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Portraits du Rajasthan English translation pending
by Soksan · 2013-05-14 · 59 replies
Bonjour,

Je vous présente quelques portraits réalisés au mois de février au Rajasthan. Plusieurs de mes images seront exposées au festival de la photographie de Moncoutant dans le département des Deux Sevres (79) en France du 22 juin au 30 septembre 2013. S'il y a des membres du forum à proximité vous serez les bienvenus.

Bonne soirée et à bientôt

Jean Christian
Compte-rendu d'un voyage en famille au Rajasthan en avril 2013 English translation pending
by AgnèsH · 2013-04-28 · 22 replies
Nous revenons du Rajasthan enchantés. L'Inde est un pays fascinant et je rêve d'y retourner une troisième fois. Le voyage avec les enfants s'est très bien déroulé. Nous avions un chauffeur extrêmement gentil, ponctuel et prudent. Il a contribué amplement à la réussite de ce voyage. Il s'appelle Ranjeet et je le recommande chaudement. Voici le lien de son site: http://www.rajasthan2.com/rajasthan/index.html

Voici donc un compte-rendu de notre voyage en famille en avril 2013. A la fin de chaque texte je donnerai mon avis sur les hôtels, les visites et les éventuels restaurants. J'ai mis une note pour chaque hôtel:1 point pour le charme et la beauté du lieu, 1 point pour le confort (eau chaude, literie …), 1 point pour le petit-déjeuner, 1 point pour l'acceuil, 1 point pour la nuit (calme, bonne ou au contraire bruyante)

Notez que ce ne sont pas des hôtels “routards” mais en partant en avril nous avons eu droit à de bonnes réductions et à un surclassement dans la plupart des hôtels. Je conseille d'ailleurs de ne pas réserver les hôtels sauf la première nuit car comme cela, vous pouvez obtenir un bon prix (les hôtels sont quasiment vides et la compétition est rude) Nous avons trouvé qu'avril est une bonne période pour visiter le Rajasthan car: il fait très beau et chaud (35 à 38 degrés) il y a beaucoup moins de touristes et sur les sites c'est l'idéal. Mother India! Une envie obsédante de découvrir le Rajasthan me tenaillait depuis quelques années. Les noms de Jaipur, Jodhpur, Udaipur, Jaisalmer et Samode me transportaient déjà avant même d'y mettre les pieds. Nous avons sillonné le Rajasthan pendant quinze jours en avril 2013 et je dois dire que le Rajasthan ne m'a pas déçue, au contraire, il m'a fascinée. Voici mon modeste carnet de route au pays de Gandhi.

dimanche 14 avril 2013

L'avion se pose sur le tarmac, il est minuit passé. Il fait encore chaud. Nous rencontrons Ranjeet qui sera notre chauffeur pendant quinze jours. Je le reconnais tout de suite: coiffé d'un turban blanc et arborant une barbe noire touffue, il tient à la main une pancarte avec mon nom dessus. Je lui fais signe et il vient à notre rencontre un large sourire aux lèvres. L'hôtel est à quinze minutes en voiture de l'aéroport. La chambre et la salle de bains sont vieillotes mais propres. Les enfants et Simon ne tardent pas à s'endormir. En dépit du ronronnement de la climatisation, je finis moi aussi par tomber dans les bras de Morphée. Après une bonne douche chaude et le petit-déjeuner, nous quittons l'hôtel. Ranjeet nous amène aujourd'hui à Agra, première étape de notre périple. Le spectacle de la route est intense: les motos pétaradent, les camions bariolés à l'arrière desquels on peut lire “Blow Horn” agitent leur klaxon, les bus déglingués brimballent, des hommes à vélo tirent des cargaisons énormes, des fourgonnettes transportent des femmes drapées dans leurs saris colorés, des voitures remontent à contre-voie. Sur le bord des routes, des indiens marchent, discutent, traversent au péril de leur vie, des enfants jouent dans la terre, des femmes portent de gros fagots sur leur tête, des hommes sont assoupis dans leur charrette à l'ombre d'un arbre, des vaches mâchent du plastique sur des tas de détritus. Quand nous traversons un village, l'activité se fait plus dense encore. Où que l'on soit, dans un village, en ville ou dans la campagne, la foule est partout et le bruit est omniprésent. Au bord des routes, des galettes aplaties de bouse de vache sèchent au soleil sur le sol. Nous voyons même des tas de galettes empilées formant des petites maisons à l'intérieur desquelles sèchent d'autres galettes de bouse. Elles seront utilisées à fertiliser les sols, à protéger les semences des champignons, des oiseaux et des rats, à chauffer, à tapisser les murs des maisons en terre pour isoler du froid en hiver et de la chaleur en été. La bouse de vache est donc très importante! Nous sommes maintenant à l'arrêt, un homme s'approche de la voiture, il tient en laisse deux singes qu'il fait monter sur le capot. Il s'écrie alors “ Photo, photo!”. Plus loin, deux jeunes hommes accablés par la chaleur et avachis par terre tiennent une corde au bout de laquelle sautille un singe. Ils l'ont affublé d'une robe et lui ont mis du rouge à lèvres. Elisa ne peut retenir ses larmes à la vue de l'animal qui, tel un pantin se dégingande pour attrouper les passants. Ranjeet arrive tant bien que mal à s'extirper de ce tohu-bohu et zigzague jusqu'à Agra. Nous arrivons cinq heures plus tard, juste à temps pour aller visiter le fort rouge. C'est le palais des empereurs moghols construit au milieu du seizième siècle. L'empereur Akbar fit édifier la forteresse en grès rouge en 1565. Les palais que l'on voit datent de l'époque de Shah Jahan (celui qui fit édifier le Taj Mahal) La balade dans ce fort est un moment de répit après le tumulte de la rue. Des petits perroquets verts se posent sur les balcons ajourés des palais de marbre et de petits écureuils courent dans les jardins. Le Taj Mahal se profile à l'horizon. Demain nous lui rendrons visite.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Hôtels: Ashok Country Resort (Delhi): l'avantage est sa situation (15 minutes de l'aéroport). Chambre et salle de bains vieillotes mais eau chaude. Petit-déjeuner ok mais pas extraordinaire. Accueil correct. 2.5/5 Trident Hotel (Agra): excellent confort, accueil avenant, excellent buffet et petit-déjeuner. Parfait 5/5Visites: Fort rouge d'Agra: 🙂🙂🙂
Thaïlande: deux semaines au pays du sourire (Bangkok, Ayutthaya, Chiang Mai, Krabi, Koh Kradan) English translation pending
by Santéa · 2013-04-03 · 34 replies
En mars dernier nous sommes partis pour notre premier voyage en Asie, direction la Thaïlande, en voici le compte rendu que vous pouvez trouver également sur mon blog :

Mes carnets de voyage

Episode 0 : Itinéraire & Préparatifs

Cet hiver, on laissera de côté les pistes de ski des Alpes pour nous rendre au soleil. Histoire d’oublier la grisaille et le froid de Paris, nous prendrons nos quartiers d’hiver en Thaïlande. Ce sera notre première expérience asiatique dans, paraît-il, le pays qui s’y prête le mieux.

La Thaïlande, est un pays à l’histoire millénaire et foisonnante. D’abord partie intégrante du puissant Empire Khmer, le territoire de la Thaïlande a ensuite hébergé plusieurs royaumes successifs : de Sukhothaï au Siam en passant par Ayutthaya. Ce n’est que depuis 1932 qu’on le connaît sous son nom actuel.

La Thaïlande est un pays de la taille de la France et peuplée lui aussi d’environ 60 000 000 d’habitants. Le territoire thaïlandais s’étend sur plus de 1600 km depuis les montagnes du Nord marquant la frontière avec le Laos jusqu’au bout de l’isthme de Kra et le début de la péninsule Malaise. La Thaïlande recèle de nombreux paysages très variés. Des paysages de montagnes autour de Chiang Mai, la « Rose du Nord ». De grandes plaines agricoles, au centre autour de la Chao Phraya et à l’Est dans l’Issan, jalonnées de grandes cités historiques comme Sukhothai ou Ayutthaya. Des plages paradisiaques et appréciées des touristes plus au sud que l’on décompose en deux entitées. Celles au bord du golfe de Thaïlande (Koh Samui, Koh Phangan, Koh Chang, Koh Tao …) et celles bordant la mer d’Andaman (Phuket, Koh Phi Phi, Koh Lanta …).

La Thaïlande est un pays très prisé des toursites et le nombre de visiteurs ne cesse d’augmenter d’année en année. C’est plus de 20 millions de touristes qui ce sont ainsi rendus en Thaïlande en 2011. Ceux ci sont attirés par les charmes du pays, les temples, les plages, et des prix défiant toute concurrence !

Après de longues soirées à se documenter, a faire et à refaire des simulations d’itinéraires, à parcourir le Lonely Planet, les sites internets et les forums histoire d’avoir un aperçu de ce pays en 15 jours, notre choix c’est finalement porté sur l’itinéraire suivant :

1. Bangkok ; 2.Ayutthaya ; 3. Chiang Mai ; 4. Parc National de Doi Inthanon ; 5. Ferme des éléphants de Patara ; 6. Ao Nang (Krabi) ; 7. Baie de Phang Nga ; 8 Koh Phi Phi ; 9. Koh Kradan

Nous arriverons le samedi 2 mars 2013 à l’aéroport international de Suvarnabhumi. De là, nous prendrons un taxi pour notre hôtel dans le centre historique de Bangkok où nous resterons 2 nuits (1). Le lundi 4 mars, nous prendrons le train en direction d’Ayutthaya (2). L’après-midi, nous y visiterons son parc historique, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le mardi 5, direction Don Muang, le 2ème aéroport bangkokais où nous prendrons un vol pour Chiang Mai (3). Nous resterons 3 nuits dans le « Rose du Nord » le temps de découvrir (peut-être) le Doi Inthanon (4) et les éléphants de Patara (5). Le vendredi 8, nous reprendrons l’avion en direction des plages du sud et de la localité d’Ao Nang près de Krabi (6) où nous resterons 4 nuits. Cette station balnéaire servira de base arrière pour des excursions dans les lieux très connus de Phang Nga (7), Koh Phi Phi (8) et Railay. Le mardi 12, nous prendrons la direction de la petite île de Koh Kradan (9) où nous jouerons les Robinsons pendant 3 nuits. Pour finir, nous rentrerons sur Bangkok via Trang pour une journée de Shopping.

Pour préparer ce voyage, une fois de plus je me suis appuyé sur les valeurs sûres : Voyageforum.com pour les compte rendus de voyageurs et leur bons plans. Tripadvisor pour le choix des hôtels. Agoda et Booking pour les réservations d’hôtels lorsque les prix étaient plus intéressant que directement sur les sites d’hôtels. Kayak.fr pour les vols et Air Asia pour les vols intérieurs.

Concernant les guides versions papier il y en a pléthore. Nous en possédons 3 : le Lonely Planet Thaïlande, celui que l’on utilise le plus, jamais à court d’informations, le guide évasion Thaïlande qui se cantonne aux lieux hyper fréquentés et ne donnent que peu d’infos dès que l’on veut sortir des autoroutes touristiques et le Petit Futé Thaïlande récupéré il y a peu.
Les villes du sud au départ d'Atlanta English translation pending
by Genevois · 2013-03-25 · 83 replies
Atterrir à Atlanta est une expérience en soi. Non pas que les pistes y soient différentes d’ailleurs bien sûr, mais la taille de cet aéroport est juste incroyable. Les avions font la queue pour décoller (nous en avons compté une douzaine en attente pour une piste et il y a plusieurs pistes d’envol), les atterrissages ne sont espacés que de quelques secondes, des dizaines et peut-être même des centaines d’appareils sont reliés aux terminaux par une passerelle de débarquement.

Pour aller récupérer ses bagages, il faut prendre un train, pour aller au bâtiment des agences de location de voitures, il faut prendre un autre train. Incroyable. Cet aéroport est une ruche, sans sa reine, mais avec les multiples travailleuses. Heureusement, tout y est bien indiqué, tout y est finalement assez facile. C’est ainsi que nous trouvons aisément le comptoir de l’agence Dollar où nous avions réservé un véhicule via le net. Une fois les formalités remplies, nous allons au parking et plutôt que d’avoir un véhicule attribué, nous pouvons choisir celui que nous voulons dans la gamme payée. Et ce sera une Chevrolet Impala, une des dernières voitures US proposées aujourd’hui parmi les Nissan, Mitsubishi et Toyota …

Sortir du complexe de l’aéroport est également facile. Par contre, de nombreuses Interstate sillonnent la région d’Atlanta, il vaut mieux avoir un GPS ou son itinéraire printé via Google Maps par exemple.

Notre destination du jour, c’est Savannah, tout au sud de la Géorgie, accessible via les Interstate 75 et 16 en 5 heures environ. Petit arrêt lunch en route en sortant de l’autoroute et nous avançons pour arriver en ville vers la fin de l’après-midi. La traversée de la Géorgie est assez monotone, le paysage est plat et l’autoroute traverse soit des plaines, soit des forêts de pins, rien de vraiment spécial à admirer dans le paysage. L’Interstate 16 termine sa course directement dans le centre historique et notre GPS nous conduit facilement à travers les rues de la ville. Pas d’hôtel pour nous, mais un logement chez l’habitant via le site airbnb.com. Nous n’y avons vu que des avantages, un prix inférieur, une location en ville même, un contact privilégié avec notre hôte, des conseils particuliers sur les visites à faire dans les environs.

Nous serons accueillis chez Rick, dans le centre historique de Savannah. Une chambre particulière nous est destinée, avec cheminée, télévision et WiFi, et nous pouvons utiliser la cuisine à notre convenance. Il y a un supermarché un bloc plus loin où nous achetons le nécessaire à un petit-déjeuner complet pour demain matin. Un bon plan ce site.

Le temps est encore gris et couvert, mais malgré cela, nous pouvons déjà nous apercevoir que Savannah est une ville splendide. Les maisons coloniales se succèdent et les rues sont bordées d’arbres majestueux dont la mousse espagnole tombe des branches. De nombreux parcs parsèment la partie historique de la cité. Il est trop tard pour en faire le tour à pied ce soir. Nous irons uniquement manger dans un petit restaurant près d’un square avant de regagner notre chambre. Nous aurons le temps de visiter demain.

La première nuit en Géorgie a été fêtée par un feu d’artifice. Lumières et sons. En fait, éclairs et tonnerre. Un orage violent comme souvent dans les contrées du sud, qui a sans doute réveillé plus d’un habitant de Savannah. Au lever, le ciel est encore bien gris et la pluie n’a pas fini de tomber. Les orages n’ont pas encore cessé de traverser la région et du coup, nous sommes cloués à l’intérieur. Impossible de partir visiter la ville à pied, il pleut bien trop. Nous branchons la télévision sur la chaîne météo qui annonce la fin du passage de cette perturbation. En effet, en fin de matinée, la pluie disparaît, le ciel commence à s’éclaircir. Après la pluie vient le soleil, un dicton maintes fois vérifié.

La température est plus que clémente, un pull suffit et le t-shirt sera même de mise lorsque le soleil aura bien percé. Savannah est une ville qui se parcourt à pied. Maisons coloniales ou typiques du sud, rues parfois pavées et souvent bordées d’arbres dont la mousse espagnole peuple les branches, parcs et squares fleuris ornés de monuments (nous avons compté près de 25 squares), un bord de rivière parsemé de magasins et de restaurants, la ville ne manque pas d’atouts. Certaines maisons historiques se visitent, il y a également quelques musées dans le coin. Nous balader nonchalamment dans la ville suffit à notre bonheur immédiat, profiter du soleil et de la chaleur ambiante, de la beauté des lieux. Du City Market avec ses restaurants et ses galeries d’art, au splendide parc Forsythe, tout en passant par le bord de la rivière Savannah, nous sillonnons la ville, sans but précis, à l’intuition et souvent au hasard.

Pas mal de touristes empruntent les tours organisés en bus, lesquels passent par tous les lieux à voir. Chacun son style, mais la marche permet d’adapter son rythme, d’aller au gré de ses envies, de s’arrêter prendre un verre. A la fin de l’après-midi, nous sommes fourbus. Retour à notre chambre pour nous reposer un peu et prendre une douche. Rick a une petite cour intérieure de quelques mètres carrés où il fait bon se poser à l’ombre d’un oranger qui embaume l’endroit.

Pour le repas du soir, nous avions repéré une adresse dans le « grand Savannah », soit hors du quartier historique. Un restaurant dont les spécialités sont les plats traditionnels du sud, poulet frit, patate douce épicée (recette appelée Yams), haricots verts, crevettes ou encore côtelette de porc. Nous voilà donc partis pour le « Sisters of the new South» sur Skidaway Road. Les plats sont présentés aux clients derrière un comptoir et on peut donc choisir en toute connaissance de cause, soit à l’emporter, soit sur assiette pour manger dans la salle attenante. C’est la queue en ce dimanche soir et les Afro-Américains viennent se ravitailler, ce qui est plutôt bon signe sur la qualité des mets. La nourriture est excellente, le service est sympathique et parfait. Une excellente adresse à recommander !

Les Américains mangent tôt et il n’est vraiment pas l’heure de rentrer se coucher. Nous redescendons dans les environs du City Market, où un trio de jeunes jouent un très bon rock n’roll dans la rue. Un mini-concert gratuit, avec un panier dans lequel les spectateurs viennent verser leur contribution personnelle pour l’excellente musique jouée.

Retour à notre logement, une première journée dans le sud pleinement réussie. Savannah est une très belle petite ville provinciale, tranquille et peu bruyante. Une ville souvent à l’écart des circuits touristiques empruntés par les touristes européens qui se ruent sur New York ou sur les parcs de l’Ouest. Ici, c’est une autre Amérique, moins tape-à-l’œil, moins dynamique, ici c’est le sud !

Le lendemain, autre but d’excursion : Tybee Island, à une vingtaine de miles de Savannah, en bordure de l’Océan Atlantique. Le temps est passé au beau, mais la température a chuté avec le vent frais qui souffle. Plus question de t-shirt, mais plutôt d’une bonne veste ! Sur le chemin de l’île, il y a un lieu à visiter : le Bonaventure Cemetery. Un énorme lieu de repos éternel, sous les arbres et parmi les buissons fleuris. Certaines tombes datent du siècle passé et il paraît que quelques personnages célèbres en Géorgie y sont enterrés. Les monuments funéraires sont très différents les uns des autres, certaines sépultures sont toutes simples, alors que d’autres sont des caveaux. Evidemment, on peut s’étonner d’avoir un cimetière comme lieu de promenade, mais l’endroit est vraiment beau et bien sûr paisible. Les mousses espagnoles qui dégringolent des branches donnent une atmosphère particulière dans cet endroit, une atmosphère de circonstance.

Tybee Island est au bout de la route, un lieu de villégiature estival qui doit être surpeuplé au plus fort de l’été. Une grande plage de sable sur l’Atlantique, des appartements de vacances, quelques hôtels et de très belles maisons en bois, un endroit idéal pour une balade à vélo à travers les petites ruelles. Pas pour nous avec ce vent violent et la température assez fraîche. Néanmoins, parcourir l’île en voiture et à pied lors de nos arrêts est très agréable. C’est encore la basse saison et il y a peu de monde, tout est tranquille. Quelques ados en mal de bronzage s’essaient aux maillots de bains, mais ils ne sont pas assez courageux pour aller faire trempette. Marcher sur le sable dur de la plage est agréable et la présence d’un ponton qui avance sur les flots permet de faire quelques belles photos.

A l’entrée de l’île, sur la droite, il y a un ancien phare qui peut se visiter. Rien de transcendant toutefois, le voir de l’extérieur nous suffit. Le North Beach Grill and Bar, juste en face du phare, est un bon endroit pour le repas de midi, enfin un repas de 2 heures de l’après-midi. Un crab cake, une salade au saumon et un filet de cabillaud frit feront parfaitement l’affaire. Dernière petite balade au vent avant de retourner sur Savannah. Ce soir, nous testerons le Papa’s Seafood Restaurant sur Whitemarsh Island, à mi-chemin entre Savannah et Tybee.

Et demain, cap sur Charleston, la principale concurrente de Savannah pour le titre de la plus belle ville du sud.
Un mois dans l'Ouest Américain - En route vers Yellowstone! Partie 1 English translation pending
by Oliv2019 · 2013-01-11 · 44 replies
Bonjour à tous,

Je suis un amoureux de l’Ouest Américain, de ses contrées désertiques et grandioses, de cette ambiance si particulière mêlée d’aventure et de découverte. J’adore aussi la gentillesse des américains, leur disponibilité et leur serviabilité. Pour tout dire, il m’est difficile de me dire qu’il existe un pays aussi beau et où il est aussi facile d’organiser son voyage. Alors après 3 précédents voyages (2007, 2008 et 2009), il m’était tout naturel de proposer à ma chérie de découvrir l’Ouest Américain avec moi. Je lui ai dit que « Ça serait notre plus beau voyage ! » et elle a répondu positivement à ma prétention bien placée !

Nous avons donc organisé un voyage d’un mois en insistant principalement sur 4 endroits : Page, Escalante, Moab et Yellowstone. L’objectif était de faire des endroits que je n’avais jamais faits (la liste commence sérieusement à se raccourcir) tout en restant exceptionnels. Voyageforum est pour cela une vraie mine d’or ! Alors merci à tous ceux qui réalisent des carnets sur ce site qui sont une vraie source d’inspiration !

Le voyage s’est fait à 2 pendant près de 3 semaines puis mes parents (qui visitaient la Californie) nous ont rejoints pour les 10 derniers jours afin de faire ensemble Yellowstone et Dinosaure NP.

Enfin dernière petite chose, j’ai écrit la première partie de ce carnet et ma chérie a écrit la seconde (je précise avant que l’on ne croit que je suis schyso ;-) )

Quelques chiffres pour commencer : Durée : 30 jours Distance parcourue en voiture : 11 000 km Distance parcourue à pied : environ 300 km Préparation : 1 mois et demi avant de partir. Réservation auprès du NPS pour Grand Canyon Camping du Phantom Ranch (permis nécessaire), Canyonlands White Rim Road (permis nécessaire), Dinosaur NM Echo Park Camping. Réservation pour Camping Supaï. Quelques réservations d’Hôtel surtout près des parcs nationaux (Canyonlands, Yellowstone).

J’ai fait une liste des endroits que nous avons faits en y rajoutant mes propres commentaires et une notation, bien sûr très personnelle et subjective J Je serais heureux d’en débattre avec les amateurs de l’Ouest Américain ;)

· * On aurait pu s’en passer. · ** Sympa mais pas inoubliable · *** Bien, nous avons beaucoup apprécié · **** Très bien, à faire absolument · ***** Enormes surprises ou incontournables · ****** Exceptionnel, unique au monde (Grand Canyon, Havasupaï Falls, CBS Cottonwood, White Pocket, Grand Prismatic)

La carte du parcours :



Las Vegas

Las Vegas/Strip/Vieux Las Vegas (Ballade) : ** (incontournable mais comment faire autrement ?) Red Rock canyon (Randonnée, point de vue) : ** (la ballade dans les Calico Hills est agréable, un peu de monde à cause de la proximité de Las Vegas, on peut se passer de la ballade de red Spring, 2.3 km)

Grand Canyon

Grand Canyon – South Kaibab Trail (randonnée) : ****** (des points de vue à couper le souffle, un sentier magnifique, la descente se fait par là ! 12.6 km) Grand Canyon – Bright Angel (randonnée) : ***** (la fin est terrible avec un gros sac à dos, des points d’eau aux bons endroits, la remontée se fait par là ! 16.8 km) Havasupai Falls (randonnée, baignade) : ****** (le paradis sur terre ! Le prix d’accès est scandaleux…33km)

Page

HorseShoe Bend (point de vue, ballade) : **** (Incontournable, un méandre parfait du Colorado, des falaises impressionnantes, 4km) Smockey Mountain Road/Kelly Grade (piste) : **** (l’impression d’être sur la Lune, jamais vu un contraste de couleur pareil le jour où nous y étions) Cobra Arch (randonnée) : ** (un peu déçu par l’arche qui est finalement petite, par contre il n’y a personne ! 10 km) Coyote Butte South - Cottonwood section (piste, randonnée) : ****** (la nature est capable de choses incroyables, vaut largement The Wave, 5.7 km) White Pocket (pise, ballade) : ****** (une autre planète ! 2.5 km)

Kanab

Townsite Johnson Canyon Road (visite) : ** (petite ville du far West qui a servi de décor, sympa) Willis Creek (randonnée) : *** (ballade dans un canyon traversé par une rivière. Rafraîchissant et agréable 4.6 km)

Escalante

Kodachrome State Park/Panorama Trail (randonnée) : ***** (Belle surprise que ce parc, un Must, 10 km) The Vulcano/Escalante NP (randonnée) : **** (Partir avec les coordonnées GPS ! 12.7 km) Escalante River/Escalante NP (randonnée) : ** (mérite sûrement mieux mais nous nous sommes trompés de chemin ! 11.4 km) Zebra Slot Canyon/Tunnel Slot/ Escalante NP (randonnée) : **** (très photogénique, les alentours méritent aussi le déplacement 11.7 km) Aetchi Baetchi Tower (piste, randonnée) : *** (inconnu et totalement en dehors des sentiers battus 5.7 km) Coyote Gulch (randonnée) : ***** (la plus belle randonnée de l’Ouest Américain pour certains, 24.5 km) Chimney Rock (piste, point de vue) : * (a faire si dans les environs)

Capitol Reef

Gooseneck Overlook et Sunset Overlook (ballade, point de vue, ): * (A faire si on est dans le coin, 1 km) Hickman Bridge (ballade) : *** (Arche grandiose, environnement magnifique, 3.2 km)

Hanksville

Dirty Devil Overlook (piste, point de vue) : **** (un des plus beaux points de vue de l’Ouest Américain) Leprechaun Canyon (randonnée) : **** (ludique, photogénique, surprenant 3.2 km) Hite Overlook (point de vue) : ** (à voir si on passe à côté) Road Canyon Ruins (randonnée) : **** (très belles ruines, jolies couleurs 7.2 km) Mule Canyon/House on Fire (randonnée) : **** (l’intérêt principal est photogénique 3.4 km)

Moab

Druid Arch/Chesler Park (randonnée) : ***** (Arche grandiose dans le plus beau parc pour marcher 21 km) Anticline Overlook (piste, point de vue) : **** (mérite les 100 km de détour !) Mesa Arch/ Island in the Sky (ballade) : ***** (un must 1.6 km) Whale Rock Trail/Island in the sky (ballade) : * (intérêt limité à part monter sur un rocher qui ressemble à une baleine ! 1.6 km) Upheaval Overlook/Island in the Sky (point de vue) : **** (cratère de météorite, couleurs et forme impressionnantes 1.6 km) Green River Overlook/Island in the Sky (point de vue) : **** (splendide) Aztec Bute Trail/Island in the Sky (ballade) : ** (l’accès à la 2e butte était interdit, mérite surement mieux, 1 km) False Kiva Trail/Island in the Sky (ballade, point de vue) : *** (photogénique, un petit côté mystique, 3.5 km) Shaffer Trail/Potash Road/Island in the Sky (piste) : *** (descente impressionnante, très cassante) White Rim Trail Road/Island in the Sky (piste) : ***** (une piste de 160 km, mythique, inoubliable) Zeus & Moses Trail (ballade) : ** (pour se dégourdir les jambes lorsqu’on fait la piste de White Rim Trail Road, 4 kme) Dead Horse Point (point de vue) : ***** (Grandiose) Long Canyon Road (piste) : *** (un passage légèrement technique, beaux points de vue) Corona Arch (ballade) : **** (majestueuse, nécessite peu d’effort pour y aller, 4 km) Dinosaur Track/Petroglyphes/Colorado River/Moab (ballade) : ** (à voir si on passe à côté) Hurrah Pass (Piste) : *** (bien) Mill Creek (ballade) : *** (rafraîchissant, 3 km) Survol canyonlands (Vol) : **** (Au départ de l’aéroport de Moab, inoubliable) Onion Creek/La Sal Mountains Loop/Castle Valley (Piste) : **** (des paysages très différents, un MUST. Attention une des pistes les cassantes que j’ai faite) Fisher Towers (Ballade) : *** (A faire en fin de journée, parait-il les falaises les plus rouge de l’Ouest Américain 2.7 km) Negro Bill Canyon/Morning Glory Bridge (Randonnée) : *** (facile, sympa, le pont naturel est dur à photographier, 7 km) Crystal Geyser (Visite) : **** (des couleurs magnifiques, surprenant) Buckhorn Wash Road & petroglyphs (piste) : *** (très jolis petroglyphs) Little Grand Canyon Overlook (Point de vue) : *** (le détour en vaut la peine !)

Yellowstone

Grand Teton National Park/Scenic Road (Points de vue) : **** (Chaîne de montagne majestueuse) Kepler Cascades (Point de vue) : ** (A côté de la route (entrée Sud), quel débit !) Old Faithful/Morning Glory Pool/Yellowstone (Ballade) : **** (site principal du parc, éruptions courantes, un peu trop “organisé” à notre gout, 5 km) Black Sand Basin/Yellowstone (Ballade) : **** (pools avec des très jolies couleurs, 1 km) Biscuit Basin/Yellowstone (Ballade) : ***** (Magnifique, 1 km) Midway Geyser Basin/Grand Prismatic Spring/Yellowstone (Ballade) : ****** (s’il faut n’en voir qu’un ! Surtout depuis la colline en face ! 4 km) Lower Geyser Basin/Yellowstone (Ballade) : **** (un décor de fin (ou de début) du monde, 0.7 km) Terrace Spring/Yellowstone (Ballade) : ** (pas essentiel, 0.2 km) Gibbon Falls/Yellowstone (Point de vue) : ** (Sur la route, à voir) Monument Geyser Basin/Yellowstone (Randonnée) : *** (je ne sais pas si cela vaut le temps passé vu toutes les autres merveilles du Parc, 4 km) Artist Paint Pot/Yellowstone (Ballade) : *** (très varié, 2 km) Norris Geyser Basin/Yellowstone (Ballade) : **** (steamboat geyser est très actif, 4 km) Mammoth Hot Spring/Yellowstone (Ballade) : ***** (une des 3 choses à voir absolument avec grand prismatic et le canyon de Yellowstone, 3 km) Upper Terrace Drive/Yellowstone (Route) : **** (très intéressant) Roaring Mountain/Yellowstone (Point de vue) : * (Mouais, si on veut se dégourdir les jambes 2 min) Canyon de Yellowstone (Lower Falls, Grand View, Upper Falls, Uncle Tom trail (le début), Artist Point) /Yellowstone (Points de vue, Ballades) : **** (le canyon a des couleurs à tomber, des chutes d’eau impressionnantes, 3 km) Sulfur Calderon/Yellowstone (Point de vue) : ** (pas essentiel) Mud Vulcano/Yellowstone (Ballade) : ** (bien, 1.2 km) Strom Point trail/Yellowstone (randonnée) : *** (sympa, calme, plein de marmottes ! 3.5 km) West Thumb/Yellowstone : **** (A voir absolument, 1.5 km)

Dinosaur national Monument

Island Park Road (Piste) : *** (Piste facile, presque personne) Petroglyphes de McKee Spring (Ballade) : **** (ceux-ci et ceux d’en face sont splendides !) Island Park Overlook (Point de vue) : *** (joli point de vue mais trop « européen » pour ma part) Jone Holes trail (Randonnée) : *** (très agréable, attention aux serpents (on en a rencontré 3) 12 km) Fossiles du Quarry Exhibit : *** (impressionnant mais organisé) Sounds of Silence trail (Ballade) : *** (ballade sympa, 5km) Split Mountain Overlook (Point de vue) ** (sur la route) Josie’s Cabin (Visite) : ** (intéressant, un autre monde) Pétroglyphes (lézards) (Ballade) : *** (unique) Escalante Overlook, Canyon Overlook, Island park Overlook, Iron Spring Bench Overlook, Echo park Overlook (Points de vue) : *** (à faire) Pétroglyphes horizontaux (Ballade) : *** (surprenant) Harpers Corner trail (Ballade) : **** (très sympa et point de vue grandiose, 3.5 km) Echo Park Road (Historic Chew ranch, Pool Creek petroglyphs, Whispering Cave, Picasso Face) (Piste) : *** (sympa) Steamboat Rock Trail & Overlook (Ballade, Point de vue) : **** (Magnifique, 5 km) YampaBench Road (Castle Park, Harding Hole and Wagon Wheel Point Overlooks) (Piste) : *** (Intéressant mais un peu long)

Samedi 21 Avril

Après un vol pour Los Angeles sans encombre, nous nous empressons d’aller au loueur de voiture avec la ferme intention de trouver le véhicule adapté à notre programme. Bon, dès le début, l’hôtesse nous la fait à l’envers en nous disant qu’ils n’ont pas de 4*4 en full size mais uniquement des SUV routiers…elle nous propose de payer un supplément pour avoir un 4*4 dans la taille supérieure. De nature confiante (quoi que..) on va voir… et là ils nous sortent un veau version XXXXXL et en 4WD en plus ! Ca sent l’arnaque à plein nez : le véhicule ne doit pas appartenir à l’agence de Los Angeles et ils cherchent un pigeon pour le ramener à sa véritable agence, en plus à nos frais ! Bref, je prends les choses en main et farfouille dans l’allée. C’est vrai, il n’y a pas grand-chose, mais un écusson « trail rated » sur une Jeep Liberty avec une vrai roue de secours, 4*4 manuel et pont court, finit par me convaincre que nous avons trouvé notre monture pour le mois. Seul petit bémol, les pneus ne semblent pas être de la première jeunesse. Pas grave, nous prévoyons de faire un saut à l’agence de Las Vegas pour voir s’il y a mieux. Mais pour l’instant, nous devons décoller de Los Angeles pour rejoindre Las Vegas. Le temps a quand même tourné et nous avons de la route à faire !

A mesure que nous sortons de Los Angeles, le temps s’éclaircit. Ce n’est pas qu’il fait mauvais à Los Angeles mais la pollution créé un nuage qui oblitère en partie le soleil. Les automatismes reviennent vite : doubler par la droite, rouler 7mph au-dessus de la vitesse indiquée. Le plaisir de conduire sans stress revient tout aussi vite. La température monte progressivement et il fait 104°F à Las Vegas. Quoi ! 30°C de différence avec Paris que nous avons quitté 24H plus tôt. Humm trop bon !

L’entrée par le Strip est toujours un moment où l’on hésite entre fascination et kitsch… ah ces américains, tout dans la démesure et le superficiel…



La chambre prise (Riveria Hotel : bon rapport qualité/prix), nous filons vers Fremont Street pour aller voir le « Vieux » Vegas. Enfin vieux, c’est tout relatif car nous sommes accueillis par un spectacle son et lumière à décoiffer un chauve ! Quelle débauche de Watts !

Nous déambulons pendant 1H au milieu de personnages allant de Disney au travesti SM. Tous les goûts sont dans la nature paraît-il alors nous dirons simplement que tout participe à la fête. Ah oui, ça avait l’air aussi sympa la tyrolienne installée sur la longueur de Fremont Street. Dommage qu’il y avait autant de monde à faire la queue sinon ça nous aurait bien dit de jouer à Tarzan !









Buffet à volonté (très moyen), quelques dollars rapidement dépensés au bandit manchot et la fatigue commence à se faire sentir. Il faut dire que l’on a déjà fait le tour du cadran depuis le départ… donc nous décidons de retourner au Strip par le Bus. Ce fut interminable : 1H pour rejoindre Treasure Island ! Nous étions à deux doigts de faire notre nuit dans ce bus. Heureusement des américains excessivement bruyants nous en ont empêchés (involontairement). Nous profitons des quelques spectacles du Strip jusqu’au Bellagio et décidons d’aller rejoindre Morphée à l’Hôtel, fatigués mais heureux d’être là. Vraiment heureux !





Dimanche 22 Avril

Malgré une nuit très courte, décalage horaire et excitation nous font décoller tôt. Petit déjeuner au Deny’s … humm les pancakes et le chocolat avec crème, quel régal !

Nous filons maintenant à l’aéroport de Las Vegas pour dénicher un meilleur véhicule (ou au moins avec de meilleurs pneus). Pas de chance, le choix est aussi limité qu’à Los Angeles. Il y a bien une jolie Jeep Wrangler avec des pneus impressionnants mais le toit est en toile. Ce n’est vraiment pas l’idéal pour laisser une voiture plusieurs jours en plein désert… Pas de doute maintenant, il va falloir rouler doucement sur les pistes avec la Liberty ! Comme nous avons quelques backpacking et des nuits sous la tente, nous devons faire quelques courses (bombonnes de gaz, glacière, réchaud…). Nous trouvons un très bon magasin (Bass Pro Shops Outdoor World), un peu cher mais avec beaucoup de choix.

En prévision de la descente du Grand Canyon de demain, nous allons maintenant nous dérouiller un peu les jambes au petit parc de Red Rock Canyon situé à quelques km à l’Ouest de Las Vegas.



Premier arrêt à calico Basin pour une rapide ballade (20 min) qui consiste à aller voir une source et profiter des paysages de la partie Est du red Rock. La chaleur est déjà difficilement soutenable car il n’est pas loin de midi et la région connait des records de température.





Nous repartons vers l’entrée du parc. C’est Dimanche et il y a quand même pas mal de visiteurs qui espèrent surement échapper aux températures caniculaires (le parc est à 1 200 m d’altitude). Nous faisons la ballade qui longe les Calico Hills en regardant de temps en temps quelques personnes faire de l’escalade. Les roches « Atztec sandstone » rouges orangées tranchent magnifiquement avec les autres roches blanches et grises.

Parcours de la petite ballade

Avec le profil suivant





De retour à la voiture, nous voyons que nous n’avons plus vraiment le temps de découvrir ce parc et nous parcourons le reste de la route en voiture. En effet, nous devons rejoindre Tusayan d’ici ce soir.



La route est longue et monotone mis à part les kilomètres aux alentours du Lac Mead. Tiens il y a un nouveau pont au-dessus du barrage Hoover ! Il n’y a plus les traditionnels embouteillages lorsqu’il fallait passer sur le barrage.

Au loin, nous apercevons une fumée se dégager. Est-ce un incendie, une tornade de poussière. En s’approchant de plus près on se rend compte que c’est un incendie qui vient de la route. En effet, un camion vient juste de prendre feu et sa cargaison est en train de partir en fumée. Nous ne savons pas ce que c’est mais il y a par moment des explosions. Tous les véhicules sont arrêtés car il est impossible de passer. Au bout de 5 min, un premier 4*4 escalade le talus pour prendre l’autre voie à contre sens. A son passage une explosion plus violente se fait entendre mais ça va il passe sans problème. Puis d’autres décident de suivre son exemple. Comme nous ne sommes pas vraiment en avance nous faisons la même chose et puis c’est le premier test de franchissement pour notre véhicule. Test réussi et haut la main ! De l’autre côté, nous voyons le chauffeur qui est indemne et qui attend les pompiers.

Après plusieurs heures de route, nous arrivons à Tusayan. Nous sommes tellement fatigués que nous n’avons même pas la force de manger ! Direct au lit !

Au fait, pourquoi faisons nous Las Vegas -> Grand Canyon -> Havasupaï ? Alors que la logique aurat voulu que l’on fasse Havasupaï avant Grand Canyon… Tout simplement parce que je m’y suis pris comme un manche au moment de la réservation et que j’ai inversé les dates ! Ma petite étourderie nous aura coûté au moins 6 à 8H de route ! Je vous l’ai dit : J’ADORE conduire aux Etats Unis ! ;)

Lundi 23 Avril

Aujourd’hui c’est la descente du Grand Canyon qui nous attend ! Nous avons choisi l’option de faire la rando sur 2 jours afin de profiter un maximum de l’endroit. La rando en 1 jour est surement faisable mais cela nécessite de partir très tôt, probablement aux alentours de 4H du matin. Nous préparons les sacs en essayant de limiter au maximum le poids mais avec la tente, 4,5L d’eau chacun, la bombonne de gaz, le réchaud, sac de couchage, la nourriture pour 2 jours, les vêtements, le matériel de photo …le sac s’alourdit considérablement : entre 15 et 17 kg pour le mien ! Il faut dire aussi que nous avions mal lu les conditions d’accès à l’eau et pensions qu’il n’y avait pas d’eau au camping du phantom ranch ! D’où les 9L d’eau à 2…. Bref passons cette épisode peu glorieux de la préparation (encore un…) et attaquons nous aux 1 400 m de dénivelé négatif !

Tout d’abord, nous allons prendre des forces avec un petit déjeuner à la Cafétéria du Lodge du Grand Canyon. Puis nous prenons la navette qui nous amène au début du South Kaibab Trail. Nous démarrons doucement la marche car il nous faut nous habituer à la lourdeur des sacs et puis nous ne sommes aux Etats Unis que depuis 2 jours (pas très sérieux de faire cela si tôt après un long vol mais bon..). Cela nous laisse au moins le temps de profiter de la beauté du paysage ! Il est 9H du matin et il fait déjà chaud. Le temps est magnifique !

La carte du parcours

Profil de la descente

Profil de la remontée





Plus nous descendons et moins il y a du monde. C’est le chemin que la plupart des randonneurs prenne pour aller dormir en bas du grand Canyon car il n’y a pas d’eau sur le South Kaibab Trail, au contraire du Bright Angel qui est pris pour la remontée. Nous doublons quelques personnes qui nous font vraiment envie car elles portent un petit sac. Elles ont eu la chance de pouvoir réserver une chambre dans le Phantom Ranch, hummm. Il faut savoir que les réservations se font généralement 1 an et demi avant ! Avec notre mois et demi de préparation, nous avons même eu de la chance d’avoir déjà une place au camping du Phantom Ranch ! Le chemin offre des vues plongeantes et spectaculaires et le Colorado se dévoile de temps en temps lorsque le plateau se rapproche de la falaise.

















Nous arrivons au bord du Colorado vers 14H après avoir traversé le Dark Bridge. C’est l’occasion de faire une pause bien méritée. Quel plaisir de déposer le sac à dos et d’enlever les chaussures :-) Nous ne résistons pas à l’envie de tremper nos pieds dans l’eau très très rafraichissante du Colorado. Vu d’ici le grand Canyon ressemble à un canyon normal car il est impossible d’apercevoir les rim Sud et Nord, situés 1400 m plus haut.





Après avoir monté la tente (emplacement de camping nickel), nous allons nous désaltérer, on dira plutôt se réhydrater, avec des litres de citronnade au Bar du Ranch. Tiens que m’arrive-t-il ? Je ne suis pas capable de lever le verre…en fait, j’ai tellement mal aux trapèzes à cause du sac que je suis incapable de lever les bras ! Quand on vous dit qu’on manquait de préparations ! En revenant à la tente, le « ranger » arrive et nous prend à parti pendant 30 minutes pour nous expliquer les règles d’usage du camp. On écoute sagement mais on rigole quand même intérieurement quand il nous explique que si l’on laisse un morceau de plastique à l’intérieur de la tente, on risque de se faire attaquer pendant la nuit par une horde d’animaux sauvages qui voudrait dévorer le plastique :-)

Après un succulent repas à base de nouilles déshydratées, nous allons voir le coucher de soleil sur les falaises bordant le Colorado. Quel calme ! On a surtout le sentiment d’être dans un endroit unique et reculé.





A 19H, nous nous endormons, fatigués, en espérant qu’une bande d’écureuils ne nous agresse pas pendant la nuit !

Mardi 24 Avril

Finalement et malgré les dangereux animaux rodant surement toute la nuit, notre tente est intacte et nous avons passé une superbe nuit, aidés il est vrai par une superbe fatigue ! Nous nous levons aux premiers rayons du soleil vers 5H30. Il nous faudra 1 petite heure pour tout ranger et prendre le petit déjeuner. Au moins déjà la moitié des randonneurs est déjà partie. Il faut en effet éviter la forte chaleur durant la remontée, surtout qu’il y a des records de température en ce moment (34° hier au bord du Colorado !).

Nous quittons Bright Angel Creek puis nous traversons le Silver Bridge, pont suspendu qui enjambe le Colorado. Le temps s’annonce radieux !









Le chemin longe tranquillement le Colorado (quelques montées et descentes quand même) jusqu’au début de la montée allant à Indian Garden qui s’effectue dans l’ombre (en partant tôt bien sûr) puis sous les arbres.







Il n’y a pas du tout les mêmes vues plongeantes que lors de la descente du South Kaibab Trail mais le chemin est très agréable et pas trop pentue pour l’instant. En plus, il n’y a pas grand monde ce qui est normal. Nous croisons quand même certains randonneurs partis à 4H du matin de la haut (dont un qui le faisait en courant) !





A partir d’Indian Garden les choses se compliquent et la montée devient bien plus raide. Nos pas ralentissent au fur et à mesure que nous nous rapprochons du bord du Grand Canyon et « bizarrement » le poids du sac à dos se fait de plus en plus sentir ! Heureusement, les rangers ont mis en place 3 points d’eau tous les 1.5 miles afin d’éviter de porter trop d’eau. Un système de pompe fait remonter l’eau depuis Indian Garden jusqu’aux 2 autres points d’eau situés plus haut. Les derniers lacets sont interminables mais beaucoup de touristes nous encouragent en nous voyant souffrir. C’est sympa !



A 14H30, nous effectuons nos derniers pas dans le Grand Canyon et une fois le panneau franchi nous tombons dans les bras l’un de l’autre. Nous sommes fiers de l’avoir fait. We did it ! Quel soulagement d’enlever le sac à dos en attendant le bus :-) Nous sommes quand même exténués…

La climatisation à fond dans le bus additionnée à la fatigue a raison de mes dernières forces et j’en profite pour choper la crève ! Il faut dire aussi que 45 min pour rejoindre le visitor center…c’est pas très rapide. Bref, nous récupérons la voiture qui n’a pas explosé malgré les bonbonnes de gaz qu’elle contient..oui c’était notre crainte depuis la veille d’avoir laissé la voiture au soleil avec 3 bonbonnes de gaz à l’intérieur ;) Heureusement, il fait quand même bien plus frais là-haut qu’au bord du Colorado. Nous allons étancher notre soif à la cafeteria. Humm trop bon ! Malheureusement, nous n’avons pas trop le temps de traîner car nous devons rejoindre Peach Springs ce soir.

Retour donc vers l’Ouest en profitant cette fois-ci du paysage de la route que nous avions fait de nuit 2 jours plus tôt. Nous avons choisi le motel le plus près du site de Havasupaï mais il faut avouer que ce n’est pas vraiment cela : il est cher pour la prestation offerte et en plus nous sommes seuls. Ça fait un peu comme dans les films où un jeune couple disparait dans des conditions étranges lors de son séjour dans un Motel paumé au milieu de nulle part. Un peu glauque à vrai dire…

2e inquiétude et pas des moindres : le temps annoncé pour demain n’est pas terrible et pour le surlendemain carrément abominable ! De violents orages sont annoncés d’ici 24H et nous avons prévu de faire Havasupai en 2 jours… Nous contactons le prestataire qui organise des vols en hélicoptère afin de gagner 1 journée de randonnée mais aucun vol n’est effectué demain ! Nous n’avons donc pas le choix, il va falloir effectuer la randonnée sur 1 journée, soit 35 km avec 800m de dénivelé positif et négatif ! Sur ce bonne nuit !

Mercredi 25 Avril

On se lève vers 3H30 du mat et après avoir checké une dernière fois la météo nous décidons de mettre notre plan à exécution. Nous partons du Motel à 4H et prenons la route qui mène tout droit à Hilltop. Enfin tout droit c’est vite dit car à cette heure avancée de la nuit c’est toute la famille Lapinou qui a décidé de traverser la route et de jouer à cache-cache avec les roues de la voiture ! C’est con quand même un lapin dès fois…surtout quand il a des envies de suicide !

Nous arrivons pile au moment où le jour commence à se lever vers 5H30. Le parking est plein de randonneurs ayant passé la nuit à Supai. Il y a un gardien à Hilltop pour surveiller les voitures. Nous nous équipons rapidement et partons de suite.

Une petite carte de l’itinéraire

Ce qui donne le dénivelé suivant

Le temps est très couvert mais on ne dirait pas qu’il va pleuvoir. Le canyon d’Havasu s’ouvre devant nous. Je le trouve assez majestueux avec ses hautes falaises régulières aux couleurs rougeâtres.



On distingue le labyrinthe formé par le 2e petit canyon situé à l’intérieur et qui mène au village de Supaï. Tout est là pour une journée mémorable !

Nous entamons la descente en courant car la météo annonce de possibles averses dès 9H du matin. Passés les switchbacks une longue pente conduit à l’entrée du sous canyon creusé par la rivière qui est maintenant totalement à sec. Nous marchons d’un pas très rapide et commençons à croiser les premiers randonneurs remontant dans l’autre sens. Ils nous demandent d’ailleurs s’il pleut là-haut ! Nous additionnons les kilomètres et finissons par atteindre la rivière Havasu.

L’eau est d’une limpidité incroyable, sa couleur bleu turquoise invite à la baignade ! Après 2H20 d’une marche très active nous atteignons les premières maisons du village et nous sommes au visitor center à 8H. 2H30 pour faire 13 Km, ça fait une bonne moyenne !



Nous payons les droits d’entrée : 88$ pour 2 simplement pour rentrer, sans autre prestation et pour quelques heures…on trouve cela tout simplement scandaleux ! Le paradis a un prix parait-il, les indiens l’ont bien compris !

Nous contournons le village par la droite (chemin imposé, pas le droit de traverser le village..) et arrivons aux premières chutes : Navajo Falls. Elles sont très larges et doubles. Elles ressemblent aux chutes que l’on voit dans les tableaux lumineux des restos chinois (je sais c’est une super référence !). Il y a beaucoup de végétation sur les parois des chutes formant un mur végétal à travers lequel coule l’eau.





La chute d’après est me semble-t-il nouvelle et a été créée lors de la dernière inondation. Elle est assez classique mais de toute beauté. A sa droite la rivière s’écoule à travers de larges bassins.









Nous reprenons le chemin, ce qui laissera à nos appareils photo le temps de se reposer un peu !





Au bout de 1 à 2 km un bruit assourdissant se fait entendre. Rien qu’à ce bruit nous savons que nous allons découvrir quelque chose d’exceptionnelle :-) La première vue sur Havasu fall est mémorable. Plus que la chute d’eau, c’est tout l’environnement qui donne l’impression d’arriver dans un coin du paradis : un large bassin rempli d’une eau d’une couleur irréelle qui se termine par un bassin plus petit formant une sorte de jacuzzi, une large chute tombant au milieu de coulées de roche.

A la vue de ce merveilleux spectacle nous courons littéralement. En quelques secondes nous sommes en maillot de bain et en plus l’eau est agréable ! We like it !



Nous y restons près d’une heure mais le temps nous étant compté aujourd’hui, nous décidons à regret de partir en direction de la 3e chute. Nous traversons le camping. Il y a quelques personnes mais il n’est pas vraiment plein. Les gens ne semblent pas vraiment s’inquiéter des orages qui s’annoncent (ou peut-être ne sont-ils pas au courant..).

Après 1.4 km un nouveau grondement sourd se fait entendre et nous découvrons d’en haut Mooney Fall, beaucoup plus haute que les chutes précédentes. Son mugissement est impressionnant. Nous entamons la descente en nous aidant des chaînes mais nous nous rendons compte que nous avons dépassé le temps que nous nous étions fixés pour notre départ. Il est 12H15 et nous devons en effet repartir afin d’éviter les fortes pluies orageuses annoncées pour la fin de la journée.





La remontée s’annonce dure car nous avons déjà fait 17 Km et bizarrement, à l’aller, le chemin ne nous avait pas semblé aussi pentu…

Après un petit verre rafraîchissant à Supaï nous entamons la remontée. Pour tout dire, elle me semblera interminable, surtout la partie dans le sous canyon. Et puis, nous croisons d’incessantes colonnes de mules déversant des tonnes de crottin sur tout le trajet. Ca gâche un peu la beauté du parcours, renifler toutes les 30 secondes une odeur de merde, y a quand même plus agréable !

Le temps couvert a l’avantage de nous protéger de la chaleur pendant la remontée. 20km, 25km, 30km…les muscles deviennent douloureux et il est de plus en plus difficile de marcher (du moins pour ma part). Le rythme ralentit et nous commençons à entamer nos réserves. A la sortie du sous canyon, les 2.5 derniers km de la montée finale nous attendent et je m’aide d’un bâton afin de soulager l’arrière de ma cuisse droite qui me tire à chaque appui. A la limite de mes forces, 17H25, je jette mon bâton en l’air. We did it ! 35 km, 800m de dénivelé positif et négatif. Ce fut notre Havasu marathon !

Pas le temps de traîner, nous rejoignons Flagstaff, fatigués mais heureux d’avoir vécu une superbe journée. Inoubliable !

Jeudi 26 Avril

Nous nous levons à 7H30 pour une journée de transition nous menant à Page. Le temps est vraiment mauvais, pluie et orages. On se dit qu’on a bien fait de faire havasu Falls en une seule journée. La route vers Page s’effectue pratiquement intégralement sous la pluie.

Arrivés à Page, nous prenons possession de la chambre au Motel 6 : piscine fermée, machine à glaçons en panne, lit défoncé, isolation totalement inefficace…à éviter mais on n’a pas le choix.. on a réservé 3 nuits ici !

Il est 15H et nous remarquons que les éclaircies reviennent. Nous décidons d’aller à Horseshoe bend que je connais bien (3e fois pour moi) mais c’est un peu incontournable ! Et puis nous avons l’intention de nous balader dans la partie Nord Est du site (après avoir fait la partie Sud-Ouest il y a 3 ans).

La vue sur ce méandre parfait du Colorado est toujours aussi impressionnante et les couleurs toujours aussi remarquables ! Nous nous baladons ensuite au milieu des tepees, formes tabulaires, buttes striées et en profitant toujours de vue impressionnantes. Nous effectuons une boucle qui nous reconduit à la voiture. Ce fut une ballade super agréable qui permet de s’éloigner du monde.











Le temps reste quand même menaçant mais nous décidons d’effectuer le début de la piste de Smokey Mountain Road, notamment la montée de Kelly Grade qui est la partie la plus spectaculaire de la piste et qui offre des points de vue magnifiques sur le lac Powell.











Vendredi 27 Avril

Ce matin, nous partons à 7H ! Pourquoi ? Parce que le tirage au sort pour Coyote Bute North et Coyote Bute South se situe maintenant à Kanab et non plus à la Paria Ranger Station à coté de Page. Heureusement que nous l’avons lu sur Internet pendant le voyage ! Il nous faudra quand même 1h20 pour atteindre Kanab. Bizarre d’avoir déplacé le tirage au sort la bas… Comme nous ne sommes que 6 à vouloir faire CBS il n’y a pas de tirage au sort et nous repartons avec les permis pour le lendemain.

Pour aujourd’hui, nous avons prévu de faire Cobra Arch située non loin de la Paria Ranger Station sur le plateau au-dessus de Buckskin Gulch. La piste qui mène au début du TrailHead longe Long canyon puis s’aventure au milieu d’un plateau sablonneux.

A la fin de la piste, une dame qui lit un livre sur un transat ( !) nous indique que le début de la rando est bien ici et que le chemin n’est pas évident à suivre. Nous avons un GPS de rando et une carte donc pas de soucis pour nous, ça devrait aller !



Il est 11H15 lorsque nous empruntons le chemin non balisé. La marche s’effectue principalement dans du sable mou ou du sandstone cassant et très fin. Elle ne présente pas d’intérêt particulier et est plutôt fatigante avec un enchaînement de montées et de descentes. Nous faisons un petit détour pour voir Buckskin Gulch d’en haut, mais nous n’arrivons pas à voir le fond du Canyon.

Finalement c’est très simple d’arriver à Cobra Arch qui se découvre qu’au dernier moment. Notre première réaction est de nous dire qu’elle est beaucoup plus petite que ce nous pensions. De plus elle est très peu décollée de la falaise, ce qui rend peu aisée la prise de photo. Par contre, il est vrai qu’elle ressemble à un cobra sous un certain angle.



Pas très loin au-dessus se trouve un énorme Tepee très photogénique. C’est une mise en bouche de ce qui nous attend demain à CBS.





Sur le chemin du retour nous croisons 4 magnifiques Bighorns. Je n’en avais jamais vu lors de mes 3 voyages précédents ! Ils nous observent depuis leur promontoire. Ensuite, nous filons tout droit vers la voiture que nous atteignons à 16H15.







Que dire de cette ballade ? Elle ne nous a pas semblé essentielle et il y a surement bien mieux à faire dans la région avant de faire celle-ci. Par contre, on a bien bronzé (ou cramé plutôt car il n’y a pas une seule zone d’ombre !)

Sur le retour vers Page, nous faisons un petit arrêt à la Marina pour se tremper les pieds et faisons la route longeant le lac afin de constater que le niveau du lac a bien baissé ces dernières années …



Samedi 28 Avril

Le permis pour CBS en poche, la journée s’annonce succulente ! Nous partons de Page vers 7H30 avec une petite appréhension quand même : nous avons tellement lu de commentaires sur la possibilité de s’ensabler sur les pistes du plateau des Vermillon Cliffs que nous avons choisi le chemin le plus facile et le moins sablonneux, c’est-à-dire en faisant le grand tour par le Sud.

Nous arrivons vers 10H30 à CBS (ça fait quand même 3H de route/piste…) et sans encombre. Les passages de sable mou étaient plutôt faciles. Il y a déjà 2 autres véhicules présents sur le site et un Outfitter arrive avec 2 clients américains en même temps que nous. Ils ne nous lâcheront pas de la journée (ou l’inverse) !!

Le sentier commence par une petite marche dans du sable mou jusqu’à un petit plateau avec un rocher ressemblant à un Rubik’s cube avec plein de couleurs différentes.



Nous enchainons ensuite en passant à travers des teepees aux formes extravagantes, des vagues aux striures surprenantes, des « cornets de glace ». Le site est immense et recèle d’innombrables curiosités.











A chaque fois nous pensons être arrivés au bout et on aperçoit finalement un autre ensemble de formations, ce qui nous incite à continuer l’exploration. Il faudrait bien 2 jours pour profiter pleinement du lieu surtout si on a la passion de la photographie. Il n’y a peut-être pas la finesse de The Wave mais les formes et les couleurs sont beaucoup plus diversifiées. Nous resterons au total près de 4 heures sur place avant de nous restaurer de retour à la voiture.

Encore quelques photos de cet endroit surprenant :























Nous reprenons la piste par le chemin le plus direct pour White Pocket que nous atteignons vers 15H40. La piste est légèrement cassante dans la descente avec des grosses ornières dans le sable mou. Il faut de bons amortisseurs !

L’arrivée est assez surprenante car au « parking » nous ne voyons absolument rien. Il faut franchir les dunes de sable sur une centaine de mètre pour découvrir un décor irréel. L’impression d’arriver sur une autre planète est très forte : des brain rocks blancs mélangés à des coulées de roche rouges et des vagues colorées. J’avoue n’avoir pas pu décoller mon doigt de la gâchette : près de 200 photos en 2H ! Un vrai killer !



























De retour à la voiture, nous décidons de prendre la piste du Sud qui est la plus facile et permet de ressortir vers Marble Canyon. Au final et malgré nos craintes, la piste n’a pas été aussi dure que ce que nous pensions (les sac de couchages et les provisions pour 3 jours que nous avions pris au cas où ne nous ont pas servi !)

Nous retournons à Page pour la nuit.

Dimanche 29 Avril

Nous quittons la région de Page que nous avons beaucoup apprécié. Il y a tellement de choses à découvrir ici ! Nous nous levons à 6 heures et prenons la direction de Kanab. Notre projet initial était de faire la smokey Mountain Road mais nous avons finalement changé d’avis. L’arrivée dans l’Utah se fera donc par la Johnson Canyon Road !

Après quelques miles nous faisons un petit arrêt au Townsite de la Johnson Canyon Road. Cette ville fantôme est un ancien décor de cinéma. Il y a pas mal de bâtiments qui sont à terre mais tout y est : le saloon, l’église, l’épicerie, la potence… un vrai parfum de Farwest. Très sympa !









La route de la Johnson Canyon Road se termine et nous prenons à droite la piste de la Skutumpah Road. Elle est très roulante et passe au milieu de vallées de l’Escalante National Monument. Les vues sont plaisantes et reposantes même s’il n’y a rien de spectaculaire.

Nous passons devant Lick Wash que nous ne pouvons pas faire faute de temps et allons directement à Willis Creek. Il y a une dizaine de voitures sur le parking dont un énorme 4*4 (type camion du Paris Dakar) qui appartient à des allemands qui font un tour du monde. Impressionnant ! Il est vrai que nous sommes Dimanche et qu’avec la chaleur la ballade dans l’eau est très rafraîchissante.

Nous mettrons 1h30 pour faire la petite marche qui suit la rivière avec des passages au milieu de canyons étroits très photogéniques (trépied obligatoire). Nous croisons quelques groupes de jeunes et même des groupes à cheval. Le temps est très agréable aujourd’hui et c’est un vrai plaisir de profiter des passages ombragés. Nous allons jusqu’à la confluence avec un canyon de même taille venant de la gauche, pensant que les passages les plus intéressants étaient faits.



















Nous reprenons la voiture pour terminer la piste et allons à Kodachrome State Park.



Au loin, Powell Point qui permet d’admirer tous les environs (fait en 2009)



Il y a très peu de personnes, pour ne pas dire personne. A noter que la Cottonwood Road est fermée en ce moment pour cause de dégradation de la piste.

En route vers Kodachrome

Nous entamons Panorama trail vers 15H30. La ballade est facile et magnifique. Nous passons près de grands Hoodoos très spectaculaires. Le chemin est super bien indiqué et permet de faire le grand tour en passant par quelques passages « secrets » et surprenants. On a adoré cette ballade. Le sentier est bien sûr défini mais il y a quand même un sentiment de liberté et de découverte, les ingrédients indispensables pour une bonne ballade. Nous ne croiserons que 4 personnes sur tout le chemin (près de 10 km). Il y a de très jolies couleurs. Le vert des arbres tranche avec le rouge et le blanc des roches.















Après un peu plus d’1h30, nous sommes de retour au parking. Nous quittons Kodachrome pour rejoindre Escalante où nous logeons au Circle D Motel. Nous prenons des pizzas à l’Escalante Outfitters (beaucoup d’attente malheureusement).

Lundi 30 Avril

Il y a 1H de plus en Utah donc 1H de moins à dormir. Ceci explique que le réveil est assez dur ce matin. De plus, le petit déjeuner prendra plus d’une heure au Circle D ! Nous finissons quand même par décoller et prendre la direction de « The Vulcano ». Nous avions étudié les différents itinéraires et nous avons finalement décidé de passer par la piste du Nord (Spencer Flat Road).

Nous commençons à 10H en rentrant les coordonnées GPS de The Vulcano et heureusement car nous ne comprendrons pas grand-chose de la carte que nous avions récupéré sur Internet ! Au bout de quelques dizaines de minutes nous nous retrouvons en effet trop à gauche et nous rectifions le tir en suivant le cap sur le GPS. Il y a plein de moqui marbles sur le chemin (petits concrétions d’oxyde de fer qui forment des toupies ou des grosses billes. Elles proviennent du Navajo Sandstone).



Le temps est agréable avec un léger vent. Après 1H45, nous atteignons The Vulcano qui est bien plus grand que ce que nous imaginions ! Par contre, à cette heure de la journée, une grande partie du sable qui compose le fond du « cratère » est dans l’ombre.

Arrivée à Vulcano





Nous décidons donc de manger et d’enchainer avec une petite sieste au soleil :-) Puis après avoir fait le tour pour profiter du lieu depuis tous les angles, nous repartons vers 13H30 en essayant de faire au plus court cette fois-ci, ce qui nous obligera à marcher une grande partie sur des plans inclinés. On mettra 1H30 pour retourner à la voiture et finir les 12.9 km.

Comme nous avons encore une petite faim, nous terminons les pizzas d’hier soir que nous avions emporté avec nous. Il est 15H15 et il nous reste encore pas mal de temps. Nous choisissons sur notre livre une petite ballade pour aller voir l’Escalante Natural Bridge.

Arrivés au parking, n’ayant pas de carte, nous demandons à 2 randonneurs le chemin à suivre pour aller voir le pont naturel (en gros faut-il descendre ou remonter la rivière ?). Suivant leurs conseils nous descendons donc la rivière… grosse erreur mais nous ne le savons pas encore ! Le sentier suit tout d’abord la rivière puis remonte un canyon sur la droite. Au bout de 1H45, nous ne trouvons toujours rien. Nous sommes pratiquement remontés jusqu’à la sortie du Canyon et pas de pont naturel en vue. Nous croisons un randonneur qui baroude sur plusieurs jours dans la région. Il nous dit qu’il a vu un pont naturel en haut d’une colline et nous montre sa photo…rien à voir avec le pont que nous cherchons ! Nous n’avons pas le choix, nous décidons de rebrousser chemin. Mais mis à part le fait de ne pas avoir trouvé le pont naturel, la ballade est très sympa en elle-même avec des passages dans la rivière, en sous-bois et dans des canyons aux falaises de sandstone. Nous sommes de retour au parking après 3H de ballade et un total de près de 12 km.



Ce n’est que de retour à l’hôtel que nous saurons qu’il fallait remonter la rivière plutôt que de la descendre ! Bref, pas une grande réussite au niveau de l’orientation !

Mardi 1 Mai

Nous nous levons à 6H45 pour prendre le petit déjeuner avec des énormes pancakes au Prospector Inn :-)

Nous prenons ce matin la piste de Hole in the Rock jusqu’au départ du sentier menant à Zebra Slot Canyon. Il est 9H15 et il y a beaucoup de vent. Le temps se dégage progressivement. Comme souvent nous ne croisons personne sur le chemin aller. La marche suit un petit wash pour arriver enfin à l’entrée du Slot Canyon. Celui-ci est très photogénique mais pas très long. Il ne faut surtout pas être trop gros !









Nous ressortons du canyon et prenons le Canyon qui monte tout de suite à gauche (barbelés à franchir) avant de redescendre dans un canyon qui rejoint l’arrière de Tunnel slot. Nous rencontrons à ce moment-là 3 américains mouillés jusqu’à la taille. Ils nous expliquent que Tunnel Slot est noyé par 1m30 d’eau croupie. Et en effet, en nous approchant, de l’entrée de Tunnel Slot nous voyons qu’il est inondé par une eau marron qui ne donne vraiment pas envie.



Nous décidons donc de ne pas traverser Tunnel Slot et de faire demi-tour en traversant le plateau pour rejoindre le sentier. Le retour se fait par le même chemin qu’à l’aller. Nous sommes de retour à 13H (environ 12km).







Nous faisons une petite pause déjeuné à la voiture et partons pour Aetschi Baetchi. Nous avons imprimé des copies d’écran depuis Google Earth pour ne pas se tromper dans les pistes à prendre. Il n’y a pas de sentier menant à la tour mais celle-ci est tellement imposante (peut-être 40 m) qu’elle se voit de très loin. Une grande partie de la marche se fait dans un wash qui slalome dans la vallée. Nous sommes vraiment impressionnés par ce hoodoo isolé au fond d’une vallée.









Les environs donnent envie d’explorer l’endroit mais nous sommes un peu fatigués aujourd’hui. Nous ferons un simple détour dans la « vallée rouge » où se trouvent quelques formes étranges dans le style de Goblin Valley.





Nous mettrons 2H pour faire les 6km de cette petite ballade hors des sentiers battus. Ce fut une bonne découverte que cet endroit. Nous retournons à Escalante pour préparer les valises et faire quelques courses.

Mercredi 2 Mai

Notre expérience avec les gros sacs à dos lors de la descente du Grand Canyon nous a un peu refroidis et on se dit que faire Coyote Gulch en 1 journée est largement faisable, il suffit de partir tôt !

Nous nous levons à 3H45 du matin sachant qu’il y a quand même 2H45 de route pour aller au trailhead depuis Escalante. A 4H15, nous démarrons sur la piste de Hole in the Rock, de nuit c’est encore plus monotone que de jour ! Finalement nous ne mettrons que 2H15 pour faire le trajet (dur dur de rester éveillé à cette heure !). Nous sommes les premiers sur place. Il y a 3 voitures de personnes qui ont passé la nuit dans le Canyon. Bientôt, un groupe de 6 septuagénaires de Los Alamos arrivent, motivés comme jamais ! On aimerait bien avoir la même pêche qu’eux dans 30 ans !

Après une petite sieste dans la voiture, nous nous motivons pour partir vers 7H. Le temps est très couvert, ça ne va pas être l’idéal pour les photos mais au moins nous n’aurons pas trop chaud. Nous essaierons en vain d’attendre une éclaircie sur Steven Arch et l’escalante River, juste avant la descente par Crack in the Wall. Après 45 min, nous abandonnons ! C’est parti donc pour le Canyon avec tout d’abord une descente amusante dans Crack in the Wall (il ne faut vraiment pas être large)





Puis la dune permet d’arriver rapidement à la petite rivière qui traverse Coyote Gulch. La randonnée maintenant est une ballade tranquille où nous alternons marche dans l’eau (excellente de surcroît) et le long du chemin. Les falaises de Sandstone sont particulièrement impressionnantes et le contraste des couleurs ocres et oranges des falaises tranchent avec le vert de la végétation.



La rivière enchaine les méandres et il faut franchir quelques cascades.









Nous passons voir Black Lagoon (pas grand intérêt selon nous), découvrons de splendides pétroglyphes et voyons Cliff Arch qui est peu décollé de la falaise mais reste quand même impressionnante.





Nous poursuivons jusqu’au pont naturel qui est très plaisant avec la rivière coulant tranquillement en dessous.



Le temps commence vraiment à s’améliorer et le soleil perce de temps en temps. A 13H50, nous arrivons au bout de notre remontée de Coyote Gulch : Jacob Hamblin Arch.



Là, les choses sérieuses commencent ! Les 6 personnes de Los Alamos sont déjà en train de faire l’ascension. Nous observons un moment leur montée et décidons de commencer aussi la nôtre. Il faut avouer que la montée est bien plus pentue que ce que nous pensions. Nous utilisons la corde de 30 mètres que nous avons avec nous afin de nous assurer. 10 min plus tard nous sommes la haut. Les américains n’ont pas beaucoup avancé mais ils avancent quand même.





La voiture se trouve à 3.4 km d’après le GPS et nous traçons tout droit à travers les buttes et les petits ravins. Le sable et le slickrock s’alternent et à 16H nous sommes de retour à la voiture, après 25km. Une bonne journée ! Maintenant, c’est 2H20 de voiture sur piste pour rentrer à Escalante. Nous faisons un petit détour à Chimney Rock sur le chemin et atterrissons au Motel Cowboy Inn. La décoration Far West est marrante et le lit est gigantesque ! C’est une bonne adresse.

Chimney Rock

La suite ci-dessous:

La partie 2 :
http://voyageforum.com/...e_partie_2_D5756534/

La partie 3 : http://voyageforum.com/...e_partie_3_D5756556/
Croisière sur le Celebrity Equinox du 4 au 15 mars 2013 English translation pending
by AlainBob · 2013-01-10 · 180 replies
Bonjour,

Mon épouse et moi serons sur l'Equinox de Celebrity du 4 au 15 mars 2013, en direction des Caraïbes de l'Ouest. Escales prévues: Georgetown (Grand Cayman), Cartagène (Colombie), Colon (Panama), Puerto Limon (Costa Rica), Belize city (Belize), Cozumel (Mexique). Le départ et le retour se feront à Fort Lauderdale.

Il y a déjà une discussion en anglais relative à cette croisière sur le site de Cruise Critic mais je désire partir une autre discussion, en français cette fois, sur le site de VoyageForum. Le but de cette discussion étant évidemment de se retrouver sur l'Equinox entre croisiéristes francophones...

Qui se joindront à nous ?

Alain R. (alias AlainBob)
Concours du mois de janvier 2013: La forme circulaire dans le monde English translation pending
by Ragamuffin · 2013-01-01 · 276 replies
Comme indiqué dans le titre de ce message les photos de voyage proposées dans ce concours devront donner la part belle - à défaut de la part principale - à la forme circulaire.

Il faut donc qu'un cercle - pratiquement complet - apparaisse de manière évidente sur votre photo quand bien même il n'en serait pas l'élément le plus important.

Exemples :



La présence humaine (ou animale 😛 à condition de rester dans une certaine décence 😮) sont à privilégier.

Les photos de macarons (à condition qu'ils soient bons 😊) sont également acceptées

Modalités pratiques

Dépôt des photos jusqu’au Vendredi 25/01 minuit

Vous pouvez poster jusqu’à 3 photos; numérotées et postées dans des messages différents, accompagnées d’un petit descriptif (lieu, anecdote...)

Pour voter : du Samedi 26/01 au Mercredi 30/01 minuit

Merci d’indiquer le pseudo, le numéro de la photo et le classement.

Photo n°1 = 3 pts Photo n°2 = 2 pts Photo n°3 = 1 pt

Tous les membres de VF peuvent voter (même ceux qui n’ont pas déposé de photos).

En cas d’égalité de points pour deux photos, la photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus grand nombre de 1ère places sur le podium !

L’heureux gagnant pourra organiser le concours photo du mois de Février 2013.

Pour les discussions autour du thème, c'est ici : Discussion autour du concours du mois de Janvier 2013 : La forme circulaire dans le monde

Diaporama (Merci Herikles) : Diaporama La forme circulaire dans le monde

Bonne chance à tous!
Sénégal: mise en place du visa au 1er janvier 2013 English translation pending
by Beerootfr · 2012-12-04 · 111 replies
Le Gouvernement sénégalais a décidé d'appliquer la réciprocité des visas à compter du 1er janvier 2013.

Son "effectivité" sera toutefois différée au 1er juillet 2013, compte tenu du surcroit de travail que cela représente et de la mise en place du personnel nécessaire pour en assurer la délivrance.

Selon le Ministre des Affaires Etrangères, ''L'argumentaire selon lequel l'application automatique du visa pourrait influer négativement sur les lux touristiques n'est pas démontré''.

Espérons qu'il ait raison...
Nos cinq visions des USA English translation pending
by Pat124 · 2012-11-05 · 94 replies
Nos cinq visions des USA.

En 2006, lorsque nous avons quitté l’hôtel pour rentrer en Belgique, on croyait que ce grand pays devrait attendre bien longtemps avant de nous revoir, nous avions le moral à zéro.

Dans le bus qui nous conduisait à l’aéroport, je me suis promis d’y revenir.

Et c’est chose faite, mais voila c’est notre cinquième voyage.

Cette fois, nous sommes cinq, Laurence, ma femme, Mado, notre fille, Kephren notre fils, moi et Sophie, la filleule de ma femme (à part le billet d’avion, nous lui offrons le voyage pour ses 20 ans).

Ce voyage va nous conduire en travers cinq images des USA.

New York, la ville qui ne dort jamais, capital mondiale de la finance. Las Vegas, la ville de tous les vices. Les grands espaces, Yosemites, Death Vallée. La cote Californienne et pour finir la ville la plus cool des USA, San Francisco (nous en avons eu la preuve cette année). Le compte est bon, voila en gros notre nouveau trip aux States.

Jeudi 2 aout.

Nous y sommes, le jour du départ, comme à l’habitude, c’est une journée importante, le jour qu’on attend en décomptant les dodos. Il est 4h30 lorsque nous nous levons, c’est le début de la journée des vacances la plus longue, tout le monde aimerais que les jours de congé dure plus de 24h. Et celle-ci ce sera le cas, elle va durer 30h, merci le décalage.

1h30 après, notre chauffeur vient nous chercher pour nous conduire à l’aéroport.

Les travaux d’aménagement à l’aéroport de Bruxelles, nous obligent à passer par le parking, juste pour décharger nous devons payer le parking (3,5 euros pour 5 min, cher le parking !).

Sophie est déjà là, c’est son père qui l’a conduite. Un petit bonjour, un dernier check-up pour voir si elle n’a rien oublié et c’est parti.



Le comptoir d’enregistrement est déjà ouvert, on y dépose nos valises, Sophie qui avait peur pour le poids de sa valise a finalement la plus légère et moi la plus lourde.

Il faut dire que c’est moi qui porte la valise rigide avec les médicaments et le nécessaire de toilette. On reçoit nos billets.

Ne changeons pas nos habitudes, on va prendre un petit déjeuner au restaurant panoramique, tout en regardant les avions. Laurence et Sophie, prennent juste une boisson.

Nous passons la douane, une petite ballade au Free shop et déjà l’heure approche pour l’embarquement.



On arrive près de la porte B11, notre Boeing 777 et là, nous embarquons à l’heure prévue.



Jusque là, tout va bien, pas de souci de voyage, il faut dire que depuis quelques années, aucun vol ne s’est bien passé. Retard, grève, panne, rien ne nous a été épargné. Nous avons même les sièges que j’avais choisis sur le site.

Ecran individuel avec un choix agréable de programme, un repas valable (lasagne, poulet ou végétarien). Un sandwich dinde-gouda et des chips dans l’après-midi, des boisons à volonté, que demander de plus.

Nous arrivons à Newark avec 10 min d’avance, on n’en revient pas, un vol sans problème. Bon, nous ne sommes pas encore à l’appartement.

Le passage à l’immigration est très rapide, moins de 20 min, comme à l’habitude, les valises arrivent avant nous.



Le seul petit couac, c’est qu’une valise a bloqué sur le tapis, la maintenance a dû venir pour rétablir le bon fonctionnement. Cela a duré 15 min, rien de bien grave.

Il nous reste le passage à la douane et c’est dans la poche, nous sommes officiellement aux USA. Le « GROUND TRANSPORTATION DESK » est juste devant nous, on ne peut faire plus simple. Un petit passage aux « Restroom », nous fait dévier de notre chemin, bien s’orienter, il ne faudrait pas en sortant des toilettes devoir chercher le ground transportation desk.

Une anecdote : je me retrouve seul devant la montagne de valises, cinq personnes cela fait un beau stock de vêtements et autres. Quand un homme en costume-cravate doit apparemment aller se soulager et ne sait que faire de sa valise ... Il me voit et me demande de surveiller son sac…. Chez nous soit on refuserait de peur que la valise ne contienne de la drogue ou autre, ou bien on n’oserait pas confier sa valises à un inconnu. En passant devant le shop, Sophie reste en admiration devant la taille des muffins.

Nous allons pour demander le shuttle, la fille passe un coup de fil et nous devons attendre une quinzaine de minutes avant que l’on nous appelle. Le chauffeur, un black nous demande de le suivre, il n’a pas l’air très sympathique, bon nous sommes en vacances et lui il bosse.

On doit charger nos bagages nous même, on s’installe, il nous demande notre adresse de destination, nous payons avec la visa et nous quittons l’aéroport.

On aperçoit au loin les grattes ciel de Manhattan, mais il passe par des chemins au nord, on se demande même, s’il ne s’est pas perdu. A la radio, ce ne sont que des infos, pas un peu de musique, rien durant les 40 min de trajet. Le chauffeur ne nous a pas adressé une seule fois la parole, il n’a pas lâché son GSM et c’est bien plus loin qu’il a enfin décidé de regarder son GPS pour se rendre à Brooklyn.

Je reconnais enfin le pont de Brooklyn, sur la droite, on est enfin dans Brooklyn et on aperçoit des locaux. Assez surprenant, un peu après avoir passé le pont, on voit des Juifs Orthodoxes, un, deux, cinq, vingt……… Il n’y a que ça, il ne manque que Louis De Funès, je m’attends même à les voir danser. Puis la population change, les gens bronzent, nous sommes dans un quartier de noirs.

C’est à ce moment, que je reconnais enfin le nom d’une rue, on approche de notre appartement. On arrive à Madison Street et il s’arrête devant le 233 où nous allons loger. Le chauffeur n’a toujours pas dit un mot, nous devons nous- même décharger nos valises.

J’avais préparé un Tips, mais il ne m’a pas laissé le temps de lui donner que déjà il partait ! Janes, la propriétaire de l’appartement est présente et, est surprise que nous sommes déjà là, on lui avait dit 15h00 et nous avons près d’une heure d’avance. On ne s’en plaindra pas.

Sauf que pour aller de l’aéroport à la voiture, nous n’avons pas encore eu l’occasion de tâter à la température ambiante, jusqu’à présent nous étions sous « clim » Il fait chaud, même très chaud, entre 35 et 37°, le choc thermique nous marque.

En rentrant dans le hall de l’immeuble la température est encore plus atroce. Nous logeons au premier étage, et le simple fait de monter nos valises, nous mets dans un état de loque. La propriétaire a allumé la clim dans l’appartement et il fait frais, c’est agréable. Janes, nous dit de nous installer et qu’elle reviendra un peu plus tard pour nous faire signer le contrat de location et payer le solde et la caution. Petit descriptif du logement :

Un immeuble tout à fait classique de Brooklyn, du moins dans le quartier où nous sommes.



Un escalier avant de rentrer dans le logement, un hall, un bâtiment sur 3 niveaux plus un sous sol au niveau de la route emménagé en logement et loué à un résident. Le premier niveau est réservé aux propriétaires, le deuxième un appartement loué aux touristes et le troisième est apparemment aménagé en bureau pour le travail du mari.

Notre appartement est bien aménagé, on rentre dans un living, avec une petite salle à manger et un petit salon. Une cuisine équipée, deux chambres et une salle de bain complète. La taille du frigo, de la gazinière et du bac évier m’étonne, et dire que c’est surement des petits modèles, mais comparé à chez nous c’est déjà plus grand. La déco est jolie, bien que le mobilier et la vaisselle soient « made in IKEA » le tout reste bien fonctionnel et confortable pour notre séjour.





Notre installation est assez rapide, on aimerait bien que Janes vienne pour terminer les formalités afin de pouvoir bouger un peu. Nous allons l’appeler.

Elle nous explique où se trouve le supermarché, une boulangerie et le métro. Nous pouvons partir à la découverte du quartier ainsi que de la boulangerie et du supermarché. Nous achetons des boissons et de quoi manger pour le petit-déjeuner.

Apres avoir été tout rangé dans notre appart, nous allons voir où se trouve le métro. Le quartier est vraiment particulier, on se croirait dans le film « un prince à New York »les locaux sont pour la plupart devant chez eux, il y a plein de salons de coiffure, pour se faire des coupes Afro, il ne manque plus d’Eddie Murphy.





Près de la station de métro, il y a des magasins de vêtements et chaussures. Le shopping peut commencer, il faut dire qu’avec trois ados, notre cota magasins, lors des vacances, va exploser, et pas un peu !

Mado s’achète sont premier tee shirt.

Nous cherchons un endroit pour manger, mais à part un mac do, un KFC et un ou deux snack douteux, rien ne nous branche. On fini par trouver un Appelbee’s, qui nous semble un peu correct.

Nous sommes les seuls blancs dans le resto, mais nous ne nous sentons pas dévisagés ou autre, les gens restent indifférents. Des crevettes, hamburger et une espèce de croque au bacon et cheddar, le tout accompagné de soda sera notre premier repas New-yorkais.





Il est 19h30 et nous n’avons plus qu’une seule envie, rentrer dormir. Il est 8h30 quand nous allons nous coucher (2h30 en Belgique pour notre organisme).
Retour de mon séjour (Palawan-Sud Mindanao-Caminguin) English translation pending
by Funnycalamar · 2012-10-27 · 83 replies
Bonjour,

Je suis rentrée d’un mois aux Philippines en septembre dernier (3 étapes au programme : Palawan, Davao et alentours, puis Caminguin) , et ayant glané pas mal d’infos sur VF avant mon départ afin de préparer mon voyage, c’est avec plaisir que je vous fais un petit retour de mon séjour, en espérant que des infos puissent vous être utiles.

Départ le 31/08 (Paris-Manille, 720E assurances comprises), vol sur Cathay pacific avec escale de 2h à Hong Kong. R.A.S, vol à l’heure, service correct. Si on veut rentrer dans le détail, une petite réserve sur les sièges pas trop conforts (mal au dos), mais bon, vraiment rien de grave.

Arrivée à Manille en début d’après-midi. Taxi vers mon 1er hôtel (réservé de France), 300P la course (alors pour la petite histoire, je n’ai toujours pas compris quel taxi il fallait mieux prendre à l’aéroport, mais par contre j’ai compris que meter ou pas, il fallait être ferme sur le prix de la course avant le départ –et se le faire répéter pendant, parce qu’1km après l’aéroport il voulait 700P – bref : en se renseignant sur le prix à payer avant de monter dans un taxi et en utilisant « la technique du disque rayé » quand on est dedans, on y arrive.)

Arrivée à l’Hôtel Durban, à Makati. Petit hôtel très propre et cosy, dans une petite rue adjacente d’une grande artère, donc calme. 1100P la chambre (chambre « pullman », cf leur site), petite mais très clean. Quartier sécure (ce que je cherchais à l’arrivée), personnel avenant. Espace fumeur et WI-FI sur une terrasse juste devant, à l’extérieur : j’ai apprécie cet hôtel pour une escale, mais pour un séjour plus long, je conseille de prendre une chambre de la gamme au dessus (pas beaucoup plus cher) pour avoir plus d’espace.

Vol sur Tiger Airways le lendemain (même prix de la course en taxi vers l’aéroport domestique)pour Puerto Princesa (24E, réservé de France), RAS, à l’heure.

Arrivée à l’aéroport, petit tour en ville (sympa, Puerto, comme petite ville à l’arrivée) et installation à l’hôtel Duchess Pension. Le but de la manœuvre étant de « me laver et dormir »avant départ pour Port Barton le lendemain, choix d’une chambre FAN et SDB commune, 250P la nuit, sommaire (lit-table-ventilo) mais propre, tout comme les sanitaires au fond du couloir.

Départ le lendemain en jeepney pour Port Barton (je ne me souviens plus du prix du trajet, mais dérisoire), où je me suis tout de suite sentie « comme un poisson dans l’eau » : petit village tranquille, calme, une rue principale joliment fleurie, population super accueillante, les vacances commencent réellement ! J’opte pour un hôtel que l’on m’avait soufflé dans l’oreille, et qui sera, je ne le savais pas encore, mon meilleur plan pendant le mois à venir : le « Summer Homes ». Deux catégories de chambres : bungalows face à la mer (4), et chambres moins chères dans un bâtiment derrière. Envie de me poser (enfin !) et ravie de la visite d’un des bungalows, mon choix est fait. Petites négociations, je paierai 1100P/nuit (c’était 1400P au départ je crois), pour un charmant bungalow de 20m2 environ, lit confortable, jolis meubles, ventilo au plafond, SDB nikel, petite terrasse perso, petit jardin devant avec 2 transats, et la mer en face, cool ! ce qui ne gâche rien : wi-fi au restaurant de l’hôtel mais aussi sur la terrasse et dans la chambre. Je pu donc profiter de Port Barton en partageant mon temps entre balades dans le village et alentours (ne pas hésiter à rayonner, afin de découvrir de superbes petites plages désertes au sable blanc , que je n’aurais sans doute pas découvertes sans Bikorchild, que j’ai rencontré grâce à VF, merci Ivan !). Avons également loué une bangka (et son pêcheur évidemment) à la journée (600 ou 700P pour 3 pers) afin de la passer sur une île, « German Island », s’y baigner, snorkeller (pas mal) et manger du poisson grillé acheté avant le départ (il y a un gardien sur l’île, qui prête volontiers son barbecue). Comme nous étions hors saison, nous étions seuls, cela avait une petite impression de bout du monde un délicieux souvenir, tout comme l’ensemble de mon séjour à Port Barton (perso, je voulais faire un stop avant El Nido, mais n’étais pas interressée par « Sabang et sa rivière souterraine »).

Départ pour El Nido, en jeepney + bus (trajet fastidieux – en comptant l’attente du remplissage du djeep, l’attente du bus lors du changement à Roxas, le stop pour manger , et les arrêts fréquents pour continuer à remplir le bus, on a quand même mis au moins 7-8h, mais vraiment sympa : entre les paysages supers à regarder et l’ambiance générale, je ne me suis pas ennuyée une minute.). Arrivée sous la pluie (jusque là, le temps était favorable, à part une averse à PP, le soleil était au RV). Je file à l’hôtel que j’avais repéré sur le lonely , mais on me montre une chambre sombre, limite niveau hygiène et avec une odeur de renfermé violente, qu’on me propose à 900P, ce sera niet. Une dame avec qui j’avais partagé le tricycle me propose de me montrer un autre hôtel, un peu excentré (juste à côté du « terminal », soit 5/10 minutes à pied du centre) mais neuf, donc très propre. J’y prendrai une chambre, fan, SDB et petite terrasse, à 600P/nuit (pas de regrets cependant, si la pluie et la fatigue n’avaient pas été là, je pense que j’aurais cherché un autre hôtel en bord de plage). A vrai dire, j’ai tout de suite compris que l’étape El Nido n’allait pas faire partie de mes favorites : je m’attendais à une « ville » touristique, et ce n’est pas la ribambelle de boutiques souvenirs, restos et agences de vente de sorties en bateau qui allaient me dire le contraire. Ceci dit, j’avais finalement décidé de rester plus longtemps sur port Barton (d’où l’intérêt d’être souple dans son « programme ») et de ne réserver que 2 jours à El Nido, pour faire les Island Hopping A et C, et c’est ce que j’ai fait, mais il parait qu’avec plus de temps on peut faire de belles balades aux alentours. J’ai donc acheté les deux tours (dans mes souvenirs, 1200P les deux, repas compris) à l’agence juste en dessous d’un petit resto que je conseille au passage, le Habibi (sympa quoique pas typique du tout mais bon, on y mange « bien », y’a la wi-fi et c’est face à la mer. J’ai pas trop compris pourquoi on pouvait y fumer le narguilé (ils fument le narguilé les Philippins ?) mais j’ai pour habitude de ne pas toujours chercher à tout comprendre quand je voyage, et de toutes façons je déteste le narguilé alors…J)

Pas de bol, le temps ne sera pas avec moi ces deux journées de balades en bateau : nuageux le matin, quelques éclaircies ensuite…et pluie battante l’après-midi cela a bien sûr gâché le plaisir (d’autant qu’avec la pluie, les p’tits poissons se font plus rares) et les photos, mais il faut admettre que les paysages sont vraiment sympas. Par contre, j’ose a peine imaginer combien de bateaux accostent sur les même coins en haute saison, j’étais bien contente de ne pas partager les repas sur des petites plages avec des centaines d’autres touristes…

Retour vers Puerto Princesa, cette fois en VAN (envie que ça aille vite cette fois, on se demande pourquoi), 500P, réservé par mon hôtel : à l’heure, van en bon état, RAS. Re-nuit à la Duchess pension avant changement d’île (Mindanao) le lendemain. Ah, j’oubliais, petit plan resto avant le départ au Kalui, aussi connu des touristes que des Philippins (enfin, les rares qui peuvent se le payer !), restau aussi cosy que branchouille (« on enlève ses petites chaussures à l’entrée et on les met dans un panier SVP », pour pas abimer le plancher : me suis crue dans un resto branché de Bali mais franchement on ne peut pas nier que la nourriture est très bonne et les prix corrects pour la prestation (me souviens plus, voir dans le Lonely la gamme de prix si besoin).

Départ vers Davao, sur un vol Cébu Pacific (24E, réservé de France) : à l’heure et tout et tout, RAS. Comme je voulais ne pas avoir à chercher d’hôtel en arrivant, j’avais opté pour une 1ère nuit au Ponce suites (cf lonely), en sachant que « Denis de Davao », bien connu de ce forum, (coucou Denis !), avec lequel j’avais beaucoup échangé pour préparer mon étape Mindanao, m’en avait indiqué d’autres, mais que je ne pouvais pas réserver sur le net. Nuit au Ponce, donc, 1100P environ, réservé sur Agoda la veille. Hôtel sympa quoiqu’excentré (quartier très calme), chambre à la déco désuète (bonjour les frous-frous) mais propre. Je confirme que la déco intérieure de l’hôtel (œuvres d’art du proprio partout, du sol au plafond) vaut le coup d’œil (moui…), et il y a une -très-petite terrasse devant l’hotel, avec wi-fi et/ou pour les fumeurs, mais tout cela ne m’a pas convaincue d’y rester davantage, j’étais à la recherche d’un lieu dans un quartier plus animé. Donc, direction l’Oroderm , en centre ville, où je passerai deux nuits (650P/nuit) dans une chambre avec clim et SDB, propre mais vraiment exigue, et avec une fenêtre aveugle : je ne passe vraiment pas beaucoup de temps dans mes chambres d’hôtel, mais là, en sachant que j’allais y passer plusieurs nuits, c’était un peu morose tout de même. Le 3ème essai, pendant qu’on est dans le sujet « logement à Davao » sera le bon : la Casa di Cabana, petite pension en plein centre, dans un quartier que j’ai trouvé super sympa (tout comme à port Barton, je m’y suis de suite sentie comme chez moi) qui deviendra mon fief lors de mon séjour sur Mindanao, avec une chambre sympa, clim et SDB, à 700P/nuit. Un détail qui n’en est pas un, la chambre a de grandes fenêtres qui, une fois ouvertes, permettent de fumer sans empester tout l’hôtel (et oui, les fumeurs ne sont pas les bienvenus à Davao puisqu’il est interdit de fumer dans toute la ville – parait que ce serait après l’arrêt du tabac du « Maire » de la ville, il aurait du coup décidé de passer un arrêté afin de l’interdire…partout (Démocratie, quand tu nous tiens - J) , mais franchement, au final, en se planquant, les accros au tabac comme moi parviendront à assouvir leurs envies…à vrai dire, j’en garde même quelques bons souvenirs : on cherche son petit endroit, on croit avoir trouvé la planque idéale et quand on arrive on est 3 à tirer comme des malades sur nos clopes derrière la même bagnole, ça crée une complicité, finalement, ce petit air d’interdit !).

Autant le dire tout de suite, tout comme l’étape de Port Barton, celle sur Mindanao / Davao sera ma deuxième « étape préférée ». D’abord, pour « l’ambiance » de cette ville : comme toute grande ville, du bruit et de la pollution en centre ville bien sûr, mais à côté de cela, pas de buildings, que des bâtiments à taille humaine, plein de petits quartiers (baranguays) avec chacun leur petit caractère, une joyeuse animation, la courtoisie des habitants (pour une grande ville, c’est assez rare pour le souligner !) : franchement, j’ai adoré. Et je tiens à le préciser tout de suite pour ceux qui se poseraient la question (comme je me la suis posée avant de partir, normal), que je n’ai JAMAIS, à aucun moment, eu de sentiment d’insécurité lors de mon passage à Davao en particulier, et sur Mindanao en général, au contraire : ce qui est rigolo (enfin, moi ça m’a plu), c’est de voir parfois des affichettes interdisant les armes (et les durians)dans les chambres d’hôtel, de se faire checker -avec le sourire- son sac à l’entrée des magasins (ceci dit, vécu aussi à Manille et même Puerto ), de voir une affiche « gun free zone » en arrivant à la gare routière de Général Santos (ça, c’est de la photo souvenir :-))….et de n’avoir jamais vu aucune embrouille (ni aucune arme d’ailleurs, exceptées celles des gardiens évidemment) pendant mon séjour (bon, après, comme pour toutes destinations, je ne me balade pas seule avec mon nikon dans un quartier louche à 2h du mat, mais je ne le ferais pas chez moi non plus !). D’autre part, je pense que le fait de voir peu de touristes rend la population d’autant plus accueillante quand elle en croise : au pire, on se fond dans la masse (Dieu que c’est reposant), et au mieux, on fait l’objet d’une saine curiosité (il est où ton mari ? - J)). Donc, n’hésitez plus, si comme moi vous n’avez pas envie que votre séjour se résume aux seules « destinations-plages » (ce qui est déjà très bien) , prévoyez une étape sur Mindanao ! (attention, je n’ai pas dit que Zamboanga était un lieu de villégiature particulièrement conseillé, ni qu’un plan snorkelling à Jolo était une bonne idée : quand je dis « Mindanao », je ne parle que de ce que j’y ai vu, cela suppose donc que vous fassiez le tri (enfin, ce n’est qu’un conseil, après chacun fait comme il le sent) sur les destinations avant d’y aller, mais n’est-ce pas délicieux, de préparer un voyage ?...ça me manque déjà… )

Ce qui fait un enchaînement sur « pourquoi ce choix » et « qu’y ai-je fait ? ». Comme je le disais au début de ce post, j’avais prévu mon voyage en 3 étapes : 1-Palawan pour le repos, les ptits villages, les ptites plages désertes, les sorties en bateau et le snorkeling, 2- Davao, pour avoir un point de chute dans une grande ville sur Mindanao, qui offre plein d’opportunités autour (et oui, il a encore fallu faire des choix) et surtout, pour aller à la rencontre de populations en montagne (j’aime beaucoup le milieu rural quand je voyage, avais fait quelques recherches et étais interressée pour rencontrer les peuples Manobos et T.Bolis), 3- Caminguin pour finir sur une petite île tranquille, m’y balader, m’y baigner, m’y poser avant le retour sur Manille puis en France.

Nous voilà donc à l’étape 2 (ma parole, mon post est gigantesque, il faut que j’abrège !). Mis à part la visite de différents quartiers de Davao, la visite de grottes avec des milliers de chauves souris (3 millions je crois) etc une petite journée sur Samal, petite île juste en face de Davao, m’a bien plu (ferrys réguliers, un petit quart d’heure de trajet dans mes souvenirs, prix dérisoire): un petit havre de calme et de tranquilité (si on va sur une plage loin des resorts : j’ai eu la chance d’être invitée chez des particuliers résidents là-bas et ami de Denis). Et puis aussi, la visite du plus grand marché de Davao, qui est un véritable quartier : les denrées habituelles bien sûr, mais surtout une ambiance que j’adore : le coin « laveurs de carottes » (une vraie PMI, ah ça, j’ai eu un bon contact avec les laveurs de carottes !), les artisans (vendeurs de charbons de bois, embouteilleurs d’huiles, etc) : comment dire, on sent que la vie n’est pas facile, mais que de sourires, de spontanéité : pour moi qui adore les marchés, un grand bon moment, vraiment.

Concernant mon projet de balades en montagne afin d’aller voir nos amis Manobos et T’Bolis voici un petit résumé de la petite escapade (3 ou 4 jours si je me souviens bien), qui s’est finalement faite « en bande » pour la partie « villages Manobos »: Denis, Eden (son Amie), et Louisa (la « Helpeur » du voisin de Denis, qui est Manobo : en fait, le plan, convenu avant le départ, c’était qu’elle me « chaperonne » vers son village afin que je me régale des paysages et de rencontres avec les locaux, et qu’en échange, je lui paie les transports, logements etc : un échange de bons procédés, je pense, car elle a rarement les moyens d’aller voir sa famille et en était ravie) jusque Malita puis, pour grimper en montagne de Malita à Digos, deux de ses frères qui deviendront nos pilotes (sommes partis à deux motos), et « Mister l’Incruste » - J), un autre de ses frères, qui s’est calé tranquillement sur une des motos sans qu’on ne se pose vraiment la question du-pourquoi-du- comment (comme ça, à 3 sur l’une et à 4 sur l’autre, on était « complet » !). Reprenons donc depuis le début :

Départ de Davao en bus , direction Malita; nuit à l’Hotel Lamiat Inn (chambre lits jumeaux + SDB/FAN,600P je crois, neuf, très calme et très propre… Louisa n’a d’ailleurs pas bien compris pourquoi je lui disais que c’était pas la peine de la briquer dès 5h du mat –grrr-, ceci dit, au bout de 2 jours, c’est moi qui compris qu’elle ne captait pas un mot d’anglais –même tardive, merci d’avoir relayé le scoop, Denis !-). Puis trajet en moto-cross (seul véhicule pouvant passer), cette fois la bande au complet, vers Barangay Kalatagan, sur la route de montagne qui va vers Malungon (et quelle route !! au total, plus de 8h d’acrobaties aller-retour sur des sentiers défoncés, chapeau Messieurs les pilotes !), pour arriver dans la famille de « Louisa et ses frères » et y partager un repas ( un joyeux mélange de poissons et de porc que nous avions acheté au marché avant le départ (bein oui on était pas assez chargés sur les motos, faut rentabiliser le mode de transport !), de poissons pêchés sur place (ouioui, y’a des étangs dans les rizières, perso j’savais pas, et contrairement à Eden et Denis, j’ai fait chou blanc…-), et d’un pauvre coq qui s’est fait trucider par le paternel pour fêter l’arrivée des invités, bref, un vrai festin !) Retour sur Digos (dispersion de la bande), changement de bus à Sulop, descente sur General Santos (Louisa retournera sur Davao), puis poursuite à 3 (Denis, Eden et moi) pour Koronadal, puis Surallat. Arrivée à T'Boli et nuit à Plobacion , dans un hôtel dont je ne me souviens plus du nom (retrouvable si besoin). Là encore, le « réseau » a bien servi pour le projet d’aller voir les T.Bolis , puisque c’est grâce à un « ami d’amis » que nous avons pu faire la visite du marché dominical à Barangay Lacunun, puis Dilan, où il y avait une petite fête villageoise. Puis retour vers Surallat, Jeepney jusqu'au Lac Sebu (que je voulais vraiment voir !) et là…c’est le drame : gros orage persistant qui ne présageait rien de bon, alors d’un commun accord, retour sur Davao. Je garderai cependant un très bon souvenir de cette petite escapade en montagne, même si je n’ai pas eu l’occasion de croiser des personnes en costumes traditionnels comme je l’aurais espéré la gentillesse des gens rencontrés (rigolos, ces regards sur nous parfois) et la beauté naturelle du coin ont satisfait mon envie d’authenticité. Par contre, avec du recul je serais bien incapable de vous donner des infos en terme de temps et de prix des transports pendant cette virée, j’avoue que je me suis un peu laissée porter, c’est si bon…

Ah, tiens, c’est l’occasion, au passage, de parler du restaurant « chez Claude » (cf lonely), réputé comme être le meilleur de Davao et tenu par…un Français, dans lequel j’ai fait deux sauts pendant mon passage à Davao, le 1er pour y boire un cocktail de fruits excellent, et le second, pour y manger de bons ptits plats « avec des couverts, une serviette, du sel-du poivre - J) », bref, ce que je n’avais pas fait depuis un moment, et vraiment ce fût bon (en plus, le lieu, une maison coloniale, est vraiment hyper joli, et Claude, le proprio, est très cordial). Pour la gamme de prix, je dirais de 400P en prenant des praires farcies (miam), des pâtes carbonara et une boisson, à 5000P voire plus si vous tentez foie gras et autres mets de choix. Bref, je conseille vivement, en cas de petite envie de « luxe ».

Je serais bien restée encore un peu sur Mindanao, notamment pour aller voir les plages du côté de Mati, mais malheureusement, le temps passant et ne voulant pas zapper ma dernière étape, je décidais de rejoindre Caminguin pour y finir mon voyage.

Le trajet vers Caminguin : 1er bus Davao-Butuan (trop de travaux actuellement sur la route Davao-Cagayan que j’avais prévue), puis second bus pour rejoindre le port de Balingoan (situé entre Cagayan et Butuan). Pour résumer (parce qu’à partir du moment où j’ai décidé d’aller à caminguin, tout s’est compliqué - J !), suis montée dans le 1er bus à 8h, et suis arrivée au port de Balingoan (qui est à 5-10 mn à pied de la gare routière) vers 16h30. Là, évidemment, c’eût été trop simple : on m’informe que « plus de ferry aujourd’hui », je dois attendre le lendemain. Je passe donc une nuit chez l’habitant dans « une maison jaune avec un escalier en colimaçon » juste en face de l’embarcadère (pour vous la situer, puisque c’est chez un particulier : ils ont trouvé le truc, de proposer des chambres aux « échoués du port» : les 4 chambres se sont vite remplies, et à minuit il y’avait des gens partout, même dans les canapés du salon, les enfants allongés sur les tapis, chouette ambiance finalement !). Chambre sommaire mais propre, avec SDB commune et fenêtre aveugle, 500P/nuit (rigolo de traverser le salon familial pour aller se laver au mandi…sauf quand il est vide le lendemain matin, mais le but étant de dormir avant de choper un ferry, pas grave…ceci dit n’espérez pas dormir beaucoup, la maison est juste à côté d’un karaoké, et « un karaoké de marins-Philippins-bourrés », c’est…disons…spécial… ils sont parfois bien roots, les Philippins, avec leurs karaokés !).

Ferry le lendemain (le premier décolle à 5h, perso j’ai dormi un peu le matin –on se demande pourquoi- et ai pris celui de 10H30) pour Bénini, au sud de Caminguin (1h30 environ), puis jeepney jusque Manbajao, au nord (30-45mn environ, prix dérisoire, comme tous les jeepneys alors je ne m’en souviens plus). Je décidais d’aller boire un coca dans une petite gargotte juste en face du terminal, aussi pour aller à la pêche aux infos (j’avais en tête un hôtel qu’on m’avait conseillé, le Seascape, mais ne savait pas où il se situait exactement), et ne l’ai pas regretté, car la dame très sympa qui le tenait m’a permis de trouver en 2 temps 3 mouvements un driver pour m’y amener (15P), mais aussi pour faire le tour de l’île le lendemain comme je l’avais prévu (je ne veux pas piloter de moto moi-même, et j’aime bien l’idée de me faire balader par un autochtone, en général ça permet de découvrir des coins sympas). Arrivée au « Seascape » (10mn du terminal), on me montre le (soi-disant) seul bungalow disponible, une (spacieuse) cabane en bois brut sur pilotis , avec terrasse face à la mer (plage de sable noir), ptite table, hamac : je prends ! j’aimais le côté désuet de cette cabane, non rénovée contrairement aux autres bungalows derrière , ce qui lui donnait un certain charme : à 700P la nuit, je conseille (sauf si vous aimez la déco hi-tech, là c’est du basique, on s’en doute bien).

Départ pour la balade en moto le lendemain (négociée 600P la journée, ce que je trouve très correct), pour visiter les sites présentés comme « phares » de Caminguin, sur VF et ailleurs (sunken cemetery, soda swimming, ardent springs, katibawasan falls etc etc.), et là….comment dire ? : déception. Oui, déception, parce que je ne m’attendais pas à ce que tous ces sites soient aménagés pour accueillir les touristes (même si j’en suis une !), par exemple, la source d’eau gazeuse qui m’intriguait n’était finalement « qu’une piscine » aux alentours carrelés, avec des tables autour pour y manger : chacun ses goûts, mais perso, déçue, tout cela manquait pour moi d’authenticité, même si je ne regrette pas d’y être allée. Par contre, la balade en elle-même était vraiment sympa (beauté des paysages, vues sur les volcans), c’est vrai que Caminguin est une petite île verdoyante où règne une vraie douceur de vivre, je crois que j’aurais dû mieux préparer mes petites balades et préciser que j’aurais souhaité aller un peu hors des sentiers battus (si c’est encore possible là-bas). Un facteur important afin de nuancer ce bémol : le temps s’était sérieusement gâté, ai eu beaucoup de pluies pendant cette journée, évidemment ça gâche la fête…mais ce n’était rien par rapport à ce qui m’attendait pour la fin du séjour là-bas : un thyphon ( petit, je suppose, puisque je suis encore pà pour en parler). Donc, au bout de 2 jours, ils décidèrent de me changer de cabane (morte de rire, entre le vent qui traversait les fenêtres-moustiquaires de la chambre et le toit qui n’arrêtait plus de se gonfler-dégonfler, la dernière nuit j’ai cru que j’allais décoller de mon lit, ça aussi ça fera des souvenirs ! - J)), pour me rapatrier, au même prix, dans un bungalow rénové donc beaucoup plus cosy (et moins froid la nuit, mais je regrettais tout de même ma ptite cabane…), pour le même prix (700P).

Etant donné que la météo ne s’arrangeait pas (du tout, du tout), je consacrerai le lendemain à prévoir mon retour sur Manille (j’entendais tout le monde dire qu’aucun bateau ne sortait ces derniers jours vu l’état de la mer et voulais m’assurer que je serai à Manille en temps voulu pour prendre mon vol retour, et avais donc décidé, à regrets, d’écourter mon séjour sur Caminguin). Je dû faire le deuil d’un bateau vers Bohol (où j’aurais pu passer une journée de « transit » : ferry jusque Jagna, ptits bisous aux tarsiers au passage, puis vol Tagbilaran-Manille), et décidais de faire au plus simple (en fait, c’était la seule solution), c’est-à-dire repartir vers Cagayan sur Mindanao, pour y prendre un vol pour Manille. J’achetais donc, à l’agence « Funtrip » de Manbajao (vente de billets pour bateaux, avions, etc) un billet Océan jet Bénini-Cagayan (600P), et un vol Cagayan-Manille (Cébu pacific, 52 Euros puisque plein tarif) à prendre dans la foulée….

Bien sûr, quand je suis arrivée au port le lendemain, le fameux bateau ne partait plus, (toujours à cause de la météo, ceci dit, mon billet m’a été remboursé de suite car aucun autre départ n’était prévu, pas même pour le lendemain), et je devais donc trouver une autre solution, d’autant que mon vol m’attendait le soir même, à 21h à Cagayan. Je sautais donc dans le seul bateau (cabossé, le bateau, y’avait du vécu) qui semblait prêt à sortir, à 14H30 et qui allait…à Balingoan ! (prix : 170P je crois ) C’est peu de dire que les 2h de traversée ont été mouvementées…My God ….enfin bref. De là, tricycle puis bus jusqu’au terminal de Cagayan (une compagnie de bus jaunes font des trajets directs, j’aurais aimé le savoir pour l’aller, ça m’aurait fait gagner du temps!), puis taxi jusque l’aéroport, où par miracle j’ai pu prendre mon vol pour Manille à 21H (en fait, y’a pas que du miracle, j’ai complétement embrouillé le chauffeur avec une histoire de fou – et un petit bifton supplémentaire - pour qu’il s’active , sinon, deuxième échouage garanti, et pas de bol, pour une fois j’étais tombée sur un chauffeur soucieux du respect du code de la route - J)).

Restait un « hic » (un de plus, un de moins, j’étais sur ma lancée), j’arrivais à Manille à 22h30 sans n’avoir pu réserver d’hôtel (problèmes de tél et de réseau à Caminguin les jours précédents). Je sautais donc dans un taxi (qui me demanda si j’avais « besoin d’un boyfriend pour ma nuit » : t’es gentil mon gars, mais entre le trajet en ferry et celui en taxi vers l’aéroport de Cagayan, j’avais eu ma part de frissons pour la journée, là, je le sentais moyen d’attaquer le kamasutra avec un sérial killer !, ) et décidais d’aller voir si une chambre était disponible à la Natividad Pension (à Malate) , que j’avais repérée avant mon séjour. Je ne fus pas déçue, chambre –très- spacieuse, très propre avec SDB et FAN à 900P/nuit, hôtel sécurisé (gardien) et surtout, ambiance « familiale », petite salle pour petits-déj + un plat dispo le soir, et jolie petite tonnelle à l’extérieur avec connexion Wi-fi : j’y finirai mon séjour.

Il me restait donc deux jours « à tuer » à Manille, ce que je n’avais pas vraiment prévu. Je consacrais le 1er à jeter un œil sur la baie de Manille (moui, bof…) puis à me balader dans le quartier de Malate et alentours (moi qui aime les quartiers « populaires » mais beaucoup moins les capitales en général, j’ai été surprise de la spontanéité des personnes que je croisais, et je dois dire que j’ai bien aimé ce quartier où on peut finalement faire conversation avec pas mal de gens sans être importunée ou avoir de sentiment d’insécurité, en tous cas, pour ma part, bonne petite balade (encore une fois, je ne m’y suis pas baladée à minuit alors je ne me prononcerai que pour l’ambiance de ma petite journée). Pour un petit plan resto sympa, mon hôtel m’a conseillé « l’Aristocrat », à 10mn à pied de là : effectivement, plats philippins bons et pas chers, cadre et service nickels (je n’ai pas dit « typique »), ce n’est pas pour rien si ce resto semble être une adresse bien connue des Philippins, je conseille si on a envie de manger un bon petit plat (beaucoup de choix, et des légumes, même des légumes crus, ouf ! – à ce stade du voyage, je ne pouvais plus voir un grain de riz en peinture - J)).

Je choisis de consacrer mon dernier jour à Manille à visiter Intramuros, puisque j’avais cru comprendre que tout touriste passant par Manille y mettrait un pied, quartier historique oblige. A vrai dire, arrivée devant « Fort Santiago » et branchée toutes les deux minutes par des chauffeurs de tricycles pour faire THE visite guidée, je commençais à me demander si j’allais accrocher à ce quartier, et finalement, je décidais de me laisser porter…en me laissant transporter par l’un de ces tricycles, un peu plus ouvert à la négoce que les autres : il me balada (lui et sa petite fille qui finira accrochée à mes basques) pendant 3h dans le quartier, pour 300P, tarif (négocié) que j’ai trouvé correct, d’autant qu’il était super dispo, m’expliquait les sites avec patience à chaque monument / architecture intéressante (et y’en a pas mal), et s’arrêtait avec patience et sourire à chacune de mes demandes de « pictures » bref, finalement, une très bonne après-midi de visite tranquillou et d’entente cordiale (sous le soleil, ce qui ne gâche rien), avant un retour à mon hôtel, en jeepneys (et en pleine heure de pointe), histoire de clôturer tout ça en beauté (j’adore –tous- les transports à l’étranger, que voulez-vous, chacun ses vices !).

Ensuite, coup de grâce, vol retour le lendemain vers Paris (avec une escale – choisie- de 11h à Hong-Kong, mais là n’est pas le sujet. Je précise juste que si c’était à refaire, je ferai le petit stop à HK lors du trajet « aller » vers les Philippines, au retour c’est trop violent ! - J)

Voilà donc le récit de mon petit voyage….

Pour finir, si je devais dire des « plus » et des « moins » (disons, les « bémols ») , sur mon séjour/la destination, je dirais :

Les + :

- Supers paysages, possibilité de se balader TRANQUILLE, sans avoir l’impression d’être pris pour un « porte-monnaie sur pattes » (voire, pour « un passeport sur pattes », certains comprendront l’allusion), la possibilité de voir/faire des choses très différentes, même sur une courte durée (de la grande ville au bled paumé, de la mer à la montagne etc).

- Courtoisie des autochtones (en ts cas, là où je suis passée), souvent prêts à rendre service, et avec qui il est vraiment très facile et agréable d’échanger…petit bémol sur ce point pour El Nido, où la population semble plus « indifférente », et on comprend pourquoi .

- Possibilité de bouger facilement, grâce à la multitude des transports possibles (mais je confirme que cela peut VRAIMENT prendre du temps, et que le budget transport peut être conséquent au final à prendre en compte en choisissant son itinéraire)

- Par contre, budget « vie courante » vraiment léger : possibilité de manger à moindre prix, clopes pas cher (38P le paquet !), et bouteille de téquila à moins de 3 euros (comment ça, l’apéro ne fait pas partie du budget ?? bon, du coup, pour ma part c’était pas vraiment des vacances-santé, je dois bien l’admettre, mais j’ai un an pour m’en remettre ! - J)

Les bémols :

- Le choix de la période, que je savais risquée question météo. Perso je n’avais pas le choix mais si je devais retourner aux Philippines (ce que je compte d’ailleurs faire un jour), j’essaierai d’éviter la saison des pluies. Certes, je n’ai finalement pas eu « énormément » de pluies (sauf à Caminguin évidemment) , mais par contre, ciel souvent nuageux, et j’ai eu un peu de mal à supporter la chaleur très humide, (pourtant connue auparavant sur d’autres destinations)…on n’a plus 20 ans ! ceci dit, je n’irai certainement pas jusque dire que la météo a gâché mon voyage.

- La durée du séjour : et oui, un mois, c’est court pour cette destination, même si on sait depuis le début qu’on va devoir faire des choix. Quand je repense à mon projet de départ (qui au bas mot, incluait Palawan-Davao-Caminguin-Siquijor et pourquoi pas Bohol ou Négros , tant qu’on y est?), c’était tout simplement infaisable ! Je suis finalement très contente de mes choix finaux, mais il est vrai que même en ayant éliminé –avec regrets- nombre de coins à voir, j’aurais aimé avoir plus de temps sur place pour faire ce voyage à un rythme moins soutenu.

Vous l’aurez compris, les « + » pèsent bien plus lourds que mes deux petits bémols (d’autant que ce sont des variables ajustables): j’ai beaucoup apprécié ce séjour. Je ne doute pas qu’il en sera de même pour vous si vous visez cette destination, alors à mon tour de vous souhaiter une bonne préparation de voyage !

NB : je profite de ce post pour faire un petit sondage concernant ma future destination…que je n’arrive pas à trouver pour l’instant. J’ai plein d’envies naturellement, mais aurai en 2013 les mêmes contraintes qu’en 2012 (de période : entre juin et octobre, avec une nette préférence pour septembre, et de durée : max 1 mois). Le sud de la Malaisie/Bornéo me tente bien, mais étant allée en Indonésie l’année dernière et aux Philippines cette année, peut-être serait-il judicieux d’aller ailleurs qu’en Asie pour mieux y revenir l’année suivante. Mon rêve ultime est la Papouasie Nouvelle Guinée, mais j’ai cru comprendre que sans guide, ça ne le faisait pas, et l’idée d’avoir un chaperon avec moi tout le temps, aussi sympa soit-il, ne me plait pas du tout (et puis je suis largement hors budget, j’irai quand je serai en retraite !). Madagascar me tente énormément aussi, pour une fois la période est ok, mais en faisant de petites recherches, la destination n’a pas l’air « conseillée » en ce moment si on voyage seul(e). Cuba, ça fait 15 ans que je dois y aller, mais après un ptit thyphon, j’aimerais éviter de me prendre un ouragan - J), …et puis niveau budget, je suis trop just. Retourner en Afrique et aller voir les gorilles en Ouganda ? depuis que j’ai vu le prix de l’indispensable « permis gorille », j’ai beaucoup moins envie d’aller leur faire des papouilles ! l’Amérique du sud ? je ne parle pas un mot d’espagnol ou de portugais, ça risque d’être fatiguant d’utiliser la langue des signes pendant 1 mois…..bref, j’en passe et des meilleures. Je sais qu’il y a pas mal de personnes sur ce forum qui ont bien bougé sur notre belle planète, (ouioui on sent une pointe de jalousie) , alors toutes vos suggestions sont les bienvenues, merci d’avance !

Cdt,

Laurence

De retour de deux semaines au Zimbabwe (+ Bostwana) English translation pending
by Peyrou · 2012-10-03 · 62 replies
Bonjour,

Voici qq infos pratiques sur le Zimbabwe, pour ceux qui voudraient s’y rendre en voyage individuel, avec un budget limité, en utilisant les transports locaux. Je suis resté sur place 14 jours, du 13 au 27 septembre 2012.

IMPRESSIONS GENERALES

Pays qui vaut vraiment le voyage, avec des gens accueillants, prêts à vous aider.

2 points forts selon moi :

- les chutes Victoria, site à couper le souffle, qui mérite qu’on s’y attarde car les activités sont nombreuses (mais chères, j’y reviendrai).

- les parcs nationaux : j’en ai visité 3 :

Le parc de Hwange, à 2 heures de route des chutes Victoria. C’est le plus riche en animaux. Accès pas évident si vous êtes sans voiture individuelle.

Le parc de Chobe, au Botswana, à 2 heures de route des chutes Victoria. Superbe.

Le parc de Matobo, près de Bulawayo.

LE TRAJET EN AVION

Je suis parti avec la compagnie Ethiopian Airlines. Vol AR Paris-Harare à 960 €, avec escale de 3 heures à Addis Abeba. Aucun retard, service à bord tout à fait correct. Arrivée à Harare un peu avant 13 h, ce qui est parfait comme horaire.

Emirates assure aussi des liaisons Paris – Dubaï – Harare, à des tarifs plus avantageux, mais le temps de vol est un peu plus long, en raison du détour par Dubaï.

TRANSPORTS INTERIEURS

J’ai utilisé tous types de transports.

- Bus hauts de gamme :

La compagnie City Link pour le trajet Harare – Bulawayo (30 $ pour 440 km). Réserver le billet (la veille de préférence) dans les hôtels Rainbow Towers d’où partent les bus. Trajet direct, boissons et repas offerts à bord.

La compagnie Passfinder pour relier Bulawayo à Viuc Falls. 30 $ le trajet. Prestations comparables à City Link.

- Minibus (combis) : pour les distances plus courtes. C’est moins confortable, plus long (nombreux arrêts) mais moins cher (environ 10 $ pour 300 km).

- Autostop : pour les petites distances (10 à 30 km). Ca marche bien lorsqu’il y a des voitures sur la route ! L’usage est de laisser un petit billet au conducteur (environ 1 $ pour 10 ou 15 km).

HARARE

La capitale m’a fait plutôt bonne impression. Certes pas de monument à voir, mais une ville assez aérée avec d’agréables parcs en plein centre.

J’ai testé deux hôtels :

- It’s a Small World : 35 $ la chambre individuelle. Ils ont aussi un dortoir. Avantage : tarifs corrects, petit restau sur place et cuisine à la disposition des clients. Inconvénient : c’est en dehors du centre ville. Le soir pour sortir, vous dépendez des taxis. Lorsque j’y étais, il y avait une panne d’électricité dans tout le quartier pour la nuit, j’ai dû prendre un taxi pour aller manger puisque le restau ne fonctionnait pas.

- Horizon Inn, situé 107 Fife Avenue (intersection avec Sam Nujoma Avenue).

J’y suis resté 2 nuits et je le recommande, bien qu’il ne soit mentionné dans aucun guide. Il est bien placé dans le centre, dans une rue calme, avec un prix raisonnable pour la capitale : 45 $ la chambre single (petit déjeuner inclus). Pour une chambre double, c’est 65 $.

- A noter que l’hôtel Upper City Hotel, mentionné dans le Petit Futé (et juste en face du précédent), a changé de nom et a été rénové (il doit ouvrir le 1er novembre 2012). Je pense que les tarifs dépassent largement les 50 $ pour une chambre.

BULAWAYO

La 2ème ville du pays ne mérite pas forcément qu’on s’y attarde, mais elle est au carrefour de pas mal de routes et proches de sites qui valent la visite (comme le parc de Matopo). Difficile donc de l’éviter L’atmosphère est tranquille.

J’ai là aussi testé 2 hôtels :

- N1 Hotel, 114 Main Street (mentionné dans le Petit Futé) : 50 $ la chambre. C’est un peu cher pour les budgets serrés, mais l’hôtel est propre et l’accueil sympa.

- Packers Paradise : dortoir à 15 $, chambres individuelles à 25 $ par personne. C’est une bonne adresse, certes un peu en dehors du centre ville (10 minutes à pieds), mais avec un très bon rapport qualité prix. Attention, le samedi soir, c’est souvent complet pour les chambres.

- Autre hôtel dans le centre ville : le Hotel Palace, situé sur Jason Moyo Street (près du croisement avec 10the Avenue). 25 $ par personne pour une chambre individuelle. Il est bien placé et a l’air tout à fait correct (je n’y ai pas dormi, j’ai juste pris des infos à la réception).

LE PARC NATIONAL DE MATOBO

Il est à 35 km au sud de Bulawayo. Célèbre pour ses entassements de rochers et ses rhinocéros blancs et noirs.

Droit d’entrée : 15 $ par personne (+ 10 $ pour le site « view of the world »). C’est plus cher si vous venez avec votre véhicule. Vous pouvez opter pour un circuit organisé avec des agences établies à Bulawayo. C’est le meilleur moyen pour tenter de dénicher les rhinos (il y en a une quarantaine dans le parc). Mais si vous êtes tout seul, ça va vous revenir cher (sans doute plus de 100 $ la journée).

Pour y aller par vos propres moyens (ce que j’ai fait) : prendre Mugabe Avenue en direction du sud, et attraper un transport collectif (Pick up ou combi) qui vous déposera à qq km de l’entrée principale. Vous pouvez aussi prendre un taxi jusqu’au lieu dit « four Winds » (5 km au sud de Bulawayo) et attendre depuis là votre pick up ou mini-bus.

Ensuite, vous allez beaucoup marcher dans le parc, ou peut-être avoir la chance de trouver une voiture de touristes (locaux ou étrangers) qui vous baladera dans ces superbes paysages. J’ai fait pour ma part un circuit de 35 à 38 km, sur la route circulaire (circular road) en passant par le sommet… Pas d’animaux dans ce coin là, mais pas mal de choses à voir (peintures sur les grottes, tombe de Cecil Rhodes…).

LES RUINES DE KHAMI

A 22 km à l’ouest de Bulawayo. Pas de transport public régulier pour y aller.

J’ai négocié un taxi pour 30 $ AR (+ une heure et demi sur place le temps de visiter le site). Entrée à 10 $.

LE PARC NATIONAL DE HWANGE

Pour y aller depuis les chutes Victoria, 3 solutions :

- trouver une voiture de touristes qui y va (vous pouvez proposer de partager les frais d’essence). Se renseigner dans les différents lodges de Vic Falls.

- Prendre un bus de la compagnie Passfinder, qui part le matin à 7h30 de Vic Falls et qui (pour 20 $) vous déposera à l’hôtel « Hwange Safari Lodge », qui est à 15 km environ de Main Camp. De là, vous pouvez soit tenter de trouver une voiture de passage pour Main Camp, soit appeler le camp qui viendra vous chercher (pour 20 $ je crois).

- Trouver un transport (bus local ou touristes) jusqu’à la route qui dessert le camp, puis faire du stop pour terminer les 23 km entre le croisement et Main Camp.

Pas besoin d’avoir une réservation à l’avance si vous arrivez en transport en commun ou avec d’autres touristes. Le Main Camp propose des bungalows à 35 $ (pour les moins chers). Quand j’y étais, en septembre, il n’y avait quasiment personne. Donc pas besoin de réservation. Sur place, il y a un petit magasin et un restau aux prix tout à fait corrects.

Pour les safaris, le Main Camp propose des sorties en voiture (game drive) à 35 $ par personne pour 3 heures (départs vers 6h30 le matin et 15h l’après midi) sur la base de 2 personnes par voiture. J’ai opté pour 2 game drive de 4 h chacun (180 $ pour 8 heures de safari à partager en deux, puisqu’on était deux, ce qui fait 90 $ par personne).

LES CHUTES VICTORIA

C’est l’un des clous de ce voyage.

Pour l’hébergement, j’ai opté pour l’hôtel Shoestrings, situé près des commerces. C’est une adressse plutôt routard, sans doute la moins chère de la ville : 10 $ le dortoir et 35 $ la chambre. Demander un dortoir ou une chambre éloigné du bar, car la musique résonne fort le soir. Jardin avec petite piscine, sanitaires communs plutôt propres mais sommaires.

Le site : L’entrée est payante : 30 $. Des chemins sont aménagés dans la forêt pour offrir de multiples points de vue sur les cascades (environ 1,7 km de large). Attention : si vous ressortez, vous ne pouvez plus réutiliser votre billet dans la journée. L’idéal serait de venir tôt le matin, et de repasser dans l’après midi, car l’éclairage change (apparition d’arcs en ciel…). Certaines cascades en contre-jour le matin sont mieux éclairées en fin d’après midi et vice-versa. Vous pouvez tout à fait rester sur place plusieurs heures, et en profiter pour observer les les qq animaux qui vivent sur le site (singes, antilopes, phacochères et nombreux oiseaux).

Les chutes du côté de la Zambie : c’est accessible à pied. Passer la frontière, payer le visa pour la Zambie (20 $ pour la journée, c’est plus cher si vous restez plus d’une journée en Zambie) et payer encore 20 $ pour l’accès au site (entrée payable uniquement en monnaie locale. On vous proposera sur place de changer de l’argent, mais attention au taux de change, pour ne pas se faire avoir). Attention, si vous revenez au Zimbabwe et que vous n’avez pas de visa double entrée, il faudra repayer un visa entrée simple (30 $ tout de même).

A noter que vous pouvez aller sans pb sur le pont qui enjambe le Zambèze et qui sépare les deux pays. Pas besoin de visa, au Zimbabwe, on vous donne un « pass bridge ». Il faut juste présenter votre passeport au retour (ils vérifient qu’il n’y ait pas de tampon zambien). C’est depuis ce pont qu’ont lieu les sauts à l’élastique.

Les activités sur place

Saut à l’élastique, rafting, survol des chutes en hélicoptère, safari au parc national du Zambèze, safari à dos d’éléphant, promenade avec des lionceaux… il y a de nombreuses possibilités mais sachez que ça coûte cher. Qq exemples de tarifs officiels (sept. 2012) :

- Rafting : 130 $ la journée

- Saut à l’élastique : 125 $

- Hélicoptère : 130 $ les 15 minutes.

Dans certaines agences, ces tarifs sont négociables, mais la marge de manœuvre n’est pas étroite. Pour ma part, j’ai fait une croisière sur le Zambèze pour le coucher du soelil (de 16h à 18h30) pour 35 $ au lieu de 45 $ prix officiel. Ce prix inclus les boissons à volonté et un repas léger (mais de qualité). On était que 9 sur la bateau, ce qui est plutôt sympa.

LE PARC DE CHOBE (BOSTWANA)

Je l’ai visité en une journée, depuis Vic Falls. J’ai payé 115 $ (après de rudes négociations avec une agence locale, le prix officiel étant de 170 $). Cela inclut le transport (un peu plus de 2h de route depuis Vic Falls, donc 4 heures AR), le repas dans un hôtel 4 étoiles au bord du Zambèze, les boissons, une croisière le matin (ou l’après midi) et un safari en voiture l’après midi (ou le matin). Ca vaut vraiment le coup : site superbe, on voit bcp d’animaux (éléphants, lions, girafes, antilopes, buffles, hippopotames, crocodiles, oiseaux…). Seul bémol : les horaires. Le safari ou la croisière commencent vers 10 h le matin (moment où le soleil tape bien fort et ou les animaux se mettent en sommeil) et se terminent vers 16h30 (moment où la lumière devient belle), en raison des temps de transport depuis et vers Vic Falls. Mais on est quand même assuré (en saison sèche surtout) de voir plein d’animaux.

GREAT ZIMBABWE

Site qui mérite le détour si vous aimez l’archéologie. Ce sont les ruines d’une grande cité médiévale datant du 11ème siècle, avec par endroit des murs de pierres hauts de 11 mètres.

Pour y accéder : mini-bus depuis Masvingo (25 km à parcourir). Le bus vous laissera à 2 ou 3 km du site. Il faudra donc poursuivre à pied.

Logement : j’ai dormi juste à côté du site, au Great Zmbabwe Family Lodge. Dortoir à 7 $, les bungalows sont à 30 $ ou plus. Il y a une cuisine équipée. Si vous n’avez pas de nourriture, vous pouvez aller manger le midi et le soir (prendre une lampe de poche) au Great Zimbabwe Hotel, à 800 mètres de là. Plats à partir de 10-12 $ le soir.

J'espère que ces infos pratiques pourront être utiles à ceux qui préparent un voyage au Zimbabwe en individuel. Je reste à votre disposition pour toute info complémentaire.

Armand
Hommage à tous ceux qui ne voyagent plus ou pas English translation pending
by Profone · 2012-10-01 · 31 replies
Je viens ici ce soir pour rendre un hommage à tous ceux qui ne voyagent plus car la maladie les en empêche et à tous ceux qui ne voyagent pas . Mon père , ( mon héros ! ) est en train de mourir . On me dit que c'est pour cette nuit. Je suis loin à Toulouse et partirai demain matin pour Lyon. Cette nuit sera longue pour moi et pour lui son dernier voyage . Il ne souffrira pas car sous contrôle médical . Il ne souffre pas malgré la tumeur au poumon grandissante.

Je veux donc rendre hommage à tous ceux qui ne voyagent pas ou plus pour x raisons. La vie est un grand voyage et beaucoup de personne qui ne voyagent pas on fait un très bel accomplissement de leur vie, on reunnit beaucoup de gens autour d'eux. C'est le cas de mon pére il n' a pas voyagé enormement mais sa vie fut tellement pleine et si remplie de richesse humaine. Tout le monde le connait dans un rayon de 70 km, dans son village. Il a une aura incroyable qui a fait de sa vie un sacré beau voyage.

Voila c'est très banal ce que j'avais à dire mais j'avais besoin de le dire : on voyage à l'interieur de soi même, la vie est ce grand chemin. Merci papa pour tout ce que tu as fait pour moi, merci encore et bon voyage . Car la vie eternelle est aussi un grand voyage. Bon voyage papa, je t'aime.

profone
Donne informations sur le Vietnam, Cambodge, Philippines English translation pending
by Alexatasha · 2012-09-25 · 19 replies
Bonjour,

Mon nom est Alex. Né et élevé dans les Philippines, mais qui vit maintenant à Saigon pendant deux ans. J'ai et j'ai voyagé plusieurs fois au Vietnam et au Cambodge en voiture, à vélo, en bateau, et plus encore.

Si vous avez besoin d'informations sur les itinéraires, les lieux d'intérêt touristique ou l'autre des 3 pays, n'hésitez pas à m'envoyer un message

Cordialement

Alex
Royale arnaque avec Ryanair English translation pending
by Flandrine · 2012-09-09 · 195 replies
Cédant au conseil d'une amie, je me décide, pour une fois de me rendre à Bordeaux avec une Cie Low Coast. La différence de prix avec Air France est évidente et finit par me convaincre. Bien sûr, il faut aller jusqu'à Charleroi, pas de problème, il y a désormais une navette Lille-Charleroi. Billet acheté, bus payé, je suis encore gagnante.YES ! Mais, vous vous en doutez, il y a un mais, et même plusieurs. Concernant le bagage surtout : pour un voyage à ce prix, pas de valise en soute, bagage à main 10 kg max, ou alors il faut payer en MEME TEMPS QUE LE BILLET sur le net 50 €. Qu'à cela ne tienne, pour une fois, je voyagerai "léger" c'est l'été ! Arrivée à l'aéroport de Charleroi, bondé, mal organisé, pagaille monstre, ça court, ça crie, et ça se bouscule ... comme d'habitu..de .... Enregistrement : c'est déjà fait par Internet, donc direction salle d'attente avant embarquement. Un grand mec basané sans signe distinctif m'empêche de passer, motif, ma valise est trop grande ! retour à l'enregistrement explications avec la femme tronc exténuée, pas de chance, il faut mettre le bagage en soute, et là, elle m'annonce le prix : 100 € !!!!! je crois que je vais faire un malaise je suis mala..de.... - Le grand mec me surveille du coin de l'oeil, moi aussi. Impossible de feinter. Je tente quand même. Rien à faire. Il me conseille de mettre le contenu de ma valise dans un sac (à acheter au magasin de l'aéroport... sous-entendu, il touche sa com) et ma valise alors ? il faut la laisser là. Où ça là ? là. Bref, la tension monte encore d'un cran. Le temps est à l'orage. Pas d'autre solution que de payer pour ma valise plus cher que le vol aller-retour entre nous soit dit. Pas le choix. . Je fouille mes poches, je sais qu'c'est moche... je paie, j'abrège.... Débarrassée de ma valise et soulagée de 100 €, je me fraye un chemin tant bien que mal dans la foule, qui s'élance et qui danse.... une folle farandole ... jusqu'à ......la porte 10 : deux destinations pour la même porte résultat : Budapest et Bordeaux se mélangent dans la chaleur épaisse...

Une fois le tri fait, enfin je pense ...tant pis pour ceux qui sont partis à Budapest au lieu de Bordeaux et vice versa ! me voilà dans la file des prioritaires, non pas que je sois en chaise roulante, mais pour 10 € j'avais réservé ma place. Ouf ! les prioritaires attendent au pied de l'avion qu'on veuille bien les laisser entrer... pendant ce temps un marathon s'organise avec les non prioritaires, qui finalement entrent avant nous par la porte arrière du véhicule volant arborant fièrement "RYAN AIR" en bleu...bleu... bleu... sur son flanc, blanc.. blanc... blanc... Enfin assise à ma place. Je regarde l'heure, nous allons être en retard ! je demande à l'hôtesse si nous partons à l'heure elle me regarde comme si elle avait vu une souris venimeuse à ses pieds, en me répondant dans un anglais très très approximatif que le vol dure une heure dix ! c'est un peu comme si je posais une question au prof Tournesol ! ouaf ! elle comprend que dalle ! une étudiante assise à côté de moi lui fait comprendre, dans un bon anglais elle, que c'était pas la question, et lui redemande si nous partons à l'heure, la bécasse venue de l'est ne comprend toujours rien ! allez basta ! en deux temps trois mouvements, le 737 est rempli, et là, miracle ... on part. A l'heure. J'en crois pas mes yeux. Pendant le vol, elle et ses comparses essaient tant bien que mal de fourguer leur sandwiches et boissons diverses et (a)variées... payantes bien sûr ! pour cela elles ont revêtu un élégant tablier jaune et bleu et là ça fait tilt ! on est chez LIDL ! c'est donc ça ! Pour couronner le tout, elles repassent dans "central allée" pour vendre .... des billets de tombola !!! Je rêve. Vite qu'on me réveille que ce cauchemar s'arrête enfin ! Hé non, c'est la réalité. Heureusement le vol ne dure pas longtemps, le 737 a mis la gomme ! Arrivée à Bordeaux, côté pestiférés de l'aéroport, on doit monter, descendre des escaliers métalliques, hic, le tout entouré de hauts grillages faisant penser aux cages du zoo de Lille. Mais en moins bien. Je sors enfin de l'enfer. Une voix crie "maman" ! si maman si.. si maman si ... je suis sauvée par ma descendance ! j'ai bien fait d'en faire. Heureusement le séjour fut très agréable. Je n'aurai pas fait tout ça pour rien. C'est peu dire : 91 € de billet d'avion (aller retour, oui quand même) 100 € pour le bagage en soute, 32 € pour le bus (aller-retour) et en finale : 39,90€ pour l'achat d'une toute petite valise "Lulu Castagnette" modèle enfant voyageant seul ... voilà ! Petite précision le même voyage avec Air France - départ de Lesquin - m'aurait coûté 161 €, boisson et service, en Français SVP, compris ! Quand on ajoute le temps passé : 7 heures à l'aller et autant au retour, vu que les amis qui devaient venir me prendre à l'arrêt de bus étaient au match Lille-qq chose et que ces messieurs les footballeurs bien payés mais faut pas les faire courir trop vite, ont joué les prolongations et qu'il ne fallait surtout pas râter ça, j'ai du attendre qu'ils en finissent avec leurs copains de Coppenhague, de Hambourg ou d'ailleurs ....enfin.. des footeux quoi ... on peut pas leur demander la lune, ils la prendraient pour une ba balle à son mé maitre .... et moi, sous la pluie jusqu'à une heure vingt du matin...... tout ça pour 1h10 de vol ! Conclusion : on m'a demandé que ce voulait dire Ryan Air, ne cherchez plus c'est ROYAL ARNAQUE ! j'ai tout compris ! plus jamais ça ! même si on me paye, même très très cher comme pour.... jouer un match de foot par exemple ! Allez, attachez vos ceintures, éteignez moi ce téléphone, ce baladeur, ce pacemacker, et BON VOYAGE ! hé oui, hé oui madame ....
Laos, un bout du nord à pied, chroniques expresses, mais sauvages! English translation pending
by 321 · 2012-09-05 · 114 replies
Laos, un bout du nord à pied, chroniques expresses, mais sauvages !

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De l'opium pour le bébé ! (chez les Akha) De l'opium pour le défunt ! (chez les Hmong)

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Cette année-là je parcourus durant un mois, comme à mon habitude uniquement à pied, une des régions les plus reculées et les plus méconnues du Nord-Laos, une région restée particulièrement sauvage et située aux marges de la fascinante province septentrionale de Phongsaly. La zone concernée est un territoire frontalier montagnard très peu peuplé, et dont les hauteurs sont occupées essentiellement par des groupes des ethnies Hmong et Akha Loma. C'est en la seule compagnie de ces deux groupes de populations, allant de l'un à l'autre au gré de mes pérégrinations, que je résidai durant cette trentaine de jours. Ces courtes chroniques relatent quelques petites scènes et évènements observés ou vécus à cette occasion sur les sentiers ou dans les villages. Ce séjour s'est déroulé au cours des mois de juillet et août, c'est-à-dire au plus fort de la saison des pluies.
Voyager en Inde sans argent: est-ce possible? English translation pending
by JonhyBoy · 2012-08-23 · 78 replies
Bonjour ! Je sais que cela semble tiré par les cheveux mais si quelqu'un pourrait me donner conseils ca serait géniale ! Alors voila je part en Inde le 18 Décembre pour 160 jours mais le probleme est que je ne ferais pas asser dargent dapres mes calculs pour le 6 mois, enfin bref est ce possible de vivre en Inde sans argent, il y en a t-il parmis vous qui l'ont fait...je prévois avoir 2500 dollars pour mes 6 mois et je sais que ce n'est pas beaucoup...je veux vivre a bas prix et rien de luxueux...a la Routard quoi alors tous conseil serais super apprécié ! Shukrilla ! Nemaste :)
Koh Phi Phi: l'enfer au paradis English translation pending
by Youpi88 · 2012-08-14 · 229 replies
Bonjour à tous les VFistes et lecteurs/lectrices de passage !

Je viens écrire ce post pour parler de mon récent séjour à Koh Phi Phi.

Certains ici me connaissent un peu car à une époque je postais beaucoup sur le forum, et également via mon site internet. Pour faire simple, j'ai dans la trentaine, je viens depuis 7 ans en Thailande, pour les études, le travail, et bien sûr pour voyager.

J'ai vadrouillé un peu partout dans le pays (Isan mis à part, mais ça va venir), et je voyage toujours avec mon amie Thai. Nous voyageons donc dans les coins touristiques bien sûr, mais aussi bien dans des coins pour touristes étrangers que pour touristes Thais (si si, il y a bien les deux).

Tout ça pour dire que je pense avoir une bonne vision d'ensemble du paysage touristique en Thailande, d'un point de vue étranger, et local, sans pour autant être un expert.

Alors voilà, après 7 ans à venir et vivre en Thailande, je n'ai toujours pas été à Koh Phi Phi. J'ai fait plein d'autres endroits, mais pas celui-là. Pourquoi ? C'est relativement loin de Bangkok, et comme je n'ai souvent que des weekends, ça fait trop court. Et l'avion étant assez cher en weekends… bref, je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller.

Ce weekend était un weekend de 3 jours en Thailande, pour la fête des mères (bonne fête maman !). Avec mon amie nous cherchions donc à passer 3 jours sur une ile, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas fait ça.

Koh Samet ? On connait déjà très bien. On adore mais on veut du changement. Koh Chang ? Mon île préférée il y a 7 ans, mais j'ai été très déçu l'année passée, les hôtels ayant défiguré la plupart des plages. Ca reste une ile sympa, mais je connais très bien aussi. Koh Samui ? Déjà fait, et nous n'avions pas trop aimé, disons que la distance pour s'y rendre ne justifiait pas de ne pas aller à Samet plutôt. Koh Phangan ? Très bien (au nord), mais loin, et déjà fait. Koh Lanta ? Fait l'année dernière, vraiment rien de terrible. Encore une fois l'ile ne justifie pas un si long voyage (les 4 jours de pluie n'avaient pas aidé, certe). Pattaya ? Ma copine étant originaire de cette région, pas très exotique comme voyage. Kanchanaburi, Chiang Mai, Ayutthaya, etc… déjà tous fait plusieurs fois. Sympa, très sympa même, mais non ! On veut de l'eau et du sable cette fois-ci !

Bref, ce rapide bilan fait, une évidence se présentait: c'était l'occasion tant attendue d'aller vers Phuket, ou Koh Phi Phi. Enfin, après 7 ans en Thailande je verrais cette île dont tout le monde parle. 😉

Ni une ni deux, le vendredi soir, on saute dans un BUS VIP pour Phuket, depuis la gare des bus du sud de Bangkok. Les avions étaient tous complets, ou à des horaires qui ne collaient pas. Cette gare est très bien, sachant qu'il y a 7 ans elle ressemblait plus à un marché au poisson géant où il fallait une boussole et beaucoup d'instinct pour trouver le bon guichet et réussir à avoir un ticket. Le plus gros souci de cette gare, c'est qu'en période de pointe, il faut presque 2H pour s'y rendre tellement les bouchons sont incroyables.

Bus VIP 24 sièges pour 1058 baths par personne, très propre, silencieux, glacial (mais on est en Thailande, le pays du froid intérieur), bon service, et arrêt à une aire d'autoroute avec repas gratuit à volonté. Bref, un long voyage en bus de 12H, mais dans des conditions optimales à prix modique.

Nous arrivons à la gare des bus de Phuket. Un peu enfarinés, fatigués, mais encore dans un état présentable. Nous n'avions rien réservé, et ne savions même pas encore si nous allions à Phuket ou Phi Phi. Vu qu'on a que 3 jours, direction Phi Phi directement, sinon ça fera trop court.

Comme à l'accoutumée, je laisse ma copine discuter avec le guichet d'information et les taxis et autres moto taxis sur place. C'est parti, on monte dans une voiture privée qui pour 200 Bahts nous amène au port. Petite étape avant à l'agence de voyage de l'ami de l'ami du frère du tonton de la personne qui nous a renseigné à la gare des bus, pour nous vendre des tickets de bateau. Bref, depuis le temps que je voyage ici, ça m'aurait surpris que ça se passe autrement. Mais bon, c'est rapide, et ma copine gère tout ça très bien (heureusement). 😛

Le demi-cousin du frère du propriétaire de l'agence nous emmène au port. Là, 4 individus non identifiés nous demandent où on va, avec la politesse d'un serveur parisien en heure de pointe. En fait, ces 4 "lascars" en jean/t-shirt/cigarette au bec sont l'équipage du bateau. Oh capitaine mon capitaine ! Une fois l'allure passée, ils sont en fait très sympas.

Ticket en poche, autocollant collé sur la poitrine, on monte sur le bateau, qui se remplit vite de jeunes farangs (étrangers) qui se précipitent pour s'allonger en plein soleil à l'avant ou l'arrière pour profiter de chaque milliseconde de soleil. Nous, on va à l'intérieur, mon amie étant Thai, il faut du froid, de l'ombre, et un siège. Parfait, ça me va aussi !

2h de bateau, et entre temps, une personne s'est assuré de nous réserver une guest house sur Koh Phi Phi. Parfait, ça de moins à faire ! C'était surement un ami du capitaine, et tout le monde du bus jusqu'à la guest house doit toucher sa commission. Ca les arrange, nous aussi.

Le moment tant attendu arrive, nous débarquons. Et là surprise, ce n'est pas 40 ou 50 personnes que nous voyons au port, mais 300 ou 400 touristes entassés sur le ponton, avec valises, dans un bazar indescriptible. Du jamais vu ! La personne du bateau nous y retrouve, et interpelle des "porteurs" de valises qui nous emmèneront à notre guest house.

Avant, il faut payer 20 bahts par personne pour la "taxe de parc national". Pourquoi pas, c'est la même chose à Koh Samet (sauf que c'est 200 Bahts à Koh Samet).

Nous marchons, et traversons alors des petites ruelles, avec partout, absolument partout autour de nous des farangs de tous bords, des boutiques de tous types, et des centaines de touristes marchant de tous les côtés. Autant de monde qu'au quartier Siam de Bangkok un vendredi soir. Nous sommes dubitatifs, pour ne pas dire désenchantés, mais on positive en se disant que ce soit être comme ça au port uniquement. 🤪

On marche une bonne quinzaine de minutes, avec une petite famille de français qui vont à la même guest house. Le père est apparemment très déçu et énervé par ce qu'il voit de l'île, il s'attendait à quelque chose de plus "nature". Nous aussi !

Ces 15 minutes de marche sont troublantes: un dédale de petites rues bondées de monde, de farangs torses nus ou en bikinis, des déchets partout par terre, des constructions anarchiques, des odeurs nauséabondes, de la musique plein pot dans les bars (il n'est que 13H), et pratiquement aucun Thai à l'horizon à part ma copine et les employés des boutiques (et encore). 🏴‍☠️

On arrive enfin à la guest house (Chunut house), un peu dans les terres. Ce sont des bungalows en bois, avec clim et… c'est tout ! Strict minimum, aucune décoration, salle de bain digne d'un bungalow à 300 bahts la nuit, bref, déception, pour 1500 bahts la nuit. A l'accueil la jeune femme est désagréable, et veut vite en finir avec nous pour retourner à ses activités.

Ile surpeuplée, guest house médiocre, long voyage… ça part mal. 😐

Une douche plus tard, on part se promener. On file vers la plage la plus proche pour se restaurer. Surprise, la mer est littéralement un parking géant pour bateaux, et il y a une minuscule zone de baignade délimitée par des bouées. L'eau est claire, mais les déchets sur la plage font vite oublier la possible beauté du lieu. Les restaurants sont tous fermés (il est 14H…), et personne dans aucun restaurant ne vient nous accueillir pour nous servir à manger. On y arrive tant bien que mal, la nourriture est chère, et vraiment pas terrible. Ma copine a même du mal à trouver un plat Thai dans le menu.

On se sauve vite, et on décide d'aller au fameux "View Point" de l'île. On marche, marche, marche très très longtemps, et ça grimpe à n'en plus finir dans la forêt. Un petit chemin de montagne ? Non, une hideuse route bétonnée, jonchée de détritus. Elle se termine par un chemin de terre, à peine balisé, où on croise des locaux qui visiblement non pas eu la chance de faire fructifier leur business comme d'autres sur l'ile.

Après 45 minutes de grimpette, on arrive enfin au View Point. Honnêtement, c'est sympa, belle vue sur les iles, endroit propre, et les gens qui posent pour la photo. Nous aussi ! On en profite 30 minutes, et on redescend… par un autre chemin, en fait le "vrai" chemin, bien plus court que celui que nous avions pris. Bien fait pour nous, on n'avait qu'à demander.

Nous revoilà donc dans la "ville", le soleil descend, on veut profiter un peu de la plage. On se dirige donc vers la plage, non sans être littéralement dégoutés par un amas de déchets de près de 20 mètres de long, en train de brûler… si si, ils brulaient les déchets au milieu de tout le monde, à 50m de la plage. Du jamais vu. 😕

Arrivés sur la plage, nous retrouvons un schéma très classique, des bars roots/reggae pour jeunes farangs en train de cuver de la veille, des déchets de partout sur le sable, et même… clou du spectacle… un "bateau poubelle", en plein milieu de la baie. Une sorte de barque géante en acier qui sert de camion poubelle. Apparemment ça ne gênait personne de se baigner à côté.

Trop c'est trop, on retourne à la guest house. Après une douche, on part pour diner. Quelle mission ! Les restaurant ferment à 21H30 ou 22H, et il est extrêmement difficile de trouver autre chose que des pizzas ou des steaks. Ma copine étant avide de fruits de mer, on va dans un restaurant de fruit de mer qui a pignon sur rue, et vue sur la plage. Il n'a aucun charme, mais faute de mieux… Surprise, c'est une farang qui nous amène à notre table… ah tiens, grande nouveauté en Thaïlande. On s'assoit, et on attend 20 bonnes minutes. Personne ne vient nous servir, visiblement ça ferme, et on dérange. Certe il est un peu tard, mais le minimum serait de venir nous le dire. On s'en va sans avoir mangé. Ca commence mal.

On ère 1H pour enfin trouver un restaurant, enfin un espèce de bar tenu par un japonais (toujours pas de Thai), qui serve encore à manger. C'était pas mal, mais le hip hop à fond les manettes dans les enceintes, non merci.

Ca y est, cela fait 9H que nous sommes sur l'ile, et nous n'avons envie que d'une seule chose, partir, au plus vite. On trouve un cyber café, et on réserve nos billets d'avion pour le retour à Bangkok. On est encore mieux chez nous dans notre appartement de Bangkok qu'ici !

Sur le retour pour aller nous coucher, des dizaines de jeunes farangs bourrés, à errer entre les bars. L'un d'eux, allongé devant le 7/11 avec sa 12ème bière à la main, nous voit et nous dit "attention elle va te ruiner ta gonzesse", pour ensuite faire une remarque désobligeante sur mon physique. Ayant plus de peine pour lui qu'autre chose, je lui souris poliment, et passe mon chemin, content que ma copine ne l'ait pas entendu.

Vivre en Thailande m'a appris à me contenir et à garder mon calme en apparence, et visiblement ce jeune garçon va passer une plus mauvaise soirée que moi. Mais si nous avions été dans un endroit normal en Thailande, c'est-à-dire avec des Thais et pas 99% de farangs, ce jeune homme ne serait pas resté plus de 2 minutes allongé comme un ivrogne à insulter les gens (et surtout une Thaie) devant le 7/11. Là, il aurait passé une très, très mauvaise nuit, et serait surement dans le prochain avion. Mais bon passons, il y a des cons partout (enfin surtout ici).

Nous voila à la guest house, nous nous écroulons sur le lit après ce long périple.

Le lendemain, nous devons repartir de l'ile à 14H pour avoir notre avion à 21H à Phuket.

Nous avons donc la matinée. Nous détestons ce qui nous entoure, mais nous nous trouvons un peu bête de ne même pas avoir vu Maya Bay ou fait du snorkeling. Si ça se trouve on est mal tombés jusqu'ici, et on est passé à côté de belles choses.

On réserve donc rapidement un long tail boat juste pour nous deux, qui nous fait un petit tour de 2H entre les iles. 🙂

Enfin, un truc sympa, entre nous, et un peu de nature ! Le capitaine du Long tail boat est sympathique, et nous dépose sur Maya Bay. Sans surprise, la baie ressemble plus à la baie de Monaco, les yachts étant remplacés par des speed boats. Il y a peut-être 30 ou 40 bateaux entassés sur cette magnifique baie. Quelle horreur. Mais bon, après tout nous aussi on est là.

Le long tail boat se gare sur la plage… entre les déchets flottants sur l'eau… oui oui, Maya Baie, si vous regardez de près, c'est surement l'eau la plus sale que j'ai vu en Thailande. Elle est en effet d'un bleu turquoise magnifique, mais la canette de coca qui y flotte est bien rouge et blanche.

On paye 200 bahts de taxe à un monsieur sur la plage (gratuit pour ma copine car Thaie), et nous avons le droit de rester seulement 20 minutes montre en main. On fait comme tout le monde (les 500 autres personnes avec nous), on va voir la baie, on prend des photos, et on repart.

Oui, c'est beau, oui l'eau est turquoise, oui on voit des poissons par milliers, mais les dizaines de bateaux, les centaines de touristes, les déchets à la tonne, ça prend le dessus. Sans parler de ces speed boats qui passent à fond les manettes près de gens en train de faire du snorkeling.

On revient à terre, pour se précipité dans le bateau, et on rentre, direction l'aéroport. 😏

Alors voilà la fin de notre très, très bref périple à Koh Phi Phi. Cette ile est une beauté, ou du moins l'était. C'est désormais un ghetto pour touristes en mal de fête, d'alcool, et de "j'y étais, regarde la photo". Les constructions sont anarchiques, c'est extrêmement pollué par les déchets, ça pue les égouts presque partout, les touristes sont irrespectueux des coutumes Thais (enfin ce n'est plus vraiment la Thailande), et comble du comble, ma copine était pratiquement la seule touriste Thaie de l'ile. Presque à chaque fois les locaux étaient surpris qu'elle parle Thai… et bien si, je vais vous l'apprendre (enfin pas à vous lecteurs), mais il y a des Thais en Thailande.

En 7 ans en Thailande, je n'ai jamais vu ça. Oui les Thais ne sont pas réputés pour leur gestion optimale du développement touristique, mais là, on a atteint un niveau hors norme. Et c'est la faute autant des Thais que des touristes.

Koh Samet, Koh Lanta, Koh Chang, Koh Phangan (pas le ghetto au sud) pour ne citer que les plus célèbres, sont infiniment mieux, moins belles certes, mais vivables, avec encore des coins beaux et propres. Pour n'en citer qu'une, la plage d'Ao Phrao à Koh Samet est un bijou comparé à Koh Phi Phi.

Le pire de tout ça, c'est que nous étions en basse saison… je n'ose imaginer le désastre en haute saison. 😕

Bref, passez votre chemin, oubliez les images vues sur internet ou dans un célèbre film, vous les verrez ailleurs, ce n'est pas ce qui manque.

Malgré la beauté de l'ile, il n'y aucune raison de s'infliger la visite d'un tel lieu, ou alors de passage éclair pour du snorkeling sans poser le pied à terre. Mais il faut croire que certains aiment… tant mieux ! Qu'ils restent là-bas, au moins on sait où ils sont.

Et au moment ou j'écris ces lignes, un resort gigantesque est en construction sur l'ile, et en train d'arracher tous les arbres de ce qu'il restait de nature à ce bout de terre. Si si, ce n'est pas terminé.

Voila, désolé pour autant de négativité, ce n'est pas dans mes habitudes. Mais jamais ne n'aurais cru un tel spectacle possible. 😠

Pour conclure, voici les mots de ma copine sur l'ile:

"Tu as remarqué, il n'y a pas de Buddha sur l'ile, ou du moins aucun signe ne l'indiquant. C'est mauvais signe ça."

Un peu de superstition Thai me redonne toujours le sourire, quand le "Mai pen Rai" ne suffit plus. 😉

Cordialement,
Achat d'un vélo de randonnée English translation pending
by Copndz · 2012-08-08 · 340 replies
Bonjour,

nouveau fan de rando à vélo, et nouvel utilisateur de ce forum, je pense que je suis au bon endroit pour demander quelques conseil à propos d'un futur achat et de mon prochain voyage.

Je souhaite faire un voyage (en solo) france-allemagne-suisse-france de 2000km environ, en étant autonome. L'année dernière j'ai pu faire 3200km avec un giant explorer (prêté) d'une dizaine d'année, celui ci m'a totalement convenu et je souhaiterais m'orienter vers un vélo du même type (vtc). Petit problème cependant, mon budget n'est pas si élevé (500€), et je me demande si d'occasion je pourrais en trouver à ce prix.

J'habite à Metz, je connais quelques magasin de cycle (véloland etc), mais peut être existe-t-il de bonne adresses dans le coin où je pourrais faire un saut ? Je compte aussi l'équiper avec pédalier auto, pas de contre indication ? Pendant mon précédent voyage, j'ai remarqué que la position n'était pas vraiment aérodynamique et j'ai passé beaucoup de temps en position "contre la montre" avec ma sacoche guidon, y a-t-il une autre façon de faire ?

Je vous remercie par avance pour vos réponses et prépare mes prochaines questions ;)

Luca.

PS : si vous avez des conseils, une idée qui pourrait m'intéresser, à propos ou non de mon parcours, peut être à propos du voyage à l'étranger, des routes d'allemagne et de suisse ou que sais-je encore, je suis preneur, n'hésitez pas =)
Retour du Costa Fascinosa, déception English translation pending
by Ej3359 · 2012-07-24 · 50 replies
Bonjour,

Nous revenons de croisière (Costa Fascinosa) Nous étions en cabine balcon avec nos 2 enfants. La cabine était la 6459, sur le pont 6. Dés la première nuit, impossible de dormir, la chambre est au dessus du piano bar.... L'insonorisation est une calamité... Il a fallut 48H d'acharnement pour que Costa nous change de cabine. Dès qu'il y a le moindre le problème, le sourire Costa disparait, l'amabilité aussi....

Une vrai déception. Par ailleurs, sur l'ensemble du bateau, le son est trop fort au point d'être agressif (bar, piano bar , ...). Même au niveau de la piscine centrale, le son est insupportable, de 7h du matin à 01h00 du matin ...

Idem pour la porte d'accès au balcon, elles sont équipés de groom automatique et l'on entend les portes qui claquent à longueur de journée. Sur le MSc Splendida, c'est une baie coulissante, cela n'a rien à voir en terme d'agrément ...

Nous avons vraiment eu l'impression d'être au club med avec les bronzés ...😕

Je pense que beaucoup de cabines du pont 6 sont bruyantes. Pour notre part, nous allons partir en contencieux avec Costa. Si d'autres personnes ont eu le même désagrement, contactez-moi.

Cdt
Compte rendu de croisère sur le Costa Pacifica du 30 juin au 16 juillet 2012: Islande, Spitzberg et Norvège English translation pending
by Jujub · 2012-07-18 · 86 replies
Bonjour,

Modestement, je vais essayer de vous narrer le superbe voyage que mon fils Juju, Madame et moi-meme, venons d'effectuer dans le grand Nord à bord du Costa Pacifica.

Jeudi 28 Juin : Ca y est ! Apres des mois d’attente, c’est le jour J pour le départ de notre plus long voyage : 20 jours pour aller tout près du grand nord. Mon aversion de l avion est telle, qu’une fois encore nous éviterons la voie des airs.

Nous empruntons le TGV qui part de Nice à 14h27 chargés de 4 grosses valises, 2 petits sacs à dos et ma sacoche d’ordinateur. 7 bagages, voilà le chiffre qu’il faudra se rappeler à chaque déplacement pour ne rien oublier.

4 heures de trajet et une heure de retard plus tard, nous arrivons à Lyon ou il fait très chaud. Heureusement, notre hôtel se situe à 100 mètres à peine de la gare. Nous nous installons rapidement et prenons le métro pour nous rendre dans le premier arrondissement ou nous avons réservé dans un bouchon lyonnais.

L’accueil est excellent, le cadre très sympa et le contenu de l assiette à la hauteur de nos attentes.

Une assiette de charcuterie et une andouillette à la ficelle plus tard (sans oublier le pot de Macon) nous sommes repus et avec cette chaleur nous décidons de rentrer nous coucher.
Voyager seule à peu de frais en France, astuces pour bien se débrouiller? English translation pending
by EmmaLaf · 2012-07-18 · 51 replies
Bonjour à toute et à tous,

Je prendrai bientôt mon envol pour la France dans le but d'y voir le plus d'endroits possible en moins de 3 semaines. Je compte faire du pouce pour me déplacer et prendre le train à quelques repises pour me permettre la visite de plus d'endroits. J'aimerais aussi réduire les coûts de ce voyage en faisant du camping sauvage pour un maximum de nuits.

Je me demande donc le matériel le plus adéquats à posséder, s'il y a des astuces pour être sûre de ne manquer de rien sans être surchagée. Des conseils de survie en ce qui concerne le pouce en tant que femme pourraient également m'être utile. Avez-vous également des trucs en ce qui concerne l'hygiène corporelle. Je ne souhaiterais pas faire endurer ma possible mauvaise odeur à quelqu'un qui m'a généreusement proposé de monter à bord de son véhicule. Bien entendu, j'aimerais beaucoup mieux dormir chez l'habitant question de faire de belles rencontres et de m'imprégner davantage des habitudes de vie de chaque région, mais ce n'est pas quelque chose qu'on prévoit d'avance mais plutôt des opportunités qui s'offrent (ou pas) à nous en cours de routes!

En espérant recevoir vos réponses et entendre vos témoignages d'anciens voyages effectués :)

Emma
Retour de croisière - MSC Fantasia - 2/9 juin 2012 - Marseille/Gênes/Naples/Palerme/Tunis/Barcelone English translation pending
by Glacerine · 2012-06-12 · 276 replies
Bonjour,

Nous sommes de retour d’une croisière en Méditerranée (Marseille, Gênes, Naples, Palerme, Tunis, Barcelone) à bord du Fantasia. C’��tait notre première croisière et nous sommes enchantés.

J’ai pris beaucoup de notes à bord. Avant de démarrer le compte-rendu de l’embarquement, du débarquement et des escales proprement dit, quelques impressions générales…

La préparation sur le forum :

J’ai découvert ce forum quand j’ai commencé à préparer la croisière, et je m’y suis inscrite pour participer aux discussions et poster quelques questions. Ce forum est vraiment une mine d’informations et d’échanges de grande qualité, ce compte-rendu est l’occasion pour moi de remercier les membres du forum avec lesquels j’ai pu échanger, et de manière générale tous ceux qui font part de leurs expériences, qui m'ont bien aidée à préparer cette croisière.

Cela m'a permis de me rendre compte que sur ces croisières, le nombre de francophones est assez faible, en intégrant dans le calcul les français, les belges, les québécois, etc, etc.

Pourtant c’est la surprise : quelques semaines avant le départ, je reçois un message privé d’un nouveau membre du forum, qui s’est inscrit après avoir vu un de mes messages. On ne se connaît pas, mais sa femme et lui vont faire la même croisière que nous, sur le même bateau, aux mêmes dates et depuis le même port de départ. Ils ont réservé leur croisière au guichet du centre commercial qui se trouve à côté de chez nous. Pour eux aussi c’est leur première croisière, nous avons le même âge (42 ans) et ils habitent à 15 km de Cherbourg (en plus Monsieur Glacerine et lui portent le même prénom, c’est amusant !).

Nous communiquons par messages privés, et je leur transmets les éléments que j’ai pu récolter. Il me propose de covoiturer jusqu’à Marseille, mais j’ai déjà réservé le train, et une partie des billets est en tarif prem’s, non échangeables et non remboursables (j’ai pris une assurance complémentaire, mais elle ne fonctionne qu’en cas de maladie, accident ou décès, et elle ne prend pas en compte les annulations pour motifs personnels). Monsieur Glacerine, qui a repris le travail juste après le retour de croisière, et qui enchaîne 15 jours de travail non-stop avec des horaires trèèèèss élastiques (souvent jusqu’à 14 à 18 heures de travail par jour) préfèrait de toute manière rentrer en train pour mieux se reposer en limitant la fatigue du trajet.

Malgré tout c’est une coïncidence incroyable… Cela aurait été dommage de ne pas se rencontrer. Sur le bateau les prises de contacts sont toujours plus compliquées, et nous habitons à seulement 15 kms les uns des autres, aussi nous avons fait connaissance à Cherbourg quelques jours avant l’embarquement. Nous les retrouverons ensuite à l’embarquement et nous croiserons régulièrement sur le bateau.

Le bateau MSC Fantasia :

C’est vraiment un très grand et très beau bateau. La décoration à bord est luxueuse sans être tape-à-l’œil, et les espaces sont dans un état absolument impeccable.

Tout est beau : l’espace de réception, les ascenseurs (avec une mention spéciale pour les ascenseurs panoramiques), les salons, les escaliers (mentions spéciale là encore pour l’escalier d’honneur de l’atrium), les couloirs, les cabines, les ponts piscine… vraiment tout.

Le gigantisme du bateau ne se ressent pas vraiment à bord ou quand on est à quai. On se dit simplement que c’est grand. On en perçoit plus la masse imposante lorsque d’autres bateaux mouillent à proximité, et surtout lors des escales, quand on aperçoit au loin le bâtiment se détacher nettement en dominant le reste de la ville. Et là, on se dit que c’est immense.

J’avais lu en peu partout que la climatisation est fraîche sur le bateau. En effet, nous avons du relever légèrement la température de la climatisation dans la cabine. Pour le reste j’avais apporté un gilet une veste, mais à aucun moment je n’ai eu froid sur le bateau, et je n’ai pas vu beaucoup d’épaules couvertes à bord. Mais c’est vrai aussi que je ne suis pas trop frileuse, et que vivant à Cherbourg je suis sans doute habituée à des températures plus fraîches.

Nos appréhensions principales étaient ailleurs. Monsieur Glacerine est claustrophobe et moi j’ai le vertige. Ce n’est pas la hauteur qui m’indispose, mais j’ai peur du vide. En général mes jambes me lâchent sur les passerelles en métal ajouré, dans les escaliers hauts et plongeants, sur les balcons, bref dans tous les endroits où je vois le vide sous mes pieds.

Finalement le bateau est très bien fait. Les volumes sont importants, et Monsieur Glacerine n’a souffert d’aucune sensation d’enfermement. Les escaliers n’ont pas de contremarches, mais le système des lumières et de brillants sur les marches fait qu’on ne voit pas le vide en dessous. Les ascenseurs panoramiques sont très sécurisants. Quant aux ponts et au balcon, on ne se rend pas vraiment compte de la hauteur, on voit seulement la mer et les côtes au loin, on n’a pas les mêmes repères.

Nous étions au pont 13, parmi les plus hauts ponts cabines. À quai ou en mer, en se penchant un peu on voit les canots de sauvetage du pont 7, mais pas ce qu’il y a en dessous, ce qui limite la sensation de hauteur et de vide.

(Je poste là pour commencer, je continue tout à l'heure)
Retour d'un Road Trip de 3 mois: tour complet des USA en 25 étapes English translation pending
by ClemToulouse · 2012-05-24 · 12 replies
Bonjour à tous !

Suite à un périple autour des Etats-Unis durant l'été 2011, je me suis dit qu'un petit récit destiné aux visiteurs de voyageforum pourrait être utile ! Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir beaucoup plus (photos, vidéos, et nombreux détails), vous pouvez vous rendre sur mon blog à l'adresse suivante:

http://thebigtrip-northamerica.blogspot.fr/

Avant toute chose, sachez que le départ s'est fait depuis le ... Canada ! Eh oui, je résidais à Montréal pour quelques temps, et ai loué une voiture avec une amie pour 3 mois. Le loueur: "Discount", une compagnie Canadienne, mais pour la réservation (et le tarif imbattable vu la durée), je suis passé par le site autoescape.com , qui incluait un second conducteur. Pour avoir loué plusieurs fois des voitures en passant par ce site, je n'avais jamais trouvé de tarif plus bas.

Prix de la location pour 3 mois, avec toutes les assurances et kilométrage illimité : 2.800€ ! (2.200€ sans les assurances), ce qui reste "raisonnable" vu le type de véhicule (la toute dernière Ford Focus, toute neuve), et vu le nombre de kilomètres à parcourir (23.000 kms !).

- Etape 1 (18 au 20 Juin): Portland Départ de Montréal le 18 Juin, passage de la frontière au beau milieu de la campagne, loin des autoroutes. Premier moment délicat concernant mon passeport, le douanier m'informe que je ne pourrai rester sur le territoire que 10 jours (j'avais déjà eu un visa touristique deux mois et demi plus tôt, qui courait toujours). Après avoir insisté pendant plus d'une heure, la barrière s'ouvre et nous arrivons tard dans la nuit dans un camping KOA (la plus grosse chaîne de campings aux USA, généralement un peu plus chers qu'ailleurs, mais bons équipements assurés et tranquillité). Le 19 Juin, visite de la ville portuaire de Portland, dans le Maine, dégustation des homards typiques de la côte Est, et découverte des îles environnantes à bord d'un petit bateau de croisière. La ville fleure bon ce parfum de Nouvelle-Angleterre, avec un centre-ville "à l'européene" orné de briques rouges du plus bel effet. Une bien belle entrée en matière pour ce road trip.

- Etape 2 (20 au 22 Juin): Boston / Cape Cod Le 20 Juin nous quittons le camping de Portland pour longer la côte direction le Sud. Passage par une petite station balnéaire: Old Orchard Beach. L'été vient à peine de démarrer mais les vacanciers se pressent déjà sur le front de mer. Plus loin, nous nous arrêtons à Salem, la ville des sorcières du Massachusetts. Véritable aubaine touristique pour tous les marchands de sortilèges et autres déguisements gothiques, la ville ne présente que peu d'intérêt, et son musée consacré à l'histoire des sorcières est anecdotique. Dans l'après-midi, nous débarquons enfin à Boston, la première des grandes-villes de la côte Est dans notre circuit. Direction Harvard pour découvrir le campus de la plus prestigieuse université au monde, où règne un calme absolu, au pied des arbres majestueux plantés face à une bibliothèque aux colonnes titanesques. J'y reprendrai bien mes études ! Le 21 Juin, nous arrivons au centre-ville de Boston, très élégant, chargé d'histoire et aussi emprunt d'une ambiance Nouvelle-Angleterre du plus bel effet. Nous suivons alors la Freedom Trail, une ligne rouge tracée au sol qui permet au touriste de découvrir, sur plusieurs kilomètres, la majorité des sites historiques de la ville. Du Capitole au cimetière de Benjamin Franklin, en passant par le Quincy Market et l'USS Constitution, on ne s'ennuie pas une seconde, et le beau temps est au rendez-vous. Quelques emplettes dans la rue marchande, et nous reprenons la route vers le Sud, direction la baie de Cape Cod. Nous plantons la tente dans un camping situé dans ce gigantesque bras de terre qui s'avance, tel un crochet, dans les eaux de l'Atlantique. Le 22 Juin, nous roulons jusqu'à la pointe de la presqu'île, et la ville "open-minded" de Provincetown. Hélas, le temps est maussade et rend la visite un peu tristounette, dans cette ville réputée pour son côté festif et hyper animé. Je ne sais pas si cela est dû au fait que l'on se trouve encore en Juin, mais nous ne voyons pour ainsi dire que des bus de personnes âgées ! Le temps de visiter quelques boutiques, un passage au bord de mer, et un sex-shop fier de ses produits, nous repartons au Sud pour notre prochaine étape dans la Big Apple.

- Etape 3 (22 au 24 Juin): New-York City Après avoir roulé plusieurs heures à travers les Etats du Massachusetts et de Rhode Island (dieu que les autoroutes de la Côte-Est sont fréquentées !!!), nous posons nos bagages dans un motel Super 8 réservé la veille, et situé dans le quartier du Queens. Vu la période, tout Manhattan était bondée ou hors de prix. Par contre, il est toujours bon de se méfier des GPS. En effet, l'adresse rentrée au préalable nous a conduit directement dans une ruelle mal famée de Brooklyn (je pèse mes mots) où l'on nous dévisageait du regard avec insistance... autant dire que nous n'avons pas fait long feu là-bas ! Le 23 Juin, nous prenons le métro et déboulons au coeur de Manhattan, sur Times Square. Nous connaissions déjà tous les deux New-York, et ne passerons que deux jours ici. Nous arpentons l'inévitable boutique M et M's, le Toys R Us, apercevons le Naked Cowboy et la Naked Cowgirl, toujours prêts à gratter quelques accords pour de menus dollards. Nous continuons la ballade au coeur de Central Park (vive les écureuils) en passant par le Columbus Circle, et achevons la visite par une petite soirée sur BroadWay. C'est mon anniversaire !!! Nous allons assister à une comédie musicale au Winter Garden: Mamma Mia !, basée sur les succès mythiques du groupe Abba. Un vrai régal, du grand art ! Une précision d'artiste, une justesse sans faille, des gags à foison et des rythmes entraînants, que demander de plus ? Nous finissons par dîner au Bubba Gump, le fameux restaurant spécialisé dans les crevettes du film Forrest Gump. Enfin, à New-York, il est toujours possible de faire les boutiques même jusqu'à deux heures du matin ! Et il y a toujours du monde ! Le 24 Juin, pour cette dernière journée, nous partons visiter l'ONU (excellente visite, très intéressante, mais un peu courte), la gare centrale, lieu de tournage de nombreux films, et le site de Ground Zero, où l'on s'apprête à commémorer les tristes 10 ans du 11 Septembre 2001. En fin de journée, nous quittons l'île de Manhattan (sortir de la ville aux heures de pointe est une véritable prise de tête !) pour aller camper au coeur de la campagne du New-Jersey, entourés de lucioles.

- Etape 4 (24 au 26 Juin): Philadelphie - Atlantic City Le 25 Juin, nous mettons le cap sur la ville de Philadelphie. Après avoir vécu l'effervescence de New-York, la ville nous paraît décidément bien paisible. Nous visitons le musée des Sciences, découvrons la Liberty Bell (cloche de la liberté) réputée pour s'être brisé le jour de la proclamation de l'indépendance des USA, et d'autres monuments marquants de l'histoire de la ville. La ville paraît assez petite, et nous avons vite fait le tour du centre-ville, au demeurant très agréable. Le soir, nous quittons la zone en direction du front de mer. Nous plantons la tente au beau milieu d'une forêt, et partons passer la soirée à Atlantic City, le mini Vegas de la côte Est. La ville semble surgir de nulle part, les lumières virevoltent sur les façades d'hôtels tous plus démesurés les uns que les autres. La ville est pleine de contrastes, l'insécurité est omniprésente dès que l'on s'écarte du front de mer réservé aux touristes. Le Caesar Palace abrite des casinos à revendre, et de nombreux américains viennent se saouler dans des espaces délimités par des bandes en plastique. En résumé, un climat de fête incomparable, au détriment d'une authenticité qui manque clairement à cette cité artificielle. Le 26 Juin, nous reprenons la route pour la dernière ville de la côte Est de ce road trip.

- Etape 5 (26 au 30 Juin): Washington C'est parti pour trois jours d'une ville musée ! Washington est un bijou de culture, d'histoire, de sciences, de politique, qui n'a pas volé son titre de capitale des Etats-Unis. Nous nous installons dans un petit Holidays Inn de banlieue (à Alexandrie), qui inclut une navette nous amenant directement au métro. Pratique pour préserver son budget. Nous émergeons au coeur de la ville: la fameux National Mall, vaste parc de près de deux kilomètres de long, flanqué de nombreux musées gratuits, du Capitole (abritant le Congrès et le Sénat américains), de la Maison Blanche, et du Lincoln Memorial. Nous visitons plusieurs lieux, à commencer par la Bibliothèque du Congrès et la Cour Suprême du pays. L'entrée est gratuite, et les visites réalisées par des intervenants captivants (en anglais bien évidemment). Nous poursuivons avec le Capitole, emblême politique s'il en est, et la Maison Blanche, histoire d'aller prendre l'apéro avec l'ami Barack. Les 28 et 29 Juin, nous poursuivons les visites. Musée de l'air et de l'aviation, Museum d'histoire naturelle, Lincoln Memorial, Jefferson Memorial, nous passons au pied du bâtiment du FBI (Mulder et Scully nous font coucou à la fenêtre), et faisons étape au pied du Pentagone. Nous y découvrons le mémorial érigé en l'honneur des victimes du crash de l'avion qui s'est écrasé sur la façade le 11 Septembre 2001. Toutes les victimes ont vu leur nom gravé sur des stèles, élégantes sculptures de pierres, d'acier et d'eau. En résumé, Washington permet au visiteur de découvrir une culture incroyable, gratuitement (merci l'Etat américain et les fondations privées), dans une ville paisible et agréable. A voir absolument ! Le 30 Juin au matin, nous reprenons la route pour une grosse étape, direction le Sud !

- Etape 6 (30 Juin au 3 Juillet): le Sud - Charleston Pour parcourir les 1.400 kilomètres qui nous séparent de la Floride, nous faisons une étape en Caroline du Sud, au coeur des terres d'Autant en Emporte le vent. Nous partons visiter une plantation (Magnolia Plantation) et découvrons une nature luxuriante. Les premiers palmiers ont fait leur apparition, signe que nous nous sommes définitivement éloignés de la côte Nord-Est. L'atmosphère est chargée d'humidité, et nous croisons des alligators, des tortues et des insectes de plus en plus gros. Le 1er Juillet, nous partons découvrir la ville de Charleston, en bord de mer. Des petits airs de Cuba confèrent un côté exotique à cette cité portuaire où la foule se presse, et où de somptueuses villas ornent les rues de leurs couleurs vives. Le 2 Juillet, nous parcourons les quelques centaines de kilomètres restant avant de nous poser dans un petit motel au Nord de la Floride, assez fatigués par autant de kilomètres sous une chaleur écrasante ! Le 3 Juillet, nous débarquons dans la banlieue d'Orlando, posons nos bagages dans un motel au Sud-Ouest de la ville et allons nous emparer de nos tickets pour aller voir... Mickey !

- Etape 7 (3 au 10 Juillet): Orlando - Cap Canaveral 4 Juillet 2011, en avant pour 4 jours à Disney World. Orlando est le paradis des parcs à thèmes, Disney, Universal, SeaWorld, l'offre est alléchante mais il a fallu faire un choix, et nous avons préféré Mickey. Il faut dire que contrairement aux autres parcs de la franchise, celui d'orlando comporte pas moins de 4 secteurs différents. Le 1er, Magical Kingdom, ressemble au parc originel de DisneyLand Paris, en moins bien puisque les attractions fortes sont moins nombreuses et certains décors ont un peu vieilli. Le second, Hollywood Studios est très semblable à celui de Paris, avec un peu moins d'attractions également. Le troisième, Epcot, est un ersatz de Futuroscope affublé d'une zone de découverte culturelle des différents pays du monde: intéressant ! Quant au dernier parc, il s'agit, selon moi, du meilleur: Animal Kingdom, dédié aux animaux. Un travail phénoménal a été réalisé sur les décors, la présence d'animaux "sauvages" (le clou: un "vrai" safari au coeur de la savane avec des animaux en liberté), un arbre de Rafiki titanesque, des spectacles de comédie musicale très réussis, bref un MUST SEE. Pour résumer l'expérience DisneyWorld, ne perdez pas votre temps à Magical Kingdom et Hollywood Studios si vous connaissez déjà les parcs parisiens, vous serez déçus de la différence de qualité ! Profitez d'Epcot et Magical Kingdom sans modération ! Le 8 Juillet, nous partons vers le front de mer assister au dernier décollage pour l'espace de la navette américaine Atlantis. La foule se presse aux abords des étangs, un chrono retentit, Five, Four, Three, Two, One..., et une vive lueur apparaît au loin, qui finit par s'élever dans un panache de fumée à une vitesse prodigieuse ! Un moment unique, et c'était la dernière ! Le 9 Juillet, nous partons visiter le Kennedy Space Center à Cap Canaveral, musée de la Nasa consacré à l'exploration spatiale. Au menu, une visite d'une véritable navette spatiale mise à la retraite, de nombreuses conférences très intéressantes, des visites en bus des installations, une simulation de décollage de fusée, une fusée grandeur nature dans un hangar, et tout plein d'objets véritables issus de l'histoire de la Nasa depuis ses débuts. Un très très bon musée pour petits et grands, à recommander. Le 10 Juillet, nous repartons vers le Sud en direction de Miami.

- Etape 8 (10 au 12 Juillet): Miami Chaleur écrasante, soleil de plomb, l'arrivée dans le Sud de la Floride est terrible ! Nous avons réservé un petit motel cheap en front de mer (Ocean Surf, très bien situé) sur Miami Beach. Nous profitons de la plage de sable fin, de l'eau turquoise et incroyablement chaude, et nous prélassons pour une paire de jours de farniente. Le soir, nous sortons sur Lincoln Drive où bars et restaurants s'amassent, fréquentés par une horde de locaux. Le 12 Juillet, nous partons découvrir le quartier Art Déco près d'Ocean Drive et partons manger cubain au bord d'une Marina située au centre-ville de Miami (les Experts ne sont pas loin !). Dans l'après-midi, nous quittons l'étouffante Miami pour rejoindre la pointe de la Floride: les Keys.

- Etape 9 (12 au 15 Juillet): les Keys de Floride - les Everglades Nous débarquons en fin de journée dans un camping situé au coeur du chapelet d'îles des Keys de Floride (à SugarLoaf Key), et le massacre commence. Les moustiques et autres petites mouches voraces nous assaillent de toute part si bien qu'il est impossible de rester dehors sans se faire piquer de façon incessante. Je n'ai jamais vu ça ! Evitez si possible le camping KOA à cet endroit ! Le lendemain, nous repartons pour un petit motel au bord de la route, sur l'île d'Islamorada, histoire d'être plus sereins. J'en profite pour découvrir la faune et la flore de ces îles, véritable petit coin de Paradis à quelques encablures de Cuba. Les iguanes se promènent sur la route, des maquettes de requin géant ornent les devantures de boutique, les habitations locales donnent directement sur des petites criques d'eau turquoise... le pied quoi ! Le 14 Juillet, départ au pied levé pour une excursion en mer ! Vu l'heure (8h00), il y a peu de monde, et nous embarquons juste tous les deux avec un capitaine (qui ressemble au capitaine Igloo !) rien que pour nous. S'en suit une matinée à naviguer au coeur des eaux tropicales, à pratiquer de la plongée au tuba, découvrir les ruines de bateaux échoués au pied d'un ancien phare, des poissons exotiques, des lagunes où rodent des alligators, tout ça avec les explications de notre super capitaine ! L'après-midi, nous retournons sur le continent et arrivons au coeur des Everglades, à la pointe Sud de la Floride. Nous visitons une ferme d'alligators (vraiment très impressionnant), prenons des bébés (muselés !) dans nos bras, et dégustons des queues d'alligators frites. L'occasion également de pratiquer l'air boat au beau milieu des marécages. Ca fait un bruit du tonnerre, mais quelle bonne expérience ! Attention les oreilles ! Nous reprenons la route et passons la nuit dans un motel sur la côte Ouest de la Floride.

- Etape 10 (15 au 19 Juillet): la Louisiane Le 16 Juillet, après deux jours passés à avaler des kilomètres le long du Golfe du Mexique sous une pluie battante, nous arrivons au coeur de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans. Nous posons nos valises dans le motel le plus miteux qu'il nous sera donné de voir dans ce road trip. Des canards tout droits sortis de Tchernobyl gardent l'entrée, la devanture tient plus d'un dépôt de vieux meubles, et le type de l'accueil, bien que très chaleureux, nous file les chocottes en nous disant qu'on risque d'être agressés à tous les coins de rue si on se décide à sortir au centre-ville ce soir... bon on se contentera du dernier Harry Potter pour l'instant ! Le 17 Juillet, le temps est toujours à l'image de la région: hyper humide avec de lourds nuages noirs, le petit frère de Katrina ne serait-il pas loin ? Nous partons découvrir le French Quarter au coeur de la ville, véritable repaire des artistes, de la musique jazzy aux sculptures loufoques, il règne ici une ambiance unique. Des bars à tous les coins de rue, de douces notes musicales dans les rues, malgré les trombes d'eau. Une ambiance de carnaval également, et l'on prend un malin plaisir à essayer tous les masques possibles, vive les plumes colorées sur la tête ! Un petit détour pour goûter les "fameux" beignets du Café du Monde (véritable institution touristique), assez insipides, mais puisque c'est "réputé"... En fin de journée, nous quittons la ville pour nous diriger plus au Nord, en direction de Bâton Rouge. Le 18 Juillet, nous nous réveillons près de Bâton-Rouge (en référence aux poteaux rouges ornés de têtes d'animaux plantés dans la région par les Améridiens de l'époque) qui n'est autre que la Capitale de la Louisiane. Le Capitole de la ville (Sénat + Parlement) est comme toujours grandiose, et offre un point de vue imprenable sur la cité. Hormis ça, il n'y a pas foule, nous croisons quelques hommes d'affaires au centre-ville, déjeunons dans un succulent restaurant italien, mais face à l'absence totale d'animation, nous repartons assez vite en direction de Lafayette à quelques dizaines de kilomètres de là. Hélas, ici non plus, pas grand chose à signaler, nous nous promenons sur le campus de l'université, très British dans son architecture, et faisons le plein de provisions chez le géant WallMart pour les prochains jours de route.

- Etape 11 (19 au 21 Juillet): le Texas Le 19 Juillet, nous quittons les terres humides et orageuses de la Louisiane pour nous diriger vers l'Etat des cow-boys et de la famille Hewing (Dallaaaaaaas !!!). Nous ne ferons qu'une pause éclair à Houston, et poursuivons la route vers l'Ouest en direction de San Antonio. Et c'est là que nous voyons le paysage changer radicalement. Tandis que depuis le début de cette aventure, l'environnement se résumait à de hauts arbres verts obstruant la vue à des kilomètres à la ronde (excepté la Floride), nous voyons pour la première fois les bas-côtés se clairsemer progressivement. La terre jaunie par endroits se fait plus aride, et plus vallonée également. Les arbres sont de plus en plus rares, et les buissons remplacent leurs homologues à feuilles caduques... ça fleure bon le grand ouest tout ça ! Nous posons nos valises dans un petit motel à l'entrée de San Antonio, sous un orage exceptionnel. Le lendemain, le 20 Juillet, nous nous rendons au centre de la ville, où l'ambiance mexicaine fait son apparition. Nous visitons le Fort Alamo (là où Davy Crockett a trouvé la mort avec d'autres soldats), longeons la petite rivière au coeur de DownTown et dégustons de savoureux petits plats sous des parasols aux couleurs chatoyantes. En milieu d'après-midi, nous reprenons l'autoroute en direction d'Austin, que nous n'aurons pas l'occasion de visiter, hélas, pas plus que Dallas. Le planning est assez serré, et le Texas en a fait les frais. Coincés dans des embouteillages monstres, nous quittons la route pour trouver un magasin de camping histoire de trouver de quoi rafistoler notre tente qui a connu quelques pépins trois jours plus tôt. Le soir, nous arrivons à la nuit tombée dans un motel en bordure d'autoroute, à côté d'Abilène. La chaleur est écrasante, je pars courir pour me défouler et l'absence de vent manque de faire exploser ma tête tant il fait chaud !!!

- Etape 12 (21 au 24 Juillet): le Nouveau Mexique Le 21 Juillet, nous traversons les terres qui séparent le Texas du Nouveau-Mexique. Le paysage est de plus en plus désertique, nous voyons les silhouettes de Derricks se balancer d'un rythme lent et perpétuel en pompant le pétrole sous-terrain. Nous croisons également de gigantesques champs d'éoliennes, les plus grands qu'il m'ait été donné de voir jusqu'ici ! Qui aurait cru qu'un Etat comme le Texas puisse être autant en avance... La route est longue jusqu'au Nouveau-Mexique, mais à force de traverser de tous petits villages en bois que l'on croirait tout droit sortis d'un film de cow-boys, nous arrivons enfin aux portes du grand-ouest américain. Depuis le haut d'une colline, nous surplombons une gigantesque cuvette entourée de montagnes aux pentes arides et étouffées par la chaleur: devant nous se tient la petite ville de Roswell. Nous nous rendons au Visitor Center et sommes aimablement accueillis par une guide qui sait nous choyer comme nulle autre pareil. Les valises posées dans un motel, nous partons à la recherche d'un petit restaurant... mais hic, tout ferme à 21h00 ou presque ici ! Nous trouvons enfin un bar de rock où nous sommes servis par un jeune du cru, qui a grandi dans la ville: il nous confie que la réputation des petits-hommes verts attachée à Roswell, il en a ras la casquette ! Le soir, l'orage gronde, nous quittons la ville et partons faire des photos de cette ambiance surréaliste, nichés dans la campagne alien. Le 22 Juillet, nous visitons le centre-ville, son musée consacré aux OVNIS et à l'épisode du crash supposé d'une soucoupe volante en 1947. Le lieu est kitsch au possible, entretenu avec les fonds des visiteurs, mais très bien documenté et reflète assez bien ce qui s'est passé ici il y a longtemps. Nous découvrons ensuite une galerie de black painting tenue par un vieux monsieur en respirateur, des boutiques aux objets poussiéreux mais toujours très fun et prenons le large dans la campagne du Nouveau-Mexique, en direction de l'Ouest. Nous visitons la contrée de Billy the Kid, nous promenons sur un site de pétroglyphes plus au Sud pour finir par poser nos bagages dans un motel 6 situé à Alamogordo, près de la frontière mexicaine. Le 23 Juillet, réveil sous un soleil de plomb, nous partons au monument national de White Sands, qui comme son nom l'indique est une véritable mer de sable blanc, perdue au beau milieu de nulle part, et qui a servi accessoirement de test pour la première bombe nucléaire américaine, et est toujours une zone de tirs de missiles. Nous en profitons pour louer une "luge" et dévaler les pentes... hélas, la luge étant faite pour la neige, la glisse sur le sable est bien moins efficace, et l'on peut aisément s'en passer. Le paysage est lunaire, la chaleur écrasante mais la visite en vaut vraiment la peine ! Nous repartons vers le Nord, faisons une pause à Albuquerque au beau milieu d'un festival de musique urbaine, puis rejoignons le motel Super 8 de Santa Fe. Toutes les habitations de la région sont en Adobe (argile marron) et confèrent aux lieux des airs mexicains du plus bel effet. Le 24 Juillet, nous partons visiter le village de Taos, un des derniers vestiges des amérindiens (un peu surfait au passage...), franchissons le Gorge Bridge, puis traversons une partie du Colorado avant de rejoindre, tard dans la nuit, un camping situé à Moab, dans l'Utah.

- Etape 13 (24 au 26 Juillet): l'Utah Lundi 25 Juillet, réveil à Moab, direction le parc national des Arches. De quoi remplir une à deux journées, selon que vous êtes amateurs ou non de randonnées, le parc offre de nombreux points de vue sur des structures titanesques sculptées par le temps et l'érosion. A voir absolument, une vraie merveille de la nature ! Le soir, après une journée entière passée à arpenter les sentiers du parc, nous trouvons repos dans un petit motel de Moab, attention, si vous ne réservez pas à l'avance à cette période de l'année, vous risquez de vous en mordre les doigts ! Mardi 26 Juillet, nous partons visiter Monument Valley et nous la jouons Lucky Luke avec une randonnée au beau milieu des trois buttes ô combien connues. Le site est en plein territoire Navajo (tribu amérindienne ancestrale) qui gère elle-même le parc. Du coup, ici point de bitume pour se promener, les voitures doivent se la jouer tout terrain, au risque d'y laisser quelques eraflures et de bien jolies traces de boue (nous y avons subi des pluies torrentielles, suivies de très belles éclaircies). Le parc est assez petit, compter une journée maximum en prenant bien son temps. Il est possible d'y effectuer des balades à cheval. Quoiqu'il en soit, le panorama est à couper le souffle, et les lueurs d'un coucher de soleil ravivent les couleurs de la pierre à la nuit tombée. Le soir nous reprenons la route vers l'Ouest, en direction de l'Arizona.

- Etape 14 (26 au 30 Juillet): l'Arizona Une fois arrivés près de la ville de Page en Arizona, au bord du lac Powell, nous tombons vite des nues... la ville est overbookée ! Pas un camping à l'horizon, tous les motels sont complets, nous ne savons pas où passer la nuit. Après de multiples allers-retour à travers la ville et des erreurs de GPS, nous trouvons un motel perdu à 50 ilomètres de là, visiblement nous ne sommes pas les seuls à avoir trouvé notre roue de secours pour la nuit. Tenu par un couple de septuagénaires, le lieu est un vrai cri d'amour à la mère patrie américaine. Toute la décoration, des draps aux tableaux en passant par la nappe, la poubelle, la salle de bain ou les rideaux, absolument tout fait référence aux symboles américains ! Tout bonnement hallucinant ! Le 27 Juillet, après un repos bien mérité, retour à Page où nous visitons le barrage de Glen Canyon (dont la retenue d'eau n'est autre que le lac Powell, un gigantesque réservoir artificiel, lieu de nombreuses activités nautiques), puis, dans l'après midi, nous partons visiter Antelope Canyon, dont les méandres creusés par l'écoulement des eaux de pluie, donne lieu à de superbes prises de photos, surtout quand des rayons de lumières viennent zébrer le tunnel ! L'arrivée sur les lieux (entretenus une nouvelle fois par les amérindiens Navajos) est l'occasion d'une vraie séance de rallye avec une guide qui se la joue Sébastien Loeb dans une camionette qui commence à dater, bref une vraie partie de rigolade ! En fin d'après-midi, nous reprenons notre chemin vers l'Ouest, quittons la route le temps d'une petite randonnée en direction du Horseshoe Bend (méandre du Colorado en forme de fer à cheval), et arrivons enfin dans le parc national du Grand Canyon. Nous progressons depuis l'Est (Desert Point, superbe entrée en matière), et plantons la tente pour 3 nuits dans un camping situé à une dizaine de kilomètres au sud de l'entrée principale. Le 28 Juillet, nous passons par l'inévitable visitor center, puis longeons l'arête principale de South Rim ("rive sud") qui offre des points de vue à couper le souffle sur le Grand Canyon, sa rive Nord, et à de rares endroits, sur le Colorado, situé 1400 mètres plus bas. Des navettes de bus très fréquentes et bien réparties permettent au visiteur de ne pas se farcir des marches trop longues et nous avons testé le restaurant du lieu, vraiment très bon et pas trop l'arnaque. Nous avons croisé des biches pas farouches pour un sou, et le soir, pour le coucher de soleil, un arc-en-ciel plongeant droit dans la gorge est venu récompenser les visiteurs. L'image est absolument magique, empreinte d'une féerie indéniable. Le lendemain, le 29 Juillet, je me dis que je ne peux tout de même pas repartir du Grand Canyon sans avoir vu le Colorado de mes propres yeux. Je décide donc de partir pour une longue randonnée (la Bright Angel Trail), qui descend sur 13 kms avec 1400 mètres de dénivelé avant d'atteindre le fleuve, encore glacial même à cette saison. Le chemin est clairement balisé, et parsemé de trois points d'eau salvateurs tant la chaleur est rude. Je croise des biches avec leur faon, quelques rares autres randonneurs, et rejoins le point de départ en un peu moins de 6 heures. Éprouvant, mais ça en vaut la peine ! Je rentre au camping épuisé !

- Etape 15 (30 Juillet au 2 Août): Las Vegas - Le Nevada Le 30 Juillet, nous quittons la zone du Grand Canyon en direction du Nevada. Une petite pause au barrage Hoover sur le Colorado (bondé de monde, assez impressionnant), et nous voilà de retour en plein désert, quand surgit alors de nulle part une vaste cité entourée de montagnes lointaines... bienvenue dans l'empire du jeu, du luxe et de la démesure ! Mais détrompez-vous, bien que Vegas ait la réputation sulfureuse voire limite ostentatoire qu'on lui prête, la ville est très abordable ! La concurrence dans le secteur de l'hôtellerie-restauration est telle qu'en cherchant bien, on trouve des tarifs absolument imbattables, tant pour les motels que les restaurants, ou buffets à volonté à quelques 7$... Cependant, nous avions décidé de nous faire plaisir, et ce bien avant le début du road trip. Les nuits d'hôtel à Vegas étaient d'ailleurs les seules que nous avions réservé longtemps à l'avance dans ce road trip. Cette fois-ci, nous passerons deux nuits au Louxor (la gigantesque pyramide noire) et une dernière dans un petit motel 6. La foule est omniprésente à notre arrivée, il est 15h00 mais les femmes sont déjà en tenue de soirée, un verre à la main, prêtes à dilapider la fortune de leur mari !!! Nous récupérons les pass, grimpons jusqu'à la chambre dans un ascenseur oblique (au départ, on a tendance à tomber sur le côté), et partons profiter des lieux et de l'excellent buffet à volonté ! S'en suivent deux jours à parcourir la ville, visiter les expos de l'hotel (Bodies et Titanic), un spectacle de magie de Criss Angel, découvrir tous les hôtels du Strip, depuis le Mandalay jusqu'au César Palace de Céline en passant par le MGM (tous sont de véritables petites villes !) et la Stratosphère avec ses attractions au sommet de la tour. Nous récupérons au passage un ami à nous à l'aéroport qui nous accompagnera durant les deux semaines à venir. Au final, tout va très vite à Vegas, tout est disproportionné, le visiteur est comme noyé dans un abîme de lumière, de cris, de cliquetis incessants à donner le tournis. Vegas est inintéressant pour quiconque ne recherche pas la démesure et le côté festif du sex and money, pour les autres, ce sera un véritable petit paradis, parfait rejeton d'une industrie du tourisme déconnectée de la réalité.

- Etape 16 (2 au 4 Août): La Vallée de la Mort Le 2 Août, nous quittons la frénésie de Vegas en reprenant la route vers l'Ouest. Nous franchissons de petites montagnes, puis quittons l'autoroute principale pour entamer notre descente vers la Vallée de la Mort. Le soleil se couche paisiblement et pare le ciel d'un voil rouge du plus bel effet. Nous nous acquittons du droit d'entrée dans la Vallée auprès d'un guichet automatique alors que la nuit tombe pour de bon. Étonnamment, la température de diminue pas... mais continue d'augmenter plus on s'enfonce dans la Vallée ! Alors qu'il faisait 25°C sur les plateaux que nous venons de quitter, il règne pas moins de 43°C au coeur de la Vallée de la Mort, alors qu'il y fait nuit noire et qu'il est 23h00 !!! Toute sortie hors de la voiture climatisée se transforme en véritable épreuve. Nous arrivons au seul camping/hôtel du Parc National, que nous n'avions évidemment pas réservé, et qui est bien sûr complet. Nous nous approchons alors d'une zone, à quelques kilomètres de là, où il est paraît-il possible de planter la tente. Manque de bol, c'est fermé de Mai à Octobre ! Bon, eh bien il ne nous reste plus qu'à ressortir du Parc, pour finalement trouver refuge dans un motel d'une petite ville à une soixantaine de kilomètres de là. Vu l'heure, on téléphone avant, et on nous invite à récupérer la clef au fond du Casino (!) qui borde l'hotel. En effet, en débarquant sur le coup des 1h00 du matin, je traverse un petit casino où 3 personnes végètent devant des machines à sous, dans ce petit bled paumé ! Le 3 Août, nous retournons dans la Vallée de la Mort pour une journée, comment dire, infernale ! Nous démarrons par visiter le village fantôme de Rhyolite, abandonné au début du siècle suite à une panique bancaire qui a détruit l'exploration minière des environs. A l'entrée du village, nous découvrons les sculptures ubuesques d'un artiste belge: des spectres blancs, un canapé en pierre ou une bimbo sculptée version Lego, voilà qui est assez original pour un lieu comme celui-ci ! Nous partons vers le Sud, et la température à l'ombre atteint son record de la journée: 51°C !!! Heureusement, l'air est très sec, mais tout de même, c'est assez violent. Il faut dire que les mois d'Août et Juillet sont ceux à éviter pour venir dans la Vallée de la Mort... Nous arrivons au coeur d'un désert de dunes (Mesquite Sand Dunes), retournons à Furnace Creek (le fameux camping/hotel bondé), faisons étape à l'Artist's Pallete où la roche prend des teintes vertes, orangées, violacées et rougeâtres dignes d'une toile. Nous poursuivons avec le Zabriskie Point, puis la zone extraordinaire du Badwater Basin, lac de sel situé à 85 mètres sous le niveau de la mer ! La vision est à la fois idyllique et apocalyptique, tant la blancheur du sol nous éblouit et la chaleur nous écrase. En fin de journée, nous reprenons la route vers le Sud et quittons la Vallée de la Mort. Nous arrivons de justesse à trouver une station essence pour remplir le réservoir, et nous dirigeons vers l'Ouest et la Californie pour venir planter la tente (une nouvelle, achetée chez Walmart !) dans un camping KOA près de l'Autoroute.

- Etape 17 (4 au 9 Août): Los Angeles Le 4 Août, après des dizaines de kilomètres de banlieue, nous débarquons à Venice Beach, puis allons trouver un motel pas cher (technique du coupon) non loin d'Hollywood boulevard. Le soir nous sortons dans un restaurant "chic" du centre de Los Angeles (Gwen Stefani y avait organisé sa fête d'anniversaire une semaine auparavant), mais pas très bon, et nous prenons une prune pour erreur de stationnement ! Le 5 Août, au réveil, rebelote, la voiture n'était pas garée dans le même sens que les autres et de nouveau la prune ! Méfiez-vous des pervenches de Los Angeles, qui ont la dégaine facile ! Aujourd'hui, direction le parc des studios Universal, situé sur les collines d'Hollywood. Le parc en lui même est assez petit, mais propose une paire d'attractions à sensations (Jurassic Park, La Momie, simulateur Simpson), de nombreux décors splendides (on se croirait vraiment au coeur du film aux dinosaures), des spectacles ahurissants (Waterworld, Terminator), mais surtout la visite en petit train des studios Universal où sont tournées des films et séries comme Les Experts, Desperate Housewives (on pénètre même dans la rue des 5 ménagères !!!), les dents de la mer ... En résumé, un bon parc, divertissant et pas trop bondé de monde, à recommander ! Le 6 Août, nous arpentons le Walk of Fame, ensemble ultra-connu de trottoirs où les étoiles au sol récompensent des artistes dans des domaines aussi variés que la musique, le théâtre, le cinéma, la radio et la télévision. Une petite photo devant le Kodak Theatre (renommé depuis Dolby Theatre suite à la faillite de Kodak) dans les traces de Will Smith, et nous voilà repartis pour une petite balade au coeur des collines d'Hollywood, afin d'apercevoir les fameuses lettres blanches. Hélas, nous empruntons un chemin qui relève plus du parcours du combattant que de la promenade de santé. La pente est raide, les herbes hautes, la terre dévale sous nos pieds, nous nous agrippons au moindre caillou, quand enfin nous rejoignons ce qui était censé être le chemin d'accès. Ouf ! Clic-clac, quelques poses comme des stars, et vient l'heure de redescendre. Sauf qu'une fois encore, pour écourter, nous empruntons la mauvaise voie, et nous retrouvons sur le terrain d'une immense propriété privée (d'une star ???). Finalement, après maintes remontées et descentes, nous rejoignons enfin la voiture, couverts de terre. Sympa Hollywood ! Sur le retour, nous passons faire un détour à Beverly Hills, quartier très paisible comme dans la série télé, puis rejoignons le bord de mer pour nous installer pour deux nuits dans une auberge de jeunesse en front de mer à Hermosa Beach. Nous passons la soirée à Hollywood, et à notre retour, la zone est transformée en véritable beuverie digne des lus grands spring breaks. Une de nos colocataires est d'ailleurs très affairée avec un américain à notre arrivée dans la chambre, mais bon, ca n'a pas l'air de les gêner, et ca continuera toute la nuit, vive le spectacle ! Le 7 Août, seule journée de mauvais temps, nous passons du temps à la plage et avec les autres jeunes de l'auberge. Les cabines de sauveteurs sont les mêmes que dans Alerte à Malibu, mais l'eau est assez froide et pleine d'algues ! Le 8 Août, nous plions bagages, et nous rendons à Los Angeles pour payer nos deux amendes. Ensuite, direction le centre-ville (business), où les hommes d'affaires costume trois pièces côtoient les mendiants par dizaines. Le contraste est saisissant, la pauvreté criante. Rien de bien extraordinaire, un petit détour par la gare et le quartier Japonais, nous nous dirigeons en fin de journée vers le Dodgers Stadium, le stade de Baseball de l'équipe locale qui affronte ce soir les Phillies de Philadelphie. Près de 4 heures de match dans une ambiance du tonnerre où petits et grands partagent cette même soif de victoire, vraiment sympa ! Hélas, les Dodgers de L.A ont perdu... Il fait nuit noire, nous retournons à la voiture et prenons la direction du Nord. Nous plantons notre tente sur les 2h00 du matin, dans un camping KOA perdu dans les terres vallonées de la Californie.

- Etape 18 (9 au 13 Août): San Francisco Le 9 Août, nous passons la journée à rejoindre San Francisco, en alternant avec la côte brumeuse et fraîche, et les terres arides et ensoleillées (le contraste est frappant !). Nous débarquons dans la ville en plein festival de musique, du coup les tarifs des motels, déjà assez élevés dans le coin, ont pratiquement doublés... il faudra faire avec. Attention en revanche, tout ferme tôt à San Francisco, et trouver de quoi manger passés les 21h00 relève du défi ! Le 10 Août, il fait toujours aussi moche et frais, nous partons profiter de la plage au Nord de la ville. Une vue imprenable sur la baie, le Golden Gate et la prison d'Alcatraz. Nous continuons notre découverte du littoral plus à l'Ouest, avec China Beach et le Lincoln Park. Les pulls ne sont pas de trop ! Le soir, un petit tour dans le Castro où l'on a même pu voir l'ancienne boutique d'Harvey Milk. Le 11 Août, direction la rive Est de la ville, près du stade de Baseball. Nous nous rendons sur les quais et partons explorer les alentours en kayak ! L'eau est froide, le vent fort, mais le jeu en vaut la chandelle. Nous voilà face au centre-ville, au milieu des ferry, entre les piles titanesque du pont qui relie la ville à Oakland. Un éléphant de mer nous accompagne quelques instants, avant que le terrible courant qui sévit dans la baie de San Francisco ne vienne achever nos bras ! Nous changeons de motel pour notre dernière nuit et dînons dans un restaurant typiquement américain (déco, carte, service, tout y passe !). Le 12 Août, pour notre dernière journée tous les trois, nous débarquons au Fisherman's Wharf, la zone touristique portuaire au Nord de la ville. Au programme, dégustation du Clam Chowder dans un pain creux au Boudin Café, et découverte du Pier 39 et ses multiples combats d'otaries et autres éléphants de mer. Ca braille dans tous les sens, mais qu'est ce qu'on rigole ! Nous continuons la visite en nous dirigeant vers la Coït Tower, offrant une vue imprenable sur la ville, puis partons faire un petit tour au musée des Cable Car (les fameux tramways de San Francisco). En sortant, nous sautons dans un des wagons pour une petite virée au centre-ville: l'engin est archi-bondé, impossible de s'asseoir, et je manque de heurter les passagers qui arrivent en sens inverse et qui n'ont pas plus de place que moi. Enfin, nous découvrons la Lombard Street et son fameux passage aux virages serrés agrémentés de jardinières toutes plus colorées les unes que les autres. Voilà, s'en est finit de notre voyage à plusieurs, je raccompagne mes amis à l'aéroport, et quitte la ville le soir même, direction Oakland où je passerai la nuit dans un motel avant d'entamer le mois d'aventures qu'il me reste, en solitaire.

- Etape 19 (13 au 18 Août): Sierra Nevada 13 Août 2011, je passe la journée à rouler en direction du Sud-Est, et pose ma tente dans un camping de Fresno, le temps de faire le plein de provisions et de repos pour les jours à venir. La ville est coincée dans une large vallée aride, entre la côte Californienne et la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada. Le 14 Août 2011, je file vers l'Est au coeur du relief. Les terres sont désertiques, mais plus je grimpe en altitude, plus les conifères tapissent les versants. Je traverse la Sequoia National Forest, puis arrive à l'entrée d'un parc national qui en regroupe en réalité deux: le Sequoia National Parc, et le King's Canyon National Parc. Je m’acquitte des 20$ de droits d'entrée, et commence par le premier, au Sud. Je tombe sur le camping de Dorst Creek, par chance, il n'est pas complet. J'y plante la tente, et repars sur les routes sinueuses du parc. Je pars faire une randonnée aux chutes Tokopah (depuis le Lodgepole Village), aperçois un bébé ours noir, et contemple cette vallée fertile zébrée d'une rivière glaciale. Ensuite, je me rends dans la Giant Forest, qui comme son nom l'indique, a la particularité de rassembler les Séquoias géants parmi les plus imposants au monde, et ça n'est pas peu dire. On se sent pour le coup très, très petit face à l'immensité des colosses de bois, dont certains sont couchés à même le sol, leurs racines n'ayant pas été assez résistantes. Parmi eux se trouve le General Sherman Tree, l'arbre le plus gros du monde. Le 16 Août, après une fraîche nuit passée en montagne, je me rends au Sud de la Giant Forest, découvrir le point d'observation du Moro Rock (vue imprenable sur le parc moyennant quelques marches à gravir, et sur la vallée de Fresno), puis m'en vais rejoindre la Crescent Meadow, véritable vivier de jeunes pousses où règne un calme enchanteur. Je rebrousse ensuite chemin pour me rendre au Nord, dans le parc du King's Canyon. En effet, celui-ci s'articule le long d'une gorge qui descend petit à petit (sa hauteur cumulée est d'ailleurs supérieure à celle du Grand Canyon), avant d'arriver à "la fin de la route". Il n'est plus possible de continuer en voiture, je décide donc de partir en randonnée sur une quizaine de kilomètres, et découvre les chutes des Mist Falls, dans une brume troublante. La nuit tombe sur la Sierra Nevada, je rebrousse chemin, exténué, et plante de nouveau ma tente au camping de Fresno. Le 17 Août, je me rends au parc National du Yosemite, et y perds un temps précieux à trouver un camping qui ne soit pas encore complet. Hélas, tous le sont ! Du moins, sur les affiches de façade. Tentant le tout pour le tout, j'insiste auprès de l'un d'entre eux, qui m'annonce qu'il reste finalement des places: même si le panneau "complet" est affiché, c'est en réalité une 'tactique' des autorités du parc... mouais. Le Yosemite figure parmi les parcs nationaux les plus connus et fréquentés des Etats-Unis (4 millions de personnes chaque année), j'ai le sentiment de me retrouver au coeur d'une usine à touristes. Les voitures sont garées sur le bas côté comme lors d'une épreuve du tour de France, je ne compte plus les campings amassés au coeur de la vallée, un supermarché, des hotels, cafétérias, service de navette en veux-tu en voilà, bref, on est assez loin de l'intimité des parcs du Sequoia et du King's Canyon. Mais bon, passons. Je découvre les chutes Bridalveil, effectue une petite rando au Mirro Lake, et me dirige en fin de journée au Glacier Point, au beau milieu d'un incendie de forêt (commandé et maîtrisé par les pompiers) commun à cette saison. De là, la vue est simplement parfaite. La lueure rose pâle du coucher de soleil confère à la scène une douceur indescriptible. J'aperçois des chutes au loin, ainsi que l'énorme Half-Dome qui fait le bonheur des randonneurs. Plus bas, la vallée du Yosemite paraît ridiculement petite, tandis qu'un cerf et sa biche viennent se repaître au milieu des touristes, comme un petit cadeau de la nature après cette belle journée. Je passe la nuit au camping, sous un ciel rempli d'étoiles brillantes comme jamais ! Le 18 Août, je me dirige à l'Est du parc, vers les Tuolumne Meadows (prairies Tuolumne) autrefois recouvertes par un glacier. La randonnée me donne l'occasion de grimper sur un énorme amas rocheux au point de vue imprenable, et de découvrir un petit lac digne d'une carte postale. Je reprends la route dans l'après-midi et quitte les terres du Yosemite pour redescendre, à l'Est, dans les zones désertiques de la Californie. J'ai franchi la Sierra Nevada ! Un petit arrêt au Mono Lake, et je m'installe en fin de journée dans un petit motel à Carson City, qui marque mon retour dans le Nevada.

- Etape 20 (18 au 21 Août): Salt Lake City Le 18 Août, sur la longue route qui me mène au Nord de l'Utah, je m'arrête dans un motel de la ville d'Eiko, typique des bourgades moyennes au coeur du territoire américain, où les locaux roulent, chapeaux de cow-boys vissés sur le crâne, dans d'énormes 4x4. Le casino est directement intégré au motel, et je retrouve même une balle de 9mm (non utilisée...) dans ma chambre ! Le 19 Août j'aperçois les premiers reliefs annonciateurs des Rocheuses au pied desquels se cache l'imposante ville de Salt Lake City. Je débarque dans une très bonne auberge de jeunesse (Avenues Hostel), et part avec mon nouveau colocataire japonais visiter la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde: la Bingham Canyon Mine. Le soir, bonne petite bouffe entre jeunes et moins jeunes à l'auberge. Le 20 Août, nous partons avec deux de mes compères, visiter le centre-ville, évidemment marqué par l'omniprésence des Mormons. Nous découvrons le Temple, qui regroupe plusieurs édifices religieux, et sommes abordés par deux missionnaires mormones. Nous voilà donc un petit groupe d'origines diverses (Japon, Italie, France, Corée du Sud, Bangladesh), pendant quelques heures, à discuter philosophie, croyances et religions en traversant les bâtiments mormons. Unique et très instructif ! L'après-midi, je me rends aux abords du Great Salt Lake, plus particulièrement dans le State Park d'Antelope Island, vaste île assez bien préservée du tumulte touristique. Ici, des bisons par dizaines se promènent en liberté, des antilopes également, et il y a un petit musée sympathique à l'entrée. J'ai également pu me baigner dans le lac de sel (je confirme, on flotte bel et bien, mais pas autant que dans la mer Morte !), moyennant une rencontre avec des centaines de milliers de moucherons inoffensifs qui tapissent le rivage et se meuvent dans un bourdonnement terrible. Phobiques des insectes s'abstenir ! Je rentre passer la soirée avec les habitants de l'auberge. Le 21 Août, je quitte cette ville qui aura constitué une étape originale, pour prendre la direction du Nord, à travers les plaines de l'Idaho (où je croise une hideuse usine du géant Monsanto qui défigure le paysage) et les montagnes du Wyoming.

- Etape 21 (21 au 24 Août): le Yellowstone En suivant la Highway 89, je traverse la petite ville de Jackson avant de pénétrer dans la zone du Grand Teton et Yellowstone National Park. Le droit d'entrée donne accès aux deux parcs. J'ai cependant privilégie le second, ne serait-ce que pour sa diversité. Cette fois-ci, par mesure de prudence, j'ai réservé tous les campings à l'avance, car ressortir du parc (dont la superficie est colossale) pour rejoindre le premier motel prendrait des heures. J'installe la tente au camping du Grant Village, très agréable, puis part découvrir une zone de geysers et sources chaudes au bord du lac Yellowstone, au West Thumb Geyser Basin. Le jour tombe, et je réalise soudain que j'ai déjà avalé de nombreux kilomètres depuis la Californie, et la température vient me le rappeler violemment ! La nuit, bonjour pulls, doubles voire triple paires de chaussettes, duvets et couvertures, car on frise les 5°C même en été. Le 22 Août, je poursuis la visite du parc (en forme de grande boucle, pratique pour tout découvrir sans allers-retours incessants), franchis le Continental Divide (limite depuis laquelle les eaux s'écoulent soit en direction du Pacifique, soit vers le Golfe du Mexique). J'assiste à des éruptions de geysers (randonnée du Lone Star Geyser, Old Faithful Geyser au coeur du Geyser Basin), et respire les vapeurs souffrées des sources d'eau chaudes aux couleurs chatoyantes. Certaines d'entre elles ressemblent à de véritables piscines d'eau turquoise transparente. Je croise des coyottes, des biches, des criquets et savoure ces instants passés au beau milieu d'une nature luxuriante au possible. Je passe la nuit au camping Madison, au Nord Ouest du parc. Le 23 Août, je découvre l'Artist Paint Pot (véritable pot à peinture de boue en ébullition), et la zone de Mammoth Spring avec son petit village qui ressemble à s'y méprendre à un bourg des Pyrénées ! Par la suite, je réalise l'ascension du Mont Washburn qui offre un panorama à 360° sur l'ensemble du parc, et au loin, sur les montagnes du Grand Teton. J'y croise un petit écureuil, lointain cousin de Tic et Tac, qui prend un malin plaisir à jouer à cache-cache ! En fin de journée, je redescends au Sud-Est du parc, et me rend au bord du Yellowstone Canyon, d'où il est possible de contempler de somptueuses chutes d'eau plantées au beau milieu d'un décor unique balafrant le territoire comme une grosse cicatrice. Je reprends alors la voiture, et voilà qu'un troupeau de bisons en liberté a décidé de venir au bord de la route. Plusieurs mâles entament même des joutes sur le bitume, pour le plus grand bonheur des photographes amateurs présents. Je plante ma tente au camping de Lake Village, après m'être restauré dans le très bon établissement de l'hôtel local.

- Etape 22 (24 au 25 Août): le Mont Rushmore Le 24 Août, en quittant le parc du Yellowstone, je me retrouve planté derrière un bison qui a trouvé bonne l'idée de marcher droit sur la route en lieu et place des voitures. Et c'est qu'il prend son temps le bigre ! En chemin, je m'arrête au bord de petits lacs paisibles, quand progressivement, les montagnes fertiles des Rocheuses laissent la place à de vastes plateaux désertiques: je traverse aujourd'hui l'Etat du Wyoming d'Ouest en Est. Je me fais arrêter au passage par un flic pour excès de vitesse (comme dans les films, mais sans les mains sur le capot !). Par chance, il ne comprenait rien aux hiéroglyphes de mon permis de conduire français, et j'ai pu repartir avec un bon gros sermon, mais sans amende, ouf ! Je traverse les terres du terrible Buffalo Bill, qui chassait l'animal éponyme afin de nourrir les ouvriers constructeurs des voies de chemin de fer. Je finis par déposer mes bagages après 700 kilomètres de route, au coeur des Black Hills. Le 25 Août, je me dirige au Nord Est et débarque au Monument National du Mont Rushmore. L'entrée (10$) met aussitôt dans l'ambiance machine à touriste: un énorme hangar de postes de péages, suivi par un parking à plusieurs étages, tout cela planté au beau milieu de collines boisées qui n'ont rien demandé à personne. En progressant, je tombe sur une allée bondée de touristes, une boutique de souvenirs supermarché, et m'empresse de rejoindre un groupe qui écoute attentivement un ranger raconter moult choses intéressantes sur les lieux. C'est plutôt impressionnant de se retrouver face à ce célèbre monument à l'effigie de 4 présidents américains (Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln), et j'en apprends plus sur la construction de la sculpture par son créateur. La maquette est exposée dans un petit musée. Je m'enfile une glace à l'italienne et repars sur les chapeaux de roue en direction de l'Est pour trois jours de route, direction les bords du lac Michigan.

- Etape 23 (25 au 31 Août): Chicago Pas moins de trois jours me seront nécessaires pour rejoindre Chicago, à plus de 1500 kilomètres de là, sur d'interminables lignes droite assez peu fréquentées. J'ai traversé le Dakota du Sud, aussi désertique que l'Utah, franchi de nouvelles montagnes, puis ai progressivement vu le paysage changer, du Wisconsin au Minnesota, et jusqu'à l'Illinois. Les arbres touffus se sont faits de plus en plus nombreux, et j'ai retrouvé ce que j'avais laissé sur la côté Est. Le 28 Août, je débarque dans la ville, et gare la voiture près d'une des nombreuses plages de Chicago, dans un quartier populaire. De nombreuses familles afro-américaines partagent un goûter au bord du lac Michigan, à l'abri du tumulte de la ville, que je n'avais pas connu si violent depuis Los Angeles. Le 29 Août, je pose mes bagages dans une excellente auberge de jeunesse (Chicago Getaway Hostel), très bien située, près du parc Lincoln. Ni une ni deux, je prends mon ticket transports illimités 3 jours (14$) et m'empresse de monter à bord du métro aérien bien connu (le Loop). J'arrive au coeur du centre d'affaires, les tours sont gigantesques, je suis écrasé par la foule et le poids de la ville. Je pars à la rencontre du Millenium Park avec sa fameuse sculpture en forme de haricot argenté (Cloud Gate) qui déforme les silhouettes dans un jeu de contorsions diaboliques. Je me promène aux abords du port de la ville, puis arpente les rues au pied de quelques buildings historiques et de la statue géante de Marilyn Monroe. Le 30 Août, je me rends au Lincoln Parc, véritable poumon vert de la ville, et pénètre dans le zoo éponyme (et gratuit). Quel plaisir de voir un lieu public aussi intéressant, riche en découvertes, et où les petits (et les grands) s'amusent comme des fous. L'après-midi, je pars faire la visite de la Willis Tower (autrefois appelée Sears Tower), officiellement le bâtiment le plus haut du monde jusqu'en 1998, avec ses 440 mètres de hauteur. Le skydeck, au 103ème étage, nous donne la possibilité de marché sur des alcoves en verre, et d'être ainsi suspendus dans le vide... impressionnant, à faire absolument ! Le soir, je me rends dans l'autre tour réputée de la ville: le John Hancock Center, qui offre une terrasse d'observation, à ciel ouvert cette fois-ci (bon, ça reste une grille malgré tout). La vue est meilleure qu'à la Willis Tower, et surtout, la visiter la nuit procure une toute autre sensation. Le 31 Août, je me rends une dernière fois en bord de lac, il fait très beau et chaud, et je me croirais presque en Méditerranée. J'approche alors du Navy Pier, vaste quai reconverti en zone de loisirs avec attractions, cafés, restaurants, et une grande roue. Par la suite, je récupère la voiture et me retrouve coincé dans des embouteillages monstres pour quitter la ville. Chicago est une vraie pieuvre qui s'étend sur des dizaines et des dizaines de kilomètres ! J'ai cru que je n'en verrai jamais la fin ! J'arrive malgré tout à quitter l'Illinois, et me rend dans l'Ohio. Je débarque en plein territoire Amish, et croise des calèches tirées par des chevaux, et des habitants tout droit sortis du siècle dernier, à vélo le long des routes. La nuit venue, je plante ma tente dans un camping de l'Etat, seul au bord d'un lac infesté de moustiques.

- Etape 24 (31 Août au 2 Septembre): les chutes du Niagara Le 1er Septembre, je parcours la route qui me sépare de Buffalo, à l'extrêmité Ouest de l'Etat de New-York. Je ne m'arrête hélas pas à Cleveland, et arrive en fin de journée à Niagara Falls, côté américain. C'est un peu la douche froide. La fille de l'auberge (Wonderfall hostel, très bien, comme à la maison) me présente un plan de la ville, et s'empresse de marquer d'une grosse croix rouge la moitié du territoire en me conseillant d'éviter de me balader là-bas, sinon dieu sait ce qui pourrait m'arriver. En effet, en arrivant, j'avais trouvé que ca craignait un peu... Pour résumer, à Niagara Falls, un énorme boulevard coupe la ville en deux, d'un côté les pauvres (afro américains pour la plupart), de l'autre l'usine à touriste avec hôtel-casino. La nuit venue, je pars à la découverte des chutes illuminées par des projecteurs multicolores depuis le Canada. L'image est grandiose, les couleurs changent sans arrêt, et quand vient le tour du rose bonbon, on se croirait face à un nuage de barbe à papa. Le 2 Septembre, je retourne près des chutes pour les observer à la lueur du jour, et entame une randonnée sur les flancs de la gorge, là où les anciens tramways du début du siècle circulaient encore en promenant leur flot de touristes, avant que plusieurs d'entre eux ne valdinguent directement dans les eaux glaciales de la rivière Niagara. L'après-midi, j'enfourche mon fidèle destrier et prends la route de l'Est, pour la prochaine et dernière étape, de nouveau à New-York !

- Etape 25 (2 au 6 Septembre): New-York Le 2 Septembre, je passe la nuit dans un motel de Pennsylvanie. Le 3 Septembre, j'arrive à New-York, en roulant au pas à travers le Lincoln Tunnel. Je retrouve ma famille, venue passer quelques jours de vacances en Amérique du Nord. N'ayant une nouvelle fois pas réservé de motel longtemps à l'avance, et les campings n'étant pas monnaie courante sur les gratte-ciels de Manhattan, j'ai tenté le tout pour le tout en faisant confiance à une toute petite annonce internet de Bed and Breakfast, en plein coeur de Wall Street, et à deux pas de Ground Zero. Quasiment aucun avis de visiteur, tant pis, ça passe ou ça casse. Je me suis finalement retrouvé à dormir chez l'habitant, chez une petite grand-mère d'environ 70 ans ! Aux petits oignons avec moi, elle met sa chambre en location pour les touristes, avec petit déjeuner, histoire d'arrondir les fins de mois. En plus, elle a été très sympathique, et une vraie piplette, bref que du bonheur. S'en suivent deux jours typiques de touristes à New-York, visite de Ground Zero, embarquement sur un ferry pour Staten Island afin de voir la statue de la liberté sur fond de coucher de soleil, passage à Times Square, Central Park, Columbus Circle, le Rockefeller Center, et le MoMa. Je vous conseille tout particulièrement la Highline, située dans Chelsea/Greenwich, vers la 14ème, il s'agit d'une promenade herborée, en lieu et place d'une ancienne voie de chemin de fer aérienne, qui serpente au beau milieu des édifices art-déco du quartier. Vraiment chouette ! Le 6 Septembre 2011, je quitte New-York sous des trombes d'eau, et file tout droit vers le Nord pour passer quelques mois encore au Canada, à Montréal, avant de rentrer en France durant l'hiver prochain.

Au final, difficile de décrire ce sentiment de liberté que procure un road-trip comme celui-ci. Qu'il est bon de se laisser porter par les envies, les rencontres, le pays, sans tout planifier à l'avance. Finalement, j'aurai passé trois mois à arpenter le pays, mais je sais que je n'ai pu en saisir qu'une infime partie. Beaucoup d'autres étapes auraient pu être ajoutées, mais les limites administratives d'un passeport ne le permettent pas.

Les USA sont un territoire plein de contrastes, avec de vastes zones peu peuplées encore bien préservées des flots massifs de touristes. A l'inverse, on trouve de gigantesques mégalopoles où la vie frénétique des habitants nous happe comme des proies prises au pièges. Et c'est bien là tout l'intérêt de ce pays, il n'existe pas une Amérique, mais des dizaines, des centaines d'Amériques, qui n'attendent que nous pour être découvertes, et partagées, bien au-delà des clichés habituels.

Si vous avez des questions, ou si vous êtes tout simplement curieux, n'hésitez pas à m'en faire part, je me ferai un plaisir de vous répondre.
Organisation d'un voyage de dix jours en Norvège English translation pending
by Triztana · 2012-05-06 · 34 replies
Bonjour,

Je pars avec mon frère 10 jours en Norvège, et j'ai un peu de mal à me coller à choisir où on pourrait aller. On comptait se rendre à Bodo, et on m'a parlé des iles Lofoten, le souci c'est qu'on aimerait visiter tellement de trucs que ça serait je pense frustrant d'y passer 3 jours (surtout que dans nos dates présumées, l'arrivée se fait à 17h à l'aller et le départ à 6h au retour, c'est con ça fait perdre presque deux journées sur place ! 🙁) On sera à pieds en plus, donc pas moyen de visiter les alentours en voiture sans dépenser trop (budget plutôt serré), et ce qu'on veut surtout c'est de la nature et du bivouac.

On aimerait voir les fjords, les forêts et les lacs à l'intérieur des terres, la côte atlantique... Tout ce qu'on sait pour l'instant c'est qu'on va prendre un pass interrail et qu'on aura droit à 3 voyages en train. Donc on aimerait bien faire 2 destinations en y passant 3 ou 4 jours chaque. Les horaires de ferries n'étant absolument pas arrangeant, est ce que ça vaut le coup selon vous d'aller aux Lofoten pour 2 jours ? 😕

Ensuite, quelles sont selon vous les coins incontournables niveau paysage (j'insiste car c'est notre grande priorité, enfin comme pas mal de gens qui vont en Norvège je suppose 😄), mais accessible en train ? On m'a parlé de la région de Bergen, on m'a parlé d'un grand plateau (dont j'ai oublié le nom 😕) au centre du pays, mais apparemment peu accessible en transports ...

Bref je suis un peu paumée et j'aimerais bien vos avis, tout en prenant en compte qu'on sera à pieds et qu'on a finalement peu de temps (8 jours concrètement sur place...)

Merci d'avance 🙂
Partir s'installer au Portugal English translation pending
by Mel71 · 2012-04-29 · 11 replies
Bonjour,

Avec mon copain nous envisageons de s'installer au Portugal plus précisément à Porto. J'ai de la famille qui pourrais nous héberger quelques temps, le temps de trouver un emploi et un appartement.

- Serais-ce difficile de trouver un emploi ( sachant que nous parlons pas Portugais ) ? - Un logement ? - Le cout de la vie est elle vraiment différente ( alimentation, factures ect... ) ? - Quels sont les papiers à faire une fois sur place ?

Merci.
Pas de révolution en Grèce English translation pending
by Moscatella · 2012-04-20 · 1116 replies
Kalimera a tous les aspirants voyageurs,

je suis en Grece depuis un mois, Athenes et la Crete, et je vois que tout va bien, la vie y est bien douce, pas de revolution dans l'air... il y fait tres beau, on se baigne... je me demande juste ou sont les touristes ??? aucun a l'horizon.....

les francais et tous les autres europeens bouderaient ils ce beau pays, qui fait, jusqu'a preuve du contraire, partie de l'Europe ?

Je m'interroge... pourquoi ne pas venir ici ?? moins loin que la Thailande... tout le monde parle anglais ou francais, la vie n'est pas tres chere, voire carrement moins chere qu'en France, partout des hotels entre 25 et 35 euros pour 2 (20 euros pour une personne seule)...

Qu'en pensez vous chers amis voyageurs ?

Anne
Retour d'une double croisière avec le Celebrity Infinity de Buenos Aires à Fort Lauderdale English translation pending
by Tatida · 2012-04-10 · 54 replies
Bonjour à tous

Je sais que peu d' entre vous sont vraiment intéressés par cette compagnie et par cet itinéraire alors je ne vais pa "pomper l' air" de tout le monde avec un compte rendu mais je reste à la disposition de ceux qui auraient besoin de renseignements pour cette destination. Sachant que avant la croisière nous avons fait un saut aux chutes d' Iguazu et que nous avons fait les excursions avec des guides francophones réservés via internet.

Bonne soirée

Danielle
Nord-Ouest argentin et Nord chilien - D'un océan à l'autre en traversant les Andes (1re et 2 partie) English translation pending
by Kashtin · 2012-04-04 · 320 replies
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des déserts blancs et des chaînes de volcans, au cœur des Andes argentines et chiliennes. Nous sommes partis de Buenos Aires en bus pour les roches rouges et torturées du Nord-Ouest argentin à 1500 km de là, car le volcan chilien Puyehue dispersait – et disperse toujours – généreusement ses cendres sur un territoire immense, aussi bien horizontal que vertical, empêchant par là même les avions de décoller. Puis nous avons récupéré notre voiture de location, une Fiat Linea, prise encore une fois chez Argentina Excepción. De quebrada en quebrada, puis de lagune émeraude en salar étincelant éparpillés sur la puna, nous avons franchi les Andes par des cols de plus en plus hauts et avons basculé, à près de 4800 m et à portée d'ailes de la Laguna Verde bolivienne, sur le versant chilien, qui se perd beaucoup plus bas dans l'immense désert d'Atacama. Plus à l'ouest, le Pacifique nous tendait les bras. Nous ne nous sommes pas jetés dedans car ses eaux étaient sombres et glaciales, mais nous sommes remontés, à partir d'Arica, sur Putre, aux confins du Chili et de la Bolivie, pour parcourir les parcs de l'altiplano – Lauca, Surire, Volcán Isluga – le long de la frontière bolivienne jusqu'à Colchane. La boucle était alors presque bouclée... De nouveau la côte Pacifique, de nouveau San Pedro de Atacama, Salta, une incursion au sud par Cachi et Cafayate dans les sublimes vallées Calchaquíes et quebrada de las Conchas, puis un vol retour sur Buenos Aires et la côte atlantique. Vigognes, lamas, alpacas, flamants roses, sarcelles sur l'altiplano; conures (perroquets), cormorans, urubus, pélicans sur les côtes des deux océans. La faune était omniprésente et toujours magnifique.

Bon voyage...

Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.

********** Première partie ********************

De Buenos Aires à Colchane

La version avec photos est visible ici:

carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Jeudi 13 octobre

Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...

Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.

Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.

Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…

Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)

Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...

Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))

En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.

En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.

Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J

Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.

Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)

Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.

Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.

Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.

Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.

Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.

Dimanche 16

Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.

Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.

Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…

Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.

Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...

Lundi 17

Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.

Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!

Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…

La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.

Mardi 18 Salta la Linda

Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…

Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.

Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)

L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.

La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.

Dehors, la nuit tombe déjà…

Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.

Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...

De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…

Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía

Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.

De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...

Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.

Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.

Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.

Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:

1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).

Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !

Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !

Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.

Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...

Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...

En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.

Jeudi 20

Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.

Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…

Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.

Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.

Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…

Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.

Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !

Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.

De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.

Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.

Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...

Vendredi 21 De Humahuaca à Susques

Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.

Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.

Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.

Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.

Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!

A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.

Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)

En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.

Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...

L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.

Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama

J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...

Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!

Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!

La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.

La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.

Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.

Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.

Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...

Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…

Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».

Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…

Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)

Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.

L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...

Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.

Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.

Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...

Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)

Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...

Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…

Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse

La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.

Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.

Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.

Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…

Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…

Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…

Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.

Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.

Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)

Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.

Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !

Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.

La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.

Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...

La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.

Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.

Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.

Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)

A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.

Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...

Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.

Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...

En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.

Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)

Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..

Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.

Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.

Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.

Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).

Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique

Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.

Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...

Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.

Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.

En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.

On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.

Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.

Samedi 29 D'Iquique à Arica

Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...

Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !

Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.

Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).

Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.

Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.

* *****

L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.

La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm

Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.

Dimanche 30 Arica

Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.

Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.

Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.

Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…

La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…

Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.

Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.

Lundi 31

7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.

Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...

Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.

Mardi 1er novembre D'Arica à Putre

Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...

Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !

La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.

La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.

Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)

Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.

La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.

Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...

Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)

Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.

Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.

La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).

Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).

Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…

Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).

Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…

Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.

Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.

Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…

Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !

Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...

Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.

(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)

Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…

Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »

Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !

L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.

Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.

A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!

Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...

Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane

Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.

La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.

L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...

L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.

Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.

Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.

Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.

Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...

Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.

Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...

A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.

Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.

Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.

Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.

Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.

Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.

Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.

Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.

Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.

Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.

La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...

********** Seconde partie ********************

De Colchane à Buenos Aires

La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique

Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…

On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.

Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.

Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.

Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...

Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.

Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.

Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama

Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...

Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).

Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.

Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !

Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.

A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.

Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.

Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.

Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!

De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :

« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)

San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.

J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).

L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.

Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).

Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)

Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.

Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.

De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.

Les panneaux sont en général très instructifs…

Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...

Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.

La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.

A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.

Le soir, retour à La Casona.

Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama

Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.

A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.

A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.

En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !

Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.

Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...

J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.

Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.

En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.

Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !

A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…

Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.

Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...

Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...

Mardi 8 De la puna à Salta

En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.

Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !

La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.

Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…

A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).

Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!

L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J

Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.

Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!

A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.

Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes

Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.

La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!

La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.

La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).

Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.

Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.

Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!

Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.

Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).

Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)

Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.

Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.

Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...

Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.

Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.

Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)

Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.

La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).

Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.

Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.

De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.

San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…

Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.

Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes

Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.

A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.

Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.

Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.

A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...

Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.

Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas

Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.

Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.

Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.

Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.

Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.

Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.

Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.

Lundi 14 Salta - Buenos Aires

Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.

Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)

Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.

Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.

Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...

Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)

Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.

Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.

Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).

Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires

Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.

Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !

Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…

Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.

En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!

Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.

Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.

Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.

Mercredi 16

Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.

Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...

(Renseignements)

Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.

D'une côte à l'autre des USA en Harley English translation pending
by Genevois · 2012-03-28 · 64 replies
Le rêve américain. Notre rêve américain. Celui qui a valeur de mythe pour les passionnés de randonnées en 2-roues que nous sommes. 2-roues, oui, mais pas n'importe lesquelles. Celles de la machine qui fait vivre le mythe, celles qui font de leurs cavaliers des pionniers chevauchant leur monture au moteur de fonte, celles qui donne son sens au mot liberté : une Harley.

Une Harley qui va nous amener d'une côte à l'autre par le sud, le long du Golfe du Mexique et des côtes de Floride, de l'Alabama et du Mississipi, à travers les bayous de Louisiane, par la traversée du Texas en frôlant parfois le Rio Grande, puis les déserts du Nouveau-Mexique et de l'Arizona, les néons du Strip de Vegas avant la grande plongée sur la Cité des Anges.

Plus ou moins 5000 km de bitume et de poussière, comme une balade au son d'une bonne guitare, avec parfois quelques riffs rapides sur des tronçons d'Interstate pour garder le rythme.

Quel projet ! Certainement un peu insensé au départ, en mai dernier lors du rassemblement de Grimaud, puis réfléchi ensuite avec Gérard, un autre passionné comme nous. Ma cavalière d'épouse partageant ce plaisir de rouler, elle n'a pas eu besoin d'être convaincue. Moteur, on y va ! Gérard, lui, partira seul, avec la bénédiction des siens, conscients qu'il va réaliser un vieux fantasme.

Presque 10 mois à rêver de l'envol, à construire l'itinéraire, à choisir les "Scenic Drive", à étudier les courbes météorologiques pour éviter si possible toute mauvaise surprise. 10 mois passés si vite ...

Pour voler à destination des USA, nous avons opté pour Air Canada, via Montreal. Nous avions le choix avec deux compagnies US, Continental et United qui ont aussi des vols directs depuis Genève sur l’Amérique du Nord. Mais la canadienne offre de meilleures conditions de vol, confirmées une nouvelle fois. Dans le B767, nos jambes pouvaient se déplier entièrement, chaque siège était équipé d’un bon système de divertissement et l’équipage était efficace. Ce n’est pas la réputation des compagnies américaines, d’où notre choix. Seul bémol, les repas payants entre Montreal et Orlando, soit plus de 3 heures de vol. Mais c’est la règle pour les vols internes en AmNord.

Orlando, point de départ de l'aventure. Le magasin Eaglerider, spécialiste US dans la location de motos, est proche de l'hôtel booké sur le net, le Quality Inn Florida Mall. Outre la location de la machine, Eaglerider propose un "free pick-up" dans un hôtel de la ville pour autant qu'il soit à moins de 7 miles du magasin, ce qui est le cas pour nous. A l’heure comme prévu, un van nous conduit en à peine 5 minutes au magasin. Plusieurs clients sont déjà là pour prendre en charge leur machine. Le personnel est efficace : en même pas 15 minutes tout est prêt au niveau administratif. Nos motos sont devant, sur le parking, elles nous attendent. Deux magnifiques Electra-Glide noires, pour lesquelles un employé viendra nous expliquer quelques fonctions. 10 autres minutes et cette fois nous sommes parés.

Les trois sacoches sont largement suffisantes pour transférer nos affaires, tout est chargé. Nous enfourchons, quelle sensation ! Et quel poids surtout. Ma Dyna fait office de trottinette à côté de cet engin… Il faut vraiment veiller à l’équilibre sur la moto à l’arrêt, car si elle part sur le côté, tu ne la retiens pas. Notamment quand le passager monte. Dominique prend place à l’arrière, confortablement installée, presque sur un canapé. Sortir d’Orlando est facile, Eaglerider est sur un axe, en l’occurrence la US 441 qui traverse la ville du Nord au Sud. Nous avions printé notre itinéraire via Google Map, aucun souci pour trouver ensuite la 50 qui part en direction de l’ouest, puis la 27. Notre but : la US 19 North qui longe la côte ouest de la Floride direction Tallahassee. Il n’a pas fallu longtemps pour se familiariser à la machine et aux commandes. Surtout à celles de la radio qui diffuse déjà de la musique US après quelques centaines de mètres. Le volume à gauche, le changement de stations à droite. Country, Rock, Blues, hits US, la réception est exceptionnelle.



La conduite est facile tant les américains sont respectueux sur la route. Pas de coups de klaxons, les vitesses sont respectées, les routes bien indiquées. Un réel plaisir. Bon d’accord, le paysage de la Floride n’est pas des plus folichons, limite monotone, mais la musique, le plaisir de piloter la reine des Harley, sentir le vent de la vitesse, le ronronnement du moteur, comment ne pas être sur un nuage ? Même le long de la US 19, à 55 miles/heure, longue traînée de 150 miles en quasi ligne droite au milieu de la forêt sauvage de Floride. Quelques petites villes, des « bleds » plutôt loin de la modernité des grandes cités US, déjà un sentiment d’Amérique profonde. Fin d’après-midi, Tallahassee est en vue. Quelques belles propriétés fleurissent sur les côtés de la route, sous les arbres du sud et leurs branches si spéciales qu’on en dirait du coton usagé qui pend depuis les hauteurs. Comme toutes les villes, Tallahassee n’a pas vraiment de centre et nous ne nous rendons pas vraiment compte que nous roulons dans la ville, elle est si étendue.

Notre feuille de route sera suffisamment précise, en mileage, en temps et en indication pour trouver notre hôtel du soir, un autre Quality Inn, au nord de la ville sur la US 27 le long de North Monroe. La circulation est dense en cette fin d’après-midi, mais toujours facile. Devant l’hôtel de ville, nous voyons une manifestation d’Afro-américains qui protestent avec bruit contre la libération du meurtrier d’un jeune Noir en Floride. Mais la réunion se veut pacifique et n’entrave pas la circulation. Arrivés à l’hôtel, la piscine nous tend son bassin d’eau tiède. Pas fraîche, mais suffisamment agréable après une journée de route sous le chaud soleil de Floride. L’Electra Glide est vraiment confortable, ni mal aux fesses (pas encore…), ni au dos.

Un petit souci nous préoccupe : Gérard a deux témoins qui se sont allumés sur le tableau de bord : ceux de la batterie et du moteur. Surchauffe ? Réel problème ? Eaglerider Orlando est déjà fermé, nous ne pouvons les appeler. Nous reprendrons les motos pour aller manger ce soir, nous verrons si ces témoins seront encore allumés. Nous avons aussi pu voir que les brêles sont assez gourmandes, nous avons déjà dû faire 2 fois le plein. Là aussi, bien différent de chez nous. Il faut payer soit avec une carte de crédit, soit prépayer à la caisse avant de pouvoir obtenir de l’essence. Bien sûr, on vous rendra la monnaie de ce qui n’a pas été dans le réservoir…

Première journée, déjà magique. Incroyable le nombre de motos que nous avons croisées ! Et que des grosses, quasi pas une seule Sporster. Par contre, la grosse majorité des bikers ne portent aucun casque comme l’autorise la loi en Floride. C’est très tentant, mais un accident pourrait rapidement devenir dramatique, surtout à des milliers de kilomètres de chez soi. Nous serons sages et garderons nos casques. Rien ne dit que nous ne tenterons pas une petite « Ride » tête nue d’ici peu…

La météo s’annonce bonne demain. Direction Fort Walton Beach, le long de Golfe de Floride …

Deuxième jour. Celui où quelques convictions bien ancrées sont rapidement tombées, mais j’en parlerai un peu plus loin.

Départ de Tallahassee vers les 08h30. Difficile de partir plus tôt car le jour se lève plus tard que chez nous. Le blouson de cuir se supporte le matin, car la température est fraîche, d’ailleurs les motos étaient recouvertes de rosée. Notre itinéraire Google Map fait toujours office de GPS sur papier, avec Dominique comme référente. Bien installée à l’arrière, elle me guide à travers les rues de la ville pour tomber sur la US 319 qui part direction sud, puis vers l’ouest. Les premiers kilomètres ressemblent aux derniers d’hier, de longs bouts droits entre les arbres, toujours cette large tranchée dans la forêt.

Une espèce de brume enveloppe la nature environnante, sauf que ce n’est pas du brouillard mais de la fumée. Cela doit brûler quelque part et pas qu’un peu vu l’odeur et la densité. Cela nous rend un peu inquiets, la route sera-t-elle coupée plus loin ? Finalement non, même si cette fumée est restée présente pendant plusieurs kilomètres.



Sur ces longs bouts droits, le Cruise Control de la moto est un plaisir, permettant de soulager chaque bras. Encore un avantage de la E-Glide. Dès le village de Sopchoppy, la route se diversifie et passe enfin sur une seule voie, traverse des villages, emprunte des courbes et, cherry on the cake, la fumée a maintenant disparu pour laisser la place au ciel bleu. Peu avant Lanark Village, la mer fait son apparition, calme et même d’huile. Sable blanc, plages désertes le long du Golfe du Mexique, la saison n’a pas encore commencé, même si quelques familles font bronzette sur le sable. La radio de la moto continue à déverser sa musique US et c’est le moment de tomber notre première conviction : après un arrêt pour aller voir la mer de très près et faire quelques photos, nous posons les blousons vu la chaleur. La plupart des motards croisés roulent sans casque. Mmmmhhhh, c’est très tentant … Et nous succombons à ce plaisir impossible en Europe. Impossible pour des raisons légales et impossibles vu l’indiscipline des conducteurs du Vieux-Continent. Ici le risque est limité, l’Américain étant particulièrement attentif aux règles, tant de vitesse que de respect. Donc crème solaire, casquette pour Gérard et bandana pour moi. Dominique est surélevée à l’arrière de l’Electra-Glide et plus exposée au vent. Elle gardera donc son casque. Cette partie de la côte le long de l’US 319 est splendide, la vitesse est lente, 45miles/heure maxi, rythme balade. Contrairement au départ de Tallahassee, elle n’est plus à double voie, mais il s’agit maintenant d’une belle petite route côtière. Les maisons sont principalement sur pilotis, souvent avec une terrasse sur le toit, face à la mer. Le 4x4, voire le camping-car (version US) sous la maison. Nous sommes impressionnés par le nombre d’églises, plus nombreuses que les bars et restaurants. Eglises qui sont toutes superbes, souvent de style différent, mais toujours soignées. Impressionnés aussi par les belles propriétés qui bordent la route, maisons posées sous les arbres, pelouse soignée.



A Eastpoint, un pont enjambe un bras de mer pour atteindre Apalachicola, superbe petite bourgade. Nous nous arrêtons à la sortie de la ville pour boire un café (américain) sur une terrasse. Sur la route devant nous, c’est le défilé de la démesure américaine en matière de véhicule. 4x4 énormes aux V8 vrombissant, pick-up avec roues jumelées à l’arrière, camions qui transportent des mobilhomes imposants, camping-cars qui ont l’allure d’autocar et qui tractent encore un 4x4, les gros véhicules ne connaissent pas la crise ! Comme les motos, en nombre et en … bruit ! 90 % de Harley, aux USA on roule américain évidemment.

Mexico Beach est en vue et il est l’heure de se restaurer. A l’entrée de la ville, le Toucan’s Bar est attirant avec sa terrasse sur la plage. Deux autres motos sont devant l’établissement. Elles sont pilotées par deux Suisses-allemand rencontrés la veille à … Eaglerider Orlando ! Comme nous, ils roulent en direction de Los Angeles. Le monde est petit, des compatriotes qui mangent dans le même restaurant à Mexico Beach/Floride !

Au Toucan’s, c’est la deuxième conviction qui s’écroule : celle de manger léger à midi pour être plus à l’aise au guidon. Crevettes et poisson frits, avec justement des frites, le tout dans une proportion … euh … américaine. Quelques lourdeurs d’estomac en perspective pour le reste de la journée… Il reste de la route jusqu’à Fort Walton Beach, pas le temps d’envisager une baignade ou une bronzette sur le sable blanc. On se remet en selle, mais la route perd rapidement de son attrait. La US 319 s’est transformée en US 98 et s’est vu rajouter une voie de circulation pour (re)devenir une large route à deux pistes. La vitesse de croisière augmente, les bords de route sont moins intéressants.

Panama City est traversée et nous décidons de tirer sur la US 30 qui part en direction des plages de Panama City Beach. Les petits bleds style Mexico Beach ou Carabelle laissent la place à ce que j’appellerai Rimini-sur-Golfe-du-Mexique. Grands immeubles, boutiques et articles de plage partout, la station balnéaire de masse par excellence. Heureusement, à la fin mars, le site est encore peu fréquenté, mais j’imagine qu’en août, le monde doit être proportionnel à la chaleur. Par contre, la traversée en moto est assez agréable, vitesse lente, le long des plages, plus sympa que les 60 miles/heure de la 98. Nous irons le plus loin possible par ces petites routes de bord de mer. Vers Grayton Beach, les immeubles ont laissé place à de belles maisons, visiblement l’endroit est friqué !

C’est la fin des bords de mer, pas d’autres choix que de rejoindre la 98 pour avaler les derniers kilomètres avant Fort Walton Beach. Notre hôtel du jour, un motel Super 8 est directement sur la 98, sur Miracle Strip Way. Facile à trouver, nous y arrivons en fin d’après-midi. La chambre est propre et bien équipée, avec aussi une petite piscine qui sera la bienvenue après les heures de route sous la chaleur.

Une fois la baignade terminée, nous allons admirer un splendide coucher de soleil juste en face de l’hôtel, dans un petit parc qui donne directement sur une baie. Quelques personnes pêchent, d’autres viennent se balader ou encore prendre des photos du magnifique ciel coloré. Le moment est reposant. Un bon choix ce Super 8, pour le prix, pour la facilité d’accès et pour ce petit parc bienvenu. Pas besoin de reprendre la moto pour aller manger ce soir, il y a soit un Red Lobster en face, soit un resto chinois qui propose une formule buffet à 10 minutes à pieds.



Le voyage avance, nous avons franchi un fuseau horaire aujourd’hui, il y a désormais 7 heures de différence avec la maison. Cette portion de Floride était bien plus intéressante et nous conforte dans l’idée qu’il faut sortir des grands axes lorsque l’itinéraire et le temps le permettent. Nous tenterons le coup à chaque fois que c’est possible, tiens demain par exemple sur le trajet de la Nouvelle-Orléans !

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