S'il est vrai que le sexe est un sujet déjà si difficilement abordé en Inde, cela vaut d’autant plus pour l’abus sexuel sur enfant.
En 2006 et 2007 ont été découverts les restes de plus de 40 enfants assassinés. Les recherches démontrèrent que les enfants avaient été abusés sexuellement, ensuite assassinés et découpés en morceaux (les enquêtes étaient en cours début 2007 et il n’était pas exclu que l’on trouve d’autres cadavres).
Dans quelques cas les enfants avaient été abusés post-mortem. La nécrophilie est un sujet que l’on ne connaît que chez les effrayants sâdhus de la secte aghori ou dans d’obscurs ouvrages d’enseignement du Tantra. En liaison avec ces assassinats deux hommes ont été arrêtés : un homme d’affaires aisé et son employé de maison. L’employé avoua avoir eu des relations sexuelles avec quelques enfants morts et avoir consommé des parties de cadavre. Les parents de la catégorie la plus défavorisée de la région, qui voulurent déclarer leurs enfants portés disparus auprès de la police, se plaignirent que les policiers les avaient constamment ignorés, parce qu’ils étaient pauvres et donc « sans importance ».
Les horribles découvertes de Nithari attirèrent l’attention sur un sujet sur lequel le citoyen indien ne se penche qu’avec la plus grande des réticences. Dans les semaines qui ont suivi la découverte des corps, ce sujet à propos d’abus sexuels sur les enfants fut l’objet d’intenses débats dans les médias et des faits épouvantables furent ainsi dévoilés.
D’après les indications de la Commission indienne des droits de l’homme, ce sont en moyenne 45 000 enfants qui disparaissent annuellement en Inde. Les ONG parlent de chiffres bien plus importants, étant donné que de nombreux faits ne sont pas communiqués à la police. Selon les indications des ONG, cela va jusqu’à trois millions d’enfants par an.
Les raisons les plus souvent invoquées pour ces enlèvements d’enfants sont, en ordre décroissant : mariage et sexe, demandes de rançons, utilisation des enfants pour la mendicité, prostitution, sacrifices religieux rituels ou pour les employer comme jockeys de courses de chameaux.
Conformément à diverses statistiques à peu près 40-45 % des enfants indiens sont abusés sexuellement, dans la moitié des cas chez eux par des parents proches ou des employés de maison.
Lors d’un sondage auprès de 600 (six cents) femmes de la classe moyenne aisée, il apparut que 457 avaient été violées dans leur enfance. Une étude sur 175 garçons montra que 15 % ont été violés dans leur enfance ou leur jeunesse par des hommes de leur famille, 8 % par des femmes d’âge mur.
La plupart de ces faits sont tenus secrets à cause de la honte vis à vis de l’opinion publique et ne sont pas signalés aux autorités. Quoi qu’il arrive, la « bonne réputation » ne peut pas être salie.
Les meurtres de Nithari ont obligé les indiens à se confronter à un sujet qui ne pouvait pas être plus désagréable. De plus ils firent exploser l’illusion largement répandue selon laquelle l’Inde serait moralement « meilleure » que le reste du monde, en raison de sa religiosité et de ses traditions … un résultat extrêmement douloureux pour de nombreux indiens.
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"il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en peut rêver votre philosophie". Hamlet.








