Pour ma part, les guides me servent beaucoup. Vraiment beaucoup. Je développe:
dans un premier temps, je choisis de préparer mon voyage en hiver. Parce qu'en hiver, c'est agréable de squatter à la fnac.... où il règne un climat merveilleusement tempéré. j'y choisis de préférence le Lonely Planet (ceci est une donnée à insérer dans un futur post "pour faire parler les bavards") parce que: ça fait bien, de feuilleter le LP dans les rayons de la fnac entre le Davidchico et le Polocolo, ça marque tout de suite la différence... et j'y puise des idées pour mon profil ensuite, au moment d'acheter..... je m'accorde un délai de réflexion: Epais mais pas bien grand, le LP pour servir d'oreiller une fois enveloppé dans une veste...
Je migre donc, du rayon "Voyages" au rayon "Sociologie"..... (j'y arrive assez bien sans guide) où je me mets en quête (Aaaaah, la quête du Quêteur en quête de quête!!!! tout un traité qui reste à être écrit!) de la "difficulté du quidam dans un monde qui lui est intolérablement favorable" un pavé (oui, bon, c'est pas gagné côté oreiller) écrit par le collectif "Bourdiouuuu, Edgarez-vous!" et qui a été repris, scindé en deux cent soixante-treize fascicules sous des noms très divers. J'ai beau feuilleter, je ne trouve toujours pas ce que je cherche.
Entretemps, le printemps est arrivé et je me demande si je ne vais pas laisser là ma soif de rêve, et de compréhension. Mais soudain un livre m'appelle. oui oui oui! Il était là, sur un rayon, à m'attendre! "Le Marcheur, tome 1". J'ai freiné des quatre pattes (le printemps attendra) et j'ai arraché cet ouvrage de l'étreinte des autres bouquins. Page de garde, rien. Magnifique! Enfin quelqu'un qui n'appâte pas, quelqu'un qui ser réserve pour la concentration du récit! Page 10, 11, 12......rien......jusqu'à la page 125... rien. Ah! HA! Qu'est-ce???
J'ai trouvé! J'ai trouvé: le plus important pour lui, c'est l'interlocuteur. Mais oui! L'interlocuteur interloqué, quoi de plus loquace? Mais non! le loquace, c'est l'auteur, l'auteur en titre, le marcheur! Donc l'interlocuteur.... c'est celui qui écoute... qui attend.... qui espère.
Et le marcheur, je l'ai finalement croisé en me dirigeant vers l'escalier de sortie, avant que l'été ne laisse place à l'automne: les deux pattes dans le plâtre, les bras qui tricotaient entre les béquilles à maintenir et le bouquin à parcourir, il feuilletait un Atlas de Noël.
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"