Marrakech, délices et délires de la Ville Rouge (1ère partie)
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BA Baloo18 ·
Guéliz, c'est le fashion, les marques, les grosses cylindrées...

Salam Tomas,

Médina/Guéliz. Deux villes en une. Deux mondes en un.

Voulus séparés, dès le protectorat, par le cordon sanitaire des remparts. Et maintenus comme tels par le royaume.

Dans la médina, tout fait lien.

Le paraître est exclu. Seul l'être compte. La beauté, la richesse, sont intérieurs.

Des maisons, dont tous les murs se ressemblent. Cachant au regard du passant le palais du riche comme la simple demeure du pauvre.

Des habitants, dont toutes les djellabas se confondent. Uniformisant le conditions sociales.

En médina, l'individu s'efface derrière la communauté. N'existe qu'en tant que partie constituante d'elle.

A Guéliz, comme dans nos villes occidentales, l'individualisme prime.

Il s'expose. Il s'affiche. Il sépare. Cherchant à se singulariser plutôt qu'à se fondre.

Mais les fashion victimes ont elles conscience de revêtir, elles aussi, une autre sorte "d'uniforme" que celui qu'elles rejettent sinon ?

Et les politiquement correctes pourfendeuses des liberticides voiles, se rendent-elles compte que, lorsqu'elles croient afficher leur lndépendance en tee shirt découvrant leur ombilic et en short moulant, elles ne font que décrédibiliser leur "combat" et que renforcer l'attachement au modèle dont elles ignorent bien sûr toutes les motivations ?

Médina/Gueliz. Deux villes en une. Deux mondes en un.

Pour combien de temps ?

Je connais des marrakchis qui pour rien au monde n'iraient en médina.
"Quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites !" Sapeur Camembert.
TO Tomas3 Veteran ·
Je connais des marrakchis qui pour rien au monde n'iraient en médina.

salam Baloo,

j'ai trouvé dans la medina un drôle d'animal qui rôdait du côté de chez Miloud el Jouli, à la recherche de dessins de delacroix et de lithographies numérotées...(cf.la pièce jointe)
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
BA Baloo18 ·
Salam Ulysse, "l'animal qui rodait" a fini par trouver, chez un vrai/faux antiquaire de la médina, un document historique (cf PJ) montrant que l'Ulysse antique devait lui aussi argumenter auprès de sa Pénélope, pour décrocher un bon de sortie de la couche conjugale. Le héros, c'était pour aller écouter, en direct live, le chant des sirènes. Son lointain héritier, plus prosaïquement ... pour passer sa nuit sur VF. Et vu le concert ennamouré de son fan club, quasi exclusivement féminin, accro à sa prose, la Pénélope d'aujourd'hui a toutes les raisons de craindre les sirènes modernes. Bises à Pénélope.
"Quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites !" Sapeur Camembert.
LA Lacalo Globetrotter ·
Salam Baloo,

Nouveau venu parmi nous ? Un ours dans la médina ?? Pourtant il y en a eu !

Chez l’antiquaire de la rue Dar el Bacha tronait à côté de l'oeuvre de Primaticcio, cette authentique copie de mosaïque de Volubilis représentant l’ours de l’Atlas... qu'Ulysse avait sûrement repéré lors de sa première visite du Maroc avec Pénélope.

son fan club, quasi exclusivement féminin

Fan club ? je ne suis pas sûre ...

Exclusivement féminin ? plus maintenant ... depuis l'arrivée de Raymond3, moins inspiré, semble t'il, par Marrakech que par Oman, et de maintenant Baloo18.

Là Ulysse va devoir faire attention, aucune imprecision ne sera pardonnée ... nous sommes sur nos terres ...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
Chez l’antiquaire de la rue Dar el Bacha trônait à côté de l'œuvre de Primaticcio, cette authentique copie de mosaïque de Volubilis représentant l’ours de l’Atlas... Là Ulysse va devoir faire attention, aucune imprécision ne sera pardonnée ... nous sommes sur nos terres ...

salam Lacalo la documentariste qui ne pardonne pas le "bidonnage",

il est vrai que l'on ne voit que ce que l'on regarde...et dans le capharnaüm de l'antiquaire de la rue Dar El Bacha, il y a avait aussi un dessin de Delacroix (chef berbère) et une lithographie numérotée (femme berbère)...🙂 L'antiquaire savant, quand fut évoqué le tableau de la porte bab Agnaou, crut bon de préciser que Delacroix n'était jamais venu à Marrakech...😛 et que le tableau de la porte Bab Agnaou était sans doute signé "Maurice Romberg"...😉 Or, le tableau référencé chez Drouot, peinture, huile sur toile de 71 cm x 49 cm, en date de I895, ne porte aucune trace des têtes de suppliciés qu'Ulysse avait cru voir sur cette représentation...😇 alors?
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
cette représentation...😇 alors?

Salam Tomas,

Là c'est la version du grand spécialiste marrakchi de " Bomberg" contre celle de l'érudit voyageur orientaliste sur les pas des suppliciés de Delacroix exposés à Bab Agnaou !

Il semble bien qu'il n'y ait pas de traces de telles têtes sur la reproduction ci-dessus, donc ce n'est probablement pas Maurice Romberg qui les a représentées, quoiqu'il soit tout de même possible qu'il ait immortalisé cette porte sous d'autres manières.

D'un autre côté si pendant sa période marocaine Delacroix a séjourné à Tanger et Meknès, il n'est jamais descendu jusqu'à Marrakech, donc s'il a peint ces malheureux ce n'est pas devant cette porte...

Alors mystère, qui a réalisé la représentation des têtes des suppliciés de Bab Agnaou ? ... si elle existe ailleurs que dans l'imaginaire d'Ulysse ...

alors ?
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TO Tomas3 Veteran ·
Son lointain héritier, plus prosaïquement ... pour passer sa nuit sur VF.

salam Baloo, ton humour est vache...(pour un "ours", c'est pas mal trouvé...) on peut aussi passer la nuit dans des palais des mille et une nuits...il y a pas si longtemps, Ulysse en a fait l'expérience, dans un palais que tu connais bien...

Le Dar et le riad de la Bahia de Issebtiyn:(3)

Ulysse dont on connaît la passion pour l'archéologie, avait sympathisé avec une chercheuse à l'occasion de documentation sur « le Livre de Chad », un incunable irlandais ancien dont les calligraphies rappelaient étonnamment les calligraphies arabes...

De fil en aiguille, des liens s'étaient tissés avec la belle chercheuse, qui vivait dans un quartier de la médina de Marrakech, avec son mari, entomologiste au long cours réputé...

Les ressources tirées de leurs publications leur avaient permis d'acquérir un, puis deux riads , à proximité d'une medersa du XII ème siècle en cours de réhabilitation et dont ils suivaient, de leurs terrasses, avec curiosité et impatience, les travaux de restauration...

La belle Bahia de Issebtiyn avait réservé à Ulysse et à pénélope la plus belle de ses chambres: la chambre verte(aux couleurs pistache) de leur riad de Djerb ben kemmoun...

Les heureux propriétaires avaient privilégié une authentique décoration marocaine, glanée dans les souks voisins, et des artisans et des matériaux locaux pour l'architecture intérieure de leurs belles demeures...

Derrière les portes cloutées et anonymes de l'étroite venelle, des univers de couleurs, de céramiques émaillées, de zelliges et de tadelaks(enduits typiquement marocain) se reflétaient dans les lustres de métal et de verre...

cette polyphonie créait un charme réel et authentique...

Bahia et Philippe, son mari et compagnon, pratiquaient une hospitalité chaleureuse... les grandes tables d'hôtes qui allaient devenir leurs amis, étaient fréquentes au petit déjeuner ou au dîner, le soir, après l'appel du muezzin...

quand le Mont Toubkal que l'on apercevait du plus haut de leurs terrasses disparaissait dans les nuages annonciateurs des orages de printemps...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Mais oui, au fait, c'est qui ce baloo 18ème du nom, qui accapare le créateur de cette discussion? tu dois le connaître il semble résider à Marrakech. Belle plume aussi, agréable à lire , un égaré de plus dans la médina tu l'as déjà rencontré? Je vais demanderà l'authentique marocaine, qu'elle lui pose un peu des questions sur son vécu et vu sur Marrakech. Je suis certaine que cette conversation va être très intéressante. et tomas super content pour son carnet qui va s'allonger en pages , tant qu'il n'arrivera pas à cent, aucun répit.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
LA Lacalo Globetrotter ·
Je vais demanderà l'authentique marocaine,

Laquelle ? celle de naissance ou de coeur ?😉

En tous cas bien contente qu'il y ait un nouveau participant à ces carnets, et surtout d'avoir du renfort pour défendre ma chère médina. Pour l'instant Ulysse vient d'y pénétrer et d'y poser ses valises. Va t'il succomber au charme de ces ruelles et surtout se laisser happer par le tourbillon de vie qui s'y déroule ? Réponse aux prochains épisodes ...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
Pour l'instant Ulysse vient d'y pénétrer et d'y poser ses valises. Va t'il succomber au charme de ces ruelles et surtout se laisser happer par le tourbillon de vie qui s'y déroule ? Réponse aux prochains épisodes ...

salam Lacalo,

tu as du travail...il va falloir que tu identifies Baloo, cet irréductible marrakchi, philosophe antiguélizien, anthropologue de la médina...ne compte pas sur Ulysse qui profite du riad de la BAHIA...il a posé ses valises et contemple, ahuri, les beautés du palais de la belle...

la chambre pistache du riad de Issebtiyn:

après avoir traversé un patio entouré de colonnes mauresques à l'arcature blanche outrepassée, vous gagnez une double-porte à vantaux fermés par un cadenas...

Vous pénétrez dans une chambre dont la fenêtre est doublée d'un entrelacs de bois ajouré imitant les moucharabiehs...

Au-delà, un puits de lumière restitue la clarté des terrasses du toit...

Le plafond blanc de la chambre , creusé de zelliges rectangulaires, est éclairé de vasques de métal hélicoïdales, elles-mêmes ajourées et parsemées d'éclats de verres rouge et bleu.

L'éclairage donne au plafond et aux reliefs polylobés qui entourent les vasques une profondeur qui restitue les incrustations sculptées des zelliges(incrustations de couleur pêche sur fond blanc)...

Le grand lit de I60 cm est surmonté d'une tête de lit finement sculptée dont les motifs sont peints...

L'encadrement de la tête de lit est souligné de 23 porte-flammes de bois, la faisant ressembler à un soleil sculpté...

Sur les murs, à hauteur d'homme, une autre frise de zellige rompt la couleur (blanc/pêche)...

Au sol, des tapis berbères réchauffent les enduits des sols, vernis à la cire aux couleurs des murs...

une plinthe de briques longilignes et verticales protège les enduits muraux et rompt la ligne du sol pour se poursuivre dans la salle de bains, pêche et pistache dans les tadelaks...

La robinetterie ancienne, les vasques en cuivre, sont entretenues au citron et au papier-journal par Hafida, Hayat et Ghita, les cuisinières-femmes de chambre aux rires de gazelle et aux gateaux parfumés...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
une profondeur qui restitue les incrustations sculptées des zelliges(incrustations de couleur pêche sur fond blanc)...

Salam Tomas,

A cette description soignée de sa chambre, je vois qu’Ulysse met en application sa formation pointue sur les techniques et l'histoire de l'art !

Malheureusement, allongé sur son lit pistache, et prêt à s'endormir en rêvant à la similitude des formes entre les arabesques et entrelacs des dragons du Livre de Saint Chad et les calligraphies arabes, il s'est du coup égaré dans ses descriptions murales.

Car à la lumière de la photo du plafond, il ne me semble pas qu'il s'agisse de zelliges mais bien plutôt de plâtres ciselés ...

http://www.couleurs-marrakech.com/...m-gest-marrakech.htm

Les zelliges sont en effet des carreaux de céramiques émaillés, taillés pour constituer des mosaïques, comme cela semble être le cas sur la photo de la fontaine de son riad.

Mais je sens qu'une fois de plus, Ulysse va demander un droit à l'imaginaire ou à la fluidité du récit, pour ne pas dire à l'erreur ... et plaider la relaxe ...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
RA Raymond3 ·
Bonjour Ballo,

Je comptais scruter attentivement les carnets de tomas et essayer de le prendre à contre pied au cours de l'un de ses délires et je tombe sur ton texte qui me transporte dans l'apesanteur et le rêve d'une humanité fraternelle. Merci pour ces lignes pleines de chaleur.

A lire la suite des carnets de tomas et les interventions de ses complices d'un jour, je les trouve comme sublimés par tes propos qui en auraient posés le décor. C'est passionnant.

Je goûte ainsi le plaisr de la découverte de cette magnifique ville que je ne connais pas et j'ai l'impression d'en atteindre dans l'instant l'âme.

Je vais donc pour l'instant lire et m'imprégnier avant d'oser proposer mes propres commentaires.

Merci pour cette porte entrouverte sur le rêve.
TO Tomas3 Veteran ·
Merci pour cette porte entrouverte sur le rêve.

Ola Companero,

ca fait plaisir de retrouver ta plume avant un départ pour la Lycian Road...Je crois avoir rencontré Baloo lors de mon dernier séjour dans la ville rouge. Watson, qui est de ses amis, m'a dit que c'était un nouveau marrakchi et qu'il avait d'ailleurs quelques difficultés à obtenir sa carte de résident, malgré l'amour qu'il porte à la Médina...

Quant à la Bahia, je crois qu'elle voyage dans le Rif, à la poursuite des couleurs de Matisse...je souhaite qu'elle nous revienne bientôt, et je continue de t'entrouvrir sa belle demeure...

Les riads de Djerb Ben Kemmoun(5)

Bahia et Philippe ont d'abord acheté une grande maison traditionnelle, un Dar, dans la médina(vieille ville) de Marrakech, non loin de la mosquée Ben Saleh, de la Medersa( École Coranique) BenYoussef, et de la rue des Fondouks( hostelleries caravanières anciennes)

C'est un quartier tranquille et authentique où même les charrettes tirées par un bourricot parviennent difficilement.

Certes, en saison des pluies, le réseau de tout-à-l'égout n'est pas vraiment aux normes, mais Inch'Allah, il ne pleut pas aussi souvent qu'en Europe à Marrakech entre deux ramadans...

Le Dar acheté, superbe et fier, avec sa tour crénelée et sa terrasse, d'où on contemple l'Atlas enneigé, ils ont aussi profité de la restauration d'une maison en vis-à-vis pour investir celle-çi, un riad prêt à être décoré...

Ils l'ont décoré avec le plus de goût possible, faisant appel à l'artisanat local et c'est un bonheur d'être l'hôte de leur riad...

Clin d'œil à la saison sèche et chaude: une piscine chauffée sur le toit dans une vasque en céramique émaillée, des transats qui suivent la course du soleil, au sommet des terrasses de la vieille ville...

Aux entresols des deux maisons se faisant face, des cuisines avec chacune leurs cuisinières, Hafida et Hayat d'un côté de la rue, Ghita de l'autre côté, deux hommes: Ali et Si Mohammed, ce dernier fils d'une des cuisinières, qui servent de chauffeurs, de coursiers, d'interprètes, de concierges, de secrétaires, bref de tous ces métiers si utiles et si indispensables lorsqu'il s'agit de gérer deux établissements de onze chambres et le bonheur des clients...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Bon, un lit à deux places, confortable, spacieux La salle de bains aux carreaux verts attrayante et il est vrai que le décor est lui aussi agréable. Et puis, sur le gâteau ya une seule bougie, donc pas criblé par une multitude de minuscules trous d'épingles. Donc, on va se régaler.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
Donc, on va se régaler.

salam, Georges, tu ne crois pas si bien dire...tu viens faire un tour au souk des bouchers?

déjeuner de têtes de moutons au souk des bouchers(6)

Certes la cuisine de Ghita est variée, fruitée, épicée, colorée aux parfums d'orient et aux saveurs de miel et d'orange (particulièrement la soupe de concombre froide au jus d'orange) mais rien ne vaut la dégustation de têtes de moutons grillées au souk des bouchers de la Médina...

Quand, épuisés par plusieurs heures de piétinement à découvrir les souks des ferronniers, des tailleurs, des ébénistes, des graveurs de zelliges, des fabricants de lampes d'aladin, des malaxeurs de feutrine(sic...) vous cherchez désespérément à vous restaurer du côté de la place des Épices, demandez à Bahia de vous conduire au souk des bouchers...

Là, avec elle et conseillé par Tarik, vous choisirez les parties les plus tendres et les plus savoureuses d'une poitrine de mouton entre deux têtes grillées...

Tarik vous proposera de vous installer à la deuxième terrasse de son établissement, la terrasse pour touristes, au deuxième niveau, surplombant la place Jemaa el Fna...

Là, vous dégusterez à pleines mains les meilleurs morceaux choisis, avec galettes de pains chaud, blond et blanc...papier kraft pour essuyer la graisse de vos doigts...

Vous aurez soin de servir vos thés à la menthe tout au long de la dégustation...

On est le 9 mars, le ciel est totalement dégagé, l'Atlas totalement enneigé,

la météo métropolitaine annonce des -4° chaque matin jusqu'à la fin de la semaine...

Ne serai-ce pas l'occasion d'oublier l'enregistrement de votre vol retour?
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
Salam Tomas,

Ah je vois qu'Ulysse est allé au souk des méchouis, situé juste en face du souk des olives, place Jemaa El fna. Le mouton est cuit dans un four creusé dans le sol, derrière le comptoir où il est débité ensuite et vendu au poids ( 150 dh le Kg ) On peut choisir son morceau ! Et le déguster sur place ...avec les doigts ... Une viande délicieuse parfumée au sel et cumin. Un endroit très authentique, peu connu des visiteurs, et pourtant au coeur de l'endroit le plus touristique de Marrakech !
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
Un endroit très authentique, peu connu des visiteurs, et pourtant au coeur de l'endroit le plus touristique de Marrakech !

salam Lacalo, un autre endroit, que l'on trouve dans les guides celui-çi, mais qui vaut aussi le détour...

Médina Barbès ou Saint Tropez?

La complexité de la Médina tient à ce double aspect de la vieille ville lié à son passé, à son histoire, à son architecture urbaine...

Dans le fouillis des rues et des venelles, derrière les murs sans fenêtres, au-delà des portes cloutées, si vous avez le bonheur d'en franchir une, vous changez d'atmosphère, de siècles, de styles, de beautés...

Difficile de le dire avec des mots... pour remercier leurs hôtes qui les hébergeaient depuis deux jours, Ulysse et Pénélope avaient décidé de les sortir de leur riad et de leur offrir un dîner marocain...

Certes, ce n'était pas original, mais ils leur avaient laissé le choix des lieux...

Bahia et Philippe avaient élu le Foundouk, 55 rue Al Fassi, un restaurant installé dans les murs d'un ancien caravansérail, décoré de couleurs noires et blanches et dont la cour centrale, surmontée d'un dôme de verre, tenait désormais lieu de restaurant...

Les serveurs et les serveuses, vêtus de tuniques boutonnées haut de soie grège, avaient été vraisemblablement choisis pour leur beauté: ils officiaient par couple à chaque table, tandis que concierge, maîtres d'hôtel, de noir et de blanc vêtus, officiaient qui, à la porte principale, qui à la caisse centrale, ou dans les salles périphériques...

Ulysse et Pénélope et leurs invités continuèrent de briouates panachées à tarte de gambas, de pastilla de poulets à pastilla de fruits de mer, de soupe tiède à la tomate à tajine d'Essaouira, pour finir de mille feuilles au caramel et de salades d'orange...

Philippe avait commandé un gris de Mogador qui ne casserait pas les pinacoladas...

Le contraste était saisissant entre les rodéos de mobylettes et l'incessant ballet des charrettes à l'extérieur, et le calme, le luxe et la volupté des plaisirs du Foundouk...

Bahia était vêtue de noir, avec quelques bijoux d'argent...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
BA Baloo18 ·
La complexité de la Médina tient à ce double aspect de la vieille ville lié à son passé, à son histoire, à son architecture urbaine... Dans le fouillis des rues et des venelles, derrière les murs sans fenêtres, au-delà des portes cloutées, si vous avez le bonheur d'en franchir une, vous changez d'atmosphère, de siècles, de styles, de beautés...

Merci Tomas pour cet éclairage sur les foundouks.

Du rustique souk des méchouis, sur la nappe en papier journal , au sophistiqué et glamour Foundouk, tu auras, en mangeant, touché du doigt (surtout pour le méchoui !) la diversité de la médina.

A l'époque de leur construction, ces caravansérails accueillaient les caravaniers venus vendre leurs marchandises dans les grandes cités impériales. On en trouve de merveilleux également à Fes.

Très grands et très hauts batiments, aux larges porches d'entrée, ils comportaient, au rez de chaussée, un vaste patio central entouré de pièces accueillant marchandises et animaux et, à l'étage, des chambres pour les voyageurs. Une coursive reposant sur d'imposants piliers ceignait l'ensemble.

Au fil du temps les foundouks perdirent de leur utilité et tombèrent petit à petit en décrépitude. A Marrakech, on en voit des rues entières comme Dar El Bacha. Mais on en trouve aussi aux alentours de la mosquée Ben Youssef, comme celui où Ulysse a festoyé.

Le royaume en réhabilite de plus en plus et permet à des artisans d'y installer leurs ateliers. Certains revivent à l'initiative de particuliers comme ce magnifique restaurant.

Il a fallu un certain courage pour lancer une telle entreprise au coeur mal accessible de la Médina. Mais le bouche à oreille aidant, l'établissement est plein tous les soirs.

La restauration du batiment est exemplaire, ayant su allier la conservation des volumes et leur compartimentation lumineuse pour préserver l'intimité des convives.

De doctes et sentencieux tiers mondistes fustigeront devant vous la nouvelle colonisation de la médina par des occidentaux sans scrupules, avides de lucre et expulsant, pour des bouchées de pain, les authentiques habitants de la médina de leurs riads, pour les transformer en pompe à fric.

Bien sûr de tels agissements existent.

Mais, à l'opposé, combien il y a-t-il aussi d'amoureux passionnés de la médina ayant permis à des maisons de revivre et à des artisans de perpétuer des techniques traditionnelles.

La médina est hors du temps.

Elle est surtout de tous temps.

Sa magie attire, quels que soient son origine et sa culture.

La solidarité du quartier englobe le marrakchi de souche comme celui d'adoption.

La tolérance y est la règle. Oui, Raymond, on peut se prendre à y rêver "d'une humanité plus fraternelle".

Plus ouverte. Plus respectueuse des différences. Plus curieuse de l'autre.

Son dissemblable, donc son Frère.

Le marakchi de la médina, lointain descendant du locataire du caravanserail, aime ainsi, comme lui, se presser sur la place Jemaa El Fnaa. En cercle attentif, bon enfant et bon public, au coude à coude, il se délecte des conteurs ou des acrobates. Il se laisse prendre au boniment du vendeur d'amulettes.

L'européen qui le cotoie dans le dar d'à côté de son derb, regrette de ne pas connaître suffisemment le Darija pour comprendre ce qui se raconte.

Tous les deux vont ensuite s'assoir au flanc d'une gargotte pour déguster une portion d'escargots.

Le prochain repas d'Ulysse ?

A suivre
"Quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites !" Sapeur Camembert.
LA Lacalo Globetrotter ·
A Marrakech, on en voit des rues entières comme Dar El Bacha. Mais on en trouve aussi aux alentours de la mosquée Ben Youssef, comme celui où Ulysse a festoyé.

Le royaume en réhabilite de plus en plus et permet à des artisans d'y installer leurs ateliers.

Salam Baloo,

Pour compléter ta description et celle d'Ulysse sur les fondouks, qui font réellement partie du patrimoine de la médina, voici un article intéressant : http://www.couleurs-marrakech.com/numero9/histoire-secrete-marrakech.htm

Et quelques photos de fondouks, pour certains non encore réhabilités, " dans leur jus ", et ne manquant pas de charme !
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
Et quelques photos de fondouks, pour certains non encore réhabilités, " dans leur jus ", et ne manquant pas de charme !

Salam Lacalo la marrakchi,

c'est un plaisir de te suivre dans le quartier des foundouks...je suis sûr que tu en connais aussi un brin sur les hammams... d'ailleurs ce serait amusant de suivre Pénélope et la Bahia dans leurs bains maures...

Pénélope au hammam (8)

Les femmes du riad s'étaient concertées..pendant qu'Ulysse se ferait bronzer sur les terrasses face à l'Atlas, elles iraient au hammam de la rue Issebtiyn, Halifa, Bahia, Pénélope...

Halifa achèterait une dose de savon noir dans son pot de plastique, un gant de gommage Kessa, les filles prendraient leurs maillots de bains, quelques dirhams et vogue le tepidarium(pensait Ulysse)...

on entre au hammam comme on allait aux bains douches en métropole au siècle dernier...enfilade de salles basses où dans la première, on règle son écot à deux tenancières assises à même le sol...

on pénètre ensuite dans les salles chaudes et froides, bruissantes de femmes dénudées et d'enfants, de bassines de plastiques de toutes les couleurs...

l'eau chaude coule de robinets sur des sols de ciments et de pierres, on a quitté ses vêtements, les européennes ont gardé leurs culottes, mais la pudeur n'a pas cours ici...

hafida a promis à Pénélope le plus vigoureux des massages, elle y laissera ses peaux mortes, les poussières des venelles, le savon noir du souk la lavera plus que tous les shampoings traitants à l'huile d'argan et aux fleurs...

il faut dire qu'hafida met le cœur à l'ouvrage...Pénélope en reviendra la peau rêche et meurtrie, une cicatrice au flanc d'un ongle qui a dérapé, les cheveux humides des bassines déversées...

les enfants crient, les femmes échangent des regards, des paroles, elles rient de l'accoutrement des européennes(deux couches de vêtements pour ces dernières, cinq couches pour les habitantes du quartier)

propreté, gaité, curiosité, leurs peaux se sont frottées, leurs cœurs aussi,

les femmes loin des hommes sont comme des oiseaux...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉c'est la crise du logement sur ta dernière image...................... j'espère que le bassin est assez grand;
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
LA Lacalo Globetrotter ·
shampoings traitants à la graisse de phoque

A la graisse de phoque ?

Ulysse n'est pas très au parfum des produits de beauté féminins...

Car la graisse de phoque c'est bien pour l'entretien du cuir ... mais pas chevelu !

les femmes loin des hommes sont comme des oiseaux...

Ah ces lieux interdits aux hommes, comme ça peut les faire fantasmer ... Que peut-il bien s'y passer ?

Car il faut avoir pu pénétrer au cœur d’un hammam beldi, pour se rendre compte à quel point cet endroit est un véritable lieu de vie pour ces femmes marocaines.

Où on se retrouve, où on échange dans un brouhaha les derniers ragots, où on s'engueule parfois mais où le plus souvent on refait le monde et on rit.

Où la mère va pouvoir détailler l'anatomie de l'épouse qu'elle choisira peut être pour son fils.

Où on chante quand on prépare la future mariée à sa nuit de noces.

Ballet des seaux plastique multicolores

Lissage des cheveux après leur teinture au henné

Nourisson pleurant sous le massage au gant de kessa

Jeunes enfants jouant avec l'eau

Quels souvenirs pour ces jeunes garçons admis jusqu'à l'âge de 7 ans dans ce sérail !

Tout ce monde est soit assis parterre en pleine promiscuité, soit en mouvement pour cette farandole du remplissage des seaux.

Toutes ces femmes qui soignent leur corps dans ce lieu où la pudeur n'a pas de raison d'être ...

Oiseaux qui cacheront ensuite leur peau adoucie et parfumée sous leur djellabah pour rentrer dans leur nid...

Mais au fait ? Ulysse n'est pas allé dans un hammam pour hommes ?

Rien que pour nous raconter ...
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TO Tomas3 Veteran ·
"rien que pour nous raconter"

salam Lacalo,

je me doutais bien qu'après les foundouks, tu serais prolixe sur les hammams...à croire vraiment que tu accompagnais les trois filles... hélas, les jours ne se ressemblent pas et , ce matin, notre couple accumulait la malchance, ils n'atteindraient jamais les tombeaux saadiens...

Où l'on n'atteint pas les tombeaux saadiens malgré la meilleure bonne volonté...(9)

il y a certains sites à Marrakech qu'il vaut mieux visiter à l'aube ou au crépuscule sous peine d'être bousculé par les hordes de touristes en groupe...

Pénélope n'avait pas visité les tombeaux saadiens(incontournable des tours-opérators) ni les jardins Majorelle(autre incontournable)

Ulysse se ferait un plaisir de l'accompagner dans ces sites qui, il faut bien l'avouer, méritent le détour...

Il avait oublié deux contraintes: les caisses ferment à 11 h 30, les cars des tours-operateurs commencent leurs navettes dès 9 H 30...

Les déjeuners de la Bahia étant tellement copieux et aussi conviviaux, ils en avaient oublié l'heure, et, quand ils passèrent la porte Bab Agnaou pour rejoindre la rue de la Kasba, les grands bus blancs de Marmara, de Fram, et d'autres voyagistes récupéraient leurs troupeaux de touristes babyloniens...

il ne fallait plus espérer une visite ce matin-là: le caissier affichait « closed » carton retourné sur la vitre … Le palais Badi étant voisin, Ulysse tenta d'improviser un parcours inédit, sans guide, ils tournèrent derrière les anciens remparts dans la chaleur de midi sans déboucher sur le Palais au cigognes,

la visite improvisée par Pénélope d'un four collectif buta sur l'insistance de faux-guides...

il fallait rebrousser chemin...

Heureusement, un taxi passait par là: 85, avenue Mohamed V, ils retrouveraient chez Madame Adami, pâtissière depuis I987(sic) les délices de salades marocaines qu'ils affectionnaient le temps de midi...

il serait bien temps, après le thé à la menthe, d'aller déguster une coupe Majorelle (glace au miel et à la fleur d'oranger ) au salon de thé de la Fondation Pierre Bergé...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
salam Ulysse,

Je vois que notre spécialiste en architecture et ses promesses de faire découvrir à Pénélope l'histoire et la beauté de la ville rouge n'étaient qu'un prétexte pour venir y manger !

Car depuis le début, toujours point de visite monumentale, et je n'entends parler que de "bouffe" !

Voyons un peu :

chap 1 Ulysse arrive en voiture et repère aussitôt des étals de légumes dans une charrette chap 2 Après son bonneteau à Guéliz, Ulysse emène Pénélope chez Mme Alami manger des briouates chap 3 Ulysse, devant l'architecture intérieure de sa maison, rêve de diner et de petit déjeuner à sa table d'hôtes chap 4 De même, dans la description artistique de sa chambre, Ulysse parle de pêches et de pistaches et illustre ses propos par une photo de gros gâteau chap 5 Ulysse continue sa découverte du riad en s'étendant surtout sur ... les cuisines et rajoute cette fois une photo de tagine chap 6 Ulysse va dans les souks ... pour manger un méchoui chap 7 Ulysse va dans un fondouk ... pour y diner chap 8 Là, petite trève dans ce marathon gastronomique, Ulysse digère en faisant la sieste sur sa terrasse pendant le hammam de Pénélope. A quoi peut-il bien rêver ??? chap 9 Pas de tombeaux Saadiens, pas de palais el Badi. Non : taxi ! re-droit chez mme Alami ! pour y déguster cette fois des salades marocaines ...

Tout de même, je reste quand même un peu sur ma faim ... au niveau culturel !

Et je sens que, cette fois encore, il ne va pas avoir le temps d'aller visiter la médersa oubliée il y a quelques mois.

Il faut dire qu'il se méfie, car il avait même réussi à Fès à avoir une .... indigestion ... de médersas !!!!
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
excuse-moi, j'avais oublié de te joindre la photo du petit dèj. qui leur avait interdit l'accès aux tombeaux saadiens...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
Tout de même, je reste quand même un peu sur ma faim ... au niveau culturel !

Salam Lacalo,

tu réclamais des mises en bouche, et voilà qu'on parle déjà de desserts...mais oui, les plaisirs de la table peuvent très bien s'assortir d'une belle nappe et de beaux couverts...le plaisir des yeux en est décuplé...

Coupe de glace à l'orange et au miel aux Jardins majorelle(10)

On peut commencer la visite des Jardins Majorelle par une coupe de glace à l'orange et au miel, c'est selon votre heure d'arrivée.

Si vous choisissez le début d'après-midi, comme Pénélope et Ulysse après un déjeuner chez Madame Alami(pâtissière depuis I987), il est bien sûr plus agréable d'attendre la fin de votre promenade pour choisir de vous arrêter au restaurant du célèbre jardin...

Les parfums de la glace au miel et à l'orange viendront comme une cerise sur le gâteau au bout de la visite...

Il y a en effet comme une gradation des plaisirs à pénétrer dans ce parc à l'heure où le soleil est encore chaud...

Une fontaine à vasque vous repose d'emblée le corps et l'âme agités par la circulation de Guéliz... Vous parcourez des sentiers de pierre, à l'ombre de bambouseraies géantes, passant de cactus exotiques à mares de nénuphars, votre progression ponctuée de pots bleus et jaunes...

En début d'après-midi, les calèches ont emporté les touristes babyloniens, ne restent le long des allées, enlacés sur les bancs épars, que des couples d'amoureux qui ne vous verront pas...

Après un arrêt au mausolée de pierre de YSL, vous pénétrez dans une galerie à ciel ouvert dans une exposition de ses aquarelles sur le thème des Saisons: vous serez surpris de la modernité de ses compositions...

Une fois la cour aux aquarelles franchie, la boutique du Jardin est la halte indispensable pour dénicher le bijou ou la reproduction que vous cherchiez désespérément...

Disparue la collection de livres d'art : elle a réintégré le Musée, tandis que la belle Nadia est toujours en fonction...

Il est temps pour vous de gagner la cour intérieure du restaurant, ses frondaisons exotiques, ses ombrages et ses salons marocains...et ses serveurs empressés...

La coupe de glace aux oranges et au miel est alors un vrai délice...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
La coupe de glace aux oranges et au miel est alors un vrai délice

Ainsi le parcours gourmand d'Ulysse se poursuit... On pourrait même le qualifier de parcours des plaisirs des sens ...

Tant il cherche l'harmonie dans l'association des odeurs, des couleurs, des sons et des saveurs.

Et quel lieu peut mieux réunir tous ces plaisirs que le Jardin de Majorelle ?

Promenade sous les fleurs parfumées de la glycine de la pergola, émerveillement devant cette explosion de couleurs des peintures des murs et des pots complétant celles des fleurs de bougainvilliers, tout en écoutant les chants des nombreux oiseaux ... pour finir par une bonne glace aux oranges et au miel !

Quel épicurien cet Ulysse !
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
Et je sens que, cette fois encore, il ne va pas avoir le temps d'aller visiter la médersa oubliée il y a quelques mois.

Il faut dire qu'il se méfie, car il avait même réussi à Fès à avoir une .... indigestion ... de médersas !!!!

salam Lacalo,

tu es une muse impitoyable(de celles qui n'étaient pas répertoriées dans le catalogue des sept Muses...un peu comme Lilith dans un autre Livre Sacré...) eh bien, pour te faire mentir, voilà une page intitulée "goinfrerie", ce qui n'est pas loin "d'indigestion..".😉

Goinfrerie de Médersa(11)

Le soir venu, Pénélope et Ulysse rendaient compte à Philippe et Bahia de leur progression culturelle et de leurs découvertes dans la Ville Rouge...

Ils privilégiaient souvent les pâtisseries et les « lieux de bouche » aux incontournables...

Il faut dire qu'ils avaient eu l'occasion récente d'approfondir FES, et qu'après FES, il est difficile de trouver comparaison valant raison...

Ulysse, en vrai parpaillot, parlait même d' »indigestion de médersa »(ces écoles coraniques de l'An 1000 qui essaimèrent pendant cinq siècles au proche-orient au grand Maghreb...)

La Ba hia était outrée, elle qui voyait avec ravissement l'avancement des travaux de restauration d'une médersa de proximité(XII ème siècle) que l'on apercevait de ses terrasses...

Aussi, Bahia se proposa d'accompagner nos voyageurs à la Medersa Ben Youssef, ils ne pourraient pas refuser, ils auraient en prime la célèbre KOUBBA, sur son sol d'origine à moins cinq mètres du niveau de sol actuel)

Cette école coranique, la plus grande du Maroc, a été achevée au XVI ème siècle. C'est en effet un somptueux édifice magnifiquement restauré, où l'on apprend beaucoup sur les mœurs et les coutumes de l'Islam ancien, l'Islam de notre Renaissance, celui de la Reconquista...

Le guide Gallimard consacré au Maroc en fait une remarquable description (pages 90 et 91)

Ulysse et pénélope se laissèrent guider par la bahia, dont le regard ne laissait échapper aucun détail: la lumière des vitraux des tympans, les hauts-reliefs ciselés en forme de pommes de pin des stucs ciselés, le mobilier des chambres de l'étudiant des campagnes et le mobilier de l'étudiant-citadin, l'écriture cursive des sourates aux zelliges muraux...

salles de cours, salles d'ablutions, salle de prières(haram) Bahia n'eut aucune pitié pour le couple qui redoutait le syndrome de Stendhal....

Tout cela se termina par une pâtisserie fraîche coupée d'un thé à la menthe au Café des Épices, place des Épices...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
Goinfrerie de Médersa

J'ai tout de suite vu dans le titre : médersa ça commençait bien ... heureuse que j'étais de voir qu'Ulysse revenait à ses premières amours : l'Art !

Mais il y avait aussi : goinfrerie Vu ses fixations actuelles sur tout ce qui peut se manger ( salé, sucré, glacé, tout est prétexte pour se mettre à table ) j'ai pensé finalement que ce terme était aussi bien approprié.

Cependant l'association de ces deux mots était un peu plus surprenante... car nous sommes quand même déjà au chapitre 11, et c'est la première fois qu'Ulysse entre dans un monument de Marrakech. plutôt que goinfrerie, je penserais d'avantage à régime sec ...

C'est alors qu'on entend parler du syndrome de Stendhal.

Pour rappel, je transcris un extrait de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/...Syndrome_du_voyageur

Le syndrome de Stendhal se manifeste chez des personnes qui, exposées à une abondance d'oeuvres d'art, se retrouvent face à leur conception artistique et à la grandeur physique et morale des oeuvres. Il a été décrit par Ulysse qui le premier, en 2010, dans ses carnets de voyage, a fait la description de ce que lui même a ressenti en sortant de la médersa Ben Youssef à Marrakech.

" J'étais dans une sorte d'extase par l'idée d'être à Marrakech, et au voisinage des grands hommes dont j'aurais pu voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes donnés par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de la médersa j'avais un battement de coeur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber."

Ouh là là !

Tout ça après seulement sa première visite de monument !

Bon, il est vrai que cette médersa est un lieu de grande beauté, générant forcément une émotion forte, mais tout de même Ulysse a dû en voir d'autres.

Quand on poursuit la description de Wikipedia, on nous rappelle qu'il existe aussi le syndrome de Jérusalem, le syndrome de Paris, le syndrome indien, alors pourquoi pas finalement rajouter en plus le syndrome de Marrakech ?

Mais heureusement la vraie vie a vite repris le dessus, et Ulysse comme à l'accoutumée, s'est rué à la sortie sur ses pâtisseries favorites et son thé à la menthe ...

Ah quand même ... il a repris le dessus, nous voilà rassurés !
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
Mais heureusement la vraie vie a vite repris le dessus, et Ulysse comme à l'accoutumée, s'est rué à la sortie sur ses pâtisseries favorites et son thé à la menthe ...

Salam Lacalo,

j'apprends beaucoup à tes commentaires...il faudra que je travaille le syndrome de Jérusalem, après celui de Marrakech ou celui de Fès... mais la vraie vie dont tu parles, c'est bien dans les souks qu'il faut la chercher...

Découvrir les souks avec de faux-guides mais avec de vrais marrakchis (12)

Autant Bahia avait été remarquable dans la visite de la Médersa Ben Youssef, autant la visite des souks, sous la conduite de Philippe, son compagnon, fut un ravissement...

Visiter les souks le nez en l'air peut avoir un aspect sympathique si l'on aime l'improvisation et l'inattendu, visiter ces mêmes souks avec de vrais marrakchis comme le sont Bahia et Philippe a un prix à nul autre pareil...

Philippe avait pris la tête du groupe avec sa haute taille, mais, hasard ou coïncidence due à son physique, on le sentait se mouvoir comme un enfant du pays: ainsi quand il faisait corps à une camionnette livrant son béton Fontaine Moussaouine...

il avait l'œil et le compas pour assurer le passage de l'engin comme un toréador avec sa muleta...(sic...)

Courir les venelles, les ruelles, les passages des souks, c'est prévoir le passage du bourricot et de son chargement, du tricycle et de ses sacs de farine, déjouer l'embouteillage provoqué par deux charrettes se faisant face et se refusant le passage, assister à la négociation des deux conducteurs...

arbitrer le nettoiement du trottoir du bijoutier balayant ses ordures sur le trottoir du coiffeur...

Le plus charmant et le plus furtif est le moment de drague où, Fatima, voilée mais en jeans Diesel sur son scooter 125 cm3, s'arrête dix mètres après le sourire de SIMO et attend qu'il la rejoigne...

La Juliette motorisée et voilée du souk reprendra vite la maîtrise de son engin, dès le rendez-vous fixé avec le beau cousin...

Les clins d'œil de vie de la Médina, comme dirait Bahia, on ne peut les saisir que dans les souks où la vie grouille à tous les instants, même le vendredi, jour de repos sacré...

Bonheur des souks de Marrakech, comparés à tant d'autres souks, Faci ou mascati, ceux-ci sont aérés, propres, les allées larges et avenantes, les commerçants presqu'indifférents aux regards des roumi...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
ciao georges,

tu es parti pour un nouveau TDM étudier l'ostéopathie? des sirènes indiscrètes m'ont rapporté que tu naviguais actuellement dans des mers de sérénité...tu n'as pas reconnu ton peintre fétiche? Tamara de Lempicka (femmes au bain de 1929) j'ai trouvé que cette reproduction répondait bien au "bain turc" de Ingres(1862) qu'avait posté Lacalo...qu'en penses-tu? pour rester dans le ton, je vais t'infliger la poursuite des souks...inépuisable...

Design, marteaux à sucre et Coran de voyage(13)

Les 1439 sites hôteliers répertoriés à Marrakech par tripadvisor, et dont le descriptif s'étale par centaines sur Internet, trouvent l'essentiel de leurs décorations intérieures dans les boutiques des souks...

Pour un regard étranger, les souks pourraient paraître comme un immense bazar, et pourtant, des adresses prestigieuses de designers, de ferronniers d'art, de céramistes, d'ébénistes, des antiquaires, ont choisi de poursuivre leurs activités là où l'histoire de l'artisanat d'art de Marrakech se perpétue...

Pas faciles à dénicher, les belles adresses se mêlant aux adresses de diffusion, il fallait la patience et la curiosité de Philippe et de Bahia pour mettre un numéro ou franchir une porte...

Connus des propriétaires des lieux, ils y sont d'ailleurs reçus comme des clients fidèles...

Le design: l'école de design marrakchi a depuis longtemps assimilé les tendances italianisantes ou japonisantes du design contemporain: poteries, céramiques, miroirs, ferronneries, pourraient être exposées dans n'importe quelle cité du design...

Une corporation résiste encore: les antiquaires...

Spécialisés dans le mobilier ou les pièces d'exception pour une clientèle particulière à fort pouvoir d'achat(suivez mon regard....du côté de Djeddah...) ils peuvent se permettre d'afficher de somptueuses céramiques ou des marteaux à sucre bijoux, à côté de Coran de Voyage du XIX ième siècle...

Les prix ne sont plus à la portée des clients des tour-operators, les objets acquis meubleront une somptueuse demeure derrière une porte cloutée...

certes, les copies de beaux objets commencent à apparaître sur le marché, mais les importations indonésiennes ou indiennes ne sont pas monnaies courantes...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Ah là là !!!! ces sirènes bavardes !!! Ce ne sera pas un TDM, mais promis, je ferai des photos quel que soit l'endroit. Peut-être les châteaux en Touraine à visiter. çà change des voyages au bout du monde et notre France est si belle.

Magnifiques tes photos, le scarabée a retenu mon attention, vu que c'est aussi l'insecte fétiche en Egypte. Je vois que tu en as encore en réserve, des beautés à nous faire voir. Je connais les souks de Tunis, donc, ceux de Marrakech ne me laisseront pas indifférent si je vais au Maroc. Mais je vois que la moindre babiole vaut de l'or............ Donc, ce sera le plaisir des yeux.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
LA Lacalo Globetrotter ·
Pour un regard étranger, les souks pourraient paraître comme un immense bazar

Salam Tomas,

Je vois qu'Ulysse cette fois s'est lancé à l'assaut des souks, peut-être entrainé malgré lui par Pénélope ? Car il est difficile de résister, encore d'avantage pour une femme, à l'attrait de ces lieux magiques.

Ce foisonnement de lampes, de tapis, de babouches, de poteries, de tissus, de vanneries, de bijoux est bien surprenant, et quelque part un peu fascinant. Et son étandue impressionnante, car ces souks de Marrakech sont tentaculaires ( et encore, les potiers et les tanneurs ont dû migrer à l'extérieur !)

Classiquement regroupés par corporations, ils s'intriquent de plus en plus, au fur et à mesure qu'on se rapproche des lieux touristiques tels que la Place Jemaa El Fna.

Mais le plus intéressant, je trouve, c'est la partie la plus profonde, la plus cachée à l'arrière, où on peut admirer la dextérité de tous ces artisans qui arrivent à façonner tant de jolis objets dans le fond d'un sombre cagibi. Quelle activité ! que ce soit chez les ferroniers, les maroquiniers, les teinturiers et autres métiers. L'âme de ces souks est là !

Et puis vers les sorties, on traverse les marchés aux légumes, aux poissons, aux viandes si animés et colorés le matin, ceux des olives des épices.

Les souks restent au Maroc ce formidable lieu de vie et d'échanges. On retrouve d'ailleurs la même fébrilité dans ceux des campagnes, hebdomadaires le plus souvent, qui déplacent toutes ces populations environnantes, et qui ont aussi tant de charme.

Alors les souks de Marrakech, pièges à touristes ? Peut-être ... quand on reste à proximité de la place... Où les commerçants attendent les cars de vacanciers, venus faire leur excursion de la semaine, en ayant peur de se perdre ou de marchander...

Mais dès qu'on s'en éloigne, quel plaisir des yeux, comme ils se plaisent tant à le dire !

NB Ajouter des photos sans qu'on sache ce que c'est, du pays ou pas, c'est confusant !😉 Pourquoi ce scarabée égyptien ? car on est en médina marocaine , et j'aurais d'avantage vu un cafard ... 😏
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
salam Lacalo,

j'ai l'impression de visiter les souks avec toi...

feutrines, zelliges et ferronneries(14)

« on peut admirer la dextérité de tous ces artisans qui arrivent à façonner tant de jolis objets au fond de leur sombre cagibi... »

Aujourd'hui, les offices de tourisme métropolitain offrent à leurs adhérents d'aller visiter des lieux d'artisanat ou de création d'art ou d'objets d'art, verreries, potiers, tanneries, carrières de marbre...et j'en passe...

dans un souk, les « ateliers » se découvrent à l'ombre « d'un cagibi »...certaines activité curieuses au détour d'une allée: on découvre ainsi que la paire de charentaise ou de babouche est lavée et malaxée à la main, tordue et retordue avant de trouver sa forme définitive de bonnet de feutrine...

On regarde les doigts et les mains de l'artisan-feutreur et l'on s'étonne que ses articulations et ses mains ne soient pas mieux protégés(regard d'européen sur ces hommes qui abiment leurs corps et leurs membres dans leur métier...)

Le petit ferronnier n'a pas quinze ans, noir de suie et de transpiration, il s'agite et s'affaire à ses tâches avec un beau sourire, jamais seul, entouré de ses pairs plus âgés...on devine, dans la découverte de ces métiers, que s'exerce une profonde solidarité au quotidien:

on y vit, on y mange, on s'y repose, on apprend les rudiments de son métier, on le transmet aussi...

Autre métier rare:le graveur de zelliges: lui, il est tout seul au fond d'un appentis de 2m x 1m... les plaques de zelliges s'entassent autour de lui...

sous la plaque d'émail, à l'aide de son marteau et de son burin ou de son stylet, il fait surgir de belles lettres cursives ou des reliefs floraux, entre deux éclats de céramiques émaillées...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
Autre métier rare:le graveur de zelliges: lui, il est tout seul au fond d'un appentis de 2m x 1m... les plaques de zelliges s'entassent autour de lui...

sous la plaque d'émail, à l'aide de son marteau et de son burin ou de son stylet, il fait surgir de belles lettres cursives ou des reliefs floraux, entre deux éclats de céramiques émaillées...

salam Tomas,

Une petite précision : en fait il y a deux façons d'utiliser les zelliges : - découpe des carreaux pour leur donner différentes formes afin de composer des mosaïques, avec pièces assemblées à l'envers - excision des carreaux en enlevant une partie de l'émail pour laisser apparaitre un motif

On peut voir ci dessous des photos de la médersa Ben Youssef qui possède une frise de zelliges excisés et au dessous une mosaïque. Ce sont deux techniques distinctes et une fois terminé, les effets sont très différents.

Qu’est-ce que le zellige ?

Le zellige est un élément d’architecture maroco-andalouse qui a su parfaitement s’adapter aux styles de décoration contemporains tout en préservant un mode de fabrication artisanal. Le zellige est une technique qui permet de fabriquer des mosaïques grâce à l’assemblage de petits morceaux de céramique liés par du ciment. La caractéristique principale du zellige est que les dessins sont exécutés à l’envers (voir la réalisation de la mosaïque). Les mosaïques ainsi réalisées, servent de décoration pour les mosquées, les fontaines, les maisons et le mobilier.

Histoire du zellige :

Apparu au Maroc au Xème siècle dans des nuances de blanc et de brun, l’art du zellige s’est développé au XIVème siècle sous le règne des Mérinides, avec l’utilisation du vert, et du jaune. Le rouge ne sera utilisé qu’au XVIIème siècle. Les décorations anciennes aux teintes naturelles ont été utilisées jusqu’au bout du XXème siècle et les couleurs n’avaient probablement pas beaucoup évoluées depuis la période des Mérinides. Aujourd’hui, la palette des couleurs du zellige s’est particulièrement enrichie en couleurs vives.

Réalisation des carreaux d'argile :

La matière première pour réaliser des carreaux de céramique est l'argile grise. Celle ci est présente dans les environs de Fès. Elle est mélangée à de l'eau dans des bassins pendant une semaine afin d'obtenir un ensemble bien homogène. Cette pâte obtenue est ensuite coulée dans des gabarits (moules en bois) pour obtenir des carreaux d'argile qui vont sécher pendant plusieurs jours au soleil.

Réalisation de la céramique :

Une face des carreaux d’argile est trempée dans la couleur puis séchée face contre face avant de passer à la cuisson pour une durée de huit heures. Les fours sont composés de deux parties : le foyer et la chambre de cuisson. Les murs du four sont réalisés à partir d’argile et de paille. Le combustible utilisé est l’olivier pour démarrer le four et ensuite le déchet des olives pressées venant des huileries sert de catalyseur (est une substance qui augmente la vitesse d'une réaction chimique). La température peut ainsi monter jusqu’à 1200°C. Le sol de la chambre de cuisson est situé au dessus du foyer et est percé de plusieurs trous permettant la diffusion de la chaleur. Les carreaux d’argile sont disposés en plusieurs étages. Au niveau du premier étage se trouvent les couleurs froides (blanc, bleu, beige) puis à mi-hauteur le jaune, le vert et enfin le rouge tout en haut. La chambre de cuisson est alors fermée par une porte en terre scellée à l’argile. Une fois cuite la couleur des carreaux a pris sa teinte finale et est devenue resplendissante grâce à la silice.

Les carreaux en céramique sont maintenant prêts à être utilisés pour le zellige.

Réalisation de la mosaïque :

Des ingénieurs préparent les dessins qui serviront de modèles aux zelligeurs. Ces dessins expliquent également les différentes formes à découper dans la céramique (carré, étoile, losange, forme arrondies, …). La découpe des formes est effectuée par trois ouvriers. Le premier trace les dessins sur le carreau de céramique à l’aide d’un petit pinceau. Le deuxième découpe la forme à l’aide d’un marteau spécial et enfin le troisième assure la finition en la biseautant. En général, la forme d’un bout de céramique est associée à une couleur pour un modèle. Ceci permet aux zelligeurs de repérer la couleur car ils travaillent à l’envers. Pour les modèles où plusieurs couleurs peuvent être associées à une forme, ils peignent le dessous de bout de céramique pour se repérer.

Tout d’abord, le zelligeur doit réaliser le cadre ou le moule de son modèle sur le sol. Ce cadre est généralement réalisé en fer.

Ensuite le zelligeur pose les formes selon le modèle à réaliser.

Les bouts sont maintenus entre eux par une légère couche de ciment dans un premier temps.

Une fois le travail achevé, du ciment est coulé sur le zellige dans lequel seront noyées des barres de fer servant à solidifier l’ensemble.

Une fois séché, il ne reste plus qu’à retourner l’ensemble ! Pour les grosses pièces telles les portes de mosquées, on découpe en plusieurs morceaux la mosaïque que l’on numérote et qu’on rassemblera une fois sur place comme un puzzle.

Zellige excisé : Un panneau de zellige est souvent surmonté d’une frise florale ou calligraphiée en zellige dit " excisé ". Le dessin est reporté au pochoir sur le carreau entier et l’artisan à l’aide du même outil que pour la découpe fait sauter l’émail des surfaces marquées. Le dessin ressort brillant sur le fond mat de la céramique brute.
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
salam Lacalo,

on sort des souks...au delà du souk des potiers et des ferronniers, là où çà bouge, où macons et carreleurs, charpentiers et vernisseurs s'activent derrière de hauts murs pour permettre l'ouverture prochaine d'un nouveau palais...dans la rue El Bacha...la rue des belles boutiques d'antiquaires...

Delacroix en dessin et en aquarelle numérotée:(15)

les quatre promeneurs étaient sortis des souks, à l'ouest de la Médina, là où les rues se font plus larges et permettent l'accès des voitures...la rue El Bacha décline quelques belles boutiques d'antiquités...capharnaüm pour portefeuilles bien remplis, mais capharnaüm de belles choses que des vendeurs courtois et savants vous commentent selon votre gré... dans cette boutique, il y avait, au delà d'un dessin de Delacroix (cf.photo) et d'une aquarelle numérotée du même peintre, des esquisses collection de l'antiquaire(sic...) non offertes à la vente...

la conversation s'engagea avec l'antiquaire qui observa que Delacroix n'était jamais parvenu jusqu'à Marrakech, malgré ses représentations de cavaliers et de nomades, qu'il n'avait jamais peint la porte Bab El Agnaou, que cette peinture était d'un certain Maurice Romberg, et qu'il n'avait jamais vu cette porte peinte avec des têtes de suppliciés...

Ulysse poursuivrait ses recherches...il avait vu dans les collections privées de Bahia un ouvrage de Christine Peltre sur "les Orientalismes"...ouvrage qu'il consulterait ce soir avant la tagine aux pruneaux, derrière l'ordinateur de Si Mohamed, le concierge du Riad

il ne faudrait pas que les coteaux de Meknès embrument ses esprits, il serait capable de confondre un Vase Gallé aux motifs arabisants avec une vase "style arabe" de la Manufacture de Sèvres...

Il rêvait du catalogue de la collection Khalili...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
la conversation s'engagea avec l'antiquaire qui observa que Delacroix n'était jamais parvenu jusqu'à Marrakech, malgré ses représentations de cavaliers et de nomades, qu'il n'avait jamais peint la porte Bab El Agnaou, que cette peinture était d'un certain Maurice Romberg, et qu'il n'avait jamais vu cette porte peinte avec des têtes de suppliciés...

Arrivé à Tanger le 25 janvier 1832, Eugène Delacroix disait : « Je suis comme un homme qui rêve et qui voit des choses qu’il craint de voir lui échapper ».

Ces nectars issus des coteaux de Meknès auraient-il eu aussi des effets imprévus chez Ulysse ?

Ces suppliciés ont-ils vraiment un jour été représentés devant Bab Agnaou ?

J’ai eu beau rechercher sur les sites internet je n’ai trouvé aucune évocation de cette œuvre.

Mais quelle importance finalement ?

Je suis bien certaine que la simple contemplation de cette porte, même représentée par un autre peintre, comme Maurice Romberg, suffit à Ulysse à élaborer son œuvre imaginaire.

C'est la force évocatrice de cette peinture orientaliste qui ouvre la porte à la flânerie, à la lumière, à la douceur...au rêve ...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
TO Tomas3 Veteran ·
"C'est la force évocatrice de cette peinture orientaliste qui ouvre la porte à la flânerie, à la lumière, à la douceur...au rêve ..."

c'est amusant, Lacalo, au gré de tes recherches, voilà que tu découvres les célèbres "pages-tapis"...

elles étaient arrivées chez la Bahia sous forme d'un livre illustré de Christopher de Hamel, mais, plus prosaîquement, chez les moines irlandais au premiers siècles de l'ère chrétienne...

elles essaimèrent en Europe, aux premiers siècles du christianisme, d'abord chez les wisigoths qui les diffusèrent, puis dans les scriptoria de l'europe du Nord...

ta sagacité avait observé des coincidences dans les calligraphies irlandaises et les calligraphies arabes...

sans remonter jusqu'à Marie-Madeleine ou à l'apôtre Jacques dont on connaît les périples légendaires du Moyen-Orient en Provence ou en Galice, on peut penser, mais tu vas sans doute le trouver, que l'évangélisation de l'Irlande aux premiers siècles, fut l'oeuvre de prosélytes moyen-orientaux, apportant avec eux leurs techniques et leurs coups de mains(cf.les "entrelacs" wisigoths que l'on trouve en Espagne et dans le Sud de la France...)

d'où cette curiosité que l'on trouve dans la peinture, la sculpture et aussi dans l'orfèvrerie...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
Je connais les souks de Tunis, donc, ceux de Marrakech ne me laisseront pas indifférent si je vais au Maroc. Mais je vois que la moindre babiole vaut de l'or............ Donc, ce sera le plaisir des yeux.

Oui, la moindre babiole d'antiquaire ... qui n'est pas toujours antique d'ailleurs ... Il parait qu'ils font même parfois des faux Delacroix ...

mais la multitude d'objets d'artisanat exposés sont pour la plupart bon marché. Même si tu es mauvais au marchandage ça reste bien en deçà des prix pratiqués en France. Et puis ta femme serait heureuse que tu l'emmènes là bas, que tu lui achètes un collier d'ambre ou un brûle parfum ...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Je pense aussi que si c'est comme en Egypte, ils doivent aussi faire des parfums. Mais si je vais au Maroc, ce sera surtout pour visiter le sud marocain. voir le désert, les oasis, et l'Atlas.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
LA Lacalo Globetrotter ·
ils doivent aussi faire des parfums.

Bien sûr qu'il y a des parfums ... Il n'y a certes pas le célèbre parfum d'Oman, Amouage qui tendait la main à Ulysse qui avait pourtant su bien résister, on ne sait pourquoi ...

Mais ici il y a surtout beaucoup de contrefaçons ...à 49 dh (4.5 €), très pâles copies de nos grandes marques., mais qui ne trompent personne. Et les vrais faux parfums, dans les vrais faux emballages qui eux, essaient de tromper.

Mais plutôt que les parfums, mieux vaut s'enivrer les papilles avec les odeurs des épices, aussi ensorcelleuses que celles des parfums et celles là bien vraies, et avec quel choix !!!
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Ah oui, les épices.......... Je suis allé au marché aux épices à dubaï des rues entières de toutes sortes. Mais si tu viens chez moi, côté hyères, vieille ville, tu as aussi le parfum des épices , boutiques tenues par des Arabes. qui se mélangent avec celle de nos savons de Marseille, et des sachets de lavande. c'est le sud On dirait le sud
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
tu as aussi le parfum des épices , boutiques tenues par des Arabes. qui se mélangent avec celle de nos savons de Marseille, et des sachets de lavande.

ciao Georges... ton souk a l'air bien approvisionné...c'est pas comme celui de Lacalo...c'est incroyable le nom des pharmaciens du souk...tu as vu son avatar? tu me diras, mon dentiste porte aussi un drôle de nom....

http://www.academiedentaire.fr/membres/585-pierre-machtou
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
Loiseau, Decasse, Oliver ...

Ulysse a t'il testé ce lieu de haute gastronomie, rue Dabachi à Marrakech ? Lui qui semblait beaucoup préoccupé par ce qu'il y avait dans son assiette lors de ce dernier séjour ?😉
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
AR Arrawak Globetrotter ·
😉et il s'appelle comment ton dentiste? Dentier? malaudent? carrie? roulette?amalgame? ciment? couronne?céramique? racine? que sais-je encore😏😄😎😉
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
AR Arrawak Globetrotter ·
tu as aussi le parfum des épices , boutiques tenues par des Arabes. qui se mélangent avec celle de nos savons de Marseille, et des sachets de lavande.

ciao Georges... ton souk a l'air bien approvisionné...c'est pas comme celui de Lacalo...c'est incroyable le nom des pharmaciens du souk...tu as vu son avatar? tu me diras, mon dentiste porte aussi un drôle de nom....

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Bonjour à tous ARRAWAK
LA Lacalo Globetrotter ·
au Maroc, les couronnes sont -elles en or?

Mon cher Georges,

Bien sûr qu'elles sont en or ! Si tu viens te remarier un jour au Maroc, il faudra casser ta tirelire : 7 tenues à offrir à te tendre et couronne en or ! Sans compter le repas et tout le reste ... Sur deux jours...

Cérémonie du mariage :La veille de la cérémonie du mariage : bain maure - massage relaxant à l'huile d'argan ou produit cosmétique Nekkacha tatouage au henné sur les mains et pieds de la mariée selon coutumes et traditions marocaines. L'après-midi : Negaffa habillera la future mariée de différentes tenues de toutes beautés 7 tenues traditionnelles et différentes toutes aussi belles les unes que les autres : Caftan, takchita fassia, berbère, sahraoui, jablia et andalousia. Elle ornera la future mariée de bijoux et couronne en OR et accessoires appropriés. Elle la maquillera d'un maquillage spécial de circonstance avec les produits et plantes naturelles du pays. Le futur époux s'habillera aussi avec des tenues traditionnelles marocaines (Djellaba, Gandoura, Jabador et Babouche) Le transport de la mariée jusqu'à l'enceinte du lieu de la cérémonie se fera par Ammaria ou tayfour accompagnée par des Zaghratate et Tabbala et Ghiyata Nuit de noce : Animation par divers orchestres de réputation et troupes folkloriques (Zayane de l'atlas : Rouaiss du sud, Oulad sidi hmad o moussa, Guedra du sahara, Tissent kelaa m'gouna de ourzazate, Haha d'Essaouira, Dakka marrakchia avec Nfafer, Gnaoua, Abidat Rma, Tabbala et Ghiyata, Fantasia, Zaghratate, Danseuse orientale, Dj pour faire danser les convives à la fin de la cérémonie du mariage, Dîner de noce : Pastillas aux fruits de mer, Pastillas aux amandes et poulets , Agneau Méchoui , couscous royal , tagine viande aux amandes et pruneaux, tagine viande aux 7 légumes, tagine de poulet avec olives et citron, limonades, eaux minrales et gazeuses;jus tous genres ou buffet royal : variété de salades, méchouis, poissons, pastillas aux fruits de mer, pastillas aux amandes et poulets, tagines de viande aux amandes et pruneaux, tagine aux 7 légumes, pied de veaux et pois chiches, brochettes, viande hachée, corbeille de fruits de saison et exotique, gateaux glacés, jus, limonades, eaux gazeuses et minerales tous genres

Fruits de saison et exotique, thé à la menthe avec pâtisseries marocaines et internationales et gateaux glacés

Pièce montée : 5 étages

Cortège de voitures pour la tournée nocturne en ville pour accompagner les mariés à leur résidence Cérémonie de sebbahia :Le lendemain de la cérémonie du mariage : Petit déjeuner à la marocaine, thé à le menthe, argane, amlou, miel, huile d'olive, msammane, harcha, baghrir, mlaoui, Razzat alkadi, sellou, chabbakia, dattes, lait, oeufs durs, oeufs aux plats. Animée par Folklore marocain (Dkaykiya, Tabbala et Ghiyata...)
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AR Arrawak Globetrotter ·
😉Je verrai celà pour les noces d'or.......... Très tentant ce mariage, je fai quoi, j quitte ma femme et je me remarie, Ou je me marie encore avce la même? Suis preplexe
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
"abord sympathique, on peut lui confier sa denture"

je n'en suis pas si sûr, mon vieux Georges, tu comprendras quand tu découvriras la tête de sa dernière cliente en pièce jointe...😛
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
LA Lacalo Globetrotter ·
Je verrai celà pour les noces d'or.......... Très tentant ce mariage, je fai quoi, j quitte ma femme et je me remarie, Ou je me marie encore avce la même?

Là je ne peux pas répondre à ta place.... En tous cas vu ton jeune âge, tu as encore de nombreuses années devant toi avant d'atteindre les noces d'or. et de quoi économiser pour acheter même plusieurs couronnes d'or ...
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