
Quelle chose étrange que cette phobie de l'avion !!!

Et pourtant étant jeune, cela m'amusait plutôt. Serait ce écrit quelque part ? Est ce dû à des problèmes héréditaires?
Tout celà aurait-il commencé quand mon grand-père pilote de chasse sur Biplan pendant la guerre de 14-18 se fit descendre avec son avion en feu au dessus de l'Allemagne, et s'en sortit vivant, mais avec quelques brulûres et fut fait prisonnier?
Aurait ce continué quand vers 1945 il se rendit aux états-unis pour son travail, et qu'au milieu de l'atlantique, l'hydravion (éh oui à cette époque les avions transatlantiques étaient des hydravions) du amérir en plein atlantique car il venait de perdre une hélice en vol !!! Les passagers restèrent ainsi près de deux jours à attendre un autre hydravion qui leur déposa une hélice de rechange et qui fut montée à l'aide d'un cargo qui s'était détourné pour leur porter secours.
Puis vint ma jeunesse, et le début des années 60, et cet été là, mon père descendit sa petite famille en voiture à Cavalaire dans le sud de la France; le 15 juillet nous l'accompagnames à l'aéroport le plus proche, Hyères, pour qu'il puisse retourner travailler à Paris.
Il prit donc le vol Air France Hyères Paris sur un avion: le Vickers Viscount.
Mon père était un grand gaillard de près de 1.90 mètres et à cette époque approchant les 100 kilos.
L'avion décolla et attaqua sa montée sans problèmes, et montait, montait, montait ...
Soudain une hotesse vint voir mon père et lui demanda de se rendre rapidement dans le poste de pilotage; arrivé au nez de l'appareil, le pilote lui demanda de se coincer entre son siège et celui du mécanicien naviguant. Le temps d'avoir des explications, mon père se trouva écrasé par l'arrière par d'autres passagers «imposants» qui arrivaient tous à l'avant de l'appareil.
Les explications furent alors données aux passagers: je vous rappelle que l'on est en plein mois de juillet; eh bien malgré les consignes de sécurités, le pilote avait tout simplement oublié de brancher les commandes de dégivrage, et l'avion est passé dans un nuage givrant et les commandes de profondeur sont bloquées par le gel !!! Le pilote n'arrive plus à empécher l'avion de monter et il risque d'arriver en perte de vitesse et de basculer brutalement type feuille morte. Donc la seule solution trouvée par l'équipage est de faire basculer l'avion avec le poids des passagers. En effet maintenant presque tous sont dans la partie avant de l'avion et paniquent et poussent pour être le plus en avant possible; c'etait l'imposante carrure de mon père qui a fait qu'il a été choisi en premier et s'est retrouvé aux premières loges.
Il n'empèche que le système a fonctionné car en un quart d'heure l'avion s'est remis à plat en gardant sa vitesse, et puis à commencé à piquer légèrement et là ils ont envoyé les passagers petit à petit à l'arrière pour controler la descente, et ils ont ainsi réussi à se retrouver à une altitude où les commandes se sont dégelées toutes seules.
Eh bien à l'arrivée à Paris, ils n'ont même pas reçu des excuses d'Air France, on leur a juste proposé un jus d'orange !!!
En mars 1964, mon père décida de nous emmener en Italie visiter Rome et Naples et Pompéi pour les vacances de Pâques; il reserva donc les billets ParisRome RomeNaples et NaplesParis.
Le vol ParisRome en caravelle me plut particulièrement, c'était mon premier vol, et nous visitâmes Rome suivant le programme établi; nous devions prendre l'avion RomeNaples le 28 mars au soir, mais le matin du 28 mon père décida qu'il voulait voir l'Italie et que du coup il annulait les billets du soir et qu'il avait loué une voiture pour descendre à Naples.
Et roule famille jusqu'à Naples puis Amalfi où nous arrivammes très tard le soir à l'hotel.
Le lendemain matin, nous nous sommes levés tôt pour aller monter en haut du Vésuve mais à l'approche de celui-ci, il y avait des embouteillages pas possibles. Puis plein de camions militaires descendaient par la route du vésuve.
Nous avons alors demandé à la police pourquoi la route était bloquée, et c'est alors que l'on appris que le vol RomeNaples de la veille au soir que nous devions prendre s'était écrasé sur le Vésuve juste avant son atterrissage. Nous aurions dù être dedans, et il n'y eu aucun survivants sur les 45 personnes à bord de ce VickersViscount. Eh oui encore lui !!!
Pendant les vances de Pâques 1965, je partis en angleterre dans une famille anglaise dans la banlieue de Londres. Ils avaient une jolie petite maison avec le jardin au bord de la Tamise.
Eh bien, que pensez vous que ce monsieur faisait comme travail? Il était pilote de la R A F, et en plus, ils avaient racheté la maison à la veuve d'un pilote de ligne qui s'était écrasé quelques années avant sur le Fujiyama.
Peu avant la fin de mon séjour, ils m'ont emmené visiter le château de Windsor, et quand nous rentrames en fin d'après midi, tout leur quartier était bouclé par la police!!!
Et devinez pourquoi? C'est tout à fait normal... un avion qui avait décollé de l'aéroport d' Heathrow deux heures avant, avait un réacteur qui s'était détaché et qui est tombé juste au bout de leur jardin pour finir sa course dans la Tamise. Un peu plus et je me le prenais sur la tête celui-là...
Plus tard, dans les années 70, j'eu l'occasion de faire souvent du petit avion de tourisme avec mon copain Arnaud, qui s'amusait à me faire peur, mais je n'avais pas à cette époque cette phobie de l'avion.
Mais alors, pourquoi?
Eh bien voilà, j'ai du aller pour mon travail à Cuba en juillet 1987.
Comme notre client était une entreprise d'état cubaine et que le billet d'avion était à leur charge, ils ont imposé que je prenne leur compagnie la Cubana de Aviacion.
Je devais faire Madrid la Havanne, et avant Nice Madrid, mais suite à des grèves, j'ai du passer par Paris pour attraper un Paris Madrid.
Arrivé à Paris, je demandais des explications à l'aéroport concernant mon vol Madrid LaHavanne, car je n'arrivais pas à comprendre avec les décalages horaires la durée de mon vol: plus de 15 heures !! L'hotesse ne comprenant pas non plus, elle appella un pilote qui était à coté et qui a commencé à dire que c'était pas possible, puis qui a controlé sur un écran et m'a annoncé alors:
Ah mon pauvre, c'est normal, vous voyagez à bord d'un avion russe l' Ilyushin 62, et c'est un avion qui n'a pas l'autonomie suffisante pour traverser direct jusqu'à Cuba, et comme il est interdit aux USA, il se pose d'abord à Gandair sur TerreNeuve, là il fait le plein, et il redescend sur Cuba en longeant les cotes américaines. Vous savez, me dit il, c'est le même avion qui s'est écrasé au mois de mai en Pologne en faisant 180 morts... Ben voyons! Et en plus, rajoute-t-il, c'est un avion très mal pressurisé, donc très mal climatisé, je vous souhaite bien du plaisir. Je vous en prie c'est sympa merci.
Là j'ai commencé à avoir peur.
Puis enfin arrivé à Madrid, je suis monté dans l'engin!
Apparement, rien de spécial, si ce n'est que lorsque j'ai voulu mettre ma malette dans le compartiment au dessus de mon siège, il n'y avait plus de place, car c'était plein de couvertures type Train SNCF. Je n'ai pas compris tout de suite le pourquoi du comment! Donc baggage sous le siège et jambes en travers car peu de place et je mesure quand même 1.88 mètres et tout en jambes!
Décollage et montée et petit à petit un froid infernal s'installe, et la cubaine à coté de moi m'explique qu'il est temps de sortir les couvertures. Ah que je suis bête, c'était donc pour cela!
Je me suis levé pour donner les couvertures, et j'en ai profité pour aller jusqu'aux rideaux qui nous séparaient de la partie avant. Il y avait en fait deux rangées de rideaux entre lesquels se trouvait l'endroit pour les hotesses et la préparation des repas, et derrière le deuxième rideau, surprise, tout la moitié avant de l'avion était remplie jusqu'au plafond d'un amoncellement de colis et de caisses!!!
et une trappe était ouverte dans le plancher de l'allée. Oulà là.
J'ai passé les huit heures jusqu'à Gandair enfouis dans la couverture, avec devant les yeux les rideaux de séparation incliné de 20 degrés par le vent à l'intérieur de l'avion et qui sortait à l'arrière par je ne sais où? Une heure avant d'arriver à Terre Neuve, j'avais un torticolis épouvantable et je souffrais le martyr.
Enfin Gandair, on se pose, tout va bien. On nous fait sortir pendant que l'avion doit faire le plein, et nous nous dirigeons au petit aérogare, en effet le terrain est militaire, mais une zone est autorisée pour les avions cubains. Je demande combien de temps on reste, et on m'annonce qu'en général, les passagers passent la nuit là, car ils en profitent pour réparer l'avion, en europe ils ne peuvent pas car ils ont eu des problèmes de paiement et plus personne ne veut les réparer.
Je téléphone à ma femme pour lui donner des nouvelles, et tout à coup on nous rappelle pour nous faire monter dans l'avion! Le chef d'escale me dit: Tiens, c'est bizarre, cette fois-ci ils ne réparent pas. Je ne sais pas si c'est bon signe ou pas, enfin nous voilà repartis pour 6h30 de vol et toujours ce maudit vent et le torticolis qui devient insoutenable.
Enfin nous attérissons à la Havanne, saufs, mais plus très sains.
Le vol du retour, dix jours plus tard, ne durait que 8 heures, car dans ce sens, l'avion (toujours le même, ils en avaient qu'un seul de ce modèle) a l'autonomie suffisante à cause des vents!!!
Il n'avait pas plut à Cuba depuis très longtemps et ils attendaient «la mousson».
Décollage en début de soirée, mais là, nous n'étions que deux passagers, c'est vous dire si il y avait de la place pour mes jambes, et si en couchant les sièges et en prenant des dizaines de couvertures je me suis aménagé un petit nid douillet.
Le problème, c'est que dès que l'avion à commencé à monter, «la mousson» est arrivée, et qu'un orage infernal a éclaté. Il y avait des éclairs en permanence autour de l'avion et le pilote zigzaguait pour les éviter, et cela a duré plus d'une heure et demi le long de la côte américaine, je m'étais donc dit que l'on retournait à Gandair car on aurait plus assez de kérosène pour traverser, eh bien non, une fois que le pilote a réussir à contourner cette énorme zone orageuse, il a viré d'un coup sur la droite, et s'est mis en route pour Madrid!
Attérissage à Madrid, l'avion roule, s'arrêtte, je suis sauvé; ou du moins c'est ce que je croyais, le pire était à venir...
(Deux ans plus tard, cet avion s'écrasait pendant la phase de décollage à la Havanne tuant les 126 passagers à bord et 45 personnes au sol).
Enfin plus que Madrid Nice, pour rentrer chez moi, et ce coup-ci, c'est Air France, donc «no problems» Ah bon?
La suite des aventures du « porte la poisse » d'ici peu.....