Comment faire pour ne pas repartir sur les routes US lorsqu'on est un passionné de grands espaces, de moto et d'évasion ? Si rouler en Europe, pour des escapades plus ou moins longues, plus ou moins loin, suffit déjà à notre bonheur, goûter au bitume US a une toute autre saveur.
Une saveur que nous avions déjà testée en 2012 lors d'une mémorable traversée du continent nord-américain entre la Floride et la Californie. Plus qu'un amuse-bouche, déjà un plat principal, accompagné même du dessert tant le plaisir fut au rendez-vous. Dès lors, comment résister à un tel menu, rouler, profiter des espaces, découvrir et avaler des miles dans cette Amérique fascinante et envoûtante. Un goût de "reviens-y" persistant, presque un appel.
Comme en 2012, pas de voyage de groupe, pas d'organisation extérieure, juste la liberté de choisir son itinéraire, son rythme et sa façon de vivre le trip. Une préparation évidemment de longue haleine, pour définir un itinéraire, équilibrer les étapes quotidiennes, ne pas rater l'immanquable, tout en gardant la liberté de rouler où l'envie veut bien nous mener.
Après avoir connu la fameuse traversée, version sud, empruntant des chemins souvent bien loin des hordes touristiques, traversant des endroits de bout du monde, après avoir été abreuvés de musique dans les bars de Nashville et de Memphis lors d'un autre périple, après avoir apprécié les belles demeures coloniales des demoiselles Caroline, après la jeune Histoire américaine dans les environs de Washington DC, un autre coin nous sautait aux yeux : le Pacific Northwest à travers la Californie du nord, l'Oregon et l'état de Washington. La nature, l'Océan et sa fameuse façade pacifique, des villes à découvrir comme Portland et Seattle, des parcs et autres beautés naturelles comme Crater Lake ou encore les abords de la Colombia River et son Mont Hood qui la domine, une Amérique sans doute moins tape-à-l'oeil que New York, Vegas ou L.A., les grands parcs de l'Ouest ou la Floride. Une autre Amérique, celle que nous recherchons, plus profonde, plus vraie, plus authentique.
Des contrées à visiter en Harley-Davidson, comment aurait-il pu en être autrement après ce que nous avons vécu en 2012 ? Comme précédemment, c'est vers Eaglerider que nous nous sommes tournés pour louer l'engin qui nous servira de monture 3 semaines durant. Une Electra Glide off course, pour le confort, pour les bagages et sans doute parce que c'est la moto idéale pour avaler des miles. Eaglerider ne garantit pas le modèle désiré, mais les échanges par mail ont été si cordiaux que nous n'avons jamais eu de doute sur le fait que nous l'aurions avec nous.
Début du trip : Los Angeles. Parce que les vols y sont nombreux, parce que c'était la fin de notre périple de 2012, parce qu'Eaglerider est juste à côté de l'aéroport, et parce qu'il faut bien commencer quelque part. De toutes nos recherches, c'est Air France qui avait le meilleur ratio prix/horaire et même si les nombreuses grèves qui font d'elle une compagnie à risque (de ne pas partir, on s'entend) nous faisaient hésiter, nous avons finalement opté pour ce choix. A peine 45 minutes de vol entre Genève et Paris, 2 heures d'attente à CDG avant d'embarquer dans son Altesse A380 pour un vol d'environ 11h30 pour rallier la Cité des Anges. Cette année, les Américains ont réussi à inventer une nouvelle mesure sécuritaire : tous les appareils électroniques embarqués doivent pouvoir s'enclencher. Les contrôles aléatoires menés par le personnel au sol a donc retardé le décollage du vol de plus de 45 minutes, plus de 150 passagers ayant dû faire des démos de leur téléphone portable, de leur tablette ou notebook. Inutile de dire que voler avec le géant des airs a aussi motivé notre décision d'emprunter Air France. Un monstre que les vents de l'Atlantique Nord ont de la peine à bouger, un aéronef silencieux et pour couronner le tout, un très bon service à bord.
L'arrivée à Los Angeles secoue un peu l'avion quand il perd de l'altitude et de la vitesse. C'est au moment où le train rencontre la piste qu'on se rend vraiment compte du poids de cet engin. Aucun autre avion ne pose de la sorte. Le débarquement se fait assez rapidement compte tenu du fait que nous sommes près de 500 passagers. Ce qui est par contre nettement moins rapide, c'est le passage des douanes, Une quarantaine de guichets, mais surtout un ballet incessant de gros porteurs qui amènent leur lot de touristes et visiteurs. Du coup, une heure est nécessaire pour franchir les contrôles des services de l'immigration. Nous avions choisi le Travelodge LAX pour notre première nuit sur le sol US. Une navette gratuite circule toutes les 30 minutes entre l'hôtel et les arrivées des vols internationaux. Facile à trouver grâce aux indications de l'aéroport (un panneau rouge annonçant les "hotels shuttle"), l'emplacement pour attendre la navette en question est devant la sortie, sur la voie centrale.
Le Travelodge est bien placé sur le Century Blvd, près de l'aéroport et près d'Eaglerider, avec un Denny's pour se restaurer juste à côté. Une fois les sacs posés dans la chambre, nous appelons Eaglerider qiu nous annonce que notre Electra Glide n'attend plus que nous. Un chauffeur de taxi devan l'hôtel veut nous prendre 25 $ pour nous y emmener, alors que le magasin est à environ 2 miles ! Nous attrapons plutôt un taxi à la station-service voisine et 10 $ plus loin, nous voilà chez Eaglerider. Quelques formalités administratives avec le sympathique personnel et nous voilà prêts à prendre possession de notre compagne de route pour les trois prochaines semaines. Une Electra Glide, 35'000 miles au compteur, plus toute neuve donc. Mais ne faisons pas la fine bouche, peu importe son âge, l'essentiel est qu'elle assure ...
Retour à l'hôtel pour vider nos sacs dans les sacoches et le tour-pack. Tout rentre parfaitement, il y a même un peu de marge. Demain, nous enverrons les sacs vides par la poste à notre dernière adresse à San Francisco, une chambre trouvée via Airbnb. Le couple de filles qui va nous héberger nous a donné son accord et ainsi nous n'aurons pas à trimballer les 2 sacs vides. Demain toujours, début de l'aventure, on prend la route direction nord, pour une première étape le long du Pacifique.
Pas d'échauffement ni vraiment de mise en bouche. 260 miles de la journée, plus de 400 kilomètres.
Sortir de Los Angeles n'est pas compliqué. Enfin, en tous les cas depuis le Century Boulevard ... En effet, il ne faut que quelques centaines de mètres pour récupérer la PCH 1, la fameuse Pacific Coast Highway en prenant Sepulveda South. La route traverse ensuite Marina del Rey (en passant devant Bartel's, une des plus célèbres agences Harley de la côte ouest) Venice et Santa Monica, avant de tirer vers Malibu. La circulation est évidemment chargée, voire surchargée. Los Angeles ne trahit pas sa réputation à ce sujet. Le soleil est de la partie, même si le fond de l'air est bien frais. Ciel bleu, mais air frais, le cuir se supporte.
Pourquoi ne pas s'arrêter aux célèbres spots que sont Venice et Santa Monica ? Ca, c'est le côté Motorcycle Trip. Ce que nous sommes venus chercher ici en louant une Harley, c'est la route, avaler des miles, bien sûr dans des paysages choisis spécifiquement, mais nous trouvons notre plaisir sur la selle. Alors nous limitons nos visites pour avancer. Difficile peut-être à comprendre pour ceux qui fonctionnent différemment, mais nous fonctionnons ainsi lors de nos trips en deux roues.
Avant Malibu, la route rejoint l'Océan, l'occasion de voir les surfeurs à l'oeuvre, en attente de vagues. Il est souvent possible de s'arrêter sur le bord de la route pour contempler le spectacle et prendre des photos. Même si nous n'avons pas aperçu Pamela dans son célèbre caleçon de bain rouge, il doit y avoir bon nombre d'autres stars dans le coin, vu les maisons cossues de part et d'autre de la route. Ici c'est l'ambiance californienne dans son plus beau cliché. Les pickups et autres vans VW sur le bord de la route, la planche sur le toit ou le trottoir. Le teint est évidemment hâlé, le cheveu au vent et le bermuda est le seul vêtement porté pour laisser le torse nu. Un air de Beach Boys flotte ... Par contre, dans l'eau la combinaison est de mise. Personne ne se baigne à part les surfeurs, sans doute à cause de la température de l'eau qui doit être bien fraîche. des plages larges et entretenues, le soleil, mais peu de baignade.
Jusqu'à Oxnard, la route longe l'Océan, avant de se joindre à la US 101. Contrairement à la PCH, la 101 est une autoroute à deux voies, où on roule vite et où il y a une importante circulation. Nous privilégions donc la 1 plutôt que la 101, surtout qu'elle est bien indiquée.
Mais parfois il n'y a pas le choix. Ainsi, jusqu'à Santa Barbara et même Gaviota la seule route côtière demeure la 101, où nous tenons un bon 70 mph. A Gaviota, nous repartons sur la Highway 1 en direction de Lompoc. La route s'éloigne de la mer, passant à travers les collines arides et brûlées de la Californie. L'herbe y est roussie, la terre n'est que poussière, seuls les pins et parfois les eucalyptus donnent un semblant de verdure sur ce territoire désertique, mais magnifique. Les paysages sont fantastiquement sauvages, voire sauvagement fantastiques avant Lompoc. A la sortie de cette petite ville, voici Guadalupe qui malgré son nom accocheur ne nous enthousiasme pas, vu son caractère industriel. Hangars, industries, rien ne nous enchante là-bas, sauf son nom peut-être, au relent mexicain. Cela changera à nouveau depuis San Luis Obispo, où les paysages redeviennent splendides. Peu après, dès Morro Bay et son célèbre rocher en forme de dent dans la baie, l'Océan nous refait l'honneur de sa présence. San Simeon, notre étape du soir n'est plus très éloignée.
La circulation est parfaite pour rouler en moto. Nous l'avions déjà constaté en 2012, mais l'Américain est très respectueux sur la route. Pas de dépassement intempestif, pas de manoeuvre dangereuse, les stops sont bien marqués, nous roulons en toute confiance.
Dire que San Simeon est une ville serait grandement exagéré. Il y a là une petite dizaine d'hôtels, des restaurants, ainsi que quelques commerces. Et c'est tout. Aucune habitation privée, aucune école. Mais l'attraction du coin, c'est la plage. Une plage belle et naturelle, en contrebas d'une petite butte. Nous nous posons au Silver Surf Motel, visible depuis la route, dans une contre-allée sur la droite. Un super petit établissement, aux grandes chambres propres et au lit confortable. Nous retournons sur la plage, nous poser au soleil sur un banc et contempler l'Océan à nos pieds, en bas de la dune. Le soleil, le vent, le bruit du ressac et l'eau à perte de vue face à nous. Un plaisir simple, presque monotone et pourtant très relaxant. Les oiseaux marins chassent le poisson en piquant dans l'eau tels des missiles. Nous voyons aussi une otarie sortir parfois la tête de l'eau à quelques dizaines de mètres du rivage. Mais ce qui va attirer notre attention, ce sont ces espèces de geysers qui projettent puissamment de la vapeur d'eau hors des flôts. Des baleines !!! Impossible de les voir, elles sont bien trop au large, mais elles respirent et à voir le nombre de jets, elles sont nombreuses.
Il y a un petit Liquor Shop à l'entrée de la contre-allée, direction nord. Nous ne résistons pas à une bouteille bien fraîche de Chardonnay et deux verres en plastique. Notre banc devient l'endroit parfait pour cette fin de journée. Evidemment, le soleil va se coucher dans la mer, dans un festival de couleurs aux tons orangés, puis rosés. La fraîcheur tombe aussi vite que l'obscurité, il faut s'habiller plus chaudement.
Question restos, San Simeon fait plutôt dans les prix élevés et le choix est assez restreint. Mais il y a un petit mexicain qui propose de bons plats à moindre frais. Il fait d'ailleurs le plein, surtout des jeunes et des familles. Parfait pour conclure une belle première journée californienne. Retour au Silver Surf pour la nuit. Le lit est effectivement confortable, par contre les murs sont à peu près aussi minces qu'une cloison en bambou d'une guesthouse laotienne. Même si nos voisins ne sont pas bruyants, les quelques quintes de toux ou autres discussions sont bien audibles. La nuit se termine tôt, le décalage horaire est encore en train d'influencer notre sommeil. 05h30 du matin, les yeux grand ouverts, il ne reste qu'à attendre le lever du jour pour démarrer une nouvelle journée. Une journée qui nous mènera du côté de Oakdale, à proximité du parc de Yosemite. Encore un bout de côte californienne, mais dès aujourd'hui, cap sur l'intérieur des terres. Nous reverrons le Pacifique après Seattle !
Au réveil ce matin, changement de décor. Au lieu d'un grand ciel bleu comme hier, c'est le brouillard qui nous rend visite. Un brouillard épais et dense, humide à souhait, puisqu'on dirait qu'il pleuvine tant tout est trempé. Mais petit à petit, le soleil arrive à percer la couche et finalement le temps va s'améliorer. Les environs immédiats de San Simeon sont splendides. Une côte sauvage et déchiquetée, avec de temps à autre une plage. La nature est bien verte ici, il faut dire que l'humidité de l'Océan ne permet pas la sécheresse.
Au bout de 7 miles, un panneau indique un point de vue sur des otaries ou des lions de mer. Nous nous y arrêtons et effectivement, il y a là une petite colonie de ces animaux marins. Se prélassant sur le sable, il y en de toutes les tailles. Des petites otaries aux énormes éléphants de mer, à dormir au soleil sous les yeux des touristes. Certains se couvrent de sable, d'autres vont nager, la nature, si près des hommes.
Cette partie de la côte californienne est splendide. Sauvage à souhait, la route est à flanc de montagne. La falaise à droite et l'Océan à gauche, en contrebas. Une route à virages, idéale pour la moto. Une route même magique pour les deux roues, toute en courbes, le genre de voie où on se dit qu'on a vécu quelque chose de spécial en la parcourant. Le brouillard s'accroche à la côte par contre. Pourtant le ciel bleu est juste là, derrière la montagne, mais rien à faire, cette satanée brume ne veut rien savoir. Quelques trous nous laissent parfois entrevoir la beauté des lieux sous la lumière ensoleillée, mais vraiment pas assez.
Nous atteignons le village de Big Sur, derrière une montagne qui donne sur la mer. Alors évidemment, il y fait grand beau. L'endroit est splendide et les maisons sont toutes magnifiques. Toute cette partie de la côte respire quand même le billet vert, vu les constructions. Que ce soit à Big Sur ou plus loin vers Carmel. Ce bon vieux Clint avait eu le nez fin en se faisant élire maire de cette dernière bourgade. Friquée certes, mais bien jolie. Même l'essence à son prix ici, plus 5.10$ le gallon au lieu des 3.90 habituels.
Nous arrivons sur Monterey, il est temps de laisser la côte pacifique pour gagner l'intérieur des terres. Nous prenons donc la 156 jusqu'à Hollister. Un peu plus loin, avant un embranchement pour la 156, couplée avec la 101, nous trouvons un restaurant pour notre repas de midi. Le County Kitchen, au bord de l'Highway. Un bistrot typique américain comme on les aime. Le genre de restaurant où les ouvriers mangent au bar, casquette vissée sur la tête, où les couples de personnes âgées prennent place dans les box, où la serveuse vient prendre la commande et vanter la tarte maison du cuistot, où la patronne vient échanger quelques mots avec ces étrangers qui parlent une langue d'ailleurs.
Dès Hollister, il faut emprunter la 152 en direction de Los Banos. Une très belle route à travers les collines aux herbes brûlées et roussies, sous une chaleur étouffante, même en moto. Avant d'arriver à Los Banos, la route débouche sur le réservoir d'eau de San Luis. Une vue époustouflante ! L'eau du lac, d'un bleu profond, contraste avec les collines dépouillées et jaunies et le bleu clair du ciel. Seul bémol : nous devons rouler avec un des ennemis suprêmes du motard. Le vent latéral en rafale. Ces rafales qui vont nous déstabiliser plus d'une fois tellement elles sont violentes et imprévisibles. Il faut bien s'accrocher au guidon et anticiper les écarts. A plus de 50 mph, c'est parfois assez sport.
Los Banos, qui aurait pu être repaptisée Los Infiernos, tellement il y fait chaud. Une chaleur au soleil et même dans l'air, qui souffle comme un sèche-cheveux et qui a sans doute fait doubler la température depuis ce matin le long de l'Océan Pacifique. Difficile de garder un vêtement sur le dos, le t-shirt fait rapidement son apparition. Dans la ville, nous manquons l'embranchement pour la 165 Nord et après avoir parcouru 8-10 miles sur la 152, nous faisons demi-tour pour nous arrêter dans un petit magasin de bord de route qui vend des fruits. La dame qui est là, une Latina assurément, nous renseigne parfaitement et nous retrouvons notre chemin. Il convenait de tourner sur Mercey Springs et le tour était joué.
La 165 et la 99 nous mèneront à Oakdale, à travers la campagne et les cultures maraîchères de cette partie de la Californie. Des paysages plats et peu variés comparé à ceux traversés avant cela. Une des cultures principales ici, c'est la fraise. D'ailleurs, on s'en aperçoit bien vite vu les effluves sucrées qui parviennent à nos narines. Même sans paysage particulier, le plaisir est là quand même. Nous nous posons au Motel 6 de Oakdale, cette ville étant une des dernières avant d'entrer dans le parc de Yosemite que nous traverserons demain. L'air est toujours trės chaud en cette fin d'après-midi et la petite piscine de l'établissement nous tend généreusement son bassin pour une petite trempette.
En face du motel, le restaurant Ryderz propose ce soir des Prime Ribs en menu spécial. Une sacrée pièce de viande, excellente, qui va nous caler sans souci jusqu'à demain. La fatigue est là, pour plusieurs raisons : une nuit de perdue suite au voyage, le décalage et la moto durant des heures. Autant d'arguments pour aller se coucher tôt. Car après les 250 miles du jour, demain il faudra en assurer près de 200 supplémentaires à travers le parc de Yosemite. Une fois de l'autre côté, nous roulerons jusque Welington, dans le Nevada pour notre première nuit Airbnb.
Quelle journée ! Non pas à cause des quelque 250 miles parcourus, mais bien grâce aux endroits traversés.
Le motel 6 de Oakdale avait la bonne idée d'être sur la route 120 qui mène au parc de Yosemite. Il suffisait donc de sortir du parking et de prendre la direction Est pour être déjà sur la bonne piste. Dans un premier temps, la 120 partage le bitume avec la 108, mais au bout de quelques miles, la 108 fait faux bond pour partir vers Sonoma, alors que la 120 tire, elle, direct sur le parc. Dès cette intersection, nous avons commencé à en prendre plein les yeux.
Serpentant au début entre les collines couleur ôcre, cette route a un parfum d'Andalousie en fin d'été. Autant hier sur la côte nous faisions un rapprochement avec des paysages bretons, écossais ou encore irlandais, autant aujourd'hui c'est bien le sud qui est présent. Dû à la sécheresse et aux couleurs brûlées d'un soleil trop abondant sans doute.
Rapidement la route monte et gagne de l'altitude. Les pins, les sapins font leur apparation bien avant l'entrée du parc. Un parc payant pour y pénétrer, 10 $ par personne, mais autant le dire tout de suite, cela les vaut largement. La 120 traverse l'entier du site, par la majestueuse Tioga Road, mais avant cela nous décidons de descendre dans la Yosemite Valley. Un petit "détour" en cul-de-sac sur le lieu certainement le plus touristique du coin. Touristique car c'est là qu'il y a un nombre important de places de camping et de chambres. L'arrivée sur la vallée offre déjà des points de vue incroyable, dont notamment le fameux Dôme qui est quand même bien loin. Puis, à l'entrée de Yosemite village, nous nous retrouvons face à des parois verticales imposantes, comme gardiennes de l'endroit. Les contrastes du bleu du ciel, du gris de la roche et du vert des herbes est tout simplement fantastique. D'ailleurs les visiteurs ne s'y trompent pas puisque c'est la lutte pour trouver une place de parking pour aller prendre des photos. Evidemment en moto, nous n'avons pas ce problème.
Nous faisons le tour de la Valley, avant de regagner de la hauteur pour emprunter la Tioga Road en direction de l'Est et de la route 395, le long de la frontière avec le Nevada. Tioga Road ou la route de tous les superlatifs. Nous nous étions extasiés de la Pacific Coast Highway, mais que dire aujourd'hui ? Des paysages exceptionnels, une route parfaite, avec cette fameuse double ligne jaune qui nous sert inlassablement de guide. Le ciel bleu sans nuage et cette nature incroyable nous procurent un plaisir immense. Souvent, nous nous arrêtons pour admirer un point de vue, ou une échapée entre les arbres.
Pour la pause de midi, nous nous arrêtons sur une petite aire de pique-nique, la Yosemite Creek, où nous sommes seuls. Nous déballons notre lunch, acheté dans une épicerie avant d'emprunter Tioga. Quelques minutes plus tard, une trentaine de Harley se pointent à cet endroit. Un groupe de motards allemands, en virée, suivi d'un camping-car pour la logistique et les bagages. Du coup, les quelques touristes qui ont voulu aussi profiter de cette aire ne s'y sont plus arrêtés. Il faut dire qu'une trentaine de Harley, c'est assez impressionnant. Sans faire l'asocial, je dois avouer que je préfère nettement notre voyage en solo et la liberté de faire ce que l'on veut.
Nous reprenons la route, toujours aussi splendide. A Olmsted Point, l'arrêt est obligatoire tant la vue est belle et impressionante. De toute façon, impossible de manquer l'endroit, tout le monde s'y arrête. Puis ce sera le Tenaya Lake, d'un bleu profond. Ses rives sont facilement accessibles et il y a même des gens qui nagent dans son eau limpide. Dire que l'eau est chaude serait mentir, mais pour cette altitude, il faut reconnaître qu'elle n'était pas si froide, enfin pour les courageux surtout.
La beauté de cette route ne faiblit pas jusqu'à Tioga Pass, le plus haut col de Californie qui culmine tout de même à plus de 3000 mètres. Là, il faut montrer la preuve de paiement pour sortir du parc, donc surtout ne pas jeter le reçu remis par les Rangers à l'entrée, quel que soit le côté. Nous entamons la longue descente vers Mono Lake, sur la 395, en direction de Reno. Après quelques centaines de mètres, il est possible de descendre au bord du lac. L'endroit est incroyable, avec des montagnes désertiques en toile de fond, des rochers blancs sur ses rives et les collines environnantes qui se reflètent dans l'eau. Pour une journée comme celle-ci, il faut vraiment vérifier la charge de son appareil photo tant les prises sont nombreuses.
Arrivés dans la charmante petite ville de Bridgeport, nous faisons quelques courses dans un mini supermarché. Notamment de la viande à griller puisque ce soir nous logerons via Airbnb et pourrons sans doute utiliser un BBQ. Pour atteindre notre refuge du soir, nous prenons la 182, laquelle devient la 338 une fois passée la frontière avec le Nevada. Cette portion de route entre Bridgeport et le ranch où nous allons dormir est très sauvage, traversant un paysage désertique. 35 miles et seulement 4 ou 5 voitures croisées. Aucune maison ni présence humaine non plus. Si nous étions venus chercher les grands espaces, nous sommes servis. Ils sont rares les pays où il est possiblre de rouler autant sans voir âme qui vive. Une sentiment d'être tout petit dans l'immensité naturelle. Un sentiment de liberté inégalé aussi.
Nous trouvons facilement le ranch de Lyn et Dave. A notre arrivée, tous deux sont en train de monter à cheval, en compagnie d'un couple d'amis. A l'aide d'un quad, ils tirent un petit taureau en acier et à tour de rôle, chacun s'essaie au lasso. Si cela pouvait sembler facile à la télévision, cela l'est beaucoup moins en réalité. Après le taureau "artificiel", place à de petits taurillons, pour la version réelle. Là, encore pas facile d'accrocher la tête de la bête avec le lasso. Un des cavaliers y arrive souvent, mais Lyn et Dave doivent encore s'entraîner, dixit Lyn elle-même.
La chambre que nous avons à disposition est magnifique, avec une petite kitchenette. Lyn nous a mis des bières au frais et une bouteille de vin est là en guise de bienvenue. Le tout pour un prix quais identique à un hôtel. Le soleil baisse à l'horizon, la température aussi. Nous sommes dans le désert et en altitude, les nuits sont fraîches dans ce coin du Nevada. Les amis de Lyn et Dave, Jerry et Wendy, restent pour le repas du soir. Et nous voilà également invités à partager le repas en leur compagnie. Nous amenons la viande achetée à Bridgeport, mais Lyn a préparé diverses salades et ouvert une bouteille de vin. Nous mangeons sur une belle terrasse au coin de laquelle Dave a fait un feu. Nous discutons de divers sujets et nos nouveaux amis sont très curieux du système politique en Suisse notamment. Une bonne soirée conviviale, dans le désert du Nevada. L'intérêt encore une fois d'utiliser Airbnb, dont nous sommes des adeptes. Lyn nous explique qu'étant à la retraite, elle a le temps de s'occuper de recevoir des visiteurs et de découvrir des gens venant de divers horizons, dont visiblement pas mal d'Européens. Il faut dire que placé entre Yosemite et le lac Tahoe, son ranch représente une étape idéale.
Nous ne sommes pas pressés de partir de chez Lyn et Dave. La lumière du matin est splendide et nous refaisons quelques photos autour du ranch. Photos que nous allons partager avec nos hôtes. Un dernier café et il est temps de prendre congé pour reprendre la route. Quel accueil avons-nous eu droit ici.
Notre but aujourd'hui est de rejoindre le lac Tahoe, pas très distant de là où nous avons passé la nuit. Après un court trajet sur la 338, nous prenons la 208 qui grimpe dans les collines arides du désert. Notre jauge à essence est descendue très rapidement et il va nous falloir trouver une station dans les prochains 50 miles. Pas grand monde sur les routes en ce dimanche matin, nous pouvons relâcher un peu l'attention. Il n'y a d'ailleurs jamais eu beaucoup de circulation en dehors des US Highways. Cela changera sans doute dans la région du lac Tahoe, très couru des touristes américains ou des habitants des environs.
Après la 208, la 395 nord nous fait avancer assez rapidement. C'est un grand axe, mais toujours pas l'ombre d'une station en vue. Ca va commencer à être chaud. Mais au moment d'embarquer sur la 756, une station 7-Eleven est en vue. Il ne nous restait qu'une vingtaine de miles d'autonomie. Même si nous roulons dans le pays qui consomme certainement le plus d'essence, il peut arriver de ne pas voir de stations durant de nombreux miles, surtout dans les zones désertiques où les habitations sont rares. C'est une leçon à retenir pour nous, toujours faire le plein suffisamment en avance.
La route qui nous conduira vers le lac est encore une splendeur, la 89. Serpentant à travers les forêts de sapin, elle est toute en courbe et très agréable à rouler. Arrivés dans les environs du lac, nous nous arrêtons à un supermarché pour acheter un pique-nique pour notre repas de midi. L'idée est de faire le tour du lac et de s'arrêter quelque part au bord de l'eau pour manger.
Pour faire ce tour, le mieux est de tourner dans le sens des aiguilles d'une montre. Ainsi, nous sommes toujours sur le bon côté de la route pour voir le lac et stopper pour faire des photos. La circulation est maintenant bien dense et peu rapide. Les limitations sont souvent bloquées à 35 mph, parfois 45, et tous les automobilistes les respectent à la lettre. Il faut dire que les voitures de police ou du Sheriff local sont en nombre en ce dimanche. Et ils sont intraitables. Nous avons vu 2-3 fois la rampe lumineuse et la sirène s'enclencher derrière des véhicules un peu trop rapides.
La lac Tahoe a quelques particularités. La première est d'être à cheval entre la Californie et le Nevada. L'autre est que l'hiver, l'endroit a de nombreuses possibilités pour skier, alors que l'été le lac sert de base nautique pour les baigneurs et ceux qui possèdent un bateau. Les baigneurs. Enfin ceux qui ne sont pas trop frileux quand même, car l'eau n'est pas bien chaude. Normal quand même, car le lac culmine autour des 2000 mètres ! Si l'eau est fraîche, elle est aussi limpide.
Il y a de nombreuses plages tout autour du lac, mais la plupart sont payantes.Soit parce qu'elles sont considérées comme parc national et auquel cas il faut s'acquitter d'un droit d'entrée de 10 $ (mais qui donnera accès à toutes les plages NP le jour en question), soit parce que ce sont des plages gérées par les autorités et là aussi, il faut payer. Certaines d'entre elles demeurent gratuites, il faut les chercher. Nous aurons donc mangé notre pique-nique sur une des plages estampilées parc national. Tout est géré à la perfection. Places de parking, toilettes, poubelles, propreté et respect de l'environnement, du travail de pro.
Après Tahoe City, la 89 devient la 28 pour le reste du tour. Rapidement, la Californie va laisser la place au Nevada. D'ailleurs, on ne s'y trompe pas, un des premiers bâtiments après cette "frontière" est un casino ! Nous continuons notre tour et, à notre avis, le côté Est du lac, au Nevada, est plus intéressant que le coté californien. Principalement parce que la route surplombe directement le lac, sans obstacle et que les points de vue y sont nombreux et magnifiques. Sur la rive Ouest, il y a très souvent des somptueuses demeures entre la route et le lac, bouchant la vue sur le point d'eau.
Retour à South Lake Tahoe, notre arrêt pour ce soir. Nous avons pris une chambre au America's Best Value, un hôtel tout simple et à un prix raisonnable. Il faut dire qu'ici, les prix sont élevés, l'endroit est renommé et d'un certain standing. Le personnel de l'établissement est très sympa. Le fait d'arriver en Harley-Davidson provoque déjà la discussion, vu le caractère assez peu courant de ce genre de trip. Surtout qu'avec mon accent et mon anglais loin d'être parfait, les gens devinent très rapidement que je ne suis pas du coin. Après avoir pris possession de la chambre, nous allons à la plage, à quelques centaines de mètres à pied. Mais le vent s'est levé et l'eau a brassé, devenant moins clair et surtout plus fraîche. Plus frais aussi l'air, qui ne nous incite finalement pas à la baignade. Le bain sera donc de soleil uniquement. En nous baladant dans South Lake Tahoe, nous avons clairement l'impression d'être dans une station de ski, vu les constructions en bois et les publicités pour les ventes de matériel d'hiver. On oublie parfois que la Californie est aussi un état de montagne et pas seulement célèbre pour sa façade pacifique. Nous avons de la chance, en quelques jours, nous sommes passés de la côte à la montagne, avec des paysages tellement différents. Un trip bien varié.
En voulant sortir manger le soir, nous voyons une foule se rendre à un concert qui se tenait à l'entrée de South Lake Tahoe. Au programme les Rascal Flatts, célèbres aux USA et Sheryl Crow. La place entre 70 et 150 $ suivant la position au pied de la scène. Bon nombre de gens se sont installés à l'extérieur de l'enceinte, sur le plateau des pick-up, les packs de bière dans les glacières, afin de profiter de la musique, mais pas de la vue. Notre hôtel étant directement à proximité du lieu du concert, nous avons aussi eu droit à la version musicale des Rascal Flatts, puisqu'on mangeait au Heavenly Village, à la frontière du Nevada, pendant le show de Madame Crow. Une animation bienvenue pour notre fin de soirée sur le petit balcon de notre chambre.
L'air est bien frais le matin à South Lake Tahoe, même au mois d'août. Continuant notre périple vers le Nord, nous allons faire une petite incursion au Nevada voisin. Ainsi, la 50 nous ramène vers Carson City, qui d'après les panneaux que nous voyons, est la capitale de l'Etat. Peu après cette ville, nous prenons la 341 qui part vers le nord. Rapidement, nous nous trouvons sur une petite route qui grimpe à 15 % dans les collines aurifères. Des entrées de mines abandonnées sont encore visibles, des vestiges qui démontrent que la région était peuplée de chercheurs du précieux métal il y a environ 150 ans. D'ailleurs une petite ville de quelques centaines d'âmes s'appelle toujours Gold Hill. La route arrive rapidement à Virginia City. Une réplique de Oatman, pour ceux qui sont passés dans ce coin près de Vegas. Une réplique mais en mieux, moins touristique et moins attrape-dollars. Bien sûr, Main Street est pleine de magasins de souvenirs ou d'articles du bon vieux temps du Far West, mais en moins mercantile qu'à Oatman. Le Delta Saloon propose aussi sa "Suicide table", que nous n'aurons pas l'occasion de tester à cette heure matinale.
Une fois Virginia City derrière nous, nous repassons en Californie via la 431 et la 28 pour nous retrouver à King's Beach à l'extrémitié nord du lac Tahoe. La 267 fait ensuite la jonction avec la route 89, laquelle conduit à la frontière de l'Etat de l'Oregon, quelques centaines de miles plus au nord. Une 89 qui va plonger dans les forêts de sapins de cette partie de la Californie. Une belle route, toute en courbe et bien roulante, sans trafic, de sorte que nous pouvons assurer un bon 55 mph. Midi, l'heure du lunch. Sierraville est en vue et au milieu de la petite ville (très petite même, à peine deux douzaines de maisons), voici le Sierraville Kitchen avec une jolie terrasse. Un petit restaurant sans prétention, avec ses habitués au bar et évidemment aucun touriste. La serveuse, et sans doute la patronne, nous sert avec le sourire, vient aussi souvent s'enquérir pour savoir si tout est ok pour nous. Un service attentionné et agréable. Après deux bonnes salades de tacos, bien fournies, nous reprenons la route, toujours dans les forêts. Les sapins embaument l'atmosphère, nous tenons l'allure au milieu de ce décor naturel.
Souvent, nous voyons des panneaux "God bless America" devant les maisons sous les arbres, à côté du Stars and Stripes qui flotte au vent. Des discussions que nous avons eues ces derniers jours, le gouvernement fédéral de Washington ne semble pas très populaire dans ces coins hors des villes, étant accusé de dilapider l'argent des contribuables américains dans une bureaucratie lourde et égoïste. Une autre facette de cette Amérique, si grande, si diversifiée et parfois si controversée. Ce qui fait par contre l'unité, c'est bien ce patriotisme, cet amour du drapeau et de la nation, que l'on retrouve dans tous les endroits traversés. A Virginia City, mais aussi à Chester ou à Quincy, les photos des enfants du pays qui servent dans les forces armées sont affichées dans les rues, en uniforme, comme un hommage à ces héros qui défendent l'Amérique et ses valeurs.
Nous arrivons vers Chester, après avoir parcouru nos 220 miles du jour. Nous trouvons notre logement du soir au Cedar Lodge RV park, qui propose des emplacements pour camping-car et caravane, mais qui fait aussi motel. Nous partons faire quelques courses dans un supermarché de la ville, car un BBQ à gaz est à disposition. La patronne nous fournit même assiettes et services pour que nous puissions manger dans l'herbe devant notre chambre. En fin de journée, l'orage fait son apparition. Il faut dire que depuis ce matin, les nuages et le soleil se partageaient assez équitablement le ciel. Là, c'est la pluie qui prend le dessus. Mais nous sommes à bon port et à l'abri.
Les nuages ont finalement assez rapidement disparu. Nous avons donc pu griller quelques saucisses sur un des grills à disposition et manger dehors. Un gars qui occupe une chambre voisine vient discuter avec nous et est assez ébahi de rencontrer des touristes européens dans ce coin perdu de Californie. Une fois de plus, nous pouvons constater que les Américains sont très conviviaux, aimables et ouverts. Loin des clichés que certains peuvent leur prêter. L'air s'est encore rafraîchi avec la nuit. Il nous faut bientôt regagner notre chambre pour passer une bonne nuit. Demain, nous traverserons le Lassen NP avant de gagner Klamath Falls en Oregon, une nouvelle étape de notre voyage.
La lectrice que je suis est comblée par ce carnet !
Pas de photos qui cassent le rythme (ceci n'est que mon avis), des mots qui dessinent les paysages et qui nous font partager les rencontres, et puis cette route -ces routes- qui vous emmènent, qui nous emmènent chaque jour un peu plus loin...
Bonsoir,
Bravo pour votre récit si précis et passionnant.
Quelle mine d'informations.
Merci de nous faire partager votre voyage.
Très cordialement.
Mordorée
Aaaahhhh les photos, vaste sujet.
Je rebute à chaque carnet de route de les joindre au texte, même si parfois je craque.
Perso, je trouve dommage de tout publier et que ceux qui voudraient suivre ma route un jour aient déjà tout vu avant d'être sur place.
Les mots laissent la place à l'imaginaire, reste à découvrir la réalité....
c'est clair qu'insérer des photos dans le texte va booster les lectures, mais est-ce le but ?
Merci pour vos commentaires, la suite là tout de suite.
Chester est malgré tout en altitude. Ce qui veut dire que le matin, il fait carrément frais. Vêtements et gants de circonstance. Départ assez tôt donc vu la journée qui nous attend, notamment dans le Lassen National Park. L'entrée du site est à environ 30 miles au nord de Chester, sur la 89. Vu que c'est un parc national, un droit d'entrée est requis et il faut donc débourser les 10 $ habituels. Très rapidement, nous apercevons nos premières fumeroles sur le bord de la route, avec un petit bassin de boue qui bouillonne, et cette odeur de soufre si caractéristique. Mais ce n'était qu'un avant-goût de ce qui nous attend à Bumpass Hell.
Un grand parking sur la droite de la montée permet aux véhicules de se poser pour partir découvrir cette fantastique curiosité naturelle. Un parking sur lequel il y a aussi des toilettes, sèches. Pas d'entretien particulier, pas d'eau, pas d'odeur non plus, juste un trou profond et le tour est joué. Nous nous équipons pour la balade, sortons nos baskets et rangeons ce que nous pouvons dans les coffres de l'Electra Glide. Nos casques resteront sur la moto, mais nous avons toute confiance pour les retrouver au retour.
A peine 30 minutes de marche sur un chemin bien tracé et facile nous amènent au Bumpass Hell. Un site magnifique, tout en couleur, avec des émanations de soufre et des bassins bouillonnant. Des passerelles sont aménagées pour parcourir l'endroit, sans aller trop près des vasques d'eau. Des panneaux indiquent d'ailleurs qu'il ne faut pas sortir des chemins balisés pour aller toucher l'eau sous peine de graves brûlures. Le ciel est sans nuage et les photos que nous faisons sont pleines de contraste de couleur. Un paysage fantastique pour un effort minime. De retour au parking, nous nous équipons à nouveau pour rouler, rangeons nos baskets que nous troquons contre nos bottes. Le reste du parc est également splendide, avec plusieurs petits lacs et des départs de chemins de randonnée pour divers buts d'excursion. Il est également possible de camper dans le parc, de sorte que les marcheurs peuvent y passer le temps nécessaire. Et il y a de quoi faire pour explorer l'endroit.
A la sortie du parc, nous sommes toujours sur la 89 et toujours aussi à travers les forêts californiennes. Vu d'Europe, cet énorme Etat, plus grand que pas mal de pays du Vieux-Continent, se résume à Los Angeles, San Francisco et peut-être un ou deux parcs comme Yosemite. Mais on oublie souvent que le territoire californien est si vaste, avec des montagnes, des plaines, des forêts, l'Océan, bref, il y en a pour tous les goûts. Ainsi, sur cette 89, nous avons pu rouler des dizaines et des dizaines de miles au milieu des sapins sans voir de ville ou même de village. Des panneaux indiquent qu'il convient de faire attention à la faune qui peut traverser la route. C'est un peu notre hantise, car une biche qui surgirait devant la moto pourrait provoquer un grave accident. Nous en avons d'ailleurs vu deux sur le bord de la route, pas du tout effrayée, à brouter les herbes. Nous avons aussi traversé de nombreux hectares de forêt ayant subi les incendies. Avec parfois des habitations prises au milieu des flammes ou alors à la lisière des feux. Des sueurs froides en perspective, un comble lors d'un incendie.
A McCloud, petite ville de quelques dizaines de maisons, la faim commencent à se faire sentir. Vu le nombre infime de villages traversés, nous décidons de nous arrêter chez Floyd, sur Broadway. Broadway peut-être, mais alors bien loin de la célèbre avenue de New York. McCloud, son camping, ses deux ou trois petites épiceries, sa station-service. Et Floyd. Le Special du jour, c'est le Cheeseburger aux jalapenos, petits piments verts bien piquants. L'établissement est vide et les deux serveuses se font la conversation au fond du troquet. Notre entrée va mettre de l'animation et nous mangerons nos délicieux burgers sur la terrasse. Evidemment, notre accent ne passe pas inaperçu et apparemment, c'est la première fois que des Suisses s'arrêtent chez ce bon vieux Floyd de McCloud.
Depuis quelques miles, le Mount Shasta est en vue, majestueux avec ses neiges éternelles sur les flancs, qui domine toute la région. Nous l'aurons vu sous toutes les coutures, puisque la 89, puis l'Interstate 5 nord, jusqu'à Weed, et finalement la 97 le contournent. La 97 va nous conduire jusqu'en Oregon, �� Klamath Falls, où nous ferons étape au Days Inn local. Petit hôtel basique, sans surprise, ni bonne, ni mauvaise, à un prix très abordable. Comme souvent, ce type d'hôtel est en dehors de la ville, le long d'une artère principale, ici la 97, au milieu des commerces en tout genre, fast-food, station-services et autres. Nous y arrivons en fin d'après-midi et la température est bien plus chaude qu'hier à Chester. Nous nous serions bien baignés dans la piscine, mais l'eau y est froide et pas vraiment propre. Pour le repas du soir, il y a de quoi faire sans reprendre la moto, Deux restos tout près, accessibles à pied. Cela nous ira parfaitement, avant une bonne nuit. Car demain, lever encore une fois tôt pour aller sur Crater Lake et ensuite Bend.
Lever assez tôt encore une fois donc, car aujourd'hui nous avons prévu de ne pas rouler trop vite avec les passages au Crater Lake et dans la région des lacs entre Crater Lake et Bend. Tôt veut une fois de plus dire frais. Ce matin encore, il nous faut nous équiper suffisamment pour ne pas avoir froid sur la moto. Crater Lake est à plus de 50 miles, il va donc falloir rouler avant de jouir des lieux. Après 20 miles sur la 97 Nord, le long du lac de Klamath, où les mouchillons réunis en essaim s'éclatent sur le pare-brise de l'Electra Glide, nous prenons la 62 qui mène au parc. Tout est bien indiqué, il faut juste être attentif à ne pas rater l'embranchement.
Si la partie de la 97 était peu scénique, la 62 devient rapidement bien plus belle, à travers les paturâges, traversant de petits villages de la campagne de l'Oregon. La circulation est nulle, nous pouvons rouler en toute confiance. Crater Lake est en altitude, il s'agit en fait d'une montagne volcanique qui s'est écroulée et qui a formé ce cratère dans lequel un lac a pris place (enfin, si on a tout compris...). Qui dit altitude dit sapins et pins dans ce coin des USA. Jamais de ma vie je n'aurais vu autant d'arbres. Depuis le nord de la Californie, notre itinéraire traverse en permanence une forêt sans fin, avec de temps à autre de vastes clairières, qui forment des plaines, mais la forêt revient inexorablement. Des sapins et des pins droits comme des I, hauts comme des immeubles, une posture solide et parfaite, que seules les routes viennent perturber.
Crater Lake est un parc national et il faut donc s'acquitter du droit d'entrée habituel auprès de la cabane des Rangers qui délimite le territoire. La route monte en lacet sur la crête qui surplombe le lac et là, soudainement, c'est l'émerveillement dans cette matinée claire et ensoleillée. Le point de vue en arrivant par l'entrée sud est sans doute le plus beau du site. Au sommet de falaises de plusieurs centaines de mètres, nous pouvons voir à nos pieds ce lac d'un bleu si profond, dans lequel se reflète les montagnes qui l'entourent, avec une petite île pour parfaire le tableau. Un spectacle saisissant de beauté, la nature au sommet de son art. Les photos sont difficiles à prendre, non pas que les points de vue manquent, bien au contraire, tout est beau. Alors on mitraille et on triera, ou pas. Une route bien large fait le tour du lac. Mais en cette matinée le soleil est encore bien bas et un versant est donc en total contre-jour. Nous nous contentons donc de faire 3/4 du tour prévu, avant de revenir sur nos pas pour emprunter la 138 qui rejoint ensuite la 97. Il est également possible de descendre au lac et de faire un tour en bateau sur les flôts. Difficile de dire si cela vaut la peine de voir le cratère depuis en bas, nous n'y sommes pas allés.
Jouir des lieux disais-je, c'est bien le verbe qu'il fallait tant le plaisir était présent. Une fois redescendu sur la plaine et sur la 97, nous filons vers le nord. En fouinant lors de la préparation de notre voyage, nous avions trouvé la Cascade Lakes Scenic Byway, qui fait une incursion au milieu des forêts, à la découverte des lacs de cette partie de l'Oregon. C'est à Crescent, en tournant à gauche juste après la station Shell qu'il faut commencer ce détour. Mais avant cela, il convient de se restaurer, il commence à faire faim. Pas surs du tout de trouver des petits restaurants sur la Byway, nous optons pour le Mohawk Restaurant, juste après la station Shell. Un petit restaurant comme on les aime, sans touriste, ni chichi. Un bar en bois derrière lequel trône l'habituelle enseigne lumineuse "Budweiser", un écran télé qui diffuse des sports, des habitués au bar, casquette sur la tête, et un service attentionné et aimable. Le patron est un chasseur, d'ailleurs une salle exhibe toute sorte de trophées à l'arrière du restaurant. Il nous dit avoir vu un ours dans la région pas plus tard qu'hier. Il nous avertit aussi de bien faire attention sur la 97, une route très dangereuse, car non protégée par des barrières sur les côtés. Les animaux traversent donc la route à tout moment. Pas plus tard que ce matin, il entendait sur son scanner que 4 biches avaient été percutées par des véhicules dans la région nous dit-il. En levant les yeux au-dessus du bar, nous voyons le nom des clients à qui il ne faut plus faire crédit, vu leur ardoise de quelques centaines de $. J'imagine bien la chose chez nous ...
Après ce repas simple mais efficace, nous empruntons donc la route qui va nous mener aux lacs. Dans un premier temps, il convient de suivre la direction de Davis Lake, le premier dans ce sens, mais sans doute pas le plus beau comme nous le verrons plus tard. Peu après Davis Lake, sur la 46, la route cotoie un incroyable mur de lave, haut de plusieurs dizaines de mètres et sur une distance de plusieurs miles, un amas monstrueux de rochers provenant du chaos volcanique qui a animé la région dans un lointain passé. Nous n'avons pas compris tout de suite qu'il fallait emprunter les voies qui quittaient la 46 pour arriver à ces lacs, pensant qu'ils étaient visibles depuis la route principale. Nous commençons donc nos incursions au Lava Lake, un décor de carte postale, avec son ponton en bois, son lac bleu profond, ses forêts en arrière-plan et le Mount Bachelor avec ses pentes enneigées qui domine le tout. Des gens partent faire du kayak et d'autres pêchent depuis le ponton. Dans toute cette région, le campeur est roi. Il y a plusieurs sites et apparemment ils ont du succès. Par contre, nous voyons régulièrement des panneaux nous indiquant que les risques d'incendie sont extrêmes. Ils sont souvent accompagnés de conseils de précaution pour éviter les départs de feu. Si la partie centrale de l'Oregon est bien verte, elle n'en est pas moins bien sèche.
A partir de Lava Lake, la route 46 entre dans sa partie la plus remarquable. Elk Lake offre même des plages où les Labradors sont rois, se jetant à l'eau pour aller chercher bouts de bois ou balles de tennis. L'humain se baigne aussi, moins gaillardement tout de même, nous sommes ici dans les 6000 pieds. Par contre, le paddle, le kayak et même le bateau sont très populaires sur l'eau. Sur la berge, c'est la glacière et ses bières fraîches qui tiennent la palme. Nous contournons maintenant le Mount Bachelor et voyons encore le vert émeraude du Devil's Lake, avant d'entamer la descente vers Bend. Dans sa version nord, le Mount Bachelor propose des installations de ski qui montent à son sommet. Deux saisons bien distinctes, mais des activités à pratiquer toute l'année. Autant notre traversée des Etats-Unis en 2012 avait été marquée par l'ambiance du sud, les rencontres, les lieux insolites, le côté parfois paumé de cette Amérique hors du bling-bling touristique, autant cette fois-ci nous découvrons une Amérique proche de la nature, celle des paysages simples mais grandioses.
Bend est en vue. Au centre de la ville, des jeunes se laissent flotter sur des bouées géantes sur la rivière qui traverse Downtown. Nous logerons au Sugarloaf Motel, sur la 97 business un peu à l'extérieur de la ville. Un motel classique, où notre chambre est propre et quasi neuve, avec une piscine à l'eau impeccable et bien tempérée, avec un wi-fi efficace et un petit-déjeuner gratuit. Que demander de plus lors d'un périple tel que le notre ? Demain, on gagne Portland avec notre deuxième séjour Airbnb, chez Lisa Warmington.
Petit vendredi tranquile au boulot, thé vert au jasmin en main, en selle par procuration, sur la route pavée de tes mots, je m'arrête au Nevada, question de me garder des miles pour lundi matin.
Merci pour ce partage cher voyageur et je parie que ton lectorat de la rubrique Amérique du Nord gonflera comme celui de la rubrique Asie du sud est.
à bientôt et je réitère, si le temps et le portefeuilles le permettent, Montréal vous attend avec mon BNB personnalisé, celui que je résèreve aux amis.
Le Sugarloaf étant proche de la 97, il suffit de prendre Empire Blvd à droite au premier feu et l'embranchement est juste là. La 97 fonce au nord, sur ses 2 voies, en direction de l'Etat de Washington. Fini les forêts, nous voilà dans les plaines rurales de cette partie centrale de l'Oregon. Cette histoire de forêts nous a tout de même intrigués. Du coup, nous sommes allés voir sur une carte et il y a effectivement une grande bande verte, le long de la chaîne montagneuse qui sépare la côte pacifique des grandes plaines parfois désertiques à l'Est. Ce sont d'ailleurs elles qui font barrage et qui amène tant de pluie sur cette côte. Une fois que l'on s'éloigne de la chaîne montagneuse, les forêts laissent donc place à des étendues plates plus classiques.
De ce côté-ci de la barrière, les cultures sont diverses. Des paturâges, pour le bétail et les chevaux, mais aussi des cultures végétales. Les parcelles sont souvent occupées différement. Là, c'est bien vert et en cours d'arrosage, ici c'est déjà récolté et tout a roussi, alors qu'ailleurs la terre vient d'être retournée puis aplanie et il n'y a aucune pousse dans les champs. Un patchwork de couleurs qui brise la monotonie du plat relief. La circulation n'est pas dense et nous pouvons nous caler sur un bon 55 mph, la radio de la moto branchée sur 99.7 FM et les dernières tendances Country. Un ryrthme parfait sur ces routes US. Nous continuons d'avoir de la chance avec le temps, puisque le soleil fait mentir cette réputation pluvieuse que peut avoir la région Nord-Ouest. Il faut dire que le pire reste à venir dans ce domaine, avec Seattle et la région d'Olympia, décrite très arrosée. On dit d'ailleurs qu'il pleut 300 jours par an à Seattle, au moins quelques gouttes dans la journée. On verra bien d'ici quelques miles.
L'embranchement de la 26, direction Ouest vers Portland est en vue. A présent, nous voyons au loin deux sommets enneigés, le Mount Jefferson et le Mount Hood, qui semblent monter la garde sur la région Pacifique telles deux tours. Des sommets pas si hauts que cela, mais dont les neiges ne s'effaceront pas avec l'été qui prendra bientôt fin. Ciel bleu et montagne, un cocktail plutôt réussi pour la photographe qui trône sur le siège arrière de l'Electra Glide. Vers Warm Springs, nous entrons en territoire indien, dont la communauté gère le casino local. Toute cette région a obtenu le statut de réserve, un nom qui me met chaque fois mal à l'aise, comme si ces peuples avaient été parqués là, comme on l'entend d'une réserve animalière. Une interprétation liée peut-être à une traduction difficile, mais sans aucun doute une facette compliquée de l'histoire américaine et du sort réservé à ces minorités. Peu avant la ville même de Warm Springs, la route descend dans un superbe canyon pour longer une belle rivière, un endroit comme nous aurions pu en voir au Nevada ou en Californie tant la nature est sèche et contraste avec le vert des forêts vu jusqu'à présent.
Au fur et à mesure que nous nous rapprochons du Mount Hood, nos amis les sapins refont leur apparition. Il faut dire que nous prenons aussi de l'altitude. La température baisse également maintenant que nous sommes dans la forêt, les arbres partageant avec nous la fraîcheur qu'ils gardent en leur sein, sous leurs plus basses branches. Nous nous rapprochons tellement du Mount Hood que nous sommes carrément à son pied. Les prises de vue sont nombreuses et nous pouvons donc l'admirer presque sous toutes ses coutures. La 35 conduit vers Hood River, au bord de la Columbia. Un itinéraire à prendre, même si cela rajoute quelques miles pour finir à Portland. Nous laissons le Mount Hood dans notre dos pour entamer la longue descente vers la rivière et la frontière avec l'état voisin de Washington. Le Mount Hood se la joue un peu à la Cervin sur le côté nord (un peu de chauvinisme ne peut pas faire de mal), avec sa forme triangulaire de Toblerone.
En arrivant vers Hood River, c'est la culture des fruits qui prédomine. Poires, pommes, pêches, les stands en bord de route sont nombreux, les exploitations aussi. Nous voilà sur le bord de la Columbia. Là, pour rejoindre Portland, pas le choix, il faut emprunter la I-84 West, une autoroute bourrée de camions et sur laquelle les vitesses sont élevées. La large gorge de la Columbia rend le souffle du vent assez fort, de sorte que c'est assez désagréable sur la moto, notamment lors des dépassements des poids lourds. Et il faudra plus de 50 miles pour rejoindre Portland. Quelques points de vue sur la gorge sont magnfiques, mais plus qu'une gorge (dans le sens européen du terme, à savoir une étroite faille), il faut parler ici plutôt d'une vallée. En route, on peut aussi s'arrêter à la chute d'eau de Multnomah, qui dévale une falaise de plusieurs centaines de mètres. C'est l'arrêt des familles et des touristes américains, les stands de hot-dogs et de glace font affaire ici. Un côté mercantile qui gâche un peu la beauté du lieu.
Portland est finalement en vue et nous suivons les indications que nous avions relevées pour arriver à notre repaire du jour, un logement Airbnb chez Lisa. Google Maps a fait de l'excellent boulot, nous prenons la I-205 South, sortons sur Division Avenue, trouvons facilement la 61st Street et nous voilà arrivés. Lisa a construit ce qu'elle appelle un petit cottage dans le fond de son jardin. Un petit logement individuel tout ce qu'il y a de plus charmant, tout équipé, y compris du Wi-fi. Elle nous accueille chaleureusement et nous prodigue quelques conseils pour visiter Portland demain. Comme dirait un chanteur méridional nommé Francis C. nous allons dormir dans la cabane au fond du jardin (à prononcer avec l'accent).
Mais avant le dodo du soir, nous allons passer la soirée dans un endroit insolite à Troutdale, à une quinzaine de miles sur la I-84 East, à savoir le domaine de McMenamins. Un lieu où il y a des bars, un pub, un hôtel, des restos, une brasserie et même une distillerie, le tout dans une énorme propriété. On y fait de la bière et aussi du vin. Le bâtiment principal date de la première partie du 20ème siècle et a été tour à tour refuge pendant la grande Dépression pour les plus pauvres, hôpital pour des personnes âgées, avant d'être racheté et utilisé comme c'est le cas aujourd'hui. Des concerts sont même organisés dans le parc du domaine et de beaux jardins peuvent être visités. Même si cela peut paraître un endroit quelque peu bourgeois, il n'en est rien, c'est accessible à tous, en tongs et en short. Bref un bon endroit pour sortir de la ville et découvrir quelque chose d'insolite. Retour par l'I-84, nous connaissons le chemin pour regagner notre cottage. L'endroit est très calme, parfait pour une bonne nuit de sommeil.
Au premier abord, Portland n'a pas vraiment grand chose d'attirant. On l'imagine grise et pas très belle, avec un temps souvent pluvieux. En prenant le bus 4 sur Division Street, transport public qui nous amène directement sur Downtown, nous approchons de la Willamette River qui divise la ville en deux parties, le centre étant sur la rive opposée. Ce que nous voyons d'un premier coup d'oeil confirme cette première impression. Des ponts pas très esthétiques, des bâtiments classiques, des bords de rivière peu attirants.
Pourtant, Portland mérite d'être connue. Réputée pour être une ville "progressiste", assez loin de l'esprit conservateur du sud par exemple, elle montre une autre facette d'une grande cité américaine. Ainsi, les autorités préconisent le tri des déchets, de sorte que les habitants de Portland récoltent désormais le verre, font du compost et recyclent tout ce qui est possible de l'être. Dans le quartier où nous logeons, les maisons ont presque toutes un petit coin de jardin ou poussent fleurs et légumes. Les voitures aussi sont différentes, moins de gros 4x4 et plus de véhicules électriques. L'écologie a son droit de parole ici. Il semblerait qu'il fait finalement bon vivre à Portland. D'ailleurs, la ville a récemment été élue comme une des villes les plus agréables des USA. Les architectes du coin ont eu la bonne idée de limiter les hauts buildings. Il faut dire qu'à l'échelle américaine, Portland n'a pas la carrure d'une grande, avec ses 600'000 habitants "seulement". Ainsi, Portland donne l'impression d'une cité à taille humaine, sans exagération et démesure urbaines. Portland aurait d'ailleurs pu s'appeler Boston. La légende dit qu'à l'arrivée des immigrants en provenance de la côte Est, la ville s'est développée et un nom devait lui être trouvé. Deux personnages influents de l'époque venaient de Portland/Maine pour l'un et de Boston/Massachussets pour l'autre. Le nom de la ville s'est joué à pile ou face...
Portland est également réputée pour ses nombreuses brasseries et tavernes, où la bière locale coule à flôts. La bière mais aussi le vin, puisque l'Oregon, tout comme l'Etat de Washington d'ailleurs produit du vin. Et selon les habitants locaux, ce vin est meilleur et commence à supplanter le californien. En si peu de temps en Oregon, notre expérience en la matière n'est de loin pas suiffisante pour prendre parti.
Le côté progressiste de Portland a sans doute un effet sur sa population, car rarement nous n'avons vu autant de "phénomènes" dans les rues. De la tendance hipster, skater, grunge, gothique, en passant par les tatouages qui décorent la peau des vieux, jeunes, hommes, femmes, minces, gros, il y a à Portland des looks et des tenues.
Première bonne surprise, Portland peut se visiter à pied et en transport public. Le Day-Pass coûte 5 $ par personne et est largement amorti si on bouge un peu dans la ville. Première étape, la région du centre. Très agréable et vivant, le centre de Portland est animé. Boutiques, tavernes, magasins, il y a de la vie et Downtown n'est pas seulement un quartier d'affaires. Nous prenons le tram, appelé Max ici, pour nous rendre dans l'énorme Washington Park sur les hauteurs. On y trouve le Rose Garden et le Japanese Garden. Ce dernier est le plus grand jardin du genre hors du Japon. Nous n'y sommes pas allés, faute de temps. Quant aux roses, elles sont des centaines, voire des milliers à faire le bonheur des photographes, des couples d'amoureux et des botanistes en herbe. Des dizaines de variétés, de couleurs et d'odeurs dans ce splendide parc. Comme ailleurs, l'important c'est la rose à Portland, elle garnit même les voitures de police.
Retour en ville avec la visite du quartier de Pearl District, avec ses terrasses, ses tavernes, ses petites boutiques, une ambiance jeune et décontractée. Nous descendons ensuite vers Chinatown, grande de quelques blocs uniquement. C'est ici que se retrouvent les laissés pour compte du rêve américain. Des sans-abri, des jeunes en rupture, assis voire couchés à même le sol, avec une pancarte en carton qui demande le sou. A deux pas du célèbre Voodoo Doughnut et de ses touristes qui font la queue pour rentrer dans la boutique.
Même si on ne découvre pas une ville en 24 heures à peine, nous avons apprécié Portland, et nous n'avons de loin pas tout vu. Bref, au cours d'un périple dans ce coin nord-ouest des USA, un stop à Portland est conseillé. D'ailleurs, KLM y propose même un vol direct depuis Amsterdam. Pas de quoi hésiter trop longtemps finalement.
Toute cette région a obtenu le statut de réserve, un nom qui me met chaque fois mal à l'aise, comme si ces peuples avaient été parqués là, comme on l'entend d'une réserve animalière
A ce propos, connais-tu Howard Fast et son magnifique et terrible roman (roman mais la page d'Histoire est vraie) La Dernière Frontière ? "Un des plus grands livres consacrés à la question indienne".
Je continue mon voyage au rythme de ta moto et de tes mots 🙂
Nous quittons Lisa ce matin. Un super endroit que ce petit cottage sur la 61 South East Avenue. Tout le confort voulu et de supers petit-déjeuners préparés par Lisa. Elle nous explique avoir tout quitté pour rester à la maison et se lancer dans l'aventure Airbnb. Après des débuts difficiles, son logement commence à être connu pour Portland, les voyageurs défilent. Même si cela procure des rentrées d'argent bienvenues, Lisa est sans doute elle aussi une progressiste, à l'image de sa ville, et elle aime accueillir des touristes du monde entier, échanger des points de vue, savoir comment cela fonctionne ailleurs. Son quartier est également sympathique, avec les voisins qui nous saluent alors qu'on charge la moto. Il faut dire que voyager en deux roues attire visiblement l'oeil et peut avoir un côté fascinant. Comme si les bikers étaient un peu les nouveaux cow-boys, empreints de liberté, prenant la route et allant au gré de leurs envies. Très cliché, mais c'est comme cela que certains Américains rencontrés nous qualifiaient.
Le temps est ce matin à la pluie, nous n'avions pas commencé notre Oatmeal et notre bacon que les gouttes tombaient déjà. Lisa nous dit que pour éviter la pluie, il faut tirer à l'Est et s'éloigner de la barrière montagneuse. La théorie semble donc se vérifier. Nous changeons donc nos plans, car nous avions prévu de prendre la I-5 North pour ensuite prendre la US 12 en direction de Yakima, plus au centre de l'Etat. Nous avons rendez-vous ce soir chez Bill, un ami rencontré d'abord sur le net, puis à Genève, mais j'y reviendrais plus loin. Donc, on oublie la 5 et va prendre la I-205 pour sortir de la ville, puis la WA 14 qui longe la Columbia River Gorge, mais du côté de Washington, en face de l'I-84 qui est, elle, en Oregon. Même si le ciel est très bas, même s'il pleut assez fort, nous pouvons voir que cette route est bien plus attractive que l'I-84 que nous avions prise pour rejoindre Portland. La circulation y est bien plus calme et tranquille que sur l'autoroute. Et la route longe très souvent la rivière, avec de splendides points de vue. Nous aurions dû passer par là.
Nos habits de pluie nous protègent, nous restons secs sous les couches. Alors que nous sommes prêts de prendre la 97 Nord en direction de Yakima, la pluie cesse et le ciel s'éclaircit. Nous pouvons enlever nos effets de pluie et rouler plus décontractés. Lisa avait donc raison. Dès la 97, le paysage change à nouveau, devenant plus désertique. C'est vrai que depuis l'Europe, nous avons une vision de l'Etat de Washington avec des forêts, des montagnes, des rivières, mais cela ne concerne que la frange de la barrière montagneuse. Le reste est bien plus sec, sans arbre, ni rochers, de grandes plaines entourées de collines sèches. La route qui monte vers Yakima traverse donc ce type de paysage, qui pourrait paraître monotone, mais qui ne l'est pas. Les déserts sont toujours assez fascinants, loin d'être ternes et plats. Proche de Yakima, nous entrons dans la Yakama Nation, une des nombreuses réserves indiennes du Nord-Ouest américain. En nous arrêtant dans un petit restaurant de Toppenish, nous voyons qu'en effet tant les clients que la majorité du personnel est indien. Bill nous dira plus tard que ces communautés ont de nombreux problèmes sociaux, comme une consommation trop forte d'alcool et de drogue, couplée à un chômage important et à des déficits d'éducation des enfants. Par manque de moyens sans doute, vu les sommes à dépenser pour s'assurer une formation scolaire digne de ce nom aux USA. Nous traversons Yakima rapidement, sans nous arrêter, pour atteindre Ellensburg, avant d'arriver à Cle Elum notre destination finale pour aujourd'hui.
Si nous avions manqué la WA 821 qui traversait un canyon au lieu de rester sur la 97 et passer par les collines, nous ne manquons pas la 10 qui va remonter la magnifique petite vallée de la Yakima River. Cle Elum en vue, une petite ville de 2500 âmes, active à l'époque dans l'exploitation de mines de charbon. Mais cette industrie a disparu à la fin des années 50 et maintenant les emplois sont plus difficiles à trouver dans cette région, à part dans le domaine du tourisme qui a pris un bel essor. Il faut dire que l'été, les touristes viennent camper dans les forêts aux alentours, l'automne est consacré à la chasse et l'hiver au ski.
Nous recontrons Bill au Dairy Queen de la ville, sur la rue principale. Nous avions connu Bill via internet, alors que nous construisions notre voyage. Le hasard avait fait qu'avant notre périple, Bill faisait le sien, avec son épouse, son fils et sa belle-fille, à travers l'Europe. Ils s'étaient donc arrêtés chez nous et nous leur avions fait découvrir notre ville. Là, ce sont maintenant eux qui nous accueillent dans leur magnifique maison. Une maison au milieu des sapins, en pleine nature, avec un beau terrain. Nous profitons de cette hospitalité et nos discussions vont bon train lors des repas. Bill travaille de l'autre côté de Seattle, à Sequim, en face de l'île de Vancouver. Il nous propose de nous héberger à cet endroit, où il a un pied-à-terre, après notre séjour à Seattle. Et encore mieux, il a des amis qui sont des bikers et qui roulent avec des Harley. Nous prenons donc rendez-vous et j'aurai désormais droit à une escorte puisque Sean, Darryl et sa femme Brooke vont faire un bon bout de chemin avec nous mardi prochain. Petite virée dans la petite ville de Roslyn, qui produit une bière célèbre dans la région, une ville qui ressemble à un décor de western, avec ses bâtiments en bois, ses bars avec le fameux grands comptoirs et la rigole aux pieds pour la chique. C'est bon pour ce soir, nous pouvons rentrer, manger et dormir.
La météo est encore défavorable ce matin, les nuages sont nombreux et les averses sont annoncées. Il va falloir sans doute utiliser nos protections. Deux chemins sont possibles pour rejoindre Seattle. I-90 pour y aller direct ou passer par les montagnes et Leavenworth ? Ce sera l'I-90, car avant de partir, Bill nous ramène à Roslyn, voir la ville de jour et assister à la parade des pompiers du coin. Une parade genre show à l'américaine, avec les véhicules lourds toute sirène hurlante et la rampe de feux allumées. Des voitures plus anciennes, des candidats à des élections qui font leur pub, bref, de quoi y rester une heure. Ce qui fait que nous nous mettons en route pour Seattle vers les 1300h. Passer par Leavenworth nous ferait arriver tard, raison pour laquelle nous optons pour l'Interstate.
Une Interstate où cela roule assez vite, même les camions ne sont pas en-dessous de 70 mph. Le revêtement est ingéal, parfois excellent, parfois plein de trous, nous obligeant à rester bien attentif. Pas de pluie, mais un temps frais avec du vent. En moins d'une heure et demie, Seattle est en vue, avec un grand pont à ras des flôts pour entrer sur la presqu'île de la ville. Nous trouvons facilement notre logement dans le quartier de Madison. Là encore, un logement individuel dans le jardin, un cottage à part de la maison principal. Tout confort, salle de bains, micro-ondes, frigo et énorme lit. Julius qui s'occupe des lieux nous accueille gentiment et nous donne quelques conseils pour aller en ville. Ce sera avec le bus 11 qui se prend à quelques minutes à pied de notre place. Et ce bus 11 descend jusqu'au Pike Market au coeur de Downtown. Etant déjà en fin d'après-midi, nous ne ferons que le Waterfront et ses nombreux restaurants de poissons, façon surtout fast-food. Nous dégusterons le fameux Clam Chowder juste pour caler une petite faim.
Le soleil se couche en pile en face du Waterfront. A la hauteur du Pier 62/63, il y a une grande plateforme idéale pour voir l'astre disparaître dans un magnifique patchwork de couleurs. Nous mangeons encore avant de rentrer en bus vrers notre repaire. Demain, nous passerons la journée en ville, où il y a pas mal de choses à voir. Seattle, notre point le plus au nord. Dès mardi, on sera sur le chemin du retour. Direction San Francisco.
Deuxième jour à Seattle, consacré entièrement à la visite de la ville, sans toucher la moto. Pour rejoindre Downtown, facile comme hier, le bus 11. 2.25 $ le ticket, à prendre vers le chauffeur, mais il faut avoir la monnaie exacte. Le chauffeur nous remet alors un coupon qui étend la validité de notre billet à 2 heures. Pratique si on veut aller plus loin en villle et prendre un autre bus. Nous commençons notre visite au célèbre marché de Pike Place, au bout de la ligne du bus 11. Toute sorte de stands, de la nourriture, des fleurs, de l'artisanat et quelques musiciens qui jouent dans la rue. L'endroit est évidemment touristique, mais loin d'être déplaisant. Les stands de poisson sont particulièrement impressionnants, notamment les saumons qui ont une taille incroyable.
Au pied du Pike Market, vers le bas de Union, se tient l'Antique Market, une sorte de marché aux puces dans un entrepôt, plein d'objets divers ayant traversé les âges. De vieux meubles, des plaques de voitures, des plaques de rue, des néons publicitaires, des vieux vinyls et même deux cabines téléphoniques ! Nous partons ensuite à pied vers les stades, plus à l'Est, vers Occidental Avenue. Les clubs de football américain et de soccer se partagent le Century Link Field, alors que le baseball se joue dans le Safeco Field voisin. Un petit cadeau pour un ami dans l'échoppe des Seattle Seahawks, récent vainqueur du Superbowl, et nous repartons vers le centre.
La Space Needle, cette fameuse tour qui est sur toutes les photos de Seattle, se trouve à l'opposé des stades, du côté de Denny Way, à l'Ouest de la ville et quelques dizaines de blocs. Bien parti, nous nous y rendons à pied, en longeant la 2nd Avenue. Il y a un festival de musique au pied de la tour, malheureusement pas gratuit, au vu de groupes locaux connus qui s'y produisent. Monter au sommet de la tour est également compliqué vu la queue. Il faut dire que nous sommes en plein week-end du Labor Day, férié sur l'ensemble du territoire américain. Les familles sont de sortie, les gens visitent et dépensent leurs dollars, il y a du monde partout. En plus, si la pluie est annoncé 300 jours par an à Seattle, elle a visiblement aussi congé aujourd'hui, le ciel est grand bleu.
Pour faire les plus belles photos de la ville, un endroit. Le Kerry Park, tout au bout de la 2nd Avenue, côté Ouest. Mais le cliché réussi se mérite, ça grimpe fort. Plus qu'un parc, il s'agit plutôt d'un petit square niché sur une colline et qui domine donc la ville. Evidemment, c'est bien placé, avec la Space Needle au premier plan, les gratte-ciel de Downtown derrière et si vous avez de la chance, le Mount Rainier en bonus, tout là-bas au fond. Aujourd'hui, le temps est trop brumeux, la montagne restera cachée. Il paraît que l'endroit est bien aussi pour les couchers de soleil. C'est certain que la ville prendra les magnifiques couleurs du soir, mais l'astre se couchera derrière les maisons.
Nous redescendons vers le bord de l'Elliott Bay, vers l'Olympic Sculpture Park, une extension du SAM, le Seattle Arts Museum. Si les sculptures sont peu nombreuses, le parc est agréable, avec ses chaises face à la baie, idéales pour se poser et reposer les jambes. Cet endroit est par contre un très bon spot pour regarder le soleil se coucher, tout aussi bien que la plateforme du Pier 62.
Nous aurons finalement tout fait à pied et nous sommes fourbus. Après 10 jours de moto, nous étions un peu rouillés et cette journée de marche a permis de bien se dégourdir, même si nous avons dû parcourir quelques kilomètres. Il y aurait évidemment bien plus à voir à Seattle, mais en un jour, nous avons déjà eu un bel aperçu. Si Portland nous avait supris par le nombre important de ce nous appellerons des "specimens", Seattle a aussi son lot de sans-abri, de clochards, de jeunes désoeuvrés qui font la manche, de gens visiblement à côté de la plaque. Peut-être sont-ils ici parce que quelque part c'est le bout de la route, la dernière grande ville US avant le Canada ou l'Océan, ou peut-être parce que l'Etat de Washington est plus tolérant avec cette frange de la population que d'autres Etats ? Difficile à dire, même si ces pauvres ères n'ont jamais montré d'agressivité, nous avons été clairement surpris par leur nombre dans toute la région de Downtown.
Demain, retour sur deux roues, on part en direction de Sequim, en face de l'île de Vancouver et du Canada.
Hi Lolito,
Je vois que tu es toujours aussi inspiré, pas comme moi. Je n'ai toujours pas écrit une ligne sur la Tanzanie.
On a l'impression d'y être, tu ne peux pas mettre quelque photos?
Profitez bien avec Dom, bande de veinards.
Le logement de Seattle était juste parfait. Même si nous n'avons vu Julius, le propriétaire, qu'une seule fois lors de notre arrivée, tout le reste fut parfait. Un grand lit, une salle de bain, de quoi faire un peu de cuisine, près d'un bus qui nous mène directement au centre, quelques restaurants à proximité, bref, encore une belle découverte Airbnb.
Sortir de Seattle n'est pas compliqué. Nous devons redescendre en ville pour attraper l'I-5 South à la hauteur de la 6ème Avenue. Vu la construction des villes américaines, la 6ème est simple à trouver, basiquement entre la 7ème et la 5ème. De plus, l'Interstate passe au milieu de la ville, simplement pour que les usagers qui travaillent au centre et habitent en banlieue, ce qui correspond à la majorité des Américains dans les grandes villes, puissent être rapidement sur leur lieu de travail et en sortir.
Nous voilà donc sur la I-5 South. 7 voies, jusqu'à 8 en comptant la voie d'accès, une circulation d'enfer, un truc finalement assez dangereux en deux roues. Rester au milieu n'est pas très sécurisant car ici aux USA, chaque voie est indépendante. Ainsi, cela dépasse tant à droite qu'à gauche. Nous préférons donc circuler tranquillement tout à droite, quitte à dépasser certains véhicules sur cette voie. Après 70 miles environ, nous sortons de l'I-5 pour rejoindre la célèbre US 101 qui redescend toute la côte pacifique sur des milliers de kilomètres.
Nous avons rendez-vous à Hoodsport avec Sean, Darryl et sa femme Brooke pour faire un bout de route ensemble. La taverne Model T est à la sortie du village et nos nouveaux amis arrivent. Sean a une Harley et le couple roule chacun sur une Victory, une autre marque américaine assez peu développée en Europe. Après un café pour faire connaissance, nous prenons la route. Une route qui suit la côte et qui traverse de charmants petits villages tournés vers la mer, la pêche ou encore la chasse aux crabes. Pour le lunch, pas moyen d'éviter le gros burger dans un des ces fameux restaurants américains, avec table de billard, décoration sur les murs, une barque qui pend au plafond et du rock n' roll en fond musical. La baie vitrée donne sur la mer et sur un rocher à proximité, nous pouvons déjà voir de nombreuses otaries. C'est leur coin ici, elles pullulent et créent presque un déséquilibre en mangeant beaucoup de poissons.
20 miles avant Sequim, la pluie nous attrappe et nous faisons les derniers tours de roue sous l'eau. C'est bien trempé que nous arrivons sur le parking de la Marina où Bill a son bateau. Evidemment, c'est le moment que le ciel choisit pour se dégager...
Appelé par Sean pour le prévenir de notre arrivée, Bill nous rejoint et nous fait monter sur son bateau, un yacht à moteur suffisamment grand pour nous avoir à bord. Après une courte visite des lieux, nous partons faire le tour des environs avec Bill. Nous sommes surtout surpris en bord de mer, lorsque Bill nous amène dans une zone de maisons individuelles, peuplées par les biches locales. Ces animaux ne sont pas craintifs, n'étant pas chassés, au contraire traités presque comme des animaux domestiques par les habitants des lieux. Ainsi, elles sont là, dans la pelouse, à brouter un peu d'herbe. Nous voyons le Canada au loin, sur l'île de Victoria. Nous avons débuté à Los Angeles et voilà que le pays à la feuille d'érable est à portée de miles. Un sacré road trip. Dès demain, nous entamerons notre descente de la côte direction San Francisco.
Après avoir visité la petite communauté de Sequim, où il semble faire bon vivre, nous voilà de retour sur le bateau. Toute la plage arrière forme un grand salon où Betty, l'épouse de Bill, a préparé un apéro puis notre repas du soir. Sean nous rejoint pour quelques bières. Les otaries sont de retour, elles sortent la tête de l'eau juste à l'arrière du bateau, dans les voies d'eau de la marina. Certaines montent même sur les pontons. Nous passerons une excellente nuit dans cette maison flottante.
Au matin, le ciel s'est éclairci et est désormais sans nuage. Nous prenons notre petit-déjeuner au Black Bear. La carte propose notamment un repas léger, avec des portions moins consistantes. Nous décidons de prendre cette option et lorsque les assiettes arrivent, elles sont .... énormes ! Il est temps de prendre congé de nos hôtes. L'accueil de Betty et Bill a été très chaleureux, ils nous invitent déjà à revenir, il y a tant à voir dans la région de Seattle, même des orques dans entre le continent et l'île de Victoria.
Départ donc sur la 101. Peu après Port Angeles, nous bifurquons sur la WA 112 qui longe la côte d'un peu plus près. Même si les points du vue seront finalement peu nombreux, nous tombons tout de même sur une plage où quelques surfeurs sont dans l'eau. Plus que du surf, ces baigneurs font du paddle. En combinaison bien sûr, tant l'eau ici doit être fraîche. Le Canada est à nouveau visible en face, d'ailleurs mon téléphone portable va directement se connecter sur un réseau canadien ! En revenant vers la 101, deux énormes bêtes, entre l'élan et le cerf, mais sans corne, sortent du bois et traversent tranquillement la route 50 mètres devant la moto. Un petit coup de chance d'avoir eu cette marge. Retour sur la US 101 qui traverse surtout des forêts dans cette portion de l'Etat de Washington. Notamment une forêt pluviale dans la partie intérieur de l'Olympic National Park. Les sous-bois sont si denses qu'il y fait quasiment nuit et la température qui y règne est bien fraîche.
La seule portion de côte de ce parcours est déjà le long du Pacifique. Il ne faut absolument pas manquer Ruby Beach, la première d'une série de plusieurs plages en venant du Nord. Un spectacle naturel splendide, avec les fortes vagues et un énorme rocher qui sort de la mer et qui décore l'endroit. En plus, le soleil est dans le bon sens pour prendre les photos. Les gens partent se balader sur cette large plage, où une brume envahit l'atmosphère vu la violence des vagues. La suite de la côte est une longue et large plage sauvage, sans équipement particulier, juste le sable et la mer.
La 101 repique à l'intérieur des terres, à travers les forêts. Ce ne sera sans doute pas la plus belle portion de route de cette descente du Pacifique, nous attendons avec impatience la côte de l'Oregon. Arrivés à Ocean Shores, nous nous posons au Quinault Beach Resort, géré par une tribu de "Native American". Un hôtel en bord de plage sur laquelle les 4x4 vont rouler, avec une vue fantastique sur les flôts depuis notre chambre, un casino, un endroit sauvage au milieu de la nature. Washington est bien derrière nous, l'Oregon nous tend ses routes.
Bonjour
Je ne suis pas fan de moto, une fois dans ma vie pour aller au stade de France-bonjour la trouille- en tant que passagère de mon mari, je ne suis jamais allée dans ce "coin" des USA et pourtant, grâce à ce récit, j'ai du cliquer une bonne centaine de fois dans google map et earth pour suivre étape par étape ce trajet qui m'a emballée 🙂.
Bravo car sans photo , j'ai presque réussi à tout " voir " de ce voyage.
Merci .
MERCI à tous pour vos commentaires positifs. Je sais qu'un voyage en moto est bien différent d'un road trip plus "conventionnel", nous ratons sans doute pas mal de trucs sur la route. Mais nous ressentons un tel plaisir à rouler ici.
Pour les photos, je vais déjà terminer le texte et on verra au retour pour une petite sélection, si vous êtes sages 🙂
Ce matin, on entame la côte de l'Oregon, jusqu'à Newport. Sous le grand soleil ...
Re
Alors moi j'ai bien aimé le fait qu'il n'y ait pas de photo, cela m'a permis de "voir" les paysages dans ma tête, de m'imaginer
les routes et les petits coins perdus; je me suis aidé de google juste pour situer le côté géographique; cela fait comme quand on lit un livre et qu'on imagine ....Mais je ne pense pas être déçue quand il y aura des photos 😛
Ocean Shores se veut être une station balnéaire, avec de nombreuses maisons de vacances, vides en dehors des périodes estivales. Une station balnéaire alors même que l'Océan ici n'a pas les mêmes vertus qu'une mer tropicale ou simplement plus tempérée. Si froid, si puissant, il est quasi impossible de se baigner à Ocean Shores, comme sur toute la côte des Etats de Washington et de l'Oregon d'ailleurs. Les courants y sont extrêments forts aussi que même les surfeurs ne sont pas à l'abri d'une mésaventure qui peut mal tourner.
Ici, on vient à la plage pour profiter de l'air marin et de ses embruns, pour marcher sur le sable dur au soleil et au vent, pour courir avec son chien ou pour jouer au cerf-volant avec ses enfants, mais sur la terre, jamais dans l'eau. Une plage sauvage à souhait, protégée des constructions de l'homme et de ses dérives. C'est d'ailleurs sans doute ce qui fait la beauté de cette partie nord de la côte pacifique des USA. Une nature préservée et quasi inviolée. Les plages peuvent être longues de plusieurs miles, balayées par la force impressionnante de l'Océan, et pourtant le paysage n'est jamais monotone. Ocean Shores ne déroge pas à ces règles.
Mon ami Bill a fait marcher son réseau et il a averti une de ses connaissances, Dave de son prénom, de notre arrivée. Dave vient donc nous chercher à notre hôtel et nous invite à manger au Galway Bay, un pub irlandais comme son nom l'indique, où le Fish and Chips est excellent. Avec une bière bien sûr. Dave est un biker, il roule Harley-Davidson, bien entendu nous dit-il. Il a pris congé le lendemain et a rameuté 2 de ses propres amis pour nous accompagner sur la route. Rendez-vous vers 09h30 dans la ville d'Aberdeen, 20 miles plus au sud, au Billy's.
Nous nous levons suffisamment tôt pour être à l'heure. En nous rendant vers Aberdeen, nous croisons à nouveau de nombreuses biches, qui broutent l'herbe directement au bord de la route. Les véhicules ne leur font pas peur, sauf peut-être aux petits. Ils deviennent alors imprévisibles et dangereux, courant et sautant dans tous les sens, prêts à vous couper la route. Nous trouvons assez facilement le Billy's au centre de la ville, Dave est là avec Steve et un autre Dave. Tous roulent Harley et ils vont nous escorter le long de la côte de l'Oregon. Enfin presque, car après à peine 10 miles, Steve prend du retard et nous nous arrêtons pour l'attendre. Il a crevé à l'arrière, fin de la virée pour lui. Un parent viendra le chercher avec un camion, alors que nous poursuivons. La US 101 devient magnifique et très variée. Beaucoup de courbes, longeant tour à tour des forêts, des lacs, des rivières, de magnifiques petites villes, nous tenons le rythme, surtout au son d'une Classic Rock Radio Station.
Astoria est en vue. Astoria et son immense pont de plus de 4 miles qui traverse toute l'embouchure de la Willamette River qui arrose Portland bien plus à l'Est. Les bateaux sont sur l'eau, pour la pêche au saumon nous apprend Dave, des saumons qui se trouvent dans le mélange des eaux salées et douces de l'endroit. "Welcome to Oregon" dit la pancarte au bout du pont. Direction sud, la route va commencer à longer la côte de plus près. La circulation se fait plus dense aussi, comme si la solitude de l'Etat de Washington parqué dans son coin nord-ouest n'était qu'une vieille histoire. L'Oregon a la réputation d'être touristique pour les Américains, cela se comprend vu la beauté de sa côte. Quelques points de vue nous donne un aperçu de cette nature brute et sauvage, toujours et encore, et pourtant si différente de celle d'Ocean Shores. Fini l'étendue plate et filiforme des plages vues hier. Ici, ce sont rochers, criques et forêts qui font le spectacle au bord de l'eau. Avec parfois, une longue et énorme plage entre deux promontoirs. Il y a souvent des points de vue le long de la 101 et il ne faut pas hésiter à tous les faire. Et c'est ici que je me rends compte de l'utilité de descendre la côte plutôt que de la remonter. Nous sommes toujours du bon côté de la route pour nous arrêter quand bon nous semble et nous voyons toujours si cela en vaut la peine.
A Manzanita, qui n'a d'influence hispanique que le nom, c'est la pause lunch. Un repas qui sera constitué d'un riche et succulent Clam Chowder, la célèbre soupe aux palourdes, que l'on retrouve dans tous les menus du bord de l'Océan, et même au-delà. C'est l'endroit choisi par la paire de Dave pour nous quitter. Poignées de main et accolades, fraternité entre bikers. Nous continuons notre chemin, avec Newport comme but du jour. Mais avant cela, nous prenons la Three Capes Loop en plein centre de Tillamook, un détour qui va nous amener en bord de mer et qui nous offrira quelques points de vues magnifiques sur cette côte, et même sur une mer de sable fin un peu à l'intérieur des terres, nichée entre les sapins. Une curiosité naturelle surprenante que ce sable si éloigné de la grève.
A Newport, il ne faut pas se contenter de l'avenue centrale, hideuse à souhait avec ses centres commerciaux et ses enseignes habituelles le long des grands axes. Non, il faut descendre sur le Waterfront, peu avant le pont qui enjambe la baie à la sortie de la ville. Là se trouvent les petites tavernes, les petits restaurants qui proposent tous la pêche du jour et diverses spécialités de la mer off course. Avec une bière brassée ici, la Rogue. L'Oregon est sans doute reconnu pour la beauté de sa nature, mais aussi pour la diversité de ses bières. Il existe dans cet état un nombre incalculable de brasseries locales qui proposent ma foi d'excellents breuvages. Sous les tavernes au bord de l'eau se trouvent quelques pontons. C'est là que se trouvent les colonies d'éléphants de mer, couchés sur des palettes flottantes à quelques mètres à peine de la berge, poussant de puissants cris incessants. Seuls les orques les chassent, l'homme ne pouvant le faire, l'espèce est protégée. Nous apprenons d'ailleurs qu'il arrive que les orques passent sous le grand pont et entrent dans la baie. Les otaries et autres éléphants se dépêchent alors de sortir de l'eau pour se réfugier sur les digues.
L'air est bien frais ce soir, mais les gens du coin sont en t-shirt. Il faut dire qu'ici, le standard, c'est 55 degrés Farenheit toute l'année. A plus de 65, on approche de la canicule. Espérons que demain, le 65 sera franchi pour le reste de ce magnifique Etat.
A notre réveil, nous avons bien l'impression que ce sera une belle journée. Pour la commencer, nous allons au phare de Yaquina, à l'entrée de Newport. Payant, mais qui va valoir les quelques dollars réclamés. Non seulement le site est très photogénique avec le phare bien sûr, puis aussi le promontoire, les rochers et la mer d'un bleu profond mais il y a encore une estrade juste devant le vieux bâtiment. Et depuis cette estrade, on voit la mer. Et dans la mer, aujourd'hui, c'est le spectacle. Là, juste devant nous très près de la berge, des baleines grises se la jouent stars d'un jour. Elles sortent de l'eau, respirent à la surface, sous les yeux ravis des humains présents. Même sans jumelles, nous les voyons bien, avec le dos parsemés de coquillages et de molusques divers. Elles viennent respirer à la surface disais-je, mais elles ne plongent pas, de sorte que nous ne verrons jamais leur queue majestueuse s'enfoncer dans les flôts. Une entreprise de Newport, Marine Discovery, organise des sorties en mer pour voir les baleines, mais ce matin, pas besoin de bateau, elles sont là, tout près. Un show dont nous ne nous lassons pas, le challenge étant de deviner à quel endroit le cétacé va (ré)apparaître. Ces baleines grises sont résidentes et sont visibles quasiment toute l'année sur la côte nord de la Californie et celle le long de l'Oregon. Nous en avions d'ailleurs vues au large de San Simeon, au début de notre road trip.
En franchissant le pont à la sortie de Newport, il y a là un aquarium qui se veut être un des plus importants de l'Etat, et pourtant sa visite nous laisse sur notre faim. Pas vraiment de quoi s'enthousiasmer à cet endroit, on peut passer son chemin. Ce que nous faisons allégrement, en ne traînant pas sur les lieux. Dès la ville de Yachats, à la sortie de laquelle il faut impérativement prendre à droite sur Ocean Road, un petit détour de 1 mile à peine mais qui offre des points de vue magnifiques, la côte offre un spectacle majestueux jusqu'à Florence. Des promontoires rocheux, des blocs de pierre dans la mer, des points de vue époustouflants, bref, une portion de route à ne manquer sous aucun prétexte. Le summum est atteint sur un arrêt au bord de la route juste après le phare de Heceta, par ailleurs un des plus visités de la côte en Oregon. Dans un virage, en surplomb d'une falaise verticale qui tombe à pic dans l'océan, la vue y est incroyable. Sur le phare d'abord. Et aussi sur l'eau, quelques centaines de mètres en-dessous. A proximité, se trouvent les Sea Lions Caves, où séjournent de nombreuses otaries et éléphants de mer. D'en haut, nous voyons des dizaines de ces animaux, prendre les vagues comme des surfeurs ou jouer en sautant hors de l'eau. Un show naturel dont on ne lasse pas depuis le petit muret qui surplombe la mer.
La température du jour aurait fait rougir un autochtone, car nous sommes loin des 65 Fareneheit habituels. Le thermomètre de la moto affiche un bon 95, soit 35 degrés bien de chez nous. Le ciel est évidemment sans nuage, d'un bleu clair contrastant avec le bleu profond du Pacifique. Florence, loin d'une réplique toscane, mais avec tout de même une vieille ville, à l'américaine. Quelques vieux bâtiments, des rues plus étroites, des maisons plus serrées. Vieille ville dans laquelle, nous trouverons de quoi manger chez Joyce, un établissement à mi-chemin entre un restaurant et un salon de thé anglais. Non seulement, le patron y est super sympa en venant nous raconter des anecdotes, mais la nourriture y est plus raffinée que d'habitude et dans des proportions bien plus européennes. Peu après la ville de Florence, nous entrons dans la région des grandes dunes de sable, lesquelles vont border la côte durant des miles et des miles. Un terrain de jeu immense pour les quads et les buggys, qui sont en location sur le bord des routes. Alors que North Bend est en vue, premier changement majeur. D'un seul coup et sans prévenir, la température chute à 65 degrés Farenheit. Fini de rouler en t-shirt, il faut rajouter une couche. Même si le soleil est toujours bien présent, il fait carrément frais. Pas vraiment d'explication à ce changement en quelques miles uniquement, si ce n'est que l'air a changé de direction. La chaleur venait des terres, alors que la fraîcheur qui débarque arrive de la mer.
A Bandon, c'est le coup d'assomoir. La température est passée sous les 60, il ne fait plus frais, mais froid. Mais surtout le soleil a laissé la place au fameux brouillard de la côte. Le ciel n'est plus visible, le bleu a été remplacé par le gris et la visibilité est minime. Bien dommage, car à Bandon, il faut prendre le Beach Loop au milieu de la ville, qui sort de la US 101 pour passer le long de la côte. Nous devinons la beauté de l'endroit, entre les brumes et l'atmosphère cotonneuse. Là encore, les éperons rocheux sont nombreux dans l'eau, les blocs de pierre aussi, des paysages photogéniques à souhait, pour autant que le soleil soit présent bien entendu. De Bandon à Gold Beach, nous ne verrons plus rien et nous aurons un sacré coup de froid. La journée avait pourtant si bien commencé.
En arrivant à Gold Beach, nous ne sommes pas loin d'être frigorifiés. Nous nous posons au Azalea Lodge, vers la sortie de la ville à gauche. Un motel typique des bords de route aux USA, mais pas cher, à la chambre simple et conventionnelle, mais propre. Pour le repas, nous continuons à choisir les restaurants où vont les gens du crû. Ce soir, ce sera le Port Hole, tout au début de Gold Beach en venant du nord, en contrebas de la route sur le bord de l'Océan. Un resto familial, à la bonne cuisine locale faite de poissons, où les bières sont brassées dans la ville même et où la serveuse vient plaisanter avec nous à table. Un endroit où on l'on se sent bien, sans prétention ni chichi, habillé en biker, avec les casques sur la moto devant l'établissement. Un bon repas qui nous réchauffe et nous fait oublier cette seconde partie de journée froide et sans couleur. San Francisco se rapproche, dès demain nous passons d'ailleurs en Californie. Sans brouillard espérons, mais au moment de se coucher, c'est loin d'être gagné.
Effectivement, c'était loin d'être gagné car le lendemain matin, ce satané brouillard est toujours là. Moins dense, moins épais, mais toujours là. Il faut dire qu'il fait un peu comme il veut ce brouillard. Parfois, il se retire vers les 10 heures du matin pour laisser la place au grand ciel bleu, parfois il décide de rester là deux ou trois jours et c'est le gris qui s'installe. Là, il a choisi...
Nous partons donc dans la grisaille. La partie de la côte direction sud depuis Gold Beach est à nouveau très sauvage et donc très belle. La route longe l'Océan et les arrêts photogéniques sont bien nombreux, notamment autour du Cape Sebastian et d'Arch Rock. Il ne faut pas hésiter à emprunter les petites routes qui partent vers la mer et qui indiquent un point d'intérêt. Evidemment, cela ralentit la moyenne, mais il serait dommage de passer au travers de paysages si attrayants. Même la grisaille ne ternit pas la beauté des lieux, c'est dire. Le sud de l'Oregon est à la hauteur du reste de la côte de cet Etat, pourtant assez méconnu.
La US 101 poursuit son bonhomme de chemin vers le sud et nous voici en Californie. Un retour vers notre point de départ, car c'est de cet Etat que nous avions commencé notre road trip il y a près de trois semaines. Peu après Crescent City, nous entrons dans le territoire des sequoias, dans le Redwood National Park. Un parc qui s'étend sur des dizaines de miles et qui est peuplé des plus hauts, voire des plus âgés arbres du monde. De véritables tours verticales, qui peuvent grimper à des dizaines de mètres, vieux comme la naissance du monde ou presque et dont les troncs peuvent être si monstrueux. La route serpente au milieu de cette forêt impressionnante et le brouillard mélangé aux rayons du soleil qui tentent de percer rend l'atmosphère presque mystique. Nous nous arrêtons peu après Klamath au "Trees of Mystery", un parc où on peut emprunter un chemin au coeur de ces géants végétaux, puis un télécabine qui monte au sommet d'une colline tout en flirtant avec les pointes des arbres, quelques dizaines de mètres au-dessus du sol. Pas vraiment une attraction, mais un arrêt sympathique qui vaut tout juste les 15 $ demandés. Avant la sortie du parcours, de belles et intéressantes sculptures sur bois viennent divertir l'endroit. Un tronc couché sur son flanc nous présente son coeur et on peut compter son âge par les petits cercles qui démarrent de son centre. Enfin, il y en a tellement qu'il est impossible de lui donner un âge à cet ancêtre. Heureusement, des indications nous apprendront qu'il est quasi millénaire, le bougre.
A la sortie de Orick, la 101 double ses voies et devient une autoroute, rapide et bien roulante. Eureka est en vue. Un nom rappelant la science, pourtant la ville n'a rien d'extraordinaire. Nous logeons chez Tom et Kath, trouvés sur Airbnb, à l'entrée de la ville en arrivant du nord. Une petite maison très sympathique, à l'image de l'accueil qui nous est réservé. A moins de 5 minutes à pied du logement, il est possible d'ouvrir son horizon culinaire puisqu'on y trouve des restaurants indiens, mexicains, vietnamiens, cambodgiens et les habituels fast-food américains McD et BK. La Old Town d'Eureka est quelques blocs plus loin, à environ 15 minutes à pied. Autant le dire, Eureka n'a pas grand chose d'attirant. La partie commerçante de la ville se résume à quelques blocs, autour de la F Street et de la 5ème Avenue. Par contre, tous les premiers samedis du mois, et aujourd'hui en est un, les commerçants restent ouverts et accueillent leurs clients en musique. Ainsi, il y avait un groupe de musique folk dans un magasin de carrelages par exemple. Autre adresse intéressante, "The Local", sur la F Street entre la 5ème et la 6ème Avenue, un bar où il y a plus de 29 bières pression au choix. Mais nous mangerons au mexicain proche de notre logement.
Notre chambre est très calme et a un accès direct à la salle de bain de la maison. Airbnb et ses charmes et avantages, malgré que le quartier ne soit pas des plus attractifs, loin de là. Pourtant, cela représente encore une fois une intéressante expérience.
Pratiquement la même moto, celle de la video est une Ultra Classi, la notre est une Classic tout court. Même chassis, mais avec quelques options en moins.
Un canapé roulant tellement c'est confortable, même ma passagère de femme peut en témoigner ....
Agréable le son, mais avec une musique made in US, ça passe aussi très bien !
Le matin, Tom et Kath nous invitent pour le café et des Bagels. C'est l'occasion de discuter et d'échanger. Comme toutes les autres personnes proposant des logements Airbnb, l'attrait de pouvoir gagner un peu d'argent et de rencontrer des voyageurs du monde entier motivent ce couple dans la cinquantaine. Ils disent ainsi voyager par procuration, à travers les "invités" qu'ils accueillent. Nous quittons nos très sympathiques hôtes d'une nuit pour reprendre la US 101. Quelque 30 miles plus au sud débute la fameuse Avenue of Giants. Un détour d'une trentaine de miles, qui prend un itinéraire parallèle à la 101 et qui va traverser les forêts de sequoias géants, d'où son appellation méritée. Plus qu'un détour, un passage obligé. Une petite route étroite à souhait, tout du moins pour les standards américains, avec de nombreux arrêts possibles sur les bas-côtés pour aller à la rencontre de ces arbres majestueux.
Certes, tous ne sont pas des géants, il y a en majorité des adolescents de la taille de nos sapins, mais le trajet traverse aussi des portions où les ancêtres règnent sur la forêt. Des arbres d'une hauteur et d'une droiture impressionnantes. Marcher au coeur de cette nature nous rappelle notre petitesse et notre humilité. Nous nous arrêtons souvent en bord de route, posons la moto et partons sur les petits chemins tracés, en nous émerveillant du spectacle qu'offrent tous ces troncs. Au milieu du parcours, nous sommes suffisamment à l'intérieur des terres pour que le soleil prenne la place du brouillard ambiant sur la côte. Les rayons arrivent à pénétrer la forêt et offrent ainsi des palettes de couleurs et des ombres magnifiques. Nous prenons un plaisir simple, mais pourtant immense sur ce petit bout de route californienne.
Après 30 miles, l'Avenue of Giants rejoint la US 101, qui a maintenant 4 voies. Cette célèbre Highway longue de plusieurs milliers de miles serpente ici à travers les collines boisées. La circulation est nulle en ce dimanche et nous tenons un bon 65 mph. De temps à autre, la route rétrécit pour ne former plus que 2 voies, mais la plupart du temps, la 101 reste une autoroute. La CA 1 quitte ce trajet pour gagner la côte et rejoindre la 101 bien plus bas, peu avant San Francisco. Nous prenons cet itinéraire, lequel va rapidement devenir une petite route avec de nombreux virages serrés qu'il convient de prendre avec attention. L'Electra Glide nous démontre sa facilité de conduite malgré son poids, mais il faut vraiment se méfier de ne pas trop prendre de vitesse, car au premier virage trop serré, impossible de rattraper la moto et c'est soit le talus, soit la montagne. Et dans les deux cas, un sérieux problème. Aucune présence humaine sur plus de 30 miles, excéptés quelques véhicules croisés. Nous arrivons sur la côte et le soleil persiste. Pas pour longtemps, le brouillard reprend ses droits et même si le plafond n'est pas si bas, tout est gris et frais. Tom nous avait expliqué que l'air est très chaud dans les terres et repousse le brouillard sur la côte, où il n'arrive pas à se dissiper.
Nous décidons de nous poser à Fort Bragg au milieu de l'après-midi. Même s'il est tôt, nous voulons faire un peu de lessive et aussi laver la moto qui est vraiment sale. Nous n'avons pas encore pris notre lunch et une petite salade au Denny's plus tard, nous nous posons à Sea Bird Lodge America's Best Value, à la sortie de la ville. Un petit hôtel parfait pour nous, avec de quoi faire des machines et sécher, un petit jacuzzi et une piscine couverte, un accueil sympathique. Juste à côté, un grand supermarché nous permet d'acheter quelques rafraîchissements et il y a même un car-wash à proximité. Que du bonheur.
Se restaurer le soir à Fort Bragg n'est pas vraiment un problème. Il y a en a pour tous les goûts et toutes les bourses. La réceptionniste de l'hôtel nous aiguille sur un restaurant pas très loin, mais un peu trop chic à notre goût. Nappe blanche, serveurs en cravate, prix en relation, nous préférons nous rendre dans la petite échoppe d'en face qui vante ses Ribs, son Pulled Pork ou son saumon. Le proprio qui nous accueille, un Latino sans aucun doute, est tout sourire, nous entendons aussi ses enfants jouer dans la petite salle derrière le comptoir. Un petit restaurant sans prétention où nous pouvons manger sans nous soucier de notre tenue de biker, nos bottes, nos jeans un peu sales malgré le lavage et nos t-shirts froissés. Les Américains mangent tôt le soir, à 21h00 plus moyen de se faire servir, hors des fast-food traditionnels. Mais il faut aussi dire que de rouler à moto durant la journée fatigue son homme et le soir, nous nous couchons assez tôt.
Dernière étape demain, avec une arrivée à San Francisco où nous devons rendre la moto en fin d'après-midi. Que de miles parcourus, il est difficile de se faire à l'idée que demain, ce sera le bout de la route. Notre avion décolle jeudi, nous aurons le temps d'atterrir de notre périple sur les routes US avant de décoller pour le retour à la maison.
Une fois n'est pas coutume depuis que nous sommes sur la côte. Le brouillard est de la partie. Pas un brouillard dense et cotonneux, juste un plafond gris très bas qui fait penser à un temps d'automne dans notre Genève natale, lorsque le lac crée lui aussi cette brume que le soleil ne transperce pas. Notre nuit au Sea Bird Lodge a été parfaite. Et ce matin, un petit déjeuner simple est offert dans le lobby. Simple, mais avec des muffins faites maison. Plusieurs variétés, myrtilles, orange-cannelle, chocolat, raisins et noix, bref un sacré choix, pour bien débuter la journée.
Nous prenons la route assez tôt et le temps, outre la grisaille, est bien frais. La température ne dépasse guère un petit 50 degrés Farenheit (10 degrés pour nous). Si nous avons assez de couches sur le haut du corps, les jambes et les pieds souffrent un peu plus. Les bikers américains portent souvent des surpantalons en cuir qui protègent les jambes, mais nous n'avons pas ce matériel, peu populaire par ailleurs en Europe.
Cette partie Pacifique entre Fort Bragg et San Francisco restera une des plus belles parcourues depuis notre départ, malgré la météo. La CA 1 n'est pas une splendeur, c'est une merveille. Elle épouse tous les contours de la côte et il faut le dire, c'est un mariage réussi. Les séquoias ont laissé la place aux pins et parfois aux eucalyptus qui dégagent leur senteur. La route tourne, descend, monte, au gré du terrain. Si Dominique profite des paysages sur son strapontin arrière, je me dois d'être attentif et je ne risque que quelques coups d'oeil sur les bas-côtés de cette magnifique voie. Quasi toujours près de l'Océan, les points de vues sont nombreux sur les caps, les criques, les promontoires, les rochers. Souvent irlandais lorsque la lande jaunie descend vers la mer, parfois méridionaux lorsque les pins viennent flirter avec l'eau, les paysages sont fantastiques. Quelques noms de village ou de lieux rappellent l'ambiance : Albion, Manchester ou Irish Beach. Ah si seulement nous avions le soleil avec nous, le plaisir serait total.
A l'entrée de Jenner, il y a une plage en bas de la falaise. Quelques dizaines d'otaries ou d'éléphants de mer squattent l'endroit et les automobilistes s'arrêtent pour contempler le spectacle. Personne ne klaxonne ou ne s'énerve, ici c'est relax man, même sur la route. A l'entrée de Bodega Bay, il y a le Boat House, un petit troquet tout simple, qui sert la pêche du jour et un succulent Clam Chowder. La patronne, volubile à souhait, veut tout savoir. D'où nous venons, où nous allons, combien de temps voyage-t-on. Alors que nous arrivons vers Point Reyes, à quelques miles de San Francisco, la brume nous dit au revoir et le ciel s'annonce sans nuage. Nous étions partis de Los Angeles avec le soleil, nous allons arriver à San Francisco avec le soleil. Nous rejoingnons la 101 et sa circulation dense et rapide. Le Golden Gate est là tout près, le pont mythique connu dans le monde entier, que nous allons traverser en Harley-Davidson, un pur moment de bonheur. Avant d'entamer la traversée, on peut monter sur la droite vers Fort Spencer, qui offre une des meilleures vues de l'endroit, surplombant le pont et toute la baie. Un vent très fort souffle, mais il se calmera dès la colline redescendue, notamment pour le passage sur le pont. La vue est tout bonnement époustouflante, le rouge de l'armature de l'ouvrage contrastant avec le bleu du ciel et de la mer. La ville de San Francisco est en arrière plan, un décor de carte postale. Passer le pont est payant dans le sens nord-sud. En effet, un péage est obligatoire pour entrer dans la ville, pas pour en sortir. Plus de guichets ou de postes de contrôle, tout est automatisé, par lecture de plaques. On peut soit payer d'avance les 7$ pour une moto, soit deux jours après le passage. Il suffit d'aller sur le site interet correspondant et de connaître la plaque d'immatriculation. Le reste de la marche à suivre est indiqué.
Nous avions printé notre itinéraire jusque vers Bernal Heights, un quartier tranquille en dehors de l'agitation du centre de la ville. C'est là que nous avons trouvé notre dernier logement Airbnb, chez un couple de femmes qui nous accueille chaleureusement. Nous retrouvons nos sacs de voyage que nous avions envoyés par poste au début de notre périple. Il est temps de vider la moto et de la ramener chez Eaglerider, à moins de quinze minutes de là. La 101 traverse la ville du nord au sud et nous la prenons l'espace de quelques miles. Eaglerider a ses bureaux et ses locaux sur la 8ème Street et nous arrivons dans les temps, après avoir fait le plein à la station qui est juste à côté. Le personnel fait un rapide tour de la machine, sans vraiment approfondir l'examen, et me fait signer le papier attestant de la restitution. Nous reprenons le taxi pour regagner notre logement, Eaglerider rembourse encore jusqu'à 15$ la course, avec la quittance pour preuve, document qu'il faudra faxer ou envoyer via email. Ma carte de crédit sera ensuite débitée. La chauffeur de taxi qui nous prend en charge est une afro-américaine qui conduit avec son chihuahua comme aide-chauffeur. Je lui indique la direction et elle fonce dans le trafic, telle la Fangio dans un grand prix. Rapide et efficace, elle aura mérité son pourboire.
Pas trop envie de retourner en ville ce soir. Mais aucun souci, le quartier est pourvu en restaurants, en épiceries ou en bars. Sur Cortland, nous trouvons un petit resto mexicain qui fera l'affaire pour ce soir. Et au retour, une bouteille de cidre bien fraîche pour décompresser de ce dernier jour de route. Il nous reste deux jours et demi dans la ville de San Francisco avant notre vol de retour. Il va faire drôle de ne pas remonter sur une moto ces prochains jours. Compteur à l'appui, nous avons parcouru 3534 miles, soit 5687 km.
San Francisco. La fin de notre périple, mais une visite s'impose. Après une excellente nuit calme, nous prenons notre petit-déjeuner préparé par Nsomeka, une de nos deux hôtes. Pour aller en ville, c'est assez simple. Il suffit de descendre sur Mission Street, où tous les transports publics sont accessibles. Nous marchons donc dans cette rue animée entre Cortland et la 16ème, là où nous prendrons le BART, le métro local, pour rejoindre la partie de Dowtown. Mission Street où la rue, et même le quartier, a des couleurs d'Amérique centrale. Ici, c'est le Nicaragua, le Salvador ou encore le Honduras. Les restaurants affichent leurs origines, les étals des épiceries sont en espagnol, les drapeaux nationaux décorent les devantures. Dans la rue, dans le bus, dans les magasins, l'espagnol est roi. Il y a de quoi fouiner ici, de quoi faire quelques bonnes affaires, les prix y sont bien moins chers que sur Downtown la Blanche. Mais la comparaison ne s'arrête pas là. Tout le long de Mission, surtout aux arrêts de métros, le quartier a son lot de sans-abri, de laissés pour compte, de dérangés du cerveau qui hurlent contre les murs ou les nuages. Entre la 5ème et la 15ème, ce sont les jeunes latinos qui prennent possession de la rue, capuche sur la tête, tatouages dans le cou, voire sur la tête, lunettes de soleil et barbiches. Non pas que Mission Street soit dangereuse, loin de là, simplement "différente". Un melting pot assez complet d'une frange de la société américaine, celle loin de la finance et des dollars, celle de la rue, de la vie difficile et des petits boulots, comme ceux qui vendent des babioles aux arrêts de bus, la radio bloquée sur une station mexicaine ou nicaraguayenne.
Le métro est facile à prendre. On choisit sa destination et un distributeur nous donne le tarif. Il ne reste plus qu'à introduire le montant correspondant et l'appareil rend même la monnaie si jamais. Arrivés à Embarcadero, nous revenons à pied sur Union Square qui se veut être le centre de la ville. Un petit parc bétonné au coeur des immeubles, où les gens viennent se poser pour le lunch avec leur pique-nique. Le fameux Cable Car de San Francisco passe en bordure du square sur Powell, faisant la joie des photographes. Chinatown est à proximité. Nous la traversons par Grant Avenue et Stockton, des rues animées, avec sur Grant des lampions qui sont accrochés aux réverbères et qui surplombent la chaussée. Ici, ce n'est évidemment plus l'espagnol, mais le chinois qui prédomine. Il se dit même qu'un nombre important de résidents de Chinatown ne parlent aucun mot d'anglais. En tous les cas, la partie asiatique de San Francisco est bien plus importante que celle de Portland qui se résumait à quelques blocs à peine. C'est même une des communautés asiatiques les plus importantes hors d'Extrême-Orient. Ici, c'est tout un quartier qui se veut plus proche de Hong Kong ou Shanghaï que de Washington. Les échoppes proposent un fouilli incroyable, mais presque la même chose partout. Des dizaines de gadgets et d'objets made in China. Les restaurants sont également très nombreux, de la salle à touristes avec photos sur les menus, au petit boui-boui local où les Blancs ne mettent pas les pieds. Nous nous posons chez Yee's pour le lunch, où il n'y a aucun Occidental dans la salle, mais nous serons déçu par la nourriture, loin d'être à la hauteur de ce que nous avions déjà mangé à Hong Kong et Pékin.
Au nord de Chinatown, voici North Beach et ses quelques blocs transalpins, genre Little Italy de New York. Le drapeau italien est peint sur les réverbères, pour marquer le territoire, lequel est infiniment plus petit que la partie chinoise de la ville. Coit Tower est en vue, elle se mérite, car il faut grimper non seulement au sommet de Kearny ou Montgomery Street, mais il faut encore avaler quelques escaliers avant d'arriver à son pied. 8$ pour monter voir la vue sur la ville du sommet. A notre arrivée, environ 1 heure de queue. Et nous réalisons que le soleil sera de face pour les éventuelles photos sur Downtown. Quant au GGB (le Golden Gate Bridge), il est tout de même bien loin pour des photos de bonne tenue. Bref, en résumé, pas de Coït Tower. Nous redescendons par Greenwich, des escaliers bien raides qui passent au milieu des habitations et de leurs jardins dans la pente sous la tour, côté Est, à la hauteur du Pier 23. Il ne reste plus qu'à suivre le bord de l'Océan pour arriver au célèbre Pier 39.
Le Pier 39 sera sans doute un des pires endroits vus lors de notre périple. Archi-touristique, tout est tourné vers la vente et le business. Des restaurants kitsch et sans âme, des fast-food, des gadgets inutiles, tout est fait pour contenter ici le touriste lambda. Nous n'y traînons pas 10 minutes. Seuls les éléphants de mer, tout au bout de la jetée, sur la gauche, offrent un spectacle gratuit et un brin naturel. Mais la foule est là, guettant chaque geste ou cri de ces animaux, poussant elle aussi des exclamations. Même ça n'a pas d'attrait, en tous les cas bien moins que les bêtes aperçues à Newport en Oregon. Toute la zone du Fisherman's Wharf est du même accabit. Nous n'avons pas aimé et je le dis. Pour revenir vers Mission Street, nous prenons le tram F. On paie le montant exact au chauffeur, 2.25$ et la quittance qui nous est remise permet d'utiliser les bus pendant encore 3 heures. Nous reprendrons donc le 14 vers Cortland, avant de remonter tranquillement le quartier de Bernal Heights. En chemin, nous faisons quelques courses dans un supermarché, pour nos futurs petit-déjeuners et le repas de ce soir. Nous avons bien dû marcher 10km aujourd'hui, mais San Francisco peut très bien se visiter à pied et en transports publics. La suite demain.
Une fois n'est pas coutume, il fait grand beau depuis le matin. Le ciel est sans nuage et le brouillard se tient tranquille. Après le petit-déjeuner dans la cuisine, fenêtres ouvertes pour laisser passer la chaleur du soleil que nous avons face à nous, nous décidons de monter au sommet de Bernal Heights, dans le parc qui occupe la colline. Pour y accéder, facile, il suffit de grimper une des rues qui montent depuis Cortland, principalement entre Andover et Andersen. La vue sur San Francisco est toute simplement époustouflante, toute autant que depuis les Twin Peaks, les cars de touristes en moins. Ici, pas de 49 miles drive, la route que tout voyageur motorisé emprunte à San Francisco. Seuls les promeneurs de chiens peuplent l'endroit, venant faire courir les canidés dans les pentes. Au loin du côté Est, Downtown et ses gratte-ciel, sinon le reste de la ville à nos pieds. Les grandes avenues découpent les quartiers et morcèlent la ville. Une vue qui se mérite vu la colline à grimper, mais quelle récompense.
Nous redescendons à pied en direction de Mission Street, où nous reprenons le 14 jusque vers Union Square. L'idée est d'aller au Presidio, juste au début du pont, côté ville. Un seul bus se rend au Visitors Pavillon, le 28. Pas facile de l'emprunter celui-là. Il nous faut d'abord prendre le 3 jusque dans le quartier de Japantown, où le nom des rues est marqué tant en anglais qu'en japonais, où les boutiques et épiceries nippones pullulent. Puis, c'est Fillmore, avec ses petites boutiques, ses restaurants et échoppes. Nous parcourons 2-3 rues de ce quartier sympathique et nous y faisons nos courses pour le lunch de midi, dans un supermarché. Après le 3, le 22, pour quelques blocs. Le chauffeur de ce trolley est une afro-américaine marrante comme tout qui fait des annonces dans le micro pour ses passagers. Non seulement pour annoncer les arrêts à venir et les correspondances possibles, mais aussi sur ce qu'il y a à voir dans les quartiers traversés. En descendant, je la remercie de son efficacité et elle me gratifie d'un joyeux "it was my pleasure, honey", à savoir en gros "tout le plaisir était pour moi, chéri". Décontractée.
Nous prenons finalement le 28 vers Fillmore et Lombard et celui-ci va nous conduire au pied du Golden Gate. Un point de vue aussi exceptionnel que celui de l'autre côté. A la différence près que côté nord, nous le voyons d'en haut, légèrement en surplomb, alors qu'ici, côté sud ou ville, c'est le contraire, nous sommes légèrement sous le tablier du pont. Deux points de vue, mais tout aussi magnifiques et indispensables l'un que l'autre. L'endroit rêvé pour manger notre salade composée dans un supermarché. Au soleil et face à cet ouvrage célèbre. Nous avons eu de la chance, beaucoup de chance. Une heure après notre arrivée, la brume venue du large fait son apparition et enveloppe le pont. Si les piliers ressortiront parfois du brouillard, impossible désormais de le voir en entier. Quelques belles photos sont encore à faire, mais ce sera sans aucune mesure avec les clichés pris avec un grand ciel bleu.
Nous revenons à pied jusque vers Marina, en empruntant la Golden Gate Promenade, une belle balade le long de la baie, avec une vue splendide sur The Rock, Alcatraz. Là, c'est le paradis des chiens, qui peuvent gambader et aller dans l'eau fraîche, sans déranger qui que ce soit. Nous découvrons ici un métier apparemment commun à San Francisco. Promeneur de chiens. Certains ont une dizaine de canidés en laisse, toutes races confondues, qu'ils détachent une fois au bord de l'eau. Certains, comme les labradors, sont évidemment bien plus actifs près de l'eau que les plus petits comme les teckels ou les bassets, assez en vogue semble-t-il.
Les mollets et les jambes se font lourds, nous regagnons le quartier de Market avec le bus 30. Voyant que nous attendions à un arrêt, une femme se présente vers nous et nous annonce que le prochain bus passera dans 11 minutes, horaire sur son Smartphone à l'appui. Elle ajoute que si nous marchons 3 blocs de plus, il y a aura un banc pour s'asseoir à l'arrêt. Le quartier de Marina est huppé et les maisons sont plus belles les unes que les autres. Les voitures parquées devant sont aussi de grosses cylindrées, neuves et rutilantes. Mais leurs habitants sont visiblement aussi aimables qu'ailleurs, une constante dans ce pays.
Retour vers Market pour prendre le tram F qui va nous conduire dans le quartier de Castro, haut lieu de la culture gay à San Francisco. Ici, les couleurs s'affichent, le drapeau arc-en-ciel est partout. Sur les réverbères, devant les devantures des commerces. Les femmes se tiennent par la main et les hommes entrent dans les sex-shops spécialisés pour mâles, avec articles SM en vitrine, comme s'ils entraient au Wallmart local. Tout du moins dans la partie autour de la station BART de Castro. Il faut dire que la ville de San Francisco a été une des précurseures de la libéralisation du mouvement gay aux USA et que les tabous sur le sujet sont tombés depuis bien longtemps. Nous attendons le bus 24 qui nous amènera vers Cortland et donc notre domicile. Au bout de Castro et dans Noe Street, le bus grimpe (et redescend) des pentes incroyables qui nous rappelle qu'en dehors de Downtown, San Francisco est bâtie sur des collines, parfois abruptes. Les bus ont de la peine, mais ils grimpent à la vitesse du pas (quoique, tout de même plus rapidement tant la pente est raide). Il ne faudrait pas une panne de freins à la descente ...
Cette ville est splendide et extraordinaire. Un petit air européen, un charme fou avec ses maisons en bois et colorées, des milliers de petits commerces, restaurants, des transports publics efficaces, une ouverture d'esprit peu commune, une ambiance tranquille et dénuée de stress, font que même les nombreux sans-abri et paumés incarnant le revers du rêve américain, ne ternissent pas le plaisir de visiter la cité. Nous en aurons vu des villes américaines, mais peu nous ont amené autant de satisfaction que San Francisco. Demain matin, il s'agira de profiter des dernières heures, car notre vol est programmé à 15h50.
Sur Cortland, il y a plusieurs restaurants, mais nous opterons pour notre dernier soir pour une valeur sûre de la gastronomie américaine : la pizza ! Avec le fameux pepperoni un peu piquant et une bonne bouteille de vin califonien achetée au supermarché local. Et pour ne pas faillir à la pratique courante, on se fait livrer à domicile ! Dernière soirée, dernière nuit dans notre Airbnb, une maison splendide sur les hauteurs de Bernal Heights, au coeur d'un quartier très tranquille. Prendre le soleil le matin depuis la terrasse est un gage de bien commencer sa journée. Pour notre dernier matin, nous faisons le plein de chaleur en prenant notre café et petit-déjeuner à la lumière et à la chaleur des rayons. Il nous reste quelques heures pour trier et paqueter nos affaires, nous préparer et partir pour l'aéroport. Comme pour tous les autres logements Airbnb, du ranch dans le Nevada en passant par Portland, Eureka et Seattle, l'accueil de Marie et Nsomeka a été très chaleureux et nos échanges ont été plus qu'intéressants. Cette formule est vraiment excellente, notamment pour la visite des villes, mais aussi en extérieur. Pas toujours plus avantageuse que certains petits motels genre Super 8 ou Motel 6, mais tellement plus riche en rencontres.
Pour se rendre à l'aéroport, il y a plusieurs formules : le métro, le taxi ou encore un système appelé Uber ici à San Francisco. Une sorte de Airbnb, mais pour les transports. Il suffit de télécharger l'application et d'y introduire quelques données personnelles. Les personnes qui adhèrent à ce système sont des privés qui utilisent leur propre véhicule et vous conduisent là où vous le désirez. Une claire et nette concurrence aux taxis, mais visiblement tolérée ici. Les voitures concernées arborent une grosse moustache rose sur la calandre (no comment ...). A travers l'application, on peut donc solliciter un transport et la voiture la plus proche peut venir vous prendre en charge. L'application permet aussi de suivre l'évolution de votre chauffeur sur le parcours. Le paiement se fait via la carte de crédit que vous aurez introduite lors de votre inscription de sorte qu'il n'y a pas besoin de cash. Bref, un système pratique et moins cher que le taxi. Pour exemple, de là où nous sommes à Bernal Heights, nous rendre en métro à l'aéroport nous coûterait environ 22$, avec deux changements et les sacs à trimballer. Avec Uber, il faut compter entre 25 et 30$. En taxi, pas loin de 40. Un bon compromis !
Cette fois, ça y est, c'est la fin de la route, le bout du Pacific Northwest Motorcycle Trip. Le départ est proche, pour quelques dernières lignes sur le long voyage du retour.
Hey Pat,
Merci pour ces compliments, j'apprécie venant d'un voyageur et d'un fan de la plume comme toi.
Chaque retour à la réalité est difficile, mais c'est un passage obligé pour sentir le besoin de repartir, comme une drogue dont on ne saurait se passer.
Va falloir qu'on songe à visiter la Belle Province une fois, histoire qu'on se partage 2-3 gobelets de houblons. Et que je puisse te parler d'un nouveau cap que nous avons pris (non ne t'inquiète pas, aucun nouvel arrivant n'est prévu dans la famille, juste un changement de job et une nouvelle vie professionnelle. Mais ce n'est pas la place d'en parler ici...).
Nous commandons notre transport via l'application Uber. En un mot : impressionnant. On se connecte, on entre la destination choisie et on reçoit un code par SMS pour valider la commande. Dès ce moment, nous pouvons voir qui sera notre chauffeur, avec sa photo, et le véhicule qu'il utilise avec la plaque d'immatriculation. Il y a aussi un petit compteur qui dit dans combien de temps il sera sur le lieu de prise en charge et, cerise sur le gâteau, on voit la voiture sur la carte de la ville ... C'est Robbie qui nous prend en charge, un gars d'une soixantaine d'années qui parle 2-3 mots de français et qui connaît assez bien l'Europe. Nous discutons tout au long du trajet, qui dure à peine 15 minutes pour rejoindre l'aéroport international de San Francisco. A peine arrivés au SFO International Airport, je reçois la facture et le détail de la transaction par mail. 24$. A peine plus qu'un transport en bus/métro. Et bien plus rapide, bien plus efficace, bien plus sympathique.
L'aéroport de San Francisco est certes grand, mais il n'y pas foule. Nous sommes suffisamment en avance pour éviter les longues queues au check-in, surtout avec un vol sur l'A380 qui va amener son lot de passagers. La plupart n'ont pas enregistré en ligne et là, la queue s'allonge rapidement, alors qu'au drop-off bagages, nous réglons l'affaire en 5 minutes. Pas vraiment de Tax Free Shop, quelques boutiques, mais pas vraiment de quoi meubler les 2 heures qui nous séparent de l'embarquement. Marie, une de nos hôtes, connaît Genève pour y venir de temps à autre visiter des amis. Nous nous sommes donc promis de nous recroiser, mais de l'autre côté de l'Atlantique cette fois-ci. Nous n'aurons fait que de supers rencontres lors de ce voyage, avec Airbnb, mais aussi avec tout plein de gens croisés sur la route.
L'enregistrement du vol est fidèle à l'habitude. Tout le monde se presse devant la porte, sans se soucier que nous allons entrer dans l'avion en fonction de notre numéro de siège. Évidemment qu'au final, tout le monde sera à bord, assis à la place qui lui est attribuée. Comme à l'aller, le décollage se fait tout en douceur avec l'A380, un géant aux ailes de velours. Le vol sera tranquille jusqu'à l'atterrissage à Paris, quelques turbulences mais sans plus. Les critiques sont toujours faciles, mais il faut dire que le service à bord d'Air France a été excellent. La compagnie a souvent fait l'objet de commentaires négatifs, surtout liés à la sécurité et formation des pilotes après le dramatique crash du Rio-Paris. Pour nous, ce sont plutôt les problèmes liés aux fréquentes grèves qui peuvent toucher tous les corps de métier oeuvrant sur les aéroports français, une menace beaucoup plus faible dans d'autres pays, qui nous préoccupaient. Pour le reste, nous faisons confiance à Air France, ses pilotes, ses mécaniciens, ses dirigeants.
Arrivés à Paris, nous avons 1 heure et 45 minutes pour attrapper notre correspondance pour Genève. Cela devait être suffisant. Mais il y a un problème. Le parking de l'A380 est occupé par un autre avion qui a un souci technique. L'attente pour trouver une autre place sur l'aéroport nous fait perdre 35 minutes. Le temps de débarquer, de foncer du terminal 2E vers le terminal 2F nous prend encore 15 minutes. Il nous reste environ une heure. Oui mais voilà, lorsque 520 passagers débarquent d'un seul coup, et c'est sans compter les autres long-courriers qui ont posé au même moment, et surtout qu'il n'y a que 4 guichets d'ouverts pour repasser les contrôles de sécurité, on perd un sacré temps. Nous voyons les minutes défiler et surtout notre vol pour Genève s'envoler sans nous. Une fois la sécurité passée, il faut maintenant affronter les contrôles d'immigration puisque nous entrons en Europe. Et là, peu de guichets ouverts aussi. Nouvelle queue, nouvelle attente. Tout le monde semble avoir des correspondances, puisque cela dépasse dans les files et cela s'énerve. Lorsque nous arrivons envin devant la porte F21, l'hôtesse de terre avait l'index posé sur la touche "Enter" pour boucler son vol. In extremis. 60 minutes plus tard, nous débarquons sur le tarmac genevois, fatigués, avec le besoin d'une douche et de prendre l'air.
Comme à chaque retour, la famille veut tout savoir, voir déjà des photos, connaître les anecdotes. Pas le temps de digérer l'arrivée que déjà nous replongeons dans notre trip. Un trip extraordinaire. Comme d'habitude serai-je tenté de dire, sans le côté blasé de l'expression. Car pour qui sait garder ses yeux ouverts, il y a tant à voir sur cette Planète. Là, nous avons connu, comme lors notre traversée Coast to Coast de 2012, un sentiment inégalé de liberté au guidon de l'Electra. Une impression de déconnexion, avec le vent, la route, les vibrations de la moto et les sensations liées au pilotage de la machine comme seul lien. Un sentiment d'aventure aussi, avec les quelques 5000 km parcourus en solo, sans organisation extérieure, s'arrêtant au gré des envies ou des rencontres éphémères. Une aventure également, et même surtout, humaine avec les riches échanges que nous avons connus. Parfois juste une plaisanterie d'une conductrice de bus ou d'une serveuse, parfois un accueil extraordinaire comme chez Bill ou dans nos logements Airbnb. Nous l'avions déjà constaté, mais l'Américain sait être convivial respectueux et aimable. Une fois n'est pas coutume, nous avons pu allier nos passions, la moto, partir ailleurs et être libre, la découverte des gens et d'autres contrées. Comblés, nous sommes comblés.
Un sacré road trip ce Pacific Northwest Motorycle Tour.
Un carnet qui emmène le lecteur à travers des paysages somptueux de couleurs, de brume, de lacs et de forêts, de montagnes et de prairies et qui lui fait partager de belles rencontres.
Des mots qui valent toutes les photos du monde... Quel régal ! Quel régal !
Merci à toi, ton message me fait particulièrement plaisir, tu as réussi à ressentir les émotions que j'ai vécues. Et sans photo... Cela me motive à continuer à prendre le temps de rédiger lors de nos périples.
Salut Laurent,
J' ai laissé un succinct CR sur ce site mais très ou "trop" pratique.
Je te mail ce week-end.
Bon WE sous la pluie ....du moins ici à Paris.
Olivier
Bonjour Laurent,
Après ma petite intervention de cet automne dans ce post, je reviens vers vous car mon compagnon et moi préparons notre voyage en Electra Glide également (nous allons la réserver au plus tôt).
Votre carnet de voyage entre autres commentaires des intervenants, nous a inspiré et nous a donné envie, nous avons tracé les grandes lignes de notre périple. SAN FRANCISCO / VANCOUVER aller et retour.
Départ le 20 juin prochain, arrrivée le même jour à SAN FRANCISCO, nous envisageons de louer la moto à partir du 22 juin jusqu'au10 juillet soit 19 jours de location pour un retour vers la FRANCE LE 12 juillet.
Pour les billets d'avions, c'est fait.
Nous aussi nous aimons parcourir les grands espaces naturels. Voici notre premier jet :
- San Franciso - Sacramento
- Sacramento - Carson City
- Carson City - Chester
- Chester - Lasser NP
- Lasser NP - Klamath Fall
- Klamath Fall - Madras
- Madras - Portland
- Portalnd - Seattle
- Seattle - Vancouver
- Vancouver - Victoria par Nanaïmo
- Victoria - Port Angelès
- Port Anglès- Astoria
- Astoria - Florence
- Florence - Brooking
- Brooking - Eurêka
- Eurêka - San Francisco
Nous réserverons notre hébergement à SAN FRANCISCO nous sommes en train de faire notre sélection, nous le recherchons près des centres d'intérêts et au calme, c'est un peu contradictoire, mais si cela existe, on ne sait jamais... pour la suite de notre parcours nous verrons plus tard.
Je vous remercie pour l'aide que vous voudrez bien m'apporter.
Vous avez bien raison de choisir cet itinéraire, moins classique que certains dans l'Ouest des USA. Vous y découvrirez des endroits très nature et diversifiés (forêts, déserts, montagnes, lacs, océan...).
En sortant de Klammath Falls, il ne faudra pas rater Crater Lake, mais j'imagine que vous l'avez mis au programme !!!
Pour la portion Portland-Seattle, remonter la Colombia River sur le côté nord, dans l'état de Washington, cette portion de route est magnifique. Enfin si vous le pouvez, car Portland-Seattle en une fois par ce tronçon, c'est quasi impossible. J'ai un peu peur que vous prévoyiez de faire ce trajet via l'Interstate 5 Nord, mais ce sera vite lassant. Le but étant d'éviter au maximum les Interstate, les camions, le bitume pas toujours en bon état.
Bref, on pourra en reparler si vous voulez, même en MP vu que vous le faites en Electra comme nous l'avons fait (sans doute que pour les 4 roues, c'est un peu différent...).
Pour SF, je vous conseille de rendre la moto dès votre arrivée. Le site d'Eaglerider est en pleine ville, facile à atteindre avec un GPS (sur le portable par exemple) ou avec un itinéraire imprimé de Google Maps. Pas besoin de véhicule à SF, tout peut se faire en transport public. Un tuyau pour alléger vos bagages. A votre arrivée, envoyez par colis (ou passer y déposer vu que vous partez aussi de SF) vos sacs de voyage et tout ce dont vous n'aurez pas besoin lors du périple à l'adresse où vous finirez votre trip à SF. Ainsi, vous ne vous encombrerez pas de bagages inutiles. A deux sur l'Electra, les rangements sont vite pleins... surtout qu'il faut prendre du chaud, la côte Pacifique est souvent dans le brouillard et la température fraîche.
Pour le logement, personnellement, nous préférons nettement les sites Airbnb aux motels impersonnels. Pour un prix quasi identique, vous rencontrez des gens, dormez dans de belles maisons, il y a un échange, des infos à recevoir. A SF nous étions dans le quartier de Bernal Heights, à 30 minutes en bus/métro de Downtown. Un quartier tranquille, avec restos et supermarchés, et une vue splendide sur la ville depuis le sommet du Bernal Heights Park. A proximité, il y a Mission Street et sa population latino, les restos salvadoriens, honduriens ou nicaraguayens. Evidemment, plus vous irez vers le centre, plus les logements seront chers. Mais rester un peu en dehors permet aussi de voir et visiter les quartiers et ses habitants. Cela dépendra aussi du nombre de jours que vous y restez. En tous les cas, pour nous Bernal Heights était parfait. Nous allions prendre le métro sur Mission, rue que nous parcourions à pied pour le spectacle de rue, les échoppes latinos. Et le soir un bus nous ramenait vers Castro (le quartier gay) où nous prenions un autre bus. Cela permettait de visiter la ville et de se mêler aux habitants. Top !!! L'avantage avec Airbnb, c'est que les personnes chez qui vous logez vont vous expliquez tout cela.
On l'a fait aussi à Portland, Seattle, Eureka (ainsi que d'autres endroits mais qui ne sont pas sur votre itinéraire). Avec à chaque fois, de supers expériences.
En espérant que cela aide...
voilà, salutations dans le 13, en espérant que vous avez moins froid que chez nous (0° toute la journée ajh) !
Je suis en train de passer votre itinéraire sur Google Maps et j'ai quelques remarques/suggestions. Votre parcours est définitif ?
Sinon :
En partant de SF, pourquoi ne pas aller sur Yosemite (à moto, c'est juste magique, pour autant que les routes soient bonnes à la fin juin...) au lieu de Sacramento ? vous pouvez rejoindre Carson City le lendemain, aucun jour de perdu. Faire le tour de Tahoe Lake est sympa, de même que de faire le détour de Virginia City au Nevada.
Chester - Lassen NP, ce ne sont que quelques dizaines de miles. En partant tôt le matin de Chester, vous pouvez inclure la traversée de Lassen et une balade à pied dans le parc avant de reprendre la route pour Klammath Falls, vous pouvez sans doute gagner une nuit sur ce coup là.
Entre Klammath et Madras, ne pas hésiter à prendre la Cascade Scenic Byway, un itinéraire "bis" vraiment sympa en moto.
Portland-Seattle, j'en ai parlé plus haut, l'itinéraire qui passe via Yakima est plus sympa, mais il faut une nuit entre deux. Sinon, c'est la I-5 North ... Dommage de ne pas faire un stop d'une journée à Seattle. Autant Portland est sympa, mais sans plus, autant il y a de quoi faire une journée minimum à Seattle.
Vancouver : renseignez-vous bien si vous pouvez aller au Canada avec une moto louée ! No comment sur la partie canadienne, nous n'y sommes pas allés.
Port Angeles - Astoria, privilégiez la route 101 qui longe la côte plutôt que la partie qui va vers Olympia et ensuite qui repique vers Aberdeen.
Astoria - Florence : n'hésitez pas à vous arrêter sur les sites en bord de mer (phares, point de vue, plages, ...), vous ne serez pas déçus ...
Florence - Brooking : l'étape me paraît un poil courte (150 miles), en 3 heures vous aurez fait la route. Bon, il y a aussi plein d'arrêts possibles (si le temps est beau).
Eureka : pas grand chose à voir dans cette ville, seuls 4-5 rues sont sympas au centre de la ville. Sinon bof... Une étape pour dormir, sans plus (à part un petit bar à bières que je mentionnais dans le récit). Il y a une agence Harley à l'entrée de la ville en venant du nord ... Entre Brooking et Eureka, ne pas manquer le Redwood NP.
Quelques miles après Eureka (env. 50), ne pas manquer l'Avenue of Giants, une bonne trentaine de miles au plaisir intense au milieu des arbres... Pas d'autres explications, vous verrez ce que je veux dire...
Eureka-SF : si vous voulez prendre le temps à l'Avenue of Giants et suivre la côte, ça va être chaud, l'étape est longue.
En arrivant sur SF, ne pas traverser le pont tout de suite, mais monter sur la droite juste avant d'embarquer sur l'ouvrage (direction Fort Spencer). La carte postale réussie (s'il fait beau of course).
Bonsoir Laurent,
Je vous remercie pour votre réactivité, je vais étudier vos suggestions avec attention.
Il s'agit d'une petite fille arrivée plus tôt que prévu, mais en bonne santé. Merci.
A très bientôt.
Annick
Merci pour ce beau récit très bien écrit. Nous avons quant à nous renoncé à louer une Harley pour des raisons de budget, n'étant pas privés de moto en Europe (on roule en Road King) tant pis nous allons à Sturgis quand même en août prochain. J'aimerais savoir combien vous a coûté la location de votre belle de Milwaukee...
Bien cordialement,
Live to Ride but Ride to Live !
Chris
Je roule aussi RK ici, même si je me tâte justement pour une Electra (confort, bagages, etc...).
Bravo pour Sturgis, j'irais sans doute plus modestement à Faakersee en septembre.
Pour le prix, un bras et même l'autre ... Env. 150 $/jour, toutes assurances comprises. Mais quand on aime, on ne compte pas... On a fait simple sur les logements, les visites, et la nourriture. Le principal était de rouler, l'aventure, la liberté...
Bonsoir Laurent,
Je reviens sur vos commentaires très intéressants.
- Crater Lake : est effectivement au programme.
- les Herbergements : le type Airbnb correspond à ce que nous aimons, c'est moins impersonnel.
- Yosemite : nous avons eu l'information par une relation amicale qui s'y est rendue en 2014, que le site avait été ravagé par les incendies...
- USA/CANADA avec une moto en location : nous venons de demander un devis à Eagle Rider c'est possible. Lorsque nous avons parcouru les Rocheuses US/Canadiennes, nous n'avons pas eu de problème, mais c'était West Euro Bike qui nous avait préparé le voyage.
- Pour les étapes que vous mentionnez, nous tiendrons compte de vos suggestions.
Je vous tiens au courant de l'avancée de notre projet. Nous n'avons pas terminé d'affiner notre itinéraire.
Ici il ne fait pas froid, mais il pleut sans discontinuer depuis 2/3 jours, nous attendons le Mistral qui chassera tous ces nuages d'ici quelques heures.
Bien à vous.
Annick
Here we go with this second travel journal dedicated to the American West! It’s a must when you love it! 😊
We had left off in the charming town of Bisbee, which once thrived thanks to its copper mines. Today, mining is a thing of the past, and the town seems a bit sleepy.
Unfortunately, I didn’t dig deep enough on-site to answer all the questions my observations raised. Guess I’ll have to *dig* into the subject a bit more... no pun intended! 😊
Let’s hop back in the car and head a little further south to check out the esplanade that offers a view—if you can call it that—of the impressive open-pit mine.
Then, it’s off to the Lowell neighborhood.
Preserved almost exactly as it was, this area must’ve been bustling in its heyday. The vintage cars are still around, storefronts and signs look like they’re straight out of another era, and the whole place has a pretty amazing vibe. You’d almost think you were on Route 66!
Here, we’re not just discovering an old neighborhood—it’s a little slice of American history. And, a detail that’s great for my physical health: the area isn’t too spread out.
Lucky me! 😊
I won’t post too many photos here since I think I can turn them into a future photo exhibit. Between these and some shots from Route 66, I should have more than enough material! So, let’s keep a few under wraps... to preserve the surprise. 😊
"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
Alright, this year, we're heading back to South America!
The initial plan was to retrace the route we imagined in the summer of 2020: a trip to northern Argentina starting from Córdoba.
Unfortunately, the flight to Córdoba no longer exists, and airfares to Javier Milei’s country are both outrageously priced and involve multiple layovers.
So, I tweaked Google Flights every which way and finally found a flight within my budget—departing from Clermont-Ferrand!
Not to Argentina, though...
Our transatlantic flight will cross the snow-capped Andes, landing in Santiago, Chile, with a return from Lima!
In between, two domestic flights and a big road trip loop starting from the coastal city of Arica to explore the treasures of northern Chile.
Our mode of transport: a pseudo 4x4 that won’t take us through sand dunes or devilish tracks but will let us tackle the entire secondary network, including unpaved main roads, while still being insured.
Is the suitcase packed with all-season clothes?
Are the driver’s license and passport ready?
Bank cards and a few euros too?
Off we go for just over 3 weeks of southern wanderings!
--/--
To keep all my esteemed readers on track, here are a few maps outlining the Arica-Arica loop!
1- From Arica to San Pedro de Atacama via Pica and the Salar de Huasco
2- Around San Pedro
3- From San Pedro to Cariquima
4- From Cariquima to Putre
5 - From Putre to Arica
Gas stations in this part of Chile are located in Arica, Iquique, Pozo Almonte, Pica, Calama, and San Pedro de Atacama.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
I’m reposting here a travel journal originally published on the Routard forum in 2022 during VoyageForum’s hiatus. Without altering its content, I’ll try to streamline it. The few comments on the political situation reflect my feelings at the time and don’t account for events since then! I’d rather avoid debates on the topic. The photos are nothing fancy—just illustrative.
The context: we’re coming out of COVID. We’re looking for a not-too-distant destination, and Jordan has been catching our eye for a while. After some thought, we wonder if we shouldn’t take advantage of the geography to hop over to Israel. After all, Jerusalem is less than 100 km from Amman. Plus, Transavia lets you combine both destinations.
To plan our trip (February 19 to March 4, 2022), we contacted three French-speaking agencies in Amman. Their itinerary proposals were pretty similar, but the prices varied significantly. Given the many positive reviews we read on travel forums and a very attractive rate compared to competitors, we quickly settled on Ahmad Ababseh’s agency. Still, deep down, we had a slight worry—so many glowing reviews seemed a bit over the top, but we took the chance.
During the preparation, which happened in a very short timeframe (less than 10 days), Ahmad didn’t provide detailed roadbooks, and we made do with brief email or phone exchanges. Few details were shared either. We discussed hotels, with Ahmad preferring the ones he knew. We picked our hotel for our arrival in Amman, but before agreeing, Ahmad insisted on inspecting the rooms.
For payment, Ahmad only asked for a 500 € deposit and trusted our word for the balance, which we paid upon arrival. He also committed in writing to refund the full deposit if our trip was canceled due to COVID.
Finally, for the Israeli part, Ahmad contacted an agency in Jerusalem to handle the logistics. He didn’t take a commission.
Off to Southern Africa again! This time, the trip wasn’t just about wildlife—it was also about the local cultures and the breathtaking landscapes Mother Nature has to offer. It was an emotional rollercoaster in every way, as you’ll see.
We visited two countries: Zambia, known for its reserves, and Malawi, which is less well-known but absolutely worth a visit. Our flight landed in Lilongwe, Malawi’s capital, where our vehicle was waiting—though with a 3-hour delay. It was a 4x4 without the rooftop tent this time, since we stayed in lodges (prices are very reasonable in Malawi). Just a heads-up: don’t exchange money at the airport or banks—the official rate was 1,750 Malawian kwacha to $1. On the black market, the rate was between 3,000 and 3,500 kwacha, making the cost of living much cheaper.
With that out of the way, our first stop was South Luangwa National Park in Zambia. The first hiccup came at the Malawi-Zambia border: we were missing a document the rental company had forgotten. After some back-and-forth, they sent it via WhatsApp ($20 to get it validated by the police). But things got worse—the car’s chassis number was off by one digit from the registered one. I thought our trip was over before it even started! After what felt like forever, we got through with a "tip" of $200. Total border crossing time: 3 hours, costing nearly $400. We arrived in South Luangwa after dark.
Thankfully, the next day made up for it with an incredible day in the park (check out the photos).
We spent two full days in South Luangwa before heading to Katete for the Kulamba ceremony.
Kulamba is an annual event held at the end of August, celebrating the Chewa people, who live across Zambia, Malawi, and Mozambique. The Chewa king attends, and representatives from neighboring nations bring offerings. Thousands gather for dances, speeches, and a massive market. There are few tourists, making it a truly authentic experience.
After a few days in Zambia, we returned to Malawi (the border crossing this time was smooth—just 45 minutes). Next stop: Lake Malawi.
Lake Malawi covers over 20% of the country and stretches 580 km. It’s home to a family of fish called cichlids, some of which are endemic to the lake. I recommend taking a day trip from Cape Maclear for snorkeling and to watch the fishing eagles swoop down to catch fish.
We hit the road again to visit Liwonde Reserve, where we had a few surprises. The lodge was on the other side of the river that borders the park, and the elephants didn’t seem to care. On the way from reception to our rooms, elephants blocked our path, and one even charged just before the stairs leading to our treehouse-style rooms.
To top it off, monkeys ransacked our rooms, tearing through plastic bags for food. A mixed experience, but no real harm done.
Next up: the mountains, specifically the Mulanje Massif. This is where Malawi’s tea is grown, and it’s also a great spot for day hikes or multi-day treks. The scenery is stunning, though sometimes the mist rolls in and hides it.
After the mountains, we visited another reserve: Majete. The park is growing and now has more wildlife. We saw lions and even caught a fleeting glimpse of a leopard. And of course, the elephants got involved again—this time giving us a real scare.
During the morning game drive with a guide, we stopped to watch a herd of elephants feeding. Everything was fine until, for some reason, a female got spooked—probably for her calf—and positioned herself in front of us on the track. After a few minutes, we thought the elephants would move on, but then a young one started provoking us. The problem? We had females and calves in front of us, but also two large adult males—one behind us and one to the side.
We were trapped, and even our guide looked nervous. After what felt like an eternity (though it was only a few minutes), the herd finally moved on, freeing the track. That afternoon, we did a self-drive safari and—you guessed it—we had zero interest in running into elephants again.
The next day, we headed back to Lilongwe for our flight home. It was a fantastic, varied trip with some intense moments (sometimes *too* intense). Malawi offers amazing opportunities for those who want more than just wildlife reserves.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
So, a new year has begun. It’s time to reconnect with the VF buddies and wish you all my best for 2026—a year I hope is obviously full of travel, since, as I just made up:
"If travel’s good, everything’s good" 😄.
To celebrate, I’m inviting you into my new "travel journal," the one from our latest trip in November 2025, a little two-week adventure.
This time, we headed to The Gambia, a tiny country tucked right in the middle of Senegal, before making our way to Casamance.
The Gambia is English-speaking, Senegal is French-speaking, but the locals? They couldn’t care less—because in this part of the world, they mostly speak Wolof, Fula, Jola, or Mandinka.
Hence the title: Senegambia 😉.
As usual, I’m sharing the live updates I sent to friends and family—super casual, of course.
I know this isn’t the kind of destination that draws crowds, but if you love adventure, laughter, and emotion, it might just be your thing 😊.
I hope this travel journal might interest some people, but since we were completely self-sufficient (tent, sleeping bag, pot, cooking over a wood fire…) almost every day, I don’t have many hotel addresses or great restaurant tips to share! Sorry!
We used the Maio map at 1:50,000 scale. It’s part of the Boa Vista/Sal/Maio map. Bought on Amazon, but currently unavailable as of the latest news.
The people of Maio are extremely welcoming and warm, and we were always more than well received in the villages where we pitched our tent!
We’re usually big hikers, but since Maio is a beach island (gorgeous ones, at that!), we alternated a few hours of walking in the morning with some relaxation in the afternoon: beach, reading, fishing, resting…
1 euro = 110 escudos
Day 1 (Friday) Transfers by plane: Fogo-Praia-Maio
We opted for the plane to save some time on transfers, as the boat connections between Fogo and Praia take a while, and those between Praia and Maio are almost nonexistent.
You should budget around 40-50 euros per flight per person.
There are 2 flights per week between Praia and Maio—on Tuesdays and Fridays when we were there (January 2016), but currently on Mondays and Fridays.
A bit of a delay leaving Praia, but we arrived on Maio without any problems around 4 PM.
We took an *aluguer* (shared transport, 200 escudos per person) to the center of Vila do Maio, but it’s totally doable on foot with a backpack.
Since it was already a bit late, for this first night, we dropped our bags at Big Game Maio. A standard European-style hotel run by a very nice Italian family. It’s a bit pricey for us (5500 escudos for 2 people with breakfast), but after our 2 weeks in a tent on Fogo, we were happy to find a little comfort. And the breakfast is ultra-generous, with fresh products (cured ham, fruit, cheese, bread) and top quality. The hotel restaurant offers dishes that are a clever mix of Italian and Cape Verdean cuisine. Excellent!
Little tip: We didn’t try it, but Big Game Maio offers big-game fishing trips, diving, and quad rentals.
The hotel is 2 minutes from Vila’s beautiful beach, and we went for a dip at sunset and took a stroll around town. They’re redeveloping the waterfront with pretty sidewalks and light stone walls.
Vila beach
Sunset behind Santiago
Day 2 (Saturday): rest day + fishing
After 2 weeks of hiking and since Vila is such a peaceful place where it’s nice to take your time, we decided to spend an extra day there. We took the path heading south along the coast to reach Ponta Preta beach in 20 minutes. The path isn’t very pretty because there’s quite a bit of construction going on, which prevents you from really walking along the shore. Lots of real estate agencies, especially Italian ones, have taken over the land. But Ponta Preta beach is a stunning black-sand beach where we had the whole place to ourselves. We decided to go fishing from the rocks.
At 1 PM, the sun was blazing, so we headed back to Vila and dried the fish for the following days.
At 6 PM, we went fishing again, but this time at night from the rocks at the end of Vila beach.
8:30 PM: back to shower and eat at the restaurant.
The rocks and sea at Ponta Preta
Day 3 (Sunday): from Vila do Maio to Calheta de Baixo, via Monte Batalha (path 101) Hiking time: 5h
Since there aren’t many “summits” on Maio, we decided to head to Calheta de Baixo but via Monte Batalha. We left at 8:20 AM and somehow made it to Monte Batalha by 11 AM (2h40 of hiking). But the path is really hard to find in the middle of the dry grass and acacia trees. We kind of cut through randomly, aiming for the summit. Even though it’s not very high (around 300 m), the view is amazing—you can see all of Maio at 360°!
Short 30-minute break. The descent through the “forest” of acacias is even worse for finding your way. We oriented ourselves a bit by the sun to find the road connecting Vila to Calheta. We arrived around 1:30 PM at Calheta de Baixo. A very pretty little seaside village with colorful houses. An idyllic beach, a newly renovated square, and super-friendly people. We pitched our tent facing the sea on the terrace of an abandoned house (after asking the locals for permission).
We cooked some of the dried fish we’d caught the day before, along with fresh beans we’d brought from Fogo (and were still carrying!).
At the summit of Monte Batalha
Calheta
Calheta de Baixo
Day 4 (Monday): From Calheta de Baixo to Morrinho on foot. Hiking time: 3h. Then hitching a bus to Cascabulho, and a car to Pedro Vaz.
We left around 9:30 AM heading north (path 201), following the coastline where the beaches just keep coming—each one wilder and more beautiful than the last: Praia de Soca, Calheta Braca, Ponta de Pau Seco, Calhetina. We reached the dunes of Baia de Santana. There’s no real path, so you have to follow the coast, then go around the dunes, and when you spot the 3 coconut trees, head east toward them to find the track leading to Morrinho. Again, we discovered a village with a Wild West vibe, with colorful houses lined up on either side of a paved road. Just enough time to accept a drink offered by a local before jumping onto the passing school bus that took us to Cascabulho. There, we waited for a ride. A political delegation of 10 cars drove right past us without stopping. Luckily, one of the cars had a flat tire and came by 30 minutes later—and that one, thankfully, gave us a lift! They were heading to the inauguration of a water pump in Pedro Vaz. So that’s where we stopped too. After getting permission from the school principal, we pitched our tent in front of the village school… and became the attraction for all the kids who kept us company until nightfall! A woman gave us 2 jugs of water, but with all that company, it was tough to take a peaceful shower!!
Dinner: pasta with beans.
We were woken up by rain during the night and had to rush to bring all our stuff inside the tent!
The beaches just keep coming...
The dunes
The 3 coconut trees, a landmark to find the track
Day 5 (Tuesday): Rest day and fishing at Boca da Ribeira beach
We packed up at 8 AM because the kids had school. We filled the 2 water jugs that the woman lent us and headed down to camp at Boca da Ribeira beach, which is a bit further east of Pedro Vaz. It took less than an hour to get there. This time, we really were alone in the world! We pitched the tent and spent the day fishing, reading, playing, and swimming regularly because the sun was beating down hard!!! We caught a nice fish that we grilled over the fire in the evening. With the crabs and shellfish we gathered, we made a seafood rice! Yum! What a feast!
That night, once the tent was zipped up, we felt something like rain on the tent fabric. I decided to go out and gather our things, and then—shock!!! It wasn’t raindrops we were feeling and hearing, but bugs attracted by the light!! Not just a few bugs—a huge swarm of them!!! Thousands of bugs covering the whole tent, the ropes, slipping into the seams and hems! Everywhere! The blue tent had turned green!!! After that, it was a real struggle to get back inside without letting any in! A real challenge, and there were always 3 or 4 that managed to sneak in anyway. Total war!!!
Boca da Ribeira beach
Day 6 (Wednesday): From Boca da Ribeira to Ribeira Dom João. Hiking time: 3h30
We woke up leisurely and waited for the sun to dry our things, damp from the dew. A man passed by, and we gave him the water jugs we’d borrowed, which saved us a trip back to Pedro Vaz to return them to the woman.
We left around 10 AM. We followed the sea to Alcatraz, then headed toward Pilão Cão. The path runs alongside the small hills on our right, and we passed above Lagoa Cimidor. The terrain is arid, and the path is hard to find among the many goat tracks.
After 3h30 of hiking, we reached Ribeira Dom João with 2 young people we’d met along the way.
Since it was a public holiday in Cape Verde, the kids didn’t have school, and with the principal’s permission, we pitched our tent in the kindergarten. She even kindly opened the school toilets for us. The neighbor gave us the water we needed to wash up and cook. We cooked beef steaks on charcoal. A nice change from fish!! Charcoal is a widespread artisanal product on the island. People almost never cook directly over wood but always with these big chunks of charcoal.
The hills on our right
Ribeira Dom João
Day 7 (Thursday): From Ribeira Dom João to Vila do Maio. Hiking time: 3h30
We woke up at 6:30 AM to clear out of the school by 8 AM. The neighbor made us coffee to save time. It took us 2 hours to reach Barreiro, another Wild West-style town! Since we didn’t want to walk on the road, we took the old track and reached Vila do Maio in 1h30.
Last night before taking the plane back to Praia the next day.
Barreiro
The old track
The church in Vila do Maio
That’s where this trip ends!
Maio is truly a magical island! A remote, isolated place with incredible, wild beaches and villages with a Wild West feel—colorful houses on either side of well-paved, well-maintained, and decorated streets. And the locals are so warm and welcoming.
Even for hikers like us, it was a great discovery, and we were able to alternate hiking and relaxation with great pleasure! Too bad the area around Vila do Maio is being overrun by real estate construction—ongoing, unfinished, abandoned…
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.