Bonjour à tous,
Il est tout frais, il est tout chaud, le dernier carnet volcanique de la famille Lefèvre!
A peine retardé par le nuage de cendres islandais...
Pour le récit en photos, cliquez ici : sibellelaterre.
Bonne lecture!
Marie
Texte seul:
LANZAROTE AVRIL 2010
Présentation
Ceux qui nous connaissent le savent bien : nous aimons les cailloux et les volcans!
Il y a quelques années, Ténérife nous avait très agréablement surpris et l'envie de découvrir une autre de ces îles canariennes nous titillait depuis longtemps.
Pourquoi Lanzarote en particulier? Sans doute en grande partie à cause de l'influence de César Manrique (1919-1992) architecte et artiste dont les exigences esthétiques ont empêché (enfin...presque) le bétonnage outrancier trop souvent présent sur les autres îles.
En préparant ce voyage, il me semblait que la nature volcanique si fragile de Lanzarote était relativement préservée.
J'étais impatiente de découvrir en marchant ses paysages volcaniques mais aussi ses petits villages soignés. Curieuse aussi de comprendre comment des hommes avaient pu vivre sur cette île sans eau douce jusqu'à la construction de la première centrale de dessalinisation de l'eau de mer au début des années 60.
Bien que située à la latitude du Maroc, à 140 km de ses côtes, Lanzarote est relativement tempérée, du fait de la présence du courant froid des Canaries et des alizés de NE. L'eau y est toute l'année aux environs de 20°C et en avril les températures y sont idéales (20 à 25°C)
Après avoir un peu hésité avec Fuerteventura, j'optai définitivement pour Lanzarote après avoir lu que les panneaux publicitaires y étaient totalement absents, reflet d'un sens de l'esthétique prometteur!
Nous n'avons pas été déçus!
Le voyage (samedi 10 avril)
Nous arrivons en milieu de journée à l'aéroport de Frankfurt Hahn, sans doute une ancienne base aérienne militaire américaine recyclée en aéroport tout petit mais très pratique.
Le temps passe vite en salle d'embarquement : des agents de Ryanair soupèsent systématiquement chaque bagage-cabine et en cas de doute sur le poids, direction la balance puis le terminal carte bleue (20 £/kg supplémentaire!!). Le volume des bagages est aussi contrôlé. On est dans les clous!
Du coup on observe le manège avec un amusement narquois, c'est pö gentil!
Vol sans histoire agrémenté de sandwiches-maison au cours duquel nous reconnaissons le Pays-Basque et les Pyrénées, puis c'est la Grande Bleue...
Environ 1000 km plus loin (soit après 3h45 de vol en tout) Lanzarote est en vue: nous reconnaissons l'île de la Graciosa, située au nord de Lanzarote et aussitôt le caractère volcanique de l'île nous saute aux yeux : elle est formée d'une juxtaposition de petits volcans aux formes parfaites, tels qu'en dessineraient des enfants. C'est un camaïeux d'ocres, terre de sienne, gris et noirs égayés de villages blancs pimpants éclatants sous le soleil de fin d'après-midi.
Atterrissage au bord de la mer, récupération des bagages en un clin d'oeil (vive les petits aéroports), récupération de la voiture, un beau Nissan Pathfinder tout rouge, puis premiers km sur l'île.
Une fois quittés les abords de l'aéroport et la côte est, c'est bien simple : TOUT est beau.
Nous restons toutefois concentrés sur les indications données par Zanna, propriétaire de la Finca Amatista, située près de la Vegueta, grosso modo au centre de l'île.
Nous y parvenons en moins de 30 mn. Il faut dire que l'île n'est pas bien grande : 60 km de long et pas plus de 30 de large.
De cet endroit où nous prévoyons de rester une semaine, nous allons pouvoir facilement rayonner pour des virées à la journée.
Je jubile en approchant de la maison : le jardin est magnifique, les alentours... volcaniques avec plein de beaux volcans tous azimuts. J'adore.
Nous sommes chaleureusement accueillis par Zanna et ses 2 chiens que nous allons aussitôt adopter!
Nous posons nos affaires dans notre appartement (la maison est composée de plusieurs appart' mais agencée de telle sorte que chacun garde son intimité) puis filons au « supermarket » de Tiagua, à quelques km pour y faire notre ravitaillement.
Comme espéré, la semaine de vacances s'annonce simple et reposante...
Dimanche 11 avril
Sur les conseils de Zanna, nous allons de bon matin faire un tour au petit marché de la Mancha Blanca où une dizaine de marchands vendent leurs produits du terroir. On a beau être sur une île, les prix sont vraiment très raisonnables et les produits bien appétissants!
Alors que nous quittons le marché, un bus de touriste arrive et simultanément la sono commence à débiter un flot de musique « typique »
Nous ne sommes pas restés pour vérifier si la sono s'arrête avec le départ du bus de touristes...
Des touristes, il y en a plein au marché de Teguise où nous nous rendons ensuite : ce joli bourg, ancienne capitale de l'île accueille le dimanche un marché sans grand intérêt : on y trouve la pacotille universelle des zones touristiques, bof quoi!
Les rues sont envahies d'étals et d'auvents et nous nous promettons de retourner à Teguise un jour « normal » pour pouvoir découvrir tranquillement sa belle architecture.
Nous retournons à la Finca par la piste et en profitons pour faire conduire les enfants : l'île est truffée de pistes faciles et très très peu fréquentées et nous nous ferons un plaisir de les emprunter.
Dorénavant la 1ère question des enfants quand nous déciderons d'aller à tel ou tel endroit sera : « Y a-t-il une piste pour y aller? » Vraiment poètes ces zados!
Les distances sont vraiment minuscules, aussi repassons- nous déjeuner à la Finca. Nous en profitons pour découvrir plus en détails la casa et ses environs.
Après une petite sieste nous allons vers la Playa de la Madera par une piste facile : nous découvrons une côte très austère composée du front de lave de l'éruption de Timanfaya qui eut lieu en 1730, dura 6 ans et couvrit le quart de la superficie de l'île. Nous croisons plusieurs pêcheurs à pied, qui rentrent lourdement chargés de mollusques. Ce ne doit pas être une sinécure de pêcher sur cette côte acérée battue par la houle atlantique.
Cette côte ingrate se poursuit sur une quinzaine de km aussi faisons-nous demi-tour pour aller grimper sur la Montana Blanca (461m) que nous atteignons par une piste sur son versant ouest, ce qui nous évite la marche d'approche depuis la Mancha Blanca.
En chemin, nous découvrons une ferme abandonnée qui s'intègre parfaitement dans le paysage!
La grimpette sur la lèvre de la Caldeira Blanca est assez raide mais le vent, omniprésent à Lanzarote nous rafraichit agréablement.
Parvenus au sommet, nous découvrons un étrange animal dessiné à partir de blocs de lave : s’agit d’un enclos de berger poète ?
La vue sur le Parque Nacional de Timanfaya est impressionnante et... magnifique. Nous faisons le tour de la caldeira, effrayant au passage un troupeau de chèvres.
La vue de ce troupeau soulevant un nuage de poussière au fond du cratère me fait penser à certains paysages d’Afrique (encore pas vus pour de vrai !)
Par un chemin un peu acrobatique, nous regagnons enfin la voiture puis nous décidons de continuer par une piste vers le sud et la route LZ67. Piste magnifique mais 4X4 indispensable.
Avec le soleil déclinant la Caldeira Roja et la Montana Tirgata sont encore plus belles!
Retour à la Finca au soleil couchant, les alentours sont vraiment très agréables!
Lundi 12 avril
Nous avons eu une petite averse cette nuit qui n'a pas du durer plus de 30 mn.
Le temps change à toute vitesse sur l'île : les cumulus se succèdent dans le ciel.
Je commence à comprendre qu'il est inutile de consulter la météo, ça change tout le temps mais les précipitations sont très faibles (200 mm/an)
En route pour la Geria, zone de vignes plantées dans des dépressions protégées des vents dominants par des murets de pierre de lave. Les racines des pieds de Malvoisie atteignent la terre arable tandis que de la poudre de lave à la structure alvéolée capture la rosée nocturne, très abondante sur cette île océanique. L'ensemble est très graphique, simplement ponctué de figuiers de Barbarie utilisés autrefois pour la culture de la cochenille qui donnait un colorant rouge très apprécié.
Chose promise, chose due à Marion : nous allons aujourd'hui à la plage. Papagayo, située à l'extrême sud de l'ile est considérée comme une de ses plus belles plages. Après avoir acquitté un péage de 3 euro pour y accéder nous découvrons une petite plage très banale où nous pique-niquons et prenons quelques coups de soleil. Au bout de ¾ h, à l'unanimité, tout le monde s'ennuie, il fait super chaud, pas un poil d'ombre, la mer est trop fraîche pour nous, bref, nous mettons les voiles!
On décide de prendre la piste qui longe la côte SE de l'île jusque la Punta Garda puis qui remonte le Barranco Parado jusqu'à la Degollada del Portugues avant de plonger vers la route qui va de Femés à la Playa Blanca.
Mamma Mia! Quelle aventure: cette très belle piste passe plusieurs barrancos très techniques pas faciles du tout à franchir! De plus la sortie de cette piste est indiquée comme fermée sur la carte et je ne me vois pas du tout la refaire dans l'autre sens. Fred insiste pour continuer et il a bien fait car nous découvrons une jolie petite plage déserte où les plus courageux (les garçons quoi!) piquent une tête. Après quelques autres passages scabreux nous arrivons à la Degollada Del Portugues, col haut perché d'où nous allons partir pour faire une jolie balade dans de sauvages barrancos avec vue sur la mer.
Nous arrivons à un refuge à cause duquel se trouve un puits où j'insiste pour que nous prenions de l'eau car avec cette chaleur nos stocks sont bien entamés.
Heureusement nous n'aurons pas à boire cette eau douteuse qui a l'air très heu... nourrissante.
Très belle balade!
Nous terminons la journée en allant voir d'abord les Salinas de Janubio sur la côte ouest qui sont d'anciens marais salants maintenus en activité pour le tourisme puis le surprenant lagon vert appelé Charco de Los Clicos juste au sud du village d'El Golfo.
Nous rentrons par la Geria afin de la revoir sous une autre lumière: on ne s'en lasse pas!
Mardi 13 avril
Aujourd'hui, cap au nord-ouest pour découvrir les falaises d'El Risco qui plongent à pic dans la mer sur plus de 400 m.
Toujours principalement par les pistes, nous gagnons le village de Yé et nous garons près de la Finca La Corona. De ce petit parking, un sentier descend jusqu'au bord de la mer puis file vers le nord jusqu'aux Salinas del Rio (-400m, +400m, 13,5 km)
La vue vers l'île de la Graciosa est évidement imprenable.
Le sentier chemine au sein d'une belle végétation.
Nous arrivons à une très belle plage déserte que nous longeons avant d'arriver finalement aux salines qui ont été abandonnées il y a bien longtemps car il était trop difficile de remonter le sel en haut de la falaise.
Nous mangeons un morceau puis prenons le chemin du retour : le ciel assez nuageux fait bien notre affaire pour remonter les 400m.
Sur la route du retour nous faisons un arrêt dans le beau village de Haria où le charme de la Plaza Leon di Castillo nous donne envie d'y déjeuner (à 15h30, ce qui est tout à fait habituel là-bas) : repas vraiment quelconque aux « 2 brothers » (à éviter).
Fin d'après-midi tranquille après cette rando qui n'est pas de tout repos...
Mercredi 14 avril
Le vent a soufflé très fort toute la nuit : nous décidons donc d'aller voir Los Hervideros sur la côte ouest. La côte y est creusée de cavités dans lesquelles les vagues s'engouffrent avec fracas et peuvent parait-il cartains jours se transformer en « geysers ».
Nous repassons par les Salinas de Janubio, mieux éclairées à cette heure matinale.
Los Hervideros est sympathique mais la houle semble un peu insuffisante pour rendre cet endroit vraiment impressionnant.
Il est encore un peu tôt pour que le lagon vert soit complètement au soleil mais l'endroit est tout de même très beau.
Nous faisons ensuite une petite promenade dans le joli village de Yaiza.
Nous découvrons plein de jolis détails architecturaux.
Nous repassons ensuite par la Geria puis prenons la route LZ56. A l'ouest de cette route, , nous faisons une très jolie rando vers la Montana Cuervo : petit cratère où poussent des centaines de géraniums sauvages! La rando est courte, facile et charmante!
Nous profitons de cette journée ventée pour ensuite aller faire du cerf-volant sur la Playa de Famara, située sur la côte NO. Encore une très belle plage, fréquentée par des surfeurs et véliplanchistes. En fin d'après-midi le vent faiblit et nous regagnons finalement nos pénates.
Jeudi 15 avril
Ce matin, grosse averse d'allure tropicale, 20 mn chrono puis soleil.
Nous décidons de faire un petit tour dans le beau village de Teguise. Vraiment bien plus agréable sans le marché!
Les Montanas del Fuego de Timafaya nous fascinent vraiment! On ne peut théoriquement visiter le Parque Nacional de Timanfaya qu'en montant dans un bus pour un tour organisé d'une quarantaine de minutes. Bof, bof, bof....
J'ai toutefois repéré sur la carte une piste qui permet de s'approcher très près du parc et d'en profiter en toute liberté. A partir de la route LZ56 nous prenons une piste qui file vers la Montana Los Rodeos, la contourne puis s'arrête au fond d'une petite ravine cernée de reliefs volcaniques.
Nous suivons un sentier non balisé mais visiblement régulièrement fréquenté et grimpons sur la caldera de la Rilla dont nous faisons le tour. Ensuite nous poursuivons par un sentier qui part vers l'ouest, passe dans une zone très torturée avec plusieurs tunnels de lave, des cheminées éteintes et nous arrivons à la lisière du parc, matérialisée par un petit panneau. Nous tournons alors vers le nord pour grimper sur l'impressionnante Montana Senalo. De là-haut nous avons une vue imprenable sur le cône parfait de la Caldera de la Rilla.
J'ai adoré cette balade!
Vendredi 16 avril
Comme nous partons demain, je fais quelques photos-souvenirs depuis le toit de la Casa.
Ensuite, Marion et Fred s’étant enrhumés dans l’avion, nous partons à la pharmacie chercher des médicaments pour le rhume : la pharmacienne a du faire plusieurs tiroirs avant de les trouver ! Tout un symbole ! D’ailleurs il n’y a pas de mouchoirs au petit supermarché de Tiagua…
En route pour le joli village de Haria, dans le nord de l’île, j’immortalise quelques mobiles de César Manrique.
Puis nous grimpons vers Haria en passant par la belle vallée de Tabayasco (LZ 206). Ce versant de l’île est beaucoup plus fertile. La vallée est couverte de terrasses, le plus souvent laissées à l’abandon.
Le village de Haria se niche dans une large vallée plantée de palmiers.
Nous y avons fait une sympathique balade en grimpant depuis le village jusqu'au sommet de la falaise d'El Risco. Vue superbe sur la Playa de Famara au SO et la Graciosa au N.
Nous redescendons par les petits champs entre les villages de Magues et Haria.
Nous décidons ensuite de pousser jusqu'à l'extrême nord de l'île, le petit village d'Orzola d'où part le petit ferry pour la Graciosa.
Nous y prenons un bon repas dans un des restaurants situés sur le port puis nous découvrons la jolie Playa de la Canteria, autre spot de surf. Encore une plage bien plus belle que Papagayo, décidément...
Nous prenons ensuite la route côtière avec l’idée d’aller visiter les Jameos del Agua, œuvre de Manrique construite dans un tunnel de lave qui descend de la Montana Corona jusqu’à la mer. On change aussitôt d’avis en voyant la demi-douzaine de bus garée sur le parking !
Nous prenons donc une piste qui remonte sur le sommet d’El Risco, la grande falaise qui constitue l’arête dorsale du nord de l’île.
Petit arrêt en chemin pour jeter un œil au seul point d’eau douce de l’île, créé par un barrage de retenue qui semble abandonné mais qui fait le bonheur des goélands, assez peu nombreux par ailleurs sur l’île. Très jolie vallée qui ressemble à celle de Tabayasco.
Nous arrivons près du point culminant de l’île (675 m), occupé par des installations militaires.
Quelques centaines de mètres plus au sud nous passons par l'Ermita de Las Nieves d’où la vue est splendide.
Très bonne piste jusqu'à Teguise puis jusqu'à notre finca.
Nous devons reprendre l'avion demain si bien que nous décidons de profiter de la belle lumière de fin de journée pour reparcourir la belle piste du 1er jour entre la Caldera Blanca et la LZ 67.
En arrivant à la finca, Fred reçoit un SMS de mon père nous informant d'annulation de vols à cause du volcan islandais qui produirait un nuage de cendres dangereuses pour les avions.
N'ayant reçu aucun mail ni SMS de Ryanair nous ne sommes pas inquiets, d'autant plus que comme toujours en vacances nous ne suivons absolument pas l'actualité.
Je vérifie tout de même sur le site de Ryanair et -coup d'adrénaline!- notre vol prévu dans moins de 24h est annulé! On tombe des nues!
En quelques minutes on évalue les conséquences:
- professionnelles, pas simple!
- où dormir demain soir
- conserver la voiture ou en trouver une autre
Sans attendre on décide d'acheter de nouveaux billets pour mardi 20/04, rien de dispo avant : 1000 euro pour nous 5 à destination de Francfort.
Zanna nous annonce au bout de quelques heures que les allemands qui devaient nous remplacer dans notre appart' ont du annuler : un souci en moins.
On peut aussi garder la voiture : plus aucun nouveau touriste n'arrive sur l'île.
Très mauvaise nuit à cogiter dans tous les sens, personne ne sait comment la situation va évoluer mais une chose est sûre : nous ne serons pas au boulot lundi!
Samedi 17 avril
Après une matinée passée à essayer d'évaluer la situation et arranger le bazar, nous nous rendons à l'aéroport où on nous annonce le remboursement à venir du vol retour de ce jour annulé. Par contre les 1000 euro pour les nouveaux billets sont pour notre pomme, du moins si le vol est maintenu...
Bon, maintenant il va falloir s'occuper jusqu'à mardi. Nous en profitons aussi pour prolonger la location de la voiture jusqu'au mardi.
En route donc pour le Jardin de Cactus, pas mal du tout : il s'agit d'un amphithéâtre planté de plus de centaines d'espèces de cactus, conçu par César Manrique.
Ensuite nous allons visiter la fondation César Manrique au sud de Tahiche : il construisit cette maison surréaliste au sein de 5 bulles de laves en 1982. On a adoré!
Dimanche 18 avril
Les nouvelles du volcan sont toujours aussi imprécises ce matin, vol maintenu pour le moment...
Nous allons faire un tour au visitor center (gratuit)du Parc de Timanfaya : nous y visionnons 2 films d'une vingtaine de minutes (en espagnol) sur la formation de l'île, sa faune et sa flore, « expérimentons » une éruption fictive et discutons un peu avec une ranger très sympa qui parle un français parfait!
Nous roulons ensuite jusqu'à Playa Quemada sur la côte sud-est : village un peu déglingué (seul endroit de l'île où nous verrons quelque chose qui ressemble à un camping) où Zanna nous a indiqué le départ d'une rando vers une jolie crique. Malheureusement nous ne la verrons pas, nous étant arrêtés par erreur à la précédente plage qui ne cassait pas des briques (playa del Pozo). Dommage...
Bien que n'étant pas allés au bout de la rando, nous rentrons assoiffés et buvons un verre à la Playa Quemada, au bord de l'eau, restaurant recommandé par Zanna qui arrive d'ailleurs 5 mn après avec sa chienne Nitti, toute contente de retrouver les enfants!
Nous allons mieux profiter de son 2ème tuyau : sur la côte au nord de Playa Blanca se trouve un horrible hôtel gigantesque dont la construction n'a jamais été achevée et en contrebas de cet hôtel se trouvent des piscines d'eau de mer.
Après une piste assez fastidieuse (mieux vaut y aller par le sud), nous y arrivons enfin : une fois en bas, l'hôtel n'est plus visible et l'endroit est magnifique!
Nous nous baignons dans des grandes piscines naturelles avec une eau à 30°C! Un régal!
Soirée internet : le vol de mardi pour Francfort est annulé!! Pas d'autre vol pour Francfort, Paris, Bruxelles, Düsseldorf, avant au mieux le 27 avril! Seuls les vols pour l'Espagne sont maintenus...
Après une brève réflexion, on décide de prendre des billets avec Air Europa (108 euro X5) pour Bilbao, au pays Basque espagnol pour le jeudi 22/04. L'aéroport est actuellement aussi fermé mais devrait rouvrir dès demain.
La grève SNCF continue, bien sûr! Plus aucune voiture de location disponible.
On appelle mon père à la rescousse : il va venir nous chercher de Quiberon (830 km) et nous irons ensuite à Nancy (1200 km) Ensuite il ne restera « plus » qu'à aller récupérer la voiture à Francfort (220 km X2) puis il rentrera à Quiberon (830 km)
Quel bazar!
C'est de toute façon la seule solution car tous les vols vers le nord de l'Europe ont été annulés depuis 5 jours et il n'y a pas de places disponibles avant au moins 1 semaine!
Lundi 19 avril
Nous allons en début de matinée à l'aéroport pour nous faire rembourser les billets de Ryanair mais il y a une file interminable. Nous décidons de retenter notre chance plus tard dans la journée. Nous avons la chance de loger à une vingtaine de minutes de l'aéroport dans un endroit agréable sur une île calme et sympathique. De tous les voyages que nous avons faits, s'il y avait une destination où il n'aurait pas été trop galère d'être bloqués pendant plusieurs jours, c'est bien Lanzarote.
Nous faisons donc contre mauvaise fortune bon cœur.
Brève incursion dans Arrecife pour y faire un ravitaillement : nous préférons largement l'épicerie de Tiagua!
Nous retournons en début d'après-midi à l'aéroport où en 5 minutes nous obtenons un accord pour le remboursement des billets de mardi (payés 1000 euro, depuis j'ai reçu un mail m'indiquant un remboursement de 676 euro seulement!!) Dans la foulée nous prolongeons la location de voiture jusqu'au jeudi!
Nous allons ensuite visiter les Jameos del Agua, situés dans le NE de l'île, encore un endroit imaginé et créé par César Manrique dans un gigantesque tunnel de lave : on découvre un lac souterrain qui communique avec la mer et où vivent de curieux crabes transparents, plus loin se trouve une superbe piscine entourée de palmiers, enfin il y a une exposition sur le volcanisme.
Il n'y a vraiment pas grand-monde, sans doute à cause des circonstances : pas de nouveaux venus dans l'île et ceux qui sont là depuis 1 semaine ont sans doute déj�� visité le site.
Soirée brain storming avec les autres locataires de la finca : 2 étudiantes wallones et 1 couple avec bébé néerlandophones. Ils ont aussi des vols avec Ryanair, prévus jeudi et indiqués comme annulés.Les filles ont un budget étudiant et un examen à la rentrée : mauvaise nuit pour elles aussi en perspective! Zanna très généreusement nous annonce qu'elle ne nous fera payer les jours supplémentaires qu'à 50% du prix normal. Sympa!
Mardi 20 avril
Il devient difficile de trouver de nouveaux sites non encore visités dans l'île.
Nous allons voir à quoi ressemble le Charco de San Ginès, petit port situé au nord d'Arrecife : pas horrible mais quelconque.
Nous faisons une intéressante visite (gratuite qui plus est) au Castillo de San Gabriel situé un peu plus au sud : on y explique la vie des habitants avant la construction de la 1ère usine pour dessaliniser l'eau de mer. Elle était si dure que la plupart des habitants de l'île émigraient pour l'Amérique du sud ou Centrale.
Nous faisons ensuite une courte visite au MIAC (Musée d'Art Contemporain) situé dans le Castillo San José, pas désagréable sans plus.
Nous partons ensuite visiter la Cueva de Los Verdes, grotte formée par le même tunnel de lave que les Jameos del Agua entre la Montana Corona et la mer. Visite guidée uniquement, pas transcendante.
Nous décidons ensuite d’aller voir de plus près la Montana Corona qui a produit ce tunnel de lave. Nous nous garons dans le village de Yé et montons jusqu’à la lèvre du cratère. Ses bords sont trop acérés pour pouvoir en faire le tour au sommet. Nous descendons donc un peu en contrebas.
Il n’est pas évident de trouver un sentier et Marion fait du hors-piste dans les cactus !
Sur le versant est du volcan nous découvrons un gigantesque collecteur d’eaux pluviales.
Nous poursuivons le tour du volcan par d’anciennes terrasses qui ne sont plus cultivées mais restent très coquettes, envahies par les fleurs sauvages.
Nous bouclons la boucle dans les vignes de Malvoisie.
Mercredi 21 avril
C'est théoriquement notre dernier jour à Lanzarote. Nous avons bon espoir que ce vol soit le bon car la situation semble s'améliorer. Certains évoquent toutefois la possibilité d'un 2ème nuage...
On croise les doigts et on part le nez au vent vers la zone des volcans que nous aimons tant à l'ouest de la Mancha Blanca.
Nous allons par hasard faire un très belle balade sur la Montana Teneza en prenant une piste qui longe son flanc est. Nous grimpons d'abord dans le cratère puis poursuivons sur les bords de sa caldeira avant de redescendre par une longue crête le long de la mer.
Nous sommes maintenant familiers de la géographie locale et c'est un plaisir de pouvoir nommer tous ces volcans où nous nous sommes baladés.
Nous pique niquons en haut de la falaise en profitant de la vue sur Tenesar.
Ensuite, à la demande générale des enfants, nous retournons aux piscines d'eau de mer où nous passons toute l'après-midi. Les piscines sont légèrement plus fraîches que la dernière fois et aussi un peu moins grandes mais la houle est magnifique et le spectacle est captivant!
Bien crevés par la baignade, nous nous couchons de bonne heure après avoir une ultime fois vérifié que notre vol était maintenu.
Jeudi 22 avril
Lever 5h, dur, dur! On s'était mis au rythme espagnol!
A 8h nous décollons pour Bilbao. L'avion est plein de nord- européens! Je ne sais pas comment ils vont ensuite se débrouiller pour rentrer chez eux...
A 12h00 (3h de vol, 1h de décalage horaire) nous atterrissons. Mon père est au RDV. Il est venu en camping car ce qui nous permettra de voyager confortablement tous les 6.
1h du mat vendredi, nous arrivons à Nancy.
Il n’y a « plus » qu’à récupérer la voiture à Francfort (220 km X2) et pour mon père qu'à rentrer à Quiberon (830 km)
CONCLUSION
On a vraiment aimé Lanzarote, combinaison étonnante de rudes paysages volcaniques et d'une douceur de vivre qui contraste avec les stigmates de la vie d'autrefois.
Le tourisme a adouci la vie de ses habitants mais celui-ci nous a semblé bien fragile, menacé par une urbanisation démesurée dans certains endroits comme Playa Blanca où les programmes immobiliers semblent se succéder alors que des centaines de « villas » semblent ne pas encore avoir trouvé acquéreur. On peut imaginer aussi qu'à terme l'absence d'eau redeviendra un problème sur l'île car comment produire de l'eau en quantité suffisante pour des milliers de touristes quand le pétrole viendra à manquer?
L'âge d'or de Lanzarote me semble terminé. Fini le temps où César Manrique, enfant de l'île réussissait à influencer ses compatriotes pour construire « raisonnablement » avec une unité architecturale pour toute l'île (en particulier aucun bâtiment de plus de 2 étages, la hauteur d'un palmier des Canaries)
Bref, il est urgent de découvrir cette île magnifique! Mais euh... une semaine, c'est suffisant!
BUDGET
INITIALEMENT PREVU
Avion pour 5 A/R Francfort Hahn Lanzarote du 10 au 17 avril 610 euro
Location voiture Nissan Pathfinder 7j 295 euro
Location Tisalaya dans Casa Amatista (
http://www.villa-amatista.com/) 7j 770 euro
Parking aéroport 7j 47 euro
Total pour 1 semaine à 5 : 1722 euro
FINALEMENT
Avion pour 5 personnes:
Aller Francfort-hahn Lanzarote 300 euro
Retour Lanzarote Francfort le 17/04: 300 euro en attente de remboursement de Ryanair
Retour Lanzarote Francfort le 20/04 : 1000 euro en attente de remboursement de Ryanair
Retour Lanzarote Bilbao avec Air Europa : 540 euro
Donc normalement si remboursements effectués : 840 euro
Location de voiture Nissan Pathfinder
7j (295 euro) + 3j (169 euro) + 1,5 j (90 euro) 554 euro pour 13 jours
Un 4X4 n'est pas indispensable du tout mais nous en avons bien profité sur les nombreuses pistes de l'île dont certaines (pas toutes loin de là) nécessitent un 4X4
Location appartement Tisalaya dans la Casa Amatista
7j à 770 euro + 4j à 220 euro : 990 euro
Parking aéroport : 47 +40 euro
Péages : 180 euro
Essence 432 euro
Total pour 12 jours à 5 : 3083 euro
Frais occasionnés par le blocage de l'espace aérien : 1361 euro si Ryanair nous rembourse...
Sans compter les conséquences professionnelles...
Heureusement qu'on aime les volcans!
BIBLIOGRAPHIE
J’ai utilisé un excellent petit guide accompagné d’une carte absolument parfaite :
Walk ! Lanzarote de David and Ros Brawn, Discovery Walking Guides.
Presque toutes nos balades se trouvent dans ce guide, à l’exception de 2 ou 3 que nous avons « inventées »