Voilà bientôt deux mois que nous sommes rentrés (voyage du 21/9 au 6/10), les impressions se sont un peu décantées, le tri des photos est en bonne voie et la rédaction du récit avance (doucement mais ça avance ). Il est donc grand temps que je commence ce carnet.
GENÈSE DU VOYAGE
Pourquoi le Vietnam ?
Depuis quelques années, nous avons l'habitude de partir systématiquement vers l'ouest qui nous a largement comblés. Cette fois-ci, une envie "d'autre chose" nous pousse à regarder vers l'Est. Pourquoi pas l'Asie ? Nous ne connaissons ni l'un ni l'autre. C'est une idée de mon homme, en ce qui me concerne, l'orient n'a pas encore réussi à faire naître, dans mes jambes et dans ma tête, ce fourmillement qui déclenche un voyage mais j'adopte volontiers l'idée, curieuse, comme toujours.
Je me colle au sujet, écluse la toile, les guides touristiques. D'emblée la Thaïlande et l'Inde seront écartés. J'en ai trop entendu parlé. La Chine me tente mais c'est si grand que je m'y perds avant même d'y poser un pied. J'ai envie d'authenticité, de beaux paysages, pas d'un parcours formaté. Je veux construire notre voyage.
Mon regard glisse sur la carte, cherche dans toutes les magnifiques photos postées par d'autres voyageurs, s'envole en parcourant des récits, des expériences, des impressions diverses et finit par s'arrêter sur le Vietnam. Pourquoi là ? Peut-être le vague souvenir de quelques cours d'histoire, la sensation d'un passé commun, d'un bout de chemin, prometteur et douloureux parcouru ensemble. Mettre une réalité, un présent sur le passé et faire basculer tous ces clichés un peu surannés dans le XXIème siècle.
Était-ce un bon choix pour une première découverte de l'Asie ?
Je n'ai pas de réponse juste une question qui s'impose à notre retour. Pour l'authenticité et le dépaysement, sans conteste oui. Pour la beauté des paysages, j'attendais sans doute plus que je n'ai trouvé. Un très beau pays mais pas de waouh, pas d'évidence, aucun de ces moments où l'on reste juste scotché. Mais c'est peut-être affaire de circonstances. je vous laisse juger au fil de mon récit, forcément subjectif, forcément engagé, comment pourrait-il en être autrement.
Ce sera le Nord, en automne
Très vite, la silhouette de dragon de ce pays qui s'étire du nord au sud et barbotte dans la Mer de Chine me met face à une évidence : les distances, les différences de climat, le peu de temps dont nous disposons, à peine 15 jours, ont vite fait d'opérer une saine sélection. Pas question, pour nous, de courir de train en avion. Ce sera donc le nord et juste le nord. Hanoi et Ha Long sont d'autorité sur la wish list. S'y rajouteront, au fil de mes recherches la baie d'Halong terrestre, facile à explorer en solo et le nord avec ses rizières que j'aimerais découvrir au moment des récoltes. On hésitera un peu avant d'inclure au programme, en prime, les montagnes et paysages minéraux de l'extrême nord-est.
L'automne, c'est théoriquement l'époque où la période des pluies s'achève dans le nord. J'ai la naïveté de croire ou de vouloir croire que c'est une saison propice. Mais la météo n'est pas une évidence, ni ici, ni ailleurs. Au final, nous ne nous en sommes pas trop mal sorti du moins dans la première partie de notre périple. Pour la fin, c'est une autre histoire ! Et ne croyez pas qu'une pluie de mousson dure juste 5' ou même 1h. Elle peut durer toute une journée, plusieurs journées même en reprenant à peine son souffle. Nous avons donc découvert le sens exact de l'expression "être trempé jusqu'aux os" . Et en suivant les actualités climatiques après notre retour, je me suis dit que finalement, on s'en était bien tiré. Plus de détails dans le récit journalier si ça vous dit ...
Quelle formule ?
Nous avons pris l'habitude, ces dernières années de voyager en totale liberté, location de voiture, arrêts où on le souhaite, quand on le souhaite, aussi longtemps qu'on le souhaite et balades à pied sur le même mode.
Mais ici, impossible de louer et de conduire soi même une voiture. Les transports en commun me paraissent un mode de transport un peu rigide, surtout pour une durée de séjour courte. On n'est pas des adeptes de la moto. Donc il nous reste la solution de la voiture avec chauffeur et guide puisque généralement les chauffeurs ne font office ... que de chauffeur [:P]
C'est une formule que nous appréhendions un peu et ce voyage confirmera nos craintes. Si cette solution comporte des avantages, elle a aussi un certain nombre d'inconvénients non négligeables. Pas l'idéal en ce qui nous concerne et je ne pense pas qu'on retentera un jour une telle expérience. Affaire à suivre ...
L'agence
Plusieurs mois avant le départ, j'ai demandé des devis à 3 agences locales parmi les mieux notées ou du moins, parmi celles le plus souvent citées, en précisant nos desideratas ainsi que l'itinéraire que nous souhaitions suivre, celui-ci ayant été affiné avec l'aide de gentils forumeurs [:)]
Les trois propositions reçues ont été sensiblement équivalentes au niveau du prix cependant, une des agences s'est montré assez peu réactive tandis que la deuxième a cherché dans un premier temps à nous "coller" un circuit tout fait puis dans un second temps à adhérer à toutes nos demandes sans le moindre conseil et enfin à nous inonder de publicités et de rappels. La troisième agence a été très pro du début à la fin, prompte dans ses réponses, à l'écoute de nos demandes, suggérant certaines modifications sans jamais de relance intempestive. C'est donc avec eux que nous avons signé pour 8 jours de circuit guidé dans le nord, la réservation d'une croisière plus quelques transferts programmés. Tout s'est parfaitement déroulé du début à la fin et nous n'avons regretté qu'une seule chose, que l'attitude de notre guide n'ait pas été à la hauteur de celle de son employeur, GP travel [:/]
Remerciements
Avant de commencer le récit à proprement parlé (enfin !) Je tiens à remercier tous les "piliers" du forum Vietnam (et les autres aussi) qui, au-delà des chamailleries qui émaillent parfois certaines discussions, m'ont beaucoup aidée à construire ce voyage, directement ou indirectement. Je ne citerai personne en particulier de peur d'en oublier mais je suis certaine qu'ils se reconnaîtront [;)]
Merci aussi à tous ceux qui prennent la peine de faire, ici ou ailleurs des retours ou des carnets, des blogs, des sites, de partager des photos ou des impressions. Au-delà du simple plaisir de les lire, ils sont une source d'inspiration et une aide considérable.
S'il ne fallait mentionner qu'un site à consulter, je citerais celui de Hanh, une jeune vietnamienne, que j'ai trouvé particulièrement remarquable et bien construit. Merci à elle pour le partage !
J1 Vendredi 22/9 : France > Hanoi, nuit Essence Palace Hotel
arrivée prévue à 6h30, visite de la ville
J2 Samedi 23/9 : Hanoi > Bac Ha, nuit hôtel Ngan Nga
journée de route, visite secteur Sa Chu Van, soirée Bac Ha
J3 Dimanche 24/9 : Bac Ha > Vinh Quang, Nuit à l’hôtel Tay Con Linh
Marché de Bac Ha, route via Xin Man, arrêt à Lung Cai, balade dans les rizières des La Chi
J4 Lundi 25/9 : Vin Quang > Pan Hou, nuit panhou village ecolodge
Balade à la journée dans le secteur de Ban Luoc
J5 Mardi 26/9 : Pan Hou > Ha Giang, nuit Truong Xuan Resort
Visite des rizières en terrasse de Ban Peo et Nam Ty, puis route pour Ha Giang.
J6 Mercredi 27/9 : Ha Giang > Dong Van, nuit hôtel Lam Tung
Passage par Quan Ba et Yen Minh, village de tissage de Lung Tam, Lung Cu tour du drapeau et visite du palais du roi de Vuong Chi Sinh à Saphin
J7 Jeudi 28/9 : Dong Van > Meo Vac, nuit
Montée au fortin français de Pu Lo puis balade secteur du canyon de Nho Que
J8 Vendredi 29/9 : Meo Vac > Ha Giang, nuit Truong Xuan Resort
route via Bao Lam, Bac Me
J9 Samedi 30/9 : Ha Giang > Hanoi, nuit Essence Palace Hotel
route avec arrêt pour visite d'une exploitation de thé, fin d'après-midi et soirée à Hanoi
J10 Dimanche 1/10 : Hanoi > Hai Phong, nuit bateau
Embarquement pour croisière 1 nuit avec Orchid Cruise
J11 Lundi 2/10 : Hai Phong > Tam Coc, nuit Ninh Binh Hidden Charm Hotel & Resort
suite et fin de la croisière, débarquement et route vers Tam Coc, Hang Mua au sunset
J12 Mardi 3/10 : Tam Coc, nuit Ninh Binh Hidden Charm Hotel & Resort
Balade en barque secteur Tam Coc, Temple Tai Vi, Pagode Bich Dong, balade dans les rizières
J13 mercredi 4/10 : Tam Coc, nuit Ninh Binh Hidden Charm Hotel & Resort
balade en barque Tranh Ahn, Hoa Lu, balade en vélo
J14 Jeudi 5/10 : Tam Coc > Hanoi aéroport > France
Merci pour le retour. J'ai tout à fait hâte de lire la suite..
« Tout le monde s'interroge sur comment laisser une meilleure planète à nos enfants, mais on devrait plutôt penser à laisser de meilleurs enfants pour notre planète. » Clint Eastwood
Voici enfin ton retour. Il me tarde de le découvrir j'avoue également que l'Asie ne me tente pas du tout, alors, je suis curieuse de lire tes écrits qui sont toujours agréable à lire.
A bientôt la suite
Hélène
je me demande ce qui vous fait dire "waouh" ; pas Along ni la région de Dong Van-Ma Pi Leng-Meo Vac ? Quoi alors ?
Alors tout d'abord, pour vous rassurer, je ne fais pas partie de ces gens blasés qui ont tout vu, tout entendu et parcourent le monde avec un certain dédain un peu hautain. J'aime à penser que je suis une "apprentie voyageuse" qui tente de faire passer quelques rêves dans la réalité, pas assez à mon goût, et qui aime se laisser emporter par ces waouh qui surgissent sans qu'on les attende, vous laissant pantois, sans mot, au détour d'un chemin.
Alors qu'est ce qui fait qu'on passe d'un "c'est magnifique" un peu froid à un "waouh" qui vous fige tout à coup ? Difficile à analyser, impossible à produire sur demande. Les attentes personnelles jouent, bien évidemment un grand rôle, l'effet de surprise aussi, je pense. Et puis il y a tous ces facteurs annexes qui paraissent accessoires mais ne le sont pas, être au bon moment, au bon endroit, une histoire de lumière, d'atmosphère ...
Alors oui, j'ai trouvé la baie d'Along magnifique, superbe, sensationnelle mais pas waouh. J'en avais, bien sûr, beaucoup entendu parler et avec le temps, moi qui ai beaucoup d'imagination, j'avais imaginé plus encore. La réalité n'a pas réussi à dépasser mes attentes, à me surprendre. Elle était juste ... telle qu'on me l'avait décrite.
Pour les montagnes du nord, c'est un peu différent. J'ai bien sûr découvert de très jolis paysages mais sans trouver cette notion d'espace, d'envergure où l'homme souvent se sent tout petit et que j'affectionne particulièrement.
Bien sûr ces impressions sont très personnelles, totalement subjectives, je le dis et je le répète. Nous ne sommes pas tous pareils, nous n'avons pas tous les mêmes attentes et c'est très bien comme ça. Le récit plus détaillé de notre périple devrait, je pense (j'espère ), mieux rendre compte de notre ressenti.
Affaire à suivre donc ... [;)]
Quel plaisir de te retrouver par ici ! C'est vrai qu'au départ, l'Asie ne m'attirait pas spécialement, à cause de sa surpopulation (tu sais que je suis une vraie sauvage ), de ce côté encombré et un peu crasseux qui ressort bien souvent des récits.
En préparant ce voyage, j'ai découvert un continent intriguant, mystérieux qui m'a vraiment donné envie d'aller y traîner mes baskets mais c'est sur place que le vrai choc a eu lieu et il n'est pas venu des panoramas pourtant très beaux. Cette région du nord du Vietnam m'a frappée par ses habitants, son mode de vie, sa mentalité, les gamins qui courent le long des routes, les femmes qui cuisinent sur le trottoir. Evidemment je n'ai fait que l'effleurer et je ne prétends nullement la connaître mais j'en suis revenue toute chamboulée par le gouffre qui nous sépare de ce monde que les compagnies aériennes et internet mettent pourtant quasiment à notre porte. Un road trip que l'on pourrait intituler : voyage en terre inconnue et l'émotion qui va avec ...
Merci pour ce carnet (comme, toujours, agréable à lire [;)]) qui correspond plus ou moins (c'est encore très vague, surtout le Nord) à un de mes projets de voyage: je vais donc le suivre avec attention .
Les attentes personnelles jouent, bien évidemment un grand rôle, l'effet de surprise aussi, je pense
En ce qui me concerne, les "effets waouh" sont arrivés presque toujours là où je ne les attendais pas ... ou effectivement quand la réalité dépasse les attentes, mais c'est assez rare!
Vivement la suite!
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Et bien, on peut dire que ton début de carnet me donne l'eau à la bouche Laure [;)].
J'apprécie beaucoup ta façon de raconter un peu "poétique" on va dire!
Et puis le Vietnam, c'est mon 1er grand voyage en "routard" il y a 12 ans et c'est là que je suis "tombée en amour" du continent Asiatique!!
C'est donc un pays cher à mon coeur (même si j'aurais peur d'y retourner tellement les changements semblent importants depuis mon passage)
A bientôt pour la suite alors
Christelle
Le monde est comme un miroir, si tu lui souris, il te sourit aussi!
Comme tu vois, je traîne toujours sur le forum, je change juste de section [;)] entre les retours et les projets divers.
J'espère que ce carnet te permettra de préciser ton futur projet. C'est pour 2018 ?
En ce qui me concerne, les "effets waouh" sont arrivés presque toujours là où je ne les attendais pas...
Je suis bien d'accord avec toi, les très fortes attentes sont rarement porteuses de grandes émotions, sans doute sur-investies, elles n'ont plus (ou rarement) de place pour l'imprévu, la surprise.
Je m'en vais mettre la suite en ligne dès ce soir ...
Merci à toi pour tes encouragements et tes commentaires
on peut dire que ton début de carnet me donne l'eau à la bouche
Voilà une bonne nouvelle, pourtant, cette première partie est loin d'être la plus intéressante. Plutôt à visée informative que portée sur les descriptions ou les impressions. Je vais tâcher de faire mieux par la suite [:P]
Je vois que tu es une vraie "routarde" de l'Asie et il sera surement très intéressant d'avoir ton avis sur certains de nos ressentis.
j'aurais peur d'y retourner tellement les changements semblent importants depuis mon passage
En 12 ans, c'est certain, tu trouverais du changement J'ai eu le sentiment, en à peine deux semaines que ce pays évoluait à la vitesse de la lumière
Allez zou, c'est parti ! Vous avez envie de dépaysement, de chaleur, d'autre chose que de sapins illuminés, de vitrines enrubannées et de gros bonhomme en rouge et blanc ? Alors embarquez, je vous emmène !
J1 VENDREDI 22/9 : PARIS > HANOÏ
Partie 1 : Bienvenue en Asie !
Voyage sans soucis avec Vietnam Airlines qui propose un vol direct Paris-Hanoi et que l'on trouvera très bien à l'aller, un peu moins bien au retour quand ils nous laisseront pendant les 12h de vol avec un écran en panne et distribueront d'une manière expéditive et assez cavalière des collations très moyennes. Problème d'équipage peut-être ou alors, ils avaient épuisé leur quota de sourires lors du vol aller ...
L'avion se pose à Hanoi avec une petite heure de retard, dans une brume épaisse mêlant intimement la pollution à une humidité omniprésente. Déjà plus de 30°. La chaleur s'abat sur nos épaules. Elle ne nous quittera plus, nous collant à la peau, moite et poisseuse. Passage des divers contrôles, récupération des bagages. Pas besoin de visas pour nous qui restons moins des 15 jours réglementaires. A noter qu'on ne nous demandera pas de montrer notre vol retour. Normalement, un chauffeur doit nous attendre quelque part ...
Dans le hall d'arrivée, il y a une multitude de petits panneaux qui se lèvent et s'agitent sur notre passage. On scrute, on fouille, on passe et repasse, aucun ne porte notre nom. Ça commence bien ! On décide d'attendre un peu, accostés à de multiples reprises par d'hypothétiques chauffeurs de taxi qui nous proposent de nous conduire en ville, de téléphoner pour nous ou que sais-je encore. Premières confrontations entre notre anglais à l'accent bien franchouillard et la langue de Shakespeare asiatic-style. Ouf, pas une évidence ! On décline tout en bloc et on attend, dix minutes, un quart d'heure peut-être. De toute façon à cette heure matinale, l'agence est encore fermée, pas la peine de s'exciter.
Bonne pioche. Les portes coulissantes du grand hall finissent par s'ouvrir sur un type pas trop stressé qui porte une pancarte. Banco, c'est pour nous ! Il baragouine une histoire de vol retardé sur internet, de circulation, bref, une excuse universelle et on embarque dans son taxi pour quarante minutes de route direction la vieille ville d'Hanoi où nous avons réservé un hôtel. Enfin, quarante minutes plus le temps qu'il prendra au préalable pour se préparer un café : dosette soluble, thermos, gobelet isotherme, nous avons affaire à un chauffeur très organisé
Le niveau de caféine de notre taximan réajusté, on peut démarrer. Bienvenue en Asie!
Premier contact avec la ville derrière la vitre. Rapport encore protégé. En premier lieu, c'est la foule des deux roues qui nous frappe, transport improbable, transport collectif parfois, où se mêlent toutes les tranches sociales en un gigantesque ballet qui évolue entre les constructions anachroniques qui s'entassent et se soutiennent dans une anarchie calculée.
Des familles entières, compactées sur l'étroit siège d'un scooter, papa au volant, bébé dans les bras de maman à l'arrière, fillette en sandwich entre ses parents, des jeunes femmes en talons aiguilles et jupe longue qui jouent les amazones, des poules, des cochons ficelés et empaquetés, une montagne branlante d'objets insolites qui déborde et dégouline de toute part, des tuyaux, des planches qui s'étirent sur plusieurs mètres à l'arrière. Qui aurait cru qu'on puisse transporter tant de choses sur un si modeste véhicule qui n'en finit pas de se déployer en longueur, en largeur, en hauteur ! Le deux roues au Vietnam, c'est le sac de Mary Poppins, on y trouve de tout [:P] ! Et tout ce petit monde avance, à droite à gauche ou au milieu, parfois à contre sens, dans un concert de klaxons assourdissant mais, et c'est sans doute le plus surprenant, dans une certaine sérénité qui très vite, fait passer cet indicible chaos au rang de la normalité.
Comme on était un peu sonnés, fatigue, chaleur, etc ... On n'a pas pensé tout de suite à sortir l'appareil photo (Pfff, des amateurs [:(]). Alors pour casser un peu le flot des mots (c'est qu'il y en a ) et illustrer mes propos, je vous ai fait un petit montage d'images récoltées sur la toile. Bien mieux qu'un grand discours, non ? Promis, pour la suite, ce sera nos photos.
La suite est ici
Bonjour Laure et bienvenue en Asie [:)]
Pour nous le Vietnam, c'était il y a déjà dix ans, je suis impatiente de le redécouvrir par de nouveaux yeux [;)]
Merci pour ce début déjà bien prometteur
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
Bonjour et merci de te joindre à nous [:)]
Emmène du produit anti moustique, en cette fin de mois de septembre, la dengue sévit par ici, il ne faudrait pas tomber malade [:p]
Bonne journée
Eh bien, vous allez voir de sacrés changements (mais le pays est toujours aussi magnifique et les locaux toujours aussi sympas) !
Oui, comme dans bien des pays du sud est asiatique, les changements sont très très rapides.
Et pour les vietnamiens, je connais puisque je suis mariée avec un spécimen .
D'ailleurs ça le titille en ce moment d'y retourner voir sa famille à Hanoï [;)].
Bon, on ne va pas polluer le carnet de Laure, on attend la suite...
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
Bonjour et merci de te joindre à nous [:)]
Emmène du produit anti moustique, en cette fin de mois de septembre, la dengue sévit par ici, il ne faudrait pas tomber malade [:P]
Bonne journée
C'est bon, je suis parée, je te suis sur les routes nord vietnamiennes...[;)]
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
Bonjour,
A mon tour de me joindre aux lecteurs de ce carnet qui promet d'être fort agréable à lire.
D'autant plus agréable pour moi que je suis une amoureuse du Viet Nam où nous ferons un petit stop de 3/4 jours en février en chemin vers la Birmanie.
A bientôt donc
Françoise
J'ai l'impression d'être comme ton chauffeur : j'arrive en courant, un peu essoufflée mais sans excuse valable, pour rattraper le taxi qui vous emmène vers le nord Vietnam. Heureusement que tu m'as prévenue de ce démarrage de carnet qui s'annonce très intéressant car il y aura de beaux moments et de belles photos, j'en suis sûre, mais tu annonces dès le titre que tout n'y sera pas lisse ni convenu, et ça j'aime bien.
Première photo, première surprise : les chargements de scooters m'ont l'air encore plus scabreux et improbables qu'en Indonésie (jusque là je pensais que 2 hommes et 4 chèvres sur un scoot c'était imbattable !)
A y'est, j'arrive sur ton carnet moi aussi ! Merci la neige qui m'a fait poser 1 jour de congé ! [:P]
Le deux roues au Vietnam, c'est le sac de Mary Poppins, on y trouve de tout [:P] ! Et tout ce petit monde avance, à droite à gauche ou au milieu, parfois à contre sens, dans un concert de klaxons assourdissant mais, et c'est sans doute le plus surprenant, dans une certaine sérénité qui très vite, fait passer cet indicible chaos au rang de la normalité.
Oh oui, j'ai moi aussi ressenti ça comme ça ! Et le + drôle pour nous novices Occidentaux, c'est le baptême de traversage de rue au milieu de cette circulation !! Je m'en souviens encore aujourd'hui, 10 ans après...
Bienvenue à bord ! Avec tous ces spécialistes/amoureux du Vietnam, je me sens un peu novice avec cette première expérience. Pas sûr que mes impressions, certainement quelque peu "naïves" parviennent à vraiment intéresser un lecteur averti. Je réclame donc l'indulgence du public !
Merci la neige qui m'a fait poser 1 jour de congé !
Comment ça, vous aussi ! [;)]
le baptême de traversage de rue au milieu de cette circulation !!
J'avais beaucoup lu sur le sujet, étudié les diverses options envisageables, prévenu mon homme, bref, j'étais prête . Arrivée au premier carrefour, ça reste ... impressionnant ! Et puis je me suis lancée, trajectoire rectiligne, régulière, posée, avec quand même un petit coup d’œil en coin des fois que ... et bien ça marche ! Je n'en revenais pas moi-même. J'ai répété l'expérience plusieurs fois avec succès. Fastoche finalement [:P] la véritable gageure serait plutôt de conduire dans cet imbroglio.
Expérience à tenter (ou pas) : un parisien (75) au volant d'une voiture au cœur de la vieille ville d’Hanoï
Partie 3 : immersion dans le vieux quartier d’Hanoï
Nos affaires déposées à l'hôtel, une boisson fraiche et quelques minutes plus tard, on quitte l'atmosphère climatisée pour se lancer à la découverte d'une autre vie, sans filet cette fois ci [;)]Le vieux quartier nous tend les bras, on s'y perd, on s'y noie.
Première chose, passer à l'agence régler les dernières formalités puis nous mettre en quête du bureau de change/bijouterie QUOC TRINH (chaudement recommandé sur les forums) afin de convertir nos euros en précieux Dongs. J'avais, lors de la préparation de ce voyage, téléchargé sur mon téléphone le plan hors ligne de la ville et noté tous les points d'intérêts. La localisation GPS fonctionnant hors connexion (donc sans frais), cela nous a grandement facilité la tâche et nous avons pu nous déplacer sans soucis dans les ruelles tentaculaires et un rien brouillon.
Une fois ces formalités accomplies, nous nous sommes laissés porter par ces vieux quartiers en suivant plus ou moins l'itinéraire de découverte décrit sur le site du Lonely Planet.
ça donne à peu près ça avec quelques digressions personnelles en plus
Le bruit est la première présence qui s'impose à nous, omniprésent, entêtant, mélange de Klaxons incessants, de moteurs pétaradants, de cris, d'appels, de claquements et de grondements. Ici, la ville s'exprime sans réserve, haut et fort. Et partout, en tous sens, elle grouille et palpite, imprévisible et tentaculaire. Ce sont les vélos et mobylettes, indisciplinés qui surgissent de partout, les trottoirs encombrés où l'on se repose à même l'asphalte malmené, où l'on mange, travaille, vit en un mouvement incessant. Ce sont, encore, de gros arbres feuillus aux troncs parcheminés comme la peau d'une mamie ayant trop travaillé sous le soleil brûlant, aux lianes pendantes se mêlant à une kyrielle de câbles qui se nouent et se dénouent en un casse tête insolvable, aux racines plongeant sous le béton, soulevant les dalles, s'imposant dans ce monde impitoyable qui se fait et se défait, pousse et grandit presque en direct sous nos yeux ébahis.
Et les effluves de friture nous happent au passage, et les étincelles s'échappant d'une meule hurlante nous éblouissent un instant. Une femme lave sa vaisselle dans le caniveau, une autre découpe des morceaux de viande qui attendent dans la chaleur moite de cette fin de matinée. Un vélo ploie sous son chargement de fruits colorés. Chapeau pointu, tunique longue, une silhouette passe, deux paniers chargés se balançant au bout de la longue perche qu'elle porte sur l'épaule. Des épices odorantes, aux couleurs chatoyantes jonchent le trottoir entre deux rangées de scooters. Un enfant joue entre des cartons éventrés, un homme dort adossé contre le mur, des jeunes filles pèlent d'énormes pamplemousses assises sur leurs talons, concentrées, une vieille décharnée est appuyée contre une caisse, les yeux perdus dans le vague. C'est la vie quotidienne qui explose, la vie qui s'expose sans fausse pudeur ni ostentation.
Le vieux quartier d'Hanoi est une symphonie, une ode à la vie. Le vieux quartier d'Hanoi est une peinture colorée et vibrante. Le vieux quartier d'Hanoi, si on ne l'aime pas, on ne peut pas non plus le détester et moi qui n'aime pas les villes, qui les fuie et les évite autant que possible, moi la fille des arbres, des grands espaces et des déserts, je me suis laissée séduire par cet Hanoï là.
Après deux heures d'immersion sans reprendre notre souffle, nous étions soulés, étourdis, anéantis par la chaleur et l'agitation incessante. Nous nous sommes donc réfugiés dans un restaurant classique et climatisé, encore trop timides pour nous frotter à la restauration de rue
Petite anecdote restauration. Ayant lu que la cuisine vietnamienne n'était pas très épicée, j'ai choisi la version "spicy" d'un des plats. Bien mal m'en a pris, je n'ai pas pu en avaler plus de trois bouchées et mon coca a eu un mal fou à apaiser le brasier qui s'est déclenché dans ma gorge . La faute à ces redoutables petits piments rouges, insidieusement posés, dont je me méfierai comme de la peste par la suite. A noter qu'on m'a changé mon plat contre une version plus soft sans supplément. Ils ont du bien rigoler en cuisine
Une fois requinqués, nous sommes repartis pour un après-midi de vadrouille qui nous a conduit jusqu'au temple de la littérature où nous avons été accueillis par un déluge digne de ce nom. Ambiance fin du monde garantie. Ici, on retrouve le flot du tourisme international même si la pluie battante l'apaise un peu, et si l'esthétisme des lieux est incontestable, je n'ai pas réussi à y trouver ce frémissement qui fait vivre les vieilles pierres.
Pour finir la journée, spectacle de marionnettes sur l'eau qui ne m'a pas convaincue mais bon, pourquoi pas.
Et puis ce fameux lac Hoan Kiem et son célèbre pont rouge qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable et que je n'ai pas trouvé à la hauteur de la jolie légende qu'il porte, même au couché du soleil.
Alors oui, je sais, impasse totale sur les musées. C'était voulu et assumé. En conclusion je dirais que ce ne sont pas les hauts lieux touristiques qui m'ont attirée ou retenue à Hanoï, c'est plutôt tout un tas de petites choses insignifiantes, vivantes, palpitantes qui se cachent au coin d'une ruelle, dans un encadrement de porte et qui s'imposent à vous avec une évidence et parfois une émotion inattendue. J'ai aimé Hanoï pour cela avant tout, pour cela surtout.
Lors de notre second passage en ville (juste une fin d'après-midi), quelques jours plus tard, on découvrira aussi le pont Long Bien, un véritable coup de cœur mais ça, j'en reparlerai plus tard...
ET SI C'ÉTAIT A REFAIRE ?
Une journée à Hanoï en descendant de l'avion, c'est brutal, c'est violent, c'est épuisant aussi. J'ai aimé plonger d'emblée dans cette masse grouillante et mouvante qui donnait soudain une réalité à mes rêves. J'ai aimé la quitter aussi, le lendemain. Pas de regret donc, quant à la durée de notre séjour dans la capitale. Nous n'étions pas venus pour l'explorer de fond en comble, juste pour y goûter à de nouveaux parfums. Nous sommes partis comblés.
Mention spéciale pour le marché Dong Xuan ainsi que pour la Hanoï Train Street, cette rue où les maisons, jouxtant la voie ferrée, vivent et tremblent deux fois par jour dans l'ombre des trains qui les frôlent, pour le pont Long Bien aussi, vestige de l'ancienne Indochine, lieu de tous les contrastes, que nous découvrirons dans une semaine lors d'une nouvelle escale à Hanoï (il vaut bien un chapitre à lui tout seul tellement j'ai adoré [;)]).
Bonsoir, c'est un plaisir de vous lire. Nous y sommes allés il y a déjà 9 ans , ce fut pour nous aussi notre première expérience de l'Asie et un véritable "coup de coeur" pour ce continent . Depuis nous essayons à chaque fois de découvrir un petit bout de cette région du monde fascinante. Par contre, je trouve, au travers de votre récit d'Hanoi et de vos photos que cela n'a pas si changé que cela (les scooters surchargés, les fils électriques , les rues grouillantes de bruits, d'odeurs...).
Cela me donne une furieuse envie d'y retourner.
Vivement la suite
Je fais partie à mon tour des lecteurs passionnés de votre récit , pour son style , pour votre regard sur des endroits tant parcourus , par la façon dont vous nous transmettez votre ressenti et la qualité de vos photos et leur choix pour étayer votre description . Vous décrivez fort bien ce que vous avez vu et non ce que vous êtes venue voir. J'attends la suite . Bon WE
Eric
Comptez moi aussi parmi vos lecteurs
C'est un réel plaisir de vous lire...
Et c'est un plaisir aussi de profiter de votre compagnie [:)]
Merci pour le lien qui complète fort à propos le plan de la balade piétonne dans Hanoï [;)]
je trouve, au travers de votre récit d'Hanoi et de vos photos que cela n'a pas si changé que cela (les scooters surchargés, les fils électriques, les rues grouillantes de bruits, d'odeurs...).
Je me demande si ce n'est pas ce que tout le monde aime dans la vieille ville d'Hanoï, ce côté intemporel, cette immersion dans un monde qui parait immuable et qui représente un peu notre vision du mythe de la ville asiatique.
Par contre, lorsque nous sommes repassés par Hanoï, venant de Ninh Binh et nous dirigeant vers l’aéroport, nous sommes passés par le quartier de l'université, un secteur moderne en pleine mutation avec des immeubles, verre et acier qui s'élèvent sous l'enseigne de grandes entreprises mais aussi de grandes barres HLM qui m'ont un peu rappelé celles que l'on construisait chez nous dans les années 60. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à tous ces jeunes, issus des villages du nord, qui rêvent de la ville comme d'un eldorado me demandant si vraiment, il serait mieux ici que dans leurs montagnes. Question récurrente et apparemment universelle, on désire fuir les campagnes en quête de travail et d'une vie meilleure, on finit bien souvent par y retourner, bien plus tard ...
Bonjour Eric et merci pour votre sympathique message qui me touche particulièrement [:)]. Si je réussis à transmettre un peu de mes impressions, de mes émotions à travers mes mots et mes images, j'en suis ravie. C'est justement mon but premier.
Votre message m'encourage à persévérer dans cette voie.
Je me demande si ce n'est pas ce que tout le monde aime dans la vieille ville d'Hanoï, ce côté intemporel, cette immersion dans un monde qui parait immuable et qui représente un peu notre vision du mythe de la ville asiatique......
Bonjour Laure,
Et vous avez bien fait d'en profiter....!
L'idée de supprimer les 2 roues du centre ville inquiète beaucoup la plupart des habitants et travailleurs de cette ville.
Bien que ce projet ne soit pas demain il fait chemin.
Je vois changer Hanoï à chaque retour, le plus marquant fut l'an dernier sur cette même route qui conduit à l'aéroport...où sont donc passés donc les petits lopins cultivés?
La jeunesse vietnamienne ne rêve que de modernisme, d'occident, de Mac Do, d'Yves Rocher, de marques de luxe, de signes ostentatoires de richesse, cette évolution lui convient parfaitement.
Il faudra attendre un peu pour que la nostalgie des villages, des plaines et des monts se fasse ressentir.
La jeunesse vietnamienne ne rêve que de modernisme, d'occident, de Mac Do, d'Yves Rocher, de marques de luxe, de signes ostentatoires de richesse, cette évolution lui convient parfaitement.
Il faudra attendre un peu pour que la nostalgie des villages, des plaines et des monts se fasse ressentir.
Et ce rêve, on ne saurait le lui reprocher, n'avons nous pas nous-même, en France, en d'autres temps, suivi ce même parcours, certes dans un autre contexte, certes à une autre allure (époque oblige).
Et puis, si la vie dans les montagnes, dans ces si charmantes campagnes du nord Vietnam nous semble, à nous autres, voyageurs de passage, si pittoresque, serions-nous prêts pour autant à la vivre sept jours sur sept, douze mois par ans ?
Même avec un smartphone dernier modèle dans ma poche, je ne suis pas sûre de goûter bien longtemps le charme de faire ma vaisselle, ma lessive, accroupie au bord d'un point d'eau, tout comme de passer l'hiver dans ces maisons surélevées, attrayantes mais pleines de courants d'air, d'humidité et dépourvues des commodités que nous considérons aujourd'hui comme allant de soi.
La jeunesse avance avec son pays et la nostalgie, à mon humble avis, est un luxe que ne peuvent se permettre que les nantis. Que dire alors, que faire, que choisir ? Je n'ai pas de réponse. Y en a-t-il une seulement ?
9h, première rencontre avec "notre" guide, avec "notre" chauffeur, avec "notre" voiture. On embarque avec armes et bagages pour Bac Ha par la route la plus directe.
Aucun problème, ce matin, avec le décalage horaire. On était tellement fatigués hier soir qu'on est tombés comme des mouches en zappant le repas. Après une bonne nuit réparatrice, nous voilà frais comme des gardons, prêts à partir à la découverte des montagnes.
Après moult triturations de méninges, je n'ai pas voulu inscrire Sapa au programme, craignant un peu de me retrouver sur une "autoroute touristique". Tout le monde va à Sapa, nous n'irons donc pas. Je sais, j'ai un léger esprit d'opposition . Bac Ha est donc la destination du jour et ça tombe bien car demain, c'est dimanche et le dimanche, c'est le jour du grand marché. Le marché de Bac Ha est également réputé pour sa forte fréquentation touristique mais pour le coup, nous ne l'avons absolument pas ressenti. Peut-être le fait d'y être tôt le matin. Je n'y ai repéré que quelques appareils photos égarés et pourtant, les hautes silhouettes des touristes européens sont aisément repérables [:P].
Mais ne brûlons pas les étapes. Pour l'instant, nous roulons vers le nord et le trajet n'a rien de transcendant. Notre guide, un ancien instituteur, nous dispense les premières leçons sur la vie et la culture vietnamienne. Très vite, nous constatons qu'il aime beaucoup se lancer dans de longs monologues et un peu moins répondre à nos questions qu'il élude ou contourne avec un rire un peu forcé. Mon homme a d'abord cru qu'il avait des problèmes d'audition tandis que je penchais plutôt pour des difficultés de compréhension. On a parlé plus fort, choisi des formulations plus simples sans parvenir à faire changer les choses. La suite du voyage confirmera cet état de fait. Notre guide a tendance à "faire son cours" sans se soucier beaucoup de son auditoire [:/]. Rien de grave, on apprendra quand même beaucoup de choses mais c'est dommage, pour une fois qu'on s'offrait le luxe d'un guide privé !
Pause repas dans une gargote locale où nous nous frottons pour la première fois à la cuisine vietnamienne quotidienne, tabourets en plastic, bol de riz et baguettes dans une sorte de garage ouvert sur la rue où se mêlent étroitement les clients et la vie privé. On y est ! On raye quelques uns des principes de précaution élémentaire (c'est ça ou le jeûne) et on attaque le déjeuner. Pas mauvais, pas transcendant non plus.
Moins de six heures plus tard, repas inclus, on se garera devant l' hôtel Ngan Nga à Bac Ha, avec le soleil en prime, ce qu'on n'osait espérer après les trombes d'eau essuyées sur la route. Les cinq étages sans ascenseur aux marches raides et inégales qu'il faut gravir pour accéder à notre chambre justifient amplement le pourboire des jeunes qui se disputent nos bagages dès l'arrivée. Je leur abandonne donc mon sac de voyage sans état d'âme. Depuis que j'ai posé le pied sur le sol vietnamien, impossible d'avoir accès à mes bagages, le chauffeur les charge et les décharge du coffre, des bagagistes se précipitent dès notre arrivée à l'hôtel et ce sera comme ça pendant tout notre séjour ! Pour nous qui avons l'habitude de gérer nos affaires tout seul, c'est un rien agaçant et nous ruserons parfois juste pour avoir la liberté de traîner nos sacs à roulettes derrière nous ce qui nous vaudra un flot d'excuses du réceptionniste embarrassé par cette conduite indécente.
Vue sur la rue principale de la fenêtre de notre chambre
et sur le toit d'en face, deux électriciens en plein travail ...
Remarque : certaines photos sont de qualité médiocre et je m'en excuse pour les amateurs éclairés, parfois prises à la va vite, parfois avec un simple téléphone ou en capture d'écran d'une vidéo. Leur but ici est, loin de l'unique visée esthétique, de rendre compte d'une impression, d'une émotion.
Allez, demain, si ça vous dit, je vous emmène en balade à Sa Chu Van ... [;)]
Et puis, si la vie dans les montagnes, dans ces si charmantes campagnes du nord Vietnam nous semble, à nous autres, voyageurs de passage, si pittoresque, serions-nous prêts pour autant à la vivre sept jours sur sept, douze mois par ans ?
Cela me rappelle une discussion sur le carnet "Birmanie" de Solène à propos des régions "authentiques" (avec plein de guillemets).
Après moult triturations de méninges, je n'ai pas voulu inscrire Sapa au programme, craignant un peu de me retrouver sur une "autoroute touristique".
C'est justement une de mes interrogations (mais comme, pour répondre à ta question, ce serait pour 2019 (2018 sera ougandais), je n'ai pas encore vraiment creusé la question).
Ton carnet tombe à pic
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
la nostalgie, à mon humble avis, est un luxe que ne peuvent se permettre que les nantis.
Bien d'accord, surtout quand cette nostalgie se rapporte au mode de vie des autres...
Merci pour ce récit remarquablement écrit, ce qui le rend si agréable à lire, et pour tous les éléments d'appréciation personnels et lucides qui y sont inclus... merci aussi pour le choix des photos, pas seulement esthétisantes mais qui cherchent à nous montrer la réalité...
Bien d'accord, surtout quand cette nostalgie se rapporte au mode de vie des autres...
Il n'était pas question de çà dans mon propos[:/], je répondais juste à:
"Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à tous ces jeunes, issus des villages du nord, qui rêvent de la ville comme d'un eldorado me demandant si vraiment, il serait mieux ici que dans leurs montagnes. Question récurrente et apparemment universelle, on désire fuir les campagnes en quête de travail et d'une vie meilleure, on finit bien souvent par y retourner, bien plus tard..."
D'où, "nostalgie" ou envie de retour si vous préférez, sans doute me suis je mal faite comprendre.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
Cela me rappelle une discussion sur le carnet "Birmanie" de Solène à propos des régions "authentiques" (avec plein de guillemets).
De nature curieuse , j'ai essayé de trouver cette discussion sans succès. Si jamais tu as le lien quelque part, ça m'intéresse [;)]
Sapa (...) C'est justement une de mes interrogations
J'ai bien peur de ne pas te fournir une argumentation infaillible. Mon discours, à mon retour, reste truffé de "si", de "peut-être" de "comment". Mais tu trouveras certainement une piste de réflexion [;)] Un voyage est confronté à des choix, voilà à quoi nous sommes tous réduits. Parfois on fait les bons, d'autres fois il arrive qu'on se trompe. Heureusement, ce n'est jamais très grave et ça peut même s'avérer, dans certains cas, intéressant [:P]. Au moins, tu as du temps pour réfléchir
Et merci à toi Bruno d'avoir pris le temps d'écrire ce commentaire qui me donne du cœur à l'ouvrage [:)] Car il faut bien l'admettre, au delà du plaisir égoïste de revivre ce voyage, un carnet, c'est quand même une sacrée dose de boulot ... et de temps.
Ça gargouille un peu en dessous de mon nombril ... déjà !? ... un sachet de Smecta plus tard (à ne surtout pas oublier dans la pharmacie du voyageur), je suis d'attaque pour notre première escapade à la campagne. Notre guide et notre chauffeur nous attendent avec un guide local. Tiens donc mais pourquoi faire ? Une question de plus qui restera sans réponse.
Notre 4*4 se lance sur une route de terre pleine de caillasses et d'ornières. le chauffeur s'en donne visiblement à cœur joie. Entre les diverses statuettes de temples scotchées sur le tableau de bord et la longue liane de piments qui se balance sous le rétroviseur , on tente de profiter du paysage qui d'emblée me séduit. De petites vallées se succèdent, couvertes de rizières dorées, révélant un village, un cours d'eau, des femmes et des hommes en plein travail, des gamins sur le bord de la route, curieux, qui osent parfois un signe de la main en s'esclaffant de leur audace. J'ai envie de m'arrêter, là, tout de suite. J'ai envie de marcher, de profiter de cette belle lumière de fin d'après-midi, de prendre le temps de goûter ces sourires entrevus derrière la vitre, de m'enfoncer dans ces tiges souples qui se couchent sous la lame acérée de ces femmes courbées sous leurs chapeaux pointus.
Mais dans la voiture, les trois hommes causent avec animation sans nous prêter la moindre attention. Deux guides, c'est un de trop. J'ai l'impression d'être un vulgaire sac de riz ballotté à l'arrière du véhicule. Je quémande timidement un arrêt photo. Il m'est répondu qu'un arrêt est prévu plus loin. Et la voiture n'en finit pas de foncer sur ce chemin de terre, soulevant la poussière, grimpant et dégringolant comme sur la piste d'un manège de fête foraine, insensible au soleil qui descend lentement et caresse les brins de riz d'une lueur mordorée. Première contrariété
Un peu plus tard, un peu trop tard pour pouvoir profiter de cette si belle lumière, on s'arrêtera à un point de vue, très joli mais sans ce charme désuet pressenti sur la route auparavant. Nous voilà au village qui constitue visiblement le but de notre courte virée d'aujourd'hui.
Il raconte l'histoire d'une ethnie immigrée, un jour, il y a bien longtemps, venue d'une province du nord. Elle porte le nom de H'mongs fleuris et arbore fièrement ses couleurs.
Sur la route quelques poules maigrichonnes courent au milieu du piaillement d'une horde de poussins, un troupeau de buffle se meut lentement, un cochon s'égare et au bord, tout au bord du chemin, la mine inquiète et curieuse de gamins barbouillés qui attendent immobiles. Ils sont là, chez eux. Nous sommes les étrangers.
Ils doivent avoir entre 4 et 6 ans peut-être (pendant tout notre séjour au Vietnam on se trompera sans cesse sur les âges. Ici, nos références n'ont plus de valeur). Je m'accroupis à côté d'eux, je leur parle, leur souris sans obtenir la moindre réaction. J'enclenche mon appareil photo, tente un premier cliché. Ils posent, la mine sérieuse. C'est quand je tends vers eux le petit écran pour leur montrer le résultat qu'ils osent enfin approcher. Et se découvrir là, sur l'appareil, les fait sourire tandis qu'ils retournent poser un peu plus loin, plus sérieux encore, contenant cette impatience soudaine de voir le résultat, de se voir sur le minuscule écran.
J'ai apporté des images, quelques ballons, des crayons. Des étincelles brillent soudain dans leurs grands yeux sombres tandis qu'ils contemplent leur trésor. Ils sont sales comme des gamins qui passent leur journée dehors, parfois pieds nus, vêtus de rien. Ils sont beaux avec leurs cheveux de jais, leur bouille ronde aux traits délicats, leur sourire édenté.
Notre guide qui était occupé avec son portable tandis que le guide local et le chauffeur poursuivaient ensemble une conversation animée, s'approche enfin, distribue des bonbons. Les papiers s'envolent, partent rejoindre d'autres déchets qui s'accumulent dans les fossés. Je pensais qu'il fallait éviter les sucreries ... notre accompagnateur en distribuera tout au long de la semaine [:/]
On a marché sur le chemin qui longe les rizières, construites par les hommes et les femmes de ce peuple de cultivateurs, où le riz mûrit lentement, jaunissant au fil des jours. Quelques uns sont encore penchés sur les tiges souples malgré l'heure tardive et coupent d'un geste sec les hampes qui ondulent dans le vent. Les petits fagots coupés puis liés sécheront au soleil avant de rejoindre les greniers où les épis de maïs attendent déjà.
Les maisons, murs de bois ou de torchis, toit de tôle ondulée, sol de terre battue ne comportent qu'une seule pièce. On y dort, on y cuisine, on y mange. On vit dehors. La fumée a noirci les planches. A côté des casseroles en fer blanc, un écran de télévision King size, sur la corde à linge de l'entrée, les jupes traditionnelles côtoient les T shirts Barbie.
On entrera un moment (était-ce vraiment nécessaire ? partager un verre d'une décoction d'écorce de bois (encore un principe de précaution qui file au panier). Sous mon nombril, c'est le calme plat. Pourvu que ça dure ! Le guide entame un laïus sur le jeune couple qui nous accueille, sur la vie au village. il nous exhorte à prendre des photos. Je n'ose pas trop, mal à l'aise, mais qu'est ce que je fais assise ici dans le foyer de ces personnes pour qui je ne suis qu'une étrangère qu'on leur a imposée et avec qui ils ne peuvent même pas parler. J'aurais préféré que notre guide joue les interprètes mais ça ne l'intéresse visiblement pas. La jeune fille qui me fait face me dévore des yeux, un sourire, quelques gestes. On ne va pas bien loin avec un tel langage. Dans ses mains qui serrent les miennes il y a tant de promesses, ses paroles, à mes oreilles n'ont pas de sens et quand je parle, mes mots ne font que se perdre dans l'espace. Quelle frustration, soudaine, inattendue. Je suis venue ici pour voir de beaux paysages, ce sont les habitants qui d'emblée m'interpellent dans ce que je suis, ce que je représente à leurs yeux. Et ce ne sera pas la dernière fois !
Bonjour Florence,
désolé, en relisant mon commentaire je réalise qu'il a effectivement pu paraître un peu abrupt. Ce n'était pas une critique vis à vis du commentaire précédent, plutôt une constatation que nous pouvons avoir tendance, en tant que touristes, à privilégier ce qui nous paraît être de l'exotisme sans aller voir plus loin les impacts sur les conditions de vie. Et effectivement, il semble que le départ des jeunes des campagnes et de leurs rudes modes de vie, soit une constante assez partagée.