Il est très difficile de dire comme ça ce qui a merdé dans la lumière d'une photo.
Je vais faire un très long post pour ce sujet qui va me prendre du temps. je vous remercie par avance de dire si vous pensez que c'est utile que je le fasse dans le futur, parce que si cela ne sert à personne, autant ne pas perdre mon temps ...
N'est-ce pas ;-)
Il y a un certain nombre de règles q'il ne fait pas toujours suivre (c'est pour cela que je dis que c'est difficile de savoir sans voir la photo) mais qui provoquent bien souvent des problèmes.
Je fais un tour rapide des problèmes principaux, et ensuite on parlera des filtres et comment ils peuvent être utilisés.
1. Les UV
Les UV représentent un vrai problème, car ils ne sont pas visibles par l'oeil, mais par contre, ils le sont par la pellicule ou le capteur.
Le symptôme principal d'un excès d'UV est justement celui que tu décris : tout est trop blanc tout simplement parce que la quantité de lumière entrée est (si ce sont principalement des UV) surtout considérée comme du blanc/bleu lavé par le film (ou le capteur).
Les UV viennent du soleil et ne se réfléchissent pas toujours très bien (sauf sur les surfaces blanches comme les murs blancs, la neige, le sable blanc, etc...) Et donc plus on est face au soleil plus on a de chance d'en avoir dans l'image
Les UV sont arrêtés par l'air. Donc quand le soleil est assez bas sur l'horizon, il y en a beaucoup moins que pendant la journée avec un soleil au dessus de la tête
Les UV sont difractés par l'eau de l'air (la vapeur dans l'air). Donc s'il fait sec, on est moins gêné par les UV ambiants que quand il fait humide, le pire étant un très légère brume.
2. La plage d'IL
C'est à dire en langage plus "de tous les jours", la capacité pour l'appareil à voir en même temps des couleurs claires et des couleurs foncées.
C'est un problème qui date du début de la photo qu'on appelle couramment aujourd'hui de "la mariée devant un tas de charbon". En fait, la photo est quasiment impossible et ce qu'on voit à l'oeil ne peut âs être rendu facilement.
L'oeil est très toélrant et dans le cas de la mariée devant le tas de charbon, on arrive encore à voir les motifs blancs sur blanc de la robe et les morceaux de charbon noir sur noir.
Avec une pellicule, on a soit les détails (on dit en langage photogrape de la "matière") dans le blanc, soit dans le noir mais pas dans les deux. Et dans le pire des cas, on en a ni dans le blanc, ni dans le noir.
Le plus tolérant après l'oeil, c'est le négatif couleur, car les négatifs N&B d'aujourd'hui ont tendance à être assez "durs". On aura en général plus de nuances avec les négatifs couleurs pour le noir et blanc mais avec un moins bon piqué (pellicules chromogéniques qui se développent par un traitement C45 comme les négatifs couleur).
Les films inversibles (diapos) traitées en E6 sont moins tolérantes que les films négatifs. Mais il permettent par le phénomène d'inversion d'avoir des saturations de couleur plus importantes. Les photographes professionnels utilisent souvent l'inversible pour des raisons de saturation (en particulier la Velvia et la Provia)
Enfin, le moins tolérant est le numérique. Mais c'est celui pour lequel on va probablement pouvoir s'en tirer le mieux pour des raisons que l'on va voir plus loin.
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Les filtres
Règle n°1 : Toujours avoir un filtre UV.
En fait, un filtre UV de bonne qualité sans être professionnel ne fait perdre qu'environ 2% de luminosité (on parle de filtre à 98%, ce qui veut justement dire le contraire, à savoir qu'il laisse passer 98%). Les filtres professionnels sont très chers pour gagner une partie de ces 2% tout en arrêtant les UV.
Mais, dans tous les cas, il reste toujours des UV qui passent un peu.
Donc, je dis qu'il faut laisser le filtre parce qu'on ne perd pas beaucoup de lumière et que le fait que les UV ne passent pas n'est pas une gêne quand il n'y a pas d'UV (si on considère que 98% de la lumière, c'est assez, ce qui est évidemment le cas). Je rappelle à ce sujet que dermer d'un diaph, c'est enlever 50% de la lumière.
Mais aussi, si on a un filtre UV, on a une protection de la lentille frontale qu'on heurte parfois en reportage. Ou avec gamins qui mettent les doigts dessus (combien de fois en Inde, surtout au Rajasthan ...)
Règle n°2 : essayer de prendre la photo dans des condtions "moyennes" sauf si on a une raison de faire autrement.
Des conditions "moyennes" sont ouverture 4 à 11 et une vitesse entre 1/100s et 1/500s
Il faut éviter de fermer à 22 car on a souvent un nouveau phénomène physique qui est la diffraction et qui fait qu'on génère de nouveau un phénomène qui ressemble à celui du voile et donne l'impression finale d'un manque de saturation et de piqué.
J'ai mis ça dans les filtres, car pour être dans ces conditions moyennes, on est souvent amené avec du film à utiliser un gris neutre pour enlever de la luminosité. Cela arrive beaucoup moins avec les numériques (les réflex, j'entends, car dans les compacts, on ne règle pas grand chose) car on peut changer la sensibilité, ce qui équivaut à ajouter un filtre neutre.
En plus, de nouveau, les filtres neutres qui le sont vraiment (qui diminuent la lumière de façon équilibrée) coûtent hyper chers.
Une remarque en passant, le polarisant (qu'il soit circulaire ou linéaire, j'explique après) est non seulement polarisant mais fait également office de filtre neutre.
Règle n°3 prendre un filtre en fonction de la photo
Là, je ne peux donner de généralité, il va vous falloir réfléchir en fonction de la situation.
Si vous avez pas mal de forêt (de feuillage ou même de pelouse), s'il y a un peu trop d'UV, on peut améliorer les choses en décalant le blanc vers une couleur qui s'éloigne de l'UV.
En filtre de qualité moyenne, cela s'appel un "filtre jour" qui est légèrement rosé. Si on veut avoir quelque chose d'un peu moins olé olé (la notion de "jour" n'est pas vraiment bien équivalente ches tous les fabricants), je conseille un filtre 81A qui ne dénature pas les couleurs, mais renforce un peu la saturation.
Mais de façon générale, il est de loin préférable de tenter de prendre un angle qui évite au maximum d'avoir des UV plutôt qu'utiliser un filtre couleur.
Et puis, avec l'expérience, vous vous rendrez compte que ma fois, il arrive que quoiqu'on fasse, on n'arrive pas à prendre la photo. Si vous ne gagnez pas votre vie avec la photo et que (c'est le thème du forum), vous êtes en voyage à découvrir un pays, il arrive parfois que les images que l'on garde dans la tête et dans le coeur vous soient plus chères que n'importe qualle photo ratée que vous auriez fait ....
Règle N°4
Pour les numériques, à part le filtre UV, ne pas prendre de filtre du tout.
En fait, les filtres ont été inventés par ce que le film est ce qu'il est.
Les spécialistes de la fabrication des films savaient vous faire un film dont la sensibilité était plus grande dans les extrèmes que dans les tons moyens (films durs) ou l'inverse, et y compris pour une des composantes couleur. mais le film que vous avez acheté a ses caractéristiques ne pouvaient pas être changées.
Et donc, il fallait décaler la couleur, le rendre plus ou moins sensible à certaines longueurs d'onde (tous les films ont une couche anti UV qui enlève une grosse part de ces maudits UV) d'où l'usage des filtres.
Avec le numérique, il est préférable de garder le plus possible de l'image de départ pour faire des traitement sélectifs (renforcer la sensibilité dans certaines zones, ne pas avoir un film don tla réaction est linéaire en fonction des longueurs d'onde etc ...). Le JPEG est déjà un traitement prenant certaines options sur la répartition des couleurs et enlève une partie des informations. C'est la raison pour laquelle une photo en conditions difficiles ou limites devrait être stockée en raw.
Précaution que je trouve personnellement inutile en bonnes conditions car je ne gagne pas grand chose, mais je perds de la place sur la carte et du temps pour le traitement.
A chacun de se faire sa stratégie, au moins on le fait en connaissance de cause, ce qui est toujours mieux que le faire un peu au hasard.
Règle N°5 tricher quand on ne peut pas faire autrement.
En terme de filtres, je pense aux filtres sélectifs soit avec des formes, soit simplement dégressifs.
Exemple : un filtre bleu sur la moitié permet de rendre un ciel blanchatre bien bleu.
Ne pas exagérer, mais cela peut être utile.
J'ai aussi pris des superbes photos sous le coucher de soleil à 4h de l'après-midi avec un filtre orange. Personne ne voit rien de la supercherie, et je n'avais pas le choix : dans la baie d'Halong avec le bateau qui rentrait.
Règle n°6 utiliser les filtres qu'il faut au bon moment
Le plus typique (en film) est le filtre FLW pour les néons.
Quand vous êtes avec un film jour et que -en voyage- vous rentrez dans un local éclairé au néon, vous êtes tranquilles : sans précaution particulière, toutes les photos sont verdâtres.
Le filtre FLW permet de corriger ce problème.
Avec les numériques, il faut faire une balance de blancs.
Le terme est abominable car c'est la mauvaise tradution de "white balance" qui veut dire "équilibre du blanc".
Il faut que l'appareil sache que ce qui est dans l'absolu est "un peu jaune", "un peu vert" ou "un peu rose" est en fait blanc.
La balance de blanc "manuelle" consiste à montrer une feuille de papier blanc à l'appareil en lui disant :"c'est ça le blanc". Et ensuite, le capteur se règle en décalant la roue chromatique pour lire toutes les couleurs vraies à partir de ce blanc.
Sur les numériques, il y a plusieurs positions pour la balance de blanc pour laquelle la balance a en fait été faite à l'avance (incandescence, néons, etc...)
En passant, je souligne le fait que l'on tient là une très bonne technique pour faire un filtre.
Si on veut un filtre légèrement orangé (pour simuler des couchers de soleil), on le repère sur la roue chormatique (celle qu'on a sur les ordinateurs pour choisir une couleur dans les logiciels de dessin). on choisit alrors la couleur exactement symétrique au rose voulu sur la roue chromatique et on imprime une page de cette couleur (attention, en RVB).
Dans cet exemple, on a un bleu ciel. Pour avoir un filtre orange sur son numérique, il suffit alors de faire une balance de blancs manuelle sur cette feuille bleue, et on se retrouve avec un filtre orange.
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Dernier point, le filtre polarisant circulaire et linéaire.
Je fais un petit chapitre à part parce que je crains qu'il n'y ait pas tellement de photographes amateur qui aient compris cette histoire de polarisant "circulaire" et "linéaire". Il faut dire malheureusement que les termes ne sont pas obligatoirement très clairs, même s'ils sont logiques.
a. la lumière polarisée.
dans un rayon de lumière polarisée, les plans de vibration des photons sont répartis tout autour de l'axe du rayon. Un peu comme un goupillon à nettoyer les bouteilles : tout hérissé dans toutes les directions.
Quand on polarise la lumière, c'est un peu comme si on mettait une fente qui ne laisse passe que les photos qui vibrent dans un seul plan, celui de la "fente", qu'on appelle "plan polarisation".
b. Le filtre polarisant
Un filtre polarisant, c'est un filtre qui ne laisse passer que les photons qui vibrent dans le sens du plan de polarisation.
Note : le fait que le filtre polarisant fait perdre deux diaph est donc logique, puisque qu'il ne laisse passer que 4 fois moins de lumière (je vous fait grâce des calculs).
L'effet du filtre polarisant est important sur une lumière déjà polarisée. En effet, si la lumière n'est pas polarisée, le fait de la polariser ne change pas grand chose à part diminuer son intensité.
Par contre, l'effet sur une lumière déjà polarisée est très différenciée : si la lumière déjà polarisée est dans le plan du polarisant, il passe totalement, mais s'il est dans un plan perpendiculaire à celui du polarisant, RIEN NE PASSE !
D'où l'effet sur la lumière réfléchie par l'eau : elle est polarisée horizontalement par la réflexion sur l'eau, et si on positionne le filtre polarisant verticalement, il "coupe" la lumière polarisée horizontalement. En d'autres termes, il enlève les réflexions sur l'eau.
Encore faut-il bien entendu tourner le filtre polarisant dans la bonne position (j'espère que tous ceux qui ont un filtre polarisant le savent : il ne suffit pas de monter le filtre polarisant, il faut ausi le tourner dans la bonne position !)
c. Le polarisant linéaire
Un polarisant linéaire c'est exactement le filtre polarisant tel que nous l'avons décrit jusqu'à présent
Mais le problème, c'est que dans les réflex modernes où il y a une mise au point automatique, l'image utilisée pour la mise au point se fait par réflexion sur un "miroir secondaire" qui polarise la lumière, comme la lumière sur la surface de l'eau.
Si la lumière est // à ce mirrior, pas de problème. mais la lumière polrisante entrante est polarisée perpendiculairement au plan de polarisation du miroir secondaire, il n'y a plus d'image qui arrive, et le boitier ne peut plus faire de mise au point.
Il a fallu inventer le "polarisant circulaire" pour résoudre ce problème.
d. le polarisant circulaire
En fait, c'est simple, un polarisant circulaire est un filtre polarisant dépolarisant.
Il est composé de deux couches qui forment deux filtres successifs (un filtre polarisant circulaire est donc nomalement plus cher qu'un filtre ploraisant linéaire de même qualité).
Le premier filtre est un filtre polarisant normal (linéaire dans la terminologie). Ce filtre va arrêter donc par exemple, les reflets sur l'eau. Mais pour que la mise au point puisse se faire, on va ajouer un filtre qui va tranformer la lumière obtenue (polarisée) en quelque chose qui ne sera pas bloqué par le miroir polarisant. On dit que l'on va dépolariser la lumière.
En fait le filtre s'appelle un 1/4 d'onde. il a pour effet de tranformer la lumière poalrisée en en faisant tourner la moitié à 45° vers la droite et l'autre à 45° vers la gauche. On a donc une lumière qui n'est plus dans un seul plan, mais répartie dans deux plans perpendiculaires. Elle ne sera donc pas arrêtée par un polarisation ultérieure.
En résumé (que vous comprennez sans aucun doute après les explications) un filtre polarisant circulaire est un filtre composé d'un polarisant linéaire suivi d'une filtre 1/4 d'onde dépolarisant.
e. Conséquences : on peut parfaitement utiliser un filtre polarisant linéaire sur un boitier réflex si on fait la mise au point manuelle. un filtre polarisant circulaire a un endroit et un envers, ce qui n'est pas le cas du polarisant liénaire.
En espérant que ce mail ne vous a pas gavé mais intéressé, et en attendant de votre part de savoir si vous souhiatez que je me lance dans d'autres explications assez complètes sur la photo dans d'autres posts.
D'ailleurs, je me demande s'il n'y a pas moyen de faire une faq sur la photo dans ce forum ?