Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop
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FA FabGreg Globetrotter ·
Dès qu’il y plus de trois moines, l’un d’entre eux est un fonctionnaire du ministère des minorités. Un truc pour le repérer : les vrais moines boudhistes tibétains parlent bien l’anglais. Celui qui annone est probablement un flic.

Désolé de vous décevoir, mais en septembre 2018, mon moine-guide des tours du gonpa de Labrang parlait très bien anglais et était plus que favorable au régime de Pékin : "Life very good in China!". Cela ne m'aurait pas étonné qu'il ne soit pas si moine que cela.

Dans la Chine d'aujourd'hui, les policiers ne sont pas tous des ignares incapables de parler anglais. Pour certains, le poste de policier est un choix à défaut d'autre chose. Ainsi que m'en a témoigné un jeune de formation ingénieur-logiciel : "and now, I'm a cop... 😕". En s'excusant des contrôles dont je faisais l'objet.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
FA FabGreg Globetrotter ·
la question va être celle des Uighurs et ça sera moins facile. Eux ne sont pas adeptes de la non-violence. Il faudra les mettre par millions dans des camps, bien sûr des camps de formation ou de rééducation par le travail.

Vous sous-estimez ce qui est déjà à l'oeuvre sur ce territoire.

Le patron de la Sécurité de la Région Autonome du Xinjiang avait auparavant le même poste dans la Région Autonome du Tibet (TAR). Il y applique les mêmes principes, mais avec l'apport des technologies de l'information à l'état de l'art.

Il n'y a que dans le sud-ouest du Xinjiang, en Kashgarie, que les ouighours restent majoritaires.

En l'espace d'une génération, la question devrait être "réglée". Avec entre autres un métissage ethnique très encouragé (et peut-être imposé dans certains cas).

La hanisation y est redoutablement rigoureuse et efficace.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
SA Sarana Regular ·
Une autre petite pour finir le confinement ?
sarana
TS Tsukuru Regular ·
ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
JI Jipeg Regular ·
Bonjour Sarana, Puisque certains en redemandent....voici quelques photos du monastère de Kumbum (Taer si) où Alexandra David Neel a séjourné de 1918 à 1921. Nous y sommes allés à plusieurs reprises depuis 1985 et l'évolution est très nette. En 1985 , il fallait obtenir un "permis" et faire l'AR de Xining dans la journée, en 1988 nous avons pu y dormir dans un "binguan", hôtel pour chinois qui avait bien voulu nous héberger après autorisation de la police:

Panorama des monastères en 1985

En 2012, les monastères sont noyés dans la ville chinoise.

L'imprimerie du monastère en 1988

Les ferronniers en 1988

Les ferronniers en 2012, ils fabriquent les mêmes décorations pour les toits des monastères mais à l'abri de parasols publicitaires.... Plus de photos récentes de Kumbum (Taer Si) et Labrang dans cet album sur les monastères de l'Amdo: https://www.flickr.com/photos/143032208@N03/albums/72157687985418950
FA FabGreg Globetrotter ·
En septembre 2018, de nombreux groupes de touristes hans déambulant dans ce Kumbum Gonpa. Heureusement, très peu vont jusqu'aux temples les plus éloignés de l'entrée.

Sur place, je n'ai pas trouvé d'hôtel m'accueillant et j'ai dû me rabattre sur Xinning. Là aussi, offre très réduite d'hôtels d'entrée-de-gamme acceptant les étrangers.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
GL Glamys24 Regular ·
Une autre petite pour finir le confinement ?

Re-bonjour, Pour vous être agréable, et surtout pour me faire plaisir en évoquant ces souvenirs. 2011- En retraite depuis un mois, nous avons cassé la tirelire pour réaliser un rêve: le Kailash. Pour des raisons déjà évoquées, nous ne voulons pas repasser par Lhassa. Et nous avons le temps. Nous partons en couple, avec l’idée que l’âge arrivant c’en sera bientôt terminé des vadrouilles aventureuses en altitude. Départ donc de Kathmandou. Nous avons négocié avec une agence népalaise pour qu’elle arrange le circuit au Kailash avec une agence officielle chinoise, puisque c’est impératif, mais avec du personnel tibétain. Parenthèse népalaise: avant le Kailash, nous faisons un trek de 10 jours au Langtang pour nous refaire des globules rouges avant de passer plusieurs semaines entre 4 et 5000m. Quelque temps plus tard, cette vallée sera l’épicentre du séisme qui ravage le Népal. Enterrés vivants, les gardiens de lodges qui nous ont reçus, les porteurs qui approvisionnent la vallée, les éleveurs de yaks. Nous en avons chialé. Fin de parenthèse A la frontière chinoise, nous sommes effectivement attendus . Les contrôles ont été tatillons, tous nos bouquins ont été épluchés, à la recherche de photos du Dalaï-lama . Mais nous savons maintenant où les planquer. Notre guide attend fiévreusement, les documents nécessaires remplissent un cartable. Il y a toutes sortes d’uniformes qui nous interrogent et nous scrutent. Mais dès que l’on sort du bâtiment, des changeurs de yuan au black opèrent sans aucune discrétion. Tout le voyage se fera en Toyota 4x4, 4l de cylindrée, essence. Bonjour la pollution, mais c’est une contrainte imposée : il doit y avoir un pote du pouvoir chez l’importateur. Le guide sera d’une extrême discrétion quant à ses opinions, mais on se comprendra vite à demi-mot. Le chauffeur est un tibétain jovial, qui ne parle pas anglais, et qui se prosternera en découvrant la montagne sacrée. Notre objectif final, c’est la Saga Dawa, grande festivité annuelle qui rassemble au pied du Kailash les pélerins boudhistes tibétains, mais aussi des böns, des hindouistes, des japonais zen et quelques illuminés (au sens littéral) occidentaux. Avant la fête, nous faisons un détour de qques jours dans l’ancien royaume de Gugé. Dans ces ruines perdues au bout du bout, on trouve trace du passage de soldats d’Alexandre, le Grand, le Grec. Unbelievable, n’est-il pas? Sur le trajet, notre guide arrête parfois la voiture et observe avec mes jumelles le prochain Check-point de police ou de l’armée. Il cherche si l’on peut contourner l’obstacle, où il devra une fois de plus sortir le cartable à documents, palabrer une heure et probablement arroser un fonctionnaire. Je lui ferai cadeau des jumelles. La Saga Dawa réunit plusieurs milliers de personnes. Il y a des tibétains de diverses régions, venus à pieds, en camion, en remorques de tracteurs, ou en famille à cinq sur une moto. Il y a des népalais, des gens du Sikkim qui ont violé la frontière fermée, des Indiens en doudoune, des Ladaki, des pélerins du Spiti ou du ZanskarTout ce monde papote, cuisine sur de petits feux de broussaille ou de bouses de yak, prépare ses offrandes ou, sur de petits papiers qui seront brûlés sur les chorten , ses demandes de bonne fortune. Il y a aussi des chinois. Par centaines: l’armée, dans différentes composantes, avec des blindés légers, des tentes et des camions alignés, des policiers anti-émeutes, des miliciens, des flics ordinaires débraillés, des flics en civil qui photographient systématiquement TOUS les participants. Il y a même un pompier, tout seul, casque sur la tête et extincteur à ses pieds. Craint-on que le Kailash s’enflamme? Quand on passe de groupe en groupe, autour du terre-plein central, on observe la diversité des costumes et des coiffes, des figures aussi. On vous offre ici un thé, là une brochette de mouton, on sollicite une photo, on vous prend pour un américain. L’apothéose, c’est le lever du mât. C’est un mât géant en bois qui doit faire 25 ou 30 mètres. Autrefois érigé par la foule à la force des bras, ce sont maintenant deux camions disposés à 45 degrés qui vont le hisser à la verticale. Il y a toujours un maître de cérémonie qui dirige la manœuvre, à grands cris et grands gestes. Le mât se lève, entraînant des dizaines de drapeaux de prière. Si vous êtes chanceux, ou béni des dieux, celui que vous aurez apporté y figurera et flottera jusqu’à l’année prochaine. Il y a des discours. Un officiel chinois se félicite du soin que la Chine apporte à la protection des minorités. Un officiel tibétain remercie la Chine du soin qu’elle apporte à la protection des minorités. Personne n’écoute ni applaudit. La fumée des herbes odorantes emporte vers le sommet du Kailash les suppliques et les louanges, au-delà du plateau où l’on porte encore, secrètement, les corps des morts pour la bonne fortune des vautours. A la fin des festivités, la foule se disperse. Certains repartent vers Darchen, l’agglomération la plus proche, où se situent guest-houses et hôtels sommaires, et où un café internet est sur le point d’ouvrir. D’autres s’engagent dans le pélerinage autour du Kailash. Quelques uns le font en deux jours, les touristes en trois, les ascètes en se prosternant à chaque pas en une semaine. Des Indiens richissimes s’embarquent à dos de yak, en doudoune de luxe et sandalettes dorées, sans savoir qu’ils devront en descendre deux heures plus tard, le sentier ne permettant plus le passage d’animaux de bat. Pour venir au Kailash, ils ont joué à une loterie, le contingent ouvert par la Chine étant limité. C’est une loterie, pas un tirage au sort: plus tu achètes de tickets, donc plus tu paies, plus tu as de chances. Ils sont passés en trois jours du niveau de la mer à Mumbai aux 5300m des cols. La plupart feront demi-tour, certains vont mourir d’un œdème aigu du poumon. La Chine, magnanime, ramènera les corps en camionnette jusqu’à la frontière du Népal. Nous ne ferons pas le tour du Kailash. Je me sens en forme, le trek au Népal a été une excellente préparation. Mais mon épouse n’est pas bien, ne s’alimente pas assez. On rentre à KTM avec deux jours d’avance. Heureusement, nos balades en AR depuis Darchen, sur le sentier du tour du Kailash, équivalent en distance à un tour complet. Du moins sommes-nous persuadés que les dieux l’entendent ainsi. Tashi Dele.
Jacques
PA Parigino Veteran ·
Sublime 👏👏👏 Combien de temps avait duré votre séjour au total, et combien de temps au Tibet ? Le Kailash est un rêve pour moi, également à partir du Népal. Je me dis que les Chinois n'ont pas installé une caméra tous les 10m sur le chemin du pèlerinage et qu'à défaut de pouvoir discuter avec les pèlerins, je pourrai au moins échanger quelques sourires.

Juste une chose :

Il y a même un pompier, tout seul, casque sur la tête et extincteur à ses pieds. Craint-on que le Kailash s’enflamme?

Non 😁 Il était là pour intervenir en cas d'immolation.
FA FabGreg Globetrotter ·
Il y a même un pompier, tout seul, casque sur la tête et extincteur à ses pieds. Craint-on que le Kailash s’enflamme?

Un moine ou un pèlerin qui s'immole par le feu...

Je reconnais à l'Etat chinois une réelle rigueur dans son approche des "problèmes".

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
GL Glamys24 Regular ·
Bonsoir, Malgré l’altitude du Kailash, votre qualificatif de sublime est quelque peu exagéré. Merci tout de même. Nous étions partis à peu près 40 jours, dont 11 en trek et à KTM. Donc 4 semaines au Kailash. C’est beaucoup en termes de budget, mais aussi de fatigue, on dort mal au dessus de 4000m. Je crois qu’il y a maintenant un aéroport à l’ouest de Darchen. Et dans ce gros village, il y avait déjà en 2011 des douzaines de caméras. Bonne préparation.
Jacques
RA Ragamuffin Globetrotter ·
Je reconnais à l'Etat chinois une réelle rigueur dans son approche des "problèmes".

côté humain il y a de la réserve motivée



encore faut-il que tous les extincteurs soient en ordre de marche 😮

"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
PA Parigino Veteran ·
D'ailleurs, y a-t-il encore des immolations au Tibet ?
BH Bhara Regular ·
Bonjour à tous, Ce post ressemble vraiment à un congrès d’anciens combattants de la Chine à la fin du XX° siècle. 1977 . Notre groupe de futurs directeurs d’hopital visite le bloc opératoire d’un hôpital universitaire de ville moyenne. Nous croyant du métier, on nous a équipés d’une vaste blouse et d’une paire de tongs, puis conduits directement dans une première salle. Le sol est de béton brut, la fenêtre ouverte protégée par une moustiquaire fatiguée. On ne distingue pas la table recouverte de draps , mais on remarque tout de suite le patient, qui discute ( oui, discute) avec le chirurgien. L'interprète nous narre sa malheureuse histoire: il s’agit d’un ouvrier du bâtiment, qui a reçu une brique sur la tête. Il a été conduit, depuis 120 km, par locomotive spéciale, jusqu’à ce bloc opératoire où on lui remplace 15 cm2 de crâne éclaté par un morceau de plastique. L’intervention est faite sous acupuncture, ce qui explique que le patient papote avec son entourage. En fin d’opération, il est assis au bord de la table pendant qu’on termine son pansement, puis il regagne à pieds sa chambre, à peine soutenu par une infirmière. Ceux de mes collègues qui se sont enfui crieront à la mise en scène . Mais j’ai vu, de mes yeux, à moins d’un mètre, 15 cm2 de cerveau rose à nu. .

Bonjour,

j'adore les congrès d'anciens combattants, surtout lorsque j'ai moi aussi participé Lol. Pas le temps d'écrire et de poster mes diapos de 2001 et suivantes. Tibet, Chine, plusieurs mois, seule. Enfin, pas seule au Tibet, c'était pour le boulot, 2001.

Tout ce qui est décrit dans les messages précédents me rappelle plein de souvenirs, c'est marrant, même en 2001 j'ai les mêmes diapos de cylindres de charbon, mules, WC, etc.... Bon, j'écris pas pour ça, tout a déjà été dit par les anciens combattants.

J'écris pour préciser quelque chose par rapport au message cité. Aujourd'hui je travaille en bloc opératoire. L'opération que vous avez vue n'a rien de surprenant. On fait pareil en France sans acupuncture. La tête, contrairement aux idées reçues, ça peut ne pas être douloureux selon l'opération. A part une anesthésie locale pour la peau (cuir chevelu), on a accès à tout le reste dessous. L'acupuncture peut tout à fait faire office d'anesthésie locale (pour ma part je refuserais, 3 semaines d'infection suite à une séance de découverte acupuncture en France, aiguilles stériles peau propre mais 3 semaines d'antibio et genou doublé de volume....).

Bref, vous avez été surpris et étonné car c'était probablement la première fois que vous voyiez ce type d'opération. Mais rien de surprenant en réalité. On a même opéré récemment une violoniste qui a joué du violon pendant son opération du cerveau car il ne fallait pas léser des nerfs qui l'aurait empêché de jouer à tout jamais.... En jouant pendant qu'on l'opérait, ça permettait de s'assurer que les nerfs en question n'étaient pas touchés par un geste malheureux du chirurgien. Plein d'opération peuvent se dérouler en parlant avec le chirurgien ou les infirmiers. Y compris sur le cerveau. Y compris en France. Mais on n'a pas fait de propagande là-dessus ;-)

Ce qui me choque plus, c'est qu'on puisse opérer sur un sol qui se nettoie mal, fenêtre ouverte, avec des inconnus qui viennent faire du tourisme médical..... L'histoire ne dit pas si le patient a choppé une infection d'ailleurs...

Bien cordialement, Zai Jian, YiLian
MA Masterpo Globetrotter ·
On a même opéré récemment une violoniste qui a joué du violon pendant son opération du cerveau car il ne fallait pas léser des nerfs qui l'aurait empêché de jouer à tout jamais.... En jouant pendant qu'on l'opérait, ça permettait de s'assurer que les nerfs en question n'étaient pas touchés par un geste malheureux du chirurgien.

https://youtu.be/eDLdnVQo3OA
DJ Djalma Globetrotter ·
1977. Notre groupe de futurs directeurs d’hopital visite le bloc opératoire d’un hôpital universitaire de ville moyenne. Nous croyant du métier, on nous a équipés d’une vaste blouse et d’une paire de tongs, puis conduits directement dans une première salle. Le sol est de béton brut, la fenêtre ouverte protégée par une moustiquaire fatiguée. On ne distingue pas la table recouverte de draps, mais on remarque tout de suite le patient, qui discute (oui, discute) avec le chirurgien. L'interprète nous narre sa malheureuse histoire: il s’agit d’un ouvrier du bâtiment, qui a reçu une brique sur la tête. Il a été conduit, depuis 120 km, par locomotive spéciale, jusqu’à ce bloc opératoire où on lui remplace 15 cm2 de crâne éclaté par un morceau de plastique. L’intervention est faite sous acupuncture, ce qui explique que le patient papote avec son entourage. En fin d’opération, il est assis au bord de la table pendant qu’on termine son pansement, puis il regagne à pieds sa chambre, à peine soutenu par une infirmière. Ceux de mes collègues qui se sont enfui crieront à la mise en scène. Mais j’ai vu, de mes yeux, à moins d’un mètre, 15 cm2 de cerveau rose à nu.

Ceci me rappelle l'exercice de la petite chirurgie qui se pratiquait encore sur le trottoir, dans dans certaines villes chinoises durant les années 80.C'était moins spectaculaire qu'une opération sur la boite crânienne mais tout de même un peu surprenant.Il était alors assez courant d'assister à de petites opérations comme, par exemple, l'ablation d'un gros chancre dans le dos d'un patient dans des conditions d'hygiène plus que douteuses.Le "chirurgien" faisait asseoir son patient sur le bord du trottoir et après lui avoir injecté ce que je suppose être un anesthésiant, procédait à l'ablation du chancre avec un scalpel non désinfecté puis lui posait un cataplasme de végétaux malaxés et recouvrait la plaie d'un pansement...Tout ça sous les regards étonnés des badauds qui s'agglutinaient pour assister au spectacle... On pouvait voir également des" guérisseurs" qui à l'aide d'une sorte de galvanomètre pratiquaient des relevés de courants électriques dans les différentes parties du corps de leurs patients et les notaient sur une feuille de papier pour ensuite y dessiner des graphiques et dresser une ordonnance...
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
GL Glamys24 Regular ·
Bonsoir YiLian, Suis d’accord avec vous sur le caractère non douloureux de la chirurgie du crâne. Mais tout de même impressionnant pour le profane que j’étais alors, notamment lorsque le patient descend de la table et s’en va en marchant. Au cours du même voyage, nous avons suivi deux autres interventions, moins « grand public ». Une ablation de goître thyroïdien de deux kilos, et une grosse opération de tumeur gynéco, sous acupuncture également, avec stimulation électrique. Patientes moins brillantes mais parfaitement conscientes. Nous avons essayé, sans y parvenir, de savoir s’il y avait une médication anti-douleur en post-op. Petit détail omis dans mon histoire: le scialytique de la salle est un phare de camion. Dans les années 80, on opérait fenêtres ouvertes au bloc de Pellegrin à Toulouse... Je ne sais pas ce qu’est devenue cette technique dans les hostos chinois d’aujourd’hui. Bien à vous.
Jacques
BH Bhara Regular ·
Bonsoir YiLian, Suis d’accord avec vous sur le caractère non douloureux de la chirurgie du crâne. Mais tout de même impressionnant pour le profane que j’étais alors, notamment lorsque le patient descend de la table et s’en va en marchant. Au cours du même voyage, nous avons suivi deux autres interventions, moins « grand public ». Une ablation de goître thyroïdien de deux kilos, et une grosse opération de tumeur gynéco, sous acupuncture également, avec stimulation électrique. Patientes moins brillantes mais parfaitement conscientes. Nous avons essayé, sans y parvenir, de savoir s’il y avait une médication anti-douleur en post-op. Petit détail omis dans mon histoire: le scialytique de la salle est un phare de camion. Dans les années 80, on opérait fenêtres ouvertes au bloc de Pellegrin à Toulouse... Je ne sais pas ce qu’est devenue cette technique dans les hostos chinois d’aujourd’hui. Bien à vous.

Les chirurgiens étaient auparavant des barbiers.... il a fallu attendre la renaissance pour qu'ils soient considérés comme des médecins.... C'est vrai que ces chirurgies de trottoir, ça fait froid dans le dos, mais en même temps, c'était un pays de tiers-monde....

L'été dernier j'ai soigné un touriste à un refuge en montagne en France, ça faisait 24 heures qu'il marchait avec du sparadrap sur une coupure profonde du pied (sans compresse, la colle directement sur la blessure !). Il avait de plus en plus mal. Il en a parlé le soir à table, et m'a demandé si j'avais des connaissances en matière médicale (il ne savait pas mon métier). Après le repas j'ai regardé, c'était bien infecté (tu parles !), avec déjà des bouts de chairs nécrosés, et plein de graviers dans la plaie. J'ai fait ce que j'ai pu avec ma trousse à pharmacie, il a serré les dents, et le lendemain, ça a été direction l'hôpital. S'il avait fait un temps pourri sans possibilité de rejoindre l'hôpital, j'aurais fait plus, mais j'aurais mis des boules-quiès pour mieux soigner ! Impossible de marcher avec un pied dans cet état. Il lui restait un jour de trek. Comme quoi, parfois, on peut se retrouver dans des situations compliquées sans aller aussi loin... C'était un ado, il avait rien osé dire à ses parents avant le repas.... il boitait et avait dit à ses parents qu'il avait seulement une ampoule...

Le scialytique phare de camion !!!!!!!!! excellent ! J'imagine pas l'état des yeux du personnel à la fin de la journée (ou de la nuit).

Des collègues syriens nous ont raconté avoir fini des opérations sous des bombardements en éclairant le chirurgien avec leur téléphone portable.... et en ventilant à la main le patient (respirateur éteint car coupure de courant). Système D.

Quant à la gestion de la douleur post-op, ça reste une question encore non résolue : entre la propagande, le fait que selon les cultures on est plus ou moins endurant à la douleur, et selon les individus aussi... Je vois des interventions pratiquées sous anesthésie générale chez certains patients, là où d'autres supportent sans aucun problème la même opération, le même jour, par le même chirurgien, en papotant avec le personnel ou sous hypnose. C'est vraiment très variable. La seule certitude qu'on a, c'est que les soit-disantes opérations à coeur ouvert sans anesthésie occidentale bénéficiait quand même de produits.... malgré ce qu'en dit la propagande chinoise de l'époque.... et que les "cobayes" qui ont été mis en pâture ont dérouillé... Par contre, pour d'autres opérations moins lourdes, c'est envisageable, tout dépend du patient. Le but étant tout de même que le patient soit suffisamment détendu pour ne pas bouger et que ses muscles ne soient pas crispés car sinon ça empêche de travailler. Donc s'il faut à A une anesthésie générale alors que B n'en a pas besoin, l'important n'est pas de dire que B est plus brave que A. L'important est que l'opération puisse se réaliser dans de bonnes conditions pour éviter les complications (qui coûteront plus cher qu'une dose d'anesthésiant).

La chirurgie et l'anesthésie ont fait des progrès incroyables en moins d'un siècle... et on peut le mesurer à l'échelle de notre vie humaine.

Cela dit, je préférerais me faire opérer en France, Taïwan ou Hong-Kong qu'en Chine, même aujourd'hui (hors très grandes villes).

Merci en tous cas pour ces témoignages très rares et très intéressants.

Décidément, cette réunion d'anciens combattants est top Lol !

YiLian
BR Bricouille Regular ·
Super!

Je connais bien la Chine "de maintenant" (disons des 12 dernieres annees) et l'histoire de la PRC est aussi passionnante que chargee de tristes secrets.

Je vais suivre chacun de vos chapitres et scruter les rares photos de cette epoque avec une sincere curiosite.

Merci a vous
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TR Trainard ·
merci pour tous ces souvenirs ! j'y ai voyagé en mode "seul et sac à dos" pendant 1 mois en sept 1985 puis 1 mois en nov 1986 c'était exactement tel que vous le décrivez....une autre planète ! je n'y suis jamais retourné de peur d'être déçu

Perso: 30 h de voyage ( dont 4 escales pour Paris Pékin) personne ou presque ne parlait quelques phrases d'anglais aucun panneau en une autre langue que le chinois dortoirs pour voyageurs 2 monnaies etc etc

Souvenir : J'ai mangé dans des coopératives agricoles dans les rizières pour l'équivalent de 11 ou 12 centimes (de francs pas d'euro soit 0,015€ ? )
JI Jipeg Regular ·
Encore des souvenirs de nos premiers voyages à partir de 1984 (2 mois minimum par an pendant 8 années consécutives puis un long break avant de revenir à partir de 2002 pratiquement tous les 2 ans). Il ne faut pas hésiter à revenir, c'est différent mais pas inintéressant.... La première chose à faire dans les villes c'était acheter un plan de la ville vendu à la sortie de la gare. Tout en chinois mais c'était tout ce qu'il y avait et c'était une bonne occasion pour améliorer notre chinois en se remémorant les idéogrammes. Il fallait apprendre aussi le nom des villes où on voulait aller pour attendre au bon guichet car pratiquement personne dans certaines régions ne parlait anglais. Nous avons aussi souvent mangé dans les coopératives car dans certains coins du Yunnan, Guizhou, Sichuan...il n'y avait pas de resto. Les repas étaient à 11h30 et 17h30. Il fallait faire la queue, se trouver une place dans les tables de 8. Le riz était dans un gros tonneau en bois au milieu de la salle où il fallait aller se servir. Menu unique pour tout le monde. Vous appreniez vite à vous servir de baguettes (les nôtres car à l'époque, il y avait des risques d'hépatite) .Les plats posés sur le plateau tournant revenaient vides au prochain tour.... Prix unique dérisoire payé en monnaie locale et non en Foreign Exange Certificate. Si vous arriviez après 18 h , il n'y avait rien à manger .Il nous est même arrivé de dormir dans les chambres réservées au membres du Parti en déplacement. Luxueux avec toujours un salon attenant à la chambre....
BR Bricouille Regular ·
Ouah!!!

Quelle experience interessante! Je vous lis avec l'interet et la curiosite d;un pays que je connais deja bien... et que je semble pourttant redecouvrir aa travers votre expereience plus de 20 ans anterieures aux miennes...

Ca met beaucoup de choses en perspectives!

Genial!
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