Par les temps qui courent, cette question peut paraître déplacée ou inopportune. Mais il arrive que l’on mette ses soucis de côté à certains moments de la journée. Le matin, par exemple, si lorsqu’on ouvre ses volets le soleil brille ou si notre radio préférée diffuse une mélodie que nous aimons bien. La voix familière, au téléphone, d’un proche ou d’un ami peut aussi vous redonner du baume au cœur. Mais, si vous avez la chance d’avoir un petit jardin ou une terrasse avec des jardinières, mettez des soucis. Ce sont des fleurs qui vous feront oublier facilement vos tracas, vos soucis quotidiens (a).
Les soucis, qui se plaisent partout où ils peuvent bénéficier d’un ensoleillement suffisant, sont à semer au début du Printemps pour une floraison au début de l’été. Mais sous climat doux, les soucis peuvent décaler leur floraison d’une saison et montrer leurs fleurs au Printemps. De couleur jaune ou orange, les soucis restent fleuris jusqu’à l’automne. Il faut par contrer ne pas oublier de supprimer les fleurs fanées.
Les soucis sont des fleurs ambiguës. D’une part, elles symbolisent l’inquiétude et le chagrin mais, d’autre part, elles portent chance. Nos ancêtres convoqués au tribunal n’oubliaient pas de glisser un souci dans leur poche pour favoriser la clémence des juges…La mythologie raconte ainsi la naissance du souci : un berger était amoureux du soleil, au point qu’il ne se résignait pas à le voir disparaître derrière les nuages. Il en ressentait à chaque fois une intense tristesse et finit par en mourir de détresse. Alors Apollon, ému par tant de chagrin, le changea en fleur. Une fleur aux forts besoins d’ensoleillement, à l’image de ce pauvre berger amoureux du soleil (b).
Les fleurs jaunes du souci avaient la réputation de soigner…les jaunisses. C’était logique et relevait de la simple similitude des teintes. Pourtant, curieusement la médecine est venue confirmer cette croyance : la fleur du souci favoriserait réellement la sécrétion biliaire. D’autre part, mélangée à de l’alcool à de l’alcool à 70° la teinture de souci était employée naguère pour faire disparaître les verrues et calmer les piqûres de moustiques.
Le souci sauvage –Solsequium (qui suit le soleil)- indique bien sa relation avec l’astre du jour. En effet, le souci sauvage s’ouvre aux premiers rayons du soleil et se ferme en fin d’après-midi. Comme tant d’autres fleurs, il a son horaire particulier qui le fait participer à «l’horloge de la nature».
Un conseil pour faire un bouquet de soucis: ôtez les feuilles du bas, couper, marteler et fendre l’extrémité des tiges avant de les plonger quelques heures dans l’eau fraîche.
Alizés
(a) il est possible de s’en procurer même dans une jardinerie et de les replanter maintenant.
(b) Plus nombreux sont les bergers qui tombent amoureux de Vénus, appelée aussi l’étoile du berger…
Serge Gainsbourg « Valse de Melody » :
http://youtu.be/ZcBklNx4DQA
et « Ballade de Melody Nelson » :
http://youtu.be/cIDuE4U_fZg
F.B
" En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout ". Albert Camus (extrait de "Le Mythe de Sisyphe")
Cueillir un iris plein de larmes, et une mélancolie...
Se piquer le doigt aux épines de la vie en rose...
Un peu, beaucoup, passionnément... détacher un à un les pétales de la marguerite pour qu'il ne reste que pas du tout !
Se faire du mouron, un peu, beaucoup... et se jeter dans la gueule de loup.
Cultiver les pensées noires, et chercher sans le trouver un trèfle à quatre feuilles...
Sentir le sapin...
Mettre en gerbe et attacher avec une racine de pissenlit.
Pour se libérer des Soucis,
Eviter les Cactus urbains
Et d'y cueillir des Tue-lipes qui se fanent toujours
Pour ne pas gouter aux trompettes de la mort
Eviter le Lierre grimpant des Pensées néfastes
Et les Lianes sournoises des contraintes sociales, pour ne pas finir en Saule pleureur
Et ne pas avoir à déposer de Gerbes parmi les Ronces de la "civilisation"
Choisir des Chênes qui n'emprisonnent pas
Un Bouleau sain qui ne t'envoie pas dans les Platanes
Et trouver le Hêtre qui ne Peuplier
Transformer les Orties pour en faire des soupes
Respecter les soit disant mauvaises Herbes
Qui font pourtant pousser bien des Rosiers
Multiplier les Pins, et replanter des Arbres fruitiers
Sans croquer la mauvaise Pomme
Là où le désert de sable ou de béton a voulu s'imposer
Saluer l'Arbre des trottoirs qui va chercher la vie sous le bitume inerte des hommes
Respirer la Forêt primaire loin de la Jungle des cités
Cultiver son jardin secret
Sans le tondre à chaque printemps
Franchir les Haies d'honneur
Pour mieux savourer les clairières tranquilles
Laisser les plantes sauvages s'élever vers le ciel
Aller regarder les Edelweiss
Sur les sommets où les Cris en thème n'auront jamais lieu
Et s'en aller la Fleur au fusil
Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est le chemin tracé par la nature
Si l'iris laisse couler 1 larme, il faut penser que c'est 1 larme de joie. C'est, d'après l'excellent ouvrage "Le Langage des fleurs" (*), le symbole des heureuses nouvelles !
L'ancolie évoque la folie et, c'est bien connu, les fous sont les êtres les + heureux puisqu'ils ne savent pas qu'ils sont fous ! Un peu de folie d'ailleurs, c'est pas mal face à tous ceux que l'on croise et qui se prennent 1 peu trop au sérieux.
L'important, même si la chanson dit le contraire, ce n'est pas la rose mais son bouton.
C'est si agréable de le voir s'épanouir et d'attendre qu'il nous délivre son fin odorat.
La marguerite symbolise l'innocence. Au Moyen-Age, le chevalier qui portait 2 marguerites sur son écu était choisi par sa Dame.Peut-être effeuillaient-ils la fleur ensuite !
Difficile de ne jamais se faire du mouron...Il faut peut-être penser aux oiseaux qui ont aussi leur mouron, dont les fleurs sont de couleur blanche. J'aimerais bien par contre pouvoir me jeter dans la gueule du loup (le vrai!) à défaut de voir la gueule de loup.
La pensée est symbole de souvenir. Autant que les souvenirs soient colorés de blanc, de jaune, de bleu pâle, de violet...comme les pensées de nos jardins.
Respirer la résine du sapin après une averse !
Pas évident du tout d'attacher la gerbe avec 1 racine de pissenlit. Même avec 1 bon outil de jardinier, déterrer la racine relève du miracle !
C'est bien de finir par une image de coquelicots, symbole du sommeil et de l'oubli des peines.
J'ai coupé il y a 3 jours les fleurs fanées de mes soucis. De nouveaux boutons sont apparus : ils vont bientôt s'épanouir. Quelle joie et quel beau cadeau de la nature, même si les derniers pétales de mes roses s'éparpillent maintenant dans le vent...
Merci pour votre texte et bon week-end.
P.S : Comme chanson sur le coquelicot, je n'ai trouvé que :
"Comme un Petit Coquelicot"- MOULOUDJI : http://youtu.be/iEI3CQMzPoU
(*) éditions du Chêne - mai 1995
F.B
" En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout ". Albert Camus (extrait de "Le Mythe de Sisyphe")
Vaste programme pour traverser votre territoire sans embûches !
Je note que vous citez les orties pour faire de la soupe.
Une certaine Emilie Carles (*) propose la recette suivante pour faire une soupe :
"...de l’ortie ou barbe à bouc, du pissenlit, de la doucette, du plantain, de l'oseille sauvage, un petit chardon des champs ou chonzio, une plante laiteuse, le laichuron, du mille-feuilles, du chalabrei aux feuilles largement dentelées, de la tétragone ou épinard sauvage, de la langue bogne, une feuille de sauge et un brin de ciboulette. A cela j’ajoute une pointe d’ail, quelques pommes de terre ou une poignée de riz et j’obtiens une soupe onctueuse et délicieuse. Pour la réussir, ce qui importe, c’est de respecter les proportions.Il faut très peu d’herbes de chaque sorte afin qu’aucune ne l’emporte sur les autres."
C'est peut-être la bonne recette pour dissiper ses soucis ! Encore que :" N'essayez pas de noyer vos soucis : ils savent nager" (je ne sais + qui est l'auteur de cette phrase ?).
Je me demande d'ailleurs si dans la recette ci-dessus on ne pourrait pas ajouter des soucis (ceux du jardin bien sûr). Je pense qu'au bout de qq.minutes de cuisson, ils ne remonterons pas à la surface...
Merci de votre passage et bon w.e.
P.S : j'espère que votre fusil n'est pas chargé !!
Francis Cabrel - Des Roses et des Orties
http://youtu.be/IISPZf6cGEQ
(*) Originaire de Val-des-Près, petit village des Htes-Alpes situé dans la vallée de la Clarée, institutrice, elle a raconté sa vie dans « Une soupe aux herbes sauvages » paru en 1978.
F.B
" En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout ". Albert Camus (extrait de "Le Mythe de Sisyphe")