Terra Nova sans socialiste, ou Terre-Neuve (c’est selon)
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Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour ce mauvais jeu de mots destiné à attirer-atterrer le lecteur égaré, le canadien de passage sera sûrement médusé mais une rapide recherche internet devrait l’éclairer.

Quoiqu’il en soit, ceci est mon premier carnet de voyage (pas sûr que je refasse ça de sitôt, ça pompe du temps) et mon premier voyage à deux en Amérique du Nord. Nous avions choisi une destination originale pour fêter ça : Terre-Neuve pendant un mois en été.

Donc souvenons-nous l’été dernier, c’était Canada à coup sûr. Nous pensions d’abord aux Rocheuses. Après recherches, l’idée d’être dans un gigantesque parc à touristes nous a rafraîchis, de même que le côté loin et « ça ressemble aux Alpes en plus bleu pour les lacs ». Oui, je sais, c’est particulièrement réducteur mais je n’ai pas honte. Donc on s’est décalé plein Est pour notre projet, et après moult interrogations, nous avons jeté notre dévolu sur la province de l’Est qui paraissait la plus tranquille et la plus sauvage, avec icebergs, baleines, vaguement des montagnes et un parc national – Gros Morne – prometteur : Terre-Neuve. Et bien nous en a pris ! Je préviens le voyeur égaré : il faut aimer la forêt, les côtes rocheuses, les odeurs iodées et le gras.

Un avant-goût (Aparté photo, je vous préviens, nous ne sommes ni très doués ni très équipés en la matière)

Je démarre par un point organisation.

Le logement Sur place, nous avons choisi de mélanger les différents types de logement : camping, camping sauvage, b&b classiques ou via airbnb et même motels. Pour certains lieux, nous avions réservé à l’avance. Les logements sur Gros Morne en particulier sont très vites pleins, je conseille vivement de réserver. J’ai trouvé les motels chers pour ce que c’était et peu accueillants. Les emplacements des campings dans les parcs nationaux et provinciaux, par contre, étaient spacieux, avec barbecue et à distance les uns des autres. Super !

Le transport Nous y sommes allés avec Air Canada (800 euros le billet aller-retour par personne) avec un trajet des plus logiques Lyon-Montréal-Halifax-St John’s ou comment aller à l’ouest pour mieux revenir sur ses pas. Bizarrement et malheureusement, le prix était bien moins cher qu’un Lyon-Montréal-St John’s et l’organisation moins compliqué qu’un Lyon-Londres-St John’s. Il y a donc bien des Londres-St John’s ou Dublin-Saint John’s par Westjet mais depuis Lyon, ce n’était pas évident à mettre en place. Sur place, nous avons loué chez Enterprise, beaucoup moins cher que ses concurrents. La voiture devait en principe être de taille moyenne mais, une fois sur place, s’est avéré être le modèle le plus petit qu’ils avaient en stock : une Chevrolet Spark qui nous a occasionné quelques problèmes. On se sentait tout petit avec les monstres qui roulent en Amérique, pick-up, camions énormes et palaces ambulants qui servent de camping-cars. A ce sujet, je ne comprends pas les Canadiens : ils ont donc des caravanes et camping-cars luxueux et s’entassent dans des RV parks ridiculement petits, sans un arbre, avec des espaces de deux mètres entre les véhicules et se trouvant souvent juste à côté de routes très passantes.

La nourriture Bof bof. Ça avait bien commencé à St John’s et dans l’est (poissons frais, cod au gratin, soupes) et puis dans tous les petites villes et les villages, on s’est retrouvé dans des restos avec un choix restreint : hamburger ou fish and chips. J’ai donc goûté aux criminels Saint-Jacques, fraîches au départ, mal frites à la manière d’un fish and chips. Pour les pique-niques, là encore c’était moyen et la palme revient au roast beef tranché, recomposé et alvéolé que j’ai acheté sans faire attention. Bon dieu, ça m’a rappelé dans le même genre les kebabs britanniques (à ne jamais tenter).

Les gens Chaleureux, souvent prêts à aider et ayant le contact facile, nous avons vraiment apprécié notre séjour grâce à eux, que ce soient les locaux ou les touristes canadiens de passage. Il y a vraiment une fierté locale à se dire sympa et à l’être vraiment. Un Newfie en nous proposant de nous aider avec la voiture louée nous a bien sorti : « It’s normal, we are the nicest people in Canada ». Un détail, je ne sais pas ce que les Québécois ont fait à leurs voisins anglophones mais j’ai senti à plusieurs reprises du ressentiment de la part d’Ontariens et de Néo-Ecossais vis-à-vis du Québec qui, je cite, voudrait toujours être traité à part, suivi d’un « Regardez au Nouveau-Brunswick, ça marche très bien le bilinguisme et la cohabitation. Les Québécois, ils ne veulent pas suivre ce modèle ».
IV Ivert Veteran ·
Un détail, je ne sais pas ce que les Québécois ont fait à leurs voisins anglophones mais j’ai senti à plusieurs reprises du ressentiment de la part d’Ontariens et de Néo-Ecossais vis-à-vis du Québec qui, je cite, voudrait toujours être traité à part, suivi d’un « Regardez au Nouveau-Brunswick, ça marche très bien le bilinguisme et la cohabitation. Les Québécois, ils ne veulent pas suivre ce modèle ».

C'est simple : il y a des Québécois qui n'aiment que les Québécois francophones pure laine, c'est-à-dire originaire du Québec, et il y a des Canadiens anglophones qui n'aiment pas les Québécois. Le Québec est réellement à part au Canada, il faut bien comprendre ça...

Pour les pique-niques, là encore c’était moyen et la palme revient au roast beef tranché, recomposé et alvéolé que j’ai acheté sans faire attention. Bon dieu, ça m’a rappelé dans le même genre les kebabs britanniques (à ne jamais tenter).

Ouais, pour bien manger au Canada, il vaut mieux cuisiner soi-même...

Le kebab, par définition, on ne devrait même pas en manger (quand on aime bien manger...).
Mon blog de voyage : http://xn--duncontinentlautre-qrb.com
CA Caussat Globetrotter ·
Bonjour Sylvain,

Juste par curiosité : c'est quoi le jeu de mot du titre ? 😉 J'ai cherché : à part un think tank (mais je ne vois pas le lien), je n'ai rien trouvé 🤪

Cordialement, Caussat
EV Evajules Globetrotter ·
Je suis aussi preneur, car rien trouvé non plus !
Si le chemin est difficile, le difficile est le chemin.
FR Franchie Veteran ·
Bonjour Sylvain, Sympa d'avoir commencé un carnet ; en plus de vos explications déjà adressées par mail, je vais voir des photos. Je suis en train de rédiger mon road-book étape par étape, je n'en suis qu'à Bonavista . Cordialement Michèle
l'Ouest Américain mai 2016 http://https://voyageforum.com/discussion/retour-boucle-21-jours-dans-ouest-americain-en-mai-2016-d7509458/
BA BabouinenPA Regular ·
Bonjour Sylvain,

Juste par curiosité : c'est quoi le jeu de mot du titre ? 😉 J'ai cherché : à part un think tank (mais je ne vois pas le lien), je n'ai rien trouvé 🤪

Cordialement, Caussat

Je pense que vous avez raison car Terra Nova est un think tank socialiste (tendance sociale démocrate).
AU Auk Regular ·
Oui c'est ça, je n'avais pas d'idée de titre... C'est même plus qu'un think tank tendance socialiste, c'est la boîte à idée du parti socialiste qui a quasiment composé leur programme des années durant.
AU Auk Regular ·
C'est simple : il y a des Québécois qui n'aiment que les Québécois francophones pure laine, c'est-à-dire originaire du Québec, et il y a des Canadiens anglophones qui n'aiment pas les Québécois. Le Québec est réellement à part au Canada, il faut bien comprendre ça...

Ce qui m'a surpris également, c'est que des Canadiens anglophones à plusieurs reprises nous disent que les Québecois parlent mal anglais et ne font pas d'effort. J'avais l'impression au contraire que les Québecois, et encore plus les jeunes Québecois, parlaient très bien anglais , en tout cas bien mieux que les Français et passaient aisément d'une langue à une autre. Serait-ce une impression fausse ? Ou une question de principe pour une partie des Québecois (ne pas parler anglais au Québec) ?
Néfer Globetrotter ·
Il y a davantage de jeunes anglophones habiles et confortables dans les deux langues que de jeunes francophones. Déplorable mais c'est la réalité.
AU Auk Regular ·
Après les présentations, place au concret avec les premiers jours de voyage

Jour 1 (mi-juillet)

Vol sans histoire depuis Lyon où j’ai pu faire quelques découvertes : Durant la partie transatlantique, grâce à mon voisin de devant, j’ai vu ce chef d’œuvre cinématographique qu’est les Trolls, sans le son heureusement. Pourquoi un écran télévisé est-il aussi hypnotique ? Décollement de rétines assuré. Je le conseille vivement pour un camp de rééducation pour enfants de la famille Addams. Deuxième trouvaille, l’avion taxi made in Air Canada : il fait Montréal –Saint John’s mais s’arrête deux heures à Halifax le temps de descendre et de prendre des passagers. Nous arrivons donc tardivement à Saint John’s où nous avons la malchance de découvrir notre minuscule véhicule. Impossible de mettre nos deux valises dans le coffre, un parking du loueur vide, 28 jours de location et il est 1 heure du matin, on n'a pas la force de faire un esclandre et on va faire comme on peut et tant pis. Pour les deux premières nuits, nous logeons chez l’habitant à Saint John’s dans une maison en bois très jolie et très bien entretenue. Les habitants en question ont veillé pour notre arrivée et nous ont offert un accueil adorable avec petit cadeau en prime. Ca, c’est du premier contact.

Jour 2 : St. John’s ou Saint Jean de Terre-Neuve pour les Québécois (enfin je crois)

Le lendemain, nous partons mollement à la découverte de St John’s, pas tout à fait remis du voyage de la veille. J’avais lu quelque part que la ville était très européenne… Euh pas vraiment. Le site est magnifique, au fond d’un petit fjord à l’entrée duquel nous aurons le plaisir de voir apparaître une baleine. Mais Downtown, le centre-ville, laisse une impression mitigée avec ses tankers amarrés, ses immeubles hétéroclites, sa circulation (pas de rue piétonne, ça, ça doit être mon point de vue d’Européen) et ses pseudo gratte-ciels en construction, je suppose grâce/à cause du boom pétrolier que l’Est connaît (ils ont le pétrole mais ont-ils les idées ? Copyright Sardou). Par contre, les flancs de la colline et l’entrée du fjord sont bien plus jolis avec des maisons en bois multicolores et des églises néogothiques particulièrement anciennes (fin 19ème).

Les maisons multicolores de Saint John's et quelques fils électriques

Après le petit tour en centre-ville, nous nous décidons à monter au sommet de la colline où se trouve the Rooms, le musée provincial qui présente l’histoire de Terre-Neuve. Très riche, didactique, bien présenté, c’est une bonne introduction à la découverte de la province. La terrasse au dernier étage donne accès à une très belle vue de la ville.

Depuis la terrasse du restaurant, par ailleurs pas mauvais du tout, de the Rooms

De manière surprenante, on y parle beaucoup de Beaumont-Hamel, petit village dans la Somme, sorte d’élément marquant de l’histoire du coin puisqu’environ 600 Newfies y sont morts pendant l’offensive de la Somme en 1916. C’était étonnant de voir le travail de mémoire autour de cet événement qui peut paraître mineur d’un point de vue extérieur. De même, la présentation très emphatique autour de « nos soldats pleins de bravoure morts héroïquement » m’a paru à rebours de la vision française de la Première Guerre Mondiale assez largement vue comme une boucherie faite de morts anonymes et de batailles pas forcément très glorieuses… L’événement est tellement marquant dans la province que certains habitants nous parleront spontanément du pèlerinage prévu ou passé à Beaumont-Hamel quand nous dirons que nous sommes français. Heureusement qu’on était passé par le musée, on n’aurait rien compris, encore plus avec l’accent !

Après cet interlude historique, nous prenons la voiture pour aller à Signal Hill, où se trouve la Cabot Tower, construite en l’honneur de la « découverte » de Terre-Neuve par Giovanni Caboto, explorateur vénitien au service de l'Angleterre. Accessoirement le lieu donne droit à une très jolie vue sur la côte déjà sauvage d’Avalon (la péninsule où se trouve Saint John's) et sur l’anse de la ville.

Saint John's au fond de son "fjord"

Dernière étape de la journée à Quidi Vidi, quartier à part de la ville, petit port tranquille et mignon où on trouve les petites maisons à pilotis, au départ souvent des entrepôts pour les pêcheurs.

Jour 3 : Saint John’s – Sunnyside 340km

Première journée sur la route, plutôt longue puisque le but principal est d’aller au Cape Saint Mary tout au sud de la péninsule de Placentia. Et première surprise : à travers la péninsule d’Avalon et dans tout Terre-Neuve, il n’y a pas de champ, pas d’agriculture, pas d’élevage. On passe directement des villages/villes, souvent très étendues, à la forêt boréale entrecoupée de lacs, de marais ou de landes. Même si la Transcanadian Highway par laquelle nous commençons notre périple n’est pas très pittoresque, c’est assez dépaysant. Cette absence de cultures s'explique par le climat mais surtout par une colonisation entièrement tournée vers la pêche et sans volonté de la part de l'Angleterre au 17ème et 18ème siècle de créer des colonies de peuplement sur l'île.

Nous quittons assez rapidement la route 1 pour aller vers le Cape Saint Mary, lieu de l’une des plus grosses colonies de fous de bassan du Canada. Deuxième surprise, les routes secondaires (et en particulier celle-là) sont en très mauvais état, nids de poule, patchworks de goudron et travaux folkloriques en quantité. Deux élans et quelques zigzags sur la route plus tard, le Cape Saint Mary, c’est loin et dans le brouillard. Un petit tour par le visitor center et son ranger désabusé – « le brouillard, c’est toujours comme ça dans le coin » - et direction les colonies d’oiseaux, guidés par l’odeur et la cacophonie traversant la brume. La côte semble impressionnante, on ne peut que la deviner vu la purée de pois mais les fous de bassan, guillemots de Troïl et mouettes tridactyles sont bien visibles et de très près. Ça vole, ça fait du rase-mottes et à plusieurs reprises, on a l’impression qu’un oiseau suicidaire va s’écraser sur nous. Chouette d’autant plus que beaucoup de petits n’ont pas encore pris leur envol.

Il y a foule cette année à Sainte Marie de la Mer

Promiscuité à Terre-Neuve (désolé pour la qualité)

Des iris sauvages à foison

On reprend la route longue et plutôt jolie jusqu’à Placentia pour aller ensuite à Sunnyside : nous avons décidé de faire une randonnée/camping sauvage (10 km aller-retour) jusqu’à Centre Hill, le point culminant (400 mètres en gros) de l’Est de Terre-Neuve. C’est la première découverte des chemins et forêts terre-neuviennes. Première impression, c’est suraménagé, pontons en bois, escaliers en bois, marches en bois, panneaux en bois, bancs en bois, toilettes en bois : on ne risque pas de se perdre. Deuxième impression, c’est étonnant pour un Européen de se retrouver très rapidement dans la nature, sans bruit parasite, sans aucun signe de présence ou d’activité humaine autour de soi hormis le chemin. Il faut dire qu’il n’y a pas foule voire personne dans le coin. Je crois que c’est impossible en Europe (hormis en Scandinavie) de trouver des endroits comme ça et encore plus, aussi rapidement, à quelques kilomètres de la route principale. Et je vous avoue que c’est limite stressant, au moins au début. Et si on se faisait agresser par un ours ?!

Là où Jean-Jacques Goldmann a trouvé son inspiration pour "Je marche seul"

Sinon la balade est très belle, avec des torrents, des lacs, des jolies vues sur la baie. C’est aussi une bonne introduction à la végétation locale : on a pu voir les pitcher plants, sarracenias en Français, plante carnivore symbole de la province. Bon, nous ne sommes pas allés au sommet, trop fatigués en arrivant à l’endroit du bivouac. C’est repoussé à demain.

Centre Hill (Quand je vous dis que les chemins sont très aménagés !)
JA Jaunesoleil Veteran ·
Bonjour,

merci pour ce carnet, j'embarque, je vais le suivre.

Bons Voyages
Vis comme tu penses. Sinon tu finiras par penser comme tu vis. Paul Emile Victor. Carnet de Voyage : https://voyageforum.com/discussion/recit-notre-decouverte-v-t-chili-d6946997/ Site : NATURE et VOYAGES en FÊTE
AU Auk Regular ·
Bienvenue à bord, Jaunesoleil !

Je continue avec la péninsule de Bonavista

Jour 4 : Sunnyside – Princeton (celui de la péninsule de Bonavista, pas d’université par là-bas) 164km

Réveil avec une bonne pluie et de la brume sur le sommet. Adieu, Centre Hill, pas de montée pour nous et retour efficace jusqu’à la voiture direction l’ouest ou le nord (plus ou moins, tout est de guingois dans cette province) de la péninsule de Bonavista. Nous faisons un bref arrêt ravito à Clarenville pour s’apercevoir que les villes le long de la Transcanadienne (Clarenville, Gander, Grand Falls-Windsor, Deer Lake, Corner Brook, Stephenville) ne sont pas folichonnes. On ne s’y attardera pas. Globalement, il faut s’éloigner de la Transcanadienne pour trouver les coins les plus attractifs.

Dont acte avec la péninsule de Bonavista, l’un des hauts lieux du tourisme terre-neuvien. Ca reste très, très vivable pour moi qui ai une tolérance réduite des foules touristiques en milieu naturel. Nous commençons de toute façon par le côté peu fréquenté, une côte rougeoyante, malgré le temps maussade, avec des restes d'icebergs, des petites maisons en bois, une arche à Tickle Cove et un renard argenté qui ne paraissait pas très stressé.

Tickle Cove

Les maisons coulent dans le coin

Un renard argenté assez curieux

Pour les amateurs d’icebergs, vous avez un très bon site internet pour les repérer : www.icebergfinder.com. Quant à nous, il s’avère qu’on a eu de la chance (merci le réchauffement climatique !) : sur toute la côte nord-est, nous en avons vus alors qu’en principe fin juillet il n’y en a plus.

En fin de journée, nous faisons une petite rando à partir de King’s Point vers un phare et une côte très découpée.



Il y a des prairies fleuries, des guillemots à miroir dans l’eau, des écureuils et une église en bois imposante, une antiquité ! Ma foi, c’est fort plaisant et on se fait aborder par un autochtone peu farouche – comme à peu près tout le monde dans l’île – qui, quand on lui dit qu’on est français, nous branche sur le Québec et Montréal. Sur le coup, on n’a pas compris : Français=Québécois ?? C’est fréquent pour les Québécois de se dire français (et non french canadian) ? Moi, je veux bien parler du Québec mais c’est que je n’y ai jamais mis les pieds, ça risque de manquer d’authenticité…

Le soir, nous le passons chez nos hôtes de Saint John's qui nous ont invités dans leur maison de famille.

Jour 5 : Princeton – Princeton 178km

Gros morceau aujourd’hui puisque nous visitons l’autre côté de la péninsule avec les plus grosses attractions touristiques du coin et leur avalanche de cars qui déversent non-stop des flots de touristes qui viennent s’échouer sur les maisons en bois et se dorer la pilule sur les plages paradisiaques aux eaux à 10°. Je m’enflamme un peu mais c’est là qu’on va se rendre compte qu’il y a quand même des gens qui visitent the Rock, surnom de l’ile. Nous commençons par le Skerwink Trail (6 km), la randonnée symbole de Terre-Neuve et il y a du monde : un Québécois sociable « c’est le fun », des Acadiennes sacrément bilingues, à tel point qu’elles se trompent de langue à un moment donné pour me parler et des touristes étrangers non nord-américains, une rareté. A part ça, c’est vrai que la rando/balade est belle, sorte de condensé de la côte terre-neuvienne puisqu’un iceberg de fort joli gabarit nous attend ainsi qu’une côte très déchiquetée avec falaises et « stacks ».



Un iceberg en fin de vie

Icing on the cake comme ils disent outre-manche, il y a des baleines, pleins, qui ont le bon goût de longer la côte, de faire des bonds, de battre de la queue et de faire des allers-retours. Même pas besoin de faire une sortie bateau. Ce sont principalement des baleines à bosse si je ne m’abuse.

Une petite douche au retour et nous repartons vers la pointe de la péninsule de Bonavista et le Klondike trail pour voir des macareux à la Cable John Cove. Là, vient le débat intérieur du « faut-il parler d’un endroit magnifique et sans touriste où on peut voir tranquillement les macareux de près ». Mais bon, m’étonnerait que mon compte-rendu interminable engendre un flux touristique vers Terre-Neuve. Donc le Klondike trail avec un orage menaçant qui nous empêchera de prendre notre temps, c’est un court chemin pour voir des macareux tout mimis en toute tranquillité.



Il n'y a pas que les macareux à voir dans le coin : La dent de la mer

Un interlude au Dungeon provincial park qui, comme son nom ne l’indique pas, est une sorte de gouffre résultat de l’effondrement d’une grotte marine. Il y a un petit air de Bretagne ou d’Ecosse dans le coin avec l’absence de forêt boréale et la côte tourmentée.

La Bretagne en plissant bien les yeux

Nous continuons sur le même thème avec un arrêt à la Bonavista head. De nouveau des macareux, vus d’un peu plus loin et avec des gens dans notre environnement immédiat (brrrr), des icebergs qui paissent à l’horizon – ça devient d’un banal – et un phare plutôt ancien (19ème siècle) que l’on ne visitera pas. Pour la petite histoire, non les icebergs ne sont pas les restes de la banquise de l’hiver précédent, comme je l’ai souvent entendu en France, ce sont des morceaux de banquise polaire qui se détachent et naviguent sur l’océan Atlantique à la recherche d’un bateau de croisière à couler. Où est Charlie l'iceberg (sans pull rayé) ?

Arrivés au bout de la péninsule, nous repartons dans l’autre sens avec deux-trois arrêts au programme et tout d’abord à Elliston, « the root cellars capital of the world ». Oui, il n’y en a que par là-bas des sortes de caves gazonnées donc c’est facile d’en être la capitale mondiale. Elles servaient à stocker les denrées à l’abri de la neige et de l’humidité pendant l’hiver.

Accessoirement, il y a aussi un coin à macareux et un festival dédié. On ne s’y arrêtera pas longtemps pour reprendre notre route vers Newton, village créée au début du 20ème par un syndicat des pêcheurs pour améliorer les conditions sanitaires et s’organiser en coopérative.

Un air de far-west

Dernier arrêt de la journée, Trinity, le village « typisch » du coin, farci de maisons et d’églises en bois. Bizarrement, il y en a une pour chaque congrégation, catholique et des palanquées de protestantes. Difficile de s’y retrouver dans les méandres des branches protestantes, nous n’avons pas l’habitude de ça en France. L’endroit est paisible en cette fin de journée.



L'église catholique
AU Auk Regular ·
Jour 6 : Princeton –Terra Nova national park 179km

Direction aujourd’hui l’un des deux parcs nationaux de l’île où l’on dormira dans le camping co-élu, avec celui de Burgeo, le plus sympa du voyage, Malady Head. Entre temps, on décide de ne pas s’arrêter dans le parc mais de prendre the road to the beaches qui comme son nom l’indique mène aux plages de Sandy Cove et Eastport.



Un petit arrêt à celle de Sandy Cove, le temps de se prendre une douche et nous repartons vers Salvage au bout de cette péninsule. Le village est tout mimi avec devinez quoi ! Des petites maisons en bois autour d’une baie pour changer.

Et il y a un réseau de chemins qui a l’air sympa. On est parti pour South-West Point avec deux cimetières à l’abandon en cours de route (6km grosso modo). La lumière est belle, la côte aussi et toujours cette sensation d’isolement et de bout du monde. Il faut dire que l’on ne croise personne ou presque comme dans un grand nombre de nos randonnées. Vraiment une de nos balades préférées du voyage.



Lichen et rhododendrons sont très photogéniques



Nous nous glissons entre les averses et finissons épanouis le tour de la péninsule. Comme souvent à Terre-Neuve, il n'y a pas vraiment de site naturel d'exception mais l'atmosphère sauvage et indomptée, les forêts hostiles (voir beaucoup plus loin) et l'immensité des paysages nous impressionnent.

Après l’établissement au camping et le manger, une grande idée me vient : et si on allait voir le coucher de soleil depuis Malady Head. La colline est accessible depuis le camping par un chemin de 2-3 kms. Donc on monte, 45 minutes, et plus on approche du sommet, plus le chemin tourne vers l’est, plus je sens qu’il va y avoir un problème. Donc nous aboutissons à une plateforme avec une fort jolie vue…vers l’Est du parc de Terra Nova. Et des arbres nous barrent complètement le côté ouest. Bel échec avec en prime les maringouins qui sont particulièrement virulents dans le coin.

Le coucher du soleil à l'Est (comment ça, je me suis planté de côté ?!)
AU Auk Regular ·
Jour 7 : Terra Nova national park – Fogo 304km

Journée chargée avec pas mal de route le long de la Kittiwake coast et un bateau à prendre pour Fogo Island en fin d’après-midi. Ce sont aussi le début de nos déboires avec le pot de yaourt qui nous sert de véhicule. Pneus sous gonflés, crevaison très lente ? Je tairais tous les multiples développements par respect envers la morale et la charte de ce site internet. Quoiqu’il en soit, elle nous permettra de faire une étude poussée de la chaleur des garages terre-neuviens, les seuls gens qu’on ait croisés pas commodes voire désagréables (à une exception près). Revenons à nos moutons, la Kittiwake coast, une côte basse et sablonneuse, à la différence de toutes les autres côtes qu’on ait pu voir sur l’île. Les locaux y font des plantations de gros cailloux dans les prés et les étangs.

Il y a des plages sablonneuses magnifiques, celle accessible à pied uniquement de Cape Freels South gagne haut la main la palme de la plus belle plage de Terre-Neuve.



Et puis, il y a Newton dit – les offices de tourisme n’ayant jamais peur d’une exagération – la Venise de Terre-Neuve. A défaut de canaux, il y a des bras de mer, des petites maisons en bois (forcément !) et le Barbour living heritage qui permet de visiter un ensemble de maisons d’une famille de pêcheurs ayant fait « fortune ». Très instructif avec un côté visite de la maison de ma grand-mère vu que les bâtiments datent du début du 20ème… C’est assez étrange aussi d’avoir un guide en costume trois pièces mais pourquoi pas. On imagine presque les gondoles...

Le but de la journée est l’île de Fogo. On arrive très tôt au ferry et heureusement parce qu’il y a foule et certains seront obligés de prendre le suivant. Intermède linguistique : Fogo comme d’autres noms de lieu (Baccalieu par exemple avec un passage par le français) viennent du portugais. L’île aurait été nommée ainsi à cause des feux déclenchés par les Beothuks sur les rivages. Et pourquoi du portugais dans ce coin du monde ? Car des marins portugais ont beaucoup pêché autour de Terre-Neuve au 16ème siècle avant d’être évincés par les Anglais et les Français. Revenons à notre ferry et notre île. 1h de traversée très calme et nous voici à Fogo Island : nous avons prévu de résider à Fogo, la capitale (300 habitants à tout casser) au B&B Peg’s Place pour les deux nuits à venir. C’est correct sans plus mais bien situé. Une fois sur place, nous faisons connaissance avec les horaires des restaurants locaux. A 20h, plus de nouveau client… On arrive de justesse et je profite d’un cod au gratin roboratif.

Jour 8 : Fogo Island 56km

Fogo island, ça ressemble un peu à la Bretagne. Il y a beaucoup moins de forêts qu’ailleurs et la côte est particulièrement rocheuse, un pléonasme pour Terre-Neuve. Journée tranquille avec quelques balades le long de la côte (Lion’s den trail à Fogo et Turpin hiking trail à côté de Tilting), des icebergs en vue et – c’est original – pas de baleine.

Sur le Turpin Hiking Trail

Fogo depuis le Lion's den trail

Un bécasseau (violet ?) unijambiste

La flore est assez riche sur l'île, réputée comme le coin le plus ensoleillé de Terre-Neuve De l'orchidée

Un tube de sarracenia

On fait un petit tour à Tilting, joli port de pêche rempli de drapeaux irlandais. D’après la gérante du b&b, ce sont des catholiques qui ne se mélangent pas au reste de l’île : « they are special ». Tilting Ca y est, on est en Irlande

J’en profite pour faire une pause drapeau, une passion canadienne. Il y en a dans tous les sens, du Canada, de Terre-Neuve et Labrador, de Terre-Neuve tendance indépendantiste, du Labrador, de communautés amérindiennes, des inconnus, de l’Acadie, des Etats-Unis, du Royaume-Uni… Ils font plus forts que les Suisses, c’est dire.

Retour à Fogo, la ville, pour tester le resto chinois du coin. Je précise qu’il n’y a que deux restos à Fogo. Nous nous sommes décidés à voir ce que valait la Chinese canadian food version Terre-Neuve paumé. C’est tout à fait convenable et fait avec les produits frais à disposition, c’est-à-dire beaucoup de céleri.

Remontés par mon échec du coucher de soleil au Terra Nova national park, je prends le problème à bras le corps et nous retentons le coup à Brimstone Head pour terminer la journée. La colline ressemble à une bosse de dromadaire qui domine Fogo. Là c’est sûr, on va enfin profiter du coucher de soleil, il n’y a pas un arbre fourbe en vue, juste la mer. En compagnie de Québécois, je prends un récif pour une baleine. Euh, faut que je change de jumelles…

Fogo depuis la Brimstone Head

Jour 9 : Fogo – Twillingate 115km

On part vers notre deuxième haut lieu touristique du voyage, Twillingate, un village à cheval sur deux îles, elles-mêmes reliées à une île, New World Island (palme de l’originalité pour le nom), reliée à une île reliée à une grosse île. Bref, c’est la capitale des sorties bateau baleines et icebergs et comme on est des originaux, nous allons faire…de la randonnée le long d’une côte falaineuse à souhait autour de la Spillers cove. French beach avec béret et baguettes intégrés

En chemin, on a la chance d'observer une loutre et un nid de balbuzards pêcheurs avec trois petiots. Tentative d'adoption d'un goéland par un couple de balbuzards

Le soir, rassérénés par la précédente tentative de coucher de soleil, nous tentons notre chance à Crow head. Instant cliché tout en un de Terre-Neuve : un iceberg, une baleine, une falaise et un coucher de soleil. Il y a un peu de monde mais dès que nous nous éloignons du parking, nous sommes seuls et pouvons pleinement profiter du moment.





Nous avons choisi pour une nuit de coucher dans une sorte d’auberge de jeunesse très correcte, Hi tides hostel mais avec une chambre individuelle. On ne peut pas dire que le personnel soit très présent puisque nous ne croiserons que d’autres clients, avec qui on échange nos bons plans et nos découvertes avifauniques.
FR Franchie Veteran ·
Bonsoir, Beau ciel bleu à Twillingate, la randonnée a dû être agréable .
l'Ouest Américain mai 2016 http://https://voyageforum.com/discussion/retour-boucle-21-jours-dans-ouest-americain-en-mai-2016-d7509458/
WA Wallis06 Veteran ·
Bonjour sylvain,

J'espère bien que tu ne t'arrêteras pas à ce premier carnet car sa lecture est un vrai petit moment de bonheur 🙂 que je savoure d'une traite puisque je le découvre maintenant seulement.

Tu nous fais voyager de plus dans un coin assez peu représenté sur le forum et pour moi c'est une découverte ; j'imaginais Terre-Neuve comme un lieu pratiquement inhabité et très inhospitalier, ce qui est peut-être le cas en hiver d'ailleurs.

Vivement la suite ! 😉
Mes carnets de voyage :http://deparlemonde.jimdo.com/
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Oui, nous avons eu de la chance pour Twillingate. Plus globalement il a fait assez beau et chaud (pour Terre-Neuve) mais ça se gâte un peu dans l'Ouest.
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Merci pour le message, ça motive à continuer.

Pour le côté inhospitalier de Terre-Neuve, tu le verras plus tard dans le carnet, on y a franchement goûté avec une rando en autonomie de 2-3 jours en dehors des sentiers battus au sens propre comme au sens figuré. Et c'est là que l'on se rend compte que la vie des Amérindiens et des premiers colons n'a pas dû être de tout repos.
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Jour 10 : Twillingate – Springdale 280 km

Aujourd’hui, on se tape de la Transcanadienne et comme d’hab’, on se fait doubler par des gros camions, l’environnement naturel est bof, les villes/villages traversés pas géniaux et nous nous faisons secouer dans tous les sens. Même la highway n’échappe pas à l’état très moyen du réseau local. Nous voyons quand même progressivement apparaître des petites montagnes, signe que nous nous rapprochons de l’Ouest de l’île et de l’attraction principale de la journée, le Alexander Murray Trail à King’s Point.

Montagnes droit devant !

C’est notre première randonnée un poil longue, 8 km, avec du dénivelé. C’est également une ode à l’industrie du bois locale avec des escaliers vertigineux. Font pas semblant avec les escaliers.

Le panorama au sommet vaut le coup, il y a des gorges et quelques cascades en cours de route dont une, la Corner Brook Fall avec une piscine accueillante mais déjà prise –il fait assez chaud et beau et la montée est rude. Un canyon à Terre-Neuve (une rareté)

Green Bay

Une fois notre petit tour terminée, nous voilà partis pour le camping de Springdale, situé juste à côté d’une rivière à saumons avec rapides, une échelle à poiscailles et poissons bondissants. C’est assez impressionnant de voir des saumons défier un courant déchainé et une chute d’eau de 2-3 mètres. J’attendais que le cliché soit complet avec Robert Redford et un ours surgissant des bois pour pêcher. Mais rien, les ours (uniquement noirs dans le coin) sont farouches et ne respectent pas les touristes, Robert encore moins. Saumon en pleine tentative de record du monde de saut en hauteur

On y reste quand même un certain temps avant d’essayer de trouver un resto dans la ville assez tristounette de Springdale. Finalement, pas de choix, c’est chinois. C’est le seul resto du coin, hors chaînes de fast food, c’est gras et franchement pas bon. Springdale, ça ne vend pas du rêve, le camping n’étant pas terrible non plus et plus adapté aux RVs (beurk les sanitaires).

Jour 11 : Springdale – Stephenville 256 km

Avant de reprendre la route transcanadienne, nous faisons deux arrêts en profitant du temps radieux : L'un aux Wetlands de Springdale pour voir échassiers et canards. Malheureusement, il y a des joggeurs de la petite ville pour éloigner la faune sauvage.

L'autre pour faire une autre rando dans le coin jusqu’à une arche naturelle à côté de Jackson’s cove. Le nom du chemin : le Ocean view walking trail (5km). Pas de baleine, pas d’iceberg (oui je sais, je suis monomaniaque) mais des centaines de libellules qui forment un ballet incessant autour de nous. Assez fascinant. Et donc une arche de fort belle facture en récompense de la petite balade. Green Bay

Après cet interlude nature, nous voilà partis pour de très nombreux kilomètres jusqu’à Stephenville. On atteint enfin les montagnes de l’Ouest, la Long Range (800 mètres maximum), qui sont le prolongement des Appalaches américaines dans l’Atlantique. Donc des montagnes anciennes et érodées. Le paysage se fait un peu plus grandiose mais également plus urbanisé bizarrement. On fait un arrêt aux chutes de Marble Mountain sur lesquelles nous jetterons un vol pudique (perdu la photo). Le temps s’est bien dégradé quand on arrive à Stephenville, ville la plus étrange que nous ayons traversée. C’est donc une ancienne base aérienne américaine et le « centre-ville » est littéralement la base américaine avec une route sur le tarmac de l’ancienne piste d’envol. Le résultat, surtout par mauvais temps, n’est pas des plus accueillants. Nous nous retrouvons en plus dans un motel glauque ce soir par défaut de campings accueillant des tentes.

Jour 12 : Stephenville – Barachois provincial park 172 km

Aujourd’hui, nous sommes sur « la route de nos ancêtres les Français », côté golfe du Saint Laurent. Ca y est, je prends un coup de vieux, je suis déjà un ancêtre. Trêve de plaisanterie, il s’agit de la route qui fait le tour de la péninsule de Port au Port où se trouve une population francophone de quelques milliers de personnes issues d’Acadiens et de l’installation de Basques et Bretons. Ils ont une sorte de drapeau bleu blanc rouge diagonale avec du jaune dessus et parlent tant bien que mal encore français. On a prévu d’en faire le tour et notre premier arrêt se trouve juste après le barachois reliant la péninsule à l’île principale : le Gravels walking trail, un chemin qui longe une côte avec des sortes de rochers-meringues ressemblant vaguement au palais de Jabba the Hut dans Star Wars (oui j’ai de l’imagination et des références). Des rochers prêts à tomber à l'eau

Il y a de la faune dans le coin, des baleines, pas mal d’oiseaux marins, des passereaux et des loutres, de rivière mais qui vivent dans la mer pour perturber l’observateur faunistique amateur. Et surtout, il y a une énorme averse qui nous tombe dessus et qui provoque un retour précipité et trempé vers la voiture. Un couple de loutres de rivière (désolé pour la qualité)

Prochaine étape : la grotte de Lourdes. Oui vous ne rêvez pas, les gens du coin ont monté un sanctuaire avec une « grotte » dédiée à la vierge. Bon c’est minimaliste et kitschouille.

Deuxième arrêt, le café de Mainland où on retrouve le soleil et on prend le temps de déguster un très bon gâteau à la fraise en admirant les fous de bassan pêcher. C’est toujours aussi impressionnant de les voir s’élancer dans l’eau à des vitesses dingues. Et de temps en temps, il y en a qui se rate et qui se prend un plat… Un jeunot ! Depuis le café de Grand' Terre (ou Mainland)

La suite devient plus sauvage, la route est belle et nous arrivons à Boutte du Cap. Les noms francophones ont un côté assez poétique dans le coin.

Attention digression historique et Père Castor, le lecteur pressé pourra zapper ce paragraphe. Contrairement à ce que l’on peut penser, hormis sur la péninsule de Port au Port, les noms français des bleds (Port au Choix, Port aux Basques, Rose Blanche, Baie Verte, etc) ne sont pas les résultats d’une hypothétique colonisation française. Ils sont le fruit du traité de Paris en 1763 qui voit la France perdre l’ensemble de ses possessions canadiennes à l’exception de Saint Pierre et Miquelon. En gage de dédommagement, elle acquière un quasi-monopole de la pêche le long des côtes de Terre-Neuve (à l’exception de l’Est). Les noms sont donc donnés par les flottes de pêcheurs, les terre-neuvas principalement bretons, pour leur lieu d’escale. Ces droits de pêche perdurent jusqu’en 1904, ce qui ne va pas sans problème et tension avec le développement de la colonie de Terre-Neuve et la revendication des colons de pouvoir avoir la maîtrise de leur côte et du poisson giboyeux qui s’y trouve. Cela sera même un frein au développement de l’île, par ailleurs peu soutenue par le Royaume-Uni.

En ce qui concerne Boutte du Cap, nous choisissons de faire une balade le long du chemin côtier au-dessus de falaises friables et impressionnantes.

Nous faisons connaissance avec les tuckamores, buissons-arbres de toute sorte, survitaminés et impénétrables, dopés par les conditions météorologiques du coin (vent, embruns et froid). Comme le chemin traverse des massifs de ces choses, c’est griffures garanties. Un tuckamore en fin de vie, fier d'avoir pourri la vie des randonneurs et animaux de passage

Bon c’est chouette mais il y avait un four à pain à côté du parking et on avait reniflé de bonnes odeurs à l’aller… Raté, il est passé 16h quand on revient et le four est fermé… Décidément les horaires du coin, nous aurons eu du mal à s’y faire. Le moment drapeaux, de gauche à droite : inconnu avec une feuille d'érable, Acadie, Terre-Neuve et Labrador, Acadie locale

Le dernier arrêt de la journée s’appelle Hidden Falls à côté de Sheaves Cove. Elles sont tellement hidden qu’elles sont à sec… Le soir, c’est nuit en camping au Barachois provincial park. Point notable : des tonnes de crapauds invasifs et suicidaires.
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Jour 13 : Barachois provincial park – Burgeo 158 km

C’est une journée de transition sous un ciel menaçant. 150 km de route au milieu de nulle part nous attend pour atteindre Burgeo, un village terminus de 1000 habitants. Étonnamment, la route, en assez mauvais état, traverse des paysages changeants (pour Terre-Neuve), forêt continentale, forêt boréale et lande rocailleuse, ce qui nous permet de voir notre premier renne. Monotone mon cher Watson

Mais malheureusement, le temps se détériore, nous arrivons sous des trombes d’eau à Burgeo. Du coup, l’idée d’aller en bateau sur 2-3 jours à François (4h30 l’aller) et d’explorer les fjords de cette côte paumée est abandonnée. Regrets : François (pas de pape par ici), ça devait être un des highlights du voyage, un village de bout du monde dans une baie qui avait l’air magnifique.

Intermède Père Castor 2 le retour : François comme Ramea dont je parlerai plus loin font partie des rares villages isolés, accessibles uniquement par bateau, à ne pas avoir subi la loi des resettlements. Car quand à Terre-Neuve, un bled est paumé et qu'il coûte trop cher à la communauté, un référendum est tenu et si 95% de la population locale vote pour - ce qui arrive manifestement assez souvent - l'ensemble des habitants est délocalisé vers un village ou une ville avec route, où les attendent de nouvelles maisons. Le village originel est laissé à son pourrissement. C'est comme ça que de larges régions de la côte sud, en particulier autour de la Baie de Placentia ou Fortune Bay, ou des coins de la péninsule du Nord ont été désertés. Cela dénote d'une conception assez fascinante et très différente de l'espace et du territoire par rapport aux Européens. Trop cher, on ferme et vite ! L'enracinement dans un lieu, l'histoire liée à l'endroit et donc la volonté des pouvoirs publics d'aménager et de maintenir une population semblent bien plus faibles par delà l'Atlantique. Un changement comme la désertification d'un territoire se fait lentement en France, en témoigne la Lozère. Le pendant européen serait les despoblados espagnols, victimes de la métamorphose économique espagnole des années 60-70 et du désintérêt franquiste.

Pour revenir à Burgeo, nous nous replions au Sandbank provincial park, un de nos coins préférés à Terre-Neuve. Nous y faisons connaissance avec son camping et ses rangers très accueillants dont un Mi'kmaq trappeur qui me parle de retraite dans la forêt avec son chien, son arc et son « canou » (oui, un canoë prononcé en anglais). Bon, il pleut, c’est chouette les après-midi coincés dans une voiture. Ah les délicieux après-midis de Terre-Neuve

Le soir, on profite d’une accalmie pour faire une première reconnaissance du parc et de ses innombrables plages.

Nous nous adonnons ensuite à un sport national canadien : le barbecue. Même qu’ils aiment tellement ça et qu’accessoirement ça repousse vaguement les maringouins qu’ils font des feux sans rien griller dessus. Quoiqu’il en sort, ça améliore grandement notre quotidien (mauvais jambon avec fromage sans goût) et ça change des fish and chips et autres hamburgers.

Breaking news, on a découvert le feu quelque part au fin fond de Terre-Neuve !

Jour 14 : Burgeo 6 km

Le matin, on peut enfin découvrir le parc provincial sous un soleil radieux et cela commence par un petit déjeuner sur une plage paradisiaque. Bon, la mer reste glaciale, il n’y aura pas de baignade malgré le sable blanc et l’eau transparente. S’ensuit une balade de plage en plage, il y a pas à dire, on a bien fait de se taper les 150 kms depuis Stephenville. Il y a pas foule non plus, à part des chevaliers et bécasseaux qui gambadent sur le sable. Une plage de Burgeo à l'heure de pointe des chaudes journées d'été

Encore une plage

Et un éléphant (c'est pour voir si quelqu'un suit)



Pour l’après-midi, nous faisons un tour en ferry à Ramea sur une mer agitée. Petit interlude linguistique : d’après notre ranger Mi'kmaq – rien à voir avec notre micmac qui viendrait du néerlandais muyte maken faire une émeute (ça vous fait une belle jambe) – Burgeo aurait pour origine bourgeon et Ramea rameau. Les deux noms auraient été donnés par La Pérouse qui est passé dans le coin vers 1780. Fin de l’interlude. Donc retour au bateau : un vieux ferry avec des marins dans leur jus et dont l’accent a été élu le plus incompréhensible de Terre-Neuve (en compét’ avec certains garagistes). Le ponton est accessible malgré le panneau d’interdiction et les cordages qui traînent de partout. Cela nous permet de voir des baleines (original !) et une côte splendide avec fjords qu’on ne peut qu’observer de loin.



Le terminus est une île perdue où se terrent Ramea, un village de pêcheurs de 400 habitants, et les seules éoliennes de Terre-Neuve. Il faut imaginer le trajet pour rejoindre la « ville » la plus proche (Stephenville, 7000 habitants), une heure et demi de bateau avant d’enchaîner 2 heures de voiture, il faut bien prévoir ses courses avant d’y aller… Le coin est dépaysant et marrant : son commerce, sa mairie, son gymnase, son terrain de hockey, son camion de livraison, ses goélands innombrables et de bonnes rafales de vent.

Message aux mouettes chauffards





Jour 15 : Burgeo – York Harbour 272 km

Journée de transition sous un ciel menaçant bis. Ce coup-ci, nous faisons demi-tour vers le nord et la Bay of Islands à côté de Corner Brook. Il pleut tout le trajet, la route est toujours en mauvaise état, forcément c’est la même qu’à l’aller. Waterloo morne plaine (avant le passage de la civilisation)

On fait un arrêt ravito mouillé à Corner Brook dont la principale caractéristique est d’avoir une grosse papeterie en guise de centre-ville. Deuxième ville du pays tout au fond de la Bay of islands, elle ne vend pas du rêve. Donc on file vite fait vers l’entrée de la baie et miracle, le temps s’améliore, la route devient grandiose, les îles apparaissent et la joie revient. Nous faisons un arrêt à notre B&B dénommé Captain Cook à York Harbour – l’explorateur anglais est passé dans le coin en 1766 dans le but de faire un relevé géographique des côtes de Terre-Neuve. L’accueil est très sympa et notre hôte va prendre à bras le corps notre problème de voiture, une supposée crevaison lente. Oui ça fait une semaine que ça dure et les garagistes qu’on a vus n’ont pas daigné examiner le pneu convenablement malgré nos demandes insistantes. Comme quoi, il n’y a pas qu’en France que les garagistes sont peu amènes. Et hop, en moins de deux, un rendez-vous de sa part chez un garagiste local (tellement local qu’il n’a même pas de panneau l’indiquant). Et hop, c’est réparé le lendemain, un clou dans le pneu en moins. Sinon, pour profiter du beau temps revenu, on décide de faire une petite balade tranquillounette à Bottle Cove le long d’une jolie côte pour changer.

Et qu’est-ce qu’on trouve… Des chanterelles quasiment sur le chemin et que personne ne ramasse. Sont criminels dans le coin, en Auvergne, il y en a qui tuerait pour moins que ça. A nous pour le soir l’omelette aux champignons sous l’œil inquiet de notre hôte « you’re sure it’s edible? You gonna get poisoned! ». Pff, aucun savoir-vivre dans le coin.

Jour 16 : York Harbour 35 km

Aujourd’hui, point de kilomètres effrénés en voiture mais quelques excursions à pied dans les environs. La première rando, le Copper Mine Hiking Trail, nous emmène au sommet de Blow Me Down Mountain, la bien nommée. La Bay of Islands

Il y a du vent et la vue est à couper le souffle, d’un côté la baie et ses multiples ��les, logique, et de l’autre des montagnes ocres, reste du manteau terrestre originel composé de péridotite et sur lesquelles rien ne pousse. Dommage que le plafond nuageux soit si bas…

Pas un temps à mettre Astérix dehors

Une croûte terrestre blafarde (en principe ocre)

La redescente se fait par le même chemin avec un petit détour par la Copper Mine Waterfall, pas mal du tout. L’après-midi, après le détour par le garagiste et une pause sur un transat du b&b dans un cadre idyllique, nous nous attaquons au Little Port Head Lighthouse Trail. Et là, surprise : après tant de chemins suraménagés, de jolis pontons et escaliers en bois, bim un truc intense sans prévenir, droit dans la pente à la montée comme à la descente avec une corde par moment pour s’aider tant bien que mal. Physiquement, 200 mètres de dénivelés en moins d’un km, c’est dur. Le résultat est une vue vertigineuse d’une côte sauvage dans une lumière de fin de journée. Le lieu est enivrant, peut-être le plus beau coin de Terre-Neuve.

Ca claque

Ca pète

El condor pasa
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Jour 17 : York Harbour – Green Gardens 184 km Nous partons en direction du parc national de Gros Morne, le coin le plus couru de Terre-neuve en ce qui concerne les paysages naturels.

Ca, on l'est moose alert, tellement qu'on n'en a pas vu un seul depuis Cape Saint Mary

Gros Morne droit devant

Nous commençons par le côté sud, autour de Bonne Bay avec une première étape au visitors centre de Bonne Bay, très bien fait avec des rangers de bon conseil et serviables.

Neufundlandische Qualität (à prononcer comme dans une pub pour voiture) à Trout River De l'aggloméré, un revêtement et hop ça fait une maison

On s’arrête ensuite au Trout River pond pour pique-niquer avant d’entamer la rando vers les Green Gardens où nous devons camper. Il a fallu au préalable acheter un permis auprès des gardes et c’est en quelque sorte du camping sauvage très aménagé (toilettes sèches, plate-forme pour tente et banc). La rando en elle-même est très fréquentée et le début de balade est dans les Tablelands, « montagnes » rougeoyantes où rien ne pousse comme sur le Copper Mine Hiking trail. Après une longue descente, la côte est toujours sympa avec une petite originalité ici, des orgues basaltiques assez érodées, témoins d’un bout de coulée de lave assez ancienne. Ne me demandez pas comment elle s’est trouvée là, j’en ai aucune idée.

Auvergne sur mer

On retrouve des êtres étranges à quatre pattes et toison blanche qui errent dans des prairies

Et malheureusement nous ne sommes pas tous seuls sur le lieu du camping, face à la mer et fort agréable par ailleurs nos prédécesseurs ne sont en plus pas particulièrement portés sur la propreté. Ca gâche un peu le fait de passer une nuit en pleine nature. Sûrement ma tendance asociale qui ressort.

Du camping très sauvage

Jour 18 : Green Gardens – Rocky Harbour 105 km Forcément, le lendemain on repart dans l’autre sens, la boucle est coupée en grande partie pour cause de glissement de terrain. Dommage ! Les Green Gardens le matin Une petite montée au matin, il fait chaud aujourd’hui et retour à la voiture en sueur et puants.

Les Tablelands Nous faisons un nouvel arrêt au visitors center pour se débarbouiller et entamons une montée au Lookout au-dessus de Bonne Bay. Sacrée vue panoramique sur une bonne partie des attractions du parc national de Gros Morne, ce qui en fait une très bonne introduction au parc : on y voit Bonne Bay, les Tablelands et Gros Morne, le point culminant qui a donné son nom au parc.







Notre problème de fin d’après-midi est de trouver un logement. Nous n’avons rien réservé et nous allons nous apercevoir que ce n’est pas comme le reste de Terre-Neuve. Car, oui les campings et les logements sont pleins, on est obligé de se rabattre sur le « playground » d’un camping de Rocky Harbour.

Jour 19 : Rocky Harbour – Cow Head 62 km C’est notre journée tourisme de masse. Si vous avez déjà vu une photo de Terre-Neuve, c’est sûrement le Western Brook Pond, et c’est là que nous allons. Comme nous sommes des gens organisés, nous avons déjà pris la veille des billets pour l’excursion sur le lac, celle du matin pour éviter la foule. Pour accéder au ponton, il faut se taper 4 kilomètres de marche qui limitent un peu l’affluence. Le retour sera d’ailleurs l’occasion de voir toute sorte d’oiseaux peu adaptés à cet environnement : chaussures à talon, tongs, souffle court, suée abondante en plein cagnard (28° au moins), etc. Ca ne manque pas de m’étonner à chaque fois que je suis dans un endroit touristique, l’impréparation et l’absence d’esprit pratique de pas mal de monde. Ces quelques kilomètres sont également l’occasion de traverser de très classiques marais terre-neuviens entrecoupés de bois rachitiques. La force de l’habitude ! L’excursion en bateau d’une heure et demi est par contre tout à fait impressionnante. Les parois sont vertigineuses et entrecoupées de cascades des plus sympathiques. Forcément, ça fait penser aux fjords norvégiens que l’on a pu voir en photo.









La balade offre une autre attraction plus exotique : le guide ou plutôt chauffeur de salle. Un show-man avec un apport de connaissances pas très important mais des blagues, du dithyrambique, des applaudissements. Cela a fini, sous nos yeux ébahis, par un concert à moitié improvisée avec participation du public. Il semblerait que le Canadien soit plus réceptif et plus participatif que le Français… Pour la communion avec la nature, on repassera quand même.

Notre Gentil Organisateur en pleine performance

Deuxième et dernière étape du jour : l’embouchure du Western Brook dotée d’une fort belle plage de sable fin et lieu de rassemblement de pleins de zozios.

Vous avez fini par deviner qu'on aime bien les plages de sable fin ?

Et comme on aime bien les zozios, on est allé faire un tour : il y a du limicole (chevaliers, bécasseaux) en goguette et des sternes plutôt pacifiques. Il ne doit pas y avoir de nid dans le coin parce que sinon un tranquille badaud comme moi se transformerait facilement en réfugié sur les routes de la Second Guerre Mondiale sous la pression de stupkas allemands (souvenirs d'Islande).

Une plage surpeuplée

La nuit se passe au camping de Shallow Bay, très appréciable comme tous les campings des parcs nationaux mais malheureusement rempli de moustiques.
FR Franchie Veteran ·
Bonjour Sylvain, J'ai une question par rapport au droit journalier d'accès au parc. Sur le site des bateaux Bon Tours, il est précisé qu'il faut s'acquitter du prix d'entrée du parc et du prix de la sortie en bateau sur l'étang Western Brook. Le pass journalier doit pouvoir être acheté au visitor center. Mais où se font les contrôles pour les différents trails ? On passe 3 nuits à Rocky Harbour et 2 à Bonne Bay. Cordialement Michèle
l'Ouest Américain mai 2016 http://https://voyageforum.com/discussion/retour-boucle-21-jours-dans-ouest-americain-en-mai-2016-d7509458/
AU Auk Regular ·
Bonjour Michèle

Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous répondre puisque l'an dernier c'étaient les 100 ans du Canada et l'entrée des parcs nationaux était gratuite. Globalement, je suppose que les contrôles se font de manière aléatoire par les rangers au fil des chemins et des lieux de visite. Je ne pense pas qu'il y a à chaque début de randonnée dans le parc quelqu'un pour vous contrôler mais des Canadiens vous répondraient mieux que moi. Quoiqu'il en soit, rester sur les routes et dans les villages de Rocky Harbour, Bonne Bay, Norris Point et d'autres n'impliquent pas d'acheter un pass. En venant de Deer Lake, il y a un kiosque d'entrée à Wiltondale pour acheter un pass que vous pouvez prendre pour plusieurs jours. Cela peut être plus rentable de prendre un pass annuel longtemps à l'avance en fonction du nombre de jours où vous serez dans le parc. Voilà tout ce que je peux vous dire.
FR Franchie Veteran ·
Ah oui, j'ai passé 3 semaines en septembre dans les Maritimes l'année dernière et j'avais oublié que les parcs étaient gratuits pour les 150 ans. On avait entendu à la radio que la fréquentation des parcs avait été bien plus élevée que les années précédentes. On verra sur place ... Michèle
l'Ouest Américain mai 2016 http://https://voyageforum.com/discussion/retour-boucle-21-jours-dans-ouest-americain-en-mai-2016-d7509458/
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Bonjour Compliqué tout çà News du jour

Un serveur français licencié par un restaurateur canadien pour agressivité envers ses collègues a plaidé que son attitude n'était pas due à un quelconque manque de politesse, mais à sa culture française, selon des documents de cour. Guillaume Rey, qui travaillait dans un restaurant de Vancouver, sur la côte pacifique canadienne, a déposé plainte devant le tribunal des droits de la personne de Colombie Britannique après avoir été licencié.....

La suite: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/03/26/97001-20180326FILWWW00007-pas-impoli-mais-francais-plaide-un-serveur-licencie-pour-agressivite-au-canada.php
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
AU Auk Regular ·
Jour 20 : Cow Head 102 km Nous commençons notre journée par un petit déj' sommaire sur une plage de Cow Head en galante compagnie :

Un tournepierre à collier dans son élément

Pour la suite du menu quotidien, nous restons dans le parc national, côté nord avec notre premier objectif du jour : les Baker Brook Falls à côté de Rocky Harbour. 10 km aller-retour très plats, un coin à élans et au bout une suite de cascades fort jolies. Bon, nous n’avons pas vu d’élans qui nous échappent depuis le début du séjour dans la province qui concentre soi-disant le plus fort nombre de tout le Canada !

Nouvel arrêt ensuite à Green Point. La falaise, une curiosité géologique locale, sorte de millefeuille de pierre, a servi à déterminer la limite entre deux ères géologiques (cambrien et ordovicien). Le résultat est intriguant. Moins intriguant, c’est le comportement idiot de certains touristes s’amusant sur des récifs/rochers au ras de l’eau par marée montante et avec des vagues non négligeables… Un peu plus et un des gars se trouvait coincé/emporté.





Terre-Neuve, c'est aussi des vieilles maisons pourris et des cadavres de métal posés ça et là

Dernier arrêt avant le retour au camping de Shallow Bay, il s’agit de la pointe de Cow Head et d’une petite promenade parmi les tuckamores et quelques habitations jusqu’à un phare miniature. Sympa sans plus. Un phare pour barques et pédalos

Le soir, nous retrouvons nos copains les moustiques toujours aussi virulents et finalement pas si embêtés que ça par la fumée du barbecue. Oui, nous nous sommes mis à la méthode canadienne même si nous n'avons pas acheté de moustiquaire géante.

Jour 21 : Cow Head – River of Ponds 167 km Aujourd’hui, nous avons prévu de commencer une rando de trois jours mais le temps n’est pas à la fête. Grosse hésitation avant de repousser à un lendemain que l’on espère meilleur. Et comme nous avons écumé très largement Gros Morne, nous partons plus au nord vers la péninsule de Port au Choix. Ca fait pas mal de kilomètres à s’enfiler en aller-retour mais la péninsule est différente de ce que nous avons vu jusqu’à maintenant : elle offre de la végétation arctique et des chances de voir des rennes.

En cours de route, nous faisons un court arrêt au Arches provincial park tout petit qui, vous l'aurez deviné, comporte des arches de pierre, reste de l'ancien bord de mer. En gros, si vous avez bien suivi mon carnet, c'est le Dungeon provincial park quelques milliers d'années plus tard.



Comme le temps est toujours pourri quand on arrive à Cow Head, nous en profitons pour visiter le visitor center de la péninsule qui propose une exposition des plus intéressantes sur les Amérindiens et Inuits qui se sont succédé sur Terre-Neuve. La suite c’est une petite balade le long de la côte depuis la pointe de Port au Choix. Il y a un vent à décorner des bœufs et une végétation arctique typique qui change de tout ce qu’on a vu auparavant : tout est miniature, au ras du sol, rampant, c’est assez marrant de voir des gentianes ne pas dépasser les 5 cm.



Dans la peau de John Fourmilitch

Heureuse surprise au retour : une harde de rennes campe à côté du parking : ils ne sont pas farouches et font un peu leur star à être pris en photo sous toutes les coutures, ils ont bien raison puisqu’ils se trouvent dans un lieu national donc sans chasse. Il faut dire que Terre-Neuve et Labrador est la seule province du Canada à ne pas avoir réglementé la chasse hors parcs nationaux.



Au retour, le truc motorisé que l’on appelle en principe voiture mais qui tient plus sûrement du pot de yaourt nous réserve une bien belle surprise : des surchauffes moteur en haut de chaque très vague côte. Comme nous sommes un peu au milieu de nulle part, on décide de reporter la recherche d’une solution au retour vers Deer Lake et de s’arrêter à chaque fois que ça se met à biper frénétiquement. Assez stressant mais fort heureusement, les routes sont plutôt plates dans le coin. Nous passons la nuit à River of Ponds dans un camping vide, tenu par une méfiante pas commode (double porte verrouillée, sas type entrée de banque et caméras de surveillance dans un coin paumé) avec salle de bain dans le logement qu’elle occupe. C’est parfois étrange le Canada.
AU Auk Regular ·
Jour 22 : River of Ponds – Nulle part (Indian lookout trail) 60 km

Ca y est, c’est la bonne journée pour débuter notre rando : le Indian lookout trail, 45 kms balisés mais sans chemin réellement civilisé, pas de refuge ou de camping plus ou moins aménagé. Il fait plutôt beau et les prévisions météos sont bonnes. J’ai pris mes précautions puisqu’on dispose de la carte topo du coin, des indications et cartes du IATNL, l’asso qui entretient ce sentier et d’une boussole. Le GPS c’est le mal, ça tue le fun de l’orientation donc pas de GPS. La randonnée débute par une approche sur une piste interminable (raccourcissable en 4x4) puis on va comprendre rapidement ce que c’est le côté sauvage de Terre-Neuve.

Vers l'infini et au-delà !

A la fin de la piste, cela commence mollo avec un gué facile et une plaine marécageuse à traverser. Il y a du quad qui vient saccager le coin, labourer les champs et rendre le tout boueux. Merci quadiste ! C’est quand même plein de sarracenias et de droséras, tout n’est pas perdu.

Les monstroplantes

Oh la jolie orchidée (enfin, je suppose)

Des lichens étranges

C’est la suite qui se corse. Le « chemin » « balisé » est surtout le chemin des tous les orignaux du coin – sont pas fous, ils utilisent la trouée faite par les humains dans ces satanées forêts boréales. D’une part, ils arrachent les balises en plastique accrochés aux arbres, d’autre part, ils transforment la sente en marécage.

Labourage de sentiers par élans farceurs

Par-dessus le marché, ça monte droit dans la pente pour arriver sur un plateau. On se croit enfin sortis d’affaire quand on arrive dans une lande pierreuse entrecoupée de massifs de buissons (toujours des tuckamores) mais que nenni. Les orignaux, ces petits farceurs, se sont fait un plaisir de mettre des fausses pistes dans tous les sens à travers les tuckamores. On a dû perdre trois heures à essayer moult chemins mais ceux d’élans ne sont pas vraiment adaptés aux humains : l’orignal a la tête qui dépasse des tuckamores, l’être humain génétiquement non modifié non. Il faut aussi dire que les balises plastiques ont disparu et que le cairn n’a pas été encore inventé au Canada. Heureusement, nous faisons une grande découverte : il faut suivre le chemin avec des racines coupées nettement par une scie/tronçonneuse, instrument inconnu des élans. Alléluia ! Il n'empêche que ça reste casse-gueule avec des tonnes de racine sur le chemin même.

Même coupé, le tuckamore reste vicieux

Et pour couronner le tout, une fois au sommet de la montagne, un vent à décorner des bœufs nous accueille, il est difficile de tenir debout et c’est plutôt dangereux avec le gros sac et les nombreux rochers qui peuplent les environs. Avec tout ça, on en oublie l’environnement naturel qui est magnifique tout au long de la balade. On souffre mais pas pour rien, entre le golfe du Saint Laurent, de multiples lacs, des vallées glaciaires fort jolis et la cascade la plus haute de l’île. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on en prend plein les mirettes et qu’on n’est pas gêné par les êtres humains (qu’est-ce que c’est un être humain ?!).

Quand je vous dis que c'est marécageux (on est passé juste au milieu du truc en bas avec tous les étangs)



De la vallée glaciaire à la pelle

Le Portland Creek Inner Pond

Que d'eau ! Que d'eau ! Ce qu'aurait dit Mac Mahon devant le golfe du Saint Laurent

Et le but de la promenade finit par être en vue : la tête d’Indien que l'on devine dans la montagne d’en face.



Une fois toutes ces péripéties passées, nous arrivons plutôt tardivement au lieu planifié de camping au bord d'un lac. Et là, cerise sur le gâteau, un élan s’en va lentement devant nous.



Camouflage en 50 nuances de vert

Jour 23 : Nulle part – Cow Head 30 km

Après quelques hésitations, nous repartons dans l’autre sens : finie la rando de 45-50 kms en boucle mais un aller-retour de 30-35 km. On avait atteint le but en étant bien éreintés, nous préférons garder un jour pour prendre plus de temps pour la dernière partie de notre voyage. Donc bis repetita, avec nos tuckamores, nos marécages, nos rochers et quelques élans en cours de route dont un beau mâle assez loin de nous quand même.

La cascade la plus haute de l'île au retour (Partridge Pond Falls)

Et malgré notre passage la veille, on arrive à prendre quelques chemins de mooses et à se retrouver au-dessus d’une barre rocheuse au mauvais endroit manifestement. Nous sommes quand même plus rapides aujourd’hui, nous savons à quoi nous attendre, ce qui laisse quelques regrets pour le reste de la rando abandonnée.

Comme on se retrouve, Gué !

Le soir, le camping de Shallow Bay est plein, nous nous rabattons sur le motel de Cow Head, cher et pas forcément très chaleureux. Bon on peut se remettre de nos aventures dans un vrai lit.
WA Wallis06 Veteran ·
Bonjour Sylvain,

Très belle rando ou devrais-je plutôt dire , très belles vues qui se méritent ! Et dans des cas comme celui-là, un petit tracé enregistré sur son GPS, ça évite de tester toutes les pistes 😉.
Mes carnets de voyage :http://deparlemonde.jimdo.com/
AU Auk Regular ·
C'est pas faux mais GPSer, c'est tricher 😎.

Plus sérieusement, j'apprécie tellement les cartes, l'orientation et je trouve que chercher son chemin, se tromper, recommencer fait partie du chemin que ce soit en voiture ou à pied. Ne pas utiliser de GPS permet d'être plus attentif, plus ouvert à l'environnement, de faire des rencontres parfois, en particulier en voyage où le temps peut se distendre.

Le cas présent, c'est vrai que ça a été usant. Heureusement que nous avions de bonnes conditions météos ! Faut dire aussi que les cartes topo canadiennes ne sont pas géniales. Ou alors, la forêt locale pousse très vite...
AU Auk Regular ·
Jour 24 : Cow Head – Terra Nova national park 495 km

Aujourd’hui, on repart dans l’autre sens direction St John’s et retour acasa. Problème : faire le trajet avec le machin qui nous sert de véhicule et qui surchauffe, c’est pas de la tarte.

Sniff, adieu Gros Morne

Heureusement, croisé sur un parking en haut d’une côte, un Manitobien fort sympa et un peu moins idiot que nous nous vient en aide avec une idée lumineuse dans un français quasi parfait (et moins d’accent qu’un Québécois !). Pourquoi ne pas la ramener à une boutique Enterprise de l’aéroport de Deer Lake à proximité ? Pas bête le Canadien. Nous, nous n’avons pas l’habitude des loueurs honnêtes et nous nous demandions comment éviter de payer le prix x2 de la réparation que l’agence de location allait nous facturer… A l’aéroport, aucun problème, on nous change le véhicule sans même regarder la panne et l’état de la voiture (nous avions pris des photos dans tous les sens), nous avons enfin la Chrysler Cruze que l’on aurait dû avoir dès le départ, c’est-à-dire une voiture un peu plus confortable. Miracle, on ne se fait plus secouer dans tous les sens par les camions qui nous doublent ! Et donc direction la route 1 et 400 km plus loin, voilà le Terra Nova national park et notre camping favori (Malady Head). C’est là qu’on s’aperçoit que Terre-Neuve c’est quand même grand.

Une pensée émue à tous les gars et nanas qui tiennent ce panneau le long des routes de Terre-Neuve à longueur de journée. Qu'ils ne désespèrent pas, l'invention du feu tricolore est proche.

Jour 25 : Terra Nova national park – Holyrood 310 km

Nous n’avions pas vraiment profité de notre premier arrêt au parc national de Terra Nova pour faire une balade dedans. Nous réparons ce manque avec une rando tranquille entre le visitor center et le camping de Newman Sound. Il fait beau et chaud, la mer scintille, la promenade est agréable, jusqu’à une petite cascade mais fait pâle figure après nos précédentes expériences.





Du coup, on repart vers l’est avec quelques détours sans intérêt en route. Direction Brigus, jolie village et petit port plutôt touristique avec quelques maisons en bois plutôt anciennes et décorées (on sent qu’on a quitté l’ouest de la province). C’est la veille de la fête des myrtilles, il y a du monde partout. Et que fait-on pour célébrer les myrtilles en Amérique du Nord ? Un concours de manger de tartes aux myrtilles… Pas à dire, on s’y connaît dans le coin en gastronomie !







Vient ensuite le moment de trouver le logement du soir. Et surprise, ici aussi les campings sont rares et pleins, ou réservés aux RVs, la proximité de la capitale n’aide pas. On finit par trouver un camping qui accepte les tentes. L’arnaque, il ne dispose pas de sanitaires (lavabos/douches) et pas d’emplacement vaguement privatisé pour tentes. Bien sûr, la personne de l'accueil ne nous a pas prévenu et le prix n'est pas spécialement bas. Autant faire du camping sauvage, c’est gratuit pour la même prestation. Après ce petit moment de tension, nous calmons nos nerfs dans un restaurant chinese-canadian très correct. Et accessoirement, le seul resto à distance raisonnable.
AU Auk Regular ·
Jour 26 : Holyrood – Witless Bay 135 km

Les trois derniers jours sont consacrés à l’East Coast Trail, chemin de grande randonnée qui longe toute la côté Est d’Avalon. Pas de rando sur plusieurs jours pour nous mais des découvertes de quelques bouts du sentier. On commence par une des rares balades en boucle (retour non balisé) du East Coast Trail autour de la pointe de Brigus (South), pas le même que la veille. Le temps est radieux, il fait chaud et la côte est belle, pour changer ! Des falaises d’ardoise et plein de baleines.



Et une énième photo de côte

On va s’en rendre compte les deux jours suivants : à Avalon, nom de la péninsule de Saint John’s, les baleines pullulent. A tous nos arrêts ou presque, il y en a une qui pointe le bout de son nez. Baleines !

La journée se poursuit à Ferryland, plus au sud, où se trouve un des hauts lieux historiques de l’île. Le pays des traversiers

Il y a un visitor center (pas visité) et plein de panneaux avec des infos historiques sur la guerre entre l’Angleterre et la France qui a ravagé le coin au milieu du 18ème siècle. En effet, la France s’était implantée plus à l’Ouest, à Placentia (anciennement Plaisance et rebaptisé de son nom actuel pour effacer toute trace française) et souhaitait expulser les implantations anglaises de l’Est de Terre-Neuve. Il y eut des massacres dont Ferryland rasé mais l’opération fut un succès sans lendemain. Il faut dire que la colonisation anglaise était erratique et peu importante : il s’agissait principalement de comptoirs de pêche occupés uniquement l’été. De toute façon, Terre-Neuve ne fit pas l’objet d’une politique de colonisation britannique très organisée excepté pour l’exploitation des ressources marines, cela à tel point que le gouverneur de l’île jusqu’au milieu du 19ème siècle n’y résidait qu’en été. Quoiqu’il en soit, les succès français à Terre-Neuve furent anecdotiques mais sanglants dans le conflit opposant les deux pays qui aboutit en 1763 à l’expulsion de la France d’Amérique du Nord.

Du fait de la pénurie de places dans tous les campings du coin, nous nous rabattons pour la nuit sur le B&B Elaine By the Sea à Bay Bulls. Plutôt classe, notre chambre a une très belle vue sur la baie où s’ébattent des dizaines de baleines. Il y a des jets, des sauts et des queues de baleines dans tous les sens, le show est spectaculaire.

Jour 27 : Witless Bay – Saint John’s 109 km

Pas de chance pour ce matin, c’est pluie, pluie et pluie. On temporise un peu en se demandant quoi faire. La balade prévue paraît très compromise. Nous nous dirigeons vers Cape Spear aka le point le plus à l’Est d’Amérique du Nord en passant par Petty Harbour qui pourrait être un joli port de pêche sous des cieux plus cléments. Donc Cape Spear, du brouillard et de la pluie : ça a l’air joli si l’on pouvait voir la mer et la côte. Le phare le plus à l'Est d'Amérique (oui, ça nous fait une belle jambe)

Nous en profitons pour visiter le phare – c’est au sec – et ses 5 gardiens pour un total de 3 salles. A vrai dire, hormis la surpopulation de rangers et l’huile de sperm whales, je n’en ai pas de souvenir bien clair. Quand nous repartons, le ciel laisse espérer des lendemains qui chantent un peu plus. Donc on reprend notre programme balades sur l’East Coast trail avec le Klondyke Gulch, courte promenade depuis Outer Cove jusqu’à un cap qui s’avère un excellent lieu d’observation de la côte et surtout des baleines.

Klondyke Gulch, coin à rencard pour ranger de Terra Nova

Ces dernières ont le bon goût de longer de près le rivage et de faire des allers-retours, nous permettant d’admirer en longueur leur grâce pataude. On ne s’en lasse pas.

Baleine !

Baleine !

L’arrêt final de la journée est prévu pour une petite balade jusqu’à Red Head, une falaise logiquement toute rouge. La randonnée passe par une cascade particulièrement impressionnante avec le torrent gonflé par l’eau de pluie du matin.



C’est également l’occasion d’une nouvelle cueillette de chanterelles jaunes (ou girolles) de belle facture, d’un arc-en-ciel et d’une jolie vue sur la côte.





Les deux dernières nuits, nous les passons chez l’habitant, immersion dans la banlieue de Saint John’s, lotissement, maisons en bois toutes similaires, pas d’arbre, pas de commerce mais des gens très sympas.

Jour 28 : Saint John’s 64 km

Nous finissons normalement en apothéose aujourd’hui par une randonnée longue, très longue sur le secteur le plus réputé de l’East Coast Trail jusqu’au Spout, sorte de geyser d’origine non volcanique puisque c’est de l’eau de mer et douce sous pression qui permet un jet d’eau à intervalle régulier. Le tout fait plus de 25 km aller-retour sous un soleil radieux et des températures exceptionnelles (30°c). Les gens du coin risquent de se balader à poil puisqu’à 15°, ils sont déjà en short, tong et tee-shirt. La première attraction du sentier, c’est une énorme plate-forme pétrolière à quelques encablures de la côte. Je suis étonné que vu la proximité de la terre, l’entreprise ne se soit pas contentée d’une exploitation terrestre avec une pompe. Mais bon je n’y connais rien. Quoiqu’il en soit, c’est assez impressionnant vu de près et c’est plus gros que je ne croyais.



Deuxième attraction ce sont les baleines, elles sont toujours là à proximité de la côte à faire des allers-retours.

Baleine ! Troisième attraction du triptyque, c’est la côte qui est particulièrement en verve dans le coin : falaises impressionnantes, stacks, grottes, effondrements, il y en a pour tous les goûts.

Une cascade fuyante

Un pic épeiche qui passait par là

Malheureusement, à traîner en regardant le paysage, et puis faut bien le dire le mois passé a été usant, eh bien nous n’avançons pas. On doit s’arrêter au 8ème kilomètre environ sans espoir d’atteindre le graal. Tant pis et il y a des chanterelles dans le coin !

Jour 29 : retour 30 km Snif, Terre-Neuve c’est fini. On vous ment, on vous trompe ! C'est ça la vraie image de Terre-Neuve Nous faisons un petit tour jusqu’à Portugal Cove pour voir Bell Island que j'aurais bien aimé visiter (tant pis) avant de reprendre notre périple Saint John’s – Halifax – Montréal – Lyon. Un petit coup de stress à l’aéroport de Montréal, nous n’avons que 45 minutes de temps de latence. Et un vol sans histoire pour revenir en France.
BR Brandy ·
C'est simple : il y a des Québécois qui n'aiment que les Québécois francophones pure laine, c'est-à-dire originaire du Québec, et il y a des Canadiens anglophones qui n'aiment pas les Québécois. Le Québec est réellement à part au Canada, il faut bien comprendre ça...

Ce qui m'a surpris également, c'est que des Canadiens anglophones à plusieurs reprises nous disent que les Québecois parlent mal anglais et ne font pas d'effort. J'avais l'impression au contraire que les Québecois, et encore plus les jeunes Québecois, parlaient très bien anglais , en tout cas bien mieux que les Français et passaient aisément d'une langue à une autre. Serait-ce une impression fausse ? Ou une question de principe pour une partie des Québecois (ne pas parler anglais au Québec) ?

Les Québécois qui « parlent mal l’anglais ou ne font pas d’efforts » au moins s’essaient de parler anglais et de se faire comprendre contrairement aux anglophones qui ne tentent même pas un seul mot en français. Il faut savoir que, au Québec, l’anglais langue seconde est une matière obligatoire à l’école peu importe le niveau. Alors que dans les autres provinces l’apprentissage du français est optionnel au même titre que le chinois ou l’espagnol. Je suis québécoise et j’ai traversé le Canada à quelques reprises et je sais de quoi je parle.
FU FunTrip ·
Un grand merci pour ce récit plein d'humour de ton voyage à Terre-Neuve. Je compte les semaines avant mon départ en juillet prochain! A te lire, je devrais croiser icebergs et baleines...j'espère... mais aussi maringouins et pluie!... Je vais faire lire ce carnet de voyage à mes co-voyageurs, pour la plupart québécois!...😉 Par contre, je n'ai pas compris le jeu de mot dans le titre!!!
Cécile
SI Sindhind Regular ·
Le kebab, par définition, on ne devrait même pas en manger (quand on aime bien manger...).

Avis aux amateurs... on dirait que c'est le kebab votre spécialité....si pour vous cela se résume à ce qui peut se faire façon sandwich express américanisé...frites-ketchup....il y a erreur... pas de revers, perso, j'ai arrêté de manger de la viande....
SI Sindhind Regular ·
Super voyage !!! Nous étions allés à quelque encablures à St John's...nous avions aimé le lieu et les gens...super accueillants...merci pour ce partage !
AU Auk Regular ·
Oh mais moi je suis plutôt de votre avis ou neutre, je suis mal placé pour juger. J'ai juste été surpris de voir un certain ressentiment de la part d'anglophones (pas des Newfies mais plutôt de gens du continent) à propos des Québécois. Je suppose que l'origine du truc est plus large que la maîtrise ou non de l'anglais...
AU Auk Regular ·
Merci pour le message ! Pour le jeu de mot ou plutôt la blague dans le titre, ça ne mérite pas que je m'y appesantisse trop. Terra Nova c'est un think tank socialiste qui est à l'origine de pas mal d'idées des programmes du PS ces dernières années. Et voilà tout.

Mais le titre a eu un effet imprévu et marrant sur le référencement de mon carnet : vous tapez terre-neuve+socialiste dans n'importe quel moteur de recherche (mais qui irait faire ça à part moi ?) et vous tombez directement sur ce carnet. Ca y est, c'est la célébrité !

Pour les icebergs, si vous partez mi ou fin juillet, il est fort possible de ne pas en voir, l'année dernière étant exceptionnelle pour ses icebergs tardifs. Les baleines, j'aurais bien aimé mettre une vidéo prise depuis le b&b de Witless Bay (sud de St John's) mais elle est trop grosse. C'était la folie, on voyait des dizaines de baleines à l'horizon en train de "spouter", de s'ébattre, de taper de la queue. Vraiment impressionnant. Si vous n'en voyez pas cet été, je mange ma casquette (j'en ai pas, hein). La pluie, nous n'en avons pas tant eu que ça, je dirais 8 jours avec de la pluie sur 28 sur place. Et quasi systématiquement ces jours-là, une météo changeante qui nous a quand même permis d'en profiter. J'espère que vous aurez autant de chance !
JP Jparpour2bon Regular ·
Bonjour Sylvain,

Tout d'abord merci de nous faire découvrir Terre-Neuve. Les images sont parlantes et illustrent bien les ambiances. Il est dommage que pour certains sujets (plantes), vous n'ayez pas pris le parti de vous rapprocher plus, comme vous l'avez fait pour l'iris et l'orchidée, alors que rien ne l'empêchait à priori. Belle image d'un renne (celle en médaillon) en train de brouter sur fond de mer.

Sur la "curiosité géologique à Green Point où une sorte de millefeuille de pierre à servi à déterminer la limite entre deux ères géologiques (Cambrien et Ordovicien)" :

petite précision : étages géologiques (plutôt qu'ères géologiques). Je crois voir sur le côté droit de votre image, des figures sédimentaires qu'on a coutume d'appeler "flute cast". Ici, les couches sont redressées mais à l'époque du fond marin où ces sédiments ont été déposés, les courants ont formé des creux dans lesquels ensuite, des sédiments se sont accumulés pour constituer une couche plus récente. C'est la base de la couche plus récente qu'on voit ici, avec le moulage en plein, appelé "flute cast".

Ces figures renseignent sur la direction des courants marins à l'époque, il y a 500 millions d'années. Pour autant, les figures sédimentaires n'ont pas aidé à dater les terrains. La limite séparative entre le Cambrien et l'Ordovicien a très probablement été établie à partir de l'examen des fossiles contenus dans ces couches : trilobites, graptolites (*) et aussi microfossiles (ostracodes, conodontes, chitinozoaires). Ces groupes sont très utilisés en stratigraphie (pour dater des terrains sédimentaires) dans les étages concernés.

Pour les lecteurs qui vous suivent et qui ont prévu de se rendre à TN, pour peu qu'ils aient de la chance et à condition que les faunes soient bien conservées, ils se pourrait qu'ils trouvent des fragments, voire des bêtes entières.

(*) : De taille centimétrique à pluri-centimétrique, les trilobites et les graptolites sont parfaitement visibles et repérables à l'oeil nu.

Encore merci pour ce carnet.
BL Bleulargo ·
Tres beau récit, plein d’humour, de parti pris rigolos, et de détails intéressants. Si lis comme un roman policier, sans s’arreter .... chapeau et merci.
Le vieux sage a dit "L'homme jeune marche plus vite que l'ancien ... mais l'ancien connaît la route !"
AD Adore ·
Bonjour:

Un détail, je ne sais pas ce que les Québécois ont fait à leurs voisins anglophones mais j’ai senti à plusieurs reprises du ressentiment de la part d’Ontariens et de Néo-Ecossais vis-à-vis du Québec qui, je cite, voudrait toujours être traité à part, suivi d’un « Regardez au Nouveau-Brunswick, ça marche très bien le bilinguisme et la cohabitation. Les Québécois, ils ne veulent pas suivre ce modèle ».

Le Québec est en quelque sorte "un pays" dans un pays. Il y a donc le Québec et le ROC (Rest of Canada). Pour avoir une idée non biaisée du Québec, il ne faut pas trop se fier au ROC. Il vaut mieux venir le visiter. Oui, le Québec est différent du ROC. Je suis surpris du ressentiment exprimé par les anglophones que vous avez rencontrés, parce que ce sont eux, qui, en 1995 sont venus à Montréal en masse à la veille du référendum sur l'indépendance pour nous exprimer tout leur amour, nous implorant de ne pas les quitter... faisant fi de toutes les règles de dépenses qui avaient pourtant été bien établies... Ainsi, pour ceux et celles qui vous liront, qu'ils/qu'elles soient assuré(e)s qu'ils/elles seront bien reçu(e)s dans La Belle Province, que ce soit en français ou en anglais...

Et... quant à suivre l'exemple du Nouveau-Brunswick, c'est assurément non... car dans cette mer anglophone il serait plus tôt que tard que le français disparaîtrait du décor...

Bienvenue au Québec!
André Doré (Rivière-Rouge, QC)
NA Nanouk1966 ·
Il y a davantage de jeunes anglophones habiles et confortables dans les deux langues que de jeunes francophones. Déplorable mais c'est la réalité.

Je serais très intéressé de connaître vos sources pour affirmer une telle chose...

Le plus récent recensement (2016) indique toutefois le contraire... Ainsi, alors que 44,5% des Québécois sont bilingues, seulement 9,8% le sont chez les autres Canadiens (comprenant également le Nouveau-Brunswick qui est la 2e province la plus bilingue).

Source: http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2016/as-sa/98-200-x/2016009/98-200-x2016009-fra.cfm
AD Adore ·
Comme je l'ai mentionné aussi dans ma réponse... il ne faut pas se fier aux anglophones du reste du Canada (Rest of Canada (ROC)) pour donner des informations sur le Québec... Rien de mieux que de visiter le Québec... la Belle Province... pour s'en faire une idée par soi-même... :-)
André Doré (Rivière-Rouge, QC)
AD Adore ·
Vous écrivez: "ll y a davantage de jeunes anglophones habiles et confortables dans les deux langues que de jeunes francophones. Déplorable mais c'est la réalité.".. Faites-moi rire...!!! Incroyable...!!! Où vivez-vous? Que colportez-vous? Du Québec "bashing"...!!! Je souhaite que tous ceux qui voient ce genre de messages viennent vérifier par eux-mêmes... Vive le Québec...!!! Nous sommes différents et heureux de l'être...!!! À bientôt...!!!\
André Doré (Rivière-Rouge, QC)
TO Touvoir ·
Curieux! J'ai l'impression que c'est l'inverse. D'où tenez-vous ces statistiques pour mon information personnelle?
NI Nine05 Veteran ·
Merci Sylvain pour l'excellent récit.

Je suis en train de préparer un voyage à Terre-Neuve. J'espère qu'en tant que québécoise je serai bien reçue.😉 Au moins, en France où je suis allée à plusieurs reprises j'ai été très bien reçue.

Ce qui m'inquiète c'est la nourriture. D'après ce que j'ai lu de vos commentaire à part le poisson et les hamburgers il n'y a rien. Ce que j'aimerais savoir c'est comment sont les épiceries (marché d'alimentation). Pouviez-vous y trouver de quoi vous faire un lunch pour vos randonnées.

Merci de me répondre

Nine
AU Auk Regular ·
Bonjour Nine

Je crois que les Terres-neuviens sont ouverts à toute origine et très amicaux dans leur ensemble ! Par contre vos voisins de province ne vous tiennent pas dans leur cœur... (Et hop je remets une pièce dans le débat 😉) (il s'agit d'une blague hein)

Pour la nourriture, il y a des supermarchés dans toutes les "grandes" villes de l'île (Corner Brook, Stephenville, Gander, Lewisporte, Clarenville, etc) où vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour faire des piques-niques, y compris des salades fraîches déjà préparées et des produits importés d'Europe. D'ailleurs, j'ai honte, à un moment donné j'ai craqué, j'ai acheté du jambon italien et du fromage espagnol. Et la jeune d'un b&b quand elle nous a vu manger le truc nous a sorti "it's disgusting, it stinks" ; c'était un mancego sans goût et sans odeur... Ailleurs, dans les plus petits patelins (Fogo, Twilingate, Cow Head, Rocky Harbour, Burgeo par exemple), il y a des supérettes, souvent des foodlands, avec charcuterie, fromage et autres. Pas forcément beaucoup de choix et pas de la qualité mais on a fait avec.

Pour les restos, je pense que dans un certain nombre de lieux, vous aurez plus de choix que hamburger-friture : St John's bien entendu mais aussi Twillingate, Corner Brook, la péninsule de Bonavista. Dans les lieux moins touristiques et/ou isolés par contre, là il y a peu de choix, parfois un seul resto, toutes les cartes se ressemblent avec fish & chips, hamburgers, chowders. J'ai aussi été déçu des restos de Gros Morne, j'espérais dans un coin touristique plus de choix mais non au final, on est resté sur du basique. C'est aussi possible que nous n'ayons pas eu de chance dans certains cas. Voilà pour l'état des lieux culinaire de Terre-Neuve
NI Nine05 Veteran ·
Merci Sylvain,

D'après ce que je peux constater ce n'est pas l'endroit où l'on peut trouver des Steak House et des Pizzeria.

Merci Nine
BR Brandy ·
Merci Sylvain,

D'après ce que je peux constater ce n'est pas l'endroit où l'on peut trouver des Steak House et des Pizzeria.

Merci Nine

Pas vraiment, mais leurs fish’n chips accompagnés d’une de leurs bières locales, par exemple la Iceberg de la Brasserie Quidi Vidi valent le détour.
NI Nine05 Veteran ·
Merci Monique.

Mais manger du poisson à tous les jours m'interpellent.

Bonne journée Nine
BR Brandy ·
À St-John, surtout sur la St-Georges, il y a des pubs avec cuisine d’inspIration irlandaise, très potable. Pour nous, en camping, nous faisions la bouffe au véhicule.

Une information pour ceux qui voyagent en VR, Terre-Neuve est le paradis du boondocking, ou camping furtif. Rares sont les endroits où il y a interdiction de passer la nuit.

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