6 mars - Rencontres du troisième type
Sens-tu tout comme moi l’excitation te submerger à l’approche de cet instant intime que nous allons enfin pouvoir partager ensemble, tous les deux, rien que toi et moi ? Oui ?... Ok, alors ne grillons pas les étapes et commençons si tu le veux bien par les préliminaires… Défais lentement le premier bouton de ta chemise, … C’est ça, lentement… Enlève maintenant le second… Ok… Vas-y, tu peux déboutonner tous les autres, … Mmmm, c’est chaud… Allez, installe-toi confortablement dans ton siège et laisse mes mains expertes faire le reste… Espèce de petit coquin, va ! Etre obligé d’en arriver là pour pouvoir capter ton attention !… Pour la peine, en guise de préliminaires, tu n’auras que le planning que j’ai prévu pour aujourd’hui...
En partant pour la Thaïlande avec mes sabots, en partant pour la Thaïlande avec mes sabots, je m’étais fixé trois objectifs majeurs : Etre copain comme cochons avec des éléphants durant toute une journée, et m’introduire un p’tit peu dans la vie d’une des tribus qui peuplent la région. Pour le premier, contrat rempli ! Ne reste donc plus qu’à faire son compte au second… Par contre, et je t’ai déjà bassiné avec ça, hors de question de se joindre à un groupe pour aller visiter un simulacre de village dans lequel les gens enlèvent leurs costumes traditionnels made in China à la fin de leur journée de travail lorsque tous les bus sont repartis. Je préférerais encore torcher à mains nues l’arrière-train d’un éléphant ayant une bonne gastro plutôt que de me résoudre à ça… Une fois de plus, je suis donc reparti en croisade, à la recherche du saint graal. Et pour mener mon enquête, pas moins de dix litres de jus de crâne ont été nécessaires ! Mais rassure-toi, eurêka, j’ai trouvé et vais bien sûr en faire profiter les copains… virtuellement...
Déjà, pour être sûr que tu comprennes bien toute mon histoire, je te propose un petit flash back dans le temps. Un beau jour de mars 1976 naissait un beau bébé de trois kilos et des brouettes qui faisait le bonheur de ses parents… Euh… Non… Désolé, pas la peine de remonter mon histoire aussi loin !!! Ok, donc, un beau jour de septembre 2011, lorsque je me suis penché sur ce projet, l’élément primordial de ma prospection, c’était pour moi de trouver le ou la guide idéale. Si je te dresse son portrait robot, ça pourrait ressembler à quelque chose dans l’genre : De sexe féminin, célibataire, asiatique, un mètre soixante quinze, soixante kilos, quatre-vingt dix de tour de poitrine, taille C en bonnet, les cheveux longs, des yeux noisettes, un corps de rêve, un sourire ravageur, … elle répondrait par exemple au doux prénom de Mey Ling. Ah, oui, j’oubliais, … accessoirement, ce serait bien si elle parlait un excellent français. Non pas que je ne maîtrise pas la langue de mister Bean, mais rappelle-toi que nous avons avec nous deux jeunes enfants plus deux autres un peu moins jeunes qui en sont tous les quatre au même stade en anglais, c’est-à-dire qu’ils traduisent toujours « bonjour » par « hello, I’m Dora » ! Bon, bref, pour trouver Mey Ling, j’ai posté de nombreuses annonces sur le net, collé des affiches dans la rue, lu des forums, des brochures, des guides, … J’ai même contacté l’office du tourisme et offert une prime à qui me la trouverait !… En vain… Personne ne connaît ma Mey Ling... Visiblement, toutes mes recherches me renvoyaient systématiquement vers un certain Niti qui n’a dans tous les critères énoncés ci-dessus que la particularité de parler français. Ah si, lui aussi est asiatique… Allez, on f’ra avec !
Après être entré en contact avec lui, il fallait maintenant lui expliquer ce que je voulais et surtout ce que je ne voulais pas. Un 4x4, égoïstement rien que pour nos six trognes. Un trip de deux jours dans la jungle à la rencontre de plusieurs ethnies des montagnes loin des autoroutes à touristes. Et enfin, une nuit et une journée complète à passer dans une famille… Vivre comme eux, avec eux, chez eux ! Bref, on se met d’accord sur les modalités logistiques, sur les aspects techniques, ainsi que sur le volet financier. Je suis donc officiellement en mesure de t’annoncer que ça va nous coûter… la peau des oreilles. Après négociation, on en aura pour la bagatelle somme de quatorze mille baths ! Soit trois cent cinquante euros pour toute ma tribu, ce qui rend rouge de colère mon petit porte-monnaie ! Moi qui avais économisé depuis la perte de ma première dent de lait et le passage de la petite souris pour me payer les billets d’avion, je crois qu’au retour, je vais attendre que celles d’Anna tombent pour chiper les pièces que la souris lui apportera sous son verre… Une fois le marché conclu, nous nous donnons rendez-vous le 6 mars à neuf heures devant le Sang Tong Huts. Le 6 mars ? Ben ça tombe pile poil, c’est aujourd’hui ! Quel coup de bol ! Ok, donc y’a plus qu’à...
On s’était dit rendez-vous dans dix mois, même jour, même heure, mêmes pommes... Donc Niti est là, fidèle au poste devant le Sang Tong Huts, à neuf heures précises. Sauf que ma pauvre mère vient de s’apercevoir que toutes ses petites coupures s’étaient mystérieusement évaporées de son portefeuille… Et mince, moi qui espérais qu’elle ne s’en rendrait pas compte… Ben quoi ? Pas vraiment l’choix, je viens de me rappeler que la petite souris, c’était moi !! Non, plus sérieusement, même si on ne peut rien prouver, on pense que l’argent a dû être subtilisé hier soir lorsque nous étions tous les six à la piscine. Coïncidence ou pas, une des femmes de ménage était restée postée en face de nous pendant de longues minutes au téléphone, peut-être pour prévenir sa complice voleuse de notre éventuel retour à nos cabanes. Bon, je n’accuse officiellement ni cette femme de ménage, ni Dreyfus, ni Chipeur le renard, ni toi, ni Renaud, mais cette chanson ne m’a pas plu… N’en parlons plus...
Une heure. C’est le temps qu’il nous faut pour débarquer dans le village hmong que Niti veut nous faire découvrir. Une heure de petits chemins de montagne que si tu ne connais pas, ben t’arrives pas ici par l’opération du saint esprit ! Premier coup d’œil, pas une once de boutique, pas un semblant de parking pour bus Nouvelles Frontières, Fram ou je n’sais quelle autre agence transporte bétail, pas une trace de cette espèce envahissante que je cherche absolument à fuir comme la peste ou le cholestérol : Le touriste ! Là, Niti vient de gravir la première marche de la pyramide de mon estime. Et ce bougre continue à me caresser dans le sens des aiguilles d'une montre, puisqu’on se dirige tout droit vers l’école du village pour qu’Anna et Sasha puissent se mélanger à la jeunesse locale… Elles intègrent une classe d’élèves de cinq ans, pile poil l’âge d’Anna. Sauf qu’à cinq ans, ils font tous la même taille que notre petite Sasha, deux ans… Le professeur, d’ailleurs, nous regarde d’un œil suspicieux lorsqu’on lui donne l’âge de nos rejetons… « Elle a cinq ans ! Ça parait bizarre mais si tu m'crois pas, hé, t’va voir ta gueule à la récré ! » Bon, les filles savent maintenant compter en thaï jusque trois, elles ont compris la chance qu’elles avaient d’aller à l’école en France, mission remplie !



Pour faire avancer le schmilblick, on part maintenant à l’assaut des petites rues du village. Niti a l’air de connaître tout le monde, des vieux jusqu’aux jeunes en passant par les chiens et les cochons, … si bien que les portes de ce qui leur fait office de maisons s’ouvrent toutes pour nous y accueillir. On voit que les hmongs vivent à même le sol, sur de la terre battue. Mais comme le diraient si bien Doc et Difool, ce n’est pas sale ! Dans l’un des baraquements, on assiste à un rituel vraiment… étrange, digne d’un roman d’Agatha Christie. Fais marcher ton ciboulot et imagine un peu la scène. Plusieurs hommes de la tribu sont là et s’enfilent whisky sur whisky. Attends une p’tite seconde, ce n’est pas ça qui est étrange, même si mon estomac, lui, a trouvé ça carrément étrange de picoler du whisky à dix heures du mat’… Non, au milieu de la pièce, a lieu un combat déséquilibré entre un homme et un poulet maigrelet ! Le bonhomme égorge sauvagement la pauvre bête et gagne la confrontation par ko. Celui que Niti nous décrit comme étant en fait le chamane, étend ensuite le sang un peu partout sur le sol de la maison en prononçant d’étranges incantations dans un état de transe... Ne t��inquiète pas pour le carrelage ou le parquet en chêne massif, y’en a pas ! Bon bref, au vu de ton expérience en la matière, tu t’dis certainement que ce gars a bu son verre comme les autres, c’est un ivrogne et ça se voit rien qu’à sa trogne !… Ben en fait, même pas ! Niti nous apprend en sortant que tous ces hommes fêtaient leur retour de la chasse. Le chamane remerciait donc à sa façon leur dieu pour les sangliers qu’ils ont réussi à tuer. « Ouaih, ils copient sur Astérix et Obélix, quoi ! »




Je rêvais d’un autre monde, non pas où la terre serait ronde, mais où je serais à des années lumières de nos standards d’occidentaux. Ben là, j’suis en plein dedans ! Chaque scène de la vie courante est sujette à étonnement, comme par exemple celle d’une femme au milieu de la rue, claquant violemment son linge sale au sol qui l’est encore plus, l’aspergeant d’eau et sautant à pieds joints dessus pour soi-disant le laver... Ça se passe comme ça chez les hmongs ! Ou encore celle d’une petite mamie toute mimi nous montrant comment elle procède pour extraire archaïquement les grains de riz de sa dernière récolte. Tout ce que je peux te dire, c’est que j’espère qu’oncle Ben’s s’y prend autrement ! Bref, une bonne mise en bouche hmong avant de rejoindre la tribu lahu tout à l’heure pour une journée et une nuit de dépaysement total… Mais avant les lahus, on a encore un stop à faire pour aller voir nos amis les karens ! Hmong, lahu, … tu ne connaissais peut-être pas l’existence de ces tribus avant ton jour de chance et ta venue sur mon blog, non ? Par contre, les karens, là je suis sûr que t’en as déjà entendu parler… Ben oui, tu sais, c’est dans cette tribu qu’on trouve les femmes aux longs cous qu’on appelle également femmes girafes… Alors, ça te cause, ça ?... Ok, ben on y va...



Changement de tribu, changement de décor ! On passe de paysages montagneux à une jungle épaisse. Et d’la jungle, même pas peur ! Faut dire que j’ai suivi un entraînement tout spécialement pour ces deux jours. Au cas où, je sais tuer un serpent gigantesque à mains nues, je sais me nourrir uniquement de racines et de petites bestioles en tous genres, je me suis isolé plusieurs jours dans la forêt près de chez moi, je me suis même entraîné à boire l’urine de Sandrine pour les cas de force majeure, … Bref, je suis prêt ! Et si j’me fais kidnapper ? Ça aussi c’est prévu ! Ben oui, je te confie solennellement la mission de coordonner la collecte des fonds qui permettront de payer la rançon. Merci d’avance !
Bon, avant d’entrer dans le village, un petit retour en cours d’histoire s’impose pour que tu comprennes bien le contexte. Birmanie, fin des années quarante. La minorité ethnique karen entre en conflit ouvert avec la junte militaire birmane au pouvoir. Que des trucs sympas s’en suivent : Extermination, travail forcé, extorsions de vivres, … La junte birmane au meilleur de sa forme, quoi ! Si bien qu’une partie des karens fuient leur pays d’origine et passe la frontière thaïlandaise. Le problème, c’est que les thaïlandais ne l’entendent pas de cette écoutille et les parquent dans des camps de réfugiés, sans véritable statut. Depuis, les karens n’ont pas le droit de mettre le nez dehors, donc pas de travail, pas de terre, pas d’avenir, … Certains te diront donc qu’aller voir ces tribus confinées dans ces réserves, c’est un peu comme aller dans un zoo voir des animaux en cage. Ils te diront peut-être aussi que l’argent que tu amènes ne leur servira pas, que ce sont les autorités thaïs qui en profitent… Au final, ils te déconseilleront donc même d’y aller. Pour « x » raisons, j’ai décidé d’y aller quand même ! Le « x », c’est surtout la curiosité, je n’vais pas te l’cacher... Et puis lorsque je suis tombé sur une photo d’une de ces femmes quand j’étais minot, je m’étais promis d’en voir un jour pour de vrai ! Et pour enfoncer le clou, ce sont les échanges de mails que j’ai eu avec Niti à ce sujet qui m’ont convaincu que notre visite ne pouvait que les aider, même modestement. Donc je me suis mis d’accord avec moi-même, les karens, on va les voir !
A peine entrés dans la réserve qu’on tombe nez à nez avec une première femme girafe. Des tonnes de légendes urbaines courent au sujet de leurs fameux colliers. T’as certainement déjà dû entendre la plus connue qui dit que si une femme girafe enlève son collier, son cou se brise et elle meurt… Y’a celle-là aussi qui prétend que les femmes girafes ont été amenées de force dans le coin par des thaïlandais pour le plaisir des touristes… et celui de leurs portefeuilles. Ou encore que leur collier est censé les protéger contre les attaques de tigres… Et puis allez, une p’tite dernière pour te faire marrer un ‘tiot peu : Les femmes girafes sont en fait des ladyboys déguisés pour se faire de la tune et pouvoir s’offrir un vagin en plastoc… Bref, à boire et à manger dans tout ce qui se dit… La version de Niti, elle, est beaucoup moins exotique. Là, je fais le perroquet et ne fais que répéter ce qu’il nous dit : Ces colliers sont simplement un signe extérieur de richesse. Quant à leurs cous, ils ne se brisent pas si elles les enlèvent. Enfin, il fait tomber le mythe en nous apprenant que leurs cous ne sont pas plus longs que le tien ou le mien. Le collier qui peut peser jusque neuf kilos appuie tout simplement sur leurs épaules, ce qui donne cette impression visuelle.





Allez, c’est de nouveau moi en direct de la réserve karen et première impression, le truc ne fait pas usine à touristes ! Pour tout te dire, nous sommes de nouveau les seuls cachets d’aspirine à leur rendre visite. Bon, il y a bien deux ou trois stands où tu peux acheter des produits made in karen mais rien de ce que j’ai déjà lu sur d’autres villages vers Chiang Mai où les femmes girafes s’adressent à toi en anglais pour te vendre leurs babioles. Là, rien de tout ça ! Je m’auto-félicite donc d’avoir pris unilatéralement la décision d’être venu jusqu’à Mae Hong Son et sa campagne pour approcher des ethnies moins exposées au tourisme. Quant à Niti, alors là, chapeau melon et bottes de cuir ! Tout correspond parfaitement à ce à quoi je m’attendais ! Les gens sont souriants, ils ne nous sollicitent pas, ils échangent avec nous sans problème, et puis le village et le cadre sont magnifiques, ce qui ne gâche rien ! Vu de ma fenêtre, cette « prison » me donnerait presque envie...
Bon, il est maintenant l’heure pour nous d’aller manger et de retourner à des considérations beaucoup plus basiques du genre « qu'est ce qu'on mange ? » Et merde, encore du riz... Par contre, salut les p’tits clous, ce resto entre direct en tête du top cinquante des étapes gastronomiques de notre road trip ! Le restaurant Kaï cook à Mae Hong Son, encore un bon tuyau que je te donne de bon cœur ! « Euh… Par contre, mon ami Niti, je te conseille vivement d’arrêter de mettre autant de cette poudre rouge dans ton assiette. Crois-en mon expérience de dix jours en Thaïlande, avec douze grosses cuillères de ce truc, non seulement on ne voit plus ton riz, mais en plus, tu vas péter des étincelles !… » Du coin de l’œil, on l’observe tous engloutir sa première baguettée (version asiatique de cuillérée), prêt à le voir cracher du feu par les naseaux, à s’asperger l’œsophage à grands coups de cruches d’eau, à s’en cogner la tête sur la table, … et à lui dire « j’t’avais prévenu gros malin !» Mais non, le Niti reste digne. J’ai même l’impression qu’il en tire du plaisir… Je n’ose pas imaginer la taille de la grappe qu’il va se récolter aux prochaines vendanges...
Bon, je ne m’attarde pas plus que ça sur les deux heures de tape-cul qu’on se farcit ensuite pour aller voir nos copains lahus. De toute manière, toi, l’état de la route, tu t’en bats l’œil avec une tapette à mouche, non ?... Là, j’imagine que tu es pendu à mes lèvres pour savoir comment nous sommes accueillis... Je te demanderai donc de les lâcher un peu car là, je ne peux plus parler pour te raconter la suite... Ok, merci ! Donc je continue. Une fois arrivés, nous ramassons les morceaux de nos coccyx et faisons le dernier bout de chemin à pinces. Dans la culture lahue, disons que ça ne se fait pas d’arriver en voiture… Et là, si tu voyais le premier regard et le sourire de tous ces enfants à notre arrivée… Cela vaut bien mille photos… et les deux heures de tape-cul ! Anna et Sasha sont aussi sec « kidnappées » ! Nous, les adultes, nous devenons l’attraction numéro une du village. Un premier type se présente à moi, je ne comprends rien à ce qu’il me baragouine. Un second se pointe, idem ! Donc je fais comme en soirée lorsque la musique est trop forte et que quelqu’un me parle. Je dis oui et je souris… Arrive enfin la rencontre du troisième type (d’où le titre de cette journée… lol) qui s’adresse à moi dans une langue… euh, comment dire ? Allez, on va être sympa, on va appeler ça de l’anglais… Car à côté de lui, je passerais presque pour bilingue, c'est tout dire !!! Je ne me rappelle par contre plus comment il se prénomme, ce gentil monsieur. Pour une bonne compréhension de notre histoire, nous l’appellerons Brad ! Je comprends que Brad est notre hôte. Nous dormirons tous chez lui et sa femme, Angelina. Il nous fait donc visiter sa… maison…. Oui, ok, bon, ça va… Disons qu’« une semaine pour tout changer » à la mode Valérie Damidot ne serait pas de trop, mais c’est authentique et c’est propre, et c’est bien là le principal ! La preuve, faut se déchausser pour avoir le droit d’entrer !
Et le village ? Je n’t’ai pas encore parlé du village avec ses vrais habitants, ses enfants, son école et son épicerie-bar-restau-massage-mairie-poste-coiffeur ? Maisons en bois sur pilotis, chiens, poulets et cochons en liberté, rizières à perte de vue, … Et pour répondre à tes questions, oui, ils ont l’électricité ! Mais que depuis cinq ans… Et non, ils n’ont pas l’eau courante… Et pour finir, non, Anna, les enfants, ici, n’ont pas de Nintendo DS !!!
Et la soirée ? Je n’t’ai pas encore parlé de la soirée magique que nous passons ? La moitié du village se réunit dans « notre » maison afin de pouvoir nous approcher et échanger avec nous un regard, un sourire, un mot, voir un enfant ! Ben oui, une des femmes de la tribu prend dans ses bras Sasha, rebaptisée Bibi, et elle ne la lâche plus. Comme nous le dit Anna, « Moi j’aime bien être ici car tous les gens m’aiment ! » Si les gens nous aiment, on va leur montrer qu’on les aime aussi ! C’est donc le moment qu’on choisit pour distribuer les petits cadeaux qu’on leur a amenés. Des crayons et des paquets de gâteaux qui font le bonheur de tous les mioches, et des bières achetées à l’épicerie du coin pour le bonheur de tous les adultes. En ��change de bons procédés entre alcooliques, on a droit au whisky local ! Santé ! Et pas qu’des pieds !!! Un bon coup de gnaule, y’a pas mieux pour rapprocher des personnes de cultures, de pays, de religions, … de planètes différentes !




Bon, comme dans tout endroit qui se respecte où on veut bien manger, ce sont les hommes qui se mettent aux fourneaux ! Brad nous sert du riz, des soupes, des salades, … On a aussi droit à des brochettes de viande. Et là, je sais à quoi tu penses… Tu te dis que ce doit être des brochettes de chien, n’est-ce pas ? En tout cas, je ne sais pas ce que c’est, on verra bien demain car qui mange du chien chie wawa… Ok, les blagues les plus courtes sont les moins longues donc je fais profil bas et passe à la suite… Et la suite, c’est la fête au village ! Les parents, les enfants ont avalé leur potage… Bref, manque plus que les musclés ! Mais ne va pas t’imaginer auto-tamponneuses, super huit et autre stand de tir ! Tout le monde se réunit simplement au centre du village, comme tous les soirs, et entame une danse bizarre au son de l’instrument tout aussi bizarre que joue le chamane. Bien sûr, nous sommes tous conviés à la petite sauterie quotidienne ! Visiblement, ici, le repas du soir pris devant le journal télévisé de Claire Chazal, durant lequel chacun avale sa soupe aux vermicelles en écoutant religieusement les infos, ce n'est pas tendance !!! Bref, moins on en demande à la vie, plus on est satisfait de ce qu'elle nous donne… Pour ma part, j’espère quand même qu’elle m’en donnera autant demain qu’elle m’en a donné aujourd’hui. De toute façon, demain est une autre aventure...
