Comme j'ai un peu de temps, je vous livre le récit d'un voyage de 2018 qui traînait sur mon ordinateur :
Il était une fois, par delà les pandémies et les crises économiques, un temps où nous pouvions voyager : 2018. En cette année béni(t)e, il n’y eut pour nous point de virée nord-atlantique dans la chaleur estivale au programme, point de douches gratuites rafraîchissantes, point de températures vivifiantes, point de gastronomie douteuse et point de prix déments. En passant, félicitations à l’Islande et ses pizzas caoutchouteuse à 30 euros. En 2018, non, on va dans un vrai pays où l’on sait ce que signifie avoir chaud, manger et glander à une terrasse : la Grèce. Et comme nous ne sommes quand même pas des stakhanovistes du 40° à l’ombre, nous avons choisi le printemps, avril plus précisément. Pour le terrain de jeu, il s'agira d'Athènes et du Péloponnèse sur un peu plus de deux semaines. A nous, les petites églises, les ruines romantiques et les oliviers scintillants !
Bien choisir sa photo d'appel pour attirer le chaland. Un bon point et toute mon estime pour celui qui devine où c'est.
Avec la Grèce - pour ceux qui ont lu mes autres carnets qui sont tellement merveilleux qu’il faut les lire immédiatement et que votre vie s’en trouvera changée et éblouie - tout est chamboulé : fini les campings, les dortoirs et les piques-niques miteux de nos voyages dans le nord, place aux hôtels, aux b&b et aux restos. Et en plus, les Grecs ont le bon goût d’être accueillants.
Laissons la parole à du Ballay, parrainé par Alain Deloin et Jean-Michel Apeupré :
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage (en Grèce),
Ou comme celui-là qui vit le Parthénon,
Et puis est retourné, plein d'image et pâmoison,
Vivre exubérant le reste de son âge
Et avant d'attaquer le vif du sujet, quelques annonces pour le public innocent :
Avertissement : vous lisez ce compte-rendu à vos risques et périls. Toute indignation n’est pas de ma responsabilité.
Avertissement bis : non je ne suis pas raciste non je n’ai rien contre les Néerlandais, j’ai d’ailleurs un ami néerlandais non les Grecs ne sont pas des feignants oui les Allemands ont pour passe-temps l’invasion… Ah mince une rechute.
Jour 1
Ayé, c’est parti pour une journée de transport translation Lyon-Athènes via Munich en empruntant la Lufthansa. Le vol est sans encombre, une conversation s’engage avec un voisin grec sympathique autour de la qualité douteuse de la bouffe allemande. J'en profite pour avoir une illumination : la nourriture, voilà ce qui unit les Européens (enfin ceux du sud) ! Eclair de génie, j’ai trouvé comment sauver l’Union européenne « tous unis contre la vie beurk ». Malheureusement, ça risque d’exclure les riches du nord. D’ailleurs c’est peut-être un signe : faut-il mal manger pour être riche ? Faudrait exclure les Japonais de l’équation mais sinon ça marche (pays germaniques, scandinaves et anglo-saxons même combat).
Revenons au voisin grec, je tente de donner un tour sportif à la conversation mais malheureusement il n’aime pas le foot « football is shit »… Arrgghh, de quoi vais-je bien pouvoir parler alors ?! Du coup, je parle plus. Alors qu’un petit débat sur le scandale du moment, le président du PAOK Salonique et son flingue, ça, ça aurait été fun .
L’atterrissage se passe sans encombre dans cet aéroport d’Athènes qui a changé de place depuis mon unique passage dans le coin et s’est éloigné du centre-ville. Première prise de contact avec l’alphabet grec, on avait essayé pour le fun de potasser les équivalences mais c’est loin d’être évident ! Combien d'équivalents du O ont-ils dans cet alphabet ?!
Le trajet jusqu’au centre d’Athènes est long, très long et le métro/train se remplit progressivement jusqu’à être bondé à ras bord. Nous sommes tassés, compressés et pour sortir de cette fournaise, c’est la lutte finale, poussons-nous et demain, l’air sera le sauveur du genre humain (note à moi-même : éviter la prochaine fois d’arriver au moment de la sortie du travail)
La chambre chez l’habitant est bien placée, en plein centre sans être très bruyante. On profite de notre premier soir pour une approche de la cuisine grecque et un mauvais choix de commande (que de la friture…).
On enchaîne sur une petite balade nocturne pour revenir sur l’impression née du voyage précédent (ie dans les années 90 la voiture reine, une ville bruyante et désagréable). Eh bien en fait, une partie du centre-ville s’est piétonnisé, il y a de la vie, des restos et des cafés avec des terrasses partout, c’est très agréable finalement.
Par Tou ristikis, Cette ouverture d' carnet m'appâte ! 😉
Etapes Athénienne et Péloponnésienne qui furent avec d'autres à notre programme Grec en sept-oct 20..11....
Je me réjouis d'avance du menu annoncé ( ), mais pisque vous semblez être soucieux de satisfaire votre lecteur 😄, je me permets deux requêtes perso pour la suite de votre récit illustré: des bourricots et des statues d'Apollon 😊 Efcharisto d'avance!!
La première photo a fait son job et a bien attiré le chaland (la chalande? 🤪) et le début du carnet donne envie de lire la suite.
J'embarque donc immédiatement, du moins virtuellement.
L'embarquement réel pour le Péloponnèse est prévu début juillet. Je n'ai encore rien annulé...mais je ne me fais plus beaucoup d'illusions 🏴☠️.
Bah, ce n'est que partie remise (j'espère) et je vais peut-être trouver des idées pour améliorer le circuit que j'ai prévu 😎.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Aïe, je suis désolé de vous décevoir par avance. Bien que nous avons vu maints ânes, mules et mulets, je n'ai pas eu l'à propos de photographier ces lestes animaux. Par contre, pour les Apollon, ça doit se trouver. Un Hermès flou, ça marche aussi ?
Aïe, je suis désolé de vous décevoir par avance. Bien que nous avons vu maints ânes, mules et mulets, je n'ai pas eu l'à propos de photographier ces lestes animaux.
Ouïe, j'préfère mieux l'savoir d'avance, pour m'en faire une raison...
Par contre, pour les Apollon, ça doit se trouver. Un Hermès flou, ça marche aussi ?
Mdr Pardine, même flou un Hermès reste quand même notre dieu à tous, voyageurs et/ou esthètes 😊 Je le prendrai!
Yallah! je sens que vous allez m'régaler, alors vous laisse pour l'heure à votre rédac'.
Ah, nous, on a renoncé à l'Ecosse en juillet-août...
Bon je continue avec Athènes :
Jour 2 : Athènes
Nous avons décidé de faire original pour commencer notre visite d’Athènes : le matin, nous avons privilégié les quartiers au nord de Monastiriki, autour du marché couvert et de Psiri, pour voir un peu plus que l’hyper centre touristique. Bon Psiri, à ma surprise, est quand même assez fréquenté par les touristes. Il faut dire que j’avais oublié à quel point le centre-ville d’Athènes est réduit pour une ville de cette taille. C’est donc parti pour une déambulation dans des rues bardées de tags, très vivantes, surtout autour du marché, et remplies de deux-roues pétaradants. Et rien n’arrête un deux-roues grec que ce soit un feu rouge, un sens interdit, des trottoirs ou un magasin (oui j’ai vu un scooter carrément garé dans une boulangerie, effort minimal garanti !) à part les voitures. Et là, le choc est déséquilibré…
Quoi, il n'y a pas que des ruines antiques à Athènes ?!
Retour ensuite aux fondamentaux . Et les fondamentaux c’est quoi en Grèce ? Les ruines pardi. Halte aux bruits, aux vrais gens et c’est parti pour de la poussière, des touristes suants, des petits tas de pierre et des combats de tortues. C’est ça la Grèce éternelle. Le programme commence mollo mollo avec le cimetière du Céramique à l’entrée de l’Athènes classique et dont le nom vient du quartier de céramistes installés à proximité. On déambule entre des oliviers, des tombes et des cénotaphes. Le coin est comme dans mon souvenir, agréable sans être spectaculaire. Anecdote amusante qui explique que l'endroit a une statuaire très développée : les riches Athéniens se lancèrent, au 4ème siècle avant J-C, pour la frime et le statut social, dans une compète de mausolées tellement imposants et décorés que leur construction et les sculptures funéraires finirent par être interdites et une réglementation édictée. Halte à la surconsommation et vive la sobriété !
George Foreturtle vs Mohammed Franklin
Un fier taureau de la Mancha prêt à affronter les moulins industriels de la modernité
Nous visons ensuite l’agora grecque, son petit musée survolé pour admirer plus longuement le temple d’Héphaïstos, un peu gauche du haut de son archaïsme mais bien conservé. Ces premières visites nous font humer le doux parfum des ruines antiques en Grèce : oliviers, prairies fleuries, tortues, plantes aromatiques et chênes verts.
Table Mountain au Cap
Servir la Grèce sur un plateau, allégorie
Pour l’après-midi, le menu contient le musée national d’archéologie. Comme il est toujours intéressant de se déplacer à pied sur de longues distances en ville, on y va avec nos petits petons pour prendre le pouls de la ville hors lieux archéologiques. Et le résultat dans les grands boulevards athéniens, c’est un nombre impressionnant de magasins fermés (à vue de nez, un magasin sur cinq est ouvert), une circulation frénétique et kamikaze de scooters et mobylettes (on sera témoin d’un accident violent suite à un grillage de feu rouge d’une mobylette) et, quand on s’approche du musée, les stigmates de la contestation avec l’école polytechnique d’Athènes occupée/abandonnée.
Il est écrit dans l'affiche à gauche : "Nous sommes focus à 110 % afin d'être des forces de proposition, à travers des efforts positifs, concrets et challenging, pour construire la Grèce qui traverse la rue"
La balade est harassante, avec ce bruit incessant, et nos espoirs de voir le sein des saints (on verra ensuite qu’il n’y a pas tant de seins dans ce musée mais plutôt des fesses bien rondes et fermes et des petits zizis. Et de toute façon, il y a pas de saints non plus...) sont douchés à notre arrivée. Ben oui, nous arrivons vers 14h15-14h30 et le musée ferme à 15h. Raaahhhh . Vous vous imaginez que je vais faire un discours sur ces feignasses de grecs qui ne savent pas accueillir les touristes alors que nous daignons gaspiller notre divin pognon dans leur pays pourri blablabla que c’est leur source principal de devises blablabla qu’on a jamais vu ça blablabla. Mais non.
Pas question de faire une visite expresse, nous reviendrons le lendemain.
La France lance, avec succès, de nouveaux produits à l'exportation
Retour encore à pied vers Plaka après une petite pause à notre lieu de villégiature. Nous nous abattons, comme des hyènes en furie face à un bébé antilope innocent et esseulé, sur Plaka et son annexe Anafiotika. Les deux quartiers s’étagent au pied de l’Acropole et font office de vieille ville même s’ils ressemblent à un gros bourg. Athènes, pendant les périodes byzantines et ottomanes, devient et reste une modeste bourgade de province sans rôle politique ou religieux proéminent, la ville ne comptant plus que 4000 habitants au début du 19ème siècle.
Pour revenir à Plaka, le tout est un peu touristique mais étonnamment vivable, à l’exception de la proximité de l’Agora et des rues Adrianou/Kidathineon (monument Lysicrate). Le plus agréable et le moins fréquenté – il y a plein d’escaliers qui doivent rebuter – reste le quartier Anafiotika, ses petites églises, ses graffiti, sa tranquillité, ses jardins et ses petites maisons à toit plat fondés par des immigrés cycladiques. On monte, on descend, il y a des jolies vues, des chats qui errent et quelques ruines romaines de ci de là : la tour des vents sur le forum romain, la bibliothèque d’Hadrien, le monument de Lysicrate et tout au bout au-delà du boulevard Siggrou, le temple de Zeus olympien.
Laurel et Hardy (la petite Métropole et la grande)
La tranquillité plafkaienne
De manière plutôt surprenante, le centre d’Athènes est en effet constellé de ruines de l’époque romaine alors que la ville voit son importance politique et militaire réduite à néant. Reste la renommée passée, intellectuelle et culturelle qui fait de la ville un lieu à visiter et à investir pour Romains un peu snobinards sur les bords, se déclarant philhellènes et philanthropes, comme l’empereur Hadrien ou Hérode Atticus. Et hop, une petite bibliothèque ou un ch’ti théâtre pour se faire mousser et adopter une posture d’intellectuel… Ca me rappelle quelque chose, ça ; il y aurait pas de nos jours des milliardaires et des entreprises en mal de publicité qui créent des petites fondations pour sauver le monde, le patrimoine et accessoirement leur image.
Bon j'aurais bien choisi une photo pour illustrer le paragraphe mais on est limité à 10 images maintenant (aahhhh).
Le soir, on fait tout péter, et surtout la carte bleue, direction l’hôtel Grande-Bretagne et son restaurant-terrasse avec vue sur le Parthénon. L’accueil et le service sont des plus guindés – le balai est coincé dans un endroit douloureux – les prix chérots pour la Grèce, l’entrée délicieuse (un truc à base de crabe, ça ne peut qu'être bon) et le plat bof bof. Mais on est là pour la vue qui poutre sur le Parthénon. Et c’est vrai qu’elle poutre.
Un exemple du mécénat romain, l'odéon de Hérode Atticus
Nous nous sommes levés tôt pour arriver à l’ouverture de l’Acropole et éviter les foules. Et c’est réussi, quand nous traversons les Propylées, nous sommes relativement seuls, nous pouvons profiter du site en toute quiétude pendant quelques instants : grosso modo, une heure après l’ouverture, ça commence à être désagréable et quand nous redescendons 2 heures plus tard, il y a la queue pour passer sous les propylées.
Elle est où la distanciation sociale ? Que fait la police ?
Le Parthénon et plus largement l’Acropole, ce sont des colonnes, des murs, des ruines, des pierres jaunes, des touristes et un panorama sur les immeubles à perte de vue, provoquant un sentiment d’écrasement de la ville anarchique face au faible individu perdu sur son fier vaisseau amiral. A noter que le Parthénon fut la victime collatérale du conflit vénitio-ottoman au 17ème siècle, un Trinitro vénitien ayant la bonne idée de bombarder le Parthénon, qui servait accessoirement d'entrepôt pour la poudre .
Un temple de vainqueur
Parthénon, Nashville
Athens, Géorgie (la Grèce c'est l'Amérique !)
Le Parthénon fait (cocher la case correspondante du petit touriste illustré ou du bouquin « les milles lieux qu’il faut avoir vu avant de mourir écrasé par tous les touristes qui font pareil »), nous retentons, plus tôt cette fois-ci, le musée archéologique.
Le dialogue des arts à travers les siècles
Alléluia, c’est ouvert. La section mycénienne est toujours fantastique, la partie sur les Cyclades étonnante. Si vous voulez faire une journée thématique « regarde des poteries passer », c’est également l’endroit fait pour vous avec une collection sans fin de céramiques.
Remarquez le sens du détail du potier : oui le Monsieur à l'envers est circoncis, car il représente un Egyptien, se faisant incidemment fracasser par Héraclès sur un autel. Et comme tout bon Egyptien de l'époque, il se doit d'être circoncis.
L’apothéose se trouve quand même dans l’innombrable collection de sculptures : parmi mes préférés, le jeune cavalier hellénistique, des korê et kouroi et un Poséidon en bronze. Cette section est plein de messieurs et de madames tout nus, qui montrent tout et n’importe quoi à des enfants blasés.
Une korè à la cueillette aux morilles
Pour Arsouille30, c'est ce qui s'approche le plus d'un bourricot dans mon stock de photos. Bon un bourricot sous anabolisants et stéroïdes mais un bourricot quand même.
Il ne faut pas oublier de faire un tour à l’étage dans une petite section réservée à Théra, période minoenne, issue des fouille d'Akrotiri, sorte de Pompéi de 1500 avant J-C, détruite elle aussi par une éruption volcanique. Elle dispose de quelques peintures chouettes et de poteries chouettes aussi.
Par contre, l’idée de séparer sculptures, céramiques et objets en métal n’est pas des plus heureuses. Où qu’il est le dialogue des œuvres au sein d’une même époque ? Ce n’est pas top pour comprendre les évolutions artistiques, culturelles et sociales des Grecs anciens.
Après s’être repu jusqu’à plus soif d’antiquités en tout genre, la pause dans la cour du café de l’entresol est salvatrice. Ma foi, ce n’est pas mauvais et très tranquille.
La fin d’après-midi est consacrée à l’extirpation de nos corps de la ville tentaculaire (oh hisse tentacule comme dirait un supporter de foot bas du front) qu’est Athènes. Le moyen, une Nissan Note louée chez Europcar. Et au vu d’une expérience canadienne précédente désagréable, nous sommes très vigilants sur la voiture (état et respect du modèle réservé). Mais cette fois-ci, aucun problème, bonne catégorie, voiture en bonne état malgré des pneus un peu usés. Le stress est bien monté progressivement avant de prendre la route face à la perspective de conduire dans Athènes. Mais en fait, ce sont des agneaux, les Athéniens, ça s’est fait tranquillou, pas tant de trafic que ça – c’était dimanche – et les vieux réflexes roumains (ah la conduite à Bucarest !) sont revenus à la surface. Oui depuis un moment, nous partons dans des pays civilisés conducatoirement parlant (Europe du nord, Amérique du nord grosso modo) et on perd l’habitude du code de la route très optionnel.
Bref, nous allons en direction de l’Ancienne Corinthe et l’autoroute, très pittoresque, permet de croiser de l’industrie chimique fleuri, des banlieues très chics, des petites villes mignonnes et de tuer les clichés sur la Grèce. L’olivier, il a un petit goût de kérosène. Le sirtaki il prend un son métallique et poisseux. La colonne grecque, elle crache une fumée noire. En passant, remercions les contrecoups de la crise qui permettent de profiter d’autoroutes vides. Hurra for the EU ! Et doublement, elle les a payées, elle les a vidées (si tant est qu’elles aient jamais été pleines).
On passe enfin le canal de Corinthe dans un endroit un peu glauque et Péloponnèse nous voilà !
Arrivés à l’Ancienne Corinthe, l’accueil est des plus chaleureux et le logement des plus confortables, avec vue sur le golfe de Corinthe. Le temps n’est par contre pas au rendez-vous et cela continuera les deux-trois jours suivants : une espèce de brume alliée à des pluies de sable venant du Sahara rend les paysages ternes. Encore un coup des Africains ! Font tout pour nous pourrir la vie.
Après des adieux assez tardifs (quoi partir à 10h le matin, ça ne va pas du tout, on se ramollit) et fort de notre premier cadeau du voyage, des raisins de Corinthe – oui c’est un concept grec, on va dormir chez des gens et ils nous offrent des cadeaux – notre premier arrêt de la journée se trouve juste à côté de notre logement : les ruines de l’Ancienne Corinthe. La ville dans l'Antiquité a connu deux périodes fastes, la première à la période archaïque avec un commerce florissant de céramiques noires à fond rouge qui fera sa richesse. Malheureusement, il ne résistera pas à l’innovation technologique des Athéniens qui sortirent de derrière les fagots des céramiques rouges à fond noir au 5ème siècle avant JC. Et bim, le moment disruptif de l’entrepreneur intrépide. Macron, prends-en de la graine. Il faut rajouter que le contrôle de l’isthme voisin aidait à la puissance de la ville qui ne survivra pas à la croissance de Sparte. Le deuxième moment d'opulence se trouve pendant la période romaine où la ville fonde sa prospérité toujours sur son emplacement stratégique mais également sur son sanctuaire d'Aphrodite se trouvant sur l'Acrocorinthe. Le lieu, entre autres (la ville était aussi un lieu de passage et de métissage, ce qui amène forcément des remarques de "bah caca"), lui donne la réputation d'être habitée par des dépravés, surtout aux yeux d'un Paul qui passait par là. Il reste du culte d'Aphrodite pleins d'ex votos rigolos, seins et pénis en tout genre déposés dans le temple dans l’espoir de retrouver sa fertilité et que l'on peut voir dans le musée du site. Le musée est d'ailleurs assez riche et intéressant, d’une muséographie pour partie vieillote (on entasse le maximum dans le minimum d’espace) à un espace moderne, tout noir forcément.
En ce qui concerne les ruines, elles sont principalement romaines mais tout de même assez foutraques, mélangeant les époques et les styles : un temple archaïque d’Apollon, la fontaine romaine de Pirène, une agora bordélique, un temple d'Octave, etc. Les coquelicots et autres fleurs des champs apportent une touche cézanienne au tout.
L'agora pas phobe
Des ruines garanties 100% sans pesticides (au fond, le temple d'Apollon)
Nous poursuivons la découverte du coin avec l’Acrocorinthe, la citadelle byzantino-ottomane qui domine Corinthe. L’arrivée est impressionnante, l’entrée de la forteresse vertigineuse. On s’est décidé à monter jusqu’au sommet, sorte de plateau avec vue panoramique. Ca grimpe sec pour y parvenir mais il y a de l’entertainement en cours, des ruines partout, une mosquée qui se balade dans le coin, une citerne, une église période ottomane et des fleurs, des tonnes de fleurs. Ah c’est vraiment cool de voyager en Grèce au printemps pour ça : la nature est rayonnante. Bon, pour la vue du sommet, c’est pas ça, nuageux et brumeux à la fois.
Le golfe de Corinthe après un passage du Sahara dans le coin
Retour à la voiture pour un petit pique-nique où nous nous familiarisons avec une coutume locale : où que vous soyez, dès que vous sortez de la nourriture, il y aura un chat pour apparaître d’un buisson. Celui-là est un maître de la torture sadique, sorte de Richard Stamper (pour ceux qui ont des références cinématographiques intellectuelles et ont vu Demain ne meurt jamais) avec plus de poil et moins d’accent allemand. Oui car il miaule, il miaule et il miaule, il nous suit partout et essaie de prendre un air de martyr afin d’avoir de la bouffe. Et une fois qu’on lui en donne et que la nourriture disparaît, aucune reconnaissance, il se barre chez le voisin. Bref, les chats, on va en bouffer dans notre voyage et pas littéralement, ce qui est fort dommage (suis sûr que c’est pas mauvais un chat et puis faut bien que ça serve à quelque chose). Je vous ai déjà dit que j’aimais pas les chats ?
Nous reprenons le fil de notre voyage pour nous enfoncer dans les montagnes par des petites routes à l’état variable. On s’éloigne des classiques touristiques du coin pour un premier arrêt à une nécropole mycénienne, Aidonia, pas très loin de Némée. Forcément, les Grecs la mettent au milieu d’une oliveraie et ça rend les choses plus attractives. Ils trichent ! La colline est constellée de trous qui forment une sorte de petit village troglodyte. Les tombes sont à chambre, l’intérieur reproduisant la forme d’une maison (autres types de tombe mycénienne : à fosse et à tholos).
Un coin pour hobbit mort
Mi casa es su casa
Après cet interlude court mais sympa, nous nous dirigeons vers le lac de Stymphale, lieu d’un massacre écologique impitoyable : une espèce rarissime décimée par une grosse brute du nom d’Héraclès, sous prétexte qu’une déesse lui a lancé un pari. Un mythomane qui prétend parler à des dieux, se croit immortel, sorte d’ancêtre de nos bouchers-chasseurs du Bouchonnois. Ah les Grecs anciens et la protection de la nature… Fort heureusement il a épargné quelques oiseaux que l’on aura du mal à voir étant donné l’heure – milieu d’après-midi – à laquelle nous faisons notre petite balade jusqu’à un lookout. Il y a là quelques canards, foulques et un rapace qui passe dans le coin (balbuzard pêcheur ?). Le lac est en voie de disparition et de marécagisation. Pour ne pas être en reste (et puis on est en Grèce enfin !), nous découvrons quelques ruines de l’antique Stymphale qui ajoutent du charme à l’ensemble dominé par les sommets pelées du mont Cyllène. Apaisant.
Nous faisons route ensuite vers Dimitsana à travers quelques cols et des paysages changeants : vallées fertiles, adrets secs et méditerranéens, ubac de grandes forêts de pins et de feuillus par endroit. Tout est très vert, cela tue un peu les clichés sur la Grèce.
Un arrêt en cours de route est nécessaire pour se familiariser avec une coutume locale : le monastère/ermitage planté dans un endroit impossible (falaise de préférence) propre à la contemplation de l’immensité de dame nature. Celui-là, plutôt récent mais à l’abandon, offre une vue sympa sur les alentours.
Une pensée pour les ouvriers qui ont construit tous ces monastères dans des lieux impossibles, martyrisés par les moines et sans église à leur nom à la fin.
Quelques dizaines de kilomètres, c’est Dimitsana, petite ville/village composé de maisons en belles pierres de taille disposées sur une colline dominant les gorges du Lousios et accessoirement un haut lieu de la guerre d’indépendance de la Grèce moderne. Eh oui, le coin servit de lieu de production massive de poudre à canon et de base arrière aux révoltés des années 1820, des klephtes (ou haïdouks en Roumanie et ailleurs dans les Balkans) principalement, sorte d’hybride mythique de brigand, de robins des bois et de révoltés contre le pouvoir ottoman. Sur le sujet, certes en Roumanie, je vous conseille la lecture de Panaït Istrati, Les Récits d'Adrien Zograffi : Présentation des Haïdoucs.
La rue principale de Dimitsana est touristique mais manifestement, ce n’est pas du tout la haute saison en avril. Les vendeurs, hôteliers et serveurs font peine à voir, à attendre le rare chaland sur le pas de la porte de magasins/restaurants/hôtels désespérément vides. J’ai donc pensé à un concept qui a de l'avenir, je le sens : lancer un site internet adopteungrec.com pour les aider. Ca sera sur le modèle des sites de parrainage d’enfants de pays plus désavantagés où vous pouvez choisir 1) l’origine (astuce technique : choisir la bonne couleur, hein. On sait jamais avec les autres) 2) ce à quoi l’argent est destiné (ie des toilettes, un nouveau cartable, une poule, des habits, un vaccin au cas où ils décideraient de dépenser l’argent n’importe comment…). Bref, ça permet de jouer aux Sims grandeur nature en se donnant bonne conscience. J’adore l'idée et on l’adaptera avec bonheur aux Grecs tout au long de leur vie. Bon par contre, pas d’argent gratos, des prêts, la possibilité de faire appel au fisc allemand en guise de contrainte/fouet et s’ils fainéantisent comme les bons méditerranéens qu’ils sont, camp de redressement en Scandinavie : ils apprendront à avoir froid et à se remuer les fesses au lieu de se la couler douce au soleil et de magouiller.
Bonsoir voyageur, merci pour cette chronique inédite pleine de charme des vieux cailloux oubliés. Si je me manifeste, ce que je fais rarement, c’est en découvrant que vous connaissez Panaït Istrati et les Haidouks. J’avais un bon chien que j’avais appelé Haiduc (l’orthographe roumaine), je l’aimais beaucoup. Et vous me rappelez mon arrivée au Parthénon, après un long voyage en voiture ( la mienne) à travers l’Europe, une aventure pleine d’obstacles, digne de l’odyssée d’Ulysse. C’était en 1981. J’étais alors tout imprégnée de culture classique et émue aux larmes. À Delphes, une de mes filles est tombée amoureuse de l’aurige ( elle s’est consolée depuis). Continuez votre récit, je vous suis avec un immense plaisir.
La journée consiste en aller-retour à Olympie via Langada à l’aller et par Raftis et Zatouna au retour. Elle débute, dans notre hôtel à nous qu’on a rien que pour nous, par un petit déjeuner particulièrement copieux avec pâtisseries fraîches et locales pour notre plus grand plaisir.
La question fondamentale quand vous visitez Olympie est celle de la floraison des arbres de Judée qui parsèment le site. Si vous êtes là à une période toute autre qu’avril ou mai, c’est mort, vous pouvez passer votre chemin, aucun intérêt, Olympie. Pour notre visite, le trajet aller est passé à scruter les arbres de Judée qui parsèment la campagne péloponnésienne : en fleur, fanés voire avec de juvéniles bourgeons verts, ça dépend des endroits, le suspense est à son comble. Dieu étant grand dans sa miséricorde – un conseil en passant, si vous êtes footballeur en Italie, faites attention à ne pas accoler porco au nom de dieu – les arbres de Judée sont globalement en fleur. Et même si ce n’est pas l’apothéose de leur floraison, nous pouvons visiter le site, heureux et épanouis.
Les stars du site
Le temple de Zeus (je ne raconte pas toujours des âneries dans les légendes)
Le temple d'Héra qui côtoie jalousement le temple de Zeus
Olympie, ce n’est pas le site le plus impressionnant mais il y a une atmosphère et des arbres de Judée (je ne sais si je vous l’ai déjà dit) qui embellissent les ruines du palestre. C’est aussi le moment de célébrer l’esprit de l’olympisme gningnin, fraternité, gningnin, esprit de compétition dans le respect de l’autre, gningningnin, paix entre les peuples, gningningnin. Faut demander aux Grecs anciens comment ils s’y connaissaient en valeurs d’olymbécisme. Et que je te contrôle la cité parce que c’est un commerce juteux (Elie) et que je t’envahis le tout parce qu’il faut que je montre que j’en ai (Sparte) et que je te joue le rôle de protecteur du sanctuaire pour mieux contrôler les cités grecques (Macédoine)… Poutine, Reagan ou Hitler n’ont rien inventé.
Le site en lui-même est très riche vu que toutes les cités grecques faisaient assaut de diligence pour filer du fric et construire une ch’tite bicoque dit trésor. Là encore, les époques s’entremêlent du paléochrétien à l’archaïque. Arrivé dans l'atelier de Phidias, un touriste inconnu d’origine au premier abord incertaine m’interpelle en un anglais véhément et enthousiaste pour me clamer son bonheur d’être dans cet endroit historique, lieu d’exercice d’un des plus grands sculpteurs de l’Antiquité et de création d’une des sept merveilles du monde. Ca y est, l'Américain béat a encore frappé : régulièrement dans vos voyages, je suis sûr que vous avez croisé ces individus bienheureux, apostrophant le premier venu et l'assénant de leur félicité...
Pour revenir au sujet du jour, Olympie, nous avons le plaisir, à notre arrivée dans le stade de le voir se vider. Ne restent plus que deux corneilles grises en plein entraînement.
Vainqueur, la corneille grise !
Après un site archéologique, rien de mieux que de savourer un musée archéologique, pas hyper grand mais très riche. Dommage qu’il y ait du monde au moment de notre visite mais le musée vaut le coup, de l’Hermès de Praxitèle aux sculptures du fronton du temple de Zeus. Et encore et toujours du nu dans tous les sens, de quoi offusquer un Américain ou un salafiste pudibond. Moi, j’ai une petite faiblesse pour les métopes du temple de Zeus bien conservées, qui représentent les douze travaux de ce gros bourrin d’Héraclès (pour rappel, dans un moment d’oisiveté, il massacre ses enfants).
Un pédophile en action (Zeus enlevant Ganymède)
Atlas se fait avoir comme un bleu
Le harcèlement sexuel version Grèce antique. Que fait le mouvement metoukis ?
Hermès aux milles ruses
C’est également mon moment typologie et classement du compte-rendu. Pour ce faire, nous ferons ici une étude épidémiologique du groupe scolaire en voyage selon sa nationalité, la Grèce semblant être une destination privilégiée. Le premier cas est celui des petits Grecs : à la suite d’observations pointues et totalement objectives fondées sur un panel très large et sans aucun préjugé, nous pouvons déterminer que le groupe grec visite bien les monuments de son pays mais ne sait pas bien pourquoi il est en général pléthorique, pas encadré, bruyant et ne suit pas son professeur qui de toute façon ne propose aucune activité ou visite guidée. On vient à se demander l’intérêt éducatif de la chose. Le deuxième cas, celui des petits Italiens, est tout à fait édifiant : pour coller aux clichés, il faut quelques individus gominés et des lunettes de soleil à portée de main en toute circonstance (y compris dans un musée où la lumière éclatante est insoutenable). Une ou deux jeunes fille entourée de sa cour de machomen se désintéresse de la visite faite par le professeur qui, au contraire des spécimens grecs, essaie tant bien que mal de proposer quelque chose de constructif culturellement. Le cas néerlandais est également bien représentatif: adeptes de la crème solaire (véridique, on les a vus soigneusement se tartiner de crème), disciplinés, polis et attentifs, les jeunes sont réunis par petit groupe avec à chaque fois un animateur ou un petit travail à faire, bref la classe et l’organisation parfaite. Entre ces modèles, les Français, tiraillés entre latinisme et nordisme… Où ça, des clichés ?
Le retour se fait par une toute petite route en principe panoramique mais brume sur brume ça gâche le paysage. On ne voit rien ou presque, l’Afrique c’est pas greek. Nous faisons quand même un petit arrêt après Raftis au-dessus d’un petit canyon impromptu et en face d’un ermitage abandonné. Comme il y a de la falaise, il y a du rapace à foison, des faucons crécerelles et des circaètes Jean-le-blanc. Chouette ! Mais non, c'est un circaète qu'on te dit !
Après Jean sans terre et Jean le bon, Jean le blanc.
Merci pour les encouragements et votre message qui donne envie d'être nostalgique. Et en général, se remémorer des souvenirs grecs est une source inépuisable de nostalgie...
Je continue le carnet qui, en le relisant en diagonale, me donne l'impression d'être un vieil aigri légèrement obsédé (de statues antiques bien sûr) sur les bords. La suite, hormis un ou deux détails, sera un poil plus calme en sarcasmes et ironie en tout genre.
Jour 6 Dimitsana – Kalo Nero 127 km
Deuxième petit déjeuner monstrueux assez efficace pour ne pas avoir trop faim dans la journée surtout que nous avons prévu une petite rando dans les gorges du Lousios (6-7 km). Après un petit arrêt point de vue sur le monastère Emialon – les moines ont eu une capacité à planter leurs piaules dans des endroits impossibles – la route se fait vertigineuse pour descendre à notre point de départ, l’Ancienne Gortys. Bon c’est la Grèce, donc il faut quelques ruines pour égayer le coin, c’est l’équivalent des icebergs à Terre-Neuve sauf que c’est moins froid et plus solide.
La randonnée est agrémentée de jolies orchidées, d’un torrent à l’eau turquoise et de monastères dans des endroits à la c**. J'adore les orchis sauvages, vous avez donc deux photos pour le prix d'une :
Au programme, une trilogie de monastères dont le premier, Saint Jean Prodromou, est accroché à flanc de falaise dans un site splendide. La visite est assez originale, l’intérieur épousant les rochers avec une église peinte minuscule coincée dans une cour intérieure fermée. On retrouve – avec plaisir ou intoxication suivant les goûts – cette odeur entêtante d’encens propre aux églises orthodoxes, saturant complètement l’atmosphère. Les peintures doivent être, à vue de nez (ahah), du 18ème siècle.
A droite, San Goku avant de passer en mode super sayan
Le deuxième, l’ancien monastère de la Panagia Filosofou, est particulièrement ruiné, un peu vandalisé mais dans un endroit encore plus impressionnant que le précédent, sur une étroite corniche à flanc de falaise.
Véritable caméléon des campagnes grecques, le monastère sait adopter une attitude mimétique et se tapir parmi les rochers des falaises pour mieux échapper à ses prédateurs ottomans ou croisés.
Pour le dernier, le nouveau monastère de la Panagia Filosofou, nous y sommes accueillis, en compagnie d’Américaines, par le moine barbu du coin qui nous offre à boire et nous fait un petit discours dans un anglais chuchoté et incertain sur l’histoire du lieu. Moment étrange et surréaliste. Sinon que dire d’autre à part que le coin est envahi de chats, et l’église locale pas mal du tout.
Où est Panagia Charlie ?
Le géranium local
Allez, retour à la voiture par le même chemin où le drame surgit au détour d’un virage anonyme : nous croisons des gens et comme je suis intrinsèquement poli, je leur dis kali mera la personne en face semble ne pas répondre et s’adresse en néerlandais (ou en borborygmes incompréhensibles ressemblant vaguement à de l'allemand) à ses collègues. Je peste intérieurement contre l’impolitesse innée des Néerlandais (sûrement des fans de camping en Ardèche qui se sont égarés et qui souhaitent avoir le moins de contact possible – encore moins pécuniaire – avec des vrais gens, c’est-à-dire des Français) mais ils semblent commencer à dire plus de trucs dans leur sabir et même à s’adresser à moi pour finir par un sonore « Hey YOU ! ». Euh ça je comprends plus mais qu’est-ce donc à dire ? Après un bref interlude en anglais, nous comprenons qu’ils m’ont pris pour l’un des leurs et mon bonjour grec pour un chuintement hollandais. Ah la flétrissure à ma dignité de latin ! Est-ce que je me mets de la crème solaire tout le temps et je suis quand même tout rouge ?! Est-ce que je me déplace en caravane et vélo en toute circonstance ?! Est-ce que j’ai une tête blonde délavée qui fait croire que j’ai javellisé mes cheveux ?! Non.
Sous le choc d’une telle méprise et les coups d’une telle infamie, nous fuyons cet endroit vers des cieux plus cléments, Karytaina, petit village situé quelques kilomètres plus loin. Le coin est plutôt joli avec sa forteresse franque et ses maisons de pierre. Et oui des Francs sont venus se perdre dans le coin. Figurez-vous, mon petit Jeanmimi, que sur le trajet Europe de l’Ouest – Jérusalem (trajet préférentiel des croisés dû aux promos imbattable des charters de l’époque), il y avait un empire Byzantin bien appétissant, riche, ensoleillé et faible politiquement. Ni une ni deux, on décide de faire une escale dans le coin c’est la quatrième croisade et on commence à se lasser de l’unique destination touristique prévue, Jérusalem, où les autochtones sont d’un naturel ombrageux. Et puis, dans le coin, les filles sont jolies, il y a des plages sympas, il y a moyen de faire des affaires et les locaux ne sont pas très farouches. Et voilà les Francs qui s’installent et se construisent des petits nids douillets, au diable les convictions religieuses et à eux le Malvoisie ! Par contre, eux, ils sont méfiants et ils plantent des forteresses partout (Karytaina, Mystra, Monemvasie, Geraki pour en citer quelques-unes), ce qui ne les empêchera pas de se faire bouter quelques décennies plus tard comme de vulgaires Anglois par Thierry la Fronde.
Karytaina vue de la forteresse
Une église orthodoxe qui passait dans le coin
Après Karitaina, nous prenons une jolie route passant par Andritséna – il fait moche, pas d’arrêt – puis le temple de Vassae dont nous ne verrons que la tente protectrice, 15h a déjà sonné… Donc nous continuons notre chemin vers Phigalie dotée de ruines éparses et peu impressionnantes mais bucoliques au-dessus des gorges de la Neda. Pas le temps de faire la balade des gorges, direction vers Kalo Nero, notre lieu de séjour pour la nuit et accessoirement petite station balnéaire tristounette hors saison. Logement gras et minimaliste mais nous avons vue sur la plage qui semble en voie de disparition.
Merci pour ce carnet de voyages qui se lit avec beaucoup de plaisir , et qui fait un bien fou par les temps un peu dérangés que nous vivons . Un peu d’optimisme et un regard décalé sont toujours bons à prendre . Surtout pour nous , les habitués des printemps fleuris sous les cieux grecs , privés de voyage pour cause d’annulation de vol et confinés sous des trombes d’eau dans notre SO d’origine . Vos photos sont remarquables . Cordialement . Ann
Le monde est un livre large ceux qui ne sortent pas de leur pays n'en lisent qu'une page ( St Augustin )
Après un départ précoce de cet endroit poisseux, nous visons un premier arrêt à Peristeria, pas très loin dans l’arrière-pays, comptant quelques tombes mycéniennes de belle facture. Le lieu s’avère payant et comme nous sommes arrivés tôt, il n’y a que deux bergers pour nous accueillir – ils ont un mouton coincé dans le site archéologique grillagé et fermé. On finit par voir débouler un gardien au style improbable, cheveux gominés en arrière, grosse lunette de soleil, grosse bedaine et grosse mercos d’un âge respectable – s’est perdu dans son choix de voie professionnelle celui-là ! Ou il est en couverture dans le trafic d’olives et de lait de chèvre… Bref, la tombe mycénienne principale, à tholos celle-ci, est dans un magnifique état de conservation et le site entouré d’oliviers très sympa.
Une tombe suggestive
Petite musique de flûte de pan et interlude culturel : la civilisation mycénienne allant grosso merdo de 1800 à 1200 avant Jissé s’est fortement concentrée en Argolide, Mycènes tout ça, à tel point que les historiens se demandent comment qu’ils faisaient pour s’épanouir sur un territoire plutôt réduit. Toutefois, si les cités-palais étant rares hors Argolide (Mycènes, Tyrinthe, Midea, Asinè) on découvre régulièrement des témoignages archéologiques en dehors de cette zone, témoignage dont fait partie Peristeria, . Le palais de Pylos, cité plus bas dans cette journée, est également une des exceptions inexpliquées.
Sur les conseils des bergers, nous faisons un petit détour aventurier de l’extrême mais pas trop par de petites gorges situées sous la colline de Peristeria. Et comme le canyon est en eau, tel un Indiana Jones mâtiné de touriste allemand, je chausse mes tatanes-claquettes – sans chaussette quand même, faut pas exagérer – en l’honneur d’un des peuples amérindiens les plus connus de la planète et dont les membres quand ils se baladent en Europe doivent s’émerveiller de voir leur célébrité – et sûrement des dividendes qu’ils en retirent. Quoi ! Ils n’ont pas déposé leur nom comme marque ! Arf grossière erreur. Sinon le canyon, il est sablonneux et étroit, c’est rigolo, ça va jusqu’à une cascade et je me suis fait mon bain de boue, très bon pour la peau.
L'aventure, c'est l'aventure partout dans le monde
Reprise de nos tribulations et moment d’hallucination quelques kilomètres plus loin à Filiatra, il y a une tour Eiffel de taille respectable au bord de la route. Quel esprit dérangé a-t-il eu l’idée de construire un truc pareil là? Le résultat est douteux mais cela permet à une ville anonyme dans un coin anonyme d’atteindre la célébrité en se voyant citer dans ce carnet de voyage !
Suivant cet intermède WTF comme disent les « journalistes » qui veulent faire jeunes (c’est à dire l’Equipe), nous faisons un arrêt au Palais de Pylos, le plus grand édifice mycénien de ce type. Le site a été réaménagé et doté d’une infrastructure de protection style Vassae en moins moche. Même s’il ne reste pas beaucoup plus que les fondations, le système de passerelles permet d’avoir un bon aperçu du plan de construction (mégaron, salle du trône, entrepôts, etc). Et il y a quelques détails pittoresques : une véritable baignoire peinte antique avec spa et bain moussant intégrés, des salles avec des tessons fossilisés résultat d’un incendie qui a incrusté le tout dans le sol. A noter, il y a une tombe à tholos (remontée celle-là) à côté dans un champ d’oliviers.
3500 ans plus tard et on n'a toujours pas dépassé le stade de la baignoire
Bon la culture ça va un temps mais ça manque de poésie et de nature cette journée. Donc direction la lagune de Gialova. Les gens normaux seraient allés se prélasser – il fait chaud aujourd’hui – sur la plage fort jolie de Gialova mais nous non. Car il y a quoi dans le coin ? Un marais et qui dit marais dit ZOZIOS. On a beau être en pleine journée, on se dit qu’on aura peut-être de la chance… Nous trouvons un lookout fort à propos et c’est parti. Contrairement à nos prévisions, il y a du zozio, ce qui satisfait l’ornithologue amateur qui sommeille en nous : aigrettes garzettes, flamands roses, ibis falcinelle, échasses blanches, canards variés, un rapace qui stresse le tout en survolant.
Zozios faits, il nous reste juste le thème randonnée à cocher pour notre journée. Oui car chaque journée a ses OOP (objectifs opérationnels de programme) qui nous donnent des billes pour évaluer ensuite notre performance dans un RQP (rapport quotidien de performance), entraînant un chaînage vertueux permettant de fixer les nouveaux OOP du lendemain. Tout est prévu, tout est sous contrôle depuis la LOVE (loi organique relative aux voyages évalués) de 2009, il n’y a jamais eu de déficit d’orientation dans un tunnel de lave islandais. Il n’y a encore moins eu de perte de contrôle de la trajectoire d’ajustement d’une voiture sur une route d’Alpes de Haute Provence. Et pas du tout de surchauffe inflationniste pédestre sur un sentier de Terre-Neuve.
Le Navarin sans agneau
Je reviens à cette randonnounette qui offre de très belles vues sur la baie de Navarin.
Parenthèse histoire, vous pouvez cesser votre lecture : cette anse fut le lieu de la bataille de Navarin en 1827 qui scella l’avenir de la révolte grecque contre l’empire Ottoman. Elle opposa flottes ottomano-égyptienne et franco-anglo-russe de manière plus ou moins fortuite, un navire ottoman aurait malencontreusement ouvert le feu (oups j’ai par hasard allumé la mèche) ou un officier anglais aurait été descendu suite à une fâcheuse erreur entraînant dans tous les cas l’affrontement qui, tout à fait fortuitement, arrangeait très bien les puissances dites européennes. Le tout se transforma en ball trap géant de navires ottomans plus lourds et moins modernes, coincés dans la baie par les bâtiments russo-anglo-français. La boucherie fit réfléchir l’empire ottoman quant à l’opportunité de poursuivre la guerre contre les révoltés grecs, guerre ayant débuté en 1822 et aboutissant à l’indépendance en 1830. Fin de la parenthèse, vous pouvez reprendre une lecture normale.
Donc la randonnée nous emmène à un joli château d’origine franque avant une descente abrupte vers la plage de Voidokilia. Bon, le début de la descente n’est pas évident à trouver, à l’extrémité nord du château. Et un conseil : faites gaffe aux citernes, mauvais à la santé les citernes médiévales… Quoiqu’il en soit, la descente offre des vues magnifiques sur la très jolie et malheureusement pas très propre plage. Le retour s’effectue à travers un réseau de dunes pittoresques et le long de l’étang Divariou. Attention, attaques virulentes de moustiques à prévoir.
Dans mon cerveau, ça se passe comme ça : forme de champignon -> bombe atomique -> Enola Gay -> Gialova Bay. Bingo !
Petit détail, le coin semble prisé par les voleurs. Gros coup de stress à la fin de notre marche, du verre pété à côté de notre voiture, le cœur qui fait boum boum mais non, soulagement, Sarah Connor, c’est à côté. Oui des fois, on est égoïstement individualiste et puis ils l’avaient mérité, ils avaient laissé plein de bazar dans leur voiture, et puis c’étaient des Néerlandais.
Après cette petite frayeur, nous nous dirigeons vers Methoni, lieu de résidence pour cette nuit. Notre hôtel, le Ulysses, est déclaré, unanimement par moi-même, le plus meilleur hôtel de tout le séjour de la planète. Au-delà du bâtiment plutôt agréable avec une terrasse chouette et une chambre assez spacieuse, plutôt moderne et tranquille, c’est surtout l’accueil qui est formidable. Le gérant est aux petits soins et d’une gentillesse à toute épreuve, nous offrant une limonade maison à notre arrivée et une bouteille d’huile d’olive (fameuse la bouteille) à notre départ, faisant la discut’ et donnant un excellent conseil pour le resto du soir. Et le petit déjeuner est gargantuesque, composé pour une bonne part de produits frais (fraises, jus d’orange et pâtisseries maison). Raaahhhhh .
Le bonheur c'est aussi simple qu'une limonade en Grèce
Sinon, il y a accessoirement une forteresse vénitienno-ottomane à Methoni, qui s’avère très impressionnante. Elle est le témoin de la lutte d’influence que se sont livrés jusqu’au 18ème siècle, empire Ottoman et république vénitienne en mer Méditerranée. D’ailleurs cette lutte, qui se fait principalement via la construction de forteresses par les Vénitiens et la prise par les Ottomans des dites forteresses patiemment construites, dure des siècles et a lieu alors que la Méditerranée n’est plus un enjeu géostratégique et économique pour les pays européens… Pour en revenir au château de Methoni, nous n’en avons pas visité l’intérieur mais l'extérieur et les îles Oinousai en imposent.
Emotionnant
Je ne désespère toujours pas de partir...
Par contre, on avait prévu 3 jours à Cythère et si ça ne peut pas se faire, je cherche une éventuelle solution de remplacement.
Je n'avais pas prévu d'aller à l'ouest (dernière partie de ton récit actuel) qui ne m'attirait pas plus que ça mais finalement, tes photos donnent plutôt envie. Ma question est donc la suivante: par rapport au reste du Péloponnèse (en gros: Nauplies-Monemvasia-Porto Kagio-Mystra-Dimitsana) est-ce que ça vaut la peine?
Merci d'avance pur ton avis (qui sera forcément subjectif).
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Je ne désespère toujours pas de partir...
Par contre, on avait prévu 3 jours à Cythère et si ça ne peut pas se faire, je cherche une éventuelle solution de remplacement.
Je n'avais pas prévu d'aller à l'ouest (dernière partie de ton récit actuel) qui ne m'attirait pas plus que ça mais finalement, tes photos donnent plutôt envie. Ma question est donc la suivante: par rapport au reste du Péloponnèse (en gros: Nauplies-Monemvasia-Porto Kagio-Mystra-Dimitsana) est-ce que ça vaut la peine?
Merci d'avance pur ton avis (qui sera forcément subjectif).
Muriel
Quand tu parles de l'ouest, je suppose que tu parles du premier doigt du Péloponnèse : Methoni et environs. Moi j'ai bien aimé, en contrepoint du Magne et du coin de Monemvasie : de jolies plages de sable, des vergers et moins de spectaculaire et d'aride. Mais j'ai commencé par cette péninsule, ce qui peut expliquer mon a priori positif. Au contraire, je n'ai pas trop, trop apprécié l'Argolide (autour d'Ermioni et Porto Heli) à la fin du voyage, peut-être parce que j'avais déjà vu toute la côte sud du Péloponnèse. Quoiqu'il en soit, la baie de Navarin est un excellent souvenir, Methoni également. Et dans le coin, comme tu vas le voir par la suite, il y a Polylimnio qui mérite bien un détour.
J'aurais tendance à conseiller un tour du Péloponnèse dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, pour la raison exposée ci-dessus. Et vous serez toujours du côté mer sur les routes également.
Par contre, le reste de la côte entre Patras et la baie de Navarin n'est pas très intéressant et ponctué de stations balnéaires anonymes sans intérêt.
Nous repartons direction Koroni, pendant de Methoni sur le golfe de Kalamata. La ville est dotée de sa citadelle d’origine vénitienne, moins impressionnante mais le port respire la vie et le poisson, à la différence de sa voisine assoupie.
L’arrêt est de courte durée pour se diriger vers une randonnée dans la riante vallée de Polylimnio, sorte de Krka en intimiste (pour les amateurs de plaisirs croates). Le coin, un ensemble de cascades et de bassins d’un bleu turquoiso-laiteux, vaut vraiment le coup. Le chemin, si l’on veut faire le tour et aller au bout de la gorge peut être impressionnant. Cerise sur la cascade, on y voit des zolis lézards (européens entre autres), des serpents et des crabes d’eau douce. Et le moment aventurier de la journée – car il en faut un par jour comme la BAGARRE dans le rugby – nous sommes au printemps et donc le torrent est en eau, il y a donc tout au bout de la balade un passage à gué avec chaussures de marche sur les épaules. L’aventure c’est l’aventure, elle est pareille à l’amour, elle est en moi pour toujours.
Le crabe aux pinces d'or est un marin d'eau douce
Malheureusement le temps presse si l’on veut avoir le temps de visiter l’un des clous du Péloponnèse, that is to say l’Ancienne Messène. Eh oui avec les horaires grecs, le site ferme à 16h et comme il est immense et passionnant, il demande du temps. On y arrive vers 14h30. Aaarrgghhh, je vais devoir me dépêcher dans les ruines les plus hypes de Grèce dans un site merveilleux (le mont Ithome qui domine et des oliveraies de partout). Un conseil, la petite route arrivant par le monastère Voulkanou permet d’avoir une jolie vue sur le site et de voir quelques ruines de l’enceinte, certes peu impressionnante, au niveau de la porte laconienne.
La cité a été fondée à la chute de Sparte au 4ème siècle avant JC sur l’impulsion d’Epaminondas, le général thébain victorieux des Laconiens. Le but avec cette fondation, au même titre que celle de Megalopouli plus au nord, est de former un glacis de places fortes pour empêcher tout expansionnisme spartiate. Donc ici, point de ruines des périodes archaïques et classiques mais des vestiges hellénistiques et romains. Et quels vestiges ! Depuis mon premier passage il y a plus de vingt ans, le site a été mieux fouillé à l’époque on piétinait des bouts de céramiques grecques en marchant, toute une aventure archéologique ! Ca a pas mal été reconstruit/restauré aussi mais plutôt de manière harmonieuse (c’est-à-dire pas comme à Epidaure). Le site est immense avec pléthore de choses à voir malheureusement au pas de course : théâtre, agora avec stoas et fontaine d’Arsinoé, Asclépion et son odéon, une villa romaine dotée de quelques mosaïques et revêtements et le clou du spectacle : l’ensemble stade, palestre, heroon et portiques avec une vue ravissante sur la campagne grecque. Bon, nous n’avons pas le temps de visiter le musée mais cerise sur le gâteau nous profitons de la porte arcadienne, monumentale, entre les murs de laquelle passent encore les voitures, et de la bonne conservation des murs et tours des fortifications qui l’entourent.
En avant pour la palanquée de photos :
Et dire qu'il y a vingt ans, il n'y avait rien à cet endroit
Alouette, gentille alouette,
Alouette, je te disparaîtrai
Suite à cet instant ruines grecques, une conclusion s’impose à nous : il manque à notre voyage des monuments byzantins. Et cette pensée tombe tout à fait à propos puisque c’est le programme qui suit : nous faisons une première tentative au monastère d’Andromonastiro, fermé et on ne voit rien de l’extérieur, puis à la petite et mignonette église de Samarinas. Caramba encore raté se serait exclamé Ramon Bada à cette occasion. Eh oui, elle est fermée mais pour le coup, l’extérieur et les environs se révèlent enchanteurs.
Et au milieu coule une chapelle
Après ce bref interlude religieux, direction Thouria à côté de Kalamata où nous attend notre compétition de l’accueil grec le plus chaleureux : on appellera ça un accueil presque parfait, c’est notre petite émission de télé-réalité qu’on a rien qu’à nous. Là rien à dire, petites sucreries en cadeau de bienvenue, une salade grecque offerte pour améliorer notre dîner quotidien et de la volubilité et de la chaleur. Le logement, assez rigolo, est une initiation à l’art de la construction grecque moderne. Un toit plat, un immeuble fini sans être fini et hop on pose un petit appart’ au milieu du toit en attendant l’étage supplémentaire. Le tout pose la question des fondations et de la stabilité du truc quand les étages se sont empilés. Quoiqu’il en soit, le résultat est sympa, un petit nid au plus près des oiseaux (et des avions de l’aéroport voisin…).
Merci pour ton carnet qui ravive mon envie de retourner encore et encore dans ce pays enchanteur; je découvre de nouveaux endroits avec toi, des petites pépites qu'on découvre au bout d'un chemin chaotique qui mène à la mer ou en haut d'une colline.
J'avais une petite idée de l'endroit de ta photo "mystère" mais je n'y suis jamais allée, avec un peu de recherche sur Maps, je pense que c'est l'Ekklisia Odigitria dans le Magne ?
La Grèce est une de mes destinations préférées pour l'accueil des grecs, les sites à visiter, la cuisine, les paysages "cramés" par le soleil.
Depuis 1980, je m'y suis rendue une petite dizaine de fois, et à chaque fois, je découvre de nouveaux endroits, des petits monastères perdus dans la montagne, des villages hors du temps.
En 2014, j'ai découvert Vergina tout au nord, avec ses tombeaux de Philippe II de Macédoine, une merveille trop méconnue; il y eu aussi Dimitsana, au charme particulier, les monastères accrochés à la montagne, celui de Prodomou, un peu comme celui de Sumela en Turquie... et à Athènes un bar, lieu d’échange et d’expo le Matamatic Taf installé dans une ancienne prison, on prend un verre dans la cour intérieure …
Aujourd’hui vous visitez Méssène, un lieu magique que j’ai visité en 1988 et redécouvert en 2014 avec toujours autant de bonheur, merci pour la visite.
J'attends la suite avec impatience, l'impatience de reconnaître des lieux visités et l'impatience de découvrir d'autres lieux.
Merci pour ton avis.
Je note tout ça ...même si en juillet la plage risque d'être beaucoup moins déserte et que je ne sais pas si les waterfalls seront encore en eau 🤪.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
J'avais une petite idée de l'endroit de ta photo "mystère" mais je n'y suis jamais allée, avec un peu de recherche sur Maps, je pense que c'est l'Ekklisia Odigitria dans le Magne ?
Bravo, vous avez tout à fait raison. D'ailleurs, on y arrive bientôt dans le récit.
La Grèce est une de mes destinations préférées pour l'accueil des grecs, les sites à visiter, la cuisine, les paysages "cramés" par le soleil.
L'accueil des Grecs est souvent exceptionnel, surtout hors zones et périodes très touristiques. Il y a une forme de chaleur et de convivialité qui met à l'aise l'hôte de passage.
Merci pour ton avis.
Je note tout ça ...même si en juillet la plage risque d'être beaucoup moins déserte et que je ne sais pas si les waterfalls seront encore en eau 🤪.
Muriel
Oui, c'est sûr que, vu les parkings du coin, vous risquez de ne pas être toute seule sur la baie de Navarin... Par contre, il me semble qu'il y a de l'eau tout l'été à Polylimnio, certes moins qu'en avril mais quand même. Là aussi, je crois que c'est assez fréquenté en juillet-août.
Après des adieux à notre hôte si attentionnée (elle nous fait nos courses dans la supérette du coin avant qu’on parte…), nous voilà partis pour le Magne, messénien ou extérieur dans un premier temps. Et pour voir quoi ? Des tonnes d’églises, byzantines ou plus récentes, pardi ! Et accessoirement des trucs comme les fameuses maisons-tours et de la côte spectaculaire. Nous attaquons le vif du sujet par un petit détour au château de Zarnata où l’on profite d’une jolie vue sur les gorges de Rindomo et, grande originalité, les océans d’oliviers. C’est également l’occasion de continuer avec cette coutume locale, brillamment commencée la veille, qu’est l’église fermée.
Taygète barbu
On ne s’attarde pas trop parce que samedi, c’est rando (comment ça, ça ne rime pas ?!). Rando dans le Rindomo ! Là c’est mieux en termes de rimes. Le départ de la rando (8 km je crois) se trouve derrière Vorio le long d’une piste de moyenne facture. Elle commence par une descente dans la vallée, toujours agréable comme entame mais à effet retro, il y a forcément une montée quelque part… Et donc au fond du canyon, il y a bien une montée qui commence mollo mollo avant de tourner au jeu de piste et à la grimpette dans les rochers. Assez fatigant avec quelques passages très physiques. Les gorges se rétrécissent et le chemin se termine en apothéose par un canyon des plus étroits assez impressionnant.
Sûrement ces petits farceurs de traceurs norvégiens qui sont passés par là et qui trouvaient que les chemins grecs étaient trop plats. Je ne vous remercie pas !
Le retour en balcon réserve quelques jolies vues et nous permet de voir l’intégration de migrants dans la société grecque : berger avec la même pratique de la sieste sous oliviers, et je suppose le même salaire de misère…
Les gorges de Rindomo comme vous l'aurez astucieusement deviné
"C'est fin, c'est très fin, ça se mange sans faim" Anémone
- Eh bien, je vais vous dire, ma bonne dame, ça reste entre nous mais je préfère le Magne messénien au Magne laconien
- C'est pas vrai ?! Comment vous pouvez annoncer des choses aussi terribles, sans avertissement , au détour d'une photo anonyme !? Vous voulez provoquer des crises cardiaques chez vos lecteurs ?!
- J'ai honte mais il fallait que ça sorte. C'est riant, verdoyant, vivant alors que du côté d'Areopoli ou de Vathia, ça sent l'aridité et l'olivier cramé.
- Sortez ou je ne réponds plus de rien !
Pause buvette à Stoupa en bord de mer après tant d’émotions. Les petites stations balnéaires en début de saison sont toujours agréables, c’est le moment de profiter d’une certaine tranquillité et de voir la vie des locaux avant la frénésie estivale : des gamins du coin qui se baignent, les commerçants encore paisibles, des travaux un peu partout, des locaux qui n’ont pas encore disparu dans la masse et le service aux touristes.
Avant de monter à notre hôtel à Exochori, j’ai repéré une petite route côtière fort sympathique jusqu’à Trachila, un petit port endormi voire mort. Le soleil de fin d’après-midi fait rougeoyer les rochers et les espèces d’euphorbes, le paysage est serein et invite à une pause glandouille paysage au soleil. La pause glandouille paysage c’est tout un concept : dans un environnement pas vilain, tu fais un arrêt de préférence à côté d’un banc où tu te poses 5, 10, 30 minutes ou plus si affinités pour t’imprégner du paysage et atteindre la plénitude dans un état de méditation zen en faisant hhhhhhhhheeeeeeeeeeeuuuuuuuummmmmmmm (reproduire les onomatopées des moines bouddhistes de Tintin au Tibet). Le nirvana s’ouvre alors à vous. Mais pas trop longtemps car c’est le moment que choisit une bande de jeunes malotrus grecs pour passer avec leurs pétrolettes pétaradantes et des enceintes crachant de la musique régressivo-techno-autuno-danceo-navrante à fond.
Le calme avant la tempête auditive
L’hôtel choisi, un peu vieillot par certains côtés, jouit d’une situation magnifique au-dessus des gorges de Vyros, la vue depuis la chambre étant impressionnante. L’accueil est chaleureux bien qu’un peu surjoué. Bon, on aura quand même droit à des bouteilles d’ouzo offertes mais dans notre télé-réalité impitoyable « Un accueil presque parfait », il ne passerait pas le premier tour. Faustine Bollaert aurait dit – après un petit jingle gnangnan et crispant bien entendu – « on veut de l’émotion, on veut de la sincérité, le compte n’y est pas. Mais vous ferez mieux la prochaine fois ! ».
Exochori, le village autour, regorge d’églises et de jolies maisons maniotes avec en prime des vues sympas sur la côte au coin des rues.
Un petit entraînement en vue de la suite parce que vous allez en manger, des photos d'église dans les posts à venir
Aujourd’hui nous continuons l’exploration du Magne avec un premier arrêt à Kastania. Ce village perché dans la montagne connaît une densité d’églises des plus impressionnantes pour la taille du bled, qui a certes dû connaître une chute démographique vertigineuse avec l’exode rural qu’a subi le Magne au 20ème siècle. Mais quand même une quinzaine d’édifices religieux pour ce village, ça dénote une capacité pour l’église orthodoxe à travers les siècles à drainer les richesses locales. Nous pouvons remercier chaleureusement l’exploitation économique qui nous offre tant de patrimoine à la démesure des exploitants, ici une église qui a su garder et contrôler ses ouailles, plus loin dans le Magne des familles contrôlant les trafics locaux et se construisant des maisons tours grotesquement prétentieuses.
Le début du concours de quiqui a la plus grosse
Plus prosaïquement, Kastania est vraiment un village à découvrir, très riche culturellement, avec une maison tour de belle facture et des églises de toute époque (byzantine, période ottomane et 19ème siècle). De manière surprenante, le coin a manifestement reçu pas mal de subsides européennes et grecques et le tout a été restauré, mis en valeur avec petits panneaux explicatifs. Bref, cool même s’il s’agit souvent du premier pas vers la muséification… Vous me répondrez que le village est déjà très largement vide, donc ça ne change pas grand chose et que mon carnet participe, très modestement certes, à la touristification en cours et à venir. Oui, bon… Arrêtez d’être impertinent ! Et puis c’est impoli de remettre en cause le narrateur.
La promenade est, quoiqu’il en soit, sympa avec des édifices religieux pour une fois ouverts, permettant de découvrir des iconostases et de très belles fresques byzantines et modernes (où l’on peut voir que les artistes locaux à partir d’une certaine époque ont fait preuve d’une naïveté dans les représentations et d’un manque de talent tournant parfois au rigolo).
Une iconostase pas méta
Des peintures byzantines qui discutent du sexe des anges
Deuxième visite en passant : l’église de Miléa qui, comme un certain nombre d’églises du Magne – les Taxiarques à Areopoli en particulier –, a une caractéristique originale : un clocher ! Car, figurez-vous mon cher Jean-Mimi (décidément un passionné de Grèce, ce Jean-Mimi), pendant la période ottomane, les clochers et autres élévations d’église étaient interdits. Mais dans le Magne, comme on était des gros lourds à la gâchette facile, prompts à s’enflammer pour des vétilles, la règle ne s’est pas appliquée. D’où Milea (18ème siècle je crois pour le clocher).
Ah dans le temps, on savait se battre pour des causes essentielles. Alors que maintenant, on manifeste pour un oui ou pour non dès qu'on a un pet de traviole !
S’en suit la traversée de petits villages avec son lot d’églisettes byzantines plus ou moins le long de la route (Platsa, Nomitsi, Lagkada) et un détour au monastère de Dekoulou à côté de Oitilo, dans un site splendide dominant la baie de Kelefa. Malheureusement, celle-ci commence à se hérisser d’immeubles/résidences/maisons dans un style pseudo-maniote tristounet, plantés au milieu de nulle part. Le résultat, type forteresse peu chaleureuse, n’est pas très heureux mais le nombre est encore acceptable, jusqu’à quand ? L’endroit est prisé par les riches Athéniens qui préfèrent le confort du neuf à la reprise des vieilles bâtisses…
Le monastère est généralement fermé mais aujourd’hui nous sommes chanceux car trois petits vieux qui gèrent l’encens, les bougies et le ménage de l’église font leur inspection. Et comme ils sont très chaleureux, eux, et particulièrement rigolards, ils nous font une visite improvisée menée par l’homme, forcément un ancien marin – les Grecs font tout leur possible pour renforcer les clichés – qui parle un embryon d’anglais. Bref, s’enchaînent éclats de rire, gentille taquinerie envers le maître des clefs très maladroit et explications du site dans un galimatias mélangeant grec, anglais, français et grands sourires. On a bien ri et l’église révèle un côté spectacularo-naïf dans ses peintures. Les signes du zodiaque dans la coupole sont particulièrement savoureux.
Shura, Saga, Dohko et ses potes (je viens de perdre les non 30-40 ans avec ma blague)
Le monastère est toujours possession de la puissante famille qui l’a construit et qui, comme tout le Magne, s’est dispersé à travers la planète et se retrouve une fois l’an sur le lieu des origines. Le Magne, ce sont des racines mais il n’y a qu’un vieil arbre rabougri desséché en train de mourir au-dessus.
D’ailleurs en parlant de racines étranges, le village voisin d’Oitilo a vu, au 17ème siècle, sa population fuir la répression ottomane et émigrer vers une destination originale : la Corse, Paomia puis Cargèse avec la bénédiction des autorités génoises. Il y a d’ailleurs encore, de ce que j’en ai lu, quelques églises de rite grec à Cargèse. Un trait d’union entre ces peuples amateurs de vendetta !
Après s’être repus de nourriture céleste, nous retournons à nos basses œuvres terrestres par une randonnée (6km) au-dessus de la baie de Kelefa. Le menu consiste en une montée très fleurie et nous offrant de très belles vues sur la baie jusqu’à la forteresse puis au village de Kelefa, en une balade jusqu’au monastère de Spiliotissis et en un retour via des gorges assez décevantes, permettant une étude approfondie des mœurs locales en termes de consommation de produits et de jets d’ordures, plastiques à tout va, carcasses vieillissantes d’électroménager, mobilier en petit morceau, pas de quoi remplir une brocante .
Une affaire épineuse
Sous les pavés, la garrigue
Sous la garrigue, les ordures
Pour se remettre de cette balade assez décevante dans sa deuxième partie, nous décidons de faire un détour vers la plage et le port de Mezapos, idéal pour une pause glandouille, de jolies falaises calcaires, une plage de gros galet blanc, une eau splendide et le joli privilège de cramer (soleil+eau+blanc des pierres=chaud) à côté d’ordures. Oui c’est sale dans le coin, il semblerait que les courants marins ramènent les déchets des alentours.
Sous les ordures, la plage. Cqfd.
Nous nous résignons donc à rejoindre Aréopoli, où nous avons réservé dans le centre du village un appart’ pour deux nuits. L’accueil des proprios, encore un ancien marin et sa femme, est très amical avec vin de noix intégré. On se croirait dans le Dauphinoix, le vin de noix venant du nord de la Grèce dont est originaire notre marin virtuose de la marche arrière (virage à angle droit et chicanes effectués avec une maestria qui dénote d’années d’entraînement dans les ruelles tortillards qui font office d’artère aux villages grecs). Le petit logement est tout mimi avec cour ombragée et barbecue.
C’est reparti pour une journée de valse d’églises byzantines et de maisons fortifiées avec un tour de la péninsule qu’est le Magne laconien ou intérieur (mais qui n’est pas à l’intérieur puisque c’est le deuxième doigt du Péloponnèse qui pointe vers l’extérieur, la Libye). On rentre dans sa partie la plus desséchée, la plus caillouteuse et la plus dépeuplée. Un signe ne trompe pas : les oliviers ne sont plus entretenus dans le coin. On ne peut pas jeter la(es) pierre(s) aux habitants qui ont émigré tant la région est inhospitalière : chaleur, vent, terre peu fertile et caillasse.
Par contre, ce qui est resté dans la région, ce sont les églises byzantines. Dans le Magne, c’est un peu comme les baleines à Terre-Neuve mais en plus petit et moins mobile (bizarrement parce qu’on aurait pu penser qu’une église c’est plus gros qu’une baleine mais celles du Magne, elles sont miniaturisées) : tu te promènes tranquillement et bam, en vlà une et une autre et une autre ad vitam nauseam. A noter qu’à Terre-Neuve, il suffit de prononcer trois fois le nom de baleine, un peu comme Beetlejuice ; et hop elles apparaissent. Et aucun risque de finir dans le monde des baleines. Cette astuce ne marche malheureusement pas avec les églises maniotes.
Donc on s’est promené et on s’est arrêté dans quelques chapelles de ci de là, à Dryalos, Vamvaka, Fimalotos. Et il y a toutes celles devant lesquelles on est passé avec juste un regard de jeté (Gardenitsa, Paleochora, Kipoula, Episkopi, la liste est interminable). J'espère qu'elles nous pardonneront.
J'en profite pour faire la pub pour un site vieillot et plus vraiment entretenu mais qui est une mine d'informations (en anglais) extraordinaire pour visiter le Magne : maniguide.info
Saint Théodore à Vamvaka
Eglise des Vlachernes
Nous en avons également profité pour faire une petite balade (4km) vers quoi ? Une église pardi, la Odigitria. La promenade offre de très jolies vues sur les falaises découpées et une péninsule plate et inhabitée qui s’avance dans la mer.
Se fondre dans le décor, allégorie
La pomme de la discorde version contemporaine : Aphrodite se barre avec tandis que Héra et Athéna continuent à se chamailler
La suite du tour est remplie de villages hérissés de tours construites pour asseoir son statut social. Il faut bien se rendre compte qu'elles datent seulement du 18ème et du 19ème siècle... Pendant que dans le reste de l'Europe, on construit des chemins de fer, dans le Magne, on est resté au stade château fort ! Elles sont aujourd'hui très souvent à l'abandon pour faire plus ancien que leurs cousins médiévaux.
Coquille vide, allégorie
Le plus bel exemple en est Vathia, icône de la communication touristique locale. Une visite dans ses ruelles révèle que les photographies sont des images creuses, très esthétiques : le village est quasiment complètement abandonné, pas de locaux ou presque et même pas de résidences secondaires. Les maisons sont vides et ruinées, les murs et terrasses tombent mais le lieu est magnifique et donne des vues très belles sur les alentours
Vous l'attendiez tous, celle-là. Et je ne voulais pas vous décevoir.
A la suite de Vathia, le paysage se fait rude et spectaculaire en direction du cap Matapan, la chaîne de montagne tombant dans la mer dans une ambiance dénudée et sévère.
Notre but est le cap, au bout d’une balade de 4 km passant par les ruines du temple de Poséidon. A noter une jolie mosaïque laissée sur place en train de se faire défoncer par une plantouse qui n’a rien trouvé de mieux que de pousser dessus. La rando passe par une jolie crique, accompagnée par les cuicuissements des nombreux passereaux du coin et offre de jolies vues sur la côte et le trafic intense de tankers.
Le punk a de l'avenir mais pas de futur
Titanic à la grecque : au lieu de se prendre un iceberg, il se prend un phare
Le retour vers Aréopoli s’effectue par la côte est, plus accueillante, plus boisée, plus escarpée et dotée de jolis villages-tours.
Et voilà maintenant, on se fait plagier avant même d'avoir eu l'idée. Où va le monde ?
Sinon, il y a un carnet à poursuivre :
Jour 12 : Areopoli – Sparte 88 km
Ca y est, nous quittons le Magne, terre de contraste et de renouveau architectural, avec la certitude que l’architecture folklorico-traditionnelle (vive les chalets en montagne ! Comment ça les vieilles constructions sont en pierre en Auvergne ?! On s’en fout, montagne = bois = chalet = tradition = raclette. Yiha) a de beaux jours devant elle, malheureusement. Bon, vous me direz, vaut-il mieux des bons « petits » immeubles bien moches façon la Grande Motte ou du pseudo Maniote avec tour en toc et revêtement fausse pierre ? Eh bien vous m’embêtez avec vos questions à la c**, c’est pas ma guerre mon général comme dirait un célèbre penseur américain.
Pour aujourd’hui, c’est direction Mystra en passant par Gythion. L’arrêt est de courte durée, le bord de mer plutôt agréable mais il ne faut pas traîner avec les heures d’ouverture grecques (à 15h, eh bien le mac mystring, c’est fini).
Gythion sur mer
Donc Mystra nous voilà mais par Sparte, ce qui me permet de beugler « this is SPARTA » dans la voiture à chaque fois que je vois un panneau de la ville. Seuls les vrais me comprennent, les amateurs décomplexés de ce chef d’œuvre légèrement xénophobe et misogyne qu’est 300. Ah ces gonzesses perverses et sournoises de Perses basanés !
Mystra, ce sont des ruines d’un des avatars de l’empire byzantin brillant de ses derniers mais intenses feux avant la disparition dans le néant des Turcs qui en ont après le jambon. Ils ne savent pas d’ailleurs ce qu’ils manquent, entre san daniele et patanegra de Jabugo. Bon, à Mystra, il n’y avait pas de jambons mais des Francs qui ont fondé la ville avant de l’abandonner aux Byzantins. Elle survivra quelque temps à la chute de Constantinople. Son développement artistique, culturel et politique à partir du 13ème siècle est également le symbole de l’affaiblissement d’un empire byzantin jusqu’alors très centralisateur tant économiquement que culturellement. Jusque vers les derniers siècles de son existence, sa capitale, Constantinople, concentre et aspire les richesses et les expressions artistiques. Le reste de l’empire reste très largement rural et les monastères fondés grâce aux donations des nobles byzantins sont souvent les seules expressions de l’art byzantin hors capitale. Le déclin de l’empire sous les coups des croisés et des Turcs provoque le développement de centres économiques, politiques et culturels alternatifs comme Mystra (despotat de Morée), Thessalonique, la Cappadoce ou Trébizonde qui aura même son propre empire au 15ème siècle.
On se fait mystrifier par le site
Vous en déduisez donc que, même si la ville a été rasée au 19ème, elle conserve de très nombreuses églises et monastères ainsi que des restes d’un château et d’un palais. Le palais est d’ailleurs l’objet d’une restauration dont les Grecs ont le secret (cf Epidaure pour mon énervement) et le résultat n’est pas fameux. Bon, vous me direz que les Français n’ont pas de leçons à donner vu le massacre de certaines ruines romaines (théâtre de Vienne ou restes de Fourvière) et vous aurez bien raison.
On prend les églises les unes après les autres sans se poser de questions théologiques (couvent de la Pantanassa)
Un papillon vu de près, c'est aussi moche qu'un autre insecte mais comme il a trop brandé ses ailes, il a une hype de folie.
Ca mystraille des églises dans tous les sens (Saint Nicolas)
La visite de Mystra est donc l’occasion de visiter pléthores d’églises et d’admirer différents styles byzantins. Il semblerait de ce que j'ai lu que de nombreuses peintures du site sont des exemples de l'influence occidentale sur l'art byzantin (suite aux croisades qui partent en sucette). Mais j'avoue que j’ai du mal à distinguer quoi que ce soit. Un saint ça ressemble toujours à un autre saint. Et puis, l'obsession byzantine de la reproduction de l'image telle quelle car considérée comme divine, ça n'aide pas.
Comme d'hab', ça martyrise tranquillement.
Et hop, une dernière pour la route (Sainte Sophie)
C'est également le moment de se taper une bonne petite montée jusqu’au château de Villehardouin pour une vue maousse costaud sur le Taygète et la plaine de Laconie. Mon église préféré, surtout pour l’intérieur, c’est la Métropole, pas forcément les peintures les mieux conservées mais plein de détails insolites.
Les vagues des océans d'oliviers viennent s'échouer sur la grève mystréenne. L'air s'emplit des embruns d'huile d'olive (Auk, poète raté).
Pour finir la journée en beauté, j’ai repéré une balade dans des gorges à côté de Parorio. Nous ne la faisons pas en entier mais le chemin est sympa (5 km aller-retour), taillé dans la falaise, doté de jolies vues sur le canyon et croise un ermitage planté sous une falaise pour respecter la tradition.
Pour le logement du soir, nous retrouvons un appart’ sur le toit à SPARTA mais ce coup-ci avec un accueil minimaliste et une plongée dans les années 80 de la propriétaire, tignasses délirantes incluses, quant à la déco inchangée depuis des décennies de l’appartement.
Tout de suite, c'est moins joli, joli, les villes grecques. Heureusement qu'il y a le décor autour, ici le Taygète.
Les randos, vous les avez trouvées sur une appli ou vous aviez des cartes?
En tout cas, la météo était avec vous pour cette suite de voyage.
Muriel
Bonjour
J'ai acheté un guide Rother en allemand que je baragouine un peu. J'ai dû me faire un lexique parce que le vocabulaire du chemin, de la forêt et de la montagne en allemand, ce n'était pas simple. Sinon, wikiloc doit proposer des idées de rando.
Pour le temps, on a été chanceux à l'exception du dernier jour.
Merci pour la réponse.
Je suis allée voir sur le site, version allemande: effectivement, il y a beaucoup plus de titres disponibles en allemand qu'en français (ou même en anglais; c'est un peu logique...mais ça ne m'était pas venu à l'esprit 😇).
Même si les guides Rother sont très bien faits, mes souvenirs de vocabulaire allemand sont beaucoup trop limités.... je me contenterai d'une appli 😉.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Aujourd’hui, la journée est consacrée à la randonnée dans le Parnion, massif montagneux dominant le golfe de Nauplie à l’Est et culminant à 1950 mètres au Megali Tourla, notre objectif (il y a aussi le Riquiqui Tourla mais comme on en a, on va au Megali). La routourne tourne pour y aller, aurait pu s’exclamer un certain Franck R., elle est très jolie, traverse de petites gorges et quelques villages massivement désertés comme tous les villages de montagne que l’on a pu voir. L’exode rural, c’est triste mais il faut dire que les ressources pour y vivre manquent : des chèvres, quelques plantations d’olivier et parfois des moutons ou encore des chèvres et de l’agriculture quasi-vivrière et des chèvres.
Objectif lune
Nous finissons bon an mal an par arriver à notre point de départ qui change radicalement de l’olivier et de la végétation méditerranéenne typiques. Il y a de belles forêts de résineux et la montée est ombragée (13km aller-retour très bien balisés). Arrivés à un petit col à 1600 mètres, les choses sérieuses commencent puisqu’il n’y a plus vraiment de chemin (on verra en descendant qu’il y a un balisage mais que cela ne change pas grand-chose sur le côté casse-gueule et pentu de la chose) et qu’il faut se taper une montée sèche et très raide dans un mélange de talus herbeux et de pierriers. Effort violent garanti mais le résultat est à la hauteur de notre performance physique : une vue somptueuse sur une bonne partie du Péloponnèse qui nous permet de voir des lieux traversés et les objectifs à venir. Il y a bien le Taygète qui bloque la vue à l’Ouest mais on lui pardonnera volontiers son outrecuidance tant ce massif est impressionnant de tout côté. Le retour, à part les glissades sur les pierres roulantes du début, se passe sans problème par le même chemin.
Vous n'en avez rien à faire des photos de fleurs mais comme ça me fait plaisir...
North and South, the Clash
Musique crispante, suspense et drame au retour à la voiture : le voyant pneu dégonflé de la voiture est allumé. Et là toute notre vie et surtout nos mésaventures canadiennes de l’année précédente repassent devant nos yeux. Kékonfè ? Paniquer et courir en rond ? Faire une pause et manger un kitk un truc tellement sucrée que cela annihile tout goût ? Il faut dire qu’on doit être dans l’un des endroits les plus isolés du Péloponnèse les garages ne courent pas les rues,
les villages non plus. Donc nous faisons comme si de rien n’était, nous prenons la direction de Monemvasie à travers les montagnes en priant pour que ce ne soit qu’un pneu dégonflé. Le parcours est fort joli mais à partir de Polidroso, ça se gâte : tout a brûlé sur des kilomètres et ce n’est pas beau à voir.
Des Grecs fans de Johnny
Nous retrouvons enfin la civilisation sans encombre, une route de taille décente et une station-service avec pompe à air. En fait, il s’agit d’une fausse alerte puisque le pneu est très, très, très légèrement sous-gonflé. Merci Nissan pour ce coup de stress inutile. Au moins sur ma voiture, il y a pas ce voyant : on ne sait pas qu’on roule avec un pneu dégonflé mais on est tranquille (dit la tactique de l’autruche) !
Gibraltar sans Anglais (rêve d'un Espagnol nationaliste)
Le soir, nous logeons non pas sur la presqu’île de Monemvasie mais sur son appendice moderne Gefira. L’hôtel est une bonne surprise, peu cher, propre, avec une terrasse avec vue sur la mer et un bon petit déjeuner copieux (c’est pour satisfaire les Anglo-saxons dixit un hôtelier nous expliquant que les Grecs ne prennent quasiment pas de petit déj’). Le clou du spectacle est pour la soirée, Monemvasie (vous vous attendiez à quoi ?). Déjà le rocher est spectaculaire mais la situation et l’état de préservation du village et de ses fortifications rendent le tout plus attractif. Pour le côté histoire, vous mélangez les classiques (Empire Byzantin, Francs, Vénitiens, Empire Ottoman) et vous secouez. L’heure tardive permet de se déambuler tranquillement en évitant les flots de touristes, c'est propret, mignonnet, fleurisset.
Le but, ce matin, est de faire dans l’original puisque nous allons à Velanidia au bout du troisième doigt du Péloponnèse (ce qui fait que le Péloponnèse ressemble à une main d’ET, l’Argolide étant son pouce. De là à dire que les Grecs ont des têtes d’extraterrestre… Coïncidence, je ne crois pas). Nous y allons pour faire une randonnée jusqu’au cap Maléas. La route pour Neapoli réserve des vues magnifiques sur Monemvasie par le sud. D’ailleurs je conseillerais d’arriver par là, même si ce n’est pas très logique, pour découvrir la cité blottie contre son rocher, dominée par ses falaises et ceinte de remparts au bout de son île. Bref c’est chouette, d’autant qu’on repassera par là au retour et qu’une nouvelle route toute neuve (absente des cartes pour l’instant) a été créée pour rejoindre rapidement Neapoli depuis Kastella elle réserve de très belles vues sur la côte.
Enivrement des sens sans malvoisie
Une fois passé Neapoli, la route pour Velanidia est carrément impressionnante avec des vues imprenables sur Elafonissos et Cythère dans un premier temps puis sur la côte autour de Velanidia. Le coin est sauvage et Velanidia se révèle être un village tout blanc un poil incongru par rapport à l’architecture rencontré ailleurs au Péloponnèse. Des immigrés des Cyclades ? Mais les maisons n’ont pas les toits plats propres aux Cyclades, mystère. Le site est quoiqu’il en soit magnifique mais nous poursuivons notre route ou plutôt notre piste pourrie (pouvait prévenir, le guide Rother !) vers le point de départ de notre randonnée.
Naples, Ischia, le Vésuve et hors champ à gauche, Capri
L'Andalousie est venue se perdre en Grèce
Au bout de la piste caillouteuse, on sent qu’on va souffrir du soleil. Pas d’ombrage et ça tape dur pour une rando de 11 km aller-retour jusqu’au cap Maléas. Outre une jolie côte, la balade va voir la naissance d’un nouveau super-héros qui remplacera (écrasera) Spiderman dans les cœurs des plus jeunes : Spider killer doté de son spiderbroom et d’un courage à toute épreuve. Et ça a été un véritable massacre, j’ai jamais vu autant d’araignées de toute ma vie avec un plaisir certain à faire c**** le randonneur en plantant leur toile pile au milieu du chemin (et pas des petites toiles de gnognote). La progression est ralentie et le spiderbroom se transforme en barbe à papa goût araignée. Il fait chaud, la côte est jolie, assez sèche et décharnée et nous sommes enfin en vue du phare. La circulation est intense dans le coin (de bateaux bien sûr parce que d’êtres humains il n’y en a point), le pique-nique se fait à la seule ombre disponible, celle du phare.
C'est un roc, c'est un cap, c'est une péninsule, c'est le Péloponnèse !
Bon c’est pas tout mais il y a un retour et les araignées particulièrement rapides dans le tricotage de toiles nous attendent : incroyable le peu de temps qu’il faut à une araignée pour tisser son truc gluant. Nous arrivons pas très fringants à la voiture – je vous ai déjà dit qu’il faisait chaud ? – et nous devons avoir une sale tête parce que les deux petits vieux tranquillement attablés sous leur treille – quelle idée de marcher par cette chaleur – nous crient « Nero ! Nero » (Rome brûle-t-elle ?) en pointant la direction de la source. Arf je crois que celle-là elle va faire plaisir.
Retour à Velanidia et plus précisément son petit port pour boire un coup à côté d’Allemands qui entament leur copieux repas à 15h30. Normal.
Nous faisons ensuite route vers Kyparissi en repassant une dernière fois par Monemvasie. On ne se lasse pas des vues sur ce site splendide mais show must go on. Et le show du moment c’est l’arrivée spectaculaire sur la côte peu avant le village de Kyparissi : bim on passe un col anonyme et bam on trouve une côte déchiquetée et vertigineuses dans laquelle se terre au fond la petite baie de Kyparissi, havre de tranquillité et de douceur dans cet environnement de brute.
Et voilà, la Grèce sait récompenser l’aventurier de pacotille qui s’éloigne des sentiers battus par la plèbe touristique, inculte et bruyante. Malheureusement, l’aventurier de pacotille est très imbu de lui-même et finit par vouloir montrer l’étendue de ses découvertes, son exceptionnalité et sa capacité à ne pas faire comme les autres, accélérant le processus de touristification de lieux non touristiques. Que ceux qui ont parlé de l’Islande aux pécores irrespectueux se dénoncent !
Bref, pour Kyparissi, n’y allez pas, ça ne vaut pas le coup. Et puis c’est rempli d’adeptes de la varappe aux mœurs étranges et aux combis cradingues.
Ceci n'est pas Kyparissi
Cerise sur la baklava, notre logement local est impeccable et le repas du soir est bon, gargantuesque et frais pour un prix très raisonnable. Les gens sont sympas et la vie est belle. Voilà, j’ai un accès d’optimisme béat et dégoulinant y a pas à dire, le Péloponnèse, c’est fort.
Nous démarrons la journée par une courte balade côtière très agréable jusqu’à la chapelle Agios Georgios et sa jolie vue sur la baie. Le coin est somptueux et l’eau turquoise des environs a raison de ma réticence à me baigner au vue des multiples oursins. La baignade est néanmoins sous tension le piège subaquatique rode dès que je pose les pieds au sol mais les épineux terroristes ne me gâcheront pas la Grèce.
Des originaux qui n'ont pas compris que les chapelles, ça poussait dans les falaises
Dicton du jour : Kyparissi repassera par là
Pour notre trajet vers le nord et Nauplie, grande nouvelle, les routes poussent plus vite en Grèce que la mise à jour des cartes routières. Il y a donc une route côtière toute neuve, toute belle pour rejoindre Leonidion, le trajet est particulièrement spectaculaire avec quelques criques qui invitent à une pause salvatrice. Mais bon, on a pas mal de route donc non… Par contre, les Grecs ne s’embarrassent pas des déblais massifs dus à la construction de leurs routes. Non, ils les mettent directement dans la mer et pourrissent leur littoral.
Le berger des temps modernes sur son fier destrier
Vient le moment un peu surréaliste du voyage. Au détour d’un virage, un petit vieux au bord de la route nous fait signe de la main, moi un peu surpris, je m’arrête. Il a le visage buriné par le soleil, sent le vin et l’huile d’olive et se trimballe un gros sac (seule concession à la modernité, le sac est en plastique) au milieu de nulle part. Ni une, ni deux, il monte directement dans la voiture, manifestement pour aller quelque part et nous baragouine en grec (quelle idée !). Là, je suis interloqué mais je me rappelle soudainement que tous les pays ne font pas du stop de la même façon. Et il semblerait que les Grecs, tels des Roumains méditerranéens ne parlant pas la même langue et n’ayant pas une obsession profonde par rapport aux Roms, font du stop en agitant la main à l’horizontal du haut vers le bas. On finit donc par comprendre où il va, ça tombe bien, nous y passons aussi. Le temps de nous prendre pour des Allemands (rien ne va plus après le coup des Néerlandais. Je précise à tout hasard que j’ai plutôt une tête de Méditerranéen qui, dans une île scandinave à la mode, a déclenché quelques réactions de recul et de racisme primaire), s’en suit un grand moment de non communication. On le dépose avant de redescendre sur Léonidion par des gorges ma foi tout à fait charmantes.
Léonidion
Comme je n’ai pas mon quota de gorges, nous remontons celles de Dafnon vers le monastère d’Eloni, encore planté dans un endroit impossible.
Les gorges de Dafnon
Eux au moins, ils respectent la tradition
Aller-retour avant de prendre la route côtière pour Nauplie. Route plutôt jolie mais qui fait pâle figure par rapport aux précédentes. Au final, le coin est assez urbanisé (Astros Georgos beurk) et cela de plus en plus en allant vers le nord. Nous faisons un petit détour vers un monastère fermé, les ruines d’un aqueduc romain en voie de fossilisation et les maigres et déprimants restes de la villa de Hérode Atticus.
Arrivés en Argolide, nous faisons un détour à Elliniko pour voir une curiosité qui montre que les Grecs pouvaient concurrencer les Egyptiens : une pyramide-tombeau qui daterait de la période hellénistique. Ca fait un peu penser également à la pyramide de Cestius à Rome. Il semblerait qu'à un moment donné, c'était du dernier chic pour le Helleno-romain de se construire son petit tombeau orientalisant, un peu à la manière de l'orientalisme du 19ème siècle.
Les pyramides de Gizeh n'ont qu'à bien se tenir !
Dernier arrêt : Volos pour jeter un rapide coup d’œil sur le théâtre (fermé après 15h) avant de monter à la citadelle de Larissa.
Le coin offre de sacrées vues sur toute l’Argolide et le château d’origine byzantine (entrée gratuite) est en très bon état de conservation. L’endroit est désert et arrivés dans la dernière cour, nous tombons sur une cérémonie, tendance confrérie louche, kukluxklan et cie : un groupe d’hommes se tient en cercle avec un mec au centre qui déclame un texte et fait jurer en tendant la main, je ne sais quoi à ses petits camarades. Mmmmmmmmmhhhhh, à première odeur, ça ne sent pas bon : une sorte de rituel scandé virilement dans un ancien lieu de lutte d’une structure politique chrétienne contre un envahisseur turc… Mmmmmhhhh, courage fuyons mais discrètement. Chhhuuuttt.
Larissa, je te veux si tu veux de moi
Un lieu qui ne manque pas de piment (explication de texte : Larissa -> la harissa -> piment -> rires enregistrés)
Nauplie, nous voilà. Nauplie, sorte de Saint Trop’ sur Grèce en plus grand, fait une drôle d’impression après deux semaines dans le Péloponnèse c’est très touristique et très chic. Y a du yacht de luxe, du rabatteur de touristes pour restaurant et de jolies magasins élégants et nous nous sentons hors sujet, comme toujours dans ce genre d’endroit. Il reste que la ville, lieu de lutte entre Venise et empire ottoman et donc à ce titre très fortifié, dispose d’un site attrayant rehaussé d’un chapelet de fortifications et d’une vieille ville agréable avec églises et même quelques témoins du passage des Turcs (c’est très rare, l’état/la société grec/que ayant fait tout son possible pour oblitérer les souvenirs de la domination).
C’est également la très brève première capitale de l’état grec balbutiant, lieu d'une expérimentation plutôt libérale politiquement par le gouvernement provisoire de Ioánnis Kapodístrias au tournant des années 1830. Très mauvaise idée que v’là en cette période post-congrès de Vienne. Et l'idée est d’autant plus mauvaise que le bonhomme est ombrageux et a le don de se mettre à dos quelques gros bonnets comme les dirigeants des klephtes maniotes (astuce technique : ne jamais fâcher un maniote à la gâchette facile) et le haut clergé de l’église orthodoxe. En tout cas, les bookies de l’époque n’ont pas parié un clou sur sa longévité à la tête de la Grèce. Et ils ont eu raison car arrive 1831 et un petit assassinat de derrière les fagots de Kapodístrias à Nauplie. L’élimination arrange un peu tout le monde et en particulier les puissances de l’époque : elle permet tranquillou l’installation d’un roi bavarois et d’un régime on ne peut plus autoritaire, plus raccord avec les envies des empires austro-hongrois, russe, du Royaume-Uni et de la monarchie de Juillet. Tout est bien qui finit bien !
Jour 16 Episode 1 L'anthropomycènes
Nauplie 103 km
Grosse journée que le jour n°16 . Je suis chaud comme la braise car aujourd’hui c’est retour en enfance : il y a MYCENES. Oui j’avais de drôles de goûts enfant mais MYCENES, c’est les Atrées, Agamemnon, la tragédie, la guerre de Troie, tout ça, tout ça sans oublier ce bon vieux trafiquant d’Heinrich Schliemann qui savait marketter son produit en te mettant du nom ronflant partout pour vendre son butin. Et que je te trouve un masque d’Agamemnon, et que je te découvre la tombe de Clytemnestre, et que je te dégote la ville de Troie… Il reste que j’ai des souvenirs émus de ma visite il y a un petit moment.
Et pour ne pas rater les choses, on s’est dépêché pour arriver les premiers à l’ouverture et enjoyer tranquillement l’entrée dans la citadelle antique. Pour me refroidir l’enthousiasme, il faut se rappeler ces paroles d’un grand penseur tripadvisorien : « Cannot understand the fuzz. I found Mycene very modest place. The view is nice but the ruins are just ruins, there is nothing special in this place. » Merci à toi, anonyme éclairé. Moi, je passe et repasse sous la porte des Lionnes, profitant d’être seul ou presque, avec Agamemnon, Cassandre casse-délire et Clytemnestre nous observant depuis les murailles. Je sens qu’il y a du meurtre dans l’air. Et pourtant il n’y a pas de chats dans le coin.
Le problème du matin, c'est qu'on est à contre-jour
Le cercle des tombes disparues
Deux trucs intéressants dans la civilisation mycénienne. Le premier, c’est la densité étrange de ruines trouvées dans un espace restreint, la plaine d’Argos et ses environs, qui amène à s’interroger sur l’organisation politique et économique locale. Le deuxième c’est la disparition, énigmatique, de la civilisation que suit une période avec peu de traces archéologiques. Et comme les causes uniques ont souvent du plomb dans l’aile, des facteurs différents se seraient combinés entre eux : infiltration de populations étrangères doriennes et instabilité civile et politique interne. Et comme l’archéologie progresse, de nombreuses trouvailles remettent en cause la thèse du vide qui aurait suivi la disparition de la civilisation mycénienne (palais, écriture).
Sortir de ses gonds, allégorie
Pour Mycènes, il ne faut pas manquer la poterne nord avec son escalier s’enfonçant dans les ténèbres d’une citerne antique. Le musée est pas mal non plus et les tombes à tholos parfaites comme dans mon souvenir. Et comme dans mon souvenir, les flots de touristes ne se détournent pas de leur programme chargé pour les voir (à l’exception du trésor d’Atrée), nous y sommes donc tranquilles.
Après cet interlude touristes mycéniens, nous retrouvons d’autres ruines grecques plus paisibles : le sanctuaire de Némée qui s’est fait avoir en termes de marketing par Olympie. Ben, il y avait des jeux néméens (et aussi isthmiens et delphiques), également sous la tutelle de Zeus et qui faisaient concurrence à Olympie. Seulement, par la grâce d’Astérix, seuls ces derniers ont traversé l’histoire en faisant la nique à ses concurrents. Némée, il reste de jolies ruines du temple de Zeus, assez bien restauré et dont les énormes colonnes effondrées donnent un aspect mélancolique, allégorie de la mortalité de l’humain et de sa vanité à vouloir laisser une trace à tout prix. De toute façon, il n’y a rien de plus mélancolique que des colonnes effondrées. Et pour renforcer la métaphore de l’éphémérité humaine, les Grecs modernes ont eu l’idée de laisser sur site un tombeau avec squelette mis sous verre mais envahi par une plante grasse : de la mort naît la vie ! Sont des poètes, ces Grecs. Dernier bâtiment digne de mon intérêt mais sous un vilain hangar : les bains spécialement aménagés pour les athlètes avec canalisations, éviers, bassins, etc. Le tout est éloquent sans être forcément dans un état de conservation génial. A côté du site, nous visitons également le musée petit, vieillot mais intéressant : pleins d’objets de la vie quotidienne (des startings blocks avant l’heure) et avec une section assez fournie sur les trésors mycéniens des environs (Aidonia en particulier, la boucle est bouclée).
Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le caméléon des hôtes de ces ruines
Le starting-block du passé
Bon qui dit jeux, dit stade, plutôt mieux conservé que celui d’Olympie. Il est situé à l’écart du sanctuaire proprement dit, paisible avec des détails croquignolets : couloir d’arrivée, lignes de départ, rigoles d’évacuation des eaux, plots pour accrocher la corde de départ, bancs pour les juges. Le nec plus ultra du stade grec !
L'entrée des dieux du stade
L’étape suivant, la citadelle de Tirynthe, j’en avais des souvenirs émus, un site délaissé, pas vraiment entretenu mais diablement émouvant malgré la route passante à proximité. Du mycénien romantique, il ne reste rien, les ruines sont en pleine phase de revalorisation, la main est lourde et le résultat décevant. Je passe la visite à râler contre cette mode de confondre conservation et reconstruction. Elle ne date pas d’hier mais j’ai l’impression d’assister à une intensification du mouvement en vue d’attirer le plus grand nombre de touristes. Bon tout n’est pas noir : les murailles de la forteresse restent impressionnantes et j’ai réussi à photographier une satanée de %*@!§ de huppe fasciée ! L’un des oiseaux européens les plus élégants et il y en a partout en Grèce (beaucoup de vergers, oliveraies qui restent leur habitat favori). Mais c’est tellement vif que c’en est dur à observer tranquillement.
Passer par un trou de souris, allégorie
Cyclopéen, réalité
I did it !
Pour me remettre de ma déception, j’ai aussi visé une chtite église byzantine, Agia Triada, dans la plaine, dans un endroit pas glop. Mais l’église, malheureusement fermée, est glop, elle, avec du réemploi de pierres et de frises antiques.
Retour pour la fin d’après-midi à Nauplie où le temps de la glace et de sa balade corrélative a sonné. Des glaces italiennes de fort bon goût et de fort belle facture nous permettent de faire le tour de l’Acronauplie et d’admirer l’îlot Bourzi et la forteresse Palmipède euh pardon Palamide surplombant la ville sur son ergot rocheux.
Déclaré le jour le plus nase de nos vacances. Ouaip c'est bientôt la fin du voyage et Epidaure c'est nase. Bon, j'exagère un tout petit peu car le théâtre, surtout découvert le matin avant les foules et les groupes, est exceptionnel. Mais nom d’un petit bonhomme de bois, qu’est-ce que c’est que ces « restaurations » du sanctuaire d’Asclépios ! Je sais bien qu’il y a une tendance à la main lourde en termes de restauration/reconstruction d’édifices historiques ruinés en vue d’une exploitation touristique. Mais là, en plus d’avoir un objectif que je trouve inapproprié, les promoteurs l’ont mal fait et avec manifestement des fonds qui se sont évaporés au cours du temps. Donc il y a de l’échafaudage qui rouille sur le stade, de la bâtisse en tôle, du temple qu’on dirait sorti d’une « reconstitution » las vegasienne, c'est à dire qui lave plus blanc que blanc grâce à Gandalf le blanc.
Avec ta gueule de caprice de cheikh
de truc tout blanc, de faux temple grec
Pour oublier ce carnage, il vaut mieux parler du théâtre, à apprécier avant la foule des groupes de touristes. Ou ne pas en parler, puisque tout le monde en a entendu parler. Donc silence, je serai muet comme une tombe. Enfin, je veux bien briser l’omerta et dire qu’il est fabuleux : les Romains ils ont qu’à se rhabiller avec leurs murs de scène, leurs briques et leurs sites pas terribles. Et pour faire bonne mesure, je me dois de rajouter un hashtag #onnenousditpastout.
Théâtre en trois façons :
Comme le voyage est bientôt fini, qu’on a pas eu notre dose de ruines antiques et qu’il faut qu’on fasse des stocks de drogue avant le retour en France, on va voir le faux théâtre d’Epidaure à Palea Epidavros. Comme toute copie chinoise , elle ne vaut pas l’original mais bon, ça remplira le manque en attendant des jours meilleurs.
Farce de Grec ancien pour tromper le touriste tête en l'air
Notre quota de ruines étant épuisé pour la journée, nous ne ferons plus que quelques arrêts nature. Le premier est une petite balade à côté de Didima pour visiter des cratères de météorite dont l’un avec chapelles intégrées et l’autre des faucons crécerellettes intégrés. Bon, réellement, il s’agit d’effondrement de zones karstiques.
Ce à quoi aurait ressemblé l'impact de météorite si Bruce Willis n'avait pas sauvé la terre
Les chapelles sont timides en Grèce, elles se cachent dans les jupes de leur mère, Gê
Le deuxième est une sortie le long de la côte vers la grotte de Franchti, avec habitations préhistoriques reconstituées. Bref pas de quoi fouetter un chat. Et dieu sait qu’il y en a des chats ! Et que l’envie ne manque pas !
Franchti
Nous finissons la journée sur une plage de galet, anonyme, propre et déserte. Le moment d’une baignade apaisante. Bref, une journée tranquille par rapport aux précédentes.
Pour la nuit, c’est Ermioni. Le site de la petite ville, sur une presqu’ile, est pas vilain mais la proximité d’Athènes (et des îles du golfe de Saronique sûrement) se fait sentir dans le coin, plus touristique, plus habité, plus huppé, moins moi-compatible. L’hôtel Zoe Pension est par contre tout à fait convenable, avec accueil anglais en prime (« darling »).
Puisque toutes les bonnes choses ont une fin, voici le dernier chapitre du carnet, qui a soulevé les foules et fait chavirer les cœurs.
Jour 18 : Ermioni – quelque part à côté de l’aéroport d’Athènes 295 km
Dernier jour de voyage en Grèce et nous avions prévu d’aller sur l’île d’Hydra mais les kilomètres à faire ensuite jusqu’à Athènes, le temps maussade, couvert, venteux et des températures basses nous en dissuadent. Donc nous révisons sagement nos plans, préférons faire le tour de la péninsule d’Argolide et aller sur la presqu’île de Methana. Le trajet réserve de belles vues sur les îles environnantes qui rodent en nombre autour des côtes locales. Il permet également quelques arrêts au bord d'étangs avec des zozios sur échasse.
A fleur de Poros
Goodbye blue sky - Pink Floyd
Et puis, arrivés côté golfe de Saronique, la météo s’améliore grandement. On vise quand même quelques ruines pour la tradition, celle de l’Ancienne Trézène. Les environs ont l’air prometteur en termes de randonnée (gorges en particulier) mais nous nous contenterons de la visite du petit site paisible dans son champ d’olivier et doté d’une basilique paléochrétienne en bon état. Le coin nous permet un dernier instant nostalgie oliviers+ruines avant de quitter le Péloponnèse. Ca y est, nos regards ne nous portent plus vers un futur radieux, vers des lendemains qui chantent. Noir c’est noir, y a plus d’espoir.
Mais le réel nous rattrape et le réel c’est la presqu’île de Methana, la malotrue qui nous fait sortir de notre torpeur touristico-mélancolique. Une belle surprise comme ils disent dans les blogs hypes de voyage. La route qui en fait le tour est très belle en particulier dans sa partie ouest qui grimpe dans les montagnes de l’île. La cerise sur le gâteau, c’est la coulée de lave à Kameini Chora, assez récente et finissant les pieds dans l’eau, donnant un côté Auvergne sur mer. Et cela mérite bien une petite balade dans les formes hallucinées de la lave en folie puis un arrêt dans le mignonnet port de Vathi pour un dernier moment d’indolence grecque au bord de la mer.
Quand l'Auvergne rencontre la Méditerranée, ça ne peut qu'être beau
De toute façon, tout ce qui rappelle l'Auvergne ne peut qu'être beau
Vahti vite !
Quelques heures et kilomètres plus tard, fin en apothéose pour votre émission, Un accueil presque parfait : notre hôte, ayant une maison pas très loin de l’aéroport d’Athènes, est encore une ardente mama grecque qui décide de nous offrir un petit alcool, des fraises marinées, un thé des montagnes, nous fait la discut’ et nous cuisine du ragoût pour accompagner nos pâtes. Verdict final : égalité entre Corinthe, Thouria et ici.
Jour 19 : retour à la maison 22 km
Ca y est, c’est fini. Levés très tôt, on croise la fille de notre hôte revenant de boîte (6h du mat’). Et accessoirement, notre hôte qui voulait à tout prix nous dire au revoir. Eclairs dans les yeux et petite phrase cassante en grec du genre « attends qu’ils partent et tu vas passer un sale quardheuris »… La jeune fille doit encore nous maudire.
Pour le reste, le retour est sans histoire, un petit coup de stress quand on ne trouve pas le stand europcar à l’aéroport et qu’on se rend compte qu’il est dans la pampa, et un vol Lufthansa, de la deutsche Qualität pour finir comme cela a commencé. Comme ça, on peut comparer la Grèce et l’Allemagne et comprendre pourquoi il y a les dominants et les dominés. Ben ouais, il y en a qui ont bossé pour exploiter les autres. Tout est une question de volonté. D’ailleurs à ce sujet, en guise de conclusion, véridique, je veux vous raconter une histoire édifiante qu’un père utilisa comme métaphore pour expliquer la vie à son fils de 8 ans sur une place de Mirepoix : « Tu vois, fils, il y avait un immigrant illégal – c’est quoi un immigrant illégal – une personne qui n’a pas de papier . Bon, il était monté dans la remorque d’un camion réfrigéré mais la réfrigération, elle marchait pas. Et ben le migrant, malgré tout, il est mort de froid parce qu’il croyait qu’il faisait froid. Morale de l’histoire tout est une question de volonté. Alors, fils, tu vas arrêter de m’emm euh de te plaindre que tu as froid. »
Une dernière pour la route pour retarder le manque et les crises de paranoïa aiguë (oui la photo n'a rien à voir avec les deux dernières journées)
Mon tour du Péloponnèse est devenu plus qu'improbable depuis que les grecs ont décrété qu'ils ne voulaient pas de nous, français, cet été 🏴☠️.
Cela peut encore changer mais bon, j'envisage plutôt de reporter tout ça en juillet prochain....ou aux vacances de printemps, fin avril/début mai...d'où quelques questions: j'ai lu que vous aviez eu chaud lors de certaines randos mais en montagne (du côté de Dimitsana), il ne faisait pas froid non plus?
Les hôtels, restos étaient globalement ouverts?
Cordialement
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Snif c'est fini 😘
Merci pour ce magnifique carnet . Le Péloponèse est vraiment une très belle région qui me donne envie d'y retourner .
J'y suis allée une fois mais jen'ai pas découvert grand chose en te lisant.
J'espère qu'ils nous donneront rapidement l'autorisation d'y repartir.
Les photos sont également très belles .
Bonne journée.
Marie Jo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir...
Paulo Coelho
J'aurais tendance à dire que le printemps, c'est le top pour visiter la Grèce. Il ne fait jamais trop chaud, tout est en fleur et la campagne n'est pas encore cramée. Pour deux semaines et demi fin avril, nous avons eu entre 20 et 30° en journée pendant tout le voyage. Seul moment où on a dû sortir des doublures, c'est le soir à Dimitsana. Mais même pour la rando en montagne sur le Megali Tourla, nous n'avons pas eu froid. Je suppose que nous avons eu un peu de chance sur la météo mais mon premier voyage dans le Péloponnèse à la même période était déjà dans ce cas-là.
Pour les hôtels et restos, c'était très largement ouvert mais peu fréquenté assez souvent.
Merci pour la réponse.
Effectivement, si la météo est favorable , le printemps est idéal : peu de monde, du vert, des fleurs...si la météo est favorable...
Je crois que je vais sérieusement me pencher sur cette option, surtout si tu dis que par 2 fois, vous avez eu du beau temps.
Merci encore pour ce carnet très agréable à suivre.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
June 2024.
While hiking with my brother on the GR 36 Tour du Morvan, I catch sight now and then of strange rectangular markers fixed to tree trunks. Against a bright orange background, a deep black Greek tau topped with a white dove. My first encounter with the Assisi Way.
The Way of St. Francis: a pilgrimage route linking Vézelay in Burgundy to Assisi in Italy, covering nearly 1,800 km.
It felt like an obvious next step—I immediately knew I’d take it on, attempt the adventure solo.
In the months that followed, I talked about my project to everyone—family, friends, my partner. An avalanche of comments, more or less the same but varying depending on each person’s character and life experiences. But deep down, it all boiled down to one legitimate question: why?
And the answers?
Hesitant, awkward, partial, even confused. I quickly realized they weren’t so easy to find. It was as if my project seemed more like a whim, a kind of intimate caprice, rather than a well-thought-out plan.
Of course, I knew the reasons that pushed me to leave—you always have to give some. Loved ones need to understand to feel reassured, and that’s understandable.
But I fear that when I list them, they’ll sound like the same old checklist anyone embarking on this kind of journey might give.
Of all the reasons I could mention, I’ll highlight just one here: the call of the road, the solo adventure that brings a powerful sense of freedom.
A bit like Monsieur Seguin’s goat, who from her comfortable pen gazes longingly at the unconstrained horizon of the mountain.
But if I’m being honest, I think I didn’t really know what I was looking for—or, more importantly, what I’d find. Deep down, when I reflect on it, one word keeps coming up that explains nothing and everything at once: desire.
Now well past sixty, I know that when I ask myself who I am or where I’m going, two things bring me fully back to myself: hiking and writing.
And my intention was also to anchor this adventure through words, day by day. Writing down my feelings, emotions, discoveries, and reflections each evening. The famous travel journal that grounds the daily experience in reality.
When I discovered the app "Polarstep," which was initially just meant to keep my loved ones updated and reassured, inform them of my progress, and maintain a connection, I found an opportunity to do it a little differently than usual.
No retrospective notes polished up after returning, but spontaneous writing—recounting everything that crossed my mind during the day and publishing it immediately. A journey lived in real time.
This text is the exact transcription of my daily writings. Rereading them, I didn’t change a thing—just corrected a few mistakes and tweaked some awkward phrasing here and there. Short texts, fitting the format imposed by this kind of app. Writing as if addressing others.
Now, all that was left was to walk.
April 18, 2026 – Vézelay.
March 2nd — Departure by bus from Latour at 6:50 AM. The journey isn’t direct: we pass through Elne then Corneilla. In Perpignan, I switch to a BlablaBus heading to Barcelona’s northern bus station. Before reaching Le Perthus, French police stop us to check IDs. Several people aren’t in order, but after about fifteen minutes, we’re on our way again. We’re checked again at La Jonquera: this time, the wait lasts almost forty-five minutes while police identify those in violation and wait for a vehicle to pick them up. The driver then tries to make up for lost time; we finally arrive at our destination half an hour late.
I quickly head to the Arc de Triomphe metro station, located 200 meters away: you have to cross the bridge along the bus parking lot, then walk through a large garden; the station is on the right before the garden entrance. The trip to the airport isn’t direct: I have to change at Tomasso and take the line to the airport, where I arrive at 1 PM.
At the Emirates counter, I learn my flight was just canceled due to the war in Iran; they offer me another flight for the next day. I have to wait at the airport until 7 PM before being taken to a hotel; the next morning, I’ll take a flight to Vienna (with an 8-hour layover), then an Air India flight to Delhi, and finally a flight to Kolkata. I agree: I don’t know Vienna, so it’ll be an unexpected discovery.
At 7 PM, a small group is taken to the hotel, 35 minutes from the airport, where we’re served a light dinner upon arrival.
March 3rd — A taxi picks me up at 6:30 AM; the flight to Vienna takes off at 9:30 AM and arrives at noon. I’m free until 7 PM; the metro is direct to the city center. The weather is pleasant and not too cold, luckily, since my clothes are light.
When I exit the metro, I spot the St. Stephen’s Cathedral tower in the distance and approach it: the roof, made of glazed tiles, is remarkable.
Entry is free, and the interior, a mix of Gothic and Baroque styles in the center, is stunning.
Not far from there is St. Anne’s Church
, also Baroque, adorned with beautiful frescoes
—a music concert adds an enchanting atmosphere to the visit.
I continue my walk at random through the pedestrian streets lined with magnificent buildings: I’m charmed by the city.
Before heading back to the airport, I stop at a lovely tea salon. My flight will eventually leave with a delay.
Wednesday, March 4th — Delhi and a little luggage scare
We arrive in Delhi shortly after noon. Immigration is quick, and good news: my bag was checked through from Barcelona to Kolkata. I head to the connecting terminal and arrive half an hour before boarding: the flight goes smoothly. Upon arrival, the luggage comes out quickly… except mine. After filing a report, I’m told my bag is in Delhi—I have to retrieve it before taking another flight. I didn’t know (or had forgotten): with the delays, I wouldn’t have had time to pick it up and make the connection.
I take a taxi to the Ichamati Hotel. The welcome is warm, and the room is clean but very small. Without my bag, I feel a bit lost—I have nothing to change into.
Tonight, I’m dining with Raja and his friends at a beautiful restaurant, an old colonial house turned into a hotel.
We’re happy to see each other and have a comforting evening together.
This travel journal summarizes a trip I took in March to Argentine and Chilean Patagonia. It starts in El Calafate and ends in Ushuaia. During my planning, I considered looking into the Australis cruise from Punta Arenas to Ushuaia, as well as the W trek in Torres del Paine National Park. In both cases, I was put off by the prices. Instead of the cruise, I found two interesting wildlife excursions from Punta Arenas: whale watching in the Strait of Magellan and observing king penguins in Tierra del Fuego. The journey to Ushuaia was by bus. For Torres del Paine, things were a bit confusing, so I reached out to two agencies. In the end, I went with a rental car option, overnight stays on-site, and day hikes. I shared my full itinerary with the agency and ended up being taken care of by a local Argentine agency and a Chilean one.
So, here we go...
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not?
Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
---/---
You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)
Here’s our account of our trip to Malaysia from September 11th to 27th.
I hope our tips can help others as much as this forum has helped us!
Day 0:
Departure from Nantes with a transfer in Amsterdam via KLM (720 €).
Day 1:
We arrive at KLIA1 in the early afternoon.
First challenge: figuring out where to pick up our luggage. Turns out the answer is right under our noses—we need to take the airport’s internal metro!
Once we’ve got our bags, we withdraw some cash from a Maybank ATM right there.
Next up: SIM card! Just outside the arrivals hall, several kiosks offer them. We go for a Celcom 5 GB card (70 RM).
Then it’s taxi time to get to KL, in the Bukit Bintang area—about 85 RM in a slightly old taxi with weak air conditioning.
We check into our Airbnb apartment, which is clean, more spacious than a hotel room, and—best of all—has a charming balcony with a gorgeous nighttime view!
We end up hanging out on that balcony, reviewing our plans for the next day. After dark, we take the monorail just a short walk away to enjoy our first evening on a rooftop at the 34th floor: Hélipad (Raja Chulan station—you have to enter the Menara Tower at the base of the station) with a panoramic view of the city and its iconic towers.
Finally, we head to Jalan Alor to grab a bite in this super busy street.
Big sleep ahead! 😴
After the summer of 2022 left me with a sense of unfinished business, here I am back in Swedish Lapland for the summer of 2024, ready to attempt the Sarek crossing again—and this time, tackle part of the Kungsleden too.
After much hesitation, my companion Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which, from what we’ve read, is stunning but very crowded (and it really is!!), and finish with the wilder option: SAREK! This park is known as Europe’s last wild space—I think it’s incredibly inspiring!!
The downside of this choice is that there are no resupply options in Sarek, and the Kungsleden isn’t exactly set up for long treks either, so we’ll have to carry a lot of food for the first part with Sarek in mind.
But hey, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (classic), head to Vakkotavare (also classic, but with some variations to avoid the official route and the crowds), then continue the Kungsleden from Saltoluokta. Before Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad).
At least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the jaw-dropping view of Rappaladen if we have to abandon the Sarek crossing.
That adds up to 17 days of trekking, including 1 rest day + 1 buffer day for weather delays.
So if you’re interested, I invite you to follow our overstuffed backpacks!
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure
Some info (guides used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta)
08/04 – 5km before Abiskojaure - on the east shore of Lake Alisjavri
08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja
08/06 – Just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo
08/07 - Salka – just past Singi + side trip to Djalson Lake
08/08 - Singi – Teusajaure
08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden)
08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure
08/11 – Saltoluokta – Sitojaure
08/12 - Sitojaure - Skierfe - So, Sarek or no Sarek?
08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
08/14 – Somewhere above Rapadalen – above the Skarki hut
Coming up:
08/15 – Above the Skarki hut - Skarja
After a pretty disastrous weather-wise trip to Gran Canaria, we’re hoping this time the sun will shine in Puglia.
It’s not a sure thing, though—the weather’s been awful all over Europe in early May.
For those who’d like to (re)read the story without the digressions, it’s here.
Saturday, May 16:
This time we’re flying out of Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight times, and proximity all worked for us.
The airport (Ryanair) was recently renovated... but it’s still not very well organized. There are hardly any seats in the boarding areas, and... the restrooms cost money!!!
The flight goes smoothly, though, and we land in Bari a little late.
We quickly pick up our rental car, a very local-looking Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian roads... and their unique driving quirks (like the fact that the countless road signs along the streets and in towns are purely decorative 😏, and that Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli.
The owner isn’t there, but they’ve left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch.
We explore the property:
And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:
Sunday, May 17:
After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start inland.
After a hearty breakfast,
we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs.
We easily find a free parking spot on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.
We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).
From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.
Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Here’s a little story about my first trip to Japan with my partner.
We went for our first visit from October 29 to November 13, 2024.
I had planned this entire trip back in November 2020, but given the health situation at the time, I had to cancel...
Here’s the classic route we took:
We booked everything ourselves and got a regional pass for the area from Kyoto to Hiroshima.
The hotels were reserved 3 months in advance on Book... and Agod... (1030 € for 2 people for 13 nights = 80 €/night).
For the flight, we chose a Qatar Airways flight with a layover to break up the long journey (950 € per person).
We also got a pass on the same site (Japan-Experience) to take the train connecting Narita Airport to Shibuya Station (the N'EX Narita Express).
Since the airport is 75 km from central Tokyo, we opted for this mode of transport, even though there are cheaper alternatives.
After reading various posts on VoyageForum, I understood how important it was to have a Welcome Suica card to pay for public transport (subway, tram, bus, boat throughout the country), and we were able to buy one at Narita Airport.
It turned out to be super useful!
After a long but smooth journey, we found ourselves at Narita Airport in the evening.
Even though we had a pass for the Narita Express, we had to go to a counter to make a reservation for the train (mandatory).
Then, once we arrived at Shibuya Station, we took the subway for 2 stops and finally reached our hotel, exhausted (Hotel Asia Center of Japan – 270 € for 3 nights with breakfast included).
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
We went to Albania in August 2025.
Our itinerary included adventure (sporty activities, site visits), naps on the beach interspersed with swims, incredible natural sites, and a bit of culture.
I booked all our accommodations on Booking.com. Note: almost all places ask to be paid in cash!! You can obviously withdraw from banks, but the fees are pretty high. Luckily, we had plenty of cash, and the country is very safe. You can pay in euros most of the time, which avoids exchange fees.
We started in Tirana. I’d read a really interesting post about Albania’s bunkers (link in my profile). We chose to visit Bunk’Art with a guide from the agency that wrote the post. It was fascinating—not only to better understand the country’s history but also because her grandfather was repressed by the regime, and she shared her family’s experience with us.
Bunkers are everywhere! In Tirana, Bunk’Art is the most interesting and largest. You’ll see the dictator Enver Hoxha’s office, where he would’ve taken refuge in case of an attack on the country. Bring a sweater—it’s really cold in the underground tunnels and their huge corridors.
You can visit other bunkers around the country, in Tirana and elsewhere. Almost all are just abandoned.
The cable car up Mount Dajti is right next to Bunk’Art. The view is stunning—you realize Tirana is so close to the mountains and the sea... But otherwise, it’s not that exciting for older teens (17 and 19) and their parents.
We picked up a rental car in Tirana—it’d be ours for the next three weeks. We used Goalbania’s agency to avoid any hassles. First, there aren’t many cars available in Albania in summer. Second, French credit cards can be a nightmare abroad. So we preferred to sort that out in advance.
After Tirana, we headed to Permet. Just a heads-up: the roads are in great condition except in the mountains. And Albanian drivers aren’t stressful to deal with. Though you might suddenly encounter a herd of goats crossing the road—haha—but if you’re not going too fast, it’s fine.
In Permet, I’d been dreaming of rafting on the Vjosa, one of Europe’s last wild rivers. And we did it with a local agency! It’s beautiful, accessible to everyone, not too physical but still a bit lively—just how we like it. You can even jump into the river in some spots.
In Permet, we also hiked through a canyon and visited a lovely little church.
And we took a workshop to make their local culinary pride: gliko. It’s a jam with whole fruits inside. We’d seen it on Goalbania’s site, and it was really fun. We were with a family where the secret to making gliko has been passed down for generations...
Next, we headed to Gjirokastër. A city we loved: its old traditional houses (Skendulli and Zekate), its grand castle, the Ali Pasha Bridge. Along the way, we stopped for artisanal ice cream at a little shop run by a grandmother who’s been making it herself for ages.
One afternoon, my husband *had* to go to the coast in the south, to Ksamil (he’d read it was better than Sarandë). Verdict: we didn’t like it. Parking is a nightmare, the beaches are super noisy and crowded. The sea is packed with jet skis, boats, pedalos, and ropes. Avoid it.
On the other hand, we really liked Himarë, where we went next. We stayed at a campsite where we rented tents with mattresses and sheets inside. Right by the sea, on a low cliff (about 2 meters high). You can hear the waves at night... Magical!! To swim, you either jump straight into the sea (almost from the tent) or climb down a ladder, which you’ll need to climb back up to get out.
I was a little worried the campsite wouldn’t be very comfortable, so afterward, I’d booked a small place in Gjilek. Turns out, the place was really tiny (one room for four, no kitchen) and pretty expensive (over 100 € a night). We’d drive to the beach or restaurants—it’s on a steep slope, so not very accessible. Parking near the sea is tricky. But the (private) beaches were nice—we’d rent an umbrella not too close to the music and spend the day there. We also went to a wilder beach, harder to reach, via a long path. Behind the beach, there’s an amazing canyon where we’d sometimes climb using ropes (already in place, no need to bring your own) over big boulders rolled around by the stream, which must swell a lot in spring.
So, the sea in Albania: it’s nice if you like swimming and relaxing, but it’s not the most interesting part of the country. There are so many other amazing things to see and discover—so many stunning sites! Maybe an agency could’ve helped us find more practical accommodations and avoid Ksamil and its surroundings.
We left the coast to head to the beautiful city of Berat and its "thousand windows." We explored the city, its fortress, and its icon museum.
Then we discovered the Osum Canyon—it’s incredible. The view from the top is breathtaking. And at the bottom, it’s magical. There’s little water in summer, so rafting isn’t an option. We weren’t tempted by the big-tube descent offered by an agency—it looked fun, but the group had 40 people. We preferred hiking on our own as a family of four. We scouted the area on Google Maps... and found where to descend. We walked in the water, then it rose to our waists, then our shoulders... We weren’t moving fast. And how to get back up?? Eventually, we followed a group with a guide—the path was hard to find.
After that unforgettable hike, we visited the Bogovë Waterfalls. It’s pretty, and we swam, but the water was *really* cold.
We passed through Tirana again and then headed to Shkodër. We explored a bit—its charming little streets, the Rozafa Fortress. There’s a tiny museum where you can see *huge* Ottoman stone cannonballs. And they tell you the (charming) story of the young woman who was walled alive in the castle’s foundations to ensure its strength...
Shkodër is mostly a stopover to head into the mountains and discover Theth. Our goal: hiking in the Valbona Valley, from Valbona to Theth. We organized the trip ourselves, without an agency, but it took some time to figure everything out. So I’ll save you the trouble—haha. Book your tickets on the Komanilakeferry website. The ticket includes:
🙂 minibus transfer from downtown Shkodër to Koman
🙂 ferry ticket from Koman to Fierze. This ferry ride is *gorgeous*—between mountain slopes covered in pine trees, and sometimes a little house with a few fields...
🙂 minibus ticket from Fierze to Valbona. Now you’re in the mountains! The minibus drops you off near your accommodation—pick one as close as possible to the start of the hike (if that’s your goal!). The ones at the far end of the village add up to 1.5 hours of walking. Our choice: Guesthouse Dioni. The host is really lovely, it’s in the woods, and it’s basic but great.
After a day of hiking, we arrived in Theth. What beautiful mountains! Then we explored Theth and the surrounding area. It’s pretty busy, but you can still enjoy the Blue Eye of Theth and its swim. It’s *so* cold! But so beautiful!
🙂 minibus ticket from Theth back to Shkodër.
After a night in Shkodër, we drove to Kepi i Rodonit. A guidebook (I forget which one) raved about its beauty. And it *is* beautiful!
But the view is ruined by plastic bottles and other trash in the bushes, along the paths, and of course on the beaches. The only peaceful spot: the private beach at Kepi i Rodonit, which is cleaned. You can rent an umbrella and have lunch there. That’s where we spent our last few days—very relaxing.
In short... Albania turned out to be perfect for us and our teens!
I’m diving into a recap of our loop—pretty classic, really—Denver-Yellowstone-Denver this past summer, from July 24 to August 17. Given the sheer number of trip reports already out there (or in the works), and since I don’t have the writing chops or the photography skills of many of you, I’ll keep it practical—well, I’ll try, at least—to share our take on some of the less-visited parks and spots.
First off, a huge thank you to everyone whose trip reports, blogs, websites, comments, and more helped us put together this itinerary. Looking back, it could’ve been even better optimized: a few disappointments when we missed out on some great discoveries, often because we were short on time. Plenty of reasons to come back to the area!
We’re traveling with our four (almost) teens—18, 16, 14, and nearly 12 years old. To keep the trip enjoyable for everyone, we had to make compromises on both sides: cutting a visit short to spend more time swimming, waking up at dawn, and so on. But logistics also played a big role—things like laundry, grocery shopping, and keeping luggage organized could’ve quickly become time-consuming without a little planning.
And honestly, I think we visited every Walmart along the way! Blame it on the lack of fridges in some accommodations and, more importantly, the *very* limited space in the car, which made it impossible to bring a proper cooler. I’ll come back to the car saga later.
For accommodations, this year we alternated between basic cabins in KOA campgrounds and Yellowstone (when staying more than one night in the same place) and hotels. Always with a pool (except in Yellowstone, of course), which let the kids burn off energy—because they always have reserves, even after packed days!—and, let’s be honest, gave us a chance to relax. No Wi-Fi issues either; we all had plans with 25 GB of data (a big thanks to Gilles for the amazing deal at 0.99 €). It worked perfectly, even for texts and calls between phones—no extra charges.
Now, onto our route: as I mentioned, a classic Denver-Yellowstone-Denver loop. To avoid rushing through the parks or spending all our time on the road, we prioritized staying as close to them as possible, with at least two nights in each place. And I’ve got to say, it’s really nice to settle in, even if it’s just for two nights. It also helped us deal with the weather, which wasn’t always great during this trip. The trade-off? With vacation time being limited, some driving days ended up being long. We knew that going in, but since we kept a relaxed pace with no time constraints (don’t ask me for timings—I don’t keep track of the clock on vacation, except in the morning to get everyone up before noon!), we sometimes ended up with marathon days.
With that said, I’ll dive into the trip itself in the next post.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
Hello,
Since I enjoy not only the countryside but also everything related to rail travel, I’m starting this photo thread dedicated to trains in Thailand (I’d guess most of us have taken one at some point...).
Feel free to post your pictures here as long as they fit the theme: rolling stock**, stations**, platforms, tracks (even without a train on them), technical equipment, engineering structures (bridges, viaducts), etc.—all in Thailand.
For each photo, I’ll (or you can) note the station or line where it was taken.
Comments and questions are welcome.
As I’ve mentioned elsewhere, I inherited my love of travel from my parents and some of my grandparents. A strong passion, but one that was unfortunately limited by our family’s modest resources. Back then, living in northern Alsace, a simple trip to the southern part of the region—with the Wine Route as our destination—felt like an extraordinary journey to a land of plenty for the little boy I was in the late 60s and early 70s.
Everything seemed so huge when you were still just a kid.
Back then, I was overwhelmed by countless sensations—I was already highly sensitive, with a keen mind and a nose and taste buds that were developing like a pro’s. Which, as I’d later realize, wasn’t always an advantage.
Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior.
Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust...
What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.
Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.
After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold?
And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs.
The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.
Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!
That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos.
When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.
Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.
The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.
Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams.
The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*
Hi there,
Here’s a recap of a trek through the Balkans covering three countries: Albania, Montenegro, and Kosovo. I was with a friend, and we didn’t do the full route (only one day in Kosovo).
It was a wonderful trek through snow-capped mountains and vast flower-filled meadows, meeting incredibly welcoming people.
At the end of the travel journal, I’ll share what I loved and what I liked less.
Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air.
Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.
Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.
The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.
We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.
The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it.
Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead.
We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!
That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉
I’d like to share my family trip to Colombia with kids aged 8. After spending hours browsing the forum and only having two weeks there, we decided to focus on two regions: the Coffee Zone for one week and the Caribbean coast for another. We traveled from August 8 to 23.
Day 1 – First stop: Bogotá
We arrived in Bogotá in the evening on an Air France flight—nothing to complain about, decent service, comfortable, and on time. However, the first night was a miss. We’d booked a hotel near the airport (Abitel Prime) for convenience, but the soundproofing was almost nonexistent; we heard planes as if we were on the runway. Luckily, exhaustion helped us sleep well anyway.
Day 2 – Off to the Coffee Zone and Salento
The next morning, we headed to the airport for a domestic flight to Pereira with LATAM. No issues: punctual and efficient, and in 30 minutes, we landed in Pereira. The landing already set a different mood: lush valleys, endless plantations, and humid air.
We picked up our rental car from Localiza. Unfortunately, the experience wasn’t smooth—the paperwork took forever, and the wait tested our patience. Finally free, we hit the road to Salento, one of Quindío’s gems.
We arrived in the late afternoon and discovered a colorful village bustling with artisan shops and cafés. Our first stroll helped us soak in the atmosphere before dinner at Bambú restaurant—a great surprise with careful cooking and local flavors. We spent the night at Casa Serafín, a charming little hotel, nicely decorated and well-located… but unfortunately very noisy.
Day 3 – The magic of Cocora Valley
This was one of the trip’s highlights. We set off early for Cocora Valley, famous for its giant wax palms, Colombia’s emblem. We chose the 12 km loop recommended by the *Routard*. The landscapes were spectacular: towering palms, rivers, suspension bridges. It felt like walking through a postcard. The weather was perfect.
That evening, we dined at Barnabé restaurant—pleasant setting, decent food, but the bill was a bit steep for what it was. Back to Casa Serafín.
Day 4 – Coffee and panoramic views
The plan was a visit to Finca El Ocaso. For 1.5 hours, we followed a passionate guide who explained the entire coffee process, from harvest to cup. Very educational, accessible for both kids and adults, all in a stunning setting. The tour was in English for us, and we translated for our kids, who aren’t bilingual yet.
In the afternoon, we climbed to Salento’s viewpoint. The valley view was superb. That evening, we ate at Veggie Garden, a simple and pleasant spot that was a nice change from the heavier meals of previous days.
Day 5 – Horseback ride to Santa Rita Waterfall
We booked a horseback ride with Cocora Magic. It was a real success: calm horses, a beautiful trail, mountain and meadow landscapes, and finally the refreshing and wild Santa Rita Waterfall. Without a doubt, one of the best moments of our time in the region. We even got a bonus ride up a 300-meter hill.
We then headed to Filandia, less known than Salento but just as charming. We spent the late afternoon enjoying the pool at MuchoSur Filandia. The hotel is beautiful, in an idyllic setting. However, we also had soundproofing issues and could hear our neighbors.
Day 6 – Rainy detour through Filandia and Manizales
Rain caught up with us in the early morning: torrents of water made it impossible to go out. We stayed at the hotel, reading quietly. By noon, the rain let up: a quick walk in Filandia, a quick lunch, then off to Manizales. We chose to stay at El Otoño hot springs. Great choice: as soon as we arrived, we plunged into the hot pools, perfect after hours on the road.
Day 7 – Hiking and hot springs
In the morning, we hiked the Camino de Super Coco (found somewhat randomly on Google). A pleasant trail with mountain views and a peaceful atmosphere. The afternoon was spent in the hotel’s thermal pools, with a short marked hike down to the river. Dinner on-site at the hot springs’ restaurant. A simple but very relaxing day.
Day 8 – Rain, jacuzzi, and games
We continued to Finca Los Alpes. The rain greeted us again, but this time it turned into an asset: nothing like a steaming jacuzzi with a view of the misty mountains. The kids enjoyed the facilities too: mini-golf, ping-pong, billiards. Dinner and night at the hotel, cozy vibes.
Day 9 – Off to the Caribbean coast
Back to the airport to return the car (still a bit long). Flight to Cartagena with Avianca: punctual and comfortable. Upon arrival, we picked up another car and headed straight to the Hyatt Regency, a modern hotel with a pool. That evening, we dined at the hotel—practical after a travel day.
Day 10 – Colonial Cartagena
We set off to explore Cartagena’s old town. It was enchanting: colorful facades, flowered balconies, colonial charm—just magical. However, the heat was stifling and very humid. Afternoon relaxation by the pool. Dinner at Gestlani, a good restaurant in town.
Day 11 – Road to Barú
A hearty breakfast, then one last swim in the pool before heading to Barú. We checked into Las Islas Hotel. The setting was enchanting: wooden cabins nestled in the vegetation, a private beach, turquoise sea, impeccable service. Dinner at the hotel’s restaurant.
Day 12 – Beach and relaxation
A full beach day in Barú. Warm water, white sand, coconut trees, peace and quiet. A real postcard scene with iguanas and birds.
Day 13 – On to Santa Marta
Another morning at the beach before hitting the road to Santa Marta. The drive was a bit long (6 hours), especially with traffic jams in Barranquilla. It was the longest car ride of the trip. We spent the night at Villa María Tayrona, a beautiful place near the park.
Day 14 – Tayrona Park
We left early for Tayrona Park. We entered through **El Zaino**, parked the car, and set off on a hike to La Piscina (about 2 hours). We stopped along the way at Playa Arenilla, a stunning little beach, to rest. Lunch on-site, a swim, then back by 4 PM. The hike was a bit tiring, but the nature was spectacular: dense jungle, the sound of waves, and even a monkey encounter along the way. Evening and dinner at the hotel.
Day 15 – Last swim and return flight to Bogotá
Our last morning was split between the pool and the beach (the hotel has direct access via a 7-minute trail through vegetation and flowers)—hard to leave this paradise. We drove to Santa Marta’s airport to return the car, then flew back to Bogotá. We spent the night at Casa Dann Carlton, a comfortable hotel. We simply ordered room service, arriving too late to go out.
Day 16 – Bogotá and the end of the trip
Our last day in Colombia. After a good breakfast, we explored La Candelaria. Its cobbled streets and colorful houses were worth the visit. We visited the Botero Museum (free) and the Gold Museum, both fascinating. Back to the airport for our 11:55 PM Air France flight.
That’s a wrap on a varied trip—lush mountains, colorful villages, dream beaches, and tropical jungle.
The pace was pretty relaxed, well-suited for our kids. They absolutely loved the trip to Colombia.
Driving in Colombia was very easy, and we didn’t regret renting a car at all—it gave us more freedom to get around.
If I were to do it again, here’s what I’d change:
- I’d spend less time in the Coffee Zone to stay a bit longer on the Caribbean coast, which was more relaxing for the kids. Or I’d head to Medellín, but I didn’t think the city was very kid-friendly.
- Bogotá is a city that deserves a day’s visit, but it’s not a must-see. Maybe I’d have taken the KLM flight from Cartagena to Amsterdam instead.
Since I didn’t have time to write a proper travel journal, I thought I’d share a few photos of Bologna—a really lovely city I discovered in 2017 while stopping on my way to Tuscany.
Around Piazza Maggiore, which was packed with a stage and chairs for a show, stands the Basilica of San Petronio, massive and Gothic in style, with an unfinished façade (a common sight in Italy).
Another building near the square:
But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.
Okay, it wasn’t a total disaster either. Actually, I hesitated before starting this travel journal: is it even worth writing about a holiday that won’t leave an unforgettable memory?
In the end, I went for it (there aren’t many recent travel journals about this destination).
So, read on... or don’t .
Every time we’ve been to the Canary Islands, it’s been by default (basically: where can we go in winter or early spring when we only have a week—so not too far, not too much jet lag, but with decent weather?).
This time, we had two weeks, but the winter plan kept changing: first Thailand (dropped for personal reasons), then Martinique (dropped because of work leave dates that weren’t up to me), and finally, the Canary Islands.
We’ve already been to Tenerife (which we really liked) and Lanzarote (which we liked a little less).
This year, two options: Gran Canaria or one of the smaller islands west of Tenerife (La Palma, or even La Gomera or El Hierro).
We chose Gran Canaria... not sure it was the right call!
Whose fault is it?
Storm Thérèse’s!
Yes, Storm Thérèse followed us on arrival, and its effects lasted quite a while. We had to adapt, cancel visits, change activities...
But even without Thérèse...
Saturday 21/03
Departure from Orly at 6:10 AM with Transavia.
The plane took off on time and landed a little early, tossed around by strong winds before touching down.
It had just rained, but it was (almost) no longer raining.
We quickly picked up our luggage and then the car at the Cicar counter.
We got a Seat Arona instead of the Corsa we’d booked. Well, while the driving position didn’t feel great at first (I got used to it), the engine’s smoothness and power were much appreciated on the island’s winding and sometimes steep roads.
It was only 10 AM, and we couldn’t theoretically check into our accommodation until 3 PM (the owner promised to message me if it was ready earlier).
So, we headed to the (big) *Jardín Botánico Viera y Clavijo*, where we planned to spend a few hours.
We found a huge parking lot... empty.
The passenger in the car in front of us (yes, we weren’t the only ones at the closed gate—there was a car in front and one behind) went to ask for info: it was closed due to the storm 😕.
So, we calmly headed toward Puerto de las Nieves, on the northwest coast of the island.
The plan: go to a restaurant, visit the village, and do some shopping while waiting for early afternoon.
As soon as we got out of the car, it started raining... we took shelter under the awning of a shop, waiting for it to pass. But the rain turned into a downpour, and within minutes, awning or not, Gore-Tex or not, we were soaked!
Since we were already wet, we might as well go to the restaurant—they weren’t far! But here’s the thing: contrary to what Google Maps said, they all opened at 1 PM, not noon!
Back to the car, wading through 5 cm of water because all the village streets were flooded .
The rain let up, we did some shopping, went to eat, and I got a message from the owner saying the accommodation was ready 🙂.
So, off we went to La Suerte, a few kilometers north of Agaete.
The downside of the place, especially with luggage, is that you have to climb several flights of stairs via an outdoor staircase (after parking more or less far away on a steep street) to get there 😛).
Of course, on the way from the car to the apartment, it started pouring again—the bags got soaked!
Enough rain for today! We settled in quietly, and by late afternoon, we could (finally!) go admire the view from the terrace.
Trip Planning
My partner and I are heading to the Canary Islands for a week at the end of September, specifically to Lanzarote. We chose this island over the more crowded ones for its volcanic landscape and the variety of hikes it offers.
I booked everything through Expedia: our hotel stay, car rental, and Ryanair flight tickets departing from Marseille. It was the only way to get a direct flight. To make getting around easier during our stay, I picked a hotel located in the center of the island from the wide selection available. It’s part of the Barceló chain, specifically the "Barceló Teguise Beach Adults Only" in Teguise Beach, which turned out to be an excellent choice.
The Trip
Sunday, September 21 - Monday, September 22
Departure
It’s 2:15 PM, and we’re at the Avignon TGV station. Danielle picked us up earlier due to the weather—thunderstorms and heavy rain all the way to the station. The TGV was on time, and it only took 30 minutes to reach Marseille Saint-Charles. The shuttle to the airport is quick and convenient, right behind the station.
The bus leaves for the airport in the middle of the storm, with flooded roads and cars stuck in some spots.
We get soaked making our way to the terminal. Two hours to wait before the flight. The plane finally takes off at midnight, but just before landing, the pilot announces that the destination airport is closed, and we’re being diverted to Tenerife. Ryanair will re-route us as soon as possible.
We end up waiting 2 hours, and Ryanair kindly gives us a 4 € voucher.
We re-board around 5:15 AM and take off at 6:00 AM. About 45 minutes to reach Lanzarote. After collecting our luggage, we head to the car rental desk. The counter in the terminal is closed, and we’re directed to parking lot P4—it takes us a while to find it.
I’m a bit worried about the rental company’s reaction since the car was supposed to be picked up 7 hours earlier, but it’s not a problem. A woman next to us is furious because she’s in the same situation, and her rental was canceled. Anne-Marie translates for her, but nothing changes.
We pick up a brand-new Toyota Aigo and head to the hotel.
After checking in, we cross the garden, walking alongside the large pool to reach our room.
A lovely first-floor room with a jacuzzi and a sea view.
It’s early, so we head to breakfast—a generously stocked and varied buffet with everything you could want.
Afterward, we drive to Cueva de los Verdes, but it’s packed with people and a long wait. We decide to come back another day.
Next, we visit Mirador Del Rio. This rocky viewpoint at the edge of the island has breathtaking cliffs plunging 500 meters into the ocean. The view is stunning and impressive.
A panoramic bar lets you cool off while enjoying the scenery.
We return to the hotel for a short walk around the neighborhood and enjoy the beautiful pool with its pleasant water temperature. Relaxing by the pool, sun loungers, and all.
In the evening, a very varied buffet at the restaurant. Then early to bed to recover from the sleepless night before.
Tuesday, September 23
After a restful night, we enjoy another varied and hearty breakfast. The terrace seating is very pleasant. We take an inland road leading to Timanfaya National Park.
The road near the park runs alongside vineyards where the vines are surrounded by lava stone walls to protect them from the prevailing winds.
Our first stop is at the visitor center, where the island’s volcanic activity is well-documented. Next, we stop at an area where you can take a short camel ride—two seats are installed on either side of the camel’s hump. This little ride offers a great view of the volcanic landscape from a higher vantage point. A fair price of 11 € per seat for a 20-minute ride.
We then head to the park entrance via the road leading to the parking lot, where only authorized buses can take the winding route inside the park.
It’s crowded, and we wait about 45 minutes with several stops before reaching the parking lot.
We board the bus, and the route offers beautiful views of this volcanic area and its many craters. The journey is very interesting, with several stops for photos.
At the parking lot, a guide shows us how the heat from the rocks beneath the surface can ignite dry vegetation. Water poured into holes in the ground immediately creates geysers and jets of steam.
The building next to the parking lot has a restaurant where meat is cooked using the heat from a well dug into the volcanic rock.
On our way back, we drive to Playa Blanca, a seaside town with a small sandy beach.
Back at the hotel in the late afternoon for dinner.
Wednesday, September 24
We wake up early and have a quick breakfast—few people are around at this hour. Two days ago, we booked a 10:00 AM visit to Los Verdes, lava tunnels created by eruptions and lava flows from the La Corona volcano, which extended all the way to the coast.
When the lava came into contact with the air, it solidified on the surface while continuing to flow underneath. The lava tunnels stretch for 8 kilometers to the volcano, but we only walk one kilometer.
The inside of the tunnel is impressive, with narrow passages and larger chambers.
You can see traces left by the flowing liquid lava—varied colors and twisted shapes.
At the end of the path, a large chamber has been turned into a concert hall with perfect acoustics.
Next, we visit Jameo Del Agua.
This is a continuation of the lava tunnel, developed by Manrique.
There are beautifully designed bar and restaurant areas, as well as an underground lake where you can see small blind white crabs—a protected species in this very pure water.
Higher up, there’s a lovely space with a central pool that could double as a swimming area, surrounded by beautifully designed white pathways that contrast with the blue water.
Further on, you reach a large space inside the lava tunnel, set up as a performance hall with perfect acoustics.
Stairs let you view this beautiful space from above. A gap in the lava landscape reveals the ocean on the horizon.
We head back toward the village of Yé, at the foot of the La Corona volcano.
A 160-meter walk from the church, a path crosses vineyard plots and then climbs to the top of the volcano’s crater in about 30 minutes. It’s the island’s highest volcano.
When you reach the edge of the crater, you see how deep it is, with steep slopes inside forming a large circular opening. The place is breathtaking and awe-inspiring.
We drive back to the hotel via a road that climbs quickly, offering a beautiful view of the island’s northern part.
Thursday, September 25
After another enjoyable and varied breakfast, we head to the center of the island toward the volcano park and stop at a roadside parking lot where a path leads to the Montana Cuervo volcano.
This is a crater that opened on one side. During an eruption, an explosion created a breach in the crater.
Huge blocks of rock were thrown dozens of meters away. The path goes through the breach and descends into the crater, allowing you to walk around it. It’s impressive, and you really feel small and fragile in this environment.
The crater walls, with their different colors, highlight the rock formations. The crater is surrounded by a sea of lava with sharp, jagged rocks.
You can walk around the outside of the crater, but it’s not very interesting. We then head to the west coast, stopping at a spot with a small green lake next to a beautiful black sand beach.
Next, we stop at Salinas de Janubio, a lovely viewpoint overlooking the salt marshes with different water colors. A small shop sells various local products.
We then head to the famous Papagayo beach.
The road ends at a booth where they charge 3 € to continue.
From here, the land is private, and you have to pay to drive down a 3-kilometer rocky dirt road.
Quite a few cars are driving along it, kicking up clouds of dust. The car gets a dusty makeover.
We arrive at a large parking area, with several paths leading to different small beaches.
We go to Papagayo, a small blonde sand beach surrounded by red rocks.
The beach slopes gently into the water, which is a pleasant temperature. The setting is charming and peaceful.
We stay for a while before heading back to the hotel.
Friday, September 26
We start with a visit to the César Manrique Foundation in Tahiche. This was originally one of his homes. The modern construction spans several levels and is integrated into the lava flow, using the gaps to create living spaces. Large windows make the rooms bright and open to the scenery. The place is pleasant, with flower-filled gardens outside. It’s well worth a visit.
Next, we drive to Las Grietas, where a path leads to a narrow crack in the volcanic rock, forming a tight passage where only one person can walk at a time.
The passage isn’t very long, but progress is slow due to the endless selfies being taken here.
We then stop at Casa Del Camposino, a renovated farm that houses several artisan shops.
We taste a local wine recommended by a charming woman and buy two bottles of Lanzarote red wine on her advice.
Now, we head to Tamara beach, a beautiful and wide beach at the foot of high cliffs. There are always great waves here, making it a surfer’s paradise.
On the way back to the hotel, we stop at the cactus garden, César Manrique’s final creation. Designed with a great sense of aesthetics around an old windmill, it features 4,500 varieties of cacti in various shapes, all in a beautiful setting.
We return to the hotel in the late afternoon for the evening.
Saturday, September 27
After another hearty breakfast, we head north to Haria. We stumble upon another of César Manrique’s homes, where he lived for a long time. This house is more traditional than the previous one but still has large, modern, and very pleasant rooms. At the back of the garden is his large studio, where he created his works.
Next, we visit the craft market—this was our original plan. Various stalls offer local items, and it’s very crowded. No room at the café terraces to sit down.
We then return to Famara beach for a long stay. There are always great waves here, much to the surfers’ delight. The water temperature is pleasant, and we enjoy it.
On the way back to the hotel, we stop at a gas station to refill the car, which has been very fuel-efficient. Gas is also much cheaper here than in France—1.16 € per liter of SP95.
We also wash the car, which was very dusty after the long dirt road to Papagayo beach.
At the hotel, we enjoy a farewell cocktail before dinner.
Sunday, September 28
We spend the morning by the hotel pool before checking out at noon. For lunch, we go to a restaurant called "Dona Lola," near the hotel, with a terrace offering a view of the coast. We order tuna carpaccio, which is delicious.
We then head to the airport, just 15 minutes away.
We return the rental car and go to the airport.
A long line to check in our luggage.
The return flight is on time.
A shuttle bus takes us to Saint-Charles station.
We then head to our overnight rental. The boulevard slopes down, making it easier with the suitcases.
The rental is between the old port and the train station.
Once there, we pick up the keys and make one last effort to carry the luggage up to the third floor.
The studio is nice, clean, and simply equipped—perfect for one night.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
I’m a newbie to this forum, passionate about wildlife, the landscapes of East Africa, and Tanzania in particular.
This June 2024 trip/safari is our 7th visit to Tanzania and our 5th in the south, which has drawn us more than the north ever since we discovered it in 2015.
In 2024, the entrance fees for the reserves and services have gone up again since our last visit.
I chose to return first to Mikumi Reserve, which was the very first one we visited in the south. Then, we’ll head to Selous (J. Nyerere N. P.) as usual.
Initially, we wanted to spend 2/3 days on Mafia Island at the end of the trip, but it made the total cost too high, so we gave up...
We usually go to Ruaha and Selous, but I wanted to mix it up a bit—also to save some money...
As for the timing, June is a new experience for us. I thought it might be interesting to come just after the lodges reopen... hoping for some great wildlife encounters??
The trip starts in Marseille with our first flight on Ethiopian Airlines to Addis Ababa, then continues to Dar es Salaam, where we’ll finally set foot on Tanzanian soil again.
In Addis... "our" A-350.
.....
After arriving in Dar, we spent one night at a hotel near the airport. The next morning, we headed to the domestic flights terminal, which hasn’t changed in years.
By mid-morning, we boarded a Cessna 208B Caravan with Safari Air Link, heading to the Kikoboga bush airstrip in Mikumi, which we reached 45 minutes later.
Fun fact: the pilot was the same one as on our return flight two years ago.
Welcome on board:
Of course, a driver/guide team from our chosen lodge was waiting for us upon arrival:
I was surprised to see so many aircraft parked there... even twin-engine Embraer Brasilias??
As a fan of vintage planes, I loved it...
On the other hand, the light was incredibly harsh.....!!
Our guides only speak English. We knew that in advance. In the south, it’s very rare to find someone who speaks French. This’ll force us to dig into our high school English memories... from 60 years ago... at least.
It’s noon, and we head toward the lodge.
Near the airstrip, next to the Mikumi rangers’ base, there are quite a few herbivores. They find a bit more peace here—the big cats don’t venture this way...
Our first encounter was a group of Masai giraffes.
Rarer (for us), a savanna monitor lizard basking in the sun right in the middle of the track...??
A large gathering of impalas (mostly males) along with a few blue wildebeest:
Also unusual: a African crowned hornbill taking a dust bath in the middle of the track...!!
When it comes to identifying mammals or birds, I don’t know everything... so I might make mistakes. Please forgive me.
I’m counting on my friend Blesl’s active participation... 😉
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected.
Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel.
I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability.
So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog:
From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
Just back from two weeks in Andalusia, and I wanted to share this experience with you—maybe it’ll help with planning a trip. I’ll start with a quick recap in this post and try to add photos and day-by-day details later (still sorting through them). Hope I don’t bore you too much! 😎
Trip details:
April 20 to May 4, 2019:
7 days on the Costa de la Luz (El Puerto de Santa María) in an Airbnb,
4 days at the junction of the Costa del Sol and Costa Tropical (Salobreña) in an Airbnb,
3 days at Cabo de Gata for some rest at a campsite in Los Escullos.
Two families of four, each with our own car: three 9-year-old boys and a 6-year-old girl. One family was more into city exploration (not us, but we’re working on it), and the other preferred relaxation and nature (that’s us). We speak a little Spanish.
Over 5,000 km, including 2,500 km for the round trip from Carcassonne.
The weather: Variable, but we expected better for this region in late April. The first week on the Costa de la Luz was sometimes chilly (< 20°C), and the second week was warmer but not excessive (< 25°C). At least we didn’t get much rain!
Our budget: Around 2600 € per family:
700 € for accommodations, about 50 € per night,
1000 € for meals and restaurants. We usually spent around 50 € per family at restaurants—we ate out for lunch (except for 2–3 picnics) and cooked at home in the evenings, trying to be back by 6 PM.
600 € for activities: Río Tinto, a flamenco show, visits to the Alhambra, Giralda, and Alcázar, Oasis Park with meals, and a kayaking trip.
300 € for gas and tolls.
Preparation: A few months ahead with bookings for accommodations and tickets for the Alhambra, Giralda, and Alcázar. We used a few travel guides—I like the *Évasion* guide for initial planning. *Géoguide* was okay, but our friends’ *Routard* was the most useful. We also spent three months brushing up on Spanish with Mosalingua (a great spaced-repetition method, max 10 minutes a day). Downloaded Maps.me and the Andalusia map in advance—essential. And we used Tricount to track shared expenses with friends—super handy.
What we did/saw:
3 city visits (Seville, Granada, and Cádiz) + Málaga for our friends (we vetoed Córdoba—too many cities for us).
4 white villages (Vejer de la Frontera, Arcos de la Frontera, Grazalema, Ronda) + Tarifa for our friends.
Beaches (Tarifa and Bolonia, Matalascañas, Nerja, Cabo de Gata).
Nature and fun moments: Doñana National Park, a kayaking trip along the rocky coast near Nerja, and the Wild West/animal park in the Tabernas Desert.
A little culture: Río Tinto mines, the archaeological site of Itálica, Columbus’s caravels, Nerja Cave for us, and the Picasso Museum in Málaga for our friends. Plus, seeing the ham-drying process in the Alpujarras (for our friends).
Our highlights
Nerja and the surrounding villages: The rocky coast was amazing, and we loved the kayaking trip, even if the water was freezing for snorkeling. The beaches are sheltered from the wind, the town is charming, and the cave is incredible.
El Rocío and Doñana National Park. El Rocío has a timeless, almost Wild West vibe—we could’ve stayed a day or two. The quiet and pine scents reminded us of the Landes region.
What we didn’t love as much:
Río Tinto mines: Not super exciting, and the guides’ nonstop chatter kind of ruined the "nature" experience.
Our little regrets (for next time):
Forgetting our passports and missing a day trip to Tangier from Tarifa.
Not having an extra day around Nerja to go snowboarding in the Sierra Nevada—just 1.5 hours away (the kayak guide suggested it).
Not spending at least one night in El Rocío to explore Doñana National Park at dawn.
Antequera with the Guadalhorce reservoir and the Caminito del Rey (but it would’ve meant 2 more hours of driving, and we didn’t have the energy).
My general impressions of Andalusia and Spain
Landscapes: A feeling of extreme concentration of a single activity in some areas—endless olive groves, wind farms on the Costa de la Luz (which I thought were well-integrated), rows of buildings along the Costa del Sol (yikes, glad we didn’t stop there), greenhouses around Almería (a shame to have frozen the coast for so many kilometers), and the massive industrial port of Huelva.
What surprised us compared to France was the lack of small hamlets—villages are clearly defined, and people cluster there, leaving vast landscapes without human presence. In France, you find houses scattered everywhere.
Roads: Relatively few tolls. Sure, rest areas aren’t as nice as in France, but the roads are in good condition, and our wallet was happy. The roads are pretty straight with countless bridges and tunnels—the upside (besides fast travel) is that there aren’t many secondary roads disrupting the scenery.
Tourism and activities: A huge variety and richness. Feels like everyone can find something they like, and 15 days barely scratched the surface. It’s amazing how quickly you go from the coast to snow-capped peaks (Sierra Nevada) or from farmland to desert (Tabernas). And the mix of European and Arabic architecture in the same city is really special.
One small regret: Not interacting more with locals. We didn’t luck out with our Airbnbs. But shopkeepers were great—very patient with my broken Spanish! :-)
Overall, I think our choice to stay on the Costa de la Luz and then near Nerja worked well. We could explore pretty easily (even if we logged a lot of kilometers), and the settings were fantastic. The 3 days of total relaxation at Cabo de Gata were perfect.
If you prefer shorter stops, you could try staying in El Rocío (easy access to Seville and great for an early visit to Doñana National Park) or maybe Grazalema for a hike in the mountains (weather-dependent). And of course, Tarifa for a day trip to Tangier or Gibraltar.