Inside South Africa
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Inside South Africa

L'explosion de la durite. La passagère est si impatiente d'arriver que le cocher fouette une monture qui goûte modérément les mauvais traitements. Je la devine préparant le coup de pied de l'âne et, soudain, au grand galop, elle ne répond plus. Si j'écrase l'éperon elle s'éteint mais accepte une pédale à mi-course. Elle a déjà fait le coup l'an passé, au beau milieu du désert du Kalahari et je devine la ruse : elle a explosé une durite ! Une heure au petit trot nous amène devant un garage Ford. Un chef d'atelier aussi renfrogné qu'efficace fait démonter ce qu'il convient pour atteindre la durite puis annonce qu'il n'a pas la pièce de rechange et qu'il lui faudra une semaine pour l'obtenir. Je lui propose de profiter qu'elle soit accessible pour effectuer une réparation de fortune sur la déchirure mais il s'y oppose, arguant que la pression est telle que l'emplâtre lâcherait aussitôt -c'est pas une Testarossa quand même ! Après remontage, il refuse de nous faire payer quoi que ce soit et nous conseille de rallier la ville suivante située à deux cent kilomètres c'est reparti pour quatre heures. Des semi-remorques nous doublent sans ménagements, je revois Duel. Parvenus à la concession Land Rover, nous apprenons que le délai d'obtention de la pièce est de deux jours ouvrés et nous sommes un jeudi. Je décide de faire livrer la durite à la maison sans roulettes, je la changerai moi-même. Cinq heures plus tard et l'ascension du col en première, nous atteignons l'objet de ses désirs. * Cache-cache En Bretagne, mon voisin est un marin pêcheur taciturne et ombrageux. Il a ancré son ancien bateau au milieu de l'estuaire qui sépare deux départements et s'en sert comme dépôt. C'est un capharnaüm de filets, de bouées et de casiers. Le vieil esquif en bois menace ruine et la peinture de la coque n'est plus qu'un lointain souvenir au point que la Direction des Affaires Maritimes de son département l'enjoint de l'enlever ou de le repeindre. L'Astérix tient également un restaurant sur le port où il régale le chaland de sa pêche. Un dimanche après-midi nous le voyons embarquer dans des annexes cuisiniers, serveurs et plongeurs armés de rouleaux, de pinceaux et de pots de peinture. C'est parti pour deux heures de barbouillage et de rigolade. Une fois le flanc tribord peint tout le monde retourne préparer le service du soir. Le flanc bâbord attendra que les Affaires Maritimes du département d'en face réagissent. Cette histoire m'est revenue en arrivant à la maison : la façade visible de la route a été repeinte mais l'autre est restée en l'état. * La blonde, le rouge ou le blanc et le Noir Beaucoup d'ouvriers sont payés à la fin de chaque semaine, mais le samedi et le dimanche la vente d'alcool à emporter est interdite. Alors, le vendredi soir, c'est foule dans les bars et les magasins vendant de l'alcool ne désemplissent pas -de gens déjà pleins. Leurs faibles moyens les réduisent à des vins tord-boyaux ou des bières insipides. Ils finissent cependant noirs.

* Sept En France continentale on élève facilement sept brebis à l'hectare. Dans le Great Karoo, il faut sept hectares d'une végétation étique mais savoureuse pour nourrir une seule brebis. Sans compter l'énergie dépensée en déplacements. Ajoutez qu'une brebis française produit environ un agneau et demi par an alors qu'ici, entre sécheresses et chacals, c'est plus près de zéro sept et vous comprenez qu'avec une ferme de sept mille hectares -l'unité de base locale- les revenus du fermier sud-africain ne dépassent guère ceux d'une ferme cent fois plus petite en Bretagne. Ce week-end se déroule le comice agricole annuel sur le champ de foire. Certains venant de loin, une procession de pick-up, bennes et remorques chargées de moutons, remonte la rue principale : nous sommes bien dans le Karoo. Je m'attendais àune compétition d'ascètes au muscle sec, capables de transmettre à leur descendance les qualités utiles au milieu mais je soupçonne ces bêtes de concours bodybuildées de ne pas se contenter de ruminer le bush et d'être dopées à la luzerne. Du reste, je prends un dealer la main dans le sac de granulés. * C'est pas des poupées Ken est guide de chasse professionnel, métier qu'il exerce en indépendant. Hors saison de chasse il va à la pêche aux clients, aux États-Unis principalement. Il dit que l'élection de Trump -à qui il ressemble un peu, en plus jeune- serait favorable à son activité mais il n'aime pas Trump et, semble-t-il, guère plus ses clients. Il voulait être fermier mais, dans le contexte post-apartheid, reprendre une ferme relevait de la gageure. Sa femme, qui est plus belle que Barbie et Melania, confirme silencieusement. * Des voisins C'est le problème avec la femme : son côté it girl. Dans l'année qui suit son installation nous avons deux nouveaux voisins. L'un de l'autre côté de la piste, l'autre à une demi-heure (ici, c'est next door). L'un ne se déplace qu'aux commandes de son hélicoptère noir, l'autre à bord de son Boeing 737 privé. Le premier est un richissime fermier du nord-est du pays qui s'agrandit dans le Karoo. Il vient d'acheter deux fermes non contiguës de six milles hectares chacune. Dans quel état d'esprit est le propriétaire de la ferme qui les sépare, je l'ignore encore. L'arrivant va créer une réserve animalière à vocation d'élevage, nos futurs voisins seront des girafes, des rhinocéros et des antilopes, dont des espèces rares comme lesSable. On dit que c'est un homme pressé et déterminé : la commune tergiversait pour accéder à sa demande de réfection de la piste publique qui nous fait office de frontière, qu'à cela ne tienne, il l'a refaite lui-même. C'était une ferme historique, traversée de pistes menant à d'autres fermes, hébergeant la mare peuplée de volatiles où finissent les eaux descendues de la montagne et que les villageois n'ont pas captées, c'est là qu'était aménagé le parcours de golf dont j'allais devenir le vingt-neuvième adhérent. Tout cela est maintenant fermé, clôturé, bardé de portails monumentaux. Le Far West dans le Western Cape. Est-ce parce qu'il porte un nom en '-ski' que la rumeur l'apparente à des mafias slaves et qu'il est déconseillé de le contrarier ? Cette même rumeur le dit par ailleurs engagé dans le marché de l'uranium or, de l'uranium, il y en a dans le sous-sol du Karoo. Le second voisin est un prince saoudien qui vient d'acquérir une ferme de taille modeste, trois mille cinq cent hectares, mais n'allez pas croire pour autant à un petit prince. Pour l'obtenir, il a payé quatre fois et demi le prix du marché ! La ferme était dans la même famille depuis deux siècles et les propriétaires refusaient jusqu'à l'idée de la vendre. L'agent -l'argent, en l'occurrence l'or noir- du prince est revenu à la charge chaque semaine, malgré les refus réitérés, pour finir par dire que son client voulait cette ferme à n'importe quel prix. Prix qu'il leur demandait de fixer. Et voilà comment on vend les tombes de ses ancêtres. Des fermes immenses à vendre, il n'en manque pas ici mais le prince cherchait une propriété d'où il ne verrait aucune route ni piste, ni aucune autre maison ou ferme. Il viendra quelques jours par an pour chasser. Cependant, il est contrarié : la piste de l'aéroport le plus proche, à deux heures de route, n'est pas assez longue pour recevoir son coucou privé, il devra atterrir à Cape Town, comme moi, et se coltiner près de deux heures d'hélicoptère. Ainsi va l'Afrique du Sud. Je serais curieux de savoir ce qu'en pense Julius Malema, leader de EFF (Economic Freedom Fighters) qui prône le modèle zimbabwéen de redistribution des terres.

* Biko L'autobiographie d'une journaliste et femme politique, sud-africaine d'origine européenne, est publiée cette semaine. En 1977 cette débutante obtint de son rédacteur en chef l'autorisation de mener des investigations sur la morten détention du leader noir Steve Biko. La police politique du régime de l'apartheid le disait décédé des suites d'une grève de la faim. L'audacieuse impétrante découvrira que les légistes faisaient état d'un cadavre en léger surpoids et, plus tard, on apprendra que Biko a succombé des suites de sévices, sinon de tortures. Sous pression après la publication de son enquête, Helen Zille, décillée, renoncera à sa carrière de journaliste et s'engagera en politique. Elle est des Sud-africains Blancs qui luttaient contre l'apartheid et il est rassurant que certaines personnes aient une conscience supérieure à celle de classe ou de race. *

Vous avez les montres... … nous avons le temps. Quiconque a travaillé avec des Africains connaît cette réponse qu'à l'occasion ils nous font. Willem, l'inconstant jardinier, n'a pas supporté l'observation : parcourir les lieux en tous sens, fut-ce à grande vitesse et la fourche sur l'épaule, ne faisait pas avancer la cause. Jan l'a donc remplacé. Nous portons le même prénom, nul doute que nous allons entreprendre de grandes choses. Il est réputé reliable, c'est-à-dire qu'il vient au travail, et ne parle qu'afrikaans. Nous communiquons comme au cirque, pouce levé, pouce baissé. Jan a la morphologie d'un bushman mais l'ossature et les traits d'un métis -métissages multiples. C'est un lutin, toujours en mouvement, parfois sans but ni destination (le voyage c'est le chemin). Je le perds de vue, c'est pourtant pas la forêt vierge, il réapparaît ailleurs, affairé. Jan n'a pas le sens de l'eau perdue -il doit penser la même chose de nous qui prétendons cultiver le désert. Il est jardinier comme je suis violoniste, virtuoses du play back. Après un very light lunch il s'allonge à même le sol, dans l'ombre portée des écuries, et s'endort. Si le matin le moment de son arrivée est variable, mais jamais avant l'heure convenue, l'heure de départ est, quant à elle, immuable : c'est quinze heure quoiqu'il advienne. Pas la peine de lui en conter, il sait compter et m'indique la superbe montre qui mange son poignet maigre. * Colours Veldrift, Oyster Catcher, Lobster Red, Namib, Dune, Lion's Den, Kalahari, Bush Fire, Karoo Dawn, Cape Fynbos, Safari Trail, African Pan, Bushveld Plains, African Queen, Karoo Drift. Un bestiaire ? Un herbier ? Non, les couleurs proposées par le meilleur fabricant de peinture du pays. Toutes les nuances du continent dans un fauteuil. * Pets Elle aime trois molosses, hauts d'un mètre au garrot. Est-ce pour leur beauté ? Pour leur race ? Pour leur pouvoir de dissuasion car connaissant l'existence des bestiaux, nul se s'aventurera dans sa propriété sans y avoir été invité? Un peu de tout cela, sans doute. Elle n'en dira rien. Elle aime les animaux domestiques mais un peu moins ceux des autres, les pauvres. Ainsi, elle participe activement à la campagne de stérilisation des chiens et des chats du township voisin. Rendez-vous compte, les malheureux n'ont pas les moyens de les nourrir ni de les soigner, autrement dit, de leur assurer une vie décente. Elle et d'autres justifient le rayon pets du petit supermarché local. Que votre animal soit puppy, adult ou mature, qu'il aime le poisson ou préfère le bœuf (personne n'a pensé à une référence à base de chiens du township ?) vous trouverez votre bonheur. Tandis que vous commanderez, nombre d'habitants n'auront accès qu'au parking, pour quémander. * De la démocratie en Afrique

Que dirait Tocqueville de la démocratie en Amérique en cet automne ? Après le père nous avions eu le fils, après le mari, et par défaut, nous risquons la femme. Personne d'autre, vraiment ? Ne parlons pas de la France et du vaudeville actuel. Un universitaire ivoirien considère que les peuples africains ne sont pas prêts pour la démocratie « à l'occidentale » (caricaturalement, un T-shirt offert apporte une voix). Sait-il qu'il en est de même ailleurs, où nombre d'électeurs votent majoritairement non pour une vision, un projet ou des convictions mais pour la préservation de leurs boutiques ? Ici, en Afrique du Sud, se tenaient, il y a peu, des élections nationales qui ont entériné le recul de l'ANC au profit de la Democratic Alliance (DA). Historiquement (depuis la fin de l'apartheid) considéré comme le parti des Blancs (qui représentent moins de 10% de la population) elle a su rallier les déçus du clientélisme, de l'incompétence et de la corruption des indignes héritiers de Mandela. DA dirige désormais cinq des six plus grandes villes du pays. Dans le township voisin, bien après la fin du scrutin, se croisent courtoisement des porteurs de T-shirt de l'ANC ou de DA. Aujourd'hui, c'est différent, le leader national de DA tient un meeting dans un terrain vague. Sont là quelques centaines de personnes, dont un bon tiers d'enfants au trois-quart dépenaillés. Pas un T-shirt ANC dans la fumée des braais et la musiqueassourdissante. Moins de dix visages pâles, dont la journaliste que je conduis, un élu local et des militants. Arrive un petit convoi de limousines, quatre seulement, c'est moins que l'écurie privée de n'importe quel rejeton du Président Zuma. La foule mouve, les étendards s'enflamment et les youyous fusent. Mmusi Maimane est un métis bon teint, dominant d'une tête l'assemblée qu'il fend doucement, accompagnant les danses et se prêtant aux selfies. Il prononcera son discours, mi en anglais, mi en afrikaans, juché sur la plate-forme d'un camion -le coût du meeting doit être supportable pour les contribuables. Orateur populiste moyen, sans doute, mais habile. Deux heures plus tard, en soirée, nouvelle réunion. Cette fois dans une propriété de la ville historique. Cent cinquante personnes, casual chic, toutes blanches à l'exclusion de trois métis... et du Président de DA. Un air de Rotary, tout ce que la ville compte de fermiers, de commerçants et d'entrepreneurs a payé son écot pour s'honorer de la visite de Mmusi Maimane. Ses admirateurs voient en lui un nouveau Mandela ou le comparentà Obama, ses adversaires considèrent qu'il est manipulé, ses contempteurs le tiennent pour un traître. Il a moins de quarante ans, il est intelligent, sa femme est de race blanche. La probabilité qu'il devienne président de la République d'Afrique du Sud n'est pas nulle. * Posh Port Out, Starboard Home. Sonja, qui arpente le désert aux aurores, traite de posh une de ses connaissances, c'est-à-dire de snob. Elle a une langue de puffader. Les Anglais aisés (donc pas ceux qu'on envoyait au bagne en Australie en aller-simple) entreprenant la route des Indes réservaient leur cabine à bâbord à l'aller et à tribord au retour. Tout au long du voyage ils avaient ainsi la vue des côtes au lieu de la vacuité de l'Océan -quoiqu'en dise Kersauzon. J'ignorais que choisissant ma place dans l'avion, en fonction de la route et de l'heure, de façon à ce que le soleil éclaire le paysage au lieu de m'aveugler, j'étais posh. * Wine tasting cosmopolite Un sosie pâle de Jacob Zuma, peintre enseignant son art en Europe, une Anversoise écrivain en Afrique du Sud, un jardinier du désert au look de surfeur, une Irlandaise enseignant le yoga dans le Karoo, un Afrikaner féru d'Histoire mondiale, un autre, notre hôte, dans le vin jusqu'au col et deux Français en observation -observateurs observés. Les conversations roulent, puis bientôt les bouteilles, juste avant certains hôtes. Les scandales récurrents de corruption du Président Zuma et de ses proches. Un Chenin Blanc. Napoléon qui aurait pu changer le cours de l'Histoire de l'Afrique du Sud. Un Chardonnay unwooden. Le serpent, un puffader, que l'une a trouvé dans son jardin. Un Sauvignon Blanc. Le koudou percuté par une voiture à la sortie du village, et qui n'a pas survécu. Un Pinotage. La sanglante guerre Anglo-Boer. Un Shiraz nommé Down to Earth. * Little Patagonia Une histoire de pression ou de dépression, de différentiels de températures ou, peut-être, de guerre immémoriale entre les éléments, presque tous les jours en fin de journée, comme s'il venait border, le vent dévale la montagne et décoiffe gratis. Lorsqu'il tombe, on ne sait pas où, on se prend à espérer qu'il s'est fait mal et qu'il ne s'en relèvera pas. Je vais construire un mât sur la maison, hisser les voiles, les border et voguer sur le désert -il se souviendra de la mer. *

Meeting dans le township.



Puisqu'il faut une couverture (en noir et blanc)...
MI Michel85200 Globetrotter ·
🙂🙂🙂
michel85200
AT Atila Globetrotter ·
C'est le problème avec la femme : son côté it girl.

Tu cherches les ennuis ! 😠
MA Magryelle Regular ·
Merci merci Voyajou! Par moments, on dirait l'Australie...pas toujours les bons côtés d'ailleurs....voisin à 200km, jet privé, ferme de la taille d'un département français etc.... la vie sédentaire te convient-elle en Afrique du Sud? On sera dans le Karoo mi-Aout...et on humera ton paysage et ton environnement avec délectation. 😉
mayrig
XR Xrctn Veteran ·
Tiens, j'apprends que je suis moi aussi posh ! Mais ici on dirait plutot cultivated !!!

https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Toujours un plaisir de te lire Jean-Luc et oh miracle deux photos sur un post 🙂

Pour la peinture, ils en avaient plus en stock, où c'est juste que vu que tu es loin, ils en ont fait passer d'autres clients avant toi ?

Mmusi Maimane tu es sur qu'il est métis ?
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
EM Emma78 Veteran ·
Coucou Jean-Luc,

Te voila de retour dans ta deuxième maison, et pour nous commence le bonheur de découvrir tes mots.

Down to Earth, voila un shiraz qui invite à l'essentiel 😉

Avoir des voisins à 1/2 heure, j'en rêverais 😮. Bon, le ballet des hélicos un peu moins, mais en même temps c'est un émir !!!! Tout dans la démesure.

A bientôt pour la suite.
Emma

http://www.manuetjc-tribulations.com
VO Voyajou Globetrotter ·
Trois 🙂 de Michel, un 😠 d'Attila: on se croirait dans la rubrique "critiques" de Télérama. 😇😊😉
VO Voyajou Globetrotter ·
Par moments, on dirait l'Australie...

Climat, latitude, géologie et domination européenne, pas mal de similitudes entre le Karoo et les parties désertiques d'Australie. Tu verras. Et n'oubliez pas de humer le fumet d'un agneau du Karoo...

la vie sédentaire te convient-elle en Afrique du Sud?

Disons que la vie sédentaire est plus intéressante en Afrique du Sud qu'en France, l'effet de nouveauté sans doute, mais je préfère les déplacements incessants d'un camp à l'autre et ne pas savoir où je serai le lendemain.
VO Voyajou Globetrotter ·
Tiens, un autre Australien sans frontières! 🙂 Et qui n'a pas sa langue dans sa posh. (Sais-tu que j'occupe ici une frontière? Celle qui sépare le Klein Karoo du Great Karoo. Observe qu'ils ne sont pas nommés dans la même langue).
MA Magryelle Regular ·
Et n'oubliez pas de humer le fumet d'un agneau du Karoo...

on n'y manquera pas, crois moi!
mayrig
VO Voyajou Globetrotter ·
C'est pas gentil de se moquer des mauvais photographes! 😮

Il avaient assez de peinture mais malgré les montres, notre arrivée les a pris de court.

Mmusi Maimane tu es sur qu'il est métis ?

Absolument! J'ai bien connu sa mère, Ethel, qui est une Xhosa alors que son père est Tswana. 😇 Mais, en effet, contrairement à ses enfants, il n'a pas d'ascendants au sang blanc.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
C'est pas gentil de se moquer des mauvais photographes! 😮

Je me moque pas, je suis juste agréablement surpris et je le dis 🙂

Absolument! J'ai bien connu sa mère, Ethel, qui est une Xhosa alors que son père est Tswana. 😇 Mais, en effet, contrairement à ses enfants, il n'a pas d'ascendants au sang blanc.

Effectivement, vu comme ça. Pour moi métis c'était noir avec une autre couleur de peau, mais j'avais pas tilté dans ce sens
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MI Michel85200 Globetrotter ·
Uthanda iAfrica... Ngithanda iAfrica... Sithanda iAfrica...

Ngifunda ukubhala kodwa ngichaza leli zwe khale.

😉
michel85200
VO Voyajou Globetrotter ·
Merci Emma. Les vins d'ici portent des appellations autrement imagées que dans le Bordelais! Quant aux émirs, même Kusturica interroge (comme dit notre falot Ministre des Affaires Etrangères au sujet du nouveau Président des Etats-Unis. C'est sûr qu'à son sujet on ne s'interroge guère).
VO Voyajou Globetrotter ·
Circuit court L'hygromètre a plus de chance d'avoir été étalonné en Chine tropicale que dans le désert d'Atacama. Aujourd'hui, à l'aube, à l'heure où les succulentes, dont les Karoo roses, s'enivrent de rosée, il indique 60% d'humidité dans une zone dite « normal ». Au mitan du jour il descendra à 15% dans la zone ultime dite « very dry ». Le matin, j'ai le poil soyeux, à midi je suis coiffé en porcupine. Et l'été est à peine arrivé ! Ici, même les plus pauvres ont l'eau courante ou, au moins, marchante. Ici, on ne mélange pas les eaux grises aux eaux noires. Les secondes sont recueillies dans une fosse qu'un camion municipal odorant vide régulièrement. Les premières retournent directement au jardin. Certaines maisons sont ainsi des petits Beaubourg horizontaux, des tuyaux courant parmi les cailloux jusqu'aux élus. Dans cette maison, la douche abreuve un olivier, la baignoire inonde un oranger et le lavabo goutte à goutte un pied de vigne. C'est assez contraignant. Le gel-douche doit être à l’huile d’olive, le bain moussant sera à l’orange et le savon à barbe à l'extrait d'huile essentielle de pépins de raisins. * Desmond Tutu Malgré un prénom pareil, et je ne parle même pas du surname, cet homme là n’est pas un archevêque d’opérette. Haut comme trois pommes mais géant moral, il fut compagnon de lutte de Mandela. Il est maintenant âgé et malade, mais la presse relaie ce qui sera son dernier combat :Il milite pour que chacun ait le droit de mourir où, quand et comment il le souhaite. Qui prendra la relève ? Quelles sont ses chances de canonisation ? * Donkeys & Horses (power) (Des ânes et des chevaux-vapeur) Collision de deux nouvelles le même jour : 1/ Le Karoo Donkey Sanctuary recueille des ânes de bât qu'il décrète maltraités -le travail est une maltraitance, vive le revenu de base généralisé aux ânes africains, même si faute d'avoine il faudra se satisfaire de son. Beaucoup d'élus sont récupérés dans les townships de Cape Town et il est probable que si les ânes sont maltraités, leurs propriétaires-exploitants ne soient pas non plus à la fête. 2/ Une édition limitée du Range Rover Sport (des centaines chevaux-vapeur) arrive en Afrique du Sud. Trois millions de rands, deux cent mille euros, trente mille journées d'ouvrier agricole, un siècle. * Les boules Au prétexte de notre nationalité nous sommes invités à une partie de boules dans le désert. Chacun amène à boire, c'est le boule-bar (l'homme tique : jusqu'alors il ne connaissait que la bull bar à l'avant du camion). On joue parmi les kopjies sur un sable volcanique, ferme mais traître. Treize à onze, défaite honorable pour une première sur ce continent. Le soleil s'efface et s'allument les lumières de la petite ville, longue ligne continue que l’on surplombe. Malcom qui a travaillé au Brésil, en Angleterre, et dans plusieurs pays d'Asie avant de revenir en Afrique du Sud se pâme « it is a beautiful country ». Il a gagné la partie avec des boules deux fois plus grosses que les standards mais sensiblement du même poids, cibles idéales pour un tireur. Nous reparlons du meeting de Democratic Alliance et il assure qu'avant cinq ans l'ANC perdra le pouvoir central au bénéfice de DA. Par le jeu d'alliances, comme aux boules. * Safar'immobile Aujourd'hui je n'ai pas vu de rhinocéros mais j'ai acheté une perceuse et des mèches. Je n'ai pas vu d'éléphants mais j'ai acquis un arroseur oscillant, beaucoup plus régulier et sobre. Pas vu d'oryx mais utilisé des vis longues et fines qui rappellent ses cornes. Pas trébuché sur de l'herbe à éléphants mais planté de la Rhinoceros grass et semé de la Kikuyu grass réputée résistante. Pas collecté de bois mort mais changé une ampoule à baïonnette. Pas dormi à la belle étoile mais sur un matelas à mémoire de forme. Pas déplié une carte dans le sable mais fixé au mur des cartes encadrées. Pas bu un Brandy mais testé un whisky élaboré dans les highlands d'Afrique du Sud. * J'ai pas de titre Né avec le Front Populaire, mais en Afrique du Sud, il découvre Paris au lendemain de soixante-huit avec l'impression de changer de siècle. Jan est encore imprégné des slogans de l'époque. Pendant quelques années, il sera journaliste dans plusieurs pays européens, principalement dans la presse agricole -ici, ses parents sont éleveurs de chevaux. Il peut encore citer plus d'une dizaine de races régionales de vaches françaises. Amoureux des langues, il entretient sa passion en écoutant la radio, de RFI aux émissions en portugais diffusées depuis le Mozambique. Jan rend visite à son frère avant de s'en retourner là où il s'est retiré, près de la ferme qui l’a vu naître, et emprunterait bien quelques livres d'auteurs français. Il aime Sartre et Claudel que je n'ai pas en rayon de voyage. Qui sont les Sartre et les Claudel du siècle nouveau ? Il repartira avec un Houellebecq, un Modiano, un Tesson et un Gaudé, les serrant sous le bras comme un trésor. * Mrs Gay Elle n’est pas spécialement féminine mais c’est une bombe, une bombe à fragmentation qui touche tous ceux qui l’entourent . Veuve depuis quatre ans, elle conduit une ferme et une petite laiterie avec ses quatre jeunes fils, dont une moitié adoptés, deux blancs et deux noirs. Ils élaborent des fromages étonnants dont le Queen Vic et le Parma Prince. Leur feta et leur mozzarella redonnent le goût d'un voyage en Grèce et en Italie. Elle avoue rencontrer des difficultés avec les ferments et les ph. Gay's Guernsey Dairy est une enseigne intrigante, en particulier lorsqu'elle est implantée dans une petite ville gay friendly. Mrs Gay prend avec humour les questions des clients sur son origine assurant que non, non et que c'est son nom. * Cent vingt jours sans une goutte C'est toujours la même histoire. La montagne retenait une légion serrée de nuages venus de l'océan mais, cette fois, il sont passés, non sans déchirures et, dans le ciel bleu karoo, c'est en lambeaux qu'avancent des fantassins clairsemés que le désert achèvera avant qu'ils ne crèvent.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Je suis allé voir sur le site de Mrs Gay pour voir des photos, ton petit coin de paradis à l'air bien sympa
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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MU Muriel18 Globetrotter ·
En te lisant Jean-Luc, je pense à un roman de Deon Meyer (dont j'ai oublié le titre) où le personnage principal (dont j'ai oublié le nom) s'était retiré dans un coin un peu perdu d'Afrique du sud pour y passer des jours tranquilles (j'ai bien entendu oublié où c'était exactement 😉). Bref, bien que n'ayant pas gardé beaucoup de souvenirs (précis) du livre, je me rappelle néanmoins que j'imaginais cet endroit tout comme tu le décris... Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
MA Max68 Globetrotter ·
Hello l'homme de l'Ouest ... euh pardon du Sud ... faut dire qu'on s'y perd. 🙂

A tes amis joueurs de pétanque propose une revanche au palet (ou à la galoche)

J'aime toujours autant ta prose ... quoi que les contingences d'un sédentaire me font moins rêver que les découvertes d'un nomade 😉
https://apprentisvoyageurs.com
AT Atila Globetrotter ·
Un voyou au poil soyeux le matin ne te fait pas rêver ?😄
MA Max68 Globetrotter ·
Moi ce serait plutôt Mrs Gray 😉
https://apprentisvoyageurs.com
VO Voyajou Globetrotter ·
Oui, c'est beau, et beaucoup plus encore. Il y a quelques photographes professionnels ici dont les clichés sont dignes des lieux, dont Louis Botha qui a accepté que je sorte mon téléphone pour te les montrer
VO Voyajou Globetrotter ·
Hello Muriel, Prenant connaissance de tes maigres indices 😇, le Capitaine Benny Griesel est au moins certain que ton livre ne relate pas sa dernière enquête, Kobra, dont l'action se déroule entre Le Cap et Stellenbosch. Deon Meyer est d'ici et sillonne souvent les pistes du Karoo à moto, en meute de potes.
VO Voyajou Globetrotter ·
quoi que les contingences d'un sédentaire me font moins rêver que les découvertes d'un nomade 😉

Pareil pour moi. Mais ne va pas croire, la sédentarité c'est aussi l'aventure. Par exemple, toi qui aimes les safaris mobiles, imagine que dans un safar'immobile tu découvres que le pas des vis à bois est inversé et qu'il faut engager la marche arrière de la visseuse pour qu'elles avancent. 🤪
MA Max68 Globetrotter ·
des vis à bois est inversé et qu'il faut engager la marche arrière de la visseuse pour qu'elles avancent

ah oui !, là c'est chaud ! 😇 😏

Là je suis en train de lire un roman qui ce passe dans ton "coin" 😉 L'odeur des pommes de Mark Behr ...
https://apprentisvoyageurs.com
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Tu le remercieras de m'a part ! Je viens de découvrir son très beau travail 🙂
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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VO Voyajou Globetrotter ·
To Die for... Hell Ah... je vous ai déjà emmenés à Die Hel ? Inévitablement, à hanter les mêmes lieux on radote. La route est mal pavée mais sans intention particulière. Ce matin, hormis quelques autres babouins, je suis seul en Enfer (où sont les autres, Jean-Paul?). Une déesse plantureuse, descendante des pionniers retirés ici, me prépare un breakfast de tous les diables avec les produits de son jardin, dont des confitures de figues, d'abricots, de pêches et même d'oranges. Un Éden, avec des serpents mais sans pomme. Malgré la sécheresse persistante, la Gamka River coule au milieu, siphonnant ce qu'il reste du lac d'amont. Dans la cour de l'ancienne maison de Snyman je lève une harde de koudous qui s'envolent en foulées affolées. * Foule moon (Je vous ai déjà emmenés sur la Lune, mais là c'est elle qui insiste et radote) Qu'est-ce qu'elle nous fait encore ? Elle nous rase, quel frisson ! Ceux de la ville s'en vont dans le désert, sur une éminence pour être au plus près de l'astre. Quel vertige ! Chacun apporte à manger et à boire. C'est le moon bar et nous y sommes conviés. Jusqu'au bout, j’espère une annulation : la Lune, empêtrée dans son calendrier lunaire aurait pris d’autres rendez-vous : une éclipse, un big-bang, une tempête abaissant un rideau de nuages lourds ou un tour de Mars, pour changer. La conjonction des astres me sera favorable : une heure avant le départ, un bakkie transportant dans sa benne une rousse incendiaire -serait-ce une soirée sacrificielle ?- apporte la bonne nouvelle : l'Astre est privatisé. La rencontre aura lieu dans les jardins d'une école de yoga concurrente de celle que fréquente la femme qui m'a mis en orbite. La perspective de ce tête-à-tête me ragaillardit. C'est son jour de gloire. Audacieuse elle s'élève en plein jour au-dessus d'un pic isolé, et de ma loge je vois un bilboquet Au loin, sur une piste dans le relief, les phares d'une voiture lui font des clins d’œil, à moins qu'elles ne communiquent en morse. La Lune aussi est maintenant plein phare -eh on t'a vue, passe en code ! Miroslav Vitous jazze Universal Syncopations. Je siffle un Down to Earth et inspire un havane. …/... Le lendemain, la nuit arrive sans elle. La star se fera désirer plus d'une heure avant d'enflammer l'horizon apparaissant toute entière en moins d'une minute, rousse mais décalée du bilboquet -le cirque est terminé. Elle s'élève derrière des nuages filants qui lui font des anneaux de Saturne. * L'amour dans les prés Je ne fantasme pas sur les Hereford ni ne spécule sur les cours de la laine Mérinos et je n'envisage pas non plus l'acquisition du dernier John Deere. Si je lis parfois le Farmer's Weekly, c'est simplement pour comprendre, sinon pour épouser, les préoccupations de ceux qui occupent le territoire. La rubrique sérieuse la plus amusante est celle des annonces matrimoniales. Voici les attentes qui reviennent le plus souvent dans les demandes des femmes: Chrétien, en bonne santé, financièrement autonome, non-buveur, non-fumeur, aimant les animaux de compagnie. Extrait : « Je recherche un (homme) blanc, sympathique, compréhensif, généreux, aimant, créatif et honnête. Il devra aimer les chats et apprécier la chine dans les brocantes et les marchés aux puces. Il devra être en bonne santé, être circoncis, disposer d'une voiture et être travailleur...». Si à ce stade vous avez coché tous les critères et êtes encore intéressé, suit la liste des qualités de la postulante. C'est signé « Creative Lady » et je pressens la veuve qui vient d'achever le troisième... * Bill l'enfumeur Pas le Clinton qui, lui, vient de se faire enfumer comme une bille (normal pour un gars qui ne sait rien du bon usage d'un cigare. Sans doute un dégât collatéral de l'embargo imposé à Cuba). Non, Bill l'inventeur en garage qui a enfumé la planète entière avec ses logiciels survendus avant de se retirer des commandes, mais pas des dividendes, et entreprend d'améliorer le sort du monde (c'est une manie googlesque) avec un terrain de prédilection : l'Afrique, et une cible bienveillante : les démunis. En Afrique, les paquets de cigarettes n'atteignent pas le delirium tremens de ceux vendus en Europe ou en Australie mais ils commencent à informer du danger : les fumeurs sont des billes que Bill a décidé de sauver. Un des tentacules de la pieuvre aide les états du continent à lutter contre l'industrie de la cigarette, comme si Philip Morris nous avait aidés à lutter contre les abus de Microsoft (soft, vraiment?). Une fois privés d'alcool et de clopes, il leur restera quoi aux pauvres... la religion et Microsoft dans un burger ? On n'est pas des SchTrumpfs ! Lors d'une soirée à l'ambiance mi-résistance, mi-conspiration, Reinie, dite 'la Princesse', utilise un fume-cigarette d'écume et, riant jaune, souffle que nous appartenons à une endangered specie, doublement. (Rédigé avec OpenOffice, le logiciel libre). * L'aventure en haut de chez soi La piste est d'abord rapide mais ralentie par des barrières qu'il faut ouvrir et refermer, signe qu'on passe d'une ferme à une autre. Fermes dont on ne verra aucun corps. Puis elle s'étrécit en même temps qu'elle n'est plus entretenue et s'attaque au relief. Alors, ne restent que deux traces dans les pierriers lorsqu'elles sont interrompues net par l'érosion, le passant rajoute des pierres à l'ouvrage. J'ai le projet de prendre à revers un lac de retenue pour en mesurer l'inanition. De ce réservoir qui était déjà au plus bas en début d'année, je n'aperçois au loin qu'une flaque contre le barrage. La roche qui emprisonnait l'eau en porte les stigmates à quinze mètres de hauteur et le fond est couvert d'une végétation arbustive d'où aboient les babouins et qu'enjambent les autruches, ces oiseaux qui ne savent ni voler, ni nager. Par réflexe, ou par habitude, je collecte du bois flotté dont j'aurais fait un feu et qui fera une lampe. Pour sortir de là ailleurs que par mon point d'entrée, je tente des pistes inconnues. Je me casse le dos dans des ravines dont se rient les springboks et les koudous, avant de me heurter à des barrières verrouillées : je suis prisonnier de la Swartberg Nature Reserve. Je devrai me résoudre à retourner d'où je viens. Mais, pour Noël, je vais commander un hélicoptère. *
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Nous donneras tu le nom de la guest house ou tu as logé du coté de l'enfer ?

Pour la lune tu as eu plus de chance que moi, elle est resté caché dans la grisaille parisienne 🏴‍☠️
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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VO Voyajou Globetrotter ·
Victoria's Secret J'ai mis le cap au nord, vers le Kalahari à travers le Northern Cape. Cette province est à la fois la plus vaste (les deux tiers de la France), la moins peuplée (un peu plus d'un million d'habitants) et la plus pauvre d'Afrique du Sud. J'arrive en fin d'après-midi à Victoria West, bien décidé à m'y arrêter. Voila qui est fait: la rue principale est bloquée par une manifestation. Il s'agit de la cérémonie honorant, chaque fin d'année scolaire, les lycéens qui ont terminé avec succès leurs études secondaires. Cinquante sept couples seront déposés par des voitures avec chauffeur sur un tapis rouge, avant de monter les marches de la Mairie.

Le proviseur et son adjointe s'impatientent.



Les voilà !

















Moi aussi, quand je serai grande...
MA Magryelle Regular ·
Merci pour ces belles photos. Dans notre froide française je sens l'ambiance d'ici. Vous avez du passer un bien bon moment!
mayrig
MA Max68 Globetrotter ·
On croirait assister à des mariages 😉
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VO Voyajou Globetrotter ·
Deux prestataires pour une nuit en Enfer: - la famille établie au milieu de la vallée qui tient le restaurant, un camping et quelques maisons - Cape Nature qui offre un camping au début de la vallée et des hébergements historiques rénovés à l'autre extrémité. Dans tous les cas, les hébergements de Cape Nature sont plus agréables.
VO Voyajou Globetrotter ·
Haute couture Pour quitter le confort et la sécurité de l'oasis il faut secouer le corps, mais on ne peut laisser l'esprit se dessécher. Et pour l'irriguer, rien de vaut la route. Je plante donc la jardinière consentante et m'arrache pour une escapade vers le nord jusqu'au Central Kalahari, si la bête le veut bien et si les prévisions de températures à plus de 40° sont revues à la baisse. Pour l'occasion, je porte un short long sur des chaussettes et des boots : dans le haut veld, je serai incognito.

Après quelques heures, j'atteins le Great Escarpment qui conduit au plateau de l'Upper Karoo par un dénivelé modeste, sept cent mètres, mais suffisant pour créer deux régions agricoles différentes. L'hiver, les troupeaux sont au pied de l'escarpement où ils montent pour l'estive. Aujourd'hui encore cette transhumance s'effectue à pied et je croiserai, ou doublerai, trois colonnes de plus de mille têtes chacune. Hélas, aucun moyen de parler chiffons avec les bergers en haillons qui n'entendent que l'afrikaans.

J'ai entrepris d'emprunter ces pistes d'ouest en est, montant l'une, descendant la suivante, un point à l'endroit, un point à l'envers. C'est un parcours décousu. Je tiens le fil mais il faut tantôt contourner une aiguille, parfois se faufiler dans un chas. Ce que les bergers parcourent en trois ou quatre jours ne me prend que quelques heures mais je fais trois ans d'affilée. Cette année, les brebis, déjà tondues, montent plus tôt qu'à l'accoutumée : il n'y a plus d'eau dans les réservoirs du Lower Karoo et plus grand chose à ruminer non plus. Sur le plateau, les dépressions naturelles sont à sec mais les réservoirs créés par les hommes sont en eau et la végétation est plus bronze que brune.







* Vu à la télé Jesus superstar. Plusieurs milliers de personnes, toutes endimanchées, sont rassemblées dans une salle pour écouter le prêche du pasteur. En l'espèce une pasteur, noire et crue, avec la voix de Janis Joplin dans Summertime et la scansion de Patti Smith dans le prélude de Horses. Un batteur et deux guitaristes l'accompagnent, qui soulignent le propos d'accords et de roulements entendus. Allongés à même le sol, plusieurs dizaines de croyants gesticulent ou se figent, entre crise d'épilepsie et transe hypnotique. La violence du sermon ne faiblit pas et on transporte les collapsés, ou on traîne ceux qui se débattent, pour regrouper en tas ceux qui ont disjoncté. (1) Quoiqu'en parie Pascal -Blaise, l'inventeur du principe de précaution?- il est entendu que ces questions-là s'adressent plus à l'esprit qu'à la raison, mais pas au point de la perdre quand même ! Je n'y crois pas. Les prêches sont entrecoupés de publicités pour les habituels gadgets frappés du logo de l'église (stickers, magnets, stylos, T-shirts, casquettes...). En bas de l'écran défilent des offres de prayer lines 24/24. Est-ce une émission de télé-réalité ou de télé-achat ? Je regardais Tswane TV qui officie à temps partiel. Faith, la chaîne concurrente qui sermonne à plein temps est à peine moins hard. Me revient Cioran : «Sans la vigilance de l'ironie, qu'il serait aisé de fonder une religion ! Il suffirait de laisser les badauds s'attrouper autour de nos transes loquaces ».

(1) Entre églises concurrentes on se bat à coups de miracles. L'année dernière, un pasteur a demandé à une femme de s'allonger sur la scène -l'autel?- et a fait déposer sur elle une enceinte acoustique de deux cent cinquante livres, assurant qu'il gérait le miracle et qu'elle ne ressentirait rien. De fait, elle n'a pas bronché : la cage thoracique enfoncée elle est morte à l'hôpital. L'apprenti sorcier avait confondu lourde et Lourdes. * « Crunch crunch crunch » C'est en ces termes que le conducteur de la dépanneuse explique à son pote mécanicien le bruit qu'émet le Defender. Il l'informe par téléphone, qu'il tient d'une main tout en se grattant avec l'autre et en conduisant avec les genoux : c'est rassurant de se sentir secouru. La veille au soir, alerté par des à-coups, j'ai juste eu le temps d'atteindre un camping en bord de route. Au moment de manœuvrer, impossible d'enclencher la moindre vitesse. J'ai eu beau tenter quelques-unes des vingt huit combinaisons possibles, la voiture grignotait (crunch crunch crunch) et ne bougeait pas d'un crampon.

Parvenus au garage d'un passionné et spécialiste de Land Rover -si, si, ils existent- le patron, en dix secondes, confirme la nature de la panne (un pignon usé entre la boite de vitesse et la boite de transfert) et annonce dans un grand sourire qu'il a la pièce en stock : c'est un des talons d'Achille de la bête -qui semble en avoir plus de quatre. * Bien fait ! Je roule à plus de 80 km/h sur une piste de graviers des Karoo Highlands. Avec le baudet survireur qui me tient lieu de monture, c'est une allure qui demande déjà une attention soutenue. Un nuage de poussière se rapproche par l'arrière, trop rapide pour être un dust devil c'est donc un diable d'homme. Il doit bien progresser à 120 km/h alors, pour le laisser doubler, je lève le pied et me déporte au maximum sur la gauche. Si l'usage est de ralentir lors du dépassement pour éviter les projections de pierres, puis de remercier en actionnant les warnings, ce à quoi on répond par un appel de phares, il ne fera ni l'un ni l'autre, cramponné qu'il doit être à son volant. J'ai juste le temps d'apercevoir des moutons et leur berger dans la benne d'un pick-up, les premiers défrisent et le second, cramponné aux ridelles, avale la poussière sans grincer des dents. Pas certain que les moutons soient aussi pressés que ça ! Je les retrouverai à l'abattoir de Fraseburg et dirai deux mots au conducteur au sujet du caillou qui a marqué mon pare-brise. Le nuage creuse l'écart, me sème puis s'immobilise. Quelques minutes plus tard, j'arrive à son niveau. Le cric est déjà sorti : il n'y a plus que des lambeaux du pneu arrière droit. Il a du falloir du sang-froid et de l'expérience pour que les moutons n'y restent pas. Je m'assure qu'il n'a pas besoin d'aide, sans lui parler de l'impact sur le pare-brise. A chaque jour suffit sa peine. * Selon que vous serez. Arrivant par les hauteurs, on croirait une ville d'Italie : on ne voit qu'une forêt d'ifs. Mais une fois dans Murraysburg, l'illusion se dissipe, je suis bien dans une ville d'Afrique. Sur les trottoirs, des vaches et des ânes élaguent les arbres, les chèvres s'occupent des déchets. Les ifs ombragent le cimetière des riches, parfaitement entretenu. Dans le cimetière des pauvres, mitoyen, s'élève aussi une forêt dense mais de tertres de pierres et de croix de bois. Pas un arbre, pas une plante : les chèvres assurent l'entretien. Quelques nouveaux riches se sont saignés de marbre veiné. * Immunautarisme Le communautarisme pour se protéger de l'autre, c'était la doctrine de l'apartheid. Vingt ans après on vit encore largement entre soi mais c'est vrai ailleurs, et ce serait même une tendance lourde. Les Oraniens ont crééune ville sur une propriété privée de trois mille hectares. Deux critères principaux pour y être admis : être Afrikaner et ne pas employer d'ouvriers ou de domestiques -sous entendu, non-blancs-, c'est-à-dire tout faire par soi-même. On croise ainsi des blancs poussant des tondeuses ou des brouettes, armés de marteaux et de pioches ou conduisant des tracteurs. Pour guère plus d'un millier d'habitants, la ville compte cinq ou six lieux de culte différents, tous d'obédience protestante. La langue en usage est l'afrikaans, exclusivement, et l'ancien drapeau du pays flotte sur la ville. De fait, je n'ai croisé aucun métis, et encore moins de noirs. Seulement des blancs, et pas spécialement racés. Peut-être devraient-ils envisager de se mêler ? * Ma nuit chez les sœurs Située dans le Grand Karoo, la ferme est assez vaste pour contenir les Three Sisters, trois montagnes à chapeaux qui pourraient aussi bien être des frères. Nicolette assure qu'après Table Mountain, les Three Sisters sont les plus emblématiques du pays. Et ta sœur ! La famille est ici depuis qu'en 1830 l'ancêtre, en route pour le Diamond Rush, y fut laissé pour mort. Remis sur pied par un Hottentot de passage, il poursuivit sa route vers Kimberley où il trouva rapidement deux diamants d'un prix suffisant pour acheter la ferme. La génération aux commandes de Three Sisters Farm est réduite à trois sœurs qui s'amusent de la coïncidence. Elles administrent quatorze mille hectares d'un seul tenant où divaguent moutons et chèvres, quelques chevaux et cinq espèces différentes d'antilopes. Babouins et furtifs léopards sont aussi chez eux. Les précipitations et températures sont consignées dans de grands cahiers bruns depuis 1911 et Michelle atteste que sévit actuellement la pire sécheresse depuis un siècle. Le corps de ferme actuel -il a fallu abandonner le précédent à la fin du dix neuvième siècle suite au tarissement des puits- est implanté dans une vallée où l'eau coule encore en abondance. Les tortues et les porcupines descendus de la montagne sont en villégiature dans le parc en attendant des jours meilleurs.

Si j'osais, je soufflerais que se reposer sur le passé et sous leurs couronnes de tresses ne fera pas l'avenir, qu'une mise à niveau des chambres s'imposerait, que des travaux sur les logements ouvriers ne seraient pas du luxe. Mais trop d'indices indiquent le manque de moyens.

Au crépuscule, le père des trois sœurs s'installe sur la terrasse avec son brandy quotidien et m'invite à le partager. Souvent, il hausse les sourcils : il n'est guère convaincu par le management féminin.

Plus tard, sous une Lune ascendante et à mon corps défendant, j'assisterai à une scène de ménage entre Michelle et son mari. D'une part, c'est elle qui porte la culotte, de l'autre ils semblent peu habitués à la présence de clients.

Au moment de me retirer, un homme dans la quarantaine s'avance vers moi. Il dînait avec les propriétaires, amis d'enfance. Lui s'est exilé en Australie, il y a douze ans. Il exerce un bon job à Adélaïde, est marié à une Australienne avec laquelle il a deux filles mais, chaque année, il faut qu'il revienne ici, seul. Pourquoi ? Sa réponse, triste et laconique, comme une évidence : « Parce que c'est mon pays ».

Au petit matin nous apprenons qu'un semi-remorque transportant de la bière est entré par effraction dans la ferme. Descendant de la montagne, il a oublié de s'arrêter au croisement, a continué tout droit emportant deux lignes de clôtures avant d'utiliser la voie ferrée surélevée comme un tremplin, d'y laisser, en retombant, la moitié de sa cargaison et de se coucher dans le veld.

Lorsque nous arrivons, une quinzaine de pick-up ont emprunté la brèche et les pillards chargent les bennes de packs et de palettes. Ceux d'ici savent qu'on leur laissera les plastiques et le verre éclaté qu'il faudra ramasser pour éviter les incendies. *

…/...

J'ignore si le cerveau des hirondelles est divisé en deux hémisphères mais il ne leur viendrait pas à l'idée d'en changer maintenant. Moi, si.
MA Max68 Globetrotter ·
Hello l'Africain 🙂,

C'est une impression où Jolly Jumper fait tout ce qu'il peut pour que tu ne t'ennuies pas lors de des escapades 😉

J'ignore si le cerveau des hirondelles est divisé en deux hémisphères mais il ne leur viendrait pas à l'idée d'en changer maintenant. Moi, si.

par rapport à celui d'où tu viens ou celui où tu es ? 😛 😇

Merci pour ces belles images 🙂 🙂 🙂

Faudra tout de même qu'un jour tu me fasses découvrir l'un ou l'autre de tes paradis du bout du monde 😎
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VO Voyajou Globetrotter ·
« Bienvenue en Afrique du Sud »

C'est ce que clament les banderoles de l'aéroport du Cap. Si vous vous rendez en ville vous ne verrez rien, ou presque, mais si vous prenez la direction de l'est par la N2, après quelques kilomètres un panneau avertit : « Zone dangereuse, ne pas s'arrêter ». L'autoroute traverse là un des grands bidonvilles du pays, Kayelista. Les murs de protection -de qui contre qui?- en ciment sont à terre et il faut croire qu'une voiture immobilisée ressemblerait en peu de temps à un champ de maïs après le passage des sauterelles. Consigne respectée par ce fourgon de transport de fonds, en panne sur la première bretelle de sortie après la zone. Six hommes armés le protègent en attendant la dépanneuse. Consigne justifiée la nuit suivante : deux brutes voisines ont assassiné une famille entière dans sa maison de tôles pour trois téléphones mobiles et quelques DVD -qu'on espère éducatifs. Au préalable, ils avaient violé. Suivant un axe perpendiculaire à l'autoroute, les avions décollent et atterrissent en survolant le bidonville à basse altitude, et les habitants ne semblent pas être équipés de lance-roquettes. Ainsi crucifiés, peut-être devraient-ils dresser un panneau « Silence, on tue » ? Comme pour faire bonne mesure, la même semaine une famille d'éleveurs était massacrée sur sa ferme. De nuit, ils étaient Blancs. Au préalable, ils avaient été torturés. Depuis vingt ans c’est une longue litanie. Un dirigeant politique (extrémiste?) ne dit-il pas « Un Blanc, une balle » ? Cependant, l'an passé, la fréquentation touristique de l'Afrique du Sud était en hausse de 13% *

Fire (to)

Ce n'est pas un foudre de guerre, et ce n'est certainement pas lui qui a mis le feu à la montagne après des mois sans précipitations -comme lui. Il a fallu se résoudre à firer Jan, c'est à dire à le renvoyer dans ses foyers. C'était lui ou les plantes. Sans lui, elles ont une chance et lui, sans elles, il survivra. La suite est plus triste encore : Jan ne sera pas remplacé par un collègue mais par une machine, un système d'irrigation automatique. Une installation sophistiquée qui tiendra compte des besoins de chaque type de plante ou d'arbre et délivrera juste ce qu'il lui faut, réduisant de manière significative la consommation d’eau. Ainsi va l'époque, entre conscience sociale et responsabilité écologique. Ou l'inverse. *

Qui de la vache ou du lait À la vitesse de la lumière, la maison est à moins d'une milliseconde du plateau où est implanté le plus puissant télescope du continent. Le désordre des étoiles démontre à l'envi qu'il n'y avait pas de plan. Ou alors Dieu est un jardinier anglais. Les étoiles filantes prennent la navette pour le néant. L’horizon flashe des orages silencieux que l’on ne verra pas. Et personne ne répond à cette question: qu'est devenue la vache à l'origine de la Voie Lactée ? Et le seau ? Et le tabouret ? Et la fermière ? Ont-ils été changés en constellations ? *

The Tube

De l'aube claire jusqu'à la fin du jour, ils creusent, armée de taupes, armés de pelles. Le plan est aussi complexe que celui du métro, ils rament et observent des stations. Bientôt ils enterreront des tubes bleus et des tuyaux noirs. L'eau circulera sous contrôle électronique. Redoutant un coup de Trafalgar ou un nouveau Water-l’eau dans ce problème de tub, je vous le soumets. L'installation compte 600 mètres de tuyaux dont 200 d'un diamètre intérieur de 25mm, 300 en 20mm et le reste en 15mm. La pompe débite 4000 litres à l'heure mais, du fait de la sécheresse, le flot décline régulièrement jusqu'à se stabiliser à 2000 litres après une heure de tirage. Le système de goutte-à-goutte ne fonctionne que lorsque l'ensemble du circuit est sous pression. Combien de temps faudra-t'il pour remplir l'installation ? Et sachant que chaque mini-bonde délivre 2.2L/h sous pression de 1 bar, combien pourrai-je en installer au maximum ? *

La guerre de l'eau

Or donc, malgré l'immigration récente d'origine bretonne, le Karoo subit la pire sécheresse depuis un siècle. Le responsable est un enfant phénomène, El Nino, -un étranger, en plus ! Les nappes éclusées, les hommes creusent des puits de plus en plus profonds, siphonnant les réserves des voisins du dessus. Un jour prochain, ils vont remonter le feu. *

Diversité

Deux cent personnes ce soir au Bush Pub, institution locale des fins de semaines. Un couple de résidents y fête son anniversaire de mariage pendant deux jours et deux nuits. Les invités sont Sud-Africains, Namibiens et Européens, noirs, blancs et métis, jeunes, gros, minces ou vieux. Des robes longues et étroites, des shorts courts sur des cuisses baobab, casquette John Deere. Parmi d’élégantes quadragénaires surexcitées, sursautantes sur-sautées, quelques figures locales afrikaners resservent la soupe à la grimace. Le guitariste-chanteur, lourdement assisté d’électronique, joue des standards à son image, un peu datés. Bodybuildé mais cœur tendre , il interprète sombrement Black is black. Je ne retiens pas la nuit. À la maison parvient une curieuse stéréo: à l’oreille gauche les percussions du township, à l’oreille droite la basse blanche. J'ai repéré une ferme de trois mille hectares, premier voisin à dix kilomètres. À la pendaison de crémaillère j'écouterai The Sound of Silence. Et si Simon & Garfunkel ne sont pas disponibles, ce guitariste local fera bien l’affaire à condition de lui confisquer ses machines pour les remplacer par les percussions voisines. *

Cet Afrikaner irrédentiste et pusillanime qui, depuis 1994, ne moud plus que du poivre blanc, et broie du noir.

* Du boudin

L'aviculture sud-africaine est en péril, les élevages se vident et les abattoirs ferment. Des dizaines de milliers d'emploi sont concernés. En cause, les importations de bas morceaux (cous, ailes, abats) à prix bradés en provenance des élevages européens. Pas assez bons pour nous mais bien assez pour eux qui n'auront même plus le choix entre l'aile ou la cuisse. Ainsi donc, il y a surproduction ici et destruction là. Faudra-il encore s'étonner que ceux-là veuillent venir ici ? *

Insoutenable

Le chef de ce restaurant côtier côté chic en frétille encore : il a reçu une distinction au motif que les poissons qu'il accommode sont tous issus d'une filière de pêche sustainable. Notons que ce qui est durable c'est, au mieux, l'espèce mais certainement pas le linefish reposant sur mon assiette dans son linceul végétal. Une bonne (ou est-ce la mauvaise ?) moitié des convives est en surpoids dépassé. Ce qui serait réellement soutenable, serait qu'ils remplacent leur déjeuner par une partie de pêche. Mais les harpons du marketing sont meurtriers. *

El gecko

C'est un artiste mural, grapheur infatigable d’œuvres éphémères, et nous avons le plaisir de l'avoir en résidence. Il est installé dans les combles comme il sied à sa condition. Les projecteurs à peine allumés il entre en scène. Ventouses talquées il se tient dans l'ombre du déflecteur des appliques extérieures et lorsqu'un papillon virevolte, inconscient d'exécuter sa dernière danse, notre gecko attend qu'il se pose, infichu qu'il est de quitter son mur. Il s'approche par brèves saccades jusqu'à être à portée de mâchoires et patiente encore, sûr de son fait. Quand l'autre réalise et s'envole, clac. Ce soir c’est maigre, il faut monter et descendre pour des moustiques. Le bilan énergétique est déficitaire lorsque soudain arrive une espèce de scarabée qui finit par se poser, trop près. Crac ! Beurk. La proie a la peau dure, le gecko la relâche et elle s'écrase au sol, immobile. Ruse ou traumatisme ? Le rampant joue au chat mais l'autre fait la tortue. Le régisseur éteint les lumières. Un jour qu'il avait fait bombance de papillons safranés, l'artiste dédaigna le menu fretin des moustiques. Il ne faudrait pas qu'il oublie pourquoi il est logé.
VO Voyajou Globetrotter ·
Salut Jeff, Le Defender peut bien m'en faire voir, je le garde... pour l'instant. C'est un peu par défaut, rien ne me séduit sur le marché. Le prochain Defender, peut-être?
MA Magryelle Regular ·
Très bien écrit, comme d'hab! On sent bien tous les paradoxes de l'Afrique du Sud, le meilleur et le pire, mais un pays qui reste fascinant et qui a malgré tout une histoire extraordinaire. Ton Def s'ennuie? Le nôtre trépigne d’impatience pour sa virée sud-africaine d'Aout.
mayrig
MU Muriel18 Globetrotter ·
Bonjour Jean Luc,

Un nouvel intermède sud africain, toujours lu avec plaisir mais qui laisse une impression douce amère.... Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
MA Max68 Globetrotter ·
Ah Ahh !, c'est toujours la surprise "où est Voyagou ?" ... maintenant on sait, il aiguise sa plume au car où ...

Comme Muriel je te trouve un peu doux-amer ...ne faudrait-il pas que ton fidèle (c'est vite dit) t'amène sillonner la diagonale ... 😉

En suivant Julie j'avais l'impression qu le ciel s'était enfin décidé à libérer ses seaux d'eau 😎

Merci 🙂 🙂
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VO Voyajou Globetrotter ·
qui laisse une impression douce amère....

Oui, comme l'est ce pays beau fou et cruel. As-tu lu Troy Blacklaws (au nom prédestiné?)? http://www.babelio.com/livres/Blacklaws-Un-monde-beau-fou-et-cruel/494757
MU Muriel18 Globetrotter ·
As-tu lu Troy Blacklaws

Non, mais ton lien donne envie.... Je vais le commander, il viendra grossir ma pile de livres "en attente" 😉 Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
VO Voyajou Globetrotter ·
Buffelsbaai

Il y a longtemps que les buffles ne viennent plus à la plage. Depuis que les touristes ont investi les lieux. Le village est édifié sur une dune conique, et, du camp installé sur une éminence littorale, seul le sommet émerge de la brume matinale. Un petit air de Mont St-Michel. Les enfants font de la luge sur des cartons qu'ils abandonnent au bas des pentes parfois le carton leur échappe et ils terminent en roulé-boulé dans des gerbes de rires. Des surfeurs patients guettent les rares moments planants sous le regard indifférent des familles ensablées. Des bataillons de maçons montent des briques dans les dernières dents creuses. Les lagons s'emplissent et se vident, formant dans le sable des rus rapides. Dans le parc naturel les huîtriers sont maquillés comme les écaillères des halles de Lorient. Les vagues et les récifs n'en finissent pas de se quereller bruyamment. Pourquoi cette attirance commune pour l'Océan ? Une nostalgie amniotique ?

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Wild golf

Un fermier open avait aménagé un parcours de golf entre oliviers et fruitiers avant de vendre la ferme à un éleveur de bêtes sauvages. Ledit sauvage a livré les greens en pâture à des antilopes qui ne perdent rien pour attendre puisqu'elles prendront bientôt une balle dans une ferme de chasse. Ma tranche de désert est un practice acceptable même si les anciennes clôtures à moutons font des filets percés. Les acacias sont des drapeaux remarquables et les tuyaux de cent enfoncés à la verticale dans le sol pour conduire l'eau aux racines forment des trous faciles malgré les balles perdues. Pour un drive à trois cent mètres, le désert est ouvert sans interruption, ni fee. Il faut juste apporter ses tees. J.M.Coetzee, auteur sud-africain, prix Nobel de littérature, décrit amèrement ce qu'il tient pour un retour en arrière : son pays était sauvage avant que d'être domestiqué, puis cultivé. Ce qu'il observe désormais, c'est l'abandon des cultures vivrières sur les fermes, puis l'abattage des bovins et autres moutons pour les remplacer par des antilopes. Tandis que les ouvriers agricoles devenus sans emploi enflent les bidonvilles.

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Paradis perdu

Semis de printemps ou repiquage, les plantes potagères ont renoncé les premières. Fanées avant d'avoir donné. Puis le carré de gazon qui la rassurait a grillé. Après deux mois, les géraniums et d'autres délicates ont rendu l'âme. Et personne ne réagit. Les oliviers sèchent au soleil et même les succulentes se rembrunissent. Enfin, l'arbre à poivre majestueux, sans doute désolé du spectacle ou ne supportant plus la solitude, a cessé de s'alimenter et perd ses feuilles. La surprise vient des bougainvilliers chargés de fleurs comme si de rien n'était, ou comme on fleurit une sépulture. Madame de Wit est partie il y a six mois pour un autre jardin qu'elle disait merveilleux et où elle avait rendez-vous avec son mari. Depuis, l'eau est coupée, le jardiner ne vient pas et la pluie non plus.

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L'impasse

Trois habitations sur trois cent mètres, cinq chiens dans la première, quatre chats dans la seconde et quatre molosses dans la dernière. Six bipèdes seulement. Un panneau, grimé en tête de chat exige qu'on y conduise lentement. Dans North End, le township, sans doute deux mille gamins dont les rues sont le terrain de jeu, pas un panneau demandant d'en tenir compte. Quelques chiens et chats faméliques errants.

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Small5

M'asseyant sur les pierres je romps par inadvertance un piège d'araignée dont les fils traînent désormais au sol. Arrive une fourmi affairée, comme elles sont toujours, qui se prend les pattes dans le filet. Elle se débat si bien qu'elle s'enroule et se retrouve comme dans un cocon, mais un cocon inconfortable. Une, puis deux et enfin quatre congénères trottent à son secours, il semble qu'elles la saluent et la rassurent. Chacune y va de son effort, tirant tant et si bien en tous sens que la captive se retrouve plus enserrée qu'avant. Il manque clairement une chef d'équipe. Parfois un fil se brise et l'hercule se retrouve sur le cul, mais on pourrait entendre le râle de l'étranglée. Le temps passe, elle fourmille encore, les sauveteurs s'acharnent. Et soudain la voilà écartelée, prête à rompre. Les autres sont comme à un tir à la corde mais la soie est solide. Shhfff, les fils et les tissus ont lâché et chaque équipe se retrouve avec la moitié de l'enjeu, toutes perdantes.

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20 mars, l'automne ?

Par delà les montagnes qui nous séparent de l'océan, et qui sont comme une digue retenant les nuées, la lueur des éclairs semblent provenir d'un phare désorienté qui aurait perdu son identité lumineuse. Nous sommes dans le désert, si loin de la mer. Parfois une série d'éclairs élevés forment des arabesques -la colère d'Allah ?- mais le plus souvent la lumière sourd comme d'un concert éloigné, de ceux-là qui tournent les vinyles à l'envers, et nous sommes trop loin de la scène pour avoir le son. Une goutte sur le revers de ma main, la seconde sur son visage, une troisième sur sa jambe allongée et la quatrième... Pas de quatrième, plus rien. Prémices avortées. Plus tard, d'un nuage d'arrière-garde, léger, gris mais la nuit, arrive la pluie. Si elle éteint le cigare j'arrête de fumer. Pour ce soir. Ce sera une lessive insuffisante et une douche de chat. Restent les cheveux dressés, vingt mille vains paratonnerres. Après un long entracte, reprise en trombes, ça n'en finit pas, le producteur semblent disposer des moyens d'une banque centrale. Au matin, la terre, ou ce qui en tient lieu, est humide sur une profondeur de trois centimètres. Il en faudra plus pour étancher les arbres et remplir les nappes mais les succulentes se régalent.

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Agenda (du) 21

7:30 Rendez-vous au garage pour les derniers réglages avant le Kalahari botswanais. Dernière chance pour le Defender : au prochain lâchage au milieu de nulle part, je m'en sépare. 9:00 Réunion à la Municipality pour négocier une révision parcellaire. 10:00 Visite d'une classe de l'école primaire du township 12:00 Cours de conversation française au collège 17:00 Réunion d'arnaqués. Une sorte de faux géomètre encaisse des honoraires pour un travail qu'il n'effectue pas (un job fictif ?) et dont nous serions les dernières victimes en date. On nous demande de nous associer à une plainte. Mais selon moi ce gars-là est plus incompétent qu'escroc. Est-ce que l'incompétence est un délit ? 19:00 Fermeture. On dirait qu'on serait en voyage, j'allume un feu et ouvre une bouteille de Down to Earth. « Dis, c'est quand qu'on renomade ? »

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Construire un feu

Une année de broussailles et d'élagage attendent le bûcher qu'il n'est pas question d'embraser en pleine sécheresse. En deux jours et une nuit, il est tombé vingt millimètres, dix pour cent des précipitations annuelles moyennes. Les environs sont donc assez humides pour ne pas brûler à la première flammèche fugueuse. Reste le vent, normalement prévisible, oiseau de nuit soufflant du sud mais il lui arrive de faire une sieste, de se lever donc, en plein journée. Plusieurs dizaines de mètres-cubes sont soigneusement alignés en parallèle, dans l'axe du souffle. Il convient de mettre le feu sous le vent pour qu'à la fois attisé et contrarié il ne se bâfre pas trop vite.

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Déjà que j'y prends racines, j'hésite à planter un arbre du voyageur dans le jardin.

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Sur la terrasse, une paire de tennis vides camouflées armée de terre. Un papillon par l'odeur attirée en entreprend la visite. Le gecko fond et, soudain caméléon, attend au cou de pied.

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La nuit, le soleil, via la lune, fait scintiller des lumignons sur le glacis des feuilles des palmiers. Le vent électrique en fait des guirlandes clignotantes.

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Le bras armé d'une longue fourche aux dents serrées, ils écrèment la surface en gestes amples. On pourrait être à Ré ou à Guérande. Pourtant, même s'il reste beaucoup de sel dans le désert, au point que l'eau des puits est désormais saumâtre et exhale l'égout, ceux-là ne cueillent pas la fleur mais travaillent sur les bassins de la station d'épuration.

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VO Voyajou Globetrotter ·
La gravité de l'eau

Aujourd'hui, Anthony a mis la dernière main à l'installation d'irrigation automatique. C'est une usine à gaz qui dépasse le gazier. De plus, le forage qui donnait encore il y a peu 3500 litres par heure jusqu'à plus soif ne sert plus que vingt minutes d'un débit divisé par deux. De fait, nous allons économiser l'eau qui manque tant.

Vers dix heures du soir, les éclairs allument l'horizon, se rapprochent, on entend le tonnerre et, enfin, l'eau rage. Une heure ou deux à ce rythme et la ville qui commençait à serrer les robinets obtiendra un répit. Le désert luit de flaques, les ravines se forment. Les pluies avaient ravagé le nord-est du pays et même le désert du Kalahari avait été servi. Cerné, le Great Karoo attendait son tour.

Le lendemain matin je m'en vais dans le Swartberg Pass. Alors que la vallée est ensoleillée, il y pleut toujours et la piste commence à se dégrader. L'eau galopante enfle la rivière dont la piste emprunte le lit sur ses derniers kilomètres. Il serait judicieux de fermer les vannes là-haut.

Tard dans la soirée, le vent s'en est allé avec ses acolytes, reste l'énergie passive de la Lune. Je perçois un bruit inhabituel, régulier, sourd. Aucun mouvement dans les arbres. Plus d'éléphants par ici depuis un certain temps. On dirait la marée roulant des galets mais l'océan est à deux heures. La rivière asséchée depuis des années est à moins d'un kilomètre et le roulement provient de cette direction. Arrivés sur place, nous sommes quelques-uns pour constater que la piste est emportée par un flot d'une trentaine de mètres de largeur qui roule des galets de la taille d'une citrouille transgénique. Pareille force intranquille datait, ici, de 1981.

Au matin, en amont, la rivière a englouti la piste du Swartberg Pass. Sur quelques centaines de mètres étranglés, il n'y a plus rien que la rivière comme elle était jusqu'en 1880, avant que les hommes lui imposent cette route. Plus haut, il ne reste que les fondations formées de blocs taillés approchant la tonne. De tels ravages n'avaient pas été constatés depuis la construction de la route, il y a cent trente ans.

Desiree, elle, ne pesait que soixante kilos. Cette jeune métisse fabriquait des objets en perles dans un atelier protégé que nous avions visité la semaine précédente. Que faisait-elle au bord du danger ? Lorsque sa dépouille a été découverte dans un linceul de boue, la rivière était à nouveau à sec.







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Peau d'âne

Les Chinois trouvent des vertus à la peau d'âne. Pas certain que cela laisse un répit aux rhinocéros. Bientôt, les ânes faméliques qui partageaient les routes du Botswana ne seront plus qu'un bon souvenir. *

Les T-shirts noirs

« Ce qui est grave, vois-tu, c'est que l'Afrique du Sud est en train de redevenir un pays africain ». Il sait de quoi il parle, il travaille partout sur le continent. « Il faut que tu viennes à la manifestation pour exiger la démission de Zuma, nous serons nombreux. Viens vêtu d'un T-shirt noir. » Une chaîne humaine est annoncée au Cap -une chaîne pour se libérer, quelle drôle d'idée ! Bien sûr, J.Zuma est un président dénué de qualités. Cependant, la démocratie étant ce qu'elle est, il peut lui arriver ce que les monarchies héréditaires connaissent : parfois un bon à rien se retrouve aux manettes. * Le bois d'Adam

Peu après six heures un bruit inhabituel (encore!) provient de l'autre aile de la maison. Des nuées de Red-winged starling ont envahi la ville mais ne produisent pas ces sons mats. Et le jour se lève à peine. Vêtu de rien, je me glisse vers la terrasse où deux hommes sont accroupis devant la réserve de bois qu'ils mettent en sacs. Dans un même mouvement j'ouvre une fenêtre et pousse un formidable rugissement -celui-là même qu'il faut produire lorsqu'une lionne vous charge dans le Kalahari. Le premier en tombe sur son cul, le second ramasse un sac plein et se carapate. Le temps d'ouvrir la porte et d'attraper un bâton, j'entame la poursuite avant de réaliser que je suis nu. C'est l'heure où les sud-africaines sportives entament leur jogging. Penaud, j'abandonne non sans avoir lancé ma trique en direction des fuyards, qui doivent bien rigoler. Moi aussi, mais jaune. Je connais l'un d'eux. Ceux qui n'ont rien se moquent bien des bonnes intentions de ceux qui (les) possèdent.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Essayer de déplacer le cours d'un cours d'eau est une activité humaine voué à l'échec .... Même si ça met longtemps forcement un jour ou l'autre elle reprendra son cours. Par chez moi en Ardèche ils continuent pourtant à le faire et à chaque cru rebelote, la rivière reprend son chemin originel.

Zuma un président comme beaucoup en Afrique qui s'accroche au pouvoir et ne veux plus le lâcher, sa femme est pressentie pour lui succéder à la tête de l'ANC, en espérant que ce pays ne deviennent pas comme son imposant voisin, ancien grenier à blé de l'Afrique. En espérant que son successeur, si il y en a un, est une vision pour le pays et non pour une caste .....

En espérant que la pluie continue à tomber mais de manière plus régulière, la saison des pluies c'est pour bientôt non ?
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
AT Atila Globetrotter ·
La suite dans 6 mois ?🙂
MA Max68 Globetrotter ·
Mince, j'avais raté la suite 😮,

Faut dire qu'il suffit qu'on s'éclipse de l'autre côté du globe pour que tu en profites pour écrire et faire des photos 😉
https://apprentisvoyageurs.com
VO Voyajou Globetrotter ·
Bonsoir Régis,

en espérant que ce pays ne deviennent pas comme son imposant voisin, ancien grenier à blé de l'Afrique

Tu ne crois pas si bien craindre! Le mois dernier, le président a limogé le ministre des finances qui présentait deux défauts majeurs: il est compétent et il s'opposait au président. La principale qualité de celui qui le remplace est d'être à la botte. Il a nommé conseiller un professeur d'économie -hybride poussif de Varoufakis et de Piketty- qui préconise l'expropriation des fermiers sans contrepartie et la nationalisation du secteur minier, des banques et des compagnies d'assurance. En clair, la ruine expresse du pays et l'aggravation de la situation des plus démunis.
VO Voyajou Globetrotter ·
La suite dans 6 mois ?🙂

Compte-tenu de la nature de mes activités -et de mon succès déclinant ici-, je me demande si je ne devrais pas poursuivre sur un forum de jardinage ou de bricolage.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Il ne reste plus qu'a espérer qu'il se fera virer aux prochaines élections.
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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VO Voyajou Globetrotter ·
C'est une impression où Jolly Jumper fait tout ce qu'il peut pour que tu ne t'ennuies pas lors de des escapades 😉

Le Defender est en vente dans un garage spécialisé. Revenant en septembre, il n'est pas exclu que je sois carless. Rien ne m'attire sur le marché mais j'éviterai de me retrouver sur un tracteur japonais. 😏

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