bjr
je souhaiterais savoir si l'un d'entre vous connais un peut comment ça roule en juillet afin de trouver un vol pas cher
pr juillet bon je sais qu'il y a la dernière minute mais pas tjrs évident de partir quand ont à ds enfants à casé
donc si vous avez une ptite astuce faites moi signe, merçi😉
tel que promis, je vous transmet mes commentaires sur le playa pesquero `.
premierement j ai passe des vacances extraordinaire dans un site merveilleux.
les seules commentaires negatifs que j ai entendus on ete le mauvais service offert par le grossiste tres mauvais. exemples un couple a de l eau dans sa chambre ils vont voir leus agents de voyage ca prit 3 jours avant qu il n est une nouvelle chambre. certains ont troves le site trop gros pas assez intime. d autres ont chiales contre certains employes marabout qui fonctionnaient seulement au pourboire, mais c est un peu notre faute au touriste a force de trop les tipper ils finissent par s habituer a ca j ai vu des gens donner 1 $$ de pourboire pour un mini cornet.
ce que je trouve plaisant avec le pesquero, c est qu il est encore en periode de rodage et il s ameliore a chaque jour, j ai suivi tout les commentaires sur le forum et presque tout les commentaires negatifs ont ete ameliores, je commence
prix du voyage:
il faut en profiter cette annes car l an prochain, il sera beaucoup plus chere. des gens ont reussis a la derniere minute a payer 860$$ un vrai deal
forfait or ou argent:
il en coute 150 $$ de plus personnes pour avoir le formait or, nous finalement, on a eu le meme service avec le forfait argent, on devait avoir le restaurant romantico en moin mais on a ete debrouillard et on y a meme ete 2 fois
accueuil:
l accueuil est plutot froid, sans musique ni sourire mais bon ca dure 30 minutes, on a tombe sut le pire il s appel roger si vous etes capable faite vous repondre par levis il est tres gentils et parle francais. ah oui, j oubliais a l acceuil a tout moment vous pouvez vous faire faire du change c est tres pratique
n.b. pour rendre votre sejour agreable, je vais tenter de vous conseiller le mieux possible en vous donnant des trucs qui allez voir ou allez etc car quand on y va jute une semaine si on sait toute ces choses, on sauve beaucoup de temps
reservation au restaurant:
allez y le premier matin, vous serez sur d avoir ce que vous voulez.le romantico se classe numero 1, ensuite le seafood le soir, le trattoria, le grill(barbecue), le mexicain, le creollo et le gondola se classe dernier selon plusieurs personnes. ca depend des gouts
details sur les restos:
1. romantico: ce restaurant est magnifique il est beau et chique. demande a etre servi soi par dianel, il est extremement gentils et parle un bon francais ou judili qui est toujours souriante et tres gentille. les langouste sont tres bonne et si vous etes un bon mangeur, ils se feront un plaisir de vous en donner 2 en entree homard et ananas excellent desset crepe flambe au rhum succulent il y a meme un digestif ca vous derangera pas de donner un bon pourboire a cette endroit car il n y a rien a redire. vous leur direz un petit bonjour de michel et elaine on les connait bien car on les avait connus au super club costa verde, ah oui j oubliais, il y a 2 musicens qui jouent de la musique durant le souper. je suis aller a leur rencontre pour qu ils viennent jouer a notre table, c est tres romantique demandez leur qu ils vous jouent une chanson romantique cubaine, elle est tres bonne nous on leur a donne 5 $$ de pourboire
le seafood: il est situe sur le bord de la plage et on y mange mieux le soir que le midi. les serveurs du bar sont plutot bete et fonctionnent au pourboire lorsqu on est sur la plage, on y va souvent et ca devient tannant
le tratorria. nous on y est allez 3 fois aussi bon le midi que le soir, il s agit de pizza mince et de pate. tortellini au fruit de mer pizza playa pesquero, canelloni sont excellent
le grill: tres bon aussi, un peu froid mais on est a cuba il y a differente sorte de viande tres bon
mexicain: moi j ai bien aime mais la majorite on trouve ca trop epice les repas pricipales ne ressembles au mexicain qu on connait a quebec. moi je vous conseil de prendre 2 entrees a la place du repas principales j ai oublie le nom mais il y a au moin 3 choix d entree de menu comme au quebec. aussi faite vous choisir par michel il est extremement gentils, lui aussi, on l; avait connu au costa verde, il nous a meme offert de lui dire si on voulait dans n impoete lequel restaurant une 2 e fois, il s organiserait pour nous obtenirs une reservations
le godola: nous on ni y est pas allez mais tout les gens qu on a vu n ont pas aimes mais il vaut que vous alliez le voir car, il est tres beau
le club cubano: on y a pas mange mais pour y prendre une biere au bar c est super informez vous quand jorge travail, il est trippant
beer garden: un petit fast food pas pire 24 h on y sert que de la biere mais on a des petits mets tres bien en apres midi ou en fait de soiree ca fait la faire. il y a biensur hamburger et hot dog mais le best sont les saucisse avec chou, le poulet pane et aussi les crevettes
creolo: nous on n y ai pas allez mais s etait partages certain ont aimes d autres noms
les bars: c est au lobby de l hotels qu on trouve le plus grandchoix de boissons. il est 24 h aussi. des fois, il y a beaucoup de monde, le soir un cubain y joue du piano. faite vous servir par pavel(garcon) et luismilla( fille) ils sont tres sympatique. je vous donne les noms pour etre sur de ne pas tomber sur les airs betes il vaut mieux adopter ces serveurs
a la discotheque:quand j y suis allez il y avait 2 serveurs principales. un jeune au cheveux noir vraiment mauvais qui veut jute des pourboires et l autre est tres gentils j ai oublie son nom mais vous alez le remarquer il est chalheureux pogner de main aux hommes acollade au femme, il prepare souvent notre drink prefere d avance lorsqu il voit qu on a presque termine
a l aquabar: les plus sympatique sont lionel.alfred et ulio. quand alfred est la demander le special alfred, c est mix super bon
autres bars: ils sont bien mais sans plus, ils ont rajoutes des mini bar pour accomodes lesgens (ex a la piscine ou a la plage) c est un des points qu ils ont ameliores suite au commentaire negatif) lors des spectacles, il y a des serveurs qui arpentent l agora(il y en avait pas avant)
chambres:elles sont belles et propres un petit cadeau par jour au femme de chambres est apprecies. il y a tout l equipement necessaire a l interieur tv radio cd fer a repasser frigidaire emplie a chaque jour de 2 bieres 2 colas et une grosse bouteille d eau il y a un cofret de surete aussi. on a eu un petit trouble a notre chambre et 15 minutes plustard s etait regles
le sites: il est super beau et immense, il y a un petit train qui passe toute la journee pour vous rendre ou vous voulez
les g. o. : s il y a une place ou vous pouvez donner un pourboire, s est au g. o. qui en ont generalement pas.moi, j aime relaxer en voyage meme j aime aussi m amuser. la bas j ai adore roberto il est jeune et tres energique a quels reprises, je lui ai remis des cadeaux et 1$ car il m etait le party dans la place et quand on voyage une semaine, s est tres court.
la discotheque: ca commence pas avant 22 45 apres le spectacle. il manque un peu de choix de musique si vous avez de bons c d, pourquoi ne pas les amener, ils vont se faire un plaisir de les faires jouer. c est vous qui faite l ambiance la musique est bonne roberto va animer le tous mais il faut embarquer biensur meme si c est tannant, on tipe un peu roberto et le dj et on passe une belle soiree 1$$ ca fait
les spectacles: ils sont tous bons, les g.o. sont droles, il vaut la peine de participer aux jeus meme si on fait un peu le clown, premierement s est drole pour les gens qui vous accompagnent et il y a de beaux prix(exemples excursios avec les dauphins pour 2 pers valeurs de 200$$ us
activites: il y a de tout, club enfants, club ados, basketball, tenis, badminton. squash, volleyball, water polo soccer, etc. ping pong, billard hockeys airs echecs geantsetc salles d entrainement jaccusi etc etc
vous allez recevoir un programme d activites vraiment varies, il s agit de participer, vers 1500 dirigez vous vers l aqua bar, il y a de la bonne musique et de belles activites
sports nautiques:on peut faire du catamaran 30 min gratuit on donne un pourboire . snorkling. amenerz vous des bananes votre masqu et tuba et dirigez vous au lti costa verde 5 minutes de marches pres du bord du centre de plongez, il y a une grosse dans le fond de l eau tirez vos morceau de bananes a cet endoit et vous verrez des centaines de poissons d toute les couleurs. si vous le voulez aller au super club costa verde en groupe donner 5$ dollard par personne et vous ferez du catamaran plus un tour de bateau banane.
excursions:j en ai 3 a vous conseiller.
1. randonnes a bicyclette voir un village(maison cubaine, ecole, eglise, epicerie, etc) c est gratuit et tres interessant. nous on avait amene des cadeaux aux enfants, ils etait 15 environs
2. baignade avec les dauphins, un peu chere 99$ us par personne mais ca vaut la peine. on va la bas en speed boat, on prend un drink avec un groupe cubain qui joue de la bonne musique, on est 20 minutes avec les pauphins ensuite, on a un gros souper au langouste et un gros spectacles avec 10 musiciens et 15 danseurs s est super
3. excursions en catamaran: on y est pas allez mais les gens nous ont dient que s etait super. on est 30 sur un catamaran, boissons a volontes, on fait du snorkling a un endroit bien choisi, on a un souper d inclus, on visite l ile de l amour c est super
achat: a l hotel meme, il y a pleins de choses a vendre boissons, cigares et vetements. si vous le voulez vous pouvez aller a guerdelavaka, il y a un marche il vous en coutera 18 $$ us en taxi allez retour c est bien mais sans plus. on sauve surtout sur la boisson. aalez au centre d achat plutot que pret du marche
il n y avait pas de mouche la plages etait belle un peu de coquillage
je pense avoir termine excuser la longueur et les fautes mais je voulais etre complet passez un beau voyage nous on u retourne l an prochain. en passant, on etait 2 couples mais on s est fait d autres amis et s etait encore plus le fun, si vous avez d autres questions ne vous genez pas.
si vous voulez en apprendre sur cuba, allez voir eddy au tennis bye j en aurais encore plein a dire
premierement j ai passe des vacances extraordinaire dans un site merveilleux.
les seules commentaires negatifs que j ai entendus on ete le mauvais service offert par le grossiste tres mauvais. exemples un couple a de l eau dans sa chambre ils vont voir leus agents de voyage ca prit 3 jours avant qu il n est une nouvelle chambre. certains ont troves le site trop gros pas assez intime. d autres ont chiales contre certains employes marabout qui fonctionnaient seulement au pourboire, mais c est un peu notre faute au touriste a force de trop les tipper ils finissent par s habituer a ca j ai vu des gens donner 1 $$ de pourboire pour un mini cornet.
ce que je trouve plaisant avec le pesquero, c est qu il est encore en periode de rodage et il s ameliore a chaque jour, j ai suivi tout les commentaires sur le forum et presque tout les commentaires negatifs ont ete ameliores, je commence
prix du voyage:
il faut en profiter cette annes car l an prochain, il sera beaucoup plus chere. des gens ont reussis a la derniere minute a payer 860$$ un vrai deal
forfait or ou argent:
il en coute 150 $$ de plus personnes pour avoir le formait or, nous finalement, on a eu le meme service avec le forfait argent, on devait avoir le restaurant romantico en moin mais on a ete debrouillard et on y a meme ete 2 fois
accueuil:
l accueuil est plutot froid, sans musique ni sourire mais bon ca dure 30 minutes, on a tombe sut le pire il s appel roger si vous etes capable faite vous repondre par levis il est tres gentils et parle francais. ah oui, j oubliais a l acceuil a tout moment vous pouvez vous faire faire du change c est tres pratique
n.b. pour rendre votre sejour agreable, je vais tenter de vous conseiller le mieux possible en vous donnant des trucs qui allez voir ou allez etc car quand on y va jute une semaine si on sait toute ces choses, on sauve beaucoup de temps
reservation au restaurant:
allez y le premier matin, vous serez sur d avoir ce que vous voulez.le romantico se classe numero 1, ensuite le seafood le soir, le trattoria, le grill(barbecue), le mexicain, le creollo et le gondola se classe dernier selon plusieurs personnes. ca depend des gouts
details sur les restos:
1. romantico: ce restaurant est magnifique il est beau et chique. demande a etre servi soi par dianel, il est extremement gentils et parle un bon francais ou judili qui est toujours souriante et tres gentille. les langouste sont tres bonne et si vous etes un bon mangeur, ils se feront un plaisir de vous en donner 2 en entree homard et ananas excellent desset crepe flambe au rhum succulent il y a meme un digestif ca vous derangera pas de donner un bon pourboire a cette endroit car il n y a rien a redire. vous leur direz un petit bonjour de michel et elaine on les connait bien car on les avait connus au super club costa verde, ah oui j oubliais, il y a 2 musicens qui jouent de la musique durant le souper. je suis aller a leur rencontre pour qu ils viennent jouer a notre table, c est tres romantique demandez leur qu ils vous jouent une chanson romantique cubaine, elle est tres bonne nous on leur a donne 5 $$ de pourboire
le seafood: il est situe sur le bord de la plage et on y mange mieux le soir que le midi. les serveurs du bar sont plutot bete et fonctionnent au pourboire lorsqu on est sur la plage, on y va souvent et ca devient tannant
le tratorria. nous on y est allez 3 fois aussi bon le midi que le soir, il s agit de pizza mince et de pate. tortellini au fruit de mer pizza playa pesquero, canelloni sont excellent
le grill: tres bon aussi, un peu froid mais on est a cuba il y a differente sorte de viande tres bon
mexicain: moi j ai bien aime mais la majorite on trouve ca trop epice les repas pricipales ne ressembles au mexicain qu on connait a quebec. moi je vous conseil de prendre 2 entrees a la place du repas principales j ai oublie le nom mais il y a au moin 3 choix d entree de menu comme au quebec. aussi faite vous choisir par michel il est extremement gentils, lui aussi, on l; avait connu au costa verde, il nous a meme offert de lui dire si on voulait dans n impoete lequel restaurant une 2 e fois, il s organiserait pour nous obtenirs une reservations
le godola: nous on ni y est pas allez mais tout les gens qu on a vu n ont pas aimes mais il vaut que vous alliez le voir car, il est tres beau
le club cubano: on y a pas mange mais pour y prendre une biere au bar c est super informez vous quand jorge travail, il est trippant
beer garden: un petit fast food pas pire 24 h on y sert que de la biere mais on a des petits mets tres bien en apres midi ou en fait de soiree ca fait la faire. il y a biensur hamburger et hot dog mais le best sont les saucisse avec chou, le poulet pane et aussi les crevettes
creolo: nous on n y ai pas allez mais s etait partages certain ont aimes d autres noms
les bars: c est au lobby de l hotels qu on trouve le plus grandchoix de boissons. il est 24 h aussi. des fois, il y a beaucoup de monde, le soir un cubain y joue du piano. faite vous servir par pavel(garcon) et luismilla( fille) ils sont tres sympatique. je vous donne les noms pour etre sur de ne pas tomber sur les airs betes il vaut mieux adopter ces serveurs
a la discotheque:quand j y suis allez il y avait 2 serveurs principales. un jeune au cheveux noir vraiment mauvais qui veut jute des pourboires et l autre est tres gentils j ai oublie son nom mais vous alez le remarquer il est chalheureux pogner de main aux hommes acollade au femme, il prepare souvent notre drink prefere d avance lorsqu il voit qu on a presque termine
a l aquabar: les plus sympatique sont lionel.alfred et ulio. quand alfred est la demander le special alfred, c est mix super bon
autres bars: ils sont bien mais sans plus, ils ont rajoutes des mini bar pour accomodes lesgens (ex a la piscine ou a la plage) c est un des points qu ils ont ameliores suite au commentaire negatif) lors des spectacles, il y a des serveurs qui arpentent l agora(il y en avait pas avant)
chambres:elles sont belles et propres un petit cadeau par jour au femme de chambres est apprecies. il y a tout l equipement necessaire a l interieur tv radio cd fer a repasser frigidaire emplie a chaque jour de 2 bieres 2 colas et une grosse bouteille d eau il y a un cofret de surete aussi. on a eu un petit trouble a notre chambre et 15 minutes plustard s etait regles
le sites: il est super beau et immense, il y a un petit train qui passe toute la journee pour vous rendre ou vous voulez
les g. o. : s il y a une place ou vous pouvez donner un pourboire, s est au g. o. qui en ont generalement pas.moi, j aime relaxer en voyage meme j aime aussi m amuser. la bas j ai adore roberto il est jeune et tres energique a quels reprises, je lui ai remis des cadeaux et 1$ car il m etait le party dans la place et quand on voyage une semaine, s est tres court.
la discotheque: ca commence pas avant 22 45 apres le spectacle. il manque un peu de choix de musique si vous avez de bons c d, pourquoi ne pas les amener, ils vont se faire un plaisir de les faires jouer. c est vous qui faite l ambiance la musique est bonne roberto va animer le tous mais il faut embarquer biensur meme si c est tannant, on tipe un peu roberto et le dj et on passe une belle soiree 1$$ ca fait
les spectacles: ils sont tous bons, les g.o. sont droles, il vaut la peine de participer aux jeus meme si on fait un peu le clown, premierement s est drole pour les gens qui vous accompagnent et il y a de beaux prix(exemples excursios avec les dauphins pour 2 pers valeurs de 200$$ us
activites: il y a de tout, club enfants, club ados, basketball, tenis, badminton. squash, volleyball, water polo soccer, etc. ping pong, billard hockeys airs echecs geantsetc salles d entrainement jaccusi etc etc
vous allez recevoir un programme d activites vraiment varies, il s agit de participer, vers 1500 dirigez vous vers l aqua bar, il y a de la bonne musique et de belles activites
sports nautiques:on peut faire du catamaran 30 min gratuit on donne un pourboire . snorkling. amenerz vous des bananes votre masqu et tuba et dirigez vous au lti costa verde 5 minutes de marches pres du bord du centre de plongez, il y a une grosse dans le fond de l eau tirez vos morceau de bananes a cet endoit et vous verrez des centaines de poissons d toute les couleurs. si vous le voulez aller au super club costa verde en groupe donner 5$ dollard par personne et vous ferez du catamaran plus un tour de bateau banane.
excursions:j en ai 3 a vous conseiller.
1. randonnes a bicyclette voir un village(maison cubaine, ecole, eglise, epicerie, etc) c est gratuit et tres interessant. nous on avait amene des cadeaux aux enfants, ils etait 15 environs
2. baignade avec les dauphins, un peu chere 99$ us par personne mais ca vaut la peine. on va la bas en speed boat, on prend un drink avec un groupe cubain qui joue de la bonne musique, on est 20 minutes avec les pauphins ensuite, on a un gros souper au langouste et un gros spectacles avec 10 musiciens et 15 danseurs s est super
3. excursions en catamaran: on y est pas allez mais les gens nous ont dient que s etait super. on est 30 sur un catamaran, boissons a volontes, on fait du snorkling a un endroit bien choisi, on a un souper d inclus, on visite l ile de l amour c est super
achat: a l hotel meme, il y a pleins de choses a vendre boissons, cigares et vetements. si vous le voulez vous pouvez aller a guerdelavaka, il y a un marche il vous en coutera 18 $$ us en taxi allez retour c est bien mais sans plus. on sauve surtout sur la boisson. aalez au centre d achat plutot que pret du marche
il n y avait pas de mouche la plages etait belle un peu de coquillage
je pense avoir termine excuser la longueur et les fautes mais je voulais etre complet passez un beau voyage nous on u retourne l an prochain. en passant, on etait 2 couples mais on s est fait d autres amis et s etait encore plus le fun, si vous avez d autres questions ne vous genez pas.
si vous voulez en apprendre sur cuba, allez voir eddy au tennis bye j en aurais encore plein a dire
Bonjour,
Nous partons en Thailande dans une semaine - svp nous aimerions avoir un aperçu de la situation à Bangkok.
Nous lisons beaucoup sur le sujet sur différents sites d'information et l'avertissement de notre Ambassade est de ne pas prendre part aux manifestations. Vu d'ici ça va mais vu de Bangkok, c'est comment? Est-ce qu'il y a des voyageurs ou des locaux qui peuvent nous éclairer de la situation.
MESSAGE COPIE DU SUJET " AMENAGER UN CAMPING CAR DANS UN BUS -CAR-CAMION
ET POURQUOI PAS UNE RENCONTRE DE TOUS LES FORUMEURS DE CE SUJET? (INTERRESSES BIEN SUR)
ON POURAIT PARLER .... DE BUS ET CAMIONS A (OU) TRANSFORMES!
CHACUN POURRAIT VENIR AVEC SA DOC, SES INFOS, SES TUYAUX.... SON VEHICULE.
le lieu, LA DROME, aux alentours de valence ( je vois pour un emplacement. je connais un camping a la ferme sympa qui a du terrain). la date, un week end de septembre (16 et 17 septembre par exemple).
annoncez vous!
1- comment venez vous (en bus, car, camion, voiture, velo, train...) 2- combien de personnes (adultes, enfants -de quels ages) 3- avez vous de quoi coucher (si oui comment -dans votre vehicule, sous la tente, pas de solution...) 4- pouvez vous heberger du monde dans votre vehicule ( si oui, combien) 5- arrivee le vendredi soir, samedi matin, ou juste pour la journee du dimanche 6- resterez vous le dimanche soir pour reprendre la route que le lundi matin
je peux prevoir deux ou trois trucs a faire pandant le week-end. il y a pas loin un centre equestre, de jolies ballades a velo pour les sportifs, etc...
on pourrait organiser des ateliers de discution sur la reglementation, les travaux de carrosserie, les amenagements, etc...
pour la bouffe, chacun pourrait ammener a une table commune de quoi nourrir les siens et mettre toute la bouffe en communauté, et je peux organiser le repas du samedi soir ( big barbecue) avec participation de financiere de chacun...
l'idee est de faire un truc familial ou chacun peut venir en famille (je pense a toi gasmobil avec toute ta tribu!). je pense que ca pourrait etre sympa que nos conjoints qui nous supportent avec nos projets de dingues puisent en profiter pour dialoguer aussi.
allez, gasmobil, gx47, francois57, christian06, frankiss06, benhurd, etc... faites connaitre vos intentions....
j'ouvre de ce pas un sujet dans la rubrique "rencontres voyage forum" portant comme sujet "rencontre de vehicules ammenagés par leur propriétaire", ce sujet etant voué a d'autres discutions.
PATRICK26
ET POURQUOI PAS UNE RENCONTRE DE TOUS LES FORUMEURS DE CE SUJET? (INTERRESSES BIEN SUR)
ON POURAIT PARLER .... DE BUS ET CAMIONS A (OU) TRANSFORMES!
CHACUN POURRAIT VENIR AVEC SA DOC, SES INFOS, SES TUYAUX.... SON VEHICULE.
le lieu, LA DROME, aux alentours de valence ( je vois pour un emplacement. je connais un camping a la ferme sympa qui a du terrain). la date, un week end de septembre (16 et 17 septembre par exemple).
annoncez vous!
1- comment venez vous (en bus, car, camion, voiture, velo, train...) 2- combien de personnes (adultes, enfants -de quels ages) 3- avez vous de quoi coucher (si oui comment -dans votre vehicule, sous la tente, pas de solution...) 4- pouvez vous heberger du monde dans votre vehicule ( si oui, combien) 5- arrivee le vendredi soir, samedi matin, ou juste pour la journee du dimanche 6- resterez vous le dimanche soir pour reprendre la route que le lundi matin
je peux prevoir deux ou trois trucs a faire pandant le week-end. il y a pas loin un centre equestre, de jolies ballades a velo pour les sportifs, etc...
on pourrait organiser des ateliers de discution sur la reglementation, les travaux de carrosserie, les amenagements, etc...
pour la bouffe, chacun pourrait ammener a une table commune de quoi nourrir les siens et mettre toute la bouffe en communauté, et je peux organiser le repas du samedi soir ( big barbecue) avec participation de financiere de chacun...
l'idee est de faire un truc familial ou chacun peut venir en famille (je pense a toi gasmobil avec toute ta tribu!). je pense que ca pourrait etre sympa que nos conjoints qui nous supportent avec nos projets de dingues puisent en profiter pour dialoguer aussi.
allez, gasmobil, gx47, francois57, christian06, frankiss06, benhurd, etc... faites connaitre vos intentions....
j'ouvre de ce pas un sujet dans la rubrique "rencontres voyage forum" portant comme sujet "rencontre de vehicules ammenagés par leur propriétaire", ce sujet etant voué a d'autres discutions.
PATRICK26
allez je me lance...voilà mon carnet de route de cet été , version intégrale ( désolée c'est un peu long...).
Traversée de l'Europe, de la France à la Moldavie en stop. Tous les commentaires sont les bienvenus! Merci
Marion
Sur les routes d’Europe
Prélude au voyage
Et voilà, c’est parti pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure…je crois que je ne peux plus m’en passer ! Sitôt retournée sur les bancs de la fac je pensais déjà au prochain été, à mon prochain voyage. Ce ne sont pas les destinations qui manquent, ni les idées ! L’Asie du Sud-est, le Népal, le Tibet, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Amérique du Sud, l’Irlande….autant de pays qui me font rêver ! En fait je crois que peut importe la destination, l’essentiel c’est d’en rêver, d’en avoir envie, d’y penser jour et nuit avant le départ puis de concrétiser son rêve, de venir à bout de son projet et de revenir des étoiles plein la tête.
J’avais également envie de travailler dans une réserve naturelle, comme l’année dernière, mais à l’étranger cette fois. En Roumanie, dans les Carpates ou dans le delta du Danube…. Et puis une idée a commencé à germer dans ma tête : en Roumanie, j’irais en stop, pour traverser tous les pays, les ressentir au fond de moi, pour faire des rencontres…et puis une fois en Roumanie je travaillerais quelques semaines dans une réserve. J’avais envie d’aller en Slovénie pour rendre visite à des amies rencontrées en Irlande, ça serait l’occasion !
C’est donc parti pour les recherches sur Internet, le début de l’aventure….mais je n’arrive pas à trouver de réserves qui recherchent des bénévoles, encore moins qui ne parlent pas un mot de roumain ! J’abandonne donc l’idée, mais le projet de traverser l’Europe en stop reste bien ancré dans ma tête et ne veut pas en sortir, je ne sais pas pourquoi…pourtant je n’ai jamais fait de stop, même en France, alors se lancer dans un tel projet….Mais c’est impossible d’arrêter un rêve, et celui là est trop bien implanté, comme une adventice tenace que même la raison, puissant désherbant, ne saurait en venir à bout ! J’en parle donc à Elise, car je ne veux pas me lancer sur les routes toute seule. Et puis le voyage seule, j’adore, cela permet une liberté totale, des rencontres plus fortes, mais le voyage à deux, cela a ses avantages aussi…c’est plus rassurant, cela permet d’être moins tout le temps aux aguets, de se reposer un peu sur l’autre, et puis de partager une aventure à deux !
Elise est d’accord, elle aussi a envie d’aventures et puis la Roumanie c’est son pays de cœur….
Ne reste plus qu’à tout organiser. Entre mes dates d’examens, son boulot, mon boulot, nos recherches d’appart, on arrive à caser 5 semaines entre juin et juillet.
Le projet mûrit, on a envie d’aller dans les Balkans aussi, et puis Elise continuerait bien jusqu’en Moldavie, retourner là où elle a vécu un an, raviver les souvenirs et revoir des amis.
Mais cinq semaines c’est court, très court : il faut faire des choix…on décide de sélectionner des pays où on a envie de rester et d’autres que l’on traversera juste. Le choix se fait naturellement : la Slovénie, pour ses rivières et pour le parc national du Triglav. La Bosnie, pays mystérieux dont le nom a des consonances amères de guerre, dont on veut mieux comprendre l’histoire. Et puis la Roumanie, les Carpates …
Quelques recherches pour trouver des gens pour nous héberger, mais sans plus : on a la tente, on veut être autonome le plus possible.
Et puis voila, entre les cours, les exams, un soir, on y est, on part demain matin. Les sacs sont faits, on fait encore quelques recherches, on parle et on s’endort, demain débute l’aventure !
Lundi 8 Juin 2009 : « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas » Lao Tseu
C’est sous un ciel nuageux que notre aventure commence. Les sacs ne sont pas trop lourds, on a réduit au maximum les affaires, encore que l’on a réalisé au cours du voyage que l’on aurait encore pu réduire plus…
Derniers préparatifs juste avant le départ, on prend un bout de carton, premier parmi des centaines, Elise me conseille de prendre un pantalon imperméable, impossible de le trouver, ce n’est pas grave, je pars sans…je le regretterai bien par la suite !
Papa nous amène au premier péage sur l’autoroute, en direction de Lyon. Pas d’angoisse, pas de stress, juste de l’excitation…voilà bien longtemps que je rêve de ce voyage et nous y voilà ! Voyager à deux enlève un peu de peur, ce n’est pas plus mal pour moi, grande stressée de la vie !
Donc nous voilà à ce péage, on se demande combien de temps on va attendre avant qu’on nous prenne, c’est un peu comme si tout dépendait de ce moment là…si on met quatre heures à décoller de Clermont-Ferrand, cela remet un peu en jeu notre périple.
Mais les craintes sont infondées car à peine cinq minutes après que l’on ai commencé à tendre fièrement le pouce et quelques sourires désolés de routiers, un homme s’arrête. Il va à Lyon, c’est bon pour nous ! Ce père de famille, ingénieur en électroménager suit une formation développement durable à Paris, vit à Orléans et travaille à Lyon. Un habitué de la route, quoi ! Il s’était levé très tôt ce matin pour arriver à son boulot à Lyon en début de matinée, mais ce n’était pas son jour : il avait fermé sa voiture en laissant les clés à l’intérieur et ne pouvait donc pas partir...déjà en retard à son boulot, ayant annulé tous ses rendez-vous, il fait un petit crochet pour nous déposer sur une aire d’autoroute à 80 kilomètres de Chambéry.
On casse la croûte dans un coin d’herbe après avoir cherché partout un ouvre boite pour ouvrir notre conserve de rillettes…finalement c’est un vieux monsieur dans un camping-car qui manque se couper la main en l’ouvrant avec un couteau et une pierre….ah ben oui cette technique est assez efficace aussi…
On retourne sur la route, avec un nouveau panneau « Chambéry- Aix les Bains ». Là également une voiture s’arrête très rapidement. Un beau monsieur en uniforme s’arrête : c’est un pilote d’avion. Ouah…pilote d’avion !!! La classe !!! On discute de son boulot, de la société, de politique (un peu)…comme il dit « on refait le monde, il ne manque plus que les bières ! »
On arrive à 14h30 à Aix les Bains : on ne pensait vraiment pas arriver si tôt, on a eu une chance incroyable ! On va déposer nos sacs chez Ives et Isabelle, l’oncle et la tante d’Elise, chez qui on passera notre première nuit.
On va visiter la ville, c’est charmant, il y a un bal musette dans un parc, on y reste un moment en attendant de retrouver Anna et Antoine son amoureux…On va boire un coup, bières blanche, blonde, Monaco et bière cerise…on parle notes : et oui Anna m’apprend qu’on vient d’avoir nos résultats : c’est bon j’ai mon année !
J’ai laissé tous les dossiers de Master à mes parents pour qu’ils les envoient mais je ne suis toujours pas décidée de ce que je vais faire l’année prochaine…peut être ce voyage me portera conseil, j’en doute, moi et mon avenir c’est quelque chose de très flou dont je n’aime pas trop penser !
Petite virée rapide au bord du lac du Bourget puis Anna nous ramène chez l’oncle et la tante d’Elise. C’est peut être la dernière fois que je la vois, Anna, l’année prochaine on va tous être éparpillés au quatre coins de la France et on ne se reverra sûrement pas très souvent…c’est dommage, on s’entendait tous bien dans cette promo, mais le changement c’est bien aussi !
Isabelle nous prépare une bonne soupe, on fait un tour sur Internet pour choisir nos futurs hôtes … « Ah oui, lui il est mignon… », « Ah non il est trop jeune », « Lui il fait peur et puis il est vieux en plus », « Ouais mais là y’a plus personne alors tampis on tente ! » Ah Ah, durs choix ! Surtout qu’on ne sait jamais trop quoi dire aux gens pour les dates : le stop, c’est imprévisible, mais comme on a la tente on ne se stresse pas trop !
Isabelle veut regarder « Autant en emporte le vent » à la télé. Fidèle au livre, le film est incroyablement long et assez « boring », nos yeux se ferment, on finit par aller se coucher.
Mardi 9 Juin 2009 : petit aperçu de la Suisse
Douche, visite de l’immense jardin d’Yves et Isabelle, on voulait partir tôt mais on s’éternise un peu…ce sera comme ça pendant tout le voyage, on met le réveil tôt mais on ne part que trois heures après, le temps de prendre un dernier café, de dire au revoir…
Isabelle nous amène au péage pour aller en direction de Bern. Dernières recommandations :
« Faites attention, hein, et si jamais vous avez besoin d’argent, vous demander, tenez, voilà de quoi vous payer un café … » et elle nous tend un billet de 20 euros !
Au début du péage, avec notre panneau « Annecy Genève ». Après même pas cinq minutes d’attente, un jeune routier s’arrête. Il est marrant, téléphone à son pote « Et devine quoi, j’ai deux autostoppeuses ! Ben ouais qu’est ce que tu veux, c’est ça la chance, je sais pas comment tu te débrouilles…attends tu me crois pas ? J’vais les prendre en photos » « Ca vous dérange pas les filles si j’vous prend en photo ? Sinon il me croira pas ! »
Il sort son portable, nous prend, retéléphone, regarde sa carte, fait des grands écarts vers le fossé, reprend le volant à la dernière seconde…youhou c’est la fête!
Il nous dépose à la sortie de l’autoroute, vers Annecy. On est prise par une dame en minibus qui nous approche de Genève. Elle est gentille mais nous dépose dans un carrefour pas possible, super dangereux : il y a des routes qui se croisent de partout, les voitures roulent hyper vite et il n’y a pas de bas coté pour s’arrêter…super, on a peur de créer un accident, et puis les gens ne s’arrêteront jamais !!!
Mais le voyage nous apprendra qu’il ne faut jamais dire jamais et que c’est toujours au moment où l’on commence à se décourager que tout s’arrange. En fait on attend juste une demi heure mais comparé aux cinq minutes auxquelles on s’était habitué on trouve ça super long ! Par la suite on apprendra à être plus patientes…
Bref, heureusement, Juliette, dans sa petite voiture automatique, voyageuse dans l’âme, prend le risque de s’arrêter et nous dépose à Genève, en faisant même un détour pour nous amener vers la bonne route. Hey, nous voilà en Suisse, déjà !!!!
Pause casse croûte vers le Lac Léman, il fait beau, Elise donne à manger aux pigeons.
Sur la route, en direction de Lausanne. Personne ne s’arrête, les voitures tracent, certaines personnes nous font un petit sourire ironique….pff…aucune pitié vraiment !!! Y’a des fois on a vraiment l’impression de faire l’animation du quartier…au moins on sert à quelque chose !
Au bout d’un moment un gars s’arrête, il nous dit qu’il peut nous amener quelques mètres plus loin, où les voitures s’arrêteront plus facilement. On grimpe dans sa belle voiture, vitres tintées, il bosse à l’ONU. On aura vraiment été prises par tous les types de personnes !
Il avait raison…à peine le pouce tendu dans ce nouvel endroit un camion s’arrête. Memet, turque, qui transporte des kebabs (le gros cliché…) peut nous déposer à Bern. On parle mi-allemand, mi-français, il est sympa, on file à travers la Suisse sous un beau soleil, les Alpes sur la droite, le lac Léman sur la gauche, tellement grand qu’on croirait la mer. La musique dans le camion, je me sens vivante, heureuse d’être là, dans ce camion, à ce moment précis….Memet insiste pour nous offrir des glaces et des boissons sur une aire d’autoroute, on est un peu gênées par sa gentillesse. A la suite du voyage on nous aura tellement donné et offert que l’on ne sera plus du tout gênées !!
On arrive à Bern, on fait la sieste dans un parc, j’écris dans mon carnet. Elise se moque un peu de moi mais au final à la fin du voyage elle sera autant à fond que moi pour rédiger chaque soir notre journée dans mon petit carnet et faire des commentaires. Moi ça me rappelle mes voyages Zellidja, c’est une habitude que j’ai prise, d’écrire mes voyages.
On appelle Myriam et Steph, nos hôtes de ce soir, on les rejoint dans une heure, en attendant courses, échange de monnaie et balade dans Bern. La capitale de la Suisse, où les voitures anticipent lorsqu’un piéton ou un cycliste veulent traverser une rue. Je n’ai jamais vu ça, comme les automobilistes sont polis et partagent la voie avec les autres usagers.
On prépare le repas avec Steph, on mange sur le balcon. C’est un couple adorable, très ouvert, on se sent tout de suit très à l’aise. Ils ont beaucoup voyagé, on passe la soirée à partager nos expériences, nos aventures. Steph philosophe « dans un voyage, l’essentiel, c’est d’être conscient du danger, il en est ainsi diminué de moitié »
Et oui, on en est conscientes, ce qu’on entreprend est un peu risqué mais justement, on anticipe le danger, alors rien ne devrait nous arriver ! Croisons les doigts !
Mercredi 10 Juin 2009: Salzburg….yes we can!
Réveil très matinal : on a un long trajet à faire : ambitieuses, on voudrait arriver à Salzburg ce soir, soit environ 600 kilomètres. On arrive assez rapidement vers Zurich, grâce à un vieux couple, le mec sympa mais la femme un peu sèche qui n’a pas l’air d’apprécier notre compagnie. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute. De là on veut aller à Saint Gallen, vers la frontière autrichienne. Saint Gallen…ah on s’en souviendra ! Ca a l’air d’être la destination où personne ne va ! Un endroit écrit sur une carte mais où personne n’habite, où personne ne se rend… Saint Gallen, le Saint Graal de deux jeunes voyageuses, un endroit qu’on espère, auquel on aspire, mais dont on ne sait vraiment si on y arrivera un jour…
C’est notre première petite galère de voyage.
On attend environ une heure, personne ne nous prend, d’un coté très peu de personnes s’arrêtent sur cette aire…on désespère un peu quand arrive un camion. Moises a pitié, il ne peut pas nous amener à Saint Gallen car il doit bosser mais il peut nous amener vers l’aéroport, il pense que de là on aura plus de chance. Bon de toute façon ça ne peut pas être pire qu’ici …On partage un bout de pain, du jambon, Moises repart et nous laisse vers cet aéroport. Franchement, c’est pas mieux…les minutes passent, personne ne semble aller jusqu’à Saint Gallen et puis c’est un peu dangereux ici, les voitures roulent vite, on peut provoquer un accident en distrayant les conducteurs…Au bout d’une heure on est toujours plantées là, il faut chaud. Moises revient, il voulait vérifier que l’on était bien parties…eh ben non…
En fait apparemment il y a un accident en plus sur l’autoroute qui mène à Saint Gallen, des gros bouchons…on n’est pas arrivées à Salzburg !!!!!!!!
Moises nous offre à boire et nous propose de nous amener encore un peu plus loin, il n’a pas trop le temps mais contourne le bouchon par des petites routes et nous dépose sur une aire, en nous souhaitant bonne chance. Et recommence l’attente, interminable…peut être que quand Moises aura finit son boulot, ce soir, il nous retrouvera encore ici, complètement déshydratées !
On nous avait prévenu, la Suisse en stop, c’est un bourbier…ouais ben on voit ça !! Pour l’instant à chaque fois c’est plus d’une heure d’attente pour 15 minutes de route, et encore grâce à Moises ! On est de moins en moins motivées, on tend notre pancarte nonchalamment, à moitié assises…on chante pour s’occuper.
On va voir les voitures, les camions, on les aborde, pour leur demander si ils y vont, eux, dans ce foutu Saint Gallen !
Au moment où on se demande vraiment si notre aventure ne va pas se terminer là, en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière autrichienne, un mec s’arrête : danseur professionnel (de salsa en plus !!), il a un entraînement ce soir à Saint Gallen ! YAHOU !!!!! Comme quoi ce n’est pas une ville fantôme !!!!
La musique à fond dans la voiture : Amy Macdonald, This is the life. Ben ouais c’est ça la vie, c’est ça les voyages : les galères, et ensuite l’explosion de bonheur quand on sort enfin de ce pétrin ! Je me sens revivre, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, d’embrasser ce gars qui nous amène à Saint Gallen que nous essayons d’atteindre depuis plus de quatre heures ! Les paroles de la musique semblent écrites pour nous « Where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight?”
Ben on n’en sait rien où on va dormir ce soir et je m’en fous! Ca m’étonne même…moi qui aime généralement que tout soit prévu, planifié, là je m’en fiche, on dormira là où on pourra, on verra bien ! Sûrement pas à Salzburg, quoique l’espoir fait vivre…
A Saint Gallen, enfin. On refait une pancarte : Österreich, rien que ça !! Deux femmes, une serbe, une croate, s’arrêtent très vite. Elles parlent allemand, c’est dur de s’y remettre. Il ne reste plus grand-chose de nos sept ans d’allemand, déjà qu’à l’époque le niveau n’était pas bien haut…mais peu à peu les mots nous reviennent, on arrive à bredouiller quelques phrases. Mais pourquoi est ce qu’on apprend des trucs débiles au collège, genre « Wo ist Strubbel, das Meerschweinchen ? Er ist hier, in garden ! » Enfin bon le genre de phrase qu’on ne ressortira jamais de notre vie…
Enfin elles sont gentilles comme tout, on traverse des villages, des pâtures, Bodensee à notre gauche…et on arrive en Autriche ! Il est 16 heures : plus de huit heures pour traverser la Suisse….
Sonja et son amie nous déposent à la frontière, nous couvrent de baiser, nous disent de repasser au retour (Nein, wir konnen nicht, schade, zuruck mit bus…ouais bon on se débrouille comme on peut !!), elles nous disent de bien faire attention à nous, et nous donnent chacune 20 francs suisses, soit l’équivalent de 30 euros !! De vraies mères, elles nous expliquent qu’elles ont des enfants, donc ça les inquiètes un peu de nous laisser partir…
Ah, la frontière autrichienne, on l’a rêvé, espéré, on y est ! Enfin ! Les dernières rencontres nous ont reboosté. Pause chocolat (bah ouais, c’est de la région quand même), remplir les bouteilles d’eau, toilettes dans un bar…and let’s go !
On revoit à la baisse notre objectif de ce soir : Salzburg c’est impossible, on se rabat sur Innsbruck, qui est quand même assez loin. On décide d’avancer de villages en villages, il y a bien une autoroute directement pour Innsbruck mais on a l’impression que les gens n’y vont pas…du moins personne ne s’arrête. On prend plusieurs voitures qui nous avancent à chaque fois de quelques kilomètres, jusqu’à la prochaine ville…on va de l’homme d’affaire, au jeune étudiant, à la mère qui nous parle sans arrêt de sa fille qui est chanteuse, à Tania, qui va rejoindre son copain en Italie.
Tania nous avance bien, puis nous dépose à un péage d’autoroute, elle prend une autre direction. On est crevées, il est tard, il y a une petite étendue d’herbe à coté du péage où notre tente se plairait bien, il y a des WC, c’est parfait…on décide donc de passer la nuit ici, à coté de l’autoroute, notre petite tente dominée par les montagnes, on est pas mal, juste un peu à la vue de tous les gens, qui doivent penser que c’est un endroit assez bizarre pour bivouaquer…
On continuera sur Innsbruck demain.
Jeudi 11 Juin 2009 : Ville romantique, ville d’artiste, Salzburg !
Réveil matinal sous un ciel brumeux et une petite pluie fine. Il a fait froid, je n’ai pas très bien dormi malgré mes pulls et mes chaussettes de laine…
On plie la tente, et c’est parti mon kiki ! Une voiture s’arrête vite fait, elle peut nous amener à Innsbruck et en discutant un peu on se rend compte qu’elle passe même par Salzburg, comme elle va à Vienne ! La chance nous sourit, surtout qu’avec ce temps ce n’est pas très agréable d’attendre des heures sur le bord de la route…
Grosse sieste, on se laisse bercer par le mouvement de la voiture.
De nouveau sur une aire d’autoroute, à quelques kilomètres de Salzburg. La petite bruine de ce matin s’est transformée en grosse pluie, on se réfugie dans la station service en attendant une accalmie. Mais le temps ne se décidant pas à changer, on se motive quand même pour essayer le stop. En mois de cinq minutes je suis trempée, je regrette mon pantalon K-way, mes chaussures ne sont pas du tout étanches et mon imperméable n’est pas très étanche lui non plus. Super….C’est trop bête de rester coincées là, à quelques kilomètres de notre objectif…Notre panneau « Salzburg….yes you can !! » est en piteux état.
On arrive dans le centre de Salzburg avec un gentil monsieur qui a fait un détour. C’est beau, la ville est traversée par la Salzach, dominée par la forteresse et les montagnes. Ville d’artiste, où Mozart est né. Beaucoup de touristes mais pas de voitures : on se déplace à pied ou à vélo, trop bien !
On rencontre Pamina, une amie d’Elise qu’elle avait rencontrée en Moldavie. Elle nous fait visiter Salzburg à vélo, on monte à la forteresse, puis on va manger dans un petit resto thaïlandais. Le temps est lunatique : averses, soleil, averses, ce qui nous permettra de voir un magnifique arc en soleil tandis que le soleil se couche et illumine la forteresse. C’est beau !
PHOTO 1
On accompagne Pamina à son entraînement de gym, puis son père nous guide dans Salzburg, ville dont il est follement amoureux. Il nous raconte l’histoire de cette ville, qui a fait richesse sur le commerce du sel, l’histoire de chaque statue, de chaque bâtiment…
C’est une famille d’artiste dans une ville d’artiste : Pamina danse, peint, fait de l’acrobatie ; son père est acteur et chanteur d’opéra…
Originaires de Pologne, il nous prouve les similarités entre cette langue et le français… Enfin disons que certains mots sont communs mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Meilleur exemple, Baisemoncu, qui veut dire farine en polonais. Toujours bon à savoir !
Vendredi 12 Juin 2009 : On veut garder nos reins !
Petit déjeuner gargantuesque préparé par le papa de Pamina : œufs, pain, fromage, confiture…et en cadeau, pour chacune, une petite boussole. Pour pas que l’on se perde, c’est gentil…encore faut il savoir s’en servir, ce qui n’est pas mon cas. Elise s’amusera à la sortir pendant tout le voyage, pour repérer le chemin vers la Moldavie…
Il nous dépose sur une aire d’autoroute en direction de Villach, vers la frontière slovène. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’arrêtent sur cette aire alors on décide de remonter un peu sur l’autoroute pour que les gens nous voient et s’arrêtent. On est vite repérées par des policiers, qui nous font signe de les rejoindre sur l’aire…on retient un fou rire en s’avançant, ils contrôlent nos passeports, nous parlent allemand « Es ist verboten !!!! », on fait style qu’on ne comprend pas, on leur fait des yeux tout innocents…Ils nous rendent nos passeports, après encore un peu de morale. Oui bon ok ce n’était vraiment pas très prudent mais on ne va pas rester sur cette aire toute la journée ! Ils repartent, ils auraient au moins pu nous amener plus loin à un meilleur endroit!!
Enfin bref, du coup on va demander directement aux gens sur l’aire, si on les prend à parti, il y a plus de chance qu’ils nous prenne…
Un couple de petit vieux a pitié. Ils nous parlent allemand, on essaye de leur expliquer où on veut aller (non, on ne veut pas aller dans le centre de Villach, juste à coté, en direction de la Slovénie), ils ne comprennent rien, on ne comprend rien, c’est un peu un dialogue de sourd mais c’est marrant ! Ils nous déposent sur une petite route aux alentours de Villach, en nous tendant un billet de 20 euros ! Non mais on doit vraiment faire pitié…pour l’instant on a plus de recettes que de dépenses, c’est hallucinant !
Il fait beau, on attend un bon moment au bord de la route mais ce n’est pas désagréable, on discute, il y a des fleurs, des papillons, les gens nous font des petits signes…
David, jeune slovène, nous embarque dans sa petite voiture. On parle de politique, d’économie, apparemment les prix en Slovénie ont également bien augmenté depuis le passage à l’euros…il nous raconte des histoires assez glauques, nous déconseille d’aller en Italie : là bas, selon lui, c’est monnaie courante que l’on kidnappe les enfants ou que l’on s’attaque aux routiers pendant leur sieste pour leur prendre leurs reins (« You wake up, you feel sick, you go to the doctor and he tells you that something is missing… ») Ah ben ouais c’est flippant mais ça ne se passe sûrement pas qu’en Italie ! On apprendra par la suite que les relations en la Slovénie et l’Italie sont assez tendues, ce qui explique ces paroles…
Enfin il continue « ben ouais, moi je pourrais être n’importe qui, vous ne savez pas, je pourrez tirez un bon prix de vos reins… » Ouais, so funny, il est sympa mais c’est pas hyper drôle ce genre de discussion, on sait que il y a un risque a faire du stop, pas la peine de nous le répéter…
On grimpe tout en haut d’une montagne, sa voiture peine, on redescend et nous voilà en Slovénie ! David nous amène jusqu’à Bled, nous laisse son numéro pour qu’on se voit ce soir…mouais…on en a pas follement envie…si c’est pour qu’il nous dise qu’il pourrait nous vendre à la mafia italienne ou autre…
Bled est un petit village autour d’un charmant lac à l’eau bleue pure, avec une petite île au milieu sur laquelle est implantée une église. Paysage de carte postale…
PHOTO 2
On va cacher la tente dans la foret, on allége nos sacs et on part se balader autour du lac. On s’allonge dans l’herbe, un peu de repos, ça fait du bien ! Le soleil joue avec les nuages, des gens font de la barque, les canards se disputent, de la musique vient chatouiller mes oreilles…que c’est bon d’être en vacances !!!
Concours de Sudoku, puis petit tour en ville. On tombe sur un charmant marché aux touristes, on papote avec les vendeurs. Internet café, puis il est l’heure de rentrer. On se presse un peu, la nuit tombe rapidement et il pleuviote. Le retrouvailles avec la tente sont laborieuses : on n’avait pas pris de repères, a part « bon alors y’a trois arbres disposés en triangle, un qui fait une fourche, et puis là y’a un bout de ferraille rouge… »
La galère, avec ma petite lampe de poche, pour fouiller toute la foret pour essayer de trouver ce bout de ferraille ! Heureusement, les lucioles dansaient dans le bois, lui donnant un aspect magique. Je n’avais jamais vu autant de lucioles de ma vie !!!
Elise vous dira que j’avais les pétoches…non, pas vraiment, mais je m’en voulais de pas avoir plus repéré les lieux…une forêt, c’est grand, et les arbres se ressemblent tous en fait !!! On s’en souviendra…
Samedi 13 Juin 2009 : Objectif lac
Au bord du lac Jézéro (sur 20), à Bohinj, un peu au Sud de Bled.
On savoure le soleil, la beauté du lac…on a mis tellement de temps à le trouver ce lac !! Après avoir caché nos affaires dans les broussailles on est parties sur des sentiers de rando pour aller au lac, à une dizaine de kilomètres. Il aura fallu cinq grand-mères, trois paysans, une adolescente, deux anglais de Manchester et un couple de slovène plus tard pour le trouver. On aura gagné un jus d’orange dans nos détours offert par une petite vieille, perdu quelques grammes, jouis de beaux paysages montagneux parsemés de chalets en bois…pas de regrets !
On apprendra par la suite que « Jezero » veut dire lac en slovène, ce qui explique les regards bizarres des gens quand on leur demandait le chemin pour aller au lac Jezero…
PHOTO 3
L’eau du lac est froide, mais Elise ne résiste pas à la tentation de faire une baignade éclair. Quand à moi je me lave juste les cheveux, en essayant de ne pas me mouiller le reste du corps, j’ai gardé mes vêtements, j’opère avec les bols en plastiques dans lesquels on se fait des bonnes salades de tomates-maïs …vous imaginez la scène ! On lave nos vêtements, j’ai encore l’impression qu’on fait l’animation pour les touristes…Glace, concours de sudoku acharné (j’ai gagné !!! winner, winner !!!), repos, puis on prend le chemin du retour. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long…on raconte des histoires, moi la sorcière du placard au balais que je connais par cœur pour l’avoir si souvent entendue et si souvent racontée aux enfants ; Elise elle invente l’histoire de Smouffy l’écureuil à qui il manque une oreille et ses péripéties pour trouver le grand sage écureuil qui aura la réponse à ses questions…
On retrouve la tente cachée dans les broussailles sans difficulté et la plantons là, dans un petit espace herbeux à coté de la route, au bord d’une rivière, l’endroit parfait !
Dimanche 14 Juin 2009 : Les slovènes, un peuple en voie de disparition !
Démontage de la tente que l’on cache au même endroit qu’hier, toilette rapide dans la rivière (elle est froide !) et nous partons en balade. Il fait un soleil éclatant, le ciel est bleu, sans un nuage. Les fleurs dans la prairie sont comme milles tâches de couleur que les papillons butinent, les vaches paissent tranquillement, les paysans font les foins, ça sent bon l’herbe fraîchement coupée. Je voudrais habiter à la montagne plus tard…
On traverse quelques villages avec leurs charmantes petites églises, on suit des sentiers un peu au hasard après moult discussions concernant le chemin à prendre. Rien n’est indiqué, c’est au feeling, et on n’a décidément pas le même sens de l’orientation ! On coupe à travers champs, demandons notre chemin. Les foins sont mis à sécher sur des espèces d’échelles en bois.
Pause à midi au bord d’une rivière, on fait de la lessive puis on repart à Bohinj récupérer la tente. Surprise en arrivant : un pécheur est juste devant, bronzant à moitié à poil sur une chaise longue, et nous on sort nos mille cinq cent sacs des fougères juste devant ses yeux…burlesque, gros fou rire !
C’est reparti, on quitte Bohinj pour Tolmin. Je râle : une voiture tous les 10 minutes, on est pas arrivées !!! Elise fait le pari qu’on nous prend dans moins d’une demi-heure. Je suis sure de gagner, je m’assois sur mon sac, me tartine de crème solaire…moins de cinq minutes plus tard, deux jeunes slovènes, drôles et beaux, qui s’arrêtent. « You looked so desesperated… » Ouais bon ok j’ai perdu mon paris!
On se marre bien, il y aurait selon eux une nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de filles slovènes sont lesbiennes, donc les pauvres mâles n’arrivent plus à trouver femelle …les slovènes, une espèce en voie de disparition ? Histoire à suivre…
On traverse les rivières Jezera et Soca, l’eau est bleue mais d’un bleu laiteux incroyable, c’est irréel, je n’ai jamais vu ça !! Nos questions quand à l’origine de cette couleur resteront sans réponse…ou du moins si mais avec des réponses si différentes que l’on ne sait toujours pas laquelle est la bonne…voilà en bref quelques explications reçues :premièrement, ce serait dû aux arbres qui bordent le lac qui se reflètent dans l’eau ( explication stupide : tous les lacs qui sont bordés d’arbres n’ont pas cette couleur…bref), deuxièmement ce serait du aux roches calcaires de la région, et troisièmement au plancton ( ouais, mais phyto ou zooplancton ???)
Déçue que ma curiosité scientifique ne trouve pas de réponses valable, on décide d’en inventer une : la Slovénie a une surpopulation de vaches (profitant des niches écologiques libérées par la diminution de l’espèce humaine pour les raisons citées plus haut) et donc elles déversent leur surplus de lait dans la rivière (ben ouais, y’a plus assez de slovènes pour en boire, et les vaches ne régulent pas encore bien leur production), ce qui explique sa couleur bleu laiteux. Hum hum…
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Campement un peu plus loin, au bord de la rivière. Repas salade-tomates-avocat, ça change de l’éternel pain-jambon-crème bonjour (genre de crème tartare que l’on trouvera partout en Europe de l’est) que l’on mange midi et soir depuis trois jours…
Concours de sudoku arrêté rapidement pour cause d’ennui profond (c’est quand même pas bien passionnant…) et d’éclairage insuffisant.
Elise dors à la belle étoile avec les lucioles, moi je préfère la tente, mon duvet n’est pas bien chaud !
Lundi 15 Juin 2009 : Pas de plage …
Voilà une semaine que notre périple a commencé : des centaines de photos, de rencontres, de sourires, des centaines de kilomètres, de villes traversées, quelques kilos en moins, quelques boutons de moustiques en plus…
J’adore le voyage, cette sensation de grande liberté, penser que l’on peut aller où on veut, avec notre maison sur le dos. On ne dépend de rien, à part de la volonté des gens, de leur gentillesse. J’ai l’impression d’être débarrassée de tout le stress, de toutes les choses qui nous conditionnent en France : la fac, le tram, les horaires…même la faim, sensation en fait dictée par notre estomac à heure fixe même sans réel besoin de nourriture, commence à disparaître. On ne mange pas grand-chose, et notre estomac s’est habitué à ce régime, on n’a pas faim, on ne pense pas à avoir faim !
On cache nos sacs dans les broussailles, on devient expert dans l’art du camouflage ! Petit déj en ville, dans un parc, où on est vite délogées par une horde de gamins surexcités. On décide de retourner vers nos sacs par des chemins détournés pour visiter Tolmin et ses environs. On se perd un peu ( étonnant) et atterrissons sur une charmante petite plage avec des statues sculptées dans du bois, une petite maisonnette, et cette eau, toujours si bleue, toujours si pure, mais si froide que l’on dirait que des milliers de couteaux nous transpercent les mollets…On longe la rivière, coupons par la forêt, traversons la rivière sur un pont, demandons mille fois notre chemin, faisons un peu d’escalade…et débarquons à Tolmin, vers là où on avait quitté après le petit déj…nous retournons à la tente par la route cette fois ci !
Nos deux mignons slovènes nous avaient vanté le très bon Kebab de Tolmin…on se fait plaisir, on veut voir si il est si bon que ça.
On repart le ventre plein en direction de la mer Adriatique, à Piran. Soleil implacable, on avance, lentement mais sûrement, de village en village (vous remarquerez l’utilisation du singulier…). Pour passer le temps on fait des sudoku en même temps que l’on fait du stop, c’est toute une technique ! On passe par un petit jeune, puis deux gars, puis un autre jeune qui nous parle de 2012, la fin du monde, des Illuminati…, puis un petit vieux et enfin un jeune rappeur peu bavard. Au fil des kilomètres on longe la Soca (ouah cette couleur, on le répétera jamais assez !!), on traverse des villages puis tandis que l’on se rapproche de la mer les montagnes et les forets de hêtres laissent la place aux pins maritime et aux roches affleurantes couleur claire. L’influence de la mer se fait sentir, en une centaine de kilomètres on a complètement changé de paysages ! La Slovénie est un tout petit pays plein de contrastes !
Le rappeur nous laisse à la gare routière de Koper. On est à une dizaine de kilomètres de Piran, on est fatiguées et pressées d’arriver à la mer, on prend un bus …on arrive au coucher de soleil, sur la mer, c’est beau, y’a pas à dire !
On rêvait d’une petite plage tranquille où on pourrait dormir à la belle étoile…mais pas de ça ici ! Ce ne sont que des digues, des rochers…problème ! Piran est touristique, on est entourées d’hôtel quatre étoiles et de casino. Il fait nuit, où va-t-on dormir ??
Après plusieurs repérages de bout de terre, ou d’herbe à peu près plats (genre dans des bosquets ou dans le parc d’un casino…) on finit pas trouver un parc. On décide de dormir à la belle étoile ici ; j’ai un peu peur qu’on se fasse emmerdées, on est à cinq mètres d’un hôtel, on a vue sur les salles de bain, on s’est déjà fait repérées ! Les gens de l’hôtel nous regardent à travers les rideaux tandis qu’on étale la couverture de survie, sortons nos sacs de couchages, et mangeons notre pain à la lueur d’un réverbère.
Néanmoins la nuit s’annonce belle, les étoiles brillent sous le ciel. La journée a été fatigante, beaucoup de soleil, d’attente, mais de nombreux fous rires !
Mardi 16 Juin 2009 : vive le couscous…
Réveil matinal, la nuit a été courte. Je n’ai dormi que d’une seule oreille, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement, me redressant au bruit d’une feuille qui tombe, au froissement de la couverture de survie, à la course d’un lapin.
On dépose les sacs dans un café et partons se balader dans Piran. Lorsqu’on quitte le centre avec ses hôtels et ses casinos, Piran est une jolie petite ville aux maisons aux façades ocre et sable. Des allures de petite Venise, c’est vraiment le sud, le linge étendu sur la terrasse, c’est joli…
On s’allonge au bord de la mer sur des rochers, il fait chaud, l’eau est bonne, mais les maillots de bain sont restés dans nos sacs, tant pis.
Un bon melon dégusté sur les digues et c’est reparti, on quitte déjà la mer, on part vers Divaca, petite ville en direction de Ljubljana où se trouvent des grottes.
Il fait lourd, c’est fatigant de faire du stop sous ce soleil ! Après trois gars un peu louches (dont un qui n’arrête pas de me toucher le nez…je réveille vite Elise qui dort au fond de la voiture et on sort assez vite) on arrive vers Divaca. On ne s’installe pas très loin de la route mais on est cachées par des taillis, on se trouve à proximité d’une forêt. Le sol est assez cabossé mais on est trop fatiguées pour chercher un autre endroit, on a juste envie de se reposer ! Les chênes nous font de l’ombrage, les fourmis et araignées nous escaladent tandis que l’on fait la sieste.
Elise dort encore, je vais me promener dans la forêt. Des papillons s’envolent à chacun de mes pas tandis que les zygènes, imperturbables, continuent de s’accoupler sur les fleurs. Les fleurs sont belles, je prend plein de photos, mon coté biologiste ressurgit !
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Pour changer un peu de l’éternel pain-fromage, on a acheté du couscous. L’eau est brûlante avec ce soleil, ça devrait faire l’affaire. Sauf que…on a très peu d’eau, on mange le couscous à peine gonflé avec une sauce au poivron, vraiment pas fameux !!
On s’endort à la belle étoile. Au milieu de la nuit le vent se lève, des éclairs illuminent le ciel, l’orage n’est pas loin. On plante la tente rapidement et nous rendormons à l’abri.
Mercredi 17 Juin 2009: du lac des cygnes au rock de Metelkova.
Les grottes de Skocjanske (nom imprononçable !) se trouvent à quelques kilomètres de là où on a passé la nuit. On fait du stop mais on n’est pas très motivées, si une voiture ne nous prend pas dans une demi heure, on n’y va pas ! Mais le sort en décide autrement, une voiture nous amène directement aux grottes. Toilette et vaisselle des bols dans les WC publiques, et c’est parti, on suit le guide avec d’autres touristes, la plupart anglais. La guide parle seulement en anglais, elle ne traduit même pas en slovène, c’est quelque chose que l’on ne verrait pas en France !
Ce site classé de l’UNESCO est impressionnant, des kilomètres de souterrain, des cascades, des stalactites et stalagmites…on ne comprend pas toutes les explications mais bon !
On repart en début d’après-midi pour Ljubljana dans un camion. Ne pouvant pas rentrer dans la capitale le camion nous dépose à quelques kilomètres du centre ville. Il nous faut marcher. Les chaussures de marche neuves d’Elise lui font des ampoules, et mon sac me lacère les épaules. On devient irascibles, c’est fou comme la fatigue, le poids d’un sac ou la chaleur peuvent changer le comportement des gens. Je ne suis pas patiente, je marche vite, on serra plus vite arrivées comme ça. Un arrêt de dix secondes pour traverser une rue m’énerve, c’est dix secondes de trop à porter ce fichu sac. Je ne parle pas, je trace. J’ai l’impression que mes jambes faiblissent, tremblent, que mes genoux travaillent trop, que ma colonne vertébrale n’apprécie pas ce que je lui fait faire. Le mental, tout est dans le mental.
Allez Elise, remet un pansement, serre les dents, on arrive !
On retrouve Nezka, rencontrée en Irlande durant mon séjour en temps qu’au pair. Cela fait deux ans que l’on ne s’était pas vu, en Irlande on n’avait jamais passé trop de temps ensemble, mais le courant passe très bien, cette fille est géniale !
Nezka… Elle a l’air d’une enfant dans sa petite chemise rose boutonnée, d’une enfant bien sage, posée, tranquille. Mais elle a de la force, du courage et de la volonté. Une grande intelligence aussi. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle partira cet été toute seule, voyager en train vers l’Europe du nord et de l’ouest. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de nous croiser.
Un petit extrait de ses pensées : « At the moment I don't want to go in a relationship yet because maybe I enjoy too much my single life but I leave all paths open. Sometimes I still get very lonely and it is then that I start to think about boys seriously or at least daydreaming which is my favourite habit:) I don't have problems with that, I learnt to make difference between dreams that are just dreams and dreams that may come true one day and are the thing for which is worth living. And isn't life all about that??:) For myself I wish to live happy life, to be myself as much as I can and find some occupation which would satisfy me.
J’aime sa façon de penser…
On dépose nos sacs dans sa chambre étudiante, avec 3 lits, on prend une bonne douche (cela faisait 6 jours que l’on en avait pas pris, on commençait à vraiment puer !!), on lave nos vêtements : ouah, ça fait du bien !
Enfin propres, rafraîchies, on part dîner puis visiter la forteresse qui domine Ljubljana. La nuit tombe, les lucioles brillent, de la musique classique est jouée dans le centre ville : elle provient d’un ballet joué en plein air. On va y faire un tour, c’est le lac des cygnes de Tchaïkovski. Les ballerines dansent superbement bien, les gens regardent, de tout âges, de tous milieux, ce spectacle plein air est une superbe idée : peu de gens auraient l’idée ou l’argent pour aller voir un ballet et là cela permet de faire partager cette culture avec tout le monde.
A la fin du spectacle on part à Mételkova, un squat en plein cœur de Ljubljana, dont certains bâtiments ont maintenant un statut légal. Centre culturel indépendant où se retrouvent plusieurs groupes et associations, où se déroulent des concerts, des événements festifs et culturels, c’est énorme, grandiose. Elise et moi ayant fréquenté un peu les squats de Clermont, on est impressionnées par celui-ci, par sa taille et son organisation.
On assiste à deux concerts, buvons quelques bières puis crevées allons nous coucher, dans un bon lit moelleux !
Jeudi 18 Juin 2009 : C’est reparti, pour Maribor
Dur réveil après cette bonne nuit ! On traînasse au lit, finissons par nous lever, on visite un peu Ljubljana. Cette ville m’enchante, il y a l’air de s’y passer plein de trucs, une ville étudiante qui bouge bien…enfin d’un coté c’est la capitale, c’est normal !
J’aimerais rester plus longtemps, Nezka est adorable, et j’en ai un peu marre de bouger tous les jours, c’est fatigant, j’ai l’impression de tout survoler…surtout en Slovénie, on a vraiment fait du stop tous les jours !…mais non c’est reparti, Blanka nous attend à Maribor ! Blanka, c’est ma petite slovène, rencontrée en Irlande elle aussi. Ma meilleur amie pendant mes premiers mois comme au pair, quand je ne parlais pas encore bien anglais. C’est elle qui a eu la patience de m’écouter alors que je ne pouvais pas aligner trois mots sans fautes, on passait tous nos week end ensemble, on est allées a Dublin, on a visité Cork en long en large et en travers pendant les longues après midi pluvieuses d’hiver…bref, elle m’a manqué, mais je me demande si le courant passera aussi bien cette fois-ci…
On prend un bus pour sortir de la ville, et nous retrouvons dans un carrefour juste avant l’autoroute pour Maribor, l’endroit pas tip top pour que les voitures s’arrêtent mais on a désormais un dicton d’auto-stoppeur « si les voitures veulent vraiment s’arrêter, elles le pourront toujours ! »
Une dame nous prend, ne parlant ni anglais ni allemand. On ne parle pas, mais des fois ça fait du bien de ne pas être obligées de faire la conversation…conversation d’ailleurs assez souvent superflu avec les gens qui nous prennent en stop, entre autre à cause de la barrière de la langue. On en a un peu marre de répéter tout le temps la même chose : on est étudiantes, moi en biologie, Elise va reprendre les études en septembre pour apprendre le français aux étrangers, on va jusqu’en Moldavie, 5 semaines, on habite à Clermont Ferrand, non, pas Paris, Clermont c’est plus au sud de Paris, juste in the middle of France, les pneus Michelin, vous connaissez ??
On a pensé à s’inventer une nouvelle vie, mais en fait on ne l’a jamais fait, peut être car on se dit que les gens qui nous prennent en stop ont le droit de savoir qui on est…encore que l’on trouve que juste parler de nos études c’est vachement réducteur pour connaître une personne…
Bref, la dame nous dépose directement à la gare de Maribor où l’on retrouve Blanka et son copain Marko. On va manger dans un resto mexicain puis manger une glace énorme !! Comme d’habitude je m’en mets partout et suis obligée d’aller me laver dans un bassin. Un jour, peut être, j’arriverais à manger une glace correctement…
On grimpe au sommet d’une colline pour avoir une vue d’ensemble de Maribor, on est devenues accro des points de vue avec Elise !
On rentre, discutons sur le balcon de choses et d’autres, de la Slovénie, des études, des voyages…
Vendredi 19 Juin 2009 : Une ville médiévale, des bières, une fiente de pigeon…mais pas de danse !
Petite grasse mat’, gros petit déj’, puis promenade dans Maribor et à la station de ski la plus proche où se déroule en ce moment même la coupe du monde de Mountain bike ! On assiste à l’entraînement, il fait une chaleur à mourir, on ne s’attarde pas trop.
On part dans l’après midi vers Ptuj. Aux revoirs à Blanka mais au final on a un peu hâte de partir…Blanka fait des études de médecine qui lui prennent beaucoup de temps et on sentait que le temps qu’elle passait avec nous était du temps en moins pour réviser et que ça la stressait un peu. Et puis la situation n’étant pas la même qu’en Irlande et ayant changées toutes les deux on avait moins de choses à se dire. Néanmoins j’étais bien contente de la revoir !
Ptuj est une petite ville médiévale plein de charme, des ruelles pavées, des maisons anciennes aux façades colorées, des parcs, la rivière, un château qui domine le tout. Le soir on assiste à un spectacle de jonglage et de musique orientale à la terrasse d’un bar. Je me fais chié dessus par un pigeon. Super, comme si j’avais des tonnes de fringues pour me changer…
On boit quelques bières, on a envie de danser, de discuter avec les jeunes du bar qui ont l’air bien sympa, mais on n’ose pas, on préférerait que ce soient eux qui viennent vers nous, mais faut pas rêver…comme personne ne danse on reste assises nous aussi, c’est un peu dommage.
Il est tard, on va récupérer la tente laissée dans des buissons dans le parc d’un monastère, parc où on avait prévu de passer la nuit. Mais il s’avère que ce parc est le lieu de rendez vous de tous les jeunes de la ville pour boire et fumer la nuit. Après avoir avalé rapidement un bout de pain à la lueur d’un réverbère, on part à la recherche d’un autre endroit où dormir.
Ce n’est pas facile, c’est soit trop visible, soit trop pentu… Elise planterait bien la tente n’importe où, dans des parcs à la vue de tous le monde, vers des lotissements, moi j’insiste pour que l’on se cache un peu plus. On finit par trouver une étendue d’herbe avec des arbres assez gros pour se cacher derrière et montons la tente à la lueur de ma petite lampe frontale.
Samedi 20 Juin 2009: bouillottes improvisées en Croatie
Réveil sous la pluie. La température a bien chuté, le moral aussi. On est déjà trempées à peine la tente pliée. Elise qui n’a que des grosses chaussures de marche et des sandales en cuir cassées, qu’elle s’est (enfin) décidée à jeter, voudrait trouver une autre paire de sandales. Shopping donc, elle finit par trouver des tongs en plastique, qu’elle ne mettra au final pas souvent car elles lui arrachent la peau des pieds !
Le stop sous la pluie….c’est jamais très agréable, mais là en plus on veut traverser la frontière avec la Croatie, et les frontières c’est toujours pénible à traverser !
On est trempées, gelées, on grelotte, personne ne s’arrête, d’un coté on dégouline tellement que je comprends que les gens soient réticents à nous voir grimper dans leur voiture !
J’ai perdu la housse étanche de mon sac, j’en fabrique une avec un sac poubelle, j’aimerai bien pouvoir m’enrober moi aussi dans des sacs poubelles !
Une dame nous amène à quelques kilomètres plus loin, à un rond point, on attend encore longtemps, puis deux jeunes nous font passer la frontière ! Nous voilà en Croatie mais on a tellement froid que l’on ne se réjouit même pas. Ils nous laissent juste après la douane, nous nous allons à Zagreb mais eux partent dans une autre direction…snif !
Ils nous offrent un parapluie, au moins on pourra se protéger un peu. C’est gentil….
Bon il y a des centaines de voitures qui passent par là, la plupart doivent aller jusqu’à Zagreb, on se dit que dans cinq minutes on sera au chaud dans une voiture ! Tu parles…les gens partent en vacances, les voitures sont blindées, personne ne s’arrête.
Attente interminable, je ne sens plus mes pieds, on ressemble à de vieilles serpillières dégoulinantes, notre carton « Zagreb » tombe en loque, se déchire…on est pathétiques ! Allez les gens, ayez pitié ! Merde ! Il y a des toilettes à la douane, on remplit nos bouteilles d’eau chaudes pour se faire des bouillottes, petit réconfort…
Mais malgré le froid et le découragement je ne donnerais ma place pour rien au monde, je ne voudrais être nulle part ailleurs. C’est ça que j’aime dans les voyages : on a faim, on a froid, on est malades, mais au moins on se sent libres, vivantes, et puis les galères c’est éphémère, et quel bonheur une fois que l’on s’en sort ! Car comme d’habitude on finit par tomber sur un ange gardien, Tina, qui téléphone même à nos hôtes de Zagreb et arrange un rendez vous. C’est ainsi que l’on retrouve Maya et son copain Zoran, qui nous conduisent chez eux, et nous laissent l’appart pour l’après-midi, eux ressortent. Douche chaude !!!!!!!
Maya est une fille pleine de vie, qui ne se sent chez elle nulle part. D’origine serbe elle ne se sent pas serbe pour autant, encore moins croate, elle déteste Zagreb, rêve d’autres horizons. Elle critique avec beaucoup d’humour la musique folk d’ex-Yougoslavie, où les jeunes dansent en boite les bras levés comme si ils étendaient du linge…ben moi j’aime bien cette musique !
Maya et Zoran nous font découvrir Zagreb by night, on va boire des bières dans un bar, Johnny Cash en fond. L’attente sous la pluie de cette après midi est totalement oublié, mes pieds sont au sec, je les ai enrobé de sacs plastiques.
Dimanche 21 Juin 2009 : Une fête de la musique…déconcertante
Bien dormi ! Zoran nous prépare un bon petit déjeuner, œufs, fromage, tomates, pain. On s’habitue aux petits déj salés, en fait c’est carrément bon !
Comme Maya part cette après midi en Allemagne elle ne peut pas nous héberger ce soir, on va donc chez un autre contact, Igor. Il part bosser mais nous laisse les clés de son appart, on y dépose nos sacs. C’est super gentil et juste ce que l’on voulait. Certains hôtes veulent des fois absolument tout faire avec nous, nous faire visiter, nous offrir à boire, et c’est parfois assez pesant. Aujourd’hui, on a juste envie de se balader tranquillement dans Zagreb et donc cette solution est parfaite !
On a envie de profiter de Zagreb, de passer une bonne soirée, peut être y a-t-il même des concerts, après tout c’est la fête de la musique en France ! Mais on déchante vite. On est dimanche, tout est fermé. On a presque plus d’argent croate, toutes les banques sont fermées, les magasins aussi. Il fait gris, il pleuviote, on tourne en rond dans la ville, on n’a pas d’argent pour manger, pour boire un café. Le moral n’est pas bien haut…notre plus longue rencontre avec un croate est de 3 minutes chrono, il nous demande si on « enjoy Zagreb ». Bof bof…
Enfin c’est ça aussi les voyages : des hauts, des bas, la fatigue, des coups de blues…toute l’énergie dépensée en Slovénie, à être à mille à l’heure tout le temps se fait sentir, on se sent épuisées, vidées. Mais je voudrais quand même danser, faire la fête, que cette journée vide se termine bien…mais il n’y a vraiment pas un chat dans cette ville, à part quelques touristes qui prennent en photo l’église dont nous squattons les marches, affalées. On chante sur le parvis de l’église, on fait notre propre fête de la musique, peut être nos voix séduiront un gentil croate…même pas ! Snif !
On erre dans Zagreb pour trouver un resto qui accepte les euros, on finit par aller dans un resto chinois. Nouilles et riz, cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Il y a un feu d’artifices ce soir, assez tard, Elise serait relativement motivée pour y aller, moi je suis claquée, j’en ai marre…On décide de rentrer, un peu dépitées par cette journée.
Lundi 22 Juin 2009: il pleut, il pleut, bergère…
Le ciel est nuageux mais il ne pleut pas encore, on part rapidement, Igor dort encore. On s’en va comme des voleuses, en lui laissant les clés et un petit mot de remerciement.
Pas facile de sortir des grandes villes ! On prend le tram sur quelques arrêts, on marche un peu et on se retrouve à la sortie d’un rond-point, sur une trois voies : ce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour faire du stop mais on ne voit pas trop où on pourrait aller !! Ne reste plus qu’à espérer qu’on ne provoque pas un accident !
Une voiture de police s’arrête à notre hauteur, contrôle des passeports…un rapide coup d’œil, quelques questions puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Bizarre…ms au moins on a maintenant la certitude que les voitures peuvent s’arrêter si elles le veulent !!
Nos pronostiques en stop ne sont absolument jamais vérifiés : dans les endroits où les voitures peuvent s’arrêter facilement et où on pense que l’on va attendre 10 minutes maxi on peut parfois attendre des heures, et inversement quand on se retrouve dans des endroits pas possibles on attend parfois pas tant que ça…une voiture nous prend donc assez rapidement, c’est un jeune couple qui nous avaient vus mais n’avaient pas eu le temps de s’arrêter et qui ont donc fait demi tour exprès !
La femme a apparemment fait beaucoup de stop dans sa jeunesse. Elle sait ce que c’est…
Ils nous déposent à Karlovac, il pleut maintenant franchement.
On arrive à Slunj avec un vieux monsieur qui parle fort, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots respectifs d’allemand.
La région de Karlovac était en première ligne pendant la guerre, les maisons ont gardé les traces des impacts des balles et les champs sont minés. A partir de ce monsieur, toutes les personnes que l’on croisera nous parleront de la guerre, cette putain de guerre qui est encore si présente, physiquement et moralement. On en prend un coup, on rentre dans la réalité. Le fait que l’on ne comprenne pas grand-chose à part « Krieg, War, Mines, Tot » rend ses mots encore plus fort. Lui était un ancien soldat, il sait de quoi il parle…
Comme on lui a expliqué qu’on voulait aller a Plitvice, endroit incontournable en Croatie, une succession de lacs et de cascades, mais qu’on était pas sures de faire la visite par cause de mauvais temps, il nous amène voir les cascades de Slunj, en répétant « Little Plitvice, little Plitvice ». Bon c’est vrai que c’est joli, ces little Plitvice !
On se balade dans Slunj, pic nique sous le toit d’un gymnase (il pleut toujours…), on longe une rivière en compagnie d’un petit chiot très affectif, qui nous suit partout. On le baptisera Slunj (original). On grimpe vers les ruines d’un château, château où Napoléon passait ses vacances ! Mais on n’est pas très rassurées, on s’est mis en tête qu’il y a avait des mines partout alors on ne préfère pas s’éloigner trop des sentiers !
Après un bon chocolat chaud dans le bar où on avait laissé nos affaires, on se motive, allez, c’est reparti, sous la pluie, oui, il faut y aller, courage, ouh c’est dur, allez, hop ça y est, on est dehors, ah, il fait froid !!!
Sous le regard amusé de l’épicier du coin on attend sous une petite pluie fine en dansant et en exécutant des pas de danse pour se réchauffer. Alors que j’étais en plein dans une Mazurka une voiture rouge s’arrêtent et en sortent deux hommes, la cinquantaine, barbus, genre sortant de la campagne. Je ne suis pas très rassurée, ils ont l’air un peu louches, il n’y a pas de porte à l’arrière et le fait qu’ils sortent une tronçonneuse de la voiture pour la mettre dans le coffre ne me met pas plus en confiance ! « Fur arbeit, fur arbeit », nous assurent-ils devant nos airs effrayés. Bon allez courage, on monte dans la voiture, il ne va rien nous arriver, on ne se fera pas couper en petit morceau !
Et oui on arrive vivantes et entières au parc de Plitvice, refusant l’invitation à dormir chez un des gars : non non, on préfère dormir dehors sous la tente, oui, même si il fait sacrement froid et qu’il pleut !!
Il est déjà 19 heures, la nuit tombe tôt aussi, on va dans la forêt, débroussaillons le terrain autant que possible à l’opinel et plantons la tente. La nuit va être froide, mes pieds sont déjà gelés, pourtant je les avait bien enrobés de sacs plastiques ce matin pour les préserver de l’humidité mais ça ne fait pas tout !
Elise essaye d’aller récupérer du carton pour dormir aux petits vendeurs à l’entrée du parc, sans succès.
On passe la soirée à écouter de la musique et la pluie tambouriner sur la toile de la tente.
Mardi 23 Juin 2009 : La guerre….
On le répétera jamais assez : la pluie, ça mouille…
Et comme il pleut et qu’on ne veut pas être mouillées, on feignasse sous la tente une bonne partie de la matinée. On abandonne l’idée de visiter les chutes de Plitvice, sous la pluie ça ne vaut pas vraiment le coup ! Du coup, direction Bosnie directement !
Au bord de la route, le pouce tendu, on regarde les touristes défiler dans leur K-way colorés, décidés malgré la pluie à visiter le site. Pour se donner du courage on mange de la tapenade qu’Elise transporte depuis la France, avec le pain tout ramolli par la pluie. Miam, les olives ça me fait penser au sud, au soleil…au soleil…allez le soleil, quoi ! Mais le soleil ! Enfin ! Revient quoi !! Soleiiillllllll !!!
Elise essaye de m’apprendre comment courir sur un mur, je lui apprends la chanson « Dans sa maison un grand cerf ». Ah, l’échange de savoir et de culture en voyage !!
Alors qu’on commence à en avoir marre d’attendre et qu’on se dit qu’on serait aussi vite à la frontière à pied, une voiture s’arrête. C’est un instit de Slunj, très gentil. Lui aussi nous parle beaucoup de la guerre…
On apprend que la frontière est à plus de trente kilomètres. Ah…ben à pied on était pas près d’arriver alors ! Il nous amène à une dizaine de kilomètres et l’attente recommence, toujours avec notre tapenade, mais le pot se vide dangereusement !
Un ancien militaire nous fait traverser la frontière. Contrôle des passeports, et nous voilà en Bosnie ! Ouais !!
Arrivés à Bihac, ce chouette monsieur nous paye un thé, bien chaud, ça revigore. La communication est assez limitée, mais un thé, ça fait toujours plaisir !
Le centre de Bihac est assez petit, gris, l’église (appelée Big Ben) est en partie détruite, la mosquée est en piteux état. On se promène un peu, appelons Dolorès, qui doit nous accueillir ce soir, et en l’attendant allons boire un chocolat chaud dans un bar. Il n’y a que nous avec le barman, du coup on fait connaissance. On discute bien, lui était gosse pendant la guerre, l’âge où il aurait dû s’amuser. Il nous explique comment c’était, il nous parle des colis qu’il recevait d’Europe, les fameux colis de denrées non périssables qu’on emmenait à l’école.
Pour moi ça a toujours été assez flou, la guerre, les relations entre serbes, bosniaques et croates, le massacre de Srebrenica, les casques bleus…Mais d’entendre les gens en parler, encore marqués, sous le choc, ça donne un tout autre sens à ce que l’on a pu apprendre à l’école. J’ai envie de mieux me renseigner, envie de comprendre l’histoire des Balkans, envie de comprendre pourquoi les gens s’entretuent à cause d’une histoire de religion, mais ça, je crois que je ne pourrais jamais le comprendre…
On rejoint Dolorès dans la soirée ainsi que Nathan, son prof d’anglais, un jeune américain qui enseigne depuis plus de deux ans maintenant à bihac. Dolorès est en fait dans l’incapacité de nous héberger ce soir, mais Nathan nous propose de squatter son canapé.
Ils sont bien sympa tous les deux mais ils sont de toute évidence attirés l’un par l’autre, on croirait assister à un premier rendez vous entre amoureux, je leur donne pas longtemps pour finir ensemble ! On se sent un peu de trop avec Elise…
On va manger dans un resto, puis direction l’appart à Nathan, c’est cool, je n’avais pas envie de planter la tente dehors par ce temps !
Mercredi 24 Juin 2009 : camping onéreux = tu trouvera mille fois mieux !
Réveillées par les bruits des travaux dans l’immeuble. Nathan est déjà parti au boulot. On le retrouve avec Dolorès à midi pour boire un coup.
La pluie s’est arrêtée, il y a encore des nuages mais ils laissent entrevoir le ciel bleu et passer quelques rayons de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours !
On n’a vraiment pas envie de rester enfermées dans un bar, surtout que Nathan et Dolorès parlent encore principalement entre eux. On les quitte donc assez vite et partons se balader sur les bords de la rivière Una. Cette promenade est malheureusement assez rapidement raccourcie car le petit sentier qui longe la rivière s’arrête d’un coup et les berges deviennent impraticables. Dur de trouver des chemins de rando dans ce pays ! Ce n’est vraiment pas un sport pratiqué, contrairement en France où l’on trouve des chemins de rando un peu partout. Mais ça se comprend, pour nous les balades sont un moyen de s’aérer alors que l’on est en permanence à l’intérieur, de faire du sport alors que l’on est trop souvent assis. Mais dans ces pays, les gens n’ont pas besoin de s’aérer, de faire du sport pour le plaisir, passant déjà une majeur partie de leur temps à travailler à l’extérieur, dans les champs ou autres. Alors, quelle utilité d’aller marcher juste pour le plaisir ??
On s’arrête sur les rives pour pique niquer, on se fait vite rejoindre par deux gars. L’un genre skinhead assez terrifiant, l’autre qui parle anglais « my friend, who is very ugly (sympa pour son pote…) but who he is a good guy, is really hungry and would like a sandwich”
Elise se prépare donc à lui faire un sandwich mais il se jette littéralement sans attendre sur notre pain et notre saucisson, engloutissant le tout à une vitesse incroyable.
Ils sont vraiment bizarres, pas très rassurants, nous font des recommandations « Attention, les Balkans, c’est pas l’Europe, c’est dangereux pour des filles seules… »
Ils restent un moment, on finit par leur dire qu’on voudrait continuer à se balader, mais seules.
Le skinhead m’offre en cadeau sa boucle d’oreille, plastique imitation diamant. C’est trop touchant, mais vraiment, ce n’était pas la peine !!
Je ne sais pas trop quoi penser de toutes ces recommandations. Depuis que l’on a quitté l’Autriche les gens nous préviennent : attention, en Suisse et en Autriche il n’y avait pas de dangers mais après…
Ce qui nous fait rire c’est que les gens rencontrés dans chaque pays nous disent que dans le leur il n’y a pas de danger mais que ensuite par contre…
En Slovénie : « la Slovénie, ça va, pas de danger, c’est l’Europe, mais à partir de la Croatie, attention ! »
En Croatie : « Ici, il n’y a pas de problèmes, mais attention dans les Balkans, et puis la Roumanie, houlà, c’est dangereux ! »
En Bosnie : ah ben non, là, même leur propre pays ils le qualifient de dangereux. C’est pas très rassurant mais on n’est bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces recommandations, on a eu de la chance jusque là, et on a pas l’impression de se mettre en danger, je ne crois pas que ce soit plus dangereux de faire du stop dans les Balkans qu’en France !
Pour ce soir, Dolorès, qui ne peut toujours pas nous accueillir chez elle, nous a conseillé un camping, à la sortie de Bihac. Il va vous plaire nous assure t’elle, la rivière n’est pas loin, c’est très calme, dans la nature…ah oui, ça c’est sur, le camping est sympa, le prix l’est moins lui par contre : 16 euros par personne ! Pour un bout d’herbe !! Ah non, vraiment, merci bien !
On se débrouillera autrement…
Ici, ce n’est plus la Slovénie, le risque de sauter sur une mine nous retient d’aller planter la tente n’importe où. On avise le village le plus proche, on demandera aux gens si on peut planter la tente dans leur jardin. Ce n’est pas si facile d’expliquer ce qu’on veut ! A force de gestes, d’explications, de sourires, de mise à contribution de la petite voisine qui bredouille quelques mots d’anglais, une famille nous invite à prendre le café, et accepte de nous prêter leur jardin.
Cette famille est formidable : la mère est adorable, elle a deux enfants, l’un de 26 avec sa copine, l’autre de 12 ans. Le père rentre plus tard du travail. La mère nous expliquera qu’il porte une prothèse, ayant sauté sur une mine.
On passe la soirée avec eux, sur leur terrasse, enchaînant les cafés turcs et le jus de cerise fait maison. Miam ! Le café turc…on est devenues accro avec Elise avant la fin du voyage !
La communication n’est pas facile cependant chacun y met du sien, essaye d’expliquer des choses, mime, et ainsi on arrive à se comprendre.
Plusieurs fois, la mère nous demande si on n’aura pas froid cette nuit et nous assure que l’on peut dormir chez eux si on veut. Toute la famille s’entasse déjà dans une seule pièce, c’est vraiment gentil de nous proposer cela. Mais on préfère notre tente.
Au bout d’un moment, la mère nous propose d’aller faire un tour. On s’entasse donc tous dans la vieille voiture, en direction de Bihac, où il y a la fête foraine. On passe une bonne soirée, glaces, pop-corn, et retournons nous coucher.
Jeudi 25 Juin 2009: Here, we’re like in jail!
Dernier café et hop c’est parti ! Nous repartons à pied vers Bihac : c’est long, la tente pèse lourd…
On fait du stop jusqu’à Banja Luka où l’on arrive assez rapidement. Le stop se pratique vraiment bien en Bosnie, pour la première fois, nous voyons d’autres auto-stoppeurs, pas des voyageurs comme nous, mais des grands-mères, des mères de familles qui rentrent du marché, des hommes qui vont au boulot. Tous attendent sur le bord de la route, c’est limite si on ne forme pas une file d’attente ! Au début ça nous inquiétait un peu : beaucoup de concurrence, c’est pas bon ! Mais au final ça fait du bien de voir que l’on est pas les seules, on fait moins l’animation dans le village, et puis les voitures s’arrêtent et au final on part tous assez vite !
Au fil des kilomètres on longe la rivière Una, traversons plusieurs villages. Des maisons sont entièrement détruites, d’autres reconstruites, d’autres en construction : les murs rouges briques, les façades pas encore peintes, des traces d’impacts de balles encore présentes.
Ca fait froid dans le dos…
Bientôt, les églises orthodoxes aux toits brillants et arrondis succèdent aux mosquées dont les minarets s’élançaient vers le ciel nuageux. On rentre dans la république serbe de Bosnie.
Dans les rues, les panneaux d’indications sont écrits en cyrillique. On a l’impression de changer de pays !
On a fait la connaissance de deux jeunes profs, dans la dernière voiture qui nous a pris.
Très sympa, ils nous expliquent le fonctionnement et la politique de la Bosnie, et le déroulement de la guerre. Pas facile à comprendre…la Bosnie est constituée de deux entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine à majorité musulmane (bosniaque) et catholique (croate) et la République serbe de Bosnie à majorité orthodoxe (serbe).
Chaque communauté est représentée par un président. (Ça doit être la foire là haut au gouvernement…)
Leur rêve, que la Bosnie rentre dans l’Union Européenne.
On s’étonne : pourquoi cela ? Si la Bosnie entre dans l’UE, cela induirait une hausse des prix non ? Quel bénéfice pourraient-ils en tirer ?
Sans hésitations ils nous répondent qu’ils pourraient voyager, comme nous. Là, il leur faut un VISA, c’est trop compliqué. Ils concluent : ici, on est comme en prison !!
Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !
Mais comme on nous l’avait déjà expliqué en Croatie, la Bosnie et la Croatie attendent que la Serbie entre en premier dans l’Union européenne. Ensuite, peut être, ils pourront suivre…Ah, moi j’aurais pensé que la Croatie serait la première, mais apparemment ils sont tous d’accord sur ce point : la Serbie rentrera d’abord…
Banja Luka : belle ville, les toits étincelants des églises orthodoxes, les inscriptions en cyrilliques, la grande place où des gens vendent des petits chiens en peluche qui aboient, des hommes qui jouent à un échiquier géant à quelques rues de là, un vieux château en ruine…
On téléphone à Daniel, qui nous accueillera ce soir et décidons de profiter de cette après-midi pour aller nous baigner : Elise avait noté qu’il y a un aquaparc pas chère et on a bien envie de profiter du soleil ! Let’s go ! Mais en fait d’aquaparc où on s’imaginait des toboggans, des jacuzzis, c’est une piscine tout ce qu’il y a de plus simple, à un détail près : l’eau est gelée !!
Cependant cela fait du bien !
On traîne et devons retraverser la ville en courant pour récupérer avant la fermeture nos sacs laissés dans l’office de tourisme, et retrouver Daniel. Elise en tong décide de les enlever pour aller plus vite et patauge dans les flaques pieds nus ce qui lui vaut quelques regards surpris…
Daniel est un jeune hollandais qui fait un service volontaire ici à Banja Luka ; il aide à organiser le projet écotopia bike tour 2009, une rando à vélo à travers les Balkans de deux mois, avec des actions militantes écologiques. Beau projet !
Il est super sympa, drôle, mais qu’est ce qu’il parle vite !!
J’ai du mal à suivre…
On dépose nos sacs chez lui, cueillons des cerises dans son jardin et repartons assister au vernissage d’un célèbre peintre serbe. Champagne, petits fours…je crois que je suis « a little bit drunk » !
On va manger dans un resto avec d’autres étrangers qui habitent à Banja Luka ou qui sont juste de passage, comme nous. Plein de nationalités se mélangent, on parle anglais, français, allemand, bosniaque…ce mélange rappelle à Elise les soirées entre volontaires en Moldavie, moi l’Irlande et mes précédents voyages.
Vendredi 26 Juin 2009: Banja Luka
On se réveille avec Marcha, la colocataire de Daniel, hollandaise elle aussi et qui bosse sur le même projet. Un café, quelques biscuits et nous partons avec Elise visiter la ville. On rentre dans quelques églises orthodoxes : de l’or partout, de gigantesques peintures murales très colorées, ça brille, on est loin de nos églises catholiques !
On retrouve Daniel pour manger qui nous annonce une bien triste nouvelle (mode ironique) : Michael Jackson est mort. Mon dieu, journée de deuil international, au moins !! C’est la seule nouvelle de l’extérieur que l’on aura durant notre voyage. Des fois on se dit qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale on ne serait même pas au courant… mais de la mort de Michael Jackson, si !
On devait se balader avec Ugi, un bosniaque rencontré hier soir mais un imprévu l’empêche de venir, on se baladera donc seules avec Elise, au bord de la rivière Vrbas qui traverse la ville. Enfin au bord….on est en Bosnie, donc pas de sentiers de rando aménagés, on est souvent obligées de retourner marcher sur la route ou de passer à travers des buissons…
On rencontre Mirza, sur son Dajak. Passionné, amoureux de cette ville, et surtout de cette rivière, il fait du Dajak depuis qu’il est tout petit, et retourne ici chaque vacances pour « nettoyer son corps et son esprit » en transpirant sur son Dajak. Un Dajak, c’est un bateau très allongé, genre pirogue, sur lequel on avance en se propulsant à l’aide d’un long bateau qui se plante sur le fond de la rivière. Bateau endémique de Banja Luka, nous explique-t’il : il n’y a qu’ici où se mode de propulsion se fait sur de l’eau vive.
Il nous propose de faire un petit tour : ah ben ouais, pourquoi pas !
On se met d’accord sur un rendez vous pour demain, il veut nous faire remonter la rivière jusqu’aux sources chaudes un peu en amont, où on pourra se baigner.
On mange avec Daniel, le soir il y a un concert d’une célèbre chanteuse serbe dans le château de Banja Luka. Tous les jeunes (et nous aussi) qui n’ont pas pu se payer le billet d’entrée se massent à l’extérieur du château, d’où l’on entend parfaitement la voix de la chanteuse. C’est comme un concert en plein air en fait ! Même la pluie ne les empêche pas de chanter en chœur les paroles.
Je ne suis pas en forme, un petit coup de blues…je réfléchi au pourquoi du voyage, et au fait de voyager seule ou à deux. Même si j’adore voyager avec Elise, je crois que je préfère les voyages où je suis seule. J’ai tendance à m’effacer quand je suis dans un groupe, même de trois personnes. Je me mets naturellement à l’écart. Ca ne me dérange pas, j’observe, j’écoute les conversations. Je parle assez peu. Mais en voyage, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger, et quand je suis seule je ne peux pas me permettre d’être en retrait, je sors de ma réserve, je suis une autre personne, je me découvre. Là, avec Elise qui a le contact plus facile que moi, je la laisse mener la conversation, je me retranche et je n’aime pas ça. Un peu d’égoïsme sans doute, je voudrais les gens rien que pour moi…
Samedi 27 Juin 2009 : voilà pourquoi j’aime les voyages !
On passe la matinée avec Daniel et Marcha à boire du café, à manger la tarte aux cerises qu’Elise a gentiment préparé en se levant une heure plus tôt que tout le monde, et à faire des acrobaties dans le jardin (on monte chacune notre tour debout sur les épaules de Daniel, c’est la première fois que je fais ça, c’est géant comme sensation ! Petit jonglage avec des pommes en plus, toujours sur ses épaules…papapapalalapapa , voilà le cirque de Banja Luka !)
Il est l’heure de partir, on a déjà repoussé le rendez- vous avec Mirza, faut pas abuser non plus…durs adieux pour Elise qui s’était bien accrochée à ce petit Daniel !
Mirza est venu avec un de ses copains, Elise n’est pas très confiante, moi je le sens bien. Ils nous proposent de laisser toutes nos affaires dans leur voiture, nos papiers aussi, il y a un risque qu’ils prennent l’eau sur le Dajak. On ne sait pas trop quoi faire, laisser nos papiers dans la voiture d’un inconnu c’est pas hyper prudent…au final on les prendra sur nous, dans des sacs plastiques, contre l’avis de Mirza qui ne veut en aucun cas être responsable si nos passeports prennent l’eau.
Avant de partir on avait laissé son numéro à Daniel, et nous avons appris le numéro de Daniel par cœur : on est jamais trop prudentes…
On remonte le courant sur le Dajak, Elise est à l’avant, Mirza à l’arrière qui peine un peu : transporter quatre personnes, ce n’est pas rien ! On passe quelques rapides, le Dajak se remplit d’eau, on écope avec des éponges.
Un héron nous précède, s’envolant quelques mètres plus loin au fur et à mesure que nous nous approchons, des poissons font des bonds dans l’eau, on se laisse transporter, c’est magique !
Le ciel se couvre, c’est commun en Bosnie : on a toujours le droit à une averse, voire un gros orage à 14-15 heures. Il pleut, c’est énorme cette sensation...on est en train de voguer sur une rivière, en Bosnie, sous la pluie ! On chante pour encourager Mirza. Petite pause sous un balcon, en attendant que l’averse passe, Mirza nous offre du chocolat et du coca cola…
Le soleil revient, on repart et on atteint assez vite les sources chaudes, qui sont les bienvenues car on n’avait pas si chaud que ça ! (Sauf Mirza, bien sur, le seul qui a fait du sport !)
On se baigne toutes habillées dans ces petites piscines où l’eau avoisine les 30°C, ce qui étonne Mirza mais pas question de se mettre en maillot, on est toujours un peu parano, on ne veut pas attiser les convoitises…
Il plaisante, il pourrait nous vendre, en tirerait un bon prix, on est jeunes, nos reins sont en bon état (sauf ceux d’Elise qui n’arrête pas d’aller faire pipi…). Mais enfin arrêtez avec ces histoires ! Ca nous fait pas vraiment rire, le pire c’est que ça dévoile une triste vérité : le trafic d’organes, ça existe bien, et ça a bien marqué les gens ici, pour qu’ils en parlent sans arrêt…en France, un gars qui veut plaisanter dirait « je pourrais vous violer », mais il ne penserait pas au trafic d’organe ! Ici apparemment, c’est monnaie courante…
Enfin bref, Elise lui dit d’arrêter de plaisanter avec ça, déjà qu’on n’est pas toujours rassurées, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Il arrête, s’excuse, et nous explique que si il voulait vraiment le faire il n’en plaisanterait pas…n’empêche ! c’est pas drôle !
On parle d’autre chose, il nous raconte son enfance, quand ils ont fuit en Croatie sous l’occupation serbe, son père se faisant pousser la barbe et se vieillissant pour se faire passer pour le grand père mort quelques années auparavant afin de passer la frontière incognito.
Il a dû quitter sa chère Vrbas, son Dajak, les sources d’eau chaudes où il venait se baigner en plein hiver alors que tout était recouvert par la neige…
On commence à avoir froid et Elise et moi voulons reprendre la route ce soir, nous repartons donc. Le retour est bien plus rapide, on file sur la rivière, entraînés par le courant. Les hérons, canards et bergeronnettes s’envolent de tout cotés. Le soleil a encore disparu derrière les nuages, j’ai froid, je claque des dents, mais je suis heureuse. Mirza et son ami nous chantent des chansons traditionnelles bosniaques, avec la voix qui tremble et tout, c’est trop beau et romantique ! La situation est assez irréelle !
On va se changer chez Mirza, qui nous assomme de recommandations : vraiment la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, c’est dangereux, surtout pour deux jeunes filles. Il veut que l’on reste cette nuit à Banja Luka pour que son ami nous amène demain à Sarajevo. Mais non, nous on veut partir ce soir. C’est sur, ces recommandations perpétuelles nous font un peu peur, mais après tout, est-ce si dangereux ?
Il finit par nous laisser partir quand même, après tout il nous aura mis en garde, il ne peut pas nous empêcher de partir, mais il nous laisse quand même le numéro d’un de ses amis à Sarajevo, si jamais on a un problème.
Très vite, un vieux monsieur nous prend. La vallée de la Vrbas se rétrécit en canyon, en contrebas la rivière dégage de la vapeur d’eau qui forme une épaisse couche de nuage. On se croirait dans un autre monde, un peu mystique. On roule vite sur la petite route sinueuse, et comme dans toutes les voitures en Bosnie il n’y a pas de ceintures, mais j’ai confiance en notre chauffeur. On écoute du folk et du hip hop bosniaque, on discute : il parle anglais et est super sympa il nous raconte sa vie, il a beaucoup d’humour. On change encore de région, quittant la République Serbe et repassant en Fédération de Bosnie et Herzégovine. Qu’est ce qu’on est bien, on voudrait rester dans cette voiture, malheureusement il doit bifurquer à un moment…il nous dépose dans un village, il est déjà tard, il y a une fête. De la musique, des masses de personnes sur les trottoirs, on se laisse entraîner par le flot humain vers la sortie du village, recommençons le stop sans s’attarder : on voudrait être à Travnik rapidement, la nuit commence à tomber.
Un père et son fils s’arrêtent, ils habitent Travnik. Yahou ! Le fils parle bien anglais, on fait connaissance, il traduit les questions de son père. Ils nous demandent où on pense dormir, le problème c’est qu’on ne sait pas justement, est ce qu’ils connaissent des gens qui ont un jardin où on pourrait planter notre tente ?
Ils nous offrent alors de dormir chez eux. Re-yahou ! Quelle journée !
Il fait nuit noire lorsque l’on arrive. On fait connaissance de toute la famille, la mère qui parle très bien anglais et Martha, la fille de 10 ans qui s’y essaye avec timidité.
Un café turque, une soupe, du fromage (le célèbre fromage de Travnik !), une bonne douche, un tour sur internet….le paradis !
La mère s’inquiète pour nous, n’est pas rassurée pour notre sécurité : « vous avez eu de la chance de tomber sur nous ! »
Elle nous parle de la guerre, j’en ai des frissons : « on n’avait rien, je me souviens, je n’avais qu’un seul tee-shirt que je lavais quand je le pouvais. On recevait de temps en temps des colis de nourriture, mais c’était rare. Comme je parle anglais, je servais d’interprète pour échanger les otages ». Elle faisait partie de l’armée, son mari aussi. Elle est fière d’avoir défendu son pays mais s’indigne contre la guerre. Stupide guerre…elle est triste qu’il y ait encore des tensions entre les différentes communautés en Bosnie, comme si la guerre n’avait rien appris aux gens. Des milliers de morts de tous les cotés pour rien : les conflits, les tensions sont encore présents, même entre les enfants, à l’école. Pour elle comme pour d’autres bosniaques rencontrés, il ne serait pas étonnant de voir une autre guerre éclater d’ici peu. Triste….pourquoi les Hommes ont-ils besoin tout le temps de se battre, de prouver que leur vision de penser est la meilleure ? Ces guerres de religion m’ont toujours dépassé !
On passe le reste de la soirée avec Martha, qui a complètement dépassé sa timidité du début et qui parle anglais sans s’arrêter, du moins avec les quelques mots de vocabulaire qu’elle a, mais ce qui est déjà énorme pour son âge ! On fait des concours de dessin, et vers 2 heures du matin, la fatigue se faisant bien sentir, on va se coucher après cette super journée.
Ah oui et autre bonne nouvelle : je suis admise au master de Paris ! Reste à prendre une décision : Paris ou Perpignan ? Perpignan ou Paris ? Deux villes, deux master bien différents, avec chacun leurs bons et mauvais cotés…je ne sais pas quoi choisir !
Je hais ces décisions qui vont plus ou moins décider de mon avenir !
Dimanche 28 Juin 2009: Sarajevo et son histoire
On se réveille assez tard, c’est raté pour voir les ours qui, d’après le guide du routard qu’Elise avait lu avant de partir, viennent s’abreuver à la rivière de Travnik. Mais notre famille nous assure qu’ils n’ont jamais vu le bout du museau d’un ours, donc pas trop de regrets…
Le petit déjeuner est prêt quand nous sortons du lit moelleux de Martha, nos vêtements mis à sécher hier sont repassés…incroyable !!
Après nos remerciements et quelques photos souvenirs avec la famille, la mère nous amène en voiture au centre de Travnik. Petite balade au marché aux souvenirs et à la cascade qui surplombe le tout, on offre un coca à une petite fille tzigane, on se pose, le temps pour ma part d’écrire la merveilleuse journée d’hier dans mon carnet et pour Elise de rédiger quelques cartes postales. On repart en direction de Sarajevo après avoir essuyé la traditionnelle averse bosniaque de début d’après midi.
Le gars qui nous amène est sympa, il nous propose de nous héberger pour 10 euros à Sarajevo, on prend son numéro, on ne sait jamais. On a également le numéro de Mustafa, un couch surfer, mais on n’est pas sures qu’il puisse nous héberger ce soir, car il n’a pas répondu à notre dernier mail.
C’est toujours un bordel innommable pour appeler les gens comme on n’a pas de portable. On rentre dans des bars, demandons si ils savent comment on peut téléphoner. On nous dit d’acheter une carte téléphonique, mais c’est dimanche, c’est fermé, et puis juste pour un appel, ça ne vaut pas le coup…vraiment, ils ne connaissent pas un bar d'où on pourrait appeler ? A force d’insister, on nous propose généralement de nous prêter un portable. Après plusieurs essais, on finit par joindre Mustafa. Rendez vous ce soir, 19h, au Sebilj, la célèbre fontaine en plein cœur de Sarajevo où picorent des centaines de pigeons.
PHOTO 6
On a donc quelques heures pour se balader dans la capitale, nous laissons nos sacs chez une vendeuse de glace où nous en achetons pour la remercier…la belle excuse !
La rue marchande est pleine de touristes, ça parle anglais, allemand…ça nous fait bizarre ! Des boutiques d’où dépassent de magnifiques tissus colorés, des jupes, des sacs, des sarouels…une toute autre face de la Bosnie que ce que nous avions pu voir avant !
Le vieux quartier est d’origine ottomane, quelques rues plus loin on sent l’origine austro-hongroise : les pavés ont cédé la place au goudron et les grands magasins de vêtements trop cleans et bien rangés ont remplacés les petites échoppes en bois pleine de vie. En cinq minutes on passe de la Turquie à l'Autriche !
Une ville à double face, cosmopolite, attirante. Les styles architecturaux des maisons se mélangent avec harmonie, retraçant l’histoire de cette ville. Les différents édifices religieux, mosquées, cathédrales, synagogues, se mêlent également pour créer une atmosphère particulière.
Cette ville chargée d’histoire en a vécu une dont elle garde les tristes traces : la guerre qui a fait rage ici. Maisons détruites, à reconstruire, façades criblées de balles, la bibliothèque nationale, magnifique bâtiment de style ottoman de plus de 200ans, qui a brûlé entièrement. Plus de 40 000 livres partis en fumée…une grande affiche indique que différents pays d’Europe aident au financement de sa reconstruction.
Un immense cimetière s’étend à perte de vue sur les collines qui entourent la capitale. Des milliers de tombes blanches, gravées de symboles arabes : des milliers de jeunes, âgés d’une vingtaine d’année, qui ont péri dans cette guerre.
Et puis, dans un coin de rue, un pierre gravée : « A cet endroit, le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné Franz Ferdinand, l’héritier du trône austro-hongrois, et sa femme Sofia. » Des souvenirs, les cours d’histoire du collège, le début de la première guerre mondiale. A cause d’un meurtre qui s’est passé ici, où je me tiens. A l’époque, au collège, Sarajevo était juste un nom pour moi, une capitale que je savais à peine situer sur une carte. Et aujourd’hui, j’y suis, dans cette ville qui vibre de son lourd et riche passé.
A 19 heures, on attend sur les marches du Sebilj. Mustafa n’est pas encore là, on attend, attend…on n’y croit plus vraiment, il ne viendra pas.
On a quelques plans de secours, les chambres à 10 euros du gars qui nous a pris en stop, et puis un mec rencontré dans la rue aujourd’hui nous a proposé de nous héberger gratuitement. Mais Elise ne lui fait pas du tout confiance.
Mais je persiste, têtue, à re-téléphoner à Mustafa: il a dit qu’il viendrait, il a intérêt de venir ! J’emprunte le portable d’un couple super sympa, leur expliquant notre situation, la fille téléphone même à ma place. Ah ben Mustafa est encore chez lui, il arrive dans 15 minutes.
On ne le sent pas trop….
Finalement il arrive, s’excuse du retard, il était à une fête, a un peu bu.
Il nous conduit chez lui où il y a aussi sa copine en ce moment, Milena, d’origine serbe.
En fait, une fois notre énervement passé suite à l’attente et le fait qu’on ait cru qu’il nous posait un lapin, on découvre un gars super drôle et attachant. Milena et lui sont adorables, naturels, on se sent tout de suite super bien chez eux.
On ressort avec Elise manger nos premiers Burek de Bosnie, sorte de pâte cuite fourrée au fromage, à la viande ou encore aux épinards : miam !
On passe le reste de la soirée avec Mustafa et Milena, à faire connaissance ;
Mustafa se moque de l’accent des français quand ils parlent anglais. Il nous fait voir une vidéo sur youtube qui caricature les italiens parlant anglais (italien ou français, question niveau d’anglais, c’est pareil..). On se marre bien:
“I went to a restaurant and on my table there were a spoon, a knife but no fork! I went to the waitress and said: I want a fork!”
“Everybody wants to fuck!”
“You don’t understand, I want a fork on my table!”
“You’re not going to fuck on your table, you son of a bitch!”
Et pareil pour “I want a sheet on my bed = I want to shit on my bed”
Lundi 29 Juin 2009 : Les vaches font meuuuuuhhhh
Gros petit déj tardif : tomates, feta, beignets au mais préparés par Milena, crème, olives…et bien sur café turque !
On part avec Enis, un copain de Mustafa, pour visiter Sarajevo. Premier arrêt dans une ancienne maison ottomane, tout en bois, avec de magnifiques gravures. On visite la partie réservée aux femmes, celle des hommes…Enis nous explique tout, c’est un bon guide.
On grimpe au château surplombant la ville pour avoir une vue d’ensemble sur Sarajevo. Cette capitale est dans une cuvette, entourée de collines, Enis nous explique que les tireurs serbes étaient positionnés sur ces collines et qu’ils mitraillaient la ville sans aucune défense.
On refait le monde tous les trois, on discute beaucoup. Enis est serbe et n’a aucune rancune envers les bosniaques, il est juste triste de voir que des enfants, des jeunes aient été tués pour des raisons ridicules. Si tout le monde pouvait penser comme lui…
Cette discussion, alors que l’on a une vue imprenable sur le cimetière, me marque beaucoup.
On se sépare un moment, Elise et moi voulons faire du shopping, la visite du centre hier nous a donné envie !
Le chant du muezzin appelle à la prière, ça me rappelle le Burkina. Les gens vont prier dans la grande mosquée centrale, se lavent pour se purifier avant de dérouler leur tapis.
On retrouve Enis quelques heures plus tard, sous la pluie. Il nous conduit à un autre château encore plus haut puis au mont Trebevic. On se balade un peu, on a secrètement envie de voir des ours…il y a du brouillard, le sol est gorgé d’eau, on marche dans la montagne, on demande mille fois à Enis si il est sur qu’il n’y a pas de mines…
On passe pour les grosses citadines qui ne sont jamais sorties de chez elles, entre nos envies de voir des ours à quelques kilomètres de Sarajevo, nos peurs des mines, et surtout quand Elise déclare avoir entendu des vaches après avoir reconnu le son de leur cloche. Et c’est là qu’Enis, tendant l’oreille et d’un air très sérieux, sort la phrase désormais culte : « No, it’s definitely not a cow ! Cow makes meuuuuuhhhhh, not ding dong! » Ah ah oui merci Enis du renseignement !!
On rejoint Mustafa et Milena dans la soirée pour aller dans un bar latino danser la salsa. Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas dansé la salsa, ça me manquait !!
On s’éclate, on continue la soirée dans le salon de Mustafa, on se couche tard, vers 4-5 heures, après cette belle journée.
Mardi 30 Juin 2009 : come ooonnn
Dur réveil, on veut partir assez tôt mais Mustafa et Milena nous ont fait promettre hier de les réveiller quand on part ; du coup on traîne un peu, le temps d’un dernier café, de dire au revoir.
Direction Pale ! Petite ville entourée de montagnes, dans un parc national.
On fait quelques courses, on veut racheter du couscous pour varier un peu. Impossible à trouver. On demande, bientôt dix clients se mettent à chercher pour nous du couscous dans tous les rayons sans savoir exactement ce que c’est. C’est énorme, hilarant, ils déambulent dans les rayons répétant « Cous, Cous, what is Cous ?? ». No, not just cous, it’s couscous !
Finalement on repartira avec du pain…
C’est moi qui avais insisté, je voulais me balader dans un parc…mais comme d’habitude, il se met à pleuvoir…
On a quand même eu le temps de marcher un peu dans la nature, traversant des petits villages, le foin sèche en gros tas dans les jardins.
Chocolat chaud dans un bar à la musique trop forte, ça m’énerve très rapidement, je le bois vite et sort dans la rue m’asseoir sur un bout de trottoir écrire dans mon cahier. Elise n’est pas dérangée par la musique, elle reste au chaud écrire des cartes postales.
On retrouve Nole, notre hôte pour ce soir dans un square. Il nous offre un deuxième chocolat chaud, avec plein de chantilly, je suis un peu écoeurée !
On est crevées par la soirée d’hier et on voudrait bien juste se reposer mais Nole nous a prévu tout un programme. Il nous amène dans son village, Podgrabb, nous présente à ses parents et ses sœurs. Il est gentil mais il en fait un peu trop, il est limite stressé, comme si c’était un grand honneur d’accueillir deux françaises et qu’il fallait que tout soit parfait…c’est gênant !
Après le dîner il insiste pour que nous ressortions se promener dans le village et boire une bière. Il nous présente à ses copains, fier de s’afficher avec deux filles françaises. Et si on avait été de Slovaquie ? Ou de Lituanie ? Est-ce qu’il nous aurait accueilli de la même manière ? Je ne comprendrai jamais vraiment cette réputation qu’à la France, comme si notre pays valait mieux que les autres !
Enfin voilà, on n’a pas plus d’accroche que ça avec Nole, peut être est-ce dû à notre fatigue, ou à son embarras de nous recevoir chez lui, ou alors à son affreux « come oooonnn », qu’il sort à chaque phrase, en insistant bien sur le oonnn, le faisant venir du fond de la gorge.
C’est resté dans les anales….
Mercredi 1er juillet 2009 : BANG !!!
Programme chargé aujourd’hui : journée stop ! On veut traverser la Serbie pour être demain en Roumanie, à Craiova, où des amis d’Elise nous attendent. On a donc deux jours pour traverser la Serbie, c’est largement faisable, mais il ne faut pas traîner.
Mais apparemment le sort en a décidé autrement…on galère pour avancer, on se rapproche lentement, très lentement de la frontière serbe, attendant chaque fois une heure pour être avancées de quelques kilomètres…on nous a quand même offert des biscuits à la cerise et au chocolat et avec les immenses tablettes de chocolat que la mère de Nole nous a donné ce matin, on a de quoi se réconforter !
Mais il fait chaud, on cuit. Le soleil tape en ce début d’après midi, cela fait des heures que l’on est dans ce même village à une dizaine de kilomètres de la frontière, on a déjà demandé de nombreuses fois au bar à coté de nous remplir nos bouteilles d’eau.
Je ne sais pas ce que je préfère entre le stop sous la pluie ou sous le soleil implacable !
Ah, enfin, un routier s’arrête. Il va jusqu’au milieu de la Serbie à peu près. Bingo, ça valait le coup d’attendre !! On hisse péniblement nos sacs dans le camion, heureuses : ça va le faire, on sera en Roumanie demain !
On démarre, mais on est très vites arrêtées. Contrôle de police. Papiers du véhicule…je vois nettement notre chauffeur glisser un billet dans ses papiers. Corruption ? A-t-il quelque chose à se reprocher ou est ce que c’est monnaie courante de filer de l’argent aux flics pour ne pas qu’ils créent de problèmes ?
On repart…mais à peine cinq kilomètres plus tard, on entend un gros BANG. Un Bang inconnu, bizarre, inhabituel, qu’est ce que cela peut bien être ??? Le chauffeur freine, s’arrête, va voir. Le verdict tombe : un pneu a éclaté…
Ce n’est décidément pas notre jour de chance !
Notre routier ne parle pas un mot d’anglais, ça ne facilite pas la communication, mais apparemment on en a pour une heure d’attente environ, les dépanneurs sont à 70 kilomètres de là.
On décide d’attendre, après tout, on va peut être attendre une heure, mais on est sures d’arriver au milieu de la Serbie ce soir !
On se pose à l’ombre, on sudokute, on mange du chocolat tout fondu.
Une heure…l’espoir fait vivre ! Ca fait plus de deux heures qu’on attend et toujours pas de « vulcanizare » (« réparation » en Serbe, et oui on ne perd pas notre temps, on a même appris les chiffres de un à dix pendant toute cette attente !)
On est retourné dans le camion après s’être fait invitées au resto par notre chauffeur, à une centaine de mètres. Frites, viande, tomates concombres, bières, coca. Elise est un peu soule mais ce n’est rien comparé à notre chauffeur qui a englouti des litres de bières. Finalement, si la dépanneuse n’arrive pas tout de suite ce n’est pas bien grave, on n’a pas spécialement envie qu’il reprenne le volant maintenant !
La pluie tombe, normal, il est 15 heures passées, l’heure des averses en bosnie.
On est à l’étroit dans ce camion, le chauffeur s’est allongé derrière, a même proposé à Elise de s’allonger avec lui…
Cependant on se sent assez en sécurité, même si le fait qu’il ait insisté pour nous payer bières sur bières est peu rassurant.
On a feuilleté un magazine de tourisme dans le resto, et vraiment, je comprends que des gens participent à de tels voyages mais ils ne savent pas ce qu’ils perdent : tout ce qu’on vit ici est unique, inégalable. L’incertain…on suit le court du voyage comme un radeau suit le cours de l’eau, on se donne pleinement au hasard et aux risques qu’il contient…mais il nous rend tant en retour !
On commence à se demander si le chauffeur a vraiment appelé les secours ou si ce n’est pas un piège : 70 kilomètres, en trois heures, ça se fait quand même ! Ils ne viennent pas à bicyclette !
Ou alors ils ont crevé à leur tour…
On joue au pendu. Mon mot : « dépanneuse ». Celui d’Elise, pas des plus optimiste, est « fin du voyage »…
Grâce à des dessins plus que sommaires, on arrive à demander au chauffeur le temps que cela prendra de changer la roue. Vingt minutes nous assure t-il. Et nous, naïves, on y croit encore, que ces dépanneurs vont arriver, que la roue sera changée en 20 minutes, qu’on sera en Serbie ce soir…
Ah enfin un gars arrive, en marcel, un pneu de secours, une clé à molette… alors c’est ça les vulcanizare ??
Avec Elise, on veut se rendre utile, on fait ralentir les rares voitures qui passent en agitant notre bras.
Au bout d’une heure et demi, ça y est, on repart enfin. Il est 19h15.
On va enfin la traverser, cette putain de frontière !!!!!!! Musique à fond, on retrouve le sourire, on n’avance pas bien vite, le camion traînant sa lourde charge, mais enfin a point où on en est !!
On arrive à la frontière, coté Bosnie, on n’était vraiment pas loin ! Contrôle des passeports, cela dure encore 15 minutes. Quelques mètres plus loin, même frontière, coté serbe cette fois.
Notre routier prend nos passeports, va vers la douane, on attend, assez longtemps, bon sang mais qu’est ce qu’il fait ???
Il revient, nous tend nos passeports, et nous annonce : « Problem, phytosanitat Kontrol… »
Il nous fait comprendre qu’il va donc passer la nuit dans son camion, à la frontière, il doit passer un contrôle sanitaire.
Non mais c’est quoi ce bordel ?? Un contrôle sanitaire, à cette heure ?? On a attendu plus de cinq heures pour finalement se faire plantées là, à la frontière ??? Je rêve…
Le chauffeur nous propose de dormir dans son camion, il repart demain vers 9 heures, il peut nous amener…
Mais bien sur. On vire parano, la corruption des flics, le coup de la panne, et maintenant le contrôle sanitaire, ça fait un peu beaucoup !
Enfin il a l’air d’en avoir aussi marre que nous, le pauvre !
On passe la frontière à pied. Il est tard, la nuit tombe. On trouve un champ où planter notre tente, la première grand-mère à qui nous ayons demandé de planter la tente dans son jardin ayant refusé.
On ne se décourage pas, demain sera un autre jour…
Les lucioles clignotent de tous les cotés, c’est joli. On fait un footing pour se dégourdir les jambes et se libérer un peu de la tension qu’a provoquée l’attente…
On n’a rien à manger mais on n’a pas faim, il nous reste encore le chocolat de la mère de Nole.
On est heureuses, on est en Serbie, le pays d’Emir Kusturica !…. » Il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Oh yeah ! »
Jeudi 2 juillet 2009: wir sind nicht curva !
Lever aux aurores, à six heures ont est déjà sur la route, le pouce tendu.
Je râle, avec une voiture toute les 15 minutes on ne va pas aller loin !
Un bus arrive, on monte, il veut nous faire payer : 4 euros pour 30 kilomètres. C’est cela oui !
On redescend cent mètres plus loin. Dire qu’on doit traverser toute la Serbie, on n’est pas arrivées !
Une voiture. Inspecteur de police, il va chercher un jeune délinquant à Belgrade. On embarque et s’endormons aussitôt toute les deux, Elise au fond, moi à l’avant, chose normalement interdite dans notre règlement interne d’autostoppeuses : il en faut toujours une de réveillée (généralement c’est moi, Elise sombrant toujours dans le sommeil, bercée par la voiture et le ronronnement du moteur…)
Au bout d’un moment on s’arrête, il est 8 heures, on est dans une ville nommée Cacak, notre chauffeur nous offre le petit dej. Poulet, tomates, choux, café…
On discute. Sa femme est morte pendant la guerre, ses potes aussi. Ceux qui ont survécu ont bien du mal à trouver un boulot qui les fasse vivre. Lui a de la chance, il gagne assez bien sa vie. Mais c’est plus pareil qu’avant…
Il nous achète également du chocolat, du jus de fruit, des biscuits. C’est trop, c’est gênant, mais il ne prend pas en compte nos « c’est gentil mais on n’en a pas besoin, vraiment ! »
Il est gentil, mais un peu trop tactile : main sur la cuisse, il caresse la joue d’Elise…on ne veut pas s’inquiéter, il est dur de savoir si ce sont juste des gestes amicaux ou si il veut plus.
Aussitôt remontés dans la voiture, il se fait plus insistant, j’enlève plusieurs fois sa main sur ma cuisse, le repousse.
Son regard insistant et pervers m’inquiète. Je suis aux aguets. J’interdis à Elise de dormir derrière, mais elle aussi a repéré son manège et ne le quitte pas des yeux.
C’est alors qu’il me sort: « Du und ich (toi et moi)», puis geste international et très romantique à l’appui, me signifie qu’il veut baiser. « Für funfzig euros »
Sidérée, je ne veux pas y croire.
Naïve, peut être, ou pensant que si je fais semblant de ne pas comprendre il n’osera pas redemander, je bredouille un « ich verstehe nicht ( je ne comprends pas)… »
Il re-insiste : « Du und ich » « Für Funfzig euros », traçant de son gros doigt boudiné un 5 et un 0 sur le tableau de bord.
Ah oui oui, là il y a plus de doute, il me prend pour une pute !
Elise s’énerve à l’arrière : « Stoooooppppp ! Wir gehen ! Wir gehen !!! »
Il répond qu’il ne peut pas s’arrêter, des voitures le suivent derrière.
Elise s’emporte pour de bon, hurle « Stooooopppppp », il finit par s’arrêter.
On récupère nos sacs dans le coffre vite fait, sous ses « I’m sorry, I’m sorry. »
Sorry mon cul, oui !
Elise lui balance, mi russe mi allemand : Wir sind nicht curva !!!!!! (On n’est pas des putes !)
Il ne veut pas repartir, insiste pour que nous prenions les jus de fruits et les biscuits qu’il nous avait achetés. Elise refuse, moi je les veux bien…
Il finit par repartir.
Je rie nerveusement.
Cinquante euros, je pensais valoir plus, je suis déçue. C’est con d’avoir ce genre de pensée dans des moments pareils…
On re-attaque le stop direct, on a peur que si on se pause un moment on n’ait plus le courage de continuer.
On décide de changer d’itinéraire. Ca ne vaut pas le coup d’aller à Belgrade, ça nous rallonge un peu le chemin.
Par petits sauts de puce, mais sans attendre jamais très longtemps, on passe par des villes aux noms exotiques : Trstenik, Krusevak, Paracin, Zajecar…
On se fait offrir des pêches, une carte plus précise de la Serbie, un jus de fruits.
On se souviendra de la Serbie et de ses conducteurs. On double sans regarder, à la dernière minute, des voitures arrivent en face, coup d’accélérateur, ça passe, ouf ! Et jamais de ceintures…
On est prises en stop par un flic international ( arggggh ! encore un flic !) et un militaire, qui nous passent leur numéro de téléphone, à appeler en cas de problème, dans n’importe quel pays. On est placée sous haute protection ! Sauf que…on n’a pas de portables.
Réactions du flic : quoi ??? Vous êtes deux filles, vous partez en stop, dans les Balkans, sans portables ! Vous avez de la chance si il ne nous arrive rien !
Après ce qu’il vient de nous arriver on prend conscience que oui, cela peut être dangereux, mais qui ne tente rien à rien, et je crois bien qu’on a une petite étoile qui veille sur nous…
Petite frayeur à un moment : on monte dans une voiture, faisons quelques kilomètres quand Elise réalise qu’elle a oublié son sac avec passeport, argent, bref le truc à ne surtout pas perdre, sur le bord de la route ! Demi tour !!! Ouf le sac était bien toujours là…
En s’approchant de la frontière roumaine, de moins en moins de voitures passent. C’est la malédiction de frontières…photos débiles au bord de la route en attendant, on mange les biscuits offert par l’inspecteur de police de ce matin, qui sont de la marque « Pardon ». Ca nous fait bien rire, comme si il avait prévu son coup…
On finit par arriver à la frontière à la tombée de la nuit. Changement d’horaire, il faut avancer notre montre d’une heure. Ca ne nous arrange pas…
La frontière ne pouvant se passer à pied, on grimpe dans la voiture d’une jeune couple. Elise est contente, c’est des roumains, elle peut s’exercer à parler ! Elle discute avec eux, moi je suis un peu à coté de la plaque, je ne comprends pas grand-chose, à part « Periculos, Periculos », que la femme répète avec de grands gestes théâtraux. Souvenirs du collège, en latin…Periculos= danger.
Ca m’énerve, elle sur joue, faut pas abuser, c’est pas si dangereux.
Son mari est plus réservé, je le préfère, lui au moins ne nous juge pas…
Ils sont inquiets : il fait nuit, il reste encore 150 kilomètres jusqu'à Craiova où Tica, l’ami d’Elise, nous attend. Ce n’est pas prudent de faire du stop à cette heure, on le sait bien.
Ils nous amènent à la gare. Mais le train pour Craiova nous ferait arriver trop tard, et est assez cher.
On téléphone à Tica, on lui explique notre situation, on ne sera que demain à Craiova, on va dormir ici.
On pense planter la tente dans un champ, mais ils refusent : c’est dangereux, il y a des tziganes…Ils appellent alors la mère de la sœur du mari, ou quelques chose comme ça, bref on ne comprend pas tout, on nous amène d’abord chez des gens, puis on échoue chez une grand-mère, avec un potager, les toilettes sèches au fond du jardin, et neuf mètres carrés de béton pour planter notre tente.
Voilà où on va dormir. Elise fait la conversation en roumain, moi je ne dis pas grand-chose, je suis dans un autre monde, un peu mise à l’écart par la barrière de la langue, et puis j’ai envie de me coucher…
Vendredi 3 Juillet 2009 : Le début de la gloire
Réveillées par le pépiement haute fréquence sonore d’une saleté de poulet. Quelques pommes du jardin pour le petit déj, un café, et en route, Tica nous attend.
A Craiova, c’est le bordel pour trouver un café internet et encore plus pour échanger nos dinars que l’on avait retirés inutilement en Serbie, comme on n’a rien dépensé.
Aucune banque ne les accepte, même quand Elise s’écroule de tout son long dans l’entrée de l’une d’elle, s’étant pris les pieds dans son pantalon…rien de grave…mais so funny !
On rejoint Tica qui nous amène au studio de TV d’une chaîne régionale pour laquelle il travaille en tant que chauffeur.
Une journaliste réalise un mini interview de notre voyage. Elle pose les questions en anglais, on répond en français. Questions bêtes : « quel pays avait vous préféré ? Est-ce que vous aimez notre pays ? » Que répondre ? Oui, je suis arrivée seulement hier soir en Roumanie, mais je trouve les roumains très accueillants et gentils…pff…
Enfin bref, c’est le début de la gloire, on nous filme marchant avec nos sacs à dos, puis assises sur un trottoir.
On pue, on est crades, cela fait un petit moment qu’on n’a pas pris de douche, on est fatiguées…de vraies images de voyageuses, qu’ils ont eu !
Tica nous amène dans son village, à Malu mare, une maison qu’il a construit lui-même, avec un immense jardin. Il nous présente sa femme, qui a des airs de Meryl Streep dans Sur la route de Madison. Douche, lessive, repas, sieste.
Quelques verres de vin et ça y est je suis partie, la contrepetrie d’Elise me donne des fous rires pendant longtemps :
En hommage à notre ami commun Nicolas Dole et à notre hôte Nole :
Dole Nicolas
Nole dit « colas »
Comment ça ce n’est pas si drôle ??? J’en ris encore…
Devant mon hilarité elle en invente une autre :
Nole me soûlait
Nole se moulait
Bref bref…
On ressort le soir à Craiova, il y a un concert de rock en plein air dans un parc. Les collègues de Tica sont là, on boit des bières, on discute.
Elise est déçue, lors de sa première rencontre totalement due au hasard avec Tica, l’année dernière, elle s’était très bien entendu avec lui, avait passé un week end magique. Ils avaient gardé contact par internet, voilà des jours qu’elle est pressée de le revoir.
Mais il semble plus distant, plus réservé.
Peut être que cela fait comme avec moi et Blanka. Il ne faut pas chercher à reproduire des situations…certaines rencontres sont magiques car on est dans un certain état d’esprit, dans un certain contexte. Vouloir revivre la même chose, avec la même personne, des années plus tard, ce n’est pas si simple…
Samedi 4 Juillet 2009 : VISA or not VISA ?
Des amis à Tica nous apprennent qu’il faut maintenant un VISA pour la Moldavie ! Quoi ? J’y suis allée l’été dernier, pas besoin de VISA…du coup on ne s’est pas renseignées, cela aurait-il changé depuis ?
Cela bouleverse tous nos plans, il faudrait aller à l’ambassade à Bucarest, et puis est ce que cela vaut bien le coup de prendre un VISA juste pour quelques jours, avec le prix ? Elise veut absolument aller en Moldavie, elle a prévu de revoir les gens qu’elle a connus là bas, ce serait trop dur de ne pas y aller alors qu’on est si proches…
Moi je ne suis pas sure de vouloir encore y aller si il faut un VISA, je préférerai rester les derniers jours en Roumanie, pour me balader dans les Carpates. On envisage de se séparer du coup dans quelques jours…
Sacré coup au moral, mais il ne faut pas se laisser décourager, on part se balader dans la campagne, on ira vérifier cette après midi à Craiova pour l’histoire du VISA, car c’est louche quand même…
Les paysans travaillent la terre, il fait chaud, ils nous demandent ce qu’on fait. On a entendu parler d’un lac, on voudrait y aller…une mémé nous y conduit sur un bout de chemin, puis une famille nous prend en voiture. La petite fille, trop choupinette, demande à Elise si elle connaît son cousin Diaro…
Le lac n’est pas des plus appétissants, on est loin de la Soca ! Tentatives ratées d’acrobaties
(Daniel ! revient nous montrer comment on fait!)
Le pouce tendu sur la route de Craiova, la deuxième voiture s’arrête. Internet café. Pas besoin de VISA ! Soulagement ! En fait le VISA est obligatoire maintenant pour les roumains depuis les émeutes qu’il y a eut à Chisinau suite aux élections en avril dernier.
Mais pour les français, pas de changements.
Privilège…
On déguste une glace dans un parc, où je me fais vite rappeler à l’ordre car je ne suis pas assise correctement sur le banc. C’est vrai que le paraître prend beaucoup d’importance dans ces pays, surtout en Moldavie où je n’avais jamais vu autant de filles en minijupes, talon hauts, à croire que l’apparence est plus importante que tout…
Mal à la tête, on rentre, on ne connaît pas la route de Malu mare, on demande, on erre. On prend un bus, puis un autre, puis auto-stop. Les trottoirs sont partagés entre les piétons et les chiens errants ; les rues entre les charrettes, les voitures et les camions. Contraste…
Dimanche 5 Juillet 2009 : Un sacré couple !
Tica nous fait faire un bon bout de chemin pour aller jusqu’à Ramnicu Valcea, on fait le reste en stop.
Le premier gars qui nous prend nous a vu hier à la télé ! Célébrité, quand tu nous tiens…
Comme Elise parle roumain, je suis toujours un peu laissée pour compte. Ce n’est pas grave, ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c’est pratique d’avoir quelqu’un qui parle la langue. On s’en sortait très bien en Serbie à bredouiller de l’allemand et de l’anglais, mais les rapports sont quand même plus constructifs quand on arrive à se comprendre.
Et puis elle est mignonne, elle me traduit tout !
Mais là pour la prochaine voiture elle a décidé de faire comme si elle ne parlait pas roumain, et puis c’est moi qui passe devant. Mais le vieux ne comprend pas que je ne comprenne pas, et au lieu d’articuler et de parler plus lentement, il hurle tant qu’il peut. Ca m’énerve, ce n’est pas parce que tu cries que je comprendrais mieux mon petit père….
Bref, à la prochaine voiture, je laisse Elise remonter devant !
Ah ben tiens, celui là, il nous parle d’un français qu’il connaît, un expatrié qui habite vers Ramnicu Valcea. Daniel. Daniel ? Mais on va chez un Daniel nous justement ! Oh ben quel hasard, c’est le même, il se trouve que l’on est tombées sur le voisin de notre prochain hôte, rencontré sur internet !
Daniel et sa femme Constance nous donnent rendez vous dans une pizzeria puis nous conduisent en 4*4chez eux, dans le petit village de Smeurat sur une route de terre défoncée. Des creux, des bosses, des portails en fer forgé, des gamins et des vaches qui traînent dans la rue.
Daniel et Constance sont un couple pour le moins…étrange !
Lui, dés les cinq premières minutes, nous raconte toute sa vie : l’orphelinat, puis récupéré par sa mère avec le beau père qui le battait, 2 mariages ratés, alcoolisme, ces filles qui ne lui parlent plus…son seul bonheur dans cette vie : son camion, quand il était routier, et puis maintenant un jeune roumaine qu’il considère comme sa fille.
Elle, sacré caractère, toujours en train de jurer, de râler « Ah c’te con là, c’te gros lard, non mais c’est pas vrai… » Roumaine, elle est venue en France après un échange de quelques lettres et de photos avec Daniel. Mariage arrangé…selon Daniel, aucun roumain n’aurait voulu d’elle : trop de caractère…
Ils s’engueulent, lui s’écrase, on n’entends qu’elle qui jure.
Non mais sur qui on est tombé ??
Enfin on a un petit appartement particulier, deux lits bien moelleux, les toilettes sèches au fond du grand jardin. On ne va pas se plaindre…
Daniel nous emmène visiter un monastère orthodoxe. Il nous raconte encore des histoires glauques : il s’est fait accuser de viol par une petite fille du village, un tel se fait battre, l’autre est toujours soul, tel ami routier est mort dans un accident…
Il ne doit pas souvent pouvoir se confier, et avec son monstre de femme ça ne doit pas être facile tous les jours, alors il se lâche, enfin quelqu’un pour l’écouter…
Mais enfin c’est assez triste tout ça, on dirait qu’il n’a retenu de sa vie que les malheurs…
Lundi 6 Juillet 2009: Monastère orthodoxe dans les carpates
Daniel est condamné à jouer au taxi-man pour amener sa femme chez une tireuse de carte. Ca ne l’enchante guère mais il n’a pas grand-chose à dire, il aurait préféré nous accompagner en rando, il aime bien ça la rando mais il n’a pas souvent quelqu’un pour l’accompagner.
Enfin voilà, on part seules avec Elise se balader dans les Carpates, un peu soulagées quand même que Daniel ne soit pas venu avec nous, son enfance et ses histoires avec Constance, comment dire…c’est pas qu’on s’en fiche, mais parler que de ça à la longue, c’est déprimant !
Il est déçu aussi que l’on ne reste pas plus longtemps, mais nous, on est comme des oiseaux de passage, on effectue notre grande migration vers l’est, jamais plus de deux nuits au même endroit.
On traverse un charmant petit village, les façades peintes de couleur vive, jaune, ocre, vert, les portails en fer forgé aux motifs de cœur, de losange.
Ca grimpe, un peu, pas trop, mais on n’a plus l’habitude. On s’arrête aux fontaines, aux petites chapelles orthodoxes parsemées le long du chemin.
Les framboises dans les fourrés nous donnent du courage.
On arrive à un grand monastère, les prêtres dans leur longues robes et le visage mangé par une barbe épaisse coupent du bois, on les entend travailler plus haut.
Pour nous, pause casse croûte. A peine fini, il se met à pleuvoir. De plus en plus fort. On est trempées. Ca rafraîchit, j’aime bien la pluie, mais là il pleut quand même un peu trop souvent !!
On ne traîne pas, reprenons le chemin du retour.
Deux petits chats abandonnés miaulent dans les fourrés, ils sont mignons, un peu farouches, on leur offre notre reste de pique-nique. On voudrait pouvoir les garder, il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent dans cette forêt.
Peut être que notre pain et nos sardines en boite n’ont fait que retarder leur cruel destin…
De retour au village, on téléphone à Daniel pour qu’il vienne nous chercher. Elise discute avec une vielle dame. Elle raconte qu’elle a vu un ours, un jour, alors qu’elle cueillait des myrtilles. Cette révélation excite notre imaginaire, on rêve d’en voir depuis la Bosnie ! Allez, on a encore un peu de chance, on n’a pas dit notre dernier mot !
Visite des cures d’Olanesti avec Daniel, l’eau est infecte, soufrée. Parait que c‘est bon pour la santé, certaines personnes doivent en boire des litres par jour. Pouah !
Cependant si cela pouvait guérir mon genou…je me suis fait mal je ne sais pas comment, je n’arrive plus à le plier sans une atroce douleur.
Bizarre, espérons que ça passera vite !!
Mardi 7 juillet 2009 : La route, propice aux réflexions
Nous voilà reparties, des oiseaux de voyages on vous dit ! Daniel nous fait faire un bout de route, Constance râle…malgré leur hospitalité incontestable, je n’aurais pas pu rester plus longtemps. Lui et ses histoires, elle et ses râleries…le couple de l’année !
Stop sans problèmes pour arriver à Sighisoara. Elise dort, moi je regarde le paysage en laissant mes pensées vagabonder.
J’ai deux décisions à prendre…premièrement, je dois décider de ma date de retour. Le 11 ou le 15 ? Mes dossiers de master attendent, puis la recherche d’un appart, et ensuite boulot comme animatrice à partir du 29. Elise, elle, est moins pressée, elle déménage aussi, dans le Sud, mais peut prendre son temps. Elle n’est pas sure de prendre le bus de retour avec moi. Peut être restera t-elle plus longtemps en Moldavie, si elle n’a pas le temps de rendre visite à tout le monde, si les souvenirs se font trop présents, trop forts et qu’elle a envie de se ressourcer dans son pays d’adoption. Elle ne peut pas se décider maintenant.
Autre décision : quel master ?? Il faut que j’aille sur internet aujourd’hui pour informer mes parents de mon choix, et qu’ils puissent envoyer une confirmation pour l’un ou l’autre des master. Paris, c’est disons le « master de mes rêves », une alliance entre ethnologie, anthropologie et écologie. Comprendre le lien entre les sociétés humaines et leur environnement…ça fait rêver, cela a l’air super intéressant mais…c’est à Paris, ville qui me rebute particulièrement, et puis, c’est un master recherche, et je veux au contraire choisir une voie plus profesionnalisante, j’en ai marre des théories, des cours en amphi, la licence m’a largement suffi comme ça !
Perpignan, master pro, biodiversité et développement durable. Le programme a l’air bien, mais moi ce que je voudrai vraiment faire c’est bosser dans l’environnement à l’étranger, dans un pays en voie de développement, pourquoi pas en Asie…mais surtout je veux prendre en compte le réel besoin des habitants autochtones. Bien souvent les occidentaux sont allés dans des pays du Sud pour les aider soit disant à se développer. On sait ce que ça donne…
On traverse les Carpates du Sud, la campagne avec de mignons petits villages colorés et vivants, on croise des charrettes. On nous dépose dans une ville. Tant mieux, ma vessie était sur le point d’éclater et chaque bosse, chaque creux de la route était un supplice.
Ca me fait penser à un livre que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, une autobiographie d’une tibétaine qui racontait son enfance dans les hauts plateaux, puis l’occupation chinoise, ses transferts de camps de détention en camps de détention, la torture, l’autocritique…bref, dans un de ses déplacements, alors qu’ils étaient entassés à l’arrière d’une camionnette en direction d’un camp, elle racontait son envie de satisfaire ce besoin élémentaire, de vider sa vessie. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on est pas des otages là, je peux pisser comme je veux, tiens d’ailleurs on a demandé à des gens dans la rue si on ne pouvait pas utiliser leur toilette.
Vessie vidée, on mange quelques pommes qui nous restaient de notre première nuit en Roumanie, cadeau de la grand-mère, puis on retrouve un camion pour Sighisoara.
Superbe ville, dominée par une citadelle qui me donne aussitôt envie de m’y balader.
Mais le temps de faire deux trois courses et d’engloutir vite fait nos quelques tranches de pain tartinées de crème fromage, notre régime depuis des semaines, il se met à pleuvoir. Et pas qu’un peu. La visite de la citadelle est remplacée par la recherche d’un café internet. On nous envoie dans des directions opposées, on tourne en rond, on courre sous la pluie, on glisse sur les pavés mouillés…et on finit par trouver.
Ce sera Paris, décision envoyée. Mon petit mail flotte dans les airs jusqu’en France.
Ensuite, achat de mon ticket à Eurolines. Pour le 15.
Toutes ces décisions prises, je me sens mieux, je peux repartir en mode vacances, voyage, je ne pense plus à rien, je vide mon cerveau de toute ma vie française. Les études, l’appart : je m’en fiche. On verra ça en temps voulu. Mode voyage j’ai dit !
Stop de nouveau. J’en ai un peu marre, c’est le bordel à chaque fois pour sortir de la ville, on n’a pas envie de marcher avec nos sacs, et j’ai toujours mal au genou. On nous amène au rond point à la sortie de la ville. On attend, des gens s’arrêtent, ils ne connaissent pas le petit village où on veut aller. On regarde sur la carte. Nous on a qu’une carte de l’Europe, alors les petits villages…eux en ont une plus précise. Ah ben ouais, on est dans la mauvaise direction. Demi tour….on nous place sur la bonne route. Heureusement que pour deux filles, le stop marche bien ! C’est au moins la dixième voiture qui nous prend aujourd’hui !
On arrive vite à Apold.
PHOTO 7
Dans ce village, des allemands ont monté un projet, Elise en avait entendu parler en Moldavie et ça lui titillait d’aller voir. C’est juste énorme. Dans une grande maison entièrement retapée, ils accueillent les enfants et les jeunes du village, font des activités, des échanges avec d’autres villes. Jardin pédagogique, douche extérieure chauffée au soleil (il est où le soleil aujourd’hui ?), toilettes sèches.
En ce moment, il y a un échange entre les jeunes d’Apold et des jeunes de la partie hongroise de la Roumanie. N’ayant pas la même langue, pas la même culture, les roumains des deux parties, Sud et Nord, peuvent être assez hostiles les uns envers les autres. Cet échange culturel permet donc de supprimer les à priori et les tensions.
Musique, chants, feu.
On est bien
On part se balader, on cherche un coin sympa pour manger avec Elise, tranquillement. On est vites encerclées par une bande de gamins. Ils sont mignons. Ils nous accompagnent un bout de chemin, partant un à un, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, le plus petit, à peine cinq ans. Sourire malicieux, yeux rieurs, plein d’énergie il nous tient par la main, genre gamin à qui tu cède tout avec sa gueule d’ange, mais petit monstre au fond…
Il est tard, ses parents vont s’inquiéter (qu’on pense…), on demande aux gens du village où il habite, lui étant incapable de nous répondre. Apparemment c’est dans notre direction aussi.
Arrivés vers notre tente, en fait, quelqu’un nous dit que c’est de l’autre coté, la première maison du village. D’où on vient quoi…on repart, il fait presque nuit, c’est dangereux de le laisser rentrer tout seul.
Mal au genou…
On arrive à sa maison, on sonne. Personne. Il est 22h passé, personne ne s’inquiète pour lui ? On le confie à la vieille voisine. Vraiment, c’est différent de chez nous. J’imagine que si à cinq ans mes parents ne savaient pas où j’étais si tard le soir ils auraient déjà rameuté tout le village et appelé les flics…
Soirée au coin du feu avec les allemands et les jeunes, vite abrégée pour moi. Je suis vannée…
Mercredi 8 Juillet 2009 : un ours je vous dis !!
Retour à Sighisora pour une visite de la ville, abrégée hier par la pluie.
PHOTO 8
Collines verdoyantes. Rues pavées, maisons colorées de jaune, ocre, rose ou bleu pâle. Eglise orthodoxe blanche aux coupoles noires. Sculpture de Romulus et Remus. Tiens, qu’est ce qu’ils font là ceux-là ? Tziganes, beaucoup de tziganes. Qui demandent de l’argent ou à manger. Les femmes avec leur bébé dans les bras.
On donne un billet. Cinq minutes plus tard, la même femme. Son bébé a faim, elle veut à manger.
Elise parle avec elle, on vient de lui donner de l’argent, elle peut acheter à manger avec. La discussion s’anime, Elise veut comprendre, pourquoi toujours mendier, et ne pas travailler ? Ce qui la tue, c’est de voir les roumains trimer dans les champs, bosser, et à coté les tziganes qui ne font rien et dépendent des autres. La femme ne s’énerve pas, toujours très fière, mais ne s’en va qu’après avoir craché sur Elise.
On reste sur le cul.
Les tziganes…peuple fier, mystérieux. On a du mal à les comprendre et pourtant ce peuple nous fascine. Un peuple libre, voyageur. Enfin, plus tellement voyageur maintenant, les tziganes, du moins en Roumanie, sont pour la plupart sédentarisés.
Ce qui nous dérange peut être, c’est qu’ils ne rentrent dans aucune case, ils ne correspondent pas à notre monde. Ils ne travaillent pas, vivent au jour le jour, dans un monde où on est de plus en plus matérialistes. Chassés, rejetés depuis tout temps. J’essaye de comprendre. A quoi est due la haine qu’on leur porte ? Les roumains les haïssent. De nombreuses fois, on nous a dit de faire attention aux tziganes. Tica est même allé jusqu’à dire qu’ils avaient le sang sale. Une telle déclaration me sidère. Comment peut on encore dire quelque chose pareille au XXIème siècle ?
Et pourtant, il n’y a pas à dire, ce peuple, depuis les quelques jours que nous sommes en Roumanie, nous énerve déjà. Accrochés à nos basques, pleurnichant d’une manière théâtrale pour de l’argent, ils jouent de nous, ça les amuse. Un peuple fier, incernable, qui ne se laisse pas approcher par nous, les gadjé. Ils s’en foutent de nous en fait. On les fait rire…faut dire qu’il y a de quoi rire aussi. A la poursuite de l’argent, toujours, on amasse, on fait des réserves, on prévoit. Voilà. On est les fourmis, ils sont les cigales.
Mais certaines cigales aiment bien avoir de l’argent elles aussi, de l’or, des choses qui brillent, de belles baraques, des baraques que les fourmis qui bossent dur toute la journée n’auront jamais.
J’ai du mal à comprendre….
On reprend la route, on a un long chemin. Nous aussi, on se plait en nomade…
En stop, les routiers, c’est le pied. Avec leur radio, ils peuvent savoir où sont tel ou tel collègue, et donc nous organiser notre trajet. On descend d’un camion, un autre nous attend. Perfect timing !
Le paysage évolue. Les villages ne sont plus colorés comme dans la région de Sighisora, mais ils ont énormément de charme aussi. En particulier les portails en bois, sculptés de différents motifs.
Une voiture peut nous amener directement à Pietra Neamt. On traverse les Carpates, je guette les ours. On s’enfonce dans un canyon, c’est magnifique. Le chauffeur est sympa et s’arrête à chaque point de vue pour que l’on prenne des photos. On arrive à Pietra Neamt assez tard, le trajet était long. On mange dans un restau franchement pas super, comme dirait Constance « c’est pas qualité ! ». Rien ou presque dans les assiettes, pas de pain, pas d’eau, pas de sauce avec la salade. Pour une fois qu’on se payait le restau, on est déçues !
La nuit tombe, on doit trouver un endroit où dormir. Pietra Neamt est entourée de montagnes, on devrait pouvoir cacher notre tente facilement. On se dirige donc vers la forêt. On traverse un parking d’hôpital, les gens nous regardent, ils doivent se demander ce qu’on fout là, avec nos sacs à dos. On entre dans la forêt, c’est vraiment glauque, il y a des déchets partout, des restes d’os. Il fait noir, ce n’est pas rassurant, des gens nous ont vu rentrer ici, alors on s’enfonce de plus en plus, à travers les broussailles. On trouve un endroit, pas rassurant, parmi les os et les branches mortes, mais enfin il fait déjà nuit, alors on n’a plus le choix.
Le gars qui nous a amené a dit qu’il avait vu un ours fouiller dans les poubelles en pleine ville une nuit, je ne suis pas rassurée. On va mettre la poubelle un peu plus loin, dans un arbre.
Elise dort. Je ne sais pas comment elle fait pour s’endormir tout le temps n’importe où.
Moi vraiment cette forêt me donne la chair de poule, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je ne suis pas tranquille. Je dors un peu, me réveille. La pluie tombe. J’essaye de me rendormir.
Mais un grognement terrible me fait dresser tous les cheveux sur la tête et mon cœur bat à cent à l’heure. Jamais entendu un grognement pareil, ça donne la chair de poule. L’ours !! J’en suis sure, c’est lui. Peut être à 100, 200 mètres, j’en sais rien, peut être plus, ça doit avoir de la portée le grognement d’un ours…En tout cas ça a réveillé tous les chiens du quartier, concerto d’aboiement en ré mineur!
Je secoue Elise, j’ai un peu peur, elle dort profondément. Je me fais des films, on a laissé le pain dans la tente, c’est pas attiré par du pain les ours ?? Et puis, si on ne fait rien, ce n’est pas méchant ! Je pourrais même sortir, aller voir…
Un peu plus tard, deuxième grognement, plus fort, plus proche. Putain merde ! C’est l’ours !
Je réveille Elise, mais quand elle émerge c’est trop tard, le grognement est fini et je ne l’entendrai plus. De toute façon, elle s’est déjà rendormie.
Elle ne me croira qu’à moitié, mais j’en suis sure, en tout cas ce grognement c’était une bête sauvage, et a part un ours je ne vois pas trop…
En tout cas pour moi, impossible de me rendormir. Qui a dit que j’étais peureuse ??
Jeudi 9 Juillet 2009 : un campement pour le moins insolite
Pas mécontente de quitter cette forêt !
Direction la Moldavie. On arrive assez rapidement à Iasi, près de la frontière. Je me suis endormie dans la voiture, me sentant en sécurité avec cette mère et son fils. Je n’aurais pas dû, je suis complètement dans le brouillard maintenant. Ils nous ont déposé à la gare routière. Un moment on hésite à prendre un bus pour la Moldavie, on est fatigué, et c’est toujours galère les passages de frontière…mais finalement non, question de fierté, on est arrivé jusque là en stop, on ne va pas craquer maintenant !
On va au marché, on nous a dit qu’il y avait pas mal de moldaves qui venaient ici pour vendre leurs fruits et légumes, peut être qu’on pourra passer la frontière avec eux.
Un jeune accepte de nous prendre mais il a encore de la marchandise à écouler. « Je pars d’ici une heure ou deux »
C’est bon pour nous ! On attend dans un parc, mangeons des Placinte, souvenirs de l’été dernier.
Frontière, contrôle des passeports, fouillage rapide des sacs, quelques questions sur les raisons de notre venue en Moldavie, tampon, on nous laisse passer.
Yiihhhhhhaaaaaa ! Moldova ! Last destination !
Déposées à la frontière. Il fait chaud, il fait soif. J’essaye de demander de l’eau dans un bar. Eau, un des seuls mots que je sais dire en roumain (avec les formules de politesse bien sur, sans oublier le fameux « ou sont les toilettes ? »)
On me renvoie bouler, Elise va donc tirer l’eau du puits de l’autre coté de la rue. Elle est dégueulasse….
On s’entasse dans une vieille voiture au milieu des pommes de terre et autres légumes. Ils nous amènent à Balti (prononcer Bêêêlltze, comme les moutons).
Balti, la raison pour laquelle Elise voulait absolument aller en Moldavie. Pour son architecture splendide ? Ses plats gastronomiques hors du commun ? Sa vie culturelle trépidante ?
Non, pour sa prison. C’est là qu’est enfermé son ami Slava, qu’elle a connu dans le centre pour réfugié de Chisinau. J’ai de bons souvenirs de Slava aussi, quand je suis allée en Moldavie l’année dernière. Un mec patient, très gentil, fou amoureux d’Elise aussi.
On va à la prison se renseigner sur les horaires de visite. De 8heures à 17h. Il est 17h15….on reviendra demain matin.
En attendant, comme tous les soirs, on doit chercher un endroit où dormir. On avise un terrain, on sonne chez les gens pour leur demander. Finalement, c’est le mari de la voisine qui nous propose de nous amener dans un endroit, selon lui très sûr, où on peut planter la tente sans problèmes.
Après quelques questions, il s’avère que cet endroit très sûr est un aéroport. Il en est le patron. On a dû mal comprendre…mais aéroporto, ça doit bien signifier aéroport non ? Echange de regards interloqués avec Elise. Il nous amène planter notre tente dans un aéroport ??? On ne risque pas de se faire atterrir dessus en pleine nuit ?
On comprend mieux après avoir vu l’aéroport en question.
Un grand terrain vague avec une dizaine d’avions Air Moldova tous plus pourris les un que les autres, rouillés, certains sans hélices, d’autres ans ailes…parait qu’il y en a quand même 3 ou 4 qui volent. Ben je ne me risquerais pas à monter dedans !
PHOTO 9
On est aux anges. Cet endroit est magique ! On plante notre petite tente au milieu de ces tas de ferrailles, le soleil se couche, le patron nous prête une couverture et nous offre des abricots.
Un gardien reste toute la nuit pour veiller sur ces coucous. On se demande bien pourquoi…
Vraiment, c’est l’endroit le plus insolite où on a dormi !
Vendredi 10 Juillet 2009 : Grosse déception mais…we did it !
Café servi par le patron de l’aéroport dès notre réveil !
On remballe vite, la prison nous attend. On stresse un peu, on fait attention à comment on s’habille, pas de pantacourts, pas de débardeurs, on se couvre bien.
La prison. Un grand portail, on voit dépasser les têtes de militaires, debout sur les chars.
A gauche du portail, une petite porte. L’accueil. En roumain, Elise explique notre situation. Contrôle des passeports, demande d’autorisation écrite, on nous fait passer le premier portail. On entre dans la salle d’attente. Des femmes, des hommes, vieux, jeunes, enfants. Tous attendent pour rendre visite à quelqu’un. Ca servait bien qu’on prenne autant de précautions pour les vêtements. Les femmes sont en mini jupe et débardeur à grand décolleté.
On attend un long moment. On s’en fout, on va revoir Slava !
Mais la dame de l’accueil nous rappelle. Ce n’est pas possible de rendre visite à Slava, il nous faut l’autorisation spéciale du chef. Comment ça, et on l’obtient comment cette autorisation ? Elise insiste. La dame de l’accueil, gentille et compatissante, arrange un rendez-vous avec le fameux chef. On attend encore, on fait connaissance avec un couple. Il s’avère que leur fils est dans la même cellule que Slava. Ils donnent des conseils à Elise ; il va falloir être convaincante, supplier le chef. Dire qu’on vient de France exprès pour voir Slava. Et puis, discrètement, prenant Elise à part, chuchotant, l’homme ajoute : « si besoin, glisser un peu d’argent… » Ah ben oui, tout le monde est corrompu ici. Mais quoi, ça veut dire que si on ne donne pas d’argent, aucune chance de voir Slava ? Pour se faire une idée, on demande : combien faudrait il donner ? L’équivalent de 10 euros…une fortune ici !
On ne veut pas rentrer dans ce système pourri...je me souviens de ce que nous racontait Vova, l’été dernier, au sujet de la corruption. Tout se paye. Impossible d’obtenir un diplôme universitaire sans corrompre le correcteur. Les flics, les médecins, tout le monde, tout le monde est corrompu. Comment lutter ?
Elise peut rencontrer le chef. Moi, je dois rester. L’attente est longue. Je vais demander à la dame à l’accueil, dans un roumain plus qu’approximatif. Où est Elise ? Et moi, est ce que je peux y aller ? Non, moi je dois attendre. Alors attendons….je ne me sens pas à l’aise ici, je ne sais pas où est Elise, je ne comprend rien à ce qui se passe autour de moi.
Enfin, elle revient. En larme. Le chef est catégorique, on ne peut pas voir Slava. Il faudrait une autorisation de Chisinau. Bien sur…il l’avait, le pouvoir de nous laisser entrer !
Si on avait donné de l’argent, est ce que ça aurait changé quelque chose ? On ne saura jamais…
Grosse déception. Mais si on ne peut pas voir Slava, on peut toujours lui faire passer un colis.
Courses au supermarché puis retour à la prison. Il faut détailler par écrit tout ce qu’on amène. La quantité de chaque conserve, chaque paquet de gâteau. Mais on ne peut pas faire passer de mot.
On refait des courses pour nous. Un tzigane nous aborde dans la rue, il a faim. Voyant qu’il attend à la sortie du supermarché, on lui achète un pain. Il le refuse violemment, lui voulait du lait. Il nous suit encore un moment, on finit par s’énerver un peu. On peut lui donner du pain, c’est tout, on ne va pas racheter du lait !
On finira par donner ce pain avec de la viande à une petite vieille qui nous remerciera comme si on était tombées du ciel. C’est triste…recevoir la bénédiction d’une dame pour un bout de pain !
On retourne chercher nos sacs laissés dans un bar, et comme on ne prend jamais un café sans le rentabiliser à fond, on s’approprie les toilettes pendant un moment : vaisselle, lessive, brossage des dents, toilette rapide.
Direction Chisinau, notre dernière ligne droite. On est émues. Notre dernier trajet en stop…
On attend un peu, puis deux gars s’arrêtent, belle voiture. Ils peuvent nous amener à Chisinau, mais pour 100 lei, soit plus de 6 euros. On marchande, arrivons à faire diminuer le prix de moitié. Ca m’énerve de payer ce trajet ! Les gens qui n’ont rien nous emmènent gratuitement et eux, dans leur belle bagnole, ils nous font payer. J’ai envie de refuser mais Elise est ok pour monter, et puis on a hâte d’arriver à Chisinau.
Ces deux gars sont hautains, arrogants. Ils s’en foutent de nous, on rapporte du fric, c’est tout.
Je les déteste dès le premier regard. Je suis déçue que ce soit sur eux qu’on soit tombé pour notre dernier trajet. Et puis ils roulent lentement, trop lentement, les kilomètres défilent peu à peu. Ils font un détour dans un petit village pour apporter quelque chose à leur famille, au moins on visite la campagne moldave !
Les villages ont changés, les portails sont maintenant en fer forgé, bleu ou vert, avec des motifs de losange ou de cœurs, un peu comme à Ramnicu Valcea en Roumanie.
A l’entrée de la capitale, il y a une grande sculpture, « Chisinau » écrit en grand.
On demande aux deux gars de nous déposer ici. Photos souvenirs ! On est contentes d’être arriver ici, sans problèmes. Tout s’est bien passé, même très bien !
Toutes les recommandations de la famille avant le départ et les éternelles mises en garde dans les Balkans avaient fini par nous faire croire qu’on entreprenait en effet une dangereuse aventure…mais ce qu’on vient de faire prouve bien que non, ce n’est pas plus dangereux que ça, il y a un risque certes, mais mesuré si l’on fait un peu attention…
Souvent, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de l’inconnu. Mais à vivre constamment dans la peur, on finit par ne rien faire.
On retrouve Octovian, un ami d’Elise, directement chez lui, conduites par un gentil jeune homme qui a fait bien des détours pour nous emmener, nous a prêté son portable pour appeler Octovian. Finalement, c’était lui notre dernier conducteur !
Octavian parle anglais, c’est cool, Elise n’est pas obligée de faire la traductrice et je peux m’exprimer comme je veux ! Et puis l’anglais me manquait, en Slovénie on le parlait tout le temps avec les gens, on avait fini par se parler en anglais avec Elise même quand on était que toutes les deux. Dans les Balkans on le parlait aussi, avec Dolores, avec Daniel.
Mais depuis la Roumanie, le français et le roumain avaient pris le dessus et donc oui, l’anglais me manquait ! J’aime parler anglais, je trouve que ça donne un autre sens au voyage.
Soirée tranquille avec Octavian et son cousin, on discute de choses et d’autres.
Samedi 11 Juillet 2009: la vie à Chisinau
Chisinau n’a pas changé.
Ses trolleybus rouges et bleus avec leurs portes grinçantes, et les femmes qui vendent les tickets toute la journée, l’œil aux aguets pour surveiller les nouvelles montées, se déplaçant difficilement au milieu de la foule compactée à l’intérieur. 1 lei le ticket, prix dérisoire, 15 lei valant 1 euros.
Ses affiches en russes, les autres en roumain, révélant la mixité de la Moldavie. Pro-russes et pro-roumains qui vivent ensemble, non sans heurts.
Ses vieux immeubles gris et moches de l’union soviétique.
Ses filles ultra maquillées, talons et minijupes, qui nous font prendre conscience plus fortement de nos allures de clochardes.
Ses grandes affiches de publicité, en particulier les bancs rouges KIT et KAT dont la présence m’a étonnée dans un pays à régime communiste.
Son parc Stefan Cel Mare, lieu de rendez-vous de toute la ville, qui me rappelle de bons souvenirs l’année dernière, quand, Elise à l’accordéon et Slava à la guitare, jouaient des airs de mazurka et que Nico et moi dansions.
C’est d’ailleurs dans ce parc que nous retrouvons Sabine, une française qui fait un SVE à Chisinau, amie d’Elise. Une petite boule d’énergie, pétillante, drôle, joyeuse. Nous qui commencions avec Elise à se lasser un peu du voyage, des rencontres, de défaire et refaire nos sacs tous les jours, elle nous rebooste largement !
Bière pour fêter notre arrivée et le départ imminent de Sabine.
Eurolines, on achète le ticket d’Elise, qui part au final le même jour que moi, super !
Sabine fait une good-bye party ce soir, dans un grand parc. Tous les volontaires sont là, des moldaves aussi. Ca parle anglais, roumain, français, allemand, russe, c’est sympa.
Je discute longuement avec deux filles moldaves, deux sœurs, qui parlent un français impeccable.
Les filles moldaves, de ce qu’on nous a dit et de ce que l’on peut voir, attachent beaucoup d’importance à l’apparence. Elles sont, on pourrait dire, superficielles. Préféreraient ne pas manger pendant deux jours pour s’acheter le dernier tube de rouge à lèvre.
Mais elles, les deux filles avec qui je discute, sont l’exception qui confirme la règle. Elégantes, mais pas provocatrices, elles sont surtout très cultivées. On parle politique, cinéma, livres…elles me conseillent des auteurs roumains. La soirée passe vite, la nuit tombe, elles s’en vont.
Je continue la soirée à discuter avec Octavian, Kenzo à coté joue de la guitare et chante en russe, Elise discute avec Gheorghe.
Octavian est un mec qui rêve de liberté, qui rêve de continuer ses études de sociologie ailleurs. Il en a marre de sa vie en Moldavie, marre du gouvernement, marre d’être coincé là. Il habite chez ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler, qui ne se supportent plus mais qui ne divorcent pas, par lassitude ou habitude. Ca le soule. Il est parti l’été dernier faire un SVE en Islande, pour bosser avec les sans-abri. Une belle expérience, pas facile.
Il me propose d’aller nous balader, de nous éloigner un peu du groupe. Il fait bon, on entend de la musique jouée dans un bar pas loin. Je ne sais pas trop comment, on finit par se retrouver allongés dans l’herbe, côte à côte, s’enlaçant et s’embrassant. Je ne réfléchi pas en voyage, j’arête de me poser milles questions sur ce que je devrais faire ou ne pas faire, contrairement à ma vie en France où je pense beaucoup trop. J’écoute seulement mon coeur et mon instinct. Et là ils me disent juste de profiter du moment présent, même si ça ne mène à rien, et tant mieux d’ailleurs. Je n’attends rien.
Il est tard, la pluie commence à tomber, quelques gouttes d’abord, puis de plus en plus fort. On remballe tout, les couvertures, les bouteilles, la nourriture, on va tous se réfugier chez Julie, une autre volontaire française. La soirée continue au sec. Jeux de cartes, papotages, puis on tombe tous les uns après les autres dans le sommeil, alors que le soleil est près de se lever. Je m’endors dans les bras d’Octavian à même le sol.
Dimanche 12 Juillet : Madame poulet
Nuit trop courte…Octavian s’en va en début de matinée chercher des affaires chez lui, les autres suivent, seules Elise et moi restons chez Julie qui a un peu trop bu hier et a une bonne petite gueule de bois.
Le trolleybus et le machoutka nous ramènent chez Octavian dans l’après midi. Petite sieste bien méritée.
On se retrouve tous, les volontaires et autres, dans la soirée, à essayer de trouver un bar qui n’est pas fermé. On finit par en dénicher un. L’alchimie est bonne, tout le monde discute, échange ses opinions et ses connaissances. Max et Gheorghe nous font des tours de magie, tandis que je me lance dans une grande explication sur la sexualité des poulets et l’adoption interspécifique chez les tourterelles. Cours d’éthologie de l’année dernière….en tout cas, en anglais c’est vraiment pas facile à expliquer et je pense que personne n’a compris ce que je disais, m’empêtrant toute seule entre les émissions haute fréquence sonore de telle poule et les attirances de tel anatidé pour Monsieur Lorenz…enfin ils sont gentils, au moins ils font semblant d’avoir assimilé quelque chose à mon charabia…
Elise se rapproche de plus en plus de Gheorghe, mais non, elle a un copain en France…mais elle doute, son copain, elle n’est pas sûre d’en être vraiment amoureuse, il n’y a pas cette petite flamme, ce petit pincement de cœur dès qu’elle le voit. Pourtant ils ont les mêmes opinions, s’entendent à merveille sur tout, mais il manque quelque chose…
Avec Gheorghe, elle l’a, ce petit quelque chose, et ça lui fait tourner la tête…
Lundi 13 Juillet 2009 : Chisinau d’en bas et Chisinau d’en haut
Sensées se réveiller assez tôt, prendre un bus pour aller dans un village et passer la nuit là bas. Mais voilà, quand on se lève et que l’on voit les gouttes de pluie glisser sur les carreaux on se recouche aussitôt, et rattrapons le manque de sommeil accumulé pendant le voyage. Mais enfin on est à Chisinau, notre but ultime, alors maintenant qu’on y est autant en profiter ! On décide donc d’aller dans le centre dans l’après midi. Mais à Chisinau, Elise va me tuer quand elle lira ça, mais je prends le risque… donc, à Chisinau disais-je, il n’y a pas énormément de choses à faire. On déambule dans les rues, on va faire une sieste sur un banc dans le parc Stefan Cel Mare mais le froid a raison de nous.
On va voir la maison du parlement qui a subi bien des dégâts lors de la révolte étudiante en avril dernier. Meubles et ordinateurs brûlés et saccagés, vitres brisées. Les jeunes ont protesté contre la victoire du PC aux législatives, et exigeaient un nouveau décompte des bulletins. Cette révolte s’est soldée par une victoire des manifestants puisque des nouvelles élections vont avoir lieu dans quelques jours !
On monte dans un trolleybus, le premier qui passe, ce qui nous permet de visiter d’autres coins de la ville à travers les vitres. Et puis il s’en passe des choses dans le trolleybus. Les gens montent, descendent, des mamies chargées de paniers de légumes que je n’arrive même pas à soulever gravissent péniblement les marches, les hommes cèdent automatiquement leur place aux femmes plus ou moins jeunes, et nous on fait nos touristes. En fait, le bus, c’est un peu le miroir de la société de chaque pays.
On rejoint Sabine et Gheorghe dans la soirée et décidons de monter sur les toits pour observer le soleil qui se couche sur Chisinau. C’est beau, le ciel se teint de rose, éclairant les vieux immeubles décrépis à l’architecture typiquement soviétique. Les voitures défilent en bas à toute vitesse, traînées de lumières jaunes et rouges. On est haut, j’ai un peu le vertige, mais c’est une sensation grisante.
Le Rock’n roll café nous ouvre ses portes un peu plus tard. Octavian nous a retrouvé, on s’amuse à gribouiller sur un billet de un lei des messages anti-communistes. Il fait parti des dizaine de milliers de manifestants anti-communistes, qui, comme lui, rêvent de l’entrée de la Moldavie en Europe. Ils n’en peuvent plus de ce pays sans liberté, de la politique pro-russe du président Vladimir Voronine, du taux de chômage important, de la pauvreté du pays engendrant un exode massif de la communauté active vers les pays de l’UE.
Il est tard, on rentre chez Octavian. Je m’endors dans ses bras. C’est notre dernière nuit à Chisinau, demain on reprend la route vers la France, c’est la fin de notre voyage. Déjà.
Mardi 14 Juillet 2009 : Je n’ai pas peur de la route
Fête nationale aujourd’hui en France, discours du président, feux d’artifice et tout le bordel…comme ça me semble loin ! Et qu’est ce que c’est bien d’être coupé du monde, de ne pas savoir ce qu’il se passe.
Avec Sabine on va faire un tour dans la grande friperie de Chisinau puis on se quitte. Elle nous offre un petit cadeau de départ, un livre qu’elle a adoré. Tziganes ça s’appelle, c’est le témoignage d’en enfant gadjé qui a vécu avec les tziganes. Peut être ce livre nous permettra de mieux comprendre cette communauté qui nous fascine en même temps qu’elle nous dérange.
Dans un bar avec Gheorghe et Octavian, on boit des bières, on se soule un peu. Gheorghe sort un jeu de cartes, la serveuse accourt aussitôt. Pas le droit de jouer ici, les cartes, c’est un jeu d’alcoolo, elle veut préserver la réputation de son café. Elise et moi tombons des nues. On veut partir, de quel droit nous empêcherait-on de jouer ? Mais les gars sont blasés, habitués à ce manque de liberté, et ont la flemme de bouger…alors on reste. Mais sans faire d’efforts pour bien se tenir. Esprits provocateurs sans doute, on s’amuse à s’écrire dessus.
Le bras d’Elise est décoré d’un gros « Jos communist » au marqueur noir, tandis que l’on peut lire « Jos Sarkozy » sur celui de Gheorghe. A bas les communistes, à bas Sarkozy…à chacun ses problèmes…
Il est l’heure de partir. N’ayant aucune envie de rentrer en France, j’ai cependant envie de reprendre la route et de partir d’ici. Peut être à cause de ma relation avec Octavian…notre relation s’est trop vite officialisée, à se tenir par la main et à s’embrasser dans les rues, et je n’avais aucune envie de ça. Ses déclarations, ses « tu vas me manquer » m’énervent. Bien sur que non, je ne vais pas lui manquer. On se connaît depuis quoi, quatre jours ?
J’aime les relations en voyage. Parce que l’on sait que cela va être éphémère. Pas de promesses, pas de plans pour le futur, pas de préoccupations, juste vivre le moment présent, sans se poser de questions. Et là, ce n’est pas ça, lui voudrait que notre histoire continue quand il obtiendra son VISA pour venir en France, et moi, sans oser lui dire vraiment, je n’en ai aucune envie.
Les au revoirs sont en fait plus difficiles entre Elise et Gheorghe.
On est dans le bus. On ne parle pas beaucoup, chacune dans ses pensées. On repense à notre voyage, nous remémorons parfois quelques anecdotes, partageons quelques réflexions, mais globalement on a besoin chacune de se retrouver pour une analyse rétrospective de notre voyage, pour prendre du recul.
On a parcouru plus de 4000 kilomètres, je n’ai pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on repart sitôt arrivé, j’aime généralement rester au même endroit plusieurs jours, plusieurs semaines, pour vraiment apprécier l’ambiance d’un lieu et favoriser les rencontres plus profondes.
Cependant ce voyage m’a beaucoup appris, et j’ai vraiment apprécié le fait de ressentir tous les kilomètres au fond de moi, de voir les paysages évoluer lentement, de sentir l’histoire de chaque pays traversés.
J’écoute de la musique. Noir désir, « je n’ai pas peur de la route, faudrait voir faut qu’on y goûte, des méandres aux creux des reins et tout ira bien… » Oui, j’ai goûté à la route, à ses plaisirs, à ses mauvais cotés aussi. Je n’ai pas peur de la route. J’aime la route.
On arrive à la douane. On doit descendre du bus, contrôle des sacs. Le douanier compare d’un œil sévère la photo du passeport avec la tête du détenteur, fait ouvrir quelques sacs au hasard, pose des questions. C’est là qu’Elise se rend compte qu’elle n’a plus son passeport.
Comment ça plus de passeport ? Non mais merde, quoi, Elise, on est à la douane, on rentre dans l’UE, sans passeport, on ne franchit pas la frontière ! Elle retourne dans le bus, fouille sous tous les sièges, vide son sac, demande aux gens, refait le chemin inverse, pas de passeport. Petite panique, mais finalement le chauffeur de bus l’avait retrouvé par terre et donné directement au douanier. Ouf ! C’est seulement la deuxième fois que tu nous fais le coup du passeport, Elise…
On repart. Comme il n’y a pas grand monde dans le bus on squatte à toutes les deux les sièges du fond, pouvons nous allonger et dormir un peu. Il est 4 heures du matin quand on arrive à Brasov, la ville en Roumanie d’où on repartira dans quelques heures avec un autre bus.
Mercredi 15 Juillet 2009 : Une mamie tu secourras, des gâteaux tu mangeras !
Elise se déguise en superwoman et sauve une petite mamie en détresse ! Le bus Eurolines pour Lyon, celui que l’on prend, part à 8h30. Mais la mamie qui était dans notre bus hier et qui a dormi avec nous pendant les quelques heures de transit dans la gare routière a un billet pour Paris. Or sa fille l’attend à Lyon ! C’est la panique, branle bas de combat, tout le monde y met du sien, la rassurant, allant au guichet Eurolines, demandant au conducteur…mais personne ne peut nous dire si il y a de la place de libre dans le bus pour Lyon et donc si elle va pouvoir échanger son ticket !
Elise se propose d’échanger son billet avec le sien, car on n’imagine pas trop cette mamie qui ne parle pas un mot de français ni d’anglais débarquer dans la capitale, le soir, sans adresse où dormir et avec sa fille qui l’attend à des centaines de kilomètres. Elise, elle, pourra toujours se débrouiller.
Mais, comme dans toutes les belles histoires, tout fini par s’arranger, la mamie peut échanger son billet, c’est la fête, tout le bus est soulagé, on embarque, go !
C’est parti pour trente-six heures de bus…
Pas grand-chose à faire à part dormir, lire, écouter de la musique, manger, dormir encore. Le bus s’arrête toute les deux heures. Comme on a jamais d’argent pour aller aux toilettes on supplie les dames pipi dans tous les pays traversés. D’un coté comment pourrait on avoir des pièces moldaves, roumaines, des euros et des francs suisse ? On se rend compte de l’augmentation du coût de la vie rien que par le prix des toilettes. C’est pas bon de revenir vers l’ouest…on n’avait plus l’habitude de ces tarifs !
Jeudi 16 Juillet 2009 : “I am a poor lonesome cowboy”
Bonne ambiance dans le bus, on nous offre à manger des sandwichs et des gâteaux, tout le monde se parle, enfin moi je ne comprends pas grand-chose mais ce n’est pas grave !
L’inscription sur le bras d’Elise suscite bien des commentaires, et les gens sont curieux de savoir ce que l’on est allées faire en Moldavie.
Seule la musique affreuse, diffusée bien sur dans les enceintes au-dessus de moi, m’horripile. J’arrive quand même à lire un peu, j’ai fini mon livre sur la Lituanie ainsi que le livre d’Elise sur le colonialisme en Afrique, très bon livre d’ailleurs, qu’elle n’a par contre pas aimé.
On retrouve les lieux déjà traversés, pancarte indiquant Saint Gallen, ça ne vous rappelle rien ? Lausanne, le lac Léman, les Alpes qui se profilent à l’horizon, se rapprochent, on arrive bientôt !
On est même à Lyon plus tôt que prévu. Au lieu d’attendre le prochain train, on décide de tenter le retour sur Clermont-Ferrand en stop. Accros, nous ?
Pas facile de sortir de Lyon, mais on finit par être déposées sur la nationale en direction de Clermont-Ferrand. Il est 19h30. Et là on réalise…qui, non mais qui, pourrait bien aller à Clermont à cette heure si, un jeudi soir, et par la nationale en plus ?? Y’a pas de problèmes, les voitures sont nombreuses à s’arrêter, mais c’est des gens qui habitent à 5 ou 10 kilomètres, qui bossent à Lyon la journée et rentrent chez eux le soir...personne ne va à Clermont-Ferrand maintenant !
Franchement, après les 48 heures de bus, on a vraiment envie de rentrer chez nous, de prendre une douche, mais j’ai comme le pressentiment que l’on va camper ici ce soir ! Sans rien à manger…
La dernière fille qui nous a pris nous avait proposé de dormir chez elle, on a refusé, on est connes…
Heureusement l’instinct féminin n’est pas toujours vérifié et une petite voiture s’arrête devant nous. Edmée, qui va jusqu’à Aurillac, est même prête à faire un petit détour pour nous déposer à Clermont ! On discute, c’est elle-même une voyageuse, elle est allée au Vietnam entre autre, on en parle, on se remémore les noms de ville, l’ambiance de ce pays. Illustratrice de livres pour enfants, elle fait quelques aquarelles pendant ses voyages. De fil en aiguille on réalise qu’elle a rencontré mes parents l’hiver dernier en Laponie alors qu’ils faisaient du ski de rando ! Le monde est petit !
Un terrible orage nous surprend aux environs de Noirétable, on est obligés de s’arrêter dans une station service tellement la visibilité est réduite. Je ne crois bien n’avoir jamais vu de ciel bleu à Noirétable ! Il doit y avoir une micro dépression qui reste toujours dans ce coin !
On se rapproche de Clermont, la pluie s’est arrêtée, on assiste à un magnifique coucher de soleil sur la chaîne des puys. La silhouette noire et allongée des volcans se détache du ciel rouge. C’est beau. On est bien contentes de rentrer quand même, contentes de cette fin, comme dans Lucky Luke, quand il s’en va sur son cheval vers le soleil couchant après une belle aventure. « I’am a poor lonesome cowboy… ».
Sur les routes d’Europe
Prélude au voyage
Et voilà, c’est parti pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure…je crois que je ne peux plus m’en passer ! Sitôt retournée sur les bancs de la fac je pensais déjà au prochain été, à mon prochain voyage. Ce ne sont pas les destinations qui manquent, ni les idées ! L’Asie du Sud-est, le Népal, le Tibet, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Amérique du Sud, l’Irlande….autant de pays qui me font rêver ! En fait je crois que peut importe la destination, l’essentiel c’est d’en rêver, d’en avoir envie, d’y penser jour et nuit avant le départ puis de concrétiser son rêve, de venir à bout de son projet et de revenir des étoiles plein la tête.
J’avais également envie de travailler dans une réserve naturelle, comme l’année dernière, mais à l’étranger cette fois. En Roumanie, dans les Carpates ou dans le delta du Danube…. Et puis une idée a commencé à germer dans ma tête : en Roumanie, j’irais en stop, pour traverser tous les pays, les ressentir au fond de moi, pour faire des rencontres…et puis une fois en Roumanie je travaillerais quelques semaines dans une réserve. J’avais envie d’aller en Slovénie pour rendre visite à des amies rencontrées en Irlande, ça serait l’occasion !
C’est donc parti pour les recherches sur Internet, le début de l’aventure….mais je n’arrive pas à trouver de réserves qui recherchent des bénévoles, encore moins qui ne parlent pas un mot de roumain ! J’abandonne donc l’idée, mais le projet de traverser l’Europe en stop reste bien ancré dans ma tête et ne veut pas en sortir, je ne sais pas pourquoi…pourtant je n’ai jamais fait de stop, même en France, alors se lancer dans un tel projet….Mais c’est impossible d’arrêter un rêve, et celui là est trop bien implanté, comme une adventice tenace que même la raison, puissant désherbant, ne saurait en venir à bout ! J’en parle donc à Elise, car je ne veux pas me lancer sur les routes toute seule. Et puis le voyage seule, j’adore, cela permet une liberté totale, des rencontres plus fortes, mais le voyage à deux, cela a ses avantages aussi…c’est plus rassurant, cela permet d’être moins tout le temps aux aguets, de se reposer un peu sur l’autre, et puis de partager une aventure à deux !
Elise est d’accord, elle aussi a envie d’aventures et puis la Roumanie c’est son pays de cœur….
Ne reste plus qu’à tout organiser. Entre mes dates d’examens, son boulot, mon boulot, nos recherches d’appart, on arrive à caser 5 semaines entre juin et juillet.
Le projet mûrit, on a envie d’aller dans les Balkans aussi, et puis Elise continuerait bien jusqu’en Moldavie, retourner là où elle a vécu un an, raviver les souvenirs et revoir des amis.
Mais cinq semaines c’est court, très court : il faut faire des choix…on décide de sélectionner des pays où on a envie de rester et d’autres que l’on traversera juste. Le choix se fait naturellement : la Slovénie, pour ses rivières et pour le parc national du Triglav. La Bosnie, pays mystérieux dont le nom a des consonances amères de guerre, dont on veut mieux comprendre l’histoire. Et puis la Roumanie, les Carpates …
Quelques recherches pour trouver des gens pour nous héberger, mais sans plus : on a la tente, on veut être autonome le plus possible.
Et puis voila, entre les cours, les exams, un soir, on y est, on part demain matin. Les sacs sont faits, on fait encore quelques recherches, on parle et on s’endort, demain débute l’aventure !
Lundi 8 Juin 2009 : « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas » Lao Tseu
C’est sous un ciel nuageux que notre aventure commence. Les sacs ne sont pas trop lourds, on a réduit au maximum les affaires, encore que l’on a réalisé au cours du voyage que l’on aurait encore pu réduire plus…
Derniers préparatifs juste avant le départ, on prend un bout de carton, premier parmi des centaines, Elise me conseille de prendre un pantalon imperméable, impossible de le trouver, ce n’est pas grave, je pars sans…je le regretterai bien par la suite !
Papa nous amène au premier péage sur l’autoroute, en direction de Lyon. Pas d’angoisse, pas de stress, juste de l’excitation…voilà bien longtemps que je rêve de ce voyage et nous y voilà ! Voyager à deux enlève un peu de peur, ce n’est pas plus mal pour moi, grande stressée de la vie !
Donc nous voilà à ce péage, on se demande combien de temps on va attendre avant qu’on nous prenne, c’est un peu comme si tout dépendait de ce moment là…si on met quatre heures à décoller de Clermont-Ferrand, cela remet un peu en jeu notre périple.
Mais les craintes sont infondées car à peine cinq minutes après que l’on ai commencé à tendre fièrement le pouce et quelques sourires désolés de routiers, un homme s’arrête. Il va à Lyon, c’est bon pour nous ! Ce père de famille, ingénieur en électroménager suit une formation développement durable à Paris, vit à Orléans et travaille à Lyon. Un habitué de la route, quoi ! Il s’était levé très tôt ce matin pour arriver à son boulot à Lyon en début de matinée, mais ce n’était pas son jour : il avait fermé sa voiture en laissant les clés à l’intérieur et ne pouvait donc pas partir...déjà en retard à son boulot, ayant annulé tous ses rendez-vous, il fait un petit crochet pour nous déposer sur une aire d’autoroute à 80 kilomètres de Chambéry.
On casse la croûte dans un coin d’herbe après avoir cherché partout un ouvre boite pour ouvrir notre conserve de rillettes…finalement c’est un vieux monsieur dans un camping-car qui manque se couper la main en l’ouvrant avec un couteau et une pierre….ah ben oui cette technique est assez efficace aussi…
On retourne sur la route, avec un nouveau panneau « Chambéry- Aix les Bains ». Là également une voiture s’arrête très rapidement. Un beau monsieur en uniforme s’arrête : c’est un pilote d’avion. Ouah…pilote d’avion !!! La classe !!! On discute de son boulot, de la société, de politique (un peu)…comme il dit « on refait le monde, il ne manque plus que les bières ! »
On arrive à 14h30 à Aix les Bains : on ne pensait vraiment pas arriver si tôt, on a eu une chance incroyable ! On va déposer nos sacs chez Ives et Isabelle, l’oncle et la tante d’Elise, chez qui on passera notre première nuit.
On va visiter la ville, c’est charmant, il y a un bal musette dans un parc, on y reste un moment en attendant de retrouver Anna et Antoine son amoureux…On va boire un coup, bières blanche, blonde, Monaco et bière cerise…on parle notes : et oui Anna m’apprend qu’on vient d’avoir nos résultats : c’est bon j’ai mon année !
J’ai laissé tous les dossiers de Master à mes parents pour qu’ils les envoient mais je ne suis toujours pas décidée de ce que je vais faire l’année prochaine…peut être ce voyage me portera conseil, j’en doute, moi et mon avenir c’est quelque chose de très flou dont je n’aime pas trop penser !
Petite virée rapide au bord du lac du Bourget puis Anna nous ramène chez l’oncle et la tante d’Elise. C’est peut être la dernière fois que je la vois, Anna, l’année prochaine on va tous être éparpillés au quatre coins de la France et on ne se reverra sûrement pas très souvent…c’est dommage, on s’entendait tous bien dans cette promo, mais le changement c’est bien aussi !
Isabelle nous prépare une bonne soupe, on fait un tour sur Internet pour choisir nos futurs hôtes … « Ah oui, lui il est mignon… », « Ah non il est trop jeune », « Lui il fait peur et puis il est vieux en plus », « Ouais mais là y’a plus personne alors tampis on tente ! » Ah Ah, durs choix ! Surtout qu’on ne sait jamais trop quoi dire aux gens pour les dates : le stop, c’est imprévisible, mais comme on a la tente on ne se stresse pas trop !
Isabelle veut regarder « Autant en emporte le vent » à la télé. Fidèle au livre, le film est incroyablement long et assez « boring », nos yeux se ferment, on finit par aller se coucher.
Mardi 9 Juin 2009 : petit aperçu de la Suisse
Douche, visite de l’immense jardin d’Yves et Isabelle, on voulait partir tôt mais on s’éternise un peu…ce sera comme ça pendant tout le voyage, on met le réveil tôt mais on ne part que trois heures après, le temps de prendre un dernier café, de dire au revoir…
Isabelle nous amène au péage pour aller en direction de Bern. Dernières recommandations :
« Faites attention, hein, et si jamais vous avez besoin d’argent, vous demander, tenez, voilà de quoi vous payer un café … » et elle nous tend un billet de 20 euros !
Au début du péage, avec notre panneau « Annecy Genève ». Après même pas cinq minutes d’attente, un jeune routier s’arrête. Il est marrant, téléphone à son pote « Et devine quoi, j’ai deux autostoppeuses ! Ben ouais qu’est ce que tu veux, c’est ça la chance, je sais pas comment tu te débrouilles…attends tu me crois pas ? J’vais les prendre en photos » « Ca vous dérange pas les filles si j’vous prend en photo ? Sinon il me croira pas ! »
Il sort son portable, nous prend, retéléphone, regarde sa carte, fait des grands écarts vers le fossé, reprend le volant à la dernière seconde…youhou c’est la fête!
Il nous dépose à la sortie de l’autoroute, vers Annecy. On est prise par une dame en minibus qui nous approche de Genève. Elle est gentille mais nous dépose dans un carrefour pas possible, super dangereux : il y a des routes qui se croisent de partout, les voitures roulent hyper vite et il n’y a pas de bas coté pour s’arrêter…super, on a peur de créer un accident, et puis les gens ne s’arrêteront jamais !!!
Mais le voyage nous apprendra qu’il ne faut jamais dire jamais et que c’est toujours au moment où l’on commence à se décourager que tout s’arrange. En fait on attend juste une demi heure mais comparé aux cinq minutes auxquelles on s’était habitué on trouve ça super long ! Par la suite on apprendra à être plus patientes…
Bref, heureusement, Juliette, dans sa petite voiture automatique, voyageuse dans l’âme, prend le risque de s’arrêter et nous dépose à Genève, en faisant même un détour pour nous amener vers la bonne route. Hey, nous voilà en Suisse, déjà !!!!
Pause casse croûte vers le Lac Léman, il fait beau, Elise donne à manger aux pigeons.
Sur la route, en direction de Lausanne. Personne ne s’arrête, les voitures tracent, certaines personnes nous font un petit sourire ironique….pff…aucune pitié vraiment !!! Y’a des fois on a vraiment l’impression de faire l’animation du quartier…au moins on sert à quelque chose !
Au bout d’un moment un gars s’arrête, il nous dit qu’il peut nous amener quelques mètres plus loin, où les voitures s’arrêteront plus facilement. On grimpe dans sa belle voiture, vitres tintées, il bosse à l’ONU. On aura vraiment été prises par tous les types de personnes !
Il avait raison…à peine le pouce tendu dans ce nouvel endroit un camion s’arrête. Memet, turque, qui transporte des kebabs (le gros cliché…) peut nous déposer à Bern. On parle mi-allemand, mi-français, il est sympa, on file à travers la Suisse sous un beau soleil, les Alpes sur la droite, le lac Léman sur la gauche, tellement grand qu’on croirait la mer. La musique dans le camion, je me sens vivante, heureuse d’être là, dans ce camion, à ce moment précis….Memet insiste pour nous offrir des glaces et des boissons sur une aire d’autoroute, on est un peu gênées par sa gentillesse. A la suite du voyage on nous aura tellement donné et offert que l’on ne sera plus du tout gênées !!
On arrive à Bern, on fait la sieste dans un parc, j’écris dans mon carnet. Elise se moque un peu de moi mais au final à la fin du voyage elle sera autant à fond que moi pour rédiger chaque soir notre journée dans mon petit carnet et faire des commentaires. Moi ça me rappelle mes voyages Zellidja, c’est une habitude que j’ai prise, d’écrire mes voyages.
On appelle Myriam et Steph, nos hôtes de ce soir, on les rejoint dans une heure, en attendant courses, échange de monnaie et balade dans Bern. La capitale de la Suisse, où les voitures anticipent lorsqu’un piéton ou un cycliste veulent traverser une rue. Je n’ai jamais vu ça, comme les automobilistes sont polis et partagent la voie avec les autres usagers.
On prépare le repas avec Steph, on mange sur le balcon. C’est un couple adorable, très ouvert, on se sent tout de suit très à l’aise. Ils ont beaucoup voyagé, on passe la soirée à partager nos expériences, nos aventures. Steph philosophe « dans un voyage, l’essentiel, c’est d’être conscient du danger, il en est ainsi diminué de moitié »
Et oui, on en est conscientes, ce qu’on entreprend est un peu risqué mais justement, on anticipe le danger, alors rien ne devrait nous arriver ! Croisons les doigts !
Mercredi 10 Juin 2009: Salzburg….yes we can!
Réveil très matinal : on a un long trajet à faire : ambitieuses, on voudrait arriver à Salzburg ce soir, soit environ 600 kilomètres. On arrive assez rapidement vers Zurich, grâce à un vieux couple, le mec sympa mais la femme un peu sèche qui n’a pas l’air d’apprécier notre compagnie. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute. De là on veut aller à Saint Gallen, vers la frontière autrichienne. Saint Gallen…ah on s’en souviendra ! Ca a l’air d’être la destination où personne ne va ! Un endroit écrit sur une carte mais où personne n’habite, où personne ne se rend… Saint Gallen, le Saint Graal de deux jeunes voyageuses, un endroit qu’on espère, auquel on aspire, mais dont on ne sait vraiment si on y arrivera un jour…
C’est notre première petite galère de voyage.
On attend environ une heure, personne ne nous prend, d’un coté très peu de personnes s’arrêtent sur cette aire…on désespère un peu quand arrive un camion. Moises a pitié, il ne peut pas nous amener à Saint Gallen car il doit bosser mais il peut nous amener vers l’aéroport, il pense que de là on aura plus de chance. Bon de toute façon ça ne peut pas être pire qu’ici …On partage un bout de pain, du jambon, Moises repart et nous laisse vers cet aéroport. Franchement, c’est pas mieux…les minutes passent, personne ne semble aller jusqu’à Saint Gallen et puis c’est un peu dangereux ici, les voitures roulent vite, on peut provoquer un accident en distrayant les conducteurs…Au bout d’une heure on est toujours plantées là, il faut chaud. Moises revient, il voulait vérifier que l’on était bien parties…eh ben non…
En fait apparemment il y a un accident en plus sur l’autoroute qui mène à Saint Gallen, des gros bouchons…on n’est pas arrivées à Salzburg !!!!!!!!
Moises nous offre à boire et nous propose de nous amener encore un peu plus loin, il n’a pas trop le temps mais contourne le bouchon par des petites routes et nous dépose sur une aire, en nous souhaitant bonne chance. Et recommence l’attente, interminable…peut être que quand Moises aura finit son boulot, ce soir, il nous retrouvera encore ici, complètement déshydratées !
On nous avait prévenu, la Suisse en stop, c’est un bourbier…ouais ben on voit ça !! Pour l’instant à chaque fois c’est plus d’une heure d’attente pour 15 minutes de route, et encore grâce à Moises ! On est de moins en moins motivées, on tend notre pancarte nonchalamment, à moitié assises…on chante pour s’occuper.
On va voir les voitures, les camions, on les aborde, pour leur demander si ils y vont, eux, dans ce foutu Saint Gallen !
Au moment où on se demande vraiment si notre aventure ne va pas se terminer là, en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière autrichienne, un mec s’arrête : danseur professionnel (de salsa en plus !!), il a un entraînement ce soir à Saint Gallen ! YAHOU !!!!! Comme quoi ce n’est pas une ville fantôme !!!!
La musique à fond dans la voiture : Amy Macdonald, This is the life. Ben ouais c’est ça la vie, c’est ça les voyages : les galères, et ensuite l’explosion de bonheur quand on sort enfin de ce pétrin ! Je me sens revivre, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, d’embrasser ce gars qui nous amène à Saint Gallen que nous essayons d’atteindre depuis plus de quatre heures ! Les paroles de la musique semblent écrites pour nous « Where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight?”
Ben on n’en sait rien où on va dormir ce soir et je m’en fous! Ca m’étonne même…moi qui aime généralement que tout soit prévu, planifié, là je m’en fiche, on dormira là où on pourra, on verra bien ! Sûrement pas à Salzburg, quoique l’espoir fait vivre…
A Saint Gallen, enfin. On refait une pancarte : Österreich, rien que ça !! Deux femmes, une serbe, une croate, s’arrêtent très vite. Elles parlent allemand, c’est dur de s’y remettre. Il ne reste plus grand-chose de nos sept ans d’allemand, déjà qu’à l’époque le niveau n’était pas bien haut…mais peu à peu les mots nous reviennent, on arrive à bredouiller quelques phrases. Mais pourquoi est ce qu’on apprend des trucs débiles au collège, genre « Wo ist Strubbel, das Meerschweinchen ? Er ist hier, in garden ! » Enfin bon le genre de phrase qu’on ne ressortira jamais de notre vie…
Enfin elles sont gentilles comme tout, on traverse des villages, des pâtures, Bodensee à notre gauche…et on arrive en Autriche ! Il est 16 heures : plus de huit heures pour traverser la Suisse….
Sonja et son amie nous déposent à la frontière, nous couvrent de baiser, nous disent de repasser au retour (Nein, wir konnen nicht, schade, zuruck mit bus…ouais bon on se débrouille comme on peut !!), elles nous disent de bien faire attention à nous, et nous donnent chacune 20 francs suisses, soit l’équivalent de 30 euros !! De vraies mères, elles nous expliquent qu’elles ont des enfants, donc ça les inquiètes un peu de nous laisser partir…
Ah, la frontière autrichienne, on l’a rêvé, espéré, on y est ! Enfin ! Les dernières rencontres nous ont reboosté. Pause chocolat (bah ouais, c’est de la région quand même), remplir les bouteilles d’eau, toilettes dans un bar…and let’s go !
On revoit à la baisse notre objectif de ce soir : Salzburg c’est impossible, on se rabat sur Innsbruck, qui est quand même assez loin. On décide d’avancer de villages en villages, il y a bien une autoroute directement pour Innsbruck mais on a l’impression que les gens n’y vont pas…du moins personne ne s’arrête. On prend plusieurs voitures qui nous avancent à chaque fois de quelques kilomètres, jusqu’à la prochaine ville…on va de l’homme d’affaire, au jeune étudiant, à la mère qui nous parle sans arrêt de sa fille qui est chanteuse, à Tania, qui va rejoindre son copain en Italie.
Tania nous avance bien, puis nous dépose à un péage d’autoroute, elle prend une autre direction. On est crevées, il est tard, il y a une petite étendue d’herbe à coté du péage où notre tente se plairait bien, il y a des WC, c’est parfait…on décide donc de passer la nuit ici, à coté de l’autoroute, notre petite tente dominée par les montagnes, on est pas mal, juste un peu à la vue de tous les gens, qui doivent penser que c’est un endroit assez bizarre pour bivouaquer…
On continuera sur Innsbruck demain.
Jeudi 11 Juin 2009 : Ville romantique, ville d’artiste, Salzburg !
Réveil matinal sous un ciel brumeux et une petite pluie fine. Il a fait froid, je n’ai pas très bien dormi malgré mes pulls et mes chaussettes de laine…
On plie la tente, et c’est parti mon kiki ! Une voiture s’arrête vite fait, elle peut nous amener à Innsbruck et en discutant un peu on se rend compte qu’elle passe même par Salzburg, comme elle va à Vienne ! La chance nous sourit, surtout qu’avec ce temps ce n’est pas très agréable d’attendre des heures sur le bord de la route…
Grosse sieste, on se laisse bercer par le mouvement de la voiture.
De nouveau sur une aire d’autoroute, à quelques kilomètres de Salzburg. La petite bruine de ce matin s’est transformée en grosse pluie, on se réfugie dans la station service en attendant une accalmie. Mais le temps ne se décidant pas à changer, on se motive quand même pour essayer le stop. En mois de cinq minutes je suis trempée, je regrette mon pantalon K-way, mes chaussures ne sont pas du tout étanches et mon imperméable n’est pas très étanche lui non plus. Super….C’est trop bête de rester coincées là, à quelques kilomètres de notre objectif…Notre panneau « Salzburg….yes you can !! » est en piteux état.
On arrive dans le centre de Salzburg avec un gentil monsieur qui a fait un détour. C’est beau, la ville est traversée par la Salzach, dominée par la forteresse et les montagnes. Ville d’artiste, où Mozart est né. Beaucoup de touristes mais pas de voitures : on se déplace à pied ou à vélo, trop bien !
On rencontre Pamina, une amie d’Elise qu’elle avait rencontrée en Moldavie. Elle nous fait visiter Salzburg à vélo, on monte à la forteresse, puis on va manger dans un petit resto thaïlandais. Le temps est lunatique : averses, soleil, averses, ce qui nous permettra de voir un magnifique arc en soleil tandis que le soleil se couche et illumine la forteresse. C’est beau !
PHOTO 1
On accompagne Pamina à son entraînement de gym, puis son père nous guide dans Salzburg, ville dont il est follement amoureux. Il nous raconte l’histoire de cette ville, qui a fait richesse sur le commerce du sel, l’histoire de chaque statue, de chaque bâtiment…
C’est une famille d’artiste dans une ville d’artiste : Pamina danse, peint, fait de l’acrobatie ; son père est acteur et chanteur d’opéra…
Originaires de Pologne, il nous prouve les similarités entre cette langue et le français… Enfin disons que certains mots sont communs mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Meilleur exemple, Baisemoncu, qui veut dire farine en polonais. Toujours bon à savoir !
Vendredi 12 Juin 2009 : On veut garder nos reins !
Petit déjeuner gargantuesque préparé par le papa de Pamina : œufs, pain, fromage, confiture…et en cadeau, pour chacune, une petite boussole. Pour pas que l’on se perde, c’est gentil…encore faut il savoir s’en servir, ce qui n’est pas mon cas. Elise s’amusera à la sortir pendant tout le voyage, pour repérer le chemin vers la Moldavie…
Il nous dépose sur une aire d’autoroute en direction de Villach, vers la frontière slovène. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’arrêtent sur cette aire alors on décide de remonter un peu sur l’autoroute pour que les gens nous voient et s’arrêtent. On est vite repérées par des policiers, qui nous font signe de les rejoindre sur l’aire…on retient un fou rire en s’avançant, ils contrôlent nos passeports, nous parlent allemand « Es ist verboten !!!! », on fait style qu’on ne comprend pas, on leur fait des yeux tout innocents…Ils nous rendent nos passeports, après encore un peu de morale. Oui bon ok ce n’était vraiment pas très prudent mais on ne va pas rester sur cette aire toute la journée ! Ils repartent, ils auraient au moins pu nous amener plus loin à un meilleur endroit!!
Enfin bref, du coup on va demander directement aux gens sur l’aire, si on les prend à parti, il y a plus de chance qu’ils nous prenne…
Un couple de petit vieux a pitié. Ils nous parlent allemand, on essaye de leur expliquer où on veut aller (non, on ne veut pas aller dans le centre de Villach, juste à coté, en direction de la Slovénie), ils ne comprennent rien, on ne comprend rien, c’est un peu un dialogue de sourd mais c’est marrant ! Ils nous déposent sur une petite route aux alentours de Villach, en nous tendant un billet de 20 euros ! Non mais on doit vraiment faire pitié…pour l’instant on a plus de recettes que de dépenses, c’est hallucinant !
Il fait beau, on attend un bon moment au bord de la route mais ce n’est pas désagréable, on discute, il y a des fleurs, des papillons, les gens nous font des petits signes…
David, jeune slovène, nous embarque dans sa petite voiture. On parle de politique, d’économie, apparemment les prix en Slovénie ont également bien augmenté depuis le passage à l’euros…il nous raconte des histoires assez glauques, nous déconseille d’aller en Italie : là bas, selon lui, c’est monnaie courante que l’on kidnappe les enfants ou que l’on s’attaque aux routiers pendant leur sieste pour leur prendre leurs reins (« You wake up, you feel sick, you go to the doctor and he tells you that something is missing… ») Ah ben ouais c’est flippant mais ça ne se passe sûrement pas qu’en Italie ! On apprendra par la suite que les relations en la Slovénie et l’Italie sont assez tendues, ce qui explique ces paroles…
Enfin il continue « ben ouais, moi je pourrais être n’importe qui, vous ne savez pas, je pourrez tirez un bon prix de vos reins… » Ouais, so funny, il est sympa mais c’est pas hyper drôle ce genre de discussion, on sait que il y a un risque a faire du stop, pas la peine de nous le répéter…
On grimpe tout en haut d’une montagne, sa voiture peine, on redescend et nous voilà en Slovénie ! David nous amène jusqu’à Bled, nous laisse son numéro pour qu’on se voit ce soir…mouais…on en a pas follement envie…si c’est pour qu’il nous dise qu’il pourrait nous vendre à la mafia italienne ou autre…
Bled est un petit village autour d’un charmant lac à l’eau bleue pure, avec une petite île au milieu sur laquelle est implantée une église. Paysage de carte postale…
PHOTO 2
On va cacher la tente dans la foret, on allége nos sacs et on part se balader autour du lac. On s’allonge dans l’herbe, un peu de repos, ça fait du bien ! Le soleil joue avec les nuages, des gens font de la barque, les canards se disputent, de la musique vient chatouiller mes oreilles…que c’est bon d’être en vacances !!!
Concours de Sudoku, puis petit tour en ville. On tombe sur un charmant marché aux touristes, on papote avec les vendeurs. Internet café, puis il est l’heure de rentrer. On se presse un peu, la nuit tombe rapidement et il pleuviote. Le retrouvailles avec la tente sont laborieuses : on n’avait pas pris de repères, a part « bon alors y’a trois arbres disposés en triangle, un qui fait une fourche, et puis là y’a un bout de ferraille rouge… »
La galère, avec ma petite lampe de poche, pour fouiller toute la foret pour essayer de trouver ce bout de ferraille ! Heureusement, les lucioles dansaient dans le bois, lui donnant un aspect magique. Je n’avais jamais vu autant de lucioles de ma vie !!!
Elise vous dira que j’avais les pétoches…non, pas vraiment, mais je m’en voulais de pas avoir plus repéré les lieux…une forêt, c’est grand, et les arbres se ressemblent tous en fait !!! On s’en souviendra…
Samedi 13 Juin 2009 : Objectif lac
Au bord du lac Jézéro (sur 20), à Bohinj, un peu au Sud de Bled.
On savoure le soleil, la beauté du lac…on a mis tellement de temps à le trouver ce lac !! Après avoir caché nos affaires dans les broussailles on est parties sur des sentiers de rando pour aller au lac, à une dizaine de kilomètres. Il aura fallu cinq grand-mères, trois paysans, une adolescente, deux anglais de Manchester et un couple de slovène plus tard pour le trouver. On aura gagné un jus d’orange dans nos détours offert par une petite vieille, perdu quelques grammes, jouis de beaux paysages montagneux parsemés de chalets en bois…pas de regrets !
On apprendra par la suite que « Jezero » veut dire lac en slovène, ce qui explique les regards bizarres des gens quand on leur demandait le chemin pour aller au lac Jezero…
PHOTO 3
L’eau du lac est froide, mais Elise ne résiste pas à la tentation de faire une baignade éclair. Quand à moi je me lave juste les cheveux, en essayant de ne pas me mouiller le reste du corps, j’ai gardé mes vêtements, j’opère avec les bols en plastiques dans lesquels on se fait des bonnes salades de tomates-maïs …vous imaginez la scène ! On lave nos vêtements, j’ai encore l’impression qu’on fait l’animation pour les touristes…Glace, concours de sudoku acharné (j’ai gagné !!! winner, winner !!!), repos, puis on prend le chemin du retour. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long…on raconte des histoires, moi la sorcière du placard au balais que je connais par cœur pour l’avoir si souvent entendue et si souvent racontée aux enfants ; Elise elle invente l’histoire de Smouffy l’écureuil à qui il manque une oreille et ses péripéties pour trouver le grand sage écureuil qui aura la réponse à ses questions…
On retrouve la tente cachée dans les broussailles sans difficulté et la plantons là, dans un petit espace herbeux à coté de la route, au bord d’une rivière, l’endroit parfait !
Dimanche 14 Juin 2009 : Les slovènes, un peuple en voie de disparition !
Démontage de la tente que l’on cache au même endroit qu’hier, toilette rapide dans la rivière (elle est froide !) et nous partons en balade. Il fait un soleil éclatant, le ciel est bleu, sans un nuage. Les fleurs dans la prairie sont comme milles tâches de couleur que les papillons butinent, les vaches paissent tranquillement, les paysans font les foins, ça sent bon l’herbe fraîchement coupée. Je voudrais habiter à la montagne plus tard…
On traverse quelques villages avec leurs charmantes petites églises, on suit des sentiers un peu au hasard après moult discussions concernant le chemin à prendre. Rien n’est indiqué, c’est au feeling, et on n’a décidément pas le même sens de l’orientation ! On coupe à travers champs, demandons notre chemin. Les foins sont mis à sécher sur des espèces d’échelles en bois.
Pause à midi au bord d’une rivière, on fait de la lessive puis on repart à Bohinj récupérer la tente. Surprise en arrivant : un pécheur est juste devant, bronzant à moitié à poil sur une chaise longue, et nous on sort nos mille cinq cent sacs des fougères juste devant ses yeux…burlesque, gros fou rire !
C’est reparti, on quitte Bohinj pour Tolmin. Je râle : une voiture tous les 10 minutes, on est pas arrivées !!! Elise fait le pari qu’on nous prend dans moins d’une demi-heure. Je suis sure de gagner, je m’assois sur mon sac, me tartine de crème solaire…moins de cinq minutes plus tard, deux jeunes slovènes, drôles et beaux, qui s’arrêtent. « You looked so desesperated… » Ouais bon ok j’ai perdu mon paris!
On se marre bien, il y aurait selon eux une nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de filles slovènes sont lesbiennes, donc les pauvres mâles n’arrivent plus à trouver femelle …les slovènes, une espèce en voie de disparition ? Histoire à suivre…
On traverse les rivières Jezera et Soca, l’eau est bleue mais d’un bleu laiteux incroyable, c’est irréel, je n’ai jamais vu ça !! Nos questions quand à l’origine de cette couleur resteront sans réponse…ou du moins si mais avec des réponses si différentes que l’on ne sait toujours pas laquelle est la bonne…voilà en bref quelques explications reçues :premièrement, ce serait dû aux arbres qui bordent le lac qui se reflètent dans l’eau ( explication stupide : tous les lacs qui sont bordés d’arbres n’ont pas cette couleur…bref), deuxièmement ce serait du aux roches calcaires de la région, et troisièmement au plancton ( ouais, mais phyto ou zooplancton ???)
Déçue que ma curiosité scientifique ne trouve pas de réponses valable, on décide d’en inventer une : la Slovénie a une surpopulation de vaches (profitant des niches écologiques libérées par la diminution de l’espèce humaine pour les raisons citées plus haut) et donc elles déversent leur surplus de lait dans la rivière (ben ouais, y’a plus assez de slovènes pour en boire, et les vaches ne régulent pas encore bien leur production), ce qui explique sa couleur bleu laiteux. Hum hum…
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Campement un peu plus loin, au bord de la rivière. Repas salade-tomates-avocat, ça change de l’éternel pain-jambon-crème bonjour (genre de crème tartare que l’on trouvera partout en Europe de l’est) que l’on mange midi et soir depuis trois jours…
Concours de sudoku arrêté rapidement pour cause d’ennui profond (c’est quand même pas bien passionnant…) et d’éclairage insuffisant.
Elise dors à la belle étoile avec les lucioles, moi je préfère la tente, mon duvet n’est pas bien chaud !
Lundi 15 Juin 2009 : Pas de plage …
Voilà une semaine que notre périple a commencé : des centaines de photos, de rencontres, de sourires, des centaines de kilomètres, de villes traversées, quelques kilos en moins, quelques boutons de moustiques en plus…
J’adore le voyage, cette sensation de grande liberté, penser que l’on peut aller où on veut, avec notre maison sur le dos. On ne dépend de rien, à part de la volonté des gens, de leur gentillesse. J’ai l’impression d’être débarrassée de tout le stress, de toutes les choses qui nous conditionnent en France : la fac, le tram, les horaires…même la faim, sensation en fait dictée par notre estomac à heure fixe même sans réel besoin de nourriture, commence à disparaître. On ne mange pas grand-chose, et notre estomac s’est habitué à ce régime, on n’a pas faim, on ne pense pas à avoir faim !
On cache nos sacs dans les broussailles, on devient expert dans l’art du camouflage ! Petit déj en ville, dans un parc, où on est vite délogées par une horde de gamins surexcités. On décide de retourner vers nos sacs par des chemins détournés pour visiter Tolmin et ses environs. On se perd un peu ( étonnant) et atterrissons sur une charmante petite plage avec des statues sculptées dans du bois, une petite maisonnette, et cette eau, toujours si bleue, toujours si pure, mais si froide que l’on dirait que des milliers de couteaux nous transpercent les mollets…On longe la rivière, coupons par la forêt, traversons la rivière sur un pont, demandons mille fois notre chemin, faisons un peu d’escalade…et débarquons à Tolmin, vers là où on avait quitté après le petit déj…nous retournons à la tente par la route cette fois ci !
Nos deux mignons slovènes nous avaient vanté le très bon Kebab de Tolmin…on se fait plaisir, on veut voir si il est si bon que ça.
On repart le ventre plein en direction de la mer Adriatique, à Piran. Soleil implacable, on avance, lentement mais sûrement, de village en village (vous remarquerez l’utilisation du singulier…). Pour passer le temps on fait des sudoku en même temps que l’on fait du stop, c’est toute une technique ! On passe par un petit jeune, puis deux gars, puis un autre jeune qui nous parle de 2012, la fin du monde, des Illuminati…, puis un petit vieux et enfin un jeune rappeur peu bavard. Au fil des kilomètres on longe la Soca (ouah cette couleur, on le répétera jamais assez !!), on traverse des villages puis tandis que l’on se rapproche de la mer les montagnes et les forets de hêtres laissent la place aux pins maritime et aux roches affleurantes couleur claire. L’influence de la mer se fait sentir, en une centaine de kilomètres on a complètement changé de paysages ! La Slovénie est un tout petit pays plein de contrastes !
Le rappeur nous laisse à la gare routière de Koper. On est à une dizaine de kilomètres de Piran, on est fatiguées et pressées d’arriver à la mer, on prend un bus …on arrive au coucher de soleil, sur la mer, c’est beau, y’a pas à dire !
On rêvait d’une petite plage tranquille où on pourrait dormir à la belle étoile…mais pas de ça ici ! Ce ne sont que des digues, des rochers…problème ! Piran est touristique, on est entourées d’hôtel quatre étoiles et de casino. Il fait nuit, où va-t-on dormir ??
Après plusieurs repérages de bout de terre, ou d’herbe à peu près plats (genre dans des bosquets ou dans le parc d’un casino…) on finit pas trouver un parc. On décide de dormir à la belle étoile ici ; j’ai un peu peur qu’on se fasse emmerdées, on est à cinq mètres d’un hôtel, on a vue sur les salles de bain, on s’est déjà fait repérées ! Les gens de l’hôtel nous regardent à travers les rideaux tandis qu’on étale la couverture de survie, sortons nos sacs de couchages, et mangeons notre pain à la lueur d’un réverbère.
Néanmoins la nuit s’annonce belle, les étoiles brillent sous le ciel. La journée a été fatigante, beaucoup de soleil, d’attente, mais de nombreux fous rires !
Mardi 16 Juin 2009 : vive le couscous…
Réveil matinal, la nuit a été courte. Je n’ai dormi que d’une seule oreille, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement, me redressant au bruit d’une feuille qui tombe, au froissement de la couverture de survie, à la course d’un lapin.
On dépose les sacs dans un café et partons se balader dans Piran. Lorsqu’on quitte le centre avec ses hôtels et ses casinos, Piran est une jolie petite ville aux maisons aux façades ocre et sable. Des allures de petite Venise, c’est vraiment le sud, le linge étendu sur la terrasse, c’est joli…
On s’allonge au bord de la mer sur des rochers, il fait chaud, l’eau est bonne, mais les maillots de bain sont restés dans nos sacs, tant pis.
Un bon melon dégusté sur les digues et c’est reparti, on quitte déjà la mer, on part vers Divaca, petite ville en direction de Ljubljana où se trouvent des grottes.
Il fait lourd, c’est fatigant de faire du stop sous ce soleil ! Après trois gars un peu louches (dont un qui n’arrête pas de me toucher le nez…je réveille vite Elise qui dort au fond de la voiture et on sort assez vite) on arrive vers Divaca. On ne s’installe pas très loin de la route mais on est cachées par des taillis, on se trouve à proximité d’une forêt. Le sol est assez cabossé mais on est trop fatiguées pour chercher un autre endroit, on a juste envie de se reposer ! Les chênes nous font de l’ombrage, les fourmis et araignées nous escaladent tandis que l’on fait la sieste.
Elise dort encore, je vais me promener dans la forêt. Des papillons s’envolent à chacun de mes pas tandis que les zygènes, imperturbables, continuent de s’accoupler sur les fleurs. Les fleurs sont belles, je prend plein de photos, mon coté biologiste ressurgit !
PHOTO 5
Pour changer un peu de l’éternel pain-fromage, on a acheté du couscous. L’eau est brûlante avec ce soleil, ça devrait faire l’affaire. Sauf que…on a très peu d’eau, on mange le couscous à peine gonflé avec une sauce au poivron, vraiment pas fameux !!
On s’endort à la belle étoile. Au milieu de la nuit le vent se lève, des éclairs illuminent le ciel, l’orage n’est pas loin. On plante la tente rapidement et nous rendormons à l’abri.
Mercredi 17 Juin 2009: du lac des cygnes au rock de Metelkova.
Les grottes de Skocjanske (nom imprononçable !) se trouvent à quelques kilomètres de là où on a passé la nuit. On fait du stop mais on n’est pas très motivées, si une voiture ne nous prend pas dans une demi heure, on n’y va pas ! Mais le sort en décide autrement, une voiture nous amène directement aux grottes. Toilette et vaisselle des bols dans les WC publiques, et c’est parti, on suit le guide avec d’autres touristes, la plupart anglais. La guide parle seulement en anglais, elle ne traduit même pas en slovène, c’est quelque chose que l’on ne verrait pas en France !
Ce site classé de l’UNESCO est impressionnant, des kilomètres de souterrain, des cascades, des stalactites et stalagmites…on ne comprend pas toutes les explications mais bon !
On repart en début d’après-midi pour Ljubljana dans un camion. Ne pouvant pas rentrer dans la capitale le camion nous dépose à quelques kilomètres du centre ville. Il nous faut marcher. Les chaussures de marche neuves d’Elise lui font des ampoules, et mon sac me lacère les épaules. On devient irascibles, c’est fou comme la fatigue, le poids d’un sac ou la chaleur peuvent changer le comportement des gens. Je ne suis pas patiente, je marche vite, on serra plus vite arrivées comme ça. Un arrêt de dix secondes pour traverser une rue m’énerve, c’est dix secondes de trop à porter ce fichu sac. Je ne parle pas, je trace. J’ai l’impression que mes jambes faiblissent, tremblent, que mes genoux travaillent trop, que ma colonne vertébrale n’apprécie pas ce que je lui fait faire. Le mental, tout est dans le mental.
Allez Elise, remet un pansement, serre les dents, on arrive !
On retrouve Nezka, rencontrée en Irlande durant mon séjour en temps qu’au pair. Cela fait deux ans que l’on ne s’était pas vu, en Irlande on n’avait jamais passé trop de temps ensemble, mais le courant passe très bien, cette fille est géniale !
Nezka… Elle a l’air d’une enfant dans sa petite chemise rose boutonnée, d’une enfant bien sage, posée, tranquille. Mais elle a de la force, du courage et de la volonté. Une grande intelligence aussi. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle partira cet été toute seule, voyager en train vers l’Europe du nord et de l’ouest. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de nous croiser.
Un petit extrait de ses pensées : « At the moment I don't want to go in a relationship yet because maybe I enjoy too much my single life but I leave all paths open. Sometimes I still get very lonely and it is then that I start to think about boys seriously or at least daydreaming which is my favourite habit:) I don't have problems with that, I learnt to make difference between dreams that are just dreams and dreams that may come true one day and are the thing for which is worth living. And isn't life all about that??:) For myself I wish to live happy life, to be myself as much as I can and find some occupation which would satisfy me.
J’aime sa façon de penser…
On dépose nos sacs dans sa chambre étudiante, avec 3 lits, on prend une bonne douche (cela faisait 6 jours que l’on en avait pas pris, on commençait à vraiment puer !!), on lave nos vêtements : ouah, ça fait du bien !
Enfin propres, rafraîchies, on part dîner puis visiter la forteresse qui domine Ljubljana. La nuit tombe, les lucioles brillent, de la musique classique est jouée dans le centre ville : elle provient d’un ballet joué en plein air. On va y faire un tour, c’est le lac des cygnes de Tchaïkovski. Les ballerines dansent superbement bien, les gens regardent, de tout âges, de tous milieux, ce spectacle plein air est une superbe idée : peu de gens auraient l’idée ou l’argent pour aller voir un ballet et là cela permet de faire partager cette culture avec tout le monde.
A la fin du spectacle on part à Mételkova, un squat en plein cœur de Ljubljana, dont certains bâtiments ont maintenant un statut légal. Centre culturel indépendant où se retrouvent plusieurs groupes et associations, où se déroulent des concerts, des événements festifs et culturels, c’est énorme, grandiose. Elise et moi ayant fréquenté un peu les squats de Clermont, on est impressionnées par celui-ci, par sa taille et son organisation.
On assiste à deux concerts, buvons quelques bières puis crevées allons nous coucher, dans un bon lit moelleux !
Jeudi 18 Juin 2009 : C’est reparti, pour Maribor
Dur réveil après cette bonne nuit ! On traînasse au lit, finissons par nous lever, on visite un peu Ljubljana. Cette ville m’enchante, il y a l’air de s’y passer plein de trucs, une ville étudiante qui bouge bien…enfin d’un coté c’est la capitale, c’est normal !
J’aimerais rester plus longtemps, Nezka est adorable, et j’en ai un peu marre de bouger tous les jours, c’est fatigant, j’ai l’impression de tout survoler…surtout en Slovénie, on a vraiment fait du stop tous les jours !…mais non c’est reparti, Blanka nous attend à Maribor ! Blanka, c’est ma petite slovène, rencontrée en Irlande elle aussi. Ma meilleur amie pendant mes premiers mois comme au pair, quand je ne parlais pas encore bien anglais. C’est elle qui a eu la patience de m’écouter alors que je ne pouvais pas aligner trois mots sans fautes, on passait tous nos week end ensemble, on est allées a Dublin, on a visité Cork en long en large et en travers pendant les longues après midi pluvieuses d’hiver…bref, elle m’a manqué, mais je me demande si le courant passera aussi bien cette fois-ci…
On prend un bus pour sortir de la ville, et nous retrouvons dans un carrefour juste avant l’autoroute pour Maribor, l’endroit pas tip top pour que les voitures s’arrêtent mais on a désormais un dicton d’auto-stoppeur « si les voitures veulent vraiment s’arrêter, elles le pourront toujours ! »
Une dame nous prend, ne parlant ni anglais ni allemand. On ne parle pas, mais des fois ça fait du bien de ne pas être obligées de faire la conversation…conversation d’ailleurs assez souvent superflu avec les gens qui nous prennent en stop, entre autre à cause de la barrière de la langue. On en a un peu marre de répéter tout le temps la même chose : on est étudiantes, moi en biologie, Elise va reprendre les études en septembre pour apprendre le français aux étrangers, on va jusqu’en Moldavie, 5 semaines, on habite à Clermont Ferrand, non, pas Paris, Clermont c’est plus au sud de Paris, juste in the middle of France, les pneus Michelin, vous connaissez ??
On a pensé à s’inventer une nouvelle vie, mais en fait on ne l’a jamais fait, peut être car on se dit que les gens qui nous prennent en stop ont le droit de savoir qui on est…encore que l’on trouve que juste parler de nos études c’est vachement réducteur pour connaître une personne…
Bref, la dame nous dépose directement à la gare de Maribor où l’on retrouve Blanka et son copain Marko. On va manger dans un resto mexicain puis manger une glace énorme !! Comme d’habitude je m’en mets partout et suis obligée d’aller me laver dans un bassin. Un jour, peut être, j’arriverais à manger une glace correctement…
On grimpe au sommet d’une colline pour avoir une vue d’ensemble de Maribor, on est devenues accro des points de vue avec Elise !
On rentre, discutons sur le balcon de choses et d’autres, de la Slovénie, des études, des voyages…
Vendredi 19 Juin 2009 : Une ville médiévale, des bières, une fiente de pigeon…mais pas de danse !
Petite grasse mat’, gros petit déj’, puis promenade dans Maribor et à la station de ski la plus proche où se déroule en ce moment même la coupe du monde de Mountain bike ! On assiste à l’entraînement, il fait une chaleur à mourir, on ne s’attarde pas trop.
On part dans l’après midi vers Ptuj. Aux revoirs à Blanka mais au final on a un peu hâte de partir…Blanka fait des études de médecine qui lui prennent beaucoup de temps et on sentait que le temps qu’elle passait avec nous était du temps en moins pour réviser et que ça la stressait un peu. Et puis la situation n’étant pas la même qu’en Irlande et ayant changées toutes les deux on avait moins de choses à se dire. Néanmoins j’étais bien contente de la revoir !
Ptuj est une petite ville médiévale plein de charme, des ruelles pavées, des maisons anciennes aux façades colorées, des parcs, la rivière, un château qui domine le tout. Le soir on assiste à un spectacle de jonglage et de musique orientale à la terrasse d’un bar. Je me fais chié dessus par un pigeon. Super, comme si j’avais des tonnes de fringues pour me changer…
On boit quelques bières, on a envie de danser, de discuter avec les jeunes du bar qui ont l’air bien sympa, mais on n’ose pas, on préférerait que ce soient eux qui viennent vers nous, mais faut pas rêver…comme personne ne danse on reste assises nous aussi, c’est un peu dommage.
Il est tard, on va récupérer la tente laissée dans des buissons dans le parc d’un monastère, parc où on avait prévu de passer la nuit. Mais il s’avère que ce parc est le lieu de rendez vous de tous les jeunes de la ville pour boire et fumer la nuit. Après avoir avalé rapidement un bout de pain à la lueur d’un réverbère, on part à la recherche d’un autre endroit où dormir.
Ce n’est pas facile, c’est soit trop visible, soit trop pentu… Elise planterait bien la tente n’importe où, dans des parcs à la vue de tous le monde, vers des lotissements, moi j’insiste pour que l’on se cache un peu plus. On finit par trouver une étendue d’herbe avec des arbres assez gros pour se cacher derrière et montons la tente à la lueur de ma petite lampe frontale.
Samedi 20 Juin 2009: bouillottes improvisées en Croatie
Réveil sous la pluie. La température a bien chuté, le moral aussi. On est déjà trempées à peine la tente pliée. Elise qui n’a que des grosses chaussures de marche et des sandales en cuir cassées, qu’elle s’est (enfin) décidée à jeter, voudrait trouver une autre paire de sandales. Shopping donc, elle finit par trouver des tongs en plastique, qu’elle ne mettra au final pas souvent car elles lui arrachent la peau des pieds !
Le stop sous la pluie….c’est jamais très agréable, mais là en plus on veut traverser la frontière avec la Croatie, et les frontières c’est toujours pénible à traverser !
On est trempées, gelées, on grelotte, personne ne s’arrête, d’un coté on dégouline tellement que je comprends que les gens soient réticents à nous voir grimper dans leur voiture !
J’ai perdu la housse étanche de mon sac, j’en fabrique une avec un sac poubelle, j’aimerai bien pouvoir m’enrober moi aussi dans des sacs poubelles !
Une dame nous amène à quelques kilomètres plus loin, à un rond point, on attend encore longtemps, puis deux jeunes nous font passer la frontière ! Nous voilà en Croatie mais on a tellement froid que l’on ne se réjouit même pas. Ils nous laissent juste après la douane, nous nous allons à Zagreb mais eux partent dans une autre direction…snif !
Ils nous offrent un parapluie, au moins on pourra se protéger un peu. C’est gentil….
Bon il y a des centaines de voitures qui passent par là, la plupart doivent aller jusqu’à Zagreb, on se dit que dans cinq minutes on sera au chaud dans une voiture ! Tu parles…les gens partent en vacances, les voitures sont blindées, personne ne s’arrête.
Attente interminable, je ne sens plus mes pieds, on ressemble à de vieilles serpillières dégoulinantes, notre carton « Zagreb » tombe en loque, se déchire…on est pathétiques ! Allez les gens, ayez pitié ! Merde ! Il y a des toilettes à la douane, on remplit nos bouteilles d’eau chaudes pour se faire des bouillottes, petit réconfort…
Mais malgré le froid et le découragement je ne donnerais ma place pour rien au monde, je ne voudrais être nulle part ailleurs. C’est ça que j’aime dans les voyages : on a faim, on a froid, on est malades, mais au moins on se sent libres, vivantes, et puis les galères c’est éphémère, et quel bonheur une fois que l’on s’en sort ! Car comme d’habitude on finit par tomber sur un ange gardien, Tina, qui téléphone même à nos hôtes de Zagreb et arrange un rendez vous. C’est ainsi que l’on retrouve Maya et son copain Zoran, qui nous conduisent chez eux, et nous laissent l’appart pour l’après-midi, eux ressortent. Douche chaude !!!!!!!
Maya est une fille pleine de vie, qui ne se sent chez elle nulle part. D’origine serbe elle ne se sent pas serbe pour autant, encore moins croate, elle déteste Zagreb, rêve d’autres horizons. Elle critique avec beaucoup d’humour la musique folk d’ex-Yougoslavie, où les jeunes dansent en boite les bras levés comme si ils étendaient du linge…ben moi j’aime bien cette musique !
Maya et Zoran nous font découvrir Zagreb by night, on va boire des bières dans un bar, Johnny Cash en fond. L’attente sous la pluie de cette après midi est totalement oublié, mes pieds sont au sec, je les ai enrobé de sacs plastiques.
Dimanche 21 Juin 2009 : Une fête de la musique…déconcertante
Bien dormi ! Zoran nous prépare un bon petit déjeuner, œufs, fromage, tomates, pain. On s’habitue aux petits déj salés, en fait c’est carrément bon !
Comme Maya part cette après midi en Allemagne elle ne peut pas nous héberger ce soir, on va donc chez un autre contact, Igor. Il part bosser mais nous laisse les clés de son appart, on y dépose nos sacs. C’est super gentil et juste ce que l’on voulait. Certains hôtes veulent des fois absolument tout faire avec nous, nous faire visiter, nous offrir à boire, et c’est parfois assez pesant. Aujourd’hui, on a juste envie de se balader tranquillement dans Zagreb et donc cette solution est parfaite !
On a envie de profiter de Zagreb, de passer une bonne soirée, peut être y a-t-il même des concerts, après tout c’est la fête de la musique en France ! Mais on déchante vite. On est dimanche, tout est fermé. On a presque plus d’argent croate, toutes les banques sont fermées, les magasins aussi. Il fait gris, il pleuviote, on tourne en rond dans la ville, on n’a pas d’argent pour manger, pour boire un café. Le moral n’est pas bien haut…notre plus longue rencontre avec un croate est de 3 minutes chrono, il nous demande si on « enjoy Zagreb ». Bof bof…
Enfin c’est ça aussi les voyages : des hauts, des bas, la fatigue, des coups de blues…toute l’énergie dépensée en Slovénie, à être à mille à l’heure tout le temps se fait sentir, on se sent épuisées, vidées. Mais je voudrais quand même danser, faire la fête, que cette journée vide se termine bien…mais il n’y a vraiment pas un chat dans cette ville, à part quelques touristes qui prennent en photo l’église dont nous squattons les marches, affalées. On chante sur le parvis de l’église, on fait notre propre fête de la musique, peut être nos voix séduiront un gentil croate…même pas ! Snif !
On erre dans Zagreb pour trouver un resto qui accepte les euros, on finit par aller dans un resto chinois. Nouilles et riz, cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Il y a un feu d’artifices ce soir, assez tard, Elise serait relativement motivée pour y aller, moi je suis claquée, j’en ai marre…On décide de rentrer, un peu dépitées par cette journée.
Lundi 22 Juin 2009: il pleut, il pleut, bergère…
Le ciel est nuageux mais il ne pleut pas encore, on part rapidement, Igor dort encore. On s’en va comme des voleuses, en lui laissant les clés et un petit mot de remerciement.
Pas facile de sortir des grandes villes ! On prend le tram sur quelques arrêts, on marche un peu et on se retrouve à la sortie d’un rond-point, sur une trois voies : ce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour faire du stop mais on ne voit pas trop où on pourrait aller !! Ne reste plus qu’à espérer qu’on ne provoque pas un accident !
Une voiture de police s’arrête à notre hauteur, contrôle des passeports…un rapide coup d’œil, quelques questions puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Bizarre…ms au moins on a maintenant la certitude que les voitures peuvent s’arrêter si elles le veulent !!
Nos pronostiques en stop ne sont absolument jamais vérifiés : dans les endroits où les voitures peuvent s’arrêter facilement et où on pense que l’on va attendre 10 minutes maxi on peut parfois attendre des heures, et inversement quand on se retrouve dans des endroits pas possibles on attend parfois pas tant que ça…une voiture nous prend donc assez rapidement, c’est un jeune couple qui nous avaient vus mais n’avaient pas eu le temps de s’arrêter et qui ont donc fait demi tour exprès !
La femme a apparemment fait beaucoup de stop dans sa jeunesse. Elle sait ce que c’est…
Ils nous déposent à Karlovac, il pleut maintenant franchement.
On arrive à Slunj avec un vieux monsieur qui parle fort, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots respectifs d’allemand.
La région de Karlovac était en première ligne pendant la guerre, les maisons ont gardé les traces des impacts des balles et les champs sont minés. A partir de ce monsieur, toutes les personnes que l’on croisera nous parleront de la guerre, cette putain de guerre qui est encore si présente, physiquement et moralement. On en prend un coup, on rentre dans la réalité. Le fait que l’on ne comprenne pas grand-chose à part « Krieg, War, Mines, Tot » rend ses mots encore plus fort. Lui était un ancien soldat, il sait de quoi il parle…
Comme on lui a expliqué qu’on voulait aller a Plitvice, endroit incontournable en Croatie, une succession de lacs et de cascades, mais qu’on était pas sures de faire la visite par cause de mauvais temps, il nous amène voir les cascades de Slunj, en répétant « Little Plitvice, little Plitvice ». Bon c’est vrai que c’est joli, ces little Plitvice !
On se balade dans Slunj, pic nique sous le toit d’un gymnase (il pleut toujours…), on longe une rivière en compagnie d’un petit chiot très affectif, qui nous suit partout. On le baptisera Slunj (original). On grimpe vers les ruines d’un château, château où Napoléon passait ses vacances ! Mais on n’est pas très rassurées, on s’est mis en tête qu’il y a avait des mines partout alors on ne préfère pas s’éloigner trop des sentiers !
Après un bon chocolat chaud dans le bar où on avait laissé nos affaires, on se motive, allez, c’est reparti, sous la pluie, oui, il faut y aller, courage, ouh c’est dur, allez, hop ça y est, on est dehors, ah, il fait froid !!!
Sous le regard amusé de l’épicier du coin on attend sous une petite pluie fine en dansant et en exécutant des pas de danse pour se réchauffer. Alors que j’étais en plein dans une Mazurka une voiture rouge s’arrêtent et en sortent deux hommes, la cinquantaine, barbus, genre sortant de la campagne. Je ne suis pas très rassurée, ils ont l’air un peu louches, il n’y a pas de porte à l’arrière et le fait qu’ils sortent une tronçonneuse de la voiture pour la mettre dans le coffre ne me met pas plus en confiance ! « Fur arbeit, fur arbeit », nous assurent-ils devant nos airs effrayés. Bon allez courage, on monte dans la voiture, il ne va rien nous arriver, on ne se fera pas couper en petit morceau !
Et oui on arrive vivantes et entières au parc de Plitvice, refusant l’invitation à dormir chez un des gars : non non, on préfère dormir dehors sous la tente, oui, même si il fait sacrement froid et qu’il pleut !!
Il est déjà 19 heures, la nuit tombe tôt aussi, on va dans la forêt, débroussaillons le terrain autant que possible à l’opinel et plantons la tente. La nuit va être froide, mes pieds sont déjà gelés, pourtant je les avait bien enrobés de sacs plastiques ce matin pour les préserver de l’humidité mais ça ne fait pas tout !
Elise essaye d’aller récupérer du carton pour dormir aux petits vendeurs à l’entrée du parc, sans succès.
On passe la soirée à écouter de la musique et la pluie tambouriner sur la toile de la tente.
Mardi 23 Juin 2009 : La guerre….
On le répétera jamais assez : la pluie, ça mouille…
Et comme il pleut et qu’on ne veut pas être mouillées, on feignasse sous la tente une bonne partie de la matinée. On abandonne l’idée de visiter les chutes de Plitvice, sous la pluie ça ne vaut pas vraiment le coup ! Du coup, direction Bosnie directement !
Au bord de la route, le pouce tendu, on regarde les touristes défiler dans leur K-way colorés, décidés malgré la pluie à visiter le site. Pour se donner du courage on mange de la tapenade qu’Elise transporte depuis la France, avec le pain tout ramolli par la pluie. Miam, les olives ça me fait penser au sud, au soleil…au soleil…allez le soleil, quoi ! Mais le soleil ! Enfin ! Revient quoi !! Soleiiillllllll !!!
Elise essaye de m’apprendre comment courir sur un mur, je lui apprends la chanson « Dans sa maison un grand cerf ». Ah, l’échange de savoir et de culture en voyage !!
Alors qu’on commence à en avoir marre d’attendre et qu’on se dit qu’on serait aussi vite à la frontière à pied, une voiture s’arrête. C’est un instit de Slunj, très gentil. Lui aussi nous parle beaucoup de la guerre…
On apprend que la frontière est à plus de trente kilomètres. Ah…ben à pied on était pas près d’arriver alors ! Il nous amène à une dizaine de kilomètres et l’attente recommence, toujours avec notre tapenade, mais le pot se vide dangereusement !
Un ancien militaire nous fait traverser la frontière. Contrôle des passeports, et nous voilà en Bosnie ! Ouais !!
Arrivés à Bihac, ce chouette monsieur nous paye un thé, bien chaud, ça revigore. La communication est assez limitée, mais un thé, ça fait toujours plaisir !
Le centre de Bihac est assez petit, gris, l’église (appelée Big Ben) est en partie détruite, la mosquée est en piteux état. On se promène un peu, appelons Dolorès, qui doit nous accueillir ce soir, et en l’attendant allons boire un chocolat chaud dans un bar. Il n’y a que nous avec le barman, du coup on fait connaissance. On discute bien, lui était gosse pendant la guerre, l’âge où il aurait dû s’amuser. Il nous explique comment c’était, il nous parle des colis qu’il recevait d’Europe, les fameux colis de denrées non périssables qu’on emmenait à l’école.
Pour moi ça a toujours été assez flou, la guerre, les relations entre serbes, bosniaques et croates, le massacre de Srebrenica, les casques bleus…Mais d’entendre les gens en parler, encore marqués, sous le choc, ça donne un tout autre sens à ce que l’on a pu apprendre à l’école. J’ai envie de mieux me renseigner, envie de comprendre l’histoire des Balkans, envie de comprendre pourquoi les gens s’entretuent à cause d’une histoire de religion, mais ça, je crois que je ne pourrais jamais le comprendre…
On rejoint Dolorès dans la soirée ainsi que Nathan, son prof d’anglais, un jeune américain qui enseigne depuis plus de deux ans maintenant à bihac. Dolorès est en fait dans l’incapacité de nous héberger ce soir, mais Nathan nous propose de squatter son canapé.
Ils sont bien sympa tous les deux mais ils sont de toute évidence attirés l’un par l’autre, on croirait assister à un premier rendez vous entre amoureux, je leur donne pas longtemps pour finir ensemble ! On se sent un peu de trop avec Elise…
On va manger dans un resto, puis direction l’appart à Nathan, c’est cool, je n’avais pas envie de planter la tente dehors par ce temps !
Mercredi 24 Juin 2009 : camping onéreux = tu trouvera mille fois mieux !
Réveillées par les bruits des travaux dans l’immeuble. Nathan est déjà parti au boulot. On le retrouve avec Dolorès à midi pour boire un coup.
La pluie s’est arrêtée, il y a encore des nuages mais ils laissent entrevoir le ciel bleu et passer quelques rayons de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours !
On n’a vraiment pas envie de rester enfermées dans un bar, surtout que Nathan et Dolorès parlent encore principalement entre eux. On les quitte donc assez vite et partons se balader sur les bords de la rivière Una. Cette promenade est malheureusement assez rapidement raccourcie car le petit sentier qui longe la rivière s’arrête d’un coup et les berges deviennent impraticables. Dur de trouver des chemins de rando dans ce pays ! Ce n’est vraiment pas un sport pratiqué, contrairement en France où l’on trouve des chemins de rando un peu partout. Mais ça se comprend, pour nous les balades sont un moyen de s’aérer alors que l’on est en permanence à l’intérieur, de faire du sport alors que l’on est trop souvent assis. Mais dans ces pays, les gens n’ont pas besoin de s’aérer, de faire du sport pour le plaisir, passant déjà une majeur partie de leur temps à travailler à l’extérieur, dans les champs ou autres. Alors, quelle utilité d’aller marcher juste pour le plaisir ??
On s’arrête sur les rives pour pique niquer, on se fait vite rejoindre par deux gars. L’un genre skinhead assez terrifiant, l’autre qui parle anglais « my friend, who is very ugly (sympa pour son pote…) but who he is a good guy, is really hungry and would like a sandwich”
Elise se prépare donc à lui faire un sandwich mais il se jette littéralement sans attendre sur notre pain et notre saucisson, engloutissant le tout à une vitesse incroyable.
Ils sont vraiment bizarres, pas très rassurants, nous font des recommandations « Attention, les Balkans, c’est pas l’Europe, c’est dangereux pour des filles seules… »
Ils restent un moment, on finit par leur dire qu’on voudrait continuer à se balader, mais seules.
Le skinhead m’offre en cadeau sa boucle d’oreille, plastique imitation diamant. C’est trop touchant, mais vraiment, ce n’était pas la peine !!
Je ne sais pas trop quoi penser de toutes ces recommandations. Depuis que l’on a quitté l’Autriche les gens nous préviennent : attention, en Suisse et en Autriche il n’y avait pas de dangers mais après…
Ce qui nous fait rire c’est que les gens rencontrés dans chaque pays nous disent que dans le leur il n’y a pas de danger mais que ensuite par contre…
En Slovénie : « la Slovénie, ça va, pas de danger, c’est l’Europe, mais à partir de la Croatie, attention ! »
En Croatie : « Ici, il n’y a pas de problèmes, mais attention dans les Balkans, et puis la Roumanie, houlà, c’est dangereux ! »
En Bosnie : ah ben non, là, même leur propre pays ils le qualifient de dangereux. C’est pas très rassurant mais on n’est bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces recommandations, on a eu de la chance jusque là, et on a pas l’impression de se mettre en danger, je ne crois pas que ce soit plus dangereux de faire du stop dans les Balkans qu’en France !
Pour ce soir, Dolorès, qui ne peut toujours pas nous accueillir chez elle, nous a conseillé un camping, à la sortie de Bihac. Il va vous plaire nous assure t’elle, la rivière n’est pas loin, c’est très calme, dans la nature…ah oui, ça c’est sur, le camping est sympa, le prix l’est moins lui par contre : 16 euros par personne ! Pour un bout d’herbe !! Ah non, vraiment, merci bien !
On se débrouillera autrement…
Ici, ce n’est plus la Slovénie, le risque de sauter sur une mine nous retient d’aller planter la tente n’importe où. On avise le village le plus proche, on demandera aux gens si on peut planter la tente dans leur jardin. Ce n’est pas si facile d’expliquer ce qu’on veut ! A force de gestes, d’explications, de sourires, de mise à contribution de la petite voisine qui bredouille quelques mots d’anglais, une famille nous invite à prendre le café, et accepte de nous prêter leur jardin.
Cette famille est formidable : la mère est adorable, elle a deux enfants, l’un de 26 avec sa copine, l’autre de 12 ans. Le père rentre plus tard du travail. La mère nous expliquera qu’il porte une prothèse, ayant sauté sur une mine.
On passe la soirée avec eux, sur leur terrasse, enchaînant les cafés turcs et le jus de cerise fait maison. Miam ! Le café turc…on est devenues accro avec Elise avant la fin du voyage !
La communication n’est pas facile cependant chacun y met du sien, essaye d’expliquer des choses, mime, et ainsi on arrive à se comprendre.
Plusieurs fois, la mère nous demande si on n’aura pas froid cette nuit et nous assure que l’on peut dormir chez eux si on veut. Toute la famille s’entasse déjà dans une seule pièce, c’est vraiment gentil de nous proposer cela. Mais on préfère notre tente.
Au bout d’un moment, la mère nous propose d’aller faire un tour. On s’entasse donc tous dans la vieille voiture, en direction de Bihac, où il y a la fête foraine. On passe une bonne soirée, glaces, pop-corn, et retournons nous coucher.
Jeudi 25 Juin 2009: Here, we’re like in jail!
Dernier café et hop c’est parti ! Nous repartons à pied vers Bihac : c’est long, la tente pèse lourd…
On fait du stop jusqu’à Banja Luka où l’on arrive assez rapidement. Le stop se pratique vraiment bien en Bosnie, pour la première fois, nous voyons d’autres auto-stoppeurs, pas des voyageurs comme nous, mais des grands-mères, des mères de familles qui rentrent du marché, des hommes qui vont au boulot. Tous attendent sur le bord de la route, c’est limite si on ne forme pas une file d’attente ! Au début ça nous inquiétait un peu : beaucoup de concurrence, c’est pas bon ! Mais au final ça fait du bien de voir que l’on est pas les seules, on fait moins l’animation dans le village, et puis les voitures s’arrêtent et au final on part tous assez vite !
Au fil des kilomètres on longe la rivière Una, traversons plusieurs villages. Des maisons sont entièrement détruites, d’autres reconstruites, d’autres en construction : les murs rouges briques, les façades pas encore peintes, des traces d’impacts de balles encore présentes.
Ca fait froid dans le dos…
Bientôt, les églises orthodoxes aux toits brillants et arrondis succèdent aux mosquées dont les minarets s’élançaient vers le ciel nuageux. On rentre dans la république serbe de Bosnie.
Dans les rues, les panneaux d’indications sont écrits en cyrillique. On a l’impression de changer de pays !
On a fait la connaissance de deux jeunes profs, dans la dernière voiture qui nous a pris.
Très sympa, ils nous expliquent le fonctionnement et la politique de la Bosnie, et le déroulement de la guerre. Pas facile à comprendre…la Bosnie est constituée de deux entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine à majorité musulmane (bosniaque) et catholique (croate) et la République serbe de Bosnie à majorité orthodoxe (serbe).
Chaque communauté est représentée par un président. (Ça doit être la foire là haut au gouvernement…)
Leur rêve, que la Bosnie rentre dans l’Union Européenne.
On s’étonne : pourquoi cela ? Si la Bosnie entre dans l’UE, cela induirait une hausse des prix non ? Quel bénéfice pourraient-ils en tirer ?
Sans hésitations ils nous répondent qu’ils pourraient voyager, comme nous. Là, il leur faut un VISA, c’est trop compliqué. Ils concluent : ici, on est comme en prison !!
Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !
Mais comme on nous l’avait déjà expliqué en Croatie, la Bosnie et la Croatie attendent que la Serbie entre en premier dans l’Union européenne. Ensuite, peut être, ils pourront suivre…Ah, moi j’aurais pensé que la Croatie serait la première, mais apparemment ils sont tous d’accord sur ce point : la Serbie rentrera d’abord…
Banja Luka : belle ville, les toits étincelants des églises orthodoxes, les inscriptions en cyrilliques, la grande place où des gens vendent des petits chiens en peluche qui aboient, des hommes qui jouent à un échiquier géant à quelques rues de là, un vieux château en ruine…
On téléphone à Daniel, qui nous accueillera ce soir et décidons de profiter de cette après-midi pour aller nous baigner : Elise avait noté qu’il y a un aquaparc pas chère et on a bien envie de profiter du soleil ! Let’s go ! Mais en fait d’aquaparc où on s’imaginait des toboggans, des jacuzzis, c’est une piscine tout ce qu’il y a de plus simple, à un détail près : l’eau est gelée !!
Cependant cela fait du bien !
On traîne et devons retraverser la ville en courant pour récupérer avant la fermeture nos sacs laissés dans l’office de tourisme, et retrouver Daniel. Elise en tong décide de les enlever pour aller plus vite et patauge dans les flaques pieds nus ce qui lui vaut quelques regards surpris…
Daniel est un jeune hollandais qui fait un service volontaire ici à Banja Luka ; il aide à organiser le projet écotopia bike tour 2009, une rando à vélo à travers les Balkans de deux mois, avec des actions militantes écologiques. Beau projet !
Il est super sympa, drôle, mais qu’est ce qu’il parle vite !!
J’ai du mal à suivre…
On dépose nos sacs chez lui, cueillons des cerises dans son jardin et repartons assister au vernissage d’un célèbre peintre serbe. Champagne, petits fours…je crois que je suis « a little bit drunk » !
On va manger dans un resto avec d’autres étrangers qui habitent à Banja Luka ou qui sont juste de passage, comme nous. Plein de nationalités se mélangent, on parle anglais, français, allemand, bosniaque…ce mélange rappelle à Elise les soirées entre volontaires en Moldavie, moi l’Irlande et mes précédents voyages.
Vendredi 26 Juin 2009: Banja Luka
On se réveille avec Marcha, la colocataire de Daniel, hollandaise elle aussi et qui bosse sur le même projet. Un café, quelques biscuits et nous partons avec Elise visiter la ville. On rentre dans quelques églises orthodoxes : de l’or partout, de gigantesques peintures murales très colorées, ça brille, on est loin de nos églises catholiques !
On retrouve Daniel pour manger qui nous annonce une bien triste nouvelle (mode ironique) : Michael Jackson est mort. Mon dieu, journée de deuil international, au moins !! C’est la seule nouvelle de l’extérieur que l’on aura durant notre voyage. Des fois on se dit qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale on ne serait même pas au courant… mais de la mort de Michael Jackson, si !
On devait se balader avec Ugi, un bosniaque rencontré hier soir mais un imprévu l’empêche de venir, on se baladera donc seules avec Elise, au bord de la rivière Vrbas qui traverse la ville. Enfin au bord….on est en Bosnie, donc pas de sentiers de rando aménagés, on est souvent obligées de retourner marcher sur la route ou de passer à travers des buissons…
On rencontre Mirza, sur son Dajak. Passionné, amoureux de cette ville, et surtout de cette rivière, il fait du Dajak depuis qu’il est tout petit, et retourne ici chaque vacances pour « nettoyer son corps et son esprit » en transpirant sur son Dajak. Un Dajak, c’est un bateau très allongé, genre pirogue, sur lequel on avance en se propulsant à l’aide d’un long bateau qui se plante sur le fond de la rivière. Bateau endémique de Banja Luka, nous explique-t’il : il n’y a qu’ici où se mode de propulsion se fait sur de l’eau vive.
Il nous propose de faire un petit tour : ah ben ouais, pourquoi pas !
On se met d’accord sur un rendez vous pour demain, il veut nous faire remonter la rivière jusqu’aux sources chaudes un peu en amont, où on pourra se baigner.
On mange avec Daniel, le soir il y a un concert d’une célèbre chanteuse serbe dans le château de Banja Luka. Tous les jeunes (et nous aussi) qui n’ont pas pu se payer le billet d’entrée se massent à l’extérieur du château, d’où l’on entend parfaitement la voix de la chanteuse. C’est comme un concert en plein air en fait ! Même la pluie ne les empêche pas de chanter en chœur les paroles.
Je ne suis pas en forme, un petit coup de blues…je réfléchi au pourquoi du voyage, et au fait de voyager seule ou à deux. Même si j’adore voyager avec Elise, je crois que je préfère les voyages où je suis seule. J’ai tendance à m’effacer quand je suis dans un groupe, même de trois personnes. Je me mets naturellement à l’écart. Ca ne me dérange pas, j’observe, j’écoute les conversations. Je parle assez peu. Mais en voyage, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger, et quand je suis seule je ne peux pas me permettre d’être en retrait, je sors de ma réserve, je suis une autre personne, je me découvre. Là, avec Elise qui a le contact plus facile que moi, je la laisse mener la conversation, je me retranche et je n’aime pas ça. Un peu d’égoïsme sans doute, je voudrais les gens rien que pour moi…
Samedi 27 Juin 2009 : voilà pourquoi j’aime les voyages !
On passe la matinée avec Daniel et Marcha à boire du café, à manger la tarte aux cerises qu’Elise a gentiment préparé en se levant une heure plus tôt que tout le monde, et à faire des acrobaties dans le jardin (on monte chacune notre tour debout sur les épaules de Daniel, c’est la première fois que je fais ça, c’est géant comme sensation ! Petit jonglage avec des pommes en plus, toujours sur ses épaules…papapapalalapapa , voilà le cirque de Banja Luka !)
Il est l’heure de partir, on a déjà repoussé le rendez- vous avec Mirza, faut pas abuser non plus…durs adieux pour Elise qui s’était bien accrochée à ce petit Daniel !
Mirza est venu avec un de ses copains, Elise n’est pas très confiante, moi je le sens bien. Ils nous proposent de laisser toutes nos affaires dans leur voiture, nos papiers aussi, il y a un risque qu’ils prennent l’eau sur le Dajak. On ne sait pas trop quoi faire, laisser nos papiers dans la voiture d’un inconnu c’est pas hyper prudent…au final on les prendra sur nous, dans des sacs plastiques, contre l’avis de Mirza qui ne veut en aucun cas être responsable si nos passeports prennent l’eau.
Avant de partir on avait laissé son numéro à Daniel, et nous avons appris le numéro de Daniel par cœur : on est jamais trop prudentes…
On remonte le courant sur le Dajak, Elise est à l’avant, Mirza à l’arrière qui peine un peu : transporter quatre personnes, ce n’est pas rien ! On passe quelques rapides, le Dajak se remplit d’eau, on écope avec des éponges.
Un héron nous précède, s’envolant quelques mètres plus loin au fur et à mesure que nous nous approchons, des poissons font des bonds dans l’eau, on se laisse transporter, c’est magique !
Le ciel se couvre, c’est commun en Bosnie : on a toujours le droit à une averse, voire un gros orage à 14-15 heures. Il pleut, c’est énorme cette sensation...on est en train de voguer sur une rivière, en Bosnie, sous la pluie ! On chante pour encourager Mirza. Petite pause sous un balcon, en attendant que l’averse passe, Mirza nous offre du chocolat et du coca cola…
Le soleil revient, on repart et on atteint assez vite les sources chaudes, qui sont les bienvenues car on n’avait pas si chaud que ça ! (Sauf Mirza, bien sur, le seul qui a fait du sport !)
On se baigne toutes habillées dans ces petites piscines où l’eau avoisine les 30°C, ce qui étonne Mirza mais pas question de se mettre en maillot, on est toujours un peu parano, on ne veut pas attiser les convoitises…
Il plaisante, il pourrait nous vendre, en tirerait un bon prix, on est jeunes, nos reins sont en bon état (sauf ceux d’Elise qui n’arrête pas d’aller faire pipi…). Mais enfin arrêtez avec ces histoires ! Ca nous fait pas vraiment rire, le pire c’est que ça dévoile une triste vérité : le trafic d’organes, ça existe bien, et ça a bien marqué les gens ici, pour qu’ils en parlent sans arrêt…en France, un gars qui veut plaisanter dirait « je pourrais vous violer », mais il ne penserait pas au trafic d’organe ! Ici apparemment, c’est monnaie courante…
Enfin bref, Elise lui dit d’arrêter de plaisanter avec ça, déjà qu’on n’est pas toujours rassurées, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Il arrête, s’excuse, et nous explique que si il voulait vraiment le faire il n’en plaisanterait pas…n’empêche ! c’est pas drôle !
On parle d’autre chose, il nous raconte son enfance, quand ils ont fuit en Croatie sous l’occupation serbe, son père se faisant pousser la barbe et se vieillissant pour se faire passer pour le grand père mort quelques années auparavant afin de passer la frontière incognito.
Il a dû quitter sa chère Vrbas, son Dajak, les sources d’eau chaudes où il venait se baigner en plein hiver alors que tout était recouvert par la neige…
On commence à avoir froid et Elise et moi voulons reprendre la route ce soir, nous repartons donc. Le retour est bien plus rapide, on file sur la rivière, entraînés par le courant. Les hérons, canards et bergeronnettes s’envolent de tout cotés. Le soleil a encore disparu derrière les nuages, j’ai froid, je claque des dents, mais je suis heureuse. Mirza et son ami nous chantent des chansons traditionnelles bosniaques, avec la voix qui tremble et tout, c’est trop beau et romantique ! La situation est assez irréelle !
On va se changer chez Mirza, qui nous assomme de recommandations : vraiment la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, c’est dangereux, surtout pour deux jeunes filles. Il veut que l’on reste cette nuit à Banja Luka pour que son ami nous amène demain à Sarajevo. Mais non, nous on veut partir ce soir. C’est sur, ces recommandations perpétuelles nous font un peu peur, mais après tout, est-ce si dangereux ?
Il finit par nous laisser partir quand même, après tout il nous aura mis en garde, il ne peut pas nous empêcher de partir, mais il nous laisse quand même le numéro d’un de ses amis à Sarajevo, si jamais on a un problème.
Très vite, un vieux monsieur nous prend. La vallée de la Vrbas se rétrécit en canyon, en contrebas la rivière dégage de la vapeur d’eau qui forme une épaisse couche de nuage. On se croirait dans un autre monde, un peu mystique. On roule vite sur la petite route sinueuse, et comme dans toutes les voitures en Bosnie il n’y a pas de ceintures, mais j’ai confiance en notre chauffeur. On écoute du folk et du hip hop bosniaque, on discute : il parle anglais et est super sympa il nous raconte sa vie, il a beaucoup d’humour. On change encore de région, quittant la République Serbe et repassant en Fédération de Bosnie et Herzégovine. Qu’est ce qu’on est bien, on voudrait rester dans cette voiture, malheureusement il doit bifurquer à un moment…il nous dépose dans un village, il est déjà tard, il y a une fête. De la musique, des masses de personnes sur les trottoirs, on se laisse entraîner par le flot humain vers la sortie du village, recommençons le stop sans s’attarder : on voudrait être à Travnik rapidement, la nuit commence à tomber.
Un père et son fils s’arrêtent, ils habitent Travnik. Yahou ! Le fils parle bien anglais, on fait connaissance, il traduit les questions de son père. Ils nous demandent où on pense dormir, le problème c’est qu’on ne sait pas justement, est ce qu’ils connaissent des gens qui ont un jardin où on pourrait planter notre tente ?
Ils nous offrent alors de dormir chez eux. Re-yahou ! Quelle journée !
Il fait nuit noire lorsque l’on arrive. On fait connaissance de toute la famille, la mère qui parle très bien anglais et Martha, la fille de 10 ans qui s’y essaye avec timidité.
Un café turque, une soupe, du fromage (le célèbre fromage de Travnik !), une bonne douche, un tour sur internet….le paradis !
La mère s’inquiète pour nous, n’est pas rassurée pour notre sécurité : « vous avez eu de la chance de tomber sur nous ! »
Elle nous parle de la guerre, j’en ai des frissons : « on n’avait rien, je me souviens, je n’avais qu’un seul tee-shirt que je lavais quand je le pouvais. On recevait de temps en temps des colis de nourriture, mais c’était rare. Comme je parle anglais, je servais d’interprète pour échanger les otages ». Elle faisait partie de l’armée, son mari aussi. Elle est fière d’avoir défendu son pays mais s’indigne contre la guerre. Stupide guerre…elle est triste qu’il y ait encore des tensions entre les différentes communautés en Bosnie, comme si la guerre n’avait rien appris aux gens. Des milliers de morts de tous les cotés pour rien : les conflits, les tensions sont encore présents, même entre les enfants, à l’école. Pour elle comme pour d’autres bosniaques rencontrés, il ne serait pas étonnant de voir une autre guerre éclater d’ici peu. Triste….pourquoi les Hommes ont-ils besoin tout le temps de se battre, de prouver que leur vision de penser est la meilleure ? Ces guerres de religion m’ont toujours dépassé !
On passe le reste de la soirée avec Martha, qui a complètement dépassé sa timidité du début et qui parle anglais sans s’arrêter, du moins avec les quelques mots de vocabulaire qu’elle a, mais ce qui est déjà énorme pour son âge ! On fait des concours de dessin, et vers 2 heures du matin, la fatigue se faisant bien sentir, on va se coucher après cette super journée.
Ah oui et autre bonne nouvelle : je suis admise au master de Paris ! Reste à prendre une décision : Paris ou Perpignan ? Perpignan ou Paris ? Deux villes, deux master bien différents, avec chacun leurs bons et mauvais cotés…je ne sais pas quoi choisir !
Je hais ces décisions qui vont plus ou moins décider de mon avenir !
Dimanche 28 Juin 2009: Sarajevo et son histoire
On se réveille assez tard, c’est raté pour voir les ours qui, d’après le guide du routard qu’Elise avait lu avant de partir, viennent s’abreuver à la rivière de Travnik. Mais notre famille nous assure qu’ils n’ont jamais vu le bout du museau d’un ours, donc pas trop de regrets…
Le petit déjeuner est prêt quand nous sortons du lit moelleux de Martha, nos vêtements mis à sécher hier sont repassés…incroyable !!
Après nos remerciements et quelques photos souvenirs avec la famille, la mère nous amène en voiture au centre de Travnik. Petite balade au marché aux souvenirs et à la cascade qui surplombe le tout, on offre un coca à une petite fille tzigane, on se pose, le temps pour ma part d’écrire la merveilleuse journée d’hier dans mon carnet et pour Elise de rédiger quelques cartes postales. On repart en direction de Sarajevo après avoir essuyé la traditionnelle averse bosniaque de début d’après midi.
Le gars qui nous amène est sympa, il nous propose de nous héberger pour 10 euros à Sarajevo, on prend son numéro, on ne sait jamais. On a également le numéro de Mustafa, un couch surfer, mais on n’est pas sures qu’il puisse nous héberger ce soir, car il n’a pas répondu à notre dernier mail.
C’est toujours un bordel innommable pour appeler les gens comme on n’a pas de portable. On rentre dans des bars, demandons si ils savent comment on peut téléphoner. On nous dit d’acheter une carte téléphonique, mais c’est dimanche, c’est fermé, et puis juste pour un appel, ça ne vaut pas le coup…vraiment, ils ne connaissent pas un bar d'où on pourrait appeler ? A force d’insister, on nous propose généralement de nous prêter un portable. Après plusieurs essais, on finit par joindre Mustafa. Rendez vous ce soir, 19h, au Sebilj, la célèbre fontaine en plein cœur de Sarajevo où picorent des centaines de pigeons.
PHOTO 6
On a donc quelques heures pour se balader dans la capitale, nous laissons nos sacs chez une vendeuse de glace où nous en achetons pour la remercier…la belle excuse !
La rue marchande est pleine de touristes, ça parle anglais, allemand…ça nous fait bizarre ! Des boutiques d’où dépassent de magnifiques tissus colorés, des jupes, des sacs, des sarouels…une toute autre face de la Bosnie que ce que nous avions pu voir avant !
Le vieux quartier est d’origine ottomane, quelques rues plus loin on sent l’origine austro-hongroise : les pavés ont cédé la place au goudron et les grands magasins de vêtements trop cleans et bien rangés ont remplacés les petites échoppes en bois pleine de vie. En cinq minutes on passe de la Turquie à l'Autriche !
Une ville à double face, cosmopolite, attirante. Les styles architecturaux des maisons se mélangent avec harmonie, retraçant l’histoire de cette ville. Les différents édifices religieux, mosquées, cathédrales, synagogues, se mêlent également pour créer une atmosphère particulière.
Cette ville chargée d’histoire en a vécu une dont elle garde les tristes traces : la guerre qui a fait rage ici. Maisons détruites, à reconstruire, façades criblées de balles, la bibliothèque nationale, magnifique bâtiment de style ottoman de plus de 200ans, qui a brûlé entièrement. Plus de 40 000 livres partis en fumée…une grande affiche indique que différents pays d’Europe aident au financement de sa reconstruction.
Un immense cimetière s’étend à perte de vue sur les collines qui entourent la capitale. Des milliers de tombes blanches, gravées de symboles arabes : des milliers de jeunes, âgés d’une vingtaine d’année, qui ont péri dans cette guerre.
Et puis, dans un coin de rue, un pierre gravée : « A cet endroit, le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné Franz Ferdinand, l’héritier du trône austro-hongrois, et sa femme Sofia. » Des souvenirs, les cours d’histoire du collège, le début de la première guerre mondiale. A cause d’un meurtre qui s’est passé ici, où je me tiens. A l’époque, au collège, Sarajevo était juste un nom pour moi, une capitale que je savais à peine situer sur une carte. Et aujourd’hui, j’y suis, dans cette ville qui vibre de son lourd et riche passé.
A 19 heures, on attend sur les marches du Sebilj. Mustafa n’est pas encore là, on attend, attend…on n’y croit plus vraiment, il ne viendra pas.
On a quelques plans de secours, les chambres à 10 euros du gars qui nous a pris en stop, et puis un mec rencontré dans la rue aujourd’hui nous a proposé de nous héberger gratuitement. Mais Elise ne lui fait pas du tout confiance.
Mais je persiste, têtue, à re-téléphoner à Mustafa: il a dit qu’il viendrait, il a intérêt de venir ! J’emprunte le portable d’un couple super sympa, leur expliquant notre situation, la fille téléphone même à ma place. Ah ben Mustafa est encore chez lui, il arrive dans 15 minutes.
On ne le sent pas trop….
Finalement il arrive, s’excuse du retard, il était à une fête, a un peu bu.
Il nous conduit chez lui où il y a aussi sa copine en ce moment, Milena, d’origine serbe.
En fait, une fois notre énervement passé suite à l’attente et le fait qu’on ait cru qu’il nous posait un lapin, on découvre un gars super drôle et attachant. Milena et lui sont adorables, naturels, on se sent tout de suite super bien chez eux.
On ressort avec Elise manger nos premiers Burek de Bosnie, sorte de pâte cuite fourrée au fromage, à la viande ou encore aux épinards : miam !
On passe le reste de la soirée avec Mustafa et Milena, à faire connaissance ;
Mustafa se moque de l’accent des français quand ils parlent anglais. Il nous fait voir une vidéo sur youtube qui caricature les italiens parlant anglais (italien ou français, question niveau d’anglais, c’est pareil..). On se marre bien:
“I went to a restaurant and on my table there were a spoon, a knife but no fork! I went to the waitress and said: I want a fork!”
“Everybody wants to fuck!”
“You don’t understand, I want a fork on my table!”
“You’re not going to fuck on your table, you son of a bitch!”
Et pareil pour “I want a sheet on my bed = I want to shit on my bed”
Lundi 29 Juin 2009 : Les vaches font meuuuuuhhhh
Gros petit déj tardif : tomates, feta, beignets au mais préparés par Milena, crème, olives…et bien sur café turque !
On part avec Enis, un copain de Mustafa, pour visiter Sarajevo. Premier arrêt dans une ancienne maison ottomane, tout en bois, avec de magnifiques gravures. On visite la partie réservée aux femmes, celle des hommes…Enis nous explique tout, c’est un bon guide.
On grimpe au château surplombant la ville pour avoir une vue d’ensemble sur Sarajevo. Cette capitale est dans une cuvette, entourée de collines, Enis nous explique que les tireurs serbes étaient positionnés sur ces collines et qu’ils mitraillaient la ville sans aucune défense.
On refait le monde tous les trois, on discute beaucoup. Enis est serbe et n’a aucune rancune envers les bosniaques, il est juste triste de voir que des enfants, des jeunes aient été tués pour des raisons ridicules. Si tout le monde pouvait penser comme lui…
Cette discussion, alors que l’on a une vue imprenable sur le cimetière, me marque beaucoup.
On se sépare un moment, Elise et moi voulons faire du shopping, la visite du centre hier nous a donné envie !
Le chant du muezzin appelle à la prière, ça me rappelle le Burkina. Les gens vont prier dans la grande mosquée centrale, se lavent pour se purifier avant de dérouler leur tapis.
On retrouve Enis quelques heures plus tard, sous la pluie. Il nous conduit à un autre château encore plus haut puis au mont Trebevic. On se balade un peu, on a secrètement envie de voir des ours…il y a du brouillard, le sol est gorgé d’eau, on marche dans la montagne, on demande mille fois à Enis si il est sur qu’il n’y a pas de mines…
On passe pour les grosses citadines qui ne sont jamais sorties de chez elles, entre nos envies de voir des ours à quelques kilomètres de Sarajevo, nos peurs des mines, et surtout quand Elise déclare avoir entendu des vaches après avoir reconnu le son de leur cloche. Et c’est là qu’Enis, tendant l’oreille et d’un air très sérieux, sort la phrase désormais culte : « No, it’s definitely not a cow ! Cow makes meuuuuuhhhhh, not ding dong! » Ah ah oui merci Enis du renseignement !!
On rejoint Mustafa et Milena dans la soirée pour aller dans un bar latino danser la salsa. Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas dansé la salsa, ça me manquait !!
On s’éclate, on continue la soirée dans le salon de Mustafa, on se couche tard, vers 4-5 heures, après cette belle journée.
Mardi 30 Juin 2009 : come ooonnn
Dur réveil, on veut partir assez tôt mais Mustafa et Milena nous ont fait promettre hier de les réveiller quand on part ; du coup on traîne un peu, le temps d’un dernier café, de dire au revoir.
Direction Pale ! Petite ville entourée de montagnes, dans un parc national.
On fait quelques courses, on veut racheter du couscous pour varier un peu. Impossible à trouver. On demande, bientôt dix clients se mettent à chercher pour nous du couscous dans tous les rayons sans savoir exactement ce que c’est. C’est énorme, hilarant, ils déambulent dans les rayons répétant « Cous, Cous, what is Cous ?? ». No, not just cous, it’s couscous !
Finalement on repartira avec du pain…
C’est moi qui avais insisté, je voulais me balader dans un parc…mais comme d’habitude, il se met à pleuvoir…
On a quand même eu le temps de marcher un peu dans la nature, traversant des petits villages, le foin sèche en gros tas dans les jardins.
Chocolat chaud dans un bar à la musique trop forte, ça m’énerve très rapidement, je le bois vite et sort dans la rue m’asseoir sur un bout de trottoir écrire dans mon cahier. Elise n’est pas dérangée par la musique, elle reste au chaud écrire des cartes postales.
On retrouve Nole, notre hôte pour ce soir dans un square. Il nous offre un deuxième chocolat chaud, avec plein de chantilly, je suis un peu écoeurée !
On est crevées par la soirée d’hier et on voudrait bien juste se reposer mais Nole nous a prévu tout un programme. Il nous amène dans son village, Podgrabb, nous présente à ses parents et ses sœurs. Il est gentil mais il en fait un peu trop, il est limite stressé, comme si c’était un grand honneur d’accueillir deux françaises et qu’il fallait que tout soit parfait…c’est gênant !
Après le dîner il insiste pour que nous ressortions se promener dans le village et boire une bière. Il nous présente à ses copains, fier de s’afficher avec deux filles françaises. Et si on avait été de Slovaquie ? Ou de Lituanie ? Est-ce qu’il nous aurait accueilli de la même manière ? Je ne comprendrai jamais vraiment cette réputation qu’à la France, comme si notre pays valait mieux que les autres !
Enfin voilà, on n’a pas plus d’accroche que ça avec Nole, peut être est-ce dû à notre fatigue, ou à son embarras de nous recevoir chez lui, ou alors à son affreux « come oooonnn », qu’il sort à chaque phrase, en insistant bien sur le oonnn, le faisant venir du fond de la gorge.
C’est resté dans les anales….
Mercredi 1er juillet 2009 : BANG !!!
Programme chargé aujourd’hui : journée stop ! On veut traverser la Serbie pour être demain en Roumanie, à Craiova, où des amis d’Elise nous attendent. On a donc deux jours pour traverser la Serbie, c’est largement faisable, mais il ne faut pas traîner.
Mais apparemment le sort en a décidé autrement…on galère pour avancer, on se rapproche lentement, très lentement de la frontière serbe, attendant chaque fois une heure pour être avancées de quelques kilomètres…on nous a quand même offert des biscuits à la cerise et au chocolat et avec les immenses tablettes de chocolat que la mère de Nole nous a donné ce matin, on a de quoi se réconforter !
Mais il fait chaud, on cuit. Le soleil tape en ce début d’après midi, cela fait des heures que l’on est dans ce même village à une dizaine de kilomètres de la frontière, on a déjà demandé de nombreuses fois au bar à coté de nous remplir nos bouteilles d’eau.
Je ne sais pas ce que je préfère entre le stop sous la pluie ou sous le soleil implacable !
Ah, enfin, un routier s’arrête. Il va jusqu’au milieu de la Serbie à peu près. Bingo, ça valait le coup d’attendre !! On hisse péniblement nos sacs dans le camion, heureuses : ça va le faire, on sera en Roumanie demain !
On démarre, mais on est très vites arrêtées. Contrôle de police. Papiers du véhicule…je vois nettement notre chauffeur glisser un billet dans ses papiers. Corruption ? A-t-il quelque chose à se reprocher ou est ce que c’est monnaie courante de filer de l’argent aux flics pour ne pas qu’ils créent de problèmes ?
On repart…mais à peine cinq kilomètres plus tard, on entend un gros BANG. Un Bang inconnu, bizarre, inhabituel, qu’est ce que cela peut bien être ??? Le chauffeur freine, s’arrête, va voir. Le verdict tombe : un pneu a éclaté…
Ce n’est décidément pas notre jour de chance !
Notre routier ne parle pas un mot d’anglais, ça ne facilite pas la communication, mais apparemment on en a pour une heure d’attente environ, les dépanneurs sont à 70 kilomètres de là.
On décide d’attendre, après tout, on va peut être attendre une heure, mais on est sures d’arriver au milieu de la Serbie ce soir !
On se pose à l’ombre, on sudokute, on mange du chocolat tout fondu.
Une heure…l’espoir fait vivre ! Ca fait plus de deux heures qu’on attend et toujours pas de « vulcanizare » (« réparation » en Serbe, et oui on ne perd pas notre temps, on a même appris les chiffres de un à dix pendant toute cette attente !)
On est retourné dans le camion après s’être fait invitées au resto par notre chauffeur, à une centaine de mètres. Frites, viande, tomates concombres, bières, coca. Elise est un peu soule mais ce n’est rien comparé à notre chauffeur qui a englouti des litres de bières. Finalement, si la dépanneuse n’arrive pas tout de suite ce n’est pas bien grave, on n’a pas spécialement envie qu’il reprenne le volant maintenant !
La pluie tombe, normal, il est 15 heures passées, l’heure des averses en bosnie.
On est à l’étroit dans ce camion, le chauffeur s’est allongé derrière, a même proposé à Elise de s’allonger avec lui…
Cependant on se sent assez en sécurité, même si le fait qu’il ait insisté pour nous payer bières sur bières est peu rassurant.
On a feuilleté un magazine de tourisme dans le resto, et vraiment, je comprends que des gens participent à de tels voyages mais ils ne savent pas ce qu’ils perdent : tout ce qu’on vit ici est unique, inégalable. L’incertain…on suit le court du voyage comme un radeau suit le cours de l’eau, on se donne pleinement au hasard et aux risques qu’il contient…mais il nous rend tant en retour !
On commence à se demander si le chauffeur a vraiment appelé les secours ou si ce n’est pas un piège : 70 kilomètres, en trois heures, ça se fait quand même ! Ils ne viennent pas à bicyclette !
Ou alors ils ont crevé à leur tour…
On joue au pendu. Mon mot : « dépanneuse ». Celui d’Elise, pas des plus optimiste, est « fin du voyage »…
Grâce à des dessins plus que sommaires, on arrive à demander au chauffeur le temps que cela prendra de changer la roue. Vingt minutes nous assure t-il. Et nous, naïves, on y croit encore, que ces dépanneurs vont arriver, que la roue sera changée en 20 minutes, qu’on sera en Serbie ce soir…
Ah enfin un gars arrive, en marcel, un pneu de secours, une clé à molette… alors c’est ça les vulcanizare ??
Avec Elise, on veut se rendre utile, on fait ralentir les rares voitures qui passent en agitant notre bras.
Au bout d’une heure et demi, ça y est, on repart enfin. Il est 19h15.
On va enfin la traverser, cette putain de frontière !!!!!!! Musique à fond, on retrouve le sourire, on n’avance pas bien vite, le camion traînant sa lourde charge, mais enfin a point où on en est !!
On arrive à la frontière, coté Bosnie, on n’était vraiment pas loin ! Contrôle des passeports, cela dure encore 15 minutes. Quelques mètres plus loin, même frontière, coté serbe cette fois.
Notre routier prend nos passeports, va vers la douane, on attend, assez longtemps, bon sang mais qu’est ce qu’il fait ???
Il revient, nous tend nos passeports, et nous annonce : « Problem, phytosanitat Kontrol… »
Il nous fait comprendre qu’il va donc passer la nuit dans son camion, à la frontière, il doit passer un contrôle sanitaire.
Non mais c’est quoi ce bordel ?? Un contrôle sanitaire, à cette heure ?? On a attendu plus de cinq heures pour finalement se faire plantées là, à la frontière ??? Je rêve…
Le chauffeur nous propose de dormir dans son camion, il repart demain vers 9 heures, il peut nous amener…
Mais bien sur. On vire parano, la corruption des flics, le coup de la panne, et maintenant le contrôle sanitaire, ça fait un peu beaucoup !
Enfin il a l’air d’en avoir aussi marre que nous, le pauvre !
On passe la frontière à pied. Il est tard, la nuit tombe. On trouve un champ où planter notre tente, la première grand-mère à qui nous ayons demandé de planter la tente dans son jardin ayant refusé.
On ne se décourage pas, demain sera un autre jour…
Les lucioles clignotent de tous les cotés, c’est joli. On fait un footing pour se dégourdir les jambes et se libérer un peu de la tension qu’a provoquée l’attente…
On n’a rien à manger mais on n’a pas faim, il nous reste encore le chocolat de la mère de Nole.
On est heureuses, on est en Serbie, le pays d’Emir Kusturica !…. » Il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Oh yeah ! »
Jeudi 2 juillet 2009: wir sind nicht curva !
Lever aux aurores, à six heures ont est déjà sur la route, le pouce tendu.
Je râle, avec une voiture toute les 15 minutes on ne va pas aller loin !
Un bus arrive, on monte, il veut nous faire payer : 4 euros pour 30 kilomètres. C’est cela oui !
On redescend cent mètres plus loin. Dire qu’on doit traverser toute la Serbie, on n’est pas arrivées !
Une voiture. Inspecteur de police, il va chercher un jeune délinquant à Belgrade. On embarque et s’endormons aussitôt toute les deux, Elise au fond, moi à l’avant, chose normalement interdite dans notre règlement interne d’autostoppeuses : il en faut toujours une de réveillée (généralement c’est moi, Elise sombrant toujours dans le sommeil, bercée par la voiture et le ronronnement du moteur…)
Au bout d’un moment on s’arrête, il est 8 heures, on est dans une ville nommée Cacak, notre chauffeur nous offre le petit dej. Poulet, tomates, choux, café…
On discute. Sa femme est morte pendant la guerre, ses potes aussi. Ceux qui ont survécu ont bien du mal à trouver un boulot qui les fasse vivre. Lui a de la chance, il gagne assez bien sa vie. Mais c’est plus pareil qu’avant…
Il nous achète également du chocolat, du jus de fruit, des biscuits. C’est trop, c’est gênant, mais il ne prend pas en compte nos « c’est gentil mais on n’en a pas besoin, vraiment ! »
Il est gentil, mais un peu trop tactile : main sur la cuisse, il caresse la joue d’Elise…on ne veut pas s’inquiéter, il est dur de savoir si ce sont juste des gestes amicaux ou si il veut plus.
Aussitôt remontés dans la voiture, il se fait plus insistant, j’enlève plusieurs fois sa main sur ma cuisse, le repousse.
Son regard insistant et pervers m’inquiète. Je suis aux aguets. J’interdis à Elise de dormir derrière, mais elle aussi a repéré son manège et ne le quitte pas des yeux.
C’est alors qu’il me sort: « Du und ich (toi et moi)», puis geste international et très romantique à l’appui, me signifie qu’il veut baiser. « Für funfzig euros »
Sidérée, je ne veux pas y croire.
Naïve, peut être, ou pensant que si je fais semblant de ne pas comprendre il n’osera pas redemander, je bredouille un « ich verstehe nicht ( je ne comprends pas)… »
Il re-insiste : « Du und ich » « Für Funfzig euros », traçant de son gros doigt boudiné un 5 et un 0 sur le tableau de bord.
Ah oui oui, là il y a plus de doute, il me prend pour une pute !
Elise s’énerve à l’arrière : « Stoooooppppp ! Wir gehen ! Wir gehen !!! »
Il répond qu’il ne peut pas s’arrêter, des voitures le suivent derrière.
Elise s’emporte pour de bon, hurle « Stooooopppppp », il finit par s’arrêter.
On récupère nos sacs dans le coffre vite fait, sous ses « I’m sorry, I’m sorry. »
Sorry mon cul, oui !
Elise lui balance, mi russe mi allemand : Wir sind nicht curva !!!!!! (On n’est pas des putes !)
Il ne veut pas repartir, insiste pour que nous prenions les jus de fruits et les biscuits qu’il nous avait achetés. Elise refuse, moi je les veux bien…
Il finit par repartir.
Je rie nerveusement.
Cinquante euros, je pensais valoir plus, je suis déçue. C’est con d’avoir ce genre de pensée dans des moments pareils…
On re-attaque le stop direct, on a peur que si on se pause un moment on n’ait plus le courage de continuer.
On décide de changer d’itinéraire. Ca ne vaut pas le coup d’aller à Belgrade, ça nous rallonge un peu le chemin.
Par petits sauts de puce, mais sans attendre jamais très longtemps, on passe par des villes aux noms exotiques : Trstenik, Krusevak, Paracin, Zajecar…
On se fait offrir des pêches, une carte plus précise de la Serbie, un jus de fruits.
On se souviendra de la Serbie et de ses conducteurs. On double sans regarder, à la dernière minute, des voitures arrivent en face, coup d’accélérateur, ça passe, ouf ! Et jamais de ceintures…
On est prises en stop par un flic international ( arggggh ! encore un flic !) et un militaire, qui nous passent leur numéro de téléphone, à appeler en cas de problème, dans n’importe quel pays. On est placée sous haute protection ! Sauf que…on n’a pas de portables.
Réactions du flic : quoi ??? Vous êtes deux filles, vous partez en stop, dans les Balkans, sans portables ! Vous avez de la chance si il ne nous arrive rien !
Après ce qu’il vient de nous arriver on prend conscience que oui, cela peut être dangereux, mais qui ne tente rien à rien, et je crois bien qu’on a une petite étoile qui veille sur nous…
Petite frayeur à un moment : on monte dans une voiture, faisons quelques kilomètres quand Elise réalise qu’elle a oublié son sac avec passeport, argent, bref le truc à ne surtout pas perdre, sur le bord de la route ! Demi tour !!! Ouf le sac était bien toujours là…
En s’approchant de la frontière roumaine, de moins en moins de voitures passent. C’est la malédiction de frontières…photos débiles au bord de la route en attendant, on mange les biscuits offert par l’inspecteur de police de ce matin, qui sont de la marque « Pardon ». Ca nous fait bien rire, comme si il avait prévu son coup…
On finit par arriver à la frontière à la tombée de la nuit. Changement d’horaire, il faut avancer notre montre d’une heure. Ca ne nous arrange pas…
La frontière ne pouvant se passer à pied, on grimpe dans la voiture d’une jeune couple. Elise est contente, c’est des roumains, elle peut s’exercer à parler ! Elle discute avec eux, moi je suis un peu à coté de la plaque, je ne comprends pas grand-chose, à part « Periculos, Periculos », que la femme répète avec de grands gestes théâtraux. Souvenirs du collège, en latin…Periculos= danger.
Ca m’énerve, elle sur joue, faut pas abuser, c’est pas si dangereux.
Son mari est plus réservé, je le préfère, lui au moins ne nous juge pas…
Ils sont inquiets : il fait nuit, il reste encore 150 kilomètres jusqu'à Craiova où Tica, l’ami d’Elise, nous attend. Ce n’est pas prudent de faire du stop à cette heure, on le sait bien.
Ils nous amènent à la gare. Mais le train pour Craiova nous ferait arriver trop tard, et est assez cher.
On téléphone à Tica, on lui explique notre situation, on ne sera que demain à Craiova, on va dormir ici.
On pense planter la tente dans un champ, mais ils refusent : c’est dangereux, il y a des tziganes…Ils appellent alors la mère de la sœur du mari, ou quelques chose comme ça, bref on ne comprend pas tout, on nous amène d’abord chez des gens, puis on échoue chez une grand-mère, avec un potager, les toilettes sèches au fond du jardin, et neuf mètres carrés de béton pour planter notre tente.
Voilà où on va dormir. Elise fait la conversation en roumain, moi je ne dis pas grand-chose, je suis dans un autre monde, un peu mise à l’écart par la barrière de la langue, et puis j’ai envie de me coucher…
Vendredi 3 Juillet 2009 : Le début de la gloire
Réveillées par le pépiement haute fréquence sonore d’une saleté de poulet. Quelques pommes du jardin pour le petit déj, un café, et en route, Tica nous attend.
A Craiova, c’est le bordel pour trouver un café internet et encore plus pour échanger nos dinars que l’on avait retirés inutilement en Serbie, comme on n’a rien dépensé.
Aucune banque ne les accepte, même quand Elise s’écroule de tout son long dans l’entrée de l’une d’elle, s’étant pris les pieds dans son pantalon…rien de grave…mais so funny !
On rejoint Tica qui nous amène au studio de TV d’une chaîne régionale pour laquelle il travaille en tant que chauffeur.
Une journaliste réalise un mini interview de notre voyage. Elle pose les questions en anglais, on répond en français. Questions bêtes : « quel pays avait vous préféré ? Est-ce que vous aimez notre pays ? » Que répondre ? Oui, je suis arrivée seulement hier soir en Roumanie, mais je trouve les roumains très accueillants et gentils…pff…
Enfin bref, c’est le début de la gloire, on nous filme marchant avec nos sacs à dos, puis assises sur un trottoir.
On pue, on est crades, cela fait un petit moment qu’on n’a pas pris de douche, on est fatiguées…de vraies images de voyageuses, qu’ils ont eu !
Tica nous amène dans son village, à Malu mare, une maison qu’il a construit lui-même, avec un immense jardin. Il nous présente sa femme, qui a des airs de Meryl Streep dans Sur la route de Madison. Douche, lessive, repas, sieste.
Quelques verres de vin et ça y est je suis partie, la contrepetrie d’Elise me donne des fous rires pendant longtemps :
En hommage à notre ami commun Nicolas Dole et à notre hôte Nole :
Dole Nicolas
Nole dit « colas »
Comment ça ce n’est pas si drôle ??? J’en ris encore…
Devant mon hilarité elle en invente une autre :
Nole me soûlait
Nole se moulait
Bref bref…
On ressort le soir à Craiova, il y a un concert de rock en plein air dans un parc. Les collègues de Tica sont là, on boit des bières, on discute.
Elise est déçue, lors de sa première rencontre totalement due au hasard avec Tica, l’année dernière, elle s’était très bien entendu avec lui, avait passé un week end magique. Ils avaient gardé contact par internet, voilà des jours qu’elle est pressée de le revoir.
Mais il semble plus distant, plus réservé.
Peut être que cela fait comme avec moi et Blanka. Il ne faut pas chercher à reproduire des situations…certaines rencontres sont magiques car on est dans un certain état d’esprit, dans un certain contexte. Vouloir revivre la même chose, avec la même personne, des années plus tard, ce n’est pas si simple…
Samedi 4 Juillet 2009 : VISA or not VISA ?
Des amis à Tica nous apprennent qu’il faut maintenant un VISA pour la Moldavie ! Quoi ? J’y suis allée l’été dernier, pas besoin de VISA…du coup on ne s’est pas renseignées, cela aurait-il changé depuis ?
Cela bouleverse tous nos plans, il faudrait aller à l’ambassade à Bucarest, et puis est ce que cela vaut bien le coup de prendre un VISA juste pour quelques jours, avec le prix ? Elise veut absolument aller en Moldavie, elle a prévu de revoir les gens qu’elle a connus là bas, ce serait trop dur de ne pas y aller alors qu’on est si proches…
Moi je ne suis pas sure de vouloir encore y aller si il faut un VISA, je préférerai rester les derniers jours en Roumanie, pour me balader dans les Carpates. On envisage de se séparer du coup dans quelques jours…
Sacré coup au moral, mais il ne faut pas se laisser décourager, on part se balader dans la campagne, on ira vérifier cette après midi à Craiova pour l’histoire du VISA, car c’est louche quand même…
Les paysans travaillent la terre, il fait chaud, ils nous demandent ce qu’on fait. On a entendu parler d’un lac, on voudrait y aller…une mémé nous y conduit sur un bout de chemin, puis une famille nous prend en voiture. La petite fille, trop choupinette, demande à Elise si elle connaît son cousin Diaro…
Le lac n’est pas des plus appétissants, on est loin de la Soca ! Tentatives ratées d’acrobaties
(Daniel ! revient nous montrer comment on fait!)
Le pouce tendu sur la route de Craiova, la deuxième voiture s’arrête. Internet café. Pas besoin de VISA ! Soulagement ! En fait le VISA est obligatoire maintenant pour les roumains depuis les émeutes qu’il y a eut à Chisinau suite aux élections en avril dernier.
Mais pour les français, pas de changements.
Privilège…
On déguste une glace dans un parc, où je me fais vite rappeler à l’ordre car je ne suis pas assise correctement sur le banc. C’est vrai que le paraître prend beaucoup d’importance dans ces pays, surtout en Moldavie où je n’avais jamais vu autant de filles en minijupes, talon hauts, à croire que l’apparence est plus importante que tout…
Mal à la tête, on rentre, on ne connaît pas la route de Malu mare, on demande, on erre. On prend un bus, puis un autre, puis auto-stop. Les trottoirs sont partagés entre les piétons et les chiens errants ; les rues entre les charrettes, les voitures et les camions. Contraste…
Dimanche 5 Juillet 2009 : Un sacré couple !
Tica nous fait faire un bon bout de chemin pour aller jusqu’à Ramnicu Valcea, on fait le reste en stop.
Le premier gars qui nous prend nous a vu hier à la télé ! Célébrité, quand tu nous tiens…
Comme Elise parle roumain, je suis toujours un peu laissée pour compte. Ce n’est pas grave, ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c’est pratique d’avoir quelqu’un qui parle la langue. On s’en sortait très bien en Serbie à bredouiller de l’allemand et de l’anglais, mais les rapports sont quand même plus constructifs quand on arrive à se comprendre.
Et puis elle est mignonne, elle me traduit tout !
Mais là pour la prochaine voiture elle a décidé de faire comme si elle ne parlait pas roumain, et puis c’est moi qui passe devant. Mais le vieux ne comprend pas que je ne comprenne pas, et au lieu d’articuler et de parler plus lentement, il hurle tant qu’il peut. Ca m’énerve, ce n’est pas parce que tu cries que je comprendrais mieux mon petit père….
Bref, à la prochaine voiture, je laisse Elise remonter devant !
Ah ben tiens, celui là, il nous parle d’un français qu’il connaît, un expatrié qui habite vers Ramnicu Valcea. Daniel. Daniel ? Mais on va chez un Daniel nous justement ! Oh ben quel hasard, c’est le même, il se trouve que l’on est tombées sur le voisin de notre prochain hôte, rencontré sur internet !
Daniel et sa femme Constance nous donnent rendez vous dans une pizzeria puis nous conduisent en 4*4chez eux, dans le petit village de Smeurat sur une route de terre défoncée. Des creux, des bosses, des portails en fer forgé, des gamins et des vaches qui traînent dans la rue.
Daniel et Constance sont un couple pour le moins…étrange !
Lui, dés les cinq premières minutes, nous raconte toute sa vie : l’orphelinat, puis récupéré par sa mère avec le beau père qui le battait, 2 mariages ratés, alcoolisme, ces filles qui ne lui parlent plus…son seul bonheur dans cette vie : son camion, quand il était routier, et puis maintenant un jeune roumaine qu’il considère comme sa fille.
Elle, sacré caractère, toujours en train de jurer, de râler « Ah c’te con là, c’te gros lard, non mais c’est pas vrai… » Roumaine, elle est venue en France après un échange de quelques lettres et de photos avec Daniel. Mariage arrangé…selon Daniel, aucun roumain n’aurait voulu d’elle : trop de caractère…
Ils s’engueulent, lui s’écrase, on n’entends qu’elle qui jure.
Non mais sur qui on est tombé ??
Enfin on a un petit appartement particulier, deux lits bien moelleux, les toilettes sèches au fond du grand jardin. On ne va pas se plaindre…
Daniel nous emmène visiter un monastère orthodoxe. Il nous raconte encore des histoires glauques : il s’est fait accuser de viol par une petite fille du village, un tel se fait battre, l’autre est toujours soul, tel ami routier est mort dans un accident…
Il ne doit pas souvent pouvoir se confier, et avec son monstre de femme ça ne doit pas être facile tous les jours, alors il se lâche, enfin quelqu’un pour l’écouter…
Mais enfin c’est assez triste tout ça, on dirait qu’il n’a retenu de sa vie que les malheurs…
Lundi 6 Juillet 2009: Monastère orthodoxe dans les carpates
Daniel est condamné à jouer au taxi-man pour amener sa femme chez une tireuse de carte. Ca ne l’enchante guère mais il n’a pas grand-chose à dire, il aurait préféré nous accompagner en rando, il aime bien ça la rando mais il n’a pas souvent quelqu’un pour l’accompagner.
Enfin voilà, on part seules avec Elise se balader dans les Carpates, un peu soulagées quand même que Daniel ne soit pas venu avec nous, son enfance et ses histoires avec Constance, comment dire…c’est pas qu’on s’en fiche, mais parler que de ça à la longue, c’est déprimant !
Il est déçu aussi que l’on ne reste pas plus longtemps, mais nous, on est comme des oiseaux de passage, on effectue notre grande migration vers l’est, jamais plus de deux nuits au même endroit.
On traverse un charmant petit village, les façades peintes de couleur vive, jaune, ocre, vert, les portails en fer forgé aux motifs de cœur, de losange.
Ca grimpe, un peu, pas trop, mais on n’a plus l’habitude. On s’arrête aux fontaines, aux petites chapelles orthodoxes parsemées le long du chemin.
Les framboises dans les fourrés nous donnent du courage.
On arrive à un grand monastère, les prêtres dans leur longues robes et le visage mangé par une barbe épaisse coupent du bois, on les entend travailler plus haut.
Pour nous, pause casse croûte. A peine fini, il se met à pleuvoir. De plus en plus fort. On est trempées. Ca rafraîchit, j’aime bien la pluie, mais là il pleut quand même un peu trop souvent !!
On ne traîne pas, reprenons le chemin du retour.
Deux petits chats abandonnés miaulent dans les fourrés, ils sont mignons, un peu farouches, on leur offre notre reste de pique-nique. On voudrait pouvoir les garder, il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent dans cette forêt.
Peut être que notre pain et nos sardines en boite n’ont fait que retarder leur cruel destin…
De retour au village, on téléphone à Daniel pour qu’il vienne nous chercher. Elise discute avec une vielle dame. Elle raconte qu’elle a vu un ours, un jour, alors qu’elle cueillait des myrtilles. Cette révélation excite notre imaginaire, on rêve d’en voir depuis la Bosnie ! Allez, on a encore un peu de chance, on n’a pas dit notre dernier mot !
Visite des cures d’Olanesti avec Daniel, l’eau est infecte, soufrée. Parait que c‘est bon pour la santé, certaines personnes doivent en boire des litres par jour. Pouah !
Cependant si cela pouvait guérir mon genou…je me suis fait mal je ne sais pas comment, je n’arrive plus à le plier sans une atroce douleur.
Bizarre, espérons que ça passera vite !!
Mardi 7 juillet 2009 : La route, propice aux réflexions
Nous voilà reparties, des oiseaux de voyages on vous dit ! Daniel nous fait faire un bout de route, Constance râle…malgré leur hospitalité incontestable, je n’aurais pas pu rester plus longtemps. Lui et ses histoires, elle et ses râleries…le couple de l’année !
Stop sans problèmes pour arriver à Sighisoara. Elise dort, moi je regarde le paysage en laissant mes pensées vagabonder.
J’ai deux décisions à prendre…premièrement, je dois décider de ma date de retour. Le 11 ou le 15 ? Mes dossiers de master attendent, puis la recherche d’un appart, et ensuite boulot comme animatrice à partir du 29. Elise, elle, est moins pressée, elle déménage aussi, dans le Sud, mais peut prendre son temps. Elle n’est pas sure de prendre le bus de retour avec moi. Peut être restera t-elle plus longtemps en Moldavie, si elle n’a pas le temps de rendre visite à tout le monde, si les souvenirs se font trop présents, trop forts et qu’elle a envie de se ressourcer dans son pays d’adoption. Elle ne peut pas se décider maintenant.
Autre décision : quel master ?? Il faut que j’aille sur internet aujourd’hui pour informer mes parents de mon choix, et qu’ils puissent envoyer une confirmation pour l’un ou l’autre des master. Paris, c’est disons le « master de mes rêves », une alliance entre ethnologie, anthropologie et écologie. Comprendre le lien entre les sociétés humaines et leur environnement…ça fait rêver, cela a l’air super intéressant mais…c’est à Paris, ville qui me rebute particulièrement, et puis, c’est un master recherche, et je veux au contraire choisir une voie plus profesionnalisante, j’en ai marre des théories, des cours en amphi, la licence m’a largement suffi comme ça !
Perpignan, master pro, biodiversité et développement durable. Le programme a l’air bien, mais moi ce que je voudrai vraiment faire c’est bosser dans l’environnement à l’étranger, dans un pays en voie de développement, pourquoi pas en Asie…mais surtout je veux prendre en compte le réel besoin des habitants autochtones. Bien souvent les occidentaux sont allés dans des pays du Sud pour les aider soit disant à se développer. On sait ce que ça donne…
On traverse les Carpates du Sud, la campagne avec de mignons petits villages colorés et vivants, on croise des charrettes. On nous dépose dans une ville. Tant mieux, ma vessie était sur le point d’éclater et chaque bosse, chaque creux de la route était un supplice.
Ca me fait penser à un livre que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, une autobiographie d’une tibétaine qui racontait son enfance dans les hauts plateaux, puis l’occupation chinoise, ses transferts de camps de détention en camps de détention, la torture, l’autocritique…bref, dans un de ses déplacements, alors qu’ils étaient entassés à l’arrière d’une camionnette en direction d’un camp, elle racontait son envie de satisfaire ce besoin élémentaire, de vider sa vessie. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on est pas des otages là, je peux pisser comme je veux, tiens d’ailleurs on a demandé à des gens dans la rue si on ne pouvait pas utiliser leur toilette.
Vessie vidée, on mange quelques pommes qui nous restaient de notre première nuit en Roumanie, cadeau de la grand-mère, puis on retrouve un camion pour Sighisoara.
Superbe ville, dominée par une citadelle qui me donne aussitôt envie de m’y balader.
Mais le temps de faire deux trois courses et d’engloutir vite fait nos quelques tranches de pain tartinées de crème fromage, notre régime depuis des semaines, il se met à pleuvoir. Et pas qu’un peu. La visite de la citadelle est remplacée par la recherche d’un café internet. On nous envoie dans des directions opposées, on tourne en rond, on courre sous la pluie, on glisse sur les pavés mouillés…et on finit par trouver.
Ce sera Paris, décision envoyée. Mon petit mail flotte dans les airs jusqu’en France.
Ensuite, achat de mon ticket à Eurolines. Pour le 15.
Toutes ces décisions prises, je me sens mieux, je peux repartir en mode vacances, voyage, je ne pense plus à rien, je vide mon cerveau de toute ma vie française. Les études, l’appart : je m’en fiche. On verra ça en temps voulu. Mode voyage j’ai dit !
Stop de nouveau. J’en ai un peu marre, c’est le bordel à chaque fois pour sortir de la ville, on n’a pas envie de marcher avec nos sacs, et j’ai toujours mal au genou. On nous amène au rond point à la sortie de la ville. On attend, des gens s’arrêtent, ils ne connaissent pas le petit village où on veut aller. On regarde sur la carte. Nous on a qu’une carte de l’Europe, alors les petits villages…eux en ont une plus précise. Ah ben ouais, on est dans la mauvaise direction. Demi tour….on nous place sur la bonne route. Heureusement que pour deux filles, le stop marche bien ! C’est au moins la dixième voiture qui nous prend aujourd’hui !
On arrive vite à Apold.
PHOTO 7
Dans ce village, des allemands ont monté un projet, Elise en avait entendu parler en Moldavie et ça lui titillait d’aller voir. C’est juste énorme. Dans une grande maison entièrement retapée, ils accueillent les enfants et les jeunes du village, font des activités, des échanges avec d’autres villes. Jardin pédagogique, douche extérieure chauffée au soleil (il est où le soleil aujourd’hui ?), toilettes sèches.
En ce moment, il y a un échange entre les jeunes d’Apold et des jeunes de la partie hongroise de la Roumanie. N’ayant pas la même langue, pas la même culture, les roumains des deux parties, Sud et Nord, peuvent être assez hostiles les uns envers les autres. Cet échange culturel permet donc de supprimer les à priori et les tensions.
Musique, chants, feu.
On est bien
On part se balader, on cherche un coin sympa pour manger avec Elise, tranquillement. On est vites encerclées par une bande de gamins. Ils sont mignons. Ils nous accompagnent un bout de chemin, partant un à un, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, le plus petit, à peine cinq ans. Sourire malicieux, yeux rieurs, plein d’énergie il nous tient par la main, genre gamin à qui tu cède tout avec sa gueule d’ange, mais petit monstre au fond…
Il est tard, ses parents vont s’inquiéter (qu’on pense…), on demande aux gens du village où il habite, lui étant incapable de nous répondre. Apparemment c’est dans notre direction aussi.
Arrivés vers notre tente, en fait, quelqu’un nous dit que c’est de l’autre coté, la première maison du village. D’où on vient quoi…on repart, il fait presque nuit, c’est dangereux de le laisser rentrer tout seul.
Mal au genou…
On arrive à sa maison, on sonne. Personne. Il est 22h passé, personne ne s’inquiète pour lui ? On le confie à la vieille voisine. Vraiment, c’est différent de chez nous. J’imagine que si à cinq ans mes parents ne savaient pas où j’étais si tard le soir ils auraient déjà rameuté tout le village et appelé les flics…
Soirée au coin du feu avec les allemands et les jeunes, vite abrégée pour moi. Je suis vannée…
Mercredi 8 Juillet 2009 : un ours je vous dis !!
Retour à Sighisora pour une visite de la ville, abrégée hier par la pluie.
PHOTO 8
Collines verdoyantes. Rues pavées, maisons colorées de jaune, ocre, rose ou bleu pâle. Eglise orthodoxe blanche aux coupoles noires. Sculpture de Romulus et Remus. Tiens, qu’est ce qu’ils font là ceux-là ? Tziganes, beaucoup de tziganes. Qui demandent de l’argent ou à manger. Les femmes avec leur bébé dans les bras.
On donne un billet. Cinq minutes plus tard, la même femme. Son bébé a faim, elle veut à manger.
Elise parle avec elle, on vient de lui donner de l’argent, elle peut acheter à manger avec. La discussion s’anime, Elise veut comprendre, pourquoi toujours mendier, et ne pas travailler ? Ce qui la tue, c’est de voir les roumains trimer dans les champs, bosser, et à coté les tziganes qui ne font rien et dépendent des autres. La femme ne s’énerve pas, toujours très fière, mais ne s’en va qu’après avoir craché sur Elise.
On reste sur le cul.
Les tziganes…peuple fier, mystérieux. On a du mal à les comprendre et pourtant ce peuple nous fascine. Un peuple libre, voyageur. Enfin, plus tellement voyageur maintenant, les tziganes, du moins en Roumanie, sont pour la plupart sédentarisés.
Ce qui nous dérange peut être, c’est qu’ils ne rentrent dans aucune case, ils ne correspondent pas à notre monde. Ils ne travaillent pas, vivent au jour le jour, dans un monde où on est de plus en plus matérialistes. Chassés, rejetés depuis tout temps. J’essaye de comprendre. A quoi est due la haine qu’on leur porte ? Les roumains les haïssent. De nombreuses fois, on nous a dit de faire attention aux tziganes. Tica est même allé jusqu’à dire qu’ils avaient le sang sale. Une telle déclaration me sidère. Comment peut on encore dire quelque chose pareille au XXIème siècle ?
Et pourtant, il n’y a pas à dire, ce peuple, depuis les quelques jours que nous sommes en Roumanie, nous énerve déjà. Accrochés à nos basques, pleurnichant d’une manière théâtrale pour de l’argent, ils jouent de nous, ça les amuse. Un peuple fier, incernable, qui ne se laisse pas approcher par nous, les gadjé. Ils s’en foutent de nous en fait. On les fait rire…faut dire qu’il y a de quoi rire aussi. A la poursuite de l’argent, toujours, on amasse, on fait des réserves, on prévoit. Voilà. On est les fourmis, ils sont les cigales.
Mais certaines cigales aiment bien avoir de l’argent elles aussi, de l’or, des choses qui brillent, de belles baraques, des baraques que les fourmis qui bossent dur toute la journée n’auront jamais.
J’ai du mal à comprendre….
On reprend la route, on a un long chemin. Nous aussi, on se plait en nomade…
En stop, les routiers, c’est le pied. Avec leur radio, ils peuvent savoir où sont tel ou tel collègue, et donc nous organiser notre trajet. On descend d’un camion, un autre nous attend. Perfect timing !
Le paysage évolue. Les villages ne sont plus colorés comme dans la région de Sighisora, mais ils ont énormément de charme aussi. En particulier les portails en bois, sculptés de différents motifs.
Une voiture peut nous amener directement à Pietra Neamt. On traverse les Carpates, je guette les ours. On s’enfonce dans un canyon, c’est magnifique. Le chauffeur est sympa et s’arrête à chaque point de vue pour que l’on prenne des photos. On arrive à Pietra Neamt assez tard, le trajet était long. On mange dans un restau franchement pas super, comme dirait Constance « c’est pas qualité ! ». Rien ou presque dans les assiettes, pas de pain, pas d’eau, pas de sauce avec la salade. Pour une fois qu’on se payait le restau, on est déçues !
La nuit tombe, on doit trouver un endroit où dormir. Pietra Neamt est entourée de montagnes, on devrait pouvoir cacher notre tente facilement. On se dirige donc vers la forêt. On traverse un parking d’hôpital, les gens nous regardent, ils doivent se demander ce qu’on fout là, avec nos sacs à dos. On entre dans la forêt, c’est vraiment glauque, il y a des déchets partout, des restes d’os. Il fait noir, ce n’est pas rassurant, des gens nous ont vu rentrer ici, alors on s’enfonce de plus en plus, à travers les broussailles. On trouve un endroit, pas rassurant, parmi les os et les branches mortes, mais enfin il fait déjà nuit, alors on n’a plus le choix.
Le gars qui nous a amené a dit qu’il avait vu un ours fouiller dans les poubelles en pleine ville une nuit, je ne suis pas rassurée. On va mettre la poubelle un peu plus loin, dans un arbre.
Elise dort. Je ne sais pas comment elle fait pour s’endormir tout le temps n’importe où.
Moi vraiment cette forêt me donne la chair de poule, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je ne suis pas tranquille. Je dors un peu, me réveille. La pluie tombe. J’essaye de me rendormir.
Mais un grognement terrible me fait dresser tous les cheveux sur la tête et mon cœur bat à cent à l’heure. Jamais entendu un grognement pareil, ça donne la chair de poule. L’ours !! J’en suis sure, c’est lui. Peut être à 100, 200 mètres, j’en sais rien, peut être plus, ça doit avoir de la portée le grognement d’un ours…En tout cas ça a réveillé tous les chiens du quartier, concerto d’aboiement en ré mineur!
Je secoue Elise, j’ai un peu peur, elle dort profondément. Je me fais des films, on a laissé le pain dans la tente, c’est pas attiré par du pain les ours ?? Et puis, si on ne fait rien, ce n’est pas méchant ! Je pourrais même sortir, aller voir…
Un peu plus tard, deuxième grognement, plus fort, plus proche. Putain merde ! C’est l’ours !
Je réveille Elise, mais quand elle émerge c’est trop tard, le grognement est fini et je ne l’entendrai plus. De toute façon, elle s’est déjà rendormie.
Elle ne me croira qu’à moitié, mais j’en suis sure, en tout cas ce grognement c’était une bête sauvage, et a part un ours je ne vois pas trop…
En tout cas pour moi, impossible de me rendormir. Qui a dit que j’étais peureuse ??
Jeudi 9 Juillet 2009 : un campement pour le moins insolite
Pas mécontente de quitter cette forêt !
Direction la Moldavie. On arrive assez rapidement à Iasi, près de la frontière. Je me suis endormie dans la voiture, me sentant en sécurité avec cette mère et son fils. Je n’aurais pas dû, je suis complètement dans le brouillard maintenant. Ils nous ont déposé à la gare routière. Un moment on hésite à prendre un bus pour la Moldavie, on est fatigué, et c’est toujours galère les passages de frontière…mais finalement non, question de fierté, on est arrivé jusque là en stop, on ne va pas craquer maintenant !
On va au marché, on nous a dit qu’il y avait pas mal de moldaves qui venaient ici pour vendre leurs fruits et légumes, peut être qu’on pourra passer la frontière avec eux.
Un jeune accepte de nous prendre mais il a encore de la marchandise à écouler. « Je pars d’ici une heure ou deux »
C’est bon pour nous ! On attend dans un parc, mangeons des Placinte, souvenirs de l’été dernier.
Frontière, contrôle des passeports, fouillage rapide des sacs, quelques questions sur les raisons de notre venue en Moldavie, tampon, on nous laisse passer.
Yiihhhhhhaaaaaa ! Moldova ! Last destination !
Déposées à la frontière. Il fait chaud, il fait soif. J’essaye de demander de l’eau dans un bar. Eau, un des seuls mots que je sais dire en roumain (avec les formules de politesse bien sur, sans oublier le fameux « ou sont les toilettes ? »)
On me renvoie bouler, Elise va donc tirer l’eau du puits de l’autre coté de la rue. Elle est dégueulasse….
On s’entasse dans une vieille voiture au milieu des pommes de terre et autres légumes. Ils nous amènent à Balti (prononcer Bêêêlltze, comme les moutons).
Balti, la raison pour laquelle Elise voulait absolument aller en Moldavie. Pour son architecture splendide ? Ses plats gastronomiques hors du commun ? Sa vie culturelle trépidante ?
Non, pour sa prison. C’est là qu’est enfermé son ami Slava, qu’elle a connu dans le centre pour réfugié de Chisinau. J’ai de bons souvenirs de Slava aussi, quand je suis allée en Moldavie l’année dernière. Un mec patient, très gentil, fou amoureux d’Elise aussi.
On va à la prison se renseigner sur les horaires de visite. De 8heures à 17h. Il est 17h15….on reviendra demain matin.
En attendant, comme tous les soirs, on doit chercher un endroit où dormir. On avise un terrain, on sonne chez les gens pour leur demander. Finalement, c’est le mari de la voisine qui nous propose de nous amener dans un endroit, selon lui très sûr, où on peut planter la tente sans problèmes.
Après quelques questions, il s’avère que cet endroit très sûr est un aéroport. Il en est le patron. On a dû mal comprendre…mais aéroporto, ça doit bien signifier aéroport non ? Echange de regards interloqués avec Elise. Il nous amène planter notre tente dans un aéroport ??? On ne risque pas de se faire atterrir dessus en pleine nuit ?
On comprend mieux après avoir vu l’aéroport en question.
Un grand terrain vague avec une dizaine d’avions Air Moldova tous plus pourris les un que les autres, rouillés, certains sans hélices, d’autres ans ailes…parait qu’il y en a quand même 3 ou 4 qui volent. Ben je ne me risquerais pas à monter dedans !
PHOTO 9
On est aux anges. Cet endroit est magique ! On plante notre petite tente au milieu de ces tas de ferrailles, le soleil se couche, le patron nous prête une couverture et nous offre des abricots.
Un gardien reste toute la nuit pour veiller sur ces coucous. On se demande bien pourquoi…
Vraiment, c’est l’endroit le plus insolite où on a dormi !
Vendredi 10 Juillet 2009 : Grosse déception mais…we did it !
Café servi par le patron de l’aéroport dès notre réveil !
On remballe vite, la prison nous attend. On stresse un peu, on fait attention à comment on s’habille, pas de pantacourts, pas de débardeurs, on se couvre bien.
La prison. Un grand portail, on voit dépasser les têtes de militaires, debout sur les chars.
A gauche du portail, une petite porte. L’accueil. En roumain, Elise explique notre situation. Contrôle des passeports, demande d’autorisation écrite, on nous fait passer le premier portail. On entre dans la salle d’attente. Des femmes, des hommes, vieux, jeunes, enfants. Tous attendent pour rendre visite à quelqu’un. Ca servait bien qu’on prenne autant de précautions pour les vêtements. Les femmes sont en mini jupe et débardeur à grand décolleté.
On attend un long moment. On s’en fout, on va revoir Slava !
Mais la dame de l’accueil nous rappelle. Ce n’est pas possible de rendre visite à Slava, il nous faut l’autorisation spéciale du chef. Comment ça, et on l’obtient comment cette autorisation ? Elise insiste. La dame de l’accueil, gentille et compatissante, arrange un rendez-vous avec le fameux chef. On attend encore, on fait connaissance avec un couple. Il s’avère que leur fils est dans la même cellule que Slava. Ils donnent des conseils à Elise ; il va falloir être convaincante, supplier le chef. Dire qu’on vient de France exprès pour voir Slava. Et puis, discrètement, prenant Elise à part, chuchotant, l’homme ajoute : « si besoin, glisser un peu d’argent… » Ah ben oui, tout le monde est corrompu ici. Mais quoi, ça veut dire que si on ne donne pas d’argent, aucune chance de voir Slava ? Pour se faire une idée, on demande : combien faudrait il donner ? L’équivalent de 10 euros…une fortune ici !
On ne veut pas rentrer dans ce système pourri...je me souviens de ce que nous racontait Vova, l’été dernier, au sujet de la corruption. Tout se paye. Impossible d’obtenir un diplôme universitaire sans corrompre le correcteur. Les flics, les médecins, tout le monde, tout le monde est corrompu. Comment lutter ?
Elise peut rencontrer le chef. Moi, je dois rester. L’attente est longue. Je vais demander à la dame à l’accueil, dans un roumain plus qu’approximatif. Où est Elise ? Et moi, est ce que je peux y aller ? Non, moi je dois attendre. Alors attendons….je ne me sens pas à l’aise ici, je ne sais pas où est Elise, je ne comprend rien à ce qui se passe autour de moi.
Enfin, elle revient. En larme. Le chef est catégorique, on ne peut pas voir Slava. Il faudrait une autorisation de Chisinau. Bien sur…il l’avait, le pouvoir de nous laisser entrer !
Si on avait donné de l’argent, est ce que ça aurait changé quelque chose ? On ne saura jamais…
Grosse déception. Mais si on ne peut pas voir Slava, on peut toujours lui faire passer un colis.
Courses au supermarché puis retour à la prison. Il faut détailler par écrit tout ce qu’on amène. La quantité de chaque conserve, chaque paquet de gâteau. Mais on ne peut pas faire passer de mot.
On refait des courses pour nous. Un tzigane nous aborde dans la rue, il a faim. Voyant qu’il attend à la sortie du supermarché, on lui achète un pain. Il le refuse violemment, lui voulait du lait. Il nous suit encore un moment, on finit par s’énerver un peu. On peut lui donner du pain, c’est tout, on ne va pas racheter du lait !
On finira par donner ce pain avec de la viande à une petite vieille qui nous remerciera comme si on était tombées du ciel. C’est triste…recevoir la bénédiction d’une dame pour un bout de pain !
On retourne chercher nos sacs laissés dans un bar, et comme on ne prend jamais un café sans le rentabiliser à fond, on s’approprie les toilettes pendant un moment : vaisselle, lessive, brossage des dents, toilette rapide.
Direction Chisinau, notre dernière ligne droite. On est émues. Notre dernier trajet en stop…
On attend un peu, puis deux gars s’arrêtent, belle voiture. Ils peuvent nous amener à Chisinau, mais pour 100 lei, soit plus de 6 euros. On marchande, arrivons à faire diminuer le prix de moitié. Ca m’énerve de payer ce trajet ! Les gens qui n’ont rien nous emmènent gratuitement et eux, dans leur belle bagnole, ils nous font payer. J’ai envie de refuser mais Elise est ok pour monter, et puis on a hâte d’arriver à Chisinau.
Ces deux gars sont hautains, arrogants. Ils s’en foutent de nous, on rapporte du fric, c’est tout.
Je les déteste dès le premier regard. Je suis déçue que ce soit sur eux qu’on soit tombé pour notre dernier trajet. Et puis ils roulent lentement, trop lentement, les kilomètres défilent peu à peu. Ils font un détour dans un petit village pour apporter quelque chose à leur famille, au moins on visite la campagne moldave !
Les villages ont changés, les portails sont maintenant en fer forgé, bleu ou vert, avec des motifs de losange ou de cœurs, un peu comme à Ramnicu Valcea en Roumanie.
A l’entrée de la capitale, il y a une grande sculpture, « Chisinau » écrit en grand.
On demande aux deux gars de nous déposer ici. Photos souvenirs ! On est contentes d’être arriver ici, sans problèmes. Tout s’est bien passé, même très bien !
Toutes les recommandations de la famille avant le départ et les éternelles mises en garde dans les Balkans avaient fini par nous faire croire qu’on entreprenait en effet une dangereuse aventure…mais ce qu’on vient de faire prouve bien que non, ce n’est pas plus dangereux que ça, il y a un risque certes, mais mesuré si l’on fait un peu attention…
Souvent, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de l’inconnu. Mais à vivre constamment dans la peur, on finit par ne rien faire.
On retrouve Octovian, un ami d’Elise, directement chez lui, conduites par un gentil jeune homme qui a fait bien des détours pour nous emmener, nous a prêté son portable pour appeler Octovian. Finalement, c’était lui notre dernier conducteur !
Octavian parle anglais, c’est cool, Elise n’est pas obligée de faire la traductrice et je peux m’exprimer comme je veux ! Et puis l’anglais me manquait, en Slovénie on le parlait tout le temps avec les gens, on avait fini par se parler en anglais avec Elise même quand on était que toutes les deux. Dans les Balkans on le parlait aussi, avec Dolores, avec Daniel.
Mais depuis la Roumanie, le français et le roumain avaient pris le dessus et donc oui, l’anglais me manquait ! J’aime parler anglais, je trouve que ça donne un autre sens au voyage.
Soirée tranquille avec Octavian et son cousin, on discute de choses et d’autres.
Samedi 11 Juillet 2009: la vie à Chisinau
Chisinau n’a pas changé.
Ses trolleybus rouges et bleus avec leurs portes grinçantes, et les femmes qui vendent les tickets toute la journée, l’œil aux aguets pour surveiller les nouvelles montées, se déplaçant difficilement au milieu de la foule compactée à l’intérieur. 1 lei le ticket, prix dérisoire, 15 lei valant 1 euros.
Ses affiches en russes, les autres en roumain, révélant la mixité de la Moldavie. Pro-russes et pro-roumains qui vivent ensemble, non sans heurts.
Ses vieux immeubles gris et moches de l’union soviétique.
Ses filles ultra maquillées, talons et minijupes, qui nous font prendre conscience plus fortement de nos allures de clochardes.
Ses grandes affiches de publicité, en particulier les bancs rouges KIT et KAT dont la présence m’a étonnée dans un pays à régime communiste.
Son parc Stefan Cel Mare, lieu de rendez-vous de toute la ville, qui me rappelle de bons souvenirs l’année dernière, quand, Elise à l’accordéon et Slava à la guitare, jouaient des airs de mazurka et que Nico et moi dansions.
C’est d’ailleurs dans ce parc que nous retrouvons Sabine, une française qui fait un SVE à Chisinau, amie d’Elise. Une petite boule d’énergie, pétillante, drôle, joyeuse. Nous qui commencions avec Elise à se lasser un peu du voyage, des rencontres, de défaire et refaire nos sacs tous les jours, elle nous rebooste largement !
Bière pour fêter notre arrivée et le départ imminent de Sabine.
Eurolines, on achète le ticket d’Elise, qui part au final le même jour que moi, super !
Sabine fait une good-bye party ce soir, dans un grand parc. Tous les volontaires sont là, des moldaves aussi. Ca parle anglais, roumain, français, allemand, russe, c’est sympa.
Je discute longuement avec deux filles moldaves, deux sœurs, qui parlent un français impeccable.
Les filles moldaves, de ce qu’on nous a dit et de ce que l’on peut voir, attachent beaucoup d’importance à l’apparence. Elles sont, on pourrait dire, superficielles. Préféreraient ne pas manger pendant deux jours pour s’acheter le dernier tube de rouge à lèvre.
Mais elles, les deux filles avec qui je discute, sont l’exception qui confirme la règle. Elégantes, mais pas provocatrices, elles sont surtout très cultivées. On parle politique, cinéma, livres…elles me conseillent des auteurs roumains. La soirée passe vite, la nuit tombe, elles s’en vont.
Je continue la soirée à discuter avec Octavian, Kenzo à coté joue de la guitare et chante en russe, Elise discute avec Gheorghe.
Octavian est un mec qui rêve de liberté, qui rêve de continuer ses études de sociologie ailleurs. Il en a marre de sa vie en Moldavie, marre du gouvernement, marre d’être coincé là. Il habite chez ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler, qui ne se supportent plus mais qui ne divorcent pas, par lassitude ou habitude. Ca le soule. Il est parti l’été dernier faire un SVE en Islande, pour bosser avec les sans-abri. Une belle expérience, pas facile.
Il me propose d’aller nous balader, de nous éloigner un peu du groupe. Il fait bon, on entend de la musique jouée dans un bar pas loin. Je ne sais pas trop comment, on finit par se retrouver allongés dans l’herbe, côte à côte, s’enlaçant et s’embrassant. Je ne réfléchi pas en voyage, j’arête de me poser milles questions sur ce que je devrais faire ou ne pas faire, contrairement à ma vie en France où je pense beaucoup trop. J’écoute seulement mon coeur et mon instinct. Et là ils me disent juste de profiter du moment présent, même si ça ne mène à rien, et tant mieux d’ailleurs. Je n’attends rien.
Il est tard, la pluie commence à tomber, quelques gouttes d’abord, puis de plus en plus fort. On remballe tout, les couvertures, les bouteilles, la nourriture, on va tous se réfugier chez Julie, une autre volontaire française. La soirée continue au sec. Jeux de cartes, papotages, puis on tombe tous les uns après les autres dans le sommeil, alors que le soleil est près de se lever. Je m’endors dans les bras d’Octavian à même le sol.
Dimanche 12 Juillet : Madame poulet
Nuit trop courte…Octavian s’en va en début de matinée chercher des affaires chez lui, les autres suivent, seules Elise et moi restons chez Julie qui a un peu trop bu hier et a une bonne petite gueule de bois.
Le trolleybus et le machoutka nous ramènent chez Octavian dans l’après midi. Petite sieste bien méritée.
On se retrouve tous, les volontaires et autres, dans la soirée, à essayer de trouver un bar qui n’est pas fermé. On finit par en dénicher un. L’alchimie est bonne, tout le monde discute, échange ses opinions et ses connaissances. Max et Gheorghe nous font des tours de magie, tandis que je me lance dans une grande explication sur la sexualité des poulets et l’adoption interspécifique chez les tourterelles. Cours d’éthologie de l’année dernière….en tout cas, en anglais c’est vraiment pas facile à expliquer et je pense que personne n’a compris ce que je disais, m’empêtrant toute seule entre les émissions haute fréquence sonore de telle poule et les attirances de tel anatidé pour Monsieur Lorenz…enfin ils sont gentils, au moins ils font semblant d’avoir assimilé quelque chose à mon charabia…
Elise se rapproche de plus en plus de Gheorghe, mais non, elle a un copain en France…mais elle doute, son copain, elle n’est pas sûre d’en être vraiment amoureuse, il n’y a pas cette petite flamme, ce petit pincement de cœur dès qu’elle le voit. Pourtant ils ont les mêmes opinions, s’entendent à merveille sur tout, mais il manque quelque chose…
Avec Gheorghe, elle l’a, ce petit quelque chose, et ça lui fait tourner la tête…
Lundi 13 Juillet 2009 : Chisinau d’en bas et Chisinau d’en haut
Sensées se réveiller assez tôt, prendre un bus pour aller dans un village et passer la nuit là bas. Mais voilà, quand on se lève et que l’on voit les gouttes de pluie glisser sur les carreaux on se recouche aussitôt, et rattrapons le manque de sommeil accumulé pendant le voyage. Mais enfin on est à Chisinau, notre but ultime, alors maintenant qu’on y est autant en profiter ! On décide donc d’aller dans le centre dans l’après midi. Mais à Chisinau, Elise va me tuer quand elle lira ça, mais je prends le risque… donc, à Chisinau disais-je, il n’y a pas énormément de choses à faire. On déambule dans les rues, on va faire une sieste sur un banc dans le parc Stefan Cel Mare mais le froid a raison de nous.
On va voir la maison du parlement qui a subi bien des dégâts lors de la révolte étudiante en avril dernier. Meubles et ordinateurs brûlés et saccagés, vitres brisées. Les jeunes ont protesté contre la victoire du PC aux législatives, et exigeaient un nouveau décompte des bulletins. Cette révolte s’est soldée par une victoire des manifestants puisque des nouvelles élections vont avoir lieu dans quelques jours !
On monte dans un trolleybus, le premier qui passe, ce qui nous permet de visiter d’autres coins de la ville à travers les vitres. Et puis il s’en passe des choses dans le trolleybus. Les gens montent, descendent, des mamies chargées de paniers de légumes que je n’arrive même pas à soulever gravissent péniblement les marches, les hommes cèdent automatiquement leur place aux femmes plus ou moins jeunes, et nous on fait nos touristes. En fait, le bus, c’est un peu le miroir de la société de chaque pays.
On rejoint Sabine et Gheorghe dans la soirée et décidons de monter sur les toits pour observer le soleil qui se couche sur Chisinau. C’est beau, le ciel se teint de rose, éclairant les vieux immeubles décrépis à l’architecture typiquement soviétique. Les voitures défilent en bas à toute vitesse, traînées de lumières jaunes et rouges. On est haut, j’ai un peu le vertige, mais c’est une sensation grisante.
Le Rock’n roll café nous ouvre ses portes un peu plus tard. Octavian nous a retrouvé, on s’amuse à gribouiller sur un billet de un lei des messages anti-communistes. Il fait parti des dizaine de milliers de manifestants anti-communistes, qui, comme lui, rêvent de l’entrée de la Moldavie en Europe. Ils n’en peuvent plus de ce pays sans liberté, de la politique pro-russe du président Vladimir Voronine, du taux de chômage important, de la pauvreté du pays engendrant un exode massif de la communauté active vers les pays de l’UE.
Il est tard, on rentre chez Octavian. Je m’endors dans ses bras. C’est notre dernière nuit à Chisinau, demain on reprend la route vers la France, c’est la fin de notre voyage. Déjà.
Mardi 14 Juillet 2009 : Je n’ai pas peur de la route
Fête nationale aujourd’hui en France, discours du président, feux d’artifice et tout le bordel…comme ça me semble loin ! Et qu’est ce que c’est bien d’être coupé du monde, de ne pas savoir ce qu’il se passe.
Avec Sabine on va faire un tour dans la grande friperie de Chisinau puis on se quitte. Elle nous offre un petit cadeau de départ, un livre qu’elle a adoré. Tziganes ça s’appelle, c’est le témoignage d’en enfant gadjé qui a vécu avec les tziganes. Peut être ce livre nous permettra de mieux comprendre cette communauté qui nous fascine en même temps qu’elle nous dérange.
Dans un bar avec Gheorghe et Octavian, on boit des bières, on se soule un peu. Gheorghe sort un jeu de cartes, la serveuse accourt aussitôt. Pas le droit de jouer ici, les cartes, c’est un jeu d’alcoolo, elle veut préserver la réputation de son café. Elise et moi tombons des nues. On veut partir, de quel droit nous empêcherait-on de jouer ? Mais les gars sont blasés, habitués à ce manque de liberté, et ont la flemme de bouger…alors on reste. Mais sans faire d’efforts pour bien se tenir. Esprits provocateurs sans doute, on s’amuse à s’écrire dessus.
Le bras d’Elise est décoré d’un gros « Jos communist » au marqueur noir, tandis que l’on peut lire « Jos Sarkozy » sur celui de Gheorghe. A bas les communistes, à bas Sarkozy…à chacun ses problèmes…
Il est l’heure de partir. N’ayant aucune envie de rentrer en France, j’ai cependant envie de reprendre la route et de partir d’ici. Peut être à cause de ma relation avec Octavian…notre relation s’est trop vite officialisée, à se tenir par la main et à s’embrasser dans les rues, et je n’avais aucune envie de ça. Ses déclarations, ses « tu vas me manquer » m’énervent. Bien sur que non, je ne vais pas lui manquer. On se connaît depuis quoi, quatre jours ?
J’aime les relations en voyage. Parce que l’on sait que cela va être éphémère. Pas de promesses, pas de plans pour le futur, pas de préoccupations, juste vivre le moment présent, sans se poser de questions. Et là, ce n’est pas ça, lui voudrait que notre histoire continue quand il obtiendra son VISA pour venir en France, et moi, sans oser lui dire vraiment, je n’en ai aucune envie.
Les au revoirs sont en fait plus difficiles entre Elise et Gheorghe.
On est dans le bus. On ne parle pas beaucoup, chacune dans ses pensées. On repense à notre voyage, nous remémorons parfois quelques anecdotes, partageons quelques réflexions, mais globalement on a besoin chacune de se retrouver pour une analyse rétrospective de notre voyage, pour prendre du recul.
On a parcouru plus de 4000 kilomètres, je n’ai pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on repart sitôt arrivé, j’aime généralement rester au même endroit plusieurs jours, plusieurs semaines, pour vraiment apprécier l’ambiance d’un lieu et favoriser les rencontres plus profondes.
Cependant ce voyage m’a beaucoup appris, et j’ai vraiment apprécié le fait de ressentir tous les kilomètres au fond de moi, de voir les paysages évoluer lentement, de sentir l’histoire de chaque pays traversés.
J’écoute de la musique. Noir désir, « je n’ai pas peur de la route, faudrait voir faut qu’on y goûte, des méandres aux creux des reins et tout ira bien… » Oui, j’ai goûté à la route, à ses plaisirs, à ses mauvais cotés aussi. Je n’ai pas peur de la route. J’aime la route.
On arrive à la douane. On doit descendre du bus, contrôle des sacs. Le douanier compare d’un œil sévère la photo du passeport avec la tête du détenteur, fait ouvrir quelques sacs au hasard, pose des questions. C’est là qu’Elise se rend compte qu’elle n’a plus son passeport.
Comment ça plus de passeport ? Non mais merde, quoi, Elise, on est à la douane, on rentre dans l’UE, sans passeport, on ne franchit pas la frontière ! Elle retourne dans le bus, fouille sous tous les sièges, vide son sac, demande aux gens, refait le chemin inverse, pas de passeport. Petite panique, mais finalement le chauffeur de bus l’avait retrouvé par terre et donné directement au douanier. Ouf ! C’est seulement la deuxième fois que tu nous fais le coup du passeport, Elise…
On repart. Comme il n’y a pas grand monde dans le bus on squatte à toutes les deux les sièges du fond, pouvons nous allonger et dormir un peu. Il est 4 heures du matin quand on arrive à Brasov, la ville en Roumanie d’où on repartira dans quelques heures avec un autre bus.
Mercredi 15 Juillet 2009 : Une mamie tu secourras, des gâteaux tu mangeras !
Elise se déguise en superwoman et sauve une petite mamie en détresse ! Le bus Eurolines pour Lyon, celui que l’on prend, part à 8h30. Mais la mamie qui était dans notre bus hier et qui a dormi avec nous pendant les quelques heures de transit dans la gare routière a un billet pour Paris. Or sa fille l’attend à Lyon ! C’est la panique, branle bas de combat, tout le monde y met du sien, la rassurant, allant au guichet Eurolines, demandant au conducteur…mais personne ne peut nous dire si il y a de la place de libre dans le bus pour Lyon et donc si elle va pouvoir échanger son ticket !
Elise se propose d’échanger son billet avec le sien, car on n’imagine pas trop cette mamie qui ne parle pas un mot de français ni d’anglais débarquer dans la capitale, le soir, sans adresse où dormir et avec sa fille qui l’attend à des centaines de kilomètres. Elise, elle, pourra toujours se débrouiller.
Mais, comme dans toutes les belles histoires, tout fini par s’arranger, la mamie peut échanger son billet, c’est la fête, tout le bus est soulagé, on embarque, go !
C’est parti pour trente-six heures de bus…
Pas grand-chose à faire à part dormir, lire, écouter de la musique, manger, dormir encore. Le bus s’arrête toute les deux heures. Comme on a jamais d’argent pour aller aux toilettes on supplie les dames pipi dans tous les pays traversés. D’un coté comment pourrait on avoir des pièces moldaves, roumaines, des euros et des francs suisse ? On se rend compte de l’augmentation du coût de la vie rien que par le prix des toilettes. C’est pas bon de revenir vers l’ouest…on n’avait plus l’habitude de ces tarifs !
Jeudi 16 Juillet 2009 : “I am a poor lonesome cowboy”
Bonne ambiance dans le bus, on nous offre à manger des sandwichs et des gâteaux, tout le monde se parle, enfin moi je ne comprends pas grand-chose mais ce n’est pas grave !
L’inscription sur le bras d’Elise suscite bien des commentaires, et les gens sont curieux de savoir ce que l’on est allées faire en Moldavie.
Seule la musique affreuse, diffusée bien sur dans les enceintes au-dessus de moi, m’horripile. J’arrive quand même à lire un peu, j’ai fini mon livre sur la Lituanie ainsi que le livre d’Elise sur le colonialisme en Afrique, très bon livre d’ailleurs, qu’elle n’a par contre pas aimé.
On retrouve les lieux déjà traversés, pancarte indiquant Saint Gallen, ça ne vous rappelle rien ? Lausanne, le lac Léman, les Alpes qui se profilent à l’horizon, se rapprochent, on arrive bientôt !
On est même à Lyon plus tôt que prévu. Au lieu d’attendre le prochain train, on décide de tenter le retour sur Clermont-Ferrand en stop. Accros, nous ?
Pas facile de sortir de Lyon, mais on finit par être déposées sur la nationale en direction de Clermont-Ferrand. Il est 19h30. Et là on réalise…qui, non mais qui, pourrait bien aller à Clermont à cette heure si, un jeudi soir, et par la nationale en plus ?? Y’a pas de problèmes, les voitures sont nombreuses à s’arrêter, mais c’est des gens qui habitent à 5 ou 10 kilomètres, qui bossent à Lyon la journée et rentrent chez eux le soir...personne ne va à Clermont-Ferrand maintenant !
Franchement, après les 48 heures de bus, on a vraiment envie de rentrer chez nous, de prendre une douche, mais j’ai comme le pressentiment que l’on va camper ici ce soir ! Sans rien à manger…
La dernière fille qui nous a pris nous avait proposé de dormir chez elle, on a refusé, on est connes…
Heureusement l’instinct féminin n’est pas toujours vérifié et une petite voiture s’arrête devant nous. Edmée, qui va jusqu’à Aurillac, est même prête à faire un petit détour pour nous déposer à Clermont ! On discute, c’est elle-même une voyageuse, elle est allée au Vietnam entre autre, on en parle, on se remémore les noms de ville, l’ambiance de ce pays. Illustratrice de livres pour enfants, elle fait quelques aquarelles pendant ses voyages. De fil en aiguille on réalise qu’elle a rencontré mes parents l’hiver dernier en Laponie alors qu’ils faisaient du ski de rando ! Le monde est petit !
Un terrible orage nous surprend aux environs de Noirétable, on est obligés de s’arrêter dans une station service tellement la visibilité est réduite. Je ne crois bien n’avoir jamais vu de ciel bleu à Noirétable ! Il doit y avoir une micro dépression qui reste toujours dans ce coin !
On se rapproche de Clermont, la pluie s’est arrêtée, on assiste à un magnifique coucher de soleil sur la chaîne des puys. La silhouette noire et allongée des volcans se détache du ciel rouge. C’est beau. On est bien contentes de rentrer quand même, contentes de cette fin, comme dans Lucky Luke, quand il s’en va sur son cheval vers le soleil couchant après une belle aventure. « I’am a poor lonesome cowboy… ».
I'm currently converting a DAF/HEULIEZ MB205 bus.
Cheaper and more spacious than a regular vehicle, the paperwork (in France) isn't too difficult for approval.
I'm ready to help anyone who wants to tackle this kind of project. Those who know, help those who want to....
Cheaper and more spacious than a regular vehicle, the paperwork (in France) isn't too difficult for approval.
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Je pensais faire un compte rendu quotidien, mais finalement j’ai changé d’avis, car toutes nos impressions ont été négatives😕. Nous avons modifier nos habitudes de façon à rendre notre croisière aussi agréable que possible😊. Mais ce fut vraiment difficile.😠
Je me demande à quoi pensait Costa en nous faisant embarquer sur ce « boat people »🏴☠️😠😕 en effet comment faire cohabiter pendant 3 semaines 1500 croisièristes européens et 1500 brésiliens qui rentraient au pays avec parfois 10 valises et même des vélos😠, faute de travail pour eux en Europe 500 € la traversée bagages compris c’était vraiment donné, mais coté esprit croisière vraiment pas top.🏴☠️
Donc voici le récit du début de cette croisière vers le Brésil.
Dimanche nous quittons la maison vers 12h30, train jusqu’à Nice. Arrivée à 19h10, c’est vrai que l’Ibis est à 100m de la gare, c’est parfait.🙂
Le lendemain matin nous arrivons vers 10 heures devant la gare, une Costa woman arrive vers 10h10 et nous annonce que le premier car est pour le Pacifica, parfait, nous pouvons poser les bagages et monter dans le car.🙂 toujours parfait
Nous partons un peu avant 11heures en fait nous sommes 38 personnes à embarquer sur le Pacifica. Arrivée à Savone à 12h45, les ennuis commencent😠. Il y a 3 bateaux qui embarquent des passagers le Favolosa, (Nous apprendrons plus tard que 2 dames faisant notre croisières, ont embarqué par erreur sur le Favolosa🤪😊 et sont montées dans la cabine, les documents sur le lit les ont intriguées)🤪 le Concordia et le Pacifica et il y a un nombre de car considérables en attente, nous resterons plus de ¾ d’heure dans le car à attendre notre tour😠, ensuite les Costa women montent à bord nous donne le Numéro 19 (je plains ceux qui ne sont pas prioritaires🤪) et les formulaires de santé. Aussitôt remplis nous quittons le car et entrons dans Palacrociere, direction les guichets d’accueil pour changer notre numéro 19 en numéro 1 (grande suite et gold pearl oblige), je demande si il y a un passage pour les embarquements prioritaires, 😮 la personne me répond, oui il y a un tapis rouge😮. Nous le cherchons un moment, car il y a un véritable attroupement à cet endroit🏴☠️, l’embarquement venant de commencer (numéro 3) l’hôtesse refoule tous les numéros 4😐, mais pour nous impossible de passer, une grande famille de brésiliens avec la "mémé" qui a du mal à marcher force le passage et finalement passe sous le nez de tout le monde😠🏴☠️ , du grand n’importe quoi. Nous arrivons enfin à passer, embouteillage aux contrôle des sacs et des documents, puis nous passons à la photo et direction un car pour aller embarquer sur le Pacifica.
Il est 14heures quand nous arrivons dans notre cabine, un petit tour au buffet pour constater que nous sommes servis et c’est très bien, le bateau est vide, donc aucun problème pour trouver une place🙂. A ce moment de la croisière on a déjà du se laver les mains 10 fois🏴☠️🤪
Ensuite nous allons au spa payer les samsara dreams, prendre les rendez vous, et puis nous validons la carte bancaire. Formalités terminées. Il est 15h 15 et pas de valise à l’horizon.😠
En regardant le Today je constate qu’il y a 2 services au restaurant Samsara😠, comme c’est l’heure de la permanence du maître d’hôtel, je vais le voir, ½ heure d’attente😕 pour l’entendre hurler 🏴☠️ que le restaurant Samsara est complet et que le spa doit prévenir les clients qu’il est impossible de dîner au restaurant Samsara😠😕. Finalement la carte jaune et « un tant pis nous dînerons dans la suite » ont raison de sa détermination et nous avons notre ticket pour le Samsara.
Je rentre à la cabine toujours pas de valise, vers 17 heures il y a une « grande fête pour le départ du bateau vers le nouveau Monde » nous y allons, mais rien ne se passe sauf l’annonce que le départ est retardé, heureusement car il reste de nombreuses valises sur le quai😠🤪.
18 heures nous allons au bar « Around the clock » assister à la réunion d’information des francophones, nous sommes une poignée Séverine récite ses informations sans la moindre personnalisation. Un Monsieur pose une question, elle répond « merci de ne pas m’interrompre, je répondrai aux questions à la fin » OK taisons nous.😠🏴☠️
Retour à la cabine, enfin les valises sont là il est 18h45 Heureusement que nous sommes prioritaires.🤪
Le repas étant à 21h15, nous allons prendre l’apéritif à la chocolaterie, tout le personnel est nouveau, une immense majorité de portugais ou brésilien, qui ne connaissent pas encore leur travail, 😠 donc ce n’est pas évident de se faire servir, d’autant plus qu’il n’y a plus les cartes sur les tables et autre moins il n’y a plus de biscuits à apéritif pour accompagner les boissons.🏴☠️
Quand nous arrivons au restaurant Samsara, la petite salle est quasi pleine, nous choisissons d’aller dans la grande salle, nous y dînons presque seuls (un Monsieur arrivera plus tard).
Ah j’ai oublié, nous avions un mot dans la cabine nous demandant de nous rendre au bureau des excursions, il nous faut donc faire la queue😕, pour apprendre que l’excursion de Barcelone est annulée, mon chéri ne pourra pas visiter le Camp Neu. La personne veut absolument que nous prenions une autre excursion, nous refusons toutes ses propositions, je déteste qu’on me force la main. Nous avons décidé d’aller juste nous promener.
Voilà donc un peu déçus par cette journée nous allons nous coucher.😕
A suivre
Je me demande à quoi pensait Costa en nous faisant embarquer sur ce « boat people »🏴☠️😠😕 en effet comment faire cohabiter pendant 3 semaines 1500 croisièristes européens et 1500 brésiliens qui rentraient au pays avec parfois 10 valises et même des vélos😠, faute de travail pour eux en Europe 500 € la traversée bagages compris c’était vraiment donné, mais coté esprit croisière vraiment pas top.🏴☠️
Donc voici le récit du début de cette croisière vers le Brésil.
Dimanche nous quittons la maison vers 12h30, train jusqu’à Nice. Arrivée à 19h10, c’est vrai que l’Ibis est à 100m de la gare, c’est parfait.🙂
Le lendemain matin nous arrivons vers 10 heures devant la gare, une Costa woman arrive vers 10h10 et nous annonce que le premier car est pour le Pacifica, parfait, nous pouvons poser les bagages et monter dans le car.🙂 toujours parfait
Nous partons un peu avant 11heures en fait nous sommes 38 personnes à embarquer sur le Pacifica. Arrivée à Savone à 12h45, les ennuis commencent😠. Il y a 3 bateaux qui embarquent des passagers le Favolosa, (Nous apprendrons plus tard que 2 dames faisant notre croisières, ont embarqué par erreur sur le Favolosa🤪😊 et sont montées dans la cabine, les documents sur le lit les ont intriguées)🤪 le Concordia et le Pacifica et il y a un nombre de car considérables en attente, nous resterons plus de ¾ d’heure dans le car à attendre notre tour😠, ensuite les Costa women montent à bord nous donne le Numéro 19 (je plains ceux qui ne sont pas prioritaires🤪) et les formulaires de santé. Aussitôt remplis nous quittons le car et entrons dans Palacrociere, direction les guichets d’accueil pour changer notre numéro 19 en numéro 1 (grande suite et gold pearl oblige), je demande si il y a un passage pour les embarquements prioritaires, 😮 la personne me répond, oui il y a un tapis rouge😮. Nous le cherchons un moment, car il y a un véritable attroupement à cet endroit🏴☠️, l’embarquement venant de commencer (numéro 3) l’hôtesse refoule tous les numéros 4😐, mais pour nous impossible de passer, une grande famille de brésiliens avec la "mémé" qui a du mal à marcher force le passage et finalement passe sous le nez de tout le monde😠🏴☠️ , du grand n’importe quoi. Nous arrivons enfin à passer, embouteillage aux contrôle des sacs et des documents, puis nous passons à la photo et direction un car pour aller embarquer sur le Pacifica.
Il est 14heures quand nous arrivons dans notre cabine, un petit tour au buffet pour constater que nous sommes servis et c’est très bien, le bateau est vide, donc aucun problème pour trouver une place🙂. A ce moment de la croisière on a déjà du se laver les mains 10 fois🏴☠️🤪
Ensuite nous allons au spa payer les samsara dreams, prendre les rendez vous, et puis nous validons la carte bancaire. Formalités terminées. Il est 15h 15 et pas de valise à l’horizon.😠
En regardant le Today je constate qu’il y a 2 services au restaurant Samsara😠, comme c’est l’heure de la permanence du maître d’hôtel, je vais le voir, ½ heure d’attente😕 pour l’entendre hurler 🏴☠️ que le restaurant Samsara est complet et que le spa doit prévenir les clients qu’il est impossible de dîner au restaurant Samsara😠😕. Finalement la carte jaune et « un tant pis nous dînerons dans la suite » ont raison de sa détermination et nous avons notre ticket pour le Samsara.
Je rentre à la cabine toujours pas de valise, vers 17 heures il y a une « grande fête pour le départ du bateau vers le nouveau Monde » nous y allons, mais rien ne se passe sauf l’annonce que le départ est retardé, heureusement car il reste de nombreuses valises sur le quai😠🤪.
18 heures nous allons au bar « Around the clock » assister à la réunion d’information des francophones, nous sommes une poignée Séverine récite ses informations sans la moindre personnalisation. Un Monsieur pose une question, elle répond « merci de ne pas m’interrompre, je répondrai aux questions à la fin » OK taisons nous.😠🏴☠️
Retour à la cabine, enfin les valises sont là il est 18h45 Heureusement que nous sommes prioritaires.🤪
Le repas étant à 21h15, nous allons prendre l’apéritif à la chocolaterie, tout le personnel est nouveau, une immense majorité de portugais ou brésilien, qui ne connaissent pas encore leur travail, 😠 donc ce n’est pas évident de se faire servir, d’autant plus qu’il n’y a plus les cartes sur les tables et autre moins il n’y a plus de biscuits à apéritif pour accompagner les boissons.🏴☠️
Quand nous arrivons au restaurant Samsara, la petite salle est quasi pleine, nous choisissons d’aller dans la grande salle, nous y dînons presque seuls (un Monsieur arrivera plus tard).
Ah j’ai oublié, nous avions un mot dans la cabine nous demandant de nous rendre au bureau des excursions, il nous faut donc faire la queue😕, pour apprendre que l’excursion de Barcelone est annulée, mon chéri ne pourra pas visiter le Camp Neu. La personne veut absolument que nous prenions une autre excursion, nous refusons toutes ses propositions, je déteste qu’on me force la main. Nous avons décidé d’aller juste nous promener.
Voilà donc un peu déçus par cette journée nous allons nous coucher.😕
A suivre
Notre post a été fermé donc je le ré-ouvre à J-45 !!
Avec la multiplication des Expedia/Booking/Agoda etc., la prolifération des téléphones cellulaires et l'explosion du nombre de touristes, je trouve qu'il devient de plus en plus difficile de voyager sans avoir à tout, tout, tout planifier des mois à l'avance.
Quand je partais en voyage, J'avais l'habitude de réserver quelques nuits au lieu d'arrivée pour me remettre du décalage puis y aller au pif par la suite. Mais depuis quelques années, c'est devenu plus compliqué. Une réceptionniste d'hôtel m'a même déjà dit de réserver par Booking pour la nuit même!
Je me demande si nous ne sommes pas en train de perdre notre sens de l'improvisation, le plaisir de découvrir des lieux sans savoir à quoi nous attendre. Est-ce encore possible de partir en voyage sans avoir tout prévu?
Quand je partais en voyage, J'avais l'habitude de réserver quelques nuits au lieu d'arrivée pour me remettre du décalage puis y aller au pif par la suite. Mais depuis quelques années, c'est devenu plus compliqué. Une réceptionniste d'hôtel m'a même déjà dit de réserver par Booking pour la nuit même!
Je me demande si nous ne sommes pas en train de perdre notre sens de l'improvisation, le plaisir de découvrir des lieux sans savoir à quoi nous attendre. Est-ce encore possible de partir en voyage sans avoir tout prévu?
Bonjour,
Je souhaiterai faire une voyage en Tunisie, pour le mois de Février, pour 1 semaine. La formule "tout inclus" me parait plutôt pas mal, pouvoir boire et manger à volonté toute la journée m'a conquis. J'opterai certainement pour un séjour à la dernière minute, principalement pour le coût 🙂 Après mes recherches je me suis rendu compte que la Tunisie revenait souvent en tête des destination peu cher.
L'Hotel Sun Club à Djerba à d'assez bon retours sur les différents forum, avez vous des avis sur celui ci ? Ou d'autre à me conseiller dans la même gamme de prix ?
La carte d'identité suffit elle pour embarquer ? Certaine compagnie aérienne sont elles plus ou moins sévère sur ce point ?
Ne connaissant absolument pas comment se déroule ce type de séjour, ni même ce pays, est il facile de sortir de l'Hotel pour se rendre dans la ville: visite, achat... (en partant du principe que je vais à l'Hotel Sun Club de Djerba)? (Moyen de transport, sécurité, la langue française est elle comprise?)
Ou pouvons nous changer notre monnaie ?
Enfin comment se passe les réservations de dernière minute ? Combien de temps après la réservation et comment recevront nous les billet et autres documents pour le séjour ?
Merci pour vos réponses.
Je souhaiterai faire une voyage en Tunisie, pour le mois de Février, pour 1 semaine. La formule "tout inclus" me parait plutôt pas mal, pouvoir boire et manger à volonté toute la journée m'a conquis. J'opterai certainement pour un séjour à la dernière minute, principalement pour le coût 🙂 Après mes recherches je me suis rendu compte que la Tunisie revenait souvent en tête des destination peu cher.
L'Hotel Sun Club à Djerba à d'assez bon retours sur les différents forum, avez vous des avis sur celui ci ? Ou d'autre à me conseiller dans la même gamme de prix ?
La carte d'identité suffit elle pour embarquer ? Certaine compagnie aérienne sont elles plus ou moins sévère sur ce point ?
Ne connaissant absolument pas comment se déroule ce type de séjour, ni même ce pays, est il facile de sortir de l'Hotel pour se rendre dans la ville: visite, achat... (en partant du principe que je vais à l'Hotel Sun Club de Djerba)? (Moyen de transport, sécurité, la langue française est elle comprise?)
Ou pouvons nous changer notre monnaie ?
Enfin comment se passe les réservations de dernière minute ? Combien de temps après la réservation et comment recevront nous les billet et autres documents pour le séjour ?
Merci pour vos réponses.
A chacun son aventure
Tout voyage est une aventure, une entreprise plus ou moins hasardeuse, tout au moins une rupture avec ses habitudes, son quotidien. Tout voyage en Afrique est une Aventure, c’est un projet où la part de l’imprévu est toujours très grande. Voyager sur ce continent, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre en utilisant un ou différents modes de transport. Voyager, ce n’est pas seulement prendre son billet, se présenter à l’heure prévue pour partir, lire un bon livre pendant le trajet et arriver à destination frais et dispos pour commencer de nouvelles découvertes. Non, voyager en Afrique, c’est dès l’achat de son titre de transport se lancer dans une aventure dont on ne sait jamais très bien à l’avance où elle vous mènera. C’est non seulement une aventure du fait des bouleversements, des changements de dernière minute, des évènements favorables ou contraires, c’est aussi et surtout une aventure humaine. C’est partir à la rencontre des gens, de personnages et c’est enfin se rencontrer soi-même, apprendre à mieux se connaître, à éprouver sa patience, sa capacité à se sortir de situations inédites, à improviser. C’est en tout cas être bousculé au sens propre comme au sens figuré. Préparatifs ou le voyage en théorie
08 Mai 1999, il est 16h30 à Dalaba, bourgade au cœur du Fouta Djalon en Guinée et rien ne laisse présager les grandes décisions que nous allons prendre et qui vont bouleverser nos vies, …, quoique ! ? Attablés autour d’une « Skol », ou peut-être bien de plusieurs, dans le restaurant le « Silence », quartier Sily, je me trouve en face de Aliou, mon ami togolais, propriétaire dudit restaurant. A cette heure là, une petite bière bien fraîche, comme on dit « ça passe ». Bon, c’est vrai les bières ne sont en fait pas très fraîches, le courant étant encore rare à cette époque de l’année à Dalaba, mais peu importe, on en est plus vraiment à ça près. D’ailleurs, avec bière fraîche ou non, notre discussion s’auto abreuve de nos déboires respectifs. Il faut dire que l’on forme à nous deux une fine équipe. Aliou est menacé de prison suite à un conflit commercial avec un concurrent guinéen, qui a pris une ampleur à peine croyable. Il est en fait accusé d’avoir détourné une partie de la clientèle de l’hôtel du Fouta. L’affaire est remontée jusqu’au Préfet et au Palais de Justice. Il a même été mis en garde à vue pour quelques heures. Bref il ne fait pas bon être étranger à Dalaba en cas de conflit avec un ressortissant guinéen. Quant à moi, j’ai été poussé à démissionner de mon poste de responsable de l’Office de Tourisme. Je suis par ailleurs poursuivi par le percepteur local suite aux accusations de mes anciens collègues et accusé d’avoir détourné de l’argent du projet que j’ai largement financé sur fonds propres. Je me sui entendu dire plus d’une fois : « tu n’es pas d’ici, si tu n’es pas content il faut rentrer chez toi ». Bref l’ambiance est vraiment lourde. Quelques jours auparavant, nous nous étions déjà retrouvés et nous avions envisagé de changer d’air, de quitter Dalaba pour quelque temps, son air devenant vraiment irrespirable pour nous. Aujourd’hui, l’idée a mûri et est devenue projet : nous quitterons Dalaba la première quinzaine de juillet pour un voyage à travers l’Afrique de l’ouest dont l’objectif ultime sera d’atteindre Vogan au Togo, village natal de Aliou. Nous envisageons même de nous installer dans ce pays ou un pays limitrophe, si des opportunités existent. Nous portons un toast à notre voyage en le ponctuant comme il se doit d’un « inch Allah » convaincu. Y’a plus qu’à !
De retour chez moi, mon premier réflexe est de consulter le guide du routard sur l’Afrique noire pour mieux visionner le trajet à suivre, connaître les frontières que nous aurons à traverser et envisager les différents parcours et modes de transport possibles. Premier constat : Vogan c’est vraiment pas la porte à coté. Plus de 2000 kilomètres à travers quatre pays : Guinée, Cote d’Ivoire, Ghana, Togo. Enfin peu importe tant qu’à partir, autant voir le maximum du vaste monde.
Deuxième constat, il va falloir se préparer un peu, … beaucoup ! avant de se lancer dans ce qui s’annonce déjà comme une sacrée aventure.
C’est dans cette optique que deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau. Cette fois-ci, nous sommes quatre pour discuter un peu plus en avant des modalités pratiques de notre voyage. Mme Aliou et Oumou, mon amie se sont jointes à nous. Elles aussi seront de l’aventure. Un premier dilemme se pose à nous : la deuxième semaine de juillet, la saison des pluies est déjà bien avancée en Guinée et dans la sous-région. Peut-on alors envisager de passer par la route en empruntant un taxi pour traverser la Guinée du Nord au Sud et entrer en Côte d’Ivoire, sachant que les pistes risquent d’être difficiles ou est-il plus prudent d’envisager un voyage par la route jusqu’à Conakry, de prendre l’avion Conakry-Abidjan pour éviter les mauvaises pistes du sud guinéen et de l’ouest ivoirien, même si le coût du voyage serait alors beaucoup plus élevé. Bison futé n’ayant pas encore traversé la mer et Buffle rusé n’ayant pas encore vu le jour sous les tropiques, la seule solution est de se référer aux expériences passées des uns et aux témoignages des autres pour se faire une idée des risques encourus. Bref rien de très sur mais en l’occurrence des témoignages pas très engageants recueillis par Mr et Mme Aliou, du style : « entre truc et la frontière c’est bon, mais après quelques kilomètres c’est l’enfer. Des trous partout, plein de flotte. En plus il y a plein de camions qui creusent la piste et qui parfois la bloquent en s’embourbant. Mais enfin avec un bon taxi, sous entendu un bon véhicule et un bon chauffeur, ça passe jusqu’à « machin ». Si, si je vous assure ! Inch Allah ! ». Sur la base de ces récits, le choix concernant le mode de transport sur ce tronçon de notre voyage est donc reporté à plus tard, mais l’idée d se renseigner plus précisément sur les vols Conakry – Abidjan est, elle, acquise. Pour ce qui concerne, le parcours entre Abidjan et Lomé, pas de problème : la compagnie de bus « STIF » assure des liaisons régulières entre ces deux villes à des tarifs abordables. Adopté sans discussion. Là les témoignages sont vraiment convaincants. Le seul petit détail dont on se mordra les doigts plus tard, c’est que les infos datent un peu.
Autre aspect pratique qui nous préoccupe pour ce voyage, c’est bien sur les passeports, visas et laissez-passer nécessaires aux uns et aux autres pour pouvoir traverser les frontières sans trop de soucis notamment financiers. Décision est donc prise de se rendre tous ensemble à Conakry pour régler ce problème au début du mois de juin. Ce sera aussi l’occasion de prendre tous les renseignements concernant les vols vers Abidjan.
10 Juin 99, nous voici à Conakry, comme prévu trois semaines plus tôt. Nos premières démarches nous amènent chez un parent de Aliou qui doit nous servir d’intermédiaire avec le Consul du Togo à Conakry pour avoir les laissez-passer pour Aliou et sa femme et un visa pour moi, d’ailleurs non nécessaire d’après un document sur le Togo fourni par notre intermédiaire. Faut pas chercher à comprendre ! Nous lançons malgré tout le processus moyennant bien sur quelques billets de 5.000 FG et des photos d’identité. Rendez-vous est pris début juillet pour récupérer tous ces documents. Pour Oumou, pas besoin de visa. Il lui suffit d’avoir un passeport de la CEDEAO pour entrer dans tous les pays que nous aurons à visiter. Reste plus qu’à se procurer ce passeport, ce qui à priori ne semble pas évident surtout connaissant l’administration locale. Et là surprise ! Oumou nous parle d’un de ses oncles qui peut lui procurer ce document rapidement. Un peu incrédules, nous partons le rencontrer pour lui présenter notre projet. Après les présentations d’usage, nous exposons le but de notre visite. Sans hésitation, il nous donne rendez-vous pour le lendemain dans un bureau de l’administration. Il connaît quelqu’un qui devrait pouvoir nous aider. A l’heure dite, nous nous retrouvons comme prévu. Après quelques démarches dont entre autre l’achat d’un certificat médical, sans visite, à l’hôpital, quelques prises de contact dans différents bureaux de la capitale, nous voilà au ministère de l’intérieur accompagné d’un cadre de la dite administration. Après avoir remis la somme et les papiers demandés ainsi que deux photos, à notre bon samaritain, nous le voyons disparaître dans un bureau. Moins d’une heure plus tard, il ressort avec un passeport de la CDEAO au nom de Oumou. Je dois dire que je suis complètement bluffé. Mais ce n’est qu’une confirmation de plus de l’importance des relations et de la capacité de pouvoir les mobiliser au moment voulu ! Après moult remerciements à l’oncle, nous nous séparons en promettant de venir le voir à notre retour pour lui raconter nos aventures. Il ne nous reste plus qu’à nous renseigner sur les vols vers Abidjan. Direction l’avenue de la République où se concentre l’ensemble des agences des compagnies aériennes présentes en Guinée. Après avoir pris des renseignements dans les agences d’Air Ivoire, d’Air Afrique et Air Guinée, il apparaît qu’Air Ivoire propose les tarifs les plus attractifs. Ne pouvant ni réserver, ni payer les billets à l’avance, nous remettons à notre prochain voyage à Conakry la conclusion de nos démarches.
Ayant fait le tour des problèmes que nous étions venus traiter à Conakry, nous décidons de repartir vers Dalaba.
La saison des pluies est maintenant bien installée. A Dalaba, c’est synonyme de froid et d’humidité persistante. On peut passer des journées entières dans le brouillard sans voir le soleil et la température peut baisser jusqu’à 10 ou 12°C. Un pull s’impose alors notamment en début ou fin de journée. De plus l’humidité est tellement présente que rien ne sèche et bien au contraire tout à tendance à moisir. Il faut profiter du moindre rayon de soleil. Les petits fourneaux sont bien utiles dans les maisons pour assécher l’atmosphère. Bref c’est une période de l’année pas très réjouissante.
Dans cette ambiance quelque peu déprimante, un mois se passe, agrémenté de rencontres au « Silence » où nous échafaudons des projets d’avenir, hors de Guinée. Pour moi, c’est devenu un mal nécessaire et pour Aliou la pression ne se relâchant pas, l’idée de quitter définitivement la Guinée se fait de plus en plus précise.
Enfin l’heure de prendre la route a sonné. Je décide donc de revendre tout ce que je peux et c’est vraiment rageant quand je pense au temps qu’il m’a fallu pour acquérir tout ça. Je solde l’essentiel : moto, vélos, groupe électrogène et je donne l’autre partie dont mon lecteur radio-cassette, l’antenne parabolique que j’ai acheté pour l’installer à l’hôtel reste en place. Je ramasse les quelques affaires qui me restent et qui tiennent dans un sac et une valise non compris mon ordinateur portable qui a sa propre sacoche. Nous prenons la route en cette première semaine de juillet pensant bien ne plus remettre les pieds à Dalaba. Le destin en décidera autrement.
A l’arrivée à Conakry, après un voyage sans histoire, nous nous arrêtons comme à chaque passage au kilomètre 36. D’ailleurs on n’a pas le choix. Mais là surprise, après un premier contrôle de nos papiers d’identité, un deuxième homme en uniforme se présente. Il veut à son tour contrôler nos pièces arguant qu’il fait partie de la brigade de lutte contre le trafic de drogue. Devant notre peu d’empressement à lui présenter nos papiers, il s’impatiente. Il veut maintenant fouiller tous les bagages. Début de discussions interminables où chacun reste sur ses positions. L’homme en tenue ne veut pas lâcher prise surtout qu’un « blanc » en l’occurrence moi, est impliqué. L’occasion est trop belle de gagner le « prix des cigarettes », voire plus. Finalement nous descendons nos bagages à main et les sacs du coffre (les valises sur la galerie resteront en place) pour la fouille qui se fait dans un petit bureau sombre où règne un « chef », qui s’y croit vraiment. Mon tour arrive, l’agent chargé de la fouille relève ses manches et me présente ses bras, l’air de dire vous voyez je n’ai pas de petits sachets de poudre à glisser subrepticement dans votre sac. Il fouille le sac et en retire mon vieil opinel qu’il tend à son chef. Devant mes interrogations, le chef me dit calmement et avec tout son sérieux : « avec les troubles dans les pays voisins et l ‘entrée de rebelles en Guinée, il est devenu interdit de circuler avec des armes blanches. Votre couteau est confisqué ». J’essaye de protester mollement mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. Là encore, un billet me permettrait certainement de récupérer mon « arme blanche », mais comme elle n’a pas beaucoup de valeur je préfère en rester là. Diouma, mon collègue de travail qui a fait la route avec nous, est resté dans le bureau pour négocier. Il est très attaché à son couteau suisse, qu’il a reçu en cadeau. Après 3, 4 minutes de discussions, il ressort avec son couteau. 5.000 FG lui ont permis d’avoir un passe-droit pour circuler avec son « arme blanche », tout au moins de le récupérer. Au final je retiendrais de cette expérience une règle essentielle à ne jamais oublier : un homme en tenue a toujours raison, même quand il a tord et mieux vaut le respecter, même si lui oublie bien souvent le respect de son propre uniforme. Mais là n’est pas le problème. Le système est bien en place et vouloir le mettre en cause surtout pour un étranger est non seulement utopique mais risqué voire dangereux. Bref, l’incident clos après environ 1 heure d’attente et de discussion, nous reprenons enfin la route pour le centre ville de Conakry. Nous retournons au « Tanois », petit hôtel tenu par un Ivoirien, situé dans un quartier calme proche de l’aéroport (Matoto, près de la station Mobil). C’est en fait une maison de particulier qui a été réaménagée en hotel-restaurant. Pas le grand luxe, mais enfin le minimum de confort et de propreté pour un prix raisonnable. Et puis on y mange de très bons poissons braisés avec aloko et athiéké. Bien sur il faut être un peu patient, car le plus souvent les produits pour préparer le repas demandé sont achetés sur le marché voisin selon la commande passé. Il est donc assez prudent de s’y prendre un peu à l ‘avance. Après une nuit paisible, nous nous rendons à Air Guinée. Suite à différentes démarches et prises de contact réalisées par Mme Aliou, il semble qu’Air Guinée propose des tarifs vraiment très intéressants. Le fait de connaître un agent ou tout au moins d’être recommandé auprès de lui a déclenché une baisse assez sensible des tarifs. Pourquoi, comment, à qui cela profite-t-il ? Cela restera quelque peu mystérieux et un peu inquiétant : jusqu’à notre départ effectif, je me poserai la question de savoir si on aura bien une place. Mais pour le moins la gestion de cette compagnie ne semble pas vraiment répondre aux critères de la bonne gestion couramment acceptés. Il suffit pour s’en convaincre de rentrer dans le bureau de la responsable d’agence : malgré un toc-toc d’usage avant d’entrer, nous la trouvons allongée pour ne pas dire vautrée sur une banquette de son bureau en train de faire la causette avec une autre personne et elle ne daigne pas faire le moindre mouvement pour nous saluer. Le bureau est par ailleurs vierge de tout dossier, document, matériel informatique : étonnant ! Finalement après une attente assez courte, nous payons nos billets en liquide, l’argent étant encaissé directement par l’agent, dans une sacoche qu’il promène en permanence avec lui. Surprenant, mais bon l’essentiel pour nous est d’avoir nos billets à un tarif raisonnable et surtout de partir le plus vite possible. Notre départ est prévu un jeudi midi.
Il ne nous reste plus qu’à récupérer nos laisser-passer et visas pour le Togo qui sont censés, nous permettre de traverser Cote d’Ivoire et Ghana pour arriver au Togo. A un détail prêt, cela se vérifiera ! Quand nous arrivons, tout est prêt. Nous récupérons nos papiers. Pour ce qui me concerne, c’est une feuille à en-tête du consulat du Togo, demandant aux autorités sur place de me faciliter l’obtention d’un visa pour séjourner dans ce pays. Pas grand chose à voir avec un visa ou un laisser-passer, mais en l’occurrence je laisse passer sans faire-part de mes doutes quant à la validité de ce papier pour traverser Cote d’Ivoire et Ghana. Quelle erreur !
Nous sommes donc enfin prêts pour la grande aventure.
Entre temps, Aliou et sa femme Claudine se sont fait toute une scène à base de jalousie, de problème d’argent et j’en passe et des meilleurs. Bref, elle ne partira pas avec nous.
Le voyage : de la théorie à la pratique
Deux jours plus tard pour nous trois, c’est le départ. Rendez-vous à l’aéroport avec notre bienfaiteur de l’agence Air Guinée qui nous aide à faire passer nos kilos en trop à la douane. Mais il faudra quand même en payer quelques-uns uns car le dépassement est vraiment trop important. On s’exécute et bien sur sans facture et en liquide … L’embarquement se passe bien avec tr��s peu de retard, de même que le décollage. Au programme un peu plus d’une heure de vol dans un avion qui a justement quelques heures de vol au compteur. L’équipement intérieur est vraiment délabré et c’est à vrai dire un peu angoissant. A la grâce de Dieu. Durant ce vol, un feuilleté fourré et chaud nous est servi emballé dans un papier alu. Pas de fioriture, mais à vrai dire ma préoccupation reste centrée sur notre arrivée. D’ailleurs va-t-on arriver ? Si l’on voulait prendre un équivalent terrestre de notre avion, il correspondrait à une de ces vieilles 404 sans age qui roule vaille que vaille sur les routes de Guinée.
1ère étape : Abidjan Et bien oui, on est arrivé sans encombres. Débarqués dans une chaleur étouffante, nous nous dirigeons à pied vers l’aérogare où nous attend l’épreuve du passage de la douane. Il faut bien dire qu’à ce moment précis, j’ai l‘estomac qui fait des nœuds et je me demande à quelle sauce je vais être « mangé » par les douaniers ivoiriens. Après le traditionnel remplissage des formulaires et une longue attente, me voilà au niveau du box des douanes. L’heure de vérité est arrivée. Je tends alors mon passeport et je déplie mon beau papier aux couleurs du Togo. La sentence est immédiate : « mais ce papier n’est pas valable, Monsieur, pour rentrer en Cote d’Ivoire ! » Ce qui devait arriver s’est effectivement produit. Merci le consul du Togo à Conakry qui a au passage encaissé quelques milliers de FG. Je me sens vraiment très petit et tout con. J’essaye fébrilement de discuter et de dire ma bonne foi. Mais rien n’y fait ! Je me vois mal reprendre le prochain avion en sens inverse surtout que Aliou et Oumou sont passés sans problème et qu’ils ont été écartés de moi. Je me décide donc à poser la question fatidique : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Le douanier très tranquillement me dit alors : « on va s’arranger, mettez-vous de coté en attendant que tout le monde passe ». Je m’exécute en me demandant combien cela va me coûter. Le dernier voyageur passe. L’heure des négociations est donc venue. Je sais que ma marge de manœuvre n’est vraiment pas large, mais aussi qu’il ne faut pas que je me laisse bouffer tout cru. Le douanier sans détours et d’ailleurs pourquoi en faire, me demande 50.000 francs CFA pour fermer les yeux. Au jeu des annonces, je réponds que je peux payer 20.000 CFA. La balle est dans son camp et lui relance en réclamant 40.000 minimum, à prendre ou à laisser. Je termine en jurant que je ne peux payer plus de 30.000 CFA, qu’il accepte finalement. Il faut dire qu’avec cette somme, il a bien gagné sa journée. La négociation étant terminée, il faut payer. Et alors là, panique. J’ai tellement bien caché mes billets de CFA, qu’il me faut plusieurs minutes pour sortir la bonne liasse, qui comble de malchance est agrafée. L’opération qui demandait discrétion et rapidité, s’éternise donc et attire l’attention du douanier occupant le box voisin. Il n’est pas dupe et a très bien vu notre petit manège. A peine ai-je tendu les 30.000 CFA à mon interlocuteur, le voilà qui m’interpelle en ces termes : « il faut me faire avorter ! ». Moi qui croyait en avoir fini, je vois soudain l’engrenage dans lequel je suis pris et l’angoisse m’étreint de nouveau. Je bafouille alors quelques mots d’excuses , arguant que vraiment je ne peux plus cracher au bassinet et là heureusement, mon premier interlocuteur intervient pour dire à son collègue de laisser. Il faut dire, mais ça je m’en rendrai compte plus tard, qu’il avait très bien gagné sa journée. En effet croyant lui tendre 30 000 CFA , je lui avais en fait remis 60 000 Francs CFA. L’habitude des coupures de 5 000 FG m’avait induit en erreur. Pensant avoir en main six billets de 5 000, j’avais six billets de 10 000. Au final, je me sors donc de cette délicate sans trop de dommages à la différence de mon portefeuille. Nous n’en sommes qu’au tout début de notre périple, et il s’annonce déjà sous les meilleurs auspices … ! D’autant qu’à cet instant précis, j’ai certes passé la douane, mais je n’ai toujours aucun visa, ni papier m’autorisant à être dans ce pays. Je suis clandestin en Côte d’Ivoire. Sensation bizarre, où l’on se sent soudain vulnérable, à la merci d’un contrôle policier pouvant avoir de plus ou moins graves conséquences. Je ne suis pas très à l’aise dans mes baskets, même si je sais par ailleurs que tout peut se négocier.
Après avoir enfin retrouvé mes camarades qui ont déjà récupéré nos bagages, nous sortons enfin de l ‘aéroport. Après la discussion d’usage avec un chauffeur de taxi pour nous amener en ville et trouver un hôtel (« combien pour nous amener à l’hôtel ?»), nous prenons la route d’Abidjan et plus particulièrement du quartier « Deux plateaux ». L’une des rares occasions qui nous permet de découvrir la ville d’Abidjan avec ses grandes avenues, ses buildings, ses feux rouges qui fonctionnent (incroyable). Bref, une grande capitale africaine moderne. Plus d’une heure d’attente dans les embouteillages et quelques recherches plus tard, notre chauffeur nous dépose dans un petit hôtel « les Rosiers », simple, pas trop cher et tout à fait correct. Enfin du repos, de la tranquillité ! Après un repas, poulet grillé avec sauce, banane plantain et atiéké préparé par des nigériens sur le bord de la route (tout à fait excellent), nous pouvons nous laisser bercer par la nuit ivoirienne. Le lendemain en début de matinée, en route pour « STIF », la société de bus qui nous a été si vivement recommandée depuis la Guinée. Les bureaux de la société se situent dans un quartier chaud d’Abidjan, Adjamé, à proximité d’un marché, là où les braquages et vols à mains armées sont fréquents paraît-il. Notre chauffeur de taxi nous conseille de ne pas trop prolonger notre visite au-delà du nécessaire. Dès notre arrivée sur place, nous prenons les renseignements utiles à la suite de notre voyage. Une chose est sure, il me faudra me procurer un visa pour traverser le Ghana. Nous sommes vendredi matin et un bus doit partir le lendemain pour Lomé. Autant dire qu’il nous reste peu de temps pour l’obtenir. Ca tombe bien, nous ne comptions pas nous attarder dans le coin. Notre taxi ayant patienté (nous sommes de bons clients !?!), nous prenons la direction de l’ambassade du Ghana. Après quelques recherches, nous trouvons l’ambassade dans laquelle nous entrons pour exposer notre problème. Heureusement Aliou est là. Il n’hésite pas à forcer carrément la situation d’autant que nous avons rencontré sur place un togolais en charge d’établir les dossiers pour les visas. Finalement, un visa normalement délivré en 48 heures contre une somme de 4.000 CFA, nous l’obtenons en 4 heures de temps contre une somme de 7.000 CFA et grâce à un petit tour de passe-passe (un dossier anti-daté de 48 heures). Qui a dit que l’efficacité était absente d’Afrique ? Dans notre malheur, nous avons en fin de compte de la chance. Une dernière soirée à Abidjan, une dernière nuit, samedi est là et nous sommes fin prêts pour partir. Oui mais voilà, STIF ne semble pas être dans les mêmes rails que nous. Après l’achat de nos billets, une heure, deux heures, quatre heures passent. La pagaille augmente, mais toujours aucun signe de mise en route et d’autant moins que notre bus n’est toujours pas arrivé. Devant la pagaille ambiante et l’absence d’informations fiables, plusieurs passagers potentiels demandent à être remboursés et quittent la gare routière. Après plus de six heures, un bus arrive enfin. La ruée est à la hauteur de l’attente : démesurée. Pourtant l’information étant inexistante, personne ne sait exactement quelle doit être sa destination. Seuls les initiés semblent y comprendre quelque chose et tirent leur épingle du jeu, que nous ne trouvons vraiment pas drôle du tout. Le bus se remplit après une foire d’empoigne sans nom et part nous laissant sur le carreau. C’est là toute notre chance, il semble que son terminus était Accra au Ghana. L’épisode STIF continue donc et l’attente aussi. La nuit tombe et toujours aucune certitude quand à notre départ. La fatigue s’accumule et l’angoisse monte surtout que certains voyageurs quittent la gare routière en nous conseillant de faire de même : « vous savez ici ce n’est pas sur la nuit, les bandes armées rodent, plusieurs fois la gare a été attaquée ». Ambiance ! Mon ordinateur, mon argent de poche, qui représente quand même l’équivalent de 25.000 francs français ce jour là, en frémissent encore. Quant à moi, je ne fais pas le fier. Nous décidons finalement après une heure d’attente vaine de retourner à l’hôtel que nous avons quitté le matin pour passer le reste de la nuit. Prudence, prudence. Aliou lui préfère rester à la gare au cas où la situation se décanterait. Epuisés de cette journée à rebondissements, nous nous retrouvons donc à hôtel « les rosiers » espérant bien passer une nuit tranquille en attendant de nous replonger dans la pagaille. Oui mais voilà, à peine deux heures après nous être couchés, Aliou débarque d’un taxi pour nous ramener à la gare voiture, soit disant qu’on ne sait jamais le départ pourrait bien avoir lieu plus rapidement que prévu. Nous revoilà donc de nouveau en route vers la gare STIF, complètement dans les brumes d’un sommeil interrompu un peu rapidement et allégé de 10.000 CFA pour une nuit de deux heures ! A la gare STIF, rien n’a changé. Les voyageurs en attente sont installés pour dormir, tant bien que mal sur les bancs en bois et par terre. Il ne nous reste pas beaucoup de place pour nous poser, tout juste de quoi nous asseoir. Mais enfin on en n’est plus à cela prêt. L’attente reprend donc et toujours pas de bus en vue., ni de personnel STIF . Par contre le ciel ivoirien nous a réservé une petite surprise. Il se met en effet à pleuvoir et de plus en plus fort. Une pluie comme on en voit souvent en cette saison sous les latitudes tropicales. Heureusement nous sommes à l’abri, du moins c’est ce que nous pensons, jusqu’au moment où à l’extérieure nous voyons le niveau d’eau monter dangereusement. Après plusieurs minutes de déluge, l’eau commence à s’engouffrer dans la gare voiture, malgré les louables efforts des gardiens censés nous protéger contre les bandits et qui se retrouvent à écoper le « navire en perdition ». L’eau, plus que douteuse, chasse donc les dormeurs installés à même le sol et tout le monde se retrouve debout sur les bancs essayant de protéger bagages et autres colis. L’eau monte inexorablement et la pluie de continuer à tomber. Nous commençons sérieusement à envisager le pire et notamment à redouter de bientôt ne plus pouvoir rester au sec. Ce ne serait que la suite logique des événements de ces derniers jours !? Ambiance de catastrophe. Les éléments sont plus forts. Rien ne semble pouvoir arrêter la pluie. Mais non, notre pessimisme est finalement démenti par le ciel. La pluie cesse et la montée des eaux avec. Elle n’aura atteint que 15/20 cm de hauteur dans la gare. L’évacuation de l’eau et le nettoyage (boue et déchets divers) peuvent commencer dans la bonne humeur retrouvée, enfin presque. Cet épisode aura eu au moins un avantage, ils nous aura occupé et fait un peu oublier cette attente qui s’éternise. Jusqu’aux premières lueurs du jour, nous ne verrons aucun employé de STIF, mis à part nos compagnons d’infortune, les gardiens.
Est toujours récompensé qui sait attendre. Telle pourrait être la conclusion de cette épreuve pour les plus philosophes. Pour ma part ce serait plutôt du genre : « et bien, p… c’est pas trop tôt, quelle bande d’enf… ces gens de STIF ». Bref. Un bus est enfin entré dans le parc quasiment 24 heures après notre arrivée. L’info est toujours aussi floue quant à sa destination et à l’heure de son départ, mais « ce ne peut être que le nôtre ». Arrive aussi notre hôtesse STIF qui doit nous accompagner tout au long de notre voyage vers le Togo. Elle nous confirme que le bus en gare est bien le nôtre et c’est déjà pas si mal. Le départ est imminent ! enfin presque. Il faudra quand même attendre encore que les bagages soient chargés, que le chauffeur soit présent pour que, à notre tour, nous commencions à embarquer. Et là surprise. Ce qui, tout au moins je le pensais (quel naïf) devait se passer dans le calme et l’ordre se transforme de nouveau en foire d’empoigne. STIF au travers de ses employés se distingue de nouveau par son incompétence en matière d’organisation. Pourtant les billets sont nominatifs, et il eut été si simple d’appeler les passagers les uns après les autres. Solution beaucoup trop simple semble-t-il. Nos amis de STIF nous regardent donc nous bousculer en nous encourageant même à plus d’ardeur. « Si vous voulez monter, il va falloir pousser » me dit un des gardiens de la nuit qui se tient à la porte du bus. Etant entouré de femmes et d’enfants, j’ai quelques scrupules, mais qui s’effacent assez vite sous la pression physique des uns et des autres. Heureusement Aliou, qui lui n’a pas hésité une seconde, est monté depuis longtemps et quand nous pénétrons enfin dans le véhicule, il nous a réservé deux places. Quelques passagers restent sur le carreau ; visiblement le surbooking est une pratique courante ici aussi. Il faut dire qu’au vu des conditions avant et pendant l’embarquement, les désistements doivent être nombreux. L’essentiel pour nous, c’est que l’épreuve est enfin terminée, le voyage peut se poursuivre. Nous prenons la route de la frontière ghanéenne à travers une forêt dense. Tout se passe très bien tout au long du trajet, y compris aux différents barrages dressés par des hommes en tenue en pleine forêt au milieu de nulle part. A la frontière du Ghana, l’arrêt est un peu plus long. Vérification d’usage des passeports, mais aussi des carnets de vaccination (avec ou sans tout le monde doit payer sauf les blancs), et fouille des bagages en soute. Rien de vraiment extraordinaire donc. Nous traversons le pays sans problème et sans arrêt jusqu’à Accra. Les villes ghanéennes sont comme beaucoup de villes africaines, mais se distinguent par le hérissement d’antennes de télévision qui émergent au dessus des toits des maisons. Pourquoi de façon si systématique et caractéristique, cela reste un mystère pour nous. A Accra nous faisons un arrêt à la gare STIF, où nous retrouvons un bus parti 36 heures avant nous qui est tombé en panne. Les passagers sont donc resté bloqués là deux nuits dans des conditions pour le moins sommaires. Chacun semble prendre son mal en patience. Ainsi vont les voyages en Afrique de l’ouest.
Après environ 8 heures de route à un rythme soutenu, nous approchons de la frontière togolaise. Il faut dire que notre chauffeur n’a pas fait dans la dentelle. Malgré le mauvais état de certaines routes, il n’a à aucun moment relâché la pression sur l’accélérateur faisant le yoyo sur son siège monté sur ressorts. Malheureusement, nous n’avions pas les mêmes fauteuils ! Malgré tout, notre hôtesse de choc nous fait part de son inquiétude de ne pas arriver à temps pour pouvoir passer les douanes. Gloups ! Nous nous voyons déjà en train de bivouaquer au bord de la route avec nos copains les moustiques. Et c’est bien sur, à ce moment là que la panne survient. Dans le dernier village ghanéen avant la frontière, notre chauffeur s’arrête préoccupé. Les freins ne répondent plus normalement. Arrêt au bord de la route, tous les passagers descendent inquiets de cet incident. Le chauffeur sort deux ou trois outils qui constituent sa seule panoplie pour réparer. Il se glisse alors sous le bus et commence à opérer au niveau des freins arrière. Une odeur de caoutchouc brûlé s’échappe de cette partie du bus. Oh, oh, pas normal ça ! Nous prenons une fois de plus notre mal en patience en commençant à envisager avec un peu d’appréhension une nuit dans des conditions délicates !? Après 15, 20 minutes, l’issue semble en vue. Et effectivement 30 minutes après notre arrêt, nous regagnons tous notre place et reprenons la route. Direction la frontière. Enfin elle est en vue et miracle ! elle est encore ouverte. Soulagement général. Après les formalités douanières, sans problèmes particuliers, nous voilà à Lomé Togo.
2ème étape : Lomé La chasse au taxi s’ouvre alors, pour nous suivre à la gare STIF et nous emmener en ville. De nombreux taxi-moto se pressent autour de nous pour nous proposer leur service ne voyant pas nos bagages à nos cotés. S’il pouvait, ils nous tireraient sur leur selle pour nous accompagner là où nous n’allons pas. Tout cela reste cependant très bon enfant. Pendant notre attente, nous observons tout ce qui se passe autour de nous et notamment les « changeurs de monnaie ». Aliou nous explique comment ils arnaquent leur client en pliant en deux les billets dans les liasses. Ils comptent ainsi deux fois le même billet. Détail bon à connaître ! Après quelques minutes, Aliou a réussi à négocier avec un taximan qui est prêt à nous accompagner. Arrivés à la gare STIF, nous sommes vraiment pressés de récupérer nos bagages et d’en finir avec cette compagnie qui nous aura, comme on dit « fatigué ». Mais nos amis de STIF en ont décidé autrement. Ils nous font poireauter plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à ouvrir les soutes. La tension monte, mais tout le monde est tellement fatigué que rien de grave ne se passe. Nous récupérons finalement nos affaires et les chargeons jusqu’à la gueule dans la taxi qui nous a malgré tout attendu. En route pour le centre de Lomé, à la recherche d’un hôtel. Aliou ayant quitté le pays depuis plus de dix ans déjà, nous nous en remettons aux connaissances de notre chauffeur. Nous recherchons un hôtel pas trop cher, mais avec un confort minimum. La fatigue aidant et la nuit étant tombée depuis un bon moment déjà, nous choisissons l’un des premiers établissements auquel le chauffeur nous a accompagné. La nuit est à 10.000 CFA avec climatisation, douche et télévision. Les chambres sont mal foutues et très exiges (quand on allume la clim située juste au-dessus de la tête du lit, on a l’impression d’être entouré d’un régiment de ronfleurs enrhumés) , mais enfin pour une nuit peu importe. Dernière épreuve de la journée, trouver à manger. Nous désignons Aliou pour relever le défi. Sa quête à l’extérieur de l’hôtel ne dure pas longtemps : il revient avec un plat de riz accompagné d’un mélange de légumes peu appétissant. Notre faim s’en trouve soudain fortement diminuée. Nous nous couchons donc le ventre quasi vide et saoulés de fatigue. Le lendemain nous nous rendons au ministère de l’intérieur où je dois faire prolonger mon visa. Nous trouvons difficilement le lieu qui est en fait situé à coté de l’ancienne primature à l’abandon. Les bureaux sont, comme dans beaucoup d’administration d’Afrique, mal équipés (seulement quelques tables et chaises et d’antiques machines à écrire mécanique), mal organisés et beaucoup de personnel qui n’a pas l’air surchargé de boulot. Après quelques hésitations pour trouver le bon bureau, nous arrivons enfin à avoir les renseignements sur les pièces à fournir pour l’obtention du précieux sésame. Il faut des photos d’identité, le passeport, remplir plusieurs fiches et bien sur encore payer. Ce n’est que la troisième fois que l’on me demande de l’argent pour entrer et rester au Togo ?! Malgré les protestations de Aliou qui essaye d’expliquer mon cas et les démarches que nous avons déjà menées, nous devons nous plier aux règles établies. D’ailleurs, la personne que nous avons en face de nous ne semble pas disposée à discuter et se montre même assez cassante. Comme dira Aliou en sortant : « de toute manière ce gars est du Nord (du pays), la région du Président et moi du Sud, on ne peut pas se comprendre ». Nous repartons donc faire les photos, que je n’avais pas prévu, pensant naïvement que le papier délivré par le consul du Togo à Conakry faciliterait la procédure ici. Un aller-retour chez le photographe plus tard, nous arrivons juste à temps avant la fermeture des bureaux. Notre interlocuteur prend quand même mes papiers, tout en me faisant bien comprendre qu’il me fait une faveur car l’heure est dépassée. Peu importe finalement, l’essentiel étant d’avoir des papiers en règle. Nous devons revenir 3 jours plus tard.
En attendant, nous décidons de partir directement pour Vogan, le village natal de Aliou. Après quelques coups de téléphone à certains de ses parents, nous voilà donc de nouveau sur la route en taxi. Nous couvrons la distance qui nous sépare de Vogan sans encombres avec bien sûr quelques arrêts aux différents points de contrôle policier où il s’agit d’expliquer ce que nous venons faire par-là.
3ème étape : Vogan A l’arrivée à Vogan, comme nous en avons pris l’habitude maintenant, nous nous mettons à la recherche de notre logement pour les jours à venir. Après une visite à la maison d’accueil de la Mairie où il n’y a qu’une chambre de libre, nous nous rendons dans un petit hôtel qui nous plait d’emblée : il est propre, calme avec le confort minimum (douche, WC, ventilateur) et possibilité de manger sur place, et tout cela pour un prix raisonnable (6.000 CFA la nuit). Affaire conclue. Il est temps pour nous d’aller rendre visite à la famille de Aliou. L’heure des grandes retrouvailles à sonner. Le fils aventurier qui a quitté son pays depuis plus d’une décennie, revient au village. Il n’a certes pas fait fortune, mais il est tout de même en bonne santé. Nous pénétrons dans la concession familiale après quelques hésitations de la part de Aliou pour reconnaître les lieux. Nous traversons un dédale de bâtisses en terre séchée avant d’entrer dans une petite cour entourée de cases : c’est là que nous rencontrons d’abord des jeunes sœurs de Aliou, puis son frère et enfin sa mère. Les retrouvailles se font dans la joie et la retenue.
On a un peu l’impression que sa mère a du mal à croire ce qu’elle voit et à reconnaître son fils. Il faut dire que physiquement il a bien changé. Il a très nettement prospéré durant son séjour comme l’atteste d’anciennes photos. Pour Aliou, on sent que ses retrouvailles sont un peu pénibles. Revoir sa famille, sa mère, son père, ses frères, sœurs et les nombreux jeunes enfants des uns et des autres qui vivent dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de les aider comme il le souhaiterait, le met visiblement mal à l’aise. Mais que faire ? Après les présentations d’usage, on nous fait asseoir sur des fauteuils sortis d’une des cases. L’échange est un peu difficile car mis à part son jeune frère qui a fait les bancs comme on dit ici pour désigner un élève, personne ne parle couramment français et encore moins poular. De plus toute la maisonnée est surprise par notre arrivée inopinée. Les enfants se rassemblent autour de nous curieux de voir ces étrangers et surtout ce blanc, sans doute le premier à venir s’asseoir parmi eux. Le dialogue se fait donc plus à travers des regards et des mimiques que par des paroles. Après quelques minutes durant lesquelles Aliou a pu échanger des nouvelles avec ses parents, nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain pour partager un repas et nous dirigeons alors vers la ville. En quittant la concession, nous remarquons de multiples traces de sacrifices (fiente de volailles, monticules en terre, ….) qui sont autant de témoins des pratiques vaudou, très courantes dans cette région. Nous croiserons des personnes circulant quasiment nues en ville et des traces de sacrifices en pleine rue, preuve que toute la ville est imprégnée du vaudou. C’est à la fois intriguant et un peu inquiétant. Nous profitons de cette balade pour rendre visite à un vieil ami de Aliou avec lequel il a fait les 400 coups étant jeune. Nous le retrouvons chez lui dans une concession un peu à l’écart du centre ville. Il travaille au « syndicat » qui gère la gare voiture (gare d’où partent tous les taxis et minibus). Cette rencontre est bien sur l’occasion pour les deux vieux amis de se remémorer le passé, pour Aliou d’avoir des nouvelles des uns et des autres, de ses « ex » et de se raconter leur vie durant ces dix dernières années. Au travers de son parcours et de son expérience, nous comprenons mieux la difficulté de vivre à Vogan et trouvons aussi des explications à la morosité qui semble envelopper et peser sur tout le village. Nous nous quittons finalement après être allés boire un coup dans un bar-dancing tristounet, tout en nous donnant rendez-vous au lendemain pour déguster un porcelet grillé, une des spécialités culinaires locales. Après une bonne nuit et une journée juste agrémentée d’une balade dans la ville et d’un repas dans la famille de Aliou, nous nous retrouvons donc le soir à notre hôtel autour du fameux porcelet grillé préparé par l’ami de Aliou. Nous sommes une dizaine, Aliou ayant invité quelques uns de ses amis avec leur copine. Nous passons une soirée agréable sur la terrasse de l’hôtel, même si c’est un peu difficile pour moi et Oumou d’être totalement à l’aise parmi ces vieux amis qui se retrouvent et qui bien souvent parlent dans leur langue. Après deux jours passés à Vogan, il nous tarde de quitter cet endroit vraiment déprimant. Le retour sur Lomé se passe sans trop de problèmes, mis à part un ralentissement du à l’effondrement de la route sous l’effet d’une forte et brutale montée d’une rivière la jouxtant. Nous sommes invités à descendre du taxi, qui passe au ralenti sur le bout d’asphalte encore en place en priant pour que l’eau n’emporte pas tout à ce moment là. La chance est avec nous. Nous traversons à notre tour et remontons en voiture pour la fin du trajet.
4ème étape : Lomé bis Arrivé à Lomé, nous mettons à contribution notre chauffeur du jour pour nous trouver un nouvel hôtel. Il semble bine connaître la ville et nous conduit directement vers un petit hôtel tenu par un couple de français, tout proche du bord de mer dans une ruelle très calme. Nous adoptons aussitôt l’endroit, d’autant plus aisément que le patron nous fait un prix sur le tarif des chambres (6.000 Cfa la nuit par chambre).
Nous occupons avec Oumou une chambre dans une maison située juste à côté de l’hôtel, grande chambre avec ventilateur, une salle de bain à part avec une douche (eau froide uniquement), ce qui est largement suffisant étant donné la température extérieure douce pour le pays mais malgré tout raisonnable (environ 30°). Aliou quant à lui est dans une petite chambre à l’étage de l’hôtel avec douche. Nous nous installons donc et profitons de la fin d’après midi pour découvrir un peu le quartier qui s’avère être assez résidentiel avec dans l’ensemble des baraques occupées par des étrangers. Nous allons faire un tour jusqu’à la plage qui est à 100 mètres de l’hôtel. La mer est superbe, par contre la plage à cet endroit n’est vraiment pas très propre et semble peu entretenue. Il faut dire que la mer est paraît-il très dangereuse et qu’il est impossible de s’y baigner, les superbes rouleaux écumeux en sont un signe. Les gens qui veulent profiter du bord de mer et de l’eau vont plus loin sur la côte. La plage est donc occupée par quelques squatters sous des abris de fortune, par de jeunes fouteux ou par des pêcheurs au filet. Pas de touristes avec serviette et crème solaire et donc peu d’intérêt à nettoyer la plage.
Tout en longeant le bord de mer, nous observons les familles de pêcheurs qui opèrent depuis le rivage. Leur pratique est vraiment très intéressante à suivre. La pêche démarre par l’amarrage d’une extrémité du filet à un cocotier de la plage et par la mise à l’eau d’une pirogue qui doit emmener le filet à quelques encablures du rivage. Cette opération assez dangereuse, du fait des forts courants et des rouleaux impressionnants qui s’abattent avec force et fracas sur le sable, peut être assez longue. Une fois la barrière écumeuse franchie, la pirogue décrit un arc de cercle le plus large possible en mer avant de revenir sur le rivage pour déposer la deuxième extrémité du filet formant ainsi une nasse prenant au piège les poissons tout au moins est-ce le but recherché. A partir de ce moment là, ce sont les hommes à terre qui prennent le relais. Ils s’emparent du cordage ramené à terre par la pirogue et commencent à le haler vers la plage. Cette phase de la pêche demande une importante main d’œuvre composée le plus souvent des membres d’une même famille. Elle nécessite du temps, de la force et de la coordination. En effet, il faut que les 15 ou 20 haleurs voire plus tirent en même temps pour que le résultat soit probant. Souvent les chants rythment ce travail, les femmes restant à côté dans l’espoir de la pêche miraculeuse. De toute manière miraculeuse ou pas, ce sont elles qui s’occuperont du tri des poissons et de la vente sur le marché. Finalement la fin de journée approchant nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous référant au guide du routard, nous nous dirigeons vers le « fifty-fifty ». Nous découvrons un petit resto installé à même le trottoir, avec de grandes tables et des bancs sur lesquels on s’installe en fonction de la place. Une jeune femme vient alors prendre votre commande pour la nourriture suivie d’une autre pour les boissons (chacune son business). Athiéké, khôn, brochettes, poissons, salades de crudités/pâtes, … sont au menu. Rien d’extraordinaire, mais la nourriture est correcte et le service généralement rapide. De plus, le repas est régulièrement agrémenté par de jeunes artistes qui viennent proposer leur animation : le chanteur solitaire avec juste deux morceaux de bois pour rythmer son chant (Moustique, moustique si tu me piques , …), le groupe de ghanéens qui jouent du reggae avec force djimbé, marakass, … et dont le leader fait des tours de passe-passe, … Un coin sympa où il y a toujours du monde. Malheureusement les animations ne se renouvellent pas beaucoup. Alors au bout de trois ou quatre fois, ça devient un peu saoûlant. Nous revenons assez tôt à l’hôtel et entamons donc une partie de cartes sur la terrasse de l’hôtel avant d’aller nous coucher. Cela nous donne l’occasion d’un peu mieux connaître la clientèle de l’établissement. Elle est essentiellement composée de coopérants étrangers qui trouvent là une cuisine européenne (le cuisinier est d’ailleurs français ), une ambiance familiale et la possibilité de venir taper le carton. Un bon nombre de ces clients sont visiblement des habitués et des vieux briscards de l’Afrique accompagnés comme il se doit de jeunes et jolies « autochtones ». En discutant un peu avec le patron de l’hôtel, nous apprenons qu’il a eu l’occasion de venir en Guinée quelques années plus tôt pour récupérer un véhicule. Cette expérience lui a laissé un souvenir plutôt mitigé voire carrément négatif, notamment à cause des problèmes administratifs qu’il a rencontrés et des nombreux pots de vin qu’il a dû verser. Cette impression peu favorable sur la Guin2e nous sera confirmée quelques jours plus tard au Burkina Faso. La Guinée est semble-t-il considéré comme un pays à part, peu attractif pour des personnes ayant vécues dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il faudra certainement encore de nombreuses années avant que ces a priori négatifs soient effacés, même s’il est vrai que la Guinée a déjà commencé à évoluer depuis la mort de Sékou Touré. Mais que de chemin à parcourir encore pour changer les mentalités.
Le lendemain matin, nous nous rendons au ministère pour récupérer mon visa, ce qui se fait sans difficultés, puis nous nous mettons à la recherche de l’office de tourisme qui est mentionné sur le Routard. Après de vaines recherches (il semble s’être volatilisé de même que les touristes !), nous reprenons la direction de l’hôtel , où nous devons retrouver l’un des frères de Aliou qui vit à Lomé. En route, nous croisons des groupes de motocyclistes euphoriques qui laissent éclater leur joie. Nous comprenons assez rapidement grâce à Aliou la cause de cette liesse populaire : on annonce le retour tant attendu de Gilchrist Olympio dans la capitale togolaise (il est l’un des plus farouches opposants de régime et s’est expatrié au Ghana suite à une tentative d’assassinat dont il a réchappé par miracle) pour participer à une table ronde pouvoir-opposition. L’effervescence monte dans la capitale. En nous rapprochant de l’hôtel, nous constatons qu’une grande foule se dirige vers la frontière toute proche pour accueillir l’opposant. Parallèlement se met en place un quadrillage policier très strict du quartier. Nous décidons donc de rester à l’hôtel en attendant de voir ce qui va se passer. Finalement après plusieurs heures d’incertitudes, on apprend que Mr Olympio a renoncé à rentrer à Lomé car il n’a pu obtenir toutes les garanties qu’il souhaitait pour sa sécurité. Le reflux de la foule se fait dans le calme et sans incidents, et la chappe de plomb qui nous semble peser sur la ville depuis notre arrivée, retombe.
Entre-temps nous avons retrouvé le jeune frère de Aliou qui est professeur dans un lycée privé protestant. Il est venu avec sa fiancé, qui est commerçante. Elle vend des fripes au marché. Ils sont tous deux très croyants et semblent très engagés dans leur église, une des nombreuses présentes dans ce pays.. Aliou profite de l’occasion pour demander à sa future belle sœur de bien vouloir nous préparer nos repas de midi. Elle accepte très volontiers, mais avait-elle vraiment le choix. Comme nous dira plus tard Aliou : « elle ne pouvait pas me refuser en tant que future femme de mon frère ! » Et oui, ainsi vont les mentalités qui ont beaucoup de mal à évoluer pour ce qui est de la considération des femmes dans ces sociétés. Dire merci serait quasiment une injure enfin du point de vue de Aliou tout au moins. Rendez-vous est pris pour le lendemain midi. Je dois dire que je suis un peu gêné notamment du fait qu’elle habite à l’autre bout de la ville et que pour nous préparer ces repas elle va devoir laisser sa table au marché. Mais je suis assez mal placé pour dire ce que j’en pense, même s’il est vrai c’est moi qui donne l’argent pour acheter le nécessaire. Aliou de toute manière ne me demande pas mon avis. Nous avons opté pour de grosses crevettes roses avec du riz pour le lendemain. L’après-midi, nous allons nous promener dans le quartier des artisans et du marché. Nous y découvrons un artisanat assez varié, venant pour beaucoup ou tout au moins originaire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal, …).
Nous trouvons des colliers de perles, des sculptures et autres objets en bois (awalés), de nombreux djimbés, des objets en cuir et en argent dont les spécialistes sont les touaregs, des batiks venant du Burkina. Cette promenade est l’occasion de discuter un peu avec les artisans ou tout au moins les vendeurs d’artisanat, notamment un peul sénégalais avec lequel Oumou échange quelques mots de poular. Nous n’achetons rien mais promettons de revenir un autre jour en amenant les exemplaires de tissus guinéens. Nous poursuivons notre balade dans le grand marché de Lomé. Nous retrouvons cette ambiance toujours aussi animée des grands marchés africains avec une profusion de produits bien souvent de qualité médiocre mais à des prix défiants toute concurrence et notamment de pâles copies de produits de luxe étrangers (copie de Lacoste, jeans, montres de toutes marques, …). Merci les Chinois ! Quant à la foule compacte et bruyante, elle est bien présente et un peu oppressante. Nous décidons finalement de rentrer vers l’hôtel en empruntant un mode de locomotion très usité ici : le mototaxi. Nous cherchons donc trois motos pour nous ramener. L’attente n’est pas longue et nous enfourchons donc chacun une moto, direction le Galion. Ce mode de transport est plutôt sympa, même si pas toujours très rassurant selon le chauffeur et la circulation. Il faut bien dire que parfois, on serre les fesses !
Le soir, nous décidons de rester à l’hôtel et de prendre un repas « à la française ». Le choix de la carte de l’hôtel est assez varié pour des prix certes un peu élevé mais enfin, au diable l’avarice. Nous ne regrettons pas ce petit repas ponctué par une vraie glace à la vanille et au chocolat. Nous finissons cette soirée par une longue partie de cartes durant laquelle Aliou nous annonce qu’il doit repartir le lendemain vers Vogan pour quelques jours et nous demande de l’accompagner. Il faut bien dire que nous ne sommes pas très chauds après notre premier séjour. Il partira donc seul. Il retourne dans son village avec un objectif bien précis : celui de se procurer une protection pour pouvoir revenir à Dalaba sans crainte et prêt à affronter d’éventuels ennemis. Il est très important pour lui de ne pas revenir comme cela en Guinée, sans une protection contre ses adversaires et un moyen de les écarter, définitivement s’il le faut. Nous ne saurons jamais exactement en quoi consiste cette protection sauf qu’il doit aller le chercher dans le village natal de sa mère dans les environs de Vogan et qu’il lui faudra plusieurs jours pour l’obtenir. Devant sa détermination, je dois dire que je suis assez impressionné même si pas très convaincu de l’efficacité d’une telle démarche. Mais ce n’est pas le plus important. Pour lui cette démarche est quasiment une question de vie ou de mort, elle doit lui permettre de montrer à ses ennemis qui est Aliou, la supériorité des ressortissants de Vogan. Même si on n’en a pas encore vraiment discuté dans les détails à ce moment là, l’idée de revenir tous ensemble vers la Guinée est acquis depuis plusieurs jours. Nos grands projets de nous installer au Togo pour travailler et nous lancer dans une nouvelle aventure sont déjà oubliés. Il faut dire que les signes positifs pouvant nous inciter à pousser plus loin dans cette voie sont quasi inexistants. Oumou et moi, nous profiterons donc des deux jours à venir pour mettre au point notre voyage de retour. Dès le lendemain, nous allons au centre ville pour acheter le guide du routard Afrique Noire, que nous avons bien du mal à trouver d’ailleurs. Nous cherchons également l’ambassade du Burkina-Faso et du Mali pour connaître les démarches à suivre pour obtenir des visas pour moi afin de pouvoir traverser ces pays dans notre voyage retour. En effet nous envisageons de prendre la route du Burkina en nous arrêtant à Ouagadougou, de poursuivre vers le Mali et de rentrer en Guinée par le nord-est. Nous apprenons alors que le Burkina est représenté à Lomé par la France. Quant au Mali, il n’a plus de représentant officiel ici. Nous engageons donc les démarches au consulat de France. J’obtiens sans problème mon visa en 24 heures. Pour le visa Mali, nous ne pourrons l’obtenir qu’à Ouagadougou. Nous sommes donc quasiment prêts pour partir en direction du Nord vers le Burkina. Aliou doit, dès son retour du village, se renseigner sur les bus à destination de Ouaga. Nous mettons à profit le temps qu’il nous este en attendant le retour de Aliou, pour retourner au marché voir ce que l’on appelle ici les « plaqués �� (bijoux en plaqué or, venant du Bénin voisin). Les prix sont très intéressants comparativement à Conakry et nous envisageons donc d’en acheter pour les revendre en Guinée, notamment Aliou qui à ce point du voyage est d éjà à sec financièrement. Nous traversons aussi le marché des féticheurs : un vrai capharnaüm où se mêlent gris-gris de toutes sortes, têtes de singes, peaux diverses et variées, poudres « magiques », … A vrai dire on n’a pas vraiment envie de s’attarder dans cet endroit pourtant tout à fait typique. Nous profitons de cette visite sur le marché pour essayer de trouver des amateurs pour nos tissus « made in Guinée ». Mais les commerçants sont peu intéressés par nos bandes de tissus d’un seul tenant , qui ne sont même pas cousues en pagne. Et puis nous sommes au pays des mama benz, alors les tissus ici on connaît. Nos échantillons n’ayant rien d’extraordinaires par rapport à ce qu’on peut trouver sur place, si ce n’est l’originalité de leur couleur et des motifs, nous ne trouvons pas d’amateurs. On nous conseille seulement de les faire coudre en pagnes pour augmenter nos chances de les vendre. Ce que nous faisons sur place dans le marché des féticheurs où nous trouvons grâce à notre « guide » un tailleur.
Malgré tous nos efforts, nous ne trouverons pas d’amateurs pour nos échantillons d’artisanat guinéen que nous ramènerons jusqu’à Dalaba. On ne s’improvise pas commerçant ! Nous repassons voir les vendeurs d’artisanat pour acheter quelques objets (une broche en argent, un awélé, des colliers et boucles d’oreilles en terre cuite, …) pour faire des cadeaux à notre retour. Chez le vendeur sénégalais, nous réussissons en fin de compte à échanger un de nos tissus contre l’awélé. En voilà un au moins qui ne repartira pas au pays. Mais que ce fut dur ! Durant notre visite du marché, nous découvrons un petit restau tenu par des guinéens et notamment une femme peule qui en est la patronne. L’occasion est trop belle. Nous nous arrêtons pour manger une sauce arachide avec du poisson. Les plats sont corrects et à des prix raisonnables. 24 heures plus tard , Aliou revient de son village où il n’a pu obtenir que partiellement les protections qu’il recherchait. Il lui aurait fallu rester plus longtemps sur place pour avoir la « panoplie » complète. Il semble déçu mais prêt à repartir à Dalaba pour se réinstaller, confiant malgré tout dans ses nouvelles protections. Concernant notre voyage de retour, il a obtenu les informations que nous recherchions pour les cars partant vers le Burkina. La gare est située à proximité du domicile du frère de Aliou. Les départs ont lieu chaque jour tout au moins officiellement . Nous décidons de ne pas prolonger notre séjour à Lomé et de prendre si possible la route dès le lendemain avec l’idée d’atteindre le plus rapidement possible Ouagadougou. Malheureusement, nous n’avons pas le temps et surtout les moyens de nous arrêter pour visiter un peu le Togo, qui présente pourtant une certaine diversité géographique et quelques sites intéressants. Ce sera pour une autre fois !?! Le lendemain, fin prêts, nous partons vers la gare voiture avec tout notre chargement, qui s’est cependant un peu réduit, Aliou ayant laissé pas mal d’affaies à sa famille. C’est surtout moi qui suis un peu « chargé » avec ma valise, mon sac de voyage, mon ordinateur portable, et surtout l’équivalent de 15.000 francs français sous différentes formes (chèques voyage, dollars, francs CFA et francs français) qui vont peser très lourd dans mes poches durant les étapes entre le Togo et le Burkina et entre le Mali et la Guinée. Arrivés à la gare voiture, nous prenons nos billets, confiants dans notre départ rapide, et nous nous installons sur des bancs dans l’attente que l’on nous appelle pour le départ. Nous déchantons assez rapidement. La valse des mini-bus et autres cars est permanente, mais malheureusement celui qui doit nous emmener ne se présente toujours pas. Et bien sûr, il est impossible d’avoir des renseignements précis. Il faut dire que le principe reste toujours le même : tant que le bus n’est pas plein, pas de départ ! A ce jeu là, l’attente peut s’avérer assez longue. En fait tout se passe comme d’habitude !Rien de très surprenant , mais c’est vrai que c’est un peu usant à force. Nous passons donc la journée dans l’attente d’un hypothétique départ, nous demandant même si nous n’allons pas passer la nuit sur place. Notre bus est semble-t-il arrivé depuis le milieu de l’après-midi. C’est en tout cas l’information qui circule. Enfin après plus de 8 heures d’attente, le chargement des bagages commence et l’espoir renaît. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Sans trop savoir pourquoi, l’attente se prolonge. Certainement que la compagnie espère des clients de dernière minute. Nous partons finalement à la nuit tombée. Le car est dans un état correct, mais pas très confortable pour passer la nuit. En fait c’est un vieux bus de transport en commun de ville. Il est donc notamment impossible d’appuyer sa tête pour éventuellement dormir, sauf sur une barre de fer. On fait plus confortable. Mais bon l’essentiel au stade où nous en sommes est de partir et peu importe dans quel état nous arriverons. Toute la nuit nous roulons vers le Nord en direction de la frontière avec le Burkina. Malheureusement nous ne profitons donc pas des paysages togolais, notamment vers le Nord beaucoup plus accidenté qu’au Sud. Arrivé à la frontière, au petit matin, nous devons tous descendre du bus pour les formalités de passage de la frontière. Une grosse pluie s’abat sur nous juste à ce moment là, histoire de nous réveiller ou plutôt de nous éviter de somnoler. Une de ces grosses pluie bien dense qui vous trempe en quelques secondes mais qui ne dure pas. Au poste de douane, tout se passe bien avec comme bien souvent quelques passagers rackettés pour défaut de carnet de vaccination. Et oui ce carnet jaune est une aubaine pour tous les douaniers aux frontières : il leur procure des revenus complémentaires faciles ! Comme quoi, on ne soupçonne pas toujours les conséquences de mesures à priori positives mais inadaptée aux réalités locales. Quant à moi, j’ai toujours quelques palpitations à l’idée qu’un douanier trop zélé découvre mon ordinateur et me demande des papiers de passage en douane. A vrai dire je n’en ai aucun qui soit en règle ayant fait rentré l’ordinateur en Guinée sans aucune déclaration. Cela pourrait me créer quelques problèmes et surtout quelques billets ! Mais c’est la quatrième frontière que nous traversons et jusque là pas de douanier trop zélé ! A la sortie des bureaux de la douane, surprise ! le bus a traversé la frontière sans nous attendre et il se trouve à plus de 500 mètres. Sympa, alors que la pluie redouble de violence. Le voyageur est vraiment traité à peine mieux qu’une marchandise dans ce genre de compagnie. Le client roi ! Ca veut dire quoi d’abord ? Il faut dire aussi que le prix du transport est peu élevé. Ceci explique sans doute en partie cela. Mais quand même ! Nous attendons donc une peu que la pluie veuille bien se calmer avant de nous lancer à la poursuite de notre véhicule en pataugeant allégrement dans les flaques de boue latéritique. De nouveau à bord, un peu humide et après avoir acheté quelques bricoles pour manger, nous poursuivons la route, direction le poste frontière burkinabé. C’es dans cette portion du trajet que nous entendons parler avec une certaine angoisse des coupeurs de route qui dévalisent les voyageurs. Ils profitent souvent de la proximité des frontières pour réaliser leur méfait et pouvoir plus facilement échapper aux poursuites enfin très hypothétiques poursuites. Parmi les passagers, se trouvent notamment plusieurs femmes commerçantes qui ont l’habitude de faire ce parcours entre Togo et Burkina. Elles évoquent les mésaventures d’autres voyageurs qui ont eu à croiser la route de bandits sur la route et qui ont tout perdu lors de ces malencontreuses rencontres. Mais disent-elles, ils, les coupeurs de route, s’attaquent plus volontiers à une autre compagnie de transport plus « luxueuse », qui est plus fréquentée par les commerçantes ; sous entendu avec notre compagnie les risques sont moins grands. Il n’en reste pas moins que ces histoires font monter la tension d’un cran dans le bus. Pour ce qui me concerne , je dois dire que je ne me sens vraiment pas très à l’aise avec mon ordinateur portable sur les genoux et ma ceinture ventrale pleine de devises. Je me surprends à regarder beaucoup plus fréquemment à l’extérieur du bus comme si j’allais ainsi écarter toute mauvaise rencontre. Bref ! il fallait bien rajouter un peu de piment à ce voyage un peu trop tranquille, pépère. Nous poursuivons malgré tout notre route vers Ouaga que nous atteignons à la nuit tombée sous une averse. Rien d’étonnant nous sommes en pleine saison des pluies.
5ème étape : Ouagadougou Comme nous en avons maintenant l’habitude , il s’agit pour nous de trouver un hôtel pour passer la nuit. La consultation du guide du routard, nous a permis d’avoir quelques adresses. Reste à aller voir sur place. Nous trouvons assez facilement un taxi et commençons notre tournée des « grands hôtels » de Ouagadougou. Les 2 ou 3 premiers que nous visitons sont vraiment pas très attirants, notamment un qui ressemble plus à un bouge qu’à autre chose.
Finalement fatigués et le taximan perdant patience, nous choisissons un hôtel, l’hôtel Belle vue, un peu au-dessus de nos moyens en se disant que le lendemain nous aurons tout loisir de trouver un endroit plus adapté à nos moyens et à nos souhaits. Nous passons une nuit sans histoire, enfin presque. Toute la soirée et jusqu’à une heure assez avancée de la nuit nous profitons du poste de télévision qui est allumé dans le hall d’entrée, le son au maximum. Suivre un film grâce à sa bande son uniquement ce n’est vraiment pas terrible. Enfin au petit matin, sans même prendre un petit déjeuner nous quittons l’hôtel laissant nos bagages sur place pour partir à la recherche d’un autre lieu de villégiature. Nous trouvons un taxi pour nous emmener dans les quartiers Nord de la ville. D’après le guide du routard, plusieurs bonnes adresses y sont regroupées. Nous commençons par le « Pavillon vert ».
L’hôtel est charmant et très animé. On entre dans un grand patio avec terrasse, kiosque d’artisanat et beaucoup de verdure. La première impression est vraiment sympa. Malheureusement nous déchantons très vite : l’hôtel est plein, pas même une chambre pour trois. Les gérants nous orientent alors vers un établissement tout proche tenu par un Suisse : « Le Dapoore ». Nous y trouvons une chambre pour nous trois, l’une des dernières, avec une douche. L’endroit est moins convivial que le « Pavillon vert », mais il est propre et calme, avec un restaurant couvert d’un toit en paille qui nous rappelle les cases du Fouta. Nous repartons donc vers le centre ville pour récupérer nos bagages et découvrir un peu la capitale du Burkina-Faso. La ville est très sympa avec de grandes avenues bordées d’arbres, de grands carrefours occupés de fontaine hors service. La plupart des maisons sont construites sur un niveau. Les routes sont le domaine des deux roues ou presque. Une vraie ville sahélienne qui a bien des égards me fait penser à N’Djamena. De retour dans les quartiers Nord, nous nous installons dans notre chambre du Dapoore. Nous profitons de la fin d’après midi pour marcher un peu dans le quartier et chercher un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous découvrons notamment un petit restau tenu par des togolais dans lequel nous mangeons un poulet yassa. Le lendemain, le programme est chargé : nous devons tout d’abord trouver un moyen de nous rendre à Bamako. Plusieurs sociétés de bus existent dont certaines sont référencées dans le guide du routard. Le problème est d’arriver à trouver celle qui voyage sur Bamako et surtout le jour et l’heure (enfin au moins approximative !) du départ. La première où nous nous rendons n’a pas de départ prévu dans les jours à venir. On nous renvoie vers une autre société. Mais quant à savoir comment la trouver en ville, dur, dur. Finalement avec beaucoup de patience et un peu de chance nous trouvons un taxi pour nous amener à bon port. Après prise de renseignements dans la cour auprès de différentes personnes, on nous annonce un départ pour le lendemain matin à 6 heure. Parfait, c’est tout à fait ce qu’il nous faut, mais pas de vente de billets à l’avance. Dans l’enceinte du parc, de nombreuses personnes sont installées comme pour un bivouac à même le sol avec tous leurs bagages et cela nous inquiète un peu, mais enfin cela n’a rien de très exceptionnel. Nous repartons donc relativement confiant, rendez-vous est pris pour le lendemain matin vers 5 h 30. Le problème du transport réglé, reste celui de mon visa pour le Mali. Heureusement nous avons l’adresse et le numéro de téléphone de l’ambassade sur le guide du routard (que ferions nous sans lui !?). Nous prenons donc d’abord des renseignements par téléphone pour connaître les modalités de délivrance des visas de transit. Et là bonne surprise, on nous informe que le visa peut être délivré dans les deux heures après le dépôt du dossier. Incrédule, nous nous rendons à l’ambassade. Nous y trouvons un groupe de touristes américains qui attendent leur visa. Moyennant un formulaire à remplir, 20.000 CFA et 2 photos, on me délivre en à peine deux heures de temps un visa en bonne et due forme. Comme quoi avec un peu de volonté politique motivée par un intérêt économique bien compris, l’organisation suit. Soulagés de nous être sorti rapidement de ces différentes démarches, nous nous réjouissons de pouvoir aller faire tranquillement le tour du marché central, du centre artisanal de Ouaga. Notre premier arrêt nous permet d’apprécier la grande diversité et la qualité de l’artisanat local. Le centre artisanal est un modèle du genre avec une boutique principale où est vendue la palette des différents produits réalisés dans les ateliers situés juste à côté. On peut donc apprécier à la fois les produits et les techniques de fabrication, discuter avec les artisans au travail. Une visite très enrichissante pour nous touristes et très instructive quant à l’approche du client/visiteur. On mesure mieux tout le travail qui est à faire à Dalaba. Nous traversons tout d’abord la boutique, très bien achalandée pour trouver quelques souvenirs, mais aussi des idées d’objets qui pourraient être réalisés à Dalaba avec les techniques locales. Nous achetons notamment des petites broches faites en calebasse, des pendentifs « djimbé ». Nous passons ensuite dans les différents ateliers : les sculpteurs, les artisans du bronze, les fabricants de balafons et de djimbés, les artistes du batik, etc. Auprès de ces derniers, nous nous attardons un peu plus pour avoir des détails sur le processus de fabrication et nous leur achetons deux « toiles » , non sans avoir, bien sûr, négocié le prix. Nous repartons enchanté par notre visite. Autour du centre de nombreuses échoppes proposent toute sorte de produits artisanaux. Les commerçants nous hèlent gentiment pour nous vendre qui un sac en tissu, qui un djimbé, etc. Nous finissons par acheter quelques cartes peintes à la main avant de repartir en direction du marché central. Au marché, nous cherchons d’abord le secteur des tissus, car nous ne désespérons pas de trouver un acquéreur pour nos tissus « made in Guinée ». Nous arpentons les allées, sans très bien savoir comment nous orienter. Mais peu importe, nous découvrons un marché bien organisé où il est agréable de se promener. Nous n’arrivons pas à placer notre marchandise, mais nous trouvons des ensembles baye fall assez sympas. Finalement la fatigue et la faim nous poussent hors du marché. Y’a un temps pour tout ! Nous regagnons notre quartier nord et notre « petit chalet savoyard ». Après une sieste bien méritée, nous profitons de la fin de journée et d’une température extérieure plus clémente pour aller nous promener à pied dans le quartier. Nous retournons au Pavillon vert pour boire un coca frais. Nous profitons de l’occasion pour proposer aux employées du bar restaurant les plaqués or achetés à Lomé. Pour une fois, nous trouvons des clientes intéressées. Malheureusement, elles ne peuvent payer cash. Nos rêves de bonnes affaires s’envolent donc. Quant à moi, j’ai repéré un batik qui orne le devant du kiosque de produits artisanaux et je m’approche du vendeur pour engager la négociation. A vrai dire je suis prêt à payer le prix qu’il veut mais l’habitude aidant j’essaye de gagner quelques CFA. J’emporte la partie pour 9.000 CFA, très content de mon achat. De retour au restau de notre hôtel, nous nous offrons un petit extra en dînant sur place. Notre dernier vrai repas sur le sol burkinabé. Le lendemain, nous reprenons la route. Nous prenons donc rendez-vous avec un taximan pour 5 heure du matin, pas très sûr de le voir respecter son engagement. Quelques heures plus tard, sur le pied de guerre, nous sortons du Dapoore. Surprise le taxi nous attend. Nous embarquons, avec quelques difficultés pour entrer tous nos bagages et nous-même, direction la gare routière. Sur place, pas de départ en vue et pas d’informations très précises. Nous prenons malgré tout un petit déjeuner sur le bord de la route dans la poussière et les gaz d’échappement en attendant de voir. Au menu lait concentré sucré dilué dans de l’eau avec café, pain baguette caoutchouc et mayonnaise pour les amateurs. « Le pain sec c’est bon, merci !» Après ces agapes, nous nous remettons en quête d’informations. Après avoir interrogé diverses personnes, il nous faut nous rendre à l’évidence : pas de départ pour Bamako aujourd’hui. Cependant on nous indique une autre compagnie susceptible de voyager le jour même. Il nous faut nous rendre dans un autre quartier de Ouaga assez distant pour vérifier cette hypothèse. Et c’est reparti : il nous faut trouver un taxi qui connaisse le lieu et qui puisse charger tous nos bagages et nous-mêmes, négocier le prix et espérer … Quelques embouteillages plus tard, nous arrivons sur une autre gare routière ou en tout cas ce qui en tient lieu. Renseignement pris, un départ est imminent … ou presque. Nous payons nos billets et patientons sur un vieux banc en bois carrément bancal et surtout sous un soleil qui commence à taper sérieusement. Cette attente nous permet d’observer des réparateurs de deux roues qui ont leur atelier juste à côté : le système D au service de la mécanique. Enfin le départ est annoncé et notre bus avancé. Désillusion, ce n’est pas le beau bus qui trônait à l’entrée du parc mais un vieux car en fin de vie qui pétarade et crache de gros nuages noirs. De toute façon, comme qui dirait, nous n’avons pas le choix.
La route de Ouaga à Bobo-Dioulasso est certes goudronnée, mais elle est également parsemée de nids de poule. Dans un quatre-quatre bien amorti avec un chauffeur attentif et prudent, ça ne pose pas trop de problèmes. Mais prenez un vieux car, bondé, muni d’amortisseurs sans doute d’origine (mais peut-être étaient-ils en option sur ce modèle ?), mettez au volant un « Fangio » revu et corrigé mode Burkinabé genre je fonce et advienne ce que Dieu décidera ; et vous pourrez imaginer la promenade de santé ?!? Nos appels répétés à l’adresse du chauffeur pour le faire ralentir ou tout au moins pour qu’il prenne en pitié nos dos n’aura eu aucun effet.
6ème étape : Bobo-Dioulasso Nous arrivons donc à Bobo-Dioulasso complètement fourbus, mais contents d’être arrivés entiers Quoique. Au départ de Ouaga, nous avions acheté des billets Ouaga-Bamako. Nous pensions donc légitimement poursuivre notre route vers la frontière malienne, après une petite pause réparatrice. L’après-midi étant déjà bien avancée, ils nous semblaient important de ne pas trop traîner pour passer la frontière avant la nuit. La pause se prolongeant, nous essayons d’avoir des informations sur la suite de notre voyage. Quand repart-on ? Pourra-t-on passer au Mali aujourd’hui ? Nous obtenons des demies réponses peu satisfaisantes, mais il faut bien s’en contenter. Finalement, un mini bus vient nous prendre à la gare et nous emmène quelques kilomètres plus loin sur une grande artère de Bobo. Notre chauffeur s’arrête sous quelques manguiers et nous invite à descendre. Un banc en bois, modèle de base largement répandu dans la sous-région, d’un confort plus que sommaire nous est proposé pour nous reposer et patienter en attendant un éventuel départ. L’attente commence. Les heures passent. Nous passons du banc à une natte qui nous a été gentiment installée à proximité. Le soleil se couche. Toujours aucun signe d’un départ prochain. Il paraît que nous attendons un (ou deux, selon ! ) passager pour pouvoir partir. En fait le chauffeur ne veut pas prendre la route tant que son minibus n’est pas rempli. Et quand je dis rempli, c’est rempli ! 11 passagers plus le chauffeur et les bagages pour un véhicule prévu pour 7 à 8 personnes avec un confort correct. Oublié donc le confort. Les sardines sont battues !?! L’attente devenant vraiment longue et les moustiques de plus en plus nombreux, nous nous abritons dans un bus garé à proximité et essayons tant bien que mal de dormir plié en quatre sur deux fauteuils. Malheureusement les moustiques eux n’ont pas décidé d’aller se coucher et ils nous « divertissent » de leur ronde de nuit. Une fois de plus c’est quand on ne l’attend plus vraiment que le départ est annoncé. Il fait nuit noire et les derniers passagers ont surgi soudain de nulle part. Mystère. Le temps de tous nous « encastrer » dans le véhicule et nous voilà sur la route, direction la frontière. Nous nous engageons rapidement sur une piste en pleine brousse. Tout au moins le devine-t-on car la nuit est très sombre. Après quelques heures de voyage sans soucis, nous nous arrêtons au beau milieu de la brousse. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. A quelques mètres devant nous, une barrière en bois et une casemate, à peine éclairée par une lampe à pétrole où somnole le douanier en chef, nous indique que nous sommes arrivés au poste de douane. Chaque passager est contrôlé et doit s’acquitter d’un « droit de passage » déguisé. En fait le chef de poste réclame à chacun 1000 CFA pour cause de non-vaccination contre la fièvre jaune, carnet de vaccination en règle ou pas. Le règne de l’arbitraire et de l’argent. Pour ce qui me concerne, touriste étranger en voyage au Mali, je suis exonéré de cette taxe. Il semble que la sensibilisation par rapport aux touristes ait porté au moins partiellement ses fruits En attendant, une de nos passagères visiblement anglophone et sans papier, qui est restée dissimulée au fond du bus, réussit à passer la frontière certes un peu inquiète d’être découverte, mais finalement sans ennuis. Nous filons droit sur Sikasso que nous atteignons après 6h30 de voyage. Nous débarquons dans une gare voiture et encore une foi nous comprenons que nous allons devoir changer de véhicule. Nous mettons à profit ce nouvel intermède pour prendre un petit déjeuner dans un café à ciel ouvert, tenu par un Guinéen. Café, lait concentré sucré, eau pour la boisson, pain et mayonnaise ou margarine pour la nourriture. Décidément, ce sera pain nature merci. Entre temps un bus grand luxe est arrivé et le départ pour Bamako semble vouloir s’organiser assez rapidement. Et effectivement après un délai raisonnable pour le chargement des bagages et des passagers appelés les uns après les autres (comme quoi l’organisation est juste une question de volonté), nous prenons la route de Bamako. 6 heures de route sans problème durant lesquelles nous suivons un film sur l’écran télé installé à l’avant du bus. Et oui incroyable, il fonctionne. L’arrivée à Bamako se fait sous une grosse pluie d’orage.
7ème étape : Bamako, ses faubourgs Nous apercevons la ville depuis une hauteur. Nous n’en verrons pas plus. Nous prenons aussitôt arrivé la direction de la gare voiture pour la Guinée. Notre taxi nous dépose à l’extérieur de la gare car elle est noyée sous l’eau et inaccessible pour une petite voiture.
Nous trouvons malgré tout assez rapidement un véhicule qui doit partir pour la frontière guinéenne. C’est ce qu’on appelle un « bâché », c’est à dire un véhicule avec une cabine de 3 ou 4 places et une benne arrière aménagée sommairement avec des bancs et couverte d’une bâche où l’on entasse comme du bétail entre quinze et vingt personnes. Les bagages et autres animaux (poules, moutons, etc.) sont amarrés sur la bâche.
Le scénario habituel se répète une nouvelle fois : on va bientôt partir, il nous manque juste un passager pour être au complet, etc., etc. . La fin de journée approchant à grands pas, nos futurs compagnons de route s’inquiètent un peu. Il semble que la route ne soit pas très sure et que les coupeurs de route, encore eux, affectionnent particulièrement ce tronçon. Parmi eux, un jeune d’une vingtaine d’années en rajoute même et finit par vraiment nous inquiéter. Il ne nous reste plus qu’à espérer un départ rapide ou le report du départ au lendemain. Mais la chance nous sourit, enfin si l’on peut dire. Nous sommes au complet et le départ s’organise un peu avant la tombée de la nuit. Nous nous installons tant bien que mal dans la benne en essayant de garder des places le plus possible à l’air libre, vers l’arrière du véhicule. Le plus délicat dans l’opération est d’arriver à se caler les uns par rapport aux autres car nous avons tous un vis-à-vis avec lequel il faut s’entendre pour placer ses genoux. Une fois tous montés à bord plus personne ne peut bouger. Et en fait, comme nous le constaterons plus loin sur la piste, ça n’est pas plus mal ainsi. Le véhicule s’ébranle finalement. Ca relève du miracle vu la surcharge, mais bon ainsi va le transport en commun dans la région : A la grâce de Dieu !
Nous nous engageons sur une piste très accidentée, en pleine brousse. Très rapidement on a l’impression d’être loin de tout et de s’en aller vers nulle part. Cette impression devient vraiment oppressante quand la nuit tombe, noire, brutale. Je me rappelle alors les paroles échangées avant le départ et une nouvelle fois je sers un peu plus contre moi mon ordinateur et ma ceinture ventrale pleine de devises. Le voyage se poursuit cependant au rythme des secousses plus ou moins fortes selon les trous rencontrés, des averses et orages, des arrêts improvisés pour le confort des passagers. On essaye de fermer les yeux en espérant que le sommeil viendra et fera paraître le temps moins long. Mais peine perdue vu les conditions. Prendre notre mal en patience, telle est la bonne devise pour ce trajet. Après 6 heures de piste, nous arrivons à la frontière avec la Guinée.
8ème étape : Kourémalé, frontière Mali-Guinée Nous sommes à Kourémalé, tout au moins le devine-t-on car il fait très sombre et ce n’est pas les quelques rares lampes tempêtes allumées de-ci delà qui nous permettraient d’y voir quelque chose. Les douaniers nous demandent de déposer nos passeports au poste et de venir les rechercher le lendemain matin, une fois qu’ils auront été visés et tamponnés par le chef de poste, qui dort pour le moment. Nous passons donc la barrière frontière et entrons en Guinée. Nous nous préoccupons immédiatement de trouver un endroit pour dormir. Dans ce noir, nous ne sommes pas très optimistes sur nos chances de trouver un lit, mais Aliou fait comme d’habitude en la matière des merveilles. Il nous dégote un « hôtel 4 étoiles ». Nous nous retrouvons pour cause d’économie (un quatre étoiles, c’est pas donné !?!) tous les trois dans une chambre de 6 m² environ avec pour seul mobilier un lit double avec matelas en paille, une bougie et une chaise. Ah j’oubliais un drap recouvre le matelas, quand même. Nous sommes bien contents que l’obscurité ne nous permette pas de voir son état. Et puis, nous sommes vraiment tous les trois épuisés. Nous prenons donc place sur ce lit, tout habillé, en nous mettant dans le sens de la largeur, les jambes pendant dans le vide. La fatigue fait accepter tout et n’importe quoi. Après quelques heures de sommeil, enfin si l’on peut dire, nous nous levons alors que le jour pointe à peine le bout de son nez. Il fait frais et d’autant plus que nous sommes en pleine saison des pluies. Nous nous dirigeons chacun notre tour vers la « salle de bain » tout confort : trois murs en terre plus une tôle et bassine d’eau froide. A 6 heures du matin, réveil garanti. Fin prêts, nous décidons de laisser nos affaires à l’hôtel et d’aller chercher nos passeports ainsi que de quoi remplir nos estomacs. Nous tombons au poste frontière sur un douanier très zélé. Il trouve suspect le document que Aliou lui présente. C’est un laisser-passé établi sur papier à en-tête du consulat du Togo qui est valable pour l’aller retour entre la Guinée et le Togo. Suite à toutes les frontières que nous avons traversées, il est par ailleurs couvert de tampons. Mais non pour l’agent guinéen, il n’est pas valable. Les explications/négociations commencent. Mais Aliou ne lâche pas le morceau et il récupère carte d’identité et laisser-passer sans rien donner. Nous pouvons enfin aller manger. Nous en profitons pour prendre des renseignements pour la suite du voyage vers Siguiri. Nous trouvons des taxis en attente et réservons donc trois places. Le temps d’aller chercher nos affaires à l’hôtel et de régler la note, nous sommes de retour à la gare voiture, où comme toujours le voyage commence par une longue attente. Nous comprenons assez rapidement que pour une fois, la cause de ce retard est indépendante de la volonté du chauffeur ou des passagers. En fait, la route est coupée à la sortie du village par une brusque montée des eaux de la rivière. Le passage des voitures est impossible, tout au moins nous semble-t-il. Les quelques piétons qui s’aventurent dans la rivière ont l’eau qui leur monte jusqu’à l’entrejambe voir jusqu’à la taille. Sur l’autre rive des véhicules arrivent en provenance de Siguiri. Les taxis font descendre leurs passagers avec tous leurs bagages et font demi-tour. L’idéal pour nous serait que l’un d’eux veuillent bien nous attendre pour repartir vers Siguiri. Il suffirait pour cela que nous traversions tous à pied avec nos bagages. Mais les taxis en attente à Kourémalé ne sont pas trop d’accord de perdre leur clientèle, même s’ils voient bien que la situation est bloquée. Notre chauffeur, plus téméraire que les autres ou peut-être parce que sa voiture ne craint pas grand chose, se décide à tenter la traversée des flots. Il organise le déchargement complet de sa 504 familiale, puis il prépare le moteur à une immersion totale : il bouche tous les orifices avec des chiffons, sans oublier le pot d’échappement et le réservoir d’essence. Rapidement la voiture amphibie est prête. Entre temps un quatre-quatre rehaussé avec pot d’échappement au dessus de la cabine a tenté la traversée. Le chauffeur a renoncé voyant l’eau pénétrer dans la cabine par le bas des portes. Notre pilote tout terrain ne se décourage pas pour autant. La traversée se prépare avec le recrutement des pousseurs qui doivent accompagner la voiture dans la rivière pour éviter qu ‘elle ne soit emportée par le courant . Quant à nous, nous sommes invités à traverser à pied. Des jeunes du village se proposent pour faire traverser nos bagages ainsi que les personnes qui le souhaitent contre rémunération. Toute occasion est bonne à saisir dans ce coin perdu, loin de tout. Nous acceptons de bon cœur pour ce qui est des bagages. Aliou et moi-même préférons traverser sur nos propres pieds. Nous enlevons chaussures, chaussettes et pantalon et nous apprêtons à entrer dans l’eau. Oumou, elle est beaucoup moins pressée de se lancer. Mais elle hésite encore entre nous suivre et grimper sur les épaules d’un des passeurs improvisés. Les deux solutions présentent des risques pour elle : d’un coté, elle a très peur de l’eau et du courant, de l’autre l’éventualité d’une chute du haut des épaules de sa « monture » ne la rassure pas trop. Cruel dilemme ! Finalement nous ayant vu traverser devant elle, elle choisit la solution du porteur. La première étape est alors de grimper sur les épaules de son aide. L’opération se passe tant bien que mal avec l’aide d’un troisième acolyte. La traversée peut alors commencer. L’avancée est lente du fait du niveau de l’eau et du courant qui est quand même assez fort. Aussi, quasiment au milieu du cours d’eau, notre jeune porteur a une soudaine inspiration, qui pourrait bien lui permettre de gagner un peu plus : il s’arrête prétextant une trop grande fatigue et déclare vouloir transférer Oumou sur le dos d’un de ses amis pour finir la traversée. Evidemment aussitôt Oumou se met à hurler et lui propose d’augmenter son « salaire » s’il l’amène à bon port. Le stratagème a marché et notre passeur de reprendre la traversée comme si de rien n’était. De nouveau réuni tous les trois avec les autres passagers, nous assistons depuis l’autre rive à la traversée de notre taxi. Elle se fait sans souci majeur même si le capot du moteur émerge à peine de l’eau. Enfin au sec, il s’agit maintenant de vider l’eau qui est à l’intérieur; cette opération se fait « automatiquement » grâce aux trous que la rouille a percés dans la caisse. Pour ce qui est du moteur, l’opération est un peu plus longue. Ses premiers soubresauts sont assez peu encourageants, mais ça ne décourage pas notre chauffeur. Finalement, après un temps d’attente pour l’ « essorage » plus quelques coups de marteau et tours de tournevis, le doux ronronnement du moteur de notre 504 parvient à nos oreilles. Tout est possible, tout est réalisable ! Le départ est proche. Aussitôt les bagages chargés, nous prenons place sur les banquettes détrempées. Mais peu importe, car l’essentiel pour nous est de poursuivre la route, direction : Siguiri.
9ème étape : Vers Mamou et Dalaba La piste est correcte mais sans plus. Il faut dire qu’en saison des pluies toutes les pistes souffrent et de nombreux nids de poule se forment. Un peu plus de deux heures plus tard, nous atteignons Siguiri sans soucis particuliers, le fondement humide. Direction la gare voiture pour trouver le véhicule qui nous amènera jusqu’à Mamou. La fin du voyage approche et nous sommes maintenant tous les trois pressés d’arriver entier à destination. Nous passons quasiment tout l’après-midi à la gare voiture dans l’attente du départ. Nous en profitons pour manger quelques bricoles dont des beignets avec une sauce pimentée. Ce n’est qu’en fin de journée que le départ se dessine. Nous prenons place dans une 505 familiale qui à l’air plutôt correcte. Quelques kilomètres après notre départ, nous nous arrêtons pour prendre deux passagers supplémentaires, la femme et l’enfant du chauffeur qui viennent prendre place à l’avant. Ce qui porte à 5 les passagers avant. La conduite dans ces conditions relève de l’exploit et de l’inconscience portée au-delà de l’imaginable. Mais que dire, que faire ? Nous qui sommes déjà entassés à l’arrière, sans possibilité de bouger, nous n’espérons qu’une chose c’est arriver le plus vite possible et indemne autant que faire se peut. Le voyage se poursuit donc. Allah Akbar ! Soudain un violent orage nous surprend sur la route. Un épais rideau de pluie s’abat sur nous, le ciel est d’un noir d’encre. Rapidement les bas cotés sont transformés en lacs éphémères, mais impressionnants. On voit de l’eau partout et on se demande si l’on roule ou si l’on flotte. Notre chauffeur lui ne semble pas plus perturbé que cela. La visibilité est réduite à quelques mètres et cela d’autant plus que ses essuies-glaces ont une efficacité très relative. Mais il poursuit sa route imperturbable sans lever le pied de l’accélérateur. Le silence est lourd ; tout le monde semble faire des prières pour que l’on reste sur la route, sans rencontrer d’autres véhicules. Après quelques kilomètres dans cette ambiance oppressante enfin la pluie tombe moins fort à l’extérieure. Par contre à l’intérieur, nous sommes soumis à un déluge de gouttelettes, tout au moins certains passagers installés aux mauvaises places ?! Le chauffeur ne s’en émeut pas plus que cela et file toujours plus vite en direction de Mamou. Il fait nuit maintenant. Pour ce qui me concerne cela accroît mon inquiétude car les routes guinéennes de jour ne sont déjà pas très sures, mais alors de nuit ?! avec les voitures dont les « yeux » partent dans tous les sens, voire borgnes ou carrément aveugles. Les croisements entre véhicules sont toujours un moment d’angoisse intense. « Pourvu que ça passe ! ». Quelques kilomètres avant Mamou, nous tombons sur un barrage de militaires, signalé juste par quelques lampes tempête. Autrement dit il n’est vraiment pas très visible. Une corde est tendue en travers de la route sensée arrêter tous les véhicules. Plus dangereux qu’autre chose. Des hommes en tenue contrôlent le chauffeur, son véhicule et les passagers à la lampe torche. Ces barrages sont présents sur toutes les routes de l’intérieure du pays. Officiellement pour éviter l’intrusion de rebelles et accessoirement pour faire de réel contrôle. Mais en fait ils sont surtout un bon moyen pour les hommes en kaki de se faire de l’argent sur le dos des voyageurs et des chauffeurs de taxi. Tout est prétexte pour vous faire payer. C’est d’autant plus facile que chauffeurs et passagers n’ont bien souvent pas tous leur papier. C’est bien sur le cas pour notre chauffeur. Nous sommes donc bloqués au barrage et les discussions s’éternisent. Aliou, notre « avocat » de service essaye d’amadouer les militaires, mais rien à faire. Il faut dire que les chauffeurs de Haute-Guinée ont mauvaise réputation auprès des hommes en tenue car ils leur tiennent tête. La preuve nous en est donné d’ailleurs durant notre halte. Alors que les discussions vont bon train et que nous sommes au bord de la route, un taxi arrive au barrage sans même ralentir et arrache la corde, qui part comme un élastique sur le coté de la route où nous sommes garés. Heureusement notre véhicule est un peu en retrait et la corde part dans le vide. Mais cet incident jette un froid. On est passé très prêt d’un accident. Très rapidement cependant on en revient à notre situation et les palabres, interminables, reprennent. Finalement après un compromis dont nous ne connaîtrons pas tous les éléments, nous sommes autorisés à reprendre la route, direction Mamou centre. Nous atteignons la gare voiture de Mamou alors que l’aube s’annonce tout doucement. La boucle est quasiment bouclée, il ne nous reste plus qu’à trouver un chauffeur pour nous conduire sur les 50 kilomètres nous séparant encore de Dalaba. Par chance nous trouvons un jeune chauffeur de Dalaba qui souhaite rentrer chez lui après un voyage sur Conakry. Nous nous entendons pour partir rapidement sans attendre d’autres passagers.
Nous rentrons à Dalaba au petit matin du 06 Aout 1999, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’ouest : un grand voyage avec tous les ingrédients pour en faire une belle Aventure. Inoubliable !
Tout voyage est une aventure, une entreprise plus ou moins hasardeuse, tout au moins une rupture avec ses habitudes, son quotidien. Tout voyage en Afrique est une Aventure, c’est un projet où la part de l’imprévu est toujours très grande. Voyager sur ce continent, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre en utilisant un ou différents modes de transport. Voyager, ce n’est pas seulement prendre son billet, se présenter à l’heure prévue pour partir, lire un bon livre pendant le trajet et arriver à destination frais et dispos pour commencer de nouvelles découvertes. Non, voyager en Afrique, c’est dès l’achat de son titre de transport se lancer dans une aventure dont on ne sait jamais très bien à l’avance où elle vous mènera. C’est non seulement une aventure du fait des bouleversements, des changements de dernière minute, des évènements favorables ou contraires, c’est aussi et surtout une aventure humaine. C’est partir à la rencontre des gens, de personnages et c’est enfin se rencontrer soi-même, apprendre à mieux se connaître, à éprouver sa patience, sa capacité à se sortir de situations inédites, à improviser. C’est en tout cas être bousculé au sens propre comme au sens figuré. Préparatifs ou le voyage en théorie
08 Mai 1999, il est 16h30 à Dalaba, bourgade au cœur du Fouta Djalon en Guinée et rien ne laisse présager les grandes décisions que nous allons prendre et qui vont bouleverser nos vies, …, quoique ! ? Attablés autour d’une « Skol », ou peut-être bien de plusieurs, dans le restaurant le « Silence », quartier Sily, je me trouve en face de Aliou, mon ami togolais, propriétaire dudit restaurant. A cette heure là, une petite bière bien fraîche, comme on dit « ça passe ». Bon, c’est vrai les bières ne sont en fait pas très fraîches, le courant étant encore rare à cette époque de l’année à Dalaba, mais peu importe, on en est plus vraiment à ça près. D’ailleurs, avec bière fraîche ou non, notre discussion s’auto abreuve de nos déboires respectifs. Il faut dire que l’on forme à nous deux une fine équipe. Aliou est menacé de prison suite à un conflit commercial avec un concurrent guinéen, qui a pris une ampleur à peine croyable. Il est en fait accusé d’avoir détourné une partie de la clientèle de l’hôtel du Fouta. L’affaire est remontée jusqu’au Préfet et au Palais de Justice. Il a même été mis en garde à vue pour quelques heures. Bref il ne fait pas bon être étranger à Dalaba en cas de conflit avec un ressortissant guinéen. Quant à moi, j’ai été poussé à démissionner de mon poste de responsable de l’Office de Tourisme. Je suis par ailleurs poursuivi par le percepteur local suite aux accusations de mes anciens collègues et accusé d’avoir détourné de l’argent du projet que j’ai largement financé sur fonds propres. Je me sui entendu dire plus d’une fois : « tu n’es pas d’ici, si tu n’es pas content il faut rentrer chez toi ». Bref l’ambiance est vraiment lourde. Quelques jours auparavant, nous nous étions déjà retrouvés et nous avions envisagé de changer d’air, de quitter Dalaba pour quelque temps, son air devenant vraiment irrespirable pour nous. Aujourd’hui, l’idée a mûri et est devenue projet : nous quitterons Dalaba la première quinzaine de juillet pour un voyage à travers l’Afrique de l’ouest dont l’objectif ultime sera d’atteindre Vogan au Togo, village natal de Aliou. Nous envisageons même de nous installer dans ce pays ou un pays limitrophe, si des opportunités existent. Nous portons un toast à notre voyage en le ponctuant comme il se doit d’un « inch Allah » convaincu. Y’a plus qu’à !
De retour chez moi, mon premier réflexe est de consulter le guide du routard sur l’Afrique noire pour mieux visionner le trajet à suivre, connaître les frontières que nous aurons à traverser et envisager les différents parcours et modes de transport possibles. Premier constat : Vogan c’est vraiment pas la porte à coté. Plus de 2000 kilomètres à travers quatre pays : Guinée, Cote d’Ivoire, Ghana, Togo. Enfin peu importe tant qu’à partir, autant voir le maximum du vaste monde.
Deuxième constat, il va falloir se préparer un peu, … beaucoup ! avant de se lancer dans ce qui s’annonce déjà comme une sacrée aventure.
C’est dans cette optique que deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau. Cette fois-ci, nous sommes quatre pour discuter un peu plus en avant des modalités pratiques de notre voyage. Mme Aliou et Oumou, mon amie se sont jointes à nous. Elles aussi seront de l’aventure. Un premier dilemme se pose à nous : la deuxième semaine de juillet, la saison des pluies est déjà bien avancée en Guinée et dans la sous-région. Peut-on alors envisager de passer par la route en empruntant un taxi pour traverser la Guinée du Nord au Sud et entrer en Côte d’Ivoire, sachant que les pistes risquent d’être difficiles ou est-il plus prudent d’envisager un voyage par la route jusqu’à Conakry, de prendre l’avion Conakry-Abidjan pour éviter les mauvaises pistes du sud guinéen et de l’ouest ivoirien, même si le coût du voyage serait alors beaucoup plus élevé. Bison futé n’ayant pas encore traversé la mer et Buffle rusé n’ayant pas encore vu le jour sous les tropiques, la seule solution est de se référer aux expériences passées des uns et aux témoignages des autres pour se faire une idée des risques encourus. Bref rien de très sur mais en l’occurrence des témoignages pas très engageants recueillis par Mr et Mme Aliou, du style : « entre truc et la frontière c’est bon, mais après quelques kilomètres c’est l’enfer. Des trous partout, plein de flotte. En plus il y a plein de camions qui creusent la piste et qui parfois la bloquent en s’embourbant. Mais enfin avec un bon taxi, sous entendu un bon véhicule et un bon chauffeur, ça passe jusqu’à « machin ». Si, si je vous assure ! Inch Allah ! ». Sur la base de ces récits, le choix concernant le mode de transport sur ce tronçon de notre voyage est donc reporté à plus tard, mais l’idée d se renseigner plus précisément sur les vols Conakry – Abidjan est, elle, acquise. Pour ce qui concerne, le parcours entre Abidjan et Lomé, pas de problème : la compagnie de bus « STIF » assure des liaisons régulières entre ces deux villes à des tarifs abordables. Adopté sans discussion. Là les témoignages sont vraiment convaincants. Le seul petit détail dont on se mordra les doigts plus tard, c’est que les infos datent un peu.
Autre aspect pratique qui nous préoccupe pour ce voyage, c’est bien sur les passeports, visas et laissez-passer nécessaires aux uns et aux autres pour pouvoir traverser les frontières sans trop de soucis notamment financiers. Décision est donc prise de se rendre tous ensemble à Conakry pour régler ce problème au début du mois de juin. Ce sera aussi l’occasion de prendre tous les renseignements concernant les vols vers Abidjan.
10 Juin 99, nous voici à Conakry, comme prévu trois semaines plus tôt. Nos premières démarches nous amènent chez un parent de Aliou qui doit nous servir d’intermédiaire avec le Consul du Togo à Conakry pour avoir les laissez-passer pour Aliou et sa femme et un visa pour moi, d’ailleurs non nécessaire d’après un document sur le Togo fourni par notre intermédiaire. Faut pas chercher à comprendre ! Nous lançons malgré tout le processus moyennant bien sur quelques billets de 5.000 FG et des photos d’identité. Rendez-vous est pris début juillet pour récupérer tous ces documents. Pour Oumou, pas besoin de visa. Il lui suffit d’avoir un passeport de la CEDEAO pour entrer dans tous les pays que nous aurons à visiter. Reste plus qu’à se procurer ce passeport, ce qui à priori ne semble pas évident surtout connaissant l’administration locale. Et là surprise ! Oumou nous parle d’un de ses oncles qui peut lui procurer ce document rapidement. Un peu incrédules, nous partons le rencontrer pour lui présenter notre projet. Après les présentations d’usage, nous exposons le but de notre visite. Sans hésitation, il nous donne rendez-vous pour le lendemain dans un bureau de l’administration. Il connaît quelqu’un qui devrait pouvoir nous aider. A l’heure dite, nous nous retrouvons comme prévu. Après quelques démarches dont entre autre l’achat d’un certificat médical, sans visite, à l’hôpital, quelques prises de contact dans différents bureaux de la capitale, nous voilà au ministère de l’intérieur accompagné d’un cadre de la dite administration. Après avoir remis la somme et les papiers demandés ainsi que deux photos, à notre bon samaritain, nous le voyons disparaître dans un bureau. Moins d’une heure plus tard, il ressort avec un passeport de la CDEAO au nom de Oumou. Je dois dire que je suis complètement bluffé. Mais ce n’est qu’une confirmation de plus de l’importance des relations et de la capacité de pouvoir les mobiliser au moment voulu ! Après moult remerciements à l’oncle, nous nous séparons en promettant de venir le voir à notre retour pour lui raconter nos aventures. Il ne nous reste plus qu’à nous renseigner sur les vols vers Abidjan. Direction l’avenue de la République où se concentre l’ensemble des agences des compagnies aériennes présentes en Guinée. Après avoir pris des renseignements dans les agences d’Air Ivoire, d’Air Afrique et Air Guinée, il apparaît qu’Air Ivoire propose les tarifs les plus attractifs. Ne pouvant ni réserver, ni payer les billets à l’avance, nous remettons à notre prochain voyage à Conakry la conclusion de nos démarches.
Ayant fait le tour des problèmes que nous étions venus traiter à Conakry, nous décidons de repartir vers Dalaba.
La saison des pluies est maintenant bien installée. A Dalaba, c’est synonyme de froid et d’humidité persistante. On peut passer des journées entières dans le brouillard sans voir le soleil et la température peut baisser jusqu’à 10 ou 12°C. Un pull s’impose alors notamment en début ou fin de journée. De plus l’humidité est tellement présente que rien ne sèche et bien au contraire tout à tendance à moisir. Il faut profiter du moindre rayon de soleil. Les petits fourneaux sont bien utiles dans les maisons pour assécher l’atmosphère. Bref c’est une période de l’année pas très réjouissante.
Dans cette ambiance quelque peu déprimante, un mois se passe, agrémenté de rencontres au « Silence » où nous échafaudons des projets d’avenir, hors de Guinée. Pour moi, c’est devenu un mal nécessaire et pour Aliou la pression ne se relâchant pas, l’idée de quitter définitivement la Guinée se fait de plus en plus précise.
Enfin l’heure de prendre la route a sonné. Je décide donc de revendre tout ce que je peux et c’est vraiment rageant quand je pense au temps qu’il m’a fallu pour acquérir tout ça. Je solde l’essentiel : moto, vélos, groupe électrogène et je donne l’autre partie dont mon lecteur radio-cassette, l’antenne parabolique que j’ai acheté pour l’installer à l’hôtel reste en place. Je ramasse les quelques affaires qui me restent et qui tiennent dans un sac et une valise non compris mon ordinateur portable qui a sa propre sacoche. Nous prenons la route en cette première semaine de juillet pensant bien ne plus remettre les pieds à Dalaba. Le destin en décidera autrement.
A l’arrivée à Conakry, après un voyage sans histoire, nous nous arrêtons comme à chaque passage au kilomètre 36. D’ailleurs on n’a pas le choix. Mais là surprise, après un premier contrôle de nos papiers d’identité, un deuxième homme en uniforme se présente. Il veut à son tour contrôler nos pièces arguant qu’il fait partie de la brigade de lutte contre le trafic de drogue. Devant notre peu d’empressement à lui présenter nos papiers, il s’impatiente. Il veut maintenant fouiller tous les bagages. Début de discussions interminables où chacun reste sur ses positions. L’homme en tenue ne veut pas lâcher prise surtout qu’un « blanc » en l’occurrence moi, est impliqué. L’occasion est trop belle de gagner le « prix des cigarettes », voire plus. Finalement nous descendons nos bagages à main et les sacs du coffre (les valises sur la galerie resteront en place) pour la fouille qui se fait dans un petit bureau sombre où règne un « chef », qui s’y croit vraiment. Mon tour arrive, l’agent chargé de la fouille relève ses manches et me présente ses bras, l’air de dire vous voyez je n’ai pas de petits sachets de poudre à glisser subrepticement dans votre sac. Il fouille le sac et en retire mon vieil opinel qu’il tend à son chef. Devant mes interrogations, le chef me dit calmement et avec tout son sérieux : « avec les troubles dans les pays voisins et l ‘entrée de rebelles en Guinée, il est devenu interdit de circuler avec des armes blanches. Votre couteau est confisqué ». J’essaye de protester mollement mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. Là encore, un billet me permettrait certainement de récupérer mon « arme blanche », mais comme elle n’a pas beaucoup de valeur je préfère en rester là. Diouma, mon collègue de travail qui a fait la route avec nous, est resté dans le bureau pour négocier. Il est très attaché à son couteau suisse, qu’il a reçu en cadeau. Après 3, 4 minutes de discussions, il ressort avec son couteau. 5.000 FG lui ont permis d’avoir un passe-droit pour circuler avec son « arme blanche », tout au moins de le récupérer. Au final je retiendrais de cette expérience une règle essentielle à ne jamais oublier : un homme en tenue a toujours raison, même quand il a tord et mieux vaut le respecter, même si lui oublie bien souvent le respect de son propre uniforme. Mais là n’est pas le problème. Le système est bien en place et vouloir le mettre en cause surtout pour un étranger est non seulement utopique mais risqué voire dangereux. Bref, l’incident clos après environ 1 heure d’attente et de discussion, nous reprenons enfin la route pour le centre ville de Conakry. Nous retournons au « Tanois », petit hôtel tenu par un Ivoirien, situé dans un quartier calme proche de l’aéroport (Matoto, près de la station Mobil). C’est en fait une maison de particulier qui a été réaménagée en hotel-restaurant. Pas le grand luxe, mais enfin le minimum de confort et de propreté pour un prix raisonnable. Et puis on y mange de très bons poissons braisés avec aloko et athiéké. Bien sur il faut être un peu patient, car le plus souvent les produits pour préparer le repas demandé sont achetés sur le marché voisin selon la commande passé. Il est donc assez prudent de s’y prendre un peu à l ‘avance. Après une nuit paisible, nous nous rendons à Air Guinée. Suite à différentes démarches et prises de contact réalisées par Mme Aliou, il semble qu’Air Guinée propose des tarifs vraiment très intéressants. Le fait de connaître un agent ou tout au moins d’être recommandé auprès de lui a déclenché une baisse assez sensible des tarifs. Pourquoi, comment, à qui cela profite-t-il ? Cela restera quelque peu mystérieux et un peu inquiétant : jusqu’à notre départ effectif, je me poserai la question de savoir si on aura bien une place. Mais pour le moins la gestion de cette compagnie ne semble pas vraiment répondre aux critères de la bonne gestion couramment acceptés. Il suffit pour s’en convaincre de rentrer dans le bureau de la responsable d’agence : malgré un toc-toc d’usage avant d’entrer, nous la trouvons allongée pour ne pas dire vautrée sur une banquette de son bureau en train de faire la causette avec une autre personne et elle ne daigne pas faire le moindre mouvement pour nous saluer. Le bureau est par ailleurs vierge de tout dossier, document, matériel informatique : étonnant ! Finalement après une attente assez courte, nous payons nos billets en liquide, l’argent étant encaissé directement par l’agent, dans une sacoche qu’il promène en permanence avec lui. Surprenant, mais bon l’essentiel pour nous est d’avoir nos billets à un tarif raisonnable et surtout de partir le plus vite possible. Notre départ est prévu un jeudi midi.
Il ne nous reste plus qu’à récupérer nos laisser-passer et visas pour le Togo qui sont censés, nous permettre de traverser Cote d’Ivoire et Ghana pour arriver au Togo. A un détail prêt, cela se vérifiera ! Quand nous arrivons, tout est prêt. Nous récupérons nos papiers. Pour ce qui me concerne, c’est une feuille à en-tête du consulat du Togo, demandant aux autorités sur place de me faciliter l’obtention d’un visa pour séjourner dans ce pays. Pas grand chose à voir avec un visa ou un laisser-passer, mais en l’occurrence je laisse passer sans faire-part de mes doutes quant à la validité de ce papier pour traverser Cote d’Ivoire et Ghana. Quelle erreur !
Nous sommes donc enfin prêts pour la grande aventure.
Entre temps, Aliou et sa femme Claudine se sont fait toute une scène à base de jalousie, de problème d’argent et j’en passe et des meilleurs. Bref, elle ne partira pas avec nous.
Le voyage : de la théorie à la pratique
Deux jours plus tard pour nous trois, c’est le départ. Rendez-vous à l’aéroport avec notre bienfaiteur de l’agence Air Guinée qui nous aide à faire passer nos kilos en trop à la douane. Mais il faudra quand même en payer quelques-uns uns car le dépassement est vraiment trop important. On s’exécute et bien sur sans facture et en liquide … L’embarquement se passe bien avec tr��s peu de retard, de même que le décollage. Au programme un peu plus d’une heure de vol dans un avion qui a justement quelques heures de vol au compteur. L’équipement intérieur est vraiment délabré et c’est à vrai dire un peu angoissant. A la grâce de Dieu. Durant ce vol, un feuilleté fourré et chaud nous est servi emballé dans un papier alu. Pas de fioriture, mais à vrai dire ma préoccupation reste centrée sur notre arrivée. D’ailleurs va-t-on arriver ? Si l’on voulait prendre un équivalent terrestre de notre avion, il correspondrait à une de ces vieilles 404 sans age qui roule vaille que vaille sur les routes de Guinée.
1ère étape : Abidjan Et bien oui, on est arrivé sans encombres. Débarqués dans une chaleur étouffante, nous nous dirigeons à pied vers l’aérogare où nous attend l’épreuve du passage de la douane. Il faut bien dire qu’à ce moment précis, j’ai l‘estomac qui fait des nœuds et je me demande à quelle sauce je vais être « mangé » par les douaniers ivoiriens. Après le traditionnel remplissage des formulaires et une longue attente, me voilà au niveau du box des douanes. L’heure de vérité est arrivée. Je tends alors mon passeport et je déplie mon beau papier aux couleurs du Togo. La sentence est immédiate : « mais ce papier n’est pas valable, Monsieur, pour rentrer en Cote d’Ivoire ! » Ce qui devait arriver s’est effectivement produit. Merci le consul du Togo à Conakry qui a au passage encaissé quelques milliers de FG. Je me sens vraiment très petit et tout con. J’essaye fébrilement de discuter et de dire ma bonne foi. Mais rien n’y fait ! Je me vois mal reprendre le prochain avion en sens inverse surtout que Aliou et Oumou sont passés sans problème et qu’ils ont été écartés de moi. Je me décide donc à poser la question fatidique : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Le douanier très tranquillement me dit alors : « on va s’arranger, mettez-vous de coté en attendant que tout le monde passe ». Je m’exécute en me demandant combien cela va me coûter. Le dernier voyageur passe. L’heure des négociations est donc venue. Je sais que ma marge de manœuvre n’est vraiment pas large, mais aussi qu’il ne faut pas que je me laisse bouffer tout cru. Le douanier sans détours et d’ailleurs pourquoi en faire, me demande 50.000 francs CFA pour fermer les yeux. Au jeu des annonces, je réponds que je peux payer 20.000 CFA. La balle est dans son camp et lui relance en réclamant 40.000 minimum, à prendre ou à laisser. Je termine en jurant que je ne peux payer plus de 30.000 CFA, qu’il accepte finalement. Il faut dire qu’avec cette somme, il a bien gagné sa journée. La négociation étant terminée, il faut payer. Et alors là, panique. J’ai tellement bien caché mes billets de CFA, qu’il me faut plusieurs minutes pour sortir la bonne liasse, qui comble de malchance est agrafée. L’opération qui demandait discrétion et rapidité, s’éternise donc et attire l’attention du douanier occupant le box voisin. Il n’est pas dupe et a très bien vu notre petit manège. A peine ai-je tendu les 30.000 CFA à mon interlocuteur, le voilà qui m’interpelle en ces termes : « il faut me faire avorter ! ». Moi qui croyait en avoir fini, je vois soudain l’engrenage dans lequel je suis pris et l’angoisse m’étreint de nouveau. Je bafouille alors quelques mots d’excuses , arguant que vraiment je ne peux plus cracher au bassinet et là heureusement, mon premier interlocuteur intervient pour dire à son collègue de laisser. Il faut dire, mais ça je m’en rendrai compte plus tard, qu’il avait très bien gagné sa journée. En effet croyant lui tendre 30 000 CFA , je lui avais en fait remis 60 000 Francs CFA. L’habitude des coupures de 5 000 FG m’avait induit en erreur. Pensant avoir en main six billets de 5 000, j’avais six billets de 10 000. Au final, je me sors donc de cette délicate sans trop de dommages à la différence de mon portefeuille. Nous n’en sommes qu’au tout début de notre périple, et il s’annonce déjà sous les meilleurs auspices … ! D’autant qu’à cet instant précis, j’ai certes passé la douane, mais je n’ai toujours aucun visa, ni papier m’autorisant à être dans ce pays. Je suis clandestin en Côte d’Ivoire. Sensation bizarre, où l’on se sent soudain vulnérable, à la merci d’un contrôle policier pouvant avoir de plus ou moins graves conséquences. Je ne suis pas très à l’aise dans mes baskets, même si je sais par ailleurs que tout peut se négocier.
Après avoir enfin retrouvé mes camarades qui ont déjà récupéré nos bagages, nous sortons enfin de l ‘aéroport. Après la discussion d’usage avec un chauffeur de taxi pour nous amener en ville et trouver un hôtel (« combien pour nous amener à l’hôtel ?»), nous prenons la route d’Abidjan et plus particulièrement du quartier « Deux plateaux ». L’une des rares occasions qui nous permet de découvrir la ville d’Abidjan avec ses grandes avenues, ses buildings, ses feux rouges qui fonctionnent (incroyable). Bref, une grande capitale africaine moderne. Plus d’une heure d’attente dans les embouteillages et quelques recherches plus tard, notre chauffeur nous dépose dans un petit hôtel « les Rosiers », simple, pas trop cher et tout à fait correct. Enfin du repos, de la tranquillité ! Après un repas, poulet grillé avec sauce, banane plantain et atiéké préparé par des nigériens sur le bord de la route (tout à fait excellent), nous pouvons nous laisser bercer par la nuit ivoirienne. Le lendemain en début de matinée, en route pour « STIF », la société de bus qui nous a été si vivement recommandée depuis la Guinée. Les bureaux de la société se situent dans un quartier chaud d’Abidjan, Adjamé, à proximité d’un marché, là où les braquages et vols à mains armées sont fréquents paraît-il. Notre chauffeur de taxi nous conseille de ne pas trop prolonger notre visite au-delà du nécessaire. Dès notre arrivée sur place, nous prenons les renseignements utiles à la suite de notre voyage. Une chose est sure, il me faudra me procurer un visa pour traverser le Ghana. Nous sommes vendredi matin et un bus doit partir le lendemain pour Lomé. Autant dire qu’il nous reste peu de temps pour l’obtenir. Ca tombe bien, nous ne comptions pas nous attarder dans le coin. Notre taxi ayant patienté (nous sommes de bons clients !?!), nous prenons la direction de l’ambassade du Ghana. Après quelques recherches, nous trouvons l’ambassade dans laquelle nous entrons pour exposer notre problème. Heureusement Aliou est là. Il n’hésite pas à forcer carrément la situation d’autant que nous avons rencontré sur place un togolais en charge d’établir les dossiers pour les visas. Finalement, un visa normalement délivré en 48 heures contre une somme de 4.000 CFA, nous l’obtenons en 4 heures de temps contre une somme de 7.000 CFA et grâce à un petit tour de passe-passe (un dossier anti-daté de 48 heures). Qui a dit que l’efficacité était absente d’Afrique ? Dans notre malheur, nous avons en fin de compte de la chance. Une dernière soirée à Abidjan, une dernière nuit, samedi est là et nous sommes fin prêts pour partir. Oui mais voilà, STIF ne semble pas être dans les mêmes rails que nous. Après l’achat de nos billets, une heure, deux heures, quatre heures passent. La pagaille augmente, mais toujours aucun signe de mise en route et d’autant moins que notre bus n’est toujours pas arrivé. Devant la pagaille ambiante et l’absence d’informations fiables, plusieurs passagers potentiels demandent à être remboursés et quittent la gare routière. Après plus de six heures, un bus arrive enfin. La ruée est à la hauteur de l’attente : démesurée. Pourtant l’information étant inexistante, personne ne sait exactement quelle doit être sa destination. Seuls les initiés semblent y comprendre quelque chose et tirent leur épingle du jeu, que nous ne trouvons vraiment pas drôle du tout. Le bus se remplit après une foire d’empoigne sans nom et part nous laissant sur le carreau. C’est là toute notre chance, il semble que son terminus était Accra au Ghana. L’épisode STIF continue donc et l’attente aussi. La nuit tombe et toujours aucune certitude quand à notre départ. La fatigue s’accumule et l’angoisse monte surtout que certains voyageurs quittent la gare routière en nous conseillant de faire de même : « vous savez ici ce n’est pas sur la nuit, les bandes armées rodent, plusieurs fois la gare a été attaquée ». Ambiance ! Mon ordinateur, mon argent de poche, qui représente quand même l’équivalent de 25.000 francs français ce jour là, en frémissent encore. Quant à moi, je ne fais pas le fier. Nous décidons finalement après une heure d’attente vaine de retourner à l’hôtel que nous avons quitté le matin pour passer le reste de la nuit. Prudence, prudence. Aliou lui préfère rester à la gare au cas où la situation se décanterait. Epuisés de cette journée à rebondissements, nous nous retrouvons donc à hôtel « les rosiers » espérant bien passer une nuit tranquille en attendant de nous replonger dans la pagaille. Oui mais voilà, à peine deux heures après nous être couchés, Aliou débarque d’un taxi pour nous ramener à la gare voiture, soit disant qu’on ne sait jamais le départ pourrait bien avoir lieu plus rapidement que prévu. Nous revoilà donc de nouveau en route vers la gare STIF, complètement dans les brumes d’un sommeil interrompu un peu rapidement et allégé de 10.000 CFA pour une nuit de deux heures ! A la gare STIF, rien n’a changé. Les voyageurs en attente sont installés pour dormir, tant bien que mal sur les bancs en bois et par terre. Il ne nous reste pas beaucoup de place pour nous poser, tout juste de quoi nous asseoir. Mais enfin on en n’est plus à cela prêt. L’attente reprend donc et toujours pas de bus en vue., ni de personnel STIF . Par contre le ciel ivoirien nous a réservé une petite surprise. Il se met en effet à pleuvoir et de plus en plus fort. Une pluie comme on en voit souvent en cette saison sous les latitudes tropicales. Heureusement nous sommes à l’abri, du moins c’est ce que nous pensons, jusqu’au moment où à l’extérieure nous voyons le niveau d’eau monter dangereusement. Après plusieurs minutes de déluge, l’eau commence à s’engouffrer dans la gare voiture, malgré les louables efforts des gardiens censés nous protéger contre les bandits et qui se retrouvent à écoper le « navire en perdition ». L’eau, plus que douteuse, chasse donc les dormeurs installés à même le sol et tout le monde se retrouve debout sur les bancs essayant de protéger bagages et autres colis. L’eau monte inexorablement et la pluie de continuer à tomber. Nous commençons sérieusement à envisager le pire et notamment à redouter de bientôt ne plus pouvoir rester au sec. Ce ne serait que la suite logique des événements de ces derniers jours !? Ambiance de catastrophe. Les éléments sont plus forts. Rien ne semble pouvoir arrêter la pluie. Mais non, notre pessimisme est finalement démenti par le ciel. La pluie cesse et la montée des eaux avec. Elle n’aura atteint que 15/20 cm de hauteur dans la gare. L’évacuation de l’eau et le nettoyage (boue et déchets divers) peuvent commencer dans la bonne humeur retrouvée, enfin presque. Cet épisode aura eu au moins un avantage, ils nous aura occupé et fait un peu oublier cette attente qui s’éternise. Jusqu’aux premières lueurs du jour, nous ne verrons aucun employé de STIF, mis à part nos compagnons d’infortune, les gardiens.
Est toujours récompensé qui sait attendre. Telle pourrait être la conclusion de cette épreuve pour les plus philosophes. Pour ma part ce serait plutôt du genre : « et bien, p… c’est pas trop tôt, quelle bande d’enf… ces gens de STIF ». Bref. Un bus est enfin entré dans le parc quasiment 24 heures après notre arrivée. L’info est toujours aussi floue quant à sa destination et à l’heure de son départ, mais « ce ne peut être que le nôtre ». Arrive aussi notre hôtesse STIF qui doit nous accompagner tout au long de notre voyage vers le Togo. Elle nous confirme que le bus en gare est bien le nôtre et c’est déjà pas si mal. Le départ est imminent ! enfin presque. Il faudra quand même attendre encore que les bagages soient chargés, que le chauffeur soit présent pour que, à notre tour, nous commencions à embarquer. Et là surprise. Ce qui, tout au moins je le pensais (quel naïf) devait se passer dans le calme et l’ordre se transforme de nouveau en foire d’empoigne. STIF au travers de ses employés se distingue de nouveau par son incompétence en matière d’organisation. Pourtant les billets sont nominatifs, et il eut été si simple d’appeler les passagers les uns après les autres. Solution beaucoup trop simple semble-t-il. Nos amis de STIF nous regardent donc nous bousculer en nous encourageant même à plus d’ardeur. « Si vous voulez monter, il va falloir pousser » me dit un des gardiens de la nuit qui se tient à la porte du bus. Etant entouré de femmes et d’enfants, j’ai quelques scrupules, mais qui s’effacent assez vite sous la pression physique des uns et des autres. Heureusement Aliou, qui lui n’a pas hésité une seconde, est monté depuis longtemps et quand nous pénétrons enfin dans le véhicule, il nous a réservé deux places. Quelques passagers restent sur le carreau ; visiblement le surbooking est une pratique courante ici aussi. Il faut dire qu’au vu des conditions avant et pendant l’embarquement, les désistements doivent être nombreux. L’essentiel pour nous, c’est que l’épreuve est enfin terminée, le voyage peut se poursuivre. Nous prenons la route de la frontière ghanéenne à travers une forêt dense. Tout se passe très bien tout au long du trajet, y compris aux différents barrages dressés par des hommes en tenue en pleine forêt au milieu de nulle part. A la frontière du Ghana, l’arrêt est un peu plus long. Vérification d’usage des passeports, mais aussi des carnets de vaccination (avec ou sans tout le monde doit payer sauf les blancs), et fouille des bagages en soute. Rien de vraiment extraordinaire donc. Nous traversons le pays sans problème et sans arrêt jusqu’à Accra. Les villes ghanéennes sont comme beaucoup de villes africaines, mais se distinguent par le hérissement d’antennes de télévision qui émergent au dessus des toits des maisons. Pourquoi de façon si systématique et caractéristique, cela reste un mystère pour nous. A Accra nous faisons un arrêt à la gare STIF, où nous retrouvons un bus parti 36 heures avant nous qui est tombé en panne. Les passagers sont donc resté bloqués là deux nuits dans des conditions pour le moins sommaires. Chacun semble prendre son mal en patience. Ainsi vont les voyages en Afrique de l’ouest.
Après environ 8 heures de route à un rythme soutenu, nous approchons de la frontière togolaise. Il faut dire que notre chauffeur n’a pas fait dans la dentelle. Malgré le mauvais état de certaines routes, il n’a à aucun moment relâché la pression sur l’accélérateur faisant le yoyo sur son siège monté sur ressorts. Malheureusement, nous n’avions pas les mêmes fauteuils ! Malgré tout, notre hôtesse de choc nous fait part de son inquiétude de ne pas arriver à temps pour pouvoir passer les douanes. Gloups ! Nous nous voyons déjà en train de bivouaquer au bord de la route avec nos copains les moustiques. Et c’est bien sur, à ce moment là que la panne survient. Dans le dernier village ghanéen avant la frontière, notre chauffeur s’arrête préoccupé. Les freins ne répondent plus normalement. Arrêt au bord de la route, tous les passagers descendent inquiets de cet incident. Le chauffeur sort deux ou trois outils qui constituent sa seule panoplie pour réparer. Il se glisse alors sous le bus et commence à opérer au niveau des freins arrière. Une odeur de caoutchouc brûlé s’échappe de cette partie du bus. Oh, oh, pas normal ça ! Nous prenons une fois de plus notre mal en patience en commençant à envisager avec un peu d’appréhension une nuit dans des conditions délicates !? Après 15, 20 minutes, l’issue semble en vue. Et effectivement 30 minutes après notre arrêt, nous regagnons tous notre place et reprenons la route. Direction la frontière. Enfin elle est en vue et miracle ! elle est encore ouverte. Soulagement général. Après les formalités douanières, sans problèmes particuliers, nous voilà à Lomé Togo.
2ème étape : Lomé La chasse au taxi s’ouvre alors, pour nous suivre à la gare STIF et nous emmener en ville. De nombreux taxi-moto se pressent autour de nous pour nous proposer leur service ne voyant pas nos bagages à nos cotés. S’il pouvait, ils nous tireraient sur leur selle pour nous accompagner là où nous n’allons pas. Tout cela reste cependant très bon enfant. Pendant notre attente, nous observons tout ce qui se passe autour de nous et notamment les « changeurs de monnaie ». Aliou nous explique comment ils arnaquent leur client en pliant en deux les billets dans les liasses. Ils comptent ainsi deux fois le même billet. Détail bon à connaître ! Après quelques minutes, Aliou a réussi à négocier avec un taximan qui est prêt à nous accompagner. Arrivés à la gare STIF, nous sommes vraiment pressés de récupérer nos bagages et d’en finir avec cette compagnie qui nous aura, comme on dit « fatigué ». Mais nos amis de STIF en ont décidé autrement. Ils nous font poireauter plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à ouvrir les soutes. La tension monte, mais tout le monde est tellement fatigué que rien de grave ne se passe. Nous récupérons finalement nos affaires et les chargeons jusqu’à la gueule dans la taxi qui nous a malgré tout attendu. En route pour le centre de Lomé, à la recherche d’un hôtel. Aliou ayant quitté le pays depuis plus de dix ans déjà, nous nous en remettons aux connaissances de notre chauffeur. Nous recherchons un hôtel pas trop cher, mais avec un confort minimum. La fatigue aidant et la nuit étant tombée depuis un bon moment déjà, nous choisissons l’un des premiers établissements auquel le chauffeur nous a accompagné. La nuit est à 10.000 CFA avec climatisation, douche et télévision. Les chambres sont mal foutues et très exiges (quand on allume la clim située juste au-dessus de la tête du lit, on a l’impression d’être entouré d’un régiment de ronfleurs enrhumés) , mais enfin pour une nuit peu importe. Dernière épreuve de la journée, trouver à manger. Nous désignons Aliou pour relever le défi. Sa quête à l’extérieur de l’hôtel ne dure pas longtemps : il revient avec un plat de riz accompagné d’un mélange de légumes peu appétissant. Notre faim s’en trouve soudain fortement diminuée. Nous nous couchons donc le ventre quasi vide et saoulés de fatigue. Le lendemain nous nous rendons au ministère de l’intérieur où je dois faire prolonger mon visa. Nous trouvons difficilement le lieu qui est en fait situé à coté de l’ancienne primature à l’abandon. Les bureaux sont, comme dans beaucoup d’administration d’Afrique, mal équipés (seulement quelques tables et chaises et d’antiques machines à écrire mécanique), mal organisés et beaucoup de personnel qui n’a pas l’air surchargé de boulot. Après quelques hésitations pour trouver le bon bureau, nous arrivons enfin à avoir les renseignements sur les pièces à fournir pour l’obtention du précieux sésame. Il faut des photos d’identité, le passeport, remplir plusieurs fiches et bien sur encore payer. Ce n’est que la troisième fois que l’on me demande de l’argent pour entrer et rester au Togo ?! Malgré les protestations de Aliou qui essaye d’expliquer mon cas et les démarches que nous avons déjà menées, nous devons nous plier aux règles établies. D’ailleurs, la personne que nous avons en face de nous ne semble pas disposée à discuter et se montre même assez cassante. Comme dira Aliou en sortant : « de toute manière ce gars est du Nord (du pays), la région du Président et moi du Sud, on ne peut pas se comprendre ». Nous repartons donc faire les photos, que je n’avais pas prévu, pensant naïvement que le papier délivré par le consul du Togo à Conakry faciliterait la procédure ici. Un aller-retour chez le photographe plus tard, nous arrivons juste à temps avant la fermeture des bureaux. Notre interlocuteur prend quand même mes papiers, tout en me faisant bien comprendre qu’il me fait une faveur car l’heure est dépassée. Peu importe finalement, l’essentiel étant d’avoir des papiers en règle. Nous devons revenir 3 jours plus tard.
En attendant, nous décidons de partir directement pour Vogan, le village natal de Aliou. Après quelques coups de téléphone à certains de ses parents, nous voilà donc de nouveau sur la route en taxi. Nous couvrons la distance qui nous sépare de Vogan sans encombres avec bien sûr quelques arrêts aux différents points de contrôle policier où il s’agit d’expliquer ce que nous venons faire par-là.
3ème étape : Vogan A l’arrivée à Vogan, comme nous en avons pris l’habitude maintenant, nous nous mettons à la recherche de notre logement pour les jours à venir. Après une visite à la maison d’accueil de la Mairie où il n’y a qu’une chambre de libre, nous nous rendons dans un petit hôtel qui nous plait d’emblée : il est propre, calme avec le confort minimum (douche, WC, ventilateur) et possibilité de manger sur place, et tout cela pour un prix raisonnable (6.000 CFA la nuit). Affaire conclue. Il est temps pour nous d’aller rendre visite à la famille de Aliou. L’heure des grandes retrouvailles à sonner. Le fils aventurier qui a quitté son pays depuis plus d’une décennie, revient au village. Il n’a certes pas fait fortune, mais il est tout de même en bonne santé. Nous pénétrons dans la concession familiale après quelques hésitations de la part de Aliou pour reconnaître les lieux. Nous traversons un dédale de bâtisses en terre séchée avant d’entrer dans une petite cour entourée de cases : c’est là que nous rencontrons d’abord des jeunes sœurs de Aliou, puis son frère et enfin sa mère. Les retrouvailles se font dans la joie et la retenue.
On a un peu l’impression que sa mère a du mal à croire ce qu’elle voit et à reconnaître son fils. Il faut dire que physiquement il a bien changé. Il a très nettement prospéré durant son séjour comme l’atteste d’anciennes photos. Pour Aliou, on sent que ses retrouvailles sont un peu pénibles. Revoir sa famille, sa mère, son père, ses frères, sœurs et les nombreux jeunes enfants des uns et des autres qui vivent dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de les aider comme il le souhaiterait, le met visiblement mal à l’aise. Mais que faire ? Après les présentations d’usage, on nous fait asseoir sur des fauteuils sortis d’une des cases. L’échange est un peu difficile car mis à part son jeune frère qui a fait les bancs comme on dit ici pour désigner un élève, personne ne parle couramment français et encore moins poular. De plus toute la maisonnée est surprise par notre arrivée inopinée. Les enfants se rassemblent autour de nous curieux de voir ces étrangers et surtout ce blanc, sans doute le premier à venir s’asseoir parmi eux. Le dialogue se fait donc plus à travers des regards et des mimiques que par des paroles. Après quelques minutes durant lesquelles Aliou a pu échanger des nouvelles avec ses parents, nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain pour partager un repas et nous dirigeons alors vers la ville. En quittant la concession, nous remarquons de multiples traces de sacrifices (fiente de volailles, monticules en terre, ….) qui sont autant de témoins des pratiques vaudou, très courantes dans cette région. Nous croiserons des personnes circulant quasiment nues en ville et des traces de sacrifices en pleine rue, preuve que toute la ville est imprégnée du vaudou. C’est à la fois intriguant et un peu inquiétant. Nous profitons de cette balade pour rendre visite à un vieil ami de Aliou avec lequel il a fait les 400 coups étant jeune. Nous le retrouvons chez lui dans une concession un peu à l’écart du centre ville. Il travaille au « syndicat » qui gère la gare voiture (gare d’où partent tous les taxis et minibus). Cette rencontre est bien sur l’occasion pour les deux vieux amis de se remémorer le passé, pour Aliou d’avoir des nouvelles des uns et des autres, de ses « ex » et de se raconter leur vie durant ces dix dernières années. Au travers de son parcours et de son expérience, nous comprenons mieux la difficulté de vivre à Vogan et trouvons aussi des explications à la morosité qui semble envelopper et peser sur tout le village. Nous nous quittons finalement après être allés boire un coup dans un bar-dancing tristounet, tout en nous donnant rendez-vous au lendemain pour déguster un porcelet grillé, une des spécialités culinaires locales. Après une bonne nuit et une journée juste agrémentée d’une balade dans la ville et d’un repas dans la famille de Aliou, nous nous retrouvons donc le soir à notre hôtel autour du fameux porcelet grillé préparé par l’ami de Aliou. Nous sommes une dizaine, Aliou ayant invité quelques uns de ses amis avec leur copine. Nous passons une soirée agréable sur la terrasse de l’hôtel, même si c’est un peu difficile pour moi et Oumou d’être totalement à l’aise parmi ces vieux amis qui se retrouvent et qui bien souvent parlent dans leur langue. Après deux jours passés à Vogan, il nous tarde de quitter cet endroit vraiment déprimant. Le retour sur Lomé se passe sans trop de problèmes, mis à part un ralentissement du à l’effondrement de la route sous l’effet d’une forte et brutale montée d’une rivière la jouxtant. Nous sommes invités à descendre du taxi, qui passe au ralenti sur le bout d’asphalte encore en place en priant pour que l’eau n’emporte pas tout à ce moment là. La chance est avec nous. Nous traversons à notre tour et remontons en voiture pour la fin du trajet.
4ème étape : Lomé bis Arrivé à Lomé, nous mettons à contribution notre chauffeur du jour pour nous trouver un nouvel hôtel. Il semble bine connaître la ville et nous conduit directement vers un petit hôtel tenu par un couple de français, tout proche du bord de mer dans une ruelle très calme. Nous adoptons aussitôt l’endroit, d’autant plus aisément que le patron nous fait un prix sur le tarif des chambres (6.000 Cfa la nuit par chambre).
Nous occupons avec Oumou une chambre dans une maison située juste à côté de l’hôtel, grande chambre avec ventilateur, une salle de bain à part avec une douche (eau froide uniquement), ce qui est largement suffisant étant donné la température extérieure douce pour le pays mais malgré tout raisonnable (environ 30°). Aliou quant à lui est dans une petite chambre à l’étage de l’hôtel avec douche. Nous nous installons donc et profitons de la fin d’après midi pour découvrir un peu le quartier qui s’avère être assez résidentiel avec dans l’ensemble des baraques occupées par des étrangers. Nous allons faire un tour jusqu’à la plage qui est à 100 mètres de l’hôtel. La mer est superbe, par contre la plage à cet endroit n’est vraiment pas très propre et semble peu entretenue. Il faut dire que la mer est paraît-il très dangereuse et qu’il est impossible de s’y baigner, les superbes rouleaux écumeux en sont un signe. Les gens qui veulent profiter du bord de mer et de l’eau vont plus loin sur la côte. La plage est donc occupée par quelques squatters sous des abris de fortune, par de jeunes fouteux ou par des pêcheurs au filet. Pas de touristes avec serviette et crème solaire et donc peu d’intérêt à nettoyer la plage.
Tout en longeant le bord de mer, nous observons les familles de pêcheurs qui opèrent depuis le rivage. Leur pratique est vraiment très intéressante à suivre. La pêche démarre par l’amarrage d’une extrémité du filet à un cocotier de la plage et par la mise à l’eau d’une pirogue qui doit emmener le filet à quelques encablures du rivage. Cette opération assez dangereuse, du fait des forts courants et des rouleaux impressionnants qui s’abattent avec force et fracas sur le sable, peut être assez longue. Une fois la barrière écumeuse franchie, la pirogue décrit un arc de cercle le plus large possible en mer avant de revenir sur le rivage pour déposer la deuxième extrémité du filet formant ainsi une nasse prenant au piège les poissons tout au moins est-ce le but recherché. A partir de ce moment là, ce sont les hommes à terre qui prennent le relais. Ils s’emparent du cordage ramené à terre par la pirogue et commencent à le haler vers la plage. Cette phase de la pêche demande une importante main d’œuvre composée le plus souvent des membres d’une même famille. Elle nécessite du temps, de la force et de la coordination. En effet, il faut que les 15 ou 20 haleurs voire plus tirent en même temps pour que le résultat soit probant. Souvent les chants rythment ce travail, les femmes restant à côté dans l’espoir de la pêche miraculeuse. De toute manière miraculeuse ou pas, ce sont elles qui s’occuperont du tri des poissons et de la vente sur le marché. Finalement la fin de journée approchant nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous référant au guide du routard, nous nous dirigeons vers le « fifty-fifty ». Nous découvrons un petit resto installé à même le trottoir, avec de grandes tables et des bancs sur lesquels on s’installe en fonction de la place. Une jeune femme vient alors prendre votre commande pour la nourriture suivie d’une autre pour les boissons (chacune son business). Athiéké, khôn, brochettes, poissons, salades de crudités/pâtes, … sont au menu. Rien d’extraordinaire, mais la nourriture est correcte et le service généralement rapide. De plus, le repas est régulièrement agrémenté par de jeunes artistes qui viennent proposer leur animation : le chanteur solitaire avec juste deux morceaux de bois pour rythmer son chant (Moustique, moustique si tu me piques , …), le groupe de ghanéens qui jouent du reggae avec force djimbé, marakass, … et dont le leader fait des tours de passe-passe, … Un coin sympa où il y a toujours du monde. Malheureusement les animations ne se renouvellent pas beaucoup. Alors au bout de trois ou quatre fois, ça devient un peu saoûlant. Nous revenons assez tôt à l’hôtel et entamons donc une partie de cartes sur la terrasse de l’hôtel avant d’aller nous coucher. Cela nous donne l’occasion d’un peu mieux connaître la clientèle de l’établissement. Elle est essentiellement composée de coopérants étrangers qui trouvent là une cuisine européenne (le cuisinier est d’ailleurs français ), une ambiance familiale et la possibilité de venir taper le carton. Un bon nombre de ces clients sont visiblement des habitués et des vieux briscards de l’Afrique accompagnés comme il se doit de jeunes et jolies « autochtones ». En discutant un peu avec le patron de l’hôtel, nous apprenons qu’il a eu l’occasion de venir en Guinée quelques années plus tôt pour récupérer un véhicule. Cette expérience lui a laissé un souvenir plutôt mitigé voire carrément négatif, notamment à cause des problèmes administratifs qu’il a rencontrés et des nombreux pots de vin qu’il a dû verser. Cette impression peu favorable sur la Guin2e nous sera confirmée quelques jours plus tard au Burkina Faso. La Guinée est semble-t-il considéré comme un pays à part, peu attractif pour des personnes ayant vécues dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il faudra certainement encore de nombreuses années avant que ces a priori négatifs soient effacés, même s’il est vrai que la Guinée a déjà commencé à évoluer depuis la mort de Sékou Touré. Mais que de chemin à parcourir encore pour changer les mentalités.
Le lendemain matin, nous nous rendons au ministère pour récupérer mon visa, ce qui se fait sans difficultés, puis nous nous mettons à la recherche de l’office de tourisme qui est mentionné sur le Routard. Après de vaines recherches (il semble s’être volatilisé de même que les touristes !), nous reprenons la direction de l’hôtel , où nous devons retrouver l’un des frères de Aliou qui vit à Lomé. En route, nous croisons des groupes de motocyclistes euphoriques qui laissent éclater leur joie. Nous comprenons assez rapidement grâce à Aliou la cause de cette liesse populaire : on annonce le retour tant attendu de Gilchrist Olympio dans la capitale togolaise (il est l’un des plus farouches opposants de régime et s’est expatrié au Ghana suite à une tentative d’assassinat dont il a réchappé par miracle) pour participer à une table ronde pouvoir-opposition. L’effervescence monte dans la capitale. En nous rapprochant de l’hôtel, nous constatons qu’une grande foule se dirige vers la frontière toute proche pour accueillir l’opposant. Parallèlement se met en place un quadrillage policier très strict du quartier. Nous décidons donc de rester à l’hôtel en attendant de voir ce qui va se passer. Finalement après plusieurs heures d’incertitudes, on apprend que Mr Olympio a renoncé à rentrer à Lomé car il n’a pu obtenir toutes les garanties qu’il souhaitait pour sa sécurité. Le reflux de la foule se fait dans le calme et sans incidents, et la chappe de plomb qui nous semble peser sur la ville depuis notre arrivée, retombe.
Entre-temps nous avons retrouvé le jeune frère de Aliou qui est professeur dans un lycée privé protestant. Il est venu avec sa fiancé, qui est commerçante. Elle vend des fripes au marché. Ils sont tous deux très croyants et semblent très engagés dans leur église, une des nombreuses présentes dans ce pays.. Aliou profite de l’occasion pour demander à sa future belle sœur de bien vouloir nous préparer nos repas de midi. Elle accepte très volontiers, mais avait-elle vraiment le choix. Comme nous dira plus tard Aliou : « elle ne pouvait pas me refuser en tant que future femme de mon frère ! » Et oui, ainsi vont les mentalités qui ont beaucoup de mal à évoluer pour ce qui est de la considération des femmes dans ces sociétés. Dire merci serait quasiment une injure enfin du point de vue de Aliou tout au moins. Rendez-vous est pris pour le lendemain midi. Je dois dire que je suis un peu gêné notamment du fait qu’elle habite à l’autre bout de la ville et que pour nous préparer ces repas elle va devoir laisser sa table au marché. Mais je suis assez mal placé pour dire ce que j’en pense, même s’il est vrai c’est moi qui donne l’argent pour acheter le nécessaire. Aliou de toute manière ne me demande pas mon avis. Nous avons opté pour de grosses crevettes roses avec du riz pour le lendemain. L’après-midi, nous allons nous promener dans le quartier des artisans et du marché. Nous y découvrons un artisanat assez varié, venant pour beaucoup ou tout au moins originaire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal, …).
Nous trouvons des colliers de perles, des sculptures et autres objets en bois (awalés), de nombreux djimbés, des objets en cuir et en argent dont les spécialistes sont les touaregs, des batiks venant du Burkina. Cette promenade est l’occasion de discuter un peu avec les artisans ou tout au moins les vendeurs d’artisanat, notamment un peul sénégalais avec lequel Oumou échange quelques mots de poular. Nous n’achetons rien mais promettons de revenir un autre jour en amenant les exemplaires de tissus guinéens. Nous poursuivons notre balade dans le grand marché de Lomé. Nous retrouvons cette ambiance toujours aussi animée des grands marchés africains avec une profusion de produits bien souvent de qualité médiocre mais à des prix défiants toute concurrence et notamment de pâles copies de produits de luxe étrangers (copie de Lacoste, jeans, montres de toutes marques, …). Merci les Chinois ! Quant à la foule compacte et bruyante, elle est bien présente et un peu oppressante. Nous décidons finalement de rentrer vers l’hôtel en empruntant un mode de locomotion très usité ici : le mototaxi. Nous cherchons donc trois motos pour nous ramener. L’attente n’est pas longue et nous enfourchons donc chacun une moto, direction le Galion. Ce mode de transport est plutôt sympa, même si pas toujours très rassurant selon le chauffeur et la circulation. Il faut bien dire que parfois, on serre les fesses !
Le soir, nous décidons de rester à l’hôtel et de prendre un repas « à la française ». Le choix de la carte de l’hôtel est assez varié pour des prix certes un peu élevé mais enfin, au diable l’avarice. Nous ne regrettons pas ce petit repas ponctué par une vraie glace à la vanille et au chocolat. Nous finissons cette soirée par une longue partie de cartes durant laquelle Aliou nous annonce qu’il doit repartir le lendemain vers Vogan pour quelques jours et nous demande de l’accompagner. Il faut bien dire que nous ne sommes pas très chauds après notre premier séjour. Il partira donc seul. Il retourne dans son village avec un objectif bien précis : celui de se procurer une protection pour pouvoir revenir à Dalaba sans crainte et prêt à affronter d’éventuels ennemis. Il est très important pour lui de ne pas revenir comme cela en Guinée, sans une protection contre ses adversaires et un moyen de les écarter, définitivement s’il le faut. Nous ne saurons jamais exactement en quoi consiste cette protection sauf qu’il doit aller le chercher dans le village natal de sa mère dans les environs de Vogan et qu’il lui faudra plusieurs jours pour l’obtenir. Devant sa détermination, je dois dire que je suis assez impressionné même si pas très convaincu de l’efficacité d’une telle démarche. Mais ce n’est pas le plus important. Pour lui cette démarche est quasiment une question de vie ou de mort, elle doit lui permettre de montrer à ses ennemis qui est Aliou, la supériorité des ressortissants de Vogan. Même si on n’en a pas encore vraiment discuté dans les détails à ce moment là, l’idée de revenir tous ensemble vers la Guinée est acquis depuis plusieurs jours. Nos grands projets de nous installer au Togo pour travailler et nous lancer dans une nouvelle aventure sont déjà oubliés. Il faut dire que les signes positifs pouvant nous inciter à pousser plus loin dans cette voie sont quasi inexistants. Oumou et moi, nous profiterons donc des deux jours à venir pour mettre au point notre voyage de retour. Dès le lendemain, nous allons au centre ville pour acheter le guide du routard Afrique Noire, que nous avons bien du mal à trouver d’ailleurs. Nous cherchons également l’ambassade du Burkina-Faso et du Mali pour connaître les démarches à suivre pour obtenir des visas pour moi afin de pouvoir traverser ces pays dans notre voyage retour. En effet nous envisageons de prendre la route du Burkina en nous arrêtant à Ouagadougou, de poursuivre vers le Mali et de rentrer en Guinée par le nord-est. Nous apprenons alors que le Burkina est représenté à Lomé par la France. Quant au Mali, il n’a plus de représentant officiel ici. Nous engageons donc les démarches au consulat de France. J’obtiens sans problème mon visa en 24 heures. Pour le visa Mali, nous ne pourrons l’obtenir qu’à Ouagadougou. Nous sommes donc quasiment prêts pour partir en direction du Nord vers le Burkina. Aliou doit, dès son retour du village, se renseigner sur les bus à destination de Ouaga. Nous mettons à profit le temps qu’il nous este en attendant le retour de Aliou, pour retourner au marché voir ce que l’on appelle ici les « plaqués �� (bijoux en plaqué or, venant du Bénin voisin). Les prix sont très intéressants comparativement à Conakry et nous envisageons donc d’en acheter pour les revendre en Guinée, notamment Aliou qui à ce point du voyage est d éjà à sec financièrement. Nous traversons aussi le marché des féticheurs : un vrai capharnaüm où se mêlent gris-gris de toutes sortes, têtes de singes, peaux diverses et variées, poudres « magiques », … A vrai dire on n’a pas vraiment envie de s’attarder dans cet endroit pourtant tout à fait typique. Nous profitons de cette visite sur le marché pour essayer de trouver des amateurs pour nos tissus « made in Guinée ». Mais les commerçants sont peu intéressés par nos bandes de tissus d’un seul tenant , qui ne sont même pas cousues en pagne. Et puis nous sommes au pays des mama benz, alors les tissus ici on connaît. Nos échantillons n’ayant rien d’extraordinaires par rapport à ce qu’on peut trouver sur place, si ce n’est l’originalité de leur couleur et des motifs, nous ne trouvons pas d’amateurs. On nous conseille seulement de les faire coudre en pagnes pour augmenter nos chances de les vendre. Ce que nous faisons sur place dans le marché des féticheurs où nous trouvons grâce à notre « guide » un tailleur.
Malgré tous nos efforts, nous ne trouverons pas d’amateurs pour nos échantillons d’artisanat guinéen que nous ramènerons jusqu’à Dalaba. On ne s’improvise pas commerçant ! Nous repassons voir les vendeurs d’artisanat pour acheter quelques objets (une broche en argent, un awélé, des colliers et boucles d’oreilles en terre cuite, …) pour faire des cadeaux à notre retour. Chez le vendeur sénégalais, nous réussissons en fin de compte à échanger un de nos tissus contre l’awélé. En voilà un au moins qui ne repartira pas au pays. Mais que ce fut dur ! Durant notre visite du marché, nous découvrons un petit restau tenu par des guinéens et notamment une femme peule qui en est la patronne. L’occasion est trop belle. Nous nous arrêtons pour manger une sauce arachide avec du poisson. Les plats sont corrects et à des prix raisonnables. 24 heures plus tard , Aliou revient de son village où il n’a pu obtenir que partiellement les protections qu’il recherchait. Il lui aurait fallu rester plus longtemps sur place pour avoir la « panoplie » complète. Il semble déçu mais prêt à repartir à Dalaba pour se réinstaller, confiant malgré tout dans ses nouvelles protections. Concernant notre voyage de retour, il a obtenu les informations que nous recherchions pour les cars partant vers le Burkina. La gare est située à proximité du domicile du frère de Aliou. Les départs ont lieu chaque jour tout au moins officiellement . Nous décidons de ne pas prolonger notre séjour à Lomé et de prendre si possible la route dès le lendemain avec l’idée d’atteindre le plus rapidement possible Ouagadougou. Malheureusement, nous n’avons pas le temps et surtout les moyens de nous arrêter pour visiter un peu le Togo, qui présente pourtant une certaine diversité géographique et quelques sites intéressants. Ce sera pour une autre fois !?! Le lendemain, fin prêts, nous partons vers la gare voiture avec tout notre chargement, qui s’est cependant un peu réduit, Aliou ayant laissé pas mal d’affaies à sa famille. C’est surtout moi qui suis un peu « chargé » avec ma valise, mon sac de voyage, mon ordinateur portable, et surtout l’équivalent de 15.000 francs français sous différentes formes (chèques voyage, dollars, francs CFA et francs français) qui vont peser très lourd dans mes poches durant les étapes entre le Togo et le Burkina et entre le Mali et la Guinée. Arrivés à la gare voiture, nous prenons nos billets, confiants dans notre départ rapide, et nous nous installons sur des bancs dans l’attente que l’on nous appelle pour le départ. Nous déchantons assez rapidement. La valse des mini-bus et autres cars est permanente, mais malheureusement celui qui doit nous emmener ne se présente toujours pas. Et bien sûr, il est impossible d’avoir des renseignements précis. Il faut dire que le principe reste toujours le même : tant que le bus n’est pas plein, pas de départ ! A ce jeu là, l’attente peut s’avérer assez longue. En fait tout se passe comme d’habitude !Rien de très surprenant , mais c’est vrai que c’est un peu usant à force. Nous passons donc la journée dans l’attente d’un hypothétique départ, nous demandant même si nous n’allons pas passer la nuit sur place. Notre bus est semble-t-il arrivé depuis le milieu de l’après-midi. C’est en tout cas l’information qui circule. Enfin après plus de 8 heures d’attente, le chargement des bagages commence et l’espoir renaît. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Sans trop savoir pourquoi, l’attente se prolonge. Certainement que la compagnie espère des clients de dernière minute. Nous partons finalement à la nuit tombée. Le car est dans un état correct, mais pas très confortable pour passer la nuit. En fait c’est un vieux bus de transport en commun de ville. Il est donc notamment impossible d’appuyer sa tête pour éventuellement dormir, sauf sur une barre de fer. On fait plus confortable. Mais bon l’essentiel au stade où nous en sommes est de partir et peu importe dans quel état nous arriverons. Toute la nuit nous roulons vers le Nord en direction de la frontière avec le Burkina. Malheureusement nous ne profitons donc pas des paysages togolais, notamment vers le Nord beaucoup plus accidenté qu’au Sud. Arrivé à la frontière, au petit matin, nous devons tous descendre du bus pour les formalités de passage de la frontière. Une grosse pluie s’abat sur nous juste à ce moment là, histoire de nous réveiller ou plutôt de nous éviter de somnoler. Une de ces grosses pluie bien dense qui vous trempe en quelques secondes mais qui ne dure pas. Au poste de douane, tout se passe bien avec comme bien souvent quelques passagers rackettés pour défaut de carnet de vaccination. Et oui ce carnet jaune est une aubaine pour tous les douaniers aux frontières : il leur procure des revenus complémentaires faciles ! Comme quoi, on ne soupçonne pas toujours les conséquences de mesures à priori positives mais inadaptée aux réalités locales. Quant à moi, j’ai toujours quelques palpitations à l’idée qu’un douanier trop zélé découvre mon ordinateur et me demande des papiers de passage en douane. A vrai dire je n’en ai aucun qui soit en règle ayant fait rentré l’ordinateur en Guinée sans aucune déclaration. Cela pourrait me créer quelques problèmes et surtout quelques billets ! Mais c’est la quatrième frontière que nous traversons et jusque là pas de douanier trop zélé ! A la sortie des bureaux de la douane, surprise ! le bus a traversé la frontière sans nous attendre et il se trouve à plus de 500 mètres. Sympa, alors que la pluie redouble de violence. Le voyageur est vraiment traité à peine mieux qu’une marchandise dans ce genre de compagnie. Le client roi ! Ca veut dire quoi d’abord ? Il faut dire aussi que le prix du transport est peu élevé. Ceci explique sans doute en partie cela. Mais quand même ! Nous attendons donc une peu que la pluie veuille bien se calmer avant de nous lancer à la poursuite de notre véhicule en pataugeant allégrement dans les flaques de boue latéritique. De nouveau à bord, un peu humide et après avoir acheté quelques bricoles pour manger, nous poursuivons la route, direction le poste frontière burkinabé. C’es dans cette portion du trajet que nous entendons parler avec une certaine angoisse des coupeurs de route qui dévalisent les voyageurs. Ils profitent souvent de la proximité des frontières pour réaliser leur méfait et pouvoir plus facilement échapper aux poursuites enfin très hypothétiques poursuites. Parmi les passagers, se trouvent notamment plusieurs femmes commerçantes qui ont l’habitude de faire ce parcours entre Togo et Burkina. Elles évoquent les mésaventures d’autres voyageurs qui ont eu à croiser la route de bandits sur la route et qui ont tout perdu lors de ces malencontreuses rencontres. Mais disent-elles, ils, les coupeurs de route, s’attaquent plus volontiers à une autre compagnie de transport plus « luxueuse », qui est plus fréquentée par les commerçantes ; sous entendu avec notre compagnie les risques sont moins grands. Il n’en reste pas moins que ces histoires font monter la tension d’un cran dans le bus. Pour ce qui me concerne , je dois dire que je ne me sens vraiment pas très à l’aise avec mon ordinateur portable sur les genoux et ma ceinture ventrale pleine de devises. Je me surprends à regarder beaucoup plus fréquemment à l’extérieur du bus comme si j’allais ainsi écarter toute mauvaise rencontre. Bref ! il fallait bien rajouter un peu de piment à ce voyage un peu trop tranquille, pépère. Nous poursuivons malgré tout notre route vers Ouaga que nous atteignons à la nuit tombée sous une averse. Rien d’étonnant nous sommes en pleine saison des pluies.
5ème étape : Ouagadougou Comme nous en avons maintenant l’habitude , il s’agit pour nous de trouver un hôtel pour passer la nuit. La consultation du guide du routard, nous a permis d’avoir quelques adresses. Reste à aller voir sur place. Nous trouvons assez facilement un taxi et commençons notre tournée des « grands hôtels » de Ouagadougou. Les 2 ou 3 premiers que nous visitons sont vraiment pas très attirants, notamment un qui ressemble plus à un bouge qu’à autre chose.
Finalement fatigués et le taximan perdant patience, nous choisissons un hôtel, l’hôtel Belle vue, un peu au-dessus de nos moyens en se disant que le lendemain nous aurons tout loisir de trouver un endroit plus adapté à nos moyens et à nos souhaits. Nous passons une nuit sans histoire, enfin presque. Toute la soirée et jusqu’à une heure assez avancée de la nuit nous profitons du poste de télévision qui est allumé dans le hall d’entrée, le son au maximum. Suivre un film grâce à sa bande son uniquement ce n’est vraiment pas terrible. Enfin au petit matin, sans même prendre un petit déjeuner nous quittons l’hôtel laissant nos bagages sur place pour partir à la recherche d’un autre lieu de villégiature. Nous trouvons un taxi pour nous emmener dans les quartiers Nord de la ville. D’après le guide du routard, plusieurs bonnes adresses y sont regroupées. Nous commençons par le « Pavillon vert ».
L’hôtel est charmant et très animé. On entre dans un grand patio avec terrasse, kiosque d’artisanat et beaucoup de verdure. La première impression est vraiment sympa. Malheureusement nous déchantons très vite : l’hôtel est plein, pas même une chambre pour trois. Les gérants nous orientent alors vers un établissement tout proche tenu par un Suisse : « Le Dapoore ». Nous y trouvons une chambre pour nous trois, l’une des dernières, avec une douche. L’endroit est moins convivial que le « Pavillon vert », mais il est propre et calme, avec un restaurant couvert d’un toit en paille qui nous rappelle les cases du Fouta. Nous repartons donc vers le centre ville pour récupérer nos bagages et découvrir un peu la capitale du Burkina-Faso. La ville est très sympa avec de grandes avenues bordées d’arbres, de grands carrefours occupés de fontaine hors service. La plupart des maisons sont construites sur un niveau. Les routes sont le domaine des deux roues ou presque. Une vraie ville sahélienne qui a bien des égards me fait penser à N’Djamena. De retour dans les quartiers Nord, nous nous installons dans notre chambre du Dapoore. Nous profitons de la fin d’après midi pour marcher un peu dans le quartier et chercher un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous découvrons notamment un petit restau tenu par des togolais dans lequel nous mangeons un poulet yassa. Le lendemain, le programme est chargé : nous devons tout d’abord trouver un moyen de nous rendre à Bamako. Plusieurs sociétés de bus existent dont certaines sont référencées dans le guide du routard. Le problème est d’arriver à trouver celle qui voyage sur Bamako et surtout le jour et l’heure (enfin au moins approximative !) du départ. La première où nous nous rendons n’a pas de départ prévu dans les jours à venir. On nous renvoie vers une autre société. Mais quant à savoir comment la trouver en ville, dur, dur. Finalement avec beaucoup de patience et un peu de chance nous trouvons un taxi pour nous amener à bon port. Après prise de renseignements dans la cour auprès de différentes personnes, on nous annonce un départ pour le lendemain matin à 6 heure. Parfait, c’est tout à fait ce qu’il nous faut, mais pas de vente de billets à l’avance. Dans l’enceinte du parc, de nombreuses personnes sont installées comme pour un bivouac à même le sol avec tous leurs bagages et cela nous inquiète un peu, mais enfin cela n’a rien de très exceptionnel. Nous repartons donc relativement confiant, rendez-vous est pris pour le lendemain matin vers 5 h 30. Le problème du transport réglé, reste celui de mon visa pour le Mali. Heureusement nous avons l’adresse et le numéro de téléphone de l’ambassade sur le guide du routard (que ferions nous sans lui !?). Nous prenons donc d’abord des renseignements par téléphone pour connaître les modalités de délivrance des visas de transit. Et là bonne surprise, on nous informe que le visa peut être délivré dans les deux heures après le dépôt du dossier. Incrédule, nous nous rendons à l’ambassade. Nous y trouvons un groupe de touristes américains qui attendent leur visa. Moyennant un formulaire à remplir, 20.000 CFA et 2 photos, on me délivre en à peine deux heures de temps un visa en bonne et due forme. Comme quoi avec un peu de volonté politique motivée par un intérêt économique bien compris, l’organisation suit. Soulagés de nous être sorti rapidement de ces différentes démarches, nous nous réjouissons de pouvoir aller faire tranquillement le tour du marché central, du centre artisanal de Ouaga. Notre premier arrêt nous permet d’apprécier la grande diversité et la qualité de l’artisanat local. Le centre artisanal est un modèle du genre avec une boutique principale où est vendue la palette des différents produits réalisés dans les ateliers situés juste à côté. On peut donc apprécier à la fois les produits et les techniques de fabrication, discuter avec les artisans au travail. Une visite très enrichissante pour nous touristes et très instructive quant à l’approche du client/visiteur. On mesure mieux tout le travail qui est à faire à Dalaba. Nous traversons tout d’abord la boutique, très bien achalandée pour trouver quelques souvenirs, mais aussi des idées d’objets qui pourraient être réalisés à Dalaba avec les techniques locales. Nous achetons notamment des petites broches faites en calebasse, des pendentifs « djimbé ». Nous passons ensuite dans les différents ateliers : les sculpteurs, les artisans du bronze, les fabricants de balafons et de djimbés, les artistes du batik, etc. Auprès de ces derniers, nous nous attardons un peu plus pour avoir des détails sur le processus de fabrication et nous leur achetons deux « toiles » , non sans avoir, bien sûr, négocié le prix. Nous repartons enchanté par notre visite. Autour du centre de nombreuses échoppes proposent toute sorte de produits artisanaux. Les commerçants nous hèlent gentiment pour nous vendre qui un sac en tissu, qui un djimbé, etc. Nous finissons par acheter quelques cartes peintes à la main avant de repartir en direction du marché central. Au marché, nous cherchons d’abord le secteur des tissus, car nous ne désespérons pas de trouver un acquéreur pour nos tissus « made in Guinée ». Nous arpentons les allées, sans très bien savoir comment nous orienter. Mais peu importe, nous découvrons un marché bien organisé où il est agréable de se promener. Nous n’arrivons pas à placer notre marchandise, mais nous trouvons des ensembles baye fall assez sympas. Finalement la fatigue et la faim nous poussent hors du marché. Y’a un temps pour tout ! Nous regagnons notre quartier nord et notre « petit chalet savoyard ». Après une sieste bien méritée, nous profitons de la fin de journée et d’une température extérieure plus clémente pour aller nous promener à pied dans le quartier. Nous retournons au Pavillon vert pour boire un coca frais. Nous profitons de l’occasion pour proposer aux employées du bar restaurant les plaqués or achetés à Lomé. Pour une fois, nous trouvons des clientes intéressées. Malheureusement, elles ne peuvent payer cash. Nos rêves de bonnes affaires s’envolent donc. Quant à moi, j’ai repéré un batik qui orne le devant du kiosque de produits artisanaux et je m’approche du vendeur pour engager la négociation. A vrai dire je suis prêt à payer le prix qu’il veut mais l’habitude aidant j’essaye de gagner quelques CFA. J’emporte la partie pour 9.000 CFA, très content de mon achat. De retour au restau de notre hôtel, nous nous offrons un petit extra en dînant sur place. Notre dernier vrai repas sur le sol burkinabé. Le lendemain, nous reprenons la route. Nous prenons donc rendez-vous avec un taximan pour 5 heure du matin, pas très sûr de le voir respecter son engagement. Quelques heures plus tard, sur le pied de guerre, nous sortons du Dapoore. Surprise le taxi nous attend. Nous embarquons, avec quelques difficultés pour entrer tous nos bagages et nous-même, direction la gare routière. Sur place, pas de départ en vue et pas d’informations très précises. Nous prenons malgré tout un petit déjeuner sur le bord de la route dans la poussière et les gaz d’échappement en attendant de voir. Au menu lait concentré sucré dilué dans de l’eau avec café, pain baguette caoutchouc et mayonnaise pour les amateurs. « Le pain sec c’est bon, merci !» Après ces agapes, nous nous remettons en quête d’informations. Après avoir interrogé diverses personnes, il nous faut nous rendre à l’évidence : pas de départ pour Bamako aujourd’hui. Cependant on nous indique une autre compagnie susceptible de voyager le jour même. Il nous faut nous rendre dans un autre quartier de Ouaga assez distant pour vérifier cette hypothèse. Et c’est reparti : il nous faut trouver un taxi qui connaisse le lieu et qui puisse charger tous nos bagages et nous-mêmes, négocier le prix et espérer … Quelques embouteillages plus tard, nous arrivons sur une autre gare routière ou en tout cas ce qui en tient lieu. Renseignement pris, un départ est imminent … ou presque. Nous payons nos billets et patientons sur un vieux banc en bois carrément bancal et surtout sous un soleil qui commence à taper sérieusement. Cette attente nous permet d’observer des réparateurs de deux roues qui ont leur atelier juste à côté : le système D au service de la mécanique. Enfin le départ est annoncé et notre bus avancé. Désillusion, ce n’est pas le beau bus qui trônait à l’entrée du parc mais un vieux car en fin de vie qui pétarade et crache de gros nuages noirs. De toute façon, comme qui dirait, nous n’avons pas le choix.
La route de Ouaga à Bobo-Dioulasso est certes goudronnée, mais elle est également parsemée de nids de poule. Dans un quatre-quatre bien amorti avec un chauffeur attentif et prudent, ça ne pose pas trop de problèmes. Mais prenez un vieux car, bondé, muni d’amortisseurs sans doute d’origine (mais peut-être étaient-ils en option sur ce modèle ?), mettez au volant un « Fangio » revu et corrigé mode Burkinabé genre je fonce et advienne ce que Dieu décidera ; et vous pourrez imaginer la promenade de santé ?!? Nos appels répétés à l’adresse du chauffeur pour le faire ralentir ou tout au moins pour qu’il prenne en pitié nos dos n’aura eu aucun effet.
6ème étape : Bobo-Dioulasso Nous arrivons donc à Bobo-Dioulasso complètement fourbus, mais contents d’être arrivés entiers Quoique. Au départ de Ouaga, nous avions acheté des billets Ouaga-Bamako. Nous pensions donc légitimement poursuivre notre route vers la frontière malienne, après une petite pause réparatrice. L’après-midi étant déjà bien avancée, ils nous semblaient important de ne pas trop traîner pour passer la frontière avant la nuit. La pause se prolongeant, nous essayons d’avoir des informations sur la suite de notre voyage. Quand repart-on ? Pourra-t-on passer au Mali aujourd’hui ? Nous obtenons des demies réponses peu satisfaisantes, mais il faut bien s’en contenter. Finalement, un mini bus vient nous prendre à la gare et nous emmène quelques kilomètres plus loin sur une grande artère de Bobo. Notre chauffeur s’arrête sous quelques manguiers et nous invite à descendre. Un banc en bois, modèle de base largement répandu dans la sous-région, d’un confort plus que sommaire nous est proposé pour nous reposer et patienter en attendant un éventuel départ. L’attente commence. Les heures passent. Nous passons du banc à une natte qui nous a été gentiment installée à proximité. Le soleil se couche. Toujours aucun signe d’un départ prochain. Il paraît que nous attendons un (ou deux, selon ! ) passager pour pouvoir partir. En fait le chauffeur ne veut pas prendre la route tant que son minibus n’est pas rempli. Et quand je dis rempli, c’est rempli ! 11 passagers plus le chauffeur et les bagages pour un véhicule prévu pour 7 à 8 personnes avec un confort correct. Oublié donc le confort. Les sardines sont battues !?! L’attente devenant vraiment longue et les moustiques de plus en plus nombreux, nous nous abritons dans un bus garé à proximité et essayons tant bien que mal de dormir plié en quatre sur deux fauteuils. Malheureusement les moustiques eux n’ont pas décidé d’aller se coucher et ils nous « divertissent » de leur ronde de nuit. Une fois de plus c’est quand on ne l’attend plus vraiment que le départ est annoncé. Il fait nuit noire et les derniers passagers ont surgi soudain de nulle part. Mystère. Le temps de tous nous « encastrer » dans le véhicule et nous voilà sur la route, direction la frontière. Nous nous engageons rapidement sur une piste en pleine brousse. Tout au moins le devine-t-on car la nuit est très sombre. Après quelques heures de voyage sans soucis, nous nous arrêtons au beau milieu de la brousse. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. A quelques mètres devant nous, une barrière en bois et une casemate, à peine éclairée par une lampe à pétrole où somnole le douanier en chef, nous indique que nous sommes arrivés au poste de douane. Chaque passager est contrôlé et doit s’acquitter d’un « droit de passage » déguisé. En fait le chef de poste réclame à chacun 1000 CFA pour cause de non-vaccination contre la fièvre jaune, carnet de vaccination en règle ou pas. Le règne de l’arbitraire et de l’argent. Pour ce qui me concerne, touriste étranger en voyage au Mali, je suis exonéré de cette taxe. Il semble que la sensibilisation par rapport aux touristes ait porté au moins partiellement ses fruits En attendant, une de nos passagères visiblement anglophone et sans papier, qui est restée dissimulée au fond du bus, réussit à passer la frontière certes un peu inquiète d’être découverte, mais finalement sans ennuis. Nous filons droit sur Sikasso que nous atteignons après 6h30 de voyage. Nous débarquons dans une gare voiture et encore une foi nous comprenons que nous allons devoir changer de véhicule. Nous mettons à profit ce nouvel intermède pour prendre un petit déjeuner dans un café à ciel ouvert, tenu par un Guinéen. Café, lait concentré sucré, eau pour la boisson, pain et mayonnaise ou margarine pour la nourriture. Décidément, ce sera pain nature merci. Entre temps un bus grand luxe est arrivé et le départ pour Bamako semble vouloir s’organiser assez rapidement. Et effectivement après un délai raisonnable pour le chargement des bagages et des passagers appelés les uns après les autres (comme quoi l’organisation est juste une question de volonté), nous prenons la route de Bamako. 6 heures de route sans problème durant lesquelles nous suivons un film sur l’écran télé installé à l’avant du bus. Et oui incroyable, il fonctionne. L’arrivée à Bamako se fait sous une grosse pluie d’orage.
7ème étape : Bamako, ses faubourgs Nous apercevons la ville depuis une hauteur. Nous n’en verrons pas plus. Nous prenons aussitôt arrivé la direction de la gare voiture pour la Guinée. Notre taxi nous dépose à l’extérieur de la gare car elle est noyée sous l’eau et inaccessible pour une petite voiture.
Nous trouvons malgré tout assez rapidement un véhicule qui doit partir pour la frontière guinéenne. C’est ce qu’on appelle un « bâché », c’est à dire un véhicule avec une cabine de 3 ou 4 places et une benne arrière aménagée sommairement avec des bancs et couverte d’une bâche où l’on entasse comme du bétail entre quinze et vingt personnes. Les bagages et autres animaux (poules, moutons, etc.) sont amarrés sur la bâche.
Le scénario habituel se répète une nouvelle fois : on va bientôt partir, il nous manque juste un passager pour être au complet, etc., etc. . La fin de journée approchant à grands pas, nos futurs compagnons de route s’inquiètent un peu. Il semble que la route ne soit pas très sure et que les coupeurs de route, encore eux, affectionnent particulièrement ce tronçon. Parmi eux, un jeune d’une vingtaine d’années en rajoute même et finit par vraiment nous inquiéter. Il ne nous reste plus qu’à espérer un départ rapide ou le report du départ au lendemain. Mais la chance nous sourit, enfin si l’on peut dire. Nous sommes au complet et le départ s’organise un peu avant la tombée de la nuit. Nous nous installons tant bien que mal dans la benne en essayant de garder des places le plus possible à l’air libre, vers l’arrière du véhicule. Le plus délicat dans l’opération est d’arriver à se caler les uns par rapport aux autres car nous avons tous un vis-à-vis avec lequel il faut s’entendre pour placer ses genoux. Une fois tous montés à bord plus personne ne peut bouger. Et en fait, comme nous le constaterons plus loin sur la piste, ça n’est pas plus mal ainsi. Le véhicule s’ébranle finalement. Ca relève du miracle vu la surcharge, mais bon ainsi va le transport en commun dans la région : A la grâce de Dieu !
Nous nous engageons sur une piste très accidentée, en pleine brousse. Très rapidement on a l’impression d’être loin de tout et de s’en aller vers nulle part. Cette impression devient vraiment oppressante quand la nuit tombe, noire, brutale. Je me rappelle alors les paroles échangées avant le départ et une nouvelle fois je sers un peu plus contre moi mon ordinateur et ma ceinture ventrale pleine de devises. Le voyage se poursuit cependant au rythme des secousses plus ou moins fortes selon les trous rencontrés, des averses et orages, des arrêts improvisés pour le confort des passagers. On essaye de fermer les yeux en espérant que le sommeil viendra et fera paraître le temps moins long. Mais peine perdue vu les conditions. Prendre notre mal en patience, telle est la bonne devise pour ce trajet. Après 6 heures de piste, nous arrivons à la frontière avec la Guinée.
8ème étape : Kourémalé, frontière Mali-Guinée Nous sommes à Kourémalé, tout au moins le devine-t-on car il fait très sombre et ce n’est pas les quelques rares lampes tempêtes allumées de-ci delà qui nous permettraient d’y voir quelque chose. Les douaniers nous demandent de déposer nos passeports au poste et de venir les rechercher le lendemain matin, une fois qu’ils auront été visés et tamponnés par le chef de poste, qui dort pour le moment. Nous passons donc la barrière frontière et entrons en Guinée. Nous nous préoccupons immédiatement de trouver un endroit pour dormir. Dans ce noir, nous ne sommes pas très optimistes sur nos chances de trouver un lit, mais Aliou fait comme d’habitude en la matière des merveilles. Il nous dégote un « hôtel 4 étoiles ». Nous nous retrouvons pour cause d’économie (un quatre étoiles, c’est pas donné !?!) tous les trois dans une chambre de 6 m² environ avec pour seul mobilier un lit double avec matelas en paille, une bougie et une chaise. Ah j’oubliais un drap recouvre le matelas, quand même. Nous sommes bien contents que l’obscurité ne nous permette pas de voir son état. Et puis, nous sommes vraiment tous les trois épuisés. Nous prenons donc place sur ce lit, tout habillé, en nous mettant dans le sens de la largeur, les jambes pendant dans le vide. La fatigue fait accepter tout et n’importe quoi. Après quelques heures de sommeil, enfin si l’on peut dire, nous nous levons alors que le jour pointe à peine le bout de son nez. Il fait frais et d’autant plus que nous sommes en pleine saison des pluies. Nous nous dirigeons chacun notre tour vers la « salle de bain » tout confort : trois murs en terre plus une tôle et bassine d’eau froide. A 6 heures du matin, réveil garanti. Fin prêts, nous décidons de laisser nos affaires à l’hôtel et d’aller chercher nos passeports ainsi que de quoi remplir nos estomacs. Nous tombons au poste frontière sur un douanier très zélé. Il trouve suspect le document que Aliou lui présente. C’est un laisser-passé établi sur papier à en-tête du consulat du Togo qui est valable pour l’aller retour entre la Guinée et le Togo. Suite à toutes les frontières que nous avons traversées, il est par ailleurs couvert de tampons. Mais non pour l’agent guinéen, il n’est pas valable. Les explications/négociations commencent. Mais Aliou ne lâche pas le morceau et il récupère carte d’identité et laisser-passer sans rien donner. Nous pouvons enfin aller manger. Nous en profitons pour prendre des renseignements pour la suite du voyage vers Siguiri. Nous trouvons des taxis en attente et réservons donc trois places. Le temps d’aller chercher nos affaires à l’hôtel et de régler la note, nous sommes de retour à la gare voiture, où comme toujours le voyage commence par une longue attente. Nous comprenons assez rapidement que pour une fois, la cause de ce retard est indépendante de la volonté du chauffeur ou des passagers. En fait, la route est coupée à la sortie du village par une brusque montée des eaux de la rivière. Le passage des voitures est impossible, tout au moins nous semble-t-il. Les quelques piétons qui s’aventurent dans la rivière ont l’eau qui leur monte jusqu’à l’entrejambe voir jusqu’à la taille. Sur l’autre rive des véhicules arrivent en provenance de Siguiri. Les taxis font descendre leurs passagers avec tous leurs bagages et font demi-tour. L’idéal pour nous serait que l’un d’eux veuillent bien nous attendre pour repartir vers Siguiri. Il suffirait pour cela que nous traversions tous à pied avec nos bagages. Mais les taxis en attente à Kourémalé ne sont pas trop d’accord de perdre leur clientèle, même s’ils voient bien que la situation est bloquée. Notre chauffeur, plus téméraire que les autres ou peut-être parce que sa voiture ne craint pas grand chose, se décide à tenter la traversée des flots. Il organise le déchargement complet de sa 504 familiale, puis il prépare le moteur à une immersion totale : il bouche tous les orifices avec des chiffons, sans oublier le pot d’échappement et le réservoir d’essence. Rapidement la voiture amphibie est prête. Entre temps un quatre-quatre rehaussé avec pot d’échappement au dessus de la cabine a tenté la traversée. Le chauffeur a renoncé voyant l’eau pénétrer dans la cabine par le bas des portes. Notre pilote tout terrain ne se décourage pas pour autant. La traversée se prépare avec le recrutement des pousseurs qui doivent accompagner la voiture dans la rivière pour éviter qu ‘elle ne soit emportée par le courant . Quant à nous, nous sommes invités à traverser à pied. Des jeunes du village se proposent pour faire traverser nos bagages ainsi que les personnes qui le souhaitent contre rémunération. Toute occasion est bonne à saisir dans ce coin perdu, loin de tout. Nous acceptons de bon cœur pour ce qui est des bagages. Aliou et moi-même préférons traverser sur nos propres pieds. Nous enlevons chaussures, chaussettes et pantalon et nous apprêtons à entrer dans l’eau. Oumou, elle est beaucoup moins pressée de se lancer. Mais elle hésite encore entre nous suivre et grimper sur les épaules d’un des passeurs improvisés. Les deux solutions présentent des risques pour elle : d’un coté, elle a très peur de l’eau et du courant, de l’autre l’éventualité d’une chute du haut des épaules de sa « monture » ne la rassure pas trop. Cruel dilemme ! Finalement nous ayant vu traverser devant elle, elle choisit la solution du porteur. La première étape est alors de grimper sur les épaules de son aide. L’opération se passe tant bien que mal avec l’aide d’un troisième acolyte. La traversée peut alors commencer. L’avancée est lente du fait du niveau de l’eau et du courant qui est quand même assez fort. Aussi, quasiment au milieu du cours d’eau, notre jeune porteur a une soudaine inspiration, qui pourrait bien lui permettre de gagner un peu plus : il s’arrête prétextant une trop grande fatigue et déclare vouloir transférer Oumou sur le dos d’un de ses amis pour finir la traversée. Evidemment aussitôt Oumou se met à hurler et lui propose d’augmenter son « salaire » s’il l’amène à bon port. Le stratagème a marché et notre passeur de reprendre la traversée comme si de rien n’était. De nouveau réuni tous les trois avec les autres passagers, nous assistons depuis l’autre rive à la traversée de notre taxi. Elle se fait sans souci majeur même si le capot du moteur émerge à peine de l’eau. Enfin au sec, il s’agit maintenant de vider l’eau qui est à l’intérieur; cette opération se fait « automatiquement » grâce aux trous que la rouille a percés dans la caisse. Pour ce qui est du moteur, l’opération est un peu plus longue. Ses premiers soubresauts sont assez peu encourageants, mais ça ne décourage pas notre chauffeur. Finalement, après un temps d’attente pour l’ « essorage » plus quelques coups de marteau et tours de tournevis, le doux ronronnement du moteur de notre 504 parvient à nos oreilles. Tout est possible, tout est réalisable ! Le départ est proche. Aussitôt les bagages chargés, nous prenons place sur les banquettes détrempées. Mais peu importe, car l’essentiel pour nous est de poursuivre la route, direction : Siguiri.
9ème étape : Vers Mamou et Dalaba La piste est correcte mais sans plus. Il faut dire qu’en saison des pluies toutes les pistes souffrent et de nombreux nids de poule se forment. Un peu plus de deux heures plus tard, nous atteignons Siguiri sans soucis particuliers, le fondement humide. Direction la gare voiture pour trouver le véhicule qui nous amènera jusqu’à Mamou. La fin du voyage approche et nous sommes maintenant tous les trois pressés d’arriver entier à destination. Nous passons quasiment tout l’après-midi à la gare voiture dans l’attente du départ. Nous en profitons pour manger quelques bricoles dont des beignets avec une sauce pimentée. Ce n’est qu’en fin de journée que le départ se dessine. Nous prenons place dans une 505 familiale qui à l’air plutôt correcte. Quelques kilomètres après notre départ, nous nous arrêtons pour prendre deux passagers supplémentaires, la femme et l’enfant du chauffeur qui viennent prendre place à l’avant. Ce qui porte à 5 les passagers avant. La conduite dans ces conditions relève de l’exploit et de l’inconscience portée au-delà de l’imaginable. Mais que dire, que faire ? Nous qui sommes déjà entassés à l’arrière, sans possibilité de bouger, nous n’espérons qu’une chose c’est arriver le plus vite possible et indemne autant que faire se peut. Le voyage se poursuit donc. Allah Akbar ! Soudain un violent orage nous surprend sur la route. Un épais rideau de pluie s’abat sur nous, le ciel est d’un noir d’encre. Rapidement les bas cotés sont transformés en lacs éphémères, mais impressionnants. On voit de l’eau partout et on se demande si l’on roule ou si l’on flotte. Notre chauffeur lui ne semble pas plus perturbé que cela. La visibilité est réduite à quelques mètres et cela d’autant plus que ses essuies-glaces ont une efficacité très relative. Mais il poursuit sa route imperturbable sans lever le pied de l’accélérateur. Le silence est lourd ; tout le monde semble faire des prières pour que l’on reste sur la route, sans rencontrer d’autres véhicules. Après quelques kilomètres dans cette ambiance oppressante enfin la pluie tombe moins fort à l’extérieure. Par contre à l’intérieur, nous sommes soumis à un déluge de gouttelettes, tout au moins certains passagers installés aux mauvaises places ?! Le chauffeur ne s’en émeut pas plus que cela et file toujours plus vite en direction de Mamou. Il fait nuit maintenant. Pour ce qui me concerne cela accroît mon inquiétude car les routes guinéennes de jour ne sont déjà pas très sures, mais alors de nuit ?! avec les voitures dont les « yeux » partent dans tous les sens, voire borgnes ou carrément aveugles. Les croisements entre véhicules sont toujours un moment d’angoisse intense. « Pourvu que ça passe ! ». Quelques kilomètres avant Mamou, nous tombons sur un barrage de militaires, signalé juste par quelques lampes tempête. Autrement dit il n’est vraiment pas très visible. Une corde est tendue en travers de la route sensée arrêter tous les véhicules. Plus dangereux qu’autre chose. Des hommes en tenue contrôlent le chauffeur, son véhicule et les passagers à la lampe torche. Ces barrages sont présents sur toutes les routes de l’intérieure du pays. Officiellement pour éviter l’intrusion de rebelles et accessoirement pour faire de réel contrôle. Mais en fait ils sont surtout un bon moyen pour les hommes en kaki de se faire de l’argent sur le dos des voyageurs et des chauffeurs de taxi. Tout est prétexte pour vous faire payer. C’est d’autant plus facile que chauffeurs et passagers n’ont bien souvent pas tous leur papier. C’est bien sur le cas pour notre chauffeur. Nous sommes donc bloqués au barrage et les discussions s’éternisent. Aliou, notre « avocat » de service essaye d’amadouer les militaires, mais rien à faire. Il faut dire que les chauffeurs de Haute-Guinée ont mauvaise réputation auprès des hommes en tenue car ils leur tiennent tête. La preuve nous en est donné d’ailleurs durant notre halte. Alors que les discussions vont bon train et que nous sommes au bord de la route, un taxi arrive au barrage sans même ralentir et arrache la corde, qui part comme un élastique sur le coté de la route où nous sommes garés. Heureusement notre véhicule est un peu en retrait et la corde part dans le vide. Mais cet incident jette un froid. On est passé très prêt d’un accident. Très rapidement cependant on en revient à notre situation et les palabres, interminables, reprennent. Finalement après un compromis dont nous ne connaîtrons pas tous les éléments, nous sommes autorisés à reprendre la route, direction Mamou centre. Nous atteignons la gare voiture de Mamou alors que l’aube s’annonce tout doucement. La boucle est quasiment bouclée, il ne nous reste plus qu’à trouver un chauffeur pour nous conduire sur les 50 kilomètres nous séparant encore de Dalaba. Par chance nous trouvons un jeune chauffeur de Dalaba qui souhaite rentrer chez lui après un voyage sur Conakry. Nous nous entendons pour partir rapidement sans attendre d’autres passagers.
Nous rentrons à Dalaba au petit matin du 06 Aout 1999, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’ouest : un grand voyage avec tous les ingrédients pour en faire une belle Aventure. Inoubliable !
Bonjour,
Mon mari et moi-même partons pour la croisière transatlantique sur le costa magica.
Y-a t'il des personnes qui se sont inscrites pour cette croisière qui est déjà bien remplie depuis longtemps;
A bientôt de communiquer avec vous.
Dominique
Bonjour à vous tous. Est-ce que qq1 connait lifestyle holidays crown village à Puerto Plata. J`ai la chance d`aller dans ce club privé et j`aimerais en connaitre d`avantage avant d`y aller merci p.s d`autre question à venir loll
Il est 10h 45... Marseille baigne sous le soleil et la température atteint déjà 25 degrés... Notre Jaguar arrive au port et se gare juste devant l'entrée du terminal. Le Fantasia est là, devant nous, immense... Il parait vraiment "plus gros" que tous les Costa que nous connaissons...
Le temps de descendre les valises qui disparaissent emportées par un MSC-man, le "chef des majordomes" se présente, ans un français parfait, et nous convie à le suivre immédiatement à bord. Nous passons, semble-t-il, par le circuit qu'emprunte les passagers qui font escale à Marseille, et nous voici devant la sécurité du bateau, qui nous dit juste bonjour, et regarde rapidement nos passeports, et nous entrons par le pont 5, dans l'Atrium...
Encore un Whaoooo ! 😮 Ca ne ressemble à rien de ce dont nous avons l'habitude chez Costa... C'est plus sobre, moins clinquant, ca ne brille pas de partout, après, je pense que c'est une histoire de goût personnel, je dirai donc juste que ça nous plait beaucoup... Nous nous dirigeons vers la "colonne avant" des ascenseurs, et le majordome nous explique qu'il fauda utiliser les ascenseurs 2 et 3, qui disposent d'un accès prioritaire aux ponts 15, 16 et 18 (il n'y a pas de pont 17, je le rappelle, il parait que le 17 porte malheur... ).
Nous arrivons à la conciergerie, au pont 15, et c'est là seulement qu'est fait le véritable check-in : la responsable nous prend en photo avec une petite webcam (la qualité va pas être terrible, mais ça doit leur suffire...). Enregistrement de carte bancaire, remise de nos cartes MSC-YC (qui ouvrent la cabine, servent de carte d'identité et de paiement, mais aussi de véritable sésame pour toutes les portes d'accès au Yacht Club, et aussi, c'est compliqué mais on a fini par comprendre, de carte de priorité qui fait que l'ascenseur (vide) que nous prenons à n'importe quel étage ne s'arrêtera pas avant l'étage où nous voulons aller, même si quelqu'un l'a appelé... pour les ascenseurs 2 et 3 de la colonne avant. 😛
Nous découvrons alors notre suite, que le chef majordome nous fait visiter, il nous présente Kabil, notre majordome (beaucoup moins francophone... mais très sympathique, ça sera comme sur les autres bateau, un peu d'anglais, et des dessins sur des post-it... Il nous montre le mini-bar, plein à craquer, et rempli une fois par jour, totalement "gratuit"... Il est 11h 15... Le chef majordome nous fait alors visiter le salon du pont 15 (Top Sail Lounge) et le dernier pont, le 18, avec le bar-mini-buffet, le "One Bar", et le pont piscine "One Pool". On ne s'attarde pas, car le soleil tape... Il nous fait alors une visite "complète" du bateau, nous montrant tous les ponts supérieurs 14, 15 (buffets, piscines...) et inférieurs 6 et 7 avec les restaurants, le casino, le téhatre, tous les bars... Whaooo ! on s'y perd, il n'y a pas la géométrie et la symétrie rassurantes des bateaux Costa (notamment de la série FMCSP)... Mme PAP me dit qu'une semaine ne suffira pas pour connaître le bateau... Je lui dis qu'on reviendra... Mais bon, c'est très clair : indépendamment de tout le reste, qu'on n'a pas encore vu, la déco, on adore... Et c'est vrai que les "whaoooo" à chaque nouveau salon, ou détour de couloir, on n'a pOas éprouvé ça depuis longtemps chez Costa... Chaque bateau ayant un air de ressemblance avec tous les autres (depuis l'Atlantica, en tous cas)... Mais il est possible que ce soit aussi le cas chez MSC, et que nous ne ressentions pas, un jour, sur le Spledida, ce que nous éprouvons aujourd'hui... 😉🙂
Il est midi et fait petite faim... Alors une fois n'est pas coutume, on va tester le buffet (pas le YAcht Club, le "général"). Eh bien, agréable surprise : question nourriture, présentation, variété, on ne voit pas de différence avec les buffets Costa (mais c'est vrai qu'on n'y va pas très souvent... et puis il est vrai aussi qu'il n'y a pas grand monde, ça vient d'ouvrir). On se sert un peu (pas trop grosse faim) et ça se laisse manger... On reste là environ 20 minutes, et puis on rentre au Salon du Yacht Club goûter les petits trucs qui sont en permanence à disposition... Mais qui à eux seul semblent justes pour faire un repas entier... On en profite pour boire un peu, puisque ça ne coûte rien...
Retour à la cabine vers 12h 45 : les valises sont là, et Mme PAP se met au déballage...
Alors elle est jolie, certes la suite "royale", avec son salon et sa chambre totalement séparés, avec son immense balcon qui fait tout le coin avant du bateau, donnant à la fois pleine face sur l'avant, et sur le côté, mais elle a trois gros défauts, qui nous ennuient un peu et ternissent un peu le plaisir du reste :
1) la salle de bain est très petite, à peine plus grande que les salles d'eaux classiques, et beaucoup plus petites que les salles de bains de grandes suites Costa. juste une baignoire pas très grande, et sans "bouilonnements", et un seul lavabo, certes en marbre, mais un seul... Pas du tout celle montrée sur les brochures, avec ses deux vasques... On ne peut pas tenir à deux dans cette salle de bains... 😮😕
2) les rangements sont ridiculement petits... Quelques tiroirs, aucun placard, la penderie-dressing "en plein air" devant la salle de bains, et c'est tout... Il faudra toute l'ingéniosité de Mme PAP pour faire tenir le contenu de nos quatres valises (faut bien caser aussi tout le matériel informatique, photo, vidéo... ) 😕😕
3) le site du MSC-YAcht Club affiche n'importe quoi sur sa "visite vidéo 360°" de la suite YC3, qui ne correspond absolument pas à ce qui est présenté... et le plan lui aussi est faux, la chambre ne présente qu'un bureau et non deux comme sur le plan...😕😕
Bref, la cabine est spendide en termes de décoration, elle est certes grande, mais elle ne correspond pas à ce que nous en attendions... Notamment, Madame PAP me montre les 4 gilets de sauvetage (on va en faire enlever deux) qui encombrent le peu de place disponible, et se demande comment quatre personnes pourraient caser leur affaires dans cette cabine... Dans les cabines "normales", n'y a-t-il donc aucun placard, armoire, ou aussi peu ? Il nous semble que mes beaux parents, à qui nous avions pris une cabine standard balcon sur le Fortuna, en 2006 (douche obligatoire à l'exclusion de toute baignoire...) avaient plus de place de rangement...
Nous passons ensuite le temps qui nous sépare de la réunion d'information à 17h 45 pour visiter le bateau plus à fond... On va se perdre deux ou trois fois... On admire beaucoup la petite place italienne, de toute beauté, et aussi le théatre, qui est un vrai théatre avec des sièges de théatre et rien d'autre, pas de tables ou tablettes pour poser des verres... Un théatre, c'est pas fait pour boire... 😇
17h 45 : la réunion d'information : c'est la directrice de croisière qui présente Sarah, hôtesse francophone. Cette directrice de croisière est elle même excellente francophone, il y a longtemps qu'on n'avait pas vu ça... Quant à Sarah, elle fait derrière ça le strict service minimum, pour présenter en quelques mots le "Today qui n'a pas de nom" (c'est vrai, aucun nom à ce journal quotidien qui contient toutes les infos de bord...). Et puis rapidement quelques excursions, une rapide démo pour enfiler un gilet de sauvetage et l'annonce que l'exercice de sauvetage aura lieu... après le départ de Gênes... 😠🙁😠 soit pour nous à quelques heures du débarquement... Pourtant, le "Today" (enfin, le journal qui n'a pas de nom, et c'est pour ça qu'on l'appelera dorénavant le Today, pour faire rapide) disait qu'il fallait venir au théatre avec son gilet... Mais on n'était que quelques idiots disciplinés avec leur gilet à la main qui n'a servi à rien... 😠😕
19h 30 : Nous avons fixé notre horaire de dîner du soir (on peut changer chaque jour si on veut) à 20h 30... Nous allons donc au spectacle du 1er service... Chants d'opéras et opérettes... Trois chanteurs lyriques... Du très beau spectacle... Court (30 minutes) mais beau, tant dans les talents des artistes que dans la mise en scène, les éclairages... On a beaucoup aimé... 😛🙂
20h : retour en cabine pour goûter le Prosecco de bienvenue... Pas de champagne en effet... On aura l'occasion de reparler de ces problèmes de prix, mais disons d'emblée qu'il y a pour le MSC YAcht Club un large choix de boissons *de base* gratuites, mais qque tout ce qui n'est pas gratuit est à son plein tarif sur *tout le bateau* : pas question de tarifs "réduits YC", à part le Johnny Wlaker étiquette rouge ( ), tous les autres whyskies sont au *même* prix sur tout le bateau, le champagne aussi, les liqueurs aussi, etc... Un peu déçus par rapports aux rêves, mais bon, ça, c'est su une fois pour toutes, on fera avec... 🤪
20h 30 : notre majordome, qui a peur qu'on se perde, veut à tout prix nous conduire à l'Etoile... Bon, on le suit... Le maître d'hôtel, bon francophone, nous attribue la table 4. Alors c'est pas le Sofitel d'hier soir, hein... Mais bon, le menu qui nous est apporté est varié et c'est très bon, et très bien présenté... On en reparlera plus en détails... Pour ce qui est des boissons, toutes les eaux et bières sont gratuites. Pour le vin, servi au verre, il y a un blanc, un rouge, un rosé. Nous qui sommes rouges avons trouvé correct le Chianti porposé. Tous les autres vins sont "payants". La carte est bien fournie mais peut-être un peu moins quand même qque la "Costa"...
Le restaurant en lui même est très agréable, et notre table de deux est le long des baies vitrées, là encore nous aurons vu la nuit tomber autour de nous...
Retour en cabine vers 22h 30... Mme PAP a sommeil... Ca tombe bien, j'ai du boulot... Heureusement que j'ai une petite lampe USB qui n'éclaire que mon clavier, car le bureau est dans la chambre...
Allez un dernier petit renseignement, l'internet (ici, connexion Ethernet, mais Wifi dans tout le bateau) a plusieurs tarifs... J'ai pris un 500 minutes (8heures 20) pour 60 euros... Ca fait finalement 7.20 euros de l'heure, on est en dessous des 8.00 de Costa 😉 (sur ce forfait là, car l'heure seule est à 12 euros contre 10 chez Costa). Et là, je n'ai pas de réduction MSC-Club...
Voilà, un peu en crac, les premières impressions...
Le temps de descendre les valises qui disparaissent emportées par un MSC-man, le "chef des majordomes" se présente, ans un français parfait, et nous convie à le suivre immédiatement à bord. Nous passons, semble-t-il, par le circuit qu'emprunte les passagers qui font escale à Marseille, et nous voici devant la sécurité du bateau, qui nous dit juste bonjour, et regarde rapidement nos passeports, et nous entrons par le pont 5, dans l'Atrium...
Encore un Whaoooo ! 😮 Ca ne ressemble à rien de ce dont nous avons l'habitude chez Costa... C'est plus sobre, moins clinquant, ca ne brille pas de partout, après, je pense que c'est une histoire de goût personnel, je dirai donc juste que ça nous plait beaucoup... Nous nous dirigeons vers la "colonne avant" des ascenseurs, et le majordome nous explique qu'il fauda utiliser les ascenseurs 2 et 3, qui disposent d'un accès prioritaire aux ponts 15, 16 et 18 (il n'y a pas de pont 17, je le rappelle, il parait que le 17 porte malheur... ).
Nous arrivons à la conciergerie, au pont 15, et c'est là seulement qu'est fait le véritable check-in : la responsable nous prend en photo avec une petite webcam (la qualité va pas être terrible, mais ça doit leur suffire...). Enregistrement de carte bancaire, remise de nos cartes MSC-YC (qui ouvrent la cabine, servent de carte d'identité et de paiement, mais aussi de véritable sésame pour toutes les portes d'accès au Yacht Club, et aussi, c'est compliqué mais on a fini par comprendre, de carte de priorité qui fait que l'ascenseur (vide) que nous prenons à n'importe quel étage ne s'arrêtera pas avant l'étage où nous voulons aller, même si quelqu'un l'a appelé... pour les ascenseurs 2 et 3 de la colonne avant. 😛
Nous découvrons alors notre suite, que le chef majordome nous fait visiter, il nous présente Kabil, notre majordome (beaucoup moins francophone... mais très sympathique, ça sera comme sur les autres bateau, un peu d'anglais, et des dessins sur des post-it... Il nous montre le mini-bar, plein à craquer, et rempli une fois par jour, totalement "gratuit"... Il est 11h 15... Le chef majordome nous fait alors visiter le salon du pont 15 (Top Sail Lounge) et le dernier pont, le 18, avec le bar-mini-buffet, le "One Bar", et le pont piscine "One Pool". On ne s'attarde pas, car le soleil tape... Il nous fait alors une visite "complète" du bateau, nous montrant tous les ponts supérieurs 14, 15 (buffets, piscines...) et inférieurs 6 et 7 avec les restaurants, le casino, le téhatre, tous les bars... Whaooo ! on s'y perd, il n'y a pas la géométrie et la symétrie rassurantes des bateaux Costa (notamment de la série FMCSP)... Mme PAP me dit qu'une semaine ne suffira pas pour connaître le bateau... Je lui dis qu'on reviendra... Mais bon, c'est très clair : indépendamment de tout le reste, qu'on n'a pas encore vu, la déco, on adore... Et c'est vrai que les "whaoooo" à chaque nouveau salon, ou détour de couloir, on n'a pOas éprouvé ça depuis longtemps chez Costa... Chaque bateau ayant un air de ressemblance avec tous les autres (depuis l'Atlantica, en tous cas)... Mais il est possible que ce soit aussi le cas chez MSC, et que nous ne ressentions pas, un jour, sur le Spledida, ce que nous éprouvons aujourd'hui... 😉🙂
Il est midi et fait petite faim... Alors une fois n'est pas coutume, on va tester le buffet (pas le YAcht Club, le "général"). Eh bien, agréable surprise : question nourriture, présentation, variété, on ne voit pas de différence avec les buffets Costa (mais c'est vrai qu'on n'y va pas très souvent... et puis il est vrai aussi qu'il n'y a pas grand monde, ça vient d'ouvrir). On se sert un peu (pas trop grosse faim) et ça se laisse manger... On reste là environ 20 minutes, et puis on rentre au Salon du Yacht Club goûter les petits trucs qui sont en permanence à disposition... Mais qui à eux seul semblent justes pour faire un repas entier... On en profite pour boire un peu, puisque ça ne coûte rien...
Retour à la cabine vers 12h 45 : les valises sont là, et Mme PAP se met au déballage...
Alors elle est jolie, certes la suite "royale", avec son salon et sa chambre totalement séparés, avec son immense balcon qui fait tout le coin avant du bateau, donnant à la fois pleine face sur l'avant, et sur le côté, mais elle a trois gros défauts, qui nous ennuient un peu et ternissent un peu le plaisir du reste :
1) la salle de bain est très petite, à peine plus grande que les salles d'eaux classiques, et beaucoup plus petites que les salles de bains de grandes suites Costa. juste une baignoire pas très grande, et sans "bouilonnements", et un seul lavabo, certes en marbre, mais un seul... Pas du tout celle montrée sur les brochures, avec ses deux vasques... On ne peut pas tenir à deux dans cette salle de bains... 😮😕
2) les rangements sont ridiculement petits... Quelques tiroirs, aucun placard, la penderie-dressing "en plein air" devant la salle de bains, et c'est tout... Il faudra toute l'ingéniosité de Mme PAP pour faire tenir le contenu de nos quatres valises (faut bien caser aussi tout le matériel informatique, photo, vidéo... ) 😕😕
3) le site du MSC-YAcht Club affiche n'importe quoi sur sa "visite vidéo 360°" de la suite YC3, qui ne correspond absolument pas à ce qui est présenté... et le plan lui aussi est faux, la chambre ne présente qu'un bureau et non deux comme sur le plan...😕😕
Bref, la cabine est spendide en termes de décoration, elle est certes grande, mais elle ne correspond pas à ce que nous en attendions... Notamment, Madame PAP me montre les 4 gilets de sauvetage (on va en faire enlever deux) qui encombrent le peu de place disponible, et se demande comment quatre personnes pourraient caser leur affaires dans cette cabine... Dans les cabines "normales", n'y a-t-il donc aucun placard, armoire, ou aussi peu ? Il nous semble que mes beaux parents, à qui nous avions pris une cabine standard balcon sur le Fortuna, en 2006 (douche obligatoire à l'exclusion de toute baignoire...) avaient plus de place de rangement...
Nous passons ensuite le temps qui nous sépare de la réunion d'information à 17h 45 pour visiter le bateau plus à fond... On va se perdre deux ou trois fois... On admire beaucoup la petite place italienne, de toute beauté, et aussi le théatre, qui est un vrai théatre avec des sièges de théatre et rien d'autre, pas de tables ou tablettes pour poser des verres... Un théatre, c'est pas fait pour boire... 😇
17h 45 : la réunion d'information : c'est la directrice de croisière qui présente Sarah, hôtesse francophone. Cette directrice de croisière est elle même excellente francophone, il y a longtemps qu'on n'avait pas vu ça... Quant à Sarah, elle fait derrière ça le strict service minimum, pour présenter en quelques mots le "Today qui n'a pas de nom" (c'est vrai, aucun nom à ce journal quotidien qui contient toutes les infos de bord...). Et puis rapidement quelques excursions, une rapide démo pour enfiler un gilet de sauvetage et l'annonce que l'exercice de sauvetage aura lieu... après le départ de Gênes... 😠🙁😠 soit pour nous à quelques heures du débarquement... Pourtant, le "Today" (enfin, le journal qui n'a pas de nom, et c'est pour ça qu'on l'appelera dorénavant le Today, pour faire rapide) disait qu'il fallait venir au théatre avec son gilet... Mais on n'était que quelques idiots disciplinés avec leur gilet à la main qui n'a servi à rien... 😠😕
19h 30 : Nous avons fixé notre horaire de dîner du soir (on peut changer chaque jour si on veut) à 20h 30... Nous allons donc au spectacle du 1er service... Chants d'opéras et opérettes... Trois chanteurs lyriques... Du très beau spectacle... Court (30 minutes) mais beau, tant dans les talents des artistes que dans la mise en scène, les éclairages... On a beaucoup aimé... 😛🙂
20h : retour en cabine pour goûter le Prosecco de bienvenue... Pas de champagne en effet... On aura l'occasion de reparler de ces problèmes de prix, mais disons d'emblée qu'il y a pour le MSC YAcht Club un large choix de boissons *de base* gratuites, mais qque tout ce qui n'est pas gratuit est à son plein tarif sur *tout le bateau* : pas question de tarifs "réduits YC", à part le Johnny Wlaker étiquette rouge ( ), tous les autres whyskies sont au *même* prix sur tout le bateau, le champagne aussi, les liqueurs aussi, etc... Un peu déçus par rapports aux rêves, mais bon, ça, c'est su une fois pour toutes, on fera avec... 🤪
20h 30 : notre majordome, qui a peur qu'on se perde, veut à tout prix nous conduire à l'Etoile... Bon, on le suit... Le maître d'hôtel, bon francophone, nous attribue la table 4. Alors c'est pas le Sofitel d'hier soir, hein... Mais bon, le menu qui nous est apporté est varié et c'est très bon, et très bien présenté... On en reparlera plus en détails... Pour ce qui est des boissons, toutes les eaux et bières sont gratuites. Pour le vin, servi au verre, il y a un blanc, un rouge, un rosé. Nous qui sommes rouges avons trouvé correct le Chianti porposé. Tous les autres vins sont "payants". La carte est bien fournie mais peut-être un peu moins quand même qque la "Costa"...
Le restaurant en lui même est très agréable, et notre table de deux est le long des baies vitrées, là encore nous aurons vu la nuit tomber autour de nous...
Retour en cabine vers 22h 30... Mme PAP a sommeil... Ca tombe bien, j'ai du boulot... Heureusement que j'ai une petite lampe USB qui n'éclaire que mon clavier, car le bureau est dans la chambre...
Allez un dernier petit renseignement, l'internet (ici, connexion Ethernet, mais Wifi dans tout le bateau) a plusieurs tarifs... J'ai pris un 500 minutes (8heures 20) pour 60 euros... Ca fait finalement 7.20 euros de l'heure, on est en dessous des 8.00 de Costa 😉 (sur ce forfait là, car l'heure seule est à 12 euros contre 10 chez Costa). Et là, je n'ai pas de réduction MSC-Club...
Voilà, un peu en crac, les premières impressions...
Pour agrémenter un dimanche de pluie, voici quelques portraits de voyageuses que vous pourrez modifier, améliorer, un peu comme la désencyclopédie Wilkipedia
1 - Voyageuse organisée.
En voyage du même nom. N’oublie jamais son sèche-cheveux, son maquillage, son bikini et son matos à épiler. Choisit ses produits de beauté waterprouffe chez Sephora ou Nocibé. Encombrée de la valise rigide à roulettes en promo chez Carrouf, assorti du vanity case pour le même prix (promo intéressante) elle s’informe utilement. Pas des horaires, ni des lignes intérieures, elle a la tête libérée de toute la logistique. Elle recherche surtout du renseignement pratique sur la qualité du restaurant, de la chambre, du pourboire à laisser, de la météo puisqu’elle doit adapter l’ indice de produit solaire. Elle est aimable, souriante, précise qu’elle ne recherche pas l’aventure mais tombe facilement amoureuse. Elle aura fait la Tunisie, le Maroc, la République Dominicaine et Cuba, elle commencera à regarder du côté du Sénégal, du Kenya parce que décidément y’a trop de concurrence sur ces destinations habituelles. Non, en fait, elle n’aura pas fait, parce qu’elle ne dit pas "j’ai voyagé" mais je suis partie en vacances. La durée de ses séjours n’excédera pas quinze jours (quand il y a une réduc sur la deuxième semaine). Elle adore les duty-free. L’hiver elle reste fidèle à la France quand elle est française et choisira une destination ski avec une prédilection pour Chamrousse, les sept Laux où les boîtes de nuits sont moins chères qu’Avoriaz ou Tignes. Quand elle fume et c’est rare, ça abime le teint, ce sont des Marlboro Elle travaille, supporte ses horaires parce qu’elle a plein de copines pour papoter. Les hommes, la mode sont deux sujets éminemment abordés. Elle a une peluche sur son lit et Daniel Steel dans sa bibliothèque. Quelques photos du dernier été au bord de la piscine bleue avec le super animateur sont placées artistement sur un socle à ressort, sur la table du salon. Certains disent d’elle qu’elle est une dinde, elle ‘n’en a cure. Elle est réellement serviable et quand on a oublié son porte-monnaie, elle n’hésite pas, ouvre son petit sac de contre façon –Esprit- et prête cinq euros sans les réclamer dès le lendemain.
Elle ne se reconnaîtra pas, parce que ne lit pas cette rubrique
2- Voyageuse aventureuse.
Elle se reconnait à son sac à dos aux couleurs délavées. Elle n’oublie jamais son guide papier, crache sur le guide du routard et tourne les pages cornées du footprint. Sa trousse de toilette est succincte, un savon multi usage (peau, petite culotte) et quelques produits de prévention phytothérapique, homéopathique. Sac à dos d’un maximum 50 litres, quasi vide au départ. Appareil photo numérique, carte bleue, passeport. Ca suffit, car elle aura acheté des billets électroniques au meilleur prix. S’intéresse à vf, renseigne dès qu’elle le peut et cherche elle-même peu de renseignements car elle voit sur place.. Vêtue d’un jean à l’embarquement, elle portera dès l’atterrissage le vêtement local mieux adapté à la baroude. Pleine de fantaisie, elle aime les vêtements colorés. Elle est aimable, souriante, vaguement condescendante avec ses pairs. Elle ne rencontre jamais celle cité au dessus, ne recherche pas spécialement l’aventure et reste très méfiante avec l’homme local. N’hésite pas cependant à tenter un tour de piste avec le japonais, l’anglais, l’allemand, l’australien, eux aussi en vacances et en plein dépaysement. Ses pays de prédilection : Inde-Afrique-Australie Elle travaille, préfère les cdd au cdi, supporte mal l’autorité d’un chef, forcément désagréable. Elle a peu d’amies, mais des vraies, sort peu, écoute beaucoup de musique et lit beaucoup. Ses livres, Monod – Bouvier et les polars. Tente ou aimerait tenter un tour du monde en solo. En général, c’est une fumeuse (camel) ou mieux des roulées (économiques) De ses voyages elle rapporte l’artisanat local qui crée un beau foutoir bien douillet chez elle.
Elle se reconnaitra parce qu’elle lit toutes les rubriques et a un solide sens de l’humour.
(la suite dans quelques instants!!!)
1 - Voyageuse organisée.
En voyage du même nom. N’oublie jamais son sèche-cheveux, son maquillage, son bikini et son matos à épiler. Choisit ses produits de beauté waterprouffe chez Sephora ou Nocibé. Encombrée de la valise rigide à roulettes en promo chez Carrouf, assorti du vanity case pour le même prix (promo intéressante) elle s’informe utilement. Pas des horaires, ni des lignes intérieures, elle a la tête libérée de toute la logistique. Elle recherche surtout du renseignement pratique sur la qualité du restaurant, de la chambre, du pourboire à laisser, de la météo puisqu’elle doit adapter l’ indice de produit solaire. Elle est aimable, souriante, précise qu’elle ne recherche pas l’aventure mais tombe facilement amoureuse. Elle aura fait la Tunisie, le Maroc, la République Dominicaine et Cuba, elle commencera à regarder du côté du Sénégal, du Kenya parce que décidément y’a trop de concurrence sur ces destinations habituelles. Non, en fait, elle n’aura pas fait, parce qu’elle ne dit pas "j’ai voyagé" mais je suis partie en vacances. La durée de ses séjours n’excédera pas quinze jours (quand il y a une réduc sur la deuxième semaine). Elle adore les duty-free. L’hiver elle reste fidèle à la France quand elle est française et choisira une destination ski avec une prédilection pour Chamrousse, les sept Laux où les boîtes de nuits sont moins chères qu’Avoriaz ou Tignes. Quand elle fume et c’est rare, ça abime le teint, ce sont des Marlboro Elle travaille, supporte ses horaires parce qu’elle a plein de copines pour papoter. Les hommes, la mode sont deux sujets éminemment abordés. Elle a une peluche sur son lit et Daniel Steel dans sa bibliothèque. Quelques photos du dernier été au bord de la piscine bleue avec le super animateur sont placées artistement sur un socle à ressort, sur la table du salon. Certains disent d’elle qu’elle est une dinde, elle ‘n’en a cure. Elle est réellement serviable et quand on a oublié son porte-monnaie, elle n’hésite pas, ouvre son petit sac de contre façon –Esprit- et prête cinq euros sans les réclamer dès le lendemain.
Elle ne se reconnaîtra pas, parce que ne lit pas cette rubrique
2- Voyageuse aventureuse.
Elle se reconnait à son sac à dos aux couleurs délavées. Elle n’oublie jamais son guide papier, crache sur le guide du routard et tourne les pages cornées du footprint. Sa trousse de toilette est succincte, un savon multi usage (peau, petite culotte) et quelques produits de prévention phytothérapique, homéopathique. Sac à dos d’un maximum 50 litres, quasi vide au départ. Appareil photo numérique, carte bleue, passeport. Ca suffit, car elle aura acheté des billets électroniques au meilleur prix. S’intéresse à vf, renseigne dès qu’elle le peut et cherche elle-même peu de renseignements car elle voit sur place.. Vêtue d’un jean à l’embarquement, elle portera dès l’atterrissage le vêtement local mieux adapté à la baroude. Pleine de fantaisie, elle aime les vêtements colorés. Elle est aimable, souriante, vaguement condescendante avec ses pairs. Elle ne rencontre jamais celle cité au dessus, ne recherche pas spécialement l’aventure et reste très méfiante avec l’homme local. N’hésite pas cependant à tenter un tour de piste avec le japonais, l’anglais, l’allemand, l’australien, eux aussi en vacances et en plein dépaysement. Ses pays de prédilection : Inde-Afrique-Australie Elle travaille, préfère les cdd au cdi, supporte mal l’autorité d’un chef, forcément désagréable. Elle a peu d’amies, mais des vraies, sort peu, écoute beaucoup de musique et lit beaucoup. Ses livres, Monod – Bouvier et les polars. Tente ou aimerait tenter un tour du monde en solo. En général, c’est une fumeuse (camel) ou mieux des roulées (économiques) De ses voyages elle rapporte l’artisanat local qui crée un beau foutoir bien douillet chez elle.
Elle se reconnaitra parce qu’elle lit toutes les rubriques et a un solide sens de l’humour.
(la suite dans quelques instants!!!)
recherche français faisant partie du Club de vacances ALLEGRO Vacation Club
7 capitales 7 visions d’europe Costa Magica 27 Juin 7 juillet
Tout d’abord une très belle croisère, tant le bateau que le circuit, et que n’a pas entachée une météo quelquefois moins bonne. Mes infos sur les escales sont destinées plus à ceux qui visitent par eux-mêmes.
Embarquement au havre arrivée en voiture parking au port (manuport) indiqué par costa 80€ un parking couvert dans un hangar à proximité du terminal. On dépose les bagages au terminal avant de mettre la voiture au parking. Une navette ramène au terminal mais le trajet à pied prend moins de 10mn.
Le bateau : Belle décoration, mais plus conçu pour la méditerranée et les pays avec le soleil. La piscine centrale où se trouve l’animation en plein air ne peut pas être couverte par un toit amovible, ce qui impose de transférer toutes les animations dans les salons intérieurs en cas de mauvais temps. La piscine à l’arrière peut être fermée par un toit amovible et est utilisable même par mauvais temps.
La restauration et personnel: Excellente et d’un niveau supérieure à la moyenne de ce que l’on trouve sur ces bateaux. Le personnel comme d’habitude serviable et professionnel.
Les spectacles : Plusieurs spectacles d’un très très bon niveau. Très satisfaisant dans l’ensemble.
Les croisiéristes : 440 francophones sur 2500/ 2700 personnes. A noter que le nombre de francophone montent parfois à 800. Sinon des italiens, des allemands, des néerlandais, des anglophones et d’autres nationalités (russes, coréens…) en plus petit nombre. Donc une grande diversité.
La météo : Le temps a été moyen (d’où les remarques précédentes sur le bateau). Mais le temps n’a pas empêché de faire les visites. Temps superbe au Havre ainsi qu’à Douvres (près de 30°). Un orage en fin de visite le soir à Douvres. Amsterdam pluie et vent à l’arrivée et pendant le début de matinée. Beau temps par la suite Copenhague comme à Amsterdam Hambourg temps correct. Oslo temps correct et température agréable. Une des plus belles journées avec Douvres. Edimbourg beau temps le matin, léger crachin l’après midi par intermittence.
La mer : une demi journée de mer forte entre Hambourg et Copenhague. Mer agitée mais sans plus le reste du temps. En revanche pas mal de vent pendant les journées en mer. Ce qui limitait la présence en extérieure. Toutes les animations ont du être faites en intérieur les jours de mer.
Le circuit : Très bien conçu avec des escales longues permettant de visiter. De plus le bateau était presque toujours remarquablement placé lors de l’accostage.
Les monnaies : Je n’ai jamais changé d’argent : paiement par carte bancaire (vérifié les conditions de votre banque : frais fixes par paiement 1 € pour ma banque) ou aussi en €.
Les excursions : Je n’en ai fait qu’une, celle de Canterbury à Douvres. Bonne organisation, guide francophone. Les personnes à notre table, qui en prenaient, semblaient satisfaites. Infos sur les escales
Douvres : Une navette conduit au centre ville et au fort qui domine la ville si l’on veut.
Amsterdam : (déjà visité lors d’une précédente croisière)Accostage au terminal de croisière situé à 15mn de la gare centrale. Donc localisation idéale pour visiter par soi même. On trouve pas mal d’informations au terminal de croisière. Dans le hall un stand vend des croisières sur les canaux d’une heure ; des infos sur le site http://www.amsterdamcitytours.com/ Nous avons pris, à ce stand, un billet pour la journée (20€) sur les bateaux hop on hop off on monte et descend comme on veut) 4 circuits. Lien ci-dessous. Faire attention aux horaires. http://www.canal.nl/bus/en/ A noter que l’on peut aussi louer des bicyclettes. Amsterdam se visite bien à pied, mais une solution du type que l’on a pris permet de limiter les déplacements et une visite sur les canaux vaut la peine.
Hambourg Beaucoup de croisièristes prennent une excursion pour Lübeck (proche de Hambourg) ou Berlin (mais 8 heures de car et retour à minuit). Connaissant ces deux villes nous avons visité Hambourg
Le terminal de croisière, bien placé, est petit et aucune information n’est donnée. Pas même des cartes de Hambourg. Plusieurs moyens pour se déplacer : Navette costa 10€ elle dépose au terminal des bus, à coté de la gare centrale. Localisation à proximité du centre ville. Les transports publiques de la ville avec une carte pour trajet illimité (moins de 10€), des arrêts à 50m du terminal facile à trouver. Les bus hop on hop off (renseignement quel que soit la ville sur le site viator). L’arrêt se situe à 15mn à pied du terminal.
Copenhague Accostage au nouveau quai Langelinie à 10mn à pied de la petite sirène. Localisation idéale. L’autre point d’accostage se situe à 3 km plus loin au terminal (Le Luminosa y était). 6 bateaux de croisière dont 4 gros étaient en ville ce jour là. D’où beaucoup de monde. La ville se visite très bien seul. Nous avons pris les bus hop on hop off (présent devant le bateau) paiement par carte 18€ ou en cash en euro. Fréquence des bus toutes les 10 mn (compte tenu du nombre de bateaux). Il existe des bateaux hop on hop off, mais certains pas couverts et il pleuvait le matin. Paiement en ville en euros acceptés souvent, mais avec un taux de change variable. Le lieu d’accostage peut changer. Le site ci-dessous donne le lieu d’accostage des bateaux
http://www.cmport.com/en-GB/Ships%20in%20Port/Cruise%20Ships/Calls%20Calendar.aspx
Oslo
Accostage en ville devant le château et dans le centre ville. La ville se visite très bien à pied. Un petit terminal de croisière avec un office du tourisme où il est possible d’acheter l’Oslo pass (230 NOK mais facturé 184 couronnes norvégiennes soit 15 €). L’avantage est qu’elle donne accès gratuitement à quasiment tous les musées en plus des transports en commun (y compris le bateau pour les musées de bigdoy). Infos sur le site ci dessous
http://www.visitoslo.com/en/the-oslo-pass.49104.en.html
Il est aussi possible de prendre les bus hop on hop off devant le bateau. Très facile d’aller au parc Vigeland en 10mn par le Tram n°12 qui passe devant l’hotel de ville. Dans les magasins du terminal les euros sont acceptés sans problème. C’est la ville où nous avons eu la plus belle journée à part Douvres . Le soir, ne pas manquer la très belle descente du fjord
Edimbourg
Le bateau n’est pas à quai il se situe à coté des ponts sur le Forth et l’on descend en chaloupe au très petit port de Queensferry. Une navette costa 12€ dépose du port dans le centre d’Edimbourg (Waterloo place à coté de Princess street). Difficile de rejoindre Edimbourg par ses propres moyens. Nous avons visité à pied, mais la topographie des lieux peut fatiguer (on monte et on descend). Des bus hop on hop off partent à proximité du lieu où l’on est déposé (200m environ). Aller vers Princess street , ils sont faciles à trouver en contre bas de princess street.
En espérant que cela pourra vous être utile.
Tout d’abord une très belle croisère, tant le bateau que le circuit, et que n’a pas entachée une météo quelquefois moins bonne. Mes infos sur les escales sont destinées plus à ceux qui visitent par eux-mêmes.
Embarquement au havre arrivée en voiture parking au port (manuport) indiqué par costa 80€ un parking couvert dans un hangar à proximité du terminal. On dépose les bagages au terminal avant de mettre la voiture au parking. Une navette ramène au terminal mais le trajet à pied prend moins de 10mn.
Le bateau : Belle décoration, mais plus conçu pour la méditerranée et les pays avec le soleil. La piscine centrale où se trouve l’animation en plein air ne peut pas être couverte par un toit amovible, ce qui impose de transférer toutes les animations dans les salons intérieurs en cas de mauvais temps. La piscine à l’arrière peut être fermée par un toit amovible et est utilisable même par mauvais temps.
La restauration et personnel: Excellente et d’un niveau supérieure à la moyenne de ce que l’on trouve sur ces bateaux. Le personnel comme d’habitude serviable et professionnel.
Les spectacles : Plusieurs spectacles d’un très très bon niveau. Très satisfaisant dans l’ensemble.
Les croisiéristes : 440 francophones sur 2500/ 2700 personnes. A noter que le nombre de francophone montent parfois à 800. Sinon des italiens, des allemands, des néerlandais, des anglophones et d’autres nationalités (russes, coréens…) en plus petit nombre. Donc une grande diversité.
La météo : Le temps a été moyen (d’où les remarques précédentes sur le bateau). Mais le temps n’a pas empêché de faire les visites. Temps superbe au Havre ainsi qu’à Douvres (près de 30°). Un orage en fin de visite le soir à Douvres. Amsterdam pluie et vent à l’arrivée et pendant le début de matinée. Beau temps par la suite Copenhague comme à Amsterdam Hambourg temps correct. Oslo temps correct et température agréable. Une des plus belles journées avec Douvres. Edimbourg beau temps le matin, léger crachin l’après midi par intermittence.
La mer : une demi journée de mer forte entre Hambourg et Copenhague. Mer agitée mais sans plus le reste du temps. En revanche pas mal de vent pendant les journées en mer. Ce qui limitait la présence en extérieure. Toutes les animations ont du être faites en intérieur les jours de mer.
Le circuit : Très bien conçu avec des escales longues permettant de visiter. De plus le bateau était presque toujours remarquablement placé lors de l’accostage.
Les monnaies : Je n’ai jamais changé d’argent : paiement par carte bancaire (vérifié les conditions de votre banque : frais fixes par paiement 1 € pour ma banque) ou aussi en €.
Les excursions : Je n’en ai fait qu’une, celle de Canterbury à Douvres. Bonne organisation, guide francophone. Les personnes à notre table, qui en prenaient, semblaient satisfaites. Infos sur les escales
Douvres : Une navette conduit au centre ville et au fort qui domine la ville si l’on veut.
Amsterdam : (déjà visité lors d’une précédente croisière)Accostage au terminal de croisière situé à 15mn de la gare centrale. Donc localisation idéale pour visiter par soi même. On trouve pas mal d’informations au terminal de croisière. Dans le hall un stand vend des croisières sur les canaux d’une heure ; des infos sur le site http://www.amsterdamcitytours.com/ Nous avons pris, à ce stand, un billet pour la journée (20€) sur les bateaux hop on hop off on monte et descend comme on veut) 4 circuits. Lien ci-dessous. Faire attention aux horaires. http://www.canal.nl/bus/en/ A noter que l’on peut aussi louer des bicyclettes. Amsterdam se visite bien à pied, mais une solution du type que l’on a pris permet de limiter les déplacements et une visite sur les canaux vaut la peine.
Hambourg Beaucoup de croisièristes prennent une excursion pour Lübeck (proche de Hambourg) ou Berlin (mais 8 heures de car et retour à minuit). Connaissant ces deux villes nous avons visité Hambourg
Le terminal de croisière, bien placé, est petit et aucune information n’est donnée. Pas même des cartes de Hambourg. Plusieurs moyens pour se déplacer : Navette costa 10€ elle dépose au terminal des bus, à coté de la gare centrale. Localisation à proximité du centre ville. Les transports publiques de la ville avec une carte pour trajet illimité (moins de 10€), des arrêts à 50m du terminal facile à trouver. Les bus hop on hop off (renseignement quel que soit la ville sur le site viator). L’arrêt se situe à 15mn à pied du terminal.
Copenhague Accostage au nouveau quai Langelinie à 10mn à pied de la petite sirène. Localisation idéale. L’autre point d’accostage se situe à 3 km plus loin au terminal (Le Luminosa y était). 6 bateaux de croisière dont 4 gros étaient en ville ce jour là. D’où beaucoup de monde. La ville se visite très bien seul. Nous avons pris les bus hop on hop off (présent devant le bateau) paiement par carte 18€ ou en cash en euro. Fréquence des bus toutes les 10 mn (compte tenu du nombre de bateaux). Il existe des bateaux hop on hop off, mais certains pas couverts et il pleuvait le matin. Paiement en ville en euros acceptés souvent, mais avec un taux de change variable. Le lieu d’accostage peut changer. Le site ci-dessous donne le lieu d’accostage des bateaux
http://www.cmport.com/en-GB/Ships%20in%20Port/Cruise%20Ships/Calls%20Calendar.aspx
Oslo
Accostage en ville devant le château et dans le centre ville. La ville se visite très bien à pied. Un petit terminal de croisière avec un office du tourisme où il est possible d’acheter l’Oslo pass (230 NOK mais facturé 184 couronnes norvégiennes soit 15 €). L’avantage est qu’elle donne accès gratuitement à quasiment tous les musées en plus des transports en commun (y compris le bateau pour les musées de bigdoy). Infos sur le site ci dessous
http://www.visitoslo.com/en/the-oslo-pass.49104.en.html
Il est aussi possible de prendre les bus hop on hop off devant le bateau. Très facile d’aller au parc Vigeland en 10mn par le Tram n°12 qui passe devant l’hotel de ville. Dans les magasins du terminal les euros sont acceptés sans problème. C’est la ville où nous avons eu la plus belle journée à part Douvres . Le soir, ne pas manquer la très belle descente du fjord
Edimbourg
Le bateau n’est pas à quai il se situe à coté des ponts sur le Forth et l’on descend en chaloupe au très petit port de Queensferry. Une navette costa 12€ dépose du port dans le centre d’Edimbourg (Waterloo place à coté de Princess street). Difficile de rejoindre Edimbourg par ses propres moyens. Nous avons visité à pied, mais la topographie des lieux peut fatiguer (on monte et on descend). Des bus hop on hop off partent à proximité du lieu où l’on est déposé (200m environ). Aller vers Princess street , ils sont faciles à trouver en contre bas de princess street.
En espérant que cela pourra vous être utile.
Bonsoir à tous,
J'ai réservé le 16/10/2009 une croisière Costa pour les îles grecques sur le Fortuna (départ dans 10 jours soit le 26/04/2010) auprés de mon agence de voyage habituelle, cout 2618,50€ pour 2 pers avec les vols. Ce soir, je me livre à un petit jeu. Je vais sur le site Costa sans me loguer (donc inconnu pour Costa) je veux réverser la croisière îles grecques avec la même catégorie de cabine et à la même date, cout 2267,50€ pour 2 pers avec les vols. Surpris, je pense que cela doit encore moins cher pour les bons clients qui possèdent la fameuse carte de fidélité Costa donc je me logue et deuxième surprise on me répond que la catégorie choisie n'est plus disponible. J'en déduis que Costa préfère un client qui fait une première croisière, qui va payer moins cher, qui réserve au dernier moment et qui va être surclassé (par manque de cabine dans la catégorie demandée) plutôt qu'un client fidèle qui a une réduction de 5% sur le tarif prima, qui a réservé 6 mois auparavant et qui ne sera jamais surclassé. De plus, Costa nous a fait payer un supplément de 160€ pour 2 pers pour changement d'horaire de vol retour afin d'effectuer l'excursion Murano et Burano (c'est à dire on leur fait gagner un peu plus d'argent mais ce n'est pas encore assez) Alors la politique de fidélisation de Costa c'est ....... Trés déçu par tout cela, nous ne reprendrons plus de croisière Costa à moins qu'il y ait un réel changement ce qui m'étonnerais. Le pigeon a été bien plumé mais il va attendre que les plumes repoussent pour voler vers d'autres cieux.
A bientôt sur VF
J'ai réservé le 16/10/2009 une croisière Costa pour les îles grecques sur le Fortuna (départ dans 10 jours soit le 26/04/2010) auprés de mon agence de voyage habituelle, cout 2618,50€ pour 2 pers avec les vols. Ce soir, je me livre à un petit jeu. Je vais sur le site Costa sans me loguer (donc inconnu pour Costa) je veux réverser la croisière îles grecques avec la même catégorie de cabine et à la même date, cout 2267,50€ pour 2 pers avec les vols. Surpris, je pense que cela doit encore moins cher pour les bons clients qui possèdent la fameuse carte de fidélité Costa donc je me logue et deuxième surprise on me répond que la catégorie choisie n'est plus disponible. J'en déduis que Costa préfère un client qui fait une première croisière, qui va payer moins cher, qui réserve au dernier moment et qui va être surclassé (par manque de cabine dans la catégorie demandée) plutôt qu'un client fidèle qui a une réduction de 5% sur le tarif prima, qui a réservé 6 mois auparavant et qui ne sera jamais surclassé. De plus, Costa nous a fait payer un supplément de 160€ pour 2 pers pour changement d'horaire de vol retour afin d'effectuer l'excursion Murano et Burano (c'est à dire on leur fait gagner un peu plus d'argent mais ce n'est pas encore assez) Alors la politique de fidélisation de Costa c'est ....... Trés déçu par tout cela, nous ne reprendrons plus de croisière Costa à moins qu'il y ait un réel changement ce qui m'étonnerais. Le pigeon a été bien plumé mais il va attendre que les plumes repoussent pour voler vers d'autres cieux.
A bientôt sur VF
Bonjour!
Nous commençons tout juste à penser à nos vacances de l'été prochain (fin juillet 2017) et nous avions grandement envi d'aller explorer l'Islande, avec nos 2 filles âgées de 3 et 5 ans. Les prix des billets d'avion sont très intéressants! Par contre, en parcourant quelques discussions sur le forum, j'ai compris que nous sommes beaucoup trop "dernière minute" pour avoir des choix intéressants côté hébergement... Nous avions envisagé la possibilité de louer un petit camping car... Est ce une bonne idée avec des enfants en bas âge?? Ou en raison de la météo, on doit oublier complètement le camping? Avons nous besoin de réserver les camping à l'avance à cette période de l'année? Est ce que les camping sont nombreux et facilement accessibles? Quel est le coût moyen pour une nuit en camping?
Merci de m'éclairer pour savoir si on se lance dans l'achat de nos billets...ou si on doit remettre ce voyage à plus tard...
Nous commençons tout juste à penser à nos vacances de l'été prochain (fin juillet 2017) et nous avions grandement envi d'aller explorer l'Islande, avec nos 2 filles âgées de 3 et 5 ans. Les prix des billets d'avion sont très intéressants! Par contre, en parcourant quelques discussions sur le forum, j'ai compris que nous sommes beaucoup trop "dernière minute" pour avoir des choix intéressants côté hébergement... Nous avions envisagé la possibilité de louer un petit camping car... Est ce une bonne idée avec des enfants en bas âge?? Ou en raison de la météo, on doit oublier complètement le camping? Avons nous besoin de réserver les camping à l'avance à cette période de l'année? Est ce que les camping sont nombreux et facilement accessibles? Quel est le coût moyen pour une nuit en camping?
Merci de m'éclairer pour savoir si on se lance dans l'achat de nos billets...ou si on doit remettre ce voyage à plus tard...
Bonjour à tous,
Suite à notre 1er voyage en famille dans le Southwest il y a 2 ans, au cours de l’été 2015, je n'avais pas spécialement prévu de rédiger un carnet, préférant consacrer mes soirées à préparer en détail le prochain voyage.
Mais à force de lire des carnets, je me rends compte que chacun vit, ressent à sa manière chaque site visité, et chaque carnet, avec les photos et descriptions qui l’accompagnent, peut nous inciter ou au contraire dissuader d’explorer tel ou tel site.
Comme j’ai quasiment bouclé la préparation de notre prochain trip prévu cet été, et que je me languis trop du prochain départ, je me lance… avec beaucoup de retard. Cela me permettra de me remémorer d'inoubliables souvenirs vécus en famille.
Même si le voyage commence à dater, nous nous souvenons, du moins pour les plus grands, d’énormément de détails, parce qu’un 1er voyage dans le Southwest, cela marque... Même Timéo qui n’avait même pas 5 ans se souvient encore de pleins de choses. Comme quoi ce voyage nous a bouleversés !
J’espère que ceux qui se posent des question sur la faisabilité de certaines randos avec des enfants en bas âge, seront convaincus qu’on peut faire pleins de chose avec des petits bouts de 4, 8 et 10 ans, en préparant un minimum les randos avec gps.
Voici notre programme réalisé en 3 semaines 1/2 : - Las Vegas - Valley of Fire SP - Yant Flat - Cedar Breaks - Zion NP : un peu des 3 secteurs - Bryce Canyon - Kodachrome SP - Willis Creek - Boulder - Capitol Reef - Goblin Valley – Litle Wild Hose – Crack Canyon - Wedge Overlook - Buckhorn Petroglyph - Arches NP - Canyonlands : Island in the Sky - Un peu de Needles – Chessler Park, le reste étant « remplacé » par Durango - Mesa Verde - Monument Valley - Horseshoe Bend - Yellow Rock + Nautilus - Toadstool Hoodoos - Edmaiers Secret - White Pocket - Paw Hole - Wire Pass – Buckskin Gulch - Blue Canyon - Grand Canyon - Route 66 - Retour LV
Mais à force de lire des carnets, je me rends compte que chacun vit, ressent à sa manière chaque site visité, et chaque carnet, avec les photos et descriptions qui l’accompagnent, peut nous inciter ou au contraire dissuader d’explorer tel ou tel site.
Comme j’ai quasiment bouclé la préparation de notre prochain trip prévu cet été, et que je me languis trop du prochain départ, je me lance… avec beaucoup de retard. Cela me permettra de me remémorer d'inoubliables souvenirs vécus en famille.
Même si le voyage commence à dater, nous nous souvenons, du moins pour les plus grands, d’énormément de détails, parce qu’un 1er voyage dans le Southwest, cela marque... Même Timéo qui n’avait même pas 5 ans se souvient encore de pleins de choses. Comme quoi ce voyage nous a bouleversés !
J’espère que ceux qui se posent des question sur la faisabilité de certaines randos avec des enfants en bas âge, seront convaincus qu’on peut faire pleins de chose avec des petits bouts de 4, 8 et 10 ans, en préparant un minimum les randos avec gps.
Voici notre programme réalisé en 3 semaines 1/2 : - Las Vegas - Valley of Fire SP - Yant Flat - Cedar Breaks - Zion NP : un peu des 3 secteurs - Bryce Canyon - Kodachrome SP - Willis Creek - Boulder - Capitol Reef - Goblin Valley – Litle Wild Hose – Crack Canyon - Wedge Overlook - Buckhorn Petroglyph - Arches NP - Canyonlands : Island in the Sky - Un peu de Needles – Chessler Park, le reste étant « remplacé » par Durango - Mesa Verde - Monument Valley - Horseshoe Bend - Yellow Rock + Nautilus - Toadstool Hoodoos - Edmaiers Secret - White Pocket - Paw Hole - Wire Pass – Buckskin Gulch - Blue Canyon - Grand Canyon - Route 66 - Retour LV
je veux partir en novembre 2009 en thailande
je ne sais pas si je dois acheter mon billet maintenant ou au dernier moment?
y en a t ils qui sont partis en novembre 2008
quel etait le prix du billet et la date de reservation
ou alors un site de statistique de prix de billets sur les dernieres annees
merci d avance
Hi there,
I’ve got a layover in Montreal with my daughter for over 10 hours—we land at 12:30.
I’d love to get out and explore for a few hours. Any tips on how to get around to the must-see spots, and what to visit even if it’s just a short time? We’ve got a few hours to spare.
Also, if any locals are up for showing us around (happy to pay for your time, of course), that’d be amazing.
Thanks so much!
Karine
je démarre une discussion pour la croisière ADRIA du 05 juillet 2015 avec CDF départ Marseille, afin de partager des bons plans, et préparer les excursions pour les villes de Messine, Corfou, Bari, Dubrovnik, Kotor et Ajaccio.
Bienvenue à tous.
Dani.
Bonjour à tous
je pars le 12 fevrier 2009 pour une croisere dans l'ocean indien avec le costa europa ( Maurice, SEychelles, Kenya, Reunion, Madagascar)
Ma question est la suivante, pensez vous qi'il vaut mieux reserver les excursions par costa (prix tres cher) ou se debrouiller sur place??? si quelqu'un est passé avant moi je suis preneur de tous les conseils!
autre chose, Costa à annuler l'escale prevu à Mayotte, personnellement ca ne me dernage pas mais j'ai des amis qui du coup veulent annuler leur sejour à cause de cette annulation! savez vous si ils y ont le droit sans frais???
MERCI !!!!!!
je pars le 12 fevrier 2009 pour une croisere dans l'ocean indien avec le costa europa ( Maurice, SEychelles, Kenya, Reunion, Madagascar)
Ma question est la suivante, pensez vous qi'il vaut mieux reserver les excursions par costa (prix tres cher) ou se debrouiller sur place??? si quelqu'un est passé avant moi je suis preneur de tous les conseils!
autre chose, Costa à annuler l'escale prevu à Mayotte, personnellement ca ne me dernage pas mais j'ai des amis qui du coup veulent annuler leur sejour à cause de cette annulation! savez vous si ils y ont le droit sans frais???
MERCI !!!!!!

Bonjour,
Ce carnet de voyage est le compte rendu d’un séjour de 3 semaines effectué du 6 au 29 juillet 2012.
Participants: famille de 6 personnes entre 26 et 58 ans. Organisation : agence belge Déplacements : avion, train, van avec chauffeur Climat : chaud et humide, quelques jours de pluie à Sumatra et Bali mais pas de manière continue, ciel souvent nuageux.
Nos coups de cœur :
Sumatra : - le parc Gunung Lauser pour les orangs-outangs et autres singes - les maisons batak
Java : - les temples de Borobudur et Pranbanan - le wayang kulit, théâtre d’ombre au Sono Budojo à Jogjakarta - le lever du soleil au Bromo
Bali : - le temple de Gunung Kawi (the Rocky Temple) - le temple de Pura Gunung Kawi Sebaty (the Holy Spring Temple) - plongée sur l’épave du Liberty à Tulamben - le temple de Lempuyang
Observation : - Les indications sur les logements datant de 2012, elles ne sont probablement plus d’actualité, comme certains renseignements pratiques.
Jour 1 : Bruxelles - Singapour a.m. : Vol pour Francfort. p.m. : Vol pour Singapour
Le vol pour Singapour s’effectue en A 380 (12h).C’est la première fois que nous prenons cet avion avec ses ailes courtes et sa grosse tête qui lui donne un air de cachalot. Quand on y entre, on ne se rend pas compte de son volume car l’espace est fort compartimenté.

Jour 2 : Singapour – Medan – Bukit Lawang (Sumatra) a.m. : - Vol de Singapour à Medan p.m. : - route pour Bukit Lawang - nuit à Bukit Lawang
Arrivée à Singapour à 6h30 où nous n’avons que 50 mn pour prendre l’avion pour Medan (Sumatra). C’est évidemment trop peu mais l’avion nous attend et, apparemment, les bagages aussi. Beau temps à Singapour mais vol au-dessus des nuages. Comme on fait notre entrée en Indonésie à Medan, il faut demander un visa. Il n’y a qu’un seul guichet et ça n’avance pas. Un second guichet s’ouvre mais on nous dit qu’il faut passer par le 1er pour acheter le visa et par le 2d pour le cachet ! Ensuite, passage à l’immigration et, enfin, on peut aller chercher nos valises. Enfin, c’est ce qu’on croit, car de valises, il n’y en a guère. Aucune à nous ! On passe alors un temps fou à déclarer la « perte ». Les guides d’Indonésie signalent que les choses ne s’y passent jamais comme prévu et qu’il faut rester zen. On l’a vite constaté. Les valises devraient arriver par le vol suivant. Enfin, on sort avec notre guide, Elie, parlant français, et on s’installe dans notre van avec son chauffeur, direction le parc des orangs-outangs de Gunung Lauser. Medan est une ville très animée de 3 millions d’habitants où le trafic est épouvantable. D’avion, ça n’avait pas l’air très exotique mais, dans les rues, c’est bien différent. Tout est déglingué, il y a plein de petites échoppes, des énormes panneaux fleuris pour annoncer des événements, des becacs (prononcer bétchac), sortes de vélotaxis. C’est assez pittoresque et il y a de quoi voir. Pareil en dehors de Medan. On traverse ensuite une énorme forêt de palmiers, bien plantés et rangés dont on coupe les grappes de fruits pour en faire de l’huile. On voit d’ailleurs plein de camions débordant de ces fruits. Le paysage devient de plus en plus vert, se vallonne et on aperçoit les montagnes. Au bord de la route, quelques petites « paillottes » en pagodes. Après 3h de route, on entre dans le parc de Gunung Lauser où se trouve notre hôtel que nous croyions perdu au milieu de nulle part et pas touristique. Un monde fou ! C’est samedi et le début des vacances indonésiennes. Bukit Lawang est un lieu de villégiature pour les Indonésiens qui s’y rassemblent, s’y baignent (les femmes tout habillées) et font du rafting sur de grosses bouées. Plein de boutiques et de petits bistrots. Déjeuner dans un bistrot de l’autre côté de la rivière.


On gagne alors notre hôtel à pied car aucune route n’y mène. Le temps qu’on boive le verre d’accueil, il se met à pleuvoir. Impossible d’aller voir nourrir les orangs-outangs comme prévu, d’autant plus qu’on n’est pas très équipés sans nos valises. Assez épuisés, on s’installe dans nos chambres, un peu sombres mais avec hamac sur la terrasse et vue sur la rivière. Des macaques se promènent sur les toits, fréquentent beaucoup la terrasse de notre fille et entrent même dans sa chambre par une toute petite ouverture dans la fenêtre ! Ça nous fait du spectacle. Il pleut de plus belle et l’orage gronde.



C’est au moment où nous allons dîner que nos valises arrivent, amenées à pied par des porteurs. Ouf ! Au menu : nasi-goreng, satés, poulet, chips. Pas mauvais. On va enfin pouvoir prendre une bonne douche … mais sans eau chaude, ni essuie, ni savon. Heureusement que nous avions prévu ça, de même que les « sacs à viande » car il n’y a pas vraiment de draps. Nuit au « Sam’s Bungalows », très simple, avec lit à baldaquin fermé par une moustiquaire et ventilateur bienvenu car il faut fermer portes et fenêtres, salle de bain originale.
Voyage Forum me demande de créer une nouvelle file parce que la précédente est trop longue. Donc, voici notre programme "à jour", jusqu'au 21 avril rien ne devrait plus bouger, au-delà ça peut encore évoluer.
Merci à tous qui m'avez tant aidée par vos conseils et vos commentaire, à choisir les sites et les randonnées. Nous ne passerons pas un jour certainement sans avoir une pensée pour vous.
1- mardi 29 mars - Maison > Las Vegas
2 - 30 mars - Las Vegas > Cameron (permis Grand Falls) > Flagstaff
3 - 31 mars - Flagstaff > Grand Falls > Sedona
4 - 1 avril - Sedona
5 - 2 avril - Sedona
6 - 3 avril - Sedona
7 - 4 avril - Sedona > Cottonwood > Payson > Tonto National Monument > Lost Dutchman
8 - 5 avril - Lost Dutchman SP > Goldfield
9 - 6 avril - Lost Dutchman SP > Boyce Thompson Arboretum > Saguaro National Park East > Saguaro NP West
10 - 7 avril - Saguaro West (Arizona Sonora Desert Museum) > Alamogrodo ou White Sands
11 - 8 avril - White Sands
12 - 9 avril - White Sands > Guadalupe NP (via Sacramento)
13 - 10 avril - Guadalupe NP
14 - 11 avril - Guadalupe NP > Carlsbad Caverns (Kings Palace Ranger led Tour)
15 - 12 avril - Carlsbad Caverns > Carrizozo > Santa Fe
16 - 13 avril - Santa Fe
17 - 14 avril - Santa Fe > Taos > Chaco Culture
18 - 15 avril - Chaco Culture > Bitsi Badlands
19 - 16 avril - Bisti Badlands (Peut-être Shiprock)
20 - 17 avril - Bisti Badlands > Shiprock > Canyon de Chelly
21 - 18 avril - Canyon de Chelly
22 - 19 avril - Canyon de Chelly (Crépuscule Hope Arch) > Retour Canyon de Chelly pour la nuit
23 - 20 avril - Canyon de Chelly > Gooseneck SP > Valley of Gods
24 - 21 avril - Valley of Gods > Monument Valley (The View)
25 - 22 avril - Monument Valley > Moky Dugway > Muley Point
26 - 23 avril - Muley Point > Mule Canyon > The Needles
27 - 24 avril - The Needles
28 - 25 avril - The Needles > Moab (Marching Men - Delicate)
29 - 26 avril - Moab
30 - 27 avril - Moab - Island in the Sky
31 - 28 avril - Island in the Sky (Mesa Arch)
32 - 29 avril - Island in the Sky > Deadhorse Point pour le coucher du soleil
33 - 30 avril - Dead Horse Point > Shafer Trail > White Rim
34 - 1 mai - White Rim > Potash Road > Five Hole Arch
35 - 2 mai - Five Hole Arch > Globlin Valley > Little Wild Horse Canyon
36 - 3 mai - Crack Canyon > Hanksville
37 - 4 mai - Hanksville > Factory Butte > Capitol Reef
38 - 5 mai - Capitol Reef
39 - 6 mai - Capitol Reef > Cathedral Valley
40 - 7 mai - Cathedral Valley > on sort par Thousand Lake
41 - 8 mai - Caineville Temples Moon and Sun > Nottom Road > Cedar Mesa Campground
42 - 9 mai - Nottom Road > Burr Trail > Devil's Garden
43 - 10 mai - Devil's Garden > Golden Cathedral
44 - 11 mai - Sur Hole in the Rock Road (programme cool Choprock canyon ?) On dort au RH de Coyotte Gulch
45 - 12 mai - Coyotte Gulch
46 - 13 mai - Coyotte Gulch > Harris Wash > Henrieville (The Blues) > Kodachrome Basin
47 - 14 mai - Kodachrome Basin > Mosy Cave > Bryce Canyon (Upper Inspiration Point ) > Kodachrome Basin
48 - 15 mai - Kodachrome Basin SP > Willis Creek > Kodachrome Basin
49 - 16 mai - Cottonwood Canyon Road
50 - 17 mai - Cottonwood Canyon Road (Wahweap – White Rocks) – Nuit Alstrom Point
51 - 18 mai - Page
52 - 19 mai - Page Croisière Rainbow bridge – Old Paria Movie Set
53 - 20 mai - Antelope Canyons – Waterhole Canyon – Cathedral Wash – Great Wall
54 - 21 mai - CBN
55 - 22 mai - Whire Pass - Buckskin Gulch
56 - 23 mai - Page
57 - 24 mai - Horse Shoe Bend > Petrified Forest
58 - 25 mai - Petrified Forest > Grand Canyon
59 - 26 mai - Grand Canyon
60 - 27 mai - Grand Canyon > Seligman
61 - 28 mai - Seligman > Havasupai
62 - 29 mai - Havasupai
63 - 30 mai - Havasupai > Seligman
64 - 31 mai - Seligman > Zion
65 - 1 juin - Zion
66 - 2 juin - Zion > Toroweap
67 - 3 juin - Toroweap > Mesquite
68 - 4 juin - Mesquite > Little Finland (Gold Butte)
69 - 5 juin - Gold Butte (Little Finland) > Valley of Fire
70 - 6 juin - Valley of Fire > Red Rock Canyon
71 - 7 juin - Red Rock Canyon > Death Valley
72 - 8 juin - Death Valley
73 - 9 juin - Death Valley
74 - 10 juin - Death Valley > Las Vegas
75 - 11 juin - Las Vegas > Maison
Merci à tous qui m'avez tant aidée par vos conseils et vos commentaire, à choisir les sites et les randonnées. Nous ne passerons pas un jour certainement sans avoir une pensée pour vous.
1- mardi 29 mars - Maison > Las Vegas
2 - 30 mars - Las Vegas > Cameron (permis Grand Falls) > Flagstaff
3 - 31 mars - Flagstaff > Grand Falls > Sedona
4 - 1 avril - Sedona
5 - 2 avril - Sedona
6 - 3 avril - Sedona
7 - 4 avril - Sedona > Cottonwood > Payson > Tonto National Monument > Lost Dutchman
8 - 5 avril - Lost Dutchman SP > Goldfield
9 - 6 avril - Lost Dutchman SP > Boyce Thompson Arboretum > Saguaro National Park East > Saguaro NP West
10 - 7 avril - Saguaro West (Arizona Sonora Desert Museum) > Alamogrodo ou White Sands
11 - 8 avril - White Sands
12 - 9 avril - White Sands > Guadalupe NP (via Sacramento)
13 - 10 avril - Guadalupe NP
14 - 11 avril - Guadalupe NP > Carlsbad Caverns (Kings Palace Ranger led Tour)
15 - 12 avril - Carlsbad Caverns > Carrizozo > Santa Fe
16 - 13 avril - Santa Fe
17 - 14 avril - Santa Fe > Taos > Chaco Culture
18 - 15 avril - Chaco Culture > Bitsi Badlands
19 - 16 avril - Bisti Badlands (Peut-être Shiprock)
20 - 17 avril - Bisti Badlands > Shiprock > Canyon de Chelly
21 - 18 avril - Canyon de Chelly
22 - 19 avril - Canyon de Chelly (Crépuscule Hope Arch) > Retour Canyon de Chelly pour la nuit
23 - 20 avril - Canyon de Chelly > Gooseneck SP > Valley of Gods
24 - 21 avril - Valley of Gods > Monument Valley (The View)
25 - 22 avril - Monument Valley > Moky Dugway > Muley Point
26 - 23 avril - Muley Point > Mule Canyon > The Needles
27 - 24 avril - The Needles
28 - 25 avril - The Needles > Moab (Marching Men - Delicate)
29 - 26 avril - Moab
30 - 27 avril - Moab - Island in the Sky
31 - 28 avril - Island in the Sky (Mesa Arch)
32 - 29 avril - Island in the Sky > Deadhorse Point pour le coucher du soleil
33 - 30 avril - Dead Horse Point > Shafer Trail > White Rim
34 - 1 mai - White Rim > Potash Road > Five Hole Arch
35 - 2 mai - Five Hole Arch > Globlin Valley > Little Wild Horse Canyon
36 - 3 mai - Crack Canyon > Hanksville
37 - 4 mai - Hanksville > Factory Butte > Capitol Reef
38 - 5 mai - Capitol Reef
39 - 6 mai - Capitol Reef > Cathedral Valley
40 - 7 mai - Cathedral Valley > on sort par Thousand Lake
41 - 8 mai - Caineville Temples Moon and Sun > Nottom Road > Cedar Mesa Campground
42 - 9 mai - Nottom Road > Burr Trail > Devil's Garden
43 - 10 mai - Devil's Garden > Golden Cathedral
44 - 11 mai - Sur Hole in the Rock Road (programme cool Choprock canyon ?) On dort au RH de Coyotte Gulch
45 - 12 mai - Coyotte Gulch
46 - 13 mai - Coyotte Gulch > Harris Wash > Henrieville (The Blues) > Kodachrome Basin
47 - 14 mai - Kodachrome Basin > Mosy Cave > Bryce Canyon (Upper Inspiration Point ) > Kodachrome Basin
48 - 15 mai - Kodachrome Basin SP > Willis Creek > Kodachrome Basin
49 - 16 mai - Cottonwood Canyon Road
50 - 17 mai - Cottonwood Canyon Road (Wahweap – White Rocks) – Nuit Alstrom Point
51 - 18 mai - Page
52 - 19 mai - Page Croisière Rainbow bridge – Old Paria Movie Set
53 - 20 mai - Antelope Canyons – Waterhole Canyon – Cathedral Wash – Great Wall
54 - 21 mai - CBN
55 - 22 mai - Whire Pass - Buckskin Gulch
56 - 23 mai - Page
57 - 24 mai - Horse Shoe Bend > Petrified Forest
58 - 25 mai - Petrified Forest > Grand Canyon
59 - 26 mai - Grand Canyon
60 - 27 mai - Grand Canyon > Seligman
61 - 28 mai - Seligman > Havasupai
62 - 29 mai - Havasupai
63 - 30 mai - Havasupai > Seligman
64 - 31 mai - Seligman > Zion
65 - 1 juin - Zion
66 - 2 juin - Zion > Toroweap
67 - 3 juin - Toroweap > Mesquite
68 - 4 juin - Mesquite > Little Finland (Gold Butte)
69 - 5 juin - Gold Butte (Little Finland) > Valley of Fire
70 - 6 juin - Valley of Fire > Red Rock Canyon
71 - 7 juin - Red Rock Canyon > Death Valley
72 - 8 juin - Death Valley
73 - 9 juin - Death Valley
74 - 10 juin - Death Valley > Las Vegas
75 - 11 juin - Las Vegas > Maison
Nous souhaitons faire une croisière avec nos enfants de 3 et 6 ans mais mon conjoint étant enseignant, il faudrait partir en été. J'aimerais savoir comment c'est une croisière l'été? Y a-t-il des croisières à privilégier avec des enfants? Sur quels sites chercher? Vaut-il mieux attendre à la dernière minute pour acheter ou le faire longtemp d'avance? Y a-t-il un avantage à partir de New York, Boston ou du New Jersey? Vaut-il mieux faire l'achat des excursions sur place ou par l'entremise de l'agence de voyage... Merci mille fois!!!
Bonjour à tous,
De plus en plus de famille recomposées existent. Ma fille voyage depuis 5 ans entre la Bretagne et Lyon, seule, sur la flotte Air France via Regional. Jusqu’à présent ce service était super ! très bonne prise en charge, prix en rapport avec les prix pratiqués sur le site internet, pas de surprise ... AUJOURD'HUI c'est HOP ! Plus possible de réserver pour un enfant de moins de 12 ans sur le site ! Il faut passer par le standard téléphonique. Pour un tarif enfant de 12 à 17 ans de 86€, départ le 27/04 à 10h de Lorient vers Lyon, sur le site internet, nous passons via l'appel au standard OBLIGATOIRE (5 mn d'attente mini en moyenne sur 5 appels ! à 0,15€ la minute !!!) à 370€ !
Comment justifier cet écart ? les enfants sont pris en charge en groupe, ils attendent dans la salle d'attente comme les autres, accompagné par une hôtesse dans l'avion (en groupe !) puis plus rien durant le vol. Ensuite ils sont accompagnés jusqu’à une salle d'attente (en groupe) par une hôtesse de l'aéroport de destination, à Lyon ceci dure 10mn durant lesquelles ils marchent dans des couloirs. Puis les parents ou grands parents se présentent pour les récupérer. Chercher a justifier la différence de cout ? en tout 30mn (et je suis large) d'hotesse qui en suivant les enfants fait souvent autre chose (car elle a plusieurs fonctions en même temps : au départ elle fait aussi les enregistrements des autres passagers par ex ...)
Ceci à mon sens s'apparente d'abord à de la discrimination, car si je pouvais partir avec mon enfant je ne paierais que 220€ sur ce même voyage ! Puis à de l'abus commercial pur et simple !
Je suis vraiment COLERE ! mon enfant ne verra donc pas sa mère ni ses grands parents !
De plus en plus de famille recomposées existent. Ma fille voyage depuis 5 ans entre la Bretagne et Lyon, seule, sur la flotte Air France via Regional. Jusqu’à présent ce service était super ! très bonne prise en charge, prix en rapport avec les prix pratiqués sur le site internet, pas de surprise ... AUJOURD'HUI c'est HOP ! Plus possible de réserver pour un enfant de moins de 12 ans sur le site ! Il faut passer par le standard téléphonique. Pour un tarif enfant de 12 à 17 ans de 86€, départ le 27/04 à 10h de Lorient vers Lyon, sur le site internet, nous passons via l'appel au standard OBLIGATOIRE (5 mn d'attente mini en moyenne sur 5 appels ! à 0,15€ la minute !!!) à 370€ !
Comment justifier cet écart ? les enfants sont pris en charge en groupe, ils attendent dans la salle d'attente comme les autres, accompagné par une hôtesse dans l'avion (en groupe !) puis plus rien durant le vol. Ensuite ils sont accompagnés jusqu’à une salle d'attente (en groupe) par une hôtesse de l'aéroport de destination, à Lyon ceci dure 10mn durant lesquelles ils marchent dans des couloirs. Puis les parents ou grands parents se présentent pour les récupérer. Chercher a justifier la différence de cout ? en tout 30mn (et je suis large) d'hotesse qui en suivant les enfants fait souvent autre chose (car elle a plusieurs fonctions en même temps : au départ elle fait aussi les enregistrements des autres passagers par ex ...)
Ceci à mon sens s'apparente d'abord à de la discrimination, car si je pouvais partir avec mon enfant je ne paierais que 220€ sur ce même voyage ! Puis à de l'abus commercial pur et simple !
Je suis vraiment COLERE ! mon enfant ne verra donc pas sa mère ni ses grands parents !
J'envisage d'emporter notre siège auto en europe pour être ensuite utiliser dans une voiture de location.
Plusieurs questions... sans réponse... ou tout du moins en faisant une recherche j'obtiens des points de vue différent !
1) Est-ce que le siège (modèle britax marathon - modèle canadien) pourra t'il être fixer correctement dans une voiture européenne ? Je me suis rendu compte à quel point les voitures européennes avaient encore évolué au niveau des attaches et autres systèmes de sécurité. 2) utilisant une voiture de location, en cas d'accident, serais-je couvert ?
Si des personnes ont déjà rencontré des problèmes similaires pouvaient me faire part de leur point de vue ce serait super apprécié... et ça m'éviterait bien des soucis !
Merci d'avance
Plusieurs questions... sans réponse... ou tout du moins en faisant une recherche j'obtiens des points de vue différent !
1) Est-ce que le siège (modèle britax marathon - modèle canadien) pourra t'il être fixer correctement dans une voiture européenne ? Je me suis rendu compte à quel point les voitures européennes avaient encore évolué au niveau des attaches et autres systèmes de sécurité. 2) utilisant une voiture de location, en cas d'accident, serais-je couvert ?
Si des personnes ont déjà rencontré des problèmes similaires pouvaient me faire part de leur point de vue ce serait super apprécié... et ça m'éviterait bien des soucis !
Merci d'avance








