L'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte

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VA
Jour1 : dimanche 25 août 2019 Introduction J'avais pensé appeler ce carnet "l'Abruzzo, une région qui gagne à être connue", mais ce titre est déjà pris par un carnet sur la région voisine "les Marches" (le Marche) rédigé il y a quelques années ; ce sera donc "l'Abruzzo, une région qui mérite d'être découverte". L'Abruzzo, nous n'en entendons parler que quand un malheur (tremblement de terre) est arrivé. C'est une région d'Italie centrale avec une façade sur l'Adriatique, la région où l'Apennin est le plus haut. J'y ai voyagé du 25 août 2019 (arrivée dans la région) au 28 septembre 2019 (départ de la région) en caravane. Pour les personnes tentées par le voyage de septembre en camping, il y a une seule précaution à prendre ; les campings commencent à fermer dès les premiers jours de septembre, peu sont ouverts après le 15 Septembre. Renseignez-vous sur les dates de fermeture de façon à bien savoir ce qui sera ouvert la seconde quinzaine du mois. Je n'établis pas de programme journalier à l'avance ; je prépare le voyage à l'aide d'internet en constituant une liste de points d'intérêt ; sur place, je vais dans les offices de tourisme (IAT : Informazioni e Accoglienza Turistiche), en général assez bien signalés en Italie, pour me documenter. Je décide le soir le programme du lendemain (forme d'improvisation).

Première demi-journée Je suis la "via adriatica" (SS16) qui longe toute la côte et je vais aller jusqu'à Pineto (20 kms au nord de Pescara) au camping "Pineto beach" (un nom pas très italien). J'arrive juste à temps pour m'installer avant l'heure de la sieste, moment de la journée pendant lequel il est interdit de s'installer sur les emplacements. Ayant beaucoup roulé, ce sera une demi-journée de récupération. Je vais trouver la piscine,



tester la plage.



Puis je vais aller en vélo jusqu'au pays (Pineto) pour une promenade (plage : "lidi", "Via D'Annunzio" : la rue commerçante) et des courses ; ce sera tout pour la journée. Je posterai un message par jour de voyage ; j'utiliserai beaucoup la fonction "modifier" pour ne pas perdre, pour compléter et pour corriger ce que j'aurai fait. Les photos seront celles prises le jour du récit ; je tricherai pour quelques unes (endroits où je suis allé plusieurs fois, meilleures conditions). Exemple : les 2 photos ci-dessus prises un matin quelques jours plus tard.
Valmichel86
B7
Je connais un peu cette région - mes beaux-parents y habitent - ce n'est sûrement pas une des plus intéressantes d'Italie, mais la nature est belle (en français, on appelle cette région les Abruzzes). J'attends avec impatience la suite du récit de votre voyage.
MI
Bonjouren attendant la suite, je reviens sr votre introduction : officiellement , dans la nomenclature des régions et tous les manuels scolaires italiens , l'Abruzzo appartient à l'Italie du sud https://it.wikipedia.org/wiki/Nomenclatura_delle_unit%C3%A0_territoriali_per_le_statistiche_dell%27Italia ça peut paraître curieux , tant pour la lattitude qui est la même que le Latium ( Pescara, la capitale , à la lattitude d'Argeles sur Mer est plus nordique que Rome ) que pour l'économie : la région est beaucoup plus riche que le reste de l'Italie du sud , son PIB/hab est le même qu'en Picardie et Languedoc , les 2 régions françaises de métropole les moins favorisées et plus élevé que celui de 2 provinces wallones sur 5 ; c'est aussi une région très industrielle , 21 % du PIB contre 18% pour l'ensemble de l'Italie et 12% pour la France La raison est que l'Italie du Sud officielle correspond à l'ex royaume de Naples ( + la Sardaigne ) Par ailleurs , on se demande bien pourquoi un nom masculin singulier en Italien est traduit par un nom féminin pluriel en français ; presque la même chose pour La Puglia qui devient en français Les Pouilles
VA
J'ai discuté de ce point avec deux italiens sur place ; ils m'ont répondu, avec les mêmes arguments que vous : cela dépend si on regarde plutôt la géographie, l'économie ou l'histoire (Royaume de Naples). Mais je n'avais pas regardé la nomenclature officielle des régions et j'ai fait mon classement personnel en considérant que la plus grosse partie de la région est au nord de Rome. Pour le singulier ou le pluriel, il y a des bizarreries...
Valmichel86
MI
je disais ça pour l'anecdote ....quoi que....si on a la question au bac ou à qui veut gagner des millions , il vaut mieux savoir... pour les traductions des noms , j'ai toujours trouvé absurde de traduire des noms propres : London , c'est London , pas Londres ; vous avez bien raison d'écrire l'Abruzzo
B7
ça peut paraître curieux , tant pour la lattitude qui est la même que le Latium ( Pescara, la capitale , à la lattitude d'Argeles sur Mer est plus nordique que Rome ) La raison est que l'Italie du Sud officielle correspond à l'ex royaume de Naples ( + la Sardaigne )

Puisque vous êtes un inconditionnel des appellations d'origine, je me permets de corriger votre message précédent : il fallait écrire, respectivement : Lazio, Roma, Mezzogiorno, Napoli, Sardegna.
VA
Jour2 : lundi 26 août 2019 A vélo, par la piste cyclable, je vais voir la "Torre del Cerrano", une tour de guet située à la limite de Pineto et Silvi ; pour arriver à cette tour, on traverse une pinède classée (piste cyclable en terre battue) et au niveau de la tour existe une aire maritime protégée.



J'y reviendrai pour monter au sommet de la tour et profiter du point de vue.

L'après-midi direction Atri : l'antique "Hadria" qui serait à l'origine du nom de la mer "adriatique". La route (SP28) monte dès la sortie de Pineto et, 9 kms après, on est à Atri, sur sa colline à 440 mètres d'altitude.



"Piazza Duomo", je suis en face du monument le plus remarquable de la ville, la cathédrale ou plutôt la "Basilica Cattedrale Santa Maria Assunta". Façade en style roman (13ième siècle) avec portail et rosace.







Sur le côté droit, il y a une petite église incorporée à l'ensemble, "Santa Reparata", et 3 portails d'accès.





Un de ces 3 portails est une Porte Sainte (Porta Santa). "Y'a pas qu'à Rome et à l'Aquila" dit-on à Atri.



Comment fonctionne une Porte Sainte ? Il faut rentrer dans l'église par la Porte Sainte et ressortir par une autre. Moyennant d'autres conditions (prière confession....) sur lesquelles je n'insiste pas, (mais quelque chose me dit que l’Église, elle, pourrait bien insister sur ces conditions) on obtient l'indulgence plénière, c'est-à-dire la rémission totale de la peine temporelle due pour les péchés déjà pardonnés. Et là, quand même, on voit que j'ai travaillé le sujet avant de commencer à rédiger. Bref, une personne expirant juste après (péché pardonné plus rémission totale de la peine temporelle) n'est pas loin du paradis. Enfin il faut respecter le calendrier d'ouverture : un peu plus d'une semaine à partir du 15 août à Atri, je pense.

Changeons de sujet et passons à la spécialité d'Atri.



Si vous ne connaissez pas le mot "liquirizia" en italien, c'est une devinette. Vous avez 2 indices : - cela se vend au mètre - ce n'est pas cher. J'en ajoute un troisième : -je trouve cela très bon. Solution à la fin du jour2.

Je quitte la ville et je vais un peu à l'extérieur voir l'OASI WWF "Calanchi di Atri", réserve naturelle régionale. Il faut : -un terrain principalement argileux mais avec un peu de sable -une pente forte avec une exposition sud de préférence -une alternance d'orages (pluies fortes) et périodes sèches -pas de couverture végétale; Laissez agir l'érosion... Vous obtiendrez cela.









Quelques "piramidi di terra" (demoiselles coiffées).





J'ai fait une randonnée en boucle d'environ 2 heures (6 kms avec un bon dénivelé) ; le temps était devenu orageux (tonnerre), je ne voyais pas les montagnes mais je voyais la pluie tomber sur les collines à plusieurs kms. Au retour de la randonnée, le centre d'accueil du WWF est ouvert ; je trouve une brochure parlant des "calanques d'Atri" (français) et des "badlands of Atri" (anglais) ; je connaissais le terme"badlands" et c'est exactement ce que j'ai vu à Atri ; mais le terme "calanques" pour un français renvoie à autre chose : Cassis, Piana. J'ai cherché (dictionnaires) ; "badlands" n'est jamais proposé comme traduction de "calanques" et "calanques" n'est jamais proposé comme traduction de "badlands". Alors ?? le mot "calanques" désignerait-il 2 types de formations géologiques différentes ? Si quelqu'un a les connaissances en géologie, je ne demande qu'à apprendre.



"liquirizia" : c'est la réglisse, cultivée ici depuis des centaines d'années.
Valmichel86
MI
exact , mais malheureusement , le poids des habitudes....

ça peut paraître curieux , tant pour la lattitude qui est la même que le Latium ( Pescara, la capitale , à la lattitude d'Argeles sur Mer est plus nordique que Rome ) La raison est que l'Italie du Sud officielle correspond à l'ex royaume de Naples ( + la Sardaigne )

Puisque vous êtes un inconditionnel des appellations d'origine, je me permets de corriger votre message précédent : il fallait écrire, respectivement : Lazio, Roma, Mezzogiorno, Napoli, Sardegna.
VA
Jour3 : mardi 27 août 2019 Ce sera un programme randonnée ; j'ai prévu d'aller aux gorges du Salinello (gole del Salinello). Je longe la côte jusqu'à Giulianova, puis traverse la zone des collines pour arriver à Civitella del Tronto, au pied des montagnes (entre Teramo et Ascoli Piceno). Le village avec Monte Girella au fond.



Le village et la forteresse.



Ayant visité le village et la forteresse, très grande et complètement imprenable, lors d'un précédent voyage dans les Marches, je n'y retourne pas ; je garde un bon souvenir de cette visite qui vaut le coup. J'atteins Ripe ("frazione" de Civitella del Tronto) par une petite route, et, après 1 km de chemin empierré, suis au départ de la randonnée (parking, aire de pique-nique). On est dans le parc : Parco Nazionale del Gran Sasso e Monti della Laga (partie nord Monti della Laga). Le sentier passe près de la grotte Sant'Angelo, qui a servi d'ermitage.



Puis il descend (partie raide) jusqu'à une cascade au fond de la gorge.



A partir de la cascade, le sentier remonte la gorge (passages rocheux, petits rapides, bassins ou piscines).





La partie amont de la gorge est très étroite, le sentier disparait et on emprunte le lit de la rivière (cette partie n'est pas praticable toute l'année).

Depuis la gorge, on aperçoit l'entrée d'un autre ermitage (Eremo di Santa Maria Scalena), non accessible (sentier fermé car dangereux).



La gorge se termine après cette partie dans le lit de la rivière. Retour par le même itinéraire. Randonnée ombragée sauf le départ. Je me rends ensuite à "Castel Manfrino" (en voiture). Je fais le trajet Ripe-San Giacomo-San Vito ; à San Vito, je prends la route (SP69) qui monte à un col (Valico della Croce di Corano) ; cette route (en terre) est à éviter (deuxième partie de la montée en très mauvais état). Passé le col, la route descend à Macchia da Sole et je me gare près d'une crête d'où on voit "Castel Manfrino" ; un chemin mal marqué conduit en 15 minutes aux ruines du château.





Il ne faut s'attendre qu'à des pans de mur, mais le site est exceptionnel : un éperon rocheux perdu au milieu de nulle part, dominant la gorge du Salinello et encadré par les "Monti Gemelli" (Monte Girella et Monte Foltrone). Le château et Monte Foltrone.

Je finis la descente en voiture jusqu'au village de Macchia da Sole . On peut aussi aller à "Castel Manfrino" par un bon chemin à partir du village (un peu plus long) ou faire une randonnée regroupant gorge et château à partir du départ du sentier des gorges (nettement plus long que ce que j'ai fait). La route du retour (SP52) offre une vue dominante sur Civitella del Tronto.



En soirée, je vais au concert à Atri ; c'est un orchestre de jeunes composé uniquement de flutes : toutes les parties sont jouées à la flute (il y a des flutes basses qui jouent les parties de contrebasse par exemple). Le programme va de la musique baroque à Mahler.
Valmichel86
VA
Jour4 : mercredi 28 août Ce matin c'est le retour annoncé à la "Torre del Cerrano" pour une visite guidée des locaux ( petit musée de la mer ) et pour l'accès à la terrasse qui permet d'avoir un point de vue sur les collines et la plage de Pineto.





La plage au pied de la tour.

Quelques dauphins se baladent à moins de 500 mètres du rivage. Je fais un arrêt flânerie- plage dans la pinède en rentrant au camping.



Aparté sur le temps (valable pour toute la semaine). Le temps est magnifique le matin avec une petite brume qui rend les lointains flous. L'après-midi, dans l'intérieur des terres, une couverture nuageuse se développe avec des averses localisées (de quelques gouttes à une grosse pluie) et une ambiance orageuse ; la brume est toujours présente à ce moment là et la lumière assez spéciale (cf la dernière photo d'hier). Il fait chaud ; la température ne descend pas beaucoup la nuit (comme en période de canicule en France) et il fait très bon à la plage dès le début de la matinée.

La destination de l'après-midi est Campli, commune voisine de Civitella del Tronto ; membre de l'association "I borghi piu belli d'Italia" (équivalent de nos "plus beaux villages de France"), qui ne rassemble pas que des villages, c'est une ville de 7000 habitants.



Le musée archéologique national présente les pièces retrouvées dans une nécropole de plus de 600 tombes ; l'archéologie n'est pas toujours spectaculaire, mais il y a de beaux objets.



"Piazza Vittorio Emanuele" , au centre du pays, est bordée sur tout un côté par le "Palazzo Farnese", actuelle mairie.



Je passe sous les arcades où est installé l'IAT. L'hôtesse, au lieu de me remettre une brochure, va m'accompagner pour une visite guidée de la ville d'une petite heure. Nous commençons par la "Cattedrale di Santa Maria in Platea", de l'autre côté de la place, avec sa façade partie romane, partie néoclassique. Crypte avec fresques (église primitive) et plafond en bois à l'intérieur qui est intéressant.



Voici l'église "della Madonna della Misericordia".



C'est le premier bâtiment que je vois ainsi. Elle a été ébranlée par le tremblement de terre de 2016 (Amatrice). Amatrice se trouve dans le "Lazio", mais à quelques kms de l'Abruzzo, et à moins de 40 kms d'ici à vol d'oiseau. Notre périple nous conduit ensuite devant l'église San Francesco (détail du portail),



puis à la maison du médecin (16ième siècle, cour intérieure).



Pour finir nous allons à l'Escalier Saint ("Y'a pas qu'à Rome"). Un Escalier Saint, c'est comme une Porte Sainte sauf que c'est un escalier (sic), donc... marches : ici 28 marches en chêne qui ne peuvent se monter qu'à genoux, tête baissée, en priant. L'escalier est ouvert tous les jours, mais le pénitent ne peut espérer l'indulgence plénière qu'à certaines dates (calendrier). L'escalier est décoré de scènes de la Passion (6 panneaux) ;



le pénitent redescend par un autre escalier, derrière le mur de droite, décoré dans des tons plus clairs. Le soir, je vais à un concert de musique traditionnelle abruzzaise à Pineto, des "histoires chantées" (voix accompagnée au violon et à la guitare). A la sortie, la "via D'Annunzio" , piétonnière en soirée, est bondée. . L'Abruzzo n'a pas la réputation d'être très touristique, mais, fin août, il y a énormément de touristes sur la côte qui est une succession de stations balnéaires. Cela changera quand, début septembre, j'irai dans les montagnes (province de L'Aquila).
Valmichel86
VA
Jour5 : jeudi 29 août J'ai programmé une randonnée en altitude dans le massif du Gran Sasso. Itinéraire pour aller au point de départ : SS16 jusqu'à Roseto degli Abruzzi, SS150 jusqu'à Montorio al Vomano, SS80 jusqu'à la bifurcation qui permet de monter à Pietracamela puis Prati di Tivo. Dans le parc national (Gran Sasso Laga), Prati di Tivo est une station de montagne hiver-été située à 1500 mètres d'altitude avec quelques hôtels, magasins et remontées mécaniques. Vue sur le massif du Corno Piccolo.



Le massif du Gran Sasso culmine à 2912 mètres (c'est le point culminant de l'Apennin) au Corno Grande ; un autre sommet peu éloigné (Corno Piccolo) atteint 2655 mètres. Je monte par la télécabine à 2000 mètres d'altitude, à la Madonnina (chapelle).



On peut y arriver à pied en suivant cette crête (cela rallonge la randonnée).



Peu après la Madonnina l'ambiance devient plus minérale. Vue sur le Corno Piccolo.



J'arrive au refuge Franchetti (2440 mètres).



Les nuages sont en avance sur l'heure prévue par la météo, mais il y a toujours de bons moments de soleil. Au-dessus du refuge, je veux monter jusqu'à un col mais les 100 derniers mètres sont un peu difficiles pour moi ; ce sera donc pique-nique entre les 2 sommets ; l'ambiance est ici complètement minérale. massif du "Corno Piccolo".



Massif du "Corno Grande".





Pendant la pause pique-nique les nuages ont pris le dessus et le temps est devenu menaçant. En arrivant au refuge, les premières gouttes se mettent à tomber, puis une forte pluie. Je vais rester à l'abri plus d'une demi-heure avant de repartir. A la fin de la descente j'ai la chance de voir un chamois ; pas du tout inquiet de la présence de 3 randonneurs bien en-dessous de lui, il est resté une dizaine de minutes sur son rocher, prenant la pose soit du côté droit, soit du côté gauche.



Le chamois de l'Apennin (camoscio apenninico) est une sous-espèce de chamois endémique de l'Apennin central. Disparu du massif du Gran Sasso, il a été réintroduit dans les années 1990 à partir d'un autre parc (Parco Nazionale d'Abruzzo, Lazio e Molise). La réintroduction a réussi et on compte environ 1000 individus dans le parc du Gran Sasso. En redescendant vers la vallée, je m'arrête à Pietracamela, village à 1000 mètres d'altitude sous Prati di Tivo.





Si le site est intéressant, je suis déçu par le village lui-même. Beaucoup de travaux sont en cours suite aux 2 derniers tremblements de terre (2009 : L'Aquila, 2016 : Amatrice), mais le mauvais état des bâtiments semble remonter à plus loin avec de longues périodes d'inoccupation pour certains. En soirée je retourne à Atri pour un autre concert. Il y a de nombreuses "master classes" à Atri au mois d'août et, par conséquent, des concerts presque quotidiens la seconde quinzaine du mois. Ce soir, le programme est lyrique avec une partie récital et un opéra de G Puccini "Suor Angelica".
Valmichel86
VA
Jour6 : vendredi 30 août Matinée : piscine et plage. L'après-midi, je vais aller à Roseto degli Abruzzi en suivant la piste cyclable. c'est un tronçon de la "BI6" ou "Ciclovia Adriatica", un itinéraire qui va de Trieste à Bari (voire Brindisi). Il est aménagé sur certaines parties. Sur le trajet Pineto-Roseto degli Abruzzi, le franchissement du Vomano qui sépare les 2 communes n'est pas encore réalisé, ce qui impose de passer par le pont routier peu agréable (circulation, raccordement avec les tronçons de piste aménagée). J'ai réservé pour la fin de l'après-midi une "visite guidée souterraine" de Atri suivie d'un "aperitivo ricco", c'est-à-dire d'un mini-repas. Je vais au "belvedere del Vomano" et à l'église San Nicola di Bari.





Puis je me rends au RDV "piazza Duchi D'Acquaviva" devant le "Palazzo".



La visite mènera un groupe (un peu trop important) dans 4 endroits : le "Palazzo Duchi d'Acquaviva", la "Basilica Cattedrale", une ancienne filature et les grottes. Les souterrains ont été créés pour l'adduction d'eau dans la ville romaine. Sous le "Palazzo Duchi d'Acquaviva" se trouvent des citernes imposantes qui ont servi de fondations et d'écuries pour le palais. Au point suivant de la visite (cathédrale), on a retrouvé des vestiges romains (mosaïques) visibles sous une paroi de verre. Il y a également une citerne à l'emplacement de la crypte, non accessible par mesure de sécurité depuis 2016. Cette partie est remplacée par un commentaire plus détaillé de l'intérieur de la cathédrale.



Certains piliers sont décorés de fresques.



La nef centrale.



Tout au fond, dans le chœur des chanoines, se trouve un ensemble de fresques ; les registres médians et inférieurs représentent des scènes de la vie de Marie. Peintes par Andrea de Litio vers 1470 (artiste originaire de l'Abruzzo), ces fresques sont la première œuvre importante de la renaissance dans la région et le chef d’œuvre de l'artiste (surnommées "Capella Sistina di Atri").



Après la visite de la filature, la guide emmène le groupe jusqu'aux grottes ; ce sont des genres de tunnels creusés dans la roche qui faisaient partie du système d'adduction d'eau romain, ici pour alimenter des fontaines à flanc de colline.



"Vous avez remarqué que les pierres de la façade du palazzo Duchi d'Acquaviva sont taillées dans ce type de roche" dit la guide. Eh bien non, et pourtant... Cette roche est appelée "conglomérat" ; elle date de 2 millions d'années environ et forme la couche supérieure des collines ; Atri est construite dessus. Je remarque par contre que j'ai déjà vu cette roche : c'est le chapeau des "demoiselles coiffées" , une roche dure (jour2 ; calanchi di Atri).

A l"aperitivo ricco", il y a à manger : des amuse-gueule, puis des parts de pizza (en quantité suffisante pour ne pas manger après) et, comme boisson, les 3 vins de l'Abruzzo : Montepulciano (rouge), Trebbiano (blanc), Cerasuolo (rosé). Après le repas, je vais visiter le musée diocésain ouvert en soirée ce jour là ; on y accède par l'intérieur de la cathédrale. La visite permet de passer dans le cloître dont les galeries abritent la partie lapidaire du musée.

Valmichel86
VA
Jour7 : samedi 31 août Je retourne une dernière fois à Atri pour acheter des friandises. J'en profite pour photographier les citernes romaines (écuries)



et les pierres de la façade du "Palazzo Duchi d'Acquaviva".



Et pourtant... La ressemblance avec la roche des grottes (journée d'hier) est frappante. La guide avait bien raison de le signaler. Je photographie aussi le clocher de la cathédrale depuis une petite rue ; de style roman avec un ajout octogonal postérieur, ce serait le plus haut de la région.



J'achète bien sur de la réglisse, mais aussi l'autre spécialité d'Atri : le "Pan Ducale" (gâteau à base de farine, œufs, amandes et chocolat) ; la recette remonterait à 1352 (sans le chocolat à l'époque). La fin de matinée se passe à la plage et, l'après-midi, comme hier, je vais faire du vélo sur la piste cyclable : le tronçon Roseto degli Abruzzi-Giulianova. Ce tronçon est entièrement aménagé avec une passerelle piétons-cyclistes pour franchir le Tordino. Revenu à Roseto, je continue en voiture jusqu'à Giulianova ville haute . Cette ville haute, en partie Renaissance, en partie 19ième siècle, ne m'a pas ébloui : un seul monument vraiment digne d'intérêt, le "Duomo di San Flaviano" avec sa coupole, première église à plan octogonal de la région (15ième siècle).



En restant sur le haut de la colline, je poursuis jusqu'au sanctuaire (Santuario della Madonna dello Splendore). La tradition veut qu'en 1557 la Vierge apparût ici avec une source à ses pieds.



Ne pouvant visiter le sanctuaire (office en cours), je vais dans le cloître-terrasse où se trouve un bassin-piscine à l'endroit de la source ; la terrasse offre un point de vue sur la ville basse et le port.



On peut aussi accéder au musée (museo d'Arte dello Splendore) ; je n'accroche pas vraiment dans la partie "collection permanente" (œuvres provenant de couvents franciscains de L'Aquila), mais une exposition temporaire se tient à l'étage supérieur réunissant 2 artistes contemporains originaires de l'Abruzzo .

Silvio Mastrodascio, sculpteur vivant au Canada depuis des décennies, naturalisé canadien, présente "dal pensiero alla forma" (de la pensée à la forme) : une majorité de figures féminines en bronze patiné avec des expressions de douceur, de volonté, de résolution, de mélancolie...

Sibilla (peut-être)



Lavinia (peut-être)



Velia



Gigino Falconi, peintre, présente "per Giulianova" des tableaux moyens et grands formats : des mythes, des symboles, un traitement de la lumière étonnant. Nascita della Fenice (Naissance du Phenix)



Giulietta e Romeo



Il richiamo del drago (L'appel du dragon) -détail



Ces deux artistes sont connus et reconnus en Italie. Une belle découverte pour moi.
Valmichel86
VA
Jour8 : dimanche 1 septembre La visite de la province de Teramo est terminée, je me dirige vers la province de L'Aquila (entièrement en montagne, sans façade maritime). Itinéraire : SS16 jusqu'à Roseto degli Abruzzi, SS150 jusqu'à Montorio al Vomano, SS80 jusqu'au col (Valico delle Capannelle). C'est la remontée de la vallée du Vomano avec un aspect de moyenne montagne en arrivant au col.



Juste avant le col, je prends la SP86 direction Assergi ; elle traverse une zone de pastoralisme.



J'arrive à Fonte Ceretto (camping), hameau situé à 20 kms de L'Aquila, au départ du téléphérique montant à "Campo Imperatore". A peine suis-je arrivé, un véritable déluge se met à tomber sur un terrain déjà humide ; cela va durer environ une heure ; je termine l'installation après l'arrêt de la pluie. En deuxième partie d'après-midi, je me rends à L'Aquila pour un premier aperçu ; ce sera un aperçu musical car un festival de jazz se tient en plein air : sur la place principale est montée une grande scène , les cours intérieures de "Palazzi" accueillent les formations restreintes. Je me laisse conduire par cette surprise et la visite ne commencera que demain. Tourisme et touristes : en quittant la côte, j'ai aussi quitté la foule des touristes ; j'en verrai toujours quelques uns par la suite, mais jamais beaucoup, partout où j'irai. Quant aux Français, j'ai vu 2 dames à Atri ; je verrai 4 autres Français à Ortona en fin de voyage. En élargissant aux francophones, il faut ajouter 2 Suisses. C'est tout pour 5 semaines de voyage. Vous n'entendrez pas beaucoup parler français dans l'Abruzzo.
Valmichel86
VA
Jour9 : lundi 2 septembre La nuit a été fraiche et pluvieuse ; je demande à la propriétaire du camping de me proposer des randonnées en boucle dans le massif du Gran Sasso ; elle m'en conseille 2 que je ferai dès que le temps sera propice, mais ce n'est pas pour aujourd'hui. Je pars visiter L'Aquila et le temps s'arrange dans la descente. L'Aquila (le centre historique) est une ville "dans ses murs" qui se visite à pied. Je vais commencer par le bâtiment symbole de la ville, la "Basilica di Santa Maria di Collemaggio" ; c'est un cas particulier car elle est "hors les murs", sur une colline située à environ 500 mètres à l'est de l'enceinte. Fondée en 1288 par Pietro da Morrone, futur pape Celestin V, qui s'y fit couronner en 1294, elle abrite sa dépouille. L'aspect médiéval homogène (romano-gothique avec intérieur austère) vient d'une restauration des années 1970 ; beaucoup d'églises en Abruzzo n'ont pas d'unité de style à cause d'ajouts et de reconstructions souvent réalisées suite à des tremblements de terre. Le séisme du 6 avril 2009 à 3heures 32 a très fortement endommagé la basilique ; les travaux de restauration ont duré jusqu'en décembre 2017, date à laquelle la Basilique a été rendue aux fidèles et au public. La façade, le portail gauche, un détail du portail central.







La nef centrale.



Le tombeau de Célestin V.



Enfin il y a ici une Porte Sainte (instituée par Célestin V).



Quand, en venant de la Basilique, on de dirige vers "Porta Bazzano" (entrée est), il suffit de lever les yeux pour se rendre compte que, dix ans après le séisme, L'Aquila est une ville en reconstruction.



"Porta Bazzano" est, elle , restaurée.



Derrière la porte, un dédale de ruelles partiellement (souvent) ou totalement (plus rarement) obstruées par des échafaudages s'étend à flanc de colline. Les chantiers sont remarquablement propres : rien ne traîne dans les rues. Il y a 3 catégories de bâtiments (qu'ils soient civils ou religieux) avec de nombreux bâtiments dans chacune d'elle : - les bâtiments restaurés -les bâtiments en cours de restauration -les bâtiments en attente de restauration.

Voici un bâtiment (logements) restauré, à mon avis remarquablement pour l'extérieur, en haut de "Via Fortebraccio".



En haut de "Via Fontebraccio" un long escalier monte vers la "Basilica di San Bernardino" avec sa façade blanche de style Renaissance.



Une fois à l'intérieur, le regard est attiré par le plafond en bois polychrome doré de la nef centrale (bien postérieur).



San Bernardino di Sienna étant mort à L'Aquila, les habitants gardèrent la dépouille du Saint et la "Basilica" abrite son tombeau (œuvre Renaissance vers 1500).



Je remarque aussi la magnifique coupole entièrement restaurée après le séisme de 2009.



La restauration post-séisme vise à redonner à l'intérieur de la Basilique l'aspect chromatique du "Settecento". La Basilique est rendue au culte depuis Mai 2015 ; le coût total de sa restauration serait de l'ordre de 25 M d'euro.

Je me promène dans les rues de la ville (la partie située à l'est de le rue principale "Corso Vittorio Emanuele"). A remarquer au sud, la "Villa Comunale" avec le "Palazzo dell'Emiciclo" siège de l'assemblée régionale : L'Aquila est chef-lieu de la région Abruzzo. Je quitte la ville pour aller visiter la grotte de "Stife" à environ 20kms à l'est de L'Aquila : sortir par la SS17 jusqu'à San Demetrio, puis à droite la SR261 vers San Demetrio ne' Vestini, puis la SP91 jusqu'à la grotte (sur la commune). Le site au pied du massif du Sirente.



Cette grotte diffère de nombreuses autres parce que c'est un véritable torrent souterrain que l'on remonte sur 700 mètres environ. L'eau est présente et bruyante avec en particulier la salle de la cascade souterraine (la plus intéressante à mon avis). Comme il a plu les jours précédents, je pense que le débit est nettement supérieur au débit habituel. J'ai eu beaucoup de mal à comprendre les explications compte-tenu de l'usage du micro par le guide (voix un peu déformée) et du bruit du torrent (+ langue étrangère). Sur la route du retour, je m'arrête à San Demetrio ne' Vestini pour un voir un petit lac dans un site champêtre (lago di Sinizzo) et pour faire un tour dans le bourg ; le séisme de 2009 a touché toute la zone environnant L'Aquila, ici une église du 19ième siècle.

Valmichel86
VA
Jour10 : mardi 3 septembre Encore une nuit fraiche et pluvieuse. Ce sera une deuxième journée de visite à L'Aquila. Je vais visiter ce matin le "Museo Nazionale d'Abruzzo" (abréviation MuNDA) ; avant le séisme, ce musée était hébergé dans le "Castello Spagnolo" ou "Castello Cinquecentesco".



Ce château est interdit d'accès depuis le séisme et toujours en cours ou attente de restauration. Le MuNDA a rouvert en 2015 dans des locaux provisoires près de "Porta Rivera" et de la fontaine des 99 bouches. Une partie seulement des collections est exposée avec une muséographie contemporaine et réussie. Couvercle d'urne cinéraire en pierre avec serpent (période romaine).



La "salle des Madonnes" (Moyen-âge Abruzzais) est exceptionnelle. "Madonna di Lettopalena" en bois.



Puis les Madonnes peintes. "Madonna del latte".



"Madonna del latte" dite Madonna "de Ambro".



Dans la salle suivante, le "Trittico di Beffi" (début 15ième siècle).



Après le pique-nique, je vais passer tout l'après-midi dans L'Aquila. Juste à côté du musée, près de "Porta Rivera", la "Fontana delle 99 cannelle" est le second symbole de la ville après la "Basilica di Collemaggio".



Il y a autant de grues sur ce versant que sur celui de "Porta Bazzano". Je vais monter jusqu'à "Piazza Duomo". La scène du festival est restée montée sur la place.



Au fond de la place, la "Cattedrale dei Santi Massimo e Giorgio" est toujours fermée en attente de restauration. Sur le côté de la place, est située l'église "Santa Maria del Suffragio" ; on y trouve la chapelle du souvenir en mémoire des 307 victimes du séisme de 2009.





Je vais ensuite faire des tours et des détours dans la ville à l'ouest du "Corso Vittorio Emanuele" (j'ai fait la même chose à l'est hier). Voici le dernier monument religieux inauguré après restauration (Juillet 2019). Intérieur de l'église "San Silvestro".



Voici maintenant une église en attente de restauration : "Santa Maria Paganica".



Des photos semblables pour des bâtiments civils. Logements en attente de reconstruction.



"Palazzo" en attente de restauration (Palazzo di Margherita d'Austria, je pense).



La mairie restaurée (carrefour "Quattro Cantoni").



Et, pour finir, la "Fontana Luminosa" avec un ciel très noir sur les contreforts du massif du Gran Sasso.



Après ces deux jours de visite à L'Aquila, je ne suis pas inquiet pour la reconstruction de la ville. Beaucoup reste à faire, mais beaucoup a été fait et avec un souci de qualité. Mais l'impression qui se dégage de la ville est celle celle d'une ville désertée par ses habitants. On voit pas ou peu de monde dans les rues, même dans la rue principale (Corso Vittorio Emanuele), à l'exception de dimanche après-midi lors du festival de jazz. Le petit nombre de commerces (pratiquement rien en dehors du Corso) ne va pas attirer beaucoup de gens de la périphérie dans le centre. Le centre n'est pas du tout fait pour les voitures et une personne y logeant doit avoir des difficultés pour faire ses courses quotidiennes sur place (absence de commerces adaptés). Je n'ai d'ailleurs pas l'impression que les logements restaurés soient occupés dans leur majorité : on verrait plus de monde. Est-ce mieux du côté des services publics (écoles par exemple) ? ce n'est pas sur ; les établissements que j'ai vu étaient fermés en attente de restauration (mais on ne voit pas tout). Sans ces services (écoles, commerces) les familles avec enfants ne viendront pas loger dans le centre. Je vois les choses à un moment donné avec seulement 2 jours sur place, et ne peux pas juger de l'évolution dans le temps. Mais j'ai l'impression que la ville n'a pas réussi pour l'instant à faire revenir les anciens (ou à attirer de nouveaux) habitants dans le centre historique et que ce centre n'est pas "Vivant". Espérons que cette situation s'améliorera dans les prochaines années.
Valmichel86
CA
Un grand merci Michel pour ce carnet sur une partie de l'Italie peu connue. Les fresques sont magnifiques 😊 encore une belle région à découvrir.
VA
Jour11 : mercredi 4 septembre La météo étant plus favorable aujourd'hui, je vais faire une des deux randonnées conseillées : "Monte Camicia". De "Fonte Ceretto", je monte en voiture à "Campo Imperatore" ; ce nom désigne : 1- la gare supérieure du téléphérique avec ce qu'il y a autour (constructions) 2- un grand plateau de 20 kms de long par 5 de large à peu près, un peu incliné (altitude entre 1900 et 1700), orienté est-ouest dont l'extrémité ouest est proche de la gare ci-dessus. Ce plateau est dénudé (pas ou peu d'arbres ; il est parfois surnommé "piccolo tibet") et constitue une zone de pastoralisme (bovins et ovins). Arrivé sur le plateau, je bifurque vers l'est. "Campo Imperatore" et la chaîne vers "Monte Brancastello"



Le plateau et "Monte Camicia", le but de la randonnée. A droite, "Monte Tremoggia"



Je vais jusqu'au point de départ de la randonnée "Fonte Vetica". La boucle : "Fonte Vetica" - "Sella di Fonte Fredda" (col) - "Monte Tremoggia" - "Monte Camicia" - "Fonte Vetica". Du parking, le sentier part entre deux petits bois, puis s'élève en alpage jusqu'à un col (sella di fonte fredda). Vue sur "Campo Imperatore" dans la montée.



Au col, le vent est violent et froid. Le sentier va suivre la crête vers la gauche jusqu'à "Monte Tremoggia". Jalonnée de cairns, cette crête monte raide mais est très large. Pique-nique à "Monte Tremoggia" (2350mètres) pendant lequel le vent faiblit et le nuage sur le versant sud apparait et se met à monter. "Monte Camicia" vu depuis "Monte Tremoggia".

Ensuite le sentier descend un tout petit peu (passage avec edelweiss), puis se remet à monter ; on rejoint le sentier qui monte directement de "Fonte Vetica" (je le prendrai à la descente) environ 100 mètres sous le sommet (en dénivelé). On atteint une arête avec vue sur des rochers.



Un dernier effort et c'est le sommet (2654 mètres).



Le CAI (Club Alpin Italien) a installé une petite boîte pour les randonneurs qui veulent s'inscrire sur le carnet à l'intérieur.



Du sommet on voit le chemin de montée et les collines situées 1500 à 2000 mètres plus bas, mais pas la côte (on la devine seulement aujourd'hui, mais elle doit être visible certains jours).



Après une bonne halte au sommet, je vais redescendre par le chemin direct. Je vais entrer dans le nuage et faire une bonne moitié de la descente sans visibilité ; quand j'arrive sous le nuage, "Fonte Vetica" est en vue (refuge, parking).



Pour juger la difficulté de la randonnée : "Fonte Vetica" (1632 mètres), "Monte Camicia" (2564 mètres), soit un peu plus de 900 mètres de dénivelé. J'ai été parti 6 heures, pauses et pique-nique inclus. Je retourne au camping en traversant dans l'autre sens le plateau.
Valmichel86
VA
Bonsoir Catherine, j'espère que la suite te plaira aussi ; il y aura de la montagne (l'intérieur) et un retour sur la côte (côte et collines) au sud de Pescara en fin de voyage.
Valmichel86
MI
pour ce qui est du centre historique , l'Aquila serait donc plutôt "Italie du sud " : en Italie du sud , le centre historique n'est pratiquement jamais le centre-ville ( défini comme zone du shopping et des loisirs ) , à commencer par Naples , Palerme , Catane ou Bari
VA
Bonsoir Michel, n'étant jamais allé en Italie du Sud, je ne pouvais pas faire cette comparaison. Mais concernant L'Aquila, qui est une ville beaucoup plus petite que celles que tu cites, il n'y a pas de centre ville (zone du shopping et du loisir), au sens que tu lui donnes, "en dehors des murs", c'est-à-dire du centre historique. Il y a des centres commerciaux de périphérie avec les mêmes chaînes de magasins et les mêmes types de construction que chez nous (c'est aussi nul que dans beaucoup de nos villes françaises et on ne peut même pas parler d'urbanisme) ; tout ceci est éclaté car il y en a plusieurs dans différentes parties de la périphérie (c'est le commerce de périphérie type dans le pire sens du terme). Je ne sais pas quels centres commerciaux existaient avant 2009, mais, la nature ayant horreur du vide, ces centres doivent s'être développés (création ex-nihilo ou agrandissement) pendant les années où le centre ville était interdit d'accès. Ils doivent aujourd'hui être un obstacle important à la revitalisation de la ville historique. On peut peut-être faire une analyse de même type avec les cités-dortoirs pour la question des logements.

Ta remarque me semble coller avec le cas de Pescara : le "vieux Pescara" (vraiment petit) et le "Pescara du shopping" sont deux endroits distincts dans la ville.
Valmichel86
VA
Jour12 : jeudi 5 septembre La météo s'y prêtant, ce sera une nouvelle journée de randonnée. Je monte en voiture à "Campo Imperatore", mais aujourd'hui je bifurque vers l'ouest. Je regarde derrière moi "Monte Camicia" (la randonnée d'hier).



Un peu plus loin c'est LA photo de "Campo Imperatore" : le plateau avec au fond le Gran Sasso d'Italia.



Puis j'arrive au terminus de la route près de la station supérieure du téléphérique. Itinéraire : Campo Imperatore (2120m) - Sella di Monte Aquila (2335m) - Rifugio Garibaldi (2230m) - Capanne di Val Maone (environ 2000m) - Sella della Portella (2260m) - Passo del Lupo - Campo Imperatore Vue sur le col (Sella di Monte Aquila) et le Gran Sasso depuis "Campo Imperatore".



Le sentier passe près du petit observatoire astronomique, puis oblique à droite et monte en pente assez douce jusqu'au col, offrant des vues sur le plateau en contrebas.



Après le col, on change de versant et le sentier descend en pente douce vers le refuge Garibaldi.



Au refuge, le Gran Sasso se présente sous un autre angle



Le sentier continue à descendre ; le Val Maone est une vallée orientée vers le nord dont la partie haute est dominée par le "Pizzo d'Intermesoli".



A partir du lieu "Capanne di Val Maone", le sentier monte dur jusqu'au col (Sella della Portella). On change à nouveau de versant et le sentier, sur le versant sud de Monte Portella, revient en balcon jusqu'à "Campo Imperatore" (vues plongeantes sur Fonte Ceretto et les environs de L'Aquila). Cette randonnée est moins dure que celle d'hier : une durée d'environ 3 heures (j'ai fait peu de pauses) pour un dénivelé de 500 mètres.

A "Campo Imperatore", on peut voir un ancien hôtel, fermé, pas en bon état (vitres sales, etc...), couleur rouge (le rouge des maisons cantonnières au bord des routes nationales). Je ne l'ai pas en photo car je ne savais pas ce qui s'était passé ici.

Digression historique (ce que j'ai appris depuis) : Le 25 Juillet 1943 Mussolini est destitué par le Grand Conseil du fascisme et le roi ; il est arrêté et emmené en prison. Les allemands cherchant à le récupérer, il est transféré à l'hôtel Campo Imperatore le 28 août 1943 ; c'est un lieu théoriquement imprenable (on ne peut y accéder à l'époque qu'en téléphérique). Il y restera jusqu'au 12 septembre 1943. Ce jour là, les allemands organisent une opération commando (planeurs, avion se posant à Campo Imperatore) et "libèrent" Mussolini. La suite conduira à la "Republica Sociale Italiana". Fin de la digression.

En retournant au camping, j'achète sur le plateau un fromage "Pecorino" qui se révèlera excellent. A postériori, la propriétaire du camping s'est montrée de bon conseil pour le choix des randonnées (toutes les 2 intéressantes).
Valmichel86
VA
Jour13 : vendredi 6 septembre Depuis que je suis à Fonte Ceretto, je n'ai fait que des petits trajets dans la province de L'Aquila : aller à L'Aquila ou monter à Campo Imperatore. A partir d'aujourd'hui je vais faire des trajets plus longs et tortueux. Je joindrai donc une carte avec l'itinéraire du jour. Ce sera mieux que rien, mais cela ne permet pas de se rendre compte du relief de l'intérieur de l'Abruzzo. Celui-ci est particulièrement compliqué et je n'ai réussi à m'en faire une idée qu'en voyant des cartes en relief sur place avec les différents massifs montagneux et les cours d'eau.



Le but de la journée est de visiter Celano et son château (Castello Piccolomini) ainsi que le site archéologique d'Alba Fucens. Pour y arriver, je dois traverser le massif du Sirente-Velino (au sud-est de L'Aquila), les 2 sites se trouvant sur le versant sud de ce massif. La majeure partie du massif est protégée : c'est un parc régional (Parco Regionale del Sirente-Velino).

Je descends de Fonte Ceretto à Bazzano par la route SS17bis ; ensuite je franchis la rivière Aterno (qui passe près de L'Aquila) et arrive à Civita di Bagno. A partir de cet endroit la route (SR5bis) monte sur le massif du Sirente et atteint un plateau à environ 1300m d'altitude (altopiano delle Rocche).

Le plateau, le village de Rocca di Cambio et Monte Cagno.



Ce plateau est cultivé (principalement du fourrage) et fait environ 15 kms de long jusqu'à Ovindoli. De petites stations de ski sont aménagées sur les montagnes qui dominent le plateau. A Ovindoli, la route bascule sur le versant sud et descend jusqu'à Celano.

Vue sur le château en arrivant dans le haut de la ville.



En allant jusqu'en bas de la ville, on a une autre vue sur le château.



En arrivant devant l'enceinte du château, c'est l'aspect militaire et défensif qui ressort.



Une fois à l'intérieur de l'enceinte, depuis le chemin de ronde, j'ai une vue sur Celano et tous les environs.



Je peux aussi admirer le château à plan carré et quatre tours d'angle d'inspiration clairement médiévale.





Le portail d'entrée laisse présager une transition de style.



Et dans la cour intérieure , je me retrouve en plein "quattrocento" dans une demeure seigneuriale avec ambiance Renaissance.



Les salles intérieures abritent le musée de la Marsica et la première chose que je peux constater, c'est l'état du château il y a un siècle (documents photographiques pris après le tremblement de terre de 1915).

Digression : le tremblement de terre de 1915. Le 13 janvier 1915 à 7h53 eut lieu un tremblement de terre de magnitude 7.0 qui toucha toute la région de la Marsica (la magnitude du tremblement de L'Aquila en 2009 est de 6.3). La catastrophe fit plus de 30000 morts et, à Avezzano, la ville la plus peuplée de la Marsica, il y eut 10700 morts sur 13000 habitants. C'est une des pires catastrophes ayant touché l'Italie. La région n'était plus qu'un amas de ruines. Ce tremblement laissa beaucoup d'amertume en Abruzzo du fait de la médiocrité des secours et de la longueur de la reconstruction (plusieurs dizaines d'années). Fin de la digression.

Le musée comporte une section d'art sacré. Voici une fresque et un triptyque.

Santa Maria Maddalena.



Triptyque de San Pietro in Alba Fucens (soyez indulgents pour la photo, la peinture, elle, est splendide).



Ces 2 œuvres se trouvaient avant 1915 dans l'église "San Pietro in Alba Fucens" (commune de Massa d'Albe) et furent retrouvées dans les gravats. La fresque fut décollée et elles sont maintenant exposées au "Castello Piccolomini" à Celano.

Voici une porte sculptée (12 ième siècle) provenant du portail de l'église "Santa Maria in Cellis" de Carsoli.



En regardant par les fenêtres vers le sud, je vois en contrebas la plaine ("Piana del Fucino") avec ses voies de circulation tracées au cordeau.



Petite histoire du lac de Fucino ("lago del Fucino") Cette plaine était autrefois un lac (600 m d'altitude), le troisième lac d'Italie par sa superficie. Il était alimenté par des torrents descendant des montagnes dont un seul a un cours plus long que les autres, le Giovenco. Mais c'était un point bas, il n'avait pas d'exutoire et ses nombreuses variations de niveau ont toujours gêné les habitants des alentours. Pour stabiliser son niveau, les Romains (période impériale) construisirent un émissaire et un tunnel de 5 kms environ passant sous un chaînon (ouest du lac) et permettant aux eaux de se déverser dans la rivière Liri située à une altitude inférieure de l'autre côté du chaînon. Après la période romaine (faute de maintien en état), le lac reprit ses variations de niveau. Au 19 ième siècle, un projet réapparut avec comme but, cette fois, l'assèchement complet du lac. Ce fut un exemple de capitalisme entrepreneurial ; le prince Torlonia obtint la concession avec le marché suivant : faire faire les travaux en échange de la propriété de presque toutes les terres qui allaient émerger. L'assèchement commença en 1862 et se termina en 1875. Fin.

La section archéologique du musée présente, entre autres, des pièces liées au lac de Fucino.

Un bas-relief, qui faisait partie des installations de l'émissaire romain, avec des représentations de navires.



Des outils de pêche attestant l'activité sur le lac ( en italien, cela s'appelle "fiocina" au singulier ; "harpon" en français).

Valmichel86
VA
Jour13 : vendredi 6 septembre (suite) Je quitte Celano en début d'après-midi pour aller à Alba Fucens ; je remonte vers le massif montagneux, puis prends une route qui, à flanc de montagne, conduit à cette ville romaine (environ 1000 mètres d'altitude). Le site archéologique occupe un petit plateau entre 3 collines, dans un site stratégique qui permet de contrôler tous les environs.

Vue générale du site depuis la colline de "San Pietro".



Sur une des collines est bâtie l'église "San Pietro in Alba Fucens", romane, du 12ième siècle, avec des matériaux romains de réemploi, restaurée après les dommages de 1915 (cf page précédente).



Tout près, je domine la plaine du Fucino (400 m plus bas, un lac à l'époque), "Alba Fucens" signifiant le "balcon du Fucino".



Dans le même secteur se trouvent les restes de l'amphithéâtre avec vue sur "Monte Cafornia" et "Monte Velino" (2487 m point culminant du massif Sirente-Velino).



Dans la partie centrale du site, je vois les vestiges d'un temple d'Hercule,



l'artère principale (decumanum) appelée ici "Via del Miliario"



à cause de la présence d'une borne milliaire (68 milles de Rome, soit 100 kms).



Je prends la route du retour et, arrivé sur l'"altopiano delle Rocche, j'ai devant moi le village de Rocca di Mezzo et le massif du Gran Sasso (impressionnant vu de cet endroit).



Juste avant Rocca di Mezzo, pour aller voir un petit lac (laghetto del Sirente), je vais prendre la SR5bis en direction de Secinaro et faire une douzaine de kms sur cette route. La route passe sur le bord d'un plateau étroit situé sous la crête de "Monte Sirente" (au moins 1000 au-dessus). Le plateau, la forêt (hêtres) et la crête du Sirente.



Sur ce plateau se trouve un petit lac d'origine météoritique d'après le site "Abruzzoturismo" ; la météorite serait tombée vers la fin de l'empire romain (ah! la curiosité d'aller voir des choses que l'on a jamais vues : un lac d'origine météoritique !).



En fait, si la date n'est pas contestée (4ième siècle après JC), l'origine du lac serait encore en discussion entre les scientifiques : origine météoritique ou origine anthropique ( lac creusé par des pasteurs pratiquant la transhumance pour abreuver le bétail : réserve d'eau). Je retourne ensuite à Fonte Ceretto.
Valmichel86
JP
Bonjour Michel,

Merci de nous faire découvrir cette partie de l'Italie, rarement évoquée ici.

1/ En réponse à ton questionnement au sujet des badlands : << (...) Au retour de la randonnée, le centre d'accueil du WWF est ouvert ; je trouve une brochure parlant des "calanques d'Atri" (français) et des "badlands of Atri" (anglais) ; je connaissais le terme"badlands" et c'est exactement ce que j'ai vu à Atri ; mais le terme "calanques" pour un français renvoie à autre chose : Cassis, Piana. J'ai cherché (dictionnaires) ; "badlands" n'est jamais proposé comme traduction de "calanques" et "calanques" n'est jamais proposé comme traduction de "badlands". Alors ?? le mot "calanques" désignerait-il 2 types de formations géologiques différentes ? >>

Je pense que la brochure en français a utilisé le terme de "calanques" par défaut, car son auteur n'a sans doute pas trouvé de traduction française appropriée du terme "badlands". Dans les deux cas, on a pourtant bien affaire à une formation géologique. Je ne connaissais pas le terme de "badlands", ce qui a éveillé ma curiosité. Je trouve comme traduction sur le net : "paysage ruiniforme des terrains à faciès marneux ou argileux, raviné par les eaux météoriques en contexte de faible pente" (ici c'est de l'arrière-pays vers l'Adriatique).

Les badlands résultent du phénomène d'érosion superficielle de terrains (dépôts) consistant en des limons argileux, et récents puisque datés du Pléistocène (Quaternaire). La série débute par des dépôts apparentés à des turbidites (Pléistocène inf.) et termine par des dépôts plus grossiers de type conglomérat (Pléistocène sup.). Source : I Calanchi di Atri (Abruzzo) : Caratteri mineralogici, geotecnini e geomorfologici. B. Anselmi, C. Crovato, L. D'Angelo, S. Grauso, in II Quaternario 7 (1), 1994 ; pp. 145-158.

Le paysage que tu as vu à Atri a été formé puis façonné récemment, disons dans les deux derniers millions d'années avant notre Ere. Naturellement, il continue de se façonner aujourd'hui.

Voir également une autre publi intéressante sur le sujet : - Analysis of soil erosion induced by heavy rainfall : a case study from the NE Abruzzo Hills Area in Central Italy, in WATER 2018 (10), 1314. Il est décrit dans cet article, les effets du régime des pluies particulier qui règne dans cette région et que tu évoques dans ton fil.

Les Calanques dans le sud-est de la France (disons pour simplifier celles qui s'étendent du sud de Marseille à Cassis) sont le résultat de deux phénomènes et processus d'érosion, l'un d'érosion fluviatile ancien qui a gommé en quelque sorte une partie des reliefs qui avaient été constitués par des dépôts calcaires et marneux du Crétacé supérieur, le second, d'érosion plus récent et qui continue encore aujourd'hui, affectant ce qui reste (le Crétacé moyen) lié à l'action de la mer qui , par ses variations de niveaux, entaille la côte et élargit les failles. Si on va davantage dans le détail, les Calanques sont également soumises localement à des réseaux complexes de rivières souterraines qui aboutissent directement dans la mer et ont propension à "grignoter" la craie par dissolution (karst). De même, les eaux météoriques étant légèrement acides, elles ont elles aussi tendance à dissoudre la craie des Calanques en la traversant (la craie est perméable). Le Crétacé inférieur (faciès appelé ici barrémo-bédoulien) nous ramène à des dépôts à dominante calcaire, datés d'environ 110 à 120 millions d'années.

L'examen de la carte géologique de Marseille donne comme formations géologiques affleurant au niveau des Calanques, des calcaires biodétritiques compacts datés du Barrémien.

En résumé : Calanques et badlands : formation géologique dans les deux cas, ben oui qui en douterait ? Mais pas vraiment le même aspect visuel (voir plus haut pourquoi), pas du tout les mêmes processus d'érosion ni les mêmes faciès lithologiques en jeu. La craie des Calanques, c'est une passoire , et les limons argileux à Atri, c'est le contraire, rien ou presque, ne passe à travers et tout ruisselle à la surface. Un point commun néanmoins : la rareté de la végétation, liée en fait à l'absence d'humidité. Il me semble (à vérifier) que les Calanques sont inscrites au patrimoine mondial de l'Humanité, mais je ne pense pas que le mot "Calanques" soit juridiquement protégé ou susceptible de l'être, donc ...il peut être ré-utilisé, c'est juste qu'il peut induire le lecteur en erreur.

2/ Le conglomérat que tu nous montres dans les grottes, est une variété particulière de conglomérat qu'on appelle poudingue. En zoomant, je crois voir aussi la présence de débris de fossiles, outre les galets ou et fantômes de galets.
VA
Bonsoir Jacques, merci pour ces précisions. J'ai bien noté que le mot "calanque" est utilisé parfois de façon surprenante par les personnes qui écrivent ou traduisent. Je profite aussi de tes précisions pour corriger une erreur de datation.
Valmichel86
MI
précisons que le mot calanque est la francisation du mot occitan calanca ( prononciation : calanco avec accent tonique sur lan ) qui ne désigne que les calanques qu'on trouve en Provence entre Marseille et Cassis qui sont des anses étroites entourées de falaises ; ceux qui ont donné ce nom quand l'occitan a remplacé le latin ne savaient pas que les badlands existaient
VA
Jour14 : samedi 7 septembre Pour ma dernière journée avec comme base "Fonte Ceretto", je vais circuler entre la vallée de l'Aterno et le massif du Gran Sasso.



Amiternum se trouve à une dizaine de kms à l'ouest de L'Aquila ; la ville s'est développée après la conquête romaine (cet endroit faisait partie du territoire des Sabins) et était étendue ; aujourd'hui il y a 2 sites accessibles séparément : -le site du théâtre situé sur la rive gauche de l'Aterno



- le site de l'amphithéâtre, à 1 km du précédent environ, de l'autre côté de la rivière.



La tribune (à gauche sur la photo) est la partie la mieux conservée de l'amphithéâtre. Sur ce site, il y a aussi une "domus" (rien en élévation) et un bâtiment musée lapidaire. Ici un bas-relief, bloc faisant partie d'un cortège de dimension importante.



Je vais ensuite voir un autre site : celui de la ville de Peltuinum ; il faut sortir de L'Aquila vers l'est, par la SS17 (Popoli, Pescara), aller jusqu'à Castelnuovo et tourner à droite en direction de Prata d'Ansidonia ; le site est à 2kms à gauche. Je suis en pleine campagne . Le site est en libre accès ; rien n'est clos et j'arrive par un chemin à la porte ouest de la ville. Il n'y a personne d'autre : cela crée une impression particulière pour un site archéologique. L'entrée ouest de la ville prise de l'intérieur de l'enceinte.



Plus loin (700 mètres environ), il y a le socle d'un temple et un théâtre à flanc de colline qui n'est pas accessible (clos pour cause de fouilles). Je retiens de ce site le paysage et l'atmosphère plutôt que les vestiges. De retour sur la SS17, je continue vers l'est et arrive au village de Navelli.



En Abruzzo, il y a des dizaines de villages construits à flanc de colline ou de montagne, avec un bâti ancien allant du moyen âge au 19ième siècle, des ruelles étroites avec (ou sans) marches et escaliers, des passages voutés, un portail ou un linteau sculpté de temps en temps, etc... Certains font partie d'un club ("Borghi piu belli d'Italia" ou un autre) , d'autres non. Il faut se promener sans trop d'intention pour profiter de ce qui se présentera au détour d'une rue. Je ne les ai pas perçus comme des usines à touristes (fréquentation limitée, pas de boutiques de souvenirs envahissant tout) ; les bâtiments sont dans un état variable, parfois restaurés et entretenus, parfois vétustes. Ici, "Palazzo Santucci" domine le village; je trouve des escaliers, une pierre jaune, de nombreuses voûtes reliant les maisons...







L'après-midi commence avec le village suivant : une petite route, sinueuse, conduit à Capestrano qui surplombe la vallée du Tirino ; ce village est le plus connu de la région, pas pour lui-même mais à cause d'une statue antique retrouvée aux environs appelée "le guerrier de Capestrano", qui est la pièce maitresse de la sculpture en Abruzzo (cf fin du voyage ; elle est exposée à Chieti).

Vue générale de Capestrano.



Sur le haut de la colline, le château (actuelle mairie) : "Castello Piccolomini" (la même famille qu'à Celano en fut un temps propriétaire)



et sa cour intérieure.



Puis une maison dans le village,



une autre (avec une plaque).



Nous sommes en Italie ; où que nous nous trouvions, l’Église a une surprise pour nous. C'est la maison natale d'un saint : Saint Jean de Capestrano. Maison du 14 ième siècle, restaurée.

Enfin, une rue avec maisons du 17 ou 18 ième siècle.



Je prends ensuite la direction de Calascio : la route entre dans le parc national du Gran Sasso et va passer de 300 à 1200 mètres d'altitude à l'arrivée dans le village. Au-dessus du village, à l'altitude de 1460 m, se trouve un château "Rocca Calascio" qui domine un hameau (Calascio alto) situé à 1400 m. Le hameau est accessible soit à pied, soit par une navette (très peu de possibilité de parking au bout de la route qui est interdite aux voitures ce samedi). Je choisis l'option navette, puis fais la petite randonnée du hameau au château.





En chemin, sur le bord du sentier, totalement isolée, la "chiesa di santa Maria della Pietà".



Du château, vue exceptionnelle à 360 °. Je trouve que mes photos ne rendent pas bien; j'en poste une prise en direction de "Campo Imperatore"



et une autre à l'opposé : vue plongeante sur "Castelvecchio Calvisio".

Valmichel86
VA
Jour14 : samedi 7 septembre (suite)

Redescendu à Calascio, je vais me promener dans le village ; voici un panneau que l'on trouve dans certains villages de l'intérieur de l'Abruzzo.



"Dans ce village, les enfants jouent encore dans la rue".

Je passe devant la "chiesa di Santa Maria delle Grazie" fondée, comme le monastère attenant, par "Mario da Calascio".



Ce village d'une centaine d'habitants a donné naissance à un franciscain, linguiste et confesseur du Pape (la fonction existe ou, du moins, existait à l'époque !) qui n'a pas oublié l'endroit où il a passé son enfance (il faut lire les panneaux pour trouver les surprises que, partout, nous réserve l’Église !).

Plus loin, la rue principale



et une ancienne forge.



Je retourne ensuite à "Fonte Ceretto".
Valmichel86
VA
Jour 15 : dimanche 8 septembre Aujourd'hui je vais aller dans le parc national d'Abruzzo (changement de camping), mais l'altitude à l'étape va rester la même : 1150 mètres. La dernière nuit a encore été fraîche et les suivantes le seront au moins autant, et ceci tant que je resterai en altitude. Les températures en journée seront, elles, très agréables. Il y a en Abruzzo : - 3 parcs nationaux : Parco Nazionale del Gran Sasso e monti della Laga ; Parco Nazionale d'Abruzzo, Lazio e Molise ; Parco Nazionale della Majella -1 parc régional : Parco Naturale Regionale Sirente-Velino et quantité de réserves naturelles plus petites. J'ai lu sur place qu'en additionnant toutes leurs surfaces on arrivait à plus de 30% de la superficie de la région en zone protégée, ce qui ferait de l'Abruzzo la première région d'Italie sur ce critère. Itinéraire.



Je prends la même route qu'avant-hier quand je suis allé à Celano, mais je vais m'arrêter pour une promenade à Rovere, village de l'altopiano delle Rocche.

Vue du village depuis le sud.



Je monte jusqu'aux ruines du château ; en chemin, vue sur l'altopiano.



L'église du village est fermée depuis le tremblement de terre de 2009, certaines parties étant restaurées, d'autres pas encore. Voici deux détails pris dans le village : une porte de maison,



et la clé de la porte d'une autre maison.



Après Rovere, je traverse Celano, fais quelques kms sur la SS5, puis prends la SS83 qui conduit à Pescina, puis dans le parc national d'Abruzzo. Je fais une visite rapide de Pescina.

Un château domine le pays.



Une église dans la partie ancienne avec son portail et un détail de chapiteau.





Un homme célèbre est né à Pescina . Il appartient à l’Église (ce qui n'a rien d'étonnant en Italie), mais il appartient aussi, d'une certaine façon, à la France (ce qui est plus étonnant). Qui est-ce ? Réponse après-demain, car la maison-musée est fermée et je reviendrai.

Je vais ensuite monter jusqu'à un col (Passo del Diavolo) ; sur l'autre versant, c'est la haute vallée du Sangro (fiume Sangro), et j'arrive à Pescasseroli, le cœur du parc national de l'Abruzzo. Je m'installe dans un camping qui ferme demain (Sant'Andrea). Je retourne au pays ; le vieux village est coincé entre la montagne et la rivière, sur une partie plate. Plus en aval, la vallée s'élargit et le pays ressemble à une station d'altitude un peu languissante (hôtels, quelques promeneurs, fin de saison ?... ).
Valmichel86
VA
Jour16 : lundi 9 septembre Itinéraire



Je commence par aller voir la partie ancienne de Pescasseroli, dans laquelle je ne suis pas entré hier. Les bâtiments sont mieux entretenus que ceux que j'ai vus ailleurs, et les rues sont fleuries.



C'est l'anniversaire de l'inauguration du parc national d'Abruzzo : le 9 septembre 1922 devant ce rocher.



Juste à côté se trouve la "fontaine des ours".



L'ours brun est la mascotte de ce parc (orso marsicano, en italien) ; le parc est le seul habitat de l'espèce dans l’Apennin et on conterait une cinquante d'individus à l'heure actuelle. Tout près aussi, il y avait le pont ancien sur le Sangro ; c'était le lieu de séparation entre ceux qui partaient passer l'hiver dans la région "Puglia" (les Pouilles) et ceux qui restaient au village du temps de la transhumance (j'ai vu plusieurs photos de cette scène). Ce pont ancien a été dynamité par les allemands à la fin du mois de mai 1944 ; ce n'était pourtant pas un pont stratégique : la rivière est à 10kms de sa source et n'est pas encaissée à cet endroit.

Ne connaissant pas grand chose de la guerre en Italie, et ayant voulu comprendre, je fais un a-parte historique. Après la déposition de Mussolini (25 juillet 1943), le chef du gouvernement, le maréchal Badoglio, cherche à conclure un armistice avec les alliés. Cet armistice (en fait une capitulation) est signé le 3 septembre 1943 à Cassibile (Sicile) ; il est tenu secret jusqu'au 8 septembre pour préparer des débarquements sur le continent depuis la Sicile. Aussitôt les allemands prennent le contrôle de presque toute l'Italie (sauf le sud) et désarment les unités de l'armée italienne. L'Abruzzo se retrouve occupé par les allemands ; dans la majeure partie de la région, ils resteront jusque fin mai ou début juin 1944. fin de l'a-parte.

Je me déplace ensuite vers un autre camping (Le Foci) situé à Opi , 6 kms plus bas sur le cours du Sangro.

L'après-midi, je vais parcourir la vallée en vélo depuis Opi jusqu'à Barrea. La route suit la rivière, arrive à Villetta Barrea, puis longe le lac. Vue sur le lac et Barrea.



Au bout du lac elle se met à monter pour gagner le village (vue sur le lac depuis Barrea).



Une placette et deux maisons dans le village.





Au retour, je fais un petit détour pour passer à Civitella Alfedena ; l'aller-retour à Barrea représente environ 40 kms à vélo.

Le soir il y a concert sur la place à Pescasseroli (à 22h) ; le chanteur est "Daniele Si Nasce" (inconnu pour moi) avec 4 musiciens. Je retiens du concert 1- une gestuelle particulière du chanteur, 2- un " froid de canard" ; les courageux spectateurs se collaient contre les murs de la place qui avaient gardé la chaleur de la journée ; le chanteur s'est dit surpris , après les 32 degrés à Rome les jours précédents, de se retrouver avec 8 degrés ici le soir . J'ai cherché sur le web. Daniele Si Nasce , sosie de Renato Zero, interprète les chansons de ce dernier, et est présenté comme un alter-ego de Renato Zero (tout aussi inconnu pour moi). La gestuelle qui m'a intrigué doit être celle de Renato Zero.
Valmichel86
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Jour17 : mardi 10 septembre J'ai prévu d'aller faire une randonnée dans les gorges de Celano ("Gole di Celano"). Itinéraire



Je fais un petit détour pour passer à Ortucchio, au bord de la plaine du Fucino. Son château (visitable sur rdv ; je n'ai pas essayé cette formule qui est assez courante pour la visite de "petits" monuments et musées) se trouvait autrefois au bord du lac.



J'arrive peu après à Pescina. Homme célèbre natif de Pescina.... J'ai nommé Giulio Raimondo Mazarini, alias Jules Mazarin né le 14 juillet 1602.



La loggia sur son éperon rocheux est tout ce qui restait debout de la maison natale après le tremblement de terre de 1915. La maison-musée est une construction des années 1970 à laquelle la France a participé. Elle abrite des documents sur la vie de Mazarin (acte de baptême, famille, etc... mais rien de spectaculaire). L'après-midi, je vais jusqu'à l'entrée de Celano et, dans le bas du village, je prends à droite une route très étroite qui aboutit au parking départ de la randonnée des gorges. J'ai choisi de faire un aller-retour jusqu'à la "fontaine des amoureux" (Fontana degli innamorati). Le sentier se dirige vers l'entrée de la gorge.



Peu à peu les parois se rapprochent et deviennent de plus en plus hautes.



A certains endroits la largeur est de l'ordre de 3 mètres et le fond correspond uniquement au lit du torrent.



Les parois dépassent 100 mètres de hauteur. Le fond est bien sur continuellement à l'ombre.



Quand la gorge s'élargit vers l'amont, je me retrouve en forêt et je continue, toujours en montée, jusqu'à la fontaine des amoureux ; il ne faut pas s'attendre à trouver une fontaine, mais seulement de l'eau qui ruisselle depuis une paroi en surplomb et une balançoire, c'est-à-dire une planche au bout de 2 cordes. Cette partie supérieure (de la fin de la partie étroite à la fontaine des amoureux) n'apporte pas grand chose et la randonnée peut être raccourcie en conséquence. Retour par le même sentier.

Pour revenir à Opi, je vais prendre une variante à partir de Pescina ; au lieu de suivre la SS83, je remonte la vallée du Giovenco et passe par Bisegna.



Cette route illustre bien le paysage du parc national : des forêts au-dessus des fonds de vallées, des sommets moins élevés que dans le Gran Sasso et l'absence d'un grand bloc minéral dominant le tout.
Valmichel86
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Jour18 : mercredi 11 septembre

Pas d'itinéraire car c'est une journée randonnée à partir de Opi, avec deux thèmes, un thème "transhumance" et un thème "forêt de hêtres". Je pars du lieudit "la Madonnina" ; c'est l'endroit où la route qui suit la vallée du Sangro passe au pied de l'éperon où est construit Opi. Le sentier emprunte un "tratturo" jusqu'au Val Fondillo, environ 3 kms en aval. Un "tratturo" est une voie de transhumance (je connais le mot "draye" en français). La transhumance a été une activité millénaire et quasi-exclusive à certaines périodes dans cette partie de l'Abruzzo ; du 15ième au 19ième siécle on peut parler d'une civilisation de la transhumance. Il s'agissait d'une transhumance horizontale : les troupeaux passaient l'été dans "l'Appennino Abruzzese" ; fin septembre bergers et troupeaux partaient rejoindre une plaine au nord des Pouilles "il Tavoliere della Puglia". Le retour s'effectuait fin mai-début juin. Il y avait plusieurs "tratturi" : Pescasseroli-Candela (environ 140 kms), Celano-Foggia , L'Aquila-Foggia dit "tratturo del Re" (environ 240 kms). Le trajet durait de 2 à 3 semaines.

Vu sur Opi peu après le départ.



Le tracé du "tratturo".



Le "tratturo" ne se limite pas à une voie de 5 ou 6 mètres de large comme sur la photo ; il y a parfois des murets (comme ici), parfois pas et sa largeur peut atteindre 110 mètres car il englobe, de part et d'autre de la voie principale, un espace pour faire paître les bêtes. On trouve aussi des aménagements : abris en pierre sèche, abreuvoirs, ... Le 19ième siècle et la première moitié du 20ième siècle furent terribles pour la région ; les propriétaires dans les Pouilles remirent des surfaces en culture progressivement, diminuant d'autant les surfaces pour l'élevage transhumant. De nombreux bergers restèrent sans travail, l'expression résumant la situation était "o transumante, o brigante, o emigrante !". L'Abruzzo fournît de nombreux émigrants, les villages se dépeuplèrent ; ceux qui restaient au village vivaient dans une grande pauvreté. Arrivé dans le Val Fondillo, je laisse le "tratturo" et je remonte ce vallon latéral du Sangro.



Après le lieu "Stazzo Fondillo" (1200 mètres d'altitude, petit refuge, aire de pique-nique), le hêtre va devenir l'espèce unique de la forêt. Je vais continuer le sentier jusqu'à la grotte des fées ("grotta delle fate"), puis jusqu'au col qui ferme ce vallon, le pas de l'ours ("passo dell'orso", 1680 mètres d'altitude).









Je n'avais jamais traversé de telles hêtraies ; dans les hêtraies que j'avais vues jusqu'ici (ouest de la France), le hêtre était dominant mais pas exclusif et les superficies étaient plus petites. Ici, pendant 1h30 de sentier à la montée, je n'ai vu que des hêtres ! Ces forêts (forets d'altitude) laissent une impression exceptionnelle ; elles sont classées au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2017 ; c'est d'ailleurs le seul site d'Abruzzo qui soit inscrit à ce Patrimoine. Au col il y a une zone où les arbres sont couchés, déracinés (sans doute le vent). Retour par le même chemin du col jusqu'à "la Madonnina". J'ai mis environ 6 heures pour faire l'ensemble de la randonnée, sans me presser. Au retour, le soleil est placé pour photographier Opi depuis l'ouest.



Il y a tout près un panneau du parc national.



Le problème est bien réel (et pas seulement théorique) ; un peu plus tôt dans l'été, une ourse a été tuée dans un choc avec une automobile ; le chauffeur a de plus pris la fuite.
Valmichel86
VA
Jour19 : jeudi 12 septembre Itinéraire



Avant de partir pour Scanno et son lac, je monte dans Opi pour visiter le village et acheter les provisions pour le pique-nique. Depuis le premier belvédère (près du monument aux morts), vue sur "Monte Marsicano", 2242 mètres le second sommet du parc ("Monte Petroso" atteint 2247 mètres).



La promenade dans le village conduit dans des ruelles, à un musée du chamois, à un second belvédère qui surplombe la gorge du Sangro et à la "piazza centrale".



Pour me rendre à Scanno, je longe le Sangro jusqu'à Villetta Barrea (SS83), où je prends à gauche (SR479) ; la route monte jusqu'au col ("Passo Godi") où se découvre le versant nord en direction de Scanno. La vallée du "Sagittario" vue du col.



La route n'emprunte pas cette vallée, mais la vallée voisine du "Tasso" et descend jusqu'à Scanno. Je traverse le pays, continue encore 2 kms et arrive au lac ("lago di Scanno"). C'est un lac naturel créé par un glissement de terrain sur le flanc de "Monte Genzana", glissement qui a barré la vallée.



La petite église "Santa Maria del lago", datant de 1700 sous sa forme primitive, fut remaniée à la fin du 19ième siècle pour s'adapter au passage de la route.



Je fais le tour du lac que voici vu de l'extrémité nord.



Mais la caractéristique du lac est sa forme, qui ne se voit pas depuis la rive. Elle se révèle quand on est au-dessus du lac. Un réseau de sentiers permet d'accéder à ce point de vue. Je le fais depuis le village (on peut le faire aussi depuis le lac moyennant un dénivelé plus important) ; j'atteins un petit ermitage près duquel la vue est déjà remarquable.



A dix minutes de là, j'arrive au "belvedere alto" ou "osservatorio del cuore". Ce lac a la forme d'un cœur !



Je visite ensuite le village, surnommé "la perle des Abruzzes" ; à la différence de beaucoup d'autres, il y a une partie de construction récente à côté du village historique ; c'est une station de montagne hiver-été (ski sur les flancs de "Monte Rotondo", constructions au bord du lac). Je ne ressens pas une impression de dépopulation comme dans d'autres villages. Vue générale de Scanno.



La promenade au hasard des rues conduit à la "Fontana del Pisciarello",



à "piazza San Rocco".



La petite place est bordée par l'église la plus ancienne du village "Santa Maria di Costantinopoli" (début du Quattrocento),



et par "Palazzo Mosca" (porte début du settecento).



Une des rues du village : "via Silla".



Il faut rentrer le bois de chauffage pour l'hiver. S'il est arrivé ici dans une remorque ou un petit camion... il sera transporté à la brouette jusqu'au lieu de stockage sous la partie habitée de la maison.



Les accès aux maisons dans les rues ou placettes en pente ; la porte sous l'escalier (sur la photo 2) pourrait bien être celle d'une remise à bois, par exemple.





Une exposition photographique est ouverte ; tous les grands photographes du 20ième siècle sont venus à Scanno : ne connaissant presque rien à la photographie d'art, j'ai retenu les noms de Henri Cartier-Bresson (France) et Fulvio Roiter (Italie). Encore avant (début du 20ième siècle), Gabriele D'annunzio s'était fait photographier à Scanno.

Je reviens à Opi par la même route que ce matin ; je m'arrête pour photographier le haut de la vallée du "Tasso", qui se trouve dans le parc national.



Certains jours, sans que l'on sache pourquoi, l'air est d'une limpidité exceptionnelle du matin jusqu'au soir ; ce 12 septembre est une de ces journées pendant lesquelles tout paysage est enchanteur.
Valmichel86
VA
Jour20 : vendredi 13 septembre Itinéraire



Je vais me rendre dans le parc national de la Maiella (le 3ième parc national d'Abruzzo pour moi), exactement à Sant'Eufemia a Maiella, avec arrêt et visite de la ville de Sulmona. La route descend la vallée du Sangro, passe le verrou de Barrea et continue à descendre la vallée jusqu'à Castel di Sangro. Elle (c'est maintenant la SS17) quitte alors la vallée, monte (Roccaraso, Rivisondoli) jusqu'à un plateau (altopiano dei cinquemiglia) ; au bout du plateau, commence la descente qui conduit jusqu'à Sulmona. Le paysage est beau sur tout ce trajet et je me rends compte que je n'ai pas pris de photo (difficulté de s'arrêter avec la caravane ?). Je stationne en périphérie, gagne le centre en vélo et vais visiter Sulmona à pied. Je commence par le monument le plus précieux de la ville : le "Palazzo della Santa Annunziata" ; c'est en fait un ensemble église+palais. Le palais conserve des éléments gothiques et renaissance ; l'église, détruite par le tremblement de terre de 1706, fut reconstruite en style baroque.

Façade de la "chiesa della Santa Annunziata".



Passons à l'intérieur.



Le chœur et une chapelle possèdent une balustre en marbre dont voici un détail.



Une ruelle permet d'approcher du clocher à l'arrière de l'église.



Le palais est attenant à l'église ; il a été créé comme hôpital et a longtemps gardé cette fonction.



Le portail principal est d'époque Renaissance, comme la trifora (fenêtre trifore) située à l'étage supérieur.





Le musée municipal est installé dans le palais ; dans la section archéologie, est reconstituée la chapelle du temple d'"Ercole Curino" (cf la journée de demain pour ce temple) .



La section médiévale présente un diptyque, dit du "Maestro del trittico di Beffi", représentant "Sant'Onofrio e Santa Maria Maddalena" (1425)..



Je parcours ensuite "Corso Ovidio" (Ovide est natif de Sulmona et possède sa statue sur une petite place le long de "Corso Ovidio") ; au bout de "Corso Ovidio", j'arrive près de l'aqueduc médiéval.





Le massif de la Maiella sert de fond au tableau et, quand je franchis les arcades, j'arrive "Piazza Garibaldi".



Au centre de la place se trouve la grande fontaine ("Il Fontanone"),



et, à l'opposé par rapport à l'aqueduc, l'église "Sant'Agostino" et son portail.



Je traverse à nouveau la place pour revenir vers l'aqueduc, passe sous les arcades et me trouve devant un portail monumental impressionnant avec une cloche au sommet d'un pilier.



Ce portail ne donne accès à rien ; je me suis demandé ce que cela pouvait être. C'était le portail latéral de la "Chiesa di San Francesco della Scarpa", immense église effondrée lors du tremblement de terre de 1706 (sauf ces éléments, portail, pilier). Elle fut reconstruite sur un plan beaucoup plus petit avec entrée par une autre rue ; c'est ainsi que ce portail se retrouve à cet endroit.

Je quitte Sulmona (400 mètres d'altitude) en direction de Pacentro ; La route commence à monter, puis ce sera une véritable ascension jusqu'au col ("Passo San Leonardo" 1280 mètres) sur le côté ouest de la Maiella. S'ensuit une descente jusqu'à Sant'Eufemia a Maiella (commune) où se trouve l'"Agricampeggio Colle dei Lupi" (frazione San Giacomo).
Valmichel86
B7
J'espère que vous n'avez pas quitté Sulmona sans goûter et faire provision de confetti (dragées de baptême) qui sont sa grande spécialité. https://www.ilconfettodisulmona.com/
VA
Les confetti, c'est pour la journée suivante !
Valmichel86
VA
Jour21 : samedi 14 septembre Environs de Sulmona et retour à Sulmona. Itinéraire



Le chemin fait hier soir, je le parcours en sens inverse ; en arrivant à Pacentro, point de vue sur le village et le château.



Je me dirige vers Badia Morronese, quelques kms au nord de Sulmona. Au pied de "Monte Morrone", est construite une abbaye "abbazia di Santo Spirito al Morrone" ; je vais suivre une visite guidée qui est sur le point de commencer.

Une unique porte permet d'accéder à une grande cour intérieure.



L'église actuelle (baroque) fut construite après le tremblement de terre de 1706.



A l'intérieur, le chœur avec un ensemble de stalles en noyer ; un orgue à la tribune au-dessus de l'entrée.



Sous le chœur, une crypte ( beaucoup plus ancienne) avec des chapiteaux décorés de motifs géométriques.



L'abbaye est très vaste, comporte 5 cours intérieures, de nombreux bâtiments dont un réfectoire auquel on accédait par un escalier dont les balustres comportent les blasons de Célestin V et de son ordre monastique (les Célestins).



Ce lieu (l'abbaye) et l'ermitage situé plus haut sur le flanc de "Monte Morrone" sont totalement liés à Célestin V.

A-parte : la vie en raccourci de Célestin V premier pape à avoir abdiqué, mort en prison. Né Pietro Angeleri, il devient bénédictin puis ermite sur les flancs de "monte Morrone" ; "Pietro da Morrone" alterne les périodes : moine (fondation de monastères, dont celui-ci, et de la congrégation des Célestins) ou ermite. En 1294 il est élu pape (siège vacant depuis 2 ans) ; on vient le chercher à l'ermitage (il a 83 ans) ; il accepte. Mais pas question d'aller à Rome... il est couronné à L'Aquila le 29 août 1294 sous le nom de Célestin V. Les ennuis commencent ; on dirait aujourd'hui : "pas fait pour le job", "dépassé par la fonction", "de mèche avec des lobbies". Il abdique le 13 décembre 1294. Son successeur veut le surveiller et l'assigne à résidence ; il s'enfuit vers l'Abruzzo, puis plus loin. Arrêté, il est conduit en prison où il meurt le 19 mai 1296 à 85 ans. Il devient Saint en 1313. Fin de l'a-parte

Je monte ensuite vers l'ermitage "Sant'Onofrio al Morrone" . Une petite route va jusqu'à un parking ; la suite se fait à pied ; du sentier on a une vue dominante sur l'abbaye.



Du parking part un autre chemin qui conduit en quelques minutes au temple d'Ercole Curino ; c'est un sanctuaire en terrasse qui a cessé tout à coup son activité (enseveli par un glissement de terrain) au 2ième siècle après JC. C'est la chapelle de ce sanctuaire qui est reconstituée au musée de Sulmona (cf journée d'hier).



De la terrasse du sanctuaire, je vois bien l'ermitage au-dessus.



Arrivé à l'ermitage, je vais voir l'oratoire (fresque) de "Pietro da Morrone".



L'essentiel de l'ermitage est une construction moderne d'après guerre (comme le montre la photo prise depuis la terrasse du sanctuaire) ... avec vue plongeante sur le camp 78.



Dans ce camp étaient détenus en 1943 des soldats alliés (principalement britanniques ou du commonwealth ) faits prisonniers en Afrique. Un panneau indique que le 8 septembre 1943 eut lieu une évasion "en masse" (sans plus de détails).

J'ai cherché ; donc a-parte faisant suite à celui du jour16. L'armistice de Cassibile fut rendu public le 8 septembre. Les officiers de l'armée italienne ne reçurent pratiquement aucune consigne sur l'attitude à suivre, tout en sachant que les allemands, passant du rôle d'alliés à celui d'ennemis occupants, n'allaient pas tarder à arriver. Le commandant italien du camp de prisonniers aurait réduit très fortement la surveillance ; de 1000 à 1500 hommes sur un total de 3000 s'échappèrent du camp ; ce fut l'évasion la plus massive de tout le conflit. L'objectif des évadés était de rejoindre les forces alliées... qui débarquèrent (côté adriatique) le 9 septembre à "Taranto", ville située à 400 kms de Sulmona. Les allemands arrivèrent quelques jours plus tard. Je n'ai pas réussi à trouver d'informations sur le nombre d'évadés repris par les allemands et le nombre d'évadés ayant réussi à rejoindre les alliés. Certains réussirent, aidés par la population et par les partisans, mais plus tard quand le front fut situé plus près, dans le sud de l'Abruzzo. Mi-octobre, les allemands, persuadés que des évadés se trouvaient dans l'ermitage tirèrent au canon dessus, le détruisant en grande partie. fin de l'a-parte.

Je retourne à Sulmona. Des boutiques présentent des fleurs très colorées.





Ce ne sont pas des fleurs, mais des "confetti"... qui ne sont pas ce que vous croyez. Ce sont des dragées, les "dragées de Sulmona" exportées dans le monde entier. Il y a des présentations plus classiques (sachets, boites), mais la présentation sous forme de fleur est courante.

Je visite le "museo dell'arte e della tecnologia confettiera" installé dans les locaux de la maison "Pelino" fondée en 1783 et j'en profite pour faire provision de dragées. La particularité des "confetti" est que l'enrobage par les couches de sucre se fait sans ajout d'amidon (ne me demandez pas plus de précisions).



Sulmona a aussi conservé une partie de son enceinte autour du centre, avec ses portes d'accès : ici "porta Napoli".

Valmichel86
VA
Jour22 : dimanche 15 septembre Itinéraire



J'ai prévu de visiter ce matin l'"abbazia di San Clemente a Casauria". Pour s'y rendre, c'est de la toute petite route : Caramanico Terme, Salle, Tocco da Casauria. L'abbaye est sur la commune de Castiglione a Casauria, mais il faut aller à la "frazione San Clemente" qui se trouve en fond de vallée (c'est bien fléché).

L'abbaye fut fondée au 9ième siècle, détruite au 11ième, reconstruite au 12ième siècle (style principalement roman, on dit "romano-gothique"). Les moines doivent l'abandonner au moment de l'unité italienne ; elle tombe très rapidement en ruine. Un historien local, Pier Luigi Calore, consacre sa vie à sauver l'abbaye, obtient son classement comme monument national en1894, puis un début de restauration. La dernière restauration date de 2009-2011, suite aux dégâts causés par le tremblement de terre de L'Aquila.

La façade avec ses chapiteaux sculptés.





Au fond du porche, le portail central avec porte en bronze et tympan historié.



A l'intérieur, un ciborium au-dessus de l'autel, qui est un sarcophage romain.



Sous cette partie surélevée, une crypte remontant à la première abbaye. Dans la nef centrale, un ambon



et un chandelier pascal.



Un antiquarium est installé dans une aile de l'abbaye. Il s'agit d'un monument d'une beauté exceptionnelle ; une fois à l'intérieur on ressort pour retourner voir le portail, puis on entre de nouveau pour revoir l'ambon ou parcourir une des 3 nefs.

Ensuite, direction Popoli par la SS5. La "piazza della libertà", avec la "torre civica" (beffroi) et l'église San Francesco, est le centre de la ville ancienne.



Dans une rue attenante, la "taverna ducale" (datant de la première moitié du trecento) avait la fonction de taverne, relai de poste..



L'homme célèbre ici est "Corradino d'Ascanio" ; sa maison natale (une maison bourgeoise) ne peut être photographiée correctement pour cause de travaux dans la rue. D'Ascanio est l'ingénieur qui a conçu la "Vespa" pour Piaggio ; sa ville natale ne lui rend pas vraiment hommage, car j'ai vainement cherché une statue, une image (mur peint par exemple), une enseigne représentant le célèbre scooter qui est pourtant une légende en Italie.

Je veux aller à la source du Pescara ("sorgenti del Pescara", tout près de Popoli), où se trouve un parc avec aire de pique-nique et sentiers. Je ne verrai rien car des voitures sont garées partout depuis le départ de la route d'accès et il n'y a pas de place libre : j'ai trouvé où se cachent les Italiens un dimanche de septembre.

Le raté suivant : Corfinio. Ayant appris que le musée de ce petit village présentait la première mention du mot "Italia", je m'y rends. Mais , bien que nous soyons un dimanche après-midi, le musée (géré par des bénévoles) est fermé (il ouvre en général sur rendez-vous).

A-parte sur le mot "Italia" et la "guerre sociale". Les peuples de la région sont sous domination romaine depuis le 3ième siècle avant J-C. En 91 avant J-C, le sénat romain refuse de leur accorder la citoyenneté romaine : ils se révoltent, forment une alliance, choisissent comme capitale Corfinium, créent une armée et frappent une monnaie : c'est sur une des pièces frappées qu'apparait pour la première fois le mot "Italia". Au bout de 2 ans, ils finissent par être battus militairement, mais ils obtiennent la pleine citoyenneté romaine. Fin de l'a-parte.

J'ai ensuite prévu de faire une promenade en vélo en AR dans les gorges de San Venanzio, sur le parcours Raiano-Molina Aterno (voiture laissée à Raiano). Le paysage est seulement moyen à cause du tracé de la route et de la végétation (qui ne laissent pas voir le fond de la gorge). Revenu à Raiano, je fais une rando à pied à partir du haut du village jusqu'à l'ermitage de San Venanzio ; cette randonnée, pas très longue (moins d'une heure pour l'aller), permet de voir le fond de le gorge et l'ermitage qui prend appui sur le roc de chaque côté de la gorge (site exceptionnel). (On peut aussi s'y rendre en voiture).





Vue de l'ermitage depuis le fond de la gorge.



Pour faire une bonne photo de l'ermitage, il faut aller sur l'autre rive (passer sur un pont en aval, puis faire un trajet hors sentier assez escarpé), ce que je n'ai plus le temps de faire. Du départ de la randonnée à Raiano, un autre sentier mène vers un tunnel creusé dans le roc par les romains ; c'était un aqueduc qui faisait 4 ou 5 kms de long en tunnel (j'ai découvert cela sur un panneau au départ du sentier et n'ai pas le temps d'y aller). A Raiano privilégier la randonnée à pied (ermitage, et éventuellement aqueduc ?) au parcours par la route. Retour à Sant'Eufemia a Maiella.
Valmichel86
VA
Jour23 : lundi 16 septembre Le camping où je me trouve fermant aujourd'hui, je changerai de camping en fin d'après-midi pour aller à Caramanico Terme, distant de quelques kms. Itinéraire.



Ce matin, je pars à pied du camping (hameau de San Giacomo), pour aller voir le village de Roccacaramanico. Ce sentier assure la liaison entre les 2 villages depuis des temps immémoriaux.



En 30 minutes, je suis à Roccacaramanico ; le village a été sur le point d'être abandonné ; il est aujourd'hui bien restauré, ce qui n'empêche pas que certaines maisons sont à vendre. Place, rues, escaliers sous le soleil du matin.







Détails de certains bâtiments.





Je reviens par le même chemin ; à l'endroit où il franchit le torrent ("torrente Orta"), je vais voir en contrebas un moulin en ruine et, en coupant dans le sous-bois, je tombe sur les restes du bief qui alimentait le moulin.



Un exemple de la vitesse à laquelle peut disparaître un aménagement laissé à l'abandon ; dans 10 ou 20 ans, on ne verra sans doute plus rien de ce bief. Je me rends ensuite par la route à Campo di Giove (20kms environ). C'est depuis cette route que l'on a une vue générale de Roccacaramanico.



Après le col (Passo San Leonardo), la route reste sur le flanc ouest de la Majella sans beaucoup déniveler . Elle traverse une belle forêt de hêtres dans le secteur de "Fonte Romana", puis arrive à Campo di Giove. Village abbruzais habituel avec ruelles, passages voutés, portails sculptés.







Du haut du village, je peux voir le massif de la Majella avec au loin le point culminant "Monte Amaro" (2793 mètres).



Une erreur d'orientation dans le village m'amène devant la gare, et je découvre que, les dimanches, un train touristique fait le trajet Sulmona-Castel di Sangro (en passant par Campo di Giove) et va même jusqu'à Isernia (région Molise). Le trajet doit être pittoresque (voie ferrée la plus en altitude d'Italie après celle du col du Brenner); je ne peux pas le mettre à mon programme, mais c'est une suggestion pour d'autres voyageurs. A la sortie du village près du cimetière, un sentier part vers un col "Guado di Coccia" (visible au fond) dans le massif de la Majella, sentier qui mène à Palena sur le versant est.



Une plaque est placée au départ du sentier.



"Une étoile sur la Majella. C'est ainsi que Radio Londres annonça, de façon codée, la liberté reconquise par les prisonniers fugitifs et les jeunes italiens, parmi lesquels le sous-lieutenant Carlo Azeglio Ciampi, qui se rangèrent du côté de l'armée alliée. Traversant le Guado di Coccia par ce sentier, ils rejoignirent les terres libérées." Des prisonniers évadés (cf jour21) passèrent par ce col pour rejoindre les armées alliées.

A-parte : combats 1943-1944. Progression des alliés sur la côte adriatique. 9 septembre : débarquement Taranto 3 au 6 octobre : passage de la rivière Biferno près de Termoli (Molise) 2 novembre : passage de la rivière Trigno près de Vasto (Abruzzo) 9 novembre : arrivée sur la rivière Sangro 23 novembre : premier passage du Sangro. A cet endroit les alliés buttent sur la ligne "Gustav" établie par les allemands de l'embouchure du Garigliano (méditerranée) à l'embouchure du Sangro (adriatique) et passant près de Cassino. La ligne Gustav ne fut franchie par les alliés que le 17 mai 1944, sur le côté méditerranée (Cassino), ouvrant la route de Rome (4 juin 1944). Le front en Abruzzo resta entre la rivière Sangro et le massif de la Majella pendant toute cette période. La plus grande partie de l'Abruzzo fut libérée fin mai-début juin 1944. fin de l'a-parte.

De retour à Sant'Eufemia a Maiella, je vais jusqu'au camping "Da Rondinella", frazione San Nicolao à Caramanico Terme.
Valmichel86
CA
Bonjour Michel, je suis votre périple depuis le début, j'aime l'Italie et cette région est peu connue. Ces villages sont vraiment très beaux. Un grand merci pour ce gros travail.
VA
Bonsoir, merci de l'intérêt porté à mon carnet. Effectivement, écrire un carnet demande beaucoup de temps, mais c'est aussi une façon de prolonger le voyage. Depuis que j'ai commencé ce carnet, je suis toujours en Abruzzo d'une certaine façon. Quant aux villages, il y en a tellement ! Dans tout le voyage, je n'ai choisi que 3 villages, et encore c'est parce que chacun d'eux présentait un autre point d'intérêt que le village lui-même. Les autres sont dans le carnet parce qu'ils étaient là, le long de l'itinéraire ou près d'une étape. Ils peuvent être remplacés par autant d'autres. Vous avez dû remarquer qu'il n'y a personne sur les photos de villages ; c'est qu'il n'y a presque personne visitant ces villages, pas de touristes (c'était en septembre, ce qui peut fournir une explication). Mais je pense que la fréquentation reste faible en pleine saison, car dans la majorité des villages il n'y a pas de magasin de souvenirs pour touristes, ce qui ne manquerait pas d'arriver dans le cas contraire.
Valmichel86
VA
Jour24 : mardi 17 septembre Journée titrée : la Majella. Itinéraire.



Je commence par aller, via le village de Roccamorice, à l'ermitage "eremo di Santo Spirito a Majella". Il est situé dans un vallon pentu et boisé dominé par des barres rocheuses.



Je traverse une forêt de hêtres avant d'atteindre l'ermitage, à la limite de la forêt et des barres rocheuses.



Pas de chance, il est fermé en semaine depuis la mi-septembre. Je peux seulement voir la façade de l'église à nef unique (fin du cinquecento), et deviner les autres bâtiments sur l'arrière. Faut-il préciser qu'il fut fondé par "Pietro da Morrone" (qui n'a pas fondé qu'un seul monastère) et qu'il fut un temps maison mère de l'ordre des célestins ? (cf jour21) je reviens sur mes pas (route en cul-de-sac), tourne à droite et reprends la montée en direction de la Maielletta. La route traverse une zone marquée par le pastoralisme (cabanes à tholos, photos en revenant ce soir), puis une forêt de hêtres (Oh, les forêts de hêtres d'Abruzzo !) ; elle débouche alors dans des alpages (téléskis d'une petite station) ; cet endroit et la station associée sont appelés Maielletta.



La route continue à monter (lacets) jusqu'au refuge "Bruno Pomilio". La seule façon d'accéder à la haute altitude (2000 mètres ici) par la route dans le massif de la Majella est de monter à ce refuge ; ailleurs il faut partir à pied de beaucoup plus bas. Vue sur Chieti, Pescara, la mer adriatique et toute la zone de collines entre le massif de la Majella et la mer. J'ai choisi de faire une randonnée en aller-retour : Rifugio Pomilio -Tavola dei Briganti. La randonnée commence sur la route (interdite aux voitures au-dessus du refuge) ;



cette route continue jusqu'au lieu appelé "blockhaus" (2142 mètres, chapelle). Plus loin, la randonnée se poursuit sur un sentier qui contourne le mamelon "blockhaus" par l'ouest, puis suit une crête en direction des plus hauts sommets du massif sans beaucoup s'élever.





Parmi eux il y a "monte Amaro" (2793 mètres), mais je ne suis pas certain de mon identification (peut-être le dernier à droite sur la seconde photo ?). "Tavola dei Briganti" (table des brigands). A cet endroit, sur la crête affleurent des rochers sur lesquels des brigands et/ou des bergers incisèrent leur nom. Le phénomène du brigandage dans cette région date du 19ième siècle (juste avant et juste après l'unité italienne).





Sur la seconde photo, le brigand/berger a aussi inscrit le nom de son village "Roccaraso". Sur le trajet retour, je regarde plutôt vers le bas. Vue sur le versant est de la Majella.



Vue sur le versant ouest de la Majella.



Cette randonnée dure 3 petites heures avec un dénivelé global compris entre 200 et 300 mètres. En redescendant vers Roccamorice, je m'arrête dans la zone pastorale ; elle offre une belle vue sur "Monte Amaro".



Les bergers ont construit au fil des siècles sur ces pâturages d'estive des "cabanes à tholos" (mot grec) : ce sont des cabanes couvertes d'une coupole en pierre sèche.



Presque arrivé à Caramanico Terme, je me déroute pour aller au hameau de "San Tommaso", "frazione" de la commune. S'y trouve la "chiesa di San Tommaso" dédiée à Saint Thomas Becket mort assassiné en 1176. L'édifice actuel (monument national depuis le début du 20ième siècle, partie d'une abbaye) fut construit juste après (début des années 1200) en style roman.



Sur l'architrave du portail central, haut-relief du Christ avec les apôtres (détail).



L'église étant fermée, je ne verrai pas l'intérieur (crypte plus ancienne sous le chœur, fresques, colonne sainte). Retour à Caramanico Terme.
Valmichel86
VA
Jour25 : mercredi 18 septembre Itinéraire.



C'est le retour sur la côte avec un temps idéal. J'ai choisi un village-camping appelé "Ripari di Giobbe", situé 3kms au nord d'Ortona. Cette localisation va me permettre de rayonner vers Pescara et toute la province de Chieti ; je n'aurai plus à changer d'endroit. De plus, le camping est situé en bord de mer avec une belle plage.





Profiter de la plage, se baigner... je vais manger fort tard et l'après-midi sera court. Je vais à Ortona ; je n'ai aucun problème pour stationner sur un parking, tout près de "via Gabriele d'Annunzio" et du promontoire sur lequel est construit le "Castello Aragonese". C'est un château à but défensif, bâti au milieu du quattrocento, sur décision du roi Alphonse d'Aragon (d'où son nom).





Il n'y a rien à voir à l'intérieur, mais depuis les remparts la vue s'étend aussi bien vers le nord,



que vers le sud (port d'Ortona).



"Piazza San Tommaso", je passe devant la cathédrale éponyme que je reviendrai voir demain.



J'arrive sur les promenades (ou belvédères) qui dominent le port. Sur ce site, face à la mer, "Margherita d'Austria" (épouse d'"Ottavio Farnese", un nom que l'on trouve partout en Italie) fit construire (fin du cinquecento) le "Palazzo Farnese", le plus important édifice civil de la ville. Elle avait l'intention de se fixer dans la ville.



Après bien des vicissitudes, le palais est aujourd'hui propriété de la commune. Pénétrant à l'intérieur, je visite quelques salles qui abritent la "Pinacoteca Cascella" (famille de peintres) ; le plus représenté est "Michele Cascella" (1892-1989) peintre figuratif (paysages) du 20ième siècle.
Valmichel86
VA
Jour26 : jeudi 19 septembre Itinéraire.



Je passe d'abord à Ortona pour visiter la "Basilica Cattedrale di San Tommaso Apostolo" (hier soir un office se tenait quand je suis passé). Depuis la place, un portail latéral permet d'entrer dans la cathédrale.



Si vous regardez bien, il ne reste pas beaucoup d'éléments du 13ième siècle dans ce portail gothique. La plus grande partie de la cathédrale était par terre après les combats de 1943. La cathédrale est une reconstruction et le portail gothique a été remonté en incluant les éléments d'époque retrouvés dans les décombres. Depuis 1258 la cathédrale abrite la dépouille de l'Apôtre Saint Thomas (elle a été reconsacrée pour prendre son nom). Cette dépouille fut rapportée de Grèce (mer Égée) par un capitaine de galère d'Ortona, Leone, qui l'avait volée (volée ? oui j'ai bien dit volée !) sur l'ile de Chios. Elle est installée dans la crypte moderne de la cathédrale.



Sous l'autel de la crypte se trouve le coffre qui contient la dépouille.



Et derrière l'autel se trouve la pierre tombale (rapportée elle aussi de l'ile de Chios) datée entre le 3ième et 5ième siècle et de style oriental (Syrie, Mésopotamie).



Les analyses plaident en faveur de l'authenticité de la relique. J'ai déjà du écrire qu'en Italie, où que vous soyez, l’Église vous réserve des surprises. Ce n'est pas une relique commune... Les Apôtres ne sont que douze !

Je vais me rendre ensuite à Lanciano ; quand je quitte la SS538 au lieudit "Caldari" en direction de "Frisa", je me retrouve sur de toutes petites routes serpentant dans un réseau inextricable de collines : cela monte, cela tourne, cela descend, cela tourne encore... En arrivant à Frisa, je sens que les vendanges sont commencées. Il faut le prendre au sens propre, au sens olfactif ; je n'ai pas encore vu l'attelage (petit tracteur + remorque) que je verrai en dizaines d'exemplaires par la suite mais cela sent les raisins écrasés. Lanciano est une ville importante (à vue de nez plus de 30000 habitants), construite sur une (ce serait trop simple), sur plusieurs collines. Près de "Piazza Plebiscito", je trouve l'office de tourisme (IAT) : un affichage sur la porte explique que celui-ci est transféré, mais où ? pas la moindre indication ! Je vais me débrouiller avec ce que j'ai. Le quartier de "Lancianovecchia" sur une colline. Sa place avec la "Torre di San Giovanni".



Un peu plus loin le portail gothique de la "chiesa di Sant'Agostino".



Encore un peu plus loin, dans la "chiesa di Santa Croce" est exposée la relique du "second miracle de l'eucharistie" (il n'y a rien à voir). "En 1276 habite à cet endroit une certaine Ricciarella qui dérobe une hostie consacrée avec l'intention de la réduire en poudre puis de la mélanger à la nourriture de son mari, pour obtenir un retour d'affection. Pendant la préparation l'hostie se transforme en chair et commence à saigner. Ricciarella l'enveloppe dans un chiffon et enterre le tout. Sept ans après elle confesse ses actes à un religieux du monastère voisin ; celui-ci déterre le chiffon et trouve le tout sanguinolent." On comprend qu'avec de telles histoires l’Église soit prudente en matière de miracle de l'eucharistie. Mais si on parle d'un second miracle, c'est qu'il y en a un premier. Et où peut-on le voir ? A Lanciano. Il suffit de changer de colline ; la "chiesa di San Francesco" abrite le "Sanctuaire du Miracle Eucharistique".



La relique est exposée dans un ostensoir, l'hostie en haut, le calice en bas. Le miracle aurait eu lieu au 8ième siècle.



Et il y a du monde : des Italiens, des étrangers. On parle polonais... enfin je n'en suis pas certain ; on parle slave assurément. Ces reliques ont été analysées par des sommités dans les années 1970-1980. - Le sang est du vrai sang humain ayant la composition de sang frais. - La chair est un morceau de cœur humain. La science en est là.

Si j'ai bien compris, l’Église est confrontée à une multitude de miracles de l'eucharistie dans le monde entier. Elle n'en a reconnu que très peu, et, même quand un tel miracle est reconnu par l’Église (c'est le cas de celui-ci), un catholique n'est en aucune façon obligé d'y croire.

Reste la troisième colline occupée par les quartiers de Sacca et Civitanova. C'est un ensemble de ruelles dont certaines avec des marches. On y trouve la "chiesa di Santa Maria Maggiore".



La façade est en fait une juxtaposition de 2 façades d'époques différentes : - au fond "trecento" avec grand portail gothique en haut d'un escalier - au premier plan "cinquecento" avec une rosace renaissance.

Je me rapproche de la mer, traverse Fossacesia et arrive à l'abbaye de "San Giovanni in Venere". L'abbaye est située sur une grande terrasse qui permet d'avoir une vue d'ensemble du bâtiment.



Je me dirige à gauche pour arriver devant le portail principal (trecento).





Avant d'entrer, je vais au bord de la terrasse ; incontestablement, les moines savaient choisir les endroits où établir une abbaye (enlevez les constructions, la tache sur mon objectif, gardez les oliviers sur le flanc de la colline et ajoutez le soleil).



J'en oublie l'abside située dans mon dos.



L'accès se fait par le portail latéral ; l'intérieur est de style gothique cistercien.



Sur le dernier côté se trouve le cloître de l'abbaye.



Le monument à retenir de la journée : l'abbaye de "San Giovanni in Venere". Les autres ne sont pas au même niveau et, pour changer d'ambiance, demain Pescara.
Valmichel86
VA
Jour27 : vendredi 20 septembre Journée à Pescara. Itinéraire.



Je stationne près du "lungomare Colombo" (bord de mer sud-est). Je vais en vélo vers le centre en franchissant le "Ponte del Mare". C'est un pont moderne piétons-cyclistes qui franchit l'embouchure du Pescara (ou Aterno ou Aterno-Pescara).



Vue depuis le pont sur le port-canal



et sur la grande plage en direction du nord-ouest.



Je passe par la gare (contemporaine, architecture en verre) et, en suivant "corso Umberto l" (artère commerçante), j'arrive "Piazza della Rinascita" (ou 'Piazza Salotto"). Un cube en verre sert de local pour l'information touristique ; je suis là pendant les heures d'ouverture affichées et c'est fermé (j'aurais l'occasion d'y repasser plus tard : pas de changement) : Pescara est une ville de plus de 100000 habitants ! Tout près se trouve le "lungomare" et la plage ; entre les deux, "La Nave", oeuvre de Pietro Cascella (1987).



L'après-midi, je vais dans un autre quartier, le vieux Pescara, où se trouve la maison natale de "Gabriele d'Annunzio" ; le poète est la personnalité la plus célèbre de Pescara et de tout "l'Abruzzo". Il naquit dans cette maison en 1863, y passa son enfance jusqu'à l'envoi en pension et en donna une description dans ses œuvres. Monument national depuis 1927, elle a été restaurée ; les intérieurs (restauration et mobilier) ont été réaménagés "à l'identique".









Dans l'entrée du premier étage est exposé le tableau "i morticini" (1880) de Francesco Paolo Michetti (traduction : les enfants morts) . Le peintre traite de façon poétique un sujet qui pourrait être seulement macabre.



D'Annunzio était très sensible à ce tableau (exposé ici temporairement depuis le séisme de L'Aquila en 2009).

Entre Pescara et Ortona, Francavilla al Mare comprend une ville haute (avec un musée Michetti) et une ville basse le long du littoral (entièrement urbanisé). Le "Palazzo sirena" sert de centre culturel (expositions, concerts, ... ) pour la station balnéaire.



En nocturne, je vais visiter le "museo delle genti d'Abruzzo" (dans le vieux Pescara). Il est installé dans des locaux qui ont servi de caserne puis de prison à l'époque du royaume de Naples. C'est un musée ethnographique qui présente l'histoire de l'homme en Abruzzo ; la présentation est thématique (par exemple : lieux de cultes et rites païens, production et récolte du foin, etc...). Musée intéressant et complet ; s'agissant d'ethnographie il est préférable de comprendre les commentaires, donc l'italien ou à défaut l'anglais pour certaines salles.
Valmichel86
VA
Jour28 : samedi 21 septembre Très beau temps. Matin : courses, plage. Itinéraire.



En début d'après-midi, je prends le chemin de Crecchio. En route, je saisis l'occasion de photographier des raisins. Cépage Montepulciano (je pense).



On en tire le vin rouge : Montepulciano d'Abruzzo , et le vin rosé : Montepulciano d'Abruzzo cerasuolo.

Cépage Trebbianno (je pense)



On en tire le vin blanc : Trebbiano d'Abruzzo.

Puis apparait Crecchio et son château pris d'une colline voisine.



Je stationne près du château et vais le visiter.



La tour au premier plan (la plus haute) est une tour défensive qui date du 12ième siècle ; on accède au sommet par un escalier en colimaçon montant dans le sens horaire. Au 18ième siècle le château prit un aspect "demeure résidentielle". A l'intérieur est aménagé le "museo dell'Abruzzo Bizantino e Altomedievale" ; la plupart des pièces présentées se rattachent à cette période.

Casque de "Torricella Peligna" (reflets).



En l'an 537 eut lieu à "Torricella Peligna" (dans l'arrière pays, j'y passerai demain) une bataille entre byzantins et ostrogoths. Ce casque ostrogoth fut retrouvé en 1922 sur le site.

Vue sur le village depuis le haut d'une tour du château.



On se rend bien compte que le village occupe une dorsale très étroite, toute en longueur.

A-parte sur les événements de l'automne 1943. L''armistice de Cassibile est rendu public le 8 septembre 1943. Le 9 septembre, le Roi, la famille royale, Badoglio et le haut état-major s'enfuient de Rome en voiture ; ils passent la nuit au château de Crecchio et embarquent le lendemain matin à Ortona, direction Brindisi. Ils abandonnent les Italiens à leur sort : l'occupation par les allemands. Après cet épisode peu glorieux, ajouté à la compromission avec le fascisme, le Roi ne pouvait plus espérer "sauver sa couronne" à l'issue de la guerre. Fin de l'a-parte.

A Ortona et aux alentours, vous trouverez des hommages aux soldats Canadiens. Cimetière militaire canadien quelques kms au sud de la ville.



Char canadien sur un rond-point en sortie de ville.



En ville, se trouvent une "piazza degli eroi canadesi" (place des héros canadiens) avec monument et un musée de la bataille d'Ortona. Cette bataille a marqué fortement la cité.

A-parte bataille d'Ortona. Début décembre 1943, les alliés sont arrivés au bord d'une rivière ("Torrente Moro") à 4 kms au sud d'Ortona et à ce moment là les troupes en première ligne sont principalement canadiennes. Les premières troupes alliées franchissent la rivière le 3 décembre ; les dernières troupes allemandes se retireront de la ville le 28 décembre ; entre temps une bataille sanglante due : - aux conditions : relief (collines) donnant un avantage aux défenseurs - au choix de l'armée allemande de défendre la ville rue par rue, immeuble par immeuble ( alliés surpris car ce n'était pas la tactique habituelle de l'armée allemande). La ville fut détruite à 80% (d'après ce que j'ai lu) sous l'effet des bombardements alliés et du dynamitage des bâtiments par les allemands pour que les décombres dans les rues empêchent la progression des chars alliés. Le cimetière canadien "Moro River Canadian War Cemetery" compte 1615 tombes (ce n'est pas un cimetière de champ de bataille) ; il y eut plus de 1300 victimes civiles. Après cette bataille, le front côté adriatique ne bougea presque plus jusqu'à fin mai 1944 : transfert de troupes alliées vers l'Angleterre pour préparer le débarquement de Normandie, transfert de troupes vers le côté méditerranée avec les combats autour de "Monte Cassino" pour atteindre Rome. fin de l'a-parte.

Le musée, dans sa présentation, accorde une importance particulière aux témoignages des civils italiens.
Valmichel86
VA
Jour29 : dimanche 22 septembre Il pleut dès ce matin et cela va continuer une bonne partie de la journée ; heureusement les interruptions vont bien tomber et permettront de faire les visites sans problème. Itinéraire.



Le site archéologique de Juvanum est le premier but de la journée ; il y a pas mal de route et, après Orsogna, cela devient sinueux, puis très sinueux après Casoli. Avant le site, je passe à "Torricella Peligna" (cf le casque d'hier) ; le site se trouve à 1000 mètres d'altitude sur la commune de "Montenerodomo", avant d'arriver au village, dans une ambiance très verdoyante.

Il y a un musée présentant les pièces retrouvées pendant les fouilles ; outre une vidéo à la demande, la visite est commentée, assurée visiblement par des étudiantes, soit volontaires, soit recrutées par la commune qui gère l'ensemble. La visite du site (les extérieurs) n'est pas accompagnée.

Le bétail est en train de paître à proximité du forum.



Une descente conduit d'une petite acropole vers le forum (vue générale).



Sur un côté de la petite acropole un théâtre a conservé ses rangées inférieures de gradins.



Depuis le site (où je vais pique-niquer ; aire) la vue s'étend sur une partie du versant est de la Majella.



Le second but de la journée est Roccascalegna et son château, dans un site fascinant au sommet d'un éperon rocheux. Routes sinueuses garanties jusqu'à l'entrée dans le village.



Je monte ensuite vers le château, puis dans le château (exposition) jusqu'au donjon



au sommet duquel on domine le village.



Il ne faut pas manquer de parcourir le sentier panoramique qui fait le tour de l'éperon sur lequel est construit le château.



Si on choisit bien son sens de parcours, le sentier se termine par la partie la plus spectaculaire : un surplomb formé de roches striées (sans doute des schistes) avec le château au-dessus du vide.





Je fais un bref arrêt pour voir l'église "San Pancrazio" dans le hameau du même nom (commune de Roccascalegna), une des innombrables églises rurales de la région.



Intérieur on ne peut plus sobre à deux nefs, la nef latérale (à gauche) étant postérieure au reste daté de 1205.



Retour à Ortona via Selva, la vallée du Sangro et le bord de mer.
Valmichel86
VA
Jour30 : lundi 23 septembre Itinéraire.



Sur l'itinéraire aller, je m'arrête d'abord à "Guardiagrele". Le pays comporte son lot d'églises dont la plus importante est la "cattedrale di Santa Maria Maggiore". Je vais vous en faire voir une autre, "San Francesco". Arrivé devant une façade du "Trecento",



et n'ayant pas de document de visite, je suis étonné de trouver un intérieur de style baroque,



et encore, un baroque ayant fait l'objet d'une restauration récente.

Vu sa position "Guardiagrele" est un balcon avec vue sur les alentours, les collines en direction de la mer



et la montagne de la Majella (sur le haut on distingue les pylônes proches du refuge "Bruno Pomilio" (Jour24)).



L'objectif de la journée est d'aller faire une randonnée à "Fara San Martino". La route passe sous le village de "Pennapiedimonte", accroché au versant de la Majella.





A "Fara San Martino" je me dirige vers les gorges ("Gole di San Martino") ; un sentier les traverse, passe devant un monastère ruiné ("Monastero di San Martino in Valle") et, si on veut, continue plus haut en remontant dans la montagne. Quand je quitte le parking pour commencer la randonnée, je vois un panneau sur lequel est affichée la décision du maire de fermer le sentier suite à un accident arrivé à une randonneuse fin juin (chutes de pierres) ; des barrières sont installées, barrant le sentier, qu'on ne peut pas ne pas voir.



Au lieu de me fier à une brochure de randonnées, j'aurais mieux fait de consulter le site du parc national de la Majella qui donnait l'information à jour ! Il ne me reste plus qu'à aller voir la source du "Fiume Verde", au pied de la montagne à "Fara San Martino".





Ces eaux tombées sur le massif de la Majella réapparaissent ici après un parcours souterrain. Et vous avez peut-être bu sans le savoir l'eau du "Fiume Verde", enfin très très peu... juste ce qui reste dans les pâtes "De Cecco" après la "lenta essicazione" (si le paquet "De Cecco dal 1886" vous dit quelque chose). Ces pâtes sont fabriquées ici avec l'eau du "Fiume Verde" ; il y a une autre usine à Ortona (frazione Caldari). Toute la production vient d'Abruzzo.

Vue de l'usine au pied de la Majella.



Retour à Ortona par le même itinéraire.
Valmichel86
VA
Jour31 : mardi 24 septembre Itinéraire.



Le repérage pour une première venue à Chieti n'est pas très facile : relief collinaire, dorsale entre 2 collines (c'est le centre), nombreuses rues à flanc de colline épousant les contours de celles-ci. Je stationne "via Brigata Maiella", monte en vélo un kilomètre jusqu'à "Piazza Trento e Trieste" (centre) ; le reste se fera à pied. Encore une information touristique (IAT) non accessible. Le fléchage conduit à un immeuble où se trouvent bien des bureaux (visibles de l'extérieur avec logo), mais la porte de l'immeuble est fermée et il n'y a pas de sonnette ou d'interphone permettant de se faire ouvrir !

La rue principale "Corso Marrucino" est une rue piétonne animée. Près de son extrémité nord, se trouve "Piazza Vittorio Emanuele" sur laquelle donne la "cattedrale di San Giustino".



Ce que l'on voit n'est pas une façade mais le côté droit de l'église, et ce mur d'aspect trecento date en fait du 20ième siècle quand l'architecte "Guido Cirilli" est intervenu sur le bâtiment.



J'entre par le portail double ; on peut accéder soit à la crypte (en-dessous) soit au chœur surélevé ; l'intérieur de la cathédrale, très vaste, est de style baroque.

Le chœur surélevé.



L'ensemble vu de l'extrémité de la nef.



La crypte présente l'ancien aspect roman depuis 1976, tous les stucs rappelant la décoration précédente (baroque) ayant été détachés.

L'après-midi je vais visiter un des deux musées nationaux de Chieti, celui de "La Civitella". Il a pour thème la "Chieti romaine", qui s'appelait "Teate", et se trouve au sommet d'une colline, près de l'ancien amphithéâtre, qui se trouvait lui-même sous le stade communal (reconstruit ailleurs au moment des fouilles (fin 20ième siècle)). C'est un ensemble inauguré en 2000, de conception et muséographie modernes.

L'amphithéâtre de la Civitella (utilisé pour des manifestations).



Reconstitution d'un fronton (temple d'Hercule ).



Le fronton d'un autre temple (le Capitolium) "remonté" avec les fragments de statues en terre cuite retrouvés (3ième-2ième siècle avant JC)





Un combat de gladiateurs (monument funéraire).



Une statue provenant des thermes.



Je parcours à nouveau les rues du centre et entre au musée Costantino Barbella (sculpteur né à Chieti, contemporain et ami de D'annunzio et Michetti) . Le musée lui est dédié mais présente aussi une collection de peintures du 15ième au 20ième siècle). Partie d'un diptyque du "Maestro dei Polittici Crivelleschi".

Valmichel86

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