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Voyage en Afrique de l'Ouest
A chacun son aventure
Tout voyage est une aventure, une entreprise plus ou moins hasardeuse, tout au moins une rupture avec ses habitudes, son quotidien. Tout voyage en Afrique est une Aventure, c’est un projet où la part de l’imprévu est toujours très grande. Voyager sur ce continent, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre en utilisant un ou différents modes de transport. Voyager, ce n’est pas seulement prendre son billet, se présenter à l’heure prévue pour partir, lire un bon livre pendant le trajet et arriver à destination frais et dispos pour commencer de nouvelles découvertes. Non, voyager en Afrique, c’est dès l’achat de son titre de transport se lancer dans une aventure dont on ne sait jamais très bien à l’avance où elle vous mènera. C’est non seulement une aventure du fait des bouleversements, des changements de dernière minute, des évènements favorables ou contraires, c’est aussi et surtout une aventure humaine. C’est partir à la rencontre des gens, de personnages et c’est enfin se rencontrer soi-même, apprendre à mieux se connaître, à éprouver sa patience, sa capacité à se sortir de situations inédites, à improviser. C’est en tout cas être bousculé au sens propre comme au sens figuré. Préparatifs ou le voyage en théorie
08 Mai 1999, il est 16h30 à Dalaba, bourgade au cœur du Fouta Djalon en Guinée et rien ne laisse présager les grandes décisions que nous allons prendre et qui vont bouleverser nos vies, …, quoique ! ? Attablés autour d’une « Skol », ou peut-être bien de plusieurs, dans le restaurant le « Silence », quartier Sily, je me trouve en face de Aliou, mon ami togolais, propriétaire dudit restaurant. A cette heure là, une petite bière bien fraîche, comme on dit « ça passe ». Bon, c’est vrai les bières ne sont en fait pas très fraîches, le courant étant encore rare à cette époque de l’année à Dalaba, mais peu importe, on en est plus vraiment à ça près. D’ailleurs, avec bière fraîche ou non, notre discussion s’auto abreuve de nos déboires respectifs. Il faut dire que l’on forme à nous deux une fine équipe. Aliou est menacé de prison suite à un conflit commercial avec un concurrent guinéen, qui a pris une ampleur à peine croyable. Il est en fait accusé d’avoir détourné une partie de la clientèle de l’hôtel du Fouta. L’affaire est remontée jusqu’au Préfet et au Palais de Justice. Il a même été mis en garde à vue pour quelques heures. Bref il ne fait pas bon être étranger à Dalaba en cas de conflit avec un ressortissant guinéen. Quant à moi, j’ai été poussé à démissionner de mon poste de responsable de l’Office de Tourisme. Je suis par ailleurs poursuivi par le percepteur local suite aux accusations de mes anciens collègues et accusé d’avoir détourné de l’argent du projet que j’ai largement financé sur fonds propres. Je me sui entendu dire plus d’une fois : « tu n’es pas d’ici, si tu n’es pas content il faut rentrer chez toi ». Bref l’ambiance est vraiment lourde. Quelques jours auparavant, nous nous étions déjà retrouvés et nous avions envisagé de changer d’air, de quitter Dalaba pour quelque temps, son air devenant vraiment irrespirable pour nous. Aujourd’hui, l’idée a mûri et est devenue projet : nous quitterons Dalaba la première quinzaine de juillet pour un voyage à travers l’Afrique de l’ouest dont l’objectif ultime sera d’atteindre Vogan au Togo, village natal de Aliou. Nous envisageons même de nous installer dans ce pays ou un pays limitrophe, si des opportunités existent. Nous portons un toast à notre voyage en le ponctuant comme il se doit d’un « inch Allah » convaincu. Y’a plus qu’à !
De retour chez moi, mon premier réflexe est de consulter le guide du routard sur l’Afrique noire pour mieux visionner le trajet à suivre, connaître les frontières que nous aurons à traverser et envisager les différents parcours et modes de transport possibles. Premier constat : Vogan c’est vraiment pas la porte à coté. Plus de 2000 kilomètres à travers quatre pays : Guinée, Cote d’Ivoire, Ghana, Togo. Enfin peu importe tant qu’à partir, autant voir le maximum du vaste monde.
Deuxième constat, il va falloir se préparer un peu, … beaucoup ! avant de se lancer dans ce qui s’annonce déjà comme une sacrée aventure.
C’est dans cette optique que deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau. Cette fois-ci, nous sommes quatre pour discuter un peu plus en avant des modalités pratiques de notre voyage. Mme Aliou et Oumou, mon amie se sont jointes à nous. Elles aussi seront de l’aventure. Un premier dilemme se pose à nous : la deuxième semaine de juillet, la saison des pluies est déjà bien avancée en Guinée et dans la sous-région. Peut-on alors envisager de passer par la route en empruntant un taxi pour traverser la Guinée du Nord au Sud et entrer en Côte d’Ivoire, sachant que les pistes risquent d’être difficiles ou est-il plus prudent d’envisager un voyage par la route jusqu’à Conakry, de prendre l’avion Conakry-Abidjan pour éviter les mauvaises pistes du sud guinéen et de l’ouest ivoirien, même si le coût du voyage serait alors beaucoup plus élevé. Bison futé n’ayant pas encore traversé la mer et Buffle rusé n’ayant pas encore vu le jour sous les tropiques, la seule solution est de se référer aux expériences passées des uns et aux témoignages des autres pour se faire une idée des risques encourus. Bref rien de très sur mais en l’occurrence des témoignages pas très engageants recueillis par Mr et Mme Aliou, du style : « entre truc et la frontière c’est bon, mais après quelques kilomètres c’est l’enfer. Des trous partout, plein de flotte. En plus il y a plein de camions qui creusent la piste et qui parfois la bloquent en s’embourbant. Mais enfin avec un bon taxi, sous entendu un bon véhicule et un bon chauffeur, ça passe jusqu’à « machin ». Si, si je vous assure ! Inch Allah ! ». Sur la base de ces récits, le choix concernant le mode de transport sur ce tronçon de notre voyage est donc reporté à plus tard, mais l’idée d se renseigner plus précisément sur les vols Conakry – Abidjan est, elle, acquise. Pour ce qui concerne, le parcours entre Abidjan et Lomé, pas de problème : la compagnie de bus « STIF » assure des liaisons régulières entre ces deux villes à des tarifs abordables. Adopté sans discussion. Là les témoignages sont vraiment convaincants. Le seul petit détail dont on se mordra les doigts plus tard, c’est que les infos datent un peu.
Autre aspect pratique qui nous préoccupe pour ce voyage, c’est bien sur les passeports, visas et laissez-passer nécessaires aux uns et aux autres pour pouvoir traverser les frontières sans trop de soucis notamment financiers. Décision est donc prise de se rendre tous ensemble à Conakry pour régler ce problème au début du mois de juin. Ce sera aussi l’occasion de prendre tous les renseignements concernant les vols vers Abidjan.
10 Juin 99, nous voici à Conakry, comme prévu trois semaines plus tôt. Nos premières démarches nous amènent chez un parent de Aliou qui doit nous servir d’intermédiaire avec le Consul du Togo à Conakry pour avoir les laissez-passer pour Aliou et sa femme et un visa pour moi, d’ailleurs non nécessaire d’après un document sur le Togo fourni par notre intermédiaire. Faut pas chercher à comprendre ! Nous lançons malgré tout le processus moyennant bien sur quelques billets de 5.000 FG et des photos d’identité. Rendez-vous est pris début juillet pour récupérer tous ces documents. Pour Oumou, pas besoin de visa. Il lui suffit d’avoir un passeport de la CEDEAO pour entrer dans tous les pays que nous aurons à visiter. Reste plus qu’à se procurer ce passeport, ce qui à priori ne semble pas évident surtout connaissant l’administration locale. Et là surprise ! Oumou nous parle d’un de ses oncles qui peut lui procurer ce document rapidement. Un peu incrédules, nous partons le rencontrer pour lui présenter notre projet. Après les présentations d’usage, nous exposons le but de notre visite. Sans hésitation, il nous donne rendez-vous pour le lendemain dans un bureau de l’administration. Il connaît quelqu’un qui devrait pouvoir nous aider. A l’heure dite, nous nous retrouvons comme prévu. Après quelques démarches dont entre autre l’achat d’un certificat médical, sans visite, à l’hôpital, quelques prises de contact dans différents bureaux de la capitale, nous voilà au ministère de l’intérieur accompagné d’un cadre de la dite administration. Après avoir remis la somme et les papiers demandés ainsi que deux photos, à notre bon samaritain, nous le voyons disparaître dans un bureau. Moins d’une heure plus tard, il ressort avec un passeport de la CDEAO au nom de Oumou. Je dois dire que je suis complètement bluffé. Mais ce n’est qu’une confirmation de plus de l’importance des relations et de la capacité de pouvoir les mobiliser au moment voulu ! Après moult remerciements à l’oncle, nous nous séparons en promettant de venir le voir à notre retour pour lui raconter nos aventures. Il ne nous reste plus qu’à nous renseigner sur les vols vers Abidjan. Direction l’avenue de la République où se concentre l’ensemble des agences des compagnies aériennes présentes en Guinée. Après avoir pris des renseignements dans les agences d’Air Ivoire, d’Air Afrique et Air Guinée, il apparaît qu’Air Ivoire propose les tarifs les plus attractifs. Ne pouvant ni réserver, ni payer les billets à l’avance, nous remettons à notre prochain voyage à Conakry la conclusion de nos démarches.
Ayant fait le tour des problèmes que nous étions venus traiter à Conakry, nous décidons de repartir vers Dalaba.
La saison des pluies est maintenant bien installée. A Dalaba, c’est synonyme de froid et d’humidité persistante. On peut passer des journées entières dans le brouillard sans voir le soleil et la température peut baisser jusqu’à 10 ou 12°C. Un pull s’impose alors notamment en début ou fin de journée. De plus l’humidité est tellement présente que rien ne sèche et bien au contraire tout à tendance à moisir. Il faut profiter du moindre rayon de soleil. Les petits fourneaux sont bien utiles dans les maisons pour assécher l’atmosphère. Bref c’est une période de l’année pas très réjouissante.
Dans cette ambiance quelque peu déprimante, un mois se passe, agrémenté de rencontres au « Silence » où nous échafaudons des projets d’avenir, hors de Guinée. Pour moi, c’est devenu un mal nécessaire et pour Aliou la pression ne se relâchant pas, l’idée de quitter définitivement la Guinée se fait de plus en plus précise.
Enfin l’heure de prendre la route a sonné. Je décide donc de revendre tout ce que je peux et c’est vraiment rageant quand je pense au temps qu’il m’a fallu pour acquérir tout ça. Je solde l’essentiel : moto, vélos, groupe électrogène et je donne l’autre partie dont mon lecteur radio-cassette, l’antenne parabolique que j’ai acheté pour l’installer à l’hôtel reste en place. Je ramasse les quelques affaires qui me restent et qui tiennent dans un sac et une valise non compris mon ordinateur portable qui a sa propre sacoche. Nous prenons la route en cette première semaine de juillet pensant bien ne plus remettre les pieds à Dalaba. Le destin en décidera autrement.
A l’arrivée à Conakry, après un voyage sans histoire, nous nous arrêtons comme à chaque passage au kilomètre 36. D’ailleurs on n’a pas le choix. Mais là surprise, après un premier contrôle de nos papiers d’identité, un deuxième homme en uniforme se présente. Il veut à son tour contrôler nos pièces arguant qu’il fait partie de la brigade de lutte contre le trafic de drogue. Devant notre peu d’empressement à lui présenter nos papiers, il s’impatiente. Il veut maintenant fouiller tous les bagages. Début de discussions interminables où chacun reste sur ses positions. L’homme en tenue ne veut pas lâcher prise surtout qu’un « blanc » en l’occurrence moi, est impliqué. L’occasion est trop belle de gagner le « prix des cigarettes », voire plus. Finalement nous descendons nos bagages à main et les sacs du coffre (les valises sur la galerie resteront en place) pour la fouille qui se fait dans un petit bureau sombre où règne un « chef », qui s’y croit vraiment. Mon tour arrive, l’agent chargé de la fouille relève ses manches et me présente ses bras, l’air de dire vous voyez je n’ai pas de petits sachets de poudre à glisser subrepticement dans votre sac. Il fouille le sac et en retire mon vieil opinel qu’il tend à son chef. Devant mes interrogations, le chef me dit calmement et avec tout son sérieux : « avec les troubles dans les pays voisins et l ‘entrée de rebelles en Guinée, il est devenu interdit de circuler avec des armes blanches. Votre couteau est confisqué ». J’essaye de protester mollement mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. Là encore, un billet me permettrait certainement de récupérer mon « arme blanche », mais comme elle n’a pas beaucoup de valeur je préfère en rester là. Diouma, mon collègue de travail qui a fait la route avec nous, est resté dans le bureau pour négocier. Il est très attaché à son couteau suisse, qu’il a reçu en cadeau. Après 3, 4 minutes de discussions, il ressort avec son couteau. 5.000 FG lui ont permis d’avoir un passe-droit pour circuler avec son « arme blanche », tout au moins de le récupérer. Au final je retiendrais de cette expérience une règle essentielle à ne jamais oublier : un homme en tenue a toujours raison, même quand il a tord et mieux vaut le respecter, même si lui oublie bien souvent le respect de son propre uniforme. Mais là n’est pas le problème. Le système est bien en place et vouloir le mettre en cause surtout pour un étranger est non seulement utopique mais risqué voire dangereux. Bref, l’incident clos après environ 1 heure d’attente et de discussion, nous reprenons enfin la route pour le centre ville de Conakry. Nous retournons au « Tanois », petit hôtel tenu par un Ivoirien, situé dans un quartier calme proche de l’aéroport (Matoto, près de la station Mobil). C’est en fait une maison de particulier qui a été réaménagée en hotel-restaurant. Pas le grand luxe, mais enfin le minimum de confort et de propreté pour un prix raisonnable. Et puis on y mange de très bons poissons braisés avec aloko et athiéké. Bien sur il faut être un peu patient, car le plus souvent les produits pour préparer le repas demandé sont achetés sur le marché voisin selon la commande passé. Il est donc assez prudent de s’y prendre un peu à l ‘avance. Après une nuit paisible, nous nous rendons à Air Guinée. Suite à différentes démarches et prises de contact réalisées par Mme Aliou, il semble qu’Air Guinée propose des tarifs vraiment très intéressants. Le fait de connaître un agent ou tout au moins d’être recommandé auprès de lui a déclenché une baisse assez sensible des tarifs. Pourquoi, comment, à qui cela profite-t-il ? Cela restera quelque peu mystérieux et un peu inquiétant : jusqu’à notre départ effectif, je me poserai la question de savoir si on aura bien une place. Mais pour le moins la gestion de cette compagnie ne semble pas vraiment répondre aux critères de la bonne gestion couramment acceptés. Il suffit pour s’en convaincre de rentrer dans le bureau de la responsable d’agence : malgré un toc-toc d’usage avant d’entrer, nous la trouvons allongée pour ne pas dire vautrée sur une banquette de son bureau en train de faire la causette avec une autre personne et elle ne daigne pas faire le moindre mouvement pour nous saluer. Le bureau est par ailleurs vierge de tout dossier, document, matériel informatique : étonnant ! Finalement après une attente assez courte, nous payons nos billets en liquide, l’argent étant encaissé directement par l’agent, dans une sacoche qu’il promène en permanence avec lui. Surprenant, mais bon l’essentiel pour nous est d’avoir nos billets à un tarif raisonnable et surtout de partir le plus vite possible. Notre départ est prévu un jeudi midi.
Il ne nous reste plus qu’à récupérer nos laisser-passer et visas pour le Togo qui sont censés, nous permettre de traverser Cote d’Ivoire et Ghana pour arriver au Togo. A un détail prêt, cela se vérifiera ! Quand nous arrivons, tout est prêt. Nous récupérons nos papiers. Pour ce qui me concerne, c’est une feuille à en-tête du consulat du Togo, demandant aux autorités sur place de me faciliter l’obtention d’un visa pour séjourner dans ce pays. Pas grand chose à voir avec un visa ou un laisser-passer, mais en l’occurrence je laisse passer sans faire-part de mes doutes quant à la validité de ce papier pour traverser Cote d’Ivoire et Ghana. Quelle erreur !
Nous sommes donc enfin prêts pour la grande aventure.
Entre temps, Aliou et sa femme Claudine se sont fait toute une scène à base de jalousie, de problème d’argent et j’en passe et des meilleurs. Bref, elle ne partira pas avec nous.
Le voyage : de la théorie à la pratique
Deux jours plus tard pour nous trois, c’est le départ. Rendez-vous à l’aéroport avec notre bienfaiteur de l’agence Air Guinée qui nous aide à faire passer nos kilos en trop à la douane. Mais il faudra quand même en payer quelques-uns uns car le dépassement est vraiment trop important. On s’exécute et bien sur sans facture et en liquide … L’embarquement se passe bien avec très peu de retard, de même que le décollage. Au programme un peu plus d’une heure de vol dans un avion qui a justement quelques heures de vol au compteur. L’équipement intérieur est vraiment délabré et c’est à vrai dire un peu angoissant. A la grâce de Dieu. Durant ce vol, un feuilleté fourré et chaud nous est servi emballé dans un papier alu. Pas de fioriture, mais à vrai dire ma préoccupation reste centrée sur notre arrivée. D’ailleurs va-t-on arriver ? Si l’on voulait prendre un équivalent terrestre de notre avion, il correspondrait à une de ces vieilles 404 sans age qui roule vaille que vaille sur les routes de Guinée.
1ère étape : Abidjan Et bien oui, on est arrivé sans encombres. Débarqués dans une chaleur étouffante, nous nous dirigeons à pied vers l’aérogare où nous attend l’épreuve du passage de la douane. Il faut bien dire qu’à ce moment précis, j’ai l‘estomac qui fait des nœuds et je me demande à quelle sauce je vais être « mangé » par les douaniers ivoiriens. Après le traditionnel remplissage des formulaires et une longue attente, me voilà au niveau du box des douanes. L’heure de vérité est arrivée. Je tends alors mon passeport et je déplie mon beau papier aux couleurs du Togo. La sentence est immédiate : « mais ce papier n’est pas valable, Monsieur, pour rentrer en Cote d’Ivoire ! » Ce qui devait arriver s’est effectivement produit. Merci le consul du Togo à Conakry qui a au passage encaissé quelques milliers de FG. Je me sens vraiment très petit et tout con. J’essaye fébrilement de discuter et de dire ma bonne foi. Mais rien n’y fait ! Je me vois mal reprendre le prochain avion en sens inverse surtout que Aliou et Oumou sont passés sans problème et qu’ils ont été écartés de moi. Je me décide donc à poser la question fatidique : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Le douanier très tranquillement me dit alors : « on va s’arranger, mettez-vous de coté en attendant que tout le monde passe ». Je m’exécute en me demandant combien cela va me coûter. Le dernier voyageur passe. L’heure des négociations est donc venue. Je sais que ma marge de manœuvre n’est vraiment pas large, mais aussi qu’il ne faut pas que je me laisse bouffer tout cru. Le douanier sans détours et d’ailleurs pourquoi en faire, me demande 50.000 francs CFA pour fermer les yeux. Au jeu des annonces, je réponds que je peux payer 20.000 CFA. La balle est dans son camp et lui relance en réclamant 40.000 minimum, à prendre ou à laisser. Je termine en jurant que je ne peux payer plus de 30.000 CFA, qu’il accepte finalement. Il faut dire qu’avec cette somme, il a bien gagné sa journée. La négociation étant terminée, il faut payer. Et alors là, panique. J’ai tellement bien caché mes billets de CFA, qu’il me faut plusieurs minutes pour sortir la bonne liasse, qui comble de malchance est agrafée. L’opération qui demandait discrétion et rapidité, s’éternise donc et attire l’attention du douanier occupant le box voisin. Il n’est pas dupe et a très bien vu notre petit manège. A peine ai-je tendu les 30.000 CFA à mon interlocuteur, le voilà qui m’interpelle en ces termes : « il faut me faire avorter ! ». Moi qui croyait en avoir fini, je vois soudain l’engrenage dans lequel je suis pris et l’angoisse m’étreint de nouveau. Je bafouille alors quelques mots d’excuses , arguant que vraiment je ne peux plus cracher au bassinet et là heureusement, mon premier interlocuteur intervient pour dire à son collègue de laisser. Il faut dire, mais ça je m’en rendrai compte plus tard, qu’il avait très bien gagné sa journée. En effet croyant lui tendre 30 000 CFA , je lui avais en fait remis 60 000 Francs CFA. L’habitude des coupures de 5 000 FG m’avait induit en erreur. Pensant avoir en main six billets de 5 000, j’avais six billets de 10 000. Au final, je me sors donc de cette délicate sans trop de dommages à la différence de mon portefeuille. Nous n’en sommes qu’au tout début de notre périple, et il s’annonce déjà sous les meilleurs auspices … ! D’autant qu’à cet instant précis, j’ai certes passé la douane, mais je n’ai toujours aucun visa, ni papier m’autorisant à être dans ce pays. Je suis clandestin en Côte d’Ivoire. Sensation bizarre, où l’on se sent soudain vulnérable, à la merci d’un contrôle policier pouvant avoir de plus ou moins graves conséquences. Je ne suis pas très à l’aise dans mes baskets, même si je sais par ailleurs que tout peut se négocier.
Après avoir enfin retrouvé mes camarades qui ont déjà récupéré nos bagages, nous sortons enfin de l ‘aéroport. Après la discussion d’usage avec un chauffeur de taxi pour nous amener en ville et trouver un hôtel (« combien pour nous amener à l’hôtel ?»), nous prenons la route d’Abidjan et plus particulièrement du quartier « Deux plateaux ». L’une des rares occasions qui nous permet de découvrir la ville d’Abidjan avec ses grandes avenues, ses buildings, ses feux rouges qui fonctionnent (incroyable). Bref, une grande capitale africaine moderne. Plus d’une heure d’attente dans les embouteillages et quelques recherches plus tard, notre chauffeur nous dépose dans un petit hôtel « les Rosiers », simple, pas trop cher et tout à fait correct. Enfin du repos, de la tranquillité ! Après un repas, poulet grillé avec sauce, banane plantain et atiéké préparé par des nigériens sur le bord de la route (tout à fait excellent), nous pouvons nous laisser bercer par la nuit ivoirienne. Le lendemain en début de matinée, en route pour « STIF », la société de bus qui nous a été si vivement recommandée depuis la Guinée. Les bureaux de la société se situent dans un quartier chaud d’Abidjan, Adjamé, à proximité d’un marché, là où les braquages et vols à mains armées sont fréquents paraît-il. Notre chauffeur de taxi nous conseille de ne pas trop prolonger notre visite au-delà du nécessaire. Dès notre arrivée sur place, nous prenons les renseignements utiles à la suite de notre voyage. Une chose est sure, il me faudra me procurer un visa pour traverser le Ghana. Nous sommes vendredi matin et un bus doit partir le lendemain pour Lomé. Autant dire qu’il nous reste peu de temps pour l’obtenir. Ca tombe bien, nous ne comptions pas nous attarder dans le coin. Notre taxi ayant patienté (nous sommes de bons clients !?!), nous prenons la direction de l’ambassade du Ghana. Après quelques recherches, nous trouvons l’ambassade dans laquelle nous entrons pour exposer notre problème. Heureusement Aliou est là. Il n’hésite pas à forcer carrément la situation d’autant que nous avons rencontré sur place un togolais en charge d’établir les dossiers pour les visas. Finalement, un visa normalement délivré en 48 heures contre une somme de 4.000 CFA, nous l’obtenons en 4 heures de temps contre une somme de 7.000 CFA et grâce à un petit tour de passe-passe (un dossier anti-daté de 48 heures). Qui a dit que l’efficacité était absente d’Afrique ? Dans notre malheur, nous avons en fin de compte de la chance. Une dernière soirée à Abidjan, une dernière nuit, samedi est là et nous sommes fin prêts pour partir. Oui mais voilà, STIF ne semble pas être dans les mêmes rails que nous. Après l’achat de nos billets, une heure, deux heures, quatre heures passent. La pagaille augmente, mais toujours aucun signe de mise en route et d’autant moins que notre bus n’est toujours pas arrivé. Devant la pagaille ambiante et l’absence d’informations fiables, plusieurs passagers potentiels demandent à être remboursés et quittent la gare routière. Après plus de six heures, un bus arrive enfin. La ruée est à la hauteur de l’attente : démesurée. Pourtant l’information étant inexistante, personne ne sait exactement quelle doit être sa destination. Seuls les initiés semblent y comprendre quelque chose et tirent leur épingle du jeu, que nous ne trouvons vraiment pas drôle du tout. Le bus se remplit après une foire d’empoigne sans nom et part nous laissant sur le carreau. C’est là toute notre chance, il semble que son terminus était Accra au Ghana. L’épisode STIF continue donc et l’attente aussi. La nuit tombe et toujours aucune certitude quand à notre départ. La fatigue s’accumule et l’angoisse monte surtout que certains voyageurs quittent la gare routière en nous conseillant de faire de même : « vous savez ici ce n’est pas sur la nuit, les bandes armées rodent, plusieurs fois la gare a été attaquée ». Ambiance ! Mon ordinateur, mon argent de poche, qui représente quand même l’équivalent de 25.000 francs français ce jour là, en frémissent encore. Quant à moi, je ne fais pas le fier. Nous décidons finalement après une heure d’attente vaine de retourner à l’hôtel que nous avons quitté le matin pour passer le reste de la nuit. Prudence, prudence. Aliou lui préfère rester à la gare au cas où la situation se décanterait. Epuisés de cette journée à rebondissements, nous nous retrouvons donc à hôtel « les rosiers » espérant bien passer une nuit tranquille en attendant de nous replonger dans la pagaille. Oui mais voilà, à peine deux heures après nous être couchés, Aliou débarque d’un taxi pour nous ramener à la gare voiture, soit disant qu’on ne sait jamais le départ pourrait bien avoir lieu plus rapidement que prévu. Nous revoilà donc de nouveau en route vers la gare STIF, complètement dans les brumes d’un sommeil interrompu un peu rapidement et allégé de 10.000 CFA pour une nuit de deux heures ! A la gare STIF, rien n’a changé. Les voyageurs en attente sont installés pour dormir, tant bien que mal sur les bancs en bois et par terre. Il ne nous reste pas beaucoup de place pour nous poser, tout juste de quoi nous asseoir. Mais enfin on en n’est plus à cela prêt. L’attente reprend donc et toujours pas de bus en vue., ni de personnel STIF . Par contre le ciel ivoirien nous a réservé une petite surprise. Il se met en effet à pleuvoir et de plus en plus fort. Une pluie comme on en voit souvent en cette saison sous les latitudes tropicales. Heureusement nous sommes à l’abri, du moins c’est ce que nous pensons, jusqu’au moment où à l’extérieure nous voyons le niveau d’eau monter dangereusement. Après plusieurs minutes de déluge, l’eau commence à s’engouffrer dans la gare voiture, malgré les louables efforts des gardiens censés nous protéger contre les bandits et qui se retrouvent à écoper le « navire en perdition ». L’eau, plus que douteuse, chasse donc les dormeurs installés à même le sol et tout le monde se retrouve debout sur les bancs essayant de protéger bagages et autres colis. L’eau monte inexorablement et la pluie de continuer à tomber. Nous commençons sérieusement à envisager le pire et notamment à redouter de bientôt ne plus pouvoir rester au sec. Ce ne serait que la suite logique des événements de ces derniers jours !? Ambiance de catastrophe. Les éléments sont plus forts. Rien ne semble pouvoir arrêter la pluie. Mais non, notre pessimisme est finalement démenti par le ciel. La pluie cesse et la montée des eaux avec. Elle n’aura atteint que 15/20 cm de hauteur dans la gare. L’évacuation de l’eau et le nettoyage (boue et déchets divers) peuvent commencer dans la bonne humeur retrouvée, enfin presque. Cet épisode aura eu au moins un avantage, ils nous aura occupé et fait un peu oublier cette attente qui s’éternise. Jusqu’aux premières lueurs du jour, nous ne verrons aucun employé de STIF, mis à part nos compagnons d’infortune, les gardiens.
Est toujours récompensé qui sait attendre. Telle pourrait être la conclusion de cette épreuve pour les plus philosophes. Pour ma part ce serait plutôt du genre : « et bien, p… c’est pas trop tôt, quelle bande d’enf… ces gens de STIF ». Bref. Un bus est enfin entré dans le parc quasiment 24 heures après notre arrivée. L’info est toujours aussi floue quant à sa destination et à l’heure de son départ, mais « ce ne peut être que le nôtre ». Arrive aussi notre hôtesse STIF qui doit nous accompagner tout au long de notre voyage vers le Togo. Elle nous confirme que le bus en gare est bien le nôtre et c’est déjà pas si mal. Le départ est imminent ! enfin presque. Il faudra quand même attendre encore que les bagages soient chargés, que le chauffeur soit présent pour que, à notre tour, nous commencions à embarquer. Et là surprise. Ce qui, tout au moins je le pensais (quel naïf) devait se passer dans le calme et l’ordre se transforme de nouveau en foire d’empoigne. STIF au travers de ses employés se distingue de nouveau par son incompétence en matière d’organisation. Pourtant les billets sont nominatifs, et il eut été si simple d’appeler les passagers les uns après les autres. Solution beaucoup trop simple semble-t-il. Nos amis de STIF nous regardent donc nous bousculer en nous encourageant même à plus d’ardeur. « Si vous voulez monter, il va falloir pousser » me dit un des gardiens de la nuit qui se tient à la porte du bus. Etant entouré de femmes et d’enfants, j’ai quelques scrupules, mais qui s’effacent assez vite sous la pression physique des uns et des autres. Heureusement Aliou, qui lui n’a pas hésité une seconde, est monté depuis longtemps et quand nous pénétrons enfin dans le véhicule, il nous a réservé deux places. Quelques passagers restent sur le carreau ; visiblement le surbooking est une pratique courante ici aussi. Il faut dire qu’au vu des conditions avant et pendant l’embarquement, les désistements doivent être nombreux. L’essentiel pour nous, c’est que l’épreuve est enfin terminée, le voyage peut se poursuivre. Nous prenons la route de la frontière ghanéenne à travers une forêt dense. Tout se passe très bien tout au long du trajet, y compris aux différents barrages dressés par des hommes en tenue en pleine forêt au milieu de nulle part. A la frontière du Ghana, l’arrêt est un peu plus long. Vérification d’usage des passeports, mais aussi des carnets de vaccination (avec ou sans tout le monde doit payer sauf les blancs), et fouille des bagages en soute. Rien de vraiment extraordinaire donc. Nous traversons le pays sans problème et sans arrêt jusqu’à Accra. Les villes ghanéennes sont comme beaucoup de villes africaines, mais se distinguent par le hérissement d’antennes de télévision qui émergent au dessus des toits des maisons. Pourquoi de façon si systématique et caractéristique, cela reste un mystère pour nous. A Accra nous faisons un arrêt à la gare STIF, où nous retrouvons un bus parti 36 heures avant nous qui est tombé en panne. Les passagers sont donc resté bloqués là deux nuits dans des conditions pour le moins sommaires. Chacun semble prendre son mal en patience. Ainsi vont les voyages en Afrique de l’ouest.
Après environ 8 heures de route à un rythme soutenu, nous approchons de la frontière togolaise. Il faut dire que notre chauffeur n’a pas fait dans la dentelle. Malgré le mauvais état de certaines routes, il n’a à aucun moment relâché la pression sur l’accélérateur faisant le yoyo sur son siège monté sur ressorts. Malheureusement, nous n’avions pas les mêmes fauteuils ! Malgré tout, notre hôtesse de choc nous fait part de son inquiétude de ne pas arriver à temps pour pouvoir passer les douanes. Gloups ! Nous nous voyons déjà en train de bivouaquer au bord de la route avec nos copains les moustiques. Et c’est bien sur, à ce moment là que la panne survient. Dans le dernier village ghanéen avant la frontière, notre chauffeur s’arrête préoccupé. Les freins ne répondent plus normalement. Arrêt au bord de la route, tous les passagers descendent inquiets de cet incident. Le chauffeur sort deux ou trois outils qui constituent sa seule panoplie pour réparer. Il se glisse alors sous le bus et commence à opérer au niveau des freins arrière. Une odeur de caoutchouc brûlé s’échappe de cette partie du bus. Oh, oh, pas normal ça ! Nous prenons une fois de plus notre mal en patience en commençant à envisager avec un peu d’appréhension une nuit dans des conditions délicates !? Après 15, 20 minutes, l’issue semble en vue. Et effectivement 30 minutes après notre arrêt, nous regagnons tous notre place et reprenons la route. Direction la frontière. Enfin elle est en vue et miracle ! elle est encore ouverte. Soulagement général. Après les formalités douanières, sans problèmes particuliers, nous voilà à Lomé Togo.
2ème étape : Lomé La chasse au taxi s’ouvre alors, pour nous suivre à la gare STIF et nous emmener en ville. De nombreux taxi-moto se pressent autour de nous pour nous proposer leur service ne voyant pas nos bagages à nos cotés. S’il pouvait, ils nous tireraient sur leur selle pour nous accompagner là où nous n’allons pas. Tout cela reste cependant très bon enfant. Pendant notre attente, nous observons tout ce qui se passe autour de nous et notamment les « changeurs de monnaie ». Aliou nous explique comment ils arnaquent leur client en pliant en deux les billets dans les liasses. Ils comptent ainsi deux fois le même billet. Détail bon à connaître ! Après quelques minutes, Aliou a réussi à négocier avec un taximan qui est prêt à nous accompagner. Arrivés à la gare STIF, nous sommes vraiment pressés de récupérer nos bagages et d’en finir avec cette compagnie qui nous aura, comme on dit « fatigué ». Mais nos amis de STIF en ont décidé autrement. Ils nous font poireauter plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à ouvrir les soutes. La tension monte, mais tout le monde est tellement fatigué que rien de grave ne se passe. Nous récupérons finalement nos affaires et les chargeons jusqu’à la gueule dans la taxi qui nous a malgré tout attendu. En route pour le centre de Lomé, à la recherche d’un hôtel. Aliou ayant quitté le pays depuis plus de dix ans déjà, nous nous en remettons aux connaissances de notre chauffeur. Nous recherchons un hôtel pas trop cher, mais avec un confort minimum. La fatigue aidant et la nuit étant tombée depuis un bon moment déjà, nous choisissons l’un des premiers établissements auquel le chauffeur nous a accompagné. La nuit est à 10.000 CFA avec climatisation, douche et télévision. Les chambres sont mal foutues et très exiges (quand on allume la clim située juste au-dessus de la tête du lit, on a l’impression d’être entouré d’un régiment de ronfleurs enrhumés) , mais enfin pour une nuit peu importe. Dernière épreuve de la journée, trouver à manger. Nous désignons Aliou pour relever le défi. Sa quête à l’extérieur de l’hôtel ne dure pas longtemps : il revient avec un plat de riz accompagné d’un mélange de légumes peu appétissant. Notre faim s’en trouve soudain fortement diminuée. Nous nous couchons donc le ventre quasi vide et saoulés de fatigue. Le lendemain nous nous rendons au ministère de l’intérieur où je dois faire prolonger mon visa. Nous trouvons difficilement le lieu qui est en fait situé à coté de l’ancienne primature à l’abandon. Les bureaux sont, comme dans beaucoup d’administration d’Afrique, mal équipés (seulement quelques tables et chaises et d’antiques machines à écrire mécanique), mal organisés et beaucoup de personnel qui n’a pas l’air surchargé de boulot. Après quelques hésitations pour trouver le bon bureau, nous arrivons enfin à avoir les renseignements sur les pièces à fournir pour l’obtention du précieux sésame. Il faut des photos d’identité, le passeport, remplir plusieurs fiches et bien sur encore payer. Ce n’est que la troisième fois que l’on me demande de l’argent pour entrer et rester au Togo ?! Malgré les protestations de Aliou qui essaye d’expliquer mon cas et les démarches que nous avons déjà menées, nous devons nous plier aux règles établies. D’ailleurs, la personne que nous avons en face de nous ne semble pas disposée à discuter et se montre même assez cassante. Comme dira Aliou en sortant : « de toute manière ce gars est du Nord (du pays), la région du Président et moi du Sud, on ne peut pas se comprendre ». Nous repartons donc faire les photos, que je n’avais pas prévu, pensant naïvement que le papier délivré par le consul du Togo à Conakry faciliterait la procédure ici. Un aller-retour chez le photographe plus tard, nous arrivons juste à temps avant la fermeture des bureaux. Notre interlocuteur prend quand même mes papiers, tout en me faisant bien comprendre qu’il me fait une faveur car l’heure est dépassée. Peu importe finalement, l’essentiel étant d’avoir des papiers en règle. Nous devons revenir 3 jours plus tard.
En attendant, nous décidons de partir directement pour Vogan, le village natal de Aliou. Après quelques coups de téléphone à certains de ses parents, nous voilà donc de nouveau sur la route en taxi. Nous couvrons la distance qui nous sépare de Vogan sans encombres avec bien sûr quelques arrêts aux différents points de contrôle policier où il s’agit d’expliquer ce que nous venons faire par-là.
3ème étape : Vogan A l’arrivée à Vogan, comme nous en avons pris l’habitude maintenant, nous nous mettons à la recherche de notre logement pour les jours à venir. Après une visite à la maison d’accueil de la Mairie où il n’y a qu’une chambre de libre, nous nous rendons dans un petit hôtel qui nous plait d’emblée : il est propre, calme avec le confort minimum (douche, WC, ventilateur) et possibilité de manger sur place, et tout cela pour un prix raisonnable (6.000 CFA la nuit). Affaire conclue. Il est temps pour nous d’aller rendre visite à la famille de Aliou. L’heure des grandes retrouvailles à sonner. Le fils aventurier qui a quitté son pays depuis plus d’une décennie, revient au village. Il n’a certes pas fait fortune, mais il est tout de même en bonne santé. Nous pénétrons dans la concession familiale après quelques hésitations de la part de Aliou pour reconnaître les lieux. Nous traversons un dédale de bâtisses en terre séchée avant d’entrer dans une petite cour entourée de cases : c’est là que nous rencontrons d’abord des jeunes sœurs de Aliou, puis son frère et enfin sa mère. Les retrouvailles se font dans la joie et la retenue.
On a un peu l’impression que sa mère a du mal à croire ce qu’elle voit et à reconnaître son fils. Il faut dire que physiquement il a bien changé. Il a très nettement prospéré durant son séjour comme l’atteste d’anciennes photos. Pour Aliou, on sent que ses retrouvailles sont un peu pénibles. Revoir sa famille, sa mère, son père, ses frères, sœurs et les nombreux jeunes enfants des uns et des autres qui vivent dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de les aider comme il le souhaiterait, le met visiblement mal à l’aise. Mais que faire ? Après les présentations d’usage, on nous fait asseoir sur des fauteuils sortis d’une des cases. L’échange est un peu difficile car mis à part son jeune frère qui a fait les bancs comme on dit ici pour désigner un élève, personne ne parle couramment français et encore moins poular. De plus toute la maisonnée est surprise par notre arrivée inopinée. Les enfants se rassemblent autour de nous curieux de voir ces étrangers et surtout ce blanc, sans doute le premier à venir s’asseoir parmi eux. Le dialogue se fait donc plus à travers des regards et des mimiques que par des paroles. Après quelques minutes durant lesquelles Aliou a pu échanger des nouvelles avec ses parents, nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain pour partager un repas et nous dirigeons alors vers la ville. En quittant la concession, nous remarquons de multiples traces de sacrifices (fiente de volailles, monticules en terre, ….) qui sont autant de témoins des pratiques vaudou, très courantes dans cette région. Nous croiserons des personnes circulant quasiment nues en ville et des traces de sacrifices en pleine rue, preuve que toute la ville est imprégnée du vaudou. C’est à la fois intriguant et un peu inquiétant. Nous profitons de cette balade pour rendre visite à un vieil ami de Aliou avec lequel il a fait les 400 coups étant jeune. Nous le retrouvons chez lui dans une concession un peu à l’écart du centre ville. Il travaille au « syndicat » qui gère la gare voiture (gare d’où partent tous les taxis et minibus). Cette rencontre est bien sur l’occasion pour les deux vieux amis de se remémorer le passé, pour Aliou d’avoir des nouvelles des uns et des autres, de ses « ex » et de se raconter leur vie durant ces dix dernières années. Au travers de son parcours et de son expérience, nous comprenons mieux la difficulté de vivre à Vogan et trouvons aussi des explications à la morosité qui semble envelopper et peser sur tout le village. Nous nous quittons finalement après être allés boire un coup dans un bar-dancing tristounet, tout en nous donnant rendez-vous au lendemain pour déguster un porcelet grillé, une des spécialités culinaires locales. Après une bonne nuit et une journée juste agrémentée d’une balade dans la ville et d’un repas dans la famille de Aliou, nous nous retrouvons donc le soir à notre hôtel autour du fameux porcelet grillé préparé par l’ami de Aliou. Nous sommes une dizaine, Aliou ayant invité quelques uns de ses amis avec leur copine. Nous passons une soirée agréable sur la terrasse de l’hôtel, même si c’est un peu difficile pour moi et Oumou d’être totalement à l’aise parmi ces vieux amis qui se retrouvent et qui bien souvent parlent dans leur langue. Après deux jours passés à Vogan, il nous tarde de quitter cet endroit vraiment déprimant. Le retour sur Lomé se passe sans trop de problèmes, mis à part un ralentissement du à l’effondrement de la route sous l’effet d’une forte et brutale montée d’une rivière la jouxtant. Nous sommes invités à descendre du taxi, qui passe au ralenti sur le bout d’asphalte encore en place en priant pour que l’eau n’emporte pas tout à ce moment là. La chance est avec nous. Nous traversons à notre tour et remontons en voiture pour la fin du trajet.
4ème étape : Lomé bis Arrivé à Lomé, nous mettons à contribution notre chauffeur du jour pour nous trouver un nouvel hôtel. Il semble bine connaître la ville et nous conduit directement vers un petit hôtel tenu par un couple de français, tout proche du bord de mer dans une ruelle très calme. Nous adoptons aussitôt l’endroit, d’autant plus aisément que le patron nous fait un prix sur le tarif des chambres (6.000 Cfa la nuit par chambre).
Nous occupons avec Oumou une chambre dans une maison située juste à côté de l’hôtel, grande chambre avec ventilateur, une salle de bain à part avec une douche (eau froide uniquement), ce qui est largement suffisant étant donné la température extérieure douce pour le pays mais malgré tout raisonnable (environ 30°). Aliou quant à lui est dans une petite chambre à l’étage de l’hôtel avec douche. Nous nous installons donc et profitons de la fin d’après midi pour découvrir un peu le quartier qui s’avère être assez résidentiel avec dans l’ensemble des baraques occupées par des étrangers. Nous allons faire un tour jusqu’à la plage qui est à 100 mètres de l’hôtel. La mer est superbe, par contre la plage à cet endroit n’est vraiment pas très propre et semble peu entretenue. Il faut dire que la mer est paraît-il très dangereuse et qu’il est impossible de s’y baigner, les superbes rouleaux écumeux en sont un signe. Les gens qui veulent profiter du bord de mer et de l’eau vont plus loin sur la côte. La plage est donc occupée par quelques squatters sous des abris de fortune, par de jeunes fouteux ou par des pêcheurs au filet. Pas de touristes avec serviette et crème solaire et donc peu d’intérêt à nettoyer la plage.
Tout en longeant le bord de mer, nous observons les familles de pêcheurs qui opèrent depuis le rivage. Leur pratique est vraiment très intéressante à suivre. La pêche démarre par l’amarrage d’une extrémité du filet à un cocotier de la plage et par la mise à l’eau d’une pirogue qui doit emmener le filet à quelques encablures du rivage. Cette opération assez dangereuse, du fait des forts courants et des rouleaux impressionnants qui s’abattent avec force et fracas sur le sable, peut être assez longue. Une fois la barrière écumeuse franchie, la pirogue décrit un arc de cercle le plus large possible en mer avant de revenir sur le rivage pour déposer la deuxième extrémité du filet formant ainsi une nasse prenant au piège les poissons tout au moins est-ce le but recherché. A partir de ce moment là, ce sont les hommes à terre qui prennent le relais. Ils s’emparent du cordage ramené à terre par la pirogue et commencent à le haler vers la plage. Cette phase de la pêche demande une importante main d’œuvre composée le plus souvent des membres d’une même famille. Elle nécessite du temps, de la force et de la coordination. En effet, il faut que les 15 ou 20 haleurs voire plus tirent en même temps pour que le résultat soit probant. Souvent les chants rythment ce travail, les femmes restant à côté dans l’espoir de la pêche miraculeuse. De toute manière miraculeuse ou pas, ce sont elles qui s’occuperont du tri des poissons et de la vente sur le marché. Finalement la fin de journée approchant nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous référant au guide du routard, nous nous dirigeons vers le « fifty-fifty ». Nous découvrons un petit resto installé à même le trottoir, avec de grandes tables et des bancs sur lesquels on s’installe en fonction de la place. Une jeune femme vient alors prendre votre commande pour la nourriture suivie d’une autre pour les boissons (chacune son business). Athiéké, khôn, brochettes, poissons, salades de crudités/pâtes, … sont au menu. Rien d’extraordinaire, mais la nourriture est correcte et le service généralement rapide. De plus, le repas est régulièrement agrémenté par de jeunes artistes qui viennent proposer leur animation : le chanteur solitaire avec juste deux morceaux de bois pour rythmer son chant (Moustique, moustique si tu me piques , …), le groupe de ghanéens qui jouent du reggae avec force djimbé, marakass, … et dont le leader fait des tours de passe-passe, … Un coin sympa où il y a toujours du monde. Malheureusement les animations ne se renouvellent pas beaucoup. Alors au bout de trois ou quatre fois, ça devient un peu saoûlant. Nous revenons assez tôt à l’hôtel et entamons donc une partie de cartes sur la terrasse de l’hôtel avant d’aller nous coucher. Cela nous donne l’occasion d’un peu mieux connaître la clientèle de l’établissement. Elle est essentiellement composée de coopérants étrangers qui trouvent là une cuisine européenne (le cuisinier est d’ailleurs français ), une ambiance familiale et la possibilité de venir taper le carton. Un bon nombre de ces clients sont visiblement des habitués et des vieux briscards de l’Afrique accompagnés comme il se doit de jeunes et jolies « autochtones ». En discutant un peu avec le patron de l’hôtel, nous apprenons qu’il a eu l’occasion de venir en Guinée quelques années plus tôt pour récupérer un véhicule. Cette expérience lui a laissé un souvenir plutôt mitigé voire carrément négatif, notamment à cause des problèmes administratifs qu’il a rencontrés et des nombreux pots de vin qu’il a dû verser. Cette impression peu favorable sur la Guin2e nous sera confirmée quelques jours plus tard au Burkina Faso. La Guinée est semble-t-il considéré comme un pays à part, peu attractif pour des personnes ayant vécues dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il faudra certainement encore de nombreuses années avant que ces a priori négatifs soient effacés, même s’il est vrai que la Guinée a déjà commencé à évoluer depuis la mort de Sékou Touré. Mais que de chemin à parcourir encore pour changer les mentalités.
Le lendemain matin, nous nous rendons au ministère pour récupérer mon visa, ce qui se fait sans difficultés, puis nous nous mettons à la recherche de l’office de tourisme qui est mentionné sur le Routard. Après de vaines recherches (il semble s’être volatilisé de même que les touristes !), nous reprenons la direction de l’hôtel , où nous devons retrouver l’un des frères de Aliou qui vit à Lomé. En route, nous croisons des groupes de motocyclistes euphoriques qui laissent éclater leur joie. Nous comprenons assez rapidement grâce à Aliou la cause de cette liesse populaire : on annonce le retour tant attendu de Gilchrist Olympio dans la capitale togolaise (il est l’un des plus farouches opposants de régime et s’est expatrié au Ghana suite à une tentative d’assassinat dont il a réchappé par miracle) pour participer à une table ronde pouvoir-opposition. L’effervescence monte dans la capitale. En nous rapprochant de l’hôtel, nous constatons qu’une grande foule se dirige vers la frontière toute proche pour accueillir l’opposant. Parallèlement se met en place un quadrillage policier très strict du quartier. Nous décidons donc de rester à l’hôtel en attendant de voir ce qui va se passer. Finalement après plusieurs heures d’incertitudes, on apprend que Mr Olympio a renoncé à rentrer à Lomé car il n’a pu obtenir toutes les garanties qu’il souhaitait pour sa sécurité. Le reflux de la foule se fait dans le calme et sans incidents, et la chappe de plomb qui nous semble peser sur la ville depuis notre arrivée, retombe.
Entre-temps nous avons retrouvé le jeune frère de Aliou qui est professeur dans un lycée privé protestant. Il est venu avec sa fiancé, qui est commerçante. Elle vend des fripes au marché. Ils sont tous deux très croyants et semblent très engagés dans leur église, une des nombreuses présentes dans ce pays.. Aliou profite de l’occasion pour demander à sa future belle sœur de bien vouloir nous préparer nos repas de midi. Elle accepte très volontiers, mais avait-elle vraiment le choix. Comme nous dira plus tard Aliou : « elle ne pouvait pas me refuser en tant que future femme de mon frère ! » Et oui, ainsi vont les mentalités qui ont beaucoup de mal à évoluer pour ce qui est de la considération des femmes dans ces sociétés. Dire merci serait quasiment une injure enfin du point de vue de Aliou tout au moins. Rendez-vous est pris pour le lendemain midi. Je dois dire que je suis un peu gêné notamment du fait qu’elle habite à l’autre bout de la ville et que pour nous préparer ces repas elle va devoir laisser sa table au marché. Mais je suis assez mal placé pour dire ce que j’en pense, même s’il est vrai c’est moi qui donne l’argent pour acheter le nécessaire. Aliou de toute manière ne me demande pas mon avis. Nous avons opté pour de grosses crevettes roses avec du riz pour le lendemain. L’après-midi, nous allons nous promener dans le quartier des artisans et du marché. Nous y découvrons un artisanat assez varié, venant pour beaucoup ou tout au moins originaire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal, …).
Nous trouvons des colliers de perles, des sculptures et autres objets en bois (awalés), de nombreux djimbés, des objets en cuir et en argent dont les spécialistes sont les touaregs, des batiks venant du Burkina. Cette promenade est l’occasion de discuter un peu avec les artisans ou tout au moins les vendeurs d’artisanat, notamment un peul sénégalais avec lequel Oumou échange quelques mots de poular. Nous n’achetons rien mais promettons de revenir un autre jour en amenant les exemplaires de tissus guinéens. Nous poursuivons notre balade dans le grand marché de Lomé. Nous retrouvons cette ambiance toujours aussi animée des grands marchés africains avec une profusion de produits bien souvent de qualité médiocre mais à des prix défiants toute concurrence et notamment de pâles copies de produits de luxe étrangers (copie de Lacoste, jeans, montres de toutes marques, …). Merci les Chinois ! Quant à la foule compacte et bruyante, elle est bien présente et un peu oppressante. Nous décidons finalement de rentrer vers l’hôtel en empruntant un mode de locomotion très usité ici : le mototaxi. Nous cherchons donc trois motos pour nous ramener. L’attente n’est pas longue et nous enfourchons donc chacun une moto, direction le Galion. Ce mode de transport est plutôt sympa, même si pas toujours très rassurant selon le chauffeur et la circulation. Il faut bien dire que parfois, on serre les fesses !
Le soir, nous décidons de rester à l’hôtel et de prendre un repas « à la française ». Le choix de la carte de l’hôtel est assez varié pour des prix certes un peu élevé mais enfin, au diable l’avarice. Nous ne regrettons pas ce petit repas ponctué par une vraie glace à la vanille et au chocolat. Nous finissons cette soirée par une longue partie de cartes durant laquelle Aliou nous annonce qu’il doit repartir le lendemain vers Vogan pour quelques jours et nous demande de l’accompagner. Il faut bien dire que nous ne sommes pas très chauds après notre premier séjour. Il partira donc seul. Il retourne dans son village avec un objectif bien précis : celui de se procurer une protection pour pouvoir revenir à Dalaba sans crainte et prêt à affronter d’éventuels ennemis. Il est très important pour lui de ne pas revenir comme cela en Guinée, sans une protection contre ses adversaires et un moyen de les écarter, définitivement s’il le faut. Nous ne saurons jamais exactement en quoi consiste cette protection sauf qu’il doit aller le chercher dans le village natal de sa mère dans les environs de Vogan et qu’il lui faudra plusieurs jours pour l’obtenir. Devant sa détermination, je dois dire que je suis assez impressionné même si pas très convaincu de l’efficacité d’une telle démarche. Mais ce n’est pas le plus important. Pour lui cette démarche est quasiment une question de vie ou de mort, elle doit lui permettre de montrer à ses ennemis qui est Aliou, la supériorité des ressortissants de Vogan. Même si on n’en a pas encore vraiment discuté dans les détails à ce moment là, l’idée de revenir tous ensemble vers la Guinée est acquis depuis plusieurs jours. Nos grands projets de nous installer au Togo pour travailler et nous lancer dans une nouvelle aventure sont déjà oubliés. Il faut dire que les signes positifs pouvant nous inciter à pousser plus loin dans cette voie sont quasi inexistants. Oumou et moi, nous profiterons donc des deux jours à venir pour mettre au point notre voyage de retour. Dès le lendemain, nous allons au centre ville pour acheter le guide du routard Afrique Noire, que nous avons bien du mal à trouver d’ailleurs. Nous cherchons également l’ambassade du Burkina-Faso et du Mali pour connaître les démarches à suivre pour obtenir des visas pour moi afin de pouvoir traverser ces pays dans notre voyage retour. En effet nous envisageons de prendre la route du Burkina en nous arrêtant à Ouagadougou, de poursuivre vers le Mali et de rentrer en Guinée par le nord-est. Nous apprenons alors que le Burkina est représenté à Lomé par la France. Quant au Mali, il n’a plus de représentant officiel ici. Nous engageons donc les démarches au consulat de France. J’obtiens sans problème mon visa en 24 heures. Pour le visa Mali, nous ne pourrons l’obtenir qu’à Ouagadougou. Nous sommes donc quasiment prêts pour partir en direction du Nord vers le Burkina. Aliou doit, dès son retour du village, se renseigner sur les bus à destination de Ouaga. Nous mettons à profit le temps qu’il nous este en attendant le retour de Aliou, pour retourner au marché voir ce que l’on appelle ici les « plaqués » (bijoux en plaqué or, venant du Bénin voisin). Les prix sont très intéressants comparativement à Conakry et nous envisageons donc d’en acheter pour les revendre en Guinée, notamment Aliou qui à ce point du voyage est d éjà à sec financièrement. Nous traversons aussi le marché des féticheurs : un vrai capharnaüm où se mêlent gris-gris de toutes sortes, têtes de singes, peaux diverses et variées, poudres « magiques », … A vrai dire on n’a pas vraiment envie de s’attarder dans cet endroit pourtant tout à fait typique. Nous profitons de cette visite sur le marché pour essayer de trouver des amateurs pour nos tissus « made in Guinée ». Mais les commerçants sont peu intéressés par nos bandes de tissus d’un seul tenant , qui ne sont même pas cousues en pagne. Et puis nous sommes au pays des mama benz, alors les tissus ici on connaît. Nos échantillons n’ayant rien d’extraordinaires par rapport à ce qu’on peut trouver sur place, si ce n’est l’originalité de leur couleur et des motifs, nous ne trouvons pas d’amateurs. On nous conseille seulement de les faire coudre en pagnes pour augmenter nos chances de les vendre. Ce que nous faisons sur place dans le marché des féticheurs où nous trouvons grâce à notre « guide » un tailleur.
Malgré tous nos efforts, nous ne trouverons pas d’amateurs pour nos échantillons d’artisanat guinéen que nous ramènerons jusqu’à Dalaba. On ne s’improvise pas commerçant ! Nous repassons voir les vendeurs d’artisanat pour acheter quelques objets (une broche en argent, un awélé, des colliers et boucles d’oreilles en terre cuite, …) pour faire des cadeaux à notre retour. Chez le vendeur sénégalais, nous réussissons en fin de compte à échanger un de nos tissus contre l’awélé. En voilà un au moins qui ne repartira pas au pays. Mais que ce fut dur ! Durant notre visite du marché, nous découvrons un petit restau tenu par des guinéens et notamment une femme peule qui en est la patronne. L’occasion est trop belle. Nous nous arrêtons pour manger une sauce arachide avec du poisson. Les plats sont corrects et à des prix raisonnables. 24 heures plus tard , Aliou revient de son village où il n’a pu obtenir que partiellement les protections qu’il recherchait. Il lui aurait fallu rester plus longtemps sur place pour avoir la « panoplie » complète. Il semble déçu mais prêt à repartir à Dalaba pour se réinstaller, confiant malgré tout dans ses nouvelles protections. Concernant notre voyage de retour, il a obtenu les informations que nous recherchions pour les cars partant vers le Burkina. La gare est située à proximité du domicile du frère de Aliou. Les départs ont lieu chaque jour tout au moins officiellement . Nous décidons de ne pas prolonger notre séjour à Lomé et de prendre si possible la route dès le lendemain avec l’idée d’atteindre le plus rapidement possible Ouagadougou. Malheureusement, nous n’avons pas le temps et surtout les moyens de nous arrêter pour visiter un peu le Togo, qui présente pourtant une certaine diversité géographique et quelques sites intéressants. Ce sera pour une autre fois !?! Le lendemain, fin prêts, nous partons vers la gare voiture avec tout notre chargement, qui s’est cependant un peu réduit, Aliou ayant laissé pas mal d’affaies à sa famille. C’est surtout moi qui suis un peu « chargé » avec ma valise, mon sac de voyage, mon ordinateur portable, et surtout l’équivalent de 15.000 francs français sous différentes formes (chèques voyage, dollars, francs CFA et francs français) qui vont peser très lourd dans mes poches durant les étapes entre le Togo et le Burkina et entre le Mali et la Guinée. Arrivés à la gare voiture, nous prenons nos billets, confiants dans notre départ rapide, et nous nous installons sur des bancs dans l’attente que l’on nous appelle pour le départ. Nous déchantons assez rapidement. La valse des mini-bus et autres cars est permanente, mais malheureusement celui qui doit nous emmener ne se présente toujours pas. Et bien sûr, il est impossible d’avoir des renseignements précis. Il faut dire que le principe reste toujours le même : tant que le bus n’est pas plein, pas de départ ! A ce jeu là, l’attente peut s’avérer assez longue. En fait tout se passe comme d’habitude !Rien de très surprenant , mais c’est vrai que c’est un peu usant à force. Nous passons donc la journée dans l’attente d’un hypothétique départ, nous demandant même si nous n’allons pas passer la nuit sur place. Notre bus est semble-t-il arrivé depuis le milieu de l’après-midi. C’est en tout cas l’information qui circule. Enfin après plus de 8 heures d’attente, le chargement des bagages commence et l’espoir renaît. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Sans trop savoir pourquoi, l’attente se prolonge. Certainement que la compagnie espère des clients de dernière minute. Nous partons finalement à la nuit tombée. Le car est dans un état correct, mais pas très confortable pour passer la nuit. En fait c’est un vieux bus de transport en commun de ville. Il est donc notamment impossible d’appuyer sa tête pour éventuellement dormir, sauf sur une barre de fer. On fait plus confortable. Mais bon l’essentiel au stade où nous en sommes est de partir et peu importe dans quel état nous arriverons. Toute la nuit nous roulons vers le Nord en direction de la frontière avec le Burkina. Malheureusement nous ne profitons donc pas des paysages togolais, notamment vers le Nord beaucoup plus accidenté qu’au Sud. Arrivé à la frontière, au petit matin, nous devons tous descendre du bus pour les formalités de passage de la frontière. Une grosse pluie s’abat sur nous juste à ce moment là, histoire de nous réveiller ou plutôt de nous éviter de somnoler. Une de ces grosses pluie bien dense qui vous trempe en quelques secondes mais qui ne dure pas. Au poste de douane, tout se passe bien avec comme bien souvent quelques passagers rackettés pour défaut de carnet de vaccination. Et oui ce carnet jaune est une aubaine pour tous les douaniers aux frontières : il leur procure des revenus complémentaires faciles ! Comme quoi, on ne soupçonne pas toujours les conséquences de mesures à priori positives mais inadaptée aux réalités locales. Quant à moi, j’ai toujours quelques palpitations à l’idée qu’un douanier trop zélé découvre mon ordinateur et me demande des papiers de passage en douane. A vrai dire je n’en ai aucun qui soit en règle ayant fait rentré l’ordinateur en Guinée sans aucune déclaration. Cela pourrait me créer quelques problèmes et surtout quelques billets ! Mais c’est la quatrième frontière que nous traversons et jusque là pas de douanier trop zélé ! A la sortie des bureaux de la douane, surprise ! le bus a traversé la frontière sans nous attendre et il se trouve à plus de 500 mètres. Sympa, alors que la pluie redouble de violence. Le voyageur est vraiment traité à peine mieux qu’une marchandise dans ce genre de compagnie. Le client roi ! Ca veut dire quoi d’abord ? Il faut dire aussi que le prix du transport est peu élevé. Ceci explique sans doute en partie cela. Mais quand même ! Nous attendons donc une peu que la pluie veuille bien se calmer avant de nous lancer à la poursuite de notre véhicule en pataugeant allégrement dans les flaques de boue latéritique. De nouveau à bord, un peu humide et après avoir acheté quelques bricoles pour manger, nous poursuivons la route, direction le poste frontière burkinabé. C’es dans cette portion du trajet que nous entendons parler avec une certaine angoisse des coupeurs de route qui dévalisent les voyageurs. Ils profitent souvent de la proximité des frontières pour réaliser leur méfait et pouvoir plus facilement échapper aux poursuites enfin très hypothétiques poursuites. Parmi les passagers, se trouvent notamment plusieurs femmes commerçantes qui ont l’habitude de faire ce parcours entre Togo et Burkina. Elles évoquent les mésaventures d’autres voyageurs qui ont eu à croiser la route de bandits sur la route et qui ont tout perdu lors de ces malencontreuses rencontres. Mais disent-elles, ils, les coupeurs de route, s’attaquent plus volontiers à une autre compagnie de transport plus « luxueuse », qui est plus fréquentée par les commerçantes ; sous entendu avec notre compagnie les risques sont moins grands. Il n’en reste pas moins que ces histoires font monter la tension d’un cran dans le bus. Pour ce qui me concerne , je dois dire que je ne me sens vraiment pas très à l’aise avec mon ordinateur portable sur les genoux et ma ceinture ventrale pleine de devises. Je me surprends à regarder beaucoup plus fréquemment à l’extérieur du bus comme si j’allais ainsi écarter toute mauvaise rencontre. Bref ! il fallait bien rajouter un peu de piment à ce voyage un peu trop tranquille, pépère. Nous poursuivons malgré tout notre route vers Ouaga que nous atteignons à la nuit tombée sous une averse. Rien d’étonnant nous sommes en pleine saison des pluies.
5ème étape : Ouagadougou Comme nous en avons maintenant l’habitude , il s’agit pour nous de trouver un hôtel pour passer la nuit. La consultation du guide du routard, nous a permis d’avoir quelques adresses. Reste à aller voir sur place. Nous trouvons assez facilement un taxi et commençons notre tournée des « grands hôtels » de Ouagadougou. Les 2 ou 3 premiers que nous visitons sont vraiment pas très attirants, notamment un qui ressemble plus à un bouge qu’à autre chose.
Finalement fatigués et le taximan perdant patience, nous choisissons un hôtel, l’hôtel Belle vue, un peu au-dessus de nos moyens en se disant que le lendemain nous aurons tout loisir de trouver un endroit plus adapté à nos moyens et à nos souhaits. Nous passons une nuit sans histoire, enfin presque. Toute la soirée et jusqu’à une heure assez avancée de la nuit nous profitons du poste de télévision qui est allumé dans le hall d’entrée, le son au maximum. Suivre un film grâce à sa bande son uniquement ce n’est vraiment pas terrible. Enfin au petit matin, sans même prendre un petit déjeuner nous quittons l’hôtel laissant nos bagages sur place pour partir à la recherche d’un autre lieu de villégiature. Nous trouvons un taxi pour nous emmener dans les quartiers Nord de la ville. D’après le guide du routard, plusieurs bonnes adresses y sont regroupées. Nous commençons par le « Pavillon vert ».
L’hôtel est charmant et très animé. On entre dans un grand patio avec terrasse, kiosque d’artisanat et beaucoup de verdure. La première impression est vraiment sympa. Malheureusement nous déchantons très vite : l’hôtel est plein, pas même une chambre pour trois. Les gérants nous orientent alors vers un établissement tout proche tenu par un Suisse : « Le Dapoore ». Nous y trouvons une chambre pour nous trois, l’une des dernières, avec une douche. L’endroit est moins convivial que le « Pavillon vert », mais il est propre et calme, avec un restaurant couvert d’un toit en paille qui nous rappelle les cases du Fouta. Nous repartons donc vers le centre ville pour récupérer nos bagages et découvrir un peu la capitale du Burkina-Faso. La ville est très sympa avec de grandes avenues bordées d’arbres, de grands carrefours occupés de fontaine hors service. La plupart des maisons sont construites sur un niveau. Les routes sont le domaine des deux roues ou presque. Une vraie ville sahélienne qui a bien des égards me fait penser à N’Djamena. De retour dans les quartiers Nord, nous nous installons dans notre chambre du Dapoore. Nous profitons de la fin d’après midi pour marcher un peu dans le quartier et chercher un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous découvrons notamment un petit restau tenu par des togolais dans lequel nous mangeons un poulet yassa. Le lendemain, le programme est chargé : nous devons tout d’abord trouver un moyen de nous rendre à Bamako. Plusieurs sociétés de bus existent dont certaines sont référencées dans le guide du routard. Le problème est d’arriver à trouver celle qui voyage sur Bamako et surtout le jour et l’heure (enfin au moins approximative !) du départ. La première où nous nous rendons n’a pas de départ prévu dans les jours à venir. On nous renvoie vers une autre société. Mais quant à savoir comment la trouver en ville, dur, dur. Finalement avec beaucoup de patience et un peu de chance nous trouvons un taxi pour nous amener à bon port. Après prise de renseignements dans la cour auprès de différentes personnes, on nous annonce un départ pour le lendemain matin à 6 heure. Parfait, c’est tout à fait ce qu’il nous faut, mais pas de vente de billets à l’avance. Dans l’enceinte du parc, de nombreuses personnes sont installées comme pour un bivouac à même le sol avec tous leurs bagages et cela nous inquiète un peu, mais enfin cela n’a rien de très exceptionnel. Nous repartons donc relativement confiant, rendez-vous est pris pour le lendemain matin vers 5 h 30. Le problème du transport réglé, reste celui de mon visa pour le Mali. Heureusement nous avons l’adresse et le numéro de téléphone de l’ambassade sur le guide du routard (que ferions nous sans lui !?). Nous prenons donc d’abord des renseignements par téléphone pour connaître les modalités de délivrance des visas de transit. Et là bonne surprise, on nous informe que le visa peut être délivré dans les deux heures après le dép��t du dossier. Incrédule, nous nous rendons à l’ambassade. Nous y trouvons un groupe de touristes américains qui attendent leur visa. Moyennant un formulaire à remplir, 20.000 CFA et 2 photos, on me délivre en à peine deux heures de temps un visa en bonne et due forme. Comme quoi avec un peu de volonté politique motivée par un intérêt économique bien compris, l’organisation suit. Soulagés de nous être sorti rapidement de ces différentes démarches, nous nous réjouissons de pouvoir aller faire tranquillement le tour du marché central, du centre artisanal de Ouaga. Notre premier arrêt nous permet d’apprécier la grande diversité et la qualité de l’artisanat local. Le centre artisanal est un modèle du genre avec une boutique principale où est vendue la palette des différents produits réalisés dans les ateliers situés juste à côté. On peut donc apprécier à la fois les produits et les techniques de fabrication, discuter avec les artisans au travail. Une visite très enrichissante pour nous touristes et très instructive quant à l’approche du client/visiteur. On mesure mieux tout le travail qui est à faire à Dalaba. Nous traversons tout d’abord la boutique, très bien achalandée pour trouver quelques souvenirs, mais aussi des idées d’objets qui pourraient être réalisés à Dalaba avec les techniques locales. Nous achetons notamment des petites broches faites en calebasse, des pendentifs « djimbé ». Nous passons ensuite dans les différents ateliers : les sculpteurs, les artisans du bronze, les fabricants de balafons et de djimbés, les artistes du batik, etc. Auprès de ces derniers, nous nous attardons un peu plus pour avoir des détails sur le processus de fabrication et nous leur achetons deux « toiles » , non sans avoir, bien sûr, négocié le prix. Nous repartons enchanté par notre visite. Autour du centre de nombreuses échoppes proposent toute sorte de produits artisanaux. Les commerçants nous hèlent gentiment pour nous vendre qui un sac en tissu, qui un djimbé, etc. Nous finissons par acheter quelques cartes peintes à la main avant de repartir en direction du marché central. Au marché, nous cherchons d’abord le secteur des tissus, car nous ne désespérons pas de trouver un acquéreur pour nos tissus « made in Guinée ». Nous arpentons les allées, sans très bien savoir comment nous orienter. Mais peu importe, nous découvrons un marché bien organisé où il est agréable de se promener. Nous n’arrivons pas à placer notre marchandise, mais nous trouvons des ensembles baye fall assez sympas. Finalement la fatigue et la faim nous poussent hors du marché. Y’a un temps pour tout ! Nous regagnons notre quartier nord et notre « petit chalet savoyard ». Après une sieste bien méritée, nous profitons de la fin de journée et d’une température extérieure plus clémente pour aller nous promener à pied dans le quartier. Nous retournons au Pavillon vert pour boire un coca frais. Nous profitons de l’occasion pour proposer aux employées du bar restaurant les plaqués or achetés à Lomé. Pour une fois, nous trouvons des clientes intéressées. Malheureusement, elles ne peuvent payer cash. Nos rêves de bonnes affaires s’envolent donc. Quant à moi, j’ai repéré un batik qui orne le devant du kiosque de produits artisanaux et je m’approche du vendeur pour engager la négociation. A vrai dire je suis prêt à payer le prix qu’il veut mais l’habitude aidant j’essaye de gagner quelques CFA. J’emporte la partie pour 9.000 CFA, très content de mon achat. De retour au restau de notre hôtel, nous nous offrons un petit extra en dînant sur place. Notre dernier vrai repas sur le sol burkinabé. Le lendemain, nous reprenons la route. Nous prenons donc rendez-vous avec un taximan pour 5 heure du matin, pas très sûr de le voir respecter son engagement. Quelques heures plus tard, sur le pied de guerre, nous sortons du Dapoore. Surprise le taxi nous attend. Nous embarquons, avec quelques difficultés pour entrer tous nos bagages et nous-même, direction la gare routière. Sur place, pas de départ en vue et pas d’informations très précises. Nous prenons malgré tout un petit déjeuner sur le bord de la route dans la poussière et les gaz d’échappement en attendant de voir. Au menu lait concentré sucré dilué dans de l’eau avec café, pain baguette caoutchouc et mayonnaise pour les amateurs. « Le pain sec c’est bon, merci !» Après ces agapes, nous nous remettons en quête d’informations. Après avoir interrogé diverses personnes, il nous faut nous rendre à l’évidence : pas de départ pour Bamako aujourd’hui. Cependant on nous indique une autre compagnie susceptible de voyager le jour même. Il nous faut nous rendre dans un autre quartier de Ouaga assez distant pour vérifier cette hypothèse. Et c’est reparti : il nous faut trouver un taxi qui connaisse le lieu et qui puisse charger tous nos bagages et nous-mêmes, négocier le prix et espérer … Quelques embouteillages plus tard, nous arrivons sur une autre gare routière ou en tout cas ce qui en tient lieu. Renseignement pris, un départ est imminent … ou presque. Nous payons nos billets et patientons sur un vieux banc en bois carrément bancal et surtout sous un soleil qui commence à taper sérieusement. Cette attente nous permet d’observer des réparateurs de deux roues qui ont leur atelier juste à côté : le système D au service de la mécanique. Enfin le départ est annoncé et notre bus avancé. Désillusion, ce n’est pas le beau bus qui trônait à l’entrée du parc mais un vieux car en fin de vie qui pétarade et crache de gros nuages noirs. De toute façon, comme qui dirait, nous n’avons pas le choix.
La route de Ouaga à Bobo-Dioulasso est certes goudronnée, mais elle est également parsemée de nids de poule. Dans un quatre-quatre bien amorti avec un chauffeur attentif et prudent, ça ne pose pas trop de problèmes. Mais prenez un vieux car, bondé, muni d’amortisseurs sans doute d’origine (mais peut-être étaient-ils en option sur ce modèle ?), mettez au volant un « Fangio » revu et corrigé mode Burkinabé genre je fonce et advienne ce que Dieu décidera ; et vous pourrez imaginer la promenade de santé ?!? Nos appels répétés à l’adresse du chauffeur pour le faire ralentir ou tout au moins pour qu’il prenne en pitié nos dos n’aura eu aucun effet.
6ème étape : Bobo-Dioulasso Nous arrivons donc à Bobo-Dioulasso complètement fourbus, mais contents d’être arrivés entiers Quoique. Au départ de Ouaga, nous avions acheté des billets Ouaga-Bamako. Nous pensions donc légitimement poursuivre notre route vers la frontière malienne, après une petite pause réparatrice. L’après-midi étant déjà bien avancée, ils nous semblaient important de ne pas trop traîner pour passer la frontière avant la nuit. La pause se prolongeant, nous essayons d’avoir des informations sur la suite de notre voyage. Quand repart-on ? Pourra-t-on passer au Mali aujourd’hui ? Nous obtenons des demies réponses peu satisfaisantes, mais il faut bien s’en contenter. Finalement, un mini bus vient nous prendre à la gare et nous emmène quelques kilomètres plus loin sur une grande artère de Bobo. Notre chauffeur s’arrête sous quelques manguiers et nous invite à descendre. Un banc en bois, modèle de base largement répandu dans la sous-région, d’un confort plus que sommaire nous est proposé pour nous reposer et patienter en attendant un éventuel départ. L’attente commence. Les heures passent. Nous passons du banc à une natte qui nous a été gentiment installée à proximité. Le soleil se couche. Toujours aucun signe d’un départ prochain. Il paraît que nous attendons un (ou deux, selon ! ) passager pour pouvoir partir. En fait le chauffeur ne veut pas prendre la route tant que son minibus n’est pas rempli. Et quand je dis rempli, c’est rempli ! 11 passagers plus le chauffeur et les bagages pour un véhicule prévu pour 7 à 8 personnes avec un confort correct. Oublié donc le confort. Les sardines sont battues !?! L’attente devenant vraiment longue et les moustiques de plus en plus nombreux, nous nous abritons dans un bus garé à proximité et essayons tant bien que mal de dormir plié en quatre sur deux fauteuils. Malheureusement les moustiques eux n’ont pas décidé d’aller se coucher et ils nous « divertissent » de leur ronde de nuit. Une fois de plus c’est quand on ne l’attend plus vraiment que le départ est annoncé. Il fait nuit noire et les derniers passagers ont surgi soudain de nulle part. Mystère. Le temps de tous nous « encastrer » dans le véhicule et nous voilà sur la route, direction la frontière. Nous nous engageons rapidement sur une piste en pleine brousse. Tout au moins le devine-t-on car la nuit est très sombre. Après quelques heures de voyage sans soucis, nous nous arrêtons au beau milieu de la brousse. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. A quelques mètres devant nous, une barrière en bois et une casemate, à peine éclairée par une lampe à pétrole où somnole le douanier en chef, nous indique que nous sommes arrivés au poste de douane. Chaque passager est contrôlé et doit s’acquitter d’un « droit de passage » déguisé. En fait le chef de poste réclame à chacun 1000 CFA pour cause de non-vaccination contre la fièvre jaune, carnet de vaccination en règle ou pas. Le règne de l’arbitraire et de l’argent. Pour ce qui me concerne, touriste étranger en voyage au Mali, je suis exonéré de cette taxe. Il semble que la sensibilisation par rapport aux touristes ait porté au moins partiellement ses fruits En attendant, une de nos passagères visiblement anglophone et sans papier, qui est restée dissimulée au fond du bus, réussit à passer la frontière certes un peu inquiète d’être découverte, mais finalement sans ennuis. Nous filons droit sur Sikasso que nous atteignons après 6h30 de voyage. Nous débarquons dans une gare voiture et encore une foi nous comprenons que nous allons devoir changer de véhicule. Nous mettons à profit ce nouvel intermède pour prendre un petit déjeuner dans un café à ciel ouvert, tenu par un Guinéen. Café, lait concentré sucré, eau pour la boisson, pain et mayonnaise ou margarine pour la nourriture. Décidément, ce sera pain nature merci. Entre temps un bus grand luxe est arrivé et le départ pour Bamako semble vouloir s’organiser assez rapidement. Et effectivement après un délai raisonnable pour le chargement des bagages et des passagers appelés les uns après les autres (comme quoi l’organisation est juste une question de volonté), nous prenons la route de Bamako. 6 heures de route sans problème durant lesquelles nous suivons un film sur l’écran télé installé à l’avant du bus. Et oui incroyable, il fonctionne. L’arrivée à Bamako se fait sous une grosse pluie d’orage.
7ème étape : Bamako, ses faubourgs Nous apercevons la ville depuis une hauteur. Nous n’en verrons pas plus. Nous prenons aussitôt arrivé la direction de la gare voiture pour la Guinée. Notre taxi nous dépose à l’extérieur de la gare car elle est noyée sous l’eau et inaccessible pour une petite voiture.
Nous trouvons malgré tout assez rapidement un véhicule qui doit partir pour la frontière guinéenne. C’est ce qu’on appelle un « bâché », c’est à dire un véhicule avec une cabine de 3 ou 4 places et une benne arrière aménagée sommairement avec des bancs et couverte d’une bâche où l’on entasse comme du bétail entre quinze et vingt personnes. Les bagages et autres animaux (poules, moutons, etc.) sont amarrés sur la bâche.
Le scénario habituel se répète une nouvelle fois : on va bientôt partir, il nous manque juste un passager pour être au complet, etc., etc. . La fin de journée approchant à grands pas, nos futurs compagnons de route s’inquiètent un peu. Il semble que la route ne soit pas très sure et que les coupeurs de route, encore eux, affectionnent particulièrement ce tronçon. Parmi eux, un jeune d’une vingtaine d’années en rajoute même et finit par vraiment nous inquiéter. Il ne nous reste plus qu’à espérer un départ rapide ou le report du départ au lendemain. Mais la chance nous sourit, enfin si l’on peut dire. Nous sommes au complet et le départ s’organise un peu avant la tombée de la nuit. Nous nous installons tant bien que mal dans la benne en essayant de garder des places le plus possible à l’air libre, vers l’arrière du véhicule. Le plus délicat dans l’opération est d’arriver à se caler les uns par rapport aux autres car nous avons tous un vis-à-vis avec lequel il faut s’entendre pour placer ses genoux. Une fois tous montés à bord plus personne ne peut bouger. Et en fait, comme nous le constaterons plus loin sur la piste, ça n’est pas plus mal ainsi. Le véhicule s’ébranle finalement. Ca relève du miracle vu la surcharge, mais bon ainsi va le transport en commun dans la région : A la grâce de Dieu !
Nous nous engageons sur une piste très accidentée, en pleine brousse. Très rapidement on a l’impression d’être loin de tout et de s’en aller vers nulle part. Cette impression devient vraiment oppressante quand la nuit tombe, noire, brutale. Je me rappelle alors les paroles échangées avant le départ et une nouvelle fois je sers un peu plus contre moi mon ordinateur et ma ceinture ventrale pleine de devises. Le voyage se poursuit cependant au rythme des secousses plus ou moins fortes selon les trous rencontrés, des averses et orages, des arrêts improvisés pour le confort des passagers. On essaye de fermer les yeux en espérant que le sommeil viendra et fera paraître le temps moins long. Mais peine perdue vu les conditions. Prendre notre mal en patience, telle est la bonne devise pour ce trajet. Après 6 heures de piste, nous arrivons à la frontière avec la Guinée.
8ème étape : Kourémalé, frontière Mali-Guinée Nous sommes à Kourémalé, tout au moins le devine-t-on car il fait très sombre et ce n’est pas les quelques rares lampes tempêtes allumées de-ci delà qui nous permettraient d’y voir quelque chose. Les douaniers nous demandent de déposer nos passeports au poste et de venir les rechercher le lendemain matin, une fois qu’ils auront été visés et tamponnés par le chef de poste, qui dort pour le moment. Nous passons donc la barrière frontière et entrons en Guinée. Nous nous préoccupons immédiatement de trouver un endroit pour dormir. Dans ce noir, nous ne sommes pas très optimistes sur nos chances de trouver un lit, mais Aliou fait comme d’habitude en la matière des merveilles. Il nous dégote un « hôtel 4 étoiles ». Nous nous retrouvons pour cause d’économie (un quatre étoiles, c’est pas donné !?!) tous les trois dans une chambre de 6 m² environ avec pour seul mobilier un lit double avec matelas en paille, une bougie et une chaise. Ah j’oubliais un drap recouvre le matelas, quand même. Nous sommes bien contents que l’obscurité ne nous permette pas de voir son état. Et puis, nous sommes vraiment tous les trois épuisés. Nous prenons donc place sur ce lit, tout habillé, en nous mettant dans le sens de la largeur, les jambes pendant dans le vide. La fatigue fait accepter tout et n’importe quoi. Après quelques heures de sommeil, enfin si l’on peut dire, nous nous levons alors que le jour pointe à peine le bout de son nez. Il fait frais et d’autant plus que nous sommes en pleine saison des pluies. Nous nous dirigeons chacun notre tour vers la « salle de bain » tout confort : trois murs en terre plus une tôle et bassine d’eau froide. A 6 heures du matin, réveil garanti. Fin prêts, nous décidons de laisser nos affaires à l’hôtel et d’aller chercher nos passeports ainsi que de quoi remplir nos estomacs. Nous tombons au poste frontière sur un douanier très zélé. Il trouve suspect le document que Aliou lui présente. C’est un laisser-passé établi sur papier à en-tête du consulat du Togo qui est valable pour l’aller retour entre la Guinée et le Togo. Suite à toutes les frontières que nous avons traversées, il est par ailleurs couvert de tampons. Mais non pour l’agent guinéen, il n’est pas valable. Les explications/négociations commencent. Mais Aliou ne lâche pas le morceau et il récupère carte d’identité et laisser-passer sans rien donner. Nous pouvons enfin aller manger. Nous en profitons pour prendre des renseignements pour la suite du voyage vers Siguiri. Nous trouvons des taxis en attente et réservons donc trois places. Le temps d’aller chercher nos affaires à l’hôtel et de régler la note, nous sommes de retour à la gare voiture, où comme toujours le voyage commence par une longue attente. Nous comprenons assez rapidement que pour une fois, la cause de ce retard est indépendante de la volonté du chauffeur ou des passagers. En fait, la route est coupée à la sortie du village par une brusque montée des eaux de la rivière. Le passage des voitures est impossible, tout au moins nous semble-t-il. Les quelques piétons qui s’aventurent dans la rivière ont l’eau qui leur monte jusqu’à l’entrejambe voir jusqu’à la taille. Sur l’autre rive des véhicules arrivent en provenance de Siguiri. Les taxis font descendre leurs passagers avec tous leurs bagages et font demi-tour. L’idéal pour nous serait que l’un d’eux veuillent bien nous attendre pour repartir vers Siguiri. Il suffirait pour cela que nous traversions tous à pied avec nos bagages. Mais les taxis en attente à Kourémalé ne sont pas trop d’accord de perdre leur clientèle, même s’ils voient bien que la situation est bloquée. Notre chauffeur, plus téméraire que les autres ou peut-être parce que sa voiture ne craint pas grand chose, se décide à tenter la traversée des flots. Il organise le déchargement complet de sa 504 familiale, puis il prépare le moteur à une immersion totale : il bouche tous les orifices avec des chiffons, sans oublier le pot d’échappement et le réservoir d’essence. Rapidement la voiture amphibie est prête. Entre temps un quatre-quatre rehaussé avec pot d’échappement au dessus de la cabine a tenté la traversée. Le chauffeur a renoncé voyant l’eau pénétrer dans la cabine par le bas des portes. Notre pilote tout terrain ne se décourage pas pour autant. La traversée se prépare avec le recrutement des pousseurs qui doivent accompagner la voiture dans la rivière pour éviter qu ‘elle ne soit emportée par le courant . Quant à nous, nous sommes invités à traverser à pied. Des jeunes du village se proposent pour faire traverser nos bagages ainsi que les personnes qui le souhaitent contre rémunération. Toute occasion est bonne à saisir dans ce coin perdu, loin de tout. Nous acceptons de bon cœur pour ce qui est des bagages. Aliou et moi-même préférons traverser sur nos propres pieds. Nous enlevons chaussures, chaussettes et pantalon et nous apprêtons à entrer dans l’eau. Oumou, elle est beaucoup moins pressée de se lancer. Mais elle hésite encore entre nous suivre et grimper sur les épaules d’un des passeurs improvisés. Les deux solutions présentent des risques pour elle : d’un coté, elle a très peur de l’eau et du courant, de l’autre l’éventualité d’une chute du haut des épaules de sa « monture » ne la rassure pas trop. Cruel dilemme ! Finalement nous ayant vu traverser devant elle, elle choisit la solution du porteur. La première étape est alors de grimper sur les épaules de son aide. L’opération se passe tant bien que mal avec l’aide d’un troisième acolyte. La traversée peut alors commencer. L’avancée est lente du fait du niveau de l’eau et du courant qui est quand même assez fort. Aussi, quasiment au milieu du cours d’eau, notre jeune porteur a une soudaine inspiration, qui pourrait bien lui permettre de gagner un peu plus : il s’arrête prétextant une trop grande fatigue et déclare vouloir transférer Oumou sur le dos d’un de ses amis pour finir la traversée. Evidemment aussitôt Oumou se met à hurler et lui propose d’augmenter son « salaire » s’il l’amène à bon port. Le stratagème a marché et notre passeur de reprendre la traversée comme si de rien n’était. De nouveau réuni tous les trois avec les autres passagers, nous assistons depuis l’autre rive à la traversée de notre taxi. Elle se fait sans souci majeur même si le capot du moteur émerge à peine de l’eau. Enfin au sec, il s’agit maintenant de vider l’eau qui est à l’intérieur; cette opération se fait « automatiquement » grâce aux trous que la rouille a percés dans la caisse. Pour ce qui est du moteur, l’opération est un peu plus longue. Ses premiers soubresauts sont assez peu encourageants, mais ça ne décourage pas notre chauffeur. Finalement, après un temps d’attente pour l’ « essorage » plus quelques coups de marteau et tours de tournevis, le doux ronronnement du moteur de notre 504 parvient à nos oreilles. Tout est possible, tout est réalisable ! Le départ est proche. Aussitôt les bagages chargés, nous prenons place sur les banquettes détrempées. Mais peu importe, car l’essentiel pour nous est de poursuivre la route, direction : Siguiri.
9ème étape : Vers Mamou et Dalaba La piste est correcte mais sans plus. Il faut dire qu’en saison des pluies toutes les pistes souffrent et de nombreux nids de poule se forment. Un peu plus de deux heures plus tard, nous atteignons Siguiri sans soucis particuliers, le fondement humide. Direction la gare voiture pour trouver le véhicule qui nous amènera jusqu’à Mamou. La fin du voyage approche et nous sommes maintenant tous les trois pressés d’arriver entier à destination. Nous passons quasiment tout l’après-midi à la gare voiture dans l’attente du départ. Nous en profitons pour manger quelques bricoles dont des beignets avec une sauce pimentée. Ce n’est qu’en fin de journée que le départ se dessine. Nous prenons place dans une 505 familiale qui à l’air plutôt correcte. Quelques kilomètres après notre départ, nous nous arrêtons pour prendre deux passagers supplémentaires, la femme et l’enfant du chauffeur qui viennent prendre place à l’avant. Ce qui porte à 5 les passagers avant. La conduite dans ces conditions relève de l’exploit et de l’inconscience portée au-delà de l’imaginable. Mais que dire, que faire ? Nous qui sommes déjà entassés à l’arrière, sans possibilité de bouger, nous n’espérons qu’une chose c’est arriver le plus vite possible et indemne autant que faire se peut. Le voyage se poursuit donc. Allah Akbar ! Soudain un violent orage nous surprend sur la route. Un épais rideau de pluie s’abat sur nous, le ciel est d’un noir d’encre. Rapidement les bas cotés sont transformés en lacs éphémères, mais impressionnants. On voit de l’eau partout et on se demande si l’on roule ou si l’on flotte. Notre chauffeur lui ne semble pas plus perturbé que cela. La visibilité est réduite à quelques mètres et cela d’autant plus que ses essuies-glaces ont une efficacité très relative. Mais il poursuit sa route imperturbable sans lever le pied de l’accélérateur. Le silence est lourd ; tout le monde semble faire des prières pour que l’on reste sur la route, sans rencontrer d’autres véhicules. Après quelques kilomètres dans cette ambiance oppressante enfin la pluie tombe moins fort à l’extérieure. Par contre à l’intérieur, nous sommes soumis à un déluge de gouttelettes, tout au moins certains passagers installés aux mauvaises places ?! Le chauffeur ne s’en émeut pas plus que cela et file toujours plus vite en direction de Mamou. Il fait nuit maintenant. Pour ce qui me concerne cela accroît mon inquiétude car les routes guinéennes de jour ne sont déjà pas très sures, mais alors de nuit ?! avec les voitures dont les « yeux » partent dans tous les sens, voire borgnes ou carrément aveugles. Les croisements entre véhicules sont toujours un moment d’angoisse intense. « Pourvu que ça passe ! ». Quelques kilomètres avant Mamou, nous tombons sur un barrage de militaires, signalé juste par quelques lampes tempête. Autrement dit il n’est vraiment pas très visible. Une corde est tendue en travers de la route sensée arrêter tous les véhicules. Plus dangereux qu’autre chose. Des hommes en tenue contrôlent le chauffeur, son véhicule et les passagers à la lampe torche. Ces barrages sont présents sur toutes les routes de l’intérieure du pays. Officiellement pour éviter l’intrusion de rebelles et accessoirement pour faire de réel contrôle. Mais en fait ils sont surtout un bon moyen pour les hommes en kaki de se faire de l’argent sur le dos des voyageurs et des chauffeurs de taxi. Tout est prétexte pour vous faire payer. C’est d’autant plus facile que chauffeurs et passagers n’ont bien souvent pas tous leur papier. C’est bien sur le cas pour notre chauffeur. Nous sommes donc bloqués au barrage et les discussions s’éternisent. Aliou, notre « avocat » de service essaye d’amadouer les militaires, mais rien à faire. Il faut dire que les chauffeurs de Haute-Guinée ont mauvaise réputation auprès des hommes en tenue car ils leur tiennent tête. La preuve nous en est donné d’ailleurs durant notre halte. Alors que les discussions vont bon train et que nous sommes au bord de la route, un taxi arrive au barrage sans même ralentir et arrache la corde, qui part comme un élastique sur le coté de la route où nous sommes garés. Heureusement notre véhicule est un peu en retrait et la corde part dans le vide. Mais cet incident jette un froid. On est passé très prêt d’un accident. Très rapidement cependant on en revient à notre situation et les palabres, interminables, reprennent. Finalement après un compromis dont nous ne connaîtrons pas tous les éléments, nous sommes autorisés à reprendre la route, direction Mamou centre. Nous atteignons la gare voiture de Mamou alors que l’aube s’annonce tout doucement. La boucle est quasiment bouclée, il ne nous reste plus qu’à trouver un chauffeur pour nous conduire sur les 50 kilomètres nous séparant encore de Dalaba. Par chance nous trouvons un jeune chauffeur de Dalaba qui souhaite rentrer chez lui après un voyage sur Conakry. Nous nous entendons pour partir rapidement sans attendre d’autres passagers.
Nous rentrons à Dalaba au petit matin du 06 Aout 1999, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’ouest : un grand voyage avec tous les ingrédients pour en faire une belle Aventure. Inoubliable !
Tout voyage est une aventure, une entreprise plus ou moins hasardeuse, tout au moins une rupture avec ses habitudes, son quotidien. Tout voyage en Afrique est une Aventure, c’est un projet où la part de l’imprévu est toujours très grande. Voyager sur ce continent, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre en utilisant un ou différents modes de transport. Voyager, ce n’est pas seulement prendre son billet, se présenter à l’heure prévue pour partir, lire un bon livre pendant le trajet et arriver à destination frais et dispos pour commencer de nouvelles découvertes. Non, voyager en Afrique, c’est dès l’achat de son titre de transport se lancer dans une aventure dont on ne sait jamais très bien à l’avance où elle vous mènera. C’est non seulement une aventure du fait des bouleversements, des changements de dernière minute, des évènements favorables ou contraires, c’est aussi et surtout une aventure humaine. C’est partir à la rencontre des gens, de personnages et c’est enfin se rencontrer soi-même, apprendre à mieux se connaître, à éprouver sa patience, sa capacité à se sortir de situations inédites, à improviser. C’est en tout cas être bousculé au sens propre comme au sens figuré. Préparatifs ou le voyage en théorie
08 Mai 1999, il est 16h30 à Dalaba, bourgade au cœur du Fouta Djalon en Guinée et rien ne laisse présager les grandes décisions que nous allons prendre et qui vont bouleverser nos vies, …, quoique ! ? Attablés autour d’une « Skol », ou peut-être bien de plusieurs, dans le restaurant le « Silence », quartier Sily, je me trouve en face de Aliou, mon ami togolais, propriétaire dudit restaurant. A cette heure là, une petite bière bien fraîche, comme on dit « ça passe ». Bon, c’est vrai les bières ne sont en fait pas très fraîches, le courant étant encore rare à cette époque de l’année à Dalaba, mais peu importe, on en est plus vraiment à ça près. D’ailleurs, avec bière fraîche ou non, notre discussion s’auto abreuve de nos déboires respectifs. Il faut dire que l’on forme à nous deux une fine équipe. Aliou est menacé de prison suite à un conflit commercial avec un concurrent guinéen, qui a pris une ampleur à peine croyable. Il est en fait accusé d’avoir détourné une partie de la clientèle de l’hôtel du Fouta. L’affaire est remontée jusqu’au Préfet et au Palais de Justice. Il a même été mis en garde à vue pour quelques heures. Bref il ne fait pas bon être étranger à Dalaba en cas de conflit avec un ressortissant guinéen. Quant à moi, j’ai été poussé à démissionner de mon poste de responsable de l’Office de Tourisme. Je suis par ailleurs poursuivi par le percepteur local suite aux accusations de mes anciens collègues et accusé d’avoir détourné de l’argent du projet que j’ai largement financé sur fonds propres. Je me sui entendu dire plus d’une fois : « tu n’es pas d’ici, si tu n’es pas content il faut rentrer chez toi ». Bref l’ambiance est vraiment lourde. Quelques jours auparavant, nous nous étions déjà retrouvés et nous avions envisagé de changer d’air, de quitter Dalaba pour quelque temps, son air devenant vraiment irrespirable pour nous. Aujourd’hui, l’idée a mûri et est devenue projet : nous quitterons Dalaba la première quinzaine de juillet pour un voyage à travers l’Afrique de l’ouest dont l’objectif ultime sera d’atteindre Vogan au Togo, village natal de Aliou. Nous envisageons même de nous installer dans ce pays ou un pays limitrophe, si des opportunités existent. Nous portons un toast à notre voyage en le ponctuant comme il se doit d’un « inch Allah » convaincu. Y’a plus qu’à !
De retour chez moi, mon premier réflexe est de consulter le guide du routard sur l’Afrique noire pour mieux visionner le trajet à suivre, connaître les frontières que nous aurons à traverser et envisager les différents parcours et modes de transport possibles. Premier constat : Vogan c’est vraiment pas la porte à coté. Plus de 2000 kilomètres à travers quatre pays : Guinée, Cote d’Ivoire, Ghana, Togo. Enfin peu importe tant qu’à partir, autant voir le maximum du vaste monde.
Deuxième constat, il va falloir se préparer un peu, … beaucoup ! avant de se lancer dans ce qui s’annonce déjà comme une sacrée aventure.
C’est dans cette optique que deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau. Cette fois-ci, nous sommes quatre pour discuter un peu plus en avant des modalités pratiques de notre voyage. Mme Aliou et Oumou, mon amie se sont jointes à nous. Elles aussi seront de l’aventure. Un premier dilemme se pose à nous : la deuxième semaine de juillet, la saison des pluies est déjà bien avancée en Guinée et dans la sous-région. Peut-on alors envisager de passer par la route en empruntant un taxi pour traverser la Guinée du Nord au Sud et entrer en Côte d’Ivoire, sachant que les pistes risquent d’être difficiles ou est-il plus prudent d’envisager un voyage par la route jusqu’à Conakry, de prendre l’avion Conakry-Abidjan pour éviter les mauvaises pistes du sud guinéen et de l’ouest ivoirien, même si le coût du voyage serait alors beaucoup plus élevé. Bison futé n’ayant pas encore traversé la mer et Buffle rusé n’ayant pas encore vu le jour sous les tropiques, la seule solution est de se référer aux expériences passées des uns et aux témoignages des autres pour se faire une idée des risques encourus. Bref rien de très sur mais en l’occurrence des témoignages pas très engageants recueillis par Mr et Mme Aliou, du style : « entre truc et la frontière c’est bon, mais après quelques kilomètres c’est l’enfer. Des trous partout, plein de flotte. En plus il y a plein de camions qui creusent la piste et qui parfois la bloquent en s’embourbant. Mais enfin avec un bon taxi, sous entendu un bon véhicule et un bon chauffeur, ça passe jusqu’à « machin ». Si, si je vous assure ! Inch Allah ! ». Sur la base de ces récits, le choix concernant le mode de transport sur ce tronçon de notre voyage est donc reporté à plus tard, mais l’idée d se renseigner plus précisément sur les vols Conakry – Abidjan est, elle, acquise. Pour ce qui concerne, le parcours entre Abidjan et Lomé, pas de problème : la compagnie de bus « STIF » assure des liaisons régulières entre ces deux villes à des tarifs abordables. Adopté sans discussion. Là les témoignages sont vraiment convaincants. Le seul petit détail dont on se mordra les doigts plus tard, c’est que les infos datent un peu.
Autre aspect pratique qui nous préoccupe pour ce voyage, c’est bien sur les passeports, visas et laissez-passer nécessaires aux uns et aux autres pour pouvoir traverser les frontières sans trop de soucis notamment financiers. Décision est donc prise de se rendre tous ensemble à Conakry pour régler ce problème au début du mois de juin. Ce sera aussi l’occasion de prendre tous les renseignements concernant les vols vers Abidjan.
10 Juin 99, nous voici à Conakry, comme prévu trois semaines plus tôt. Nos premières démarches nous amènent chez un parent de Aliou qui doit nous servir d’intermédiaire avec le Consul du Togo à Conakry pour avoir les laissez-passer pour Aliou et sa femme et un visa pour moi, d’ailleurs non nécessaire d’après un document sur le Togo fourni par notre intermédiaire. Faut pas chercher à comprendre ! Nous lançons malgré tout le processus moyennant bien sur quelques billets de 5.000 FG et des photos d’identité. Rendez-vous est pris début juillet pour récupérer tous ces documents. Pour Oumou, pas besoin de visa. Il lui suffit d’avoir un passeport de la CEDEAO pour entrer dans tous les pays que nous aurons à visiter. Reste plus qu’à se procurer ce passeport, ce qui à priori ne semble pas évident surtout connaissant l’administration locale. Et là surprise ! Oumou nous parle d’un de ses oncles qui peut lui procurer ce document rapidement. Un peu incrédules, nous partons le rencontrer pour lui présenter notre projet. Après les présentations d’usage, nous exposons le but de notre visite. Sans hésitation, il nous donne rendez-vous pour le lendemain dans un bureau de l’administration. Il connaît quelqu’un qui devrait pouvoir nous aider. A l’heure dite, nous nous retrouvons comme prévu. Après quelques démarches dont entre autre l’achat d’un certificat médical, sans visite, à l’hôpital, quelques prises de contact dans différents bureaux de la capitale, nous voilà au ministère de l’intérieur accompagné d’un cadre de la dite administration. Après avoir remis la somme et les papiers demandés ainsi que deux photos, à notre bon samaritain, nous le voyons disparaître dans un bureau. Moins d’une heure plus tard, il ressort avec un passeport de la CDEAO au nom de Oumou. Je dois dire que je suis complètement bluffé. Mais ce n’est qu’une confirmation de plus de l’importance des relations et de la capacité de pouvoir les mobiliser au moment voulu ! Après moult remerciements à l’oncle, nous nous séparons en promettant de venir le voir à notre retour pour lui raconter nos aventures. Il ne nous reste plus qu’à nous renseigner sur les vols vers Abidjan. Direction l’avenue de la République où se concentre l’ensemble des agences des compagnies aériennes présentes en Guinée. Après avoir pris des renseignements dans les agences d’Air Ivoire, d’Air Afrique et Air Guinée, il apparaît qu’Air Ivoire propose les tarifs les plus attractifs. Ne pouvant ni réserver, ni payer les billets à l’avance, nous remettons à notre prochain voyage à Conakry la conclusion de nos démarches.
Ayant fait le tour des problèmes que nous étions venus traiter à Conakry, nous décidons de repartir vers Dalaba.
La saison des pluies est maintenant bien installée. A Dalaba, c’est synonyme de froid et d’humidité persistante. On peut passer des journées entières dans le brouillard sans voir le soleil et la température peut baisser jusqu’à 10 ou 12°C. Un pull s’impose alors notamment en début ou fin de journée. De plus l’humidité est tellement présente que rien ne sèche et bien au contraire tout à tendance à moisir. Il faut profiter du moindre rayon de soleil. Les petits fourneaux sont bien utiles dans les maisons pour assécher l’atmosphère. Bref c’est une période de l’année pas très réjouissante.
Dans cette ambiance quelque peu déprimante, un mois se passe, agrémenté de rencontres au « Silence » où nous échafaudons des projets d’avenir, hors de Guinée. Pour moi, c’est devenu un mal nécessaire et pour Aliou la pression ne se relâchant pas, l’idée de quitter définitivement la Guinée se fait de plus en plus précise.
Enfin l’heure de prendre la route a sonné. Je décide donc de revendre tout ce que je peux et c’est vraiment rageant quand je pense au temps qu’il m’a fallu pour acquérir tout ça. Je solde l’essentiel : moto, vélos, groupe électrogène et je donne l’autre partie dont mon lecteur radio-cassette, l’antenne parabolique que j’ai acheté pour l’installer à l’hôtel reste en place. Je ramasse les quelques affaires qui me restent et qui tiennent dans un sac et une valise non compris mon ordinateur portable qui a sa propre sacoche. Nous prenons la route en cette première semaine de juillet pensant bien ne plus remettre les pieds à Dalaba. Le destin en décidera autrement.
A l’arrivée à Conakry, après un voyage sans histoire, nous nous arrêtons comme à chaque passage au kilomètre 36. D’ailleurs on n’a pas le choix. Mais là surprise, après un premier contrôle de nos papiers d’identité, un deuxième homme en uniforme se présente. Il veut à son tour contrôler nos pièces arguant qu’il fait partie de la brigade de lutte contre le trafic de drogue. Devant notre peu d’empressement à lui présenter nos papiers, il s’impatiente. Il veut maintenant fouiller tous les bagages. Début de discussions interminables où chacun reste sur ses positions. L’homme en tenue ne veut pas lâcher prise surtout qu’un « blanc » en l’occurrence moi, est impliqué. L’occasion est trop belle de gagner le « prix des cigarettes », voire plus. Finalement nous descendons nos bagages à main et les sacs du coffre (les valises sur la galerie resteront en place) pour la fouille qui se fait dans un petit bureau sombre où règne un « chef », qui s’y croit vraiment. Mon tour arrive, l’agent chargé de la fouille relève ses manches et me présente ses bras, l’air de dire vous voyez je n’ai pas de petits sachets de poudre à glisser subrepticement dans votre sac. Il fouille le sac et en retire mon vieil opinel qu’il tend à son chef. Devant mes interrogations, le chef me dit calmement et avec tout son sérieux : « avec les troubles dans les pays voisins et l ‘entrée de rebelles en Guinée, il est devenu interdit de circuler avec des armes blanches. Votre couteau est confisqué ». J’essaye de protester mollement mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. Là encore, un billet me permettrait certainement de récupérer mon « arme blanche », mais comme elle n’a pas beaucoup de valeur je préfère en rester là. Diouma, mon collègue de travail qui a fait la route avec nous, est resté dans le bureau pour négocier. Il est très attaché à son couteau suisse, qu’il a reçu en cadeau. Après 3, 4 minutes de discussions, il ressort avec son couteau. 5.000 FG lui ont permis d’avoir un passe-droit pour circuler avec son « arme blanche », tout au moins de le récupérer. Au final je retiendrais de cette expérience une règle essentielle à ne jamais oublier : un homme en tenue a toujours raison, même quand il a tord et mieux vaut le respecter, même si lui oublie bien souvent le respect de son propre uniforme. Mais là n’est pas le problème. Le système est bien en place et vouloir le mettre en cause surtout pour un étranger est non seulement utopique mais risqué voire dangereux. Bref, l’incident clos après environ 1 heure d’attente et de discussion, nous reprenons enfin la route pour le centre ville de Conakry. Nous retournons au « Tanois », petit hôtel tenu par un Ivoirien, situé dans un quartier calme proche de l’aéroport (Matoto, près de la station Mobil). C’est en fait une maison de particulier qui a été réaménagée en hotel-restaurant. Pas le grand luxe, mais enfin le minimum de confort et de propreté pour un prix raisonnable. Et puis on y mange de très bons poissons braisés avec aloko et athiéké. Bien sur il faut être un peu patient, car le plus souvent les produits pour préparer le repas demandé sont achetés sur le marché voisin selon la commande passé. Il est donc assez prudent de s’y prendre un peu à l ‘avance. Après une nuit paisible, nous nous rendons à Air Guinée. Suite à différentes démarches et prises de contact réalisées par Mme Aliou, il semble qu’Air Guinée propose des tarifs vraiment très intéressants. Le fait de connaître un agent ou tout au moins d’être recommandé auprès de lui a déclenché une baisse assez sensible des tarifs. Pourquoi, comment, à qui cela profite-t-il ? Cela restera quelque peu mystérieux et un peu inquiétant : jusqu’à notre départ effectif, je me poserai la question de savoir si on aura bien une place. Mais pour le moins la gestion de cette compagnie ne semble pas vraiment répondre aux critères de la bonne gestion couramment acceptés. Il suffit pour s’en convaincre de rentrer dans le bureau de la responsable d’agence : malgré un toc-toc d’usage avant d’entrer, nous la trouvons allongée pour ne pas dire vautrée sur une banquette de son bureau en train de faire la causette avec une autre personne et elle ne daigne pas faire le moindre mouvement pour nous saluer. Le bureau est par ailleurs vierge de tout dossier, document, matériel informatique : étonnant ! Finalement après une attente assez courte, nous payons nos billets en liquide, l’argent étant encaissé directement par l’agent, dans une sacoche qu’il promène en permanence avec lui. Surprenant, mais bon l’essentiel pour nous est d’avoir nos billets à un tarif raisonnable et surtout de partir le plus vite possible. Notre départ est prévu un jeudi midi.
Il ne nous reste plus qu’à récupérer nos laisser-passer et visas pour le Togo qui sont censés, nous permettre de traverser Cote d’Ivoire et Ghana pour arriver au Togo. A un détail prêt, cela se vérifiera ! Quand nous arrivons, tout est prêt. Nous récupérons nos papiers. Pour ce qui me concerne, c’est une feuille à en-tête du consulat du Togo, demandant aux autorités sur place de me faciliter l’obtention d’un visa pour séjourner dans ce pays. Pas grand chose à voir avec un visa ou un laisser-passer, mais en l’occurrence je laisse passer sans faire-part de mes doutes quant à la validité de ce papier pour traverser Cote d’Ivoire et Ghana. Quelle erreur !
Nous sommes donc enfin prêts pour la grande aventure.
Entre temps, Aliou et sa femme Claudine se sont fait toute une scène à base de jalousie, de problème d’argent et j’en passe et des meilleurs. Bref, elle ne partira pas avec nous.
Le voyage : de la théorie à la pratique
Deux jours plus tard pour nous trois, c’est le départ. Rendez-vous à l’aéroport avec notre bienfaiteur de l’agence Air Guinée qui nous aide à faire passer nos kilos en trop à la douane. Mais il faudra quand même en payer quelques-uns uns car le dépassement est vraiment trop important. On s’exécute et bien sur sans facture et en liquide … L’embarquement se passe bien avec très peu de retard, de même que le décollage. Au programme un peu plus d’une heure de vol dans un avion qui a justement quelques heures de vol au compteur. L’équipement intérieur est vraiment délabré et c’est à vrai dire un peu angoissant. A la grâce de Dieu. Durant ce vol, un feuilleté fourré et chaud nous est servi emballé dans un papier alu. Pas de fioriture, mais à vrai dire ma préoccupation reste centrée sur notre arrivée. D’ailleurs va-t-on arriver ? Si l’on voulait prendre un équivalent terrestre de notre avion, il correspondrait à une de ces vieilles 404 sans age qui roule vaille que vaille sur les routes de Guinée.
1ère étape : Abidjan Et bien oui, on est arrivé sans encombres. Débarqués dans une chaleur étouffante, nous nous dirigeons à pied vers l’aérogare où nous attend l’épreuve du passage de la douane. Il faut bien dire qu’à ce moment précis, j’ai l‘estomac qui fait des nœuds et je me demande à quelle sauce je vais être « mangé » par les douaniers ivoiriens. Après le traditionnel remplissage des formulaires et une longue attente, me voilà au niveau du box des douanes. L’heure de vérité est arrivée. Je tends alors mon passeport et je déplie mon beau papier aux couleurs du Togo. La sentence est immédiate : « mais ce papier n’est pas valable, Monsieur, pour rentrer en Cote d’Ivoire ! » Ce qui devait arriver s’est effectivement produit. Merci le consul du Togo à Conakry qui a au passage encaissé quelques milliers de FG. Je me sens vraiment très petit et tout con. J’essaye fébrilement de discuter et de dire ma bonne foi. Mais rien n’y fait ! Je me vois mal reprendre le prochain avion en sens inverse surtout que Aliou et Oumou sont passés sans problème et qu’ils ont été écartés de moi. Je me décide donc à poser la question fatidique : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Le douanier très tranquillement me dit alors : « on va s’arranger, mettez-vous de coté en attendant que tout le monde passe ». Je m’exécute en me demandant combien cela va me coûter. Le dernier voyageur passe. L’heure des négociations est donc venue. Je sais que ma marge de manœuvre n’est vraiment pas large, mais aussi qu’il ne faut pas que je me laisse bouffer tout cru. Le douanier sans détours et d’ailleurs pourquoi en faire, me demande 50.000 francs CFA pour fermer les yeux. Au jeu des annonces, je réponds que je peux payer 20.000 CFA. La balle est dans son camp et lui relance en réclamant 40.000 minimum, à prendre ou à laisser. Je termine en jurant que je ne peux payer plus de 30.000 CFA, qu’il accepte finalement. Il faut dire qu’avec cette somme, il a bien gagné sa journée. La négociation étant terminée, il faut payer. Et alors là, panique. J’ai tellement bien caché mes billets de CFA, qu’il me faut plusieurs minutes pour sortir la bonne liasse, qui comble de malchance est agrafée. L’opération qui demandait discrétion et rapidité, s’éternise donc et attire l’attention du douanier occupant le box voisin. Il n’est pas dupe et a très bien vu notre petit manège. A peine ai-je tendu les 30.000 CFA à mon interlocuteur, le voilà qui m’interpelle en ces termes : « il faut me faire avorter ! ». Moi qui croyait en avoir fini, je vois soudain l’engrenage dans lequel je suis pris et l’angoisse m’étreint de nouveau. Je bafouille alors quelques mots d’excuses , arguant que vraiment je ne peux plus cracher au bassinet et là heureusement, mon premier interlocuteur intervient pour dire à son collègue de laisser. Il faut dire, mais ça je m’en rendrai compte plus tard, qu’il avait très bien gagné sa journée. En effet croyant lui tendre 30 000 CFA , je lui avais en fait remis 60 000 Francs CFA. L’habitude des coupures de 5 000 FG m’avait induit en erreur. Pensant avoir en main six billets de 5 000, j’avais six billets de 10 000. Au final, je me sors donc de cette délicate sans trop de dommages à la différence de mon portefeuille. Nous n’en sommes qu’au tout début de notre périple, et il s’annonce déjà sous les meilleurs auspices … ! D’autant qu’à cet instant précis, j’ai certes passé la douane, mais je n’ai toujours aucun visa, ni papier m’autorisant à être dans ce pays. Je suis clandestin en Côte d’Ivoire. Sensation bizarre, où l’on se sent soudain vulnérable, à la merci d’un contrôle policier pouvant avoir de plus ou moins graves conséquences. Je ne suis pas très à l’aise dans mes baskets, même si je sais par ailleurs que tout peut se négocier.
Après avoir enfin retrouvé mes camarades qui ont déjà récupéré nos bagages, nous sortons enfin de l ‘aéroport. Après la discussion d’usage avec un chauffeur de taxi pour nous amener en ville et trouver un hôtel (« combien pour nous amener à l’hôtel ?»), nous prenons la route d’Abidjan et plus particulièrement du quartier « Deux plateaux ». L’une des rares occasions qui nous permet de découvrir la ville d’Abidjan avec ses grandes avenues, ses buildings, ses feux rouges qui fonctionnent (incroyable). Bref, une grande capitale africaine moderne. Plus d’une heure d’attente dans les embouteillages et quelques recherches plus tard, notre chauffeur nous dépose dans un petit hôtel « les Rosiers », simple, pas trop cher et tout à fait correct. Enfin du repos, de la tranquillité ! Après un repas, poulet grillé avec sauce, banane plantain et atiéké préparé par des nigériens sur le bord de la route (tout à fait excellent), nous pouvons nous laisser bercer par la nuit ivoirienne. Le lendemain en début de matinée, en route pour « STIF », la société de bus qui nous a été si vivement recommandée depuis la Guinée. Les bureaux de la société se situent dans un quartier chaud d’Abidjan, Adjamé, à proximité d’un marché, là où les braquages et vols à mains armées sont fréquents paraît-il. Notre chauffeur de taxi nous conseille de ne pas trop prolonger notre visite au-delà du nécessaire. Dès notre arrivée sur place, nous prenons les renseignements utiles à la suite de notre voyage. Une chose est sure, il me faudra me procurer un visa pour traverser le Ghana. Nous sommes vendredi matin et un bus doit partir le lendemain pour Lomé. Autant dire qu’il nous reste peu de temps pour l’obtenir. Ca tombe bien, nous ne comptions pas nous attarder dans le coin. Notre taxi ayant patienté (nous sommes de bons clients !?!), nous prenons la direction de l’ambassade du Ghana. Après quelques recherches, nous trouvons l’ambassade dans laquelle nous entrons pour exposer notre problème. Heureusement Aliou est là. Il n’hésite pas à forcer carrément la situation d’autant que nous avons rencontré sur place un togolais en charge d’établir les dossiers pour les visas. Finalement, un visa normalement délivré en 48 heures contre une somme de 4.000 CFA, nous l’obtenons en 4 heures de temps contre une somme de 7.000 CFA et grâce à un petit tour de passe-passe (un dossier anti-daté de 48 heures). Qui a dit que l’efficacité était absente d’Afrique ? Dans notre malheur, nous avons en fin de compte de la chance. Une dernière soirée à Abidjan, une dernière nuit, samedi est là et nous sommes fin prêts pour partir. Oui mais voilà, STIF ne semble pas être dans les mêmes rails que nous. Après l’achat de nos billets, une heure, deux heures, quatre heures passent. La pagaille augmente, mais toujours aucun signe de mise en route et d’autant moins que notre bus n’est toujours pas arrivé. Devant la pagaille ambiante et l’absence d’informations fiables, plusieurs passagers potentiels demandent à être remboursés et quittent la gare routière. Après plus de six heures, un bus arrive enfin. La ruée est à la hauteur de l’attente : démesurée. Pourtant l’information étant inexistante, personne ne sait exactement quelle doit être sa destination. Seuls les initiés semblent y comprendre quelque chose et tirent leur épingle du jeu, que nous ne trouvons vraiment pas drôle du tout. Le bus se remplit après une foire d’empoigne sans nom et part nous laissant sur le carreau. C’est là toute notre chance, il semble que son terminus était Accra au Ghana. L’épisode STIF continue donc et l’attente aussi. La nuit tombe et toujours aucune certitude quand à notre départ. La fatigue s’accumule et l’angoisse monte surtout que certains voyageurs quittent la gare routière en nous conseillant de faire de même : « vous savez ici ce n’est pas sur la nuit, les bandes armées rodent, plusieurs fois la gare a été attaquée ». Ambiance ! Mon ordinateur, mon argent de poche, qui représente quand même l’équivalent de 25.000 francs français ce jour là, en frémissent encore. Quant à moi, je ne fais pas le fier. Nous décidons finalement après une heure d’attente vaine de retourner à l’hôtel que nous avons quitté le matin pour passer le reste de la nuit. Prudence, prudence. Aliou lui préfère rester à la gare au cas où la situation se décanterait. Epuisés de cette journée à rebondissements, nous nous retrouvons donc à hôtel « les rosiers » espérant bien passer une nuit tranquille en attendant de nous replonger dans la pagaille. Oui mais voilà, à peine deux heures après nous être couchés, Aliou débarque d’un taxi pour nous ramener à la gare voiture, soit disant qu’on ne sait jamais le départ pourrait bien avoir lieu plus rapidement que prévu. Nous revoilà donc de nouveau en route vers la gare STIF, complètement dans les brumes d’un sommeil interrompu un peu rapidement et allégé de 10.000 CFA pour une nuit de deux heures ! A la gare STIF, rien n’a changé. Les voyageurs en attente sont installés pour dormir, tant bien que mal sur les bancs en bois et par terre. Il ne nous reste pas beaucoup de place pour nous poser, tout juste de quoi nous asseoir. Mais enfin on en n’est plus à cela prêt. L’attente reprend donc et toujours pas de bus en vue., ni de personnel STIF . Par contre le ciel ivoirien nous a réservé une petite surprise. Il se met en effet à pleuvoir et de plus en plus fort. Une pluie comme on en voit souvent en cette saison sous les latitudes tropicales. Heureusement nous sommes à l’abri, du moins c’est ce que nous pensons, jusqu’au moment où à l’extérieure nous voyons le niveau d’eau monter dangereusement. Après plusieurs minutes de déluge, l’eau commence à s’engouffrer dans la gare voiture, malgré les louables efforts des gardiens censés nous protéger contre les bandits et qui se retrouvent à écoper le « navire en perdition ». L’eau, plus que douteuse, chasse donc les dormeurs installés à même le sol et tout le monde se retrouve debout sur les bancs essayant de protéger bagages et autres colis. L’eau monte inexorablement et la pluie de continuer à tomber. Nous commençons sérieusement à envisager le pire et notamment à redouter de bientôt ne plus pouvoir rester au sec. Ce ne serait que la suite logique des événements de ces derniers jours !? Ambiance de catastrophe. Les éléments sont plus forts. Rien ne semble pouvoir arrêter la pluie. Mais non, notre pessimisme est finalement démenti par le ciel. La pluie cesse et la montée des eaux avec. Elle n’aura atteint que 15/20 cm de hauteur dans la gare. L’évacuation de l’eau et le nettoyage (boue et déchets divers) peuvent commencer dans la bonne humeur retrouvée, enfin presque. Cet épisode aura eu au moins un avantage, ils nous aura occupé et fait un peu oublier cette attente qui s’éternise. Jusqu’aux premières lueurs du jour, nous ne verrons aucun employé de STIF, mis à part nos compagnons d’infortune, les gardiens.
Est toujours récompensé qui sait attendre. Telle pourrait être la conclusion de cette épreuve pour les plus philosophes. Pour ma part ce serait plutôt du genre : « et bien, p… c’est pas trop tôt, quelle bande d’enf… ces gens de STIF ». Bref. Un bus est enfin entré dans le parc quasiment 24 heures après notre arrivée. L’info est toujours aussi floue quant à sa destination et à l’heure de son départ, mais « ce ne peut être que le nôtre ». Arrive aussi notre hôtesse STIF qui doit nous accompagner tout au long de notre voyage vers le Togo. Elle nous confirme que le bus en gare est bien le nôtre et c’est déjà pas si mal. Le départ est imminent ! enfin presque. Il faudra quand même attendre encore que les bagages soient chargés, que le chauffeur soit présent pour que, à notre tour, nous commencions à embarquer. Et là surprise. Ce qui, tout au moins je le pensais (quel naïf) devait se passer dans le calme et l’ordre se transforme de nouveau en foire d’empoigne. STIF au travers de ses employés se distingue de nouveau par son incompétence en matière d’organisation. Pourtant les billets sont nominatifs, et il eut été si simple d’appeler les passagers les uns après les autres. Solution beaucoup trop simple semble-t-il. Nos amis de STIF nous regardent donc nous bousculer en nous encourageant même à plus d’ardeur. « Si vous voulez monter, il va falloir pousser » me dit un des gardiens de la nuit qui se tient à la porte du bus. Etant entouré de femmes et d’enfants, j’ai quelques scrupules, mais qui s’effacent assez vite sous la pression physique des uns et des autres. Heureusement Aliou, qui lui n’a pas hésité une seconde, est monté depuis longtemps et quand nous pénétrons enfin dans le véhicule, il nous a réservé deux places. Quelques passagers restent sur le carreau ; visiblement le surbooking est une pratique courante ici aussi. Il faut dire qu’au vu des conditions avant et pendant l’embarquement, les désistements doivent être nombreux. L’essentiel pour nous, c’est que l’épreuve est enfin terminée, le voyage peut se poursuivre. Nous prenons la route de la frontière ghanéenne à travers une forêt dense. Tout se passe très bien tout au long du trajet, y compris aux différents barrages dressés par des hommes en tenue en pleine forêt au milieu de nulle part. A la frontière du Ghana, l’arrêt est un peu plus long. Vérification d’usage des passeports, mais aussi des carnets de vaccination (avec ou sans tout le monde doit payer sauf les blancs), et fouille des bagages en soute. Rien de vraiment extraordinaire donc. Nous traversons le pays sans problème et sans arrêt jusqu’à Accra. Les villes ghanéennes sont comme beaucoup de villes africaines, mais se distinguent par le hérissement d’antennes de télévision qui émergent au dessus des toits des maisons. Pourquoi de façon si systématique et caractéristique, cela reste un mystère pour nous. A Accra nous faisons un arrêt à la gare STIF, où nous retrouvons un bus parti 36 heures avant nous qui est tombé en panne. Les passagers sont donc resté bloqués là deux nuits dans des conditions pour le moins sommaires. Chacun semble prendre son mal en patience. Ainsi vont les voyages en Afrique de l’ouest.
Après environ 8 heures de route à un rythme soutenu, nous approchons de la frontière togolaise. Il faut dire que notre chauffeur n’a pas fait dans la dentelle. Malgré le mauvais état de certaines routes, il n’a à aucun moment relâché la pression sur l’accélérateur faisant le yoyo sur son siège monté sur ressorts. Malheureusement, nous n’avions pas les mêmes fauteuils ! Malgré tout, notre hôtesse de choc nous fait part de son inquiétude de ne pas arriver à temps pour pouvoir passer les douanes. Gloups ! Nous nous voyons déjà en train de bivouaquer au bord de la route avec nos copains les moustiques. Et c’est bien sur, à ce moment là que la panne survient. Dans le dernier village ghanéen avant la frontière, notre chauffeur s’arrête préoccupé. Les freins ne répondent plus normalement. Arrêt au bord de la route, tous les passagers descendent inquiets de cet incident. Le chauffeur sort deux ou trois outils qui constituent sa seule panoplie pour réparer. Il se glisse alors sous le bus et commence à opérer au niveau des freins arrière. Une odeur de caoutchouc brûlé s’échappe de cette partie du bus. Oh, oh, pas normal ça ! Nous prenons une fois de plus notre mal en patience en commençant à envisager avec un peu d’appréhension une nuit dans des conditions délicates !? Après 15, 20 minutes, l’issue semble en vue. Et effectivement 30 minutes après notre arrêt, nous regagnons tous notre place et reprenons la route. Direction la frontière. Enfin elle est en vue et miracle ! elle est encore ouverte. Soulagement général. Après les formalités douanières, sans problèmes particuliers, nous voilà à Lomé Togo.
2ème étape : Lomé La chasse au taxi s’ouvre alors, pour nous suivre à la gare STIF et nous emmener en ville. De nombreux taxi-moto se pressent autour de nous pour nous proposer leur service ne voyant pas nos bagages à nos cotés. S’il pouvait, ils nous tireraient sur leur selle pour nous accompagner là où nous n’allons pas. Tout cela reste cependant très bon enfant. Pendant notre attente, nous observons tout ce qui se passe autour de nous et notamment les « changeurs de monnaie ». Aliou nous explique comment ils arnaquent leur client en pliant en deux les billets dans les liasses. Ils comptent ainsi deux fois le même billet. Détail bon à connaître ! Après quelques minutes, Aliou a réussi à négocier avec un taximan qui est prêt à nous accompagner. Arrivés à la gare STIF, nous sommes vraiment pressés de récupérer nos bagages et d’en finir avec cette compagnie qui nous aura, comme on dit « fatigué ». Mais nos amis de STIF en ont décidé autrement. Ils nous font poireauter plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à ouvrir les soutes. La tension monte, mais tout le monde est tellement fatigué que rien de grave ne se passe. Nous récupérons finalement nos affaires et les chargeons jusqu’à la gueule dans la taxi qui nous a malgré tout attendu. En route pour le centre de Lomé, à la recherche d’un hôtel. Aliou ayant quitté le pays depuis plus de dix ans déjà, nous nous en remettons aux connaissances de notre chauffeur. Nous recherchons un hôtel pas trop cher, mais avec un confort minimum. La fatigue aidant et la nuit étant tombée depuis un bon moment déjà, nous choisissons l’un des premiers établissements auquel le chauffeur nous a accompagné. La nuit est à 10.000 CFA avec climatisation, douche et télévision. Les chambres sont mal foutues et très exiges (quand on allume la clim située juste au-dessus de la tête du lit, on a l’impression d’être entouré d’un régiment de ronfleurs enrhumés) , mais enfin pour une nuit peu importe. Dernière épreuve de la journée, trouver à manger. Nous désignons Aliou pour relever le défi. Sa quête à l’extérieur de l’hôtel ne dure pas longtemps : il revient avec un plat de riz accompagné d’un mélange de légumes peu appétissant. Notre faim s’en trouve soudain fortement diminuée. Nous nous couchons donc le ventre quasi vide et saoulés de fatigue. Le lendemain nous nous rendons au ministère de l’intérieur où je dois faire prolonger mon visa. Nous trouvons difficilement le lieu qui est en fait situé à coté de l’ancienne primature à l’abandon. Les bureaux sont, comme dans beaucoup d’administration d’Afrique, mal équipés (seulement quelques tables et chaises et d’antiques machines à écrire mécanique), mal organisés et beaucoup de personnel qui n’a pas l’air surchargé de boulot. Après quelques hésitations pour trouver le bon bureau, nous arrivons enfin à avoir les renseignements sur les pièces à fournir pour l’obtention du précieux sésame. Il faut des photos d’identité, le passeport, remplir plusieurs fiches et bien sur encore payer. Ce n’est que la troisième fois que l’on me demande de l’argent pour entrer et rester au Togo ?! Malgré les protestations de Aliou qui essaye d’expliquer mon cas et les démarches que nous avons déjà menées, nous devons nous plier aux règles établies. D’ailleurs, la personne que nous avons en face de nous ne semble pas disposée à discuter et se montre même assez cassante. Comme dira Aliou en sortant : « de toute manière ce gars est du Nord (du pays), la région du Président et moi du Sud, on ne peut pas se comprendre ». Nous repartons donc faire les photos, que je n’avais pas prévu, pensant naïvement que le papier délivré par le consul du Togo à Conakry faciliterait la procédure ici. Un aller-retour chez le photographe plus tard, nous arrivons juste à temps avant la fermeture des bureaux. Notre interlocuteur prend quand même mes papiers, tout en me faisant bien comprendre qu’il me fait une faveur car l’heure est dépassée. Peu importe finalement, l’essentiel étant d’avoir des papiers en règle. Nous devons revenir 3 jours plus tard.
En attendant, nous décidons de partir directement pour Vogan, le village natal de Aliou. Après quelques coups de téléphone à certains de ses parents, nous voilà donc de nouveau sur la route en taxi. Nous couvrons la distance qui nous sépare de Vogan sans encombres avec bien sûr quelques arrêts aux différents points de contrôle policier où il s’agit d’expliquer ce que nous venons faire par-là.
3ème étape : Vogan A l’arrivée à Vogan, comme nous en avons pris l’habitude maintenant, nous nous mettons à la recherche de notre logement pour les jours à venir. Après une visite à la maison d’accueil de la Mairie où il n’y a qu’une chambre de libre, nous nous rendons dans un petit hôtel qui nous plait d’emblée : il est propre, calme avec le confort minimum (douche, WC, ventilateur) et possibilité de manger sur place, et tout cela pour un prix raisonnable (6.000 CFA la nuit). Affaire conclue. Il est temps pour nous d’aller rendre visite à la famille de Aliou. L’heure des grandes retrouvailles à sonner. Le fils aventurier qui a quitté son pays depuis plus d’une décennie, revient au village. Il n’a certes pas fait fortune, mais il est tout de même en bonne santé. Nous pénétrons dans la concession familiale après quelques hésitations de la part de Aliou pour reconnaître les lieux. Nous traversons un dédale de bâtisses en terre séchée avant d’entrer dans une petite cour entourée de cases : c’est là que nous rencontrons d’abord des jeunes sœurs de Aliou, puis son frère et enfin sa mère. Les retrouvailles se font dans la joie et la retenue.
On a un peu l’impression que sa mère a du mal à croire ce qu’elle voit et à reconnaître son fils. Il faut dire que physiquement il a bien changé. Il a très nettement prospéré durant son séjour comme l’atteste d’anciennes photos. Pour Aliou, on sent que ses retrouvailles sont un peu pénibles. Revoir sa famille, sa mère, son père, ses frères, sœurs et les nombreux jeunes enfants des uns et des autres qui vivent dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de les aider comme il le souhaiterait, le met visiblement mal à l’aise. Mais que faire ? Après les présentations d’usage, on nous fait asseoir sur des fauteuils sortis d’une des cases. L’échange est un peu difficile car mis à part son jeune frère qui a fait les bancs comme on dit ici pour désigner un élève, personne ne parle couramment français et encore moins poular. De plus toute la maisonnée est surprise par notre arrivée inopinée. Les enfants se rassemblent autour de nous curieux de voir ces étrangers et surtout ce blanc, sans doute le premier à venir s’asseoir parmi eux. Le dialogue se fait donc plus à travers des regards et des mimiques que par des paroles. Après quelques minutes durant lesquelles Aliou a pu échanger des nouvelles avec ses parents, nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain pour partager un repas et nous dirigeons alors vers la ville. En quittant la concession, nous remarquons de multiples traces de sacrifices (fiente de volailles, monticules en terre, ….) qui sont autant de témoins des pratiques vaudou, très courantes dans cette région. Nous croiserons des personnes circulant quasiment nues en ville et des traces de sacrifices en pleine rue, preuve que toute la ville est imprégnée du vaudou. C’est à la fois intriguant et un peu inquiétant. Nous profitons de cette balade pour rendre visite à un vieil ami de Aliou avec lequel il a fait les 400 coups étant jeune. Nous le retrouvons chez lui dans une concession un peu à l’écart du centre ville. Il travaille au « syndicat » qui gère la gare voiture (gare d’où partent tous les taxis et minibus). Cette rencontre est bien sur l’occasion pour les deux vieux amis de se remémorer le passé, pour Aliou d’avoir des nouvelles des uns et des autres, de ses « ex » et de se raconter leur vie durant ces dix dernières années. Au travers de son parcours et de son expérience, nous comprenons mieux la difficulté de vivre à Vogan et trouvons aussi des explications à la morosité qui semble envelopper et peser sur tout le village. Nous nous quittons finalement après être allés boire un coup dans un bar-dancing tristounet, tout en nous donnant rendez-vous au lendemain pour déguster un porcelet grillé, une des spécialités culinaires locales. Après une bonne nuit et une journée juste agrémentée d’une balade dans la ville et d’un repas dans la famille de Aliou, nous nous retrouvons donc le soir à notre hôtel autour du fameux porcelet grillé préparé par l’ami de Aliou. Nous sommes une dizaine, Aliou ayant invité quelques uns de ses amis avec leur copine. Nous passons une soirée agréable sur la terrasse de l’hôtel, même si c’est un peu difficile pour moi et Oumou d’être totalement à l’aise parmi ces vieux amis qui se retrouvent et qui bien souvent parlent dans leur langue. Après deux jours passés à Vogan, il nous tarde de quitter cet endroit vraiment déprimant. Le retour sur Lomé se passe sans trop de problèmes, mis à part un ralentissement du à l’effondrement de la route sous l’effet d’une forte et brutale montée d’une rivière la jouxtant. Nous sommes invités à descendre du taxi, qui passe au ralenti sur le bout d’asphalte encore en place en priant pour que l’eau n’emporte pas tout à ce moment là. La chance est avec nous. Nous traversons à notre tour et remontons en voiture pour la fin du trajet.
4ème étape : Lomé bis Arrivé à Lomé, nous mettons à contribution notre chauffeur du jour pour nous trouver un nouvel hôtel. Il semble bine connaître la ville et nous conduit directement vers un petit hôtel tenu par un couple de français, tout proche du bord de mer dans une ruelle très calme. Nous adoptons aussitôt l’endroit, d’autant plus aisément que le patron nous fait un prix sur le tarif des chambres (6.000 Cfa la nuit par chambre).
Nous occupons avec Oumou une chambre dans une maison située juste à côté de l’hôtel, grande chambre avec ventilateur, une salle de bain à part avec une douche (eau froide uniquement), ce qui est largement suffisant étant donné la température extérieure douce pour le pays mais malgré tout raisonnable (environ 30°). Aliou quant à lui est dans une petite chambre à l’étage de l’hôtel avec douche. Nous nous installons donc et profitons de la fin d’après midi pour découvrir un peu le quartier qui s’avère être assez résidentiel avec dans l’ensemble des baraques occupées par des étrangers. Nous allons faire un tour jusqu’à la plage qui est à 100 mètres de l’hôtel. La mer est superbe, par contre la plage à cet endroit n’est vraiment pas très propre et semble peu entretenue. Il faut dire que la mer est paraît-il très dangereuse et qu’il est impossible de s’y baigner, les superbes rouleaux écumeux en sont un signe. Les gens qui veulent profiter du bord de mer et de l’eau vont plus loin sur la côte. La plage est donc occupée par quelques squatters sous des abris de fortune, par de jeunes fouteux ou par des pêcheurs au filet. Pas de touristes avec serviette et crème solaire et donc peu d’intérêt à nettoyer la plage.
Tout en longeant le bord de mer, nous observons les familles de pêcheurs qui opèrent depuis le rivage. Leur pratique est vraiment très intéressante à suivre. La pêche démarre par l’amarrage d’une extrémité du filet à un cocotier de la plage et par la mise à l’eau d’une pirogue qui doit emmener le filet à quelques encablures du rivage. Cette opération assez dangereuse, du fait des forts courants et des rouleaux impressionnants qui s’abattent avec force et fracas sur le sable, peut être assez longue. Une fois la barrière écumeuse franchie, la pirogue décrit un arc de cercle le plus large possible en mer avant de revenir sur le rivage pour déposer la deuxième extrémité du filet formant ainsi une nasse prenant au piège les poissons tout au moins est-ce le but recherché. A partir de ce moment là, ce sont les hommes à terre qui prennent le relais. Ils s’emparent du cordage ramené à terre par la pirogue et commencent à le haler vers la plage. Cette phase de la pêche demande une importante main d’œuvre composée le plus souvent des membres d’une même famille. Elle nécessite du temps, de la force et de la coordination. En effet, il faut que les 15 ou 20 haleurs voire plus tirent en même temps pour que le résultat soit probant. Souvent les chants rythment ce travail, les femmes restant à côté dans l’espoir de la pêche miraculeuse. De toute manière miraculeuse ou pas, ce sont elles qui s’occuperont du tri des poissons et de la vente sur le marché. Finalement la fin de journée approchant nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous référant au guide du routard, nous nous dirigeons vers le « fifty-fifty ». Nous découvrons un petit resto installé à même le trottoir, avec de grandes tables et des bancs sur lesquels on s’installe en fonction de la place. Une jeune femme vient alors prendre votre commande pour la nourriture suivie d’une autre pour les boissons (chacune son business). Athiéké, khôn, brochettes, poissons, salades de crudités/pâtes, … sont au menu. Rien d’extraordinaire, mais la nourriture est correcte et le service généralement rapide. De plus, le repas est régulièrement agrémenté par de jeunes artistes qui viennent proposer leur animation : le chanteur solitaire avec juste deux morceaux de bois pour rythmer son chant (Moustique, moustique si tu me piques , …), le groupe de ghanéens qui jouent du reggae avec force djimbé, marakass, … et dont le leader fait des tours de passe-passe, … Un coin sympa où il y a toujours du monde. Malheureusement les animations ne se renouvellent pas beaucoup. Alors au bout de trois ou quatre fois, ça devient un peu saoûlant. Nous revenons assez tôt à l’hôtel et entamons donc une partie de cartes sur la terrasse de l’hôtel avant d’aller nous coucher. Cela nous donne l’occasion d’un peu mieux connaître la clientèle de l’établissement. Elle est essentiellement composée de coopérants étrangers qui trouvent là une cuisine européenne (le cuisinier est d’ailleurs français ), une ambiance familiale et la possibilité de venir taper le carton. Un bon nombre de ces clients sont visiblement des habitués et des vieux briscards de l’Afrique accompagnés comme il se doit de jeunes et jolies « autochtones ». En discutant un peu avec le patron de l’hôtel, nous apprenons qu’il a eu l’occasion de venir en Guinée quelques années plus tôt pour récupérer un véhicule. Cette expérience lui a laissé un souvenir plutôt mitigé voire carrément négatif, notamment à cause des problèmes administratifs qu’il a rencontrés et des nombreux pots de vin qu’il a dû verser. Cette impression peu favorable sur la Guin2e nous sera confirmée quelques jours plus tard au Burkina Faso. La Guinée est semble-t-il considéré comme un pays à part, peu attractif pour des personnes ayant vécues dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il faudra certainement encore de nombreuses années avant que ces a priori négatifs soient effacés, même s’il est vrai que la Guinée a déjà commencé à évoluer depuis la mort de Sékou Touré. Mais que de chemin à parcourir encore pour changer les mentalités.
Le lendemain matin, nous nous rendons au ministère pour récupérer mon visa, ce qui se fait sans difficultés, puis nous nous mettons à la recherche de l’office de tourisme qui est mentionné sur le Routard. Après de vaines recherches (il semble s’être volatilisé de même que les touristes !), nous reprenons la direction de l’hôtel , où nous devons retrouver l’un des frères de Aliou qui vit à Lomé. En route, nous croisons des groupes de motocyclistes euphoriques qui laissent éclater leur joie. Nous comprenons assez rapidement grâce à Aliou la cause de cette liesse populaire : on annonce le retour tant attendu de Gilchrist Olympio dans la capitale togolaise (il est l’un des plus farouches opposants de régime et s’est expatrié au Ghana suite à une tentative d’assassinat dont il a réchappé par miracle) pour participer à une table ronde pouvoir-opposition. L’effervescence monte dans la capitale. En nous rapprochant de l’hôtel, nous constatons qu’une grande foule se dirige vers la frontière toute proche pour accueillir l’opposant. Parallèlement se met en place un quadrillage policier très strict du quartier. Nous décidons donc de rester à l’hôtel en attendant de voir ce qui va se passer. Finalement après plusieurs heures d’incertitudes, on apprend que Mr Olympio a renoncé à rentrer à Lomé car il n’a pu obtenir toutes les garanties qu’il souhaitait pour sa sécurité. Le reflux de la foule se fait dans le calme et sans incidents, et la chappe de plomb qui nous semble peser sur la ville depuis notre arrivée, retombe.
Entre-temps nous avons retrouvé le jeune frère de Aliou qui est professeur dans un lycée privé protestant. Il est venu avec sa fiancé, qui est commerçante. Elle vend des fripes au marché. Ils sont tous deux très croyants et semblent très engagés dans leur église, une des nombreuses présentes dans ce pays.. Aliou profite de l’occasion pour demander à sa future belle sœur de bien vouloir nous préparer nos repas de midi. Elle accepte très volontiers, mais avait-elle vraiment le choix. Comme nous dira plus tard Aliou : « elle ne pouvait pas me refuser en tant que future femme de mon frère ! » Et oui, ainsi vont les mentalités qui ont beaucoup de mal à évoluer pour ce qui est de la considération des femmes dans ces sociétés. Dire merci serait quasiment une injure enfin du point de vue de Aliou tout au moins. Rendez-vous est pris pour le lendemain midi. Je dois dire que je suis un peu gêné notamment du fait qu’elle habite à l’autre bout de la ville et que pour nous préparer ces repas elle va devoir laisser sa table au marché. Mais je suis assez mal placé pour dire ce que j’en pense, même s’il est vrai c’est moi qui donne l’argent pour acheter le nécessaire. Aliou de toute manière ne me demande pas mon avis. Nous avons opté pour de grosses crevettes roses avec du riz pour le lendemain. L’après-midi, nous allons nous promener dans le quartier des artisans et du marché. Nous y découvrons un artisanat assez varié, venant pour beaucoup ou tout au moins originaire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal, …).
Nous trouvons des colliers de perles, des sculptures et autres objets en bois (awalés), de nombreux djimbés, des objets en cuir et en argent dont les spécialistes sont les touaregs, des batiks venant du Burkina. Cette promenade est l’occasion de discuter un peu avec les artisans ou tout au moins les vendeurs d’artisanat, notamment un peul sénégalais avec lequel Oumou échange quelques mots de poular. Nous n’achetons rien mais promettons de revenir un autre jour en amenant les exemplaires de tissus guinéens. Nous poursuivons notre balade dans le grand marché de Lomé. Nous retrouvons cette ambiance toujours aussi animée des grands marchés africains avec une profusion de produits bien souvent de qualité médiocre mais à des prix défiants toute concurrence et notamment de pâles copies de produits de luxe étrangers (copie de Lacoste, jeans, montres de toutes marques, …). Merci les Chinois ! Quant à la foule compacte et bruyante, elle est bien présente et un peu oppressante. Nous décidons finalement de rentrer vers l’hôtel en empruntant un mode de locomotion très usité ici : le mototaxi. Nous cherchons donc trois motos pour nous ramener. L’attente n’est pas longue et nous enfourchons donc chacun une moto, direction le Galion. Ce mode de transport est plutôt sympa, même si pas toujours très rassurant selon le chauffeur et la circulation. Il faut bien dire que parfois, on serre les fesses !
Le soir, nous décidons de rester à l’hôtel et de prendre un repas « à la française ». Le choix de la carte de l’hôtel est assez varié pour des prix certes un peu élevé mais enfin, au diable l’avarice. Nous ne regrettons pas ce petit repas ponctué par une vraie glace à la vanille et au chocolat. Nous finissons cette soirée par une longue partie de cartes durant laquelle Aliou nous annonce qu’il doit repartir le lendemain vers Vogan pour quelques jours et nous demande de l’accompagner. Il faut bien dire que nous ne sommes pas très chauds après notre premier séjour. Il partira donc seul. Il retourne dans son village avec un objectif bien précis : celui de se procurer une protection pour pouvoir revenir à Dalaba sans crainte et prêt à affronter d’éventuels ennemis. Il est très important pour lui de ne pas revenir comme cela en Guinée, sans une protection contre ses adversaires et un moyen de les écarter, définitivement s’il le faut. Nous ne saurons jamais exactement en quoi consiste cette protection sauf qu’il doit aller le chercher dans le village natal de sa mère dans les environs de Vogan et qu’il lui faudra plusieurs jours pour l’obtenir. Devant sa détermination, je dois dire que je suis assez impressionné même si pas très convaincu de l’efficacité d’une telle démarche. Mais ce n’est pas le plus important. Pour lui cette démarche est quasiment une question de vie ou de mort, elle doit lui permettre de montrer à ses ennemis qui est Aliou, la supériorité des ressortissants de Vogan. Même si on n’en a pas encore vraiment discuté dans les détails à ce moment là, l’idée de revenir tous ensemble vers la Guinée est acquis depuis plusieurs jours. Nos grands projets de nous installer au Togo pour travailler et nous lancer dans une nouvelle aventure sont déjà oubliés. Il faut dire que les signes positifs pouvant nous inciter à pousser plus loin dans cette voie sont quasi inexistants. Oumou et moi, nous profiterons donc des deux jours à venir pour mettre au point notre voyage de retour. Dès le lendemain, nous allons au centre ville pour acheter le guide du routard Afrique Noire, que nous avons bien du mal à trouver d’ailleurs. Nous cherchons également l’ambassade du Burkina-Faso et du Mali pour connaître les démarches à suivre pour obtenir des visas pour moi afin de pouvoir traverser ces pays dans notre voyage retour. En effet nous envisageons de prendre la route du Burkina en nous arrêtant à Ouagadougou, de poursuivre vers le Mali et de rentrer en Guinée par le nord-est. Nous apprenons alors que le Burkina est représenté à Lomé par la France. Quant au Mali, il n’a plus de représentant officiel ici. Nous engageons donc les démarches au consulat de France. J’obtiens sans problème mon visa en 24 heures. Pour le visa Mali, nous ne pourrons l’obtenir qu’à Ouagadougou. Nous sommes donc quasiment prêts pour partir en direction du Nord vers le Burkina. Aliou doit, dès son retour du village, se renseigner sur les bus à destination de Ouaga. Nous mettons à profit le temps qu’il nous este en attendant le retour de Aliou, pour retourner au marché voir ce que l’on appelle ici les « plaqués » (bijoux en plaqué or, venant du Bénin voisin). Les prix sont très intéressants comparativement à Conakry et nous envisageons donc d’en acheter pour les revendre en Guinée, notamment Aliou qui à ce point du voyage est d éjà à sec financièrement. Nous traversons aussi le marché des féticheurs : un vrai capharnaüm où se mêlent gris-gris de toutes sortes, têtes de singes, peaux diverses et variées, poudres « magiques », … A vrai dire on n’a pas vraiment envie de s’attarder dans cet endroit pourtant tout à fait typique. Nous profitons de cette visite sur le marché pour essayer de trouver des amateurs pour nos tissus « made in Guinée ». Mais les commerçants sont peu intéressés par nos bandes de tissus d’un seul tenant , qui ne sont même pas cousues en pagne. Et puis nous sommes au pays des mama benz, alors les tissus ici on connaît. Nos échantillons n’ayant rien d’extraordinaires par rapport à ce qu’on peut trouver sur place, si ce n’est l’originalité de leur couleur et des motifs, nous ne trouvons pas d’amateurs. On nous conseille seulement de les faire coudre en pagnes pour augmenter nos chances de les vendre. Ce que nous faisons sur place dans le marché des féticheurs où nous trouvons grâce à notre « guide » un tailleur.
Malgré tous nos efforts, nous ne trouverons pas d’amateurs pour nos échantillons d’artisanat guinéen que nous ramènerons jusqu’à Dalaba. On ne s’improvise pas commerçant ! Nous repassons voir les vendeurs d’artisanat pour acheter quelques objets (une broche en argent, un awélé, des colliers et boucles d’oreilles en terre cuite, …) pour faire des cadeaux à notre retour. Chez le vendeur sénégalais, nous réussissons en fin de compte à échanger un de nos tissus contre l’awélé. En voilà un au moins qui ne repartira pas au pays. Mais que ce fut dur ! Durant notre visite du marché, nous découvrons un petit restau tenu par des guinéens et notamment une femme peule qui en est la patronne. L’occasion est trop belle. Nous nous arrêtons pour manger une sauce arachide avec du poisson. Les plats sont corrects et à des prix raisonnables. 24 heures plus tard , Aliou revient de son village où il n’a pu obtenir que partiellement les protections qu’il recherchait. Il lui aurait fallu rester plus longtemps sur place pour avoir la « panoplie » complète. Il semble déçu mais prêt à repartir à Dalaba pour se réinstaller, confiant malgré tout dans ses nouvelles protections. Concernant notre voyage de retour, il a obtenu les informations que nous recherchions pour les cars partant vers le Burkina. La gare est située à proximité du domicile du frère de Aliou. Les départs ont lieu chaque jour tout au moins officiellement . Nous décidons de ne pas prolonger notre séjour à Lomé et de prendre si possible la route dès le lendemain avec l’idée d’atteindre le plus rapidement possible Ouagadougou. Malheureusement, nous n’avons pas le temps et surtout les moyens de nous arrêter pour visiter un peu le Togo, qui présente pourtant une certaine diversité géographique et quelques sites intéressants. Ce sera pour une autre fois !?! Le lendemain, fin prêts, nous partons vers la gare voiture avec tout notre chargement, qui s’est cependant un peu réduit, Aliou ayant laissé pas mal d’affaies à sa famille. C’est surtout moi qui suis un peu « chargé » avec ma valise, mon sac de voyage, mon ordinateur portable, et surtout l’équivalent de 15.000 francs français sous différentes formes (chèques voyage, dollars, francs CFA et francs français) qui vont peser très lourd dans mes poches durant les étapes entre le Togo et le Burkina et entre le Mali et la Guinée. Arrivés à la gare voiture, nous prenons nos billets, confiants dans notre départ rapide, et nous nous installons sur des bancs dans l’attente que l’on nous appelle pour le départ. Nous déchantons assez rapidement. La valse des mini-bus et autres cars est permanente, mais malheureusement celui qui doit nous emmener ne se présente toujours pas. Et bien sûr, il est impossible d’avoir des renseignements précis. Il faut dire que le principe reste toujours le même : tant que le bus n’est pas plein, pas de départ ! A ce jeu là, l’attente peut s’avérer assez longue. En fait tout se passe comme d’habitude !Rien de très surprenant , mais c’est vrai que c’est un peu usant à force. Nous passons donc la journée dans l’attente d’un hypothétique départ, nous demandant même si nous n’allons pas passer la nuit sur place. Notre bus est semble-t-il arrivé depuis le milieu de l’après-midi. C’est en tout cas l’information qui circule. Enfin après plus de 8 heures d’attente, le chargement des bagages commence et l’espoir renaît. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Sans trop savoir pourquoi, l’attente se prolonge. Certainement que la compagnie espère des clients de dernière minute. Nous partons finalement à la nuit tombée. Le car est dans un état correct, mais pas très confortable pour passer la nuit. En fait c’est un vieux bus de transport en commun de ville. Il est donc notamment impossible d’appuyer sa tête pour éventuellement dormir, sauf sur une barre de fer. On fait plus confortable. Mais bon l’essentiel au stade où nous en sommes est de partir et peu importe dans quel état nous arriverons. Toute la nuit nous roulons vers le Nord en direction de la frontière avec le Burkina. Malheureusement nous ne profitons donc pas des paysages togolais, notamment vers le Nord beaucoup plus accidenté qu’au Sud. Arrivé à la frontière, au petit matin, nous devons tous descendre du bus pour les formalités de passage de la frontière. Une grosse pluie s’abat sur nous juste à ce moment là, histoire de nous réveiller ou plutôt de nous éviter de somnoler. Une de ces grosses pluie bien dense qui vous trempe en quelques secondes mais qui ne dure pas. Au poste de douane, tout se passe bien avec comme bien souvent quelques passagers rackettés pour défaut de carnet de vaccination. Et oui ce carnet jaune est une aubaine pour tous les douaniers aux frontières : il leur procure des revenus complémentaires faciles ! Comme quoi, on ne soupçonne pas toujours les conséquences de mesures à priori positives mais inadaptée aux réalités locales. Quant à moi, j’ai toujours quelques palpitations à l’idée qu’un douanier trop zélé découvre mon ordinateur et me demande des papiers de passage en douane. A vrai dire je n’en ai aucun qui soit en règle ayant fait rentré l’ordinateur en Guinée sans aucune déclaration. Cela pourrait me créer quelques problèmes et surtout quelques billets ! Mais c’est la quatrième frontière que nous traversons et jusque là pas de douanier trop zélé ! A la sortie des bureaux de la douane, surprise ! le bus a traversé la frontière sans nous attendre et il se trouve à plus de 500 mètres. Sympa, alors que la pluie redouble de violence. Le voyageur est vraiment traité à peine mieux qu’une marchandise dans ce genre de compagnie. Le client roi ! Ca veut dire quoi d’abord ? Il faut dire aussi que le prix du transport est peu élevé. Ceci explique sans doute en partie cela. Mais quand même ! Nous attendons donc une peu que la pluie veuille bien se calmer avant de nous lancer à la poursuite de notre véhicule en pataugeant allégrement dans les flaques de boue latéritique. De nouveau à bord, un peu humide et après avoir acheté quelques bricoles pour manger, nous poursuivons la route, direction le poste frontière burkinabé. C’es dans cette portion du trajet que nous entendons parler avec une certaine angoisse des coupeurs de route qui dévalisent les voyageurs. Ils profitent souvent de la proximité des frontières pour réaliser leur méfait et pouvoir plus facilement échapper aux poursuites enfin très hypothétiques poursuites. Parmi les passagers, se trouvent notamment plusieurs femmes commerçantes qui ont l’habitude de faire ce parcours entre Togo et Burkina. Elles évoquent les mésaventures d’autres voyageurs qui ont eu à croiser la route de bandits sur la route et qui ont tout perdu lors de ces malencontreuses rencontres. Mais disent-elles, ils, les coupeurs de route, s’attaquent plus volontiers à une autre compagnie de transport plus « luxueuse », qui est plus fréquentée par les commerçantes ; sous entendu avec notre compagnie les risques sont moins grands. Il n’en reste pas moins que ces histoires font monter la tension d’un cran dans le bus. Pour ce qui me concerne , je dois dire que je ne me sens vraiment pas très à l’aise avec mon ordinateur portable sur les genoux et ma ceinture ventrale pleine de devises. Je me surprends à regarder beaucoup plus fréquemment à l’extérieur du bus comme si j’allais ainsi écarter toute mauvaise rencontre. Bref ! il fallait bien rajouter un peu de piment à ce voyage un peu trop tranquille, pépère. Nous poursuivons malgré tout notre route vers Ouaga que nous atteignons à la nuit tombée sous une averse. Rien d’étonnant nous sommes en pleine saison des pluies.
5ème étape : Ouagadougou Comme nous en avons maintenant l’habitude , il s’agit pour nous de trouver un hôtel pour passer la nuit. La consultation du guide du routard, nous a permis d’avoir quelques adresses. Reste à aller voir sur place. Nous trouvons assez facilement un taxi et commençons notre tournée des « grands hôtels » de Ouagadougou. Les 2 ou 3 premiers que nous visitons sont vraiment pas très attirants, notamment un qui ressemble plus à un bouge qu’à autre chose.
Finalement fatigués et le taximan perdant patience, nous choisissons un hôtel, l’hôtel Belle vue, un peu au-dessus de nos moyens en se disant que le lendemain nous aurons tout loisir de trouver un endroit plus adapté à nos moyens et à nos souhaits. Nous passons une nuit sans histoire, enfin presque. Toute la soirée et jusqu’à une heure assez avancée de la nuit nous profitons du poste de télévision qui est allumé dans le hall d’entrée, le son au maximum. Suivre un film grâce à sa bande son uniquement ce n’est vraiment pas terrible. Enfin au petit matin, sans même prendre un petit déjeuner nous quittons l’hôtel laissant nos bagages sur place pour partir à la recherche d’un autre lieu de villégiature. Nous trouvons un taxi pour nous emmener dans les quartiers Nord de la ville. D’après le guide du routard, plusieurs bonnes adresses y sont regroupées. Nous commençons par le « Pavillon vert ».
L’hôtel est charmant et très animé. On entre dans un grand patio avec terrasse, kiosque d’artisanat et beaucoup de verdure. La première impression est vraiment sympa. Malheureusement nous déchantons très vite : l’hôtel est plein, pas même une chambre pour trois. Les gérants nous orientent alors vers un établissement tout proche tenu par un Suisse : « Le Dapoore ». Nous y trouvons une chambre pour nous trois, l’une des dernières, avec une douche. L’endroit est moins convivial que le « Pavillon vert », mais il est propre et calme, avec un restaurant couvert d’un toit en paille qui nous rappelle les cases du Fouta. Nous repartons donc vers le centre ville pour récupérer nos bagages et découvrir un peu la capitale du Burkina-Faso. La ville est très sympa avec de grandes avenues bordées d’arbres, de grands carrefours occupés de fontaine hors service. La plupart des maisons sont construites sur un niveau. Les routes sont le domaine des deux roues ou presque. Une vraie ville sahélienne qui a bien des égards me fait penser à N’Djamena. De retour dans les quartiers Nord, nous nous installons dans notre chambre du Dapoore. Nous profitons de la fin d’après midi pour marcher un peu dans le quartier et chercher un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous découvrons notamment un petit restau tenu par des togolais dans lequel nous mangeons un poulet yassa. Le lendemain, le programme est chargé : nous devons tout d’abord trouver un moyen de nous rendre à Bamako. Plusieurs sociétés de bus existent dont certaines sont référencées dans le guide du routard. Le problème est d’arriver à trouver celle qui voyage sur Bamako et surtout le jour et l’heure (enfin au moins approximative !) du départ. La première où nous nous rendons n’a pas de départ prévu dans les jours à venir. On nous renvoie vers une autre société. Mais quant à savoir comment la trouver en ville, dur, dur. Finalement avec beaucoup de patience et un peu de chance nous trouvons un taxi pour nous amener à bon port. Après prise de renseignements dans la cour auprès de différentes personnes, on nous annonce un départ pour le lendemain matin à 6 heure. Parfait, c’est tout à fait ce qu’il nous faut, mais pas de vente de billets à l’avance. Dans l’enceinte du parc, de nombreuses personnes sont installées comme pour un bivouac à même le sol avec tous leurs bagages et cela nous inquiète un peu, mais enfin cela n’a rien de très exceptionnel. Nous repartons donc relativement confiant, rendez-vous est pris pour le lendemain matin vers 5 h 30. Le problème du transport réglé, reste celui de mon visa pour le Mali. Heureusement nous avons l’adresse et le numéro de téléphone de l’ambassade sur le guide du routard (que ferions nous sans lui !?). Nous prenons donc d’abord des renseignements par téléphone pour connaître les modalités de délivrance des visas de transit. Et là bonne surprise, on nous informe que le visa peut être délivré dans les deux heures après le dép��t du dossier. Incrédule, nous nous rendons à l’ambassade. Nous y trouvons un groupe de touristes américains qui attendent leur visa. Moyennant un formulaire à remplir, 20.000 CFA et 2 photos, on me délivre en à peine deux heures de temps un visa en bonne et due forme. Comme quoi avec un peu de volonté politique motivée par un intérêt économique bien compris, l’organisation suit. Soulagés de nous être sorti rapidement de ces différentes démarches, nous nous réjouissons de pouvoir aller faire tranquillement le tour du marché central, du centre artisanal de Ouaga. Notre premier arrêt nous permet d’apprécier la grande diversité et la qualité de l’artisanat local. Le centre artisanal est un modèle du genre avec une boutique principale où est vendue la palette des différents produits réalisés dans les ateliers situés juste à côté. On peut donc apprécier à la fois les produits et les techniques de fabrication, discuter avec les artisans au travail. Une visite très enrichissante pour nous touristes et très instructive quant à l’approche du client/visiteur. On mesure mieux tout le travail qui est à faire à Dalaba. Nous traversons tout d’abord la boutique, très bien achalandée pour trouver quelques souvenirs, mais aussi des idées d’objets qui pourraient être réalisés à Dalaba avec les techniques locales. Nous achetons notamment des petites broches faites en calebasse, des pendentifs « djimbé ». Nous passons ensuite dans les différents ateliers : les sculpteurs, les artisans du bronze, les fabricants de balafons et de djimbés, les artistes du batik, etc. Auprès de ces derniers, nous nous attardons un peu plus pour avoir des détails sur le processus de fabrication et nous leur achetons deux « toiles » , non sans avoir, bien sûr, négocié le prix. Nous repartons enchanté par notre visite. Autour du centre de nombreuses échoppes proposent toute sorte de produits artisanaux. Les commerçants nous hèlent gentiment pour nous vendre qui un sac en tissu, qui un djimbé, etc. Nous finissons par acheter quelques cartes peintes à la main avant de repartir en direction du marché central. Au marché, nous cherchons d’abord le secteur des tissus, car nous ne désespérons pas de trouver un acquéreur pour nos tissus « made in Guinée ». Nous arpentons les allées, sans très bien savoir comment nous orienter. Mais peu importe, nous découvrons un marché bien organisé où il est agréable de se promener. Nous n’arrivons pas à placer notre marchandise, mais nous trouvons des ensembles baye fall assez sympas. Finalement la fatigue et la faim nous poussent hors du marché. Y’a un temps pour tout ! Nous regagnons notre quartier nord et notre « petit chalet savoyard ». Après une sieste bien méritée, nous profitons de la fin de journée et d’une température extérieure plus clémente pour aller nous promener à pied dans le quartier. Nous retournons au Pavillon vert pour boire un coca frais. Nous profitons de l’occasion pour proposer aux employées du bar restaurant les plaqués or achetés à Lomé. Pour une fois, nous trouvons des clientes intéressées. Malheureusement, elles ne peuvent payer cash. Nos rêves de bonnes affaires s’envolent donc. Quant à moi, j’ai repéré un batik qui orne le devant du kiosque de produits artisanaux et je m’approche du vendeur pour engager la négociation. A vrai dire je suis prêt à payer le prix qu’il veut mais l’habitude aidant j’essaye de gagner quelques CFA. J’emporte la partie pour 9.000 CFA, très content de mon achat. De retour au restau de notre hôtel, nous nous offrons un petit extra en dînant sur place. Notre dernier vrai repas sur le sol burkinabé. Le lendemain, nous reprenons la route. Nous prenons donc rendez-vous avec un taximan pour 5 heure du matin, pas très sûr de le voir respecter son engagement. Quelques heures plus tard, sur le pied de guerre, nous sortons du Dapoore. Surprise le taxi nous attend. Nous embarquons, avec quelques difficultés pour entrer tous nos bagages et nous-même, direction la gare routière. Sur place, pas de départ en vue et pas d’informations très précises. Nous prenons malgré tout un petit déjeuner sur le bord de la route dans la poussière et les gaz d’échappement en attendant de voir. Au menu lait concentré sucré dilué dans de l’eau avec café, pain baguette caoutchouc et mayonnaise pour les amateurs. « Le pain sec c’est bon, merci !» Après ces agapes, nous nous remettons en quête d’informations. Après avoir interrogé diverses personnes, il nous faut nous rendre à l’évidence : pas de départ pour Bamako aujourd’hui. Cependant on nous indique une autre compagnie susceptible de voyager le jour même. Il nous faut nous rendre dans un autre quartier de Ouaga assez distant pour vérifier cette hypothèse. Et c’est reparti : il nous faut trouver un taxi qui connaisse le lieu et qui puisse charger tous nos bagages et nous-mêmes, négocier le prix et espérer … Quelques embouteillages plus tard, nous arrivons sur une autre gare routière ou en tout cas ce qui en tient lieu. Renseignement pris, un départ est imminent … ou presque. Nous payons nos billets et patientons sur un vieux banc en bois carrément bancal et surtout sous un soleil qui commence à taper sérieusement. Cette attente nous permet d’observer des réparateurs de deux roues qui ont leur atelier juste à côté : le système D au service de la mécanique. Enfin le départ est annoncé et notre bus avancé. Désillusion, ce n’est pas le beau bus qui trônait à l’entrée du parc mais un vieux car en fin de vie qui pétarade et crache de gros nuages noirs. De toute façon, comme qui dirait, nous n’avons pas le choix.
La route de Ouaga à Bobo-Dioulasso est certes goudronnée, mais elle est également parsemée de nids de poule. Dans un quatre-quatre bien amorti avec un chauffeur attentif et prudent, ça ne pose pas trop de problèmes. Mais prenez un vieux car, bondé, muni d’amortisseurs sans doute d’origine (mais peut-être étaient-ils en option sur ce modèle ?), mettez au volant un « Fangio » revu et corrigé mode Burkinabé genre je fonce et advienne ce que Dieu décidera ; et vous pourrez imaginer la promenade de santé ?!? Nos appels répétés à l’adresse du chauffeur pour le faire ralentir ou tout au moins pour qu’il prenne en pitié nos dos n’aura eu aucun effet.
6ème étape : Bobo-Dioulasso Nous arrivons donc à Bobo-Dioulasso complètement fourbus, mais contents d’être arrivés entiers Quoique. Au départ de Ouaga, nous avions acheté des billets Ouaga-Bamako. Nous pensions donc légitimement poursuivre notre route vers la frontière malienne, après une petite pause réparatrice. L’après-midi étant déjà bien avancée, ils nous semblaient important de ne pas trop traîner pour passer la frontière avant la nuit. La pause se prolongeant, nous essayons d’avoir des informations sur la suite de notre voyage. Quand repart-on ? Pourra-t-on passer au Mali aujourd’hui ? Nous obtenons des demies réponses peu satisfaisantes, mais il faut bien s’en contenter. Finalement, un mini bus vient nous prendre à la gare et nous emmène quelques kilomètres plus loin sur une grande artère de Bobo. Notre chauffeur s’arrête sous quelques manguiers et nous invite à descendre. Un banc en bois, modèle de base largement répandu dans la sous-région, d’un confort plus que sommaire nous est proposé pour nous reposer et patienter en attendant un éventuel départ. L’attente commence. Les heures passent. Nous passons du banc à une natte qui nous a été gentiment installée à proximité. Le soleil se couche. Toujours aucun signe d’un départ prochain. Il paraît que nous attendons un (ou deux, selon ! ) passager pour pouvoir partir. En fait le chauffeur ne veut pas prendre la route tant que son minibus n’est pas rempli. Et quand je dis rempli, c’est rempli ! 11 passagers plus le chauffeur et les bagages pour un véhicule prévu pour 7 à 8 personnes avec un confort correct. Oublié donc le confort. Les sardines sont battues !?! L’attente devenant vraiment longue et les moustiques de plus en plus nombreux, nous nous abritons dans un bus garé à proximité et essayons tant bien que mal de dormir plié en quatre sur deux fauteuils. Malheureusement les moustiques eux n’ont pas décidé d’aller se coucher et ils nous « divertissent » de leur ronde de nuit. Une fois de plus c’est quand on ne l’attend plus vraiment que le départ est annoncé. Il fait nuit noire et les derniers passagers ont surgi soudain de nulle part. Mystère. Le temps de tous nous « encastrer » dans le véhicule et nous voilà sur la route, direction la frontière. Nous nous engageons rapidement sur une piste en pleine brousse. Tout au moins le devine-t-on car la nuit est très sombre. Après quelques heures de voyage sans soucis, nous nous arrêtons au beau milieu de la brousse. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. A quelques mètres devant nous, une barrière en bois et une casemate, à peine éclairée par une lampe à pétrole où somnole le douanier en chef, nous indique que nous sommes arrivés au poste de douane. Chaque passager est contrôlé et doit s’acquitter d’un « droit de passage » déguisé. En fait le chef de poste réclame à chacun 1000 CFA pour cause de non-vaccination contre la fièvre jaune, carnet de vaccination en règle ou pas. Le règne de l’arbitraire et de l’argent. Pour ce qui me concerne, touriste étranger en voyage au Mali, je suis exonéré de cette taxe. Il semble que la sensibilisation par rapport aux touristes ait porté au moins partiellement ses fruits En attendant, une de nos passagères visiblement anglophone et sans papier, qui est restée dissimulée au fond du bus, réussit à passer la frontière certes un peu inquiète d’être découverte, mais finalement sans ennuis. Nous filons droit sur Sikasso que nous atteignons après 6h30 de voyage. Nous débarquons dans une gare voiture et encore une foi nous comprenons que nous allons devoir changer de véhicule. Nous mettons à profit ce nouvel intermède pour prendre un petit déjeuner dans un café à ciel ouvert, tenu par un Guinéen. Café, lait concentré sucré, eau pour la boisson, pain et mayonnaise ou margarine pour la nourriture. Décidément, ce sera pain nature merci. Entre temps un bus grand luxe est arrivé et le départ pour Bamako semble vouloir s’organiser assez rapidement. Et effectivement après un délai raisonnable pour le chargement des bagages et des passagers appelés les uns après les autres (comme quoi l’organisation est juste une question de volonté), nous prenons la route de Bamako. 6 heures de route sans problème durant lesquelles nous suivons un film sur l’écran télé installé à l’avant du bus. Et oui incroyable, il fonctionne. L’arrivée à Bamako se fait sous une grosse pluie d’orage.
7ème étape : Bamako, ses faubourgs Nous apercevons la ville depuis une hauteur. Nous n’en verrons pas plus. Nous prenons aussitôt arrivé la direction de la gare voiture pour la Guinée. Notre taxi nous dépose à l’extérieur de la gare car elle est noyée sous l’eau et inaccessible pour une petite voiture.
Nous trouvons malgré tout assez rapidement un véhicule qui doit partir pour la frontière guinéenne. C’est ce qu’on appelle un « bâché », c’est à dire un véhicule avec une cabine de 3 ou 4 places et une benne arrière aménagée sommairement avec des bancs et couverte d’une bâche où l’on entasse comme du bétail entre quinze et vingt personnes. Les bagages et autres animaux (poules, moutons, etc.) sont amarrés sur la bâche.
Le scénario habituel se répète une nouvelle fois : on va bientôt partir, il nous manque juste un passager pour être au complet, etc., etc. . La fin de journée approchant à grands pas, nos futurs compagnons de route s’inquiètent un peu. Il semble que la route ne soit pas très sure et que les coupeurs de route, encore eux, affectionnent particulièrement ce tronçon. Parmi eux, un jeune d’une vingtaine d’années en rajoute même et finit par vraiment nous inquiéter. Il ne nous reste plus qu’à espérer un départ rapide ou le report du départ au lendemain. Mais la chance nous sourit, enfin si l’on peut dire. Nous sommes au complet et le départ s’organise un peu avant la tombée de la nuit. Nous nous installons tant bien que mal dans la benne en essayant de garder des places le plus possible à l’air libre, vers l’arrière du véhicule. Le plus délicat dans l’opération est d’arriver à se caler les uns par rapport aux autres car nous avons tous un vis-à-vis avec lequel il faut s’entendre pour placer ses genoux. Une fois tous montés à bord plus personne ne peut bouger. Et en fait, comme nous le constaterons plus loin sur la piste, ça n’est pas plus mal ainsi. Le véhicule s’ébranle finalement. Ca relève du miracle vu la surcharge, mais bon ainsi va le transport en commun dans la région : A la grâce de Dieu !
Nous nous engageons sur une piste très accidentée, en pleine brousse. Très rapidement on a l’impression d’être loin de tout et de s’en aller vers nulle part. Cette impression devient vraiment oppressante quand la nuit tombe, noire, brutale. Je me rappelle alors les paroles échangées avant le départ et une nouvelle fois je sers un peu plus contre moi mon ordinateur et ma ceinture ventrale pleine de devises. Le voyage se poursuit cependant au rythme des secousses plus ou moins fortes selon les trous rencontrés, des averses et orages, des arrêts improvisés pour le confort des passagers. On essaye de fermer les yeux en espérant que le sommeil viendra et fera paraître le temps moins long. Mais peine perdue vu les conditions. Prendre notre mal en patience, telle est la bonne devise pour ce trajet. Après 6 heures de piste, nous arrivons à la frontière avec la Guinée.
8ème étape : Kourémalé, frontière Mali-Guinée Nous sommes à Kourémalé, tout au moins le devine-t-on car il fait très sombre et ce n’est pas les quelques rares lampes tempêtes allumées de-ci delà qui nous permettraient d’y voir quelque chose. Les douaniers nous demandent de déposer nos passeports au poste et de venir les rechercher le lendemain matin, une fois qu’ils auront été visés et tamponnés par le chef de poste, qui dort pour le moment. Nous passons donc la barrière frontière et entrons en Guinée. Nous nous préoccupons immédiatement de trouver un endroit pour dormir. Dans ce noir, nous ne sommes pas très optimistes sur nos chances de trouver un lit, mais Aliou fait comme d’habitude en la matière des merveilles. Il nous dégote un « hôtel 4 étoiles ». Nous nous retrouvons pour cause d’économie (un quatre étoiles, c’est pas donné !?!) tous les trois dans une chambre de 6 m² environ avec pour seul mobilier un lit double avec matelas en paille, une bougie et une chaise. Ah j’oubliais un drap recouvre le matelas, quand même. Nous sommes bien contents que l’obscurité ne nous permette pas de voir son état. Et puis, nous sommes vraiment tous les trois épuisés. Nous prenons donc place sur ce lit, tout habillé, en nous mettant dans le sens de la largeur, les jambes pendant dans le vide. La fatigue fait accepter tout et n’importe quoi. Après quelques heures de sommeil, enfin si l’on peut dire, nous nous levons alors que le jour pointe à peine le bout de son nez. Il fait frais et d’autant plus que nous sommes en pleine saison des pluies. Nous nous dirigeons chacun notre tour vers la « salle de bain » tout confort : trois murs en terre plus une tôle et bassine d’eau froide. A 6 heures du matin, réveil garanti. Fin prêts, nous décidons de laisser nos affaires à l’hôtel et d’aller chercher nos passeports ainsi que de quoi remplir nos estomacs. Nous tombons au poste frontière sur un douanier très zélé. Il trouve suspect le document que Aliou lui présente. C’est un laisser-passé établi sur papier à en-tête du consulat du Togo qui est valable pour l’aller retour entre la Guinée et le Togo. Suite à toutes les frontières que nous avons traversées, il est par ailleurs couvert de tampons. Mais non pour l’agent guinéen, il n’est pas valable. Les explications/négociations commencent. Mais Aliou ne lâche pas le morceau et il récupère carte d’identité et laisser-passer sans rien donner. Nous pouvons enfin aller manger. Nous en profitons pour prendre des renseignements pour la suite du voyage vers Siguiri. Nous trouvons des taxis en attente et réservons donc trois places. Le temps d’aller chercher nos affaires à l’hôtel et de régler la note, nous sommes de retour à la gare voiture, où comme toujours le voyage commence par une longue attente. Nous comprenons assez rapidement que pour une fois, la cause de ce retard est indépendante de la volonté du chauffeur ou des passagers. En fait, la route est coupée à la sortie du village par une brusque montée des eaux de la rivière. Le passage des voitures est impossible, tout au moins nous semble-t-il. Les quelques piétons qui s’aventurent dans la rivière ont l’eau qui leur monte jusqu’à l’entrejambe voir jusqu’à la taille. Sur l’autre rive des véhicules arrivent en provenance de Siguiri. Les taxis font descendre leurs passagers avec tous leurs bagages et font demi-tour. L’idéal pour nous serait que l’un d’eux veuillent bien nous attendre pour repartir vers Siguiri. Il suffirait pour cela que nous traversions tous à pied avec nos bagages. Mais les taxis en attente à Kourémalé ne sont pas trop d’accord de perdre leur clientèle, même s’ils voient bien que la situation est bloquée. Notre chauffeur, plus téméraire que les autres ou peut-être parce que sa voiture ne craint pas grand chose, se décide à tenter la traversée des flots. Il organise le déchargement complet de sa 504 familiale, puis il prépare le moteur à une immersion totale : il bouche tous les orifices avec des chiffons, sans oublier le pot d’échappement et le réservoir d’essence. Rapidement la voiture amphibie est prête. Entre temps un quatre-quatre rehaussé avec pot d’échappement au dessus de la cabine a tenté la traversée. Le chauffeur a renoncé voyant l’eau pénétrer dans la cabine par le bas des portes. Notre pilote tout terrain ne se décourage pas pour autant. La traversée se prépare avec le recrutement des pousseurs qui doivent accompagner la voiture dans la rivière pour éviter qu ‘elle ne soit emportée par le courant . Quant à nous, nous sommes invités à traverser à pied. Des jeunes du village se proposent pour faire traverser nos bagages ainsi que les personnes qui le souhaitent contre rémunération. Toute occasion est bonne à saisir dans ce coin perdu, loin de tout. Nous acceptons de bon cœur pour ce qui est des bagages. Aliou et moi-même préférons traverser sur nos propres pieds. Nous enlevons chaussures, chaussettes et pantalon et nous apprêtons à entrer dans l’eau. Oumou, elle est beaucoup moins pressée de se lancer. Mais elle hésite encore entre nous suivre et grimper sur les épaules d’un des passeurs improvisés. Les deux solutions présentent des risques pour elle : d’un coté, elle a très peur de l’eau et du courant, de l’autre l’éventualité d’une chute du haut des épaules de sa « monture » ne la rassure pas trop. Cruel dilemme ! Finalement nous ayant vu traverser devant elle, elle choisit la solution du porteur. La première étape est alors de grimper sur les épaules de son aide. L’opération se passe tant bien que mal avec l’aide d’un troisième acolyte. La traversée peut alors commencer. L’avancée est lente du fait du niveau de l’eau et du courant qui est quand même assez fort. Aussi, quasiment au milieu du cours d’eau, notre jeune porteur a une soudaine inspiration, qui pourrait bien lui permettre de gagner un peu plus : il s’arrête prétextant une trop grande fatigue et déclare vouloir transférer Oumou sur le dos d’un de ses amis pour finir la traversée. Evidemment aussitôt Oumou se met à hurler et lui propose d’augmenter son « salaire » s’il l’amène à bon port. Le stratagème a marché et notre passeur de reprendre la traversée comme si de rien n’était. De nouveau réuni tous les trois avec les autres passagers, nous assistons depuis l’autre rive à la traversée de notre taxi. Elle se fait sans souci majeur même si le capot du moteur émerge à peine de l’eau. Enfin au sec, il s’agit maintenant de vider l’eau qui est à l’intérieur; cette opération se fait « automatiquement » grâce aux trous que la rouille a percés dans la caisse. Pour ce qui est du moteur, l’opération est un peu plus longue. Ses premiers soubresauts sont assez peu encourageants, mais ça ne décourage pas notre chauffeur. Finalement, après un temps d’attente pour l’ « essorage » plus quelques coups de marteau et tours de tournevis, le doux ronronnement du moteur de notre 504 parvient à nos oreilles. Tout est possible, tout est réalisable ! Le départ est proche. Aussitôt les bagages chargés, nous prenons place sur les banquettes détrempées. Mais peu importe, car l’essentiel pour nous est de poursuivre la route, direction : Siguiri.
9ème étape : Vers Mamou et Dalaba La piste est correcte mais sans plus. Il faut dire qu’en saison des pluies toutes les pistes souffrent et de nombreux nids de poule se forment. Un peu plus de deux heures plus tard, nous atteignons Siguiri sans soucis particuliers, le fondement humide. Direction la gare voiture pour trouver le véhicule qui nous amènera jusqu’à Mamou. La fin du voyage approche et nous sommes maintenant tous les trois pressés d’arriver entier à destination. Nous passons quasiment tout l’après-midi à la gare voiture dans l’attente du départ. Nous en profitons pour manger quelques bricoles dont des beignets avec une sauce pimentée. Ce n’est qu’en fin de journée que le départ se dessine. Nous prenons place dans une 505 familiale qui à l’air plutôt correcte. Quelques kilomètres après notre départ, nous nous arrêtons pour prendre deux passagers supplémentaires, la femme et l’enfant du chauffeur qui viennent prendre place à l’avant. Ce qui porte à 5 les passagers avant. La conduite dans ces conditions relève de l’exploit et de l’inconscience portée au-delà de l’imaginable. Mais que dire, que faire ? Nous qui sommes déjà entassés à l’arrière, sans possibilité de bouger, nous n’espérons qu’une chose c’est arriver le plus vite possible et indemne autant que faire se peut. Le voyage se poursuit donc. Allah Akbar ! Soudain un violent orage nous surprend sur la route. Un épais rideau de pluie s’abat sur nous, le ciel est d’un noir d’encre. Rapidement les bas cotés sont transformés en lacs éphémères, mais impressionnants. On voit de l’eau partout et on se demande si l’on roule ou si l’on flotte. Notre chauffeur lui ne semble pas plus perturbé que cela. La visibilité est réduite à quelques mètres et cela d’autant plus que ses essuies-glaces ont une efficacité très relative. Mais il poursuit sa route imperturbable sans lever le pied de l’accélérateur. Le silence est lourd ; tout le monde semble faire des prières pour que l’on reste sur la route, sans rencontrer d’autres véhicules. Après quelques kilomètres dans cette ambiance oppressante enfin la pluie tombe moins fort à l’extérieure. Par contre à l’intérieur, nous sommes soumis à un déluge de gouttelettes, tout au moins certains passagers installés aux mauvaises places ?! Le chauffeur ne s’en émeut pas plus que cela et file toujours plus vite en direction de Mamou. Il fait nuit maintenant. Pour ce qui me concerne cela accroît mon inquiétude car les routes guinéennes de jour ne sont déjà pas très sures, mais alors de nuit ?! avec les voitures dont les « yeux » partent dans tous les sens, voire borgnes ou carrément aveugles. Les croisements entre véhicules sont toujours un moment d’angoisse intense. « Pourvu que ça passe ! ». Quelques kilomètres avant Mamou, nous tombons sur un barrage de militaires, signalé juste par quelques lampes tempête. Autrement dit il n’est vraiment pas très visible. Une corde est tendue en travers de la route sensée arrêter tous les véhicules. Plus dangereux qu’autre chose. Des hommes en tenue contrôlent le chauffeur, son véhicule et les passagers à la lampe torche. Ces barrages sont présents sur toutes les routes de l’intérieure du pays. Officiellement pour éviter l’intrusion de rebelles et accessoirement pour faire de réel contrôle. Mais en fait ils sont surtout un bon moyen pour les hommes en kaki de se faire de l’argent sur le dos des voyageurs et des chauffeurs de taxi. Tout est prétexte pour vous faire payer. C’est d’autant plus facile que chauffeurs et passagers n’ont bien souvent pas tous leur papier. C’est bien sur le cas pour notre chauffeur. Nous sommes donc bloqués au barrage et les discussions s’éternisent. Aliou, notre « avocat » de service essaye d’amadouer les militaires, mais rien à faire. Il faut dire que les chauffeurs de Haute-Guinée ont mauvaise réputation auprès des hommes en tenue car ils leur tiennent tête. La preuve nous en est donné d’ailleurs durant notre halte. Alors que les discussions vont bon train et que nous sommes au bord de la route, un taxi arrive au barrage sans même ralentir et arrache la corde, qui part comme un élastique sur le coté de la route où nous sommes garés. Heureusement notre véhicule est un peu en retrait et la corde part dans le vide. Mais cet incident jette un froid. On est passé très prêt d’un accident. Très rapidement cependant on en revient à notre situation et les palabres, interminables, reprennent. Finalement après un compromis dont nous ne connaîtrons pas tous les éléments, nous sommes autorisés à reprendre la route, direction Mamou centre. Nous atteignons la gare voiture de Mamou alors que l’aube s’annonce tout doucement. La boucle est quasiment bouclée, il ne nous reste plus qu’à trouver un chauffeur pour nous conduire sur les 50 kilomètres nous séparant encore de Dalaba. Par chance nous trouvons un jeune chauffeur de Dalaba qui souhaite rentrer chez lui après un voyage sur Conakry. Nous nous entendons pour partir rapidement sans attendre d’autres passagers.
Nous rentrons à Dalaba au petit matin du 06 Aout 1999, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’ouest : un grand voyage avec tous les ingrédients pour en faire une belle Aventure. Inoubliable !
Y en a marre du «vrai»!
À lire les commentaires et récits de voyage, plusieurs touristes déclarent vouloir (ou avoir) visiter le « vrai (visage) » de tel pays. Cette utilisation revient plus fréquemment lorsqu'on parle des pays en voie de développement. Comme si un pays avait un vrai et un faux visage! Chaque endroit du monde possède des citoyens qui vivent dans une extrême pauvreté, dans un état de désespoir... tandis que d'autres citoyens (du même pays) nagent dans un luxe incroyable... mais tous les deux sont vrais!
Si vous parlez de voir la pauvreté d'un peuple, alors appelons un chat un chat! N'y a-t-il pas des visites en autocar de luxe qui parcoure les bidonvilles dans plusieurs pays! C'est comme une nouvelle mode. De la pauvreté, il y en a chez moi tout près. Est-ce que je vie dans le « vrai Québec »? Que l'on parle d'un voyage hors sentier battu, voire d'un circuit alternatif... certes mais toutes les facettes d'un pays sont véritables; la richesse comme la pauvreté.
Et voilà, ma montée de lait est finie!
🤪
Si vous parlez de voir la pauvreté d'un peuple, alors appelons un chat un chat! N'y a-t-il pas des visites en autocar de luxe qui parcoure les bidonvilles dans plusieurs pays! C'est comme une nouvelle mode. De la pauvreté, il y en a chez moi tout près. Est-ce que je vie dans le « vrai Québec »? Que l'on parle d'un voyage hors sentier battu, voire d'un circuit alternatif... certes mais toutes les facettes d'un pays sont véritables; la richesse comme la pauvreté.
Et voilà, ma montée de lait est finie!
🤪
Quel pays d'Afrique choisir pour un premier voyage? (animaux, tribus, paysage et budget)
Bonjour à tous,
Nous sommes un couple de jeunes mariés et souhaitons découvrir l'Afrique dite "noire", pour un voyage de 2 à 3 semaines. Départ souple entre octobre et avril, mais le plus tôt sera le mieux.
Je sais qu'il y a déjà pas mal de messages sur le sujet, j'en ai parcouru quelques uns, aussi je vais essayer d'être le plus précis possible.
Nous souhaitons, pour ce premier voyage africain, en voir plein les mirettes en terme de :animaux (éléphants, zèbres, etc.)tribus & peuples authentiques (et si possible accueillants) paysagessi possible pour des budgets (Hors billet d'avion) de l'ordre de 50€/jour pour deux. (si possible !) tout sauf du club-med et/ou hôtels à touristes : les nuits chez l'habitant (couchsurfing) et la sac à dos nous vont mieux. Nos recherches sur ce forum nous ont conduit vers :la Tanzanie pour les points 1 à 3, mais nous font a priori renoncer à cause du budget, notamment des locations de 4x4 pour approcher des animaux, le Mali et le Burkina pour les points 3 et 2 respectivement, mais pas forcément le mieux pour le premier si j'ai tout compris, le Cameroun pour les points 3, un peu moins pour le point 1, mais pas ou peu pour les points 2 et 4... Du coup, nous sollicitons vos avis pour orienter nos recherches !
Merci ! :)
Nous sommes un couple de jeunes mariés et souhaitons découvrir l'Afrique dite "noire", pour un voyage de 2 à 3 semaines. Départ souple entre octobre et avril, mais le plus tôt sera le mieux.
Je sais qu'il y a déjà pas mal de messages sur le sujet, j'en ai parcouru quelques uns, aussi je vais essayer d'être le plus précis possible.
Nous souhaitons, pour ce premier voyage africain, en voir plein les mirettes en terme de :animaux (éléphants, zèbres, etc.)tribus & peuples authentiques (et si possible accueillants) paysagessi possible pour des budgets (Hors billet d'avion) de l'ordre de 50€/jour pour deux. (si possible !) tout sauf du club-med et/ou hôtels à touristes : les nuits chez l'habitant (couchsurfing) et la sac à dos nous vont mieux. Nos recherches sur ce forum nous ont conduit vers :la Tanzanie pour les points 1 à 3, mais nous font a priori renoncer à cause du budget, notamment des locations de 4x4 pour approcher des animaux, le Mali et le Burkina pour les points 3 et 2 respectivement, mais pas forcément le mieux pour le premier si j'ai tout compris, le Cameroun pour les points 3, un peu moins pour le point 1, mais pas ou peu pour les points 2 et 4... Du coup, nous sollicitons vos avis pour orienter nos recherches !
Merci ! :)
"Non, Mada n'est pas dangereuse, venez!"
Lu sur midilibre.com. Édition du lundi 5 avril 2010.
Montpellier. « Non, Mada n'est pas dangereuse, venez ! »
http://www.midilibre.com/articles/2010/04/05/MONTPELLIER-Non-Mada-n-39-est-pas-dangereuse-venez-1177165.php5
Montpellier. « Non, Mada n'est pas dangereuse, venez ! »
http://www.midilibre.com/articles/2010/04/05/MONTPELLIER-Non-Mada-n-39-est-pas-dangereuse-venez-1177165.php5
De retour de vingt-quatre jours au Guatemala
Bonjour,
Après avoir puisé de nombreux renseignements dans ce forum, il me paraît logique d'y apporter ma pierre et de donner mon ressenti sur un voyage de 24 jours au Guatemala. Je n'ai pas l'intention de faire ici un descriptif de mon périple, les informations générales sont déjà sur ce forum, mais je suis disposé à répondre à des questions précises voire par mail privé. Je me contenterai simplement, histoire de faire avancer les idées de me focaliser sur deux points précis :
L'insécurité
Nous nous sommes jamais sentis en insécurité flagrante (2 couples de 58 ans), en prenant bien entendu, les dispositions d'usage dans un pays où la pauvreté se lit dans le visage de chaque guatémaltèque. Bien entendu, une touriste s'est fait arrachée des pendentifs de 10 cm de long et doit encore aujourd'hui avoir mal aux oreilles et se plaindre de l'insécurité au Guatemala🙁....La prochaine fois, elle portera des pendentifs de 20 cm de long...😊 Il est vrai qu'il est surprenant de constater dans les épiceries, les pharmacies, les banques, des hommes en armes pour protéger le "fonds de commerce" mais n'avons nous pas chez nous des vigiles discrets mais présents voire des caméras cachées??
Le transport La location de voiture individuelle sans chauffeur est à mon sens une incongruité.En effet, il est difficile de s'y repérer, les routes sont souvent difficilement praticables sauf à rester sur les chemins balisés et donc se contenter de faire les sites prestigieux du Guatemala, mais ce pays mérite de sortir des sentiers battus.Le voyage en routard en chicken bus et autre pick up, pourquoi pas? A une condition : avoir du temps devant soi et ne pas avoir en poche un billet retour avec une date prédéterminée. On sait à quelle heure on est prêt à partir, on ne sait pas à quelle heure on démarrera et encore moi à quelle l'heure on arrivera à destination.Difficile d'organiser un tour de 15 ou 21 jours dans ces conditions Pour ma part, faire appel à un TO me semble une obligation pour voir au mieux, visiter "intelligemment" en mêlant culture et découverte et ce pour plusieurs raisons :Avoir un chauffeur et un véhicule à disposition est une liberté qui a certes un prix mais qui à mon sens (ça n'engage que moi) est indispensable dans un pays où les distances sont importantes et où le temps ne compte pas.Des conseils avant et pendant le voyage s'avèrent bien utiles lorsque l'on se retrouve sur placeÊtre assuré à la sortie d'avoir visité non pas tout le pays mais ne pas être passé à côté de "l'important"Être rassuré de pouvoir entrer en relation téléphonique chaque jour avec le TO Importance du téléphone portable fourni par le TO : appeler son TO pour une information , le guide pour un changement d'horaire, le lanchero au retour d'une visite, les hôtels...).Je n'ai pas la prétention sur ce forum d'imposer des idées qui ne sont que personnelles et je ne me permettrais pas de faire de la publicité pour tel ou tel TO afin de ne pas lancer de polémiques néfastes et inutiles sur ce forum.
J'ai pour ma part apprécié le professionnalisme de mon TO avec qui j'ai échangé de nombreux mails avec mon départ et qui fut de bon conseil tout au long du voyage (surtout sa "secrétaire"😊)
Un seul conseil : n'hésiter pas à vous rendre au Guatemala, c'est un pays à découvrir, qui s'ouvre au tourisme, à condition de bien préparer votre voyage en fonction de vos attentes et vos désirs. A vous de bien choisir votre mode de voyage, votre style de voyage et l'interlocuteur idoine : vous y trouverez des gens natures, peu bavards mais attachants, des paysages époustouflants, des sites archéologiques liés à la culture maya....
A votre disposition
Après avoir puisé de nombreux renseignements dans ce forum, il me paraît logique d'y apporter ma pierre et de donner mon ressenti sur un voyage de 24 jours au Guatemala. Je n'ai pas l'intention de faire ici un descriptif de mon périple, les informations générales sont déjà sur ce forum, mais je suis disposé à répondre à des questions précises voire par mail privé. Je me contenterai simplement, histoire de faire avancer les idées de me focaliser sur deux points précis :
L'insécurité
Nous nous sommes jamais sentis en insécurité flagrante (2 couples de 58 ans), en prenant bien entendu, les dispositions d'usage dans un pays où la pauvreté se lit dans le visage de chaque guatémaltèque. Bien entendu, une touriste s'est fait arrachée des pendentifs de 10 cm de long et doit encore aujourd'hui avoir mal aux oreilles et se plaindre de l'insécurité au Guatemala🙁....La prochaine fois, elle portera des pendentifs de 20 cm de long...😊 Il est vrai qu'il est surprenant de constater dans les épiceries, les pharmacies, les banques, des hommes en armes pour protéger le "fonds de commerce" mais n'avons nous pas chez nous des vigiles discrets mais présents voire des caméras cachées??
Le transport La location de voiture individuelle sans chauffeur est à mon sens une incongruité.En effet, il est difficile de s'y repérer, les routes sont souvent difficilement praticables sauf à rester sur les chemins balisés et donc se contenter de faire les sites prestigieux du Guatemala, mais ce pays mérite de sortir des sentiers battus.Le voyage en routard en chicken bus et autre pick up, pourquoi pas? A une condition : avoir du temps devant soi et ne pas avoir en poche un billet retour avec une date prédéterminée. On sait à quelle heure on est prêt à partir, on ne sait pas à quelle heure on démarrera et encore moi à quelle l'heure on arrivera à destination.Difficile d'organiser un tour de 15 ou 21 jours dans ces conditions Pour ma part, faire appel à un TO me semble une obligation pour voir au mieux, visiter "intelligemment" en mêlant culture et découverte et ce pour plusieurs raisons :Avoir un chauffeur et un véhicule à disposition est une liberté qui a certes un prix mais qui à mon sens (ça n'engage que moi) est indispensable dans un pays où les distances sont importantes et où le temps ne compte pas.Des conseils avant et pendant le voyage s'avèrent bien utiles lorsque l'on se retrouve sur placeÊtre assuré à la sortie d'avoir visité non pas tout le pays mais ne pas être passé à côté de "l'important"Être rassuré de pouvoir entrer en relation téléphonique chaque jour avec le TO Importance du téléphone portable fourni par le TO : appeler son TO pour une information , le guide pour un changement d'horaire, le lanchero au retour d'une visite, les hôtels...).Je n'ai pas la prétention sur ce forum d'imposer des idées qui ne sont que personnelles et je ne me permettrais pas de faire de la publicité pour tel ou tel TO afin de ne pas lancer de polémiques néfastes et inutiles sur ce forum.
J'ai pour ma part apprécié le professionnalisme de mon TO avec qui j'ai échangé de nombreux mails avec mon départ et qui fut de bon conseil tout au long du voyage (surtout sa "secrétaire"😊)
Un seul conseil : n'hésiter pas à vous rendre au Guatemala, c'est un pays à découvrir, qui s'ouvre au tourisme, à condition de bien préparer votre voyage en fonction de vos attentes et vos désirs. A vous de bien choisir votre mode de voyage, votre style de voyage et l'interlocuteur idoine : vous y trouverez des gens natures, peu bavards mais attachants, des paysages époustouflants, des sites archéologiques liés à la culture maya....
A votre disposition
Repainting a van in Morocco: recommendations?
Hi there,
I’m heading to Morocco soon and I’d like to get the bodywork and paint on my van redone. Do you know any good places or contacts?
Thanks in advance!
Maloubo!!!
I’m heading to Morocco soon and I’d like to get the bodywork and paint on my van redone. Do you know any good places or contacts?
Thanks in advance!
Maloubo!!!
La grande traversee de l'Afrique Australe
namibie botswana zimbabwé
NAMIBIE avant de vous parler de la namibie en particulier, je vais vous parler de l'ensemble du voyage cela fait longtemps que nous y pensions mais ce voyage tres cher n"avait pas pu se faire avant. un voyage de trois semaines prevoyant la namibie le bostwana et le zimbabwé, soutraité a l'agence africa tour. les problemes du zimbabwé font que nouvelles frontieres annule cette partie du voyage et propose de passer en zambie pour les chutes victoria puis rejoindre johanesburg par la route en passant par le parc krugger pour compenser le zimbabwé. ces modifications ne nous emballent pas, nous avions tres envie de passer au zimbabwé et nous faisons dejas pas mal de resreves animalieres alors ajouter krugger.... c'est de plus hypotequer un eventuel futur voyage en afrique du sud si krugger a dejas été fait. au depart nous etions 6 inscrits, il y a eu un desistement du aux modifications nous ne sommes plus que 5 nous voyageons avec micosi pour la troisieme fois, mon amie danny s'est joint a nous et il y a une isabelle que nous ne connaissons pas encore mais que nous trouverons a francfort
NAMIBIE entre kalahari et les eaux froides de l'atlantique, c'est un pays aride, riche de paysages naturels splendides. pays desertique peu peuplé la moitié de la population se trouve a windoeck d'immense exploitation agricoles, la viande y est de grande qualité le courrant froid de l'atlantique favorise les colonies d'otaires ancienne colonie allemande l'architecture de swakopmund et un peu de windoeck s'en ressentent ce pays est relativement prospere grace a son agriculture et a sa production miniere, mais il a une grande dependance economique vis a vis de l'afrique du sud beaucoup de tourisme en namibie et beaucoup de 4/4 avec la tente sur le toit une constatation importante qui nous a été signalée, les grandes resrves d'afrique australe forment un cordon "sanitaire" entre l'afrique "blanche (afrique du sud rodhesie a l'epoque et namibie) et l'afrique noire. au debut etosha allait jusque la mer, puis okavango.... jusque krugger. effectivement ce n'est qu'une fois fois passé etosha que nous retrouverons reelement cette ambiance africaine que nous aimons.
l'equipe nous acompagnent un responsable chauffeur, pour la premiuere fois nous avons un francais et ce n'est aps une reussite. JC est un oersonnage deplaisant qui se prend pour superbaroudeur, disparaissant continuelement (nous comprendrons plus tard qu'il a accepté ce voyage pour poser les jalons de sa propre agence qu'il est en train de monter) stanley, notre cuisinier zimbabwéen d'une grande gentillesse et serviabilité toujours plein d'attentions et pour quelques jours, magnama, aide chauffeur zambien, gentil et effacé
LE VOYAGE jour1
dans l'apres midi nous nous envolons pour francfort d'ou le soir nus devons prendre notre vol pour johanesburg probleme l'avion ne partira que demain matin, nous voila donc pour une nuit a francfort au frais de la lufthansa
jour 2 nous avions une corespondance pour windoeck a mid, elle est dejas ratée avant meme de quitter l'europe. ce sera donc une nuit a johanesburg, toujours aux frais de la lufthansa
jour 3 un vol est prevu le matin, losque nous arrivons a l'enregistrement on nous annonce, full, stanby! l'avion part sans nous. en contactant nos agence nous aprenons que l'avion n'etait pas plein! que s'est il passé? nous avons des soupsons mais aucune certitude. le vol suivant commence dans les memes conditions; stanby, il y aura sur de la place demain matin! finalement nos agence se demenent tellement que l'employée de la lufthansa fini par se deplace pour voire ce qui se passe et nous embarquons enfin. nous arrivons a windoeck avec 24h de retard et JC n'est pas pret!!!!!!!!! stanley nous acompagne pour un tour dans la ville et plus particulierement dans un tres beau marché artisanal le soir au repas nous mettons les choses au point.nous nous sommes entendu auparavant. nous avons perdu 2'h s'il faut les ratraper ce sera sur kurgger qui n'etait pas prevu au depart et pas sur le voyage choisit initialement. a ce moment la seule bonne initiative de JC (il y a son interet mais nous ne le savons pas encore) nous irons finalement au zimbabwéet la journee se ratrapera en n'ayant pas les attentes au bac poyur passer en zambie. youpi!!!!!! stanley aussi est ravi, il va faire des provision pour sa famille a harare
jour 4 route pour sossusvlei, balade dans les dunes en fin d'apres midi bivouac a sossusvlei
jour5 levé du soleil dans les dunes puis canyon de sesriem traversé du desert de namib naufulk jusque la vallée de la lune pour un bivouac dans un lieu incroyable
jour 6 et 7 swakopmund , danny est malade, nous n'aimons pas tellement cette ville qui ressemble a un decor de theatre posée artificielement dans le desert, de plus il y fait froid. nous y passons deux nuits a l'hotel, les derniers du voyage
jour8 nous rejoignons le parc du pitzkop dans le damaraland rando jusqu'une arche naturelle un couché de dsoleil en compagnie des enfants du village sera un moment inoubliable bivouac
jour 9 cap cross et ses otaries, puis massif du brandberg pour un nouveau bivouac ballade jusque la dame blanche le soir les villageaois nous font des chants et des danses
jour 10 rencontre avec des hereros puis twyfelfontein et ses gravure, la petrified forest le soir nous ganons la cheeta farm pour y passer la nuit
jour 11 magnama nous quitte ce qui n'arangera pas l'humeur de JC obligé de coduire, nous le trouvons de plus en plus pareseux! rencontre avec les himbas lorsque nous laisson magnama arrivee a etosha vers midi campement
jour 12 etosha, campement
jour 13 dernier tour a etosha avant de reprendre la route nous passons par des villages ou enfin nous trouvons cette ambiance africaine que nous aimons. le soir campement au bord de l'okavango face a l'angola; demain nous passerons au bstwana
avant de vous parler de la namibie en particulier, je vais vous parler de l'ensemble du voyage cela fait longtemps que nous y pensions mais ce voyage tres cher n"avait pas pu se faire avant. un voyage de trois semaines prevoyant la namibie le bostwana et le zimbabwé, soutraité a l'agence africa tour. les problemes du zimbabwé font que nouvelles frontieres annule cette partie du voyage et propose de passer en zambie pour les chutes victoria puis rejoindre johanesburg par la route en passant par le parc krugger pour compenser le zimbabwé. ces modifications ne nous emballent pas, nous avions tres envie de passer au zimbabwé et nous faisons dejas pas mal de resreves animalieres alors ajouter krugger.... c'est de plus hypotequer un eventuel futur voyage en afrique du sud si krugger a dejas été fait. au depart nous etions 6 inscrits, il y a eu un desistement du aux modifications nous ne sommes plus que 5 nous voyageons avec micosi pour la troisieme fois, mon amie danny s'est joint a nous et il y a une isabelle que nous ne connaissons pas encore mais que nous trouverons a francfort
NAMIBIE entre kalahari et les eaux froides de l'atlantique, c'est un pays aride, riche de paysages naturels splendides. pays desertique peu peuplé la moitié de la population se trouve a windoeck d'immense exploitation agricoles, la viande y est de grande qualité le courrant froid de l'atlantique favorise les colonies d'otaires ancienne colonie allemande l'architecture de swakopmund et un peu de windoeck s'en ressentent ce pays est relativement prospere grace a son agriculture et a sa production miniere, mais il a une grande dependance economique vis a vis de l'afrique du sud beaucoup de tourisme en namibie et beaucoup de 4/4 avec la tente sur le toit une constatation importante qui nous a été signalée, les grandes resrves d'afrique australe forment un cordon "sanitaire" entre l'afrique "blanche (afrique du sud rodhesie a l'epoque et namibie) et l'afrique noire. au debut etosha allait jusque la mer, puis okavango.... jusque krugger. effectivement ce n'est qu'une fois fois passé etosha que nous retrouverons reelement cette ambiance africaine que nous aimons.
l'equipe nous acompagnent un responsable chauffeur, pour la premiuere fois nous avons un francais et ce n'est aps une reussite. JC est un oersonnage deplaisant qui se prend pour superbaroudeur, disparaissant continuelement (nous comprendrons plus tard qu'il a accepté ce voyage pour poser les jalons de sa propre agence qu'il est en train de monter) stanley, notre cuisinier zimbabwéen d'une grande gentillesse et serviabilité toujours plein d'attentions et pour quelques jours, magnama, aide chauffeur zambien, gentil et effacé
LE VOYAGE jour1 c'est a l'aeroport que nous retrouvons micosi apres une nuit dans le train casot nous y attend egalement pour une rencontre que nous souhaitons depuis longtemps. voire son album http://www.vacanceo.com/albums_photos/fiche-album_18854.php dans l'apres midi nous nous envolons pour francfort d'ou le soir nus devons prendre notre vol pour johanesburg probleme l'avion ne partira que demain matin, nous voila donc pour une nuit a francfort au frais de la lufthansa
jour 2 nous avions une corespondance pour windoeck a mid, elle est dejas ratée avant meme de quitter l'europe. ce sera donc une nuit a johanesburg, toujours aux frais de la lufthansa
jour 3 un vol est prevu le matin, losque nous arrivons a l'enregistrement on nous annonce, full, stanby! l'avion part sans nous. en contactant nos agence nous aprenons que l'avion n'etait pas plein! que s'est il passé? nous avons des soupsons mais aucune certitude. le vol suivant commence dans les memes conditions; stanby, il y aura sur de la place demain matin! finalement nos agence se demenent tellement que l'employée de la lufthansa fini par se deplace pour voire ce qui se passe et nous embarquons enfin. nous arrivons a windoeck avec 24h de retard et JC n'est pas pret!!!!!!!!! stanley nous acompagne pour un tour dans la ville et plus particulierement dans un tres beau marché artisanal le soir au repas nous mettons les choses au point.nous nous sommes entendu auparavant. nous avons perdu 2'h s'il faut les ratraper ce sera sur kurgger qui n'etait pas prevu au depart et pas sur le voyage choisit initialement. a ce moment la seule bonne initiative de JC (il y a son interet mais nous ne le savons pas encore) nous irons finalement au zimbabwéet la journee se ratrapera en n'ayant pas les attentes au bac poyur passer en zambie. youpi!!!!!! stanley aussi est ravi, il va faire des provision pour sa famille a harare
jour 4 route pour sossusvlei, balade dans les dunes en fin d'apres midi bivouac a sossusvlei
jour5 levé du soleil dans les dunes puis canyon de sesriem traversé du desert de namib naufulk jusque la vallée de la lune pour un bivouac dans un lieu incroyable
jour 6 et 7 swakopmund , danny est malade, nous n'aimons pas tellement cette ville qui ressemble a un decor de theatre posée artificielement dans le desert, de plus il y fait froid. nous y passons deux nuits a l'hotel, les derniers du voyage
jour8 nous rejoignons le parc du pitzkop dans le damaraland rando jusqu'une arche naturelle un couché de dsoleil en compagnie des enfants du village sera un moment inoubliable bivouac
jour 9 cap cross et ses otaries, puis massif du brandberg pour un nouveau bivouac ballade jusque la dame blanche le soir les villageaois nous font des chants et des danses
jour 10 rencontre avec des hereros puis twyfelfontein et ses gravure, la petrified forest le soir nous ganons la cheeta farm pour y passer la nuit
jour 11 magnama nous quitte ce qui n'arangera pas l'humeur de JC obligé de coduire, nous le trouvons de plus en plus pareseux! rencontre avec les himbas lorsque nous laisson magnama arrivee a etosha vers midi campement
jour 12 etosha, campement
jour 13 dernier tour a etosha avant de reprendre la route nous passons par des villages ou enfin nous trouvons cette ambiance africaine que nous aimons. le soir campement au bord de l'okavango face a l'angola; demain nous passerons au bstwana
je vous rassure toutes ces peripeties et meme JC n'ont pas reussit a gacher notre voyage , nous nous sommes regalés et la suite dans mon prochain carnet sur le bostwana
diaporama en musique namib naufulk http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4561.php
damaraland
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4592.php
etosha
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4625.php
NAMIBIE avant de vous parler de la namibie en particulier, je vais vous parler de l'ensemble du voyage cela fait longtemps que nous y pensions mais ce voyage tres cher n"avait pas pu se faire avant. un voyage de trois semaines prevoyant la namibie le bostwana et le zimbabwé, soutraité a l'agence africa tour. les problemes du zimbabwé font que nouvelles frontieres annule cette partie du voyage et propose de passer en zambie pour les chutes victoria puis rejoindre johanesburg par la route en passant par le parc krugger pour compenser le zimbabwé. ces modifications ne nous emballent pas, nous avions tres envie de passer au zimbabwé et nous faisons dejas pas mal de resreves animalieres alors ajouter krugger.... c'est de plus hypotequer un eventuel futur voyage en afrique du sud si krugger a dejas été fait. au depart nous etions 6 inscrits, il y a eu un desistement du aux modifications nous ne sommes plus que 5 nous voyageons avec micosi pour la troisieme fois, mon amie danny s'est joint a nous et il y a une isabelle que nous ne connaissons pas encore mais que nous trouverons a francfort
NAMIBIE entre kalahari et les eaux froides de l'atlantique, c'est un pays aride, riche de paysages naturels splendides. pays desertique peu peuplé la moitié de la population se trouve a windoeck d'immense exploitation agricoles, la viande y est de grande qualité le courrant froid de l'atlantique favorise les colonies d'otaires ancienne colonie allemande l'architecture de swakopmund et un peu de windoeck s'en ressentent ce pays est relativement prospere grace a son agriculture et a sa production miniere, mais il a une grande dependance economique vis a vis de l'afrique du sud beaucoup de tourisme en namibie et beaucoup de 4/4 avec la tente sur le toit une constatation importante qui nous a été signalée, les grandes resrves d'afrique australe forment un cordon "sanitaire" entre l'afrique "blanche (afrique du sud rodhesie a l'epoque et namibie) et l'afrique noire. au debut etosha allait jusque la mer, puis okavango.... jusque krugger. effectivement ce n'est qu'une fois fois passé etosha que nous retrouverons reelement cette ambiance africaine que nous aimons.
l'equipe nous acompagnent un responsable chauffeur, pour la premiuere fois nous avons un francais et ce n'est aps une reussite. JC est un oersonnage deplaisant qui se prend pour superbaroudeur, disparaissant continuelement (nous comprendrons plus tard qu'il a accepté ce voyage pour poser les jalons de sa propre agence qu'il est en train de monter) stanley, notre cuisinier zimbabwéen d'une grande gentillesse et serviabilité toujours plein d'attentions et pour quelques jours, magnama, aide chauffeur zambien, gentil et effacé
LE VOYAGE jour1
dans l'apres midi nous nous envolons pour francfort d'ou le soir nus devons prendre notre vol pour johanesburg probleme l'avion ne partira que demain matin, nous voila donc pour une nuit a francfort au frais de la lufthansa
jour 2 nous avions une corespondance pour windoeck a mid, elle est dejas ratée avant meme de quitter l'europe. ce sera donc une nuit a johanesburg, toujours aux frais de la lufthansa
jour 3 un vol est prevu le matin, losque nous arrivons a l'enregistrement on nous annonce, full, stanby! l'avion part sans nous. en contactant nos agence nous aprenons que l'avion n'etait pas plein! que s'est il passé? nous avons des soupsons mais aucune certitude. le vol suivant commence dans les memes conditions; stanby, il y aura sur de la place demain matin! finalement nos agence se demenent tellement que l'employée de la lufthansa fini par se deplace pour voire ce qui se passe et nous embarquons enfin. nous arrivons a windoeck avec 24h de retard et JC n'est pas pret!!!!!!!!! stanley nous acompagne pour un tour dans la ville et plus particulierement dans un tres beau marché artisanal le soir au repas nous mettons les choses au point.nous nous sommes entendu auparavant. nous avons perdu 2'h s'il faut les ratraper ce sera sur kurgger qui n'etait pas prevu au depart et pas sur le voyage choisit initialement. a ce moment la seule bonne initiative de JC (il y a son interet mais nous ne le savons pas encore) nous irons finalement au zimbabwéet la journee se ratrapera en n'ayant pas les attentes au bac poyur passer en zambie. youpi!!!!!! stanley aussi est ravi, il va faire des provision pour sa famille a harare
jour 4 route pour sossusvlei, balade dans les dunes en fin d'apres midi bivouac a sossusvlei
jour5 levé du soleil dans les dunes puis canyon de sesriem traversé du desert de namib naufulk jusque la vallée de la lune pour un bivouac dans un lieu incroyable
jour 6 et 7 swakopmund , danny est malade, nous n'aimons pas tellement cette ville qui ressemble a un decor de theatre posée artificielement dans le desert, de plus il y fait froid. nous y passons deux nuits a l'hotel, les derniers du voyage
jour8 nous rejoignons le parc du pitzkop dans le damaraland rando jusqu'une arche naturelle un couché de dsoleil en compagnie des enfants du village sera un moment inoubliable bivouac
jour 9 cap cross et ses otaries, puis massif du brandberg pour un nouveau bivouac ballade jusque la dame blanche le soir les villageaois nous font des chants et des danses
jour 10 rencontre avec des hereros puis twyfelfontein et ses gravure, la petrified forest le soir nous ganons la cheeta farm pour y passer la nuit
jour 11 magnama nous quitte ce qui n'arangera pas l'humeur de JC obligé de coduire, nous le trouvons de plus en plus pareseux! rencontre avec les himbas lorsque nous laisson magnama arrivee a etosha vers midi campement
jour 12 etosha, campement
jour 13 dernier tour a etosha avant de reprendre la route nous passons par des villages ou enfin nous trouvons cette ambiance africaine que nous aimons. le soir campement au bord de l'okavango face a l'angola; demain nous passerons au bstwana
avant de vous parler de la namibie en particulier, je vais vous parler de l'ensemble du voyage cela fait longtemps que nous y pensions mais ce voyage tres cher n"avait pas pu se faire avant. un voyage de trois semaines prevoyant la namibie le bostwana et le zimbabwé, soutraité a l'agence africa tour. les problemes du zimbabwé font que nouvelles frontieres annule cette partie du voyage et propose de passer en zambie pour les chutes victoria puis rejoindre johanesburg par la route en passant par le parc krugger pour compenser le zimbabwé. ces modifications ne nous emballent pas, nous avions tres envie de passer au zimbabwé et nous faisons dejas pas mal de resreves animalieres alors ajouter krugger.... c'est de plus hypotequer un eventuel futur voyage en afrique du sud si krugger a dejas été fait. au depart nous etions 6 inscrits, il y a eu un desistement du aux modifications nous ne sommes plus que 5 nous voyageons avec micosi pour la troisieme fois, mon amie danny s'est joint a nous et il y a une isabelle que nous ne connaissons pas encore mais que nous trouverons a francfort
NAMIBIE entre kalahari et les eaux froides de l'atlantique, c'est un pays aride, riche de paysages naturels splendides. pays desertique peu peuplé la moitié de la population se trouve a windoeck d'immense exploitation agricoles, la viande y est de grande qualité le courrant froid de l'atlantique favorise les colonies d'otaires ancienne colonie allemande l'architecture de swakopmund et un peu de windoeck s'en ressentent ce pays est relativement prospere grace a son agriculture et a sa production miniere, mais il a une grande dependance economique vis a vis de l'afrique du sud beaucoup de tourisme en namibie et beaucoup de 4/4 avec la tente sur le toit une constatation importante qui nous a été signalée, les grandes resrves d'afrique australe forment un cordon "sanitaire" entre l'afrique "blanche (afrique du sud rodhesie a l'epoque et namibie) et l'afrique noire. au debut etosha allait jusque la mer, puis okavango.... jusque krugger. effectivement ce n'est qu'une fois fois passé etosha que nous retrouverons reelement cette ambiance africaine que nous aimons.
l'equipe nous acompagnent un responsable chauffeur, pour la premiuere fois nous avons un francais et ce n'est aps une reussite. JC est un oersonnage deplaisant qui se prend pour superbaroudeur, disparaissant continuelement (nous comprendrons plus tard qu'il a accepté ce voyage pour poser les jalons de sa propre agence qu'il est en train de monter) stanley, notre cuisinier zimbabwéen d'une grande gentillesse et serviabilité toujours plein d'attentions et pour quelques jours, magnama, aide chauffeur zambien, gentil et effacé
LE VOYAGE jour1 c'est a l'aeroport que nous retrouvons micosi apres une nuit dans le train casot nous y attend egalement pour une rencontre que nous souhaitons depuis longtemps. voire son album http://www.vacanceo.com/albums_photos/fiche-album_18854.php dans l'apres midi nous nous envolons pour francfort d'ou le soir nus devons prendre notre vol pour johanesburg probleme l'avion ne partira que demain matin, nous voila donc pour une nuit a francfort au frais de la lufthansa
jour 2 nous avions une corespondance pour windoeck a mid, elle est dejas ratée avant meme de quitter l'europe. ce sera donc une nuit a johanesburg, toujours aux frais de la lufthansa
jour 3 un vol est prevu le matin, losque nous arrivons a l'enregistrement on nous annonce, full, stanby! l'avion part sans nous. en contactant nos agence nous aprenons que l'avion n'etait pas plein! que s'est il passé? nous avons des soupsons mais aucune certitude. le vol suivant commence dans les memes conditions; stanby, il y aura sur de la place demain matin! finalement nos agence se demenent tellement que l'employée de la lufthansa fini par se deplace pour voire ce qui se passe et nous embarquons enfin. nous arrivons a windoeck avec 24h de retard et JC n'est pas pret!!!!!!!!! stanley nous acompagne pour un tour dans la ville et plus particulierement dans un tres beau marché artisanal le soir au repas nous mettons les choses au point.nous nous sommes entendu auparavant. nous avons perdu 2'h s'il faut les ratraper ce sera sur kurgger qui n'etait pas prevu au depart et pas sur le voyage choisit initialement. a ce moment la seule bonne initiative de JC (il y a son interet mais nous ne le savons pas encore) nous irons finalement au zimbabwéet la journee se ratrapera en n'ayant pas les attentes au bac poyur passer en zambie. youpi!!!!!! stanley aussi est ravi, il va faire des provision pour sa famille a harare
jour 4 route pour sossusvlei, balade dans les dunes en fin d'apres midi bivouac a sossusvlei
jour5 levé du soleil dans les dunes puis canyon de sesriem traversé du desert de namib naufulk jusque la vallée de la lune pour un bivouac dans un lieu incroyable
jour 6 et 7 swakopmund , danny est malade, nous n'aimons pas tellement cette ville qui ressemble a un decor de theatre posée artificielement dans le desert, de plus il y fait froid. nous y passons deux nuits a l'hotel, les derniers du voyage
jour8 nous rejoignons le parc du pitzkop dans le damaraland rando jusqu'une arche naturelle un couché de dsoleil en compagnie des enfants du village sera un moment inoubliable bivouac
jour 9 cap cross et ses otaries, puis massif du brandberg pour un nouveau bivouac ballade jusque la dame blanche le soir les villageaois nous font des chants et des danses
jour 10 rencontre avec des hereros puis twyfelfontein et ses gravure, la petrified forest le soir nous ganons la cheeta farm pour y passer la nuit
jour 11 magnama nous quitte ce qui n'arangera pas l'humeur de JC obligé de coduire, nous le trouvons de plus en plus pareseux! rencontre avec les himbas lorsque nous laisson magnama arrivee a etosha vers midi campement
jour 12 etosha, campement
jour 13 dernier tour a etosha avant de reprendre la route nous passons par des villages ou enfin nous trouvons cette ambiance africaine que nous aimons. le soir campement au bord de l'okavango face a l'angola; demain nous passerons au bstwana
je vous rassure toutes ces peripeties et meme JC n'ont pas reussit a gacher notre voyage , nous nous sommes regalés et la suite dans mon prochain carnet sur le bostwana
diaporama en musique namib naufulk http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4561.php
damaraland
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4592.php
etosha
http://www.vacanceo.com/videos/voir-vid_4625.php
Tout quitter
Bonjour à tous!
Voila je viens de m'inscrire à ce forum parce que j'ai un projet un peu fou mais qui nécessite tout de même quelques conseils. Je veux tout quitter (bruler cartes de crédits, papiers d'identité etc...) pour vivre mon rêve vagabonder et vivre dans la nature pour découvrir de nouveaux paysages rencontrer des gens différents et ne dépendre que de moi hors de tout système. Je sais que beaucoup penseront que c'est une utopie, un rêve mais je veux vivre ma vie à fond et pouvoir dire je l'ai fait plutôt que de vieillir et de regretter de ne pas avoir franchis le pas! Alors voila j'aimerai avoir vos avis et quelques conseils (survie, législation etc...) je vous en remercie d'avance!
Voila je viens de m'inscrire à ce forum parce que j'ai un projet un peu fou mais qui nécessite tout de même quelques conseils. Je veux tout quitter (bruler cartes de crédits, papiers d'identité etc...) pour vivre mon rêve vagabonder et vivre dans la nature pour découvrir de nouveaux paysages rencontrer des gens différents et ne dépendre que de moi hors de tout système. Je sais que beaucoup penseront que c'est une utopie, un rêve mais je veux vivre ma vie à fond et pouvoir dire je l'ai fait plutôt que de vieillir et de regretter de ne pas avoir franchis le pas! Alors voila j'aimerai avoir vos avis et quelques conseils (survie, législation etc...) je vous en remercie d'avance!
Retour du Mali: synthèse de quatre semaines
Salut,
Nous avons voyagé en couple au Mali de fin juillet à fin août, et nous voudrions vous faire part de notre périple, d’un point de vue pratique, à la manière de Gerpy dans ce post : http://voyageforum.com/v.f?post=688183 Nous avons imprimé son post et l'avons emmené avec nous, il nous a servi quelques fois. En espérant que celui-ci puisse aussi vous servir !
Tout d'abord quelques conseils d'ordre général :
Argent : change : il est difficile de changer de l’argent au Mali. Si vous êtes en rade, voyez avec les hôtels. Nous avons changé avec un taux de 1€ pour 640 CFA, mais en fait les touristes qu’on rencontraient ont changé à 1€ pour 650 CFA. carte bleue : un distributeur à Bko, vous pourrez aussi retirer à Mopti avec un système d’empreinte : vérifiez que votre carte est en relief (pour les numéros). Quelques fois, ça ne marche pas, sans raison précise, ou vous ne pourrez retirer que 150 €, le banquier vous disant que le compte est bloqué. Bref, essayez de ne pas compter dessus. nous avons été surpris par le coût de la vie : c’est bien plus cher qu’en Asie ou en Amérique centrale. Alors que je vivais avec 250 € par mois en Inde, 350 € en thaïlande, il faut compter au minimum 450 € au Mali (sans compter les 300 € qu‘on s‘est fait piquer dans notre sac à Hombori). Et encore, de tous les touristes rencontrés nous sommes les seuls à avoir dépensé aussi peu. En général, pour un voyage « routard », compter 650 € par mois, à quoi il faut encore rajouter les souvenirs.
Santé : paludisme : le Mali est une zone 2 de résistance du Plasmodium, donc il faut de la Savarine ou de la Malarone.Nous avions emporté une moustiquaire, qui nous a peu servie dans les hôtels : la plupart en ont. Néanmoins, certaines comportent des trous, et la moustiquaire est indispensable lorque l’on dort dans les villages. répulsif : nous avions du 5/5, mais qui ne semble pas très efficace au Mali. Préférez Insect Ecran. prenez de l’Imodium (lopéramide = anti-diarrhéique) en quantité. si vous avez besoin de médicaments, vous pouvez en trouver dans les pharmacies. Néanmoins, demandez toujours un médicaments « de marque » (par exemple Augmentin au lieu de amoxi-acide clavulanique), les autres viennent les plus souvent du Nigeria et ne comportent pas de principe actif ( = c’est du sucre ou de la farine !) le mieux est donc d’emportez tout ce dont vous aurez besoin. voici le minimum : lopéramide contre la diarrhée Arnica montana 9 CH, ou quelques doses : 5 granules (ou une dose) en cas de choc (évite les bleus et surtout la douleur) à prendre immédiatement. Apis mellifica 9 CH : 5 granules si vous vous faites piquer par une guêpe, un scorpion, etc... Paracétamol (antalgique)
Vous pouvez aussi acheter des médicaments dans les pharmacies avant de partir dans la brousse, les gens des villages sont complètement démunis et vous en demanderont. Les plus nécessaires sont les antalgiques et les antibiotiques. !!! Mais ne donnez jamais rien si vous n’avez pas de connaissance médicale !!! Et prudence avec les bébés !
Rabatteurs Quand vous arrivez à une gare routière, ne demandez pas où se trouve le guichet pour telle destination. Demandez directement au guichetier. Si un malien s’interpose entre vous et le guichetier, dites que vous ne connaissez pas cette personne. Sinon vous aurez une majoration du prix du billet, qui comprendra la commission pour le rabatteur. A priori, si personne ne connaît votre destination avant que vous ne preniez le billet, vous ne devriez pas avoir de problème. Pareil pour les taxis, le temps que vous traversiez la rue un malien se mettra entre vous et le taxi pour toucher une commission : dites que vous ne le connaissez pas.
Bus Évitez la compagnie Bittar : les bus sont lents, et les employés peu sympathiques. (je viens de découvrir ce post qui en dit plus long : http://voyageforum.com/v.f?post=1241060; ! )
Livres Les maliens, même les plus érudits, ne lisent jamais : leur culture est orale. Vous ne trouverez aucun roman au Mali, sauf dans de rares hôtels, mais ne comptez pas dessus, et peut-être à Bamako. Nous avons fait toutes les librairies de Mopti, et à part des manuels scolaires (et une improbable étude sur l’agriculture malienne) et un livre en néerlandais nous n’avons trouvé aucun roman. Vous trouverez des magazines au cybercafé de la Venise à Mopti, dont des mots fléchés, etc… et une excellente revue hebdomadaire qui s’appelle Jeune Afrique, qui traite de l’actualité africaine. Passionnante !
Internet : Il y a des cybercafés dans les grandes villes du mali, et les plus petites comme Bandiagara. Si la connexion est lente, vous paierez 1500 CFA par heure. Paradoxalement, si c’est plus rapide, c’est moins cher : Entre 500 et 1000 CFA / h
Photos Vous pourrez sauvegarder vos photos sur CD à Mopti et (probablement) Bamako. Les gens sont à peu près indifférents au fait que vous les preniez en photos, mais le Mali n’est pas un zoo non plus…
Arnaques dont nous avons été victimes (ou pas) payer deux fois la chambre : quand nous avons dormi chez l'habitant à Djenné, en partant le lendemain matin la maison était vide. Nous avons décidé de trouver une chambre dans un hôtel et de revenir payer plus tard. Un malien (connu ? inconnu ? difficile à dire, au sortir du lit rien ne ressemble plus à un malien qu'un autre malien :))nous a abordé devant la maison en nous demandant de payer. Nous donnons les 4000 CFA comme convenu. Puis dans la matinée le malien qui nous avait emmené dans sa famille nous a retrouvé à l'hôtel, en nous demandant les sous pour la nuit... nous lui avons expliqué l'affaire, il parut sincèrement énervé que nous nous soyons fait escroqué. Il a mis tout ses amis sur le coup pour retrouver celui qui nous avais pris les sous le matin, sans succès. On a du repayer la nuit. Étaient-ils de mèche ? Nous ne saurons jamais. Nous avons payé un guide à Bamako pour la journée du lendemain à Siby, le forfait comprenait le guidage, la jeep, les repas, la nuit. Après avoir passé une demi journée aux alentours de Siby (au lieu de la journée prévue), il nous lâché dans une auberge, en "oubliant" de payer la nuit... Et de nous rembourser quelques milliers de CFA qu'il nous devait ! Il se fait appeler "Manu Chao", et le gérant de l'auberge nous a avoué avoir déjà eu affaire à lui pour une raison similaire. Quant à son ami ""Bozo, guide réputé, lui aussi nous devait des sous, qu'il ne nous a jamais remboursé. Et il n'hésite pas à faire payer 200 € par jour ses "parents adoptifs" (généreux belges qui lui ont payé sa scolarité) pour les emmener à Siby en jeep... Bref, si vous les croisez, évitez-les ! une autre arnaque répandue qu'on nous a rapportée : un homme vous aborde dans la rue, vous parle de Genève (ou une autre ville européenne), vous dit qu'il y habite, en vous citant des noms de rues que vous connaissez, et vous explique qu'il doit se faire envoyer de l'argent par Western Union : il vous montre un reçu de la banque, tout à fait authentique semble t-il, et il ne lui manque qu'un code pour pouvoir retirer de l'argent. Malheureusement il est fauché et ne peut pas appeler sa famille en suisse pour qu'elle lui communique le numéro. Il vous demande donc de l'accompagner dans une cabine téléphonique, téléphone en Suisse, vous dit des chiffres à noter sur le reçu Western union et vous payez la communication. Puis allez ensemble à la banque, qui est fermée, vous demande encore des sous pour sa nuit d'hôtel ou autre chose, et RDV demain pour qu'il vous rembourse avec l'argent reçu. Sauf que : il fait semblant de téléphoner en suisse, il est malien, et en 3 heures de temps vous lui donner 20 000 CFA sans douter un seul instant de sa bonne foi. Et vous ne le reverrez sans doute jamais. Des touristes pas du tout crédules se sont fait avoir, alors méfiez-vous !
Guide de voyage : nous avions le routard, qui ne nous a vraiment pas plu : Aucun plan de ville (excepté Bamako), des infos périmées, peu de villes traitées. Apparemment le petit futé est plus apprécié, mais les hôtels les moins chers n'y sont pas tous répertoriés. Le Lonely planet contient plus de plans de ville.
Notre Trajet :
Bamako : A notre arrivée à l’aéroport, des faux taximen se sont jetés sur nous pour nous emmener dans un hôtel. Dites que vous avez réservé, négociez ferme (compter 4000-5000 pour aller à Badalabougou), et éviter les faux taxis : vous serez bons pour écouter les conseils avisés d’un faux guide qui essaiera de vous planifier votre voyage pour le mois pour des prix exorbitants. Le notre, voyant notre peu d’empressement à satisfaire ses demandes, nous a donné RDV pour le surlendemain à l’auberge : impossible de s’en défaire le jour dit, il voulait absolument qu’on lui donne des sous, et nous culpabilisait de ne rien faire pour lui(« j’ai dépensé de l’essence pour venir vous voir, vous m’aviez donné RDV, vous devez me donner un petit quelque chose ») ! Nous avons logé à l’auberge Jatiguiya, quartier Badalabougou, rue 108. Très sympa, calme, une grande cour ombragée. On peut dormir sur le toit même quand il pleut, pour 2500 CFA, chambre à 7000, il y a aussi un dortoir. Il y a un petit resto juste à côté, mais l’hygiène des plats est parfois douteuse. Nous avons aussi dormi à la mission catholique dans le centre, il y a peu de lits et c’est entre 4000 et 5000 CFA en dortoir. Il vaut mieux réserver à l’avance. Le resto en face est cher pour a qualité servie, il vaut mieux manger dans la rue. Nous avons aussi testé l’hôtel Séguéré, à Torokorobougou. Pour 12000 CFA, on a eu droit à une chambre aux draps propres, mais qui sentait le moisi, et à côté des sanitaires. La patronne n’est pas franchement gentille, nous avons été bien déçu. Il y a une piscine, un jardin agréable, et du pain grillé au petit dèj, mais ceci ne compense pas la mauvaise impression que cet hôtel nous a laissé. Les taxis à Bamako coûtent cher, compter 1000-1500 CFA pour faire le trajet Badalabougou-centre ville. Il vaut mieux prendre les Sotrama, ces minibus verts qui sillonnent la ville. Repérez un arrêt (il y en a beaucoup), et dites où vous voulez allez, on vous indiquera lequel prendre. Prix : 125 ou 150 CFA par trajet. Nous avons testé le snack-bar Amandine, c'est moyen, mais ça fait du bien de manger un copieux cheeseburger après un mois de riz-spaguetti-tô ! Les restaurant la Méditerranéenne et la Pirogue ne fonctionne plus (la Pirogue a brûlé semble t-il)
Djenné : Pour y aller, prendre un bus depuis Bamako, descendre au carrefour de Djenné (comptez 10 heures de route, et non pas 5 comme annoncé...) puis prendre un taxi brousse jusqu’à Djenné. Vous paierez une taxe touristique au carrefour de 1000 (ou 1500 ?) CFA. Évitez d’arriver le dimanche soir, tous les hôtels sont pleins, le marché ayant lieu le lendemain. Nous avons dormi chez l’habitant le premier soir, car tout était complet, puis à Kita Kourou (6000 CFA la double ventilée). Les guides, charretiers et autres vendeurs de colliers sont omniprésents dans tous les hôtels, et très envahissants ! La ville pue les eaux usées. Les toilettes à l'étage sont typiques de la ville, de plus on ne peut pas mettre d'eau du fait des maisons en banco et c'est vraiment dommage : ça empeste ! jusque dans les chambres des hôtels ! Pour avoir une idée des prix des guides, des charrettes, etc… il faut passer à l’office de tourisme, le monsieur qui s’en occupe est honnête et de bon conseil. La mosquée ne se visite pas si vous n’êtes pas musulman, mais le fils du muezzin peut passer outre l’interdiction moyennant finance, seulement en 2007 parait-il… Le restaurant le Fleuve, en bas de la rue principale, indiqué dans tous les guides, nous a laissé un mauvais souvenir : presque 2 heures d’attente, pour des plats pas vraiment bons, avec en prime des scarabées dans les frites ! N’hésitez pas à vous perdre dans les petites rues, c’est très joli. Au final, nous avons passé 3 jours à Djenné et on a bien aimé.
Nous avons ensuite pris un guide pour rejoindre Mopti par la campagne, en charrette, puis en pinasse, pendant 3 jours. Trajet : Djenné - Manga (via Gagna) - Kouakourou, puis Mopti en pinasse publique, pas très confortable. Les berges du Niger sont jolies, mais sans plus. Par contre la campagne et la traversée des villages est vraiment belle. Cela nous a coûté 110 000 CFA pour 3 personnes, pour 3 jours, tout compris, visite de Djenné inclue. Nous avons aussi apporté des noix de kola (2500 CFA le kilo maximum). En trois jours nous en avons donné 250g tout au plus.
Sévaré : Nous avons dormi à l'hôtel Via-Via, sur le toit pour 3000 CFA/personne. Hôtel classe, mais le toit est une dalle peu accueillante, les 3000 CFA n'étaient pas vraiment justifiés. Il se situe juste à côté de la gare routière. Cybercafé à la Sotelma, rapide et pas cher. Sévaré n'a aucun charme, c'est un carrefour pour Bandiagara sur la route bko-gao.
Bandiagara et pays dogon : le pont sur la route Sévaré - Bandiagara a été emporté par une crue en juin, les travaux de réparation tardent un peu. Du coup, il faut prendre un premier taxi brousse jusqu'au pont, traverser la rivière (à pied, en charrette ou en pirogue, selon la hauteur d'eau et l'envie de se mouiller les pieds ou non), puis reprendre un taxi après le pont. Les taxi ne partent que lorsqu'ils sont pleins, et le premier était une 404 (9 places), le second un mini bus (20 places) : nous avons attendu 2 heures après le pont, à l'ombre d'un manguier, qu'il y ait suffisamment de clients pour que le taxi veuille bien partir... Nous avons logé à l'auberge Kansaye, à 15min à pied de l'hôtel de la Falaise. 3000 CFA sur le toit, 8000 la double. La vue sur la rivière est splendide. l'hôtel le Village est à 4000 CFA la double, moins joli. hôtel la Falaise est plus cher, dortoir à 4000 je crois, on y a dormi à 2500/pers en négociant. Il abrite l'association des guides, demandez Baba Napo, c'est le responsable, il vous trouvera un guide pour le pays dogon pour pas cher. On mange très bien dans la rue, pour 250 CFA le plat ! Demandez du "niébé", sorte de flageolets ("cho" en bambara), ou du fonio, une céréale succulente !
Nous sommes partis 5 jours dans le pays dogon à 13500 CFA/ jour / personne, tout compris (dont l'aller retour en jeep à la falaise). Ce n'est pas cher, mais la communication avec le guide était limitée, et il ne nous a rien appris sur les coutumes des dogons. Nous avons fait Djiguibombo --> Sangha. Certaines journées étaient vraiment longues, 4 h de marche le matin, et 2 h le soir. Repartir après être resté qq heures à flâner, alors qu'il fait encore chaud, c'est parfois vraiment dur ! En tout cas, c'est vraiment joli, notamment la vue depuis Begnemato. Nous avons goûté la bière de mil à Begnemato : elle a un fort goût de fumée, on a laissé notre guide finir le litre 1/2 avec ses amis dogons. Des touristes ont payé pour voir une cérémonie des masques, nous devions y assister, mais les danseurs nous demandaient 10000 CFA par personne, et cela nous faisait trop cher. Nous avions apporté des noix de kola (ne les payez pas plus de 2500 CFA le kilo), mais au final nous ne les avons jamais sorties. Peut-être faut-il en emporter avec soi, mais je ne pense pas qu'il faille en prendre plus de 500 g.
Douentza : A 2 heures de Mopti en minibus. Essayez plutôt de prendre un bus pour Gao et de descendre à Douentza : nous avons attendu 6 heures que le minibus se remplisse, si vous n'y allez pas un jour de marché, vous serez probablement les seuls à vouloir vous y rendre. Arrivés tard le soir, on s'est laissé guider jusqu'au campement Hogon, calme, sympathique. Le proprio est charmant, bavard et serviable. Pour manger dans la rue, c'est un peu problématique : vous trouverez des petits snacks près de la gare routière, mais ce n'est pas franchement bon. Si vous prenez une omelette, demandez-la expressement non huileuse...
Hombori : A 2 heures de Douentza, entre 1000 et 2000 CFA le trajet. nous avons dormi chez M. Lélélé, dans une paillote (4000 CFA à deux). Son auberge est charmante, mais le proprio m'a laissé une drôle d'impression : on le sentait faux et hypocrite. Il n'est pas du tout apprécié par les autres g��rants des hôtels. En plus on s'est fait piquer 300 euros à Hombori, et on a des doutes sur le voleur... On mange très bien et pas trop cher au campement, à deux pas. Nous avons pris un guide pour faire 3 jours de rando autour de Hombori (8000CFA/pers/j tout compris, difficile de faire mieux): Hombori - main de Fatma - Kelmé - Hombori, avec la via ferrata qui monte au sommet du mont hombori (simplissime, peu de gaz, peu athlétique, sauf si vous vous prenez la pluie/tempête comme nous...la descente ressemblait à une patinoire...). Notre guide Amadou Bocoum est très sympa, il l'un des deux seuls habilités à faire la via ferrata, il est aussi grimpeur : il y a de nombreuses voies d'escalade à la main de Fatma (Salvador, espagnol marié à une malienne, en ouvert plus de 110 !), et quelques unes sur le mont Hombori. Pour la via ferrata, il est possible de louer des baudriers et des longes. Pour la grimpe, il vaut mieux apporter son matos, mais il est possible d'en louer, exceptés les chaussons. Pour repartir sur Mopti, il faut se poster tôt le matin (6h30) au bord du goudron et arrêter les bus qui passent. Certains sont déjà pleins.
Mopti : L'hébergement à Mopti est cher. L'hôtel Y'a pas de problème est le plus connu, tous les touristes qu'on a rencontré étaient allés dormir là-bas. Et c'est vrai qu'il est pas mal, avec une piscine. Dodo sur le toit pour 3500 CFA, le dortoir est à 4500, les chambres plus onéreuses. Mais les guides et piroguiers sont parfois un peu envahissants. L'un des meilleurs guides que nous ayons rencontré s'appelle Baba Cissé, frère de "feu Dramane Cissé, un jeune talent du pays prématurément disparu" 'd'après un guide sur la Mali fait par des maliens). Ancien gérant du Tam-Tam café. Il parle un français excellent, est très gentil, sensible, et semble compétent. Il vous renseignera sur à peu près tout. Nous avons fait deux heures de pirogue au coucher du soleil, c'est vraiment joli. Nous avons demandé de ne pas visiter les villages, du coup on a fait 2 heures pleines sur la pirogue. Comptez 1500-2000 CFA / pers / heure. La pâtisserie le Dogon, en face du cyber la Venise, est bonne, notamment leur crème pâtissière. Nous avons préféré y aller le matin, présumant que les pâtisseries ayant passé la journée à la chaleur seraient un peu moins digestes le soir ;) Le cybercafé de la Venise est très lent, cher, et le proprio est antipathique. Il y en a un autre, un peu plus au nord dans la même rue avec une connexion rapide, et moins cher. Le marché de l'artisanat, provisoirement installé au bout de la digue (vers le bar le Bozo), n'est pas comme on pourrait s'y attendre un lieu où travaillent des artisans, mais un marché pour touristes. Insupportable ! Par contre le marché aux poissons qui se tient juste à côté est très vivant. Goûtez sans peur au poisson fumé (entre 300 et 600CFA le poisson selon la taille), mais ne mangez pas la peau ;)
Ségou : A 6 heures de Mopti en bus. Contrairement à ce que racontait Gerpy, il y a TOUJOURS de la place à la mission catholique ! Avec plus de 70 lits, vous n'auriez vraiment pas de chance si c'était effectivement plein. Par contre le gardien, de mèche avec votre guide, vous dira que c'est plein, pour que vous preniez une chambre ailleurs, et toucher ainsi une petite commission... Le malien qui nous a gentiment guidé jusque là-bas fut fort vexé que nous découvrions le pot aux roses (je suis discrètement allé faire le tour de la propriété, et beaucoup de chambres et dortoirs étaient libres...), et nous a demandé des sous en contrepartie, arguant qu'il ne nous avait pas guidé gratuitement. Une vive altercation eut lieu entre nous, heureusement qu'il y avait d'autres maliens autour pour le calmer ! Vous pourrez manger pour pas cher en face de la Sotelma ("cafétéria" ), et boire du yaourt (lait caill�� sucré en sachet) en face du terrain de foot. Nous avons mangé à l'hôtel de l'esplanade, derrière la marché, au bord du Niger. La carpe grillée aux bananes plantains est excellente, et copieuse. Comptez entre 2000 et 4000 CFA pour un plat. Mais ça vaut le coup. Peut-être aurez-vous la chance d'apercevoir comme nous des milliers (!) de chauves-souris à la tombée de la nuit descendant le Niger (pour aller où ?). Nous avons aussi mangé à l'hôtel Djoliba, cher et pas top. Les taxis coûtent 500 CFA la course. Le change d'euros est problématique à Ségou : seule la BNDA change les euros, à la sortie de la ville, mais le responsable est rarement là, ou malade. Le plus simple est de changer dans les hôtels, 1€ pour 640 CFA. Pas grand chose à faire à Ségou, à part visiter les villages de potiers, mais nous étions à la fin de notre voyage, nous avions déjà vu pas mal de choses au Mali et on nous a déconseillé de le faire : aucune nouveauté pour nous.
Siby : petit village à 1h30 de route de Bko en sotrama (1000 CFA), nous avons profité d'une jeep payée par des touristes fortunés pour aller voir l'arche de Kamadjan (bof bof) et une cascade où on peut se baigner, à 15 bornes de Siby : l'endroit est sympathique, on y serait bien resté la journée. Malheureusement, il est impossible d'y accéder sans véhicule motorisé (jeep ou mobylette), ou alors en charrette depuis Siby, avec un arrêt pour la nuit dans un village à mi-chemin de la cascade. Nous avons dormi chez Douala Dawara, à l'entrée du village sur la gauche (il enlève le panneau pendant la saison des pluies, pour ne pas que la peinture parte :)). Demandez, tout le monde le connait. Cela vous coûtera 2500 CFA la paillote (deux places). Il peut vous fournir à manger pour quelques CFA (plats locaux). Nous sommes aussi allés manger au campement Kamadjan, c'est un peu cher et pas très bon. On peut faire de l'escalade dans le coin (cotations du 4 au 8b), l'association des guides (à côté du campement kamadjan) vous renseignera. Le responsable à été formé en France, et possède un bon niveau. Matos à louer sur place. Il y aussi une via ferrata et une via corda.
Voilà, bon voyage à vous.
Julien et Sylvie
Nous avons voyagé en couple au Mali de fin juillet à fin août, et nous voudrions vous faire part de notre périple, d’un point de vue pratique, à la manière de Gerpy dans ce post : http://voyageforum.com/v.f?post=688183 Nous avons imprimé son post et l'avons emmené avec nous, il nous a servi quelques fois. En espérant que celui-ci puisse aussi vous servir !
Tout d'abord quelques conseils d'ordre général :
Argent : change : il est difficile de changer de l’argent au Mali. Si vous êtes en rade, voyez avec les hôtels. Nous avons changé avec un taux de 1€ pour 640 CFA, mais en fait les touristes qu’on rencontraient ont changé à 1€ pour 650 CFA. carte bleue : un distributeur à Bko, vous pourrez aussi retirer à Mopti avec un système d’empreinte : vérifiez que votre carte est en relief (pour les numéros). Quelques fois, ça ne marche pas, sans raison précise, ou vous ne pourrez retirer que 150 €, le banquier vous disant que le compte est bloqué. Bref, essayez de ne pas compter dessus. nous avons été surpris par le coût de la vie : c’est bien plus cher qu’en Asie ou en Amérique centrale. Alors que je vivais avec 250 € par mois en Inde, 350 € en thaïlande, il faut compter au minimum 450 € au Mali (sans compter les 300 € qu‘on s‘est fait piquer dans notre sac à Hombori). Et encore, de tous les touristes rencontrés nous sommes les seuls à avoir dépensé aussi peu. En général, pour un voyage « routard », compter 650 € par mois, à quoi il faut encore rajouter les souvenirs.
Santé : paludisme : le Mali est une zone 2 de résistance du Plasmodium, donc il faut de la Savarine ou de la Malarone.Nous avions emporté une moustiquaire, qui nous a peu servie dans les hôtels : la plupart en ont. Néanmoins, certaines comportent des trous, et la moustiquaire est indispensable lorque l’on dort dans les villages. répulsif : nous avions du 5/5, mais qui ne semble pas très efficace au Mali. Préférez Insect Ecran. prenez de l’Imodium (lopéramide = anti-diarrhéique) en quantité. si vous avez besoin de médicaments, vous pouvez en trouver dans les pharmacies. Néanmoins, demandez toujours un médicaments « de marque » (par exemple Augmentin au lieu de amoxi-acide clavulanique), les autres viennent les plus souvent du Nigeria et ne comportent pas de principe actif ( = c’est du sucre ou de la farine !) le mieux est donc d’emportez tout ce dont vous aurez besoin. voici le minimum : lopéramide contre la diarrhée Arnica montana 9 CH, ou quelques doses : 5 granules (ou une dose) en cas de choc (évite les bleus et surtout la douleur) à prendre immédiatement. Apis mellifica 9 CH : 5 granules si vous vous faites piquer par une guêpe, un scorpion, etc... Paracétamol (antalgique)
Vous pouvez aussi acheter des médicaments dans les pharmacies avant de partir dans la brousse, les gens des villages sont complètement démunis et vous en demanderont. Les plus nécessaires sont les antalgiques et les antibiotiques. !!! Mais ne donnez jamais rien si vous n’avez pas de connaissance médicale !!! Et prudence avec les bébés !
Rabatteurs Quand vous arrivez à une gare routière, ne demandez pas où se trouve le guichet pour telle destination. Demandez directement au guichetier. Si un malien s’interpose entre vous et le guichetier, dites que vous ne connaissez pas cette personne. Sinon vous aurez une majoration du prix du billet, qui comprendra la commission pour le rabatteur. A priori, si personne ne connaît votre destination avant que vous ne preniez le billet, vous ne devriez pas avoir de problème. Pareil pour les taxis, le temps que vous traversiez la rue un malien se mettra entre vous et le taxi pour toucher une commission : dites que vous ne le connaissez pas.
Bus Évitez la compagnie Bittar : les bus sont lents, et les employés peu sympathiques. (je viens de découvrir ce post qui en dit plus long : http://voyageforum.com/v.f?post=1241060; ! )
Livres Les maliens, même les plus érudits, ne lisent jamais : leur culture est orale. Vous ne trouverez aucun roman au Mali, sauf dans de rares hôtels, mais ne comptez pas dessus, et peut-être à Bamako. Nous avons fait toutes les librairies de Mopti, et à part des manuels scolaires (et une improbable étude sur l’agriculture malienne) et un livre en néerlandais nous n’avons trouvé aucun roman. Vous trouverez des magazines au cybercafé de la Venise à Mopti, dont des mots fléchés, etc… et une excellente revue hebdomadaire qui s’appelle Jeune Afrique, qui traite de l’actualité africaine. Passionnante !
Internet : Il y a des cybercafés dans les grandes villes du mali, et les plus petites comme Bandiagara. Si la connexion est lente, vous paierez 1500 CFA par heure. Paradoxalement, si c’est plus rapide, c’est moins cher : Entre 500 et 1000 CFA / h
Photos Vous pourrez sauvegarder vos photos sur CD à Mopti et (probablement) Bamako. Les gens sont à peu près indifférents au fait que vous les preniez en photos, mais le Mali n’est pas un zoo non plus…
Arnaques dont nous avons été victimes (ou pas) payer deux fois la chambre : quand nous avons dormi chez l'habitant à Djenné, en partant le lendemain matin la maison était vide. Nous avons décidé de trouver une chambre dans un hôtel et de revenir payer plus tard. Un malien (connu ? inconnu ? difficile à dire, au sortir du lit rien ne ressemble plus à un malien qu'un autre malien :))nous a abordé devant la maison en nous demandant de payer. Nous donnons les 4000 CFA comme convenu. Puis dans la matinée le malien qui nous avait emmené dans sa famille nous a retrouvé à l'hôtel, en nous demandant les sous pour la nuit... nous lui avons expliqué l'affaire, il parut sincèrement énervé que nous nous soyons fait escroqué. Il a mis tout ses amis sur le coup pour retrouver celui qui nous avais pris les sous le matin, sans succès. On a du repayer la nuit. Étaient-ils de mèche ? Nous ne saurons jamais. Nous avons payé un guide à Bamako pour la journée du lendemain à Siby, le forfait comprenait le guidage, la jeep, les repas, la nuit. Après avoir passé une demi journée aux alentours de Siby (au lieu de la journée prévue), il nous lâché dans une auberge, en "oubliant" de payer la nuit... Et de nous rembourser quelques milliers de CFA qu'il nous devait ! Il se fait appeler "Manu Chao", et le gérant de l'auberge nous a avoué avoir déjà eu affaire à lui pour une raison similaire. Quant à son ami ""Bozo, guide réputé, lui aussi nous devait des sous, qu'il ne nous a jamais remboursé. Et il n'hésite pas à faire payer 200 € par jour ses "parents adoptifs" (généreux belges qui lui ont payé sa scolarité) pour les emmener à Siby en jeep... Bref, si vous les croisez, évitez-les ! une autre arnaque répandue qu'on nous a rapportée : un homme vous aborde dans la rue, vous parle de Genève (ou une autre ville européenne), vous dit qu'il y habite, en vous citant des noms de rues que vous connaissez, et vous explique qu'il doit se faire envoyer de l'argent par Western Union : il vous montre un reçu de la banque, tout à fait authentique semble t-il, et il ne lui manque qu'un code pour pouvoir retirer de l'argent. Malheureusement il est fauché et ne peut pas appeler sa famille en suisse pour qu'elle lui communique le numéro. Il vous demande donc de l'accompagner dans une cabine téléphonique, téléphone en Suisse, vous dit des chiffres à noter sur le reçu Western union et vous payez la communication. Puis allez ensemble à la banque, qui est fermée, vous demande encore des sous pour sa nuit d'hôtel ou autre chose, et RDV demain pour qu'il vous rembourse avec l'argent reçu. Sauf que : il fait semblant de téléphoner en suisse, il est malien, et en 3 heures de temps vous lui donner 20 000 CFA sans douter un seul instant de sa bonne foi. Et vous ne le reverrez sans doute jamais. Des touristes pas du tout crédules se sont fait avoir, alors méfiez-vous !
Guide de voyage : nous avions le routard, qui ne nous a vraiment pas plu : Aucun plan de ville (excepté Bamako), des infos périmées, peu de villes traitées. Apparemment le petit futé est plus apprécié, mais les hôtels les moins chers n'y sont pas tous répertoriés. Le Lonely planet contient plus de plans de ville.
Notre Trajet :
Bamako : A notre arrivée à l’aéroport, des faux taximen se sont jetés sur nous pour nous emmener dans un hôtel. Dites que vous avez réservé, négociez ferme (compter 4000-5000 pour aller à Badalabougou), et éviter les faux taxis : vous serez bons pour écouter les conseils avisés d’un faux guide qui essaiera de vous planifier votre voyage pour le mois pour des prix exorbitants. Le notre, voyant notre peu d’empressement à satisfaire ses demandes, nous a donné RDV pour le surlendemain à l’auberge : impossible de s’en défaire le jour dit, il voulait absolument qu’on lui donne des sous, et nous culpabilisait de ne rien faire pour lui(« j’ai dépensé de l’essence pour venir vous voir, vous m’aviez donné RDV, vous devez me donner un petit quelque chose ») ! Nous avons logé à l’auberge Jatiguiya, quartier Badalabougou, rue 108. Très sympa, calme, une grande cour ombragée. On peut dormir sur le toit même quand il pleut, pour 2500 CFA, chambre à 7000, il y a aussi un dortoir. Il y a un petit resto juste à côté, mais l’hygiène des plats est parfois douteuse. Nous avons aussi dormi à la mission catholique dans le centre, il y a peu de lits et c’est entre 4000 et 5000 CFA en dortoir. Il vaut mieux réserver à l’avance. Le resto en face est cher pour a qualité servie, il vaut mieux manger dans la rue. Nous avons aussi testé l’hôtel Séguéré, à Torokorobougou. Pour 12000 CFA, on a eu droit à une chambre aux draps propres, mais qui sentait le moisi, et à côté des sanitaires. La patronne n’est pas franchement gentille, nous avons été bien déçu. Il y a une piscine, un jardin agréable, et du pain grillé au petit dèj, mais ceci ne compense pas la mauvaise impression que cet hôtel nous a laissé. Les taxis à Bamako coûtent cher, compter 1000-1500 CFA pour faire le trajet Badalabougou-centre ville. Il vaut mieux prendre les Sotrama, ces minibus verts qui sillonnent la ville. Repérez un arrêt (il y en a beaucoup), et dites où vous voulez allez, on vous indiquera lequel prendre. Prix : 125 ou 150 CFA par trajet. Nous avons testé le snack-bar Amandine, c'est moyen, mais ça fait du bien de manger un copieux cheeseburger après un mois de riz-spaguetti-tô ! Les restaurant la Méditerranéenne et la Pirogue ne fonctionne plus (la Pirogue a brûlé semble t-il)
Djenné : Pour y aller, prendre un bus depuis Bamako, descendre au carrefour de Djenné (comptez 10 heures de route, et non pas 5 comme annoncé...) puis prendre un taxi brousse jusqu’à Djenné. Vous paierez une taxe touristique au carrefour de 1000 (ou 1500 ?) CFA. Évitez d’arriver le dimanche soir, tous les hôtels sont pleins, le marché ayant lieu le lendemain. Nous avons dormi chez l’habitant le premier soir, car tout était complet, puis à Kita Kourou (6000 CFA la double ventilée). Les guides, charretiers et autres vendeurs de colliers sont omniprésents dans tous les hôtels, et très envahissants ! La ville pue les eaux usées. Les toilettes à l'étage sont typiques de la ville, de plus on ne peut pas mettre d'eau du fait des maisons en banco et c'est vraiment dommage : ça empeste ! jusque dans les chambres des hôtels ! Pour avoir une idée des prix des guides, des charrettes, etc… il faut passer à l’office de tourisme, le monsieur qui s’en occupe est honnête et de bon conseil. La mosquée ne se visite pas si vous n’êtes pas musulman, mais le fils du muezzin peut passer outre l’interdiction moyennant finance, seulement en 2007 parait-il… Le restaurant le Fleuve, en bas de la rue principale, indiqué dans tous les guides, nous a laissé un mauvais souvenir : presque 2 heures d’attente, pour des plats pas vraiment bons, avec en prime des scarabées dans les frites ! N’hésitez pas à vous perdre dans les petites rues, c’est très joli. Au final, nous avons passé 3 jours à Djenné et on a bien aimé.
Nous avons ensuite pris un guide pour rejoindre Mopti par la campagne, en charrette, puis en pinasse, pendant 3 jours. Trajet : Djenné - Manga (via Gagna) - Kouakourou, puis Mopti en pinasse publique, pas très confortable. Les berges du Niger sont jolies, mais sans plus. Par contre la campagne et la traversée des villages est vraiment belle. Cela nous a coûté 110 000 CFA pour 3 personnes, pour 3 jours, tout compris, visite de Djenné inclue. Nous avons aussi apporté des noix de kola (2500 CFA le kilo maximum). En trois jours nous en avons donné 250g tout au plus.
Sévaré : Nous avons dormi à l'hôtel Via-Via, sur le toit pour 3000 CFA/personne. Hôtel classe, mais le toit est une dalle peu accueillante, les 3000 CFA n'étaient pas vraiment justifiés. Il se situe juste à côté de la gare routière. Cybercafé à la Sotelma, rapide et pas cher. Sévaré n'a aucun charme, c'est un carrefour pour Bandiagara sur la route bko-gao.
Bandiagara et pays dogon : le pont sur la route Sévaré - Bandiagara a été emporté par une crue en juin, les travaux de réparation tardent un peu. Du coup, il faut prendre un premier taxi brousse jusqu'au pont, traverser la rivière (à pied, en charrette ou en pirogue, selon la hauteur d'eau et l'envie de se mouiller les pieds ou non), puis reprendre un taxi après le pont. Les taxi ne partent que lorsqu'ils sont pleins, et le premier était une 404 (9 places), le second un mini bus (20 places) : nous avons attendu 2 heures après le pont, à l'ombre d'un manguier, qu'il y ait suffisamment de clients pour que le taxi veuille bien partir... Nous avons logé à l'auberge Kansaye, à 15min à pied de l'hôtel de la Falaise. 3000 CFA sur le toit, 8000 la double. La vue sur la rivière est splendide. l'hôtel le Village est à 4000 CFA la double, moins joli. hôtel la Falaise est plus cher, dortoir à 4000 je crois, on y a dormi à 2500/pers en négociant. Il abrite l'association des guides, demandez Baba Napo, c'est le responsable, il vous trouvera un guide pour le pays dogon pour pas cher. On mange très bien dans la rue, pour 250 CFA le plat ! Demandez du "niébé", sorte de flageolets ("cho" en bambara), ou du fonio, une céréale succulente !
Nous sommes partis 5 jours dans le pays dogon à 13500 CFA/ jour / personne, tout compris (dont l'aller retour en jeep à la falaise). Ce n'est pas cher, mais la communication avec le guide était limitée, et il ne nous a rien appris sur les coutumes des dogons. Nous avons fait Djiguibombo --> Sangha. Certaines journées étaient vraiment longues, 4 h de marche le matin, et 2 h le soir. Repartir après être resté qq heures à flâner, alors qu'il fait encore chaud, c'est parfois vraiment dur ! En tout cas, c'est vraiment joli, notamment la vue depuis Begnemato. Nous avons goûté la bière de mil à Begnemato : elle a un fort goût de fumée, on a laissé notre guide finir le litre 1/2 avec ses amis dogons. Des touristes ont payé pour voir une cérémonie des masques, nous devions y assister, mais les danseurs nous demandaient 10000 CFA par personne, et cela nous faisait trop cher. Nous avions apporté des noix de kola (ne les payez pas plus de 2500 CFA le kilo), mais au final nous ne les avons jamais sorties. Peut-être faut-il en emporter avec soi, mais je ne pense pas qu'il faille en prendre plus de 500 g.
Douentza : A 2 heures de Mopti en minibus. Essayez plutôt de prendre un bus pour Gao et de descendre à Douentza : nous avons attendu 6 heures que le minibus se remplisse, si vous n'y allez pas un jour de marché, vous serez probablement les seuls à vouloir vous y rendre. Arrivés tard le soir, on s'est laissé guider jusqu'au campement Hogon, calme, sympathique. Le proprio est charmant, bavard et serviable. Pour manger dans la rue, c'est un peu problématique : vous trouverez des petits snacks près de la gare routière, mais ce n'est pas franchement bon. Si vous prenez une omelette, demandez-la expressement non huileuse...
Hombori : A 2 heures de Douentza, entre 1000 et 2000 CFA le trajet. nous avons dormi chez M. Lélélé, dans une paillote (4000 CFA à deux). Son auberge est charmante, mais le proprio m'a laissé une drôle d'impression : on le sentait faux et hypocrite. Il n'est pas du tout apprécié par les autres g��rants des hôtels. En plus on s'est fait piquer 300 euros à Hombori, et on a des doutes sur le voleur... On mange très bien et pas trop cher au campement, à deux pas. Nous avons pris un guide pour faire 3 jours de rando autour de Hombori (8000CFA/pers/j tout compris, difficile de faire mieux): Hombori - main de Fatma - Kelmé - Hombori, avec la via ferrata qui monte au sommet du mont hombori (simplissime, peu de gaz, peu athlétique, sauf si vous vous prenez la pluie/tempête comme nous...la descente ressemblait à une patinoire...). Notre guide Amadou Bocoum est très sympa, il l'un des deux seuls habilités à faire la via ferrata, il est aussi grimpeur : il y a de nombreuses voies d'escalade à la main de Fatma (Salvador, espagnol marié à une malienne, en ouvert plus de 110 !), et quelques unes sur le mont Hombori. Pour la via ferrata, il est possible de louer des baudriers et des longes. Pour la grimpe, il vaut mieux apporter son matos, mais il est possible d'en louer, exceptés les chaussons. Pour repartir sur Mopti, il faut se poster tôt le matin (6h30) au bord du goudron et arrêter les bus qui passent. Certains sont déjà pleins.
Mopti : L'hébergement à Mopti est cher. L'hôtel Y'a pas de problème est le plus connu, tous les touristes qu'on a rencontré étaient allés dormir là-bas. Et c'est vrai qu'il est pas mal, avec une piscine. Dodo sur le toit pour 3500 CFA, le dortoir est à 4500, les chambres plus onéreuses. Mais les guides et piroguiers sont parfois un peu envahissants. L'un des meilleurs guides que nous ayons rencontré s'appelle Baba Cissé, frère de "feu Dramane Cissé, un jeune talent du pays prématurément disparu" 'd'après un guide sur la Mali fait par des maliens). Ancien gérant du Tam-Tam café. Il parle un français excellent, est très gentil, sensible, et semble compétent. Il vous renseignera sur à peu près tout. Nous avons fait deux heures de pirogue au coucher du soleil, c'est vraiment joli. Nous avons demandé de ne pas visiter les villages, du coup on a fait 2 heures pleines sur la pirogue. Comptez 1500-2000 CFA / pers / heure. La pâtisserie le Dogon, en face du cyber la Venise, est bonne, notamment leur crème pâtissière. Nous avons préféré y aller le matin, présumant que les pâtisseries ayant passé la journée à la chaleur seraient un peu moins digestes le soir ;) Le cybercafé de la Venise est très lent, cher, et le proprio est antipathique. Il y en a un autre, un peu plus au nord dans la même rue avec une connexion rapide, et moins cher. Le marché de l'artisanat, provisoirement installé au bout de la digue (vers le bar le Bozo), n'est pas comme on pourrait s'y attendre un lieu où travaillent des artisans, mais un marché pour touristes. Insupportable ! Par contre le marché aux poissons qui se tient juste à côté est très vivant. Goûtez sans peur au poisson fumé (entre 300 et 600CFA le poisson selon la taille), mais ne mangez pas la peau ;)
Ségou : A 6 heures de Mopti en bus. Contrairement à ce que racontait Gerpy, il y a TOUJOURS de la place à la mission catholique ! Avec plus de 70 lits, vous n'auriez vraiment pas de chance si c'était effectivement plein. Par contre le gardien, de mèche avec votre guide, vous dira que c'est plein, pour que vous preniez une chambre ailleurs, et toucher ainsi une petite commission... Le malien qui nous a gentiment guidé jusque là-bas fut fort vexé que nous découvrions le pot aux roses (je suis discrètement allé faire le tour de la propriété, et beaucoup de chambres et dortoirs étaient libres...), et nous a demandé des sous en contrepartie, arguant qu'il ne nous avait pas guidé gratuitement. Une vive altercation eut lieu entre nous, heureusement qu'il y avait d'autres maliens autour pour le calmer ! Vous pourrez manger pour pas cher en face de la Sotelma ("cafétéria" ), et boire du yaourt (lait caill�� sucré en sachet) en face du terrain de foot. Nous avons mangé à l'hôtel de l'esplanade, derrière la marché, au bord du Niger. La carpe grillée aux bananes plantains est excellente, et copieuse. Comptez entre 2000 et 4000 CFA pour un plat. Mais ça vaut le coup. Peut-être aurez-vous la chance d'apercevoir comme nous des milliers (!) de chauves-souris à la tombée de la nuit descendant le Niger (pour aller où ?). Nous avons aussi mangé à l'hôtel Djoliba, cher et pas top. Les taxis coûtent 500 CFA la course. Le change d'euros est problématique à Ségou : seule la BNDA change les euros, à la sortie de la ville, mais le responsable est rarement là, ou malade. Le plus simple est de changer dans les hôtels, 1€ pour 640 CFA. Pas grand chose à faire à Ségou, à part visiter les villages de potiers, mais nous étions à la fin de notre voyage, nous avions déjà vu pas mal de choses au Mali et on nous a déconseillé de le faire : aucune nouveauté pour nous.
Siby : petit village à 1h30 de route de Bko en sotrama (1000 CFA), nous avons profité d'une jeep payée par des touristes fortunés pour aller voir l'arche de Kamadjan (bof bof) et une cascade où on peut se baigner, à 15 bornes de Siby : l'endroit est sympathique, on y serait bien resté la journée. Malheureusement, il est impossible d'y accéder sans véhicule motorisé (jeep ou mobylette), ou alors en charrette depuis Siby, avec un arrêt pour la nuit dans un village à mi-chemin de la cascade. Nous avons dormi chez Douala Dawara, à l'entrée du village sur la gauche (il enlève le panneau pendant la saison des pluies, pour ne pas que la peinture parte :)). Demandez, tout le monde le connait. Cela vous coûtera 2500 CFA la paillote (deux places). Il peut vous fournir à manger pour quelques CFA (plats locaux). Nous sommes aussi allés manger au campement Kamadjan, c'est un peu cher et pas très bon. On peut faire de l'escalade dans le coin (cotations du 4 au 8b), l'association des guides (à côté du campement kamadjan) vous renseignera. Le responsable à été formé en France, et possède un bon niveau. Matos à louer sur place. Il y aussi une via ferrata et une via corda.
Voilà, bon voyage à vous.
Julien et Sylvie
Safari individuel au Kenya
Bonjour à tous, je vous livre le récit de mon récent safari de 10 jours au Kenya, j'espère qu'il vous plaira ...
Préambule : Si vous avez moins de 40 ans, ce premier chapitre va vous sembler de l’Hébreux puisqu’il fait référence à des émissions et séries de télé diffusées dans les années 70 … ce qui ne nous rajeunit pas !)
Gosse j’étais fan de Daktari. Au point de faire une grosse colère lorsque le jour de congé hebdomadaire de l’école est passé du jeudi où mercredi, ce qui a eu comme résultat de me faire louper mon feuilleton qui continuait à être diffusé le jeudi alors que moi j’étais à l’école ! Il y avait aussi les émissions de Frédéric Rossif ( La vie des animaux), les reportages de Christian Zuber (Caméra au poing ), la série « Vivre Libre » tirée de la vie de George et Joy Adamson et ce Kilimanjaro en couverture d’un bouquin reçu pour « bon travail » à l’école primaire et qui me coûta des heures de réflexions sur le thème : « Mais comment peut-il y avoir de la neige et qui plus est, éternelle, en Afrique, ce pays où il fait si chaud ??? »
Les années passant cette Afrique d’enfance s’est progressivement effacée derrière les famines, les guerres, les génocides et les diverses atrocités qui s’y déroulent régulièrement, néanmoins elle était toujours là, enfouie quelque part car à pas loin de 40 ans, quand mon épouse m’a proposé de faire un trip que nous ne pourrions pas faire tous ensemble pour la simple raison qu’il est parfois impossible de concilier mon centre d’intérêt principal: la photographie avec la confortabilité pour les autres ( il est vite lassant d’attendre un long moment que l’autre ait réuni, la bonne lumière, le bon angle, le bon sujet et le bon endroit) la première et seule destination qui me soit venu à l’esprit était l’Afrique. J’ai un peu hésité entre l’Afrique Australe (Namibie, Botswana) et l’Afrique de l’Est ( Kenya, Tanzanie) mais j’ai finalement opté pour mon Afrique de gosse, le Kenya.
Une nouvelle fois j’ai pu, grâce à ce formidable outil qu’est Internet et ses forums de discussion ( VF et Colors of Wildlife pour citer mes préférés) trouver un prestataire local qui pouvait me monter un safari entièrement selon MES désirs, j’ai nommé : ZedAway (Oui je sais c’est bizarre comme nom, y’a une explication mais ça serait un peu long ici !)
Quitte à partir seul, autant y aller « à fond » et éviter au maximum les refuges pour occidentaux, là où je me demande toujours pourquoi les gens traversent la moitié du monde pour se retrouver dans des hôtels ou presque tout sera semblable à leur environnement habituel. Alors pas de lodge pour moi mais des camps de tentes qui permettent de vivre le trip 24heures sur 24. Et puisque les meilleurs guides sont anglophones (le Kenya est une ancienne colonie britannique) et que je dis souvent que je n’ai pas assez souvent l’occasion de parler anglais, autant ne PAS prendre un guide parlant français comme ça j’aurais aussi un stage linguistique !
Une fois ça décidé j’ai acheté mes billets d’avion afin d’avoir des dates de voyages sures. Pour un Paris-Nairobi le meilleur rapport « Date/Horaires/Escales/Prix » était la compagnie belge SNBA. Puis en discutant à droite à gauche, toujours sur le net, j’ai trouvé des idées à droite à gauche. Je profite d’ailleurs de ce récit pour remercier tout ceux qui m'ont aidé à monter ce voyage !
Mon idée originelle était de passer 10 jours dans la Réserve Nationale du Massaï Mara car je trouve que le défaut de la plupart des safaris « tout fait » est qu’ils font « butiner » les gens de parcs en parcs et surtout passer beaucoup de temps sur les routes ce qui n’est pas la partie la plus agréable du voyage. Je sais que souvent ce sont les gens qui veulent « faire » tous les parcs en 8 jours mais moi je voulais y aller pour voir des animaux, pas des routes !
Finalement je me suis tout de même laissé détourner par ces fameuses neiges du Kilimanjaro pendant qu’il y en avait encore un petit peu. Et une fois au Parc National d’Amboseli, (c’est de la qu’on voit le mieux le Kili), comme pour aller à Mara il fallait repasser par Nairobi autant s’arrêter au Lac de Naïvasha et au Parc National de Hell’s Gate, situé juste à coté puis au P.N de Nakuru qui était « sur la route » avant d’aller finir le trip à Mara
(NB : Au Kenya un Parc National est géré par le « Kenya Wildlife Service », est exclusivement dédié à la conservation de la faune et la flore et les populations locales ne sont pas autorisées à faire paître leurs troupeaux à l’intérieur alors qu’une Réserve Nationale est gérée par un conseil local et que les locaux sont autorisés à y amener leurs troupeaux et à tirer sur les animaux sauvages s’ils sont attaqués … Ce qui fait une sacré différence !)
Je voulais « tourner » dans cet ordre, Massaï Mara étant le parc qui est généralement reconnu comme « le mieux » je ne tenais pas à commencer par lui et risquer de trouver le reste moyen mais au contraire, y aller crescendo pour finir en beauté. Touche finale, une fois à Mara cela eut été un péché de ne pas faire LE tour en montgolfière qui permet de survoler la savane … Et moi, bien sur, je ne voulais pas pécher, j’ai donc rajouté ce vol au programme !
Côté santé, le principal problème en Afrique, est le paludisme, transmis par la piqûre du moustique Anophèle femelle. Il faut être conscient qu’on peut en mourir et que non seulement il n’existe pas de vaccin contre ce virus mais qu’aucun moyen médicamenteux ne peut assurer à lui seul de protection totale. Le médicament le plus souvent prescrit est le Lariam mais en prenant connaissance de ses effets secondaires vraiment incapacitant (maux de ventre, de tête, nausées, diarrhées, trouble de la vue, délires paranos, cauchemars nocturnes …) j’avais flippé et décidé de ne rien prendre, d’utiliser uniquement la méthode préventive qui consiste à tout faire pour ne pas être piqué : vêtements à manches longues imprégnés au répulsif à insectes, produit répulsif efficace pour la peau exposée et moustiquaire la nuit. Je me suis ravisé en apprenant qu’il existait un médicament aussi efficace, plus récent et bien moins dévastateur du coté des effets secondaires puisqu’ils sont inexistant dans la plupart des cas : la Malarone. Le seul inconvénient de ce traitement est son prix élevé (dans les pharmacies les moins chères on peut la trouver à 34€ la boite de 12 cachets) mais comparé au prix du safari c’est négligeable et j’estime ma peau à un peu plus que quelques dizaines d’euros !
Mais le seul vrai GROS souci d’avant voyage fut le poids de mes bagages cabines ou pour être plus précis, le poids de mon sac photo. Les objectifs de qualité ne sont pas légers et j’en ai plusieurs pas trop mauvais qui, ajoutés à 2 boîtiers, un videur de carte mémoire, un PC ultra portable ainsi qu’a plusieurs jeux d’accus pour que tout ça soit autonome pendant ces dix jours loin de toutes prises électrique m’emmenait quasiment au double des 6kg autorisés ! Et bien sur pas question de mettre quoi que ce soit de ce matériel en soute ! Après de nombreux conseil de guerre avec Seezzer, également mordu de photo et qui avait réussi à passer son matos en cabine, j’ai finalement réussi à ruser et à passer moi aussi la totalité du matériel en cabine mais je dois admettre que le véritable problème est simplement que le sac est trop lourd !
Vendredi 15/ Jour 0
Un embarquement matinal sans soucis au Terminal 1 de Roissy, un décollage quasi à l’heure, 40 minutes de vol jusqu'à Bruxelles, une petite attente de 2 heures puis un vol de 8h10 me permettent de parcourir les 6600 km jusqu'à Nairobi. Il est 20h00 locale lorsque l’avion se pose ce qui fait 19h00 en France.
Plutôt que d’écrire au Consulat du Kenya en France pour avoir un visa (obligatoire ) j’avais décidé de l’acheter à l’arrivée à Nairobi. J’ai eu raison car ça ne prend pas plus de temps de passer les services d’immigrations en achetant son visa que de passer avec le visa précédemment acquis. Pour appeler les choses par leurs noms, en fait ce n’est qu’une taxe d’entrée de 50$, rien d’autre !
Une fois passé les « Services d’Immigrations » je me dirige vers la sortie, et dans le hall je scrute les petits panneaux brandis par un tas de gars chargés d’accueillir les arrivants. J’avise mon nom, écrit sans faute et je fais un petit signe au type qui, après un tonitruant «Djambo ! Karibou !» (Bonjour ! Bienvenue !) m’emmène jusqu'aux locaux de l’agence qui a organisé mon trip. Là après un « Djambo Mister Patrick, Karibou » le responsable m’annonce que je ne paierais le solde de mon safari que le lendemain au bureau principal, en ville et qu’au lieu de passer la nuit à l’hôtel Comfort Inn j’étais surclassé au Méridien. Pour le règlement il faut savoir que le paiement par carte de crédit n’existe (quasiment ?) pas au Kenya et que pour minimiser les frais bancaires on avait décidé avec ZA (ZedAway) de simplement verser préalablement 20% par virement pour bloquer le trip et de régler le solde à mon arrivée en dollars US. J’avais la possibilité de tirer de l’argent aux distributeurs de billets de l’aéroport mais pour « assurer le coup » j’avais préféré amener du cash au cas ou les distributeurs/ ma carte ne soient pas opérationnels. L’impression d’être un coffre fort ambulant est un peu ennuyeuse mais on l’oublie vite.
Après ce petit détour, celui qui m’avais accueilli m’emmène en voiture jusqu'a mon hôtel. Ce trajet est celui que je redoutais le plus vu la réputation nocturne de Nairobi et ce que je trimballe sur moi en matériel et en fric. Même si je ne vois rien de spécial à un moment j’entends distinctement le chauffeur bloquer les portes de la voiture, signe clair que le quartier qu’on traverse n’est pas un havre de paix !
L’hôtel est sur le modèle des autres Méridien, de grandes chambres/appartements autour d’un patio central. Je prends possession de la chambre et vu qu’il est déjà 21h30 je commence à avoir sérieusement faim, Au moment de descendre au resto une affiche sur la porte de la chambre me rappelle qu’il ne faut rien laisser « de valeur » dans la chambre. Comme ce qui est de valeur est très relatif j’enfourne donc mon sac dans le filet antivol que j’ai amené à cet usage, j’attache le câble au WC et je descends manger avec mon sac photo sur le dos. Au resto je prends un classique Poulet-Riz arrosé d’une bière locale, la Tusker. Je regarde autour de moi et je me marre ! Il y a deux mois, on était les seuls Farangs (Blancs) au milieu des Thaïs, ce soir je suis le seul Muzungu [= blanc] au milieu des Kenyans ! Par contre autant en Asie j’étais largué coté musique autant ici je connais puisque c’est Kool and the Gang, Earth, Wind & Fire, Lionel Ritchie et Michael Jackson (quand il était Noir !) qui passent, que des tubes Funk des années 80, c’est cool !
La chambre et la vue sur la rue :


Samedi 16 septembre 2006 / Jour 1
C’est mon premier matin kenyan et après mon breakfast j’attends dans le hall de l’hôtel qu’on vienne me chercher. Beaucoup m’ont mis en garde sur le fait qu’ici la notion des horaires est sacrément relative mais non, à 9h00, l’heure prévue la veille, un gars entre se dirige droit sur moi et me dit « Tu dois être Patrick, je suis Sammy, ton guide ! » Le bonhomme à l’air sympa, il est de ma taille, habillé d’un pantalon et d’une chemisette beige et ce qui me saute aux yeux est qu’il porte les chaussures de la marque Bata dont j’ai vu plusieurs immenses affiches de pub sur les murs de Nairobi hier soir, on jurerait les Clarck à la mode dans les années 70’s mais ici elles se nomment « Safari ! » !
Je mets mes affaires dans le minibus Toyota et on va à l’agence qui est juste à 2 rues de l’hôtel. Là, je donne le solde du paiement à Rebecca et devant une tasse de café nous vérifions que nous avons bien le même programme pour mon trip, ce qui est le cas. Par contre, j’ai bien fait d’emmener mon sac de couchage car il semble que j’en aurais besoin lorsqu’on sera dans des camps « basics » à Amboseli et à Mara et même s’ils me proposent de m’en prêter un, je suis tout de même heureux de dormir dans MON sleeping bag ! Je rencontre celui qui sera notre cuisinier, Jonas. Plus petit, plus maigre et semblant un peu plus âgé que Sammy, il ne part pas avec nous mais nous rejoindra ce soir.
Le temps d’acheter quelques bouteilles d’eau minérale et quelques rouleaux de papier toilette au mini market du coin, de changer des euros en Shillings Kenyans et Sammy et moi partons pour Amboseli, il m’ouvre la porte latérale, machinalement je monte et on démarre. Aussitôt je me rends compte du ridicule de la situation : lui, seul à l’avant, moi, seul à l’arrière et je lui demande si ça pose un problème que je vienne devant, comme il me répond par la négative je passe à l’avant, ça me paraît déjà mieux !
En route, je discute avec Sammy, j’apprends qu’il est de l’ethnie Kikouyou, (comme dans « Out of Africa !) alors que Jonas est de l’ethnie Kamba. Sammy a 41 ans et est guide depuis 4 ans, ce qui me semble une bonne chose car la réussite d’un safari dépend presque essentiellement de la qualité et des connaissances du guide. Il m’apprend aussi que « safari » est en fait un mot Swahili (une des 42 ethnies présentes au Kenya et aussi la langue officielle du pays) qui signifie simplement « voyager » Sammy me raconte qu’avant il travaillait pour une entreprise de transport qui couvrait toute l’Afrique de l’Est, il conduisait une camionnette de dépannage qui « volait au secours » des conducteurs en panne et il a plusieurs dizaines de milliers de km derrière lui ce qui est une quasi garantie qu’il sera bon chauffeur ! Et ça tombe bien parce que je me rend rapidement compte que très peu d’occidentaux seraient capables de conduire la-bas … en restant vivant !
On s’arrête une vingtaine de km après la sortie de Nairobi pour que Sammy achète de l’eau. Comme par hasard la boutique à coté est un « curio shop» un magasin de souvenirs et une bonne femme vient à ma hauteur pour me convaincre d’acheter quelque chose, ce que je refuse avec le sourire. Quand on repart je crois nécessaire une mise au point avec Sammy : « Je ne suis là QUE pour les animaux, l’aspect artisanat local ne m’intéresse pas et je n’achèterais rien puisque mes souvenirs seront mes photos. J’ai justement voulu un trip seul pour ne pas avoir à supporter Mme Machin qui voudrait faire du shopping à chaque souvenir shop qu’elle verrait donc moins on s’arrêtera dans ce genre de boutique et mieux ça sera. » Il me répond parfaitement comprendre ce que je veux et être persuadé que « ça va le faire » et sans trop savoir pourquoi je sens confusément qu’il a raison …
La route défile, relativement bonne et comme, pour une fois, je n’ai pas à conduire, je peux vraiment regarder le paysage… Je suis d’ailleurs surpris de l’aspect de pauvreté poussiéreuse des villages qu’on traverse, je pensais le Kenya plus moderne, là ça me rappelle les oasis égyptiennes de l’année dernière …
On s’arrête déjeuner à Namanga, le dernier village kenyan avant la frontière avec la Tanzanie. Au resto on croise un couple de Français qui termine leur trip avec Amicabre et qui croie bon de me prévenir que leur guide a tenté de raccourcir, voir de supprimer quelques-uns uns des game-drive qu’ils avaient à leur programme et qu’il faut que je sois sur mes gardes. C’est possible mais d’un autre coté lorsqu’ils me demandent mon programme et que je leur dis terminer par 4 jours complets à Mara, ils m’affirment que je vais m’ennuyer et qu’en 2 jours « on en a fait le tour » Je me retiens pour ne rien dire tellement ça me paraît stupide ! Comment peut-on prétendre faire de tour d’un parc de 1700km² avec des dizaines d’espèces d’animaux différentes en 2 jours ? Moi j’ai surtout l’impression qu’on pourrait y passer un mois sans avoir la certitude d’avoir aperçu un exemplaire de chaque espèce ! Ces gens sont encore des collectionneurs de parcs qui « font » 10 parcs en 5 jours … Et pour aggraver leur cas ils me branchent ensuite sur le prix que je paie, le prix qu’eux paient et celui que d’autres leurs ont dit avoir payé. Pour moi un prix seul ne veut rien dire car un safari « tout pourri » même pas cher du tout sera encore beaucoup trop coûteux alors que s’il est génial un prix élevé ne sera pas forcément « trop cher » Heureusement ils repartent vers Nairobi avec leur guide me laissant avec Sammy, jubilant de ne pas avoir ce genre de personne à supporter !
Je laisse Sammy commander pour deux un menu classique : riz, chiapatis, légumes vert et viande que j’arrose d’une Tusker et que je pousse par un café. Je fais la grimace car moi qui croyais boire du bon café Kenyan, puisque le pays en produits, je m’aperçoit que la norme semble être ici aussi ce maudit café soluble type Nescafé…
Après Namanga, on a droit à deux bonne heures de tape cul pour parcourir les 87km de la … euh … « route » qui rejoint la porte principale du parc. Sammy me confie qu’autrefois c’était une piste en terre relativement roulante et qu’un jour quelqu’un à décidé qu’il fallait étaler par dessus un ciment maigre, qui s’est déformé pour donné la piste en « tôle ondulé » qu’il y a maintenant. Evidement il suffirait de passer un tracto-pelle avec une lame à l’avant de temps en temps pour niveler tout ça mais … jamais rien n’est fait et les chauffeurs doivent tenter de trouver la moins mauvaise trajectoire quitte même aussi souvent que possible à rouler a coté de la piste, sur la terre !
Signe que la conduite sur ce revêtement est réellement dangereuse on passe un 4x4 sur le toit, les roues en l’air ! Mon chauffeur m’explique que si on va trop vite, avec les vibrations le véhicule devient vite incontrôlable. Petite précision, c'était un blanc qui conduisait ...

Préambule : Si vous avez moins de 40 ans, ce premier chapitre va vous sembler de l’Hébreux puisqu’il fait référence à des émissions et séries de télé diffusées dans les années 70 … ce qui ne nous rajeunit pas !)
Gosse j’étais fan de Daktari. Au point de faire une grosse colère lorsque le jour de congé hebdomadaire de l’école est passé du jeudi où mercredi, ce qui a eu comme résultat de me faire louper mon feuilleton qui continuait à être diffusé le jeudi alors que moi j’étais à l’école ! Il y avait aussi les émissions de Frédéric Rossif ( La vie des animaux), les reportages de Christian Zuber (Caméra au poing ), la série « Vivre Libre » tirée de la vie de George et Joy Adamson et ce Kilimanjaro en couverture d’un bouquin reçu pour « bon travail » à l’école primaire et qui me coûta des heures de réflexions sur le thème : « Mais comment peut-il y avoir de la neige et qui plus est, éternelle, en Afrique, ce pays où il fait si chaud ??? »
Les années passant cette Afrique d’enfance s’est progressivement effacée derrière les famines, les guerres, les génocides et les diverses atrocités qui s’y déroulent régulièrement, néanmoins elle était toujours là, enfouie quelque part car à pas loin de 40 ans, quand mon épouse m’a proposé de faire un trip que nous ne pourrions pas faire tous ensemble pour la simple raison qu’il est parfois impossible de concilier mon centre d’intérêt principal: la photographie avec la confortabilité pour les autres ( il est vite lassant d’attendre un long moment que l’autre ait réuni, la bonne lumière, le bon angle, le bon sujet et le bon endroit) la première et seule destination qui me soit venu à l’esprit était l’Afrique. J’ai un peu hésité entre l’Afrique Australe (Namibie, Botswana) et l’Afrique de l’Est ( Kenya, Tanzanie) mais j’ai finalement opté pour mon Afrique de gosse, le Kenya.
Une nouvelle fois j’ai pu, grâce à ce formidable outil qu’est Internet et ses forums de discussion ( VF et Colors of Wildlife pour citer mes préférés) trouver un prestataire local qui pouvait me monter un safari entièrement selon MES désirs, j’ai nommé : ZedAway (Oui je sais c’est bizarre comme nom, y’a une explication mais ça serait un peu long ici !)
Quitte à partir seul, autant y aller « à fond » et éviter au maximum les refuges pour occidentaux, là où je me demande toujours pourquoi les gens traversent la moitié du monde pour se retrouver dans des hôtels ou presque tout sera semblable à leur environnement habituel. Alors pas de lodge pour moi mais des camps de tentes qui permettent de vivre le trip 24heures sur 24. Et puisque les meilleurs guides sont anglophones (le Kenya est une ancienne colonie britannique) et que je dis souvent que je n’ai pas assez souvent l’occasion de parler anglais, autant ne PAS prendre un guide parlant français comme ça j’aurais aussi un stage linguistique !
Une fois ça décidé j’ai acheté mes billets d’avion afin d’avoir des dates de voyages sures. Pour un Paris-Nairobi le meilleur rapport « Date/Horaires/Escales/Prix » était la compagnie belge SNBA. Puis en discutant à droite à gauche, toujours sur le net, j’ai trouvé des idées à droite à gauche. Je profite d’ailleurs de ce récit pour remercier tout ceux qui m'ont aidé à monter ce voyage !
Mon idée originelle était de passer 10 jours dans la Réserve Nationale du Massaï Mara car je trouve que le défaut de la plupart des safaris « tout fait » est qu’ils font « butiner » les gens de parcs en parcs et surtout passer beaucoup de temps sur les routes ce qui n’est pas la partie la plus agréable du voyage. Je sais que souvent ce sont les gens qui veulent « faire » tous les parcs en 8 jours mais moi je voulais y aller pour voir des animaux, pas des routes !
Finalement je me suis tout de même laissé détourner par ces fameuses neiges du Kilimanjaro pendant qu’il y en avait encore un petit peu. Et une fois au Parc National d’Amboseli, (c’est de la qu’on voit le mieux le Kili), comme pour aller à Mara il fallait repasser par Nairobi autant s’arrêter au Lac de Naïvasha et au Parc National de Hell’s Gate, situé juste à coté puis au P.N de Nakuru qui était « sur la route » avant d’aller finir le trip à Mara
(NB : Au Kenya un Parc National est géré par le « Kenya Wildlife Service », est exclusivement dédié à la conservation de la faune et la flore et les populations locales ne sont pas autorisées à faire paître leurs troupeaux à l’intérieur alors qu’une Réserve Nationale est gérée par un conseil local et que les locaux sont autorisés à y amener leurs troupeaux et à tirer sur les animaux sauvages s’ils sont attaqués … Ce qui fait une sacré différence !)
Je voulais « tourner » dans cet ordre, Massaï Mara étant le parc qui est généralement reconnu comme « le mieux » je ne tenais pas à commencer par lui et risquer de trouver le reste moyen mais au contraire, y aller crescendo pour finir en beauté. Touche finale, une fois à Mara cela eut été un péché de ne pas faire LE tour en montgolfière qui permet de survoler la savane … Et moi, bien sur, je ne voulais pas pécher, j’ai donc rajouté ce vol au programme !
Côté santé, le principal problème en Afrique, est le paludisme, transmis par la piqûre du moustique Anophèle femelle. Il faut être conscient qu’on peut en mourir et que non seulement il n’existe pas de vaccin contre ce virus mais qu’aucun moyen médicamenteux ne peut assurer à lui seul de protection totale. Le médicament le plus souvent prescrit est le Lariam mais en prenant connaissance de ses effets secondaires vraiment incapacitant (maux de ventre, de tête, nausées, diarrhées, trouble de la vue, délires paranos, cauchemars nocturnes …) j’avais flippé et décidé de ne rien prendre, d’utiliser uniquement la méthode préventive qui consiste à tout faire pour ne pas être piqué : vêtements à manches longues imprégnés au répulsif à insectes, produit répulsif efficace pour la peau exposée et moustiquaire la nuit. Je me suis ravisé en apprenant qu’il existait un médicament aussi efficace, plus récent et bien moins dévastateur du coté des effets secondaires puisqu’ils sont inexistant dans la plupart des cas : la Malarone. Le seul inconvénient de ce traitement est son prix élevé (dans les pharmacies les moins chères on peut la trouver à 34€ la boite de 12 cachets) mais comparé au prix du safari c’est négligeable et j’estime ma peau à un peu plus que quelques dizaines d’euros !
Mais le seul vrai GROS souci d’avant voyage fut le poids de mes bagages cabines ou pour être plus précis, le poids de mon sac photo. Les objectifs de qualité ne sont pas légers et j’en ai plusieurs pas trop mauvais qui, ajoutés à 2 boîtiers, un videur de carte mémoire, un PC ultra portable ainsi qu’a plusieurs jeux d’accus pour que tout ça soit autonome pendant ces dix jours loin de toutes prises électrique m’emmenait quasiment au double des 6kg autorisés ! Et bien sur pas question de mettre quoi que ce soit de ce matériel en soute ! Après de nombreux conseil de guerre avec Seezzer, également mordu de photo et qui avait réussi à passer son matos en cabine, j’ai finalement réussi à ruser et à passer moi aussi la totalité du matériel en cabine mais je dois admettre que le véritable problème est simplement que le sac est trop lourd !
Vendredi 15/ Jour 0
Un embarquement matinal sans soucis au Terminal 1 de Roissy, un décollage quasi à l’heure, 40 minutes de vol jusqu'à Bruxelles, une petite attente de 2 heures puis un vol de 8h10 me permettent de parcourir les 6600 km jusqu'à Nairobi. Il est 20h00 locale lorsque l’avion se pose ce qui fait 19h00 en France.
Plutôt que d’écrire au Consulat du Kenya en France pour avoir un visa (obligatoire ) j’avais décidé de l’acheter à l’arrivée à Nairobi. J’ai eu raison car ça ne prend pas plus de temps de passer les services d’immigrations en achetant son visa que de passer avec le visa précédemment acquis. Pour appeler les choses par leurs noms, en fait ce n’est qu’une taxe d’entrée de 50$, rien d’autre !
Une fois passé les « Services d’Immigrations » je me dirige vers la sortie, et dans le hall je scrute les petits panneaux brandis par un tas de gars chargés d’accueillir les arrivants. J’avise mon nom, écrit sans faute et je fais un petit signe au type qui, après un tonitruant «Djambo ! Karibou !» (Bonjour ! Bienvenue !) m’emmène jusqu'aux locaux de l’agence qui a organisé mon trip. Là après un « Djambo Mister Patrick, Karibou » le responsable m’annonce que je ne paierais le solde de mon safari que le lendemain au bureau principal, en ville et qu’au lieu de passer la nuit à l’hôtel Comfort Inn j’étais surclassé au Méridien. Pour le règlement il faut savoir que le paiement par carte de crédit n’existe (quasiment ?) pas au Kenya et que pour minimiser les frais bancaires on avait décidé avec ZA (ZedAway) de simplement verser préalablement 20% par virement pour bloquer le trip et de régler le solde à mon arrivée en dollars US. J’avais la possibilité de tirer de l’argent aux distributeurs de billets de l’aéroport mais pour « assurer le coup » j’avais préféré amener du cash au cas ou les distributeurs/ ma carte ne soient pas opérationnels. L’impression d’être un coffre fort ambulant est un peu ennuyeuse mais on l’oublie vite.
Après ce petit détour, celui qui m’avais accueilli m’emmène en voiture jusqu'a mon hôtel. Ce trajet est celui que je redoutais le plus vu la réputation nocturne de Nairobi et ce que je trimballe sur moi en matériel et en fric. Même si je ne vois rien de spécial à un moment j’entends distinctement le chauffeur bloquer les portes de la voiture, signe clair que le quartier qu’on traverse n’est pas un havre de paix !
L’hôtel est sur le modèle des autres Méridien, de grandes chambres/appartements autour d’un patio central. Je prends possession de la chambre et vu qu’il est déjà 21h30 je commence à avoir sérieusement faim, Au moment de descendre au resto une affiche sur la porte de la chambre me rappelle qu’il ne faut rien laisser « de valeur » dans la chambre. Comme ce qui est de valeur est très relatif j’enfourne donc mon sac dans le filet antivol que j’ai amené à cet usage, j’attache le câble au WC et je descends manger avec mon sac photo sur le dos. Au resto je prends un classique Poulet-Riz arrosé d’une bière locale, la Tusker. Je regarde autour de moi et je me marre ! Il y a deux mois, on était les seuls Farangs (Blancs) au milieu des Thaïs, ce soir je suis le seul Muzungu [= blanc] au milieu des Kenyans ! Par contre autant en Asie j’étais largué coté musique autant ici je connais puisque c’est Kool and the Gang, Earth, Wind & Fire, Lionel Ritchie et Michael Jackson (quand il était Noir !) qui passent, que des tubes Funk des années 80, c’est cool !
La chambre et la vue sur la rue :


Samedi 16 septembre 2006 / Jour 1
C’est mon premier matin kenyan et après mon breakfast j’attends dans le hall de l’hôtel qu’on vienne me chercher. Beaucoup m’ont mis en garde sur le fait qu’ici la notion des horaires est sacrément relative mais non, à 9h00, l’heure prévue la veille, un gars entre se dirige droit sur moi et me dit « Tu dois être Patrick, je suis Sammy, ton guide ! » Le bonhomme à l’air sympa, il est de ma taille, habillé d’un pantalon et d’une chemisette beige et ce qui me saute aux yeux est qu’il porte les chaussures de la marque Bata dont j’ai vu plusieurs immenses affiches de pub sur les murs de Nairobi hier soir, on jurerait les Clarck à la mode dans les années 70’s mais ici elles se nomment « Safari ! » !
Je mets mes affaires dans le minibus Toyota et on va à l’agence qui est juste à 2 rues de l’hôtel. Là, je donne le solde du paiement à Rebecca et devant une tasse de café nous vérifions que nous avons bien le même programme pour mon trip, ce qui est le cas. Par contre, j’ai bien fait d’emmener mon sac de couchage car il semble que j’en aurais besoin lorsqu’on sera dans des camps « basics » à Amboseli et à Mara et même s’ils me proposent de m’en prêter un, je suis tout de même heureux de dormir dans MON sleeping bag ! Je rencontre celui qui sera notre cuisinier, Jonas. Plus petit, plus maigre et semblant un peu plus âgé que Sammy, il ne part pas avec nous mais nous rejoindra ce soir.
Le temps d’acheter quelques bouteilles d’eau minérale et quelques rouleaux de papier toilette au mini market du coin, de changer des euros en Shillings Kenyans et Sammy et moi partons pour Amboseli, il m’ouvre la porte latérale, machinalement je monte et on démarre. Aussitôt je me rends compte du ridicule de la situation : lui, seul à l’avant, moi, seul à l’arrière et je lui demande si ça pose un problème que je vienne devant, comme il me répond par la négative je passe à l’avant, ça me paraît déjà mieux !
En route, je discute avec Sammy, j’apprends qu’il est de l’ethnie Kikouyou, (comme dans « Out of Africa !) alors que Jonas est de l’ethnie Kamba. Sammy a 41 ans et est guide depuis 4 ans, ce qui me semble une bonne chose car la réussite d’un safari dépend presque essentiellement de la qualité et des connaissances du guide. Il m’apprend aussi que « safari » est en fait un mot Swahili (une des 42 ethnies présentes au Kenya et aussi la langue officielle du pays) qui signifie simplement « voyager » Sammy me raconte qu’avant il travaillait pour une entreprise de transport qui couvrait toute l’Afrique de l’Est, il conduisait une camionnette de dépannage qui « volait au secours » des conducteurs en panne et il a plusieurs dizaines de milliers de km derrière lui ce qui est une quasi garantie qu’il sera bon chauffeur ! Et ça tombe bien parce que je me rend rapidement compte que très peu d’occidentaux seraient capables de conduire la-bas … en restant vivant !
On s’arrête une vingtaine de km après la sortie de Nairobi pour que Sammy achète de l’eau. Comme par hasard la boutique à coté est un « curio shop» un magasin de souvenirs et une bonne femme vient à ma hauteur pour me convaincre d’acheter quelque chose, ce que je refuse avec le sourire. Quand on repart je crois nécessaire une mise au point avec Sammy : « Je ne suis là QUE pour les animaux, l’aspect artisanat local ne m’intéresse pas et je n’achèterais rien puisque mes souvenirs seront mes photos. J’ai justement voulu un trip seul pour ne pas avoir à supporter Mme Machin qui voudrait faire du shopping à chaque souvenir shop qu’elle verrait donc moins on s’arrêtera dans ce genre de boutique et mieux ça sera. » Il me répond parfaitement comprendre ce que je veux et être persuadé que « ça va le faire » et sans trop savoir pourquoi je sens confusément qu’il a raison …
La route défile, relativement bonne et comme, pour une fois, je n’ai pas à conduire, je peux vraiment regarder le paysage… Je suis d’ailleurs surpris de l’aspect de pauvreté poussiéreuse des villages qu’on traverse, je pensais le Kenya plus moderne, là ça me rappelle les oasis égyptiennes de l’année dernière …
On s’arrête déjeuner à Namanga, le dernier village kenyan avant la frontière avec la Tanzanie. Au resto on croise un couple de Français qui termine leur trip avec Amicabre et qui croie bon de me prévenir que leur guide a tenté de raccourcir, voir de supprimer quelques-uns uns des game-drive qu’ils avaient à leur programme et qu’il faut que je sois sur mes gardes. C’est possible mais d’un autre coté lorsqu’ils me demandent mon programme et que je leur dis terminer par 4 jours complets à Mara, ils m’affirment que je vais m’ennuyer et qu’en 2 jours « on en a fait le tour » Je me retiens pour ne rien dire tellement ça me paraît stupide ! Comment peut-on prétendre faire de tour d’un parc de 1700km² avec des dizaines d’espèces d’animaux différentes en 2 jours ? Moi j’ai surtout l’impression qu’on pourrait y passer un mois sans avoir la certitude d’avoir aperçu un exemplaire de chaque espèce ! Ces gens sont encore des collectionneurs de parcs qui « font » 10 parcs en 5 jours … Et pour aggraver leur cas ils me branchent ensuite sur le prix que je paie, le prix qu’eux paient et celui que d’autres leurs ont dit avoir payé. Pour moi un prix seul ne veut rien dire car un safari « tout pourri » même pas cher du tout sera encore beaucoup trop coûteux alors que s’il est génial un prix élevé ne sera pas forcément « trop cher » Heureusement ils repartent vers Nairobi avec leur guide me laissant avec Sammy, jubilant de ne pas avoir ce genre de personne à supporter !
Je laisse Sammy commander pour deux un menu classique : riz, chiapatis, légumes vert et viande que j’arrose d’une Tusker et que je pousse par un café. Je fais la grimace car moi qui croyais boire du bon café Kenyan, puisque le pays en produits, je m’aperçoit que la norme semble être ici aussi ce maudit café soluble type Nescafé…
Après Namanga, on a droit à deux bonne heures de tape cul pour parcourir les 87km de la … euh … « route » qui rejoint la porte principale du parc. Sammy me confie qu’autrefois c’était une piste en terre relativement roulante et qu’un jour quelqu’un à décidé qu’il fallait étaler par dessus un ciment maigre, qui s’est déformé pour donné la piste en « tôle ondulé » qu’il y a maintenant. Evidement il suffirait de passer un tracto-pelle avec une lame à l’avant de temps en temps pour niveler tout ça mais … jamais rien n’est fait et les chauffeurs doivent tenter de trouver la moins mauvaise trajectoire quitte même aussi souvent que possible à rouler a coté de la piste, sur la terre !
Signe que la conduite sur ce revêtement est réellement dangereuse on passe un 4x4 sur le toit, les roues en l’air ! Mon chauffeur m’explique que si on va trop vite, avec les vibrations le véhicule devient vite incontrôlable. Petite précision, c'était un blanc qui conduisait ...

Libre comme un Vent!
LIBRE Comme Un VENT Y a-t-il un ‘’Tour Operator’’ qui propose cette prestation dans son catalogue de voyages organisés. Fernand DEGOTTEX Libre comme un vent ou Y a t il Un ‘’Tour Operator’’ qui propose cette prestation dans son catalogue de voyages organisés.
A Dominique, mon fiston unique et préféré à qui je souhaite de faire de tels voyages. IL VOYAGE EN SOLITAIRE Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire, Il chante la terre, Et c'est une vie sans mystère Qui se passe de commentaires Pendant des journées entières Il chante la Terre Refrain: Mais il est seul Un jour L’amour l'a quitté S’en est allé Faire un tour De l'autre coté D’une ville où y avait Pas de place pour se garerII Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire Il sait ce qu'il a à faire, il chante la terre Il reste le seul volontaire Et puisqu'il n'a plus rien à faire Plus fort qu'une armée entière Il chante la terre (Gérard MANSET) Je fais partie de ceux qui ne connaissent jamais la direction de leur voyage avant d'être presque arrivés. Anna Louise Strong] Comme lorsque je suis allé à Bourem (Mali), j’ai pris des notes au jour le jour et vais vous concocter un texte, pas piqué des moustiques. Le ‘’Vous’’ en questions, ce sont : mon fiston, mes amis, mes copains et relations et en aucun cas les clients des libraires, ni le jury du grand prix de l’Académie Française. Je vais essayer de vous faire appréhender ma vision de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge. J’y mettrai des anecdotes, ce que, j’ai vu et entendu, ce que j’ai vécu, et ce que j’ai ressenti, compris ou analysé, ce que j’ai mangé et bu bien entendu. « Tu parles gourmand comme il est. . . » Je passe certainement des épisodes importants, soit parce que je ne me rends pas compte de l’intérêt qu’ils ont pour vous, soit parce que j’ai oublié de les noter, soit parce qu’ils sont fugaces, soit parce qu’ils sont difficiles à transcrire en mots, soit parce que je n’arrive pas à relire mes notes, soit parce qu’ils sont trop . . . personnels. Eh ! Oui ! J’espère ne pas être trop sérieux ou en tout cas ne pas trop me prendre au sérieux. Quoique . . . Je serai aussi un tantinet didactique, avec un lexique, par exemple et des observations pertinentes et engagées. J’espère aussi que vous prendrez du plaisir à me lire, et que je vous donnerai l’envie d’aller faire un tour là-bas. 29 Décembre 2003 Aziz ! « J’y crois pas ! » Le pilote s’appelle Aziz ! Gulf Air, j’aurais du me méfier. Que les balayeurs de l’avion, les mecs qui portent les bagages, le mec qui fait le plein de l’avion et même les steward et les hôtesses, soient des Arabes : Pas de problème ! Mais le pilote . . . ! (Allusion à un très ancien – vous n’étiez peut être pas encore nés . . . - sketch de Guy Bedos, au second degré, bien sur !) Ca part mal ! Retard ! Il manque une passagère . . . Belge (eh ! oui ! Ca ne s’invente pas !) On doit enlever ses bagages des soutes de peur que ça ne soit une bombe. Les hôtesses font ensuite changer de place deux passagers aux allures de terroristes. Ensuite elles passent dans les allées latérales de l’avion pour vérifier que les hommes n’ont pas un début d’érection, ce qui doit gêner la gestion ‘’du manche à balou’’ (Allusion à Marylou, une chanson de Serge Gainsbourg). Elles en profitent aussi pour vérifier que les ceintures sont bien bouclées ! Puis l’avion fait deux ou trois fois le tour de Roissy. Peut être pour retrouver la Belge ? On décolle, on vole et on atterrit : impec. Escale à Abû Dabi, aéroport moderne ! Je me tape un petit tofu au curry, aussi insipide que la nourriture distribuée dans l’avion. Vol Abû Dabi – Bangkok. Les hôtesses sont plus jeunes et plus aimables que celles du premier vol. Il y en a deux ou trois avec qui je ferai bien le voyage. D’ailleurs . . . je fais le voyage avec ! Mais bon ! La THAÏLANDE Le pays du sourire. Le voyage est ma maison. Muriel Rukeyser Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. Marek Halter Le temps n'appartient à personne Ballet d'étoiles insaisissables Instant présent, tu es l'essence du voyage. Mylène Farmer] (Vertige) Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain. Roland Dorgelès Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. Guy de Maupassant . . . de race humaine, Nationalité terrienne. Hubert Félix Thiéfaine La ballade d’ Abdallah Jéronimo Cohen La monnaie officielle est le Bath ou Baht. Selon les guides, on trouve les 2 orthographes. 100 Bahts = 2 € 1 € = 50 Bahts (légèrement moins en fait, mais vu ma science des chiffres, j’arrondis allègrement.) 30 Décembre 2003. Bangkok ! Incroyable ! A une des cafétéria je crois reconnaître Alima, une de mes amies de Bourg ! Déception ce n’est pas elle, c’est une véritable Thaï, en chair et en os. Le taxi-meter (j’ai refusé la limousine et les taxis bidons qu’on me proposait d’abord) ne sait même pas où se trouve Tavee Guest House, Sri Ayuttaya Thanon, soy 14, quartier de Tewet ! Ca ne doit pas être le Hilton ! Merci le Guide du Routard ! Guest House à l’ancienne, toute en teck, dans une petite venelle (soï). Il est interdit d’y fumer ou d’y brûler de l’encens et des antimoustiques dans les chambres. J’en connais quelques une que ça ennuierait pas mal. N’est ce pas Françoise ? N’est ce pas Fatima ? Premier contact avec une de ces ‘’fameuses’’ guest house dont le Guide du Routard est truffé ! Ce sont des petits hôtels familiaux qui accueillent des hôtes payants ! Pendant trois mois, je vais en fréquenter pas mal, au cours de mon périple. C’est propre, avec un mini temple à l’entrée et un aquarium et des bassins avec de gros poissons rouges et des carpes. Ma chambre est sympa, avec ventilateur. Je sors et commence à me perdre dans un marché voisin ! Et je n’ai même pas pris la carte de la GH. Je suis dans le coltard à cause du ‘’jet lag’’ (décalage horreur !) et je vais pioncer un peu. Le quartier est vivant et animé. A l’atmosphère, je sens que je vais aimer cette ville, bien que Pierrot, m’ait assuré qu’il n’y avait pas grand-chose à y faire.
31 Décembre 2003. Dernier jour de l’année, même ici ! Comme c’est parait il le jour du Lucky Buddha, un chauffeur de ‘’tuk-tuk’’, me propose de me faire visiter trois temples et une bijouterie, ben voyons, pour seulement 20 Baths, la monnaie du pays – environ 40 centimes d’Euro. J’y vais quand même. Près d’un temple, un Thaï et un cuisinier Lyonnais m’indiquent la bonne affaire : C’est la semaine de promotions à la bijouterie et il y a un gros ‘’discount’’ Si j’achète des bijoux aujourd’hui, c’est le dernier jour, je peux les revendre le double en France. Le Lyonnais, se paye toutes ses vacances, ici, en Thaïlande de cette façon ! Paraît-il ! D’ailleurs le véritable but du tuk-tuk est de m’emmener à la bijouterie. La moindre bague coûte 300 Euro ! Bon ! On verra plus tard ! Je me renseignerai en rentrant en France. En passant devant une boutique dans un marché couvert, près de Tavee GH, je regarde une famille et quelques amis, qui font du karaoké familial et qui s’amusent beaucoup. Ils m’offrent des verres de bière avec des glaçons. Je remets ma tournée. Ils me proposent alors de chanter mais c’est écrit en Thaï et même sous la torture . . . On boit quelques bières, bien rafraîchissantes et qui chauffent quand même les oreilles. Va comprendre ! J’arrive juste à Tavee GH pour prendre une douche et me rendre a Sri Ayuttaya GH, à l’entrée du soy. C’est l’autre GH de M. Tavee qui y propose un réveillon pour les pensionnaires des deux GH. Whisky, glaçons et Coca ( ?) à volonté et une vingtaine de plats thaïs en buffet. Je ne me fais pas prier et je goûte à tout, même au coca, car je commence à avoir un ‘’petit coup dans le museau’’. Mais je mets une bonne ambiance et danse avec le personnel, qui raffole de ma prestation. Happy New Year!
1er Janvier 2004. Je glande un tantinet. J’en profite pour tester l’authentique massage thaïlandais qui n’a rien de coquin et est plutôt énergique et tonique. Certains puristes prétendent que le body-body, donc beaucoup plus coquin, est en fait, celui-ci, historiquement authentique. Mais bon !
2 Janvier 2004 En Thaïlande, on peut manger à n’importe quelles heures du jour et de la nuit dans des sortes de restaurants en plein air. Mohamed, le Directeur de Bourem 4 appelait ça des gargottes. Donc, dans une gargotte, ou un restaurant de trottoir ou de coin de marché, comme vous voulez, je me trouve assis à la table de Pranee et Korn. C’est un couple de catholiques. C’est bien ma chance : il y a deux ou trois % de catholiques en Thaïlande, et moi qui suis intéressé par le bouddhisme, je tombe sur des chrétiens. Néanmoins, ils sont sympas. Ils sont venus à ce marché pour acheter des flacons en plastique car ils fabriquent des jus de fruits et les embouteillent eux-mêmes. Ils me proposent d’aller chez eux, à l’extérieur de Bangkok, dans les khlongs, C’est un quartier de canaux à la végétation luxuriante, charmant ; un oasis de fraîcheur à deux pas de la trépidante Bangkok. Je goûte des jus de fruits de leur production, qui sont délicieux. Nous visitons un peu les khlongs et allons dans un parc. : Magnifique. Ils me ramènent à Bangkok et me laissent à Chinatown, le quartier chinois de la ville, où ce ne sont que des boutiques de bijoutiers, de chips de crevettes de toutes les formes et de toutes les tailles, d’artisanat, de tissus, des papeteries et des restaurants. Vraiment l’impression d’être en Chine : tout est écrit en Chinois. Et je peux vous dire que c’est plutôt Chinois à comprendre. Les aventures d’Ysabell Sur Chakra Phong Thanon, je rencontre une fille qui m’aborde. Rien de choquant, au premier abord, car souvent les Thaïs me gratifient d’un ‘’Hello Sir’’ ou d’un ‘’Sawa di Khap’’ et les conversations s’entament facilement. La fille est assez belle. Elle est chaperonnée par un petit bonhomme, son cousin, parait-il. Elle commence à me raconter que sa sœur, qui parle le français, va faire un stage en France. Le cousin renchérit. Elle me demande si je veux les accompagner chez eux, afin de rassurer la sœur qui n’est jamais sortie de son trou (mouais !) et surtout la mère qui pense que les Frankcets (Français) mangent les jeunes filles. Je prétexte que je dois voir des amis et refuse poliment. Je ne les sens pas trop. Le cousin est trop insistant. Ysabell, pourtant est bien mignonne. Un autre jour peut-être. Je donne néanmoins le n° de téléphone de Tavee G H et Basta ! Fin de l’épisode. A suivre
3 Janvier 2004 Bangkok est traversée par la Chao Praya River et par de nombreux klongs. Pour se déplacer, des bateaux, sorte de bus, qui vont du nord au sud, et inversement bien sûr, plutôt sur la droite de la ville lorsqu’on regarde le plan, en tout cas : très pratiques et pas chers. Je siffle en imitant le marinier qui a code convenu avec le pilote : Il se marre ! A thanon Kao Sarn, la rue à touristes par excellence de Bangkok, un soir en rentrant à ma GH, je dois traverser cette rue, et je vois comment les flics locaux gèrent le cas d’un ivrogne : Ils appellent un triporteur et charge l’ivrogne dans la caisse pour le faire conduire chez lui, ou au poste. Tout le monde rit, même les flics. Oui ! Oui ! Ici, même les flics rient ! Et quand un gendarme rit dans la gendarmerie . . . C’est tactique !
4 Janvier 2004 Je tombe en plein Bangkok, sur un centre commercial moderne avec même un Kentucky Fried Chicken, un Mc Do et autres Amerikkkonneries. C’est la Mc Domination et la Cocacolanisation ! Je vais cesser de boire du Whisky Coca, je serai plus vite bourré, mais je ne collaborerai pas. Tu entends, José ? Sur l’air de la chanson ‘’José Bove’’ de Gustave Parking : Kao Sarn Road Y’a un Mc Do Qu’est ce que tu fais José Bové. 5 Janvier 2004 J’ai mangé, à un coin de marché, une soupe au porc et aux larges nouilles.qui m’a bien dégagé les sinus, un peu trop pimentée. Dans les soupes, j’ai du mal à bien doser le piment concassé car il se dépose au fond du bol et la fin de la soupe est très, très, très piquante. Hier, j’ai rencontrée Fon, une Thaï sympa que je dois revoir aujourd’hui. Lapin ? La belle a trouvé du travail. Une fille qui préfère le travail à moi : Je suis vexé ! En fait, je comprends. C’est difficile de vivre en Thaïlande sans travail. Ici, il n’y a ni ASSEDIC, ni RMI, ni ‘’Resto du Cœur’’
6 Janvier 2004 Les aventures d’Ysabell (Suite) La belle Isabell a laissé plusieurs messages à Tavee GH, me réclamant à cor et à cris ! Pour voir ce qui en retourne, je la rappelle - 094 902 474 ou 090 030 679 -. Rendez-vous. Et ce matin, je retrouve Ysabell, toujours munie de son cousin. Ils me proposent de venir manger à la maison. OK ! Ils hèlent un taxi ! On va dans un quartier éloigné et on débarque dans une petite maison individuelle, meublée avec goût ! Pendant qu’Ysabell me mitonne un poisson avec des légumes et du riz, je discute avec le beau-frère. D’où sorte-il celui-ci ? Il est là, comme par hasard tandis que le cousin s’est éclipsé. Le beau-frère me raconte sa vie « Et la sœur qui doit aller en France ? - Elle est à l’hôpital, avec une ‘’génuflexion’’ de poitrine ou quelque chose comme ça. » Le beau-frère, me propose alors l’affaire du siècle : Il est croupier sur un bateau ( ?), à une table de baccarat et me propose de m’apprendre à jouer et à gagner à coup sûr au Baccarat puis il m’invite sur son bateau pour aller plumer un pigeon. Je flaire l’embrouille et demande à réfléchir. Je rappellerai Ysabell à mon retour du Laos. Ben Voyons ! A suivre ! Car il y a une suite . . . et même deux. Et antérieures en plus. Va comprendre.
7 Janvier 2004 A Tavee GH, est arrivé, depuis quelques jours, Joël, un Suisse de La Chaux de . . . Fonds. Et même un douanier suisse ! Pas un imbécile, donc (Allusion à un sketch de Fernand Reynaud) Il va aller à Chiang Maï pour faire du trekking et même escalader le point culminant de la Thaïlande et descendre une rivière en raft. Nous quittons Bangkok ensemble dans un VIP Bus. ! Les sièges couchettes sont bien, mais l’air conditionné est réglé à fond et on se les pèle. On s’arrête pour un repas, compris dans le prix du billet : Une cuiller de légumes insipides, une languette de poisson séché et un bol de soupe pas salée et pas de sel, pas de soya sauce, pas de fish sauce et pas de piment. Ils me croient au régime ou quoi ? Je vais finir par maigrir.
8 Janvier 2001 Dans le bus nous faisons connaissance avec Ajay, un Indien qui vit à Chiang Maï. Il y possède un restaurant et sa femme, très belle, est coiffeuse. Il nous offre un thé en attendant l’ouverture de Moon light GH, qu’il nous conseille. Nous rendons visite à Simon, un Français patron de CC Teak House, une belle GH et organise des treks qui intéressent notre Guillaume Tell. Et Simon en profite pour me raconter . . . Les aventures d’Ysabell (Suite) Il a eu un jeune client Français, intéressé par les propositions du beau frère d’Ysabell. Celui-ci est allé sur le bateau pour jouer au baccarat. Pour faciliter l’histoire nous l’appellerons Maurice. Comme promis, c’est bien le beau frère qui avançait l’argent des mises. Il a gagné une grosse somme d’argent. Au dernier tour de carte, Maurice avait un jeu gagnant, mais le beau frère n’avait pas assez d’argent pour contrer le soi-disant pigeon. Et il en a demandé à Maurice. Celui-ci, mis en confiance par ses gains précédents et la faconde assurée du beau frère, a foncé et a gagné . . . le droit de se mordre les doigts. Car le coup était foireux, moins gagnant que prévu, et notre ami Maurice y a laissé 4600 Euros (30 000F) somme qu’il voulait consacrer à se payer une formation à la médecine orientale et au massage Thaïlandais La bande l’a copieusement menacé afin qu’il ne prévienne pas la police. A suivre. J’ai un bon contact avec les Thaï et les Thaïlandaises. Au marché, ce matin, l’une d’elle m’a offert une superbe fleur rouge. J’en suis tout retourné. Malheureusement elle ne parle que le Thaï et est très occupée, sinon je lui aurai bien fait un brin de causette. J’ai rencontré une naine : Ce doit être ça, une Thaï basse.
9 Janvier 2004 J’ai assisté à des entraînements à la boxe Thaïlandaise.Beaucoup de musculation et de massages avec les pieds. En rentrant à ma GH, le soir, un travelo m’a dragué. Et mal rasé en plus ! Elle a eu beau me vanter l’air conditionné de sa chambre, ça n’a pas marché. Et pas seulement parce qu’elle était mal rasée. Les, Som Tam ou salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Quelques une ont réussi à me faire pleurer sans aucune tristesse.
10 Janvier 2004 Pour la troisième fois la petite fleuriste m’a offert une fleur, une rose, cette fois. Pure gentillesse, car, en fait, c’est la femme du patron, qui est sympa, lui aussi. A moins qu’elle soit particulièrement infidèle. Au resto, je tombe sur une caricature d’’’homo’’ anglosaxophone, maquillé et décoré comme l’entrée de Disneyland, limite ‘’Cage aux folles’’, accompagné d’un gosse de 12/15 ans pas plus et manifestement ce n’est pas son fils. Celui-ci fait des caprices à propos des plats et mange dans l’assiette de son ‘’protecteur’’, ce qui lui déplait fortement. Rageant, il en commande d’autres. A la fin, c’est le gamin qui paye. Ils n’ont pas mangé la moitié des plats. Va comprendre. Le marché de nuit est un élevage, en batterie, de touristes et de commerçants collants. C’est dommage car on est obligé de longer toute cette rue pour aller à l’un des deux ‘’food-center’’ où il y a des stands avec tout un choix de nourritures, toutes plus appétissantes et délicieuses les unes que les autres. Des brochettes de lamelles de porc, avec une sauce à base de cacahuètes réduites en purée, avec du citron vert et du piment. Sublime.
Dimanche 11 Janvier 2004 A partir d’ici, je mets les jours sur mon carnet de notes, car autrement je ne sais plus où j’en suis . . . Donc vous y avez droit aussi, même si vous n’en avez rien à faire. Je passe dans un temple où se déroule une sorte de fête de quartier. Les Thaïs s’empiffrent copieusement et m’ignorent totalement. Finalement j’arrive dans un quartier de quatre ou cinq petits restaurants où les gens mangent en famille. Je discute et bois une bière avec une famille sympa qui s’étonne de ma présence ici. Je réponds que je viens en Thaïlande pour voir des Thaïs, pas des Farangs. Je ne suis en général pas fana des soupes, mais ici je m’en régale : au canard, au poulet, au porc (mou), aux fruits de mer. Mon appareil photo déconne. Il doit être déprogrammé. Il ne fait jamais le nombre de photos prévu. 14, 15, 21, 24, et 3 : jamais 36 ou 37. 3, là c’est trop : je le change. Dernier jour à Chiang Maï. J’ai échappé à : Les villages des tribus du Nord : Hakas, Karens (dont les femmes se mettent des annaux autour du cou afin de l’allonger (femmes girafes), les Lisus, les Chans, etc . . . qu’on montre comme des animaux de Zoo ; Ici à Chiang Maï, les ‘’treks’’ avec visite des tribus sont un peu bidons ; Une demi-heure dans un village pour se faire fourguer de l’artisanat local. Comment avoir un vrai contact avec les gens dans ces conditions. Lorsque je pourrai, je passerai un jour ou deux dans le village d’une tribu. Le point culminant que Joël, le douanier suisse veut escalader : Il y a une route qui mène au sommet. La ferme aux orchidées, vraiment belles, mais à la saison des pluies. La ferme aux papillons, intéressants lorsqu’il y a des orchidées. Les papillons ne sont pas si cons que ça et butinent peu les fleurs de bananiers qui ne sont pas terribles. Je sais, j’ai goûté, dans un plat. La ferme aux touristes La ferme aux éléphants : cirque. Si je peux, j’irai dans une vraie ferme village qui utilise encore des éléphants pour débarder le bois. Au Laos, peut-être. La ferme aux singes : cirque La ferme aux reptiles : cirque La ferme aux crocodiles : cirque. On y met une poignée et ça fait un sac à main. La ferme aux ‘’hôtesses’’ : Je n’aime pas être dans le troupeau et il me déplait fort, ici, d’être parfois, dans le troupeau des touristes. Je ne voudrai pas en plus être dans le troupeau des touristes sexuels. (J’ai trop vu à Bangkok, mais aussi ici, des vieux ‘’barbons’’ plutôt ‘’anglosaxophones’’, d’ailleurs, accompagnés de minettes de 16 à 20 ans qui font bonne figure, mais ont l’air de s’emmerder copieusement lorsqu’elles ne se sentent pas observées. Je fuis les quartiers où les touristes s’agglutinent, où on devient surtout un client à qui on va faire sortir le plus possible d’argent. La Thaïlande est un pays magnifique avec un bon réseau de communications. Il est donc facile pour les hordes. Les Thaïs sont des gens souriants, gais, ouverts rieurs. Ils laissent ces qualités à la maison, dans les quartiers à touristes. Mais même dans une ville comme Chiang Maï où ils abondent, ils se regroupent, s’agglutinent dans des quartiers bien précis : Ici, le carré formé par les canaux et le night market. Ailleurs c’est la vraie Thaïlande avec de vrais Thaïs J’en ai peu vu, des Farangs dans le grand marché le long de la rivière, dans l’immense marché du dimanche, et dans les quartiers où j’ai erré, mangeant dans des restaurants de coin de rue ou de coin de marché. Dans ces zones vierges d’occidentaux, les gens ont l’âme et le cœur à fleur de peau, toujours prêts à sourire et même à rire pour un rien, toujours prêts à saluer ou à répondre à un salut et à entamer la conversation, malgré la barrière d la langue. Il ne faut surtout pas ‘’interpréter ‘’ leur sourire ni répondre par un sourire ‘’interprétable’’, ambigu. Juste sourire. J’achète, un sung, sorte de mandoline sur un immense marché, le Sunday Market, où peu de touristes chalandent. J’y ai aussi trouvé une flûte. Je vais être chargé comme un buffle. Pauvre bête !
Lundi 12 Janvier 2004 Déjà 12 jours ! J’ai bien rempli mon temps. Bus pour Chiang Raï. La route est une belle route de montagne, mais au lieu des pins, sapins et autres mélèzes, ici, il y a des bananiers, des cocotiers, des tecks et d’autres essences méconnues. Quelques rizières aussi, les premières que je vois. Et partout des Thaïs en train de travailler. Ils sont très bosseurs. Ils doivent avoir le chromosome borgiate* Au bord de la route, de superbes maisons de teck sur pilotis, à cause de la saison des pluies. Il s’en construit de moins en moins car leur coupe est réglementée, suite au pillage de leurs forêts pour nos meubles de jardin : merci la mondialisation. * Borgiates : Habitants du petit village du Bourget en Savoie, près de Modane qui sont toujours en train de travailler. Pas vrai, Louis ?
Mardi 13 janvier 2004 Chiang Raï est une jolie petite ville du Nord de la Thaïlande, sympa et pas trop touristique. Le marché est sympa. Partout il y a des marchés et ils sont toujours sympas. Des quantités de légumes, souvent inconnus ; des fleurs ; des aromates aux parfums . . . Hmmmmm ! ; Des plantes médicinales ; des fruits nouveaux pour moi ; J’adore ça. J’ai les papilles du nez ( ?) et de la langue qui frémissent de plaisir. Les Thaïs sont plutôt petits, pourtant je viens d’en rencontrer un très grand : Ce doit être un Thaï haut ! Je rencontre 3 Français au ‘’ food center’’ du ‘’night market’’ de Chiang Raï. On descend quelques pichets de Singha beer. Ils travaillent l’été en Corse dans la restauration, économisent à fond, et partent le reste de l’année en profitant du chômage, bien sur. Je les encourage dans cette voie. Là, ils vont passer au Laos et en Chine. Grosse pluie, heureusement brève. Les chanteurs et les danseuses évoluent devant des chaises vides car tout le monde s’est éclipsé à l’abri sous une halle. La Thaïlande est comme le Japon après la guerre. Elle est en train de bâtir son économie sur la contrefaçon.Au même titre que les premiers ‘’Canon’’ étaient des copies de ‘’Leica’’ et de ‘’Praktika’’ Il y a des copies de toutes les marques : vêtements, parfums, chaussures de sport, pièces auto. Il paraît même qu’on trouve des copies de ‘’Mercedes’’ construites sur des chassis d’ ‘’Isuzu’’, elles même copies conformes de ‘’Toyotas’’. J’ai vu une très mauvaise copie de ‘’Porche 911’’, artisanale et très laide.
Mercredi 14 Janvier 2004. J’ai entendu parler d’un village Akha où il y a une GH, gérée par les habitants du village, pour payer les études de leurs enfants. Je vais laisser mes bagages à Chat GH, ici à Chiang Raï et prendre leur pick-up qui monte les éventuels voyageurs vers 16 ou 17h. Je mange dans un coin de marché, pas encombré par les touristes, une soupe rouge, très épicée, avec des abats de poulet. Il y a des légumes, des nouilles très fines, genre cheveux d’anges, des pousses de soja encore croquantes, des aromates, cette fois de la citronnelle, de la naam plaa . Une saucisse chinoise, un peu sucrée pour accompagner tout ça et hop ! J’ai offert des tranches de saucisses aux gens près de moi Tous ont refusé, mais ils ont acceptés des Bakhaps, une sorte de fruits dont ils semblent raffoler. Tout de suite l’ambiance se détend et des gerbes de rires jaillissent lorsque je prends une photo. Ah ! Ces soupes de Thaïlande, avec des morceaux ou des boulettes de viande ou de poisson, des crevettes ou des fruits de mer et toutes ces épices et ces aromates : ail, basilic, citronnelle, citron vert (il y a de tout petits citrons verts, gros comme une prune, qui contiennent au moins un litre de jus), curry, coriandre, gingembre, menthe, et piment bien sûr et beaucoup d’autres dont je ne sais pas le nom. Combien de fois, dans un plat suis-je tombé sur un goût nouveau pour moi ou sur un marché, sur des odeurs complètement inconnues. Dans les marchés, il n’y a souvent que des marchands de soupe dans un coin ou que des barbecues dans un autre coin. Dans ces marchés et dans les rues, les commerces sont souvent groupés par catégories, vendant exactement les mêmes choses. Je crois que c’était comme ça, en France, au moyen age. A Bangkok, je suis passé dans une rue il n’y avait que des coiffeurs. Ce n’était pas le ‘’coup de feu’’, et chacun d’entre eux, sur le pas de son échoppe voulait me couper les cheveux. On attendra un peu, si tu veux ! J’ai vu aussi, toujours dans un quartier de la capitale, un marché, de gros (ne me regardez pas comme ça, SVP !) ou de demi gros, je pense. Les marchands de crevettes séchées avaient 50 sortes différentes, de toutes tailles et de toutes couleurs. Idem pour les piments et les riz. Au Maesalonf Fresh Coffee, je bois mon premier ‘’vrai’’ expresso depuis mon arrivée. Bon ! Le café est rarement bon, sauf à Tavee GH. Je l’ai remplacé par des jus de fruits délicieux, ou des shakes, ou des fruits. D’ailleurs, dans ce café un tantinet touristique, les coconuts shakes sont tout simplement sublimes, crémeux, fins parfumés . . . J’en ai les yeux dans le vague. Le prix à payer, comme c’est aussi un Internet café : les touristes. Maintenant il y a une famille suisse avec un gamin qui braille. . . Je n’ai pas encore entendu un bébé ou un enfant Thaï pleurer. Les Thaïs eux-mêmes, si on excepte les klaxons des embouteillages de Bangkok, ne se mettent pas en colère, ne se disputent pas, ne s’énervent pas. Souvent ils rient, là où nous ‘’pèterons un fusible’’ Petites maximes ou citations vues et lues par ici. - Smoke outside ! Smile inside ! - Il n’y a pas de grandes tâches difficiles qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles. - Drugs compagnies want to be the only ones to sell you drugs. Opium was a legal cough suppressant (antitussif) in the USA, until 1920 - Une jolie femme: Pour l’amoureux, c’est un sujet de désir, pour l’ermite, un sujet de distraction et pour le loup . . . un bon repas. - Si tu as un problème, de deux choses l’une : Soit tu peux le résoudre, et ça ne sert à rien de faire la gueule. Soit il n’a pas de solutions et ça ne sert pas plus de faire la gueule. Quand je vous disais que j’allais être didactique !
Devant les maisons ou même à l’entrée des boutiques, GH ou restaurants, il y a des minis temples fleuris avec des malais ou avec des offrandes de nourriture. J’ai aussi vu des offrandes de fruits ou de boissons à des coins de rue ou sur des ponts. Je pensais que c’était un rituel bouddhiste. C’est en fait la place des esprits ou Phis. Il n’est pas situé n’importe où ni n’importe comment et inauguré à une date favorable. La religion des Phis fait bon ménage avec le Bouddhisme. Houah ! La route pour monter au Akha Hill Village est raide et défoncée.Agiu, le conducteur du 4x4 est super calme ; il franchit les obstacles tranquille et nous ne sommes presque pas secoués. La route est bordée de bananiers et de bamboos (J‘écris bamboo : ça fait plus exotique !) et par la jungle. Il semble qu’il y ait un problème pour la chambre. A leur bureau de Chiang Ra¨, j’en avais réservé une avec douche. (80/100 Baths) et il semble qu’il n’ y en ait plus. Finalement, Brakass (ce n’est pas son nom, mais il a un bras dans le plâtre) m’en propose une, en face du restaurant, sans douche, pour 60 Baths. Les toilettes sont à quelques dizaines de mètres. Pas grave ! Pour le restaurant, il y a un petit carnet – le book – pour chacun afin d’y noter ce qu’on boit et ce qu’on veut manger. Pas de contrôle. A la fin il suffit de faire le total et de payer : la confiance totale. Tu vois ça en France ? Le soir on a droit à un concert de grenouilles et de crapauds : magnifique. Une mamie vient me proposer un ‘’Akha Massage’’. Chaque tribu doit avoir le sien. Je connaissais déjà les ‘’Thaï massages’’, les ‘’Foot massages’’, Les ‘’Thaï herbal massages’’ et les ‘’Thaï oil massages’’ Je vais mettre au point et faire breveter le ‘’Bressan massage’’ et me faire un paquet de ‘’thunes’’ Jeudi 15 Janvier Cocorico !!! Ils ont du changer les piles des coqs et mettre des ‘’Duracell’’, comme au petit lapin, car c’est vraiment fort et ça dure. J’avais peur que ce soit un village pour touristes, mais non. C’est un vrai village, avec ses femmes qui fabriquent et vendent de l’artisanat, ses enfants qui vont à, l’école, ses jeunes qui viennent discuter avec nous le soir, ses travailleurs, sa vie, ses volailles, et les ‘’Bungalows’’ de la GH sont construits comme leur maisons et éparpillés dans le village. Ils sont en pétard contre les missions baptistes, qui raflent tous les dons et les subventions en faveur des Akhas afin de les instruire, mais surtout de les convertir. Ils disent ne pas avoir besoin d’une autre religion. La leur est bien et leur suffit amplement. Quelques expressions relevées dans le Journal des Akhas. - Mission of destruction for enslaving the hill tribes. - Missionaries: When will they oppose the oppression? - Why were the missionaries silent about the killing of 2274 people in Thailand? Many of them are from Hill Tribe. - Missionaries, don’t follow the teaching of Jesus. - Attention please: We don’t want new religion. - Missionaries steal Akha Children. What mission could survive without its Akha Children? - The drug war is a war of terror on people. - Missionaries be about what they are really: Destruction of culture Replacement of traditional villages leadership And making money off Akha Children. Les Akhas, sont une Hill Tribe comme on les appelle ici, Les tribus du Nord. Ils viennent du Tibet via la Chine et la Birmanie. Il y en a au nord de la Thaïlande, de la Birmanie et du Laos. Ils ont une religion de type Chamanique avec présence des esprits. Le Roi fait des déclarations de bonne intention mais rien ne change vraiment et parfois même ils sont délocalisés de leurs villages. Culturellement, ils fument l’opium, mais sur ordre du gouvernement US à la solde des trusts pharmaceutiques on leur en interdit même la culture. Une de leur coutume par exemple : lorsque une personne âgée est au seuil de la mort, ils leur donnent de l’opium à volonté. Ainsi, non seulement, elle ne souffre pas, mais meurt dans un état de bien être incroyable. Belle façon de mourir. Il faut préciser, que chez ces gens qui prennent de la drogue aux cérémonies religieuses, il y a peu de phénomènes de dépendance, malgré la proximité des champs bien cachés dans la jungle. L’opium, leur permet de vivres des Etats Modifiés de Conscience et de se mettre en contact avec d’autres réalités, probablement spirituelles. Dans d’autres régions du monde, Il y a le peyotl, le mescal, Les psilocybes mexicanas, la datura, l’ayahuesca ou yagé, et peut être le vin (messe). Et il se pourrait fort que les gens qui ont vu Jésus marcher sur l’eau, aient mangé du pain de seigle malade de l’ergot, qui n’est autre que du LSD naturel. Lorsqu’ils sont arrivés en occident, ces produits, dépouillés de leurs rituels et de leur sens spirituel, ont rapidement été consommés n’importe comment, donnant lieu à des exagérations et à des dépendances. Le Gendarme du monde, les USA les ont interdits sur leur territoire mais aussi dans les autres régions du monde où elles avaient réellement une raison d’être. Et de nombreux gouvernements, pour plaire aux maîtres ont obtempéré. Les Akhas sont victimes de ces interdictions. Et puis l’économie souterraine générée par les trafics induits de ces produits, produit des richesses qui d’une façon ou d’une autre sont réinjectées dans l’économie officielle. A notre époque où la devise du monde occidental est :’’Profit à tout prix ! Profit à n’importe quel prix !’’, on peut se demander s’il n’y a pas une entente Mafia + CIA +Trust Pharmaceutiques + Polices + Financiers de tout poil, pour encaisser les bénéfices. D’autres avant moi se le sont demandés. Je vais me promener dans la jungle jusqu’aux ‘’waterfalls’’ majestueuses. Amusant, un homme balaie le chemin, parfois raide, qui va du village jusqu’aux chutes. L’après midi, avec un Anglais qui est là depuis Novembre jusqu’à Mai, promenade aux ‘’Hot Springs’’. Tep, un Akha se joint à nous, Waaahhh ! Le chemin ! Tout droit dans la montagne. Pas plus que pour les routes ils ne connaissent les lacets. Guy, tu devrais venir courir ici pour t’entraîner. Et, toi, Caroline, tu devrais faire le chemin en randonnée. A un endroit il y a un magnifique panorama sur toute la vallée.Quel coup d’œil ! Les sources chaudes à 67°C sont dans une sorte de parc. Il y a beaucoup de Thaïs, d’enfants et de scouts. Ils ont tous une branche de bamboo et apprennent à les lier en croix : didactique, les scouts ! Pour rentrer la route est encore plus dure pour un mec comme moi qui n’ai pas le pied montagnard pour deux ronds. J’ai habité pendant 30 ans à Modane, à 1050mètres d’altitude. Lorsque j’ai voulu faire des ballades en montagnes, je suis allé avec des montagnards aguerris : Je n’avais pas fini de lacer mes godasses qu’ils avaient déjà fait deux kilomètres. Ca m’a dégoûté et depuis ce jour là, je préfère la montagne soit vue de la vallée, soit du chalet où on casse la croûte si on peut y accéder en voiture ou soit en cartes postales. On fait deux ou trois pauses, dont une à Lahu, un petit village. Tep discute avec un Akha, armé d’un lance pierre. Il va chasser un chien, nous dit-il. Effectivement, un peu plus loin le Nemrod nous dépasse avec un sac contenant un chien qu’il nous fait soupeser : 3, 500 kg. On se fait un petit méchoui, ce soir ? Et je ne suis même pas certain que ce soit un chien sauvage. Je me suis inscrit pour le menu Akha et suis donc invité à manger dans la cuisine : Watermelon (Pastèque) soup chicken (Ca fera un coq de moins qui chantera !). Feuilles de divers légumes qu’on trempe dans une délicieuse sauce aux cacahuètes et au piment. Contrairement à la Thaïlande, les os brisés des poulets sont laissés dans la soupe. J’écoute un peu ‘’Radio Grenouille’’ avant d’aller dormir.
Vendredi 16 Janvier Ce matin, nouveau concert de la chorale des ‘’Joyeux Coqs du village Akha’’. En Thaïlande partout on entend des coqs, mais ici ils sont tout près et chantent fort. Les femmes ont étalé de l’artisanat et je viens de faire du marchandage et j’ai acheté une douzaine de bracelets. Ici, elles ne portent pas leur beau chapeau avec des perles d’argent, comme dans les villes où elles colportent leurs colifichets. Mais il faut ‘’bargain’’ d’arrache pied et se rendre compte jusqu’ou elles voudront descendre leur prix. Et ne pas insister au-delà. Dans ce genre de négociation, les Thaïs disent que pour qu’elle soit réussie, le résultat doit être : je suis content, tu es content. Ils ont inventé le rapport ‘’gagnant/gagnant’’, bien avant que l’Analyse Transactionelle et la PNL nous en parlent. En tout cas, les Akhas et les Thaïs en général, prennent plaisir à ce jeu du marchandage dont le résultat satisfait les deux protagonistes, partenaires serait même plus juste. Je reviens rapidement sur les missionnaires baptistes qui vont jusqu’à enlever et acheter des enfants à leur parents pour les ‘’éduquer’’, mais surtout pour les convertir. Ils en profitent pour capter l’argent des donateurs américains destinés aux Akhas et l’argent des maigres subventions. Les Akhas, veulent maîtriser l’éducation de leurs enfants, ainsi que le tourisme dans leurs villages. Ils apprécient peu les treks touristiques, où ils ont l’impression d’être des animaux de zoo face aux hordes de touristes qui font le tour du village en quelques minutes pour faire des photos et acheter quelques bracelets ou colliers. Le programme dans lequel s’inscrit cette GH en plein village répond à ces deux critères Je vais aller, par la route jusqu’aux deux villages situés en dessous. La route est vraiment raide. Je n’en reviens pas que nous ayons pu monter par ici avec le 4x4 Le village chinois n’a que le temple de chinois flagrant.Le village Thaï est tout petit et n’a qu’une seule épicerie, restau, comme où il y en avait dans nos campagnes dans les années 50, dépositaire ‘’Butagaz’’ et ‘’Solexine’’. Ici il y a plein de chiens qui ressemblent aux Shibaïnus de Monique et Christian, mais ici ils sont maigres et ils les donnent gratos. Passage à la GH de cinq Amérikkkains, méprisants. L’un d’eux distribue aux enfants du quartier des tonnes de Mars et autres sucreries, sans même demander à leurs parents ou au patron de la GH. Tout le monde est écœuré. Ils restent dans leur coin, et malgré l’invitation, ils ne viennent pas discuter avec nous au coin du feu de camp. Sûrement des potes de Georges Debelyou !
Petite annonce. Teach English in local school. Free food & accommodation. Contact: 01-460 74 50 09-997 50 05 e-mail : apaehouse@hotmail.com
Samedi 17 Janvier. Ce matin départ de la GH un peu attristé. Nohé, avec qui j’ai sympathisé m’offre un étui à lunettes de sa fabrication. Elle aurait bien voulu que je lui donne 100 Bath pour me faire un massage et me fait promettre de revenir. Je suis assis à l’arrière du Pick-Up et même si Agiu conduit bien, dans la benne, c’est pas mal tape-cul. Trajet en bus local jusqu’à Chieng Kong sur les rives du Mékong. J’y retrouve un ancien hôte du Akha Hill GH, Jim Moriss, un Gallois Sympa. Sur la route beaucoup de belles maisons en Teck. C’est un bois droit, imputrescible. Malheureusement on n’en construit pratiquement plus : La mondialisation et ceux qui en profitent préfèrent que nous nous en servions pour faire des salons de jardin. (Plus de profit ?) Les Thaïs peuvent goûter ainsi au bien-être dans une maison en béton. Soirée sympa, avec Jim : nous nous sommes invités au repas de clôture d’un congrès de professeurs de la région de Chiang Maï. Ils nous offrent des bières, nous invitent à ‘’karaoker’’ avec eux et à danser. Je vois ça en France, deux métèques qui viennent squatter dans une réunion de pédagos. Un directeur d’une école de Chiang Maï me donne sa carte et m’invite à venir parler de la France à ses élèves si je repasse dans sa ville.
Dimanche 18 Janvier Journée calme à Chieng Kong, engourdie de soleil et d’insouciance. Je rencontre quelques jeunes qui se saoulent consciencieusement à la Chang Beer. Les ouvriers d’un chantier voisin de la GH me proposent de boire un petit whisky avec eux. Whisky Thaï, pas terrible ! Mais ils sont sympa, me demandent d’où je viens : « Ah ! Flankcet ! Zinedine Zidane ! » Dans les siècles passés, lorsque dans le monde on parlait de la France, on évoquait, soit Victor Hugo ou Voltaire, soit Napoléon, soit même Bernadette Soubirous ; Maintenant c’est Zizou et Thierry Henry qui sont les phares de notre pays ! Avec Jim, et des Français, qui comme moi évitent les coins à touristes, nous allons manger des barbecues, c'est-à-dire des brochettes et une salade de papaye (Som Tam ! Je vous mets le mot en Thaï, comme ça vous saurez si vous allez par là-bas !) qui me fait pleurer, malgré ma gaieté naturelle. Elle ramone bien ! Ensuite le patron de Bamboo GH où nous allons boire un coup, nous invite à une Blues Session, au Teepee bar où il va jouer. Sympa : Il y a des gens d’un peu partout – Thaïs, Américains (lorsqu’ils jouent le blues, je n’écrit pas Amerikkkains, Une Ecossaise, Une Française et des Anglosaxophones indéterminés.qui jouent et chantent le blues. Une sorte de ‘’bœuf’’ ou plutôt de ‘’buffle’’ vu le pays où nous nous trouvons. Rock Music Tonite ! Lundi 19 Janvier 2004 Je traverse le Mékong en pirogue à moteur et c’est : Le LAOS Le royaume du million d’éléphants. La monnaie officielle est le Kip La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais 1000 Baths = 270 000 Kips = 20 € 1 € = 13500 Kips Compliqué, hein ? Le plus beau voyage est de se prouver sa liberté. Anonyme Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. Marcel Proust
Houensaï ou Huenxaï, selon les cartes. Arimid GH superbe GH en Bois et bambou superbement entretenue, fleurie et gérée par un couple de Laos francophones extrêmement gentils. Et dire que le chauffeur du Tuk-Tuk qui m’a conduit dans cette GH m’a dit : «Mais pour le même prix, je peux vous emmener dans une ‘’belle’’ GH en Béton. » Au marché, je mange des trucs que je prends pour des saucisses mais qui sont en réalité des sortes de macaronis durs et amers. A l’embarcadère je rencontre Nigel, un Anglais qui travaille en Australie et Frank, un Français qui vient en Asie, pour s’approvisionner en bijoux en argent afin de pouvoir les revendre sur les marchés parisiens et landais. Ils aimeraient bien remonter la Nam Tha River en slow boat, c’est à dire en pirogue à moteur ; mais s’ils sont trois, ça sera 1200 Baths chacun au lieu de 2000. Comme cette remontée m’inspire bien, je dis : Banco ! A demain !
Mardi 20 Janvier 2004 Départ de Huenxaï vers huit heures du matin dans une sorte de pirogue à fond plat et à moteur Diesel. Plutôt rapide pour un slow boat. On à froid à cause du petit vent et de la vitesse. Nous descendons le Mékong pendant quelques kilomètres puis nous nous engageons dans la Nam Tha. GRANDIOSE ! C’est une rivière de montagne vive et impétueuse et tout autour : la jungle. Le Niger, le Fleuve des fleuves, m’avait impressionné par sa grandeur, sa majestuosité ; le Mékong qui vient de l’Himalaya et se jette dans la mer de Chine au Vietnam, me touche par son coté mythique mais la Nam Tha coule dans un tel paysage sauvage et vert me touche par sa beauté, sa vigueur, sa force. Brève halte pour le pique-nique de midi avec du riz gluant et autres nourritures locales et frugales. Echanges de saluts aimables et enjoués avec les riverains. Sur les rives, il y a de nombreux villages Cette petite rivière génère une économie à elle toute seule. : Pêche, transport de marchandises et de voyageurs, petit tourisme, cueillette de coquillages, et même orpaillage, comme dans le Mékong. En fin d’après midi les villageois s’y lavent et nos saluts gênent les femmes : Elles se revêtent en entendant le moteur mais veulent quand même répondre à nos saluts en tenant leurs vêtements contre elles avec leurs coudes. Rires, et pas seulement de notre part. Nous nous arrêtons dans le village du ‘’capitaine’’. A tombée de nuit on se croirait dans un village genre ‘’Apocalypse Now’’ avec ces maisons de bois et de bamboo tressé aux toits de paille. Le commerçant du village nous accueille avec un petit whisky de riz local, le Lao-lao. J’adore ça ! (Tu parles !) Il essaie de nous fourguer des Sarongs et nous fait goûter sa soupe aux coquillages et insiste pour qu’on boive (lui offre) une bière avec lui. Nigel, le ‘’Jungle Warrior’’ qui a passé la journée à dormir dans la barque, ne se réveillant que pour prendre quelques photos, se couche et s’endort aussitôt. Nous soupons avec la famille du ‘’capitaine’’ et dormons dans sa maison, à la rustique.
Mercredi 21 Janvier 2004. Nous repartons de bonne heure, dans un bateau plus petit avec d’autres mariniers et quelques voyageurs locaux que nous chargeons et déchargeons le long de cette rivière toujours aussi belle. Arrivée à Nalaet, où, à cause du manque d’eau, nous sommes obligé de prendre un taxi, compris dans le prix du voyage, mais le pilote du bateau est obligé de ‘’bargain’’ ferme : Il semble que le capitaine ne lui a pas donné assez de Kips. Route en terre, pas trop tape-cul, toujours dans la jungle et au dessus de la Nam Tha. Nous arrivons enfin à Luang Nam Tha. Il semble que ce soit un gros carrefour. Nous mangeons, Frank et moi, à la terrasse d’un restaurant. Une meute de femmes Akha, petites filles du ‘’Grand Kaskouï’’ – Frank dixit - veulent à tout prix nous vendre leurs fanfreluches. J’achète trois bracelets mais ça ne suffit pas, elles reviennent à la charge. Je leur parle du ‘’Akha massage’’ et commence à en masser une qui se met torse nu, sans sous-tif, pour profiter de l’aubaine. (Sic) Dans leurs villages, ici au Laos, elles ont souvent la poitrine à l’air, genre topless. Tout le monde, dans le petit resto ou dans la rue est mort de rire ! Un bossu qui passe, plié en deux, se plie en quatre.
Jeudi 22 Janvier 2004 Il y a un gros marché. On m’avait dit que dans le nord du Laos, on trouvait de la ganja au marché, mais j’ai beau chercher je n’en vois, ni n’en sent. Je me régale d’une crêpe, légèrement soufflée, cuite directement au dessus de la braise, avec deux grosses fourchettes. Délicieux ! Je goûte aussi une sorte de pâte salée et épicée dont je n’arrive pas à saisir la composition. En attendant le bus à un coin du marché appelé pompeusement gare routière, il y a un ‘’bonzillon’’ avec un bonnet orange clair avec un revers et un très gros pompon orange foncé. Il a une bonne tête, mais il ne veut pas que je le photographie. Je suis trop gentil et aurai dû voler la photo ! Enfin, tant pis pour vous . . . Moi, je l’ai toujours en mémoire. Dans un pick-up 4x4, conçu pour une douzaine de passagers, appelé pompeusement un bus, nous sommes 30 à partir pour Muang Sing. Sur un marché, il y a des femmes de différentes tribus. Je voulais photographier une fille avec un magnifique bonnet. Mais je suis obligé de lui acheter quelques colifichets avant qu’elle accepte. Rencontre avec deux filles d’une vingtaine d’années, à l’air sympa. Hélène la Française et Liza l’Anglaise, étudient le chinois à Shanghai. Comme c’est le Jour de l’An Chinois, tout est fermé et elles profitent d’un mois de vacances scolaires pour visiter le Laos. J’avais trouvé les Thaïs gentils et souriants. Les Laos sont aussi souriants et tout aussi gentils. Les ‘’commerciales’’ Akha de la lignée du ‘’Grand Kaskouï’’ essaient encore de nous fourguer leur pacotille. Elles nous proposent même de l’herbe et du ‘’Piou’’ (opium). Les aventures d’ Ysabell. Frank vient depuis 18 ans en Asie du Sud Est. Une année, il est allé en Malaisie où il a rencontré Ysabell, ou une de ses consoeurs. Le beau frère m’avait dit que toute la famille était d’origine malaise. Un beau frère, soit disant croupier lui a fait le coup du baccarat. Il a dit : « D’accord, mais je ne prends pas d’argent » Au dernier tour de cartes, il avait une main gagnante, mais le soi-disant pigeon a misé gros ! Le beau frère qui avait parié son propre argent jusqu’ici, lui a demandé de compléter la mise. Il a refusé ! Grosse colère du beau frère ! Ils ont fait tout un cinéma, ont mis les jeux dans des enveloppes scellées, jusqu’à ce que le beau frère trouve l’argent. Mais la Ysabell, un peu sensible, l’avait prévenu discrètement : « Ne donne pas d’argent à mon beau frère. » Je ne me souviens plus trop comment ça s’est fini. Il en a parlé ensuite à un Chinois qui lui a dit de ne jamais se mettre dans des affaires de jeu avec des Malais, car il risquait de se retrouver au fond du port, lesté de 20 grammes de plomb ou d’un costume en béton. Donc je m’en suis bien tiré. A suivre . . . pas pour cette fois en tout cas.
Vendredi 23 Janvier 2004 Mueng Sing à Xiengkok dans un bus / Pick-up avec une vingtaine de personnes, dont des femmes Akha, et un motoculteur sans les roues. Route de montagne un peu abîmée par la précédente saison des pluies. Nous arrivons à Xiengkok ou je retrouve Hélène et Liza. Ensuite on perd tellement de temps à ‘’bargain’’ avec les représentants locaux de la mafia des pilotes de ‘’speed boat’’ afin de faire baisser le prix exorbitant du trajet pour Huenxaï, qu’il est trop tard pour partir et nous devons passer la nuit à Xiengkok. Nous allons manger dans un resto, tenu par une jeune Chinoise où il y a peu de choses à manger. Les filles sont obligées de passer en cuisine avec la Chinoise pour nous concocter un repas improvisé en fonction des aliments qu’elles y trouvent. En plein milieu du repas, la lumière s’éteint. Le groupe électrogène qui alimente le quartier n’a plus d’essence. Nous continuons à la chandelle. Romantisme en diable ! Un Laos arrive : c’est un Speed boat driver au cheveux presque blonds, (Très rare pour un Laos) que nous essayons d’embaucher pour demain. Nous buvons quelques bières et du Lao-lao : C’est le nouvel an chinois ! Youpie !!! Comment chante-t-on : « Il est des nôôôôtres Il a bu son verre comme les autres . . . » En Chinois ? En Laos ?
Samedi 24 Janvier 2004 Ce matin, je me rase à la lueur de la bougie. Pas d’électricité ! Les groupes électrogènes qui alimentent le village et la GH ne fonctionnent que le soir. Suite des tergiversations et autres marchandages entre nous et la mafia des ‘’speed boat drivers’’ : « 1000 Baths pour aller jusqu’ Huenxaï » dit l’un et ensuite, il se rétracte. Le blondinet se rétracte d’entrée. « 2000 Baths » dit un autre ! Puis comme il n’y a plus d’autres solutions nous acceptons, mais il change encore d’avis : « 1000 Baths, mais pour aller jusqu’à Mueng Mong » Une ville à mi distance ! Nous devrons terminer en taxi pour 200 Baths chacun pour terminer le parcours ! GRRRRRRRR ! ! ! ! ! Nous acceptons car apparemment il n’y a plus d’autres solutions. Par contre la descente sur le Mékong en speed boat ! WOUAAAAAAAHHH ! ! ! La descente infernale. Les speed boats sont des bateaux qu’on dirait taillés pour la course, avec des énormes moteurs qui font un bruit diabolique et vont à une vitesse folle. Nous sommes coincés comme des sardines dans des positions totalement inconfortables, les genoux sous le menton. Et ça démarre ! Pendant les cinq premières minutes, je peux vous dire que je serre les miches et je les serre deux fois plus fort lorsque nous abordons des rapides où en plus de la vitesse, il y a l’inconfort tape cul. A un moment il y a tellement d’accélération, qu’avec mon poids je brise la planche qui sert de dossier. Pauvre Hélène coincée derrière ! « Ca déchire grave ! - Sorry, Jean Luc mais je ne sais pas mettre les Cédilles aux C majuscule - C’est trop mortel ! Ca claque bien !» dirait mon Dominique de fiston. Ce sont les montagnes russes pendant deux heures dans un paysage de fin du monde au milieu des rochers torturés par des millénaires d’érosion qui parsèment le Mékong et au-delà des berges : la jungle ! Parfois nous passons à droite des îles qui servent de frontière avec la Birmanie. Le bateau ne peut pas passer dans les eaux laotiennes. Par rapport au prix d’entrée des parcs d’attraction, nous sommes gagnants ! Nous en avons largement pour nos 1000 Baths. Le chauffeur du pick-up, taxi de Mueng Mong, reste cool malgré la route défoncée par endroit. Je retrouve avec plaisir Arimid GH, et ses tenanciers francophones.
Dimanche 25 Janvier 2004. Départ matinal en Tuk-tuk qui nous amène à l’embarcadère pour prendre le Slow boat, cette fois pour Pakbeng et Luang Prabang. Mr Singham Chitaly, manager de Arimid GH, apporte au port, le banana pancake qu’Hélène n’a pas eu le temps de manger. Plus gentil que ça tu ne trouves pas ! En France ça serait tout simplement impensable. Le Slow boat déroule confortablement et à petite vitesse, les paysages grandioses des rives du Mékong. Une jeune Allemande m’offre un quart de ‘’Vin de table Français’’, estampillé ‘’Gulf Air’’ qu’elle avait gardé en souvenir. Tout simplement somptueux, ce petit verre de vin que nous dégustons sur le Mékong avec notre pique-nique. Nous nous arrêtons longtemps, près d’une rive, pour attendre des gens tout mouillés et terreux. Ce sont les rescapés d’un retournement de speed boat. C’est dangereux, ces speed boats et nous n’avions même pas de casques. Pakbeng est un village dortoir composé uniquement de Guest Houses, dont Boon My GH, qui m’a été recommandée par le manager de Arimid GH et de quelques maisons où les slow boats s’arrêtent pour la nuit. Dans la journée il est complètement vide. Arrivé à Pakbeng, une meute de gamins vient nous porter les sacs pour se faire un peu de thune. Mais comme je n’ai pas négocié le prix avant, une fois à la GH, celui qui avait le petit sac me demande autant d’argent celui qui avait le gros sac et que j’ai surpayé, mais le sac était très lourd. Il faut être vigilant ! Pour changer un peu, nous mangeons dans un restaurant indien. Nous y retrouvons un couple de Français qui était sur le bateau. Ils attendent depuis une demi heure et Mme Missmatch n’en finit pas de râler. En PNL*, on apprend que nous fonctionnons avec des méta-programmes, les programmes de nos programmes en fait. L’un d’eux s’appelle match / missmatch. Une personne match est optimiste, contente de tout, aisément satisfaite. La personne missmatch, trouve toujours quelque chose qui ne va pas. A une superbe soirée, avec un orchestre fantastique, des mets et des boissons délicieux, elle déclarerait : « Mais il n’y a même pas de cacahuètes à l’apéro! » Donc, pour changer, Mme Missmatch râle !
*PNL : Programmation Neuro Linguistique. (Je vous l’avais dit : didactique, le mec.)
Lundi 26 Janvier 2001. Changement de bateau à Pakbeng. Mme Missmatch râle parce qu’il y avait un gecko contre le mur de sa chambre. Il y en a souvent dans les GH et c’est un signe que c’est une bonne maison. Ils ne vont jamais contre les murs des maisons où il y a de mauvais esprits. A midi, pique-nique d’un ‘’chicken sandwich’’ et surtout de ‘’Vache qui Rit’’ Royal la ‘’Vache qui Rit’’ sur le Mékong ! L’après midi, la batelière nous demande si on veut s’arrêter pour voir une grotte où il y a beaucoup de statues de Bouddha. « Ca vous coûtera moins cher que si vous revenez en bateau de Luang Prabang ». ‘’Mme Missmatch’’ râle parce ceux qui ne voulaient pas s’arrêter ne payent pas et peuvent aussi descendre à terre. Et parce qu’il faut repayer pour entrer dans la grotte. Je vois mon premier éléphant au bord du Mékong ! Salut ! Il ne répond pas ! Luang Prabang ! A l’arrivée, on galère un peu pour trouver une GH. On fait plusieurs fois le tour de la ville pour atterrir en face de l’embarcadère, au bord du Mékong. Le taxi essaie de nous arnaquer. Les Tuk-tuk, les Taxi, les ‘’Speed Boat Drivers’’ sont une engeance . . . On soupe dans une rue minuscule pleine d’échoppes de nourriture. Et moi, je commence à étonner Hélène et Liza : « J’ai fait une bonne action, aujourd’hui. Ah ! Bon !?! Oui ! Quel genre de bonne action ? J’ai sauvé la vie d’un oiseau. Quoi ? Qu’ouis-je ? Qu’est ce ? Comment ? En voici la preuve ! » Et de mon petit sac à dos je sors le piège à oiseaux que j’ai ramassé dans la grotte aux Bouddhas ! Les filles sont mortes de rire ! J’ai un peu de remords, car c’était peut être le gagne pain d’un Laos. Mais bon !
Mardi 27 Janvier 2001 Luang Prabang ! Rien que le nom m’a fait rêver, comme Kuala Lumpur, Oulan Bator, Samarkand, Valparaiso, Ouagadougou, Novossibirsk et Cruzille les Mépillat ou Curciat Dongalon. Ce sont ces noms, lus et relus dans mon enfance, qui en fait m’ont donné l’envie de voyager. Luang Prabang est une magnifique ville, classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Il y a quelques magnifiques ‘’Wat’’. (Je pourrais mettre la traduction, mais je me suis cassé le c. . . pour faire un lexique. Il faut bien qu’il serve.) J’aime bien aller dans ces temples, non pour les admirer car je trouve leur décoration un peu chargée, mais pour m’y reposer, y méditer et parfois pour fuir un peu la chaleur. A midi, je déjeune au bord de la rivière. Manivone (ou Maryvonne) me fait une délicieuse ‘’ Som Tam’’ et un ‘’banana shake’’ Des bananes coupées en rondelles passées au mixer avec du lait concentré sucré et de la glace pilée : Divin ! Quelques beaux marchés à Luang Prabang, sauf le marché de nuit réservé aux touristes. Pourtant il faut le traverser pour aller manger dans la petite ruelle, à une de ses extrémités. On peut prendre des plats ou des boissons à l’un ou à l’autre. On ne nous presse jamais pour manger ou pour payer. J’y rencontre François, un Québécois qui voyage depuis 25 ans : Ca me laisse rêveur ! Quand il n’a plus d’argent, il travaille ici où là. Il va quitter le Laos dans un ou deux jours, car son visa expire. Il a des plans pour des GH pas chères. Il en connaît une à Bangkok à 150 Baths avec la douche dans la chambre, propre et familiale, dans un quartier calme et central. J’oublie de noter les coordonnées. GRRRRRRRR ! ! ! ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. Ca pourrait être le titre d’un film policier. En fait, Pierre, un ami aquarelliste rencontré à Gao au Mali a laissé en dépôt vente seize aquarelles à la galerie d’art (Ban Khily Gallery) d’ Oliver Bandman. Par mail, sa compagne m’a demandé si je pouvais aller le voir, afin de savoir s’il avait vendu les tableaux et pourquoi il n’a plus jamais donné s de ses nouvelles, ni de celles des Dollars qu’il a pu en tirer. J’y vais et il me montre une dizaine d’aquarelles invendues. Il en aurait vendu quatre et me propose deux lampes pour le paiement de deux aquarelles. Je vais e-mailler tout ça à Pierre. A suivre . . .
Hélène et Liza ont loué un scooter et sont parties visiter des waterfalls ! Elles tardent à revenir ! Se sont elles noyées, perdues ? En fait elles ont crevé trois fois avec leur engin et rentrent lorsqu’il fait grand’ nuit. Moi qui pensait qu’elles avaient été croquées par un tigre, toutes tendres comme elles doivent être à vingt ans !
Mercredi 28 Janvier 2004. Ca commence fort, ce matin ! Le serveur de la terrasse où je prends mon petit dèj’ – café Laos avec un banana pancake. Si on demande un café au lait, il y a un centimètre de lait concentré au fond du verre : un régal ! – me demande, oui à moi, comment on prononce des mots anglais. Moi qui parle l’Anglais avec une accent de la Bresse profonde. Il est en train de l’étudier sérieusement pour devenir un guide. Il y a deux ou trois tables d’anglophones et il vient me demander à moi. Va comprendre ! Je revois ‘’Mme Missmatch’’. Elle me dit à peine bonjour, tant elle est pressée d’aller retrouver des amis et son mari. Le pauvre ! Le soir, Ballet Royal du Laos : Superbes costumes et musique intéressante ! Hélène et moi, éclatons de rire à l’apparition du Cerf Doré qui gambade sur la scène. Je ne comprends pas grand chose au ballet mais ensuite il y a, dans les jardins du théâtre des musiques et des danses des différentes ethnies du Laos : splendide !
Lundi 29 Janvier 2004 On se retrouve, toute la bande de francophones : Bruno, Sandra, la belle Mylaine* – qui a mal au cul suite à une chute intempestive dans les toilettes de sa GH (Chit GH, ça ne s’invente pas) -, Frank, Hélène et moi, nous louons un bateau pour aller visiter Ban Xan Hai. C’est un village au bord du Mékong où les femmes fabriquent du Lao Lao, l’alcool de riz artisanal et local : la boisson nationale du Laos. Elles mettent fermenter de l’eau et du riz gluant (sticky rice) et lorsqu’il est alcoolisé (Lao Lao Wine) ils le distillent en faisant un feu dans un baril de pétrole. Ils mettent chauffer un autre fut et versent de l’eau froide sur le couvercle incliné et le Lao Lao tout tiède coule sur le côté dans un récipient. Alambic sommaire. Délicieux. Bizarre lorsqu’il est encore tiède. Nous en buvons une bouteille sur le bateau du retour, pour encourager la production. Mylaine a tellement mal qu’elle ne peut souper avec nous. Avec Frank et Sandra, on passe à sa GH pour lui dire qu’elle doit absolument aller à l’hôpital demain matin, d’autant plus qu’il y a une plaie mal placée ! * Non ! Elle, ça s’écrit Mylaine ! Désolé, Jean Luc (Private joke)
Vendredi 30 Janvier 2004 Hélène et Liza partent ce matin pour Ventiane ou Hélène doit prendre un avion pour Shanghai afin d’accueillir ses parents qui viennent lui rendre visite. Elle aura de quoi leur raconter. Pour changer elles sont en retard et j’ai à peine le temps de boire un café avec Hélène.Mylaine est aller faire soigner son fondement à l’hôpital, en profitant pour avoiner deux quidams qui se rinçaient l’œil Bye bye les filles ! A par ça, journée calme ! Je glande ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. (Suite) Pierre est OK pour les deux lampes que je lui règlerai à mon retour. . . Oliver me les fera porter à Tavee GH à Bangkok ou à la consigne de l’aéroport. Il faudra simplement que je lui dise, par e-mail, quand j’y serai. Ce que je ne manquerai pas de faire. A suivre . . .
Samedi 31 Janvier 2004 Voyage en bus soit disant VIP de Luang Prabang à Vang Vieng Paysages magnifiques mais fugaces. Je suis bien barbouillé. La gueule de Vang Vieng. Désolant ! Une rue bordée de restaurants qui proposent des pizzas, des hamburgers et des ‘’french fried potatoes’’, des sandwiches, des spaghettis. Qui a bien pu conseiller à ces restaurateurs de s’adapter au point d’abandonner leur cuisine délicieuse pour cette sous cuisine occidentale ? A Luang Nam Tha, j’ai vu un Anglosaxophone râler parce qu’il y avait une affiche coca et que le patron n’avait que du Pepsi ! Eh ! Oui ! Par contre on y trouverait des pizzas aux champignons et du thé à l’opium Vais-je tester ?
Dimanche 1 Février 2004 Journée calme à glander, à écrire des cartes postales et faire le tour des marchés. J’aime bien découvrir ces marchés où il y a souvent peu de touristes, où les Laos sont sympas et les étals regorgent de légumes, d’aromates, de fruits inconnus, ainsi que parfois de plantes médicinales et autres potions ou baumes. Comme Vang Vieng est une toute petite ville, les touristes sont encore plus concentrés qu’ailleurs, dans cette rue des restos. Ils y sont vautrés à regarder des films en DVD. Faire 9 ou 10000 kilomètres pour venir regarder des DVD, je ne comprends pas ! A Luang Nam Tha et à Mueng Sing les colporteuses Akha nous avaient proposé du pioum, de l’opium. Mais tout cela manquait vraiment de discrétion et nous n’avons pas donné suite. Mais ici, il parait que c’est très toléré et qu’on en trouve partout.Frank et moi nous nous renseignons, et il est très facile d’en acheter. Un serveur nous en propose une quantité suffisante pour un test. Il y a plusieurs manières de consommer l’opium : Le fumer : les effets sont plus rapides mais ça demande un matériel et un savoir faire que nous ne possédons pas ; le boire dilué dans du thé ou du café ; le manger, enveloppé dans une feuille de papier à cigarette pour qu’il n’arrive pas directement en contact avec la muqueuse de l’estomac (Confessions d’un Mangeur d’Opium - Thomas de Quincey). Le ‘’produit’’ en question se présente comme une sorte de confiture un peu compacte enveloppé dans du cellophane. Nous en gobons un petit quart chacun et nous allons discuter à l’extérieur de la GH. Comme au bout d’une demi heure, nous ne ressentons aucun effet, nous avalons le reste, allons boire un banana shake au bar le plus proche et rentrons nous coucher : « Bonne nuit ! Bonne nuit ?
Lundi 2 Février 2004. Alors, bonne nuit ? Bonne nuit ! » Enfin nuit étrange, en fait. J’ai mis beaucoup de temps pour m’endormir. Et je n’ai pas dormi très longtemps. Lorsque je me réveille, je suis dans un état de profonde relaxation, en pleine nuit, donc. Je me sens extrêmement bien, dans un état un peu comparable à celui où je suis lorsque j’embrasse une fille que j’aime. La seule différence est que là, il n’y a pas de fille et que cet état dure très, très, très longtemps, pendant tout le temps où je suis éveillé. Et c’est très fort et lorsque je me tourne dans le lit ou que je respire profondément, cet état devient encore plus puissant, comme un orgasme. Je passe le reste de la nuit à alterner ces périodes d’euphorie avec des temps de sommeil. Je jubile de ressentir ces effets agréablissimes, complètement nouveaux pour moi, et tellement plus forts que ceux de la gandja ou de l’alcool. J’ai eu une érection qui a duré toute la nuit, sans pour autant avoir des pensées coquines, des phantasmes ou des désirs. Et personne pour en profiter ! Je n’ai pas eu de rêves, ni d’hallucination ou d’accès à des réalités non ordinaires, comme je l’avais espéré. Je comprends que pour quelqu’un mal dans sa tête, mal dans ses baskets, mal dans sa peau, il soit facile de devenir dépendant à ce produit : Pourquoi continuer à ressentir ce mal-être, alors qu’avec de l’opium ou un de ses dérivés il est tellement aisé d’être bien. Frank, lui a passé une très mauvaise nuit et il est mal en point. Il faut dire que nous avons pris une dose de ‘’cheval’’, c’est le cas de le dire. Il parvient néanmoins à prendre son bus pour Ventiane. Au matin, je ne me sens pas bien, dans un état nauséeux. En fait l’opium a endormi mes fonctions urinaires et je vomis tout le liquide ingéré pendant la nuit. Il doit aussi endormir les fonctions digestives et défécatoires. C’est pourquoi on s’en servait d’anti diarrhée (Elixir parégorique – paracolliques !) Ce soir, j’avais projeté de tester une ‘’Happy pizza’’ ou un ‘’Happy Milk Shake’’ aux champignons (hallucinogènes ?) qui font rire, mais ça sera pour une autre fois. Finalement, devant les odeurs de cuisine qui effleurent mes narines au ‘’Bamboo Bar’’ où je bois un soda water, je décide de manger un Chicken Laap. Ce resto bar est à l’écart de la rue à touristes.
Mardi 3 Février 2004 Ca va mieux ce matin. Je loue une ‘’motorbyke’’, sorte de croisement entre la Mobylette et le scooter.Je me promène de village en village et fais un tour dans la jungle ! Sympa ! Je m’arrête à la ‘’Phoudingdeang Organic Farm’’. C’est une ferme biologique où je grignote une sorte de pancake en buvant un banana Shake. Une des spécialités de cette ferme est le mulberry (mures), un fruit à mi chemin entre le blueberry (myrtille) et le raspberry (framboise). Très bon ! J’y mange aussi des feuilles de mulberry, grillées comme des chips, avec une sauce au miel et au citron : Un régal. Il est paré de toutes les vertus. Les feuilles sont, parait-il, souveraines contre le diabète, le choléstérol, l’hyperglycémie et l’hypertension et les règles douloureuses. En tout cas la mobylette, elle doit en avoir de l’hypertension. J’ai failli me vautrer plusieurs fois dans les chemins de terre et rentrer dans une chèvre qui a refusé d’obtempérer à mes coups de klaxon ! Et la jungle ? Ce n’est pas Indiana Jones, mais Fernand dans la jungle, c’est pas mal non plus. A un moment, j’ai bien cru m’être perdu dans cette jungle, justement, avec presque plus d’essence, au milieu des éléphants sauvages et des tigres. Un serpent traverse le chemin devant moi (sic) ! « Ralentis, Fernand ! » Les tigres ragent de ne pas pouvoir me rattraper pour me croquer, tellement je vais vite avec ma mobylette. Moi, je serre les miches !
Mercredi 4 Février 2004 Je prends un minibus pour Ventiane. Celui-ci est bourré d’anglosaxophones qui m’accueillent comme un porc-épic dans un magasin de ballons de baudruches. On me refile un strapontin rembourré de noyaux de pêches, au dossier mal en point. 3 heures de route ! 3 heures de mal au cul ! 3 heures où une Allemande ou une Néerlandaise - je fais difficilement la différence entre ces deux langues, douces, chantantes, harmonieuses, soyeuses et légèrement sucrées – me corne dans les oreilles. Il y a quelques années, lorsque je voyageais, je n’étais pas très fier d’être Français, tant ceux-ci étaient lourds lorsqu’ils se rendaient à l’étranger. Beaucoup d’entre eux se comportaient comme des goujats vis-à-vis des populations locales. Maintenant, ceux-ci remontent beaucoup dans mon estime et je n’hésite pas à afficher ma ‘’Françaisité’’, et même ma ‘’Francophonicité’’. Depuis que je suis en Asie, je n’ai pas encore vu de Francophone, ni de Laos, ni de Thaï : - Hurler comme un veau dans une GH à l’heure de la sieste ou tard la nuit. - Parler fort dans un minibus et gêner tout le monde. - Rester chaussé dans un endroit où on se déchausse. C’est une belle coutume en Thaïlande et au Laos, de poser ses chaussures en entrant dans une GH, dans une maison, et même dans certaines boutiques. On laisse la boue du chemin - nos problèmes et notre noirceur - hors de l’endroit où on pénètre, où on entre en ami. - Tenir toute la place dans un minibus ou un bus. - Traiter les autochtones avec une certaine suffisance, un certain mépris. - Râler parce que le Coca est en fait du Pepsi. - Boucher tout le passage avec ses bagages. - Refuser de partager une pirogue. - Monter en premier dans une pirogue et s’asseoir à l’avant en empêchant tout le monde de passer. - Etc. A l’image de leur chef de file, George Debelyou, qui envahit un pays sous de faux prétextes, au mépris des avis de l’ONU et de ses concitoyens les Anglosaxophones ne connaissent peut-être plus le mot ‘’respect’’. A nous deux Ventiane.
Jeudi 5 Février 2004. Je fais un tour à l’immense Morning Market, qui comme son nom ne l’indique pas, est ouvert toute la journée : Impressionnant Pas loin de là, il y a le centre culturel Français. Oui Français, Monsieur ! Très beau avec une belle bibliothèque. A la cafeteria je rencontre Olivier, que j’avais déjà vu à Vang Vieng et qui travaille ici : « C’est ici que ‘’ça’’ se passe ! - Mais il y a surtout des Français, peu de Laos. - Si, il y en a ! » me dit il en me montrant une table de trois Laos parmi une trentaine de Français. A Ventiane, en ce moment, il y a un congrès sur l’avenir du tourisme en Asie, l'ASEAN Tourism Forum. Un chauffeur de Tuk-tuk me dit qu’avec ce congrès, les bordels sont débordés. Il parait qu’à Ventiane, il y a encore des bordels à l’ancienne, comme au temps de la colonisation, avec les maladies honteuses d’époque (blennorragie, syphilis, chancre mou, morpions) et les préservatifs tricotés à la main, au point de riz. (Ben voyons !) Dae, Bo, Mi, des Laotiennes bien comme il faut m’offrent un verre de bière, près d’un kiosque à Journaux et je les ai bien fait rire avec mes tentatives de parler le Laos. Le mari de Bo travaille au ministère de l’information et nous avons une discussion intéressante sur l’évolution du Laos. Comment fais-je pour réussir à communiquer avec des Laos ou des Thaïs qui ne parlent ni français, ni anglais, ni italien, ni le patois bressan ? A mon avis le premier point est l’envie, ensuite le sourire et le rire. Je fais des gestes, des mimiques, des grimaces, des onomatopées, des sons bizarres ; je théâtralise mon incompréhension, J’en joue, je la mets en scène, je la comédiadelartise ! Au Morning Market, envahi par une meute de Tuk-tuk, je me suis mis à leur parler une sorte de ‘’yaourt’’ de Suédois Auvergnat, du genre : « Freude beu noideu Zevrééé de Grône ! » Ils m’ont énuméré la mappemonde pour savoir d’où pouvais bien venir un Farang avec un tel langage inhabituel Complètements bluffés, les mecs ! A la fin, ils ont même appelé un flic qui ne comprenait pas mieux ! Heureusement, de peur d’être ridicule, il n’a pas insisté, sinon je me retrouvais au poste. Et les Tuk-tuk se sont mis à m’ignorer. Je vous conseille d’essayer. En fin d’après midi, des tables poussent tout au long du Mékong et les gens viennent boire une bière et grignoter des brochettes ou manger une soupe. Extrêmement sympa ! Je mange un fried rice with seafood and pinapple servi dans l’ananas évidé. Tout simplement délicieux et copieux. Je suis rejoint par Roger et Martine, un couple de québécois sympas, rencontrés à Vang Vieng au Bamboo Bar. Ils prennent la même chose et se régalent. Je sui leur conseiller gastronomique : précédemment, je leur avais conseillé un Laap fish et ils se sont léchés les babines.
Vendredi 6 Février 2004. Je visite deux marchés et retourne au Morning Market. Les filles où j’ai mangé la veille me font signe et je remange à leur cantine, car elles sont plutôt mignonnes. Elles rient du Khene que je viens d’acheter Je leur offre des bonbons, tant elles sont sympas. En fin d’après midi, je me ballade le long du Mékong à la recherche de Roger et Martine et même de Frank qui est ici aussi. Nous devons boire l’apéro et manger au bord du Mékong. Chaque soir une cinquantaine de tables s’installent, qui avec des soupes, qui avec des woks et d’autres avec des barbecues. Et il y a une foule qui se retrouve pour des soupers conviviaux. Finalement je suis enlevé par une belle amazone en scooter (sic) qui m’invite à lui offrir un verre et même à lui offrir un plat. Ensuite, elle m’entraîne dans un bar assez glauque, ou des Anglosaxophones éclusent des Heineken (La Lao Beer est nettement meilleure que cette bière insipide, mais ça vaut le coup de faire des milliers de kilomètres pour boire ce qu’on trouve chez soi.) invités qu’ils sont par de très belles ‘’hôtesses’’ (et d’autres moins belles, il faut bien le dire). Je lui offre un verre et m’éclipse. Les touristes disent qu’en Asie, la prostitution est ‘’naturelle’’, ‘’culturelle’’ même. Belle excuse qui permet de se donner bonne conscience ! Samedi 7 Février 2004 Je rends ma chambre à midi et doit attendre jusqu’à 20heures le départ du bus VIP pour Paksé. Le bus n’a de VIP que le nom marqué à côté de la porte. Normalement les bus VIP, sont des bus directs, hyper confortables, avec Air Conditionné et un navet à la télé. Mais, ici, nous sommes au Laos. Celui-ci est un bus des années 50. Il a bien le navet à la télé, mais les sièges n’ont plus de rembourrage, les vitesses craquent, il s’arrête souvent et les chauffeurs et le ‘’steward’’ éclairent les plafonniers sans arrêt et passent leur temps à draguer la belle jeune fille assise devant moi. Voilà ! C’est la fin de mon premier carnet de notes. Bien sur vous vous en moquez, mais pour moi ça veut dire qu’il ne me reste plus qu’à retranscrire un second carnet et quelques pages d’un troisième.
Dimanche 8 Février 2004. J’arrive à Paksé à 5 heures du matin. C’est une petite ville et j’y retrouve Frank que je croyais déjà en Thaïlande. J’aménage dans la GH où il est et je vais y laisser mes affaires afin d’aller faire un tour plus au sud, aux ‘’4000 Islands’’, 4000 îles sur le Mékong. Nous explorons la ville et rencontrons un francophone francophile qui nous parle de son Pays. Suite à la colonisation, pas mal de gens parlent Français ici au Laos. Et on se rend compte que les poteaux électriques et les bornes kilométriques qui jalonnent les routes sont d’origine française. Il nous emmène au pétancodrome afin d’y rencontrer une équipe de bouliste locaux. Nous nous débrouillons bien. Par une défaite (Laos 13 – France 0 peut être même peut-on dire une déculotté) nous terminons deuxième alors que l’équipe locale est avant dernière. Heureusement que ce n’est pas qualificatif pour les championnats du monde !
Lundi 9 Février 2004. Départ de la gare routière sud de Paksé, pour Champassak. Je veux aller là-bas car pas très loin, il y a un village agraire communautaire qui utilise encore les éléphants. La gare routière est en fait une grande place close, près du marché. C’est un véritable capharnaüm de camionnettes, de Tuk-tuks, de bus locaux c’est à dire des pick-up avec un toit et deux planches latérales en guise de banquettes. Les gens les empruntent pour se rendre au marché et en revenir avec toutes leurs marchandises. Souvent il y a des animaux. Une fois, j’ai voyagé avec un cochon vivant lié sur le marchepied. Je préfère mille fois voyager dans ces bus –ci que dans les bus à touristes. J’emporte des fruits ou des galettes de riz soufflé et j’en propose aux gens. Ils n’osent pas trop en prendre jusqu’à ce qu’un plus gourmand que les autres commence. Alors tout de suite l’ambiance change et je ne suis plus le farang dont on peut se méfier, mais un voyageur proche d’eux qui partage de la nourriture, comme eux. Et ils se mettent aussi à offrir des victuailles autour d’eux. C’est ainsi que j’ai goûté des fruits inconnus, des beignets en brochette pas très terribles et même une sorte de navets blancs tout bosselés qui se mangent cru avec une saveur un peu sucrée. Terminus Champassak.
Mardi 10 Février 2004 Je quitte Champassak, toute petite ville au bord du Mékong où il n’y a pas grand monde dans les rues. Le bus du matin me laisse à la jonction de la route d’Atopeu où je dois trouver un véhicule pour aller à Ban Kiet Ngon où se trouve cette ferme d’éléphants, moins touristique que celles près de Chiang Maï qui n’utilisent les Changs que pour des promenades. Ici ils les utilisent pour des travaux comme le débardage de bois. Rencontre de Stan, un photographe français qui travaille et vit au Laos, avec qui nous faisons une ballade à dos d’éléphant. Il a un projet, descendre le Mékong depuis l’himalaya jusqu’au delta au Vietnam et à la mer de chine Nous montons jusqu’ a Phu Assa, le temple sur la montagne Assa. Magnifique promenade dans la jungle jusqu’à un plateau où se trouve les ruines d’un sanctuaire et des pierres noires souvent trouées au milieu. La randonnée à dos d’éléphant se fait à un train de sénateur, calmement. C’est relaxant et sécurisant. J’espère qu’arrivé en haut, il ne sera pas trop fatigué, sinon il faudra le porter pour redescendre. Près des bungalows, il y a un troupeau de buffles qui paissent. Ils sont accompagnés de cigognes qui doivent y trouver leur compte. Il n’est pas rare de voir des cigognes prés des buffles. Parfois même une cigogne est perchée sur un bovidé. L’inverse est, à ma connaissance, très rare. Soirée sympa avec des gens du village à discuter de choses et d’autres. Nuit dans des bungalows en bamboo. Royal !
Mardi 11 Février 2004 Bus local pour Ban Nakassang où je pourrais trouver une pirogue pour Don Det, l’une des Siphandone, une des ‘’4000 Islands’’ sur le Mékong, à la frontière du Cambodge Je vais vérifier ! S’il en manque une : je râle pour me faire rembourser. Ah ! Ces bus locaux, où il y a rarement des touristes, mais surtout des gens des villages qui vont au marché ou en reviennent. Dans celui-ci, il y a une mammie avec son petit fils qui s’applique à se confectionner une chique de bétel avec une pommade de chaux à l’intérieur. Elle se cale cette chique entre ce qui lui reste de dents et la lèvre inférieure. On voit parfois dans la rue, des mammies qui ‘’ crachent à six pas comme au Mexique’’ Je ne sais quel effet ça a. J’essaierai bien, mais cette pommade de chaux ne m’inspire pas trop. Les voyageuses jacassent à tour de bras. : « Sabaï dii, Mme Macheprot ! - Sabaï dii ! - Et les enfants ça va ? - Oui ! Pas mal ! - Vous avez vu que le Père Chombier est mort ? - Oui, mais on a pas pu aller à la crémation. On avait une bufflette en train de vêler et ça ne se passait pas bien. - Le Bonze a fait une oraison et une quête pour réparer le temple. - En tout cas vous avez l’air en forme. Ce jus de bétel qui vous rougit les lèvres vous donne un air de jeune fille. ( En aparté : ça vous nique un peu les dents quand même » !) - Khop Tchaï Laï Laï ! Mme Michu ! - Pas de quoi, Mme Macheprot ! - A bientôt ! Je vous passe votre panier ! » « 3996 ! 3997 ! 3998 ! 3999 ! 4000 ! » OK C’est bon ! Il y a le compte ! Quelle honnêteté, ces Laos ! Ils annoncent 4000 îles et il y a le compte ! Je pense que si je reviens à la saison des pluies, vous ferez moins les dégourdis. Ils font tout en grand, les Laos. Si tu changes 100€, ils te donnent 1 350 000 Kips.Si c’est en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Et en plus c’est le ‘’Pays du Million d’Eléphants’’ Je n’ai pas le temps, cette fois, mais je reviendrais vérifier ! J’ai du en voir 5 ou 6 à Ban Kiet Ngon et aucun sauvage.
Jeudi 12 Février 2004 Visite des dauphins d’Irawady, les dauphins d’eau douce. Il en existe à deux ou trois endroits dans le monde. On en a vu une dizaine, relativement proches près de la rive cambodgienne. Ensuite, les très belles chutes de Pha Peng. C’est parait-il les plus grandes d’Asie. Elles sont très belles et le bruit est impressionnant. Cette région des 4000 îles est vraiment magnifique. Toutes les pirogues sont équipées d’un moteur Honda 8, 0 extrêmement robuste. Il peut aussi être utilisé pour pomper de l’eau et même faire de l’électricité. Il faut que je trouve un motoculteur équipé d’un tel moteur pour mon jardin.
Vendredi 13 Février 2004 Je traverse toute l'île de Don Det à pied pour me rendre à Don Khone. Le chemin est magnifique, le long de la côte. En chemin, je passe près de la GH de Sanne et de Laura, les CIA girls ! Je les croise régulièrement depuis Huenxaï. Je les accuse de m’espionner, d’où leur surnom. Ce sont deux jeunes Danoises, les Sœurs Danoises* très mignonnes et souriantes. Et en plus elles parlent un peu Français. J’arrive à Don Khone, par le pont laissé par l’armée française en 1920. Il y a même une locomotive délabrée. La SNCF locale est aussi en déficit. Petite Annonce L’île de Don Khone recherche pour rénover sa locomotive laissée par l’armée française, une association ferroviairophile ( ?). Contacter l’auteur qui transmettra. Un Laotien francophone me parle de la construction du pont : « Ce sont vos ancêtres qui ont construit ce pont. Peut-être mes ancêtres ont-ils fait les plans, mais ce sont les vôtres qui ont travaillé dur. Non ! Ce sont des Vietnamiens. Pour les travaux du fond, comme ils ne pouvaient travailler qu’une minute sous l’eau, les soldats leur maintenaient la tête sous l’eau avec des perches fourchues, afin qu’ils restent plus longtemps. » Et il joint le geste à la parole en mettant ses doigts en fourche derrière ma nuque. Et après on s’étonne qu’ils se soient libérés de la colonisation française. Pour la première fois des enfants me réclament un stylo. Malheureusement je n‘en ai qu’un pour prendre ces notes dont la retranscription vous passionne et vous amuse. J’en achèterai à Bangkok, avant d’aller au Cambodge ou je pense que les enfants en ont besoin. « Vous vous prenez pour des Africains, ou quoi ? * Et en plus elles ne sont même pas sœurs.
Samedi 14 Février 2004 Promenade jusqu’ aux chutes de Li Phi : Sympas, mais pas exceptionnelles. Je n’ai pas de chance. Alors que tous les Laos se calment dans la chaleur de l’après midi, à l’heure de la sieste, je tombe sur les deux seuls malades atteints d’une maladie orpheline : L’ergophilie vespérale compulsive. Ils construisent d’arrache pied un bungalow à côté du mien. Et que je te scie ! Et que je te tape sur les clous ! Il semble que la science soit impuissante devant cette pathologie et qu’aucune thérapie ne soit efficace. Et moi qui voudrais faire une petite méditation provençale, ils attaquent à travailler à 14 heures au lieu de faire une sieste bien méritée. GRRRRRR ! ! ! Comme en plus, la nuit dernière, il y a eu un concert des ‘’Clébards en Colère’’, vous vous rendez compte de l’état de fatigue dans lequel je me trouve. Les villageois font une corvée, ils entretiennent les escaliers permettant de monter sur le pont à péage de l’Armée Française qui relie Don Det à Don Khone. Que ce soit sur le Niger au Mali, sur la Nam Tha River ou ici sur le Mékong j’ai vu de nombreux pêcheurs avec le filet qui fait joli sur la photo lorsqu’ils le lancent en rond si on arrive à déclancher au bon moment. Jamais je n’ai vu un de ces pêcheurs attraper un seul poisson Hier, j’en ai vu 2 ou 3 rentrer bredouilles. A croire qu’ils ne lancent leur filet que pour faire joli sur les photos. En dessous de moi, il y en a un qui ne fait pas mentir la tradition. Ce soir il mangera son riz gluant sans Laap Fish ! Et sa pirogue prend l’eau. S’il ne se dépêche pas de rentrer bredouille, il va se noyer, en plus !
Dimanche 15 Février 2004 Je comprends tout ! Pendant que je prends mon p’tit dèj’, un des bâtisseur de bungalow ergophile se lève la ‘’gueule toute enfarinée’’. Il installe un hamac et se recouche derechef. Il se repose de sa nuit de sommeil. Il fait sa sieste le matin, comme ça il a le temps de d’empêcher le touriste de faire la sienne. Bravo ! Je n’y aurais jamais pensé ! Encore un marchandage rondement mené avec la patronne de la GH. Hier, elle me proposait le passage en pirogue pour Ban Nakassang pour 25000Kips. « Depuis Don Det, c’est 8000Kips. Oui ! Mais c’est beaucoup plus loin ! » Deux ou trois kilomètres : ça ne justifie pas de multiplier le prix par 3. « Pour vous, si vous voulez, ça sera 15000 Kips. » me répond-t-elle entre deux tics. Je me suis renseigné ailleurs, au patron du restaurant la ‘’Fleur du Mékong’’. C’est 5000 Kips, si je prends la pirogue à 6 heures, avec les villageois qui vont au marché. Oui, mais 6 heures . . . Sinon, c’est 10000 Kips, même si je suis seul dans la pirogue. Correct ! Ce matin je relance Mme Tic. (Ce n’est pas beau de se moquer des gens qui ont des tics !) Elle me dit que son bateau part à 8 heures avec deux Farangs et me propose le passage à 10000 Kips. Et je lui parle des tarifs de la pirogue de la ‘’ Fleur du Mékong’’ « Vous m’aviez dit 25000Kips si je suis seul dans l’embarcation. Si nous sommes trois c’est trois fois moins cher, donc moins de 10000 Kips. - D’accord. 8000 Kips, me dit elle pendant que les deux Farangs vont chercher leurs sacs. » - Et eux, ils vont payer plein pot ! Avec les transporteurs quels qu’ils soient, il faut toujours établir le prix avant de partir et marchander serré. Ensuite, bus folklo et bondé à l’intérieur et sur le toit jusqu’à Paksé. Dans le bus, ma méditation me fait comprendre, à retardement une différence fondamentale entre les Asiatiques et nous, entre le bouddhisme et les religions judéo-chrétiennes. A Ban Kiet Ngon, le village des éléphants, il y avait une bande de jeunes dont un avait une guitare sur laquelle il avait écrit ‘’ The guitar of me’’. Un occidental animé d’intentions semblables aurait écrit ‘’My guitar’’ pour bien montrer la possession Différence au niveau de l’ego, du sens de la possession, de la possessivité : ma voiture, ma maison, ma femme. Qu’on dise mon bras, ma jambe, ma tête c’est normal pour un bouddhiste mais mon terrain, ma fiancée : en quoi nous appartiennent-ils ? A Paksé, je retourne manger dans le petit restaurant près de la rivière où nous avions soupé avec Frank, où nous avions aperçu une superbe serveuse. Deux filles, très belles, me saluent et m’invitent à leur table, bientôt rejointes par la superbe serveuse. Je passe une soirée sympa à leur donner un cours d’anglais. Je ne comprends toujours pas pourquoi, les gens me demandent toujours des traductions d’anglais, des conseils de prononciation ou des explications grammaticales alors que je parle l’anglais comme un Basque, l’espagnol Je n’ai jamais été à une table de bar avec trois filles aussi belles. L’une d’entre elles est émerveillée par mes poils sur les bras et sur les jambes. Mais elles sont trop jeunes, elles ont l’age de mon fiston.
Lundi 16 Février 2004 Encore une série de bus folklo pour aller de Paksé à Ubon Ratchathani. Un bus de Paksé à la frontière, une carriole pour nos bagages entre les deux frontières, un autre bus encore plus ‘’couleur locale’’ pour aller à Kong Chiam où il faudra encore changer de véhicule jusqu’à Ubon Ratchathani où je compte bien passer une journée : Vous pensez, une ville sans grand intérêt, selon le Guide du Routard ne peut que m’intéresser. Il n’y aura pas de touristes et les gens seront plus naturels. Dans le bus après la frontière, je me paye une bonne tranche de délire avec une Mammie Thaï. Avant le départ, je suis allé au marché de la frontière pour bazarder mes derniers Kips qui ne valent pas un Kopek en Thaïlande et j’ai acheté une superbe . . . cloche de vache. Déjà la marchande a été particulièrement surprise de mon achat. Au passage, je remercie ce couple d’Allemands, Almut et Jonny, avec qui j’avais sympathisé depuis les 4000 îles. Grâce à eux, le bus m’a attendu. Mais tout le monde se demandait ce que j’avais bien pu acheter de si important pour retarder le départ du bus. J’ai l’objet dans un sac en plastique. J’ai bloqué le battant en mettant une page de journal à l’intérieur de la cloche. Très lentement et à l’intérieur du sac, j’ôte ce papier. Tout le monde a les yeux cloués sur moi (on a rarement les yeux rivés ici, plutôt cloués). Et je sors la cloche que j’agite dans un vacarme d’enfer. Tout le monde rit, surtout la mammie au bonnet et une grosse dame. Nous délirons pas mal avec la mammie à qui je veux voler le bonnet pour le rapporter à mon fils. Elles me pose des questions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Les réponses sont à la hauteur de ses espérances. Elle me traite d’Américain avec mes lunettes de soleil. Je lui prête donc mes lunettes et elle ne veut plus me les rendre. Je sors alors la cloche que je brandis à bout de bras en signe de réprimande. Tous les voyageurs sont morts de rire. Deux filles qui nous suivent en scooter – il faut dire que le bus est du genre camionnette – sont elles aussi pliées en quatre et manquent même de tomber. La grosse dame menace d’exploser. Je ne sais si c’est le retour en Thaïlande, mais tout de suite j’ai eu une complicité avec cette Mammie que je ne connaissais pas avant le départ. J’aurais aimé avoir ce genre de complicité avec ma mère. Celle-ci était plutôt morose. Et je n’ai jamais été capable de rentrer dans sa crainte, dans son manque de gaieté, dans sa vision négative des choses, dans sa tristesse pour l’en faire sortir et la faire rire. C’est un des grands échecs et des grands regrets de ma vie. Je parle rarement des rencontres que j’effectue sur ce continent, ni des émotions et des sentiments liés à ces rencontres. Il faudrait un livre où même un film pour les décrire. Ils n’auraient pas été déçus, les caméramans dans ce bus rustique. Mais certaines rencontres sont plutôt brèves ou moins fortes qu’avec cette Mammie. Même s’il y a des moments d’échange et de partage très forts. Lorsque je dois prendre un bus local, j’avais appris ça au Mali, j’ai toujours des choses à grignoter ; des fruits ou des galettes de riz par exemple. Et j’en offre aux voyageurs. Souvent j’essuie des refus, mais si je décèle un regard d’envie, je grignote moi-même et je reviens à la charge. Lorsque quelqu’un, même si c’est un enfant, se sert, les autres se servent aussi. Et j’accepte les friandises des autres voyageurs, même si elles ne sont pas très engageantes. J’accepte par curiosité. Ainsi j’ai goûté des sortes navets blancs biscornus, à manger crus, qui étaient très bons, légèrement sucrés. J’ai aussi testé des boulettes dorées sur une sorte de brochette très appétissantes et qui étaient farineuses, pas terribles. Il me semble que j’ai déjà raconté ça, mais comme il y en a qui ne suivaient pas, j’ai recommencé. Aux arrêts des bus, il y a souvent des ‘’marchands’’ de victuailles. Ces échanges de nourriture créent rapidement un autre climat dans ces bus. Je ne suis plus le Farang différent et hautain. Je suis quelqu’un comme eux, qui mange, aide à passer les paniers ou les paquets, prête ses genoux ou sa veste pour servir d’oreiller à un enfant ensommeillé probablement levé de très bonne heure pour se rendre au marché et qui n’a pas peur de laisser son sac sans aucune surveillance au milieu des Laos ou des Thaïs. Tout cela donne souvent des moments magiques avec des sourires et des rires comme on en voit peu chez nous. Les gens à Paris prennent tous les jours le RER ou le Métro avec les mêmes voisins de banquette. Les voyageurs dans nos trains et TGV ne s’adressent ni regards, ni paroles et encore moins des sourires. Les voisins de paliers des HLM ne se connaissent même pas entre eux. Tout ceci est complètement impensable ici. Les gens se parlent naturellement, sans se connaître, sans avoir peur, des intentions ou du regard de l’autre. Vous racontez ça à des Thaïs ou à des Laos il ne le croira jamais. Nous pensons que notre civilisation grâce à notre avance technologique, nos asiles du troisième age, nos retraites, nos orphelinats, est en avance tout simplement. Nous avons des siècles de retard en matière de convivialité et de solidarité. Ici un ‘’vieux’’ ne meurt pas dans un ‘’papytorium’’- dans certaines ethnies, l’agonisant est même fourni en opium afin de dissoudre ses douleurs et de le préparer au ‘’voyage’’ ; ici, comme en Afrique, un orphelin, ça n’existe pas. Il est naturellement et automatiquement ‘’adopté’’ par une autre famille.
Mardi 17 Février 2004 Encore une fois, je me retrouve SDF à Ubon Ratchathani, car j’ai libéré ma chambre et porté mes bagages à la gare en allant réserver une couchette pour le train de nuit. J’ai eu beau dire que j’étais un Cheminot français et montrer ma carte, je n’ai pu obtenir de réduction. Ici les couchettes inférieures sont plus chères que les supérieures. Sympa pour un acrobate comme moi ! Je me fais une petite sieste, au milieu de mes Niamas-Niamas comme dirait Alioune, sur la pelouse d’un parc, sans m’attirer les foudres des flics ou les regards réprobateurs des Thaïs. « Va te coucher sur la pelouse d’un parc avec un sac à dos et un air de routard ! Tu auras tout de suite droit au plan ‘’Vigipirate’’ Ici, on ne se sent jamais suspect comme dans certains grands magasins français ou lorsque dans notre beau pays on croise des flics qui scrutent notre ceinturisation sécuritaire. La gare : Noire de monde. Le train de nuit : Le couchettiste fait notre lit avec draps et couvertures sous plastique.Le train s’arrête souvent et les hauts parleurs des gares . . . Sinon, mes voisins de couchette sont sympas.
Mercredi 18 Février 2004 La THAILANDE ( Re-Belotte) Je retrouve Bangkok et Tavee GH. Ils n’ont pas reçu ma carte de Pacsé Ni les lampes d’Oliver. Je vais lui é-mailler mes félicitations à celui là ! Je n’y crois pas, le soir même, il y a une fête avec musique, tambours et cymbales, gens masqués, dragon, (probablement) pour célébrer mon retour à Bangkok. Bien qu’il soit écrit partout de parler doucement après 22 heures, nous avons droit, vers minuit, à un concert de palabres anglosaxophones (Les femmes : des hautbois ; les hommes : des clairons) et comme si ça ne suffisait pas, lorsqu’ils cessent, un duo de deux Allemandes à la voix suave et soyeuse. J’espérais récupérer de ma nuit ferroviaire : c’est râpé ! La prochaine fois : emporter des boules Quiès.
Jeudi 19 Février 2004 J’ai une embrouille avec AOL qui a bloqué mon compte et ma boite e-mail parce que j’avais envoyé – à vous mes chéris – un message trop long et à trop de correspondants. Voilà ce que c’est d’avoir trop d’amis ! Pour débloquer tout ça je dois leur donner les 3 derniers chiffres de mon compte bancaire et la clef RIB ( ?). Bien entendu, tous les gens qui partent en voyage emportent leur carnet de chèques complètement inutile ici et les fameux 3 derniers chiffres du compte bancaire et la clef RIB. Ca va de soi ! Je passe de chères minutes au téléphone avec des téléopératrices impuissantes qui me rabachent la même chose Comment je vais les laisser tomber, les AOL brothers, en rentrant et en passant à l’ADSL ! Ici ce genre d ‘embrouille est improbable tant les gens cherchent et trouvent le moyen d’arranger les choses.
Vendredi 20 Février 2004 Je passe encore du temps au téléphone à tenter de débrouiller l’embrouille avec AOL. Que nenni ! Ils sont plus obtus qu’un mur en béton !
Samedi 21 Février 2004 Je glande copieusement et essaie de trouver où faire nettoyer mon nouvel appareil photo, acheté à Chiang Maï et qui a quelques problèmes.
Dimanche 22 Février 2004 Je vais au week-end market de Chatuchak ! Impressionnant ! Le marché proprement dit et le quartier environnant, qui est aussi un marché, tout cela est plus grand que Bourg en Bresse. Je crois qu’il y a plus de 200 000 visiteurs chaque jour dans. Il y a 15 000 étals, boutiques et stands. On y trouve de tout – vaisselle, artisanat, vannerie, bijoux, soies, vêtements et tissus en tout genre, ustensiles de cuisine, jeux, meubles, poteries et porcelaines, chiots et chatons, oiseaux, etc. etc. - et même plus encore.
Lundi 22 Février 2004 Je joue au ping-pong avec les Ricoh brothers qui m’envoient d’un lieu à un autre pour cet appareil photo. Finalement je trouve la bonne adresse et mon appareil sera prêt Jeudi. Donc je pourrai partir Vendredi pour le Cambodge.
Mardi 23 Février 2004 Je glande copieusement. Un petit jeu Pour détendre l’atmosphère. Une question se pose, une question de définition : Quelle est la différence entre un TOURISTE et un ROUTARD et un VOYAGEUR Plusieurs perceptions s’affrontent : Patrick FERRAND : Le voyageur, lui ne sais pas quand il rentrera. Moi : Un touriste FAIT Le laos, Le Cambodge, le Guatemala, Le Mozambique un routard y va. ! Moi : Un touriste boit de la Heineken en Thaïlande alors que la Chang ou la Singha sont dix fois meilleure. Il mange des pizzas, des hamburgers, des french fried potatoes à Vang Vieng au Laos. Moi : Un routard a le guide du routard dans son sac, un touriste a le catalogue de Look Voyages. Moi ; (Encore ! Oh ! Y’a que moi qui bosse, ici !!!) Un touriste croit que Hello veut dire Bonjour en Thaï. Et vous, qu’en pensez vous ? Quelles sont vos définitions pour ces mots ?
Mercredi 24 Février 2004 Je glande copieusement. Eh ! Ben Oui ! Deux jours de suite !
Jeudi 25 Février 2004 Je récupère mon appareil qui avait ingurgité un peu de poussière. Bien entendu quelques ballades dans Bangkok.
Vendredi 27 Février 2004 Je glande copieusement. Je fais connaissance de Yuree que je dois revoir demain.
Samedi 28 Février 2004. Je glande copieusement toute la journée. J’essaie d’avoir Fon, une fille sympa que j’avais connu lors de mon premier séjour à Bangkok, au téléphone mais son portable me renvoie des borborygmes bizarres que je ne comprends pas. Le soir je rencontre Yuree et une de ses copines, avec qui je soupe. Je leur offre un pot à Khao Sarn Road pour mon anniversaire. Après des conciliabules en Thaï, l’amie s’échappe pour, soit-disant, aller acheter des cigarettes. Elle revient après être passé dans un Seven Ilven, une boutique genre petit Casino ou Etoile des Alpes qui fourmille à Bangkok et où on trouve de tout. Elle revient avec un gâteau et des bougies (Oh ! Pas 56, ça aurait coûté plus cher que le gâteau) Je suis très ému et offre un deuxième cocktail.
Dimanche 29 Février 2004 Plus qu’un mois ! Je prépare mes sacs pour partir pour le Cambodge. Je dois passer la journée avec Yuree, mais celle-ci change d’avis et préfère suivre ses amis qui vont passer quelques jours à Pattaya. Je passe dire au revoir à Frank, le grand argentier qui – les boules – part demain pour Paris.
Lundi 1er Mars 2004 Départ laborieux pour le Cambodge par bus. Tous les taxi meter (Taxis officiels avec un compteur) veulent bien m’emmener à l’immense gare routière, mais en débranchant leur compteur. TOUJOURS refuser cette pratique ! C’est à coup sur une arnaque. Et le prix du taxi honnête qui me ‘’charge’’ me le confirme. 80 Bath au lieu de 200 demandé par les ‘’dégourdis’’. Je fais le voyage en bus ‘’gouvernemental’’ moins air conditionné que les bus VIP, mais moins chers et les voyageurs sont des Thaïs sympas. Le CAMBODGE L’autre pays du sourire
La monnaie officielle est le Riel. La monnaie réelle est le $US 1$ = 3950 Riel 20 Riel cambodgien = 0.004270 Euro 20 Euro (EUR) = 93'685.1 Riel cambodgien (KHR) Le voyage est un retour vers l'essentiel. Proverbe tibétain Les voyages améliorent les sages et empirent les sots. Proverbe Anglais. A la frontière, une meute de gamins qui font la manche. Changement de niveau de vie. Le chauffeur du minibus qui va à Siem Reab (ou Siem Reap), est aussi patron d’une Guest House où, bien entendu, il nous propose de nous emmener. Comme elle est à 3$ la nuit - Eh ! Oui, ici la monnaie officielle est le Riel mais la monnaie réelle est le $ US. Rageant - Je dois renégocier, car il n’y a plus de chambre ‘’single’’ et me retrouve avec une double pour 3$ : bien joué !
Mardi 2 Mars 2004 Je ne vais pas à Angkor aujourd’hui. Je préfère visiter la ville de Siem Reab. Bouleversant, le nombre de mendiants auxquels il manque une jambe. Hou ! La ! La ! Les Tuk-tuk et autres ‘’motorbike drivers’’ sont certainement des petits fils du Grand Kaskouï.
Mercredi 3 Mars 2004 Angkor : GRANDIOSE. Certainement une des sept merveilles du monde actuel, comme les Pyramides d’Egypte, Venise, Le Taj Mahal à Agra, en Inde, L’Eglise de Brou à Bourg en Bresse, etc. . . . Les temples sont splendides. La descendance du Grand Kaskouï n’est certainement pas près de s’éteindre avec cette lignée des marchands de boissons, livres, T-shirts, statues, bijoux, guimbardes, flûtes et souvenirs en tout genre qui grouille autour de chaque temple. Le premier jour, je commence par le Bayon, majestueux, avec ses figures sculptées monumentales. Sur le livre d’or, j’écris : ‘’Tout à la main comme à Bayon’’, un slogan rugbystique des années passées. Ensuite la Terrasse des Eléphants, superbe dans la lumière du matin. Et le Ta Phrom (où a été tourné le film ‘’Les deux frères’’ de Jean Jacques Annaud ; les héros sont deux tigres et ce temple) : Magnifique. Les racines des ‘’fromagers’’ (arbres et pas marchands de Camemberts) se marient, s’entrelacent avec les pierres du temple : Splendide, fantastique et merveilleux. Et le magistral et monumental Angkor Vat. Il n’y a pas de mots pour décrire cette splendeur immense dans la lumière de la fin d’après-midi. Ce temple est dédié à Vishnou (la paix, bien sur : N’est-ce pas Pierre Dac et Francis Blanche ?) Je discute avec un bonzillon qui est en train de passer son CAP de Bonze : Ca* le rend malade. S’il réussit, il pourra aller en Thaïlande étudier gratuitement l’informatique : Ici, ça lui coûterait très cher. * Voir le 24/01
Jeudi 4 Mars 2004 Déjà ! Aujourd’hui je me contente de deux temples : le Ta Som avec la porte avant représentant un visage monumental, comme ceux du Bayon et la porte arrière mêlée aux racines d’un arbre (Banion ?) et le Bantey Srey, un petit temple mignon mais en travaux ! Je prends quelques guimbardes en Bambou pour moi et pour Frank qui me le demande par mail, mais il s’y prend un peu tard, car il y en a peu au marché de Siem Reab et mon passeport d’Angkor est terminé ; je n’y retournerai pas ! Ces guimbardes sont faites par des bergers qui en jouent pour passer le temps – dixit un vieux Khmer francophone.
Vendredi 5 Mars 2004 Une petite visite de la ville et je me marre un bon coup lorsque je passe devant le bâtiment de la police dont une porte exhibe la plaque ‘’ Serious Desk Office’’ (Bureau des Crimes Sérieux), mais je ne vois pas celui des ‘’crimes marrants’’. Il doit être derrière. Le vieux Khmer francophone d’hier m’emmène sur sa mobylette à une Fête avec un orchestre traditionnel. C’est l’anniversaire de la mort d’une respectable mammie.
Samedi 6 Mars 2004 Départ de Siem Reap pour Phnom Penh La route semble belle, mais ça dure une dizaine de kilomètres. Ensuite c’est une alternance de passages rares de route goudronnée et de labours. Comme le bus est un rescapé des années 50, avec des amortisseurs et des sièges fatigués et que je viens de me taper 3 jours de motorbike à Angkor, je ne vous raconte pas l’état de mon cul à l’arrivée. Je vais bien avoir besoin d’un massage ! Je vais loger à la ‘11 Happy GH’’ dans une rue plutôt pouilleuse, près de la mosquée. Le resto donne sur un lac magnifique. J’y mange un délicieux Bœuf Hammok ( ?) au lait de noix de coco. Par contre l’environnement sonore laisse à désirer. Une meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ regarde à la télé un match du championnat anglais. Faire 10000 Km pour venir voir les matchs qu’ils auraient pu voir en restant chez eux : Bravo ! Devant, côté lac une autre meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ écoute de la Techno. Le mariage des deux bruits est d’un effet bœuf, mais pas Hammok, celui-ci.
Dimanche 7 Mars 2004 Frank est arrivé en France où il fait beau. Ici, dès qu’un jeune a un peu d’argent, il s’achète un(e) motorbyke, hybride entre le scooter et la mobylette et, comme il y a peu de taxis et plus beaucoup de pousses pousses, ils se proposent pour véhiculer les voyageurs. Mais comme il y a beaucoup plus de motor bykers que de touristes et que, si on ne marchande pas âprement les prix sont prohibitifs, ceux-ci voyagent souvent à vide et passent leur temps à accoster les touristes qui marchent à pied : « Motor byke, Sir ? » C’est des petits fils du Grand Kaskouï dont la lignée n’est pas près de s’éteindre. ( Gamins de Mopti ou de Tombouctou : « Tu as un cadeau, ou un Bic, pour moi ? » ; Marchands d’artisanat Touareg à Tombouctou ; Guides du Pays Dogon à Sévaré (Mali) très bien placés dans le classement ; Tuk Tuk de Thaïlande ou du Laos ; les femmes Akha marchandes d’artisanat en Thaïlande et au Laos ; Les vendeurs de souvenirs en tout genre des temples d’Angkor ; les motor byke drivers du Cambodge ; les forains du Night Market de Chiang Maï ; etc. . . . On voit que ce n’est pas une espèce en voie de disparition : inutile de créer une ONG pour lutter pour leur survie. Le vieux marché de Phnom Penh est crade ; je n’ai même pas envie d’y manger ! Phnom Penh doit être une ville vachement polluée, car de nombreuses personnes portent un masque sur la bouche et le nez.A moins que ce soient des terroristes ou des anciens amis de Pol Pot. Qui ne veulent pas être reconnus. J’en doute vu leur age ! A un coin de rue, je tombe sur un podium avec une chanteuse un orchestre et des danseuses. Je tente de me renseigner auprès des spectateurs, mais personne ne semble parler anglais. Elle restera donc pour moi, l’inconnue la plus célèbre du showbiz cambodgien. La nourriture est moins bonne au Cambodge qu’en Thaïlande ou au Laos. Ce soir je me nourri dans une gargote et le banana shake au bar de la GH est trop sucré. Une radio diffuse des chansons sirupeuses à souhait, des reprises des tubes des années 70. Imagine de John Lennon en khmer : Grandiose. S’il entendait ça, son assassin ne le tuerait pas pour qu’il ne se retourne pas son cercueil ou son urne funéraire.
Lundi 8 mars 2004 Comme j’ai une velléité de ‘’tourista’’, je me bois un Coca. Pourquoi écris-je ce mot avec une majuscule. Ce liquide est à peine buvable avec du whisky, alors seul . . . On me sert en plus, tradition oblige, un verre de thé glacé encore plus mauvais que le Coke. Ce n’est pas peu dire. Le Coca, tous les routards vous le dirons est souverain contre les débuts de diarrhée. Si ça persiste, prenez votre ‘’élixir paracollique’’ habituel ou une boulette d’opium. Le véritable Elixir Parégorique a été interdit car, justement il contenait de l’opium et les accros s’en gavaient en fin de mois car il devait être moins cher que l’héroïne. Le Coca, est aussi souverain pour nettoyer l’argenterie, les tables en Formica, les éviers en inox, les dérailleurs de vélos, les enjoliveurs de roues de voiture, les pierres tombales, les cuvettes de WC jaunies, les tuiles vernissées, les tuiles non vernissées, les lunettes de soleil de marque Ray Bann, les bouillottes en cuivre, les chaudrons à confiture en cuivre, les pare-brise de Boeing 747, et les vieux meubles, déboucher les collecteurs d’égouts et les fosses septiques, et détruire, pas très écologiquement il est vrai, les pucerons des choux-raves et des topinambours. Cette boisson, ce breuvage devrais-je dire n’a malheureusement aucun effet sur la connerie humaine. Regardez, le meilleur exemple, ou le pire plutôt : Georges Debelyou Il en boit des quantités depuis qu’il a été sauvé de l’alcoolisme par la religion. Pas par Dieu ou Jésus, mais par la religion. Dieu doit s’en mordre les doigts, d’avoir laissé faire ce sauvetage. Donc il en boit beaucoup et ça se voit à son air constipé ! Coup d’œil au Centre Culturel Français : Pratiquement vide ! C’est normal car aujourd’hui c’est le 8 Mars, le jour de la femme, me dit la tenancière de la cafeteria ! Et peut-être aussi parce que les tarifs des cours sont prohibitifs ! Le jour de la femme est très important au Cambodge, parait-il ! D’habitude, elles triment comme des mulets, aujourd’hui, elles ne travaillent que comme des ânes. Ho ! Le bord du Mékong est très beau en fin d’après midi, mais on ne peut y boire une bière ou manger comme à Ventiane.
Mardi 9 Mars 2004 Je pense à aller à Sihanoukville, le saint Trop cambodgien d’où je rejoindrai la Thaïlande. Ici, la marque de cigarettes à la mode n’est pas Marlboro ou Camel, mais les cigarettes Alain Delon : ‘’The taste of France’’ ! Non ! C’est sérieux ! Ce n’est pas une facétie des Guignols mais bien la réalité.Le grand acteur utilise son nom et sa notoriété pour refiler le cancer aux Cambodgiens qui ont réussi à survivre à Pol Pot et aux Khmers Rouges. Sympa ! Un problème, en Asie du Sud-est est celui des monnaies. Au Laos, la monnaie officielle est le Kip, mais la monnaie la plus utilisée est le Bath Thaïlandais et le Kip sert de petite monnaie et lorsque tu reviens en Thaïlande même les mendiants ne veulent pas de kips d’où mon investissement à la frontière dans une magnifique cloche de vache avec laquelle j’ai fait éclater de rire tout un bus. Ici au Cambodge, la monnaie officielle est le Riel, mais la monnaie réelle est le $ US. Il parait que cette utilisation du $ revient à payer un impôt de fait aux USA ! On m’a expliqué ce mécanisme, mais mon désintérêt pour la finance et tout ce qui tourne autour m’a fait oublier les détails de cette démonstration. En rentrant à ma GH, je tombe sur deux couples de Français qui cherchent à voir le lac. Je les invite à pénétrer dans le salon de celle-ci car la rive de ce côté est toute couverte de maisons et il n’y a pas de point de vue sur le lac. Ils en profitent pour manger là ! Un des deux couples est de Bourg en Bresse, du quartier des Vennes à 300 mètres à vol d’oiseau de chez moi. Ils arrivent du Vietnam qu’ils ont beaucoup aimé, à part les motorbikes qui semblent s’être lancé avec ceux du Cambodge dans une grande compétition internationale et qui auraient une bonne longueur d’avance pour le titre de Grand Kaskouï ! J’espérais photographier le Palais Royal mais s’il était illuminé hier soir, c’est en raison du jour de la femme. Ce soir : Rideau ! En rentrant je rencontre des filles cambodgiennes, jeunes, jolies et sympa Je bois un pot avec Mary, enceinte de 6 mois et Kim qui travaille dans un bureau pour payer les études de son frère. Elle souhaite que je sois son ami, pas son petit ami, bien sur : Elle est à peine plus âgée que mon fils !
Mercredi 10 Mars 2004 Je décide d’aller faire couper mes cheveux qui commencent à me tenir chaud aux oreilles ! Vers le marché central, j’ai repéré quelques salons pleins de coiffeuses toutes plus mignonnes les unes que les autres. Je demande si elles parlent Anglais et si elles peuvent s’occuper de ma capillosité. « Yes ! Of course ! » Pas de problème ! Ben ! Si Problème, justement ! Ce ne sera pas une des beautés khmères qui me prendra en ciseau, mais une sorte de Taras Boulba sorti comme par hasard de l’arrière boutique où il devait faire une petite sieste. Je ne sais s’il est mal réveillé ou si c’est la mode ici, mais il me coupe d’abord les cheveux et me fait faire un shampoing ensuite par une shampouineuse qui m’emmène ensuite dans une pièce arrière pour me rincer la tête avec vigueur ! La patronne me propose un massage mais j’ai peur qu’elle aille chercher Bruce Lee et je décline l’invitation.
Jeudi 11 Mars 2004 Départ à 12h30 précise de Phnom Penh ! Rare par ici, même si les horaires sont moins fantaisistes qu’au Mali, par exemple. La route est magnifique. Un motorbyke driver me trouve une GH avec une chambre avec toilettes et douches, à 4 $, sous un toit de tôle avec un escalier acrobatique qui mène aussi à la réserve d’eau. Le chauffage fonctionne bien. Heureusement, le ventilateur est puissant. La plage est magnifique avec d’immenses parasols en paille : exotique ! Je joue au foot avec les femmes d’une famille cambodgienne. J’essaie de me faire passer pour Zidane et je fais illusion car elles ne sont pas de super footballeuses. Elles me donnent rendez-vous pour le lendemain ! Sympa.
Vendredi 12 Mars 2004 Dés le matin au réveil, le motorbike driver qui m’a amené hier me demande où je veux aller, avant même que je boive le café pas très bon de la GH. Déjà ?!? Je lui dit qu’il arrête de ‘’broke my balls’’ et il se vexe un peu ! Sihanoukville se veut à l’image du Cambodge et comme dans d’autres lieux du pays, il y a des endroits très sales. Et les motorbike drivers . . . Et les serveurs et serveuses de restaurant, les boutiquiers trop obséquieux . . . Par contre les gens qui ne sont pas en contact avec les touristes sont exceptionnels, encore plus sympas et souriants qu’au Laos ! J’en veux pour preuve la famille des footballeuses d’hier soir que je rejoins à la plage, sous le plus grand parasol. Un des fils est émigré à Boston et est venu avec sa femme passer les vacances au pays. Il a loué un minibus pour une semaine et a amené toute la famille de Phnom Penh à Sihanoukville. Là, ils sont en train de manger sur la plage, de se gaver de crabes. Je lui demande s’il les a pêché lui-même. « Non ! Je suis allé au marché et j’ai acheté tout ce qu’il avait à un mareyeur. » Il y a de quoi se régaler et comme je suis invité, je me régale. Les bières Henekein coulent à flots ! Je lui demande pourquoi il n’achète pas de bière ‘’Angkor’’, nettement meilleure : « Parce que aux USA, la Henekein c’est la plus chère, DONC, c’est la meilleure ! » CQFD ! Ensuite, toute le famille et moi, nous amusons comme des petits fous au ‘’donkey’’ pendant au moins trois heures. Quand je dis toute la famille, c’est toute la famille La grand-mère, les fils et les filles, et les petites filles ! Le ‘’donkey’’, le singe, c’est un jeu de gamins. Tout le monde se met en cercle dans l’eau et le ‘’donkey’’ se met au milieu et doit attraper le ballon que les autre se lancent. Tout le monde rit comme des gosses ! Et on joue comme ça pendant au moins trois heures. L’eau est si chaude que lorsqu’on pisse dedans – ne rigolez pas vous l’avez tous fait à Palavas-les-flots, à Meschers sur Gironde, à la Bourboule ou à la piscine, pas du haut du plongeoir, quand même – ça la rafraîchit ! Je ne me suis jamais baigné dans de l’eau aussi chaude. Et le coucher de soleil ! Je n’ai pas mon appareil !
Samedi 13 Mars 2004 Le port de Sihanoukville est bien moyen. Nouvelle journée avec Navy (Eh ! Oui ! C’est un prénom féminin ici au Cambodge !) et sa joyeuse famille Les garçons jouent aux cartes, à un jeu auquel je ne comprends rien ! Mais celui qui perd la levée doit boire une bière. Je ne vous raconte pas l’état de certains d’entre eux en fin d’après midi. Le coucher de soleil est moins beau que la veille mais au moins aujourd’hui, j’ai mon appareil !
Dimanche 14 Mars 2004 Discussion avec les Motorbyke drivers qui ne comprennent pas qu'il ennuient les touristes à toujours leur demander : « Motorbyke, Sir ? ». Ils ne veulent pas admettre non plus que la vie soit plus chère ici qu’en Thaïlande ou au Laos. Hier soir, du fait de l’état des frères de Navy nous ne sommes pas allé au dancing comme prévu. Ca sera pour ce soir, paraît-il ? ‘’Biba club’’ ! Un mélange de karaoké et de dancing. J’apprends des chorégraphies qui feraient pâlir d’envie la ‘’Star Academy’’ Navy part demain avec sa famille ! Elle ne veut pas rester quelques jours de plus. Elle veut partir avec le reste de sa famille, en minibus et elle doit rouvrir sa boutique Donc, moi aussi ! Je vais regagner la Thaïlande. Nous resterons en contact et peut être nous reverrons nous !! Inch’Allah !
Lundi 15 Mars 2004 Départ en bateau climatisé pour rejoindre la Thaïlande. On doit d’ailleurs terminer en pick-up ! Puis je réussi à trouver un minibus qui va à Trat, d’où je pourrais aller à l’île de Koh Chang qui doit son nom à ce qu’elle a la forme d’une tête d’éléphant ! Trat, petite ville même pas mentionnée dans le ‘’Guide du Routard’’ Une petite GH sympa ! Et des fabuleux fruits de mer au Night Market ! Délicieux ! Plus quelques couques au coconut, un ‘’banana Röti’’ à l’Indienne. Elle est pas belle la vie ? Et en plus, le service est rapide. La bière est fraîche. Ici, il y a des frigos ! Au Cambodge, les boissons fraîchissent dans des coffres isothermes avec des pains de glace. Elles semblent fraîches mais tiédissent vite ! Je suis content de retrouver la Thaïlande et ses prix sympas et où de joyeux e-mails m’attendent sur le net ! Je salive en voyant les nombreux salons de coiffure où de belles coiffeuses shampouinent ou dégagent les oreilles aux hommes. L’une d’elle porte même un masque sur le nez et la bouche. Elle a du mal lire le journal et confondre grippe du poulet avec fièvre du cochon (qui sommeille . . . c’est bien connu)
Mardi 16 Mars 2004 Journée à glander, à écrire les dernières cartes postales, à prendre quelques photos, à envoyer quelques e-mails et à me régaler au marché à midi et au marché de nuit avec des fruits de mers tout frais qu’ils en bougent encore les oreilles.
Mercredi 17 Mars 2004 Nous nous retrouvons toute une bande de francophone dans le bateau pour aller à Kho Tchang ! Le taxi collectif commence à nous escroquer ! La route pour aller à View Beach est très longue et sinueuse. Les bungalows sont beaux et la GH est sympa. Mais la plage est en rochers coupants et il sera difficile de s’y baigner. Kho Chang est sensé être un parc naturel mais ça bétonne à tout va ! ‘’Arrêtez le carrelage !’’ Ca me fait du bien de parler français avec Thierry, Laure, Laurence et italien avec Eva. Je vais certainement rester quelques jours avec eux. On arrive dans une GH magnifique, la Best View Hut, avec un accueil restaurant splendide et une ‘’accueilleuse’’ encore plus belle et des bungalow sympas. Par contre la plage est rocheuse et les prix du resto sont assez élevés. Je ne vais certainement pas insister ici.
Jeudi 18 Mars 2004 Rien de spécial. Avec Laure et Thierry, nous décidons de changer de plage et d’aller dans une GH indiquée par le guide du Routard : La K P bungalows. La plage est splendide sous les cocotiers. Je ne comprends pas pourquoi on a choisi le sapin comme arbre de Noël ; le cocotier à une autre gueule. L’eau est délicieuse, moins chaude qu’a Sihanoukville. Farniente.
Vendredi 19 Mars 2004 Journée plage avec un bouquin de ‘’Bragon the Bath’’, un écrivain français qui se prend pour San Antonio. Il est édité en Thaïlande (300baths) et doit y vivre car il connaît le Pays.Il a de très bonnes choses et d’autres plus lourdes. Ses pseudo citations de Confucius, ‘’le livre des profondes platitudes’’ sont excellentes : ‘’Si le travail était si bon que ça, les riches prendraient tout et nous laisseraient que les miettes’’ Sinon Farniente.
Samedi 20 Mars 2004 Beaucoup d’activités aujourd’hui, des activités très dures et fatigantes : Plage, farniente, glande, une petite sieste et une petite heure de hamac tendu entre deux cocotiers. Finalement j’ai acheté un hamac, costaud, pour renouveler l’expérience dans mon jardin. Laure et Thierry partent pour Bangkok et vont aller dans les îles de la mer d’Andaman plus au sud.
Dimanche 21 Mars 2004 Le temps passe vraiment vite. Il reste un peu plus d’une semaine. J’ai un peu le blues en pensant à ça. Je fais une promenade, par le route jusqu’au village de Khlong Praho, minuscule village de pêcheurs dit le Guide du Routard. Tellement minuscule qu’il n’y a en fait que des boutiques à touriste, des restos, des locations de scooters des agences de voyages et des organisateurs de plongée et de SNORKELING. Même les Français, maintenant, font du SNORKELING. : « C’est quoi, ça ? » Si tu plonges avec des bouteilles, tu forces le respect. Tout le monde revoit ‘’20 000 Lieus sous les Mers’’, Cousteau ou la COMEX, voire James Bond ; mais si tu te ballades avec des palmes et un tuba, en apnée, là, tu passes pour un charlot, genre grand gamin, plutôt fauché, échappé d’une colonie de vacances. Alors tu fais du SNORKELING. C’est la même chose, mais en anglais, tu as l’air moins con. Ca fait moderne, nouveau, ça vient de sortir, dans le vent, ‘’in’’, ‘’fashion’’, quoi ! Ah ! Paraître ! Vous comprenez pourquoi je fuis les coins à touristes. Heureusement, ici à Kho Chang, il y en a peu car la saison est pratiquement finie : le gros des ‘’doryphores’’, comme on dit en Maurienne est ici en Janvier/ Février. Le propriétaire de KP Bungalows est en train de renouveler son parc cet il a pratiquement terminé de reconstruire tous les ‘’huts’’, en bois couvert de paille, à l’ancienne. Ses voisins ont été plus ‘’modernes’’ : L’un a fait des bungalows en préfabriqué, très laids ; l’autre a fait un hôtel genre temple bouddhiste, tout aussi laid. Il gardera les même prix : ceux qui sont loin de la mer continueront à être abordables. Sympa, un mec qui comme Hawa, au Nord Mali, ne court pas les $. Kho Chang est soit-disant un parc naturel, mais comme ici la corruption est, si j’ose dire, monnaie courante, les constructions bétonnées poussent comme des inocybes de patouillard. Ainsi, les anglosaxophones pourront venir se gaver de Heineken, de Coca (au mépris des fabuleux jus de fruits artisanaux), de pizzas, de hamburgers, et de french fried potatoes. Ici les ouvriers construisent de splendides bungalows en deux ou trois jours. Mais qui cela intéressera-t-il ? Des Thaïs relativement peu argentés et des Fernands un peu nostalgique. C’est Dimanche. Ils travaillent depuis 8 heures du matin : 9 heurs de travail par jour, avec une demi-heure de pause pour manger, 7 jours sur 7. J’ai aperçu leur logement : un baraquement en tôle chauffée à blanc toute la journée. Ici, pas de congés payés, pas de 35 heures hebdomadaires, pas de sécurité sociale, pas d’ Assedic et d’indemnités de chômage et pas de retraite. Ernest Antoine Seillière rêve de telles lois sociales pour la France. Peut-être est-ce lui qui les a dictées pour faire un laboratoire. Continuez à voter pour ses copains, il va vous arranger ça, en France. Le soleil couchant embrase tout le golfe de Siam, ici en Mer de Chine. Je regarde ce soleil qui éclabousse l’horizon, la petite île où un vieux rafiot hors d’age à conduit des touristes fauchés pour faire du SNORKELING et d’autres un peu plus aisés faire de la plongée, de la vraie, du DIVING.
Lundi 22 Mars 2004 Départ de Kho Chang pour Trat ou je retourne avec plaisir. En fait j’aime bien les villes que le guide du Routard trouve sans intérêt ou même ne connais pas comme Trat. J’y passerai la nuit, juste pour faire un tour au marché de nuit où on mange de si délicieux fruits de mer. En fait Serge, le Français qui tient ‘’ Tratosphère’’, une boutique d’artisanat et de bouquins d’occase, où je suis allé changer un livre, passe à Dream GH pour nous - je voyage avec une Belge que j’ai rencontré à Kho Chang et qui m’avait vu, parait-il à Tavee GH à Bangkok - conseillé d’aller à une fête nocturne en l’honneur d’un ancien roi, Rama V. C’est plutôt une sorte de foire mais on y mange aussi des fruits de mer délicieux.
Mardi 23 Mars 2003 Départ pour Bangkok en minibus. Le chauffeur casse la base en plastique de mon sac : GRRRR !!! J’ai acheté deux chapeaux locaux pour faire des abat-jour, dans la maison de moi, à Peronnas – France. Je n’y crois pas : Comme pour mon retour du Laos, il y a une fête dans le quartier de Tavee GH. En l’honneur de mon retour, probablement ! Cette fois c’est l’ordination de jeunes bonzillons, avec repas pour les familles et les habitants du quartier et spectacle de chants et danses. Qu’est ce que ça sera lorsque je reviendrais après Sept mois en France. A une table, il y a une femme avec un magnifique chapeau rouge. Je vais chercher mon appareil pour prendre un cliché et un de ses convives me photographie avec elle.
Mercredi 24 Mars 2004 Dans les paquets que j’avais laissé dans la salle des consignes de Tavee GH, un des orgues à bouche en calebasse est brisé. : Et cela malgré les avis – FRAGILE - HANDLE WITH CARE - que j’avais écrit sur le sac. GRRRRRR ! ! !. Merci les routards !
Jeudi 25 Mars 2004 Matinée cool. Tavee GH est particulièrement calme ce matin et je dors jusqu’à plus de neuf heures. L’après midi je prends un bus pour aller jusqu’à Bo Bae Market. Immense : un des deux ou trois marchés de gros, demi-gros et détail pour tout ce qui touche aux vêtements, de Bangkok. Les 6 ou 7 premiers étages d’une tour rose (et parait-il une autre tour voisine) et tous les quartiers environnants. Plus grand que Bourg en Bresse. Il y a peu de copies. Vous pouvez acheter un t-shirt ou le stock complet pour une saison d’habillement masculin et féminin pour une chaîne de grand magasins français : « Pour quand ? - Pour demain, c’est possible ? - Oui ! Même pour ce soir, si vous voulez ! »
Vendredi 26 mars 2004 Le Pont de la Rivière Kwaï, Le cimetière des Anglais du Pont de la Rivière Kwaï, le musée du Pont de la Rivière Kwaï, la gare du Pont de la Rivière Kwaï, les ‘’waterfalls (presque à sec à cette époque’’ du Pont de la Rivière Kwaï, les restaurants du Pont de la Rivière Kwaï, les marchants de bibelots et de souvenirs du Pont de la Rivière Kwaï. Voilà une affaire rondement menée : Le ‘’merchandising’’ du Pont de la Rivière Kwaï est bien organisé, à la Thaïlandaise qui sont très capables de rivaliser avec les occidentaux sur ce terrain. Ce sale moment de la dernière guerre fait vivre pas mal de monde : à quelque chose, malheur est bon ! Je ne m’éternise pas et souhaite aller au Wat Pà Luang Ta Bua, le monastère du Tiger Conservation Project. http://www.openworldthailand.com/index.cfm?menuid=69 Depuis que j’ai vu ce magnifique film de Etienne VERAHEGEN, ‘’’Little Buddhas and Tigers’’ sur ce monastère où des moines sauvent des tigres orphelins dont les parents ont été braconnés, j’ai eu envie d’aller les visiter. Comme ils connaissent l’homme, ils ne sont pas remis en liberté car ils seraient trop vulnérables. Il y a aussi d’autre animaux sauvages : buffles, cerfs, sangliers, paons, mouches. Des mouches qui ne font certainement pas les dégourdies avec les tigres mais viennent agacer mes jambes nues. Les fauves sont encore en cages : les jeunes d’un côté, les adultes de l’autre, tant que le personnel ne peut veiller au grain et que le parc est ouvert au public.Vers 14h30, les employés décrochent les tuyaux et vont jouer à doucher les tigres, avec du shampoing, s’il vous plait. Un seul tigre adulte n’apprécie pas la toilette ; les jeunes s’amusent comme des petits fous. Aujourd’hui, il y a Diane SMITH, la présentatrice vedette d’une télé australienne qui tourne une émission sur les voyages en Thaïlande. Elle doit des promener avec un tigre en laisse, mais ceux-ci n’obtempèrent pas tant que le bonze responsable n’est pas arrivé. A ce moment, ils deviennent gentils comme des moutons et obéissent à son autorité douce. La vedette se promène avec un jeune tigre, puis un autre et un adulte : « Coupez ! Elle est bonne ! » Ensuite les tigres adultes vont somnoler dans un sorte de carrière et je suis invité à aller en caresser un qui fait bien ses 300 kilos et à lui donner du lait en poudre à lécher dans ma main ! Je sens sa langue râpeuse comme celle d’un petit chat ! Je touche même une de ses canines. Je n’ai pas un centième de seconde de peur ou même d’appréhension. Je ne pense même pas que je devrais avoir peur. Mais je ressens une joie immense, une véritable jubilation lorsque ce gros Méou me lèche la paume. Il a l’air de me trouver sympa, mais un peu trop gros pour son goûter. S’il avait décidé de me mordre la main, il m’aurait arraché l’épaule. Et dire que j’avais peur de me retrouver nez à nez avec un tigre lorsque j’étais perdu, en motorbike, dans la jungle du côté de Vang Vieng au Laos, alors qu’ils sont sympas comme des gros chats ! Le docteur Somchai VISASMONGKOLCHAI, le sympathique vétérinaire du projet, me dit qu’ils vont essayer de faire un parc zoologique comme à Thoiry ou à Sigean. Sur les 11 occidentaux qui étions dans le minibus, je suis le seul qui soit venu voir ces matous. Les autres ont préféré visiter les chutes d’eau à moitié asséchées. Très bonne journée ! Point d’orgue de cette fin de séjour.
Samedi 27 Mars 2004. Dans trois jours je lève l’ancre. Je regrette de ne pas être allé n Birmanie et au Vietnam. Mais trois mois, c’est trop court ! Je glande un peu dans le quartier de Tavee GH. Je passe une très bonne après midi avec Fon que j’ai enfin réussi à joindre au téléphone. Le soir je vais discuter et boire une ou deux bières Avec Maha, Joy et la petite Natalie. Je lui enverrai un CD gravé avec Nathalie de Gilbert Bécaud et des contines. C’est une famille ave qui j’ai noué une relation d’amitié, dans le quartier de Tavee GH.
Dimanche 28 Mars 2004 Je ne pourrai pas passer la journée avec Fon, comme nous avions prévu. Elle a encore trouvé un travail. Désolant. Je vais faire un tour Au week-end market où j’achète un chapeau de paysan Thaï, un oiseau sur sa branche et des éléphants volants. Eh ! Oui !
Lundi 29 Mars 2004 Je glande copieusement. J’ai un peu les boules de partir demain. La seule chose qui me donne envie de rentrer, c’est mon fiston unique et préféré, Dominique. Lui seul me manque. Et aussi mes amis, un peu !
Mardi 30 Mars 2004 «Voyager, c’est aller chercher loin, le plaisir de rentrer chez soi.» L’oncle de Patrick Ferrand Taxi pour l’aéroport. Je ne revois pas le sosie d’Alima. Je verrai l’original à mon retour à Bourg Au revoir Bangkok ! Au revoir l’Asie ! A bientôt !
Mercredi 31 Mars 2004 Escale à Barhein où l’aéroport est décoré aux couleurs d’écuries automobiles, car le week-end prochain, il y aura le grand prix de Formule 1 de Barhein, justement. Paris Charles de Gaulle. Un TGV Lyon Part Dieu Et mon pote Jean Luc ! Et un repas à Villars les Dombes ou je mange enfin du fromage ! The End Conclusion en forme de conclusion, bien sur! « Alors, en conclusion, Fernand, ce voyage, bien passé ? - Très, très bien, Fernand ! - C’était l’aventure ? - Non ! L’aventure, c’est aller là ou il y a du danger, des risques, d’aller où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. En Asie du Sud Est, même dans des villages très reculés, il y a moins de danger que dans nos villes dites civilisées. - Qu’en retiens tu ? - Des quantités de choses et surtout des images très fortes ; j’en ai plein les yeux : Bangkok, qui m’a mis une bonne claque mais que j’aime bien malgré sa pollution, son niveau sonore ; les marchés colorés et odorants ; la nourriture aux goûts nouveaux et épicés ; les fruits tellement sucrés et parfumés ; la Akha Hill Guest house dans la jungle ; la Nam Tha River aussi dans la jungle ; le Mékong en speed et en slow boat ; Angkor Vat et le Ta Phrom où les pierres se marient avec les racines des arbres ; Luang Prabang, cette magnifique ville ; les 4000 Islands sur le Mékong ; la langue râpeuse des tigres que j’ai caressés et auxquels j’ai donné du lait en poudre à lécher dans la main au Wat Pà Luang Ta Bua, prés du pont de la rivière Kwaï. Et puis surtout les gens ; leur sourire ; leur propension à rire ; leur facilité à ne pas se prendre au sérieux et à ne pas dramatiser, à ne pas faire une montagne de choses insignifiantes ; leur gentillesse, leur ouverture d’esprit ; leur générosité ; les instants magiques que j’ai partagé avec eux, difficilement ‘’transcriptibles’’ sur papier. Et trois mois sans chaussettes ; sans slip ; sans mal de dos ; sans administratifs ou commerçants, qui font la gueule ; sans presque une goutte de pluie ; sans contraintes, mais sans fromage à part la Vache qui Rit sur le Mékong. Trois mois de soleil, lorsque en France on ‘’se les pèle’’. Trois mois de liberté. - Tu n’as pas été malade ? - Penses-tu ! Je n’ai même pas pensé que j’aurais pu être malade. La grippe du poulet ne m’a pas effrayé. J’ai surtout craint la fièvre de la poulette, mais ça s’est très bien passé. - Ah ! Les nanas ? - Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Les nanas ! ! ! ! . . . - Et qu’as-tu appris ? - Quelques mots de Thaï, de Laos . . . que les tigres sont des gros chats et quelques petites autres choses. Que pour les gens là-bas et surtout pour les femmes, je n’étais pas un ‘’vieux’’, un gros, Et que ce n’étais pas important si je n’étais pas pourri de fric, si je n’allais pas dans des hôtels luxueux, si je n’avais ni yacht, ni Roll’s, ni palais avec piscine, ni abdominaux en tablette de chocolat. Et les femmes là-bas - les femmes normales, pas les hôtesses des bars et autres professionnelles qui ne m’intéressent pas - sont beaucoup plus ouvertes qu’ici et pour elles coucher avec une homme n’est pas particulièrement ‘’tragique’’. - Et sur toi, Fernand, as-tu appris quelque chose ? - Oui ! Bien sur, Fernand ! J’ai appris à sourire, vite refroidi en rentrant en France, de peur de passer pour un extra terrestre ou ‘’un homo, comme ils disent’’. J’ai appris que je croyais être gentil, mais je suis presque une peau de vache par rapport aux Thaïs aux Khmers et au Laos. J’ai appris, quelque chose d’extrêmement important, que je soupçonnais déjà mais que j’ai vérifié là-bas : Qu’il ne faut pas être heureux pour sourire, mais qu’il faut sourire pour être heureux. Les choses ne sont pas comme nous le croyons ici : C’est sourire qui rend heureux, pas le contraire ! Le sourire donne le sourire intérieur Eh oui ! Vous ne me croyez pas, alors essayez ! Si je peux vous faire passer ce message, je n’aurais pas écrit ce texte pour rien ! - Alors, le prochain voyage ? Le Mozambique, la Moldavie inférieure, la Bosnie Herzégovine, le Zambèze ou Le Guatemala ? - Pas du tout ! Je crois que je vais retourner là-bas, mais pour 5 ou 6 mois, au moins. La Birmanie, le Vietnam, la Malaisie, l’Indonésie, etc. J’ai trouvé un vol Paris Bangkok aller/retour pour 528 Euros, Plus de 200 euros de moins que pour celui-ci ! - Pas cher ! - Si je vends 53 exemplaires de ce texte à 10 Euros pièce, ça me paye le voyage* ! - Bonne idée, Fernand ! Je t’en prends un ! - T’es con, Fernand, c’est toi qui a fait le voyage et qui l’a écrit !!! - Ah ! Oui, c’est vrai ! Je fatigue ! Vivement que je reparte ! » - A propos du voyage : on peut très bien retourner quelque part et, contre toute attente, se rencontrer soi-même, s’attardant encore là depuis la dernière fois.Helen Bevington - Le plus beau voyage, c’est celui qu’on n’a pas encore fait. Loïck Peyron En fait je viens de réserver un vol aller-retour Paris Bangkok du 2 Novembre 2004 au 30 Mars 2005 ! Alors, qu’est ce que ça va être ! Fernand * Rassurez-vous ! Je vous l’avais dit au début, ce texte vous est offert gracieusement ! La maison ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire son aimable clientèle. Et puis je me vois mal faire des séances de signatures dans les FNAC. HELP! Dites moi ce que vous avez aimé le moins et le plus dans ce texte et ce que vous auriez aimé y trouver. Ca m’aidera à faire mieux la prochaine fois. Et, s’il vous plait, donnez-moi des idées de fil rouge pour le prochain texte !
Un petit lexique: Ca ne fait pas de mal et ça me permet de réviser. Ces mots et expressions, je les connais et les utilise un peu. Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois, si je vais à Java ou si j’apprends le Mozanbicais, le Serbo-croate ou le Guatémaltèque. Il est important d’apprendre quelques mots, pour faciliter la communication, pour commander à manger et si . . . je veux trouver une petite fiancée, comme tous mes amis me le conseillent. Bien entendu la prononciation est phonétique, à l’oreille, à la française. La langue Thaï est très compliquée. Dérivée du Chinois et du Sanscrit, il y a 44 consonnes, 11 voyelles et 4 signes d’intonation. C'est-à-dire que chaque lettre, qui déjà par elle même signifie quelque chose, peut être prononcée dans cinq tonalité différentes. Par contre la grammaire est assez simple, il n’y a pas de pluriel et il n’y a ni conjugaison, ni passé, ni futur. Deux mots indiquent ces temps : Leo placé derrière le verbe indique le passé et Dja le futur. Pas de ponctuation, juste un espace entre les phrases. Pas de séparation entre les mots ! Sympa, les cancres pour les dictées, hein ?! Quand à l’écriture, même sous la torture, je n’arrive pas à la comprendre. Vous y trouverez aussi quelques recettes de cuisine. Ben tiens ! Il y a une langue spéciale pour s’adresser au Roi : le Rachasap. Ben oui ! Ils n’ont pas eu 1789, eux ! Et moi, j’ai une langue spéciale pour m’adresser à eux, un mélange de Thaï, d’Anglais, de Français, d’argot et même parfois d’Italien. Et ça marche bien !
Thaï. Les chiffres et les nombres. Les chiffres, je maîtrise mal. Il faut que je m’y mette.
Neug : Un Song : Deux Sam : Trois Si : Quatre Ha : Cinq Hok : Six Tjet : Sept Pet : Huit Kao : Neuf. Sip : Dix Yi Sip : Vingt Sam Sip : Trente. Si sip : Quarante Roï : Cent Song Roï : Deux cents. Neung pan : Mille
Les mots et expressions. Araï : Quoi ? Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R ainsi FeRnand se prononce plutôt : FaiHnant Aroï : Bon. Bakhap : Variété de fruits ressemblant extérieurement à de grosses cacahuètes, mais avec un fruit à noyaux, ligneux et acidulé à l’intérieur de la coque. Ban : Village Baht : monnaie officielle de la Thaïlande et officieuse du Laos. Chang : Eléphant. C’est aussi une marque de très bonne bière et l’emblème de la Thaïlande Chop : Apprécier (Pom Chop Kun : Je t’apprécie) Chogdi Khap (Kha) : Bonne chance. Dja : mot indiquant le futur Farang : Etranger, par extension touriste. En réalité, signifie personne aux yeux bleus. FaiHnant : Fernand. Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R Frankcet’ : Français ( Flankcet’) Khaa : Mot intraduisible que met une femme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Kaï : Poulet Khao : Riz Khao Phat ou Phat khao : Riz Frit Khap : Mot intraduisible que met un homme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Khene : Orgue à bouche Khlongs : Canaux. Il y en a quelques uns au cœur même de Bangkok et beaucoup à l’extérieur. Très beaux quartiers. Kop Khun Khap : Merci (dit par un homme - Khaa si c’est une femme qui parle) Laab ou Laap : Salade de poulet, de porc ou de poisson coupés extrêmement fins, assaisonnée avec de la fish sauce et des piments, du citron vert, des feuilles de coriandre et légèrement saisi. Parfois le poisson est d’abord grillé au barbecue. Leo : Mot indiquant le passé Matma : Beaucoup Maï : Pas ou Peu Maï Phet : Peu épicé Maï Sabaï : Ca ne va pas. Maï Tchaï : Non. Malais : Colliers de fleurs servant d’offrandes. Meou : Chat Meynuu : Menu Mou : porc Naam Plaa : Sauce de poisson ou de seiche. Nuoc Man en Vietnamien et fish sauce en Anglais Nam : Eau Naam : Rivière Nam kwat : Bouteille d’eau. Phat thaï : Nouilles (fried noodles) frites ( pas frites comme des frites, mais passées dans un wok avec de l’huile, des légumes croquants et de la viande de porc ou de poulet ou des crevettes, ou des encornets). Phat : frit (saisi dans un wok avec de l’huile) Phis : Esprits Pho - Prononcer Pheu : soupe chinoise. On voit aussi ce mot dans les vitrines des restaurants chinois, dans le XIIIeme à Paris On dit aussi ‘’soup’’, à l’anglosaxophone. Phu : Montagne (Wat phu : le temple sur la montagne : idem en Lao). Phrik : Piment. Plaa : Poisson Pom : Je Pom chop Kun : Je t’apprécie. Pom R(L)ak Kun : Je t’aime. Poupouille ou poumpouille (je ne sais pas trop) : Gros ou peut-être même enceint (je ne sais pas trop, non plus) « Il ne sais rien, ce mec ! » Phra phum : Petit temple ou peuvent se réfugier les Phis. Röti : Crêpe. La pâte est étalée comme une pizza, mise sur une plaque et repliée sur des tranches de bananes avec du lait concentré sucré et dorées sur les deux faces. Parfois, il y a aussi un coulis de chocolat (Tout simplement sublime) Sawa di Khap : (Kaa si c’est une femme qui parle) Sabaï di Maï ? : Ca va ? Soï ou soy : Venelle, impasse, ruelle Som Tam : salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, comme du céleri rémoulade, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments et de la coriandre ou de la citronnelle. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Sung : Mandoline à 4 cordes (2 doubles) Ta Maï Khap : (Kha) Tchaï : Oui Thanon : Rue Tuk-tuk : Sorte de croisement hybride entre le scooter et le tricycle couvert, servant de taxis, plus ou moins rustiques selon les régions où je suis passé. Il faut toujours négocier. Bon nombres de leurs chauffeurs descendent en droite lignée du ‘Grand Kaskouï’’. A Bangkok, il vaut mieux prendre un taxi-meter, souvent air conditionné, en exigeant qu’il mette son compteur à jour au départ. Tom Yam : Soupe Wat : Temple. Laos Le Lao ressemble au Thaï, malgré quelques variantes mais les Laos comprennent le Thaïlandais. Bo : Non Khene : Orgue à Bouche. Kip : Monnaie officielle du Laos. La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais. Et heureusement car 1000 Baths = 20 Euros = 270 000Kips. S’il te les donne en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Lorsque tu reviens du Laos, débarrasse toi de tes Kips qui ne valent pas un ‘’pet de lapin ‘’ en Thaïlande. Même les mendiants n’en veulent pas et te crachent à la figure si tu leur en donnes. Kao niaw : Riz gluant ou plutôt collant. Il sert de pain. On en fait des boulettes qu’on trempe dans la sauce. Khop Tchaï : Merci Laï Laï : Beaucoup Lao-lao : Whisky de riz (délicieux) Nam Pa : Sauce de poisson Niok-niok: Tchin-tchin Sabaï dii: Bonjour Sabaï dii : Bonsoir Sabaï dii ? ou Sabaï di bow ? : Ca va ? Sabaï dii ! : Ca va ! Tchao : Oui Cambodgien ou Khmer Bon Salagnon : Je t’aime – Eh ! Oui, ça sert ! Encontran : Merci Beaucoup Riel : Monnaie officielle du Cambodge. La monnaie réelle est le US $. Tu donnes des Riels à un Thaï, il rigole et n’en veut pas. Smalo : Bonne Chance. Somsabaï : Bonheur. Vœu prononcé par les bonzes lorsque tu leur donnes un peu d’argent. Quelques personnalités cités dans ce texte. Agiu : Chauffeur du Pick-up 4x4 de la Akha Hill GH Alima : Une amie de Bourg. Alioune BA : Mon ami de M’bour au Sénégal. Grand professeur de danse traditionnelle africaine. C’est mon frère jumeau, même si on ne se ressemble pas, parce qu’on est pas de la même couille. Caroline : Une amie de Bourg, randonneuse en rang d’oignon. Dominique : Mon Fiston, unique et préféré. Fatima : La sœur d’Alima et néanmoins amie. François : Québécois d’une cinquantaine d’années, qui voyage depuis 25 ans. Françoise : Une amie des restos. Frank: Trafiquant de bijoux en argent massif, rencontré à Huenxaï. Généalogiquement parlant, il n’est pas un des petits fils du ‘’Grand Kaskouï’’, mais il en a pas mal fréquenté. Guy : Un ami qui fait des courses en montagne et des marathons. Il a reçu la carte que je lui ai envoyé à cette adresse : Guy B . . . 38 Pont de Claix – France. Hélène : Beau brin de jeune fille bien comme il faut, propre sur elle, bonne dormeuse, élève de HEC. (Mais pas celle dont je suis sorti ! Moi, c’était Hautes Etudes Communales) Et tout ! Et tout ! Qui étudie le Chinois à Shanghai. Jean Luc : Mon ami d’enfance qui m’a emmené à la gare de Bourg, est venu me chercher à la gare de Lyon Part Dieu et a corrigé les fautes de ce texte. S’il en reste, engueulez-le ! Jim Morris : Gallois rencontré à Chieng Kong Louis dit Kabé : Un ami ‘’Borgiate’’, justement. Mohamed : Le directeur de Bourem 4 (Mali) Monique et Christian : Des amis d’Avrieux près de Modane. Mylaine : une Québécoise de 20 ans, belle comme un cœur, rencontrée à Luang Prabang, Elle voyage seule depuis l’age de 16 ans et travaille l’été comme serveuse au Québec. Ah ! Si elle pouvait passer le virus à mon Dominique de fils. Nohé : Femme du village Akha qui fait des massages à la GH. Patrick FERRAND : Un voyageur émérite qui travaille à la SNCF à Bourg en Bresse. Il a déjà effectué un immense périple en train entre Lyon et Pékin et retour par le transsibérien Pierre : Un ami aquarelliste que j’avais rencontré ‘’Chez Hawa’’ à Gao et avec qui je suis toujours en contact. Pierrot : Ou plus précisément Pierre un ami cheminot que j’ai connu à Modane et qui est allé plusieurs fois en Thaïlande. Roger et Martine : Couple de Québécois rencontrés au Bamboo Bar à Vang Vieng et retrouvé à Ventiane : Sympas. Sandra : Française rencontrée à Luang Prabang. Elle a peur de la fièvre des poulets. Moi, c’est de celle des poulettes Tep : Akha de la GH qui nous a accompagné aux ‘’hot springs’’ Remerciements A Jean Luc, qui m’a charrié et m’a ‘’filé’’ une bonne correction. A Luc qui m’a fait bonne impression. A tous ceux qui m’ont encouragé. A tous ceux que j’ai rencontré et qui ont fait de ce voyage, un paradis. A tous ceux qui vont lire ce texte. .oO0Oo.
A Dominique, mon fiston unique et préféré à qui je souhaite de faire de tels voyages. IL VOYAGE EN SOLITAIRE Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire, Il chante la terre, Et c'est une vie sans mystère Qui se passe de commentaires Pendant des journées entières Il chante la Terre Refrain: Mais il est seul Un jour L’amour l'a quitté S’en est allé Faire un tour De l'autre coté D’une ville où y avait Pas de place pour se garerII Il voyage en solitaire Et nul ne l'oblige à se taire Il sait ce qu'il a à faire, il chante la terre Il reste le seul volontaire Et puisqu'il n'a plus rien à faire Plus fort qu'une armée entière Il chante la terre (Gérard MANSET) Je fais partie de ceux qui ne connaissent jamais la direction de leur voyage avant d'être presque arrivés. Anna Louise Strong] Comme lorsque je suis allé à Bourem (Mali), j’ai pris des notes au jour le jour et vais vous concocter un texte, pas piqué des moustiques. Le ‘’Vous’’ en questions, ce sont : mon fiston, mes amis, mes copains et relations et en aucun cas les clients des libraires, ni le jury du grand prix de l’Académie Française. Je vais essayer de vous faire appréhender ma vision de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge. J’y mettrai des anecdotes, ce que, j’ai vu et entendu, ce que j’ai vécu, et ce que j’ai ressenti, compris ou analysé, ce que j’ai mangé et bu bien entendu. « Tu parles gourmand comme il est. . . » Je passe certainement des épisodes importants, soit parce que je ne me rends pas compte de l’intérêt qu’ils ont pour vous, soit parce que j’ai oublié de les noter, soit parce qu’ils sont fugaces, soit parce qu’ils sont difficiles à transcrire en mots, soit parce que je n’arrive pas à relire mes notes, soit parce qu’ils sont trop . . . personnels. Eh ! Oui ! J’espère ne pas être trop sérieux ou en tout cas ne pas trop me prendre au sérieux. Quoique . . . Je serai aussi un tantinet didactique, avec un lexique, par exemple et des observations pertinentes et engagées. J’espère aussi que vous prendrez du plaisir à me lire, et que je vous donnerai l’envie d’aller faire un tour là-bas. 29 Décembre 2003 Aziz ! « J’y crois pas ! » Le pilote s’appelle Aziz ! Gulf Air, j’aurais du me méfier. Que les balayeurs de l’avion, les mecs qui portent les bagages, le mec qui fait le plein de l’avion et même les steward et les hôtesses, soient des Arabes : Pas de problème ! Mais le pilote . . . ! (Allusion à un très ancien – vous n’étiez peut être pas encore nés . . . - sketch de Guy Bedos, au second degré, bien sur !) Ca part mal ! Retard ! Il manque une passagère . . . Belge (eh ! oui ! Ca ne s’invente pas !) On doit enlever ses bagages des soutes de peur que ça ne soit une bombe. Les hôtesses font ensuite changer de place deux passagers aux allures de terroristes. Ensuite elles passent dans les allées latérales de l’avion pour vérifier que les hommes n’ont pas un début d’érection, ce qui doit gêner la gestion ‘’du manche à balou’’ (Allusion à Marylou, une chanson de Serge Gainsbourg). Elles en profitent aussi pour vérifier que les ceintures sont bien bouclées ! Puis l’avion fait deux ou trois fois le tour de Roissy. Peut être pour retrouver la Belge ? On décolle, on vole et on atterrit : impec. Escale à Abû Dabi, aéroport moderne ! Je me tape un petit tofu au curry, aussi insipide que la nourriture distribuée dans l’avion. Vol Abû Dabi – Bangkok. Les hôtesses sont plus jeunes et plus aimables que celles du premier vol. Il y en a deux ou trois avec qui je ferai bien le voyage. D’ailleurs . . . je fais le voyage avec ! Mais bon ! La THAÏLANDE Le pays du sourire. Le voyage est ma maison. Muriel Rukeyser Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. Marek Halter Le temps n'appartient à personne Ballet d'étoiles insaisissables Instant présent, tu es l'essence du voyage. Mylène Farmer] (Vertige) Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain. Roland Dorgelès Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. Guy de Maupassant . . . de race humaine, Nationalité terrienne. Hubert Félix Thiéfaine La ballade d’ Abdallah Jéronimo Cohen La monnaie officielle est le Bath ou Baht. Selon les guides, on trouve les 2 orthographes. 100 Bahts = 2 € 1 € = 50 Bahts (légèrement moins en fait, mais vu ma science des chiffres, j’arrondis allègrement.) 30 Décembre 2003. Bangkok ! Incroyable ! A une des cafétéria je crois reconnaître Alima, une de mes amies de Bourg ! Déception ce n’est pas elle, c’est une véritable Thaï, en chair et en os. Le taxi-meter (j’ai refusé la limousine et les taxis bidons qu’on me proposait d’abord) ne sait même pas où se trouve Tavee Guest House, Sri Ayuttaya Thanon, soy 14, quartier de Tewet ! Ca ne doit pas être le Hilton ! Merci le Guide du Routard ! Guest House à l’ancienne, toute en teck, dans une petite venelle (soï). Il est interdit d’y fumer ou d’y brûler de l’encens et des antimoustiques dans les chambres. J’en connais quelques une que ça ennuierait pas mal. N’est ce pas Françoise ? N’est ce pas Fatima ? Premier contact avec une de ces ‘’fameuses’’ guest house dont le Guide du Routard est truffé ! Ce sont des petits hôtels familiaux qui accueillent des hôtes payants ! Pendant trois mois, je vais en fréquenter pas mal, au cours de mon périple. C’est propre, avec un mini temple à l’entrée et un aquarium et des bassins avec de gros poissons rouges et des carpes. Ma chambre est sympa, avec ventilateur. Je sors et commence à me perdre dans un marché voisin ! Et je n’ai même pas pris la carte de la GH. Je suis dans le coltard à cause du ‘’jet lag’’ (décalage horreur !) et je vais pioncer un peu. Le quartier est vivant et animé. A l’atmosphère, je sens que je vais aimer cette ville, bien que Pierrot, m’ait assuré qu’il n’y avait pas grand-chose à y faire.
31 Décembre 2003. Dernier jour de l’année, même ici ! Comme c’est parait il le jour du Lucky Buddha, un chauffeur de ‘’tuk-tuk’’, me propose de me faire visiter trois temples et une bijouterie, ben voyons, pour seulement 20 Baths, la monnaie du pays – environ 40 centimes d’Euro. J’y vais quand même. Près d’un temple, un Thaï et un cuisinier Lyonnais m’indiquent la bonne affaire : C’est la semaine de promotions à la bijouterie et il y a un gros ‘’discount’’ Si j’achète des bijoux aujourd’hui, c’est le dernier jour, je peux les revendre le double en France. Le Lyonnais, se paye toutes ses vacances, ici, en Thaïlande de cette façon ! Paraît-il ! D’ailleurs le véritable but du tuk-tuk est de m’emmener à la bijouterie. La moindre bague coûte 300 Euro ! Bon ! On verra plus tard ! Je me renseignerai en rentrant en France. En passant devant une boutique dans un marché couvert, près de Tavee GH, je regarde une famille et quelques amis, qui font du karaoké familial et qui s’amusent beaucoup. Ils m’offrent des verres de bière avec des glaçons. Je remets ma tournée. Ils me proposent alors de chanter mais c’est écrit en Thaï et même sous la torture . . . On boit quelques bières, bien rafraîchissantes et qui chauffent quand même les oreilles. Va comprendre ! J’arrive juste à Tavee GH pour prendre une douche et me rendre a Sri Ayuttaya GH, à l’entrée du soy. C’est l’autre GH de M. Tavee qui y propose un réveillon pour les pensionnaires des deux GH. Whisky, glaçons et Coca ( ?) à volonté et une vingtaine de plats thaïs en buffet. Je ne me fais pas prier et je goûte à tout, même au coca, car je commence à avoir un ‘’petit coup dans le museau’’. Mais je mets une bonne ambiance et danse avec le personnel, qui raffole de ma prestation. Happy New Year!
1er Janvier 2004. Je glande un tantinet. J’en profite pour tester l’authentique massage thaïlandais qui n’a rien de coquin et est plutôt énergique et tonique. Certains puristes prétendent que le body-body, donc beaucoup plus coquin, est en fait, celui-ci, historiquement authentique. Mais bon !
2 Janvier 2004 En Thaïlande, on peut manger à n’importe quelles heures du jour et de la nuit dans des sortes de restaurants en plein air. Mohamed, le Directeur de Bourem 4 appelait ça des gargottes. Donc, dans une gargotte, ou un restaurant de trottoir ou de coin de marché, comme vous voulez, je me trouve assis à la table de Pranee et Korn. C’est un couple de catholiques. C’est bien ma chance : il y a deux ou trois % de catholiques en Thaïlande, et moi qui suis intéressé par le bouddhisme, je tombe sur des chrétiens. Néanmoins, ils sont sympas. Ils sont venus à ce marché pour acheter des flacons en plastique car ils fabriquent des jus de fruits et les embouteillent eux-mêmes. Ils me proposent d’aller chez eux, à l’extérieur de Bangkok, dans les khlongs, C’est un quartier de canaux à la végétation luxuriante, charmant ; un oasis de fraîcheur à deux pas de la trépidante Bangkok. Je goûte des jus de fruits de leur production, qui sont délicieux. Nous visitons un peu les khlongs et allons dans un parc. : Magnifique. Ils me ramènent à Bangkok et me laissent à Chinatown, le quartier chinois de la ville, où ce ne sont que des boutiques de bijoutiers, de chips de crevettes de toutes les formes et de toutes les tailles, d’artisanat, de tissus, des papeteries et des restaurants. Vraiment l’impression d’être en Chine : tout est écrit en Chinois. Et je peux vous dire que c’est plutôt Chinois à comprendre. Les aventures d’Ysabell Sur Chakra Phong Thanon, je rencontre une fille qui m’aborde. Rien de choquant, au premier abord, car souvent les Thaïs me gratifient d’un ‘’Hello Sir’’ ou d’un ‘’Sawa di Khap’’ et les conversations s’entament facilement. La fille est assez belle. Elle est chaperonnée par un petit bonhomme, son cousin, parait-il. Elle commence à me raconter que sa sœur, qui parle le français, va faire un stage en France. Le cousin renchérit. Elle me demande si je veux les accompagner chez eux, afin de rassurer la sœur qui n’est jamais sortie de son trou (mouais !) et surtout la mère qui pense que les Frankcets (Français) mangent les jeunes filles. Je prétexte que je dois voir des amis et refuse poliment. Je ne les sens pas trop. Le cousin est trop insistant. Ysabell, pourtant est bien mignonne. Un autre jour peut-être. Je donne néanmoins le n° de téléphone de Tavee G H et Basta ! Fin de l’épisode. A suivre
3 Janvier 2004 Bangkok est traversée par la Chao Praya River et par de nombreux klongs. Pour se déplacer, des bateaux, sorte de bus, qui vont du nord au sud, et inversement bien sûr, plutôt sur la droite de la ville lorsqu’on regarde le plan, en tout cas : très pratiques et pas chers. Je siffle en imitant le marinier qui a code convenu avec le pilote : Il se marre ! A thanon Kao Sarn, la rue à touristes par excellence de Bangkok, un soir en rentrant à ma GH, je dois traverser cette rue, et je vois comment les flics locaux gèrent le cas d’un ivrogne : Ils appellent un triporteur et charge l’ivrogne dans la caisse pour le faire conduire chez lui, ou au poste. Tout le monde rit, même les flics. Oui ! Oui ! Ici, même les flics rient ! Et quand un gendarme rit dans la gendarmerie . . . C’est tactique !
4 Janvier 2004 Je tombe en plein Bangkok, sur un centre commercial moderne avec même un Kentucky Fried Chicken, un Mc Do et autres Amerikkkonneries. C’est la Mc Domination et la Cocacolanisation ! Je vais cesser de boire du Whisky Coca, je serai plus vite bourré, mais je ne collaborerai pas. Tu entends, José ? Sur l’air de la chanson ‘’José Bove’’ de Gustave Parking : Kao Sarn Road Y’a un Mc Do Qu’est ce que tu fais José Bové. 5 Janvier 2004 J’ai mangé, à un coin de marché, une soupe au porc et aux larges nouilles.qui m’a bien dégagé les sinus, un peu trop pimentée. Dans les soupes, j’ai du mal à bien doser le piment concassé car il se dépose au fond du bol et la fin de la soupe est très, très, très piquante. Hier, j’ai rencontrée Fon, une Thaï sympa que je dois revoir aujourd’hui. Lapin ? La belle a trouvé du travail. Une fille qui préfère le travail à moi : Je suis vexé ! En fait, je comprends. C’est difficile de vivre en Thaïlande sans travail. Ici, il n’y a ni ASSEDIC, ni RMI, ni ‘’Resto du Cœur’’
6 Janvier 2004 Les aventures d’Ysabell (Suite) La belle Isabell a laissé plusieurs messages à Tavee GH, me réclamant à cor et à cris ! Pour voir ce qui en retourne, je la rappelle - 094 902 474 ou 090 030 679 -. Rendez-vous. Et ce matin, je retrouve Ysabell, toujours munie de son cousin. Ils me proposent de venir manger à la maison. OK ! Ils hèlent un taxi ! On va dans un quartier éloigné et on débarque dans une petite maison individuelle, meublée avec goût ! Pendant qu’Ysabell me mitonne un poisson avec des légumes et du riz, je discute avec le beau-frère. D’où sorte-il celui-ci ? Il est là, comme par hasard tandis que le cousin s’est éclipsé. Le beau-frère me raconte sa vie « Et la sœur qui doit aller en France ? - Elle est à l’hôpital, avec une ‘’génuflexion’’ de poitrine ou quelque chose comme ça. » Le beau-frère, me propose alors l’affaire du siècle : Il est croupier sur un bateau ( ?), à une table de baccarat et me propose de m’apprendre à jouer et à gagner à coup sûr au Baccarat puis il m’invite sur son bateau pour aller plumer un pigeon. Je flaire l’embrouille et demande à réfléchir. Je rappellerai Ysabell à mon retour du Laos. Ben Voyons ! A suivre ! Car il y a une suite . . . et même deux. Et antérieures en plus. Va comprendre.
7 Janvier 2004 A Tavee GH, est arrivé, depuis quelques jours, Joël, un Suisse de La Chaux de . . . Fonds. Et même un douanier suisse ! Pas un imbécile, donc (Allusion à un sketch de Fernand Reynaud) Il va aller à Chiang Maï pour faire du trekking et même escalader le point culminant de la Thaïlande et descendre une rivière en raft. Nous quittons Bangkok ensemble dans un VIP Bus. ! Les sièges couchettes sont bien, mais l’air conditionné est réglé à fond et on se les pèle. On s’arrête pour un repas, compris dans le prix du billet : Une cuiller de légumes insipides, une languette de poisson séché et un bol de soupe pas salée et pas de sel, pas de soya sauce, pas de fish sauce et pas de piment. Ils me croient au régime ou quoi ? Je vais finir par maigrir.
8 Janvier 2001 Dans le bus nous faisons connaissance avec Ajay, un Indien qui vit à Chiang Maï. Il y possède un restaurant et sa femme, très belle, est coiffeuse. Il nous offre un thé en attendant l’ouverture de Moon light GH, qu’il nous conseille. Nous rendons visite à Simon, un Français patron de CC Teak House, une belle GH et organise des treks qui intéressent notre Guillaume Tell. Et Simon en profite pour me raconter . . . Les aventures d’Ysabell (Suite) Il a eu un jeune client Français, intéressé par les propositions du beau frère d’Ysabell. Celui-ci est allé sur le bateau pour jouer au baccarat. Pour faciliter l’histoire nous l’appellerons Maurice. Comme promis, c’est bien le beau frère qui avançait l’argent des mises. Il a gagné une grosse somme d’argent. Au dernier tour de carte, Maurice avait un jeu gagnant, mais le beau frère n’avait pas assez d’argent pour contrer le soi-disant pigeon. Et il en a demandé à Maurice. Celui-ci, mis en confiance par ses gains précédents et la faconde assurée du beau frère, a foncé et a gagné . . . le droit de se mordre les doigts. Car le coup était foireux, moins gagnant que prévu, et notre ami Maurice y a laissé 4600 Euros (30 000F) somme qu’il voulait consacrer à se payer une formation à la médecine orientale et au massage Thaïlandais La bande l’a copieusement menacé afin qu’il ne prévienne pas la police. A suivre. J’ai un bon contact avec les Thaï et les Thaïlandaises. Au marché, ce matin, l’une d’elle m’a offert une superbe fleur rouge. J’en suis tout retourné. Malheureusement elle ne parle que le Thaï et est très occupée, sinon je lui aurai bien fait un brin de causette. J’ai rencontré une naine : Ce doit être ça, une Thaï basse.
9 Janvier 2004 J’ai assisté à des entraînements à la boxe Thaïlandaise.Beaucoup de musculation et de massages avec les pieds. En rentrant à ma GH, le soir, un travelo m’a dragué. Et mal rasé en plus ! Elle a eu beau me vanter l’air conditionné de sa chambre, ça n’a pas marché. Et pas seulement parce qu’elle était mal rasée. Les, Som Tam ou salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Quelques une ont réussi à me faire pleurer sans aucune tristesse.
10 Janvier 2004 Pour la troisième fois la petite fleuriste m’a offert une fleur, une rose, cette fois. Pure gentillesse, car, en fait, c’est la femme du patron, qui est sympa, lui aussi. A moins qu’elle soit particulièrement infidèle. Au resto, je tombe sur une caricature d’’’homo’’ anglosaxophone, maquillé et décoré comme l’entrée de Disneyland, limite ‘’Cage aux folles’’, accompagné d’un gosse de 12/15 ans pas plus et manifestement ce n’est pas son fils. Celui-ci fait des caprices à propos des plats et mange dans l’assiette de son ‘’protecteur’’, ce qui lui déplait fortement. Rageant, il en commande d’autres. A la fin, c’est le gamin qui paye. Ils n’ont pas mangé la moitié des plats. Va comprendre. Le marché de nuit est un élevage, en batterie, de touristes et de commerçants collants. C’est dommage car on est obligé de longer toute cette rue pour aller à l’un des deux ‘’food-center’’ où il y a des stands avec tout un choix de nourritures, toutes plus appétissantes et délicieuses les unes que les autres. Des brochettes de lamelles de porc, avec une sauce à base de cacahuètes réduites en purée, avec du citron vert et du piment. Sublime.
Dimanche 11 Janvier 2004 A partir d’ici, je mets les jours sur mon carnet de notes, car autrement je ne sais plus où j’en suis . . . Donc vous y avez droit aussi, même si vous n’en avez rien à faire. Je passe dans un temple où se déroule une sorte de fête de quartier. Les Thaïs s’empiffrent copieusement et m’ignorent totalement. Finalement j’arrive dans un quartier de quatre ou cinq petits restaurants où les gens mangent en famille. Je discute et bois une bière avec une famille sympa qui s’étonne de ma présence ici. Je réponds que je viens en Thaïlande pour voir des Thaïs, pas des Farangs. Je ne suis en général pas fana des soupes, mais ici je m’en régale : au canard, au poulet, au porc (mou), aux fruits de mer. Mon appareil photo déconne. Il doit être déprogrammé. Il ne fait jamais le nombre de photos prévu. 14, 15, 21, 24, et 3 : jamais 36 ou 37. 3, là c’est trop : je le change. Dernier jour à Chiang Maï. J’ai échappé à : Les villages des tribus du Nord : Hakas, Karens (dont les femmes se mettent des annaux autour du cou afin de l’allonger (femmes girafes), les Lisus, les Chans, etc . . . qu’on montre comme des animaux de Zoo ; Ici à Chiang Maï, les ‘’treks’’ avec visite des tribus sont un peu bidons ; Une demi-heure dans un village pour se faire fourguer de l’artisanat local. Comment avoir un vrai contact avec les gens dans ces conditions. Lorsque je pourrai, je passerai un jour ou deux dans le village d’une tribu. Le point culminant que Joël, le douanier suisse veut escalader : Il y a une route qui mène au sommet. La ferme aux orchidées, vraiment belles, mais à la saison des pluies. La ferme aux papillons, intéressants lorsqu’il y a des orchidées. Les papillons ne sont pas si cons que ça et butinent peu les fleurs de bananiers qui ne sont pas terribles. Je sais, j’ai goûté, dans un plat. La ferme aux touristes La ferme aux éléphants : cirque. Si je peux, j’irai dans une vraie ferme village qui utilise encore des éléphants pour débarder le bois. Au Laos, peut-être. La ferme aux singes : cirque La ferme aux reptiles : cirque La ferme aux crocodiles : cirque. On y met une poignée et ça fait un sac à main. La ferme aux ‘’hôtesses’’ : Je n’aime pas être dans le troupeau et il me déplait fort, ici, d’être parfois, dans le troupeau des touristes. Je ne voudrai pas en plus être dans le troupeau des touristes sexuels. (J’ai trop vu à Bangkok, mais aussi ici, des vieux ‘’barbons’’ plutôt ‘’anglosaxophones’’, d’ailleurs, accompagnés de minettes de 16 à 20 ans qui font bonne figure, mais ont l’air de s’emmerder copieusement lorsqu’elles ne se sentent pas observées. Je fuis les quartiers où les touristes s’agglutinent, où on devient surtout un client à qui on va faire sortir le plus possible d’argent. La Thaïlande est un pays magnifique avec un bon réseau de communications. Il est donc facile pour les hordes. Les Thaïs sont des gens souriants, gais, ouverts rieurs. Ils laissent ces qualités à la maison, dans les quartiers à touristes. Mais même dans une ville comme Chiang Maï où ils abondent, ils se regroupent, s’agglutinent dans des quartiers bien précis : Ici, le carré formé par les canaux et le night market. Ailleurs c’est la vraie Thaïlande avec de vrais Thaïs J’en ai peu vu, des Farangs dans le grand marché le long de la rivière, dans l’immense marché du dimanche, et dans les quartiers où j’ai erré, mangeant dans des restaurants de coin de rue ou de coin de marché. Dans ces zones vierges d’occidentaux, les gens ont l’âme et le cœur à fleur de peau, toujours prêts à sourire et même à rire pour un rien, toujours prêts à saluer ou à répondre à un salut et à entamer la conversation, malgré la barrière d la langue. Il ne faut surtout pas ‘’interpréter ‘’ leur sourire ni répondre par un sourire ‘’interprétable’’, ambigu. Juste sourire. J’achète, un sung, sorte de mandoline sur un immense marché, le Sunday Market, où peu de touristes chalandent. J’y ai aussi trouvé une flûte. Je vais être chargé comme un buffle. Pauvre bête !
Lundi 12 Janvier 2004 Déjà 12 jours ! J’ai bien rempli mon temps. Bus pour Chiang Raï. La route est une belle route de montagne, mais au lieu des pins, sapins et autres mélèzes, ici, il y a des bananiers, des cocotiers, des tecks et d’autres essences méconnues. Quelques rizières aussi, les premières que je vois. Et partout des Thaïs en train de travailler. Ils sont très bosseurs. Ils doivent avoir le chromosome borgiate* Au bord de la route, de superbes maisons de teck sur pilotis, à cause de la saison des pluies. Il s’en construit de moins en moins car leur coupe est réglementée, suite au pillage de leurs forêts pour nos meubles de jardin : merci la mondialisation. * Borgiates : Habitants du petit village du Bourget en Savoie, près de Modane qui sont toujours en train de travailler. Pas vrai, Louis ?
Mardi 13 janvier 2004 Chiang Raï est une jolie petite ville du Nord de la Thaïlande, sympa et pas trop touristique. Le marché est sympa. Partout il y a des marchés et ils sont toujours sympas. Des quantités de légumes, souvent inconnus ; des fleurs ; des aromates aux parfums . . . Hmmmmm ! ; Des plantes médicinales ; des fruits nouveaux pour moi ; J’adore ça. J’ai les papilles du nez ( ?) et de la langue qui frémissent de plaisir. Les Thaïs sont plutôt petits, pourtant je viens d’en rencontrer un très grand : Ce doit être un Thaï haut ! Je rencontre 3 Français au ‘’ food center’’ du ‘’night market’’ de Chiang Raï. On descend quelques pichets de Singha beer. Ils travaillent l’été en Corse dans la restauration, économisent à fond, et partent le reste de l’année en profitant du chômage, bien sur. Je les encourage dans cette voie. Là, ils vont passer au Laos et en Chine. Grosse pluie, heureusement brève. Les chanteurs et les danseuses évoluent devant des chaises vides car tout le monde s’est éclipsé à l’abri sous une halle. La Thaïlande est comme le Japon après la guerre. Elle est en train de bâtir son économie sur la contrefaçon.Au même titre que les premiers ‘’Canon’’ étaient des copies de ‘’Leica’’ et de ‘’Praktika’’ Il y a des copies de toutes les marques : vêtements, parfums, chaussures de sport, pièces auto. Il paraît même qu’on trouve des copies de ‘’Mercedes’’ construites sur des chassis d’ ‘’Isuzu’’, elles même copies conformes de ‘’Toyotas’’. J’ai vu une très mauvaise copie de ‘’Porche 911’’, artisanale et très laide.
Mercredi 14 Janvier 2004. J’ai entendu parler d’un village Akha où il y a une GH, gérée par les habitants du village, pour payer les études de leurs enfants. Je vais laisser mes bagages à Chat GH, ici à Chiang Raï et prendre leur pick-up qui monte les éventuels voyageurs vers 16 ou 17h. Je mange dans un coin de marché, pas encombré par les touristes, une soupe rouge, très épicée, avec des abats de poulet. Il y a des légumes, des nouilles très fines, genre cheveux d’anges, des pousses de soja encore croquantes, des aromates, cette fois de la citronnelle, de la naam plaa . Une saucisse chinoise, un peu sucrée pour accompagner tout ça et hop ! J’ai offert des tranches de saucisses aux gens près de moi Tous ont refusé, mais ils ont acceptés des Bakhaps, une sorte de fruits dont ils semblent raffoler. Tout de suite l’ambiance se détend et des gerbes de rires jaillissent lorsque je prends une photo. Ah ! Ces soupes de Thaïlande, avec des morceaux ou des boulettes de viande ou de poisson, des crevettes ou des fruits de mer et toutes ces épices et ces aromates : ail, basilic, citronnelle, citron vert (il y a de tout petits citrons verts, gros comme une prune, qui contiennent au moins un litre de jus), curry, coriandre, gingembre, menthe, et piment bien sûr et beaucoup d’autres dont je ne sais pas le nom. Combien de fois, dans un plat suis-je tombé sur un goût nouveau pour moi ou sur un marché, sur des odeurs complètement inconnues. Dans les marchés, il n’y a souvent que des marchands de soupe dans un coin ou que des barbecues dans un autre coin. Dans ces marchés et dans les rues, les commerces sont souvent groupés par catégories, vendant exactement les mêmes choses. Je crois que c’était comme ça, en France, au moyen age. A Bangkok, je suis passé dans une rue il n’y avait que des coiffeurs. Ce n’était pas le ‘’coup de feu’’, et chacun d’entre eux, sur le pas de son échoppe voulait me couper les cheveux. On attendra un peu, si tu veux ! J’ai vu aussi, toujours dans un quartier de la capitale, un marché, de gros (ne me regardez pas comme ça, SVP !) ou de demi gros, je pense. Les marchands de crevettes séchées avaient 50 sortes différentes, de toutes tailles et de toutes couleurs. Idem pour les piments et les riz. Au Maesalonf Fresh Coffee, je bois mon premier ‘’vrai’’ expresso depuis mon arrivée. Bon ! Le café est rarement bon, sauf à Tavee GH. Je l’ai remplacé par des jus de fruits délicieux, ou des shakes, ou des fruits. D’ailleurs, dans ce café un tantinet touristique, les coconuts shakes sont tout simplement sublimes, crémeux, fins parfumés . . . J’en ai les yeux dans le vague. Le prix à payer, comme c’est aussi un Internet café : les touristes. Maintenant il y a une famille suisse avec un gamin qui braille. . . Je n’ai pas encore entendu un bébé ou un enfant Thaï pleurer. Les Thaïs eux-mêmes, si on excepte les klaxons des embouteillages de Bangkok, ne se mettent pas en colère, ne se disputent pas, ne s’énervent pas. Souvent ils rient, là où nous ‘’pèterons un fusible’’ Petites maximes ou citations vues et lues par ici. - Smoke outside ! Smile inside ! - Il n’y a pas de grandes tâches difficiles qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles. - Drugs compagnies want to be the only ones to sell you drugs. Opium was a legal cough suppressant (antitussif) in the USA, until 1920 - Une jolie femme: Pour l’amoureux, c’est un sujet de désir, pour l’ermite, un sujet de distraction et pour le loup . . . un bon repas. - Si tu as un problème, de deux choses l’une : Soit tu peux le résoudre, et ça ne sert à rien de faire la gueule. Soit il n’a pas de solutions et ça ne sert pas plus de faire la gueule. Quand je vous disais que j’allais être didactique !
Devant les maisons ou même à l’entrée des boutiques, GH ou restaurants, il y a des minis temples fleuris avec des malais ou avec des offrandes de nourriture. J’ai aussi vu des offrandes de fruits ou de boissons à des coins de rue ou sur des ponts. Je pensais que c’était un rituel bouddhiste. C’est en fait la place des esprits ou Phis. Il n’est pas situé n’importe où ni n’importe comment et inauguré à une date favorable. La religion des Phis fait bon ménage avec le Bouddhisme. Houah ! La route pour monter au Akha Hill Village est raide et défoncée.Agiu, le conducteur du 4x4 est super calme ; il franchit les obstacles tranquille et nous ne sommes presque pas secoués. La route est bordée de bananiers et de bamboos (J‘écris bamboo : ça fait plus exotique !) et par la jungle. Il semble qu’il y ait un problème pour la chambre. A leur bureau de Chiang Ra¨, j’en avais réservé une avec douche. (80/100 Baths) et il semble qu’il n’ y en ait plus. Finalement, Brakass (ce n’est pas son nom, mais il a un bras dans le plâtre) m’en propose une, en face du restaurant, sans douche, pour 60 Baths. Les toilettes sont à quelques dizaines de mètres. Pas grave ! Pour le restaurant, il y a un petit carnet – le book – pour chacun afin d’y noter ce qu’on boit et ce qu’on veut manger. Pas de contrôle. A la fin il suffit de faire le total et de payer : la confiance totale. Tu vois ça en France ? Le soir on a droit à un concert de grenouilles et de crapauds : magnifique. Une mamie vient me proposer un ‘’Akha Massage’’. Chaque tribu doit avoir le sien. Je connaissais déjà les ‘’Thaï massages’’, les ‘’Foot massages’’, Les ‘’Thaï herbal massages’’ et les ‘’Thaï oil massages’’ Je vais mettre au point et faire breveter le ‘’Bressan massage’’ et me faire un paquet de ‘’thunes’’ Jeudi 15 Janvier Cocorico !!! Ils ont du changer les piles des coqs et mettre des ‘’Duracell’’, comme au petit lapin, car c’est vraiment fort et ça dure. J’avais peur que ce soit un village pour touristes, mais non. C’est un vrai village, avec ses femmes qui fabriquent et vendent de l’artisanat, ses enfants qui vont à, l’école, ses jeunes qui viennent discuter avec nous le soir, ses travailleurs, sa vie, ses volailles, et les ‘’Bungalows’’ de la GH sont construits comme leur maisons et éparpillés dans le village. Ils sont en pétard contre les missions baptistes, qui raflent tous les dons et les subventions en faveur des Akhas afin de les instruire, mais surtout de les convertir. Ils disent ne pas avoir besoin d’une autre religion. La leur est bien et leur suffit amplement. Quelques expressions relevées dans le Journal des Akhas. - Mission of destruction for enslaving the hill tribes. - Missionaries: When will they oppose the oppression? - Why were the missionaries silent about the killing of 2274 people in Thailand? Many of them are from Hill Tribe. - Missionaries, don’t follow the teaching of Jesus. - Attention please: We don’t want new religion. - Missionaries steal Akha Children. What mission could survive without its Akha Children? - The drug war is a war of terror on people. - Missionaries be about what they are really: Destruction of culture Replacement of traditional villages leadership And making money off Akha Children. Les Akhas, sont une Hill Tribe comme on les appelle ici, Les tribus du Nord. Ils viennent du Tibet via la Chine et la Birmanie. Il y en a au nord de la Thaïlande, de la Birmanie et du Laos. Ils ont une religion de type Chamanique avec présence des esprits. Le Roi fait des déclarations de bonne intention mais rien ne change vraiment et parfois même ils sont délocalisés de leurs villages. Culturellement, ils fument l’opium, mais sur ordre du gouvernement US à la solde des trusts pharmaceutiques on leur en interdit même la culture. Une de leur coutume par exemple : lorsque une personne âgée est au seuil de la mort, ils leur donnent de l’opium à volonté. Ainsi, non seulement, elle ne souffre pas, mais meurt dans un état de bien être incroyable. Belle façon de mourir. Il faut préciser, que chez ces gens qui prennent de la drogue aux cérémonies religieuses, il y a peu de phénomènes de dépendance, malgré la proximité des champs bien cachés dans la jungle. L’opium, leur permet de vivres des Etats Modifiés de Conscience et de se mettre en contact avec d’autres réalités, probablement spirituelles. Dans d’autres régions du monde, Il y a le peyotl, le mescal, Les psilocybes mexicanas, la datura, l’ayahuesca ou yagé, et peut être le vin (messe). Et il se pourrait fort que les gens qui ont vu Jésus marcher sur l’eau, aient mangé du pain de seigle malade de l’ergot, qui n’est autre que du LSD naturel. Lorsqu’ils sont arrivés en occident, ces produits, dépouillés de leurs rituels et de leur sens spirituel, ont rapidement été consommés n’importe comment, donnant lieu à des exagérations et à des dépendances. Le Gendarme du monde, les USA les ont interdits sur leur territoire mais aussi dans les autres régions du monde où elles avaient réellement une raison d’être. Et de nombreux gouvernements, pour plaire aux maîtres ont obtempéré. Les Akhas sont victimes de ces interdictions. Et puis l’économie souterraine générée par les trafics induits de ces produits, produit des richesses qui d’une façon ou d’une autre sont réinjectées dans l’économie officielle. A notre époque où la devise du monde occidental est :’’Profit à tout prix ! Profit à n’importe quel prix !’’, on peut se demander s’il n’y a pas une entente Mafia + CIA +Trust Pharmaceutiques + Polices + Financiers de tout poil, pour encaisser les bénéfices. D’autres avant moi se le sont demandés. Je vais me promener dans la jungle jusqu’aux ‘’waterfalls’’ majestueuses. Amusant, un homme balaie le chemin, parfois raide, qui va du village jusqu’aux chutes. L’après midi, avec un Anglais qui est là depuis Novembre jusqu’à Mai, promenade aux ‘’Hot Springs’’. Tep, un Akha se joint à nous, Waaahhh ! Le chemin ! Tout droit dans la montagne. Pas plus que pour les routes ils ne connaissent les lacets. Guy, tu devrais venir courir ici pour t’entraîner. Et, toi, Caroline, tu devrais faire le chemin en randonnée. A un endroit il y a un magnifique panorama sur toute la vallée.Quel coup d’œil ! Les sources chaudes à 67°C sont dans une sorte de parc. Il y a beaucoup de Thaïs, d’enfants et de scouts. Ils ont tous une branche de bamboo et apprennent à les lier en croix : didactique, les scouts ! Pour rentrer la route est encore plus dure pour un mec comme moi qui n’ai pas le pied montagnard pour deux ronds. J’ai habité pendant 30 ans à Modane, à 1050mètres d’altitude. Lorsque j’ai voulu faire des ballades en montagnes, je suis allé avec des montagnards aguerris : Je n’avais pas fini de lacer mes godasses qu’ils avaient déjà fait deux kilomètres. Ca m’a dégoûté et depuis ce jour là, je préfère la montagne soit vue de la vallée, soit du chalet où on casse la croûte si on peut y accéder en voiture ou soit en cartes postales. On fait deux ou trois pauses, dont une à Lahu, un petit village. Tep discute avec un Akha, armé d’un lance pierre. Il va chasser un chien, nous dit-il. Effectivement, un peu plus loin le Nemrod nous dépasse avec un sac contenant un chien qu’il nous fait soupeser : 3, 500 kg. On se fait un petit méchoui, ce soir ? Et je ne suis même pas certain que ce soit un chien sauvage. Je me suis inscrit pour le menu Akha et suis donc invité à manger dans la cuisine : Watermelon (Pastèque) soup chicken (Ca fera un coq de moins qui chantera !). Feuilles de divers légumes qu’on trempe dans une délicieuse sauce aux cacahuètes et au piment. Contrairement à la Thaïlande, les os brisés des poulets sont laissés dans la soupe. J’écoute un peu ‘’Radio Grenouille’’ avant d’aller dormir.
Vendredi 16 Janvier Ce matin, nouveau concert de la chorale des ‘’Joyeux Coqs du village Akha’’. En Thaïlande partout on entend des coqs, mais ici ils sont tout près et chantent fort. Les femmes ont étalé de l’artisanat et je viens de faire du marchandage et j’ai acheté une douzaine de bracelets. Ici, elles ne portent pas leur beau chapeau avec des perles d’argent, comme dans les villes où elles colportent leurs colifichets. Mais il faut ‘’bargain’’ d’arrache pied et se rendre compte jusqu’ou elles voudront descendre leur prix. Et ne pas insister au-delà. Dans ce genre de négociation, les Thaïs disent que pour qu’elle soit réussie, le résultat doit être : je suis content, tu es content. Ils ont inventé le rapport ‘’gagnant/gagnant’’, bien avant que l’Analyse Transactionelle et la PNL nous en parlent. En tout cas, les Akhas et les Thaïs en général, prennent plaisir à ce jeu du marchandage dont le résultat satisfait les deux protagonistes, partenaires serait même plus juste. Je reviens rapidement sur les missionnaires baptistes qui vont jusqu’à enlever et acheter des enfants à leur parents pour les ‘’éduquer’’, mais surtout pour les convertir. Ils en profitent pour capter l’argent des donateurs américains destinés aux Akhas et l’argent des maigres subventions. Les Akhas, veulent maîtriser l’éducation de leurs enfants, ainsi que le tourisme dans leurs villages. Ils apprécient peu les treks touristiques, où ils ont l’impression d’être des animaux de zoo face aux hordes de touristes qui font le tour du village en quelques minutes pour faire des photos et acheter quelques bracelets ou colliers. Le programme dans lequel s’inscrit cette GH en plein village répond à ces deux critères Je vais aller, par la route jusqu’aux deux villages situés en dessous. La route est vraiment raide. Je n’en reviens pas que nous ayons pu monter par ici avec le 4x4 Le village chinois n’a que le temple de chinois flagrant.Le village Thaï est tout petit et n’a qu’une seule épicerie, restau, comme où il y en avait dans nos campagnes dans les années 50, dépositaire ‘’Butagaz’’ et ‘’Solexine’’. Ici il y a plein de chiens qui ressemblent aux Shibaïnus de Monique et Christian, mais ici ils sont maigres et ils les donnent gratos. Passage à la GH de cinq Amérikkkains, méprisants. L’un d’eux distribue aux enfants du quartier des tonnes de Mars et autres sucreries, sans même demander à leurs parents ou au patron de la GH. Tout le monde est écœuré. Ils restent dans leur coin, et malgré l’invitation, ils ne viennent pas discuter avec nous au coin du feu de camp. Sûrement des potes de Georges Debelyou !
Petite annonce. Teach English in local school. Free food & accommodation. Contact: 01-460 74 50 09-997 50 05 e-mail : apaehouse@hotmail.com
Samedi 17 Janvier. Ce matin départ de la GH un peu attristé. Nohé, avec qui j’ai sympathisé m’offre un étui à lunettes de sa fabrication. Elle aurait bien voulu que je lui donne 100 Bath pour me faire un massage et me fait promettre de revenir. Je suis assis à l’arrière du Pick-Up et même si Agiu conduit bien, dans la benne, c’est pas mal tape-cul. Trajet en bus local jusqu’à Chieng Kong sur les rives du Mékong. J’y retrouve un ancien hôte du Akha Hill GH, Jim Moriss, un Gallois Sympa. Sur la route beaucoup de belles maisons en Teck. C’est un bois droit, imputrescible. Malheureusement on n’en construit pratiquement plus : La mondialisation et ceux qui en profitent préfèrent que nous nous en servions pour faire des salons de jardin. (Plus de profit ?) Les Thaïs peuvent goûter ainsi au bien-être dans une maison en béton. Soirée sympa, avec Jim : nous nous sommes invités au repas de clôture d’un congrès de professeurs de la région de Chiang Maï. Ils nous offrent des bières, nous invitent à ‘’karaoker’’ avec eux et à danser. Je vois ça en France, deux métèques qui viennent squatter dans une réunion de pédagos. Un directeur d’une école de Chiang Maï me donne sa carte et m’invite à venir parler de la France à ses élèves si je repasse dans sa ville.
Dimanche 18 Janvier Journée calme à Chieng Kong, engourdie de soleil et d’insouciance. Je rencontre quelques jeunes qui se saoulent consciencieusement à la Chang Beer. Les ouvriers d’un chantier voisin de la GH me proposent de boire un petit whisky avec eux. Whisky Thaï, pas terrible ! Mais ils sont sympa, me demandent d’où je viens : « Ah ! Flankcet ! Zinedine Zidane ! » Dans les siècles passés, lorsque dans le monde on parlait de la France, on évoquait, soit Victor Hugo ou Voltaire, soit Napoléon, soit même Bernadette Soubirous ; Maintenant c’est Zizou et Thierry Henry qui sont les phares de notre pays ! Avec Jim, et des Français, qui comme moi évitent les coins à touristes, nous allons manger des barbecues, c'est-à-dire des brochettes et une salade de papaye (Som Tam ! Je vous mets le mot en Thaï, comme ça vous saurez si vous allez par là-bas !) qui me fait pleurer, malgré ma gaieté naturelle. Elle ramone bien ! Ensuite le patron de Bamboo GH où nous allons boire un coup, nous invite à une Blues Session, au Teepee bar où il va jouer. Sympa : Il y a des gens d’un peu partout – Thaïs, Américains (lorsqu’ils jouent le blues, je n’écrit pas Amerikkkains, Une Ecossaise, Une Française et des Anglosaxophones indéterminés.qui jouent et chantent le blues. Une sorte de ‘’bœuf’’ ou plutôt de ‘’buffle’’ vu le pays où nous nous trouvons. Rock Music Tonite ! Lundi 19 Janvier 2004 Je traverse le Mékong en pirogue à moteur et c’est : Le LAOS Le royaume du million d’éléphants. La monnaie officielle est le Kip La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais 1000 Baths = 270 000 Kips = 20 € 1 € = 13500 Kips Compliqué, hein ? Le plus beau voyage est de se prouver sa liberté. Anonyme Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. Marcel Proust
Houensaï ou Huenxaï, selon les cartes. Arimid GH superbe GH en Bois et bambou superbement entretenue, fleurie et gérée par un couple de Laos francophones extrêmement gentils. Et dire que le chauffeur du Tuk-Tuk qui m’a conduit dans cette GH m’a dit : «Mais pour le même prix, je peux vous emmener dans une ‘’belle’’ GH en Béton. » Au marché, je mange des trucs que je prends pour des saucisses mais qui sont en réalité des sortes de macaronis durs et amers. A l’embarcadère je rencontre Nigel, un Anglais qui travaille en Australie et Frank, un Français qui vient en Asie, pour s’approvisionner en bijoux en argent afin de pouvoir les revendre sur les marchés parisiens et landais. Ils aimeraient bien remonter la Nam Tha River en slow boat, c’est à dire en pirogue à moteur ; mais s’ils sont trois, ça sera 1200 Baths chacun au lieu de 2000. Comme cette remontée m’inspire bien, je dis : Banco ! A demain !
Mardi 20 Janvier 2004 Départ de Huenxaï vers huit heures du matin dans une sorte de pirogue à fond plat et à moteur Diesel. Plutôt rapide pour un slow boat. On à froid à cause du petit vent et de la vitesse. Nous descendons le Mékong pendant quelques kilomètres puis nous nous engageons dans la Nam Tha. GRANDIOSE ! C’est une rivière de montagne vive et impétueuse et tout autour : la jungle. Le Niger, le Fleuve des fleuves, m’avait impressionné par sa grandeur, sa majestuosité ; le Mékong qui vient de l’Himalaya et se jette dans la mer de Chine au Vietnam, me touche par son coté mythique mais la Nam Tha coule dans un tel paysage sauvage et vert me touche par sa beauté, sa vigueur, sa force. Brève halte pour le pique-nique de midi avec du riz gluant et autres nourritures locales et frugales. Echanges de saluts aimables et enjoués avec les riverains. Sur les rives, il y a de nombreux villages Cette petite rivière génère une économie à elle toute seule. : Pêche, transport de marchandises et de voyageurs, petit tourisme, cueillette de coquillages, et même orpaillage, comme dans le Mékong. En fin d’après midi les villageois s’y lavent et nos saluts gênent les femmes : Elles se revêtent en entendant le moteur mais veulent quand même répondre à nos saluts en tenant leurs vêtements contre elles avec leurs coudes. Rires, et pas seulement de notre part. Nous nous arrêtons dans le village du ‘’capitaine’’. A tombée de nuit on se croirait dans un village genre ‘’Apocalypse Now’’ avec ces maisons de bois et de bamboo tressé aux toits de paille. Le commerçant du village nous accueille avec un petit whisky de riz local, le Lao-lao. J’adore ça ! (Tu parles !) Il essaie de nous fourguer des Sarongs et nous fait goûter sa soupe aux coquillages et insiste pour qu’on boive (lui offre) une bière avec lui. Nigel, le ‘’Jungle Warrior’’ qui a passé la journée à dormir dans la barque, ne se réveillant que pour prendre quelques photos, se couche et s’endort aussitôt. Nous soupons avec la famille du ‘’capitaine’’ et dormons dans sa maison, à la rustique.
Mercredi 21 Janvier 2004. Nous repartons de bonne heure, dans un bateau plus petit avec d’autres mariniers et quelques voyageurs locaux que nous chargeons et déchargeons le long de cette rivière toujours aussi belle. Arrivée à Nalaet, où, à cause du manque d’eau, nous sommes obligé de prendre un taxi, compris dans le prix du voyage, mais le pilote du bateau est obligé de ‘’bargain’’ ferme : Il semble que le capitaine ne lui a pas donné assez de Kips. Route en terre, pas trop tape-cul, toujours dans la jungle et au dessus de la Nam Tha. Nous arrivons enfin à Luang Nam Tha. Il semble que ce soit un gros carrefour. Nous mangeons, Frank et moi, à la terrasse d’un restaurant. Une meute de femmes Akha, petites filles du ‘’Grand Kaskouï’’ – Frank dixit - veulent à tout prix nous vendre leurs fanfreluches. J’achète trois bracelets mais ça ne suffit pas, elles reviennent à la charge. Je leur parle du ‘’Akha massage’’ et commence à en masser une qui se met torse nu, sans sous-tif, pour profiter de l’aubaine. (Sic) Dans leurs villages, ici au Laos, elles ont souvent la poitrine à l’air, genre topless. Tout le monde, dans le petit resto ou dans la rue est mort de rire ! Un bossu qui passe, plié en deux, se plie en quatre.
Jeudi 22 Janvier 2004 Il y a un gros marché. On m’avait dit que dans le nord du Laos, on trouvait de la ganja au marché, mais j’ai beau chercher je n’en vois, ni n’en sent. Je me régale d’une crêpe, légèrement soufflée, cuite directement au dessus de la braise, avec deux grosses fourchettes. Délicieux ! Je goûte aussi une sorte de pâte salée et épicée dont je n’arrive pas à saisir la composition. En attendant le bus à un coin du marché appelé pompeusement gare routière, il y a un ‘’bonzillon’’ avec un bonnet orange clair avec un revers et un très gros pompon orange foncé. Il a une bonne tête, mais il ne veut pas que je le photographie. Je suis trop gentil et aurai dû voler la photo ! Enfin, tant pis pour vous . . . Moi, je l’ai toujours en mémoire. Dans un pick-up 4x4, conçu pour une douzaine de passagers, appelé pompeusement un bus, nous sommes 30 à partir pour Muang Sing. Sur un marché, il y a des femmes de différentes tribus. Je voulais photographier une fille avec un magnifique bonnet. Mais je suis obligé de lui acheter quelques colifichets avant qu’elle accepte. Rencontre avec deux filles d’une vingtaine d’années, à l’air sympa. Hélène la Française et Liza l’Anglaise, étudient le chinois à Shanghai. Comme c’est le Jour de l’An Chinois, tout est fermé et elles profitent d’un mois de vacances scolaires pour visiter le Laos. J’avais trouvé les Thaïs gentils et souriants. Les Laos sont aussi souriants et tout aussi gentils. Les ‘’commerciales’’ Akha de la lignée du ‘’Grand Kaskouï’’ essaient encore de nous fourguer leur pacotille. Elles nous proposent même de l’herbe et du ‘’Piou’’ (opium). Les aventures d’ Ysabell. Frank vient depuis 18 ans en Asie du Sud Est. Une année, il est allé en Malaisie où il a rencontré Ysabell, ou une de ses consoeurs. Le beau frère m’avait dit que toute la famille était d’origine malaise. Un beau frère, soit disant croupier lui a fait le coup du baccarat. Il a dit : « D’accord, mais je ne prends pas d’argent » Au dernier tour de cartes, il avait une main gagnante, mais le soi-disant pigeon a misé gros ! Le beau frère qui avait parié son propre argent jusqu’ici, lui a demandé de compléter la mise. Il a refusé ! Grosse colère du beau frère ! Ils ont fait tout un cinéma, ont mis les jeux dans des enveloppes scellées, jusqu’à ce que le beau frère trouve l’argent. Mais la Ysabell, un peu sensible, l’avait prévenu discrètement : « Ne donne pas d’argent à mon beau frère. » Je ne me souviens plus trop comment ça s’est fini. Il en a parlé ensuite à un Chinois qui lui a dit de ne jamais se mettre dans des affaires de jeu avec des Malais, car il risquait de se retrouver au fond du port, lesté de 20 grammes de plomb ou d’un costume en béton. Donc je m’en suis bien tiré. A suivre . . . pas pour cette fois en tout cas.
Vendredi 23 Janvier 2004 Mueng Sing à Xiengkok dans un bus / Pick-up avec une vingtaine de personnes, dont des femmes Akha, et un motoculteur sans les roues. Route de montagne un peu abîmée par la précédente saison des pluies. Nous arrivons à Xiengkok ou je retrouve Hélène et Liza. Ensuite on perd tellement de temps à ‘’bargain’’ avec les représentants locaux de la mafia des pilotes de ‘’speed boat’’ afin de faire baisser le prix exorbitant du trajet pour Huenxaï, qu’il est trop tard pour partir et nous devons passer la nuit à Xiengkok. Nous allons manger dans un resto, tenu par une jeune Chinoise où il y a peu de choses à manger. Les filles sont obligées de passer en cuisine avec la Chinoise pour nous concocter un repas improvisé en fonction des aliments qu’elles y trouvent. En plein milieu du repas, la lumière s’éteint. Le groupe électrogène qui alimente le quartier n’a plus d’essence. Nous continuons à la chandelle. Romantisme en diable ! Un Laos arrive : c’est un Speed boat driver au cheveux presque blonds, (Très rare pour un Laos) que nous essayons d’embaucher pour demain. Nous buvons quelques bières et du Lao-lao : C’est le nouvel an chinois ! Youpie !!! Comment chante-t-on : « Il est des nôôôôtres Il a bu son verre comme les autres . . . » En Chinois ? En Laos ?
Samedi 24 Janvier 2004 Ce matin, je me rase à la lueur de la bougie. Pas d’électricité ! Les groupes électrogènes qui alimentent le village et la GH ne fonctionnent que le soir. Suite des tergiversations et autres marchandages entre nous et la mafia des ‘’speed boat drivers’’ : « 1000 Baths pour aller jusqu’ Huenxaï » dit l’un et ensuite, il se rétracte. Le blondinet se rétracte d’entrée. « 2000 Baths » dit un autre ! Puis comme il n’y a plus d’autres solutions nous acceptons, mais il change encore d’avis : « 1000 Baths, mais pour aller jusqu’à Mueng Mong » Une ville à mi distance ! Nous devrons terminer en taxi pour 200 Baths chacun pour terminer le parcours ! GRRRRRRRR ! ! ! ! ! Nous acceptons car apparemment il n’y a plus d’autres solutions. Par contre la descente sur le Mékong en speed boat ! WOUAAAAAAAHHH ! ! ! La descente infernale. Les speed boats sont des bateaux qu’on dirait taillés pour la course, avec des énormes moteurs qui font un bruit diabolique et vont à une vitesse folle. Nous sommes coincés comme des sardines dans des positions totalement inconfortables, les genoux sous le menton. Et ça démarre ! Pendant les cinq premières minutes, je peux vous dire que je serre les miches et je les serre deux fois plus fort lorsque nous abordons des rapides où en plus de la vitesse, il y a l’inconfort tape cul. A un moment il y a tellement d’accélération, qu’avec mon poids je brise la planche qui sert de dossier. Pauvre Hélène coincée derrière ! « Ca déchire grave ! - Sorry, Jean Luc mais je ne sais pas mettre les Cédilles aux C majuscule - C’est trop mortel ! Ca claque bien !» dirait mon Dominique de fiston. Ce sont les montagnes russes pendant deux heures dans un paysage de fin du monde au milieu des rochers torturés par des millénaires d’érosion qui parsèment le Mékong et au-delà des berges : la jungle ! Parfois nous passons à droite des îles qui servent de frontière avec la Birmanie. Le bateau ne peut pas passer dans les eaux laotiennes. Par rapport au prix d’entrée des parcs d’attraction, nous sommes gagnants ! Nous en avons largement pour nos 1000 Baths. Le chauffeur du pick-up, taxi de Mueng Mong, reste cool malgré la route défoncée par endroit. Je retrouve avec plaisir Arimid GH, et ses tenanciers francophones.
Dimanche 25 Janvier 2004. Départ matinal en Tuk-tuk qui nous amène à l’embarcadère pour prendre le Slow boat, cette fois pour Pakbeng et Luang Prabang. Mr Singham Chitaly, manager de Arimid GH, apporte au port, le banana pancake qu’Hélène n’a pas eu le temps de manger. Plus gentil que ça tu ne trouves pas ! En France ça serait tout simplement impensable. Le Slow boat déroule confortablement et à petite vitesse, les paysages grandioses des rives du Mékong. Une jeune Allemande m’offre un quart de ‘’Vin de table Français’’, estampillé ‘’Gulf Air’’ qu’elle avait gardé en souvenir. Tout simplement somptueux, ce petit verre de vin que nous dégustons sur le Mékong avec notre pique-nique. Nous nous arrêtons longtemps, près d’une rive, pour attendre des gens tout mouillés et terreux. Ce sont les rescapés d’un retournement de speed boat. C’est dangereux, ces speed boats et nous n’avions même pas de casques. Pakbeng est un village dortoir composé uniquement de Guest Houses, dont Boon My GH, qui m’a été recommandée par le manager de Arimid GH et de quelques maisons où les slow boats s’arrêtent pour la nuit. Dans la journée il est complètement vide. Arrivé à Pakbeng, une meute de gamins vient nous porter les sacs pour se faire un peu de thune. Mais comme je n’ai pas négocié le prix avant, une fois à la GH, celui qui avait le petit sac me demande autant d’argent celui qui avait le gros sac et que j’ai surpayé, mais le sac était très lourd. Il faut être vigilant ! Pour changer un peu, nous mangeons dans un restaurant indien. Nous y retrouvons un couple de Français qui était sur le bateau. Ils attendent depuis une demi heure et Mme Missmatch n’en finit pas de râler. En PNL*, on apprend que nous fonctionnons avec des méta-programmes, les programmes de nos programmes en fait. L’un d’eux s’appelle match / missmatch. Une personne match est optimiste, contente de tout, aisément satisfaite. La personne missmatch, trouve toujours quelque chose qui ne va pas. A une superbe soirée, avec un orchestre fantastique, des mets et des boissons délicieux, elle déclarerait : « Mais il n’y a même pas de cacahuètes à l’apéro! » Donc, pour changer, Mme Missmatch râle !
*PNL : Programmation Neuro Linguistique. (Je vous l’avais dit : didactique, le mec.)
Lundi 26 Janvier 2001. Changement de bateau à Pakbeng. Mme Missmatch râle parce qu’il y avait un gecko contre le mur de sa chambre. Il y en a souvent dans les GH et c’est un signe que c’est une bonne maison. Ils ne vont jamais contre les murs des maisons où il y a de mauvais esprits. A midi, pique-nique d’un ‘’chicken sandwich’’ et surtout de ‘’Vache qui Rit’’ Royal la ‘’Vache qui Rit’’ sur le Mékong ! L’après midi, la batelière nous demande si on veut s’arrêter pour voir une grotte où il y a beaucoup de statues de Bouddha. « Ca vous coûtera moins cher que si vous revenez en bateau de Luang Prabang ». ‘’Mme Missmatch’’ râle parce ceux qui ne voulaient pas s’arrêter ne payent pas et peuvent aussi descendre à terre. Et parce qu’il faut repayer pour entrer dans la grotte. Je vois mon premier éléphant au bord du Mékong ! Salut ! Il ne répond pas ! Luang Prabang ! A l’arrivée, on galère un peu pour trouver une GH. On fait plusieurs fois le tour de la ville pour atterrir en face de l’embarcadère, au bord du Mékong. Le taxi essaie de nous arnaquer. Les Tuk-tuk, les Taxi, les ‘’Speed Boat Drivers’’ sont une engeance . . . On soupe dans une rue minuscule pleine d’échoppes de nourriture. Et moi, je commence à étonner Hélène et Liza : « J’ai fait une bonne action, aujourd’hui. Ah ! Bon !?! Oui ! Quel genre de bonne action ? J’ai sauvé la vie d’un oiseau. Quoi ? Qu’ouis-je ? Qu’est ce ? Comment ? En voici la preuve ! » Et de mon petit sac à dos je sors le piège à oiseaux que j’ai ramassé dans la grotte aux Bouddhas ! Les filles sont mortes de rire ! J’ai un peu de remords, car c’était peut être le gagne pain d’un Laos. Mais bon !
Mardi 27 Janvier 2001 Luang Prabang ! Rien que le nom m’a fait rêver, comme Kuala Lumpur, Oulan Bator, Samarkand, Valparaiso, Ouagadougou, Novossibirsk et Cruzille les Mépillat ou Curciat Dongalon. Ce sont ces noms, lus et relus dans mon enfance, qui en fait m’ont donné l’envie de voyager. Luang Prabang est une magnifique ville, classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Il y a quelques magnifiques ‘’Wat’’. (Je pourrais mettre la traduction, mais je me suis cassé le c. . . pour faire un lexique. Il faut bien qu’il serve.) J’aime bien aller dans ces temples, non pour les admirer car je trouve leur décoration un peu chargée, mais pour m’y reposer, y méditer et parfois pour fuir un peu la chaleur. A midi, je déjeune au bord de la rivière. Manivone (ou Maryvonne) me fait une délicieuse ‘’ Som Tam’’ et un ‘’banana shake’’ Des bananes coupées en rondelles passées au mixer avec du lait concentré sucré et de la glace pilée : Divin ! Quelques beaux marchés à Luang Prabang, sauf le marché de nuit réservé aux touristes. Pourtant il faut le traverser pour aller manger dans la petite ruelle, à une de ses extrémités. On peut prendre des plats ou des boissons à l’un ou à l’autre. On ne nous presse jamais pour manger ou pour payer. J’y rencontre François, un Québécois qui voyage depuis 25 ans : Ca me laisse rêveur ! Quand il n’a plus d’argent, il travaille ici où là. Il va quitter le Laos dans un ou deux jours, car son visa expire. Il a des plans pour des GH pas chères. Il en connaît une à Bangkok à 150 Baths avec la douche dans la chambre, propre et familiale, dans un quartier calme et central. J’oublie de noter les coordonnées. GRRRRRRRR ! ! ! ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. Ca pourrait être le titre d’un film policier. En fait, Pierre, un ami aquarelliste rencontré à Gao au Mali a laissé en dépôt vente seize aquarelles à la galerie d’art (Ban Khily Gallery) d’ Oliver Bandman. Par mail, sa compagne m’a demandé si je pouvais aller le voir, afin de savoir s’il avait vendu les tableaux et pourquoi il n’a plus jamais donné s de ses nouvelles, ni de celles des Dollars qu’il a pu en tirer. J’y vais et il me montre une dizaine d’aquarelles invendues. Il en aurait vendu quatre et me propose deux lampes pour le paiement de deux aquarelles. Je vais e-mailler tout ça à Pierre. A suivre . . .
Hélène et Liza ont loué un scooter et sont parties visiter des waterfalls ! Elles tardent à revenir ! Se sont elles noyées, perdues ? En fait elles ont crevé trois fois avec leur engin et rentrent lorsqu’il fait grand’ nuit. Moi qui pensait qu’elles avaient été croquées par un tigre, toutes tendres comme elles doivent être à vingt ans !
Mercredi 28 Janvier 2004. Ca commence fort, ce matin ! Le serveur de la terrasse où je prends mon petit dèj’ – café Laos avec un banana pancake. Si on demande un café au lait, il y a un centimètre de lait concentré au fond du verre : un régal ! – me demande, oui à moi, comment on prononce des mots anglais. Moi qui parle l’Anglais avec une accent de la Bresse profonde. Il est en train de l’étudier sérieusement pour devenir un guide. Il y a deux ou trois tables d’anglophones et il vient me demander à moi. Va comprendre ! Je revois ‘’Mme Missmatch’’. Elle me dit à peine bonjour, tant elle est pressée d’aller retrouver des amis et son mari. Le pauvre ! Le soir, Ballet Royal du Laos : Superbes costumes et musique intéressante ! Hélène et moi, éclatons de rire à l’apparition du Cerf Doré qui gambade sur la scène. Je ne comprends pas grand chose au ballet mais ensuite il y a, dans les jardins du théâtre des musiques et des danses des différentes ethnies du Laos : splendide !
Lundi 29 Janvier 2004 On se retrouve, toute la bande de francophones : Bruno, Sandra, la belle Mylaine* – qui a mal au cul suite à une chute intempestive dans les toilettes de sa GH (Chit GH, ça ne s’invente pas) -, Frank, Hélène et moi, nous louons un bateau pour aller visiter Ban Xan Hai. C’est un village au bord du Mékong où les femmes fabriquent du Lao Lao, l’alcool de riz artisanal et local : la boisson nationale du Laos. Elles mettent fermenter de l’eau et du riz gluant (sticky rice) et lorsqu’il est alcoolisé (Lao Lao Wine) ils le distillent en faisant un feu dans un baril de pétrole. Ils mettent chauffer un autre fut et versent de l’eau froide sur le couvercle incliné et le Lao Lao tout tiède coule sur le côté dans un récipient. Alambic sommaire. Délicieux. Bizarre lorsqu’il est encore tiède. Nous en buvons une bouteille sur le bateau du retour, pour encourager la production. Mylaine a tellement mal qu’elle ne peut souper avec nous. Avec Frank et Sandra, on passe à sa GH pour lui dire qu’elle doit absolument aller à l’hôpital demain matin, d’autant plus qu’il y a une plaie mal placée ! * Non ! Elle, ça s’écrit Mylaine ! Désolé, Jean Luc (Private joke)
Vendredi 30 Janvier 2004 Hélène et Liza partent ce matin pour Ventiane ou Hélène doit prendre un avion pour Shanghai afin d’accueillir ses parents qui viennent lui rendre visite. Elle aura de quoi leur raconter. Pour changer elles sont en retard et j’ai à peine le temps de boire un café avec Hélène.Mylaine est aller faire soigner son fondement à l’hôpital, en profitant pour avoiner deux quidams qui se rinçaient l’œil Bye bye les filles ! A par ça, journée calme ! Je glande ! Recouvrement de créance à Luang Prabang. (Suite) Pierre est OK pour les deux lampes que je lui règlerai à mon retour. . . Oliver me les fera porter à Tavee GH à Bangkok ou à la consigne de l’aéroport. Il faudra simplement que je lui dise, par e-mail, quand j’y serai. Ce que je ne manquerai pas de faire. A suivre . . .
Samedi 31 Janvier 2004 Voyage en bus soit disant VIP de Luang Prabang à Vang Vieng Paysages magnifiques mais fugaces. Je suis bien barbouillé. La gueule de Vang Vieng. Désolant ! Une rue bordée de restaurants qui proposent des pizzas, des hamburgers et des ‘’french fried potatoes’’, des sandwiches, des spaghettis. Qui a bien pu conseiller à ces restaurateurs de s’adapter au point d’abandonner leur cuisine délicieuse pour cette sous cuisine occidentale ? A Luang Nam Tha, j’ai vu un Anglosaxophone râler parce qu’il y avait une affiche coca et que le patron n’avait que du Pepsi ! Eh ! Oui ! Par contre on y trouverait des pizzas aux champignons et du thé à l’opium Vais-je tester ?
Dimanche 1 Février 2004 Journée calme à glander, à écrire des cartes postales et faire le tour des marchés. J’aime bien découvrir ces marchés où il y a souvent peu de touristes, où les Laos sont sympas et les étals regorgent de légumes, d’aromates, de fruits inconnus, ainsi que parfois de plantes médicinales et autres potions ou baumes. Comme Vang Vieng est une toute petite ville, les touristes sont encore plus concentrés qu’ailleurs, dans cette rue des restos. Ils y sont vautrés à regarder des films en DVD. Faire 9 ou 10000 kilomètres pour venir regarder des DVD, je ne comprends pas ! A Luang Nam Tha et à Mueng Sing les colporteuses Akha nous avaient proposé du pioum, de l’opium. Mais tout cela manquait vraiment de discrétion et nous n’avons pas donné suite. Mais ici, il parait que c’est très toléré et qu’on en trouve partout.Frank et moi nous nous renseignons, et il est très facile d’en acheter. Un serveur nous en propose une quantité suffisante pour un test. Il y a plusieurs manières de consommer l’opium : Le fumer : les effets sont plus rapides mais ça demande un matériel et un savoir faire que nous ne possédons pas ; le boire dilué dans du thé ou du café ; le manger, enveloppé dans une feuille de papier à cigarette pour qu’il n’arrive pas directement en contact avec la muqueuse de l’estomac (Confessions d’un Mangeur d’Opium - Thomas de Quincey). Le ‘’produit’’ en question se présente comme une sorte de confiture un peu compacte enveloppé dans du cellophane. Nous en gobons un petit quart chacun et nous allons discuter à l’extérieur de la GH. Comme au bout d’une demi heure, nous ne ressentons aucun effet, nous avalons le reste, allons boire un banana shake au bar le plus proche et rentrons nous coucher : « Bonne nuit ! Bonne nuit ?
Lundi 2 Février 2004. Alors, bonne nuit ? Bonne nuit ! » Enfin nuit étrange, en fait. J’ai mis beaucoup de temps pour m’endormir. Et je n’ai pas dormi très longtemps. Lorsque je me réveille, je suis dans un état de profonde relaxation, en pleine nuit, donc. Je me sens extrêmement bien, dans un état un peu comparable à celui où je suis lorsque j’embrasse une fille que j’aime. La seule différence est que là, il n’y a pas de fille et que cet état dure très, très, très longtemps, pendant tout le temps où je suis éveillé. Et c’est très fort et lorsque je me tourne dans le lit ou que je respire profondément, cet état devient encore plus puissant, comme un orgasme. Je passe le reste de la nuit à alterner ces périodes d’euphorie avec des temps de sommeil. Je jubile de ressentir ces effets agréablissimes, complètement nouveaux pour moi, et tellement plus forts que ceux de la gandja ou de l’alcool. J’ai eu une érection qui a duré toute la nuit, sans pour autant avoir des pensées coquines, des phantasmes ou des désirs. Et personne pour en profiter ! Je n’ai pas eu de rêves, ni d’hallucination ou d’accès à des réalités non ordinaires, comme je l’avais espéré. Je comprends que pour quelqu’un mal dans sa tête, mal dans ses baskets, mal dans sa peau, il soit facile de devenir dépendant à ce produit : Pourquoi continuer à ressentir ce mal-être, alors qu’avec de l’opium ou un de ses dérivés il est tellement aisé d’être bien. Frank, lui a passé une très mauvaise nuit et il est mal en point. Il faut dire que nous avons pris une dose de ‘’cheval’’, c’est le cas de le dire. Il parvient néanmoins à prendre son bus pour Ventiane. Au matin, je ne me sens pas bien, dans un état nauséeux. En fait l’opium a endormi mes fonctions urinaires et je vomis tout le liquide ingéré pendant la nuit. Il doit aussi endormir les fonctions digestives et défécatoires. C’est pourquoi on s’en servait d’anti diarrhée (Elixir parégorique – paracolliques !) Ce soir, j’avais projeté de tester une ‘’Happy pizza’’ ou un ‘’Happy Milk Shake’’ aux champignons (hallucinogènes ?) qui font rire, mais ça sera pour une autre fois. Finalement, devant les odeurs de cuisine qui effleurent mes narines au ‘’Bamboo Bar’’ où je bois un soda water, je décide de manger un Chicken Laap. Ce resto bar est à l’écart de la rue à touristes.
Mardi 3 Février 2004 Ca va mieux ce matin. Je loue une ‘’motorbyke’’, sorte de croisement entre la Mobylette et le scooter.Je me promène de village en village et fais un tour dans la jungle ! Sympa ! Je m’arrête à la ‘’Phoudingdeang Organic Farm’’. C’est une ferme biologique où je grignote une sorte de pancake en buvant un banana Shake. Une des spécialités de cette ferme est le mulberry (mures), un fruit à mi chemin entre le blueberry (myrtille) et le raspberry (framboise). Très bon ! J’y mange aussi des feuilles de mulberry, grillées comme des chips, avec une sauce au miel et au citron : Un régal. Il est paré de toutes les vertus. Les feuilles sont, parait-il, souveraines contre le diabète, le choléstérol, l’hyperglycémie et l’hypertension et les règles douloureuses. En tout cas la mobylette, elle doit en avoir de l’hypertension. J’ai failli me vautrer plusieurs fois dans les chemins de terre et rentrer dans une chèvre qui a refusé d’obtempérer à mes coups de klaxon ! Et la jungle ? Ce n’est pas Indiana Jones, mais Fernand dans la jungle, c’est pas mal non plus. A un moment, j’ai bien cru m’être perdu dans cette jungle, justement, avec presque plus d’essence, au milieu des éléphants sauvages et des tigres. Un serpent traverse le chemin devant moi (sic) ! « Ralentis, Fernand ! » Les tigres ragent de ne pas pouvoir me rattraper pour me croquer, tellement je vais vite avec ma mobylette. Moi, je serre les miches !
Mercredi 4 Février 2004 Je prends un minibus pour Ventiane. Celui-ci est bourré d’anglosaxophones qui m’accueillent comme un porc-épic dans un magasin de ballons de baudruches. On me refile un strapontin rembourré de noyaux de pêches, au dossier mal en point. 3 heures de route ! 3 heures de mal au cul ! 3 heures où une Allemande ou une Néerlandaise - je fais difficilement la différence entre ces deux langues, douces, chantantes, harmonieuses, soyeuses et légèrement sucrées – me corne dans les oreilles. Il y a quelques années, lorsque je voyageais, je n’étais pas très fier d’être Français, tant ceux-ci étaient lourds lorsqu’ils se rendaient à l’étranger. Beaucoup d’entre eux se comportaient comme des goujats vis-à-vis des populations locales. Maintenant, ceux-ci remontent beaucoup dans mon estime et je n’hésite pas à afficher ma ‘’Françaisité’’, et même ma ‘’Francophonicité’’. Depuis que je suis en Asie, je n’ai pas encore vu de Francophone, ni de Laos, ni de Thaï : - Hurler comme un veau dans une GH à l’heure de la sieste ou tard la nuit. - Parler fort dans un minibus et gêner tout le monde. - Rester chaussé dans un endroit où on se déchausse. C’est une belle coutume en Thaïlande et au Laos, de poser ses chaussures en entrant dans une GH, dans une maison, et même dans certaines boutiques. On laisse la boue du chemin - nos problèmes et notre noirceur - hors de l’endroit où on pénètre, où on entre en ami. - Tenir toute la place dans un minibus ou un bus. - Traiter les autochtones avec une certaine suffisance, un certain mépris. - Râler parce que le Coca est en fait du Pepsi. - Boucher tout le passage avec ses bagages. - Refuser de partager une pirogue. - Monter en premier dans une pirogue et s’asseoir à l’avant en empêchant tout le monde de passer. - Etc. A l’image de leur chef de file, George Debelyou, qui envahit un pays sous de faux prétextes, au mépris des avis de l’ONU et de ses concitoyens les Anglosaxophones ne connaissent peut-être plus le mot ‘’respect’’. A nous deux Ventiane.
Jeudi 5 Février 2004. Je fais un tour à l’immense Morning Market, qui comme son nom ne l’indique pas, est ouvert toute la journée : Impressionnant Pas loin de là, il y a le centre culturel Français. Oui Français, Monsieur ! Très beau avec une belle bibliothèque. A la cafeteria je rencontre Olivier, que j’avais déjà vu à Vang Vieng et qui travaille ici : « C’est ici que ‘’ça’’ se passe ! - Mais il y a surtout des Français, peu de Laos. - Si, il y en a ! » me dit il en me montrant une table de trois Laos parmi une trentaine de Français. A Ventiane, en ce moment, il y a un congrès sur l’avenir du tourisme en Asie, l'ASEAN Tourism Forum. Un chauffeur de Tuk-tuk me dit qu’avec ce congrès, les bordels sont débordés. Il parait qu’à Ventiane, il y a encore des bordels à l’ancienne, comme au temps de la colonisation, avec les maladies honteuses d’époque (blennorragie, syphilis, chancre mou, morpions) et les préservatifs tricotés à la main, au point de riz. (Ben voyons !) Dae, Bo, Mi, des Laotiennes bien comme il faut m’offrent un verre de bière, près d’un kiosque à Journaux et je les ai bien fait rire avec mes tentatives de parler le Laos. Le mari de Bo travaille au ministère de l’information et nous avons une discussion intéressante sur l’évolution du Laos. Comment fais-je pour réussir à communiquer avec des Laos ou des Thaïs qui ne parlent ni français, ni anglais, ni italien, ni le patois bressan ? A mon avis le premier point est l’envie, ensuite le sourire et le rire. Je fais des gestes, des mimiques, des grimaces, des onomatopées, des sons bizarres ; je théâtralise mon incompréhension, J’en joue, je la mets en scène, je la comédiadelartise ! Au Morning Market, envahi par une meute de Tuk-tuk, je me suis mis à leur parler une sorte de ‘’yaourt’’ de Suédois Auvergnat, du genre : « Freude beu noideu Zevrééé de Grône ! » Ils m’ont énuméré la mappemonde pour savoir d’où pouvais bien venir un Farang avec un tel langage inhabituel Complètements bluffés, les mecs ! A la fin, ils ont même appelé un flic qui ne comprenait pas mieux ! Heureusement, de peur d’être ridicule, il n’a pas insisté, sinon je me retrouvais au poste. Et les Tuk-tuk se sont mis à m’ignorer. Je vous conseille d’essayer. En fin d’après midi, des tables poussent tout au long du Mékong et les gens viennent boire une bière et grignoter des brochettes ou manger une soupe. Extrêmement sympa ! Je mange un fried rice with seafood and pinapple servi dans l’ananas évidé. Tout simplement délicieux et copieux. Je suis rejoint par Roger et Martine, un couple de québécois sympas, rencontrés à Vang Vieng au Bamboo Bar. Ils prennent la même chose et se régalent. Je sui leur conseiller gastronomique : précédemment, je leur avais conseillé un Laap fish et ils se sont léchés les babines.
Vendredi 6 Février 2004. Je visite deux marchés et retourne au Morning Market. Les filles où j’ai mangé la veille me font signe et je remange à leur cantine, car elles sont plutôt mignonnes. Elles rient du Khene que je viens d’acheter Je leur offre des bonbons, tant elles sont sympas. En fin d’après midi, je me ballade le long du Mékong à la recherche de Roger et Martine et même de Frank qui est ici aussi. Nous devons boire l’apéro et manger au bord du Mékong. Chaque soir une cinquantaine de tables s’installent, qui avec des soupes, qui avec des woks et d’autres avec des barbecues. Et il y a une foule qui se retrouve pour des soupers conviviaux. Finalement je suis enlevé par une belle amazone en scooter (sic) qui m’invite à lui offrir un verre et même à lui offrir un plat. Ensuite, elle m’entraîne dans un bar assez glauque, ou des Anglosaxophones éclusent des Heineken (La Lao Beer est nettement meilleure que cette bière insipide, mais ça vaut le coup de faire des milliers de kilomètres pour boire ce qu’on trouve chez soi.) invités qu’ils sont par de très belles ‘’hôtesses’’ (et d’autres moins belles, il faut bien le dire). Je lui offre un verre et m’éclipse. Les touristes disent qu’en Asie, la prostitution est ‘’naturelle’’, ‘’culturelle’’ même. Belle excuse qui permet de se donner bonne conscience ! Samedi 7 Février 2004 Je rends ma chambre à midi et doit attendre jusqu’à 20heures le départ du bus VIP pour Paksé. Le bus n’a de VIP que le nom marqué à côté de la porte. Normalement les bus VIP, sont des bus directs, hyper confortables, avec Air Conditionné et un navet à la télé. Mais, ici, nous sommes au Laos. Celui-ci est un bus des années 50. Il a bien le navet à la télé, mais les sièges n’ont plus de rembourrage, les vitesses craquent, il s’arrête souvent et les chauffeurs et le ‘’steward’’ éclairent les plafonniers sans arrêt et passent leur temps à draguer la belle jeune fille assise devant moi. Voilà ! C’est la fin de mon premier carnet de notes. Bien sur vous vous en moquez, mais pour moi ça veut dire qu’il ne me reste plus qu’à retranscrire un second carnet et quelques pages d’un troisième.
Dimanche 8 Février 2004. J’arrive à Paksé à 5 heures du matin. C’est une petite ville et j’y retrouve Frank que je croyais déjà en Thaïlande. J’aménage dans la GH où il est et je vais y laisser mes affaires afin d’aller faire un tour plus au sud, aux ‘’4000 Islands’’, 4000 îles sur le Mékong. Nous explorons la ville et rencontrons un francophone francophile qui nous parle de son Pays. Suite à la colonisation, pas mal de gens parlent Français ici au Laos. Et on se rend compte que les poteaux électriques et les bornes kilométriques qui jalonnent les routes sont d’origine française. Il nous emmène au pétancodrome afin d’y rencontrer une équipe de bouliste locaux. Nous nous débrouillons bien. Par une défaite (Laos 13 – France 0 peut être même peut-on dire une déculotté) nous terminons deuxième alors que l’équipe locale est avant dernière. Heureusement que ce n’est pas qualificatif pour les championnats du monde !
Lundi 9 Février 2004. Départ de la gare routière sud de Paksé, pour Champassak. Je veux aller là-bas car pas très loin, il y a un village agraire communautaire qui utilise encore les éléphants. La gare routière est en fait une grande place close, près du marché. C’est un véritable capharnaüm de camionnettes, de Tuk-tuks, de bus locaux c’est à dire des pick-up avec un toit et deux planches latérales en guise de banquettes. Les gens les empruntent pour se rendre au marché et en revenir avec toutes leurs marchandises. Souvent il y a des animaux. Une fois, j’ai voyagé avec un cochon vivant lié sur le marchepied. Je préfère mille fois voyager dans ces bus –ci que dans les bus à touristes. J’emporte des fruits ou des galettes de riz soufflé et j’en propose aux gens. Ils n’osent pas trop en prendre jusqu’à ce qu’un plus gourmand que les autres commence. Alors tout de suite l’ambiance change et je ne suis plus le farang dont on peut se méfier, mais un voyageur proche d’eux qui partage de la nourriture, comme eux. Et ils se mettent aussi à offrir des victuailles autour d’eux. C’est ainsi que j’ai goûté des fruits inconnus, des beignets en brochette pas très terribles et même une sorte de navets blancs tout bosselés qui se mangent cru avec une saveur un peu sucrée. Terminus Champassak.
Mardi 10 Février 2004 Je quitte Champassak, toute petite ville au bord du Mékong où il n’y a pas grand monde dans les rues. Le bus du matin me laisse à la jonction de la route d’Atopeu où je dois trouver un véhicule pour aller à Ban Kiet Ngon où se trouve cette ferme d’éléphants, moins touristique que celles près de Chiang Maï qui n’utilisent les Changs que pour des promenades. Ici ils les utilisent pour des travaux comme le débardage de bois. Rencontre de Stan, un photographe français qui travaille et vit au Laos, avec qui nous faisons une ballade à dos d’éléphant. Il a un projet, descendre le Mékong depuis l’himalaya jusqu’au delta au Vietnam et à la mer de chine Nous montons jusqu’ a Phu Assa, le temple sur la montagne Assa. Magnifique promenade dans la jungle jusqu’à un plateau où se trouve les ruines d’un sanctuaire et des pierres noires souvent trouées au milieu. La randonnée à dos d’éléphant se fait à un train de sénateur, calmement. C’est relaxant et sécurisant. J’espère qu’arrivé en haut, il ne sera pas trop fatigué, sinon il faudra le porter pour redescendre. Près des bungalows, il y a un troupeau de buffles qui paissent. Ils sont accompagnés de cigognes qui doivent y trouver leur compte. Il n’est pas rare de voir des cigognes prés des buffles. Parfois même une cigogne est perchée sur un bovidé. L’inverse est, à ma connaissance, très rare. Soirée sympa avec des gens du village à discuter de choses et d’autres. Nuit dans des bungalows en bamboo. Royal !
Mardi 11 Février 2004 Bus local pour Ban Nakassang où je pourrais trouver une pirogue pour Don Det, l’une des Siphandone, une des ‘’4000 Islands’’ sur le Mékong, à la frontière du Cambodge Je vais vérifier ! S’il en manque une : je râle pour me faire rembourser. Ah ! Ces bus locaux, où il y a rarement des touristes, mais surtout des gens des villages qui vont au marché ou en reviennent. Dans celui-ci, il y a une mammie avec son petit fils qui s’applique à se confectionner une chique de bétel avec une pommade de chaux à l’intérieur. Elle se cale cette chique entre ce qui lui reste de dents et la lèvre inférieure. On voit parfois dans la rue, des mammies qui ‘’ crachent à six pas comme au Mexique’’ Je ne sais quel effet ça a. J’essaierai bien, mais cette pommade de chaux ne m’inspire pas trop. Les voyageuses jacassent à tour de bras. : « Sabaï dii, Mme Macheprot ! - Sabaï dii ! - Et les enfants ça va ? - Oui ! Pas mal ! - Vous avez vu que le Père Chombier est mort ? - Oui, mais on a pas pu aller à la crémation. On avait une bufflette en train de vêler et ça ne se passait pas bien. - Le Bonze a fait une oraison et une quête pour réparer le temple. - En tout cas vous avez l’air en forme. Ce jus de bétel qui vous rougit les lèvres vous donne un air de jeune fille. ( En aparté : ça vous nique un peu les dents quand même » !) - Khop Tchaï Laï Laï ! Mme Michu ! - Pas de quoi, Mme Macheprot ! - A bientôt ! Je vous passe votre panier ! » « 3996 ! 3997 ! 3998 ! 3999 ! 4000 ! » OK C’est bon ! Il y a le compte ! Quelle honnêteté, ces Laos ! Ils annoncent 4000 îles et il y a le compte ! Je pense que si je reviens à la saison des pluies, vous ferez moins les dégourdis. Ils font tout en grand, les Laos. Si tu changes 100€, ils te donnent 1 350 000 Kips.Si c’est en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Et en plus c’est le ‘’Pays du Million d’Eléphants’’ Je n’ai pas le temps, cette fois, mais je reviendrais vérifier ! J’ai du en voir 5 ou 6 à Ban Kiet Ngon et aucun sauvage.
Jeudi 12 Février 2004 Visite des dauphins d’Irawady, les dauphins d’eau douce. Il en existe à deux ou trois endroits dans le monde. On en a vu une dizaine, relativement proches près de la rive cambodgienne. Ensuite, les très belles chutes de Pha Peng. C’est parait-il les plus grandes d’Asie. Elles sont très belles et le bruit est impressionnant. Cette région des 4000 îles est vraiment magnifique. Toutes les pirogues sont équipées d’un moteur Honda 8, 0 extrêmement robuste. Il peut aussi être utilisé pour pomper de l’eau et même faire de l’électricité. Il faut que je trouve un motoculteur équipé d’un tel moteur pour mon jardin.
Vendredi 13 Février 2004 Je traverse toute l'île de Don Det à pied pour me rendre à Don Khone. Le chemin est magnifique, le long de la côte. En chemin, je passe près de la GH de Sanne et de Laura, les CIA girls ! Je les croise régulièrement depuis Huenxaï. Je les accuse de m’espionner, d’où leur surnom. Ce sont deux jeunes Danoises, les Sœurs Danoises* très mignonnes et souriantes. Et en plus elles parlent un peu Français. J’arrive à Don Khone, par le pont laissé par l’armée française en 1920. Il y a même une locomotive délabrée. La SNCF locale est aussi en déficit. Petite Annonce L’île de Don Khone recherche pour rénover sa locomotive laissée par l’armée française, une association ferroviairophile ( ?). Contacter l’auteur qui transmettra. Un Laotien francophone me parle de la construction du pont : « Ce sont vos ancêtres qui ont construit ce pont. Peut-être mes ancêtres ont-ils fait les plans, mais ce sont les vôtres qui ont travaillé dur. Non ! Ce sont des Vietnamiens. Pour les travaux du fond, comme ils ne pouvaient travailler qu’une minute sous l’eau, les soldats leur maintenaient la tête sous l’eau avec des perches fourchues, afin qu’ils restent plus longtemps. » Et il joint le geste à la parole en mettant ses doigts en fourche derrière ma nuque. Et après on s’étonne qu’ils se soient libérés de la colonisation française. Pour la première fois des enfants me réclament un stylo. Malheureusement je n‘en ai qu’un pour prendre ces notes dont la retranscription vous passionne et vous amuse. J’en achèterai à Bangkok, avant d’aller au Cambodge ou je pense que les enfants en ont besoin. « Vous vous prenez pour des Africains, ou quoi ? * Et en plus elles ne sont même pas sœurs.
Samedi 14 Février 2004 Promenade jusqu’ aux chutes de Li Phi : Sympas, mais pas exceptionnelles. Je n’ai pas de chance. Alors que tous les Laos se calment dans la chaleur de l’après midi, à l’heure de la sieste, je tombe sur les deux seuls malades atteints d’une maladie orpheline : L’ergophilie vespérale compulsive. Ils construisent d’arrache pied un bungalow à côté du mien. Et que je te scie ! Et que je te tape sur les clous ! Il semble que la science soit impuissante devant cette pathologie et qu’aucune thérapie ne soit efficace. Et moi qui voudrais faire une petite méditation provençale, ils attaquent à travailler à 14 heures au lieu de faire une sieste bien méritée. GRRRRRR ! ! ! Comme en plus, la nuit dernière, il y a eu un concert des ‘’Clébards en Colère’’, vous vous rendez compte de l’état de fatigue dans lequel je me trouve. Les villageois font une corvée, ils entretiennent les escaliers permettant de monter sur le pont à péage de l’Armée Française qui relie Don Det à Don Khone. Que ce soit sur le Niger au Mali, sur la Nam Tha River ou ici sur le Mékong j’ai vu de nombreux pêcheurs avec le filet qui fait joli sur la photo lorsqu’ils le lancent en rond si on arrive à déclancher au bon moment. Jamais je n’ai vu un de ces pêcheurs attraper un seul poisson Hier, j’en ai vu 2 ou 3 rentrer bredouilles. A croire qu’ils ne lancent leur filet que pour faire joli sur les photos. En dessous de moi, il y en a un qui ne fait pas mentir la tradition. Ce soir il mangera son riz gluant sans Laap Fish ! Et sa pirogue prend l’eau. S’il ne se dépêche pas de rentrer bredouille, il va se noyer, en plus !
Dimanche 15 Février 2004 Je comprends tout ! Pendant que je prends mon p’tit dèj’, un des bâtisseur de bungalow ergophile se lève la ‘’gueule toute enfarinée’’. Il installe un hamac et se recouche derechef. Il se repose de sa nuit de sommeil. Il fait sa sieste le matin, comme ça il a le temps de d’empêcher le touriste de faire la sienne. Bravo ! Je n’y aurais jamais pensé ! Encore un marchandage rondement mené avec la patronne de la GH. Hier, elle me proposait le passage en pirogue pour Ban Nakassang pour 25000Kips. « Depuis Don Det, c’est 8000Kips. Oui ! Mais c’est beaucoup plus loin ! » Deux ou trois kilomètres : ça ne justifie pas de multiplier le prix par 3. « Pour vous, si vous voulez, ça sera 15000 Kips. » me répond-t-elle entre deux tics. Je me suis renseigné ailleurs, au patron du restaurant la ‘’Fleur du Mékong’’. C’est 5000 Kips, si je prends la pirogue à 6 heures, avec les villageois qui vont au marché. Oui, mais 6 heures . . . Sinon, c’est 10000 Kips, même si je suis seul dans la pirogue. Correct ! Ce matin je relance Mme Tic. (Ce n’est pas beau de se moquer des gens qui ont des tics !) Elle me dit que son bateau part à 8 heures avec deux Farangs et me propose le passage à 10000 Kips. Et je lui parle des tarifs de la pirogue de la ‘’ Fleur du Mékong’’ « Vous m’aviez dit 25000Kips si je suis seul dans l’embarcation. Si nous sommes trois c’est trois fois moins cher, donc moins de 10000 Kips. - D’accord. 8000 Kips, me dit elle pendant que les deux Farangs vont chercher leurs sacs. » - Et eux, ils vont payer plein pot ! Avec les transporteurs quels qu’ils soient, il faut toujours établir le prix avant de partir et marchander serré. Ensuite, bus folklo et bondé à l’intérieur et sur le toit jusqu’à Paksé. Dans le bus, ma méditation me fait comprendre, à retardement une différence fondamentale entre les Asiatiques et nous, entre le bouddhisme et les religions judéo-chrétiennes. A Ban Kiet Ngon, le village des éléphants, il y avait une bande de jeunes dont un avait une guitare sur laquelle il avait écrit ‘’ The guitar of me’’. Un occidental animé d’intentions semblables aurait écrit ‘’My guitar’’ pour bien montrer la possession Différence au niveau de l’ego, du sens de la possession, de la possessivité : ma voiture, ma maison, ma femme. Qu’on dise mon bras, ma jambe, ma tête c’est normal pour un bouddhiste mais mon terrain, ma fiancée : en quoi nous appartiennent-ils ? A Paksé, je retourne manger dans le petit restaurant près de la rivière où nous avions soupé avec Frank, où nous avions aperçu une superbe serveuse. Deux filles, très belles, me saluent et m’invitent à leur table, bientôt rejointes par la superbe serveuse. Je passe une soirée sympa à leur donner un cours d’anglais. Je ne comprends toujours pas pourquoi, les gens me demandent toujours des traductions d’anglais, des conseils de prononciation ou des explications grammaticales alors que je parle l’anglais comme un Basque, l’espagnol Je n’ai jamais été à une table de bar avec trois filles aussi belles. L’une d’entre elles est émerveillée par mes poils sur les bras et sur les jambes. Mais elles sont trop jeunes, elles ont l’age de mon fiston.
Lundi 16 Février 2004 Encore une série de bus folklo pour aller de Paksé à Ubon Ratchathani. Un bus de Paksé à la frontière, une carriole pour nos bagages entre les deux frontières, un autre bus encore plus ‘’couleur locale’’ pour aller à Kong Chiam où il faudra encore changer de véhicule jusqu’à Ubon Ratchathani où je compte bien passer une journée : Vous pensez, une ville sans grand intérêt, selon le Guide du Routard ne peut que m’intéresser. Il n’y aura pas de touristes et les gens seront plus naturels. Dans le bus après la frontière, je me paye une bonne tranche de délire avec une Mammie Thaï. Avant le départ, je suis allé au marché de la frontière pour bazarder mes derniers Kips qui ne valent pas un Kopek en Thaïlande et j’ai acheté une superbe . . . cloche de vache. Déjà la marchande a été particulièrement surprise de mon achat. Au passage, je remercie ce couple d’Allemands, Almut et Jonny, avec qui j’avais sympathisé depuis les 4000 îles. Grâce à eux, le bus m’a attendu. Mais tout le monde se demandait ce que j’avais bien pu acheter de si important pour retarder le départ du bus. J’ai l’objet dans un sac en plastique. J’ai bloqué le battant en mettant une page de journal à l’intérieur de la cloche. Très lentement et à l’intérieur du sac, j’ôte ce papier. Tout le monde a les yeux cloués sur moi (on a rarement les yeux rivés ici, plutôt cloués). Et je sors la cloche que j’agite dans un vacarme d’enfer. Tout le monde rit, surtout la mammie au bonnet et une grosse dame. Nous délirons pas mal avec la mammie à qui je veux voler le bonnet pour le rapporter à mon fils. Elles me pose des questions toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Les réponses sont à la hauteur de ses espérances. Elle me traite d’Américain avec mes lunettes de soleil. Je lui prête donc mes lunettes et elle ne veut plus me les rendre. Je sors alors la cloche que je brandis à bout de bras en signe de réprimande. Tous les voyageurs sont morts de rire. Deux filles qui nous suivent en scooter – il faut dire que le bus est du genre camionnette – sont elles aussi pliées en quatre et manquent même de tomber. La grosse dame menace d’exploser. Je ne sais si c’est le retour en Thaïlande, mais tout de suite j’ai eu une complicité avec cette Mammie que je ne connaissais pas avant le départ. J’aurais aimé avoir ce genre de complicité avec ma mère. Celle-ci était plutôt morose. Et je n’ai jamais été capable de rentrer dans sa crainte, dans son manque de gaieté, dans sa vision négative des choses, dans sa tristesse pour l’en faire sortir et la faire rire. C’est un des grands échecs et des grands regrets de ma vie. Je parle rarement des rencontres que j’effectue sur ce continent, ni des émotions et des sentiments liés à ces rencontres. Il faudrait un livre où même un film pour les décrire. Ils n’auraient pas été déçus, les caméramans dans ce bus rustique. Mais certaines rencontres sont plutôt brèves ou moins fortes qu’avec cette Mammie. Même s’il y a des moments d’échange et de partage très forts. Lorsque je dois prendre un bus local, j’avais appris ça au Mali, j’ai toujours des choses à grignoter ; des fruits ou des galettes de riz par exemple. Et j’en offre aux voyageurs. Souvent j’essuie des refus, mais si je décèle un regard d’envie, je grignote moi-même et je reviens à la charge. Lorsque quelqu’un, même si c’est un enfant, se sert, les autres se servent aussi. Et j’accepte les friandises des autres voyageurs, même si elles ne sont pas très engageantes. J’accepte par curiosité. Ainsi j’ai goûté des sortes navets blancs biscornus, à manger crus, qui étaient très bons, légèrement sucrés. J’ai aussi testé des boulettes dorées sur une sorte de brochette très appétissantes et qui étaient farineuses, pas terribles. Il me semble que j’ai déjà raconté ça, mais comme il y en a qui ne suivaient pas, j’ai recommencé. Aux arrêts des bus, il y a souvent des ‘’marchands’’ de victuailles. Ces échanges de nourriture créent rapidement un autre climat dans ces bus. Je ne suis plus le Farang différent et hautain. Je suis quelqu’un comme eux, qui mange, aide à passer les paniers ou les paquets, prête ses genoux ou sa veste pour servir d’oreiller à un enfant ensommeillé probablement levé de très bonne heure pour se rendre au marché et qui n’a pas peur de laisser son sac sans aucune surveillance au milieu des Laos ou des Thaïs. Tout cela donne souvent des moments magiques avec des sourires et des rires comme on en voit peu chez nous. Les gens à Paris prennent tous les jours le RER ou le Métro avec les mêmes voisins de banquette. Les voyageurs dans nos trains et TGV ne s’adressent ni regards, ni paroles et encore moins des sourires. Les voisins de paliers des HLM ne se connaissent même pas entre eux. Tout ceci est complètement impensable ici. Les gens se parlent naturellement, sans se connaître, sans avoir peur, des intentions ou du regard de l’autre. Vous racontez ça à des Thaïs ou à des Laos il ne le croira jamais. Nous pensons que notre civilisation grâce à notre avance technologique, nos asiles du troisième age, nos retraites, nos orphelinats, est en avance tout simplement. Nous avons des siècles de retard en matière de convivialité et de solidarité. Ici un ‘’vieux’’ ne meurt pas dans un ‘’papytorium’’- dans certaines ethnies, l’agonisant est même fourni en opium afin de dissoudre ses douleurs et de le préparer au ‘’voyage’’ ; ici, comme en Afrique, un orphelin, ça n’existe pas. Il est naturellement et automatiquement ‘’adopté’’ par une autre famille.
Mardi 17 Février 2004 Encore une fois, je me retrouve SDF à Ubon Ratchathani, car j’ai libéré ma chambre et porté mes bagages à la gare en allant réserver une couchette pour le train de nuit. J’ai eu beau dire que j’étais un Cheminot français et montrer ma carte, je n’ai pu obtenir de réduction. Ici les couchettes inférieures sont plus chères que les supérieures. Sympa pour un acrobate comme moi ! Je me fais une petite sieste, au milieu de mes Niamas-Niamas comme dirait Alioune, sur la pelouse d’un parc, sans m’attirer les foudres des flics ou les regards réprobateurs des Thaïs. « Va te coucher sur la pelouse d’un parc avec un sac à dos et un air de routard ! Tu auras tout de suite droit au plan ‘’Vigipirate’’ Ici, on ne se sent jamais suspect comme dans certains grands magasins français ou lorsque dans notre beau pays on croise des flics qui scrutent notre ceinturisation sécuritaire. La gare : Noire de monde. Le train de nuit : Le couchettiste fait notre lit avec draps et couvertures sous plastique.Le train s’arrête souvent et les hauts parleurs des gares . . . Sinon, mes voisins de couchette sont sympas.
Mercredi 18 Février 2004 La THAILANDE ( Re-Belotte) Je retrouve Bangkok et Tavee GH. Ils n’ont pas reçu ma carte de Pacsé Ni les lampes d’Oliver. Je vais lui é-mailler mes félicitations à celui là ! Je n’y crois pas, le soir même, il y a une fête avec musique, tambours et cymbales, gens masqués, dragon, (probablement) pour célébrer mon retour à Bangkok. Bien qu’il soit écrit partout de parler doucement après 22 heures, nous avons droit, vers minuit, à un concert de palabres anglosaxophones (Les femmes : des hautbois ; les hommes : des clairons) et comme si ça ne suffisait pas, lorsqu’ils cessent, un duo de deux Allemandes à la voix suave et soyeuse. J’espérais récupérer de ma nuit ferroviaire : c’est râpé ! La prochaine fois : emporter des boules Quiès.
Jeudi 19 Février 2004 J’ai une embrouille avec AOL qui a bloqué mon compte et ma boite e-mail parce que j’avais envoyé – à vous mes chéris – un message trop long et à trop de correspondants. Voilà ce que c’est d’avoir trop d’amis ! Pour débloquer tout ça je dois leur donner les 3 derniers chiffres de mon compte bancaire et la clef RIB ( ?). Bien entendu, tous les gens qui partent en voyage emportent leur carnet de chèques complètement inutile ici et les fameux 3 derniers chiffres du compte bancaire et la clef RIB. Ca va de soi ! Je passe de chères minutes au téléphone avec des téléopératrices impuissantes qui me rabachent la même chose Comment je vais les laisser tomber, les AOL brothers, en rentrant et en passant à l’ADSL ! Ici ce genre d ‘embrouille est improbable tant les gens cherchent et trouvent le moyen d’arranger les choses.
Vendredi 20 Février 2004 Je passe encore du temps au téléphone à tenter de débrouiller l’embrouille avec AOL. Que nenni ! Ils sont plus obtus qu’un mur en béton !
Samedi 21 Février 2004 Je glande copieusement et essaie de trouver où faire nettoyer mon nouvel appareil photo, acheté à Chiang Maï et qui a quelques problèmes.
Dimanche 22 Février 2004 Je vais au week-end market de Chatuchak ! Impressionnant ! Le marché proprement dit et le quartier environnant, qui est aussi un marché, tout cela est plus grand que Bourg en Bresse. Je crois qu’il y a plus de 200 000 visiteurs chaque jour dans. Il y a 15 000 étals, boutiques et stands. On y trouve de tout – vaisselle, artisanat, vannerie, bijoux, soies, vêtements et tissus en tout genre, ustensiles de cuisine, jeux, meubles, poteries et porcelaines, chiots et chatons, oiseaux, etc. etc. - et même plus encore.
Lundi 22 Février 2004 Je joue au ping-pong avec les Ricoh brothers qui m’envoient d’un lieu à un autre pour cet appareil photo. Finalement je trouve la bonne adresse et mon appareil sera prêt Jeudi. Donc je pourrai partir Vendredi pour le Cambodge.
Mardi 23 Février 2004 Je glande copieusement. Un petit jeu Pour détendre l’atmosphère. Une question se pose, une question de définition : Quelle est la différence entre un TOURISTE et un ROUTARD et un VOYAGEUR Plusieurs perceptions s’affrontent : Patrick FERRAND : Le voyageur, lui ne sais pas quand il rentrera. Moi : Un touriste FAIT Le laos, Le Cambodge, le Guatemala, Le Mozambique un routard y va. ! Moi : Un touriste boit de la Heineken en Thaïlande alors que la Chang ou la Singha sont dix fois meilleure. Il mange des pizzas, des hamburgers, des french fried potatoes à Vang Vieng au Laos. Moi : Un routard a le guide du routard dans son sac, un touriste a le catalogue de Look Voyages. Moi ; (Encore ! Oh ! Y’a que moi qui bosse, ici !!!) Un touriste croit que Hello veut dire Bonjour en Thaï. Et vous, qu’en pensez vous ? Quelles sont vos définitions pour ces mots ?
Mercredi 24 Février 2004 Je glande copieusement. Eh ! Ben Oui ! Deux jours de suite !
Jeudi 25 Février 2004 Je récupère mon appareil qui avait ingurgité un peu de poussière. Bien entendu quelques ballades dans Bangkok.
Vendredi 27 Février 2004 Je glande copieusement. Je fais connaissance de Yuree que je dois revoir demain.
Samedi 28 Février 2004. Je glande copieusement toute la journée. J’essaie d’avoir Fon, une fille sympa que j’avais connu lors de mon premier séjour à Bangkok, au téléphone mais son portable me renvoie des borborygmes bizarres que je ne comprends pas. Le soir je rencontre Yuree et une de ses copines, avec qui je soupe. Je leur offre un pot à Khao Sarn Road pour mon anniversaire. Après des conciliabules en Thaï, l’amie s’échappe pour, soit-disant, aller acheter des cigarettes. Elle revient après être passé dans un Seven Ilven, une boutique genre petit Casino ou Etoile des Alpes qui fourmille à Bangkok et où on trouve de tout. Elle revient avec un gâteau et des bougies (Oh ! Pas 56, ça aurait coûté plus cher que le gâteau) Je suis très ému et offre un deuxième cocktail.
Dimanche 29 Février 2004 Plus qu’un mois ! Je prépare mes sacs pour partir pour le Cambodge. Je dois passer la journée avec Yuree, mais celle-ci change d’avis et préfère suivre ses amis qui vont passer quelques jours à Pattaya. Je passe dire au revoir à Frank, le grand argentier qui – les boules – part demain pour Paris.
Lundi 1er Mars 2004 Départ laborieux pour le Cambodge par bus. Tous les taxi meter (Taxis officiels avec un compteur) veulent bien m’emmener à l’immense gare routière, mais en débranchant leur compteur. TOUJOURS refuser cette pratique ! C’est à coup sur une arnaque. Et le prix du taxi honnête qui me ‘’charge’’ me le confirme. 80 Bath au lieu de 200 demandé par les ‘’dégourdis’’. Je fais le voyage en bus ‘’gouvernemental’’ moins air conditionné que les bus VIP, mais moins chers et les voyageurs sont des Thaïs sympas. Le CAMBODGE L’autre pays du sourire
La monnaie officielle est le Riel. La monnaie réelle est le $US 1$ = 3950 Riel 20 Riel cambodgien = 0.004270 Euro 20 Euro (EUR) = 93'685.1 Riel cambodgien (KHR) Le voyage est un retour vers l'essentiel. Proverbe tibétain Les voyages améliorent les sages et empirent les sots. Proverbe Anglais. A la frontière, une meute de gamins qui font la manche. Changement de niveau de vie. Le chauffeur du minibus qui va à Siem Reab (ou Siem Reap), est aussi patron d’une Guest House où, bien entendu, il nous propose de nous emmener. Comme elle est à 3$ la nuit - Eh ! Oui, ici la monnaie officielle est le Riel mais la monnaie réelle est le $ US. Rageant - Je dois renégocier, car il n’y a plus de chambre ‘’single’’ et me retrouve avec une double pour 3$ : bien joué !
Mardi 2 Mars 2004 Je ne vais pas à Angkor aujourd’hui. Je préfère visiter la ville de Siem Reab. Bouleversant, le nombre de mendiants auxquels il manque une jambe. Hou ! La ! La ! Les Tuk-tuk et autres ‘’motorbike drivers’’ sont certainement des petits fils du Grand Kaskouï.
Mercredi 3 Mars 2004 Angkor : GRANDIOSE. Certainement une des sept merveilles du monde actuel, comme les Pyramides d’Egypte, Venise, Le Taj Mahal à Agra, en Inde, L’Eglise de Brou à Bourg en Bresse, etc. . . . Les temples sont splendides. La descendance du Grand Kaskouï n’est certainement pas près de s’éteindre avec cette lignée des marchands de boissons, livres, T-shirts, statues, bijoux, guimbardes, flûtes et souvenirs en tout genre qui grouille autour de chaque temple. Le premier jour, je commence par le Bayon, majestueux, avec ses figures sculptées monumentales. Sur le livre d’or, j’écris : ‘’Tout à la main comme à Bayon’’, un slogan rugbystique des années passées. Ensuite la Terrasse des Eléphants, superbe dans la lumière du matin. Et le Ta Phrom (où a été tourné le film ‘’Les deux frères’’ de Jean Jacques Annaud ; les héros sont deux tigres et ce temple) : Magnifique. Les racines des ‘’fromagers’’ (arbres et pas marchands de Camemberts) se marient, s’entrelacent avec les pierres du temple : Splendide, fantastique et merveilleux. Et le magistral et monumental Angkor Vat. Il n’y a pas de mots pour décrire cette splendeur immense dans la lumière de la fin d’après-midi. Ce temple est dédié à Vishnou (la paix, bien sur : N’est-ce pas Pierre Dac et Francis Blanche ?) Je discute avec un bonzillon qui est en train de passer son CAP de Bonze : Ca* le rend malade. S’il réussit, il pourra aller en Thaïlande étudier gratuitement l’informatique : Ici, ça lui coûterait très cher. * Voir le 24/01
Jeudi 4 Mars 2004 Déjà ! Aujourd’hui je me contente de deux temples : le Ta Som avec la porte avant représentant un visage monumental, comme ceux du Bayon et la porte arrière mêlée aux racines d’un arbre (Banion ?) et le Bantey Srey, un petit temple mignon mais en travaux ! Je prends quelques guimbardes en Bambou pour moi et pour Frank qui me le demande par mail, mais il s’y prend un peu tard, car il y en a peu au marché de Siem Reab et mon passeport d’Angkor est terminé ; je n’y retournerai pas ! Ces guimbardes sont faites par des bergers qui en jouent pour passer le temps – dixit un vieux Khmer francophone.
Vendredi 5 Mars 2004 Une petite visite de la ville et je me marre un bon coup lorsque je passe devant le bâtiment de la police dont une porte exhibe la plaque ‘’ Serious Desk Office’’ (Bureau des Crimes Sérieux), mais je ne vois pas celui des ‘’crimes marrants’’. Il doit être derrière. Le vieux Khmer francophone d’hier m’emmène sur sa mobylette à une Fête avec un orchestre traditionnel. C’est l’anniversaire de la mort d’une respectable mammie.
Samedi 6 Mars 2004 Départ de Siem Reap pour Phnom Penh La route semble belle, mais ça dure une dizaine de kilomètres. Ensuite c’est une alternance de passages rares de route goudronnée et de labours. Comme le bus est un rescapé des années 50, avec des amortisseurs et des sièges fatigués et que je viens de me taper 3 jours de motorbike à Angkor, je ne vous raconte pas l’état de mon cul à l’arrivée. Je vais bien avoir besoin d’un massage ! Je vais loger à la ‘11 Happy GH’’ dans une rue plutôt pouilleuse, près de la mosquée. Le resto donne sur un lac magnifique. J’y mange un délicieux Bœuf Hammok ( ?) au lait de noix de coco. Par contre l’environnement sonore laisse à désirer. Une meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ regarde à la télé un match du championnat anglais. Faire 10000 Km pour venir voir les matchs qu’ils auraient pu voir en restant chez eux : Bravo ! Devant, côté lac une autre meute ‘’d’anglosaxophones ‘’ écoute de la Techno. Le mariage des deux bruits est d’un effet bœuf, mais pas Hammok, celui-ci.
Dimanche 7 Mars 2004 Frank est arrivé en France où il fait beau. Ici, dès qu’un jeune a un peu d’argent, il s’achète un(e) motorbyke, hybride entre le scooter et la mobylette et, comme il y a peu de taxis et plus beaucoup de pousses pousses, ils se proposent pour véhiculer les voyageurs. Mais comme il y a beaucoup plus de motor bykers que de touristes et que, si on ne marchande pas âprement les prix sont prohibitifs, ceux-ci voyagent souvent à vide et passent leur temps à accoster les touristes qui marchent à pied : « Motor byke, Sir ? » C’est des petits fils du Grand Kaskouï dont la lignée n’est pas près de s’éteindre. ( Gamins de Mopti ou de Tombouctou : « Tu as un cadeau, ou un Bic, pour moi ? » ; Marchands d’artisanat Touareg à Tombouctou ; Guides du Pays Dogon à Sévaré (Mali) très bien placés dans le classement ; Tuk Tuk de Thaïlande ou du Laos ; les femmes Akha marchandes d’artisanat en Thaïlande et au Laos ; Les vendeurs de souvenirs en tout genre des temples d’Angkor ; les motor byke drivers du Cambodge ; les forains du Night Market de Chiang Maï ; etc. . . . On voit que ce n’est pas une espèce en voie de disparition : inutile de créer une ONG pour lutter pour leur survie. Le vieux marché de Phnom Penh est crade ; je n’ai même pas envie d’y manger ! Phnom Penh doit être une ville vachement polluée, car de nombreuses personnes portent un masque sur la bouche et le nez.A moins que ce soient des terroristes ou des anciens amis de Pol Pot. Qui ne veulent pas être reconnus. J’en doute vu leur age ! A un coin de rue, je tombe sur un podium avec une chanteuse un orchestre et des danseuses. Je tente de me renseigner auprès des spectateurs, mais personne ne semble parler anglais. Elle restera donc pour moi, l’inconnue la plus célèbre du showbiz cambodgien. La nourriture est moins bonne au Cambodge qu’en Thaïlande ou au Laos. Ce soir je me nourri dans une gargote et le banana shake au bar de la GH est trop sucré. Une radio diffuse des chansons sirupeuses à souhait, des reprises des tubes des années 70. Imagine de John Lennon en khmer : Grandiose. S’il entendait ça, son assassin ne le tuerait pas pour qu’il ne se retourne pas son cercueil ou son urne funéraire.
Lundi 8 mars 2004 Comme j’ai une velléité de ‘’tourista’’, je me bois un Coca. Pourquoi écris-je ce mot avec une majuscule. Ce liquide est à peine buvable avec du whisky, alors seul . . . On me sert en plus, tradition oblige, un verre de thé glacé encore plus mauvais que le Coke. Ce n’est pas peu dire. Le Coca, tous les routards vous le dirons est souverain contre les débuts de diarrhée. Si ça persiste, prenez votre ‘’élixir paracollique’’ habituel ou une boulette d’opium. Le véritable Elixir Parégorique a été interdit car, justement il contenait de l’opium et les accros s’en gavaient en fin de mois car il devait être moins cher que l’héroïne. Le Coca, est aussi souverain pour nettoyer l’argenterie, les tables en Formica, les éviers en inox, les dérailleurs de vélos, les enjoliveurs de roues de voiture, les pierres tombales, les cuvettes de WC jaunies, les tuiles vernissées, les tuiles non vernissées, les lunettes de soleil de marque Ray Bann, les bouillottes en cuivre, les chaudrons à confiture en cuivre, les pare-brise de Boeing 747, et les vieux meubles, déboucher les collecteurs d’égouts et les fosses septiques, et détruire, pas très écologiquement il est vrai, les pucerons des choux-raves et des topinambours. Cette boisson, ce breuvage devrais-je dire n’a malheureusement aucun effet sur la connerie humaine. Regardez, le meilleur exemple, ou le pire plutôt : Georges Debelyou Il en boit des quantités depuis qu’il a été sauvé de l’alcoolisme par la religion. Pas par Dieu ou Jésus, mais par la religion. Dieu doit s’en mordre les doigts, d’avoir laissé faire ce sauvetage. Donc il en boit beaucoup et ça se voit à son air constipé ! Coup d’œil au Centre Culturel Français : Pratiquement vide ! C’est normal car aujourd’hui c’est le 8 Mars, le jour de la femme, me dit la tenancière de la cafeteria ! Et peut-être aussi parce que les tarifs des cours sont prohibitifs ! Le jour de la femme est très important au Cambodge, parait-il ! D’habitude, elles triment comme des mulets, aujourd’hui, elles ne travaillent que comme des ânes. Ho ! Le bord du Mékong est très beau en fin d’après midi, mais on ne peut y boire une bière ou manger comme à Ventiane.
Mardi 9 Mars 2004 Je pense à aller à Sihanoukville, le saint Trop cambodgien d’où je rejoindrai la Thaïlande. Ici, la marque de cigarettes à la mode n’est pas Marlboro ou Camel, mais les cigarettes Alain Delon : ‘’The taste of France’’ ! Non ! C’est sérieux ! Ce n’est pas une facétie des Guignols mais bien la réalité.Le grand acteur utilise son nom et sa notoriété pour refiler le cancer aux Cambodgiens qui ont réussi à survivre à Pol Pot et aux Khmers Rouges. Sympa ! Un problème, en Asie du Sud-est est celui des monnaies. Au Laos, la monnaie officielle est le Kip, mais la monnaie la plus utilisée est le Bath Thaïlandais et le Kip sert de petite monnaie et lorsque tu reviens en Thaïlande même les mendiants ne veulent pas de kips d’où mon investissement à la frontière dans une magnifique cloche de vache avec laquelle j’ai fait éclater de rire tout un bus. Ici au Cambodge, la monnaie officielle est le Riel, mais la monnaie réelle est le $ US. Il parait que cette utilisation du $ revient à payer un impôt de fait aux USA ! On m’a expliqué ce mécanisme, mais mon désintérêt pour la finance et tout ce qui tourne autour m’a fait oublier les détails de cette démonstration. En rentrant à ma GH, je tombe sur deux couples de Français qui cherchent à voir le lac. Je les invite à pénétrer dans le salon de celle-ci car la rive de ce côté est toute couverte de maisons et il n’y a pas de point de vue sur le lac. Ils en profitent pour manger là ! Un des deux couples est de Bourg en Bresse, du quartier des Vennes à 300 mètres à vol d’oiseau de chez moi. Ils arrivent du Vietnam qu’ils ont beaucoup aimé, à part les motorbikes qui semblent s’être lancé avec ceux du Cambodge dans une grande compétition internationale et qui auraient une bonne longueur d’avance pour le titre de Grand Kaskouï ! J’espérais photographier le Palais Royal mais s’il était illuminé hier soir, c’est en raison du jour de la femme. Ce soir : Rideau ! En rentrant je rencontre des filles cambodgiennes, jeunes, jolies et sympa Je bois un pot avec Mary, enceinte de 6 mois et Kim qui travaille dans un bureau pour payer les études de son frère. Elle souhaite que je sois son ami, pas son petit ami, bien sur : Elle est à peine plus âgée que mon fils !
Mercredi 10 Mars 2004 Je décide d’aller faire couper mes cheveux qui commencent à me tenir chaud aux oreilles ! Vers le marché central, j’ai repéré quelques salons pleins de coiffeuses toutes plus mignonnes les unes que les autres. Je demande si elles parlent Anglais et si elles peuvent s’occuper de ma capillosité. « Yes ! Of course ! » Pas de problème ! Ben ! Si Problème, justement ! Ce ne sera pas une des beautés khmères qui me prendra en ciseau, mais une sorte de Taras Boulba sorti comme par hasard de l’arrière boutique où il devait faire une petite sieste. Je ne sais s’il est mal réveillé ou si c’est la mode ici, mais il me coupe d’abord les cheveux et me fait faire un shampoing ensuite par une shampouineuse qui m’emmène ensuite dans une pièce arrière pour me rincer la tête avec vigueur ! La patronne me propose un massage mais j’ai peur qu’elle aille chercher Bruce Lee et je décline l’invitation.
Jeudi 11 Mars 2004 Départ à 12h30 précise de Phnom Penh ! Rare par ici, même si les horaires sont moins fantaisistes qu’au Mali, par exemple. La route est magnifique. Un motorbyke driver me trouve une GH avec une chambre avec toilettes et douches, à 4 $, sous un toit de tôle avec un escalier acrobatique qui mène aussi à la réserve d’eau. Le chauffage fonctionne bien. Heureusement, le ventilateur est puissant. La plage est magnifique avec d’immenses parasols en paille : exotique ! Je joue au foot avec les femmes d’une famille cambodgienne. J’essaie de me faire passer pour Zidane et je fais illusion car elles ne sont pas de super footballeuses. Elles me donnent rendez-vous pour le lendemain ! Sympa.
Vendredi 12 Mars 2004 Dés le matin au réveil, le motorbike driver qui m’a amené hier me demande où je veux aller, avant même que je boive le café pas très bon de la GH. Déjà ?!? Je lui dit qu’il arrête de ‘’broke my balls’’ et il se vexe un peu ! Sihanoukville se veut à l’image du Cambodge et comme dans d’autres lieux du pays, il y a des endroits très sales. Et les motorbike drivers . . . Et les serveurs et serveuses de restaurant, les boutiquiers trop obséquieux . . . Par contre les gens qui ne sont pas en contact avec les touristes sont exceptionnels, encore plus sympas et souriants qu’au Laos ! J’en veux pour preuve la famille des footballeuses d’hier soir que je rejoins à la plage, sous le plus grand parasol. Un des fils est émigré à Boston et est venu avec sa femme passer les vacances au pays. Il a loué un minibus pour une semaine et a amené toute la famille de Phnom Penh à Sihanoukville. Là, ils sont en train de manger sur la plage, de se gaver de crabes. Je lui demande s’il les a pêché lui-même. « Non ! Je suis allé au marché et j’ai acheté tout ce qu’il avait à un mareyeur. » Il y a de quoi se régaler et comme je suis invité, je me régale. Les bières Henekein coulent à flots ! Je lui demande pourquoi il n’achète pas de bière ‘’Angkor’’, nettement meilleure : « Parce que aux USA, la Henekein c’est la plus chère, DONC, c’est la meilleure ! » CQFD ! Ensuite, toute le famille et moi, nous amusons comme des petits fous au ‘’donkey’’ pendant au moins trois heures. Quand je dis toute la famille, c’est toute la famille La grand-mère, les fils et les filles, et les petites filles ! Le ‘’donkey’’, le singe, c’est un jeu de gamins. Tout le monde se met en cercle dans l’eau et le ‘’donkey’’ se met au milieu et doit attraper le ballon que les autre se lancent. Tout le monde rit comme des gosses ! Et on joue comme ça pendant au moins trois heures. L’eau est si chaude que lorsqu’on pisse dedans – ne rigolez pas vous l’avez tous fait à Palavas-les-flots, à Meschers sur Gironde, à la Bourboule ou à la piscine, pas du haut du plongeoir, quand même – ça la rafraîchit ! Je ne me suis jamais baigné dans de l’eau aussi chaude. Et le coucher de soleil ! Je n’ai pas mon appareil !
Samedi 13 Mars 2004 Le port de Sihanoukville est bien moyen. Nouvelle journée avec Navy (Eh ! Oui ! C’est un prénom féminin ici au Cambodge !) et sa joyeuse famille Les garçons jouent aux cartes, à un jeu auquel je ne comprends rien ! Mais celui qui perd la levée doit boire une bière. Je ne vous raconte pas l’état de certains d’entre eux en fin d’après midi. Le coucher de soleil est moins beau que la veille mais au moins aujourd’hui, j’ai mon appareil !
Dimanche 14 Mars 2004 Discussion avec les Motorbyke drivers qui ne comprennent pas qu'il ennuient les touristes à toujours leur demander : « Motorbyke, Sir ? ». Ils ne veulent pas admettre non plus que la vie soit plus chère ici qu’en Thaïlande ou au Laos. Hier soir, du fait de l’état des frères de Navy nous ne sommes pas allé au dancing comme prévu. Ca sera pour ce soir, paraît-il ? ‘’Biba club’’ ! Un mélange de karaoké et de dancing. J’apprends des chorégraphies qui feraient pâlir d’envie la ‘’Star Academy’’ Navy part demain avec sa famille ! Elle ne veut pas rester quelques jours de plus. Elle veut partir avec le reste de sa famille, en minibus et elle doit rouvrir sa boutique Donc, moi aussi ! Je vais regagner la Thaïlande. Nous resterons en contact et peut être nous reverrons nous !! Inch’Allah !
Lundi 15 Mars 2004 Départ en bateau climatisé pour rejoindre la Thaïlande. On doit d’ailleurs terminer en pick-up ! Puis je réussi à trouver un minibus qui va à Trat, d’où je pourrais aller à l’île de Koh Chang qui doit son nom à ce qu’elle a la forme d’une tête d’éléphant ! Trat, petite ville même pas mentionnée dans le ‘’Guide du Routard’’ Une petite GH sympa ! Et des fabuleux fruits de mer au Night Market ! Délicieux ! Plus quelques couques au coconut, un ‘’banana Röti’’ à l’Indienne. Elle est pas belle la vie ? Et en plus, le service est rapide. La bière est fraîche. Ici, il y a des frigos ! Au Cambodge, les boissons fraîchissent dans des coffres isothermes avec des pains de glace. Elles semblent fraîches mais tiédissent vite ! Je suis content de retrouver la Thaïlande et ses prix sympas et où de joyeux e-mails m’attendent sur le net ! Je salive en voyant les nombreux salons de coiffure où de belles coiffeuses shampouinent ou dégagent les oreilles aux hommes. L’une d’elle porte même un masque sur le nez et la bouche. Elle a du mal lire le journal et confondre grippe du poulet avec fièvre du cochon (qui sommeille . . . c’est bien connu)
Mardi 16 Mars 2004 Journée à glander, à écrire les dernières cartes postales, à prendre quelques photos, à envoyer quelques e-mails et à me régaler au marché à midi et au marché de nuit avec des fruits de mers tout frais qu’ils en bougent encore les oreilles.
Mercredi 17 Mars 2004 Nous nous retrouvons toute une bande de francophone dans le bateau pour aller à Kho Tchang ! Le taxi collectif commence à nous escroquer ! La route pour aller à View Beach est très longue et sinueuse. Les bungalows sont beaux et la GH est sympa. Mais la plage est en rochers coupants et il sera difficile de s’y baigner. Kho Chang est sensé être un parc naturel mais ça bétonne à tout va ! ‘’Arrêtez le carrelage !’’ Ca me fait du bien de parler français avec Thierry, Laure, Laurence et italien avec Eva. Je vais certainement rester quelques jours avec eux. On arrive dans une GH magnifique, la Best View Hut, avec un accueil restaurant splendide et une ‘’accueilleuse’’ encore plus belle et des bungalow sympas. Par contre la plage est rocheuse et les prix du resto sont assez élevés. Je ne vais certainement pas insister ici.
Jeudi 18 Mars 2004 Rien de spécial. Avec Laure et Thierry, nous décidons de changer de plage et d’aller dans une GH indiquée par le guide du Routard : La K P bungalows. La plage est splendide sous les cocotiers. Je ne comprends pas pourquoi on a choisi le sapin comme arbre de Noël ; le cocotier à une autre gueule. L’eau est délicieuse, moins chaude qu’a Sihanoukville. Farniente.
Vendredi 19 Mars 2004 Journée plage avec un bouquin de ‘’Bragon the Bath’’, un écrivain français qui se prend pour San Antonio. Il est édité en Thaïlande (300baths) et doit y vivre car il connaît le Pays.Il a de très bonnes choses et d’autres plus lourdes. Ses pseudo citations de Confucius, ‘’le livre des profondes platitudes’’ sont excellentes : ‘’Si le travail était si bon que ça, les riches prendraient tout et nous laisseraient que les miettes’’ Sinon Farniente.
Samedi 20 Mars 2004 Beaucoup d’activités aujourd’hui, des activités très dures et fatigantes : Plage, farniente, glande, une petite sieste et une petite heure de hamac tendu entre deux cocotiers. Finalement j’ai acheté un hamac, costaud, pour renouveler l’expérience dans mon jardin. Laure et Thierry partent pour Bangkok et vont aller dans les îles de la mer d’Andaman plus au sud.
Dimanche 21 Mars 2004 Le temps passe vraiment vite. Il reste un peu plus d’une semaine. J’ai un peu le blues en pensant à ça. Je fais une promenade, par le route jusqu’au village de Khlong Praho, minuscule village de pêcheurs dit le Guide du Routard. Tellement minuscule qu’il n’y a en fait que des boutiques à touriste, des restos, des locations de scooters des agences de voyages et des organisateurs de plongée et de SNORKELING. Même les Français, maintenant, font du SNORKELING. : « C’est quoi, ça ? » Si tu plonges avec des bouteilles, tu forces le respect. Tout le monde revoit ‘’20 000 Lieus sous les Mers’’, Cousteau ou la COMEX, voire James Bond ; mais si tu te ballades avec des palmes et un tuba, en apnée, là, tu passes pour un charlot, genre grand gamin, plutôt fauché, échappé d’une colonie de vacances. Alors tu fais du SNORKELING. C’est la même chose, mais en anglais, tu as l’air moins con. Ca fait moderne, nouveau, ça vient de sortir, dans le vent, ‘’in’’, ‘’fashion’’, quoi ! Ah ! Paraître ! Vous comprenez pourquoi je fuis les coins à touristes. Heureusement, ici à Kho Chang, il y en a peu car la saison est pratiquement finie : le gros des ‘’doryphores’’, comme on dit en Maurienne est ici en Janvier/ Février. Le propriétaire de KP Bungalows est en train de renouveler son parc cet il a pratiquement terminé de reconstruire tous les ‘’huts’’, en bois couvert de paille, à l’ancienne. Ses voisins ont été plus ‘’modernes’’ : L’un a fait des bungalows en préfabriqué, très laids ; l’autre a fait un hôtel genre temple bouddhiste, tout aussi laid. Il gardera les même prix : ceux qui sont loin de la mer continueront à être abordables. Sympa, un mec qui comme Hawa, au Nord Mali, ne court pas les $. Kho Chang est soit-disant un parc naturel, mais comme ici la corruption est, si j’ose dire, monnaie courante, les constructions bétonnées poussent comme des inocybes de patouillard. Ainsi, les anglosaxophones pourront venir se gaver de Heineken, de Coca (au mépris des fabuleux jus de fruits artisanaux), de pizzas, de hamburgers, et de french fried potatoes. Ici les ouvriers construisent de splendides bungalows en deux ou trois jours. Mais qui cela intéressera-t-il ? Des Thaïs relativement peu argentés et des Fernands un peu nostalgique. C’est Dimanche. Ils travaillent depuis 8 heures du matin : 9 heurs de travail par jour, avec une demi-heure de pause pour manger, 7 jours sur 7. J’ai aperçu leur logement : un baraquement en tôle chauffée à blanc toute la journée. Ici, pas de congés payés, pas de 35 heures hebdomadaires, pas de sécurité sociale, pas d’ Assedic et d’indemnités de chômage et pas de retraite. Ernest Antoine Seillière rêve de telles lois sociales pour la France. Peut-être est-ce lui qui les a dictées pour faire un laboratoire. Continuez à voter pour ses copains, il va vous arranger ça, en France. Le soleil couchant embrase tout le golfe de Siam, ici en Mer de Chine. Je regarde ce soleil qui éclabousse l’horizon, la petite île où un vieux rafiot hors d’age à conduit des touristes fauchés pour faire du SNORKELING et d’autres un peu plus aisés faire de la plongée, de la vraie, du DIVING.
Lundi 22 Mars 2004 Départ de Kho Chang pour Trat ou je retourne avec plaisir. En fait j’aime bien les villes que le guide du Routard trouve sans intérêt ou même ne connais pas comme Trat. J’y passerai la nuit, juste pour faire un tour au marché de nuit où on mange de si délicieux fruits de mer. En fait Serge, le Français qui tient ‘’ Tratosphère’’, une boutique d’artisanat et de bouquins d’occase, où je suis allé changer un livre, passe à Dream GH pour nous - je voyage avec une Belge que j’ai rencontré à Kho Chang et qui m’avait vu, parait-il à Tavee GH à Bangkok - conseillé d’aller à une fête nocturne en l’honneur d’un ancien roi, Rama V. C’est plutôt une sorte de foire mais on y mange aussi des fruits de mer délicieux.
Mardi 23 Mars 2003 Départ pour Bangkok en minibus. Le chauffeur casse la base en plastique de mon sac : GRRRR !!! J’ai acheté deux chapeaux locaux pour faire des abat-jour, dans la maison de moi, à Peronnas – France. Je n’y crois pas : Comme pour mon retour du Laos, il y a une fête dans le quartier de Tavee GH. En l’honneur de mon retour, probablement ! Cette fois c’est l’ordination de jeunes bonzillons, avec repas pour les familles et les habitants du quartier et spectacle de chants et danses. Qu’est ce que ça sera lorsque je reviendrais après Sept mois en France. A une table, il y a une femme avec un magnifique chapeau rouge. Je vais chercher mon appareil pour prendre un cliché et un de ses convives me photographie avec elle.
Mercredi 24 Mars 2004 Dans les paquets que j’avais laissé dans la salle des consignes de Tavee GH, un des orgues à bouche en calebasse est brisé. : Et cela malgré les avis – FRAGILE - HANDLE WITH CARE - que j’avais écrit sur le sac. GRRRRRR ! ! !. Merci les routards !
Jeudi 25 Mars 2004 Matinée cool. Tavee GH est particulièrement calme ce matin et je dors jusqu’à plus de neuf heures. L’après midi je prends un bus pour aller jusqu’à Bo Bae Market. Immense : un des deux ou trois marchés de gros, demi-gros et détail pour tout ce qui touche aux vêtements, de Bangkok. Les 6 ou 7 premiers étages d’une tour rose (et parait-il une autre tour voisine) et tous les quartiers environnants. Plus grand que Bourg en Bresse. Il y a peu de copies. Vous pouvez acheter un t-shirt ou le stock complet pour une saison d’habillement masculin et féminin pour une chaîne de grand magasins français : « Pour quand ? - Pour demain, c’est possible ? - Oui ! Même pour ce soir, si vous voulez ! »
Vendredi 26 mars 2004 Le Pont de la Rivière Kwaï, Le cimetière des Anglais du Pont de la Rivière Kwaï, le musée du Pont de la Rivière Kwaï, la gare du Pont de la Rivière Kwaï, les ‘’waterfalls (presque à sec à cette époque’’ du Pont de la Rivière Kwaï, les restaurants du Pont de la Rivière Kwaï, les marchants de bibelots et de souvenirs du Pont de la Rivière Kwaï. Voilà une affaire rondement menée : Le ‘’merchandising’’ du Pont de la Rivière Kwaï est bien organisé, à la Thaïlandaise qui sont très capables de rivaliser avec les occidentaux sur ce terrain. Ce sale moment de la dernière guerre fait vivre pas mal de monde : à quelque chose, malheur est bon ! Je ne m’éternise pas et souhaite aller au Wat Pà Luang Ta Bua, le monastère du Tiger Conservation Project. http://www.openworldthailand.com/index.cfm?menuid=69 Depuis que j’ai vu ce magnifique film de Etienne VERAHEGEN, ‘’’Little Buddhas and Tigers’’ sur ce monastère où des moines sauvent des tigres orphelins dont les parents ont été braconnés, j’ai eu envie d’aller les visiter. Comme ils connaissent l’homme, ils ne sont pas remis en liberté car ils seraient trop vulnérables. Il y a aussi d’autre animaux sauvages : buffles, cerfs, sangliers, paons, mouches. Des mouches qui ne font certainement pas les dégourdies avec les tigres mais viennent agacer mes jambes nues. Les fauves sont encore en cages : les jeunes d’un côté, les adultes de l’autre, tant que le personnel ne peut veiller au grain et que le parc est ouvert au public.Vers 14h30, les employés décrochent les tuyaux et vont jouer à doucher les tigres, avec du shampoing, s’il vous plait. Un seul tigre adulte n’apprécie pas la toilette ; les jeunes s’amusent comme des petits fous. Aujourd’hui, il y a Diane SMITH, la présentatrice vedette d’une télé australienne qui tourne une émission sur les voyages en Thaïlande. Elle doit des promener avec un tigre en laisse, mais ceux-ci n’obtempèrent pas tant que le bonze responsable n’est pas arrivé. A ce moment, ils deviennent gentils comme des moutons et obéissent à son autorité douce. La vedette se promène avec un jeune tigre, puis un autre et un adulte : « Coupez ! Elle est bonne ! » Ensuite les tigres adultes vont somnoler dans un sorte de carrière et je suis invité à aller en caresser un qui fait bien ses 300 kilos et à lui donner du lait en poudre à lécher dans ma main ! Je sens sa langue râpeuse comme celle d’un petit chat ! Je touche même une de ses canines. Je n’ai pas un centième de seconde de peur ou même d’appréhension. Je ne pense même pas que je devrais avoir peur. Mais je ressens une joie immense, une véritable jubilation lorsque ce gros Méou me lèche la paume. Il a l’air de me trouver sympa, mais un peu trop gros pour son goûter. S’il avait décidé de me mordre la main, il m’aurait arraché l’épaule. Et dire que j’avais peur de me retrouver nez à nez avec un tigre lorsque j’étais perdu, en motorbike, dans la jungle du côté de Vang Vieng au Laos, alors qu’ils sont sympas comme des gros chats ! Le docteur Somchai VISASMONGKOLCHAI, le sympathique vétérinaire du projet, me dit qu’ils vont essayer de faire un parc zoologique comme à Thoiry ou à Sigean. Sur les 11 occidentaux qui étions dans le minibus, je suis le seul qui soit venu voir ces matous. Les autres ont préféré visiter les chutes d’eau à moitié asséchées. Très bonne journée ! Point d’orgue de cette fin de séjour.
Samedi 27 Mars 2004. Dans trois jours je lève l’ancre. Je regrette de ne pas être allé n Birmanie et au Vietnam. Mais trois mois, c’est trop court ! Je glande un peu dans le quartier de Tavee GH. Je passe une très bonne après midi avec Fon que j’ai enfin réussi à joindre au téléphone. Le soir je vais discuter et boire une ou deux bières Avec Maha, Joy et la petite Natalie. Je lui enverrai un CD gravé avec Nathalie de Gilbert Bécaud et des contines. C’est une famille ave qui j’ai noué une relation d’amitié, dans le quartier de Tavee GH.
Dimanche 28 Mars 2004 Je ne pourrai pas passer la journée avec Fon, comme nous avions prévu. Elle a encore trouvé un travail. Désolant. Je vais faire un tour Au week-end market où j’achète un chapeau de paysan Thaï, un oiseau sur sa branche et des éléphants volants. Eh ! Oui !
Lundi 29 Mars 2004 Je glande copieusement. J’ai un peu les boules de partir demain. La seule chose qui me donne envie de rentrer, c’est mon fiston unique et préféré, Dominique. Lui seul me manque. Et aussi mes amis, un peu !
Mardi 30 Mars 2004 «Voyager, c’est aller chercher loin, le plaisir de rentrer chez soi.» L’oncle de Patrick Ferrand Taxi pour l’aéroport. Je ne revois pas le sosie d’Alima. Je verrai l’original à mon retour à Bourg Au revoir Bangkok ! Au revoir l’Asie ! A bientôt !
Mercredi 31 Mars 2004 Escale à Barhein où l’aéroport est décoré aux couleurs d’écuries automobiles, car le week-end prochain, il y aura le grand prix de Formule 1 de Barhein, justement. Paris Charles de Gaulle. Un TGV Lyon Part Dieu Et mon pote Jean Luc ! Et un repas à Villars les Dombes ou je mange enfin du fromage ! The End Conclusion en forme de conclusion, bien sur! « Alors, en conclusion, Fernand, ce voyage, bien passé ? - Très, très bien, Fernand ! - C’était l’aventure ? - Non ! L’aventure, c’est aller là ou il y a du danger, des risques, d’aller où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. En Asie du Sud Est, même dans des villages très reculés, il y a moins de danger que dans nos villes dites civilisées. - Qu’en retiens tu ? - Des quantités de choses et surtout des images très fortes ; j’en ai plein les yeux : Bangkok, qui m’a mis une bonne claque mais que j’aime bien malgré sa pollution, son niveau sonore ; les marchés colorés et odorants ; la nourriture aux goûts nouveaux et épicés ; les fruits tellement sucrés et parfumés ; la Akha Hill Guest house dans la jungle ; la Nam Tha River aussi dans la jungle ; le Mékong en speed et en slow boat ; Angkor Vat et le Ta Phrom où les pierres se marient avec les racines des arbres ; Luang Prabang, cette magnifique ville ; les 4000 Islands sur le Mékong ; la langue râpeuse des tigres que j’ai caressés et auxquels j’ai donné du lait en poudre à lécher dans la main au Wat Pà Luang Ta Bua, prés du pont de la rivière Kwaï. Et puis surtout les gens ; leur sourire ; leur propension à rire ; leur facilité à ne pas se prendre au sérieux et à ne pas dramatiser, à ne pas faire une montagne de choses insignifiantes ; leur gentillesse, leur ouverture d’esprit ; leur générosité ; les instants magiques que j’ai partagé avec eux, difficilement ‘’transcriptibles’’ sur papier. Et trois mois sans chaussettes ; sans slip ; sans mal de dos ; sans administratifs ou commerçants, qui font la gueule ; sans presque une goutte de pluie ; sans contraintes, mais sans fromage à part la Vache qui Rit sur le Mékong. Trois mois de soleil, lorsque en France on ‘’se les pèle’’. Trois mois de liberté. - Tu n’as pas été malade ? - Penses-tu ! Je n’ai même pas pensé que j’aurais pu être malade. La grippe du poulet ne m’a pas effrayé. J’ai surtout craint la fièvre de la poulette, mais ça s’est très bien passé. - Ah ! Les nanas ? - Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Les nanas ! ! ! ! . . . - Et qu’as-tu appris ? - Quelques mots de Thaï, de Laos . . . que les tigres sont des gros chats et quelques petites autres choses. Que pour les gens là-bas et surtout pour les femmes, je n’étais pas un ‘’vieux’’, un gros, Et que ce n’étais pas important si je n’étais pas pourri de fric, si je n’allais pas dans des hôtels luxueux, si je n’avais ni yacht, ni Roll’s, ni palais avec piscine, ni abdominaux en tablette de chocolat. Et les femmes là-bas - les femmes normales, pas les hôtesses des bars et autres professionnelles qui ne m’intéressent pas - sont beaucoup plus ouvertes qu’ici et pour elles coucher avec une homme n’est pas particulièrement ‘’tragique’’. - Et sur toi, Fernand, as-tu appris quelque chose ? - Oui ! Bien sur, Fernand ! J’ai appris à sourire, vite refroidi en rentrant en France, de peur de passer pour un extra terrestre ou ‘’un homo, comme ils disent’’. J’ai appris que je croyais être gentil, mais je suis presque une peau de vache par rapport aux Thaïs aux Khmers et au Laos. J’ai appris, quelque chose d’extrêmement important, que je soupçonnais déjà mais que j’ai vérifié là-bas : Qu’il ne faut pas être heureux pour sourire, mais qu’il faut sourire pour être heureux. Les choses ne sont pas comme nous le croyons ici : C’est sourire qui rend heureux, pas le contraire ! Le sourire donne le sourire intérieur Eh oui ! Vous ne me croyez pas, alors essayez ! Si je peux vous faire passer ce message, je n’aurais pas écrit ce texte pour rien ! - Alors, le prochain voyage ? Le Mozambique, la Moldavie inférieure, la Bosnie Herzégovine, le Zambèze ou Le Guatemala ? - Pas du tout ! Je crois que je vais retourner là-bas, mais pour 5 ou 6 mois, au moins. La Birmanie, le Vietnam, la Malaisie, l’Indonésie, etc. J’ai trouvé un vol Paris Bangkok aller/retour pour 528 Euros, Plus de 200 euros de moins que pour celui-ci ! - Pas cher ! - Si je vends 53 exemplaires de ce texte à 10 Euros pièce, ça me paye le voyage* ! - Bonne idée, Fernand ! Je t’en prends un ! - T’es con, Fernand, c’est toi qui a fait le voyage et qui l’a écrit !!! - Ah ! Oui, c’est vrai ! Je fatigue ! Vivement que je reparte ! » - A propos du voyage : on peut très bien retourner quelque part et, contre toute attente, se rencontrer soi-même, s’attardant encore là depuis la dernière fois.Helen Bevington - Le plus beau voyage, c’est celui qu’on n’a pas encore fait. Loïck Peyron En fait je viens de réserver un vol aller-retour Paris Bangkok du 2 Novembre 2004 au 30 Mars 2005 ! Alors, qu’est ce que ça va être ! Fernand * Rassurez-vous ! Je vous l’avais dit au début, ce texte vous est offert gracieusement ! La maison ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire son aimable clientèle. Et puis je me vois mal faire des séances de signatures dans les FNAC. HELP! Dites moi ce que vous avez aimé le moins et le plus dans ce texte et ce que vous auriez aimé y trouver. Ca m’aidera à faire mieux la prochaine fois. Et, s’il vous plait, donnez-moi des idées de fil rouge pour le prochain texte !
Un petit lexique: Ca ne fait pas de mal et ça me permet de réviser. Ces mots et expressions, je les connais et les utilise un peu. Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois, si je vais à Java ou si j’apprends le Mozanbicais, le Serbo-croate ou le Guatémaltèque. Il est important d’apprendre quelques mots, pour faciliter la communication, pour commander à manger et si . . . je veux trouver une petite fiancée, comme tous mes amis me le conseillent. Bien entendu la prononciation est phonétique, à l’oreille, à la française. La langue Thaï est très compliquée. Dérivée du Chinois et du Sanscrit, il y a 44 consonnes, 11 voyelles et 4 signes d’intonation. C'est-à-dire que chaque lettre, qui déjà par elle même signifie quelque chose, peut être prononcée dans cinq tonalité différentes. Par contre la grammaire est assez simple, il n’y a pas de pluriel et il n’y a ni conjugaison, ni passé, ni futur. Deux mots indiquent ces temps : Leo placé derrière le verbe indique le passé et Dja le futur. Pas de ponctuation, juste un espace entre les phrases. Pas de séparation entre les mots ! Sympa, les cancres pour les dictées, hein ?! Quand à l’écriture, même sous la torture, je n’arrive pas à la comprendre. Vous y trouverez aussi quelques recettes de cuisine. Ben tiens ! Il y a une langue spéciale pour s’adresser au Roi : le Rachasap. Ben oui ! Ils n’ont pas eu 1789, eux ! Et moi, j’ai une langue spéciale pour m’adresser à eux, un mélange de Thaï, d’Anglais, de Français, d’argot et même parfois d’Italien. Et ça marche bien !
Thaï. Les chiffres et les nombres. Les chiffres, je maîtrise mal. Il faut que je m’y mette.
Neug : Un Song : Deux Sam : Trois Si : Quatre Ha : Cinq Hok : Six Tjet : Sept Pet : Huit Kao : Neuf. Sip : Dix Yi Sip : Vingt Sam Sip : Trente. Si sip : Quarante Roï : Cent Song Roï : Deux cents. Neung pan : Mille
Les mots et expressions. Araï : Quoi ? Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R ainsi FeRnand se prononce plutôt : FaiHnant Aroï : Bon. Bakhap : Variété de fruits ressemblant extérieurement à de grosses cacahuètes, mais avec un fruit à noyaux, ligneux et acidulé à l’intérieur de la coque. Ban : Village Baht : monnaie officielle de la Thaïlande et officieuse du Laos. Chang : Eléphant. C’est aussi une marque de très bonne bière et l’emblème de la Thaïlande Chop : Apprécier (Pom Chop Kun : Je t’apprécie) Chogdi Khap (Kha) : Bonne chance. Dja : mot indiquant le futur Farang : Etranger, par extension touriste. En réalité, signifie personne aux yeux bleus. FaiHnant : Fernand. Le R se prononce presque plus L. Les Thaïs prononcent difficilement les R Frankcet’ : Français ( Flankcet’) Khaa : Mot intraduisible que met une femme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Kaï : Poulet Khao : Riz Khao Phat ou Phat khao : Riz Frit Khap : Mot intraduisible que met un homme à la fin de chaque phrase. Sorte de formule polie. Khene : Orgue à bouche Khlongs : Canaux. Il y en a quelques uns au cœur même de Bangkok et beaucoup à l’extérieur. Très beaux quartiers. Kop Khun Khap : Merci (dit par un homme - Khaa si c’est une femme qui parle) Laab ou Laap : Salade de poulet, de porc ou de poisson coupés extrêmement fins, assaisonnée avec de la fish sauce et des piments, du citron vert, des feuilles de coriandre et légèrement saisi. Parfois le poisson est d’abord grillé au barbecue. Leo : Mot indiquant le passé Matma : Beaucoup Maï : Pas ou Peu Maï Phet : Peu épicé Maï Sabaï : Ca ne va pas. Maï Tchaï : Non. Malais : Colliers de fleurs servant d’offrandes. Meou : Chat Meynuu : Menu Mou : porc Naam Plaa : Sauce de poisson ou de seiche. Nuoc Man en Vietnamien et fish sauce en Anglais Nam : Eau Naam : Rivière Nam kwat : Bouteille d’eau. Phat thaï : Nouilles (fried noodles) frites ( pas frites comme des frites, mais passées dans un wok avec de l’huile, des légumes croquants et de la viande de porc ou de poulet ou des crevettes, ou des encornets). Phat : frit (saisi dans un wok avec de l’huile) Phis : Esprits Pho - Prononcer Pheu : soupe chinoise. On voit aussi ce mot dans les vitrines des restaurants chinois, dans le XIIIeme à Paris On dit aussi ‘’soup’’, à l’anglosaxophone. Phu : Montagne (Wat phu : le temple sur la montagne : idem en Lao). Phrik : Piment. Plaa : Poisson Pom : Je Pom chop Kun : Je t’apprécie. Pom R(L)ak Kun : Je t’aime. Poupouille ou poumpouille (je ne sais pas trop) : Gros ou peut-être même enceint (je ne sais pas trop, non plus) « Il ne sais rien, ce mec ! » Phra phum : Petit temple ou peuvent se réfugier les Phis. Röti : Crêpe. La pâte est étalée comme une pizza, mise sur une plaque et repliée sur des tranches de bananes avec du lait concentré sucré et dorées sur les deux faces. Parfois, il y a aussi un coulis de chocolat (Tout simplement sublime) Sawa di Khap : (Kaa si c’est une femme qui parle) Sabaï di Maï ? : Ca va ? Soï ou soy : Venelle, impasse, ruelle Som Tam : salades de papayes vertes délicieuses, mais extrêmement pimentées. Les papayes sont découpées au hachoir, comme du céleri rémoulade, dans une sauce composée de fish sauce, de citron vert, un petit crabe, parfois des crevettes, des piments et de la coriandre ou de la citronnelle. Tout cela est écrasé et fatigué au mortier. Sung : Mandoline à 4 cordes (2 doubles) Ta Maï Khap : (Kha) Tchaï : Oui Thanon : Rue Tuk-tuk : Sorte de croisement hybride entre le scooter et le tricycle couvert, servant de taxis, plus ou moins rustiques selon les régions où je suis passé. Il faut toujours négocier. Bon nombres de leurs chauffeurs descendent en droite lignée du ‘Grand Kaskouï’’. A Bangkok, il vaut mieux prendre un taxi-meter, souvent air conditionné, en exigeant qu’il mette son compteur à jour au départ. Tom Yam : Soupe Wat : Temple. Laos Le Lao ressemble au Thaï, malgré quelques variantes mais les Laos comprennent le Thaïlandais. Bo : Non Khene : Orgue à Bouche. Kip : Monnaie officielle du Laos. La monnaie réelle est le Bath Thaïlandais. Et heureusement car 1000 Baths = 20 Euros = 270 000Kips. S’il te les donne en billets de 5000 Kips, tu as l’impression de dévaliser une banque. Lorsque tu reviens du Laos, débarrasse toi de tes Kips qui ne valent pas un ‘’pet de lapin ‘’ en Thaïlande. Même les mendiants n’en veulent pas et te crachent à la figure si tu leur en donnes. Kao niaw : Riz gluant ou plutôt collant. Il sert de pain. On en fait des boulettes qu’on trempe dans la sauce. Khop Tchaï : Merci Laï Laï : Beaucoup Lao-lao : Whisky de riz (délicieux) Nam Pa : Sauce de poisson Niok-niok: Tchin-tchin Sabaï dii: Bonjour Sabaï dii : Bonsoir Sabaï dii ? ou Sabaï di bow ? : Ca va ? Sabaï dii ! : Ca va ! Tchao : Oui Cambodgien ou Khmer Bon Salagnon : Je t’aime – Eh ! Oui, ça sert ! Encontran : Merci Beaucoup Riel : Monnaie officielle du Cambodge. La monnaie réelle est le US $. Tu donnes des Riels à un Thaï, il rigole et n’en veut pas. Smalo : Bonne Chance. Somsabaï : Bonheur. Vœu prononcé par les bonzes lorsque tu leur donnes un peu d’argent. Quelques personnalités cités dans ce texte. Agiu : Chauffeur du Pick-up 4x4 de la Akha Hill GH Alima : Une amie de Bourg. Alioune BA : Mon ami de M’bour au Sénégal. Grand professeur de danse traditionnelle africaine. C’est mon frère jumeau, même si on ne se ressemble pas, parce qu’on est pas de la même couille. Caroline : Une amie de Bourg, randonneuse en rang d’oignon. Dominique : Mon Fiston, unique et préféré. Fatima : La sœur d’Alima et néanmoins amie. François : Québécois d’une cinquantaine d’années, qui voyage depuis 25 ans. Françoise : Une amie des restos. Frank: Trafiquant de bijoux en argent massif, rencontré à Huenxaï. Généalogiquement parlant, il n’est pas un des petits fils du ‘’Grand Kaskouï’’, mais il en a pas mal fréquenté. Guy : Un ami qui fait des courses en montagne et des marathons. Il a reçu la carte que je lui ai envoyé à cette adresse : Guy B . . . 38 Pont de Claix – France. Hélène : Beau brin de jeune fille bien comme il faut, propre sur elle, bonne dormeuse, élève de HEC. (Mais pas celle dont je suis sorti ! Moi, c’était Hautes Etudes Communales) Et tout ! Et tout ! Qui étudie le Chinois à Shanghai. Jean Luc : Mon ami d’enfance qui m’a emmené à la gare de Bourg, est venu me chercher à la gare de Lyon Part Dieu et a corrigé les fautes de ce texte. S’il en reste, engueulez-le ! Jim Morris : Gallois rencontré à Chieng Kong Louis dit Kabé : Un ami ‘’Borgiate’’, justement. Mohamed : Le directeur de Bourem 4 (Mali) Monique et Christian : Des amis d’Avrieux près de Modane. Mylaine : une Québécoise de 20 ans, belle comme un cœur, rencontrée à Luang Prabang, Elle voyage seule depuis l’age de 16 ans et travaille l’été comme serveuse au Québec. Ah ! Si elle pouvait passer le virus à mon Dominique de fils. Nohé : Femme du village Akha qui fait des massages à la GH. Patrick FERRAND : Un voyageur émérite qui travaille à la SNCF à Bourg en Bresse. Il a déjà effectué un immense périple en train entre Lyon et Pékin et retour par le transsibérien Pierre : Un ami aquarelliste que j’avais rencontré ‘’Chez Hawa’’ à Gao et avec qui je suis toujours en contact. Pierrot : Ou plus précisément Pierre un ami cheminot que j’ai connu à Modane et qui est allé plusieurs fois en Thaïlande. Roger et Martine : Couple de Québécois rencontrés au Bamboo Bar à Vang Vieng et retrouvé à Ventiane : Sympas. Sandra : Française rencontrée à Luang Prabang. Elle a peur de la fièvre des poulets. Moi, c’est de celle des poulettes Tep : Akha de la GH qui nous a accompagné aux ‘’hot springs’’ Remerciements A Jean Luc, qui m’a charrié et m’a ‘’filé’’ une bonne correction. A Luc qui m’a fait bonne impression. A tous ceux qui m’ont encouragé. A tous ceux que j’ai rencontré et qui ont fait de ce voyage, un paradis. A tous ceux qui vont lire ce texte. .oO0Oo.
Voyager au Maroc
Bonsoir à tous…
Voici plusieurs années que je vais au Maroc. Au début, chaque année et demie et puis cette année j'y suis allée en septembre puis fin octobre. Je pense même que je finirais, dans les 2 ans à venir, par m'installer définitivement au Maroc et plus spécialement à Essaouira avec mon mari et mon fils. Pour les personnes qui ont eu de mauvaises expériences, je conseille -si je puis me permettre- de changer de destination au Maroc. De découvrir d'autres endroits beaucoup moins touristiques. Pour les personnes qui connaissent le Maroc, je pense que vous serez de mon avis, mais le Sud du pays est beaucoup moins sale que le Nord.
Heureusement le Maroc ne s'arrête pas à Marrakech... Les mêmes babouches vous sont proposées à Marrakech à 25 euros, 12 euros à Essaouira et 6.5 euros à Meknés. Au niveau des prix, je pense qu'il faut payer le prix qui nous semble raisonnable, tout dépend des moyens que vous avez. De toute façon le marchandage fait partie d'une coutume des pays arabes.
Je suis allée à Marrakech plusieurs fois et en novembre j'ai eu le ras-le-bol car en plus je venais de passer 1 semaine à Essaouira qui est tellement tranquille et propre car comme le disait une intervenante (je suis désolée je ne me souviens plus du nom), les rues sont nettoyées régulièrement et le camion des poubelles passe tous les matins. La médina y est interdite aux véhicules (à part vélo et mobylette) puis les environs sont magnifiques, il suffit de se balader sur la route de Safi ou celle d'Agadir pour découvrir des sites impressionnants avec des activités autres que le marchandage du prix des babouches ou du tapis… Tout dépend ce que l’on cherche .
Vous pouvez aussi aller vers Tafraoute un peu plus au sud (vers l'intérieur), Taroudant dite la "petite Marrakech" pour la beauté de ses remparts, Zagora, M'hamid (plus au sud et portes du désert), Guelmin, Tiznit, sûrement pas Agadir (un style de Grande-Motte).
Je commence à bien connaître le Maroc et si l'on prend le temps de parler avec les gens on en trouve de bien et bien sur aussi de moins bien, comme partout. Je pense aussi que les marocains doivent dire la même chose des touristes : il y en a de bien et de moins bien. Car comme j'ai lu dans une des interventions, des cons il y en a partout... La différence c'est qu'au Maroc un salaire est de 140 euros par mois et que tout ce qu'ils pourront avoir en plus sera le bien venu pour eux et leur famille. Vous trouverez des personnes qui essaieront de vous sortir le plus d'argent possible mais vous trouverez aussi des personnes qui insisteront pour partager avec vous le peu qu'ils puissent avoir sans rien demander en retour. Je précise que ce dernier cas est le MAJORITAIRE.
Ce qui me rassure c'est qu'en octobre nous avons organisé notre premier circuit au Maroc pour faire découvrir ce magnifique pays à un groupe d'amis espagnols qui dans leur majorité étaient réticents. (Beaucoup de préjugés et une méconnaissance de l'autre). Fernando a fini même par jouer aux cartes avec les vendeurs d'une boutique au souk d'Essaouira pendant que sa femme était en train de choisir un foulard dans la boutique à côté. Il rigolait avec eux et même trichait... Jamais il n'aurait pensé qu'une chose pareille aurait pu lui arriver, car en Europe bien de ces moments partagés ont disparu de la vie quotidienne des villes. Ils sont revenus enchantés. Ils ont vu la partie océan, l'atlas, le désert et des villes, mais sous un autre angle que le typiquement touristique. Ils ont pu discuter avec des marocains de tous horizons. Et c'est ce côté là que j'aime du Maroc et des marocains, le non touristique...
Je vous assure que plus on va au Maroc plus on a envie d'y aller.
Je donnerais tellement pour que les personnes qui ont été déçues essayent de renouveler l'expérience afin de quitter ce pays avec une autre idée, d'autres images et d'autres anecdotes... En tout cas si je puis être utile à la découverte ou à la redécouverte de ce pays n´hésitez pas... JE JOINDRAIS DES IMAGES LA SEMAINE PROCHAINE.
Voici plusieurs années que je vais au Maroc. Au début, chaque année et demie et puis cette année j'y suis allée en septembre puis fin octobre. Je pense même que je finirais, dans les 2 ans à venir, par m'installer définitivement au Maroc et plus spécialement à Essaouira avec mon mari et mon fils. Pour les personnes qui ont eu de mauvaises expériences, je conseille -si je puis me permettre- de changer de destination au Maroc. De découvrir d'autres endroits beaucoup moins touristiques. Pour les personnes qui connaissent le Maroc, je pense que vous serez de mon avis, mais le Sud du pays est beaucoup moins sale que le Nord.
Heureusement le Maroc ne s'arrête pas à Marrakech... Les mêmes babouches vous sont proposées à Marrakech à 25 euros, 12 euros à Essaouira et 6.5 euros à Meknés. Au niveau des prix, je pense qu'il faut payer le prix qui nous semble raisonnable, tout dépend des moyens que vous avez. De toute façon le marchandage fait partie d'une coutume des pays arabes.
Je suis allée à Marrakech plusieurs fois et en novembre j'ai eu le ras-le-bol car en plus je venais de passer 1 semaine à Essaouira qui est tellement tranquille et propre car comme le disait une intervenante (je suis désolée je ne me souviens plus du nom), les rues sont nettoyées régulièrement et le camion des poubelles passe tous les matins. La médina y est interdite aux véhicules (à part vélo et mobylette) puis les environs sont magnifiques, il suffit de se balader sur la route de Safi ou celle d'Agadir pour découvrir des sites impressionnants avec des activités autres que le marchandage du prix des babouches ou du tapis… Tout dépend ce que l’on cherche .
Vous pouvez aussi aller vers Tafraoute un peu plus au sud (vers l'intérieur), Taroudant dite la "petite Marrakech" pour la beauté de ses remparts, Zagora, M'hamid (plus au sud et portes du désert), Guelmin, Tiznit, sûrement pas Agadir (un style de Grande-Motte).
Je commence à bien connaître le Maroc et si l'on prend le temps de parler avec les gens on en trouve de bien et bien sur aussi de moins bien, comme partout. Je pense aussi que les marocains doivent dire la même chose des touristes : il y en a de bien et de moins bien. Car comme j'ai lu dans une des interventions, des cons il y en a partout... La différence c'est qu'au Maroc un salaire est de 140 euros par mois et que tout ce qu'ils pourront avoir en plus sera le bien venu pour eux et leur famille. Vous trouverez des personnes qui essaieront de vous sortir le plus d'argent possible mais vous trouverez aussi des personnes qui insisteront pour partager avec vous le peu qu'ils puissent avoir sans rien demander en retour. Je précise que ce dernier cas est le MAJORITAIRE.
Ce qui me rassure c'est qu'en octobre nous avons organisé notre premier circuit au Maroc pour faire découvrir ce magnifique pays à un groupe d'amis espagnols qui dans leur majorité étaient réticents. (Beaucoup de préjugés et une méconnaissance de l'autre). Fernando a fini même par jouer aux cartes avec les vendeurs d'une boutique au souk d'Essaouira pendant que sa femme était en train de choisir un foulard dans la boutique à côté. Il rigolait avec eux et même trichait... Jamais il n'aurait pensé qu'une chose pareille aurait pu lui arriver, car en Europe bien de ces moments partagés ont disparu de la vie quotidienne des villes. Ils sont revenus enchantés. Ils ont vu la partie océan, l'atlas, le désert et des villes, mais sous un autre angle que le typiquement touristique. Ils ont pu discuter avec des marocains de tous horizons. Et c'est ce côté là que j'aime du Maroc et des marocains, le non touristique...
Je vous assure que plus on va au Maroc plus on a envie d'y aller.
Je donnerais tellement pour que les personnes qui ont été déçues essayent de renouveler l'expérience afin de quitter ce pays avec une autre idée, d'autres images et d'autres anecdotes... En tout cas si je puis être utile à la découverte ou à la redécouverte de ce pays n´hésitez pas... JE JOINDRAIS DES IMAGES LA SEMAINE PROCHAINE.
Qu'apporter à la population du Kenya?
je pars au kenya et je souhaite apporter avec moi, dans mes bagages, une petite aide..mais je ne suis pas vraiment au courant de ce qu'il manque las bas ( je vais aussi découvrir la tanzanie et zanzibar)
faut il plutot apporter des médicaments, ou au contraire des fournitures scolaires?
merci de m'aider! a bientot
caroline 😉
faut il plutot apporter des médicaments, ou au contraire des fournitures scolaires?
merci de m'aider! a bientot
caroline 😉
Déception sur la Bolivie
¡ Hola à tous !
J´ai été pas mal déçu par la Bolivie, au regard des commentaires de ce forum, je m´attendais à un pays avec des habitants chaleureux, curieux envers l´étranger, à des paysages magnifiques.
Rien de tout cela. Je tiens à préciser que le commentaire qui suit ne s´applique qu´aux zones touristiques de la Bolivie, peut etre qu´ailleurs dans le pays c´est un peu mieux.
Je m´explique: la grande majorité des boliviens n´ont que faire du touriste, le seul aspect qui les interesse se trouve dans votre besace, vos poches. C´est malheureusement très courant en amérique du sud par la pauvreté qui y règne, mais d´autre peuples sont beaucoup plus courtois ( péruviens ) ou malins ( colombiens ).
Le bolivien lui est seulement lourdaud: "achète moi" ou "donne moi" sera le seul contact que vous aurez. Pas commercial pour un sou.
Il semblerait qu´ils se sont lançés trop tot dans le marché de la consommation, on voit facilement une indienne habillé de façon traditionnelle dégainer un telephone portable. C´est pas l´argent qui leur manque, juste que pas assez pour les biens de consommation qui passent à la TV. Les enfants vous poursuivent en quémandant de l´argent ou la variante " argent + photo ". Déplorable.
Saludos
J´ai été pas mal déçu par la Bolivie, au regard des commentaires de ce forum, je m´attendais à un pays avec des habitants chaleureux, curieux envers l´étranger, à des paysages magnifiques.
Rien de tout cela. Je tiens à préciser que le commentaire qui suit ne s´applique qu´aux zones touristiques de la Bolivie, peut etre qu´ailleurs dans le pays c´est un peu mieux.
Je m´explique: la grande majorité des boliviens n´ont que faire du touriste, le seul aspect qui les interesse se trouve dans votre besace, vos poches. C´est malheureusement très courant en amérique du sud par la pauvreté qui y règne, mais d´autre peuples sont beaucoup plus courtois ( péruviens ) ou malins ( colombiens ).
Le bolivien lui est seulement lourdaud: "achète moi" ou "donne moi" sera le seul contact que vous aurez. Pas commercial pour un sou.
Il semblerait qu´ils se sont lançés trop tot dans le marché de la consommation, on voit facilement une indienne habillé de façon traditionnelle dégainer un telephone portable. C´est pas l´argent qui leur manque, juste que pas assez pour les biens de consommation qui passent à la TV. Les enfants vous poursuivent en quémandant de l´argent ou la variante " argent + photo ". Déplorable.
Saludos
Le routard: une caricature?
je lis les messages de vf depuis quleques temps... c est super de voir autant de personnes curieuses, ouvertes et tolerantes..... je partage a 100 % la philosophie du voyage ''routard'' ... et oui ! je suis aussi une gentille voyageuse et pas une mechante touriste.... oui bon la, je caricature mais c est pour introduire ma reflexion !
ben oui, je trouve que toute cette fraicheur, cet enthousiasme pour la decouverte d autres cultures, d autres mentalites c est vraiment tres beau mais parfois ca m agace aussi..... je n aime pas les generalites et il ne s agit pas ici d en faire mais PARFOIS justement, je trouve certaines reflexions vraiment tres naives et tres caricaturales ! non la societe occidentale n est pas faite que de gens stresses, inhospitaliers, agressifs, qui ne revent plus etc.... et certains vfistes en sont la preuve ! ou alors ils se metamorphosent au moment ou ils franchissent la frontiere !?.........peut etre !!! ....un jour, en tunisie, je discutais avec un algerien qui trouvais que les occcidentaux se LIQUEFIAIENT quand ils etaient a l etranger.... j ai trouve ce mot extraordinairement vrai ! oui, nous nous liquefions, qu on soit ''touriste'' ou ''voyageur''.... on entre dans une espece de beatitude heureuse et on se met a aprrecier tout ce qu on voit y compris le chat errant malade tout pouilleux sur un mur en crete... la quete d authenticite nous fait perdre les pedales... arretons de tout trouver beau parce que c est ce qu on attend.... non les autochtones ne sont pas tous accueillants, gentils.... ''ils sont pauvres et sont tres genereux en meme temps, ce sont des gens si simples''.... c est pour moi des paroles terribles !!!!!! elles sont le comble du routard qui voit le monde a travers un voile de douces et naives utopies !!! pour en avoir rencontre, il existe des routards-touristes qui finissent par croire qu ils voient ce qu ils voulaient voir......... en quete de cliches, ils vont la ou ils veulent aller.... parce que ca fait tres bien de dire qu on a fabrique son djembe avec un rasta dans un 'tout petit village d afrique sans touristes... je sais pas mais moi ca me derange....
un voyage c est beau mais c est aussi tres triste.... alors il ne faut pas se liquefier et trouver que tout est extraordinaire par respect pour ceux qui vivent la-bas et qui pensent que c est nous, les occidentaux, qui avons une vie extraordinaire (-ment confortable).
voila, c est le danger qui guette le routard, trop heureux de partir, sur de voir des choses magnifiques, le sourire en toutes circonstances....
je veux garder les yeux ouverts sur ce que je vois... je veux rester lucide, je ne veux pas aller dans un pays pour dire apres que je l ai FAIT, je ne veux pas decorer mon appart avec pleins de choses exotiques, je ne veux pas trouver que les gens sont pittoresques, je n ai pas envie de prendre en photo les gens que je rencontre.... je veux les laisser la ou ils sont pour ne pas vouloir tout posseder... je veux laisser vivre le fosse qui existe entre eux et moi parce qu il est ineffacable et je ne veux pas jouer ni me deguiser en eux... c est comme ca qu on arrete de ''faire des rencontres'' pour se faire des vrais amis et s enrichir vraiment de l autre et pas de ce qu il represente.
bon bref, tout ca pour dire que je trouve ce forum tres interessant mais que parfois on decouvre sous des identites de voyageurs, de vrais touristes........
est ce que vous trouvez que j exagere ou bien partagez vous mon point de vue ?????
infos sur la Namibie
Bonjour
Je suis à la recherche d'infos sur la Namibie. Je compte y aller au mois d'aout avec une amie. Est ce que le voyage se fait bien à deux en autotour ? les routes sont elles sûres ? Un 4x4 est il nécessaire ? Merci pour toutes les infos que vous pourrez m'envoyer (notamment sur le parc d'Etosha et le désert). Valérie
Je suis à la recherche d'infos sur la Namibie. Je compte y aller au mois d'aout avec une amie. Est ce que le voyage se fait bien à deux en autotour ? les routes sont elles sûres ? Un 4x4 est il nécessaire ? Merci pour toutes les infos que vous pourrez m'envoyer (notamment sur le parc d'Etosha et le désert). Valérie
Risques sanitaires à Madagascar
Bonjour,
Nous partons en famille avec 2 enfants de 9 et 11 ans bien habitués à barouder, penant les deux semaines de vacances scolaires, mais je suis vraiment très inquiète car j'ai réalisé que les risques sanitaires, notamment le paludisme, étaient très élevés. 😕 Nous sommes habitués à des pays où l'hygiène fait défaut, mais où ce risque là était nul (sauf Tanzanie sans les enfants). Je crains aussi beaucoup tous les parasites qui apparemment sévissent partout (sable, alimentation...). Qui peut me préciser avec son vécu les précautions à prendre (faut-il emmener des moustiquaires, sandales etc) ?
Merci beaucoup
Nous partons en famille avec 2 enfants de 9 et 11 ans bien habitués à barouder, penant les deux semaines de vacances scolaires, mais je suis vraiment très inquiète car j'ai réalisé que les risques sanitaires, notamment le paludisme, étaient très élevés. 😕 Nous sommes habitués à des pays où l'hygiène fait défaut, mais où ce risque là était nul (sauf Tanzanie sans les enfants). Je crains aussi beaucoup tous les parasites qui apparemment sévissent partout (sable, alimentation...). Qui peut me préciser avec son vécu les précautions à prendre (faut-il emmener des moustiquaires, sandales etc) ?
Merci beaucoup
Arnaques en tout genre!
Nous avons tous été victime un jour ou l'autre d'arnaque au cours d'un voyageje propose donc un petit messages ou chacun relaterais comment il c'est fait avoir afin que les plus jeunes (ou les plus naif, ne tombe pas dans le piege )
Pour commencé, je vais livrer une annecdote
ATHENES, juillet 91
mon "dépucelage" de routard, nous sommes tous les 2 un peu perdu au centre d'athenes a la recherche d'une banque pour faire du change.Samedi apres midi tous est fermé lorsqu'un type s'approche de nous ca va ?
oui !!
vous voulez changer de l'argent
oui
ba voila, je suis italien (ce qui devait etre vrai), j'ai gagner beaucoup d'argnet au casino et comme je n'est pas le droit de sortir tous ses drachmes, je vous propose de les echanger contre des francs, en contre partis je vous donne le double du cours !!!!!!!!!
bien sur nous savons que ce n'est pas vrai et nous pensons plutot qu'il a cambriller une banque, mais bon dans 2 minutes nous aurons gagner 2000 balles alors nous lui remettons 10 beau billet de 200 fr.
bien sur qu'il y a arnaque, elle consiste en 2 paquet de billets, le "magicien vous remets une liasse contenant 4 000 fr, compter, a ce moment la il vous redemande la liasse pour mettre un elastique et detourne votre attention avec un complice qui crie au loin, quand il vous redonne la liasse le billet de 1000 est toujours visible mais les billets de 5000 a l'interieur on été remplacé par des billets de 100.
resultat 70 fr au lieu des 4000 espéré,
cela faisait 1 heure que nous etions en grece!!!!!!!mais l'histoire est belle car la fin est magique..............
dégouté, nous décidons de filer directement pour la crete, nous prenons le metro en maudissant ce mec;une heure plus tard nous sommes au pirée.le bateau est dans 6 heures, casquettes, lunettes de soleil, walk man pour oublier cet incident qui compromet nos vacances, voici 5 minutes que nous sommes instaler quand un gars me tape sur l'épaule:would you change money ?!!!!!!!!!!
instantanément je reconais le type qui nous a arnaquer 2 heures avant a 10 kilometre de la
je me leve et sans refléchir lui balance un pain dans la téte puis le chope par les cheveux (le gars doit avoir 50 ans et il est petit), la une mercedes arrive a fond, frein a main, la vitre electrique se baisse et la un gars type mafioso discute avec l'autre en italien........... et sort 4 billets de 500 francs, je lache le type, attape les billets, la porte s'ouvre le gars saute dans la voiture, un complice qui faisait le guet fais de méme et la voiture démarre sur les chapeau de roues (imatriculé en france dans le 06 !!!!!)
voila mes 2 premieres heures de ma vie de routard !!!!!!!!!!!!!
depuis j'ai souvant changer des sous dans les rues, je ne donne jamais mon billet ou mes billets avant d'avoir la sommes dans mes mains et je sais toujours exactement quel sommes je vais avoir (150 euro a 3264 brouzouf par exemple!!!tu as interet a avoir compter avant.
une des conbines des changeur vietnamien par exemple est de te donner 808 500par exemple a la place de 880 500 .
j'attend vos histoire, si non moi j'en aurais au moins une dizaine......
a plus
Orphelinat au Népal cherche volontaires
bonjour a tous, j'avais precedement laiseer une anoce concernant le volontariat au nepal pour un orphelinat, les personnes qui s'occupent de cet endroit sont des volontaires nepalais et ont besoin de volontaires pour enseigner l'anglais a ces enfants, il n'est pas necessaie d'avoir un diplome superieur pour pouvoir enseigner, il s'agit d'un anglais basique et surtout de les faire communiquer en anglais et les aider a s'ouvrir a parler car bien souvent ils ont une petite idee de l'anglais mais il faut deja avt tout leur apprendre a s'exterioriser, la mise en confiance est primordiale avant d'obtenir des resultats c'est donc a des volontaires disponible sur au moins un mois a qui je m'adresse, ils sont 60 enfants de 3 a 13 ans, je les cotoient tus les jours et je dois dire qu'en deux mois ils ont enormement changes, je suis la premiere volntaire qu'ils aient vu et j'aimerais que d'autres puissent venir pour ne pas laisser de vide s'installer, pour eux votre visite est un grand bonheur, alors pro ou moins pro on s'en tape, l'important pour le moment c'est d'engager une conversation et des liens affectifs, le reste suivra en bonne intelligence, les gosses font beaucoup de progres par amour, ils sont genereux.voila j'espere qu'un de vous projette de venir au nepal bientot moi j'y serai jusqu'au mois d'avril, contactez moi et je vous dnnerai de plus amples informations sur l'endroit et les projets prevu pour cet orphelinat, merci .
Sponsors....
Oui, c'est un peu bizarre le nombre de voyageurs qui veulent maintenant se faire sponsoriser. Vous me direz pour un voyage humanitaire ou peut être aller chercher des gens en difficulté quelquepart....non, même pas, juste pour se payer le luxe de voyager à moindre frais, et je ne sais pas vous, mais je trouve celà un peu énervant !
Un de nos amis voyageurs, bien connu sur ce forum et que j'apprécie pour ses judicieuses remarques, nous dit qu'il faut ne compter que sur soi même et que c'est là la base de l'aventure, et je le rejoins entièrement car autrement pourquoi ne pas demander à nos gouvernants de créer une allocation voyage profitable à tous, c'est un peu exagéré mais il n'y a pas de raison que certains obtiennent des aides de soi disants sponsors, et que d'autres ne goutent jamais aux joies du voyage sous prétexte qu'ils n'ont pas d'argent.
La préparation d'un voyage c'est aussi le financement il est vrai, mais quelle plus grande joie que le fruit de son labeur pour pouvoir partir....enfin. Déjà avec les moyens de communications actuels, il est aisé de relier n'importe quel point du globe, mais si en plus on peut partir à n'importe quel moment grâce à je ne sais quel généreux mécène, ou se trouve alors la recherche du plaisir de pouvoir partir un jour pour sa destination tant révée.
Qu'en pensez vous ?
Un de nos amis voyageurs, bien connu sur ce forum et que j'apprécie pour ses judicieuses remarques, nous dit qu'il faut ne compter que sur soi même et que c'est là la base de l'aventure, et je le rejoins entièrement car autrement pourquoi ne pas demander à nos gouvernants de créer une allocation voyage profitable à tous, c'est un peu exagéré mais il n'y a pas de raison que certains obtiennent des aides de soi disants sponsors, et que d'autres ne goutent jamais aux joies du voyage sous prétexte qu'ils n'ont pas d'argent.
La préparation d'un voyage c'est aussi le financement il est vrai, mais quelle plus grande joie que le fruit de son labeur pour pouvoir partir....enfin. Déjà avec les moyens de communications actuels, il est aisé de relier n'importe quel point du globe, mais si en plus on peut partir à n'importe quel moment grâce à je ne sais quel généreux mécène, ou se trouve alors la recherche du plaisir de pouvoir partir un jour pour sa destination tant révée.
Qu'en pensez vous ?











