Itinéraire...VI: la Bulgarie (suite: 4 premiers jours)
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Je reprends la suite de mon récit avec mon départ de Turquie, le samedi 5 août 2006.

Nous quittons le camping Atakoy, en parie une déception, vers 11h. On rejoint facilement l'autoroute pour Edirne et la frontière bulgare.

La route est belle et pas trop fréquentée. On arrive rapidment à un péage, où l'on doit prendre un ticket. Mais ça, on le comprend trop tard ! Voulant éviter les queues, nous prennons les files de gauche qui s'avèrent être des files avec abonnement, à l'image du "T" français.

Trop tard, on est déjà sur l'autoroute ! On verra bien la suite...🤪

On quitte l'autoroute avant Edirne, en direction du Nord et de la côte bulgare de la Mer Noire, afin d'aller se baigner un peu après quatre jours de visites à Istanbul.

On arrive au péage tellement craint. On me demande mon ticket, que je n'ai pas. J'essaie de baraguiner que je viens d'Istambul et que j'ai pris la file rapide. J'ai peu d'avoir une amende ou de payer le prix maximum alors qu'il me reste très peu de livres turques.

En fait, le Turc s'avère très compréhensif et ne pose aucun problème, je pays le pirx Istambul/sortie Kirklareli et se passe !

Qu'est-ce qu'ils sont sympas, ces Turcs ! Au cours de mon séjour en Turquie, il n'y a que dans les quartiers populaires d'Istambul et chez un vendeur à la sortie du grand bazar que je n'ai pas ressenti de sympathie.

La route vers le Nord est bonne, elle traverse rapidement Kirklareli, ville assez moderne sans grand intérêt, à ma connaissance.

Au-delà, ça se complique un peu.

Le paysage est très particulier : des petites collines sans arbre d'où émergent régulièrement des gros rochers (le paysage est très boisé côté bulgare). La route, assez étroite, sinueuse, est très peu fréquentée. Dire que c'est la seule liaison entre la turquie et l'est de la Bulgarie et la mer noire !

J'ai croisé quelques gros camions et une poignée de voitures.

Nous arrivon à Derekoy, petit vilage dont je connaissais le nom. En effet, c'est le nom offciel du poste frontière. Je l'ai retrouvé sur le passseport de mes parents, tamponné lorsque nous vinrent en Bulgarie en 1986.

Enfin, la turquie profonde, "anatolienne". Jusque là, la Turquie d'Europe me paraissait moderne. Ce village pauvre, isolé, est hors du temps. Je suis sûr qu'il n'a presque pas changé depuis 1986.

Vient ensuite la frontière même, quelques km après.

Nous dépenssons les dernières livres turques dans le resto de la frontière. c'est bon, copieux et pas cher ! Et le patron est très sympa. je leur laisse une carte de téléphone turque que j'ai à peine utilisée.

Je me rends ensuite à la douane. comme à l'allée, je ne vais pas avoir de chance. Il me faudra une heure pour passer !

Je fais la queue devant un bureau ("police"). On me tampone mon passeport; je prends mon véhicule et me rends à la barrière turque. C'est ok ! Non ! au dernier moment, le douanier turc me dit qu'il me manque un tampon. J'y retourne.

Je vais voir le douanier qui m'a mis le tampon. il me désigne un 2ème bureau ("custom") pour faire l'autre tampon.

Une nouvelle queue à subir : des bus entiers de Bulgares se rendant à Istanbul. J'en profite pour voir les photos affichées des saisies des douaniers turques, surtout de la drogue. Ils ont de quoi essayer de redorer leur image : il y a peu, des dizaines d'entre-eux ont été pris en flagrant délit de corruption par des caméras.

J'arrive devant le responsable qui me dit que je dois retourner au premier douanier !

Celui-ci me dit ensuite que je dois me rendre dans un 3ème bureau. j'y vais, le responsable me demande d'aller dans un 4ème bureau, celui du chef. Je frappe, personne ne répond, j'entends la TV à fond. Que fait-il ? Il arrive 10 minutes après, tranquillement.

Il me demande de retourner au deuxième bureau ! Argh ! Je commence à perdre patience. Mon amie attend dans la voiture.

Je dois refaire la queue devant les photos des saisies de drogue. Enfin, j'ai le tampon salvateur. Que je dois faire signer par le chef, en retournant au quatrième bureau...😕

Entre temps, il est reparti faire un tour, bien sûr, quel glandeur !

Il revient après 5 minutes et j'ai enfin le césame.

Je retourne à la barrière au moment où un bus bulgare arrive de l'autre côté. Je tends mon passeport 5 minutes avant qu'on me dise, enfin, c'est ok.

Ah, l'administration douanière turque ! Aucun d'entre-eux ne semblait savoir où je devais réellement me diriger. Cela m'a fait penser aux fonctionnaires romains dans la Astérix et la Zizanie 🤪 Visiblement, les touristes occidentaux ne devaient pas être nombreux à passer par ici.

On arrive côté bulgare. ça sera très rapide. Tout d'abord, cela n'a pas changé depuis 1986, désinfection des peneus obligatoire, on route dans un petit bassin. Bien sûr, c'est payant.

Des douaniers débonnaires me font ouvrir mon coffre. J'en profite pour montrer ma caisse de guides touristiques et surtout celui sur la Bulgaire, qu'ils feuillètent. Je me rappelle encore de ce douanier bulgare qui, en 1986, avait feuilleté mon livre de tous les pays (voir la discussion à ce sujet sur VF). Il voulait qu'on l'offre à ses enfants. mais j'y tenais trop !

Un douanier s'est amusé à identifier tous les autocollants de pays sur la lunette arrière de ma voiture : et il les a tous trouvés ! Cela m'a rappelé les douaniers des années 80, qui agissaient de même. A cette époque, c'était la mode de collectioner les autocollants des pays que l'on visitait, et de les coller sur la vitre ou le coffre. Aujourd'hui, je dois avoir la seule voiture de France a posséder des autocollants de pays ! 🤪. Mais franchement, cela me rappelle tellement cette bonne vieille période de mes voyages en Europe ! c'est pour cela que j'en suis fière, de mes autocollants !

Après avoir payé la taxe "vignette" bleue pour avoir le droit de rouler sur toutes les routes et autoroutes de Bulgarie, on quitte cette frontière, pour moi, mythique.

Et la suite est une surprise. Très vite, la route devient étroite. Difficile. Très habîmée. Albanaise, en quelques sortes !

Et cela va continuer...jusqu'à la fin ! Pauvre amortisseurs ! En fait, cette route très peu fréquentée, qui relie la frontière à Carevo, traverse un parc national (je me disais aussi que le paysage était beau et sauvage 😛). Sur ma carte Michelin Europe, c'est un gros trait rouge.

En réalité, c'est l'équivalent d'une mauvaise route départementale française. le revêtement n'a pas du être refait depuis 1986.

Par contre, qu'elle fut belle ! Le paysage, assez montagneux, est vert, boisé. Un peu trop ! Beaucoup de branches et de feuilles empiètent sur la route, étroite. Et un cheval, en pleine au milieu de la route, libre. Et un âne, et une charette !

On traverse un hameau constitué de vieilles maisons traditionnelles elles aussi hors du temps, ainsi que quelques villages équipés de pompe à essence, heureusement, je suis à sec ! Et le bulgare pompiste de me répondre en français, dans ce "trou" paumé !

Avec un 4x4, traverser ce parc national aurait été un plaisir. J'ai quand même chopé un clou dans mon pneu. je le trimballerai jusqu'en France, regonflant mon pneu tous les 300km !

Nous voyons enfin la mer, à Carevo. Et là, quel contraste ! Tout est neuf, moderne. la chaussée est excellente. En quelques mètres, on passe d'un monde (l'ancien) à un autre (le nouveau).

On remonte la route jusqu'à Sozopol. On passe devant plussieurs plages de sables fin et un hôtel de luxe gigantesque. le ton est donné, mais je le savais. Un tourisme de masse se développe dans certains secteurs de la côte pontique (=de la Mer noire).

On s'arrête peu avant Sozopol au camping Kavaci, conseillé par les guides. Il est vaste, assez bien équipé, et possède une magnifique plage de sable fin (mais les sanitaires sont déplorables 🏴‍☠️). On est venu pour cela, donc on se baigne.

Surprise, l'eau de la mer noire est peu salée ! je n'en avais pas le souvenir, mais c'est très net. Il y a pas mal de monde : Bulgares, touristes slaves, quelques occidentaux (on croisera 6 couples de français dans ce camping !). Contrairement aux Macédoniens, les Bulgares ne font pas la foire le soir.

Après une douche dans les sanitaires, sans porte et sans lumière, on sort à Sozopol.

Cette ville, ancienne colonie grecque antique (il n'en reste aucun vestige) est sise sur une presqu'ile rocheuse, un peu comme Madhia, en Tunisie. Les maisons tradiotionnelles du XIXe siècle ils sont encore assez nombresues. Mais que de monde le soir ! Des boutiques partout, une foule de touristes slaves. c'est à cette occasion que je constate que de nombreuses bulgares et slaves sont minces voire très mince, sans comparaison possible avec les ratios occidentaux. Il n'y a aucun fille enveloppée !

Nos resto conseillés sont complets. On en prend un autre, où on a pas l'habitude de recevoir des Occidentaux. Pour choisir, avec cette écriture cyrillique, c'est pas facile ! Finalement, la nouriture sera correcte mais pas fantastique (fruits de mer, soupe tatator, vin mavrud). Par contre le serveur nous ferra une très délicate attention : j'ai remarqué que la musique d'ambiance était franaçaise (Ginsbourg, Piaf) plusieurs fois de suite. Le serveur arrive et montre la sonno du doigt, faisant un sourir puis nous montrant du doigt. Je lui souris, faisant compendre que ça nous faisait plaisir. C'est à cette occasion que le "non, je ne regrette rien" m'a paru la plus belle chanson française de tous les temps.

Deuxième jour en Bulgarie

On profite de cette très belle plage de sable. Il y a pas mal de monde, surtout des slaves, les jeunesfilles étant souvent très mince voire squelettique, siens nus et en string. j'ai même vu courir une gamine de 5 ans....en string ! Quelle inconscience, ces parents !

La mer devient assez sale en milieu de journée. On quitte le camping pour Sozopol. On traverse la vieille ville jusqu'à son extrêmoté rocheuse. En face, côté sud, on aperçoit la ville moderne, elle aussi sur une presqu'ile rocheuse. La vielle ville possède encore un certain nombre de maisons bulgares traditionnelles, à encorbellement, mais l'ensemble n'est pas très spectaculaire.

Le soir, nous partons (tôt) au restaurant Neptune. Il faut s'y prendre tôt, car il est très demandé. Aidé demon guide vert Bulgarie que j'ai étudié sur la plage, je vais me faire un plasir de demander toutes les spécialités bulgares qui m'ont mis l'eau à la bouche: Tarator (soupe), Cesnova pitka (pain à l'ail), fil vreteno (filet de porc), saslik (brochette de poulet), targoviste (vin blanc doux)...Après un petit tour au café internet, retour au camping.

Troisième jour en Bulgarie

Matinée réservée à la baignade, lorsque le ciel s'assombrit. On reste tout de même sur la plage, pour lire et se baigner. la location de parasol est payante, mais on évite la personne responsable car, nous, on se biagne ! En fin de journée il commence à faire frais, ce 7 août. Des voisins suisses viennent discuter. Pour le diner, je vais dans unmarket à la sortie du camping, ce n'est pas cher du tout. Le soir, un couple de Français vient nous voir et s'installe pour bavarder, nous offrant du vin rouge. On reste 2 heures à parler d'Istanbul ou de la Bulgarie, de nos autres voyages...

Quatrième jour en Bulgarie

Après ces quelques jours de repos et de baignade (mais aussi de lessive !), on décide de commencer la route du retour, vers l'Ouest. On quitte Sozopol, puis nous passons par Bourgas. de là, la route vers l'Ouest (Sofia, Plovdiv) est bonne, mais étriote et très fréquentée, c'est une autoroute qu'il faudrait ! Résultat, les Bulgares dépassent comme des sauvages, à l'albanaise. Ils commencent à doubler même lorsqu'unn véhicule arrive vite en face. Résultat, sur une chaussée prévue pour 2 files, on double à trois fils ! Le centre de la chaussée est réservée à ceuxqui doublent. Et tout le monde fait ainsi, ceux qui doublent escomptent donc que l'ont se décale vers la droite pour les laisser passer. Il faut regarder partour. Et parfois ça freine subitement. Des gros camions nous double ! D'autres sont tellement lents (ils doivent dater des années 60) qu'ils nous obligent à les dépasser dans des contition dangereuses.

J'ai moi-même tenté un dépassement délicat : en haut d'une côte, deux voitures de ma file doublent un camion. Je les suis, j'ai le temps, le type en face est de l'autre côté, sur l'autre pente. Mais le véhicule doublé accélère ! Résultat, lorsque je suis à son niveau, le véhicule deface n'est qu'à quelques mètres de moi ! Imaginez l'angoisse ! Finalemnet, j'accélère, le type doublé a probablement ralenti et le type de face s'est décalé sur sa droite, je suis donc passé entre les deux véhicules ! (sur une voie prévue ppour deux véhicules de front). J'ai donc doublé "à la bulgare", mais qu'est-ce que je l'ai regretté ! Quels risques pour riens ! Je vous le déconseille fortement. Par la suite, j'ai pris des risques une 2e fois, pour doubler un gros camion lent, mais mon seul risque était de rentrer dans le derière du vehicule de devant qui venait de s'arreter !

Dans une station d'essence, un bulgare sympa me regonfle mes pneux (avec deux clous de plantées !).

A Stara Zagora, je prends enfin l'autoroute. Gratuite pour ceux qui ont la vignette bleue, donc pour tout le monde. Elle est très fluide, neuve, très belle. On arrive vite à Plovdiv, où on a prévu de s'arrêter.

On se perd dans les quartiers sud. On trouve difficilement la pension conseillée par le Routard. On laisse la voiture dans un parking gardé. La vieille bulgare qui s'occupe de la pension est francophone. Elle loue désormais deux chambres, mais les tarifs ont doublé ! La notre est assez grande, avec balcon, les meubles font vieillots, époque communiste, j'aime bien !

La salle de bain est propre mais particulière.

On va se promener dans les rues de Plovdiv. je le dis tout de suite, cette ville est magnifique, une des plus belle et intéressante du Sud Est de l'Europe. On arrive par la place de la poste, de type communiste, on y voit les vestiges du forum romain enfouis dans la végétation. On prend la rue principale, très animée, bordée de nombreuse boutiques, qui s'enfonce vers le centre historique. A son exrémité se trouve les vestiges d'un stade romain. L'aménagement est unique : on en voit qu'une petite partie, en très bonne état (marches), entouré d'un muret et de ruelles quelques mètres au-dessus. les immeubles alentours dominent ce "trou" où aparait ce stade antique. Des marches y conduisent. Je le croyais. En fait, elles mèenent à une salle de jeux en réseau situé un mètre ou deux au-dessus du stade antique ! Quel cadre pour ces ados bulgares !

A proximité se trouve une des plusvieille mosquée des Balkans, construite peu après la conquête ottomane (XIVe). Les murs extérieurs font "byzantins'. L'intérieur, accessible, est en pleine restauration. Une patisserie orientale moderne se trouve à gauche de l'entrée.

On poursuit notre chemin vers la vieille ville, en hauteur. On voit enfin les fameuses maisons baroquessu style renaissance bulgare du XIXe siècle. Les façades sont de toutes les couleurs. Toutes les maisons de cette vielle ville sont intéressantes. L'ensemble est homogène, bien préservé. Un vrai trésor architectural.
Ben
LA Lahaut Veteran ·
🙂Mais où sont les photos ???😮
Heureux qui, comme Lahaut, a fait un beau voyage ! 100 photos de Birmanie, Yemen, Ethiopie, Namibie, Philippines, Bolivie, Inde, Tanzanie, Indonésie, Ouzbékistan-Turkménistan, Oman, Madagascar, Nouvelle Zélande, Bulgarie https://get.google.com/albumarchive/114337581313320762314
AR Aristomakos Globetrotter ·
Je vais en mettre quelques une mais chut ! attention ! François a enlevé celles que j'avais mises poue mon récit sur la Turquie...

Dès que j'aurai raconté l'ensemble de mon séjour en Bulgarie, je mettrai des photos.
Ben
AR Aristomakos Globetrotter ·
LA SUITE DU RECIT EST ARRIVEE, la fin et les photos arrivent bientôt ! 🙂
Ben
AK Akire Regular ·
Et alors cette suite du récit? Je suis partie tout le mois d'octobre en Bulgarie, j'ai écrit sur le forum trois fois un récit et je l'ai perdu trois fois; le CD avec mes photos a été égaré par mes petits-enfants, il ne me reste plus que votre récit à vous pour revivre tout et votre suite et vos photos sont aussi passées à la trappe?😕
AR Aristomakos Globetrotter ·
Désolé !!! 😕

Dans mes récits précédents, j'avais mis des photos qui ont toutes été rétirées par les administrateurs, car elles étaient trop "lourdes" pour le serveur.

Je pourrai n"anmoins remettre quelques photos, je pense quelles seront acceptées.

Dès que je trouve le temps, je le fais !

Bye
Ben
PE Personna ·
Je vais partir à Sofia, et j'ai prévu d'aller passer quelque jours à Istanbul. Vous me consillez donc de passer par Plovdiv. une journée, c'est suffisant ?
AR Aristomakos Globetrotter ·
Bonjour,

ça fait plaisir de voir qu'il y a encore des gens pour lire nos vieux récits ! 😉

Oui, une journée devrait suffire pour Plovdiv, mais visite bien le coeur historique car j'ai entendu des gens dire qu'il n'aimait pas cette ville mais je suis sûr qu'ils sont restés dans les quartiers modernes !!!

Bon séjour.
Ben
GR Groscaca ·
Salut l'ami,

je déambulais sur le forum à la recherche du voyage que je pourrai faire cet été, et voilà que je tombe sur ce petit récit que j'ai moi-même vécu l'été dernier :

On rejoint facilement l'autoroute pour Edirne et la frontière bulgare.

La route est belle et pas trop fréquentée. On arrive rapidment à un péage, où l'on doit prendre un ticket. Mais ça, on le comprend trop tard ! Voulant éviter les queues, nous prennons les files de gauche qui s'avèrent être des files avec abonnement, à l'image du "T" français.

Trop tard, on est déjà sur l'autoroute ! On verra bien la suite...🤪

On quitte l'autoroute avant Edirne, en direction du Nord et de la côte bulgare de la Mer Noire, afin d'aller se baigner un peu après quatre jours de visites à Istanbul.

On arrive au péage tellement craint. On me demande mon ticket, que je n'ai pas. J'essaie de baraguiner que je viens d'Istambul et que j'ai pris la file rapide. J'ai peu d'avoir une amende ou de payer le prix maximum alors qu'il me reste très peu de livres turques.

En fait, le Turc s'avère très compréhensif et ne pose aucun problème, je pays le pirx Istambul/sortie Kirklareli et se passe !

Nous aussi, comme tu le sais puisque c'est pratiquement toi qui nous as fait notre itinéraire, cet été, nous avons rejoint la Bulgarie après avoir passé deux jours à Istanbul. Et n'ayant aucune carte plus précise que celle de l'Europe, nous avons été obligés d'emprunter l'autoroute pour sortir d'Istanbul.

Déjà, pour nous rendre à Istanbul depuis la Grèce, nous avions voulu faire les derniers kilomètres par l'autoroute (la nationale entre Alexandroupoli et Istanbul devient très lente comme elle est bordée de bourgs successifs, et elle longe pratiquement l'autoroute sur ces derniers kilomètres). Au guichet où nous nous étions engagés, pas moyen de payer par carte bancaire. Nous avons compris (peut être qu'on se trompe, il y a bien quelqu'un qui a emprunté l'autoroute en Turquie et qui saura nous renseigner...) qu'il fallait obligatoirement acheter une carte prépayée pour emprunter les autoroutes, à la manière des cartes de stationnement parisien. Nous sommes allés nous renseigner auprès de voitures-guichets (comme les marchands de glace ambulant, mais pour les cartes d'autoroute), qui vendaient des cartes, mais bien trop chères à notre goût (pour dix kilomètres jusqu'à Istanbul...). On savait pas trop si c'était "officiel", ou des marchands à la sauvette, si on essayait de nous arnaquer ou si on ne pouvait acheter que des cartes donnant droit à un grand nombre de kilomètres, en plus ils ne parlaient que turque, donc on s'est dit qu'on allait faire demi-tour. Mais à un péage, c'est impossible, il y a une barrière entre les deux sens de circulation... Heureusement, on a fini par trouver une petite voie qui partait sur la droite, on l'a prise, et elle repassait sous l'autoroute par un tunnel, et permettait de repartir dans l'autre sens...

Donc forcément, trois jours après, pour repartir, on était pas tranquilles avec cette histoire d'autoroute. Mais sans carte routière précise, impossible de quitter Istanbul sans prendre cette fameuse autoroute vers Edirne... Evidemment, y avait pas de panneau "Bulgarie par nationale"... On comprend rapidement que l'autoroute, peu après s'être éloignés du centre de la ville, devient payante, et comme vous, nous nous sommes retrouvés dessus sans savoir comment on allait en sortir. Sauf que nous, on a plus flippé que toi, et on a pris la première sortie. Forcément, sortie d'autoroute, barrières. Pas de carte d'autoroute. Les bureaux fermés... On hésite, mais on voit qu'une des barrières est ouverte et ne fonctionne pas, et des voitures passent, avec à chaque fois une alarme qui gueule sans que ça ne dérange personne. On s'est donc engagés, on est passés, ça a sonné... On s'est dit que s'il y avait une caméra, ce serait étonnant que notre cas soit traité avant notre sortie du pays, et qu'on ne risquait donc pas grand chose.

Je te raconte pas la galère ensuite pour longer l'autoroute, dans la grande banlieue d'Istanbul, par les petites routes. Le nombre de fois où on s'est perdus, où on a fait demi tour... Bref on a finalement trouvé un panneau indiquant une ville indiqué sur ma carte d'Europe, et réussi à rejoindre Derekoï par les petites routes (au nord de l'autoroute).

Par contre, je peux me tromper, mais j'ai souvenir d'une route en très bon état, voir neuve, jusqu'à la frontière, même après Kirklareli.

Je n'ai pas souvenir que le passage à la frontière ait été difficile point de vue formalité. Nous sommes bien passés dans le petit bassin de désinfection côté bulgare. On a pas vu les magasins qui vendaient la vignette, mais on ne cherchait pas car on ne savait pas qu'il en fallait une pour le pays. On a tout de suite compris en voyant les panneaux Vinietka sur le bord de la route, ce qui nous a, après l'épisode des autoroutes turques, à nouveau stressé, comme il y a rien sur la petite route dont l'état est, je le confirme, lamentable, entre la frontière et Tsarevo... Surtout quand on a croisé un barrage de flics.... Ils ne nous auraient pas arrêté, si je ne m'étais pas moi-même arrêté, tout stressé, pour leur demander où acheter une vinietka, assez embarrassés. Ils ont paru étonnés de mon stress, m'ont dit que ça se trouvait dans les stations services, et qu'il y en avait une à Tsarevo, et que y avait pas de problèmes. En effet, à Tsarevo, on se conformait aux lois bulgares.

Pour la suite, nous, on a décidé de redescendre le long de la mer noirejusqu'à la frontière turque (marquée par une rivière, sans point de passage), le village de Rezovo. Pour y aller, la route est de plus en plus délabrée au fur à mesure qu'on s'en approche. Pour croiser une voiture, il faut rouler sur le bas-côté. Après Athopol, c'est vraiment délicat, et on voit des panneaux indiquant des barrages douaniers et militaires, mais vides. Le Routard indiquait que les étrangers s'y faisaient refouler.

Rezovo est un petit village, on a bien fait d'y aller, car les autres villes littorales bulgares sont du genre bétonnés, plages-clubs, etc. Le village est en haut d'une falaise, et on peut descendre à pied grâce à un escalier, ou en voiture par une piste, à une crique avec un parking et deux restaurants bungalows et une plage de petits cailloux. Sur ce parking, les grands drapeaux bulgares font face, à 50m de l'autre côté de la rivière, aux drapeaux turques. De chaque côté, de grands miradors (en haut de la falaise côté bulgare). J'ai pris des photos, avant de découvrir sur un panneau pourtant peu discret que c'était interdit.

Nous nous sommes installés au bord de la falaise, à l'écart du village, pour dîner, surveillés par la tour militaire bulgare. A la tombée de la nuit, on s'est promenés dans le village, et on est allés boire un coup en bas, dans un des restos de la crique. Une espèce de cabane tenu par un vieux loup de mer, avec des espèces de filets de camouflage militaire en guise de tente. Très sympa, c'était le 14 juillet, on a fêté ça avec quelques bières, que le patron, mort de rire devant les autres clients, nous a fait ouvrir avec son décapsuleur en forme de pénis. Il nous a servi, très gentiment, de petits poissons séchés plutôt que des cacahuètes. Vers minuit on est rentrés à la voiture au bord de la falaise où on a dormi.

Enfin, tout ça pour dire que faudra que je mette mon récit entier de ce voyage d'un mois qui nous a fait aller jusqu'à Istanbul par la Grèce, longer la Mer Noire (ou presque) jusqu'en Crimée par la Moldavie, puis revenir par la Roumanie et l'Europe de l'est sur le forum. Et puis te remercier de ton aide, et nous excuser de ne pas t'avoir envoyé de cartes, comme on avait promis de le faire pour te remercier de tes conseils, impossible de retrouver l'sms avec ton adresse.
AR Aristomakos Globetrotter ·
Salut l'ami,

Longtemps que je n'avais pas renifflé ton odeur, M. Gros caca ! 😉 Et content de vois que mon récit intéresse encore des gens. Cela fait quelques temps que je n'ai pas écrit de récit de voyage sur VF, par contre j'en ai fait quelques uns dans la revue de mon association de voyageurs ABM (Aventuriers du bout du monde).

Visiblement, la route avant Derekoy a été refaite entre mon voyage et le tien. Par contre la petite route bulgare est toujours à l'abandon. Tu as eu raison d'aller dans le petit village bulgare près de la frontière turque, j'y suis peut-être allé en 1986, m'en rappelle plus. Tu devrais publier quelques photos que tu as prises, puisque c'est interdit c'est intéressant ! 😛

Lorsque tu rencontres des problèmes "administratifs" à l'étranger, tu sembles stresser très vite ! En général, ils sont assez souples dans les pays méditerranéens, pour ne pas dire autre chose. A part en croatie, je n'ai jamais eu de gros problème à ce niveau là.

En effet, un récit de ton voyage jusqu'en crimée par la route serait très intéressant et original après le 25e voyage dans les grands parcs américains ou le 56e au Kerala !

Au fait, as-tu gardé quelques pièces de monnaie et billets de Moldavie ???? Je te les rachète !!!

Tes proches ont-ils apprécié l'ukraine et la moldavie, au fait ?

Bonne soirée !

Ben
Ben
GR Groscaca ·
Stressé, tout est relatif, pour la vignette disons qu'on était plutôt inquiets de prendre une prune. Mais pour l'autoroute turque, c'est vrai qu'on en menait pas large...

Désolé, mais pour la Moldavie, on y aura passé moins de 10h à l'allé, on a pas tiré d'argent. On a pique niqué juste après la frontière avec la Roumanie (Galati), au bord du "Prout", rivière qui colle plutôt bien avec mon pseudo.

On a vraiment eu la sensation d'être au milieu de nul part en traversant le sud du pays... Des routes catastrophiques, des villages tristounets... On s'est arrêté demandé notre chemin à un type qui s'est avéré être complètement bourré, qui rentrait sa tête dans la voiture en tenant la portière... On a cru qu'on allait jamais s'en défaire.

On a aussi croisé un enterrement... Le mort cercueil ouvert dans une charrette tirée par des chevaux, avec derrière la famille et les amis qui suivaient à pied...

En sortant du pays, la nuit tombé, on s'est fait racketter 10e par le douanier moldave, seul à ce poste à cette heure tardive... Il parlait pas un mot d'anglais, on savait pas si on se faisait arnaquer ou si c'était une taxe officielle (là-bas, y a une "taxe écologique" à l'entrée), ça faisait plus de dix heures qu'on roulait, on devait encore rouler jusqu'à Odessa, on lui a filé son billet, on n'a pas eu de reçu en échange.

Après cette frontière, on s'est retrouvés dans l’extrême nord de la Bessarabie ukrainienne. De là, pour rejoindre Odessa, la nationale traverse sur deux ou trois kilomètres la Moldavie... Heureusement, pas de poste frontière, puisqu'en empruntant cette route, on ne peut aller que d'Ukraine en Bessarabie ukrainienne, sans possibilité de sortir. A l'entrée, un militaire (sans doute moldave) nous donne un post-it sur lequel il a inscrit le nombre de personnes rentrés dans le pays. A la sortie, un autre militaire vérifie...

Au retour, on a préféré éviter la Moldavie pour gagner du temps, et on est donc descendu par la Bessarabie. Par contre pas de passage frontière ouvert aux touristes entre la Bessarabie et la Roumanie, on a donc dû rentrer en Moldavie dans l'extrême sud du pays pour faire les derniers 20 km jusqu'à la Roumanie (poste frontière de Galati).

Du coup, seulement une dizaine d'heures passées dans le pays, je ne pense pas qu'on soit descendus de la voiture, sauf peut être pour prendre quelques photos, mais pas de vraies promenades. Sincèrement, l'Albanie fait moins pauvre.

Tes proches ont-ils apprécié l'ukraine et la moldavie, au fait ?

Le truc, c'est que j'avais sous estimé les temps de trajet... Ma compagne est arrivé à l'aéroport de Bucarest, et repartait une semaine après. On a donc eu six jours. J'avais prévu deux jours pour aller jusqu'en Crimée, deux jours en Crimée, et deux jours pour rentrer. C'est ce qu'on a fait, mais j'avais pensé que les quatre jours de trajets auraient été l'occasion de visiter un peu les régions traversées... Et ça c'est avéré être quatre jours de voiture sans s'arrêter ou presque, faute aux attentes aux nombreux postes frontières, aux routes pourries... Au retour, on a quand même pu visiter Odessa - où on a passé la nuit - en arrivant en fin d'après-midi.

Et en Crimée, mine de rien, y a aussi de la route à faire pour aller d'un point à un autre, surtout quand on a un camping fixe, il faut y revenir tous les soirs. Donc on a encore fait, bien sur à moindre mesure, pas mal de route.

Pour moi et mon pote, sur l'ensemble du voyage, ça nous a pas trop dérangé, mais pour ma compagne, faire une semaine de vacances et se taper quatre jours dans la voiture, c'était moins rigolo. Surtout qu'enceinte, elle était censée pas trop rouler. Si c'était à refaire, je la ferais venir sur la partie "Transylvanie" de notre voyage, arrivée Bucarest, départ Debrecen. En plus, ça l'aurait davantage intéressée.

La Crimée, sympa, j'y serai bien resté une semaine entière pour voir plus de trucs... Un peu trop touristique quand même à notre goût. Content de bredouiller un peu le russe, et de voir que j'arrivais encore à comprendre des trucs.

Le récit entier du voyage, je l'ai écrit au fur à mesure (dans la voiture) pendant le voyage, je l'ai, je vais essayer de le mettre sur le forum avant la fin des vacances.
GR Groscaca ·
Des photos :

1. Rezovo, sud de la Bulgarie, le long de la Mer Noire. Il est tard, la photo n'est pas très bonne, mais entre le panneau et les drapeaux turques, il y a une petite rivière qui se jette dans la Mer Noire.

2. Rezovo, en haut de la falaise où on a dormi. C'est l'heure de la douche, on voit le bidon d'eau sur le toit ! En arrière plan, les côtes turques de la Mer Noire, où on n'aperçoit aucun signe de vie. Ca donne envie d'y camper, peinard.

3. Routes moldaves.

4. Mecs bourrés à qui on aurait pas du demander le chemin.

5. Transports moldaves

6. Re-routes moldaves











AR Aristomakos Globetrotter ·
Merci beaucoup pour les photos, les routes moldaves sont impressionnantes, vous faisiez du 25km/h ???

On voit que tu t'es fait un copain ! 😉

Sinon, vous dormiez à 3 à l'arrière de la voiture ???
Ben
GR Groscaca ·
Sur la première en haut, on s'est aperçu, après s'être fait doubler à toute berzingue par un moldave, que c'était beaucoup plus supportable quand on roulait vite dessus, que lentement.

Sur la deuxième route c'était tout bonnement insupportable, du slalom à 15 km/h...

On ne dormait pas à trois dans la caisse, on avait une tente en plus. Quand on était deux, on dormait dans la tente dès que c'était possible (on n'avait pas à transvaser tous nos bagages du coffre à l'avant de la voiture, ce qui prend du temps), et dans la voiture quand il fallait être plus discret (zone urbaine, etc.). A trois, on a dormi deux nuits à l'hôtel (Odessa) et les autres nuits en camping (Bucarest et Sébastopol) : David dans la voiture, nous deux dans la tente.

J'ai lancé le topic du carnet de voyage : http://voyageforum.com/v.f?live=1;post=5965202;#5965202

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