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May Kha Lar Hotel à Bagan English translation pending
by Fanfancom · 2014-10-21 · 1 reply
bonjour sous vos conseisl j essaie de joindre désespérément le May Kha Lar impossible que pensez vous du Bagan central hotel je recherche un hotel pas cher et bien situé ( pres des sites ) je vous remercie de votre aide Fanfancom
Quel hôtel choisir English translation pending
by Titite1 · 2014-10-18 · 2 replies
Bonjour

J hésite entre 3 hôtels a Varadéro je pars seule , je suis une femme de 55 ans..... mais j'aime avoir du plaisir...

1) Blau Varadéro 2) Sol Palmeras 3) Iberostar Playa Alameda

Merci de m'aider a choisir.....
Que faire à Montréal en novembre? English translation pending
by Daudey83 · 2014-10-09 · 17 replies
Bonjour à tous, Voilà nous partons a montreal du 8 au 15 novembre et j'espère pouvoir trouver parmis vous des conseils des astuces pour optimiser notre séjour. Montreal a toujours était un rêve. Alors j'ai noté le biodome le vieux montreal le stade mais j'aurai voulu connaître les lieux qui font la réputation de montreal. De plus nous avons réserver candle Wood suites est ce un bon choix??? Un grand merciii pour vos réponses😉
Road trip dans l'Ouest amérain en juillet 2015 English translation pending
by Guilbar · 2014-10-06 · 15 replies
Bonjour à tous ...

J'avais ouvert un autre post sur les résa avion et hotels + prise d'idées pour el parcours etc ... mais il est un peu vieux et les remarques m'ont été fort utiles !

Ca avance donc sérieusement et je fais un point sur notre "aventure" , oui , la préparation c'est déjà le voyage ... 😎

Je récapitule , 2 adultes + 2 enfants de 9 et 6 ans pour un road-trip dans l'ouest en juillet 2015 (impossible en hors-saison malheureusement ...)

Les billets sont déjà réservés et nous voleront donc avec American Airlines (pas notre premier choix mais A/R à 4 en Juillet à 2600 € !!! 😉 )

Donc départ de Paris le 30Juin à 12H15 et arrivée à SFO à 19H15 heure locale

Puis (chaque ligne étant un jour ) :

Paris – Orlando Orlando - Sans Francisco Sans Francisco - Sans Francisco - Sans Francisco - Sans Francisco Yosemite Yosemite - Yosemite Bodie puis Lee Vining Lee Vining Death Valley Death Valley Valley of Fire + Zion Zion Bryce Bryce Page Antelope Lower Lake Powel Lake Powel Monument Valley Monument Valley Grand Canyon Grand Canyon Las Vegas Las Vegas - Las Vegas Los Angeles Los Angeles - Los Angeles - Los Angeles - Los Angeles – New York New York – Paris

Avez vous des avis sur ce trajet ?

Sachant que les hébergements partant vite , nous avons déjà réservé un appartement à SOMA à SF sur AirBnB et le Yosemite View (pas top mais bien placé vu le temps passé à Yosemite NP ... 😕 )

Toute modification hors de ces 2 là sont les bienvenues ... (je regrette de ne pouvoir passer par faute de temps à Carmel by the Sea après SF 😎 )

Bonne journée à tous , merci d'avance et .... à vos souvenirs !
Retour de 4 semaines en Iran English translation pending
by Dombea · 2014-10-04 · 43 replies
Bonjour à tous, amis voyageurs,

A notre tour d’apporter notre petite contribution au forum, avec quelques infos sur notre voyage en Iran, du 16 août au 14 septembre 2014.

Quatre semaines à se promener de Téhéran aux Kaluts (Est de Kerman) en s’arrêtant à : Kashan, notre ville coup de coeur. C’est une assez grande ville mais comme le vieux quartier, les maisons historiques et le bazar sont rassemblés, on a vraiment l’impression que c’est tout petit. Ce n’est que quand le bus de Yazd vous laisse au bord de l’autoroute que vous vous rendez compte à quel point c’est grand ! Nous avons passé des heures dans le Khan Amin al-Dowleh Timche Caravanserail du bazar, à siroter du thé et à discuter avec tous ceux qui en avaient envie ! Nous sommes restés 3 nuits à la Manouchehri House au début et 2 nuits à l’hôtel Negin à notre retour du sud. Ispahan, grande ville, avec des lieux intéressants à visiter... Nous n’avons malgré tout pas eu beaucoup de plaisir ici, trop grand, bruyant et pollué pour nous, avec des sites relativement éloignés les uns des autres (nous avons passé pas mal de temps en voiture). GH Bekhradi’s House pour 3 nuits. Tudeshk Cho, village paisible à l’est d’Ispahan. Nous sommes resté chez Mohammad au Tak Taku Homestay. La famille accueille des cyclistes depuis longtemps mais c’est plus un business qu’un vrai homestay. L’ambiance est particulière et Mohammad pousse un peu à l’achat de tapis (qui seraient faits par sa belle soeur) ou à prendre des tours organisés. Nous nous sommes laissés tenter par un petit tour vers les dunes mais pour ceux qui vont plus à l’est dans le desert, ça ne vaut pas le coup. A $30 l'excursion c’est même plutôt cher. Il y a le site de construction d’un complexe touristique et la vue de toilettes en plastique au milieu des dunes une fois au sommet. Na’in, petite ville sympa avec une Jameh Mosquée du 9ème sciècle et des ruines alentours très intéressantes au milieu desquelles nous avons bien aimé nous promener. Le bazar historique (désaffecté) possède une âme… Il y a une tentative de réhabilitation qui commence à une des extrémités sur une toute petite portion du bazar, pourvu que ça continue ! Séjour de 2 nuits au Na’in Tourist Inn (duplex très confortable, pas cher, personnel parlant très peu anglais) . Anarak, toujours plus à l’est, village aux couleurs du désert entouré par des montagnes. Balades agréables. Nous avons passé une nuit dans le caravansérail (seul hébergement du coin, pas d’anglais à part au téléphone avec la responsable), très bien rénové avec une déco sympa. Garmeh, plus loin dans le désert, est une oasis et l’endroit idéal pour se reposer. Balades sympas dans le village, la palmeraie ou les montagnes environnantes. Nous avons posé nous sacs chez Maziah, à l’Ateshooni GH. En fait, nous devions rester une nuit et nous sommes restés 3. Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit le grand luxe (matelas mous et couvertures à empiler sur le tapis dans la chambre et sanitaires communs un peu glauques) mais nous avons adoré l’atmosphère et les longues discussions avec les voyageurs de tous horizons. Nous sommes allés aux dunes de Farahzad avec d’autres guests et Maziah est venu nous rejoindre avec ses instruments de musique et son équipe. Après le coucher de soleil, nous nous sommes assis autour du feu, la tête dans les étoiles, à siroter un thé et grignoter des dates en écoutant Maziah et son ami jouer… un vrai régal... Yazd, cap au sud, ville plutôt agréable dans le centre historique. Nous ne sommes restés qu’une nuit et comme nous n’avions pas réservé, nous avons visité beaucoup d’hôtels chers avec des chambres horribles ! Nous avons finalement terminé au Moshir Garden, cher et loin du centre mais au moins la chambre était nickel ! Kerman, juste une étape pour organiser notre excursion dans le Kavir-e-Lut. La ville est bruyante et pas très intéressante en elle-même cependant, nous avons bien aimé le bazar… Nous avons passé la nuit à l’hôtel Akhavan pour bénéficier des connaissances du Boss, qui parle très bien anglais et qui est un vrai puits d’infos ! Les chambres ont dépassé la date limite de rénovation mais tout ce qui nous importait, c’était d’organiser notre séjour dans les Kaluts... Les Kaluts, dans le Kavir-é-Lut, sont des formations impressionnantes, dispersées dans le désert. Nous avons adoré ! M. Akhavan nous a recommandé Mahmood, un chauffeur ayant dépassé la soixantaine et qui ne ferait pas d’imprudence au volant. Nous avons donc campé 2 nuits au milieu des Kaluts et passé le plus chaud de la journée à Shafi Abad (camp de base de Mahmood chez une famille du coin), où il y a d’ailleurs d’anciens qanat et caravanserail intéressants. Mahan, petite bourgade où l’on peut visiter 2 endroits très jolis : Shahzadeh Garden et Le Nematollah Wali Mausoleum. Visite de Rayen qui ne nous a pas emballés, accueil excécrable (un peu choquant pour l’Iran : on avait perdu l’habitude !) et au stade où en était notre voyage, nous avions vu déjà beaucoup de ruines et nous aurions très bien pu nous passer de celle-ci ! C’est un sentiment totalement personnel et ne doit pas être pris pour un avertissement à ne pas visiter Rayen !!! Nous avons passé la nuit au Mahan Tourist Inn (personnel parlant très peu anglais mais plus qu’adorable) Meymand, village troglodyte entre Kerman & Shiraz. La visite pourrait être intéressante si le village n’était pas aussi sale. Toutes les grottes délaissées par les nomades pour la saison sont remplies de détritus, de même que la plupart des chemins du village. Nous sommes restés une nuit dans une grotte (expérience inédite pour nous) mais si nous avons bien aimé notre petite chambre troglodyte et les repas chez la mère du patron de la GH (une petite vieille adorable), nous avons nettement moins apprécié les sanitaires communs carrément insalubres ! Petite info pour ceux qui prennent le bus à Shahrbabak pour Yazd, nous avons détecté du wifi au restaurant (bouffe immonde !), nous avons demandé le code à un gars dans le bureau vitré qui est juste à côté, il a été très sympa et nous a laissé surfer jusqu’à notre départ. Fahraj, située à 35 km au sud/est de Yazd. Un fort en ruines, une mosquée ancienne mais aussi des détritus de partout… dommage. Pour notre retour sur Yazd, nous avons préféré séjourner carrément à l’extérieur et avoir une ambiance plus désert que ville. Nous avons donc contacté Massoud et sommes restés 3 nuits au Farvardinn. Chambre pas mal mais les lieux sont globalement pas très propres et il y a beaucoup de mouches.Formidable voyage que nous devons en partie aux Iraniens pour leur accueil rare, leur gentillesse, leur aide et leur sourire. Le désert nous a accompagné tout le long de notre périple (on l’a fait exprès) avec les montagnes, omniprésentes, aux formes et couleurs variées, la chaleur et la sécheresse permanentes. Nos petits conseils perso : N’hésitez pas à prendre le train, ça favorise les rencontres, surtout dans ceux avec compartiments (nous en avons eu un entre Tehran et Kashan, super moments). N’oubliez pas de prendre un guide de conversation, on se fait facilement comprendre malgré l’accent francais. En cette saison il fait très sec (- de 20% d’humidité) et notre spray nasal nous a été bien utile. Il n’y a pratiquement jamais de support pour poser ses affaires dans les sdb, vive les trousses de toilettes qui se suspendent ! Nous avions pris des cartes postales de France et des babioles pour les enfants, pour des petits cadeaux plus sensés que des bonbons.Achetez une carte sim, c’est très utile !
Itinéraire de 15 jours dans la région des Fjords English translation pending
by Xtine14 · 2014-10-02 · 1 reply
Après deux belles semaines cet été en Norvège, et malgré des températures plus fraîches que d'habitude, je voulais partager avec vous notre itinéraire de 15 jours dans la région des fjords, en famille (2 enfants de 2 et 5 ans). J'espère que cela vous sera utile !

J1 : Stavanger : arrivée de Paris - vieux quartier - musée du pétrole – nuit à Rogalandsheimen Guesthouse

J2 : Preikestolen : camping - randonnée au sommet (top !)

J3 : Sand : étape pour couper la route – observation des saumons – nuit au Fossheim B&B

J4 et J5 : Eidfjord : rando, balades, cascades, ferme Kjeasen – nuits en cabane dans le Saebo camping

J6 et J7 : Solvorn : notre coup de coeur ! Lustrafjord - Cascade Feigefossen - église debout de Urnes - glaciers (ne pas manquer le glacier Nigardsbreen) – B&B Eplet

J8 : Oldedalen : étape pour couper la route. endroit calme avec vue sur le glacier Briksdalbreen – camping Gryta

J9 et J10 : Geiranger fjord. Randos, balade en bateau, point de vue de Eidsdal. Nuit en cabane au camping Grande Hytteuleige

J11 et J12 : Bergen : vieux quartier en bois (Bryggen), collines - le musée de la Hanse. Musée de la Marine. Église debout de Fantoft. Nuit au camping Bratland (car les b&b étaient complets

J13 : ’île Karmoy : très belles plages - dommage que l'eau soit si froide ! – nuit en B&B (mais pas terrible donc je ne donne pas l'adresse).

J14 et J15 : Stavanger : ferry sur le Lysefjord de Lauvik à Lysebotn (aller/retour) – nuit au Rogalandsheimen Guesthouse

Retour à Paris

Bref, un très beau voyage ! Nous étions très contents de notre itinéraire. Seule la nourriture nous a déçus mais sinon, nous avons adoré les paysages ! Nous avons tout fait en voiture, avec traversées en ferries.

Un conseil : pour réserver un hébergement à Bergen, il faut s'y prendre à l'avance ! Je m'y suis prise trop tard, quelques jours avant notre départ et je n'ai rien trouvé. Nous sommes allés au camping à une quinzaine de kilomètres mais c'est dommage de ne pas profiter de la ville !

Bon voyage ! Et pour voir des photos vous pouvez aller sur mon blog (en signature).
Les Hmong (Vietnam) English translation pending
by Larsay · 2014-10-01 · 32 replies
Il y a quelques mois, j'ai posté une discussion sur les hmongs, mais j'ai fait beaucoup de recherches depuis, y compris questionner sérieusement des hmong eux-mêmes (avec un petit problème ; il semblerait que seuls les chamans peuvent relater les vieilles traditions orales et les vieux chants, et, d'après la femme hmong d'un ami de Sapa, seuls les hommes les connaissent également, et en partie seulement. Donc, voilà le résultat de mes recherches actuelles. Vous etes cordialement invités à en rajouter !

ORIGINES ET HISTOIRE L’origine des hmong reste inconnue car ils n’ont pas eu d’écriture jusqu’au 20e siècle ; ce n’est qu’en 1952 qu’on a réussi à

transcrire leur dialecte en caractères romanisés, une tâche ardue car c’est une langue polytonale à 7 tons (le Père Savina parle d’une « langue bizarre qui se parle autant avec le nez qu’avec la bouche »). Les sources hmong sont donc orales,

transmises de génération en génération. Leur tradition orale concernant leur origine parle d’une région « continuellement couvert de neige et de glace ; les jours et les nuits y alternaient de 6 mois en 6 mois ; les hommes étaient de petite taille et portaient tous une fourrure», ce qui amené des ethnologues à penser qu’ils sont esquimaux d’origine. Il semblerait

également que certaines racines de leur langue sont proches de celle des toungouses, une tribu nomade de Sibérie qui

s’appellent entre eux oevous, « hommes libres », le mot « hmong » ayant le même sens. En outre, Touby Lyfong, le « roi »

des hmong Lao du temps des français, a expliqué à des officiers français parachutés au Laos en 1944 « nous sommes les cousins des samoyèdes (une autre tribu nomade de Sibérie) ; nous savons d’où nous venons, nos chansons nous le

rappellent ; elles évoquent un pays où pendant 6 mois, le pays était éclairé par un petit soleil pâle et où tout était sombre

pendant les autres mois de l’année ». Il faut aussi noter que les hmong possèdent en commun avec les tribus sibériennes certaines conceptions religieuses : croyance en un dieu paresseux, Ndzu Nyong pour les hmong, le « Maitre du ciel », dont on a peu à se préoccuper, multitude de bons et mauvais génies, chamanisme (« chaman » vient du toungouse

saman) très ancré dans la vie quotidienne. Il est donc vraisemblable que l’origine des hmong est sibérienne.

Nous ne connaissons vraiment l’histoire des hmong que par de vieilles annale chinoises de l’époque Hoang Ti, datant de

2479 avant JC, les premières établissant qu’ils étaient installés dans la vallée du fleuve Jaune (comme les thaïs), étaient

de remarquables cultivateurs et éleveurs et révéraient les chevaux. De nombreuses autres annales chinoises en parlent

au fil des siècles, évidemment entachées de partialité étant donné que l’histoire des chinois et des hmong est une litanie interminable de guerres entre les deux peuples. En effet, les chinois (les Han) voulaient imposer leur domination sur cette peuplade qui ne reconnait aucune autorité ; les hmong ont donc lentement migré du nord-est au sud-ouest de la Chine, tout en combattant les chinois pendant des siècles, ce qui explique leurs extraordinaires qualités de guerriers. En fait,

pour protéger sa liberté, ce peuple n’a jamais cessé de se battre (jusqu’à relativement récemment au nord Laos). Le père Savina écrivait en 1930 dans son Histoire des Miao « Ce peuple a fait son entrée dans l’histoire les armes à la main, il y a plus de 4000 ans, et ces armes, il ne les a jamais déposées depuis. Depuis plus de 4000 ans, il a été obligé de combattre constamment pour sa liberté. Aucun autre peuple au monde n’a jamais payé aussi cher sa place au soleil ».

Des groupes importants vivent encore dans les provinces chinoises montagneuses du sud-ouest, le Guizhou et le Yunnan. Vaincus par le nombre pendant leurs interminables guerres contre les chinois, ils ont commencé très tôt à se réfugier dans des montagnes difficiles d’accès, migrant de crête en crête au fur et à mesure de l’épuisement des sols, déjà pauvres,

par la culture sur brûlis.

Du sud-ouest de la Chine, leur migration au Vietnam s’est déroulée en 3 phases principales :

- Les premiers hmong, une centaine de familles des lignées Lù et Giàng, sont rentrés au Vietnam il y a environ 300 ans en passant du Guizhou à la région de Dong Van et Méo Vac (province de Hà Giang).

- Il y a environ 200 ans, un 2e groupe d’une centaine de famille des lignées Vàng et Ly est également passé sur Dong Van, alors qu’un groupe plus petit des lignées Vàng, Ly, Chau, Sùng, Hoàng et Vù s’est installé dans les montagnes au nord de Bac Ha (district de Si Ma Cai) ; ce sont les fameux hmong Fleuris.

- Une 3e migration, la plus importante avec environ 10 000 personnes, s’est installée à la fin du 19e dans les régions de Lao Cai, Yen Bai et Ha Giang. A la même époque, un certain nombre de famille sont passées du Laos aux hauts plateaux

du Centre Vietnam (régions de Than Hoa, Nghe An et Dak Lak).

Une légende très répandue y compris par les guides-papier veut que le nom miao ou méo leur ait été donné par les français à cause du fait que les hmong grimpent comme

des chats (miao en vietnamien). Rien n’est plus faux. Le nom miao est une déformation du mot chinois mieo, nom que

les chinois donnaient non pas aux seuls hmong, mais à toutes leurs minorités, et qui veut dire « cultivateurs », mais

surtout « sauvages, barbares ». Inutile de préciser que les hmong détestent qu’on les appelle miao.

POPULATION ET HABITAT On estime actuellement la population hmong à 7,5 millions en Chine, environ 1,2 au Vietnam, 300 000 au Laos et 200 000 en Thaïlande. Au Vietnam, ils forment donc la 4e plus importante minorité après les Tay, Thaï, Muong et Khmer. Ils vivent dans de petits hameaux –giao- ou, le plus souvent, dans des maisons isolées, entre 800 et 1400 m, principalement dans tout ce que les français avaient nommé « La Haute Région », qui s’étend tout le long de la frontière du Nord-Laos et de

la Chine. C’est la province de Ha Giang qui en compte le plus, suivie de celle de Lai Chau et de Lao Cai.

Le Vietnam compte 7 groupes de hmong, reconnaissable au costume traditionnel des femmes :

- Les hmong blancs (Hmong Dâu), vivant principalement au nord de Ha Giang (Qiang Ba, Dong Van, Meo Vac, autour

de Bao Lac, Mu Cang Chai et dans le district de Tram Tau (province de Yen Bai) ; les femmes portent des jupes en

chanvre à dominante blanche.

- Les hmong Noirs (Hmong Du), principalement dans la province de Lao Cai (région de Sapa), Yen Bai, Cao Bang,

Lang Son et Dinh Hoa. La caractéristique principale est que les femmes portent des guêtres et que le reste des

habits est tissé en chanvre puis trempé dans l'indigo ;

- Les hmong Rouges (Hmong Si ou Dô) et Bariolés (« hmong Fleuris » - hmong Lênh - autour de Bac Ha, Si Ma Cai, Muong Khuong, Hoang Su Phi et Xin Man. la caractéristique principale de ce groupe est que les femmes portent des jupes multicolores où la couleur rouge domine ;

- Les hmong Verts (hmong Dua ou Xanh) et Fleuris variés (Hmonh Xua ou Houa - concentrés principalement autour

du district de Tua Chua, province de Lai Chau, Lung Phinh, Bac Ha et Lao Cai ; la tradition se perd pour eux si bien

qu'ils sont difficilement reconnaissables à leurs habits. Ils habitent plutôt en plaine ;

- Les hmong de l’eau (Na Miéo). Des questions se posent sur le 7e groupe, dont la langue se rapproche du groupe

Tay/Thaï, dont les membres ont adopté la maison en bois sur pilotis caractéristique des Thaïs/Tay, et qui vivent à

côté de ceux-ci, donc dans des vallées.

Les villages hmong (giao) reflètent toujours la diversité des lignées familiales. Un village regroupe en moyenne 2 ou 3

lignées, les plus gros en comptant 6 ou 7. Particularité étonnante : dans les villages, chaque lignée a son propre hameau

appelé Y Chau Senh ; un village hmong est donc généralement composé d’un petit groupe de hameaux séparés.

Généralement construites en pisé – ou en planches - les maisons, reposent à même le sol et sont sans étages. Elles comptent en principe 3 pièces.

US ET COUTÛMES Les costumes des femmes sont très variés ; ils se composent d’une jupe, d’une blouse, une courte cape dans le dos,

un tablier couvrant la jupe devant, une longue ceinture faisant plusieurs fois le tour de la taille and nouée derrière, et

des jambières. Les coiffes dépendent des clans (« tuyau » noir chez les hmongs Noirs (région de Sapa, mais pas de DongV an !), foulard rouge chez les hmongs Fleuris (région de Bac Ha), fichu d’autres couleurs un peu partout. Elles portent

également des jambières. Le costume des femmes hmong Fleuris est célèbre pour la complexité de ses dessins (il faut de 4 à 6 mois pour broder à la main un costume complet). Elles portent de nombreux bijoux an argent : boucles d’oreilles, bracelets, et un collier composé d’un demi-cercle à l’arrière du cou et de chaines pendant sur la poitrine. Les hommes

portent un pantalon large et une tunique à col « mao » et manches longues de couleur indigo ; souvenir des français,

beaucoup – dont ceux de Dong Van - portent un béret basque.

Le régime familial est patriarcal, les hommes ayant une supériorité absolue, et la polygamie n’est pas rare. Les mariages

entre hommes et femmes d’une même lignée sont formellement interdits. Une coutume encore fréquente parmi les hmong

est le kidnapping par un homme de la femme qu’il veut épouser ; il la force à entrer dans sa maison et informe les parents de la fille 2 jours après le rapt ; il semblerait que cela ne se passe pas toujours sans des cris et des pleurs, la fille n’étant pas toujours d’accord ; elle doit rester pendant 3 jours dans la maison de l’homme, après quoi elle a droit de partir si le mariage ne lui convient pas. Plus romantique, les « marchés de l’amour » du « joli mois de mai », où les célibataires hommes et femmes se rassemblent pour choisir un partenaire ; hélas, les touristes commencent à ne plus se gêner plus pour y aller, avec les encouragements des autorités, qui aiment bien le folklore qui rapporte des devises.

Une fois mariée – ce qui implique un cérémonial préalable très compliqué exigeant des intermédiaires de l’homme et de la femme et de longues discussions sur la dot - la femme n’a plus le droit d’aller chez ses parents sauf après accord de sa belle famille et accompagnée par son mari. En cas de décès du mari, la tradition veut que la veuve se remarie avec le frère cadet du mari ; s’il n’y en a pas, avec un de ses cousins. En cas de divorce, la femme demande l’hospitalité d’un notable dont elle ne quitte la maison que si elle se remarie. Si la femme veut divorcer et qu’elle n’a pas d’enfants, elle

peut retourner chez ses parents sans compensation ; par contre, si elle a des enfants, elle doit verser une compensation pour leur éducation et le retour dans sa famille dépend du bon vouloir de celle-ci ; elle peut être également obligée à

payer une certaine somme à ses beaux-parents en compensation de la perte de l’aide qu’elle apportait à la maisonnée.

Les femmes accouchent accroupies à la maison. Si l’enfant est un homme, le placenta est enterré au pied du pilier

principal de la maison ; si c’est une fille, sous le lit conjugal.

Les morts sont placés dans un cercueil après avoir été exposés sur un banc devant l’hôtel des ancêtres ou à travers la

porte d’entrée ; chez certains clans, le corps est exposé plusieurs jours dehors, vraisemblablement un reste de la

coutume ancienne qui voulaient que les oiseaux le mangent. Avant de le placer dans le cercueil, des trous sont faits

dans ses vêtements, un acte symbolique de destruction dans le but d’affirmer que ces vêtements appartiennent

maintenant à un autre monde, celui des morts.

RELIGION ET CROYANCES Les hmong pratiquent le chamanisme, une vieille tradition religieuse sibérienne (encore la Sibérie !). Pour les chamanistes, l’âme – ou les âmes, car un homme peut en avoir plusieurs – sont toujours prêtes à quitter le corps pour errer, quitte à être dévorées par les mauvais génies, les dab. La maladie, c’est l’âme qui s’en va ; on est guéri quand elle est revenue ; pour la faire revenir, on fait intervenir un chaman, qui, une fois en transes, entre en communication avec cette âme

vagabonde et essaie de la persuader de revenir ; si elle a déjà été capturée par les dab, il essaie de leur arracher. La

fonction des chamans, contrairement à un tas d’erreurs écrites à leur sujet, est donc celle d’un guérisseur.

Dans les croyances religieuses des hmong, on retrouve quelques-uns des thèmes communs à toutes les religions : l’inceste originel, le déluge, la tour de Babel (qui est pour les hmong un escalier ou une échelle), la multiplication et

confusion des langues. Toutefois, les hmong ont une curieuse conception de la divinité : Pour eux, le « Vieux Seigneur », Maitre du ciel (Ndzu Nyong) est une sorte de roi nonchalant, paresseux, vivant dans son palais comme un empereur, entouré de ses pages qu’il envoie aux nouvelles pour savoir ce qui se passe sur terre ; ils se méfient des hommes, toujours prêts a inventer quelque manigance dont il sera la victime. Donc, il ne faut pas trop compter sur Ndzu Nyong,

mais c’est quand même « Le Père ».

La mythologie hmong est très complexe. Au début des temps, la terre et le ciel formaient un seul bloc ; Ndzu Nyong,

Maitre du ciel, le sépara de la terre et mis de l’ordre dans le chaos originel. Il accrocha les étoiles ainsi que sept soleils

et sept lunes – toujours ce mystérieux nombre 7 qu’on retrouve dans de très nombreuses religions et croyances –

Pendant 7 ans, il n’y eu pas de nuits et les soleils asséchèrent la terre ; puis parurent les plantes et les arbres. Avec

une pincée de poussière, Ndzu Nyong fabriqua des animaux et des hommes ; en soufflant dans leur bouche, il leur donna des âmes. A peine créés, les hommes se plaignirent ; ils avaient peur que les étoiles ne leur tombent sur la tête ; le dieu étendit donc un grand voile bleu de façon à ce que les hommes ne voient les étoiles que la nuit, quand ils sont à l’abri

dans leur maison. Puis, fatigué de l’exigence des hommes, il se retira dans son palais du ciel et ne voulut plus se mêler de rien.

Ça se complique après ! Les 7 soleils et les 7 lunes faisaient des jours et des nuits interminables ; mécontents, les hommes en tuèrent 6 de chaque avec des flèches faites de cimes d’arbre. Le 7e soleil et la 7e lune se cachèrent, ce fut la nuit sur toute la terre et les hommes supplièrent en vain les 2 astres de réapparaître. Ils envoyèrent enfin en ambassadeur un coq, qui promit au soleil que, s’il reparaissait, il le préviendrait tous les matins par son chant qu’il n’avait rien à

craindre des hommes, ce qui explique la croyance des hmong que, s’ils tuaient tous les coqs, le soleil ne se lèverait plus. Puis arriva le déluge, qui ne laissa comme survivants qu’un garçon et une fille qui flottaient sur un tambour en bois. Le frère et la sœur se marièrent et eurent un enfant, un monstre en forme de tronc d’arbre sans bras ni jambes ; ils le

tuèrent et le coupèrent en morceaux qu’ils enterrèrent autour de leur paillotte. Mais pendant la nuit, les morceaux

réapparurent, l’un aux branches d’un poirier, ce qui donna naissance au clan Ly, un autre à un roseau –le clan Moua -

un autre à un arbre local, le Nja, et ce fut le clan Yang, etc. Le lendemain matin, le frère et la sœur se réveillèrent

entouré de toutes ces créatures, origine des familles des différents clans. Les hmong expliquent que c’est à cause de

cet inceste originel qu’il est interdit de se marier à l’intérieur d’un même clan.

ACTIVITÉS La principale culture des hmong est le maïs, suivi du riz, cultivés en champs irrigués ou en terrasses qu’ils parviennent à

accrocher même sur les pentes les plus escarpées. Le travail de titans qu’ils ont accompli en couvrant les montagnes de terrasses est époustouflant. Ils cultivent également fréquemment le chanvre, dont ils tissent les fibres pour fabriquer leurs vêtements, et l’indigo, qu’ils utilisent pour les teindre. La traditionnelle culture sur brûlis a pratiquement disparu

depuis que les hmong sont devenus essentiellement sédentaires. Ils élèvent des buffles, vaches, chevaux et poulets,

et chaque famille a au moins 5 cochons.

Ce sont d’excellents artisans : tissage, teinture à l’indigo, broderie, fabrication de papier, paniers et hottes, d’instruments agraires en bois, et surtout de superbes bijoux en argent, le tout vendu dans les marchés hebdomadaires. Chants et danses abondent, ainsi que, chez les hommes, une étonnante capacité pour l’alcool de riz ou de maïs. Les

instruments de musique incluent des tambours, des harpes et le khèn, une orgue à bouche surtout utilisée au Laos et

dans la province thaïe de l’Isan.

Sources : The hmong in Vietnam (VNA Publishing House) Ethnic Minorities in Vietnam (Thé Gioi Publishers 1993) La fabuleuse aventure du people de l’opium (Jean Lartéguy) Interviews
État des pistes sur la côte ouest de Madagascar (à vélo) English translation pending
by Snowguy · 2014-09-29 · 28 replies
Bonjour à tous. Je sais bien qu'il y a déjà eu des discussions à ce sujet, mais mais les derniers renseignements que j'ai trouvé sont vieux au moins de 4/5 ans. Alors... je vais partir de Tana jusqu' à Tulear et sur ça...pas de problème. Mais... j'aimerais bien suivre la côte au nord, vers Ifaty, Salary et Morombe. Alors, quelqu'un sait si les pistes par là sont très sablonneuses? Seraient elles praticables en VTT? Je suis bien entrainé, mais si je dois faire des dizaines de km sur des pistes avec 40 cm de sable... Merci de toute réponse Eugenio
Comment téléphoner d'un portable de l'île Maurice sur un fixe en France à moindre coût English translation pending
by Kine14 · 2014-09-28 · 4 replies
Bonjour, Pourriez vous me dire comment téléphoner en france sur un fixe avec un mobile de Maurice à moindre coût. Merci
Avis sur la Cubana English translation pending
by Nat1974 · 2014-09-11 · 2 replies
Bonjour,

Nous partons pour Holguín en octobre 2014 et pour la première fois avec Air Cubana. J'ai cherché les derniers commentaires sur cette compagnie mais les commentaires sont vieux (2012-2013). Avez-vous des commentaires récents pour cette compagnie?

Merci pour votre réponse. J'avoue que je suis un peu inquiète de partir avec eux!
Nouveaux billets canadiens acceptés à Cuba? English translation pending
by SecksyStevie · 2014-09-04 · 8 replies
je voudrais savoir si les nouveaux billets de 20 $ , 50 $ et 100 $ sont acceptés à Cuba ou si on est mieux emmener des vieux billets ?
En Chine sans carte routière English translation pending
by Rinka · 2014-09-02 · 5 replies
et voilà ça arrive aux pressés, au Xinjiang sans carte il me faudrait une carte, mais Google passe très mal ici, mappy injoignable, quelqu'un pourrait il m'aiguiller sur une carto en ligne, simple, en français anglais mais ni mandarin ni ouïgour, du style carte routière un peu plus détaillée que celle du LP....merci ! ( et je me connecte avec un vieux machin qui traine, sur du wifi aléatoire)

bon voyage à ceux qui sont sur la route
Rites vaudou en Guadeloupe English translation pending
by Olivierb · 2014-08-28 · 2 replies
bonjour je cherche des infos sur de possibles rites vaudou en guadeloupe ou dependances (mg). je cherche aussi des objets liés aux rites petro (wangas...) j y serais de janvier à mars merci d avance olivier
Carnival Sunshine English translation pending
by Nickbonin · 2014-08-17 · 2 replies
Bonjour à tous.. j'aimerais avoir un renseignement au sujet du Carnival Sunshine..est-ce un navire tout nouveau ou c'est un de leur navire qui a été remis à neuf ???? L'agence de voyage me dit qu'il est neuf..mais j'ai un doute..

Merci..Nick..
Marchés de Noël région de Strasbourg mi-décembre 2014 English translation pending
by FF31 · 2014-08-09 · 3 replies
Bonjour,

Mon mari et moi envisageons un séjour dans la région de Strasbourg à la mi-décembre 2014 pour visiter les marchés de Noël (vieux rêve d'enfant pour moi) et découvrir les villes de Strasbourg, Colmar et peut-être quelques villages typiques aux alentours.

Nous habitons la région toulousaine, et pour le moment, nous ne savons pas quelle formule adopter :

* par avion sur Strasbourg pour 4 jours minimum mais les déplacements seraient alors limités aux alentours * ou en voiture sur une semaine par exemple mais la route est longue et surtout quid de la météo (neige, verglas ???)

Est-ce que l'une ou l'un d'entre vous pourrait SVP nous conseiller sur une option et un itinéraire possible, sachant que nous ne connaissons pas du tout l'Alsace ? Nous avons compris que le marché de Strasbourg sera très touristique, mais il nous semble toutefois un "incontournable". C'est pour cela que nous aimerions également voir des endroits plus authentiques.

Je vous remercie par avance de vos commentaires et avis qui m'aideraient à élaborer un programme et à y voir plus clair dans mes choix.

Cordialement, Françoise
Premières traces atlastiques English translation pending
by Leflâneur · 2014-07-24 · 7 replies
C'était lors de mes premiers pas dans l'Atlas marocain ... il y a fort longtemps.

VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya

Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.

A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.

A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.

Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.

Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.

Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.

Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.

Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.

Maison de la famille Fouzal.

La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.

Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.

Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.

Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.

Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.

Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.

C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.

Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.

Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?

La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !

Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .

« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».

Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.

Ce qui était dit devait être fait.

Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...

TAGHIA

Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.

C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.

Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.

C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.

J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.

Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.

Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !

Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.

Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,

Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.

D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.

Jbel Timghazine

Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.

Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.

Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?

J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !

J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !

En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,

Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.

J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !

Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !

Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.

Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !

Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …

Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !

Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.

D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.

Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !

Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.

- Salamaleikoum.

- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?

Tilla taghbalout ? »

Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.

Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.

Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.

Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.

Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.

Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !

Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.

Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.

Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.

Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !

Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.

Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.

Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.

Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.

La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.

Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?

L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.

J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !

Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.

Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …

Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.

AQQA N’WAROUGHOULT

Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.

Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...

Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.

Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !

Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !

Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.

Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.

J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !

Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.

A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !

Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.

Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.

OUSSIKIS

Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…

Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.

Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.

La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.

Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter

Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.

Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.

De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.

Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.

Si j’avais …

Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.

Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.

Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.

Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.

Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.

A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !

« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !

Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.

Marrakech

J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?

Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.

Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?

Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.

Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.

A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.

Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.

Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.

J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.

C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
Itinéraire historique de trois semaines cet été en Turquie English translation pending
by Patrick13aix · 2014-06-18 · 7 replies
Bonjour à tous, Je pars 3 semaines cet été en Turquie sur les traces des civilisations antiques. Je compte concentrer mon attention sur la mer Egée et un peu l'Anatolie. Après une semaine à Istanbul (un vieux rêve), il me reste une quinzaine pour l'itinéraire suivant: Canakkale (Troie) - Pergame - Un crochet à Samos (si possible. J'ai même pensé à Rhodes)- Selçuk, Efes, etc. (donc zapper Izmir). Descendre vers Antalaya pour voir Aspendos et Selge puis remonter vers Pamukkale et Aphrodisia. Je compte prendre un avion pour Istanbul à Cardak/Denizli et back home. Le tout en autocar! Ma question est toute simple: Est-ce trop ambitieux ou parfaitement faisable? Je vous remercie Amicalement Patrick
Ayers Rock à Uluru en 2 jours maximum avec l'hiver local English translation pending
by Arrakis75 · 2014-06-14 · 6 replies
Bonjour Je dois faire un passage en Australie cet été. Je sais que c’est l hiver la-bas mais je n’ai pas trop le choix. Je passe à Melbourne et Sydney qui ne m’inquiète pas plus que ca. Par contre pour sortir des grandes villes j’aimerais me faire une folie : faire un saut à Ayers rock à Uluru (Vieux reve du à Midnight Oil) A la base je pensais faire un saut en vol jusqu'à l’aéroport Ayers Rock puis trouver un taxi ou bus jusqu’à un motel, après peu être un vélo ou tour guide peut organisé par l’hôtel comme on voit en Asie. Apres avoir lu de nombreux commentaires je suis un peu refroidi d’y aller. -1 c’est la saison froide et des pluies et je risque d’avoir du brouillard (pas de vu lever ou coucher du soleil), le rocher est-il fermé ? -2 certes l’hiver on n’a pas les problèmes des mouches mais est-ce que la visite dans la région avec le froid est jouable (certes il y aura moins de touristes J) ? -3 Je ne trouve que Tours avec des agences depuis Alice Springs (ville ennuyeuse ?) avec un minimum de 3 jours. Quelqu’un aurait trouvé des tours depuis Ayers Rock (je ne conduis pas)
Car ou train d'Orange à Pont-Saint-Esprit (Gard) English translation pending
by Etrefal · 2014-06-11 · 4 replies
Bonjour, Y a t'il un car (ou un train) entre la gare TGV d'Orange et Pont-St-Esprit ou dois-je passer par Avignon?
Préparation voyage de 3 semaines au Japon en mars/avril 2015 English translation pending
by Zehunter · 2014-06-08 · 24 replies
Bonjour tout le monde,

par avance merci de me lire, et si possible de m'aider! :p

voila donc THE moment pour ma femme et moi de réaliser un de nos rèves : visiter le Japon!

la culture, la gastronomie, le passé historique du japon... et pour moi le coté geek/otaku d'un vieux (oups!) fan de manga et animé... forcément nous avons beaucoup d'attente sur tout cela!!

D'ailleurs les dates sont pas encore décidées car ce qui nous a décidé a partir faire un rève éveiller 😎 ce fut un reportage sur les "sakura" et l'hanami" ... quand y aller? quel période selon les 2 ou 3 destinations que nous voulons faire ... plein de questions et inconnu (a moins d'avoir une boule de cristal en météo!) ... du coup essayer peux etre de faire un budget trés serré pour pouvoir a un instant donné prendre la poudre d'escampette (laisser les baguages la on on réside) et prendre le sac a dos pour 2 ou 3 jours et etre sur de voir les cerisiers en fleurs... sommes nous fou fou ?

avant de prévoir un planning de voyage, que j'espère pouvoir vous soumettre aprés ce sujet, nous avons plein plein plein... de questions, remarques, envie... hors je sais que 3 semaines pour une première visite, on va pas pouvoir tout faire... 🙁

bref...

mon idée, sur 3 semaines, vu le prix des billets d'avions serait soit de faire un nice-tokyo-nice (on peux en n'ayant pas peur de longue escale trouver des billets a moins de 600E/pers)... soit payer un peux plus cher pour un nice-tokyo-Hiroshima/Osaka/autre (a décider)-nice ... j'ai un peu regarder, faut compter entre 200 et 400E en plus pour 2 (700 a 850E/pers) ... c'est pas rien, mais c'est peux etre un luxe qui apportera un grand confort sur le séjour... j'ai pas trop envie de passer mon temps a voyager et rien voir ... du coup j'avoue je sais pas trop, et du coup si quelqu'un a deja fait... je suis preneur pour les ressentiments :p

ensuite sur la durée pour chaque lieux a visiter... j'ai un peu lu le forum tout de même :) et j'ai vu 2 écoles :

tokyo 4 ou 5 jours ça suffit... autrement certains dise plutot 7 ou 8 jours ... pareil pour kyoto .. les suggestions varie de 4/5 jours a 7/8 jours ...

vis a vis des destinations, vu qu'on part pour 3 semaines, je pense que je vais couper la poire en 3 :p vu les escales et tout, on aura pour de vrai dans les 18 jours sur places, du coup : * 6 jours tokyo (pour le coté moderne) * 6 jours kyoto/Osaka (pour le coté historique) * 6 jours... hiroshima/matsuyama/shikoku/miyajima/autres...????

modulo peux etre un jour ou deux de plus a tokyo et un de moins a kyoto ou inversement ... mais je vois bien un voyage en 3 etapes

Aprés en regardant de plus prés ... la plus part du temps c'est par exemple 6 jours a tokyo, mais hop hop avec un ou 2 jours a aller visiter autre chose de tokyo ... j'ai bon ? du coup tokyo meme, et kyoto meme, il faut combien de temps ?

et quoi voir hors tokyo, et hors kyoto qui mérite de bouger? et les durées en transports? j'ai entendu/lu des sujets sur des destinations comme kobe, hakone, yokohama...

et pour la 3eme destination ... ou aller ???? osaka (je sais pas encore si on va y passé ou y séjourner... lire plus bas), miyajima semble aussi pas mal, et du coup hiroshima ....

Bref, quoi voir pour sur de sur quand on y va pour la premiere fois? 🙂

pour le logement aussi j'ai plein de question : dormitory, B&B (ça existe?), ryokan (obligé), hotel .. location a la semaine d'appart ? j'imagine que tout cela a un coup ... On se demande si tokyo en auberge (meme avec chambre privé ça coute parfois moins cher qu'un hotel) ça peux etre jouable ... pour plutot garder de l'argent pour le "luxe" des ryokan (et l'escapade)...

car dans ce voyage, histoire de s'en mettre un peu plein la vue, j'aimerais au minimum passer 2 nuits dans un ryokan .. mais cela vaut-il le coup de faire 2 nuit au meme endroit... 2 roykan differents???

pareil, aller dans un Osen ... Obligé! du coup public ou avec le ryokan ??? vous avez de bonne adresse pas trop cher?

Enfin coté prix j'ai lu aussi que Osaka est moins cher que Kyoto pour se loger... est-ce vrai ? est-ce jouable de poser les valises a Osaka et faire des A/R a Kyoto ?

ensuite coté repérage/transport ... tout semble si simple quand on vous lis ... mais j'avoue j'ai une peur bleu qu'on se perd et que du coup on perd du temps a chercher ou aller ... Coté transport j'ai vu qu'il y avait des pass .. le JR pass entre autre.. mais peut-on faire sans? j'ai peur que non...

etant Geek, avez vous des applications smartphone (android only) a me conseiller?

enfin pour finir avec ce message (vos reponses j'en suis sur apportera d'autre question, mais j'y vais progressivement!) : guide ou pas guide??? je veux dire par la que j'ai lu quelque part l'existence de guide "gratuit" ... enfin, presque gratuit ... ça peux etre sympa aussi, si un local se met a faire guide! :)

voila voila! :p pas trop de questions pour pas faire peur, meme si ma tete en regorge! :p

ps: coté budget, j'imagine entre 1100 (30H de voyage! lol!)et 1700E (si ville d'arrivé != ville d'ou on repartira) pour l'avion ... entre 800 et 1000 pour le logement ... je suis bon, large ou pas top ???? coté "argent de poche par contre... je sais pas trop ...
Les incontournables de Franche-Comté English translation pending
by Popeline · 2014-05-28 · 13 replies
Bonjour,

Je serai en France en septembre prochain afin de visiter une petite partie de Champagne-Ardenne, de l'Alsace, la Franche-Comté et finalement de Lyon.

J'aimerais que l'on me donne quels sont les incontournables dans la région de Franche-Comté. Nous sommes friands de vieux villages, de beaux paysages. Les musées et églises ne sont pas nos intérêts.

Merci beaucoup

Popeline
Bon restaurant à Rome English translation pending
by Natz · 2014-05-15 · 1 reply
Bonjour,

Je serai à Rome la semaine prochaine et on y fêtera l'anniversaire de mon copain. Je cherche un bon restaurant, pas trop attrape-touriste, idéalement dans le secteur Panthéon - Trastevere (dans le vieux Rome), et romantique!

Merci de vos conseils Nathalie
4 jours à Marseille en juin 2014 English translation pending
by PdeBourbon · 2014-05-09 · 5 replies
Bonjour à tous . Maintenant que nous sommes âgés nous prenons le temps de mieux découvrir la France et nous serons à Marseille du 10 au 13 Juin: TGV réservé , chambre vers le Vieux Port. Dites nous donc s'il vous plait 5 endroits que vous verriez en priorité à Marseille et après nous ferons le bilan et ainsi nous aurons je l'espère un panel des choses "indispensables " qu'il faut voir dans cette ville. Je veux aller voir le Mucem car on m'en parle beaucoup en bien. Merci d'avance.
Traduction en Croate English translation pending
by Leyas · 2014-05-08 · 2 replies
Bonjour,

En vue d'un voyage en Croatie pourriez-vous s'il-vous plait traduire ces quelques phrases en Croate?

1: Pouvons-nous planter notre tente chez vous? 2: Quelle est la route pour...? 3: Où trouve-on un magasin/ pharmacie/ de l'eau

Merci d'avance 🙂

Mathieu
Location appartement avec Relomontréal - attention caution! English translation pending
by Lucanino · 2014-05-08 · 3 replies
Bonjour à tous,

Je voudrais vous faire part de notre malheureuse expérience de location d'un appartement de bon standing avec Relomontreal. Nous avons loué pour notre famille un appartement dans le vieux Montréal pour 10 jours cet hiver. Nous a été demandé un pré-paiement par virement bancaire avec notre arrivée + 1000 CAD de caution + signature d'un contrat.

Nous avons rendu l'appartement dans un état impeccable, la correspondante de l'agence nous a fait le "check out" sans problème constaté. Un mois après notre retour en France, toujours pas de restitution de caution. Le contrat de location mentionnait 1 mois max de retenue de la caution. Là ont commencé les mensonges : "veuillez svp nous communiquer votre n° de CB pour vous rembourser".... toujours rien, semaines après semaines je sentais bien que quelque chose clochait ! "Oui on s'en occupe, le comptable est surement débordé"... on connait tous la chanson !

Au final, l'agence Relomontreal attendait le retour de voyage de la propriétaire de l'appart, qui a fait elle même son état des lieux. 2 mois après avoir quitté les lieux, on m'a reproché d'avoir abîmé le revêtement de 2 poêles ikea, que j'ai utilisées normalement et lavées dans le lave vaisselle, bref on m'a retenu 100 CAD, les poêles ont évidemment été conservées par la proprio, j'imagine qu'elle continue a faire cuire ses pan-cakes dedans en rigolant bien !

Moralité, vous ne pouvez rien faire quand une agence de location retient votre caution, même avec un contrat. Ils peuvent à posteriori vous facturer n'importe quoi réclamé pour les propriétaires. Il est compliqué d'engager des poursuites juridiques pour une si faible somme.

Je vous conseille d'éviter cette agence peu honnête et surtout d'exiger le remboursement de votre caution quand vous quittez les lieux !

Salutations à tous et bon vent !
Portage enfant 5 ans English translation pending
by Johnosley · 2014-04-26 · 1 reply
Bonjour,

Notre garcon ayant grandi (5ans) et s'etant alourdi (et mon dos vieilli!) Je cherche une solution pour du portage eventuel.

Juqu'a l'an dernier je le portais quand necessaire a l'aide d'un bon vieux sac a dos deuter. Il nous aura donne entiere satisfaction durant 5 ans et nous l'avons utilise partout - ete comme hiver, plaine comme haute montagne. Maintenant notre fils marche de plus en plus mais pas des heures non plus et quand le coup de pompe est la il aime encore bien mon dos ou mes epaules.

Mais avec 21 kgs sur la balance plus le deuter je ne peux plus. Alors en solution de secour nous avons envisage l'echarpe de portage.

Et vous, vous faites ou avez fait comment?

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