Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo)

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ZY
Peintures murales, détails



Ancien monastère en ruine de Dungkar



Nous sortons par la route Nord, qui remonte le long de la rivière pour arriver sur le plateau formé en contrebas des Gangdise. Nous croisons un chasseur qui a tiré un lynx... Puis retrouvons la route asphaltée venant de Darchen. Nous descendons de nouveau dans le canyon vers Thöling

Chaîne des Gangdise

Canyon de la Sutlej



ZY
Après deux journées superbes dans le Canyon de la Sutlej, avec comme point de base la petite ville de Thöling, nous repartons maintenant sur le haut plateau. Il semble suffisant de passer deux journées sur Gugé. Depuis le Kailash (Darchen, Chiu Gompa, Montser), on arrive rapidement en une demi-journée de route sur Gugé. Il est possible de se rendre sur Thöling ou l'on trouve divers hôtels, avec un choix de gamme intéressant, ou bien de camper sur Dungkar et Piwang. Il ne me semble pas qu'il était possible de dormir en guest house dans ces deux villages en 2011. Je ne sais pas s'il est possible de dormir chez l'habitant.

Si nous pensions initialement rentrer vers l'Ü-Tsang en empruntant la route Nord, qui traverse le Changtang, nous avons pris la décision de rentrer finalement par la route Sud visité a l'aller.

A titre indicatif, un itinéraire classique depuis Gugé par la Route Nord serait:

Jour 1: Route Gugé - Ali/Ngari Franchissement de la chaîne des Gangdise (2 routes possibles: la Route Nord que l'on a suivit en partie pour nous rendre a Piwang, en terre, et la Route Nord-Est, celle de l'aller, asphaltée). Descente de la vallée de la Gar Chu et arrivée dans la préfecture de Ngari. Avec 2 jours de plus, il est possible de se rendre au lac Pangong Tso, haut lieu touristique du Rupshu côté Indien.

Jour 2: Ali - Gerge Remontée de la vallée du Senge Khebab ou Indus, puis route vers Gerge sur le haut plateau. Entrée dans le Changtang parsemé de lacs salins.

Jour 3: Gerge-Gertse a travers le Chang Tang Grands troupeaux de gazelles, kiangs, et peut être d'antilopes tibétaines et de loups si on a de la chance.

Jour 4: Gertse - Tsochen a travers le Chang Tang

Jour 5: Tsochen - Saga, traversée du Kora La, point culminant de la route Nord. Zones thermales de l'autre côté du col. Pourquoi n'avons nous pas suivi le voyage comme prévu? Nous avons eu des relations très compliquées avec notre guide et notre chauffeur. Sur Montser, ils ont déjà voulu nous planter au fin fond du Tibet et rentrer sur Lhasa. Nous leur expliquions que pour nous le voyage était unique, peut être le voyage d'une vie, et que nous souhaitions donc prendre le temps la journée de nous arrêtez prés des lacs, dans les villages, au lieu de rentrer le plus tôt possible a la destination finale, souvent une vielle ville moche du far ouest tibétain. Il semble que les chauffeurs, très souvent plus âgés que les guides, qui sont de jeunes tibétains parlant anglais, exercent une influence très forte et néfastes sur ces derniers. Les chauffeurs ne cherchent généralement qu'a rallier l’étape du soir, pour filer dans un bar, et se trouver un tibétaine pour la soirée... Il faut reconnaître que les tibétains sont de chauds lapins! Dans ces circonstances, nous avons accepté de rentrer plus tôt sur Lhasa, après que notre chauffeur eu prétexter qu'il serait impossible d'emprunter la route nord, du fait de la présence de nuages. S'il est peut être vrai qu'il ai pu tomber un peu de neige, je ne pense pas que cela aurait compromis notre traversée. Nous optons donc le retour anticipé par Lhasa, sans oublier de passer par Gyantse et le lac Yamdrok Tso, nous profiterons davantage de Lhasa et de ses alentours, notamment du monastère de Ganden que nous n'avons pu visiter. Bien entendu, il est clair qu'il n'y aura aucun pourboire...

Nous retournons donc sur Chiu Gompa, retraversons les Gangdise, pour observer de nombreux kiangs proche du sommet du col. Beaucoup de faune ce jour-ci, des moutons bleus a la descente des Gangdise, des gypaètes barbus également, des troupeaux de gazelles et d'autre kiangs. Juste avant Montser, nous croisons un loup solitaire! Il se trouvait tout proche de la route, nous observe quelques secondes pour s’éloigner très rapidement. Les loups sont particulièrement chassé au Tibet, terre de nomades, afin de protéger les bêtes. Mais avec le nombre de gazelles et de kiangs rencontrer, je ne me fait pas trop de soucis, il ont de quoi se nourrir et la pression ne doit pas être critique. Nous dormons sur Chiu Gompa et profitons de nouveau du magnifique lac Manarasovar et d'un superbe coucher de soleil.

Traversée des Gangdise



Dernier regard sur la Nanda Devi



Au col lors de la traversée des Gangdise

Troupeau de kiangs sur les Gangdise



Troupeau de moutons bleus ou bharals



Le lendemain, nous filons vers Saga. Encore des gazelles, des kiangs... Après le col a l'Est du Gyangu Tso, nous avons la chance d'assister a un spectacle grandiose: un grand troupeau d'antilopes tibétaines ou chirus, tout proches de la route. Les mâles ont des cornes particulièrement esthétiques, très longues et effilées. Il y a plus de 100 individus peut être 150. Je suis ravi d'assister a cette scène merveilleuses, parait-il relativement rare dans cette partie du Tibet.

Remontée de la vallée de la Gar Chu, terre Drokpa



Gazelle tibétain ou Tshe, vallée de la Gar Chu



Loup tibétain

Retour sur les rives du Lac Manarasovar



Troupeaux d'antilopes tibétaines ou chirus



Finalement, une troisième journée nous mène sur Lhartse, via la lac Namring. La route qui suit en partie le Yarlung Tsangpo, n'est pas spécialement intéressant aujourd'hui, il y a quelques dzongs sur la route, des pikas sur les berges du lac ou nous arrêtons deux bonnes heures. Ce lac n'a que peut d'intérêt, si nous avons décider de nous y arrêter, ce fut pour ne pas avoir a rester des heures sur Lhartse, ville peu intéressante. Le Lang Tso juste en dessous de Namring nous offre un autre spectacle saisissant: Des milliers de tadornes casarca et d'oies a tête barrée s'y reposaient pour prendre leur dernières forces avant d'entreprendre leur grande migration vers l'Inde. Un vol de plusieurs centaines de kilomètres, au dessus de l'Himalaya!

Retour vers Saga

Troupeau de yaks sur les rives du Namring Tso

Pika sur les rive du Namring Tso

ZY
L'objectif de ce carnet étant de montrer les contrées méconnues du Far Ouest tibétain, je ne pense pas m'étendre sur les prochains sites situés sur le circuit classique Lhasa - Katmandou.

La première étape est le monastère Sakyapa de Shalu, un magnifique monastère qui fut rasé par les gardes rouges durant la révolution culturelle, à l'exception du Temple d'Or, qui contient notamment les magnifiques peintures du fameux peintre Newari Anige. Si le monastère fut fondé par Jetsun Sherab Jungne de Zhang Zhung, il est surtout connu pour avoir été rénové par l'Abbé Buton Rinchen, qui fut à l'origine de la secte éponyme du courant Sakyapa. Ce dernier édita la première version du canon bouddhiste ou Tangyur, dont l'original fut lamentablement brulé par les Chinois.

Le monastère est d'architecture chinoise, et ses peintures reçoivent diverses influences, le style Néwari étant prédominant toutefois. Il fut restauré ces dernières années par le Gouvernement chinois.

C'est une petite merveille, les peintures sont tout simplement époustouflante. La suite en image.



ZY
L'étape suivante est Gyantse, autrefois troisième ville tibétaine et place forte du courant Sakyapa.

Située dans la fertile vallée de la Nyang Chu et dominée par le Dzong de Gyantse, détruit par Yongusband puis par les chinois dans les années 60, Gyantse possède plusieurs des plus grands monuments du Tibet central, à commencer par le monastère Butonpa, Gelugpa et Sakyapa de Palkhor Chode, où les trois lignées cohabitaient autrefois.

Le plus grand chorten du Tibet - connu comme étant le Khumbum - est situé dans l'enceinte du monastère. Haut de 6 étages, il contient 77 chapelles, dont les statues de terre cuite comme les peintures murales sont fortement influencées par le style Newari.

Meule à Tsampa

Palkhor Chode

Le Khumbum et le Dzong de Gyantse

Peintures murales et statues de terre cuite du Khumbum

ZY
Depuis la ville de Gyantse, nous remontons la vallée vers le Karo La au pied du Noijing Kangsang, un sommet de 7000 mètres de haut isolé dans la chaîne trans-himalayenne.

Glacier du Noijing Kangsang depuis le Karo La



Nous pénétrons ensuite dans les hautes plaines sur les berges du lac Yamdrok Tso, et du petit monastère Jonangma de Samding fondé au XIIIème siècle, qui à la particularité d'être dirigé par une abbesse, réincarnation de Dorje Phagmo. Les paysages des alentours sont vraiment fascinant, et la vue sur les plaines humides et le massif du Noijing est saisissante. Nous devinons vers le Sud-est la chaîne himalayenne qui marque la frontière avec le Bhoutan voisin.

Prières au monastère de Samding



Masques de danses rituelles au monastère de Samding



Paysages depuis Samding



Séchage de bouses de yaks à Samding



Forêt de genévriers sacrée entre Samding et Nagartse



Nous poursuivons vers le Nord le long du Yamdrok Tso, un des lacs sacrés pour les adeptes du Lamaïsme tibétain, puis franchissons le Kamba La, avant de redescendre dans la vallée du Yarlung Tsangpo et de rentrer sur Lhasa, terme de ce voyage dans le far Ouest tibétain.

Yamdrok Tso



Nous allons profiter du changement de programme de l'itinéraire retour pour visiter le monastère de Ganden, le site de pèlerinage de Drak Yerpa, et de retourner au Jokhang que nous avons vraiment adoré.

Suite aux péripéties regrettables avec notre guide et le chauffeur, nous avons prévenu l'agence depuis Shigatse pour déposer notre plainte. Nous remercions Tibet Highlands Tours pour leur compréhension et professionnalisme, qui a reçu notre plainte avec grand intérêt et s'est excusée comme il se doit. Malheureusement, notre guide était à l'essai, et ne devrait pas être embauché de nouveau. Elle nous a mis a disposition un moyen de locomotion afin de visiter tous les sites sur Lhasa et ses alentours, et nous avons mangé un super steak de yak sur le Barkhor, ayant été invité par l'agence pour s'excuser. Si le voyage aurait été bien plus tranquille, il est certain que Tibet Highland a prit très au sérieux notre plainte. C'est une agence qui a une réputation très élevée, qu'elle souhaite à tout prix conserver. Elle compte absolument bénéficier du bouche à bouche pour trouver de nouveaux clients, et a trouver lamentable l’attitude du guide et surtout du chauffeur.
ZY
De retour su Lhasa, nous avons devant nous 2 jours avant de reprendre le train vers Xining et l'Amdo.

Nous retournons au Jokhang, le site qui nous a le plus fasciné sur Lhasa.

Détails du Jokhang

Pèlerines sur le Barkhor



Nous visitons ensuite le petit monastère de Drak Yerpa et ses nombreuses grottes de méditation, dont certaines auraient été occupées dès l'époque pré-bouddhiste. Le monastère aurait été fondé par une épouse de Songsten Gampo, et fut l'un des plus important sites de méditation de la vallée de Lhasa. Il s'y trouvait de nombreux pèlerins lors de notre visite, le lieu fut donc très agréable et nous a donné le sentiment d'un site de pèlerinage vivant, au contraire de Sera et Drepung, qui donnent l'impression de monastère abandonnés ou transformés en musée. De grands drapeaux à prière ornent les falaises qui dominent les édifices. Nous avons pris le temps de randonner au dessus du monastère, jusqu'au sommet de la colline où nous avons été confronté à des yaks peu commodes. C'est un site que je recommande sans réserve aux voyageurs qui ont du temps sur Lhasa, je crois du reste que l'on peux s'y rendre en taxi sans soucis.

Drak Yerpa Jeune pèlerin à Drak Yerpa Jeune naur (mouton bleu) accueilli au monastère Celui-ci est maintenant devenu un beau mâle Drak Yerpa

Nous visitons enfin le grand monastère de Ganden, l'un des principaux monastère de la secte Gelugpa avec Drepung, Sera, puis Khumbum et Labrang situés en Amdo. Il fut le premier monastère de l'ordre Gelugpa, et fut longtemps le siège de la puissance du courant. Le monastère est érigé dans un cirque magnifique dominant la vallée de la Kyu Chu, et héberge une grande imprimerie active. Le monastère possède aujourd'hui encore un nombre important de moines, néanmoins bien loin du chiffre de 6000 moines avant l'invasion chinoise. Cependant, il est regrettable qu'il ne s'agisse que d'un réplique du monastère originelle, rasé durant la révolution culturelle puis reconstruit. De nombreuses reliques (dont certains objets ayant appartenu au fondateur de la secte) ont été sauvegardées, et sont aujourd'hui exposées dans les salles principales du temple de Serdung qui contient le tombeau de Tsongkhapa.

Ganden







Imprimerie de manuscrits à Ganden

Grues du Tibet dans la vallée de la Kyu Chu
ZY
Une fois revenu sur Xining, nous retournons à notre guest house du Lete Youth Hostel que l'on a adoré. http://www.tripadvisor.com/...-Xining_Qinghai.html

Un service impeccable, le staff super sympa, les prix très attractifs. Une vue sur la muraille du Chine au pied de l'immeuble. Il y a dans le coin de très bons petits restaurants chinois a 10 Yuans le plat, et un café avec des pâtisseries occidentales. Plus bas, vers la mosquée, il y a un café équitable, dont je ne me souviens plus vraiment du nom. Il s'y trouve de nombreux articles tibétains très mignons, toujours du commerce équitables (savon en beurre de yak, articles en laine de yaks, etc).

Sur Xining, la mosquée Dongguan est intéressante. La ville possède une population musulmane Hui très importante. Le Musée provincial du Quinghai est vraiment très intéressant, je conseille vraiment sa visite. Il est plutôt récent et comporte de très nombreuses salles (plus de 4 heures de visite pour les plus assidus) avec des explications en anglais sur toutes les pièces. Il explique l'histoire du Quinghai depuis la préhistoire jusqu'aux temps contemporains, en passant par l'occupation Han, les invasions mongoles etc. Il y a plusieurs salles dédiées aux nombreuses minorités qui peuplent le Quinghai, en particulier la minorité tibétaine qui peuple 90% de la province. Il y a de nombreux sites qui semblent intéressants dans les alentours de Xining, les montagnes au nord ont de belles forets et des minorités ethniques très intéressantes (mongoles, tibétaines, Hui, Tu, etc).

Voici le lien de wikitravel sur Xining: http://wikitravel.org/en/Xining

Visite de Kampula National State Park



Nous prenons un bus pour Kampula, en obtenant tous les renseignements auprès de la guest house. On passe un col, et arrivons dans la vallée du Huang He, le fameux fleuve jaune, juste au Sud de la vallée de Xining. C'est la même route que la partie initiale de l'itinéraire pour se rendre à Labrang au Gansu. La vallée a été transformée par divers barrages de retenu sur le fleuve, et défigurée par les lignes de haute tension. Cependant, la vallée est très charmante, il y a de belles cultures en terrasses. La vallée semble principalement peuplée de musulmans Hui, mais les terres en amont sont peuplées par la minorité tibétaine, que nous souhaitons connaître. Nous nous rendons dans le Kampula National Forest Park, qui protège une superbe foret sur la rive Sud du Huang He. Il y a diverses essences rares qui peuplent seulement les contreforts Nord du plateau tibétain. Mais la beauté des lieux est surtout liée à la minéralogie des lieux, que je vous laisse découvrir sur les clichés suivants. Depuis l’arrêt du bus, on trouve divers minivan. Pour un prix de 160 yuans (prix 2011), on peut louer les services du minibus. il faudra également acquitter du ticket d'entrée dans le parc. En décembre, il n'y a personne au guichet. Les chauffeurs ne parlent bien sur pas anglais, encore moins français, c'était assez drôle de communiquer avec notre guide Hui.

Les lieux sont vraiment magnifiques, à tel point que je décide de dormir sur place (j'ai trouvé une chambre pour la nuit pas cher du tout), pour visiter de nouveau les lieux le matin suivant. Il ne faut pas louper le dernier bus pour Xining, je ne me souviens plus bien des horaires, mais en baragouinant avec le chauffeur vous devriez vous faire comprendre! Bonne chance !!!!

Malheureusement, le monastère de Namzong était fermé au tourisme lors de notre visite. Vu notre niveau de chinois, nous n'avons pas su si c'était une directive du gouvernement local ou de Pékin, ou si le chauffeur ne souhaitait pas faire le chemin... Nous avons insisté mais ce ne fut pas possible d'y aller. Le chauffeur s'arrête à divers points classiques où se trouvent des miradors touristiques aménagés et des sites intéressants.

Voici le lien de photos de mon ami guide conférencier spécialiste de l'Himalaya David Ducoin, pour apprécier le monastère de Namzong: http://www.flickr.com/...s/72157622933215210/ Il s'agit des dernières photos de l'album.

J'aurais enfin vraiment voulu visiter les grottes bouddhistes de Bingling Si situées au Gansu, mais faute de tempe, nous n'avons pu nous y rendre. Il doit être possible de s'y rendre depuis Kampula en prenant des bus qui descendent la vallée, mais les touristes s'y rendent habituellement depuis Lanzhou au Gansu.

Enfin, je vous conseille de consulter l'indispensable Lonely Planet sur la Chine, les informations se sont avérées toutes correctes, ce qui nous a permis de prendre les bus sans problème.

Lac de retenu de Kampula



Le site est plutôt bien aménagé, il y a un mirador très sympa avec des passerelles en bois.

Notre guide Hui

Paysages minéraux de la Kampula National Forest Park

Troupeau de yaks dans le village tibétain Coucher de soleil sur les pics de Kampula

Visite de Kampula le lendemain au petit matin

Champs en terrasses tibétains Village tibétain et petit monastère
ZY
J'ai demandé au chauffeur de s’arrêter à deux endroits pour marcher durant 30 minutes puis 1h30. Il y a un potentiel pour le trekking très important...



Premier stop au niveau de la route, dans la descente de plusieurs lacets. On voyait au loin des yaks et la forêt me paressait superbe. Vous comprenez, après 1 mois au Tibet, j'étais en manque d'arbres et de forêts...

Petite ballade à travers forêts



Il y a un troupeau de yaks

J'ai repéré la veille une petite pagode au dessus d'un village de maison d'adobe, dont certaines ont des portes vraiment magnifiques. Il y a en fait un superbe sentier qui descend en bas de la pagode, qui doit rejoindre le monastère de Namzong. Il passe à travers la forêt et offre de superbes points de vue sur les pics très esthétiques qui me rappellent les tableaux qui se trouvent dans les restaurants chinoise !!!!! Voir sur la carte suivante le sentier en rouge:





Deuxième ballade au niveau du village de Dehongcun (nom Google Earth).

Village de Dehongcun Vue sur les pics (troisième ballade au niveau du parking, je suis juste monté sur la corniche). C'est le sentier en vert sur la carte.



Village de Gausuang
ZY
Notre dernière étape tibétaine, le monastère de Labrang, est situé dans la province voisine du Gansu. Il y a de nombreux bus reliant Xining à Xiahe, le nom chinois de Labrang. Le Lonely Planet a été une très bonne aide afin de localiser le terminal de bus, indiquer les horaires des bus. Les noms des destinations sont aussi donné en anglais, pas de soucis pour s'y retrouver.

Le voyage en bus est vraiment long, il me semble que nous avons mis 8 heures pour rejoindre Labrang. Nous passons d'abord dans la vallée du fleuve jaune, que nous descendons durant plusieurs dizaines de kilomètres, à travers des paysages secs et des roches rouges. Les rives du Huang He sont cultivées par la minorité Hui surtout, fortement implantée dans la vallée. Nous prenons ensuite plein Sud, pour remonter à travers une gorge très profonde en direction du plateau et du monastère de Tongren-Repkong. Nous laissons la route de Tongren pour prendre plein Est, quittons les régions cultivées et entrons dans des grandes prairies bien vertes, caractéristique de l'Amdo. Nous traversons ensuite les fameuses prairies de Ganja, dominées par une falaise magnifique, puis après le franchissement d'un petit col, plongeons dans la vallée boisée de Labrang, situé en dessus de la côte 3000 mètres. En cette période de l'année (décembre, les prairies ne sont pas enneigées, mais ont déjà perdu leur couleur verte typiques des photos prises durant l'été. Si Labrang peut se visiter sans problème en décembre, je pense qu'il est plus intéressant de s'y rendre en été, lorsque les prairies sont bien vertes et couvertes de fleurs. Je pense d'ailleurs retourner un jour au Tibet pour visiter l'Amdo et du Kham en passant par Langmusi, Jyakundo, Nangchen, durant les mois de juin à aout.

Il s'agit d'un des 6 plus grands monastères de l'ordre Gelugpa, siège d'une université bouddhiste très importante. Labrang fut fondé en 1709 par Ngawang Tsondru, le premier Jamyang Shepa, une réincarnation d'un grand maître de Labrang, qui constitue le plus important centre monastique en dehors de la province autonome tibétaine. Le monastère compte à ce jour plus de 500 moines, certes loin de 4000 moines que comptait l'université avant l'invasion chinoise, mais j'ai été impressionné par son activité trépidante. J'ai eu la chance de partager avec un moine génial que nous avons rencontrer dans le bus entre Xining et Labrang, nous avons pu échanger énormément sur les thèmes du bouddhisme, de l'impact de la sinisation des régions tibétaines, du développement incontrôlés du plateau, de l'oppression chinoise sur la minorité tibétaine. Les discussions furent passionnantes.

Le monastère nous a vraiment ravi, même si mon amie a passé deux sales journées, surtout lors des 8 heures de bus pour arriver à Labrang. Lors de repos, j'ai décidé de marcher dans la forêt de sapins sur les flancs Est de la vallée, afin de prendre un peu de hauteur pour apprécier le monastère depuis le haut et les paysages des alentours. J'avais surtout envie de voir du vert et des forêts.

Forêt de conifères à l'Est de Labrang Vue sur Labrang

Vers le Nord, une bergerie Le soir, Labrang se perd dans la brume
ZY
Mon amie remise sur pied, nous avons profité des deux jours restants pour faire la Kora du monastère en compagnie des pèlerins et de connaître les recoins du monastère.

Je vous laisse peu de photos des salles principales, il faut dire qu'après tant de visites de monastères, mon intérêt pour les salles d'assemblée à un peu baissé, et s'est davantage focalisé sur les pèlerins pour faire quelques portraits.

Portraits





Vieux village tibétain de Labrang

Monastère de Labrang

Portraits et scènes de vie Vendeur d'origine Hui Portraits de femmes Amdopa

La zone de Labrang à un potentiel touristique très élevé. Outre le monastère, la vallée peut se visiter en bicyclette (bien qu'il semble qu'il n'y avait plus de vélo disponibles en location en décembre 2011). Il y aurait quelques lacs en aval de Labrang, et les prairies de Sangke plus au Sud. On peut aussi rejoindre les grandes prairies de Ganja, où il est possible de passer la journée et même de dormir dans un camp nomade. C'est l'occasion de connaître la vie de nomades, vivre un moment avec les éleveurs de yaks, gouteur au yaourt et au fromage frais... Il est possible de s'y rendre en véhicule et même en bicyclette. Il y a aussi les ruines de Bajiao, ancienne colonie Han construite il y a maintenant deux millénaires, juste au pied des magnifiques falaises

Voici le lien wikitravel de Labrang/Xiahe très utile: http://wikitravel.org/en/Xiahe

Plus loin vers le Sud, nous arrivons vers Langmusi qui me tente beaucoup. Il est possible de trekker dans les alentours du monastère, et même de faire une randonnée à cheval à travers les prairies fleuries au printemps.

Voici les links wikitravel de Langmusi et un lien intéressant de circuits à faire à pied et à cheval autour de Langmusi: http://wikitravel.org/en/Langmusi http://www.langmusi.net/index_e.asp
ZY
Conclusion voyage - et si c'était à refaire?

Les +

1- Je retournerai au Tibet en automne, il s'agit de la meilleure période pour les amateurs de photographie. Le ciel est bleu, au contraire de l'été très nuageux. Il s'agit aussi du début de l'époque des pèlerinages, des pèlerins se ruent sur Lhasa depuis les 4 coins du Tibet, c'est un spectacle pour les yeux. On s'amuse à reconnaître l'origine des femmes à partir de leur costumes et de leur parures. Contrairement aux idées reçues, il ne fait pas froid sur Lhasa du fait de sa latitude très basse, au contraire de Pékin par exemple. J'ai largement préféré le froid de Lhasa (0 à 10°C) que le froid de Pékin (-10 à 0°C).

2- Je retournerai encore dans l'Ouest Tibétain et ses paysages sauvages peuplés par une faune intéressante et abondante. Outre les paysages du lac Manarasovar et du mythique Kailash, j'ai été fasciné par Kyunglung et Gugé. Kyunglung est malheureusement complètement oublié des touristes, c'est pourtant un des hotspots du Tibet à mon sens. Les paysages des hautes gorges de la Sutlej sont magnifiques, puis c'est un privilège de visiter les ruines de l'ancienne capitale de l'ancienne civilisation de Zhang Zhung si méconnue. Concernant Gugé, le canyon de la Sutlej est un délire géologique fabuleux, à la hauteur des paysages de l'Ouest américain ou du Mustang népalais. La forteresse de Tsaparang est chef d’œuvre, tout comme celle de Dungkar et le village de Piwang. Ces deux derniers sites sont proposés par les agences de voyage française depuis 2010 seulement, il n'y a vraiment aucun touriste qui s'y rend. regardez mes photos pour comprendre l'hérésie! Enfin, les amateurs d'art apprécieront les fresques uniques du style Gugé de Thöling, un monastère autrefois très important, malheureusement ravagé par les gardes rouges durant la vague de folie qui déferla sur la Chine durant la Révolution Culturelle dictée par Mao Zedong.

3- Je repasserai par une agence locale réputée comme Tibet Highland Tours. J'ai été convaincu par le professionnalisme de l'agence, fait unique dans le monde des agences tibétaines. Des prix très attractifs (et bien en dessous des prix proposés par les agences chinoises ou de Chengdu qui sous-traitent avec leur correspondants sur Lhasa), un connaissance des règles et de la législation sans pareil (beaucoup d'agence n'y connaissent rien), une longue expérience, un service parfait.

Les -

1- Le service des guides tibétains n'est vraiment pas à la hauteur, les guides ne possèdent pas suffisamment de connaissances culturelles sur le Tibet. Si la grande majorité des guides proposés par les agences réputées maitrisent l'anglais, ne vous attendez pas à avoir un guide anglophone si vous passez par une agence peu connue. Dans notre cas, nous avons souffert du manque d'expérience du guide, qui a vraisemblablement du se plier aux exigences chauffeur. Cela nous a bien fait ruminer lors du voyage, suite à de nombreuses disputes dont on se saurait bien passé. Je dissocie cependant complètement ce qui s'est passé avec le guide du service de l'agence. Il est donc indispensable de se rendre au Tibet avec un bon livre, pour les anglophone je recommande le Tibet Footprint Handbooks.

2- Je regrette de ne pas avoir entrepris notre retour à Lhasa depuis Gugé par la Route Nord qui traverse le plateau du Chang Tang et ses lacs salés, sa faune sauvage. ces grands espaces semblent grandioses, très sauvages...

3- Si j'étais un voyageur averti, j'ai été peiné de découvrir à quel point Lhasa était aujourd'hui une ville sinisée. Les voyageurs qui souhaitent connaître un Tibet authentique ne doivent pas choisir le Tibet central comme destination, mais plutôt les régions pittoresques et traditionnelles du Kham et de l'Amdo. Ce sera ma prochaine destination tibétaine.

Il faut se rendre au Tibet rapidement car il sera bientôt trop tard. Le Tibet connaît aujourd'hui de profond changement culturels, il faut s'empresser de le découvrir avant que les chinois n'aient transformé à tout jamais la ville de Lhasa en une ville chinoise Han, bien loin du récit de Alexandra David Neel. Pour ce qui est des régions reculées du Kham et de l'Amdo, ce sera bientôt la destination privilégiée des voyageurs sur les pas d'Alexandra, qui souhaitent retrouver l'ambiance des récits de l'exploratrice, et des grands espaces seulement habités par les yaks, les nomades, et quelques petits monastères perdus au fin fond de vallées reculées.
CH
Merci à toi pour ce compte-rendu !

J'espère pouvoir y aller d'ici 2 ans [:)]
ZY
Merci !

Je pense que plus jamais je ne ferais un compte rendu, c'est vraiment très long. Un compte-rendu sans photos perd beaucoup de son intérêt, mais le problème, c'est que la gestion des photos est très prenante. Il faut d'abord faire une sélection de photos, puis réduire toutes les photos à une taille acceptable (moins de 1 Mo), j'utilise pour cela la fonction script de photoshop. J'ai aussi monter quelques panoramas avec photoshops. Puis uploader toutes les photos sur le forum une par une! l'enfer. J'espère que les modérateurs se mettrons à la tâche pour inventer une nouvelle fonction plus pratique.
MA
Je mesure en connaisseur le fantastique travail de rédaction et de sélection des photos. Un immense merci de l'avoir entrepris et mené à bien jusqu'au bout. Ce compte-rendu me donne beaucoup envie de m'inspirer de cet itinéraire pour un deuxième voyage au Tibet.
TO
Merci beaucoup pour ton récit.
Ma Galerie Photos
FO
Merci à toi Jeremie pour ce super recit et les superbes images qui l'illustrent. Y es tu retourné depuis? Je pars au Népal fin 2020, as tu eu l'occasion d'y sejourner? Très cordialement à toi, Greg

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