B : Boisson
Boire de l’eau semble commun presque absurde, on boit du kompot, (voir plus bas) du mors (voir plus bas) du kvas (boisson fermentée), de l’hydromel (souvent chez nos amis) du vin de Crimée, et du samogon. Toujours fait maison avec son propre alambic, interdit à l’époque de l’union soviétique et accepté aujourd’hui si l’on en fait pas commerce. Fait avec des fruits, il faut environ 4h pour en extraire le précieux liquide.
Bien plus prisé que la vodka, il est de toute les fêtes et de tous les repas. Il titre 38° à 45° et se laisse boire facilement.
Nous leur avons appris une chanson à boire : « ami, ami lève ton verre et surtout ne le renverse pas » et partout où nous allions on nous a réclamé la chanson. Les russes sont très pudiques et quand nous arrivions à : « et porte-le au frontibus au nasibus….au sexibus, ils gloussaient et vite enchaînaient « et glou et glou et glou » que de fous rires !
Ah, j’allais oublier : les infusions et le thé. On boit toute la journée des infusions de baies (églantier, argousier, bardane, airelles) sans sucre, c’est très bon, un peu amer. Je buvais en serrant les dents parce que ce n’est pas filtré !
C : Compote
Kompot, vinaigrette et côtelettes
Trois mots identiques pour trois sens différents
Le Kompot est une boisson très commune que l’on boit plus facilement que l’eau à table.
Llena le prépare à la fin de l’été en bidon de 5 litres et, dans l’appentis, elle stocke ainsi 50 bidons pour la saison d’hiver. Quel travail !
Elle fait son Kompot avec des cerises (pas plus grosses que des petits pois) ou des abricots (de la taille d’une prune) ou des pêches ou des poires. Elle fait bouillir de l’eau et plonge les fruits puis arrête aussitôt l’ébullition pour en garder les vitamines. Sucré légèrement avec du miel, son Kompot est un délice désaltérant.
Llena prépare aussi des bocaux de choux, de tomates, des gros cornichons au sel et des cornichons au vinaigre pour l’hiver.
La saison prospère est courte et intense et s’étend de mai à fin août et le labeur ne cesse pas.
Son mari Sergueï s’occupe des pommes de pin de cèdres. Il part dans la forêt avec son fils aîné et récolte 1 tonne de pommes de pin en trois jours. En ouvrant les écailles de la pomme de pin, on attrape la coque de pignon que l’on brise pour récupérer les pignons qui agrémentent les plats.
Llena est dodue, elle porte un fichu noué sur la nuque durant la préparation du repas et ne l’enlève qu’au moment de la prière avant le repas, révélant un magnifique chignon gris acier.
Llena et son mari sont très croyants et avant ainsi qu’après le repas, tous les convives chantent le « bédénicité ». La table est remplie de victuailles, il y a à peine la place des assiettes.
Chacun a une assiette et une fourchette, le couteau n’est pas de mise et c’est vrai qu’on s’en passe facilement. Il y a le grand verre pour le kompot et le petit verre pour le samogon.
Manger est très festif et les toasts vont bon train : pour la joie d’avoir des français à notre table, pour l’amitié russo-française, pour la bonne santé de tous, pour le plaisir d’une visite etc. L’astuce est de seulement tremper les lèvres dans le verre de samogon sinon, gare, il est rempli derechef.
« Encore un peu Dominique ? »
« Tchou-tchou »
« Karacho, tchou tchou »
Sauf que tchou-tchou plus tchou tchou, ça fait bolchoï
(Vous noterez mon russe phonétique parfait!!)
Mais personne ne nous force, et l’on peut trinquer avec le kompot ou parfois le mors (jus d’airelles ou de canneberge)
Nous sommes passés à table fréquemment vers 14h et nous sortions marcher sur la rivière gelée, puis on reprenait le repas, puis on ressortait et le repas s’achevait vers 22h. Fréquemment une amie passait avec un plat, s’asseyait et mangeait. Chaque fois, à notre départ nous recevions un petit cadeau. Un foulard, des chocolats et chez des amis très très modestes, trois pommes de pins de cèdre, mon présent reçu le plus émouvant.
Les côtelettes
Viande hachée de porc et bœuf avec ail, oignons, aneth et persil, roulée en boulettes ou en forme de saucisses.
Vinaigrette
Ce n’est pas notre sauce mais une salade de pommes de terre , carottes, betteraves , concombres salés oignon, choucroute, le tout coupé menu et arrosé d’huile de tournesol. Plat présent sur toutes les tables.
Mon impression est que l’on mange très sain en Russie. Tanya vit dans une maison individuelle dont il ont commencé la construction en 1978, toujours pas terminée. Dans un demi sous sol se trouve le poulailler et le fumet s’infiltre dans la maison. Le terrain, comme beaucoup, appartient à l’état. Elle a une serre (ensevelie sous la neige en ce moment) et fait pousser tous les légumes de l’année et même des melons gros comme une pomme.
Petite parenthèse
Les terrains appartenant pratiquement tous à l’état, il est fréquent lors des plans d’urbanisation d’expulser les propriétaires des maisons en bois, pour construire les hautes barres d’immeubles dans lesquelles on leur propose un logement. Ainsi j’ai vu d’adorables maisons colorées coincées entre routes et immeubles attendant leur heure d’être détruites.
Olga vit en immeuble mais a une datcha, petit cabanon à l’orée de la ville, qui ressemble à nos jardins ouvriers et elle aussi cultive tous ses légumes.
Les poissons ont la part belle, pêchés toute l’année, hiver comme été, nous avons apprécié ce qu’ils appellent poisson rouge qui ressemble a du saumon et qui n’en est pas. Sans compter les harengs si tendres que l’on picore comme des bonbons.
Impossible de faire le tour de toutes nos découvertes gustatives.
Et si après notre voyage au printemps et à l��été où nous mangions pelminis et varenkini presque tous les jours, cette fois, en famille nous avons dégusté tant de plats différents que je ne peux tout raconter.
(Je suis une piètre photographe, et heureusement que chacun peut trouver sur le net de belles photos !)