Jour13 : vendredi 6 septembre
Depuis que je suis à Fonte Ceretto, je n'ai fait que des petits trajets dans la province de L'Aquila : aller à L'Aquila ou monter à Campo Imperatore. A partir d'aujourd'hui je vais faire des trajets plus longs et tortueux. Je joindrai donc une carte avec l'itinéraire du jour.
Ce sera mieux que rien, mais cela ne permet pas de se rendre compte du relief de l'intérieur de l'Abruzzo. Celui-ci est particulièrement compliqué et je n'ai réussi à m'en faire une idée qu'en voyant des cartes en relief sur place avec les différents massifs montagneux et les cours d'eau.

Le but de la journée est de visiter Celano et son château (Castello Piccolomini) ainsi que le site archéologique d'Alba Fucens. Pour y arriver, je dois traverser le massif du Sirente-Velino (au sud-est de L'Aquila), les 2 sites se trouvant sur le versant sud de ce massif. La majeure partie du massif est protégée : c'est un parc régional (Parco Regionale del Sirente-Velino).
Je descends de Fonte Ceretto à Bazzano par la route SS17bis ; ensuite je franchis la rivière Aterno (qui passe près de L'Aquila) et arrive à Civita di Bagno. A partir de cet endroit la route (SR5bis) monte sur le massif du Sirente et atteint un plateau à environ 1300m d'altitude (altopiano delle Rocche).
Le plateau, le village de Rocca di Cambio et Monte Cagno.

Ce plateau est cultivé (principalement du fourrage) et fait environ 15 kms de long jusqu'à Ovindoli. De petites stations de ski sont aménagées sur les montagnes qui dominent le plateau. A Ovindoli, la route bascule sur le versant sud et descend jusqu'à Celano.
Vue sur le château en arrivant dans le haut de la ville.

En allant jusqu'en bas de la ville, on a une autre vue sur le château.

En arrivant devant l'enceinte du château, c'est l'aspect militaire et défensif qui ressort.

Une fois à l'intérieur de l'enceinte, depuis le chemin de ronde, j'ai une vue sur Celano et tous les environs.

Je peux aussi admirer le château à plan carré et quatre tours d'angle d'inspiration clairement médiévale.


Le portail d'entrée laisse présager une transition de style.

Et dans la cour intérieure , je me retrouve en plein "quattrocento" dans une demeure seigneuriale avec ambiance Renaissance.

Les salles intérieures abritent le musée de la Marsica et la première chose que je peux constater, c'est l'état du château il y a un siècle (documents photographiques pris après le tremblement de terre de 1915).
Digression : le tremblement de terre de 1915.
Le 13 janvier 1915 à 7h53 eut lieu un tremblement de terre de magnitude 7.0 qui toucha toute la région de la Marsica (la magnitude du tremblement de L'Aquila en 2009 est de 6.3). La catastrophe fit plus de 30000 morts et, à Avezzano, la ville la plus peuplée de la Marsica, il y eut 10700 morts sur 13000 habitants. C'est une des pires catastrophes ayant touché l'Italie. La région n'était plus qu'un amas de ruines. Ce tremblement laissa beaucoup d'amertume en Abruzzo du fait de la médiocrité des secours et de la longueur de la reconstruction (plusieurs dizaines d'années).
Fin de la digression.
Le musée comporte une section d'art sacré. Voici une fresque et un triptyque.
Santa Maria Maddalena.

Triptyque de San Pietro in Alba Fucens (soyez indulgents pour la photo, la peinture, elle, est splendide).

Ces 2 œuvres se trouvaient avant 1915 dans l'église "San Pietro in Alba Fucens" (commune de Massa d'Albe) et furent retrouvées dans les gravats. La fresque fut décollée et elles sont maintenant exposées au "Castello Piccolomini" à Celano.
Voici une porte sculptée (12 ième siècle) provenant du portail de l'église "Santa Maria in Cellis" de Carsoli.

En regardant par les fenêtres vers le sud, je vois en contrebas la plaine ("Piana del Fucino") avec ses voies de circulation tracées au cordeau.

Petite histoire du lac de Fucino ("lago del Fucino")
Cette plaine était autrefois un lac (600 m d'altitude), le troisième lac d'Italie par sa superficie. Il était alimenté par des torrents descendant des montagnes dont un seul a un cours plus long que les autres, le Giovenco. Mais c'était un point bas, il n'avait pas d'exutoire et ses nombreuses variations de niveau ont toujours gêné les habitants des alentours.
Pour stabiliser son niveau, les Romains (période impériale) construisirent un émissaire et un tunnel de 5 kms environ passant sous un chaînon (ouest du lac) et permettant aux eaux de se déverser dans la rivière Liri située à une altitude inférieure de l'autre côté du chaînon.
Après la période romaine (faute de maintien en état), le lac reprit ses variations de niveau.
Au 19 ième siècle, un projet réapparut avec comme but, cette fois, l'assèchement complet du lac. Ce fut un exemple de capitalisme entrepreneurial ; le prince Torlonia obtint la concession avec le marché suivant : faire faire les travaux en échange de la propriété de presque toutes les terres qui allaient émerger.
L'assèchement commença en 1862 et se termina en 1875.
Fin.
La section archéologique du musée présente, entre autres, des pièces liées au lac de Fucino.
Un bas-relief, qui faisait partie des installations de l'émissaire romain, avec des représentations de navires.

Des outils de pêche attestant l'activité sur le lac ( en italien, cela s'appelle "fiocina" au singulier ; "harpon" en français).
