Les petites "galères"?

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AR Arnaudparis Regular ·
Roumanie pas developpée ? si mes copines roumaines faisant leur études à Paris t'entendaient tu prendrais cher...
SE Seshat Regular ·
Oups, la gaffe...

Je n'ai que l'excuse de l'heure tardive de mon message, je devais plus avoir le cerveau à la bonne place ! Dire qu'il y a des affiches ici partout vantant les charmes de la HONGRIE !!!

J'espère que tu voudras bien excuser ce lapsus pendant que je réviserai mon atlas européen.....

Pour autant, je maintiens que j'ai entendu dire du bien de personnes revenant de Roumanie, qui n'avaient pas eu de problèmes (mais elles ne sont pas parties à l'aventure comme toi, donc le chemin etait surement aplani)

A+
Seshat

Aimer s'instruire, être curieux, attentif, admirer, s'émouvoir, essayer de comprendre ce qui nous entoure... essayer de se coucher un peu moins con chaque soir !(Anna Gavalda)
JO José Regular ·
Salut Treck,

Ta petite galère soulève le pb. du racket et de la corruption en voyage. Je suppose qu’il est des endroits ou/et des circonstances où il est plus facile que d’autres de s’y opposer. Pour ma part je n’ai jamais cédé, ni succombé à la tentation, facile, de résoudre telle ou telle situation par la corruption … ténacité, fourberie ou carrément « foutage de gueule » … et … la chance m’ont jusqu’ici permis de passer à travers… mais j’en conviens, certainement est-ce parce que je n’ai pas encore été confronté à une situation … extrême.

En voici une qui n’aurait pas pris de telles proportions si d’entrée j’avais « craché au bassinet ».

Centre ville de Benni Mellal. Le type en blouse bleue et chapeau de paille qui encaisse la taxe de stationnement en centre-ville, remarque mon hésitation à la vue de la seule place disponible dans le secteur où je souhaitais me garer. Inutile d’aller plus loin je sais que se sera pire. Je ralentis, le type quitte sa chaise et l’ombre de l’arbre qui le protégeait de la brûlure du soleil de ce début d’après-midi. Je jauge si la longueur disponible est suffisante pour y caser mon fourgon Ford Transit, estime que non et accélère. Kouââ !!! le roumi m’aurait-il fait lever pour rien ? a dû penser le « parc-mètre » ambulant. J’entends crier « M’ssiou, M’ssiou », regarde dans le rétro pour apercevoir mon papy au trot, cinq mètres derrière moi qui me fait signe de m’arrêter. Je suppose qu’un autre automobiliste était sur le point de libérer une place, et m’arrête. Le p’tit monsieur vient à ma hauteur et dans un grand sourire, marquant certainement sa satisfaction de n’avoir pas été obligé de courir plus longtemps sous cette cagna, me fait signe de reculer. J’obtempère, confiant… jusqu’à la place repérée auparavant.

????? Soit il m’estime un bien piètre conducteur incapable de faire un créneau sur une longueur disponible inférieure ou égale à celle du véhicule, soit il a encore des progrès à faire dans l’estimation visuelle de la longueur de ces derniers.

Pas du tout ! Je n’ai qu’a me garer en épi … Un rapide coup d’œil me permet de constater que dans les environs deux autres véhicules sont aussi garés comme des laitiers, mais je fais constater que mon fourgon dépassera plus que la Fiat Uno et la 205 ainsi stationnées. Makein mouchkil … pas de problème… mon papy fumeur de kif, le sibsi dépassant de la poche de la blouse et la lueur particulière dans le regard ne laissent aucun doute, va chercher sa chaise, et s’installe derrière le Ford … les voitures seront ainsi obligées de s’écarter … et l’arrière de mon engin est protégé…

Abandonner la qualité inestimable d’une place à l’ombre à cette heure et dans ce pays, pour protéger la voiture du roumi … j’imagine qu’au retour j’aurai à payer beaucoup plus que le Dhiram et demi (15 cts d’Euro) que coûte, quelle que soit sa durée, le stationnement dans l’avenue. Mais bon, c’est ça où je tourne pendant une demi-heure sous le soleil… et puis ce n’est pas du racket, c’est la juste rémunération d’un service.

Nous nous éloignons -je dis nous car j’étais avec un ami prof de français originaire de cette vallée d’Anergui qui m’est si chère, et 2 de ses cousins montagnards. Je ferai peut-être le récit de cette « descente en ville » et des raisons de celle-ci, si un jour un Vfiste lance un sujet qui me permette de rebondir avec cette histoire qui vaut aussi son pesant de figues-, Lahcen, le prof, déconnant et confiant comme toujours, les deux cousins silencieux et réservés, un peu plus que d’habitude, certainement à cause de l’ambiance citadine. Nous menons nos petites affaires et nous voilà de retour en fin d’après midi.

Avant de traverser la rue je remarque que la Fiat et la 205 sont reparties et … tiens ...la chaise est sous son arbre d’origine, le gardien a disparu et un gendarme effectue une protection rapprochée de mon véhicule contre les malandrins qui pourraient sévir dans le secteur.

Lahcen, qui a fait le même constat que moi, demande à ses cousins montagnards de rester sur l’autre trottoir, de nous ignorer, et … je comprends que la situation va devenir sérieuse car l’uniforme et celui qui l’habite ne sont pas là en prévention d’un acte malveillant contre mon véhicule.

Une fourgonnette, loin de la rutilance de sa jeune époque, ne pouvant appartenir qu’à un travailleur émigré en vacances au pays, le représentant de l’ordre s’adresse directement à Lahcen, en arabe, en vociférant et en postillonnant. Le prof garde son calme, met la main à la poche et en sort un billet de 50 Dhirams qui font pétiller les yeux du casquetteux. Je m’interpose … ai-je bien fait ? je me le suis demandé longtemps !

D’abord la tronche du flic , surpris par mon intervention lui signifiant que j’étais le propriétaire de l’engin, que j’étais prêt à payer le dû de mon indélicatesse, même si j’estimais avoir des circonstances atténuantes en la personne de l’agent municipal qui m’avait, non seulement autorisé, mais préconisé le stationnement à cet endroit et dans cette position, qu’ayant supposé la pratique courante après avoir constaté ne pas être le seul dans cette situation, j’avais fini par m’y coller… d’abord il est où le gardien-fumeur ? Vous n’avez qu’à lui demander m’sieur l’agent … ah, il finit son service à 18 heures ? Et vous mon adjudant vous n’avez pas bientôt … ? non je plaisante, bien sûr ! Comment ? On peut toujours s’arranger ? Je n’en doute pas, je vous ai dit que j’étais prêt à faire amende honorable … mais avec un reçu bien entendu [:)].

Là je crois bien que c’est la première fois qu’il entendait de tels propos, et j’ai cru marquer un point devant sa mine désorientée . Mais un gendarme marocain moustachu et transpirant, même l’air décontenancé, peut avoir des ressources insoupçonnées : « Papiers du véhicule et passeport s’il vous plait ! » . Je m’exécute lui tend ma pochette … Il étudie le contenu, l’apprend certainement par cœur tellement me semblent longues les secondes de l’inspection et me rend les papiers… le passeport SVP ?

Je lui mets sous le nez à la page de la photo, puis celle du cachet d’entrée, la date de validité mais je commets l’erreur de ne pas le tenir assez fort; il me le prends des mains [:(]. Le rappel d’une précédente expérience du genre me fait penser « t’es fait ! ». Je sais qu’il va chercher à me le rendre contre monnaie sonnante et trébuchante et je sais aussi que Lhacen est prêt à payer pour ne pas que l’on passe la nuit ici . Un oeil dans les pages, un autre sur moi par dessus ses lunettes de soleil, il passe en revue tous les cachets des huit dernières années (les passeports espagnols sont valables dix ans). « Vous venez souvent au Maroc ! Vous y travaillez ? ». Il le referme et … Je réussis à l’intercepter avant qu’il finisse derrière l’insigne en étoile que tout représentant marocain de la force publique arbore agrafée à la poche poitrine de sa chemise. Lui non plus ne le tenait pas assez fort, hé hé hé [:P], ou du moins ne s’attendait-il pas à mon geste. Sur la terrasse derrière moi il y a eu comme une rumeur . Le moustachu a blêmi.

« Non, touriste uniquement. Veuillez m’excuser Monsieur l’agent, vous avez constaté que je suis en règle, vous n’appartenez pas au services des douanes, vous n’avez pas à garder mon passeport. ». Quelques gouttes supplémentaires ont perlé sur son front … il était devenu le point de convergence de tous les regards environnants … « Vous allez le regretter » a t’il postillonné .

Lahcen m’a jeté un regard du genre : « mon garçon là tu es allé un peu fort car qui sait comment peut réagir un flic vexé jusqu’au trognon … devant une terrasse de café qui est en train de se remplir comme une salle de spectacle avant les 3 coups… [:/]».

Je passe tout le détail des tentatives de mon ami pour amadouer le représentant de l’ordre ridiculisé en public et sauver la situation (ou ce qui pouvait encore l’être !), mais la mine dépitée de Lahcen, les gesticulation et le ton des propos émanant de sous le képi et me faisaient clairement comprendre que le Monsieur était prêt, certainement à son corps défendant, à faire l’impasse sur son bakchich pourvu qu’il retrouve sa dignité en corrigeant ce roumi insolent. Une heure après, deux types en combinaison stoppaient leur camion grue au milieu de l’avenue sans se préoccuper de la perturbation causée à la circulation intense de cette fin d’après midi et, , dans la foulée, fixaient des câbles de traction après la rotule de mon attache remorque . Incognito, les cousins s’étaient installés dans un coin de la terrasse du café et devaient commencer à s’inquiéter et se demander comment tout cela allait finir… moi aussi [:/]. La « Plaisanterie » allait me coûter plus que la simple amende pour stationnement gênant. J’allais avoir à payer la mise en fourrière, le voyage de ce soir en taxi pour ramener les copains à Ouaouizerth (45 kms et une heure de route pour franchir le col qui sépare la plaine du pays Amazigh), et le retour demain pour revenir chercher le véhicule… s’ils voulaient bien me le libérer dans la journée… car je me voyais bien être obligé de passer deux ou trois jours à l’hôtel ou faire des allers-retour avant de pouvoir le récupérer. Il fallait bien me faire payer mon irrespect… non mais !

« José ??? » Mon prénom à sonné comme le gong qui sauve un boxeur du KO.

Au volant d’une voiture, un autre ami de Ouaouizerth, Adballah, chauffeur privé et mal payé pour les déplacements professionnels de Monsieur le Super-Caïd de Ouaouizerth.

Aux cotés d’Abdallah se tenait le fameux monsieur qui retournait dans ses pénates de montagne après une mission au tribunal de Benni Mellal.

Il m’a semblé, qu’à ma droite, la moustache de M’sieu l’agent affichait moins de superbe [:(] à mesure, qu’à ma gauche, une banane se dessinait d’une oreille à l’autre sur le visage de Lahcen [:)]. Ce dernier s’est, bien sûr, fait un immense plaisir d’aller saluer comme il se doit l’autorité suprême de sa commune (l’hypocrite !!) [:|], puis est revenu avec Abdallah dire à la moustache déconfite que le Monsieur, là dans la voiture grise, souhaitait lui parler.

¼ d’heure après, nous quittions les faubourgs de la ville. J’avais dans la poche le récépissé attestant que je m’étais acquitté de 150 dirhams dus pour stationnement gênant. J’avais évité la fourrière et tous les emmerdes à venir, emmerdes qui dans ce pays peuvent prendre des proportions hors du commun quand l’autorité a envie de s’amuser avec toi, mais je n’avais pas pu passer à travers l’amende … ce que je trouvais normal par ailleurs…

Abdallah conduisait mon fourgon. Son patron avait pris le volant du véhicule de fonction, et m’avait invité à ses cotés pour que je lui raconte toute l’histoire depuis le commencement. La montée du col à la tombée de la nuit s’est faite à un rythme de sénateur, il était visiblement d’humeur joviale et bavarde, pas pressé de rentrer, content de montrer sa maîtrise de la langue française et surtout curieux de connaître un peu mieux ce roumi, objet d’une enquête discrète commandée par un prédécesseur; enquète qui, hormis une sympathie prononcée pour ceux qui aiment à se nommer entre-eux Imazighen, n’avait rien révélé de plus grave que les petits plaisirs auxquels s’adonnaient parfois la plupart des fonctionnaires marocains … et lui même.

B’slama Sidi, Baraka’ la il’ik.
« Nomade j’étais quand, toute petite, je rêvais en regardant la route, la blanche route attirante, toute droite vers l’inconnu charmeur… » Isabelle Eberhardt http://perso.wanadoo.fr/wihalane/
GN Gnome Veteran ·
Une gentille petite galère lors de mon premier voyage en Bolivie :

Uyuni, 18h00

Nous montons dans ce curieux bus assez haut perché qui va nous mener à La Paz. Si tout va bien, nous y serons demain matin, après une nuit de route. Cela ne nous dérange pas, nous avons l'habitude de nous déplacer ainsi depuis longtemps. Nous sommes 3 et le bus (comme tous les bus) étant équipé de 2 rangées de 2 sièges, nous nous séparons en deux groupes : mes deux amis au fond du bus et moi à une place libre, vers l'avant du bus. Je me retrouve assis à côté d'une dame d'environ une soixantaine d'années, parée des habits traditionnels de cette région des Andes : chapeau melon, jupe longue et multiples mantas, ces petites couvertures en laine de lama qui servent à tout.

Le bus part et mes premières heures sur cette piste sont un enchantement en dépit d'une température assez frisquette et d'un rafut du tonerre. A ma gauche, le soleil se couche interminablement sur le salar en créant des lumières que je n'ai encore jamais vues et à ma droite, ma voisine très loquace m'entraîne dans une conversation instructive durant laquelle nous comparons l'importance des liens inter-générationnels en Bolivie et en France. Je me surprend à parler finallement pas si mal que ça. Nous nous arrêtons au bout de trois heures pour manger une bonne soupe.

Nous repartons 3/4 d'heure plus tard, et lorsque je remonte dans le bus, je trouve "ma compagne de voyage" déjà profondément endormie, ne laissant dépasser de sa carapace de mantas que son nez et sa bouche. Je l'enjambe tant bien que mal pour retrouver ma place, en prenant soi de ne pas la réveiller. Dès les premières minutes sur cette piste défoncée, je sens une nette différence. Il fait sacrément froid ! Je fouille dans mon sac pour trouver un pull supplémentaire, des gants et un bonnet. Ca me réchauffe, mais pas très longtemps. C'est curieux, mais j'ai l'impression que nous roulons avec une fenêtre ouverte. Un regard circulaire sur mon entourage me prouve que non. Mais en baissant la tête, je m'aperçois avec surprise que le petit rebord de l'allée centrale est arraché sur un bon mètre, offrant une vue sur l'essieu arrière.

Le temps passe et j'ai de plus en plus froid. J'ai depuis longtemps mis tous les habits qu'il me restait et me suis même intercallé tous les papiers que j'avais entre mes couches de vêtements. Mais rien n'y fait, même avec tout ça et mes pieds dans mon sac, je gèle. Un coup d'oeil au petit thermomètre dans mons sac : il est bloqué à -15°... son minimum. Je commence à comprendre pourquoi tous les gens qui sont dans ce bus sont littéralement enfouis sous leurs nombreuses mantas en laine de lama.

Je suis transi et ne peux empêcher mes dents de claquer. Il faut que je fasse quelque chose, ça ne peux plus durer. Je n'ai jamais eu aussi froid, je ne suis plus qu'une boule recroquevillée sur mon siège. Il faut qu'on s'arrète que je puisse bouger, demander des couvertures...

Je pense que ce sont mes tremblements, à la limite de la convulsion, qui réveillent ma voisine. L'oeil mi-clos, elle me demande ce qui ne va pas. Avant même que je puisse formuler une réponse intelligible, celle-ci se met à rire d'un petit gloussement et marmonne quelques mots dont je ne comprends qu'"angelito". Joignant le geste à la parole, elle se trémousse pour libérer de mon côté les couvertures qui l'enrobent et sans plus rien dire elle m'attrire contre elle pour me recouvrir de sa lourde aile protectrice. Me voilà blotti contre son tablier, complètement recouvert d'une dizaine de couches ! Le nez dans ces étoffes aux violentes senteurs d'herbe, de laine et de cuisine, je me mets à sourire. Qu'il fait bon ! Je me réchauffe très vite et m'endors en un rien de temps, pour me réveiller aux abords du terminal de bus de La Paz.

Mes deux amis on fait le voyage à l'arrière du bus et ont eu la chance de trouver des couvertures dans les portes bagages du fond.

Je quitte ma voisine avec un curieux sentiment; une sorte de petite boule dans la gorge. Elle me fait un grand sourire et me dit de faire attention pour le reste de mon voyage.
"Old travellers never die, they just smell that way"
SE Seshat Regular ·
Bonsoir José,

Bravo pour tes savoureux récits de "galère" (l'âne rebelle en priorité), c'est un plaisir de te lire.

Tu rendrais passionnant une notice de montage de meubles en kit (c'est dire [;)])

Si tu en as d'autres en réserve, je suis preneuse.

A+

C'est valable aussi pour toi, Gnome et beaucoup d'autres....
Seshat

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JO José Regular ·
Bonjour Nadine,

L'âne ... rebelle ...????? J'ai eu l'occasion de l'avoir au téléphonne et mouchard comme je suis je lui ai dit que tu l'avais traité d'âne...

Il m'a chargé de te transmettre le message ci-dessous et de te passer 1 photo de lui et d'un de ses vagues cousins pour que puisses apprécier la différence ...

" Je suis un mulet Madame... et ma maman une descendante de la plus belle conquête de l'homme... [:P] ! Mais pas de problème... j'accepeterai de porter tes bagages si un jour il te prend de venir me rendre visite [:)] . "

Merci. [;)]

José
« Nomade j’étais quand, toute petite, je rêvais en regardant la route, la blanche route attirante, toute droite vers l’inconnu charmeur… » Isabelle Eberhardt http://perso.wanadoo.fr/wihalane/
SE Seshat Regular ·
Désolée d'avoir traité ton mulet cabochard d'"ane", je ne voulais pas le blesser [;)][;)][;)]

C'est qu'en tant que citadine, je n'ai pas vraiment fait d'étude comparative sur leurs différences, à part que le mulet est un croisement (âne-jument ? je crois) qui restera stérile, alors que l'âne, vraie râce aux nombreuses variétés, lui aura peut-être la chance d'avoir une belle famille. C'est vrai que cette pensée peut le rende nostalgique .....et susceptible . [;)]

En tout cas merci pour les photos, super paysages et quelle star, ce ?? (tu ne nous a pas dit son nom ?)
Seshat

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TR Trekkerbeub Veteran ·
Salut José [;)]

Géniales tes 3 dernières photos. La qualité va crerscendo ... vivement les prochaines [:)]

La corruption en voyage n'est pas le seul fait des hommes en uniforme. Les civils aussi peuvent en abuser ... Voici ma galère évoquant ce problème :

14 août 2001, région du Cachemire Pakistanais sur le Tour du Nanga-Parbat ... Nous quittons le petit village "médiéval" de Latobah vers 7h00, nous deux occidentaux, notre guide, notre porteur haute altitude, deux ânes porteurs et leur propriétaire, ainsi que deux autres porteurs qui ne portent rien pour le moment. En effet, ce trek a le particularité d'imposer aux trekkers une coutume qui consiste à embaucher en "wapasi"* des porteurs dans le sens aller et retour, le relais du portage se faisant au col du Mazeno-La. Nous arrivons dans une immense prairie bordant le gigantesque glacier de Rupal. Nous croisons un groupe de 8 bergers à l'air austère et au regard inquisiteur (cf photo). Nous offrons une tournée de cigarettes. Le porteur-guide de la vallée de loibah (autre coté du col) discute avec le plus agé des bergers, puis nous repartons après 10 mn d'ambiance tendue . "Y a-t-il un problème, Lahour Khân ???" ... "No problem, no problem" me répond-t-il d'un air embarrassé ... Nous arrivons au Mazeno High Camp à 16h30 et posons notre bivouac ... Il commence à neiger ...

15 août, 5h00, nous nous levons. Une fine grêle tombe, nous déjeunons et nous demandons s'il est prudent de tenter l'ascension du col (5400m) ... après le petit déj. et un tour des avis des uns et des autres nous décidons de le tenter ... Après 20 mn de marche nous arrivons au pied de la pente escarpée menant au col. Le temps est pourri et nous mesurons tous les risques que nous prenons, c'est pourquoi notre progression demeure prudente. Nous apercevons un groupe qui nous suit. Nous avançons pensant que c'est l'équipée de Belges qui s'est décidée à tenter l'ascension. Les suivants avancent rapidement, et nous remarquons enfin que ce sont les bergers croisés la veille . "Lahour Khân, look ... the shepherds ...". Son visage bêmit, mais il me répond néanmoins "No problem". Arrivés à quelques encâblures du sommet, les bergers nous rattrapent et interpellent Lahour-Khân. Le reste de l'équipe continue l'ascension. Nous nous retrouvons, nous 6 et les 8 bergers au sommet du col. Lahour Khân nous fait alors part de leurs éxigences. Nous devons les embaucher tous les 8 en tant que porteurs à hauteur de 600 roupies chacun par jour. (1500 FF de supplément en sorte). Je refuse cathégoriquement ce racket et commence une diatribe en Arabe littéraire : "Nahnou Koullou Mousoulmâni, oua Allah yaraakoum ...". Le sermon fini, les nuages se déchirent et le soleil apparaît, lumineux. Les bergers sont impressionnés, moi aussi . Après 5 mn de palabres nous convenons d'en embaucher 2 à mi-temps soit un supplément de 200 ff. Nous continuons notre Trek après nous être faits racketter poliment, mais certainement moins que la moyenne des gens qui se font intercepter par ces pirates du trekking ... mais faut bien qu'ils vivent, mais la façon d'imposer le portage pourrait être présentée de façon moins virulente. Ils nous ont montré qu'ils étaient armés de 2 pistolets tout de même ... [:/].

Beub

* Wapasi : consiste à dédomager un porteur, qui une fois renvoyé parce qu'il n'a plus rien à porter, à hauteur d'un demi salaire pour le retour au point de départ.

Vous pouvez lire la totalité du récit dans la même rubrique, un peu + loin ...[;)]
"J'AI BESOIN DU LOIN" - Marius - Marcel Pagnol
JO José Regular ·
Une gentille et fraîche galère qui, en el calor de una manta et d'une relation fugitive mais aux traces immortelles par l'émotion qu'elle procure, se mue en moment de bonheur ... comment vivre un voyage sans ces instants ... ?

Bon vent ...

José

Maimanta canqui ? Mayta rinqui ?

En français ... et en castillan, ça donne quoi ?
« Nomade j’étais quand, toute petite, je rêvais en regardant la route, la blanche route attirante, toute droite vers l’inconnu charmeur… » Isabelle Eberhardt http://perso.wanadoo.fr/wihalane/
TI Titania Regular ·
c'est trop gnon cette histoire ... tout mimi !
Elle était débout la ville !!!
GN Gnome Veteran ·
Maimanta canqui ? Mayta rinqui ?

En français ... et en castillan, ça donne quoi ?

En Quechua ça veut dire :

D'où viens-tu ?

Où vas-tu ?
"Old travellers never die, they just smell that way"
PA Parvat Globetrotter ·
Super à lire ces galères!!! Encore per favor!
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
LE Lepiaf Globetrotter ·
Je l'ai piqué sur un autre forum, je n'ai pas pu résister.

J'ai testé le shamman péruvien il ya quelques mois, et franchement je suis pas prète de recommencer!!!Certes c'est une expérience interessante, mais limite dangereuse. On s'est retrouvé à 5 français aux milieu de l'Amazonie avec notre super shamman, un papy qui a été chercher des plantes dans la foret ( de l'ayawaska et autre chose). Il en a fait une bouillie immonde. On a du en prendre quelques verres jusqu'à ce qu'on ressente des effets. Je passe les détails du cérémonial. Pour moi au bout de deux verres, j'était partie... Tout tournait, impossible de rester ne serait-ce qu'assise. J'ai réussi à me trainer jusqu'à mon hamac. Là, on était censé "voyager". hahaha. J'ai jamais été aussi malade de ma vie, parce les petites plantes du papy, non seulement ca doit faire "voyager", mais aussi ca purifie la corps. On a donc passé la nuit à vomir, et encore, une bonne diarrhée était au programme, mais on y a pas eu droit, ouf... Donc pour moi, impossible de dormir, impossible de rester immobile, il fallait absolument que je bouge les bras ou les jambes, c'était comme si ca me grattait à l'intérieur. Impossible de parler aussi, et je ne voyait absolument plus rien. Un de mes potes est parti en sucette lui, il s'est barré en courant dans la foret en pleine nuit, on a du lui courir après pour le rattrapper. Après il a absolument voulu aller dormir avec le papy :) . Un autre copain jouait tout seul à la belote dans son hamac, sans cartes. Le lendemain ca s'est calmé. mais pas pour tout le monde. Un autre des français, qui lui n'avait eu aucun effet pendant la nuit, s'est mis à halluciner comme un malade, il est parti genre une demi heure dans la foret, je le retrouve en train de scotcher devant un arbre. Je lui demande ce qu'il faisait, il me réponds avec un air d'évidence, qu'il était en train de faire bouillir de l'eau. ok. Entres autres effets, qui ont durés une bonne journée: pas de mémoire à plus de deux minues, donc impossible d'avoir des discusisons de plus de deux minutes! des troubles de la visions, manque de concentration, etc. Bref, pas d'hallucinations ni de "voyage" pour moi, pour les autres difficile à définir, on en a encore du mal à en parler aujourd'hui. Donc méfiance, le shammanisme, c'est un coup à faire de très grosses conneries ca, et si on y croit, et qu'on arrive à se "préparer psychologiquement", peut-etre que ca marche...
JO José Regular ·
J'ai beaucoup ri en m'imaginant le type s'engueulant lui-même parce que son "partenaire" avait mal joué... et l'autre ... au pied de mon arbre je vivais heureux... mais bon cela aurait pu finir tragiquement. Heureusement que personne n'a sauté du haut d'une falaise en se prenant pour un aigle...

N'est pas Castaneda qui veut [:/]

http://www.castaneda.com/mirrors/french/index.html

José
« Nomade j’étais quand, toute petite, je rêvais en regardant la route, la blanche route attirante, toute droite vers l’inconnu charmeur… » Isabelle Eberhardt http://perso.wanadoo.fr/wihalane/
LE Lepiaf Globetrotter ·
Moi j'ai bien aimé le gars qui jouait seul à la belote ... sans carte.
ZI Zitoune Globetrotter ·
Ceci dit l allahuasca pris dans de bonnes conditions, avec une personne vraiment responsable, procure un reel voyage au dessus de la realite. Pour se faire, il ne faut pas arriver dans le village, prendre l allahuasca et repartir deux jours apres. Il faut au moins arriver une quinzaine de jours avant, discuter avec les natifs et beaucoup parler avec le chaman, pour que ce dernier puisse cibler si on a besoin de le prendre ou non. Et si oui, dans quelles conditions et dans quelles proportions.

Toute fois, j ai moi aussi beaucoup ris, surtout en lisant le passage ou le mec c est casse en courant dans la foret puis, apres, voulait absolument aller dormir avec le papy.
Es un hombre que se va, la lagrima se queda.
GN Gnome Veteran ·
Quand ça commence à partir en vrille...

Voici une mésaventure, vécue l'année dernière avec Aerolineas Argentinas, qui pourrait figurer dans la rubrique compagnies aérienne...

Ca y est, c'est le jour du départ tant espéré ! Je suis dans le hall d'embarquement à Roissy, attendant un premier avion pour Madrid, avant d'en prendre un autre pour Buenos Aires et encore un autre pour Cordoba... Le tout devant bien sûr s'enchaîner dans la joie et la bonne humeur puisque je suis en vacances.

Il est 16h et mon vol à déjà presque une heure de retard. On nous annonce que suite à problème technique notre avion ne pourra pas décoller avant 19h et pour nous calmer, on nous remet un bon pour un sandwich et une boisson.

22h, nous embarquons pour atterir un peu plus tard en Espagne. La correspondance pour Buenos Aires est bien entendu ratée et nous dormons dans un hôtel (très bien d'ailleurs) en banlieue madrilène. Entre temps, impossible de savoir à quelle heure partira "mon" avion pour l'Argentine. Ce n'est qu'au matin que je réussis enfin à savoir que cet avion est prévu le soir même à 20h30. Contenant un léger trouble, je me dis que c'est l'occasion de passer une bonne journée à Madrid, et je m'en vais donc flâner et visiter le Prado.

Retour en fin d'après midi à l'hôtel, nous prenons un bus qui nous mêne à l'aéroport. Notre avion est bien là et nous embarquons dans ce vieux 747 usé jusqu'à la corde. Hourra, nous décollons, cette fois-çi c'est non-stop jusqu'à Buenos Aires... Les vacances commencent réellement ! Les genoux sous le menton et les fesses encastrées dans mon siège baquet, je me délecte d'un plateau en stade de décongélation (Cf. le chapître Comment manger en avion de Umberto Eco dans le livre Comment voyager avec un saumon). Quel bonheur, je survole l'Atlantique et dans quelques heures de sommeil (si j'y arrive), à moi l'Argentine !

Je vous le fait en français : "Mesdames et messieurs, suite à un incident technique, nous allons être obligé d'atterir à Sao Paolo, ne pouvant nous rendre directement à Buenos Aires"... Bien. Nous nous posons et débarquons pour poireauter un temps encore incertain dans une grande salle vide. Bien entendu, aucune explication quant à notre éventuelle heure de re-décollage puisqu'il n'y a tout simplement pas de bureau de représentation d'Aerolineas Argentinas à Sao Paolo. Assis en tailleur, j'assiste très zen aux échauffements des passagers qui, n'en pouvant plus s'en prennent aux premiers officiels en uniformes venus. Cela va même jusqu'à quelques interpellations par la police locale et au déplacement d'une équipe de télé locale... Au bout de 3 heures de protestations, on nous annonce que nous allons être acheminés vers un hôtel, notre avion ayant encore quelques réparations à subir... Là, de moins en moins zen et de plus en plus naze, je me laisse porter par le flot de touristes en colère jusque dans un bus qui nous conduit en une heure et demie d'embouteillage jusqu'à notre hôtel. Un peu désabusé, j'observe les gens qui sont dans la même galère que moi : une famille nombreuse qui part pour l'île de Pacques et qui réalise qu'elle a désormais raté le seul avion hebdomadaire, une vieille dame qui n'arrive pas à joindre sa fille pour lui dire qu'elle ne sera pas au rendez-vous... bref, un joyeux bordel !

M'estimant moins malchanceux que les autres (personne ne m'attend et je n'ai pas de timing précis), je monte dans ma chambre en me disant "qui vivra verra". Il est 18h, heure locale et je sombre quasi instantanément dans un profond sommeil. Coup de fil ! je crois comprendre (je ne parle pas portuguais) qu'il faut que je sois à l'accueil dans 5 minutes, pour repartir vers l'aéroport ! Bon sang, quelle heure est-il ? combien de temps ai-je dormi ? un coup d'oeil à ma montre... il est 18h25. Cette totale désorganisation me provoque un rire nerveux.

De nouveau le hall de l'hôtel, de nouveau le bus, de nouveau l'attente et à 22h... O miracle, nous redécollons. Pour arriver d'un trait à Buenos Aires. Bien sûr, il n'y a plus de correspondance pour Cordoba, ma destination finale (il est minuit), et puis d'ailleurs le prochain vol n'a lieu que demain à... 20h. Là, je sens comme une sorte de craquement en moi, d'autant plus que j'aperçois une file d'environ 200 mètres qu'il va falloir que je me farcisse pour récupérer mon sac et... mon ticket d'hôtel !

Il est 3h30 du matin et je m'éfondre sur mon lit. Je suis dans le centre de Buenos Aires et j'en profite donc pour me balader une partie de la journée du lendemain avant de repartir vers l'aéroport. Finalement, je change d'avis et décide de prendre un avion vers Salta... Il part 2 heures plus tôt que celui de Cordoba, c'est bysance ! Je raconte mes péripéties à une des hôtesses au sol et lui fait comprendre en laissant rapidement exploser mon désespoir qu'un geste de la compagnie serait plus que fort bien venu afin d'éviter un incident diplomatique de premier ordre ! C'est donc après un vol de 2h30 en première classe que j'arrive à Salta, complètement crevé et complètement ivre de single malt... Il est 22h et je prends un bus (encore) pour me rendre dans le centre ville... Nous sommes en début de week end et il n'y a plus une auberge-hôtel-hospedaje-residencial de libre à moins de 10 km...c'est le début d'une autre histoire !
"Old travellers never die, they just smell that way"
JO José Regular ·
Quand ça commence à partir en vrille... et qu'il n'y a rien à faire d'autre qu'à subir... où l'école de la patience et de la maîtrise de soi... parmi les vertus du voyage [:)].

J'avais pourtant d'excellents souvenirs de mes 4 voyages avec Aerolineas... mais il vrai que c'était en 1991 et que depuis ...

José
« Nomade j’étais quand, toute petite, je rêvais en regardant la route, la blanche route attirante, toute droite vers l’inconnu charmeur… » Isabelle Eberhardt http://perso.wanadoo.fr/wihalane/
RémiB Regular ·
bonjour, par rapport à vous c'est une galère de débutant mais bon ....

Je me trouve à Hattusa-Bogazköy (site archéologique à coté d'Ankara) dans un hotel pour tour-operator à l'ambiance foireuse. Le but de mon voyage c'est Sivas et pour cela je dois passer par Yozgat. Manque de chance les dolmus ne vont qu'à Sungurlu (ville équidistante mais à l'opposé). Je propose à 2 touristes français de partir en même temps que moi. Le patron nous propose de nous emmener pour 60.000.000TL (240ff), le matin il m'avait déja ammené dans un site archéologique pour la meme somme. En passant par un autre hotel on nous propose de partager le dolmus loué par des japonais pour la meme destination, pour le prix de 10.000.000 chacun. C'est d'accord, on monte dans le dolmus et on passe à notre hotel récupérer les bagages, le temps de les prendres le patrons a chassé littéralement notre dolmus. Le hic ? mon sac à dos était dans le dolmus (erreur de jeunesse, je le ferai plus). Donc on loue l'autre dolmus du village pour 45.000.000 (15.000.000 chacun) et on y va le numéro de portable de l'autre dolmus en poche. Arrivée à Yozat je récupère mon sac, paie mes 15.000.000 de dolmus plus une petite taxe pour l'utilisation du portable du chauffeur.

Je vais attendre le bus pour Sivas sur la grande-route en compagnie de l'idiot du village (mi-handicapé physique, mi-handicapé mental) qui me réclame du pognon toutes les 2 secondes. Le bus n'arrive toujours pas, mais un camion-citerne s'arrete. Combien il en veut ? 10.000.000 (pour 200km) le meme prix que le bus. J'en ai trop marre de cette journée et je monte dans le camion-citerne. Arrivée à Sivas en fin d'après-midi, je suis laché au bord de la route nationale à 5km du centre (à pied et avec le sac à roulette pas très efficace sur les graviers). Piouf, y a des jours il faut etre zen.
Nereden ? Nereye ?

Rémi
GA Galwen ·
Aie, je viens de recevoir une deuxième visite, le comptable… Il me tend la note : 1500 Ringit ! La douille !!! Ca fait 600u$ !!! Comme c’est hors de question de tel. à Maman « envoie-moi des sous, je suis dans un hosto en Malaisie » Elle s’inquièterait tellement qu’elle serait capable de venir jusqu’ici, ne sachant pas que la Malaisie n’est pas comparable à la Birmanie point de vue soin de santé. Je ne vois qu’une chose à faire mais il faut oser…../... Je prends la poudre d’escampette et m’enfuis dans la nuit jusque chez Sandro. Ah Ah, je les ais bien eus !

Waouh, j'admire !

Et les Malaisiens, ils se font soigner comment, au fait? Ils ont un bon système de protection sociale qui leur permet de se faire rembourser leurs soins?

Je trouve assez fabuleux de partir "à l'aventure" sans assurance santé, sans se préoccuper de qui assumera financièrement la galère si galère il y a. "Moi d'abord et tant pis pour les autres", c'est ça la fameuse éthique du voyageur sac au dos qui se dit différent du touriste de base? Je lis partout sur ces forums une certaine conception du voyage, le respect, le partage avec les locaux et là, ça me fait doucement ricaner.. Au niveau respect du pays, des locaux, des autres occidentaux qui passeront derrière, on ne fait pas mieux...
LO Lotusbleue Regular ·
Vu qu'il n'y a pas de sécu là-bas... ce sera forcément au détriment d'un malaisien qui lui n'a pas le choix !

En effet, belle conception du voyage !

Un rêve si beau soit-il se construit, se calcul, se prépare... l'aventure au détriment des populations...

Finalement, à terme, ces "touristes qui ne sortent pas des sentiers battus" seront bientôt idolatrés par les populations... ceux-là au moins ne viennent pas dans leur pays pour les voler.

Je rejoins entièrement ton point de vue Galwen, n'en déplaise à certains (certaines) !
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
PA Parvat Globetrotter ·
Je comprends votre point de vue Galwen et Lotus, mais à cette époque, si j'avais du construire, calculer et préparer mon voyage, je ne serais pas partie... Je ne prépare pas mes voyages, ma vie, je ne suis pas materialiste, et je deteste l'argent mais c'est malheureusement trop utile. Et la sécurité sociale, toujours à cette époque, je n'en avait même pas "chez moi" en Belgique; je n'étais pas en ordre. D'ailleurs je n'avais même pas de chez moi, j'étais domiciliée en Egypte.

J'ai volé cet hopîtal malaisien? Oui, tout à fait d'accord, mais qui est prit qui croyait prendre, ils m'avaient dit que je n'aurais pas à payer plus de 200 U$, et ils me demandaient 600U$! Ils se sont sans doute dit "Comme c'est une européenne, elle est riche! On va lui demander le paquet" Je ne voulais pas les voler au début! Je suis retournée plus tard à l'hosto au Cambodge (pour la même raison) et j'ai payé ma note! Je n'ai pas eu de mauvaise surprise.

"Partir "à l'aventure" sans assurance santé, sans se préoccuper de qui assumera financièrement la galère si galère il y a" Je me suis toujours débrouillée honnêtement quand j'ai eu des galères, peut être pas toujours au niveau de la loi, mais au niveau des gens oui, toujours! Et puis je n'ai pas à me justifier comme ca, il ne faut pas juger ma manière de voyager sur cette histoire! Oui je suis partie avec 400$ et un AR d'un an pour l'Inde, je suis revenue deux ans plus tard après avoir été jusqu'au Canada, l'Australie, etc. Oui, c'était de l'aventure comme "on" l'entend. (V'là pas que je raconte ma vie en public maintenant...)

Il y a moyen de voyager sans sécurité, mais avec tout le respect que je dois aux locaux! C'est pas car je voyageais "à l'aventure" que je n'étais pas respectueuse!

Et si je bosse à l'étranger, je prends le boulot d'un local?
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
AL Alan Globetrotter ·
Chacun a son éthique personelle du voyage, et moi même lorsque je pars, je me rapproche quelque peu de la façon de faire de Parvat, à savoir ne pas trop préparer mon parcours, et surtout de ne pas m'intégrer dans un système de vie qui ne va pas dans le sens de mes idées, mais de toujours voyager dans le respect des populations rencontrées et des pays traversés........ce qui est le cas de nombreux d'entre nous et surtout de la voyageuse que tu mettais en question et qui elle a énormément de respect pour les gens qu'elle rencontre, et de celà on peut difficilement aller contre lorsque on la connait quelque peu.....on n'est pas obligé de rentrer dans un système formaté à l'occidentale pour partir avec son sac, chacun fait en fonction de ses aspirations.....

Le problème parfois est que ça ne marche pas dans les deux sens et que bien souvent on nous fait un peu trop sentir que nous sommes des portefeuilles sur pattes et la venue d'un étranger à peau blanche est toujours synonyme de rentrée d'argent plus ou moins facile.....

Je me rappelle il y a quelque temps avoir placé le fils d'une amie en stage dans un grand hôtel en bordure de la Mer Rouge en Egypte, et celui ci ayant une maladie génétique est toujours dans l'obligation d'avoir son dossier médical sur lui malgré le fait qu'il soit en bonne santé par ailleurs........

Seulement voilà, n'étant pas habitué à voyager en pays chaud, il n'a pas pris de précautions alimentaires dés son arrivée et le soleil aidant, voilà qu'il a un malaise dans sa chambre d'hôtel et lorsque le personnel vient le chercher pour commencer à travailler et qu'il le découvre inanimé dans la chambre, on le transporte de suite à l'hôpital........et ce qui au départ n'était qu'un petit malaise se transforme bien vite en maladie incurable à la vue de ce fameux dossier qui l'accompagne toujours.......et nos coups de téléphone n'y ont rien fait, l'occasion était trop belle pour cet hôpital de pouvoir se faire un peu d'argent sur ce jeune blanc bec......tant et si bien qu'il a fallu débourser 5000 Euros pour pouvoir le sortir de là, l'intervention d'Europe Assistance sur place pour assurer un rapatriement sanitaire ( alors que ce n'était pas nécéssaire ...... ), donc beaucoup d'argent en final pour un simple malaise alimentaire, et celà simplement parceque l'hôpital avait trouvé la poule aux oeufs d'or ......ce qui n'est pas non plus trés fair play .......

Alors, bien sur lorsque l'on vous annonce un tarif de 200 USD et qu'au final on vous demande 600 USD, celà fait une différence, et je pense que j'aurais fait la même chose que Parvat, à savoir prendre la poudre d'escampette, car je n'aime pas non plus que l'on me prenne pour un touriste juste bon à payer......

Abuser, point trop ne faut ........[:)] sinon, on a également de la ressource ......
LO Lotusbleue Regular ·
C'est là la différence entre toi et moi Parvat... je ne pourrais pas partir sans assurer un minimum de précaution (pécunière j'entends) ! C'est là ma façon d'appréhender la vie, ma conception du contact humain à l'étranger ! Il est certain que l'hôpital comme Alan le précise peut abuser... je le comprends aussi !

Je ne serais peut-être jamais une aventureuse comme toi ou Alan ou Philobate ou bien d'autres ! Mes voyages pour moi sont aventureux par la richesse des échanges, des contacts avec les populations, les us et coutumes, le fin fond de la brousse... je voyage simplement et comme je me prémunie (enfin autant que faire se peut !) je devance et prends les médicaments prescrits par mon médecin, je m'informe de la sécurité sanitaire du pays... non ne vous offusquez pas... je vous vois d'ici !!! C'est certainement sur ce plan là que je ne suis plus aventureuse !!!

Peut-être qu'un jour je parlerais autrement... pour l'heure cela m'est impossible... surtout depuis que j'ai visité le service d'ophtalmologie de l'hôpital de Cantho (Vietnam) où des personnes sans revenu et vivant dans la brousse environnante dans des rizières pouvaient se faire opérer des yeux par les dons de personnes généreuses, l'hôpital n'a pas beaucoup ou pas de moyens pour ces personnes pauvres ! j'ai rencontré des donnateurs suisses, hollandais, allemands, canadiens et ensembles nous apportons ce que nous pouvons par le biais d'associations de nos pays respectifs ! Et surtout, j'ai encore le souvenir de personnes âgées nous remercier de leur permettre de continuer à vivre et voir ! Moi je calcule pour mon voyage d'agrément, mon plaisir etc... et eux espèrent seulement garder la vue pour continuer dans leur rizière ! J'en ai presque honte !

Dans ces conditions, il est certain que pour mon prochain voyage ou installation... le budget accident/santé prend une place considérable !

Je n'approuve pas votre conception mais par contre j'apprécie toujours autant de vous lire et de découvrir les merveilles que vous nous ramenez !

Parvat, quand tu descendras à Marseille nous pourrons discutailler plus amplement, je n'ai pas dis que tu n'étais pas respectueuse... c'est ta façon de préparer ton voyage... tu places le budget santé au second plan alors que moi il figure au premier plan ! Et comme je ne suis pas d'accord avec toi je t'allume et puis de toute façon tu l'auras ta fessée...cherches pas des excuses !

On ne peut pas toujours être d'accord sur tout quand même non !!!!

Bises,
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
PA Parvat Globetrotter ·
Non à la violence!!! Pas de fessée!!! Sinon je resterai bien tranquillement à la buvette de la gare en ruminant... [:|][;)] Mais je pense que le richesse des rencontres peut être aussi forte en visitant le pays sac au dos, en y travaillant, ou en le visitant de façon plus humanitaire... Je crois que c'est positif aussi d'y aller pour apprendre une philosophie de vie, si on est bien avec soi même, on est bien avec les autres :) C'est une manière peut être assez égoiste aussi de voyager, mais pas négative... Je n'apporte pas grand chose, si ce n'est que je rayonne de bonheur, et j'espère que ces rayons font du bien autour de moi... J'dois avouer aussi que je ne voyagerais plus dans les mêmes conditions qu'avant, partir sans assez de tunes, non merci, mais j'y vois une différence entre voyager et prendre des vacances...
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
GA Galwen ·
Parvat, il ne s'agit pas de juger ta manière de voyager à partir de cet épisode, mais l'épisode tout court. S'ils t'ont annoncé 200 $ puis monté à 600, il fallait peut-être commencer par demander pourquoi (un médecin peut t'annoncer te faire passer une radio puis toute une batterie d'examens, on ne va pas le traiter d'escroc pour ça), puis tenter de négocier.

Je trouve ça un peu facile (et enfantin) d'argumenter en mettant en avant que tu n'es pas matérialiste, que tu détestes l'argent. N'empêche qu'il a bien fallu que cette somme soit réglée, et pas par toi.

Enfin bon, on va dire que c'est plus une marque de désaccord qu'un jugement, même si ça y ressemble, mea culpa :-)
PH Philobate Globetrotter ·
Quand tu as voyager, il ne t'est jammais arrivée qu'on monte le prix voyant que tu était un touriste (de facon perceptible ou non ?)

Philo
"J'ai refait tous les calculs, notre projet est irréalisable, il ne nous reste plus qu'une chose à faire, le réaliser". Latecoere dyslexique
GA Galwen ·
Alan, si chacun a son éthique perso du voyage, nle respect des populations, comme tu le dis, passe justement par le fait de mettre un peu sa façon de vivre ou d'être de côté et de se rapprocher de la leur. Là, il ne s'agit pas de rentrer dans un système formaté à l'occidentale mais de ne pas faire n'importe quoi non plus sur place.

Et je ne remets pas la voyageuse en question mais sa réaction dans cet épisode, nuance. Et surtout sa fierté en y repensant, dans la manière dont elle l'avait raconté.

Certes, l'occidental est souvent considéré comme un portefeuille sur pattes. Et alors? Même pas très friqué, il reste largement plus aisé que ceux qu'ils croisent dans la plupart des pays. L'histoire que tu cites ne justifie aucunement l'attitude de Parvat. Sinon, on peut trouver tant qu'on veut des exemples et contre-exemples...

Je ne veux pas dire qu'il est normal de se faire escroquer, exploiter, mais qu'on peut commencer par discuter, défendre son point de vue, ses droits, eksétéra. C'est ça aussi, le respect. Après avoir essayé, on peut ensuite agir en son âme et conscience (amen :-) ). Mais au moins essayer...
PH Philobate Globetrotter ·
Qu'aurait tu fait à sa place ???

Répond hennètement pas avec une vision posé ... ???

Perso je serait partie en laissant un ptit truc, mais je serait partie quand même ...

Philo
"J'ai refait tous les calculs, notre projet est irréalisable, il ne nous reste plus qu'une chose à faire, le réaliser". Latecoere dyslexique
GA Galwen ·
La réponse la plus honnête est que je n'en sais rien. Il est toujours facile de dire "j'aurais fait ci ou ça" alors qu'on n'est pas dans la situation, ce n'est que de la théorie. Si j'avais connu la période 39-45, j'espère que j'aurais fait de la résistance, mais je n'en sais rien du tout :-)

Par contre, il est certain que je serais partie avec une assurance santé, j'suis comme lotus bleue, bien trop flippée pour ne pas le faire :-)
PA Parvat Globetrotter ·
Vous allez trop vite!!! Je lis les 4 messages, minute, je reviens...
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
Merci de ta franchise et de ton respect Galwen :) Et merci de me défendre encore Alan :) Je peux ajouter que les soins n'avaient pas été bons du tout? Ils m'ont certifié avoir fait une analyse d'urine, mais à moins que je dormais je ne m'en suis jamais rappelée ;), j'ai passé une radio sur ces 3 jours passés là, et l'infirmière à une fois oublié la piqûre qu'elle devait faire toutes les 8h, et bref, j'ai vraiment eu le sentiment que c'est eux qui pensaient m'avoir eu... Et c'était un hosto privé... Oui je sais, j'ai un peu honte... Si je leur filais les 350 U$ que j'avais, il ne me restait plus rien, plus un seul $... J'aurais pu leur rembourser petit à petit par la suite vous allez dire, mais bon... Si je gagne au loto, j'y penserai... (j'vais encore m'attirer les foudres...[;)])
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
PH Philobate Globetrotter ·
Moi aussi pour mon tour du monde je prendrait une assurance je pense, mais ce sera pour rassurer les parents ... [:P]

Philo
"J'ai refait tous les calculs, notre projet est irréalisable, il ne nous reste plus qu'une chose à faire, le réaliser". Latecoere dyslexique
GA Galwen ·
Merci à toi des précisions, ça permet aussi de mieux comprendre le contexte.

J'avoue que j'ai été un peu "choquée" (le mot est p'têt fort) par ton récit. Enfin non : par le fait que t'en tires une fierté même longtemps après (on peut avoir fait quelque chose et le regretter). Mais après avoir répondu, j'me suis engueulé : pffff, c'est quoi ce jugement à la con? ça fait avancer le schmilblick? Je m'attendais donc à me faire rentrer dedans, comme cela se fait dans de nombreux forums dès que l'on marque son désaccord, surtout quand on est tout neuf dans le coin. Ben non. Bravo ;-)

De toute façon, après, ça se passe entre soi et soi : si tu estimes avoir eu raison, ne t'embête pas à te justifier pendant des siècles sur ce forum :-)
LO Lotusbleue Regular ·
Et bien non ça n'est pas parce que je suis "flippée" que j'assure pour ma santé ! C'est surtout parce que je suis proche du Vietnam et que je suis sensible à tout ce qui s'y rattache !

Si je pars c'est avec la certitude que je pourrais payer les frais médicaux éventuels... là-bas la santé est un grand luxe et ma mentalité (asiatique malgré tout) m'oblige à ne rien devoir à personne et à ne compter que sur moi-même !

Après deux trois visites dans les dispensaires et hopitaux... je ne me sentirais pas à l'aise avec moi même !

Qu'aurais-je fait plus jeune ??? Parvat... j'aurais payé pour toi !!! pfffff et je serais restée à me faire arnaquer dans ton hôpital privé à la manque et je pourrais faire un post dans la rubrique arnaques !!! Comme quoi... selon l'endroit y'a le pour et le contre !!! Vu les conditions comme çà je deviendrais bien aventureuse moi... Parvat tu m'aides !!!

Dans la finalité, tu vois Parvat ton budget aléa-santé augmente un peu ! Quand tu étais + jeune tu pensais mieux courir.... et aujourd'hui mieux vaut prévenir que guérir !

Ciao Galwen au plaisir de te lire,

Bisous ma belle Parvat !
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
GA Galwen ·
Et bien non ça n'est pas parce que je suis "flippée" que j'assure pour ma santé ! C'est surtout parce que je suis proche du Vietnam et que je suis sensible à tout ce qui s'y rattache !

Sorry, j'ai visiblement interprété ton précédent message, que je suis allée relire et... bé je ne vois même plus ce qui m'a laissé penser ça
GA Galwen ·
Quand tu as voyager, il ne t'est jammais arrivée qu'on monte le prix voyant que tu était un touriste (de facon perceptible ou non ?)

Philo

Tiens, j'avais raté ça. Ben primo je vois pas le rapport, et secundo il ne t'est jamais arrivé de te laisser volontairement "escroqué", sentant que la personne en face de toi en avait vraiment besoin?

Y a un vieux principe qui s'appelle la solidarité. Quand tu auras des fiches de paye, tu paieras des cotisations sécu, chômage, csg. Même si t'es pas malade, même si tu tombes pas au chômage. Y en a que ça énerve de payer pour d'autres, et oui. Dans des pays plus pauvres que les nôtres, tu peux appliquer le même principe : l'autre n'a pas, toi t'as, ben tu partages un peu. Et ne me répond pas que t'as pas les moyens, t'en as forcément plus qu'eux si t'es arrivé jusque-là. Et sans doute que beaucoup ici pourraient raconter qu'ils ont été accueillis par des gens qui n'avaient vraiment pas grand-chose et proposaient de partager ce si peu (un repas, par exemple). Je ne sais plus où j'ai lu récemment qu'il est facile de donner quand on a beaucoup, on ne donne pas vraiment. Il est moins aisé de donner quand on possède peu, et c'est là qu'on donne vraiment (bon, c'était mieux dit que ça). Ah, dernière précision : quand je dis "tu", c'est générique, ne le prend pas personnellement pour toi :-) J'suis un peu virulente parfois mais je tente de me soigner [;)]
LE Lepiaf Globetrotter ·
Je viens de lire la discussion d'une traite et je trouve ton discours bien rigide.

Il y a une grande différence entre accepter de payer un peu (ou beaucoup) plus cher que le tarif pour locaux et être face à des gens qui ne cherchent qu'à t'arnaquer. Ce que je veux dire c'est qu'il n'y a pas de règle et qu'il faut s'adapter à chaque situation. Il y a la même proportion de connards (et de gens biens) dans tous les peuples et dans toutes les couches sociales et l'angélisme me déplait profondément.
GA Galwen ·
Rigidité sera donc désormais mon surnom :-)

Bé, je vois pas ce qui a pu te laisser croire qu'il fallait se laisser arnaquer tranquillement. Ce que j'ai dit, c'est qu'il faut peut-être essayer de déterminer d'abord s'il y a bien arnaque ou pas, en discutant, afin de mieux comprendre l'autre partie, sans se focaliser sur son intérêt personnel (et que l'autre partie puisse comprendre aussi qu'on n'est pas Crésus envoyé de l'avion pour nourrir la population entière).

Quant à la même proportion de "connards" dans tous les pays, j'ai deux questions : y a-t-il eu des études scientifiques quantifiant précisément la part de connards inhérente à chaque pays (ou à chaque type de population)? Y a-t-il une définition précise de ce qu'est un connard? (puisqu'on est toujours le connard d'un autre).
GA Galwen ·
http://u-blog.net/GulliveR/img/connard.jpg
GN Gnome Veteran ·
Moi aussi je viens de lire la "polémique" d'un trait et j'avoue avoir du mal à comprendre Parvat sur ce point (sur les autres pas du tout [;)]). En effet, s'il m'arrive un pépin à l'étranger et que je ne suis pas assez malin, négociateur ou ce qu'on voudra pour négocier, alors je me résouds à payer, quel que soit le montant de la note. Je suis assez d'accord avec Galwen et Lotusbleue sur le fait de s'assumer sur tous les plans, et pas seulement le côté extase et découvertes des voyages. Si un souci lors d'un voyage devait entraîner pour moi des frais importants, et bien honnètement, j'assumerai en rentrant et en bossant pour rembourser mes dettes. Certainement pas en me dérobant lors de l'addition.

N'en déplaise donc aux plus "roots" d'entre nous, de simples précautions pas si coûteuses peuvent donc éviter ces désagréments. Les assurances serviront donc à vous protéger mais aussi à respecter la médecine locale (quelle que soit sa qualité). Ce n'est pas être moins aventurier que de préparer un minimum ses voyages, c'est simplement être plus responsable.

J'arrète car je me trouve de plus en plus vieux c...

A+
"Old travellers never die, they just smell that way"
PA Parvat Globetrotter ·
Je comprends encore tout à fait votre point de vue... Mais si on n'a pas assez de sous pour partir en préparant bien son voyage, alors on part pas??? Et bien moi désolée, j'ai pas de carte de crédit, personne qui peut m'aider financièrement de retour au pays, alors quoi??? Je dois pas partir car je n'ai pas assez de sous? Je pense être honnête, mais il ne faut pas se fout' de ma tronche non plus. Comme j'ai expliqué plus haut, j'étais prête à payer ce qu'ils m'avaient dit au départ, mais pas trois fois cette somme!!! Préparer son voyage... Je partais, et n'avais aucun endroit ou dormir de retour au pays, à part les amies. Je partais, ne sachant pas quand j'allais revenir. Arrivée au Cambodge avec 50$ en poche, une semaine après je trouvais une traduction anglais français, 100 pages à 10$ la page, ensuite j'ai bossé comme gérante d'un pub irlandais... Préparer son voyage... Des fois non, j'aime mieux pas, et voir ce que la route m'apportera. Maintenant, je pense differement, je préfere avoir assez de sous pour partir. Et puis, si j'étais malhonnête, je n'aurais pas une si belle vie, et j'aurais davantage de sous...

J'arrête ici, pensez ce que vous voulez... (si je continue j'vais vous raconter ma vie[;)])
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Salut à toi, Parvat

Ne rougis pas : je vais te faire encore un compliment... Si j'étais aussi douée que toi dans tous les domaines, je partirais au bout du monde sans carte de crédit, avec seulement 50€ en poche, et je me mettrais immédiatement à la recherche de jobs.. Mais voilà, d'abord, je n'ai plus ton âge (hélas...), ni les multiples cordes que tu as à ton arc...

Bonne journée.... Dépêche-toi de nous envoyer tes chroniques du monde... J'attends avec impatience la suite. Et je ne suis pas la seule... Merci, belle et bonne journée, caresses à Kali,

à + sur VF,
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
Hey, ne me lance pas des fleurs sans savoir, peut être que je ne les mérite pas... Les nombreuses cordes de mon arc? J'en ai surtout une solide, celle de la débrouillardise :) Et je n'étais pas partie avec 50$, mais 800$ (cette fois là) Quand je suis arrivée au Cambodge, 50$ c'est ce qu'il me restait... (fou, c'est le cas de le dire, oui je sais, on me le dit encore! Mais moins souvent qu'avant... On s'asagit avec l'âge ) Un grand merci en tout cas, j'ai pensé à toi, encore de la lecture avec mon 1er voyage :) Kali a adoré tes caresses, elle en pleure pour d'autres [;)]
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Modeste, avec ça !!!

La bouse de vache collée sur les murs d'une chambre d'hôtel, je suis perplexe... Moi, je croyais que les mouches aimaient s'en régaler ! En Inde, on n'est jamais au bout de ce genre de surprises.. C'est ça qui fait le charme de ce pays -pas comme les autres-.

Allez, je retourne à la lecture de ton "1er voyage".

Tchao, Parvat, à +
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
SI Simba Globetrotter ·
josé,

"J'espère que tu ne tarderas pas trop à nous écrire ..."

Ben si ...un peu qd même [;)][;)] Date de mon dernier topic sur ce post : 12.01.04!

Comme tt le monde, j'avais bien quelques petites galères (ou même plus grosses) à vs livrer ... Mais bon, c'est bien connu un lion passe la plupart de son temps à roupiller![:P]

Et là tt à l'heure, m'en est revenue une et je me suis dite ...tiens, allez ça fait qd même quelques mois que José attend! Et puis elle m'inspire celle là!

Janvier 1990, Il devait être 14h00 ...j'embrasse avec force mes parents (que je ne reverrais plus avant 6 mois au moins ... j'ai 21 ans) ... le petit porteur vrombit sur le tarmac de la plaine de Kolwezi (République démocratique du Congo) ...j'y grimpe et prends place avec 5 autres passagers inconnus. La porte se referme, il va se placer doucement en bout de piste. Collée au siège, je tente d'apercevoir, une dernière fois, les silhouettes de ceux que j'aime, au travers de ce petit hublot, j'embrasse la croix katangaise qui pend à mon cou et je regarde la piste défiler sans me retourner. Ca me ferait trop mal si je le faisais.[:/]

Après une heure de vol ...atterissage à Lubumbashi (celui qui m'a vu grandir pendant 5 ans) .

Escale. Je vais tuer le temps qui me reste avant la correspondance, chez des connaissances qui habitent dans la maison qui fut mienne ...Profiter goulûment d'une de ces bonnes papayes de mon ancien jardin![:P]

16h40 (ca devait être plus au moins ça! 20' de route cabosseuse) j'embarque dans la voiture qui me ramène à l'aéroport et cette x, Oh! miracle pas de barrage de policiers en quête de backchish (sur l'unique route qui relie la ville à l'aéroport) ...2 années auparavant, je me rappelle que mon père avait forcé l'un deux, saturé des pseudos taxes sur les 4 roues du véhicule! le nombre de passagers dans l'habitacle etc ...

17h00 la longue route qui m'attend avant de retrouver l'Europe reprend. Cette fois, un coucou plus gros le 737 de "Air peut-être" (nom que l'on donnait, en souriant, au Air Zaire de l'époque!)

A nouveau les pas sur le tarmac encore brûlant ... Au revoir Shaba ...Ces mines de cuivre, sa poussière rouge ...

Un vol d'une durée de 2 heures et l'atterissage à Kinshasa : Comme à chaque fois, le contact avec la capitale prend d'assaut celui qui fait le premier pas hors de l'avion ...une chaleur de fou, une humidité dingue!!!

Zone transit ...Au 1er étage de cet aéroport ...l'attente durera 4 heures! Nous sommes 2 ... l'autre passager s'engouffre illico dans le salon climatisé réservé à ceux qui ont obtenu, je ne sais quelle autorisation. Je reste seule ...seule sur cette terrasse avec mon petit sac à dos, la nuit est lourde ...quelques avions sont sur la piste ...j'apperçois au loin le Sabena (oh! nostalgie) qui me ramena vers la Belgique ... je suis loin à présent de tout : de kolwezi, de Bxl ...

Soudain ma trompeuse tranquilité d'esprit et ces instants de solitude sont interrompus ...Un gars de l'aéroport, mitraillette en bandoulière, s'approche de moi, : la jeune fille seule ... Ces pupilles sont éclatées (le chanvre et le lutuku local ont fait leurs effets maxis), je constate rapidement qu'il est pas dans son état normal! J'essaie de garder mon sang froid et de ne pas laisser transparaitre mon stress. Le Type, saisi d'une folie (pas très douce!) commence à être pressant, à me proposer une virée dans les foubourgs de Kin, me fait sous entendre que il y aura bien d'autres avions, d'autres jours!!!

Je commence à piger, qu'il va falloir jouer serré! Je me retourne : pas un chat, une nuit noire ...Il fait encore plus chaud, les moustiques qui tournoient m'agacent encore plus!

J'essaie de gagner du temps, de le combler ...de mettre toutes les chances de mon côté pour embarquer dans ce "putain" de zink!!!

j'ai puisé au plus profond de mes ressources pour reculer doucement quand il pressait de sa main mon bras! Quant il prononçait des paroles sans cohérence, quant il astiquait sa mitraillette, pour soutenir ce regard rouge sang!

4 heures, une éternité ...avant d'entendre au travers du parlophone ce petit crachin qui invite les passagers en transit à desendre sur la piste ...Le gars a disparu depuis 15 min ...

Je marche rapidement en direction de la passerelle, les passagers au départ de kin ont déjà embarqué ...Mais la route me parait, étrangement, longue!

Lorsque j'entends STOP!!! je me retourne, Bon sang le même type!!! Il est là avec son talkie et il baragouine je ne sais quoi en swahili!!! J'entends "passeport passeport ...contrôle !!!" ... "Bordel!" Je suis en zone de transit et là faut que je retourne dans l'aéroport pour vérifier je ne sais quoi!!! ...Mon front commence à perler. Dans ma tête tt se mélange : si la situation se corse : une voix me dit "appeler l'ambassade de Belgique ...appeler"

Je suis à mi chemin entre le 747 et le bâtiment de l'aéroport ...Soudain, un autre gars s'en mèle ...les palabres continuent, le ton s'éléve entre les 2 hommes ! je suis la dernière sur ce tarmac, les moteurs de l'avion tournent et je commence à me liquéfier doucement!

Enfin !!! J'entends cette voix qui me dit " Pole bibi ...Kiwanja cha ndege hatari hatari!!" (excusez nous madame, l'avion vite vite) .Réflex éclair! [:)] je commence à courrir comme une folle ...mon obsession atteindre la passerelle.

Ca y est j'y suis ...Le stewart m'adresse un sourire! Je suis plus en état de penser, je m'assieds ...boucle ma ceinture ...j'attends que cet avion (celui là!!! oui celui dans lequel je me trouve![:/]) décolle.

Le bout de piste est là ! Le décollage est source de délivrance ...je n'apperçois pas le fleuve zaïre sur ma droite, mais je sais que ses eaux tumultueuses sont là.

Oh! Afrique, je t'aime ...Mais comme tu m'as fouttu la frousse cette nuit là!

Je suis retournée l'année d'après ...toujours cette même terrasse de transit, toujours en pleine nuit (les vols longs courriers se faisaient de nuit) ...Un an s'était écoulé et cette fois là ...L'attente a été vécue bien plus paisiblement!
TI Titanne Regular ·
[:)]A peine rentrée de vacances, que je pense déjà aux suivantes. Du haut de mes 18 petites années, j'ai envie de dépaysement... Pourquoi pas le maroc et le haut atlas...Aussitôt dit, aussitôt fait. Et me voilà parcourant le forum à la recherche d'idées et de renseignements. Devant le nombre récurrant de messages de josé, je décide de parcourir les carnets de voyages...

Que dire... Merci, josé, de décrire avec tant de talent ce que tu as vu et vécu. Merci de nous donner envie d'aller voir ailleurs. Merci de me confirmer que j'ai raison de vouloir partir voir le monde, on a tellement a y apprendre. Merci de me faire rêver. Merci de m'avoir fait rire avec rantanplan et son obstacle redoutable. Merci pour ton humour et ta poésie. Merci.

[;)]Je vais de ce pas m'affairer pour organiser l'été prochain dans les hauteurs marocaines.
YA Yangguizi Globetrotter ·
Pas vraiment une galère, mais un souvenir qui m'a beaucoup marqué: le passage à l'an 2000 dans la province du Hunan, en Chine.

Tandis que je remontais en train de HK à Shanghai en faisant quelques arrêts, l'envie me prit de visiter le village natal du Président Mao, non loin de la ville de Changsha, capitale du Hunan. J'allais donc profiter de l'occasion pour passer quelques jours dans cette ville, histoire de me reposer après quelques étapes fatiguantes.

Mon Lonely Planet m'indiquant des tarifs élevés pour les hôtels de Changsha, je décidais de loger sur le campus universitaire un peu à l'écart de la ville, au pied des collines de l'autre côté de la rivière Xiang. Un coin très chouette où il fait bon se reposer. Changsha, haut lieu du communisme chinois, capitale d'une des dernières régions où on trouve encore de vrais maoistes allait me réserver bien des surprises.

L'après-midi de mon arrivée, j'entreprenais donc la visite de la forêt, des collines et de l'Académie de Yuelu, au-dessus du campus. En marchant dans les bois, j'entendais au loin un haut-parleur, et en me rapprochant, il me semblait bien reconnaître quelque chose. Oui, aucun doute, c'était un des discours les plus célèbres du Président Mao qui passait en boucle. En effet, au détour du sentier, un petit musée maoiste accueillait gratuitement quelques visiteurs. Je suis entré dans la maisonnette et ai regardé les quelques photos et reliques communistes qui décoraient l'intérieur.

Tout d'un coup, une fille d'environ vingt ans, vraiment pas belle, m'aborda en anglais en me demandant d'où je venais. Comme je refusais à cette époque de parler anglais aux chinois, c'est en chinois que je répondis que j'étais français. En m'entendant parler chinois, la fille rougit et parut gênée. "je suis vraiment désolée, tu as donc compris ce que j'ai dit tout à l'heure?"

Et moi "euh... oui" (sans savoir de quoi elle parlait)

"je suis désolée, je n'aurais pas dû te traiter de yangguizi (diable étranger=un mot pas très gentil pour désigner les étrangers), je ne savais pas que tu comprenais.

"pas grave, pas de problème"

Elle décida alors de me faire la visite du mini-musée. La fille était une folle de Mao, elle vénérait le personnage comme au plus fort de la révolution culturelle. "J'aime Mao, il était tellement beau et tellement grandiose" dit-elle, émue, en me montrant sa photo. Un autre maoiste se joint alors à la conversation, et chacun en rajouta de plus belle.

"As-tu déjà lu les oeuvres de Marx et Engels?" me demanda-t-elle toute excitée.

"euh... non, et toi?" répondis-je

"mais oui, tous les soirs!!!"

Hum..

"que penses-tu du président Mao" me demandèrent-ils en choeur?

"oh vous savez, moi j'y connais pas grand chose" répondis-je, en mentant effrontément puisque je me suis en fait pas mal documenté sur le bonhomme, et ne voulais pas créer d'incident. Devant leur insistance, l'idée m'est venue de commenter la doctrine officielle (Mao avait raison à 70% et tort à 30%) en disant que j'inversais les proportions. Je commençais donc:

"d'après votre gouvernement, Mao avait raison à 70% et..."

"ils me coupèrent: "non, le gouvernement se trompe. Mao avait raison à 100%!"

Hum... ça commence à sentir le roussi. "bon ben c'est pas tout ça, mais j'ai encore des trucs à visiter moi. Sympa de vous avoir connus, à bientôt au revoir" ai-je lancé.

La fille a alors tenu à me faire un cadeau d'adieu: un petit badge à l'effigie du président Mao, que je pourrais porter sur mon blouson. Nous avons échangé nos noms, et uniquement nos noms, et ai refusé de lui dire où je logeais. "quelque part sur le campus" ai-je quand même laché.

J'ai donc poursuivi ma visite et suis rentré dans la soirée dans ma chambre où je me suis rapidement endormi.

Le lendemain matin, le téléphone me réveilla à 7 heures du matin. "encore ces cons de la réception qui ont dû oublié de me faire remplir un papier" ai-je pensé. Mais non, c'était autre chose

"hey! c'est moi, on s'est rencontré hier et on a parlé du président Mao"

"ah? ah oui, je me souviens. Salut. (merde! comment a-t-elle pu me retrouver? Elle a dû téléphoner à toutes les résidences avant de tomber sur LE français.)

"je viens te prendre à ta résidence dans 10 minutes, ok?"

(merde merde et merde) "bon, laisse moi plutôt une heure, que je me douche et que je m'habille, ok?"

"ok, à tout à l'heure".

Naturellement la fille se pointa en avance, et heureusement on ne la laissa pas monter ("je suis une chinoise et tu es un étranger, je n'ai donc pas le droit de monter" se lamenta-t-elle) Lorsque je descendis, elle frétilla de joie et me demanda quel était mon programme de la journée.

"ben je comptais aller à la gare pour m'acheter un billet de train pour Shaoshan (le village du président Mao)"

Ses yeux se sont illuminés: "tu vas voir le village du Président Mao??? Mais c'est génial, il faut que je t'accompagne à la gare pour t'aider dans ce noble projet!" Bon, après tout elle était plutôt sympathique, pourquoi pas donc? En traversant le campus, je remarquais une banderolle géante "les étudiants de l'université normale du Hunan accueillent chaleureusement leurs camarades de Cuba".

"que se passe-t-il avec Cuba?" demandais-je?

"hein? quoi?"

"ben oui, on parle de Cuba là-bas"

"Cuba?? Cuba???? Mais j'adoooooooooore Fidel Castro!"

"certes..."

Bon, nous sommes arrivés à la gare, et la demoiselle me fit "tu vas aller voir le village du Président Mao. Depuis toute petite, je rêve d'y aller, je peux y aller avec toi?"

Grrrrrrrrrr, je suis incapable de dire non. Bon, après tout elle est rigolote, ça pourrait être intéressant de visiter ce patelin avec une vraie maoiste. J'achète donc deux billets de train au lieu d'un seul et lui donne rendez-vous pour le lendemain, dans le train, les places étant numérotées. Elle devait retourner à la fac pour suivre ses cours. Après avoir visité Changsha, je rentrais à l'hôtel en fin d'après-midi. Au moment où j'ouvrais la porte, mon téléphone sonna

"allo?"

"allo! C'est toi, tu réponds enfin, j'ai essayé de t'appeler toute la journée"

"ben ouais, j'étais dehors"

"j'ai une terrible nouvelle à t'annoncer"

"ah bon? que se passe-t-il?"

"j'ai parlé de toi à mon père et, et, et il ne veut plus que nous nous fréquentions"

(j'étouffe mon rire et mon soulagement)

"je comprends, ce n'est pas ta faute."

"je suis tellement désolée."

"non non, je comprends, il faut obéir à ses parents."

(quel hypocrite je fais quand même)

Le lendemain matin à la première heure, je descends donc pour prendre un taxi pour la gare. La porte de la résidence était grillagée et fermée à clé. Impossible de sortir. Merde! Je tambourine et crie "wei!" à qui veut l'entendre. La gardienne que j'avais réveillée ronchonna. "j'ai un train à prendre, ouvrez-moi cette porte!" Elle s'exécuta, mais un doute me traversa l'esprit:

"le soir, vous fermez à quelle heure?"

"onze heures du soir"

"mais ce soir c'est le passage à l'an 2000, vous ne faites pas une exception?"

"non"

"mais c'est débile! C'est une soirée exceptionnelle. Si on veut sortir et faire la fête, on fait comment?"

"on rentre à 7 heures du matin"

Bon, je ne commente pas et cours chercher un taxi. Je saute quelques étapes dans le récit et nous nous retrouvons maintenant dans le train pour Shaoshan, où des camarades passagers m'apprennent les paroles de Dongfang Hong (l'orient est rouge), un chant maoiste très célèbre.

Je saute encore beaucoup d'étapes et nous nous retrouvons maintenant dans le train de retour pour Changsha. Trois heures de trajet avec arrivée prévue à 10h30 du soir. Le train était incroyablement bordélique. Un vrai omnibus de campagne! C'était tellement sale et désordonné qu'il fallait que je prenne une photo, ce que je fis avant d'aller me rassoir avec les paysans avec qui je discutais.

Dix minutes plus tard, un type de la police militaire entra dans le wago et regarda tout le monde. Puis il vint à ma hauteur et me parla avec un accent tellement fort que ça en était quasi incompréhensible. Mais je vous reconstitue en clair le dialogue qui fut vraiment laborieux (en plus de parler en très mauvais mandarin, le soldat puait l'alcool):

"passeport!"

"hein?"

"lève toi et prends tes affaires"

"bon ok"

Je me lève et le militaire me fait traverser tout le train jusqu'à tomber sur une porte close.

"ouvrez-cette porte" hurla-t-il à l'employée des chemins de fer.

La porte s'ouvrit et on est entré dans un wagon vide, avec juste quelques poulets (les volailles, pas les flics). Un wagon vide dans un train bondé, c'est bizarre... Est-ce la chambre des tortures?

"assieds-toi là et attends moi!"

"yes sir"

Qu'allait-il donc m'arriver? Je n'étais pas vraiment inquiet, mais quand même un petit peu. Le type revint dix minutes plus tard:

"passeport!"

"le voilà"

"bon ok, t'es en règle"

Son ton devint alors moins aggressif et il engagea la conversation.

"tu as pris une photo tout à l'heure dans le wagon"

"euh, vous croyez?"

"ne nie pas, il y a des témoins" (qqun m'avait donc dénoncé)

"ben en fait oui, c'est p'têt possible"

"et bien c'est interdit. Donne moi ton appareil"

Merde, merde et merde!

Le type regarda donc mon numérique sous toutes les coutures en cherchant apparemment la pellicule qu'il ne trouva évidemment pas. Je lui ai donc expliqué comment ça fonctionnait, et comment on pouvait effacer les photos en les sélectionnant. Lorsque la photo du train s'afficha, il s'excita en me répétant que c'était interdit, et je lui alors montré la fonction d'effacement: "vous voyez, il y a 67 photos stockées, et bien maintenant il n'y en a plus que 66".

Le type fut soulagé et commença à regardes mes autres photos de voyage: Shaoshan, Changsha, Guilin, etc... Je me souvins alors que j'avais pris des photos de Macao illustrant des dissidents manifestant le soir de la rétrocession du 20 décembre, et se faire maltraiter par la police. Il ne vallait mieux pas qu'il les voit et j'ai inventé une fausse panne de batterie pour lui reprendre l'appareil au bon moment.

Le militaire se leva et repartit en me laissant seul. Je ne sais toujours pas si c'était pour me punir ou pour me rendre service. Je me suis donc mis à écrire mes cartes postales. Une demi-heure plus tard il revint accompagné de trois employés des chemins de fer qui se mirent en arc de cercle autour de moi en riant. La vieille finit par lacher:

"tu sais écrire le chinois?"

"euh, oui"

"alors prends un stylo et un papier"

"voilà"

"écris ce que je vais dire"

"ok"

"Shaoshan est le soleil rouge dans le coeur du peuple" (un vieux slogan communiste)

Je me suis exécuté et ils furent satisfaits. Le train prit du retard et je ne suis arrivé en gare de Changsha qu'à 11h30 du soir. Ouf, 30 minutes avant l'an 2000. Ca aurait quand même été dommage de le passer seul dans un wagon en rase campagne. Je me suis donc rendu dans le parc du centre-ville, ai regardé les feux d'artifice et suis rentré vers 2 heures du mat' à la résidence universitaire. J'ai tambouriné à la porte et la bonne femme du matin vint m'ouvrir en ronchonnant. "bonne année!!!!" ai-je lancé en rigolant avant d'aller m'effondrer sur mon lit.

A 7 heures du matin, le 1er janvier 2000, le téléphone sonna. C'était la folle maoiste du premier jour.

"bonne année!!!!"

"... ah... oui, merci, au revoir"

Je me rendormis et elle me rappela une demi-heure plus tard:

"lève toi vite et allume la télé, le président Jiang Zemin fait un discours, tu dois l'écouter!

"ah ok, merci du tuyau"

Je me suis évidemment recouché.

Le lendemain à 5 heures 30 du matin (!!!!!), le téléphone sonna à nouveau:

"c'est aujourd'hui que tu pars à Shanghai, n'est ce pas?"

"et oui"

"oh c'est terrible, on ne se reverra plus jamais"

"et non"

"tu m'appelleras, dis, hein, tu m'appelleras?"

"mais oui"

Et, j'ai honte de l'avouer, je ne l'ai pas rappelée.

Voilà, c'était mes aventures dans le dernier carré maoiste de Chine, lors du passage à l'an 2000.
GN Gnome Veteran ·
GE-NIAL ! J'ai adoré !
"Old travellers never die, they just smell that way"
SN Snounit Regular ·
mdr tout autant![;)]
bokra, ba'd bokra...

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