Results for "Afrique+de+l'Est+et+Australe+événement"
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Arnaque au Vietnam
Je rentre du Vietnam. Je suis déçue du Nord. On est sans cesse sollicité pour acheter. Si on ne veut pas, on se fait agresser verbalement. On nous colle les objets sur les bras et on insiste lourdement. Et cela sans arrêt. De plus, on vous demande en service de faire de la monnaie, enfin l'inverse, d'échanger un billet en euros contre des pièces et là encore on se fait arnaquer. On veut rendre service et on en est de 16 euros sur 20. On vous montre les pièces par 10 alignées, seulement la première est de 2 euros, le reste sont des pièces THAI. Même couleur, même taille. Faites attention, je n'ai pas été la seule à me faire avoir.
Mais le pire c'est le harcèlement pour acheter. Vraiment in-suportable. Si je reviens au Vietnam, j'éviterais HANOI. Ensuite, exemple vous achetez pour 300 00 dongs, on vous fait croire que vous avez donné un billet de 10 OOO dongs à la place de 100 000, alors que vous n'avez en poche que des 100 000. Encore une arnaque. Mon avis sur les Vietnamiens : des voleurs qui profitent du tourisme. Mais un jour, les touristes n'iront plus.
Land Rover Discovery (4x4) pour le Mali?
Bonjour
Je possède un Land Rover Discovery Td5 se moteur BMW 2,5 l 5 cylindres 10 cv climatisé de 2003 (140.000 km) que je souhaite donner à mon fiancé qui est guide indépendant au pays Dogon au Mali. Est-il raisonnable de faire descendre un tel type de véhicule dont la fonction sera notamment le transport de touristes sur pistes..., sachant qu'il comporte quand même pas mal d'électronique (pack électrique, ACE anti roulis, HDC contrôle d'adhérence en descente...) et que les réparations ne pourront se faire qu'à Bamako et encore ( Infos à ce sujet ? Beaucoup de Land Discovery au Mali? Personnellement je n'en ai jamais vu !...) Si je fais descendre le Land je l'équiperai (pare, buffle, sabot de protection, réservoir supplémentaire...) mais bon... Ou bien faut-il que je le revende pour investir dans un Toyota ? On m'a proposé un Toyota Runner 2,5 l climatisé de 1991 avec 260.000 km pour 4200 euros mais je crains pour les frais de réparation et de dédouanement vu l'age du véhicule. Si je revends mon Land Rover, je peux avoir un budget d'environ 10.000 euros et donc essayer de trouver un bon vieux Toyota. Alors que faire ? Je souhaiterais faire descendre ce véhicule (Land ou Toyota) entre novembre et décembre 2010 par la route et recherche un convoyeur pour cela Comment faire le transfert de carte grise entre moi et mon fiancé ? Doit-on faire établir la carte grise au nom du convoyeur ? Dois-je établir un certificat de cession gratuite pour mon fiancé ? etc... Merci pour vos réponses rapides et vos conseils précieux.
Ludmilangelo
Je possède un Land Rover Discovery Td5 se moteur BMW 2,5 l 5 cylindres 10 cv climatisé de 2003 (140.000 km) que je souhaite donner à mon fiancé qui est guide indépendant au pays Dogon au Mali. Est-il raisonnable de faire descendre un tel type de véhicule dont la fonction sera notamment le transport de touristes sur pistes..., sachant qu'il comporte quand même pas mal d'électronique (pack électrique, ACE anti roulis, HDC contrôle d'adhérence en descente...) et que les réparations ne pourront se faire qu'à Bamako et encore ( Infos à ce sujet ? Beaucoup de Land Discovery au Mali? Personnellement je n'en ai jamais vu !...) Si je fais descendre le Land je l'équiperai (pare, buffle, sabot de protection, réservoir supplémentaire...) mais bon... Ou bien faut-il que je le revende pour investir dans un Toyota ? On m'a proposé un Toyota Runner 2,5 l climatisé de 1991 avec 260.000 km pour 4200 euros mais je crains pour les frais de réparation et de dédouanement vu l'age du véhicule. Si je revends mon Land Rover, je peux avoir un budget d'environ 10.000 euros et donc essayer de trouver un bon vieux Toyota. Alors que faire ? Je souhaiterais faire descendre ce véhicule (Land ou Toyota) entre novembre et décembre 2010 par la route et recherche un convoyeur pour cela Comment faire le transfert de carte grise entre moi et mon fiancé ? Doit-on faire établir la carte grise au nom du convoyeur ? Dois-je établir un certificat de cession gratuite pour mon fiancé ? etc... Merci pour vos réponses rapides et vos conseils précieux.
Ludmilangelo
Croisière tour du monde en 2017
bonjour,
j'aimerais partager avec d'autres croisièristes ma préparation pour un deuxième tour du monde avec Costa pour l'année 2017
Merci Sylvie
j'aimerais partager avec d'autres croisièristes ma préparation pour un deuxième tour du monde avec Costa pour l'année 2017
Merci Sylvie
Récit d'un périple en Afrique Australe: du Big Five aux récifs coralliens (2ème partie)
La première partie est là : http://voyageforum.com/..._1e_partie_D3794068/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui r��sonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui r��sonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
S'installer et vivre sur l'île de Madagascar
Bonjour a tous ,
je m'appel alex est j'ai le projet de m'instaler sur l'ile de mada pour vivre des jours paisibles .
j'aimerais investir dans un terrain a proximité des vagues et du vent pour le surf et le kitesurf.Par contre je ne connais pas du tout l'ile et les endroits e decoite.
Pouvez vous m'orrienter et me guider sur different endroit que vous connaissés?
voyage de reconnaissance prevu septembre 2010.
merci d'avance pour vos infos
cordialement.😎
Blog de voyage, l'overdose?
Bonjour,
Comme souvent je traine sur internet et je tombe sur un blog de voyage sur l'Amerique du sud. Je ne lis même plus les récits, je me contente de regarder les photos. Puis comme il y a des liens vers d'autres blogs, je clique dessus.
Après une dizaine de blogs je me rend compte qu'ils sont quasiment tous identiques, ce sont les même circuits, les même photos, limite les même récits.
Ce qui est amusant c'est que tous les blogueurs (et on en croise souvent maintenant) essayent de se démarquer en faisant les même itinéraires ce qui devient vite lassant.
A titre personnel, je trouve qu'on arrive a une overdose de blogs, vidéos, conseils au point qu'il n' y a quasiment plus de surprise pour le voyageur qui arrive dans un autre pays.
Je me rappelle lors de mon premier grand voyage en Australie qui avait au final duré 2 ans, c’était en 2008, j'avais juste le lonely planet Australie que j'avais parcouru avant de partir. A l’époque je n'avais pas de compte facebook et ne savait même pas que les blogs de voyages existaient, eh bien quel émerveillement lors de mon arrivée a Darwin.
Aujourd'hui avec la masse de photos, blogs, vidéos de voyage je trouve que ce premier sentiment risque d’être casser, puisque, pour ceux qui regardent tous ça eh bien tout est connu a l'avance ou presque.
Et vous amis voyageurs, que pensez vous de cette "mode" des blogs et autres films de voyage?
Traitement contre le paludisme pour l'Afrique du Sud?
Salut tout le monde ,
Je pars dimanche pour 3 semaines faire une boucle : Afrique du Sud ( Kruger ) , Mozambique , Zimbabwe , Botswana . Certains prennent un traitement contre le palu d'autres pas , à savoir que le tt entraine des petits désagréments en plus !!
Donc je prends ou pas ?!!
Merci .
Je pars dimanche pour 3 semaines faire une boucle : Afrique du Sud ( Kruger ) , Mozambique , Zimbabwe , Botswana . Certains prennent un traitement contre le palu d'autres pas , à savoir que le tt entraine des petits désagréments en plus !!
Donc je prends ou pas ?!!
Merci .
Trois semaines pour décrouvrir l'Indonésie via Bali
Hello à tous
Nous sommes une famille qui a fait un tour du globe en 2016/2017, avec 3 enfants.
Nous sommes rentrés en été 2017 et après un été 2018 passé en compagnie de voyageurs rencontrés durant notre voyage que nous avons accueillis chez nous pour qu'ils découvrent l'Europe et en particulier la Suisse, nous avons à nouveau planifié un voyage pour l'été 2019 !
Alors ça sera en Indonésie, et on sera pile poil 3 semaines sur place. Arrivée prévue le 21 juin à Denpasar, et on remonte dans l'avion au même endroit le 12 juillet ! On n'a pas pu faire mieux niveau dates avec le job...
On connaît un peu l'Asie du Sud-est pour y avoir voyagé lors de notre tour du globe, mais on s'était arrêtés aux classiques (Vietnam - Laos - Cambodge, Thaïlande et Singapour). On n'a donc jamais été en Indonésie, notre choix s'est porté sur ce pays dont on entend tellement de bien !
On a lu beaucoup de belles choses sur la région de Bali, mais aussi sur le Sulawesi.
Ayant eu l'habitude de voyager à la roots, on va certainement limiter au max possible les réservations de l'Europe pour se laisser porter une fois sur place, saisir les opportunités et ne pas courir après une planification trop contraignante. Enfin, si cela est possible !
On a lu beaucoup de choses, et on a aussi eu des infos d'autres voyageurs, mais des points restent ouverts. Peut-être aurez-vous des conseils ou des infos pour nous ?
- Est-il préférable de directement voler sur Manado en arrivant ou est-ce mieux de terminer le séjour par là ? Je pense qu'il y aura plus de monte en juillet (bien qu'on sera tôt dans le mois), donc vaut-il mieux filer directement à Manado pour profiter du Sulawesi sans qu'il y ait trop de monde et terminer par la région de Bali ? Ou faire le contraire, profiter de Bali quand il y a un peu moins de monde et ensuite voler sur le Sulawesi ?
- Quelle répartition de nombre de jours conseillez-vous entre Bali et le Sulawesi ? Sachant qu'on sera 21 jours sur place...
- Des idées de parcours idéal ? On n'a pas peur des endroits préservés plus difficiles, en Thaïlande par exemple notre semaine préférée est celle où on a traversé l'Issan, si préservé du tourisme, et où il a fallu bien souvent "parler avec le sourire et les mains"...
- finalement y a-t-il des immanquables à réserver à tout prix en avance pour ne pas manquer ? On aimerait plutôt partir avec une liste de choses à faire et les enchaîner sur place au gré des événements mais on a appris que certaines choses ne sont pas accessibles si on ne réserve pas à l'avance, ça serait aussi dommage.
merci d'avance de votre aide et de vos retours !
On se réjouit trop !!!
Nous sommes une famille qui a fait un tour du globe en 2016/2017, avec 3 enfants.
Nous sommes rentrés en été 2017 et après un été 2018 passé en compagnie de voyageurs rencontrés durant notre voyage que nous avons accueillis chez nous pour qu'ils découvrent l'Europe et en particulier la Suisse, nous avons à nouveau planifié un voyage pour l'été 2019 !
Alors ça sera en Indonésie, et on sera pile poil 3 semaines sur place. Arrivée prévue le 21 juin à Denpasar, et on remonte dans l'avion au même endroit le 12 juillet ! On n'a pas pu faire mieux niveau dates avec le job...
On connaît un peu l'Asie du Sud-est pour y avoir voyagé lors de notre tour du globe, mais on s'était arrêtés aux classiques (Vietnam - Laos - Cambodge, Thaïlande et Singapour). On n'a donc jamais été en Indonésie, notre choix s'est porté sur ce pays dont on entend tellement de bien !
On a lu beaucoup de belles choses sur la région de Bali, mais aussi sur le Sulawesi.
Ayant eu l'habitude de voyager à la roots, on va certainement limiter au max possible les réservations de l'Europe pour se laisser porter une fois sur place, saisir les opportunités et ne pas courir après une planification trop contraignante. Enfin, si cela est possible !
On a lu beaucoup de choses, et on a aussi eu des infos d'autres voyageurs, mais des points restent ouverts. Peut-être aurez-vous des conseils ou des infos pour nous ?
- Est-il préférable de directement voler sur Manado en arrivant ou est-ce mieux de terminer le séjour par là ? Je pense qu'il y aura plus de monte en juillet (bien qu'on sera tôt dans le mois), donc vaut-il mieux filer directement à Manado pour profiter du Sulawesi sans qu'il y ait trop de monde et terminer par la région de Bali ? Ou faire le contraire, profiter de Bali quand il y a un peu moins de monde et ensuite voler sur le Sulawesi ?
- Quelle répartition de nombre de jours conseillez-vous entre Bali et le Sulawesi ? Sachant qu'on sera 21 jours sur place...
- Des idées de parcours idéal ? On n'a pas peur des endroits préservés plus difficiles, en Thaïlande par exemple notre semaine préférée est celle où on a traversé l'Issan, si préservé du tourisme, et où il a fallu bien souvent "parler avec le sourire et les mains"...
- finalement y a-t-il des immanquables à réserver à tout prix en avance pour ne pas manquer ? On aimerait plutôt partir avec une liste de choses à faire et les enchaîner sur place au gré des événements mais on a appris que certaines choses ne sont pas accessibles si on ne réserve pas à l'avance, ça serait aussi dommage.
merci d'avance de votre aide et de vos retours !
On se réjouit trop !!!
Canada 2011: entre terre et ciel
Courant octobre 2010, à la faveur d'un déjeuner avec un ami Vfiste et sa femme nous échangeons quelques idées sur la destination de l'été 2011. Je suis vite convaincu:
Nous partirons vers l'ouest Canadien. Grands espaces, animaux, randonnées, le programme est alléchant.
Je me procure quelques cartes, achète quelques guides pour dégrossir les étapes et les points d'intérêts remarquables, m'inspire des carnets de voyage de mes prédécesseurs sur VF:
Grisemote 5 semaines sous la tente
xfg59 voyage de 2 semaines entre Calgary et Vancouver
Krikri92 un mois dans l'ouest canadien en camping-car
...et nous voilà lancés. Merci à MLEFEVRE, KASHTIN, JADORRY, VILCANOTA, VNOA, à tous... Je remercie particulièrement Aconstance et Krikri que j'ai énormément sollicité et qui m'ont donné tant de renseignements contribuant à la réussite de nos vacances. 😛.
Afin de vous éviter un fastidieux relevé et partant du principe qu'il faut tout vous faire, voici le résumé des étapes:
29 juillet 2011: départ de Paris arrivée à Calgary 30 juillet: Calgary-Lake Mac Donald 31 juillet: Lake Mac Donald - Many Glacier 1er août: Many-Glacier - Waterton 2 août: Waterton 3 août: Waterton-Radium Hot Springs 4 août: Radium Hot Spring - Banff 5 août: Banff 6 août: Banff 7 août: Banff 8 août: Banff - Jasper 9 août: Jasper 10 août: Jasper 11 août: Jasper - Clearwater 12 août: Clearwater 13 août: Clearwater - North Vancouver 14 août: North Vancouver - Tofino 15 août: Tofino 16 août: Tofino-Victoria 17 août: Victoria 18 août: Victoria - Vancouver 19 août: Vancouver 20 août: Vancouver 21 août: Vancouver
29 juillet 2011: départ de Paris arrivée à Calgary: Nous quittons la maison le matin à 7h00 et après 3 quarts d'heure arrivons à Roissy Charles de Gaulle, terminal 3. Nous voyageons avec Air Transat. Le vol se déroule sans soucis et atterrissons à 12h35 à Calgary après avoir survolé la ville pour atteindre l'aéroport qui se situe quelques kilomètres au nord de celle-ci.
Calgary vue du ciel

Une fois les bagages récupérés et la douane passée, nous nous rendons au comptoir Alamo où nous héritons d'un SUV Ford Escape. Le choix d'un SUV s'est fait non pas pour rouler sur des pistes mais surtout pour profiter de la position haute que celui-ci offre par rapport à une berline et ceci afin de mieux voir les paysages. Dès le début d'après-midi, nous nous rendons dans le centre ville et arpentons la 8° avenue sous un chaud et beau soleil. Une glace pour Isa, des hot-dog pour Maxime et moi. Nous lorgnons les bottes dans les boutiques mais ne cédons pas à la tentation.
L'architecture de la 8° avenue

La Calgary Tower


Cette visite agréable nous prend une paire d'heure. Nous rejoignons ensuite notre véhicule et prenons la direction du sud à la recherche d'un centre commercial où nous achètons nos provisions et une glacière. Cette figure imposée effectuée, nous faisons halte dans un Econo lodge où nous prenons un bain dans la piscine et un moment réparateur dans le jacuzzi. Le soir, nous sortons dîner au Keg Steackhouse. Nous nous couchons à 20h40 après une journée de 20h. 🙂.
30 juillet: Calgary-Lake Mac Donald
Maudit décalage horaire!! Nous sommes réveillés à 5h30!! Nous traînons au lit et patientons jusqu'à 7h00 pour prendre le petit déjeuner. Celui-ci avalé, nous partons en direction du sud via l'autoroute 2. La route est assez monotone Nous arrivons à la frontière US MONTANA à 11h00 et en repartons à 12h15 délestés de 18 US$. Nous atteignons l'entrée de Glacier NP où nous payons 25US$ de droit d'entrée et nous pénétrons le parc via la Going to The Sun Road.

Les lacs se succèdent, les paysages sont splendides

Une petite randonnée de 2 km Baring trail nous emmène vers une cascade.


Cette petite balade sans difficulté nous permet de nous dégourdir les jambes.
Nous poursuivons notre route et après un arrêt rapide au visitor center nous apercevons nos premiers animaux sauvages!!


Toujours à travers de beaux paysages, nous poursuivons la route


Le check in fait, nous nous installons au Lake Mac Donald motel. Le confort des chambres est spartiate mais l'emplacement fort agréable. Une petite marche le long du lac nous apprendra ce premier jour que notre principal ennemi sera Le Moustique!!

31 juillet: Lake Mac Donald - Many Glacier
Je vais chercher du café à la boutique et le petit déjeuner est rapidement avalé dans la chambre dès 6h45. Nous reprenons la route Going to the Sun road dans le sens inverse de la veille. L'occasion est belle pour faire des photos entre brume et soleil. Nous doublons de nombreux cyclistes et croisons des mouflons.

Après 2 heures de route, nous arrivons à Many Glacier. Nous avons prévu de faire une randonnée. Grinnel Lake. Plusieurs départs s'offrent à nous. Nous choisissons de partir du Many Glacier hotel qui est le point de départ le plus éloigné afin de profiter des sous-bois. Nous longeons tout d'abord le lac Josephine par la rive nord qui surplomble un peu le lac. La vue est superbe, le vent assez fort mais le soleil radieux. Les quelques randonneurs que nous croisons s'inquiètent de savoir si nous avons vu des ours. Heureusement non 😇. Le sentier qui part vers Grinnell Glacier est fermé car des grizzlys ont été vus. Nous redoublons de prudence.

Après avoir traversé une zone semi-marécageuse mais aménagée avec de nombreux ponts et chemins de bois nous pique-niquons sur la rive du lac Grinnell.

Le retour se fait par la rive sud du lac Josephine. Là, nous sommes carrément dans les bois (à gauche sur la photo ci-dessous). C'est nettement moins bien.

Le retour au parking du Many glacier Hotel après 12 km de marche est apprécié par tous. Nous parcourons les derniers kilomètres qui nous séparent de notre étape au Swiftcurrent Motor Inn. Un vieux motel qui a l'avantage d'être assez "bon marché" par rapport à ce qui se fait dans la région et au coeur du Parc. Les valises posées et après un rafraichissement (glace, bière et fanta) au soleil nous reprenons nos chaussures de marche et partons pour Redrock Lake. A peu près 5 km AR.

Ce soir, pizzas et poulet grillé au restaurant de l'hôtel.
1er août: Many-Glacier - Waterton
Aujourd'hui, nous avons prévu de faire Iceberg Lake trail. Il s'agit d'une randonnée de 16 km. Nous nous levons tôt et démarrons la randonnée vers 8h00. Après un départ assez difficile car les premiers 500 m se font avec une forte déclinivité, le reste des 8 km aller tout en montée graduelle est assez facile. Nous effectuons l'aller en un peu plus de 2 heures. C'est un rythme assez soutenu.
Le sentier menant à Iceberg Lake

Nous arrivons au bord du lac après avoir franchi quelques ruisseaux et des parties enneigées.
L'arrivée à Iceberg Lake

Un lac alentour de Iceberg lake

Iceberg Lake (le bien nommé)

Nous mesurons la température de l'eau: 2,5 °C. Idéal pour un apéritif mais la taille des glaçons est un peu trop importante! De plus, il y a un vent froid qui nous glace après avoir marché 2 heures. Le pull polaire n'est pas de trop. 😕
Nous prenons une collation et retournons sur nos pas. Il est 10h15. Nous profitons plus du paysage car il y a foule qui monte et le risque se trouver nez à nez avec un ours est considérablement diminué. Nous sommes surpris du nombre important de randonneurs que nous croisons. Tous ces gens qui vont se retrouver en même temps sur les rives du lac!
Les prairies fleuries sont magnifiques mais la descente vers Many Glacier est finalement plus éprouvante pour les articulations (les miennes surtout!!) que la montée.
Bilan de la randonnée: 4h30 de marche, 16 km, des courbatures et des ampoules mais surtout un beau spectacle caché au creux des montagnes!
De retour à Many Glacier, nous pique-niquons et prenons la route en direction du Canada.
Nous passons la douane et sur l'interpellation de Maxime stoppons à hauteur d'un grizzly se régalant de baies à une quinzaine de mètres de nous. Nous le suivons quelques minutes et il s'engouffre dans les bois.

Nous poursuivons notre route vers Waterton où nous arrivons en milieu d'après-midi afin de faire le check-in au Bear Mountain motel. Il s'agit d'un motel des années 60, (télé d'époque!!) L'accueil est bon, le prix doux. Bonne adresse.

Après avoir procédé au lavage de notre linge sale en famille à la laverie du coin, avalé bière, soda ou glace au choix de chacun, nous achetons nos billets à Shoreline Cruises pour la croisière programmée le lendemain. Je soigne mon genou douloureux par du repos forcé. 🏴☠️
Nous dînons et nous nous promenons en ville sur les berges du lac dans la douceur de la soirée. Nous sommes séduits par la quiétude de Waterton.

L'hôtel Prince de Galles

2 août: Waterton
Réveillés à 7h00, nous prenons notre petit déjeuner sur le perron de notre chambre et après un tour en ville sur les rives du lac, nous nous présentons à l'embarcadère pour la croisière dite "scenic" en direction de Goat Hunt aux USA. La croisière dure 1h15 pour rallier Goat Hunt qui est l'autre rive côté USA du lac. Nous tamponnons joyeusement nos passeports d'un nouveau cachet. Une courte marche sur les bords du lac et nous reprenons le navire en direction de Waterton.
L'embarcadère de Waterton vu du bateau

Navigation sur Waterton Upper Lake

Encore une fois aux USA 😛

De retour vers midi à l'hotel, nous montons en voiture et partons en direction de Red Rock Canyon. après un arrêt pique-nique, nous faisons le tour du sympathique canyon qui doit son nom aux roches rouges. Le coin est envahi de touristes car la chaleur est bien présente maintenant et chacun profite de la fraicheur des lieux.

Après cette promenade, nous partons en direction de Cameron Lake à quelques kilomètres de Waterton. Nous faisons une marche de 3 kilomètres sur la rive sans grand intérêt, le terrain est plat et sans difficulté. Je claudique toujours. 😕. Isabelle prend le volant pour nous ramener à l'hôtel partons en ville faire quelques courses. Le soir, balade digestive, toujours avec une belle température d'été. Les daims sont nombreux et peu farouches.
Un (très) jeune canadien de 4 ou 5 ans nous aperçoit, descend de son vélo et entreprend de nous sermonner en nous pointant du doigt et nous expliquant en anglais qu'il ne faut pas nourrir les bêtes sauvages, qu'il connait la loi et que plus tard il sera Ranger! Nous l'écoutons religieusement sous l'oeil amusé de ses parents. Ce petit, il a un caractère bien trempé. 🙂.
3 août: Waterton-Radium Hot Springs
Checking out du Mountain Bear Motel et départ en direction de Radium Hot Springs au nord.
J'ai lu dans un guide qu'il y a aux alentours de Waterton un parc clos avec des bisons. Effectivement, l'accès est libre et un loop d'une dizaine de kilomètres d'une route goudronnée nous fait parcourir ce petit parc vallonné.

Les bisons sont au rendez-vous et même si des esprits chagrins diront que ce sont des animaux enfermés, la magie opère et nous sommes ravis de rencontrer ces splendides animaux dans un si beau payasage.


Nous poursuivons notre chemin et prenons une chambre au Cedar Motel à Radium Hot Springs. 2 chambres correctes avec une kitchenette.
En milieu d'après-midi nous allons à la piscine dans le Parc de Kootenay. Nous nous relaxons deux heures durant dans de l'eau à 37°C. 🙂
4 août: Radium Hot Spring - Banff
Avoir une kitchenette dans la chambre a du bon. Nous nous faisons griller du pain que nous tartinons avec du fromage Philadelphia. Après ce petit déjeuner, nous prenons la route en direction de Banff, étape suivante de notre voyage. Nous traversons le parc de Kootenay. Ce parc est injustement méconnu mais magnifique. Les paysages, splendides, se succèdent.

Quelques mountain goat impassible au bord de la route

Nous nous arrêtons un peu au hasard sur le parking de Marble Canyon. Je jette un oeil au panneau indiquant la nature de la balade et décidons de faire celle-ci (une heure trente aller-retour).
Bien nous en a pris.

Les fleurs, toujours présentes

Un faux air de Yellowstone



Cette visite a été très agréable.
Nous remontons en voiture et quelques centaines de mètres plus loin, nous croisons un grizzly. Quelle chance!


Route ensuite vers une partie programmée de la journée. La randonnée de Johnson Canyon dans le parc de Banff. Lorsque nous arrivons à destination, il est 11h30 et le parking est noir de voitures 😕. Nous nous garons sur la route de la Bow Valley à 500m du parking. Ca promet!!
La randonnée de Johnson Canyon est divisée en 3 phases pour sa partie la plus connue. Lower falls située à 1,1 km Upper falls 2,7 km plus loin Ink Pots situés 3,5 km plus loin encore. Au total une randonnée de 14,6 kilomètres. Belle balade. Au départ et au moins jusqu'à Lower falls il y a énormément de monde. Ensuite ça s'éclairci carrément.
Lower falls

Upper falls

Après Upper falls, on a droit à 3,5 km de montée. Les mollets sont soumis à rude épreuve, le souffle est court mais nous maintenons notre effort.
The Inks Pots

Nous nous reposons un moment au bord de la rivière sous un soleil toujours aussi salvateur. Nous entamons la descente et croisons quelques randonneurs qui nous questionnent sur la difficulté et le temps restant à parcourir pour atteindre leur but. La descente est toujours aussi dure et mes genoux souffrent. Ca va être beau demain!! 🤪
Nous arrivons en ville à Banff vers 16h au Voyageur Inn. L'hotel est vieillot et pas génial mais le prix "doux" pour la région m'avait attiré.
Nous allons ensuite en ville au visitor center prendre les informations météorologiques et faire un bilan des activités dans la région. Le soir, nous dinons "local". Un restaurant Tex-Mex obtiendra notre vote. Le Magpie & Stump. Correct.
Après le diner, nous faisons un tour au Minnewanka lake espérant voir des animaux à la faveur de la nuit tombante.

Nous verrons quelques mouflons.

Rien d'autre. 😕
5 août: Banff
Après le petit déjeuner, nous partons vers le Lake Louise. Que de monde!! C'est disneyland!! Il y a des employés qui guident les voitures sur le parking pour que l'on se gare rapidement et ne pas perdre de temps. Ensuite nous nous dirigeons vers le Fairmont Louise hotel.
La vue sur le lac est superbe 🙂

Voilà l'envers du décor 😛

Bon... retournons à l'image que nous vendent les guides 😛

Afin de fuir tout ce monde nous décidons de prendre le chemin de Mirror lake. 2,7 km de montée mais en forte pente. A l'arrivée, le lac est beau mais nous sommes déçus de ne pas avoir eu de beaux points de vue sur le lac Louise. Nous espérions bien pouvoir apprécier de lac de haut.

Nous opérons la redescente et partons en direction du Lac Moraine. L'ambiance est plus intime (enfin... tout est relatif) et nous faisons une petite balade le long du lac.



De retour, nous montons sur la colline des éboulis. C'est un joli point de vue en hauteur avec vue plongeante sur le lac.

Nous quittons le site et de retour à l'hotel, nous prenons un peu de repos à la piscine et ressortons en ville faire quelques courses et diner.
6 août: Banff
Ce matin, nous décidons de partir en direction du Sundance Canyon aux alentours de Banff. Le temps est couvert mais doux néanmoins. Nous partons pour 11 km de marche. Si le début de la randonnée est sympathique, les moustiques le sont moins!! Nous nous faisons dévorer (il n'y a pas d'autre mot) et toutes les bombes répulsives à appliquer sur les vêtements ou à même la peau n'y font rien. 🏴☠️.
Vallée de la Bow

Maxime à fond, contemplatif...

Le Canyon Sundance

Le retour sous le soleil nous ��pargne quelques piqûres de moustiques qui sont moins nombreux. Après avoir pique-niqué en ville, nous passons une partie de l'après-midi au Safeway du coin à faire des courses, puis à la laundry et enfin faire le tour de la ville à pied. Banff est très agréable. 🙂

Le soir, nous retournons à Minnewanka lake et pique-niquons à Cascade Pond au bord de l'étang. Nous ne verrons pas plus d'animaux que la veille. Juste quelques "fous" se baigner alors que l'eau est glaciale 😮.
7 août: Banff
Grasse matinée. Nous nous levons à 8h00 et allons déjeuner dans la salle commune de l'hôtel. Nous joignons ensuite le parking de Surprise corner à l'angle de Buffalo street et de Tunnel Mountain road pour entamer notre promenade du jour en direction de Hoodoos. La marche débute dans une pinède pour rejoindre la rivière Bow.
Après avoir longé un moment celle-ci, nous arrivons à une intersection. Pas de signalisation... nous prenons à droite, un peu au feeling (on va continuer à suivre la rivière). Mal nous en a pris. Après quelques centaines de mètres, nous sommes égarés et le chemin inverse n'est pas facile à retrouver. 😕. Nous sommes égarés, pas encore perdus...Nous coupons à travers la forêt et escaladons une colline, suivons des sentiers parcourus par des animaux, pas de traces humaines... Après quelques centaines de mètres à nouveau, nous rejoignons enfin, exténués, la route, un parking, le trail vers les Hoodoos que nous atteignons finalement.

Au retour, nous empruntons la bonne piste et retournons à notre voiture en maintenant bien le cap!! si cette randonnée n'est pas paumatoire, une erreur est vite arrivée. Ca nous servira de leçon. Nous nous restaurons dans un parc alentour et allons visiter les chutes de la rivière Bow. Il y a du monde, certes, mais la vue est belle sous un soleil toujours aussi chaud.

Nous rentrons à l'hôtel par Tunnel Mounbtain drive en milieu d'après-midi pour nous poser puis repartons en ville pour diner. Mais avant, shoping!!
8 août: Banff - Jasper
Aujourd'hui, nous devons parcourir la route des Glaciers en reliant Jasper. Nous attendons beaucoup de cette journée. Nous sommes chanceux, il fait toujours beau, les paysages seront splendides!! Nous quittons l'hotel à 8h30, passons à la poste et empruntons la Bow Valley road, petite route qui longe l'autoroute et la vallée de la Bow. Nous avons l'intention de faire des rencontres animalières!! Nous roulons lentement, nos sens à l'affut. Bon, je ne vais pas vous mentir... on ne verra rien!
La Route des Glaciers s'ouvre devant nous. Nous passons l'entrée du parc où l'hôtesse nous remet un plan de la Route des Glaciers (plus belle route du monde, il va sans dire 😛) . Nous sommes émus car il s'agit de la 24ème plus belle route du monde que nous prenons au gré de nos voyages. 😉. La route est vraiment splendide. Elle fait 230 km. Le point 0 au sud se situe à l'embranchement de la transcanadienne et de la promenade des Glaciers à Lake Louise

Tout d'abord, arrêt au Glacier Crowfoot Puis le lac Bow

Nous nous arrêtons, passage obligé au lac Peyto. Il y a des cars entiers de touristes, c'est noir de monde et excessivement bruyant. A noter qu'à ce point de vue il y a 2 parkings. Un pour les cars à 100 m du point de vue et un autre pour les véhicules de tourisme à 800m. Tout est fait pour que les passagers des cars fassent une visite "vite-fait bien-fait" du site.

Nous voyons encore une fois un ours noir accompagné de son petit. (photo floue 😕)

Nous faisons un arrêt au chutes Tangle...

...et passons sans nous arrêter au centre du champ de glace. Il y a vraiment trop de monde et des parkings géants pour faire un tour d'autobus avec des roues surdimensionnées, ce n'est pas notre tasse de thé. Nous nous arrêtons aux sources bubbling pour déjeuner. La route se poursuit vers les chutes Sunwapta et nous bifurquons sur la route 93A pour visiter les chutes Athabasca. Splendides mais que de monde là encore!!

Nous arrivons à Jasper et décidons de prendre possession du bungalow où nous séjournerons 3 jours: Patricia Lake Bungalows, au bord du lac Patricia. Il s'agit de petits bungalows privatifs. C'est hyper calme, très bien entretenu et une literie dans les chambres superbe. Une de nos meilleures adresses de l'été.

Nous prenons un instant de repos dans le jacuzzi avant de retourner en ville procéder au ravitaillement pour le diner et les jours suivants.
9 août: Jasper
en quittant notre bungalow ce matin, nous croisons un superbe Wapiti sur la route avant d'arriver à Jasper.

La ville traversée, nous partons en direction du lac Maligne. Nous voyons un coyotte, craintif, lançant des regards derrière lui.

Nous arrivons ensuite sur le lieu de notre première randonnée du jour: Maligne Canyon. Nous marchons 5 km le long du canyon entre le premier et le sixième pont. C'est une randonnée facile et très agréable dont les paysages varient entre canyons et vues sur la rivière.


De retour, nous prenons la direction du Lac Maligne. Nous nous renseignons sur le prix de la croisière sur le lac. 57,75 $CAD par personne + taxes. C'est très cher, il n'y a pas de concurrence, ça sera sans nous. Nous profitons un instant de la vue (ça, c'est gratuit 😛) et partons faire le Mary Schaffer loop long de 3,5 km. Promenade alternant le bord du lac et la forêt.

Sur le chemin du retour, avant le lac Medecine, nous nous arrêtons faire un autre trail: Beaver trail. Super, on va voir des castors alors? Après 2km, nous arrivons au lac Beaver mais nous ne voyons pas la queue d'un castor.

L'arrêt photo au lac Medecine s'impose.

Ce lac a la particularité d'être vide l'été et plein l'hiver... enfin non, le contraire... vide l'hiver et plein l'été 😉. Bref, le peuple autochtone lui attribuait pour cette raison des pouvoirs magiques. Nulle magie. Nous sommes de retour au bungalow en fin d'après-midi. Nous nous délassons dans le jacuzzi et sortons en ville diner au Karouzo's steackhouse. Ca, c'est magique!! 😛
10 août: Jasper
Rveil à 7h30, petit déjeuner et douches (soyons clairs même si ce n'est pas mentionné chaque jour, nous prenions tous les jours une douche!!😛). Nous avons prévu, aujourd'hui de gravir le Mont Edith Cavell. Sur la route, encore une fois, nous croisons une superbe femelle Wapiti et prenons la route 93, route des glaciers ou donne la Cavell road. Au bout d'un moment, ne voyant rien venir, je sors la carte. Il fallait prendre la route 93A et pas la 93! Hop, demi-tour en pestant (intérieurement je crois) contre la passagère supposée avoir la carte ouverte sur les genoux et nous atteignons la Cavell road. Cette route fait 12km et est interdite du fait de son étroitesse aux camping car. Effectivement si le revêtement de la route est bon, c'est pas hyper large. Cela dit, tout le monde va dans le même sens. Il est 9h30, chacun monte vers le Mont Edith Cavell. Nous nous préparons à entamer la randonnée.

Après avoir jeté un oeil sur le glacier via l'étang Cavell au premier plan...

...nous entamons la montée jusqu'à Cavell meadows Lorsque je parle de montée, c'est le bon terme. Il s'agit de 3 km de côte sans discontinuer. Mon genou recommence à me faire souffrir. Le paysage vaut vraiment la peine une fois atteint le sommet.

Les prairies fleuries

Nous voyons des marmottes et un cassenoix.


Nous reprenons le chemin de retour par un autre sentier et arrivons au parking 4 heures après le départ non sans avoir fait un saut au bord du lac alimenté par le glacier.

Sur le chemin du retour vers Jasper, nous faisons une halte à Valley of the five lakes mais nous ne sommes pas éblouis par le site et retournons à Patricia lake pour les tâches domestiques: boire des bières, manger des glaces et faire la lessive. C'est au choix, temps libre 😛. Le soir, dîner chez Earl's. Bonne adresse quoique un peu bruyant.
11 août: Jasper - Clearwater
Nous quittons à regrets le confort douillet de Patricia lake bungalows et prenons la route direction Clearwater et le parc de Wells Gray. Initialement je voulais faire la randonnée du lac Kinney mais fatigués par le trail de la veille nous filons directement vers Clearwater où nous arrivons vers 12h30 après avoir essuyé et ce pour la première fois des vacances quelques gouttes de pluie en chemin.
La preuve en image...

Après avoir procédé au ravitaillement et acheté une superbe pièce de boeuf pour faire griller le soir, nous déjeunons près du centre d'information et montons sur le parc de Wells Gray. Nous stoppons aux chutes Spahats. Il me semble que ce sont les plus "quelque chose" du monde mais je ne sais plus quoi 😛.

Nous arrivons au Trophy Mountain Buffalo ranch où nous devons séjourner 2 jours. Il y a là la possibilité de faire du cheval. Nous héritons de la chambre quadruple nommé Wolf. Accueil moyen, service moyen (j'avais pas envie de payer 5$CAD pour avoir internet!!😠) pour un prix global assez élevé finalement. Nous partons ensuite pour les Dawson falls

.. puis aux Helmcken falls.

Ces dernières sont très jolies et considérées comme les plus belles du Canada (on n'a pas de pot, d'habitude c'est plus belles du monde. Ils ont peut-être le sens de la mesure 😛)
Nous restons un moment assis à les contempler en prenant du bon temps sous le soleil. De retour à l'hotel, je demande naïvement à la réception où je peux faire griller mon super morceau de boeuf acheté le matin même. Ah, mais mon bon monsieur, ce n'est pas possible! Je peux vous vendre du bois et vous prêter une grille si vous me laissez 50$CAd en caution pour cette dernière. bon là, le mec il me gonfle vraiment. Sa balade à cheval, demain, il va pouvoir se la mettre en pendentif. A la place on fera du rafting! Nous partons pique-niquer à la Green Tower où malheureusement il n'y a pas de barbecue. Décidément, ce n'est pas notre jour 😕. La viande fini à la poubelle 😠. Le paysage est splendide et nous sommes seuls, ça nous console un peu.
12 août: Clearwater
Le rendez-vous pour le rafting est fixé à 9h15 pour un départ à 9h30 de Clearwater. Nous n'avons jamais pratiqué cette discipline et sommes un peu anxieux. L'accueil est bon. Nous enfilons nos combinaisons, notre gilet de sauvetage et notre casque et partons en mini-bus vers le nord. Je n'ai pas de photo à mettre en ligne mais croyez-le, ces tenues nous vont à ravir😎
Après avoir descendu les rafts des remorques et les avoir portés pour descendre vers la rivière (c'est marrant, il ne me l'avait pas dit le type au téléphone la veille que je ferai le sherpa 😊) nous plongeons dans la rivière et montons dans nos embarcations. Nous voyageons avec un couple d'allemands et une famille de russes. Nous écoutons attentivement les consignes (en anglais bien sûr) et démarrons 2h30 de descente. A mi-parcours, nous allons visiter une chute. Candle creek falls. Nous passons sous la chute et sautons dans le bassin. L'eau est très froide mais cela vaut le coup.
Nous continuons l'aventure et arrivons à bon port. Nous sortons les rafts de l'eau et rejoignons à pied notre point de départ.
Le tout fut vraiment très agréable bien que un peu cher quand même.
Après avoir pique-niqué, nous remontons sur le parc de Wells Gray et faisons le trail de Bayleys falsl. une heure trente de marche pour 4,5 km.
Nous longeons la rivière puis un lac et enfin finissons dans une forêt dont les arbres sont couverts de mousse et de lichen.


Nous terminons notre visite dans la partie la plus au nord du parc au bord du lac de Clearwater

Nous rentrons à l'hôtel et dinons au restaurant. C'est assez cher mais nous avons de bons légumes et de la bonne viande de bison.
13 août: Clearwater - North Vancouver Dans chaque voyage, il y a au moins une étape de liaison assez longue. Aujourd'hui c'est le cas. 530 km entre Clearwater et North Vancouver où nous devons prendre le ferry le lendemain pour lîle de Vancouver. Cette étape, monotone, nous la faisons d'une traite par l'autoroute. Nous ne faisons pas d'arrêts, notre principal objectif étant d'arriver à Vancouver et de trouver un hôtel.


Après 6 heures de route, nous redécouvrons la civilisation. Vancouver, ses embouteillages et ses travaux. Nous arrivons finalement à North Vancouver où nous trouvons un hotel Comfort Inn à une dizaine de kilmomètres de Horseshoe Bay. Nous us délassons à la piscine avec un café, un livre. Il y a un Denny's à proximité de l'hôtel. Le repas du soir est tout trouvé. Ca nous rappellera nos vacances aux USA.
14 août: North Vancouver - Tofino
Nous avons eu besoin du réveil ce matin. Celui-ci sonne à 6h10. Nous étions néanmoins déjà réveillés par la chaleur! après avoir déjeuné rapidement, nous arrivons à 7h30 à Horseshoe Bay, lieu de départ des ferries pour Nanaimo sur l'île de Vancouver.

Le bateau quitte son emplacement à 8h30 précises et après une traversée très calme arrive à Nanaimo à 10h10 comme convenu. Nous quittons le ferry et partons en direction de Tofino sur la côte ouest de l'île de Vancouver, lieu de notre prochaine étape.

Sur le chemin, nous faisons une halte à Cathedral Grove pour visiter une forêt de cèdres géants et de pins Douglas. 70 m pour le plus grand, 800 ans pour les plus anciens. Les mousses et les lichens créent une atmosphère spéciale même si nous faisons la visite sous le soleil.


Nous repartons vers Tofino non sans faire une halte au lac Sproot.
Le lac Sproot sous un ciel couvert avec au fond un hydravion

Arrivé dans les montagnes de l'île de Vancouver, il pleut. Pendant une heure, nous essuierons une pluie fine et nous repensons à la prophétie qui dit qu'il ne fait jamais beau à Tofino! Nous arrivons sur place à 15h et procédons au check-in. nous logeons au Adventure Inn bed and breakfast. Bonne adresse. Le propriétaire du B&B fait des sorties en mer pour aller voir les baleines. Pas de chance son bateau est en panne mais il est tellement désolé qu'il nous négocie au Whales Center des supers prix pour le lendemain 🙂.

Nous nous baladons en ville et allons à Tonquin beach. Nous sommes sur la plage, au bord de l'océan pacifique sous un beau soleil!

FREDXIII was there 😉


Nous dinons ensuite au Sobo. Restaurant à la mode. Une demie heure pour avoir une table et une heure pour avoir notre plat une fois ce dernier commandé. C'est bon mais vraiment trop long. En règle générale, les restaurants sont chers à Tofino.
15 août: Tofino
Nous profitons du petit déjeuner complet du B&B. Il est préparé par Aurélie une française, jeune trentenaire qui travaille là. Le rendez-vous pour aller voir les baleines est fixé à 10h00. Nous croisons en ville des groupes qui rentrent d'une sortie en mer.

Comme quelques jours auparavant au raft, nous enfilons de superbes combinaisons rouges. Elles sont nécessaire car si le temps est clément, il y a du vent et l'air est froid lorsque le bateau fonce à travers l'océan. Après avoir fait connaissance avec le capitaine du bateau, un indien qui vit de l'autre côté de la baie nous voilà partis tous les trois avec neuf autres compagnons à la recherche des baleines. Si on pensait faire une croisière, nous nous sommes trompés. Il s'agit d'une course, une chasse! nous sommes secoués car le batreau file à toute vitesse mais quelles sensations! Nous arrivons rapidement à proximité d'un couple de baleines (enfin le dos elles ne nous ont pas signé d'autographe) puis voyons un second couple quelques minutes plus tard sur un autre emplacement.


Nous sommes en train de mitrailler les cétacés lorsque le guide communique par radio avec des confrères. Soudain il nous demande de nous asseoir et c'est parti pour 15 minutes de course effrenée sur les flots. Heureusement, l'océan est calme mais à chaque saut du bateau, on a l'impression soit que l'on va passer par dessus bord ou que le bateau va se briser au prochain impact. Soudain, le bateau stoppe à proximité d'un autre. nous assistons alors à un spectacle pour lequel nous n'étions pas préparés (ni le guide d'ailleurs). Il y a 5 ou 6 orques batifolant dans les eaux.


C'est d'autant plus surprenant que les orques sont supposés ne revenir dans ces eaux qu'en septembre lorsque les températures baissent. Nous restons là un long moment avant de rentrer au port à vitesse moyenne cette fois. 🙂 Quel bon moment nous avons vécu en 2h30. Nous nous restaurons en ville près du skate parc et partons vers le sud le long de Pacific rim. Nous faisons un premier arrêt à Radar Hill qui est le point culminant de Tofino mais la vue est cachée par les arbres. Rien à voir. Nous partons donc en direction de Ucluelet. Nous faisons une randonnée de 4,5 km sur le Wild Pacific Trail à l'extrémité sud. La promenade facile est très agréable.



Nous allons ensuite à Long beach où Maxime nous fait une démonstration de surf sur une planche en bois et finissons notre visite à Wickanimmsch Beach. Les paysages sont splendides.


De retour à Tofino, nous achetons à manger en ville puis dinons dans la salle commune du B&B. Pizza et vin blanc.
16 août: Tofino-Victoria Nous quittons le B&B après avoir réglé la note. Partons de Tofino à 8h45 en direction de Victoria via Port Alberni, la grande ville du centre de l'île à 2 heures de route de Tofino. Je fais le plein du véhicule et en retournant à ma voiture plonge machinalement la main dans la poche de mon short pour y trouver... les clefs de la chambre. P...!!! le C...!! J'appelle le B&B et explique que je vais renvoyer les clefs depuis le bureau de poste. Ils sont désolés et s'en veulent car ils considèrent que c'est leur faute. Je leur certifie que non, que c'est de ma faute même si je pense exactement le contraire 😉 . 10,63 $CAD plus tard, nous reprenons la route vers Victoria. Nous faisons halte à Parksville charmante station balnéaire et arrivons à Victoria à 15h30 où nous procédons à la prise de la chambre. Nous serons à l'Admiral Inn pendant notre séjour. Nous avons un 2 pièces avec kitchenette. Hôtel assez bon marché et bien situé. Accueil très sympathique. Nous sortons en ville nous balader.



Nous jetons un oeil aux boutiques et nous nous offrons un savoureux fish and chips chez Joe's sur le port. Bonne adresse.
17 août: Victoria
Nous nous levons assez tard et allons en ville nous promener. La ville se met en marche doucement. Nous marchons dans les rues et profitons de la belle architecture des bâtiments.

De retour à l'hôtel, nous prenons la voiture et nous dirigeons vers Oak Bay. C'est un quartier résidentiel bordé de plages à l'est de Victoria. Nous nous reposons à Willow Beach pendant 2 bonnes heures puis retournons à l'hôtel pour nous rafraichir. Il fait très chaud, nous sommes vraiment chanceux. Le soir, diner en ville au Swanns pub.
Quelques clichés de la ville le soir




18 août: Victoria - Vancouver
Dernière partie de nos vacances. Nous quittons Victoria et l'île de Vancouver pour le continent et Vancouver. Nous devons prendre le ferry à 11h à Schwartz bay pour Tsawwassen au sud de Vancouver. Nous nous présentons tôt et obtenons une place sur le passage précédant à 10h. La traversée s'effectue à nouveau sur une mer d'huile et nous atteignons l'autre rive à 11h35. Nous montons vers Vancouver plein nord. Après notre traditionnel arrêt pique-nique, nous arrivons au Sunset Inn sur Burnaby street pour prendre possession de notre chambre. Quadruple, kitchenette et située au 10° étage avec vue sur la ville. Sympa.
Nous déambulons dans les rues d'une ville qui vit à 100 à l'heure et qui a des faux airs de San Francisco. Nous avons aimé cette ville qui compte 36% de sa population d'origine asiatique à tel point que les canadiens la nomme Hong-couver 🙂. Le soir, diner sur Davie street à proximité de notre logement. Le quartier est festif, c'est la semaine du film gay et lesbien 🙂. Nous rentrons à l'hotel et profitons de la douceur du soir et de la vue.

19 août: Vancouver
La nuit passée et le petit déjeuner avalé, nous partons en direction de Lynn Valley et plus particulièrement de Lynn Canyon. Il y a un pont suspendu et la destination sur le nord de Vancouver a l'air sympa, sans compter que, après plusieurs jours sans marcher, nous manquons d'exercice Nous faisons 2 balades. Twin falls et The Pool.


Le Parc vaut la peine d'être visité et est à mon avis plus intéressant que Capilano Bridge beaucoup plus populaire. Lorsque nous quittons le parc à 11h, il commence à y avoir beaucoup de monde. Nous montons sur Cypress Bowl road pour avoir une belle vue sur Vancouver mais la brume de chaleur empêche toute photo intéressante. Nous redescendons sur North Vancouver et empruntons Marine drive, sorte de voie où il y a plus de porsches que de porches et allons nous poser sur la plage de Dundarave Beach.
Au retour nous prenons le pont suspendu Lions Gate bridge qui ressemble au Golden Gate de San Francisco à part sa couleur verte et traversons Stanley Park en voiture.

Nous faisons quelques arrêts et décidons de revenir faire le tour de Stanley Park le lendemain à pied. Nous repassons à l'hotel et repartons en ville à pied du côté du terminal des bateaux de croisière sur Canada Place. Nous traversons le quartier des affaires.



Nous retournons dîner à l'hôtel dans notre chambre avant de sortir assister au coucher de soleil sur Sunset Beach la bien nommée 😎

20 août: Vancouver
Ce matin, nous avons prévu de faire le tour de Stanley Park. Depuis l'hôtel, il faut compter 2 km. Nous devrions faire 12km aujourd'hui. Nous sommes samedi et les habitants sont tous en roller, en vélo, en chaussures en train de faire du sport. Le front de mer est très plaisant.



Arrivés sur Stanley Park, nous découvrons que les vélos n'ont le droit de circuler que le sens anti-horaire. C'est bien, on les verra arriver face à nous car ils sont si nombreux! La balade est très agréable avec le front de mer d'un côté et le bois de l'autre.

Nous croisons les oeuvres éphémères d'un artiste Kent Avery et lui achetons quelques cartes de sa fabrication.



Après Prospect Point nous voyons 3 loutres. Une mère et ses 2 petits. Nous les regardons un moment jouer et se nourrir. Elles se fichent complètement des spectateurs.

Nous nous arrêtons près de Totem Poles et poursuivons notre balade.


Près du Vancouver Rowing club nous voyons 2 otaries dorer au soleil.

Le tour de Stanley Park est terminé et nous nous rendons sur English bay Beach ou nous nous baignons! il fait très chaud et l'eau est étrangement à la bonne température pour un bain.
De retour en fin d'après-midi à l'hôtel, nous préparons les valises pour le grand retour.
21 août: Vancouver
Dernière journée à Vancouver et au Canada. En général, cette journée est pourrie. Je traine ma peine et n'ai qu'une hâte, enregistrer les bagages et monter dans l'avion. Bon... le vol est à 18h25, va falloir trouver quelque chose à faire 😕. Nous trainons un peu dans la chambre et partons sur Granville Island. Il s'agit d'un quartier aménagé avec des boutiques, des équipements sportifs et une marina. C'est sympa. Nous assistons au retour d'un couple qui est allé pêcher le saumon. Le skipper découpe le saumon et tend la peau à 2 otaries qui n'attendent que ça, le cérémonial doit être le même chaque jour. 🙂.

Nous quittons Granville Island pour Richmond où nous faisons le tour des boutiques du centre commercial et joignons l'aéroport. Nous laissons le véhicule entre les mains du loueur et enregistrons nos bagages. Les vacances sont terminées, nous sommes en salle d'embarquement. Merci à ce magnifique aéroport qui nous offre le free wifi pour passer le temps. ADP pourrait en prendre de la graine! Peu de temps après le décollage, nous survolons les rocheuses.

Le vol retour de nuit est comme d'habitude interminable avec cette sale manie qu'ont les compagnies de nous réveiller pour nous offrir des trucs infâmes à manger. Encore un peu de patience... nous arrivons à Roissy et récupérons nos bagages 1h30 après notre arrivée. Les valises arrivent au compte goutte sur le tapis, les sanitaires sont noyés et sales. On retrouve l'organisation française, c'est un peu brutal. 😕
Il est 15h00 et nous sommes à la maison. Demain, on reprend le chemin du travail 🤪.
...et nous voilà lancés. Merci à MLEFEVRE, KASHTIN, JADORRY, VILCANOTA, VNOA, à tous... Je remercie particulièrement Aconstance et Krikri que j'ai énormément sollicité et qui m'ont donné tant de renseignements contribuant à la réussite de nos vacances. 😛.
Afin de vous éviter un fastidieux relevé et partant du principe qu'il faut tout vous faire, voici le résumé des étapes:
29 juillet 2011: départ de Paris arrivée à Calgary 30 juillet: Calgary-Lake Mac Donald 31 juillet: Lake Mac Donald - Many Glacier 1er août: Many-Glacier - Waterton 2 août: Waterton 3 août: Waterton-Radium Hot Springs 4 août: Radium Hot Spring - Banff 5 août: Banff 6 août: Banff 7 août: Banff 8 août: Banff - Jasper 9 août: Jasper 10 août: Jasper 11 août: Jasper - Clearwater 12 août: Clearwater 13 août: Clearwater - North Vancouver 14 août: North Vancouver - Tofino 15 août: Tofino 16 août: Tofino-Victoria 17 août: Victoria 18 août: Victoria - Vancouver 19 août: Vancouver 20 août: Vancouver 21 août: Vancouver
29 juillet 2011: départ de Paris arrivée à Calgary: Nous quittons la maison le matin à 7h00 et après 3 quarts d'heure arrivons à Roissy Charles de Gaulle, terminal 3. Nous voyageons avec Air Transat. Le vol se déroule sans soucis et atterrissons à 12h35 à Calgary après avoir survolé la ville pour atteindre l'aéroport qui se situe quelques kilomètres au nord de celle-ci.
Calgary vue du ciel

Une fois les bagages récupérés et la douane passée, nous nous rendons au comptoir Alamo où nous héritons d'un SUV Ford Escape. Le choix d'un SUV s'est fait non pas pour rouler sur des pistes mais surtout pour profiter de la position haute que celui-ci offre par rapport à une berline et ceci afin de mieux voir les paysages. Dès le début d'après-midi, nous nous rendons dans le centre ville et arpentons la 8° avenue sous un chaud et beau soleil. Une glace pour Isa, des hot-dog pour Maxime et moi. Nous lorgnons les bottes dans les boutiques mais ne cédons pas à la tentation.
L'architecture de la 8° avenue

La Calgary Tower


Cette visite agréable nous prend une paire d'heure. Nous rejoignons ensuite notre véhicule et prenons la direction du sud à la recherche d'un centre commercial où nous achètons nos provisions et une glacière. Cette figure imposée effectuée, nous faisons halte dans un Econo lodge où nous prenons un bain dans la piscine et un moment réparateur dans le jacuzzi. Le soir, nous sortons dîner au Keg Steackhouse. Nous nous couchons à 20h40 après une journée de 20h. 🙂.
30 juillet: Calgary-Lake Mac Donald
Maudit décalage horaire!! Nous sommes réveillés à 5h30!! Nous traînons au lit et patientons jusqu'à 7h00 pour prendre le petit déjeuner. Celui-ci avalé, nous partons en direction du sud via l'autoroute 2. La route est assez monotone Nous arrivons à la frontière US MONTANA à 11h00 et en repartons à 12h15 délestés de 18 US$. Nous atteignons l'entrée de Glacier NP où nous payons 25US$ de droit d'entrée et nous pénétrons le parc via la Going to The Sun Road.

Les lacs se succèdent, les paysages sont splendides

Une petite randonnée de 2 km Baring trail nous emmène vers une cascade.


Cette petite balade sans difficulté nous permet de nous dégourdir les jambes.
Nous poursuivons notre route et après un arrêt rapide au visitor center nous apercevons nos premiers animaux sauvages!!


Toujours à travers de beaux paysages, nous poursuivons la route


Le check in fait, nous nous installons au Lake Mac Donald motel. Le confort des chambres est spartiate mais l'emplacement fort agréable. Une petite marche le long du lac nous apprendra ce premier jour que notre principal ennemi sera Le Moustique!!

31 juillet: Lake Mac Donald - Many Glacier
Je vais chercher du café à la boutique et le petit déjeuner est rapidement avalé dans la chambre dès 6h45. Nous reprenons la route Going to the Sun road dans le sens inverse de la veille. L'occasion est belle pour faire des photos entre brume et soleil. Nous doublons de nombreux cyclistes et croisons des mouflons.

Après 2 heures de route, nous arrivons à Many Glacier. Nous avons prévu de faire une randonnée. Grinnel Lake. Plusieurs départs s'offrent à nous. Nous choisissons de partir du Many Glacier hotel qui est le point de départ le plus éloigné afin de profiter des sous-bois. Nous longeons tout d'abord le lac Josephine par la rive nord qui surplomble un peu le lac. La vue est superbe, le vent assez fort mais le soleil radieux. Les quelques randonneurs que nous croisons s'inquiètent de savoir si nous avons vu des ours. Heureusement non 😇. Le sentier qui part vers Grinnell Glacier est fermé car des grizzlys ont été vus. Nous redoublons de prudence.

Après avoir traversé une zone semi-marécageuse mais aménagée avec de nombreux ponts et chemins de bois nous pique-niquons sur la rive du lac Grinnell.

Le retour se fait par la rive sud du lac Josephine. Là, nous sommes carrément dans les bois (à gauche sur la photo ci-dessous). C'est nettement moins bien.

Le retour au parking du Many glacier Hotel après 12 km de marche est apprécié par tous. Nous parcourons les derniers kilomètres qui nous séparent de notre étape au Swiftcurrent Motor Inn. Un vieux motel qui a l'avantage d'être assez "bon marché" par rapport à ce qui se fait dans la région et au coeur du Parc. Les valises posées et après un rafraichissement (glace, bière et fanta) au soleil nous reprenons nos chaussures de marche et partons pour Redrock Lake. A peu près 5 km AR.

Ce soir, pizzas et poulet grillé au restaurant de l'hôtel.
1er août: Many-Glacier - Waterton
Aujourd'hui, nous avons prévu de faire Iceberg Lake trail. Il s'agit d'une randonnée de 16 km. Nous nous levons tôt et démarrons la randonnée vers 8h00. Après un départ assez difficile car les premiers 500 m se font avec une forte déclinivité, le reste des 8 km aller tout en montée graduelle est assez facile. Nous effectuons l'aller en un peu plus de 2 heures. C'est un rythme assez soutenu.
Le sentier menant à Iceberg Lake

Nous arrivons au bord du lac après avoir franchi quelques ruisseaux et des parties enneigées.
L'arrivée à Iceberg Lake

Un lac alentour de Iceberg lake

Iceberg Lake (le bien nommé)

Nous mesurons la température de l'eau: 2,5 °C. Idéal pour un apéritif mais la taille des glaçons est un peu trop importante! De plus, il y a un vent froid qui nous glace après avoir marché 2 heures. Le pull polaire n'est pas de trop. 😕
Nous prenons une collation et retournons sur nos pas. Il est 10h15. Nous profitons plus du paysage car il y a foule qui monte et le risque se trouver nez à nez avec un ours est considérablement diminué. Nous sommes surpris du nombre important de randonneurs que nous croisons. Tous ces gens qui vont se retrouver en même temps sur les rives du lac!
Les prairies fleuries sont magnifiques mais la descente vers Many Glacier est finalement plus éprouvante pour les articulations (les miennes surtout!!) que la montée.
Bilan de la randonnée: 4h30 de marche, 16 km, des courbatures et des ampoules mais surtout un beau spectacle caché au creux des montagnes!
De retour à Many Glacier, nous pique-niquons et prenons la route en direction du Canada.
Nous passons la douane et sur l'interpellation de Maxime stoppons à hauteur d'un grizzly se régalant de baies à une quinzaine de mètres de nous. Nous le suivons quelques minutes et il s'engouffre dans les bois.

Nous poursuivons notre route vers Waterton où nous arrivons en milieu d'après-midi afin de faire le check-in au Bear Mountain motel. Il s'agit d'un motel des années 60, (télé d'époque!!) L'accueil est bon, le prix doux. Bonne adresse.

Après avoir procédé au lavage de notre linge sale en famille à la laverie du coin, avalé bière, soda ou glace au choix de chacun, nous achetons nos billets à Shoreline Cruises pour la croisière programmée le lendemain. Je soigne mon genou douloureux par du repos forcé. 🏴☠️
Nous dînons et nous nous promenons en ville sur les berges du lac dans la douceur de la soirée. Nous sommes séduits par la quiétude de Waterton.

L'hôtel Prince de Galles

2 août: Waterton
Réveillés à 7h00, nous prenons notre petit déjeuner sur le perron de notre chambre et après un tour en ville sur les rives du lac, nous nous présentons à l'embarcadère pour la croisière dite "scenic" en direction de Goat Hunt aux USA. La croisière dure 1h15 pour rallier Goat Hunt qui est l'autre rive côté USA du lac. Nous tamponnons joyeusement nos passeports d'un nouveau cachet. Une courte marche sur les bords du lac et nous reprenons le navire en direction de Waterton.
L'embarcadère de Waterton vu du bateau

Navigation sur Waterton Upper Lake

Encore une fois aux USA 😛

De retour vers midi à l'hotel, nous montons en voiture et partons en direction de Red Rock Canyon. après un arrêt pique-nique, nous faisons le tour du sympathique canyon qui doit son nom aux roches rouges. Le coin est envahi de touristes car la chaleur est bien présente maintenant et chacun profite de la fraicheur des lieux.

Après cette promenade, nous partons en direction de Cameron Lake à quelques kilomètres de Waterton. Nous faisons une marche de 3 kilomètres sur la rive sans grand intérêt, le terrain est plat et sans difficulté. Je claudique toujours. 😕. Isabelle prend le volant pour nous ramener à l'hôtel partons en ville faire quelques courses. Le soir, balade digestive, toujours avec une belle température d'été. Les daims sont nombreux et peu farouches.
Un (très) jeune canadien de 4 ou 5 ans nous aperçoit, descend de son vélo et entreprend de nous sermonner en nous pointant du doigt et nous expliquant en anglais qu'il ne faut pas nourrir les bêtes sauvages, qu'il connait la loi et que plus tard il sera Ranger! Nous l'écoutons religieusement sous l'oeil amusé de ses parents. Ce petit, il a un caractère bien trempé. 🙂.
3 août: Waterton-Radium Hot Springs
Checking out du Mountain Bear Motel et départ en direction de Radium Hot Springs au nord.
J'ai lu dans un guide qu'il y a aux alentours de Waterton un parc clos avec des bisons. Effectivement, l'accès est libre et un loop d'une dizaine de kilomètres d'une route goudronnée nous fait parcourir ce petit parc vallonné.

Les bisons sont au rendez-vous et même si des esprits chagrins diront que ce sont des animaux enfermés, la magie opère et nous sommes ravis de rencontrer ces splendides animaux dans un si beau payasage.


Nous poursuivons notre chemin et prenons une chambre au Cedar Motel à Radium Hot Springs. 2 chambres correctes avec une kitchenette.
En milieu d'après-midi nous allons à la piscine dans le Parc de Kootenay. Nous nous relaxons deux heures durant dans de l'eau à 37°C. 🙂
4 août: Radium Hot Spring - Banff
Avoir une kitchenette dans la chambre a du bon. Nous nous faisons griller du pain que nous tartinons avec du fromage Philadelphia. Après ce petit déjeuner, nous prenons la route en direction de Banff, étape suivante de notre voyage. Nous traversons le parc de Kootenay. Ce parc est injustement méconnu mais magnifique. Les paysages, splendides, se succèdent.

Quelques mountain goat impassible au bord de la route

Nous nous arrêtons un peu au hasard sur le parking de Marble Canyon. Je jette un oeil au panneau indiquant la nature de la balade et décidons de faire celle-ci (une heure trente aller-retour).
Bien nous en a pris.

Les fleurs, toujours présentes

Un faux air de Yellowstone



Cette visite a été très agréable.
Nous remontons en voiture et quelques centaines de mètres plus loin, nous croisons un grizzly. Quelle chance!


Route ensuite vers une partie programmée de la journée. La randonnée de Johnson Canyon dans le parc de Banff. Lorsque nous arrivons à destination, il est 11h30 et le parking est noir de voitures 😕. Nous nous garons sur la route de la Bow Valley à 500m du parking. Ca promet!!
La randonnée de Johnson Canyon est divisée en 3 phases pour sa partie la plus connue. Lower falls située à 1,1 km Upper falls 2,7 km plus loin Ink Pots situés 3,5 km plus loin encore. Au total une randonnée de 14,6 kilomètres. Belle balade. Au départ et au moins jusqu'à Lower falls il y a énormément de monde. Ensuite ça s'éclairci carrément.
Lower falls

Upper falls

Après Upper falls, on a droit à 3,5 km de montée. Les mollets sont soumis à rude épreuve, le souffle est court mais nous maintenons notre effort.
The Inks Pots

Nous nous reposons un moment au bord de la rivière sous un soleil toujours aussi salvateur. Nous entamons la descente et croisons quelques randonneurs qui nous questionnent sur la difficulté et le temps restant à parcourir pour atteindre leur but. La descente est toujours aussi dure et mes genoux souffrent. Ca va être beau demain!! 🤪
Nous arrivons en ville à Banff vers 16h au Voyageur Inn. L'hotel est vieillot et pas génial mais le prix "doux" pour la région m'avait attiré.
Nous allons ensuite en ville au visitor center prendre les informations météorologiques et faire un bilan des activités dans la région. Le soir, nous dinons "local". Un restaurant Tex-Mex obtiendra notre vote. Le Magpie & Stump. Correct.
Après le diner, nous faisons un tour au Minnewanka lake espérant voir des animaux à la faveur de la nuit tombante.

Nous verrons quelques mouflons.

Rien d'autre. 😕
5 août: Banff
Après le petit déjeuner, nous partons vers le Lake Louise. Que de monde!! C'est disneyland!! Il y a des employés qui guident les voitures sur le parking pour que l'on se gare rapidement et ne pas perdre de temps. Ensuite nous nous dirigeons vers le Fairmont Louise hotel.
La vue sur le lac est superbe 🙂

Voilà l'envers du décor 😛

Bon... retournons à l'image que nous vendent les guides 😛

Afin de fuir tout ce monde nous décidons de prendre le chemin de Mirror lake. 2,7 km de montée mais en forte pente. A l'arrivée, le lac est beau mais nous sommes déçus de ne pas avoir eu de beaux points de vue sur le lac Louise. Nous espérions bien pouvoir apprécier de lac de haut.

Nous opérons la redescente et partons en direction du Lac Moraine. L'ambiance est plus intime (enfin... tout est relatif) et nous faisons une petite balade le long du lac.



De retour, nous montons sur la colline des éboulis. C'est un joli point de vue en hauteur avec vue plongeante sur le lac.

Nous quittons le site et de retour à l'hotel, nous prenons un peu de repos à la piscine et ressortons en ville faire quelques courses et diner.
6 août: Banff
Ce matin, nous décidons de partir en direction du Sundance Canyon aux alentours de Banff. Le temps est couvert mais doux néanmoins. Nous partons pour 11 km de marche. Si le début de la randonnée est sympathique, les moustiques le sont moins!! Nous nous faisons dévorer (il n'y a pas d'autre mot) et toutes les bombes répulsives à appliquer sur les vêtements ou à même la peau n'y font rien. 🏴☠️.
Vallée de la Bow

Maxime à fond, contemplatif...

Le Canyon Sundance

Le retour sous le soleil nous ��pargne quelques piqûres de moustiques qui sont moins nombreux. Après avoir pique-niqué en ville, nous passons une partie de l'après-midi au Safeway du coin à faire des courses, puis à la laundry et enfin faire le tour de la ville à pied. Banff est très agréable. 🙂

Le soir, nous retournons à Minnewanka lake et pique-niquons à Cascade Pond au bord de l'étang. Nous ne verrons pas plus d'animaux que la veille. Juste quelques "fous" se baigner alors que l'eau est glaciale 😮.
7 août: Banff
Grasse matinée. Nous nous levons à 8h00 et allons déjeuner dans la salle commune de l'hôtel. Nous joignons ensuite le parking de Surprise corner à l'angle de Buffalo street et de Tunnel Mountain road pour entamer notre promenade du jour en direction de Hoodoos. La marche débute dans une pinède pour rejoindre la rivière Bow.
Après avoir longé un moment celle-ci, nous arrivons à une intersection. Pas de signalisation... nous prenons à droite, un peu au feeling (on va continuer à suivre la rivière). Mal nous en a pris. Après quelques centaines de mètres, nous sommes égarés et le chemin inverse n'est pas facile à retrouver. 😕. Nous sommes égarés, pas encore perdus...Nous coupons à travers la forêt et escaladons une colline, suivons des sentiers parcourus par des animaux, pas de traces humaines... Après quelques centaines de mètres à nouveau, nous rejoignons enfin, exténués, la route, un parking, le trail vers les Hoodoos que nous atteignons finalement.

Au retour, nous empruntons la bonne piste et retournons à notre voiture en maintenant bien le cap!! si cette randonnée n'est pas paumatoire, une erreur est vite arrivée. Ca nous servira de leçon. Nous nous restaurons dans un parc alentour et allons visiter les chutes de la rivière Bow. Il y a du monde, certes, mais la vue est belle sous un soleil toujours aussi chaud.

Nous rentrons à l'hôtel par Tunnel Mounbtain drive en milieu d'après-midi pour nous poser puis repartons en ville pour diner. Mais avant, shoping!!
8 août: Banff - Jasper
Aujourd'hui, nous devons parcourir la route des Glaciers en reliant Jasper. Nous attendons beaucoup de cette journée. Nous sommes chanceux, il fait toujours beau, les paysages seront splendides!! Nous quittons l'hotel à 8h30, passons à la poste et empruntons la Bow Valley road, petite route qui longe l'autoroute et la vallée de la Bow. Nous avons l'intention de faire des rencontres animalières!! Nous roulons lentement, nos sens à l'affut. Bon, je ne vais pas vous mentir... on ne verra rien!
La Route des Glaciers s'ouvre devant nous. Nous passons l'entrée du parc où l'hôtesse nous remet un plan de la Route des Glaciers (plus belle route du monde, il va sans dire 😛) . Nous sommes émus car il s'agit de la 24ème plus belle route du monde que nous prenons au gré de nos voyages. 😉. La route est vraiment splendide. Elle fait 230 km. Le point 0 au sud se situe à l'embranchement de la transcanadienne et de la promenade des Glaciers à Lake Louise

Tout d'abord, arrêt au Glacier Crowfoot Puis le lac Bow

Nous nous arrêtons, passage obligé au lac Peyto. Il y a des cars entiers de touristes, c'est noir de monde et excessivement bruyant. A noter qu'à ce point de vue il y a 2 parkings. Un pour les cars à 100 m du point de vue et un autre pour les véhicules de tourisme à 800m. Tout est fait pour que les passagers des cars fassent une visite "vite-fait bien-fait" du site.

Nous voyons encore une fois un ours noir accompagné de son petit. (photo floue 😕)

Nous faisons un arrêt au chutes Tangle...

...et passons sans nous arrêter au centre du champ de glace. Il y a vraiment trop de monde et des parkings géants pour faire un tour d'autobus avec des roues surdimensionnées, ce n'est pas notre tasse de thé. Nous nous arrêtons aux sources bubbling pour déjeuner. La route se poursuit vers les chutes Sunwapta et nous bifurquons sur la route 93A pour visiter les chutes Athabasca. Splendides mais que de monde là encore!!

Nous arrivons à Jasper et décidons de prendre possession du bungalow où nous séjournerons 3 jours: Patricia Lake Bungalows, au bord du lac Patricia. Il s'agit de petits bungalows privatifs. C'est hyper calme, très bien entretenu et une literie dans les chambres superbe. Une de nos meilleures adresses de l'été.

Nous prenons un instant de repos dans le jacuzzi avant de retourner en ville procéder au ravitaillement pour le diner et les jours suivants.
9 août: Jasper
en quittant notre bungalow ce matin, nous croisons un superbe Wapiti sur la route avant d'arriver à Jasper.

La ville traversée, nous partons en direction du lac Maligne. Nous voyons un coyotte, craintif, lançant des regards derrière lui.

Nous arrivons ensuite sur le lieu de notre première randonnée du jour: Maligne Canyon. Nous marchons 5 km le long du canyon entre le premier et le sixième pont. C'est une randonnée facile et très agréable dont les paysages varient entre canyons et vues sur la rivière.


De retour, nous prenons la direction du Lac Maligne. Nous nous renseignons sur le prix de la croisière sur le lac. 57,75 $CAD par personne + taxes. C'est très cher, il n'y a pas de concurrence, ça sera sans nous. Nous profitons un instant de la vue (ça, c'est gratuit 😛) et partons faire le Mary Schaffer loop long de 3,5 km. Promenade alternant le bord du lac et la forêt.

Sur le chemin du retour, avant le lac Medecine, nous nous arrêtons faire un autre trail: Beaver trail. Super, on va voir des castors alors? Après 2km, nous arrivons au lac Beaver mais nous ne voyons pas la queue d'un castor.

L'arrêt photo au lac Medecine s'impose.

Ce lac a la particularité d'être vide l'été et plein l'hiver... enfin non, le contraire... vide l'hiver et plein l'été 😉. Bref, le peuple autochtone lui attribuait pour cette raison des pouvoirs magiques. Nulle magie. Nous sommes de retour au bungalow en fin d'après-midi. Nous nous délassons dans le jacuzzi et sortons en ville diner au Karouzo's steackhouse. Ca, c'est magique!! 😛
10 août: Jasper
Rveil à 7h30, petit déjeuner et douches (soyons clairs même si ce n'est pas mentionné chaque jour, nous prenions tous les jours une douche!!😛). Nous avons prévu, aujourd'hui de gravir le Mont Edith Cavell. Sur la route, encore une fois, nous croisons une superbe femelle Wapiti et prenons la route 93, route des glaciers ou donne la Cavell road. Au bout d'un moment, ne voyant rien venir, je sors la carte. Il fallait prendre la route 93A et pas la 93! Hop, demi-tour en pestant (intérieurement je crois) contre la passagère supposée avoir la carte ouverte sur les genoux et nous atteignons la Cavell road. Cette route fait 12km et est interdite du fait de son étroitesse aux camping car. Effectivement si le revêtement de la route est bon, c'est pas hyper large. Cela dit, tout le monde va dans le même sens. Il est 9h30, chacun monte vers le Mont Edith Cavell. Nous nous préparons à entamer la randonnée.

Après avoir jeté un oeil sur le glacier via l'étang Cavell au premier plan...

...nous entamons la montée jusqu'à Cavell meadows Lorsque je parle de montée, c'est le bon terme. Il s'agit de 3 km de côte sans discontinuer. Mon genou recommence à me faire souffrir. Le paysage vaut vraiment la peine une fois atteint le sommet.

Les prairies fleuries

Nous voyons des marmottes et un cassenoix.


Nous reprenons le chemin de retour par un autre sentier et arrivons au parking 4 heures après le départ non sans avoir fait un saut au bord du lac alimenté par le glacier.

Sur le chemin du retour vers Jasper, nous faisons une halte à Valley of the five lakes mais nous ne sommes pas éblouis par le site et retournons à Patricia lake pour les tâches domestiques: boire des bières, manger des glaces et faire la lessive. C'est au choix, temps libre 😛. Le soir, dîner chez Earl's. Bonne adresse quoique un peu bruyant.
11 août: Jasper - Clearwater
Nous quittons à regrets le confort douillet de Patricia lake bungalows et prenons la route direction Clearwater et le parc de Wells Gray. Initialement je voulais faire la randonnée du lac Kinney mais fatigués par le trail de la veille nous filons directement vers Clearwater où nous arrivons vers 12h30 après avoir essuyé et ce pour la première fois des vacances quelques gouttes de pluie en chemin.
La preuve en image...

Après avoir procédé au ravitaillement et acheté une superbe pièce de boeuf pour faire griller le soir, nous déjeunons près du centre d'information et montons sur le parc de Wells Gray. Nous stoppons aux chutes Spahats. Il me semble que ce sont les plus "quelque chose" du monde mais je ne sais plus quoi 😛.

Nous arrivons au Trophy Mountain Buffalo ranch où nous devons séjourner 2 jours. Il y a là la possibilité de faire du cheval. Nous héritons de la chambre quadruple nommé Wolf. Accueil moyen, service moyen (j'avais pas envie de payer 5$CAD pour avoir internet!!😠) pour un prix global assez élevé finalement. Nous partons ensuite pour les Dawson falls

.. puis aux Helmcken falls.

Ces dernières sont très jolies et considérées comme les plus belles du Canada (on n'a pas de pot, d'habitude c'est plus belles du monde. Ils ont peut-être le sens de la mesure 😛)
Nous restons un moment assis à les contempler en prenant du bon temps sous le soleil. De retour à l'hotel, je demande naïvement à la réception où je peux faire griller mon super morceau de boeuf acheté le matin même. Ah, mais mon bon monsieur, ce n'est pas possible! Je peux vous vendre du bois et vous prêter une grille si vous me laissez 50$CAd en caution pour cette dernière. bon là, le mec il me gonfle vraiment. Sa balade à cheval, demain, il va pouvoir se la mettre en pendentif. A la place on fera du rafting! Nous partons pique-niquer à la Green Tower où malheureusement il n'y a pas de barbecue. Décidément, ce n'est pas notre jour 😕. La viande fini à la poubelle 😠. Le paysage est splendide et nous sommes seuls, ça nous console un peu.
12 août: Clearwater
Le rendez-vous pour le rafting est fixé à 9h15 pour un départ à 9h30 de Clearwater. Nous n'avons jamais pratiqué cette discipline et sommes un peu anxieux. L'accueil est bon. Nous enfilons nos combinaisons, notre gilet de sauvetage et notre casque et partons en mini-bus vers le nord. Je n'ai pas de photo à mettre en ligne mais croyez-le, ces tenues nous vont à ravir😎
Après avoir descendu les rafts des remorques et les avoir portés pour descendre vers la rivière (c'est marrant, il ne me l'avait pas dit le type au téléphone la veille que je ferai le sherpa 😊) nous plongeons dans la rivière et montons dans nos embarcations. Nous voyageons avec un couple d'allemands et une famille de russes. Nous écoutons attentivement les consignes (en anglais bien sûr) et démarrons 2h30 de descente. A mi-parcours, nous allons visiter une chute. Candle creek falls. Nous passons sous la chute et sautons dans le bassin. L'eau est très froide mais cela vaut le coup.
Nous continuons l'aventure et arrivons à bon port. Nous sortons les rafts de l'eau et rejoignons à pied notre point de départ.
Le tout fut vraiment très agréable bien que un peu cher quand même.
Après avoir pique-niqué, nous remontons sur le parc de Wells Gray et faisons le trail de Bayleys falsl. une heure trente de marche pour 4,5 km.
Nous longeons la rivière puis un lac et enfin finissons dans une forêt dont les arbres sont couverts de mousse et de lichen.

Nous terminons notre visite dans la partie la plus au nord du parc au bord du lac de Clearwater

Nous rentrons à l'hôtel et dinons au restaurant. C'est assez cher mais nous avons de bons légumes et de la bonne viande de bison.
13 août: Clearwater - North Vancouver Dans chaque voyage, il y a au moins une étape de liaison assez longue. Aujourd'hui c'est le cas. 530 km entre Clearwater et North Vancouver où nous devons prendre le ferry le lendemain pour lîle de Vancouver. Cette étape, monotone, nous la faisons d'une traite par l'autoroute. Nous ne faisons pas d'arrêts, notre principal objectif étant d'arriver à Vancouver et de trouver un hôtel.


Après 6 heures de route, nous redécouvrons la civilisation. Vancouver, ses embouteillages et ses travaux. Nous arrivons finalement à North Vancouver où nous trouvons un hotel Comfort Inn à une dizaine de kilmomètres de Horseshoe Bay. Nous us délassons à la piscine avec un café, un livre. Il y a un Denny's à proximité de l'hôtel. Le repas du soir est tout trouvé. Ca nous rappellera nos vacances aux USA.
14 août: North Vancouver - Tofino
Nous avons eu besoin du réveil ce matin. Celui-ci sonne à 6h10. Nous étions néanmoins déjà réveillés par la chaleur! après avoir déjeuné rapidement, nous arrivons à 7h30 à Horseshoe Bay, lieu de départ des ferries pour Nanaimo sur l'île de Vancouver.

Le bateau quitte son emplacement à 8h30 précises et après une traversée très calme arrive à Nanaimo à 10h10 comme convenu. Nous quittons le ferry et partons en direction de Tofino sur la côte ouest de l'île de Vancouver, lieu de notre prochaine étape.

Sur le chemin, nous faisons une halte à Cathedral Grove pour visiter une forêt de cèdres géants et de pins Douglas. 70 m pour le plus grand, 800 ans pour les plus anciens. Les mousses et les lichens créent une atmosphère spéciale même si nous faisons la visite sous le soleil.


Nous repartons vers Tofino non sans faire une halte au lac Sproot.
Le lac Sproot sous un ciel couvert avec au fond un hydravion

Arrivé dans les montagnes de l'île de Vancouver, il pleut. Pendant une heure, nous essuierons une pluie fine et nous repensons à la prophétie qui dit qu'il ne fait jamais beau à Tofino! Nous arrivons sur place à 15h et procédons au check-in. nous logeons au Adventure Inn bed and breakfast. Bonne adresse. Le propriétaire du B&B fait des sorties en mer pour aller voir les baleines. Pas de chance son bateau est en panne mais il est tellement désolé qu'il nous négocie au Whales Center des supers prix pour le lendemain 🙂.

Nous nous baladons en ville et allons à Tonquin beach. Nous sommes sur la plage, au bord de l'océan pacifique sous un beau soleil!

FREDXIII was there 😉


Nous dinons ensuite au Sobo. Restaurant à la mode. Une demie heure pour avoir une table et une heure pour avoir notre plat une fois ce dernier commandé. C'est bon mais vraiment trop long. En règle générale, les restaurants sont chers à Tofino.
15 août: Tofino
Nous profitons du petit déjeuner complet du B&B. Il est préparé par Aurélie une française, jeune trentenaire qui travaille là. Le rendez-vous pour aller voir les baleines est fixé à 10h00. Nous croisons en ville des groupes qui rentrent d'une sortie en mer.

Comme quelques jours auparavant au raft, nous enfilons de superbes combinaisons rouges. Elles sont nécessaire car si le temps est clément, il y a du vent et l'air est froid lorsque le bateau fonce à travers l'océan. Après avoir fait connaissance avec le capitaine du bateau, un indien qui vit de l'autre côté de la baie nous voilà partis tous les trois avec neuf autres compagnons à la recherche des baleines. Si on pensait faire une croisière, nous nous sommes trompés. Il s'agit d'une course, une chasse! nous sommes secoués car le batreau file à toute vitesse mais quelles sensations! Nous arrivons rapidement à proximité d'un couple de baleines (enfin le dos elles ne nous ont pas signé d'autographe) puis voyons un second couple quelques minutes plus tard sur un autre emplacement.


Nous sommes en train de mitrailler les cétacés lorsque le guide communique par radio avec des confrères. Soudain il nous demande de nous asseoir et c'est parti pour 15 minutes de course effrenée sur les flots. Heureusement, l'océan est calme mais à chaque saut du bateau, on a l'impression soit que l'on va passer par dessus bord ou que le bateau va se briser au prochain impact. Soudain, le bateau stoppe à proximité d'un autre. nous assistons alors à un spectacle pour lequel nous n'étions pas préparés (ni le guide d'ailleurs). Il y a 5 ou 6 orques batifolant dans les eaux.


C'est d'autant plus surprenant que les orques sont supposés ne revenir dans ces eaux qu'en septembre lorsque les températures baissent. Nous restons là un long moment avant de rentrer au port à vitesse moyenne cette fois. 🙂 Quel bon moment nous avons vécu en 2h30. Nous nous restaurons en ville près du skate parc et partons vers le sud le long de Pacific rim. Nous faisons un premier arrêt à Radar Hill qui est le point culminant de Tofino mais la vue est cachée par les arbres. Rien à voir. Nous partons donc en direction de Ucluelet. Nous faisons une randonnée de 4,5 km sur le Wild Pacific Trail à l'extrémité sud. La promenade facile est très agréable.



Nous allons ensuite à Long beach où Maxime nous fait une démonstration de surf sur une planche en bois et finissons notre visite à Wickanimmsch Beach. Les paysages sont splendides.


De retour à Tofino, nous achetons à manger en ville puis dinons dans la salle commune du B&B. Pizza et vin blanc.
16 août: Tofino-Victoria Nous quittons le B&B après avoir réglé la note. Partons de Tofino à 8h45 en direction de Victoria via Port Alberni, la grande ville du centre de l'île à 2 heures de route de Tofino. Je fais le plein du véhicule et en retournant à ma voiture plonge machinalement la main dans la poche de mon short pour y trouver... les clefs de la chambre. P...!!! le C...!! J'appelle le B&B et explique que je vais renvoyer les clefs depuis le bureau de poste. Ils sont désolés et s'en veulent car ils considèrent que c'est leur faute. Je leur certifie que non, que c'est de ma faute même si je pense exactement le contraire 😉 . 10,63 $CAD plus tard, nous reprenons la route vers Victoria. Nous faisons halte à Parksville charmante station balnéaire et arrivons à Victoria à 15h30 où nous procédons à la prise de la chambre. Nous serons à l'Admiral Inn pendant notre séjour. Nous avons un 2 pièces avec kitchenette. Hôtel assez bon marché et bien situé. Accueil très sympathique. Nous sortons en ville nous balader.



Nous jetons un oeil aux boutiques et nous nous offrons un savoureux fish and chips chez Joe's sur le port. Bonne adresse.
17 août: Victoria
Nous nous levons assez tard et allons en ville nous promener. La ville se met en marche doucement. Nous marchons dans les rues et profitons de la belle architecture des bâtiments.

De retour à l'hôtel, nous prenons la voiture et nous dirigeons vers Oak Bay. C'est un quartier résidentiel bordé de plages à l'est de Victoria. Nous nous reposons à Willow Beach pendant 2 bonnes heures puis retournons à l'hôtel pour nous rafraichir. Il fait très chaud, nous sommes vraiment chanceux. Le soir, diner en ville au Swanns pub.
Quelques clichés de la ville le soir




18 août: Victoria - Vancouver
Dernière partie de nos vacances. Nous quittons Victoria et l'île de Vancouver pour le continent et Vancouver. Nous devons prendre le ferry à 11h à Schwartz bay pour Tsawwassen au sud de Vancouver. Nous nous présentons tôt et obtenons une place sur le passage précédant à 10h. La traversée s'effectue à nouveau sur une mer d'huile et nous atteignons l'autre rive à 11h35. Nous montons vers Vancouver plein nord. Après notre traditionnel arrêt pique-nique, nous arrivons au Sunset Inn sur Burnaby street pour prendre possession de notre chambre. Quadruple, kitchenette et située au 10° étage avec vue sur la ville. Sympa.

Nous déambulons dans les rues d'une ville qui vit à 100 à l'heure et qui a des faux airs de San Francisco. Nous avons aimé cette ville qui compte 36% de sa population d'origine asiatique à tel point que les canadiens la nomme Hong-couver 🙂. Le soir, diner sur Davie street à proximité de notre logement. Le quartier est festif, c'est la semaine du film gay et lesbien 🙂. Nous rentrons à l'hotel et profitons de la douceur du soir et de la vue.

19 août: Vancouver
La nuit passée et le petit déjeuner avalé, nous partons en direction de Lynn Valley et plus particulièrement de Lynn Canyon. Il y a un pont suspendu et la destination sur le nord de Vancouver a l'air sympa, sans compter que, après plusieurs jours sans marcher, nous manquons d'exercice Nous faisons 2 balades. Twin falls et The Pool.


Le Parc vaut la peine d'être visité et est à mon avis plus intéressant que Capilano Bridge beaucoup plus populaire. Lorsque nous quittons le parc à 11h, il commence à y avoir beaucoup de monde. Nous montons sur Cypress Bowl road pour avoir une belle vue sur Vancouver mais la brume de chaleur empêche toute photo intéressante. Nous redescendons sur North Vancouver et empruntons Marine drive, sorte de voie où il y a plus de porsches que de porches et allons nous poser sur la plage de Dundarave Beach.
Au retour nous prenons le pont suspendu Lions Gate bridge qui ressemble au Golden Gate de San Francisco à part sa couleur verte et traversons Stanley Park en voiture.

Nous faisons quelques arrêts et décidons de revenir faire le tour de Stanley Park le lendemain à pied. Nous repassons à l'hotel et repartons en ville à pied du côté du terminal des bateaux de croisière sur Canada Place. Nous traversons le quartier des affaires.



Nous retournons dîner à l'hôtel dans notre chambre avant de sortir assister au coucher de soleil sur Sunset Beach la bien nommée 😎

20 août: Vancouver
Ce matin, nous avons prévu de faire le tour de Stanley Park. Depuis l'hôtel, il faut compter 2 km. Nous devrions faire 12km aujourd'hui. Nous sommes samedi et les habitants sont tous en roller, en vélo, en chaussures en train de faire du sport. Le front de mer est très plaisant.



Arrivés sur Stanley Park, nous découvrons que les vélos n'ont le droit de circuler que le sens anti-horaire. C'est bien, on les verra arriver face à nous car ils sont si nombreux! La balade est très agréable avec le front de mer d'un côté et le bois de l'autre.

Nous croisons les oeuvres éphémères d'un artiste Kent Avery et lui achetons quelques cartes de sa fabrication.



Après Prospect Point nous voyons 3 loutres. Une mère et ses 2 petits. Nous les regardons un moment jouer et se nourrir. Elles se fichent complètement des spectateurs.

Nous nous arrêtons près de Totem Poles et poursuivons notre balade.


Près du Vancouver Rowing club nous voyons 2 otaries dorer au soleil.

Le tour de Stanley Park est terminé et nous nous rendons sur English bay Beach ou nous nous baignons! il fait très chaud et l'eau est étrangement à la bonne température pour un bain.
De retour en fin d'après-midi à l'hôtel, nous préparons les valises pour le grand retour.
21 août: Vancouver
Dernière journée à Vancouver et au Canada. En général, cette journée est pourrie. Je traine ma peine et n'ai qu'une hâte, enregistrer les bagages et monter dans l'avion. Bon... le vol est à 18h25, va falloir trouver quelque chose à faire 😕. Nous trainons un peu dans la chambre et partons sur Granville Island. Il s'agit d'un quartier aménagé avec des boutiques, des équipements sportifs et une marina. C'est sympa. Nous assistons au retour d'un couple qui est allé pêcher le saumon. Le skipper découpe le saumon et tend la peau à 2 otaries qui n'attendent que ça, le cérémonial doit être le même chaque jour. 🙂.

Nous quittons Granville Island pour Richmond où nous faisons le tour des boutiques du centre commercial et joignons l'aéroport. Nous laissons le véhicule entre les mains du loueur et enregistrons nos bagages. Les vacances sont terminées, nous sommes en salle d'embarquement. Merci à ce magnifique aéroport qui nous offre le free wifi pour passer le temps. ADP pourrait en prendre de la graine! Peu de temps après le décollage, nous survolons les rocheuses.

Le vol retour de nuit est comme d'habitude interminable avec cette sale manie qu'ont les compagnies de nous réveiller pour nous offrir des trucs infâmes à manger. Encore un peu de patience... nous arrivons à Roissy et récupérons nos bagages 1h30 après notre arrivée. Les valises arrivent au compte goutte sur le tapis, les sanitaires sont noyés et sales. On retrouve l'organisation française, c'est un peu brutal. 😕
Il est 15h00 et nous sommes à la maison. Demain, on reprend le chemin du travail 🤪.
L'archipel des Tuamotu
ANA'A , L'ÎLE FABULEUSE
INTRODUCTION AUX TUAMOTU
Anciennement nommé archipel des Îles Basses, Îles du Grand Océan, Îles Archipélagiennes ou encore Archipel de la Mer Mauvaise, les Pomautu , mot qui signifiait " Îles Soumises " et fut utilisé par la Royauté Tahitienne après la conquête, devinrent définitivement et officiellement les Îles Tuamotu en 1854. L' expression ' Archipel Dangereux ' ne concerne que Ana'a et les atolls environnants sur lesquels Ana'a étendait jadis sa domination. L' archipel est composé de 80 îles environ qui s'étirent sur une longue traînée de 1500 kms de long sur 600 kms de large, du Nord-Ouest au Sud-Est. Dans leur prolongement méridional se trouve le groupe des Gambier ou Mangareva. Au nord, se trouvent 8 îles, au Centre 52, au sud 16. Plusieurs îles sont inhabitées, soit parce qu'elles présentent peu d'interêt ou sont difficiles et dangereuses d'accès, soit parce que les missionnaires les ont vidées de leurs habitants, rapatriés vers des îles plus importantes, afin qu 'il ne reste pas de " poches païennes "- c'était l' expression utilisée - dans cet immense ensemble. Les principales sont Hao, découverte par Bougainville, Hikuera connue pour sa nacre, Takaroa, Ana'a découverte par Cook en 1773, Kaukura, Ahe et Takapoto fameuses pour leurs perles, Fakarava, Rangiroa, le plus vaste atoll de l' archipel. Certains atolls n' ont pas de passe et ne sont alimentés en eau océanique que par les ' hoa ' , des chenaux de faible profondeur qui, en cas de houle importante, font rapidement monter le niveau des lagons. C' est le cas de Ana'a. L' eau potable est souvent un problème récurrent auquel on remédie en consommant l' eau de pluie précieusement récupéré dans des citernes ou de l' eau distillée, l' eau naturelle étant saumâtre. Le climat est chaud et plutôt agréable, avec une saison des pluies irrégulière qui va de novembre à janvier. Les cyclones sont rares. Le dernier, en date de 1983, a ravagé Ana'a. Le précédent datait de 1906. La flore est pauvre, mais moins qu' elle ne l' était jadis. Le cocotier, l' hibiscus, le miro ( ou bois de rose ), et puis un tubercule comme le taro, l' arbre à pain - ou ' uru ', le bananier, le papayer, ont été progressivement introduits, alors que les populations avaient appris à creuser des fosses à culture, rapprochant les plantes de l' humidité latente de la lentille des eaux de précipitations retenues dans le socle corallien, après filtrage naturel de l' eau saumâtre entre pierres plates de corail superposées, l'une servant de bouchon. C 'est à Ana'a que des fosses de grande taille ( 18 à 28 mètres de long ), chacune dédiée à une plante, un tubercule ou un arbre fruitier bien défini - bananier ou papayer ou taro ou hibiscus ont été creusées et entretenues par les esclaves, des captifs saisis sur d' autres îles. Ceux qui ont eu la chance - une fois un accord de paix trouvé entre Tahiti et Ana'a - de rentrer enfin chez eux ont aussi rapporté cette façon de cultiver la terre arable en optimisant les rendements, là où c'était possible bien sur, certains atolls étant très plats et peu fertiles. La faune marine est riche, la faune terrestre est limitée par destruction des habitats originels, en raison de la chasse ( Ex : le Lori de Kühl à Rimatara pour les deux plumes rouges qui surmontent sa queue ) et aussi de l'introduction fatale d' espèces allogènes nocives. Beaucoup d' espèces d'oiseaux très fragiles du genre perruches ou pigeons, endémiques à parfois une seule île, ont été décimées par le rat noir, une véritable plaie.
DE L'USAGE DU COCOTIER
Ana'a est à l' origine de la diffusion du cocotier, ' l'arbre aux cent usages ', dans tout l' archipel. Jadis l'implantation du cocotier était limitée aux alentours de la maison d'habitation pour ensuite, très rapidement, devenir l' arbre de vie, planté à l'infini dans des cocoteraies intensives. Le cocotier est l'un des facteurs ayant contribué à l' influence grandissante de l' île dans la Grande Région aux 17ème et 18ème siècles. Les guerriers de l' atoll avaient l' habitude de planter des cocotiers sur les atolls conquis avant de rentrer chez eux avec leurs captifs, une forme d'expansionnisme et d'impérialisme économique avant la lettre. En 1860, Ana'a exportait déjà 200 tonnes de coprah par an vers Tahiti, alors que, par exemple, Fakarava n' en exportait que 20 tonnes, et Rangiroa 30. A la fin du 19ème siècle, le protectorat français choisit Ana'a pour devenir l'une des toutes premières îles exportatrices de coprah vers Tahiti. On notera que dans l' atoll voisin de Niau, a été bâtie une structure ultra-moderne qui produit directement sur place une huile de coco de qualité supérieure exceptionnelle, vendue à prix élevé sur place, à Tahiti bien sur, et qui commence à s'exporter en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. La fabrication du coprah - ou séchage de la noix de coco - reste l'unique activité économique de l'île de Ana'a, permettant à ses habitants de vivre décemment. Toutes les deux semaines, le coprah stocké dans de petits entrepôts modernes, est transporté par bateau puis raffiné et transformé en huile à Tahiti même. La légende raconte que les guerriers Parata s' entraînaient régulièrement au lancer de javelot - ou ' patia fa ' - mais, à l' époque, ce n' étaient pas des noix de coco que l'on plantait au bout d' un mât, mais les têtes coupées de prisonniers vaincus au combat et ramenés captifs à Ana'a. C 'est sans doute plus qu' une légende car les écrits anciens corroborent cette version des choses. Ils suggèrent même que les Parata se réjouissaient d'entendre chanter le vent dans les crânes desséchés fichés sur de longs mâts... De nos jours, le lancer de javelot est toujours pratiqué à Ana'a, et est l'un des sports pratiqués aussi aux Fêtes de Juillet - ou Heiva I Tahiti - à Papeete, Tahiti. La hauteur du mât est fixée officiellement à 7 mètres à Tahiti. Les Ana'a excellent à ce jeu et remportent généralement les premières places. A Ana'a même, la hauteur des mâts peut atteindre 9 mètres et plus, voire 11 mètres. D' après les écrits anciens, du temps des Parata, la hauteur du mât pouvait atteindre 13 à 15 mètres.
Les Tuamotu furent, semble-t-il, conquises par des immigrants venus des Marquises au 16ème siècle, alors que l' on y introduisait déjà le cocotier. Rapidement placés sous influence des Tahitiens, ils furent soumis par ces derniers avant l' arrivée des Européens. A partir du 17ème siècle, quelques-uns de ces atolls furent découverts par des navigateurs tels Quiros, Lemaire, Schouten - en 1616 - Bougainville en 1768 et Cook en 1769 et 1773. Les rois de Tahiti conquirent Makatea et en firent un lieu de déportation pour des éléments rebelles de leur société; les rois Oton et Pomaré Ier finirent par dominer tout l' archipel. Sous présence française de plus en plus prégnante, les Tuamotu passèrent sous protectorat en 1842 en même temps que Tahiti, la puissance suzeraine, et devinrent dans la foulée colonie française en 1880, au même titre que le reste du territoire.
INTRODUCTION A ANA'A
UN PEU DE GEOGRAPHIE
L' atoll d' Ana'a est situé à 377 kms à l' est de Tahiti, et à 66 kms de Faaite, l' atoll le plus proche. C 'est une île de forme ovale de 28 kms de long et 7 kms de large pour une superficie de 38 km2 environ, ce qui la place comme le second plus grand atoll après Rangiroa. Les terres émergées sont constituées de 11 ' motu ' bordant un lagon de 90 km2. Géologiquement parlant, l' atoll est la crête corallienne d'une énorme montagne volcanique sous-marine de 3500 m de haut environ qui s'est formée il y a environ 60 millions d'années. Cette formation volcanique colossale, c'est l'île de Tahiti / Moorea, soulevée par des éruptions violentes successives qui ont fini par déformer le plancher océanique. Ce phénomène dit de bombement a aussi soulevé les îles avoisinantes de Mataiva et surtout Makatea - surélevée de 110 mètres - et puis Ana'a et Niau ( de 8 à 12 mètres ). L' atoll d' Ana'a fait donc partie de ce petit groupe des îles dites soulevées, car soumises à un certain moment de leur vie géologique à des forces telluriques puissantes. Cette particularité explique la présence de formations de corail fossilisé, de puits profonds et même de grottes, qui, au fil de l' eau et en bateau lors d'excursions, offrent un paysage exceptionnel entre lagon, récif et motu.
A NOTER Selon les traditions anciennes, les puits et cavités étaient des lieux d'accès au Pô, le monde des abysses, le monde des profondeurs ténébreuses et maléfiques, habité par certains dieux, par des créatures fabuleuses et par les morts, les ancêtres disparus. Face à ce monde du dessous, il y avait le monde de la lumière qui lui aussi avait ses dieux. Révérés ou craints, les dieux des deux mondes étaient ceux de la religion ancienne.
Le lagon compte de larges zones ensablées d'un blanc éblouissant et des piscines naturelles aux eaux peu profondes d'une clarté et d'une limpidité exceptionnelles. Vu du ciel, alors que l' avion se rapproche, l'atoll laisse apparaître les couleurs stupéfiantes de son lagon, des dégradés sans fin de bleu, de turquoise et d' un vert clair rappelant le jade. Ce camaïeu de couleurs est du à la faible profondeur du lagon, 5 à 8 mètres au lieu des 15 à 25 mètres - et plus parfois - habituels. Cette particularité naturelle est à l' origine d'un effet de réfraction lumineuse qui a surpris les premiers explorateurs et surprend toujours de nos jours si on vient à Ana'a en bateau. Le lagon vert clair se reflète dans les nuages de basse altitude. ' Te nuku taeroto ' est le nom donné à ce reflet couleur jade permettant de repérer Ana'a à distance uniquement quand il y a un plafond de nuages bas. Ce nuage serait visible par moments à partir de Tautira à Tahiti où on l' appelle " la montagne de Ana'a ". Ce phénomène unique n' existe que pour les atolls de Ana'a et de Niau.
Sur les rivages des ' motu ', au milieu des étendues d'eau, on verra des ' feo ', ces enrochements faits de corail fossilisé, alors que des méga-blocs de ce même corail se retrouvent posés sur le récif même, projetés là lors de convulsions volcaniques passées. Moins soumis que d'autres atolls à la submersion des océans en raison de son altitude plus élevée ( 8 à 12 mètres ), Ana'a a conservé une flore terrestre diversifiée. On y a recensé 55 espèces indigènes et 4 endémiques, dont un arbuste emblématique aux fleurs rouges appelé le ' kôfaiou 'ofai '. Cet atout naturel ainsi que sa superficie supérieure ont été mis à profit pour le développement de formes d'agriculture adaptées - dont les fameuses fosses à culture ou ' maite ' - qui expliquent la puissance et l' influence acquises par l' atoll aux temps pré-chrétiens.
LES GUERRIERS PARATA La société se divisait en plusieurs groupes : celui des esclaves, celui de la population ordinaire qui comptait le plus grand nombre et vivait une vie simple et tranquille, celui des grands prêtres qui formaient une caste supérieure à part et gouvernaient le peuple, celui des chefs- guerriers - ou ' ariki ' - en Pomautu, un groupe singulier qui au départ s'était constitué sous forme de milice pour se retrouver, au fil du temps, telle une armée, sous contrôle étroit des grands prêtres et à leur service. Dès le 17ème siècle, Ana'a imposait sa domination économique mais aussi guerrière et politique sur une grande partie de l' archipel. Les guerriers Parata - du nom donné au requin longimane, dit océanique à ailerons blancs, massif, belliqueux et dangereux - étaient redoutés pour la violence sanguinaire de leurs raids et razzias , en quête permanente d'esclaves sur les rivages d'autres atolls. La légende et la tradition sont ambivalentes en ce qui concerne les Parata : des chants célèbrent leurs exploits, leur témérité, leur courage, leur force physique, mais s'ils étaient audacieux, c'étaient surtout des combattants implacables, cruels et formatés pour la guerre, au sommet de leur forme physique, expérimentés, tacticiens hors pair, capables de construire des pirogues rapides et maniables. Mettant en pratique une expertise militaire exceptionnelle, ils tétanisaient littéralement leurs ennemis lorsque leurs pirogues abordaient les rivages. Ils combattaient toujours deux par deux, dos à dos pour éviter de prendre des coups de lance par derrière, et utilisaient des lances à double pointe d'une terrible efficacité. Naviguant uniquement de nuit et se repérant aux seules étoiles avec l' aide d'un grand prêtre présent à bord de la pirogue principale, ils attaquaient toujours par surprise, à l' aube. Vivant entre eux, ils avaient interdiction de se marier et de procréer, et leurs femmes ou compagnes étaient sacrifiées si elles se retrouvaient enceintes. Et puis surtout, ils étaient cannibales par obligation coutumière, contrairement au reste de la population, ce qui permettait aux grands prêtres de les garder sous influence et au service de leurs ambitions. On peut se demander légitimement pourquoi ils acceptaient aussi facilement un contrôle aussi étroit des grands prêtres : en fait, leurs ancêtres sur Ana'a avaient enfreint un tabou majeur, amenant le maléfice permanent sur leurs têtes et celles de leurs successeurs s'ils osaient un jour contester l' autorité supérieure. C' étaient des mercenaires au service d'une politique belliqueuse initiée par la caste religieuse. Ne pouvant fonder une famille et étant sans descendance, ils recrutaient certains captifs lors de leurs raids- c' était cela ou la mort - pour grossir leurs rangs.
La dernière guerre inter-insulaire eut lieu entre 1800 - peut-être avant dans les années 1790 - et 1820, entre Ana'a d'une part et Rangiroa plus Mataiva, Makatea, Fakarava, Arutua, Kaukura et Makemo. Elle fut terrible et sanglante, incitant une grande partie de la population de tous ces atolls à se cacher ou fuir par la mer et chercher protection auprès du roi Pomaré Ier de Tahiti, agacé par l' expansionnisme militaire de Ana'a. A noter que l' ancêtre originel de la lignée Pomaré des rois de Tahiti venait de Ana'a, ce qui créait un lien de sang compliquant les discussions. Des délégations de guerriers Parata très agressives se succédèrent à Tahiti ( les rencontres formelles se faisant à Tautira dans la presqu'île de Tahiti, , mais aussi à Moorea) , réclamant qu'on leur livre leurs captifs. Le roi Pomaré Ier qui avait accordé sa protection aux habitants de Rangiroa et des autres atolls et l' avait fait savoir, les faisait lanterner et boudait volontiers ces rencontres. Ce fut son successeur Pomaré II à qui revint le privilège de devoir trouver un terrain d'entente pour un accord qui permettait à Ana'a de garder une forme de suzeraineté sur un certain groupe d'atolls des Tuamotu nord, à Tahiti de contrôler un autre groupe d''îles et aux îles précédemment soumises et martyrisées par les Parata de retrouver leurs habitants et de vivre enfin en paix.
Une guerre intestine meurtrière entre guerriers Parata brisa l' équilibre de la société de l' île au moment de choisir entre religion mormone et religion catholique dans les années 1850. Tout s' écroula comme un château de cartes, et l' ancienne société disparut en un rien de temps. Ana'a était prête pour une autre histoire religieuse - avec l' abandon de l' ancienne religion - et politique, cette fois-ci sous protectorat français puis au sein de l' Etablissement des Pays d'Océanie Française.
Beaucoup plus tard, sous l' impulsion de l' administration coloniale, Ana'a devint un centre pour la culture du coprah, ce que l' île est toujours de nos jours. Le prix du coprah - fixé à environ 60 FCP au cours mondial - est subventionné par le Territoire et indirectement par la France, et fixé à 145 FCP le kilo pour la qualité supérieure, 55 FCP pour une qualité moindre, assez haut pour donner envie aux habitants de rester dans leur île ou d'y revenir après un séjour malheureux à Tahiti. En pleine saison, on peut collecter 30 sacs de 25 kgs par jour. On peut facilement calculer un revenu moyen pour un agriculteur actif et dynamique travaillant dans une belle cocoteraie qui reste tout à fait honorable : autour de 150.000 FCP par mois. La coprahculture se pratique toute l' année.
La pêche également est un atout de Ana'a. Près de l' ancien village de Putuahara, sur l'un des plus grands motu de l' atoll, se trouve une vaste zone de mares peu profondes, ancien domaine maritime royal, où l'on pêche le ' pati ' ou poisson-lait aux brillantes écailles ainsi que le ' kiokio ' ou " bone fish " en anglais, espèce communément consommée sur l' atoll. Un ' rahui ' - à savoir une interdiction temporaire de pêche - est imposé tous les ans du moi de mars au mois de mai sur la pêche au ' kiokio ' mais cette interdiction ne concerne pas la pêche à la mouche. La pêche au ' kiokio ' attire de plus en plus de visiteurs du monde entier qui viennent s'essayer à la pêche à la mouche - ou ' fly-fishing ' -, pratiquée depuis l' an 2000 environ, au départ par des visiteurs américains, éblouis par les paysages naturels marins de l' atoll et ses étendues uniques d' eau claire et peu profonde, très poissonneuses. Ana'a, au niveau international, concurrence la sublime île d' Aitutaki aux Cook ou le cap York en Australie, la Jordanie, la Slovénie, l' Alaska et tant d'autres destinations. On pêche aussi à Ana'a le tétrodon, ou ' fugu ' en japonais, pour le manger. Ce poisson se gonfle quand il se sent en danger. Mais surtout, sa consommation est toxique et mortelle si la poche de fiel proche de la région caudale vient à se déchirer. Le poisson devient alors inconsommable. Au Japon, les chefs découpent le poisson devant les clients des restaurants. La découpe à la polynésienne est différente mais les dangers sont les mêmes. Il y a des parcs à poisson privés un peu partout dans île, mais aussi un parc communal, accessible à tous, et où l'on peut venir collecter du poisson pour sa consommation personnelle. Cette mise en commun des ressources d' une île n 'est pas spécifique à Ana'a. Elle existe un peu partout en Polynésie.
L' avifaune de l' atoll est riche et variée, certains oiseaux étant endémiques à toutes les îles, d'autres ayant disparu de certains atolls : rousserolle des Tuamotu - ou ' kotiotio ' -, une sorte de grosse grive au ramage aussi mélodieux que celui du rossignol, fauvette des Tuamotu, chevalier errant ou ' uriri ', un oiseau ressemblant au vanneau européen qui fréquente les plages de sable, de corail et de cailloux ainsi que les récifs et qui, tout menu et passe-partout qu'il soit, ne se reproduit que dans l' hémisphère nord, en Sibérie, en Alaska et dans le Nord du Canada pour venir ensuite, à tire-d'aile, passer l' été austral dans les atolls des Tuamotu. Les jeunes ou premières nichées resteront toute une année sur place après ce long voyage entre les deux hémisphères. Côté lagon, ' hoa ' ou récif, on rencontre le héron blanc et le héron gris, le fou brun, le fou à pieds rouges - les fous nichent souvent dans les anfractuosités des énormes ' feo ' entourés d'eau et proches du récif -, le noddi noir et le noddi brun, la sterne blanche et la sterne huppée, la gygis blanche ou ' kotake '. Il y en a sans doute d'autres encore, Ana'a est une île à l' avifaune riche et diversifiée.
Le principal village d' Ana'a est Tukuhora, peuplé d'environ 500 âmes. Il existe des villages anciens, désormais inhabités depuis le cyclone ravageur de 1983 sur les motu Temarie au nord, Otepipi à l' ouest, Putuahara au sud-ouest, Tematahoa au sud-est, Tekahora au sud. Ces villages ne sont pas complètement désertés car habités pendant de longues semaines à la suite par les coprahculteurs qui y ont construit des cabanons. Par ailleurs, à l' occasion de processions et fêtes religieuses, les habitants de l' atoll se retrouvent dans les églises qui ont résisté au temps et aux cataclysmes naturels au milieu des maisons abandonnées et ont donc été préservées et plus ou moins rénovées. Selon l' Annuaire des Etablissements d'Océanie publié en 1863, l' atoll comptait alors environ 1300 habitants. En 1825, la population avait été estimée à 2500 habitants environ, dont un millier de captifs des deux sexes enlevés dans les atolls voisins et qui retournèrent dans leurs îles d'origine quand le roi Pomaré II signa un traité de paix définitif avec les guerriers d'Ana'a. On tourne donc bon an mal an autour de 1200 habitants originaires de l' atoll jusqu' à la fin du 19ème siècle. Le cyclone ravageur de 1906 fit de tels dégâts sur l' atoll, submergé par des vagues de 15 à 19 mètres, que celui-ci resta exsangue pendant des années sans compter la centaine d'habitants disparus pendant le cyclone. Et puis il y eut les maladies dont la grippe espagnole qui vont décimer une population affaiblie et appauvrie et faire tomber Ana'a dans l' oubli. Le nombre d'habitants qui était tombé à 400 en 1900 est remonté depuis aux alentours de 600 personnes. La population est très majoritairement catholique après avoir été très peu de temps mormone. Les mormons, sentant une partie de la population leur résister et leur échapper, en vinrent même à menacer physiquement des prêtres catholiques et à tuer, dans l'un des districts, un gendarme qui se portait au secours d'un prêtre avec un fusil. Le prêtre blessé à la tête survécut à ses blessures. On chercha longtemps les assassins sans les trouver ; ils s'étaient réfugiés dans une grotte de la pointe sud de l' atoll, et l' affaire remonta jusqu'à Tahiti qui envoya des militaires pour débusquer les coupables. On les trouva enfin et ils furent pendus sans délai sur place. Ce fut la fin de l' évangélisation mormone, d' anciens fidèles décidant de se convertir en masse au catholicisme tandis que d'autres décidèrent de fuir définitivement vers Tahiti. Cet épisode marqua aussi la fin de l' ancienne société pré-chrétienne.
On parle le ' Parata ' ou ' Putahi ' à Anaa. Et aussi le tahitien et le français, langue unitaire.
L' aérodrome - lien essentiel avec l' extérieur et Tahiti- existe depuis 1976.
UN PEU D HISTOIRE
Dans les temps anciens pré-chrétiens, Ana'a s'appelait autrement. Nganaia est l'un de ces anciens noms que l' on a trouvé dans un manuscrit de l' atoll de Manihi. Mais aussi Ngana ou Gana, mot altéré ensuite en Ana'a. Un autre nom, Hae-rangi a aussi pu être utilisé. On passe ensuite à la période européenne.
L' atoll aurait été aperçu pour la première fois par Pedro Fernandes de Queiros en février 1606. Pourtant, c'est Bougainville qui découvre et recense l' atoll en 1768. Cook abordera l' atoll en 1769, en le nommant Chain Island, puis c'est au tour du navigateur espagnol Domingo de Boenechea de visiter l' île en novembre 1772, puis une seconde fois en novembre 1774, en le nommant " Todos Los Santos ". Un autre navigateur espagnol, Jose de Andia y Varela abordera Ana'a également en novembre 1774, mais c'est le capitaine britannique Frederick William Beechey qui note dans son journal de bord le nom d' Ana'a le 1er avril 1837. Les recherches ethno-historiques et archéologiques menées depuis un siècle, ainsi que la tradition révèlent que l' île a connu des heures glorieuses. Au 17ème et au 18ème siècles, son influence sur le reste des Tuamotu fut prédominante. L' état de protection naturelle de l' île - qui ne compte aucune passe en raison du soulèvement géologique et est donc quasiment impossible à envahir - lié à à d' impressionnantes possibilités de production alimentaire, a permis le développement social et culturel d'un groupe cohérent, organisé et dynamique, et très structuré qui s'est imposé sur la grande région avec autorité et audace, mais aussi avec une violence aveugle terrifiante inconnue dans les atolls avoisinants. Aucune chefferie adverse n' était capable de faire face aux féroces guerriers Parata venus pour conquérir, mettre en esclavage et tuer. Au moment du basculement dans l' ère chrétienne et de l' évangélisation, une majorité de grands prêtres et de membres éminents des chefferies décide de fuir Ana'a plutôt que de se convertir. Ils emportent à Hawaii les objets de l' ancien culte, sculptures en bois et pierres sacrées, et aussi leur précieuse connaissance des rites et de l' histoire glorieuse de l'île. A partir de là, on perd leur trace.
C 'est pourquoi l' atoll d' Ana'a doit beaucoup à un ethnologue français, Frédéric Torrente, qui a redécouvert un manuscrit ignoré et qui dormait dans les archives du Bishop Museum de Hawaii et du Peabody Museum de Salem aux Etats-Unis. Ce manuscrit fut écrit par un sage paumotu, Paea-a-Avehe, né à Ana'a en 1889, et descendant d'une longue lignée de chefs et de grands prêtres. Paea consigna par écrit dans la langue natale ancienne l' ensemble des connaissances acquises ou transmises ( en particulier par son oncle, sage et prêtre traditionnel ), un millier de pages - hélas dans le désordre le plus complet - qui furent dument recopiées par le linguiste américain Franck Stimson, auteur du fameux dictionnaire paumotu dans les années 30. Torrente s' est rendu maintes fois à Ana'a pour rencontrer ses habitants. Ils ont ensemble, et avec l' aide des anciens encore en vie et celle, précieuse, de l' Académie Paumotu, redécouvert et traduit les récits mythiques de l' atoll, la religion ancienne, les chants, les odes aux guerriers valeureux, les histoires et traditions d'antan, les techniques d'utilisation des ressources, la cosmogonie. La thèse de doctorat de Torrente intitulée " Buveurs de mers, mangeurs de terres, histoire des guerriers d' Ana'a aux îles Tuamotu ' s'est construite au contact d'érudits locaux de l' association culturelle de l' atoll, Pu Tati Haga no Ganaa. Torrente note que l' île possédait " des sols plus riches et plus variés, de nombreux points d'eau douce et des ressources végétales plus abondantes. Son récif lui ouvrait aussi des potentialités de pêche et de collecte de coquillages plus vastes ". Ce qui " fournit un ensemble d'éclairage inédit sur la cosmogonie, les fondements mythiques de l' organisation sociale, la religion ancienne, les techniques d'exploitation des ressources, les récits mythiques sur les pérégrinations des grands guerriers, des chants louant les prouesses guerrières ou les chefs principaux de l' île et leurs généalogies rattachées à leurs principes cosmogoniques ". Cette thèse de doctorat - en date de 2010 - a permis aux Paumotu, souvent raillés pour leur histoire banale et de second ordre comparée à celle de Tahiti ou des Marquises - et en particulier aux habitants de Ana'a de retrouver la fierté de leurs origines et d'un passé prestigieux d' agriculteurs et de sculpteurs hors pair, de guerriers redoutables et redoutés.
ANA'A AUJOURD'HUI
L' atoll relève le défi de son développement en s'ouvrant à un éco-tourisme durable, adapté au rythme de vie des habitants, en proposant des micro-niches touristiques susceptibles d'attirer des visiteurs passionnés de nature et de culture, hors des sentiers battus. Ana'a a rejoint à titre de projet-pilote le cercle des destinations mondiales convoitées par les amateurs de ' fly-fishing '. Il s'agit de promouvoir l' autonomie de l' île en favorisant la gestion et la valorisation durable des ressources. Un projet original et ambitieux qui implique les élèves de l' école de Tukuhora, sous l' impulsion du directeur Jean-Pierre Beaury.


Il est proposé également, via un financement de l' Union Européenne ( programme BEST ) des formations qualifiantes aux métiers du tourisme au profit de jeunes résidents de l' île.
DETAILS PRATIQUES Le paiement de la pension se fait généralement par virement inter-bancaire avant l' arrivée sur le Territoire et dans l' île. Pas de carte de crédit. Les excursions se règlent cash. il faut donc prévoir de se munir d'argent liquide avant le départ de Tahiti. Dans un distributeur, à l' aéroport, ou en ville à Tahiti. Bureau de change à l' aéroport. Le FCP étant aligné sur l' euro ( 120 FCP pour 1 euro ), aucun problème. Taxe de change, quelle que soit la somme, de 500 FCP, en ce qui concerne l' euro uniquement. Une excursion à la journée est facturée 14000 FCP pour deux personnes ( déjeuner sur un motu inclus ). Pour les îles, prévoir de l' anti-moustiques ainsi qu 'un petit nécessaire de pharmacie contre les coupures sur corail. Egalement des chaussures pour marcher sur le corail, sur les platiers, sur la barrière, chaussures fermées ou sandales en plastique à porter avec de grosses chaussettes. Prévoir aussi de petites chaussettes à mettre dans les palmes. On se retrouve vite avec des ampoules. NB : Pour calmer les démangeaisons dues à des coupures sur corail, on utilise ici du jus de citron vert. A appliquer rapidement après l'incident. L' urine est également très efficace...
NOTRE SEJOUR Du 17 au 24 octobre. Un seul vol Air Tahiti par semaine, le jeudi. Au départ de Tahiti-Faa'a. Un second vol le dimanche est proposé au moment des vacances scolaires de Tahiti, qui permet de raccourcir le séjour à 4 nuitées, du dimanche au jeudi ou 3 nuitées du jeudi au dimanche. Intéressant quand on vient de France et que l'on veut découvrir plusieurs facettes de la Polynésie. Billet acheté sur le site Internet de la compagnie. Compter environ 22 à 25000 FCP pour un billet AR. ( environ 200 euros ). Il y a deux pensions : l'une se trouve dans la partie reconstruite du village principal, entre nouvelle mairie, école primaire et magasin principal. Elle est un peu coincée, et n' a aucune vue sur la mer. Il y fait chaud, le vent du soir n' arrive pas jusque là. A déconseiller donc. Il reste la pension Toku Taiga : Paiement par virement bancaire. Quatre bungalows confortables, propres, calmes en bord de mer, bien ventilés par le petit vent du soir et de la nuit. Peu ou pas de moustiques. Certains bungalows sont équipés de moustiquaires sur lit. Literie et oreillers très propres. Lits confortables et serviettes de douche de qualité. On peut dormir tout ouvert sur le lagon et la plage. Sécurité totale. Excellents petits déjeuners et dîners. On déguste le matin le miel récolté par Joël autour de sa propriété mais aussi sur les motu. Les abeilles prospèrent dans un milieu exceptionnel, butinant uniquement les fleurs indigènes, celle de cocotier, celle de kahaia - ou tafano -, celle de pandanus - ou 'fera ' en tahitien, l' arbre qui donne le tapa - , celle de tamanu - ou ati -, l' arbre tabou que l'on plantait uniquement dans les ' marae ' royaux et qui servait à fabriquer les tiki - et puis celle du miki-miki, un arbuste au bois rouge sombre, résistant à la salinité, que l'on trouve en première ligne le long des atolls et qui a la particularité de fleurir toute l' année. Joël vend son miel à Tahiti et à ses hôtes qui, parait-il, en rapportent jusqu'en France.
Pension chère ( effet d'aubaine réel dans une île comme Ana'a, hors sentiers battus ). Compter entre 25 et 30000 FCP la nuit en demi-pension. ( environ 250 euros ). C' est pourquoi les semaines où il y a deux vols au départ de Tahiti sont intéressantes financièrement: 3 ou 4 nuits maximum. Et en 3 nuits / 4 jours, on a largement le temps de faire la principale excursion et celles que propose Joël à la demi-journée. Connection internet correcte quand il s'agit de rentrer son courrier, un peu lente si on veut télécharger ou envoyer des photos. En fait, cela dépend du moment. Pour la petite histoire, le maire a ' oublié ' de se rendre à une réunion importante - il n' aime pas aller à Tahiti - où il fallait demander à être relié au nouveau câble sous-marin reliant Hawaii à Tahiti via les Marquises et les Tuamotu Nord et Centre. Du coup, Faaite, petit atoll voisin bénéficie d'une connexion Internet rapide, et Ana'a a raté le coche pour un moment ... La population est furieuse, mais le mal est fait !
17 octobre 1er jour. Vol de 4 heures un quart, avec deux escales, la première à Raroia, et l' autre à Makemo. Survol d'une multitude d'atolls, grands, petits, minuscules, beaucoup inhabités. Il fait un temps magnifique, les couleurs sont magnifiées.








Arrivée vers 13h 30 et réception par notre hôte, Joël Dexter, propriétaire de la pension Anaa Toku Kaiga où nous allons résider une semaine entière. Installation en bungalow face au lagon magnifique, et longue baignade dans une eau claire, plus chaude qu'à Tahiti en ce moment. Beau temps chaud.



Pas de moustiques dans un bungalow confortable, mais il peut y faire chaud les nuits sans vent , au coeur de la saison chaude. Il faut donc ouvrir en grand les portes-fenêtres donnant sur le bord de lagon. Cela implique aussi d' accepter de se réveiller tôt, entre aboiements de chiens dans le lointain, cocoricos avant l' aube, chants de rousserolles dans les arbres entourant le bungalow à l'aube qui pointe, cloches de l' église qui sonnent dès 5 heures du matin, mer qui murmure en permanence sur le sable tout proche, bruits divers d'une île qui s'éveille tôt de toute façon... Il ne faut pas compter faire de grasse matinée dans les îles ! Balade à pied dans le village.

Excellent dîner à 3 + le propriétaire. Un autre visiteur est écossais d'origine, passionné de pêche à la mouche et qui a réservé 6 jours de suite pour s'adonner à son passe-temps favori. Il réside à Singapour et a fait ce long voyage via Auckland et Tahiti uniquement pour assouvir sa passion. Son dernier pays visité est la Papouasie Nouvelle Guinée où l'on pratique aussi cette pêche dans les îles éloignées.
18 octobre
Petit déjeuner et entraînement d' endurance dans le lagon. Nous y sommes seuls. Pas de concentration touristique à craindre à Ana'a... Ensuite nous allons retourner faire une longue balade à pied vers le village nouveau et reconstruit avec mairie surélevée en cas de cyclone, école primaire flambant neuve et magasin. Les gens sont souriants et accueillants, et l' on s'arrête souvent pour échanger. C' est, pour notre plaisir et typiquement la vie des îles et aussi la manière de recevoir les étrangers. Retour au bungalow pour le déjeuner. Début de rédaction de mon carnet de voyage et séjour à Ana'a. Demain est prévue une longue excursion à la journée vers le sud de l' atoll et ses merveilles naturelles. En compagnie justement du directeur de l' école primaire, issu d'une grande famille de l'île, parlant la langue ancienne, ayant travaillé longuement sur l' histoire glorieuse d' Ana'a , ancien ministre aussi du gouvernement territorial, et qui est l'un des initiateurs du programme de valorisation éco-touristique de l'île.
19 octobre Excursion à la journée. Départ à 8 heures et retour vers 17 heures. Nous sommes plusieurs à participer à cette excursion, et deux bateaux sont nécessaires pour transporter tout le monde. Des enseignants de l' atoll voisin de Makemo sont venus voir leurs collègues de l' école primaire d'Ana'a , suite à la mise en place cette rentrée d'une 6ème de transition entre le primaire et le collège ( Les enfants de Ana'a entreront en 5ème au collège de Makemo l' année prochaine ). Nous partons d'abord en direction du motu O' Terekia qui se distingue tout d'abord par son immense platier de corail, partie intégrante d'un ' hoa ' de grande largeur. Il est au sec en général, et il faut une houle puissante en extérieur pour que les chenaux se remplissent et fassent la jonction avec le lagon.




La cocoteraie est également immense. Cette immensité, c'est ce qui surprend au premier abord dans cet atoll ; tout semble hors normes. Dans la cocoteraie, des vestiges archéologiques nombreux, sous forme de petits ' marae ' formés de pierres dressées en cercle ou en rectangle ( comme aux Australes ), la plus haute pierre étant le dossier d'un siège de chef ou de grand prêtre.

Sur le platier se dressent à 3 mètres de hauteur des ' feo ' faits de corail fossilisé et tranchant , dont trois ont la particularité de sonner quand on les frappe avec une pierre. Selon la légende, ce seraient des entités malveillantes échappées du monde ténébreux du Pô qui, après avoir semé la terreur chez les habitants du village tout proche, auraient fini par être maîtrisées, forcées de rentrer dans des trous du sol à l' aube naissante, annonciatrice du pouvoir supérieur de la lumière sur les ténèbres, et enfin changées en pierres pour l' éternité.
Nous retournons ensuite aux bateaux et devons modifier l'itinéraire prévu pour la balade sur le lagon en raison d'un orage qui menace au sud de l' atoll où nous devons aller. Cap donc par le travers vers le motu Temarie et passage dans ce que l'on appelle ici le second lagon. Il se met à pleuvoir un peu au moment où nous arrivons au ' motu ', mais ce n' est rien à côté de ce qui tombe un peu plus loin...! Nous prenons trois gouttes sur la tête, et puis c'est fini. Nous rentrons à l' intérieur du motu pour visiter une église, l' Eglise St Michel, datant de 1880, bâtie par la Congrégation de Jésus, originaire de Plöermel en Bretagne et dont les membres ont aussi construit la cathédrale, et les multiples églises, séminaires et couvents que l' on peut toujours voir aux Gambier. La marque de la congrégation est un coeur rouge surmonté d'une croix, ou un coeur rouge transpercé d'une flèche. Ici, c' est le coeur à la croix qui est sculpté sur le fronton de l' église. L' endroit est infesté de moustiques comme rarement dans les îles, surtout l' entrée de l' église. On est cerné !


On s'enfonce un peu plus vers l' intérieur du motu pour trouver le cimetière qui, pour une fois, ne jouxte pas l' édifice religieux. S' y trouvent deux tombeaux imposants, plus un troisième dont la partie supérieure hors terre a été détruite il y a longtemps suite à une tentative avortée de violation de sépulture, les ossements se trouvant dans la partie souterraine. Il s'agissait sans doute pour le ou les voleur(s), de récupérer la ceinture, le collier de plumes précieux et la parure de tête qui accompagnaient le défunt d'un haut niveau social, chef ou grands prêtre, dans sa tombe. Quelques autres tombes plus récentes dans un coin.
Retour aux bateaux. Le temps s'améliore, il y a du bleu dans le ciel. Nous continuons du même côté, le long d'une longue plage de sable blanc de plusieurs kilomètres vers le motu Ogogo où se trouve ce que l' on appelle ici le tourbillon, ou le ' pito ' ( = nombril ) d' Ana'a, un trou bleu dans le platier où l'eau tourbillonne dans un sens pendant que le courant supérieur venant de l' océan provoque un tourbillon contraire. On peut s'y baigner dans les remous, c'est ce que nous faisons avec masque et tuba. On ne voit pas clairement le fond, mais on devine un tunnel qui relie ce trou à l' océan. Une particularité géologique, peut-être un ancien conduit de lave dont les habitants d'Ana'a pensaient qu'il reliait leur atoll à Fakarava.

Fin de la baignade et retour aux bateaux. Nous filons vers le sud du lagon vers le motu Tematahoa où l'on devine de loin dans le vert des cocotiers, la structure d'une superbe petite église, l' Eglise St Etienne bâtie en 1856, consacrée en 1858 et qui sert de temps en temps pour des offices, lors de fêtes religieuses. C 'est le seul édifice qui demeure du village initial qui existait alors sur cet îlot. Abîmée par le cyclone de 1906, elle a été rénovée dans les années 70. Les collecteurs de coprah et leurs familles viennent s'y mettre à l' ombre et au frais, au calme aussi, et y prier. Son intérieur est plus sophistiqué que celui de l' église St Michel. Pas de moustiques sur ce motu...

Petite histoire : La supervision de la construction originale avait été confiée à un grand prêtre de l' ancienne religion, converti... mais pas totalement convaincu ! A l' insu des missionnaires, peu au fait des anciens rites et coutumes, le grand prêtre s' est permis quelques fantaisies dans la décoration en bois qui orne le mur derrière l' autel et rappelle les lances que maniaient les Parata tandis que les statues de bois - dont la Vierge - tiennent des pierres dans la main, sans parler d'autres détails foncièrement païens dans la sculpture du bois. Bref, une façon de faire le lien entre l' ancien dieu et le nouveau mais sans renier ce qui était et rattachait au passé. Rappelons que la pierre tient une place prépondérante dans les rites anciens; elle est sacrée et chargée de ' mana ' (= puissance ). Elle sert à construire les ' marae ', à faire des outils et des armes. Une fois la visite de l' église terminée, nous nous enfonçons à l' intérieur du motu. Tout de suite, on tombe sur les fameuses fosses à culture, désormais en déshérence, qui permettaient aux habitants de l'île de vivre en autarcie alimentaire, mais étaient creusées et entretenues par des esclaves travaillant sous contrôle des Parata, et, de toute façon, condamnés à être tués et mangés le moment venu. On continue le long d'un sentier vers le récif, côté océan donc, un endroit sauvage et magnifique. Toujours beaucoup de ' feo ', une eau cristalline, des bancs de poissons dont un banc de perroquets constitué d'une centaine d'individus dont un - de couleur orangée vive - qui mène la troupe dans tous les sens, et de gros coquillages - du genre bulot -collés sur le récif au contact de la vague, dont certains d'entre nous vont ramasser une brassée pour le déjeuner à venir. La marée est basse, les bancs de poissons qui tournent dans tous les sens attendent le moment où ils pourront franchir le récif vers l' océan.
Retour par le même chemin et vers le bord de lagon. Et en quelques minutes nous sommes sur le motu Ovana où nous allons déjeuner. Il est 14 heures déjà. Une partie du groupe est venue directement pour préparer le repas, faire griller les poissons, et faire cuire un ' uru '. Repas typique et local : poissons grillé, uru, pain fait à base de germe de coco, corned beef américain - on en trouve absolument partout dans le Pacifique Sud. Eau et bière. Après le repas, repos dans l' eau tiède ou natation dans le chenal. La vie des îles, le week-end, quand il fait beau, . On est au ' district ' ou au ' secteur ', comme l' on dit ici. Les copraculteurs y passent la semaine et sont rejoints par leurs femmes et leurs enfants en fin de semaine. De petites cabanes simples voire sommaires ont été construites en lisière de la cocoteraie et donnant sur la plage et le lagon pour ces séjours en pleine nature. Bien sur, il y a les moustiques, mais certains ' motu ' en sont exempts, alors que d'autres ( peu en fait ) sont infestés. Difficile à comprendre... Quand il y a du vent le soir et la nuit, les moustiques se cachent et n' attaquent pas.
Il est 16 H 30 et donc temps de rentrer. Le lagon est navigable mais dangereux car parsemé de patates de corail entre lesquelles il faut serpenter en permanence. Notre pilote est un expert car il mène son bateau à vive allure. il faut être né sur l' atoll pour en connaître le lagon aussi parfaitement, d'autant qu'il n' y a pas de balises. L' expertise est particulièrement nécessaire quand on se retrouve pris dans un grain violent au milieu du lagon, et sans visibilité.
20 octobre ( dimanche )
Matinée plage et lagon. Nous sommes ici aussi pour nous relaxer. Le plan d'eau devant la pension est superbe. Pas de coraux, aucun danger. L' eau est claire. Et il n' y a personne. Notre ami écossais est parti à la pêche comme tous les matins dès 7 H 30.
On nous a dit que dans l' après-midi, il y aurait une compétition amicale entre jeunes de l' île de lancer de javelot traditionnel. Mais quelqu'un est décédé brutalement ce dimanche matin et la compétition a été annulée au dernier moment. Quand nous passons le long de l' aire derrière l' église dédiée au lancer de javelot, nous y rencontrons seulement un jeune couple. Le mât est dressé et le jeune homme s'entraîne, avec beaucoup de talent. Nous allons apprendre qu' il est le fils du champion reconnu de Ana'a lors de toutes les compétitions passées. Tel père, tel fils donc. Ensuite, nous allons assister aux répétitions du groupe de danse féminin à la salle omnisports flambant neuve construite auprès de l' école primaire. Demain lundi, en soirée , il y a spectacle de danse en costume traditionnel. Nous sommes conviés.
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INTRODUCTION AUX TUAMOTU
Anciennement nommé archipel des Îles Basses, Îles du Grand Océan, Îles Archipélagiennes ou encore Archipel de la Mer Mauvaise, les Pomautu , mot qui signifiait " Îles Soumises " et fut utilisé par la Royauté Tahitienne après la conquête, devinrent définitivement et officiellement les Îles Tuamotu en 1854. L' expression ' Archipel Dangereux ' ne concerne que Ana'a et les atolls environnants sur lesquels Ana'a étendait jadis sa domination. L' archipel est composé de 80 îles environ qui s'étirent sur une longue traînée de 1500 kms de long sur 600 kms de large, du Nord-Ouest au Sud-Est. Dans leur prolongement méridional se trouve le groupe des Gambier ou Mangareva. Au nord, se trouvent 8 îles, au Centre 52, au sud 16. Plusieurs îles sont inhabitées, soit parce qu'elles présentent peu d'interêt ou sont difficiles et dangereuses d'accès, soit parce que les missionnaires les ont vidées de leurs habitants, rapatriés vers des îles plus importantes, afin qu 'il ne reste pas de " poches païennes "- c'était l' expression utilisée - dans cet immense ensemble. Les principales sont Hao, découverte par Bougainville, Hikuera connue pour sa nacre, Takaroa, Ana'a découverte par Cook en 1773, Kaukura, Ahe et Takapoto fameuses pour leurs perles, Fakarava, Rangiroa, le plus vaste atoll de l' archipel. Certains atolls n' ont pas de passe et ne sont alimentés en eau océanique que par les ' hoa ' , des chenaux de faible profondeur qui, en cas de houle importante, font rapidement monter le niveau des lagons. C' est le cas de Ana'a. L' eau potable est souvent un problème récurrent auquel on remédie en consommant l' eau de pluie précieusement récupéré dans des citernes ou de l' eau distillée, l' eau naturelle étant saumâtre. Le climat est chaud et plutôt agréable, avec une saison des pluies irrégulière qui va de novembre à janvier. Les cyclones sont rares. Le dernier, en date de 1983, a ravagé Ana'a. Le précédent datait de 1906. La flore est pauvre, mais moins qu' elle ne l' était jadis. Le cocotier, l' hibiscus, le miro ( ou bois de rose ), et puis un tubercule comme le taro, l' arbre à pain - ou ' uru ', le bananier, le papayer, ont été progressivement introduits, alors que les populations avaient appris à creuser des fosses à culture, rapprochant les plantes de l' humidité latente de la lentille des eaux de précipitations retenues dans le socle corallien, après filtrage naturel de l' eau saumâtre entre pierres plates de corail superposées, l'une servant de bouchon. C 'est à Ana'a que des fosses de grande taille ( 18 à 28 mètres de long ), chacune dédiée à une plante, un tubercule ou un arbre fruitier bien défini - bananier ou papayer ou taro ou hibiscus ont été creusées et entretenues par les esclaves, des captifs saisis sur d' autres îles. Ceux qui ont eu la chance - une fois un accord de paix trouvé entre Tahiti et Ana'a - de rentrer enfin chez eux ont aussi rapporté cette façon de cultiver la terre arable en optimisant les rendements, là où c'était possible bien sur, certains atolls étant très plats et peu fertiles. La faune marine est riche, la faune terrestre est limitée par destruction des habitats originels, en raison de la chasse ( Ex : le Lori de Kühl à Rimatara pour les deux plumes rouges qui surmontent sa queue ) et aussi de l'introduction fatale d' espèces allogènes nocives. Beaucoup d' espèces d'oiseaux très fragiles du genre perruches ou pigeons, endémiques à parfois une seule île, ont été décimées par le rat noir, une véritable plaie.
DE L'USAGE DU COCOTIER
Ana'a est à l' origine de la diffusion du cocotier, ' l'arbre aux cent usages ', dans tout l' archipel. Jadis l'implantation du cocotier était limitée aux alentours de la maison d'habitation pour ensuite, très rapidement, devenir l' arbre de vie, planté à l'infini dans des cocoteraies intensives. Le cocotier est l'un des facteurs ayant contribué à l' influence grandissante de l' île dans la Grande Région aux 17ème et 18ème siècles. Les guerriers de l' atoll avaient l' habitude de planter des cocotiers sur les atolls conquis avant de rentrer chez eux avec leurs captifs, une forme d'expansionnisme et d'impérialisme économique avant la lettre. En 1860, Ana'a exportait déjà 200 tonnes de coprah par an vers Tahiti, alors que, par exemple, Fakarava n' en exportait que 20 tonnes, et Rangiroa 30. A la fin du 19ème siècle, le protectorat français choisit Ana'a pour devenir l'une des toutes premières îles exportatrices de coprah vers Tahiti. On notera que dans l' atoll voisin de Niau, a été bâtie une structure ultra-moderne qui produit directement sur place une huile de coco de qualité supérieure exceptionnelle, vendue à prix élevé sur place, à Tahiti bien sur, et qui commence à s'exporter en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. La fabrication du coprah - ou séchage de la noix de coco - reste l'unique activité économique de l'île de Ana'a, permettant à ses habitants de vivre décemment. Toutes les deux semaines, le coprah stocké dans de petits entrepôts modernes, est transporté par bateau puis raffiné et transformé en huile à Tahiti même. La légende raconte que les guerriers Parata s' entraînaient régulièrement au lancer de javelot - ou ' patia fa ' - mais, à l' époque, ce n' étaient pas des noix de coco que l'on plantait au bout d' un mât, mais les têtes coupées de prisonniers vaincus au combat et ramenés captifs à Ana'a. C 'est sans doute plus qu' une légende car les écrits anciens corroborent cette version des choses. Ils suggèrent même que les Parata se réjouissaient d'entendre chanter le vent dans les crânes desséchés fichés sur de longs mâts... De nos jours, le lancer de javelot est toujours pratiqué à Ana'a, et est l'un des sports pratiqués aussi aux Fêtes de Juillet - ou Heiva I Tahiti - à Papeete, Tahiti. La hauteur du mât est fixée officiellement à 7 mètres à Tahiti. Les Ana'a excellent à ce jeu et remportent généralement les premières places. A Ana'a même, la hauteur des mâts peut atteindre 9 mètres et plus, voire 11 mètres. D' après les écrits anciens, du temps des Parata, la hauteur du mât pouvait atteindre 13 à 15 mètres.
Les Tuamotu furent, semble-t-il, conquises par des immigrants venus des Marquises au 16ème siècle, alors que l' on y introduisait déjà le cocotier. Rapidement placés sous influence des Tahitiens, ils furent soumis par ces derniers avant l' arrivée des Européens. A partir du 17ème siècle, quelques-uns de ces atolls furent découverts par des navigateurs tels Quiros, Lemaire, Schouten - en 1616 - Bougainville en 1768 et Cook en 1769 et 1773. Les rois de Tahiti conquirent Makatea et en firent un lieu de déportation pour des éléments rebelles de leur société; les rois Oton et Pomaré Ier finirent par dominer tout l' archipel. Sous présence française de plus en plus prégnante, les Tuamotu passèrent sous protectorat en 1842 en même temps que Tahiti, la puissance suzeraine, et devinrent dans la foulée colonie française en 1880, au même titre que le reste du territoire.
INTRODUCTION A ANA'A
UN PEU DE GEOGRAPHIE
L' atoll d' Ana'a est situé à 377 kms à l' est de Tahiti, et à 66 kms de Faaite, l' atoll le plus proche. C 'est une île de forme ovale de 28 kms de long et 7 kms de large pour une superficie de 38 km2 environ, ce qui la place comme le second plus grand atoll après Rangiroa. Les terres émergées sont constituées de 11 ' motu ' bordant un lagon de 90 km2. Géologiquement parlant, l' atoll est la crête corallienne d'une énorme montagne volcanique sous-marine de 3500 m de haut environ qui s'est formée il y a environ 60 millions d'années. Cette formation volcanique colossale, c'est l'île de Tahiti / Moorea, soulevée par des éruptions violentes successives qui ont fini par déformer le plancher océanique. Ce phénomène dit de bombement a aussi soulevé les îles avoisinantes de Mataiva et surtout Makatea - surélevée de 110 mètres - et puis Ana'a et Niau ( de 8 à 12 mètres ). L' atoll d' Ana'a fait donc partie de ce petit groupe des îles dites soulevées, car soumises à un certain moment de leur vie géologique à des forces telluriques puissantes. Cette particularité explique la présence de formations de corail fossilisé, de puits profonds et même de grottes, qui, au fil de l' eau et en bateau lors d'excursions, offrent un paysage exceptionnel entre lagon, récif et motu.
A NOTER Selon les traditions anciennes, les puits et cavités étaient des lieux d'accès au Pô, le monde des abysses, le monde des profondeurs ténébreuses et maléfiques, habité par certains dieux, par des créatures fabuleuses et par les morts, les ancêtres disparus. Face à ce monde du dessous, il y avait le monde de la lumière qui lui aussi avait ses dieux. Révérés ou craints, les dieux des deux mondes étaient ceux de la religion ancienne.
Le lagon compte de larges zones ensablées d'un blanc éblouissant et des piscines naturelles aux eaux peu profondes d'une clarté et d'une limpidité exceptionnelles. Vu du ciel, alors que l' avion se rapproche, l'atoll laisse apparaître les couleurs stupéfiantes de son lagon, des dégradés sans fin de bleu, de turquoise et d' un vert clair rappelant le jade. Ce camaïeu de couleurs est du à la faible profondeur du lagon, 5 à 8 mètres au lieu des 15 à 25 mètres - et plus parfois - habituels. Cette particularité naturelle est à l' origine d'un effet de réfraction lumineuse qui a surpris les premiers explorateurs et surprend toujours de nos jours si on vient à Ana'a en bateau. Le lagon vert clair se reflète dans les nuages de basse altitude. ' Te nuku taeroto ' est le nom donné à ce reflet couleur jade permettant de repérer Ana'a à distance uniquement quand il y a un plafond de nuages bas. Ce nuage serait visible par moments à partir de Tautira à Tahiti où on l' appelle " la montagne de Ana'a ". Ce phénomène unique n' existe que pour les atolls de Ana'a et de Niau.
Sur les rivages des ' motu ', au milieu des étendues d'eau, on verra des ' feo ', ces enrochements faits de corail fossilisé, alors que des méga-blocs de ce même corail se retrouvent posés sur le récif même, projetés là lors de convulsions volcaniques passées. Moins soumis que d'autres atolls à la submersion des océans en raison de son altitude plus élevée ( 8 à 12 mètres ), Ana'a a conservé une flore terrestre diversifiée. On y a recensé 55 espèces indigènes et 4 endémiques, dont un arbuste emblématique aux fleurs rouges appelé le ' kôfaiou 'ofai '. Cet atout naturel ainsi que sa superficie supérieure ont été mis à profit pour le développement de formes d'agriculture adaptées - dont les fameuses fosses à culture ou ' maite ' - qui expliquent la puissance et l' influence acquises par l' atoll aux temps pré-chrétiens.
LES GUERRIERS PARATA La société se divisait en plusieurs groupes : celui des esclaves, celui de la population ordinaire qui comptait le plus grand nombre et vivait une vie simple et tranquille, celui des grands prêtres qui formaient une caste supérieure à part et gouvernaient le peuple, celui des chefs- guerriers - ou ' ariki ' - en Pomautu, un groupe singulier qui au départ s'était constitué sous forme de milice pour se retrouver, au fil du temps, telle une armée, sous contrôle étroit des grands prêtres et à leur service. Dès le 17ème siècle, Ana'a imposait sa domination économique mais aussi guerrière et politique sur une grande partie de l' archipel. Les guerriers Parata - du nom donné au requin longimane, dit océanique à ailerons blancs, massif, belliqueux et dangereux - étaient redoutés pour la violence sanguinaire de leurs raids et razzias , en quête permanente d'esclaves sur les rivages d'autres atolls. La légende et la tradition sont ambivalentes en ce qui concerne les Parata : des chants célèbrent leurs exploits, leur témérité, leur courage, leur force physique, mais s'ils étaient audacieux, c'étaient surtout des combattants implacables, cruels et formatés pour la guerre, au sommet de leur forme physique, expérimentés, tacticiens hors pair, capables de construire des pirogues rapides et maniables. Mettant en pratique une expertise militaire exceptionnelle, ils tétanisaient littéralement leurs ennemis lorsque leurs pirogues abordaient les rivages. Ils combattaient toujours deux par deux, dos à dos pour éviter de prendre des coups de lance par derrière, et utilisaient des lances à double pointe d'une terrible efficacité. Naviguant uniquement de nuit et se repérant aux seules étoiles avec l' aide d'un grand prêtre présent à bord de la pirogue principale, ils attaquaient toujours par surprise, à l' aube. Vivant entre eux, ils avaient interdiction de se marier et de procréer, et leurs femmes ou compagnes étaient sacrifiées si elles se retrouvaient enceintes. Et puis surtout, ils étaient cannibales par obligation coutumière, contrairement au reste de la population, ce qui permettait aux grands prêtres de les garder sous influence et au service de leurs ambitions. On peut se demander légitimement pourquoi ils acceptaient aussi facilement un contrôle aussi étroit des grands prêtres : en fait, leurs ancêtres sur Ana'a avaient enfreint un tabou majeur, amenant le maléfice permanent sur leurs têtes et celles de leurs successeurs s'ils osaient un jour contester l' autorité supérieure. C' étaient des mercenaires au service d'une politique belliqueuse initiée par la caste religieuse. Ne pouvant fonder une famille et étant sans descendance, ils recrutaient certains captifs lors de leurs raids- c' était cela ou la mort - pour grossir leurs rangs.
La dernière guerre inter-insulaire eut lieu entre 1800 - peut-être avant dans les années 1790 - et 1820, entre Ana'a d'une part et Rangiroa plus Mataiva, Makatea, Fakarava, Arutua, Kaukura et Makemo. Elle fut terrible et sanglante, incitant une grande partie de la population de tous ces atolls à se cacher ou fuir par la mer et chercher protection auprès du roi Pomaré Ier de Tahiti, agacé par l' expansionnisme militaire de Ana'a. A noter que l' ancêtre originel de la lignée Pomaré des rois de Tahiti venait de Ana'a, ce qui créait un lien de sang compliquant les discussions. Des délégations de guerriers Parata très agressives se succédèrent à Tahiti ( les rencontres formelles se faisant à Tautira dans la presqu'île de Tahiti, , mais aussi à Moorea) , réclamant qu'on leur livre leurs captifs. Le roi Pomaré Ier qui avait accordé sa protection aux habitants de Rangiroa et des autres atolls et l' avait fait savoir, les faisait lanterner et boudait volontiers ces rencontres. Ce fut son successeur Pomaré II à qui revint le privilège de devoir trouver un terrain d'entente pour un accord qui permettait à Ana'a de garder une forme de suzeraineté sur un certain groupe d'atolls des Tuamotu nord, à Tahiti de contrôler un autre groupe d''îles et aux îles précédemment soumises et martyrisées par les Parata de retrouver leurs habitants et de vivre enfin en paix.
Une guerre intestine meurtrière entre guerriers Parata brisa l' équilibre de la société de l' île au moment de choisir entre religion mormone et religion catholique dans les années 1850. Tout s' écroula comme un château de cartes, et l' ancienne société disparut en un rien de temps. Ana'a était prête pour une autre histoire religieuse - avec l' abandon de l' ancienne religion - et politique, cette fois-ci sous protectorat français puis au sein de l' Etablissement des Pays d'Océanie Française.
Beaucoup plus tard, sous l' impulsion de l' administration coloniale, Ana'a devint un centre pour la culture du coprah, ce que l' île est toujours de nos jours. Le prix du coprah - fixé à environ 60 FCP au cours mondial - est subventionné par le Territoire et indirectement par la France, et fixé à 145 FCP le kilo pour la qualité supérieure, 55 FCP pour une qualité moindre, assez haut pour donner envie aux habitants de rester dans leur île ou d'y revenir après un séjour malheureux à Tahiti. En pleine saison, on peut collecter 30 sacs de 25 kgs par jour. On peut facilement calculer un revenu moyen pour un agriculteur actif et dynamique travaillant dans une belle cocoteraie qui reste tout à fait honorable : autour de 150.000 FCP par mois. La coprahculture se pratique toute l' année.
La pêche également est un atout de Ana'a. Près de l' ancien village de Putuahara, sur l'un des plus grands motu de l' atoll, se trouve une vaste zone de mares peu profondes, ancien domaine maritime royal, où l'on pêche le ' pati ' ou poisson-lait aux brillantes écailles ainsi que le ' kiokio ' ou " bone fish " en anglais, espèce communément consommée sur l' atoll. Un ' rahui ' - à savoir une interdiction temporaire de pêche - est imposé tous les ans du moi de mars au mois de mai sur la pêche au ' kiokio ' mais cette interdiction ne concerne pas la pêche à la mouche. La pêche au ' kiokio ' attire de plus en plus de visiteurs du monde entier qui viennent s'essayer à la pêche à la mouche - ou ' fly-fishing ' -, pratiquée depuis l' an 2000 environ, au départ par des visiteurs américains, éblouis par les paysages naturels marins de l' atoll et ses étendues uniques d' eau claire et peu profonde, très poissonneuses. Ana'a, au niveau international, concurrence la sublime île d' Aitutaki aux Cook ou le cap York en Australie, la Jordanie, la Slovénie, l' Alaska et tant d'autres destinations. On pêche aussi à Ana'a le tétrodon, ou ' fugu ' en japonais, pour le manger. Ce poisson se gonfle quand il se sent en danger. Mais surtout, sa consommation est toxique et mortelle si la poche de fiel proche de la région caudale vient à se déchirer. Le poisson devient alors inconsommable. Au Japon, les chefs découpent le poisson devant les clients des restaurants. La découpe à la polynésienne est différente mais les dangers sont les mêmes. Il y a des parcs à poisson privés un peu partout dans île, mais aussi un parc communal, accessible à tous, et où l'on peut venir collecter du poisson pour sa consommation personnelle. Cette mise en commun des ressources d' une île n 'est pas spécifique à Ana'a. Elle existe un peu partout en Polynésie.
L' avifaune de l' atoll est riche et variée, certains oiseaux étant endémiques à toutes les îles, d'autres ayant disparu de certains atolls : rousserolle des Tuamotu - ou ' kotiotio ' -, une sorte de grosse grive au ramage aussi mélodieux que celui du rossignol, fauvette des Tuamotu, chevalier errant ou ' uriri ', un oiseau ressemblant au vanneau européen qui fréquente les plages de sable, de corail et de cailloux ainsi que les récifs et qui, tout menu et passe-partout qu'il soit, ne se reproduit que dans l' hémisphère nord, en Sibérie, en Alaska et dans le Nord du Canada pour venir ensuite, à tire-d'aile, passer l' été austral dans les atolls des Tuamotu. Les jeunes ou premières nichées resteront toute une année sur place après ce long voyage entre les deux hémisphères. Côté lagon, ' hoa ' ou récif, on rencontre le héron blanc et le héron gris, le fou brun, le fou à pieds rouges - les fous nichent souvent dans les anfractuosités des énormes ' feo ' entourés d'eau et proches du récif -, le noddi noir et le noddi brun, la sterne blanche et la sterne huppée, la gygis blanche ou ' kotake '. Il y en a sans doute d'autres encore, Ana'a est une île à l' avifaune riche et diversifiée.
Le principal village d' Ana'a est Tukuhora, peuplé d'environ 500 âmes. Il existe des villages anciens, désormais inhabités depuis le cyclone ravageur de 1983 sur les motu Temarie au nord, Otepipi à l' ouest, Putuahara au sud-ouest, Tematahoa au sud-est, Tekahora au sud. Ces villages ne sont pas complètement désertés car habités pendant de longues semaines à la suite par les coprahculteurs qui y ont construit des cabanons. Par ailleurs, à l' occasion de processions et fêtes religieuses, les habitants de l' atoll se retrouvent dans les églises qui ont résisté au temps et aux cataclysmes naturels au milieu des maisons abandonnées et ont donc été préservées et plus ou moins rénovées. Selon l' Annuaire des Etablissements d'Océanie publié en 1863, l' atoll comptait alors environ 1300 habitants. En 1825, la population avait été estimée à 2500 habitants environ, dont un millier de captifs des deux sexes enlevés dans les atolls voisins et qui retournèrent dans leurs îles d'origine quand le roi Pomaré II signa un traité de paix définitif avec les guerriers d'Ana'a. On tourne donc bon an mal an autour de 1200 habitants originaires de l' atoll jusqu' à la fin du 19ème siècle. Le cyclone ravageur de 1906 fit de tels dégâts sur l' atoll, submergé par des vagues de 15 à 19 mètres, que celui-ci resta exsangue pendant des années sans compter la centaine d'habitants disparus pendant le cyclone. Et puis il y eut les maladies dont la grippe espagnole qui vont décimer une population affaiblie et appauvrie et faire tomber Ana'a dans l' oubli. Le nombre d'habitants qui était tombé à 400 en 1900 est remonté depuis aux alentours de 600 personnes. La population est très majoritairement catholique après avoir été très peu de temps mormone. Les mormons, sentant une partie de la population leur résister et leur échapper, en vinrent même à menacer physiquement des prêtres catholiques et à tuer, dans l'un des districts, un gendarme qui se portait au secours d'un prêtre avec un fusil. Le prêtre blessé à la tête survécut à ses blessures. On chercha longtemps les assassins sans les trouver ; ils s'étaient réfugiés dans une grotte de la pointe sud de l' atoll, et l' affaire remonta jusqu'à Tahiti qui envoya des militaires pour débusquer les coupables. On les trouva enfin et ils furent pendus sans délai sur place. Ce fut la fin de l' évangélisation mormone, d' anciens fidèles décidant de se convertir en masse au catholicisme tandis que d'autres décidèrent de fuir définitivement vers Tahiti. Cet épisode marqua aussi la fin de l' ancienne société pré-chrétienne.
On parle le ' Parata ' ou ' Putahi ' à Anaa. Et aussi le tahitien et le français, langue unitaire.
L' aérodrome - lien essentiel avec l' extérieur et Tahiti- existe depuis 1976.
UN PEU D HISTOIRE
Dans les temps anciens pré-chrétiens, Ana'a s'appelait autrement. Nganaia est l'un de ces anciens noms que l' on a trouvé dans un manuscrit de l' atoll de Manihi. Mais aussi Ngana ou Gana, mot altéré ensuite en Ana'a. Un autre nom, Hae-rangi a aussi pu être utilisé. On passe ensuite à la période européenne.
L' atoll aurait été aperçu pour la première fois par Pedro Fernandes de Queiros en février 1606. Pourtant, c'est Bougainville qui découvre et recense l' atoll en 1768. Cook abordera l' atoll en 1769, en le nommant Chain Island, puis c'est au tour du navigateur espagnol Domingo de Boenechea de visiter l' île en novembre 1772, puis une seconde fois en novembre 1774, en le nommant " Todos Los Santos ". Un autre navigateur espagnol, Jose de Andia y Varela abordera Ana'a également en novembre 1774, mais c'est le capitaine britannique Frederick William Beechey qui note dans son journal de bord le nom d' Ana'a le 1er avril 1837. Les recherches ethno-historiques et archéologiques menées depuis un siècle, ainsi que la tradition révèlent que l' île a connu des heures glorieuses. Au 17ème et au 18ème siècles, son influence sur le reste des Tuamotu fut prédominante. L' état de protection naturelle de l' île - qui ne compte aucune passe en raison du soulèvement géologique et est donc quasiment impossible à envahir - lié à à d' impressionnantes possibilités de production alimentaire, a permis le développement social et culturel d'un groupe cohérent, organisé et dynamique, et très structuré qui s'est imposé sur la grande région avec autorité et audace, mais aussi avec une violence aveugle terrifiante inconnue dans les atolls avoisinants. Aucune chefferie adverse n' était capable de faire face aux féroces guerriers Parata venus pour conquérir, mettre en esclavage et tuer. Au moment du basculement dans l' ère chrétienne et de l' évangélisation, une majorité de grands prêtres et de membres éminents des chefferies décide de fuir Ana'a plutôt que de se convertir. Ils emportent à Hawaii les objets de l' ancien culte, sculptures en bois et pierres sacrées, et aussi leur précieuse connaissance des rites et de l' histoire glorieuse de l'île. A partir de là, on perd leur trace.
C 'est pourquoi l' atoll d' Ana'a doit beaucoup à un ethnologue français, Frédéric Torrente, qui a redécouvert un manuscrit ignoré et qui dormait dans les archives du Bishop Museum de Hawaii et du Peabody Museum de Salem aux Etats-Unis. Ce manuscrit fut écrit par un sage paumotu, Paea-a-Avehe, né à Ana'a en 1889, et descendant d'une longue lignée de chefs et de grands prêtres. Paea consigna par écrit dans la langue natale ancienne l' ensemble des connaissances acquises ou transmises ( en particulier par son oncle, sage et prêtre traditionnel ), un millier de pages - hélas dans le désordre le plus complet - qui furent dument recopiées par le linguiste américain Franck Stimson, auteur du fameux dictionnaire paumotu dans les années 30. Torrente s' est rendu maintes fois à Ana'a pour rencontrer ses habitants. Ils ont ensemble, et avec l' aide des anciens encore en vie et celle, précieuse, de l' Académie Paumotu, redécouvert et traduit les récits mythiques de l' atoll, la religion ancienne, les chants, les odes aux guerriers valeureux, les histoires et traditions d'antan, les techniques d'utilisation des ressources, la cosmogonie. La thèse de doctorat de Torrente intitulée " Buveurs de mers, mangeurs de terres, histoire des guerriers d' Ana'a aux îles Tuamotu ' s'est construite au contact d'érudits locaux de l' association culturelle de l' atoll, Pu Tati Haga no Ganaa. Torrente note que l' île possédait " des sols plus riches et plus variés, de nombreux points d'eau douce et des ressources végétales plus abondantes. Son récif lui ouvrait aussi des potentialités de pêche et de collecte de coquillages plus vastes ". Ce qui " fournit un ensemble d'éclairage inédit sur la cosmogonie, les fondements mythiques de l' organisation sociale, la religion ancienne, les techniques d'exploitation des ressources, les récits mythiques sur les pérégrinations des grands guerriers, des chants louant les prouesses guerrières ou les chefs principaux de l' île et leurs généalogies rattachées à leurs principes cosmogoniques ". Cette thèse de doctorat - en date de 2010 - a permis aux Paumotu, souvent raillés pour leur histoire banale et de second ordre comparée à celle de Tahiti ou des Marquises - et en particulier aux habitants de Ana'a de retrouver la fierté de leurs origines et d'un passé prestigieux d' agriculteurs et de sculpteurs hors pair, de guerriers redoutables et redoutés.
ANA'A AUJOURD'HUI
L' atoll relève le défi de son développement en s'ouvrant à un éco-tourisme durable, adapté au rythme de vie des habitants, en proposant des micro-niches touristiques susceptibles d'attirer des visiteurs passionnés de nature et de culture, hors des sentiers battus. Ana'a a rejoint à titre de projet-pilote le cercle des destinations mondiales convoitées par les amateurs de ' fly-fishing '. Il s'agit de promouvoir l' autonomie de l' île en favorisant la gestion et la valorisation durable des ressources. Un projet original et ambitieux qui implique les élèves de l' école de Tukuhora, sous l' impulsion du directeur Jean-Pierre Beaury.


Il est proposé également, via un financement de l' Union Européenne ( programme BEST ) des formations qualifiantes aux métiers du tourisme au profit de jeunes résidents de l' île.
DETAILS PRATIQUES Le paiement de la pension se fait généralement par virement inter-bancaire avant l' arrivée sur le Territoire et dans l' île. Pas de carte de crédit. Les excursions se règlent cash. il faut donc prévoir de se munir d'argent liquide avant le départ de Tahiti. Dans un distributeur, à l' aéroport, ou en ville à Tahiti. Bureau de change à l' aéroport. Le FCP étant aligné sur l' euro ( 120 FCP pour 1 euro ), aucun problème. Taxe de change, quelle que soit la somme, de 500 FCP, en ce qui concerne l' euro uniquement. Une excursion à la journée est facturée 14000 FCP pour deux personnes ( déjeuner sur un motu inclus ). Pour les îles, prévoir de l' anti-moustiques ainsi qu 'un petit nécessaire de pharmacie contre les coupures sur corail. Egalement des chaussures pour marcher sur le corail, sur les platiers, sur la barrière, chaussures fermées ou sandales en plastique à porter avec de grosses chaussettes. Prévoir aussi de petites chaussettes à mettre dans les palmes. On se retrouve vite avec des ampoules. NB : Pour calmer les démangeaisons dues à des coupures sur corail, on utilise ici du jus de citron vert. A appliquer rapidement après l'incident. L' urine est également très efficace...
NOTRE SEJOUR Du 17 au 24 octobre. Un seul vol Air Tahiti par semaine, le jeudi. Au départ de Tahiti-Faa'a. Un second vol le dimanche est proposé au moment des vacances scolaires de Tahiti, qui permet de raccourcir le séjour à 4 nuitées, du dimanche au jeudi ou 3 nuitées du jeudi au dimanche. Intéressant quand on vient de France et que l'on veut découvrir plusieurs facettes de la Polynésie. Billet acheté sur le site Internet de la compagnie. Compter environ 22 à 25000 FCP pour un billet AR. ( environ 200 euros ). Il y a deux pensions : l'une se trouve dans la partie reconstruite du village principal, entre nouvelle mairie, école primaire et magasin principal. Elle est un peu coincée, et n' a aucune vue sur la mer. Il y fait chaud, le vent du soir n' arrive pas jusque là. A déconseiller donc. Il reste la pension Toku Taiga : Paiement par virement bancaire. Quatre bungalows confortables, propres, calmes en bord de mer, bien ventilés par le petit vent du soir et de la nuit. Peu ou pas de moustiques. Certains bungalows sont équipés de moustiquaires sur lit. Literie et oreillers très propres. Lits confortables et serviettes de douche de qualité. On peut dormir tout ouvert sur le lagon et la plage. Sécurité totale. Excellents petits déjeuners et dîners. On déguste le matin le miel récolté par Joël autour de sa propriété mais aussi sur les motu. Les abeilles prospèrent dans un milieu exceptionnel, butinant uniquement les fleurs indigènes, celle de cocotier, celle de kahaia - ou tafano -, celle de pandanus - ou 'fera ' en tahitien, l' arbre qui donne le tapa - , celle de tamanu - ou ati -, l' arbre tabou que l'on plantait uniquement dans les ' marae ' royaux et qui servait à fabriquer les tiki - et puis celle du miki-miki, un arbuste au bois rouge sombre, résistant à la salinité, que l'on trouve en première ligne le long des atolls et qui a la particularité de fleurir toute l' année. Joël vend son miel à Tahiti et à ses hôtes qui, parait-il, en rapportent jusqu'en France.
Pension chère ( effet d'aubaine réel dans une île comme Ana'a, hors sentiers battus ). Compter entre 25 et 30000 FCP la nuit en demi-pension. ( environ 250 euros ). C' est pourquoi les semaines où il y a deux vols au départ de Tahiti sont intéressantes financièrement: 3 ou 4 nuits maximum. Et en 3 nuits / 4 jours, on a largement le temps de faire la principale excursion et celles que propose Joël à la demi-journée. Connection internet correcte quand il s'agit de rentrer son courrier, un peu lente si on veut télécharger ou envoyer des photos. En fait, cela dépend du moment. Pour la petite histoire, le maire a ' oublié ' de se rendre à une réunion importante - il n' aime pas aller à Tahiti - où il fallait demander à être relié au nouveau câble sous-marin reliant Hawaii à Tahiti via les Marquises et les Tuamotu Nord et Centre. Du coup, Faaite, petit atoll voisin bénéficie d'une connexion Internet rapide, et Ana'a a raté le coche pour un moment ... La population est furieuse, mais le mal est fait !
17 octobre 1er jour. Vol de 4 heures un quart, avec deux escales, la première à Raroia, et l' autre à Makemo. Survol d'une multitude d'atolls, grands, petits, minuscules, beaucoup inhabités. Il fait un temps magnifique, les couleurs sont magnifiées.








Arrivée vers 13h 30 et réception par notre hôte, Joël Dexter, propriétaire de la pension Anaa Toku Kaiga où nous allons résider une semaine entière. Installation en bungalow face au lagon magnifique, et longue baignade dans une eau claire, plus chaude qu'à Tahiti en ce moment. Beau temps chaud.



Pas de moustiques dans un bungalow confortable, mais il peut y faire chaud les nuits sans vent , au coeur de la saison chaude. Il faut donc ouvrir en grand les portes-fenêtres donnant sur le bord de lagon. Cela implique aussi d' accepter de se réveiller tôt, entre aboiements de chiens dans le lointain, cocoricos avant l' aube, chants de rousserolles dans les arbres entourant le bungalow à l'aube qui pointe, cloches de l' église qui sonnent dès 5 heures du matin, mer qui murmure en permanence sur le sable tout proche, bruits divers d'une île qui s'éveille tôt de toute façon... Il ne faut pas compter faire de grasse matinée dans les îles ! Balade à pied dans le village.

Excellent dîner à 3 + le propriétaire. Un autre visiteur est écossais d'origine, passionné de pêche à la mouche et qui a réservé 6 jours de suite pour s'adonner à son passe-temps favori. Il réside à Singapour et a fait ce long voyage via Auckland et Tahiti uniquement pour assouvir sa passion. Son dernier pays visité est la Papouasie Nouvelle Guinée où l'on pratique aussi cette pêche dans les îles éloignées.
18 octobre
Petit déjeuner et entraînement d' endurance dans le lagon. Nous y sommes seuls. Pas de concentration touristique à craindre à Ana'a... Ensuite nous allons retourner faire une longue balade à pied vers le village nouveau et reconstruit avec mairie surélevée en cas de cyclone, école primaire flambant neuve et magasin. Les gens sont souriants et accueillants, et l' on s'arrête souvent pour échanger. C' est, pour notre plaisir et typiquement la vie des îles et aussi la manière de recevoir les étrangers. Retour au bungalow pour le déjeuner. Début de rédaction de mon carnet de voyage et séjour à Ana'a. Demain est prévue une longue excursion à la journée vers le sud de l' atoll et ses merveilles naturelles. En compagnie justement du directeur de l' école primaire, issu d'une grande famille de l'île, parlant la langue ancienne, ayant travaillé longuement sur l' histoire glorieuse d' Ana'a , ancien ministre aussi du gouvernement territorial, et qui est l'un des initiateurs du programme de valorisation éco-touristique de l'île.
19 octobre Excursion à la journée. Départ à 8 heures et retour vers 17 heures. Nous sommes plusieurs à participer à cette excursion, et deux bateaux sont nécessaires pour transporter tout le monde. Des enseignants de l' atoll voisin de Makemo sont venus voir leurs collègues de l' école primaire d'Ana'a , suite à la mise en place cette rentrée d'une 6ème de transition entre le primaire et le collège ( Les enfants de Ana'a entreront en 5ème au collège de Makemo l' année prochaine ). Nous partons d'abord en direction du motu O' Terekia qui se distingue tout d'abord par son immense platier de corail, partie intégrante d'un ' hoa ' de grande largeur. Il est au sec en général, et il faut une houle puissante en extérieur pour que les chenaux se remplissent et fassent la jonction avec le lagon.




La cocoteraie est également immense. Cette immensité, c'est ce qui surprend au premier abord dans cet atoll ; tout semble hors normes. Dans la cocoteraie, des vestiges archéologiques nombreux, sous forme de petits ' marae ' formés de pierres dressées en cercle ou en rectangle ( comme aux Australes ), la plus haute pierre étant le dossier d'un siège de chef ou de grand prêtre.

Sur le platier se dressent à 3 mètres de hauteur des ' feo ' faits de corail fossilisé et tranchant , dont trois ont la particularité de sonner quand on les frappe avec une pierre. Selon la légende, ce seraient des entités malveillantes échappées du monde ténébreux du Pô qui, après avoir semé la terreur chez les habitants du village tout proche, auraient fini par être maîtrisées, forcées de rentrer dans des trous du sol à l' aube naissante, annonciatrice du pouvoir supérieur de la lumière sur les ténèbres, et enfin changées en pierres pour l' éternité.
Nous retournons ensuite aux bateaux et devons modifier l'itinéraire prévu pour la balade sur le lagon en raison d'un orage qui menace au sud de l' atoll où nous devons aller. Cap donc par le travers vers le motu Temarie et passage dans ce que l'on appelle ici le second lagon. Il se met à pleuvoir un peu au moment où nous arrivons au ' motu ', mais ce n' est rien à côté de ce qui tombe un peu plus loin...! Nous prenons trois gouttes sur la tête, et puis c'est fini. Nous rentrons à l' intérieur du motu pour visiter une église, l' Eglise St Michel, datant de 1880, bâtie par la Congrégation de Jésus, originaire de Plöermel en Bretagne et dont les membres ont aussi construit la cathédrale, et les multiples églises, séminaires et couvents que l' on peut toujours voir aux Gambier. La marque de la congrégation est un coeur rouge surmonté d'une croix, ou un coeur rouge transpercé d'une flèche. Ici, c' est le coeur à la croix qui est sculpté sur le fronton de l' église. L' endroit est infesté de moustiques comme rarement dans les îles, surtout l' entrée de l' église. On est cerné !


On s'enfonce un peu plus vers l' intérieur du motu pour trouver le cimetière qui, pour une fois, ne jouxte pas l' édifice religieux. S' y trouvent deux tombeaux imposants, plus un troisième dont la partie supérieure hors terre a été détruite il y a longtemps suite à une tentative avortée de violation de sépulture, les ossements se trouvant dans la partie souterraine. Il s'agissait sans doute pour le ou les voleur(s), de récupérer la ceinture, le collier de plumes précieux et la parure de tête qui accompagnaient le défunt d'un haut niveau social, chef ou grands prêtre, dans sa tombe. Quelques autres tombes plus récentes dans un coin.
Retour aux bateaux. Le temps s'améliore, il y a du bleu dans le ciel. Nous continuons du même côté, le long d'une longue plage de sable blanc de plusieurs kilomètres vers le motu Ogogo où se trouve ce que l' on appelle ici le tourbillon, ou le ' pito ' ( = nombril ) d' Ana'a, un trou bleu dans le platier où l'eau tourbillonne dans un sens pendant que le courant supérieur venant de l' océan provoque un tourbillon contraire. On peut s'y baigner dans les remous, c'est ce que nous faisons avec masque et tuba. On ne voit pas clairement le fond, mais on devine un tunnel qui relie ce trou à l' océan. Une particularité géologique, peut-être un ancien conduit de lave dont les habitants d'Ana'a pensaient qu'il reliait leur atoll à Fakarava.

Fin de la baignade et retour aux bateaux. Nous filons vers le sud du lagon vers le motu Tematahoa où l'on devine de loin dans le vert des cocotiers, la structure d'une superbe petite église, l' Eglise St Etienne bâtie en 1856, consacrée en 1858 et qui sert de temps en temps pour des offices, lors de fêtes religieuses. C 'est le seul édifice qui demeure du village initial qui existait alors sur cet îlot. Abîmée par le cyclone de 1906, elle a été rénovée dans les années 70. Les collecteurs de coprah et leurs familles viennent s'y mettre à l' ombre et au frais, au calme aussi, et y prier. Son intérieur est plus sophistiqué que celui de l' église St Michel. Pas de moustiques sur ce motu...

Petite histoire : La supervision de la construction originale avait été confiée à un grand prêtre de l' ancienne religion, converti... mais pas totalement convaincu ! A l' insu des missionnaires, peu au fait des anciens rites et coutumes, le grand prêtre s' est permis quelques fantaisies dans la décoration en bois qui orne le mur derrière l' autel et rappelle les lances que maniaient les Parata tandis que les statues de bois - dont la Vierge - tiennent des pierres dans la main, sans parler d'autres détails foncièrement païens dans la sculpture du bois. Bref, une façon de faire le lien entre l' ancien dieu et le nouveau mais sans renier ce qui était et rattachait au passé. Rappelons que la pierre tient une place prépondérante dans les rites anciens; elle est sacrée et chargée de ' mana ' (= puissance ). Elle sert à construire les ' marae ', à faire des outils et des armes. Une fois la visite de l' église terminée, nous nous enfonçons à l' intérieur du motu. Tout de suite, on tombe sur les fameuses fosses à culture, désormais en déshérence, qui permettaient aux habitants de l'île de vivre en autarcie alimentaire, mais étaient creusées et entretenues par des esclaves travaillant sous contrôle des Parata, et, de toute façon, condamnés à être tués et mangés le moment venu. On continue le long d'un sentier vers le récif, côté océan donc, un endroit sauvage et magnifique. Toujours beaucoup de ' feo ', une eau cristalline, des bancs de poissons dont un banc de perroquets constitué d'une centaine d'individus dont un - de couleur orangée vive - qui mène la troupe dans tous les sens, et de gros coquillages - du genre bulot -collés sur le récif au contact de la vague, dont certains d'entre nous vont ramasser une brassée pour le déjeuner à venir. La marée est basse, les bancs de poissons qui tournent dans tous les sens attendent le moment où ils pourront franchir le récif vers l' océan.
Retour par le même chemin et vers le bord de lagon. Et en quelques minutes nous sommes sur le motu Ovana où nous allons déjeuner. Il est 14 heures déjà. Une partie du groupe est venue directement pour préparer le repas, faire griller les poissons, et faire cuire un ' uru '. Repas typique et local : poissons grillé, uru, pain fait à base de germe de coco, corned beef américain - on en trouve absolument partout dans le Pacifique Sud. Eau et bière. Après le repas, repos dans l' eau tiède ou natation dans le chenal. La vie des îles, le week-end, quand il fait beau, . On est au ' district ' ou au ' secteur ', comme l' on dit ici. Les copraculteurs y passent la semaine et sont rejoints par leurs femmes et leurs enfants en fin de semaine. De petites cabanes simples voire sommaires ont été construites en lisière de la cocoteraie et donnant sur la plage et le lagon pour ces séjours en pleine nature. Bien sur, il y a les moustiques, mais certains ' motu ' en sont exempts, alors que d'autres ( peu en fait ) sont infestés. Difficile à comprendre... Quand il y a du vent le soir et la nuit, les moustiques se cachent et n' attaquent pas.
Il est 16 H 30 et donc temps de rentrer. Le lagon est navigable mais dangereux car parsemé de patates de corail entre lesquelles il faut serpenter en permanence. Notre pilote est un expert car il mène son bateau à vive allure. il faut être né sur l' atoll pour en connaître le lagon aussi parfaitement, d'autant qu'il n' y a pas de balises. L' expertise est particulièrement nécessaire quand on se retrouve pris dans un grain violent au milieu du lagon, et sans visibilité.
20 octobre ( dimanche )
Matinée plage et lagon. Nous sommes ici aussi pour nous relaxer. Le plan d'eau devant la pension est superbe. Pas de coraux, aucun danger. L' eau est claire. Et il n' y a personne. Notre ami écossais est parti à la pêche comme tous les matins dès 7 H 30.
On nous a dit que dans l' après-midi, il y aurait une compétition amicale entre jeunes de l' île de lancer de javelot traditionnel. Mais quelqu'un est décédé brutalement ce dimanche matin et la compétition a été annulée au dernier moment. Quand nous passons le long de l' aire derrière l' église dédiée au lancer de javelot, nous y rencontrons seulement un jeune couple. Le mât est dressé et le jeune homme s'entraîne, avec beaucoup de talent. Nous allons apprendre qu' il est le fils du champion reconnu de Ana'a lors de toutes les compétitions passées. Tel père, tel fils donc. Ensuite, nous allons assister aux répétitions du groupe de danse féminin à la salle omnisports flambant neuve construite auprès de l' école primaire. Demain lundi, en soirée , il y a spectacle de danse en costume traditionnel. Nous sommes conviés.
Suivez moi en page 2...
Mice in Switzerland, the Other Cheese Country!
I'm starting my first travel journal since VF reopened!
This will mostly be to share my impressions and some photos, with a few days' delay, but I'm starting this journal while I'm still here.
First, I'd like to thank those who helped me prepare for this trip.
I was able to organize this stay in one of the most expensive countries in the world thanks to the home-exchange principle. Not necessarily a direct swap, but through a points system, which is more practical for choosing where you want to go without it having to be a reciprocal exchange.
For this trip, there will already be two different accommodations. We'll see how it goes after that.
The first place is near Yverdon-les-Bains, close to Lake Neuchâtel.
So, we're going to explore this area!
We arrived under capricious weather that won’t leave us for the next few days!
We had dinner at a pizzeria recommended by *Le Routard* in Yverdon, then took a little nighttime stroll through the town center before heading inland to settle into our accommodation.
We discovered a very large, quiet house—and especially the cat that stayed behind! Funny for a couple of mice! He’ll be sleeping with us 😹
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Aux pays du sourire et des orchidées: (1) Bangkok et Vietnam+photos
BANGKOK-VIETNAM-CAMBODGE-LAOS, DU 22 OCT. AU 5 DECEMBRE 2006.
VOYAGE AUX PAYS DU SOURIRE ET DES ORCHIDEES !
En remerciement pour l’aide apportée par de nombreux membres de VF.
suivez le récit en PHOTOS (pages 4 à 9 album photos:MARCHÉS ETHNIQUES CAN CAU +BAC HA ) sur http://claudinebeaujean.myphotoalbum.com (bkk +vietnam;le reste plus tard...)
22 OCTOBRE :départ Madrid 13h50, vol TG949 B747-400
23 OCTOBRE :arrivee á BKK à 6h20 apres un vol sans histoire. Les sièges, confortables, de la classe économique laissent plus d’espace pour les jambes que ceux de beaucoup de compagnies occidentales. Trois semaines après son inauguration officielle, nous decouvrons l’immense et luxueux Suvarnabhumi airport, orné d’omniprésentes photos du roi et du couple royal (elles devaient d’ailleurs nous accompagner tout au long du sejour thailandais !). Bagages et douane efficaces :le tout en un peu moins d’une demie heure ! Taxi pour le Marriott resort…les superstructures du sky train sont terminées…il fait dejà tres chaud et humide sous un soleil de plomb. Après deux heures d’un profond sommeil réparateur (nous ne sommes pas là pour dormir !), nous voguons sur le Chao Phraya avec une des navettes, qui relient gratis l’hotel à Saphan Taksim, tête de lignes sky train +river boats, en 10 minutes ;jamais nous n’avons dû l’attendre plus de 5 minutes !
A Saphan Taksim, river express direction Tha Tien pour visiter le Wat Pho et son fameux Buddah couché.Affirmer qu’il fait chaud est un euphémisme :il fait même très chaud !Pendant tout notre voyage (sauf dans région de Sapa/Bac Ha), les températures seront constamment comprises entre 32 et 35ºC, accompagnées d’une humidité de l’air très importante. Le Chao Phraya est en crue…les hautes eaux les plus fortes des 6 dernières années…paraît-il !A Tha Tien, comme dans beaucoup d’autres embarcadères, nous empruntons des pontons surélevés.Les eaux ont envahis les premières échoppes du petit marché…les habitants, manifestement, vivent avec … Enceinte du Wat Pho :gigantesque Buddah couché, 46m de long., recouvert d’une feuille d’or…un fidèle recueillait les aumones déposées dans la centaine de troncs placés sur toute la longueur du bouddha ;le tintement rythmé des monnaies nous accompagnait ainsi jusqu’au moment de remettre nos chaussures...mais aussi beaucoup de moines, 4 chedis surmontés de flèches élancées, une école de massages que l’on dit célèbre…et des farangs ! Le soleil décline vite sous ces latitudes…peu avant 18h, il fait noir…et l’agitation cesse pendant l’execution de l’hymne national !!!scene reellement vécue sur le quai d’une station de skytrain…soudain tout se fige. Pour pouvoir profiter de la clim, nous visitons le nouveau centre commercial Paragon….et tout spécialement sa librairie :section étrangère :surtout en anglais…français, anecdotique…et espagnol, inconnu ! La soiréee se termine au dîner buffet du 78e étage de la tour Baiyoke, la plus haute du royaume.Il y a foule pour goûter plats locaux, internationaux et autres sushis tout en jouissant d’une vue imprenable sur BKK la nuit !
A propos, j’allais oublier le coup d’état du 19 sept…c’est que rien, mais absolument rien, n’évoque, de près ou de loin, »l’évènement » !
24 OCTOBRE : L’hôtel est vraiment idéalement situé sur la rive du Chao Phraya.Nous l’avons choisi après une discussion VF sur les meilleurs petits déj de BKK !Nous n’avons pas été trompés :le merveilleux petit déjeuner buffet est tout simplement somptueux :choix et qualité !(il sera neanmoins dépassé par celui de saigon !!!) Même si le Marriott est grand…on peut affirmer qu’il est presque intime :jamais, nous n’avons ressenti la désagréable impression d’être envahis par des groupes bruyants, d’autant que les bruits sont étouffés par un luxuriant jardin tropical où est cachée une jolie piscine.On peut même rever que l’on est seuls !!!
Par la navette et le boat river, en route ( !) pour Tha Chang, direction Wat Phra Kaew et le grand palais contigu.Toujours accompagné de cette chaleur humide et implacable….qui ne nous abandonnera presque jamais ! Ce jour là, nous n’étions pas vêtus décemment !Du moins selon le critère des cerbères de garde à l’entrée du palais…qu’on en juge !Je portais un pantalon :inacceptable…on m’a loué une robe longue pour mettre par-dessus.Pierre ne valait pas mieux : horreur, un pantalon 4/5e laissait apparaître quelques centimètres de chair au-dessus de la cheville :inacceptable…il a du revêtir un panta…lon(g) ! Le Grand Palais est un ensemble de bâtiments (pantheon, bibliothèque, palais) d’une beauté à la fois spectaculaire et agressive, remplis de sculptures, de décorations, de couleurs et de peintures murales.Dans ses murs, le Wat Phra Keo, le temple du Bouddha d’émeraude, abrite la figure la plus sacrée du pays.Il paraît que le roi, en personne, se déplace pour le changer d’ornements… Nous nous offrons alors une balade en bateau pour profiter de la très relative « fraicheur » des khlongs !le hasard nous emmènera sur le khlong Noi.Sur la rive gauche, la gare de Thonburi…en face nous passons en revue les barges royales rangées dans un hangar sur l’eau, ensuite, nombreux wats les pieds dans l’eau, ou encore protégés par des tas de sacs de sable, maisons sur pilotis visibles ou parfois engloutis, fleurs flottantes emportées par le vigoureux courant, barques epiceries de marchands….on est loin du centre ville et de ses tours…. Visite du wat Arun qui ne manque pas d’attirer tous les regards, depuis le Chao Phraya, avec sa haute tour entièrement recouverte de morceaux de porcelaine cassés et de céramique. Nous terminons cette journée bien remplie, en tuk tuk, par la maison de Jim Thompson :composée de six maisons en teck, derniers exemples de l’authentique architecture intérieure thai, au beau milieu d’un luxuriant jardin. Excellent dîner au Mango Tree, sur les conseils avisés (et toujours d’actualité…ce qui est loin d’être la règle) du Routard, édition 2006. A ce propos, Mango Tree a ouvert un restaurant dans l’aile « départs internationaux » de Suvarnabhumi airport !
25 OCTOBRE 2006 :une journée à Ayuthaya en groupe, avec un guide anglophone, débitant, de mémoire, un texte bien rôdé…mais incapable de comprendre, encore moins de répondre aux questions…no comments !Heureusement, Rtd et LP nous accompagnent…. parc historique d’Ayutthaya :Wat Phra Mahathat et sa célèbre tête de Bouddah prisonnière des racines, Wat Phra Si Sanphet avec ses trois grands chedis. Au N du parc, Wat Na Phramen et son Buddah assis, 6m de haut, vêtu du costume royal. Au S de la ville, Wat Yai Chai Mongkhon et son immense Bouddah couché, à l’air particulièrement serein. Bang Pa In :palais d’été de la famille royale, à visiter seulement si vous disposez de trop de temps.Ensemble de constructions, attribuées aux membres de la famille, éparpillées dans un beau et vaste jardin bien entretenu.Le jardin est protégé du Chao Phraya en crue, par une longue muraille de sacs de sable ;la rue qui mène à la porte d’entrée est inondée… Retour en ville en bateau.
26 OCTOBRE 2006 : visites du temple au lingam, Chao Mae Tuptim :temple entouré de nombreux phallus en bois et en pierre.A ne pas manquer :situé à l’entrée du Raffles, près du khlong. Une fidèle aurait été enceinte, peu après y avoir prié, ce qui lui vaut sa réputation. Marché Thewet Flower :orchidées et fleurs tropicales. Pak Khlong market :immense marché de fruits et légumes, mélange de couleurs et de senteurs.
En fin d’aprem, retour à Suvarnabhumi où nous attend le vol TG684 à destination de Hanoi.
27 OCTOBRE 2006 : nous sommes très satisfait de notre hôtel, en plein dans le vieux quartier de Hanoi, à quelques encablures du lac de l’Epée. Le Classic Hotel, 22A, Pho Ta Hien. Grandes chambres lumineuses, avec sdb, accès gratuit à internet;choisir de préférence une chambre aux deux derniers étages (6 ou 7e) beaucoup plus tranquilles. Organise toutes vos excursions ;réception :on parle français. Seul point faible :petit déj assez quelconque (préférer omelette…éviter œufs frits !).
Quelques impressions, en vrac : - flot ininterrompu de motos, souvent surchargées, 2 à 4 passagers, voire 5 (si, si !).En moto (ou vélo), on transporte littéralement TOUT ce qui peut être transporté et même plus !!! - concert PERMANENT de klaxons ! rétroviseurs inutiles, puisque tout qui fait une manœuvre, klaxonne. - une espèce rare :le piéton absolument INUTILE, pour traverser, d’attendre une accalmie qui n’arrivera jamais. Il faut y aller lentement mais sûrement, sans hésitation :les motos vous éviteront…nous n’avons jamais rencontré la moindre agressivité…ni le moindre télescopage ! Un spectacle qui vaut le coup d’œil :s’installer sur un banc et jouir du spectacle de l’occidental effarouché tentant sa première traversée… - les trottoirs :piétons EXCLUS…servent de parkings aux motos…ou de cuisine aux restos de rues…ou d’étals aux commerces - l’anarchie des centaines de fils électriques aériens - motocyclistes sans casques…mais avec masques !pollution ?se protéger du soleil ? - l’absence presque totale de poteaux, flèches indicateurs de directions.
ensuite, longue marche en suivant l’itinéraire proposé par LP…ponctuée de plusieurs arrets « canette »….. c’est ainsi que nous visiterons le lac de l’Epée restituée, le temple de la montagne de jade, la cathedrale, la pagode de Ba Da, la prison de Hoa Lo (Hanoi Hilton des prisonniers américains), le temple de la littérature…
dîner au Quan Bia Minh, à quelques pas de l’hotel, resto en terrasse surplombant la rue grouillante….
Nous prenons alors le train de 22h pour Lao Cai, 9h de trajet pour un peu plus que 300km !
28 OCTOBRE 2006 : nuit en couchette molle…4 couchettes par cabine !Il parait que nous avons longé le fleuve Rouge pendant la plus grande partie du parcours….il est 6h50 quand nous arrivons.Nous faisons connaissance avec notre « french speaking guide », conscient que son français est pauvre !No comments !
Après plus de 2h d’une route spectaculaire à souhait, col, ravins et vues panoramiques sur les rizières en terrasses, nous atteignons CAN CAU et son marché du samedi. ce petit marché en plein air, en montagne, dans un site extraordinaire, compte, dit-on, parmi les plus extraordinaires du pays ! A 20km au N de Bac Ha et à 7km au S de la frontière chinoise, d’où la présence de nombreux marchands chinois et le commerce des chiens.Filles et garçons, principalement Hmong bariolés, mais aussi quelques Hmongs noirs montent au marché dans l’espoir de rencontrer l’âme sœur.Les échoppes sont tenues uniquement par les femmes, parfois portant leur enfant au dos, dans leurs plus beaux vêtements multicolores.Les hommes se retrouvant autour de tables basses pour boire de l’alcool…très fort (il parait qu’il peut s’enflammer !) et très bon marché (selon les guides). Ce marché restera l’un de nos très bons souvenirs !(d’autant plus, que nous y étions les seuls touristes)
nous redescendons à Bac HA, où nous ferons une promenade de 2h dans les hameaux d’ethnie hmong avoisinants. Nuit à Bac Ha. (600m alt.)
29 OCTOBRE 2006 : Si vous souhaitez visiter l’authentique marché de Bac Ha, faites comme nous :logez sur place. Impossible de ne pas être réveillé à 5h précises par les très nombreux haut-parleurs diffusant pendant plus d’une heure « la voix du vietnam »…dès 8h, le marché bat son plein et les premières hordes de touristes en provenance de Sapa n’arriveront pas avant 11h…ce qui vous permet d’avoir le marché pour vous « tout seul » ! Les Hmong qui ornent leurs jupes de couleurs diverses sont dits « bariolés ».Ils sont les plus nombreux sur le marché.Les Hmongs « noirs » portent des jupes unies.La confection est affaire exclusive des femmes ;elles décorent les costumes de toute la famille.Le vêtement est en coton teint à l’indigo, plus ou moins foncé, presque noir, selon le nombre de bains.Leurs mains sont d’ailleurs souvent bleues.Elles sont habillées d’une jupe, d’une veste et de guêtres et portent volontiers de grandes boucles d’oreilles. Le marché de Bac Ha a la réputation d´être le plus coloré du nord vietnam…c’est bien possible, Can Cau l’était tout autant…mais son marché beaucoup moins étendu que ne l’est Bac Ha ;en outre, le premier est dans la nature, hors agglomération, le second, au cœur du village. Beaucoup de sections :vêtements, viandes (têtes de porc, tripes, boudins), légumes, fruits, alcools à base de riz dans de grands bidons de 5L en plastic blanc ;un peu à l’écart on vend des bœufs, des chiens, des porcs… on se rend compte qu’on vient de vivre un grand moment…on quitte à regrets cette extraordinaire ambiance…pour affronter à contre-courant, les premiers flots de touristes qui commencent à submerger les lieux. Il commence à faire très chaud. En route pour Sapa. A nouveau à Lao Cai, on s’arrête au poste frontière sino-vietnamien, face à la ville chinoise de Hekon, sur l’autre rive du Fleuve Rouge.Un intense trafic de marchandises franchit, sans interruption, le pont dans le sens S-N….camions, et surtout motos, vélos lourdement chargés. La route qui monte à Sapa offre quelques très belles échappées sur les rizières en terrasses qui ne font pas oublier celles de la route Lao Cai-Bac Ha-Can Cau, beaucoup plus spectaculaires. Le soir tombe…et la température aussi, quand nous arrivons à Sapa (1600m alt.)…ce sera notre seule soirée fraîche de tout le voyage !
30 OCTOBRE 2006 : En route pour un trek d’une dizaine de km….dont près d’une moitié en escaliersassez raides, souvent sous le soleil et la chaleur humide. En cours de randonnée, nous visiterons deux villages Hmong noirs.A leurs yeux, leurs costumes ne constituent pas une attraction pour touristes.Les familles sont grandes :depuis les grands parents jusqu’aux nombreux enfants.Il n’est pas rare de voir les plus jeunes travaillant dans les champs.Nous avons été suivis tout un temps par une jeune Hmong de 25 ans, mère d’un enfant, qui a tenté, avec succes, de nous vendre ses tissus brodés…Ses contacts fréquents avec des touristes lui ont permis de s’exprimer très bien, j’insiste très bien, en anglais…largement mieux que les guides « anglophones » ! En cours de route, nous franchirons la chute d’eau de Cat Cat, déformation du français « cascade »….comme Sapa, déformation du français « sapin »…souvenirs des colonisateurs ! Il est 18h quand nous quittons Sapa, dans un minibus surchargé et polyglotte, pour rejoindre le train qui quitte Lao Cai pour Hanoi à 21h15….
31 OCTOBRE 2006 : toujours en compagnie de la chaleur accablante…nous poursuivons la visite de Hanoi, sous le signe des pagodes. . * le pont Long Bien, ex pont Paul Doumer :d’aspect, il aurait pu être construit par Eiffel. Le pont a résisté aux bombardements américains.A présent, réservé aux trains, deux roues et piétons.Il franchit le fleuve Rouge dont les rives sont squattées par des logements flottants. * la pagode au piñier unique, qui, comme son nom l’indique, repose sur un unique pilier de pierre. * l’imposant mausolée de Ho Chi Minh :bâtiment du plus pur style soviétique, laid et massif.Sa visite nous sera épargnée :le corps momifié est envoyé en Russie ( ?), pour entretien, une fois l’an en octobre-novembre. Les visites suivantes près du lac de l’ouest : * la pagode Quan Thanh renferme une belle statue d’un génie en bronze noir * le jardin botanique, havre de fraîcheur relative * la pagode Tay Ho, de style naïf. * la pagode Tran Quoc, bâtie sur une presqu’île, une des plus anciennes du pays, et sa haute tour en briques, dont les étages symbolisent les étapes de la vie de Bouddha.
Un conseil pour terminer la promenade :le bar du dernier étage du Sofitel Plaza, tout proche de la dernière pagode.Vous profiterez de la clim et du spectacle offert par le soleil couchant….puis par les lumières de la ville. La journée se termine par un repas mémorable au Cha Ca La Vong, 14, Cha Ca dans le vieux quartier.Au menu, plat unique :Cha Ca=poisson-chat, servi accompagné d’arachides, oignons, herbes et nouilles de riz, brasero sur table…ambiance garantie, tout simplement délicieux ! Mode d’emploi :imiter vos voisins de table…si ce sont des locaux !
1er NOVEMBRE 2006 :une journée autour de Ninh Binh. A propos des tombes que l’on rencontre un peu partout le long des routes, hors des villes : Les cimetières n’existent pas, au sens où nous l’entendons.Les défunts sont enterrés au beau milieu des rizières, des champs, dans toutes les directions, en désordre apparent, n’importe où.En fait, paraît-il, selon leurs dernières volontés.
Après 80km de trajet uniformément plat, apparait à l’horizon, sur fond de ciel bleu, une ligne de roches déchiquetées.Nous atteignons Hoa Lu, ancienne capitale du pays, dont il ne reste debout que 2 temples proches l’un de l’autre. * Dinh Tien Hoang et ses animaux mythiques sensés protéger des mauvais esprits. * Le Da Hanh, son petit frère, en quelque sorte, à la gloire d’une des dynasties.
Nous rejoignons ensuite, Van Lam, but principal de notre excursion.D’ici, partent les nombreuses barques à fond plat remplies de touristes et conduites en majorité par une, voire deux rameuses ;les rameurs étant plus rares.Il n’est pas exceptionnel de les voir ramer à l’aide de leurs pieds…ni de croiser quelque touriste particulièrement courageux…ou compatissant, ramant, lui, de manière traditionnelle ! Les rameurs eux-mêmes, exclusivement des habitants de Van Lam, sont réunis en une coopérative chargée d’organiser les promenades en barque, et donc, la vente de leur production de broderies.Il faut s’attendre à se voir proposer par la rameuse nappes et chemises.Au contact des passagers, elles font mieux que se débrouiller en anglais voire en français ! Il ne faut pas perdre de vue qu’elles n’ont l’occasion de ramer, chacune à tour de rôle, qu’une seule fois, tous les 18 jours…et par la même occasion de vendre leur production propre. La plupart des tissus brodés vendus dans le vieux quartier de Hanoi viennent d’ici. La promenade elle-même, passe sous des ponts très bas, traverse des rizières fermées par d’énormes pitons rocheux, d’oú son surnom de « baie d’Halong terrestre ». On emprunte trois galeries très basses, la plus longue mesurant 127m, séparées par des lacs tranquilles, remplis de végétaux, entre des hautes falaises. On en retiendra un plaisir pour les yeux…une nature extraordinaire…l’effort, la gentillesse et la conviction de la rameuse, des photos…et deux nappes ! On oubliera la densité un peu trop forte, à notre goût, du trafic fluvial.
2 et 3 NOVEMBRE 2006 :la baie d’Halong délibérément, je ne vous décrirai pas par le menu ce qui restera un moment magique, inoubliable….tant d’autres voyageurs l’ont déjà fait, le feront…et beaucoup mieux que je ne pourrais le faire ! * trois heures sur les routes ou impressions sur un parcours vietnamien typique ;en l’occurence, 3 heures de route pour parcourir les 170 km qui séparent Hanoi de Halong. Trois heures à travers les rizières, au milieu des mobylettes et d’un concert ininterrompu de klaxons.Charrettes, vieux chariots de bois, buffles d’eaux….tombeaux éparpillés…hautes maisons étroites dont seule la façade est peinte de couleurs vives (bleue, verte ou rose).Arrêt obligatoire dans un magasin d’Etat, aux prix très surfaits…le pire :certains touristes se laissent tenter ! * 2 jours avec nuit sur la jonque, réservé par une agence à Hanoi…il paraît que, sur place, il est plus difficile de négocier les prix. * Une expérience des plus merveilleuses…nous remercions Bouddha :la météo a été exceptionnelle. * rarement l’expression « tomber sous le charme » n’a été aussi adéquate !Une journée, et une nuit romantique sous la pleine lune.Le charme si grand…nous en étions muets d’admiration, à tel point que le silence fut la note dominante de notre groupe de 30 personnes ! * l’étendue de la baie est telle que, effet du hasard ou volonté délibérée, on se retrouve vraiment seuls, au beau milieu des rochers baignés par les tièdes eaux turquoises. La magie continue d’opérer, lorsque, à la nuit tombante, et alors qu’on s’imaginait seuls, la lune éclaire une trentaine d’autres embarcations silencieuses, comme subjuguées.(les bateaux devraient rester relativement groupés pour des raisons de sécurité….)
Un bémol, pour vous démontrer que je n’ai pas perdu tout esprit critique :on a dû dejeuner, enfermé dans la salle à manger…alors que le spectacle n était pas du tout dans l’assiette, même si la qualité du repas n’était absolument pas en cause !
4 NOVEMBRE 2006 : une journée au parc national de Cuc Phuong (100km S-O de Hanoi), une des dernières forêts tropicales au monde.Elle abriterait plus de 60 espèces de mammifères, certaines uniques…un an après notre voyage en Afrique australe, nous n’en verrons aucune :les animaux craignent les braconniers ! Par contre, le parc contient pas mal de très grands et vénérables arbres de 50m de haut et plus de 1000 ans ;des grottes aussi où on a découvert des grottes préhistoriques. Le plus éprouvant fut le trek de 10km, sous la chaleur moite épuisante et sous la houlette d’un guide qui n’a pas hésité a nous faire gravir un nombre impressionnant d’escaliers en un minimum de temps, moins de trois heures. La visite devait s’achever par le très intéressant Centre d’Aide aux Primates en péril, destiné à améliorer le sort des singes au Vietnam et ainsi éviter, à terme, leur disparition, victimes des chasseurs et braconniers qui les vendent comme animaux de compagnie ou pour leur valeur « médicale ». Parmi les diverses espèces, mention spéciale pour les délicats entelles qui n’acceptent de se nourrir uniquement de feuilles fraîchement coupées…sans cette alimentation essentielle, ils sont condamnés à dépérir. Après un séjour plus ou moins long, tous les pensionnaires du Centre d’Aide sont progressivement relâchés dans la nature.
Nous terminerons la journée à Hanoi par le célèbre spectacle de marionnettes sur l’eau, Mua Roi Can (réserver à l’avance) :en 12 actes, chacun racontant, accompagné d’un petit orchestre, une légende inspirée de l’histoire du pays ou de la vie quotidienne dans les rizières. A chacun son goût…certains l’apprécient énormément…tel ne fut pas notre cas !Probablement plus adapté à un public très jeune ou plus au courant de l’Histoire.
5 NOVEMBRE 2006 : Nous profitons de notre ultime journée à Hanoi pour déambuler une dernière fois dans les rues (pas sur les trottoirs !) du vieux quartier….ambiance :klaxons, motos, vélos, véritables poids lourds…tuk tuk vélos transportant des touristes... mélanges de parfums des fleurs, des bougies, des barbecues, des marchés… Ensuite, direction quartier de l’Opéra, maintenant Théâtre municipal ;avec le Hilton qui le jouxte—l’ensemble ne manque pas d’allure—on s’imaginerait à Paris !Ajoutez `cela, l’ancien Palais du Gouverneur, aujourd’hui résidence des visiteurs officiels… Face au théâtre, Trang Tien, ses galeries d’art, ses librairies, ses grands magasins…
Le soir tombe…direction la gare et le train de la Réunification pour Hue. Jamais nous n’avions imaginé qu’un trajet de 48h manquerait de wagon-restaurant !Heureusement, nous avons pu acheter le nécessaire parmi les échopes, sur le quai même. A 19h pile, le train démarrait.13 heures pour parcourir un peu plus de 800km…mieux que pour Lao Cai !
6 NOVEMBRE : Hue, nous voici…après une « bonne nuit » en couchettes dites « molles ». Après une tentative en vélo peu encourageante…nous arrivons face à la porte principale de la Cité Interdite.Visite de rares vestiges ayant subsistés après le passage de l’armée américaine en 1968…. Le charme de la ville ne tient pas seulement à ses monuments mais aussi à son emplacement, au bord de la rivière des Parfums. Comme la pagode de la Vieille Dame céleste avec sa tour octogonale de 7 étages, emblème de beaucoup d’affiches d’offices de tourisme locaux ou nationaux.Vous y verrez une Austin bleue, conservée comme une relique, avec laquelle en 1963, un bonze se rendit à Saigon pour s’y immoler par le feu, en protestation contre les répressions anti-boudhistes.
7 NOVEMBRE 2006 : journée entière consacrée à quelques tombeaux impériaux des Nguyen.Si l’on veut en visiter un maximum, mieux vaut le faire en voiture accompagné d’un chauffeur connaissant la région….car les mausolées ne sont pas fléchés !En outre, ils sont éparpillés hors de la ville, de part et d’autre de la rivière des Parfums. Le tombeau de Tu Duc, assez romantique, s’ouvre par un parc autour d’un lac rempli de nénuphars…puis par un escalier monumental, on accede au bien nommé ( !) palais de la Modestie (sic) ;au-delà, son mausolée…car il serait inhumé dans une pinède avoisinante, en un lieu tenu secret ! Le tombeau de Khai Dinh, très différent, presque baroque !Pas de parc, mais d’emblée un long escalier monumental, vraiment très raide, en 3 volées entourées de dragons.Première terrasse avec statues de mandarins, de soldats et d’animaux ;deuxième terrasse, le tombeau, arcade renaissance de style européen. A l’intérieur, sous un lourd dai de béton, statue grandeur nature de l’empereur, en bronze doré, offerte par la France !Le tout décoré de tessons multicolores de porcelaine et de verre coulés dans du ciment… Le tombeau de Minh Mang, au contraire du précédent, en harmonie avec la nature, entouré de pièces d’eau, d’esplanades, de portiques…un temple, un pont dit de l’Intelligence…tout au fond une île en forme de pyramide où se trouverait le tombeau qui ne se visite pas. Le tombeau de Thien Tri, dans un cadre très buccolique, sans mur d’enceinte et assez délabré….du même coup, visite très agréable, en solitaire !
8 NOVEMBRE 2006 : se révèlera, par la suite, être le seul jour pluvieux de notre voyage ! par la route, de Hue à Hoi An, via le bien nommé, col des Nuages (496m)….nous aurions autant profité du paysage en empruntant le tout récent tunnel !Nous supposons que le tunnel est payant…ou trop étroit…vu le nombre élevé de camions semi remorques que nous avons rencontrés dans le col ! Après avoir traversé Da Nang et longé la Montagne de Marbre, arrêt « obligé » aux marchands de statuettes de marbre en tous genres et pour tous les goûts, même mauvais, qui nous ont laissés « de marbre » !
9 NOVEMBRE 2006 : Hoi An…inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, donc un site à ne pas manquer ! Hélas, cette vieille ville historique est en train de se transformer en un marché à ciel ouvert de produits à touristes !Le charme est en voie de disparition ! Une ville pour tourisme de masse :les restaurants, les cafés, les hôtels, les magasins de souvenirs et de lanternes, les tailleurs ont envahi les ruelles et remplacent inexorablement les artisanats d’art traditionnel. Restent encore, à flâner et visiter l`élégant pont japonais avec sa mini pagode, le temple Quang Dong avec ses statues de dragons chinois décorés de mosaïques, un magasin de soies, élevage de vers et tissage inclus dont la visite s’achève en magasin de chemises, quelques vieilles maisons, d’accès payant où l’on peut apprécier le mélange des architectures japonaises et chinoises. Bref, Hoi An, un brin décevant, nous laissera sur notre faim.
10 NOVEMBRE 2006 : visite du site archéologique de My Son, situé à 50km de Hué. A effectuer, pour ne pas être déçu, avant la visite du Cambodge, tant le site est délabré par des guerres successives, la dernière en date, et non la moindre, étant celle des américains. Vestiges importants :nous sommes en présence des restes du centre religieux hindouiste du royaume des Chams, envahisseurs d’Angkor.On y retrouve des symboles hindouistes tels des tours carrées à plusieurs niveaux ainsi qu’une statue d’un taureau, monture sacrée de Shiva. Les ruines, en pleine forêt, sont en cours de restauration….un sentier balisé mène aux vestiges les plus significatifs.
11 NOVEMBRE 2006 : ou histoire d’un jour gaspillé…. A l’enregistrement des bagages de l’aéroport de Danang, nous apprenons que notre vol Vietnamairlines prévu à 13h30 partira à 17h45….il ne nous restait plus qu’à visiter une ville que les guides ne recommandent pas spécialement ! Un coup d’œil sur la cathédrale assez banale sauf sa couleur rose bonbon, quelques marchés avec de beaux étals de fruits et légumes, un temple Cao Dai, une religion qui les honore toutes, mettant tous œufs dans le même panier :on y retrouve les pères de toutes les grandes religions Mahomet, Lao Tseu, Jésus, Bouddha et Confucius ;au fond, derrière l’autel, un globe cyclopéen :un œil divin, symbole du caodaïsme. Il est 17h45 pile quand l’avion décolle pour Saigon où nous arriverons la nuit tombée.
12 NOVEMBRE 2006 une journée à Saigon Saigon ne s’appelle Ho Chi Minh Ville que dans les horaires de transports et les documents officiels….le peuple l’appelle Saigon. Encore plus de circulation et de klaxons…qu’à Hanoi !ce n’est pas peu dire ! Les rues sont bordées de commerces de tous genres, hôtels, restaurants, cafés, bars, karaokés, clubs …. Le marché Ben Thanh…ou les Halles centrales du temps de la colonisation.On y trouve vraiment de tout….on peut y boire et manger jusqu’aux délicatement parfumés durians… Le marché de la rue Huynh ThucKhang, à 100m du précédent :vous y trouverez, à même la rue, tout ce qui se mange….plus video et hifi. Un peu plus loin, le temple hindou Mariammam avec son lion, ses deux gardiens sens´s effrayer les mauvais esprits et ses lingams. L’avenueNguyen Hue, véritables Champs Elysées, avec Le Loi, axes principaux, l’hôtel Rex célèbre pour avoir été le repaire des officiers américains en manque d’affection, l’hôtel de ville , plus colonial que ça….impossible, cependant un emblème de Saigon et une colossale statue de Ho Chi Minh, dans son rôle de jeune père, tenant un enfant dans ses bras. Le musée de HCMV, imposante bâtisse de style néo-classique dans un jardin orné entr’autres, d’un hélicoptère américain, d’un tank soviétique et d’un joli canon antiaérien. Le jardin nous ayant suffi, nous escamoterons la visite intérieure. LePalais de la Réunification, ex palais présidentiel du Sud Vietnam, resté absolument tel quel…intérêt historique indéniable….le plus extraordinaire :le bunker installé au sous sol ! La cathédrale …incongrue avec ses statues de saints européens ! La poste centrale , a ne pas rater !Quel style…très rétro, sous une charpente conçue par Eiffel et sous le regard bienveillant de l’oncle Ho ! La pagode de l’empereur de jade….très colorée, une multitude de statues en bois, de style naïf…odeur d’encens omniprésente…un va et vient permanent de fidèles…dans une salle latérale exigüe, des statuettes de femmes et d’enfants représentant les défauts et les qualités de l´être humain…si mes souvenirs sont bons, une douzaine de statuettes seulement !!! Comme toujours visites sous une chaleur humide accablante….heureusement émaillées de chasses à la canette ! Ne ratez pas un des meilleurs buffets dinatoires que nous ayons rencontré….celui du Sofitel Plaza (quartier de la cathédrale) …génial et succulent, même les locaux viennent y déguster, c’est tout dire ! Un régal à prix doux pour une telle qualité !
13 NOVEMBRE 2006 : 3 heures de route pour couvrir les 136km séparant Saigon de Vinh Long où nous embarquons pour une longue et belle balade en bâteau sur le Mékong.Jusqu’au marché les rives du fleuve ne sont que maisons en bois sur hauts pilotis…on dirait parfois des échasses. Direction Cai Be et son marché flottant.Chaque embarcation du marché arbore comme enseigne, une longue perche avec le légume ou le fruit proposé.Un légume ou un fruit par barque. Ensuite l’île, ou plutôt les îlots, de An Bruh que l’on atteint à travers un lacis d’arroyos aux eaux boueuses…étroits couloirs d’eaux brunâtres à travers une végétation exubérante et riche de vergers. Visites d’une pépinière d’arbres fruitiers :durians, mandarines, pamplemousses, caramboles et autres loganes ;d’un jardin de bonsais, et…d’une collection de cartes de visite et de divers objets hétéroclites…sans grand intérêt ;d’une vieille demeure en bois, bien conservée…ou restaurée.
En résumé très belle balade sur le delta, les arroyos…et le marché flottant.La vie des habitants est totalement conditionnée par le Mékong.Le reste….bof !
En route pour Can Tho, à 32km, accessible par bacs…et une longue file d’attente tant le charroi est intense.Une fois sur le bac, magnifique coucher de soleil.
14 NOVEMBRE 2006 : nouvelle balade sur le Mékong pour visiter cette fois le « célèbre » marché flottant de Cai Rang. C’est pour cela que la plupart des touristes font halte à Can Tho…..la raison aussi de notre départ matinal pour éviter le gros des troupes.
A Can Tho, éviter :My Khanh Touring Village, bien que vanté par le Routard....:mal entretenu et très bruyant !....
15 NOVEMBRE 2006 : en route pour Chau (le bien nommé) Doc, près de la frontière cambodgienne, ville joliment située, sur leconfluent du Mekong et du Bassac, bras du Mekong venu de Phnom Penh. En bâteau, visite du village flottant de Phu Chau, maisons batties sur des bidons …dans leur « cave » des nattes immenses où ils élèvent des milliers de poissons chats…leur voracité peut même inspirer la nausée ! Puis Chau Giang, village sur pilotis de musulmans Cham qui tissent la soie ;mosquée. La journée s’achève au Mont Sam (rien à voir avec l’oncle du même nom !) :il fait bien trop chaud et humide pour l’escalader !Par contre au pied du mont, ne pas manquer * le temple de la Reine du Pays, lieu d’un important pèlerinage…vous pouvez lui faire offrande de porc laqué, elle en est très friande :vous pourrez d’ailleurs l’acheter sur place, vous n’aurez que l’embarras du choix ! * la pagode de Tay An mélange hindou-bouddhiste avec 2 éléphants, de nombreux serpents et une foule de statues.
16 NOVEMBRE 2006 :une journée à Ha Tien, aller et retour depuis Chau Doc une très agréable excursion que je ne saurais trop vous conseiller….d’autant que nous avons eu la chance de la faire à bord d’une jeep (décapotée), souvenir de l’armée américaine, complètement restaurée et bichonnée par un jeune passionné local.Aujourd’hui, ce fier véhicule doit valoir une fortune…tant son état doit ressembler à ce qu’il était à sa sortie d’usine !Bref, un bijou ! Si la promenade vous tente, adressez vous, la veille de préférence, à la réception du plus bel hôtel de la ville, au 32, Le Loi.
« Au bout d’une longue route (95km) étroite et belle, on arrive à Ha Thien comme dans un terminus, au bout du monde.Port de pêche de 100000 habitants, la ville est située à l’extrêmité ouest du delta du Mekong, dans un recoin du golf du Siam.La frontière cambodgienne n’est qu’à 8 km.Aux alentours, on peut découvrir les beaux paysages du delta :rizières miroitantes de lumière sous le soleil, rochers calcaires plongés dans la mer turquoise, plages de sable fin, grottes cachant de petits temples…….Ha Thien a trois spécialités :le poisson (nous en avons dégusté), le poivre noir (nous en avons acheté) et les objets fabriqués avec les écailles des tortues marines (on aime moins…) » (Routard 2006 p.240)
commencer la visite par la pagode Tinh Xa Ngoc Tien d’où la vue est splendide.(et les escaliers, raides…sans oublier la chaleur) Traverser le fleuve par le beau pont flottant. Les tombeaux de la famille Mac, famille de pirates à l’origine…grâce à laquelle la ville doit de ne pas être cambodgienne mais bien vietnamienne. La plage de Mui Nai….plage de rêve, soleil, mer d’huile, sable fin…déserte, lors de notre passage…. Le restaurant Xuan Thanh, près du marché, en bord de fleuve, carte alléchante, savoureuse fondue de poisson aux herbes. Le marché pour les amateurs de poivre et de chapeaux !
17 NOVEMBRE 2006 :adieu vietnam, bonjour cambodge ! en bâteau de Chau Doc (départ 7h) à Phnom Penh (arrivée 13h) avec arrêts aux postes frontières…obtention aisée du visa cambodgien. (à suivre…)
suivez le récit en PHOTOS (pages 4 à 9 album photos:MARCHÉS ETHNIQUES CAN CAU +BAC HA ) sur http://claudinebeaujean.myphotoalbum.com (bkk +vietnam;le reste plus tard...)
22 OCTOBRE :départ Madrid 13h50, vol TG949 B747-400
23 OCTOBRE :arrivee á BKK à 6h20 apres un vol sans histoire. Les sièges, confortables, de la classe économique laissent plus d’espace pour les jambes que ceux de beaucoup de compagnies occidentales. Trois semaines après son inauguration officielle, nous decouvrons l’immense et luxueux Suvarnabhumi airport, orné d’omniprésentes photos du roi et du couple royal (elles devaient d’ailleurs nous accompagner tout au long du sejour thailandais !). Bagages et douane efficaces :le tout en un peu moins d’une demie heure ! Taxi pour le Marriott resort…les superstructures du sky train sont terminées…il fait dejà tres chaud et humide sous un soleil de plomb. Après deux heures d’un profond sommeil réparateur (nous ne sommes pas là pour dormir !), nous voguons sur le Chao Phraya avec une des navettes, qui relient gratis l’hotel à Saphan Taksim, tête de lignes sky train +river boats, en 10 minutes ;jamais nous n’avons dû l’attendre plus de 5 minutes !
A Saphan Taksim, river express direction Tha Tien pour visiter le Wat Pho et son fameux Buddah couché.Affirmer qu’il fait chaud est un euphémisme :il fait même très chaud !Pendant tout notre voyage (sauf dans région de Sapa/Bac Ha), les températures seront constamment comprises entre 32 et 35ºC, accompagnées d’une humidité de l’air très importante. Le Chao Phraya est en crue…les hautes eaux les plus fortes des 6 dernières années…paraît-il !A Tha Tien, comme dans beaucoup d’autres embarcadères, nous empruntons des pontons surélevés.Les eaux ont envahis les premières échoppes du petit marché…les habitants, manifestement, vivent avec … Enceinte du Wat Pho :gigantesque Buddah couché, 46m de long., recouvert d’une feuille d’or…un fidèle recueillait les aumones déposées dans la centaine de troncs placés sur toute la longueur du bouddha ;le tintement rythmé des monnaies nous accompagnait ainsi jusqu’au moment de remettre nos chaussures...mais aussi beaucoup de moines, 4 chedis surmontés de flèches élancées, une école de massages que l’on dit célèbre…et des farangs ! Le soleil décline vite sous ces latitudes…peu avant 18h, il fait noir…et l’agitation cesse pendant l’execution de l’hymne national !!!scene reellement vécue sur le quai d’une station de skytrain…soudain tout se fige. Pour pouvoir profiter de la clim, nous visitons le nouveau centre commercial Paragon….et tout spécialement sa librairie :section étrangère :surtout en anglais…français, anecdotique…et espagnol, inconnu ! La soiréee se termine au dîner buffet du 78e étage de la tour Baiyoke, la plus haute du royaume.Il y a foule pour goûter plats locaux, internationaux et autres sushis tout en jouissant d’une vue imprenable sur BKK la nuit !
A propos, j’allais oublier le coup d’état du 19 sept…c’est que rien, mais absolument rien, n’évoque, de près ou de loin, »l’évènement » !
24 OCTOBRE : L’hôtel est vraiment idéalement situé sur la rive du Chao Phraya.Nous l’avons choisi après une discussion VF sur les meilleurs petits déj de BKK !Nous n’avons pas été trompés :le merveilleux petit déjeuner buffet est tout simplement somptueux :choix et qualité !(il sera neanmoins dépassé par celui de saigon !!!) Même si le Marriott est grand…on peut affirmer qu’il est presque intime :jamais, nous n’avons ressenti la désagréable impression d’être envahis par des groupes bruyants, d’autant que les bruits sont étouffés par un luxuriant jardin tropical où est cachée une jolie piscine.On peut même rever que l’on est seuls !!!
Par la navette et le boat river, en route ( !) pour Tha Chang, direction Wat Phra Kaew et le grand palais contigu.Toujours accompagné de cette chaleur humide et implacable….qui ne nous abandonnera presque jamais ! Ce jour là, nous n’étions pas vêtus décemment !Du moins selon le critère des cerbères de garde à l’entrée du palais…qu’on en juge !Je portais un pantalon :inacceptable…on m’a loué une robe longue pour mettre par-dessus.Pierre ne valait pas mieux : horreur, un pantalon 4/5e laissait apparaître quelques centimètres de chair au-dessus de la cheville :inacceptable…il a du revêtir un panta…lon(g) ! Le Grand Palais est un ensemble de bâtiments (pantheon, bibliothèque, palais) d’une beauté à la fois spectaculaire et agressive, remplis de sculptures, de décorations, de couleurs et de peintures murales.Dans ses murs, le Wat Phra Keo, le temple du Bouddha d’émeraude, abrite la figure la plus sacrée du pays.Il paraît que le roi, en personne, se déplace pour le changer d’ornements… Nous nous offrons alors une balade en bateau pour profiter de la très relative « fraicheur » des khlongs !le hasard nous emmènera sur le khlong Noi.Sur la rive gauche, la gare de Thonburi…en face nous passons en revue les barges royales rangées dans un hangar sur l’eau, ensuite, nombreux wats les pieds dans l’eau, ou encore protégés par des tas de sacs de sable, maisons sur pilotis visibles ou parfois engloutis, fleurs flottantes emportées par le vigoureux courant, barques epiceries de marchands….on est loin du centre ville et de ses tours…. Visite du wat Arun qui ne manque pas d’attirer tous les regards, depuis le Chao Phraya, avec sa haute tour entièrement recouverte de morceaux de porcelaine cassés et de céramique. Nous terminons cette journée bien remplie, en tuk tuk, par la maison de Jim Thompson :composée de six maisons en teck, derniers exemples de l’authentique architecture intérieure thai, au beau milieu d’un luxuriant jardin. Excellent dîner au Mango Tree, sur les conseils avisés (et toujours d’actualité…ce qui est loin d’être la règle) du Routard, édition 2006. A ce propos, Mango Tree a ouvert un restaurant dans l’aile « départs internationaux » de Suvarnabhumi airport !
25 OCTOBRE 2006 :une journée à Ayuthaya en groupe, avec un guide anglophone, débitant, de mémoire, un texte bien rôdé…mais incapable de comprendre, encore moins de répondre aux questions…no comments !Heureusement, Rtd et LP nous accompagnent…. parc historique d’Ayutthaya :Wat Phra Mahathat et sa célèbre tête de Bouddah prisonnière des racines, Wat Phra Si Sanphet avec ses trois grands chedis. Au N du parc, Wat Na Phramen et son Buddah assis, 6m de haut, vêtu du costume royal. Au S de la ville, Wat Yai Chai Mongkhon et son immense Bouddah couché, à l’air particulièrement serein. Bang Pa In :palais d’été de la famille royale, à visiter seulement si vous disposez de trop de temps.Ensemble de constructions, attribuées aux membres de la famille, éparpillées dans un beau et vaste jardin bien entretenu.Le jardin est protégé du Chao Phraya en crue, par une longue muraille de sacs de sable ;la rue qui mène à la porte d’entrée est inondée… Retour en ville en bateau.
26 OCTOBRE 2006 : visites du temple au lingam, Chao Mae Tuptim :temple entouré de nombreux phallus en bois et en pierre.A ne pas manquer :situé à l’entrée du Raffles, près du khlong. Une fidèle aurait été enceinte, peu après y avoir prié, ce qui lui vaut sa réputation. Marché Thewet Flower :orchidées et fleurs tropicales. Pak Khlong market :immense marché de fruits et légumes, mélange de couleurs et de senteurs.
En fin d’aprem, retour à Suvarnabhumi où nous attend le vol TG684 à destination de Hanoi.
27 OCTOBRE 2006 : nous sommes très satisfait de notre hôtel, en plein dans le vieux quartier de Hanoi, à quelques encablures du lac de l’Epée. Le Classic Hotel, 22A, Pho Ta Hien. Grandes chambres lumineuses, avec sdb, accès gratuit à internet;choisir de préférence une chambre aux deux derniers étages (6 ou 7e) beaucoup plus tranquilles. Organise toutes vos excursions ;réception :on parle français. Seul point faible :petit déj assez quelconque (préférer omelette…éviter œufs frits !).
Quelques impressions, en vrac : - flot ininterrompu de motos, souvent surchargées, 2 à 4 passagers, voire 5 (si, si !).En moto (ou vélo), on transporte littéralement TOUT ce qui peut être transporté et même plus !!! - concert PERMANENT de klaxons ! rétroviseurs inutiles, puisque tout qui fait une manœuvre, klaxonne. - une espèce rare :le piéton absolument INUTILE, pour traverser, d’attendre une accalmie qui n’arrivera jamais. Il faut y aller lentement mais sûrement, sans hésitation :les motos vous éviteront…nous n’avons jamais rencontré la moindre agressivité…ni le moindre télescopage ! Un spectacle qui vaut le coup d’œil :s’installer sur un banc et jouir du spectacle de l’occidental effarouché tentant sa première traversée… - les trottoirs :piétons EXCLUS…servent de parkings aux motos…ou de cuisine aux restos de rues…ou d’étals aux commerces - l’anarchie des centaines de fils électriques aériens - motocyclistes sans casques…mais avec masques !pollution ?se protéger du soleil ? - l’absence presque totale de poteaux, flèches indicateurs de directions.
ensuite, longue marche en suivant l’itinéraire proposé par LP…ponctuée de plusieurs arrets « canette »….. c’est ainsi que nous visiterons le lac de l’Epée restituée, le temple de la montagne de jade, la cathedrale, la pagode de Ba Da, la prison de Hoa Lo (Hanoi Hilton des prisonniers américains), le temple de la littérature…
dîner au Quan Bia Minh, à quelques pas de l’hotel, resto en terrasse surplombant la rue grouillante….
Nous prenons alors le train de 22h pour Lao Cai, 9h de trajet pour un peu plus que 300km !
28 OCTOBRE 2006 : nuit en couchette molle…4 couchettes par cabine !Il parait que nous avons longé le fleuve Rouge pendant la plus grande partie du parcours….il est 6h50 quand nous arrivons.Nous faisons connaissance avec notre « french speaking guide », conscient que son français est pauvre !No comments !
Après plus de 2h d’une route spectaculaire à souhait, col, ravins et vues panoramiques sur les rizières en terrasses, nous atteignons CAN CAU et son marché du samedi. ce petit marché en plein air, en montagne, dans un site extraordinaire, compte, dit-on, parmi les plus extraordinaires du pays ! A 20km au N de Bac Ha et à 7km au S de la frontière chinoise, d’où la présence de nombreux marchands chinois et le commerce des chiens.Filles et garçons, principalement Hmong bariolés, mais aussi quelques Hmongs noirs montent au marché dans l’espoir de rencontrer l’âme sœur.Les échoppes sont tenues uniquement par les femmes, parfois portant leur enfant au dos, dans leurs plus beaux vêtements multicolores.Les hommes se retrouvant autour de tables basses pour boire de l’alcool…très fort (il parait qu’il peut s’enflammer !) et très bon marché (selon les guides). Ce marché restera l’un de nos très bons souvenirs !(d’autant plus, que nous y étions les seuls touristes)
nous redescendons à Bac HA, où nous ferons une promenade de 2h dans les hameaux d’ethnie hmong avoisinants. Nuit à Bac Ha. (600m alt.)
29 OCTOBRE 2006 : Si vous souhaitez visiter l’authentique marché de Bac Ha, faites comme nous :logez sur place. Impossible de ne pas être réveillé à 5h précises par les très nombreux haut-parleurs diffusant pendant plus d’une heure « la voix du vietnam »…dès 8h, le marché bat son plein et les premières hordes de touristes en provenance de Sapa n’arriveront pas avant 11h…ce qui vous permet d’avoir le marché pour vous « tout seul » ! Les Hmong qui ornent leurs jupes de couleurs diverses sont dits « bariolés ».Ils sont les plus nombreux sur le marché.Les Hmongs « noirs » portent des jupes unies.La confection est affaire exclusive des femmes ;elles décorent les costumes de toute la famille.Le vêtement est en coton teint à l’indigo, plus ou moins foncé, presque noir, selon le nombre de bains.Leurs mains sont d’ailleurs souvent bleues.Elles sont habillées d’une jupe, d’une veste et de guêtres et portent volontiers de grandes boucles d’oreilles. Le marché de Bac Ha a la réputation d´être le plus coloré du nord vietnam…c’est bien possible, Can Cau l’était tout autant…mais son marché beaucoup moins étendu que ne l’est Bac Ha ;en outre, le premier est dans la nature, hors agglomération, le second, au cœur du village. Beaucoup de sections :vêtements, viandes (têtes de porc, tripes, boudins), légumes, fruits, alcools à base de riz dans de grands bidons de 5L en plastic blanc ;un peu à l’écart on vend des bœufs, des chiens, des porcs… on se rend compte qu’on vient de vivre un grand moment…on quitte à regrets cette extraordinaire ambiance…pour affronter à contre-courant, les premiers flots de touristes qui commencent à submerger les lieux. Il commence à faire très chaud. En route pour Sapa. A nouveau à Lao Cai, on s’arrête au poste frontière sino-vietnamien, face à la ville chinoise de Hekon, sur l’autre rive du Fleuve Rouge.Un intense trafic de marchandises franchit, sans interruption, le pont dans le sens S-N….camions, et surtout motos, vélos lourdement chargés. La route qui monte à Sapa offre quelques très belles échappées sur les rizières en terrasses qui ne font pas oublier celles de la route Lao Cai-Bac Ha-Can Cau, beaucoup plus spectaculaires. Le soir tombe…et la température aussi, quand nous arrivons à Sapa (1600m alt.)…ce sera notre seule soirée fraîche de tout le voyage !
30 OCTOBRE 2006 : En route pour un trek d’une dizaine de km….dont près d’une moitié en escaliersassez raides, souvent sous le soleil et la chaleur humide. En cours de randonnée, nous visiterons deux villages Hmong noirs.A leurs yeux, leurs costumes ne constituent pas une attraction pour touristes.Les familles sont grandes :depuis les grands parents jusqu’aux nombreux enfants.Il n’est pas rare de voir les plus jeunes travaillant dans les champs.Nous avons été suivis tout un temps par une jeune Hmong de 25 ans, mère d’un enfant, qui a tenté, avec succes, de nous vendre ses tissus brodés…Ses contacts fréquents avec des touristes lui ont permis de s’exprimer très bien, j’insiste très bien, en anglais…largement mieux que les guides « anglophones » ! En cours de route, nous franchirons la chute d’eau de Cat Cat, déformation du français « cascade »….comme Sapa, déformation du français « sapin »…souvenirs des colonisateurs ! Il est 18h quand nous quittons Sapa, dans un minibus surchargé et polyglotte, pour rejoindre le train qui quitte Lao Cai pour Hanoi à 21h15….
31 OCTOBRE 2006 : toujours en compagnie de la chaleur accablante…nous poursuivons la visite de Hanoi, sous le signe des pagodes. . * le pont Long Bien, ex pont Paul Doumer :d’aspect, il aurait pu être construit par Eiffel. Le pont a résisté aux bombardements américains.A présent, réservé aux trains, deux roues et piétons.Il franchit le fleuve Rouge dont les rives sont squattées par des logements flottants. * la pagode au piñier unique, qui, comme son nom l’indique, repose sur un unique pilier de pierre. * l’imposant mausolée de Ho Chi Minh :bâtiment du plus pur style soviétique, laid et massif.Sa visite nous sera épargnée :le corps momifié est envoyé en Russie ( ?), pour entretien, une fois l’an en octobre-novembre. Les visites suivantes près du lac de l’ouest : * la pagode Quan Thanh renferme une belle statue d’un génie en bronze noir * le jardin botanique, havre de fraîcheur relative * la pagode Tay Ho, de style naïf. * la pagode Tran Quoc, bâtie sur une presqu’île, une des plus anciennes du pays, et sa haute tour en briques, dont les étages symbolisent les étapes de la vie de Bouddha.
Un conseil pour terminer la promenade :le bar du dernier étage du Sofitel Plaza, tout proche de la dernière pagode.Vous profiterez de la clim et du spectacle offert par le soleil couchant….puis par les lumières de la ville. La journée se termine par un repas mémorable au Cha Ca La Vong, 14, Cha Ca dans le vieux quartier.Au menu, plat unique :Cha Ca=poisson-chat, servi accompagné d’arachides, oignons, herbes et nouilles de riz, brasero sur table…ambiance garantie, tout simplement délicieux ! Mode d’emploi :imiter vos voisins de table…si ce sont des locaux !
1er NOVEMBRE 2006 :une journée autour de Ninh Binh. A propos des tombes que l’on rencontre un peu partout le long des routes, hors des villes : Les cimetières n’existent pas, au sens où nous l’entendons.Les défunts sont enterrés au beau milieu des rizières, des champs, dans toutes les directions, en désordre apparent, n’importe où.En fait, paraît-il, selon leurs dernières volontés.
Après 80km de trajet uniformément plat, apparait à l’horizon, sur fond de ciel bleu, une ligne de roches déchiquetées.Nous atteignons Hoa Lu, ancienne capitale du pays, dont il ne reste debout que 2 temples proches l’un de l’autre. * Dinh Tien Hoang et ses animaux mythiques sensés protéger des mauvais esprits. * Le Da Hanh, son petit frère, en quelque sorte, à la gloire d’une des dynasties.
Nous rejoignons ensuite, Van Lam, but principal de notre excursion.D’ici, partent les nombreuses barques à fond plat remplies de touristes et conduites en majorité par une, voire deux rameuses ;les rameurs étant plus rares.Il n’est pas exceptionnel de les voir ramer à l’aide de leurs pieds…ni de croiser quelque touriste particulièrement courageux…ou compatissant, ramant, lui, de manière traditionnelle ! Les rameurs eux-mêmes, exclusivement des habitants de Van Lam, sont réunis en une coopérative chargée d’organiser les promenades en barque, et donc, la vente de leur production de broderies.Il faut s’attendre à se voir proposer par la rameuse nappes et chemises.Au contact des passagers, elles font mieux que se débrouiller en anglais voire en français ! Il ne faut pas perdre de vue qu’elles n’ont l’occasion de ramer, chacune à tour de rôle, qu’une seule fois, tous les 18 jours…et par la même occasion de vendre leur production propre. La plupart des tissus brodés vendus dans le vieux quartier de Hanoi viennent d’ici. La promenade elle-même, passe sous des ponts très bas, traverse des rizières fermées par d’énormes pitons rocheux, d’oú son surnom de « baie d’Halong terrestre ». On emprunte trois galeries très basses, la plus longue mesurant 127m, séparées par des lacs tranquilles, remplis de végétaux, entre des hautes falaises. On en retiendra un plaisir pour les yeux…une nature extraordinaire…l’effort, la gentillesse et la conviction de la rameuse, des photos…et deux nappes ! On oubliera la densité un peu trop forte, à notre goût, du trafic fluvial.
2 et 3 NOVEMBRE 2006 :la baie d’Halong délibérément, je ne vous décrirai pas par le menu ce qui restera un moment magique, inoubliable….tant d’autres voyageurs l’ont déjà fait, le feront…et beaucoup mieux que je ne pourrais le faire ! * trois heures sur les routes ou impressions sur un parcours vietnamien typique ;en l’occurence, 3 heures de route pour parcourir les 170 km qui séparent Hanoi de Halong. Trois heures à travers les rizières, au milieu des mobylettes et d’un concert ininterrompu de klaxons.Charrettes, vieux chariots de bois, buffles d’eaux….tombeaux éparpillés…hautes maisons étroites dont seule la façade est peinte de couleurs vives (bleue, verte ou rose).Arrêt obligatoire dans un magasin d’Etat, aux prix très surfaits…le pire :certains touristes se laissent tenter ! * 2 jours avec nuit sur la jonque, réservé par une agence à Hanoi…il paraît que, sur place, il est plus difficile de négocier les prix. * Une expérience des plus merveilleuses…nous remercions Bouddha :la météo a été exceptionnelle. * rarement l’expression « tomber sous le charme » n’a été aussi adéquate !Une journée, et une nuit romantique sous la pleine lune.Le charme si grand…nous en étions muets d’admiration, à tel point que le silence fut la note dominante de notre groupe de 30 personnes ! * l’étendue de la baie est telle que, effet du hasard ou volonté délibérée, on se retrouve vraiment seuls, au beau milieu des rochers baignés par les tièdes eaux turquoises. La magie continue d’opérer, lorsque, à la nuit tombante, et alors qu’on s’imaginait seuls, la lune éclaire une trentaine d’autres embarcations silencieuses, comme subjuguées.(les bateaux devraient rester relativement groupés pour des raisons de sécurité….)
Un bémol, pour vous démontrer que je n’ai pas perdu tout esprit critique :on a dû dejeuner, enfermé dans la salle à manger…alors que le spectacle n était pas du tout dans l’assiette, même si la qualité du repas n’était absolument pas en cause !
4 NOVEMBRE 2006 : une journée au parc national de Cuc Phuong (100km S-O de Hanoi), une des dernières forêts tropicales au monde.Elle abriterait plus de 60 espèces de mammifères, certaines uniques…un an après notre voyage en Afrique australe, nous n’en verrons aucune :les animaux craignent les braconniers ! Par contre, le parc contient pas mal de très grands et vénérables arbres de 50m de haut et plus de 1000 ans ;des grottes aussi où on a découvert des grottes préhistoriques. Le plus éprouvant fut le trek de 10km, sous la chaleur moite épuisante et sous la houlette d’un guide qui n’a pas hésité a nous faire gravir un nombre impressionnant d’escaliers en un minimum de temps, moins de trois heures. La visite devait s’achever par le très intéressant Centre d’Aide aux Primates en péril, destiné à améliorer le sort des singes au Vietnam et ainsi éviter, à terme, leur disparition, victimes des chasseurs et braconniers qui les vendent comme animaux de compagnie ou pour leur valeur « médicale ». Parmi les diverses espèces, mention spéciale pour les délicats entelles qui n’acceptent de se nourrir uniquement de feuilles fraîchement coupées…sans cette alimentation essentielle, ils sont condamnés à dépérir. Après un séjour plus ou moins long, tous les pensionnaires du Centre d’Aide sont progressivement relâchés dans la nature.
Nous terminerons la journée à Hanoi par le célèbre spectacle de marionnettes sur l’eau, Mua Roi Can (réserver à l’avance) :en 12 actes, chacun racontant, accompagné d’un petit orchestre, une légende inspirée de l’histoire du pays ou de la vie quotidienne dans les rizières. A chacun son goût…certains l’apprécient énormément…tel ne fut pas notre cas !Probablement plus adapté à un public très jeune ou plus au courant de l’Histoire.
5 NOVEMBRE 2006 : Nous profitons de notre ultime journée à Hanoi pour déambuler une dernière fois dans les rues (pas sur les trottoirs !) du vieux quartier….ambiance :klaxons, motos, vélos, véritables poids lourds…tuk tuk vélos transportant des touristes... mélanges de parfums des fleurs, des bougies, des barbecues, des marchés… Ensuite, direction quartier de l’Opéra, maintenant Théâtre municipal ;avec le Hilton qui le jouxte—l’ensemble ne manque pas d’allure—on s’imaginerait à Paris !Ajoutez `cela, l’ancien Palais du Gouverneur, aujourd’hui résidence des visiteurs officiels… Face au théâtre, Trang Tien, ses galeries d’art, ses librairies, ses grands magasins…
Le soir tombe…direction la gare et le train de la Réunification pour Hue. Jamais nous n’avions imaginé qu’un trajet de 48h manquerait de wagon-restaurant !Heureusement, nous avons pu acheter le nécessaire parmi les échopes, sur le quai même. A 19h pile, le train démarrait.13 heures pour parcourir un peu plus de 800km…mieux que pour Lao Cai !
6 NOVEMBRE : Hue, nous voici…après une « bonne nuit » en couchettes dites « molles ». Après une tentative en vélo peu encourageante…nous arrivons face à la porte principale de la Cité Interdite.Visite de rares vestiges ayant subsistés après le passage de l’armée américaine en 1968…. Le charme de la ville ne tient pas seulement à ses monuments mais aussi à son emplacement, au bord de la rivière des Parfums. Comme la pagode de la Vieille Dame céleste avec sa tour octogonale de 7 étages, emblème de beaucoup d’affiches d’offices de tourisme locaux ou nationaux.Vous y verrez une Austin bleue, conservée comme une relique, avec laquelle en 1963, un bonze se rendit à Saigon pour s’y immoler par le feu, en protestation contre les répressions anti-boudhistes.
7 NOVEMBRE 2006 : journée entière consacrée à quelques tombeaux impériaux des Nguyen.Si l’on veut en visiter un maximum, mieux vaut le faire en voiture accompagné d’un chauffeur connaissant la région….car les mausolées ne sont pas fléchés !En outre, ils sont éparpillés hors de la ville, de part et d’autre de la rivière des Parfums. Le tombeau de Tu Duc, assez romantique, s’ouvre par un parc autour d’un lac rempli de nénuphars…puis par un escalier monumental, on accede au bien nommé ( !) palais de la Modestie (sic) ;au-delà, son mausolée…car il serait inhumé dans une pinède avoisinante, en un lieu tenu secret ! Le tombeau de Khai Dinh, très différent, presque baroque !Pas de parc, mais d’emblée un long escalier monumental, vraiment très raide, en 3 volées entourées de dragons.Première terrasse avec statues de mandarins, de soldats et d’animaux ;deuxième terrasse, le tombeau, arcade renaissance de style européen. A l’intérieur, sous un lourd dai de béton, statue grandeur nature de l’empereur, en bronze doré, offerte par la France !Le tout décoré de tessons multicolores de porcelaine et de verre coulés dans du ciment… Le tombeau de Minh Mang, au contraire du précédent, en harmonie avec la nature, entouré de pièces d’eau, d’esplanades, de portiques…un temple, un pont dit de l’Intelligence…tout au fond une île en forme de pyramide où se trouverait le tombeau qui ne se visite pas. Le tombeau de Thien Tri, dans un cadre très buccolique, sans mur d’enceinte et assez délabré….du même coup, visite très agréable, en solitaire !
8 NOVEMBRE 2006 : se révèlera, par la suite, être le seul jour pluvieux de notre voyage ! par la route, de Hue à Hoi An, via le bien nommé, col des Nuages (496m)….nous aurions autant profité du paysage en empruntant le tout récent tunnel !Nous supposons que le tunnel est payant…ou trop étroit…vu le nombre élevé de camions semi remorques que nous avons rencontrés dans le col ! Après avoir traversé Da Nang et longé la Montagne de Marbre, arrêt « obligé » aux marchands de statuettes de marbre en tous genres et pour tous les goûts, même mauvais, qui nous ont laissés « de marbre » !
9 NOVEMBRE 2006 : Hoi An…inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, donc un site à ne pas manquer ! Hélas, cette vieille ville historique est en train de se transformer en un marché à ciel ouvert de produits à touristes !Le charme est en voie de disparition ! Une ville pour tourisme de masse :les restaurants, les cafés, les hôtels, les magasins de souvenirs et de lanternes, les tailleurs ont envahi les ruelles et remplacent inexorablement les artisanats d’art traditionnel. Restent encore, à flâner et visiter l`élégant pont japonais avec sa mini pagode, le temple Quang Dong avec ses statues de dragons chinois décorés de mosaïques, un magasin de soies, élevage de vers et tissage inclus dont la visite s’achève en magasin de chemises, quelques vieilles maisons, d’accès payant où l’on peut apprécier le mélange des architectures japonaises et chinoises. Bref, Hoi An, un brin décevant, nous laissera sur notre faim.
10 NOVEMBRE 2006 : visite du site archéologique de My Son, situé à 50km de Hué. A effectuer, pour ne pas être déçu, avant la visite du Cambodge, tant le site est délabré par des guerres successives, la dernière en date, et non la moindre, étant celle des américains. Vestiges importants :nous sommes en présence des restes du centre religieux hindouiste du royaume des Chams, envahisseurs d’Angkor.On y retrouve des symboles hindouistes tels des tours carrées à plusieurs niveaux ainsi qu’une statue d’un taureau, monture sacrée de Shiva. Les ruines, en pleine forêt, sont en cours de restauration….un sentier balisé mène aux vestiges les plus significatifs.
11 NOVEMBRE 2006 : ou histoire d’un jour gaspillé…. A l’enregistrement des bagages de l’aéroport de Danang, nous apprenons que notre vol Vietnamairlines prévu à 13h30 partira à 17h45….il ne nous restait plus qu’à visiter une ville que les guides ne recommandent pas spécialement ! Un coup d’œil sur la cathédrale assez banale sauf sa couleur rose bonbon, quelques marchés avec de beaux étals de fruits et légumes, un temple Cao Dai, une religion qui les honore toutes, mettant tous œufs dans le même panier :on y retrouve les pères de toutes les grandes religions Mahomet, Lao Tseu, Jésus, Bouddha et Confucius ;au fond, derrière l’autel, un globe cyclopéen :un œil divin, symbole du caodaïsme. Il est 17h45 pile quand l’avion décolle pour Saigon où nous arriverons la nuit tombée.
12 NOVEMBRE 2006 une journée à Saigon Saigon ne s’appelle Ho Chi Minh Ville que dans les horaires de transports et les documents officiels….le peuple l’appelle Saigon. Encore plus de circulation et de klaxons…qu’à Hanoi !ce n’est pas peu dire ! Les rues sont bordées de commerces de tous genres, hôtels, restaurants, cafés, bars, karaokés, clubs …. Le marché Ben Thanh…ou les Halles centrales du temps de la colonisation.On y trouve vraiment de tout….on peut y boire et manger jusqu’aux délicatement parfumés durians… Le marché de la rue Huynh ThucKhang, à 100m du précédent :vous y trouverez, à même la rue, tout ce qui se mange….plus video et hifi. Un peu plus loin, le temple hindou Mariammam avec son lion, ses deux gardiens sens´s effrayer les mauvais esprits et ses lingams. L’avenueNguyen Hue, véritables Champs Elysées, avec Le Loi, axes principaux, l’hôtel Rex célèbre pour avoir été le repaire des officiers américains en manque d’affection, l’hôtel de ville , plus colonial que ça….impossible, cependant un emblème de Saigon et une colossale statue de Ho Chi Minh, dans son rôle de jeune père, tenant un enfant dans ses bras. Le musée de HCMV, imposante bâtisse de style néo-classique dans un jardin orné entr’autres, d’un hélicoptère américain, d’un tank soviétique et d’un joli canon antiaérien. Le jardin nous ayant suffi, nous escamoterons la visite intérieure. LePalais de la Réunification, ex palais présidentiel du Sud Vietnam, resté absolument tel quel…intérêt historique indéniable….le plus extraordinaire :le bunker installé au sous sol ! La cathédrale …incongrue avec ses statues de saints européens ! La poste centrale , a ne pas rater !Quel style…très rétro, sous une charpente conçue par Eiffel et sous le regard bienveillant de l’oncle Ho ! La pagode de l’empereur de jade….très colorée, une multitude de statues en bois, de style naïf…odeur d’encens omniprésente…un va et vient permanent de fidèles…dans une salle latérale exigüe, des statuettes de femmes et d’enfants représentant les défauts et les qualités de l´être humain…si mes souvenirs sont bons, une douzaine de statuettes seulement !!! Comme toujours visites sous une chaleur humide accablante….heureusement émaillées de chasses à la canette ! Ne ratez pas un des meilleurs buffets dinatoires que nous ayons rencontré….celui du Sofitel Plaza (quartier de la cathédrale) …génial et succulent, même les locaux viennent y déguster, c’est tout dire ! Un régal à prix doux pour une telle qualité !
13 NOVEMBRE 2006 : 3 heures de route pour couvrir les 136km séparant Saigon de Vinh Long où nous embarquons pour une longue et belle balade en bâteau sur le Mékong.Jusqu’au marché les rives du fleuve ne sont que maisons en bois sur hauts pilotis…on dirait parfois des échasses. Direction Cai Be et son marché flottant.Chaque embarcation du marché arbore comme enseigne, une longue perche avec le légume ou le fruit proposé.Un légume ou un fruit par barque. Ensuite l’île, ou plutôt les îlots, de An Bruh que l’on atteint à travers un lacis d’arroyos aux eaux boueuses…étroits couloirs d’eaux brunâtres à travers une végétation exubérante et riche de vergers. Visites d’une pépinière d’arbres fruitiers :durians, mandarines, pamplemousses, caramboles et autres loganes ;d’un jardin de bonsais, et…d’une collection de cartes de visite et de divers objets hétéroclites…sans grand intérêt ;d’une vieille demeure en bois, bien conservée…ou restaurée.
En résumé très belle balade sur le delta, les arroyos…et le marché flottant.La vie des habitants est totalement conditionnée par le Mékong.Le reste….bof !
En route pour Can Tho, à 32km, accessible par bacs…et une longue file d’attente tant le charroi est intense.Une fois sur le bac, magnifique coucher de soleil.
14 NOVEMBRE 2006 : nouvelle balade sur le Mékong pour visiter cette fois le « célèbre » marché flottant de Cai Rang. C’est pour cela que la plupart des touristes font halte à Can Tho…..la raison aussi de notre départ matinal pour éviter le gros des troupes.
A Can Tho, éviter :My Khanh Touring Village, bien que vanté par le Routard....:mal entretenu et très bruyant !....
15 NOVEMBRE 2006 : en route pour Chau (le bien nommé) Doc, près de la frontière cambodgienne, ville joliment située, sur leconfluent du Mekong et du Bassac, bras du Mekong venu de Phnom Penh. En bâteau, visite du village flottant de Phu Chau, maisons batties sur des bidons …dans leur « cave » des nattes immenses où ils élèvent des milliers de poissons chats…leur voracité peut même inspirer la nausée ! Puis Chau Giang, village sur pilotis de musulmans Cham qui tissent la soie ;mosquée. La journée s’achève au Mont Sam (rien à voir avec l’oncle du même nom !) :il fait bien trop chaud et humide pour l’escalader !Par contre au pied du mont, ne pas manquer * le temple de la Reine du Pays, lieu d’un important pèlerinage…vous pouvez lui faire offrande de porc laqué, elle en est très friande :vous pourrez d’ailleurs l’acheter sur place, vous n’aurez que l’embarras du choix ! * la pagode de Tay An mélange hindou-bouddhiste avec 2 éléphants, de nombreux serpents et une foule de statues.
16 NOVEMBRE 2006 :une journée à Ha Tien, aller et retour depuis Chau Doc une très agréable excursion que je ne saurais trop vous conseiller….d’autant que nous avons eu la chance de la faire à bord d’une jeep (décapotée), souvenir de l’armée américaine, complètement restaurée et bichonnée par un jeune passionné local.Aujourd’hui, ce fier véhicule doit valoir une fortune…tant son état doit ressembler à ce qu’il était à sa sortie d’usine !Bref, un bijou ! Si la promenade vous tente, adressez vous, la veille de préférence, à la réception du plus bel hôtel de la ville, au 32, Le Loi.
« Au bout d’une longue route (95km) étroite et belle, on arrive à Ha Thien comme dans un terminus, au bout du monde.Port de pêche de 100000 habitants, la ville est située à l’extrêmité ouest du delta du Mekong, dans un recoin du golf du Siam.La frontière cambodgienne n’est qu’à 8 km.Aux alentours, on peut découvrir les beaux paysages du delta :rizières miroitantes de lumière sous le soleil, rochers calcaires plongés dans la mer turquoise, plages de sable fin, grottes cachant de petits temples…….Ha Thien a trois spécialités :le poisson (nous en avons dégusté), le poivre noir (nous en avons acheté) et les objets fabriqués avec les écailles des tortues marines (on aime moins…) » (Routard 2006 p.240)
commencer la visite par la pagode Tinh Xa Ngoc Tien d’où la vue est splendide.(et les escaliers, raides…sans oublier la chaleur) Traverser le fleuve par le beau pont flottant. Les tombeaux de la famille Mac, famille de pirates à l’origine…grâce à laquelle la ville doit de ne pas être cambodgienne mais bien vietnamienne. La plage de Mui Nai….plage de rêve, soleil, mer d’huile, sable fin…déserte, lors de notre passage…. Le restaurant Xuan Thanh, près du marché, en bord de fleuve, carte alléchante, savoureuse fondue de poisson aux herbes. Le marché pour les amateurs de poivre et de chapeaux !
17 NOVEMBRE 2006 :adieu vietnam, bonjour cambodge ! en bâteau de Chau Doc (départ 7h) à Phnom Penh (arrivée 13h) avec arrêts aux postes frontières…obtention aisée du visa cambodgien. (à suivre…)
Campements sauvages et prix des hébergements en Zambie ou au Zimbabwe (en 4x4 )
Bonjour amis voyageurs,
Le retour en Afrique australe est prévu pour fin 2020. Duree entre 2 et 3 mois. Souhaits de pays: Zambie, Zimbabwe et peut être Malawi.
Après lecture des différents posts réside beaucoup de question!
Location de vehicule: quel pays est le mieux? Zambie ou Zimbabwe? Indication de prix pour un 4x4 Un ordre de prix pour un emplacement camping? Est il possible de faire du camping sauvage (hors parc) dans ces pays? Quels sont les parcs à "obligatoirement" visiter?
Lâchez vous et innondez moi de bons conseils! Mais avant, soyez déjà remerciés d'avoir prix le temps de me lire et de me répondre.
Bien à vous et au plaisir de vous lire.
Le retour en Afrique australe est prévu pour fin 2020. Duree entre 2 et 3 mois. Souhaits de pays: Zambie, Zimbabwe et peut être Malawi.
Après lecture des différents posts réside beaucoup de question!
Location de vehicule: quel pays est le mieux? Zambie ou Zimbabwe? Indication de prix pour un 4x4 Un ordre de prix pour un emplacement camping? Est il possible de faire du camping sauvage (hors parc) dans ces pays? Quels sont les parcs à "obligatoirement" visiter?
Lâchez vous et innondez moi de bons conseils! Mais avant, soyez déjà remerciés d'avoir prix le temps de me lire et de me répondre.
Bien à vous et au plaisir de vous lire.
Flânerie le long de la rivière Luangwa
Bonjour à toutes et tous,
En avril dernier, à la suite de Régis puis de Claire, nous avions partagé sur ce forum notre pérégrination atypique au Kenya dans la réserve du Masaï-Mara. A l'issue de ce récit, nous avions imaginé repartir soit en randonnée sur les plus hautes terres d'Ethiopie (une dizaine de jours dans les montagnes du Simien lors d'un long séjour en 2009), soit de suivre le cours tranquille de la rivière Luangwa, dans sa partie sud (deux semaines à cheval sur octobre et novembre 2019). Dans le but d'animer les colonnes désertées de Voyage Forum en raison d'une sournoise pandémie, nous avons choisi l'Afrique Australe, précisant que ce texte, destiné à notre entourage ne correspond pas tout à fait à l'esprit "Carnets de Voyages" du site, vous nous en excuserez. Comme la précédente, cette escapade est l'une des rares que nous ayons réalisée avec une agence : y prendrait-on goût ou vieillirait-on ? Pour agrémenter ses longues pages d'écriture (une trentaine pour la partie South Luangwa N P et une dizaine pour la visite de Mosi-oa-Tunya et alentours), Yolande a sélectionné les photos les plus représentatives de cette vadrouille zambienne, dont cette magnifique panthère, rencontrée dès notre entrée dans le sanctuaire.
En route pour le rêve, seule frontière encore ouverte. Bien amicalement. Jety 34.
Impossible de joindre la photo (au secours !), ci-joint le message de VF (??????)
En avril dernier, à la suite de Régis puis de Claire, nous avions partagé sur ce forum notre pérégrination atypique au Kenya dans la réserve du Masaï-Mara. A l'issue de ce récit, nous avions imaginé repartir soit en randonnée sur les plus hautes terres d'Ethiopie (une dizaine de jours dans les montagnes du Simien lors d'un long séjour en 2009), soit de suivre le cours tranquille de la rivière Luangwa, dans sa partie sud (deux semaines à cheval sur octobre et novembre 2019). Dans le but d'animer les colonnes désertées de Voyage Forum en raison d'une sournoise pandémie, nous avons choisi l'Afrique Australe, précisant que ce texte, destiné à notre entourage ne correspond pas tout à fait à l'esprit "Carnets de Voyages" du site, vous nous en excuserez. Comme la précédente, cette escapade est l'une des rares que nous ayons réalisée avec une agence : y prendrait-on goût ou vieillirait-on ? Pour agrémenter ses longues pages d'écriture (une trentaine pour la partie South Luangwa N P et une dizaine pour la visite de Mosi-oa-Tunya et alentours), Yolande a sélectionné les photos les plus représentatives de cette vadrouille zambienne, dont cette magnifique panthère, rencontrée dès notre entrée dans le sanctuaire.
En route pour le rêve, seule frontière encore ouverte. Bien amicalement. Jety 34.
Impossible de joindre la photo (au secours !), ci-joint le message de VF (??????)

Dans les parcs Moremi et Chobe au Botswana
Durant l'été 2009, nous avons voyagé au Botswana, commençant notre périple (en 4X4) par la Réserve de Moremi.
Nous avions eû de magnifiques échos de proches y étant partis 3ans plus tôt..
Bien sûr je passerai sur nos difficultés pour réserver des nuitées en campement, nous n'avons trouvé des possibilités que sur Moremi et pas forcément où nous le souhaitions.
On m'avait parlé d'une nature sauvage, de campements tranquilles avec un équipement sanitaire minimum......
Nous avons découvert des pistes surfréquentées, des éléphants particulièrement stressés et agressifs, ne supportant plus le ballet parfois incessant des 4X4 freinant pour les photographier.
Côté campements....le béton a fleuri....plusieurs bâtiments ont "émergé" (toujours plus de confort pour toujours plus de foule) et des poubelles ont malheureusement été disposées.... Nous avons été tristement surpris de constater que certains voyageurs laissent des déchets sans se poser de questions au milieu des parcs.
Les hyènes et les babouins se chargent bien sûr de tout renverser....et le plastique vient colorer le paysage alentour.
On vient là avec des 4X4 le plus souvent suréquipés (frigo, etc..) et on consomme comme à la maison (pas comme dans la notre en tous cas).
Et puis il y a les va et vient nocturnes pour aller faire pipi en 4X4 aux blocs au cas où un prédateur guetterait le touriste repu !
Trois ans avant, on rencontrait ici une nature moins agitée, moins bétonnée et plus heureuse ! Très mal à l'aise de participer (même petitement et le plus discrètement possible) à ce grand carnaval....nous avons fini nos nuits chèrement réservées et avons filé vers Chobe où nous avons choisi de dormir hors parc.
Là aussi, malgré toute la beauté de paysages et d'animaux...nous avons suffisamment déchanté pour quitter le parc plus vite que prévu. En fin d'après midi, le tabeau superbe d'un groupe d'éléphants prenant un bain de boue près de la rivière....sont arrivés une douzaine de bateaux côté rivière et côté piste un alignement de 4X4....nous sommes partis illico et avons continué ailleurs notre voyage...pour des lieux moins riches en faune mais moins envahis.
En ajoutant les 4X4 des voyageurs individuels comme nous et ceux venant des lodges...la pression devient effarante...nous avons partagé ce sentiment avec des rangers en quittant Chobe. Ils sont bien conscients que pour retirer un maximum d'argent des parcs, on accepte et on encourage une surfréquentation...
Nous n'aimons pas la chasse, mais nous nous sommes franchement demandé si les effets d'un tourisme si pesant ne sont pas pire encore !
Trois ans avant, on rencontrait ici une nature moins agitée, moins bétonnée et plus heureuse ! Très mal à l'aise de participer (même petitement et le plus discrètement possible) à ce grand carnaval....nous avons fini nos nuits chèrement réservées et avons filé vers Chobe où nous avons choisi de dormir hors parc.
Là aussi, malgré toute la beauté de paysages et d'animaux...nous avons suffisamment déchanté pour quitter le parc plus vite que prévu. En fin d'après midi, le tabeau superbe d'un groupe d'éléphants prenant un bain de boue près de la rivière....sont arrivés une douzaine de bateaux côté rivière et côté piste un alignement de 4X4....nous sommes partis illico et avons continué ailleurs notre voyage...pour des lieux moins riches en faune mais moins envahis.
En ajoutant les 4X4 des voyageurs individuels comme nous et ceux venant des lodges...la pression devient effarante...nous avons partagé ce sentiment avec des rangers en quittant Chobe. Ils sont bien conscients que pour retirer un maximum d'argent des parcs, on accepte et on encourage une surfréquentation...
Nous n'aimons pas la chasse, mais nous nous sommes franchement demandé si les effets d'un tourisme si pesant ne sont pas pire encore !
Location de voiture en Irlande: arnaque Budget / Ebookers
Bonjour,
Une fois n'est pas coutume, je souhaite partager une mauvaise expérience survenue lors de mon récent séjour en Irlande, afin d'éviter à d'autres voyageurs de tomber dans la même arnaque bien ficelée. J'ai réservé une voiture de location via Ebookers (deux mois avant le départ) chez BUDGET à un prix relativement intéressant (130 euros). A mon arrivée à l'aéroport de Dublin, passage au comptoir de BUDGET et début des ennuis. On me demande une carte pour la caution (normal) mais ma Gold Mastercard ne fait soit disant pas l'affaire. Comme l'immense majorité des gens, je dispose d'une carte de débit (que l'on appelle néanmoins carte de crédit par abus de langage ) et non d'une carte de crédit. Du coup, on m'oblige à ajouter une assurance "0 franchise" (dont je n'ai absolument pas besoin puisque la Gold assure les locations de voitures) pour 330 euros, ce qui quadruple quasiment le prix de la location. Aucune alternative une fois sur place.
Je tente de contacter Ebookers, qui refuse de régler le problème, prétextant que c'est écrit dans le contrat. Faux évidement. Ayant justement eu vent de pratiques similaires en Andalousie (les loueurs jouant la bas sur un montant de caution exorbitant), j'avais été particulièrement attentif à la réservation pour m'éviter ce genre de souci. Ebookers s'appuie sur la phrase suivante : "La carte de paiement est exigée comme dépôt de garantie pour la location de tout type de véhicule. ", ce qui ne laisse aucunement supposer qu'il existe des restrictions sur le type de carte à présenter lors du retrait du véhicule !
Côté BUDGET, l'arnaque est bien rodée. D'ailleurs, deux autres groupes de français arrivent peu après nous. Rallonge de 305 euros pour les premiers et 280 euros pour les seconds. Gagnant à tous les coups ! La personne à l'accueil attend sourire aux lèvres qu'on dégaine la carte bancaire (elle fonctionne parfaitement pour payer la surtaxe en revanche, ne vous inquiétez pas !!). Comme cela traine et qu'on essaie de négocier, le manager passe quand à lui directement aux menaces verbales. Nous voilà donc dépouillés de 300 euros, soit le budget alloué aux restos et quelques hôtels prévus entre les nuits en tente..
Bref, faites très attention pour vos réservations de véhicules en Irlande. Fuyez surtout BUDGET, escrocs notoires et partagez cette information pour que leurs pratiques de mafioso cessent.
Pour partir profiter sereinement de ce magnifique pays qu'est l'Irlande !
Une fois n'est pas coutume, je souhaite partager une mauvaise expérience survenue lors de mon récent séjour en Irlande, afin d'éviter à d'autres voyageurs de tomber dans la même arnaque bien ficelée. J'ai réservé une voiture de location via Ebookers (deux mois avant le départ) chez BUDGET à un prix relativement intéressant (130 euros). A mon arrivée à l'aéroport de Dublin, passage au comptoir de BUDGET et début des ennuis. On me demande une carte pour la caution (normal) mais ma Gold Mastercard ne fait soit disant pas l'affaire. Comme l'immense majorité des gens, je dispose d'une carte de débit (que l'on appelle néanmoins carte de crédit par abus de langage ) et non d'une carte de crédit. Du coup, on m'oblige à ajouter une assurance "0 franchise" (dont je n'ai absolument pas besoin puisque la Gold assure les locations de voitures) pour 330 euros, ce qui quadruple quasiment le prix de la location. Aucune alternative une fois sur place.
Je tente de contacter Ebookers, qui refuse de régler le problème, prétextant que c'est écrit dans le contrat. Faux évidement. Ayant justement eu vent de pratiques similaires en Andalousie (les loueurs jouant la bas sur un montant de caution exorbitant), j'avais été particulièrement attentif à la réservation pour m'éviter ce genre de souci. Ebookers s'appuie sur la phrase suivante : "La carte de paiement est exigée comme dépôt de garantie pour la location de tout type de véhicule. ", ce qui ne laisse aucunement supposer qu'il existe des restrictions sur le type de carte à présenter lors du retrait du véhicule !
Côté BUDGET, l'arnaque est bien rodée. D'ailleurs, deux autres groupes de français arrivent peu après nous. Rallonge de 305 euros pour les premiers et 280 euros pour les seconds. Gagnant à tous les coups ! La personne à l'accueil attend sourire aux lèvres qu'on dégaine la carte bancaire (elle fonctionne parfaitement pour payer la surtaxe en revanche, ne vous inquiétez pas !!). Comme cela traine et qu'on essaie de négocier, le manager passe quand à lui directement aux menaces verbales. Nous voilà donc dépouillés de 300 euros, soit le budget alloué aux restos et quelques hôtels prévus entre les nuits en tente..
Bref, faites très attention pour vos réservations de véhicules en Irlande. Fuyez surtout BUDGET, escrocs notoires et partagez cette information pour que leurs pratiques de mafioso cessent.
Pour partir profiter sereinement de ce magnifique pays qu'est l'Irlande !
Tanzanie: la Grande migration, février 2017
Bonjour à tous,
Comme promis à certains et certaines voici le récit succinct de notre voyage dans les parcs du nord agrémenté de quelques images choisies parmi des centaines d'autres .
J1-20/01/2017
Je tiens avant de commencer à remercier les uns et les autres qui ici et là sur VF nous ont aidé à construire ce voyage. Je pense à Blesl Bernard ( www.safari-tanzanie.net/ ) dont les désaccords et les convergences nous ont permis de nous positionner. Mais nous songeons aussi à Laurence de l'Agence de voyage "Bel Africa" ( www.belafrica.com/ ) dont l’efficacité, la réactivité , la disponibilité et la gentillesse sont à signaler. Je remercie aussi le partenaire de cette agence, Maasaï Wanderings ( maasaiwanderings.com/...anderings/index.html ) pour le soin relatif apporté à l'oraganisation de ce parcours. A Richard notre guide-chauffeur pour son professionnalisme.
Notre projet: visiter les parcs du nord et seulement eux . Prendre le temps de le faire c'est à dire y consacrer autant de temps que notre budget le permettait . Nous désirions voir des animaux dans leur biotope, toutes sortes d'animaux y compris les plus modestes .
En fait ce n'est pas notre premier voyage en Tanzanie encore moins notre tout premier en Afrique. Aussi la recherche des cinq grands n'a pas été notre préoccupation première mais davantage : 1) le spectacle de la grande migration et 2) l'immersion dans les parcs, toute prudence gardée, au plus proche de sa faune. Priorités qui impliquaient des hébergements "intra-muros", de préférence en tente Meru sise dans un site non clôturé et retiré et sauvage...sauvage 🙂 . Bien sur le succès de cette boucle ne dépendait pas que... mais aussi de la météo, des caprices de la faune, de l'âge du capitaine, bref du hasard auquel il faut bien un moment ou autre s'abandonner.
Donc notre itinéraire dans les parcs du nord fut le suivant, dans l'ordre: Tarangire ( 4 nuits), Manyara (1 nuit) Serengeti ( 3 nuits) Ndutu (2 nuits) Ngorongoro (1 nuit) Arusha (1 nuit). Soit 12 nuits dans les parcs ou très proche si l'on excluent la première nuit d'arrivée, et la dernière avant de reprendre l'avion pour l'Europe.
Coût du séjour tout compris environ 900 €/ jours pour deux personnes. C'est cher mais comme déjà dit par ailleurs la Tanzanie est une destination chère et les safaris photos en Tanzanie aussi 🙂 . Et puis ne soyons pas chiche car quand on aime on ne compte plus ! Je dirais donc que c'est 450 € de passion par jour et par personne.
Nous avons voyagé avec KLM pour au moins deux raisons . D'abord le poids autorisé en bagage cabine de 12 kg (donc 24 pour deux) et ensuite le trajet direct à partir d'Amsterdam sur l'aéroport Kilimandjaro (JRO) . Vingt quatre kg consacrés aux matériels photo et d'observation ça ne se refuse pas!
Départ de Roissy CDG le 20/02/17 au petit matin et arrivé dans la soirée à JRO avec 1 stop à Amsterdam. Le transfert à Schipol a été un jeu d'enfant grâce à la très bonne signalétique de l'aéroport. Entre la porte d'arrivée à Schipol et celle d'embarquement un contrôle des passeports plutôt rapide et à allure modérée nous avions une bonne demie heures d'avance sur notre vol. Au retour les contrôles seront plus sévères.
Voilà c'est fini pour aujourd'hui. Suite de notre récit demain . Bonne nuit...
Comme promis à certains et certaines voici le récit succinct de notre voyage dans les parcs du nord agrémenté de quelques images choisies parmi des centaines d'autres .
J1-20/01/2017
Je tiens avant de commencer à remercier les uns et les autres qui ici et là sur VF nous ont aidé à construire ce voyage. Je pense à Blesl Bernard ( www.safari-tanzanie.net/ ) dont les désaccords et les convergences nous ont permis de nous positionner. Mais nous songeons aussi à Laurence de l'Agence de voyage "Bel Africa" ( www.belafrica.com/ ) dont l’efficacité, la réactivité , la disponibilité et la gentillesse sont à signaler. Je remercie aussi le partenaire de cette agence, Maasaï Wanderings ( maasaiwanderings.com/...anderings/index.html ) pour le soin relatif apporté à l'oraganisation de ce parcours. A Richard notre guide-chauffeur pour son professionnalisme.
Notre projet: visiter les parcs du nord et seulement eux . Prendre le temps de le faire c'est à dire y consacrer autant de temps que notre budget le permettait . Nous désirions voir des animaux dans leur biotope, toutes sortes d'animaux y compris les plus modestes .
En fait ce n'est pas notre premier voyage en Tanzanie encore moins notre tout premier en Afrique. Aussi la recherche des cinq grands n'a pas été notre préoccupation première mais davantage : 1) le spectacle de la grande migration et 2) l'immersion dans les parcs, toute prudence gardée, au plus proche de sa faune. Priorités qui impliquaient des hébergements "intra-muros", de préférence en tente Meru sise dans un site non clôturé et retiré et sauvage...sauvage 🙂 . Bien sur le succès de cette boucle ne dépendait pas que... mais aussi de la météo, des caprices de la faune, de l'âge du capitaine, bref du hasard auquel il faut bien un moment ou autre s'abandonner.
Donc notre itinéraire dans les parcs du nord fut le suivant, dans l'ordre: Tarangire ( 4 nuits), Manyara (1 nuit) Serengeti ( 3 nuits) Ndutu (2 nuits) Ngorongoro (1 nuit) Arusha (1 nuit). Soit 12 nuits dans les parcs ou très proche si l'on excluent la première nuit d'arrivée, et la dernière avant de reprendre l'avion pour l'Europe.
Coût du séjour tout compris environ 900 €/ jours pour deux personnes. C'est cher mais comme déjà dit par ailleurs la Tanzanie est une destination chère et les safaris photos en Tanzanie aussi 🙂 . Et puis ne soyons pas chiche car quand on aime on ne compte plus ! Je dirais donc que c'est 450 € de passion par jour et par personne.
Nous avons voyagé avec KLM pour au moins deux raisons . D'abord le poids autorisé en bagage cabine de 12 kg (donc 24 pour deux) et ensuite le trajet direct à partir d'Amsterdam sur l'aéroport Kilimandjaro (JRO) . Vingt quatre kg consacrés aux matériels photo et d'observation ça ne se refuse pas!
Départ de Roissy CDG le 20/02/17 au petit matin et arrivé dans la soirée à JRO avec 1 stop à Amsterdam. Le transfert à Schipol a été un jeu d'enfant grâce à la très bonne signalétique de l'aéroport. Entre la porte d'arrivée à Schipol et celle d'embarquement un contrôle des passeports plutôt rapide et à allure modérée nous avions une bonne demie heures d'avance sur notre vol. Au retour les contrôles seront plus sévères.
Voilà c'est fini pour aujourd'hui. Suite de notre récit demain . Bonne nuit...
In the Land of Mountain Gorillas: The Story of an "Epic" Trip
Passionate about travel, animals (furry, feathered, scaly), and my partner’s love for photography, it was in 2014, after encountering orangutans in Gunung Leuser National Park in Sumatra, that I felt the urge to see other great apes in their natural habitat and in the wild. For my 40th birthday, I dreamed of only one thing... seeing gorillas. I still had four years to wait and four years to save up.
At the time, I had only heard of the Virunga Mountains, particularly the part in Rwanda. To be honest, Uganda had never really struck me as a destination I’d ever set foot in, and the DRC, for security reasons, didn’t particularly appeal to me.
But then, one day, I heard that Rwanda was going to increase the price of gorilla permits to USD 1,500 per person. Ouch... that seemed way overpriced, especially since we were going as a couple and I really wanted to see them twice. $6,000 for two days... Okay, it’s for my 40th birthday, but still...
At the end of 2017, I started looking more closely into our trip planned for December 2018. A stroke of luck in my schedule meant my former English teacher sent me a link to an article she’d written for her travel agency about her encounter with gorillas in Uganda. Hmm, Uganda? It was the first time I’d read about the country. Why not?
I scoured various forums in French and English and re-discovered voyageforum.com. And most importantly, I came across Ticapi’s travel journal, which I devoured in one evening, and a few months later, Muriel18’s, whose release I eagerly awaited. Wow!!! Not only can you see gorillas in Uganda, but also chimpanzees and the shoebill, not to mention the savannah and the chance to go on more classic safaris.
All that’s left is to convince my better half that Uganda is a safe country...
Usually, and now more than ever, we prefer independent travel and self-drive trips in particular. But given the proximity to the DRC border, the potentially impassable roads after rain, and rental cars that aren’t always in the best condition, we hired a guide for two weeks in December 2018. The months passed, and the excitement grew.
Three weeks before departure, I fell ill after a work trip to Asia. Darn! This time, I didn’t waste any time—I quickly saw a doctor and got rid of that virus. That was the plan! Flu or malaria? (I’d been to the Amazon six months earlier.) The doctor didn’t know; the cough only appeared a few days later. We did blood tests two days in a row to rule out malaria. So it was the flu or... pneumonia :-( ...?
The X-rays spoke for themselves—it was pneumonia, and it was already quite advanced. No big deal, I still had two weeks to recover! I religiously took my antibiotics, downed loads of vitamin C, but nothing worked—the antibiotics didn’t seem to be doing anything. I was coughing so hard I thought my lungs would come up, I was short of breath, exhausted. I’d dreamed of this trip for so long... it seemed unthinkable not to go. Five days before departure, my doctor hospitalized me—the pneumonia had worsened, and my blood oxygen levels were dangerously low. I was in tears but still in denial about what was happening to me. Besides, I’d still taken my anti-malarial, because I was determined to leave.
I spent the first day in the emergency room on oxygen 24/7. The germ causing my pneumonia was unknown to the infectious disease and pulmonary specialists. They tried a combination of antibiotics. No big deal, in four days, I’d be leaving. I harassed the doctor, who must have thought I was crazy, to find out when I could be discharged—"because, you see, doctor, I have a flight to Uganda on Saturday." On Thursday, the doctor was firm: I’d still be hospitalized on Saturday... deep down, I knew it but didn’t want to admit it. My partner handled canceling the flights, contacted our travel insurance (thankfully we had some), and I wrote to our guide (who, in the meantime, had become our tour operator) who could hardly believe it. And neither could I! We told ourselves it was just postponed and that we’d take this long-awaited trip at the end of 2019!
March 2019, the tour operator reached out to us: "Didn’t you say you wanted to go to Uganda this year? You’d better hurry and book the gorilla permits before they run out."
Oh yes, we wanted to see the gorillas. But we hesitated about rebooking. I still hoped to do this trip as a self-drive. The thing is, this year, we managed to take three weeks off, and we also wanted to spend a week in Rwanda. My partner still didn’t feel comfortable driving there. Yet, he’s driven all over the world. I respected his feelings, especially since he’s the only one who drives.
Anyway, we went back and forth but neither of us really said what we were thinking: "What if we used someone else to organize our trip?" In the end, we went with him again, made a first deposit for four gorilla permits (two days each) (not the best idea we’ve ever had), and looked into adding Rwanda to our itinerary. We’d have a guide/driver for the whole trip with mid-range accommodations.
After several back-and-forths, the itinerary was supposed to look something like this. To be honest, I got fed up after a while.
Day 1: Arrival in Kigali in the evening Day 2: Transfer from Kigali to Akagera NP Day 3: Safari in Akagera NP Day 4: Akagera NP and night in Nyagatare Day 5: Transfer from Nyagatare to Nyungwe Forest Day 6: Nyungwe Day 7: Nyungwe Day 8: Transfer from Nyungwe to Lake Kivu, Rubavu/Gisenyi Day 9: Transfer from Rubavu/Gisenyi to Kisoro/Uganda via the Cyanika border Day 10: Gorilla tracking in Mgahinga NP Day 11: Golden Monkey tracking in Mgahinga NP, night at Lake Mutanda Day 12: Gorilla tracking in Bwindi, Ruhija (later changed to Rushaga) Day 13: Queen Elizabeth NP, Ishasha sector in the morning and Kazinga Channel in the afternoon Day 14: No clear answer on activities for that day. After three attempts, I gave up. I shouldn’t have... Day 15: Chimpanzee tracking in Kyambura Gorge, night at Lake Nkuruba Day 16: Lake Nkuruba, morning activities around the lake and Bigodi Swamps in the afternoon Day 17: Transfer from Lake Nkuruba to Murchison Falls Day 18: Murchison Falls Day 19: Murchison Falls Day 20: Transfer from Murchison Falls via Ziwa Rhino Sanctuary, night in Entebbe Day 21: Entebbe – Mabamba Swamps Day 22: Mabamba Swamps in the morning, Botanical Garden in Entebbe in the afternoon, and transfer to the airport for the overnight return flight.
In April, he asked us for a substantial deposit for the accommodations and some park activities, as one of his colleagues was doing the same tour in May and it would be good if he could secure the already-made reservations by paying the bill.
A week before departure, just like in 2018, we paid the remaining balance of the agreed amount. Three days later, since I hadn’t heard from him (the TO is based in Germany), I sent him a message to confirm he’d received the payment.
My partner joked, "And that’s when he tells us he closed the account we sent the money to." I forced a laugh... and even more so when the TO asked me which account I’d sent the balance to... "Uh, the same one as before." And then he told me he’d closed that account and maybe should’ve mentioned it earlier... uh, you think?! And of course, he needed the money sent again quickly. "Well, buddy, you’ll have to wait until I get it back!!!
It was already late, and my bank had been closed for hours. The next morning, first thing, I called my bank and explained the situation.
"Unfortunately, we can’t do anything for you; you’ll have to wait for the money to be returned." "But how long will that take?" "A few days or weeks, depending on the banks, and you should expect transfer fees."
Brilliant! :-(
After nearly 10 years of traveling almost exclusively without traditional travel agencies, had we just been scammed? I went back to the forums to reread posts about this TO from other travelers. They were all positive; no one mentioned a scam.
The next day, I searched online for the contact details of his bank in Germany. I wrote to the generic email address in English, explaining that I’d made a transfer without knowing that this gentleman had closed his bank account. The employee replied in impeccable English that the bank only responded to emails written in German. Grrr! I used a well-known translator since my German is, let’s say, rusty, and resent my email in German. The same agent replied in German that unfortunately, they couldn’t do anything for me—that if the account had been closed, an automatic rule would return the money to the sender... period, end of story!
Well, our money is lost somewhere in the "cloud," or so we hope! Wait and see!
No news from our TO, and we didn’t reach out either—we were too annoyed by the whole situation.
At the time, I had only heard of the Virunga Mountains, particularly the part in Rwanda. To be honest, Uganda had never really struck me as a destination I’d ever set foot in, and the DRC, for security reasons, didn’t particularly appeal to me.
But then, one day, I heard that Rwanda was going to increase the price of gorilla permits to USD 1,500 per person. Ouch... that seemed way overpriced, especially since we were going as a couple and I really wanted to see them twice. $6,000 for two days... Okay, it’s for my 40th birthday, but still...
At the end of 2017, I started looking more closely into our trip planned for December 2018. A stroke of luck in my schedule meant my former English teacher sent me a link to an article she’d written for her travel agency about her encounter with gorillas in Uganda. Hmm, Uganda? It was the first time I’d read about the country. Why not?
I scoured various forums in French and English and re-discovered voyageforum.com. And most importantly, I came across Ticapi’s travel journal, which I devoured in one evening, and a few months later, Muriel18’s, whose release I eagerly awaited. Wow!!! Not only can you see gorillas in Uganda, but also chimpanzees and the shoebill, not to mention the savannah and the chance to go on more classic safaris.
All that’s left is to convince my better half that Uganda is a safe country...
Usually, and now more than ever, we prefer independent travel and self-drive trips in particular. But given the proximity to the DRC border, the potentially impassable roads after rain, and rental cars that aren’t always in the best condition, we hired a guide for two weeks in December 2018. The months passed, and the excitement grew.
Three weeks before departure, I fell ill after a work trip to Asia. Darn! This time, I didn’t waste any time—I quickly saw a doctor and got rid of that virus. That was the plan! Flu or malaria? (I’d been to the Amazon six months earlier.) The doctor didn’t know; the cough only appeared a few days later. We did blood tests two days in a row to rule out malaria. So it was the flu or... pneumonia :-( ...?
The X-rays spoke for themselves—it was pneumonia, and it was already quite advanced. No big deal, I still had two weeks to recover! I religiously took my antibiotics, downed loads of vitamin C, but nothing worked—the antibiotics didn’t seem to be doing anything. I was coughing so hard I thought my lungs would come up, I was short of breath, exhausted. I’d dreamed of this trip for so long... it seemed unthinkable not to go. Five days before departure, my doctor hospitalized me—the pneumonia had worsened, and my blood oxygen levels were dangerously low. I was in tears but still in denial about what was happening to me. Besides, I’d still taken my anti-malarial, because I was determined to leave.
I spent the first day in the emergency room on oxygen 24/7. The germ causing my pneumonia was unknown to the infectious disease and pulmonary specialists. They tried a combination of antibiotics. No big deal, in four days, I’d be leaving. I harassed the doctor, who must have thought I was crazy, to find out when I could be discharged—"because, you see, doctor, I have a flight to Uganda on Saturday." On Thursday, the doctor was firm: I’d still be hospitalized on Saturday... deep down, I knew it but didn’t want to admit it. My partner handled canceling the flights, contacted our travel insurance (thankfully we had some), and I wrote to our guide (who, in the meantime, had become our tour operator) who could hardly believe it. And neither could I! We told ourselves it was just postponed and that we’d take this long-awaited trip at the end of 2019!
March 2019, the tour operator reached out to us: "Didn’t you say you wanted to go to Uganda this year? You’d better hurry and book the gorilla permits before they run out."
Oh yes, we wanted to see the gorillas. But we hesitated about rebooking. I still hoped to do this trip as a self-drive. The thing is, this year, we managed to take three weeks off, and we also wanted to spend a week in Rwanda. My partner still didn’t feel comfortable driving there. Yet, he’s driven all over the world. I respected his feelings, especially since he’s the only one who drives.
Anyway, we went back and forth but neither of us really said what we were thinking: "What if we used someone else to organize our trip?" In the end, we went with him again, made a first deposit for four gorilla permits (two days each) (not the best idea we’ve ever had), and looked into adding Rwanda to our itinerary. We’d have a guide/driver for the whole trip with mid-range accommodations.
After several back-and-forths, the itinerary was supposed to look something like this. To be honest, I got fed up after a while.
Day 1: Arrival in Kigali in the evening Day 2: Transfer from Kigali to Akagera NP Day 3: Safari in Akagera NP Day 4: Akagera NP and night in Nyagatare Day 5: Transfer from Nyagatare to Nyungwe Forest Day 6: Nyungwe Day 7: Nyungwe Day 8: Transfer from Nyungwe to Lake Kivu, Rubavu/Gisenyi Day 9: Transfer from Rubavu/Gisenyi to Kisoro/Uganda via the Cyanika border Day 10: Gorilla tracking in Mgahinga NP Day 11: Golden Monkey tracking in Mgahinga NP, night at Lake Mutanda Day 12: Gorilla tracking in Bwindi, Ruhija (later changed to Rushaga) Day 13: Queen Elizabeth NP, Ishasha sector in the morning and Kazinga Channel in the afternoon Day 14: No clear answer on activities for that day. After three attempts, I gave up. I shouldn’t have... Day 15: Chimpanzee tracking in Kyambura Gorge, night at Lake Nkuruba Day 16: Lake Nkuruba, morning activities around the lake and Bigodi Swamps in the afternoon Day 17: Transfer from Lake Nkuruba to Murchison Falls Day 18: Murchison Falls Day 19: Murchison Falls Day 20: Transfer from Murchison Falls via Ziwa Rhino Sanctuary, night in Entebbe Day 21: Entebbe – Mabamba Swamps Day 22: Mabamba Swamps in the morning, Botanical Garden in Entebbe in the afternoon, and transfer to the airport for the overnight return flight.
In April, he asked us for a substantial deposit for the accommodations and some park activities, as one of his colleagues was doing the same tour in May and it would be good if he could secure the already-made reservations by paying the bill.
A week before departure, just like in 2018, we paid the remaining balance of the agreed amount. Three days later, since I hadn’t heard from him (the TO is based in Germany), I sent him a message to confirm he’d received the payment.
My partner joked, "And that’s when he tells us he closed the account we sent the money to." I forced a laugh... and even more so when the TO asked me which account I’d sent the balance to... "Uh, the same one as before." And then he told me he’d closed that account and maybe should’ve mentioned it earlier... uh, you think?! And of course, he needed the money sent again quickly. "Well, buddy, you’ll have to wait until I get it back!!!
It was already late, and my bank had been closed for hours. The next morning, first thing, I called my bank and explained the situation.
"Unfortunately, we can’t do anything for you; you’ll have to wait for the money to be returned." "But how long will that take?" "A few days or weeks, depending on the banks, and you should expect transfer fees."
Brilliant! :-(
After nearly 10 years of traveling almost exclusively without traditional travel agencies, had we just been scammed? I went back to the forums to reread posts about this TO from other travelers. They were all positive; no one mentioned a scam.
The next day, I searched online for the contact details of his bank in Germany. I wrote to the generic email address in English, explaining that I’d made a transfer without knowing that this gentleman had closed his bank account. The employee replied in impeccable English that the bank only responded to emails written in German. Grrr! I used a well-known translator since my German is, let’s say, rusty, and resent my email in German. The same agent replied in German that unfortunately, they couldn’t do anything for me—that if the account had been closed, an automatic rule would return the money to the sender... period, end of story!
Well, our money is lost somewhere in the "cloud," or so we hope! Wait and see!
No news from our TO, and we didn’t reach out either—we were too annoyed by the whole situation.
Discussions sur le thème du mois de juillet 2019: "Le vin dans le monde"
Ici le fil de discussion autour du thème du mois, commentaires, questions et photos Off...
Retour au concours ici : https://voyageforum.com/v.f?post=9688856;
Retour au concours ici : https://voyageforum.com/v.f?post=9688856;
Êtes-vous des photographes compulsifs?
Bonjour!
Je suis en train de faire le ménage dans mes cartes SD (plusieurs vieilles désuètes, trop lente et trop petites...!). Je suis une photographe un peu compulsive quand je m'y met, et là, je me questionnais, pour le fun :
Combien de photo avez-vous pris, pour un voyage de quelle durée?
Je commence :
Ouest Américain : 19 jours - environ 2500 photos...
Je suis en train de faire le ménage dans mes cartes SD (plusieurs vieilles désuètes, trop lente et trop petites...!). Je suis une photographe un peu compulsive quand je m'y met, et là, je me questionnais, pour le fun :
Combien de photo avez-vous pris, pour un voyage de quelle durée?
Je commence :
Ouest Américain : 19 jours - environ 2500 photos...










