Tourisme ou colonialisme?

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KI
Salut a tous! Je viens de m'inscrire sur ce site par nostalgie de mes voyages...et je me suis rendue compte que je pourrais en meme temps faire appel a vos experiences et vos opinions sur ce que vous avez vu ou vecu!!Je dois faire un petit travail dont le sujet est :"existe-il une nouvelle forme de colonialisme a travers le tourisme? Je sais que les reponses seront tres partagées mais c'est ce qui m'interesse.J'ai passé plusieurs mois en Asie, mon premier voyage etait fantastique, j'en garde un tres bon souvenir, le second 3 ans plus tard etait plus cerebrale, et je me suis posée bcp de questions par rapport a notre influence positive et negative sur les pays que nous visitons... Bref si vous avez le temps et l'envie, racontez moi!!!!Ska.
voyageuse en suspens...pas encore a la retraite, mais coincé dans son pays un pti bout de temps avant de repartir...peut etre!
DE Dennis Globetrotter ·
.......tout à fait vrai, j'habite en France, donc dans le pays le plus touristique au monde et je suis, année aprés année, trés influencé par les (trop) nombreux japonais qui débarquent chez nous !

J'en suis même à manger des shushis !!! Alors que je ne devrais manger que des steacks frites !

Notre culture culinaire est en danger !

Non aux touristes !
WI Williama Globetrotter ·
moi je pencherai aussi vers une forme douce et insidieuse de colonialisme. Et en schématisant, avec une tendance plutôt "apartheid" pour le touriste et un peu plus missionnaire pour le routard. Le premier recherche une carte postale convenue sans chercher à voir le pays et le second fait une tentative de compréhension mais qui sera toujours atténuée par les obstacles culturels et linguistiques. Faute de moyens ou alors pour en avoir enfin..., le routard se spécialise souvent dans les pays pauvres comme un vrai colon. Mais dans un cas comme dans l'autre chez les locaux, toutes les structures mentales et économiques sont à terme bouleversées pour correspondre aux besoins de tous ces voyageurs. Dans le fond ils suivent à peu près tous le même itinéraire comme les colons qui créaient des comptoirs en fonction de leurs besoins même dans les endroits les plus reculés (ex certains bout du monde sans intérêt sont devenus des musts comme Uyuni avant le salar bolivien). Maintenant savoir si c'est bon ou pas pour certains pays pour moi, c'est un autre débat...
KI Kièska ·
Merci!!!Quelle bonne idée, je vais désormais rediger mon travail sur l'invasion japonaise en France et son apport déstabilisant du sushis...source de conflits culinaires!!!J'espere que ca passera...;-)
voyageuse en suspens...pas encore a la retraite, mais coincé dans son pays un pti bout de temps avant de repartir...peut etre!
CA CatherineGil Globetrotter ·
Il me semble, qu'avant d'employer des mots qui fâchent, si on ne veut pas faire trop populiste, trop démago, surtout si ton "petit travail" est un travail scolaire, qu'il serait bon que tu définisses le mot et les motivations que recouvrent le terme de colonisation. Motivations et effets secondaires qui ne sont pas les mêmes selon l'époque, la colonisation Romaine n'ayant rien à voir ni dans ses motivations, ni dans ses effets avec la colonisation Catholique Espagnole de l'Amérique Latine par exemple. Rien à voir non plus avec les colonisations du XIX°, elles même différentes aussi bien dans leur motivations que dans leurs effets selon qu'il s'agit de colonisation à la Française ou de colonisations à l'Anglo-saxonne.

Bref, il me semble que ta question, qui semble bien porter en non dit sa réponse, mériterait, dans le cadre d'un "travail" tout un travail préalable de recherche sur les thèmes employés.

Pour ma part, il me semble que ce que recherche le touriste est aux antipodes de la motivation général du colonisateur. Le touriste recherche de l'exotisme, de l'authentique, du dépaysement. Le colonisateur au contraire, voulait exporter ses propres valeurs qu'elle soient religieuses ou culturelles, jugeant la culture indigène inférieure à la sienne. Le touriste voudrait bien que rien ne change dans les pays qu'il va visiter, le colonisateur, lui voulait réformer, changer, transformer. Le touriste apporte de l'argent aux pays qu'il visite, le colonisateur lui au contraire, comptait bien en prendre, en sortir des pays colonisés.

Doit-on regretter que l'argent apporté par le tourisme aboutisse dans les faits à un métissage culturel basé sur un meilleur niveau de vie des populations des pays les plus touristiques ? N'est-ce pas encore là un vieux fond de pensée colonialiste, le colonisateur, se comportant avec la meilleure foi du monde en "grand frère civilisé " ne laissant aucune latitude aux populations indigènes quant à leurs choix et à leurs destinées ? N'est-ce pas encore et toujours un comportement totalement égoïste du genre, si les femmes, grâce à l'enrichissement généré par le tourisme ont un lave linge à leur disposition, je serais privé du spectacle au combien photogénique des femmes lavant leur linge à la rivière ? Si les gosses sont bien nourris, biens soignés, bien éduqués, je serais privé des photos au combien émotionnantes du petit gosse au gros ventre ballonné, nu, morveux solitaire sur une route ....

PS. Si je pousse un peu loin, dans mon dernier exemple, c'est exprès, pour, justement, débusquer la démagogie bien au chaud derrière les bons sentiments et qui finira par crever notre pensée Occidentale sous des tonnes de non dits bien pensant .
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
NA Nakata Veteran ·
Oh que c'est bien dit, tout ça !

Je suis pas un complimenteur professionnel, mais alors là, chapeau !
CH Choucarde Globetrotter ·
Very just, et j'espère que beaucoup auront lu ton message.Un peu de sincérité, YES! Je pense que la beauté (ex:femmes lavant le linges à la rivière)et les choses qui font que l'ont voyage ont peut les voir et les apprécier aussi dans des situations de pauvreté'sauf pour moi le gamin au ventre balloné).La beauté cotoie la violence aussi. L'échange ou l'apport de culture ou de modernisme n'est pas forcément un mal le problème c'est quand cela se fait trop vite...Clash!
Choucarde
TA Talila Regular ·
je voyage beaucoup et avant de partir dans un pays j apprends a parler la langue du pays.JE ne comprends pas tout mais au moins 70%, cela me permet d ecouter sans parler, de me balader et d observer et de poser des questions dans la langue du pays.EN AUCUN CAS JE NE PERMETS D AVOIR DES IDEES POLOTIQUES SUR LE PAYS OU SUR LES HABITANTS;comme en france, il y a des gens bien partout ET LE PIRE AUSSI; le touriste il est necessaire, et rien n oblige a le copier, mais pourquoi pas profiter de sa culture, de son art culinaire pour comprendre, pour betement savoir autre chose, et regarder dun oeil nouveau ce qui nous entoure. J apprends beaucoup de mes voyages mais il faut rester humble et simple. en general, je frequente les gens de tous les milieux, j habite souvent chez l habitant et la j ai de reelles surprises dans le bon sens;;;mais les gens ne parlent que s ils sont surs qu on les ecoutent voila ma participation a ce debat soyons ouverts talila
AR Aristote00 Regular ·
http://www.tous-les-savoirs.com/...mp;f=671&a=video

Conférence interressante de Jean Didier Urbain mon chercheur préféré sur la question. Auteur de L'idiot du voyage...tout un programme. Bien sûr le livre ne peut s'adresser à quelqu'un capbable de comprendre 70% du Mandarin du Cantonnais ou du Japonnais en quelques jours. A l'Inalco il leur faut à peu près 5 ans pour les bases...

Pour tout savoir sur tout...le touriste et le tourisme et le routard (le vrai, le faux...) : http://www.tous-les-savoirs.com/index.php?op=actuellement
TI Tibouchi Regular ·
Catherine, moi je ne suis pas d'accord avec tout ce que tu dis.

Tu parles des retombées économiques du tourisme sur la population locale. Mais, malheureusement, trop souvent, les retombées économiques sont nulles pour la population locale, en effet, nombre de touristes partent avec un tours opérateur français, dorment dans des hotels appartenant à de grand groupes français, mangent une nourriture aseptisée n'ayant rien à voir avec la nourriture locale, se déplacent (quand ils se déplacent) en groupe dans un bus affrêté par le tours opérateur, etc. Où sont les retombées pour la population? Par contre, le touriste a des exigences de confort bien supérieure à la population locale. On va donc lui construire des infrastructures répondant à ces exigences de confort, mais d'autant plus gourmandes en eau, productrices de déchets, etc. au détriment de l'environnement local. Et que dire des magnifiques sites du Sahara totalement pourris par une affluence touristique beaucoup trop importante (restes de déchets, traces de 4x4 partout et restant là plusieurs dizaines d'années), ou des spots de plongée de la mer rouge qui disparaissent les uns après les autres pour cause de destruction par des coups de palme à répétition ? Les touristes à la recherche de "floklore local" vont tous se retrouver dans les mêmes villages où il leur sera présenté, pour le plaisir de leurs appareils photos et surtout en échange de quelques billets de banque, des "danses traditionnelles" et autres rites d'initiation "spécialement pour eux" à la chaine, avec un total oubli et dans une totale méconnaissance de la signification traditionnelle de ces rites, danses ou costumes.

Malheureusement, le tourisme, et plus particulièrement le tourisme de masse, apporte le plus souvent plus de méfaits que de bienfaits aux populations et à l'environnement local.

Cependant, je te rejoind pour dire que le tourisme peut participer à un développement local et à une amélioration des conditions de vie de la population. Il existe de plus en plus de projets de tourisme responsable qui se développent à travers le monde. Des villages s'organisent en communauté avec un ou plusieurs objectifs de développement du village. Ils construisent de petites structures d'accueil pour des touristes venant à cet endroit en ayant connaissance du projet porté par le village et qu'ils vont participer à soutenir. Ils participent à la vie locale, consomment les produits locaux, sont guidés par des personnes du village, etc. de façon à ce que la plus grosse majorité des devises apportées retombent chez des commerçants du village visité ou dans la communauté créée. Le toursite n'est plus seulement un consommateur d'un voyage où tout est organisé et où les retombées positives ne sont que pour les grands groupes touristiques français, mais il devient véritablement acteur de son voyage. Quoi de plus intéressant? L'association EchoWay : http://www.echoway.org/ a pour objectif d’informer tous les voyageurs sur les lieux d’accueil du tourisme équitable, solidaire, écologique, l’écovolontariat et de les sensibiliser au « voyager responsable ». Elle met aussi le doigt sur les points noirs du tourisme.

Oui, je crois que le tourisme peut être un formidable vecteur de développement, mais s'il est fait de manière responsable. Surtout pas de la manière dont 90 % des voyages sont réalisés actuellement!!

C'est un sujet intéressant et très sensible qui est soulevé par ce post, quel tourisme et quel développement souhaitent les voyageurs de Voyage Forum?
Guillaume

" Entre ton rêve et toi, il n'y a que toi ! " (Proverbe Touareg)
CA CatherineGil Globetrotter ·
Bonjour, Tibouchi,

Tu as raison, c'est vrai que le bétonnage de la cote Méditerranéenne, Espagnole d' Ampurias à Algésiras qui s'est effectué petit à petit dans les cinquante dernières années, paraît à priori excessif . Cependant j'habite, à Montpellier, en plein dans une zone touristique et bien que mon activité professionnelle pas plus que celle de mon mari dépende du tourisme, nous nous souvenons de Montpellier avant que la ville n'existe aux yeux de monde, c'était une minuscule ville, vieillotte, appelée à mourir, loin de toutes les activités industrielles et commerciales qui faisaient vivre les autres métropoles Françaises. Tout a commencé dans les années 60 avec la construction de la Grande Motte d'abord. La Grande Motte c'est une ville de villégiature, entièrement gagnée sur les dunes et les marécages, un terrain, envahi de moustique, instable, malmené par les marées d'équinoxes. Bétonnage, certes, mais intelligent puisqu'il a valorisé un terrain totalement stérile et insalubre, sur lequel maintenant poussent des arbres. Bétonnage certes mais qui par la richesse engendrée par l'afflux de touristes a permis de revaloriser les étangs en bordure, de les assainir et de leur permettre ainsi d'être réoccupés par toute une faune qui avait disparu petit à petit. Le succès de la Grande motte a créé la nécessité pour les communes avoisinantes de se moderniser à leur tour afin de pouvoir accueillir la manne saisonnière des touristes. Les villes alentour comme Montpellier, se sont mises à "exister " aux yeux de l'Europe ce qui à permis a des industries du tertiaire telle IBM, ou des industries du médical de considérer Montpellier non plus comme un lieu improbable, mais plutôt comme une vitrine . Et voilà, la vie est bien plus agréable à Montpellier aujourd'hui qu'il y a 40 ans, lorsque je suis arrivée ici à la fac. Les jeunes ne désirent plus partir, un nombre considérable de nouveaux résidents arrivent chaque jours. Résultat : flambée de l'immobilier, bétonnage à outrance pour loger tout ce monde et...inondations de plus en plus fréquentes entre autres désagréments résultant immédiatement de ce bétonnage. Mais on voit mal comment ralentir cet engrenage.

Il y autre chose qui doit être pris en compte, c'est que nos sociétés Occidentales et particulièrement la société Française sont devenues, parce que c'est notre désir à tous, des sociétés de loisir et que pendant leurs loisirs, leurs "vacances " les gens aiment se déplacer. Comment aller au ski sans bétonnages de la montagne ? Comment aller au soleil en hiver, souhait parfaitement légitime, sans bétonnage des plages paradisiaques de l'hémisphère sud ? Comment dire aux Occidentaux, restez chez vous, vous polluez ? Comment dire aux pays qui bénéficient de cette manne, serrez vous la ceinture et gardez intacte la beauté de vos paysages ! Et que vaut-il mieux, les immeubles à Essaouira pour accueillir tous ceux qui ont envie d'y passer quelques jours, ou l'accumulation de centaines de campings-cars en provenance de toute l'Europe à Taghazout qui s'agglomèrent là sous prétexte de "liberté" rejetant tous leurs déchets n'importe où, dans la plus grande crasse tant physique que morale ( délinquance, prostitution, drogue )

Alors, moi, personnellement, je ne sais pas comment gérer le problème, d'ailleurs, avant même de parler de le gérer, encore faudrait-il chercher à l'étudier sociologiquement . Par exemple : le désir de loisirs est légitime, mais comment se fait-il que la plus part d'entre nous aient davantage l'impression de se réaliser et de vivre, ailleurs que chez eux et en faisant d'autres activités que celles qui jusqu'à ce dernier demi siècle faisait vivre les hommes et fait vivre encore tant bien que mal les 3/4 de la planète : le travail ?

N'ayant pas reçu de vérité révélée à ce sujet, pour ma part, je me contente de me réjouir de ma passion : voyager, et de me comporter en voyage aussi bien que je peux, en ayant conscience d'appartenir à cette "masse" bien que ne voyageant jamais en groupe, sans culpabiliser le moins du monde pour ma passion, et sans chercher non plus à faire porter à quiconque la responsabilité des "dégradations", si, toutefois, le niveau des dégradations est supérieur au niveau des bénéfices pour les populations natives, ce qui reste entièrement à démontrer .
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

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TI Tibouchi Regular ·
Catherine,

tu cites l'exemple de la Côte Espagnole. J'en reviens justement, et ce que j'ai vu autour de Malaga m'a laissé stupéfait. La région est magnifique : montagnes se jettant directement dans la mer. Mais malheureusement cette montagne est actuellement recouverte de villas d'Anglais, Français, Allemands, Hollandais ... venus passer ici leur retraite au soleil. Souhait légitime? Sauf que la plupart de ces villas, avec piscine, sont illégales et commencent petit à petit à pénétrer à l'intérieur du Parc Naturel tout proche. Dans les villes sur la côte, tout est écrit en anglais d'abord, puis en allemand, et enfin en espagnol. Les bars diffusent la télé et les matchs de foot en anglais, d'ailleurs, ici, personne, même ceux habitant la région depuis de nombreuses années ne sait parler espagnol. Le guvernement a dû construire des équivalents de HLM pour pouvoir continuer à loger les familles espagnoles habitant la région depuis toujours car les loyers sont maintenant hors de portée pour eux. Enfin, cette région a la plus grande concentration de golfs en Espagne, alors qu'elle souffre de graves problèmes d'eau. Ils s'en construit toujours de nouveaux, l'année dernière, il est tombé la plus faible hauteur de pluie depuis 50 ans. Certains villages ont réellement des problèmes d'eau. Développement?????

Le désir des occidentaux d'aller passer des vacances ailleurs est légitime. Cependant, qui continuera à aller faire de la plongée sur la Mer Rouge quand tous les sites auront été détruits et seront devenus stériles? Est-ce que tu apprécies, au cours de tes nombreux voyages d'arriver sur une plage complètement bétonnée ?

Ce qui a permis un heureux développement de Montpellier, n'est pas forcément répliquable dans d'autres pays.Le bétonnage réalisé par les promoteurs et les hoteliers est rarement aussi intelligent que celui que tu décris à la Grande Motte.

Je pense qu'en effet, une réelle réflexion est nécessaire sur notre façon de voyager, et sur les impacts de notre passage à un endroit. D'ailleurs, les voyages "éthiques" - "éco-tourisme" - "tourisme responsable" ... se développent de plus en plus, ce qui est une bonne chose, mais là encore attention aux abus de la part de certains voyagistes !

Continues de vivre ta passion, c'est légitime, moi non plus je ne vais pas m'arrêter de voyager. Cependant, il est nécessaire d'être conscient de notre impact qui peut être très négatif et d'essayer autant que possible de le limiter.
Guillaume

" Entre ton rêve et toi, il n'y a que toi ! " (Proverbe Touareg)
CA CatherineGil Globetrotter ·
Ecoutes, tu parles comme si toi, moi, ou quiconque lit ce que nous écrivons pouvait avoir un quelconque impact sur ce phénomène.

Personnellement en tous cas, même si le bétonnage à l'extrême ne me plaît pas et que, personnellement, je n'y participe pas, ni n'en profites d'aucune façon, même pas en y séjournant dans un hôtel, je me dis que le problème de l'envahissement du parc régional d'Andalousie, concerne la province d'Andalousie et que, si les autorités laissent faire, c'est que, probablement, quelque part, la population y trouve son compte . Est-ce que tu crois pouvoir empêcher à toi tout seul les retraités d'Europe du Nord d'aller au soleil en Espagne ? Et au nom de quoi d'ailleurs, quiconque les empêcherait d'y aller ?

Quant aux problèmes d'eau en Andalousie, ils ne datent pas d'hier, ils datent du moment où chacun en Europe, éprouvant la nécessité de consommer des tomates en hiver, et des bananes bon marché, les andalous se sont mis à produire des tomates toute l'année et des bananes.( si tu arrives de Malaga, tu n'as sûrement pas manqué de voir ces hectares de serres en bord de littoral ) Arrosant sans compter, jusqu'à assécher les nappes phréatiques qui par capillarité se sont remplies d'eau saumâtre, qu'il faut alors traiter par osmose inverse extrêmement coûteuse en énergie, peu rentable en M3 d'eau produite et très polluante, le concentra ne pouvant être stocké à l'infini étant renvoyé dans la mer, avec en prime engrais à gogo et pesticides.

Le problème est bien plus global et ne concerne pas le tourisme seul, le problème vient de notre façon de "consommer" tout ce qui passe à notre porté et qui nous est offert. Alors, chacun peut essayer de contrôler son impact individuel, ce qui a autant d'effet qu'une goutte d'eau dans l'Océan, mais on ne pourra pas, à moins d'une révolution stopper la machine économique . Mais là, on dépasse plus que largement l'objet de ce forum.

Quant à " l'éco tourisme" et le "voyage éthique" mis à part les mots aussi rassurants et démagogues qu'à la mode, ça veut dire quoi ? Si ça veut dire voyager en isolé, ne pas utiliser les infra structures touristiques habituelles, donner la préférence aux contacts individuels avec les habitants des pays visités, éviter de déranger.... Il y a plus de 40 ans que nous voyageons ainsi et nous ne sommes pas les seuls, loin s'en faut. Mais justement, je me suis souvent dit que cette façon de voyager n'était peut-être pas aussi "éthique" que cela, puisqu'elle n'apporte presque rien ou si peu aux pays visités. En tous cas, ce n'est pas notre passage en Bulgarie cet été qui aura sorti les bulgares de la misère alors que si les complexes hôteliers, les campings, les routes étaient revalorisées, sans doute le travail que cela apporterait aiderait bien les gens, en tous cas pécuniairement.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

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IL Ilulya Regular ·
Effectivement, c'est un sujet des plus interressant... C'est en fait une question qui me taraude dès que je mets mon pied en dehors de mon périmètre...et elle ne me quitte pas quand je voyage et que je vais à la rencontre de l'autre... Pourquoi? Il me faut trouver un équilibre entre donner et prendre. Ici comme ailleurs, bien sur, mais ailleurs, c'est en général plus déliquat car les codes sont différents...

Alors, j'essaie de faire au maximum comme si j'étais la première blanche que les autochtones rencontraient...je sais que parfois, il n'en rencontrent que peu, et c'est vite fait pour eux de se faire une idée du pays d'où je viens sur une seule rencontre. C'est là où naissent les préjugés. Ainsi, je veux laisser une bonne "image" de la voyageuse, l'étrangère. Et pour cela, je veux partager un bon moment. Oui, donner, de moi, tant que je peux. Moi si je voyage, c'est pour aller à la rencontre de l'autre...alors, sur ma route, quand je rencontre des gens, j'essaie de prendre le temps. Ils sont en général curieux, et moi de même. Tant qu'il y a échange, ne serai-ce qu'un petit, je me sens bien.

Il y a des gens qui visent plutôt à ramener des preuves de leur aventure des plus périlleuses montrées parfois comme des trophées, une fois de retour...le rapport à la photo me semble délicat, car il s'agit de prendre notament des visages, des scènes de vie qui appartiennent à l'intime...il y a des manières. Pour moi, une photo est une histoire. Mais apparement, tout le monde ne pense pas de la même manière. Je suis toujours étonnée de voir comment certaines personnes s'y prennent...prendre, quitte à voler en faisant style de se méler à la population un instant avec pour seul but de prendre cette photo de misère! Si je me trouve par hasard au près de ces personnes, j'éprouve une grande honte, alors je reste pour rester de prouver que nous ne sommes pas tous comme ça. Je ne veux surtout pas être associer à de tels comportements. Il y a de ces situations hallucinantes qui me font penser à une attitude colonialiste. Même si mon exemple n'a aucun rapport avec l'argent, je le ralie à une forme de colonialiste, car inhumaine.

Voici ma petite réflexion de voyageuse, écrite au cours de mon dernier voyage:

"Bien sur, limités par le temps, mes voyages limitent ma profondeur de champ. Je prend un peu des autres, et ne donne à voir de moi même qu’une image tronquée. Les voyages forment la jeunesse, mais ils déforment aussi la perception des choses. On croit savoir parce que l’on a vu. Or, je n’ai vu que le perceptible. Je suis sans doute dans l’ignorance de l’essentiel. Faute de comprendre, on interprète à l’aide de quelques références que l’on croit tenir. « L’interprétation est une science que les voyageurs ne maîtriseront jamais ». Il ne faut pas perdre de vue que je suis de passage dans la condition des personnes que j’ai pu côtoyer. Je suis l’étrangère, celle qui parait un jour, et disparaît quelques jours plus tard, voir même le lendemain, pour retourner imparablement chez moi…Jacques Lanzman m’a inspiré ce recadrage qui me positionne plus justement par rapport au voyage"

Je suis désolée, je ne parle que de moi, mais je préfere parler de ce que je connais vraiment...

Je pense que nous n'avons jamais tous les éléments...et surtout, il ne faut pas penser que nous sommes des tout puissants qui détiennent la vérité. C'est peut etre pour ça qu'on voyage pour essayer de comprendre qu'il y en a plusieurs, et que c'est selon chacun. Il faut s'adapter car nous sommes et resterons des étrangers.

J'espere ne pas avoir fait trop de hors sujet, j'amenais, à mon humble avis, une notion humaine abordable...enfin, j'espere! Et oui, je pense que nous pouvons avoir un impact si petit soit-il, même s'il faut viser encore une fois petit...non, je ne suis pas rentrer dans des considérations aussi larges que Tibouchi et CatherineGil tout à fait intérressantes soient-elles.

Histoire de donner et prendre...
"Personne n'est jamais au bout de son histoire..."
CA CatherineGil Globetrotter ·
Histoire de donner et prendre...

Je te réponds puisque c'est à moi que tu t'adresses directement si j'en crois l'intitulé de ton message : "réponse à catherineGil"

Donc, "Donner et prendre", C'est bien ce que je voulais dire lorsque je disais que notre façon de voyager n'était sans doute pas aussi "éthique" que ça, puisque nous "prenons", régulièrement, bien plus que ce que nous donnons. Nous dépensons fort peu dans les pays où nous allons, mais nous ne nous privons pas d'en prendre plein a vue de paysages, de monuments, de discussions avec les uns et les autres de plaisirs de voyager. Et pourtant, je n'ai pas l'impression de "mal faire", en tous cas, je suis OK avec moi même et c'est suffisant, tu ne trouves pas ? Ce que je voulais dire aussi c'est que je ne vois pas au nom de quoi et pourquoi, j'interdirais aux autres d'aller là où je me suis régalée, j'aurai plutôt tendance à faire le contraire et à recommander, tel où tel endroit, parce qu'il m'a plu. Je réfléchis, parce que je ne suis pas un légume, si on me demande mon avis je le donne avec plaisir, mais je n'ai pas pour principe, de me prendre la tête avec ce que je vois bien qui cloche, mais que je ne peux pas solutionner toute seule. Alors, dans mon coin, je fais pour le mieux à partir de mes réflexions. Me connaîtrait-tu suffisamment pour pouvoir me juger ?

Où as tu par ailleurs vu, que je faisais surtout des photos de personnages ? J'en fais, oui, quelque fois, mais toujours avec leur consentement et bien souvent je leur en envoie une copie parce qu'il arrive, dans certains pays, qu'une photo soit une sorte de petit trésor que l'on montre et qui prouve justement qu'on n'était pas n'importe qui aux yeux de celui/celle, l'étranger, qui à pris la photo. Quant aux autres photos en général que j'ai envoyées sur le forum, elles ne sont ni exceptionnelles, ni la preuve de dieu sait quels exploits. S'il m'arrivait de faire un exploit, ou bien des photos exceptionnelles, ce qui vu mon âge, paraît maintenant un peu compromis, je ne vois pas pour quelle raison, je me priverais du plaisir de les partager, parce que, moi, ça me fait vraiment plaisir de voir de belles photos, même si c'est quelqu'un d'autre qui les a faites . Alors, les publier ici, est aussi façon de donner en échange de ce qu'on reçoit. Pourquoi, aller imaginer que c'est juste pour se faire briller ?

Je regrette beaucoup si mon intervention t'a agacée mais je ne faisais que donner ma réponse à Tibouchi qui en fera ce qu'il voudra . La encore, c'était un échange mais d'idées cette fois.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

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IL Ilulya Regular ·
je n'ai qu'à peine lu la moitié de ton message que j'ai déjà envie de te repondre... Pourquoi se sentir toujours attaquer dans ce forum??? Oui, la réponse t'était destinée parce que tu es la dernière à apporter des élements très intéressants sur cette "discussion", non, tu n'es visée en rien dans mes propos, je relate simplement des impressions eu en voyage, et ma manière de faire qui est bien sûr critiquable à tout point de vue. Je ne te juge en rien, crois moi. Alors les "qui es tu pour pouvoir me juger?", je dis quoi? Je prends simplement part à une discussion. Point. C'est à force de réponse comme celle ci, à force d'incompréhension comme celle là que je n'ai plus tellement envie de m'impliquer. Je me suis déjà fait insulter ici, et si je persiste à écrire, c'est bien que je ne suis pas un légume condamné, et que j'ai envie de faire évoluer ma réflexion, si telle est elle. Ici, donc, j'espère que c'est un échange. Je ne suis pas de ce jeu débile d'accusion insipide sans connaitre qui que ce soit et la situation de chacun, et combien même, je n'ai pas à juger.(ce qui semble fréquent ici)

Maintenant, je te lis plus posément.

Je vois que tu continues à te justifier, alors que je ne t'ai rien demandé, en aucun cas. Ca m'attriste fortement, car je voulais simplement donner mon humble avis sur la relation à autrui par rapport au "donner" et au "prendre"(exemple qui se peut négatif dans le cadre de l'action photographique). Tibouchi semble donner de sa personne, il suffit de lire son post sur le petit vieux, qui à coup sur, te touchera. Attention, je ne dis pas que toi, tu ne le fais pas! Mais, à nos petits niveaux, nous pouvons tous donner des sourires et un peu de chaleur aux diverses popûlations qu'elles soient en détresse ou non. Il est bon d'être en accord avec soi, c'est tout. Pour moi, le voyage, c'est donner, et je me suis retrouvée dans la situation où j'avais l'impression de ne pas pouvoir "rendre" ce qu'on me donnait tellement la situation était dure, que j'en ai chialé, sans pouvoir m'arreter. La chose que j'ai pu faire, c'est de témoigner à mon retour de sa situation qui était et est le commun (bon, je le dis) des tibétains.

Le colonialisme, c'est pour moi, un groupe de personnes qui ne fait que voir son intérêt et donc prendre. En individuel, ça a évidemment moins d'impact, mais pour moi il y en a un dans le coeur des autochtones.

Tu me vois désolée de t'avoir blessée, tu l'auras compris, telle n'était pas mon intention.

Que reprenne cette discussion si délicate...une remise en question du voyageur de dit "pays développés" face à la différence en terres étrangères.

Je rajoute que s'adapter est déjà une preuve de tolérance quand on a le choix, ce qui m'est grandement important.
"Personne n'est jamais au bout de son histoire..."
NA Naps Globetrotter ·
bon deja les gars faut distinguer le tourisme de masse, le betonnage et autres qu il genere; et le tourisme individuel qui lui, evite soigneusement d aller dans ce genre d endroits car il recherche autre chose de plus vrai et de plus local. on comprendra tres facilement que de passer ses vacances dans une villa tout confort de la costa del sol ou de la cote d azur n a pas la meme saveur que de les passer dans des bus bondes, sur des pistes poussiereuses, entoures de gens tres differents de nous et etonnes de nous voir la, dormant dans des hotels sans confort etc... colonialisme je ne crois pas, car personne ne force les locaux a developper leur bled pour le tourisme de masse, a part l appat du gain, et meme s ils y perdent souvent leur ame c est leur choix apres tout. par contre une chose qui est vraie ce st que la plupart des touristes, qu ils soient touristes de masse ou independants sont des vampires: ils prennent et ne donnent pas. je pense notamment a tous ces touristes qui vont en asie, qui vivent comme des princes pour 3 francs 6 sous et qui ne donnent jamais un peu de temps, d argent et d energie pour filer un coup de main aux locaux qui en ont pourtant bien besoin, payer l operation d un pauvre, sponsoriser un truc quelconque, la liste n est pas exhaustive. on les entend se vanter d etre alles ici ou la, d avoir fait ci ou ca mais ils ne fileraient pas un rond ou une minute a des gens qui n ont rien et qui bossent comme des chiens.

oui, ca ce st bien triste...
http://lespetitshommesmoustachus.blogspot.com/
CA CatherineGil Globetrotter ·
J'avais cru comprendre, que, dans une discussion, : Lorsqu'on voulait participer "en général " à la discussion, on s'appuyait sur le premier post de la discussion et que, dans une discussion, on voulait répondre à une personne en particulier, on s'appuyait pour répondre sur le post de la personne à qui on voulait répondre, en particulier.

D'autre part, je ne ressens pas le besoin de me "justifier".
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
IL Ilulya Regular ·
Si tu m'avais lu d'un autre oeil, tu aurais compris cette "erreur de procédure" Voyage Forum. Je me suis déjà excusée, s'il faut le faire encore, je le fais à nouveau: pardon!
"Personne n'est jamais au bout de son histoire..."
TI Tibouchi Regular ·
Bonjour à tous! Bon, heu, je sais plus trop à qui adresser mon post moi du coup! Je suis un peu déçu de voir la tournure qu'a pris cette discussion, incompréhensions multiples de part et d'autres! Bref, passons à autre chose, la quête de la meilleure façon d'aborder l'ailleurs et l'autre mérite mieux! [;)]

Pour répondre à la dernière réponse que tu m'as faite Catherine, mettons que je suis encore tout plein de la belle utopie de mes 20 ans (qui sont pas si loins). Effectivement, ça parait difficile d'empêcher la construction de villas, de piscines et de golfs sur la Costa del Sol. Encore que... Ca parait difficile aussi de changer la façon de consommer des français. Encore que... Je pense qu'effectivement il y a un problème avec le tourisme mondial, le tourisme de masse en particulier. Mais ce que je voudrais surtout aborder dans mes posts, c'est qu'il est possible de changer sa propre façon de voyager, de limiter déjà son propre impact négatif et ce sera déjà pas mal!! Ilulya en donne des exemples dans son premier post, avec la façon de photograhier les gens par exemple, mais aussi la façon d'aborder les rencontres. Hum, même si les gens se sont déjà bien souvent fait une idée du pays d'où l'on vient, via la télé (sauf pour les populations perdues en Irian Jaya ou ailleurs et qui n'ont pas encore accès à "cette magnifique vitrine du monde occidental"); ce qui ne doit pas nous empêcher de leur laisser une bonne image de nous en tant que voyageur. Aller, on risque de s'écarter encore très largement du sujet abordé par ce forum si on continue par là! Je pense que voyager en petits groupes, consommer ce qui est produit localement et revendu par des commerçants locaux, donner la priorité aux rencontres avec les gens, penser à l'image qu'ils vont retenir de nous quand nous serons partis participe déjà à un tourisme plus respectueux et permet à mon humble avis de distribuer au maximum ce que nous dépensons directement vers les populations locales. L'important n'est pas de dépenser des millions d'€, mais que ce que nous dépensions aille au maximum en direction des populations locales. Vous remarquerez que tous les gens qui sont intervenus dans cette discussion semblent d'accord sur ces points et semblent rechercher à voyager de cette façon!

Je suis d'accord avec toi, "voyager éthique", "éco-tourisme", et autres dénominations sont bien souvent floues et utilisées à tors et à travers. Voici la définition du voyage solidaire donnée par l'association Terres Lointaines Autrement (http://www.terres-lointaines.fr/) : Voyager solidaire consiste à : - s'engager à aider les populations visitées à vivre décemment dans le respect des coutumes locales et de leur environnement. travailler directement avec les partenaires touristiques locaux pour supprimer tout intermédiaire et développer ainsi l'économie locale.

Certaines associations proposent des séjours ou des circuits basés sur cette notion de tourisme solidaire, permettant non seulement de visiter et voyager et donc d'assouvir la passion de nombreux occidentaux, mais en plus de participer à un réel projet de développement local et de découvrir les réalités quotidiennes des habitants qui accueillent. Bien sûr cela n'est pas adapté à un tourisme de masse...

Mais il est aussi possible de voyager "responsable" en individuel ou en petit groupe, comme on a déjà pu le voir.

On ne changera sans doute pas tout, mais si chacun de nous essaye d'avoir une atitude des plus respectueuses dans sa façon de voyager, ce sera autant d'impact négatif en moins et positif en plus!!

Pour répondre à la question posée par Kièska "Existe-t-il une nouvelle forme de colonialisme à travers le tourisme?", effectivement, je pense qu'un certain type de tourisme s'apparente vraiment à du colonialisme. Mais le même tourisme abordé différemment peut au contraire être un vecteur de développement pour les populations locales.
Guillaume

" Entre ton rêve et toi, il n'y a que toi ! " (Proverbe Touareg)
IL Ilulya Regular ·
"Existe-t-il une nouvelle forme de colonialisme à travers le tourisme?", effectivement, je pense qu'un certain type de tourisme s'apparente vraiment à du colonialisme. Mais le même tourisme abordé différemment peut au contraire être un vecteur de développement pour les populations locales.

Complètement d'accord, c'est aussi comme ça que j'aurais résumé les choses!

C'est avec les erreurs qu'on apprend, et donc à nous, autre génération au passé colonisateur de se responsabiliser...
"Personne n'est jamais au bout de son histoire..."
FL Flamandbleu Veteran ·
" Ce qui caracterise la difference entre le voyageur, espece qui fut toujours rare et le demeure, et le touriste, c'est que le touriste ne cesse de pester contre le touriste. Les touristes, bien entendu, ce sont toujours les autres!!!" Claude Roy
"Le patriotisme c'est l'esclavage" TOLSTOI

www.associationpasdb.com
TI Tibouchi Regular ·
Hihihi, oui, trè svrai Flamandbleu!! Et ça doit être encore plus vrai chez le touriste français je crois, peuple de raleurs! [;)]

Mais ça n'empêche pas de chercher à mieux faire et d'émettre un avis!
Guillaume

" Entre ton rêve et toi, il n'y a que toi ! " (Proverbe Touareg)
CA CatherineGil Globetrotter ·
Je suis d'accord avec toi, "voyager éthique", "éco-tourisme", et autres dénominations sont bien souvent floues et utilisées à tors et à travers. Voici la définition du voyage solidaire donnée par l'association Terres Lointaines Autrement (http://www.terres-lointaines.fr/) : Voyager solidaire consiste à : - s'engager à aider les populations visitées à vivre décemment dans le respect des coutumes locales et de leur environnement. travailler directement avec les partenaires touristiques locaux pour supprimer tout intermédiaire et développer ainsi l'économie locale.

Certaines associations proposent des séjours ou des circuits basés sur cette notion de tourisme solidaire, permettant non seulement de visiter et voyager et donc d'assouvir la passion de nombreux occidentaux, mais en plus de participer à un réel projet de développement local et de découvrir les réalités quotidiennes des habitants qui accueillent. Bien sûr cela n'est pas adapté à un tourisme de masse...

Excuses pour la coupe un peu massive[:)], mais, soyons pratiques. Si quelqu'un veut aller en Roumanie je peux lui fournir l'adresse d'une personne qui a un projet pour le Maramures, Bucovine et Transylvanie qu'elle appelle " tourisme vert" ou " tourisme équitable " qui, peut-être, ( , mes 20 ans à moi sont loin ) pendant quelques temps, tant que ça ne sera pas devenu un business, ou si elle ne s'est pas découragée depuis 2004, pourra être interréssant aussi bien pour les touristes que pour les gens sur place.

J'ai aussi pris bonne note de tes liens . merci.

Un peu abrupt mais j'ai du boulot[:)]
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
TI Tibouchi Regular ·
je ne sais pas si ça marcherait, ni même si ce serait finalement une bonne idée, mais on pourrait peut-être créer une discussion sur les retours d'expérience et les exemples à travers le monde d'initiatives de tourisme responsable! Ou, aussi, de "fausses initiatives de tourisme responsable", qui malheureusement se développent aussi vite, sinon plus, que les vraies!!

C'est quelque chose qui demande à être + connu et développé ... correctement!
Guillaume

" Entre ton rêve et toi, il n'y a que toi ! " (Proverbe Touareg)
CA CatherineGil Globetrotter ·
P.S.

Rhaaaa [:)] Ca m'empêche de travailler !

Voilà, la raison pour laquelle, je discutes beaucoup depuis le début de notre conversation, Tibouchi, c'est que l'écotourisme, le tourisme équitable, vert, etc... sont des idées de gauche et que je ressens une véritable contradiction "politique" entre cette "éthique" et le fait que cette "éthique" s'en prenne surtout au tourisme de masse.

Personnellement, il m'est impossible de fonctionner avec cette sorte de schyzophrénie. Soit on pense que tout le monde à le droit d'aller où il veut pour ces congés et/ou sa retraite, tout le monde n'ayant ni les mêmes possibilités, ni les mêmes besoins, il faudra toujours pour les uns de grands complexes touristiques et pour les autres soit d'autres formules, soit rien parce que certains on envie/besoin, de partir à l'aventure. Soi, on pense que le voyage est réservé à un petit nombre( petit nombre c'est le contraire de la masse ) ceux qu'au nom d'une certaine éthique écolo, verte, équitable, etc... on classerait "au dessus du lot ". Mais on ne peut pas dire "oui" aux deux, c'est impossible, il faut choisir.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
NJ Njitap Regular ·
salut, Eh bien, la réponse est......................... En fait il n'y a ni négatif, ni positif, tout dépend si le pays qui reçoit est argenté ou pas, et vraiment à part des rapaces, au Cameroun je 'ai pas vu beaucoup de touristes qui souhaitaient découvrir réellement la population locale, mais par contre pas de souci pour l'hotel "Hilton", et autres "Ibis", et la prostitution ne connait pas la crise.

NJITAP.
TI Tibouchi Regular ·
Arghh [:(]!! Excuses moi, mais après 4 mois au Cameroun, je n'ai jamais eu ce sentiment là!! Il est vrai que j'ai croisé peu de touristes là-bas (d'ailleurs, ce pays est encore très peu touristique par rapport à d'autres pays d'Afrique voisins), mais en ce qui concerne mon expérience personnelle, ce que j'ai recherché le plus en allant là-bas, c'est justement le contact avec la population locale! Et c'est ce qui a fait toute la beauté de mon voyage là-bas, la rencontre, le partage, la découverte! Et je ne crois pas être le seul Blanc étant allé au Cameroun et ayant recherché ça! Et pour un peu qu'on s'en donne les moyens en acceptant d'aller vers eux, l'échange avec les Camerounais est magnifique et très riche (et pas au sens argent comme tu sembles l'entendre avec les "rapaces")!

Je ne crois pas que cette notion dépende uniquement du fait que le pays d'accueil soit ou non argenté. Ce que l'on peut voir sur la Costa del Sol en Espagne peut très clairement s'assimiler à une vértable colonisation, les locaux étant petit à petit empêchés de vivre là à cause de l'afflux de touristes et des changements économiques et environnementaux que cela entraîne. Et pourtant, l'Espagne n'est pas communément classée dans les "Pays du Sud". Un tourisme participatif d'un projet de développement en Equateur et respectueux des populations et de l'environnement local peut très bien permettre un meilleur développement du pays et du village visé, pourtant l'Equateur est parmis les pays les plus pauvres économiquement.

L'impact négatif du tourisme, et transformation en véritable colonisation provient d'un problème de comportement indapté et de nombre de touristes, pas seulement de la destination (même si certaines, je te l'accorde, sont plus sensibles que d'autres, mais pas forcément seulement pour des questions d'argent)
Guillaume

" Entre ton rêve et toi, il n'y a que toi ! " (Proverbe Touareg)
IL Ilulya Regular ·
je ne suis pas allée au Cameroun mais chez ses voisins, et effectivement on voit plus de touristes se dorant la pillule dans les hotel 4 ou 5 étoiles que des voyageurs passant du temps dans la brousse avec la population... Il y a pas mal d'abus chez les expats, d'ailleurs, de ce côté là...c'est vrai que dans certaines situations, il n'est pas facile d'avoir des rapports avec la population, mais de là, à se croire supérieur...il y en a. Personne n'est visé, encore une fois. Cela me semble assez déroutant de voir ça...exemple des libanais en Afrique noir qui pour beaucoup (bien sur, il y a des gens biens!) ne sont là que pour prendre de l'argent, des filles de temps à autres en considérant les autres comme des moins que rien...au bout de maintes années, il ne parlent toujours pas la langue du pays où ils habitent...des français et autres font bien sûr de même... Ca me donne envie de vomir...ça, c'est de la colonisation dans tous les sens du terme. Ce n'est pas parce qu'on a du mal à se comprendre que l'on est supérieur... Ah, le pouvoir, l'argent...
"Personne n'est jamais au bout de son histoire..."
TI Tibouchi Regular ·
Je suis d'accord avec toi Ilulya sur ta vision de la vie de quelques expatriés, en effet, on peut voir des comportements horribles, inacceptables, et qui peuvent s'apparenter à de la colonisation.

Ca se fait de la part de gens qui souhaitent profiter d'un pays (pour du business, ou des vacances, ou autres), en se foutant pas mal de la culture des gens de ce pays, de son environnement et de son bien-être, tant que le leur est sauvegardé. Je crois que c'est là un des points qui fait que le tourisme ou l'expatriation, en tous cas la présence de personnes étrangères à un pays, se transforme petit-à-petit (oou parfois rapidement) en colonisation.
Guillaume

" Entre ton rêve et toi, il n'y a que toi ! " (Proverbe Touareg)
CA CatherineGil Globetrotter ·
- Il ne me semble pas qu'on puisse penser juste si on confond toutes les notions .

Est touriste celui qui va ponctuellement pour ses loisirs dans un lieu, différent de son lieu de résidence. Lieu qui peut être aussi bien son propre pays qu'un autre +/- où moins lointain et qui n'exerce pas, pendant ce temps de vacance une activité rémunérée Sinon, c'est soit un travailleur saisonnier, soit un expatrié. Il y a les touristes qui recherchent farniente, confort et soleil. Les touristes qui recherchent de l'authentique, du différent de l'exotisme et ceux qui recherchent des échanges, des contacts, tant avec les gens des pays visités qu'avec une culture différente. De mon point de vue, il n'y a absolument pas lieu de créer des catégories ou une échelle factice d'excellence. Nous sommes tous différents, il est donc normal que nos besoins ou nos envies soient différents d'autant moins que, si nous n'étions as affligés de cette hypocrisie très "bobo" très " française " nous aurions conscience que ce qui nous motive aussi beaucoup, c'est d'obtenir la satisfaction de nos envies pour "pas cher " d'où l'engouement général pour les pays en voie de développement . "Pas cher " étant fonction de nos possibilités financières qui, j'espère ne rien révéler là de nouveau, sont assez différentes pour chacun de nous .

Alors, moi, ça me gonfle considérablement ce genre de discussion qui très vite tourne à montrer du doigt telle ou telle catégorie de personnes qui, en raison de leur façon d'occuper leurs loisirs seraient plus ou moins "nuisibles". Faut pas croire, il n'y a pas que les touristes friqués qui sont amateurs de tourisme sexuel, j'aurais presque tendance à dire au contraire car les gens fiqués n'ont aucune envie d'aller chopper le sida au coin d'une rue, ils ont, eux, les moyens justement de s'offrir autre chose. Quant à un Hilton, il pollue beaucoup moins qu'un rassemblement sauvage de plusieurs milliers de camping-car sur une plage, et profite beaucoup plus aux populations locales en espèces sonnantes et trébuchantes. Je sais, en France, c'est vulgaire de parler de sous mais l'éducation, la santé, la sécurité et même la démocratie, ça a un coût.

Les objectifs et le effets de la colonisation n'avaient et n'ont strictement rien à voir avec les objectifs et les effets du tourisme. Confondre les deux, tue la discussion avant même qu'elle n'ait commencé. Quant à la "colonisation" de l'Andalousie par les retraités de l'Europe du Nord, allons donc ! Nous sommes en Europe justement ! La libre circulation des personne figure en bonne place dans la Déclaration Universelle Des Droits de l'Homme et dans la mesure où les Andalous ne se plaignent absolument pas de cet état de fait, ça se saurait sinon, je ne vois pas ce que nous aurions, nous, à redire. Est ce que les habitants de la Dordogne ou du Gers se plaignent de vendre leurs fermes en ruines, leurs hangars ou leurs bergeries à prix d'or à des Anglais, Néerlandais ou Allemands ? Est-ce qu'ils ont l' impression d'être " colonisés " ? Non que je sache, bien au contraire, en plus de les enrichir, leurs villages revivent avec cet apport "d'étrangers". Et ce sont eux les premiers à mettre en place des projets de tourisme vert .
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
IL Ilulya Regular ·
Lu dans tes écrits:

"Personnellement je lis beaucoup et, s'il m'arrive de me tromper, je n'en fais porter la responsabilité qu'à moi même."

Personnellement j'écris, et s'il m'arrive de me tromper, je m'excuse en portant la responsabilité.

Et toi? Cela t'arrive de t'excuser quand tu fais une erreur ou bien?
"Personne n'est jamais au bout de son histoire..."
CA CatherineGil Globetrotter ·
Heu....oui, mais seulement lorsque j'ai l'impression, ou la preuve de m'être trompée [:/]
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
IL Ilulya Regular ·
et bien, il suffit simplement de me relire et d'y lire tes réponses et j'espère que tu me comprendras...
"Personne n'est jamais au bout de son histoire..."
NA Nasco ·
Salut Je suis d’accord avec toi de l’impact qu’à le tourisme sur les pays, mais il faut noter à mon avis qu’on ne peut parler de colonisation que si ce tourisme ce fait à grand échelle dans la mesure où c’est au contact continuelle et permanent que les populations visités peuvent effectivement être influencé et surtout de manière inconscience à cette nouvelle culture qui leur est indirectement soumise au travers de faits et gestes. Amicalement Narcisse
BO Bortolotti ·
Oui, c'est très bien dit! Et complet!!! il suffirait à Kiseka de recopier cette réponse, son devoir est fait!!!

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