Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour ce mauvais jeu de mots destiné à attirer-atterrer le lecteur égaré, le canadien de passage sera sûrement médusé mais une rapide recherche internet devrait l’éclairer.
Quoiqu’il en soit, ceci est mon premier carnet de voyage (pas sûr que je refasse ça de sitôt, ça pompe du temps) et mon premier voyage à deux en Amérique du Nord. Nous avions choisi une destination originale pour fêter ça : Terre-Neuve pendant un mois en été.
Donc souvenons-nous l’été dernier, c’était Canada à coup sûr. Nous pensions d’abord aux Rocheuses. Après recherches, l’idée d’être dans un gigantesque parc à touristes nous a rafraîchis, de même que le côté loin et « ça ressemble aux Alpes en plus bleu pour les lacs ». Oui, je sais, c’est particulièrement réducteur mais je n’ai pas honte.
Donc on s’est décalé plein Est pour notre projet, et après moult interrogations, nous avons jeté notre dévolu sur la province de l’Est qui paraissait la plus tranquille et la plus sauvage, avec icebergs, baleines, vaguement des montagnes et un parc national – Gros Morne – prometteur : Terre-Neuve. Et bien nous en a pris ! Je préviens le voyeur égaré : il faut aimer la forêt, les côtes rocheuses, les odeurs iodées et le gras.
Un avant-goût
(Aparté photo, je vous préviens, nous ne sommes ni très doués ni très équipés en la matière)
Je démarre par un point organisation.
Le logement
Sur place, nous avons choisi de mélanger les différents types de logement : camping, camping sauvage, b&b classiques ou via airbnb et même motels. Pour certains lieux, nous avions réservé à l’avance. Les logements sur Gros Morne en particulier sont très vites pleins, je conseille vivement de réserver. J’ai trouvé les motels chers pour ce que c’était et peu accueillants. Les emplacements des campings dans les parcs nationaux et provinciaux, par contre, étaient spacieux, avec barbecue et à distance les uns des autres. Super !
Le transport
Nous y sommes allés avec Air Canada (800 euros le billet aller-retour par personne) avec un trajet des plus logiques Lyon-Montréal-Halifax-St John’s ou comment aller à l’ouest pour mieux revenir sur ses pas. Bizarrement et malheureusement, le prix était bien moins cher qu’un Lyon-Montréal-St John’s et l’organisation moins compliqué qu’un Lyon-Londres-St John’s. Il y a donc bien des Londres-St John’s ou Dublin-Saint John’s par Westjet mais depuis Lyon, ce n’était pas évident à mettre en place.
Sur place, nous avons loué chez Enterprise, beaucoup moins cher que ses concurrents. La voiture devait en principe être de taille moyenne mais, une fois sur place, s’est avéré être le modèle le plus petit qu’ils avaient en stock : une Chevrolet Spark qui nous a occasionné quelques problèmes.
On se sentait tout petit avec les monstres qui roulent en Amérique, pick-up, camions énormes et palaces ambulants qui servent de camping-cars. A ce sujet, je ne comprends pas les Canadiens : ils ont donc des caravanes et camping-cars luxueux et s’entassent dans des RV parks ridiculement petits, sans un arbre, avec des espaces de deux mètres entre les véhicules et se trouvant souvent juste à côté de routes très passantes.
La nourriture
Bof bof. Ça avait bien commencé à St John’s et dans l’est (poissons frais, cod au gratin, soupes) et puis dans tous les petites villes et les villages, on s’est retrouvé dans des restos avec un choix restreint : hamburger ou fish and chips. J’ai donc goûté aux criminels Saint-Jacques, fraîches au départ, mal frites à la manière d’un fish and chips. Pour les pique-niques, là encore c’était moyen et la palme revient au roast beef tranché, recomposé et alvéolé que j’ai acheté sans faire attention. Bon dieu, ça m’a rappelé dans le même genre les kebabs britanniques (à ne jamais tenter).
Les gens
Chaleureux, souvent prêts à aider et ayant le contact facile, nous avons vraiment apprécié notre séjour grâce à eux, que ce soient les locaux ou les touristes canadiens de passage. Il y a vraiment une fierté locale à se dire sympa et à l’être vraiment. Un Newfie en nous proposant de nous aider avec la voiture louée nous a bien sorti : « It’s normal, we are the nicest people in Canada ».
Un détail, je ne sais pas ce que les Québécois ont fait à leurs voisins anglophones mais j’ai senti à plusieurs reprises du ressentiment de la part d’Ontariens et de Néo-Ecossais vis-à-vis du Québec qui, je cite, voudrait toujours être traité à part, suivi d’un « Regardez au Nouveau-Brunswick, ça marche très bien le bilinguisme et la cohabitation. Les Québécois, ils ne veulent pas suivre ce modèle ».
Un détail, je ne sais pas ce que les Québécois ont fait à leurs voisins anglophones mais j’ai senti à plusieurs reprises du ressentiment de la part d’Ontariens et de Néo-Ecossais vis-à-vis du Québec qui, je cite, voudrait toujours être traité à part, suivi d’un « Regardez au Nouveau-Brunswick, ça marche très bien le bilinguisme et la cohabitation. Les Québécois, ils ne veulent pas suivre ce modèle ».
C'est simple : il y a des Québécois qui n'aiment que les Québécois francophones pure laine, c'est-à-dire originaire du Québec, et il y a des Canadiens anglophones qui n'aiment pas les Québécois.
Le Québec est réellement à part au Canada, il faut bien comprendre ça...
Pour les pique-niques, là encore c’était moyen et la palme revient au roast beef tranché, recomposé et alvéolé que j’ai acheté sans faire attention. Bon dieu, ça m’a rappelé dans le même genre les kebabs britanniques (à ne jamais tenter).
Ouais, pour bien manger au Canada, il vaut mieux cuisiner soi-même...
Le kebab, par définition, on ne devrait même pas en manger (quand on aime bien manger...).
Bonjour Sylvain,
Sympa d'avoir commencé un carnet ; en plus de vos explications déjà adressées par mail, je vais voir des photos.
Je suis en train de rédiger mon road-book étape par étape, je n'en suis qu'à Bonavista .
Cordialement
Michèle
Oui c'est ça, je n'avais pas d'idée de titre... C'est même plus qu'un think tank tendance socialiste, c'est la boîte à idée du parti socialiste qui a quasiment composé leur programme des années durant.
C'est simple : il y a des Québécois qui n'aiment que les Québécois francophones pure laine, c'est-à-dire originaire du Québec, et il y a des Canadiens anglophones qui n'aiment pas les Québécois.
Le Québec est réellement à part au Canada, il faut bien comprendre ça...
Ce qui m'a surpris également, c'est que des Canadiens anglophones à plusieurs reprises nous disent que les Québecois parlent mal anglais et ne font pas d'effort. J'avais l'impression au contraire que les Québecois, et encore plus les jeunes Québecois, parlaient très bien anglais , en tout cas bien mieux que les Français et passaient aisément d'une langue à une autre. Serait-ce une impression fausse ? Ou une question de principe pour une partie des Québecois (ne pas parler anglais au Québec) ?
Après les présentations, place au concret avec les premiers jours de voyage
Jour 1 (mi-juillet)
Vol sans histoire depuis Lyon où j’ai pu faire quelques découvertes :
Durant la partie transatlantique, grâce à mon voisin de devant, j’ai vu ce chef d’œuvre cinématographique qu’est les Trolls, sans le son heureusement. Pourquoi un écran télévisé est-il aussi hypnotique ? Décollement de rétines assuré. Je le conseille vivement pour un camp de rééducation pour enfants de la famille Addams.
Deuxième trouvaille, l’avion taxi made in Air Canada : il fait Montréal –Saint John’s mais s’arrête deux heures à Halifax le temps de descendre et de prendre des passagers.
Nous arrivons donc tardivement à Saint John’s où nous avons la malchance de découvrir notre minuscule véhicule. Impossible de mettre nos deux valises dans le coffre, un parking du loueur vide, 28 jours de location et il est 1 heure du matin, on n'a pas la force de faire un esclandre et on va faire comme on peut et tant pis. Pour les deux premières nuits, nous logeons chez l’habitant à Saint John’s dans une maison en bois très jolie et très bien entretenue. Les habitants en question ont veillé pour notre arrivée et nous ont offert un accueil adorable avec petit cadeau en prime. Ca, c’est du premier contact.
Jour 2 : St. John’s ou Saint Jean de Terre-Neuve pour les Québécois (enfin je crois)
Le lendemain, nous partons mollement à la découverte de St John’s, pas tout à fait remis du voyage de la veille. J’avais lu quelque part que la ville était très européenne… Euh pas vraiment. Le site est magnifique, au fond d’un petit fjord à l’entrée duquel nous aurons le plaisir de voir apparaître une baleine. Mais Downtown, le centre-ville, laisse une impression mitigée avec ses tankers amarrés, ses immeubles hétéroclites, sa circulation (pas de rue piétonne, ça, ça doit être mon point de vue d’Européen) et ses pseudo gratte-ciels en construction, je suppose grâce/à cause du boom pétrolier que l’Est connaît (ils ont le pétrole mais ont-ils les idées ? Copyright Sardou). Par contre, les flancs de la colline et l’entrée du fjord sont bien plus jolis avec des maisons en bois multicolores et des églises néogothiques particulièrement anciennes (fin 19ème).
Les maisons multicolores de Saint John's et quelques fils électriques
Après le petit tour en centre-ville, nous nous décidons à monter au sommet de la colline où se trouve the Rooms, le musée provincial qui présente l’histoire de Terre-Neuve. Très riche, didactique, bien présenté, c’est une bonne introduction à la découverte de la province. La terrasse au dernier étage donne accès à une très belle vue de la ville.
Depuis la terrasse du restaurant, par ailleurs pas mauvais du tout, de the Rooms
De manière surprenante, on y parle beaucoup de Beaumont-Hamel, petit village dans la Somme, sorte d’élément marquant de l’histoire du coin puisqu’environ 600 Newfies y sont morts pendant l’offensive de la Somme en 1916. C’était étonnant de voir le travail de mémoire autour de cet événement qui peut paraître mineur d’un point de vue extérieur. De même, la présentation très emphatique autour de « nos soldats pleins de bravoure morts héroïquement » m’a paru à rebours de la vision française de la Première Guerre Mondiale assez largement vue comme une boucherie faite de morts anonymes et de batailles pas forcément très glorieuses… L’événement est tellement marquant dans la province que certains habitants nous parleront spontanément du pèlerinage prévu ou passé à Beaumont-Hamel quand nous dirons que nous sommes français. Heureusement qu’on était passé par le musée, on n’aurait rien compris, encore plus avec l’accent !
Après cet interlude historique, nous prenons la voiture pour aller à Signal Hill, où se trouve la Cabot Tower, construite en l’honneur de la « découverte » de Terre-Neuve par Giovanni Caboto, explorateur vénitien au service de l'Angleterre. Accessoirement le lieu donne droit à une très jolie vue sur la côte déjà sauvage d’Avalon (la péninsule où se trouve Saint John's) et sur l’anse de la ville.
Saint John's au fond de son "fjord"
Dernière étape de la journée à Quidi Vidi, quartier à part de la ville, petit port tranquille et mignon où on trouve les petites maisons à pilotis, au départ souvent des entrepôts pour les pêcheurs.
Jour 3 : Saint John’s – Sunnyside 340km
Première journée sur la route, plutôt longue puisque le but principal est d’aller au Cape Saint Mary tout au sud de la péninsule de Placentia. Et première surprise : à travers la péninsule d’Avalon et dans tout Terre-Neuve, il n’y a pas de champ, pas d’agriculture, pas d’élevage. On passe directement des villages/villes, souvent très étendues, à la forêt boréale entrecoupée de lacs, de marais ou de landes. Même si la Transcanadian Highway par laquelle nous commençons notre périple n’est pas très pittoresque, c’est assez dépaysant. Cette absence de cultures s'explique par le climat mais surtout par une colonisation entièrement tournée vers la pêche et sans volonté de la part de l'Angleterre au 17ème et 18ème siècle de créer des colonies de peuplement sur l'île.
Nous quittons assez rapidement la route 1 pour aller vers le Cape Saint Mary, lieu de l’une des plus grosses colonies de fous de bassan du Canada. Deuxième surprise, les routes secondaires (et en particulier celle-là) sont en très mauvais état, nids de poule, patchworks de goudron et travaux folkloriques en quantité. Deux élans et quelques zigzags sur la route plus tard, le Cape Saint Mary, c’est loin et dans le brouillard. Un petit tour par le visitor center et son ranger désabusé – « le brouillard, c’est toujours comme ça dans le coin » - et direction les colonies d’oiseaux, guidés par l’odeur et la cacophonie traversant la brume. La côte semble impressionnante, on ne peut que la deviner vu la purée de pois mais les fous de bassan, guillemots de Troïl et mouettes tridactyles sont bien visibles et de très près. Ça vole, ça fait du rase-mottes et à plusieurs reprises, on a l’impression qu’un oiseau suicidaire va s’écraser sur nous. Chouette d’autant plus que beaucoup de petits n’ont pas encore pris leur envol.
Il y a foule cette année à Sainte Marie de la Mer
Promiscuité à Terre-Neuve (désolé pour la qualité)
Des iris sauvages à foison
On reprend la route longue et plutôt jolie jusqu’à Placentia pour aller ensuite à Sunnyside : nous avons décidé de faire une randonnée/camping sauvage (10 km aller-retour) jusqu’à Centre Hill, le point culminant (400 mètres en gros) de l’Est de Terre-Neuve. C’est la première découverte des chemins et forêts terre-neuviennes. Première impression, c’est suraménagé, pontons en bois, escaliers en bois, marches en bois, panneaux en bois, bancs en bois, toilettes en bois : on ne risque pas de se perdre. Deuxième impression, c’est étonnant pour un Européen de se retrouver très rapidement dans la nature, sans bruit parasite, sans aucun signe de présence ou d’activité humaine autour de soi hormis le chemin. Il faut dire qu’il n’y a pas foule voire personne dans le coin. Je crois que c’est impossible en Europe (hormis en Scandinavie) de trouver des endroits comme ça et encore plus, aussi rapidement, à quelques kilomètres de la route principale. Et je vous avoue que c’est limite stressant, au moins au début. Et si on se faisait agresser par un ours ?!
Là où Jean-Jacques Goldmann a trouvé son inspiration pour "Je marche seul"
Sinon la balade est très belle, avec des torrents, des lacs, des jolies vues sur la baie. C’est aussi une bonne introduction à la végétation locale : on a pu voir les pitcher plants, sarracenias en Français, plante carnivore symbole de la province. Bon, nous ne sommes pas allés au sommet, trop fatigués en arrivant à l’endroit du bivouac. C’est repoussé à demain.
Centre Hill (Quand je vous dis que les chemins sont très aménagés !)
Jour 4 : Sunnyside – Princeton (celui de la péninsule de Bonavista, pas d’université par là-bas) 164km
Réveil avec une bonne pluie et de la brume sur le sommet. Adieu, Centre Hill, pas de montée pour nous et retour efficace jusqu’à la voiture direction l’ouest ou le nord (plus ou moins, tout est de guingois dans cette province) de la péninsule de Bonavista. Nous faisons un bref arrêt ravito à Clarenville pour s’apercevoir que les villes le long de la Transcanadienne (Clarenville, Gander, Grand Falls-Windsor, Deer Lake, Corner Brook, Stephenville) ne sont pas folichonnes. On ne s’y attardera pas. Globalement, il faut s’éloigner de la Transcanadienne pour trouver les coins les plus attractifs.
Dont acte avec la péninsule de Bonavista, l’un des hauts lieux du tourisme terre-neuvien. Ca reste très, très vivable pour moi qui ai une tolérance réduite des foules touristiques en milieu naturel. Nous commençons de toute façon par le côté peu fréquenté, une côte rougeoyante, malgré le temps maussade, avec des restes d'icebergs, des petites maisons en bois, une arche à Tickle Cove et un renard argenté qui ne paraissait pas très stressé.
Tickle Cove
Les maisons coulent dans le coin
Un renard argenté assez curieux
Pour les amateurs d’icebergs, vous avez un très bon site internet pour les repérer : www.icebergfinder.com. Quant à nous, il s’avère qu’on a eu de la chance (merci le réchauffement climatique !) : sur toute la côte nord-est, nous en avons vus alors qu’en principe fin juillet il n’y en a plus.
En fin de journée, nous faisons une petite rando à partir de King’s Point vers un phare et une côte très découpée.
Il y a des prairies fleuries, des guillemots à miroir dans l’eau, des écureuils et une église en bois imposante, une antiquité ! Ma foi, c’est fort plaisant et on se fait aborder par un autochtone peu farouche – comme à peu près tout le monde dans l’île – qui, quand on lui dit qu’on est français, nous branche sur le Québec et Montréal. Sur le coup, on n’a pas compris : Français=Québécois ?? C’est fréquent pour les Québécois de se dire français (et non french canadian) ? Moi, je veux bien parler du Québec mais c’est que je n’y ai jamais mis les pieds, ça risque de manquer d’authenticité…
Le soir, nous le passons chez nos hôtes de Saint John's qui nous ont invités dans leur maison de famille.
Jour 5 : Princeton – Princeton 178km
Gros morceau aujourd’hui puisque nous visitons l’autre côté de la péninsule avec les plus grosses attractions touristiques du coin et leur avalanche de cars qui déversent non-stop des flots de touristes qui viennent s’échouer sur les maisons en bois et se dorer la pilule sur les plages paradisiaques aux eaux à 10°. Je m’enflamme un peu mais c’est là qu’on va se rendre compte qu’il y a quand même des gens qui visitent the Rock, surnom de l’ile. Nous commençons par le Skerwink Trail (6 km), la randonnée symbole de Terre-Neuve et il y a du monde : un Québécois sociable « c’est le fun », des Acadiennes sacrément bilingues, à tel point qu’elles se trompent de langue à un moment donné pour me parler et des touristes étrangers non nord-américains, une rareté. A part ça, c’est vrai que la rando/balade est belle, sorte de condensé de la côte terre-neuvienne puisqu’un iceberg de fort joli gabarit nous attend ainsi qu’une côte très déchiquetée avec falaises et « stacks ».
Un iceberg en fin de vie
Icing on the cake comme ils disent outre-manche, il y a des baleines, pleins, qui ont le bon goût de longer la côte, de faire des bonds, de battre de la queue et de faire des allers-retours. Même pas besoin de faire une sortie bateau. Ce sont principalement des baleines à bosse si je ne m’abuse.
Une petite douche au retour et nous repartons vers la pointe de la péninsule de Bonavista et le Klondike trail pour voir des macareux à la Cable John Cove. Là, vient le débat intérieur du « faut-il parler d’un endroit magnifique et sans touriste où on peut voir tranquillement les macareux de près ». Mais bon, m’étonnerait que mon compte-rendu interminable engendre un flux touristique vers Terre-Neuve. Donc le Klondike trail avec un orage menaçant qui nous empêchera de prendre notre temps, c’est un court chemin pour voir des macareux tout mimis en toute tranquillité.
Il n'y a pas que les macareux à voir dans le coin :
La dent de la mer
Un interlude au Dungeon provincial park qui, comme son nom ne l’indique pas, est une sorte de gouffre résultat de l’effondrement d’une grotte marine. Il y a un petit air de Bretagne ou d’Ecosse dans le coin avec l’absence de forêt boréale et la côte tourmentée.
La Bretagne en plissant bien les yeux
Nous continuons sur le même thème avec un arrêt à la Bonavista head. De nouveau des macareux, vus d’un peu plus loin et avec des gens dans notre environnement immédiat (brrrr), des icebergs qui paissent à l’horizon – ça devient d’un banal – et un phare plutôt ancien (19ème siècle) que l’on ne visitera pas. Pour la petite histoire, non les icebergs ne sont pas les restes de la banquise de l’hiver précédent, comme je l’ai souvent entendu en France, ce sont des morceaux de banquise polaire qui se détachent et naviguent sur l’océan Atlantique à la recherche d’un bateau de croisière à couler.
Où est Charlie l'iceberg (sans pull rayé) ?
Arrivés au bout de la péninsule, nous repartons dans l’autre sens avec deux-trois arrêts au programme et tout d’abord à Elliston, « the root cellars capital of the world ». Oui, il n’y en a que par là-bas des sortes de caves gazonnées donc c’est facile d’en être la capitale mondiale. Elles servaient à stocker les denrées à l’abri de la neige et de l’humidité pendant l’hiver.
Accessoirement, il y a aussi un coin à macareux et un festival dédié. On ne s’y arrêtera pas longtemps pour reprendre notre route vers Newton, village créée au début du 20ème par un syndicat des pêcheurs pour améliorer les conditions sanitaires et s’organiser en coopérative.
Un air de far-west
Dernier arrêt de la journée, Trinity, le village « typisch » du coin, farci de maisons et d’églises en bois. Bizarrement, il y en a une pour chaque congrégation, catholique et des palanquées de protestantes. Difficile de s’y retrouver dans les méandres des branches protestantes, nous n’avons pas l’habitude de ça en France. L’endroit est paisible en cette fin de journée.
Jour 6 : Princeton –Terra Nova national park 179km
Direction aujourd’hui l’un des deux parcs nationaux de l’île où l’on dormira dans le camping co-élu, avec celui de Burgeo, le plus sympa du voyage, Malady Head. Entre temps, on décide de ne pas s’arrêter dans le parc mais de prendre the road to the beaches qui comme son nom l’indique mène aux plages de Sandy Cove et Eastport.
Un petit arrêt à celle de Sandy Cove, le temps de se prendre une douche et nous repartons vers Salvage au bout de cette péninsule. Le village est tout mimi avec devinez quoi ! Des petites maisons en bois autour d’une baie pour changer.
Et il y a un réseau de chemins qui a l’air sympa. On est parti pour South-West Point avec deux cimetières à l’abandon en cours de route (6km grosso modo). La lumière est belle, la côte aussi et toujours cette sensation d’isolement et de bout du monde. Il faut dire que l’on ne croise personne ou presque comme dans un grand nombre de nos randonnées. Vraiment une de nos balades préférées du voyage.
Lichen et rhododendrons sont très photogéniques
Nous nous glissons entre les averses et finissons épanouis le tour de la péninsule. Comme souvent à Terre-Neuve, il n'y a pas vraiment de site naturel d'exception mais l'atmosphère sauvage et indomptée, les forêts hostiles (voir beaucoup plus loin) et l'immensité des paysages nous impressionnent.
Après l’établissement au camping et le manger, une grande idée me vient : et si on allait voir le coucher de soleil depuis Malady Head. La colline est accessible depuis le camping par un chemin de 2-3 kms. Donc on monte, 45 minutes, et plus on approche du sommet, plus le chemin tourne vers l’est, plus je sens qu’il va y avoir un problème. Donc nous aboutissons à une plateforme avec une fort jolie vue…vers l’Est du parc de Terra Nova. Et des arbres nous barrent complètement le côté ouest. Bel échec avec en prime les maringouins qui sont particulièrement virulents dans le coin.
Le coucher du soleil à l'Est (comment ça, je me suis planté de côté ?!)
Journée chargée avec pas mal de route le long de la Kittiwake coast et un bateau à prendre pour Fogo Island en fin d’après-midi. Ce sont aussi le début de nos déboires avec le pot de yaourt qui nous sert de véhicule. Pneus sous gonflés, crevaison très lente ? Je tairais tous les multiples développements par respect envers la morale et la charte de ce site internet. Quoiqu’il en soit, elle nous permettra de faire une étude poussée de la chaleur des garages terre-neuviens, les seuls gens qu’on ait croisés pas commodes voire désagréables (à une exception près).
Revenons à nos moutons, la Kittiwake coast, une côte basse et sablonneuse, à la différence de toutes les autres côtes qu’on ait pu voir sur l’île. Les locaux y font des plantations de gros cailloux dans les prés et les étangs.
Il y a des plages sablonneuses magnifiques, celle accessible à pied uniquement de Cape Freels South gagne haut la main la palme de la plus belle plage de Terre-Neuve.
Et puis, il y a Newton dit – les offices de tourisme n’ayant jamais peur d’une exagération – la Venise de Terre-Neuve. A défaut de canaux, il y a des bras de mer, des petites maisons en bois (forcément !) et le Barbour living heritage qui permet de visiter un ensemble de maisons d’une famille de pêcheurs ayant fait « fortune ». Très instructif avec un côté visite de la maison de ma grand-mère vu que les bâtiments datent du début du 20ème… C’est assez étrange aussi d’avoir un guide en costume trois pièces mais pourquoi pas.
On imagine presque les gondoles...
Le but de la journée est l’île de Fogo. On arrive très tôt au ferry et heureusement parce qu’il y a foule et certains seront obligés de prendre le suivant.
Intermède linguistique : Fogo comme d’autres noms de lieu (Baccalieu par exemple avec un passage par le français) viennent du portugais. L’île aurait été nommée ainsi à cause des feux déclenchés par les Beothuks sur les rivages. Et pourquoi du portugais dans ce coin du monde ? Car des marins portugais ont beaucoup pêché autour de Terre-Neuve au 16ème siècle avant d’être évincés par les Anglais et les Français.
Revenons à notre ferry et notre île. 1h de traversée très calme et nous voici à Fogo Island : nous avons prévu de résider à Fogo, la capitale (300 habitants à tout casser) au B&B Peg’s Place pour les deux nuits à venir. C’est correct sans plus mais bien situé. Une fois sur place, nous faisons connaissance avec les horaires des restaurants locaux. A 20h, plus de nouveau client… On arrive de justesse et je profite d’un cod au gratin roboratif.
Jour 8 : Fogo Island 56km
Fogo island, ça ressemble un peu à la Bretagne. Il y a beaucoup moins de forêts qu’ailleurs et la côte est particulièrement rocheuse, un pléonasme pour Terre-Neuve. Journée tranquille avec quelques balades le long de la côte (Lion’s den trail à Fogo et Turpin hiking trail à côté de Tilting), des icebergs en vue et – c’est original – pas de baleine.
Sur le Turpin Hiking Trail
Fogo depuis le Lion's den trail
Un bécasseau (violet ?) unijambiste
La flore est assez riche sur l'île, réputée comme le coin le plus ensoleillé de Terre-Neuve
De l'orchidée
Un tube de sarracenia
On fait un petit tour à Tilting, joli port de pêche rempli de drapeaux irlandais. D’après la gérante du b&b, ce sont des catholiques qui ne se mélangent pas au reste de l’île : « they are special ».
Tilting
Ca y est, on est en Irlande
J’en profite pour faire une pause drapeau, une passion canadienne. Il y en a dans tous les sens, du Canada, de Terre-Neuve et Labrador, de Terre-Neuve tendance indépendantiste, du Labrador, de communautés amérindiennes, des inconnus, de l’Acadie, des Etats-Unis, du Royaume-Uni… Ils font plus forts que les Suisses, c’est dire.
Retour à Fogo, la ville, pour tester le resto chinois du coin. Je précise qu’il n’y a que deux restos à Fogo. Nous nous sommes décidés à voir ce que valait la Chinese canadian food version Terre-Neuve paumé. C’est tout à fait convenable et fait avec les produits frais à disposition, c’est-à-dire beaucoup de céleri.
Remontés par mon échec du coucher de soleil au Terra Nova national park, je prends le problème à bras le corps et nous retentons le coup à Brimstone Head pour terminer la journée. La colline ressemble à une bosse de dromadaire qui domine Fogo. Là c’est sûr, on va enfin profiter du coucher de soleil, il n’y a pas un arbre fourbe en vue, juste la mer. En compagnie de Québécois, je prends un récif pour une baleine. Euh, faut que je change de jumelles…
Fogo depuis la Brimstone Head
Jour 9 : Fogo – Twillingate 115km
On part vers notre deuxième haut lieu touristique du voyage, Twillingate, un village à cheval sur deux îles, elles-mêmes reliées à une île, New World Island (palme de l’originalité pour le nom), reliée à une île reliée à une grosse île. Bref, c’est la capitale des sorties bateau baleines et icebergs et comme on est des originaux, nous allons faire…de la randonnée le long d’une côte falaineuse à souhait autour de la Spillers cove.
French beach avec béret et baguettes intégrés
En chemin, on a la chance d'observer une loutre et un nid de balbuzards pêcheurs avec trois petiots.
Tentative d'adoption d'un goéland par un couple de balbuzards
Le soir, rassérénés par la précédente tentative de coucher de soleil, nous tentons notre chance à Crow head. Instant cliché tout en un de Terre-Neuve : un iceberg, une baleine, une falaise et un coucher de soleil. Il y a un peu de monde mais dès que nous nous éloignons du parking, nous sommes seuls et pouvons pleinement profiter du moment.
Nous avons choisi pour une nuit de coucher dans une sorte d’auberge de jeunesse très correcte, Hi tides hostel mais avec une chambre individuelle. On ne peut pas dire que le personnel soit très présent puisque nous ne croiserons que d’autres clients, avec qui on échange nos bons plans et nos découvertes avifauniques.
J'espère bien que tu ne t'arrêteras pas à ce premier carnet car sa lecture est un vrai petit moment de bonheur 🙂 que je savoure d'une traite puisque je le découvre maintenant seulement.
Tu nous fais voyager de plus dans un coin assez peu représenté sur le forum et pour moi c'est une découverte ; j'imaginais Terre-Neuve comme un lieu pratiquement inhabité et très inhospitalier, ce qui est peut-être le cas en hiver d'ailleurs.
Oui, nous avons eu de la chance pour Twillingate. Plus globalement il a fait assez beau et chaud (pour Terre-Neuve) mais ça se gâte un peu dans l'Ouest.
Pour le côté inhospitalier de Terre-Neuve, tu le verras plus tard dans le carnet, on y a franchement goûté avec une rando en autonomie de 2-3 jours en dehors des sentiers battus au sens propre comme au sens figuré. Et c'est là que l'on se rend compte que la vie des Amérindiens et des premiers colons n'a pas dû être de tout repos.
Aujourd’hui, on se tape de la Transcanadienne et comme d’hab’, on se fait doubler par des gros camions, l’environnement naturel est bof, les villes/villages traversés pas géniaux et nous nous faisons secouer dans tous les sens. Même la highway n’échappe pas à l’état très moyen du réseau local. Nous voyons quand même progressivement apparaître des petites montagnes, signe que nous nous rapprochons de l’Ouest de l’île et de l’attraction principale de la journée, le Alexander Murray Trail à King’s Point.
Montagnes droit devant !
C’est notre première randonnée un poil longue, 8 km, avec du dénivelé. C’est également une ode à l’industrie du bois locale avec des escaliers vertigineux.
Font pas semblant avec les escaliers.
Le panorama au sommet vaut le coup, il y a des gorges et quelques cascades en cours de route dont une, la Corner Brook Fall avec une piscine accueillante mais déjà prise –il fait assez chaud et beau et la montée est rude.
Un canyon à Terre-Neuve (une rareté)
Green Bay
Une fois notre petit tour terminée, nous voilà partis pour le camping de Springdale, situé juste à côté d’une rivière à saumons avec rapides, une échelle à poiscailles et poissons bondissants. C’est assez impressionnant de voir des saumons défier un courant déchainé et une chute d’eau de 2-3 mètres. J’attendais que le cliché soit complet avec Robert Redford et un ours surgissant des bois pour pêcher. Mais rien, les ours (uniquement noirs dans le coin) sont farouches et ne respectent pas les touristes, Robert encore moins.
Saumon en pleine tentative de record du monde de saut en hauteur
On y reste quand même un certain temps avant d’essayer de trouver un resto dans la ville assez tristounette de Springdale. Finalement, pas de choix, c’est chinois. C’est le seul resto du coin, hors chaînes de fast food, c’est gras et franchement pas bon. Springdale, ça ne vend pas du rêve, le camping n’étant pas terrible non plus et plus adapté aux RVs (beurk les sanitaires).
Jour 11 : Springdale – Stephenville 256 km
Avant de reprendre la route transcanadienne, nous faisons deux arrêts en profitant du temps radieux :
L'un aux Wetlands de Springdale pour voir échassiers et canards. Malheureusement, il y a des joggeurs de la petite ville pour éloigner la faune sauvage.
L'autre pour faire une autre rando dans le coin jusqu’à une arche naturelle à côté de Jackson’s cove. Le nom du chemin : le Ocean view walking trail (5km). Pas de baleine, pas d’iceberg (oui je sais, je suis monomaniaque) mais des centaines de libellules qui forment un ballet incessant autour de nous. Assez fascinant. Et donc une arche de fort belle facture en récompense de la petite balade.
Green Bay
Après cet interlude nature, nous voilà partis pour de très nombreux kilomètres jusqu’à Stephenville. On atteint enfin les montagnes de l’Ouest, la Long Range (800 mètres maximum), qui sont le prolongement des Appalaches américaines dans l’Atlantique. Donc des montagnes anciennes et érodées. Le paysage se fait un peu plus grandiose mais également plus urbanisé bizarrement. On fait un arrêt aux chutes de Marble Mountain sur lesquelles nous jetterons un vol pudique (perdu la photo). Le temps s’est bien dégradé quand on arrive à Stephenville, ville la plus étrange que nous ayons traversée. C’est donc une ancienne base aérienne américaine et le « centre-ville » est littéralement la base américaine avec une route sur le tarmac de l’ancienne piste d’envol. Le résultat, surtout par mauvais temps, n’est pas des plus accueillants. Nous nous retrouvons en plus dans un motel glauque ce soir par défaut de campings accueillant des tentes.
Jour 12 : Stephenville – Barachois provincial park 172 km
Aujourd’hui, nous sommes sur « la route de nos ancêtres les Français », côté golfe du Saint Laurent. Ca y est, je prends un coup de vieux, je suis déjà un ancêtre. Trêve de plaisanterie, il s’agit de la route qui fait le tour de la péninsule de Port au Port où se trouve une population francophone de quelques milliers de personnes issues d’Acadiens et de l’installation de Basques et Bretons. Ils ont une sorte de drapeau bleu blanc rouge diagonale avec du jaune dessus et parlent tant bien que mal encore français. On a prévu d’en faire le tour et notre premier arrêt se trouve juste après le barachois reliant la péninsule à l’île principale : le Gravels walking trail, un chemin qui longe une côte avec des sortes de rochers-meringues ressemblant vaguement au palais de Jabba the Hut dans Star Wars (oui j’ai de l’imagination et des références).
Des rochers prêts à tomber à l'eau
Il y a de la faune dans le coin, des baleines, pas mal d’oiseaux marins, des passereaux et des loutres, de rivière mais qui vivent dans la mer pour perturber l’observateur faunistique amateur. Et surtout, il y a une énorme averse qui nous tombe dessus et qui provoque un retour précipité et trempé vers la voiture.
Un couple de loutres de rivière (désolé pour la qualité)
Prochaine étape : la grotte de Lourdes. Oui vous ne rêvez pas, les gens du coin ont monté un sanctuaire avec une « grotte » dédiée à la vierge. Bon c’est minimaliste et kitschouille.
Deuxième arrêt, le café de Mainland où on retrouve le soleil et on prend le temps de déguster un très bon gâteau à la fraise en admirant les fous de bassan pêcher. C’est toujours aussi impressionnant de les voir s’élancer dans l’eau à des vitesses dingues. Et de temps en temps, il y en a qui se rate et qui se prend un plat… Un jeunot !
Depuis le café de Grand' Terre (ou Mainland)
La suite devient plus sauvage, la route est belle et nous arrivons à Boutte du Cap. Les noms francophones ont un côté assez poétique dans le coin.
Attention digression historique et Père Castor, le lecteur pressé pourra zapper ce paragraphe. Contrairement à ce que l’on peut penser, hormis sur la péninsule de Port au Port, les noms français des bleds (Port au Choix, Port aux Basques, Rose Blanche, Baie Verte, etc) ne sont pas les résultats d’une hypothétique colonisation française. Ils sont le fruit du traité de Paris en 1763 qui voit la France perdre l’ensemble de ses possessions canadiennes à l’exception de Saint Pierre et Miquelon. En gage de dédommagement, elle acquière un quasi-monopole de la pêche le long des côtes de Terre-Neuve (à l’exception de l’Est). Les noms sont donc donnés par les flottes de pêcheurs, les terre-neuvas principalement bretons, pour leur lieu d’escale. Ces droits de pêche perdurent jusqu’en 1904, ce qui ne va pas sans problème et tension avec le développement de la colonie de Terre-Neuve et la revendication des colons de pouvoir avoir la maîtrise de leur côte et du poisson giboyeux qui s’y trouve. Cela sera même un frein au développement de l’île, par ailleurs peu soutenue par le Royaume-Uni.
En ce qui concerne Boutte du Cap, nous choisissons de faire une balade le long du chemin côtier au-dessus de falaises friables et impressionnantes.
Nous faisons connaissance avec les tuckamores, buissons-arbres de toute sorte, survitaminés et impénétrables, dopés par les conditions météorologiques du coin (vent, embruns et froid). Comme le chemin traverse des massifs de ces choses, c’est griffures garanties.
Un tuckamore en fin de vie, fier d'avoir pourri la vie des randonneurs et animaux de passage
Bon c’est chouette mais il y avait un four à pain à côté du parking et on avait reniflé de bonnes odeurs à l’aller… Raté, il est passé 16h quand on revient et le four est fermé… Décidément les horaires du coin, nous aurons eu du mal à s’y faire.
Le moment drapeaux, de gauche à droite : inconnu avec une feuille d'érable, Acadie, Terre-Neuve et Labrador, Acadie locale
Le dernier arrêt de la journée s’appelle Hidden Falls à côté de Sheaves Cove. Elles sont tellement hidden qu’elles sont à sec… Le soir, c’est nuit en camping au Barachois provincial park. Point notable : des tonnes de crapauds invasifs et suicidaires.
Jour 13 : Barachois provincial park – Burgeo 158 km
C’est une journée de transition sous un ciel menaçant. 150 km de route au milieu de nulle part nous attend pour atteindre Burgeo, un village terminus de 1000 habitants. Étonnamment, la route, en assez mauvais état, traverse des paysages changeants (pour Terre-Neuve), forêt continentale, forêt boréale et lande rocailleuse, ce qui nous permet de voir notre premier renne.
Monotone mon cher Watson
Mais malheureusement, le temps se détériore, nous arrivons sous des trombes d’eau à Burgeo. Du coup, l’idée d’aller en bateau sur 2-3 jours à François (4h30 l’aller) et d’explorer les fjords de cette côte paumée est abandonnée. Regrets : François (pas de pape par ici), ça devait être un des highlights du voyage, un village de bout du monde dans une baie qui avait l’air magnifique.
Intermède Père Castor 2 le retour : François comme Ramea dont je parlerai plus loin font partie des rares villages isolés, accessibles uniquement par bateau, à ne pas avoir subi la loi des resettlements. Car quand à Terre-Neuve, un bled est paumé et qu'il coûte trop cher à la communauté, un référendum est tenu et si 95% de la population locale vote pour - ce qui arrive manifestement assez souvent - l'ensemble des habitants est délocalisé vers un village ou une ville avec route, où les attendent de nouvelles maisons. Le village originel est laissé à son pourrissement. C'est comme ça que de larges régions de la côte sud, en particulier autour de la Baie de Placentia ou Fortune Bay, ou des coins de la péninsule du Nord ont été désertés. Cela dénote d'une conception assez fascinante et très différente de l'espace et du territoire par rapport aux Européens. Trop cher, on ferme et vite ! L'enracinement dans un lieu, l'histoire liée à l'endroit et donc la volonté des pouvoirs publics d'aménager et de maintenir une population semblent bien plus faibles par delà l'Atlantique. Un changement comme la désertification d'un territoire se fait lentement en France, en témoigne la Lozère. Le pendant européen serait les despoblados espagnols, victimes de la métamorphose économique espagnole des années 60-70 et du désintérêt franquiste.
Pour revenir à Burgeo, nous nous replions au Sandbank provincial park, un de nos coins préférés à Terre-Neuve. Nous y faisons connaissance avec son camping et ses rangers très accueillants dont un Mi'kmaq trappeur qui me parle de retraite dans la forêt avec son chien, son arc et son « canou » (oui, un canoë prononcé en anglais). Bon, il pleut, c’est chouette les après-midi coincés dans une voiture.
Ah les délicieux après-midis de Terre-Neuve
Le soir, on profite d’une accalmie pour faire une première reconnaissance du parc et de ses innombrables plages.
Nous nous adonnons ensuite à un sport national canadien : le barbecue. Même qu’ils aiment tellement ça et qu’accessoirement ça repousse vaguement les maringouins qu’ils font des feux sans rien griller dessus. Quoiqu’il en sort, ça améliore grandement notre quotidien (mauvais jambon avec fromage sans goût) et ça change des fish and chips et autres hamburgers.
Breaking news, on a découvert le feu quelque part au fin fond de Terre-Neuve !
Jour 14 : Burgeo 6 km
Le matin, on peut enfin découvrir le parc provincial sous un soleil radieux et cela commence par un petit déjeuner sur une plage paradisiaque. Bon, la mer reste glaciale, il n’y aura pas de baignade malgré le sable blanc et l’eau transparente. S’ensuit une balade de plage en plage, il y a pas à dire, on a bien fait de se taper les 150 kms depuis Stephenville. Il y a pas foule non plus, à part des chevaliers et bécasseaux qui gambadent sur le sable.
Une plage de Burgeo à l'heure de pointe des chaudes journées d'été
Encore une plage
Et un éléphant
(c'est pour voir si quelqu'un suit)
Pour l’après-midi, nous faisons un tour en ferry à Ramea sur une mer agitée.
Petit interlude linguistique : d’après notre ranger Mi'kmaq – rien à voir avec notre micmac qui viendrait du néerlandais muyte maken faire une émeute (ça vous fait une belle jambe) – Burgeo aurait pour origine bourgeon et Ramea rameau. Les deux noms auraient été donnés par La Pérouse qui est passé dans le coin vers 1780. Fin de l’interlude.
Donc retour au bateau : un vieux ferry avec des marins dans leur jus et dont l’accent a été élu le plus incompréhensible de Terre-Neuve (en compét’ avec certains garagistes). Le ponton est accessible malgré le panneau d’interdiction et les cordages qui traînent de partout. Cela nous permet de voir des baleines (original !) et une côte splendide avec fjords qu’on ne peut qu’observer de loin.
Le terminus est une île perdue où se terrent Ramea, un village de pêcheurs de 400 habitants, et les seules éoliennes de Terre-Neuve. Il faut imaginer le trajet pour rejoindre la « ville » la plus proche (Stephenville, 7000 habitants), une heure et demi de bateau avant d’enchaîner 2 heures de voiture, il faut bien prévoir ses courses avant d’y aller… Le coin est dépaysant et marrant : son commerce, sa mairie, son gymnase, son terrain de hockey, son camion de livraison, ses goélands innombrables et de bonnes rafales de vent.
Message aux mouettes chauffards
Jour 15 : Burgeo – York Harbour 272 km
Journée de transition sous un ciel menaçant bis. Ce coup-ci, nous faisons demi-tour vers le nord et la Bay of Islands à côté de Corner Brook. Il pleut tout le trajet, la route est toujours en mauvaise état, forcément c’est la même qu’à l’aller.
Waterloo morne plaine (avant le passage de la civilisation)
On fait un arrêt ravito mouillé à Corner Brook dont la principale caractéristique est d’avoir une grosse papeterie en guise de centre-ville. Deuxième ville du pays tout au fond de la Bay of islands, elle ne vend pas du rêve. Donc on file vite fait vers l’entrée de la baie et miracle, le temps s’améliore, la route devient grandiose, les îles apparaissent et la joie revient. Nous faisons un arrêt à notre B&B dénommé Captain Cook à York Harbour – l’explorateur anglais est passé dans le coin en 1766 dans le but de faire un relevé géographique des côtes de Terre-Neuve. L’accueil est très sympa et notre hôte va prendre à bras le corps notre problème de voiture, une supposée crevaison lente. Oui ça fait une semaine que ça dure et les garagistes qu’on a vus n’ont pas daigné examiner le pneu convenablement malgré nos demandes insistantes. Comme quoi, il n’y a pas qu’en France que les garagistes sont peu amènes. Et hop, en moins de deux, un rendez-vous de sa part chez un garagiste local (tellement local qu’il n’a même pas de panneau l’indiquant). Et hop, c’est réparé le lendemain, un clou dans le pneu en moins.
Sinon, pour profiter du beau temps revenu, on décide de faire une petite balade tranquillounette à Bottle Cove le long d’une jolie côte pour changer.
Et qu’est-ce qu’on trouve… Des chanterelles quasiment sur le chemin et que personne ne ramasse. Sont criminels dans le coin, en Auvergne, il y en a qui tuerait pour moins que ça. A nous pour le soir l’omelette aux champignons sous l’œil inquiet de notre hôte « you’re sure it’s edible? You gonna get poisoned! ». Pff, aucun savoir-vivre dans le coin.
Jour 16 : York Harbour 35 km
Aujourd’hui, point de kilomètres effrénés en voiture mais quelques excursions à pied dans les environs. La première rando, le Copper Mine Hiking Trail, nous emmène au sommet de Blow Me Down Mountain, la bien nommée.
La Bay of Islands
Il y a du vent et la vue est à couper le souffle, d’un côté la baie et ses multiples ��les, logique, et de l’autre des montagnes ocres, reste du manteau terrestre originel composé de péridotite et sur lesquelles rien ne pousse. Dommage que le plafond nuageux soit si bas…
Pas un temps à mettre Astérix dehors
Une croûte terrestre blafarde (en principe ocre)
La redescente se fait par le même chemin avec un petit détour par la Copper Mine Waterfall, pas mal du tout. L’après-midi, après le détour par le garagiste et une pause sur un transat du b&b dans un cadre idyllique, nous nous attaquons au Little Port Head Lighthouse Trail. Et là, surprise : après tant de chemins suraménagés, de jolis pontons et escaliers en bois, bim un truc intense sans prévenir, droit dans la pente à la montée comme à la descente avec une corde par moment pour s’aider tant bien que mal. Physiquement, 200 mètres de dénivelés en moins d’un km, c’est dur. Le résultat est une vue vertigineuse d’une côte sauvage dans une lumière de fin de journée. Le lieu est enivrant, peut-être le plus beau coin de Terre-Neuve.
Jour 17 : York Harbour – Green Gardens 184 km
Nous partons en direction du parc national de Gros Morne, le coin le plus couru de Terre-neuve en ce qui concerne les paysages naturels.
Ca, on l'est moose alert, tellement qu'on n'en a pas vu un seul depuis Cape Saint Mary
Gros Morne droit devant
Nous commençons par le côté sud, autour de Bonne Bay avec une première étape au visitors centre de Bonne Bay, très bien fait avec des rangers de bon conseil et serviables.
Neufundlandische Qualität (à prononcer comme dans une pub pour voiture) à Trout River
De l'aggloméré, un revêtement et hop ça fait une maison
On s’arrête ensuite au Trout River pond pour pique-niquer avant d’entamer la rando vers les Green Gardens où nous devons camper. Il a fallu au préalable acheter un permis auprès des gardes et c’est en quelque sorte du camping sauvage très aménagé (toilettes sèches, plate-forme pour tente et banc). La rando en elle-même est très fréquentée et le début de balade est dans les Tablelands, « montagnes » rougeoyantes où rien ne pousse comme sur le Copper Mine Hiking trail. Après une longue descente, la côte est toujours sympa avec une petite originalité ici, des orgues basaltiques assez érodées, témoins d’un bout de coulée de lave assez ancienne. Ne me demandez pas comment elle s’est trouvée là, j’en ai aucune idée.
Auvergne sur mer
On retrouve des êtres étranges à quatre pattes et toison blanche qui errent dans des prairies
Et malheureusement nous ne sommes pas tous seuls sur le lieu du camping, face à la mer et fort agréable par ailleurs nos prédécesseurs ne sont en plus pas particulièrement portés sur la propreté. Ca gâche un peu le fait de passer une nuit en pleine nature. Sûrement ma tendance asociale qui ressort.
Du camping très sauvage
Jour 18 : Green Gardens – Rocky Harbour 105 km
Forcément, le lendemain on repart dans l’autre sens, la boucle est coupée en grande partie pour cause de glissement de terrain. Dommage !
Les Green Gardens le matin
Une petite montée au matin, il fait chaud aujourd’hui et retour à la voiture en sueur et puants.
Les Tablelands
Nous faisons un nouvel arrêt au visitors center pour se débarbouiller et entamons une montée au Lookout au-dessus de Bonne Bay. Sacrée vue panoramique sur une bonne partie des attractions du parc national de Gros Morne, ce qui en fait une très bonne introduction au parc : on y voit Bonne Bay, les Tablelands et Gros Morne, le point culminant qui a donné son nom au parc.
Notre problème de fin d’après-midi est de trouver un logement. Nous n’avons rien réservé et nous allons nous apercevoir que ce n’est pas comme le reste de Terre-Neuve. Car, oui les campings et les logements sont pleins, on est obligé de se rabattre sur le « playground » d’un camping de Rocky Harbour.
Jour 19 : Rocky Harbour – Cow Head 62 km
C’est notre journée tourisme de masse. Si vous avez déjà vu une photo de Terre-Neuve, c’est sûrement le Western Brook Pond, et c’est là que nous allons. Comme nous sommes des gens organisés, nous avons déjà pris la veille des billets pour l’excursion sur le lac, celle du matin pour éviter la foule. Pour accéder au ponton, il faut se taper 4 kilomètres de marche qui limitent un peu l’affluence. Le retour sera d’ailleurs l’occasion de voir toute sorte d’oiseaux peu adaptés à cet environnement : chaussures à talon, tongs, souffle court, suée abondante en plein cagnard (28° au moins), etc. Ca ne manque pas de m’étonner à chaque fois que je suis dans un endroit touristique, l’impréparation et l’absence d’esprit pratique de pas mal de monde. Ces quelques kilomètres sont également l’occasion de traverser de très classiques marais terre-neuviens entrecoupés de bois rachitiques. La force de l’habitude ! L’excursion en bateau d’une heure et demi est par contre tout à fait impressionnante. Les parois sont vertigineuses et entrecoupées de cascades des plus sympathiques. Forcément, ça fait penser aux fjords norvégiens que l’on a pu voir en photo.
La balade offre une autre attraction plus exotique : le guide ou plutôt chauffeur de salle. Un show-man avec un apport de connaissances pas très important mais des blagues, du dithyrambique, des applaudissements. Cela a fini, sous nos yeux ébahis, par un concert à moitié improvisée avec participation du public. Il semblerait que le Canadien soit plus réceptif et plus participatif que le Français… Pour la communion avec la nature, on repassera quand même.
Notre Gentil Organisateur en pleine performance
Deuxième et dernière étape du jour : l’embouchure du Western Brook dotée d’une fort belle plage de sable fin et lieu de rassemblement de pleins de zozios.
Vous avez fini par deviner qu'on aime bien les plages de sable fin ?
Et comme on aime bien les zozios, on est allé faire un tour : il y a du limicole (chevaliers, bécasseaux) en goguette et des sternes plutôt pacifiques. Il ne doit pas y avoir de nid dans le coin parce que sinon un tranquille badaud comme moi se transformerait facilement en réfugié sur les routes de la Second Guerre Mondiale sous la pression de stupkas allemands (souvenirs d'Islande).
Une plage surpeuplée
La nuit se passe au camping de Shallow Bay, très appréciable comme tous les campings des parcs nationaux mais malheureusement rempli de moustiques.
Bonjour Sylvain,
J'ai une question par rapport au droit journalier d'accès au parc. Sur le site des bateaux Bon Tours, il est précisé qu'il faut s'acquitter du prix d'entrée du parc et du prix de la sortie en bateau sur l'étang Western Brook.
Le pass journalier doit pouvoir être acheté au visitor center. Mais où se font les contrôles pour les différents trails ? On passe 3 nuits à Rocky Harbour et 2 à Bonne Bay.
Cordialement
Michèle
Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous répondre puisque l'an dernier c'étaient les 100 ans du Canada et l'entrée des parcs nationaux était gratuite.
Globalement, je suppose que les contrôles se font de manière aléatoire par les rangers au fil des chemins et des lieux de visite. Je ne pense pas qu'il y a à chaque début de randonnée dans le parc quelqu'un pour vous contrôler mais des Canadiens vous répondraient mieux que moi. Quoiqu'il en soit, rester sur les routes et dans les villages de Rocky Harbour, Bonne Bay, Norris Point et d'autres n'impliquent pas d'acheter un pass. En venant de Deer Lake, il y a un kiosque d'entrée à Wiltondale pour acheter un pass que vous pouvez prendre pour plusieurs jours. Cela peut être plus rentable de prendre un pass annuel longtemps à l'avance en fonction du nombre de jours où vous serez dans le parc. Voilà tout ce que je peux vous dire.
Ah oui, j'ai passé 3 semaines en septembre dans les Maritimes l'année dernière et j'avais oublié que les parcs étaient gratuits pour les 150 ans.
On avait entendu à la radio que la fréquentation des parcs avait été bien plus élevée que les années précédentes.
On verra sur place ...
Michèle
Un serveur français licencié par un restaurateur canadien pour agressivité envers ses collègues a plaidé que son attitude n'était pas due à un quelconque manque de politesse, mais à sa culture française, selon des documents de cour. Guillaume Rey, qui travaillait dans un restaurant de Vancouver, sur la côte pacifique canadienne, a déposé plainte devant le tribunal des droits de la personne de Colombie Britannique après avoir été licencié.....
Jour 20 : Cow Head 102 km
Nous commençons notre journée par un petit déj' sommaire sur une plage de Cow Head en galante compagnie :
Un tournepierre à collier dans son élément
Pour la suite du menu quotidien, nous restons dans le parc national, côté nord avec notre premier objectif du jour : les Baker Brook Falls à côté de Rocky Harbour. 10 km aller-retour très plats, un coin à élans et au bout une suite de cascades fort jolies. Bon, nous n’avons pas vu d’élans qui nous échappent depuis le début du séjour dans la province qui concentre soi-disant le plus fort nombre de tout le Canada !
Nouvel arrêt ensuite à Green Point. La falaise, une curiosité géologique locale, sorte de millefeuille de pierre, a servi à déterminer la limite entre deux ères géologiques (cambrien et ordovicien). Le résultat est intriguant. Moins intriguant, c’est le comportement idiot de certains touristes s’amusant sur des récifs/rochers au ras de l’eau par marée montante et avec des vagues non négligeables… Un peu plus et un des gars se trouvait coincé/emporté.
Terre-Neuve, c'est aussi des vieilles maisons pourris et des cadavres de métal posés ça et là
Dernier arrêt avant le retour au camping de Shallow Bay, il s’agit de la pointe de Cow Head et d’une petite promenade parmi les tuckamores et quelques habitations jusqu’à un phare miniature. Sympa sans plus.
Un phare pour barques et pédalos
Le soir, nous retrouvons nos copains les moustiques toujours aussi virulents et finalement pas si embêtés que ça par la fumée du barbecue. Oui, nous nous sommes mis à la méthode canadienne même si nous n'avons pas acheté de moustiquaire géante.
Jour 21 : Cow Head – River of Ponds 167 km
Aujourd’hui, nous avons prévu de commencer une rando de trois jours mais le temps n’est pas à la fête. Grosse hésitation avant de repousser à un lendemain que l’on espère meilleur. Et comme nous avons écumé très largement Gros Morne, nous partons plus au nord vers la péninsule de Port au Choix. Ca fait pas mal de kilomètres à s’enfiler en aller-retour mais la péninsule est différente de ce que nous avons vu jusqu’à maintenant : elle offre de la végétation arctique et des chances de voir des rennes.
En cours de route, nous faisons un court arrêt au Arches provincial park tout petit qui, vous l'aurez deviné, comporte des arches de pierre, reste de l'ancien bord de mer. En gros, si vous avez bien suivi mon carnet, c'est le Dungeon provincial park quelques milliers d'années plus tard.
Comme le temps est toujours pourri quand on arrive à Cow Head, nous en profitons pour visiter le visitor center de la péninsule qui propose une exposition des plus intéressantes sur les Amérindiens et Inuits qui se sont succédé sur Terre-Neuve. La suite c’est une petite balade le long de la côte depuis la pointe de Port au Choix. Il y a un vent à décorner des bœufs et une végétation arctique typique qui change de tout ce qu’on a vu auparavant : tout est miniature, au ras du sol, rampant, c’est assez marrant de voir des gentianes ne pas dépasser les 5 cm.
Dans la peau de John Fourmilitch
Heureuse surprise au retour : une harde de rennes campe à côté du parking : ils ne sont pas farouches et font un peu leur star à être pris en photo sous toutes les coutures, ils ont bien raison puisqu’ils se trouvent dans un lieu national donc sans chasse. Il faut dire que Terre-Neuve et Labrador est la seule province du Canada à ne pas avoir réglementé la chasse hors parcs nationaux.
Au retour, le truc motorisé que l’on appelle en principe voiture mais qui tient plus sûrement du pot de yaourt nous réserve une bien belle surprise : des surchauffes moteur en haut de chaque très vague côte. Comme nous sommes un peu au milieu de nulle part, on décide de reporter la recherche d’une solution au retour vers Deer Lake et de s’arrêter à chaque fois que ça se met à biper frénétiquement. Assez stressant mais fort heureusement, les routes sont plutôt plates dans le coin.
Nous passons la nuit à River of Ponds dans un camping vide, tenu par une méfiante pas commode (double porte verrouillée, sas type entrée de banque et caméras de surveillance dans un coin paumé) avec salle de bain dans le logement qu’elle occupe. C’est parfois étrange le Canada.
Jour 22 : River of Ponds – Nulle part (Indian lookout trail) 60 km
Ca y est, c’est la bonne journée pour débuter notre rando : le Indian lookout trail, 45 kms balisés mais sans chemin réellement civilisé, pas de refuge ou de camping plus ou moins aménagé. Il fait plutôt beau et les prévisions météos sont bonnes. J’ai pris mes précautions puisqu’on dispose de la carte topo du coin, des indications et cartes du IATNL, l’asso qui entretient ce sentier et d’une boussole. Le GPS c’est le mal, ça tue le fun de l’orientation donc pas de GPS. La randonnée débute par une approche sur une piste interminable (raccourcissable en 4x4) puis on va comprendre rapidement ce que c’est le côté sauvage de Terre-Neuve.
Vers l'infini et au-delà !
A la fin de la piste, cela commence mollo avec un gué facile et une plaine marécageuse à traverser. Il y a du quad qui vient saccager le coin, labourer les champs et rendre le tout boueux. Merci quadiste ! C’est quand même plein de sarracenias et de droséras, tout n’est pas perdu.
Les monstroplantes
Oh la jolie orchidée (enfin, je suppose)
Des lichens étranges
C’est la suite qui se corse. Le « chemin » « balisé » est surtout le chemin des tous les orignaux du coin – sont pas fous, ils utilisent la trouée faite par les humains dans ces satanées forêts boréales. D’une part, ils arrachent les balises en plastique accrochés aux arbres, d’autre part, ils transforment la sente en marécage.
Labourage de sentiers par élans farceurs
Par-dessus le marché, ça monte droit dans la pente pour arriver sur un plateau. On se croit enfin sortis d’affaire quand on arrive dans une lande pierreuse entrecoupée de massifs de buissons (toujours des tuckamores) mais que nenni. Les orignaux, ces petits farceurs, se sont fait un plaisir de mettre des fausses pistes dans tous les sens à travers les tuckamores. On a dû perdre trois heures à essayer moult chemins mais ceux d’élans ne sont pas vraiment adaptés aux humains : l’orignal a la tête qui dépasse des tuckamores, l’être humain génétiquement non modifié non. Il faut aussi dire que les balises plastiques ont disparu et que le cairn n’a pas été encore inventé au Canada. Heureusement, nous faisons une grande découverte : il faut suivre le chemin avec des racines coupées nettement par une scie/tronçonneuse, instrument inconnu des élans. Alléluia ! Il n'empêche que ça reste casse-gueule avec des tonnes de racine sur le chemin même.
Même coupé, le tuckamore reste vicieux
Et pour couronner le tout, une fois au sommet de la montagne, un vent à décorner des bœufs nous accueille, il est difficile de tenir debout et c’est plutôt dangereux avec le gros sac et les nombreux rochers qui peuplent les environs.
Avec tout ça, on en oublie l’environnement naturel qui est magnifique tout au long de la balade. On souffre mais pas pour rien, entre le golfe du Saint Laurent, de multiples lacs, des vallées glaciaires fort jolis et la cascade la plus haute de l’île. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on en prend plein les mirettes et qu’on n’est pas gêné par les êtres humains (qu’est-ce que c’est un être humain ?!).
Quand je vous dis que c'est marécageux (on est passé juste au milieu du truc en bas avec tous les étangs)
De la vallée glaciaire à la pelle
Le Portland Creek Inner Pond
Que d'eau ! Que d'eau ! Ce qu'aurait dit Mac Mahon devant le golfe du Saint Laurent
Et le but de la promenade finit par être en vue : la tête d’Indien que l'on devine dans la montagne d’en face.
Une fois toutes ces péripéties passées, nous arrivons plutôt tardivement au lieu planifié de camping au bord d'un lac. Et là, cerise sur le gâteau, un élan s’en va lentement devant nous.
Camouflage en 50 nuances de vert
Jour 23 : Nulle part – Cow Head 30 km
Après quelques hésitations, nous repartons dans l’autre sens : finie la rando de 45-50 kms en boucle mais un aller-retour de 30-35 km. On avait atteint le but en étant bien éreintés, nous préférons garder un jour pour prendre plus de temps pour la dernière partie de notre voyage. Donc bis repetita, avec nos tuckamores, nos marécages, nos rochers et quelques élans en cours de route dont un beau mâle assez loin de nous quand même.
La cascade la plus haute de l'île au retour (Partridge Pond Falls)
Et malgré notre passage la veille, on arrive à prendre quelques chemins de mooses et à se retrouver au-dessus d’une barre rocheuse au mauvais endroit manifestement. Nous sommes quand même plus rapides aujourd’hui, nous savons à quoi nous attendre, ce qui laisse quelques regrets pour le reste de la rando abandonnée.
Comme on se retrouve, Gué !
Le soir, le camping de Shallow Bay est plein, nous nous rabattons sur le motel de Cow Head, cher et pas forcément très chaleureux. Bon on peut se remettre de nos aventures dans un vrai lit.
Très belle rando ou devrais-je plutôt dire , très belles vues qui se méritent ! Et dans des cas comme celui-là, un petit tracé enregistré sur son GPS, ça évite de tester toutes les pistes 😉.
Plus sérieusement, j'apprécie tellement les cartes, l'orientation et je trouve que chercher son chemin, se tromper, recommencer fait partie du chemin que ce soit en voiture ou à pied. Ne pas utiliser de GPS permet d'être plus attentif, plus ouvert à l'environnement, de faire des rencontres parfois, en particulier en voyage où le temps peut se distendre.
Le cas présent, c'est vrai que ça a été usant. Heureusement que nous avions de bonnes conditions météos ! Faut dire aussi que les cartes topo canadiennes ne sont pas géniales. Ou alors, la forêt locale pousse très vite...
Jour 24 : Cow Head – Terra Nova national park 495 km
Aujourd’hui, on repart dans l’autre sens direction St John’s et retour acasa. Problème : faire le trajet avec le machin qui nous sert de véhicule et qui surchauffe, c’est pas de la tarte.
Sniff, adieu Gros Morne
Heureusement, croisé sur un parking en haut d’une côte, un Manitobien fort sympa et un peu moins idiot que nous nous vient en aide avec une idée lumineuse dans un français quasi parfait (et moins d’accent qu’un Québécois !). Pourquoi ne pas la ramener à une boutique Enterprise de l’aéroport de Deer Lake à proximité ? Pas bête le Canadien. Nous, nous n’avons pas l’habitude des loueurs honnêtes et nous nous demandions comment éviter de payer le prix x2 de la réparation que l’agence de location allait nous facturer… A l’aéroport, aucun problème, on nous change le véhicule sans même regarder la panne et l’état de la voiture (nous avions pris des photos dans tous les sens), nous avons enfin la Chrysler Cruze que l’on aurait dû avoir dès le départ, c’est-à-dire une voiture un peu plus confortable. Miracle, on ne se fait plus secouer dans tous les sens par les camions qui nous doublent ! Et donc direction la route 1 et 400 km plus loin, voilà le Terra Nova national park et notre camping favori (Malady Head). C’est là qu’on s’aperçoit que Terre-Neuve c’est quand même grand.
Une pensée émue à tous les gars et nanas qui tiennent ce panneau le long des routes de Terre-Neuve à longueur de journée. Qu'ils ne désespèrent pas, l'invention du feu tricolore est proche.
Jour 25 : Terra Nova national park – Holyrood 310 km
Nous n’avions pas vraiment profité de notre premier arrêt au parc national de Terra Nova pour faire une balade dedans. Nous réparons ce manque avec une rando tranquille entre le visitor center et le camping de Newman Sound. Il fait beau et chaud, la mer scintille, la promenade est agréable, jusqu’à une petite cascade mais fait pâle figure après nos précédentes expériences.
Du coup, on repart vers l’est avec quelques détours sans intérêt en route. Direction Brigus, jolie village et petit port plutôt touristique avec quelques maisons en bois plutôt anciennes et décorées (on sent qu’on a quitté l’ouest de la province). C’est la veille de la fête des myrtilles, il y a du monde partout. Et que fait-on pour célébrer les myrtilles en Amérique du Nord ? Un concours de manger de tartes aux myrtilles… Pas à dire, on s’y connaît dans le coin en gastronomie !
Vient ensuite le moment de trouver le logement du soir. Et surprise, ici aussi les campings sont rares et pleins, ou réservés aux RVs, la proximité de la capitale n’aide pas. On finit par trouver un camping qui accepte les tentes. L’arnaque, il ne dispose pas de sanitaires (lavabos/douches) et pas d’emplacement vaguement privatisé pour tentes. Bien sûr, la personne de l'accueil ne nous a pas prévenu et le prix n'est pas spécialement bas. Autant faire du camping sauvage, c’est gratuit pour la même prestation.
Après ce petit moment de tension, nous calmons nos nerfs dans un restaurant chinese-canadian très correct. Et accessoirement, le seul resto à distance raisonnable.
Les trois derniers jours sont consacrés à l’East Coast Trail, chemin de grande randonnée qui longe toute la côté Est d’Avalon. Pas de rando sur plusieurs jours pour nous mais des découvertes de quelques bouts du sentier.
On commence par une des rares balades en boucle (retour non balisé) du East Coast Trail autour de la pointe de Brigus (South), pas le même que la veille. Le temps est radieux, il fait chaud et la côte est belle, pour changer ! Des falaises d’ardoise et plein de baleines.
Et une énième photo de côte
On va s’en rendre compte les deux jours suivants : à Avalon, nom de la péninsule de Saint John’s, les baleines pullulent. A tous nos arrêts ou presque, il y en a une qui pointe le bout de son nez.
Baleines !
La journée se poursuit à Ferryland, plus au sud, où se trouve un des hauts lieux historiques de l’île.
Le pays des traversiers
Il y a un visitor center (pas visité) et plein de panneaux avec des infos historiques sur la guerre entre l’Angleterre et la France qui a ravagé le coin au milieu du 18ème siècle. En effet, la France s’était implantée plus à l’Ouest, à Placentia (anciennement Plaisance et rebaptisé de son nom actuel pour effacer toute trace française) et souhaitait expulser les implantations anglaises de l’Est de Terre-Neuve. Il y eut des massacres dont Ferryland rasé mais l’opération fut un succès sans lendemain. Il faut dire que la colonisation anglaise était erratique et peu importante : il s’agissait principalement de comptoirs de pêche occupés uniquement l’été. De toute façon, Terre-Neuve ne fit pas l’objet d’une politique de colonisation britannique très organisée excepté pour l’exploitation des ressources marines, cela à tel point que le gouverneur de l’île jusqu’au milieu du 19ème siècle n’y résidait qu’en été. Quoiqu’il en soit, les succès français à Terre-Neuve furent anecdotiques mais sanglants dans le conflit opposant les deux pays qui aboutit en 1763 à l’expulsion de la France d’Amérique du Nord.
Du fait de la pénurie de places dans tous les campings du coin, nous nous rabattons pour la nuit sur le B&B Elaine By the Sea à Bay Bulls. Plutôt classe, notre chambre a une très belle vue sur la baie où s’ébattent des dizaines de baleines. Il y a des jets, des sauts et des queues de baleines dans tous les sens, le show est spectaculaire.
Jour 27 : Witless Bay – Saint John’s 109 km
Pas de chance pour ce matin, c’est pluie, pluie et pluie. On temporise un peu en se demandant quoi faire. La balade prévue paraît très compromise. Nous nous dirigeons vers Cape Spear aka le point le plus à l’Est d’Amérique du Nord en passant par Petty Harbour qui pourrait être un joli port de pêche sous des cieux plus cléments. Donc Cape Spear, du brouillard et de la pluie : ça a l’air joli si l’on pouvait voir la mer et la côte.
Le phare le plus à l'Est d'Amérique (oui, ça nous fait une belle jambe)
Nous en profitons pour visiter le phare – c’est au sec – et ses 5 gardiens pour un total de 3 salles. A vrai dire, hormis la surpopulation de rangers et l’huile de sperm whales, je n’en ai pas de souvenir bien clair.
Quand nous repartons, le ciel laisse espérer des lendemains qui chantent un peu plus. Donc on reprend notre programme balades sur l’East Coast trail avec le Klondyke Gulch, courte promenade depuis Outer Cove jusqu’à un cap qui s’avère un excellent lieu d’observation de la côte et surtout des baleines.
Klondyke Gulch, coin à rencard pour ranger de Terra Nova
Ces dernières ont le bon goût de longer de près le rivage et de faire des allers-retours, nous permettant d’admirer en longueur leur grâce pataude. On ne s’en lasse pas.
Baleine !
Baleine !
L’arrêt final de la journée est prévu pour une petite balade jusqu’à Red Head, une falaise logiquement toute rouge. La randonnée passe par une cascade particulièrement impressionnante avec le torrent gonflé par l’eau de pluie du matin.
C’est également l’occasion d’une nouvelle cueillette de chanterelles jaunes (ou girolles) de belle facture, d’un arc-en-ciel et d’une jolie vue sur la côte.
Les deux dernières nuits, nous les passons chez l’habitant, immersion dans la banlieue de Saint John’s, lotissement, maisons en bois toutes similaires, pas d’arbre, pas de commerce mais des gens très sympas.
Jour 28 : Saint John’s 64 km
Nous finissons normalement en apothéose aujourd’hui par une randonnée longue, très longue sur le secteur le plus réputé de l’East Coast Trail jusqu’au Spout, sorte de geyser d’origine non volcanique puisque c’est de l’eau de mer et douce sous pression qui permet un jet d’eau à intervalle régulier. Le tout fait plus de 25 km aller-retour sous un soleil radieux et des températures exceptionnelles (30°c). Les gens du coin risquent de se balader à poil puisqu’à 15°, ils sont déjà en short, tong et tee-shirt.
La première attraction du sentier, c’est une énorme plate-forme pétrolière à quelques encablures de la côte. Je suis étonné que vu la proximité de la terre, l’entreprise ne se soit pas contentée d’une exploitation terrestre avec une pompe. Mais bon je n’y connais rien. Quoiqu’il en soit, c’est assez impressionnant vu de près et c’est plus gros que je ne croyais.
Deuxième attraction ce sont les baleines, elles sont toujours là à proximité de la côte à faire des allers-retours.
Baleine !
Troisième attraction du triptyque, c’est la côte qui est particulièrement en verve dans le coin : falaises impressionnantes, stacks, grottes, effondrements, il y en a pour tous les goûts.
Une cascade fuyante
Un pic épeiche qui passait par là
Malheureusement, à traîner en regardant le paysage, et puis faut bien le dire le mois passé a été usant, eh bien nous n’avançons pas. On doit s’arrêter au 8ème kilomètre environ sans espoir d’atteindre le graal. Tant pis et il y a des chanterelles dans le coin !
Jour 29 : retour 30 km
Snif, Terre-Neuve c’est fini.
On vous ment, on vous trompe ! C'est ça la vraie image de Terre-Neuve
Nous faisons un petit tour jusqu’à Portugal Cove pour voir Bell Island que j'aurais bien aimé visiter (tant pis) avant de reprendre notre périple Saint John’s – Halifax – Montréal – Lyon. Un petit coup de stress à l’aéroport de Montréal, nous n’avons que 45 minutes de temps de latence. Et un vol sans histoire pour revenir en France.
C'est simple : il y a des Québécois qui n'aiment que les Québécois francophones pure laine, c'est-à-dire originaire du Québec, et il y a des Canadiens anglophones qui n'aiment pas les Québécois.
Le Québec est réellement à part au Canada, il faut bien comprendre ça...
Ce qui m'a surpris également, c'est que des Canadiens anglophones à plusieurs reprises nous disent que les Québecois parlent mal anglais et ne font pas d'effort. J'avais l'impression au contraire que les Québecois, et encore plus les jeunes Québecois, parlaient très bien anglais , en tout cas bien mieux que les Français et passaient aisément d'une langue à une autre. Serait-ce une impression fausse ? Ou une question de principe pour une partie des Québecois (ne pas parler anglais au Québec) ?
Les Québécois qui « parlent mal l’anglais ou ne font pas d’efforts » au moins s’essaient de parler anglais et de se faire comprendre contrairement aux anglophones qui ne tentent même pas un seul mot en français. Il faut savoir que, au Québec, l’anglais langue seconde est une matière obligatoire à l’école peu importe le niveau. Alors que dans les autres provinces l’apprentissage du français est optionnel au même titre que le chinois ou l’espagnol.
Je suis québécoise et j’ai traversé le Canada à quelques reprises et je sais de quoi je parle.
Un grand merci pour ce récit plein d'humour de ton voyage à Terre-Neuve. Je compte les semaines avant mon départ en juillet prochain! A te lire, je devrais croiser icebergs et baleines...j'espère... mais aussi maringouins et pluie!... Je vais faire lire ce carnet de voyage à mes co-voyageurs, pour la plupart québécois!...😉 Par contre, je n'ai pas compris le jeu de mot dans le titre!!!
Le kebab, par définition, on ne devrait même pas en manger (quand on aime bien manger...).
Avis aux amateurs... on dirait que c'est le kebab votre spécialité....si pour vous cela se résume à ce qui peut se faire façon sandwich express américanisé...frites-ketchup....il y a erreur... pas de revers, perso, j'ai arrêté de manger de la viande....
Super voyage !!! Nous étions allés à quelque encablures à St John's...nous avions aimé le lieu et les gens...super accueillants...merci pour ce partage !
Oh mais moi je suis plutôt de votre avis ou neutre, je suis mal placé pour juger. J'ai juste été surpris de voir un certain ressentiment de la part d'anglophones (pas des Newfies mais plutôt de gens du continent) à propos des Québécois. Je suppose que l'origine du truc est plus large que la maîtrise ou non de l'anglais...
Merci pour le message !
Pour le jeu de mot ou plutôt la blague dans le titre, ça ne mérite pas que je m'y appesantisse trop. Terra Nova c'est un think tank socialiste qui est à l'origine de pas mal d'idées des programmes du PS ces dernières années. Et voilà tout.
Mais le titre a eu un effet imprévu et marrant sur le référencement de mon carnet : vous tapez terre-neuve+socialiste dans n'importe quel moteur de recherche (mais qui irait faire ça à part moi ?) et vous tombez directement sur ce carnet. Ca y est, c'est la célébrité !
Pour les icebergs, si vous partez mi ou fin juillet, il est fort possible de ne pas en voir, l'année dernière étant exceptionnelle pour ses icebergs tardifs. Les baleines, j'aurais bien aimé mettre une vidéo prise depuis le b&b de Witless Bay (sud de St John's) mais elle est trop grosse. C'était la folie, on voyait des dizaines de baleines à l'horizon en train de "spouter", de s'ébattre, de taper de la queue. Vraiment impressionnant. Si vous n'en voyez pas cet été, je mange ma casquette (j'en ai pas, hein).
La pluie, nous n'en avons pas tant eu que ça, je dirais 8 jours avec de la pluie sur 28 sur place. Et quasi systématiquement ces jours-là, une météo changeante qui nous a quand même permis d'en profiter. J'espère que vous aurez autant de chance !
Tout d'abord merci de nous faire découvrir Terre-Neuve. Les images sont parlantes et illustrent bien les ambiances. Il est dommage que pour certains sujets (plantes), vous n'ayez pas pris le parti de vous rapprocher plus, comme vous l'avez fait pour l'iris et l'orchidée, alors que rien ne l'empêchait à priori. Belle image d'un renne (celle en médaillon) en train de brouter sur fond de mer.
Sur la "curiosité géologique à Green Point où une sorte de millefeuille de pierre à servi à déterminer la limite entre deux ères géologiques (Cambrien et Ordovicien)" :
petite précision : étages géologiques (plutôt qu'ères géologiques). Je crois voir sur le côté droit de votre image, des figures sédimentaires qu'on a coutume d'appeler "flute cast". Ici, les couches sont redressées mais à l'époque du fond marin où ces sédiments ont été déposés, les courants ont formé des creux dans lesquels ensuite, des sédiments se sont accumulés pour constituer une couche plus récente. C'est la base de la couche plus récente qu'on voit ici, avec le moulage en plein, appelé "flute cast".
Ces figures renseignent sur la direction des courants marins à l'époque, il y a 500 millions d'années. Pour autant, les figures sédimentaires n'ont pas aidé à dater les terrains. La limite séparative entre le Cambrien et l'Ordovicien a très probablement été établie à partir de l'examen des fossiles contenus dans ces couches : trilobites, graptolites (*) et aussi microfossiles (ostracodes, conodontes, chitinozoaires). Ces groupes sont très utilisés en stratigraphie (pour dater des terrains sédimentaires) dans les étages concernés.
Pour les lecteurs qui vous suivent et qui ont prévu de se rendre à TN, pour peu qu'ils aient de la chance et à condition que les faunes soient bien conservées, ils se pourrait qu'ils trouvent des fragments, voire des bêtes entières.
(*) : De taille centimétrique à pluri-centimétrique, les trilobites et les graptolites sont parfaitement visibles et repérables à l'oeil nu.
Tres beau récit, plein d’humour, de parti pris rigolos, et de détails intéressants. Si lis comme un roman policier, sans s’arreter .... chapeau et merci.
Le vieux sage a dit "L'homme jeune marche plus vite que l'ancien ... mais l'ancien connaît la route !"
Un détail, je ne sais pas ce que les Québécois ont fait à leurs voisins anglophones mais j’ai senti à plusieurs reprises du ressentiment de la part d’Ontariens et de Néo-Ecossais vis-à-vis du Québec qui, je cite, voudrait toujours être traité à part, suivi d’un « Regardez au Nouveau-Brunswick, ça marche très bien le bilinguisme et la cohabitation. Les Québécois, ils ne veulent pas suivre ce modèle ».
Le Québec est en quelque sorte "un pays" dans un pays. Il y a donc le Québec et le ROC (Rest of Canada). Pour avoir une idée non biaisée du Québec, il ne faut pas trop se fier au ROC. Il vaut mieux venir le visiter. Oui, le Québec est différent du ROC. Je suis surpris du ressentiment exprimé par les anglophones que vous avez rencontrés, parce que ce sont eux, qui, en 1995 sont venus à Montréal en masse à la veille du référendum sur l'indépendance pour nous exprimer tout leur amour, nous implorant de ne pas les quitter... faisant fi de toutes les règles de dépenses qui avaient pourtant été bien établies... Ainsi, pour ceux et celles qui vous liront, qu'ils/qu'elles soient assuré(e)s qu'ils/elles seront bien reçu(e)s dans La Belle Province, que ce soit en français ou en anglais...
Et... quant à suivre l'exemple du Nouveau-Brunswick, c'est assurément non... car dans cette mer anglophone il serait plus tôt que tard que le français disparaîtrait du décor...
Il y a davantage de jeunes anglophones habiles et confortables dans les deux langues que de jeunes francophones. Déplorable mais c'est la réalité.
Je serais très intéressé de connaître vos sources pour affirmer une telle chose...
Le plus récent recensement (2016) indique toutefois le contraire... Ainsi, alors que 44,5% des Québécois sont bilingues, seulement 9,8% le sont chez les autres Canadiens (comprenant également le Nouveau-Brunswick qui est la 2e province la plus bilingue).
Comme je l'ai mentionné aussi dans ma réponse... il ne faut pas se fier aux anglophones du reste du Canada (Rest of Canada (ROC)) pour donner des informations sur le Québec... Rien de mieux que de visiter le Québec... la Belle Province... pour s'en faire une idée par soi-même... :-)
Vous écrivez: "ll y a davantage de jeunes anglophones habiles et confortables dans les deux langues que de jeunes francophones. Déplorable mais c'est la réalité."..
Faites-moi rire...!!! Incroyable...!!! Où vivez-vous? Que colportez-vous? Du Québec "bashing"...!!! Je souhaite que tous ceux qui voient ce genre de messages viennent vérifier par eux-mêmes... Vive le Québec...!!! Nous sommes différents et heureux de l'être...!!! À bientôt...!!!\
Je suis en train de préparer un voyage à Terre-Neuve.
J'espère qu'en tant que québécoise je serai bien reçue.😉
Au moins, en France où je suis allée à plusieurs reprises j'ai été très bien reçue.
Ce qui m'inquiète c'est la nourriture. D'après ce que j'ai lu de vos commentaire à part le poisson et les hamburgers il n'y a rien.
Ce que j'aimerais savoir c'est comment sont les épiceries (marché d'alimentation). Pouviez-vous y trouver de quoi vous faire un lunch pour vos randonnées.
Je crois que les Terres-neuviens sont ouverts à toute origine et très amicaux dans leur ensemble ! Par contre vos voisins de province ne vous tiennent pas dans leur cœur... (Et hop je remets une pièce dans le débat 😉) (il s'agit d'une blague hein)
Pour la nourriture, il y a des supermarchés dans toutes les "grandes" villes de l'île (Corner Brook, Stephenville, Gander, Lewisporte, Clarenville, etc) où vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour faire des piques-niques, y compris des salades fraîches déjà préparées et des produits importés d'Europe. D'ailleurs, j'ai honte, à un moment donné j'ai craqué, j'ai acheté du jambon italien et du fromage espagnol. Et la jeune d'un b&b quand elle nous a vu manger le truc nous a sorti "it's disgusting, it stinks" ; c'était un mancego sans goût et sans odeur...
Ailleurs, dans les plus petits patelins (Fogo, Twilingate, Cow Head, Rocky Harbour, Burgeo par exemple), il y a des supérettes, souvent des foodlands, avec charcuterie, fromage et autres. Pas forcément beaucoup de choix et pas de la qualité mais on a fait avec.
Pour les restos, je pense que dans un certain nombre de lieux, vous aurez plus de choix que hamburger-friture : St John's bien entendu mais aussi Twillingate, Corner Brook, la péninsule de Bonavista. Dans les lieux moins touristiques et/ou isolés par contre, là il y a peu de choix, parfois un seul resto, toutes les cartes se ressemblent avec fish & chips, hamburgers, chowders. J'ai aussi été déçu des restos de Gros Morne, j'espérais dans un coin touristique plus de choix mais non au final, on est resté sur du basique. C'est aussi possible que nous n'ayons pas eu de chance dans certains cas.
Voilà pour l'état des lieux culinaire de Terre-Neuve
À St-John, surtout sur la St-Georges, il y a des pubs avec cuisine d’inspIration irlandaise, très potable.
Pour nous, en camping, nous faisions la bouffe au véhicule.
Une information pour ceux qui voyagent en VR, Terre-Neuve est le paradis du boondocking, ou camping furtif. Rares sont les endroits où il y a interdiction de passer la nuit.
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March 2nd — Departure by bus from Latour at 6:50 AM. The journey isn’t direct: we pass through Elne then Corneilla. In Perpignan, I switch to a BlablaBus heading to Barcelona’s northern bus station. Before reaching Le Perthus, French police stop us to check IDs. Several people aren’t in order, but after about fifteen minutes, we’re on our way again. We’re checked again at La Jonquera: this time, the wait lasts almost forty-five minutes while police identify those in violation and wait for a vehicle to pick them up. The driver then tries to make up for lost time; we finally arrive at our destination half an hour late.
I quickly head to the Arc de Triomphe metro station, located 200 meters away: you have to cross the bridge along the bus parking lot, then walk through a large garden; the station is on the right before the garden entrance. The trip to the airport isn’t direct: I have to change at Tomasso and take the line to the airport, where I arrive at 1 PM.
At the Emirates counter, I learn my flight was just canceled due to the war in Iran; they offer me another flight for the next day. I have to wait at the airport until 7 PM before being taken to a hotel; the next morning, I’ll take a flight to Vienna (with an 8-hour layover), then an Air India flight to Delhi, and finally a flight to Kolkata. I agree: I don’t know Vienna, so it’ll be an unexpected discovery.
At 7 PM, a small group is taken to the hotel, 35 minutes from the airport, where we’re served a light dinner upon arrival.
March 3rd — A taxi picks me up at 6:30 AM; the flight to Vienna takes off at 9:30 AM and arrives at noon. I’m free until 7 PM; the metro is direct to the city center. The weather is pleasant and not too cold, luckily, since my clothes are light.
When I exit the metro, I spot the St. Stephen’s Cathedral tower in the distance and approach it: the roof, made of glazed tiles, is remarkable.
Entry is free, and the interior, a mix of Gothic and Baroque styles in the center, is stunning.
Not far from there is St. Anne’s Church
, also Baroque, adorned with beautiful frescoes
—a music concert adds an enchanting atmosphere to the visit.
I continue my walk at random through the pedestrian streets lined with magnificent buildings: I’m charmed by the city.
Before heading back to the airport, I stop at a lovely tea salon. My flight will eventually leave with a delay.
Wednesday, March 4th — Delhi and a little luggage scare
We arrive in Delhi shortly after noon. Immigration is quick, and good news: my bag was checked through from Barcelona to Kolkata. I head to the connecting terminal and arrive half an hour before boarding: the flight goes smoothly. Upon arrival, the luggage comes out quickly… except mine. After filing a report, I’m told my bag is in Delhi—I have to retrieve it before taking another flight. I didn’t know (or had forgotten): with the delays, I wouldn’t have had time to pick it up and make the connection.
I take a taxi to the Ichamati Hotel. The welcome is warm, and the room is clean but very small. Without my bag, I feel a bit lost—I have nothing to change into.
Tonight, I’m dining with Raja and his friends at a beautiful restaurant, an old colonial house turned into a hotel.
We’re happy to see each other and have a comforting evening together.
This travel journal summarizes a trip I took in March to Argentine and Chilean Patagonia. It starts in El Calafate and ends in Ushuaia. During my planning, I considered looking into the Australis cruise from Punta Arenas to Ushuaia, as well as the W trek in Torres del Paine National Park. In both cases, I was put off by the prices. Instead of the cruise, I found two interesting wildlife excursions from Punta Arenas: whale watching in the Strait of Magellan and observing king penguins in Tierra del Fuego. The journey to Ushuaia was by bus. For Torres del Paine, things were a bit confusing, so I reached out to two agencies. In the end, I went with a rental car option, overnight stays on-site, and day hikes. I shared my full itinerary with the agency and ended up being taken care of by a local Argentine agency and a Chilean one.
So, here we go...
June 2024.
While hiking with my brother on the GR 36 Tour du Morvan, I catch sight now and then of strange rectangular markers fixed to tree trunks. Against a bright orange background, a deep black Greek tau topped with a white dove. My first encounter with the Assisi Way.
The Way of St. Francis: a pilgrimage route linking Vézelay in Burgundy to Assisi in Italy, covering nearly 1,800 km.
It felt like an obvious next step—I immediately knew I’d take it on, attempt the adventure solo.
In the months that followed, I talked about my project to everyone—family, friends, my partner. An avalanche of comments, more or less the same but varying depending on each person’s character and life experiences. But deep down, it all boiled down to one legitimate question: why?
And the answers?
Hesitant, awkward, partial, even confused. I quickly realized they weren’t so easy to find. It was as if my project seemed more like a whim, a kind of intimate caprice, rather than a well-thought-out plan.
Of course, I knew the reasons that pushed me to leave—you always have to give some. Loved ones need to understand to feel reassured, and that’s understandable.
But I fear that when I list them, they’ll sound like the same old checklist anyone embarking on this kind of journey might give.
Of all the reasons I could mention, I’ll highlight just one here: the call of the road, the solo adventure that brings a powerful sense of freedom.
A bit like Monsieur Seguin’s goat, who from her comfortable pen gazes longingly at the unconstrained horizon of the mountain.
But if I’m being honest, I think I didn’t really know what I was looking for—or, more importantly, what I’d find. Deep down, when I reflect on it, one word keeps coming up that explains nothing and everything at once: desire.
Now well past sixty, I know that when I ask myself who I am or where I’m going, two things bring me fully back to myself: hiking and writing.
And my intention was also to anchor this adventure through words, day by day. Writing down my feelings, emotions, discoveries, and reflections each evening. The famous travel journal that grounds the daily experience in reality.
When I discovered the app "Polarstep," which was initially just meant to keep my loved ones updated and reassured, inform them of my progress, and maintain a connection, I found an opportunity to do it a little differently than usual.
No retrospective notes polished up after returning, but spontaneous writing—recounting everything that crossed my mind during the day and publishing it immediately. A journey lived in real time.
This text is the exact transcription of my daily writings. Rereading them, I didn’t change a thing—just corrected a few mistakes and tweaked some awkward phrasing here and there. Short texts, fitting the format imposed by this kind of app. Writing as if addressing others.
Now, all that was left was to walk.
April 18, 2026 – Vézelay.
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not?
Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
---/---
You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)
Here’s our account of our trip to Malaysia from September 11th to 27th.
I hope our tips can help others as much as this forum has helped us!
Day 0:
Departure from Nantes with a transfer in Amsterdam via KLM (720 €).
Day 1:
We arrive at KLIA1 in the early afternoon.
First challenge: figuring out where to pick up our luggage. Turns out the answer is right under our noses—we need to take the airport’s internal metro!
Once we’ve got our bags, we withdraw some cash from a Maybank ATM right there.
Next up: SIM card! Just outside the arrivals hall, several kiosks offer them. We go for a Celcom 5 GB card (70 RM).
Then it’s taxi time to get to KL, in the Bukit Bintang area—about 85 RM in a slightly old taxi with weak air conditioning.
We check into our Airbnb apartment, which is clean, more spacious than a hotel room, and—best of all—has a charming balcony with a gorgeous nighttime view!
We end up hanging out on that balcony, reviewing our plans for the next day. After dark, we take the monorail just a short walk away to enjoy our first evening on a rooftop at the 34th floor: Hélipad (Raja Chulan station—you have to enter the Menara Tower at the base of the station) with a panoramic view of the city and its iconic towers.
Finally, we head to Jalan Alor to grab a bite in this super busy street.
Big sleep ahead! 😴
After the summer of 2022 left me with a sense of unfinished business, here I am back in Swedish Lapland for the summer of 2024, ready to attempt the Sarek crossing again—and this time, tackle part of the Kungsleden too.
After much hesitation, my companion Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which, from what we’ve read, is stunning but very crowded (and it really is!!), and finish with the wilder option: SAREK! This park is known as Europe’s last wild space—I think it’s incredibly inspiring!!
The downside of this choice is that there are no resupply options in Sarek, and the Kungsleden isn’t exactly set up for long treks either, so we’ll have to carry a lot of food for the first part with Sarek in mind.
But hey, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (classic), head to Vakkotavare (also classic, but with some variations to avoid the official route and the crowds), then continue the Kungsleden from Saltoluokta. Before Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad).
At least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the jaw-dropping view of Rappaladen if we have to abandon the Sarek crossing.
That adds up to 17 days of trekking, including 1 rest day + 1 buffer day for weather delays.
So if you’re interested, I invite you to follow our overstuffed backpacks!
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure
Some info (guides used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta)
08/04 – 5km before Abiskojaure - on the east shore of Lake Alisjavri
08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja
08/06 – Just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo
08/07 - Salka – just past Singi + side trip to Djalson Lake
08/08 - Singi – Teusajaure
08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden)
08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure
08/11 – Saltoluokta – Sitojaure
08/12 - Sitojaure - Skierfe - So, Sarek or no Sarek?
08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
08/14 – Somewhere above Rapadalen – above the Skarki hut
Coming up:
08/15 – Above the Skarki hut - Skarja
After a pretty disastrous weather-wise trip to Gran Canaria, we’re hoping this time the sun will shine in Puglia.
It’s not a sure thing, though—the weather’s been awful all over Europe in early May.
For those who’d like to (re)read the story without the digressions, it’s here.
Saturday, May 16:
This time we’re flying out of Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight times, and proximity all worked for us.
The airport (Ryanair) was recently renovated... but it’s still not very well organized. There are hardly any seats in the boarding areas, and... the restrooms cost money!!!
The flight goes smoothly, though, and we land in Bari a little late.
We quickly pick up our rental car, a very local-looking Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian roads... and their unique driving quirks (like the fact that the countless road signs along the streets and in towns are purely decorative 😏, and that Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli.
The owner isn’t there, but they’ve left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch.
We explore the property:
And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:
Sunday, May 17:
After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start inland.
After a hearty breakfast,
we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs.
We easily find a free parking spot on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.
We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).
From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.
Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Here’s a little story about my first trip to Japan with my partner.
We went for our first visit from October 29 to November 13, 2024.
I had planned this entire trip back in November 2020, but given the health situation at the time, I had to cancel...
Here’s the classic route we took:
We booked everything ourselves and got a regional pass for the area from Kyoto to Hiroshima.
The hotels were reserved 3 months in advance on Book... and Agod... (1030 € for 2 people for 13 nights = 80 €/night).
For the flight, we chose a Qatar Airways flight with a layover to break up the long journey (950 € per person).
We also got a pass on the same site (Japan-Experience) to take the train connecting Narita Airport to Shibuya Station (the N'EX Narita Express).
Since the airport is 75 km from central Tokyo, we opted for this mode of transport, even though there are cheaper alternatives.
After reading various posts on VoyageForum, I understood how important it was to have a Welcome Suica card to pay for public transport (subway, tram, bus, boat throughout the country), and we were able to buy one at Narita Airport.
It turned out to be super useful!
After a long but smooth journey, we found ourselves at Narita Airport in the evening.
Even though we had a pass for the Narita Express, we had to go to a counter to make a reservation for the train (mandatory).
Then, once we arrived at Shibuya Station, we took the subway for 2 stops and finally reached our hotel, exhausted (Hotel Asia Center of Japan – 270 € for 3 nights with breakfast included).
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
We went to Albania in August 2025.
Our itinerary included adventure (sporty activities, site visits), naps on the beach interspersed with swims, incredible natural sites, and a bit of culture.
I booked all our accommodations on Booking.com. Note: almost all places ask to be paid in cash!! You can obviously withdraw from banks, but the fees are pretty high. Luckily, we had plenty of cash, and the country is very safe. You can pay in euros most of the time, which avoids exchange fees.
We started in Tirana. I’d read a really interesting post about Albania’s bunkers (link in my profile). We chose to visit Bunk’Art with a guide from the agency that wrote the post. It was fascinating—not only to better understand the country’s history but also because her grandfather was repressed by the regime, and she shared her family’s experience with us.
Bunkers are everywhere! In Tirana, Bunk’Art is the most interesting and largest. You’ll see the dictator Enver Hoxha’s office, where he would’ve taken refuge in case of an attack on the country. Bring a sweater—it’s really cold in the underground tunnels and their huge corridors.
You can visit other bunkers around the country, in Tirana and elsewhere. Almost all are just abandoned.
The cable car up Mount Dajti is right next to Bunk’Art. The view is stunning—you realize Tirana is so close to the mountains and the sea... But otherwise, it’s not that exciting for older teens (17 and 19) and their parents.
We picked up a rental car in Tirana—it’d be ours for the next three weeks. We used Goalbania’s agency to avoid any hassles. First, there aren’t many cars available in Albania in summer. Second, French credit cards can be a nightmare abroad. So we preferred to sort that out in advance.
After Tirana, we headed to Permet. Just a heads-up: the roads are in great condition except in the mountains. And Albanian drivers aren’t stressful to deal with. Though you might suddenly encounter a herd of goats crossing the road—haha—but if you’re not going too fast, it’s fine.
In Permet, I’d been dreaming of rafting on the Vjosa, one of Europe’s last wild rivers. And we did it with a local agency! It’s beautiful, accessible to everyone, not too physical but still a bit lively—just how we like it. You can even jump into the river in some spots.
In Permet, we also hiked through a canyon and visited a lovely little church.
And we took a workshop to make their local culinary pride: gliko. It’s a jam with whole fruits inside. We’d seen it on Goalbania’s site, and it was really fun. We were with a family where the secret to making gliko has been passed down for generations...
Next, we headed to Gjirokastër. A city we loved: its old traditional houses (Skendulli and Zekate), its grand castle, the Ali Pasha Bridge. Along the way, we stopped for artisanal ice cream at a little shop run by a grandmother who’s been making it herself for ages.
One afternoon, my husband *had* to go to the coast in the south, to Ksamil (he’d read it was better than Sarandë). Verdict: we didn’t like it. Parking is a nightmare, the beaches are super noisy and crowded. The sea is packed with jet skis, boats, pedalos, and ropes. Avoid it.
On the other hand, we really liked Himarë, where we went next. We stayed at a campsite where we rented tents with mattresses and sheets inside. Right by the sea, on a low cliff (about 2 meters high). You can hear the waves at night... Magical!! To swim, you either jump straight into the sea (almost from the tent) or climb down a ladder, which you’ll need to climb back up to get out.
I was a little worried the campsite wouldn’t be very comfortable, so afterward, I’d booked a small place in Gjilek. Turns out, the place was really tiny (one room for four, no kitchen) and pretty expensive (over 100 € a night). We’d drive to the beach or restaurants—it’s on a steep slope, so not very accessible. Parking near the sea is tricky. But the (private) beaches were nice—we’d rent an umbrella not too close to the music and spend the day there. We also went to a wilder beach, harder to reach, via a long path. Behind the beach, there’s an amazing canyon where we’d sometimes climb using ropes (already in place, no need to bring your own) over big boulders rolled around by the stream, which must swell a lot in spring.
So, the sea in Albania: it’s nice if you like swimming and relaxing, but it’s not the most interesting part of the country. There are so many other amazing things to see and discover—so many stunning sites! Maybe an agency could’ve helped us find more practical accommodations and avoid Ksamil and its surroundings.
We left the coast to head to the beautiful city of Berat and its "thousand windows." We explored the city, its fortress, and its icon museum.
Then we discovered the Osum Canyon—it’s incredible. The view from the top is breathtaking. And at the bottom, it’s magical. There’s little water in summer, so rafting isn’t an option. We weren’t tempted by the big-tube descent offered by an agency—it looked fun, but the group had 40 people. We preferred hiking on our own as a family of four. We scouted the area on Google Maps... and found where to descend. We walked in the water, then it rose to our waists, then our shoulders... We weren’t moving fast. And how to get back up?? Eventually, we followed a group with a guide—the path was hard to find.
After that unforgettable hike, we visited the Bogovë Waterfalls. It’s pretty, and we swam, but the water was *really* cold.
We passed through Tirana again and then headed to Shkodër. We explored a bit—its charming little streets, the Rozafa Fortress. There’s a tiny museum where you can see *huge* Ottoman stone cannonballs. And they tell you the (charming) story of the young woman who was walled alive in the castle’s foundations to ensure its strength...
Shkodër is mostly a stopover to head into the mountains and discover Theth. Our goal: hiking in the Valbona Valley, from Valbona to Theth. We organized the trip ourselves, without an agency, but it took some time to figure everything out. So I’ll save you the trouble—haha. Book your tickets on the Komanilakeferry website. The ticket includes:
🙂 minibus transfer from downtown Shkodër to Koman
🙂 ferry ticket from Koman to Fierze. This ferry ride is *gorgeous*—between mountain slopes covered in pine trees, and sometimes a little house with a few fields...
🙂 minibus ticket from Fierze to Valbona. Now you’re in the mountains! The minibus drops you off near your accommodation—pick one as close as possible to the start of the hike (if that’s your goal!). The ones at the far end of the village add up to 1.5 hours of walking. Our choice: Guesthouse Dioni. The host is really lovely, it’s in the woods, and it’s basic but great.
After a day of hiking, we arrived in Theth. What beautiful mountains! Then we explored Theth and the surrounding area. It’s pretty busy, but you can still enjoy the Blue Eye of Theth and its swim. It’s *so* cold! But so beautiful!
🙂 minibus ticket from Theth back to Shkodër.
After a night in Shkodër, we drove to Kepi i Rodonit. A guidebook (I forget which one) raved about its beauty. And it *is* beautiful!
But the view is ruined by plastic bottles and other trash in the bushes, along the paths, and of course on the beaches. The only peaceful spot: the private beach at Kepi i Rodonit, which is cleaned. You can rent an umbrella and have lunch there. That’s where we spent our last few days—very relaxing.
In short... Albania turned out to be perfect for us and our teens!
I’m diving into a recap of our loop—pretty classic, really—Denver-Yellowstone-Denver this past summer, from July 24 to August 17. Given the sheer number of trip reports already out there (or in the works), and since I don’t have the writing chops or the photography skills of many of you, I’ll keep it practical—well, I’ll try, at least—to share our take on some of the less-visited parks and spots.
First off, a huge thank you to everyone whose trip reports, blogs, websites, comments, and more helped us put together this itinerary. Looking back, it could’ve been even better optimized: a few disappointments when we missed out on some great discoveries, often because we were short on time. Plenty of reasons to come back to the area!
We’re traveling with our four (almost) teens—18, 16, 14, and nearly 12 years old. To keep the trip enjoyable for everyone, we had to make compromises on both sides: cutting a visit short to spend more time swimming, waking up at dawn, and so on. But logistics also played a big role—things like laundry, grocery shopping, and keeping luggage organized could’ve quickly become time-consuming without a little planning.
And honestly, I think we visited every Walmart along the way! Blame it on the lack of fridges in some accommodations and, more importantly, the *very* limited space in the car, which made it impossible to bring a proper cooler. I’ll come back to the car saga later.
For accommodations, this year we alternated between basic cabins in KOA campgrounds and Yellowstone (when staying more than one night in the same place) and hotels. Always with a pool (except in Yellowstone, of course), which let the kids burn off energy—because they always have reserves, even after packed days!—and, let’s be honest, gave us a chance to relax. No Wi-Fi issues either; we all had plans with 25 GB of data (a big thanks to Gilles for the amazing deal at 0.99 €). It worked perfectly, even for texts and calls between phones—no extra charges.
Now, onto our route: as I mentioned, a classic Denver-Yellowstone-Denver loop. To avoid rushing through the parks or spending all our time on the road, we prioritized staying as close to them as possible, with at least two nights in each place. And I’ve got to say, it’s really nice to settle in, even if it’s just for two nights. It also helped us deal with the weather, which wasn’t always great during this trip. The trade-off? With vacation time being limited, some driving days ended up being long. We knew that going in, but since we kept a relaxed pace with no time constraints (don’t ask me for timings—I don’t keep track of the clock on vacation, except in the morning to get everyone up before noon!), we sometimes ended up with marathon days.
With that said, I’ll dive into the trip itself in the next post.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
Hello,
Since I enjoy not only the countryside but also everything related to rail travel, I’m starting this photo thread dedicated to trains in Thailand (I’d guess most of us have taken one at some point...).
Feel free to post your pictures here as long as they fit the theme: rolling stock**, stations**, platforms, tracks (even without a train on them), technical equipment, engineering structures (bridges, viaducts), etc.—all in Thailand.
For each photo, I’ll (or you can) note the station or line where it was taken.
Comments and questions are welcome.
As I’ve mentioned elsewhere, I inherited my love of travel from my parents and some of my grandparents. A strong passion, but one that was unfortunately limited by our family’s modest resources. Back then, living in northern Alsace, a simple trip to the southern part of the region—with the Wine Route as our destination—felt like an extraordinary journey to a land of plenty for the little boy I was in the late 60s and early 70s.
Everything seemed so huge when you were still just a kid.
Back then, I was overwhelmed by countless sensations—I was already highly sensitive, with a keen mind and a nose and taste buds that were developing like a pro’s. Which, as I’d later realize, wasn’t always an advantage.
Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior.
Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust...
What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.
Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.
After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold?
And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs.
The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.
Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!
That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos.
When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.
Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.
The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.
Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams.
The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*
Hi there,
Here’s a recap of a trek through the Balkans covering three countries: Albania, Montenegro, and Kosovo. I was with a friend, and we didn’t do the full route (only one day in Kosovo).
It was a wonderful trek through snow-capped mountains and vast flower-filled meadows, meeting incredibly welcoming people.
At the end of the travel journal, I’ll share what I loved and what I liked less.
Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air.
Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.
Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.
The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.
We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.
The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it.
Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead.
We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!
That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉
I’d like to share my family trip to Colombia with kids aged 8. After spending hours browsing the forum and only having two weeks there, we decided to focus on two regions: the Coffee Zone for one week and the Caribbean coast for another. We traveled from August 8 to 23.
Day 1 – First stop: Bogotá
We arrived in Bogotá in the evening on an Air France flight—nothing to complain about, decent service, comfortable, and on time. However, the first night was a miss. We’d booked a hotel near the airport (Abitel Prime) for convenience, but the soundproofing was almost nonexistent; we heard planes as if we were on the runway. Luckily, exhaustion helped us sleep well anyway.
Day 2 – Off to the Coffee Zone and Salento
The next morning, we headed to the airport for a domestic flight to Pereira with LATAM. No issues: punctual and efficient, and in 30 minutes, we landed in Pereira. The landing already set a different mood: lush valleys, endless plantations, and humid air.
We picked up our rental car from Localiza. Unfortunately, the experience wasn’t smooth—the paperwork took forever, and the wait tested our patience. Finally free, we hit the road to Salento, one of Quindío’s gems.
We arrived in the late afternoon and discovered a colorful village bustling with artisan shops and cafés. Our first stroll helped us soak in the atmosphere before dinner at Bambú restaurant—a great surprise with careful cooking and local flavors. We spent the night at Casa Serafín, a charming little hotel, nicely decorated and well-located… but unfortunately very noisy.
Day 3 – The magic of Cocora Valley
This was one of the trip’s highlights. We set off early for Cocora Valley, famous for its giant wax palms, Colombia’s emblem. We chose the 12 km loop recommended by the *Routard*. The landscapes were spectacular: towering palms, rivers, suspension bridges. It felt like walking through a postcard. The weather was perfect.
That evening, we dined at Barnabé restaurant—pleasant setting, decent food, but the bill was a bit steep for what it was. Back to Casa Serafín.
Day 4 – Coffee and panoramic views
The plan was a visit to Finca El Ocaso. For 1.5 hours, we followed a passionate guide who explained the entire coffee process, from harvest to cup. Very educational, accessible for both kids and adults, all in a stunning setting. The tour was in English for us, and we translated for our kids, who aren’t bilingual yet.
In the afternoon, we climbed to Salento’s viewpoint. The valley view was superb. That evening, we ate at Veggie Garden, a simple and pleasant spot that was a nice change from the heavier meals of previous days.
Day 5 – Horseback ride to Santa Rita Waterfall
We booked a horseback ride with Cocora Magic. It was a real success: calm horses, a beautiful trail, mountain and meadow landscapes, and finally the refreshing and wild Santa Rita Waterfall. Without a doubt, one of the best moments of our time in the region. We even got a bonus ride up a 300-meter hill.
We then headed to Filandia, less known than Salento but just as charming. We spent the late afternoon enjoying the pool at MuchoSur Filandia. The hotel is beautiful, in an idyllic setting. However, we also had soundproofing issues and could hear our neighbors.
Day 6 – Rainy detour through Filandia and Manizales
Rain caught up with us in the early morning: torrents of water made it impossible to go out. We stayed at the hotel, reading quietly. By noon, the rain let up: a quick walk in Filandia, a quick lunch, then off to Manizales. We chose to stay at El Otoño hot springs. Great choice: as soon as we arrived, we plunged into the hot pools, perfect after hours on the road.
Day 7 – Hiking and hot springs
In the morning, we hiked the Camino de Super Coco (found somewhat randomly on Google). A pleasant trail with mountain views and a peaceful atmosphere. The afternoon was spent in the hotel’s thermal pools, with a short marked hike down to the river. Dinner on-site at the hot springs’ restaurant. A simple but very relaxing day.
Day 8 – Rain, jacuzzi, and games
We continued to Finca Los Alpes. The rain greeted us again, but this time it turned into an asset: nothing like a steaming jacuzzi with a view of the misty mountains. The kids enjoyed the facilities too: mini-golf, ping-pong, billiards. Dinner and night at the hotel, cozy vibes.
Day 9 – Off to the Caribbean coast
Back to the airport to return the car (still a bit long). Flight to Cartagena with Avianca: punctual and comfortable. Upon arrival, we picked up another car and headed straight to the Hyatt Regency, a modern hotel with a pool. That evening, we dined at the hotel—practical after a travel day.
Day 10 – Colonial Cartagena
We set off to explore Cartagena’s old town. It was enchanting: colorful facades, flowered balconies, colonial charm—just magical. However, the heat was stifling and very humid. Afternoon relaxation by the pool. Dinner at Gestlani, a good restaurant in town.
Day 11 – Road to Barú
A hearty breakfast, then one last swim in the pool before heading to Barú. We checked into Las Islas Hotel. The setting was enchanting: wooden cabins nestled in the vegetation, a private beach, turquoise sea, impeccable service. Dinner at the hotel’s restaurant.
Day 12 – Beach and relaxation
A full beach day in Barú. Warm water, white sand, coconut trees, peace and quiet. A real postcard scene with iguanas and birds.
Day 13 – On to Santa Marta
Another morning at the beach before hitting the road to Santa Marta. The drive was a bit long (6 hours), especially with traffic jams in Barranquilla. It was the longest car ride of the trip. We spent the night at Villa María Tayrona, a beautiful place near the park.
Day 14 – Tayrona Park
We left early for Tayrona Park. We entered through **El Zaino**, parked the car, and set off on a hike to La Piscina (about 2 hours). We stopped along the way at Playa Arenilla, a stunning little beach, to rest. Lunch on-site, a swim, then back by 4 PM. The hike was a bit tiring, but the nature was spectacular: dense jungle, the sound of waves, and even a monkey encounter along the way. Evening and dinner at the hotel.
Day 15 – Last swim and return flight to Bogotá
Our last morning was split between the pool and the beach (the hotel has direct access via a 7-minute trail through vegetation and flowers)—hard to leave this paradise. We drove to Santa Marta’s airport to return the car, then flew back to Bogotá. We spent the night at Casa Dann Carlton, a comfortable hotel. We simply ordered room service, arriving too late to go out.
Day 16 – Bogotá and the end of the trip
Our last day in Colombia. After a good breakfast, we explored La Candelaria. Its cobbled streets and colorful houses were worth the visit. We visited the Botero Museum (free) and the Gold Museum, both fascinating. Back to the airport for our 11:55 PM Air France flight.
That’s a wrap on a varied trip—lush mountains, colorful villages, dream beaches, and tropical jungle.
The pace was pretty relaxed, well-suited for our kids. They absolutely loved the trip to Colombia.
Driving in Colombia was very easy, and we didn’t regret renting a car at all—it gave us more freedom to get around.
If I were to do it again, here’s what I’d change:
- I’d spend less time in the Coffee Zone to stay a bit longer on the Caribbean coast, which was more relaxing for the kids. Or I’d head to Medellín, but I didn’t think the city was very kid-friendly.
- Bogotá is a city that deserves a day’s visit, but it’s not a must-see. Maybe I’d have taken the KLM flight from Cartagena to Amsterdam instead.
Since I didn’t have time to write a proper travel journal, I thought I’d share a few photos of Bologna—a really lovely city I discovered in 2017 while stopping on my way to Tuscany.
Around Piazza Maggiore, which was packed with a stage and chairs for a show, stands the Basilica of San Petronio, massive and Gothic in style, with an unfinished façade (a common sight in Italy).
Another building near the square:
But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.
Okay, it wasn’t a total disaster either. Actually, I hesitated before starting this travel journal: is it even worth writing about a holiday that won’t leave an unforgettable memory?
In the end, I went for it (there aren’t many recent travel journals about this destination).
So, read on... or don’t .
Every time we’ve been to the Canary Islands, it’s been by default (basically: where can we go in winter or early spring when we only have a week—so not too far, not too much jet lag, but with decent weather?).
This time, we had two weeks, but the winter plan kept changing: first Thailand (dropped for personal reasons), then Martinique (dropped because of work leave dates that weren’t up to me), and finally, the Canary Islands.
We’ve already been to Tenerife (which we really liked) and Lanzarote (which we liked a little less).
This year, two options: Gran Canaria or one of the smaller islands west of Tenerife (La Palma, or even La Gomera or El Hierro).
We chose Gran Canaria... not sure it was the right call!
Whose fault is it?
Storm Thérèse’s!
Yes, Storm Thérèse followed us on arrival, and its effects lasted quite a while. We had to adapt, cancel visits, change activities...
But even without Thérèse...
Saturday 21/03
Departure from Orly at 6:10 AM with Transavia.
The plane took off on time and landed a little early, tossed around by strong winds before touching down.
It had just rained, but it was (almost) no longer raining.
We quickly picked up our luggage and then the car at the Cicar counter.
We got a Seat Arona instead of the Corsa we’d booked. Well, while the driving position didn’t feel great at first (I got used to it), the engine’s smoothness and power were much appreciated on the island’s winding and sometimes steep roads.
It was only 10 AM, and we couldn’t theoretically check into our accommodation until 3 PM (the owner promised to message me if it was ready earlier).
So, we headed to the (big) *Jardín Botánico Viera y Clavijo*, where we planned to spend a few hours.
We found a huge parking lot... empty.
The passenger in the car in front of us (yes, we weren’t the only ones at the closed gate—there was a car in front and one behind) went to ask for info: it was closed due to the storm 😕.
So, we calmly headed toward Puerto de las Nieves, on the northwest coast of the island.
The plan: go to a restaurant, visit the village, and do some shopping while waiting for early afternoon.
As soon as we got out of the car, it started raining... we took shelter under the awning of a shop, waiting for it to pass. But the rain turned into a downpour, and within minutes, awning or not, Gore-Tex or not, we were soaked!
Since we were already wet, we might as well go to the restaurant—they weren’t far! But here’s the thing: contrary to what Google Maps said, they all opened at 1 PM, not noon!
Back to the car, wading through 5 cm of water because all the village streets were flooded .
The rain let up, we did some shopping, went to eat, and I got a message from the owner saying the accommodation was ready 🙂.
So, off we went to La Suerte, a few kilometers north of Agaete.
The downside of the place, especially with luggage, is that you have to climb several flights of stairs via an outdoor staircase (after parking more or less far away on a steep street) to get there 😛).
Of course, on the way from the car to the apartment, it started pouring again—the bags got soaked!
Enough rain for today! We settled in quietly, and by late afternoon, we could (finally!) go admire the view from the terrace.
Trip Planning
My partner and I are heading to the Canary Islands for a week at the end of September, specifically to Lanzarote. We chose this island over the more crowded ones for its volcanic landscape and the variety of hikes it offers.
I booked everything through Expedia: our hotel stay, car rental, and Ryanair flight tickets departing from Marseille. It was the only way to get a direct flight. To make getting around easier during our stay, I picked a hotel located in the center of the island from the wide selection available. It’s part of the Barceló chain, specifically the "Barceló Teguise Beach Adults Only" in Teguise Beach, which turned out to be an excellent choice.
The Trip
Sunday, September 21 - Monday, September 22
Departure
It’s 2:15 PM, and we’re at the Avignon TGV station. Danielle picked us up earlier due to the weather—thunderstorms and heavy rain all the way to the station. The TGV was on time, and it only took 30 minutes to reach Marseille Saint-Charles. The shuttle to the airport is quick and convenient, right behind the station.
The bus leaves for the airport in the middle of the storm, with flooded roads and cars stuck in some spots.
We get soaked making our way to the terminal. Two hours to wait before the flight. The plane finally takes off at midnight, but just before landing, the pilot announces that the destination airport is closed, and we’re being diverted to Tenerife. Ryanair will re-route us as soon as possible.
We end up waiting 2 hours, and Ryanair kindly gives us a 4 € voucher.
We re-board around 5:15 AM and take off at 6:00 AM. About 45 minutes to reach Lanzarote. After collecting our luggage, we head to the car rental desk. The counter in the terminal is closed, and we’re directed to parking lot P4—it takes us a while to find it.
I’m a bit worried about the rental company’s reaction since the car was supposed to be picked up 7 hours earlier, but it’s not a problem. A woman next to us is furious because she’s in the same situation, and her rental was canceled. Anne-Marie translates for her, but nothing changes.
We pick up a brand-new Toyota Aigo and head to the hotel.
After checking in, we cross the garden, walking alongside the large pool to reach our room.
A lovely first-floor room with a jacuzzi and a sea view.
It’s early, so we head to breakfast—a generously stocked and varied buffet with everything you could want.
Afterward, we drive to Cueva de los Verdes, but it’s packed with people and a long wait. We decide to come back another day.
Next, we visit Mirador Del Rio. This rocky viewpoint at the edge of the island has breathtaking cliffs plunging 500 meters into the ocean. The view is stunning and impressive.
A panoramic bar lets you cool off while enjoying the scenery.
We return to the hotel for a short walk around the neighborhood and enjoy the beautiful pool with its pleasant water temperature. Relaxing by the pool, sun loungers, and all.
In the evening, a very varied buffet at the restaurant. Then early to bed to recover from the sleepless night before.
Tuesday, September 23
After a restful night, we enjoy another varied and hearty breakfast. The terrace seating is very pleasant. We take an inland road leading to Timanfaya National Park.
The road near the park runs alongside vineyards where the vines are surrounded by lava stone walls to protect them from the prevailing winds.
Our first stop is at the visitor center, where the island’s volcanic activity is well-documented. Next, we stop at an area where you can take a short camel ride—two seats are installed on either side of the camel’s hump. This little ride offers a great view of the volcanic landscape from a higher vantage point. A fair price of 11 € per seat for a 20-minute ride.
We then head to the park entrance via the road leading to the parking lot, where only authorized buses can take the winding route inside the park.
It’s crowded, and we wait about 45 minutes with several stops before reaching the parking lot.
We board the bus, and the route offers beautiful views of this volcanic area and its many craters. The journey is very interesting, with several stops for photos.
At the parking lot, a guide shows us how the heat from the rocks beneath the surface can ignite dry vegetation. Water poured into holes in the ground immediately creates geysers and jets of steam.
The building next to the parking lot has a restaurant where meat is cooked using the heat from a well dug into the volcanic rock.
On our way back, we drive to Playa Blanca, a seaside town with a small sandy beach.
Back at the hotel in the late afternoon for dinner.
Wednesday, September 24
We wake up early and have a quick breakfast—few people are around at this hour. Two days ago, we booked a 10:00 AM visit to Los Verdes, lava tunnels created by eruptions and lava flows from the La Corona volcano, which extended all the way to the coast.
When the lava came into contact with the air, it solidified on the surface while continuing to flow underneath. The lava tunnels stretch for 8 kilometers to the volcano, but we only walk one kilometer.
The inside of the tunnel is impressive, with narrow passages and larger chambers.
You can see traces left by the flowing liquid lava—varied colors and twisted shapes.
At the end of the path, a large chamber has been turned into a concert hall with perfect acoustics.
Next, we visit Jameo Del Agua.
This is a continuation of the lava tunnel, developed by Manrique.
There are beautifully designed bar and restaurant areas, as well as an underground lake where you can see small blind white crabs—a protected species in this very pure water.
Higher up, there’s a lovely space with a central pool that could double as a swimming area, surrounded by beautifully designed white pathways that contrast with the blue water.
Further on, you reach a large space inside the lava tunnel, set up as a performance hall with perfect acoustics.
Stairs let you view this beautiful space from above. A gap in the lava landscape reveals the ocean on the horizon.
We head back toward the village of Yé, at the foot of the La Corona volcano.
A 160-meter walk from the church, a path crosses vineyard plots and then climbs to the top of the volcano’s crater in about 30 minutes. It’s the island’s highest volcano.
When you reach the edge of the crater, you see how deep it is, with steep slopes inside forming a large circular opening. The place is breathtaking and awe-inspiring.
We drive back to the hotel via a road that climbs quickly, offering a beautiful view of the island’s northern part.
Thursday, September 25
After another enjoyable and varied breakfast, we head to the center of the island toward the volcano park and stop at a roadside parking lot where a path leads to the Montana Cuervo volcano.
This is a crater that opened on one side. During an eruption, an explosion created a breach in the crater.
Huge blocks of rock were thrown dozens of meters away. The path goes through the breach and descends into the crater, allowing you to walk around it. It’s impressive, and you really feel small and fragile in this environment.
The crater walls, with their different colors, highlight the rock formations. The crater is surrounded by a sea of lava with sharp, jagged rocks.
You can walk around the outside of the crater, but it’s not very interesting. We then head to the west coast, stopping at a spot with a small green lake next to a beautiful black sand beach.
Next, we stop at Salinas de Janubio, a lovely viewpoint overlooking the salt marshes with different water colors. A small shop sells various local products.
We then head to the famous Papagayo beach.
The road ends at a booth where they charge 3 € to continue.
From here, the land is private, and you have to pay to drive down a 3-kilometer rocky dirt road.
Quite a few cars are driving along it, kicking up clouds of dust. The car gets a dusty makeover.
We arrive at a large parking area, with several paths leading to different small beaches.
We go to Papagayo, a small blonde sand beach surrounded by red rocks.
The beach slopes gently into the water, which is a pleasant temperature. The setting is charming and peaceful.
We stay for a while before heading back to the hotel.
Friday, September 26
We start with a visit to the César Manrique Foundation in Tahiche. This was originally one of his homes. The modern construction spans several levels and is integrated into the lava flow, using the gaps to create living spaces. Large windows make the rooms bright and open to the scenery. The place is pleasant, with flower-filled gardens outside. It’s well worth a visit.
Next, we drive to Las Grietas, where a path leads to a narrow crack in the volcanic rock, forming a tight passage where only one person can walk at a time.
The passage isn’t very long, but progress is slow due to the endless selfies being taken here.
We then stop at Casa Del Camposino, a renovated farm that houses several artisan shops.
We taste a local wine recommended by a charming woman and buy two bottles of Lanzarote red wine on her advice.
Now, we head to Tamara beach, a beautiful and wide beach at the foot of high cliffs. There are always great waves here, making it a surfer’s paradise.
On the way back to the hotel, we stop at the cactus garden, César Manrique’s final creation. Designed with a great sense of aesthetics around an old windmill, it features 4,500 varieties of cacti in various shapes, all in a beautiful setting.
We return to the hotel in the late afternoon for the evening.
Saturday, September 27
After another hearty breakfast, we head north to Haria. We stumble upon another of César Manrique’s homes, where he lived for a long time. This house is more traditional than the previous one but still has large, modern, and very pleasant rooms. At the back of the garden is his large studio, where he created his works.
Next, we visit the craft market—this was our original plan. Various stalls offer local items, and it’s very crowded. No room at the café terraces to sit down.
We then return to Famara beach for a long stay. There are always great waves here, much to the surfers’ delight. The water temperature is pleasant, and we enjoy it.
On the way back to the hotel, we stop at a gas station to refill the car, which has been very fuel-efficient. Gas is also much cheaper here than in France—1.16 € per liter of SP95.
We also wash the car, which was very dusty after the long dirt road to Papagayo beach.
At the hotel, we enjoy a farewell cocktail before dinner.
Sunday, September 28
We spend the morning by the hotel pool before checking out at noon. For lunch, we go to a restaurant called "Dona Lola," near the hotel, with a terrace offering a view of the coast. We order tuna carpaccio, which is delicious.
We then head to the airport, just 15 minutes away.
We return the rental car and go to the airport.
A long line to check in our luggage.
The return flight is on time.
A shuttle bus takes us to Saint-Charles station.
We then head to our overnight rental. The boulevard slopes down, making it easier with the suitcases.
The rental is between the old port and the train station.
Once there, we pick up the keys and make one last effort to carry the luggage up to the third floor.
The studio is nice, clean, and simply equipped—perfect for one night.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
I’m a newbie to this forum, passionate about wildlife, the landscapes of East Africa, and Tanzania in particular.
This June 2024 trip/safari is our 7th visit to Tanzania and our 5th in the south, which has drawn us more than the north ever since we discovered it in 2015.
In 2024, the entrance fees for the reserves and services have gone up again since our last visit.
I chose to return first to Mikumi Reserve, which was the very first one we visited in the south. Then, we’ll head to Selous (J. Nyerere N. P.) as usual.
Initially, we wanted to spend 2/3 days on Mafia Island at the end of the trip, but it made the total cost too high, so we gave up...
We usually go to Ruaha and Selous, but I wanted to mix it up a bit—also to save some money...
As for the timing, June is a new experience for us. I thought it might be interesting to come just after the lodges reopen... hoping for some great wildlife encounters??
The trip starts in Marseille with our first flight on Ethiopian Airlines to Addis Ababa, then continues to Dar es Salaam, where we’ll finally set foot on Tanzanian soil again.
In Addis... "our" A-350.
.....
After arriving in Dar, we spent one night at a hotel near the airport. The next morning, we headed to the domestic flights terminal, which hasn’t changed in years.
By mid-morning, we boarded a Cessna 208B Caravan with Safari Air Link, heading to the Kikoboga bush airstrip in Mikumi, which we reached 45 minutes later.
Fun fact: the pilot was the same one as on our return flight two years ago.
Welcome on board:
Of course, a driver/guide team from our chosen lodge was waiting for us upon arrival:
I was surprised to see so many aircraft parked there... even twin-engine Embraer Brasilias??
As a fan of vintage planes, I loved it...
On the other hand, the light was incredibly harsh.....!!
Our guides only speak English. We knew that in advance. In the south, it’s very rare to find someone who speaks French. This’ll force us to dig into our high school English memories... from 60 years ago... at least.
It’s noon, and we head toward the lodge.
Near the airstrip, next to the Mikumi rangers’ base, there are quite a few herbivores. They find a bit more peace here—the big cats don’t venture this way...
Our first encounter was a group of Masai giraffes.
Rarer (for us), a savanna monitor lizard basking in the sun right in the middle of the track...??
A large gathering of impalas (mostly males) along with a few blue wildebeest:
Also unusual: a African crowned hornbill taking a dust bath in the middle of the track...!!
When it comes to identifying mammals or birds, I don’t know everything... so I might make mistakes. Please forgive me.
I’m counting on my friend Blesl’s active participation... 😉
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected.
Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel.
I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability.
So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog:
From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
Just back from two weeks in Andalusia, and I wanted to share this experience with you—maybe it’ll help with planning a trip. I’ll start with a quick recap in this post and try to add photos and day-by-day details later (still sorting through them). Hope I don’t bore you too much! 😎
Trip details:
April 20 to May 4, 2019:
7 days on the Costa de la Luz (El Puerto de Santa María) in an Airbnb,
4 days at the junction of the Costa del Sol and Costa Tropical (Salobreña) in an Airbnb,
3 days at Cabo de Gata for some rest at a campsite in Los Escullos.
Two families of four, each with our own car: three 9-year-old boys and a 6-year-old girl. One family was more into city exploration (not us, but we’re working on it), and the other preferred relaxation and nature (that’s us). We speak a little Spanish.
Over 5,000 km, including 2,500 km for the round trip from Carcassonne.
The weather: Variable, but we expected better for this region in late April. The first week on the Costa de la Luz was sometimes chilly (< 20°C), and the second week was warmer but not excessive (< 25°C). At least we didn’t get much rain!
Our budget: Around 2600 € per family:
700 € for accommodations, about 50 € per night,
1000 € for meals and restaurants. We usually spent around 50 € per family at restaurants—we ate out for lunch (except for 2–3 picnics) and cooked at home in the evenings, trying to be back by 6 PM.
600 € for activities: Río Tinto, a flamenco show, visits to the Alhambra, Giralda, and Alcázar, Oasis Park with meals, and a kayaking trip.
300 € for gas and tolls.
Preparation: A few months ahead with bookings for accommodations and tickets for the Alhambra, Giralda, and Alcázar. We used a few travel guides—I like the *Évasion* guide for initial planning. *Géoguide* was okay, but our friends’ *Routard* was the most useful. We also spent three months brushing up on Spanish with Mosalingua (a great spaced-repetition method, max 10 minutes a day). Downloaded Maps.me and the Andalusia map in advance—essential. And we used Tricount to track shared expenses with friends—super handy.
What we did/saw:
3 city visits (Seville, Granada, and Cádiz) + Málaga for our friends (we vetoed Córdoba—too many cities for us).
4 white villages (Vejer de la Frontera, Arcos de la Frontera, Grazalema, Ronda) + Tarifa for our friends.
Beaches (Tarifa and Bolonia, Matalascañas, Nerja, Cabo de Gata).
Nature and fun moments: Doñana National Park, a kayaking trip along the rocky coast near Nerja, and the Wild West/animal park in the Tabernas Desert.
A little culture: Río Tinto mines, the archaeological site of Itálica, Columbus’s caravels, Nerja Cave for us, and the Picasso Museum in Málaga for our friends. Plus, seeing the ham-drying process in the Alpujarras (for our friends).
Our highlights
Nerja and the surrounding villages: The rocky coast was amazing, and we loved the kayaking trip, even if the water was freezing for snorkeling. The beaches are sheltered from the wind, the town is charming, and the cave is incredible.
El Rocío and Doñana National Park. El Rocío has a timeless, almost Wild West vibe—we could’ve stayed a day or two. The quiet and pine scents reminded us of the Landes region.
What we didn’t love as much:
Río Tinto mines: Not super exciting, and the guides’ nonstop chatter kind of ruined the "nature" experience.
Our little regrets (for next time):
Forgetting our passports and missing a day trip to Tangier from Tarifa.
Not having an extra day around Nerja to go snowboarding in the Sierra Nevada—just 1.5 hours away (the kayak guide suggested it).
Not spending at least one night in El Rocío to explore Doñana National Park at dawn.
Antequera with the Guadalhorce reservoir and the Caminito del Rey (but it would’ve meant 2 more hours of driving, and we didn’t have the energy).
My general impressions of Andalusia and Spain
Landscapes: A feeling of extreme concentration of a single activity in some areas—endless olive groves, wind farms on the Costa de la Luz (which I thought were well-integrated), rows of buildings along the Costa del Sol (yikes, glad we didn’t stop there), greenhouses around Almería (a shame to have frozen the coast for so many kilometers), and the massive industrial port of Huelva.
What surprised us compared to France was the lack of small hamlets—villages are clearly defined, and people cluster there, leaving vast landscapes without human presence. In France, you find houses scattered everywhere.
Roads: Relatively few tolls. Sure, rest areas aren’t as nice as in France, but the roads are in good condition, and our wallet was happy. The roads are pretty straight with countless bridges and tunnels—the upside (besides fast travel) is that there aren’t many secondary roads disrupting the scenery.
Tourism and activities: A huge variety and richness. Feels like everyone can find something they like, and 15 days barely scratched the surface. It’s amazing how quickly you go from the coast to snow-capped peaks (Sierra Nevada) or from farmland to desert (Tabernas). And the mix of European and Arabic architecture in the same city is really special.
One small regret: Not interacting more with locals. We didn’t luck out with our Airbnbs. But shopkeepers were great—very patient with my broken Spanish! :-)
Overall, I think our choice to stay on the Costa de la Luz and then near Nerja worked well. We could explore pretty easily (even if we logged a lot of kilometers), and the settings were fantastic. The 3 days of total relaxation at Cabo de Gata were perfect.
If you prefer shorter stops, you could try staying in El Rocío (easy access to Seville and great for an early visit to Doñana National Park) or maybe Grazalema for a hike in the mountains (weather-dependent). And of course, Tarifa for a day trip to Tangier or Gibraltar.