Eswatini, en traversant le petit royaume

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JE
C'est un petit pays enclavé au cœur de l'Afrique australe, coincé entre l'Afrique du sud et le Mozambique. Et si ce nom d' Eswatini ne vous évoque rien, sachez que son appellation ancienne est bien plus connue … Swaziland mais c'était avant 2018, avant que le Roi du pays ne décide de nommer son territoire en langue locale. Car une des particularités de ce pays, pardon de ce royaume, est d'être la dernière monarchie absolue du continent africain. Lorsqu'on voyage en Afrique du Sud, du Sud au Nord, la traversée de l'eSwatini s'avère le plus court chemin entre les réserves animalières de Huluwe et celles de la région du célèbre parc Kruger. Je vous invite donc avec ce récit à la découverte (enfin à un aperçu) de ce petit royaume, le road trip vous fera traverser les paysages vallonnés et verdoyants de cet original eSwatini.

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Avant de débuter notre périple à travers l'eSwatini, du Sud au Nord, faut-il encore y pénétrer. Place à la séquence formalités.



Nous voici au poste frontière de Lavumisa, enfin pour l'instant nous attendons devant les grilles et les murs hérissés de fils de fer barbelés. Même si le pays est petit par son étendue, environ 200 kilomètres sur 130 de large et sa population modeste avec seulement 1,5 millions d'habitants … modeste étant bien le terme car la pauvreté y sévit à grande échelle ! eh bien, on le constate, ce poste douanier a tout d'une grande nation avec des bâtiments aux imposantes dimensions. Une succession de hangars, de halls et de bureaux qui paraissent quelque peu démesurés en rapport au nombre de personnes qui passent ce matin cette frontière. Nous sommes à bord d'un minibus pour ce voyage mais il nous faut mettre pieds à terre, la réglementation locale nous oblige à passer la frontière individuellement et en marchant.



Presque une petite randonnée entre une chicane formée par des grillages puis ensuite avec la traversée d'un parking et d'une cour avant de pénétrer dans un immense hall agréablement climatisé. Là, les employés attendent les passants. Présentation des passeports puis traditionnels coups de tampon, à la va vite ! Pour les formalités, c'en est donc terminé car il me faut préciser que je n'ai pas souvenir d'un quelconque contrôle de nos bagages qui eux étaient restés tranquillement à bord de notre véhicule …



A l'opposé des bureaux, sur une table trône un distributeur, il met à la disposition des visiteurs un cadeau de bienvenue dans le royaume. Mais de quoi s'agit-il ? En fait, c'est un distributeur de préservatifs et en plus il y a le choix entre deux modèles. Cela pourrait prêter à sourire mais finalement l'initiative des autorités locales est bien pensée. Car il faut savoir que dans ce territoire (comme d'ailleurs dans plusieurs autres du continent africain), un inquiétant fléau sévit, le Sida ! Au plus fort de l'épidémie il y aurait eu, paraît-il, plus d'un quart de séropositifs parmi la population locale, la plus forte prévalence au monde. Des chiffres alarmants qui ont donc motivé cette distribution gratuite … jusqu'aux portes du pays. Une dernière précision, d'après les statistiques la situation se serait améliorée, on ne peut que s'en réjouir.

A nous maintenant la découverte du royaume de l'eSwatini. Juste après la frontière, le premier bâtiment officiel couleur locale est ce simple bureau de poste.



Passé le bourg, nous cheminons sur une longue route droite. De part et d'autre, place à une savane desséchée parsemée d'arbustes et d’acacias, elle s'étend à perte de vue sur une région sans relief. Pour être franc, ce sud du territoire n'est pas vraiment la plus belle région de ce pays. Ça et là, il y a bien quelques habitations. De simples cases, quelques lopins de terre arides et quelques animaux, chèvres et vaches, toutes aussi maigres les unes que les autres.



On l'imagine, c'est une vie de misère que vivent ces rares habitants. Dès que l'on s'arrête sur le bord de la route, femmes et enfants viennent à notre rencontre … pour nous dire bonjour certes, mais surtout pour quémander quelques objets ou un peu de monnaie … cela peut paraître un peu agaçant mais ne serait-on pas tenter de faire pareil si nous étions à leur place ?

Après une soixantaine de kilomètres parcourus sur cette très rectiligne nationale MR8, notre seconde halte est une pause restauration au bourg de Nsoko. Le Nisela Coffee shop est un établissement à l'hygiène plutôt rassurante … ce qui malheureusement ne semble pas toujours le cas des quelques « cantines » de villages. Une fois rassasié (repas simple mais correct) et en attendant la poursuite du trajet, on profite de ces quelques instants de repos … pas en piquant une courte sieste à l'ombre des épineux mais pour faire une petite balade digestive.





Au Nisela, se trouve un parc avec quelques animaux « sauvages » dans des enclos sécurisés, à l'image de ce zèbre à l’œil vitreux. C'est une invitation à en découvrir un peu plus car le Nisela est aussi un lieu de départ pour des safaris animaliers. Ainsi, comme en Afrique du Sud, le Swaziland, pardon l'eSwatini, est un territoire où l'on peut observer une grande partie de la faune sauvage de l'Afrique australe. Mais les réserves locales sont moins renommées que celles de la région du célèbre Parc Kruger … notre destination, au-delà des terres de l'eSwatini.

A propos des animaux du pays, j'ai bien aimé la vue d'un dessin au style naïf d'un artiste local. Le dessin représentait la faune animalière de ces contrées avec des animaux sauvages et aussi des animaux domestiques … Je m'en suis inspiré pour réaliser le dessin, à ma manière et sans prétention, présenté ci-dessous.



Nous avons repris la route et peu à peu le paysage change catégoriquement d'aspect. Il en est fini des étendues de savanes brûlées par le soleil, place maintenant à des plaines cultivées. Ici, c'est le royaume de la canne à sucre. Des hectares et des hectares de champs de cannes qui ondulent au gré des vents, la proximité avec ce cours d'eau n'est sans doute pas étrangère à la fertilité de ces terres.



Qui dit champs de cannes à sucre … dit évidement présence dans cette région d'une imposante distillerie avec son corollaire, les nombreuses charrettes et/ou camions chargés de cannes fraîchement coupées. Ils se dirigent tous vers la grande distillerie. L'image paraît sympathique et très couleur locale … sauf si, sur la route, on suit de tels chargements. Vous vous en doutez, ils roulent à petite vitesse, tout en vous masquant la vue. Grrr !



Une autre usine avec sa haute silhouette de cathédrale industrielle ne passe pas inaperçue dans cette région de plaine agricole. En grandes lettres, le mot «Farm Chemicals » apparaît à la base de la tour. Ici, on fabrique en grand volume des engrais, des herbicides et j'en passe … indispensables produits vous dises les cultivateurs pour rentabiliser la production, certes, mais tout ça n'est sûrement pas très naturel … bref, c'est un autre thème et pas vraiment le sujet principal de ce récit.



Poursuivons notre route. Une voie jalonnée de hameaux et de petits commerces. A les observer les uns après les autres, on ne peut pas dire qu'ils donnent l'impression de baigner dans l'opulence. Quelques produits étalés dans des constructions cubiques colorées à grand renfort de teintes vives, histoire d'égayer la simplicité ou plutôt une certaine misère.



Nous sommes pourtant en pleine après-midi mais peu à peu la luminosité décline comme si le crépuscule approchait. Quant au ciel, d'énormes nuages sombres l'encombrent … la suite ? Facile de la deviner. Un déluge s'est abattu sur le secteur.



Des trombes d'eau, des coulées de boue qui longent la route et par endroits qui même la traversent. Et des essuie-glaces qui ne parviennent plus à assurer une bonne visibilité. J'aurais été au volant, je pense que je me serais arrêté dans l'attente d'une éclaircie mais notre chauffeur de continuer à rouler tant bien que mal … on lui a fait confiance presque les yeux fermés car même ouverts, on ne voyait plus rien ! enfin si, à travers la vitre inondée de pluie j'ai cru voir une fantomatique voiture, le fait d'être rouge a certainement aidé à la distinguer.



On continue donc de rouler, à vitesse réduite mais on avance toujours sur une route lessivée qui progressivement s'élève. Une succession de lacets parmi des collines et l'on se retrouve à présent sur les hauteurs.

C'est bien connu, après la pluie place aux rayons de soleil, encore timides alors que nous parvenons dans les faubourgs de Manzini. La ville, une des plus importantes de l'eSwatini de part sa population (environ 78 000 habitants) est aussi et surtout une cité active sur le plan commercial. Pendant la période coloniale britannique dans les années 1890, la ville abritait même le quartier général des administrations avant de céder son statue de capitale à la ville de Mbabane (on y passera un peu plus tard).



Et comme on peut le constater sur cette photo, quelques belles maisons sont bâties sur ces collines en périphérie de l'agglomération. Un aspect bien différent des masures et des huttes observées auparavant dans la lointaine campagne. Ici, on l'imagine, vivent quelques membres des classes sociales parmi les plus favorisées du pays, entre élites et privilégiés.



Passons le centre ville, ses boutiques, ses centres commerciaux et ses carrefours … pour longer encore des parkings et des hangars. Là, par exemple, voici une concession automobile où l'on vend des « Cars from Japan », rien de bien original me direz-vous … sauf si l'on précise que toutes les voitures vendues ici sont des occasions qui ont déjà de nombreux kilomètres au compteur !



Les prix de ces voitures importées et « recyclées » sont plus abordables pour la population locale (enfin pour ceux qui en ont les moyens !). Au Japon, la tendance et la réglementation obligent les propriétaires à renouveler très régulièrement leur véhicule. Ainsi pour ces voitures japonaises, c'est une nouvelle vie qui leur est offerte à rouler sur les routes de l'eSwatini.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE
Sorti de l'agglomération, à nouveau des paysages vallonnés et cultivés s'étendent à perte de vue. Ce décor défile sous nos yeux, mon regard restant à l'affût d'un angle ou de détails photogéniques, je ne change pas.



Pas mal le graphisme de ces terres agricoles avec cet aspect en immenses « V » mais un V renversé. Joli aussi, le cocktail formé par une averse alliée aux rayons du soleil, un grand arc en ciel enjambe à présent le paysage … histoire de ne pas oublier que la renommée Nation arc en ciel, l'Afrique du Sud, est à proximité.



Une nouvelle halte sur notre trajet à travers le pays nous fait découvrir un intéressant savoir-faire local. « Swazi Candles » où nous nous arrêtons est une fabrique de bougies pour le moins originales. Les artisans qui œuvrent dans ses ateliers sont en fait de de vrais artistes. On est admiratif en observant la dextérité et le talent de ces artistes qui façonnent et sculptent, en quelques tours de mains aussi précis et que rapides, des bougies aux silhouettes animales.





Les bougies aux teintes vives en forme d'éléphants sont particulièrement en vedette sur les étalages mais bien d'autres animaux de la faune sauvage africaine sont également proposés aux visiteurs. L'originalité et la qualité de ces réalisations ont fait le succès de l'entreprise, crée en 1982 elle emploie actuellement quarante cinq swatiniens et exporte ses bougies dans une vingtaine de pays, une réussite méritée. Avec une telle appréciation, vous l'avez sans doute compris, j'ai ramené quelques bougies décoratives, des souvenirs insolites de ce petit pays.



On peut poursuivre ses emplettes d'objets souvenirs à l'extérieur de l'atelier, surplace il y a un marché artisanal très couleur locale où flottent quelques drapeaux, justement, aux couleurs locales. Des bandes colorées, bleue, jaune rouge et au centre le dessin d'un bouclier zoulou en peau de bœuf avec des sagaies traditionnelles. Les Swazis, principale ethnie du pays est proche culturellement de celle des Zoulous, ce qui explique ces représentations sur le drapeau de l'eSwatini.

J'évoquais en titre le royaume que constitue ce petit pays d'Afrique australe. Parlons-en à présent de cette monarchie et de sa majesté, Mswati III, roi de l'Eswatini. Le roi est partout dans le pays, pas toujours en chair et os mais le plus souvent en photos !



Incontournables photos placées en évidence dans tous les bâtiments officiels et administratifs, on le conçoit naturellement mais elles sont aussi apposées dans les hôtels, restaurants et boutiques … donc vraiment partout ! Un Roi souriant en tenue traditionnelle swazie toujours présenté avec à ses côtés le portrait de la Reine … pas une de ses nombreuses épouses mais la Reine mère, si importante et respectée dans la tradition royale du pays.

L'eSwatini, ancienne colonie britannique devenue indépendant en 1968 est donc une monarchie et même une monarchie absolue. En quelques mots cela signifie que la famille royale impose son autorité sur toutes les décisions concernant le territoire : de la nomination des ministres et des parlementaires à celle des juges et autres chefs de l'ensemble des administrations. Et comme on l'imagine, le train de vie du monarque est à l'opposé de celui de son « bon peuple » dont il faut préciser que les deux tiers des swatiniens vivent sous le seuil de pauvreté. Des privilèges sans limites et de fastueuses décorations pour parer le palais présidentiel. Ajoutons pour terminer que chaque épouse de sa majesté le roi bénéficie (tout en étant soumise) de nombreux privilèges : à chacune une résidence luxueuse, des voitures haut de gamme et pour les enfants, des cours dispensés en privé … Dernière précision, les épouses du roi sont au nombre de … 14 ou peut-être bientôt plus car régulièrement lors de la grande Fêtes des Roseaux du mois d'août, le roi se plaît à choisir une nouvelle épouse parmi les jeunes vierges qui dansent, seins nus, pour son bon plaisir.

Mais cette tradition à été mise à mal … lorsque que la désignée d'office 14 épouse du roi, la jeune Tintswalo N., alors âgée de 15 ans, a refusé le choix du monarque. Obligée de fuir le pays vers la Grande Bretagne avec la complicité de sa tante, elle avait confié à la presse britannique : « Je n’avais pas le choix. Personne ne s’est jamais opposé au roi, donc j’ai simplement disparu ».

Notre trajet nous fait passer maintenant par la vallée royale de l'Ezulwini en traversant la localité de Lobamba, la capitale du royaume. Le palais royal est dans les environs, quant au parlement de l'Eswatini, il est juste là, sur la droite de route.



Un parlement ? Avec des députés représentants les différentes régions du pays ? Mais serait-on alors dans une démocratie parlementaire ? Pas vraiment car l'on apprend que les candidats à la députation sont choisis par le roi et qu'il n'y a pas de parti politique dans ce pays ni aucun mouvement d'opposition légalement autorisé … en effet, l'eSwatini est bien une monarchie absolue et même la dernière de tout le continent africain !

Ces étonnantes coutumes d'un autre temps, ce train de vie dispendieux de la famille royale incite le voyageur curieux à essayer d'en savoir un peu plus : qu'en pense vraiment la population du pays ? De l'interrogation à la conversation avec des habitants du royaume. Je me souviens d'avoir tenté d'aborder le sujet en échangeant avec une habitante du pays … c'était dans un petit établissement où comme partout les photos du roi et de la reine mère étaient bien évidence au-dessus de la réception. L'employée, large sourire aux lèvres et à bien l'écoute, était dans une attitude idéale pour débuter un échange. Une première allusion banale concernant l'âge du roi (51 ans) et la date de son accession au trône ( 1986). Mais ensuite en abordant le train de vie de la famille royale, sa fortune et les retombées pour le quotidien du bon peuple eswatinien ... là, le visage de mon interlocutrice de se figer subitement ! Un léger soupir en guise de début de réponse … puis un silence, à cet instant on s'attend à entendre quelques critiques à l'égard de la situation, mais non … le regard se baisse tout en observant autour d'elle, y aurait-il une personne susceptible d'entendre la conversation ? Car dans ce royaume, il est particulièrement mal venu d'émettre une quelconque critique à l'égard du roi et de sa famille. Vous l'avez compris, l'échange s'arrêtera là. Mon but n'étant pas, bien sûr, de mettre en difficulté cette sympathique employée ...

Notre route nous fait traverser à présent un quartier qui semble faire le bonheur des promoteurs immobiliers, çà et là, d'imposants bâtiments sont en construction. Des immeubles de bureaux ou des hôtels ? En comparaison avec la pauvreté du reste du pays, ce dynamisme immobilier ne passe pas inaperçu tout en intrigant quelque peu. Maintenant nous longeons sur la gauche une imposante bâtisse qui se voudrait pourtant discrète. Un panneau indique l'interdiction de photographier cette façade ! La célèbre bannière étoilée des states flotte au vent, il s'agit donc de l'ambassade des États-Unis. Ses dimensions semblent démesurées pour un tel petit. Imaginez, les bâtiments et le terrain de cette représentation diplomatique s'étendraient sur une surface avoisinant la taille de 5 stades. D'ailleurs, au moment de la construction de cette nouvelle ambassade américaine, la presse sud africaine avait évoqué dans ses colonnes les étonnantes dimensions de cette mystérieuse ambassade ... Et les hypothèses et les rumeurs d'aller bon train. Ces immenses bureaux abriteraient-ils des services secrets à l'écoute de toute l'Afrique australe ? Ou encore, y aurait-il quelques intérêts économiques à exploiter un sous-sol riche de … ? De toute façon, on se doute qu'un tel investissement de l'administration américaine dans un si petit eSwatini est synonyme d'espoir de retours sur investissements. Fin de la parenthèse.



Une quinzaine de kilomètres parcourus sur la route MR3 et on parvient en vue de Mbabane, la capitale administrative du pays. Elle apparaît comme une capitale située presque à la campagne ou comme une ville étirée entre collines et vallée. Une agglomération de plus de 60 000 habitants bâtie à quelque 700 mètres d'altitude. Le climat y est plus tempéré que dans les plaines de la brousse et la végétation bien plus verdoyante, on y trouve également quelques arbres fleuris, des jacarandas parés de fleurs aux jolies teintes bleutées.



La fin de journée approche, notre halte se fera pour la nuit dans un hôtel au confort standardisé.

Seconde journée du périple. Au fur et à mesure que l'on progresse, la route serpente dans une vallée plus vaste où le panorama s'élargit.



L'habitat sur les versants se fait plus modeste qu'en ville, on pouvait s'en douter. Quelques cases à l'aspect disparate : ton terre pour les unes, finition parpaings pour une autre, une seule a ici l'honneur d'être peinte, en bleu.



En route on croise à présent des écoliers, sacs à dos sur les épaules, de toute évidence, ils sont en chemin vers l'école.



Le moment pour nous de faire une nouvelle halte sur un parking donnant sur cet amas de sacs. Quelle idée pensez-vous peut-être ? La photo évoque un tas de déchets !



En effet, il s'agit d'un dépôt de verre … du verre en attente de recyclage et de transformation en objets d'art. Nous sommes aux ateliers de la Ngwenya Glass Factory où l'on passe sans transition de la vue des amoncellements de verres brisés aux objets façonnés avec talent par des artistes verriers.





Superbes ces réalisations, verres, vases et bibelots où les animaux de la faune sont bien représentés. Très artistiques et esthétiques ces éléphants, ces zèbres et autres sympathiques manchots du Cap … faits tout en verre. Dans les vitrines, sur les présentoirs et sur les tables, les objets sont en nombre, tout en transparence, ils brillent de mille éclats sous les spots lumineux. Et pour les visiteurs captivés par ces œuvres, attention aux mouvements, histoire de ne pas se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine … même si c'est du verre, c'est tout aussi fragile !

La création de cette fabrique date de 1979 avec l'aide d'une association suédoise mais depuis l'année 1985 la fabrique est aux mains d'eSwatiniens. Des mains expertes et des ouvriers qui on aussi du souffle. Au cœur de l'atelier, une galerie en surplomb permet de voir les ouvriers (des artistes!) au travail et de suivre le cheminement des pièces depuis les fours jusqu'au polissage en passant bien sûr par le travail des souffleurs.



Les œuvres réalisées s'exportent au-delà des frontières du petit pays jusqu'en Amérique nous affirme-t-on. Une belle réussite cette fabrique d'art : 100 % de verre recyclé, du travail pour la population locale et de belles créations artistiques, bravo !
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE
Cette région du Hhohho, dans le nord ouest du territoire, est la plus haute de tout l'Eswatini avec un joli relief montagneux et des sommets avoisinants les 1900 mètres d'altitude. Aussi, on n'est pas étonné que le tracé de la route traversant ce massif s'élève au gré de virages et de lacets successifs.



Ici, les versants sont recouverts de pâturages et d'herbes grasses propices à l'élevage de bovins. Puis passé le col, le paysage change encore d'aspect et nous offre des panoramas parsemés de lopins de terres cultivées, une terre rouge qui contraste avec le vert de la végétation alentour.



En montagne, les séquences d'un parcours s'avèrent toujours une succession de montées puis de descentes, de vues presque aériennes et de panoramas de fond de vallées.



La vallée en cette région est celle tracée par les eaux de la rivière Komati. Un cours d'eau dompté et maîtrisé ensuite par les hommes afin de réguler son débit et de créer également une retenue d'eau. un barrage a donc été construit dans ce secteur, le Maguga.

Et que fait le tracé de la route après le passage sur le pont enjambant cette rivière ? Elle s'élève à nouveau vers les hauteurs. Sur le bord de la route, un belvédère idéalement situé nous incite à l'arrêt, le temps d'admirer ce panorama à 180° sur tout les environs. Une barrière montagneuse à l'horizon et plus proche de nous, en contrebas, un bel ensemble de parcelles agricoles parsemées çà et là de huttes et de quelques habitations traditionnelles.



Il est souriant mais aussi absorbé par son travail créatif. Lui, c'est ce sculpteur de silhouettes d'animaux de la faune sauvage. Ces réalisations aux attitudes expressives témoignent d'un vrai talent … même s'il ne fait pas partie des artistes de renom, ce sculpteur de bord de route a bien choisi son lieu de travail et de vente. Ce belvédère au panorama grandiose est une halte presque incontournable pour les voyageurs qui empruntent cette route de moyenne montagne.



Nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres de la frontière nord du pays mais l'eSwatini nous réserve encore un autre aspect de son territoire. Après la savane brûlée par le soleil, les verts paysages aux doux vallons et les crêtes rocheuses … voici maintenant que notre itinéraire nous fait traverser d'immenses forêts de conifères.





Des forêts exploitées, c'est à dire des étendues d'arbres sur pied (et tronc) et des amoncellements de billes de bois coupés qui vont de paire avec la présence de scieries. Le travail et le commerce du bois, une autre ressource pour ce pays quelque peu déshérité.



L'exSwaziland est parfois appelé la « petite Suisse africaine » avec ses contrées de collines et de montagnes et son climat d'une Afrique presque tempérée … une ressemblance avec la Suisse ? Pourquoi pas, mais sans la neige et les glaciers sur les versants montagneux et sans également les téléphériques ni les pistes de ski ! Au total, cela fait quand même beaucoup de différences.



Une dernière plaine traversée et la frontière se profile au bout de la route. Nous voici tout au Nord du pays, au Poste frontière de Matsamo ; au-delà des barrières, nous allons retrouver les terres de l'Afrique du Sud. Mais comme souvent en Afrique, on ne se quitte pas sans quelques notes de musique avec des chants et des danses traditionnelles.

A quelques pas du bureau de la douane et après les incontournables coups de tampons attestant du contrôle de nos passeports, soit-dit en passant, par un douanier à l'air bien détaché … nous voici au cœur d'un village coutumier swazi. Un hameau, bien aménagé dans une aire ombragée, autour de quelques huttes. En tenue de fête, un groupe de chanteurs et de danseurs semblent prêts à assurer le spectacle. Une troupe d'artistes qui porte à peu près le même nom que le lieu : Matsamo Cultural Group.



On s'attend au début à une commune représentation folklorique mais l'ambiance et la qualité du récital ont vite fait de nous enchanter. D'abord, il y a le rythme répétitif des tambours, parfait pour commencer à vous envoûter puis le timbre des voix, solos et chants chorals s'enchaînent. Quelle superbe harmonie et quel moment d'émotion musicale !





On écoute captivés tout en observant tous ces visages emprunts de gravité mais aussi de gaité, à la fois décontractés mais si appliqués à donner le meilleur afin de nous faire partager un peu de leur culture.



Et puis, je me souviens aussi de ces danses cadencées et de ce jeu de « jambes en l'air » particulièrement exécuté. Une sorte de French Cancan … à la mode africaine !





Bravo aux membres du Matsamo Group pour leur talent, est-il besoin d'ajouter que nous avons spécialement apprécié cette représentation.



Inscrits en grandes lettres sur une pancarte quelques mots de remerciements sont adressés aux visiteurs quittant l'eSwatini on aurait presque envie d'en faire autant, ce road trip en terre eswatinienne fût une intéressante découverte, merci.

A l'instant, nous venons de passer la frontière, l'eSwatini est déjà pour nous un souvenir alors que le périple continue, mais en Afrique du Sud.

Jean SM – eSwatini –

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En complément du texte et photos du récit, une carte de l'eSwatini (exSwaziland) avec le trajet de notre itinéraire.



Et puis ce dessin, encre et aquarelle, que j'ai réalisé au retour, inspiré d'une illustration de la campagne du pays vue en décoration dans un restaurant local. Je l'ai reproduit avec quelques modifications, donc à ma manière … un autre souvenir pour compléter ma collection de photos.

Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
KA
Une bien jolie découverte et une balade bucolique dans ce micro-pays dont j'ignorais totalement la nouvelle dénomination !!! Comme toujours, le texte est superbement accompagné par des photos "nickel" (ou l'inverse!). L'Eswatini illustre parfaitement l'énorme chemin restant à parcourir pour que des bouffons comme ce roi, ne pillent plus le travail de leur peuple et du pays …."mais cela est une autre histoire"…. Bravo pour l'aquarelle-reproduction !
Quelques images sur https://www.flickr.com/photos/jean37/albums
VO
Jemaflor, l'homme qui découvre sur une carte le Swaziland, ce petit pays que les touristes se contentent de traverser d'un coin d'Afrique du Sud à un autre. Le temps qu'il s'y rende, c'est devenu l'Eswatini et, sous le regard de l'intrépide, un bien joli et attachant pays.
JE
Merci JL pour ce sympathique message.

Au départ cette traversée de l'eSwatini débute comme un simple trajet entre deux safaris animaliers et puis en cheminant à travers cet original petit pays, on se prend au jeu de la découverte, de l'intérêt pour ses particularités, paysages et statut de royaume ... et voilà avec les photos de quoi en faire un récit illustré à partager sur VF.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE
Merci Jean pour la visite virtuelle et l'appréciation ... c'est sympa. Donc le Swaziland a changé de nom pour devenir l'eSwatini, cela fait plus original. On en apprend souvent en parcourant les récits de voyage, au-delà de la simple distraction/évasion.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
MO
Bonjour Jean Merci pour ce petit aperçu de ce petit pays que j'ai eu également l'occasion de traverser ( 3 nuits) lors de mon voyage en afs en 2015, à l'époque Swaziland ... J'y avais découvert le MKHAYA Park, sanctuaire des rhinocéros ( blancs et noirs) où nous avons vécus des émotions fortes ... J'avais apprécié la quiétude de cette enclave, la gentillesse des habitants lors d'une soirée à Manzini. Très peu de blancs, et l'ambiance s'en ressentait ... J'avais surtout eu la chance d'assister au démarrage de la fête du royaume ( et surtout du roi) dans son palais d'hiver , où nous avions passé la journée au milieu des différentes "tribus" du pays .... Un grand moment !!!



"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux." Marcel Proust
MI
Bonjour Jean,

Il y a quelque temps j'avais recherché sur le site du MEAE des renseignements sur l'Espagne. Je tape les deux premières lettres: "ES" et le site me propose: Espagne, Estonie et ... Eswatini. Quèsaco? Je m'aperçois en consultant la carte, qu'il s'agit de ce petit pays enclavé d'Afrique australe qui a changé de nom pour faire plus "authentique", j'imagine. Je suppose aussi que les Swatiniens (?) seront désormais, de ce fait, plus heureux et plus prospères! [;)]

Ce que j'apprécie dans ton carnet, c'est que pour une fois on n'est pas saturé par cette sorte d'Arche de Noé qu'on assène à longueur de carnets sur l'Afrique australe, sinon l'heureuse exception de ton joli dessin. Au contraire tu nous montres la vie locale: il y a des femmes et des hommes dans ton carnet.

Merci de nous avoir fait découvrir ce pays! [:)]

Cordialement

Michel
JE
Bonjour Jean,

Il y a quelque temps j'avais recherché sur le site du MEAE des renseignements sur l'Espagne. Je tape les deux premières lettres: "ES" et le site me propose: Espagne, Estonie et ... Eswatini. Quèsaco? Je m'aperçois en consultant la carte, qu'il s'agit de ce petit pays enclavé d'Afrique australe qui a changé de nom pour faire plus "authentique", j'imagine. Je suppose aussi que les Swatiniens (?) seront désormais, de ce fait, plus heureux et plus prospères! [;)]

Ce que j'apprécie dans ton carnet, c'est que pour une fois on n'est pas saturé par cette sorte d'Arche de Noé qu'on assène à longueur de carnets sur l'Afrique australe, sinon l'heureuse exception de ton joli dessin. Au contraire tu nous montres la vie locale: il y a des femmes et des hommes dans ton carnet.

Merci de nous avoir fait découvrir ce pays! [:)]

Cordialement

Michel

Salut Michel,

Merci pour ce message. En ce qui concerne ce que tu supposes ou espères, à savoir une population de l'eSwatini plus heureuse ... c'est vraiment loin d'être gagné avec ce régime et ce roi qui privilégie d'abord son entourage ! Tu m'as fait sourire avec ta phrase concernant la sorte d'Arche de Noé commune à chaque récit de voyage en Afrique australe ... bon, l'observation des animaux est quand même un atout et un intérêt de la destination. Et puis, sur un de mes prochains récits sans doute mis en ligne pendant l'été on y verra (encore dirais-tu !), une série d'animaux du Pays Zoulou ... le récit est déjà rédigé et illustré mais rassure toi, j'y évoque (un peu) la population locale.

Jean
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
MI
c'est vraiment loin d'être gagné avec ce régime et ce roi qui privilégie d'abord son entourage !

C'est bien ce que je supposais!

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