LA GÉOGRAPHIE DU MALI
MBAALAANDI LEYDI MAALI
Le présent petit texte parle un peu, tout un peu, de la géographie du Mali, en maasinankoore, le fulfulde du Mali, parlé dans la région intérieure dite Maasina englobant le Delta intérieur du fleuve Niger. Dans la perspective des Peuls (ou Ful'be selon leur langue), cette partie amont de la Boucle du Niger est le "nombril" (wuddu) du Delta, plus précisément, le "nombril de ce qui est peul" (Maasina e wuddu pulaaku) (1) : métaphore qui traduit à la fois l’emplacement géographique central de cette région et le lieu privilégié de tous les ressourcements ; ainsi, pour les communautés sédentarisées peules, le Maasina reste-t-il comme un berceau culturel ; enfin, cette zone fascinante (pour moi, la plus fascinante du Mali), pays d’eau et d’herbe, est bien l’image-symbole du rythme vital où s’inscrit, à la croisée du temps et de l’espace, toute la vie pastorale des Peuls. "L’association de l’eau et de l’herbe s’étend ici avec puissance. Plus en amont, le fleuve est bordé de cuvette herbeuses discontinues qu’enserrent étroitement les lignes d’arbres des terrasses sèches. C’est à partir de Ké-Macina que ce paysage soudanien de savane boisée s’écarte du fleuve et que la plaine d’inondation s’élargit à perte de vue. Plus au sud, la même transformation du paysage accompagne la descente du Bani qui, à la hauteur de Djenné, déflue puissamment et tend jusqu’au Niger des bras vigoureux", a écrit Gallais (2).
Le fulfulde change de nom selon les régions et les chercheurs : au Nigeria, c’est le terme haoussa, fulani, qui est le plus répandu. Ce terme désigne à la fois la langue et la communauté peule. Au Soudan, les Peuls sont connus sous le terme kanuri, fellata (décrivant à l’origine les Peuls du Borno) qui de nos jours, en dépit d’une légère connotation dépréciative, sert aussi à désigner les communautés ouest-africaines implantées dans ce pays. Les chercheurs africanistes utilisent également des termes différents, selon qu’ils sont anglophones, francophones ou germanophones : les germanophones préfèrent le terme Ful (de "Ful-Sprache", langue ful) ou Fulfulde, les anglophones se servent d’un seul terme, fula, pour désigner le peuple et sa langue. Enfin, les francophones utilisent le mot wolof, peul, pour désigner non seulement le peuple mais aussi la langue.
La langue peule classée à la branche ouest-atlantique de la classification de J.H. Greenberg (1960) – famille congo-kordofanienne, sous-famille Niger-Congo – est parlée dans une vingtaine d’Etats de l’Afrique occidentale et centrale (3), du Sénégal au Soudan, à travers la zone soudano-sahélienne propice à l’élevage bovin et ovin sur laquelle repose l’économie de ce peuple. L’extension de la langue peule sur un espace aussi vaste rend impossible une statistique à peu près précise sur le nombre de ses locuteurs. Les chiffres que l’on relève varient considérablement de l’auteur à l’autre. Il atteindrait aujourd’hui entre 20 et 30 millions d’individus dont 1.5 à 2 millions de locuteurs au Mali (14% de la population totale du pays). Le Nigeria présente le plus grand nombre de locuteurs peuls (environ 10 millions), et en Guinée vit, à proportion de la population totale, le plus grand groupe de locuteurs peuls (40%). Dans cinq pays (dont le Mali et la Guinée), la langue peule compte parmi les langues nationales. Ses principales variantes dialectales sont le pular (Guinée, le Fuuta Jaloo), le pulaar (Sénégal, Gambie, Mauritanie, le Fuuta Toro), l’adamaoua (Nigeria, Caméroun, Soudan), le liptaako (Burkina Faso) et le maasinankoore (Mali) ...
Note orthographique : en maasinankoore, les consonnes b, d et y ont des pendants occlusifs (écrites ici 'b, 'd et 'y (p.ex. 'buri, e'de, kaa'ye). Leurs formes géminées sont écrites ici 'b'b, 'd'd et 'y'y (p.ex. Se'b'be, wo'd'di, le'y'yi). La vélaire est écrite ng (p.ex. Sarangkullee'be), la palatale ny (p.ex. nyeenyal) ; à ne pas confondre avec les consonnes prénasales qui comptent aussi parmi le système consonantique du fulfulde ...
– Winndande fulaare (Texte peul)
Leydi Maali
Maali yo leydi gorgal Afiriik. Hooreejo ndii leydi ana wiyee Aamadu Tumani Tuure. Sowoore makko yo ATT. Kanko woni kaananke 'di'dobo e ley jamaanu demokarasi iwde 1991 warde hannde.
Maali ana heerondirii e Moritani, Senegal e Gine hedde hirnaange, Nijer hedde funnange. Aljeri hedde saahal, Koduwaar e Burkina-Faso hedde 'baleeri. Njaanji Maali yo kilomeeteruuji 1.240.000. Maali 'buri mawnude Faransi laabi 'di'di. Leydi ndiin ana mawni sanne.
Maali ana wo'd'di maayo geeci. Maayo Nijeer e Senegal ana ley Maali. Weendu Deeboy nduu ana ley Maasina, hakkunde Mootti e Gunndam. Kaa'ye ana keewi e Maali: hono hayre Bannjagara, hayre Ommbori e Adara-Ifora hedde Aljeri. Nokku Mootti ana woo'di sanne. Ful‘be ana ko'di toon.
Le'y'yi Maali ana keewi. Maalingkoo'be yo Bammbaraa'be, Se'b'be, Booboo'be, Senufoo'be, Sarangkullee'be, Safar'be, Burdaa'be, Haa'be e Ful'be. Golleeji ma'b'be yo demal, awgal, margol daabaaji, golle nyeenyal e sarawiisinkoo'be.
Ngenndi Bamako 'buri mawnude. Yim'be ana keewi toon. Endi jogii luube, e'de mawni! Luumo ngo toon, a'da waawi soodude kulle fuu a'da yi'di.
– Texte français (Winndande faransi)
Le Mali
Le Mali est un pays en Afrique de l’ouest. Son chef d’Etat est Amadou Toumani Touré dont le surnom est ATT. Il est deuxième dirigeant à l’ère démocratique (à partir de 1991 jusqu’à présent).
A l’ouest, le Mali confine à la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée, à son côté se situe le Niger, au nord l’Algérie, au sud la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Sa surface se monte à 1.240.000 km2. Donc, le Mali est deux fois plus grand que la France. Ce pays est énorme.
Le Mali est très loin de la mer. Les fleuves Niger et Sénégal se trouvent au Mali. Le lac Débo se situe au Maasina, entre Mopti et Goundam. Il y a aussi des montagnes au Mali, dont les falaises de Bandiagara, les monts Hombori et l’Adras des Iforas près de l’Algérie. La région de Mopti est très belle. Les Peuls y habitent.
Il y a beaucoup de groupes ethniques au Mali : les Bambara, les Bozo, les Bobo, les Sénoufo, les Soninké, les Maures, les Touareg, les Dogon et les Peul (Ful‘be). Leurs domaines professionnels sont l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’artisanat et l’administration.
Bamako est la plus importante ville, à une immense population. De grands marchés s’y trouvent. A un marché là-bas, tu peux acheter tout ce que tu souhaites avoir.
– Traduction des phrases (Firo konngi)
Leydi Maali
pays / M.
Le Mali
Maali yo leydi gorgal Afiriik.
M. / COP / pays / ouest / Afrique
Le Mali est un pays en Afrique de l’ouest.
Hooreejo ndii leydi ana wiyee Aamadu Tumani Tuure.
chef / IC / pays / COP / est appelé / Amadou Toumani Touré
Le chef d’Etat est Amadou Toumani Touré.
Sowoore makko yo ATT.
nom / son / COP / ATT
Son surnom est ATT.
Kanko woni kaananke 'di'dobo e ley jamaanu demokarasi iwde 1991 warde hannde.
lui / est / dirigeant / deuxième / et / dans / ère / démocratie / à partir de / 1991 / arriver / aujourd’hui
Lui est deuxième dirigeant à l’ère démocratique à partir de 1991 jusqu’à présent.
Maali ana heerondirii e Moritani, Senegal e Gine hedde hirnaange,
M. / COP / côtoie / avec / Mau. / S. / et / G. / vers / ouest
A l’ouest, le Mali confine à la Mauritanie, au Sénégal et à la Guinée,
Nijer hedde funnange,
N. / vers / est
à l’est au Niger,
Aljeri hedde saahal, Koduwaar e Burkina-Faso hedde 'baleeri.
A. / vers / nord / CdI. / et / B.F. / vers / sud
à l’Algérie au nord, à la Côte d’Ivoire et au Burkina Faso au sud.
Njaanji Maali yo kilomeeteruuji 1.240.000.
largeur / M. / COP / km2 / 1.240.000
Sa surface se monte à 1.240.000 km2.
Maali 'buri mawnude Faransi laabi 'di'di.
M. / surpasse / être grand / F. / fois / deux
Par conséquent, le Mali est deux fois plus grand que la France.
Leydi ndiin ana mawni sanne.
pays / DEM / COP / est grand / très
Ce pays est géant.
Maali ana wo'd'di maayo geeci.
M. / COP / est loin de / mer
Le Mali est très loin de la mer.
Maayo Nijeer e Senegal ana ley Maali.
fleuve/ N. / et / S. / COP / dans / M.
Les fleuves Niger et Sénégal se trouvent au Mali.
Weendu Deeboy nduu ana ley Maasina, hakkunde Mootti e Gunndam.
lac / D. / IC / COP / dans / M. / entre / M. / et / G.
Le lac Débo se situe au Maasina, entre Mopti et Goundam.
Kaa'ye ana keewi e Maali:
montagnes / COP / sont nombreuses / à / M.
Il y a aussi des montagnes au Mali,
hono hayre Bannjagara, hayre Ommbori e Adara-Ifora hedde Aljeri.
comme / falaise / B. / mont / H. / et / AdI. / près de / A.
comme la falaise de Bandiagara, les monts Hombori et l’Adras des Iforas près de l’Algérie.
Nokku Mootti ana woo'di sanne.
place / M. / COP / est belle / très
La région de Mopti est très belle.
Ful'be ana ko'di toon.
Peuls / COP / habitent / là-bas
Les Peuls y habitent.
Le'y'yi Maali ana keewi.
ethnies / M. / COP / sont nombreuses
Il y a beaucoup de groupes ethniques au Mali :
Maalingkoo'be yo Bammbaraa‘be, Se'b'be, Booboo'be, Senufoo'be,
Maliens / COP / Bambaras / Bozos / Bobos / Sénoufos
les Bambara, les Bozo, les Bobo, les Sénoufo,
Sarangkullee'be, Safar'be, Burdaa'be, Haa'be e Ful'be.
Soninkés / Maures / Touaregs / Dogons / et / Peuls
les Soninké, les Maures, les Touareg, les Dogon et les Peul.
Golleeji ma'b'be yo demal, awgal, margol daabaaji, golle nyeenyal e sarawiisinkoo'be.
travaux / leurs / COP / agriculture / pêche / élevage / animaux domestiqués / travail / art / et / fonctionnaires d’administration
Leurs domaines sont l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’artisanat et l’administration.
Ngenndi Bamako 'buri mawnude.
ville / B. / surpasse / être grand
Bamako est la plus grande ville.
Yim‘be ana keewi toon.
gens / COP / sont nombreux / là-bas
Les gens sont nombreux là-bas.
Endi jogii luube, e'de mawni!
elle / ont / marchés / ils / sont grands
De grands marchés se trouvent en ville.
Luumo ngo toon, a'da waawi soodude kulle fuu a'da yi'di.
marché / IC / là-bas / tu / peux / acheter / choses / toutes / tu /veux
A un marché là-bas, tu peux acheter tout ce que tu veux.
– Vocabulaire (Kelmeeji)
Aamadu Tumani Tuure (ATT) : Président du Mali
Adara-Iforas : n. Adras des Iforas (massif saharien)
a'da : (pronom sujet 2, pour personnes)
Afiriik, Afirik : n. Afrique
Aljeri : n. Algérie
ana : COP (duratif)
awgal : n. pêche
Bamako : n. Bamako (capitale du Mali)
Bammbaraajo (pl. Bammbaraa'be) : n. Bambara (homme)
Bannjagara : n. Bandiagara (ville au Mali)
Booboojo (pl. Booboo‘be) : n. Bobo (homme)
Burdaame (pl. Burdaa'be) : n. Touareg (homme)
Burkina-Faso : n. Burkina Faso
'baleeri : n. sud
– hedde 'baleeri : au sud, vers le sud
'burude : v.va. valoir mieux (que), dépasser, surpasser
– 'buri : (perfectif 2, singulier)
Capaato (pl. Safar'be) : n. Maure (homme)
Ce'd‘do (pl. Se'b'be) : n. Bozo (homme)
Deeboy : n. Débo
– Weendu Deeboy : Lac Débo (lac au Delta Central du fleuve Niger)
demal : n. agriculture
demokarasi (fr.) : n. démocratie
'di'di : num. deux
– 'di'dobo : ord. deuxième
e : 1. conj. et ; 2. prp. à, avec, dans, en, parmi, sur
e'de : p.suj. ils, elles (animaux, plantes, objets)
endi : p.suj. il, elle (de la classe ndi)
Faransi : n. France
funnaange : n. est
– hedde funnaange : à l’est
fuu : 1. adj. tous, tout ; 2. adv. entièrement, tout à fait
geeci : n. mer, océan
– maayo geeci : mer (voir aussi maayo)
Gine : n. Guinée
golle (pl. golleeji) : n. travail, besogne ; action
gorgal : n. ouest
Gunndam : n. Goundam (ville au Mali)
hakkunde : prp. entre, au milieu de, au centre de
hannde : adv. aujourd’hui, à present, maintenant
hayre (pl. kaa'ye) : n. montagne, colline ; lieu rocheux, colline rocheuse
hedde : prp. à, vers, près de, dans la direction de
heerondiraade : v.vm. côtoyer l’un à l’autre, confiner
– heerondirii : (perfectif 2, singulier)
– -ondir- : INF (réciproque)
heewude : v.va. être nombreux, abonder ; être plein, rempli
– keewi : (perfectif 2, pluriel)
hirnaange : n. ouest
– hedde hirnaange : vers l’ouest
hono : ex. comme, comme par exemple
hooreejo : n. chef, dirigeant, président
huunde (pl. kulle) : n. chose
iwde : 1. v.va. venir de ; quitter, sortir de ; 2. conj. à partir de
jaamanu (ar.) : n. temps, époque, ère, période ; le passé ; génération
jogaade : v.vm. avoir, posséder
– jogii : (perfectif 2, singulier)
Kaa'do (pl. Haa'be) : n. Dogon (homme)
kaananke (son.) : n. chef, dirigeant, king
kanko : p.ind. lui, elle (emphatique)
kilomeeteruuji : n. (pl.) kilomètres carrés
Koduwaar : n. Côte d’Ivoire
ho'dude : v.va. s’installer, habiter, demeurer
– ko'di : (perfectif 2, pluriel)
laabi : n. fois
– laabi 'di'di : deux fois
ley : prp. sous, au-dessous, en bas, au fond ; dans, parmi
leydi : n. pays, nation ; terre, sol ; province, territoire
lenyol (pl. le'y'yi) : n. famille, clan, fraction ; groupe ethnique
luumo (pl. luube) : n. marché (hebdomadaire)
Maasina : n. Macina (région centrale du Mali)
maayo : n. fleuve, rivière ; mer
ma'b'be : (adjectif possessif de la 3e personne du pluriel, pour personnes)
Maali, Mali : n. Mali
Maalingkoojo (pl. Maalingkoo'be) : n. Malien
makko : pr.pos. son, sa, ses
margol daabaaji : n. élevage d’animaux
– margol, marugol: n. élevage (< marude : v.va. élever, garder)
– daaba (pl. daabaaji) : n. animal domestiqué
mawnude : v.va. être grand, adulte, âgé, important
– mawni : (perfectif 2, singulier)
Mootti : n. Mopti (ville au Mali)
Moritani : n. Mauritanie
ndiin (< ndii-n) : DEM
– -n : (de la valeur déïctique)
nduu (< ndu-u) : IC
ne'y'yo (pl. yim'be) : n. personne, être humain, individu ; quelqu’un
ngenndi : n. ville
ngo : IC
Nijer : n. Niger (pays)
Nijeer : n. Niger (fleuve)
njaanji : n. largeur, surface
nokku : n. place, lieu, endroit, emplacement ; domaine
nyeenyal : n. art
– golle nyeenyal : artisanat (litt. "travail d’art")
Ommbori : n. Hombori (massif rocheux)
Pullo (pl. Ful'be) : n. Peul (homme)
saahal : n. nord
– hedde saahal : au nord
sanne : adv. très, bien, beaucoup (particule indiquant insistance)
Sarangkulleejo (pl. Sarangkullee'be) : n. Soninké (homme)
sarawiisinkoojo (pl. sarawiisinkoo'be) (fr.) : n. fonctionnaire d’administration
Senegal : n. Sénégal (pays) ; Sénégal (fleuve)
Senufoojo (pl. Senufoo‘be) : n. Sénoufo (homme)
soodude : v.va. acheter, échanger
sowoore : n. surnom
toon : adv. là-bas
waawde : v.va. pouvoir, être capable
– waawi : (perfectif 2, singulier)
warde, warude : v.va. arriver, venir
weendu : n. lac, marigot, étang ; flaque d’eau
wiyeede : v.vp. être dit, être appelé
– wiyee : (imperfectif 2, singulier)
wo'd'dude : v.va. être éloigné, loin
– wo'd'di : (perfectif 2, singulier)
wonde, wonude : v.va. être, exister
– woni : (perfectif 2, singulier)
woo'dude : v.va. être beau, joli, charmant
– woo'di : (perfectif 2, singulier)
yi'dude : v.va. aimer, vouloir, désirer
– yi'di : (perfectif 2, singulier)
yo : COP (équatif)
(Abréviations utilisées : adj = adjectif ; adv = adverbe ; ar = origine arabe ; COP = copule ; conj = conjonction ; DEM = adjectif démonstratif ; ex = expression ; fr = origine française ; INF = infixe ; litt = littéralement ; IC = indicateur de classe ; n = nom ; num = numéral ; ord = ordinal ; pl = pluriel ; p.ind = pronom indépendant ; pr.pos = pronom possessif ; p.suj = pronom sujet ; prp = préposition ; sg = singulier ; son = origine soninké ; v.va = verbe - voix active ; v.vm = verbe - voix moyenne ; v.vp = verbe - voix passive)
– Références
Gajdos, Martina 2004. Fulfulde. Lehrbuch einer westafrikanischen Sprache. Wien : Edition Praesens.
Osborn, D.W./D.J. Dwyer/J.I. Donohue, Jr. 1993. Lexique Fulfulde (Maasina) - Anglais - Français. Une compilation basée sur racines et tirée de sources existantes. East Lansing : Editions Michigan State University.
– Photos (Nate)
01 – Jeunes bergers peuls
02 – Femmes et filles peules (d'ailleurs, l'écriture sur le t-shirt blanc est fulfulde)
03 – Berger peul avec son troupeau
04 – Jeunes filles peules
05 – Jeune berger peul (à Sévaré)
Les photos ont été prises par l'auteur dans les alentours du Lac Débo (Mali).
Bonne lecture !
Herbert
(1) wuddu = (fig.) terme désignant le Maasina ; (hist.) région centrale parmi les cinq régions de l’Empire ou Etat théocratique du Maasina (1818-1862).
(2) Pour tous ceux qui s’intéressent sérieusement au Delta central, je recommande vivement deux ouvrages du géographe Jean Gallais. Gallais a remarquablement décrit et analysé la réalité complexe – tant physique qu’humaine – de ce bassin du Delta intérieur du Niger, dans des ouvrages d’une exceptionnelle qualité qu’il lui a consacrés : Le Delta intérieur du Niger, étude de géographie régionale (Dakar, Mémoires de l’IFAN, no.78, 621pp, 1967) et Hommes du Sahel, Espaces-Temps et Pouvoirs. Le Delta intérieur du Niger 1960-1980 (Paris, Flammarion, Collection ‘Géographes’, 289pp, 1984). Le texte de Gallais en haut est tiré de Hommes du Sahel, p.18.
(3) Ce sont en détail : la Guinée, le Sénégal, la Guinée-Bissaou, la Gambie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Nigeria, le Caméroun, la Rép. Centrafrique, la Mauritanie, le Bénin, la Sierra Leone, le Tchad, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Soudan.
World languages · Mali
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BARO DUURU BAMANANKAN NA
CINQ CONVERSATIONS EN BAMBARA
1 : Sugu la (Sur le marché)
Abu bè sanni kè sugu la. A bè baro kè feerelikèlamuso min fè yen, o tògò ko Fanta. Abu fait des achats au marché. Là, il entre en conversation avec la vendeuse Fanta.
Abu : N balimamuso, i ni sògòma ! Abu : Ma soeur, bonjour !
Fanta : Nse, i ni sògòma ! Fanta : Bonjour !
Abu : Somògòw ka kènè wa ? Abu : La famille va bien ?!
Fanta : Tòòrò t’u la ! I bè mun de fè ?! Fanta : Ça va bien ! Qu’est-ce que vous désirez ?!
Abu : Ne bè jiridenko fè. Abu : Je voudrais (acheter) des fruits.
Fanta : Jiriden nyuman caman bè n bolo bi : jabibiw, buyakiw, lenburubaw, manjew animangorow. Fanta : J’ai de bons fruits aujourd’hui : ananas, goyaves, oranges, papayes et des mangues.
Abu : I kamangorow sòngò ye joli joli ye ?! Abu : Les mangues coûtent combien ?!
Fanta : Mangorow sòngò ye dòròmèmugan mugan de ye. Fanta : Les mangues coûtent 100 Fcfa pièce.
Abu : Ee ! Mangoro ninnu sòngò ka gèlèn kojugu ! Dòònin b’u sòngò la ! Abu : Oh ! Ces mangues coûtent trop chères ! Diminuez un peu le prix !
Fanta : Baasi tè ! N b’u d’i ma tanniduuru duuru la. Fanta : D’accord ! Je les vous donne pour 75 Fcfa pièce.
Abu : O ka nyi. O tuma n bè mangoro duuru ta. I ka jabibiw dun ?! Abu : C’est bien. Alors, je prends cinq. Et vous ananas ?!
Fanta : Olu sòngò ye binaani-naani ye. Fanta : Celles-là coûtent 200 Fcfa pièce.
Abu : Ayiwa, n bè jabibi saba ta. Abu : D’accord, je prends trois.
Fanta : I bè mun wèrè fè ?! Fanta : Encore qqch ?!
Abu : N tè foyi wèrè fè bilen. I ka wari filè ! Abu : Non, plus rien. Voici la monnaie !
Fanta : I ni ce ! Fanta : Merci !
Abu : Nba ! Abu : Pas de quoi !
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2 : Na dumuni na ! (Viens manger !)
Nin ye baro ye Umu ni Musa cè. Conversation entre Umu et Musa.
Umu : Musa, na dumuni na ! Umu : Musa, viens manger !
Musa : I ye mun de tobi ?! Musa : Qu’est-ce que tu as fait à manger ?!
Umu : N ye nsaamè jègèkènèma de tobi. Umu : J’ai préparé du riz au gras avec du poisson frais.
Musa : Kòngò tè n na dè, nka n tè se k’a fò nsaamè ma ayi ! Musa : A dire vrai, je n’ai pas faim, mais je ne peux pas repousser du riz au gras.
Umu : N bè o dòn wo ! O tuma, i sigi i ka dòònin dun ! Umu : Je le sais bien ! Donc, assieds-toi et mange un peu !
Musa : Baasi tè ! Nka, a kana caya kojugu dè ! Musa : D’accord ! Mais il ne doit pas être trop !
Umu : A ka nyi tan wa ?! Umu : C’est bon comme ça ?!
Musa : Awò, nin bè n bò ! I ni ce ! Musa : Oui, ça suffit ! Merci !
Umu : Nse ! Umu : Pas de quoi !
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3 : Dògòtòròso kònò (A l’hôpital)
Bi sògòma, Ami ma taa kalanso la, bawo a man kènè. A kunkolo b’a dimi ; mura fana b’a la. Ami ba bè taa ni a ye dògòtòrò fè yen : u bèna Ami furakè dògòtòròso la ... Ce matin, Ami n’est pas allée à l’école, car elle était malade : elle a mal à la tête, de surcroît, elle est enrhumée. Sa mère va avec elle chez le docteur. Là, on la soigne immédiatement ...
Ami ba : I ni sògòma, dògòtòrò ! Mère d'Ami : Bonjour, docteur !
Dògòtòrò : Nba, aw sira di ?! Docteur : Bonjour, vous allez bien ?!
Ami ba : Anw sira hèrè la. Nka farigan bè Ami de la. Mère : Nous allons bien, mais Ami a de la fièvre.
Dògòtòrò : Farigan wa ?! Docteur : De la fièvre ?!
Ami ba : Awò ! Mère : Oui !
Dògòtòrò : Kabi tuma jumèn ?! A mènna wa ?! Docteur : Depuis quand ?! Ça fait déjà longtemps ?!
Ami ba : Ayi, hali kunun Ami tun ka kènè. Foyi tun t’a la. A ni a teriw ye tulon kè fo wula fè. Mère : Non, hier Ami était encore en bonne santé. Rien n’était à elle. Elle a joué avec ses amis jusqu’au soir.
Dògòtòrò : Ayiwa, o tuma, bana y’a minè surò kè ?! A bè fòònò wa ?! Docteur : Ah bon, donc, elle est tombée malade pendant la nuit, non ?! Elle vomit ?!
Mère : Ayi, a tè fòònò. Mère : Non, elle ne vomit pas.
Dògòtòrò : A ye daraka dun bi wa ?! Docteur : A-t-elle pris le petit-déjeuner ce matin ?!
Ami ba : Ayi, Ami banna a ka mòni na. Mère : Non, elle a refusé de prendre la bouillie.
Dògòtòrò : Ami, na yan ! … Cèn na, a fari ka kalan … N bè nin fura in d’ima. Ami ka kan ka a kisè kelen ta sisan, a bè kelen ta tile fè, a bè a sabanan ta su fè. Sininkènè, aw bè segin ka na. Docteur : Ami, viens ici ! … Son corps est vraiment chaud ... Je vous donne ce médicament pour elle. Il faut qu’elle prenne tout de suite un comprimé, alors un le midi et le troisième le soir. Après-demain, vous revenez encore.
Ami ba : I ni ce ! Mère : Merci !
Dògòtòrò : Nba, ka nògòya kè ! Docteur : De rien, bon rétablissement !
Ami ba : Amiina ! Mère : Ainsi soit-il !
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4 : Lotoli kònò (Au restaurant)
Nin ye baro ye lotolibaarakèla (L) ni dunankè cèmin tògò ko Alu. Conversation entre le serviteur et un hôte qui s’appelle Alu.
L : N balimakè, i ni su ! L : Mon frère, bonsoir !
Alu : Nba, i ni su ! Alu : Bonsoir !
L : I b’a fè ka dumuni kè wa ?! L : Vous voulez manger ?!
Alu : Awò, nka n kòròtòlen don dòònin ! Alu : Oui, mais je suis un peu pressé !
L : Ayiwa ! An na an jija, i ka i ka dumuni sòrò joona joona. I bè mun min fòlò ?! L : Bon. Nous nous efforçons que vous allez obtenir le plat autant que possible. Qu’est-ce que vous buvez d’abord ?!
Alu : Minfèn jumèn ni jumèn bè aw fè ?! Alu : Vous avez quelles boissons à offrir ?!
L : Limonati, lenburuji, jinjinbere, Koka-Kola ni ntomiji. L : De la limonade, citronnade, boisson de gingembre, Coca-Cola et du jus de tamarin.
Alu : Na ni jinjinbere ye ! Nka jikuru dòònin kè a la ! Alu : S’il vous plaît, amenez une boisson de gingembre. Mais ajoutez un peu de glace !
L : Baasi tè ! I b’a fè ka mun dun ?! L : D’accord ! Qu’est-ce que vous voulez manger ?!
Alu : N bè se ka saalen dun wa ?! Alu : Puis-je manger du capitaine (poisson) ?!
L : Awò, a bè se ka kè. L : Oui, c’est possible.
Alu : Ayiwa ! N bè o ta ! Alu : Bon, je prends ça.
L : I ka dumuni filè ! Ka i ni hèrè bèn ! L : Voici, votre plat ! Bon appétit !
Alu : Amiina ! Alu : Merci !
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5 : Butikinin kònò (Dans une petite boutique)
Sannikèla (S) dò nana butikinin kònò ka na féerefèn dò nyininkali kè butikinintigi (B) la. Un client est entré dans une petite boutique pour y demander une marchandise au boutiquier.
S : I ni sògòma ! S : Bonjour !
B : Nba, i ni sògòma. Somògòw sira di ?! B : Bonjour. Et la famille, tout va bien ?!
S : Tòòrò tè. S : Tout va bien.
B : I muso ni i denw ka kènè wa ?! B : Ta femme et les enfant, ils vont bien ?!
S : U bèè bè Ala tanu. S : Tous vont bien.
B : I bè mun nyini ?! B : Tu cherches quoi ?!
S : N bè safunè de nyini. S : Je voudrais avoir du savon ?!
B : Safunè siya jumèn ?! B : Quelle sorte ?!
S : Safunè siya joli bè e fè yan ?! S : Tu disposes de combien de sortes ?!
B : Siya fila. B : Deux sortes.
S : O ye jumèn ni jumèn ye ?! S : Lesquelles ?!
B : Farafinsafunè bè yan, tubabusafunè bè yan. B : Il y a des (savons) africains et européens.
S : Tubabusafunè ye joli joli ye ?! S : Quel est le prix du savon européen ?!
B : Tubabusafunè ye bisaba saba ye. B : Le savon européen coûte 150 Fcfa.
S : Farafinsafunè dun ?! S : Et le savon africain ?!
B : Farafinsafunè da ka nògòn ka tèmè tubabusafunè kan. Ale ye mugan mugan ye. B : Il coûte moins cher que le savon européen. 100 Fcfa pièce.
S : A bè kanga kosèbè wa ?! S : Il fait bien de la mousse ?!
B : Aa, n ma o dò dè. B : Oh, désolé, je ne sais pas.
S : Baasi tè, ne bè taa o sifilè fòlò. S : Pas de problème, moi, je vais le tester d’abord.
B : Ka kun joli d’i ma ?! B : Tu en veux combien ?!
S : Kelen di yan n ka taa o sifilè fòlò. S : Donne-moi un d’abord pour le tester.
B : Ayiwa, ko an b‘u fo ! B : D’accord ! Faut saluer la famille !
S : U n’a mèn. Ala ka tile hèrè caya ! S : Je vais le transmettre. Bonne journée !
B : Amiina ! B : Amen !
Sannikèla bòra ka taa. Le client est sorti.
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Bonne lecture !
1 : Sugu la (Sur le marché)
Abu bè sanni kè sugu la. A bè baro kè feerelikèlamuso min fè yen, o tògò ko Fanta. Abu fait des achats au marché. Là, il entre en conversation avec la vendeuse Fanta.
Abu : N balimamuso, i ni sògòma ! Abu : Ma soeur, bonjour !
Fanta : Nse, i ni sògòma ! Fanta : Bonjour !
Abu : Somògòw ka kènè wa ? Abu : La famille va bien ?!
Fanta : Tòòrò t’u la ! I bè mun de fè ?! Fanta : Ça va bien ! Qu’est-ce que vous désirez ?!
Abu : Ne bè jiridenko fè. Abu : Je voudrais (acheter) des fruits.
Fanta : Jiriden nyuman caman bè n bolo bi : jabibiw, buyakiw, lenburubaw, manjew animangorow. Fanta : J’ai de bons fruits aujourd’hui : ananas, goyaves, oranges, papayes et des mangues.
Abu : I kamangorow sòngò ye joli joli ye ?! Abu : Les mangues coûtent combien ?!
Fanta : Mangorow sòngò ye dòròmèmugan mugan de ye. Fanta : Les mangues coûtent 100 Fcfa pièce.
Abu : Ee ! Mangoro ninnu sòngò ka gèlèn kojugu ! Dòònin b’u sòngò la ! Abu : Oh ! Ces mangues coûtent trop chères ! Diminuez un peu le prix !
Fanta : Baasi tè ! N b’u d’i ma tanniduuru duuru la. Fanta : D’accord ! Je les vous donne pour 75 Fcfa pièce.
Abu : O ka nyi. O tuma n bè mangoro duuru ta. I ka jabibiw dun ?! Abu : C’est bien. Alors, je prends cinq. Et vous ananas ?!
Fanta : Olu sòngò ye binaani-naani ye. Fanta : Celles-là coûtent 200 Fcfa pièce.
Abu : Ayiwa, n bè jabibi saba ta. Abu : D’accord, je prends trois.
Fanta : I bè mun wèrè fè ?! Fanta : Encore qqch ?!
Abu : N tè foyi wèrè fè bilen. I ka wari filè ! Abu : Non, plus rien. Voici la monnaie !
Fanta : I ni ce ! Fanta : Merci !
Abu : Nba ! Abu : Pas de quoi !
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2 : Na dumuni na ! (Viens manger !)
Nin ye baro ye Umu ni Musa cè. Conversation entre Umu et Musa.
Umu : Musa, na dumuni na ! Umu : Musa, viens manger !
Musa : I ye mun de tobi ?! Musa : Qu’est-ce que tu as fait à manger ?!
Umu : N ye nsaamè jègèkènèma de tobi. Umu : J’ai préparé du riz au gras avec du poisson frais.
Musa : Kòngò tè n na dè, nka n tè se k’a fò nsaamè ma ayi ! Musa : A dire vrai, je n’ai pas faim, mais je ne peux pas repousser du riz au gras.
Umu : N bè o dòn wo ! O tuma, i sigi i ka dòònin dun ! Umu : Je le sais bien ! Donc, assieds-toi et mange un peu !
Musa : Baasi tè ! Nka, a kana caya kojugu dè ! Musa : D’accord ! Mais il ne doit pas être trop !
Umu : A ka nyi tan wa ?! Umu : C’est bon comme ça ?!
Musa : Awò, nin bè n bò ! I ni ce ! Musa : Oui, ça suffit ! Merci !
Umu : Nse ! Umu : Pas de quoi !
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3 : Dògòtòròso kònò (A l’hôpital)
Bi sògòma, Ami ma taa kalanso la, bawo a man kènè. A kunkolo b’a dimi ; mura fana b’a la. Ami ba bè taa ni a ye dògòtòrò fè yen : u bèna Ami furakè dògòtòròso la ... Ce matin, Ami n’est pas allée à l’école, car elle était malade : elle a mal à la tête, de surcroît, elle est enrhumée. Sa mère va avec elle chez le docteur. Là, on la soigne immédiatement ...
Ami ba : I ni sògòma, dògòtòrò ! Mère d'Ami : Bonjour, docteur !
Dògòtòrò : Nba, aw sira di ?! Docteur : Bonjour, vous allez bien ?!
Ami ba : Anw sira hèrè la. Nka farigan bè Ami de la. Mère : Nous allons bien, mais Ami a de la fièvre.
Dògòtòrò : Farigan wa ?! Docteur : De la fièvre ?!
Ami ba : Awò ! Mère : Oui !
Dògòtòrò : Kabi tuma jumèn ?! A mènna wa ?! Docteur : Depuis quand ?! Ça fait déjà longtemps ?!
Ami ba : Ayi, hali kunun Ami tun ka kènè. Foyi tun t’a la. A ni a teriw ye tulon kè fo wula fè. Mère : Non, hier Ami était encore en bonne santé. Rien n’était à elle. Elle a joué avec ses amis jusqu’au soir.
Dògòtòrò : Ayiwa, o tuma, bana y’a minè surò kè ?! A bè fòònò wa ?! Docteur : Ah bon, donc, elle est tombée malade pendant la nuit, non ?! Elle vomit ?!
Mère : Ayi, a tè fòònò. Mère : Non, elle ne vomit pas.
Dògòtòrò : A ye daraka dun bi wa ?! Docteur : A-t-elle pris le petit-déjeuner ce matin ?!
Ami ba : Ayi, Ami banna a ka mòni na. Mère : Non, elle a refusé de prendre la bouillie.
Dògòtòrò : Ami, na yan ! … Cèn na, a fari ka kalan … N bè nin fura in d’ima. Ami ka kan ka a kisè kelen ta sisan, a bè kelen ta tile fè, a bè a sabanan ta su fè. Sininkènè, aw bè segin ka na. Docteur : Ami, viens ici ! … Son corps est vraiment chaud ... Je vous donne ce médicament pour elle. Il faut qu’elle prenne tout de suite un comprimé, alors un le midi et le troisième le soir. Après-demain, vous revenez encore.
Ami ba : I ni ce ! Mère : Merci !
Dògòtòrò : Nba, ka nògòya kè ! Docteur : De rien, bon rétablissement !
Ami ba : Amiina ! Mère : Ainsi soit-il !
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4 : Lotoli kònò (Au restaurant)
Nin ye baro ye lotolibaarakèla (L) ni dunankè cèmin tògò ko Alu. Conversation entre le serviteur et un hôte qui s’appelle Alu.
L : N balimakè, i ni su ! L : Mon frère, bonsoir !
Alu : Nba, i ni su ! Alu : Bonsoir !
L : I b’a fè ka dumuni kè wa ?! L : Vous voulez manger ?!
Alu : Awò, nka n kòròtòlen don dòònin ! Alu : Oui, mais je suis un peu pressé !
L : Ayiwa ! An na an jija, i ka i ka dumuni sòrò joona joona. I bè mun min fòlò ?! L : Bon. Nous nous efforçons que vous allez obtenir le plat autant que possible. Qu’est-ce que vous buvez d’abord ?!
Alu : Minfèn jumèn ni jumèn bè aw fè ?! Alu : Vous avez quelles boissons à offrir ?!
L : Limonati, lenburuji, jinjinbere, Koka-Kola ni ntomiji. L : De la limonade, citronnade, boisson de gingembre, Coca-Cola et du jus de tamarin.
Alu : Na ni jinjinbere ye ! Nka jikuru dòònin kè a la ! Alu : S’il vous plaît, amenez une boisson de gingembre. Mais ajoutez un peu de glace !
L : Baasi tè ! I b’a fè ka mun dun ?! L : D’accord ! Qu’est-ce que vous voulez manger ?!
Alu : N bè se ka saalen dun wa ?! Alu : Puis-je manger du capitaine (poisson) ?!
L : Awò, a bè se ka kè. L : Oui, c’est possible.
Alu : Ayiwa ! N bè o ta ! Alu : Bon, je prends ça.
L : I ka dumuni filè ! Ka i ni hèrè bèn ! L : Voici, votre plat ! Bon appétit !
Alu : Amiina ! Alu : Merci !
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5 : Butikinin kònò (Dans une petite boutique)
Sannikèla (S) dò nana butikinin kònò ka na féerefèn dò nyininkali kè butikinintigi (B) la. Un client est entré dans une petite boutique pour y demander une marchandise au boutiquier.
S : I ni sògòma ! S : Bonjour !
B : Nba, i ni sògòma. Somògòw sira di ?! B : Bonjour. Et la famille, tout va bien ?!
S : Tòòrò tè. S : Tout va bien.
B : I muso ni i denw ka kènè wa ?! B : Ta femme et les enfant, ils vont bien ?!
S : U bèè bè Ala tanu. S : Tous vont bien.
B : I bè mun nyini ?! B : Tu cherches quoi ?!
S : N bè safunè de nyini. S : Je voudrais avoir du savon ?!
B : Safunè siya jumèn ?! B : Quelle sorte ?!
S : Safunè siya joli bè e fè yan ?! S : Tu disposes de combien de sortes ?!
B : Siya fila. B : Deux sortes.
S : O ye jumèn ni jumèn ye ?! S : Lesquelles ?!
B : Farafinsafunè bè yan, tubabusafunè bè yan. B : Il y a des (savons) africains et européens.
S : Tubabusafunè ye joli joli ye ?! S : Quel est le prix du savon européen ?!
B : Tubabusafunè ye bisaba saba ye. B : Le savon européen coûte 150 Fcfa.
S : Farafinsafunè dun ?! S : Et le savon africain ?!
B : Farafinsafunè da ka nògòn ka tèmè tubabusafunè kan. Ale ye mugan mugan ye. B : Il coûte moins cher que le savon européen. 100 Fcfa pièce.
S : A bè kanga kosèbè wa ?! S : Il fait bien de la mousse ?!
B : Aa, n ma o dò dè. B : Oh, désolé, je ne sais pas.
S : Baasi tè, ne bè taa o sifilè fòlò. S : Pas de problème, moi, je vais le tester d’abord.
B : Ka kun joli d’i ma ?! B : Tu en veux combien ?!
S : Kelen di yan n ka taa o sifilè fòlò. S : Donne-moi un d’abord pour le tester.
B : Ayiwa, ko an b‘u fo ! B : D’accord ! Faut saluer la famille !
S : U n’a mèn. Ala ka tile hèrè caya ! S : Je vais le transmettre. Bonne journée !
B : Amiina ! B : Amen !
Sannikèla bòra ka taa. Le client est sorti.
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Bonne lecture !
Dumunifènw ni Minnifènw Mali la
(Cuisine et Boissons au Mali)
Je me suis efforcé de dresser une liste aussi complète que possible des termes concernant la « Cuisine Malienne », cuisine saine et savoureuse, mais aussi variée. Tout à fait. Il faut tout de même dire que la cuisine malienne n’a ni "Caille en sarcophage" (si je lis ça, j’ai la nausée) ni "Aiguillettes de canard au caramel d’orange" ni "Pavés de Cabillaud, sauce Saint-Jacques au Chablis" ni "Osso buco de porc aux oignons caramélisés et à l’orange" en réserve mais le Basi (plat de couscous) et le Fakuwoyi (plat de riz à la sonraï) sont bien au goût et remplissent le ventre, sans tout bric-à-brac culinaire ... Ce petit dictionnaire des aliments regroupe environ 170 termes, classés dans les catégories suivantes : 1. fruits, 2. légumes/céréales, 3. ingrédients, 4. viande/poisson, 5. repas/plat, 6. casse-croûte et 7. boissons ....
Concernant un pays comme le Mali (en Afrique de l’Ouest), on ne peut parler de l’alimentation, de la situation nutritionnelle sans parler de la faim. Le Mali est un pays òu la faim, et encore plus la peur de la faim, sont encore des réalités présentes et écrasantes. Le Mali est un pays où la certitude de manger n’est pas garantie pour chacun et pour chaque jour, la présence de la nourriture est quasi obsessionnelle, non seulement dans le quotidien (et surtout dans celui des femmes) – mais aussi dans tous les domaines de la vie sociale (il est typique que le Malien parle d’habitude de Da nyini « chercher de la nourriture » !) et même dans les contes, les récits, les drames, etc. Malgré tout ou plutôt juste pour cela, le Mali est un pays où les premiers mots (après I ni tile ! « Bonjour ! ») qu’apprend l’étranger de passage sont Na dumuni kè ! (« Viens manger ! »).
Un autre trait caractéristique concerne l’importance quant à la quantité de nourriture. Bien nourrir son hôte, c’est insister pour qu’il continue et continue à manger (en tout cas, pour qu’il mange plus, beaucoup plus que le maître et les autres membres de la maison), et, en cas de nécessité, c’est se plaindre de sa faible consommation : dans mon cas, le maître de maison n’accepte jamais mon Ne fara kèlèkèlè ! (« Je suis bien rassasié ! »). Lui-même met la main 5 fois dans le grand plat et arrête ensuite, moi, je vide un plat entier et suis sur le point de craquer mais il me dit I ma foyi dun ! (« Tu n’as rien mangé ! ») et me prie de continuer : A dun ! (« Mange ! »). Et même si je dévorais un hippo, il insisterait sur un deuxième …
Un autre caractère essentiel est que la cuisine est le domaine exclusivement féminin ; il est même très mal considéré qu’un homme vienne rôder autour des marmites. Toute intrusion dans la sphère féminine est ici stigmatisée. A mentionner de plus que la relation cuisine-sexualité est nettement manifeste : c’est toujours le tour de celle de ses épouses de faire la cuisine, avec qui le mari passe la nuit – deux jours de suite et de manière habituelle. Cela veut dire que le tour de cuisine est le tour de natte (= lit conjugal). Ne pas faire l’amour (muguli)*, c’est ne pas faire la cuisine (tobili). Voilà !
La consommation de la nourriture même consiste en quatre doubles opérations : l’arrivée et le retour des plats, le cérémonial de l’eau (toilette des mains), le conditionnement de la nourriture (disposition des aliments), les bénédictions (invitation à manger, remerciement). L’arrivée de la nourriture inaugure le cérémonial du repas. Le plat unique est apporté par la cuisinière (ou par une ou plusieurs filles qui ont secondé dans la cuisine). L’arrivée des terrines est accompagnée soit de la formule Dumuni filè ! (« Voici la nourriture ! »), soit de Dumuni nana ! (« La nourriture est venue ! ») ou de Dumuni mòna ! (« Le repas est prêt ! »). Puis, on déploie la natte, où les participants (hommes et femmes mangent séparément !) s’installent, formant cercle autour du plat, et après la toilette des mains de chacun en faisant circuler la cuvette d’eau, le plus ancien (c’est en règle le dutigi, « maître de maison », s’il est présent, sinon, c’est celui qu’il désigne ou qui agit sous sa responsabilité et sa surveillance) commence à conditionner la nourriture : verser de la sauce sur le riz ou le tô, couper la viande ou le poisson en morceaux et distribuer les morceaux tout autour du récipient, etc. C’est seulement lorsque cette disposition est achevée que le maître de maison, prenant de la main droite le premier morceau au plat commun, prononce au nom de tous la formule Bisimilayi (« Au nom de Dieu ») qui convie à commencer le repas. La nourriture est prise en silence. Chacun s’efforce de manger en respectant la portion de plat qui lui est attribuée par sa place sur la natte. De l’importance : on ne touche les aliments que de la main droite (!!!), on tient les yeux tournés vers le plat, sans regarder les autres, et les doigts serrés, en prenant la nourriture sur l’avant de la main, et on ne boit jamais pendant le repas, jamais. Lorsque l’un des participants est rassasié (a falen don ou a fara) – il serait inconvenant pour un homme qui se respecte de rester le dernier à manger au plat – il boit une gorgée du récipient commun, puis se lève et, tout en se lavant les mains de nouveau, remercie le maître de maison : Abarka ! (« Merci ! »). Celui-ci répond : Abarka Ala ye ! (« Merci à Dieu ! »). Dans « ma » famille, tout enfant est astreint à faire le tour autour de la natte pour remercier chaque participant adulte, même le hôte, moi, et tous répondent au petit de la même manière. Après avoir terminé le repas, on dispose les ustensiles et met les restes de côté qui sont distribués aux pauvres ou aux garibu, les élèves de l’école coranique qui parcourent les quartiers jour par jour pour « chercher de la nourriture », pour dégotter ces restes**. Eux aussi ont faim …
Qu’on me permette de dédier le peu de lignes écrites ici à N Balimamuso Tarawele, Mme Traoré (habitant un petit village bozo au nord du Lac Débo), chère femme et formidable cuisinière dont les plats de riz et à poisson bien saucés, les patates douces, le manioc et … et … et … (le tout délicatement préparé !!!) ont souvent aidé un toubab affamé pour éviter de mourir de faim. ABARKA !
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L’ordre des mots dans ce petit dictionnaire est alphabétique. La structure des articles est en principe la suivante, de gauche à droite : (1) toute entrée principale bambara est indiquée en caractères gras et en italique, (2) l’analyse morphologique entre parenthèses, en séparant un morphème d’un autre par un trait d’union, (3) la source étrangère en chevrons, (4) l’indication de classe lexicale au moyen des abréviations (voir en bas), (5) la traduction française, (6) le nom scientifique en italique et souligné (7) la signification littérale d’un composé ou dérivé entre guillemets, et (8) un synonyme ou un renvoi vers une autre entrée. Les mots subordonnés sont marqués par (–) et mis en italique mais non en gras ; quant à eux, il s’agit le plus souvent de composés nominaux du type déterminatif où le constituant déterminé (= mot-clé bambara) est précédé par un déterminant (pour illustrer, dans le composé misisogo, le constituant déterminé est sogo, le déterminant est misi).
(Abréviations utilisées dans le dictionnaire : an. = origine anglaise ; ar. = origine arabe ; fr. = origine française ; litt. = littéralement ; ma. = origine arabe-maghrébine ; n. = nom ; n.c. = nom composé ; n.co. = nom complexe (ici : nom composé + dérivatif) ; n.d. = nom dérivé ; s.c. = séquence coordinative ; s.n. = syntagme nominal ; syn. = synonyme ; so. = origine sonraï ; Note orthographique : les voyelles semi-ouvertes sont écrites /è/ et /ò/, les nasales vélaire et palatale /ng/ et /ny/).
• Jiridenw (fruits) :
baranda : n. grosse banane qu’on fait cuire ; syn. loko buyaki : n. goyave. Psidium guajava darakase : (voir sòmò) jabibi : n. ananas. Ananassa saliva koko < fr. (noix de) coco > : n. coco lenburu / lemuru : n. citron – lenburuba / lemuruba (< lenburu-ba) : n.d. orange. Citrus sinensis ; litt. « gros citron » loko : (voir baranda) mangoro : n. mangue. Mangifera indica manje : n. papaye. Carica papaya melòn < fr. melon >: n. melon ; syn. tubabunsèrè misika < fr. muscat > : n. (sorte de) mangue namasa : n. banane. Musa paradisiaca nsèrè / nsara : n. pastèque – tubabunsèrè (< tubabu-nsèrè) : n.c. pastèque (européenne) ; syn. melòn nsiraden (< nsira-den) : n.c. fruit du baobab, utilisé p.ex. dans la bouillie de sevrage des bébés (nsira : n. arbre baobab. Adansonia digitata) ntamaro / tamaro : n. datte. Phoenix dactylifera ntomi : n. tamarin. Tamarindus indica obèrizini < fr. aubergine > : n. aubergine ; syn. tubabunkòyò panpòlòmusi < fr. pamplemousse > : n. pamplemousse pomu / pòmu < fr. pomme > : n. pomme rezèn < fr. raisin > : n. raisin serisi < fr. cerise > : n. cerise soro : n. figue sòmò : n. pomme-cajou. Anacardium occidentale ; syn. darakase sunsun : n. pomme cannelle. Annona squamosa tiga / tigè : n. arachide, cacahuète. Arachis hypogaea tubabunkòyò (< tubabu-nkòyò) : (voir obèrizini) woro : n. noix de kola. Cola nitida
• Nakòfènw ni nyò (légumes et céréales) :
alikama < ar. al-qamh > : n. 1. blé, froment ; 2. vermicelle artisanal préparé de farine de blé. Triticum durum bananku (< banan-ku) : n.c. manioc. Manihot esculenta fini : n. fonio. Digitaria exilis je : n. courge, citrouille. Cucurbita maxima kaba : n. maïs. Zea mays ; syn. maanyò karòti < fr. carotte > : n. carotte keninge : n. (variété de) sorgho. Sorghum gambicum kòmitèrè / pomitèrè < fr. pomme de terre > : n. pomme de terre, patate kònkòn < fr. concombre > : n. concombre. Cucumis sativus ku : n. igname. Dioscorea sp. maanyò / mòònyò : (voir kaba) malo : n. riz. Oriza sativa nyamaku (< nyama-ku) : n.c. gingembre (plante). Zingiber officinalis ; syn. jinjinbere nyò : n. 1. mil (petit mil, sorgho) ; 2. céréale (terme générique) – sanyò (< sa-nyò) : n.c. (variété de) mil. Penicillaria spicata salati < fr. salade > : n. salade si : n. karité. Butyrospermum parkii siyò / shò : n. haricot. Vigna unguiculata – tubabusiyò (< tubabu-siyò) : n.c. haricot blanc ; litt. « haricot européen » su / supomu < fr. chou > : n. chou. Brassica oleracea var. capitata tamati < fr. tomate > : n. tomate woso : n. patate douce
• Ndiyalanw (condiments, ingrédients à la sauce) :
fan : n. œuf ; syn. kili – kamifan (< kami-fan) : n.c. œuf de pintade – shèfan (< shè-fan) : n.c. œuf de poule foronto : n. petit piment. Capsicum frutescens – forontobanin (< foronto-ba-nin) : n.d. gros piment. Capsicum annuum ; syn. kèlèkèlè fyèfyè < ar. fiffil > : n. poivre. Piper guineense gan / gwan : n. gombo. Hibiscus esculentus jaba : n. oignon jumbo : n. bouillon-cube Jumbo ; voir aussi maji kèlèkèlè : (voir foronto) kili : (voir fan) kògò / kwa : n. sel – kògòfin (< kògò-fin) : n.c. sel gemme ; litt. « sel noir » – tubabukògò (< tubabu-kògò) : n.c. sel (par opposition au sel gemme) ; litt. « sel européen » layi < fr. ail > : n. ail. Allium sativum loriye < fr. laurier > : n. laurier lògòti : n. concentré de tomate maji : n. bouillon-cube Maggi ; voir aussi jumbo – majinin (< maji-nin) : n.d. bouillon-cube (pièce) ; litt. « petit Maggi » mugu : n. poudre, farine – kabamugu (< kaba-mugu) : n.c. farine de maïs – nyòmugu (< nyò-mugu) : n.c. farine de mil nabulu (< na-bulu) : n.c. feuilles qui servent à préparer la sauce ; litt. « feuille de sauce » nanaye < ar. na’na‘ > : n. menthe. Mentha viridis, M.sp. nèrètu (< nèrè-tu) : n.c. condiment fabriqué des graines de nèrè fermentées (nèrè : n. nèrè de Gambie (arbre). Parkia biglobosa) ; syn. sunbala nkòyò / nkèyè : n. tomate amère, aubergine africaine. Solanum aethiopicum nògòlan (< nògò-lan) : n.d. mucilage (poudre verte utilisée à faire une sauce gluante pour le to) nyèbilennan (< nyè-bilen-nan) : n.co. poudre rouge (vendue au marché pour mettre dans la sauce) pònpòròn / ponporon < fr. poivron > : n. poivron sukaro < ar. sukkar > : n. sucre sunbala : (voir nèrètu) tulu : n. 1. huile ; 2. graisse – bènètulu (< bènè-tulu) : n.c. huile de sésame (bènè : n. sésame (plante). Sesamum indicum) – ntentulu (< nten-tulu) : n.c. huile de palme (nten : n. palmier à huile. Elaeis guineensis) – situlu (< si-tulu) : n.c. beurre de karité – tigatulu (< tiga-tulu) : n.c. huile d’arachide
• Sogo ni jègè (viande et poisson) :
jègè : n. poisson – jègè jalan : s.n. poisson sec – jègè jirannen : s.n. poisson frit – jègè kènè : s.n. poisson frais – jègè wusu(len) : s.n. poisson fumé manògò : n. silure (poisson). Clarias ntèbèn / ntèfèn : n. carpe du Niger. Tilapia saalen / salen : n. capitaine (poisson). Lates niloticus sogo : n. viande – basogo (< ba-sogo) : n.c. viande de chèvre – lèsogo (< lè-sogo) : n.c. viande de porc – misisogo (< misi-sogo): n.c. viande de bœuf – sagasogo (< saga-sogo) : n.c. viande d’agneau – shèsogo / sèsogo (< shè-sogo) : n.c. viande de poule wulujègè (< wulu-jègè) : n.c. poisson-chien. Hydrocynus brevis
• Fanaw (repas, plats, sauces) :
basi : n. couscous (préparé le plus souvent de fonio) còrdi : n. riz à sauce de poisson sec ou fumé, de huile et de condimants divers (cuisine peul) dègè : n. farine délayé, brouet – tigadègè (< tiga-dègè) : n.c. pâte d’arachide – tigadègèna (< tiga-dègè-na): n.c. 1. sauce pour la pâte d’arachide ; 2. pâte d’arachide fakuwoyi < so. fakuhoy > : n. 1. sauce verte foncée, à la base des feuilles du nsòfòn (plante). Corchorus olitorius (cultivée) mais aussi les C. fascicularis et C. tridens (sauvages); 2. plat de riz avec cette sauce (cuisine sonraï) fèènè : n. crème du lait fòyò : n. plat en granules, sorte de couscous (préparée avec le fonio) furufuru : n. petit beignet (au petit-déjeuner) – syòfurufuru (< syò-furufuru): n.c. beignet (à la base de haricots) ganna (< gan-na) : n.c. sauce de gombo jabaji (< jaba-ji) : n.c. sauce à l’oignon kini : n. 1. riz (cuit) ; 2. plat de céréales cuites en grain (surtout le riz) – kini nama : s.n. riz-sauce makòròni < fr. macaroni > : n. pâte, macaroni mòni : n. bouillie (de farine de mil, de maïs et/ou de riz allongée ; au petit-déjeuner) mugufara (< mugu-fara) : n.c. mets préparé à partir de farine de petit mil, de piment et de sel passés à la meule, auxquels on ajoute du sucre, du lait, du beurre na : n. sauce – naji (< na-ji) : n.c. sauce, soupe – najinin (< na-ji-nin) : n.co. l’arôme Maggi ; litt. « petite sauce » nbuuru ani naarè : s.c. tartine beurrée (au petit-déjeuner) nsamè / nsaamè : n. riz au gras ngòmi : n. petite galette (à la pâte de mil, au petit-déjeuner) nyugu / nyuguji : n. « épinard », sauce de feuilles (de plantes diverses) òmèlèti < fr. omelette > : n. omelette sagasaga : n. sauce pour le riz (préparée avec des feuilles de manioc, de patate douce et huile de palme) seri : n. bouillie (de céréales concassées ; au petit-déjeuner) to : n. tô (plat de céréales, à base de farine de sorgho, de mil …)
• sirafanafènw (casse-croûte, snacks) :
bròshèti < fr. brochette > : n. brochette à viande grillée ; syn. sogokala jeninen farini : n. petit beignet (de la farine de blé) pate < fr. pâte > : n. pâte frite (remplie de viande hachée et de chili) sanwisi < an. sandwich > : n. sandwich sogo jirannen (< sogo jiran-nen): s.n. viande cuite ; voir aussi sogo sogokala jeninen (< sogo-kala jeni-nen) : s.n. brochette à viande grillée ; litt. « bâton à viande brûlée » ; syn. bròshèti tiganin (< tiga-nin) : n.d. confiserie (arachide du sucre) ; litt. « petite arachide »
• Minnifènw (boissons) :
atayi < ma. ataay > : n. thé (à la menthe) ; syn. dute, te biyèri < fr. bière > : n. bière capalo : n. bière de mil traditionnelle dabilen / dabilennin (< da-bilen) : n.c. 1. oseille de Guinée (plante herbacée). Hibiscus sabdariffa ; litt. « Hibiscus rouge » ; 2. boisson (« bissap ») préparée à partir des fleurs rouges séchées de cette plante diwèn < fr. du vin > : n. vin dòlò : n. 1. alcool, boisson alcoolisée, liquide « mauvais » ; 2. bière – nyòdòlò (< nyò-dòlò) : n.c. bière de mil – tubabudòlò (< tubabu-dòlò) : n.c. boisson alcoolisée (bière, vin, etc.) ; litt. « boisson européenne » dute / te < fr. du thé / thé > : (voir atayi) flagi : n. Flag (marque de bière au Mali) jabibiji (< jabibi-ji) : n.c. jus d’ananas ji : n. 1. (tout) liquide (terme générique) ; 2. eau ; 3. sauce ; 4. jus – butèlikònòji (< butèli-kònò-ji) : n.c. eau minérale ; litt. « eau dans la bouteille » – ji suma(len) : s.n. eau froide. « Ji suma bè ! » crient les vendeuses d’eau dans les rues – minniji (< min-li-ji) : n.c. eau à boire – worobinèji (< worobinè-ji) : n.c. eau du robinet (worobinè < fr. robinet >) jinjinbere < fr. gingembre > : n. boisson de gingembre ; voir aussi nyamaku jiridenji (< jiri-den-ji) : n.c. jus de fruit (en général) ; litt. « liquide de l’enfant d’arbre » kafe < fr. café > : n. 1. café ; 2. boisson chaude (lipton ou café mais pas le thé malien) kasètèli : n. Castel (marque de bière légendaire au Mali) kokoji (< koko-ji) : n.c. lait de coco ; litt. « liquide de coco » kòka : n. Coca-Cola limònati < fr. limonade > : n. limonade liptòn : n. 1. Lipton (marque de thé, en sachets) ; 2. (mot de code pour) corruption muguji (< mugu-ji) : n.c. boisson préparée à partir de farine de petit miel, de gingembre, de piment et de sucre, éventuellement de glace (région de Koutiala) nbanji / banji (< nban-ji) : n.c. vin de palme ; litt. « liquide du raphia » (nban / ban : n. raphia (arbre). Raphia sudanica) nònò : n. lait – banònò (< ba-nònò) : n.c. lait de chèvre – misinònò (< misi-nònò) : n.c. lait de vache – nònòmugu (< nònò-mugu) : n.c. lait en poudre – nònò kumu : s.n. lait caillé ntomiji (< ntomi-ji) : n.c. jus de tamarin wisiki < an. whisk(e)y > : n. whisky
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Toute suggestion constructive, toute précision nécessaire et aussi toute propositon prometteuse est bienvenue ! Merci d'avance !
VIVE LE MALI !!!
Bonne lecture !
* quant au terme muguli, il s’agit d’une expression populaire, peut-être un peu crue mais pas salace qui signifie « coït, relation sexuelle avec une femme ». Je ne suis pas sûr qu’elle soit utilisée exclusivement par la jeune génération ou bien au cadre extraconjugal. En tout cas, on entend bien un homme parler de N bèna taa muguli la « Je m’en vais faire l’amour ». Du point de vue linguistique, muguli est une forme déverbative se composant du verbe transitif mugu « déboiter, luxer » et du suffixe déverbatif -li (le même vaut pour dumuni, minni et tobili : dumu / dun « manger » > dumuni / dunni « action de manger, repas » ; min « boire » > minni « action de boire » ; tobi « cuisiner, préparer » > tobili « action de cuisiner, le cooking » ... * *Dumestre 1996
Je me suis efforcé de dresser une liste aussi complète que possible des termes concernant la « Cuisine Malienne », cuisine saine et savoureuse, mais aussi variée. Tout à fait. Il faut tout de même dire que la cuisine malienne n’a ni "Caille en sarcophage" (si je lis ça, j’ai la nausée) ni "Aiguillettes de canard au caramel d’orange" ni "Pavés de Cabillaud, sauce Saint-Jacques au Chablis" ni "Osso buco de porc aux oignons caramélisés et à l’orange" en réserve mais le Basi (plat de couscous) et le Fakuwoyi (plat de riz à la sonraï) sont bien au goût et remplissent le ventre, sans tout bric-à-brac culinaire ... Ce petit dictionnaire des aliments regroupe environ 170 termes, classés dans les catégories suivantes : 1. fruits, 2. légumes/céréales, 3. ingrédients, 4. viande/poisson, 5. repas/plat, 6. casse-croûte et 7. boissons ....
Concernant un pays comme le Mali (en Afrique de l’Ouest), on ne peut parler de l’alimentation, de la situation nutritionnelle sans parler de la faim. Le Mali est un pays òu la faim, et encore plus la peur de la faim, sont encore des réalités présentes et écrasantes. Le Mali est un pays où la certitude de manger n’est pas garantie pour chacun et pour chaque jour, la présence de la nourriture est quasi obsessionnelle, non seulement dans le quotidien (et surtout dans celui des femmes) – mais aussi dans tous les domaines de la vie sociale (il est typique que le Malien parle d’habitude de Da nyini « chercher de la nourriture » !) et même dans les contes, les récits, les drames, etc. Malgré tout ou plutôt juste pour cela, le Mali est un pays où les premiers mots (après I ni tile ! « Bonjour ! ») qu’apprend l’étranger de passage sont Na dumuni kè ! (« Viens manger ! »).
Un autre trait caractéristique concerne l’importance quant à la quantité de nourriture. Bien nourrir son hôte, c’est insister pour qu’il continue et continue à manger (en tout cas, pour qu’il mange plus, beaucoup plus que le maître et les autres membres de la maison), et, en cas de nécessité, c’est se plaindre de sa faible consommation : dans mon cas, le maître de maison n’accepte jamais mon Ne fara kèlèkèlè ! (« Je suis bien rassasié ! »). Lui-même met la main 5 fois dans le grand plat et arrête ensuite, moi, je vide un plat entier et suis sur le point de craquer mais il me dit I ma foyi dun ! (« Tu n’as rien mangé ! ») et me prie de continuer : A dun ! (« Mange ! »). Et même si je dévorais un hippo, il insisterait sur un deuxième …
Un autre caractère essentiel est que la cuisine est le domaine exclusivement féminin ; il est même très mal considéré qu’un homme vienne rôder autour des marmites. Toute intrusion dans la sphère féminine est ici stigmatisée. A mentionner de plus que la relation cuisine-sexualité est nettement manifeste : c’est toujours le tour de celle de ses épouses de faire la cuisine, avec qui le mari passe la nuit – deux jours de suite et de manière habituelle. Cela veut dire que le tour de cuisine est le tour de natte (= lit conjugal). Ne pas faire l’amour (muguli)*, c’est ne pas faire la cuisine (tobili). Voilà !
La consommation de la nourriture même consiste en quatre doubles opérations : l’arrivée et le retour des plats, le cérémonial de l’eau (toilette des mains), le conditionnement de la nourriture (disposition des aliments), les bénédictions (invitation à manger, remerciement). L’arrivée de la nourriture inaugure le cérémonial du repas. Le plat unique est apporté par la cuisinière (ou par une ou plusieurs filles qui ont secondé dans la cuisine). L’arrivée des terrines est accompagnée soit de la formule Dumuni filè ! (« Voici la nourriture ! »), soit de Dumuni nana ! (« La nourriture est venue ! ») ou de Dumuni mòna ! (« Le repas est prêt ! »). Puis, on déploie la natte, où les participants (hommes et femmes mangent séparément !) s’installent, formant cercle autour du plat, et après la toilette des mains de chacun en faisant circuler la cuvette d’eau, le plus ancien (c’est en règle le dutigi, « maître de maison », s’il est présent, sinon, c’est celui qu’il désigne ou qui agit sous sa responsabilité et sa surveillance) commence à conditionner la nourriture : verser de la sauce sur le riz ou le tô, couper la viande ou le poisson en morceaux et distribuer les morceaux tout autour du récipient, etc. C’est seulement lorsque cette disposition est achevée que le maître de maison, prenant de la main droite le premier morceau au plat commun, prononce au nom de tous la formule Bisimilayi (« Au nom de Dieu ») qui convie à commencer le repas. La nourriture est prise en silence. Chacun s’efforce de manger en respectant la portion de plat qui lui est attribuée par sa place sur la natte. De l’importance : on ne touche les aliments que de la main droite (!!!), on tient les yeux tournés vers le plat, sans regarder les autres, et les doigts serrés, en prenant la nourriture sur l’avant de la main, et on ne boit jamais pendant le repas, jamais. Lorsque l’un des participants est rassasié (a falen don ou a fara) – il serait inconvenant pour un homme qui se respecte de rester le dernier à manger au plat – il boit une gorgée du récipient commun, puis se lève et, tout en se lavant les mains de nouveau, remercie le maître de maison : Abarka ! (« Merci ! »). Celui-ci répond : Abarka Ala ye ! (« Merci à Dieu ! »). Dans « ma » famille, tout enfant est astreint à faire le tour autour de la natte pour remercier chaque participant adulte, même le hôte, moi, et tous répondent au petit de la même manière. Après avoir terminé le repas, on dispose les ustensiles et met les restes de côté qui sont distribués aux pauvres ou aux garibu, les élèves de l’école coranique qui parcourent les quartiers jour par jour pour « chercher de la nourriture », pour dégotter ces restes**. Eux aussi ont faim …
Qu’on me permette de dédier le peu de lignes écrites ici à N Balimamuso Tarawele, Mme Traoré (habitant un petit village bozo au nord du Lac Débo), chère femme et formidable cuisinière dont les plats de riz et à poisson bien saucés, les patates douces, le manioc et … et … et … (le tout délicatement préparé !!!) ont souvent aidé un toubab affamé pour éviter de mourir de faim. ABARKA !
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L’ordre des mots dans ce petit dictionnaire est alphabétique. La structure des articles est en principe la suivante, de gauche à droite : (1) toute entrée principale bambara est indiquée en caractères gras et en italique, (2) l’analyse morphologique entre parenthèses, en séparant un morphème d’un autre par un trait d’union, (3) la source étrangère en chevrons, (4) l’indication de classe lexicale au moyen des abréviations (voir en bas), (5) la traduction française, (6) le nom scientifique en italique et souligné (7) la signification littérale d’un composé ou dérivé entre guillemets, et (8) un synonyme ou un renvoi vers une autre entrée. Les mots subordonnés sont marqués par (–) et mis en italique mais non en gras ; quant à eux, il s’agit le plus souvent de composés nominaux du type déterminatif où le constituant déterminé (= mot-clé bambara) est précédé par un déterminant (pour illustrer, dans le composé misisogo, le constituant déterminé est sogo, le déterminant est misi).
(Abréviations utilisées dans le dictionnaire : an. = origine anglaise ; ar. = origine arabe ; fr. = origine française ; litt. = littéralement ; ma. = origine arabe-maghrébine ; n. = nom ; n.c. = nom composé ; n.co. = nom complexe (ici : nom composé + dérivatif) ; n.d. = nom dérivé ; s.c. = séquence coordinative ; s.n. = syntagme nominal ; syn. = synonyme ; so. = origine sonraï ; Note orthographique : les voyelles semi-ouvertes sont écrites /è/ et /ò/, les nasales vélaire et palatale /ng/ et /ny/).
• Jiridenw (fruits) :
baranda : n. grosse banane qu’on fait cuire ; syn. loko buyaki : n. goyave. Psidium guajava darakase : (voir sòmò) jabibi : n. ananas. Ananassa saliva koko < fr. (noix de) coco > : n. coco lenburu / lemuru : n. citron – lenburuba / lemuruba (< lenburu-ba) : n.d. orange. Citrus sinensis ; litt. « gros citron » loko : (voir baranda) mangoro : n. mangue. Mangifera indica manje : n. papaye. Carica papaya melòn < fr. melon >: n. melon ; syn. tubabunsèrè misika < fr. muscat > : n. (sorte de) mangue namasa : n. banane. Musa paradisiaca nsèrè / nsara : n. pastèque – tubabunsèrè (< tubabu-nsèrè) : n.c. pastèque (européenne) ; syn. melòn nsiraden (< nsira-den) : n.c. fruit du baobab, utilisé p.ex. dans la bouillie de sevrage des bébés (nsira : n. arbre baobab. Adansonia digitata) ntamaro / tamaro : n. datte. Phoenix dactylifera ntomi : n. tamarin. Tamarindus indica obèrizini < fr. aubergine > : n. aubergine ; syn. tubabunkòyò panpòlòmusi < fr. pamplemousse > : n. pamplemousse pomu / pòmu < fr. pomme > : n. pomme rezèn < fr. raisin > : n. raisin serisi < fr. cerise > : n. cerise soro : n. figue sòmò : n. pomme-cajou. Anacardium occidentale ; syn. darakase sunsun : n. pomme cannelle. Annona squamosa tiga / tigè : n. arachide, cacahuète. Arachis hypogaea tubabunkòyò (< tubabu-nkòyò) : (voir obèrizini) woro : n. noix de kola. Cola nitida
• Nakòfènw ni nyò (légumes et céréales) :
alikama < ar. al-qamh > : n. 1. blé, froment ; 2. vermicelle artisanal préparé de farine de blé. Triticum durum bananku (< banan-ku) : n.c. manioc. Manihot esculenta fini : n. fonio. Digitaria exilis je : n. courge, citrouille. Cucurbita maxima kaba : n. maïs. Zea mays ; syn. maanyò karòti < fr. carotte > : n. carotte keninge : n. (variété de) sorgho. Sorghum gambicum kòmitèrè / pomitèrè < fr. pomme de terre > : n. pomme de terre, patate kònkòn < fr. concombre > : n. concombre. Cucumis sativus ku : n. igname. Dioscorea sp. maanyò / mòònyò : (voir kaba) malo : n. riz. Oriza sativa nyamaku (< nyama-ku) : n.c. gingembre (plante). Zingiber officinalis ; syn. jinjinbere nyò : n. 1. mil (petit mil, sorgho) ; 2. céréale (terme générique) – sanyò (< sa-nyò) : n.c. (variété de) mil. Penicillaria spicata salati < fr. salade > : n. salade si : n. karité. Butyrospermum parkii siyò / shò : n. haricot. Vigna unguiculata – tubabusiyò (< tubabu-siyò) : n.c. haricot blanc ; litt. « haricot européen » su / supomu < fr. chou > : n. chou. Brassica oleracea var. capitata tamati < fr. tomate > : n. tomate woso : n. patate douce
• Ndiyalanw (condiments, ingrédients à la sauce) :
fan : n. œuf ; syn. kili – kamifan (< kami-fan) : n.c. œuf de pintade – shèfan (< shè-fan) : n.c. œuf de poule foronto : n. petit piment. Capsicum frutescens – forontobanin (< foronto-ba-nin) : n.d. gros piment. Capsicum annuum ; syn. kèlèkèlè fyèfyè < ar. fiffil > : n. poivre. Piper guineense gan / gwan : n. gombo. Hibiscus esculentus jaba : n. oignon jumbo : n. bouillon-cube Jumbo ; voir aussi maji kèlèkèlè : (voir foronto) kili : (voir fan) kògò / kwa : n. sel – kògòfin (< kògò-fin) : n.c. sel gemme ; litt. « sel noir » – tubabukògò (< tubabu-kògò) : n.c. sel (par opposition au sel gemme) ; litt. « sel européen » layi < fr. ail > : n. ail. Allium sativum loriye < fr. laurier > : n. laurier lògòti : n. concentré de tomate maji : n. bouillon-cube Maggi ; voir aussi jumbo – majinin (< maji-nin) : n.d. bouillon-cube (pièce) ; litt. « petit Maggi » mugu : n. poudre, farine – kabamugu (< kaba-mugu) : n.c. farine de maïs – nyòmugu (< nyò-mugu) : n.c. farine de mil nabulu (< na-bulu) : n.c. feuilles qui servent à préparer la sauce ; litt. « feuille de sauce » nanaye < ar. na’na‘ > : n. menthe. Mentha viridis, M.sp. nèrètu (< nèrè-tu) : n.c. condiment fabriqué des graines de nèrè fermentées (nèrè : n. nèrè de Gambie (arbre). Parkia biglobosa) ; syn. sunbala nkòyò / nkèyè : n. tomate amère, aubergine africaine. Solanum aethiopicum nògòlan (< nògò-lan) : n.d. mucilage (poudre verte utilisée à faire une sauce gluante pour le to) nyèbilennan (< nyè-bilen-nan) : n.co. poudre rouge (vendue au marché pour mettre dans la sauce) pònpòròn / ponporon < fr. poivron > : n. poivron sukaro < ar. sukkar > : n. sucre sunbala : (voir nèrètu) tulu : n. 1. huile ; 2. graisse – bènètulu (< bènè-tulu) : n.c. huile de sésame (bènè : n. sésame (plante). Sesamum indicum) – ntentulu (< nten-tulu) : n.c. huile de palme (nten : n. palmier à huile. Elaeis guineensis) – situlu (< si-tulu) : n.c. beurre de karité – tigatulu (< tiga-tulu) : n.c. huile d’arachide
• Sogo ni jègè (viande et poisson) :
jègè : n. poisson – jègè jalan : s.n. poisson sec – jègè jirannen : s.n. poisson frit – jègè kènè : s.n. poisson frais – jègè wusu(len) : s.n. poisson fumé manògò : n. silure (poisson). Clarias ntèbèn / ntèfèn : n. carpe du Niger. Tilapia saalen / salen : n. capitaine (poisson). Lates niloticus sogo : n. viande – basogo (< ba-sogo) : n.c. viande de chèvre – lèsogo (< lè-sogo) : n.c. viande de porc – misisogo (< misi-sogo): n.c. viande de bœuf – sagasogo (< saga-sogo) : n.c. viande d’agneau – shèsogo / sèsogo (< shè-sogo) : n.c. viande de poule wulujègè (< wulu-jègè) : n.c. poisson-chien. Hydrocynus brevis
• Fanaw (repas, plats, sauces) :
basi : n. couscous (préparé le plus souvent de fonio) còrdi : n. riz à sauce de poisson sec ou fumé, de huile et de condimants divers (cuisine peul) dègè : n. farine délayé, brouet – tigadègè (< tiga-dègè) : n.c. pâte d’arachide – tigadègèna (< tiga-dègè-na): n.c. 1. sauce pour la pâte d’arachide ; 2. pâte d’arachide fakuwoyi < so. fakuhoy > : n. 1. sauce verte foncée, à la base des feuilles du nsòfòn (plante). Corchorus olitorius (cultivée) mais aussi les C. fascicularis et C. tridens (sauvages); 2. plat de riz avec cette sauce (cuisine sonraï) fèènè : n. crème du lait fòyò : n. plat en granules, sorte de couscous (préparée avec le fonio) furufuru : n. petit beignet (au petit-déjeuner) – syòfurufuru (< syò-furufuru): n.c. beignet (à la base de haricots) ganna (< gan-na) : n.c. sauce de gombo jabaji (< jaba-ji) : n.c. sauce à l’oignon kini : n. 1. riz (cuit) ; 2. plat de céréales cuites en grain (surtout le riz) – kini nama : s.n. riz-sauce makòròni < fr. macaroni > : n. pâte, macaroni mòni : n. bouillie (de farine de mil, de maïs et/ou de riz allongée ; au petit-déjeuner) mugufara (< mugu-fara) : n.c. mets préparé à partir de farine de petit mil, de piment et de sel passés à la meule, auxquels on ajoute du sucre, du lait, du beurre na : n. sauce – naji (< na-ji) : n.c. sauce, soupe – najinin (< na-ji-nin) : n.co. l’arôme Maggi ; litt. « petite sauce » nbuuru ani naarè : s.c. tartine beurrée (au petit-déjeuner) nsamè / nsaamè : n. riz au gras ngòmi : n. petite galette (à la pâte de mil, au petit-déjeuner) nyugu / nyuguji : n. « épinard », sauce de feuilles (de plantes diverses) òmèlèti < fr. omelette > : n. omelette sagasaga : n. sauce pour le riz (préparée avec des feuilles de manioc, de patate douce et huile de palme) seri : n. bouillie (de céréales concassées ; au petit-déjeuner) to : n. tô (plat de céréales, à base de farine de sorgho, de mil …)
• sirafanafènw (casse-croûte, snacks) :
bròshèti < fr. brochette > : n. brochette à viande grillée ; syn. sogokala jeninen farini : n. petit beignet (de la farine de blé) pate < fr. pâte > : n. pâte frite (remplie de viande hachée et de chili) sanwisi < an. sandwich > : n. sandwich sogo jirannen (< sogo jiran-nen): s.n. viande cuite ; voir aussi sogo sogokala jeninen (< sogo-kala jeni-nen) : s.n. brochette à viande grillée ; litt. « bâton à viande brûlée » ; syn. bròshèti tiganin (< tiga-nin) : n.d. confiserie (arachide du sucre) ; litt. « petite arachide »
• Minnifènw (boissons) :
atayi < ma. ataay > : n. thé (à la menthe) ; syn. dute, te biyèri < fr. bière > : n. bière capalo : n. bière de mil traditionnelle dabilen / dabilennin (< da-bilen) : n.c. 1. oseille de Guinée (plante herbacée). Hibiscus sabdariffa ; litt. « Hibiscus rouge » ; 2. boisson (« bissap ») préparée à partir des fleurs rouges séchées de cette plante diwèn < fr. du vin > : n. vin dòlò : n. 1. alcool, boisson alcoolisée, liquide « mauvais » ; 2. bière – nyòdòlò (< nyò-dòlò) : n.c. bière de mil – tubabudòlò (< tubabu-dòlò) : n.c. boisson alcoolisée (bière, vin, etc.) ; litt. « boisson européenne » dute / te < fr. du thé / thé > : (voir atayi) flagi : n. Flag (marque de bière au Mali) jabibiji (< jabibi-ji) : n.c. jus d’ananas ji : n. 1. (tout) liquide (terme générique) ; 2. eau ; 3. sauce ; 4. jus – butèlikònòji (< butèli-kònò-ji) : n.c. eau minérale ; litt. « eau dans la bouteille » – ji suma(len) : s.n. eau froide. « Ji suma bè ! » crient les vendeuses d’eau dans les rues – minniji (< min-li-ji) : n.c. eau à boire – worobinèji (< worobinè-ji) : n.c. eau du robinet (worobinè < fr. robinet >) jinjinbere < fr. gingembre > : n. boisson de gingembre ; voir aussi nyamaku jiridenji (< jiri-den-ji) : n.c. jus de fruit (en général) ; litt. « liquide de l’enfant d’arbre » kafe < fr. café > : n. 1. café ; 2. boisson chaude (lipton ou café mais pas le thé malien) kasètèli : n. Castel (marque de bière légendaire au Mali) kokoji (< koko-ji) : n.c. lait de coco ; litt. « liquide de coco » kòka : n. Coca-Cola limònati < fr. limonade > : n. limonade liptòn : n. 1. Lipton (marque de thé, en sachets) ; 2. (mot de code pour) corruption muguji (< mugu-ji) : n.c. boisson préparée à partir de farine de petit miel, de gingembre, de piment et de sucre, éventuellement de glace (région de Koutiala) nbanji / banji (< nban-ji) : n.c. vin de palme ; litt. « liquide du raphia » (nban / ban : n. raphia (arbre). Raphia sudanica) nònò : n. lait – banònò (< ba-nònò) : n.c. lait de chèvre – misinònò (< misi-nònò) : n.c. lait de vache – nònòmugu (< nònò-mugu) : n.c. lait en poudre – nònò kumu : s.n. lait caillé ntomiji (< ntomi-ji) : n.c. jus de tamarin wisiki < an. whisk(e)y > : n. whisky
+++++++++++++++++++++++
Toute suggestion constructive, toute précision nécessaire et aussi toute propositon prometteuse est bienvenue ! Merci d'avance !
VIVE LE MALI !!!
Bonne lecture !
* quant au terme muguli, il s’agit d’une expression populaire, peut-être un peu crue mais pas salace qui signifie « coït, relation sexuelle avec une femme ». Je ne suis pas sûr qu’elle soit utilisée exclusivement par la jeune génération ou bien au cadre extraconjugal. En tout cas, on entend bien un homme parler de N bèna taa muguli la « Je m’en vais faire l’amour ». Du point de vue linguistique, muguli est une forme déverbative se composant du verbe transitif mugu « déboiter, luxer » et du suffixe déverbatif -li (le même vaut pour dumuni, minni et tobili : dumu / dun « manger » > dumuni / dunni « action de manger, repas » ; min « boire » > minni « action de boire » ; tobi « cuisiner, préparer » > tobili « action de cuisiner, le cooking » ... * *Dumestre 1996
LE PAYSAN ET LE DIABLE
Sènèkèla ni jinè
Voici un conte bambara qui parle de la ruse paysanne ...
– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Nsiirin ! N y’a ta k’a da sènèkèla dò de la. Foro belebele tun b’a bolo kungo dò kèrèfè. San o san, a tun bè sènè kè yen. Don dò la, a taara baara la foro la. A ye baara daminè dòròn, jinè dò bòra kungo kònò ka pèrèn a kun na : "E bè mun na yan ?" Sènèkèla siranna, nka a ye jinè jaabi : "N bè ka n ka foro de kòròshyèn, bawo danni tuma surunyana." Jinè y’i kanto sènèkèla ma : "Foro in kèra e ta ye tuma jumèn, e t’a dòn ko ne de y’a tigi ye wa ?" Sènèkèla ko ko ale tun t’o dòn. A ye yafa nyini jinè fè ka tila k’i kanto a ma : "Komin de ye forotigi ye, sisan, n b’e deli, i k’a to ne ka sènè kè yan, walasa n ka se ka n ka denbaya balo." Jinè ko : "Baasi tè ! N dinyèna n’a ye i ka sènè kè yan, nka an bè sènèfènw tila fila ye : dugumata bè kè ne ta ye, sanfèta bè kè e ta ye." Sènèkèla sònna o ma. Ale tun ka kegun iko wòlò. A ye nyò de dan. A ka nyò nyèna kosèbè. A mònen, sènèkèla y’a tigè, k’a gosi, k’a fyè, k’a kè bòrèw kònò, ka taa a feere sugu la. Jinè n’a denw nana nyòkalaw tigè, k’u fara nyògòn kan, ka taa n’u ye sugu la, k’u b’u feere. Sugulamògòw ma dan sòrò o la, u yèlèla fo k’u nyèji bò. Hali nyòkala kelen ma san. Jinè dimina fo k’a dama tèmèn. San min dara o san kan, a taara foro in na tugu, k’i kanto sènèkèla ma : "I ye n nègèn salon. Nyinan, ne de bè sanfèfènw ta." Sènèkèla ko ko ònhòn. Nin sen, a ye woso de sènè. Woso selen, jinè n’a denw nana wosobulu bèè tigè, sènèkèla ye woso bò. U taara sugu la nyògòn fè. Sènèkèla ka woso bèè sanna, jinè ka wosobulu galala. Mònè bolo, jinè kulela, ka kule. A y’a faamu ko sènèkèla in ka kegun ale ma kojugu. Kabini o don bòr’a la, mògò si m’a ye bilen. Sènèkèla tora n’a ka foro ye. N bè nsiirin in ta yòrò min, n y’a bila yen.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Conte ! Il était une fois un paysan. Il avait un grand champ près d’une forêt. Chaque année, il cultivait là-bas. Un jour, il partit travailler au champ. Aussitôt qu’il commença à travailler, un diable sortit de la forêt et lui cria dessus : "Que fais-tu ici ?" Le paysan prit peur, mais il répondit au diable : "Je suis en train de sarcler mon champ parce que le temps des semences approche." Le diable demanda au paysan : "Depuis quand ce champ est-il devenu le tien, ne sais-tu pas que c’est moi qui en suis le propriétaire ?" Le paysan répondit qu’il ne le savait pas. Il présenta ses excuses au diable et lui confia : "Comme ce champ t’appartient, maintenant je te prie de me laisser cultiver ici, afin que je puisse nourrir ma famille." Le diable exprima : "D’accord ! Je consens à ce que tu cultives ici, mais nous partagerons la récolte en deux : ce qui poussera en bas sera pour moi, celui d’en haut pour toi." Le paysan accepta cela. Il était aussi rusé qu’une perdrix. Il sema du mil. Son mil réussit bien. Quand il fut mûr, le paysan le récolta, le battit, le vanna, le mit dans des sacs et s’en alla le vendre au marché. Le diable et ses enfants vinrent couper les tiges de mil, les mirent en tas et les amenèrent au marché pour les y vendre. Les gens du marché en étaient ébahis, ils rirent aux larmes. Pas même une seule tige ne put être vendue. Le diable se mit dans une colère sans borne. L’année suivante, il alla encore dans ce champ, et s’adressa au paysan : "L’année passée, tu m’as trompé. Cette année, c’est moi qui prendrai ce qui poussera en haut." Le paysan acquiesça. Cette fois-ci, il planta des patates. Quand les patates furent à point, le diable et ses enfants vinrent couper toutes les feuilles de patates, le paysan récolta les patates. Ils partirent ensemble au marché. Toutes les patates du paysan se vendirent, les feuilles de patates du diable n’eurent pas de preneurs. Furieux, le diable hurla et hurla. Il comprit que ce paysan était trop rusé pour lui. Depuis ce jour, personne ne le revit. Le paysan resta avec son champ. Je laisse ce conte là où je l’ai pris.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Nsiirin ! Conte !
N y’a ta k’a da sènèkèla dò de la. Il était une fois un paysan.
Foro belebele tun b’a bolo kungo dò kèrèfè. Il avait un grand champ près de la forêt.
San o san, a tun bè sènè kè yen. Tous les ans, il cultivait là-bas.
Don dò la, a taara baara la foro la. Un jour, il est allé travailler sur le champ.
A ye baara daminè dòròn, jinè dò bòra kungo kònò ka pèrèn a kun na : Aussitôt qu’il a commencé à travailler, un diable est sorti de la forêt pour crier après lui :
"E bè mun na yan ?" "Qu’est-ce que tu fais ici ?"
Sènèkèla siranna, nka a ye jinè jaabi : Le paysan a pris peur, mais a répondu au diable :
"N bè ka n ka foro de kòròshyèn, bawo danni tuma surunyana." "Je suis en train de sarcler mon champ parce que le temps des semences approche."
Jinè y’i kanto sènèkèla ma :
Le diable a répondu au paysan :
"Foro in kèra e ta ye tuma jumèn, e t’a dòn ko ne de y’a tigi ye wa ?" "Depuis quand ce champ est-il devenu le tien, tu ne sais pas que c’est moi, le propriétaire ?"
Sènèkèla ko ko ale tun t’o dòn. Le paysan lui a dit d’être innocent de ça.
A ye yafa nyini jinè fè ka tila k’i kanto a ma : Il s’est excusé auprès du diable et lui a confié :
"Komin de ye forotigi ye, sisan, n b’e deli, i k’a to ne ka sènè kè yan, "Parce que tu es le propriétaire du champ, maintenant je te prie de me laisser cultiver ici,
walasa n ka se ka n ka denbaya balo." pour que je puisse nourrir ma famille."
Jinè ko : Le diable a dit :
"Baasi tè ! N dinyèna n’a ye i ka sènè kè yan, nka an bè sènèfènw tila fila ye : "D’accord ! Je donne mon accord pour que tu cultives ici, mais nous partageons la récolte en deux :
dugumata bè kè ne ta ye, sanfèta bè kè e ta ye." ce qui pousse en bas est le mien, ce qui pousse en haut est le tien."
Sènèkèla sònna o ma. Le paysan a accepté ça.
Ale tun ka kegun iko wòlò. Lui était rusé comme une perdrix.
A ye nyò de dan. Il a semé du mil.
A ka nyò nyèna kosèbè. Son mil était très bien.
A mònen, sènèkèla y’a tigè, k’a gosi, k’a fyè, k’a kè bòrèw kònò, ka taa a feere sugu la. Quand il était mûr, le paysan l’a coupé, battu, vanné et mis dans des sacs pour s’en aller le vendre au marché.
Jinè n’a denw nana nyòkalaw tigè, k’u fara nyògòn kan, Le diable et ses enfants sont venus couper les tiges de mil et les ont mises en tas
ka taa n’u ye sugu la, k’u b’u feere. pour les vendre au marché.
Sugulamògòw ma dan sòrò o la, u yèlèla fo k’u nyèji bò. Les gens du marché en étaient ébahis, ils ont ri aux larmes.
Hali nyòkala kelen ma san. Même pas une seule tige n’a été vendue.
Jinè dimina fo k’a dama tèmèn. Le diable s’est mis en colère sans borne.
San min dara o san kan, a taara foro in na tugu, k’i kanto sènèkèla ma : L’année suivante, il est allé encore dans ce champ, et s’est adressé au paysan :
"I ye n nègèn salon. "L’année passée, tu m’as trompé.
Nyinan, ne de bè sanfèfènw ta." Cette année, c’est moi qui prends ce qui pousse en haut."
Sènèkèla ko ko ònhòn. Le paysan a approuvé.
Nin sen, a ye woso de sènè. Cette fois-ci, il a planté des patates.
Woso selen, jinè n’a denw nana wosobulu bèè tigè, Quand les patates ont mûri, le diable et ses enfants sont venus couper toutes les feuilles de patates,
sènèkèla ye woso bò. le paysan a récolté les patates.
U taara sugu la nyògòn fè. Ils sont allés ensemble au marché.
Sènèkèla ka woso bèè sanna, jinè ka wosobulu galala. Toutes les patates du paysan ont été vendues, les feuilles de patates du diable ont été restées (à lui).
Mònè bolo, jinè kulela, ka kule. Plein de la rancœur, le diable a hurlé sans cesse.
A y’a faamu ko sènèkèla in ka kegun ale ma kojugu. Il a reconnu que ce paysan était trop rusé pour lui.
Kabini o don bòr’a la, mògò si m’a ye bilen. Depuis ce jour-là, on ne l’a jamais revu.
Sènèkèla tora n’a ka foro ye. Le paysan est resté (seul) avec son champ.
N bè nsiirin in ta yòrò min, n y’a bila yen ... Je laisse ce conte là où je l’ai pris.
+++++++++++++++++++++++++++++++++++
VIVE LE BAMBARA !
Bonne lecture !
Voici un conte bambara qui parle de la ruse paysanne ...
– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Nsiirin ! N y’a ta k’a da sènèkèla dò de la. Foro belebele tun b’a bolo kungo dò kèrèfè. San o san, a tun bè sènè kè yen. Don dò la, a taara baara la foro la. A ye baara daminè dòròn, jinè dò bòra kungo kònò ka pèrèn a kun na : "E bè mun na yan ?" Sènèkèla siranna, nka a ye jinè jaabi : "N bè ka n ka foro de kòròshyèn, bawo danni tuma surunyana." Jinè y’i kanto sènèkèla ma : "Foro in kèra e ta ye tuma jumèn, e t’a dòn ko ne de y’a tigi ye wa ?" Sènèkèla ko ko ale tun t’o dòn. A ye yafa nyini jinè fè ka tila k’i kanto a ma : "Komin de ye forotigi ye, sisan, n b’e deli, i k’a to ne ka sènè kè yan, walasa n ka se ka n ka denbaya balo." Jinè ko : "Baasi tè ! N dinyèna n’a ye i ka sènè kè yan, nka an bè sènèfènw tila fila ye : dugumata bè kè ne ta ye, sanfèta bè kè e ta ye." Sènèkèla sònna o ma. Ale tun ka kegun iko wòlò. A ye nyò de dan. A ka nyò nyèna kosèbè. A mònen, sènèkèla y’a tigè, k’a gosi, k’a fyè, k’a kè bòrèw kònò, ka taa a feere sugu la. Jinè n’a denw nana nyòkalaw tigè, k’u fara nyògòn kan, ka taa n’u ye sugu la, k’u b’u feere. Sugulamògòw ma dan sòrò o la, u yèlèla fo k’u nyèji bò. Hali nyòkala kelen ma san. Jinè dimina fo k’a dama tèmèn. San min dara o san kan, a taara foro in na tugu, k’i kanto sènèkèla ma : "I ye n nègèn salon. Nyinan, ne de bè sanfèfènw ta." Sènèkèla ko ko ònhòn. Nin sen, a ye woso de sènè. Woso selen, jinè n’a denw nana wosobulu bèè tigè, sènèkèla ye woso bò. U taara sugu la nyògòn fè. Sènèkèla ka woso bèè sanna, jinè ka wosobulu galala. Mònè bolo, jinè kulela, ka kule. A y’a faamu ko sènèkèla in ka kegun ale ma kojugu. Kabini o don bòr’a la, mògò si m’a ye bilen. Sènèkèla tora n’a ka foro ye. N bè nsiirin in ta yòrò min, n y’a bila yen.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Conte ! Il était une fois un paysan. Il avait un grand champ près d’une forêt. Chaque année, il cultivait là-bas. Un jour, il partit travailler au champ. Aussitôt qu’il commença à travailler, un diable sortit de la forêt et lui cria dessus : "Que fais-tu ici ?" Le paysan prit peur, mais il répondit au diable : "Je suis en train de sarcler mon champ parce que le temps des semences approche." Le diable demanda au paysan : "Depuis quand ce champ est-il devenu le tien, ne sais-tu pas que c’est moi qui en suis le propriétaire ?" Le paysan répondit qu’il ne le savait pas. Il présenta ses excuses au diable et lui confia : "Comme ce champ t’appartient, maintenant je te prie de me laisser cultiver ici, afin que je puisse nourrir ma famille." Le diable exprima : "D’accord ! Je consens à ce que tu cultives ici, mais nous partagerons la récolte en deux : ce qui poussera en bas sera pour moi, celui d’en haut pour toi." Le paysan accepta cela. Il était aussi rusé qu’une perdrix. Il sema du mil. Son mil réussit bien. Quand il fut mûr, le paysan le récolta, le battit, le vanna, le mit dans des sacs et s’en alla le vendre au marché. Le diable et ses enfants vinrent couper les tiges de mil, les mirent en tas et les amenèrent au marché pour les y vendre. Les gens du marché en étaient ébahis, ils rirent aux larmes. Pas même une seule tige ne put être vendue. Le diable se mit dans une colère sans borne. L’année suivante, il alla encore dans ce champ, et s’adressa au paysan : "L’année passée, tu m’as trompé. Cette année, c’est moi qui prendrai ce qui poussera en haut." Le paysan acquiesça. Cette fois-ci, il planta des patates. Quand les patates furent à point, le diable et ses enfants vinrent couper toutes les feuilles de patates, le paysan récolta les patates. Ils partirent ensemble au marché. Toutes les patates du paysan se vendirent, les feuilles de patates du diable n’eurent pas de preneurs. Furieux, le diable hurla et hurla. Il comprit que ce paysan était trop rusé pour lui. Depuis ce jour, personne ne le revit. Le paysan resta avec son champ. Je laisse ce conte là où je l’ai pris.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Nsiirin ! Conte !
N y’a ta k’a da sènèkèla dò de la. Il était une fois un paysan.
Foro belebele tun b’a bolo kungo dò kèrèfè. Il avait un grand champ près de la forêt.
San o san, a tun bè sènè kè yen. Tous les ans, il cultivait là-bas.
Don dò la, a taara baara la foro la. Un jour, il est allé travailler sur le champ.
A ye baara daminè dòròn, jinè dò bòra kungo kònò ka pèrèn a kun na : Aussitôt qu’il a commencé à travailler, un diable est sorti de la forêt pour crier après lui :
"E bè mun na yan ?" "Qu’est-ce que tu fais ici ?"
Sènèkèla siranna, nka a ye jinè jaabi : Le paysan a pris peur, mais a répondu au diable :
"N bè ka n ka foro de kòròshyèn, bawo danni tuma surunyana." "Je suis en train de sarcler mon champ parce que le temps des semences approche."
Jinè y’i kanto sènèkèla ma :
Le diable a répondu au paysan :
"Foro in kèra e ta ye tuma jumèn, e t’a dòn ko ne de y’a tigi ye wa ?" "Depuis quand ce champ est-il devenu le tien, tu ne sais pas que c’est moi, le propriétaire ?"
Sènèkèla ko ko ale tun t’o dòn. Le paysan lui a dit d’être innocent de ça.
A ye yafa nyini jinè fè ka tila k’i kanto a ma : Il s’est excusé auprès du diable et lui a confié :
"Komin de ye forotigi ye, sisan, n b’e deli, i k’a to ne ka sènè kè yan, "Parce que tu es le propriétaire du champ, maintenant je te prie de me laisser cultiver ici,
walasa n ka se ka n ka denbaya balo." pour que je puisse nourrir ma famille."
Jinè ko : Le diable a dit :
"Baasi tè ! N dinyèna n’a ye i ka sènè kè yan, nka an bè sènèfènw tila fila ye : "D’accord ! Je donne mon accord pour que tu cultives ici, mais nous partageons la récolte en deux :
dugumata bè kè ne ta ye, sanfèta bè kè e ta ye." ce qui pousse en bas est le mien, ce qui pousse en haut est le tien."
Sènèkèla sònna o ma. Le paysan a accepté ça.
Ale tun ka kegun iko wòlò. Lui était rusé comme une perdrix.
A ye nyò de dan. Il a semé du mil.
A ka nyò nyèna kosèbè. Son mil était très bien.
A mònen, sènèkèla y’a tigè, k’a gosi, k’a fyè, k’a kè bòrèw kònò, ka taa a feere sugu la. Quand il était mûr, le paysan l’a coupé, battu, vanné et mis dans des sacs pour s’en aller le vendre au marché.
Jinè n’a denw nana nyòkalaw tigè, k’u fara nyògòn kan, Le diable et ses enfants sont venus couper les tiges de mil et les ont mises en tas
ka taa n’u ye sugu la, k’u b’u feere. pour les vendre au marché.
Sugulamògòw ma dan sòrò o la, u yèlèla fo k’u nyèji bò. Les gens du marché en étaient ébahis, ils ont ri aux larmes.
Hali nyòkala kelen ma san. Même pas une seule tige n’a été vendue.
Jinè dimina fo k’a dama tèmèn. Le diable s’est mis en colère sans borne.
San min dara o san kan, a taara foro in na tugu, k’i kanto sènèkèla ma : L’année suivante, il est allé encore dans ce champ, et s’est adressé au paysan :
"I ye n nègèn salon. "L’année passée, tu m’as trompé.
Nyinan, ne de bè sanfèfènw ta." Cette année, c’est moi qui prends ce qui pousse en haut."
Sènèkèla ko ko ònhòn. Le paysan a approuvé.
Nin sen, a ye woso de sènè. Cette fois-ci, il a planté des patates.
Woso selen, jinè n’a denw nana wosobulu bèè tigè, Quand les patates ont mûri, le diable et ses enfants sont venus couper toutes les feuilles de patates,
sènèkèla ye woso bò. le paysan a récolté les patates.
U taara sugu la nyògòn fè. Ils sont allés ensemble au marché.
Sènèkèla ka woso bèè sanna, jinè ka wosobulu galala. Toutes les patates du paysan ont été vendues, les feuilles de patates du diable ont été restées (à lui).
Mònè bolo, jinè kulela, ka kule. Plein de la rancœur, le diable a hurlé sans cesse.
A y’a faamu ko sènèkèla in ka kegun ale ma kojugu. Il a reconnu que ce paysan était trop rusé pour lui.
Kabini o don bòr’a la, mògò si m’a ye bilen. Depuis ce jour-là, on ne l’a jamais revu.
Sènèkèla tora n’a ka foro ye. Le paysan est resté (seul) avec son champ.
N bè nsiirin in ta yòrò min, n y’a bila yen ... Je laisse ce conte là où je l’ai pris.
+++++++++++++++++++++++++++++++++++
VIVE LE BAMBARA !
Bonne lecture !
Essor impressionnant d’une écriture ouest-africaine
Au cours du siècle passé, des dizaines d’écritures originelles ont été créées en Afrique de l’Ouest pour diverses langues : kpelle, looma, mende, vaï (langues mandé), basa, bete (langues kwa), pular, wolof (langues ouest-atlantiques), bagam, bamoun (langues bénoué-congo, bantous du grassland), efik (langue bénoué-congo, cross river). Leur développement a toujours suivi, plus ou moins, le même modèle : au début, leur créateur regrette le fait que son peuple se sent inférieur par rapport aux Arabes et Européens qui savent écrire leurs langues. En même temps, il apprend que les Vaï, peuple en Liberia et Sierra Leone, ont su inventer une écriture à eux (1). Un jour, il rêve que Dieu lui dévoile les signes d’une écriture, les note et rajoute ceux qui manquent pour bien écrire la langue. Enfin, il annonce sa joyeuse découverte à ses compatriotes.
Les débuts du nko, alphabet maninka (langue mandé, continuum dialectal manding) ressemblent bien au modèle décrit en haut mais sont liés surtout au nom d’une personnalité exceptionnelle sans laquelle le nko ("je dis" en langues mandé) n’aurait guère été concevable : Souleymane Kantè (Solomana Kante), auteur de cet alphabet. De plus, Kantè n’a pas seulement créé l’alphabet nko mais est aussi le créateur d’une langue littéraire maninka et le fondateur de la littérature écrite en langue maninka. Sinon, d’autres raisons pour l’essor du nko concernent la préexistance d’une tradition bien établie de l’enseignement musulman chez les Maninka et aussi leur commerce traditionnel à longue distance qui nécessitait une écriture. Ces deux faits ont contribué essentiellement à l’actuelle importance du nko ...
L’écriture nko se distingue de la majorité des autres écritures ouest-africaines du 20ième siècle par le fait qu’il s’agit d’un alphabet. Les 25 caractères (ou 28, dans la version la plus récente), plus une dizaine des signes diacritiques, ne posent aucune grande difficulté pour la mémorisation. Ce qui frappe est l’exactitude de cet alphabet par rapport au système phonologique de la langue maninka. Souleymane Kantè, dont la formation scolaire se contentait d’avoir fréquenté l’école coranique de son père, avait su définir impeccablement l’inventaire des phonèmes maninka et, encore plus étonnant, les tons de cette langue. Quant à l’origine des caractères nko, une comparaison du nko avec l’alphabet arabe ne laisse aucun doute sur leur similarité : un grand nombre de lettres nko peuvent être interprété comme modifications des caractères arabes. Ces modifications se réduisent à l’orientation des caractères et au changement de certains élements pour les simplifier ainsi que pour les rendre plus angulaires. Un autre grand argument pour l’hypothèse que les caractères nko dérivent des graphèmes arabes, concernent l’ordre alphabétique : à part les voyelles (concernant le début dans le nko !), toutes les lettres nko ont hérité leur place de l’alphabet arabe (bien sûr, les quelques décalages s’expliquent en particulier par a) l’ajout de nouveaux caractères pour les phonèmes maninka non-existants en arabe (p, c, ny), et par b) l’omission de lettres arabes qui n’ont pas d’équivalents en maninka (x, z, q, ...). De plus, le sens d’écriture (de droite à gauche) et aussi le fait que ses lettres soient reliées, soulignent une parenté génétique avec l’arabe.
Pour plus d’informations sur le nko, je vous invite vivement de lire un article intéressant paru au journal Le New York Times le 9 décembre 2011 qui parle surtout de "l’écriture nko à l’ère des technologies digitales". Voici ...
Everyone Speaks Text Message
By TINA ROSENBERG
When Ibrahima Traore takes his sons to a park in Montclair, N.J., he often sits on a bench and reads. He reads English, French and Arabic, but most of the time he reads N’Ko, a language few speakers of those languages would recognize. N’Ko is the standardized writing system for Mande languages, a family of closely related tongues — among them Traore’s language of Mandinka (sic !), but also Jula, Bamana, Koyaga, Marka (2) — spoken, for the most part, in eight West African countries, by some 35 million people. N’Ko looks like a cross between Arabic and ancient Norse runes, written from right to left in a blocky script with the letters connected underneath. Traore types e-mail to his family on his laptop in N’Ko, works on his Web site in N’Ko, tweets in N’Ko on his iPhone and iPad and reads books and newspapers written in N’Ko to prepare for the N’Ko classes he teaches in the Bronx and for his appearances on an Internet radio program to discuss cultural issues around the use of N’Ko.
For years, the Web’s lingua franca was English. Speakers of French, Hindi and Urdu, Arabic, Chinese and Russian chafed at the advantage the Internet gave not only American pop culture but also its language. For those who lived at the intersection of modern technology and traditional cultures, the problem was even worse. "For a long time, technology was the enemy, " says Inée Slaughter, executive director of the New Mexico-based Indigenous Language Institute, which teaches Native Americans and other indigenous peoples how to use digital technologies to keep their languages vital. Heritage languages were being killed off by increasing urbanization, the spread of formal education and the shift to cash crops, which ended the isolation of indigenous communities. Advances in technology seemed to intensify the decline. "Even in 1999 or 2000, people were saying technology killed their language, " Slaughter says. "Community elders worried about it. As television came into homes, English became pervasive 24/7. Mainstream culture infiltrated, and young kids want to be like that. It was a huge, huge problem, and it’s still there. But now we know ways technology can be helpful."
For many tiny, endangered languages, digital technology has become a lifeline.
When Traore was born, N’Ko had already been in use for several years. But growing up, he did not know it existed. At 6, he was sent from his village of Kiniebakoro in rural Guinea to live with a brother in Ivory Coast, where he learned to read and write in French, the language taught in school in both countries. He never saw a book, newspaper, medicine label, store name or street sign in N’Ko.
And yet, N’Ko was invented to allow Mande speakers like Traore to read and write in the languages they spoke at home. In 1943, Solomana Kante, a teacher’s son who worked as a merchant in Ivory Coast, resolved to develop a written form for the Mande language family. (N’Ko means "I say" in Manden languages; speakers of Manden languages can typically understand one another even if they don’t use all the same words for the same things.) He tried using the Arabic alphabet, then the Roman alphabet, but found that neither one could express the tonal variations of spoken Manden languages. So in 1949, he invented his own script — one flexible enough to capture any Manden language in writing. Among the first books he translated into N’Ko was the Koran. He later compiled a history of Manden languages and culture.
At the time, Guinea had a close relationship with the Soviet Union, and Kante managed to have two typewriters made in Eastern Europe with N’Ko letters. (He was given another one by the president of Guinea, according to a Guinean newspaper.) "If there was a typewriter, ink and ribbons were hard to find, " says Baba Mamadi Diané, a student of Kante’s who now teaches N’Ko at Cairo University. Almost all of the books and papers in N’Ko in Guinea were copied by hand by Kante’s students, like medieval monks, but with several sheets of carbon paper below.
Designed as a language for the common man, N’Ko seemed destined to remain a code used by an elite. Then came the digital revolution.
Heritage languages like N’Ko are taking on new life thanks to technology. An Internet discussion group, Indigenous Languages and Technology, is full of announcements for new software to build sound dictionaries and a project to collect tweets in Tok Pisin, a creole language spoken throughout Papua New Guinea, or Pipil, an indigenous language of El Salvador. "It’s the amplification of Grandma’s voice, " Slaughter says.
Whether a language lives or dies, says K. David Harrison, an associate professor of linguistics at Swarthmore College, is a choice made by 6-year-olds. And what makes a 6-year-old want to learn a language is being able to use it in everyday life. "Language is driven from the ground up, " says Don Thornton, a software developer in Las Vegas who specializes in making video games and mobile apps in Native American languages. "It doesn’t matter if you have a million speakers — if your kids aren’t learning, you’re in big trouble."
Of 6,909 catalogued languages, hundreds are unlikely to be passed on to the next generation. Thornton, who has worked with more than 100 Native American tribes, says that some are already using sophisticated programs to preserve their languages. "Other groups, " he says, "we ask about their language program, and they say, ‘You’re it.’ We look at it from their standpoint — what are the coolest technologies out there? We start programming for that."
For the vast majority of the world, the cellphone, not the Internet, is the coolest available technology. And they are using those phones to text rather than to talk. Though most of the world’s languages have no written form, people are beginning to transliterate their mother tongues into the alphabet of a national language. Now they can text in the language they grew up speaking. Harrison tells of traveling in Siberia, where he met a truck driver who devised his own system for writing the endangered Chulym language, using the Cyrillic alphabet. "You find people like him everywhere, " Harrison said. "We are getting languages where the first writing is not the translation of the Bible — as it has often happened — but text messages."
Traore, who left Guinea for New York in November 1988, did not discover N’Ko until a 2007 trip to visit his parents in his native village. When his wife, Greta, a software developer, went into his brother’s room, she noticed books in N’Ko on his shelves. Puzzled, she called her husband in. "You said your language was not written. So what are these books?" Traore was shocked. (He and Traore did not grow up together.) When he came back to New York, he googled N’Ko. "That was the big wow, " he said. He found a teacher in Queens. "When I listened to the alphabet, I listened to our history. Now I can read the same words my mother would say to me."
N’Ko first moved from hand-copied manuscripts into the digital age two decades ago. In the early 1990s, Diané, the teacher of N’Ko at Cairo University, was collating an N’Ko text in a copy shop when he was approached by an employee. "Why are you killing yourself?" the man asked him. "Don’t you know about DOS?" The employee explained to Diané that using computer software, he could write a new script and generate as many copies as he wished. Together with information-technology experts at Cairo University, Diané developed a rudimentary font to use on his own computer. But creating a font that anyone could use was a much more complicated task.
First, it meant getting N’Ko into Unicode — the international standard that assigns a unique number to each character in a given writing system. Then Microsoft picked up N’Ko for its local language program — sort of. N’Ko was included in Windows 7, but the ligatures were misaligned, and the letters were not linked from below as they should have been. "The original plan was to fully support it, but we just didn’t have the resources, " said Peter Constable, a senior program manager at Microsoft. For Windows 8, which is still being tested, Microsoft has fixed the problem. Most writers of N’Ko download the font for use with Open Office’s Graphite program, developed by SIL International, a Christian group with an interest in seeing the Bible reach every hut and yurt on the planet.
Digital technology has already transformed how Traore communicates with his family. When his father died in 1994, his family in Kiniebakoro sent news of the death to cousins in Ivory Coast by going to the bus station and looking for a passenger heading toward their city; the cousins then mailed a letter to Traore in New York. It took two months. Now communication with Kiniebakoro takes a day: Traore sends an e-mail in N’Ko. His nephew, who works in the nearby town of Siguiri, checks his e-mail at the town’s Internet cafe, prints Traore’s letter and then goes down to the dock where canoes ferry people across the Niger River to Kiniebakoro. He asks someone on the boat to take the letter to Traore’s family’s house.
For Traore and others, the most pressing reason for making N’Ko available to Mande speakers is that only a small percentage of Guineans can read and write. The United Nations puts the rate of adult literacy at 39 percent, but that figure counts mostly those who live in major cities — in rural areas, it is much lower. Schooling in rural Guinea is often conducted in the open air, with no chairs, perhaps a blackboard, maybe one book. But most discouraging to students, it takes place in French, a language they don’t speak at home.
"The only hope for literacy in Guinea is N’Ko literacy, " Traore says. For Mande speakers, he says, N’Ko is extremely simple to learn. He and his fellow N’Ko advocates have sponsored hundreds of informal schools throughout Guinea that teach in Manden languages and N’Ko. This year, for the first time, N’Ko will be taught side by side with French in an official school — the pilot program will be in Kiniebakoro, Traore’s hometown.
People had been working on breathing life into N’Ko for years, but they found out about one another only when they began to put up N’Ko Web sites. There is Traore’s site, kouroussaba.com, Diané’s kanjamadi.com and fakoli.net, the project of Mamady Doumbouya, a Guinean who worked as a software engineer in Philadelphia and is devoting his retirement to N’Ko. He also runs a small organization called the N’Ko Institute of America. Diané’s students in Cairo are subtitling DVDs for West Africa in N’Ko. Among the first was a season of the TV show "24."
If you have an iPhone, tweeting and e-mailing in N’Ko is now easy. Eatoni, a company based in Manhattan that has created software for cellphone keyboards in some 300 languages, released an N’Ko app earlier this year. The iPhone keyboard app works on the iPad too. Eatoni’s C.E.O., Howard Gutowitz, developed it after months of tests and advice from Traore, Diané and other N’Ko users. But iPhones are too expensive to be widely used in rural Africa. Almost every African villager owns or aspires to own a conventional cellphone (equipped with only a number pad) — even if he or she has to travel to town to charge it.
Africa is the world’s fastest-growing cellphone market. Texting allows farmers to check crop prices. Nurses can send health information. People can do their banking. With airtime prohibitively expensive, texting is the preferred mode of communication. "Text messages would be a lifesaving tool for us in Guinea, " Traore said. He also says he believes that the ability to text in their own language would give people a powerful reason to learn to read. "Before, men in my village used to brag about their wristwatches, " Traore said. "Now they brag about their cellphones." When he shows N’Ko speakers his iPhone and tells them, "This is your language, " they are dumbstruck. An N’Ko newspaper published in Conakry, Guinea’s capital, recently crowed: "Don’t look for N’Ko under a cabbage leaf any more. It’s on the iPhone now."
Those old cellphones don’t have apps, of course. You use the language the phone comes with; in West Africa, that is French. The market for an N’Ko phone would be, potentially, tens of millions of people. But getting manufacturers to add new alphabets to cellphones isn’t easy. Gutowitz has had a long and frustrating experience trying to do so. "Most manufacturers roll their eyes, " he said. "I spent a decade running around the world talking to cellphone manufacturers — everyone I could think of — saying, ‘Look, we can support 100 languages, it’s a big market.’ They didn’t care. People say, ‘Why don’t you go talk to Nokia?’ I have talked to Nokia. Again and again and again."
Lamine Dabo and Nouhan Sano, Guineans who live in Bangkok, where there is a prosperous and close-knit Guinean community, have had a similar experience. They have been trying to persuade manufacturers to develop an N’Ko cellphone since 2007. Dabo and Sano’s gem-importing businesses take them all over Asia, and all over Asia they bring their list of more than 17,000 N’Ko words. Dabo says it’s possible to build a cheap cellphone with N’Ko as its language, a camera and slots for two SIM cards — a necessity in Africa, where reception is often spotty. When he went to Guinea and Mali to discuss the phone with distributors, he said, he was mobbed with interest. But his briefcase was filled with rejections from manufacturers. Some asked him to put up the money himself. "Everyone says it’s possible, but the money is not enough for them to make it a priority, " he said.
Dabo and Sano are still trying. It might seem strange that the fortunes of N’Ko and of indigenous languages around the world should depend on the ability to subtitle "24, " to write with Windows and, above all, to text. But for hundreds of heritage languages, a four-inch bar of plastic and battery and motherboard is the future of the past.
(http://www.nytimes.com/)
Bonne lecture !
Herbert
(1) L’écriture célèbre des Vaï est la première écriture inventée et créée en Afrique, dans les années 1830. Il s’agit d’une écriture syllabique (dite "syllabaire vaï") à plus de 200 signes ; elle a subi plusieurs réformes et est utilisée et comprise même de nos jours. En 2003 s'est élaborée une forme digitalisée de l'écriture vaï. (2) Selon le texte, Traoré est né en Haute-Guinée. Là, on ne parle pas le mandinka mais le maninka. Je suppose donc que le maninka est sa langue maternelle et non le mandinka. Par contre, le mandinka est parlé au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. De plus, par le marka dont parle l’auteur, elle entend le bozo.
Au cours du siècle passé, des dizaines d’écritures originelles ont été créées en Afrique de l’Ouest pour diverses langues : kpelle, looma, mende, vaï (langues mandé), basa, bete (langues kwa), pular, wolof (langues ouest-atlantiques), bagam, bamoun (langues bénoué-congo, bantous du grassland), efik (langue bénoué-congo, cross river). Leur développement a toujours suivi, plus ou moins, le même modèle : au début, leur créateur regrette le fait que son peuple se sent inférieur par rapport aux Arabes et Européens qui savent écrire leurs langues. En même temps, il apprend que les Vaï, peuple en Liberia et Sierra Leone, ont su inventer une écriture à eux (1). Un jour, il rêve que Dieu lui dévoile les signes d’une écriture, les note et rajoute ceux qui manquent pour bien écrire la langue. Enfin, il annonce sa joyeuse découverte à ses compatriotes.
Les débuts du nko, alphabet maninka (langue mandé, continuum dialectal manding) ressemblent bien au modèle décrit en haut mais sont liés surtout au nom d’une personnalité exceptionnelle sans laquelle le nko ("je dis" en langues mandé) n’aurait guère été concevable : Souleymane Kantè (Solomana Kante), auteur de cet alphabet. De plus, Kantè n’a pas seulement créé l’alphabet nko mais est aussi le créateur d’une langue littéraire maninka et le fondateur de la littérature écrite en langue maninka. Sinon, d’autres raisons pour l’essor du nko concernent la préexistance d’une tradition bien établie de l’enseignement musulman chez les Maninka et aussi leur commerce traditionnel à longue distance qui nécessitait une écriture. Ces deux faits ont contribué essentiellement à l’actuelle importance du nko ...
L’écriture nko se distingue de la majorité des autres écritures ouest-africaines du 20ième siècle par le fait qu’il s’agit d’un alphabet. Les 25 caractères (ou 28, dans la version la plus récente), plus une dizaine des signes diacritiques, ne posent aucune grande difficulté pour la mémorisation. Ce qui frappe est l’exactitude de cet alphabet par rapport au système phonologique de la langue maninka. Souleymane Kantè, dont la formation scolaire se contentait d’avoir fréquenté l’école coranique de son père, avait su définir impeccablement l’inventaire des phonèmes maninka et, encore plus étonnant, les tons de cette langue. Quant à l’origine des caractères nko, une comparaison du nko avec l’alphabet arabe ne laisse aucun doute sur leur similarité : un grand nombre de lettres nko peuvent être interprété comme modifications des caractères arabes. Ces modifications se réduisent à l’orientation des caractères et au changement de certains élements pour les simplifier ainsi que pour les rendre plus angulaires. Un autre grand argument pour l’hypothèse que les caractères nko dérivent des graphèmes arabes, concernent l’ordre alphabétique : à part les voyelles (concernant le début dans le nko !), toutes les lettres nko ont hérité leur place de l’alphabet arabe (bien sûr, les quelques décalages s’expliquent en particulier par a) l’ajout de nouveaux caractères pour les phonèmes maninka non-existants en arabe (p, c, ny), et par b) l’omission de lettres arabes qui n’ont pas d’équivalents en maninka (x, z, q, ...). De plus, le sens d’écriture (de droite à gauche) et aussi le fait que ses lettres soient reliées, soulignent une parenté génétique avec l’arabe.
Pour plus d’informations sur le nko, je vous invite vivement de lire un article intéressant paru au journal Le New York Times le 9 décembre 2011 qui parle surtout de "l’écriture nko à l’ère des technologies digitales". Voici ...
Everyone Speaks Text Message
By TINA ROSENBERG
When Ibrahima Traore takes his sons to a park in Montclair, N.J., he often sits on a bench and reads. He reads English, French and Arabic, but most of the time he reads N’Ko, a language few speakers of those languages would recognize. N’Ko is the standardized writing system for Mande languages, a family of closely related tongues — among them Traore’s language of Mandinka (sic !), but also Jula, Bamana, Koyaga, Marka (2) — spoken, for the most part, in eight West African countries, by some 35 million people. N’Ko looks like a cross between Arabic and ancient Norse runes, written from right to left in a blocky script with the letters connected underneath. Traore types e-mail to his family on his laptop in N’Ko, works on his Web site in N’Ko, tweets in N’Ko on his iPhone and iPad and reads books and newspapers written in N’Ko to prepare for the N’Ko classes he teaches in the Bronx and for his appearances on an Internet radio program to discuss cultural issues around the use of N’Ko.
For years, the Web’s lingua franca was English. Speakers of French, Hindi and Urdu, Arabic, Chinese and Russian chafed at the advantage the Internet gave not only American pop culture but also its language. For those who lived at the intersection of modern technology and traditional cultures, the problem was even worse. "For a long time, technology was the enemy, " says Inée Slaughter, executive director of the New Mexico-based Indigenous Language Institute, which teaches Native Americans and other indigenous peoples how to use digital technologies to keep their languages vital. Heritage languages were being killed off by increasing urbanization, the spread of formal education and the shift to cash crops, which ended the isolation of indigenous communities. Advances in technology seemed to intensify the decline. "Even in 1999 or 2000, people were saying technology killed their language, " Slaughter says. "Community elders worried about it. As television came into homes, English became pervasive 24/7. Mainstream culture infiltrated, and young kids want to be like that. It was a huge, huge problem, and it’s still there. But now we know ways technology can be helpful."
For many tiny, endangered languages, digital technology has become a lifeline.
When Traore was born, N’Ko had already been in use for several years. But growing up, he did not know it existed. At 6, he was sent from his village of Kiniebakoro in rural Guinea to live with a brother in Ivory Coast, where he learned to read and write in French, the language taught in school in both countries. He never saw a book, newspaper, medicine label, store name or street sign in N’Ko.
And yet, N’Ko was invented to allow Mande speakers like Traore to read and write in the languages they spoke at home. In 1943, Solomana Kante, a teacher’s son who worked as a merchant in Ivory Coast, resolved to develop a written form for the Mande language family. (N’Ko means "I say" in Manden languages; speakers of Manden languages can typically understand one another even if they don’t use all the same words for the same things.) He tried using the Arabic alphabet, then the Roman alphabet, but found that neither one could express the tonal variations of spoken Manden languages. So in 1949, he invented his own script — one flexible enough to capture any Manden language in writing. Among the first books he translated into N’Ko was the Koran. He later compiled a history of Manden languages and culture.
At the time, Guinea had a close relationship with the Soviet Union, and Kante managed to have two typewriters made in Eastern Europe with N’Ko letters. (He was given another one by the president of Guinea, according to a Guinean newspaper.) "If there was a typewriter, ink and ribbons were hard to find, " says Baba Mamadi Diané, a student of Kante’s who now teaches N’Ko at Cairo University. Almost all of the books and papers in N’Ko in Guinea were copied by hand by Kante’s students, like medieval monks, but with several sheets of carbon paper below.
Designed as a language for the common man, N’Ko seemed destined to remain a code used by an elite. Then came the digital revolution.
Heritage languages like N’Ko are taking on new life thanks to technology. An Internet discussion group, Indigenous Languages and Technology, is full of announcements for new software to build sound dictionaries and a project to collect tweets in Tok Pisin, a creole language spoken throughout Papua New Guinea, or Pipil, an indigenous language of El Salvador. "It’s the amplification of Grandma’s voice, " Slaughter says.
Whether a language lives or dies, says K. David Harrison, an associate professor of linguistics at Swarthmore College, is a choice made by 6-year-olds. And what makes a 6-year-old want to learn a language is being able to use it in everyday life. "Language is driven from the ground up, " says Don Thornton, a software developer in Las Vegas who specializes in making video games and mobile apps in Native American languages. "It doesn’t matter if you have a million speakers — if your kids aren’t learning, you’re in big trouble."
Of 6,909 catalogued languages, hundreds are unlikely to be passed on to the next generation. Thornton, who has worked with more than 100 Native American tribes, says that some are already using sophisticated programs to preserve their languages. "Other groups, " he says, "we ask about their language program, and they say, ‘You’re it.’ We look at it from their standpoint — what are the coolest technologies out there? We start programming for that."
For the vast majority of the world, the cellphone, not the Internet, is the coolest available technology. And they are using those phones to text rather than to talk. Though most of the world’s languages have no written form, people are beginning to transliterate their mother tongues into the alphabet of a national language. Now they can text in the language they grew up speaking. Harrison tells of traveling in Siberia, where he met a truck driver who devised his own system for writing the endangered Chulym language, using the Cyrillic alphabet. "You find people like him everywhere, " Harrison said. "We are getting languages where the first writing is not the translation of the Bible — as it has often happened — but text messages."
Traore, who left Guinea for New York in November 1988, did not discover N’Ko until a 2007 trip to visit his parents in his native village. When his wife, Greta, a software developer, went into his brother’s room, she noticed books in N’Ko on his shelves. Puzzled, she called her husband in. "You said your language was not written. So what are these books?" Traore was shocked. (He and Traore did not grow up together.) When he came back to New York, he googled N’Ko. "That was the big wow, " he said. He found a teacher in Queens. "When I listened to the alphabet, I listened to our history. Now I can read the same words my mother would say to me."
N’Ko first moved from hand-copied manuscripts into the digital age two decades ago. In the early 1990s, Diané, the teacher of N’Ko at Cairo University, was collating an N’Ko text in a copy shop when he was approached by an employee. "Why are you killing yourself?" the man asked him. "Don’t you know about DOS?" The employee explained to Diané that using computer software, he could write a new script and generate as many copies as he wished. Together with information-technology experts at Cairo University, Diané developed a rudimentary font to use on his own computer. But creating a font that anyone could use was a much more complicated task.
First, it meant getting N’Ko into Unicode — the international standard that assigns a unique number to each character in a given writing system. Then Microsoft picked up N’Ko for its local language program — sort of. N’Ko was included in Windows 7, but the ligatures were misaligned, and the letters were not linked from below as they should have been. "The original plan was to fully support it, but we just didn’t have the resources, " said Peter Constable, a senior program manager at Microsoft. For Windows 8, which is still being tested, Microsoft has fixed the problem. Most writers of N’Ko download the font for use with Open Office’s Graphite program, developed by SIL International, a Christian group with an interest in seeing the Bible reach every hut and yurt on the planet.
Digital technology has already transformed how Traore communicates with his family. When his father died in 1994, his family in Kiniebakoro sent news of the death to cousins in Ivory Coast by going to the bus station and looking for a passenger heading toward their city; the cousins then mailed a letter to Traore in New York. It took two months. Now communication with Kiniebakoro takes a day: Traore sends an e-mail in N’Ko. His nephew, who works in the nearby town of Siguiri, checks his e-mail at the town’s Internet cafe, prints Traore’s letter and then goes down to the dock where canoes ferry people across the Niger River to Kiniebakoro. He asks someone on the boat to take the letter to Traore’s family’s house.
For Traore and others, the most pressing reason for making N’Ko available to Mande speakers is that only a small percentage of Guineans can read and write. The United Nations puts the rate of adult literacy at 39 percent, but that figure counts mostly those who live in major cities — in rural areas, it is much lower. Schooling in rural Guinea is often conducted in the open air, with no chairs, perhaps a blackboard, maybe one book. But most discouraging to students, it takes place in French, a language they don’t speak at home.
"The only hope for literacy in Guinea is N’Ko literacy, " Traore says. For Mande speakers, he says, N’Ko is extremely simple to learn. He and his fellow N’Ko advocates have sponsored hundreds of informal schools throughout Guinea that teach in Manden languages and N’Ko. This year, for the first time, N’Ko will be taught side by side with French in an official school — the pilot program will be in Kiniebakoro, Traore’s hometown.
People had been working on breathing life into N’Ko for years, but they found out about one another only when they began to put up N’Ko Web sites. There is Traore’s site, kouroussaba.com, Diané’s kanjamadi.com and fakoli.net, the project of Mamady Doumbouya, a Guinean who worked as a software engineer in Philadelphia and is devoting his retirement to N’Ko. He also runs a small organization called the N’Ko Institute of America. Diané’s students in Cairo are subtitling DVDs for West Africa in N’Ko. Among the first was a season of the TV show "24."
If you have an iPhone, tweeting and e-mailing in N’Ko is now easy. Eatoni, a company based in Manhattan that has created software for cellphone keyboards in some 300 languages, released an N’Ko app earlier this year. The iPhone keyboard app works on the iPad too. Eatoni’s C.E.O., Howard Gutowitz, developed it after months of tests and advice from Traore, Diané and other N’Ko users. But iPhones are too expensive to be widely used in rural Africa. Almost every African villager owns or aspires to own a conventional cellphone (equipped with only a number pad) — even if he or she has to travel to town to charge it.
Africa is the world’s fastest-growing cellphone market. Texting allows farmers to check crop prices. Nurses can send health information. People can do their banking. With airtime prohibitively expensive, texting is the preferred mode of communication. "Text messages would be a lifesaving tool for us in Guinea, " Traore said. He also says he believes that the ability to text in their own language would give people a powerful reason to learn to read. "Before, men in my village used to brag about their wristwatches, " Traore said. "Now they brag about their cellphones." When he shows N’Ko speakers his iPhone and tells them, "This is your language, " they are dumbstruck. An N’Ko newspaper published in Conakry, Guinea’s capital, recently crowed: "Don’t look for N’Ko under a cabbage leaf any more. It’s on the iPhone now."
Those old cellphones don’t have apps, of course. You use the language the phone comes with; in West Africa, that is French. The market for an N’Ko phone would be, potentially, tens of millions of people. But getting manufacturers to add new alphabets to cellphones isn’t easy. Gutowitz has had a long and frustrating experience trying to do so. "Most manufacturers roll their eyes, " he said. "I spent a decade running around the world talking to cellphone manufacturers — everyone I could think of — saying, ‘Look, we can support 100 languages, it’s a big market.’ They didn’t care. People say, ‘Why don’t you go talk to Nokia?’ I have talked to Nokia. Again and again and again."
Lamine Dabo and Nouhan Sano, Guineans who live in Bangkok, where there is a prosperous and close-knit Guinean community, have had a similar experience. They have been trying to persuade manufacturers to develop an N’Ko cellphone since 2007. Dabo and Sano’s gem-importing businesses take them all over Asia, and all over Asia they bring their list of more than 17,000 N’Ko words. Dabo says it’s possible to build a cheap cellphone with N’Ko as its language, a camera and slots for two SIM cards — a necessity in Africa, where reception is often spotty. When he went to Guinea and Mali to discuss the phone with distributors, he said, he was mobbed with interest. But his briefcase was filled with rejections from manufacturers. Some asked him to put up the money himself. "Everyone says it’s possible, but the money is not enough for them to make it a priority, " he said.
Dabo and Sano are still trying. It might seem strange that the fortunes of N’Ko and of indigenous languages around the world should depend on the ability to subtitle "24, " to write with Windows and, above all, to text. But for hundreds of heritage languages, a four-inch bar of plastic and battery and motherboard is the future of the past.
(http://www.nytimes.com/)
Bonne lecture !
Herbert
(1) L’écriture célèbre des Vaï est la première écriture inventée et créée en Afrique, dans les années 1830. Il s’agit d’une écriture syllabique (dite "syllabaire vaï") à plus de 200 signes ; elle a subi plusieurs réformes et est utilisée et comprise même de nos jours. En 2003 s'est élaborée une forme digitalisée de l'écriture vaï. (2) Selon le texte, Traoré est né en Haute-Guinée. Là, on ne parle pas le mandinka mais le maninka. Je suppose donc que le maninka est sa langue maternelle et non le mandinka. Par contre, le mandinka est parlé au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. De plus, par le marka dont parle l’auteur, elle entend le bozo.
Les types d’énoncés simples en bambara
Dédié à Agathe
1 - La langue bambara
Le bambara, langue la plus parlée au Mali, fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés parmi les langues mandé de souche mandé-ouest (sur la classification interne du groupe mandé-ouest, cf. Kastenholz 1997 : 70ff). En ce qui concerne la classification externe des langues mandé, elles constituent un des six sous-groupes principaux de la meta-famille Niger-Congo.
2 - Traits typologiques
Le bambara est une langue tonale (opposition de deux tons lexicaux, haut et bas, et phénomènes de downstep et downdrift). Sur le plan phonologique, il comporte un système de 19 consonnes et 7 voyelles orales, auxquelles correspondent 7 voyelles nasales et 7 voyelles longues. Sur le plan morphologique, le bambara est une langue à caractère isolant : il ne dispose ni de classes nominales ni d’opposition de genre. Comparée aux langues mandé de souche nord-ouest (p.ex. les parlers bozo, le soninké), la morphologie verbale du bambara et des autres parlers manding est simple par suite d’un processus d’érosion des paradigmes verbaux. Dans le syntagme génitival, l’ordre est déterminant-déterminé, alors que dans les autres syntagmes de détermination, l’ordre est déterminé-déterminant (nom + adjectif, nom + numéral, nom + participe, nom + défini). La prédication verbale a comme ordre de base : S–Mp–Od–V–X (S = sujet, Mp = marque prédicative, Od = objet direct, V = verbe, X = nominal qui n’a le statut ni de sujet, ni d’objet direct). Les marques prédicatives forment un paradigme de morphèmes morphologiquement libres, qui servent à la constitution de l’énoncé : ces morphèmes "portemanteau" indiquent les valeurs des catégories temps/aspect/mode (TAM) et l’affirmation/négation et peuvent donc être considérés comme éléments de conjugaison. Ils ont la particularité de fonctionner par couples et suivent immédiatement le nominal en fonction de sujet. En plus, il existe un seul suffixe flexionnel (-ra) qui se comporte comme les autres marques prédicatives. L’association d’un auxiliaire avec une base lexicale modèle un constituant syntaxique, c.à.d. soit un constituant nominal, soit un constituant verbal. Donc, l’indistinction du nom et du verbe qui existe au niveau lexical est alors résolue au niveau syntaxique, autrement dit, la fonction syntaxique des participants d’un énoncé s’explique uniquement par leur position ; le cas, au sens strict du terme, et le genre ne sont pas exprimés avec des moyens grammaticaux. La dérivation et la composition sont en bambara des procédés très évolués et pour la majeure partie productifs.
3 - Enoncés simples
En bambara, il existe six types d’énoncés simples. Tous ces six modèles ont en commun au moins deux éléments : un groupe nominal (nom simple, ou nom complexe, ou pronom) ou construction nominale complexe (syntagme, séquence) en fonction du sujet grammatical de l’énoncé, et une marque d’énoncé (copule ou marque prédicative).
3.1 - Enoncé présentatif : N + don / tè
Ce type d’énoncé, le plus simple en bambara, consiste en une marque d’énoncé, don à l’affirmatif ou tè à la négation, précédée d’un groupe nominal simple ou complexe qui fonctionne en sujet :
Muso don. C’est une femme.
Muso tè. Ce n’est pas une femme.
Mògò nyuman don. C’est un homme gentil.
Mògò nyuman tè. Ce n’est pas un homme gentil.
Nbuuru ni ji don. C’est du pain et de l’eau.
Saga wala ba don. C’est un mouton ou une chèvre.
Jakuma tè, wulu don. Ce n’est pas un chat, c’est un chien.
Au cas où le pronom de la première personne du singulier est le sujet de l’énoncé, on utilise la forme emphatique (ne) :
Ne don. C’est moi.
Ne tè. Ce n’est pas moi.
3.2 - Enoncé équatif : N1 + ye / tè + N2 + ye
Ce type d’énoncé exprime une identité (affirmative : X est Y, négative : X n’est pas Y). Il se compose de deux groupes nominaux (N1 = sujet, N2 = complément) et d’une marque d’énoncé discontinue : ye ... ye à l’affirmatif, tè ... ye au négatif.
Hawa ye muso ye. Hawa est une femme.
Fali tè jègè ye. Un âne n’est pas un poisson.
Hawa fa ye karamògò ye. Le père de Hawa est enseignant.
Bamakò ye Mali faamadugu ye. Bamako est la capitale du Mali.
Hawa ni Fanta ye kalandenmusow ye. Hawa et Fanta sont des écolières.
Au cas où N1 est représenté par le pronom de la première personne du singulier, on utilise la forme emphatique, donc ne au lieu de n :
Ne ye alimanika ye. Je suis Allemand.
Au cas où le premier N serait tògò "(pré)nom" ou jamu "nom de famille, patronyme", la marque d’énoncé se simplifie en ye à l’affirmatif (et peut même être supprimée), et se réduit à tè à la négation :
A tògò ye Fanta. Elle s’appelle Fanta.
E tògò di ? Comment t’appelles-tu ?
E tògò ? Comment t’appelles-tu ?
U jamu ye Ture. Leur nom de famille est Touré.
U jamu Ture. Leur nom de famille est Touré.
A jamu tè Jalo. Son nom de famille n’est pas Diallo.
3.3 - Enoncé situatif : N1 + bè / tè + N2 (+ postposition)
L’énoncé situatif a la structure suivante : N1, le sujet, est relié au complément (N2 ou N2 + postposition) par une marque d’énoncé, bè à l’affirmatif, et tè au négatif. En règle, le complément est formé de N et d’une postposition mais au cas où un nom propre de lieu forme le sujet, le complément se réduit souvent au N :
Denw bè so kònò. Les enfants sont dans la maison.
A ka liwuru tè tabali kan. Son livre n’est pas sur la table.
N fa bè Tumutu. Mon père est à Tombouctou.
Hawa ni Fanta tè yan. Hawa et Fanta ne sont pas ici.
A bè di ? Il est comment ?
Un énoncé situatif n’exprime pas uniquement une localisation mais sert aussi à signifier la possession, l’appartenance, l’association :
Muso fila bè Madu fè. Madu a deux femmes.
So naani bè n fa bolo. Mon père possède quatre chevaux.
Mobili tè n bolo. Je n’ai pas de voiture.
A cè tè ku fè. Son homme n’aime pas l’igname.
N bè kini fè. J’aime du riz.
Se bè Musa ye. Musa a du pouvoir.
L’énoncé situatif se réduit à un nominal sujet suivi uniquement de la marque d’énoncé dans les cas, limités en nombre, des énoncés qui expriment le temps ou une existence spécifique :
Funteni bè. Il fait chaud.
Nènè tè. Il ne fait pas froid.
Dibi bè. Il fait sombre.
Bugun tè. Il ne fait pas de brouillard.
Ngomi bè. Il y a de la rosée.
Hèrè bè. Il y a de la paix.
3.4 - Enoncé descriptif : N + ka / man + Adjectif (= 'Verbe statif' pour Creissels)
Ce type d’énoncé a une valeur descriptive : le sujet de l’énoncé et l’adjectif sont reliés par la marque d’énoncé, ka à l’affirmatif, et man à la négation.
Donso ka farin. Le chasseur est courageux.
A man di. Ce n’est pas bon.
Liwuru sòngò ka gèlèn. Le livre coûte cher.
Ji man suma. L’eau n’est pas fraîche.
Dans l’énoncé descriptif, un complément (N ou N + postposition) peut succéder à l’adjectif :
Feerefèn ka ca sugu la. Il y a beaucoup de marchandises au marché.
Wari man ca Madu bolo. Madu n’a pas beaucoup d’argent.
3.5 - Enoncé processif intransitif : N + Mp + V (+ complément)
Ce type d’énoncé est constitué au moins d’un N, le sujet, d’une marque d’énoncé (Mp) et d’un verbe intransitif. Il peut être élargi d’un complément (N ou N + postposition). La marque d’énoncé est placée devant le verbe dans tous les cas, sauf celui de l’accompli affirmatif (-ra) qui est suffixé au verbe. Pour ce type d’énoncé, l’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè taa sugu la. Nous partons au marché. An tè taa sugu la. Nous ne partons pas au marché. An taara sugu la. Nous sommes partis au marché. An ma taa sugu la. Nous ne sommes pas partis au marché. An ka taa sugu la. Que nous partions au marché ! An kana taa sugu la. Que nous ne partions pas au marché ! An bèna taa sugu la. Nous allons partir au marché. An tèna taa sugu la. Nous n’allons pas partir au marché. An na taa sugu la. Nous partirons au marché. A ye taa sugu la ! Partez au marché !
Tous les énoncés (en haut) sont généralement constitués de deux termes syntaxiques nécessaires, le sujet et le prédicat verbal (marque prédicative + verbe). En bambara, il y a un petit nombre de verbes intransitifs qui demandent obligatoirement un complément consisté en un N et une postposition, p.ex. les verbes fama ... ma "être longtemps sans voir qn" ou fò ... kò "venir en l’absence de qn", c.à.d. les compléments sont indispensables, les verbes ne foctionnent pas sans complément :
An famana nyògòn ma. Il y a longtemps qu’on ne s’est pas vu.
Ne fòra i kò kunun. Hier, je suis venu en ton absence.
La marque d’énoncé ye de l’énoncé A ye taa sugu la ! est celle de l’impératif à la seconde personne du pluriel. Il peut être combiné exclusivement avec les pronoms de la seconde personne du pluriel a "vous" resp. aw (forme emphatique de a) qui forment pour chaque le sujet de l’énoncé.
Quant aux verbes intransitifs, l’impératif à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, représente un cas particulier, dans la mesure où ni sujet, ni marque d’énoncé n’apparaissent :
Taa ! Pars ! Na yan ! Viens ici ! Sunògò sisan ! Dors maintenant ! Kuma ! Parle ! Yèlè ! Ris !
Par contre, on retrouve bien à la forme négative du singulier la marque d’énoncé, à savoir kana :
Kana taa ! Ne pars pas ! Kana na yan ! Ne viens pas ici ! Kana sunògò sisan ! Ne dors pas maintenant ! Kana kuma ! Ne parle pas ! Kana yèlè ! Ne ris pas !
Aux formes du pluriel, affirmative et négative, on a bien encore un énoncé qui consiste en sujet (morphologique), en marque d’énoncé et en verbe :
A ye taa ! Partez ! A kana taa ! Ne partez pas !
A ye na yan ! Venez ici ! A kana na yan ! Ne venez pas ici !
3.6 - Enoncé processif transitif : N1 + Mp + N2 + V (+ complément)
Dans ce type d’énoncé, le sujet nominal précède la marque d’énoncé, puis le nominal (N2) en fonction d’objet direct, et enfin le verbe transitif à qui peut être rattaché un complément. La marque et le verbe constituent ensemble le groupe verbal, en fonction de prédicat. L’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè u fo sugu la. Nous les saluons au marché. An tè u fo sugu la. Nous ne les saluons pas au marché. An ye u fo sugu la. Nous les avons salués au marché. An ma u fo sugu la. Nous ne les avons pas salués au marché. An ka u fo sugu la ! Que nous les saluions au marché ! An kana u fo sugu la ! Que nous ne les saluions pas au marché ! An bèna u fo sugu la. Nous allons les saluer au marché. An tèna u fo sugu la. Nous n’allons pas les saluer au marché. An na u fo sugu la. Nous les saluerons au marché. A ye u fo sugu la ! Saluez-les au marché !
Comme pour le type 3.5, il existe en bambara des verbes transitifs qui demandent obligatoirement un complèment post-verbal (N + postposition), p.ex. les verbes di ... ma "donner qqch à qqn" ou singa ... ma "prêter qqch à qqn":
A ye liwuru fila singa n ma. Elle m’a prêté deux livres.
Madu tè wari di a muso ma. Madu ne donne pas de l’argent à sa femme.
Ces deux énoncés-ci ne sont pas grammaticalement corrects sans les compléments n ma et muso ma. Ils sont obligatoires !
En ce qui est l’impératif, il représente un cas particulier également : à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, l’énoncé ne consiste qu’en objet direct et en verbe, ni un sujet ni une marque d’énoncé n’apparaissent :
U fo ! Salue-les ! Mobili san ! Achète une voiture ! Baara kè ! Travaille ! Nin nbuuru dun ! Mange ce pain ! A di n ma ! Dis-le à moi !
Par contre, on retrouve la marque d’énoncé à la forme négative du singulier et la construction complète de ce type d’énoncé, c.à.d. avec sujet, marque d’énoncé, objet direct et verbe, à la fois à l’affirmatif et au négatif :
A ye u fo ! Saluez-les ! A ye mobili san ! Achetez une voiture ! A ye baara kè ! Travaillez ! A ye nin nbuuru dun ! Mangez ce pain ! A ye a di n ma ! Dites-le à moi !
A kana u fo ! Ne les saluez pas ! A kana mobili san ! N’achetez pas de voiture ! A kana baara kè ! Ne travaillez pas ! A kana nin nbuuru dun ! Ne mangez pas ce pain ! A kana a di n ma ! Ne le dites pas à moi !
4 - Remarques générales
En résumé, l’ inventaire des marques d’énoncé est distinct relativement aux six énoncé-types ...
Type 3.1 : don / tè Type 3.2 : ye ... ye / tè ... ye Type 3.3 : bè / tè Type 3.4 : ka / man Type 3.5 : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye Type 3.6 : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye
Ces six énoncé-types ont en commun un ordre fixe de leurs éléments ; une modification de cet ordre a pour conséquence que l’énoncé soit n’est pas correct, soit en change le sens, p.ex. concernant le type 3.2 :
Ne ye a terikè ye. Je suis son ami.
A terikè ye ne ye. Son ami, c’est moi.
Dans tous les types d’énoncés simples, la structure place hiérarchiquement le premier terme, le sujet (N ou N1 dans les six types d’énoncés ; en haut, c’est ne) comme étant le plus important (et non a terikè), ce qui est justifié par le fait que l’inversion de ne et a terikè permet la mise en relief de a terikè dans l’énoncé A terikè ye ne ye, donc "Son ami, c’est moi", c.à.d. "Je suis, plus que toute autre personne, son ami". Vous voyez, les deux énoncés n’expriment pas du tout le même : le premier exprime simplement l’amitié de deux personnes, pendant que le second exprime le fait qu’une personne (ne) est le meilleur ami d’une autre personne.
Autre point commun des énoncés "canoniques" est l’aptitude à être transformé, par simple substitution de la marque d’énoncé affirmative par son pendant opposé, en un énoncé négatif. Les couples de marques d’énoncés sont partiellement identiques : on retrouve bè dans trois énoncés-types, tè dans même cinq énoncé-types. Pourtant, il faut bien les distinguer, p.ex. le ka (des types 3.5 et 3.6) de ka (du type 3.4), mis à part qu’il existe bien d’autres ka en bambara, et de plus, il faut bien distinguer le ye de l’impératif du pluriel de ye, marque prédicative de l’accompli affirmatif (type 3.6) et de ye (du type 3.2). Il faut les considérer partiellement comme homonymes.
Les six types décrits en haut rendent compte d’une seule proposition, du bambara. Il est cependant possible de formuler des propos sans recourir à l’un de ces six modèles. Par exemple, pour de nombreuses salutations, le bambara connait un schème comportant trois éléments, dont le dernier peut varier à l’infini ...
I ni sògòma ! Bonjour ! I ni wula ! Bonsoir ! I ni su ! Bonne nuit ! I ni baara ! Bonne continuation ! I ni sugu ! Bonne chance (au marché) ! ...
Cependant, ces phrases, bien grammaticalement correctes, sont inaptes à être mises à la forme négative ou à être incluses dans des énoncés comme N y’a dòn ko... "je sais que" ou N ko ko... "je dis que ..." :
N y’a dòn ko Fanta don. Je sais que c’est Fanta.
A y’a dòn ko Madu bè Tumutu. Il sait que Madu est à Tombouctou.
A ko ko Hawa ye a denmuso ye. Il dit que Hawa est sa fille.
On ne peut pas du tout dire :
* N y’a dòn ko i ni sògòma. * A y’a dòn ko i ni su. * A ko ko i ni baara.
5 - Références :
Creissels, Denis 1985. "Les verbes statifs dans les parlers manding", Mandenkan 10: 1-32. Diallo, Mohammed L. 1991. Lehrmaterial Bambara. Ms. Universität Bayreuth. 45pp. Dumestre, Gérard 2003. Grammaire fondamentale du bambara. Paris : Karthala. Kastenholz, Raimund 1996. Sprachgeschichte im West-Mande. Methoden und Rekonstruktionen. Köln : Köppe.
Herbert
Dédié à Agathe
1 - La langue bambara
Le bambara, langue la plus parlée au Mali, fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés parmi les langues mandé de souche mandé-ouest (sur la classification interne du groupe mandé-ouest, cf. Kastenholz 1997 : 70ff). En ce qui concerne la classification externe des langues mandé, elles constituent un des six sous-groupes principaux de la meta-famille Niger-Congo.
2 - Traits typologiques
Le bambara est une langue tonale (opposition de deux tons lexicaux, haut et bas, et phénomènes de downstep et downdrift). Sur le plan phonologique, il comporte un système de 19 consonnes et 7 voyelles orales, auxquelles correspondent 7 voyelles nasales et 7 voyelles longues. Sur le plan morphologique, le bambara est une langue à caractère isolant : il ne dispose ni de classes nominales ni d’opposition de genre. Comparée aux langues mandé de souche nord-ouest (p.ex. les parlers bozo, le soninké), la morphologie verbale du bambara et des autres parlers manding est simple par suite d’un processus d’érosion des paradigmes verbaux. Dans le syntagme génitival, l’ordre est déterminant-déterminé, alors que dans les autres syntagmes de détermination, l’ordre est déterminé-déterminant (nom + adjectif, nom + numéral, nom + participe, nom + défini). La prédication verbale a comme ordre de base : S–Mp–Od–V–X (S = sujet, Mp = marque prédicative, Od = objet direct, V = verbe, X = nominal qui n’a le statut ni de sujet, ni d’objet direct). Les marques prédicatives forment un paradigme de morphèmes morphologiquement libres, qui servent à la constitution de l’énoncé : ces morphèmes "portemanteau" indiquent les valeurs des catégories temps/aspect/mode (TAM) et l’affirmation/négation et peuvent donc être considérés comme éléments de conjugaison. Ils ont la particularité de fonctionner par couples et suivent immédiatement le nominal en fonction de sujet. En plus, il existe un seul suffixe flexionnel (-ra) qui se comporte comme les autres marques prédicatives. L’association d’un auxiliaire avec une base lexicale modèle un constituant syntaxique, c.à.d. soit un constituant nominal, soit un constituant verbal. Donc, l’indistinction du nom et du verbe qui existe au niveau lexical est alors résolue au niveau syntaxique, autrement dit, la fonction syntaxique des participants d’un énoncé s’explique uniquement par leur position ; le cas, au sens strict du terme, et le genre ne sont pas exprimés avec des moyens grammaticaux. La dérivation et la composition sont en bambara des procédés très évolués et pour la majeure partie productifs.
3 - Enoncés simples
En bambara, il existe six types d’énoncés simples. Tous ces six modèles ont en commun au moins deux éléments : un groupe nominal (nom simple, ou nom complexe, ou pronom) ou construction nominale complexe (syntagme, séquence) en fonction du sujet grammatical de l’énoncé, et une marque d’énoncé (copule ou marque prédicative).
3.1 - Enoncé présentatif : N + don / tè
Ce type d’énoncé, le plus simple en bambara, consiste en une marque d’énoncé, don à l’affirmatif ou tè à la négation, précédée d’un groupe nominal simple ou complexe qui fonctionne en sujet :
Muso don. C’est une femme.
Muso tè. Ce n’est pas une femme.
Mògò nyuman don. C’est un homme gentil.
Mògò nyuman tè. Ce n’est pas un homme gentil.
Nbuuru ni ji don. C’est du pain et de l’eau.
Saga wala ba don. C’est un mouton ou une chèvre.
Jakuma tè, wulu don. Ce n’est pas un chat, c’est un chien.
Au cas où le pronom de la première personne du singulier est le sujet de l’énoncé, on utilise la forme emphatique (ne) :
Ne don. C’est moi.
Ne tè. Ce n’est pas moi.
3.2 - Enoncé équatif : N1 + ye / tè + N2 + ye
Ce type d’énoncé exprime une identité (affirmative : X est Y, négative : X n’est pas Y). Il se compose de deux groupes nominaux (N1 = sujet, N2 = complément) et d’une marque d’énoncé discontinue : ye ... ye à l’affirmatif, tè ... ye au négatif.
Hawa ye muso ye. Hawa est une femme.
Fali tè jègè ye. Un âne n’est pas un poisson.
Hawa fa ye karamògò ye. Le père de Hawa est enseignant.
Bamakò ye Mali faamadugu ye. Bamako est la capitale du Mali.
Hawa ni Fanta ye kalandenmusow ye. Hawa et Fanta sont des écolières.
Au cas où N1 est représenté par le pronom de la première personne du singulier, on utilise la forme emphatique, donc ne au lieu de n :
Ne ye alimanika ye. Je suis Allemand.
Au cas où le premier N serait tògò "(pré)nom" ou jamu "nom de famille, patronyme", la marque d’énoncé se simplifie en ye à l’affirmatif (et peut même être supprimée), et se réduit à tè à la négation :
A tògò ye Fanta. Elle s’appelle Fanta.
E tògò di ? Comment t’appelles-tu ?
E tògò ? Comment t’appelles-tu ?
U jamu ye Ture. Leur nom de famille est Touré.
U jamu Ture. Leur nom de famille est Touré.
A jamu tè Jalo. Son nom de famille n’est pas Diallo.
3.3 - Enoncé situatif : N1 + bè / tè + N2 (+ postposition)
L’énoncé situatif a la structure suivante : N1, le sujet, est relié au complément (N2 ou N2 + postposition) par une marque d’énoncé, bè à l’affirmatif, et tè au négatif. En règle, le complément est formé de N et d’une postposition mais au cas où un nom propre de lieu forme le sujet, le complément se réduit souvent au N :
Denw bè so kònò. Les enfants sont dans la maison.
A ka liwuru tè tabali kan. Son livre n’est pas sur la table.
N fa bè Tumutu. Mon père est à Tombouctou.
Hawa ni Fanta tè yan. Hawa et Fanta ne sont pas ici.
A bè di ? Il est comment ?
Un énoncé situatif n’exprime pas uniquement une localisation mais sert aussi à signifier la possession, l’appartenance, l’association :
Muso fila bè Madu fè. Madu a deux femmes.
So naani bè n fa bolo. Mon père possède quatre chevaux.
Mobili tè n bolo. Je n’ai pas de voiture.
A cè tè ku fè. Son homme n’aime pas l’igname.
N bè kini fè. J’aime du riz.
Se bè Musa ye. Musa a du pouvoir.
L’énoncé situatif se réduit à un nominal sujet suivi uniquement de la marque d’énoncé dans les cas, limités en nombre, des énoncés qui expriment le temps ou une existence spécifique :
Funteni bè. Il fait chaud.
Nènè tè. Il ne fait pas froid.
Dibi bè. Il fait sombre.
Bugun tè. Il ne fait pas de brouillard.
Ngomi bè. Il y a de la rosée.
Hèrè bè. Il y a de la paix.
3.4 - Enoncé descriptif : N + ka / man + Adjectif (= 'Verbe statif' pour Creissels)
Ce type d’énoncé a une valeur descriptive : le sujet de l’énoncé et l’adjectif sont reliés par la marque d’énoncé, ka à l’affirmatif, et man à la négation.
Donso ka farin. Le chasseur est courageux.
A man di. Ce n’est pas bon.
Liwuru sòngò ka gèlèn. Le livre coûte cher.
Ji man suma. L’eau n’est pas fraîche.
Dans l’énoncé descriptif, un complément (N ou N + postposition) peut succéder à l’adjectif :
Feerefèn ka ca sugu la. Il y a beaucoup de marchandises au marché.
Wari man ca Madu bolo. Madu n’a pas beaucoup d’argent.
3.5 - Enoncé processif intransitif : N + Mp + V (+ complément)
Ce type d’énoncé est constitué au moins d’un N, le sujet, d’une marque d’énoncé (Mp) et d’un verbe intransitif. Il peut être élargi d’un complément (N ou N + postposition). La marque d’énoncé est placée devant le verbe dans tous les cas, sauf celui de l’accompli affirmatif (-ra) qui est suffixé au verbe. Pour ce type d’énoncé, l’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè taa sugu la. Nous partons au marché. An tè taa sugu la. Nous ne partons pas au marché. An taara sugu la. Nous sommes partis au marché. An ma taa sugu la. Nous ne sommes pas partis au marché. An ka taa sugu la. Que nous partions au marché ! An kana taa sugu la. Que nous ne partions pas au marché ! An bèna taa sugu la. Nous allons partir au marché. An tèna taa sugu la. Nous n’allons pas partir au marché. An na taa sugu la. Nous partirons au marché. A ye taa sugu la ! Partez au marché !
Tous les énoncés (en haut) sont généralement constitués de deux termes syntaxiques nécessaires, le sujet et le prédicat verbal (marque prédicative + verbe). En bambara, il y a un petit nombre de verbes intransitifs qui demandent obligatoirement un complément consisté en un N et une postposition, p.ex. les verbes fama ... ma "être longtemps sans voir qn" ou fò ... kò "venir en l’absence de qn", c.à.d. les compléments sont indispensables, les verbes ne foctionnent pas sans complément :
An famana nyògòn ma. Il y a longtemps qu’on ne s’est pas vu.
Ne fòra i kò kunun. Hier, je suis venu en ton absence.
La marque d’énoncé ye de l’énoncé A ye taa sugu la ! est celle de l’impératif à la seconde personne du pluriel. Il peut être combiné exclusivement avec les pronoms de la seconde personne du pluriel a "vous" resp. aw (forme emphatique de a) qui forment pour chaque le sujet de l’énoncé.
Quant aux verbes intransitifs, l’impératif à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, représente un cas particulier, dans la mesure où ni sujet, ni marque d’énoncé n’apparaissent :
Taa ! Pars ! Na yan ! Viens ici ! Sunògò sisan ! Dors maintenant ! Kuma ! Parle ! Yèlè ! Ris !
Par contre, on retrouve bien à la forme négative du singulier la marque d’énoncé, à savoir kana :
Kana taa ! Ne pars pas ! Kana na yan ! Ne viens pas ici ! Kana sunògò sisan ! Ne dors pas maintenant ! Kana kuma ! Ne parle pas ! Kana yèlè ! Ne ris pas !
Aux formes du pluriel, affirmative et négative, on a bien encore un énoncé qui consiste en sujet (morphologique), en marque d’énoncé et en verbe :
A ye taa ! Partez ! A kana taa ! Ne partez pas !
A ye na yan ! Venez ici ! A kana na yan ! Ne venez pas ici !
3.6 - Enoncé processif transitif : N1 + Mp + N2 + V (+ complément)
Dans ce type d’énoncé, le sujet nominal précède la marque d’énoncé, puis le nominal (N2) en fonction d’objet direct, et enfin le verbe transitif à qui peut être rattaché un complément. La marque et le verbe constituent ensemble le groupe verbal, en fonction de prédicat. L’ensemble des marques d’énoncé consiste en : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye ...
An bè u fo sugu la. Nous les saluons au marché. An tè u fo sugu la. Nous ne les saluons pas au marché. An ye u fo sugu la. Nous les avons salués au marché. An ma u fo sugu la. Nous ne les avons pas salués au marché. An ka u fo sugu la ! Que nous les saluions au marché ! An kana u fo sugu la ! Que nous ne les saluions pas au marché ! An bèna u fo sugu la. Nous allons les saluer au marché. An tèna u fo sugu la. Nous n’allons pas les saluer au marché. An na u fo sugu la. Nous les saluerons au marché. A ye u fo sugu la ! Saluez-les au marché !
Comme pour le type 3.5, il existe en bambara des verbes transitifs qui demandent obligatoirement un complèment post-verbal (N + postposition), p.ex. les verbes di ... ma "donner qqch à qqn" ou singa ... ma "prêter qqch à qqn":
A ye liwuru fila singa n ma. Elle m’a prêté deux livres.
Madu tè wari di a muso ma. Madu ne donne pas de l’argent à sa femme.
Ces deux énoncés-ci ne sont pas grammaticalement corrects sans les compléments n ma et muso ma. Ils sont obligatoires !
En ce qui est l’impératif, il représente un cas particulier également : à la seconde personne du singulier, à l’affirmatif, l’énoncé ne consiste qu’en objet direct et en verbe, ni un sujet ni une marque d’énoncé n’apparaissent :
U fo ! Salue-les ! Mobili san ! Achète une voiture ! Baara kè ! Travaille ! Nin nbuuru dun ! Mange ce pain ! A di n ma ! Dis-le à moi !
Par contre, on retrouve la marque d’énoncé à la forme négative du singulier et la construction complète de ce type d’énoncé, c.à.d. avec sujet, marque d’énoncé, objet direct et verbe, à la fois à l’affirmatif et au négatif :
A ye u fo ! Saluez-les ! A ye mobili san ! Achetez une voiture ! A ye baara kè ! Travaillez ! A ye nin nbuuru dun ! Mangez ce pain ! A ye a di n ma ! Dites-le à moi !
A kana u fo ! Ne les saluez pas ! A kana mobili san ! N’achetez pas de voiture ! A kana baara kè ! Ne travaillez pas ! A kana nin nbuuru dun ! Ne mangez pas ce pain ! A kana a di n ma ! Ne le dites pas à moi !
4 - Remarques générales
En résumé, l’ inventaire des marques d’énoncé est distinct relativement aux six énoncé-types ...
Type 3.1 : don / tè Type 3.2 : ye ... ye / tè ... ye Type 3.3 : bè / tè Type 3.4 : ka / man Type 3.5 : bè / tè, -ra / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye Type 3.6 : bè / tè, ye / ma, ka / kana, bèna / tèna, na, ye
Ces six énoncé-types ont en commun un ordre fixe de leurs éléments ; une modification de cet ordre a pour conséquence que l’énoncé soit n’est pas correct, soit en change le sens, p.ex. concernant le type 3.2 :
Ne ye a terikè ye. Je suis son ami.
A terikè ye ne ye. Son ami, c’est moi.
Dans tous les types d’énoncés simples, la structure place hiérarchiquement le premier terme, le sujet (N ou N1 dans les six types d’énoncés ; en haut, c’est ne) comme étant le plus important (et non a terikè), ce qui est justifié par le fait que l’inversion de ne et a terikè permet la mise en relief de a terikè dans l’énoncé A terikè ye ne ye, donc "Son ami, c’est moi", c.à.d. "Je suis, plus que toute autre personne, son ami". Vous voyez, les deux énoncés n’expriment pas du tout le même : le premier exprime simplement l’amitié de deux personnes, pendant que le second exprime le fait qu’une personne (ne) est le meilleur ami d’une autre personne.
Autre point commun des énoncés "canoniques" est l’aptitude à être transformé, par simple substitution de la marque d’énoncé affirmative par son pendant opposé, en un énoncé négatif. Les couples de marques d’énoncés sont partiellement identiques : on retrouve bè dans trois énoncés-types, tè dans même cinq énoncé-types. Pourtant, il faut bien les distinguer, p.ex. le ka (des types 3.5 et 3.6) de ka (du type 3.4), mis à part qu’il existe bien d’autres ka en bambara, et de plus, il faut bien distinguer le ye de l’impératif du pluriel de ye, marque prédicative de l’accompli affirmatif (type 3.6) et de ye (du type 3.2). Il faut les considérer partiellement comme homonymes.
Les six types décrits en haut rendent compte d’une seule proposition, du bambara. Il est cependant possible de formuler des propos sans recourir à l’un de ces six modèles. Par exemple, pour de nombreuses salutations, le bambara connait un schème comportant trois éléments, dont le dernier peut varier à l’infini ...
I ni sògòma ! Bonjour ! I ni wula ! Bonsoir ! I ni su ! Bonne nuit ! I ni baara ! Bonne continuation ! I ni sugu ! Bonne chance (au marché) ! ...
Cependant, ces phrases, bien grammaticalement correctes, sont inaptes à être mises à la forme négative ou à être incluses dans des énoncés comme N y’a dòn ko... "je sais que" ou N ko ko... "je dis que ..." :
N y’a dòn ko Fanta don. Je sais que c’est Fanta.
A y’a dòn ko Madu bè Tumutu. Il sait que Madu est à Tombouctou.
A ko ko Hawa ye a denmuso ye. Il dit que Hawa est sa fille.
On ne peut pas du tout dire :
* N y’a dòn ko i ni sògòma. * A y’a dòn ko i ni su. * A ko ko i ni baara.
5 - Références :
Creissels, Denis 1985. "Les verbes statifs dans les parlers manding", Mandenkan 10: 1-32. Diallo, Mohammed L. 1991. Lehrmaterial Bambara. Ms. Universität Bayreuth. 45pp. Dumestre, Gérard 2003. Grammaire fondamentale du bambara. Paris : Karthala. Kastenholz, Raimund 1996. Sprachgeschichte im West-Mande. Methoden und Rekonstruktionen. Köln : Köppe.
Herbert
La Géographie du Mali
Mali jamanakalan
Le présent texte parle de la géographie du Mali, en langue bambara, traduit en français ...
– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Mali ye jamanaba ye, min bè Afiriki tilebanyanfan fè. A kènè bonya ye baamètèrèkènè 1.240.000 ye. Mali jamanadenw bè mògò miliyòn tan ni fila bò bi ; Mali jama belebeleba ye Bamananw ye. An bè bi min na, Mali ye peresidanfangajamana ye. A jamanakuntigi kura ye Amadu Tumani Ture (ATT) ye.
Mali ye kònònajamana de ye, a tè kògòji da la. Nka ba belebeleba fila bè woy’a kònò : Joliba ani Senegali. Ni ba fila ninnu tun tè, Mali jiko tun bè kè baaraba ye. O de y’a to a bè se ka fò ko Joliba ni Senegali ye jamana in barajuru de ye, bawo Mali nafasòròsira sigilen bè sènè de kan, sènè dun tè taa ji kò. Jègè caman fana bè sòrò ba ninnu na ; Boso ani Kòmò de bè mòni kè.
Dancè bè Mali ni jamana wolonwula cè : 1. saheliyanfan fè, a ni Alizeri ni Moritani bè danbò, 2. kòròn fè, a ni Nizeri ni Burukina Faso bè danbò, 3. worondugu fè, a ni Kònòwari ni Lagine bè danbò, 4. tilebin fè, a ni Senegali bè danbò.
Mali faamadugu tògò ye Bamakò. A bè Joliba da fè. Kuluw de kèlen bè ka Bamakò lamini, Bamakòkaw bè kulu saba kofò u ka barow la sinyè caman. Kulu olu ye "fanga kulu" (Kuluba), "dònniya kulu" (Badalabugu kulu) ni "hakilimaya kulu" (Hamudalayi kulu) ye.
Dunan minw bè na Mali la awiyòn fè, olu bè jigin Mali awiyònsoba de la. O awiyònso tògò ye Bamakò-Senu. Bamakò-Senu ni dugukònòna furancè bè kilomètèrè tan nyògòn bò.
Mali tilalen don mara segin ye, nka Bamakò mana far’u kan, u bè kè kònòtòn ye. Bamakò ye galoduguba ye. Mara wèrèw tògò : Kayi, Kulukòrò, Sikaso, Segu, Mòti, Tumutu, Gawo ani Kidali.
San waati saba de dònnen bè Mali kònò : funteni (a bè daminè marisikalo la, a bè nògòya zuwènkalo la), samiya (a b’a ta zuluyekalo ka t’a bila sètanburukalo wala òkutòburukalo la) ni fonènè (a b’a ta nowanburukalo la ka t’a bila feburuyekalo la).
Mali ye sènèkèjamana de ye. Fèn caman bè sènè yen : nyò, malo, fini, ku, bananku, woso, shò, tiga, kaba, kòòri. Jiriden caman fana bè sòrò Mali la : mangoro, namasa, buyaki, lenburuba, jabibi, manje, lenburukumu, nsèrè n’a nyògònnaw. Baganmara fana bè wariba ladon Malidenw kun. Damannafolo dama dòw bè sòrò Mali la.
Mali ye jamana ye, mògò tè se ka nyinè min kò.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Le Mali est un grand pays qui se trouve en Afrique de l’Ouest. Il a une superficie de 1.240.000 km2. La population du Mali atteint aujourd’hui 12 millions d’habitants ; les Bambara sont le peuple principal du pays. De nos jours, le Mali est un état à régime présidentiel. Son chef d’Etat actuel est Amadou Toumani Touré (ATT).
Le Mali est un pays continental, il n’a pas d’accès à la mer. Mais deux très grands fleuves y coulent : le Niger et le Sénégal. Sans ces deux fleuves, la question d’eau au Mali aurait été un grave problème. C’est pourquoi on peut dire que le Niger et le Sénégal sont le cordon ombilical de ce pays, car l’économie du Mali est basée sur l’agriculture, et l’agriculture ne va pas sans eau. On trouve aussi beaucoup de poissons dans ces fleuves ; ce sont les Bozo et les Somono qui font la pêche.
Le Mali a une frontière commune avec sept pays : 1. au nord, il a une frontière avec l’Algérie et la Mauritanie, 2. à l’est, il a une frontière avec le Niger et le Burkina Faso, 3. au sud, il a une frontière avec la Côte d’Ivoire et la Guinée, 4. à l’ouest, il a une frontière avec le Sénégal.
La capitale du Mali s’appelle Bamako. Elle est située sur le fleuve Niger. Bamako est entouré de collines. Dans leurs conversations, les Bamakois évoquent souvent trois collines : ces collines sont la "colline du pouvoir" (Koulouba), la "colline du savoir" (Badalabougou) et la "colline de la sagesse" (Hamdallaye).
Les étrangers qui viennent au Mali par avion, descendent à l’Aéroport International du Mali. Cet aéroport s’appelle Bamako-Sénou. La distance entre Bamako-Sénou et le centre-ville vaut dix kilomètres environ.
Le Mali est divisé en huit régions, mais si l’on y ajoute Bamako, elles deviennent neuf. Bamako est un grand centre. Les autres régions s’appellent Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
Au Mali, on connaît trois saisons : la saison sèche et chaude (du mars au juin), la saison des pluies (du juillet au septembre ou octobre), la saison sèche et froide (du novembre au février).
Le Mali est un pays agricole. On y cultive beaucoup de choses : du mil, du riz, du fonio, des ignames, du manioc, de la patate douce, des haricots, des arachides, du maïs, du coton. On trouve aussi beaucoup de fruits au Mali : des mangues, des bananes, des goyaves, des oranges, des ananas, des papayes, des citrons, des pastèques et autres fruits. L’élevage aussi rapporte beaucoup d’argent aux Maliens. On trouve quelques ressources minières au Mali.
Le Mali est un pays qu’on ne peut pas oublier.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Mali ye jamanaba ye, min bè Afiriki tilebanyanfan fè. Le Mali est un grand pays en Afrique de l’Ouest.
A kènè bonya ye baamètèrèkènè 1.240.000 ye. Il a une superficie de 1.240.000 km2.
Mali jamanadenw bè mògò miliyòn tan ni fila bò bi. La population du Mali atteint aujourd’hui 12 millions d’habitants ;
Mali jama belebeleba ye Bamananw ye. le peuple principal du Mali sont les Bambara.
An bè bi min na, Mali ye peresidanfangajamana ye. Aujourd’hui, le Mali est un état à régime présidentiel.
A jamanakuntigi kura ye Amadu Tumani Ture (ATT) ye. Son chef d’Etat actuel est Amadou Toumani Touré (ATT).
Mali ye kònònajamana de ye, a tè kògòji da la. Le Mali est un pays continental, il n’a pas d’accès à la mer.
Nka ba belebeleba fila bè woy’a kònò : Joliba ani Senegali. Mais deux très grands fleuves y coulent : le Niger et le Sénégal.
Ni ba fila ninnu tun tè, Mali jiko tun bè kè baaraba ye. S’il n’avait pas ces deux grands fleuves, le Mali aurait été un grave problème.
O de y’a to a bè se ka fò ko Joliba ni Senegali ye jamana in barajuru de ye, C’est pourquoi on peut dire que le Niger et le Sénégal sont le cordon ombilical de ce pays,
bawo Mali nafasòròsira sigilen bè sènè de kan, sènè dun tè taa ji kò. car l’économie du Mali est basée sur l’agriculture, et l’agriculture ne va pas sans eau.
Jègè caman fana bè sòrò ba ninnu na ; On trouve aussi beaucoup de poissons dans ces fleuves ;
Boso ani Kòmò de bè mòni kè. ce sont les Bozo et les Somono qui font la pêche.
Dancè bè Mali ni jamana wolonwula cè : Le Mali a une frontière commune avec sept pays :
1. saheliyanfan fè, a ni Alizeri ni Moritani bè danbò, 1. au nord, il a une frontière avec l’Algérie et la Mauritanie,
2. kòròn fè, a ni Nizeri ni Burukina Faso bè danbò, 2. à l’est, il a une frontière avec le Niger et le Burkina Faso,
3. worondugu fè, a ni Kònòwari ni Lagine bè danbò, 3. au sud, il a une frontière avec la Côte d’Ivoire et la Guinée,
4. tilebin fè, a ni Senegali bè danbò. 4. à l’ouest, il a une frontière avec le Sénégal.
Mali faamadugu tògò ye Bamakò. La capitale du Mali s’appelle Bamako.
A bè Joliba da fè. Elle est située sur le fleuve Niger.
Kuluw de kèlen bè ka Bamakò lamini, Bamako est entouré de collines.
Bamakòkaw bè kulu saba kofò u ka barow la sinyè caman. Dans leurs conversations, les Bamakois évoquent souvent trois collines :
Kulu olu ye "fanga kulu" (Kuluba), "dònniya kulu" (Badalabugu kulu) ces collines sont la "colline du pouvoir" (Koulouba), la "colline du savoir" (colline de Badalabougou)
ni "hakilimaya kulu" (Hamudalayi kulu) ye. et la "colline de la sagesse" (colline de Hamdallaye).
Dunan minw bè na Mali la awiyòn fè, olu bè jigin Mali awiyònsoba de la. Les étrangers qui viennent au Mali par avion, descendent à l’Aéroport International du Mali.
O awiyònso tògò ye Bamakò-Senu. Cet aéroport s’appelle Bamako-Sénou.
Bamakò-Senu ni dugukònòna furancè bè kilomètèrè tan nyògòn bò. La distance entre Bamako-Sénou et le centre-ville vaut dix kilomètres environ.
Mali tilalen don mara segin ye, Le Mali est divisé en huit régions,
nka Bamakò mana far’u kan, u bè kè kònòtòn ye. mais si l’on y ajoute Bamako, elles deviennent neuf.
Bamakò ye galoduguba ye. Bamako est un grand centre.
Mara wèrèw tògò : Kayi, Kulukòrò, Sikaso, Segu, Mòti, Tumutu, Gawo ani Kidali. Les autres régions s’appellent Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
San waati saba de dònnen bè Mali kònò : Au Mali, on connaît trois saisons :
funteni (a bè daminè marisikalo la, a bè nògòya zuwènkalo la), la saison sèche et chaude (du mars au juin),
samiya (a b’a ta zuluyekalo ka t’a bila sètanburukalo wala òkutòburukalo la) la saison des pluies (du juillet au septembre ou octobre),
ni fonènè (a b’a ta nowanburukalo la ka t’a bila feburuyekalo la). et la saison sèche et froide (du novembre au février).
Mali ye sènèkèjamana de ye. Le Mali est un pays agricole.
Fèn caman bè sènè yen : On y cultive beaucoup de choses :
nyò, malo, fini, ku, bananku, woso, du mil, du riz, du fonio, des ignames, du manioc, de la patate douce,
shò, tiga, kaba, kòòri. des haricots, des arachides, du maïs, du coton.
Jiriden caman fana bè sòrò Mali la : On trouve aussi beaucoup de fruits au Mali :
mangoro, namasa, buyaki, lenburuba, jabibi, manje, lenburukumu, des mangues, des bananes, des goyaves, des oranges, des ananas, des papayes, des citrons,
nsèrè n’a nyògònnaw. des pastèques et autres fruits.
Baganmara fana bè wariba ladon Malidenw kun. L’élevage aussi rapporte beaucoup d’argent aux Maliens.
Damannafolo dama dòw bè sòrò Mali la. On trouve quelques ressources minières au Mali.
Mali ye jamana ye, mògò tè se ka nyinè min kò. Le Mali est un pays qu’on ne peut pas oublier.
+++++++++++++++++++++++++++++++++++
Ala ka Nowèliseli diya ! – Joyeux Noël ! Ala ka san wèrè jira aw na ! – Bonne Année !
Herbert
Le présent texte parle de la géographie du Mali, en langue bambara, traduit en français ...
– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Mali ye jamanaba ye, min bè Afiriki tilebanyanfan fè. A kènè bonya ye baamètèrèkènè 1.240.000 ye. Mali jamanadenw bè mògò miliyòn tan ni fila bò bi ; Mali jama belebeleba ye Bamananw ye. An bè bi min na, Mali ye peresidanfangajamana ye. A jamanakuntigi kura ye Amadu Tumani Ture (ATT) ye.
Mali ye kònònajamana de ye, a tè kògòji da la. Nka ba belebeleba fila bè woy’a kònò : Joliba ani Senegali. Ni ba fila ninnu tun tè, Mali jiko tun bè kè baaraba ye. O de y’a to a bè se ka fò ko Joliba ni Senegali ye jamana in barajuru de ye, bawo Mali nafasòròsira sigilen bè sènè de kan, sènè dun tè taa ji kò. Jègè caman fana bè sòrò ba ninnu na ; Boso ani Kòmò de bè mòni kè.
Dancè bè Mali ni jamana wolonwula cè : 1. saheliyanfan fè, a ni Alizeri ni Moritani bè danbò, 2. kòròn fè, a ni Nizeri ni Burukina Faso bè danbò, 3. worondugu fè, a ni Kònòwari ni Lagine bè danbò, 4. tilebin fè, a ni Senegali bè danbò.
Mali faamadugu tògò ye Bamakò. A bè Joliba da fè. Kuluw de kèlen bè ka Bamakò lamini, Bamakòkaw bè kulu saba kofò u ka barow la sinyè caman. Kulu olu ye "fanga kulu" (Kuluba), "dònniya kulu" (Badalabugu kulu) ni "hakilimaya kulu" (Hamudalayi kulu) ye.
Dunan minw bè na Mali la awiyòn fè, olu bè jigin Mali awiyònsoba de la. O awiyònso tògò ye Bamakò-Senu. Bamakò-Senu ni dugukònòna furancè bè kilomètèrè tan nyògòn bò.
Mali tilalen don mara segin ye, nka Bamakò mana far’u kan, u bè kè kònòtòn ye. Bamakò ye galoduguba ye. Mara wèrèw tògò : Kayi, Kulukòrò, Sikaso, Segu, Mòti, Tumutu, Gawo ani Kidali.
San waati saba de dònnen bè Mali kònò : funteni (a bè daminè marisikalo la, a bè nògòya zuwènkalo la), samiya (a b’a ta zuluyekalo ka t’a bila sètanburukalo wala òkutòburukalo la) ni fonènè (a b’a ta nowanburukalo la ka t’a bila feburuyekalo la).
Mali ye sènèkèjamana de ye. Fèn caman bè sènè yen : nyò, malo, fini, ku, bananku, woso, shò, tiga, kaba, kòòri. Jiriden caman fana bè sòrò Mali la : mangoro, namasa, buyaki, lenburuba, jabibi, manje, lenburukumu, nsèrè n’a nyògònnaw. Baganmara fana bè wariba ladon Malidenw kun. Damannafolo dama dòw bè sòrò Mali la.
Mali ye jamana ye, mògò tè se ka nyinè min kò.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Le Mali est un grand pays qui se trouve en Afrique de l’Ouest. Il a une superficie de 1.240.000 km2. La population du Mali atteint aujourd’hui 12 millions d’habitants ; les Bambara sont le peuple principal du pays. De nos jours, le Mali est un état à régime présidentiel. Son chef d’Etat actuel est Amadou Toumani Touré (ATT).
Le Mali est un pays continental, il n’a pas d’accès à la mer. Mais deux très grands fleuves y coulent : le Niger et le Sénégal. Sans ces deux fleuves, la question d’eau au Mali aurait été un grave problème. C’est pourquoi on peut dire que le Niger et le Sénégal sont le cordon ombilical de ce pays, car l’économie du Mali est basée sur l’agriculture, et l’agriculture ne va pas sans eau. On trouve aussi beaucoup de poissons dans ces fleuves ; ce sont les Bozo et les Somono qui font la pêche.
Le Mali a une frontière commune avec sept pays : 1. au nord, il a une frontière avec l’Algérie et la Mauritanie, 2. à l’est, il a une frontière avec le Niger et le Burkina Faso, 3. au sud, il a une frontière avec la Côte d’Ivoire et la Guinée, 4. à l’ouest, il a une frontière avec le Sénégal.
La capitale du Mali s’appelle Bamako. Elle est située sur le fleuve Niger. Bamako est entouré de collines. Dans leurs conversations, les Bamakois évoquent souvent trois collines : ces collines sont la "colline du pouvoir" (Koulouba), la "colline du savoir" (Badalabougou) et la "colline de la sagesse" (Hamdallaye).
Les étrangers qui viennent au Mali par avion, descendent à l’Aéroport International du Mali. Cet aéroport s’appelle Bamako-Sénou. La distance entre Bamako-Sénou et le centre-ville vaut dix kilomètres environ.
Le Mali est divisé en huit régions, mais si l’on y ajoute Bamako, elles deviennent neuf. Bamako est un grand centre. Les autres régions s’appellent Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
Au Mali, on connaît trois saisons : la saison sèche et chaude (du mars au juin), la saison des pluies (du juillet au septembre ou octobre), la saison sèche et froide (du novembre au février).
Le Mali est un pays agricole. On y cultive beaucoup de choses : du mil, du riz, du fonio, des ignames, du manioc, de la patate douce, des haricots, des arachides, du maïs, du coton. On trouve aussi beaucoup de fruits au Mali : des mangues, des bananes, des goyaves, des oranges, des ananas, des papayes, des citrons, des pastèques et autres fruits. L’élevage aussi rapporte beaucoup d’argent aux Maliens. On trouve quelques ressources minières au Mali.
Le Mali est un pays qu’on ne peut pas oublier.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Mali ye jamanaba ye, min bè Afiriki tilebanyanfan fè. Le Mali est un grand pays en Afrique de l’Ouest.
A kènè bonya ye baamètèrèkènè 1.240.000 ye. Il a une superficie de 1.240.000 km2.
Mali jamanadenw bè mògò miliyòn tan ni fila bò bi. La population du Mali atteint aujourd’hui 12 millions d’habitants ;
Mali jama belebeleba ye Bamananw ye. le peuple principal du Mali sont les Bambara.
An bè bi min na, Mali ye peresidanfangajamana ye. Aujourd’hui, le Mali est un état à régime présidentiel.
A jamanakuntigi kura ye Amadu Tumani Ture (ATT) ye. Son chef d’Etat actuel est Amadou Toumani Touré (ATT).
Mali ye kònònajamana de ye, a tè kògòji da la. Le Mali est un pays continental, il n’a pas d’accès à la mer.
Nka ba belebeleba fila bè woy’a kònò : Joliba ani Senegali. Mais deux très grands fleuves y coulent : le Niger et le Sénégal.
Ni ba fila ninnu tun tè, Mali jiko tun bè kè baaraba ye. S’il n’avait pas ces deux grands fleuves, le Mali aurait été un grave problème.
O de y’a to a bè se ka fò ko Joliba ni Senegali ye jamana in barajuru de ye, C’est pourquoi on peut dire que le Niger et le Sénégal sont le cordon ombilical de ce pays,
bawo Mali nafasòròsira sigilen bè sènè de kan, sènè dun tè taa ji kò. car l’économie du Mali est basée sur l’agriculture, et l’agriculture ne va pas sans eau.
Jègè caman fana bè sòrò ba ninnu na ; On trouve aussi beaucoup de poissons dans ces fleuves ;
Boso ani Kòmò de bè mòni kè. ce sont les Bozo et les Somono qui font la pêche.
Dancè bè Mali ni jamana wolonwula cè : Le Mali a une frontière commune avec sept pays :
1. saheliyanfan fè, a ni Alizeri ni Moritani bè danbò, 1. au nord, il a une frontière avec l’Algérie et la Mauritanie,
2. kòròn fè, a ni Nizeri ni Burukina Faso bè danbò, 2. à l’est, il a une frontière avec le Niger et le Burkina Faso,
3. worondugu fè, a ni Kònòwari ni Lagine bè danbò, 3. au sud, il a une frontière avec la Côte d’Ivoire et la Guinée,
4. tilebin fè, a ni Senegali bè danbò. 4. à l’ouest, il a une frontière avec le Sénégal.
Mali faamadugu tògò ye Bamakò. La capitale du Mali s’appelle Bamako.
A bè Joliba da fè. Elle est située sur le fleuve Niger.
Kuluw de kèlen bè ka Bamakò lamini, Bamako est entouré de collines.
Bamakòkaw bè kulu saba kofò u ka barow la sinyè caman. Dans leurs conversations, les Bamakois évoquent souvent trois collines :
Kulu olu ye "fanga kulu" (Kuluba), "dònniya kulu" (Badalabugu kulu) ces collines sont la "colline du pouvoir" (Koulouba), la "colline du savoir" (colline de Badalabougou)
ni "hakilimaya kulu" (Hamudalayi kulu) ye. et la "colline de la sagesse" (colline de Hamdallaye).
Dunan minw bè na Mali la awiyòn fè, olu bè jigin Mali awiyònsoba de la. Les étrangers qui viennent au Mali par avion, descendent à l’Aéroport International du Mali.
O awiyònso tògò ye Bamakò-Senu. Cet aéroport s’appelle Bamako-Sénou.
Bamakò-Senu ni dugukònòna furancè bè kilomètèrè tan nyògòn bò. La distance entre Bamako-Sénou et le centre-ville vaut dix kilomètres environ.
Mali tilalen don mara segin ye, Le Mali est divisé en huit régions,
nka Bamakò mana far’u kan, u bè kè kònòtòn ye. mais si l’on y ajoute Bamako, elles deviennent neuf.
Bamakò ye galoduguba ye. Bamako est un grand centre.
Mara wèrèw tògò : Kayi, Kulukòrò, Sikaso, Segu, Mòti, Tumutu, Gawo ani Kidali. Les autres régions s’appellent Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
San waati saba de dònnen bè Mali kònò : Au Mali, on connaît trois saisons :
funteni (a bè daminè marisikalo la, a bè nògòya zuwènkalo la), la saison sèche et chaude (du mars au juin),
samiya (a b’a ta zuluyekalo ka t’a bila sètanburukalo wala òkutòburukalo la) la saison des pluies (du juillet au septembre ou octobre),
ni fonènè (a b’a ta nowanburukalo la ka t’a bila feburuyekalo la). et la saison sèche et froide (du novembre au février).
Mali ye sènèkèjamana de ye. Le Mali est un pays agricole.
Fèn caman bè sènè yen : On y cultive beaucoup de choses :
nyò, malo, fini, ku, bananku, woso, du mil, du riz, du fonio, des ignames, du manioc, de la patate douce,
shò, tiga, kaba, kòòri. des haricots, des arachides, du maïs, du coton.
Jiriden caman fana bè sòrò Mali la : On trouve aussi beaucoup de fruits au Mali :
mangoro, namasa, buyaki, lenburuba, jabibi, manje, lenburukumu, des mangues, des bananes, des goyaves, des oranges, des ananas, des papayes, des citrons,
nsèrè n’a nyògònnaw. des pastèques et autres fruits.
Baganmara fana bè wariba ladon Malidenw kun. L’élevage aussi rapporte beaucoup d’argent aux Maliens.
Damannafolo dama dòw bè sòrò Mali la. On trouve quelques ressources minières au Mali.
Mali ye jamana ye, mògò tè se ka nyinè min kò. Le Mali est un pays qu’on ne peut pas oublier.
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Ala ka Nowèliseli diya ! – Joyeux Noël ! Ala ka san wèrè jira aw na ! – Bonne Année !
Herbert
HYMNE NATIONAL DU MALI (Mali fasa)
« Rép. du Mali : Un peuple - Un but - Une foi (Mali jamana : jama kelen - kuntilenna kelen - nganiya kelen) »
En l’honneur de mon professeur bambara hors pair, sa femme Mariam & les enfants (1)
A l’origine de l'hymne national du Mali, se trouve la loi n° 62-72 du 9 août 1962, dont l’unique article stipule qu’« il est crée un hymne national de la République du Mali dont le texte intitulé LE MALI (Mali jamana) est annexé à la présente loi ». Son auteur est le grand écrivain malien, le Docteur Seydou Badian Kouyaté.
Traditionnellement exécuté dans les cérémonies solennelles par la fanfare de la Garde Républicaine, l’hymne national (comportant 4 couplets et 1 refrain) a fait l’objet de quelques adaptations par des artistes maliens, tant traditionnels que modernes. C’est au Mouvement Pionnier du Mali que l’on doit la traduction de l’hymne national en langue nationale la plus parlée du pays, le bambara (bamanankan) ; jusqu’ici, la version bambara en pdf (2) ne se compose que du 1er couplet et du refrain.
Appel à la défense de la patrie (faso), au travail pour sa prospérité (nyètaa), témoignage de l’attachement à l’unité de l’Afrique entière (Farafinna kelenya), fierté d’un peuple ayant recouvré sa dignité (bonya) et proclamant son espérance (jigiya) et sa foi (nganiya) en un avenir radieux, dans un pays enfin libre et dans une Afrique « qui se lève enfin », pour marcher vers son unité (kelenya) et sa dignité, l’hymne national malien (Mali fasa) est un vibrant appel au peuple malien pour le « rendez-vous de l’honneur », celui de la construction nationale et de la libération de l’Afrique. Le texte a l’air un peu poussiéreux, et en fait, l’hymne est marqué par les toutes premières années de l’indépendance du Mali (Mali yèrèmahòrònya).
a. TEXTE ET TRADUCTION (sèbèn ani bamanankan bayèlèmali tubabukan na) :
Organisation générale : à chaque ligne en bambara (texte officiel) s’ajoutent 4 autres dont les fonctions sont : la 2e ligne est la ligne morphologique (lexèmes, morphèmes grammaticaux, etc.), la 3e ligne donne la traduction de tout mot resp. la fonction des morphèmes grammaticaux (dérivatifs nominaux et verbaux, marques prédicatives, pronoms, autres catégories grammaticales), la 4e ligne a pour but de livrer une traduction littérale la plus possible, en guillemets (par moi), et la ligne la plus basse présente le texte officiel de l’hymne national en français (à part le gros titre).
Mali fasa dònni n’a bonyali (3) Mali – fasa – dòn-ni – ni – a – bon-ya-li Mali – hymne – savoir-ACT – CONN – 3s – grand-ABST-ACT « La connaissance de l’hymne du Mali et rendre l’honneur à lui » Faire la connaissance de l’hymne national du Mali et son rendez-vous de l’honneur
(1 er couplet)
Mali man’a kan bò Mali – mana – a – kan – bò Mali – HYP – 3s – voix – faire_sortir « Si le Mali pousse sa voix » A ton appel Mali
Nyètaa kèlèba don nyè-taa – kèlè-ba – don devant-aller – combat-AUG – relever « pour relever le grand combat en faveur du progrès » Pour ta prospérité
An bèè b’an cèsiri an – bèè – bè – an – cè-siri 1p – tous – INAC – 1p – taille-attacher « nous nous mettons tous avec ardeur au travail » Fidèle à ton destin
Ka lahidu tiimè ka – lahidu – tiimè CONV – promesse – accomplir « pour accomplir la promesse : » Nous serons tous unis :
So, haju, nganiya kelen so – haju – nganiya – kelen maison – occupation – foi – un « un! peuple, un! but, une! foi! » Un Peuple un But une Foi
Farafinna kelenya fara-fin-na – kelen-ya peau-noir-LOC – unique-ABST « pour l’unité africaine. » Pour une Afrique Unie.
Jugu man’a kun bò jugu – mana – a – kun – bò ennemi – HYP – 3s – tête – faire_sortir « Si l’ennemi enlève sa tête » Si l’ennemi découvre son front
Kònòna o kènèma kònò-na – o – kènè-ma intérieur-LOC – CONN – surface-QLF « au dedans ou au dehors » Au dedans ou au dehors
Bèè ka wuli k’i jò bèè – ka – wuli – ka – i – jò tous – INJ – se_lever – CONV – 2s – bâtir « que tous se lèvent pour te (= le Mali) construire » Debout sur les remparts
Saya ka fisa malo ye sa-ya – ka – fisa – malo – ye mourir-ABST – DESC – meilleur – honte – PP « Mourir vaut mieux que la honte. » Nous sommes résolus de mourir.
(Refrain)
Farafinna n’an faso Mali fara-fin-na – ni – an – fa-so – Mali peau-noir-LOC – CONN – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
Jònjòn in ko : hòrònya bèrè jònjòn – in – ko – hòròn-ya – bèrè drapeau – DEM – dire – homme_libre-ABST – beaucoup « Ce drapeau veut dire ‘grande liberté’ » Notre drapeau sera liberté
Farafinna n’an faso Mali fara-fin-na – ni – an – fa-so – Mali peau-noir-LOC – CONN – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
Kèlè in ko : Kelenya kèlè kèlè – in – ko – kelen-ya – kèlè combat – DEM – dire – unique-ABST – combat « Ce combat veut dire ‘combat pour l’unité’. » Notre combat sera unité.
Un ! Mali tile bè bi un – Mali – tile – bè – bi INT – Mali – ère – SIT – aujourd’hui « O, l’ère du Mali est aujourd’hui » O Mali d’aujourd’hui
Un ! Mali tile bè sini un – Mali – tile – bè – sini INT – Mali – ère – SIT – demain « O, l’ère du Mali sera demain » O Mali de demain
Jigiya forow funtira kayira jigi-ya – foro-w – funti-ra – kayira espérer-ABST – champ-PL – s’épanouir-AC – paix « Les champs pleins d’espérance s’épanouissent en bonne harmonie » Les champs fleurissent d’espérance
Denw hakili latigèra pewu pewu ! den-w – hakili – la-tigè-ra – pewu – pewu enfant-PL – esprit – PREF-couper-AC – ID – ID « L’esprit des jeunes décide tout à fait. » Les cœurs vibrent de confiance.
b. VOCABULAIRE (kumadengafe) :
Le vocabulaire comprend tout « mot » dans ce texte, et même dans ce message. Tout. L’ordre des mots dans le vocabulaire est alphabétique. En ce qui concerne les caractères spéciaux, je les ai intégrés dans l’alphabet après leurs pendants ‘normaux’ ; ainsi, après la nasale alvéolaire /n/ figure la nasale vélaire, suivie de la nasale palatale. Quant à la représentation des caractères spéciaux, ils sont écrits selon l’ancienne orthographe bambara : le e semi-ouvert (antérieur) est écrit /è/ (au lieu d’un epsilon), le o semi-ouvert (postérieur) est écrit /ò/ (au lieu d’un c inversé), les nasales vélaire et palatale sont écrites /ng/ et /ny/. Tous ces phonèmes ne peuvent être réalisés sur ce forum selon l’actuelle orthographe bambara.
L’ordre alphabétique est donc : a, b, c, d, e, è, f, g, h, i, j, k, l, m, n, ng, ny, o, ò, p, r, s, t, u, w, y, z.
Les entrées bambara sont en gras, les significations principales sont soulignées. Entre parenthèses figure la composition d’un mot complexe séparée en ses morphèmes par un trait d’union, entre crochets figure l’origine du mot s’il n’est pas d’origine bambara. Toute entrée est indiquée par la catégorie de mot en forme abrégée (voir les abréviations), placée entre l’entrée bambara et son équivalent français resp. devant l’équivalent français :
– Abréviations …
1p = pronom personnel de la 1ère personne du pluriel 2s = pronom personnel de la 2e personne du singulier 3s = pronom personnel de la 3e personne du singulier ABST = suffixe d’abstraction, étant apte à s’agréger à une base nominale, verbale et adjectivale AC = marque de prédication de l’accompli ACT = suffixe verbal fournissant des noms d’action adj = adjectif adv = adverbe ar = (origine) arabe AUG = suffixe nominal à valeur augmentative CONN/conn = connectif entre nominaux CONV = connectif entre verbaux DEM/dém = démonstratif postposé DESC = marque de prédication non-verbale (descriptif) HYP = marque de prédication de l’hypothétique ID/id = idéophone INAC = marque de prédication de l’inaccompli INJ = marque de prédication de l’injonctif INT = interjection litt = littéralement LOC = suffixe nominal à valeur locative n = nom np = nom propre num = numéral PL = marque de pluriel PP/pp = postposition PREF = préfixe verbal (souvent à valeur factitive/causative) QLF = suffixe nominal à valeur qualificative SIT = marque de prédication non-verbale (situatif) syn = synonyme vd = verbe défectif vi = verbe intransitif vréf = verbe réfléchi vst = verbe statif (~ adjectif prédicatif) vt = verbe transitif
– Bambara - français (bamanankan - tubabukan) …
a : 3s an : 1p ani : conn. et bamanankan (< bamanan-kan) : n. langue bambara, le bambara – bamanan : n. 1. bambara (groupe ethnique) ; 2. fétichiste (au sens de : non-musulman, à l’époque) – kan : n. 1. cou, gorge ; 2. voix, parole ; 3. langue ; 4. son, bruit bayèlèmali (< ba-yèlèma-li) : n. traduction – ba : n. 1. mère ; 2. l’essentiel, importance – yèlèma : vt. 1. changer, tourner ; 2. transformer ; 3. traduire – -li (< -ni) : ACT bè : INAC bèè : n./adj. tous, tout, le tout ; chaque, chacun bèrè : n. 1. important, grand, vrai ; 2. beaucoup, assez ; adv. beaucoup bi : n. aujourd’hui bò : vt. 1. faire sortir ; 2. ôter, enlever bonyali (< bon-ya-li) : n. respect, déférence, action de rendre l’honneur – bon : vst. 1. gros ; 2. grand, puissant, important – -ya : ABST – bonya : n. 1. respect ; 2. dignité ; 3. honneur ; vt. 1. respecter ; 2. honorer – -li (< -ni) : voir bayèlèmali cèsiri (< cè-siri) : n. ardeur (au travail), ferveur ; vréf. se concentrer, se mettre avec ardeur au travail – cè : n. taille, ceinture, milieu du corps – siri : vt. attacher, lier, nouer den : n. 1. fruit ; 2. enfant ; 3. fructification ; 4. Filiation ; 5. le petit de – denw : n. fruits ; enfants don : vt. 1. faire entrer, enfiler, mettre ; 2. relever, s’occuper ; 3. fabriquer dònni (< dòn-ni < dòn-li) : n. 1. connaissance(s), savoir ; 2. science – dòn : vt. connaître, savoir – -ni : voir bayèlèmali Farafinna (< fara-fin-na < fara-fin-la) : n. Afrique (litt. : là où sont ceux à une peau noire) – fara : n. 1. peau, épiderme ; 2. écorce ; 3. écaille – fin : n. noirceur, obscurité ; vst. noir, sombre – -na (< -la) : LOC faransikan (< faransi-kan) : n. langue française, le français (syn. : tubabukan) – Faransi : n. France – kan : voir bamanankan fasa : n. 1. louange ; 2. hymne faso (< fa-so) : n. 1. patrie, lieu d’origine (litt. : maison de père) ; 2. Etat – fa : n. 1. père ; 2. oncle paternel – so : n. maison (voir aussi so en bas) fisa : vst. meilleur foro : n. champ – forow : n. champs funti : vi. sortir brusquement ; s’épanouir haju < ar. haadscha > : n. 1. affaires, choses nécessaires; 2. (pré)occupations hakili < ar. ’aql> : n. 1. esprit ; 2. conscience ; 3. intelligence ; 4. réflexion, idée ; 5. mémoire hèrè : n. paix, bonheur (syn. : kayira) hòrònya (< hòròn-ya) : n. 1. liberté ; 2. noblesse ; 3. honnêteté – hòròn : n. 1. homme libre ; 2. noble ; 3. personne honnête, polie, loyale – -ya : voir bonyali i : 2s in : dém. ce, cette jama < ar. dschamaa’a > : n. foule, peuple, population, public jamana : n. 1. pays, région ; 2. république jigiya (< jigi-ya) : n. espoir ; vt. donner de l’espoir – jigi : n. 1. espoir, espérance ; 2. personne sur laquelle on compte, ami ; vt. espérer – -ya : voir bonyali jò : vt. 1. bâtir, construire ; 2. mettre debout jònjòn : n. drapeau jugu : n. ennemi ka (1) : DESC ka (2) : CONV ka (3) : INJ kayira < ar. qayra > : n. paix, bonheur, prospérité (syn. : hèrè) kelenya (< kelen-ya) : n. 1. unité, unicité, union ; 2. solitude ; vt. laisser seul – kelen : num. un, un seul, unique ; même, pareil – -ya : voir bonyali kèlèba (< kèlè-ba) : n. grande bataille – kèlè : n. guerre, bataille, combat – -ba : AUG kènèma (< kènè-ma) : n. ?/adv. dehors, à l’extérieur – kènè : n. 1. aire, surface ; 2. clarté – -ma : QLF ko : vd. dire (prédication de parole, mot d’introduction) kònòna (< kònò-na) : n. 1. ventre ; 2. interieur, dedans ; 3. durée – kònò : n. 1. ventre ; 2. foetus ; . intérieur ; pp. dans, à l’intérieur de – -na : voir Farafinna kumadengafe (< kuma-den-gafe) : n. dictionnaire – kuma : n. parole, mot – den : voir den en haut – gafe : n. livre, livret kuntilenna (< kun-tilen-na) : n. 1. sens, direction ; 2. sens, signification ; 3. but, objectif – kun : n. 1. tête ; 2. bout, extrémité ; 3. raison, motif, objectif – tilen : vt. 1. diriger ; 2. mettre droit – -na : voir Farafinna lahidu < ar. wa’ada / ya’idu > : n. promesse, alliance, engagement latigè (< la-tigè) : vt. 1. faire passer ; 2. distinguer, préciser ; 3. décider – la- : PREF – tigè : vt. 1. couper ; 2. trancher ; 3. traverser Mali : n. Mali malo : n. 1. honte ; 2. modestie, timidité mana : HYP na (< la) : PP – bamanankan na : en bambara nansara < ar. nasa:ra: > : n. 1. Blanc, Européen ; 2. Français (syn. : tubabu) ni : conn. et nganiya : n. 1. volonté, foi ; 2. intention ; 3. décision ; 4. resolution nyètaa (< nyè-taa) : n. progrès (litt. : l’aller devant) ; ici : prospérité – nyè : n. 1. oeil ; 2. vue, regard ; 3. face, surface, devant ; pp. devant – taa : vi. aller o : conn. ou pewu : id. tout à fait, complètement – -ra : AC saya (< sa-ya) : n. mort – sa : vi. mourir – -ya : voir bonyali sèbèn : n. 1. écrit, texte, lettre ; 2. papier ; vt. écrire sini : n. 1. demain ; 2. avenir so : n. 1. maison ; 2. village (rare !) ; ici : le village « Mali » (au sens de : peuple) tiimè : vt. accomplir tile : n. 1. soleil ; 2. jour, journée ; 3. époque, ère tubabukan (< tubabu-kan) : n. langue française, le français (syn. : faransikan) – tubabu < ar. tabi:b > : n. 1. Blanc, Européen ; 2. Français (syn. : nansara) – kan : voir bamanankan un : INT -w : PL wuli : vi. 1. se lever, se réveiller ; 2. grandir ; 3. démarrer ; 4. s’envoler ye : PP yèrèmahòrònya (< yèrè-ma-hòròn-ya) : n. indépendance – yèrè : adj. même ; n. légitime – -ma : voir kènèma – hòrònya : voir hòrònya
VIVE LE MALI !!! VIVE LE BAMBARA !!!
Bonne lecture !
(1) Les photos ont été prises par moi lors de ma première visite chez Mohammed, mon professeur et Ségovien convaincu, et sa famille, à Bamako-Falajè, en 1995. (2) Sur demande, Gérard Dumestre (INALCO et LLACAN, Paris) me l’a confirmé par mail. Etat de fait, à peine croyable, mais vrai. Evidemment ! (3) Selon le papier en pdf (voir en haut), le nominal bonyani figure dans le gros titre. Avec une faute d’orthographe, incontestablement. Il faut écrire bonyali. La forme de base de ce suffixe est -li, qui se nasalise après une nasale et est écrit alors -ni (allomorphie due à la phonologie). Cependant, dans ce cas-ci, il ne s’agit pas d’une nasale qui précède le suffixe -li mais de l’approximante palatale /y/. Donc, pas de raison d’écrire bonyani. C’est bien bonyali. Voir aussi ce lexique (> entrée bon, page 23, à gauche : mwt bonyali 1 ka kè belebele ye. 2 ka kè mògòba ye) ! …
« Rép. du Mali : Un peuple - Un but - Une foi (Mali jamana : jama kelen - kuntilenna kelen - nganiya kelen) »
En l’honneur de mon professeur bambara hors pair, sa femme Mariam & les enfants (1)
A l’origine de l'hymne national du Mali, se trouve la loi n° 62-72 du 9 août 1962, dont l’unique article stipule qu’« il est crée un hymne national de la République du Mali dont le texte intitulé LE MALI (Mali jamana) est annexé à la présente loi ». Son auteur est le grand écrivain malien, le Docteur Seydou Badian Kouyaté.
Traditionnellement exécuté dans les cérémonies solennelles par la fanfare de la Garde Républicaine, l’hymne national (comportant 4 couplets et 1 refrain) a fait l’objet de quelques adaptations par des artistes maliens, tant traditionnels que modernes. C’est au Mouvement Pionnier du Mali que l’on doit la traduction de l’hymne national en langue nationale la plus parlée du pays, le bambara (bamanankan) ; jusqu’ici, la version bambara en pdf (2) ne se compose que du 1er couplet et du refrain.
Appel à la défense de la patrie (faso), au travail pour sa prospérité (nyètaa), témoignage de l’attachement à l’unité de l’Afrique entière (Farafinna kelenya), fierté d’un peuple ayant recouvré sa dignité (bonya) et proclamant son espérance (jigiya) et sa foi (nganiya) en un avenir radieux, dans un pays enfin libre et dans une Afrique « qui se lève enfin », pour marcher vers son unité (kelenya) et sa dignité, l’hymne national malien (Mali fasa) est un vibrant appel au peuple malien pour le « rendez-vous de l’honneur », celui de la construction nationale et de la libération de l’Afrique. Le texte a l’air un peu poussiéreux, et en fait, l’hymne est marqué par les toutes premières années de l’indépendance du Mali (Mali yèrèmahòrònya).
a. TEXTE ET TRADUCTION (sèbèn ani bamanankan bayèlèmali tubabukan na) :
Organisation générale : à chaque ligne en bambara (texte officiel) s’ajoutent 4 autres dont les fonctions sont : la 2e ligne est la ligne morphologique (lexèmes, morphèmes grammaticaux, etc.), la 3e ligne donne la traduction de tout mot resp. la fonction des morphèmes grammaticaux (dérivatifs nominaux et verbaux, marques prédicatives, pronoms, autres catégories grammaticales), la 4e ligne a pour but de livrer une traduction littérale la plus possible, en guillemets (par moi), et la ligne la plus basse présente le texte officiel de l’hymne national en français (à part le gros titre).
Mali fasa dònni n’a bonyali (3) Mali – fasa – dòn-ni – ni – a – bon-ya-li Mali – hymne – savoir-ACT – CONN – 3s – grand-ABST-ACT « La connaissance de l’hymne du Mali et rendre l’honneur à lui » Faire la connaissance de l’hymne national du Mali et son rendez-vous de l’honneur
(1 er couplet)
Mali man’a kan bò Mali – mana – a – kan – bò Mali – HYP – 3s – voix – faire_sortir « Si le Mali pousse sa voix » A ton appel Mali
Nyètaa kèlèba don nyè-taa – kèlè-ba – don devant-aller – combat-AUG – relever « pour relever le grand combat en faveur du progrès » Pour ta prospérité
An bèè b’an cèsiri an – bèè – bè – an – cè-siri 1p – tous – INAC – 1p – taille-attacher « nous nous mettons tous avec ardeur au travail » Fidèle à ton destin
Ka lahidu tiimè ka – lahidu – tiimè CONV – promesse – accomplir « pour accomplir la promesse : » Nous serons tous unis :
So, haju, nganiya kelen so – haju – nganiya – kelen maison – occupation – foi – un « un! peuple, un! but, une! foi! » Un Peuple un But une Foi
Farafinna kelenya fara-fin-na – kelen-ya peau-noir-LOC – unique-ABST « pour l’unité africaine. » Pour une Afrique Unie.
Jugu man’a kun bò jugu – mana – a – kun – bò ennemi – HYP – 3s – tête – faire_sortir « Si l’ennemi enlève sa tête » Si l’ennemi découvre son front
Kònòna o kènèma kònò-na – o – kènè-ma intérieur-LOC – CONN – surface-QLF « au dedans ou au dehors » Au dedans ou au dehors
Bèè ka wuli k’i jò bèè – ka – wuli – ka – i – jò tous – INJ – se_lever – CONV – 2s – bâtir « que tous se lèvent pour te (= le Mali) construire » Debout sur les remparts
Saya ka fisa malo ye sa-ya – ka – fisa – malo – ye mourir-ABST – DESC – meilleur – honte – PP « Mourir vaut mieux que la honte. » Nous sommes résolus de mourir.
(Refrain)
Farafinna n’an faso Mali fara-fin-na – ni – an – fa-so – Mali peau-noir-LOC – CONN – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
Jònjòn in ko : hòrònya bèrè jònjòn – in – ko – hòròn-ya – bèrè drapeau – DEM – dire – homme_libre-ABST – beaucoup « Ce drapeau veut dire ‘grande liberté’ » Notre drapeau sera liberté
Farafinna n’an faso Mali fara-fin-na – ni – an – fa-so – Mali peau-noir-LOC – CONN – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
Kèlè in ko : Kelenya kèlè kèlè – in – ko – kelen-ya – kèlè combat – DEM – dire – unique-ABST – combat « Ce combat veut dire ‘combat pour l’unité’. » Notre combat sera unité.
Un ! Mali tile bè bi un – Mali – tile – bè – bi INT – Mali – ère – SIT – aujourd’hui « O, l’ère du Mali est aujourd’hui » O Mali d’aujourd’hui
Un ! Mali tile bè sini un – Mali – tile – bè – sini INT – Mali – ère – SIT – demain « O, l’ère du Mali sera demain » O Mali de demain
Jigiya forow funtira kayira jigi-ya – foro-w – funti-ra – kayira espérer-ABST – champ-PL – s’épanouir-AC – paix « Les champs pleins d’espérance s’épanouissent en bonne harmonie » Les champs fleurissent d’espérance
Denw hakili latigèra pewu pewu ! den-w – hakili – la-tigè-ra – pewu – pewu enfant-PL – esprit – PREF-couper-AC – ID – ID « L’esprit des jeunes décide tout à fait. » Les cœurs vibrent de confiance.
b. VOCABULAIRE (kumadengafe) :
Le vocabulaire comprend tout « mot » dans ce texte, et même dans ce message. Tout. L’ordre des mots dans le vocabulaire est alphabétique. En ce qui concerne les caractères spéciaux, je les ai intégrés dans l’alphabet après leurs pendants ‘normaux’ ; ainsi, après la nasale alvéolaire /n/ figure la nasale vélaire, suivie de la nasale palatale. Quant à la représentation des caractères spéciaux, ils sont écrits selon l’ancienne orthographe bambara : le e semi-ouvert (antérieur) est écrit /è/ (au lieu d’un epsilon), le o semi-ouvert (postérieur) est écrit /ò/ (au lieu d’un c inversé), les nasales vélaire et palatale sont écrites /ng/ et /ny/. Tous ces phonèmes ne peuvent être réalisés sur ce forum selon l’actuelle orthographe bambara.
L’ordre alphabétique est donc : a, b, c, d, e, è, f, g, h, i, j, k, l, m, n, ng, ny, o, ò, p, r, s, t, u, w, y, z.
Les entrées bambara sont en gras, les significations principales sont soulignées. Entre parenthèses figure la composition d’un mot complexe séparée en ses morphèmes par un trait d’union, entre crochets figure l’origine du mot s’il n’est pas d’origine bambara. Toute entrée est indiquée par la catégorie de mot en forme abrégée (voir les abréviations), placée entre l’entrée bambara et son équivalent français resp. devant l’équivalent français :
– Abréviations …
1p = pronom personnel de la 1ère personne du pluriel 2s = pronom personnel de la 2e personne du singulier 3s = pronom personnel de la 3e personne du singulier ABST = suffixe d’abstraction, étant apte à s’agréger à une base nominale, verbale et adjectivale AC = marque de prédication de l’accompli ACT = suffixe verbal fournissant des noms d’action adj = adjectif adv = adverbe ar = (origine) arabe AUG = suffixe nominal à valeur augmentative CONN/conn = connectif entre nominaux CONV = connectif entre verbaux DEM/dém = démonstratif postposé DESC = marque de prédication non-verbale (descriptif) HYP = marque de prédication de l’hypothétique ID/id = idéophone INAC = marque de prédication de l’inaccompli INJ = marque de prédication de l’injonctif INT = interjection litt = littéralement LOC = suffixe nominal à valeur locative n = nom np = nom propre num = numéral PL = marque de pluriel PP/pp = postposition PREF = préfixe verbal (souvent à valeur factitive/causative) QLF = suffixe nominal à valeur qualificative SIT = marque de prédication non-verbale (situatif) syn = synonyme vd = verbe défectif vi = verbe intransitif vréf = verbe réfléchi vst = verbe statif (~ adjectif prédicatif) vt = verbe transitif
– Bambara - français (bamanankan - tubabukan) …
a : 3s an : 1p ani : conn. et bamanankan (< bamanan-kan) : n. langue bambara, le bambara – bamanan : n. 1. bambara (groupe ethnique) ; 2. fétichiste (au sens de : non-musulman, à l’époque) – kan : n. 1. cou, gorge ; 2. voix, parole ; 3. langue ; 4. son, bruit bayèlèmali (< ba-yèlèma-li) : n. traduction – ba : n. 1. mère ; 2. l’essentiel, importance – yèlèma : vt. 1. changer, tourner ; 2. transformer ; 3. traduire – -li (< -ni) : ACT bè : INAC bèè : n./adj. tous, tout, le tout ; chaque, chacun bèrè : n. 1. important, grand, vrai ; 2. beaucoup, assez ; adv. beaucoup bi : n. aujourd’hui bò : vt. 1. faire sortir ; 2. ôter, enlever bonyali (< bon-ya-li) : n. respect, déférence, action de rendre l’honneur – bon : vst. 1. gros ; 2. grand, puissant, important – -ya : ABST – bonya : n. 1. respect ; 2. dignité ; 3. honneur ; vt. 1. respecter ; 2. honorer – -li (< -ni) : voir bayèlèmali cèsiri (< cè-siri) : n. ardeur (au travail), ferveur ; vréf. se concentrer, se mettre avec ardeur au travail – cè : n. taille, ceinture, milieu du corps – siri : vt. attacher, lier, nouer den : n. 1. fruit ; 2. enfant ; 3. fructification ; 4. Filiation ; 5. le petit de – denw : n. fruits ; enfants don : vt. 1. faire entrer, enfiler, mettre ; 2. relever, s’occuper ; 3. fabriquer dònni (< dòn-ni < dòn-li) : n. 1. connaissance(s), savoir ; 2. science – dòn : vt. connaître, savoir – -ni : voir bayèlèmali Farafinna (< fara-fin-na < fara-fin-la) : n. Afrique (litt. : là où sont ceux à une peau noire) – fara : n. 1. peau, épiderme ; 2. écorce ; 3. écaille – fin : n. noirceur, obscurité ; vst. noir, sombre – -na (< -la) : LOC faransikan (< faransi-kan) : n. langue française, le français (syn. : tubabukan) – Faransi : n. France – kan : voir bamanankan fasa : n. 1. louange ; 2. hymne faso (< fa-so) : n. 1. patrie, lieu d’origine (litt. : maison de père) ; 2. Etat – fa : n. 1. père ; 2. oncle paternel – so : n. maison (voir aussi so en bas) fisa : vst. meilleur foro : n. champ – forow : n. champs funti : vi. sortir brusquement ; s’épanouir haju < ar. haadscha > : n. 1. affaires, choses nécessaires; 2. (pré)occupations hakili < ar. ’aql> : n. 1. esprit ; 2. conscience ; 3. intelligence ; 4. réflexion, idée ; 5. mémoire hèrè : n. paix, bonheur (syn. : kayira) hòrònya (< hòròn-ya) : n. 1. liberté ; 2. noblesse ; 3. honnêteté – hòròn : n. 1. homme libre ; 2. noble ; 3. personne honnête, polie, loyale – -ya : voir bonyali i : 2s in : dém. ce, cette jama < ar. dschamaa’a > : n. foule, peuple, population, public jamana : n. 1. pays, région ; 2. république jigiya (< jigi-ya) : n. espoir ; vt. donner de l’espoir – jigi : n. 1. espoir, espérance ; 2. personne sur laquelle on compte, ami ; vt. espérer – -ya : voir bonyali jò : vt. 1. bâtir, construire ; 2. mettre debout jònjòn : n. drapeau jugu : n. ennemi ka (1) : DESC ka (2) : CONV ka (3) : INJ kayira < ar. qayra > : n. paix, bonheur, prospérité (syn. : hèrè) kelenya (< kelen-ya) : n. 1. unité, unicité, union ; 2. solitude ; vt. laisser seul – kelen : num. un, un seul, unique ; même, pareil – -ya : voir bonyali kèlèba (< kèlè-ba) : n. grande bataille – kèlè : n. guerre, bataille, combat – -ba : AUG kènèma (< kènè-ma) : n. ?/adv. dehors, à l’extérieur – kènè : n. 1. aire, surface ; 2. clarté – -ma : QLF ko : vd. dire (prédication de parole, mot d’introduction) kònòna (< kònò-na) : n. 1. ventre ; 2. interieur, dedans ; 3. durée – kònò : n. 1. ventre ; 2. foetus ; . intérieur ; pp. dans, à l’intérieur de – -na : voir Farafinna kumadengafe (< kuma-den-gafe) : n. dictionnaire – kuma : n. parole, mot – den : voir den en haut – gafe : n. livre, livret kuntilenna (< kun-tilen-na) : n. 1. sens, direction ; 2. sens, signification ; 3. but, objectif – kun : n. 1. tête ; 2. bout, extrémité ; 3. raison, motif, objectif – tilen : vt. 1. diriger ; 2. mettre droit – -na : voir Farafinna lahidu < ar. wa’ada / ya’idu > : n. promesse, alliance, engagement latigè (< la-tigè) : vt. 1. faire passer ; 2. distinguer, préciser ; 3. décider – la- : PREF – tigè : vt. 1. couper ; 2. trancher ; 3. traverser Mali : n. Mali malo : n. 1. honte ; 2. modestie, timidité mana : HYP na (< la) : PP – bamanankan na : en bambara nansara < ar. nasa:ra: > : n. 1. Blanc, Européen ; 2. Français (syn. : tubabu) ni : conn. et nganiya : n. 1. volonté, foi ; 2. intention ; 3. décision ; 4. resolution nyètaa (< nyè-taa) : n. progrès (litt. : l’aller devant) ; ici : prospérité – nyè : n. 1. oeil ; 2. vue, regard ; 3. face, surface, devant ; pp. devant – taa : vi. aller o : conn. ou pewu : id. tout à fait, complètement – -ra : AC saya (< sa-ya) : n. mort – sa : vi. mourir – -ya : voir bonyali sèbèn : n. 1. écrit, texte, lettre ; 2. papier ; vt. écrire sini : n. 1. demain ; 2. avenir so : n. 1. maison ; 2. village (rare !) ; ici : le village « Mali » (au sens de : peuple) tiimè : vt. accomplir tile : n. 1. soleil ; 2. jour, journée ; 3. époque, ère tubabukan (< tubabu-kan) : n. langue française, le français (syn. : faransikan) – tubabu < ar. tabi:b > : n. 1. Blanc, Européen ; 2. Français (syn. : nansara) – kan : voir bamanankan un : INT -w : PL wuli : vi. 1. se lever, se réveiller ; 2. grandir ; 3. démarrer ; 4. s’envoler ye : PP yèrèmahòrònya (< yèrè-ma-hòròn-ya) : n. indépendance – yèrè : adj. même ; n. légitime – -ma : voir kènèma – hòrònya : voir hòrònya
VIVE LE MALI !!! VIVE LE BAMBARA !!!
Bonne lecture !
(1) Les photos ont été prises par moi lors de ma première visite chez Mohammed, mon professeur et Ségovien convaincu, et sa famille, à Bamako-Falajè, en 1995. (2) Sur demande, Gérard Dumestre (INALCO et LLACAN, Paris) me l’a confirmé par mail. Etat de fait, à peine croyable, mais vrai. Evidemment ! (3) Selon le papier en pdf (voir en haut), le nominal bonyani figure dans le gros titre. Avec une faute d’orthographe, incontestablement. Il faut écrire bonyali. La forme de base de ce suffixe est -li, qui se nasalise après une nasale et est écrit alors -ni (allomorphie due à la phonologie). Cependant, dans ce cas-ci, il ne s’agit pas d’une nasale qui précède le suffixe -li mais de l’approximante palatale /y/. Donc, pas de raison d’écrire bonyani. C’est bien bonyali. Voir aussi ce lexique (> entrée bon, page 23, à gauche : mwt bonyali 1 ka kè belebele ye. 2 ka kè mògòba ye) ! …
Devinettes bambara recueillies au Mali …
(bamanantalen sòròlenw Mali la)
pour Valérie
Encore 25 devinettes bambara (voir la 1ère partie de devinettes ICI) ...
26 : N ye n ka so siri du kònò a ku bòra kènè ma. – O ye sisi ye.
J’ai attaché mon cheval dans la concession, sa queue est sortie dehors. – C’est la fumée.
(Quand on passe près des concessions, entourées d’un mur d’enceinte, on aperçoit souvent la fumée du foyer de la cuisine. On dirait une queue de cheval qui dépasse.)
27 : Cè surunman, o ye cè janmanjan bin. – O ye jele ani yiri ye.
Un petit homme a fait tomber un grand homme. – C’est la hache et l’arbre.
(Un paradoxe : le "petit" fait tomber le "grand")
28 : A sigilen ka jan ni a jòlen ye. – O ye wulunin ye.
Il est plus grand assis que debout. – C’est le petit chien.
29 : N bolila ka boli ka taa banfulabilenman dò sòrò sira kan. – O ye joli ye.
J’ai couru et couru et je suis parti trouver une coiffure rouge sur la route. – C’est la plaie.
30 : Terima fila b’u si kè taama la nyògòn fè, u si tè tu si la – O ye bagan binyèw ye.
Deux amis marchent ensemble toute la vie sans se toucher. – Ce sont les cornes des animaux.
31 : So bè so kònò – Sange don.
Une maison est dans une maison. – C’est le moustiquaire.
32 : Kònò jumèn bè pan kònò bèè ye ? – Hakili don.
De tous les oiseaux, quel est celui qui a le vol le plus rapide ? – C’est la pensée.
33 : Kulukulu fa shènin jè. – Dalanyiw don.
Un poulailler rempli de poulets blancs. – Ce sont les dents dans la bouche.
34 : Fèn nyuman dò bè kungo la nka a tè tòmò. – O ye nyèden ye.
Une belle chose est dans la brousse mais on le la ramasse pas. – C’est le serpent.
35 : A bè taa dugunin dò la ka taa dugunin dò la a tè bò a nò na. – O ye sira ye.
Elle part dans un petit village et part dans un autre petit village, elle ne change pas de place. – C’est la route.
36 : Bolo tè a fè sen tè a fè nka a bè mògòw ladege ko la. – O ye kibaruw ye.
Il n’a pas de mains il n’a pas de pieds mais il apprend des choses aux gens. – Ce sont les nouvelles.
37 : Tuma o tuma a bè gese dan nka a tè fini don. – O ye ntalon ye.
Toujours elle tisse du fil mais elle ne met pas d’habit. – C’est l’araignée.
38 : U ye misi faa ka basi bò ku fè. – O ye tabadaga ye.
Ils ont tué une vache et ont sorti son sang par la queue. – C’est la pipe.
(Ici, le sang est la fumée qui passe à travers une pipe et la queue c’est la partie de la pipe que l’on tient dans la bouche.)
39 : Misi tan faara o ka golo jati ka a sòrò segin. – O ye bolokalandenfulancè ye.
Dix vaches ont été tuées on a compté leur peau et on est arrivé à huit. – C’est l’intervalle entre les doigts.
(C’est aussi une manière de compter … Juste une question de point de vue et de mathématiques !)
40 : Mògò naani bè jòlen i ma fila nyògòn ye. – O ye mògò fila nininw ye.
Quatre personnes sont debout, Il y en a deux au moins que tu n’as pas vues. – Ce sont les ombres ("petites âmes") des deux hommes.
41 : N ye bò da ji kan a bè taa yòrò bè la ka na. – O ye kurun ye.
J’ai posé un bambou sur l’eau il part partout et revient – C’est la pirogue.
42 : Cè fila bè sinyè bò la si tè nyògòn bin. – O ye jukuna ye.
Deux hommes se querellent aucun ne terrasse l’autres. – Ce sont les fesses.
(Allusion au "jeu" des fesses pendant la marche !)
43 : Ni i ye dògò biri i ye falenma sòrò nyè fè. – O ye joli ye.
Quand tu casses du bois, tu trouves des éclats par devant. – C’est le sang.
44 : Filaninw saba bè yen ni kelen tè yen dòw tè se ka i jò. – O ye gakurun ye.
Trois jumeaux sont là-bas si l’un n’y est plus les autres ne peuvent tenir. – Ce sont les pierres du foyer.
45 : Jalaba bè dalen sira kan bari mògò tè farinya ka maga a la. – O ye sa ye.
Un grand ruban est couché sur la route mais personne n’ose y toucher. – C’est le serpent.
46 : Dennin fila, ni i ye kelen siri i bè dò bila ka taa ni i ye dònin foni n bè dònin sòrò. – O ye nyèkisè ye.
Deux enfants, si tu en as attaché un et que tu laisses l’autre partir si tu détaches le premier, il trouvera le deuxième. – Ce sont les yeux.
47 : Fèn dò bè n bolo ni a bè taama la a bè taama sen kelen na ni a jòra a bè jò sen saba na. – O ye buruwèti ye.
J’ai une chose quand elle marche elle marche sur un pied quand elle s’arrête, elle s’arrête sur trois pieds. – C’est la brouette.
48 : Juru dò bè n bolo ni a ye a kèrèfèla jeni ye tè jeni. – O ye sira ye.
J’ai une corde si tu brûles son pourtour elle-même ne brûle pas. – C’est la route.
49 : Fèn dò bè n bolo ni n ye a kè ji kònò buguri bè bò. – O ye safunè ye.
J’ai une chose quand je la mets dans l’eau de la poussière en sort. – C’est le savon.
50 : U ye kini di n ma sani ka nènè, dennin nyajalen ye a nènè n nyè. – O ye dimògò ye.
On m’a donné du riz avant que j’y goûte, un enfant effronté y a goûté. – C’est la mouche.
++++++++++++++++++++++++++
Bonne lecture !
pour Valérie
Encore 25 devinettes bambara (voir la 1ère partie de devinettes ICI) ...
26 : N ye n ka so siri du kònò a ku bòra kènè ma. – O ye sisi ye.
J’ai attaché mon cheval dans la concession, sa queue est sortie dehors. – C’est la fumée.
(Quand on passe près des concessions, entourées d’un mur d’enceinte, on aperçoit souvent la fumée du foyer de la cuisine. On dirait une queue de cheval qui dépasse.)
27 : Cè surunman, o ye cè janmanjan bin. – O ye jele ani yiri ye.
Un petit homme a fait tomber un grand homme. – C’est la hache et l’arbre.
(Un paradoxe : le "petit" fait tomber le "grand")
28 : A sigilen ka jan ni a jòlen ye. – O ye wulunin ye.
Il est plus grand assis que debout. – C’est le petit chien.
29 : N bolila ka boli ka taa banfulabilenman dò sòrò sira kan. – O ye joli ye.
J’ai couru et couru et je suis parti trouver une coiffure rouge sur la route. – C’est la plaie.
30 : Terima fila b’u si kè taama la nyògòn fè, u si tè tu si la – O ye bagan binyèw ye.
Deux amis marchent ensemble toute la vie sans se toucher. – Ce sont les cornes des animaux.
31 : So bè so kònò – Sange don.
Une maison est dans une maison. – C’est le moustiquaire.
32 : Kònò jumèn bè pan kònò bèè ye ? – Hakili don.
De tous les oiseaux, quel est celui qui a le vol le plus rapide ? – C’est la pensée.
33 : Kulukulu fa shènin jè. – Dalanyiw don.
Un poulailler rempli de poulets blancs. – Ce sont les dents dans la bouche.
34 : Fèn nyuman dò bè kungo la nka a tè tòmò. – O ye nyèden ye.
Une belle chose est dans la brousse mais on le la ramasse pas. – C’est le serpent.
35 : A bè taa dugunin dò la ka taa dugunin dò la a tè bò a nò na. – O ye sira ye.
Elle part dans un petit village et part dans un autre petit village, elle ne change pas de place. – C’est la route.
36 : Bolo tè a fè sen tè a fè nka a bè mògòw ladege ko la. – O ye kibaruw ye.
Il n’a pas de mains il n’a pas de pieds mais il apprend des choses aux gens. – Ce sont les nouvelles.
37 : Tuma o tuma a bè gese dan nka a tè fini don. – O ye ntalon ye.
Toujours elle tisse du fil mais elle ne met pas d’habit. – C’est l’araignée.
38 : U ye misi faa ka basi bò ku fè. – O ye tabadaga ye.
Ils ont tué une vache et ont sorti son sang par la queue. – C’est la pipe.
(Ici, le sang est la fumée qui passe à travers une pipe et la queue c’est la partie de la pipe que l’on tient dans la bouche.)
39 : Misi tan faara o ka golo jati ka a sòrò segin. – O ye bolokalandenfulancè ye.
Dix vaches ont été tuées on a compté leur peau et on est arrivé à huit. – C’est l’intervalle entre les doigts.
(C’est aussi une manière de compter … Juste une question de point de vue et de mathématiques !)
40 : Mògò naani bè jòlen i ma fila nyògòn ye. – O ye mògò fila nininw ye.
Quatre personnes sont debout, Il y en a deux au moins que tu n’as pas vues. – Ce sont les ombres ("petites âmes") des deux hommes.
41 : N ye bò da ji kan a bè taa yòrò bè la ka na. – O ye kurun ye.
J’ai posé un bambou sur l’eau il part partout et revient – C’est la pirogue.
42 : Cè fila bè sinyè bò la si tè nyògòn bin. – O ye jukuna ye.
Deux hommes se querellent aucun ne terrasse l’autres. – Ce sont les fesses.
(Allusion au "jeu" des fesses pendant la marche !)
43 : Ni i ye dògò biri i ye falenma sòrò nyè fè. – O ye joli ye.
Quand tu casses du bois, tu trouves des éclats par devant. – C’est le sang.
44 : Filaninw saba bè yen ni kelen tè yen dòw tè se ka i jò. – O ye gakurun ye.
Trois jumeaux sont là-bas si l’un n’y est plus les autres ne peuvent tenir. – Ce sont les pierres du foyer.
45 : Jalaba bè dalen sira kan bari mògò tè farinya ka maga a la. – O ye sa ye.
Un grand ruban est couché sur la route mais personne n’ose y toucher. – C’est le serpent.
46 : Dennin fila, ni i ye kelen siri i bè dò bila ka taa ni i ye dònin foni n bè dònin sòrò. – O ye nyèkisè ye.
Deux enfants, si tu en as attaché un et que tu laisses l’autre partir si tu détaches le premier, il trouvera le deuxième. – Ce sont les yeux.
47 : Fèn dò bè n bolo ni a bè taama la a bè taama sen kelen na ni a jòra a bè jò sen saba na. – O ye buruwèti ye.
J’ai une chose quand elle marche elle marche sur un pied quand elle s’arrête, elle s’arrête sur trois pieds. – C’est la brouette.
48 : Juru dò bè n bolo ni a ye a kèrèfèla jeni ye tè jeni. – O ye sira ye.
J’ai une corde si tu brûles son pourtour elle-même ne brûle pas. – C’est la route.
49 : Fèn dò bè n bolo ni n ye a kè ji kònò buguri bè bò. – O ye safunè ye.
J’ai une chose quand je la mets dans l’eau de la poussière en sort. – C’est le savon.
50 : U ye kini di n ma sani ka nènè, dennin nyajalen ye a nènè n nyè. – O ye dimògò ye.
On m’a donné du riz avant que j’y goûte, un enfant effronté y a goûté. – C’est la mouche.
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Bonne lecture !
FOLIKÈCOGOW BAMANANKAN NA
(Salutations en bambara)
Au Mali, l’acte de saluer a une grande importance : saluer veut dire respecter. On ne dit pas bonjour en passant mais on arrête en attestant son respect pour quelqu’un : on se renseigne comment se porte la famille de l’interlocuteur et vice versa. Le déroulement ressemble à un rituel. Il l’est. En règle, celui qui s’approche, salue d’abord …
A. Salutations, liées à un moment de la journée :
1. Ka a ta fajiri waati la fo ka na se midi waati ma : (1. Du 5 heures du matin vers midi)
Mògò fòlò : I ni sògòma, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni sògòma, … ! Hèrè sira wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Bien dormi ?) Mògò fòlò : Hèrè dòròn ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw sira di ? (2 e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : Tòòrò t’u la ! (1e personne : Merci, très bien !)
fajiri < ar. fajr > : n. 1. aube ; 2. cinquième prière musulmane avant le lever du soleil waati/wagati < ar. waqt > : n. temps, moment, heure I ni sògòma ! : litt. « Toi et le matin » Nba : « Merci », utilisé exclusivement par des personnes masculines ! Nse : « Merci », utilisé exclusivement par les personnes féminines ! Nba/Nse servent à une salutation du type « I ni … » Hèrè sira wa ?, litt. « La paix a-t-elle passé la nuit ? », au sens de « As-tu passé la nuit en paix ? » Hèrè dòròn !, litt. « La paix seulement ! » Somògòw sira di ?, litt. « Comment la famille a-t-elle passé la nuit ? » Tòòrò tè u (= t’u) la !, litt. « Aucune souffrance n’est à elle ! »
2. Ka a ta midi waati la fo ka na se laasara waati ma : (2. Du midi vers 15 heures)
Mògò fòlò : I ni tile, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni tile, … ! Hèrè tilenna wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Ça va ?) Mògò fòlò : Hèrè ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw tilenna di ? (2e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : Tòòrò t’u la ! (1e personne : Merci, très bien !)
laasara < ar. al-‘asr > : n. 1. moment de la journée vers 15 heures ; 2. deuxième prière musulmane I ni tile !, litt. « Toi et la journée ! » Hèrè tilenna wa ?, litt. « Tu as passé une bonne journée ? » Somògòw tilenna di ?, litt. « Comment la famille a-t-elle passé la journée ? »
3. Ka a ta laasara waati la fo ka na se fitirida waati ma : (3. Du 15 heures au coucher du soleil)
Mògò fòlò : I ni wula, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni wula, …! Hèrè tilenna wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Ça va ?) Mògò fòlò : Hèrè dòròn ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw tilenna di ? (2e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : U tilenna hèrè la ! (1e personne : Merci, très bien !) Mògò filanan: Ala ka tile tò hèrè caya ! (2e personne : Bonne chance !) Mògò fòlò: Ko n bè somògòw fo ! (1e personne : Salue la famille !) Mògò filanan : U na a mèn ! (2e personne : Merci, je vais le dire !)
fitiri < ar. fitr >: n. 1. crépuscule (du soir) ; 2. troisième prière musulmane fitirida : n. moment de la journée entre 15 et 16 heures I ni wula !, litt. « Toi et l’après-midi ! » U tilenna hèrè la !, litt. « Ils ont passé la journée en paix ! » Ala ka tile tò hèrè caya !, litt. « Que Dieu fasse que le reste de la journée soit bonne ! » Ko n bè somògòw fo !, litt. « Que je salue les membres de la famille ! » U na a mèn !, litt. « Ils l’écouteront ! » (na = marque du futur)
4. Ka a ta fitirida waati la fo ka na se fajiri waati ma : (4. Du coucher du soleil au lendemain matin)
Mògò fòlò : I ni su, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni su, … ! Hèrè tilenna wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Ça va ?) Mògò fòlò : Hèrè dòròn ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw tilenna di ? (2e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : U tilenna hèrè la ! (1e personne : Au mieux, merci !) Mògò filanan : Ayiwa, k’an si ! (2e personne : Alors, bonne nuit !) Mògò fòlò : Amiina ! K’an kelen kelen wuli ! (1e personne : Amen ! Bonne nuit !) Mògò filanan : Amiina ! Ala ka su hèrè caya ! (2e personne : Amen ! Dors bien !) Mògò fòlò : Amiina ! Ka nyògònye nògòya ! (1e personne : Amen ! A bientôt !) Mògò filanan : Amiina ! (2e personne : Amen !)
I ni su !, litt. « Toi et le soir ! » K’an si !, litt. « Que nous passions la nuit ! » K’an kelen kelen wuli !, litt. « Que nous nous levions l’un après l’autre ! » (= tout est pour le mieux) Ala ka su hèrè caya !, litt. « Que Dieu fasse que la nuit soit bonne ! » Ka nyògònye nògòya !, litt. « Que nous nous rencontrions bientôt ! » Amiina ! < ar. aamiin >, « Ainsi soit-il ! / Amen ! » (réponse aux souhaits et bénédictions)
B. Autres salutations :
5. I ni ce ! « Salut ! »
I ni ci !, litt. « Toi et le travail ». Cette formule veut dire aussi « Merci ! » (pour une bonne action)
6. I ni fama ! « Salut, … pas vu depuis longtemps ! »
I ni fama !, litt. « Toi et l’absence »
7. I ni baara ! « Bonne continuation ! »
I ni baara !, litt. « Toi et le travail ! »
8. I ni gwa ! « Quel repas, merci ! »
I ni gwa !, litt. « Toi et la cuisine ! » pour remercier la femme qui a cuisiné, pour exprimer son appréciation gustative (mais manifester une telle reconnaissance n’est pas d’habitude appropriée lors du repas)
Beaucoup d’autres salutations selon le schéma I ni … ! (pour une seule personne) resp. A ni … ! (pour plusieurs personnes) sont envisageables et possibles, bien sûr toujours correspondantes à la situation du moment. Donc, soyez créatif – pas de panique ! – les Bambara vont bien comprendre !
9. Ka sira diya ! « Bon voyage ! »
(Ala) ka sira diya, litt. « Que Dieu fasse réussir la route ! »
10. Ka i nyuman se ! « Bon voyage ! »
K’a i nyuman se, litt. « Que tu arrives bien ! ».
11. Ala ka sugu diya ! « Bonne chance ! »
Ala ka sugu diya, litt. « Que Dieu fasse réussir votre marché ! » (adressé à un vendeur au marché)
12. Ala ka tile hèrè caya ! « Bonne journée ! / Salut ! »
Ala ka tile hèrè caya, litt. « Que Dieu fasse que la journée soit bonne ! »
13. Ala ka tile nyuman ban ! « Bonne journée ! / Salut ! »
Ala ka tile nyuman ban, litt. « Que Dieu fasse que la journée se termine bien ! »
14. Ala k’an tilen hèrè la ! « Bonne journée ! »
Ala k’an tilen hèrè la!, litt. « Que Dieu nous aide à passer la journée en paix ! »
15. K’an bèn ! « Au revoir ! »
K’an bèn, litt. « Qu’on se rencontre ! »
C’est la formule courante pour dire au revoir !!! Par des indications temporelles, on peut limiter le moment du prochain rencontre, p.ex. par sini « demain », sòòni « bientôt », tuma wèrè « sous peu » (litt. « moment prochain »), dògòkun nata / dògòkun wèrè « la semaine prochaine », kò fè « après, derrière », etc. …
16a. K’an bèn sini ! ou K’an sini ! « A demain ! » 16b. K’an bèn sòòni ou K’an sòòni ! « A bientôt ! » 16c. K’an bèn tuma wèrè ! « Au revoir ! A la prochaine ! » 16d. K’an bèn dògòkun nata ! « Au revoir ! A la semaine prochaine ! » 16e. K’an bèn kò fè ! « Au revoir ! A plus tard ! »
17. Aw bisimila ! « Soyez les bienvenus ! »
18. N b’i fo i ka wele la ! « Merci pour ton invitation ! »
19. I ni ce kosèbè i ka ladonni na ! « Merci beaucoup pour ton hospitalité ! »
C. Titres :
Les titres polis adressés aux adultes inconnus dérivent du lexème balima « frères et sœurs » …
20a. N balimakè ! « Monsieur ! » 20b. N balimamuso ! « Madame ! » 20c. N balimaw ! « Mesdames et Messieurs ! »
Si le jamu « nom de famille (patronyme) » est connu, on peut habituellement ajouter les spécificateurs indiquants le sexe, tels que -kè (masculin) et -muso (féminin) …
21a. Jabatèkè ! « Monsieur Diabaté ! » 21b. Jabatèmuso ! « Madame Diabaté ! » 21c. Jabatè ! « (Monsieur) Diabaté ! »
ou de manière bien plus formelle …
22a. N balimakè Kulubali ! « Monsieur Coulibaly ! » 22b. N balimamuso Kulubali ! « Madame Coulibaly ! »
Dans la société malienne, un respect particulier est dû toujours aux aînés. En gage de la courtoisie, on les appelle comme suit :
23a. Cèkòròba ! (adressé à un vieil homme) 23b. Musokòròba ! (adressé à une vieille femme)
Il est possible d’appeler qqn par son appartenance ethnique (au Mali) resp. à une quelconque nation en ajoutant les spécificateurs indiquant le sexe …
24a. Bosokè ! « Boso ! » 24b. Fulamuso ! « Femme peule ! » 24c. Kasònkakè ! « Khassonké ! » 24d. Kòròbòròmuso ! « Femme sonraï ! » 24e. Marakamuso ! « Femme soninké ! » 24f. Sènèfòkè ! « Sénoufo ! »
25a. Alimanikè ! « Allemand ! » 25b. Faransimuso ! « Française ! » 25c. Italikè ! « Italien ! » 25d. Kònòwarikè ! « Ivorien ! » 25e. Misiramuso ! « Egyptienne ! » 25f. Suwisimuso ! « Suisse ! »
Bonne lecture !
Au Mali, l’acte de saluer a une grande importance : saluer veut dire respecter. On ne dit pas bonjour en passant mais on arrête en attestant son respect pour quelqu’un : on se renseigne comment se porte la famille de l’interlocuteur et vice versa. Le déroulement ressemble à un rituel. Il l’est. En règle, celui qui s’approche, salue d’abord …
A. Salutations, liées à un moment de la journée :
1. Ka a ta fajiri waati la fo ka na se midi waati ma : (1. Du 5 heures du matin vers midi)
Mògò fòlò : I ni sògòma, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni sògòma, … ! Hèrè sira wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Bien dormi ?) Mògò fòlò : Hèrè dòròn ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw sira di ? (2 e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : Tòòrò t’u la ! (1e personne : Merci, très bien !)
fajiri < ar. fajr > : n. 1. aube ; 2. cinquième prière musulmane avant le lever du soleil waati/wagati < ar. waqt > : n. temps, moment, heure I ni sògòma ! : litt. « Toi et le matin » Nba : « Merci », utilisé exclusivement par des personnes masculines ! Nse : « Merci », utilisé exclusivement par les personnes féminines ! Nba/Nse servent à une salutation du type « I ni … » Hèrè sira wa ?, litt. « La paix a-t-elle passé la nuit ? », au sens de « As-tu passé la nuit en paix ? » Hèrè dòròn !, litt. « La paix seulement ! » Somògòw sira di ?, litt. « Comment la famille a-t-elle passé la nuit ? » Tòòrò tè u (= t’u) la !, litt. « Aucune souffrance n’est à elle ! »
2. Ka a ta midi waati la fo ka na se laasara waati ma : (2. Du midi vers 15 heures)
Mògò fòlò : I ni tile, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni tile, … ! Hèrè tilenna wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Ça va ?) Mògò fòlò : Hèrè ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw tilenna di ? (2e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : Tòòrò t’u la ! (1e personne : Merci, très bien !)
laasara < ar. al-‘asr > : n. 1. moment de la journée vers 15 heures ; 2. deuxième prière musulmane I ni tile !, litt. « Toi et la journée ! » Hèrè tilenna wa ?, litt. « Tu as passé une bonne journée ? » Somògòw tilenna di ?, litt. « Comment la famille a-t-elle passé la journée ? »
3. Ka a ta laasara waati la fo ka na se fitirida waati ma : (3. Du 15 heures au coucher du soleil)
Mògò fòlò : I ni wula, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni wula, …! Hèrè tilenna wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Ça va ?) Mògò fòlò : Hèrè dòròn ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw tilenna di ? (2e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : U tilenna hèrè la ! (1e personne : Merci, très bien !) Mògò filanan: Ala ka tile tò hèrè caya ! (2e personne : Bonne chance !) Mògò fòlò: Ko n bè somògòw fo ! (1e personne : Salue la famille !) Mògò filanan : U na a mèn ! (2e personne : Merci, je vais le dire !)
fitiri < ar. fitr >: n. 1. crépuscule (du soir) ; 2. troisième prière musulmane fitirida : n. moment de la journée entre 15 et 16 heures I ni wula !, litt. « Toi et l’après-midi ! » U tilenna hèrè la !, litt. « Ils ont passé la journée en paix ! » Ala ka tile tò hèrè caya !, litt. « Que Dieu fasse que le reste de la journée soit bonne ! » Ko n bè somògòw fo !, litt. « Que je salue les membres de la famille ! » U na a mèn !, litt. « Ils l’écouteront ! » (na = marque du futur)
4. Ka a ta fitirida waati la fo ka na se fajiri waati ma : (4. Du coucher du soleil au lendemain matin)
Mògò fòlò : I ni su, … ! (1e personne : Bonjour, … ! Mògò filanan : Nba/Nse, i ni su, … ! Hèrè tilenna wa ? (2e personne : Bonjour, … ! Ça va ?) Mògò fòlò : Hèrè dòròn ! (1e personne : Très bien !) Mògò filanan : Somògòw tilenna di ? (2e personne : Et la famille ?) Mògò fòlò : U tilenna hèrè la ! (1e personne : Au mieux, merci !) Mògò filanan : Ayiwa, k’an si ! (2e personne : Alors, bonne nuit !) Mògò fòlò : Amiina ! K’an kelen kelen wuli ! (1e personne : Amen ! Bonne nuit !) Mògò filanan : Amiina ! Ala ka su hèrè caya ! (2e personne : Amen ! Dors bien !) Mògò fòlò : Amiina ! Ka nyògònye nògòya ! (1e personne : Amen ! A bientôt !) Mògò filanan : Amiina ! (2e personne : Amen !)
I ni su !, litt. « Toi et le soir ! » K’an si !, litt. « Que nous passions la nuit ! » K’an kelen kelen wuli !, litt. « Que nous nous levions l’un après l’autre ! » (= tout est pour le mieux) Ala ka su hèrè caya !, litt. « Que Dieu fasse que la nuit soit bonne ! » Ka nyògònye nògòya !, litt. « Que nous nous rencontrions bientôt ! » Amiina ! < ar. aamiin >, « Ainsi soit-il ! / Amen ! » (réponse aux souhaits et bénédictions)
B. Autres salutations :
5. I ni ce ! « Salut ! »
I ni ci !, litt. « Toi et le travail ». Cette formule veut dire aussi « Merci ! » (pour une bonne action)
6. I ni fama ! « Salut, … pas vu depuis longtemps ! »
I ni fama !, litt. « Toi et l’absence »
7. I ni baara ! « Bonne continuation ! »
I ni baara !, litt. « Toi et le travail ! »
8. I ni gwa ! « Quel repas, merci ! »
I ni gwa !, litt. « Toi et la cuisine ! » pour remercier la femme qui a cuisiné, pour exprimer son appréciation gustative (mais manifester une telle reconnaissance n’est pas d’habitude appropriée lors du repas)
Beaucoup d’autres salutations selon le schéma I ni … ! (pour une seule personne) resp. A ni … ! (pour plusieurs personnes) sont envisageables et possibles, bien sûr toujours correspondantes à la situation du moment. Donc, soyez créatif – pas de panique ! – les Bambara vont bien comprendre !
9. Ka sira diya ! « Bon voyage ! »
(Ala) ka sira diya, litt. « Que Dieu fasse réussir la route ! »
10. Ka i nyuman se ! « Bon voyage ! »
K’a i nyuman se, litt. « Que tu arrives bien ! ».
11. Ala ka sugu diya ! « Bonne chance ! »
Ala ka sugu diya, litt. « Que Dieu fasse réussir votre marché ! » (adressé à un vendeur au marché)
12. Ala ka tile hèrè caya ! « Bonne journée ! / Salut ! »
Ala ka tile hèrè caya, litt. « Que Dieu fasse que la journée soit bonne ! »
13. Ala ka tile nyuman ban ! « Bonne journée ! / Salut ! »
Ala ka tile nyuman ban, litt. « Que Dieu fasse que la journée se termine bien ! »
14. Ala k’an tilen hèrè la ! « Bonne journée ! »
Ala k’an tilen hèrè la!, litt. « Que Dieu nous aide à passer la journée en paix ! »
15. K’an bèn ! « Au revoir ! »
K’an bèn, litt. « Qu’on se rencontre ! »
C’est la formule courante pour dire au revoir !!! Par des indications temporelles, on peut limiter le moment du prochain rencontre, p.ex. par sini « demain », sòòni « bientôt », tuma wèrè « sous peu » (litt. « moment prochain »), dògòkun nata / dògòkun wèrè « la semaine prochaine », kò fè « après, derrière », etc. …
16a. K’an bèn sini ! ou K’an sini ! « A demain ! » 16b. K’an bèn sòòni ou K’an sòòni ! « A bientôt ! » 16c. K’an bèn tuma wèrè ! « Au revoir ! A la prochaine ! » 16d. K’an bèn dògòkun nata ! « Au revoir ! A la semaine prochaine ! » 16e. K’an bèn kò fè ! « Au revoir ! A plus tard ! »
17. Aw bisimila ! « Soyez les bienvenus ! »
18. N b’i fo i ka wele la ! « Merci pour ton invitation ! »
19. I ni ce kosèbè i ka ladonni na ! « Merci beaucoup pour ton hospitalité ! »
C. Titres :
Les titres polis adressés aux adultes inconnus dérivent du lexème balima « frères et sœurs » …
20a. N balimakè ! « Monsieur ! » 20b. N balimamuso ! « Madame ! » 20c. N balimaw ! « Mesdames et Messieurs ! »
Si le jamu « nom de famille (patronyme) » est connu, on peut habituellement ajouter les spécificateurs indiquants le sexe, tels que -kè (masculin) et -muso (féminin) …
21a. Jabatèkè ! « Monsieur Diabaté ! » 21b. Jabatèmuso ! « Madame Diabaté ! » 21c. Jabatè ! « (Monsieur) Diabaté ! »
ou de manière bien plus formelle …
22a. N balimakè Kulubali ! « Monsieur Coulibaly ! » 22b. N balimamuso Kulubali ! « Madame Coulibaly ! »
Dans la société malienne, un respect particulier est dû toujours aux aînés. En gage de la courtoisie, on les appelle comme suit :
23a. Cèkòròba ! (adressé à un vieil homme) 23b. Musokòròba ! (adressé à une vieille femme)
Il est possible d’appeler qqn par son appartenance ethnique (au Mali) resp. à une quelconque nation en ajoutant les spécificateurs indiquant le sexe …
24a. Bosokè ! « Boso ! » 24b. Fulamuso ! « Femme peule ! » 24c. Kasònkakè ! « Khassonké ! » 24d. Kòròbòròmuso ! « Femme sonraï ! » 24e. Marakamuso ! « Femme soninké ! » 24f. Sènèfòkè ! « Sénoufo ! »
25a. Alimanikè ! « Allemand ! » 25b. Faransimuso ! « Française ! » 25c. Italikè ! « Italien ! » 25d. Kònòwarikè ! « Ivorien ! » 25e. Misiramuso ! « Egyptienne ! » 25f. Suwisimuso ! « Suisse ! »
Bonne lecture !
HYMNE NATIONAL DU MALI
« Rép. du Mali : Un peuple - Un but - Une foi (Mali jamana : jamaa kwòn - syen kwòn - nganiya kwòn) »
Dédié à un cher ami bozo, Mama Komani Nientao (Kouakourou, Cercle de Djenné), qui m’a hébergé magnifiquement dans sa cour lors de ma marche à pied le long du fleuve de Mopti à Koulikoro.
A l’origine de l'hymne national du Mali, se trouve la loi n° 62-72 du 9 août 1962, dont l’unique article stipule qu’« il est crée un hymne national de la République du Mali dont le texte intitulé LE MALI (Mali jamana) est annexé à la présente loi ». Son auteur est le grand écrivain malien, le Docteur Seydou Badian Kouyaté.
Les Bozo sont une population de pêcheurs caractéristique de la moyenne vallée du fleuve Niger, au Delta Central. Le terme de "bozo" (boso) est une désignation étrange (mot bambara), non utilisée par eux-mêmes : boso < bò-so "bambou-maison", à comprendre donc au figuré de "ceux qui habitent les maisons en bambou". Ceux-ci se désignent des termes de Sorogo, Tié, Xan/Hain, etc. Leur langue qui n’a jamais connu d’organisation politique centralisée, se présente de l’avis même de ses locuteurs comme un ensemble de parlers très diversifiés, entre lesquels il n’y a pas toujours intercompréhension. Il n’existe pas de variété véhiculaire du bozo, et d’une région à l’autre les Bozo utilisent comme lingua franca le bambara, le fulfuldé ou le sonraï.
Pour ce qui est des apparentements linguistiques, il est admis que le bozo appartient aux langues mandé-ouest (< soninké-samogo < soninké-bobo < soninké-bozo < bozo). La famille mandé-ouest elle-même fait partie d’un ensemble plus large, communément appelé ‘langues mandé’. Cette famille a été classée comme un des sous-groupes principaux de la meta-famille Niger-Congo. Selon la classification de la branche mandé-ouest (en haut), il est évident que le bozo présente une relation relativement étroite avec le soninké.
Comme je viens de le dire, le bozo est une langue à multiples variétés (dialectales) dont les plus importantes sont en allant sur le fleuve Niger de l’amont vers l’aval : 1. le hainyaxo ou kelinga, parlé de l’arrondissement de Dioro à celui de Ké-Macina, 2. le tieyaxo, parlé principalement de Koa à Miérou le long du fleuve Niger et de Diafarabé à Sendédaga sur le Diaka, 3. le sorogaama ou jènaama forme une chaîne dialectale qui couvre une aire géographique entre le Niger et le Bani (parlers pondori-sud et pondori-nord ), la région entre le Diaka et le Niger dans l’arrondissement de Sossobé (parler kotya ainsi que la région comprise entre Mopti et le lac Débo le long du fleuve Niger (parlers korondougou et débo ), et enfin 4. le tiema cèwè, parlé le long du fleuve entre Aka et Attara, surtout dans les villages de Enghem, Aka et Aoré. Sa zone est la plus petite parmi toutes les variétés citées.
En ce qui est la composition de tyeyaxo (tieyaxo), ce nom de langues est à analyser comme suit : tieyaxo < tie-ya-xo "tie-ABS-langue", donc la "langue du monde tié".
Aujourd’hui, le bozo compte parmi les langues nationales de la République du Mali …
a. Texte et traduction
Organisation du texte // 1 ère ligne : texte officiel en bozo-tieyaxo (en gras/italique), 2e ligne : morphèmes (en italique), 3e ligne : gloses, 4e ligne : traduction littérale (en guillemets), et 5e ligne : texte officiel de l’hymne en français.
Mali tòòxeni sele Mali – tòò-xe-ni – sele Mali – nom-appeler-CAUS – chant « Hymne de louange au Mali » Hymne national du Mali
(1 er couplet)
Mali na in xaan baari Mali – na – in – xaan – baari Mali – COND – LOG – voix – faire_sortir « Si le Mali hausse le ton » A ton appel Mali
In na be a jiidini in – na be – a – jiidi-ni 1p – FUT – 3s – augmenter-CAUS « nous allons l’aider à obtenir » Pour ta prospérité
A tègètaa i a – tègè-taa – i 3s – front-côté – PP « du progrès » Fidèle à ton destin
In syèn xa be bòlò kun in – syèn – xa be – bòlò – kun 1p – tous – FUT – autre – prendre « Nous tous allons nous saisir : » Nous serons tous unis :
Jamaankwòn, syennkwòn, nganiyankwòn jamaa-n-kwòn – syen-n-kwòn – nganiya-n-kwòn peuple-EPT-un – chemin-EPT-un – volonté-EPT-un « un! peuple - un! but - une! foi! » Un Peuple un But une Foi
Be Afiriki kabuni be – Afiriki – kabu-ni conj – Afrique – réunir-CAUS « pour réunir l’Afrique. » Pour une Afrique Unie.
Ye xònde na in muun baari ye – xònde – na – in – muun – baari si – ennemi – COND – LOG – nez – faire_sortir « Si l’ennemi fait sortir son nez » Si l’ennemi découvre son front
Xò i wala pèdè pa xò – i – wala – pèdè – pa intérieur – dans – ou – vaste_espace – PP « au dedans ou au dehors » Au dedans ou au dehors
Be in tòyi xaraaye pa be – in –tòyi – xaraa-ye – pa conj – 1p – savoir – étudier-PL – PP « pour nos études du savoir » Debout sur les remparts
In xa kale leebila te in – xa – kale – lee – bila – te 1p – INAC – mort – prendre – vie – PP « Nous prenons la mort pour la vie » Nous sommes résolus de mourir.
(Refrain)
Afiriki yee in kaxò Mali Afiriki – yee – in – ka-xò – Mali Afrique – et – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
In jònjòn gu wo xòròòya rò in – jònjòn – gu – wo – xòròò-ya - rò 1p – drapeau – DEF – dire – noble-ABST – FOC « Notre drapeau veut dire ‘Liberté’ » Notre drapeau sera liberté
Afiriki yee in kaxò Mali Afiriki – yee – in – ka-xò – Mali Afrique – et – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
In sòn gu wo kyèmè rò in – sòn – gu – wo – kyèmè – rò 1p – combat – DEF – dire – unité – FOC « Ce combat veut dire ‘Unité’. » Notre combat sera unité.
O Mali wayi kuu gu o – Mali – wayi – kuu – gu INT – Mali – aujourd’hui – jour – DEF « O, Mali d’aujourd’hui » O Mali d’aujourd’hui
O Mali nyyènu kuu gu o – Mali – nyyènu – kuu – gu INT – Mali – demain – jour – DEF « O, Mali de demain » O Mali de demain
Tye guye ng’e sindi fugila taare ! tye – gu-ye – nga – e – sindi – fugila – taare champ – DEF-PL – PFF – 3p – commencer – fleurir ?? – INTJ « Les champs ont commencé à rendre bien. » Les champs fleurissent d’espérance
Boojwòn guye sayi be muna tèn – tèn ! boo-jwòn – gu-ye – sayi – be – muna – tèn – tèn camarade-fils – DEF-PL – desirer – CONJ – décider – ID – ID « L’envie des jeunes décide tout à fait. » Les cœurs vibrent de confiance.
b. Vocabulaire bozo-tieyaxo :
Abréviations utilisées à la fois dans les gloses (en haut) et dans le vocabulaire : ?? = confus ; 3s/1p/3p = pronoms personnels de la 3e personne du singulier, de la 1ère et 3e personne du pluriel ; adv = adverbe ; ar = origine arabe ; CAUS = causatif ; COND = conditionnel ; CONJ/conj = conjonction ; DEF = article défini ; EPT = épenthèse ; FOC = focalisation ; FUT = futur immédiat ; ID = idéophone ; INAC = inaccompli ; INTJ = interjection ; litt = littéralement ; LOG = pronom logophorique ; n = nom(inal) ; num = numéral ; PFF = perfectif ; pi = pronom indéfini ; PP = postposition ; qu = quantificateur ; syn = synonyme ; vi/vt = verbe intransitif/transitif ; vrf = verbe réfléchi.
a : 3s Afiriki : n. Afrique baari : n. action de faire sortir ; vt. faire sortir be : conj. 1 (final) ; 2. (adverbial) pour bila : n. vie ; vi/vt. vivre boojwòn : n. jeunesse, les jeunes, jeune génération – boo : (variante de bòlò ??) – jwòn : n. fils, fille bòlò : n. camarade, compagnon, prochain ; pi. 1. autre (récriproque, collectif) e : 3p fugila : vi. fleurir, rendre bien ?? gu : DEF (singulier) – guye (< gu-ye) : DEF (pluriel) – -ye : (voir en bas) i : PP (local) dans, en in (1) : 1p (exclusif) in (2) : LOG jamaa < ar. dschamaa’a > : n. peuple jiidini (< jiidi-ni) : vt. accroître, multiplier – jiidi < ar. dschahada > : vi. augmenter, se multiplier, proliférer – -ni : (voir en bas) jònjòn : n. drapeau kabuni : vt. rassembler – kabu : n. réunion, société, association ; vi. s’associer, se réunir – -ni : (voir en bas) kale : n. mort ; vi. mourir kaxò (< ka-xò) : n. 1. famille ; 2. patrie ; litt. "maison du père" – ka : n. père – xò : (voir en bas) kun : vt. prendre, saisir kuu : n. jour kwòn : pi./num. un kyèmè : n. 1. association, réunion ; 2. unité ; vi. s’associer, s’unir lee : n. prise ; vt. prendre Mali : n. Mali muna : n. décision ; vt. décider muun : n. nez - n- : EPT na : COND na be : FUT (immédiat) ; syn. xa be - ni : CAUS nga : PFF nganiya : n. 1. volonté ; 2. foie ; 3. intention, résolution nyyèni : n. jour de demain ; adv. demain pa : PP (adessif, comitatif) par, contre, avec pèdè : n. grande place, vaste espace – pèdè pa : au dehors rò : FOC sayi : n. 1. joie, plaisir ; 2. action de parler ; vi. avoir de la joie, désirer sele : n. chant ; vi. chanter sindi : n. commencement ; vrf. commencer sòn : n. bataille, querelle, combat ; vi. se battre, se quereller syen : n. 1. départ ; 2. chemin, voie syèn : qu. tous taare : INTJ te : PP (récipient) à, avec, pour tègèta (< tègè-taa) : n. progrès – tègè : n. – taa : n. côté tèn : ID tieyaxo (< tie-ya-xo) : n. langue des Tié (langue bozo) – Tie : n. 1. groupe bozo de ce nom ; 2. bozo appartenant à ce groupe – -ya : (voir en bas) – xo : n. langue tòòxeni (< tòò-xe-ni) : n. louange ?? – tòò : n. nom – xe : vt. appeler – -ni : (voir en haut) tòyi : n. savoir, connaissance ; vi. savoir, connaître tyeye (< tye-ye) : n. champs – tye : n. champ – ye : (voir en bas) wala : conj. (disjonctif) ou wayi : n. jour présent ; adv. aujourd’hui wo : vi. dire, signifier xa : INAC xa be : (voir na be) xaan : n. voix xaraaye (< xaraa-ye) : n. études – xaraa : n. 1. lecture, étude ; vt. lire, étudier – ye : (voir en bas) xò : n. 1. maison ; 2. intérieur xònde : n. ennemi xòròòya (< xòròò-ya) : n. noblesse, liberté, authenticité – xòròò : n. 1. noble ; 2. homme libre (opposé à l’esclave : gongo) – -ya : ABST ye : conj. (conditionnel) au cas où, si - ye : PL yee : conj. (coordinatif) et
VIVE LE MALI !!! VIVE LES BOZO !!!
H.
« Rép. du Mali : Un peuple - Un but - Une foi (Mali jamana : jamaa kwòn - syen kwòn - nganiya kwòn) »
Dédié à un cher ami bozo, Mama Komani Nientao (Kouakourou, Cercle de Djenné), qui m’a hébergé magnifiquement dans sa cour lors de ma marche à pied le long du fleuve de Mopti à Koulikoro.
A l’origine de l'hymne national du Mali, se trouve la loi n° 62-72 du 9 août 1962, dont l’unique article stipule qu’« il est crée un hymne national de la République du Mali dont le texte intitulé LE MALI (Mali jamana) est annexé à la présente loi ». Son auteur est le grand écrivain malien, le Docteur Seydou Badian Kouyaté.
Les Bozo sont une population de pêcheurs caractéristique de la moyenne vallée du fleuve Niger, au Delta Central. Le terme de "bozo" (boso) est une désignation étrange (mot bambara), non utilisée par eux-mêmes : boso < bò-so "bambou-maison", à comprendre donc au figuré de "ceux qui habitent les maisons en bambou". Ceux-ci se désignent des termes de Sorogo, Tié, Xan/Hain, etc. Leur langue qui n’a jamais connu d’organisation politique centralisée, se présente de l’avis même de ses locuteurs comme un ensemble de parlers très diversifiés, entre lesquels il n’y a pas toujours intercompréhension. Il n’existe pas de variété véhiculaire du bozo, et d’une région à l’autre les Bozo utilisent comme lingua franca le bambara, le fulfuldé ou le sonraï.
Pour ce qui est des apparentements linguistiques, il est admis que le bozo appartient aux langues mandé-ouest (< soninké-samogo < soninké-bobo < soninké-bozo < bozo). La famille mandé-ouest elle-même fait partie d’un ensemble plus large, communément appelé ‘langues mandé’. Cette famille a été classée comme un des sous-groupes principaux de la meta-famille Niger-Congo. Selon la classification de la branche mandé-ouest (en haut), il est évident que le bozo présente une relation relativement étroite avec le soninké.
Comme je viens de le dire, le bozo est une langue à multiples variétés (dialectales) dont les plus importantes sont en allant sur le fleuve Niger de l’amont vers l’aval : 1. le hainyaxo ou kelinga, parlé de l’arrondissement de Dioro à celui de Ké-Macina, 2. le tieyaxo, parlé principalement de Koa à Miérou le long du fleuve Niger et de Diafarabé à Sendédaga sur le Diaka, 3. le sorogaama ou jènaama forme une chaîne dialectale qui couvre une aire géographique entre le Niger et le Bani (parlers pondori-sud et pondori-nord ), la région entre le Diaka et le Niger dans l’arrondissement de Sossobé (parler kotya ainsi que la région comprise entre Mopti et le lac Débo le long du fleuve Niger (parlers korondougou et débo ), et enfin 4. le tiema cèwè, parlé le long du fleuve entre Aka et Attara, surtout dans les villages de Enghem, Aka et Aoré. Sa zone est la plus petite parmi toutes les variétés citées.
En ce qui est la composition de tyeyaxo (tieyaxo), ce nom de langues est à analyser comme suit : tieyaxo < tie-ya-xo "tie-ABS-langue", donc la "langue du monde tié".
Aujourd’hui, le bozo compte parmi les langues nationales de la République du Mali …
a. Texte et traduction
Organisation du texte // 1 ère ligne : texte officiel en bozo-tieyaxo (en gras/italique), 2e ligne : morphèmes (en italique), 3e ligne : gloses, 4e ligne : traduction littérale (en guillemets), et 5e ligne : texte officiel de l’hymne en français.
Mali tòòxeni sele Mali – tòò-xe-ni – sele Mali – nom-appeler-CAUS – chant « Hymne de louange au Mali » Hymne national du Mali
(1 er couplet)
Mali na in xaan baari Mali – na – in – xaan – baari Mali – COND – LOG – voix – faire_sortir « Si le Mali hausse le ton » A ton appel Mali
In na be a jiidini in – na be – a – jiidi-ni 1p – FUT – 3s – augmenter-CAUS « nous allons l’aider à obtenir » Pour ta prospérité
A tègètaa i a – tègè-taa – i 3s – front-côté – PP « du progrès » Fidèle à ton destin
In syèn xa be bòlò kun in – syèn – xa be – bòlò – kun 1p – tous – FUT – autre – prendre « Nous tous allons nous saisir : » Nous serons tous unis :
Jamaankwòn, syennkwòn, nganiyankwòn jamaa-n-kwòn – syen-n-kwòn – nganiya-n-kwòn peuple-EPT-un – chemin-EPT-un – volonté-EPT-un « un! peuple - un! but - une! foi! » Un Peuple un But une Foi
Be Afiriki kabuni be – Afiriki – kabu-ni conj – Afrique – réunir-CAUS « pour réunir l’Afrique. » Pour une Afrique Unie.
Ye xònde na in muun baari ye – xònde – na – in – muun – baari si – ennemi – COND – LOG – nez – faire_sortir « Si l’ennemi fait sortir son nez » Si l’ennemi découvre son front
Xò i wala pèdè pa xò – i – wala – pèdè – pa intérieur – dans – ou – vaste_espace – PP « au dedans ou au dehors » Au dedans ou au dehors
Be in tòyi xaraaye pa be – in –tòyi – xaraa-ye – pa conj – 1p – savoir – étudier-PL – PP « pour nos études du savoir » Debout sur les remparts
In xa kale leebila te in – xa – kale – lee – bila – te 1p – INAC – mort – prendre – vie – PP « Nous prenons la mort pour la vie » Nous sommes résolus de mourir.
(Refrain)
Afiriki yee in kaxò Mali Afiriki – yee – in – ka-xò – Mali Afrique – et – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
In jònjòn gu wo xòròòya rò in – jònjòn – gu – wo – xòròò-ya - rò 1p – drapeau – DEF – dire – noble-ABST – FOC « Notre drapeau veut dire ‘Liberté’ » Notre drapeau sera liberté
Afiriki yee in kaxò Mali Afiriki – yee – in – ka-xò – Mali Afrique – et – 1p – père-maison – Mali « L’Afrique et notre patrie, le Mali » Pour l’Afrique et pour toi Mali
In sòn gu wo kyèmè rò in – sòn – gu – wo – kyèmè – rò 1p – combat – DEF – dire – unité – FOC « Ce combat veut dire ‘Unité’. » Notre combat sera unité.
O Mali wayi kuu gu o – Mali – wayi – kuu – gu INT – Mali – aujourd’hui – jour – DEF « O, Mali d’aujourd’hui » O Mali d’aujourd’hui
O Mali nyyènu kuu gu o – Mali – nyyènu – kuu – gu INT – Mali – demain – jour – DEF « O, Mali de demain » O Mali de demain
Tye guye ng’e sindi fugila taare ! tye – gu-ye – nga – e – sindi – fugila – taare champ – DEF-PL – PFF – 3p – commencer – fleurir ?? – INTJ « Les champs ont commencé à rendre bien. » Les champs fleurissent d’espérance
Boojwòn guye sayi be muna tèn – tèn ! boo-jwòn – gu-ye – sayi – be – muna – tèn – tèn camarade-fils – DEF-PL – desirer – CONJ – décider – ID – ID « L’envie des jeunes décide tout à fait. » Les cœurs vibrent de confiance.
b. Vocabulaire bozo-tieyaxo :
Abréviations utilisées à la fois dans les gloses (en haut) et dans le vocabulaire : ?? = confus ; 3s/1p/3p = pronoms personnels de la 3e personne du singulier, de la 1ère et 3e personne du pluriel ; adv = adverbe ; ar = origine arabe ; CAUS = causatif ; COND = conditionnel ; CONJ/conj = conjonction ; DEF = article défini ; EPT = épenthèse ; FOC = focalisation ; FUT = futur immédiat ; ID = idéophone ; INAC = inaccompli ; INTJ = interjection ; litt = littéralement ; LOG = pronom logophorique ; n = nom(inal) ; num = numéral ; PFF = perfectif ; pi = pronom indéfini ; PP = postposition ; qu = quantificateur ; syn = synonyme ; vi/vt = verbe intransitif/transitif ; vrf = verbe réfléchi.
a : 3s Afiriki : n. Afrique baari : n. action de faire sortir ; vt. faire sortir be : conj. 1 (final) ; 2. (adverbial) pour bila : n. vie ; vi/vt. vivre boojwòn : n. jeunesse, les jeunes, jeune génération – boo : (variante de bòlò ??) – jwòn : n. fils, fille bòlò : n. camarade, compagnon, prochain ; pi. 1. autre (récriproque, collectif) e : 3p fugila : vi. fleurir, rendre bien ?? gu : DEF (singulier) – guye (< gu-ye) : DEF (pluriel) – -ye : (voir en bas) i : PP (local) dans, en in (1) : 1p (exclusif) in (2) : LOG jamaa < ar. dschamaa’a > : n. peuple jiidini (< jiidi-ni) : vt. accroître, multiplier – jiidi < ar. dschahada > : vi. augmenter, se multiplier, proliférer – -ni : (voir en bas) jònjòn : n. drapeau kabuni : vt. rassembler – kabu : n. réunion, société, association ; vi. s’associer, se réunir – -ni : (voir en bas) kale : n. mort ; vi. mourir kaxò (< ka-xò) : n. 1. famille ; 2. patrie ; litt. "maison du père" – ka : n. père – xò : (voir en bas) kun : vt. prendre, saisir kuu : n. jour kwòn : pi./num. un kyèmè : n. 1. association, réunion ; 2. unité ; vi. s’associer, s’unir lee : n. prise ; vt. prendre Mali : n. Mali muna : n. décision ; vt. décider muun : n. nez - n- : EPT na : COND na be : FUT (immédiat) ; syn. xa be - ni : CAUS nga : PFF nganiya : n. 1. volonté ; 2. foie ; 3. intention, résolution nyyèni : n. jour de demain ; adv. demain pa : PP (adessif, comitatif) par, contre, avec pèdè : n. grande place, vaste espace – pèdè pa : au dehors rò : FOC sayi : n. 1. joie, plaisir ; 2. action de parler ; vi. avoir de la joie, désirer sele : n. chant ; vi. chanter sindi : n. commencement ; vrf. commencer sòn : n. bataille, querelle, combat ; vi. se battre, se quereller syen : n. 1. départ ; 2. chemin, voie syèn : qu. tous taare : INTJ te : PP (récipient) à, avec, pour tègèta (< tègè-taa) : n. progrès – tègè : n. – taa : n. côté tèn : ID tieyaxo (< tie-ya-xo) : n. langue des Tié (langue bozo) – Tie : n. 1. groupe bozo de ce nom ; 2. bozo appartenant à ce groupe – -ya : (voir en bas) – xo : n. langue tòòxeni (< tòò-xe-ni) : n. louange ?? – tòò : n. nom – xe : vt. appeler – -ni : (voir en haut) tòyi : n. savoir, connaissance ; vi. savoir, connaître tyeye (< tye-ye) : n. champs – tye : n. champ – ye : (voir en bas) wala : conj. (disjonctif) ou wayi : n. jour présent ; adv. aujourd’hui wo : vi. dire, signifier xa : INAC xa be : (voir na be) xaan : n. voix xaraaye (< xaraa-ye) : n. études – xaraa : n. 1. lecture, étude ; vt. lire, étudier – ye : (voir en bas) xò : n. 1. maison ; 2. intérieur xònde : n. ennemi xòròòya (< xòròò-ya) : n. noblesse, liberté, authenticité – xòròò : n. 1. noble ; 2. homme libre (opposé à l’esclave : gongo) – -ya : ABST ye : conj. (conditionnel) au cas où, si - ye : PL yee : conj. (coordinatif) et
VIVE LE MALI !!! VIVE LES BOZO !!!
H.
Bonjour à tous !
Je suis étudiante d'origine malienne. Je pars quatre moisau Mali en février prochain.
J'aimerais apprndre le bambara. Pouvez-vous m'aider ? Y a t-il un malien qui accepterait
de m'apprendre gratuitement via mail ?ou alors pas trop cher ?
Merci d'avance
Mali bè dumuni na …
Le Mali mange …
– bamanankan na (en bambara) :
Mali la, dumuni bè kè tile kònò sinyè saba. Nka, o se tè Maliden caman ye. Mògò minw bè dumuni kè sinyè kelen dòròn tile kònò, olu de ka ca. Fana saba minw bè dun tile kònò, olu tògò ye : daraka, tileròfana ani suròfana. Dumuni fòlò bè wele daraka ; o bè kè sògòma fè. Dumuni filanan, n’o ye tileròfana, o bè dun tilegan de fè. Tile dumuni sabanan bè kè ni fitiri kòfè. O bè wele suròfana.
Komin mògòw ka sòrò tè kelen ye, u ka dumuni kèta fana tè se ka kè kelen ye. Sègènbaatòw ka daraka ye seri jè wala tosira ye. Se dòònin bè mògò minw ye, olu bè mòni wala seri min, nka sukaro, nònò kumu ni fèènè bè kè olu ta la. Dòw bè sagasen wala misisen ni ngòmi wala furufuru de dun daraka la. Nbuuru de ka di tubabulamògòw ye. Sògòma joona fè, olu b’u ka baarakèden ye. Sògòma joona fè, olu b’u ka baaraden bila ka taa nbuuru kalanman san. Olu bè nbuuru cèci, ka nare k’a la, k’a dun. N’o man di mògò minw ye, olu bè shèfan jiran, k’o ni nbuuru dun. U bè tila ka dite wala kafe min o kan. Denmisènw bè nbuuru de tigètigè, k’o kè nònò goniman na, k’o dun.
Mali la, kini de bè kè mògò caman ka tileròfana ye. Midi waati kònò, Bamakò faama n’a sègènbaatòw bèe bè kini de dun. Nka, naw de b’u ka dumuniw bò nyògòn na. Faamaw ka na tobilen bè a sòrò o falen be sogo wala jègè kènè ni nakòfènw na. K’a sòrò, sègènbaatòw ka na tobilen tè foyi wèrè ni sogo piripara, furu wala jègè jalen tè. Olu bè mèèn k’a sòrò u ma sogo nyuman da u nèn kan.
Tileròfana dumunen kò, mògò caman bè dite wuli, k’o min : dite in bè wuli sinyè saba. A wuliko fòlò ka kuna iko jalaji, filanan ka timi dòònin, sabanan kòni ye sukaroji yèrèyèrè de ye. O de kosòn, a bè fò Mali la ko dite wuliko fòlò ye cèw ta ye, filanan ye musow ta ye, sabanan ye denmisènw ta ye. Mali la, ni barokèlaw man kan ka taa so k’a sòrò u man dite wuliko sabanan min.
Su fè, dubakònòmògò caman bè to ni ganna, wala basi ni nyuguna de dun. Nka, tubabulamògòw ni waritigiw bè se ka salati ni sogo jeninen, wala shè jirannen ni komitèrè kè suròfana ye. Mògò wèrè bè ku wala woso balabala, k’o ni salati dun.
Maliden caman b’u sigi bilèli kan, dugu ma, ka dumuni kè u bolo la. Kini ni na bè kè tasaw de kònò, k’u sigi. Ni dumuni sigira, mògò min ka kòrò ni bèè ye, o de bè na kè kini kan. Ale fòlò de b’a tègè bila dumuni na fana. Denmisènw bè kinitasa da minè. Olu man kan ka baro kè dumuni kun na fana. Tubabulamògòw bè dumuni kè tabali de la. Olu bè dumuni k’u kun asèti de kònò. U ka dumunikèminènw ye furusèti, muru ni kutu de ye.
Mali la, musow de bè tobili kè. Olu de bè dumuni sigi, ka dumunikèminènw cè fana. Cèw man kan ka don gabugu kònò yèrè.
– en français (tubabukan na) :
Au Mali, on mange trois fois par jour. Mais beaucoup de Maliens n’en ont pas les moyens. Ceux qui ne mangent qu’une seule fois par jour sont nombreux. Les trois repas s’appellent : petit déjeuner, déjeuner et dîner. Le premier repas s’appelle petit déjeuner, pris le bon matin. Le déjeuner, qui est le deuxième repas, se prend entre midi et 14 heures. Le troisième repas de la journée se prend après le crépuscule. Il se dit dîner.
Puisque les Maliens ne gagnent pas la même chose, les repas aussi ne peuvent pas être les mêmes. Le petit déjeuner des pauvres est une bouillie simple ou du tô de la veille. Les gens qui ont un peu de moyens, boivent de la bouillie à grumeaux ou de la bouillie, mais la rehausse avec du sucre, du lait caillié ou avec de la crème de lait. Autres mangent au petit déjeuner des pattes de mouton ou de bœuf avec des galettes ou des petites galettes cuites avec beaucoup d’huile. Mais c’est le pain que les Occidentalisés aiment. De bon matin, leur serviteur est envoyé acheter du pain chaud. Ensuite les gens prennent du thé ou du café. Les enfants découpent le pain en petits merceaux, le trempent dans du lait chaud et le mangent.
Au Mali, c’est le riz qui sert de déjeuner à beaucoup de personnes. Autour de midi, les fortunés et les pauvres de Bamako mangent tous du riz. Mais ce sont les sauces qui différencient ces repas. La sauce cuite pour les fortunés est pleine de viande ou de poisson frais avec des légumes. Cependant, la sauce des pauvres ne se compose que de la viande de nulle valeur, de la panse et du poisson séché. Ils restent longtemps sans manger de la bonne viande.
Après le repas de midi, beaucoup de personnes font du thé et le boivent : on le fait cuire trois fois. La première infusion est amère comme du jus d’acacia, la deuxième est un peu sucrée, en ce qui est la troisième, c’est de la vraie eau sucrée. C’est la raison pour laquelle on dit au Mali que la première infusion « thé » est pour les hommes, la deuxième pour les femmes et la troisième pour les enfants. Quand on reçoit des visiteurs au Mali, on peut faire du thé pour eux. Mais ils ne doivent plus quitter la maison tant qu’ils n’ont pas bu la troisième infusion.
La nuit, les gens des grandes familles mangent du tô avec une sauce-gombo ou du couscous avec une sauce de feuilles. Mais les familles occidentalisées et les riches mangent au dîner de la viande grillée au feu de bois et de la salade, ou du poulet frit avec de la pomme de terre. D’autres font cuire de l’igname ou de la patate et les mangent avec de la salade.
Beaucoup de Maliens s’asseyent sur une natte par terre et mangent à la main. On sert le riz et la sauce dans des terrines. En servant le repas, c’est la personne la plus âgée qui met la sauce sur le riz. De surcroît, elle est la première qui met la main dans le plat. Les enfants doivent tenir le rebord de la terrine. Ils ne doivent pas s’entretenir aussi pendant les repas. Les Maliens occidentalisés mangent à table. Eux se servent dans des assiettes. Comme couvert, ils ont des fourchettes, des couteaux et des cuillers.
Au Mali, ce sont les femmes qui font la cuisine, qui servent le repas, et qui ramassent les plats. Les hommes ne doivent même pas entrer dans la cuisine ....
+++++++++++++++++++++
Ka sèbènkalan nisòndiya ! Bonne lecture !
– bamanankan na (en bambara) :
Mali la, dumuni bè kè tile kònò sinyè saba. Nka, o se tè Maliden caman ye. Mògò minw bè dumuni kè sinyè kelen dòròn tile kònò, olu de ka ca. Fana saba minw bè dun tile kònò, olu tògò ye : daraka, tileròfana ani suròfana. Dumuni fòlò bè wele daraka ; o bè kè sògòma fè. Dumuni filanan, n’o ye tileròfana, o bè dun tilegan de fè. Tile dumuni sabanan bè kè ni fitiri kòfè. O bè wele suròfana.
Komin mògòw ka sòrò tè kelen ye, u ka dumuni kèta fana tè se ka kè kelen ye. Sègènbaatòw ka daraka ye seri jè wala tosira ye. Se dòònin bè mògò minw ye, olu bè mòni wala seri min, nka sukaro, nònò kumu ni fèènè bè kè olu ta la. Dòw bè sagasen wala misisen ni ngòmi wala furufuru de dun daraka la. Nbuuru de ka di tubabulamògòw ye. Sògòma joona fè, olu b’u ka baarakèden ye. Sògòma joona fè, olu b’u ka baaraden bila ka taa nbuuru kalanman san. Olu bè nbuuru cèci, ka nare k’a la, k’a dun. N’o man di mògò minw ye, olu bè shèfan jiran, k’o ni nbuuru dun. U bè tila ka dite wala kafe min o kan. Denmisènw bè nbuuru de tigètigè, k’o kè nònò goniman na, k’o dun.
Mali la, kini de bè kè mògò caman ka tileròfana ye. Midi waati kònò, Bamakò faama n’a sègènbaatòw bèe bè kini de dun. Nka, naw de b’u ka dumuniw bò nyògòn na. Faamaw ka na tobilen bè a sòrò o falen be sogo wala jègè kènè ni nakòfènw na. K’a sòrò, sègènbaatòw ka na tobilen tè foyi wèrè ni sogo piripara, furu wala jègè jalen tè. Olu bè mèèn k’a sòrò u ma sogo nyuman da u nèn kan.
Tileròfana dumunen kò, mògò caman bè dite wuli, k’o min : dite in bè wuli sinyè saba. A wuliko fòlò ka kuna iko jalaji, filanan ka timi dòònin, sabanan kòni ye sukaroji yèrèyèrè de ye. O de kosòn, a bè fò Mali la ko dite wuliko fòlò ye cèw ta ye, filanan ye musow ta ye, sabanan ye denmisènw ta ye. Mali la, ni barokèlaw man kan ka taa so k’a sòrò u man dite wuliko sabanan min.
Su fè, dubakònòmògò caman bè to ni ganna, wala basi ni nyuguna de dun. Nka, tubabulamògòw ni waritigiw bè se ka salati ni sogo jeninen, wala shè jirannen ni komitèrè kè suròfana ye. Mògò wèrè bè ku wala woso balabala, k’o ni salati dun.
Maliden caman b’u sigi bilèli kan, dugu ma, ka dumuni kè u bolo la. Kini ni na bè kè tasaw de kònò, k’u sigi. Ni dumuni sigira, mògò min ka kòrò ni bèè ye, o de bè na kè kini kan. Ale fòlò de b’a tègè bila dumuni na fana. Denmisènw bè kinitasa da minè. Olu man kan ka baro kè dumuni kun na fana. Tubabulamògòw bè dumuni kè tabali de la. Olu bè dumuni k’u kun asèti de kònò. U ka dumunikèminènw ye furusèti, muru ni kutu de ye.
Mali la, musow de bè tobili kè. Olu de bè dumuni sigi, ka dumunikèminènw cè fana. Cèw man kan ka don gabugu kònò yèrè.
– en français (tubabukan na) :
Au Mali, on mange trois fois par jour. Mais beaucoup de Maliens n’en ont pas les moyens. Ceux qui ne mangent qu’une seule fois par jour sont nombreux. Les trois repas s’appellent : petit déjeuner, déjeuner et dîner. Le premier repas s’appelle petit déjeuner, pris le bon matin. Le déjeuner, qui est le deuxième repas, se prend entre midi et 14 heures. Le troisième repas de la journée se prend après le crépuscule. Il se dit dîner.
Puisque les Maliens ne gagnent pas la même chose, les repas aussi ne peuvent pas être les mêmes. Le petit déjeuner des pauvres est une bouillie simple ou du tô de la veille. Les gens qui ont un peu de moyens, boivent de la bouillie à grumeaux ou de la bouillie, mais la rehausse avec du sucre, du lait caillié ou avec de la crème de lait. Autres mangent au petit déjeuner des pattes de mouton ou de bœuf avec des galettes ou des petites galettes cuites avec beaucoup d’huile. Mais c’est le pain que les Occidentalisés aiment. De bon matin, leur serviteur est envoyé acheter du pain chaud. Ensuite les gens prennent du thé ou du café. Les enfants découpent le pain en petits merceaux, le trempent dans du lait chaud et le mangent.
Au Mali, c’est le riz qui sert de déjeuner à beaucoup de personnes. Autour de midi, les fortunés et les pauvres de Bamako mangent tous du riz. Mais ce sont les sauces qui différencient ces repas. La sauce cuite pour les fortunés est pleine de viande ou de poisson frais avec des légumes. Cependant, la sauce des pauvres ne se compose que de la viande de nulle valeur, de la panse et du poisson séché. Ils restent longtemps sans manger de la bonne viande.
Après le repas de midi, beaucoup de personnes font du thé et le boivent : on le fait cuire trois fois. La première infusion est amère comme du jus d’acacia, la deuxième est un peu sucrée, en ce qui est la troisième, c’est de la vraie eau sucrée. C’est la raison pour laquelle on dit au Mali que la première infusion « thé » est pour les hommes, la deuxième pour les femmes et la troisième pour les enfants. Quand on reçoit des visiteurs au Mali, on peut faire du thé pour eux. Mais ils ne doivent plus quitter la maison tant qu’ils n’ont pas bu la troisième infusion.
La nuit, les gens des grandes familles mangent du tô avec une sauce-gombo ou du couscous avec une sauce de feuilles. Mais les familles occidentalisées et les riches mangent au dîner de la viande grillée au feu de bois et de la salade, ou du poulet frit avec de la pomme de terre. D’autres font cuire de l’igname ou de la patate et les mangent avec de la salade.
Beaucoup de Maliens s’asseyent sur une natte par terre et mangent à la main. On sert le riz et la sauce dans des terrines. En servant le repas, c’est la personne la plus âgée qui met la sauce sur le riz. De surcroît, elle est la première qui met la main dans le plat. Les enfants doivent tenir le rebord de la terrine. Ils ne doivent pas s’entretenir aussi pendant les repas. Les Maliens occidentalisés mangent à table. Eux se servent dans des assiettes. Comme couvert, ils ont des fourchettes, des couteaux et des cuillers.
Au Mali, ce sont les femmes qui font la cuisine, qui servent le repas, et qui ramassent les plats. Les hommes ne doivent même pas entrer dans la cuisine ....
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Ka sèbènkalan nisòndiya ! Bonne lecture !
Voila j'aimerais savoir comment dit on en bambara (langue parlé au mali): "Mademoiselle tu es belle".
Merci d'avance.
Jpass le bac bambara dans 1 semaine et j'ai besoin d' aide pour d traduction " mun b'a jira ko maana in ye nsiirin ye " et " nsiirin in koro ye mun ye" MERCI
Bonjour,
je suis très désolé de ne pas avoir répondu à temps à plusieures personnes me demandant de traduire "Joyeux Noël et Bonne Année !" en langue bambara. Entre le 23 et le 28, je n’étais pas sur le forum. Donc, il me reste de présenter la traduction des souhaits pour l’année à venir ...
Il y a bien sûr un choix varié de formules pour les présenter. Moi, je dirais en tous les cas ...
Ala ka san kura kè hèrè san ye ! "Que Dieu fasse que la nouvelle année soit une année de paix !"
... on peut dire aussi (très formel !) :
I ni san kura ! (à une seule personne) A ni san kura ! (à plusieurs personnes) "Bonne année ! (litt. "toi/vous et la nouvelle année !")"
... ou aussi :
Ka san kura ta k‘i kènè nyè na ! "Que la nouvelle année te trouve en bonne santé !"
Ala ka san wèrè jira an na ! "Que Dieu nous montre encore une année !"
+ + + + + + + + + + +
BONNE ANNÉE à Anàssa, Assigué, Atoll, Brunlatino, Caimanmali, Choucarde, Eliade, HJ61, KelEssuf, Kola, Ladyroz, LaPirogue aka Kurun, LePiaf, Maitairoa, Nemo1001, Rythmenomade, SeniorCH, Sistacarol, Songhai73, Tatra et Zitoune !!! Que la nouvelle année soit une très bonne année pour VOUS tous !!!
hgb
je suis très désolé de ne pas avoir répondu à temps à plusieures personnes me demandant de traduire "Joyeux Noël et Bonne Année !" en langue bambara. Entre le 23 et le 28, je n’étais pas sur le forum. Donc, il me reste de présenter la traduction des souhaits pour l’année à venir ...
Il y a bien sûr un choix varié de formules pour les présenter. Moi, je dirais en tous les cas ...
Ala ka san kura kè hèrè san ye ! "Que Dieu fasse que la nouvelle année soit une année de paix !"
... on peut dire aussi (très formel !) :
I ni san kura ! (à une seule personne) A ni san kura ! (à plusieurs personnes) "Bonne année ! (litt. "toi/vous et la nouvelle année !")"
... ou aussi :
Ka san kura ta k‘i kènè nyè na ! "Que la nouvelle année te trouve en bonne santé !"
Ala ka san wèrè jira an na ! "Que Dieu nous montre encore une année !"
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BONNE ANNÉE à Anàssa, Assigué, Atoll, Brunlatino, Caimanmali, Choucarde, Eliade, HJ61, KelEssuf, Kola, Ladyroz, LaPirogue aka Kurun, LePiaf, Maitairoa, Nemo1001, Rythmenomade, SeniorCH, Sistacarol, Songhai73, Tatra et Zitoune !!! Que la nouvelle année soit une très bonne année pour VOUS tous !!!
hgb
Bonjour,
je part pour le mali au mois de février prochain pour un séjour de trois mois où je vais vivre dans un petit village dans la région de Mopti. Avant de partir j'aimerais bien être apprendre un peu le bozo (c'est la langue parlé dans mon village) mais je ne trouve aucun dictionnaire ou lexique sur internet. Est-ce que quelqu'un aurais par hasard ce genre d'ouvrage?
merci pour votre aide!
Lunik
je part pour le mali au mois de février prochain pour un séjour de trois mois où je vais vivre dans un petit village dans la région de Mopti. Avant de partir j'aimerais bien être apprendre un peu le bozo (c'est la langue parlé dans mon village) mais je ne trouve aucun dictionnaire ou lexique sur internet. Est-ce que quelqu'un aurais par hasard ce genre d'ouvrage?
merci pour votre aide!
Lunik
Je lis Le Lieutenant de Kouta par un écrivain malien, Massa Makan Diabaté, et une phrase me confonds. (Excusez-moi, c'est un peu obscène). Le lieutenant menace un voleur orphelin. L'orphelin dit qu'il ne veux pas le lieutenant le fouetter. Le lieutenant bondit et dit: "Tu as mal à l'anus, et il faut que tu défèques." Est-ce idiomatique? Je ne peux pas comprendre le sens. Merci beaucoup!
Bonjour à tous!
Je suis métisse. J'essaie d'apprendre le bambara pour essayer de communiquer avec ma famille au Mali. J'ai quelques difficultés surtout pour la prononciation.
Voilà j'ai écrit un petit texte. Est ce quelqu'un pourrait me le corriger et m'indiquer la prononciation pour les mots que l'on ne prononce pas comme en français.
Merci d'avance
" I ni sogoma I ka kéné ? Né Maïté Sanogo don. Né bila a da la né bamana dege. "
Aussi j'ai une question, qu'est ce que l'on répond à i ka kéné ?
" I ni sogoma I ka kéné ? Né Maïté Sanogo don. Né bila a da la né bamana dege. "
Aussi j'ai une question, qu'est ce que l'on répond à i ka kéné ?
Bonjour, j'aimerais avoir une petite traduction en malien le plus rapidement possible svp.
Message: Désolée pour tout Niaki tu sais que je tiens beaucoup à toi et que je ne veux pas te perdre à cause de mes sauts d'humeurs. Notre relation me convient comme elle ait même si j'aimerais que l'on partage plus de chose ensemble. Pardonne-moi. Je t'embrasse.
Merci d'avance à celle ou celui qui me répondra.
Message: Désolée pour tout Niaki tu sais que je tiens beaucoup à toi et que je ne veux pas te perdre à cause de mes sauts d'humeurs. Notre relation me convient comme elle ait même si j'aimerais que l'on partage plus de chose ensemble. Pardonne-moi. Je t'embrasse.
Merci d'avance à celle ou celui qui me répondra.
Bonjour,
Quelqu'un pourrait il me confirmer que le mot Horonya en Bambara veut bien dire Liberté!
Si non quel est le mot qui convient??
Merci d'avance
Yvette
Quelqu'un pourrait il me confirmer que le mot Horonya en Bambara veut bien dire Liberté!
Si non quel est le mot qui convient??
Merci d'avance
Yvette
Bonjour à tous,
Quelqu'un pourrait-il me dire ce que signifie "machegoidi" en malien ? Il s'agit en effet du titre d'un morceau du dernier album d'Ali Farka Touré .. Un grand merci ! 🙂
Quelqu'un pourrait-il me dire ce que signifie "machegoidi" en malien ? Il s'agit en effet du titre d'un morceau du dernier album d'Ali Farka Touré .. Un grand merci ! 🙂
Je vais régulièrement au Mali et je souhaiterais étudier le tifinagh de la région de Kidal afin de pouvoir prendre note des contes et des chants traditionnels.
J'ai déjà l'alphabet et quelques mots de vocabulaire, mais cela ne suffit pas pour retranscrire et traduire ce que j'ai déjà reçus comme documents.
Pourriez-vous me donner des infos ?
Je souhaite savoir comment écrire en bambara
N'entretiens pas l'espoir de ce qui ne peut être espéré
Merci de me répondre A bientôt de vous lire
N'entretiens pas l'espoir de ce qui ne peut être espéré
Merci de me répondre A bientôt de vous lire
Bonjour à tous,
je souhaite apprendre le Bambara, une des langues parlées au Mali mais je ne sais pas si cela est difficile, si il existe des cours par correspondance, des bouquins+dvd, ...où à tout hazard si quelqu'un parlant le bambara habite dans le 71 se serait le pied!
Merci.
Karine
je souhaite apprendre le Bambara, une des langues parlées au Mali mais je ne sais pas si cela est difficile, si il existe des cours par correspondance, des bouquins+dvd, ...où à tout hazard si quelqu'un parlant le bambara habite dans le 71 se serait le pied!
Merci.
Karine
Bonjour. Je crois que l'essentiel est dans le titre du sujet, je voudrais savoir ce que signifie le terme " M'Bife " appartenant vraisemblablement à une langue d'Afrique ( Laquelle ?). Merci
Bonjour à tous,
Quelqu'un pourrait-il m'aider à (re)traduire ce proverbe dans sa langue d'origine, le bambara?
"Chaque filet d'eau a son chemin"
Je vous remercie d'avance 😉,
Julie 🙂
Quelqu'un pourrait-il m'aider à (re)traduire ce proverbe dans sa langue d'origine, le bambara?
"Chaque filet d'eau a son chemin"
Je vous remercie d'avance 😉,
Julie 🙂
Bonjour à tous
J'ai déjà été au Mali et je compte y retourner pour un bout de temps. Je suis anthropologue et j'aimerais travailler là bas, mais j'aimerais beaucoup apprendre la langue. Je pense qu'il faut apprendre ce genre de langue par immersion. On m'a parlé d'un centre à Bamako qui fait de l'intensif en deux mois, parait il, pour apprendre à parler bamana. Est ce que quelqu'un connait ce centre, ou y a t'il d'autres endroits pour apprendre la langue relativement vite?
merci d'avance 😉
Bonjour,
Je voudrais apprendre un peu la langue malinké dans le but d'un voyage, mais je ne trouve aucun livre ici dans les librairies a Québec et Montréal.Connaissez-vous une méthode que je peux me procurer en ligne?Si des Québécois parlent un peu malinké, je serais contente de connaitre comment vous l'avez appris.
Merci vivement a tous
Je voudrais apprendre un peu la langue malinké dans le but d'un voyage, mais je ne trouve aucun livre ici dans les librairies a Québec et Montréal.Connaissez-vous une méthode que je peux me procurer en ligne?Si des Québécois parlent un peu malinké, je serais contente de connaitre comment vous l'avez appris.
Merci vivement a tous
bonjour,
Avant de me lancer dans un apprentissage avec un livre et des cassettes (merci Karine71 pour les infos), j'aimerais savoir s'il existe des cours sur Aix-en-Provence ou Marseille.
Merci et bonne journée
Aminatha
Avant de me lancer dans un apprentissage avec un livre et des cassettes (merci Karine71 pour les infos), j'aimerais savoir s'il existe des cours sur Aix-en-Provence ou Marseille.
Merci et bonne journée
Aminatha





