NW Canada, Alaska et Nord Arizona
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

IT Itat Globetrotter ·
Hello

Sublime ton carnet! Et les ours... Impressionnant cette densité! 😮 Le Yellowstone ou Sequoia font petit joueurs à côté 😏.

En tout cas l'Alaska c'est vert, mais c'est beau 😛 (n'en déplaisent à certains 😏 😉).

@++
TR Trois14 Globetrotter ·
Bonjour krikri

c'est là qu'il faut aller pour voir les ours

Oui, et non. Car si tu me fais l'honneur de continuer à suivre notre voyage, tu verras que nous avons découvert, une dizaine de jours plus tard, un endroit que je préfère.

Mais nous en sommes seulement à Katmai aujourd'hui. J'ai tiré un nombre incalculable de photos, et vais encore en présenter quelques unes, plus traditionnelles, des ours aux chutes...

Il m'est bien difficile de trier et de n'en conserver qu'un nombre très réduit. Le voyage est trop récent dans mon esprit, ces vues me rappellent des souvenirs trop précis ; j'ai été incapable d'être suffisamment sévère dans la sélection. Aussi est-elle large, trop large (mais quelles photos supprimer ?). Ce sera donc au lecteur de passer vite, s'il trouve que les vues se ressemblent trop.

J-pi
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
MA Mamieli ·
Bonsoir J-Pi Comme beaucoup de lecteurs j'attendais les ours et me voici servie ! Je prends toujours autant de plaisir de vous lire, surtout si Cochize rajoute de temps en temps ses anecdotes toujours aussi passionnantes. Mais j'ai cru comprendre que d'autres récits (et photos) nous attendent. Donc j'attends la suite avec impatience. Bonne soirée, Liliane

Ps : j'aime toutes les photos, mais j'avoue que j'ai un petit faible pour la photo de l'ours "0122" !!!
MO Mousseliine Globetrotter ·
Je veux y aller moi aussi!!! 😎

Mais les ours ne semblent pas dangereux ? ca me stresserait pour mes enfants...

Tu as vu des familles ?
"I go to Paris. I go to London. I go to Rome, and I always say: "There's no place like New York." That's the way it is. That's it." (Robert De Niro)
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Je reviens sur quelques détails :

Notre hydravion rejoint la rive. Il nous attendra là jusqu'à ce soir.

Cela signifie-t-il que c'est une excursion de journée ? Tu parles de la cabine un peu plus loin, tu n'es donc pas resté sur place plusieurs jours ? Sinon, je suppose que c'est possible ?

je réalise que, avec mon petit compact Panasonic de 200 grammes, je passe vraiment pour un rigolo.

Toutes ces photos ont été faites avec le compact ? 😮

tu verras que nous avons découvert, une dizaine de jours plus tard, un endroit que je préfère.

Pas sur Katmai alors ?

Je commence à glaner des infos (même si ce n'est pas pour 2012 😛)... mais c'est sûr, si je prévois l'Alaska, c'est là que je veux aller !

A+
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
TR Trois14 Globetrotter ·
bonjour

Mais les ours ne semblent pas dangereux ? ca me stresserait pour mes enfants... Tu as vu des familles ?

Il faut me lire un peu au deuxième degrè. Il est certain que les ours sont des fauves, et donc par définition dangereux (ce n'est pas à une Canadienne que je l'apprendrais).

Ils sont en particulier dangereux quand on les gène ou leur fait peur (en les surprenant), ou quand les femelles craignent pour leur petits, ou quand on les excite par de la nouriture trop facile. D'où la nécessité en forêt de faire du bruit pour jamais les prendre au dépourvu. Et de ne jamais "couper" la mère de ses petits. Et de ne jamais avoir de bouffe fraiche dans son sac (ils ont un excellent odorat).

Mais ils sont dangereux d'une manière générale, car ce sont des carnivores, qui doivent manger beaucoup en été, pour faire des provisions pour l'hiver. Ils sont donc dangereux quand, plus ou moins affamés, ils recherchent de la nourriture. C'est le cas à l'intérieur des terres, loin des ruisseaux à saumon. Je pense en particulier aux ours de Denali, qui n'ont pas la chance et les possibilités des ours d'ici pour se nourrir (d'ailleurs ils sont beaucoup plus rachitiques, et pèsent deux à trois fois moins). Ils se nourrissent alors d'herbe, de racines et de petits rongeurs, mais il ne refuseraient pas une plus grosse bête de 80 kg 😕.

Mais les ours ont une telle préférence pour les saumons (certains ne mangent d'ailleurs que la peau du poisson, délaissant les "déchets" (les filets) aux ours plus faibles ou plus jeunes, ou aux oiseaux), que, durant les périodes où ces derniers sont fréquents, ils sont obnubilés par leur quête de saumons (c'est ainsi qu'ils accumulent kg et protéines pour l'hiver). Dans ces conditions, et si on ne les provoque pas et si on les respecte, on ne court pas vraiment de dangers, en tout cas ici où les saumons sont partout.

Mais je n'amènerais jamais un jeune enfant ici. Car il peut paraitre plus "facile" et appétissant, qu'un dur à cuire comme nous. De plus l'accès est très couteux (entre 6 et 700$ par personne). Quoi qu'il en soit, je n'ai, ni cette fois ni il y a 4 ans, jamais vu d'enfants ici.

Pour être complet, il y a à Katmai une autre catégorie de touriste, qui partage avec nous l'accés en avion. Ce sont les pêcheurs de saumons. Parfois ils pêchent à proximité des ours, et celà me parait très dangereux, car ours et pêcheurs sont alors en compétition. Mais je ne suis pas pêcheur.
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
VN Vnoa Globetrotter ·
hello JPi,

Superbe ce carnet ! 😎 j'aime beaucoup les couleurs, l'ambiance des "villes" (Skagway, Dawson City) et bien sûr ces ours fascinants !

Merci beaucoup pour ce retour très intéressant ! 🙂

@++ Vnoa
"A la liberté de provocation, répond la liberté d'objection" "Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît" "Le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres"

Carnet de Voyage: De Mile High City à Sin City (Colorado, Utah, Arizona, Nevada) -> voir mon profil
BL Bluequark Veteran ·
Bonjour,

Je l'ai déjà dit mais j'aime vraiment bien ce carnet. Seul problème : maintenant, moi aussi je veux aller voir les ours....
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
TR Trois14 Globetrotter ·
BONZOUR Krikri (cela devrait te rappeler des vacances récentes 😉)

Notre hydravion rejoint la rive. Il nous attendra là jusqu'à ce soir. Cela signifie-t-il que c'est une excursion de journée ? Tu parles de la cabine un peu plus loin, tu n'es donc pas resté sur place plusieurs jours ? Sinon, je suppose que c'est possible ?

Exact, aussi bien cette fois qu'il y a 4 ans. Mais j'ai conscience de prendre des risques, car la journée est très couteuse, et peut être complètement ratée (en cas de très mauvais temps, ou si les ours sont mal lunés, sans faim). Et de plus cela ne permet pas de faire la fameuse excursion "Valley of 10.000 smokes", organisée par les rangers. Mais si le seul objet est l'observation des ours, à condition d'avoir un peu de chance, une bonne journée est largement suffisante

Mais il est vrai qu'on peut rester plusieurs jours. Le lodge à proximité du Visitor Center, avec sa cafèt (diner et pd), est très sommaire, mais extrêmement couteux. Je crois même me souvenir (à confirmer, je n'en suis plus certain) qu'il y a une zone de camping, protégée des ours par une grosse clôture électrique. Mais je sais qu'il faut réserver le lodge trrrrrrrrrrrrrrès longtemps en avance.

je réalise que, avec mon petit compact Panasonic de 200 grammes, je passe vraiment pour un rigolo. Toutes ces photos ont été faites avec le compact ?

Exact. Il s'agit d'un Panasonic TZ7 @ 250€, très compact, que je peux faire suivre partout. Il possède un zoom optique de 15, et fait en général des photos qui me satisfont. Seul bémol, le soir ou avec un très faible éclairage, une ouverture plus importante ne serait pas un luxe (encore que j'ai fait (en pose) en mai dernier des photos d'étoiles de l'hémisphère austral, depuis le Botswana sous un ciel d'une pureté extrème, qui stupéfaient les astronomes confirmés). En fait, l'artillerie lourde, cela fait 15 ans que je l'ai abandonnée. Je privilégie l'aspect léger et la compacité. Et je ne le regrette en général pas. Cet appareil, et celui là seulement, me suit partout.

un endroit que je préfère. Pas sur Katmai alors ?

Non, c'est beaucoup plus au Sud, à Anan Creek, dans la région de Wrangell. j'espère que mon carnet ira jusque là .........

Je commence à glaner des infos (même si ce n'est pas pour 2012 😛)... mais c'est sûr, si je prévois l'Alaska, c'est là que je veux aller !

J'en suis ravi, car l'Alaska est vraiment et de loin la région des USA la plus authentique. Si vous souhaitez des infos plus précises, je me ferais un plaisir de te les donner (si j'en suis capable). A+

JP
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
MO Mouriann Veteran ·
Le gros problème est que maintenant moi aussi je veux aller en Alaska. Comme si je n'avais pas déjà assez de projets en tête 😛😛 Pour ce qui en est des appareils photos, j'ai de plus en plus tendance à faire comme toi. Les compacts sont de plus en plus performants et pèsent si peu ... un reflex c'est lourd, il faut parfois changer d'objectif... pour le moment, j'emporte les deux quand nous partons en famille mais .... je regrette presque d'avoir acheté le reflex par moment.... Je continue à te suivre avec beaucoup d'intérêt.
carnet voyage écosse : https://voyageforum.com/v.f?post=6530897;#6530897 carnet voyage est usa: https://voyageforum.com/discussion/nord-est-americain-4-semaines-entre-villes-nature-d8345961/
TR Trois14 Globetrotter ·
Aux environs de la chute, règne une hiérarchie scrupuleusement respectée.

La place la plus enviée est au sommet de la chute, bien situé pour gober en vol avant leur amerrissage les saumons qui tentent de sauter la chute. Cette place recherchée est réservée à un gros ours, bien balafré (il a dû bagarrer dur pour faire admettre son statut). Personne ne le lui dispute. Souvent, un plus jeune mais probablement très bagarreur aussi (quelques blessures) se tient en retrait à proximité. Il récupère la place dès que le N° 1 l'abandonne un instant pour avaler son saumon (mais il la laisse sans manière dès que le premier fait mine de vouloir la récupérer).

Et seulement quand les deux "prioritaires sont absents, d'autres pour de courts instants peuvent venir tester la position.

Voici quelques vues du "patriarche".













enfin !





un plus jeune essaye !







Il n'y a donc finalement que peu de "monde" au sommet des chutes. Si manifestement la place en haut est la plus prestigieuse, je persiste à penser que ce n'est pas la meilleure. Car la technique est vraiment difficile, et il faut être très vif. C'est en bas qu'il faut se placer, à peu de distance de la chute. En effet, le saut de la chute par les saumons est le plus souvent raté (ils doivent s'y reprendre à plusieurs fois). Ils retombent alors un peu choqués en aval de la chute et doivent récupérer un moment avant de tenter un autre essai. Mais justement, plus ou moins assommés, ils sont alors une proie facile pour les ours du bas, qui n'ont qu'un mouvement à faire pour les attraper.

De fait, il y a en permanence 5 ou 6 ours qui "travaillent" en bas. Ce sont je pense les plus intelligents, en tout cas les plus efficaces.

http://youtu.be/VUf_uBOygPI"]













Certains sont complètement dans l'eau, seule une partie de leur tête dépasse, et sans bouger "gobent" les poissons qui passent à portée de leur gueule. Mais ils peuvent attendre un quart d'heure ou plus ainsi immobiles, avant d'attraper un poisson. Comme la température de l'eau est très froide, ils ont beaucoup de mérite.

Mais le plus grand nombre se positionnent debout sur des hauts fonds ou des rochers, et ce sont les plus efficaces.

-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Depuis notre passerelle-observatoire, nous apercevons les diverses scènes du spectacle.

Loin de la cohue des chutes, quelques ours, plus sportifs, préfèrent choisir leur saumon, et le "courser" ensuite dans la rivière. D'abord ils observent, calmes, parfois la tête sous l'eau pour mieux voir les poissons. Puis ils explosent, faisant preuve d'une énergie énorme.







Remarquez, un peu en aval, mais assez proche, un groupe de pêcheurs. En effet un grand nombres des voyageurs à Brooks River ne viennent pas pour admirer les ours. Ce qu'ils recherchent, tout comme les ours, c'est le saumon. Ils arrivent avec leur équipement hypersophistiqué, et passent leurs journées à pêcher. Par sécurité (peut-être est-ce obligatoire) ils restent en groupe, mais ne semblent pas redouter la proximité des ours, avec lesquels ils sont pourtant en concurrence directe. Revenus le soir à proximité du Visitor Center, ils y trouvent un équipement spécifique pour congeler et stocker leurs prises. Et en fin de séjour, les poissons sont transportés à Anchorage, où les pêcheurs les récupèrent enfin (je n'ose penser au prix à payer).

Ils ont alors le plaisir durant l'année de déguster du poisson pêché par eux à Brooks River. Quelle gloire, devant des convives ! Cependant, je me demande si leur principal mérite n'est pas d'avoir dépensé beaucoup d'argent pour cette expédition, et pour l'intendance (stockage, transport de leurs prises). Car la pêche elle-même me parait l'une des plus faciles qui soit. Imaginez la difficulté pour pêcher dans une rivière où les poissons sont partout en grand nombre (souvent plusieurs par m2). Un gamin de 10 ans, sans être doué, ferait je présume des ravages.

Quoi qu'il en soit, pour les ours aussi cela marche.



Une fois le poisson attrapé, les techniques pour le manger peuvent différer. Mais la règle générale est de prendre ses distances avec le groupe des autres ours, car un poisson pêché par l'un est une proie pour les autres.

Les ours les plus gros ou les plus violents, préfèrent voler le poisson attrapé par un confrère, plutôt que de rester dans l'eau pour pêcher eux-mêmes. Et ça marche. L'ours le plus fort parvient en général à ses fins (parfois près une petite bagarre d'intimidation, mais que le plus faible abandonne toujours vite).

Ainsi donc, beaucoup rejoignent au plus vite la rive pour manger leur prise plus à l'abri ; nous en apercevons qui s'installent juste derrière nous, car manifestement, ils pensent y être tranquilles, et ils ne nous redoutent pas, nous.



D'autres restent au bord, mais ne demeurent jamais longtemps tranquilles.





Les plus gros, eux, peuvent se permettre de manger sur place, et les autres restent à distance.



Mais les plus prudents quittent au plus vite la rivière, empruntent un chemin en forte pente (qu'ils gravissent avec une vitesse impensable, faisant preuve d'une puissance instantanée incroyable) et vont se perdre dans la forêt profonde pour manger tranquilles.



De notre "perchoir", nous observons à loisir certains qui musardent. Nous sommes parfois à moins de deux mètres. Deux choses nous frappent alors. 1/ les nombreuses blessures ou écorchures, reliquat de relations tumultueuses, 2/ les griffes de ces fauves.

















Mais parfois aussi, nous sommes les témoins d'un peu plus de douceur : maman et ses enfants. Ils font preuve de toujours beaucoup d'affection entre eux. Les mères restent vigilantes. Lorsqu'elles vont à la pêche dans la rivière, elles conservent toujours un oeil sur leurs petits. Les principaux prédateurs en sont les gros ours agressifs, qui n'hésitent pas à manger leurs enfants. Aussi, dès qu'un "gros" se rapproche trop de leur progéniture, elles quittent leur position de pêche pour revenir protéger les petits en rugissant et en montrant les dents.

- -
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Pour illustrer le message précédent, et pour terminer en douceur et en beauté, je vais conter la visite de la maman avec ses deux petits trop mignons (ceux là même que nous avions aperçus en arrivant).



Les enfants arrivent tous seuls, par un sentier descendant à la rivière. Mais la mère n'est jamais loin, derrière

L'un d'entre eux, le plus intrépide, va même s'aventurer seul au bord de la rivière.





Mais très vite le reste de la famille le rejoint.







C'est bien joli, dit la mère, mais nous devons manger. Je dois aller pêcher.

Mais maman, tu ne vas pas nous laisser tout seuls, dit le plus timide.

Si, il le faut. Restez bien sages au bord, je reviens vite.

















Enfin, ce n'est pas trop tôt !

La mère revient alors vers ses deux jeunes, et le trio quitte au plus la rivière pour aller partager la prise. Ils passent sous notre passerelle, et vont derrière, dans des herbes épaisses, tranquilles. Mais nous pouvons les apercevoir.



Oui, je sais. Tout cela fait un peu cucu, mais dans ce monde de brutes, pris dans l'ambiance, on est facilement attendri.

-

+ =+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=POUR LA SUITE DU VOYAGE, CLIQUEZ ICI -
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
JA Jaunesoleil Veteran ·
Bonjour trois14, je vois que tu as trouvé le temps de continuer ton récits sur ton voyage en Alaska, merci infiniment pour ces pages, vivantes et superbement illustrées. J'ai adoré les ours, fantastique !! ça fait plaisir de savoir qu'il y a encore des endroits comme ça. Je suis bien content de savoir que mon site Astro t'a accaparé une soirée, il est fait pour ça. @+
Vis comme tu penses. Sinon tu finiras par penser comme tu vis. Paul Emile Victor. Carnet de Voyage : https://voyageforum.com/discussion/recit-notre-decouverte-v-t-chili-d6946997/ Site : NATURE et VOYAGES en FÊTE
CH Cheechako Veteran ·
Bonsoir, Je réagis à votre commentaire sur la facilité de pêche à Brooks. Parce que je connais bien et Brooks et la pêche au saumon à la mouche. Par contre je crains que vous ne connaissiez quant à vous pas très bien la pêche, encore moins la pêche au saumon, et encore encore moins la pêche au saumon à la mouche ! Ces pêcheurs pêchent à la mouche fouettée (seule autorisée à Brooks), technique qui nécessite un apprentissage sérieux, (mais pas forcément un matériel sophistiqué !) et ne s'improvise pas surtout lorsqu'il s'agit de poissons aussi puissants que les saumons. En outre les sockeyes sont réputés pour être particulièrement difficiles car ils mordent peu. Autant dire qu'un enfant de dix ans ne fera pas plus de carnage que vous ! (A moins de "snagguer" ce qui est parfaitement interdit et hors de propos pour un pêcheur doté d'un minimum d'éthique). Si à Brooks la majorité des pêcheurs ciblent les saumons, quelques experts ciblent les grosses truites arc en ciel, présentes bien que beaucoup plus discrètes, et là c'est encore une autre paire de manches pour en capturer une (et seulement pour ce plaisir car on les remets à l'eau).
https://www.flickr.com/photos/135039272@N03/
KR Krikri6792 Globetrotter ·
J'aime bien ta petite histoire de maman ours et de ses deux petits... ils sont adorables ! 🙂 Merci de nous faire partager ces magnifiques images !

Les vidéos : pourquoi ne les héberges-tu pas sur Youtube et ensuite tu peux les diffuser sur VF comme indiqué ci-dessous :

http://voyageforum.com/v.f?post=2647804;search_string=vid%E9o%20sur%20VF;page=unread#unread

Bonne continuation

Christine
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
TR Trois14 Globetrotter ·
Bonsoir cheechako

J'ai bien lu votre message, et il me trouble un peu. Car tout ce que vous dites est probablement vrai. je crains que vous ne connaissiez quant à vous pas très bien la pêche, encore moins la pêche au saumon, et encore moins la pêche au saumon à la mouche ! C'est complètement exact. En outre les sockeyes sont réputés pour être particulièrement difficiles car ils mordent peu. Autant dire qu'un enfant de dix ans ne fera pas plus de carnage que vous ! Je l'avais écrit, car c'est ce que je pensais sur le moment. Et j'admets que le mérite des pêcheurs ne me paraissait pas du tout évident sur le moment. Vous avez rectifié. Vous ajoutez même des précisions complémentaires intéressantes sur la pêche à la mouche à Katmai. Dont acte, je vous en remercie. Mais j'hésite cependant à réécrire mon texte, et finalement je pense que je ne le réécrirai pas, car ce n'est en rien un document technique officiel, mais un carnet de voyage, où j'ai transcrit mes impressions du moment, même si elles étaient erronées.

Merci cependant d'avoir apporté ces rectificatifs utiles. La pêche au saumon est un art difficile, j'en conviens. D'ailleurs je m'en suis aperçu quelques jours plus tard à Haines, où j'ai longuement observé ces mêmes pêcheurs à l'oeuvre sur la Chilkoot River. Mais je pensais que les saumons beaucoup moins nombreux que sur Brooks River leur rendaient la tâche plus difficile.

JP
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
bonsoir et merci de tes conseils éclairés.

Les vidéos : pourquoi ne les héberges-tu pas sur Youtube et ensuite tu peux les diffuser sur VF

Je vais me pencher sur le problème et faire des essais (mais pour être franc, je n'ai jamais encore utilisé Youtube 😊).

JP

=+=+=+=+=+= Voila. Fait le 25/12/2011. Facile !

Les vidéos apparaissent maintenant (sauf erreur de ma part) dans une petite fenètre à démarrer. Merci du conseil.

J'en ai profité pour ajouter une vidéo dans le tout premier message.
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Nous restons ainsi, dans ce rêve éveillé, jusqu'en milieu d'après midi. Mais il faut bien s'en détacher, car notre hydravion ne nous attendra pas. Le décollage est prévu à 16h30, nous avons 3/4 heure de marche pour revenir dans les parages du Visitor Center ; et il faut espérer que nous ne serons pas trop ralentis par des animaux stationnant sur le chemin. Cependant, depuis un moment le spectacle s'essouffle. Les ours sont moins nombreux, moins vifs. Un ranger nous explique qu'après avoir beaucoup mangé, ces messieurs fatiguent, et font volontiers en milieu d'après midi une sieste digestive.

Nous quittons donc à regret la plateforme.

Nous ne ferons aucune mauvaise rencontre dans la forêt (les chants d'Annie sont toujours aussi efficaces) et nous n'apercevrons un ours qu'en arrivant à proximité du pont sur la rivière.





Nous pouvons nous permettre de perdre quelques minutes.



Nous pénétrons dans la cafèt (hors de prix), où autour d'une grande cheminée conviviale, les pêcheurs racontent leurs exploits du jour.

Puis nous rejoignons notre avion.



Partout sur la plage, des traces d'ours…

une trace d'ours … … que je compare à une trace de lion photographiée deux mois plus tôt au Botswana, à Chief Island, dans le delta de l'Okavango :

une trace de lion Excepté les longues griffes des ours, la similitude est frappante.



Il faut bien partir.

Nous nous faisons chambrer en pénétrant dans notre coucou (applaudir par les autres voyageurs, c'est nul) car tout le monde est déjà en place (il est pourtant juste 16h30) ; nous décollons instantanément. Le film de l'aller se déroule à l'envers.

Mt Augustine

retour sur Homer vers 18h30.

Ce fut une journée mémorable, exceptionnelle ; mais aussi bien pour Annie que pour moi, ce n'a cependant pas été l'extase que nous espérions. D'abord, c'est la seconde fois que nous venons à Brooks Camp, et nous avions trop idéalisé la première fois qui était merveilleuse. Il n'y a qu'une première fois. Ensuite, je pense que nous avons rencontré cette fois un peu moins de saumons, donc un peu moins d'ours qu'il y a quatre ans. Enfin, j'avais bien l'intention de réussir LA photo exceptionnelle, c'est-à-dire :





Mais ces vues ne sont pas de moi. Il faut beaucoup de chance pour saisir l'instant précis, et je n'ai jamais eu cette chance. Les deux vues ci-dessus sont des photos de poster, prises au Visitor Center de Brooks.

- -
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Le lendemain, nous profitons d'une lance d'arrosage et de l'aspirateur de notre cabane pour refaire une beauté à notre carrosse.



Avant de quitter Homer, nous décidons de nous promener un peu entre l'office du tourisme de la ville et la plage. La nature ici est exubérante (conséquence de l'ensoleillement près de 24h par jour en Juillet).

Chou arctique (diamètre > 1m)

… et toujours beaucoup de fleufleurs (bleue est la couleur dominante) …

pissenlit



lupin arctique



ancolie





Fireweeds, non encore écloses ici

Et partout ces énormes fleurs blanches, de 3-4 mètres de haut.







Nous ne sommes pas les seuls à apprécier l'endroit. - -
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Nous quittons finalement Homer en milieu de matinée et disposons de la journée pour rentrer tranquillement vers Anchorage. Notre première halte sera à Ninilchick, un très joli village typique russe, que nous avions apprécié lors d'un dernier voyage. L'église orthodoxe domine la région.







Autour de l'église, le cimetière russe est envahi par la végétation luxuriante.









Puis nous redescendons vers la mer.



Le port ne retrouve son activité qu'à marée haute. Les nombreux bateaux de pêche reviennent, et déchargent sur le ponton leur cargaison de saumons ou de halibuts, qu'ils ont attrapés dans leurs filets. Les bateaux font alors la queue pour être pris en charge. Les poissons sont débarqués, triés avec soin, emballés sur le ponton-même avec de la glace pilée dans des caisses isothermes, puis transportés très vite à l'aéroport d'Anchorage, d'où ils sont expédiés et dispatchés vers tous les supermarchés des Etats Unis. Dans quelques heures ils seront proposés à la clientèle américaine.

Mais en ce milieu de journée, c'est marée basse, et le port est assez calme.

La plage est réputée pour les clams qu'on peut y pécher (il faut racler le sable avec un rateau spécial). Les mouettes apprécient également ces coquillages.



Nous localisons sans peine un restaurant sympathique que nous avions déjà fréquenté, sur la plage. Mais ici aussi, le tourisme n'est plus ce qu'il était, et l'établissement, aujourd'hui désert, est à vendre. C'est un triste et désolant ! Si un lecteur veut le racheter, je lui donnerai avec plaisir toutes les informations.



Nous investissons une table sur la terrasse, et picniquons en face du Mt Redoubt (volcan aperçu hier en vol).

Puis nous reprenons le "Sterling Highway" direction Nord. Attention, nous ne sommes pas seuls sur la route.



Le trajet se poursuit, mais je n'en dirais pas plus, car je me suis endormi bienheureux dans le siège passager, faisant une confiance aveugle à la conductrice. Je reprends seulement conscience aux environs de l'embranchement en direction de Seward (port terminus des paquebots de croisière, mais aussi à partir de là, possibilités de belles balades en mer à la journée (vie sauvage, glaciers) ; nous n'y passerons pas cette année). A partir d'ci la péninsule de Kenai devient plus montagneuse.





Nous nous décidons pour un petit détour afin d'aller jeter un oeil au glacier de Portage. De petits blocs de glace flottent sur la lac. Au loin on aperçoit la voie ferrée qui se dirige vers le tunnel (qu'emprunte aussi la route) en direction de Whittier (également de très belles ballades à la journée dans "Prince William Sound" –day cruises- que je recommande).





Et à l'autre extrémité du lac, nous distinguons le Glacier.



Portage Glacier recule à grande vitesse sous l'effet du réchauffement climatique : il y a quinze ans, la glace recouvrait toute une partie du lac, ce qui procurait un spectacle magnifique. Il y a quatre ans, les rochers de la montagne commençaient déjà à apparaitre sous la glace ; et aujourd'hui, le glacier est loin d'atteindre le lac…



Nous reprenons la route, et longeons le Turnagain Arm. Il s'agit d'un bras de mer long de 70 km dont l'embouchure se situe au niveau d'Anchorage. Son nom lui a été donné au XVIII ième siècle par le Capitaine Cook (décidemment, on le rencontre partout), qui recherchait le "Northwest Passage", autrement dit un passage maritime au nord du continent Américain qui lui aurait permis de rejoindre l'Atlantique, depuis le Pacifique en évitant le Cap Horn. Il a testé la voie ici, mais arrivé vers Portage, son extrémité cul-de-sac, il a admis une fois de plus son échec, et a dû faire demi-tour. D'où le nom de ce bras de mer, le "Turnagain Arm".

Un arrêt s'impose à mi trajet à "Beluga Point". On peut y voir deux éléments remarquables. D'une part des bélougas tout près de la rive (parfois). D'autre part le fameux "Bore Tide" (sorte de mascaret) : il s'agit d'une vague créée par l'arrivée rapide de la marée remontante, le phénomène se produit une fois par jour. Les jours de grande marée, certains Alaskiens un peu barjots ne manquent pas l'occasion de faire alors un run en surf de 50 km.

(photo "Pour la Science" de nov 2011)

Oui, mais pour être franc, je dois dire que je n'ai jamais réussi à apercevoir ce phénomène ! - -
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Nous arrivons donc, bien guidé cette fois par notre TomTom qui daigne fonctionner à nouveau correctement (nous sommes en ville), à Anchorage, notre point de chute pour deux jours. Le programme est vague, mais restera limité : repos, bulle, quelques courses, petites ballades sympas en ville.

Quant à notre logement, nous avons découvert le "Big Bear BnB", qui justifie pleinement sa réputation, c'est la maison de l'ours. L'étape fut très agréable.

Big Bear BnB

Le maitre des lieux, c'est Carol, une femme, imbibée jusqu'à la moelle de l'esprit de l'Alaska. Elle est une ancienne professeur d'économie, qui a construit de ses mains, avec son mari bucheron et charpentier, ce BnB pour compléter leurs retraites. Son mari est maintenant décédé, mais elle continue de faire rondement tourner sa boutique, avec l'aide sa sœur (beaucoup plus discrète) qu'elle a fait venir.

Son père a beaucoup baroudé dans les années 40 dans les forêts des alentours et sur la côte Nord de l'Alaska, au milieu des Esquimaux. Son fait d'arme majeur serait d'avoir été attaqué par un ours polaire géant, et de l'avoir tué sans arme à feu (la peau trône dans le salon du BnB).

ours polaire

Un autre de ses trophées est jeté comme couverture sur un canapé. C'est une magnifique peau d'ours noir.

ours noir

Le mari de Carol, plus moderne, a également tué un grizzly qui lui voulait du mal, mais avec un fusil.

grizzly

Je pense que si j'étais vraiment un ours, je garderais mes distances avec cette famille.

De fait, "The Big Bear BnB" est vraiment une maison de caractère, où tout rappelle soit l'ours, soit la chasse, soit les populations esquimaudes ou amérindiennes. Les meubles sont antiques, de style Alaskiens. On se croirait complètement dans un musée. Si vous passez une nuit ici, vous saurez tout sur les ours de l'Alaska. Des bibelots d'esquimaux, ou des instruments quotidiens de leur vie sont présentés dans tous les recoins, en grand nombre (j'ai une pensée pour la personne qui doit faire les poussières). Des livres calligraphiés, avec photos d'époque collées rapportent des scènes de chasse épiques. Le gibier privilégié était le moose que le mari de Carol dépeçait et découpait sur place, afin de ramener des énormes carcasses de viande à la maison. On trouve aussi de nombreux ouvrages qui font revivre Alaska du passé. Je suis resté scotché plusieurs heures sur un livre relatant la vie dans la région de Kennicott que nous allons rejoindre dans deux jours. D'autres ouvrages décrivent des expéditions à Katmai et Brooks River, mais avant que l'organisation actuelle et son intendance ne soit mise en place.







Cette demeure offre quatre chambres en location.

C'est la "Grizzly Room" qui nous est attribuée. Elle dispose d'un lit immense. Comme ailleurs, des bibelots occupent tout l'espace libre (ce qui n'est pas très pratique pour laisser trainer nos affaires).

the Grizzly Room



Le plus croquignolesque est la salle de bain, logée dans un placard ; elle est minuscule, mais amusante, en tout cas atypique, entièrement conçue et construite par Carol et son mari ; le problème en est l'éclairage, il s'allume automatiquement dès qu'on ouvre la porte, et s'éteint quand on la referme. Aussi, si l'un de nous se lève durant la nuit, la lumière violente de la SdB réveille immanquablement l'autre.

Mais cette maison de l'ours est connue et appréciée surtout par son petit déjeuner pantagruélique. Lors de la réservation, Carol demande de remplir une fiche détaillée précisant ce que nous aimons particulièrement ou ce que n'aimons pas pour le petit déjeuner. Et elle met un point d'honneur à combler ses hôtes au-delà de toutes leurs envies. Pour cela elle cultive dans son jardin (magnifique) un nombre incalculable de types de fruits, de baies ou de légumes du pays. Et elle sait mieux que quiconque où il faut courir à 30 miles à la ronde pour satisfaire une demande originale. Elle passe la plus grande partie de ses journées dans sa cuisine aux fourneaux à préparer recettes maisons, confitures délicieuses, gâteaux en tout genre, crèmes, … pour le p.d. du lendemain.





Et bien sûr elle veille à ce que chacun retrouve chaque matin des plats différents de ceux qui lui avaient été proposés les jours précédents.

Le plaisir de ses convives à la table du petit déjeuner est son bonheur ultime, cela se sent.







Nous découvrons les autres hôtes au p.d. Aujourd'hui, la table est européenne.



Le couple d'allemands à la gauche d'Annie, a fait en voiture un circuit de trois semaines en Alaska et au Yukon ; et demain ils embarquent pour Vancouver, sur un luxueux bateau de croisière.

Mais les personnes sans conteste les plus passionnantes de la table parlent français. Ce sont Marie et Johann, deux jeunes de la région de Lausanne, qui ont obtenu leur diplôme d'ingénieur il y a 2 ou 3 ans, ont travaillé un peu pour amasser quelques sous, et commencent la grande aventure. Ils sont arrivés d'Europe hier par avion, et projettent de rejoindre depuis l'Alaska la Terre de Feu en un an et demi (en faisant au passage l'ascension de l'Aconcagua, 7000m, le plus haut sommet d'Amérique –ce ne sont pas des suisses pour rien-). Cela est très fort, mais le plus incroyable est qu'ils feront toute la route EN VELO ! Avec les détours, cela représente 30.000 km sur deux roues. Leur budget est très limité et cette nuit ici sera probablement pour eux une de leurs plus couteuses (habituellement, ce sera sous la tente). Mais il convient de partir du bon pied !

Partis mi-Juillet d'Anchorage, ils ont aujourd'hui (décembre 2011) bien avancé. Ils sont déjà dans l'Ouest Américain, après quelques aventures extraordinaires, que vous pouvez suivre sur leur blog ICI. Il faut savoir que c'est dernièrement, en Californie, qu'ils ont eu le plus froid, et le plus de problèmes avec la rudesse du climat (en Alaska ou au Yukon, ça allait). A tel point qu'ils ont dérogé à leur règle (vélo), et loué quelques jours une voiture afin de pouvoir visiter quelques parcs de l'Ouest USA (les vélos dans le coffre).

Nous assistons à leurs derniers préparatifs, au chargement de leurs montures, et filmerons les premiers mètres de leur périple.

Johann fixe la remorque

Marie est prète

l'étape du jour dans le GPS

on y va ?

les premiers mètres. C'est parti pour 30.000 km. Bonne route, Marie et Johann, bon courage (il vous en faudra), et aussi bonne chance !

Nous suivrons régulièrement votre avancée sur votre blog. - -
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Après avoir accompagné un peu Marie et Johann vers le centre ville ……

…… nous les retrouvons une dernière fois quelques minutes plus tard au surplus de l'armée américaine que je leur avais indiqué, car ils ne voulaient pas partir sans clochette et spray de poivre anti-ours. Cela semblait rassurer tellement Marie.

Bon vent à tous les deux.

Quant à nous, nous nous promenons un petit peu au centre ville, faisons quelques magasins.

Visitor Center d'Anchorage

Notez des fleurs à profusion, comme toujours

La rencontre dans une boutique avec un grizzly empaillé ne me fait même pas peur.

Et s'il était encore vivant ? En fait je pense au courage du père de Carol qui s'attaquait à ces monstres sans arme à feu.

Nous faisons également connaissance avec un groupe de Français, aventuriers eux aussi (c'est le jour) ; nous nous racontons mutuellement nos voyages, mais nous ne jouons pas dans la même division ; ils ont fait une expédition de près de trois semaines en complète autonomie sur le fleuve Yukon, qu'ils ont descendu en canoë jusqu'à son embouchure sur la mer de Béring. Pour se nourrir, ils péchaient, ou chassaient. Ils dormaient la nuit sous la tente, ont rencontré de nombreux ours, pas toujours bienveillants. Leur voyage est maintenant terminé, ils rentrent demain à Paris. Ils sont globalement satisfaits de leurs vacances, mais ont connu dans le grand Nord de l'Alaska un temps exécrable, presque toujours pluvieux.

Pour nous, la météo continue à être clémente.

Nous décidons d'aller voir les pêcheurs de saumon à "Ship Creek", un peu au Nord de la ville. Car ici aussi, cela doit être la pleine saison.









Puis nous repartons vers le Hood Lake (la base d'hydravion d'Anchorage) pour notre pose-picnic quotidienne.







Nous allons ensuite faire un tour du coté de Earthquake Park.

En chemin, au bord de la route, en limite de l'aéroport et en liberté, un moose se prélasse.



En 1964, le séisme le plus violent jamais enregistré en Amérique du Nord, a été ressenti ici, le jour du Vendredi Saint. Il a atteint la magnitude de 9,2 jamais mesurée ailleurs en Amérique du Nord. L'épicentre se trouvait à 80 miles d'Anchorage, dans le Prince William Sound. Ce tremblement de terre a été à l'origine d'un tsunami dévastateur. A Valdez, amplifié par la topologie de la baie et par un glissement de terrain, il s'est formé une vague de près de 70 mètres de haut, qui a complètement rasé la ville (la cité actuelle, a été reconstruite plus tard à quelques miles de là. Elle est connue aujourd'hui comme point terminal de l'oléoduc alaskien). Les gens ici nomment cette catastrophe "the Good Friday Earthquake". Bizarre, pourquoi "Good" ? Tout simplement parce qu'ici, le Vendredi Saint est appelé "Good Friday".

A Anchorage, les effets les plus sensibles ont été ressentis au nord de l'aéroport. Une énorme cassure s'est produite dans le sol, et toute une partie de la ville a été engloutie dans la mer. Des stigmates de ce cataclysme sont bien visibles dans Earthquake Park.





Nous rentrons tôt dans notre "Big Bear" BnB, car notre programme de la journée ne laissait aucune place pour l'improvisation : … repos.

Annie, sous le soleil d'Alaska, au milieu des fleurs, apprécie le jardin de notre résidence.



-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
MO Mouriann Veteran ·
Toujours des photos aussi magnifiques, merci ! Pour ce qui en est de la fleur avec un point d'interrogation, je pense qu'il s'agit d'une ancolie. Je n'en avais pas encore vu de bleues...
carnet voyage écosse : https://voyageforum.com/v.f?post=6530897;#6530897 carnet voyage est usa: https://voyageforum.com/discussion/nord-est-americain-4-semaines-entre-villes-nature-d8345961/
TR Trois14 Globetrotter ·
Pour ce qui en est de la fleur avec un point d'interrogation, je pense qu'il s'agit d'une ancolie

Exact. Je ne connaissais pas, j'ai vérifié et il n'y a aucun doute. Je corrige le légende. Merci de l'aide

JP
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Après un dernier petit déjeuner pantagruélique au "Big Bear BnB" (et une dernière recette confiée par Carol à Annie), c'est le départ. Aujourd'hui est une étape de liaison, car demain nous envisageons de passer une très longue journée dans le Wrangell-Saint-Elias Natural Park, le parc naturel le plus étendu des Etats Unis. Moins de 250 miles de bonne route nous séparent de notre point de chute du soir, Kenny Lake ; nous allons donc un peu musarder en route.

Notre premier arrêt est à Eklutna, une petite communauté russe, 30 miles au Nord d'Anchorage.

L'église typique, avec ses clochers en oignon de tulipe.

Le cimetière est situé autour de l'église (comme à Ninilchick). Mais ici les tombes sont différentes, ce sont des petites niches en bois peintes de couleurs vives. Nous constatons que l'accès est devenu payant pour les "infidèles" comme nous. Aussi, cette fois, nous resterons à l'extérieur du site (d'ailleurs, si mes souvenirs sont exacts, je ne me rappelle de rien de remarquable à l'intérieur).

Nous arrivons rapidement à Palmer-Wasilla, grosse agglomération située à une quarantaine de miles au Nord d'Anchorage. L'habitat est assez dispersé. En fait, le bourg est à la fois très commerçant (nombreux magasins, Walmart, Safeway (qui ici s'appellent Carrs), garages, essence, restaurants, …) et agricole (c'est le "jardin potager" d'Anchorage). Il y a aussi à Palmer une célèbre ferme d'élevage de bœufs musqués, rennes et bisons.

Mais dans le futur Wasilla pourrait également être important du point de vue administratif, et devenir … la capitale de l'Alaska. En effet tout le monde (sauf bien sûr les habitants de Juneau) considère que la capitale d'état actuelle est trop excentrée dans le Panhandle, d'accès compliqué (non relié au réseau routier continental), envahi par beaucoup de neige en hiver, et loin de tout. Anchorage serait plus logique, mais Fairbanks qui défend ses intérêts voulait aussi être choisi. Le choix s'est finalement porté comme souvent aux USA vers un village situé entre les deux postulants. C'est-à-dire ici, dans la région de Wasilla. Une décision dans ce sens a été votée en … 1976, mais les crédits nécessaires au déménagement, eux, n'ont jamais été votés. Juneau peut encore dormir tranquille.

Nous faisons des courses pour les 4 ou 5 prochains jours. Puis nous décidons d'aller faire un tour un peu au Nord, du coté d'Hatcher Pass, un col assez sauvage, une ancienne région de mines d'or. La route monte, offrant de belles vue vers la vallée.

vue coté vallée



Enfin, nous parvenons au col, et à l'ancienne mine d'or.

Hatcher Pass

mine d'or abandonnée

Au retour en direction de Palmer, nous apercevons un ruisseau avec des chercheurs d'or amateurs qui s'activent La région doit être favorable. Une opportunité de plus pour moi de devenir riche. Bien sûr, je saute sur l'occasion, même si je n'ai plus mon équipement de Dawson City. Mais qu'à cela ne tienne, nous faisons suivre dans la voiture une poêle à frire, elle devrait faire l'affaire.



en plein travail Mais une fois de plus, ma recherche restera infructueuse (ah, si j'avais eu de bons outils !).

Heureusement, le picnic traditionnel bien mérité (charcuterie, muffins, yaourt, fruits) me réconfortera. Remarquez le yaourt grec TOTAL de marque FAGE, exactement le même qu'en Grèce (difficile à trouver en France, mais pas en Alaska).

Nous rejoignons ensuite le Glenn Highway, et roulons direction Est. Sur la droite de la route la vue du Matanuska Glacier s'offre à nous.



toujours des Fireweeds



Nous atteignons ainsi Glennallen (où nous avions dormi à l'aller) puis nous obliquons plein Sud sur le Richardson Hwy, qui mène à Valdez. La région doit être sujette durant l'hiver à des chutes de neige importantes, à en juger par la taille des piquets au bord de la route.



Nous traversons le petit village de "Copper Center"



mairie ? Non, je ne pense pas que ce soit la mairie. Mais les gens ici ont le sens de la dérision.

Sur tout ce trajet, nous longeons de plus ou moins loin le Trans-Alaska-pipeline, qui ici chemine en surface.









La construction de cet oléoduc fut l'un des projets les plus controversé de l'Alaska. Mais suite au coup de force de l'OPEP débouchant sur le premier choc pétrolier de 1973, le système a pu finalement être mis en service en 1977. Il fournit près de 15% de tout le pétrole consommé aux USA. Cependant, il a dû répondre à des contraintes très inhabituelles. Il s'agit d'amener le pétrole du champ d'exploitation de Prudhoe Bay près de Barrow sur l'Océan Arctique jusqu'à un port hors banquise, accessible toute l'année aux super-tankers (Valdez). Le trajet fait près de 1500 km. Il traverse des étendues complètement vierges, plusieurs chaines montagneuses, des vallées profondes, de nombreux cours d'eau (sur des ponts spéciaux) dont le fleuve Yukon, et des régions fortement sismiques (à l'Est de Denali, puis toute la région Sud –ici-). Sur une bonne partie du trajet, la canalisation a pu être enterrée. Mais quand elle doit être externe (régions les plus sismiques), elle est surélevée (afin de ménager le passage aux animaux sauvages). Les supports sont alors tous munis d'un système réfrigérant avec radiateur bien visible sur le sommet, qui les refroidit. Ceci évite que la chaleur du pétrole (chauffé pour le rendre suffisamment fluide) se transmette au permafrost, ce qui aurait endommagé la structure de supportage. Le trajet de l'oléoduc n'est pas rectiligne et tendu. Il comporte volontairement de nombreux changements de direction afin de ménager de la souplesse en cas de séisme. Et pour cette même raison, le pipeline peut glisser sur chaque support de quelques mètres. Sa capacité de transport est de l'ordre de 2 millions de m3 (soit 4 tankers géants) par jour, mais il ne travaille plus et de loin à sa pleine puissance (le gisement s'épuise). Ses apports pour la région sont évidents : la taxe que l'Alaska retire du système produit de gros revenus, et les habitants de l'état ne payent aucun impôt (à confirmer). Au point de vue environnemental, la loi prévoit qu'en fin d'exploitation (date non précisée), l'ensemble du système devra être démonté, et aucun impact visible ne devra demeurer (les plans d'enlèvement ont été publiés, et sont régulièrement réactualisés). Tout parait parfait, mais la catastrophe de l'Exon-Valdez, qui a grandement pollué le golfe de Valdez et le Prince William Sound, reste dans toutes les mémoires.

En fin de journée, nous parvenons à Kenny Lake, où j'ai retenu pour deux nuits une chambre dans un établissement très sommaire que j'avais fréquenté il y a douze ans, le " Kenny Lake Mercantile, Hôtel, & RV Park".



Son principal intérêt est d'être abordable (80$/nuit), dans une zone où l'offre en logement est réduite et hors de prix. Nous avions conservé d'un passage antérieur un souvenir très mitigé. Mais j'ai pensé que c'était il y a bien longtemps, que depuis il s'était probablement amélioré, car la majorité des établissements ont fermé entre temps, et je pensais, seuls les meilleurs ont survécu.

Je me suis lourdement trompé. Tout au contraire, il s'est encore dégradé. La chambre est très sale, infecte et malodorante. L'eau et la douche (à jeton !) est celle du camping. Afin de bien dormir, nous demandons une chambre avec deux lits. Tout est complet, c'est impossible il n'y en a plus, nous répond-on. Annie s'échauffe un peu, et j'en fais les frais. "Sois conciliante, qu'est-ce que tu deviens difficile", dis-je (mais au fond de moi, je la comprends tout à fait). Je lui concède sans peine que même à 80$, je trouve que c'est très cher. Sur le coup de 20h, nous avisons que dans cet hôtel soi-disant complet, nous sommes toujours seuls. Je repars donc faire un esclandre auprès de la proprio, elle finit par nous attribuer une chambre à deux lits, plus grande certes, mais pas plus propre. La soirée a un coté "soupe à la grimace". L'avantage : nous nous couchons tôt, et pourrons démarrer très tôt la journée de demain. Et à 21h, un bruit de voiture se fait entendre. C'est un second client (voiture rouge de droite, sur la vue précédente). En fait c'est un technicien du TAPS (Tran-Alaska Pipeline Service) en mission, chargé de la maintenance de l'oléoduc.

-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Nous n'avons aucune peine à quitter notre gite de bonne heure. Nous allons aujourd'hui à Kennicott et McCarthy par l'Edgerton Hwy, puis il nous faudra revenir coucher ce soir ici. Cela représente environ 150 km de route, les 100 derniers étant une piste qui a repris le trajet d'une ancienne voie de chemin de fer. Le parcours est très beau, et nécessite environ 4h, dont 3h de piste (assez facile, pas de dénivelés importants). Et la même chose le soir à l'envers pour le retour.

Kennicott (ou Kennecott, on trouve les deux écritures) est une ville fantôme, un ancien camp minier abandonné, dont l'histoire mérite d'être contée.

Dès 1898, la région de Valdez est fréquentée par des chercheurs d'or qui voulaient rejoindre le Klondike et espéraient trouver ici une alternative à Skagway et au Chilkoot avec sa montée redoutable (voir mon texte, quelques messages plus tôt, pour ceux qui ont suivi). Ainsi, en 1902, des chercheurs d'or, également géologues, qui tentaient un passage à travers les Montagnes St Elias vers le Klondike, ont remonté ce qui est aujourd'hui la Cooper River, puis la Chitina River. Ils ont tout de suite reconnu la couleur verte caractéristique du cuivre, et réalisèrent que la teneur en métal du minerai était extrêmement élevée. Ils en délimitèrent avec soin la concession, qu'ils revendirent habillement aux frères Guggenheim (ceux là même qui ont créé fondation et musées du même nom). Ces derniers mirent en place une organisation afin d'exploiter ces mines de cuivre mirobolantes. La première tâche fut de ménager un accès au site afin de pouvoir rapatrier le cuivre. Ils construisirent à cette fin une ligne de chemin de fer, qui fut opérationnelle dès 1911. Elle reliait le port de Cordova à Kennicott, sur plus de 300 km, dans un environnement hostile, surtout en hiver. Sa construction rapide fut un exploit ; les ouvrages d'art, souvent des ponts en bois à la Lucky Luke, se comptent par centaine. Le plus important d'entre eux, est le "Million Dollar Bridge", à 50 km de Cordova. Il s'agit d'un grand pont métallique sur la Cooper River, qui fut gravement endommagé par le fameux "Good Friday Earthquake" de 1964 (ceci encore pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents, pour les autres, je ne peux rien). La Compagnie d'exploitation a mis en place à Kennicott toutes les infrastructures et toute l'intendance nécessaires à une vie très décente pour les mineurs et leurs familles (salaires attractifs, logements de bonne qualité, enseignement, santé, culte, électricité, chauffage, …). Bref, malgré l'isolement total et le froid, c'était mieux que ce que bien des ouvriers européens ont eu à endurer à la même époque. Mais ce que les habitants de Kennicott souhaitaient par-dessus tout, surtout les célibataires, ils ne l'avaient pas sur place. Aussi bien vite s'est construite à quelques km de là (sans l'aide de la compagnie) la ville de McCarthy, qui elle était un lieu d'amusement et de détente, avec saloons, maisons de jeux et autres lieux de distraction pour mineurs -je veux dire mineurs de cuivre majeurs- ). Le dimanche, jour sacré du Seigneur, la puritaine Kennicott se vidait d'une grande partie de ses forces vives, et la fête battait son plein à McCarthy, véritable lieu de perdition.

L'exploitation a été longtemps florissante. Mais les gisements les plus rentables ont fini par s'épuiser. En 1938 les mineurs se sont mis en grève et ont exigé des salaires encore plus élevés auprès de la Direction. Celle-ci s'est alors immédiatement réunie pendant une matinée, a discuté au téléphone avec les propriétaires newyorkais, puis a fait une déclaration, qui n'était pas du tout celle que les ouvriers attendaient. "Elle ne peut pas satisfaire la demande des grévistes. Aussi elle arrête sur le champ l'exploitation. Un train, ce sera le dernier, quittera Kennicott dans les deux heures. Tous ceux qui souhaitent le prendre le pourront. Les autres se débrouilleront par eux-mêmes, seuls, dans un milieu qui deviendra vite très hostile". Tout le monde bien sûr a pris ce dernier train, et Kennicott fut en un instant coupé du monde, loin de tout, quasiment inaccessible : la ville fantôme par excellence. . La voie ferrée est alors tombée en décrépitude et la ville de Kennicott ne vit presque plus personne pendant une quarantaine d'années. Elle est demeurée telle qu'elle était lorsqu'elle était en activité (puisque ses habitants l'ont quittée en deux heures) : logement, usine électrique, machines, bureaux, tout est resté comme en 1938, quasiment en ordre de marche, ce qui est remarquable.

Quelques années plus tard, l'ensemble (voie ferrée, ville et bâtiments de Kennicott) fut donné au gouvernement des Etats Unis. Mais le "Good Friday Earthquake" de 1964 a gelé les ardeurs de ceux qui voulaient réhabiliter le site. Ce n'est encore que bien plus tard, que la partie de la voie ferrée entre Chitina et McCarthy fut transformée en piste, une fois les rails enlevés, rétablissant un accès au site (il reste encore aujourd'hui de nombreux boulons ou clous sur la piste, entrainant un risque certain de crevaison). Quelques pillages eurent alors lieu (car tout était en état, et de bonne qualité). Aussi en 1998, le site a été récupéré par le service des parcs nationaux américains, qui fit de la ville le "Kennecott mines national historic landmark". Heureusement, l'accès est resté gratuit. Quant à McCarthy, avec quelques habitants, un petit hôtel, un saloon, un restaurant rustique, elle revit, mais cette fois paisiblement, du tourisme.

Ainsi donc aujourd'hui nous allons emprunter cette piste qui reprend le trajet de l'ancienne ligne de chemin de fer. Les premiers miles, jusqu'à Chitina, sont goudronnés.

Nous passons à proximité d'une étrange exploitation.



Cela ressemble à des Yaks.

C'est confirmé !

La ferme se trouve aux environs. Manifestement, l'exploitant dispose pour ses liaisons d'un avion privé.

Cette portion de route est fréquentée, le matin de bonne heure, par des mooses.



Nous longeons et traversons la Cooper River, rivière fameuse dans tous les Etats Unis, l'une des plus célèbres pour la pêche aux saumons (des saumons de la Cooper River étaient en vente au Pike Market de Seattle, voir mon tout premier message). Puis, à patir de Chitina, c'est la Chitina River (affluent de la Cooper Rv) que nous suivons.

Chitina River

La route est devenue une piste (très correcte par beau temps), également connue sous le nom de McCarthy Rd. Le paysage est magnifique.







Soudain, nous apercevons un viaduc majestueux : le "Kuskulana River Bridge". Nous le prenons.





vue d'en haut vers la vallée

Plus loin, une boutique isolée attend des clients improbables.



Puis, au passage d'une vallée, la piste abandonne quelques instants le trajet de la voie ferrée. Celle-ci traversait la vallée sur un long pont en bois, alors que la piste descend maintenant en bas, puis remonte. Ici, les rails n'ont pas été enlevés, et le pont, non entretenu, tombe en ruine.



les rails sont encore en place





Les rivières à franchir sont nombreuses.



la piste continue ...

-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Nous parvenons au but en milieu de matinée à l'extrémité de la piste, au niveau de la rivière Kennicott (formée par la fonte du glacier du même nom). Impossible d'aller plus loin, il nous faut laisser la voiture là pour la journée (parking payant). Nous décidons de grignoter de suite, afin de ne pas nous charger avec de la nourriture.



Puis nous traversons la rivière par une passerelle piétonnière.



Avec nostalgie, je repense au temps pas si ancien (il y a 12 ans) où cette passerelle n'était pas construite ; il fallait alors emprunter pour franchir le fleuve un petit téléphérique à main, assez sportif. Bizarrement, tout n'a pas été démonté, et il demeure, à coté de la passerelle, des vestiges du téléphérique en ruine.



En amont de la rivière, nous apercevons les deux glaciers qui se rejoignent : "Kennicott Glacier" à gauche, et "Root Glacier" à droite, à proximité duquel nous irons nous promener tout à l'heure.



Nous marchons un kilomètre environ, et atteignons le village de McCarthy, ou ce qu'il en reste encore en fonctionnement de nos jours.

l'épicerie

une gift shop

le saloon

l'hôtel

même une compagnie d'aviation !

un boui-boui, qui sert du bon café

Avant de quitter McCarthy, nous décidons de passer au Visitor Center.

Nous discutons avec la dame de service, qui prend plaisir à parler avec des français : en effet elle est à la retraite (bénévole ici), et partira avec son mari dans quelques mois passer une année entière en France, à visiter notre pays (principalement la Provence). D'ailleurs son mari est dans une pièce derrière, et prendrait surement plaisir à discuter avec nous. Elle l'appelle, il nous rejoint, et là, oh stupeur, son visage me dit quelque chose, et c'est réciproque. Nous passons en revue notre vie passée, et nous trouvons très rapidement : nous travaillions dans le même domaine, il a fait sa carrière dans un organisme fédéral américain basé à Rockville, à 20 miles de Washington DC. Et j'ai moi-même à plusieurs reprises participé à des réunions d'experts, dans ces mêmes locaux. Le monde est vraiment petit ! Nous discutons travail (enfin, c'est une façon de parler, car nous sommes tous les deux à la retraite). Cela prend vite une tournure ancien combattant ("de notre temps, …"). C'est vrai que depuis que nous sommes partis, tout parait aller beaucoup moins bien. Mais nos épouses n'apprécient que modérément nos retrouvailles enflammées. Et nous devons continuer notre route. Mais quelle rencontre surprenante, dans un endroit improbable !

Nous prenons la navette qui circule chaque demi-heure, elle nous dépose à Kennicott.

Rien ne parait avoir changé depuis notre dernière visite. La ville est toujours couleur "vieux rouge", en assez bon état. Il s'en dégage un charme indéniable. Seules les vitres n'ont pas résisté au temps ou aux intempéries. A notre gauche, un des bâtiments où les célibataires étaient logés.



En face, les installations de la mine.

Sur la droite vers le bas, un bâtiment à l'aspect tout neuf : le bâtiment de la direction de la mine, qui est devenu aujourd'hui celui des National Parks.







Nous visitons ensuite l'usine électrique st sa salle des machines. Plusieurs chaudières comme celle-ci …



… avec leur groupe turboalternateur, …

… semblent prêtes à redémarrer à la première sollicitation.

Nous dépassons le village.



Un bâtiment montre quelque animation : c'est le Lodge qui reçoit des visiteurs.



Devant nous, le glacier : nous avons décidé d'aller le voir de près (une ballade de trois miles).



-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Au-delà de la ville, la nature est grandiose.



Root Glacier

Fireweeds





Le sentier grimpe sur la montagne en serpentant.



Mais soudain, nous demeurons en arrêt. Un très bel ours nous guète à deux mètres du chemin.



désolé, la photo est bougée.

Ici, ce n'est pas comme à Brooks Camps. Les ours ne se sont pas gavés de saumons jusqu'à plus faim. Nous devons être très prudents. Nous lui parlons fort, mais calmement, et sans courir, sans geste brusque, nous poursuivons notre route. Ouf ! Mais Annie n'est plus du tout tranquille, et souhaiterait rentrer au plus vite. Je tente de la raisonner. Nous chantons pour ne pas risquer de surprendre un nouvel ours.

Nous parvenons enfin au niveau du glacier. Ce serait sympa d'aller se promener sur la glace.







Mais malgré sa bonne volonté (elle bien aurait aimé aller marcher sur le glacier), Annie est de moins en moins à l'aise, et insiste pour que nous n'allions pas plus loin.

Nous faisons donc demi-tour, et reprenons le sentier, direction retour, toujours en faisant un maximum de bruit. Mais c'est alors qu'un nouvel ours, magnifique, traverse notre chemin juste devant nous, nous coupant la voie. Il marche lentement, nous observe tranquillement, de tout près, puis continue doucement sa route. Re-ouf !



encore flou, qu'est ce qui m'arrive ?



Nous poursuivons sans courir, mais vraiment pas rassurés du tout ni l'un ni l'autre, seuls dans cette nature sauvage. Pour faire du bruit, nous avons développé une nouvelle technique très efficace et pas trop fatigante : nous tapons violemment deux cailloux l'un contre l'autre.



Le retour, long, se passera sans autre histoire.

Vers Chitina, les mooses sont encore au rendez-vous.





Là, je n'aurais pas dû mettre le flash !

Nous retrouvons enfin pour une dernière nuit notre havre douillet de Kenny Lake. Cette fois, nous sommes bien les seuls clients de l'hôtel. C'est la vie de château. Tu n'apprécies pas, Annie ?

En tout cas, c'est une adresse que je ne recommanderais à personne : le " Kenny Lake Mercantile, Hôtel, & RV Park" 🏴‍☠️.

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Le lendemain, nous quittons dès que possible, et surtout sans regret Kenny Lake.

Ce sera une très longue étape de transition Nous allons contourner par l'Ouest puis le Nord le Wrangell St Elias NP (Alaska) puis le Kluane NP (Yukon). Il s'agit en fait de la même montagne qui sur 600 km est à cheval sur les USA et le Canada. Son plus haut sommet, le Mt Logan (prés de 6000m), est aussi le deuxième sommet d'Amérique du Nord (après le McKinley), et le point culminant du Canada. Mais nous resterons à basse altitude.

Les paysages sont, comme toujours époustouflants (je me répète).





un tableau de maitre !





et toujours .....

A Tok, nous rejoignons l'Alcan (l'Alaska Highway).

Nous quittons provisoirement l'Alaska et passons la frontière du Yukon à Beaver Creek, où une très belle chapelle a été batie par les constructeurs de la route, à partir d'un gros tuyau de chantier.



Nous longeons sur notre droite de très hautes montagnes …



… et parvenons en fin de journée à Burwash Landing, notre étape. Le lieu est signalée par une énorme "poêle" de chercheur d'or, la plus grosse du monde parait-il.



Le "Burwash Landing Resort & RV Park" n'est qu'un motel basique situé sur les rives du Lac de Kluane.

notre parking, à coté d'un véhicule hors d'age

Kluane Lake, derrière l'hôtel



Logement basique, mais correct. Nous apprécierons notre havre du jour, surtout en se souvenant de celui de nos deux dernières nuits.

Pour la peine, ce soir nous dinerons au restaurant. Ce fut très agréable.

- +-+-+-+-+-+-+-+-+-+-+-+-+-+-

Le lendemain matin, nous reprenons encore la route, c'est notre triste destin. Nous longeons le magnifique Kluane Lake, à proximité de "Destruction Bay" (gros soucis ici, à l'époque de la construction de l'Alcan).



Puis parvenons avant 10h à Haines Junction, notre première étape du jour. C'est l'accès traditionnel pour des randonnées difficiles vers le Kluane NP (qui est le prolongement canadien du parc Alaskien où nous étions hier, à Kennicott).



Une belle chapelle, toujours dans le style de l'Alcan (matériel de chantier récupéré) se trouve au milieu du village :





Mais nous avons une idée bien précise en faisant étape quelques heures ici : nous voulons enfin voir le "Kaskawulsh Glacier". Nous avions toujours raté, par le passé, ce survol, tantôt pour cause de mauvais temps, tantôt pour indisponibilité des avions, réquisitionnés par le gouvernement du Yukon pour un traitement urgent de la forêt malade. Nous filons donc rapidement à l'aéroport.



Nous cherchons les bureaux de Sifton Air (une des deux compagnies qui organisent des vols sur les glaciers). La flotte au complet est sur le tarmac.



Deux personnes sympathiques nous reçoivent.

L'une d'elle, Marie, est française de Marseille (mais elle vit définitivement au Canada). Elle va se charger de notre vol et nous piloter.



Nous choisissons finalement un vol d'une heure, qui nous fera survoler le Kaskawulsh Glacier à l'aller, obliquer sur South Arm Glacier, puis naviguer au milieu des sommets environnants (dont le Mt Logan) sur un très vaste champ de glace, enfin revenir en suivant le Lowell Glacier.



Nous prenons place dans l'avion. Je serai le copilote (mais comptez sur moi, je ne toucherai à rien). Annie s'installe derrière.

Décollage ….

- -

+ =+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=POUR LA SUITE DU VOYAGE, CLIQUEZ ICI

- -
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Voici copie d'une carte de voeux que nous avons reçue hier, venant directement .... d'Alaska.



A mon tour, je vous souhaite une très bonne année 2012, avec plein d'envies de voyages, ........ ........ qui bien sûr se réaliseront.

J-P

*+*+*+*+*+*+*+*+*+*+
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
BL Bluequark Veteran ·
Bonjour,

Personnellement, j'aime beaucoup tes digressions. Elles permettent de mieux vivre l'ambiance et contribuent au charme de ce carnet.

J'en profite pour te souhaiter ainsi qu'à tous les vforumeurs une EXCELLENTE ANNEE 2012.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
MO Mouriann Veteran ·
Belle fin pour l'année avec juste ce qu'il faut comme suspens : vous montez dans l'avion et ........😎
carnet voyage écosse : https://voyageforum.com/v.f?post=6530897;#6530897 carnet voyage est usa: https://voyageforum.com/discussion/nord-est-americain-4-semaines-entre-villes-nature-d8345961/
MA Mamieli ·
Bonjour,

Pour ma part j'aime beaucoup toutes vos informations historiques ou locales , "vos digressions". Elles permettent d'apprécier encore plus ce récit de voyage. J'attends la suite bien sûr avec impatience. En attendant je vous souhaite une très joyeuse année 2012 ainsi qu'à votre épouse , avec une bonne santé et de nouveaux beaux voyages. Liliane
ML Mlefevre Globetrotter ·
Bonjour JP, Je me régale à la lecture de votre périple américain : j'adore le mélange de tes perceptions enthousiastes et ingénues (bien que ce ne soit pas la "1ère fois") -et empreintes d'une modestie bien sympathique- et de tes digressions historiques. Cela représente un énorme travail de rédaction, que j'apprécie beaucoup et je suis sûre de ne pas être la seule. J'avoue avoir un peu de mal avec les carnets "à épisodes"mais je ne peux pas t'en vouloir vu la richesse de ton récit! Courage pour la suite! Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
TR Trois14 Globetrotter ·
Merci à tous de vos bons voeux.

Pour la famille Lefevre Vos encouragements me touchent énormement, car comme beaucoup j'ai lu et apprécié vos propres aventures en Alaska, l'année dernière (voir ici). Bien que dans le même pays, ce voyage avec vos enfants n'avait rien à voir avec le notre. Il était incomparablement plus sportif et original, avec plusieurs nuits en autonomie en canoé dans le Sud du "Prince William Sound", ou vos descentes de rivières fougueuses. Encore chapeau à toute la famille !

J'avoue avoir un peu de mal avec les carnets "à épisodes"

Je comprends, mais j'en suis désolé. Je poste dès qu'un nouveau passage significatif a été rédigé. Et seule la publication me motive pour continuer, car la rédaction demande beaucoup de temps, et le temps manque .... Autrement, il est probable que j'aurais abandonné avant la fin, et donc que rien n'aurait jamais été publié.

Ceci étant, il y en a encore pour pas mal de temps. J'espère cependant avoir terminé l'Alaska pour mi-février (date où je pars en Inde). Je ne terminerai probablement la partie Arizona que plus tard. Mais ce sera très succin, car les carnets de voyage abondent sur cette région. D'ailleurs nous avons failli nous y croiser l'été dernier. J'ai pris la "House Rock Valley Road" vers Coyote Buttes un jour avant vous, et la "Cottonwood Canyon Rd" le même jour que vous. Le monde est vraiment petit !

JP
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Dès le décollage, nous prenons la direction Ouest, et suivons le tracé de l'Alcan, sur une zone que nous avons traversée ce matin en voiture. Dans le lointain, on aperçoit même le lac Kluane.

Puis nous obliquons légèrement vers le sud, longeant toujours la montagne. Sous l'appareil, de la forêt, des lacs, puis les premières vallées qui entaillent le massif.





Au bout de quelques minutes, une échancrure plus large apparait : la Kaskawulsh Valley. Nous découvrons alors le bas du glacier, et un petit lac de fonte, duquel s'échappe un minuscule ruisseau.



Nous engouffrons alors dans la vallée, et prenons de l'altitude, en suivant le cours du glacier.



Ce glacier est connu pour sa très longue moraine centrale, sur presque toute sa partie basse, qui lui donne un aspect unique, strié de noir.



La moraine est formée par la jonction avec un second glacier, le South Arm Glacier, qui arrive de la gauche, quelques kilomètres plus loin.







le Kaskawulsh, dans toute sa splendeur







Puis, toujours en prenant de l'altitude, nous longeons le cours du South Arm Glacier, …







… jusqu'au champ de glace qui se trouve au sommet.

Ce champ de glace s'étend sur des centaines de kilomètres, et un grand nombre de glaciers s'en écoulent. C'est le plus étendu champ glaciaire du monde, hors zone polaire. Loin d'ici, les glaciers de Kennicott (vus il y a deux jours) proviennent de cette réserve glaciaire. Tout comme, bien plus à l'Est les glaciers qui se jettent dans la mer à "Glacier Bay", une attraction de choix pour tous les gros navires de croisière.



Les sommets environnants sont majestueux, couverts de neige et de glace. Ce sont les pics les plus hauts du Canada (de 5000 à 6000m), un grand nombre d'entre eux n'ayant jamais été escaladés à ce jour. Et au milieu d'eux trône en maitre le Mont Logan le point culminant du pays.





-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
La redescente va se faire en suivant le cours d'un autre glacier gigantesque, le Lowell Glacier.



En cette saison estivale, des petits lacs d'un bleu magnifique se forment à la surface de la glace.

le Lowell Glacier



A basse altitude, nous distinguons de profondes crevasses pas du tout rassurantes, s'il nous fallait progresser à pied sur le glacier.

Nous poursuivons toujours notre descente. Les petits lacs bleuâtres au fond des stries de la glace se multiplient et sont comme un enchantement.



Nous arrivons au niveau du front du glacier. Derrière l'appareil, nous jetons un dernier regard sur ce beau panorama que nous quittons.



Un lac s'est formé à la base (uniquement en plein été, car habituellement tout est gelé).

des débris de glace flottent en surface

Des vallées abruptes échancrent le flanc du massif.

Nous voyons ensuite un étrange phénomène que les géologues connaissent bien, nous explique Marie, et nomment "glaciers de pierre". Dans certaines conditions en hiver, les pierres enrobées de glace "dégoulinent" de la montagne, en se comportant comme des particules liquides, très visqueuses.





Nous approchons enfin de Haines Junction, l'une des quatre ou cinq grandes "métropoles" du Yukon (quelques centaines d'habitants tout au plus en été, moins en hiver, et parait-il autant de grizzlys).



Haines Junction, Une des "villes" du Yukon.

Toujours des lacs, plus spectaculaires les uns que les autres. Ici, Pine Lake, lieu de promenade proche de Haines Junction, avec de nombreux sentiers tracés.





Et nous rentrons.



Pour faire un point géographique sur la région :

Haines Junction est un ancien village indien, qui a revécu à la construction de l'Alcan. Outre ses quelques habitants (et nombreux grizzlys), Haines Junction possède une vie sauvage très développée. On trouve beaucoup de moutons de Dall, de coyottes, de loups, de mooses, …. La vie en hiver y est difficile, les animaux se rapprochent dangereusement des zones habitées. La ville se situe à l'embranchement de deux highways importants (on les aperçoit sur les vues aériennes ci-dessus), l'Alaska Hwy, par lequel nous sommes arrivés ce matin de l'Ouest (il se poursuit à l'Est jusqu'à Whitehorse à 200 km d'ici, puis au-delà sur toute la longue portion que nous avons conduite à l'aller), et le Haines Hwy vers le Sud, qui sera notre route cet AM, jusqu'à Haines à 250 km, de nouveau en Alaska, mais au bord de la mer.

En fait, Haines (et Skagway, que nous avons vu à l'aller) sont l'extrémité d'un très profond golfe maritime, le Lynn Canal, qui se poursuit très loin sur plus de 100 km, jusqu'à Juneau. La vie marine (baleines, orques, …) est très présente dans ce "canal" (on pourrait parfois dire fjord). …. Mais tout cela, c'est pour les jours qui viennent…

En attendant, nous faisons un détour dans une étonnante pâtisserie ("Village Bakery") au centre du village, avec une belle terrasse extérieure en bois, et testons les délicieuses spécialités locales. Juste à coté, le Visitor Center nous confirme que toute la région, le Kluane NP en particulier, se prête à merveille à de magnifiques randonnées (même si la plupart sont de plusieurs journées et nécessitent un bivouac). L'une d'entre elle, longue et difficile, permet de rejoindre à pied un point de vue sur le confluent du Kaskawulsh Glacier avec le South Arm Glacier.

Ces quelques heures passées à Haines Junction ont été un plaisir. La région est magnifique. Il est vrai que c'est la première fois que nous avons la chance d'y passer sous un soleil aussi radieux, et un ciel aussi pur. Car le temps maussade et couvert est plutôt la règle ici, et la ville parait alors bien triste.

-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Nous reprenons notre voiture, mais avec un petit souci : un voyant jaune nous signale un pneu dégonflé (c'était déjà de temps à autre le cas hier, mais nous n'y avions pas prêté beaucoup d'attention). Cela parait une crevaison lente, mais nous ne souhaitons pas nous éterniser ici. Aussi je regonfle très fort à une station service, et … on verra bien.

Nous devons donc rejoindre l'Alaska et Haines, cet AM. La route est l'une des plus belles de la région (lacs, montagnes, rivière, …).

Notre première halte sera sur la droite (courte piste) au magnifique Kathleen Lake, avec des fleurs innombrables.







De très belles ballades paraissent possibles autour et au dessus du lac, mais nous n'en avons pas le temps. Nous repartons trop vite.

Nous longeons ensuite les fameux "glaciers de pierre" (cf. message précédent), et en approchons un.





Puis à gauche, nous faisons un détour vers un autre lac, avec sur la rive un beau village indien de pêcheurs, Desadeash.



La cheminée fume !

La route se poursuit, mais comporte de longues portions en travaux. Habituellement un pilot car limite la vitesse quand nous pouvons passer, mais pas partout. Nous ralentissons sur une portion dégradée (sans pilot car), ce qui est une erreur grave. Nous sommes en effet doublés en trombe par un lourd camion de chantier, qui nous envoie au passage un caillou dans le pare-brise. Celui-ci se trouve du coup décoré d'une grosse marque étoilée, du plus bel effet. Il sera temps quand nous rendrons le véhicule de voir si nous avions choisi les bonnes assurances.

Le trajet, au milieu des montagnes de plus en plus hautes, est magnifique.





Puis nous amorçons une longue descente vers la mer, nous repassons sans aucune difficulté une énième fois la douane, et nous nous retrouvons à nouveau aux Etats Unis, en Alaska. Il est temps d'arriver, car notre pneu va de plus en plus mal.

Nous longeons pendant un moment la rivière Chilkat, ici très large et peu profonde, connue comme le plus grand lieu de rassemblement au monde de bald eagles (il y a ici même en Novembre un festival très célèbre, et plus de 4000 aigles !). Mais fin Juillet, les artistes ne sont pas encore arrivés en masse, et notre pneu ne tolérerait pas une longue halte. Nous prenons néanmoins le temps d'admirer et d'étudier le fonctionnement d'une machine automatique à pêcher le saumon, entrainée par le courant.



C'est à la fois simple et ingénieux. Les poissons malchanceux qui se sont fait attraper sont projetés au fond d'une nasse.

Nous arrivons à Haines, et testerons cette fois un nouveau BnB. En effet, nous avions nos habitudes dans un chalet agréable, the "Beach Roadhouse", tenu par un propriétaire charmant et serviable (bien qu'un peu ours, mais ici c'est la région), Phil. Mais ce logement étant complet pour mes dates de 2011, je me suis retourné vers autre chose.

Je tiens à mentionner ici une anecdote que je trouve très révélatrice.

Lors de notre dernier passage en 2007, une catastrophe était survenue au chalet. Durant l'hiver précédent, la couche de neige à Haines avait été exceptionnelle, (plus de 10 m !), ce qui était plus que ne pouvait supporter le chalet construit par Phil de ses mains. Il s'était effondré, en piteux état. Par contre les cabines autonomes restaient disponibles à la location. Phil se remettait au travail avec courage, pour tout reconstruire, mais cela promettait d'être long, car les fonds manquaient. Quand je lui ai parlé de l'assurance, il m'avait indiqué avec fatalisme, qu'ici, l'assurance est trop chère, les gens n'ont pas les moyens de se la payer ! Il s'est courageusement remis au travail pour tout reconstruire une seconde fois. Mais ce n'est pas pour cela que je parle de lui. Il a d'autres qualités, je dois le remercier sincèrement pour le fait suivant.

Durant l'été 2007, avant d'arriver ici, j'avais passé quelques jours dans la région de Denali, et j'avais logé dans une cabane, à Healy. J'y avais remplacé la carte mémoire de mon appareil photo numérique. Quelques jours plus tard, j'ai souhaité revoir les photos enregistrées, mais là, impossible de remettre la main sur la carte. J'en ai vite déduit que je l'avais oubliée dans la cabine de Healy en la remplaçant, une semaine plus tôt. Mais malgré un grand nombre de tentatives, je n'ai jamais réussi à entrer en contact téléphonique avec le propriétaire de Healy. Je m'en suis ouvert à Phil, qui m'a assuré qu'il en faisait son affaire personnelle. Je lui ai laissé, sans beaucoup d'espoir cependant, mon adresse en France pour un retour au cas où. J'étais catastrophé, car cette mémoire contenait les meilleures vues du voyage, avec beaucoup d'ours sauvages. Puis j'ai quitté Haines en ferry. J'ai rappelé Phil le lendemain depuis Skagway, et il était super heureux de m'annoncer que la carte avait été retrouvée (sous le lit ; heureusement pour moi que durant une semaine le ménage avait été plus que sommaire). Et afin d'être certain que je recevrai bien la mémoire, plutôt que de transmettre mon adresse à Healy, il s'est fait envoyer la carte chez lui à Haines en Alaska (dont sans risque et sans difficulté). Dès qu'il la recevra, il me fera un envoi soigné pour la France dans de bonnes conditions. Mais de retour à Lyon trois semaines plus tard, pas de nouvelles de ma carte. Encore un mois plus tard, toujours rien. J'ai alors repris contact avec Phil, qui avait bien fait sans délai l'envoi en recommandé (ou l'équivalent US). Il m'a transmis par email copie du bordereau d'envoi rédigé 2 mois plus tôt. Je passe donc à mon bureau de poste qui après vérification me certifie que le colis m'a bien été remis en main propre le … (j'étais encore en Alaska à cette date !), et me montre la signature sur le registre postal. Bien sûr, je ne reconnais pas le grigri apposé. Je suis catastrophé, et réalise qu'après un cheminement extraordinaire, la longue chaine de solidarité s'est brisée ici en France, à quelques mètres de chez moi. Chapeau, La Poste Française ! Mais encore un mois plus tard, en discutant avec un voisin qui a une villa proche de la mienne (même adresse), il m'informe qu'il a reçu un colis d'Alaska qui l'a surpris. Il me le donne. C'était bien ma carte ! En fait, l'adresse n'était pas parfaitement rédigée, et dans le doute, le facteur indélicat a probablement signé pour moi, et laissé l'enveloppe dans une boite de la résidence au hasard (le voisin n'a rien signé non plus) ! L'adresse était Jean-Pierre C. (initiale seulement), comme si C. était le prénom, et Jean-Pierre le nom. Mais cela n'a manifestement en rien gêné le facteur, qui s'est débarrassé du problème dans la première boite à lettre venue.

Donc merci encore Phil, et un énorme mauvais point à La Poste Française.

Cette anecdote montre clairement la différence entre les gens frustes, mais chaleureux, fiables et généreux de l'Alaska, comparé à la société d'irresponsabilité généralisée dans laquelle nous vivons aujourd'hui en Europe.

J'ai tenté de rendre visite à Phil pour le remercier de vive voix. J'ai trouvé un chalet tout juste reconstruit de quelques mois, mais pas de Phil. Il semble qu'il y il eu un changement de propriétaire, et qu'il soit parti pour des cieux moins neigeux.

Nous logeons donc finalement au Tanani Bay BnB. Le RdC de la maison est à nous, les proprios étant à l'étage. Notre logement est charmant (pour le même prix que le bouiboui infame de Kenny Lake !).







La proprio se renseigne sur nos besoins : nous cherchons où acheter des légumes et du saumon sauvage à faire griller pour le souper. Aussi sec, elle nous en apporte un énorme morceau, qu'elle refuse que nous payions, et nous demande de nous servir dans son jardin pour les légumes (sans parler des fraises succulentes).

A Haines, loin de tout, sans (à quelques exceptions près) escale de luxueux navires de croisière, les gens sont vraiment restés charmants, et naturels. Une excellente étape, dans une bonne atmosphère. Nous y demeurerons deux jours.

Ensuite, il devient pour nous urgent de s'occuper du pneu. En ville, un garagiste (qui à mon accent n'a eu aucune peine à repérer que j'étais un étranger, donc un pigeon), sans même daigner voir la voiture ni le pneu, me dit "OK, ce sera fait dans une heure, 80$" ! (non, je me reprends, il y a à Haines aussi des crapules). Un peu plus loin, un autre garagiste me propose de réparer pour 25$. Adjugé, nous lui laissons la voiture.

Nous en profitons pour faire un tour de ville.





totem



J'ai pensé à acheter cette maison pour mes vieux jours. Mon nom (celui de mon avatar) est déjà affiché dessus.



Nous récupérons la voiture, avec en prime un énorme clou qui était fiché dans le pneu : c'est un souvenir de la McCarthy Road, empruntée il y a deux jours pour rejoindre Kennicott (reliquat de l'ancienne ligne de chemin de fer démontée).

-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Le lendemain, ce sera bulle prolongée et lessive le matin, ballade l'AM. Ce sera, tout près d'ici, à une dizaine de miles, le Chilcoot Lake, et la Chilcoot River, coin réputé pour la faune sauvage (nombreux bald eagles toute l'année, ours, …), et sa rivière à saumon, avec de nombreux pêcheurs à l'ouvrage.





Soudain nous apercevons, sur l'autre rive, un ours à la peau claire.





Les pêcheurs, pas plus que les aigles chauves (qui pêchent aussi le saumon) ne sont impressionnés par si peu.







Nous stoppons et passons un bon moment à admirer le travail d'un pêcheur sportif qui nous a pris en sympathie. Il vient depuis très loin à Haines passer ses vacances d'été, en camping car, avec deux énormes congélateurs. Il compte bien les remplir de saumons en quelques jours, afin de pouvoir en manger tout l'hiver à la maison.







Nous discutons un moment avec lui et sa famille avant de le quitter. Il nous apprend que tous les soirs, quand il y a moins de monde, une maman ours et ses deux petits viennent pêcher à leur tour, et qu'ils sont charmants. Bigre, nous repasserons peut-être ce soir ! Nous lui demandons s'il ne pourrait pas nous vendre un petit peu de saumon pour notre souper. Pas de problème : il va dans son camping car, ressort avec un saumon entier, qu'il tient à nous laisser en cadeau. Nous ne pouvons accepter, et c'est trop pour deux. Finalement, il nous donnera un morceau raisonnable, qui s'avèrera succulent.



Nous passons voir, un peu plus loin le Chilcoot Lake. Des tables sont aménagées pour découper le poisson.







la chair rouge vif du saumon sauvage

Autour du lac, il y a un camping aménagé, et quelques tentes. Manifestement les gens ne craignent pas les ours !

Tout au long de la route du retour, de nombreux aigles nous observent depuis le sommet des arbres.



Puis nous rentrons "chez nous".

A ce point du voyage, nous sommes à la fois tristes, et impatients. Tristes, car demain à l'aube nous prenons le ferry. Notre road trip est terminée, et nous y pensons avec nostalgie. Referons nous le même type de voyage en Alaska dans le futur ? Rien n'est moins certain. Impatients car, si le road trip avec de longues étapes de conduite est terminé, notre voyage va se poursuivre d'une autre manière, en ferry jusqu'à Seattle, la voiture en cale. Mais nous la récupérerons à chaque étape, et nous en ferons de nombreuses, dans cette région d'Alaska que nous allons découvrir, l'Alaska maritime, le Panhandle.

Cependant, ne nous laissons pas abattre. On ne va pas se coucher comme des vieux. On nous a parlé d'une famille d'ours qui le soir … Nous reprenons donc l'auto, et vers 23h filons à nouveau au bord de la rivière Chilcoot. Mais la saison s'avance, et nous avons fait pas mal route vers le Sud. Il ne fait plus grand jour la nuit. Cependant, nous voyons encore correctement. Arrivé sur place, la famille ours au complet est bien présente.



"bear zone" : on le sait !

Nous les approchons d'assez près :

Mais les prises de vue sont longues (obscurité). Les photos seront probablement troubles. Je décide donc de mettre le flash : L'ours n'apprécie pas du tout, et se rue violemment vers nous. Je dois démarrer en trombe pour éviter la charge.

Nous rentrons, cette fois, Haines, c'est bien fini ! Réveil demain à 5h pour prendre le ferry de Juneau.

-

+ =+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=POUR LA SUITE DU VOYAGE, CLIQUEZ ICI

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Très, très beau, ce survol en hélicoptère... on s'y croirait ! 🙂 Dans tes trois derniers messages, les photos ne s'affichent pas ! Normal ? Bon, j'attends que tu remédies au problème pour les voir "in situ". A+ et bon courage pour la suite. Christine
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
TR Trois14 Globetrotter ·
bonjour

ce survol en hélicoptère

L'hélicoptère avait deux ailes, en fait, exactement comme un avion 😉. Un Cessna.

les photos ne s'affichent pas ! Normal ? Bon, j'attends que tu remédies au problème pour les voir "in situ".

Cette nuit à 3h, je manquais de lucidité. Tout est corrigé.
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
KR Krikri6792 Globetrotter ·
L'hélicoptère avait deux ailes

😏😏😏... et moi, je n'étais pas bien réveillée ! 😉

Merci pour les photos manquantes : je vois ça de suite !
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
MO Mouriann Veteran ·
Je me répète, mais encore merci de prendre tout ce temps pour nous présenter ton voyage. Je suis tout à fait consciente du temps que cela peut prendre et cela n'en rajoute que plus de valeur à ton récit. Lorsque je commence à lire tes nouveaux posts gare à celui qui veut me décrocher de mon écran 😛 Je suis curieuse de savoir comment s'est terminé l'épisode de l'éclat sur le pare brise....Aviez-vous la bonne assurance ? Un petit coucou à Krikri au passage dont je me suis beaucoup inspiré du carnet de voyage au Canada pour organiser le mien cet été.
carnet voyage écosse : https://voyageforum.com/v.f?post=6530897;#6530897 carnet voyage est usa: https://voyageforum.com/discussion/nord-est-americain-4-semaines-entre-villes-nature-d8345961/
TR Trois14 Globetrotter ·
Lever de bonne heure ce matin, pour prendre le ferry direction Juneau, la Capitale de l'Alaska.

Notre bateau, le M/V Malaspina, décolle à 9h, mais nous devons être sur place trois heures plus tôt pour valider nos billets.

Nous quittons donc vers 6h notre agréable BnB. Mais alors que nous effectuons le chargement de la voiture, nous recevons la visite de notre charmante propriétaire et de son mari. Ils s'étaient également levés tôt, afin de prendre aimablement congé de nous, et nous souhaiter bon voyage ! Très satisfait de l'adresse, je lui demande une carte de visite, pour le cas où nous reviendrions ici, ou alors si nous devions recommander à des amis un logement à Haines. Ils nous apprennent alors, émus aux larmes, que nous sommes leur dernier client. Ils vendent la maison dans une semaine, et les acheteurs ne feront plus BnB. Quant à eux, ils préparent bagages et déménagement. Leur fille, dans la banlieue de Denver, vient d'avoir un bébé, et ils tiennent à s'en rapprocher, afin de pouvoir l'aider. Ils vendent donc tout ici, et repartent pour une nouvelle vie. Mais ils garderont toujours dans un coin de leur cœur cette région d'Alaska, qu'ils ont adorée. C'est aussi cela, l'Amérique : des remises en causes permanentes.

Le port des ferries est à 3 minutes. Nous retenons notre envie de retourner faire un tour rapide au bord de la Rivière Chilcoot (à 10 minutes d'ici) pour saluer une dernière fois nos "copains" les ours. Mais ce ne serait pas raisonnable (et puis, nous les avons vexés, hier soir avec le flash dans les yeux). Le ferry "Malaspina" arrive enfin de Skagway qu'il a quitté 1h plus tôt.





L'Alaska Marine Highway System (AMHS) est une société commerciale d'un genre très particulier, unique aux USA, berceau du capitalisme. C'est une société à vocation de service public. La rentabilité n'est pas sa raison d'être, mais elle est indispensable au bon fonctionnement de toute la partie maritime de l'Alaska. Aussi elle appartient à l'Etat de l'Alaska qui la gère. Le sigle de l'état de l'Alaska (le Grande Ourse et l'étoile polaire) est d'ailleurs affiché sur les cheminées de chaque navire.

Tous les employés, sur mer ou sur terre, sont donc des fonctionnaires. La mission de cette société est de désenclaver, 12 mois sur 12, quel que soit la météo et la rentabilité, de nombreuses villes ou communautés d'Alaska, non reliées au réseau routier continental. Sans l'AMHS, cette partie de l'Alaska ne serait pas viable. La ligne rappelle, par beaucoup d'aspects, l'Express Côtier Norvégien, le HURTIGRUTEN, qui également avec l'aide de l'état, dessert toute la côte jusqu'au-delà du Cap Nord, par toutes les conditions de temps. Dans les deux situations, l'efficacité est la caractéristique principale, le luxe n'est pas de mise. Mais les bateaux de l'AMHS sont cependant beaucoup plus rustiques et moins confortables que ceux de l'Express Côtier. Les navires datent souvent de plus de 50 ans, mais ils sont propres, bien entretenus, solides, vaillants et fiables. Nous sommes très loin des conditions de vie type jet-set/champagne qu'on trouve sur les luxueux paquebots blancs de croisière qui croisent également dans ces mêmes eaux (en été seulement, et sur certaines portions, les plus profondes, seulement). Les passagers des ferries sont, soient comme nous des touristes curieux, soient des locaux qui voyagent depuis ou vers leur communauté. Pour certains (comme nous) l'AMHS est une alternative à l'Alaska Highway, et cela est salué par des tableaux que nous trouvons dans les coursives des bateaux.



La vie à bord est agréable, les passagers sympathiques, et curieux. De vastes salons d'observation permettent une vie conviviale. Tout le monde discute avec tout le monde sans manière. Et (en été au moins) un ranger est présent en permanence. Entre deux conférences (un peu trop à mon goût écolo-bobo, bien pensant), son rôle est de faire découvrir d'une part les paysages somptueux que nous logeons, d'autre part la vie sauvage très riche (baleines, orques, dauphins, parfois ours, aigles chauves, …). Il nous informe aussi sur la vie des minuscules communautés que nous distinguons sur la côte.

Le parcours, bien que très long n'est quasiment jamais en pleine mer. Nous naviguerons sur des milliers de km dans des chenaux étroits entre des îles. Nous avons le plus souvent l'impression d'être sur un fleuve, d'où on peut observer les berges. C'est ce que les gens de l'Alaska nomment l' "Inside Passage". D'ailleurs, tout le trajet est un enchantement, et cette route maritime a été officiellement nommée par l'Administration Américaine "Scenic Byway", comme l'ont été les plus beaux trajets routiers des Etats Unis. Des panneaux, identiques à ceux qu'on trouve sur les Scenic Byways terrestres, sont bien visibles dans chaque bateau.

Des cabines peuvent être réservées, pour un prix dérisoire (de l'ordre de 50-60$ la cabine, avec deux couchettes, SdB/douche). Elles sont très spartiates mais tout à fait acceptables, bien que beaucoup plus sommaires que le standard actuel 2011 (tel qu'on le trouve par exemple en ce moment sur les lignes de Grèce, ou de Corse) ; ce serait plutôt le standard de 1950-60, mais cela a l'avantage de nous rajeunir ! Bien sûr, nous ne réserverons des cabines que lorsque nous effectuerons de longues traversées de nuits (à trois occasions). Pour beaucoup, les cabines sont encore trop chères ; la compagnie a donc prévu une zone abritée où on peut (gratuitement) monter sa tente, avec tous les dispositifs nécessaires pour la fixer au plancher métallique.

Sur chaque bateau est proposé un snack en libre-service (salades, pizza, burgers, pâtisseries) où il est possible de manger pour un prix dérisoire (moins de 10$, et pas de taxes). Et sur les bateaux les plus importants (pour nous ce sera uniquement sur le M/V Columbia pour presque 2 jours de traversées, à la fin), en plus du snack, il y existe un vrai restau, excellent, avec service à table, et également peu onéreux (environ 20$ / bon repas avec vin), d'autant plus que le pourboire est strictement interdit à bord (les serveurs sont des fonctionnaires, et n'ont pas le droit d'accepter). Pour ceux qui ne veulent rien dépenser, on trouve aussi des salles hors sac avec des tables et micro-onde en libre service.

Je vous avais bien dit que l'AMHS est un monde à part, une parenthèse, aux USA !

Nous ferons escale à Juneau (3 jours), Sitka, Petersburg (nous n'y débarquerons pas), Wrangell, Ketchikian, et nous terminerons à Bellingham (nord de Seattle) dans une petite dizaine de jours. Il ne s'agit donc en rien d'une croisière sur des bateaux de luxe (classiques dans la région), mais c'est une liaison plus rustique, mais surtout beaucoup plus vraie, plus sympathique, bien plus vivante, plus couleur locale. Le seul inconvénient concerne les horaires dans les plus petits ports à faible tirant d'eau, dépendant des marées, non optimisées pour le touriste. Qu'est ce qu'un embarquement à 3 ou 4h du matin peut être pénible !

Nous quittons donc Haines à 9h, pour 4h30 de traversée jusqu'à Juneau, d'abord à travers le Lynn Canal, puis le Stephens Passage, enfin, au voisinage de Juneau, le Gatineau Channel qui passe devant la ville.



Dès le départ, nous pouvons jeter un dernier coup d'œil à notre BnB de ce matin.

Haines, vue du large

L'occupation obligée qui suit est la traditionnelle visite du bateau. Une zone protégée extérieure chauffée par infrarouge, permet, malgré le froid, à certains de terminer leur nuit.

Mais nous resterons, durant toute la traversée, dans le salon d'observation, pour profiter des commentaires du ranger de service. Les paysages de la Tongass Forest avec de nombreux glaciers, s'offrent à nous.





Nous longeons de multiples îlots (ici, Eldret Rock, avec son phare)



Une baleine facétieuse nage juste sur notre route, et ne semble pas vouloir dévier. Notre capitaine non plus ! Il ralentit cependant beaucoup, et nous la croisons à moins de 10 mètres. Mais le photographe, aujourd'hui est vraiment nul, il ne réussira aucune photo avec la baleine hors de l'eau ! (on peut l'apercevoir cependant entre deux eaux)

Nous approchons de Juneau. Depuis le ferry, nous distinguons le fameux Mendenhall Glacier, tout proche du port de ferry. Nous passerons lui rendre visite dans l'après midi.

Et alors que nous accostons, une autre baleine tourne autour des bateaux. Mais le photographe pour une fois était plus éveillé. -

-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Dès que nous débarquons, nous rejoignons le centre ville qui se trouve à 20 km (mais pas de soucis pour les croisiéristes, leur port est bien en plein centre de Juneau, près des commerces).

Nous prenons possession de la chambre que j'avais réservée pour 3 nuits, puis fonçons vers le quartier portuaire, afin de valider notre réservation de demain (excursion de la journée à Tracy Arm).



Les paquebots de croisière ont bien, eux, le droit de stationner en plein cœur de la ville (c'est là que sont les commerces et les boutiques).

Le "Captain Cook", notre vedette pour l'excursion de demain à Tracy Arm est là. Notre inscription est bien confirmée.



L'après midi est tout juste entamée, nous décidons de la passer dans les environs du Glacier Mendenhall.

Le trajet est d'une quinzaine de km seulement. Mais il me suffira pour découvrir que Juneau est une ville bien à part en Alaska. Le réseau routier est très réduit (soixante km au maximum), mais le nombre de véhicules y est très élevé. Tout le monde possède une voiture, souvent grosse et confortable. La conduite n'est pas du tout cool, et nous avions perdu l'habitude de cette nervosité au volant. Les feux tricolores sont nombreux. Mais tout est contrôlé par radar avec caméra automatique. Aussi personne ne brule les feux, et tout le monde respecte strictement la limitation de vitesse. Mais strictement signifie que si la limitation est à 55 miles/h, malheur à vous si vous conduisez seulement à 52 miles/h. Tout le monde vous klaxonne, vous double en vous insultant. Pareil au feu vert, si vous ne démarrez pas à la seconde. Dur, dur.

En fait, nous aurons l'occasion plus tard de mieux connaitre les habitants de Juneau. Ce sont quasiment tous des fonctionnaires, bien payés et dynamiques, qui profitent à fond de la vie durant l'été, lorsque les journées sont longues. Ils quittent tous leur bureau vers 16h, et foncent en banlieue, faire du sport ou randonner jusqu'à très tard le soir. Ce sont des sportifs (nous n'avons vu aucun obèse), qui, finalement quand on les connait mieux, apparaissent très ouverts et sympathiques, dès lors qu'ils n'ont plus un volant entre les mains. Ce sont des gens instruits, connaissant le monde, y.c. la France (bizarrement, beaucoup d'entre eux connaissent ou ont travaillé à Grenoble, où la population et le mode de vie a une certaine similitude avec ici). Finalement, si j'avais une deuxième vie à vivre, c'est peut-être à Juneau que je viendrais m'installer (ville très dynamique de 30000 habitants).

La Mendenhall Valley (qui mène au glacier), est une zone résidentielle chic, avec des villas luxueuses construites en bois au milieu de la forêt. Mais je ne peux m'empêcher d'imaginer ce même quartier en hiver, lorsque la couche de neige est épaisse. C'est probablement très beau, mais d'accès difficile. Je m'amuse également à compter toutes ces chapelles de différentes religions qui se font concurrence, à quelques mètres les unes des autres (un peu comme à Page AZ, pour ceux qui connaissent).

Nous parvenons rapidement au glacier, effectivement magnifique. Il se jette dans un grand lac, sur lequel flotte une multitude de gros icebergs. Des chutes d'eau impressionnantes se jettent dans le lac. Tout ce coin regorge de saumons, qui attirent les ours.









Partout, des gens marchent, font du jogging, ou promènent leurs enfants, sur d'innombrables sentiers. Et ils sont prêts à entamer la conversation avec quiconque s'intéresse à eux. Nous avons projeté une petite randonnée de 6 km, sur un sentier qui grimpe dans la forêt le long du glacier. Nous traversons des torrents puissants, puis avons une vue rapprochée sur le front du glacier, et les icebergs qui s'en détachent.









La montée se poursuit, au milieu d'une végétation de plus en plus dense, recouverte de mousse épaisse. Nous sommes quasiment seuls, ce sentier étant peu fréquenté. Annie me fait remarquer (j'y avais également pensé, mais je le gardais soigneusement pour moi) que le coin parait propice à une rencontre avec un ours. Je suis obligé d'admettre qu'il va falloir être prudent et faire du bruit. Mais je souhaite atteindre l'extrémité de la ballade. Je marche donc devant, Annie me suit à quelques encablures. Les vues sur le glacier sont de plus en plus précises.







Tout à coup, à un virage, je m'immobilise et demande calmement à Annie de s'arrêter, puis de faire demi-tour sans s'affoler. J'ai en effet aperçu à 6-7 mètres de moi, sur le sentier un ours d'un brun magnifique qui s'avance lentement vers nous.

-

-

Je n'en mène pas large, même si j'évite de le laisser paraitre.

-

-

-

-

-

-

-

-

-

Trois secondes plus tard, je réalise que mon ours est en fait un énorrrrrrrrrrrrrrrme chien brun avec une tête aussi grosse que celle d'un ours. C'est la honte de ma vie ! (je vous demande de ne pas rire). La propriétaire suit derrière, et gentiment, me rassure. Je n'avais jamais vu un chien aussi gros avec un tête aussi volumineuse ; et puis je m'attendais tellement à rencontrer un ours !

La propriétaire de mon "ours" est très sympa. C'est une Ingénieur, à l'allure sportive, qui travaille au "Fish and Game Department" de Juneau, un ministère très important du gouvernement de l'Alaska, qui a en charge la gestion de la vie sauvage, de la chasse et de la pêche. Elle connait bien, de par son travail, tous les endroits où nous avons rencontré des ours (Brooks Falls en particulier) ; elle nous assure que ce que nous verrons à Anan Creek dans quelques jours nous impressionnera. Par contre, elle nous confirme (ce que je soupçonnais) qu'il ne nous sera pas possible d'aller à la journée depuis Juneau sur "Admiralty Island" à Pack Creek, où vit la plus grande concentration de grizzlys de la planète (plusieurs milliers). Un permis, très difficile à obtenir est nécessaire, et le voyage, très coûteux, ne s'improvise pas.

Mais toujours pas tranquille après ma grosse frayeur, nous décidons de revenir sagement au glacier en l'accompagnant. Elle nous raconte sa vie à Juneau. Il y a pire. Je comprends que les fonctionnaires travaillant ici voient d'un très mauvais oeil les démarches pour tenter de déplacer la capitale vers le nord d'Anchorage.





Nous nous attardons un peu sur la rive du lac.



Annie, et l'homme qui a vu l'ours



Puis nous rentrons tranquillement en ville finir notre journée.

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Aujourd'hui, nous faisons donc une croisière sur le "Captain Cook" vers Tracy Arm. Le nom officiel de la zone, à une centaine km au Sud de Juneau, est "Tracy Arm Ford's Terror Wilderness". Brrrrr !!!

Il s'agit d'un fjord étroit et très profond, aux hautes parois escarpées (elles atteignent par endroit 1000 mètres de haut), long d'une quarantaine de km. Il se termine sur deux glaciers bleus, considérés comme les plus beaux d'Alaska, North Sawyer and South Sawyer Glaciers. Le tour est organisé par "Adventure Bound Alaska" (150$/ personne, sans la nourriture). L'embarquement se fait à 8h. Nous sommes une trentaine de personnes sur le bateau.



La journée s'annonce magnifique, ensoleillée. Nous partons direction Sud. Les environs de Juneau sont très animés. Les bateaux de pêche sont nombreux. Nous croisons aussi le ferry Matanusca que nous prendrons dans quelques jours, le frère jumeau du Malaspina que nous avons pris hier matin.





Nous longeons une région très boisée (toujours la Tongass Forest). A mesure que nous approchons de l'embouchure du fjord, les Icebergs sont de plus en plus nombreux. Ils sont envahis par des oiseaux. Une baleine frôle notre embarcation.











Nous apercevons enfin l'entrée du fjord.



Les icebergs sont de plus en plus gros, dépassant de l'eau parfois de plus de 10 mètres.



admirez la teinte bleue.

Partout, comme dans les fjords de Norvège, des cascades puissantes dévalent de la montagne dans la mer.





Nous atteignons enfin le South Sawyer Glacier. La mer, au pied du glacier est recouverte par une épaisse couche de glace flottante.



En nous frayant un passage au milieu de ces glaçons, nous nous approchons du front de glace. La glace par endroit tire franchement sur le bleu. Magnifique !







Des points noirs sur certains glaçons s'avèrent être, quand nous nous approchons, une colonie de phoques qui semblent apprécier la fraicheur des lieux.





pour l'apéritif ?

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Nous quittons au bout d'une heure le South Sawyer Glacier, ...



… pour atteindre, 20 minutes plus tard, le North Sawyer Glacier. Le front de glace, ici très régulier, atteint 50 mètres en hauteur.

Ici, il n'y a pas de couche de glace en surface, la mer reste dégagée jusqu'au glacier.



Nous nous en approchons, très (trop ?) près je trouve. La couleur bleue qui ressort bien avec ce soleil est magnifique.





Parfois, un bloc de glace se détache, générant de grosses vagues.





Nous sommes fascinés par cette muraille de glace.





mais il fait frisquet !



Enfin, il nous faut partir, nous quittons ce très beau glacier.

De petites vallées, crées par des torrents, tailladent la paroi du fjord.



Un ours noir nous apercevant s'enfuit en grimpant rapidement la pente très abrupte au pas de course, montrant une agilité et une puissance que je ne soupçonnais pas.



A la surface de l'eau, une colonie de puffins (macareux). Mais ils ne se laissent pas approcher. Ils volent vite, avec un battement d'ailes hyper rapide.





Une loutre, également, nous observe du coin de l'œil, en faisant la planche.



Nous revenons vers Juneau. Nous sommes tous blottis à l'intérieur du bateau, chauffé. Mais tout le monde ressort sur le pont en un instant quand nous croisons de nouvelles baleines.



toujours des pêcheurs

Et vers 17h, nous atteignons Juneau et la civilisation.



Nous longeons le téléphérique du Mt Robert (altitude 600m) qui domine la ville (un classique pour les croisiéristes). Il a été construit par Poma, de Grenoble (COCORICO !).

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
Ballades dans et autour de Juneau

La ville est construite toute en longueur, sur une mince bande de terre entre mer et montagne. Mais le territoire du borough (de la commune) est extrêmement étendu (plus de 3000 miles carrés, il va jusqu'à la frontière Canadienne, c'est une des plus grosse commune américaine. Sa superficie est supérieure à celle de tout l'état du Delaware !). La majorité des rues de l'agglomération sont en forte pente. Des escaliers escarpés permettent un peu partout de raccourcir les trajets.



C'est la ville idéale pour les randonnées, de toutes difficultés. Un petit guide vendu partout en ville, "Juneau Trails" donne toutes les précisions. La ballade la plus classique consiste à monter au sommet du téléphérique, sur les pentes du Mt Roberts. La vue sur la ville et sur le Gatineau Channel est magnifique. S'il est aisé (trop) d'emprunter le téléphérique (cher à la montée), la solution la meilleure est d'emprunter un chemin facile qui débute sur la 6ième rue par un escalier en bois, et conduit à la gare du haut. Depuis la gare du téléphérique, il est encore possible de continuer l'ascension en direction du Mt Roberts, dans une zone sauvage. Et toujours une vue à couper le souffle. Une autre excursion réputée, mais bien plus difficile, est le fameux "Perseverance Trial", qui se poursuit par Granit Creek Trial. Il existe aussi une variante vers le Mt Juneau (1200m). Cette longue promenade (nous ne l'avons pas faite, mais il faut compter une très longue journée si on combine toutes les variantes) permet de revivre l'histoire ancienne de Juneau, avec ses mines d'or. Enfin, je vous ai déjà parlé de la zone de Mendenhall Glacier, qui est parsemée de chemins d'excursion (attention aux ours 😉)

La ville elle-même n'est pas désagréable. La partie le plus touristique est Franklin St, et même South Franklin St (au bout de laquelle se garent les bateaux de croisière).





Les boutiques sont alors les échoppes traditionnelles réservées aux croisiéristes, même si je trouve qu'elles sont moins agréables et typiques ici qu'à Skagway. Mais en remontant la rue, elle devient moins touristique et plus typique (bars, brasseries, restaurants et hôtels d'époque, librairies, …) Dans la partie haute de la ville, se trouve le capitole, ses colonnades, et ses parlementaires. Mais pas de dôme !

des visites organisées sont possibles

Dans les alentours, d'énormes bâtiments abritent les nombreux bureaux réservés à l'administration de l'état. Cela est manifestement l'activité prépondérante de Juneau.

Un musée important, l'Alaska State Museum (entrée 5$) est principalement orienté vers l'histoire et la culture amérindienne (indiens Tlingit, qui ont donné beaucoup de fils à retordre aux anciens administrateurs Russes).

Sur le port, se trouve un kiosque à musique avec des musiciens locaux, très plaisants à écouter en fin de journée, dans une ambiance bon enfant (accès gratuit).

Que les soirées sont douces en été à Juneau !

Mais la véritable "annexe" de la ville, c'est bien à une dizaine de miles au NW, entre l'aéroport et le port de ferry, au départ de la Mendenhall Valley. Outre de nombreuses et luxueuses villas (j'en ai parlé), outre de nombreuses chapelles (j'en ai parlé), on trouve tous les grands magasins classiques (Walmart, Sears, Safeway, …) aussi bien achalandés que n'importe où aux USA.

=+=+=+=+=+=+

Nous décidons de revenir y faire un petit tour avant de quitter définitivement la ville demain matin. Le voisinage de l'aéroport est carrément rouge. Mais, si vous avez suivi les chapitres précédents, vous savez pourquoi (Fireweeds).



Nous retrouvons le glacier Mendenhall. Et cette fois, en parfaits touristes, nous nous dirigeons vers le Visitor Center qui domine le glacier.



Comme partout, il est très bien conçu, didactique pour tout ce qui concerne les glaciers. Mais l'entrée est payante ! (tout le reste de la région est en accès gratuit). Heureusement, nous avons un vieux pass "America the Beautifull", encore valide (c'est la seule fois où il nous aura servi en Alaska cette année !). Il permet l'accès au Visitor Center, et de plus, comme il n'est pas classique ici, il nous classe comme visiteurs importants ; un ranger nous accompagne donc, répond aimablement à toutes nos questions, et nous guide parmi les expositions. Nous ne parvenons à nous en débarrasser qu'en allant voir le film proposé (Magnificient Mendenhall).

Non échaudés par notre rencontre passée avec un simili-ours dans la région, nous restons sur notre faim. Car nous aurions dû en voir beaucoup ici. Nous n'abdiquerons jamais. Un court sentier longe un ruisseau nommé Steep Creek, rempli de saumons sauvages à la peau rouge (en fin de vie), qui pourraient attirer des ours. Peut-être que là ….









Enfin, gagné ! (ce n'est pas un chien cette fois, je peux le garantir). L'honneur est sauf. Même pas peur !



Là il n'a pas l'air content. Fuyons.

Pour couronner notre quête, sur la fin du chemin en direction du parking, nous apercevons au dessus de nous dans un arbre un animal étrange, de grosse taille (au moins 70 cm). C'est un porc-épic (porcupine), animal toujours difficile à rencontrer.



Pour finir la journée, nous décidons de visiter la partie Ouest de la région, vers Auke Bay, au-delà du port de ferry. Cette zone est encore desservie par la route goudronnée, qui longe la mer. Nous parvenons à une "zone récréative", très sympa, avec de belles plages de gravier, bien photogéniques.





Nous distinguons même un groupe de jeunes qui se baignent (ce sont tous des indiens).



Mais à quelle température est donc l'eau (nous avons vu hier, pas très loin d'ici, des icebergs qui tardaient à fondre) ? Pour répondre à cette importante question, je me jette à l'eau (enfin, jusqu'aux chevilles), un thermomètre à la main.

Vous aimeriez bien connaitre la température de la mer ? Moi aussi, car j'ai complètement oublié ce détail aujourd'hui. Mais je peux garantir qu'elle était fraiche. Chapeau pour le courage des petits indiens.

En rentrant nous longeons le port des ferries, et justement arrive le "Fairweather", un bateau moderne de l'AMHS (c'est l'exception), catamaran rapide. Il va passer la nuit ici, et nous embarquerons dessus demain matin, pour partir à 8h vers Sitka, l'ancienne capitale de l'Alaska.

-

-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
TR Trois14 Globetrotter ·
En route vers SITKA

Changement de temps au réveil ce matin. Le beau temps qui à peu d'exception nous a toujours fidèlement accompagné depuis le départ semble nous abandonner. Il pleut, le ciel est gris, et la météo n'est pas optimiste pour les jours à venir. Avec ce temps gris et ce ciel bas, la ville de Juneau parait beaucoup moins attrayante.

Nous quittons l'hôtel à 6h, en direction du port de ferry. L'embarquement sur le Fairweather (ce nom n'est-il pas de bonne augure pour la suite) se déroule sans problème. Les cales du navire, malgré sa forme (catamaran), sont très vastes et le garage est presque désert.

Nous quittons le port à 8h précise, et arriverons à Sitka à midi 30, car bien que le trajet soit long en distance, notre navire est très rapide (le trajet en ferry classique demanderait 9 heures). Nous nous installons dans un vaste salon d'observation, avec le traditionnel ranger. La vue est bien dégagée sur la route suivie par le bateau, et sur les côtes, toujours très proches.



Nous contournons à grande vitesse par le Nord l' "Admiralty Island", connue comme la plus grande réserve de grizzlys au monde (mais nous n'avons pas pu y aller). Soudain, alors que nous parvenons au niveau d'Angoon (capitale de l'Ile, 400 habitants, des indiens Tlingit, principalement des pêcheurs ; ville de traite importante (fourrures, trappeurs) à l'époque de l'Alaska russe – merci des infos, monsieur le ranger), le bateau prend un virage très serré à pleine vitesse sur la droite. Les sensations en virage rapide, sur ce catamaran sont alors impressionnantes. Le bateau reste rigoureusement horizontal, mais la force centrifuge est violente, nous devons nous tenir, le bateau dérape un peu sur la trajectoire. Cela fait manège. Nous perdons rapidement de vue Admiralty Island, et nous naviguons maintenant dans un étroit chenal, Chichagof Island au Nord, Baranof Island au Sud (Ile sur laquelle se trouve Sitka, notre destination). Le passage est resserré, les ilots sont nombreux et paraissent idylliques, mais je doute quand même qu'ils soient très hospitaliers. Parfois, on pourrait se croire sur le Saint Laurent, au niveau des Mille-Iles. Notre navire taille sa route à grande vitesse dans ce chenal étroit, zigzagant en permanence entre les iles. Le pilote doit bien s'amuser.









J'observe les rives à la jumelle, dans l'espoir d'apercevoir un ours ou un autre animal. Peine perdue, nous allons beaucoup trop vite.

Et, à l'heure dite, nous arrivons au port de ferry de Sitka, à 5 km au Nord de la ville. Un énorme amoncellement de containers montre combien Sitka et cette ile Baranof sont dépendants du service de ferry, service public indispensable.



Le débarquement est rapide. Mais il pleut toujours, de gros nuages gris recouvrent les montagnes. Ce n'est pas du tout engageant. La température est très fraiche. Une route goudronnée dessert le port, et continue même plus au nord. Nous la prenons, mais au bout d'un km, nous parvenons … au bout du monde. Plus de route !



Nous rebroussons chemin, et nous trouvons rapidement, sur la gauche une piste carrossable qui s'enfonce dans la forêt épaisse. Elle mène finalement à un camping aménagé, mais sauvage et désert. Des panneaux signalent partout "prenez garde aux ours". Une table de picnic fera notre affaire pour notre repas de midi.



Pendant qu'Annie prépare le repas, j'explore les environs. La végétation est luxuriante (la pluie est probablement très fréquente ici). Soudain, j'aperçois un arbuste qui produit de magnifiques baies sauvages rouges, ressemblant étrangement à des framboises.





Les ours doivent se régaler avec ces fruits, mais je n'ose pas en manger. Je sais, j'ai tort, mais je suis trop prudent ! Un peu plus loin, je découvre une cabane, que le service des forêts propose à la location, pour une somme dérisoire (mais sans électricité ni eau courante). Un ruisseau coule à coté. Par beau temps, le coin doit être idyllique.





Nous terminerons notre repas sans encombre, aucun ours ne daignant venir nous tenir compagnie.

Direction maintenant l'agglomération de Sitka. Nous faisons un arrêt au supermarché de la ville (Sitka SeaMart), petit, triste, et mal approvisionné. Les gens ne sont pas sympathiques, et je me fais même arnaquer à la caisse. Bigre ! Ajouté à la météo détestable, je ne sais pas si nous allons aimer Sitka.

Notre première visite sera pour le port de pêche. C'est manifestement l'activité n°1 de la ville. Je ne connais pas la technique de pêche utilisée, mais elle est manifestement particulière. Tous les bateaux, outre le mat central, possèdent deux autres mats latéraux, plus longs, sorte de perches relevées. Je pense qu'elles peuvent être mobiles. Certains bateaux sont récents, mais d'autres sont particulièrement pourris. Des phoques nagent dans le port.









-
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !

Similar discussions

You might also like