mangas mis à disposition gratuitement dans le manga kissa de Narita.



Mon box
CH Chris06 Veteran ·
Déjà fini ton carnet ? 🤪
chris06
YU Yuri66 Regular ·
Déjà fini ton carnet ? 🤪

Je n'ai absolument pas eu le temps de le continuer (que de péripéties). Je le laisse en stand-by et je pense le reprendre dans quelques jours !
FL FLayN ·
Ahah mince je me suis inscrit pour avoir ton petit récit dommage ça partait super bien !

Je met en fav au cas où merci !
YU Yuri66 Regular ·
J1 : insomnie

Météo : de 13 à 20 °C, ciel couvert le matin et pluie continue le reste de la journée.

Après 2h de sommeil je quitte le manga kissa à 4h du matin pétantes. Le temps d'aller déposer ma valise dans un coin locker de la gare de Narita que le soleil s'est déjà levé. Malgré cette nuit chaotique je suis en forme pour visiter la ville, relativement inconnue des touristes.



On commence officiellement ce voyage par des visites simples mais sympathiques des quartiers et maisons alentours. Je suis absolument tout seul (en même temps à 4h30 du matin cela se comprend), et c'est juste jouissif. Je ressens une forte impression de dépaysement.



30 minutes plus tard je me dirige vers la rue Omotesando, jalonnée de plusieurs boutiques et restaurants, et me retrouve devant un complexe bouddhique où se trouve notamment le Naritasan, le temple principal de la ville. C'est ici que je vois mes premières têtes japonaises de la journée, surtout des retraités et des salary-men qui se rendent au complexe pour prier et discuter.









Je suis tombé sous le charme de cette ville. Derrière son nom symbolisant l'aéroport de prédilection des touristes venant au Japon, se cache en réalité une ville plutôt compacte, très verte, fleurie, calme, avec de beaux bâtiments et une culture japonaise bien implantée.



Le ciel est de plus en plus menaçant, il est prévu de la pluie forte et continue durant toute la journée et ce dès la fin de la matinée. Après une visite de quelques heures de la ville, je retourne à la gare qui avait l'air d'une gare de seconde zone à mon arrivée à 4h30 du matin, où se déplacent dorénavant des dizaines et des dizaines de personnes en direction des voies ou des arrêts de bus. La ville change, elle devient alors un carrefour et un hub imposant de par ses flux humains importants. Je prends le premier train (Keisei Line) qui part direction Nippori, puis direction la gare d'Iidabashi à Tokyo où je m'installe dans le studio que j'ai loué sur Airbnb, ou plus précisément la chambre que j'ai louée dans un studio déjà habité.

Ce qui devait arriver arriva : une pluie monstre qui ne s'arrêtera que dans la nuit. Bloqué dans le studio à cause de la pluie et surtout de la fatigue, je finis par m'endormir en plein après-midi, chose que je ne voulais absolument pas faire pour ne pas davantage encore perturber mon corps.

En début de soirée je fais la connaissance de mon hôte, un jeune salary-man qui parle plutôt bien anglais et avec qui je discute longuement.
YU Yuri66 Regular ·
J2 : un retour à Tokyo fracassant

Météo : de 15 à 26°C, ciel dégagé

Lever à 7h30 pour ma première journée à Tokyo. Mon hôte est parti au travail depuis longtemps déjà, et je me hâte de rejoindre la station d'Iidabashi.

J'arrive à la double-gare Korakuen / Kasuga que je connais bien depuis l'an dernier le temps de petit-déjeuner, puis je prends la Mita Line pour passer la matinée à Sugamo, un quartier plein de petites boutiques et restaurants. Mais la particularité de ce quartier est qu'il est surtout peuplé de personnes âgées, qui ont commencé à s'y installer peu après la Seconde Guerre Mondiale. Depuis le quartier est surnommé le "Harajuku des grands-mères". Je me suis contenté de parcourir la rue commerçante Jizo-dori, longue d'à peu près un kilomètre et d'où se dégagent des senteurs diverses et variées venant des innombrables échoppes. La rue est calme et silencieuse. C'est un bonheur de s'y balader, juste pour ressentir cette ambiance particulière.





Pour la petite anecdote, je suis entré dans ce qu'il semblait être une boulangerie-viennoiserie pour prendre ce qui semblait être une viennoiserie, alors que c'était une sorte de beignet fourré au poulpe. Goût très spécial et peu appétissant à 10h du matin.

A midi je retourne à Ueno pour déjeuner. C'est un quartier que j'avais moyennement apprécié l'an dernier, mais j'ai quand même souhaité y retourner car on avait l'air de bien y manger. Et ça tombe bien, j'avais les crocs. Je trouve un restaurant tout près de l'une des je-ne-sais-pas-combien sorties de la gare, où il y a foule.

Le restaurant est spécialisé dans les katsudon, il ne sert pratiquement que ça. Et ils sont à tomber par terre.

Petite pause clope et digestive sur le toit de la gare d'Ueno.



L'après-midi se passera à la Tokyo Sky Tree. Je ne compte pas y monter (moneeeeey), mais je voulais la voir de près et visiter les bâtiments tout autour, par curiosité.

Un dédale de souvenirs

L'arrivée au pied de la tour est assez spectaculaire. Déjà parce qu'il y a des magasins de souvenirs d'absolument partout (je vous laisse deviner la proportion de chinois et le bruit que cela influe...), mais surtout parce qu'on y fête les quatre ans de son inauguration. Et au Japon, quand on fête un tel événement, on le montre.





Pour fêter les quatre ans de l'inauguration de la Sky Tree, quoi de mieux que de coller des milliers de pétales de fleurs à même le sol afin de former de jolis dessins ? Un travail de titan.



Le soir je retrouve une amie japonaise rencontrée l'an dernier à Tokyo. Nous allons à la gare de Shinjuku manger un okonomiyaki, dans un restaurant là encore blindé.

FL FLayN ·
Cool merci pour je lirai jusqu'au dernier jour c'est très intéressant.
YU Yuri66 Regular ·
Merci 🙂

Je complète aussi vite que je peux avec le peu de temps que j'ai eu en ce mois d'août. Je pars en vacances farniente mercredi pendant quelques jours, ça me laissera du temps (et de l'inspiration) pour rédiger un maximum de journées du voyage, puis de les publier en rentrant. En attendant je vais essayer de finir la partie Tokyo avant de partir.
YU Yuri66 Regular ·
J3 : une île sur une île qui est sur une autre île

Météo : de 15 à 24°C, ciel voilé

Pour cette troisième journée je vais réparer mon erreur de l'an dernier et aller sur l'île (ou la presqu'île) d'Odaiba. Je voulais à tout prix m'y rendre en 2015 mais le sort en avait finalement décidé autrement.

Odaiba est une presqu'île artificielle construite dans la baie de Tokyo. Pour y accéder il faut emprunter la ligne Yurikamome, un train électrique sans chauffeur qui part de la gare de Shimbashi. Je retrouve à cette même gare un ami d'enfance qui fait ses études à Yokohama depuis 1 an, et qui n'y était jamais allé non plus.

Odaiba est un paradis pour touristes en soif de spectacle et de modernité. Non pas parce que l'île est belle avec une nature préservée toussa toussa, mais parce qu'à l'image de Macao ou de Las Vegas, elle renvoie une image de paradis artificiel et de matérialisme. C'est ainsi que l'on y trouvera des spots aussi originaux que surprenants, dont certains sortent du lot et sont réellement bluffants.

Ciel artificiel et boutiques en tous genres.

On se croirait presque en Italie. Et encore vous n'avez pas vu la pièce qui se trouve derrière la fontaine... Cette île est vraiment étrange. Il n'y a pas de cohérence en termes d'architecture (vous allez me dire c'est un peu le cas partout au Japon, mais là c'est encore plus flagrant). Lorsqu'on se balade dehors on en viendrait presque à se croire dans un remake du film Inception tellement le paysage n'a aucun sens. Mais c'est bien ça qui fait le charme d'Odaiba, l'impression de voir une île sortie de nulle part et que l'on a complété en rajoutant des immeubles et des routes piétonnes par ci par là, sans se soucier d'une quelconque cohérence générale. La grande majorité de l'île est quasi-vide de touristes, qui se regroupent en masse uniquement autour des spots touristiques.





Nous mangeons dans l'immeuble gigantesque derrière le Gundam. A l'intérieur des dizaines de restaurants, et je teste un repas coréen tellement épicé que j'en pleure.



L'après-midi nous continuons la visite de l'île, qui attise fortement ma curiosité. Très vite nous arrivons devant la célèbre Statue de la Liberté, finalement plutôt petite, mais dont le principal attrait est la vue que nous offre le spot sur les gratte-ciels de la capitale.



Encore un peu plus loin se trouve une plage. L'eau est froide mais il n'y a aucune vague alors qu'il y a pourtant un peu de vent. De toute façon je ne vous conseille pas de vous y baigner car nous avons vu des méduses mortes flotter à la surface de l'eau.



Nous longeons la plage en marchant sur le sable jusqu'à arriver pile devant le Rainbow Bridge, le fameux pont de Tokyo qui relie Odaiba au continent. Après quelques minutes de contemplation nous décidons d'y retourner au crépuscule, et de continuer notre visite de l'île en allant cette fois dans les bâtiments.

L'île du divertissement

C'est en entrant dans les bâtiments que je comprends pourquoi Odaiba est surnommée "L'île du divertissement". Tout, absolument tout incite à la consommation. On peut y faire n'importe quoi dans un rayon d'influence restreint et adapté aux touristes à pied : parc d'attractions, musée de cire, musée Lego, cuisine... et j'en passe. On y trouve aussi des robots qui parlent, à tête de robot ou à tête humaine, comme celui qui accueille les touristes et auquel ou peut lui poser des questions à travers un écran holographique. Flippant mais efficace.







A 19h on retourne sur le Rainbow Bridge pour contempler Tokyo le soleil couchant et les milliers de lumières qui s'allument dans la ville. On assiste à ce moment-là à un feu d'artifice sur Odaiba dont nous ne savons pas grand chose, mais qu'importe c'est beau.





Une fois la nuit bien tombée nous repartons d'Odaiba en traversant entièrement le pont par le chemin piéton construit pour cela. Nous marchons très près des nombreux camions et voitures qui circulent à vive allure.

On termine notre soirée à Shibuya en dégustant des sushis et en se promenant dans ce quartier que j'affectionne particulièrement.



LU Lulla12 Regular ·
je suis revenue depuis 2 semaines de mon voyage et c'est encore plus agréable de lire les TR surtout que, dans toute logique, ca me renvoit à tout ce que j'ai pu voir et ce que j'ai pu louper et me donne encore plus envie de repartir.

je vais suivre ton tr avec attention, perso j'ai adoré Odaiba et j'aurais aimé y passer plus de temps et que le feux d'artifice soit maintenu mais je profite de tes photos et de ton récit, c'est déjà ça 🙂
YU Yuri66 Regular ·
J4 : comme une envie de ne rien faire

Météo : de 14 à 21°C, ciel nuageux

Je n'en ai pas parlé avant, mais le jet-lag a été très présent. Je regrette de plus en plus d'avoir choisi la solution facile pour ma première nuit, cela me coûte cher, notamment ce jour-là où je me suis levé presque à midi. Impossible de dormir pendant la nuit. Du coup l'excursion prévue à Kamakura ne pourra pas se faire. La déception est grande, surtout que c'était ma dernière journée à Tokyo et je voulais vraiment aller à Kamakura. Du coup je suis obligé de me rabattre sur une solution de rechange. Et comme je n'avais pas spécialement envie de rester en ville, c'est pas facile de trouver.

Finalement en me renseignant sur Internet je décide d'aller à Tsukishima, un quartier tout près de Tsukiji où se tient le célèbre marché aux poissons de Tokyo. Il est déjà 14h30 quand j'arrive à la station. Le temps est humide et frais, c'est très agréable. Le quartier a effectivement un peu de charme, même si je n'ai pas vraiment été emballé. On trouve des très hauts immeubles de logement tantôt vétustes, tantôt neufs, et des petites maisons serrées les unes des autres. Cela fait un paradoxe amusant.









Je ne reste pas très longtemps, et mon manque de motivation me pousse à retourner à l'appart pour m'occuper dans le calme. Je n'avais vraiment pas envie de marcher aujourd'hui. Je suis quand même allé à Harajuku pour manger une crêpe avant de retourner m'isoler à l'appart. Je n'aime pas trop ce quartier à cause de la foule permanente et de son manque de personnalité.

Le soir se passera heureusement mieux. Je propose à mon hôte de l'accompagner au restaurant qu'il veut avant de lui faire mes adieux. Il m'amène manger des tonkatsu dans un restaurant en sous-sol et blindé de monde. Après une queue à l'extérieur qui aura duré une heure, nous nous installons dans le restaurant. Il n'y a que des Japonais et les menus sont uniquement en langue japonaise et écrits en calligraphie. J'ai vraiment halluciné et eu l'impression d'être un vrai privilégié, avec mon hôte qui me traduisait le menu et me conseillait des plats et des boissons alcoolisées typiques. Tout était absolument délicieux et pour la première fois depuis que je suis au Japon (voyage de 2015 compris), je me suis senti comme un vrai Japonais.

En attendant que le restaurant ne se libère...





Je ne me couche pas trop tard, réveil prévu à 7h le lendemain pour ne pas rater le bus qui m'amènera dans les Alpes japonaises, la partie du voyage que j'attendais avec le plus d'excitation.
FU Fuchan69 Globetrotter ·
Sympa, ton compte rendu... Tsukishima est surtout réputé pour ses monjayaki, le "Okonomiyaki de Tokyo" Tu es passé dans la rue dans laquelle se trouvent tous les restaurants (photo N°4). L'expérience culinaire aurait été intéressante... surtout quand on les fait soi-même. Sinon, ce quartier sert de "garage de jour" aux "yakabune", ces bateaux restaurant qui voguent tous les soirs dans la baie, entre le Raimbow bridge et Odaiba. Mais l'endroit le plus prisé pour faire une photo contrastée, c'est ici: Vivement la suite...
Mes 25 ans de séjours au japon! http://www.soleilrouge.org/ Okinawa et Miyakojima: https://voyageforum.com/v.f?post=6477376;idl3=9084144203&idl=3731943&idl2=8709057 Sakura: Balade de printemps: https://voyageforum.com/v.f?post=6988760;idl3=9084144203&idl=3731943&idl2=8709057
YU Yuri66 Regular ·
Je n'étais pas au courant que ce quartier jouait un rôle assez important. Et la dernière photo est magnifique, j'adore ce genre de paysage urbain. J'y retournerai en étant plus curieux quand j'en aurai l'occasion.
FU Fuchan69 Globetrotter ·
J'ai habité ce quartier une semaine. Je l'avais choisi pour pouvoir être à Tsukiji à pieds avant 4h00, mais il aurait fallu passer la nuit devant le marché pour pouvoir entrer à la criée. Au bout de 2 matins, j'ai laissé tomber. J'ai quand même pris le temps de visiter chaque ruelle, de photographier tous les endroits sympas... et de manger dans plusieurs resto! Mais ce n'est pas le plus intéressant de Tokyo. Quand j'y reviens, c'est uniquement pour manger!
Mes 25 ans de séjours au japon! http://www.soleilrouge.org/ Okinawa et Miyakojima: https://voyageforum.com/v.f?post=6477376;idl3=9084144203&idl=3731943&idl2=8709057 Sakura: Balade de printemps: https://voyageforum.com/v.f?post=6988760;idl3=9084144203&idl=3731943&idl2=8709057
YU Yuri66 Regular ·
J5 : bouffées de chaleur

Météo : de 10 à 26°C, ciel dégagé

Cette dernière nuit à Tokyo a été insupportable. Il m'a été impossible de m'endormir de toute la nuit. C'est énervé que je me lève de mon lit à 7h30, et après une rapide toilette, file en direction de la gare de Shinjuku.

J'avais oublié de préciser quelque chose pour la journée 4. Pour éviter de me trimballer ma valise dans les Alpes japonaises, je l'avais déposée en fin d'après-midi au 7 eleven à côté de l'appartement en utilisant le service Takkyubin. Pour 1500 yens j'ai ainsi pu demander à ce qu'elle soit livrée 6 jours après à ma guest house d'Osaka. Ce service est vraiment très pratique, même si il est difficile de remplir la paperasse pour l'envoi car tout est écrit en japonais.

Revenons à notre journée en question. J'arrive à la gare de Shinjuku, et je me dirige vers l'immense gare routière à quelques dizaines de mètres d'une des sorties. C'est avec la compagnie Highway-buses que je voyagerai jusqu'à Matsumoto, mon premier arrêt dans les Alpes japonaises. Le bus passe par l'autoroute très très TRES embouteillée au moment de quitter Tokyo, mais au bout de quelques dizaines de kilomètres le trajet devient fluide. Le bus est climatisé, les sièges confortables, les toilettes en arrière du bus sont grands. A mi-chemin on sent qu'on commence à entrer en zone un peu plus rurale avec les paysages qui sont de moins en moins urbanisés et de plus en plus verts et montagneux.

On arrive à Matsumoto avec 15 minutes de retard, et au vu des embouteillages du début je trouve ce retard largement acceptable. A la sortie du bus on sent tout de suite que l'on est en altitude et dans une zone beaucoup moins influencée par l'océan : la chaleur est intense, et l'air est sec. Je commence à manger à côté de la gare, puis je dépose mon sac à dos dans un coin locker dans une sorte d'hypermarché en face de la gare pour 100 yens. Le prix des consignes dans cette ville est beaucoup moins élevé que partout ailleurs au Japon, j'ai trouvé ça étonnant.

Par quoi commencer la visite de la ville ? Par son célèbre château évidemment ! Mais bien que son accès ne soit pas trop difficile, j'ai réussi à me tromper de chemin et à me retrouver dans un parc assez sympathique. Beaucoup d'enfants avec leurs parents s'y baladent, mais on retrouve aussi des étudiants se regroupant sur des bancs ou par terre pour bosser.

Un aperçu du parc あがたの森公園.



Après une petite heure passée ici je me dirige vers le château. J'en profite pour visiter un peu la ville que j'aime beaucoup. Après Tokyo c'est très agréable de se retrouver dans une ville à taille humaine et calme. J'ai tout de suite senti les gens beaucoup moins stressés et plus "friendly" qu'à Tokyo.

Juste avant le château.

J'arrive devant le château, et mon dieu c'est tellement beau !



So Google Images !



Il y a peu de touristes pour un samedi après-midi. Je prends bien mon temps et contemple le château sous tous ses angles. Tout est tellement harmonieux, c'est fou. Je le préfère définitivement à celui d'Himeji que j'avais aussi adoré l'an dernier.

Une des portes du château.

Après une glace au matcha dégustée en me baladant dans un petit quartier résidentiel, j'entre dans ma guest-house de la soirée juste à côté du château. La propriétaire est adorable. J'avais apparemment réservé trop tard et par conséquent il n'y avaient plus de chambre et elle a dû m'aménager un futon dans l'entrée. Je dormirai à côté d'une étudiante japonaise avec qui je boirai du thé et à qui je donnerai un petit cours de français.



Le soir Matsumoto s'endort. Là encore ambiance radicalement différente de la capitale. Ca m'a rappellé un peu ma ville Perpignan : c'est très calme, il n'y a presque personne même dans les rues principales, tout ferme, seuls quelques groupes d'amis ou des couples se baladent pour aller au karaoké ou dans un bar. De mon côté je vais aller manger au Mos Burger de la gare.

Je finis la soirée devant le château de Matsumoto, fortement éclairé la nuit afin de mieux l'admirer. Je profite de ce moment de solitude et de bonheur avant d'aller me coucher avec le dernier album des Twenty One Pilots dans mes oreilles.



CH Chris06 Veteran ·
carnet sympa ...

Moi aussi j'avais beaucoup aimé le château noir de MATSUMOTO ...

une photo en avril 2014 ...

chris06
MA Masterpo Globetrotter ·
Je suis fan de Matsumoto (comme Bene ^^), j'aime son côté provincial et reposant. Quant au château, ce qui est notable, c'est son accessibilité : le soir ou la nuit, on peut toujours aller le contempler...
YU Yuri66 Regular ·
Je suis fan de Matsumoto (comme Bene ^^), j'aime son côté provincial et reposant. Quant au château, ce qui est notable, c'est son accessibilité : le soir ou la nuit, on peut toujours aller le contempler...

Pareil. J'ai adoré à tel point que j'ai regretté d'y être parti si vite alors que j'avais eu le temps de bien visiter le centre.
YU Yuri66 Regular ·
J6 : Samurai Champloo

Météo : de 13 à 28°C, ciel dégagé

Je me lève à 6h pour ne pas rater le premier train de la journée qui traverse la vallée de Kiso. Cette journée sera placée sous le signe de l'Histoire, où j'ai prévu de visiter trois des principales stations du Nakasendo. Le Nakasendo est une route commerciale reliant Kyoto à Tokyo, créée durant l'époque Edo lors du changement de la capitale du pays. Cette route a permis les transferts humains et matériels entre les deux villes, et des dizaines de stations ont été aménagées sur la route afin de fournir les vivres ou de permettre aux samouraïs de s'y reposer.

Je prends le train direction Narai, le premier arrêt de la journée. C'est une station très connue des Japonais, et au contraire totalement méconnue des étrangers. J'arrive sur place un peu avant 7h30, et j'ai 1h30 pour visiter la station.

Une claque monstrueuse

Qu'elle ne fut pas ma joie immense au moment de sortir de la minuscule gare de Narai. Le cadre est visuellement sublime. J'étais absolument tout seul, l'état dans lequel je me trouvais était plutôt complexe, une sorte de mélange entre étonnement, joie, sentiment de chance, solitude et bien-être. L'endroit a été restauré mais n'a pas été modifié avec le temps, j'ai eu l'impression d'avoir voyagé trois siècles en arrière (après avoir passé les voitures du parking de la gare bien sûr).







Un kilomètre en ligne droite. Une promenade de quelques dizaines de minutes chargée en émotions. En arrivant au bout de la rue principale, un vieux Japonais, visiblement étonné de voir quelqu'un aussi tôt (et un occidental qui plus est) commence à discuter et à me poser des questions sur mon voyage et sur les raisons qui m'ont poussé à retourner au Japon pour la seconde fois.

Il est temps pour moi de revenir à la gare. Avant d'y aller je m'arrête devant le beau cimetière de Narai. Il est construit verticalement, sur plusieurs étages.



Petit moment de stress en arrivant à la gare (ça faisait longtemps). Elle n'ouvre théoriquement qu'à 8h30, et le train qui m'intéresse y part à 8h41. Evidemment il n'y a pas de distributeur de billets ici. Bref moment de panique, mais j'avais oublié la ponctualité des Japonais qui a fait que le personnel a pu arriver et ouvrir la billetterie à l'heure.

Il faudra 1h15 de train pour arriver à Nagiso, une petite ville pas très belle, mais qui n'est pas l'objet de ma visite. En effet je vais y prendre un bus qui va m'amener à Tsumago, une autre station importante et touristique du Nakasendo. Enfin non finalement je décide au dernier moment de ne pas y aller en bus mais à pied.

Bienvenue dans le Japon de l'envers

Moi qui pensais que cette promenade ne paierait pas de mine... Cette route pédestre d'environ 3 km est magnifique. Elle nous fait passer par des petits villages, des rizières, des forêts... Tout sent bon le calme et la nature. On y croise quelques Japonais qui travaillent leurs terres, d'autres qui profitent de la tranquillité et de la météo en se baladant.







Après 1h de marche j'arrive à Tsumago. Il est 11h30. La station est différente de Narai. Les bâtiments sont pour la majorité d'entre eux noirs, et le cadre est moins bucolique. De plus le site est bondé de touristes, je me sens un peu moins "ailleurs" et suis un peu déçu. Toutefois les échoppes sont quasiment toutes ouvertes et le site est vivant.







Avant de manger je me dirige à l'office de tourisme qui propose, uniquement les week-ends, le transport de bagages entre Tsumago et Magome et inversement, pour 500 yens par bagage. J'y dépose mon sac à dos qui arrivera à Magome une heure plus tard, mais attention il faudra aller le récupérer avant 17h, heure de fermeture de l'office.

J'ai faim, et il y a peu de restaurants ici. Je trouve à l'entrée de Tsumago un petit restaurant qui propose la spécialité du coin, les gohei-mochi, une grosse boule de riz sucrée façon bâtonnet de glace nappée d'une sauce à la noix et au sésame. C'est vraiment délicieux et original.

Avec en accompagnement un bol de soba !

Après manger j'attaque directement la partie la plus connue du Nakasendo, le sentier pédestre de 8 km reliant Tsumago et Magome. La promenade, sans être exceptionnelle, est très agréable et nous amène dans des forêts, devant des cascades, et encore dans des petits villages. On y croise peu de gens, dont la majorité sont des Japonais.

Et oui il y a des ours dans les Alpes japonaises. Tout le monde ou presque avait sa petite cloche, j'avais l'air un peu pauvre sans la mienne, alors que l'on pouvait en louer à Tsumago. Toutefois je ne pense pas qu'elle soit indispensable en cette période de l'année. Les ours ont déjà trop chaud et s'installent beaucoup plus en altitude.



La surprise principale de cette ballade sera vers la moitié du trajet. Ici se trouve une belle et ancienne maison de thé où l'on peut s'y reposer, profiter d'un bon thé vert gratuitement, et surtout regarder des musiciens faire de la musique avec des instruments japonais. L'ambiance est excellente et chaleureuse, c'est un très bon moyen de se reposer agréablement, car il faut le dire, la promenade est assez crevante par endroits.

Il m'aura fallu 2h30 de marche avant de distinguer au loin des montagnes rappelant fortement les Pyrénées. L'apparition de ces montagnes symbolise la fin de la randonnée et l'arrivée à Magome, la troisième et dernière station prévue aujourd'hui.







Il est 15h et il y a évidemment beaucoup de touristes. Etant donné que je passe la nuit ici, j'ai préféré me diriger tout de suite vers mon ryokan et attendre qu'il y ait moins de monde pour visiter Magome. Le ryokan en question est le seul que j'ai trouvé à un prix un minimum correct.

A partir de 17h les touristes commencent à déserter le coin, et il faut attendre seulement quelques dizaines de minutes pour se retrouver presque seul. Je profite de ce calme hors-norme pour visiter Magome dans les meilleures conditions possibles. La station est construite en pente assez raide, et aller d'un bout à l'autre à pied est déjà une belle épreuve.

Je rencontre un jeune couple de Français dans le ryokan avec qui je sympathise et je me ballade une fois la nuit tombée. D'ailleurs la nuit change totalement notre façon de penser et de voir le paysage, avec ce côté mystique indescriptible qui prend le dessus et nous fait davantage sentir que nous sommes ailleurs.

PH Phelma Regular ·
Très joli récit, ça donne envie de préparer déjà un autre voyage, alors que je n'ai pas encore mis les pieds au japon (départ dans 31 jours 🙂 )
YU Yuri66 Regular ·
J7 : après le réconfort, l'effort...

Météo : de 11 à 30°C, ciel dégagé

Pour la première fois depuis que je suis au Japon j'ai passé une nuit correcte ! En effet il ne faisait pas trop chaud, et les rideaux censés obstruer les rayons matinaux ont été plus épais que d'habitude. Je me lève vers 7h30 en forme pour attaquer une journée un peu particulière.

Pour la veille j'avais longtemps hésité entre la vallée de Kiso et Kamikochi. La seconde solution était la plus pratique d'un point de vue distance car Kamikochi se situe entre Matsumoto et Takayama, et cela m'évitait donc de faire l'énorme détour que je vais finalement devoir faire en ayant choisi la première solution. Je me retrouve maintenant au Sud des Alpes japonaises, non loin de Nagoya, et il va falloir remonter jusqu'à Takayama, ma prochaine étape. J'ai vu que le seul moyen était de prendre 3 trains à partir de Nakatsugawa qui sillonnent les montagnes. Cette solution est extrêmement coûteuse en temps, mais en se renseignant davantage et en allant sur des sites non traduits, on peut voir qu'il y a des lignes de bus qui font grosso modo le même trajet mais pour une durée beaucoup plus acceptable.

La journée commence par une petite promenade dans Magome de bon matin. La station est encore très calme, on croise quelques petits vieux qui passent le balai devant leurs échoppes, l'ambiance est encore une fois très mystique et campagnarde.



C'est à 9h30 que les touristes commencent à déferler sur les lieux, et ça tombe bien car c'est à ce moment-là que je vais prendre le bus spécial qui m'amène à Nakatsugawa en 30 minutes, une ville de 80 000 habitants qui fait office de carrefour ferroviaire et routier entre Tsumago/Magome, Matsumoto et Nagoya. J'ai à peu près 2 heures pour visiter cette ville que je trouve assez classique mais pas désagréable.







C'est maintenant que va se jouer le reste de ma journée. Je dois trouver où se garera dans la gare routière mon prochain bus qui m'approchera un peu plus de Takayama. Petit moment de stress car tout est écrit en japonais. Finalement ma longue préparation pré-voyage m'a grandement aidé, il m'a simplement suffit de reconnaître sur les panneaux d'indication les kanji de la ville du terminus. Ni une ni deux, je monte dans le bus après d'avoir demandé confirmation de la destination auprès du chauffeur (et en japonais s'il vous plaît !).

Me voilà parti pour 1h30 de route jusqu'à Kashimo, une bourgade où je prendrai ma correspondance. Le bus est relativement rempli, mais personne ne parle. Je suis le seul occidental.

Sur la route, beaucoup d'herbe, de maisons traditionnelles, de rizières, et de montagnes. Dépaysement garanti.



Tuto bus : commencez par entrer par l'arrière du bus, munissez-vous d'un ticket avec un numéro inscrit dessus, puis une fois arrivé observez ce tableau et déduisez-en le montant que vous devez au chauffeur. Appoint obligatoire.

Arrivé à Kashimo je prends un autre bus direction Gero, une ville célèbre pour ses onsen et qui sera mon autre point de correspondance.

Une fois arrivé à Gero, retour dans un train pour (enfin) être à Takayama. Au total le trajet depuis Nakatsugawa aura duré un peu plus de 2h30 sans compter les correspondances. Finalement très bon plan que d'avoir trouvé ces trajets en bus. Je vais essayer de vous retrouver les pdf des horaires pour ceux que ça intéresse. Je rencontre à la gare de Takayama une française qui est au Japon depuis 3 mois, et c'est avec elle que je commence à visiter la ville.



Il nous reste 1h avant que le soleil ne se couche, et nous décidons d'aller à l'Higashiyama Walking Course, un sentier en forêt à l'Est de la ville constitué de temples, de sanctuaires, d'un cimetière, et d'animaux sauvages.



Dans ce temple, une classe de petits qui font du judo (ou du karaté je ne sais pas).



Vue sue Takayama. Atmosphère mystique en perspective.



La nuit est tombée. On essaie désespérément de trouver un resto pour ce soir, mais il semblerait que la ville ne soit pas très vivante le soir. Dans les quelques restos sympas que nous avons trouvé nous nous sommes fait refourguer illico presto. Finalement on a pu en dénicher un en face de la gare. La nourriture était bonne sans être excellente (beaucoup trop de choix dans le menu), mais c'est toujours mieux que de manger un bento au konbini.

On termine notre soirée en sirotant une bonne Sapporo dans un onsen pour les pieds.

Demain visite en profondeur de la ville de Takayama.
YU Yuri66 Regular ·
J8 : non, tous les Japonais ne sont pas forcément accueillants

Météo : de 14 à 29°C, ciel dégagé puis couvert dans la soirée

C'est parti pour une matinée complète d'improvisation dans la ville de Takayama. Je commence par me balader dans la vieille ville et ses alentours, déjà prise d'assaut par les touristes.









Une fois sorti de la rue du marché, je m'égare rapidement des sentiers battus car je trouve un torii en bois et une forêt derrière qui éveillent ma curiosité. Je me retrouve alors dans un tout autre environnement.





Vue magnifique sur Takayama et les montagnes. On trouve ici de vieilles maisons isolées du reste de la ville, habitées par des retraités qui y travaillent intensément leurs terres.

L'instant kawaii.

J'ai un peu plus d'une heure pour déjeuner avant de prendre le bus. Je ne me gêne pas, puisque je suis à Takayama je vais me faire plaisir et tester le boeuf d'Hida, en concurrence avec celui de Kobé. La concurrence ne se fait pas tellement en termes de qualité (celui de Kobé étant je pense largement au-dessus), mais plutôt au niveau du rapport qualité-prix bénéfique au boeuf d'Hida. Même si il est moins cher, il reste quand même à un prix assez élevé, et je vais devoir le déguster en ramen pour ne pas trop raquer. C'est la viande la plus tendre que je n'ai jamais mangée. A peine rentre t-elle dans la bouche qu'elle est déjà en train de fondre.



Je quitte maintenant Takayama en prenant un bus de la compagnie Nohi Bus, direction Shirakawago. Le trajet dure une heure et n'est pas très beau, il est en fait très urbanisé. Et lorsqu'on arrive à voir de la nature on se retrouve vite sous un tunnel. Bref on ferme les rideaux et on écoute de la musique.

J'arrive à Shirakawago, le village aux maisons en toit de chaume. Il n'y a quasiment que des Chinois ce qui fait que je ne m'entends même plus penser, mais passons ce n'est pas le plus grave. Le plus grave c'est que les Japonais qui vivent dans ce village sont sûrement les pires que j'ai pu croiser : ils ne regardent personne, ne répondent à personne... J'ai eu l'impression d'avoir pénétré dans leur espace vital et d'être un intrus. Un exemple concret et qui m'a vraiment frappé est au moment où j'ai voulu acheter une glace. Je voyais le vendeur au fond du comptoir en train de faire la vaisselle, et je l'ai donc tout naturellement appelé afin qu'il prenne ma commande. Malgré mes appels répétés il ne s'est pas une seule fois tourné, et il a fallu que j'actionne la sonnette sur le comptoir pour qu'il daigne venir. Et au moment de payer même malaise, le vendeur refusant catégoriquement que je lui donne l'argent directement dans ses mains. Les locaux sont aussi très agréables. C'est simple, je me suis pris des vents en permanence alors que je leur disais simplement bonjour.

Et malheureusement ce n'est pas le village en lui-même qui va rattraper le coche, car je l'ai trouvé vraiment très décevant. Les maisons se ressemblent toutes (c'est bien beau les toits de chaume mais bon au bout d'un moment on se lasse), c'est surfait, tout petit, et surtout il y a des bâtiments industriels juste à côté qui fait qu'on a tout sauf l'impression d'être à la campagne dans un lieu bucolique.







Je m'étais laissé 2h30 pour visiter le village, et c'est seulement au bout d'une heure que j'en ai eu marre et que je suis carrément allé attendre mon bus à la gare routière.

Le seul beau panorama de la zone.

Ca me fait mal de dire ça mais j'étais content d'entrer dans le bus. Direction maintenant Kanazawa où je vais y passer deux nuits. Cette fois le trajet sera très sympathique, on retrouvera les rizières et les paysages typiques du Japon de l'envers.

Pourtant quand j'arrive à Kanazawa j'ai l'impression d'être revenu dans une grande ville. Le fossé était saisissant entre tout ce que j'ai vu depuis la fenêtre du bus et l'entrée dans la ville. Pour autant, sans même quitter le secteur de la gare, je tombe tout de suite sous le charme de Kanazawa, allez comprendre.

Je sens donc que cette ville va vraiment me plaire, et cela se confirmera encore sur la route pour aller à la guest-house, où je m'y sens extrêmement bien et presque comme chez moi.

Le ciel se couvre de plus en plus mais il ne pleut pas. Il fait déjà nuit et je n'ai pas la motivation de gambader. Je vais dîner dans un Sukiya, puis je m'installe dehors, sur la table devant l'entrée de la guest-house et je laisse passer le temps. Il fait 30°C à 22 heures, l'humidité commence à s'installer et ne me dit rien qui vaille pour les jours suivants...
TO Toth Veteran ·
Bonjour Yuri,

Merci pour ce récit ça me rappelle des souvenirs.

A la maison de thé est-ce que ce vieil homme est toujours le maître du thé?

Mon conseil pour profiter de Tsumago, il faut y passer la nuit, à 18h y a plus aucun touriste et là c'est fabuleux. Voir mon récit ici: http://voyageforum.com/discussion/21-jours-japon-entre-mer-montagnes-traditions-d5872344/ Tsumago et en page 3 je crois.
Ma Galerie Photos
YU Yuri66 Regular ·
Oui il me semble que c'était lui.

J'aurais bien aimé passer la nuit à Tsumago mais il n'y avait pas de logement à un prix acceptable, c'est pour ça que j'ai choisi la solution Magome.
BL Bluequark Veteran ·
Bonsoir Julien,

Sympa ce début de carnet avec une approche atypique. J'aime beaucoup. Il retransmet vraiment l'atmosphère du Japon.

Bon courage pour la suite.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
FU Fuchan69 Globetrotter ·
Je te trouve bien sévère avec Shirakawago... Le village est victime de son succès et ses habitants en ont certainement raz la casquette de voir passer des centaines de touristes irrespectueux chaque jour ce qui explique peut-être en partie leur attitude. Personnellement, je n'avais pas eu cette impression il y a quelques années. Je pense que tu as mis les photos les plus moches que tu as faites pour illustrer ton propos. 😉 Les toitures sont en chaume... oui. C'est d'ailleurs la spécificité des maisons "gassho zukuri" de la région. Donc elle ont toutes la même forme. Mais de là à se lasser, il y a quand même un monde. On n'a peut-être pas vu la même chose... et certainement pas fait les mêmes photos.

Quand à la réaction du commerçant qui n'a pas voulu prendre ton argent de main à main, cela fait tout simplement partie des anciennes traditions japonaises. Il a simplement appliqué la règle qui impose que celui qui achète pose son argent sur le petit plateau posé à côté de la caisse. Le fait d'insister a peut-être même été pris comme un affront... Heureusement pour toi que nous ne sommes plus à l'époque des samouraï... 🏴‍☠️
Mes 25 ans de séjours au japon! http://www.soleilrouge.org/ Okinawa et Miyakojima: https://voyageforum.com/v.f?post=6477376;idl3=9084144203&idl=3731943&idl2=8709057 Sakura: Balade de printemps: https://voyageforum.com/v.f?post=6988760;idl3=9084144203&idl=3731943&idl2=8709057
YU Yuri66 Regular ·
Je n'ai pas mis mes photos les plus moches, j'ai mis celles les plus intéressantes (comme pour le reste du carnet).

Pour le commerçant je n'ai pas insisté au moment de payer mais au moment de commander, car il refusait de venir. Je suis le premier à vouloir respecter les traditions mais quand je voyais la tronche qu'il tirait, j'avais juste envie de payer ma glace et de me barrer illico presto. Il m'est arrivé plusieurs fois au Japon de payer de main en main par réflexe occidental sans que cela ne dérange, ou au pire que le commerçant me demande de poser l'argent sur le plateau mais avec sourire et gentillesse, ce qui n'était pas le cas ici.
BE BeneFukuoka Veteran ·
Les locaux sont aussi très agréables. C'est simple, je me suis pris des vents en permanence alors que je leur disais simplement bonjour.

Meme si c'est commun de se saluer dans les petits villages (meme au sein des quartiers residentiels des villes) je ne pense pas qu'il faille leur en vouloir pour ca. Il n'ont pas choisi que leur village devienne une attraction touristique et ne sont pas voues a sympathiser avec les touristes, ils ont un travail, une vie. Je me mets a leur place : devoir repondre a tous les inconnus qui me croisent sous pretexte que j'habite un lieu qui est devenu touristique, au bout d'un moment...

J'ai visite le village sous la neige et je n'en ai pas un souvenir comme etant quelque chose d'extraordinairement beau. L'interieur des maisons etait bien agreable par contre, avec une douce chaleur.
Spécialiste du tourisme francophone à Kyûshû et guide à Fukuoka http://www.benefukuoka.com | https://www.instagram.com/bene_fukuoka
YU Yuri66 Regular ·
Ca se comprend mais je n'ai pas eu l'impression qu'ils se fassent trop embêter par les touristes, la majorité préférant rester entre eux et n'avoir aucune communication avec les locaux. Je cherche justement à communiquer avec les Japonais pour ne pas rester dans un tourisme conventionnel, même si c'est bref.

Le problème du tourisme de masse dans ce village vaut surtout pour les Chinois, il devait y avoir facile 2/3 des personnes présentes qui étaient des touristes chinois. En restreignant ce flux humain fou on arriverait à rendre le site beaucoup plus agréable. Mais bon business is business.

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