Bonjour à tous !
Il n'est pas encore 21:00 mais ça ne m'empêchera pas de poster la suite du récit dès maintenant.
Bonne lecture !
JOURS 13, 14 et 15 (du 19 août au 21 août 2013): Retrouvailles
Depuis le balcon du motel, je jette un regard sur la Mustang que j’allais bientôt abandonner de manière définitive. Il est 5:30 du matin.

Les rues sont encore calmes et le retour à l’aéroport est gonflé par la nostalgie : les incroyables miles parcourus à bord de ma Mustang cabriolet sont désormais ancrés dans le passé, et le passage de la barrière anti-retour du garage Hertz marque la fin de ce fabuleux road-trip.

Le temps de cette dernière photo souvenir, je me dirige vers les portes de l’aéroport. Soudain, je me rappelle que je ne suis pas venu simplement avec un sac à dos aux Etats-Unis : ma valise est restée dans le coffre de la voiture ! On m’autorise à la récupérer, et cette fois je quitte le parking pour de bon, laissant la Mustang derrière moi.
Le AirTrain (transport automatique de l’aéroport de San Francisco) m’amène jusqu’au terminal 1 d’où partent les avions de United Airlines. Malgré l’heure matinale, les comptoirs d’enregistrement sont déjà bondés. Cette fois je dois payer pour mon bagage de soute (25$ !) mais le reste de l’enregistrement se fait sans encombre, et je suis dans les temps. Je n’ai plus qu’à franchir les détecteurs de métaux. A moins que…
A moins que je ne sois vraiment étourdi aujourd’hui. L’accoudoir central de la Mustang… j’y ai laissé le GPS ! Or, si je veux conduire à l’Est, j’ai tout intérêt à l’avoir sur moi… Il faut réagir vite : selon mes estimations, j’ai le temps de refaire tout le trajet inverse jusque chez Hertz et de revenir, le tout en moins de 40 minutes. Le cœur un peu battant, je rebrousse donc chemin, le pas vif. Si seulement l’AirTrain était plus rapide !
Lorsque je suis de retour dans le parking, je cours dans tous les sens. Toutes les voitures ont été déplacées; impossible de retrouver la Mustang ! Puis, avec un peu de persévérance, la voici qui se dévoile à nouveau sous mes yeux, pour mon plus grand plaisir et à mon soulagement. Je présente mon papier de location Hertz et on m’autorise à récupérer le GPS. En toute honnêteté, je n’avais qu’une envie : repartir avec la Mustang !
Mais le temps m’appelle; je dois rapidement regagner le Terminal 1. J’y arrive à temps, avec un peu de marge mais sans plus. Rapidement, je me retrouve à bord d’un Boeing 737-800 tout neuf de United, côté hublot.

Le vol s’effectue au-dessus des nuages; je n’aurai donc pas l’occasion de retracer mon trajet vu du ciel. Après 4h de vol et 2h de décalage horaire (le trajet a donc « duré » 6 heures), l’avion se pose à l’aéroport international O’Hare de Chicago.
Ou autrement dit l’un des aéroports les plus grands et les plus actifs du monde. SFO, c’est pour les bisounours à côté de ce monstre ! Ici, chaque agence de location de voiture à son propre bus qui vous amène au parking adéquat. J’embarque donc à bord d’un bus Hertz qui m’amène à l’agence de location.
Bizarrement, Hertz Chicago ne propose plus de Ford Mustang. De toutes manières, je suis resté raisonnable cette fois : j’ai choisi la deuxième catégorie la moins chère chez Hertz. J’ai hâte de voir à quoi ressemble une petite berline Américaine. Vous voulez savoir ?
Une Volkswagen Passat, avec une plaque d’immatriculation en forme de banane. C’est pas comme si je venais d’Europe… enfin bon, on repassera sur l’immersion. Après tout je vais pas me plaindre; c’est tout à fait honorable comme voiture.

La question, c’est « qu’est-ce que vous obtenez concrètement en prenant la deuxième catégorie la moins chère ? ». Un moteur 5 cylindres de 170 chevaux. Aaaaah, les Américains et les voitures…
Quoique le plus surprenant, ce sont tous les petits dispositifs qui ressemblent étrangement à des micros, répartis dans l’habitacle. Petite dédicace aux derniers commentaires qui traitaient de la NSA : chers forumers, ça se confirme : je suis effectivement tracé par la National Security Association ! Plutôt que d'insérer les photos dans le récit, je les ai mises en fichiers attachés. C'est assez amusant à voir !
Bon, je vais être franc, après avoir conduit une Ford Mustang pendant 10 jours, même 170 chevaux paraissent un tantinet mou sous le pied. Le frein est flou et la direction un peu trop légère à mon goût. De plus, la Passat est une traction, et envoyer 170 chevaux sur les roues avant entraine un ENORME effet de couple : concrètement, lorsque vous accélérez sans maintenir le volant, la voiture part sur la droite. C’est bien pour les gens qui aiment tourner à droite; pour les autres, ça requiert un peu d’attention tout de même. Au contraire, la Mustang était une propulsion : la puissance du moteur allait sur les roues arrière et la direction était donc tranquille. Voilà, c’était l’instant mécanique !
L’aspect technique étant achevé, que fais-je dans les environs de Chicago ? En avril 2010, j’ai eu la chance de faire un voyage de classe aux Etats-Unis et d’être reçu en famille d’accueil, dans un petit village du Wisconsin appelé Lancaster. Nous avons eu et gardé un très bon contact; je leur avais promis que si je revenais aux Etats-Unis, je passerai leur dire bonjour. Et ce moment était enfin arrivé, 3 ans et 4 mois plus tard.
Une chose est sûre : la conduite est beaucoup moins zen que dans l’ouest. Le décors est tout autant différent !

Mais après 4 heures de route, j’arrive à Lancaster où je suis accueilli chaleureusement par mon ancienne famille d’accueil. La famille est composée des parents, Carola et Tom, du fils ainé Jon (de mon âge), de leurs deux filles plus jeunes Lyvia et Leda, et de leur petit chien Cali. Je retrouve donc tout le monde sans exception ! La photo suivante date de 2010 mais c'est la seule que j'ai avec tout le monde en même temps (visiblement je n'avais pas eu le temps de croiser mes bras au moment de la prise !):

Les choses ont un peu évolué. Outre les travaux dans la maison, Jon a désormais son permis, et me montre fièrement son petit "pick-up truck" : un ancien Ford Ranger V6. Le jardin est désormais occupé par des plants de légumes et… de citrouilles. Car acheter une citrouille pour Halloween, ça coûte cher ! Ils les "fabriquent" donc eux même et en vendent; une bonne initiative sachant qu’ils n’ont pas des moyens colossaux ! J’ai donc pu manger de vrais ZZzharicots, manger du vrai maïs directement sur l’épi...
Je me charge également de garder Lyvia et Leda lorsque les parents sont au travail, l’occasion de faire des jeux en anglais: UNO, Cluedo, "hide and seek" ou encore "find the magnet". Ce dernier jeux consiste à cacher chacun son tour un aimant dans la maison, en le fixant sur un objet métallique; les autres joueurs doivent alors le retrouver. Pas aussi facile qu'il n'y parait, surtout lorsqu'on y est pas habitué !
Comme c'est surement le cas dans beaucoup de petits villages aux Etats-Unis, l'esprit communautaire est très fort et les voisins s'ajoutent rapidement à la partie; on passe un bon moment tous ensemble !
Les deux filles m'emmène également sur le Grand M de Platteville, ou World's Largest M; je suivais leurs directions en conduisant. Il a été créé en 1936 par des élèves ingénieur à l'Université de Wisconsin-Platteville, qui était une école des mines à l'époque. Il est entretenu par les élèves d'aujourd'hui et un escalier permet de monter au sommet de la colline. Celui-ci offre une belle vue sur la campagne environnante qui, contrairement à l'ouest, rappelle davantage la France:

Une autre fois, le père m’emmène chercher la fille ainée au lycée (Highschool) puis me propose de conduire au retour. Je n’allais certainement pas refuser, d'autant plus que la « voiture » n’est autre qu’un énorme Dodge RAM 1500 V8 comme celui de la photo ci-dessous (illustration). J’ai beau conduire comme un escargot, à ce moment-là je prends mon pied en faisant « glouglouter » le V8 du Dodge, haut perché au-dessus la route, ayant l’impression de manœuvrer un tank. Il ne faut décidément pas grand chose pour m'amuser !

Un Dodge RAM 1500 comme celui de ma famille d'accueil (Source: Google Images)
Pendant mon séjour dans le Wisconsin, je pars également retrouver trois amies d’un autre lycée Américain, à 2 heures de route vers le nord, du côté de LaCrosse WI. Je me charge même de conduire au travail l’une d’elle ! Les jobs étudiants sont beaucoup plus répandus aux Etats-Unis, en particulier pendant les périodes scolaires. Là encore, les retrouvailles sont chaleureuses et la séparation difficile…
Pour le dernier soir, ma famille d’accueil organise un petit bonfire (rassemblement autour d’un feu de bois) avec quelques voisins. L’occasion de manger des s'mores, sortes de biscuit fourré au marshmallow et au chocolat, grillé directement sur le feu. Miam ! Quant au bois, il est coupé sur place, en tapant au marteau une pointe sur le dessus de la buche, ce qui la fait se désintégrer en plusieurs morceaux.
Au même moment, les voisins me posent beaucoup de questions sur la France et la langue française. Certains ont pris des cours de français mais ont souvent abandonné en route, à cause de la difficulté. Quelques mots leurs reviennent, ce qui donne lieu à des instants très comiques, surtout lorsqu'il s'agit de jurons français! Alors que l'obscurité du ciel est trahi par un orage lointain, il s'en suit un long débat sur les éclairs de chaleurs: touchent-ils le sol ? Cela devient rapidement le sujet sensible et on se contredit mutuellement avec humour.

Un S'more (source: Wikipedia)
Décidément, les Américains sont très accueillants ! Ce fut l'occasion de redécouvrir leur culture de manière un peu différente, d'assister directement à leur style de vie et non à des attractions dédiés aux visiteurs. Malheureusement, après seulement trois jours passés en leur compagnie, il est déjà temps pour moi de retourner à Chicago, ville qui figurera comme l'ultime destination de ce voyage aux Etats-Unis.
Dans le prochain épisode: je fais un retour un peu chaotique à Chicago...
Merci pour votre lecture; la suite arrivera sous peu (aujourd'hui) !