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Circuit de dix-huit jours dans l'ouest des États-Unis en avril 2011 English translation pending
Bonjour,
Nous sommes un couple (25 ans) et partons en avril pour 3 semaines faire un circuit sur la cote ouest. ne parlant pas anglais, une agence m'a fait une proposition autotour avec réservation d'hotels, nous souhaitons déjà apporter des modifications, notamment, rajouter 2 jours à Los Angeles pour faire les parcs et 2 jours à San Francisco. De plus, modifier les hotels dans ces 2 villes qui ont l'air d'être excentrés. Nous n'avons pas envie de faire de grosses randonnées, au maximum des ballades de 2H, par rapport aux parcs proposés, faut-il prévoir de longues marches ou pas forcémment? De plus, le parc de yellowstone n'est pas inclus, est il vraiment indispensable (apparemment le plus beau d'après ce que j'ai pu lire sur le forum)? merci d'avance pour les commentaires que vous apporterez à mon message (changement d'hotels mal situés, parcs dans lesquels passer moins de temps ou destinations à zapper...), le circuit est le suivant:
- 1er et 2ème jour : Los Angeles / hotel Custom Hotel - 3ème jour : Los Angeles, San Diego . 160 km . Longez les plages chics et branchées de Newport Beach et de Laguna Beach et arrêtez-vous à la charmante mission San Juan Capistrano, avant la station balnéaire de La Jolla aux portes de San Diego. - -- hôtel : Howard Johnson SeaWorld ** - 4ème jour : San Diego, Palm Springs . 215 km . Old Town, les missions, le centre et la presqu'île de Coronado, qui mélangent les styles architecturaux, font de San Diego une ville très séduisante. A Palm Springs, humez l'atmosphère un brin rétro. - --hôtel : Travelodge ** - 5ème jour : Palm Springs, Scottsdal . 450 km . Le Joshua Tree National Park est sur la route, ensuite c'est le redoutable désert de Sonora, avec au bout, l'oasis et ses saloons. -- Votre hôtel : Days Inn Fashion Square ** - 6ème jour : Scottsdale . Profitez de cette journée pour parcourir l'Apache Trail et découvrir ses paysages spectaculaires. Sur la route, ne manquez pas le barrage Roosevelt et le Tonto National Monument. -- Votre hôtel : Days Inn Fashion Square ** - 7ème jour : Scottsdale, Grand Canyon . 365 km . Passez par la ville minière de Jerome avant de rejoindre Sedona et ses roches rouges, puis Flagstaff sur la Route 66 avant le panorama géant du Grand Canyon. -- Votre hôtel : Holiday Inn Express ** - 8ème jour : Grand Canyon, Monument Valley . 290 km . Traversée des réserves Hopis et Navajos aux confins du Painted Desert jusqu'aux parois grandioses du Canyon de Chelly et ses ruines envoûtantes avant les donjons de Monument Valley. -- Votre hôtel : Holiday Inn ** - 9ème jour : Monument Valley, Lake Powell . 215 km -- Votre hôtel : Super 8 ** - 10ème jour : Lake Powell, Bryce Canyon . 245 km . Beau désert jusqu'à Kanab et Bryce Canyon, où la forêt s'ouvre sur un belvédère à la vue imprenable sur des centaines de colonnes et d'arcs-boutants rouges et or. -- Votre hôtel : Best Western Ruby's Inn *** 11ème jour : Bryce Canyon, Las Vegas . 420 km . Sur la route, passage obligé par le Zion National Park qui recèle de trésors naturels tels que des canyons en grès rouge ou d'impressionnantes falaises. Puis, vous arrivez à Las Vegas -- Votre hôtel : Tropicana *** - 12ème jour : Las Vegas - 13ème jour : Las Vegas, Death Valley . 210 km . L'un des plus grands parcs nationaux américains vous attend avec son relief désertique. -- Votre hôtel : Furnace Creek Ranch *** - 14ème jour : Death Valley, Yosemite . 500 km . Suivez le versant est de la Sierra Nevada avec ses petites localités western, décor de nombreux films, avant d'atteindre le col du Tioga à l'entrée du Yosemite National Park. -- Votre hôtel : Shilo Inn ** 15ème jour : Yosemite . -- Votre hôtel : Shilo Inn ** 16ème jour : Yosemite, Lake Tahoe . 315 km . Repassez le col du Tioga s'il est ouvert pour voir l'énigmatique Mono Lake et surtout Bodie, ville fantôme classée. Sinon la Route 49 aligne les bourgades de la ruée vers l'or jusqu'au bout du beau lac Tahoe. -- Votre hôtel : Best Western Timber Cove Lodge *** - 17ème jour : Lake Tahoe, San Francisco . 330 km . Après Truckee, escaladez la Sierra Nevada jusqu'à Sacramento, la vieille capitale qui vit dans le souvenir du Pony Express. San Francisco. -- Votre hôtel : Best Western Americania *** 18ème jour : San Francisco
Au plaisir!
Nous sommes un couple (25 ans) et partons en avril pour 3 semaines faire un circuit sur la cote ouest. ne parlant pas anglais, une agence m'a fait une proposition autotour avec réservation d'hotels, nous souhaitons déjà apporter des modifications, notamment, rajouter 2 jours à Los Angeles pour faire les parcs et 2 jours à San Francisco. De plus, modifier les hotels dans ces 2 villes qui ont l'air d'être excentrés. Nous n'avons pas envie de faire de grosses randonnées, au maximum des ballades de 2H, par rapport aux parcs proposés, faut-il prévoir de longues marches ou pas forcémment? De plus, le parc de yellowstone n'est pas inclus, est il vraiment indispensable (apparemment le plus beau d'après ce que j'ai pu lire sur le forum)? merci d'avance pour les commentaires que vous apporterez à mon message (changement d'hotels mal situés, parcs dans lesquels passer moins de temps ou destinations à zapper...), le circuit est le suivant:
- 1er et 2ème jour : Los Angeles / hotel Custom Hotel - 3ème jour : Los Angeles, San Diego . 160 km . Longez les plages chics et branchées de Newport Beach et de Laguna Beach et arrêtez-vous à la charmante mission San Juan Capistrano, avant la station balnéaire de La Jolla aux portes de San Diego. - -- hôtel : Howard Johnson SeaWorld ** - 4ème jour : San Diego, Palm Springs . 215 km . Old Town, les missions, le centre et la presqu'île de Coronado, qui mélangent les styles architecturaux, font de San Diego une ville très séduisante. A Palm Springs, humez l'atmosphère un brin rétro. - --hôtel : Travelodge ** - 5ème jour : Palm Springs, Scottsdal . 450 km . Le Joshua Tree National Park est sur la route, ensuite c'est le redoutable désert de Sonora, avec au bout, l'oasis et ses saloons. -- Votre hôtel : Days Inn Fashion Square ** - 6ème jour : Scottsdale . Profitez de cette journée pour parcourir l'Apache Trail et découvrir ses paysages spectaculaires. Sur la route, ne manquez pas le barrage Roosevelt et le Tonto National Monument. -- Votre hôtel : Days Inn Fashion Square ** - 7ème jour : Scottsdale, Grand Canyon . 365 km . Passez par la ville minière de Jerome avant de rejoindre Sedona et ses roches rouges, puis Flagstaff sur la Route 66 avant le panorama géant du Grand Canyon. -- Votre hôtel : Holiday Inn Express ** - 8ème jour : Grand Canyon, Monument Valley . 290 km . Traversée des réserves Hopis et Navajos aux confins du Painted Desert jusqu'aux parois grandioses du Canyon de Chelly et ses ruines envoûtantes avant les donjons de Monument Valley. -- Votre hôtel : Holiday Inn ** - 9ème jour : Monument Valley, Lake Powell . 215 km -- Votre hôtel : Super 8 ** - 10ème jour : Lake Powell, Bryce Canyon . 245 km . Beau désert jusqu'à Kanab et Bryce Canyon, où la forêt s'ouvre sur un belvédère à la vue imprenable sur des centaines de colonnes et d'arcs-boutants rouges et or. -- Votre hôtel : Best Western Ruby's Inn *** 11ème jour : Bryce Canyon, Las Vegas . 420 km . Sur la route, passage obligé par le Zion National Park qui recèle de trésors naturels tels que des canyons en grès rouge ou d'impressionnantes falaises. Puis, vous arrivez à Las Vegas -- Votre hôtel : Tropicana *** - 12ème jour : Las Vegas - 13ème jour : Las Vegas, Death Valley . 210 km . L'un des plus grands parcs nationaux américains vous attend avec son relief désertique. -- Votre hôtel : Furnace Creek Ranch *** - 14ème jour : Death Valley, Yosemite . 500 km . Suivez le versant est de la Sierra Nevada avec ses petites localités western, décor de nombreux films, avant d'atteindre le col du Tioga à l'entrée du Yosemite National Park. -- Votre hôtel : Shilo Inn ** 15ème jour : Yosemite . -- Votre hôtel : Shilo Inn ** 16ème jour : Yosemite, Lake Tahoe . 315 km . Repassez le col du Tioga s'il est ouvert pour voir l'énigmatique Mono Lake et surtout Bodie, ville fantôme classée. Sinon la Route 49 aligne les bourgades de la ruée vers l'or jusqu'au bout du beau lac Tahoe. -- Votre hôtel : Best Western Timber Cove Lodge *** - 17ème jour : Lake Tahoe, San Francisco . 330 km . Après Truckee, escaladez la Sierra Nevada jusqu'à Sacramento, la vieille capitale qui vit dans le souvenir du Pony Express. San Francisco. -- Votre hôtel : Best Western Americania *** 18ème jour : San Francisco
Au plaisir!
Séjour d'une dizaine de jours à Madagascar: vos conseils? English translation pending
Bonjour,
Je vais partir à Madagascar au mois d'avril dans le cadre d'un déplacement professionnel, et je vais prolonger mon séjour d'une dizaine de jours de congés. Je sais, c'est court, mais c'est tout ce qu'il me reste de congés cette année, j'ai déjà beaucoup voyagé 😎
Ma mère devrait me rejoindre pour passer ces 10 jours de vacances à Mada avec moi. J'aimerais donc avoir les coseils des experts de Madagascar (et j'ai vu qu'il y en avait 😉) afin de profiter pleinement de notre séjour. Voici donc nos attentes : - aller à la rencontre de la population, aspect du voyage qui nous parait important - avec un bon aperçu de la beauté de Mada : les paysages, la culture, ...
Et nos contraintes : - seulement 10 jours (vols non inclus) - une personne de 62 ans qui est dynamique mais que j'aimerais ne pas trop fatiguer quand même. Si possible donc ne pas envisager un programme trop ambitieux en terme de déplacements. (et je sais que c'est compliqué à Mada) - départ et retour de Tana
Avec ces hypothèses là, quelles sont d'après vous nos possibilités d'itinéraire?
Niveau budget pour ma part le billet d'avion est payé par ma boite donc c'est tout bénéf 😇. (je vais donc partager avec ma mère son billet) Au niveau hôtels (avec un minimum de confort pour ma maman quand même, mais certainement pas grand luxe), restau, transport, à quoi faut il s'attendre?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses, que j'attends avec impatience. La préparation d'un voyage est presque aussi exitante que le voyage lui même 🙂
Je vais partir à Madagascar au mois d'avril dans le cadre d'un déplacement professionnel, et je vais prolonger mon séjour d'une dizaine de jours de congés. Je sais, c'est court, mais c'est tout ce qu'il me reste de congés cette année, j'ai déjà beaucoup voyagé 😎
Ma mère devrait me rejoindre pour passer ces 10 jours de vacances à Mada avec moi. J'aimerais donc avoir les coseils des experts de Madagascar (et j'ai vu qu'il y en avait 😉) afin de profiter pleinement de notre séjour. Voici donc nos attentes : - aller à la rencontre de la population, aspect du voyage qui nous parait important - avec un bon aperçu de la beauté de Mada : les paysages, la culture, ...
Et nos contraintes : - seulement 10 jours (vols non inclus) - une personne de 62 ans qui est dynamique mais que j'aimerais ne pas trop fatiguer quand même. Si possible donc ne pas envisager un programme trop ambitieux en terme de déplacements. (et je sais que c'est compliqué à Mada) - départ et retour de Tana
Avec ces hypothèses là, quelles sont d'après vous nos possibilités d'itinéraire?
Niveau budget pour ma part le billet d'avion est payé par ma boite donc c'est tout bénéf 😇. (je vais donc partager avec ma mère son billet) Au niveau hôtels (avec un minimum de confort pour ma maman quand même, mais certainement pas grand luxe), restau, transport, à quoi faut il s'attendre?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses, que j'attends avec impatience. La préparation d'un voyage est presque aussi exitante que le voyage lui même 🙂
Volontaire deux mois au nord ouest de la Thaïlande English translation pending
VERS CHIANG MAI
C'est le Bankok Express , un vieux train des anne'e 30, je suppose, qui m'a deposé un apres midi a' Chiang Mai apres 16 heures de choo choo choo choo apathiques alternants avec des coups de freins intempestifs a' chaque fois qu'une vache decide de traverser les rails ou le conducteur s'est assoupi dans sa locomotive.
Pas de vitres mais des persiennes metalliques pour se proteger de la pluie ou du soleil, un ventilateur a' vous decoller le toupet, une banquette en simili vert sapin pour mes fesses, des draps propres, une couverture et un coussin pour la nuit. Les toilettes turques en acier sont a' peu pres propres mais il faut sutout etre acrobate pour pouvoir garder la porte close avec une main et avec l'autre se tenir a' un barreau de la fenetre pour ne pas tomber dans la cuvette lors d'un brusque coup de frein inopine' et s'essuyer les fesses avec...rien! Mon doigt peut-etre mais la question existentielle que je me pose a' ce moment: lacher quelle main? la main droite ou la main gauche?
Je m' installe pour la nuit sur la couchette superieur que je prefere car plus intime.
Lorsque je me reveille, au fond de mon champs de vision, la silhouette des montagnes enturbanne'e par une brume matinale defilent imperceptiblement.
Dans l'accordeon qui relie 2 wagons, je fume une cigarette, moment bruyant mais exaltant de sentir l'air frais du matin. Je vois defiler devant moi des carre's soyeux de rizieres, qq temples en bois plutot rustiques, des maisons sur pilotis au milieu d'un champ, des zebus qui broutent paisiblement. Les rails sillonnent une foret dense, a' la vegetation diverse: par-ci par-la' des palmiers hautains et majestueux, les feuilles grasses de bananiers en bouquet, des parasols de papayers, des bambous denses, des acacias gracieux, des grimpants opportunistes a' fleurs mauve (appele'es "gloire du matin" ) qui ne s'ouvrent que pour qq heures, des lotus erige's vers le soleil baignent dans une mare.
ARRIVEE A MAE HUNG SON6 heures entasse'e a' l'arriere d' un minibus comme une sardine portugaise entre un gros thai ( ce qui est peu commun ) et une femme de la tribue Hmong. J'ai subi les 1684 virages, sur une route sinuante de 240km (6 heures) a' travers une region montagneuse, qui relie Chiang Mai a' cette petite ville du nord de la Thailande situe'e a' 30 km, a' vol d'oiseau, de la frontiee birmane. Une nause'e permanente m'accompagnait tout le long. Qelle joie j'ai resenti lorsque le premier panneau indiquant Mae Hung Son m' est apparut et puis plus loin, une jolie avenue borde'e d'arbres et des parterres fleuris. Je suis depose' par Tong a' mon auberge (guesthouse) . Un jeune homme effemine'e mais plein de sourires se precipite a' ma rencontre pour me montrer ma chambre. 2 matelas comfortables a' mm le sol, un ventilateur silencieux et 1 salle de douche avec eau chaude. C'est le confort. Je deballe mes qq habits, prends une douche et je m'etends pour calmer le haut le coeur qui ne se dissipe pas. MHS est bien loin de la capitale de par sa distance et par sa population. Seulement une petite partie de la population est thai. La majorite' est Shan. Ayant fui leur pays, les Shans sont de fait devenus apatrides, car ils ne sont plus Birmans et la Thailande ne leur accorde pas des papiers d'identite' thailandais. Ils ne peuvent donc pas quitter la province sans permission. En venant ici, nous avons ete' stoppe's 2 fois par l'arme'e qui verifiait s'il y avait des personnes d'une tribue parmi nous dans notre bus. Du fait de leur illegalite' , ils ne peuvent pas acheter un lopin de terre pour y faire de la culture. Mais vite, ils trouvent un bosquet en bordure d'un champ de riz, d'une riviere dans lequel ils montent un abri de fortune pour se proteger de la pluie, du soleil, pour y dormir et caser leur maigres possessions. Et mener discretement leur vie, sans peur de dangers qu'ils ont fui mais la pauvrete' restera colle' a' leur peau. Malgre' les difficulte's a' surmonter, ils choisissent de ne pas vivre dans les camps de refugie'es et preferent s'installer dans des villages autour de MHS et de pourvoir a' leur besoin sans l'aide des organisations internationales. Il existe un reseau d'entre-aide entre les nouveaux refugie's et les anciens qui sont arrive's il y a 20 ans comme mon ami Tong. Les Shans proprietaires de qq petites guesthouses et cafe's engagent d'autres Shans dans leur petit commerce. Outre les Shans, des fonctionnaires gouvernementaux et soldats de la force frontaliere thais, mise en place pour surveiller les routes ( immigrants illegaux et drogue) reliant MHS a' d'autres villes, des commercants chinois et qq touristes aventureux donnent vie a' MHS, appele'e "Ville aux 3 brumes". Depuis que je suis arrive' a' MHS, j'ai comme le sentiment d'avoir quitte'e la Thailande. Je ne retrouve pas ici les elements que j'identifie avec la culture thai que j'ai connu dans l'est du pays comme par example: - la petite maison des esprits des ancetres au devant de chaque habitation - le port du sarong de soie - le calendrier a' l'effigie du roi au dessus de la tv - le wai respectueux a' tout un chacun - la nourriture est plus birmane que thai avec ses curry epais et piquants - le drapeau Thai au-devant de chaque maison - l'hymne national lache' par des haut-parleurs au son gresillant a' travers la ville a' 8 heures du matin et 6 heures du soir - le port de la chemise jaune ( la couleur du roi ) le lundi ( il est ne' un lundi ) - la langue thai n'est pas la langue commune des habitants d'ici - meme les chats ne sont plus siamois mais ....birmans
LE MATIN Le matin, je suis reveille' par le crepitement de grains de riz verse's dans une casserole en alu qui provient de la maison adjacente a' ma chambre, un doux murmure d'une voix d'enfant, un chien aboie et un coq lui repond, des roucoulements de pigeons, une gorge seche racle, une porte claque et le bruit aggressif d'un tuyeau d'echappement et par Kin, le ladyboy qui chante de sa voix d'eunuque le refrain d'une chanson pop thai qui braille de son telephone portable en balaillant allegrement la terrasse. Un apres-midi je l'ai surpris adosse' au petit muret de ma terasse en train de s'epiler les 3 poils qui pendaient de son menton. Il est adorable, gracieux et perpetuellement souriant. En faisant un brin de causette, on observait des missionaires d'une secte obscure ( peut-etre mormons) qui logeaient chez nous. 3 femmes en robes longues, un fichu sur la tete et dans leurs bras des bebe's d’ici. Je trouvais cela' curieux surtout que les bebe's n'etaient evidement pas les leurs d'une part et d' autre part, que les trois femmes addressaient un jeune homme blanc present "daddy ". J'en avais alors deduit qu'il etait polygame et les enfants avaient du etre adopte's ou' emprunte' a' des familles karens pauvres. C'est alors que Kin me raconte avec un rictus que ces “gens” vont dans les villages pauvres, construisent de grandes batisses (eglises) et incitent les meres Hmong ou Karens a' leur laisser leur bebe's en leur promettant de les nourrir, de les soigner etc...Ces familles pauvres recoivent de l'argent si elles viennent a' l'eglise et subissent (mes mots) la conversion vers un christianisme austere et oppose' aux croyances animistes qui persistent a' exister sur les flancs des montagnes ou' je me trouve. Je voyais bien que le timide Kin n'approuve pas ses methodes et la facon dont l'eglise chretienne achete une conversion avec de l'argent ( appele'e ici "rice conversion"). Dans un anglais moins que rudimentaire et avec une grimace qui en disait long, il m'explique que ces chretiens n'ont que le mot "good" pour ce qui est propre a' leur religion et "bad" pour tout ce qui compose les traditions de ces peuples: le culte des ancetres, la croyance aux esprits bienviellants et autres, les rites de la fertilite' et de la mort, les superstitions, l'usage des plantes guerrisseuses sont les elements animistes dont les missionaires protestants veulent faire table rase. Seule la Bible doit servir de reference. Je prends une douche et je traverse la rue encore tranquille pour prendre un petit-dejeuner en face chez Nang qui tient un cafe' ou' je passe souvent faire un brin de causette et embrasser son adorable fille d'1 an Poy avec sa petite bouche en coeur, An la jeune fille Shan qui me sert le petit dejeuner et me confie que Tong est mignon ( lui aussi la trouve adorable), ses 2 chiens biens nourris m'acueillent et je fais un calin au gros matou qui se prelasse sur son coussin prefere'. Je commande mes 2 tartines fait maison et une tasse de the' au jasmin que je deguste tranquillement en discutant avec la proprietaire. Je fais un bisou a' son bebe' endormi dans son hamac et je file retrouver Tong.
Perche sur la montagne qui surplomb la petite ville et son petit lac recouvert de fleurs de lotus, un temple a' la stupa dore'e m'offre la presence reconfortante du Buddha. Le matin, il est a' peine visible, cache' par une brume fine que le soleil dissipera bientot. L”ECOLE DU TEMPLE KAW KAW Pendant 6 semaines je serais la prof d'anglais dans une ecole d'un temple bouddhiste. Je suis un peu anxieuse car il faut que je respecte qq regles: ne pas toucher un moine mm s'il n'a que 10 ans ( lorsque je dois lui donner qq chose, je place l'objet sur la table qu'il reprend ), je dois les saluer respectueusement en faisant le "wai" (mains jointes, doigts touchant le bout du nez et tete baisse), et pas de chansons. A 13 heures, lorsque j'arrive, le son grave d'un gong resonne dans l'espace du temple. Il appelle les bonzes a' la salaa pour chanter en pali les louanges du Buddha en la presence d'un vieil abbe' austere. Les sons graves et peu melodieux dans un rythme monotonique presque hypnotique s'evade de la salaa. Ils resortent a' la queue leu-leu et se dirigent vers les classes. Bon, je me sens prete. Des moinillons boutonneux me regardent les yeux ronds de curiosite' lorsque je rentre dans la classe pour la premiere fois. Ils m'avaient deja' apercu du haut du balcon assis sur la balusrade. Ils n'ont pas l'habitude d'etre en presence de femmes et moins encore d'une "farang" ( une blanche) car peu de volontaires viennent enseigner au temple. Dans les ecoles laiques thais, les eleves se levent des que le prof fait son entre'e mais pas ici. Les moines et mm les novices restent bien assis ou plutot en tailleur sur leur chaises etroites. Je fais mon plus respectueux "wai", me presente en articulant bien. Le prof Karen se tient pres de moi en se tortillant les mains. Il se demande comment cela' va se passer. Il est timide et a peur de faire des fautes en anglais lorsqu'il me parle, souvent a' voix basse. Je dois presque lire sur ses levres ce qu'il me communique. Il enseigne strictement les regles de grammaire mais moi je prefere leur inculquer des mots de vocabulaire en leur faisant la conversation. Il a toujours pose' sur le bureau un verre d'eau fraiche pour mon gosier desseche' apres avoir repete' les mm mots avec lesquels ils ont des difficulte's comme: rice, novice, province, science, river, lips...en fait les sons S et L, R qu'ils invertissent pour une raison mysterieuse. Ils sont tous en robe orange, ceintre' par un sash jaune, une epaule denudée qui souvent laisse apercevoir un petit teton. Sur leurs epaules et leurs bras, d'une encre verte, des mantras bouddhistes et d'amulettes protectrices contre la maladie, la mauvaise fortune sont tatoue's. Les petits bonzes novices sont pour la plupart shans dont les familles ont fui la Birmanie pour se refugier ici a' MHS pour raisons economiques et les persecutions. Les plus demunis sont accueillis dans les temples de la ville et recoivent un habit orange, sont nourris, loge's et scholarise's: une education auquel ils n'ont pas eu acces lorsqu'ils habitaient de l'autre cote'. La-bas, il faut debourser pour apprendre a' lire et a' compter. Les instituteurs mal remunere's exigent de l'argent pour l'usage de l'electricite', de la chaise et de la table, des livres et les cahiers, les feuilles d'examens (et plus si on veut aussi les reponses) qui s'ajoutent aux frais d'inscription (eleve's pour la majorite' des birmans).
J'appercois souvent des bouts de tissus saffran qui depassent d'un mur ou derriere une porte entrebaille'e comme tire' par un fil transparent. Ce sont les petits moinillions qui discretement s'isolent pour reajuster les 3 metres de tissus qui doivent couvrir leur corps comme prescrit. Sans boutons ni epingles c'est un art qui s'acquiert avec les anne'es. Ils deroulent leur robe jusqu'a' la limite de l'exposition et s'enroulent a' nouveau en s'appliquant a' faire 3 jolis plis devant et derriere. Le tout tenu en place avec un bout de tissus jaune canarie ceintre' autour de leur corps fluets. Petites anecdotes: un des moines de 16 ans dit que je suis jolie en thai au prof. un autre, pour me provoquer me dit lorsque je lui demande ce qu'il a dans son sac:"une cigarette" suivi d'un sourir malicieuxils ont adore' lorsque je leur ai demande' qu'elle etait leur equipe de foot prefere'. Ils ont tous crie' en mm temps "Manchester United". La lecon d'anglais n'est pas toujours suivi avec autant d'enthousiasme. Cette exuberance me surprend un peu. entre 2 lessons, j'entends des sons aigus d'une chanteuse thai d'un portable d'un petit bonze , cache' par un petit mur ils recoivent qq fois des sous s'ils se levent tot pour la quete matinale a' 5h du matin ou lors de ceremonies funeraires auxquels ils sont qq fois invite's.Ils aiment les depenser chez un marchand ambulant qui vient tous les apres-midi vers 2h vendre des fruits, des boissons, des gateaux aux couleurs des plus artificiels que les enfants thai adorent. Je les ai surpris qq fois, sous pretexte d'aller faire pipi, devaler les escaliers pour aller acheter une friandise. Ils sont tres malicieux ces petits.Le temple exige des moines novice de suivre 130 et quelques regles qui seront plus nombreuses une fois consacre' moine (227). Une fois, leur education termine', vers l'age de 18 ans, bien souvent ils retournent a' la vie civile. Quelques regles: - ne pas voler - ne pas tuer un etre vivant (mm les moustiques) - ne pas mentir - ne pas dormir sur un matelas comfortable ni s'assoir sur une chaise eleve'e - ne pas avoir de rapports sexuels - ne pas accepter de grosses sommes d'argent - ne pas manger apres midi - ne pas porter de montre, de chapeau ni de chaussures - ne pas se parfumer ni porter des accessoirs pour s'embellir - ne pas boire de boissons alcoolise'es ni de consommer des produits intoxiquants - ne pas chanter, danser ou jouer un instrument de musique
"Cours de conduite pour les novices-moines un peu trop "pink" est le titre d'un article que j'ai lu dans le Bankok Times. La conduite jugée inappropriée de certains moines novices a motivé un moine à mettre en place des cours de bonne conduite. Ce dernier s’inquiète de voir certains moines utiliser des produits cosmétiques, porter des sacs à main rose, réajuster leur robe pour être "à la mode", ou même d’avoir des relations sexuelles dans les dortoirs, ce qui peut leur valoir d’être défroqués. Ce cours devrait enseigner aux novices les comportements adéquats, et pourrait même "prévenir certaines expressions de l’homosexualité". Si ce cours est un succès, il sera introduit dans d’autres temples à travers le royaume.
Apres ma premiere lecon d'anglais, je vais m'assoir sur un banc, face au lac parseme' de fleurs de lotus. J'etais remplie de douces reveries. Le crepuscule couvrait d'or la pagode de style birman de l'autre cote' du lac. Une fine voix melodieuse me parvint. Une certaine tristesse dans les sons d'un instrument que j'entendais pour la premiere fois. Un trio Karen chantait des ballades melancoliques qui rappellent leur terre dont ils sont exile's. Silencieusement, 4 jeunes moines passent derriere moi. Leurs robes saffran gracieusement enroule'es autour de leur corps, les epaules couvertes, le pas regulier, le regard vers le bas, ils se dirigent vers le temple du lac. Malheureusement, ce moment de poesie fut entache' par le bruit d'un monstre aerien qui survole la frontiere comme tous les fins d'apres-midi.
LES REFUGIES Le vrombissement d'un helicoptere de l'armee'e thai me sort de la lethargie d'un apres-midi indolent. Ils surveillent leurs alle'es et venues des milices nationalistes Shans et Karens qui viennent se refugier dans le no-man's land entre les 2 pays lorsque les combats avec l'arme'e birmanaise s'intensifient. Depuis les années 80, ils ont bénéficié d’une politique conciliante de la Thaïlande qui ont laisse’ les rébellions installer leurs bases arrière sur son territoire, fermant les yeux sur leur approvisionnement en armes contre bois de tek, métaux et pierres précieuses. L'économie Karen repose essentiellement sur l'exportation de bois rares (teck, antimoine, étain, jade et rubis). L'exploitation des forêts karens s’est toujours faite dans le souci de préserver le patrimoine écologique: pour chaque arbre coupé, un arbre soit planté. Cette gestion mesurée des ressources forestières a préservé jusqu'alors les montagnes karens de la déforestation. Ces forêts de tecks sont d'ailleurs l'enjeu de combats, les birmans n'hésitant pas à lancer des expéditions qui détruisent les jeunes pousses et pillent les réserves pour asphyxier l'économie Karen. Les insurgés Shan, eux, tirent leurs ressources du trafic de l'opium situé dans le Triangle d'or. Plusieurs milices shans se battent pour proteger cette region du nord qu'ils considerent la leur ( promise par la Grande Bretagne pour leur aide dans les combats contre les Japonais ). A la différence des ethnies du « triangle d’or », les Karens ne tirent aucun profit de la drogue, qu’ils ont toujours refusé de produire, et dont ils punissent très sévèrement la détention. Avec beaucoup de courage, les Karens traversent la foret vierge dense qui recouvre ces massifs montagneux bordant les 2 pays. Hommes, femmes et enfants affrontent la peur pour fuire les moyens repressifs et sanguinaires tels que la birmanisation, l 'emprisonnement arbitraire, la prostitution force'e, les mines dans les champs de riz que les militaires posent pour empêcher les paysans de s'y installer, le viol de leur femmes, la mise a' feu des villages. Ils veulent faire disparaitre ou evacuer de force ces tribues de leur territoire. La junte militaire impose aussi le travail force' et non paye' dans des chantiers de construction telle que la pipe-line Total qui va du nord de la Birmanie jusqu'au sud. On les oblige à construire des routes sans être payés, on leur fait porter des cargaisons de munitions et d’armes et, parfois, on les tue. On ne tente même pas de cacher les massacres au reste de la population : c’est une tactique pour forcer ce peuple à se soumettre ou à courir se réfugier en Thaïlande. Ils sont les victimes d'un nettoyage ethnique en bonne et due forme qui derriere ses hautes montagnes, loin des yeux du monde est en vigueur depuis qq anne'es. Les refugie's civils, qui sont aujourd’hui plus de 1.7 millions vivent le long de la frontière thaïlandaise, distribue’s en 9 camps discrets eparpille's sur les plateaux entre les 2 pays sous les auspices de plusieurs organisations internationales autour de MHS et de Mae Sot, plus au sud. Certains camps se distinguent par leur isolement et par la difficulte' d’accès pour les travailleurs de l’aide humanitaire. Les conditions de vie y sont absolument déplorables car certains sont extrêmement surpeuplés. Les habitations des réfugiés sont construites à flanc de collines escarpées où il existe un véritable danger de glissement de terrain. Le manque d’installations sanitaires et de canalisations d’eau donne lieu à une situation où les risques pour la santé publique sont endémiques. Le HCR a accepté que des réfugiés soient déplacés de ces camps vers le Canada. Parmi les autres pays qui ont répondu à l’appel du HCR de réinstaller des réfugiés birmans, on compte les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, le Danemark, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les refugie's qui ont acquis des competences dans le medical, l'administratif ou dans l'education et parlent bien l'anglais sont les premiers a quitter les camps et reconstruire leur vie dans ces pays d'accueil, s'ils le souhaitent. Malheureusement, les camps se voient ainsi drainer de personnes qualifie'es qui contribuent a' sa bonne administration dans divers secteurs. J'ai discute' avec une australienne qui a passe' 6 mois illegalement en sautant une cloture pour atterir dans un camp pres de Mae Sot. . Elle m'a dit que le risque d'epidemies plane dans l'athmosphere des camps. La tuberculose est souvent evoque'e et bien sur le SIDA. Il y a les problemes de la promiscuite' qui est effrayante et l'oisivete’ qui mene beaucoup de jeunes a' commettre des petits crimes et s'adonner a' la drogue. Pourvue par qui? je ne sais pas. Probablement avec l'aide de la police des camps. Elle m'a aussi dit qu'il y a des cas de viol de la part de cette police infame qu'aucune authorite' semble surveiller.Une ecole sur une petite montagne l'a heberge'e ou' elle a enseigne' l'anglais a' des petits karens. La police des camps ne l'a jamais soupconne' d'etre entre'e sans permission. Mais elle a ajoute' qu'elle ne s'aventurait pas beaucoup vers le coeur du camp qu'une police speciale des camps, surveille. Beacoup de refugie's sortent illegalement soit pour travailler dans la petite ville et gagner qq bahts ou pour se distraire sur une console video ou chatter sur internet .En sortant du camp, un chemin terreux vers la droite mene a' un autre camp un peu plus loin tandis que celui sur la gauche mene vers la petite ville.Avec un billet de 500 bahts dans la main d'un garde, un refugie' peut passer "inappercu" devant cette police corrompue jusqu'aux os pour sortir du camp, ce qui est defendu. Le gouvernement thai veut empecher que ces refugie's se deversent dans les environs. Il ne tient pas a' faciliter l'integration de cette masse de main d'oeuvre bon marche' et souvent mieux eduque'e que les habitants thais de la ville proche des camps . En fait, depuis qq temps, le gouvernement thai encourage les refugie's a' rentrer dans leur pays en les assurant (faussement) que les regions d'ou' ils viennent a ete' securise'es et demine'es. Ce qui a ete' dementi par les Karens encore en Birmanie. J’ai aussi appris que depuis 5 ans, la Thailande ne veut plus d'etrangers - volontaires ou pas- dans ces camps car elle a peur des allegations de mauvaise gerance et de corruption qui pourraient se rependre. J'ai ressentie cela' en parlant avec des personnes implique'es directement dans des actions d'aide pour les refugie's. Prudentes de trop devoiler, elles parlent peu et ne donnent jamais leur avis personnel. Le risque est de subir les reprisailles du gouvernement thai qui l'inflige a' ceux qui en disent trop. Comme la jeune volontaire hollandaise qui un jour avait raconte' ce qui se passait dans les camps et fut deporte' illico presto le lendemain vers son pays d'origine. Mais je me pose la question: que savent les institutions internationales qui s'occupent du bien-etre et du respect de chaque refugie' tel que UNHCR, IRS, CICR, IOM etc... Ne remarquent-ils rien ou ont -ils un baillon sur la bouche impose' par le gouvernement thai? Je parcours le net pour en savoir plus sur les ONG qui administrent ces camps mais rien ne transparait. Que des documents officiels qui parlent plus de leurs objectifs que ce qui s'accomplit vraiment.Tout cela' montre bien que tout n'est pas parfait dans ce bas monde et encore moins dans les camps et que les ONG preferent fermer les yeux sur ce qui se passent dans ces camps. J'ai rencontre' une autre australienne Vanessa qui elle aussi enseigne l'anglais mais dans un village tout pres du camp de NaiSoi. Elle etait tres reticente de reveler ou' elle enseignait. En peu de mots, elle me fait comprendre qu'elle avait ete' instruite de ne rien dire. Au fil des rencontres, j'ai appris qu'elle enseignait dans une ecole rudimentaire d' un village a' proximite d'un camp ou' des jeunes de 20 ans sortent illegalement qq heures pour apprendre l'anglais. Mais au fur et a' mesure de nos conversations, j'ai fini par comprendre que son travail comportait aussi la transcriptions en anglais de karens qui retournent clandestinement en Birmanie et rapportent leurs observations a' l'ONG qui les emploie. Je l'ai entendu mentioner discretement le nom de Thai-Burma Border Consortium (TBBC) . A l'origine de ce consortium ( 1985) est un adventiste et aujourd'hui ce sont, pour la plupart des organisations caritatives chretiennes de plusieurs pays europeens et les USA.
VIREE EN MOTO VERS LE CAMP DE REFUGIES DE NAI SOI On decide donc d’aller voir de plus pres ce camp. On me previent que je ne pourrais pas entrer sans la permission d’un organe du gouvernement thai qui s’occupe dela gerance des camps. ( qu’ils appellent “shelter” ce qui veut dire abri dans le sens de protection). Je convainc Tong de nous accompagner mais je sens une petite reticence. Il a peur des check points de l’arme’e qui arretent les vehicules pour verifier les papiers des non-thais comme Tong. Il nous accompagne quand mm car il a peur pour notre securite’. Depuis MHS une route asphalte’ nous mene a’ travers une valle’e verdoyante: beaucoup de bananiers, de palmiers et des petits champs de riz sur les qq m2 de terre au fond des valle'es. Une jungle epaisse sur les flancs des montagnes bordent notre route. On depasse 2 bonzes errants en robes moutarde ( couleur prefere' des bonzes de la foret et ceux qui errent jusqu'a' la saison des pluies), leur crane au crane burine' par le soleil portant pour seule possession au bout de leur bras leur bols et une ombrelle pour se proteger du soleil et de la pluie peinait sur la monte'e. On arrive au village karen de Nai Soi qui est a 5km de la frontiere thai-birmane. Des maisons en bois de teck noircies par le temps bordent la route. On s’arrete pour demander le chemin vers le camps a’ des enfants en velo. Ils ne comprennent pas le thai, ni le shan mais on decide de suivre la route et puis on verra. Sur un monticule, une batisse en dure, peinte en blanc avec sa croix qui perce le ciel nous tombe presque dessus. Elle domine le petit village. Je me sens mal a’ l’aise quand je vois la determination avec laquelle les missions protestantes convertissent ces peuples animistes et bouddhistes ( qui sont plus recalcitrants a' la conversion ). Les missions et certaines sectes comme les mormons et les adventistes sont tres actives dans ces villages pauvres et recule's. A la sortie du village, la route asphalte’ se transforme en poussiere et rocaille. J’ai un peu de mal sur ce terrain poussiereux et pentu car il faut eviter de freiner alors je m’engage prudement sur le versant de la colline que nous devons franchir. Au fond de la valle’e, une clairiere, une barriere et un panneau en travers “no entry” nous accueille. On est arrive’ dans un cul de sac: un poste de garde flanque’ de 2 drapeaux thais et surveille’ par 2 jeunes militaires, une grande pancarte avec le nom du camp et une buvette, tenue par une femme karen. Elle nous vend une bouteille d’eau pour lubrifier nos gosiers desseche’s. Aucune activite’ autour de ce poste si ce n’est un couple de jeunes hommes dont un a la bouche ensanglante’ par le betel qui s’approche du garde en tenue militaire. Il discute et puis fait signe a’ son copain et passe la barriere.Au dela’ de cette barriere 15 000 refugie’s essaient de reconstruire leur vie dans ce camp entoure’ de montagnes et cache’ par la jungle envahissante. A gauche de cette barriere, et faisant partie du camp d'a' cote', s'etend un village de femmes "girafes" que nous refusont de visiter. Les Padaungs Karens dont les femmes sont appele'es femmes "girafes" a' cause de leur tradition qui consiste à allonger le cou des petites filles progressivement avec des anneaux posés chaque année. La raison reste mystérieuse. Pour certains, cela aurait initialement protégé les jeunes filles et les femmes, restées à la maison pendant que les hommes étaient partis à la chasse, contre les attaques des tigres qui s’en prennent en premier lieu au cou de leurs victimes. Pour d’autres, cela aurait été un moyen employé par les Padaungs pour protéger leur or qui, posé sur le cou des femmes, ne pouvait ainsi être volé. Elle pourrait également ecouler d’une superstition et constituerait une protection contre la mauvaise fortune Au fil des ans, de moins en moins de femmes choisissent de subir cette tradition barbare. Cette coutume a été interdite par décret en Birmanie, mais elle est parfaitement tolérée en Thaïlande. Je dirais mm encourage'e. Les femmes "girafes" ont ete' acueillis avec plus d'enthousiasme sur le territoire thailandais que leurs cousines karens car elles representent une manne financiere issue du tourisme pour le gouvernement thai et le KNPP (milice nationaliste karen qui se bat pour l'independance du pays Karen en Birmanie). La Thailande leur a occtroye' des terres pour y installer leur villages. Elles passent leur journe'es assises dans des huttes a' tisser et se faire photographier par les touristes. Elles ne sortent que rarement de leur villages. Les 250 bahts qu'ils percoivent des touristes servent a' payer leur salaire et a' financer le mouvement KNPP.A l'entre'e du village, est affiche'e une carte detaille'e de la Birmanie dont la partie thailandaise est en blanc, vide , comme si elle n'existait pas. Je suis surprise car apres tout ces camps sont bien sur territoire thai! On est un peu penaud car on pensait pouvoir observer des alle’es et venues de l’exterieur. On reprend nos velomoteurs et nous rentrons. Le soleil entre-temps a rougi les champs, une fine brise qui nous depoussette s’est leve’e.
BALADES A MOTO DANS LES ENVIRONS Hmong, Liseu, Karen, Lahu sont les tribues des montagnes que l’on peut rencontrer lors des balades a’ moto ou trecks. Ils ne connaissent pas les fronieres impose'es par les gouvernements.Ils sont semi-nomades et vivent dans des villages eparpille's sur les flancs des massifs montagneux qui s'etendent du Laos jusqu'en Birmanie en passant par la Thailande et le long des rivieres. Ils y cultivent le riz sur ces petits lopins de terre.Lorsque leurs terres peu fertiles ne donnent plus assez pour nourrir la communaute, ils s'installent sur un autre flanc de montagne.Ils cultivent aussi le pavot qui fait partie de leur pharmacope'e traditionnelle. Ils vivent dans des huttes sur pilotis construites en teck et bamboo, des feuilles seche'es forment la toiture, excercice qui doit etre renouvele' tous les ans.Ils ne viennent en ville que pour vendre leur recoltes et leur artisanat ( tissage traditionel sur metier et broderies sur vetements ) que je vois etale' au marche' lors de ma balade nocturne. Un matin, nous sommes partis a' la decouverte de ce qui se cachait derriere la brume matinale en direction de la frontiere thai-birmane. QQ km de routes asphalte'es et puis une route en terre rougeatre et pentu, parseme' de virages nous amenent vers un village Karen pauvre, cache' dans une petite valle'e etroite. Je vois un mahout sur son elephant qui avance lentement le long du flanc de la colline oppose’e. Il se dirige vers l'interieur de la foret. On s’arrete devant une bicoque en bois ou' une femme se laisse bercer dans son hamac. Elle sursaute lorsqu'elle nous appercoit et ne veut pas se laisser photographier car elle ne se trouve pas belle. Elle eclate de rire. Je m'eloigne un peu du groupe qui s'est assemble'e autour de la "star" du village. Un peu plus loin, un chien pose son museau dans une marmite en fonte qui fumait. Il se fait chasser. Du linge suspendu sur un fil entre 2 cocotiers, une machine a' laver sous un toit de canisse. Un fil electrique tendu d'arbres en arbres, une parabole, une antenne et une boite d'emballage LG revele l'existence d'une tele'qui doit surement troner a l'interieure de la structure en bois. Des enfants nous devisagent, etonne's et des vieilles femmes habille’es en pagne tisse’et brode’s s’arretent pour observer les 4 motards sur leur engins bruyants et puants. Elles n’ont pas un regard indulgent envers nos cameras bien que nous leur demandons la permission. On continue notre chemin sous un ciel bleu vif et une chaleur seche qui monte. Personne sur la route qui longe la riviere Pai. On traverse un autre village. D’un petit monastere shan en bois, 3 jeunes bonzes, torses nus (chose rare) me saluent avec un joli sourire. Tristement un vieil homme dont le pied droit n’est qu’un moignon traine sa jambe. Un cas de polio comme on en voit encore par ici. Il fait au moins 30 * mais il porte un bonnet de laine. On traverse a' pieds un long pont etroit en bamboo tremblotant sous nos poids au-dessus de la riviere Pai. Le chemin s'engouffre dans la jungle plein de serpents. Je rebrousse chemin et j'attends mes companions assise a' l'ombre d'un acacia. 3 cerberes pales sortent des buissons mais n'osent pas m'approcher. Ils m'observent, la queue leve', en etat d'alerte. Ils n'ont pas l'habitude de "farangs" ( hommes blancs ) par ici. Je sursaute. A la sortie du virage d'un chemin poussiereux qui serpente vers le bas de la colline, un paysan en habits de camouflage vert m'apparait. Je confond sa scie dans son dos pour un fusil. je suis un peu sur mes nerfs, si pres de la frontiere et seule. On reprend la route pour finir dans un cul de sac. Une clairiere avec des echoppes de nourriture et de boissons. 2 petits garcon et une fille tenant dans la main une lampe torche nous demandent de leur petite voix si on voudrait visiter la grotte un peu plus haut. A' la queue leu leu, on les suit et on monte vers la colline. On arrive a' un petit temple en bois fonce' niche' dans le feuillage de la jungle. C’est un lieu propice pour une retraite ou’ les heures coulent dans la meditation et la reflexion. Ici pas de musique ni de distractions visuelles. Cet endroit plait a’ Tong qui voudrait faire une retraite d’un mois dans un monastere de la foret comme celui-ci. Un jeune bonze solitaire ramasse des feuilles mortes autour du temple ou il vit seul. Il avait le dos et les avant bras tatoue's de signes protecteurs et ecritures bouddhistes, mantras qui est une tradition chez beaucoup de bonzes shans. Tatouages porte’s comme des amulettes ( pour se proteger de la mauvaise fortune, de la maladie et des animaux sauvages) que j'ai aussi appercu sur des villageois shans qui ont traverse’ la jungle pour arriver sain et sauf en Thailande . On salue le bonze et on continue notre monte’e qui mene vers la grotte. A l'entre'e, un ermite en platre de style hindou, occupe les lieux, des bougies, des fleurs, un paquet de cigarette et une bouteille d’eau lui sont offert par les habitants du village. Les enfants penetrent dans la cavite' sombre et humide et nous illuminent le plafond calcaire et une statue de Buddha dans une niche tout au fond. Pour y acceder on doit ramper a' genoux.On redescend vers le village et la clairiere. Je vois une caserne ou plutot une hutte militaire surplombant la place, a’ partir duquel qq soldats surveillent les alle’e et venues des villageois car nous sommes a’ qq metres de la frontiere. Un soldat assis sur la colline m'observe. Son oeil de lynx appercoit ma camera pourtant miniscule et me fait signe de le ranger. Une autre vire'e nous a mene'e vers le nord pour visiter un village chinois. Une route asphalte’e serpente le long des flancs de la montagnes. L’ombre des arbres nous procure de la fraicheur. QQ rizieres desseche’es brunies par le soleil et peu d’habitations. Nos motos ont du mal a’ grimper la cote. Je prends mon temps, je savoure la sensations d’etre loin, tres loin de tout, au bout du monde. Je hume l’air qui m’apporte des odeurs de terre brule’e, une senteur doucatre de frangipani tout le long de notre balade au nord de la Thailande. Vers la descente d’un col, des terrasses parseme’es de buissons ronds recouvrent les flancs des collines. A’ la sortie d’un virage, au fond de la petite valle’e, un joli lac indigo, des maisons en torchis ocre, des lampions rouges suspendues aux tuiles des toits nous apparaissent. On evite de justesse des chevaux libres de circuler dans le village, des chiens dormant sur la chausse’e et on se dirige vers le centre pour deguster le the’. Ban Rak Thai est un village d’immigrants du Younan qui aujourd’hui vit de la culture de the’. Elle a remplace’ celle du pavot. Dans le passe’, ce petit village fut le refuge d’anciens soldats Kuomintang qui se sont battus contre l’Arme’e Rouge de Mao. Je souris a’ une grand-mere chinoise qui porte son petit-fils sur son dos et on file pour voir le paysage par dessus la barriere du poste frontalier thai. Un chemin de terre a' travers une foret de bambous nous mene sur la colline qui surplomb la Birmanie. Un drapeau thai, un panneau en bois "Myamar", des sacs de sables encerclant une hutte d'observation vide, une barriere fait de bambous. On est un peu decu mais excite's quand mm, de se trouver dans un coin perdu au nord de la Thailande. Nous sommes a' la lisiere des 2 pays dans une zone tampon entre plusieurs factions militaires qui se disputent ces terres. A ma droite, vers l’ouest l'arme'e birmane et a' ma gauche l'arme'e UWASA (Chinois) protege son territoire de l’arme’e birmane et des invasions d'autres milices ethniques Shans. Depuis le poste frontalier, mon regard s'etend a' perte de vue sur plusieurs massifs montagneux sous un ciel bleu d'acier. Aucune habitation, aucun village, aucune route, aucune tour de tele'communications, rien que de la vegetation dense dans laquelle qq tigres solitaires trouvent encore un refuge. On pose dans la hutte pour se faire photographier avant qu'un soldat nous deloge de la'. Mais on a ete' repere' du haut d'un autre colline. Un jeune soldat en habits camouflage vert descend et nous sourit. On est soulage'. Il nous invite a' visiter le camp tout en haut de la colline mais nous demande de ne pas prendre de photos. Un jeune chiot nous accueille en fretillant la queue. 1 drapeau thai bien haut pour delimiter le territoire de celui du voisin, 4 huttes en bambous et feuilles seche'es, un rempart de sacs de sable face a' la Birmanie, une radio, un velomoteur, qq utensils de cuisine et c'est tout. Pas de commandos arme'e de AK47, en etat d'alerte permanente, a' l'affut de chaque mouvements dans la jungle sous mes yeux. Pas tout a' fait ce que je m'imaginais comme poste frontalier d’une region ou' les escarmouches entre les differentes factions etaient si frequentes. RENCONTRES Ce que j'apprecie le plus lorsque je depose ma petite valise pour qq semaines dans une ville est ce temps precieux que j'ai pour creer des contacts, nouer des liens avec ceux que je rencontre qui ne sont pas que de passage et les personnes que je cotoie presque tous les jours avec un “sawadee Ka” ou hochement de tete et un sourire: la proprietaire de ma guest house a' qui je dis bonsoir dans mon meilleur thai lorsque je la vois repasser le linge des clients. Je lui fais un clin d’oeil et jette un regarde vers son homme bien installe' devant la tele' - elle rigole car on s’est compris, la dame qui tient une buvette ou' je deguste un the' vert glace' delicieux en fin d'apres-midi qui me dit “reviens demain”, la vendeuse du tissu brode' que j'ai achete' l'autre jour me reconnait et me sourit lorsque je pase devant son magazin pour aller ecrire mes e-mails, la vendeuse de brochettes de poulet a' la sauce de cacahouetes et riz gluant qui m’a reconnu au marche’ et moi pas (J’etais embarasse’e) , la dame qui m’accueille avec bonne humeur et me prepare une delicieuse salade de papaye verte – elle se rappelle de ne pas y mettre de piment, les bonzes au temple qui m’observent du coin de l’oeil et lorsque je leur souris, sont embarrasse’s mais flatte’s et les moinillions qui disparaissent en rigolant quand ils me voient. Je suis comble'e par ce contact humain dans la simplicite' mais avec un coeur sincere. Il y a surtout Tong le coordinateur Shan de 25 ans qui s'occupe de nous: un visage harmonieux, un sourire a' faire fondre tous les glaciers du Groenland, des yeux qui laissent deviner une intelligence pleine de sensibilite' et sa facon d'exprimer des pense'es pures et profondes. Un etre cher dans un bel emballage, un don precieux pour tous ceux qui l'entourent. Il apprecie ma companie et moi la sienne. On se retrouve souvent pour discuter sur ce qui se passe a' cote': la question des mouvements nationalistes des ethnies en Birmanie. Son oncle, avec qui il avait traverse' les montagnes qui bordent les 2 pays, avait ete' enrolle' de force dans la milice du fameux Khun Sa lorsqu'il etait enfant. Cette milice d'enfants avait fait couler beaucoup d'encre a' l'epoque. Khun Sa faisait des razzias dans les villages Shan et "volait" les enfants et sur son parcours, laissait des meres en larmes car elles savaient qu'elles ne reverraient plus leurs fils. Effectivement, ces enfants mourraient lors des combats contre l'arme'e birmane ou succombaient a' la tentation de l'opium que leur procurait Khun Sa. A lui seul, il gerait la production d'heroine dans son fief cache' dans la jungle du triangle d'or ( 3/4 de la production mondiale) et son ecoulement qui finissait dans les veines des GI americains qui venaient se resourcer en Thailande. L'oncle de Tong, jeune combattant de la milice de Khun Sa a fini par mourir du Sida car lui aussi etait devenu accro a' l'heroine. Mon ami Tong avait pris la route de l'exil a' travers ces montagnes hostiles il y a 19 ans, avec son oncle et sa mere pour retrouver son pere. Mais il me dit, si c'etait a' refaire il suivrait un groupe de Shans et aurait ete' pris en charge par une ONG dans un des camps qui borde la frontiere. Il aurait recu alors une education et une preparation plus complete pour pouvoir faire face a' la vie hors du camp dans un pays comme l'Australie, la Nouvelle Zelande, le Canada ou les USA. 500 a' 700 refugie's quittent les camps pour ces pays pour refaire leur vie, loin du climat de guerre dans lequel ils ont vecu. Il pense qq fois de prendre le risque et retourner en Birmanie pour revenir en Thailande en tant que refugie' officiel parce que sa situation de personne sans papiers lui pese. C'est le dilemme de presque tous les réfugiés comme Tong. Apatride, il se heurte à la politique de non intégration du royaumes. Le choix de travail est limite' et lorsqu'il en trouve, il se confond dans la masse d'une main d'oeuvre sous-paye's employe' par des employeurs thais cupides. La plupart travaillent donc clandestinement dans l’agriculture, l’industrie du poisson, le bâtiment, les usines de textiles et les emplois domestiques. Il ne peut ni acquerir un petit commerce ni ouvrir un compte en banque. Ce mois n'a pas ete' un mois tres agreable a' vivre pour Tong. Sa petite amie lui a annonce' que ses parents (chinois) voyaient d'un mauvais oeil cette relation. Ils pensent que Tong n'est pas assez "bon" pour elle pour considerer une liaison de longue dure'e et le mariage. Tong n'etant pas thai et sans papiers, ne pourra donc jamais trouver un travail assez bien paye' pour entretenir leur fille bien-aime'e. Elle est plus age'e que Tong et le temps presse pour elle. Il etait triste certains soirs. Son collegue et ami Ton Yee avec lequel il aimait travailler a soudainement decide' de quitter l'orphelinat et de partir pour Chiang Mai apres une violente dispute avec le pere de Tong. Et puis, il y avait il y a eu la crise du riz.Tong, un matin, nous fait part de son anxiete' et nous demande si nous pouvons l'aider en achetant 3 sacs de riz pour les 50 enfants de l'orphelinat que son pere gere. Ce matin-la', les enfants n'etaient pas alle's a' l'ecole car ils avaient le ventre vide. Plus d'argent pour acheter du riz. On interroge Tong. Mais comment cela? Qu'a-t-il fait avec l'argent du riz qu'un riche anglais lui envoie tous les ans? En entendant cette histoire, on se regarde, les 2 volontaires et moi et decidons d'agir.Le lendemain, on court au marche' pour trouver 45kg x 3 de riz au meilleur prix. Difficile! On rentre dans un magazin tenu par une chinoisse dans la cinquantaine, des cheveux courts brosse’s comme un herisson. Nous demandons le prix d’un sac de 45 kg.. Plusieurs prix et qualite's de riz nous est propose'es. Du cher a' 40 euros qui baisse jusqu’ a' 18 euros les 45 kgs. On negocie vers le bas pour le riz le moins cher. On explique que c'est pour des enfants orphelins ou pauvres de refugie's dans la region. La vieille chinoise nous regarde, un petit sourire hypocrite sur les levres, et nous dit qu'elle ne peut baisser le prix que de 5%. Elle ne peut pas faire plus. Elle le regrette mais ne semble pas sincere. On recommence avec nos supplications mais rien a' faire. La radine reste insensible aux besoins des orphelins. On est degoute'. Entre-temps, je vais vite faire un tour dans le ventre du marche'. Au cas ou' j'en trouverai moins cher. Je me perds dans les dedales sombres du marche' ou' sont entasse's des fruits, des legumes, des sucreries, des biscuits secs, des produits de beaute's, du savon et produits de nettoyage, des piles de toutes les grandeurs, des ventilateurs, des bassines et autres recipients en plastic, des sandales, des t shirts. J’apercois une “femme girafe” qui se faufile entre les etales, habille’e en habit traditionel de pagne tisse’ et ses colliers en laitons qui lui serrent la gorge. Elle s’est peint les levres en rose qui detonne un peu avec le foulard jaune canarie qu’elle porte autour des cheveux releve’s. Je la suis pour pouvoir mieux la regarder mais avec distance et discretion. Elles sont rares celles qui sortent de leur village. Elles sont trop souvent devisage’es par les touristes comme si elles etaient des animaux de zoo. De grosses gouttes de sueur perlent mon front lorsque je tombe sur une vendeuse de riz mais qui s'avere encore plus cher. Penaude, je rebrousse chemin a' travers les couloirs etroits et sombres pour revenir chez la vieille chinoise. On decide d'acheter ces 3 sacs et on appelle le chauffeur du camion qui amene les enfants a' l'ecole. On arrive a' un cul de sac, au bord d'un champ de riz desseche' ou' les plus age's des orphelins nous attendent. On decharge les sacs qu'ils ont mis dans une charrette en metal. On les suit en traversant des champs de culture diverses et un bosquet a travers lequel j'appercois des habitations en bambou et bois mont'es sur pilotis que la pluie de la mousson et le vent auront vite fait de detruire. Tong m'explique que ce sont des refugie's Shan, infiltre's illegalement et qui se sont installe's et vivent ici discretement. Des chiens aboient lorsque notre caravane passe mais ne nous suivent pas. On arrive dans l'enceinte de l'orphelinat ou' nous sommes accueillis par 50 enfants qui nous attendaient. Ils pourront enfin manger un bol de riz et demain aller a' l'ecole jusqu'a' ce que le bienfaiteur anglais de l'orphelinat remplit a' nouveau la tire-lire en janvier, comme tous les ans. CAFE SALWEEN Cafe' convivial, tenue par Nang, une femme shan tres accueillante qui nous prepare des petits-dejeuners copieux et concocte des repas delicieux que ce soit shans, thailandais ou europeens. Son cafe' accueille beaucoup de voyageurs et qq d'employe's dans les ONG qui "travaillent" dans la region. J'y ai rencontre' des jeunes et des moins jeunes aux parcours de vie, convictions et aspirations diverses comme : - Holly, la jeune australienne qui parcourt le Cambodge et la Thailande pour trouver des orphelinats qu’elle voudrait aider en organisant une expo de photos a’ Melbourne. La vente de ces photos est reverse’e integralement aux orphelinats participants a’ ce projet. Elle a un bienfaiteur qui lui a donne’ 500 $, somme qu’elle a utilise’ pour acheter des petits appareils photo et le development des photos faites dans le village par les orphelins. J’ai achete’ une photo noir et blanc prise par Vibol, un jeune cambodgien de 14 ans: orphelin de parents morts du SIDA et lui aussi atteint de cette maladie qui n’en finit pas de faire des ravages parmi les plus demunis. - Un petit bout de femme dans la soixantaine, voyageuse et courageuse. Annick ne parle pas l'anglais et pourtant elle voyage a' travers l'Asie pendant plusieurs mois dans l'anne'e avec sa petite valise dans laquelle elle transporte tout ce qu'elle possede. Elle ne retourne en France qu'en ete' pour visiter ses enfants et ses amis. Elle prefere voyager que payer un loyer et rester en France. Sa petite pension ne lui permet pas les deux. - Un idealiste suedois qui vient plusieurs fois par ans et traverse la frontiere pour aider l'arme'e de liberation shan. Il parle le shan couramment. Ses bras sont tapisse's de tatouages lie's aux mouvements independantistes shan : le drapeau shan et " Union Democratic Front" qui est le nom d'une des milices shans qui se bat contre l'arme'e birmane pour etablir un etat independant shan don’t l'extreme partie a' l'est = le fameux triangle d'or. Il loue un gros tout-terrain pour transporter ce dont la milice a besoin en medicaments, nourriture, materiaux de construction mais doit justifier la raison pour laquelle il veut passer de l'autre cote' et doit demander prealablement la permission a' la prefecture de MHS car n'importe qui ne peut pas traverser la frontiere et entrer dans la zone de combat qui sevit a’ la frontier du nord de la Thailande. - Des curieux comme l'espagnol qui me raconte qu'il est ici pour prospecter la possibilite' de faire un documentaire dans un de ces camps de refugie's. Il est decu car c'est impossible sans la permission d'une agence gouvernementale a' Bankok. Il est evident qu'on ne rentre pas dans un camp de refugie's comme dans un moulin. Il decide alors de prendre sa moto et d'aller localiser par lui-mm ces camps discretement cache's pres de MHS mais loin de la route nationale. Un chemin terreux se presente a' lui et il l'emprunte pour qq km. A la sortie d'un virage, un poste frontalier se dresse devant lui et au loin une pancarte "Thai-Myamar" Border". 2 militaires au regard hargneux, qui de leur main font un geste qui veut dire, sans equivoque "rebroussez chemin, vous n'avez rien a' faire ici". Mon aventurier surpris fait marche arriere et retourne sur la route nationale en laissant un nuage de poussiere derriere lui. - Un couple d’aventureux qui traverse l'Asie en velo depuis la Nouvelle Zelande en passant par l'Australie, l'Indonesie, la Malaisie etc...pour arriver a' Londres a' temps pour les Jeux Olylpiques en 2012 - Un vieux hippy americain aux longs cheveux blancs, ancien veteran de la guerre du Vietnam. Il a decouvert la Thailande lors de ses permissions et est revenu qq anne'es plus tard pour s'y installer. Il semble avoir fume' un peu trop d'opium car il divague souvent, repete les mm histoires lors de ses visites dans notre cafe'. Il aime dispenser des conseils et nous faire savoir qu'il a des contacts importants dans cette ville qui l'aident pour ce qui concerne le renouvellement de ses visas. Il m'explique qu'avec qq milliers de baht tout est possible ici. Il aime raconter, qu'un beau jour il a decide' de quitter la US airforce parcequ'il ne supportait plus de pilonner des villages vietnamiens du haut de son F4 (?).Il nous a dit cela', froidement et sans etat-d'ame evidente. - Un misogyne norvegien marie' a' une thailandaise qui raconte a’ tous ceux qui veulent bien l’ecouter que les thailandaises sont sans vergognes.Avec une forte voix pour que toute l'assistance puisse l'entendre, il disait aussi qu’il n’etait pas dupe des manigances des "thai ladies" des bars de Pattaya experte dans l'art de se faire entretenir. Il ricanait lorsqu'il dit que ces belles prennent les les "hommes blancs" pour des portefeuilles sur pattes. Il se sentait fier d'avoir compris leur jeu de seduction et de flatteries qui vont droit au coeur de ces messieurs en manque d’amour. Elles sont aussi voleuses . Il nous dit avec une certain fierte’ que tous les soirs, il teste sa femme en mettant son porte-feuille bien en evidence sur la commode après avoir compte’ les billets et qu’il verifie des son reveil. D’apres lui, ells sont aussi menteuses et pour illustrer ce point, il nous raconte une anecdote. Un jour, il a entendu une femme, sur le palier de son parloir de massage, dire a’ son interlocuteur au telephone, : “ Hello darling, oui je vais bien, je suis chez ma mere au village, je pense a’ toi , oui je t’aime. Il ricanait. - un illumine' chretien qui cherche a' convertir les jeunes voyageurs dans une secte obscure appele’e Eckankar.
LE TEMPLE DU LAC
Un apres-midi, je me promenais dans le temple Shan qui domine le petit lac de la ville. C'est une batisse toute en bois dont le toit est decore' par de la dentelle en etain argente' qui scintille lorsque le soleil est au zenith. Je me dechausse et monte les marches pour me recueillir devant le Buddha. Un beau plancher de bois de teck fonce' et burine' par les milliers de genoux qui se sont prosterne's, s'etale devant moi. Un moine un peu grassouillet m'acueille avec un sourire edente'. Il se presente : mon nom est Akhram" et me demande le mien. Ma visite au temple lui procure un plaisir evident. Il me montre comment saluer le Buddha. On se met a' genoux tous les deux. On salue le Bouddha avec nos mains jointes en form de lotus. On se prosterne la tete touchant le plancher 3 fois et on se releve. Il me demande si je suis marie'e et je lui reponds que non. Un autre sourire edente' et d'une voix plutot aigue me dit que je devrais devenir nonne. Il me decrit dans son anglais moins que basic la robe que je devrais porter et avec un petit rire malicieux, me dit que je devrais aussi me raser la tete. Pour couronner le tout, il me dit que nous serons alors "frere et soeur". Il me fait visiter le reste du temple et me montre les belles images peintes sur verre qui raconte les moments symboliques de la vie du Buddha. Elles proviennent de la Birmanie. Elles sont arrive'es dans ce temple au debut du siecle passe'. Du coin de l'oeil, etandu sur un tapis bleu, a' gauche du Buddha, j'appercois un chat tigre'. Il dormait paisiblement, a' l'aise au frais comme chez lui…. Les véritables possessions du moine sont très réduites, et il doit considérer tout autre objet comme un prêt que lui fait l’Ordre. Il n’a que huit biens indispensables : - une toge du dessus à double épaisseur, pour la saison froide ou porté lors d’occasions formelles - un vêtement du dessus à simple épaisseur - un vêtement monastique utilisé comme sous-vêtement, enroulé autour de la taille - une ceinture pour le vêtement de dessous - un bol pour recueillir la nourriture - un rasoir - une aiguille (nécessaire à couture) pour réparer ses vêtements - un filtre à eau pour ôter les êtres vivants de son eau afin que ni lui ni eux ne soient blessés. Vers la fin de ma visite, il me passe autour de la poigne'e un bracelet orange tout en ce faisant murmure quelque benediction et me souhaite bonne sante' et bonheur. Je le salue avec un "wai" et un sourire et je me dirige vers le ficus ou' je dois retrouver Tong pour savourer les dernieres minutes dore'es d'un soleil couchant. Tong voudrait faire une retraite solitaire d'un mois dans la foret. Il se nourrira de ce qu'il trouvera ( plantes, racines, fruits, et qq fois de riz que des villageois genereux auraient depose's discretement a' ses pieds. Il n'aura qu'un bol pour mendier (mais qu'il fera rarement car il vivra en solitaire), un drap pour se coucher, un rasoir, une aiguille pour rapecier sa robe et une ombrelle pour la pluie et le soleil. Il devra faire face a' la faim et a' la soif, a' ses peurs des esprits malveillants, des animaux tels que le cobra et l'ours, les tigres ( il en existe encore qq uns ), des moustiques, des scorpions, des araigne'es etc.Il n'aura pas de maitres car il aura deja' acquis par une etude personelle des notions approfondies. Les heures seront consacre'es au recueillement dans le silence et dans la meditation afin d'acquerir une force interieure, developper la patience et travailler sur l'abolition de ses desirs.Il me parle de son desir de retraite en solitaire avant de se marier pour acquerir des merites pour sa mere qu'il aime profondement et qu'il veut heureuse car elle avait beaucoup souffert lors de sa vie commune avec le tyrannique pere de Tong. Maintenant elle vit a' Chiang Mai, marie'e a' un Thai qui la traite avec respect et qui l'aime. A l'occasion de l'anniversaire du roi, une cinquantaine de thailandaises venues specialement de BKK, lui ont dedie' 3 jours de vie monastique dans notre temple. Des banderoles jaunes canari ( la couleur royale ), ainsi que des fanions, des lampions, des pompons et des fleurs de la mm couleur decorent le temple pour l'occasion. Le portrait du roi plus grand que nature trone a' l'entre'e du temple. 4h du matin, un son de cloche, des chiens qui aboient dont un qui hurle. Je sors de ma chambre en robe de nuit, une couverture sur le dos et me dirige vers le lac. Les feux du temple m'offrent une vision feerique a' travers la brume cotonneuse qui l'enveloppe durant la saison fraiche. Une voix grave offre des benedictions, dispense des conseils, rassure, conseille et puis un chant devotionel, une melope'e aux sons repetitifs, presque lugubres en pali vient jusqu'a' moi. 6h du matin. Les prieres, la recitations des mantras, le sermon s'arretent comme par enchantement. Un silence pure s'etale sur l'eau du lac. Les femmes, tout en blanc se tiennent debout devant l'enceinte du temple comme des fantomes. Certains choisissent de se prosterner. Elles se courbent a' l'approche de la file silencieuse des bonzes. Leurs mains tendues font don de leurs offrandes. Les bonzes avancent, lentement, les yeux baisse's et tendent leur bols.
LOY KRATHONG Le premier dimanche que j'ai passe' a' MHS etait la fete de Loy Kaprong, fete d'origine hindoue, dedie'e a' la deese de l'eau durant laquelle les bouddhistes (et moi) allument des nacelles faites avec une rondelle de tronc de bananiers qui flotte, recouvert de ses feuilles et harmonieusement decore'e de fleurs, une bougie et 3 batons d'encens qu'ils lachent sur l'eau en faisant des voeux de bonheur, de bonne sante' et de richesse pour tous ceux qu'ils aiment et souhaitant que tout ce qui est negatif dans leur vie soit emporte' par l'eau. Cela' se passe des que la nuit est tombe'e et tres vite le lac scintille de mille feux. Dans la ferveur du moment, ils ont aussi lache' des lanternes blanches vers une lune perle'e bien pleine, au-dessus du temple. Des petards et un feu d'artifice recouvraient une musique gresillante d'influence chinoise alternant avec des chansons sentimentales thai qui peinait a' se faire entendre.
LE MARCHE DU SOIR Le soir, un fine brise raffraichit l'air. Comme tous les soirs, je jette un regard vers le haut de la montagne, et comme tous les soirs, je suis emerveille'e par les lumieres scintillante de la pagode qui semble suspendue a' la lune par un fil de plomb transparent. Autour du lac, assises en tailleur, a' mm le sol, des femmes Hmung au visage de lune et teint perle' etalent leurs sacs fabrique's a' partir de tissus tisse's sur des metiers en bois traditionels et brode's de fils rouges, jaunes, oranges et pompons pour la touche feminine. J'en voie quelquefois, sous la lumiere blafarde d'un lampadaire enfiler des perles swarowsky ou broder des graines d'un acacia sous lequel elles sont assise avec des doigts de fe'es pour qq bahts. Peu cher paye' ce travail manuel qui fait courber l'echine et rend presque aveugles ces femmes laborieuses et resigne'es. Elles ont souvent leurs enfants avec elles, un be'be' endormi au creux de leurs jambes croise'es ou porte' au sein. Elles sont habille'es traditionellement en pantalon en toile de coton fonce', a' bordure brode'es, franges perle'es et decorations de pieces metalliques sur la jaquette (tribue Hmong) ou un scapulaire de velours bleu fonce' sur une chemise colore'e et pantalon noir aussi en velours (tribue Liseu). Des femmes Karens sont en sarong et haut tisse' blanc pour les jeunes filles et fonce's pour les femmes marie'es. Elles sourient a' mon passage. Elle me reconaissent car je m'arrete souvent pour regarder leurs jolis sacs qui me tentent. Mais que faire? Je ne peux quand mm pas acheter un sac de chaque tribue. J'essaie les qq mots de thai que je connais. Je leur dit que je n'ai pas d'argent sur moi. Avec un sourire charmeur, elles pointent la banque de l'autre cote' de la rue. Je rigole et elles aussi. Des vendeurs de breloques, de Buddhas, de chaussettes, de jouets en plastic, de boites lacque'es de Birmanie, de friandises, de T shirts sont aussi installe's autour du lac. Des jeunes filles de Bankok, par groupes de 4, jean serre' et escarpins fins, deambulent langoureusement en sirotant un cafe' glace'. QQ touristes europeens charme'es par la vue des petites lumieres sur le lac et les lampions dans un ciel d'encre sourient. J'ai un petit creux. Je retrouve Tong, mon ami pour un repas du soir et on se dirige vers le parc ou' sont installe's des marchands ambulants qui concoctent des plats savoureux et surtout pas chers. Entre 30 cts et 2 frs, je me regale de: de soupe aux nouilles, emince's de porc et raviolesdes petits carre's de gateau de riz gluant caramelise's fondantdes crepes fines a' la creme de coco et lait evapore' delicieusesdes curry birmans tres piquants et riz gluant servi dans une feuille de bananierde la salade de papaye et cacahouetes, assaisonne'e de citron vert, sucre et dsauce de poisson que je connais biendu poisson et des cuisses de poulets fritsdes brochettes de bout de poulet a' la sauce de cacahouetesdes friandises a' la graine de sesame et carameldes fruits pele's, finement coupe'e et soigneusement emballe's dans une pochette en ( malheureusement ) plasticde pieds de cochons a' 5 parfums que mes papilles n'ont pas encore teste'.J’appercois un un jeune ladyboy en jeans serre’, taille basse et T shirt avec un coeur en paillettes qui recouvre ses seins a’ peine prononce’s. Il faisait des pirouettes devant son stand de beignets, un eventail a’ la main, ses longs cheveux qui lui couvraient les fesses tournoyaient autour de ses hanches. Il lancait des clins d’oeil coquins a’ un male europeen qui passait. Son spectacle de seducteur termine’, j’ai commande’ mon souper. Ne trouvant plus de place libre a' une petite table sur le gazon, je demande a' Apres mon repas, discretement, je ramasse ce que les autres ont laisse' dans leurs assiettes et je remplis mon sac en plastic d'os de poulet, de restes de poisson, de bout de gras de porc et du riz que je distribue aux chiens couche's sur mon chemin vers ma guesthouse.
ARRIVEE A MAE HUNG SON6 heures entasse'e a' l'arriere d' un minibus comme une sardine portugaise entre un gros thai ( ce qui est peu commun ) et une femme de la tribue Hmong. J'ai subi les 1684 virages, sur une route sinuante de 240km (6 heures) a' travers une region montagneuse, qui relie Chiang Mai a' cette petite ville du nord de la Thailande situe'e a' 30 km, a' vol d'oiseau, de la frontiee birmane. Une nause'e permanente m'accompagnait tout le long. Qelle joie j'ai resenti lorsque le premier panneau indiquant Mae Hung Son m' est apparut et puis plus loin, une jolie avenue borde'e d'arbres et des parterres fleuris. Je suis depose' par Tong a' mon auberge (guesthouse) . Un jeune homme effemine'e mais plein de sourires se precipite a' ma rencontre pour me montrer ma chambre. 2 matelas comfortables a' mm le sol, un ventilateur silencieux et 1 salle de douche avec eau chaude. C'est le confort. Je deballe mes qq habits, prends une douche et je m'etends pour calmer le haut le coeur qui ne se dissipe pas. MHS est bien loin de la capitale de par sa distance et par sa population. Seulement une petite partie de la population est thai. La majorite' est Shan. Ayant fui leur pays, les Shans sont de fait devenus apatrides, car ils ne sont plus Birmans et la Thailande ne leur accorde pas des papiers d'identite' thailandais. Ils ne peuvent donc pas quitter la province sans permission. En venant ici, nous avons ete' stoppe's 2 fois par l'arme'e qui verifiait s'il y avait des personnes d'une tribue parmi nous dans notre bus. Du fait de leur illegalite' , ils ne peuvent pas acheter un lopin de terre pour y faire de la culture. Mais vite, ils trouvent un bosquet en bordure d'un champ de riz, d'une riviere dans lequel ils montent un abri de fortune pour se proteger de la pluie, du soleil, pour y dormir et caser leur maigres possessions. Et mener discretement leur vie, sans peur de dangers qu'ils ont fui mais la pauvrete' restera colle' a' leur peau. Malgre' les difficulte's a' surmonter, ils choisissent de ne pas vivre dans les camps de refugie'es et preferent s'installer dans des villages autour de MHS et de pourvoir a' leur besoin sans l'aide des organisations internationales. Il existe un reseau d'entre-aide entre les nouveaux refugie's et les anciens qui sont arrive's il y a 20 ans comme mon ami Tong. Les Shans proprietaires de qq petites guesthouses et cafe's engagent d'autres Shans dans leur petit commerce. Outre les Shans, des fonctionnaires gouvernementaux et soldats de la force frontaliere thais, mise en place pour surveiller les routes ( immigrants illegaux et drogue) reliant MHS a' d'autres villes, des commercants chinois et qq touristes aventureux donnent vie a' MHS, appele'e "Ville aux 3 brumes". Depuis que je suis arrive' a' MHS, j'ai comme le sentiment d'avoir quitte'e la Thailande. Je ne retrouve pas ici les elements que j'identifie avec la culture thai que j'ai connu dans l'est du pays comme par example: - la petite maison des esprits des ancetres au devant de chaque habitation - le port du sarong de soie - le calendrier a' l'effigie du roi au dessus de la tv - le wai respectueux a' tout un chacun - la nourriture est plus birmane que thai avec ses curry epais et piquants - le drapeau Thai au-devant de chaque maison - l'hymne national lache' par des haut-parleurs au son gresillant a' travers la ville a' 8 heures du matin et 6 heures du soir - le port de la chemise jaune ( la couleur du roi ) le lundi ( il est ne' un lundi ) - la langue thai n'est pas la langue commune des habitants d'ici - meme les chats ne sont plus siamois mais ....birmans
LE MATIN Le matin, je suis reveille' par le crepitement de grains de riz verse's dans une casserole en alu qui provient de la maison adjacente a' ma chambre, un doux murmure d'une voix d'enfant, un chien aboie et un coq lui repond, des roucoulements de pigeons, une gorge seche racle, une porte claque et le bruit aggressif d'un tuyeau d'echappement et par Kin, le ladyboy qui chante de sa voix d'eunuque le refrain d'une chanson pop thai qui braille de son telephone portable en balaillant allegrement la terrasse. Un apres-midi je l'ai surpris adosse' au petit muret de ma terasse en train de s'epiler les 3 poils qui pendaient de son menton. Il est adorable, gracieux et perpetuellement souriant. En faisant un brin de causette, on observait des missionaires d'une secte obscure ( peut-etre mormons) qui logeaient chez nous. 3 femmes en robes longues, un fichu sur la tete et dans leurs bras des bebe's d’ici. Je trouvais cela' curieux surtout que les bebe's n'etaient evidement pas les leurs d'une part et d' autre part, que les trois femmes addressaient un jeune homme blanc present "daddy ". J'en avais alors deduit qu'il etait polygame et les enfants avaient du etre adopte's ou' emprunte' a' des familles karens pauvres. C'est alors que Kin me raconte avec un rictus que ces “gens” vont dans les villages pauvres, construisent de grandes batisses (eglises) et incitent les meres Hmong ou Karens a' leur laisser leur bebe's en leur promettant de les nourrir, de les soigner etc...Ces familles pauvres recoivent de l'argent si elles viennent a' l'eglise et subissent (mes mots) la conversion vers un christianisme austere et oppose' aux croyances animistes qui persistent a' exister sur les flancs des montagnes ou' je me trouve. Je voyais bien que le timide Kin n'approuve pas ses methodes et la facon dont l'eglise chretienne achete une conversion avec de l'argent ( appele'e ici "rice conversion"). Dans un anglais moins que rudimentaire et avec une grimace qui en disait long, il m'explique que ces chretiens n'ont que le mot "good" pour ce qui est propre a' leur religion et "bad" pour tout ce qui compose les traditions de ces peuples: le culte des ancetres, la croyance aux esprits bienviellants et autres, les rites de la fertilite' et de la mort, les superstitions, l'usage des plantes guerrisseuses sont les elements animistes dont les missionaires protestants veulent faire table rase. Seule la Bible doit servir de reference. Je prends une douche et je traverse la rue encore tranquille pour prendre un petit-dejeuner en face chez Nang qui tient un cafe' ou' je passe souvent faire un brin de causette et embrasser son adorable fille d'1 an Poy avec sa petite bouche en coeur, An la jeune fille Shan qui me sert le petit dejeuner et me confie que Tong est mignon ( lui aussi la trouve adorable), ses 2 chiens biens nourris m'acueillent et je fais un calin au gros matou qui se prelasse sur son coussin prefere'. Je commande mes 2 tartines fait maison et une tasse de the' au jasmin que je deguste tranquillement en discutant avec la proprietaire. Je fais un bisou a' son bebe' endormi dans son hamac et je file retrouver Tong.
Perche sur la montagne qui surplomb la petite ville et son petit lac recouvert de fleurs de lotus, un temple a' la stupa dore'e m'offre la presence reconfortante du Buddha. Le matin, il est a' peine visible, cache' par une brume fine que le soleil dissipera bientot. L”ECOLE DU TEMPLE KAW KAW Pendant 6 semaines je serais la prof d'anglais dans une ecole d'un temple bouddhiste. Je suis un peu anxieuse car il faut que je respecte qq regles: ne pas toucher un moine mm s'il n'a que 10 ans ( lorsque je dois lui donner qq chose, je place l'objet sur la table qu'il reprend ), je dois les saluer respectueusement en faisant le "wai" (mains jointes, doigts touchant le bout du nez et tete baisse), et pas de chansons. A 13 heures, lorsque j'arrive, le son grave d'un gong resonne dans l'espace du temple. Il appelle les bonzes a' la salaa pour chanter en pali les louanges du Buddha en la presence d'un vieil abbe' austere. Les sons graves et peu melodieux dans un rythme monotonique presque hypnotique s'evade de la salaa. Ils resortent a' la queue leu-leu et se dirigent vers les classes. Bon, je me sens prete. Des moinillons boutonneux me regardent les yeux ronds de curiosite' lorsque je rentre dans la classe pour la premiere fois. Ils m'avaient deja' apercu du haut du balcon assis sur la balusrade. Ils n'ont pas l'habitude d'etre en presence de femmes et moins encore d'une "farang" ( une blanche) car peu de volontaires viennent enseigner au temple. Dans les ecoles laiques thais, les eleves se levent des que le prof fait son entre'e mais pas ici. Les moines et mm les novices restent bien assis ou plutot en tailleur sur leur chaises etroites. Je fais mon plus respectueux "wai", me presente en articulant bien. Le prof Karen se tient pres de moi en se tortillant les mains. Il se demande comment cela' va se passer. Il est timide et a peur de faire des fautes en anglais lorsqu'il me parle, souvent a' voix basse. Je dois presque lire sur ses levres ce qu'il me communique. Il enseigne strictement les regles de grammaire mais moi je prefere leur inculquer des mots de vocabulaire en leur faisant la conversation. Il a toujours pose' sur le bureau un verre d'eau fraiche pour mon gosier desseche' apres avoir repete' les mm mots avec lesquels ils ont des difficulte's comme: rice, novice, province, science, river, lips...en fait les sons S et L, R qu'ils invertissent pour une raison mysterieuse. Ils sont tous en robe orange, ceintre' par un sash jaune, une epaule denudée qui souvent laisse apercevoir un petit teton. Sur leurs epaules et leurs bras, d'une encre verte, des mantras bouddhistes et d'amulettes protectrices contre la maladie, la mauvaise fortune sont tatoue's. Les petits bonzes novices sont pour la plupart shans dont les familles ont fui la Birmanie pour se refugier ici a' MHS pour raisons economiques et les persecutions. Les plus demunis sont accueillis dans les temples de la ville et recoivent un habit orange, sont nourris, loge's et scholarise's: une education auquel ils n'ont pas eu acces lorsqu'ils habitaient de l'autre cote'. La-bas, il faut debourser pour apprendre a' lire et a' compter. Les instituteurs mal remunere's exigent de l'argent pour l'usage de l'electricite', de la chaise et de la table, des livres et les cahiers, les feuilles d'examens (et plus si on veut aussi les reponses) qui s'ajoutent aux frais d'inscription (eleve's pour la majorite' des birmans).
J'appercois souvent des bouts de tissus saffran qui depassent d'un mur ou derriere une porte entrebaille'e comme tire' par un fil transparent. Ce sont les petits moinillions qui discretement s'isolent pour reajuster les 3 metres de tissus qui doivent couvrir leur corps comme prescrit. Sans boutons ni epingles c'est un art qui s'acquiert avec les anne'es. Ils deroulent leur robe jusqu'a' la limite de l'exposition et s'enroulent a' nouveau en s'appliquant a' faire 3 jolis plis devant et derriere. Le tout tenu en place avec un bout de tissus jaune canarie ceintre' autour de leur corps fluets. Petites anecdotes: un des moines de 16 ans dit que je suis jolie en thai au prof. un autre, pour me provoquer me dit lorsque je lui demande ce qu'il a dans son sac:"une cigarette" suivi d'un sourir malicieuxils ont adore' lorsque je leur ai demande' qu'elle etait leur equipe de foot prefere'. Ils ont tous crie' en mm temps "Manchester United". La lecon d'anglais n'est pas toujours suivi avec autant d'enthousiasme. Cette exuberance me surprend un peu. entre 2 lessons, j'entends des sons aigus d'une chanteuse thai d'un portable d'un petit bonze , cache' par un petit mur ils recoivent qq fois des sous s'ils se levent tot pour la quete matinale a' 5h du matin ou lors de ceremonies funeraires auxquels ils sont qq fois invite's.Ils aiment les depenser chez un marchand ambulant qui vient tous les apres-midi vers 2h vendre des fruits, des boissons, des gateaux aux couleurs des plus artificiels que les enfants thai adorent. Je les ai surpris qq fois, sous pretexte d'aller faire pipi, devaler les escaliers pour aller acheter une friandise. Ils sont tres malicieux ces petits.Le temple exige des moines novice de suivre 130 et quelques regles qui seront plus nombreuses une fois consacre' moine (227). Une fois, leur education termine', vers l'age de 18 ans, bien souvent ils retournent a' la vie civile. Quelques regles: - ne pas voler - ne pas tuer un etre vivant (mm les moustiques) - ne pas mentir - ne pas dormir sur un matelas comfortable ni s'assoir sur une chaise eleve'e - ne pas avoir de rapports sexuels - ne pas accepter de grosses sommes d'argent - ne pas manger apres midi - ne pas porter de montre, de chapeau ni de chaussures - ne pas se parfumer ni porter des accessoirs pour s'embellir - ne pas boire de boissons alcoolise'es ni de consommer des produits intoxiquants - ne pas chanter, danser ou jouer un instrument de musique
"Cours de conduite pour les novices-moines un peu trop "pink" est le titre d'un article que j'ai lu dans le Bankok Times. La conduite jugée inappropriée de certains moines novices a motivé un moine à mettre en place des cours de bonne conduite. Ce dernier s’inquiète de voir certains moines utiliser des produits cosmétiques, porter des sacs à main rose, réajuster leur robe pour être "à la mode", ou même d’avoir des relations sexuelles dans les dortoirs, ce qui peut leur valoir d’être défroqués. Ce cours devrait enseigner aux novices les comportements adéquats, et pourrait même "prévenir certaines expressions de l’homosexualité". Si ce cours est un succès, il sera introduit dans d’autres temples à travers le royaume.
Apres ma premiere lecon d'anglais, je vais m'assoir sur un banc, face au lac parseme' de fleurs de lotus. J'etais remplie de douces reveries. Le crepuscule couvrait d'or la pagode de style birman de l'autre cote' du lac. Une fine voix melodieuse me parvint. Une certaine tristesse dans les sons d'un instrument que j'entendais pour la premiere fois. Un trio Karen chantait des ballades melancoliques qui rappellent leur terre dont ils sont exile's. Silencieusement, 4 jeunes moines passent derriere moi. Leurs robes saffran gracieusement enroule'es autour de leur corps, les epaules couvertes, le pas regulier, le regard vers le bas, ils se dirigent vers le temple du lac. Malheureusement, ce moment de poesie fut entache' par le bruit d'un monstre aerien qui survole la frontiere comme tous les fins d'apres-midi.
LES REFUGIES Le vrombissement d'un helicoptere de l'armee'e thai me sort de la lethargie d'un apres-midi indolent. Ils surveillent leurs alle'es et venues des milices nationalistes Shans et Karens qui viennent se refugier dans le no-man's land entre les 2 pays lorsque les combats avec l'arme'e birmanaise s'intensifient. Depuis les années 80, ils ont bénéficié d’une politique conciliante de la Thaïlande qui ont laisse’ les rébellions installer leurs bases arrière sur son territoire, fermant les yeux sur leur approvisionnement en armes contre bois de tek, métaux et pierres précieuses. L'économie Karen repose essentiellement sur l'exportation de bois rares (teck, antimoine, étain, jade et rubis). L'exploitation des forêts karens s’est toujours faite dans le souci de préserver le patrimoine écologique: pour chaque arbre coupé, un arbre soit planté. Cette gestion mesurée des ressources forestières a préservé jusqu'alors les montagnes karens de la déforestation. Ces forêts de tecks sont d'ailleurs l'enjeu de combats, les birmans n'hésitant pas à lancer des expéditions qui détruisent les jeunes pousses et pillent les réserves pour asphyxier l'économie Karen. Les insurgés Shan, eux, tirent leurs ressources du trafic de l'opium situé dans le Triangle d'or. Plusieurs milices shans se battent pour proteger cette region du nord qu'ils considerent la leur ( promise par la Grande Bretagne pour leur aide dans les combats contre les Japonais ). A la différence des ethnies du « triangle d’or », les Karens ne tirent aucun profit de la drogue, qu’ils ont toujours refusé de produire, et dont ils punissent très sévèrement la détention. Avec beaucoup de courage, les Karens traversent la foret vierge dense qui recouvre ces massifs montagneux bordant les 2 pays. Hommes, femmes et enfants affrontent la peur pour fuire les moyens repressifs et sanguinaires tels que la birmanisation, l 'emprisonnement arbitraire, la prostitution force'e, les mines dans les champs de riz que les militaires posent pour empêcher les paysans de s'y installer, le viol de leur femmes, la mise a' feu des villages. Ils veulent faire disparaitre ou evacuer de force ces tribues de leur territoire. La junte militaire impose aussi le travail force' et non paye' dans des chantiers de construction telle que la pipe-line Total qui va du nord de la Birmanie jusqu'au sud. On les oblige à construire des routes sans être payés, on leur fait porter des cargaisons de munitions et d’armes et, parfois, on les tue. On ne tente même pas de cacher les massacres au reste de la population : c’est une tactique pour forcer ce peuple à se soumettre ou à courir se réfugier en Thaïlande. Ils sont les victimes d'un nettoyage ethnique en bonne et due forme qui derriere ses hautes montagnes, loin des yeux du monde est en vigueur depuis qq anne'es. Les refugie's civils, qui sont aujourd’hui plus de 1.7 millions vivent le long de la frontière thaïlandaise, distribue’s en 9 camps discrets eparpille's sur les plateaux entre les 2 pays sous les auspices de plusieurs organisations internationales autour de MHS et de Mae Sot, plus au sud. Certains camps se distinguent par leur isolement et par la difficulte' d’accès pour les travailleurs de l’aide humanitaire. Les conditions de vie y sont absolument déplorables car certains sont extrêmement surpeuplés. Les habitations des réfugiés sont construites à flanc de collines escarpées où il existe un véritable danger de glissement de terrain. Le manque d’installations sanitaires et de canalisations d’eau donne lieu à une situation où les risques pour la santé publique sont endémiques. Le HCR a accepté que des réfugiés soient déplacés de ces camps vers le Canada. Parmi les autres pays qui ont répondu à l’appel du HCR de réinstaller des réfugiés birmans, on compte les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, le Danemark, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les refugie's qui ont acquis des competences dans le medical, l'administratif ou dans l'education et parlent bien l'anglais sont les premiers a quitter les camps et reconstruire leur vie dans ces pays d'accueil, s'ils le souhaitent. Malheureusement, les camps se voient ainsi drainer de personnes qualifie'es qui contribuent a' sa bonne administration dans divers secteurs. J'ai discute' avec une australienne qui a passe' 6 mois illegalement en sautant une cloture pour atterir dans un camp pres de Mae Sot. . Elle m'a dit que le risque d'epidemies plane dans l'athmosphere des camps. La tuberculose est souvent evoque'e et bien sur le SIDA. Il y a les problemes de la promiscuite' qui est effrayante et l'oisivete’ qui mene beaucoup de jeunes a' commettre des petits crimes et s'adonner a' la drogue. Pourvue par qui? je ne sais pas. Probablement avec l'aide de la police des camps. Elle m'a aussi dit qu'il y a des cas de viol de la part de cette police infame qu'aucune authorite' semble surveiller.Une ecole sur une petite montagne l'a heberge'e ou' elle a enseigne' l'anglais a' des petits karens. La police des camps ne l'a jamais soupconne' d'etre entre'e sans permission. Mais elle a ajoute' qu'elle ne s'aventurait pas beaucoup vers le coeur du camp qu'une police speciale des camps, surveille. Beacoup de refugie's sortent illegalement soit pour travailler dans la petite ville et gagner qq bahts ou pour se distraire sur une console video ou chatter sur internet .En sortant du camp, un chemin terreux vers la droite mene a' un autre camp un peu plus loin tandis que celui sur la gauche mene vers la petite ville.Avec un billet de 500 bahts dans la main d'un garde, un refugie' peut passer "inappercu" devant cette police corrompue jusqu'aux os pour sortir du camp, ce qui est defendu. Le gouvernement thai veut empecher que ces refugie's se deversent dans les environs. Il ne tient pas a' faciliter l'integration de cette masse de main d'oeuvre bon marche' et souvent mieux eduque'e que les habitants thais de la ville proche des camps . En fait, depuis qq temps, le gouvernement thai encourage les refugie's a' rentrer dans leur pays en les assurant (faussement) que les regions d'ou' ils viennent a ete' securise'es et demine'es. Ce qui a ete' dementi par les Karens encore en Birmanie. J’ai aussi appris que depuis 5 ans, la Thailande ne veut plus d'etrangers - volontaires ou pas- dans ces camps car elle a peur des allegations de mauvaise gerance et de corruption qui pourraient se rependre. J'ai ressentie cela' en parlant avec des personnes implique'es directement dans des actions d'aide pour les refugie's. Prudentes de trop devoiler, elles parlent peu et ne donnent jamais leur avis personnel. Le risque est de subir les reprisailles du gouvernement thai qui l'inflige a' ceux qui en disent trop. Comme la jeune volontaire hollandaise qui un jour avait raconte' ce qui se passait dans les camps et fut deporte' illico presto le lendemain vers son pays d'origine. Mais je me pose la question: que savent les institutions internationales qui s'occupent du bien-etre et du respect de chaque refugie' tel que UNHCR, IRS, CICR, IOM etc... Ne remarquent-ils rien ou ont -ils un baillon sur la bouche impose' par le gouvernement thai? Je parcours le net pour en savoir plus sur les ONG qui administrent ces camps mais rien ne transparait. Que des documents officiels qui parlent plus de leurs objectifs que ce qui s'accomplit vraiment.Tout cela' montre bien que tout n'est pas parfait dans ce bas monde et encore moins dans les camps et que les ONG preferent fermer les yeux sur ce qui se passent dans ces camps. J'ai rencontre' une autre australienne Vanessa qui elle aussi enseigne l'anglais mais dans un village tout pres du camp de NaiSoi. Elle etait tres reticente de reveler ou' elle enseignait. En peu de mots, elle me fait comprendre qu'elle avait ete' instruite de ne rien dire. Au fil des rencontres, j'ai appris qu'elle enseignait dans une ecole rudimentaire d' un village a' proximite d'un camp ou' des jeunes de 20 ans sortent illegalement qq heures pour apprendre l'anglais. Mais au fur et a' mesure de nos conversations, j'ai fini par comprendre que son travail comportait aussi la transcriptions en anglais de karens qui retournent clandestinement en Birmanie et rapportent leurs observations a' l'ONG qui les emploie. Je l'ai entendu mentioner discretement le nom de Thai-Burma Border Consortium (TBBC) . A l'origine de ce consortium ( 1985) est un adventiste et aujourd'hui ce sont, pour la plupart des organisations caritatives chretiennes de plusieurs pays europeens et les USA.
VIREE EN MOTO VERS LE CAMP DE REFUGIES DE NAI SOI On decide donc d’aller voir de plus pres ce camp. On me previent que je ne pourrais pas entrer sans la permission d’un organe du gouvernement thai qui s’occupe dela gerance des camps. ( qu’ils appellent “shelter” ce qui veut dire abri dans le sens de protection). Je convainc Tong de nous accompagner mais je sens une petite reticence. Il a peur des check points de l’arme’e qui arretent les vehicules pour verifier les papiers des non-thais comme Tong. Il nous accompagne quand mm car il a peur pour notre securite’. Depuis MHS une route asphalte’ nous mene a’ travers une valle’e verdoyante: beaucoup de bananiers, de palmiers et des petits champs de riz sur les qq m2 de terre au fond des valle'es. Une jungle epaisse sur les flancs des montagnes bordent notre route. On depasse 2 bonzes errants en robes moutarde ( couleur prefere' des bonzes de la foret et ceux qui errent jusqu'a' la saison des pluies), leur crane au crane burine' par le soleil portant pour seule possession au bout de leur bras leur bols et une ombrelle pour se proteger du soleil et de la pluie peinait sur la monte'e. On arrive au village karen de Nai Soi qui est a 5km de la frontiere thai-birmane. Des maisons en bois de teck noircies par le temps bordent la route. On s’arrete pour demander le chemin vers le camps a’ des enfants en velo. Ils ne comprennent pas le thai, ni le shan mais on decide de suivre la route et puis on verra. Sur un monticule, une batisse en dure, peinte en blanc avec sa croix qui perce le ciel nous tombe presque dessus. Elle domine le petit village. Je me sens mal a’ l’aise quand je vois la determination avec laquelle les missions protestantes convertissent ces peuples animistes et bouddhistes ( qui sont plus recalcitrants a' la conversion ). Les missions et certaines sectes comme les mormons et les adventistes sont tres actives dans ces villages pauvres et recule's. A la sortie du village, la route asphalte’ se transforme en poussiere et rocaille. J’ai un peu de mal sur ce terrain poussiereux et pentu car il faut eviter de freiner alors je m’engage prudement sur le versant de la colline que nous devons franchir. Au fond de la valle’e, une clairiere, une barriere et un panneau en travers “no entry” nous accueille. On est arrive’ dans un cul de sac: un poste de garde flanque’ de 2 drapeaux thais et surveille’ par 2 jeunes militaires, une grande pancarte avec le nom du camp et une buvette, tenue par une femme karen. Elle nous vend une bouteille d’eau pour lubrifier nos gosiers desseche’s. Aucune activite’ autour de ce poste si ce n’est un couple de jeunes hommes dont un a la bouche ensanglante’ par le betel qui s’approche du garde en tenue militaire. Il discute et puis fait signe a’ son copain et passe la barriere.Au dela’ de cette barriere 15 000 refugie’s essaient de reconstruire leur vie dans ce camp entoure’ de montagnes et cache’ par la jungle envahissante. A gauche de cette barriere, et faisant partie du camp d'a' cote', s'etend un village de femmes "girafes" que nous refusont de visiter. Les Padaungs Karens dont les femmes sont appele'es femmes "girafes" a' cause de leur tradition qui consiste à allonger le cou des petites filles progressivement avec des anneaux posés chaque année. La raison reste mystérieuse. Pour certains, cela aurait initialement protégé les jeunes filles et les femmes, restées à la maison pendant que les hommes étaient partis à la chasse, contre les attaques des tigres qui s’en prennent en premier lieu au cou de leurs victimes. Pour d’autres, cela aurait été un moyen employé par les Padaungs pour protéger leur or qui, posé sur le cou des femmes, ne pouvait ainsi être volé. Elle pourrait également ecouler d’une superstition et constituerait une protection contre la mauvaise fortune Au fil des ans, de moins en moins de femmes choisissent de subir cette tradition barbare. Cette coutume a été interdite par décret en Birmanie, mais elle est parfaitement tolérée en Thaïlande. Je dirais mm encourage'e. Les femmes "girafes" ont ete' acueillis avec plus d'enthousiasme sur le territoire thailandais que leurs cousines karens car elles representent une manne financiere issue du tourisme pour le gouvernement thai et le KNPP (milice nationaliste karen qui se bat pour l'independance du pays Karen en Birmanie). La Thailande leur a occtroye' des terres pour y installer leur villages. Elles passent leur journe'es assises dans des huttes a' tisser et se faire photographier par les touristes. Elles ne sortent que rarement de leur villages. Les 250 bahts qu'ils percoivent des touristes servent a' payer leur salaire et a' financer le mouvement KNPP.A l'entre'e du village, est affiche'e une carte detaille'e de la Birmanie dont la partie thailandaise est en blanc, vide , comme si elle n'existait pas. Je suis surprise car apres tout ces camps sont bien sur territoire thai! On est un peu penaud car on pensait pouvoir observer des alle’es et venues de l’exterieur. On reprend nos velomoteurs et nous rentrons. Le soleil entre-temps a rougi les champs, une fine brise qui nous depoussette s’est leve’e.
BALADES A MOTO DANS LES ENVIRONS Hmong, Liseu, Karen, Lahu sont les tribues des montagnes que l’on peut rencontrer lors des balades a’ moto ou trecks. Ils ne connaissent pas les fronieres impose'es par les gouvernements.Ils sont semi-nomades et vivent dans des villages eparpille's sur les flancs des massifs montagneux qui s'etendent du Laos jusqu'en Birmanie en passant par la Thailande et le long des rivieres. Ils y cultivent le riz sur ces petits lopins de terre.Lorsque leurs terres peu fertiles ne donnent plus assez pour nourrir la communaute, ils s'installent sur un autre flanc de montagne.Ils cultivent aussi le pavot qui fait partie de leur pharmacope'e traditionnelle. Ils vivent dans des huttes sur pilotis construites en teck et bamboo, des feuilles seche'es forment la toiture, excercice qui doit etre renouvele' tous les ans.Ils ne viennent en ville que pour vendre leur recoltes et leur artisanat ( tissage traditionel sur metier et broderies sur vetements ) que je vois etale' au marche' lors de ma balade nocturne. Un matin, nous sommes partis a' la decouverte de ce qui se cachait derriere la brume matinale en direction de la frontiere thai-birmane. QQ km de routes asphalte'es et puis une route en terre rougeatre et pentu, parseme' de virages nous amenent vers un village Karen pauvre, cache' dans une petite valle'e etroite. Je vois un mahout sur son elephant qui avance lentement le long du flanc de la colline oppose’e. Il se dirige vers l'interieur de la foret. On s’arrete devant une bicoque en bois ou' une femme se laisse bercer dans son hamac. Elle sursaute lorsqu'elle nous appercoit et ne veut pas se laisser photographier car elle ne se trouve pas belle. Elle eclate de rire. Je m'eloigne un peu du groupe qui s'est assemble'e autour de la "star" du village. Un peu plus loin, un chien pose son museau dans une marmite en fonte qui fumait. Il se fait chasser. Du linge suspendu sur un fil entre 2 cocotiers, une machine a' laver sous un toit de canisse. Un fil electrique tendu d'arbres en arbres, une parabole, une antenne et une boite d'emballage LG revele l'existence d'une tele'qui doit surement troner a l'interieure de la structure en bois. Des enfants nous devisagent, etonne's et des vieilles femmes habille’es en pagne tisse’et brode’s s’arretent pour observer les 4 motards sur leur engins bruyants et puants. Elles n’ont pas un regard indulgent envers nos cameras bien que nous leur demandons la permission. On continue notre chemin sous un ciel bleu vif et une chaleur seche qui monte. Personne sur la route qui longe la riviere Pai. On traverse un autre village. D’un petit monastere shan en bois, 3 jeunes bonzes, torses nus (chose rare) me saluent avec un joli sourire. Tristement un vieil homme dont le pied droit n’est qu’un moignon traine sa jambe. Un cas de polio comme on en voit encore par ici. Il fait au moins 30 * mais il porte un bonnet de laine. On traverse a' pieds un long pont etroit en bamboo tremblotant sous nos poids au-dessus de la riviere Pai. Le chemin s'engouffre dans la jungle plein de serpents. Je rebrousse chemin et j'attends mes companions assise a' l'ombre d'un acacia. 3 cerberes pales sortent des buissons mais n'osent pas m'approcher. Ils m'observent, la queue leve', en etat d'alerte. Ils n'ont pas l'habitude de "farangs" ( hommes blancs ) par ici. Je sursaute. A la sortie du virage d'un chemin poussiereux qui serpente vers le bas de la colline, un paysan en habits de camouflage vert m'apparait. Je confond sa scie dans son dos pour un fusil. je suis un peu sur mes nerfs, si pres de la frontiere et seule. On reprend la route pour finir dans un cul de sac. Une clairiere avec des echoppes de nourriture et de boissons. 2 petits garcon et une fille tenant dans la main une lampe torche nous demandent de leur petite voix si on voudrait visiter la grotte un peu plus haut. A' la queue leu leu, on les suit et on monte vers la colline. On arrive a' un petit temple en bois fonce' niche' dans le feuillage de la jungle. C’est un lieu propice pour une retraite ou’ les heures coulent dans la meditation et la reflexion. Ici pas de musique ni de distractions visuelles. Cet endroit plait a’ Tong qui voudrait faire une retraite d’un mois dans un monastere de la foret comme celui-ci. Un jeune bonze solitaire ramasse des feuilles mortes autour du temple ou il vit seul. Il avait le dos et les avant bras tatoue's de signes protecteurs et ecritures bouddhistes, mantras qui est une tradition chez beaucoup de bonzes shans. Tatouages porte’s comme des amulettes ( pour se proteger de la mauvaise fortune, de la maladie et des animaux sauvages) que j'ai aussi appercu sur des villageois shans qui ont traverse’ la jungle pour arriver sain et sauf en Thailande . On salue le bonze et on continue notre monte’e qui mene vers la grotte. A l'entre'e, un ermite en platre de style hindou, occupe les lieux, des bougies, des fleurs, un paquet de cigarette et une bouteille d’eau lui sont offert par les habitants du village. Les enfants penetrent dans la cavite' sombre et humide et nous illuminent le plafond calcaire et une statue de Buddha dans une niche tout au fond. Pour y acceder on doit ramper a' genoux.On redescend vers le village et la clairiere. Je vois une caserne ou plutot une hutte militaire surplombant la place, a’ partir duquel qq soldats surveillent les alle’e et venues des villageois car nous sommes a’ qq metres de la frontiere. Un soldat assis sur la colline m'observe. Son oeil de lynx appercoit ma camera pourtant miniscule et me fait signe de le ranger. Une autre vire'e nous a mene'e vers le nord pour visiter un village chinois. Une route asphalte’e serpente le long des flancs de la montagnes. L’ombre des arbres nous procure de la fraicheur. QQ rizieres desseche’es brunies par le soleil et peu d’habitations. Nos motos ont du mal a’ grimper la cote. Je prends mon temps, je savoure la sensations d’etre loin, tres loin de tout, au bout du monde. Je hume l’air qui m’apporte des odeurs de terre brule’e, une senteur doucatre de frangipani tout le long de notre balade au nord de la Thailande. Vers la descente d’un col, des terrasses parseme’es de buissons ronds recouvrent les flancs des collines. A’ la sortie d’un virage, au fond de la petite valle’e, un joli lac indigo, des maisons en torchis ocre, des lampions rouges suspendues aux tuiles des toits nous apparaissent. On evite de justesse des chevaux libres de circuler dans le village, des chiens dormant sur la chausse’e et on se dirige vers le centre pour deguster le the’. Ban Rak Thai est un village d’immigrants du Younan qui aujourd’hui vit de la culture de the’. Elle a remplace’ celle du pavot. Dans le passe’, ce petit village fut le refuge d’anciens soldats Kuomintang qui se sont battus contre l’Arme’e Rouge de Mao. Je souris a’ une grand-mere chinoise qui porte son petit-fils sur son dos et on file pour voir le paysage par dessus la barriere du poste frontalier thai. Un chemin de terre a' travers une foret de bambous nous mene sur la colline qui surplomb la Birmanie. Un drapeau thai, un panneau en bois "Myamar", des sacs de sables encerclant une hutte d'observation vide, une barriere fait de bambous. On est un peu decu mais excite's quand mm, de se trouver dans un coin perdu au nord de la Thailande. Nous sommes a' la lisiere des 2 pays dans une zone tampon entre plusieurs factions militaires qui se disputent ces terres. A ma droite, vers l’ouest l'arme'e birmane et a' ma gauche l'arme'e UWASA (Chinois) protege son territoire de l’arme’e birmane et des invasions d'autres milices ethniques Shans. Depuis le poste frontalier, mon regard s'etend a' perte de vue sur plusieurs massifs montagneux sous un ciel bleu d'acier. Aucune habitation, aucun village, aucune route, aucune tour de tele'communications, rien que de la vegetation dense dans laquelle qq tigres solitaires trouvent encore un refuge. On pose dans la hutte pour se faire photographier avant qu'un soldat nous deloge de la'. Mais on a ete' repere' du haut d'un autre colline. Un jeune soldat en habits camouflage vert descend et nous sourit. On est soulage'. Il nous invite a' visiter le camp tout en haut de la colline mais nous demande de ne pas prendre de photos. Un jeune chiot nous accueille en fretillant la queue. 1 drapeau thai bien haut pour delimiter le territoire de celui du voisin, 4 huttes en bambous et feuilles seche'es, un rempart de sacs de sable face a' la Birmanie, une radio, un velomoteur, qq utensils de cuisine et c'est tout. Pas de commandos arme'e de AK47, en etat d'alerte permanente, a' l'affut de chaque mouvements dans la jungle sous mes yeux. Pas tout a' fait ce que je m'imaginais comme poste frontalier d’une region ou' les escarmouches entre les differentes factions etaient si frequentes. RENCONTRES Ce que j'apprecie le plus lorsque je depose ma petite valise pour qq semaines dans une ville est ce temps precieux que j'ai pour creer des contacts, nouer des liens avec ceux que je rencontre qui ne sont pas que de passage et les personnes que je cotoie presque tous les jours avec un “sawadee Ka” ou hochement de tete et un sourire: la proprietaire de ma guest house a' qui je dis bonsoir dans mon meilleur thai lorsque je la vois repasser le linge des clients. Je lui fais un clin d’oeil et jette un regarde vers son homme bien installe' devant la tele' - elle rigole car on s’est compris, la dame qui tient une buvette ou' je deguste un the' vert glace' delicieux en fin d'apres-midi qui me dit “reviens demain”, la vendeuse du tissu brode' que j'ai achete' l'autre jour me reconnait et me sourit lorsque je pase devant son magazin pour aller ecrire mes e-mails, la vendeuse de brochettes de poulet a' la sauce de cacahouetes et riz gluant qui m’a reconnu au marche’ et moi pas (J’etais embarasse’e) , la dame qui m’accueille avec bonne humeur et me prepare une delicieuse salade de papaye verte – elle se rappelle de ne pas y mettre de piment, les bonzes au temple qui m’observent du coin de l’oeil et lorsque je leur souris, sont embarrasse’s mais flatte’s et les moinillions qui disparaissent en rigolant quand ils me voient. Je suis comble'e par ce contact humain dans la simplicite' mais avec un coeur sincere. Il y a surtout Tong le coordinateur Shan de 25 ans qui s'occupe de nous: un visage harmonieux, un sourire a' faire fondre tous les glaciers du Groenland, des yeux qui laissent deviner une intelligence pleine de sensibilite' et sa facon d'exprimer des pense'es pures et profondes. Un etre cher dans un bel emballage, un don precieux pour tous ceux qui l'entourent. Il apprecie ma companie et moi la sienne. On se retrouve souvent pour discuter sur ce qui se passe a' cote': la question des mouvements nationalistes des ethnies en Birmanie. Son oncle, avec qui il avait traverse' les montagnes qui bordent les 2 pays, avait ete' enrolle' de force dans la milice du fameux Khun Sa lorsqu'il etait enfant. Cette milice d'enfants avait fait couler beaucoup d'encre a' l'epoque. Khun Sa faisait des razzias dans les villages Shan et "volait" les enfants et sur son parcours, laissait des meres en larmes car elles savaient qu'elles ne reverraient plus leurs fils. Effectivement, ces enfants mourraient lors des combats contre l'arme'e birmane ou succombaient a' la tentation de l'opium que leur procurait Khun Sa. A lui seul, il gerait la production d'heroine dans son fief cache' dans la jungle du triangle d'or ( 3/4 de la production mondiale) et son ecoulement qui finissait dans les veines des GI americains qui venaient se resourcer en Thailande. L'oncle de Tong, jeune combattant de la milice de Khun Sa a fini par mourir du Sida car lui aussi etait devenu accro a' l'heroine. Mon ami Tong avait pris la route de l'exil a' travers ces montagnes hostiles il y a 19 ans, avec son oncle et sa mere pour retrouver son pere. Mais il me dit, si c'etait a' refaire il suivrait un groupe de Shans et aurait ete' pris en charge par une ONG dans un des camps qui borde la frontiere. Il aurait recu alors une education et une preparation plus complete pour pouvoir faire face a' la vie hors du camp dans un pays comme l'Australie, la Nouvelle Zelande, le Canada ou les USA. 500 a' 700 refugie's quittent les camps pour ces pays pour refaire leur vie, loin du climat de guerre dans lequel ils ont vecu. Il pense qq fois de prendre le risque et retourner en Birmanie pour revenir en Thailande en tant que refugie' officiel parce que sa situation de personne sans papiers lui pese. C'est le dilemme de presque tous les réfugiés comme Tong. Apatride, il se heurte à la politique de non intégration du royaumes. Le choix de travail est limite' et lorsqu'il en trouve, il se confond dans la masse d'une main d'oeuvre sous-paye's employe' par des employeurs thais cupides. La plupart travaillent donc clandestinement dans l’agriculture, l’industrie du poisson, le bâtiment, les usines de textiles et les emplois domestiques. Il ne peut ni acquerir un petit commerce ni ouvrir un compte en banque. Ce mois n'a pas ete' un mois tres agreable a' vivre pour Tong. Sa petite amie lui a annonce' que ses parents (chinois) voyaient d'un mauvais oeil cette relation. Ils pensent que Tong n'est pas assez "bon" pour elle pour considerer une liaison de longue dure'e et le mariage. Tong n'etant pas thai et sans papiers, ne pourra donc jamais trouver un travail assez bien paye' pour entretenir leur fille bien-aime'e. Elle est plus age'e que Tong et le temps presse pour elle. Il etait triste certains soirs. Son collegue et ami Ton Yee avec lequel il aimait travailler a soudainement decide' de quitter l'orphelinat et de partir pour Chiang Mai apres une violente dispute avec le pere de Tong. Et puis, il y avait il y a eu la crise du riz.Tong, un matin, nous fait part de son anxiete' et nous demande si nous pouvons l'aider en achetant 3 sacs de riz pour les 50 enfants de l'orphelinat que son pere gere. Ce matin-la', les enfants n'etaient pas alle's a' l'ecole car ils avaient le ventre vide. Plus d'argent pour acheter du riz. On interroge Tong. Mais comment cela? Qu'a-t-il fait avec l'argent du riz qu'un riche anglais lui envoie tous les ans? En entendant cette histoire, on se regarde, les 2 volontaires et moi et decidons d'agir.Le lendemain, on court au marche' pour trouver 45kg x 3 de riz au meilleur prix. Difficile! On rentre dans un magazin tenu par une chinoisse dans la cinquantaine, des cheveux courts brosse’s comme un herisson. Nous demandons le prix d’un sac de 45 kg.. Plusieurs prix et qualite's de riz nous est propose'es. Du cher a' 40 euros qui baisse jusqu’ a' 18 euros les 45 kgs. On negocie vers le bas pour le riz le moins cher. On explique que c'est pour des enfants orphelins ou pauvres de refugie's dans la region. La vieille chinoise nous regarde, un petit sourire hypocrite sur les levres, et nous dit qu'elle ne peut baisser le prix que de 5%. Elle ne peut pas faire plus. Elle le regrette mais ne semble pas sincere. On recommence avec nos supplications mais rien a' faire. La radine reste insensible aux besoins des orphelins. On est degoute'. Entre-temps, je vais vite faire un tour dans le ventre du marche'. Au cas ou' j'en trouverai moins cher. Je me perds dans les dedales sombres du marche' ou' sont entasse's des fruits, des legumes, des sucreries, des biscuits secs, des produits de beaute's, du savon et produits de nettoyage, des piles de toutes les grandeurs, des ventilateurs, des bassines et autres recipients en plastic, des sandales, des t shirts. J’apercois une “femme girafe” qui se faufile entre les etales, habille’e en habit traditionel de pagne tisse’ et ses colliers en laitons qui lui serrent la gorge. Elle s’est peint les levres en rose qui detonne un peu avec le foulard jaune canarie qu’elle porte autour des cheveux releve’s. Je la suis pour pouvoir mieux la regarder mais avec distance et discretion. Elles sont rares celles qui sortent de leur village. Elles sont trop souvent devisage’es par les touristes comme si elles etaient des animaux de zoo. De grosses gouttes de sueur perlent mon front lorsque je tombe sur une vendeuse de riz mais qui s'avere encore plus cher. Penaude, je rebrousse chemin a' travers les couloirs etroits et sombres pour revenir chez la vieille chinoise. On decide d'acheter ces 3 sacs et on appelle le chauffeur du camion qui amene les enfants a' l'ecole. On arrive a' un cul de sac, au bord d'un champ de riz desseche' ou' les plus age's des orphelins nous attendent. On decharge les sacs qu'ils ont mis dans une charrette en metal. On les suit en traversant des champs de culture diverses et un bosquet a travers lequel j'appercois des habitations en bambou et bois mont'es sur pilotis que la pluie de la mousson et le vent auront vite fait de detruire. Tong m'explique que ce sont des refugie's Shan, infiltre's illegalement et qui se sont installe's et vivent ici discretement. Des chiens aboient lorsque notre caravane passe mais ne nous suivent pas. On arrive dans l'enceinte de l'orphelinat ou' nous sommes accueillis par 50 enfants qui nous attendaient. Ils pourront enfin manger un bol de riz et demain aller a' l'ecole jusqu'a' ce que le bienfaiteur anglais de l'orphelinat remplit a' nouveau la tire-lire en janvier, comme tous les ans. CAFE SALWEEN Cafe' convivial, tenue par Nang, une femme shan tres accueillante qui nous prepare des petits-dejeuners copieux et concocte des repas delicieux que ce soit shans, thailandais ou europeens. Son cafe' accueille beaucoup de voyageurs et qq d'employe's dans les ONG qui "travaillent" dans la region. J'y ai rencontre' des jeunes et des moins jeunes aux parcours de vie, convictions et aspirations diverses comme : - Holly, la jeune australienne qui parcourt le Cambodge et la Thailande pour trouver des orphelinats qu’elle voudrait aider en organisant une expo de photos a’ Melbourne. La vente de ces photos est reverse’e integralement aux orphelinats participants a’ ce projet. Elle a un bienfaiteur qui lui a donne’ 500 $, somme qu’elle a utilise’ pour acheter des petits appareils photo et le development des photos faites dans le village par les orphelins. J’ai achete’ une photo noir et blanc prise par Vibol, un jeune cambodgien de 14 ans: orphelin de parents morts du SIDA et lui aussi atteint de cette maladie qui n’en finit pas de faire des ravages parmi les plus demunis. - Un petit bout de femme dans la soixantaine, voyageuse et courageuse. Annick ne parle pas l'anglais et pourtant elle voyage a' travers l'Asie pendant plusieurs mois dans l'anne'e avec sa petite valise dans laquelle elle transporte tout ce qu'elle possede. Elle ne retourne en France qu'en ete' pour visiter ses enfants et ses amis. Elle prefere voyager que payer un loyer et rester en France. Sa petite pension ne lui permet pas les deux. - Un idealiste suedois qui vient plusieurs fois par ans et traverse la frontiere pour aider l'arme'e de liberation shan. Il parle le shan couramment. Ses bras sont tapisse's de tatouages lie's aux mouvements independantistes shan : le drapeau shan et " Union Democratic Front" qui est le nom d'une des milices shans qui se bat contre l'arme'e birmane pour etablir un etat independant shan don’t l'extreme partie a' l'est = le fameux triangle d'or. Il loue un gros tout-terrain pour transporter ce dont la milice a besoin en medicaments, nourriture, materiaux de construction mais doit justifier la raison pour laquelle il veut passer de l'autre cote' et doit demander prealablement la permission a' la prefecture de MHS car n'importe qui ne peut pas traverser la frontiere et entrer dans la zone de combat qui sevit a’ la frontier du nord de la Thailande. - Des curieux comme l'espagnol qui me raconte qu'il est ici pour prospecter la possibilite' de faire un documentaire dans un de ces camps de refugie's. Il est decu car c'est impossible sans la permission d'une agence gouvernementale a' Bankok. Il est evident qu'on ne rentre pas dans un camp de refugie's comme dans un moulin. Il decide alors de prendre sa moto et d'aller localiser par lui-mm ces camps discretement cache's pres de MHS mais loin de la route nationale. Un chemin terreux se presente a' lui et il l'emprunte pour qq km. A la sortie d'un virage, un poste frontalier se dresse devant lui et au loin une pancarte "Thai-Myamar" Border". 2 militaires au regard hargneux, qui de leur main font un geste qui veut dire, sans equivoque "rebroussez chemin, vous n'avez rien a' faire ici". Mon aventurier surpris fait marche arriere et retourne sur la route nationale en laissant un nuage de poussiere derriere lui. - Un couple d’aventureux qui traverse l'Asie en velo depuis la Nouvelle Zelande en passant par l'Australie, l'Indonesie, la Malaisie etc...pour arriver a' Londres a' temps pour les Jeux Olylpiques en 2012 - Un vieux hippy americain aux longs cheveux blancs, ancien veteran de la guerre du Vietnam. Il a decouvert la Thailande lors de ses permissions et est revenu qq anne'es plus tard pour s'y installer. Il semble avoir fume' un peu trop d'opium car il divague souvent, repete les mm histoires lors de ses visites dans notre cafe'. Il aime dispenser des conseils et nous faire savoir qu'il a des contacts importants dans cette ville qui l'aident pour ce qui concerne le renouvellement de ses visas. Il m'explique qu'avec qq milliers de baht tout est possible ici. Il aime raconter, qu'un beau jour il a decide' de quitter la US airforce parcequ'il ne supportait plus de pilonner des villages vietnamiens du haut de son F4 (?).Il nous a dit cela', froidement et sans etat-d'ame evidente. - Un misogyne norvegien marie' a' une thailandaise qui raconte a’ tous ceux qui veulent bien l’ecouter que les thailandaises sont sans vergognes.Avec une forte voix pour que toute l'assistance puisse l'entendre, il disait aussi qu’il n’etait pas dupe des manigances des "thai ladies" des bars de Pattaya experte dans l'art de se faire entretenir. Il ricanait lorsqu'il dit que ces belles prennent les les "hommes blancs" pour des portefeuilles sur pattes. Il se sentait fier d'avoir compris leur jeu de seduction et de flatteries qui vont droit au coeur de ces messieurs en manque d’amour. Elles sont aussi voleuses . Il nous dit avec une certain fierte’ que tous les soirs, il teste sa femme en mettant son porte-feuille bien en evidence sur la commode après avoir compte’ les billets et qu’il verifie des son reveil. D’apres lui, ells sont aussi menteuses et pour illustrer ce point, il nous raconte une anecdote. Un jour, il a entendu une femme, sur le palier de son parloir de massage, dire a’ son interlocuteur au telephone, : “ Hello darling, oui je vais bien, je suis chez ma mere au village, je pense a’ toi , oui je t’aime. Il ricanait. - un illumine' chretien qui cherche a' convertir les jeunes voyageurs dans une secte obscure appele’e Eckankar.
LE TEMPLE DU LAC
Un apres-midi, je me promenais dans le temple Shan qui domine le petit lac de la ville. C'est une batisse toute en bois dont le toit est decore' par de la dentelle en etain argente' qui scintille lorsque le soleil est au zenith. Je me dechausse et monte les marches pour me recueillir devant le Buddha. Un beau plancher de bois de teck fonce' et burine' par les milliers de genoux qui se sont prosterne's, s'etale devant moi. Un moine un peu grassouillet m'acueille avec un sourire edente'. Il se presente : mon nom est Akhram" et me demande le mien. Ma visite au temple lui procure un plaisir evident. Il me montre comment saluer le Buddha. On se met a' genoux tous les deux. On salue le Bouddha avec nos mains jointes en form de lotus. On se prosterne la tete touchant le plancher 3 fois et on se releve. Il me demande si je suis marie'e et je lui reponds que non. Un autre sourire edente' et d'une voix plutot aigue me dit que je devrais devenir nonne. Il me decrit dans son anglais moins que basic la robe que je devrais porter et avec un petit rire malicieux, me dit que je devrais aussi me raser la tete. Pour couronner le tout, il me dit que nous serons alors "frere et soeur". Il me fait visiter le reste du temple et me montre les belles images peintes sur verre qui raconte les moments symboliques de la vie du Buddha. Elles proviennent de la Birmanie. Elles sont arrive'es dans ce temple au debut du siecle passe'. Du coin de l'oeil, etandu sur un tapis bleu, a' gauche du Buddha, j'appercois un chat tigre'. Il dormait paisiblement, a' l'aise au frais comme chez lui…. Les véritables possessions du moine sont très réduites, et il doit considérer tout autre objet comme un prêt que lui fait l’Ordre. Il n’a que huit biens indispensables : - une toge du dessus à double épaisseur, pour la saison froide ou porté lors d’occasions formelles - un vêtement du dessus à simple épaisseur - un vêtement monastique utilisé comme sous-vêtement, enroulé autour de la taille - une ceinture pour le vêtement de dessous - un bol pour recueillir la nourriture - un rasoir - une aiguille (nécessaire à couture) pour réparer ses vêtements - un filtre à eau pour ôter les êtres vivants de son eau afin que ni lui ni eux ne soient blessés. Vers la fin de ma visite, il me passe autour de la poigne'e un bracelet orange tout en ce faisant murmure quelque benediction et me souhaite bonne sante' et bonheur. Je le salue avec un "wai" et un sourire et je me dirige vers le ficus ou' je dois retrouver Tong pour savourer les dernieres minutes dore'es d'un soleil couchant. Tong voudrait faire une retraite solitaire d'un mois dans la foret. Il se nourrira de ce qu'il trouvera ( plantes, racines, fruits, et qq fois de riz que des villageois genereux auraient depose's discretement a' ses pieds. Il n'aura qu'un bol pour mendier (mais qu'il fera rarement car il vivra en solitaire), un drap pour se coucher, un rasoir, une aiguille pour rapecier sa robe et une ombrelle pour la pluie et le soleil. Il devra faire face a' la faim et a' la soif, a' ses peurs des esprits malveillants, des animaux tels que le cobra et l'ours, les tigres ( il en existe encore qq uns ), des moustiques, des scorpions, des araigne'es etc.Il n'aura pas de maitres car il aura deja' acquis par une etude personelle des notions approfondies. Les heures seront consacre'es au recueillement dans le silence et dans la meditation afin d'acquerir une force interieure, developper la patience et travailler sur l'abolition de ses desirs.Il me parle de son desir de retraite en solitaire avant de se marier pour acquerir des merites pour sa mere qu'il aime profondement et qu'il veut heureuse car elle avait beaucoup souffert lors de sa vie commune avec le tyrannique pere de Tong. Maintenant elle vit a' Chiang Mai, marie'e a' un Thai qui la traite avec respect et qui l'aime. A l'occasion de l'anniversaire du roi, une cinquantaine de thailandaises venues specialement de BKK, lui ont dedie' 3 jours de vie monastique dans notre temple. Des banderoles jaunes canari ( la couleur royale ), ainsi que des fanions, des lampions, des pompons et des fleurs de la mm couleur decorent le temple pour l'occasion. Le portrait du roi plus grand que nature trone a' l'entre'e du temple. 4h du matin, un son de cloche, des chiens qui aboient dont un qui hurle. Je sors de ma chambre en robe de nuit, une couverture sur le dos et me dirige vers le lac. Les feux du temple m'offrent une vision feerique a' travers la brume cotonneuse qui l'enveloppe durant la saison fraiche. Une voix grave offre des benedictions, dispense des conseils, rassure, conseille et puis un chant devotionel, une melope'e aux sons repetitifs, presque lugubres en pali vient jusqu'a' moi. 6h du matin. Les prieres, la recitations des mantras, le sermon s'arretent comme par enchantement. Un silence pure s'etale sur l'eau du lac. Les femmes, tout en blanc se tiennent debout devant l'enceinte du temple comme des fantomes. Certains choisissent de se prosterner. Elles se courbent a' l'approche de la file silencieuse des bonzes. Leurs mains tendues font don de leurs offrandes. Les bonzes avancent, lentement, les yeux baisse's et tendent leur bols.
LOY KRATHONG Le premier dimanche que j'ai passe' a' MHS etait la fete de Loy Kaprong, fete d'origine hindoue, dedie'e a' la deese de l'eau durant laquelle les bouddhistes (et moi) allument des nacelles faites avec une rondelle de tronc de bananiers qui flotte, recouvert de ses feuilles et harmonieusement decore'e de fleurs, une bougie et 3 batons d'encens qu'ils lachent sur l'eau en faisant des voeux de bonheur, de bonne sante' et de richesse pour tous ceux qu'ils aiment et souhaitant que tout ce qui est negatif dans leur vie soit emporte' par l'eau. Cela' se passe des que la nuit est tombe'e et tres vite le lac scintille de mille feux. Dans la ferveur du moment, ils ont aussi lache' des lanternes blanches vers une lune perle'e bien pleine, au-dessus du temple. Des petards et un feu d'artifice recouvraient une musique gresillante d'influence chinoise alternant avec des chansons sentimentales thai qui peinait a' se faire entendre.
LE MARCHE DU SOIR Le soir, un fine brise raffraichit l'air. Comme tous les soirs, je jette un regard vers le haut de la montagne, et comme tous les soirs, je suis emerveille'e par les lumieres scintillante de la pagode qui semble suspendue a' la lune par un fil de plomb transparent. Autour du lac, assises en tailleur, a' mm le sol, des femmes Hmung au visage de lune et teint perle' etalent leurs sacs fabrique's a' partir de tissus tisse's sur des metiers en bois traditionels et brode's de fils rouges, jaunes, oranges et pompons pour la touche feminine. J'en voie quelquefois, sous la lumiere blafarde d'un lampadaire enfiler des perles swarowsky ou broder des graines d'un acacia sous lequel elles sont assise avec des doigts de fe'es pour qq bahts. Peu cher paye' ce travail manuel qui fait courber l'echine et rend presque aveugles ces femmes laborieuses et resigne'es. Elles ont souvent leurs enfants avec elles, un be'be' endormi au creux de leurs jambes croise'es ou porte' au sein. Elles sont habille'es traditionellement en pantalon en toile de coton fonce', a' bordure brode'es, franges perle'es et decorations de pieces metalliques sur la jaquette (tribue Hmong) ou un scapulaire de velours bleu fonce' sur une chemise colore'e et pantalon noir aussi en velours (tribue Liseu). Des femmes Karens sont en sarong et haut tisse' blanc pour les jeunes filles et fonce's pour les femmes marie'es. Elles sourient a' mon passage. Elle me reconaissent car je m'arrete souvent pour regarder leurs jolis sacs qui me tentent. Mais que faire? Je ne peux quand mm pas acheter un sac de chaque tribue. J'essaie les qq mots de thai que je connais. Je leur dit que je n'ai pas d'argent sur moi. Avec un sourire charmeur, elles pointent la banque de l'autre cote' de la rue. Je rigole et elles aussi. Des vendeurs de breloques, de Buddhas, de chaussettes, de jouets en plastic, de boites lacque'es de Birmanie, de friandises, de T shirts sont aussi installe's autour du lac. Des jeunes filles de Bankok, par groupes de 4, jean serre' et escarpins fins, deambulent langoureusement en sirotant un cafe' glace'. QQ touristes europeens charme'es par la vue des petites lumieres sur le lac et les lampions dans un ciel d'encre sourient. J'ai un petit creux. Je retrouve Tong, mon ami pour un repas du soir et on se dirige vers le parc ou' sont installe's des marchands ambulants qui concoctent des plats savoureux et surtout pas chers. Entre 30 cts et 2 frs, je me regale de: de soupe aux nouilles, emince's de porc et raviolesdes petits carre's de gateau de riz gluant caramelise's fondantdes crepes fines a' la creme de coco et lait evapore' delicieusesdes curry birmans tres piquants et riz gluant servi dans une feuille de bananierde la salade de papaye et cacahouetes, assaisonne'e de citron vert, sucre et dsauce de poisson que je connais biendu poisson et des cuisses de poulets fritsdes brochettes de bout de poulet a' la sauce de cacahouetesdes friandises a' la graine de sesame et carameldes fruits pele's, finement coupe'e et soigneusement emballe's dans une pochette en ( malheureusement ) plasticde pieds de cochons a' 5 parfums que mes papilles n'ont pas encore teste'.J’appercois un un jeune ladyboy en jeans serre’, taille basse et T shirt avec un coeur en paillettes qui recouvre ses seins a’ peine prononce’s. Il faisait des pirouettes devant son stand de beignets, un eventail a’ la main, ses longs cheveux qui lui couvraient les fesses tournoyaient autour de ses hanches. Il lancait des clins d’oeil coquins a’ un male europeen qui passait. Son spectacle de seducteur termine’, j’ai commande’ mon souper. Ne trouvant plus de place libre a' une petite table sur le gazon, je demande a' Apres mon repas, discretement, je ramasse ce que les autres ont laisse' dans leurs assiettes et je remplis mon sac en plastic d'os de poulet, de restes de poisson, de bout de gras de porc et du riz que je distribue aux chiens couche's sur mon chemin vers ma guesthouse.
Birmanie: Kyaukme - Namhsan (novembre 2010) English translation pending
Kyaukme.
Le bus Mandalay-Hsipaw m’a déposé la veille à 20h30 au ‘A Yone Oo Guest House’ de Kyaukme. Le seul à posséder une licence, je l’apprendrai plus tard. C’est une heure totalement absurde pour débarquer quelque part, j’en conviens. Mais j’assume.
Ce matin, je sais qu’il suffit que je demande au Manager d’appeler le plus jeune des 3 guides pour qu’il vienne frapper à la porte de ma chambre dans le quart d’heure. Mais j’ai son adresse sur un bout de carton format timbre-poste qu’il m’avait donné il y a 2 ans et demi alors que j’étais de passage dans sa ville pour quelques heures seulement. On avait parlé autour d’un thé. J’avais aimé sa timidité, son humour. Son courage aussi, parce qu’il en faut pour aborder un touriste dans une langue étrangère quand on a 19 ans. Je me souviens lui avoir dit qu’un jour, je reviendrais avec plus de temps devant moi. Il doit entendre ça souvent. Je ne sais pas s’il m’a cru.
Après deux échecs auprès de mototaxis, alors que j’ai quitté le quartier du marché, un gars m’aborde en anglais, il vend des chapatis. A tout hasard, je tente ma chance. Oui il le connaît, c’est pas loin, il peut m’accompagner. L’endroit est calme, sent la campagne. La moto est là, les parents et les sœurs sont absents. Il est seul, écoute de la musique… C’est comme ça que j’ai débarqué dans la vie de Joy le 1er novembre dernier.
On raccompagne le Chapatis-man que je remercie chaleureusement. Puis direction un tea shop où l’on va refaire connaissance, poursuivre une conversation entamée en mars 2008. Les élections toutes proches, l’absence de touristes, tellement à dire… A mon arrivée hier soir, il était déjà au lit parce que pas de touriste ni au bus ni au train.
A midi, pendant que je procède à un changement de chambre, il rentre chez lui chercher des casques extra-light ‘made in Kyaukme’. Mieux vaut pas avoir d’accident avec ce genre de casque. Puis on sort de la ville. La campagne est belle. Et bien plus verte que lors de mes séjours en février-mars. Petit restaurant au calme au milieu des rizières.
Je lui parle de Christophe qui est venu en septembre. Je sais qu’ils ont fait un trek ensemble sous la pluie. Oui il se souvient. D’ailleurs, il a écrit un mot en français dans son carnet. Je vais lui traduire.
On reprend la moto, puis direction des chutes d’eau pas très éloignées. On marche à travers champs puis on pénètre dans la forêt où de toute évidence, Joy est dans son élément. Malgré l’absence de chaussures de marche, il est d’une agilité déconcertante. Plus tard, je lui dirai que je peux marcher toute une journée, mais que grimper et descendre en forêt, c’est pas vraiment mon truc. D’ailleurs, la Belgique s’appelle le Plat Pays, il y a certainement un lien de cause à effet. Il m’appellera le ‘City Boy’. Je l’appellerai le ‘Kid’ ou ‘88’, clin d’œil à Naing Naing, autre guide de Kyaukme devenu célèbre et qui a maintenant son nom dans certains livres, au contraire des deux autres.
Il me parle d’un moine qui a vécu 5 ans en ermite dans une grotte proche des chutes. De retour à la moto, il me dit qu’il est seul dans un monastère de l’autre côté de la route, et qu’il aime pratiquer son anglais. On y va ? Le bonze coupe du bois, l’accueil est chaleureux, il nous invite à entrer.
Je connais Joy depuis quelques heures à peine et déjà je me dis que j’ai beaucoup de chance d’être là dans ce monastère à écouter ce moine de 70 ans qui en fait 15 de moins, nous raconter la vie du Bouddha et l’histoire de l’Etat Shan, alors qu’un chat s’est assoupi sur la jambe de mon copain.
On va passer la soirée ensemble. Polar de rigueur. Il me dit qu’Internet ne fonctionne pas. Il y a deux Cybers à Kyaukme, un dans la rue de l’hôtel et un autre à la gare des bus, tenu par le gouvernement. Je découvre Kyaukme by night. Quelques tea shops, restaurants, beer stations. Il m’explique qu’il y avait une discothèque, mais elle est fermée. ‘A cause des élections ?’ Non elle a été fermée par le gouvernement il y a 3 ans… ‘Il y a une grande statue de Bouddha à la sortie de la ville, on y va ?’ ‘Tu es fou, je ne veux pas être transformé en bloc de glace…’ Retour au Guest-House à 21h. On se voit demain à 9h.
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Ce matin, on va prendre un bout de la route qui mène à Mogok. Au sommet, il y a un village. Il m’a demandé hier ce que je voulais voir. Je lui ai laissé carte blanche. Il est surpris. Les touristes ont des attentes, parfois des exigences. Je lui explique que j’ai tellement manqué de temps lors de mon dernier passage ici, que tout ce qu’il voudra bien me montrer du Pays Shan m’intéressera.
Arrêt éclair à la ‘grande’ statue de Bouddha. Enfin, arrêt… Il fait le tour du complexe en moto, puis s’apprête à reprendre la route. ‘Tu t’arrêtes pas ?’ ‘Ben, tu m’as pas dit de m’arrêter’. ‘Je savais bien qu’il y avait un problème avec ton cerveau ! Demi-tour’. On rigole bien ensemble, la complicité s’installe.
La route part à l’assaut de la montagne, elle est vraiment pourrie avec de la caillasse. Deux heures et demi de grimpette dans des paysages superbes. En chemin, on devine des villages sur les collines, il m’explique les endroits où il passe la nuit quand il emmène des touristes en trek. Il me montre une enveloppe qu’il a reçue d’un voyageur Polonais. Elle a mis un mois pour lui parvenir. Bien sûr, elle a été ouverte avant d’arriver à destination, mais la lettre et les photos étaient toujours à l’intérieur. S’il y avait eu de l’argent dans cette enveloppe, nul doute qu’il ne l’aurait jamais reçu. On s’arrête au monastère pour donner les photos. Puis on grimpe au sommet pour une vue assez majestueuse sur les environs. Ensuite ce sera une Chan Noodle Soup absolument délicieuse à 1000 K les deux, face à la pagode. A 14h30, on reprend la route. Quand on atteint la vallée, la lumière est magique.
Internet fonctionne. Je lui montre le blog de Christophe où son nom est cité. Il me montre des photos de Kyaukme prises par une touriste où on le voit avec les cheveux très courts. Il sortait d’une retraite dans un monastère à Mandalay.
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Hier, Joy m’a parlé d’un endroit où il n’est allé qu’une seule fois avec un touriste, il y a bien longtemps. Pour aller là, il doit enlever les garde-boue de sa moto. Une route très étroite dans la forêt où il faut s’arrêter régulièrement pour marcher parce qu’à deux sur la moto, ça ne passe pas. C’est prometteur, alors on y va. Je vais vite me rendre compte que le meilleur moyen de transport dans le coin, c’est le cheval. On va en croiser régulièrement.
Au bout d’une heure, on va arriver dans un village de 6 maisons au bord d’une rivière. Ce sont des Lisus. Les gens viennent nous saluer pendant qu’on nous sert le thé. Il n’y a rien ici, mais il y a la TV. Sur une des cases, il y a une carte du monde. Joy explique d’où je viens. Bruxelles-Amsterdam-Bangkok-Yangon-Mandalay-Kyaukme. La route a été longue pour arriver à ce village. Une vieille femme a des problèmes d’estomac. Je demande à mon pote si on ne peut rien faire pour elle, genre acheter des médicaments à Kyaukme et revenir demain parce que le médecin ne vient jamais jusqu’ici. Il m’explique qu’on peut en trouver au prochain village.
On y arrive à la mi-journée, sous un soleil de plomb. Des gosses partent en courant en nous voyant arriver. A ce stade-là, la route n’existe plus, faut laisser la moto dans ce village où il ne connaît personne, et continuer à pied vers le village suivant où il a des amis. Pour éviter de fondre, il me propose… la visite du vieux monastère au bout du village. Ben oui, tant qu’à faire… C’est alors qu’on croise un gars qu’il a connu à Kyaukme mais dont il ignorait qu’il habitait ce village. On est sauvés. La maison est grande, 3 enfants et pas mal de gens qui travaillent pour lui. La fraîcheur est saisissante alors qu’on cuit littéralement dehors. C’est l’heure du repas, alors on est invités. Ce sera de la biche. Cuite ou en brochette. Un régal.
La visite du monastère nous fera faire la connaissance du maître des lieux, un moine volubile et exubérant, visiblement ravi d’avoir de la visite. On va encore rester un moment là-bas à grignoter toutes sortes de gâteries en mimant le long trajet en moto dans la forêt pour venir jusqu’à lui, ce qui le fera beaucoup rire.
On n’a plus le temps d’aller à pied au village suivant. On s’arrêtera à nouveau chez les Lisus pour donner les médicaments à la vieille dame. La notice explicative est en français, je traduis en anglais et Joy traduit en birman ou en chan, je sais plus.
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Hier, j’ai dit à Joy qu’aujourd’hui, c’était congé. Mais comme je ne peux déjà plus m’en passer, je lui ai proposé de se retrouver à la mi-journée pour un restaurant au choix. Comme pendant les 90 % de mon séjour à Kyaukme, je suis le seul touriste à l’hôtel. En prenant mon breakfast à 7h, je regrette déjà ma décision, mais j’ai envie de me retrouver seul quelques moments. Je passerai la matinée en solitaire près d’une pagode au sommet d’une colline à essayer de remettre de l’ordre dans tout ça…
De retour en ville, je suis abordé par un homme, 55 ans, origine indienne. Il est de Namhsan, il veut me présenter sa famille. Il est coiffeur, n’est pas en très bonne santé actuellement. Il a été chauffeur routier pour un patron chinois. Pendant longtemps, il a fait la route entre Muse à la frontière chinoise et Yangon à transporter des semences dans un camion à 12 roues, une rotation par mois. Trois filles, un garçon, une épouse adorable. Une partie de sa famille est toujours à Namhsan. Ils sont tous coiffeurs.
Namhsan… Déjà en 2008 quand j’avais rencontré Joy, je l’avais branché sur le sujet. Il m’avait dit qu’en moto, c’était possible, les transports étant très aléatoires pour cette destination. Mais que ce ne serait pas une partie de plaisir…
A 13h, il est fidèle au rendez-vous. Ce sera du riz gluant sauce tomate avec champignons dans un petit restaurant proche de la gare. Comme il est ‘libre’ aujourd’hui, il m’avait dit qu’il partait à la recherche d’un ‘client’ potentiel dans le train. Il propose que je l’accompagne. Ce sera vite réglé, le train a beaucoup de retard… ou ne viendra pas. On repart donc vers les campagnes, la route grimpe, les rizières sont magnifiques. Arrêt photo. On s’assied sur le bord de la route et il me parle de Katha, où il a été traducteur… pendant 9 jours. A un moment, il me dit qu’il y a plus loin un endroit plus confortable pour admirer le paysage. ‘Pourquoi tu le disais pas plus tôt ?’. ‘Mais c’est toi qui a voulu t’asseoir ici !’. Et de fait, on va rester un très long moment à parler sur la terrasse près du Golden Rock avant de rentrer en ville par le chemin des écoliers.
Depuis quelques jours, il ne mange plus chez lui avant de me retrouver le soir. J’en avais marre de manger seul pendant qu’il me faisait la conversation. C’est raté pour Internet ce soir encore. Je lui ai demandé ses deux carnets. D’habitude, je ne suis pas très fan de ce genre de bouquin où les louanges s’accumulent. Mais je suis curieux de savoir ce que les voyageurs qu’il a rencontrés depuis 3 ans pensent de lui, malgré le peu de temps passé en sa compagnie.
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Le lendemain sera également une journée mémorable. On emprunte la route Kyaukme-Namhsan, en tous cas jusqu’à un certain point, parce qu’au-delà, il y a un endroit où les touristes ne sont pas les bienvenus… Donc, on bifurque avant la ville en question vers un village où une soupe de nouilles fera l’affaire. Les paysages ont été splendides pendant la plus grande partie du trajet.
A certains moments, il a fallu traverser des zones de travaux. Tous ceux qui connaissent la Birmanie ont un jour croisé ces chantiers où des villageois cassent des pierres le long de la route. Ce genre de rencontre se fait généralement derrière les vitres d’un bus bondé ou d’une voiture avec chauffeur. Comme on est à moto, et qu’ils ont disposé de grosses pierres sur tout un tronçon de chaussée, je mets pied à terre pendant qu’il traverse tant bien que mal en solo. Il m’attend à la sortie du chantier. Depuis qu’on est ensemble, je lui ai dis de ne pas s’arrêter constamment pour les photos. J’en fais en roulant et ça fonctionne très bien. Merci le numérique ! Ca veut donc dire que j’ai l’appareil photo autour du cou quand je traverse le chantier. C’est une situation assez surréaliste. Parce que le touriste n’est pas censé assister à ce genre de scène. Lors d’une de ces traversées pédestres, un Birman me demande ‘Are you OK ?’ C’est lui qui me demande si ça va !!! Je lui réponds ‘I am OK merci’. Il rigole. Quand je rejoins la moto, Joy me dit ‘Pas de photo s’il te plaît’. Je sais… On s’arrête plus haut. ‘Si je m’assieds au milieu de ces travaux, histoire de causer un peu, il se passe quoi ?’. ‘Tu vois ce gars-là, c’est le chef de chantier, il va sûrement pas te laisser faire !’.
J’ai lu ses deux carnets. Que de bonnes choses comme d’habitude dans ce genre de Livre d’Or. Il n’est pas dupe et n’y attache pas trop d’importance. Le plus souvent, c’est par la parole que Joy accroche le voyageur de passage. Je n’ai pas pu lui écrire quelque chose, parce que Christophe, très en verve, ne m’a pas laissé beaucoup de place… Il me dit alors qu’il a un 3e carnet bien épais relié cuir flambant neuf, qu’une touriste a inauguré en Polonais une dizaine de jours avant mon arrivée…
Evidemment, Internet ne fonctionne pas. De retour à la chambre, il allume la TV. Dans deux jours, ce sont les premières élections depuis une éternité, et on a droit à des jeux débiles, un documentaire animalier chinois et un reportage sur l’inauguration d’un pont impressionnant par le Général Machin-Chose… N’importe quoi.
J’ai une demi-douzaine de raisons valables pour passer quelques jours à Mandalay le temps des élections. J’emmène son carnet tout neuf avec moi. La semaine prochaine, je reviens à Kyaukme et en route pour Namhsan…
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Evidemment, le lendemain, rien n’est allé comme prévu. Le bus-cargo de 7h qui devait passer me prendre à l’hôtel m’a oublié. Il a fallu contacter la compagnie. Qui a reconnu son erreur. Ils m’ont envoyé un mototaxi gratuit avec le remboursement du billet. Ensuite, j’ai été emmené à la Highway où il ne me restait plus qu’à croiser les doigts pour trouver une place dans un des nombreux véhicules qui font la ligne Lashio-Hsipaw-Mandalay. Ca m’a ramené deux ans en arrière et je me suis dit qu’il était décidemment bien compliqué de quitter Kyaukme. Je trouverai place dans un autre bus-cargo, à l’arrière, sur les sacs de riz. L’avantage des bus-cargo sur les bus air-conditionné confortables. Même complet, il y aura toujours place pour un passager supplémentaire… Départ à 11h du matin. Sept heures seront nécessaires pour rejoindre Mandalay. Parce que pendant que les passagers se restaurent à Pyin U Lwyn, le bus s’en va décharger une partie de sa marchandise dans les environs. Les paranos apprécieront le fait de voir disparaître le bus dans un nuage de poussière avec les sacs à bord. Et quand les gens seront prêts à repartir, le bus reviendra et il faudra attendre un long moment que le chauffeur et ses acolytes aient pris un repas bien mérité.
Le bus Mandalay-Hsipaw m’a déposé la veille à 20h30 au ‘A Yone Oo Guest House’ de Kyaukme. Le seul à posséder une licence, je l’apprendrai plus tard. C’est une heure totalement absurde pour débarquer quelque part, j’en conviens. Mais j’assume.
Ce matin, je sais qu’il suffit que je demande au Manager d’appeler le plus jeune des 3 guides pour qu’il vienne frapper à la porte de ma chambre dans le quart d’heure. Mais j’ai son adresse sur un bout de carton format timbre-poste qu’il m’avait donné il y a 2 ans et demi alors que j’étais de passage dans sa ville pour quelques heures seulement. On avait parlé autour d’un thé. J’avais aimé sa timidité, son humour. Son courage aussi, parce qu’il en faut pour aborder un touriste dans une langue étrangère quand on a 19 ans. Je me souviens lui avoir dit qu’un jour, je reviendrais avec plus de temps devant moi. Il doit entendre ça souvent. Je ne sais pas s’il m’a cru.
Après deux échecs auprès de mototaxis, alors que j’ai quitté le quartier du marché, un gars m’aborde en anglais, il vend des chapatis. A tout hasard, je tente ma chance. Oui il le connaît, c’est pas loin, il peut m’accompagner. L’endroit est calme, sent la campagne. La moto est là, les parents et les sœurs sont absents. Il est seul, écoute de la musique… C’est comme ça que j’ai débarqué dans la vie de Joy le 1er novembre dernier.
On raccompagne le Chapatis-man que je remercie chaleureusement. Puis direction un tea shop où l’on va refaire connaissance, poursuivre une conversation entamée en mars 2008. Les élections toutes proches, l’absence de touristes, tellement à dire… A mon arrivée hier soir, il était déjà au lit parce que pas de touriste ni au bus ni au train.
A midi, pendant que je procède à un changement de chambre, il rentre chez lui chercher des casques extra-light ‘made in Kyaukme’. Mieux vaut pas avoir d’accident avec ce genre de casque. Puis on sort de la ville. La campagne est belle. Et bien plus verte que lors de mes séjours en février-mars. Petit restaurant au calme au milieu des rizières.
Je lui parle de Christophe qui est venu en septembre. Je sais qu’ils ont fait un trek ensemble sous la pluie. Oui il se souvient. D’ailleurs, il a écrit un mot en français dans son carnet. Je vais lui traduire.
On reprend la moto, puis direction des chutes d’eau pas très éloignées. On marche à travers champs puis on pénètre dans la forêt où de toute évidence, Joy est dans son élément. Malgré l’absence de chaussures de marche, il est d’une agilité déconcertante. Plus tard, je lui dirai que je peux marcher toute une journée, mais que grimper et descendre en forêt, c’est pas vraiment mon truc. D’ailleurs, la Belgique s’appelle le Plat Pays, il y a certainement un lien de cause à effet. Il m’appellera le ‘City Boy’. Je l’appellerai le ‘Kid’ ou ‘88’, clin d’œil à Naing Naing, autre guide de Kyaukme devenu célèbre et qui a maintenant son nom dans certains livres, au contraire des deux autres.
Il me parle d’un moine qui a vécu 5 ans en ermite dans une grotte proche des chutes. De retour à la moto, il me dit qu’il est seul dans un monastère de l’autre côté de la route, et qu’il aime pratiquer son anglais. On y va ? Le bonze coupe du bois, l’accueil est chaleureux, il nous invite à entrer.
Je connais Joy depuis quelques heures à peine et déjà je me dis que j’ai beaucoup de chance d’être là dans ce monastère à écouter ce moine de 70 ans qui en fait 15 de moins, nous raconter la vie du Bouddha et l’histoire de l’Etat Shan, alors qu’un chat s’est assoupi sur la jambe de mon copain.
On va passer la soirée ensemble. Polar de rigueur. Il me dit qu’Internet ne fonctionne pas. Il y a deux Cybers à Kyaukme, un dans la rue de l’hôtel et un autre à la gare des bus, tenu par le gouvernement. Je découvre Kyaukme by night. Quelques tea shops, restaurants, beer stations. Il m’explique qu’il y avait une discothèque, mais elle est fermée. ‘A cause des élections ?’ Non elle a été fermée par le gouvernement il y a 3 ans… ‘Il y a une grande statue de Bouddha à la sortie de la ville, on y va ?’ ‘Tu es fou, je ne veux pas être transformé en bloc de glace…’ Retour au Guest-House à 21h. On se voit demain à 9h.
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Ce matin, on va prendre un bout de la route qui mène à Mogok. Au sommet, il y a un village. Il m’a demandé hier ce que je voulais voir. Je lui ai laissé carte blanche. Il est surpris. Les touristes ont des attentes, parfois des exigences. Je lui explique que j’ai tellement manqué de temps lors de mon dernier passage ici, que tout ce qu’il voudra bien me montrer du Pays Shan m’intéressera.
Arrêt éclair à la ‘grande’ statue de Bouddha. Enfin, arrêt… Il fait le tour du complexe en moto, puis s’apprête à reprendre la route. ‘Tu t’arrêtes pas ?’ ‘Ben, tu m’as pas dit de m’arrêter’. ‘Je savais bien qu’il y avait un problème avec ton cerveau ! Demi-tour’. On rigole bien ensemble, la complicité s’installe.
La route part à l’assaut de la montagne, elle est vraiment pourrie avec de la caillasse. Deux heures et demi de grimpette dans des paysages superbes. En chemin, on devine des villages sur les collines, il m’explique les endroits où il passe la nuit quand il emmène des touristes en trek. Il me montre une enveloppe qu’il a reçue d’un voyageur Polonais. Elle a mis un mois pour lui parvenir. Bien sûr, elle a été ouverte avant d’arriver à destination, mais la lettre et les photos étaient toujours à l’intérieur. S’il y avait eu de l’argent dans cette enveloppe, nul doute qu’il ne l’aurait jamais reçu. On s’arrête au monastère pour donner les photos. Puis on grimpe au sommet pour une vue assez majestueuse sur les environs. Ensuite ce sera une Chan Noodle Soup absolument délicieuse à 1000 K les deux, face à la pagode. A 14h30, on reprend la route. Quand on atteint la vallée, la lumière est magique.
Internet fonctionne. Je lui montre le blog de Christophe où son nom est cité. Il me montre des photos de Kyaukme prises par une touriste où on le voit avec les cheveux très courts. Il sortait d’une retraite dans un monastère à Mandalay.
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Hier, Joy m’a parlé d’un endroit où il n’est allé qu’une seule fois avec un touriste, il y a bien longtemps. Pour aller là, il doit enlever les garde-boue de sa moto. Une route très étroite dans la forêt où il faut s’arrêter régulièrement pour marcher parce qu’à deux sur la moto, ça ne passe pas. C’est prometteur, alors on y va. Je vais vite me rendre compte que le meilleur moyen de transport dans le coin, c’est le cheval. On va en croiser régulièrement.
Au bout d’une heure, on va arriver dans un village de 6 maisons au bord d’une rivière. Ce sont des Lisus. Les gens viennent nous saluer pendant qu’on nous sert le thé. Il n’y a rien ici, mais il y a la TV. Sur une des cases, il y a une carte du monde. Joy explique d’où je viens. Bruxelles-Amsterdam-Bangkok-Yangon-Mandalay-Kyaukme. La route a été longue pour arriver à ce village. Une vieille femme a des problèmes d’estomac. Je demande à mon pote si on ne peut rien faire pour elle, genre acheter des médicaments à Kyaukme et revenir demain parce que le médecin ne vient jamais jusqu’ici. Il m’explique qu’on peut en trouver au prochain village.
On y arrive à la mi-journée, sous un soleil de plomb. Des gosses partent en courant en nous voyant arriver. A ce stade-là, la route n’existe plus, faut laisser la moto dans ce village où il ne connaît personne, et continuer à pied vers le village suivant où il a des amis. Pour éviter de fondre, il me propose… la visite du vieux monastère au bout du village. Ben oui, tant qu’à faire… C’est alors qu’on croise un gars qu’il a connu à Kyaukme mais dont il ignorait qu’il habitait ce village. On est sauvés. La maison est grande, 3 enfants et pas mal de gens qui travaillent pour lui. La fraîcheur est saisissante alors qu’on cuit littéralement dehors. C’est l’heure du repas, alors on est invités. Ce sera de la biche. Cuite ou en brochette. Un régal.
La visite du monastère nous fera faire la connaissance du maître des lieux, un moine volubile et exubérant, visiblement ravi d’avoir de la visite. On va encore rester un moment là-bas à grignoter toutes sortes de gâteries en mimant le long trajet en moto dans la forêt pour venir jusqu’à lui, ce qui le fera beaucoup rire.
On n’a plus le temps d’aller à pied au village suivant. On s’arrêtera à nouveau chez les Lisus pour donner les médicaments à la vieille dame. La notice explicative est en français, je traduis en anglais et Joy traduit en birman ou en chan, je sais plus.
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Hier, j’ai dit à Joy qu’aujourd’hui, c’était congé. Mais comme je ne peux déjà plus m’en passer, je lui ai proposé de se retrouver à la mi-journée pour un restaurant au choix. Comme pendant les 90 % de mon séjour à Kyaukme, je suis le seul touriste à l’hôtel. En prenant mon breakfast à 7h, je regrette déjà ma décision, mais j’ai envie de me retrouver seul quelques moments. Je passerai la matinée en solitaire près d’une pagode au sommet d’une colline à essayer de remettre de l’ordre dans tout ça…
De retour en ville, je suis abordé par un homme, 55 ans, origine indienne. Il est de Namhsan, il veut me présenter sa famille. Il est coiffeur, n’est pas en très bonne santé actuellement. Il a été chauffeur routier pour un patron chinois. Pendant longtemps, il a fait la route entre Muse à la frontière chinoise et Yangon à transporter des semences dans un camion à 12 roues, une rotation par mois. Trois filles, un garçon, une épouse adorable. Une partie de sa famille est toujours à Namhsan. Ils sont tous coiffeurs.
Namhsan… Déjà en 2008 quand j’avais rencontré Joy, je l’avais branché sur le sujet. Il m’avait dit qu’en moto, c’était possible, les transports étant très aléatoires pour cette destination. Mais que ce ne serait pas une partie de plaisir…
A 13h, il est fidèle au rendez-vous. Ce sera du riz gluant sauce tomate avec champignons dans un petit restaurant proche de la gare. Comme il est ‘libre’ aujourd’hui, il m’avait dit qu’il partait à la recherche d’un ‘client’ potentiel dans le train. Il propose que je l’accompagne. Ce sera vite réglé, le train a beaucoup de retard… ou ne viendra pas. On repart donc vers les campagnes, la route grimpe, les rizières sont magnifiques. Arrêt photo. On s’assied sur le bord de la route et il me parle de Katha, où il a été traducteur… pendant 9 jours. A un moment, il me dit qu’il y a plus loin un endroit plus confortable pour admirer le paysage. ‘Pourquoi tu le disais pas plus tôt ?’. ‘Mais c’est toi qui a voulu t’asseoir ici !’. Et de fait, on va rester un très long moment à parler sur la terrasse près du Golden Rock avant de rentrer en ville par le chemin des écoliers.
Depuis quelques jours, il ne mange plus chez lui avant de me retrouver le soir. J’en avais marre de manger seul pendant qu’il me faisait la conversation. C’est raté pour Internet ce soir encore. Je lui ai demandé ses deux carnets. D’habitude, je ne suis pas très fan de ce genre de bouquin où les louanges s’accumulent. Mais je suis curieux de savoir ce que les voyageurs qu’il a rencontrés depuis 3 ans pensent de lui, malgré le peu de temps passé en sa compagnie.
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Le lendemain sera également une journée mémorable. On emprunte la route Kyaukme-Namhsan, en tous cas jusqu’à un certain point, parce qu’au-delà, il y a un endroit où les touristes ne sont pas les bienvenus… Donc, on bifurque avant la ville en question vers un village où une soupe de nouilles fera l’affaire. Les paysages ont été splendides pendant la plus grande partie du trajet.
A certains moments, il a fallu traverser des zones de travaux. Tous ceux qui connaissent la Birmanie ont un jour croisé ces chantiers où des villageois cassent des pierres le long de la route. Ce genre de rencontre se fait généralement derrière les vitres d’un bus bondé ou d’une voiture avec chauffeur. Comme on est à moto, et qu’ils ont disposé de grosses pierres sur tout un tronçon de chaussée, je mets pied à terre pendant qu’il traverse tant bien que mal en solo. Il m’attend à la sortie du chantier. Depuis qu’on est ensemble, je lui ai dis de ne pas s’arrêter constamment pour les photos. J’en fais en roulant et ça fonctionne très bien. Merci le numérique ! Ca veut donc dire que j’ai l’appareil photo autour du cou quand je traverse le chantier. C’est une situation assez surréaliste. Parce que le touriste n’est pas censé assister à ce genre de scène. Lors d’une de ces traversées pédestres, un Birman me demande ‘Are you OK ?’ C’est lui qui me demande si ça va !!! Je lui réponds ‘I am OK merci’. Il rigole. Quand je rejoins la moto, Joy me dit ‘Pas de photo s’il te plaît’. Je sais… On s’arrête plus haut. ‘Si je m’assieds au milieu de ces travaux, histoire de causer un peu, il se passe quoi ?’. ‘Tu vois ce gars-là, c’est le chef de chantier, il va sûrement pas te laisser faire !’.
J’ai lu ses deux carnets. Que de bonnes choses comme d’habitude dans ce genre de Livre d’Or. Il n’est pas dupe et n’y attache pas trop d’importance. Le plus souvent, c’est par la parole que Joy accroche le voyageur de passage. Je n’ai pas pu lui écrire quelque chose, parce que Christophe, très en verve, ne m’a pas laissé beaucoup de place… Il me dit alors qu’il a un 3e carnet bien épais relié cuir flambant neuf, qu’une touriste a inauguré en Polonais une dizaine de jours avant mon arrivée…
Evidemment, Internet ne fonctionne pas. De retour à la chambre, il allume la TV. Dans deux jours, ce sont les premières élections depuis une éternité, et on a droit à des jeux débiles, un documentaire animalier chinois et un reportage sur l’inauguration d’un pont impressionnant par le Général Machin-Chose… N’importe quoi.
J’ai une demi-douzaine de raisons valables pour passer quelques jours à Mandalay le temps des élections. J’emmène son carnet tout neuf avec moi. La semaine prochaine, je reviens à Kyaukme et en route pour Namhsan…
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Evidemment, le lendemain, rien n’est allé comme prévu. Le bus-cargo de 7h qui devait passer me prendre à l’hôtel m’a oublié. Il a fallu contacter la compagnie. Qui a reconnu son erreur. Ils m’ont envoyé un mototaxi gratuit avec le remboursement du billet. Ensuite, j’ai été emmené à la Highway où il ne me restait plus qu’à croiser les doigts pour trouver une place dans un des nombreux véhicules qui font la ligne Lashio-Hsipaw-Mandalay. Ca m’a ramené deux ans en arrière et je me suis dit qu’il était décidemment bien compliqué de quitter Kyaukme. Je trouverai place dans un autre bus-cargo, à l’arrière, sur les sacs de riz. L’avantage des bus-cargo sur les bus air-conditionné confortables. Même complet, il y aura toujours place pour un passager supplémentaire… Départ à 11h du matin. Sept heures seront nécessaires pour rejoindre Mandalay. Parce que pendant que les passagers se restaurent à Pyin U Lwyn, le bus s’en va décharger une partie de sa marchandise dans les environs. Les paranos apprécieront le fait de voir disparaître le bus dans un nuage de poussière avec les sacs à bord. Et quand les gens seront prêts à repartir, le bus reviendra et il faudra attendre un long moment que le chauffeur et ses acolytes aient pris un repas bien mérité.
Agadir en janvier 2011 avec bébé de trois mois? English translation pending
Bonjour,
Avec mon mari, nous partons tout le mois de janvier 2011 au Maroc. Nous avons l habitude de voyager dans le monde mais cette fois ci, nous partons avec notre petite fille qui aura 3 mois et demi.
Est il facile de voyager autour d Agadir avec un bebe ? Qu'est il interessant de visiter autour d Agadir ? Quel mode d hebergement est il le plus adapte avec notre bebe et a quel budget ? Avez vous des adresses ? En general, quel budget prevoir pour 1 mois au Maroc sachant que nous aimerions beaucoup aller vers le Sud.
Avez vous des conseils a nous donner ou pouvez vous partager votre experience du voyage au Maroc avec votre bebe ?
Merci beaucoup, Celine
Avec mon mari, nous partons tout le mois de janvier 2011 au Maroc. Nous avons l habitude de voyager dans le monde mais cette fois ci, nous partons avec notre petite fille qui aura 3 mois et demi.
Est il facile de voyager autour d Agadir avec un bebe ? Qu'est il interessant de visiter autour d Agadir ? Quel mode d hebergement est il le plus adapte avec notre bebe et a quel budget ? Avez vous des adresses ? En general, quel budget prevoir pour 1 mois au Maroc sachant que nous aimerions beaucoup aller vers le Sud.
Avez vous des conseils a nous donner ou pouvez vous partager votre experience du voyage au Maroc avec votre bebe ?
Merci beaucoup, Celine
Que puis-je manger en Inde? English translation pending
Hello les gens
J'en ai un peu marre de lire partout qu'il faut faire attention à ce que l'on mange en Inde d'où mon poste sur VF. Pas le droit à l'eau du robinet (ok ça je comprends)🙂, aux fruit (Pourquoi?), aux laitages, à la viande, ...
Que puis je manger alors? Quel plats me conseillez vous? Que faut il vraiment éviter et pourquoi?
J'espère bien que vous allez me sortir une liste enooooorme de plats à gouter car ce sera la première fois en Inde pour moi.
Merci
David
J'en ai un peu marre de lire partout qu'il faut faire attention à ce que l'on mange en Inde d'où mon poste sur VF. Pas le droit à l'eau du robinet (ok ça je comprends)🙂, aux fruit (Pourquoi?), aux laitages, à la viande, ...
Que puis je manger alors? Quel plats me conseillez vous? Que faut il vraiment éviter et pourquoi?
J'espère bien que vous allez me sortir une liste enooooorme de plats à gouter car ce sera la première fois en Inde pour moi.
Merci
David
Itinéraire complètement insensé de quinze jours au Rajasthan et dans l'Himachal Pradesh! English translation pending
Bonjour à tous,
Après avoir acheté un vol pour Delhi en Mars prochain, je suis en train de peaufiner un itinéraire en Inde du nord. Comme chaque voyage, j'arrive à un point où l'itinéraire est suffisamment avancé pour qu'il vous soit montré tout en étant également je pense perfectible!
Tout d'abord, j'espère que certains ne s'offusqueront pas de mon itinéraire et sauront comprendre mon envie d’en voir beaucoup quitte à « survoler » certaines étapes (ma franchise me perdra !). Mais comme d’habitude je suis évidemment à l'écoute. Je sens que cet itinéraire est "faisable" sinon je ne vous le proposerais pas pour commentaires ! mais s'il est réellement insensé alors je m'inclinerais et reverrais complètement le voyage 😊
L'itinéraire est donc le suivant: Jour 1: Arrivée Delhi / Après midi Delhi / Nuit Dehli Jour 2: Journée Delhi / Train de nuit pour Jodhpur Jour 3: Journée Jodhpur / Nuit à Jodhpur Jour 4: Matinée Jodhpur / Route vers Udaipur + Ranakpur (4 heures de route) / Nuit à Udaipur Jour 5: Journée Udaipur / Nuit à Udaipur Jour 6: Route vers Pushkar (2 heures) / Après midi Pushkar / Nuit à Pushkar Jour 7: Matinée Pushkar / Après Midi Jaipur / Nuit à Jaipur Jour 8: Matinée + Début Après Midi Jaipur / Route vers Agra (4 heures) / Nuit à Agra Jour 9: Journée Taj Mahal / Train pour Delhi puis train pour Kalka (arrivee Kalka à 5h du matin) Jour 10: Route vers Shimla (2 heures) / Journée à Shimla / Nuit à Shimla Jour 11: Matinée à Shimla / Route vers Mcleod ganj (5 heures) / Nuit à Mcleod Ganj Jour 12: Journée à Mcleod Ganj / Nuit à Mcleod Ganj Jour 13 : Route vers Amritsar (5 heuresà / Fin d’après midi Amritsar / Nuit à Amritsar Jour 14 : Journée Amritsar / Train de nuit pour Delhi (Arrivée Delhi 8h du matin) Jour 15 : Journée Delhi / Nuit Delhi Jour 16 : Depart Paris
Je fais donc délibérément l’impasse sur Jaisalmer et Ranthambore même si ca me fait mal ! je les verrais lors d’un prochain voyage ! Idéalement je n’aurais ni dormi à Jaipur ni à Agra donc je ne suis pas très satisfait des jours 7 et 8 mais je ne vois pas bien comment les transformer… L’idée est d’avoir une voiture entre les jours 4 et 8 (sauf si vous pensez que le train serait plus approprié…) et de prendre des voitures dans l’Himachal Pradesh et le Punjab pour TENTER de limiter au maximum les temps de transport!
Je suis impatient de connaitre votre avis sur cet itinéraire et je remercie beaucoup d'avoir lu jusqu'ici!
A bientot Florent
Après avoir acheté un vol pour Delhi en Mars prochain, je suis en train de peaufiner un itinéraire en Inde du nord. Comme chaque voyage, j'arrive à un point où l'itinéraire est suffisamment avancé pour qu'il vous soit montré tout en étant également je pense perfectible!
Tout d'abord, j'espère que certains ne s'offusqueront pas de mon itinéraire et sauront comprendre mon envie d’en voir beaucoup quitte à « survoler » certaines étapes (ma franchise me perdra !). Mais comme d’habitude je suis évidemment à l'écoute. Je sens que cet itinéraire est "faisable" sinon je ne vous le proposerais pas pour commentaires ! mais s'il est réellement insensé alors je m'inclinerais et reverrais complètement le voyage 😊
L'itinéraire est donc le suivant: Jour 1: Arrivée Delhi / Après midi Delhi / Nuit Dehli Jour 2: Journée Delhi / Train de nuit pour Jodhpur Jour 3: Journée Jodhpur / Nuit à Jodhpur Jour 4: Matinée Jodhpur / Route vers Udaipur + Ranakpur (4 heures de route) / Nuit à Udaipur Jour 5: Journée Udaipur / Nuit à Udaipur Jour 6: Route vers Pushkar (2 heures) / Après midi Pushkar / Nuit à Pushkar Jour 7: Matinée Pushkar / Après Midi Jaipur / Nuit à Jaipur Jour 8: Matinée + Début Après Midi Jaipur / Route vers Agra (4 heures) / Nuit à Agra Jour 9: Journée Taj Mahal / Train pour Delhi puis train pour Kalka (arrivee Kalka à 5h du matin) Jour 10: Route vers Shimla (2 heures) / Journée à Shimla / Nuit à Shimla Jour 11: Matinée à Shimla / Route vers Mcleod ganj (5 heures) / Nuit à Mcleod Ganj Jour 12: Journée à Mcleod Ganj / Nuit à Mcleod Ganj Jour 13 : Route vers Amritsar (5 heuresà / Fin d’après midi Amritsar / Nuit à Amritsar Jour 14 : Journée Amritsar / Train de nuit pour Delhi (Arrivée Delhi 8h du matin) Jour 15 : Journée Delhi / Nuit Delhi Jour 16 : Depart Paris
Je fais donc délibérément l’impasse sur Jaisalmer et Ranthambore même si ca me fait mal ! je les verrais lors d’un prochain voyage ! Idéalement je n’aurais ni dormi à Jaipur ni à Agra donc je ne suis pas très satisfait des jours 7 et 8 mais je ne vois pas bien comment les transformer… L’idée est d’avoir une voiture entre les jours 4 et 8 (sauf si vous pensez que le train serait plus approprié…) et de prendre des voitures dans l’Himachal Pradesh et le Punjab pour TENTER de limiter au maximum les temps de transport!
Je suis impatient de connaitre votre avis sur cet itinéraire et je remercie beaucoup d'avoir lu jusqu'ici!
A bientot Florent
Organiser son circuit en Thaïlande English translation pending
Bonjour,
Plutôt que de passer par des tours operator, j'ai pour habitude d'organiser seul mes voyages en choisissant les lieux, hôtels, visites, etc... Nous sommes une famille de 5 (2 adultes et 3 enfants de 9,11 et 13 ans) et envisageons de passer 3 semaines en Thaïlande. Pour le circuit, je compte m'appuyer sur les infos que je vais trouver ici et sur les circuits que proposent les agences de voyages. Je fais un mix de tout et je personalise. Mon interrongation porte plutôt sur certains détails pratiques : - est-il facile de trouver son chemin en voiture ? Vu que je ne parle pas un mot de thaïlandais, comment suivre les indications sur route ? - pour les réservations d'hébergement qu'on ne trouve pas forcément sur le net , comment faire ? - de même pour les visites de sites ? ou activités ?
Plutôt que de passer par des tours operator, j'ai pour habitude d'organiser seul mes voyages en choisissant les lieux, hôtels, visites, etc... Nous sommes une famille de 5 (2 adultes et 3 enfants de 9,11 et 13 ans) et envisageons de passer 3 semaines en Thaïlande. Pour le circuit, je compte m'appuyer sur les infos que je vais trouver ici et sur les circuits que proposent les agences de voyages. Je fais un mix de tout et je personalise. Mon interrongation porte plutôt sur certains détails pratiques : - est-il facile de trouver son chemin en voiture ? Vu que je ne parle pas un mot de thaïlandais, comment suivre les indications sur route ? - pour les réservations d'hébergement qu'on ne trouve pas forcément sur le net , comment faire ? - de même pour les visites de sites ? ou activités ?
Carnet de route de trois semaines en Afrique Australe en septembre 2010 English translation pending
Voici le carnet de route de mon voyage entre la Namibie et le Botswana effectué en septembre 2010.
Contexte : voyage organisée par mes soins après d'innombrables heures à me renseigner à travers des lectures sur le net, dans des guides, et des centaines d'échanges de mail (plus ou moins stressant) pour les différentes réservations.... 😏 Je précise que c'est mon second voyage dans ces contrées (cf mon premier carnet de route en Namibie 2008). J'ai gardé le même mode que la première fois 😉
Mode : autonomie complète - voyage entre 4 personnes adultes (et plus ou moins responsable 😛) dans un 4x4 avec tente sur le toit
J1 : Décollage de PARIS pour WINDHOEK via Francfort avec Air Namibia.
Le vol se déroule sans encombre. Pas d'écran individuel, les films sont diffusés sur différents grand écran plus ou moins visible selon votre place dans l'avion. Pas de film en français par contre. Repas chaud et yaourth dont la marque serait à revoir : 'Gastro'... voila qui risque de faire peur à tous les francophones 😛 Bon petit vin sud africain, histoire de commencer le voyage comme il se doit..😊
J2 : WINDHOEK - REHOBOTH (1h)
Arrivée au petit matin à l'aéroport de Windhoek : Récupération des bagages, change à l'aéroport, récupération du téléphone satellite chez l'agence Be Local présente dans l'aéroport, récupération d'un exemplaire du guide 'Where to stay' pour avoir les adresses et n° de tel des lodges de chaque région Une personne d'Odyssey Car Hire nous accueille à l'aéroport et nous ramène à leur agence de location de voiture sur Windhoek. Le 4x4 est prêt : règlements de la facture, papiers administratifs divers, démo et explication du 4x4, etc. et nous pouvons commencer notre périple ! 😇
Premier arrêt au supermarché de Windhoek pour faire le plein des courses (approvisionnement eau et nourriture), plein d'essence.
A 10h45, on prend la route. Cette fois, c'est parti ! Direction la B1 vers le sud. Ce soir nous avons prévu de dormir près de REHOBOTH (87km de Windhoek) au camp du Lac Oanob (pas de réservation, nous verrons bien sur place).
site internet : http://www.oanob.com.na/ Lake Oanob Resort - P.O. Box 3381 – Rehoboth – tel : ++264 (0)62 522370 - reservations@oanob.com.na situation : 7km à l'ouest de Rehoboth entrée pour le lac : 80NAD par personne - Campsite : 70NAD par personne
Nous trouvons une place pour camper, mais ce n'est pas évident car bcp d'emplacements ne sont pas bien fait pour pouvoir y rentrer un gros 4x4 avec tente sur le toit ! L'endroit est chouette. Il y a de jolis emplacements aménagés face au lac, les sanitaires sont propres et élégants (dommage qu'il n'y ait qu'une douche et qu'un WC par bâtiment par contre !), bon bar et resto face au lac. On voit des pêcheurs, des canoës, et de petits bateaux à moteur de plaisance sur le lac. Il y a également de jolies chaumières en pierre en bordure du lac. Ca doit être chouette de dormir dedans ! Le lac Oanob est très étendu, on aperçoit cependant au loin le barrage qui le contient. Des oiseaux volent tout autour. Cela semble un bon coin pour la détente... mais c'était sans compter qu'on était un vendredi soir et que passer une certaine heure on a vu plein de jeunes débarqués avec musique et bière pour faire la fête au bord du lac le weekend ! 🤪 Tant pis pour nous, la fatigue du voyage nous assomme suffisamment pour que les discussions interminables et nocturnes de ces "djeuns" ne nous empêchent réellement de dormir...😛
J3 : REHOBOTH - MARIENTAL (B1 -C21 - D1268 : 163km environ - 3h)
On poursuit notre route vers le sud sur la B1. On passe la ligne imaginaire du tropique du Capricorne. Puis tournons sur la C21 avant Mariental et ensuite sur la D1268. Cette dernière est une très jolie route de 'gravels'. Le paysage se transforme et on aperçoit les dunes de sable rouge du Kalahari , parallèles les unes aux autres, avec leurs herbes folles au couleur argenté qui les tiennent accrochés. Ce soir nous avons prévu de dormir au Bagatelle Kalahari Game Ranch (réservation faite depuis la France). Nous avons opté pour une place en camping. Le camp est un peu éloigné de la réception. On est vraiment au calme cette fois 😛 Les campements sont bien espacés les uns des autres ! Chaque emplacement a son propre bloc sanitaire. Bon accueil à l'office qui dispose d'une jolie petite boutique, d'un magnifique salon bar, ainsi qu'une belle salle de restaurant, une piscine et un jardin en extérieur. On croise chat, springbox, oryx, chevaux, et paons en liberté tout autour. Nous profitons de notre arrivée relativement tôt au camp pour faire un game drive (15h30) dans leur réserve l'après midi (oryx, koudou, autruche, girafe, renard, gnou, ...) avec pour finir, apéro face au coucher de soleil. Le soir nous décidons de tester leur restaurant : très bonne cuisine.
site internet : http://www.bagatelle-kalahari-gameranch.com/ P O Box 212 - Mariental Namibia Tel: +264 (63) 240982 - Fax: +264 (63) 241252 Email: info@bagatelle-kalahari-gameranch.com
J4 : MARIENTAL – KEETMANSHOOP (B1-D3910-D3912-M29 : 221km environ - 4h30) Nous poursuivons toujours notre route vers le sud. Sur la route, on aperçoit sur notre gauche de hautes falaises. Pour couper la monotonie de la B1, on prend des petites routes. Ce soir nous prévoyons d'aller dormir au Quivertree Forest Rest Camp. Ce camp a l'avantage de se situer à proximité du giant's playground mais surtout d'être collé à la foret d'arbres carquois (Kokerboom forest). Le camp semble assez désert à notre arrivée. On ne devrait pas avoir de problème pour trouver une place ! L'accueil est sans plus mais pas désagréable non plus. On demande à voir leur drôle de chambres en forme d'igloo puis optons finalement pour une place de camping avec un bon braii :) Nous leur achetons un délicieux morceau de koudou pour ce soir. Un car de touristes débarque et le proprio les emmène assister au repas des guépards. Ils en ont deux, ainsi que toute une bande de suricates. On s'incruste dans la cage et je prends qlq clichés. J'observe les suricates jusqu'à ce que je m'aperçoive que je suis seule dans la cage, avec mon ami, et deux guépards qui mangent ! les touristes et le proprio ont disparu ! Ne craint-il donc pas qu'on s'y fasse attaquer ? par précaution, on s'éclipse vite de la cage qd même... 😄 On paie l'entrée pour la foret de Kokerboom et on s'installe à notre campement. Il y a de la place ici et de beaux blocs sanitaires. Seul regret, on est au bord de la route mais finalement le soir, il n'y a pas tant de circulation que çà. La forêt d'arbre carquois est collé au camp. On va donc se promener librement quand on veut ! (après avoir payé l'entrée qd même ! 50 NAD par personne). Cet endroit assez insolite est vraiment super à voir. Tout le monde se régale du coucher de soleil et chacun cherche à prendre le beau cliché ;) On croise également de nombreux damans parmi les rochers qui ne sont pas si farouches que çà finalement...
site internet : http://www.quivertreeforest.com/. campsite : 70 NAD situation : 14km au nord est de Keetmanshoop sur la route M29
J5 : KEETMANSHOOP- SEEHEIM - HOOLOG - HOBAS - AIS AIS (B1 - B4- D545 - C12 -C37 230km)
Sur la route, on passé par le Naute Dam. Le lac artificiel est une agréable halte. Le paysage fait plaisir à voir. On voit de nombreux oiseaux autour. Les couleurs et les reflets du lac sont sublimes. Petite balade parmi les gros rochers noires qui bordent le lac. Ces rochers résonnent de façon métallique. On se demande ce que cela peut bien être. On achète des glaces et boissons à la petite boutique qui tient le lieu. Pause pique nique face au lac. Il y a même un camping ici pour ceux qui souhaiteraient y rester plus longtemps.
On poursuit la route à travers le parc national de Ai Ais. La route est très plaisante même si l’on essuie au départ une mini tempête de sable.
Arrivée à Hobas, on paie nos entrées pour le Fish River Canyon et on part explorer 3 points du vue sur ce magnifique site ! pique nique au bord du canyon. La vue est splendide. Cà doit être une sacrée expérience de faire le trek de plusieurs jours dans ce canyon… le temps passe, il nous faut rejoindre le camp de ce soir. On reprend la route pour le camp de Ai Ais, la route est encore très chouette.
Arrivée au sud du canyon. Le camp d'Ai Ais est géré par le NWR. L'endroit est fort sympathique, nombreux places de camping avec électricité et point d'eau. Sanitaire correct. On se plonge avec délice dans le spa aménagé. L'eau est très chaude, çà relaxe bien ! Le soir on mange au restaurant. Accueil charmant et nourriture impeccable.
Le lendemain au réveil on croise de nombreux oiseaux, des babouins (que des veilleurs du camp prennent soin d'éloigner de nos emplacements), et des rats des rochers 😊
Réservation : Namibia Wildlife Resorts - Private Bag 13378, Windhoek 9000, Namibia Tel ++264-(0)61 285 7200 - Fax ++264-(0)61 224 900 - reservations@nwr.com.na
J6 : AIS AIS - ROSH PINAS - AUS (C37-C13 - 6h30)
En préparant mon voyage, je pensais devoir rebrousser chemin et repasser par Hobas pour aller vers Aus mais avec la nouvelle carte mise à jour qu'Odyssey m'a fourni, j'ai trouvé une nouvelle route tracée qui nous permet de sortir par le sud du canyon sans nous faire faire trop de détour. Nous décidons de l'emprunter et faisons un bon choix car la route était absolument sublime ! Nombreux arrêts pour prendre des photos et admirer le paysage. On arrive à la frontière de la Namibie avec l'Afrique du sud en plus. On longe la rivière Orange et remontons vers Rosh Pinas. A partir d'ici la route est déjà moins plaisante (carrière de mines, béton) mais la première partie valait vraiment le coup.
On arrive sur la petite ville de Aus et nous nous installons à Klein Aus Vista où nous avons réservé deux nuits.
Un peu déçue par l'accueil mais l'endroit est magnifique ! la réception, la petite boutique, le restaurant et les chambres se situent à l'entrée du lodge. Le camping et les autres types d'hébergements (Eagle's Nest Chalet et Geisterschlucht cabin) sont à 7km d'ici. On est dans le parc du Gondwana Speergebiet Rand et les paysages sont superbes. On goûte à la tranquillité.
Un conseil : Si vous passez une nuit dans un des Eagle's Nest Chalet ou Geisterschlucht cabin, demander un kit barbecue à l'accueil (attention ils sont très généreux en portion !! viande, salade, toats à grillé, pommes de terre...) car vous ne voudrez pas revenir au restaurant à qlq km de là tellement le coucher de soleil ici est magique.
Il est possible de faire des randonnées autour du site mais nous n'avons pas eu le temps d'en faire.
Klein-Aus Vista se situe à environ 2 km à l'ouest de Aus et 115km à l'est de Luderitz. CONTACT: Gondwana Desert Collection: TEL: + 264 63 258021 /116 - FAX: + 264 63 258021 EMAIL: ausvista@namibhorses.com - WEB: http://www.klein-aus-vista.com
J7 : AUS - LUDERITZ - KOLMANSKOP- AUS
Nous prenons tôt ce matin route en direction de la côte de Lüderitz pour faire une sortie en mer réservé via Klein Aus Vista. La route passe toute droite sur une grande plaine. On met 1h30 pour arriver à destination. Proche de l'arrivée, le paysage change et devient un peu lunaire. On a une sensation de bout du monde avec cette grande route interminable...
On embarque à 8h30. Sur la mer, le vent souffle très fort et nous sommes vite congelés. Heureusement le capitaine de bord a tout ce qu'il faut et nous prête couverture et grosse veste. On part voir l'ile d'Halifax où se logent une colonie de manchots et divers oiseaux. On aperçoit également des flamands roses non loin. Surtout un gros rocher on voit plein d'otaries et dans l'eau on croise plusieurs dauphins venus s'amuser autour du bateau. La mer bouge bien et c'est très difficile de prendre des clichés :)
On rentre au port content d'être abrité du vent pour retrouver un peu de chaleur. La sortie n'est pas aussi impressionnante que celle que nous avions faite à Walvis Bay, mais elle reste néanmoins sympathique et surtout plus authentique ;)
Sortie faite avec Zeepaard trip boat (300 ND par personne pour 2h)
On repart directement pour visiter la ville fantôme de Kolmanskop (attention le site ferme tôt: 13h, entrée payable sur place : 50NAD avec guide). On fait la petite visite guidée très intéressante et rapide. Et puis on finit en passant pas mal de temps à explorer par nous même chaque maison et bâtiments. Quand on repart du site, il n'y a plus que nous et tout a fermé.
Il fait faim alors on retourne à Luderitz une dernière fois pour faire qlq courses, le plein d'essence (grosse frayeur car plusieurs pompes n'ont plus de diesel et nous sommes pas loin d'être à sec !) et gouter aux langoustes dans un restaurant 'Le Pinguouin', qui se trouve au Nest Hotel.
Quand nous reprenons la route pour Aus, il est déjà trop tard pour aller voir les chevaux sauvages au Garub pan. Le soleil est en train de se coucher. Le temps d'admirer qlq chevaux qui traversent la route au soleil couchant et nous retournons à Klein aus Vista où nous passons notre dernière nuit.
J8 : AUS- SESRIEM (C13-D707-C27 - 402km - 6h)
A défaut de n'avoir pu voir le Garub pan hier soir, on y retourne ce matin. Le site n'est pas très éloigné de Klein Aus Vista. Un conseil : y aller très tôt si possible car çà cogne vite fort là bas ! Heureusement un petit abri aménagé permet de se poser à l'ombre et d'observer les chevaux sauvages un peu plus bas dans le pan. Cet abris est cependant visité aussi par qlq chevaux moins farouches que certains touristes ont dû nourrir... je me suis retrouvée assise, filmée par un autre touriste hilare pendant qu'un cheval essayait de me brouter les cheveux alors que je prenais des photos ! je vous laisse imaginer la scène... 😇
Je serai bien restée ici des heures mais ayant encore une longue route à faire, il nous faut repartir en direction de Sesriem et bien sûr nous optons pour la fameuse D707 que tout le monde trouve magnifique mais qui n'est pas la plus simple et la plus rapide. C'est vrai que le paysage est très beau sur cette petite route. Pour finir on traverse le parc du Namib Rand Nature Desert où l'on croise plusieurs animaux et on arrive à 16h au camping de Sesriem.
Belle surprise : les travaux entamés y'a 2 ans sont finis et le résultat fait plaisir à voir ! Une office toute neuve, avec une belle échoppe (souvenir, boisson, nourriture) et une belle salle de restaurant avec un superbe bar (avec TV écran plat je vous prie ! diffusant des clips sud africain). Dommage qu'ils n'aient pas encore rénovés tous les sanitaires, le bloc à coté de notre emplacement mériterait franchement d'être refait ...
Nous avons juste le temps de partir voir le dune Elim qui se trouve assez proche du camping. La grimpe semble interminable. Ce sont des montagnes russes, çà monte, on croit être arrivé et çà redescend et derrière çà remonte etc... On arrive qd même à ce qui semble être le point le plus haut et admirons in extremis le soleil qui part se coucher au loin. On redescend rapidement en espérant ne pas trop se perdre dans ce labyrinthe de dunes.
Nuit à Sesriem campsite sous une belle nuit étoilée et entouré de chacals
J9 : SESRIEM – SOSSUSVLEI -DEADVLEI Nous rentrons dans le parc ce matin pas très en avance sur nos horaires car le soleil commence déjà à se lever et la route jusqu'à Sossusvlei est assez longue. On passe avec notre 4x4 dans la partie très sablonneuse qui mène au pied de sossusvlei et deidvlei. Premier arrêt à Sossusvlei et puis retour sur Deidvlei. Il commence déjà à faire très chaud et une fois la balade finit, on part s'installer avec plaisir sur une des petites tables de pique nique à l'ombre des arbres. Un des chauffeurs passent par là, on l'invite à prendre le café et on discute avec lui. 🙂
Retour au camping où l'on se repose, profite pour faire une lessive et boire un coup au bar flambant neuf !
On re-rentre dans le parc en fin d'aprem pour faire le coucher de soleil sur la dune 45. Le soir on part se régaler au buffet du Sossusvlei Lodge puis douce nuit au Sesriem campsite
J10 : SESRIEM - REHOBOOTH - WINDHOEK - GOBABIS (C19- C24-B1-B6)
Aujourd'hui, une longue route nous attend. Il nous faut traverser en large la Namibie pour rejoindre les frontières du Botswana. Nous faisons un arrêt à Windhoek (Sesriem-Windhoek : 5h) pour refaire qlq courses et manger tranquillement dans notre restaurant fétiche du centre commercial.
Nous y prenons un peu trop notre temps et du coup on arrive à la nuit tombée à Gobabis. Nous logeons dans une petite chaumière en brique au bord de l'eau. Le lodge semble désert et pourtant la dame nous indique que c'est la dernière chambre qu'elle a pour ce soir. Une chance ! 😛 La maisonnette est charmante. Pour une nuit ce sera parfait. Pas de chance par contre, il semblerait qu'un concert se déroule dans les environs dont on entend les échos et on entendra tard dans les nuits les fêtards de retour à leur bercail...😐
J11 : GOBABIS - BUITEPOS - GHANZI (448km)
Nous passons la frontière entre la Namibie et le Botswana à Buitepos. Formalité des douanes assez rapides et sans encombre (1h). Cà y est, nous sommes au Botswana ! :) Nous arrivons vers 13h à Ghanzi et partons directement à la recherche d'un logement pour ce soir car le dimanche, tout est fermé.
Nous tombons sur le Tautona Lodge et décidons de nous poser dans leur camping. Les emplacements sont grands et au calme dans la réserve. Accueil moyen mais pour le reste, l'endroit est fort sympathique d'autant plus que nous sommes seuls en arrivant au camp ! Les sanitaires sont récents et propres. Une petite terrasse en hauteur permet de nous poser pour manger à l'ombre tout en inspectant le point d'eau où des animaux passent. Au niveau de la réception du lodge, on trouve les bungalows, le bar restaurant et une petite piscine autour duquel un impala rode nonchalamment. Nous allons observer les lycaons, les guépards et les lions qui sont dans des enclos dans la réserve du parc privé. Puis nous passons une délicieuse soirée au camping après avoir nourri notre pauvre gardien de nuit qui veillera sur nous toute la nuit 'au cas où'...😄
Tautona Lodge : tautonalodge@botsnet.bw - tel +267 659 7499 - fax : +267 659 7500 - camp : 62P par personne
J12 - GANHZI – MAUN (264 km) Ce matin nous faisons une visite guidée fort passionnante à la ferme située à l'entrée de la réserve du lodge. Cette activité réservée la veille s'appelle 'Lion Interactivity'. En effet la ferme possède et élève de nombreux lions. Nous pourrons voir et toucher des lionceaux auxquels on fait prendre leur bain. Approcher et effleurer à travers la cage des lions et des lionnes de différents âges. Notre guide nous a captivé pendant une bonne heure. Petit détour à Ghanzi pour faire notre change de pula, faire qlq courses et visiter le beau Craft Center tenu par une communauté San où j'achète de jolies boucles d'oreille en œuf d'autruche.Nous reprenons notre route pour Maun (prononcez : 'Mahoun').
Arrivée à Maun en début d'après-midi, nous allons chercher et payer nos entrées pour les parcs de Moremi et Chobe (prononcez : Tchobé). La dame qui délivre les permis n'est franchement pas aimable mais bon... Au total, cela nous revient à 1590 pula pour 4 personnes, 1 véhicule et 3 jours passés dans les parcs. Plein d'essence à la station et on profite de la Shell Shop pour acheter nos cartes des parcs de Moremi et Chobe (45 pula la carte Veronica Roodt).
On grignote rapidement et on se dirige vers l'aéroport où nous avons réservé avec l'agence Moremi Air un survol du delta de l’Okavango pour 16h. Dans le hall de l'aéroport, à l'étage, nous trouvons leur office. L'accueil y est franchement très mauvais. Heureusement le pilote était déjà bcp plus sympathique. Il nous explique sur une carte le parcours que nous allons faire et nous partons rapido sur le tarmac après les portes de contrôle dans son petit avion. Ici de nombreuses agences sont présentes et çà dépote ! On a vu bcp de petits avions de l'agence Sefofane qui semble bien implanté au Botswana.
Le survol au dessus du delta de l'Okavango nous permet de découvrir et de se rendre compte de l'étendu et de la complexité du delta. On aperçoit bcp d'ilots et les bras d'eau qui les entourent. On perçoit les traces laissées par les animaux ou les 4x4 dans la réserve. Difficile d'apercevoir les animaux à cette hauteur et à cette vitesse. Les hérons blancs et les éléphants sont les plus faciles à entrevoir 😉 Le survol est un must et reste un très beau souvenir !
Nous atterrissons ravis par ce que nous venons de voir. Il est temps de dépasser Maun et de s'installer au Maun Rest Camp qui se trouve à 7km de la ville. J'avais réservé l'hébergement depuis la France. Nous héritons de la 'Green House' qui nous semble un manoir tellement les pièces sont grandes et hautes de plafonds ! Pendant 2 jours, nous aurons cette petite maison, un vrai luxe ! Le camping dispose de beaux emplacements ombragés avec vue sur la rivière. L'endroit est calme et le jeune homme qui nous accueille est absolument charmant.
J13- MAUN
Le lendemain matin, nous avons rendez vous dans un lodge pour une balade en mokoro sur le delta. Nous partons sur un bateau à moteur qui nous déposera après 1h de trajet à un endroit plus au coeur du delta où sont regroupés tous les polers (les gondoliers du mokoro quoi !). Sur la route nous avons déjà vu bcp d'oiseau. Ici dans le delta, ils sont très nombreux. De là, un poler nous prend en charge et nous partons à deux répartis dans chaque mokoro. On se suit et on se balade au raz de l'eau dans le delta. On découvre des parterres de fleur de lotus. Des libellules volent dans l'air en grand nombre autour de nous. Au bout d'une heure on arrive sur une ile où l'on débarque. Ici vivent de petite familles de pécheurs. On nous emmène pour une petite randonnée de 2h sur l'ile. Deux guides nous encadrent pour veiller sur nous et nous donner des explications sur la végétation et les animaux. On croisera avant tous des oiseaux, les éléphants ne nous laissant apercevoir que leur trace de pas dans la boue, leurs excréments ou leurs ossements 😛 Retour au camp des pécheurs pour manger. Ici on peut vous vendre du poisson fumée qui sèche au milieu des mouches pour seulement 3 pulas ! (environ 0.30 centimes). Bon ok au début çà rebute. Mais j'ai gouté un petit bout et c'était franchement bon 😎
Retour dans notre "manoir" au Maun Rest Camp, fatigués mais ravis de notre journée. Le soir nous nous offrons un délicieux repas au non moins moderne Motsana Center. Etrange bâtisse construite au bord de la route au milieu de rien, à droite, avant l'Audi Camp. Les serveurs ne sont pas encore bien habitués au moeur des plats qu'on y sert (par ex, on n'arrive pas à leur faire comprendre qu'on veut un jus de fruit non pas avec un seul fruit mais plusieurs mixés, ou encore qu'une salade ne se prend pas avec x types de vinaigrette mais avec une seule, et ils ont tendance à noter que la moitié de ce que vous avez demandé...), toujours est-il qu'ils étaient si adorables et attentionnés, qu'on leur pardonne ! On a bien rigolé avec eux et on s'est régalé ! 😎😊
Maun rest camp : PO Box 250, Maun - tel: 6862623; tel/fax: 6863472- email: simonjoyce@info.bw Camping @ P50 per person per night
J14 : MAUN - MOREMI
çà y est, c'est parti pour la grande traversée des réserves de Moremi et Chobe. Nous quittons Maun et notre Green House pour rentrer dans le parc de Moremi. La route jusqu'à South Gate (l'entrée au sud du parc de Moremi) est une belle route goudronnée, qui se transforme ensuite en une route de gravels mais facile. On met 2h pour l'atteindre.
Nous montrons patte blanche à l'office de South Gate et faisons notre entrée dans le parc. A partir d'ici nous ne gouterons plus qu'aux routes ensablées. A l'office nous nous sommes renseignés sur l'état des routes. Mauvaise nouvelle : bcp sont inondées et cela nous laisse peu de loisir pour explorer les régions du parc. Nous ne voulons pas prendre de risque, nous n'avons qu'un véhicule et sans prise d'air (cet espèce de long tuyau qui remonte le long de la voiture vers le toit et que l'on voit sur les autres 4x4 qu'on rencontre !). De plus, n'ayant pu obtenir de réservations dans Moremi depuis la France, j'avais opté pour deux nuits au camp communautaire de Khwai mais qui se trouve à l'extérieur de Moremi, plusieurs km après North Gate.
Nous nous enfonçons et traversons le parc sur la route qui mène de South Gate au camp de Xakanaxa (1h30). La route est assez bonne bien que certains endroits soient assez sablonneux mais elle n'est pas très passionnante. On traverse une grande forêt de mopanes. Difficile de voir dans ces conditions les animaux qui se cachent et se confondent avec les couleurs de la nature environnante. On en croise qlq uns mais rien de bien excitant.
L'arrivée à Xakanaxa est plus spectaculaire. On croise le camping qui est quasi vide (pourquoi en France, on nous répond que c'est complet ?). Le paysage rechange, on est au bord du delta. Des prairies rouvrent le paysage. Nous poursuivons jusqu'au Boat Station de Xakanaxa. Il n'y a pas grand monde décidément ici. On tombe sur des guides qui lavent leur linge. Je me renseigne pour savoir si on peut faire un tour de bateau. Mais le gars me fait savoir que les guides pour les bateaux ne sont pas là. Ils reviendront surement plus tard car sur le planning il est indiqué qu'un tour est prévu pour des touristes dans l'après-midi. Pas moyen de savoir si on peut s'incruster sur ce bateau ou non, il faut attendre le retour de ces guides. Que faire ? cette balade en bateau a l'air de vraiment valoir le coup mais avec notre nuit à Khwai, je dois être ressorti du parc avant la nuit et la route est longue car je ne peux me risquer à emprunter celle entre Xakanaxa et North Gate qui est sous l'eau soit disant, et je dois donc repasser par South Gate pour remonter ensuite sur North Gate... 🤪
Je demande alors au guide si on peut faire un game drive avec lui... visiblement c'est "short time" pour lui car il n'a pas fini sa lessive et ensuite il doit récupérer des clients au lodge d'à coté pour un game drive. Il accepte cependant gentiment de nous faire faire 1 heure de game drive après avoir négocié sa lessive avec son ami 😉 Grand bien nous en fasse ! cette "courte" sortie a été très intéressante une fois de plus car notre guide fort sympathique n'était pas avare en explications sur la faune et la flore; et nous avons vu plus que nous l'espérions : 9 lions et lionnes au repos sous des buissons. 😎😎 Sans lui, à coup sure, nous serions passés à coté d'eux sans les voir tellement ils se confondent bien dans les hautes herbes jaunes ! 😇😊
Game drive 1h : 40 pula par personne avec Theko MEC BATSHABENG (PO Box 1911 - Maun - BOTSWANA - tel : +267 71206403 - email : tbatshabeng@yahoo.com)
Retour au 'boat station' où l'on pique nique ravis à l'ombre des arbres sur une mezzanine en bois qui offre une vue sur le delta. On voit les éléphants qui traversent la rivière et se promènent dans le camp. Le guide du bateau est enfin revenu, je l'interroge. Il ne sait pas combien de touristes il attend (SIC !) mais nous propose un tour en bateau après le leur. Je lui explique qu'à moins de dormir sur place, nous ne pourrons pas le faire. Il me faut absolument négocier une place dans le camping de Xakanaxa si l'on veut pouvoir faire ce tour en bateau ! on se donne donc 2 rdv : un dans 1h, après son tour avec les touristes du lodge, au cas où on ait pu dégoter une place au camping pour ce soir; et un autre où dans le cas contraire, s'il nous voit pas, on le retrouverait le lendemain matin pour faire ce tour en bateau. 😎
Retour à l'office de l'entrée de Xakanaxa où je demande s'il est possible de prendre une place au camping puisqu'il semble loin d'être plein. Nous perdons notre nuit payé à Kwhai mais tant pis, ce tour en bateau me semble vraiment à faire 😊 Le monsieur de l'accueil finit par accepter. Nous retournons le coeur léger vers le camp.😇 En attendant le retour de notre pilote, nous retournons voir les lions et tombons sur un charmant petit troupeau de girafes. Le coin est décidemment très joli. Nous repérons un emplacement pour ce soir et retrouvons notre bateau. Nous avons l'embarcation pour nous 4 : grand luxe ! On glisse sur l'eau, tout est très calme autour de nous. On retrouve les éléphants qui ne sont jamais bien loin. Notre guide nous emmène à des 'spots' d'où l'on peut observer quantité d'oiseaux ! et pour finir, nous admirons un des plus beaux couchers de soleil de notre voyage... Nous avons bien fait de rester une nuit ici ! 😊😇😇
Boat trip : 550 pula le bateau
Nous nous endormons dans notre campement à Xakanaxa après un rapide repas sur le pouce car la nuit est vite tombée et nous craignons que des bêtes (lion, léopard ?) viennent roder. Mais cela ne semble pas inquiéter nos voisins qui festoient gaiement autour d'un feu. Bien qu'une des femmes ait poussé un cri après avoir aperçu des hyènes qui leur tournaient autour... 😛 La nuit se passe étrangement... on entend des animaux. Je me réveille souvent et peine à me rendormir ayant l'impression qu'un éléphant caresse de sa trompe notre tente.. (hallucination ? réalité ? je n'oserai mettre mon nez dehors) 😊 😮
J15- MOREMI - KHWAI
Nous repartons le lendemain matin à 8h30 et décidons de nous enfoncer un peu sur la route qui mène de Xakanaxa à North Gate pour aller voir le Paradise Pool, que nous mettrons du temps à trouver... difficile parfois de se repérer dans ce labyrinthe de sentier, d'autant plus que la carte n'est pas évidente à lire pour se repérer et que le GPS nous a lâché depuis Lüderitz... La balade reste très jolie, on voit pas mal d'animaux, même si on n'est un peu déçu devant ce qui doit être le Paradise pool et qui ne contient ni hippo ni eau.. bizarrement...
Il faut reprendre la route assez monotone de Xakanaxa à South Gate puis de South Gate à North Gate. Rien de bien passionnant. Arrivé vers North Gate, nous sommes ressortis du bois et explorons jusqu'à un autre hippo pool situé de ce coté ! Route parfois très chaotique mais très belle aussi. Cette fois à l'hippol pool, les hippos sont là et il y a même un spot en hauteur d'installer pour les observer. On en voit d'autres plus au loin et aussi des crocodiles ! Ravis il nous faut rebrousser chemin et sortir de Moremi à présent. On passe North Gate et traversons le charmant pont de bois qui nous permet d'aller vers Kwhai. On arrive à ce qui semble être le village de Kwhai. Différentes routes partent et on ne sait laquelle emprunter pour aller au camp communautaire. Je vais me renseigner auprès d'un gars nettoyant un 4x4 et qui s'avérera être une des personnes s'occupant du camp. Il m'indique qu'il y a 3 franchissements d'eau à passer pour y accéder. Je lui demande si c'est profond ou pas. Il m'indique que certains passages le sont et qu'il faut prendre tels chemins pour passer et non pas la route principale à un endroit... Bon ok, il commence à se faire tard et les passages n'ont pas l'air si simple !... 🤪 Je lui explique nos craintes et il nous propose de nous accompagner pour nous montrer la route, ce que nous acceptons avec grâce. Bien nous en fasse ! le premier guet est impressionnant mais en passant au bon endroit, çà passe sans pb. Pour le second c'est autre chose : passage très difficile avec branchage. On se retrouve coincé dedans au milieu de la rivière mais on finit par s'en sortir. Malheureusement en sortant on prend peur, la voiture s'est bloquée sur un rapport court , le volant vibre bizarrement et tire fortement d'un coté, de plus il y a un bruit étrange à l'avant. On commence à se demander dans quelle galère on s'est mis et à maudire le camp Kwhai qui est si difficile d'accès ! Et l'autre qui file à toute allure avec son 4x4 équipé d'une prise d'air ! 🏴☠️ 😠 Il reste un dernier guet à passer et on croise les doigts pour qu'il soit comme le premier. Pas de bol, il est énorme et on voit le 4x4 de notre "guide" s'enfoncer profondément... c'est un peu la panique ! 🤪 Je fais signe au gars de revenir et l'arrête lui indiquant qu'on a un souci avec notre voiture. Il regarde et arrive à nous débloquer le rapport (ouff c'est déjà çà !) en forçant un peu et en repassant en marche arrière et marche avant, çà se débloque : technique connue mais à savoir ! on apprend avec l'expérience 😉 Je lui demande s'il peut conduire notre véhicule sur l'autre berge car je crains vraiment qu'on reste coincé au milieu des flots et lui a au moins une bonne expérience du terrain ! Bien nous en fasse, il prend les commandes et nous commençons à plonger dans l'eau, il prend par le coté avec notre véhicule car visiblement si çà passe avec le sien, cela ne l'est pas avec le notre et même ici il y a bcp d'eau car on voit l'eau arriver vers le capot. Ouff çà ne dure pas longtemps, notre moteur ne s'est pas noyé et on a atterri de l'autre coté ! merci 😇 Il nous informe que le camp est encore à plusieurs km sur la route, il rentre au village mais nous indique qu'il repasse ce soir au camp avec quelqu'un. Nous lui donnerons qlq billets pour le remercier de son aide à ce moment là.😎 Nous finissons les derniers kms réfléchissant sur l'éventualité que notre 4x4 nécessite réparation et nous laisse coincer ici plusieurs jours car un bruit sourd se produit lors que nous tournons trop le volant. Le cardon semble avoir pris un coup... On conduit prudemment, évitant de forcer au maximum dessus. 😐
On arrive enfin au Khwai Community camp au coucher de soleil. Le camp est gigantesque avec des emplacements très éloignés les uns des autres. On voit des éléphants traverser un peu plus loin devant le soleil. Ici on n'est comme dans un parc, c'est très beau et même encore plus sauvage car ce camp ne possède ni toilette ni douche ni d'accès à l'eau ! il faut être en totale autonomie ici. Contrairement à ce que je m'attendais il y a bcp de monde ici ! bcp de gens semblent connaitre ce camp et de nombreuses agences y accueillent des groupes... notre "guide" de tout à l'heure réapparait et nous conduit à travers le camp qui est bcp plus grand que ce que l'on voit au premier abord ! Certes c'est peuplé mais les emplacements sont si nbreux et si vastes qu'on se retrouve plusieurs km plus loin, seul sur un grd emplacement rien que pour nous, face à la rivière. Nous expliquons le bruit de notre 4x4 au gars qui jette un œil sur notre véhicule et indique que le cardan semble bien avoir cassé... la loose... 🏴☠️🏴☠️ Il va falloir être prudent si l'on veut finir notre périple !
La nuit est tombée, nous oublions vite nos problèmes de 4x4, séduit par la beauté des lieux et cette nature qui nous entoure. 😊
Khwai Development Trust : khwai@botsnet.bw
J16 - KHWAI- SAVUTI (CHOBE)
Ce matin, départ tôt : 7h30 avec les zèbres, les waterbuck, des hippos et un guépard ! :) Passage dans l'eau mais sans souci cette fois. Nous avons qd même laissé passé devant nous des retraités sud africain avec leur caravane pour être sur que çà passe 😛 !!
Nous entrons dans le parc de Chobe à Mababe Gate vers 9h. Nous avons une nuit de réservé dans le camp de Savuti. Le paysage varie entre des forets de mopanes et des plaines de hautes herbes folles. La route est encore très sableuse. On passe sans problème mais j'imagine la misère en période des pluies.
Nous croisons quelques animaux mais une fois encore, ce n'est pas facile de les repérer dans toute cette nature. Nous faisons un petit tour pour voir les peintures rupestres dont un panneau marque l'entrée. On commence à grimper la montagne mais pas évident de trouver les peintures parmi tous ces rochers. On finit par en voir quelque uns... Je ne sais pas si ce sont les bons mais bon ! Toujours est-il que la vue depuis les hauteurs est superbe et nous permet d'observer les animaux plus bas dans la plaine : Éléphants, girafes, antilopes, ...
Nous arrivons à Savuti en début d'aprem (55km en 4h). Le camp est grand avec des emplacements énormes et espacés. Ils sont regroupés tout autour du bloc sanitaire qui ressemble à une forteresse. On se repose à l'ombre de notre grand arbre où de nombreux calaos, pintades et écureuils viennent nous voir.
On repart dans l'après-midi avec notre 4x4 pour explorer les chemins du coin. Un drôle de labyrinthe, çà part dans tous les sens, on ne sait pas trop où l'on va mais on finit toujours par retomber sur ces pattes. Quelques animaux en chemin mais impossible de voir des lions, guépard ou léopard malheureusement dans le coin. Le seul guépard sauvage aura été vu à Khwai.
Nuit paisible à Savuti.
Savuti camp : conniem.mapulalodge@info.bw
J17 : SAVUTI – GHOHA - KACHIKAU - KASANE (156 km - 4h45)
C'est une longue piste sableuse qui nous permet encore de relier Savuti à Kasane. La route est assez belle. Proche de Kasane, on retombe sur une route goudronnée que les éléphants traversent souvent pour rejoindre la rivière Chobe. On tombe également sur des buffles le long de la route. Finalement je crois qu'on aura vu plus d'animaux au sortie des parcs qu'à l'intérieur !
La petite ville de Kasane a vraiment du charme : des habitations et lodges au bord de la rivière Chobe et de beaux massifs de bougainvilliers. Nous nous installons au Water Lily lodge. L'endroit est très plaisant. Quelques chambres autour d'un bassin à la manière d'un riad et un bar avec piscine en extérieur face à la rivière. Nous bookons 2 activités avec eux : une balade en bateau sur la rivière Chobe et un game drive dans le parc de la Chobe River Front.
Nous commençons cet après-midi par la balade en bateau qui est très sympa à faire (démarre à 15h30 - 270 Pula par pers.) ! des centaines d'éléphants mâle traversent la rivière pour venir brouter l'herbe tendre des ilots. Des antilopes semi-aquatique ainsi que hippos et crocos sont présents, sans compter les oiseaux et les rapaces. Un spectacle magnifique.
Nuit au Water Lily Lodge
WATERLILY LODGE : P.O.BOX 405, KASANE, BOTSWANA TEL; (00267) 6251 775 - FAX; (00267) 6250 759 - EMAIL ADD; waterlily@botsnet.bw
J18 : KASANE
Ce matin nous avons rdv à l'aéroport de Kasane pour faire un survol vers les Chutes Victoria. J'ai réservé cette sortie avec Moremi Air une fois de plus. Mais le vol ne sera pas aussi agréable que celui du Delta de l'Okavango car il faut 40 mn aller-retour entre Kasane et Livingstone et l'on passe seulement 10 mn au dessus des chutes. Nous avons été très impressionné par les Chutes Victoria mais ce vol trop rapide laisse un gout de trop peu... 😐 On a passé plus de temps parmi les douanes et formalités de Livingstone et Kasane plutot qu'autre chose 😕. Je ne conseillerai donc pas ce vol, vu le prix en plus. D'autre part, mauvaise surprise à Livingstone, Moremi Air nous avait dit qu'on paierait seulement en plus $25 par personne pour les taxes, hors on a dû rajouter encore $20 pour le visa... 😠 Après le vol, c'est sur, on a été très tenté d'aller voir les Chutes en voiture mais il fallait faire des choix et on a préféré consacré nos journées à la Bande de Caprivi. Ce sera pour un prochain voyage j'espère du coup 😉
L'après-midi nous allons faire un game drive sur la Chobe River Front (départ 15h30 - 270 pula par pers.) : très sympa également, bcp d'animaux mais toujours pas de félins... (sniff ! 🙁). Par contre, je trouve que les guides s'approchent bcp trop près des éléphants... A un moment donné, je crois qu'on aurait pu se prendre un coup de trompe !
Nuit à Kasane au Water Lily Lodge
J19 : KASANE - NGOMA (Border Post) - KATIMA MULILO - BAGANI (558 km – B8)
Retour en Namibie après avoir traversé le poste de douane de Ngoma. Nous traversons la bande de Caprivi qui regorgent de jolis villages traditionnelles le long de la grande route goudronnée (B8). L'artisanat semble très présent dans ces régions, où l'on a croisé de nombreuses échoppes en bord de route.
Nous arrivons à Bagani, en sortie de Caprivi, en fin d'après-midi et trouvons un lodge au bord de la rivière, non loin des Popa Falls ou plutôt devrait-on dire Popa Rapids. Nous logeons au Nunda Lodge a qui je décernerai la palme du meilleur accueil ! 😎 Leur personnel est très accueillant et pour ne rien enlever l'endroit est charmant, du camping à leur bloc sanitaire, ou encore leur bungalow. L'endroit est calme et serein, une belle terrasse en bois offre une vue sur la rivière et permet d'assister au coucher de soleil sur l'Okavango.
Nunda lodge : camping 70NAD par personne - bungalow 850 NAD pour 2 avec petit dej et diner inclus. PO box 5271 , Divundu - tel +264 66 686070 - email : bookings@nundaonline.com - www.nundaonline.com
J20 - BAGANI
Ce matin nous avons booké un game drive avec le lodge pour le parc de Mahango, tout proche. Finalement nous aurions dû le faire par nous meme car le parc est simple à visiter et de plus notre guide, peu bavard, ne nous expliquera pas grand chose...😐 Le parc est très joli, on aperçoit de nombreux types d'antilopes, d'oiseaux, hippo et crocos. Il y a également de gigantestques baobas centenaires à voir. 😎
Nous partons nous balader avec notre 4x4 jusqu'aux rapides de Popa falls. La meilleure vue semble se tenir à partir du camp communautaire sur la berge en face de notre lodge. On paie un petit droit d'entrée et il est également possible d'y dormir.
Nous reprenons la route de notre lodge, arret à la petite école du coin où l'on donne cahier, stylo et qlq ballons achetés au supermarché pour les enfants. Un autre arrêt près de la rivière ramènera une multitude de bambins curieux autour de nous, avec lesquels nous partageons un sympathique moment.😊
Puis retour au lodge pour profiter de la quiétude des lieux : piscine, détente, lessive, lecture, ... 😎
J21- BAGANI - RUNDU - GROOTFONTEIN – C44 (5h)
Nous abordons notre descente vers Windhoek. Premier arrêt au Roy's camp situé entre Rundu et Grootfontein. Le camp a une déco très originale et personnelle : brique rouge, ossement, bois, ferraille. Un petit coté 'Mad Max' je dirai 😄 Le camp est très agréable, dommage que ce ne soit pas de même pour l'accueil : pas de bonjour, réponse sèche et maladroite... à se demander s'ils n'auraient pas dû choisir un autre métier s'ils n'aiment pas les gens 🤪 ?! Heureusement çà se rattrape sur le reste : bonne bouffe, prix raisonnable, camp au milieu d'une petite réserve. Le soir un point d'eau illuminé permet d'observer les animaux. Il est possible également d'effectuer des boucles à pied autour du camp (une de 2.5 km et une de 3.5 km). Les sanitaires sont biens excepté qu'on n'y voit rien dans les douches... Route non loin un peu bruyante.
ROY'S REST CAMP - PO Box 755 - Grootfontein Tel: +264 -67 240302 - Fax: +264 -67 240302 - E-mail: royscamp@iway.na
J22 : GROOTFONTEIN
L'intérêt de dormir dans cette région est d'aller voir le village San situé à 86km du Roy's Camp (et non pas 60km comme ils l'indiquent sur un panneau...). Ce village est un musée vivant : ici une communauté san recrée pour les touristes leur mode de vie traditionnelle. Je conseille vivement cette sortie, nous sommes restés 4h et avons adoré passer du temps avec eux. On y apprend plein de choses. Attention il faut un 4x4 pour accéder à leur village, bien qu'ils semblent etre en train de refaire un peu la route pour faciliter l'accès...
A notre arrivée on est accueilli par un bushmen qui nous propose de choisir entre plusieurs formules : on peut passer avec eux entre qlq heures, une journée ou plusieurs journées suivant votre choix. On opte pour la journée qui permet de découvrir les danses, les chants, faire une marche dans le bush avec un guide, apprendre à allumer un feu, tirer à l'arc et la visite de leur Craft center pour l'artisanat san. Cout de la journée : 270 NAD par pers.
Nous passons un merveilleux moment avec eux 😊 et pour finir je fais une razzia sur les bijoux san qui feront de beaux cadeaux souvenir et en plus, dont l'argent dépensé reviendra directement à leur communauté.😛
Living Museum of the Ju/’ Hoansi-San www.lcfn.info
Nuit au Roy's Rest Camp.
J23 : GROOTFONTEIN – OTJIWARANGO (2h45)- OKAHANDJA (380km) La fin du périple approche, il nous faut redescendre vers Windhoek. Nous décidons de passer la dernière nuit à Okahandja qui se situe à 70km de Windhoek et présente un énorme marché d'artisanat : parfait pour faire ses derniers achats souvenir et cadeau à la famille.
En route nous faisons différents stop : - un à Otjiwarongo pour manger au délicieux petit restaurant du Crocodile Ranch possibilité de faire la visite du ranch bien sur pour voir les crocodiles (40NAD par pers.) - un arret juste un peu avant Okahandja sur le C31 pour visiter le Ombo Oistrich Restcamp qui possède un élevage d'autruches, un croco, des phacochères, des tortues et de beaux oiseaux en cage. (20 NAD la visite guidée par pers.). Il est possible d'y manger et d'y camper également, petit boutique à disposition.
Nous arrivons à Okahandja et trouvons à nous loger à l'Auberge Omulonga tenue par un couple de français. L'endroit est charmant et les chambres très agréables (470 NAD la chambre double avec petit dej). Nous ne regrettons pas d'avoir été un peu chauvin et d'avoir choisi cette adresse. Christine nous accueille chaleureusement dans son Bed&Breakfast, son mari est absent, étant guide sur Etosha. Nous discutons avec elle et apprenons que cela fait 5 ans qu'elle est installée en Namibie, après un coup de coeur pour ce pays il y a maintenant 9 ans. On la comprend et on l'envie 😊
J24 : OKAHANDJA - WINDHOEK (71km)
Après un bon petit déjeuner avec chocolat chaud (premier depuis le début de notre périple) et après avoir dit aurevoir à notre hôte en promettant de revenir, nous faisons un tour au marché de Okahandja pour terminer nos derniers dollars namibiens avant le départ.
Nous arrivons tranquillement à Windhoek pour déjeuner. Nous décidons de retourner au Zoo Café qui nous avait plu il y a 2 ans déjà. Il fait bon en terrasse à l'ombre des arbres. L'endroit semble avoir été repris par des russes au vu du nouveau nom du lieu et de la carte. Cependant aujourd'hui on nous propose également des plats japonais en suggestion du jour : surprenant 😄 On passe nos dernières heures dans la capitale à siroter nos Rock shandy, Dry Lemon et à goûter à tous les gâteaux de la carte (cheesecake, carrot cake, foret noire. etc.) 😛
Nous avons rdv à Odyssey Car Hire vers 16h pour rendre le 4x4. Check rapide sans soucis. On nous raccompagne à l'aéroport où nous attend notre vol pour 20h. Retour avec Air Namibia impeccable. Tous les bagages ont bien suivi et pas de gros retard. Nous sommes une fois de plus ravis de notre périple et gardons l'espoir de revenir dans quelques temps.. « Jamais deux sans trois » après tout !!! 😛😛😛
Quelques chiffres : Plus de 5500 km parcourus en 24 jours Pas loin de 5000 photos
Quelques conseils : Nous sommes arrivés avec nos euros pour les changer sur place mais finalement, on aurait dû avant tout privilégié le retrait par CB et garder quelques centaines d'euro à changer juste pour le départ et si besoin.
Respecter bien les limites de vitesse sur les routes pour votre sécurité, celle des animaux et pour éviter de vous choper une prune ! les flics ont été très présents cette année sur les routes !
Et si c’était à refaire ? Pour les parcs de Moremi et Chobe, il faut vraiment pouvoir rester plusieurs jours dedans pour en profiter. Une nuit c’est trop peu et ne laisse pas le temps d’explorer grand-chose. Le survol des Chutes Victoria depuis Kasane ne vale pas trop le coup ; si on avait su, on aurait pris la journée pour aller les voir. Mais 2 jours sur place me paraissent mieux encore.
Pour l'album photo, faudra encore attendre.. c'est que çà prend du temps tout çà ! 😉 en attendant qlq photos en PJ 😎
Contexte : voyage organisée par mes soins après d'innombrables heures à me renseigner à travers des lectures sur le net, dans des guides, et des centaines d'échanges de mail (plus ou moins stressant) pour les différentes réservations.... 😏 Je précise que c'est mon second voyage dans ces contrées (cf mon premier carnet de route en Namibie 2008). J'ai gardé le même mode que la première fois 😉
Mode : autonomie complète - voyage entre 4 personnes adultes (et plus ou moins responsable 😛) dans un 4x4 avec tente sur le toit
J1 : Décollage de PARIS pour WINDHOEK via Francfort avec Air Namibia.
Le vol se déroule sans encombre. Pas d'écran individuel, les films sont diffusés sur différents grand écran plus ou moins visible selon votre place dans l'avion. Pas de film en français par contre. Repas chaud et yaourth dont la marque serait à revoir : 'Gastro'... voila qui risque de faire peur à tous les francophones 😛 Bon petit vin sud africain, histoire de commencer le voyage comme il se doit..😊
J2 : WINDHOEK - REHOBOTH (1h)
Arrivée au petit matin à l'aéroport de Windhoek : Récupération des bagages, change à l'aéroport, récupération du téléphone satellite chez l'agence Be Local présente dans l'aéroport, récupération d'un exemplaire du guide 'Where to stay' pour avoir les adresses et n° de tel des lodges de chaque région Une personne d'Odyssey Car Hire nous accueille à l'aéroport et nous ramène à leur agence de location de voiture sur Windhoek. Le 4x4 est prêt : règlements de la facture, papiers administratifs divers, démo et explication du 4x4, etc. et nous pouvons commencer notre périple ! 😇
Premier arrêt au supermarché de Windhoek pour faire le plein des courses (approvisionnement eau et nourriture), plein d'essence.
A 10h45, on prend la route. Cette fois, c'est parti ! Direction la B1 vers le sud. Ce soir nous avons prévu de dormir près de REHOBOTH (87km de Windhoek) au camp du Lac Oanob (pas de réservation, nous verrons bien sur place).
site internet : http://www.oanob.com.na/ Lake Oanob Resort - P.O. Box 3381 – Rehoboth – tel : ++264 (0)62 522370 - reservations@oanob.com.na situation : 7km à l'ouest de Rehoboth entrée pour le lac : 80NAD par personne - Campsite : 70NAD par personne
Nous trouvons une place pour camper, mais ce n'est pas évident car bcp d'emplacements ne sont pas bien fait pour pouvoir y rentrer un gros 4x4 avec tente sur le toit ! L'endroit est chouette. Il y a de jolis emplacements aménagés face au lac, les sanitaires sont propres et élégants (dommage qu'il n'y ait qu'une douche et qu'un WC par bâtiment par contre !), bon bar et resto face au lac. On voit des pêcheurs, des canoës, et de petits bateaux à moteur de plaisance sur le lac. Il y a également de jolies chaumières en pierre en bordure du lac. Ca doit être chouette de dormir dedans ! Le lac Oanob est très étendu, on aperçoit cependant au loin le barrage qui le contient. Des oiseaux volent tout autour. Cela semble un bon coin pour la détente... mais c'était sans compter qu'on était un vendredi soir et que passer une certaine heure on a vu plein de jeunes débarqués avec musique et bière pour faire la fête au bord du lac le weekend ! 🤪 Tant pis pour nous, la fatigue du voyage nous assomme suffisamment pour que les discussions interminables et nocturnes de ces "djeuns" ne nous empêchent réellement de dormir...😛
J3 : REHOBOTH - MARIENTAL (B1 -C21 - D1268 : 163km environ - 3h)
On poursuit notre route vers le sud sur la B1. On passe la ligne imaginaire du tropique du Capricorne. Puis tournons sur la C21 avant Mariental et ensuite sur la D1268. Cette dernière est une très jolie route de 'gravels'. Le paysage se transforme et on aperçoit les dunes de sable rouge du Kalahari , parallèles les unes aux autres, avec leurs herbes folles au couleur argenté qui les tiennent accrochés. Ce soir nous avons prévu de dormir au Bagatelle Kalahari Game Ranch (réservation faite depuis la France). Nous avons opté pour une place en camping. Le camp est un peu éloigné de la réception. On est vraiment au calme cette fois 😛 Les campements sont bien espacés les uns des autres ! Chaque emplacement a son propre bloc sanitaire. Bon accueil à l'office qui dispose d'une jolie petite boutique, d'un magnifique salon bar, ainsi qu'une belle salle de restaurant, une piscine et un jardin en extérieur. On croise chat, springbox, oryx, chevaux, et paons en liberté tout autour. Nous profitons de notre arrivée relativement tôt au camp pour faire un game drive (15h30) dans leur réserve l'après midi (oryx, koudou, autruche, girafe, renard, gnou, ...) avec pour finir, apéro face au coucher de soleil. Le soir nous décidons de tester leur restaurant : très bonne cuisine.
site internet : http://www.bagatelle-kalahari-gameranch.com/ P O Box 212 - Mariental Namibia Tel: +264 (63) 240982 - Fax: +264 (63) 241252 Email: info@bagatelle-kalahari-gameranch.com
J4 : MARIENTAL – KEETMANSHOOP (B1-D3910-D3912-M29 : 221km environ - 4h30) Nous poursuivons toujours notre route vers le sud. Sur la route, on aperçoit sur notre gauche de hautes falaises. Pour couper la monotonie de la B1, on prend des petites routes. Ce soir nous prévoyons d'aller dormir au Quivertree Forest Rest Camp. Ce camp a l'avantage de se situer à proximité du giant's playground mais surtout d'être collé à la foret d'arbres carquois (Kokerboom forest). Le camp semble assez désert à notre arrivée. On ne devrait pas avoir de problème pour trouver une place ! L'accueil est sans plus mais pas désagréable non plus. On demande à voir leur drôle de chambres en forme d'igloo puis optons finalement pour une place de camping avec un bon braii :) Nous leur achetons un délicieux morceau de koudou pour ce soir. Un car de touristes débarque et le proprio les emmène assister au repas des guépards. Ils en ont deux, ainsi que toute une bande de suricates. On s'incruste dans la cage et je prends qlq clichés. J'observe les suricates jusqu'à ce que je m'aperçoive que je suis seule dans la cage, avec mon ami, et deux guépards qui mangent ! les touristes et le proprio ont disparu ! Ne craint-il donc pas qu'on s'y fasse attaquer ? par précaution, on s'éclipse vite de la cage qd même... 😄 On paie l'entrée pour la foret de Kokerboom et on s'installe à notre campement. Il y a de la place ici et de beaux blocs sanitaires. Seul regret, on est au bord de la route mais finalement le soir, il n'y a pas tant de circulation que çà. La forêt d'arbre carquois est collé au camp. On va donc se promener librement quand on veut ! (après avoir payé l'entrée qd même ! 50 NAD par personne). Cet endroit assez insolite est vraiment super à voir. Tout le monde se régale du coucher de soleil et chacun cherche à prendre le beau cliché ;) On croise également de nombreux damans parmi les rochers qui ne sont pas si farouches que çà finalement...
site internet : http://www.quivertreeforest.com/. campsite : 70 NAD situation : 14km au nord est de Keetmanshoop sur la route M29
J5 : KEETMANSHOOP- SEEHEIM - HOOLOG - HOBAS - AIS AIS (B1 - B4- D545 - C12 -C37 230km)
Sur la route, on passé par le Naute Dam. Le lac artificiel est une agréable halte. Le paysage fait plaisir à voir. On voit de nombreux oiseaux autour. Les couleurs et les reflets du lac sont sublimes. Petite balade parmi les gros rochers noires qui bordent le lac. Ces rochers résonnent de façon métallique. On se demande ce que cela peut bien être. On achète des glaces et boissons à la petite boutique qui tient le lieu. Pause pique nique face au lac. Il y a même un camping ici pour ceux qui souhaiteraient y rester plus longtemps.
On poursuit la route à travers le parc national de Ai Ais. La route est très plaisante même si l’on essuie au départ une mini tempête de sable.
Arrivée à Hobas, on paie nos entrées pour le Fish River Canyon et on part explorer 3 points du vue sur ce magnifique site ! pique nique au bord du canyon. La vue est splendide. Cà doit être une sacrée expérience de faire le trek de plusieurs jours dans ce canyon… le temps passe, il nous faut rejoindre le camp de ce soir. On reprend la route pour le camp de Ai Ais, la route est encore très chouette.
Arrivée au sud du canyon. Le camp d'Ai Ais est géré par le NWR. L'endroit est fort sympathique, nombreux places de camping avec électricité et point d'eau. Sanitaire correct. On se plonge avec délice dans le spa aménagé. L'eau est très chaude, çà relaxe bien ! Le soir on mange au restaurant. Accueil charmant et nourriture impeccable.
Le lendemain au réveil on croise de nombreux oiseaux, des babouins (que des veilleurs du camp prennent soin d'éloigner de nos emplacements), et des rats des rochers 😊
Réservation : Namibia Wildlife Resorts - Private Bag 13378, Windhoek 9000, Namibia Tel ++264-(0)61 285 7200 - Fax ++264-(0)61 224 900 - reservations@nwr.com.na
J6 : AIS AIS - ROSH PINAS - AUS (C37-C13 - 6h30)
En préparant mon voyage, je pensais devoir rebrousser chemin et repasser par Hobas pour aller vers Aus mais avec la nouvelle carte mise à jour qu'Odyssey m'a fourni, j'ai trouvé une nouvelle route tracée qui nous permet de sortir par le sud du canyon sans nous faire faire trop de détour. Nous décidons de l'emprunter et faisons un bon choix car la route était absolument sublime ! Nombreux arrêts pour prendre des photos et admirer le paysage. On arrive à la frontière de la Namibie avec l'Afrique du sud en plus. On longe la rivière Orange et remontons vers Rosh Pinas. A partir d'ici la route est déjà moins plaisante (carrière de mines, béton) mais la première partie valait vraiment le coup.
On arrive sur la petite ville de Aus et nous nous installons à Klein Aus Vista où nous avons réservé deux nuits.
Un peu déçue par l'accueil mais l'endroit est magnifique ! la réception, la petite boutique, le restaurant et les chambres se situent à l'entrée du lodge. Le camping et les autres types d'hébergements (Eagle's Nest Chalet et Geisterschlucht cabin) sont à 7km d'ici. On est dans le parc du Gondwana Speergebiet Rand et les paysages sont superbes. On goûte à la tranquillité.
Un conseil : Si vous passez une nuit dans un des Eagle's Nest Chalet ou Geisterschlucht cabin, demander un kit barbecue à l'accueil (attention ils sont très généreux en portion !! viande, salade, toats à grillé, pommes de terre...) car vous ne voudrez pas revenir au restaurant à qlq km de là tellement le coucher de soleil ici est magique.
Il est possible de faire des randonnées autour du site mais nous n'avons pas eu le temps d'en faire.
Klein-Aus Vista se situe à environ 2 km à l'ouest de Aus et 115km à l'est de Luderitz. CONTACT: Gondwana Desert Collection: TEL: + 264 63 258021 /116 - FAX: + 264 63 258021 EMAIL: ausvista@namibhorses.com - WEB: http://www.klein-aus-vista.com
J7 : AUS - LUDERITZ - KOLMANSKOP- AUS
Nous prenons tôt ce matin route en direction de la côte de Lüderitz pour faire une sortie en mer réservé via Klein Aus Vista. La route passe toute droite sur une grande plaine. On met 1h30 pour arriver à destination. Proche de l'arrivée, le paysage change et devient un peu lunaire. On a une sensation de bout du monde avec cette grande route interminable...
On embarque à 8h30. Sur la mer, le vent souffle très fort et nous sommes vite congelés. Heureusement le capitaine de bord a tout ce qu'il faut et nous prête couverture et grosse veste. On part voir l'ile d'Halifax où se logent une colonie de manchots et divers oiseaux. On aperçoit également des flamands roses non loin. Surtout un gros rocher on voit plein d'otaries et dans l'eau on croise plusieurs dauphins venus s'amuser autour du bateau. La mer bouge bien et c'est très difficile de prendre des clichés :)
On rentre au port content d'être abrité du vent pour retrouver un peu de chaleur. La sortie n'est pas aussi impressionnante que celle que nous avions faite à Walvis Bay, mais elle reste néanmoins sympathique et surtout plus authentique ;)
Sortie faite avec Zeepaard trip boat (300 ND par personne pour 2h)
On repart directement pour visiter la ville fantôme de Kolmanskop (attention le site ferme tôt: 13h, entrée payable sur place : 50NAD avec guide). On fait la petite visite guidée très intéressante et rapide. Et puis on finit en passant pas mal de temps à explorer par nous même chaque maison et bâtiments. Quand on repart du site, il n'y a plus que nous et tout a fermé.
Il fait faim alors on retourne à Luderitz une dernière fois pour faire qlq courses, le plein d'essence (grosse frayeur car plusieurs pompes n'ont plus de diesel et nous sommes pas loin d'être à sec !) et gouter aux langoustes dans un restaurant 'Le Pinguouin', qui se trouve au Nest Hotel.
Quand nous reprenons la route pour Aus, il est déjà trop tard pour aller voir les chevaux sauvages au Garub pan. Le soleil est en train de se coucher. Le temps d'admirer qlq chevaux qui traversent la route au soleil couchant et nous retournons à Klein aus Vista où nous passons notre dernière nuit.
J8 : AUS- SESRIEM (C13-D707-C27 - 402km - 6h)
A défaut de n'avoir pu voir le Garub pan hier soir, on y retourne ce matin. Le site n'est pas très éloigné de Klein Aus Vista. Un conseil : y aller très tôt si possible car çà cogne vite fort là bas ! Heureusement un petit abri aménagé permet de se poser à l'ombre et d'observer les chevaux sauvages un peu plus bas dans le pan. Cet abris est cependant visité aussi par qlq chevaux moins farouches que certains touristes ont dû nourrir... je me suis retrouvée assise, filmée par un autre touriste hilare pendant qu'un cheval essayait de me brouter les cheveux alors que je prenais des photos ! je vous laisse imaginer la scène... 😇
Je serai bien restée ici des heures mais ayant encore une longue route à faire, il nous faut repartir en direction de Sesriem et bien sûr nous optons pour la fameuse D707 que tout le monde trouve magnifique mais qui n'est pas la plus simple et la plus rapide. C'est vrai que le paysage est très beau sur cette petite route. Pour finir on traverse le parc du Namib Rand Nature Desert où l'on croise plusieurs animaux et on arrive à 16h au camping de Sesriem.
Belle surprise : les travaux entamés y'a 2 ans sont finis et le résultat fait plaisir à voir ! Une office toute neuve, avec une belle échoppe (souvenir, boisson, nourriture) et une belle salle de restaurant avec un superbe bar (avec TV écran plat je vous prie ! diffusant des clips sud africain). Dommage qu'ils n'aient pas encore rénovés tous les sanitaires, le bloc à coté de notre emplacement mériterait franchement d'être refait ...
Nous avons juste le temps de partir voir le dune Elim qui se trouve assez proche du camping. La grimpe semble interminable. Ce sont des montagnes russes, çà monte, on croit être arrivé et çà redescend et derrière çà remonte etc... On arrive qd même à ce qui semble être le point le plus haut et admirons in extremis le soleil qui part se coucher au loin. On redescend rapidement en espérant ne pas trop se perdre dans ce labyrinthe de dunes.
Nuit à Sesriem campsite sous une belle nuit étoilée et entouré de chacals
J9 : SESRIEM – SOSSUSVLEI -DEADVLEI Nous rentrons dans le parc ce matin pas très en avance sur nos horaires car le soleil commence déjà à se lever et la route jusqu'à Sossusvlei est assez longue. On passe avec notre 4x4 dans la partie très sablonneuse qui mène au pied de sossusvlei et deidvlei. Premier arrêt à Sossusvlei et puis retour sur Deidvlei. Il commence déjà à faire très chaud et une fois la balade finit, on part s'installer avec plaisir sur une des petites tables de pique nique à l'ombre des arbres. Un des chauffeurs passent par là, on l'invite à prendre le café et on discute avec lui. 🙂
Retour au camping où l'on se repose, profite pour faire une lessive et boire un coup au bar flambant neuf !
On re-rentre dans le parc en fin d'aprem pour faire le coucher de soleil sur la dune 45. Le soir on part se régaler au buffet du Sossusvlei Lodge puis douce nuit au Sesriem campsite
J10 : SESRIEM - REHOBOOTH - WINDHOEK - GOBABIS (C19- C24-B1-B6)
Aujourd'hui, une longue route nous attend. Il nous faut traverser en large la Namibie pour rejoindre les frontières du Botswana. Nous faisons un arrêt à Windhoek (Sesriem-Windhoek : 5h) pour refaire qlq courses et manger tranquillement dans notre restaurant fétiche du centre commercial.
Nous y prenons un peu trop notre temps et du coup on arrive à la nuit tombée à Gobabis. Nous logeons dans une petite chaumière en brique au bord de l'eau. Le lodge semble désert et pourtant la dame nous indique que c'est la dernière chambre qu'elle a pour ce soir. Une chance ! 😛 La maisonnette est charmante. Pour une nuit ce sera parfait. Pas de chance par contre, il semblerait qu'un concert se déroule dans les environs dont on entend les échos et on entendra tard dans les nuits les fêtards de retour à leur bercail...😐
J11 : GOBABIS - BUITEPOS - GHANZI (448km)
Nous passons la frontière entre la Namibie et le Botswana à Buitepos. Formalité des douanes assez rapides et sans encombre (1h). Cà y est, nous sommes au Botswana ! :) Nous arrivons vers 13h à Ghanzi et partons directement à la recherche d'un logement pour ce soir car le dimanche, tout est fermé.
Nous tombons sur le Tautona Lodge et décidons de nous poser dans leur camping. Les emplacements sont grands et au calme dans la réserve. Accueil moyen mais pour le reste, l'endroit est fort sympathique d'autant plus que nous sommes seuls en arrivant au camp ! Les sanitaires sont récents et propres. Une petite terrasse en hauteur permet de nous poser pour manger à l'ombre tout en inspectant le point d'eau où des animaux passent. Au niveau de la réception du lodge, on trouve les bungalows, le bar restaurant et une petite piscine autour duquel un impala rode nonchalamment. Nous allons observer les lycaons, les guépards et les lions qui sont dans des enclos dans la réserve du parc privé. Puis nous passons une délicieuse soirée au camping après avoir nourri notre pauvre gardien de nuit qui veillera sur nous toute la nuit 'au cas où'...😄
Tautona Lodge : tautonalodge@botsnet.bw - tel +267 659 7499 - fax : +267 659 7500 - camp : 62P par personne
J12 - GANHZI – MAUN (264 km) Ce matin nous faisons une visite guidée fort passionnante à la ferme située à l'entrée de la réserve du lodge. Cette activité réservée la veille s'appelle 'Lion Interactivity'. En effet la ferme possède et élève de nombreux lions. Nous pourrons voir et toucher des lionceaux auxquels on fait prendre leur bain. Approcher et effleurer à travers la cage des lions et des lionnes de différents âges. Notre guide nous a captivé pendant une bonne heure. Petit détour à Ghanzi pour faire notre change de pula, faire qlq courses et visiter le beau Craft Center tenu par une communauté San où j'achète de jolies boucles d'oreille en œuf d'autruche.Nous reprenons notre route pour Maun (prononcez : 'Mahoun').
Arrivée à Maun en début d'après-midi, nous allons chercher et payer nos entrées pour les parcs de Moremi et Chobe (prononcez : Tchobé). La dame qui délivre les permis n'est franchement pas aimable mais bon... Au total, cela nous revient à 1590 pula pour 4 personnes, 1 véhicule et 3 jours passés dans les parcs. Plein d'essence à la station et on profite de la Shell Shop pour acheter nos cartes des parcs de Moremi et Chobe (45 pula la carte Veronica Roodt).
On grignote rapidement et on se dirige vers l'aéroport où nous avons réservé avec l'agence Moremi Air un survol du delta de l’Okavango pour 16h. Dans le hall de l'aéroport, à l'étage, nous trouvons leur office. L'accueil y est franchement très mauvais. Heureusement le pilote était déjà bcp plus sympathique. Il nous explique sur une carte le parcours que nous allons faire et nous partons rapido sur le tarmac après les portes de contrôle dans son petit avion. Ici de nombreuses agences sont présentes et çà dépote ! On a vu bcp de petits avions de l'agence Sefofane qui semble bien implanté au Botswana.
Le survol au dessus du delta de l'Okavango nous permet de découvrir et de se rendre compte de l'étendu et de la complexité du delta. On aperçoit bcp d'ilots et les bras d'eau qui les entourent. On perçoit les traces laissées par les animaux ou les 4x4 dans la réserve. Difficile d'apercevoir les animaux à cette hauteur et à cette vitesse. Les hérons blancs et les éléphants sont les plus faciles à entrevoir 😉 Le survol est un must et reste un très beau souvenir !
Nous atterrissons ravis par ce que nous venons de voir. Il est temps de dépasser Maun et de s'installer au Maun Rest Camp qui se trouve à 7km de la ville. J'avais réservé l'hébergement depuis la France. Nous héritons de la 'Green House' qui nous semble un manoir tellement les pièces sont grandes et hautes de plafonds ! Pendant 2 jours, nous aurons cette petite maison, un vrai luxe ! Le camping dispose de beaux emplacements ombragés avec vue sur la rivière. L'endroit est calme et le jeune homme qui nous accueille est absolument charmant.
J13- MAUN
Le lendemain matin, nous avons rendez vous dans un lodge pour une balade en mokoro sur le delta. Nous partons sur un bateau à moteur qui nous déposera après 1h de trajet à un endroit plus au coeur du delta où sont regroupés tous les polers (les gondoliers du mokoro quoi !). Sur la route nous avons déjà vu bcp d'oiseau. Ici dans le delta, ils sont très nombreux. De là, un poler nous prend en charge et nous partons à deux répartis dans chaque mokoro. On se suit et on se balade au raz de l'eau dans le delta. On découvre des parterres de fleur de lotus. Des libellules volent dans l'air en grand nombre autour de nous. Au bout d'une heure on arrive sur une ile où l'on débarque. Ici vivent de petite familles de pécheurs. On nous emmène pour une petite randonnée de 2h sur l'ile. Deux guides nous encadrent pour veiller sur nous et nous donner des explications sur la végétation et les animaux. On croisera avant tous des oiseaux, les éléphants ne nous laissant apercevoir que leur trace de pas dans la boue, leurs excréments ou leurs ossements 😛 Retour au camp des pécheurs pour manger. Ici on peut vous vendre du poisson fumée qui sèche au milieu des mouches pour seulement 3 pulas ! (environ 0.30 centimes). Bon ok au début çà rebute. Mais j'ai gouté un petit bout et c'était franchement bon 😎
Retour dans notre "manoir" au Maun Rest Camp, fatigués mais ravis de notre journée. Le soir nous nous offrons un délicieux repas au non moins moderne Motsana Center. Etrange bâtisse construite au bord de la route au milieu de rien, à droite, avant l'Audi Camp. Les serveurs ne sont pas encore bien habitués au moeur des plats qu'on y sert (par ex, on n'arrive pas à leur faire comprendre qu'on veut un jus de fruit non pas avec un seul fruit mais plusieurs mixés, ou encore qu'une salade ne se prend pas avec x types de vinaigrette mais avec une seule, et ils ont tendance à noter que la moitié de ce que vous avez demandé...), toujours est-il qu'ils étaient si adorables et attentionnés, qu'on leur pardonne ! On a bien rigolé avec eux et on s'est régalé ! 😎😊
Maun rest camp : PO Box 250, Maun - tel: 6862623; tel/fax: 6863472- email: simonjoyce@info.bw Camping @ P50 per person per night
J14 : MAUN - MOREMI
çà y est, c'est parti pour la grande traversée des réserves de Moremi et Chobe. Nous quittons Maun et notre Green House pour rentrer dans le parc de Moremi. La route jusqu'à South Gate (l'entrée au sud du parc de Moremi) est une belle route goudronnée, qui se transforme ensuite en une route de gravels mais facile. On met 2h pour l'atteindre.
Nous montrons patte blanche à l'office de South Gate et faisons notre entrée dans le parc. A partir d'ici nous ne gouterons plus qu'aux routes ensablées. A l'office nous nous sommes renseignés sur l'état des routes. Mauvaise nouvelle : bcp sont inondées et cela nous laisse peu de loisir pour explorer les régions du parc. Nous ne voulons pas prendre de risque, nous n'avons qu'un véhicule et sans prise d'air (cet espèce de long tuyau qui remonte le long de la voiture vers le toit et que l'on voit sur les autres 4x4 qu'on rencontre !). De plus, n'ayant pu obtenir de réservations dans Moremi depuis la France, j'avais opté pour deux nuits au camp communautaire de Khwai mais qui se trouve à l'extérieur de Moremi, plusieurs km après North Gate.
Nous nous enfonçons et traversons le parc sur la route qui mène de South Gate au camp de Xakanaxa (1h30). La route est assez bonne bien que certains endroits soient assez sablonneux mais elle n'est pas très passionnante. On traverse une grande forêt de mopanes. Difficile de voir dans ces conditions les animaux qui se cachent et se confondent avec les couleurs de la nature environnante. On en croise qlq uns mais rien de bien excitant.
L'arrivée à Xakanaxa est plus spectaculaire. On croise le camping qui est quasi vide (pourquoi en France, on nous répond que c'est complet ?). Le paysage rechange, on est au bord du delta. Des prairies rouvrent le paysage. Nous poursuivons jusqu'au Boat Station de Xakanaxa. Il n'y a pas grand monde décidément ici. On tombe sur des guides qui lavent leur linge. Je me renseigne pour savoir si on peut faire un tour de bateau. Mais le gars me fait savoir que les guides pour les bateaux ne sont pas là. Ils reviendront surement plus tard car sur le planning il est indiqué qu'un tour est prévu pour des touristes dans l'après-midi. Pas moyen de savoir si on peut s'incruster sur ce bateau ou non, il faut attendre le retour de ces guides. Que faire ? cette balade en bateau a l'air de vraiment valoir le coup mais avec notre nuit à Khwai, je dois être ressorti du parc avant la nuit et la route est longue car je ne peux me risquer à emprunter celle entre Xakanaxa et North Gate qui est sous l'eau soit disant, et je dois donc repasser par South Gate pour remonter ensuite sur North Gate... 🤪
Je demande alors au guide si on peut faire un game drive avec lui... visiblement c'est "short time" pour lui car il n'a pas fini sa lessive et ensuite il doit récupérer des clients au lodge d'à coté pour un game drive. Il accepte cependant gentiment de nous faire faire 1 heure de game drive après avoir négocié sa lessive avec son ami 😉 Grand bien nous en fasse ! cette "courte" sortie a été très intéressante une fois de plus car notre guide fort sympathique n'était pas avare en explications sur la faune et la flore; et nous avons vu plus que nous l'espérions : 9 lions et lionnes au repos sous des buissons. 😎😎 Sans lui, à coup sure, nous serions passés à coté d'eux sans les voir tellement ils se confondent bien dans les hautes herbes jaunes ! 😇😊
Game drive 1h : 40 pula par personne avec Theko MEC BATSHABENG (PO Box 1911 - Maun - BOTSWANA - tel : +267 71206403 - email : tbatshabeng@yahoo.com)
Retour au 'boat station' où l'on pique nique ravis à l'ombre des arbres sur une mezzanine en bois qui offre une vue sur le delta. On voit les éléphants qui traversent la rivière et se promènent dans le camp. Le guide du bateau est enfin revenu, je l'interroge. Il ne sait pas combien de touristes il attend (SIC !) mais nous propose un tour en bateau après le leur. Je lui explique qu'à moins de dormir sur place, nous ne pourrons pas le faire. Il me faut absolument négocier une place dans le camping de Xakanaxa si l'on veut pouvoir faire ce tour en bateau ! on se donne donc 2 rdv : un dans 1h, après son tour avec les touristes du lodge, au cas où on ait pu dégoter une place au camping pour ce soir; et un autre où dans le cas contraire, s'il nous voit pas, on le retrouverait le lendemain matin pour faire ce tour en bateau. 😎
Retour à l'office de l'entrée de Xakanaxa où je demande s'il est possible de prendre une place au camping puisqu'il semble loin d'être plein. Nous perdons notre nuit payé à Kwhai mais tant pis, ce tour en bateau me semble vraiment à faire 😊 Le monsieur de l'accueil finit par accepter. Nous retournons le coeur léger vers le camp.😇 En attendant le retour de notre pilote, nous retournons voir les lions et tombons sur un charmant petit troupeau de girafes. Le coin est décidemment très joli. Nous repérons un emplacement pour ce soir et retrouvons notre bateau. Nous avons l'embarcation pour nous 4 : grand luxe ! On glisse sur l'eau, tout est très calme autour de nous. On retrouve les éléphants qui ne sont jamais bien loin. Notre guide nous emmène à des 'spots' d'où l'on peut observer quantité d'oiseaux ! et pour finir, nous admirons un des plus beaux couchers de soleil de notre voyage... Nous avons bien fait de rester une nuit ici ! 😊😇😇
Boat trip : 550 pula le bateau
Nous nous endormons dans notre campement à Xakanaxa après un rapide repas sur le pouce car la nuit est vite tombée et nous craignons que des bêtes (lion, léopard ?) viennent roder. Mais cela ne semble pas inquiéter nos voisins qui festoient gaiement autour d'un feu. Bien qu'une des femmes ait poussé un cri après avoir aperçu des hyènes qui leur tournaient autour... 😛 La nuit se passe étrangement... on entend des animaux. Je me réveille souvent et peine à me rendormir ayant l'impression qu'un éléphant caresse de sa trompe notre tente.. (hallucination ? réalité ? je n'oserai mettre mon nez dehors) 😊 😮
J15- MOREMI - KHWAI
Nous repartons le lendemain matin à 8h30 et décidons de nous enfoncer un peu sur la route qui mène de Xakanaxa à North Gate pour aller voir le Paradise Pool, que nous mettrons du temps à trouver... difficile parfois de se repérer dans ce labyrinthe de sentier, d'autant plus que la carte n'est pas évidente à lire pour se repérer et que le GPS nous a lâché depuis Lüderitz... La balade reste très jolie, on voit pas mal d'animaux, même si on n'est un peu déçu devant ce qui doit être le Paradise pool et qui ne contient ni hippo ni eau.. bizarrement...
Il faut reprendre la route assez monotone de Xakanaxa à South Gate puis de South Gate à North Gate. Rien de bien passionnant. Arrivé vers North Gate, nous sommes ressortis du bois et explorons jusqu'à un autre hippo pool situé de ce coté ! Route parfois très chaotique mais très belle aussi. Cette fois à l'hippol pool, les hippos sont là et il y a même un spot en hauteur d'installer pour les observer. On en voit d'autres plus au loin et aussi des crocodiles ! Ravis il nous faut rebrousser chemin et sortir de Moremi à présent. On passe North Gate et traversons le charmant pont de bois qui nous permet d'aller vers Kwhai. On arrive à ce qui semble être le village de Kwhai. Différentes routes partent et on ne sait laquelle emprunter pour aller au camp communautaire. Je vais me renseigner auprès d'un gars nettoyant un 4x4 et qui s'avérera être une des personnes s'occupant du camp. Il m'indique qu'il y a 3 franchissements d'eau à passer pour y accéder. Je lui demande si c'est profond ou pas. Il m'indique que certains passages le sont et qu'il faut prendre tels chemins pour passer et non pas la route principale à un endroit... Bon ok, il commence à se faire tard et les passages n'ont pas l'air si simple !... 🤪 Je lui explique nos craintes et il nous propose de nous accompagner pour nous montrer la route, ce que nous acceptons avec grâce. Bien nous en fasse ! le premier guet est impressionnant mais en passant au bon endroit, çà passe sans pb. Pour le second c'est autre chose : passage très difficile avec branchage. On se retrouve coincé dedans au milieu de la rivière mais on finit par s'en sortir. Malheureusement en sortant on prend peur, la voiture s'est bloquée sur un rapport court , le volant vibre bizarrement et tire fortement d'un coté, de plus il y a un bruit étrange à l'avant. On commence à se demander dans quelle galère on s'est mis et à maudire le camp Kwhai qui est si difficile d'accès ! Et l'autre qui file à toute allure avec son 4x4 équipé d'une prise d'air ! 🏴☠️ 😠 Il reste un dernier guet à passer et on croise les doigts pour qu'il soit comme le premier. Pas de bol, il est énorme et on voit le 4x4 de notre "guide" s'enfoncer profondément... c'est un peu la panique ! 🤪 Je fais signe au gars de revenir et l'arrête lui indiquant qu'on a un souci avec notre voiture. Il regarde et arrive à nous débloquer le rapport (ouff c'est déjà çà !) en forçant un peu et en repassant en marche arrière et marche avant, çà se débloque : technique connue mais à savoir ! on apprend avec l'expérience 😉 Je lui demande s'il peut conduire notre véhicule sur l'autre berge car je crains vraiment qu'on reste coincé au milieu des flots et lui a au moins une bonne expérience du terrain ! Bien nous en fasse, il prend les commandes et nous commençons à plonger dans l'eau, il prend par le coté avec notre véhicule car visiblement si çà passe avec le sien, cela ne l'est pas avec le notre et même ici il y a bcp d'eau car on voit l'eau arriver vers le capot. Ouff çà ne dure pas longtemps, notre moteur ne s'est pas noyé et on a atterri de l'autre coté ! merci 😇 Il nous informe que le camp est encore à plusieurs km sur la route, il rentre au village mais nous indique qu'il repasse ce soir au camp avec quelqu'un. Nous lui donnerons qlq billets pour le remercier de son aide à ce moment là.😎 Nous finissons les derniers kms réfléchissant sur l'éventualité que notre 4x4 nécessite réparation et nous laisse coincer ici plusieurs jours car un bruit sourd se produit lors que nous tournons trop le volant. Le cardon semble avoir pris un coup... On conduit prudemment, évitant de forcer au maximum dessus. 😐
On arrive enfin au Khwai Community camp au coucher de soleil. Le camp est gigantesque avec des emplacements très éloignés les uns des autres. On voit des éléphants traverser un peu plus loin devant le soleil. Ici on n'est comme dans un parc, c'est très beau et même encore plus sauvage car ce camp ne possède ni toilette ni douche ni d'accès à l'eau ! il faut être en totale autonomie ici. Contrairement à ce que je m'attendais il y a bcp de monde ici ! bcp de gens semblent connaitre ce camp et de nombreuses agences y accueillent des groupes... notre "guide" de tout à l'heure réapparait et nous conduit à travers le camp qui est bcp plus grand que ce que l'on voit au premier abord ! Certes c'est peuplé mais les emplacements sont si nbreux et si vastes qu'on se retrouve plusieurs km plus loin, seul sur un grd emplacement rien que pour nous, face à la rivière. Nous expliquons le bruit de notre 4x4 au gars qui jette un œil sur notre véhicule et indique que le cardan semble bien avoir cassé... la loose... 🏴☠️🏴☠️ Il va falloir être prudent si l'on veut finir notre périple !
La nuit est tombée, nous oublions vite nos problèmes de 4x4, séduit par la beauté des lieux et cette nature qui nous entoure. 😊
Khwai Development Trust : khwai@botsnet.bw
J16 - KHWAI- SAVUTI (CHOBE)
Ce matin, départ tôt : 7h30 avec les zèbres, les waterbuck, des hippos et un guépard ! :) Passage dans l'eau mais sans souci cette fois. Nous avons qd même laissé passé devant nous des retraités sud africain avec leur caravane pour être sur que çà passe 😛 !!
Nous entrons dans le parc de Chobe à Mababe Gate vers 9h. Nous avons une nuit de réservé dans le camp de Savuti. Le paysage varie entre des forets de mopanes et des plaines de hautes herbes folles. La route est encore très sableuse. On passe sans problème mais j'imagine la misère en période des pluies.
Nous croisons quelques animaux mais une fois encore, ce n'est pas facile de les repérer dans toute cette nature. Nous faisons un petit tour pour voir les peintures rupestres dont un panneau marque l'entrée. On commence à grimper la montagne mais pas évident de trouver les peintures parmi tous ces rochers. On finit par en voir quelque uns... Je ne sais pas si ce sont les bons mais bon ! Toujours est-il que la vue depuis les hauteurs est superbe et nous permet d'observer les animaux plus bas dans la plaine : Éléphants, girafes, antilopes, ...
Nous arrivons à Savuti en début d'aprem (55km en 4h). Le camp est grand avec des emplacements énormes et espacés. Ils sont regroupés tout autour du bloc sanitaire qui ressemble à une forteresse. On se repose à l'ombre de notre grand arbre où de nombreux calaos, pintades et écureuils viennent nous voir.
On repart dans l'après-midi avec notre 4x4 pour explorer les chemins du coin. Un drôle de labyrinthe, çà part dans tous les sens, on ne sait pas trop où l'on va mais on finit toujours par retomber sur ces pattes. Quelques animaux en chemin mais impossible de voir des lions, guépard ou léopard malheureusement dans le coin. Le seul guépard sauvage aura été vu à Khwai.
Nuit paisible à Savuti.
Savuti camp : conniem.mapulalodge@info.bw
J17 : SAVUTI – GHOHA - KACHIKAU - KASANE (156 km - 4h45)
C'est une longue piste sableuse qui nous permet encore de relier Savuti à Kasane. La route est assez belle. Proche de Kasane, on retombe sur une route goudronnée que les éléphants traversent souvent pour rejoindre la rivière Chobe. On tombe également sur des buffles le long de la route. Finalement je crois qu'on aura vu plus d'animaux au sortie des parcs qu'à l'intérieur !
La petite ville de Kasane a vraiment du charme : des habitations et lodges au bord de la rivière Chobe et de beaux massifs de bougainvilliers. Nous nous installons au Water Lily lodge. L'endroit est très plaisant. Quelques chambres autour d'un bassin à la manière d'un riad et un bar avec piscine en extérieur face à la rivière. Nous bookons 2 activités avec eux : une balade en bateau sur la rivière Chobe et un game drive dans le parc de la Chobe River Front.
Nous commençons cet après-midi par la balade en bateau qui est très sympa à faire (démarre à 15h30 - 270 Pula par pers.) ! des centaines d'éléphants mâle traversent la rivière pour venir brouter l'herbe tendre des ilots. Des antilopes semi-aquatique ainsi que hippos et crocos sont présents, sans compter les oiseaux et les rapaces. Un spectacle magnifique.
Nuit au Water Lily Lodge
WATERLILY LODGE : P.O.BOX 405, KASANE, BOTSWANA TEL; (00267) 6251 775 - FAX; (00267) 6250 759 - EMAIL ADD; waterlily@botsnet.bw
J18 : KASANE
Ce matin nous avons rdv à l'aéroport de Kasane pour faire un survol vers les Chutes Victoria. J'ai réservé cette sortie avec Moremi Air une fois de plus. Mais le vol ne sera pas aussi agréable que celui du Delta de l'Okavango car il faut 40 mn aller-retour entre Kasane et Livingstone et l'on passe seulement 10 mn au dessus des chutes. Nous avons été très impressionné par les Chutes Victoria mais ce vol trop rapide laisse un gout de trop peu... 😐 On a passé plus de temps parmi les douanes et formalités de Livingstone et Kasane plutot qu'autre chose 😕. Je ne conseillerai donc pas ce vol, vu le prix en plus. D'autre part, mauvaise surprise à Livingstone, Moremi Air nous avait dit qu'on paierait seulement en plus $25 par personne pour les taxes, hors on a dû rajouter encore $20 pour le visa... 😠 Après le vol, c'est sur, on a été très tenté d'aller voir les Chutes en voiture mais il fallait faire des choix et on a préféré consacré nos journées à la Bande de Caprivi. Ce sera pour un prochain voyage j'espère du coup 😉
L'après-midi nous allons faire un game drive sur la Chobe River Front (départ 15h30 - 270 pula par pers.) : très sympa également, bcp d'animaux mais toujours pas de félins... (sniff ! 🙁). Par contre, je trouve que les guides s'approchent bcp trop près des éléphants... A un moment donné, je crois qu'on aurait pu se prendre un coup de trompe !
Nuit à Kasane au Water Lily Lodge
J19 : KASANE - NGOMA (Border Post) - KATIMA MULILO - BAGANI (558 km – B8)
Retour en Namibie après avoir traversé le poste de douane de Ngoma. Nous traversons la bande de Caprivi qui regorgent de jolis villages traditionnelles le long de la grande route goudronnée (B8). L'artisanat semble très présent dans ces régions, où l'on a croisé de nombreuses échoppes en bord de route.
Nous arrivons à Bagani, en sortie de Caprivi, en fin d'après-midi et trouvons un lodge au bord de la rivière, non loin des Popa Falls ou plutôt devrait-on dire Popa Rapids. Nous logeons au Nunda Lodge a qui je décernerai la palme du meilleur accueil ! 😎 Leur personnel est très accueillant et pour ne rien enlever l'endroit est charmant, du camping à leur bloc sanitaire, ou encore leur bungalow. L'endroit est calme et serein, une belle terrasse en bois offre une vue sur la rivière et permet d'assister au coucher de soleil sur l'Okavango.
Nunda lodge : camping 70NAD par personne - bungalow 850 NAD pour 2 avec petit dej et diner inclus. PO box 5271 , Divundu - tel +264 66 686070 - email : bookings@nundaonline.com - www.nundaonline.com
J20 - BAGANI
Ce matin nous avons booké un game drive avec le lodge pour le parc de Mahango, tout proche. Finalement nous aurions dû le faire par nous meme car le parc est simple à visiter et de plus notre guide, peu bavard, ne nous expliquera pas grand chose...😐 Le parc est très joli, on aperçoit de nombreux types d'antilopes, d'oiseaux, hippo et crocos. Il y a également de gigantestques baobas centenaires à voir. 😎
Nous partons nous balader avec notre 4x4 jusqu'aux rapides de Popa falls. La meilleure vue semble se tenir à partir du camp communautaire sur la berge en face de notre lodge. On paie un petit droit d'entrée et il est également possible d'y dormir.
Nous reprenons la route de notre lodge, arret à la petite école du coin où l'on donne cahier, stylo et qlq ballons achetés au supermarché pour les enfants. Un autre arrêt près de la rivière ramènera une multitude de bambins curieux autour de nous, avec lesquels nous partageons un sympathique moment.😊
Puis retour au lodge pour profiter de la quiétude des lieux : piscine, détente, lessive, lecture, ... 😎
J21- BAGANI - RUNDU - GROOTFONTEIN – C44 (5h)
Nous abordons notre descente vers Windhoek. Premier arrêt au Roy's camp situé entre Rundu et Grootfontein. Le camp a une déco très originale et personnelle : brique rouge, ossement, bois, ferraille. Un petit coté 'Mad Max' je dirai 😄 Le camp est très agréable, dommage que ce ne soit pas de même pour l'accueil : pas de bonjour, réponse sèche et maladroite... à se demander s'ils n'auraient pas dû choisir un autre métier s'ils n'aiment pas les gens 🤪 ?! Heureusement çà se rattrape sur le reste : bonne bouffe, prix raisonnable, camp au milieu d'une petite réserve. Le soir un point d'eau illuminé permet d'observer les animaux. Il est possible également d'effectuer des boucles à pied autour du camp (une de 2.5 km et une de 3.5 km). Les sanitaires sont biens excepté qu'on n'y voit rien dans les douches... Route non loin un peu bruyante.
ROY'S REST CAMP - PO Box 755 - Grootfontein Tel: +264 -67 240302 - Fax: +264 -67 240302 - E-mail: royscamp@iway.na
J22 : GROOTFONTEIN
L'intérêt de dormir dans cette région est d'aller voir le village San situé à 86km du Roy's Camp (et non pas 60km comme ils l'indiquent sur un panneau...). Ce village est un musée vivant : ici une communauté san recrée pour les touristes leur mode de vie traditionnelle. Je conseille vivement cette sortie, nous sommes restés 4h et avons adoré passer du temps avec eux. On y apprend plein de choses. Attention il faut un 4x4 pour accéder à leur village, bien qu'ils semblent etre en train de refaire un peu la route pour faciliter l'accès...
A notre arrivée on est accueilli par un bushmen qui nous propose de choisir entre plusieurs formules : on peut passer avec eux entre qlq heures, une journée ou plusieurs journées suivant votre choix. On opte pour la journée qui permet de découvrir les danses, les chants, faire une marche dans le bush avec un guide, apprendre à allumer un feu, tirer à l'arc et la visite de leur Craft center pour l'artisanat san. Cout de la journée : 270 NAD par pers.
Nous passons un merveilleux moment avec eux 😊 et pour finir je fais une razzia sur les bijoux san qui feront de beaux cadeaux souvenir et en plus, dont l'argent dépensé reviendra directement à leur communauté.😛
Living Museum of the Ju/’ Hoansi-San www.lcfn.info
Nuit au Roy's Rest Camp.
J23 : GROOTFONTEIN – OTJIWARANGO (2h45)- OKAHANDJA (380km) La fin du périple approche, il nous faut redescendre vers Windhoek. Nous décidons de passer la dernière nuit à Okahandja qui se situe à 70km de Windhoek et présente un énorme marché d'artisanat : parfait pour faire ses derniers achats souvenir et cadeau à la famille.
En route nous faisons différents stop : - un à Otjiwarongo pour manger au délicieux petit restaurant du Crocodile Ranch possibilité de faire la visite du ranch bien sur pour voir les crocodiles (40NAD par pers.) - un arret juste un peu avant Okahandja sur le C31 pour visiter le Ombo Oistrich Restcamp qui possède un élevage d'autruches, un croco, des phacochères, des tortues et de beaux oiseaux en cage. (20 NAD la visite guidée par pers.). Il est possible d'y manger et d'y camper également, petit boutique à disposition.
Nous arrivons à Okahandja et trouvons à nous loger à l'Auberge Omulonga tenue par un couple de français. L'endroit est charmant et les chambres très agréables (470 NAD la chambre double avec petit dej). Nous ne regrettons pas d'avoir été un peu chauvin et d'avoir choisi cette adresse. Christine nous accueille chaleureusement dans son Bed&Breakfast, son mari est absent, étant guide sur Etosha. Nous discutons avec elle et apprenons que cela fait 5 ans qu'elle est installée en Namibie, après un coup de coeur pour ce pays il y a maintenant 9 ans. On la comprend et on l'envie 😊
J24 : OKAHANDJA - WINDHOEK (71km)
Après un bon petit déjeuner avec chocolat chaud (premier depuis le début de notre périple) et après avoir dit aurevoir à notre hôte en promettant de revenir, nous faisons un tour au marché de Okahandja pour terminer nos derniers dollars namibiens avant le départ.
Nous arrivons tranquillement à Windhoek pour déjeuner. Nous décidons de retourner au Zoo Café qui nous avait plu il y a 2 ans déjà. Il fait bon en terrasse à l'ombre des arbres. L'endroit semble avoir été repris par des russes au vu du nouveau nom du lieu et de la carte. Cependant aujourd'hui on nous propose également des plats japonais en suggestion du jour : surprenant 😄 On passe nos dernières heures dans la capitale à siroter nos Rock shandy, Dry Lemon et à goûter à tous les gâteaux de la carte (cheesecake, carrot cake, foret noire. etc.) 😛
Nous avons rdv à Odyssey Car Hire vers 16h pour rendre le 4x4. Check rapide sans soucis. On nous raccompagne à l'aéroport où nous attend notre vol pour 20h. Retour avec Air Namibia impeccable. Tous les bagages ont bien suivi et pas de gros retard. Nous sommes une fois de plus ravis de notre périple et gardons l'espoir de revenir dans quelques temps.. « Jamais deux sans trois » après tout !!! 😛😛😛
Quelques chiffres : Plus de 5500 km parcourus en 24 jours Pas loin de 5000 photos
Quelques conseils : Nous sommes arrivés avec nos euros pour les changer sur place mais finalement, on aurait dû avant tout privilégié le retrait par CB et garder quelques centaines d'euro à changer juste pour le départ et si besoin.
Respecter bien les limites de vitesse sur les routes pour votre sécurité, celle des animaux et pour éviter de vous choper une prune ! les flics ont été très présents cette année sur les routes !
Et si c’était à refaire ? Pour les parcs de Moremi et Chobe, il faut vraiment pouvoir rester plusieurs jours dedans pour en profiter. Une nuit c’est trop peu et ne laisse pas le temps d’explorer grand-chose. Le survol des Chutes Victoria depuis Kasane ne vale pas trop le coup ; si on avait su, on aurait pris la journée pour aller les voir. Mais 2 jours sur place me paraissent mieux encore.
Pour l'album photo, faudra encore attendre.. c'est que çà prend du temps tout çà ! 😉 en attendant qlq photos en PJ 😎
Itinéraire pour Madagascar du 27 décembre 2010 au 22 janvier 2011? English translation pending
Bonjour à tous
En parcourant les discussions, je vois que beaucoup de bons connaisseurs fréquentent le forum... je viens donc chercher de l'aide pour préparer "un peu" notre voyage prévu du 27 décembre 2010 au 22 janvier 2011... "un peu" car je crois qu'il ne faut pas trop prévoir à mada et sans doute se laisser aller ou le vent nous mène (et aussi les cyclones😛)
Nous sommes 2 et nous souhaitons voyager en sac à dos, nous aimons la rando, les rencontres avec les gens, les couleurs, la verdure et les surprises!!
Bref, je lance cette discussion en espérant profiter de vos bons conseils! ...
Nous imaginions plus le sud ouest (bonne idée ou pas ? possible de faire plus en un mois) déplacements en taxi-brousses, pas de résa de logement(possible à cette saison je crois...), des treks sur place sans résa non plus (quels parcs?...), une descente en pirogue à organiser là bas aussi (quel fleuve? ) un peu de farniente masque et tuba-jolis poissons (où?)...
Je commence en parallèle à lire le lonelly, le routard et le futé que l'on m'a prêté (avec ça....)
A tout bientôt j'espère!
Babmal
Le flou politique vous empêche-t-il de venir à Madagascar? English translation pending
bonjour,
l'année 2011 reste un grand point d'interrogation sur l'avenir de cette destination.
les elections risquent d'être pour le moins animés. est-ce que cela vous oblige à différer votre sejour ou alors vous ne prenez pas en compte ce facteur.
comment est perçu le pays lorsqu'on le regarde de france.et correspond-il à ce que vous imaginiez (pour ceux déjà venus?)conseillerez-vous cette destination actuellement et pourquoi? à vos copie....
cordialement
Croisière Les perles de l'Océan indien en février 2011 English translation pending
Bonjour,
Nous partons en croisière au départ de la réunion en Février 2011. Afin d’optimise notre budget. Nous sommes deux adultes et un enfant. J’aimerais savoir le budget du séjour avec les consommations à bord du bateau et les excusions (Seychelles et Madagascar). Et très important notre fille serra âgé de 1ans doit ton prévoir son repas (petits pots....)?
Cordialement
Nous partons en croisière au départ de la réunion en Février 2011. Afin d’optimise notre budget. Nous sommes deux adultes et un enfant. J’aimerais savoir le budget du séjour avec les consommations à bord du bateau et les excusions (Seychelles et Madagascar). Et très important notre fille serra âgé de 1ans doit ton prévoir son repas (petits pots....)?
Cordialement
Hôtel Gran Bahia Principe Akumal English translation pending
Bonsoir,
Nous partons du 12 au 20 décembre à Cancun au Gran Bahia Principe Akumal avec 2 couples d'amis.
Que devons-nous visiter en priorité ? Comment s'y rendre ? Le coût ?
Pour la plongée "masque-tuba", y-a-t-il des endroits à privilégier ?
Le temps qu'il y fait en décembre ? Température de l'eau ?
Merci d'avance pour vos précieuses réponses qui me permettront de préparer notre séjour.
😉
Madagascar: excès de zèle de la gendarmerie à l’aéroport d'Ivato..... English translation pending
Bonjour,
Il vaut mieux être au courant que d'être surpris par un certain zèle des autorités de contrôle en cours actuellement .... Apparemment, pas à chaque vol mais l'habitude semble être prise pour quelques temps encore.....
http://www.laverite.mg/actualites-a-madagascar/exces-de-zele-de-la-gendarmerie-de-laeroport-divato-grogne-des-passagers.html
Il vaut mieux être au courant que d'être surpris par un certain zèle des autorités de contrôle en cours actuellement .... Apparemment, pas à chaque vol mais l'habitude semble être prise pour quelques temps encore.....
http://www.laverite.mg/actualites-a-madagascar/exces-de-zele-de-la-gendarmerie-de-laeroport-divato-grogne-des-passagers.html
Votre avis sur les pays d'Amérique Centrale? English translation pending
Dans trois semaines j'arriverai au Mexique, point de départ d'un voyage nord > sud à travers le continent américain (durée indéterminée).
Je prévois de visiter le Mexique et le Guatemala, mais ne connais pas du tout les autres pays d'Amérique centrale, aussi j'aimerais avoir votre avis. Je n'ai pas trop de planning, mais me disais que cheminer tranquillement par la voie terrestre serait une bonne idée. Reste à savoir si toutes les étapes valent la peine sur ce parcours...
- Nicaragua, Honduras, Salvador, Costa Rica et Panama vous semblent ils tous dignes d'intérêt ? - Le Salvador a mauvaise presse (délinquance) : cette réputation d'insécurité vous a-t-elle semblé justifiée ? - Certains voyageurs croisés en Asie m'ont expliqué que le Costa Rica était un pays assez cher (en termes régionaux), et américanisé. Partagez-vous cet avis ? - Globalement, que retirez-vous de votre périple en Amérique Centrale (intérêt, contact avec la population, sécurité, etc) ?
Merci d'avance pour votre aide, amis voyageurs ! 🙂
Je prévois de visiter le Mexique et le Guatemala, mais ne connais pas du tout les autres pays d'Amérique centrale, aussi j'aimerais avoir votre avis. Je n'ai pas trop de planning, mais me disais que cheminer tranquillement par la voie terrestre serait une bonne idée. Reste à savoir si toutes les étapes valent la peine sur ce parcours...
- Nicaragua, Honduras, Salvador, Costa Rica et Panama vous semblent ils tous dignes d'intérêt ? - Le Salvador a mauvaise presse (délinquance) : cette réputation d'insécurité vous a-t-elle semblé justifiée ? - Certains voyageurs croisés en Asie m'ont expliqué que le Costa Rica était un pays assez cher (en termes régionaux), et américanisé. Partagez-vous cet avis ? - Globalement, que retirez-vous de votre périple en Amérique Centrale (intérêt, contact avec la population, sécurité, etc) ?
Merci d'avance pour votre aide, amis voyageurs ! 🙂
Avis sur itinéraire Pérou-Bolivie début mai pour 30 à 40 jours? English translation pending
Bonjour a tous
J'ai 26 ans, je voyagerai en solo et disposerai de 30 a 40 jours a partir de debut mai 2011 Que pensez vous de mon itineraire perou - bolivie ?
Jour 1 : arrivée lima Jour 2 : matinee libre pr visiter lima puis route vers pisco Jour 3 : Iles balastas + buggy dans le desert, route vers nasca Jour 4 : Survol des lignes de nazca + snowboard sur sable puis route vers arequipa Jour 5 : visite libre arequipa Jour 6, 7, 8 : Treking canyon de la colca Jour 9 : transfert puno puis visite libre de la ville Jour 10 : Lac titi caca en 1 seul jour, pas de nuit sur le lac Jour 11 : Route vers cuzco en bus touristique de jour + visite de la ville Jour 13, 14 : visite alentours cuzco valee sacree Jour 15, 16, 17, 18 : chemin de l'inca + macchu picchu Jour 19 : repos + via ferreta cuzco Jour 20 : Vol la paz + visite libre la paz Jour 21 : Route vers uyuni Jour 22, 23, 24, 25 : Salaar de uyuni + Sud lipiez Jour 26 : Route vers Potosi + visite libre Jour 27 : visite des mines d'argent + route vers sucre Jour 28, 29 : visite des alentours de sucre + vol la paz Jour 30 : Descente de la mort en VTT Jour 31 : vol pour Lima + visite libre Jour 32 : retour en france
Ceci est mon itineraire "therorique". Je me doute bien qu'il faille prevoir quelques jours de marge notament en cas de blocages. Je pense booker mes billets d'avions sur une periode de 40jours. S'il me reste du temps à la fin j'irai faire un tour dans la jungle 😛
J'ai 26 ans, je voyagerai en solo et disposerai de 30 a 40 jours a partir de debut mai 2011 Que pensez vous de mon itineraire perou - bolivie ?
Jour 1 : arrivée lima Jour 2 : matinee libre pr visiter lima puis route vers pisco Jour 3 : Iles balastas + buggy dans le desert, route vers nasca Jour 4 : Survol des lignes de nazca + snowboard sur sable puis route vers arequipa Jour 5 : visite libre arequipa Jour 6, 7, 8 : Treking canyon de la colca Jour 9 : transfert puno puis visite libre de la ville Jour 10 : Lac titi caca en 1 seul jour, pas de nuit sur le lac Jour 11 : Route vers cuzco en bus touristique de jour + visite de la ville Jour 13, 14 : visite alentours cuzco valee sacree Jour 15, 16, 17, 18 : chemin de l'inca + macchu picchu Jour 19 : repos + via ferreta cuzco Jour 20 : Vol la paz + visite libre la paz Jour 21 : Route vers uyuni Jour 22, 23, 24, 25 : Salaar de uyuni + Sud lipiez Jour 26 : Route vers Potosi + visite libre Jour 27 : visite des mines d'argent + route vers sucre Jour 28, 29 : visite des alentours de sucre + vol la paz Jour 30 : Descente de la mort en VTT Jour 31 : vol pour Lima + visite libre Jour 32 : retour en france
Ceci est mon itineraire "therorique". Je me doute bien qu'il faille prevoir quelques jours de marge notament en cas de blocages. Je pense booker mes billets d'avions sur une periode de 40jours. S'il me reste du temps à la fin j'irai faire un tour dans la jungle 😛
Ascension du Mont Rinjani et compagnons de grimpette à l'occasion English translation pending
Bonjour,
Voila je pars environ 3 semaines en Indonésie, je commence par une dizaine de jours au timor, pour rejoindre un ami. Ensuite je voudrais aller à Lombok pour l ascension du Mont Rinjani, Mes question sont: - Pour faire Kupang Mataram quel est le moyen de transport le plus simple et rapide? - Est il possible de faire l ascension du mont Rinjani si je ne trouve personne pour grimper avec moi? (Les guides partent ils avec une seule personne?) - Et si j arrive le 8 ou 9 novembre pourrais- je espérer faire la rando à partir du 10? sans rien avoir réservé? - Si jamais vous avez les mêmes dates que moi pour l ascension du Rinjani (entre le 9 et le 14 novembre) faites moi signe.😉 En vous remerciant par avance de vos précieuses réponses.
Voila je pars environ 3 semaines en Indonésie, je commence par une dizaine de jours au timor, pour rejoindre un ami. Ensuite je voudrais aller à Lombok pour l ascension du Mont Rinjani, Mes question sont: - Pour faire Kupang Mataram quel est le moyen de transport le plus simple et rapide? - Est il possible de faire l ascension du mont Rinjani si je ne trouve personne pour grimper avec moi? (Les guides partent ils avec une seule personne?) - Et si j arrive le 8 ou 9 novembre pourrais- je espérer faire la rando à partir du 10? sans rien avoir réservé? - Si jamais vous avez les mêmes dates que moi pour l ascension du Rinjani (entre le 9 et le 14 novembre) faites moi signe.😉 En vous remerciant par avance de vos précieuses réponses.
Hôtel Decameron Salinitas au Salvador: à quel prix? English translation pending
Bonjour à tous et merci de me lire.
Voilà, notre décision est prise et nous partons au El Salvator pour 2 semaines a l'hotel Decameron Salinitas vers le 17 janvier 2011. Nous avons trouvé un forfait au départ de Montreal à $1614.
Est-ce un bon prix? Comment avez vous payez?
Nous sommes pret à acheter dans les jours prochains.
Merci beaucoup!
Gaston
Voilà, notre décision est prise et nous partons au El Salvator pour 2 semaines a l'hotel Decameron Salinitas vers le 17 janvier 2011. Nous avons trouvé un forfait au départ de Montreal à $1614.
Est-ce un bon prix? Comment avez vous payez?
Nous sommes pret à acheter dans les jours prochains.
Merci beaucoup!
Gaston
Meilleur endroit en Égypte pour le mois de janvier? English translation pending
Bonjour
je souhaite partir en janvier en mer rouge
J' aimerai savoir qu' elle et le meilleur endroit pour cette periode:
Hurgada, Sharm el-scheik, Taba ou Marsa Alam
Merci
Patagonie - Les Parcs Nationaux English translation pending

Voici mon site dédié à la Patagonie avec les différents parcs que j'ai parcouru durant 3 voyages, de 2009 et 2013. Pour certains, j'ai eu l’occasion d'y aller plusieurs fois, comme Nahuel Huapi (4 fois), Los Glaciares (3 fois), Torres del Paine (2 fois).
En Argentine Parc National Lanin Parc National Nahuel Huapi Parc National Los Glaciares
Au Chili Parc National Torres del Paine Parc National Villarrica Parc National Vicente Pérez Rosales
Pour chaque parc, il y a un récit, l'itinéraire détaillé, un diaporama photo, une liste de l’équipement...
A retrouver sur www.patagonie.dubuis.net 🙂
Extrait d'un dés récits Jour 1 - 11/12/09 : Du Camping lago Roca au Cerro de los Cristales Départ : 10h30 - Arrivée : 17h00 | +1190/-210m - 7,5km - 3h30
Après notre trek dans la partie Nord du Parc des Glaciers, du côté du Cerro Fitz Roy, nous nous sommes rendus à Torres del Paine, au Chili. Nous voilà de retour en Argentine, mais cette fois-ci dans la partie Sud du Parc des Glaciers.
Nous nous sommes mis en route pour rejoindre le Cordon de los Cristales. Le minibus nous amène jusqu'au camping du lago Roca. Rien que ce trajet sur la piste, où le paysage est magnifique, nous éloigne de la Patagonie touristique. Nous avons enfin cette sensation de nous trouver dans les grands espaces qu'est la Patagonie. Arrivés au camping, nous achetons une cannette de bière pour trinquer ce soir. Car aujourd'hui, c'est mon anniversaire et nous n'avons même pas pensé à prendre quoique ce soit pour le fêter… J'étais bien trop impatient d'arriver ici et à regarder les cartes pour penser à mon anniversaire.
Nous commençons la marche en direction des peintures rupestres. Il s'agit d'un gros bloc rocheux situé au pied du cordon, sur lequel se trouvent quelques dessins qu'il faut deviner plus qu'autre chose. Puis, nous empruntons le sentier qui mène au Cerro. Un petit sentier qui monte doucement en direction de la crête du Codon de los Cristales, offrant au fur et à mesure qu'il grimpe, une vue exceptionnelle. A midi, nous avons droit à un panorama sur les lagos Brazo Sur et Roca avec en arrière plan le glacier Perito Moreno ! Le glacier le plus célèbre de Patagonie, avec un front de 5 kilomètres de large sur 80 mètres de haut (au dessus de la surface du lago), il est l'un des trois seuls glaciers de Patagonie à ne pas être en régression. Nous poursuivons notre ascension jusqu'au sommet, le sentier devient alors plus raide, rocailleux et quelques névés se dévoilent. Nous atteignons sans difficulté le Cerro de los Cristales culminant à 1282 mètres d'altitude et là… Ouahouuuuuuu ! Quel panorama à 180 degrés ! Au Nord, nous avons une vue sur l'ensemble du Parc de Glaciers, du sommet où nous nous trouvons qui marque la frontière Sud du parc, jusqu'au Fitz Roy au loin qui indique la limite Nord. Entre les deux se trouve le lago Argentina et ses Brazos dans lesquels le Perito Moreno vient plonger. Au Sud, c'est Torres de Paine qui se dresse devant nous avec ses trois magnifiques Torres ! A l'Ouest, c'est la Cordillère des Andes avec sa barrière montagneuse de hauts sommets enneigés, qui renferme le glacier Hielo Continental. A l'Est, la pampa, plate, à perte de vue. Nous restons longtemps là-haut, sous le vent, à contempler cette Patagonie grandiose. Puis, nous repérons un coin pour installer notre bivouac, 30 mètres en contrebas du sommet, sur un replat. Mais avant cela, nous devons récupérer nos sacs, que nous avions laissés 150 mètres plus bas…
Le bivouac s'annonce de toute beauté et avec une vue comme celle-ci, je ne pouvais rêver mieux pour fêter mes 31 ans. En plus, nous avons droit à un véritable ballet de condors juste au dessus de nos têtes. Nous les voyons arriver de l'Est, de la pampa où ils ont été déjeuner, pour se diriger vers les hauts sommets à l'Ouest, afin d’y passer la nuit.
Jour 2 - 12/12/09 : Du Cerro de los Cristales au lago Brazo Sur Départ : 9h40 - Arrivée : 18h00 | +475/-1480 - 15km - 6h40
Le ballet de condors continue ce matin, mais cette fois, ils quittent les montagnes pour se rendre dans la pampa. Dormant sur les hauteurs, nous avons eu pas mal de vent cette nuit, et le réveil est frisquet. Nous longeons la magnifique petite crête vers le Sud-Ouest, sous un vent glacial de folie, mais agrémenté d’un panorama toujours aussi beau que depuis le sommet. Enfin, j’ai la sensation de vivre cette Patagonie sauvage. Nous croisons bien évidement personne, nous apercevons uniquement quelques traces d’animaux. Sous l’effet des rayons du soleil, la crête scintille sur toute sa longueur. Elle est recouverte de petits morceaux de quartz, d’où son nom Cristales. La crête semble pouvoir être quittée à peu prés n'importe où sur sa face Nord, par contre sur la Sud c'est moins perceptible. C'est justement sur ce versant que nous souhaitons descendre. Alors lorsqu'un passage nous parait accessible, nous n'hésitons pas, nous nous faisons une petite descente hors sentiers battus. Pierrier, névé, forêt…
Une fois arrivés bas, dans la vallée du rio Cachorro, la météo ainsi que le paysage en sont transformés. Abrité du vent, nous avons maintenant bien chaud, nous déjeunons en plein soleil, mon thermomètre affiche 40°C ! Quant au paysage, les cours d'eau et le soleil l'ont parsemé de petites fleurs
Puis c'est une longue descente jusqu’en fond de vallée, où nous traversons des pâturages d’estancia, et qui nous amène sur la rive du lago Brazo Sur. C'est là, dans une petite crique que nous posons notre tente pour y passer la soirée. Malheureusement, l'eau est bien trop froide pour pouvoir s'y baigner… Dommage, car il fait vraiment beau ce soir, nous restons dehors jusqu'à 22 heures.
Jour 3 - 13/12/09 : Du lago Brazo Sur au camping lago Roca Départ : 9h20 - Arrivée : 15h00 | +185/-160 - 13km - 4h00
Nous entamons notre dernier jour de marche en Patagonie. Nous finissons ce voyage sous une chaude journée une nouvelle fois. Nous avons vraiment eu une météo exceptionnelle. Nous longeons les lagos Brazo Sur et Roca en compagnie d'une multitude d'oiseaux. Les chevaux, les vaches et les moutons qui occupent une place importante en Patagonie sont également bien présents.
Arrivée au camping, alors qu'il était désert il y a deux jours, il est cette fois-ci plein à craquer. Nous sommes dimanche, il fait beau, les Argentins sont venus passer le week-end en famille au bord du lac, pour pécher, pique-niquer, s'amuser… Pour notre part, nous avons le temps de déguster un maté en attendant le minibus qui nous ramènera à El Calafate.
Traitement anti-paludisme pendant un tour du monde: avis sur Doxycyline? English translation pending
Bonjour, avec mon copain nous partons six mois en TDM à partir de fin décembre: mexique, belize, chili, argentine, thailande, birmanie, népal et indonésie.
A part pour l'Amérique du sud, les pays sont exposés au pallu.
A l'institut pasteur, on nous a conseillé de juste prendre la malarone pour les 2 semaines qu'on passera en Thailande du nord et pour le reste juste moustiquaire et répulsifs.
Moi, ça me fait un peu peur, je voudrais votre avis sur la doxycycline ou doxypallu?
Pour ceux qui l'on pris, est ce que vous avez eu des effets secondaires? est ce qu'on peut quand même s'exposer un peu au soleil? (car je veux quand même profiter des plages mexicaines, belize et thailande.) Si on met une bonne crème solaire est ce que ça va?
Bon voilà, toute info est bonne pour m'aider à faire un choix! Merci beaucoup.
Pour ceux qui l'on pris, est ce que vous avez eu des effets secondaires? est ce qu'on peut quand même s'exposer un peu au soleil? (car je veux quand même profiter des plages mexicaines, belize et thailande.) Si on met une bonne crème solaire est ce que ça va?
Bon voilà, toute info est bonne pour m'aider à faire un choix! Merci beaucoup.
Voyage à pied en Algérie English translation pending
bonjour, nous nous appretons a partir dans la tadrart fin octobre nous hesitons entre deux agences: la route du sahara et Zeriba voyages...qui choisir d'apres vous qui les connaissez peut etre?
Carbets en Guyane? English translation pending
bonjour tout le monde!
je prépare un voyage début 2011 en guyane d'environ 2 mois en mode un peu roots, c'est un premier voyage test pour voir si je veux m'y installer. (j'ai déja vécu au guatemala)
etant déja dans les préparatifs, je souhaiterai savoir les lieux ou on trouve des carbets, s'il y en a partout en guyane et meme dans les villes comme cayenne, je demande cela car je n'ai pas un budget enorme, et etant donné que je vais la bas (entre autre) pour rechercher du boulot, il faudra forcément que je passe par les grandes villes.
Merci pour vos réponses!!!
je prépare un voyage début 2011 en guyane d'environ 2 mois en mode un peu roots, c'est un premier voyage test pour voir si je veux m'y installer. (j'ai déja vécu au guatemala)
etant déja dans les préparatifs, je souhaiterai savoir les lieux ou on trouve des carbets, s'il y en a partout en guyane et meme dans les villes comme cayenne, je demande cela car je n'ai pas un budget enorme, et etant donné que je vais la bas (entre autre) pour rechercher du boulot, il faudra forcément que je passe par les grandes villes.
Merci pour vos réponses!!!
Voyage sac à dos de deux mois et demi en Europe English translation pending
Bonjour, ma copine et moi sommes 2 canadiens voulons partir environ 2 mois et demi l'an prochain en Europe avec notre pack sac sur le dos. Par contre nous avons plusieurs questions qui restent encore sans réponse.
- Devons-nous avoir un visa pour entrer en République tchèque - Nous hésitons entre atterrir à Malaga ou à Séville, quelle ville pensez vous qui est la plus attrayante sachant que nous allons en faire qu'une seule entre les deux - Ensuite, nous voulons prendre un traversier pour passer de Barcelone à Livorno, mais nous ne savons pas qu'est-ce qu'il y a à faire dans les environs. Il y a la tour de pise mais sinon on en a aucune idée. - On se demande également si la Roma Pass est vraiment un choix sensé pour visiter Rome où pas, sachant que les musées d'art ne sont pas le genre d' attraction qui nous intéresse - Nous voulons aller faire un tour à Pompéi et à Naples. Des suggestions?
Finalement, est-ce que quelqu'un sais si la carte étudiante internationale est utile en Europe (pour les tarifs étudiant dans les trasports, les attractions etc.)?
Merci Beaucoup!
Antoine et Marie-Pier!
- Devons-nous avoir un visa pour entrer en République tchèque - Nous hésitons entre atterrir à Malaga ou à Séville, quelle ville pensez vous qui est la plus attrayante sachant que nous allons en faire qu'une seule entre les deux - Ensuite, nous voulons prendre un traversier pour passer de Barcelone à Livorno, mais nous ne savons pas qu'est-ce qu'il y a à faire dans les environs. Il y a la tour de pise mais sinon on en a aucune idée. - On se demande également si la Roma Pass est vraiment un choix sensé pour visiter Rome où pas, sachant que les musées d'art ne sont pas le genre d' attraction qui nous intéresse - Nous voulons aller faire un tour à Pompéi et à Naples. Des suggestions?
Finalement, est-ce que quelqu'un sais si la carte étudiante internationale est utile en Europe (pour les tarifs étudiant dans les trasports, les attractions etc.)?
Merci Beaucoup!
Antoine et Marie-Pier!
Transports en commun au Yucatan? English translation pending
Bonjour,
J'aimerais savoir s'il existe des circuits de transports en commun dans la péninsule du Yucatan. Autobus, trains, taxi pouvant nous permettre de se déplacer d'un village à l'autre sans avoir nécessairement recours à la location d'une voiture.
Je m'intéresse principalement aux villes de Xtepen, Mérida et Cancun ainsi qui bien d'autres.
Au plaisir d'avoir vos suggestions. Merci
Au plaisir d'avoir vos suggestions. Merci
Alaska! English translation pending
Bonsoir à tous,
Voici le récit de notre voyage de cet été 2010 en Alaska.
Ce ne fut pas toujours un long fleuve tranquille!
Pour le récit illustré, cliquez ici
Bonne lecture!
ALASKA ! Enfin ! L’idée d’aller en Alaska nous turlupinait, Fred et moi, depuis longtemps. On n’avait cependant pas envie de survoler superficiellement cet immense état américain (le plus grand, 3X la France) On voulait le découvrir sous son aspect le plus sauvage, loin de la civilisation, loin des routes, au plus près de la nature. Pas facile en 3 semaines de vacances. Pas facile avec 3 enfants. Il nous a donc fallu attendre patiemment qu’ils grandissent, physiquement mais aussi dans leur tête, car nous nous doutions que le wilderness sous ces latitudes est vraiment très « wild ». Bref, nous (Marie, Fred, Caroline 17 ans, Arnaud 15 ans et Marion 14 ans) débarquons enfin à Anchorage ce 01/08/10 et récupérons nos 180 kg de bagages… 180 kg !? Oui, on prévoit de commencer par une semaine de camping itinérant en kayak de mer, suivie de 4 jours de descente en raft : tout ça nécessite un sacré fourbi, d’autant que nous emmenons notre canoë gonflable. Comme je me doute que notre résistance à la rude vie au grand air alaskan risque d’avoir ses limites, je choisis de terminer notre voyage par la location d’un camping car pendant 10 jours. Avec un tel programme nous n’allons découvrir qu’une infime partie de l’Alaska, à notre rythme. Ce sera l’occasion d’y retourner !
Cogitations/préparatifs Pour les prix, voir dans la partie budget à la fin VOL Pour le vol, rien de bien compliqué : Condor Airlines, filiale lowcost de Lufthansa, opère des vols directs pour Anchorage depuis Francfort. 2h30 de route de Nancy, aéroport très pratique. Bien que cher (presque 1000 euro A/R) on n’hésite pas longtemps devant l’attrait d’un vol direct et le prix de toute façon assez élevé aussi des vols avec escale (pb des retards, correspondances ratées, bagages perdus, passage de douane…) passant par les US ou le Canada. KAYAK DE MER On avait adoré notre virée en kayak au Groenland et bien envie de recommencer. Le but était de se balader dans des espaces vierges, sans trop d’humains, sans ferry, bateau de pêche, vedettes à moteur… Bref sans autre bruit que celui des cascades, du vent et de la mer, des animaux et du crépitement des glaçons mêlé aux craquements sinistres des glaciers.. Euh….j’avais oublié celui de…la pluie ! Après avoir comparé les mérites respectifs de Valdez, Seward, Homer et Whittier (dans tous ces endroits on trouve à louer des kayaks de mer), je choisissai finalement cette dernière. Whittier est un endroit absolument glauque, le pot de chambre de l’Alaska avec une pluviométrie record, mais c’est une bonne base de départ vers la partie ouest du PWS (Prince William Sound : gigantesque baie parsemée d’îles, située au SE d’Anchorage) qui est une zone très abritée de la houle océanique du fait de la présence de nombreuses îles. Bien sûr il y a des endroits avec plus de glaciers (Valdez), plus d’animaux (Seward), mais cette zone me parait réunir pas mal d’atouts : protégée de la houle, quelques glaciers, de bonnes chances d’y voir des animaux, pas trop de difficulté pour y bivouaquer (la forêt pluviale, exubérante vient souvent jusqu’à la limite de la haute mer) Après quelques échanges de mail, je retenai Epicchartesr (Brooke le patron n’a pas été avare d’informations sur le coin) pour louer les kayaks : 2 doubles+1 simple. S’éloigner de la civilisation a un coût certain en Alaska car l’absence de route sur la plus grande partie de cet état nécessite le recours à un avion, hydravion ou bateau. En l’occurrence c’est en « watertaxi » (toujours avec Epiccharters) que nous nous ferons déposer à environ 75 km au sud de Whittier (au-delà des zones de pêche), puis récupérer un peu plus loin une semaine plus tard. Pourquoi ne pas prendre un tour guidé ? Ben… parce que quand on ne peut compter que sur soi-même, les sensations sont décuplées !
RAFT C’est précisément pour éviter le coût non négligeable d’une dépose aérienne (à 5+ matos de camping+bateaux il faut 2 rotations car les coucous sont minuscules) que je choisissai finalement de descendre la Chulitna. Après avoir demandé des devis pour accéder à des rivières perdues dans le nord de l’état, je réalisais que, d’une part cela ferait exploser le budget, d’autre part cela nous demanderait d’y consacrer beaucoup de temps (il faut le temps de monter là-haut et d’en redescendre+journée de sécurité pour le vol de dépose, idem pour la reprise) 3 ou 4 jours me semblaient la bonne durée : assez longue pour bien entrer dans l’ambiance du trip, assez courte pour ne pas engendrer de monotonie. Les enfants voulaient que ça bouge un peu (on a été servi…) Je ne voulais pas d’une rivière trop près d’une route. Je ne voulais pas de portage. Je voulais enfin avoir la possibilité de voir des animaux et de beaux paysages. Je jetai donc mon dévolu sur la Chulitna pour laquelle le point de mise à l’eau est accessible par la George Parks Highway et qui après 77 miles passe – comme c’est pratique- dans le village de Talkeetna. La Chulitna passe dans la même vallée que la George Parks Highway, à une distance de plusieurs km si bien qu’on ne perçoit pas sa présence (sauf sur qq km au début où l’on entend un peu la circulation). En cas de problème il ne faut toutefois pas trop compter pouvoir rejoindre la route car le terrain est difficile : forêt impénétrable, marais, ravins… Elle longe sur son flanc est tout le massif du Denali, plus haut sommet d’Amérique du nord qui culmine à 6029m. Elle court ainsi dans une vallée glaciaire du nord vers le sud, recevant plusieurs affluents qui augmentent considérablement son débit (de 1 à 4 entre le début et la fin de notre parcours) Cette rivière étant classée II+ voir III en cas de fort débit, je préférai louer un raft plutôt que des canoës gonflables . (Bien m’en a pris, boudiou !) Craignant que les enfants ne s’ennuient sur le raft, je décidai d’amener notre canoé gonflable (super bonne idée) Je réservai donc un raft Aire de 15’chez Alaska Raft Connection (à Anchorage) dont le patron Brian est très réactif. J’ajoutai dans nos bagages une galerie gonflable Handyrack et des sangles car transporter un raft et ses avirons n’est pas une sinécure.
VOITURE Après plusieurs jours de recherche sur le net, je tombai enfin sur un tarif tout à fait raisonnable (pour l’Alaska hein !) pour la location d’un Dodge Grand Caravan chez Alamo. C’est fou, les prix vont de 1 à 5 ! Bien chercher avant de se décider donc. Pourquoi louer une voiture pour faire du kayak et du raft ?! Ben, pour les transferts pardi ! En fait, les transports en communs pour 5 sont + chers qu’une location et en plus impraticables avec tout notre fourbi. Pas le choix donc, même si ça fait râler de louer une voiture pour la laisser 7+4 jours au parking… Voiture quasi neuve, 12000 miles au compteur, récupérée en 5 minutes en arrivant à l’aéroport.
CAMPING CAR Bien moins cher à partir du 15 août, on a sauté sur l’occasion. On a donc loué pour 10 jours chez Great Alaskan Holidays un camping car de 25’, nécessaire et suffisant pour 5 personnes. On ne voulait pas plus grand afin de pouvoir rester relativement « agile »… Organisation parfaite, camping car étincelant. Il y a PLEIN de camping cars en Alaska et ça se comprend : on peut s’arrêter où on veut, en « pleine nature », en toute légalité (ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres états américains). Vu les distances, la rareté et le coût de l’hôtellerie, la qualité de la « restauration » tout-venant, c’est une solution qui serait presqu’idéale si ces bestiaux ne consommaient pas 25 l/100 km minimum (26 en ce qui nous concerne en roulant hypercool)
SECURITE Rassurez-vous je ne parle pas des Américains, en général vraiment sympas mais de la Nature et de ses Habitants. Prévoyant de nous balader dans des coins perdus, en bonne santé mais pas à l’abri d’une gamelle, crise d’appendicite - que sais-je encore - dans une nature réputée pour sa population d’ours (noir et grizzly) je préférai louer (chez Alaska raft Connexion toujours) un téléphone satellite et un bear spray (spray répulsif contre les ours) pour la partie kayak et raft. Je louai aussi (cette fois chez Epiccharters) une VHF (finalement inutile car il n’y avait pas un chat là où nous avons fait du kayak et la portée de cet appareil est très limitée) Enfin je décidai de fabriquer une « bear fence », clôture électrique anti-ours (destinée à entourer la tente), afin de pouvoir dormir un peu plus sereinement. J’ai trouvé tous les ingrédients en Europe (je ne voulais pas commander aux US à cause des frais de douane+dossier éventuels) Evidemment cet attirail ne dispense pas de respecter aussi scrupuleusement que possible les consignes pour éviter des rencontres trop rapprochées avec les ours. La rando en kayak se déroulant dans la Chugach National Forest, Epiccharters avait récupéré pour nous auprès du visitor center cinq boîtes anti-ours destinées à stocker la nourriture et les trucs odoriférants qui pourraient intéresser ces gourmands. Bien pratiques pour s’asseoir mais d’un volume insuffisant pour une semaine d’autonomie. Un peu encombrantes dans les kayaks même si heureusement elles tenaient verticalement entre nos jambes. Pas étanches, dommage.
Le voyage (Dim 01/08/10) Ouf, l’hôtesse de l’enregistrement ne moufte pas quand elle nous voit enregistrer 8 sacs pour 5 personnes. Depuis peu la franchise de bagages en soute est limitée à 1 sac de 23kg/personne mais comme les billets ont été achetés l’année dernière, nous bénéficions encore des 2X23kg. On décolle enfin avec 3h de retard (on s’est donc levé à 4h du mat pour rien…) 8h45 plus tard, après avoir survolé le Groenland puis (chance !) aper��u le Denali émergeant d’une mer de nuages, nous nous posons vers 14h à Anchorage. Il fait gris mais il ne pleut pas, environ 17°C. On récupère la voiture au terminal domestique en un clin d’œil et après nous être trompés d’adresse (j’avais noté l’adresse postale, ne nous énervons pas… une adorable commerçante nous a retrouvé la bonne adresse sur le net), on déniche enfin Alaska Raft Connection, dans un hangar près de Lake Hood juste à côté de l’aéroport pour récupérer le tél satellite et le bear spray. Le dépaysement est immédiat car ce lac sert en fait d’aérodrome pour les hydravions. Il y en a des centaines, garés sur l’eau ou sur les parkings. Si le trafic sur le gros aéroport parait modeste, ici, ça turbine ! Ce spectacle nous occupe bien en attendant que notre téléphone atterrisse ! Enfin, il arrive : une famille de Suédois (avec un garçon de 15 ans et une fille de 18 ans) vient de rentrer en hydravion d’une randonnée de plusieurs jours en raft sur la Talachulitna River. Ils ont attendu leur hydravion pendant plus de 24h à cause du mauvais temps et sont affamés. Ils ont eu de la pluie quasiment en permanence… On compatit… « I wouldn’t do it again » dit sobrement la maman. Bien, bien, bien… Je me rassure en me disant que la météo a l’air tout à fait correcte pour les jours à venir. Ils ont tout de même vu un ours, un lynx, des élans et pas mal de moustiques (ça m’inquiète un peu cette appréciation, surtout venant de Suédois !) Brian nous explique que le mois de juillet a battu tous les records de pluviométrie. Bon…ça ne peut que s’améliorer en août, pas vrai ? Bref, ils avaient 2 tél satellite (on n’est jamais trop prudent mais j’avoue que ça ne m’était pas venu à l’idée. Peut-être avaient-ils des impératifs professionnels ou familiaux nécessitant de fréquents appels) On récupère celui qui n’a pas servi et dont la batterie est pleine. Direction ensuite le Wal Mart pour les courses de bouffe et achat de gaz : on vide le rayon de ses 4 dernières petites cartouches. Enfin nous prenons la route en direction de Girdwood , petit village situé à environ 1h de route d’Anchorage en direction de Whittier, le long du Turnagain Arm, gigantesque bras de mer entre Anchorage et la Péninsule de Kenai. Le temps est bouché, je suis cuite, ça circule énormément, pas de photos. Il y a un monde fou sur cette route mais les chambres que j’ai réservées dans l’AJ de Girdwood : GABI (Girdwood Alaska Backpacker Inn) sont au calme sur l’arrière. A 20h après 26h de route/avion/courses/route, on s’écroule enfin !
En route vers Point Nowell (Prince William Sound PWS) Lu 02/08 Avec 10h de décalage horaire, on est réveillé à l’aube et ça tombe bien car on a RDV à 7h45 avec Epiccharters. Pas le temps de profiter de l’auberge, pourtant bien sympathique. On passe le tunnel (12$, circulation alternée sur une seule voie pour les voitures et le train) sans attente si bien qu’on a le temps de visiter Whittier et ses alentours (il n’y a que qq km de routes) Sous la pluie, dans le brouillard, on aperçoit notre premier aigle pêcheur, ravis. On se rend compte qu’avec la fatigue d’hier on a mal compté le nombre de jours de bouffe à acheter : du coup on rachète à prix d’or un ou deux paquets de nouilles à la petite épicerie du coin et on se laisse tenter par une machette/scie qui plait bien aux garçons. Quelle bonne idée ! Les kayaks nous attendent, parfaitement préparés, disposés sous un auvent (ça tombe bien il pleut toujours) juste en haut de la passerelle qui mène au ponton où est amarré le bateau. Matériel impeccable (2 Seda Tango et un Prijon Seayak ), rien ne manque. On récupère la VHF. Grand déballage de printemps, on retire tous les emballages inutiles, emballe tout ou presque dans des sacs étanches. Pas le temps de vérifier que ça rentre dans les kayaks, faudra bien ! Après avoir signé moult décharges, embarqué les kayaks sur le watertaxi, écouté comme dans l’avion les consignes de sécurité (difficile de ne pas sourire discrètement), c’est parti pour 1h30 de navigation tape-cul à fond avec les 2 moteurs de 200 CV. Le GPS indique 55 km/h. Faites le calcul… Sur le trajet on ne voit pas grand-chose, brouillard… On arrive un peu groggy sur la plage (de galets hein !) de Point Nowell : en un clin d’œil nous voilà débarqués avec armes et bagages. « Enjoy ! » nous lance Brooke puis le bateau disparait très vite dans le brouillard. Bon ben, ‘y a plus qu’à ! Le tour du propriétaire est vite fait : la plage fait 300 m de long, 30 de large (3 à marée haute), au-delà la côte est faire de rochers infranchissables. Sur toute sa longueur elle est bordée d’une épaisse forêt pluviale. Seul 2 ou 3 endroits permettent de planter une tente à sa lisière. On choisit le plus plat, juste suffisant pour notre tente de 6 personnes. On n’y voit pas à 10 m dans cette forêt et moi qui depuis des mois lis tous les jours des histoires d’ours, je n’en mène pas large ! Les autres me prennent pour une parano, à jeter sans arrêt des coups d’oeil dans tous les coins. En plus il y a des crottes d’ours un peu partout ! Très vite, on retrouve nos habitudes de bivouac en famille : Caroline et moi montons la tente tandis qu’Arnaud et Marion ramassent du bois pour faire un feu (heureusement il y a plein de bois flotté, pas besoin d’aller farfouiller dans cette forêt touffue pleine d’ours) et Fred se lance dans la popote. Repus, crevés par le voyage et le décalage horaire, nous décidons à l’unanimité de ne pas bouger aujourd’hui et les enfants et moi filons faire la sieste tandis que Fred, fidèle à son habitude, s’oblige à adopter de suite les bons horaires. Bien lui en a pris car un peu plus tard il nous appelle : 2 ou 3 baleines croisent à quelques centaines de mètres, on entend même leur souffle, chouette ! Après cette digression, on resombre dans le coma et on n’émerge que pour le repas du soir. Il fait très bon, pas de vent, pas de moustique à ma grande surprise, pas vu d’ours non plus pour le moment. Tiens, un lion de mer vient nous rendre une petite visite. Pas fait de photo vu le manque de lumière, persuadée qu’on en verrait d’autres après : mais nan ! J’insiste pour attacher la bouffe en hauteur ; pas facile de trouver un endroit propice. Ce serait ballot de se faire piquer la bouffe dès le 1er jour ! Depuis, j’ai vu des vidéos qui m’ont convaincue qu’un ours noir est capable d’acrobaties auxquelles notre installation n’aurait pas résisté longtemps… Nuit pas vraiment réparatrice du fait du décalage horaire et du sentiment de claustrophobie généré par cette épaisse forêt qui nous entoure. De plus il y a eu un bourdonnement continuel de bateaux à moteur qui ne s’est interrompu qu’au milieu de la nuit. La mer est très calme, bordée de côtes montagneuses et le bruit porte très loin.
Vers Ewan Bay (Ma 03/08) On se lève avec le jour et le soleil nous gratifie d’un magnifique spectacle ! Quel silence, les pêcheurs sont au lit ! On profite de la chaleur du soleil pour faire sécher la tente, la lumière est incroyable. On a bien fait de se lever tôt car à 6h30 le soleil disparait. C’est tout pour aujourd’hui ! J’inaugure le sac étanche Ewa Marine pour l’appareil photo. J’ai comme objectif un 24-105 mais dans ce sac je ne peux que déclencher : impossible de zoomer, toutes les photos sont donc prises au 24 mm, ni de régler quoi que ce soit. De plus il faut de la persévérance pour réussir à appuyer sur le déclencheur à travers cet épais plastique. Enfin il faut plusieurs minutes pour entrer/sortir l’appareil photo du sac. Seule qualité du bazar : c’est vraiment étanche ( a trempé pendant des jours dans l’eau stagnant dans la jupe). Si c’était à refaire j’achèterais plutôt un compact étanche. Je suis très déçue par la qualité des photos, souvent « voilées » par la partie en verre qui recouvre l’objectif qu’on ne peut pas garder propre (embruns, pluie). Le fait de ne pas pouvoir zoomer est évidemment très gênant. Pour le caméscope Fred utilise un caisson étanche qui l’autorise à utiliser toutes les fonctions du cam mais il a de gros problèmes de condensation, malgré l’utilisation de silicagel. On est sur l’eau à 7h15, pas mal ! Après une bonne heure de pagaie nous approchons de Junction Island où Brooke nous a indiqué une colonie de phoques. En effet, jusqu’ici nous avions croisé quelques phoques épars mais sitôt viré un premier caillou, c’est la débandade ! Il y en a partout, des dizaines. Certains disparaissent discrètement sous l’eau sans un frémissement tandis que d’autres manifestent leur mécontentement d’être ainsi dérangés par de violents coups de reins avant de plonger. Ils s’éloignent d’une vingtaine de mètres tout au plus et-curieux- nous observent attentivement. Trop mignons s’exclament les enfants. Oh les bonnes têtes, regarde çui-là ! Et là derrière, il nous suit ! Bref, un régal. On débarque sur « leur plage » jonchée de crottes de phoques (je vous passe les détails mais ça p… autant que des crottes d’oiseaux) Ils sont là tout autour de l’île à nous observer patiemment. Dès que nous réembarquons, ils reprennent possession de leur territoire : bon débarras les perturbateurs ! (à notre décharge, il nous fallait ajuster les cales-pieds…) Nous longeons ensuite la côte ouest de Chenega Island, et c’est un régal. On se faufile entre la côte et une multitude d’îlots touffus qui donnent l’air de déborder de végétation. Malgré le ciel couvert, l’eau vert émeraude contraste avec le jaune des algues et le vert profond des forêts. A cet endroit la côte est particulièrement découpée et c’est une surprise renouvelée au détour de chaque îlot ou de chaque baie. Nous qui sommes plutôt des voileux apprécions vraiment de pouvoir jouer au rase-cailloux sans souci de tirant d’eau. Encore plus mignonnes que les phoques, les loutres égaient notre journée. Plus on va vers le sud, plus elles sont nombreuses. On rencontre plein de mamans qui font la planche avec leur petit sur le ventre. Parfois elles rêvassent ou elles dorment et on peut s’en approcher à quelques mètres puis, surprises, elles s’enfoncent dans les flots après un petit sursaut. Brooke m’a indiqué au fond de Ewan Bay la présence d’une cascade d’eau salée. Lors du gros tremblement de terre de 1964, un décalage est apparu entre une toute petite crique et le reste de la baie si bien qu’à certaines heures de la marée cette crique se vide par une cascade d’eau de mer ce qui crée une mousse identique à celle générée par une tempête. Nous nous dirigeons donc vers le fond d’Ewan Bay quand il se met à pleuvoir. Après cette première matinée de pagayage on en a plein les bras et on décide de se trouver d’abord un endroit pour la nuit car les opportunités sont plutôt rares. Miraculeusement on trouve un endroit que Brooke nous avait indiqué, sur une petite île dans un endroit relativement dégagé qui me plait infiniment plus que notre emplacement d’hier. Ici, ni trace ni crotte d’ours. Comme hier, il n’y a pas de ruisseau à proximité mais nous avons 2 bidons de 15 litres donc une autonomie d’au moins 3 ou 4 jours. Une fois la tente montée, il pleut de plus belle et nous préférons remettre au lendemain la visite de la cascade, située à 2 ou 3 km. Fred s’installe pour faire à manger : rien à faire, le réchaud (Primus Omnifuel ) ne veut pas démarrer ! Lui qui avait fonctionné comme une horloge au Groenland refuse obstinément de s’allumer alors que j’ai choisi cette fois d’utiliser du gaz plutôt que de l’essence car cela pose théoriquement moins de problème. Hier il a marché au poil… Gros coup de stress : nous voilà bien avec nos kilos de pâtes et de riz prévus pour toute la semaine. Bien sûr on a un téléphone satellite et la possibilité de nous faire récupérer par Epiccharters mais ce serait trop la honte, dès le 2ème jour ! Pas question ! « On va faire un feu, histoire de conjurer le sort ! Ca va faire marcher le réchaud ! » Ben voyons… Fred le démonte et le remonte X fois de A à Z, je tente aussi ma chance, des fois que… Niet ! Il pleut toujours : on se dépêche de ramasser bois et brindilles encore pas trop mouillés pour allumer le feu, tandis que Fred autopsie encore le réchaud. Quelle bonne idée on a eu d’acheter cette machette à Whittier ! On envisage la possibilité de cuisiner midi et soir au feu de bois mais s’il continue à pleuvoir ainsi, ça va être impossible sans allume feu. M…. de m… Quelle c… de ne pas avoir pris un 2ème réchaud ! C’est quand même le B.A.BA quand on va dans un coin perdu ! Du coup on n’a même plus faim, sauf les enfants ! Alors que le feu démarre enfin nous percevons soudain un ronflement puissant : ça marche ! Enfin si on peut dire : jouant le tout pour le tout, Fred a élargi le trou de la buse et la flamme ressemble maintenant à celle de la fusée Ariane mais elle se maintient. Ouf, sauvés ! Il consomme certainement plus mais on a prévu large en gaz. Aujourd’hui nous n’avons ni vu ni entendu le moindre bateau !
Vers Gaamak Cove (Me 04/08) Il pleut toute la nuit et au petit matin nous réalisons que nous avons douillettement dormi sur un lit de tourbe à présent totalement imbibée d’eau. Heureusement la tente est bien étanche. Après cogitation nocturne, je réalise que ce matin la marée n’est pas propice pour voir la cascade. Tant pis on laisse tomber d’autant plus que je ne sais pas trop où nous pourrons trouver à bivouaquer pour la prochaine étape. La carte mentionne bien un bivouac au sud de Jackpot Bay mais Brooke a l’air de douter de son existence. Nous replions le camp sous une pluie persistante et c’est reparti ! On se faufile le long de la côte, toujours au plus près des rochers, croisant des dizaines de loutres. On ne se les signale même plus, elles sont devenues banales. Idem pour les aigles pêcheurs, très faciles à repérer avec leur tête blanche. Moins banal cet ours noir que l’on aperçoit s’enfuyant dans une zone herbeuse, pour une fois non envahie par la forêt. Je pense que nous l’avons effrayé, ce qui nous rassure, ainsi que sa petite taille. On dirait un gros chien s’exclament les enfants. Oui, disons un gros terre neuve, c’est vrai. Un peu plus loin, nous remarquons un arbre qui se balance en cadence alors qu’il n’y a pas la moindre brise : un ours noir y est grimpé et ne nous a pas vus, il a l’air de bien s’amuser. Nous l’observons quelques dizaines de secondes puis il disparait dans la forêt. A présent il pleut des cordes et ça dégouline de partout : des cascades éphémères, qui pour certaines ont un débit impressionnant. Elles se succèdent tout au long de la côte alors qu’hier, avant la pluie, nous n’en avons pas vu une seule. Bien que la visibilité soit des plus réduites, nous reconnaissons bientôt nos premiers icebergs. Plus nous avançons vers le sud, plus ils sont nombreux. Ils ont l’air de fondre à toute vitesse. Comme je le craignais le bivouac espéré et indiqué sur la carte au sud de Jackpot Bay n’existe pas. Il y a bien une grande plage de galets mais la forêt occupe tout l’espace jusqu’à la mer. Ca fait déjà quelques heures que l’on pagaie sous la flotte, les garçons sont trempés, on débarque en vain en plusieurs autres endroits sans succès. Pas le moindre recoin pour la tente. Bon, ben, Gaamak Cove est à 8 km, on en a pour 2 heures, allons-y, ça va nous réchauffer. Le vent se lève, de face bien sûr et on utilise au mieux les reliefs de la côte pour s’en abriter, pas toujours possible. Heureusement avec cette pluie (positivons) il reste faible. On arrive enfin en vue du bivouac, situé sur une île reliée au continent par un isthme étroit à marée basse. Les craquements du glacier (situé au-delà) sont de plus en plus intenses. On adore ! Nous sommes accueillis par les cris de centaines de mouettes. Une cascade magnifique tombe de la falaise où se trouve la colonie d’oiseaux. Il pleut des cordes, on ne passe pas tout près (rappelez-vous que je n’ai que mon 24 mm), ça manque de lumière, j’en ai plein les pattes : je ferai une belle photo demain... Ce bivouac est du tonnerre ! Pas étonnant qu’il ait l’air relativement fréquenté : l’herbe est « usée ». Tiens, il y a plein de traces et de crottes d’ours partout, hum ! Du bout du pied, en tâtonnant, on se choisit l’endroit qui fait le moins sploutch quand on prend appui. La vue est dégagée, il y a de l’espace pour se promener un peu et on est au milieu des fleurs et des glaçons. Ne manque que le soleil ou au moins l’absence de pluie (à la longue, on devient moins exigeant) On monte le tarp pour se changer. Alors que nous portons des combinaisons théoriquement étanches et respirantes, Fred et Arnaud sont trempés jusqu’à l’os (Fred a une vieille combin’ Helly Hansen et Arnaud une combin’ Rasdex comme Marion mais moins imperméable, pourquoi ?), Marion a les épaules humides et Caroline et moi sommes sèches (c’est nous 2 qui avons les combin’ les plus simples et les moins chères pourtant, des Typhoon Racer drysuits) Ce serait bien que la pluie cesse un jour afin de pouvoir un peu faire sécher le matériel. A la longue, l’humidité commence à s’infiltrer un peu partout. Heureusement la tente est bien ventilée mais il est pourtant impossible avec cette humidité ambiante d’y faire sécher quoi que ce soit. On verra bien demain. Pas de feu ce soir, tout est absolument détrempé ! Comme on a bien avancé (20 km à vol d’oiseau sous la flotte) on décide de rester là 2 nuits. Il n’y a en ligne directe qu’une trentaine de km entre l’endroit où on s’est fait déposer et celui où nous allons être récupérés. Le but n’est pas d’aligner les km mais de découvrir cette région tranquillement à notre rythme en explorant criques et baies. Les américains ont d’ailleurs pour habitude de se faire déposer avec tout le confort moderne (glacière, bières, barbecue, grande tente moustiquaire, fauteuils…) dans un endroit sympa et de rayonner à partir de là. Compte-tenu des aléas météorologiques, je ne voulais pas d’un parcours trop ambitieux qui nous aurait obligés à forcer ou à prendre des risques pour être au RDV à la fin de la semaine.
Gaamak Cove-Nassau Fjord-Chenega Glacier (Je 05/08) Il a plu toute la nuit, pfff… Enfin, la pluie finit par s’arrêter en début de matinée, il était temps. Le moral remonte avec le baromètre : on va peut-être enfin découvrir les sommets qui nous entourent ? On profite de l’accalmie pour « recharger les batteries » : une grande opération séchage est décrétée mais pour cela, à défaut de soleil, il nous faut un bon feu. Il n’a pas fallu moins de 1h30 à Fred, armé de son réchaud supersonique, pour obtenir enfin un vrai bon feu qui chauffe. Pendant ce temps-là on se disperse tous azimuts en chantant « promenons-nous dans les bois… « (enfin, surtout moi) pour trouver du bois. C’est moins facile qu’ailleurs car l’endroit est régulièrement fréquenté. Inutile de dire que le bois est trempé. C’est alors que je réalise que ma belle cascade au débit si impressionnant est désormais réduite à un mince filet d’eau insignifiant. Flûte ! Je comprends aussi que le ruisseau tout proche repéré hier et auquel je comptais refaire le plein doit lui aussi se réduire de minute en minute : en effet, il n’y coule plus que quelques gouttes d’une eau teintée de tourbe. J’y recueille péniblement quelques décilitres puis abandonne. On a encore quelques litres en réserve. En début d’après-midi le temps se lève et on aperçoit du ciel bleu : en route donc pour explorer Nassau fjord, tout proche, où se jette le Chenega glacier. On n’oublie pas de prendre les bidons, fermement décidé à trouver enfin de l’eau. C’est marée haute et on peut donc prendre le petit raccourci au milieu des glaçons. On profite de l’étale pour remonter le fjord, sans oser s’approcher trop près du glacier. Nous en sommes là à 2 km d’après le GPS et ça nous semble bien suffisant. Nous dérangeons quelques phoques vautrés sur les icebergs. On va faire le plein dans ce petit chenal où on a enfin dégoté une cascade relativement accessible où on peut remplir un bidon sans se faire doucher en même temps. Puis le courant s’inverse et nous nous retrouvons sur un véritable tapis roulant d’icebergs qui nous emmène lentement mais sûrement vers notre bivouac. En plus on a un peu de vent dans le dos. Cool ! D’autant plus que le soleil arrive ENFIN. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Ca fait du bieeeeeeeennnnnnnnn ! Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Que c’est bôôôôôôôô ! Non ! Caroline ne s’est pas transformée en Shiva. Elle a simplement récupéré la pagaie perdue par Fred, tout absorbé qu’il était par le maniement du caméscope qui avec la chaleur du soleil se remplit de buée ! Petit arrêt Twix au soleil, mmmmhhhh ! On fait le tour de notre îlot pour aller voir cette colonie d’oiseaux de plus près. Ils sont des centaines à virevolter au-dessus de nos têtes par vagues coordonnées. Curieusement et à notre grande satisfaction, nous ne recevrons aucun « cadeau » On approche les nids de tout près (heureusement, avec l’objectif que j’ai…), il n’y a pas de houle et on est vraiment au pied de la falaise. Je fais plein de photos, espérant en avoir quelques unes qui soient nettes vu que je ne peux pas régler la vitesse. On quitte finalement cette colonie assourdissante pour pagayer vers notre bivouac situé juste au-dessus de la plage sur laquelle j’aperçois soudain… un ours noir, encore un ! Il déambule tranquillement, totalement indifférent à notre présence, pourtant c’est sûr il a du nous voir, nous sommes à 150 m tout au plus. Youpi !! M….. ! Full card !!! Ma carte mémoire est pleine de photos d’oiseaux floues ! Pas trop de regret tout de même car on est trop loin pour le 24 mm et on ne veut pas s’approcher de peur de faire fuir la bestiole. Fred « l’attrape » au caméscope. Il prend son temps, zigzague, renifle, gratouille le sable et parcourt finalement toute la plage d’un bout à l’autre pour traverser le petit chenal avant d’aller longuement inspecter une zone herbeuse sur « le continent » où on l’observe encore un bon moment avant qu’il ne disparaisse. On est tout content de cette apparition mais aussi un peu inquiet car, en gros, vu sa trajectoire, il venait sans doute de notre campement. Dans quel état allons-nous le retrouver ? Intact ! Il faut dire que la bouffe est dans des sacs ou bidons étanches ce qui doit limiter les odeurs. On avait aussi allumé la clôture électrique qui protège la tente, pas envie de se retrouver « à la rue » avec ce climat ! Ouf ! Quelle journée ! Le glacier, les icebergs, les oiseaux et pour finir cet ours et tout ça avec du soleil ! La fin d’après-midi se passe à buller au soleil. Pour une fois il y a quelques mouches et moustiques si peu nombreux que Fred néglige de mettre du produit anti-moustiques. Il le paiera cher avec l’apparition, curieusement quelques jours plus tard, de dizaines de piqûres douloureuses dans le dos, sur les jambes et les bras. On découvre émerveillé le paysage qui nous entoure, c’est grandiose et poétique en même temps. Arnaud et Marion fourbissent leurs armes (des bâtons taillés en pointe) pour les chamallows grillés de ce soir. Avons-nous été repérés à cause de l’épaisse fumée générée par notre feu de bois mouillé ? Vers 20h30, nous voyons arriver 3 kayakistes dans « notre baie », scrogneugneu. Très vite, nous somme rassurés, ils doivent être aussi sauvages que nous car ils vont s’installer sur le continent, précisément là où l’ours avait longuement reniflé l’herbe avant de disparaitre. Faut-il les prévenir ? Bah, de toute façon tout le monde ici sait qu’il y a des ours : le coin est jonché de traces et crottes. Ce sont des grands garçons, laissons les tranquilles. Très bonne nuit sans pluie !
Vers Dual Head (Ve 06/08) Il fait « beau », c’est-à-dire qu’il ne pleut pas mais il n’y a pas de soleil. Au moment où nous chargeons les kayaks, un de nos voisins vient nous dire bonjour (c’est marée basse et le chenal est à sec) Ils ont eu ce matin la visite de l’ours qui heureusement s’est révélé » très timide ». Il nous demande des infos sur la quantité de glace dans le Nassau Fjord où ils comptent aller aujourd’hui. Apparemment l’endroit a l’air assez piégeux : Brooke nous avait d’ailleurs déconseillé d’y bivouaquer car selon le vent et le courant il arrive que l’on puisse y rester bloqué par la glace. Ils se sont fait déposer sur Knight Island et se feront récupérer dans quelques jours à Point Nowell. Aujourd’hui nous avons une courte étape jusqu’à Dual Head, lieu de RDV pour notre « pick-up ». Nous allons y passer 2 nuits ce qui nous permettra d’explorer un peu les environs. Les rencontres avec des baleines y sont parait-il fréquentes… je lève le suspense de suite : on n’en verra pas malgré la fréquentation d’Orca Cove et de Whale Bay. On aurait peut-être du aller jusqu’à Humpback Cove ou Mink Cove ! Faut dire que vu la pluie qui s’est remise à tomber dès midi on n’a pas été très courageux et on a passé l’après-midi au coin du feu. On est si bien sur notre petite presqu’île perso. Pas de place à Dual Head ! La foule du mois d’août sans doute : il y a 3 tentes et plus de place. Heureusement qu’on a trouvé ce petit lopin un peu plus loin. Comme personne ne vient jamais là, il y a plein de bois. Ca tombe bien Arnaud a entrepris de défricher l’Alaska. Il y a du boulot ! Un peu glissantes ces boîtes à ours !
Dual Head. Orca Cove (Sa 07/08) Ce matin il y a dans la tente une luminosité tout-à-fait inhabituelle qui me fait me lever d’un bond! Mais wouihhh il y a du soleil ! Quelques nuages aussi d’ailleurs et c’est tant mieux ! Nan ? C’est marée basse et notre périmètre d’action passe donc de 50 à 500 mètres. La forêt en arrière plan est comme d’habitude absolument impénétrable et on ne peut que longer la mer si le relief le permet. En l’occurrence je repère une belle cascade et en profite pour un récurage complet avant le retour demain à la civilisation ! Ah, ça fait du bien et ça me fait un alibi pour ne pas participer au ramassage des ridicules petites moules (en Amérique tout est grand sauf les moules) avec lesquelles Fred compte améliorer l’ordinaire (rappelez-vous notre erreur de calcul en faisant les courses) Au fil de la matinée, le soleil finit par s’imposer et nous en profitons pour à nouveau jouer les fées du logis. Marion bouquine, Arnaud continue de défricher, tandis que Caroline perd notre 10ème et dernier leurre. J’avais bien dit que le fil était trop fin pour les gros poissons d‘Alaska mais Fred avait décrété qu’on verrait bien. Comme je n’aime ni pêcher, ni tuer, ni nettoyer les poissons, je n’ai pas insisté. On a bien vu ! Il y a maintenant une dizaine de pauvres poissons qui se baladent avec un piercing. Festin de moules à midi, bravo Fred, elles sont petites mais excellentes ! Après ça, nous partons pour un ultime tour en kayak vers Orca Cove. J’adore me faufiler dans ces petites criques où on a l’impression de naviguer dans une prairie. On arrive enfin au fond de la baie d’Orca Cove et on y découvre une belle rivière pleine de saumons. Ca frétille de partout là-dedans. L’herbe des berges est toute aplatie et il y a plein de crottes d’ours partout. A moitié rassuré on remonte un peu la rivière puis la végétation s’épaissit et on préfère faire demi-tour. Un superbe aigle-pêcheur surveille nos allées et venues. L’eau est peu profonde, on n’a plus qu’un maigre paquet de nouilles pour ce soir, c’en est trop, Fred n’y résiste pas ! Sus aux saumons ! On peut réellement parler de pêche sportive, même si elle n’est pas très élégante…. Ames sensibles, abstenez-vous de regarder cette vidéo ! L’aigle d’ailleurs s’est envolé à tire d’aile ! En vue du camp, la pluie se remet à tomber : on devient d’autant plus philosophe que le camp est déjà installé. Dans la soirée on voit passer 2 kayakistes avec lesquels nous échangeons quelques mots : ils nous avertissent de l’arrivée de vents forts pour demain après-midi et nous les rassurons en leur disant que nous rentrons en water taxi demain matin. Eux prévoient de pagayer jusqu’à Whittier en une dizaine de jours. Ils sont venus avec le ferry Kennicott qui dessert Chenega Bay sur Ewans Island. C’est une solution bien plus économique que le water taxi mais les dates du ferry (voir le site de Alaska Ferry Adventures) ne nous convenaient pas. Pas envie non plus de pagayer près de Whittier, au milieu des bateaux à moteur. Nous sommes bien contents d’échapper à cette tempête : au total on n’aura pratiquement jamais eu ni vent ni la moindre houle, des conditions idéales pour le kayak si on fait abstraction de la pluie ! Je profite du téléphone satellite pour prévenir Epiccharter de notre position puisque nous ne sommes pas tout à fait au lieu de RDV prévu. Heureusement l’endroit est tout à fait propice pour beacher le bateau. Nous passons la soirée à alimenter un feu d’enfer avec tout ce qu’Arnaud a coupé. Dernière séance chamallows grillés, sous la pluie.
Retour à la civilisation (Di 08/08) A 9h pile, le bateau d’Epiccharters accoste et nous embarquons – sous la pluie et dans le brouillard. 2h plus tard, nous débarquons, réglons le solde de la location+transferts (ils nous font une remise de 100$ car « tout s’est bien passé ». Je crois qu’ils étaient un peu inquiets. Ils nous ont dit que c’était rare que des européens s’aventurent ainsi sans guide) et renonçons à la randonnée vers Portage Pass, que j’avais envisagée car…il pleut et le ciel est bien bas. Nous repassons par le tunnel pour aller jusqu’à Girdwood et son AJ, dans le jardin de laquelle nous mettons à sécher tente, duvets et combinaisons (mais oui, il ne pleut plus !) puis nous passons une paire d’heures à regarder les pêcheurs de la rivière voisine. On a l’impression que certains attrapent plusieurs fois le même poisson, qu’ils relâchent à chaque fois ! Une sorte de contrat entre le poisson qui gagne un ver ( ?) à chaque fois et le pêcheur qui satisfait son ego ! Bonne douche ramollissante puis grosse lessive à Girdwood, nous sommes fin prêts pour la suite de nos aventures.
Vers Talkeetna (Lun 09/08) Ca souffle très fort ce matin sur le Turnagain Arm, on est bien content de ne pas être dans nos kayaks… Après un ravitaillement au Wal Mart (où nous achetons un 2ème réchaud Coleman et des cartouches Coleman, il n’y a plus de cartouches pour le Primus…), nous arrivons chez Alaska Raft Connection en fin de matinée. Il ne nous faut pas moins de 1h30 pour réussir à charger la voiture : après différents essais, on met les avirons et 3 sacs sur le toit et le raft et les autres sacs à l’intérieur. On laisse 2 sacs pleins d’affaires inutiles chez Brian. La route vers Talkeetna est facile mais monotone, entre deux rangées d’épinettes (faut dire que vu le temps on ne voit rien mais je ne suis pas sûre qu’il y ait grand-chose à voir !) : il nous faut un peu plus de 3h car il y a des travaux. J’ai réservé la Little Cabin in the Back de la Talkeetna Roadhouse. On y arrive en milieu d’après-midi ce qui nous laisse le temps d’aller repérer l’endroit le plus propice pour notre arrivée en raft (facile, il n’y en a qu’un) et de préparer notre matériel. C’est alors que Fred réalise que les cartouches Coleman ne vont pas sur le réchaud Coleman !! Enfer et damnation ! Pas de panique, Talkeetna est la ville qui sert de point de départ pour les ascensions du Denali, on va forcément trouver ce qu’il nous faut… Bah non, le village, pas bien grand et très touristique compte plusieurs mignonnes petites boutiques mais on n’y trouve que des « souvenirs » et rien de vraiment utile. Pas plus de chance à la groceries. Tout le monde est vraiment désolé, farfouille un peu partout, en vain. Grmbl ! Je prends la voiture pour retourner à la jonction avec la Parks Highway (14 miles X2) où se trouve un supermarché : ils explorent leurs stocks de fond en comble, rien, que des cartouches identiques à celles qu’on a et qui ne vont pas ! Impossible de partir sans gaz d’autant que la météo prévoit un temps pourri pour les 3 prochains jours. Je suis d’ailleurs un peu inquiète quant au niveau de la rivière. C’est alors que je me rappelle que Tom Waite de Denali Overland, qui doit nous véhiculer jusqu’au départ de notre parcours en raft m’avait écrit qu’il était un ancien guide de raft. Peut-être a-t-il du matos outdoor ? Je l’appelle et 5 mn plus tard il arrive avec les cartouches tant espérées : on est sauvé ! J’en profite pour lui demander ce qu’il pense de la rivière. Il me dit l’avoir descendue la semaine dernière et que c’était « nice ». Ce qui me chiffonne un peu est qu’il ne semble pas avoir connaissance du logjam (amoncellement d’arbres) qui bloque la rivière au mile 3,1 (J’ai eu cette info sur Alaska Outdoors Forums et elle est toute fraiche -moins de 2 semaines) Bizarre… Peut-être quelqu’un a-t-il récemment dégagé cet obstacle finalement (sur le forum précité quelqu’un avait parlé de dynamiter le tas de bois, un autre voulait l’attaquer à la tronçonneuse !) Très sympa cette Roadhouse, assez dans son jus, avec plein de photos accrochées un peu partout aux murs des différentes expéditions vers le Denali, des revues du National Geographic plus vieilles que moi, un vieux piano désaccordé et une cuisine roborative et bon marché qui attire une clientèle d’habitués assez haute en couleur. La Little Cabin est tout en rondins, très douillette mais il faut faire quelques pas pour les sanitaires qui sont dans la maison principale.
En route vers East Fork of the Chulitna RAFT J1 (Ma 10/08) A 9h00 comme prévu, Bill, le collègue de Tom nous emmène dans son gros van au départ de la descente en raft, 80 miles et 1h20. Il nous faudra 3 ou 4 jours pour redescendre. Je sens qu’il est inquiet, il nous demande si on a déjà fait du raft, si on a un téléphone satellite, des allumettes, quel jour on compte arriver, etc.…. C’est là qu’on comprend qu’on ne part pas pour une balade de santé…. Bref, nous arrivons enfin au bord de la rivière, aux environs du mile 185 de la George Parks Highway et il nous fait ses adieux. Inutile de préciser qu’il pleut toujours : on commence donc par monter le tarp pour casser une petite croûte et mettre nos combinaisons sèches (façon de parler, hum !) On gonfle le raft et le canoë, on met le matériel dans le raft et c’est parti pour 77 miles (123 km) : Arnaud et Caroline dans le canoë, Fred, Marion et moi dans le raft. J’ai lu partout que c’était les 7 premiers miles les plus amusants, ceux que l’ont effectue sur East Fork of the Chulitna, qui n’est pas une rivière glaciaire (donc théoriquement limpide, sans limon) et qu’il faut prendre son temps pour la déguster. En effet, Caroline et Arnaud se sont bien amusés avec le canoë mais en raft, quelle galère ! La rivière est en fait trop étroite par rapport à la largeur du raft et de ses avirons, si bien qu’on est le jouet des flots, gonflés par la pluie qui dure depuis plusieurs jours, ce qui donne le sentiment d’être une bille dans un flipper. On se fait violemment projeter de rocher en tronc d’arbre sans pouvoir y faire grand-chose. On n’en mène pas large d’autant plus que je guette ce fameux barrage de bois. Heureusement je sais qu’en étant attentif on l’aperçoit à temps et qu’il est facile à contourner. En effet, nous le passons facilement en tirant le raft sur les galets ronds pendant une trentaine de mètres. Je réalise alors que Tom n’a pas descendu récemment cette partie de la rivière…. Bon… bah, on verra bien. Après l’obstacle, Marion préfère embarquer sur le canoë tellement on est balloté sur le raft. On parcourt encore quelques miles jusqu’à la jonction avec West Fork of the Chulitna : à partir de là, le débit double et ça devrait aller mieux. On essaie de positiver même si avec la pluie et le ciel bouché, on a un peu de mal !
Chulitna RAFT J2 (Me 11/08) Pluie…. Quel dommage, on passe entre des falaises ocre sur lesquelles un rayon de soleil serait du plus bel effet. Idem pour une partie en canyon…. On se débrouille mieux, la rivière étant plus large, mais on se fait tout de même une belle frayeur en se faisant drosser contre une paroi rocheuse. Le raft prend de la gîte, pas plus de 45°C, ça dure quelques secondes puis nous nous échappons. Le raft est autovideur, heureusement ! Marion est revenue dans le raft car le canoë est plus difficile à manœuvrer à 3. On avance vite car le courant est puissant : le GPS nous indique à un moment 14,8 km/h sans donner un coup d’aviron. Fred, aux avirons, et les grands dans le canoë n’ont pas froid mais Marion et moi, inactives, sommes obligées de faire de grands moulinets avec les bras pour nous réchauffer, ce qui ne manque pas de susciter quelques fous rires et par la suite d’engendrer quelques courbatures ! Il faut dire qu’en plus de la pluie on a maintenant le vent dans le nez. Dire que j’ai choisi cette rivière pour ses paysages ! Le plafond nuageux est à 100m ! A part quelques aigles et canards, pas le moindre animal à l’horizon (bouché il est vrai) Avec ce temps le paysage est absolument lugubre : la rivière s’étale sur plusieurs centaines de mètres et se divise en différents bras qui se faufilent entre des gravières grisâtres. L’eau est chargée de limon si bien qu’il est impossible de détecter la présence de rochers ou de hauts-fonds. Le lit de la rivière est jonché de souches d’arbres immenses que nous avons parfois bien du mal à éviter. Certains dérivent parfois au fil de l’eau. Le niveau de la Chulitna est si haut qu’il faut prendre garde de ne pas se laisser embarquer dans une veine qui passe carrément dans des forêts denses de saules. Vive les vacances ! Je voulais du wild, on est servi ! Après 30 miles parcourus à un train d’enfer, on pose le camp à la jonction avec Fountain River. De mieux en mieux : le brouillard tombe, tout baigne ! Fred, qui en vraiment plein les biscottos (manier un raft est bien plus physique qu’un kayak ou un canoë !) trouve comme d’habitude le courage de nous préparer un bon repas qui a pour vertu de remonter le moral des troupes. Un bon petit feu, quelques chamallows, une tente douillette et ça va mieux !
Chulitna RAFT J3 (JE 12/08) C’est le pompon ! Il y a un brouillard à couper au couteau à tel point qu’on a peur de se perdre de vue d’un bateau à l’autre. A part ça, il pleut mais ça c’est normal… On est à peu près à mi-chemin, il reste une quarantaine de miles… La rivière s’élargit de plus en plus et on a du mal à choisir notre route entre les multiples bras : on fait ça à l’instinct puisqu’on n’y voit pas à 50 m. On reste dans la veine du courant le plus fort et ça marche bien jusqu’au moment où celui-ci nous emmène irrémédiablement vers un arbre sur la souche duquel, pointée vers l’amont, nous venons violemment buter. Une des racines vient se coincer dans la ligne de vie qui entoure le raft, il me faut quelques secondes pour la dégager mais c’est trop tard : le courant plaque le raft à la verticale contre la souche, nous nous cramponnons tous les 3 aux racines pour ne pas passer à l’eau. Arnaud depuis le canoë nous hurle de tout lâcher mais il n’est en pas question ! Pas envie de nous retrouver dans une eau à moins de 5°C, même avec les combinaisons étanches et les gilets. Je réfléchis à 200 à l’heure : pas d’idée là, m…alors ! Je crois bien que c’est la première fois que ça m’arrive et c’est très désagréable ! Au bout de ce qui nous a semblé une éternité (mais sans doute pas plus de 30 secondes), la pression du courant emporte les sacs rangés à l’avant, retenus heureusement par un bout de sécurité assez long : tout ça part à l’eau, le courant pousse dessus et cette force supplémentaire fait pivoter la souche et libère le raft ! Ouah la trouille ! Ne reste plus qu’à récupérer la glacière et les 2 bidons d’eau qui n’étaient pas assurés. On se rendra compte le soir qu’on a perdu nos 2 gourdes, on s’en sort bien ! Quelques centaines de mètres plus loin la rivière retrouve un lit plus étroit : il n’y a qu’un flux unique, on avance bien à tel point qu’on envisage un moment d’aller d’une traite jusqu’à Talkeetna pour en finir au plus vite avec cette rivière ! Mais ça nous ferait naviguer jusqu’à la tombée de la nuit et avec la fatigue accumulée et nos récentes émotions, ça ne nous parait finalement pas prudent. Quelques km après le pont situé à proximité du Denali Princess Lodge (soit après 20 miles de navigation), nous installons le bivouac sur une petite île. L’endroit ne m’emballe pas car nous sommes très près du niveau de l’eau et je me méfie avec toute cette pluie d’une éventuelle montée de la rivière pendant la nuit. On amarre soigneusement les bateaux et on range du mieux qu’on peut les affaires pour un éventuel départ précipité dans la nuit. Je place un repère au bord de l’eau : ça a l’air de plutôt descendre. Ouf, pourvu que ça dure ! Il nous reste une vingtaine de miles jusqu’à Talkeetna, qui devraient ne pas poser de problème, aussi nous festoyons en liquidant nos dernières victuailles. Après ça je vais faire la vaisselle à une trentaine de mètres en amont. Fred et les enfants font griller des chamallows en me tournant le dos pour éviter la fumée car il y a un peu de vent. Je suis là, à 4 pattes au bord de l’eau quand malgré le grondement de la rivière, je perçois un bruit de voix. Alors que nous n’avons vu personne depuis 3 jours, arrive un raft bien chargé dont les occupants me saluent en passant. Je leur réponds d’un signe de la main quand je les vois s’agiter de plus en plus : qu’ils sont chaleureux et conviviaux ces américains tout de même! Le chien aussi, qui se met même à aboyer, sympa ! C’est alors que j’entends la petite voix de Marion : « Maman, il y a un ours derrière toi ! » Bon sang ! Mais à quelle distance ?! Pensé-je le temps de me retourner ! Quelle journée ! Un grizzly avance droit sur moi, il est à 20m. Habillée de gris anthracite, à 4 pattes au bord de l’eau, je comprends qu’il a du me prendre pour un animal. Je m’empresse de lui prouver qu’il se trompe en me redressant de toute ma hauteur et en lui parlant (je ne sais plus ce que je lui ai dit) tout en suggérant aux autres de trouver le bear spray au plus vite ! Ah ben oui, tiens, ils n’y avaient même pas pensé : Fred s’est précipité sur son caméscope, Marion sur l’appareil photo. Nan mais j’vous jure, des vrais touristes ! A défaut de bear spray je me saisis de ma gamelle fraîchement lavée dans la rivière, tend la poêle à Arnaud et nous les frappons énergiquement avec des galets. Caroline déniche enfin le bear spray (dire que les premiers jours je le mettais à la ceinture !) Le raft providentiel (on peut le dire) disparait très vite dans le brouillard : ses occupants nous hurlent sans doute quelques conseils auxquels on ne comprend rien. On les remercie en vitesse avant de nous retourner vers notre ours, qui n’a pas du tout envie de partir. En rang serré on avance vers lui en criant et en frappant nos gamelles : à contrecoeur il finit par faire demi-tour, traverse un petit chenal et quitte très lentement notre île pour disparaitre un peu plus loin dans la forêt. Glups, on est déstabilisé par son sang-froid : il n’a absolument pas peur de nous, c’est clair. On envisage un moment de déplacer le camp mais il est déjà 21h et nous n’aurions pas le temps de nous réinstaller avant la nuit. Fred suggère de monter des tours de garde mais avec ce brouillard, c’est complètement illusoire, on n’y voit rien ! Le temps d’installer la clôture anti-ours autour de la tente (bah oui on avait décidé de ne pas la mettre pour la dernière nuit, déçus de ne pas avoir vu un seul ours pendant toute la descente), le voilà qui revient tranquillement ! M…. !!! Il commence à faire très sombre, il est maintenant vraiment impossible de déménager, il faut jouer le tout pour le tout et lui faire vraiment peur, mais comment ?! C’est Marion qui aura le dernier mot : alors qu’elle l’avait trouvé très mignon la 1ère fois, elle commence à en avoir vraiment marre ce coup-ci et le lui fait savoir de sa voix haut perchée ! Bingo, il n’aime pas les aigus ! On le course en poussant des cris perçants, tout en restant à bonne distance pour ne pas l’acculer et il se précipite en courant dans la rivière dont le courant l’emporte bien loin en aval du camp. Il prend pied (patte) sur la berge opposée et disparaît dans la forêt ! Ouf, cette fois-ci c’est bon, il a compris à qui il avait à faire, non mais ! Enfin, on espère…. On installe tout de même la bouffe à bonne distance de la tente, c’est plus prudent.
4ème et dernier jour de raft sur la Chulitna (Ve 13/08) Pas de pluie cette nuit, tous les espoirs sont permis ! Pas d’ours non plus, la bouffe n’a pas bougé ! En route pour les 20 derniers miles jusqu’à Talkeetna ! Au moment où nous mettons à l’eau arrivent 3 rafts chargés de touristes qui font une descente à la journée. On se dit que ça doit être tranquille dorénavant vu la moyenne d’âge des passagers. Ils viennent du Denali Princess Lodge et sont tout étonnés que l’on vienne de East Fork. Tiens… Le lit de la rivière s’élargit à nouveau mais avec le temps qui se dégage l’impression est toute autre que les jours précédents : une nature vierge, sauvage et préservée. En dehors des agglomérations qui s’apparentent le plus souvent à des casse-autos, la nature en Alaska est absolument indemne de toute cochonnerie, que ce soir dans l’intérieur du pays ou sur les côtes. Bon, ne parlons pas du pétrole et des pipelines !!! C’est une nature puissance 10 par rapport à ce que nous connaissons en Europe. On peut pagayer en mer ou sur les rivières pendant des jours sans croiser ni route, ni ligne électrique, ni barrage, ni maison, ni bouteille en plastique, ni morceau de filet de pêche, ni boite de conserve, ni cannette, ni rien qui vienne nous rappeler qu’il y a des hommes quelque part sur la planète. Et en plus, quand il fait moche, qu’il pleut, que le temps est couvert, on ne voit pas non plus les avions et leurs traces ! Positivons ! Au détour d’un méandre, nous avons soudain une apparition ! Le Mont Denali dans toute sa splendeur, illuminé par le soleil du matin. 6194 mètres (c’est le plus haut sommet d’Amérique du Nord) qui émergent d’un coup de la toundra et c’est ce qui le rend vraiment impressionnant. Quand on le cherche dans le ciel ennuagé, habitué à nos sommets entourés de chaînes secondaires, type Préalpes par exemple, on est à chaque fois surpris de le trouver si haut sur l’horizon. Certes le Denali fait partie de l’Alaska Range, magnifique chaîne de montagnes qui s’étire d’est en ouest sur plus de 600 km mais cette chaîne est très étroite si bien que la montagne semble littéralement jaillir de la plaine. Il faut dire aussi que le 2ème sommet de la chaîne, le Mount Foraker, voisin du Denali est presque 1 km moins haut. Bref l’effet est saisissant ! Ce relief énorme crée un microclimat qui fait qu’on ne peut voir le sommet que moins de 20% du temps ce qui a pour effet de placer son observateur dans un état d’euphorie exaltée ! Et c’est exactement ce qui nous arrive ! On oublie (presque) les épreuves des jours passés et on profite à 200% de ces heures privilégiées. Faut dire qu’on ne les a pas volées ! Je suis sûre que la vue du Denali ne procure pas le même effet à ces touristes des autres rafts qui ont passé une confortable nuit au Denali Princess Lodge ! Nous passons au pied des falaises de sable dont Tom nous a dit qu’elles étaient à une heure de Talkeetna. Il faut maintenant bien tenir notre gauche pour ne pas louper le village. Un dernier effort pour croiser le flux de la Susitna puis de la Talkeetna River et nous voilà déjà arrivés ! Ralalala, si seulement on avait pu avoir une autre journée comme celle-là ! Mais bon, qui ne tente rien… Nous portons le raft et le matériel jusqu’à la voiture, remballons le tout (tout est trempé et plein de sable limoneux gris très fin, mmmhhh) et allons prendre nos quartiers à la Roadhouse. Qui voit-on arriver bientôt ? Bill le chauffeur qui est tout content de nous voir là ! Nous aussi ! Douche, lessive, internet…. Comme c’est bon le confort moderne, même si la nuit a été perturbée par un générateur qui n’a cessé de tourner : au moins ça m’a permis de bien profiter du contact des draps frais et de l’impression de nid douillet dégagée par les murs en rondins.
Retour sur Anchorage (SA 14/08) Il pleut, tiens ! A vrai dire ça m’aurait vraiment fait râler qu’il fasse beau en partant ! On a RDV à 14h30 chez Brian pour rendre le raft donc on a le temps de faire un petit détour par Hatcher Pass (piste d’environ 50 miles entre Willow et Palmer, qui passe dans la montagne, bien plus belle que la route normale par Wassilia)d’autant plus qu’en allant vers le sud, le temps s’arrange. Dès les premiers miles de cette route, nous rencontrons une femelle élan et son petit, chouette ! La piste est facile et les paysages agréables. Il y a plein de campeurs motorisés installés pour le WE avec gros 4X4, grosses remorques pleines de quad, grosses caravanes, gros barbecues, gros chiens, grosses glacières, qui sont là pour pêcher (de gros poissons ?) Ils nous font penser à des pionniers des temps modernes, même si ce n’est que pour un WE. Certains semblent installés plus durablement : je pense que ce sont des chercheurs d’or car on croise régulièrement des pancartes indiquant qu’ici ou là c’est un claim réservé. Finalement nous n’aurons pas de soleil plus haut dans la montagne… Après le col nous hésitons à visiter Independance Mine mais avec ce temps gris, visiter des vestiges miniers ne nous emballe pas. On préfère refaire un tour vers les hydravions : on adore ce spectacle inhabituel pour nous. Après avoir rendu le raft, le téléphone satellite et le bear spray, nous filons déposer les enfants et le matos chez Great Alaskan Holidays (GAH, le loueur de camping car) avant d’aller rendre la voiture à l’aéroport en 2 mn chrono, où la navette de GAH vient nous chercher aussitôt. Le camping car est quasiment neuf, impeccable. On laisse 2 sacs en consigne chez GAH et habitué au camping car, on prend immédiatement nos marques. En route vers le Wal Mart où nous dévalisons les rayons de fruits et légumes ! Ras le bol de la mauvaise bouffe américaine (il doit exister de bons restaurants mais on n’est pas là pour ça !), des pâtes et du riz ! Le camping car est bien équipé (le four n’a jamais servi !), profitons-en ! On prend demain à 16h00 à Whittier le ferry pour Cordova (et son fameux Child’s Glacier. Cordova n’est pas reliée au réseau routier), nous ne devons donc pas trop nous éloigner. J’ai repéré une balade au-dessus de Hope que nous pourrions faire demain. Nous avançons donc jusqu’à Portage Lake où nous trouvons un coin pour dormir près de la rivière. Il pleut mais ça ne nous fait plus le même effet qu’avant !
Hope, Palmer Creek, Cordova (Di 15/08) Surprise ! Il fait beau ! La chance aurait-elle enfin tourné ? On roule jusqu’au lac pour prendre le petit déjeuner puis nous prenons la route vers Hope. On voit enfin le Turnagain Arm avec le soleil ! Au loin les Chugach Mountains. Hope serait un charmant petit hameau si ses habitants n’avaient pas fait le choix de créer un parking/camping pour RV (= camping car) juste en front de mer. Nous prenons la piste qui grimpe sur les hauteurs de Hope au-delà des arbres. C’est splendide ! Ca fait un bien fou de s’affranchir de ces arbres qui si souvent en Alaska ferment l’horizon. Heureusement que compte- tenu de la latitude de cet état, il suffit de monter de quelques centaines de mètres pour qu’ils disparaissent. C’est parti pour 3h d’une superbe balade au milieu des fleurs et des petits ruisseaux jusqu’à 2 mignons lacs glaciaires. On essaie de boucler la boucle mais le ferry ne nous attendra pas : il nous faut redescendre ! Nous voilà tout ragaillardis par cette belle randonnée ensoleillée. Tout ça nous donne bien envie une autre fois de découvrir la péninsule de Kenaï que nous allons zapper cette fois-ci. En quittant Hope, nous croisons 2 ours noirs qui traversent la route ! En arrivant à Whittier, il….. (Quel suspense…)…..pleut ! A 15h, l’embarquement sur le ferry, assez laborieux (on n’est pas en Norvège) commence. J’ai réservé les billets sur le site de Alaska Marine Highway il y a très longtemps. Le ferry est en fait loin d’être plein, sans doute à cause du temps… A 16h, on appareille sous la pluie et ça continue pendant toute la traversée. Le ferry très récent marche à 38 nœuds ! A 19h15, après avoir parcouru les 150 km de large du Prince William Sound, nous arrivons à Cordova avec un timide rayon de soleil. Pas vu le moindre animal marin pendant la traversée… Il y a pourtant à bord du ferrry une rangerette équipée de jumelles qui traque la bestiole mais rien… Nous prenons la route vers le sud qui mène à Hartney Bay (car j’envisage demain si le temps le permet de faire le Heney Ridge Trail et nous serons ainsi à pied d’œuvre) et découvrons la baie sous une lumière divine. Vite, vite, on se gare près du pont pour en profiter. Quelle surprise ! C’est marée haute et il ya quelques phoques qui chassent le saumon dans la baie, passant et repassant sous le pont où nous nous tenons. On voit distinctement un saumon essayer de se cacher dans les anfractuosités de la berge pour échapper à son prédateur. Pour une fois, il y a pas mal de moustiques au point que l’un d’entre nous doit s’arracher à ce spectacle pour aller chercher le répulsif. On se trouve un coin au bord de l’eau juste à côté du pont pour passer la nuit. De nos fenêtres (non équipées de double vitrage, dommage car la buée est très gênante) nous observons les phoques qui chassent.
Cordova, Child’s Glacier (Lu 16/08) C’est râpé pour la rando, tout est dans les nuages et… il pleut. Du coup on prend notre temps avant de filer vers l’est et le Child’s Glacier. On fait quelques courses, un petit tour dans l’Ilanka Cultural center. En route vers Child’s Glacier on fait un petit détour vers Alaganik Slough où la passerelle qui permet d’observer les marais est en travaux… On arrive enfin après un parcours d’environ 50 miles (dont les ¾ de piste facile) au campground de Child’s Glacier. Les craquements du glacier sont très impressionnants, ça résonne dans toute la cage thoracique et en plus ils sont très fréquents. On gare le camping car et on file voir le glacier ! C’est tout juste si on peut en apercevoir un bout ! Le temps est exécrable ! D’ailleurs à part l’host du camping (que nous ne verrons même pas) et une tente, il n’y a que nous ! Les autres ont été plus malins et attendent un meilleur créneau météo, ce qui se conçoit vu le prix du ferry ! Si c’était à refaire je ne prendrais des billets qu’au dernier moment, en fonction de la météo, au risque de ne pas avoir de place… Consolons-nous, à défaut de voir le glacier on l’entend et on le perçoit (je pense que la sensation pour un aveugle doit être terrible !) Allons voir à quoi ressemble ce fameux Million Dollar Bridge ! Il s’agit d’un pont construit vers 1945 sur la Copper River dans le but de relier Chitina et la Richardson Highway à la Copper Highway et Cordova (pour le moment Cordova reste donc inaccessible par la route) Ce pont a été endommagé par le fameux tremblement de terre de 1964 et du coup le projet de route a avorté. En 2005 les autorités ont renforcé le pont, craignant qu’il ne s’abime encore plus en posant 2 piles métalliques de part et d’autre de la zone où le tablier du pont s’est décalé d’environ 70 cm. Bref, on peut passer dessus en toute sécurité (tiens je viens de lire dans le Milepost qu’il est limité à 6600lbs, notre camping car faisait bien 4,5T mais on n’a pas vu de panneau…). On essaie de continuer la piste aussi loin que possible mais au bout de quelques km les bas côtés sont envahis par la végétation qui nous empêche de passer. Soirée crêpes rythmée par les grondements du glacier.
Child’s Glacier, Cordova (Ma 17/08) Le vent dilue un peu le brouillard : on voit mieux le (bas du) glacier ce matin. Sans interruption, des séracs s’écroulent dans la Copper River, c’est fascinant. Ca génère des vagues d’à peine une quarantaine de cm de haut qui sont vite freinées par le courant de la rivière. On a du mal à imaginer la taille des séracs qui ont pu générer les vagues énormes, de véritables tsunamis qui sont indiqués sur ce panneau. On repasse le Million Dollar Bridge, la vue est moins brumeuse qu’hier. On tente une petite balade à droite juste avant le pont mais on trouve d’énormes traces de grizzly toutes fraîches, accompagnées de traces de bébé ours et la végétation est si dense qu’on a vraiment peur de se trouver nez à nez avec leurs propriétaires. Demi-tour donc, de toute façon… il… pleut ! On reprend la piste vers Cordova : un énorme élan mâle s’enfuit dans la forêt clairsemée inondée par la Copper River, magnifique animal, fugace apparition. J’ai repéré quelques randonnées dans le coin mais avec ce temps il est inutile de grimper, on serait dans les nuages. En route donc pour Saddlebag Trail : 10 km A/R dont la première moitié dans une forêt aux arbres couverts de mousse, assez monotone. La 2ème moitié est un peu plus variée, elle chemine dans une vallée encaissée où court un petit ruisseau. Il y a des dizaines de crottes d’ours, on n’en a jamais vu autant. « Promenons-nous dans les bois, tralalalala… !» On arrive finalement à un petit lac où se jette un glacier moribond. Bof… Pas de pluie durant cette rando, mais on a les jambes trempées à cause de la végétation. De retour au camping car, elle reprend…. On va voir à quoi ressemble le coin d’Orca Road, au nord de Cordova, glauque… Demi-tour vers Hartney Bay et comme l’avant-veille, on a droit à un petit rayon de soleil. On aime cet endroit ! On dort là !
Ferry pour Valdez, Denali Highway (Me 18/08) A 8 h30, le ferry appareille : on quitte Cordova sous le soleil. Je suis dégoûtée car il a plu quasiment sans interruption pendant les presque 72 h passées sur la péninsule. Pfff… On découvre des sommets dont seule la carte nous laissait soupçonner l’existence ! Toujours pas d’animaux marins (à part des loutres et des phoques) durant le trajet en ferry (2h45, environ 120 km) vers Valdez, mais de beaux paysages. Valdez se situe au fond d’un fjord qui semble emprisonner les nuages. Le terminal pétrolier (celui où le fameux Exxon Valdez était venu remplir ses soutes avant de faire naufrage, causant cette marée noire historique que tout le monde a encore en mémoire. C’était en 89…) a le bon goût de rester pudiquement caché dans le brouillard. On se gare sur le port pour y faire un petit tour et on tombe aussitôt sur cette adorable loutre qui batifole au fond du port, là où les gens mettent leurs bateaux à l’eau, sans la perturber le moins du monde. Trop mignonne ! Il faut dire que c’est la belle vie ici pour elle (faisons abstraction des résidus d’essence qui flottent à la surface de l’eau) car elle récupère sans effort les restes des saumons qui sont nettoyés sur le quai. Les mouettes aussi en profitent. Valdez nous a bien plu (avec du soleil, c’est plus facile) : on y trouve un mélange sympathique de bateaux de travail, de plaisance (il y a même quelques voiliers) et même quelques kayaks. Le tout au pied des montagnes ! Nous y faisons un gros ravitaillement (c’est bien plus cher qu’à Anchorage) car nous devons être autonomes pour les 5 jours à venir. Le trajet jusqu’au Denali National Park via la Richardson Highway puis la Denali Highway ne passe que dans des hameaux de quelques maisons. On ne trouve pas non plus grand-chose à l’entrée du Denali NP… Les 50 premiers km après Valdez sont agréables, très montagneux et spectaculaires. On redescend ensuite dans une plaine monotone (encore les épinettes qui forment un rideau continu de part et d’autre de la route) pendant une bonne centaine de km avant d’arriver à Paxson, point de départ de la fameuse Denali Highway. Nous y faisons le plein et c’est parti pour 135 miles (216 km) d’une piste superbe qu’on a adorée ! (attention, je crois que certains loueurs de camping cars ne l’autorisent pas) A cette latitude, la limite forêt/toundra n’est pas bien haute, environ 600 m. Nous allons longer toute la chaîne de l’Alaska Range sur son versant sud. La journée est déjà bien avancée, l’été se termine, c’est déjà le début de l’automne et les couleurs sont superbes. Quelle chance d’avoir du beau temps ! On se pose pour la nuit un peu après Tangle Lakes (dont la piste d’accès est fermée pour travaux).
Denali Highway (Je 19/08) On décolle de bonne heure, tout émoustillés par ce qui nous attend. Nous passons devant les trailhead de Landmark Gap Lake (rando en A/R jusqu’à un lac, au fond d’une large vallée) et Glacier Lake (très humide parait-il) pour monter jusqu’à Mac Larren Summit, plus haut point de la piste (1245 m) où nous allons nous balader. Bien pratique le popotin blanc des caribous pour les repérer de loin ! Voici enfin l’occasion de faire sécher la tente que nous transportons mouillée depuis presqu’une semaine. Il est encore tôt et comme nous sommes les premiers aujourd’hui sur ce sentier, nous rencontrons plein de caribous ! Les jeunes sont très curieux, comme celui-ci que je n’avais pas remarqué ! La toundra commence à prendre ses couleurs d’automne et c’est superbe ! On surplombe une vaste plaine qui curieusement me fait penser à une savane africaine. Nous cheminons entre des petits lacs d’origine glaciaire et y remarquons ces étranges tracés semi-circulaires. A la périphérie des cercles, les cailloux les plus gros, au milieu les petits. Bizarre ! J’ai lu que c’est la conséquence du gel et de la neige mais sans bien comprendre le détail de leur formation. Si quelqu’un sait ? Tout est beau ici, jusqu’au moindre détail ! Sur le chemin du retour, nous croisons des américains qui voyagent à 4 ou 5 camping cars (ils sont 20, de New York) avec plein d’enfants. Les montagnes ici sont déjà si impressionnantes qu’ils me demandent si c’est le Denali ! En fait on en est encore à 200 km et les montagnes ici ne font « qu’un peu plus de 4000m » ! Nous reprenons la piste, traversons la Susitna (nous l’avions déjà traversée en raft quelques jours plus tôt mais bien plus en aval, juste avant Talkeetna) et remontons ensuite sur un plateau qui offre une vue absolument époustouflante sur l’Alaska Range. On en reste scotché, à tel point qu’on décide de dormir là ! On est absolument hypnotisé par le spectacle. Bouquet final !
Denali Highway, J1 au Denali NP (Ve 20/08) Après un tel coucher de soleil, pas question de rater le lever! Le thermomètre doit être faux, il indique -3°C mais il n’y a pas de givre. Disons que le fond de l’air est frais. D’ailleurs, ça fume, tout là-bas, au niveau des lacs et rivières. Il doit y en avoir des animaux dans cette vallée (on est à 20 km des montagnes, selon le GPS) D’ailleurs il y a pas mal de chasseurs en quad (la chasse a rouvert le 15/08) mais on n’entend quasiment pas de coups de feu, tant mieux ! On croise puis on longe ensuite pendant un moment la Nenana River, que j’avais un moment envisagé de descendre en partie en canoë mais le temps nous manque car il faut une grande journée (20 miles, classe I. Il faut pagayer mais il parait que c’est très « scenic ») pour aller de son croisement avec la Denali Highway à celui sur la George Parks Highway. La Denali Highway descend finalement dans la plaine pour rejoindre la George Parks Highway. Cette Denali Highway était jusqu’à la construction de la George Parks Highway en 1972, la seule voie d’accès au Denali NP. Un hors d’œuvre magnifique ! 50 km plus au nord, nous entrons dans le Denali National Park. J’ai pas mal hésité à aller dans ce NP un peu particulier. Contrairement aux autres NP américains que l’on peut sillonner librement en voiture, celui-ci est très réglementé. Il y a une unique piste de 89 miles de long qui longe le massif du Denali sur son flanc nord. On peut aller avec son propre véhicule jusqu’au mile 15. Avec une réservation pour 3 nuits minimum au Teklanika River campground (mile 29) on peut y conduire son véhicule mais on n’a plus le droit d’y toucher jusqu’à ce qu’on quitte le parc. C’est le choix que nous avons fait. Au-delà, il faut marcher, pédaler, ou prendre le bus. Vu les distances, on opte pour le bus ! Il s’agit de bus très rustiques, la vitesse est limitée à 30 mph, ils font de nombreux arrêts pour voir les animaux, des arrêts-pipi toutes les 1h30 à 2h00… Bref, pour faire toute la piste aller-retour de l’entrée du parc à Wonder Lake, il faut… 11h ! Passer nos vacances dans un bus ne nous tentait pas vraiment mais s’il fallait en passer par là pour découvrir la faune et les paysages de ce parc, ben, on allait tenter l’expérience. Au pire, si ça nous gave trop, on pourrait toujours quitter le parc avant les 3 nuits. Après les formalités rapidement effectuées au WAC (Wilderness Access Center. NB : en cette fin août, il y avait de la place dans tous les campgrounds sauf Wonder lake, celui qui est au bout de la piste), nous prenons la route et au bout de quelques km, croisons un grizzly qui vient de couper la route à un bus ! Sur la route vers le Teklanika Campground, nous croisons quelques caribous. Camping pas terrible, un parking arboré disons, on est les uns sur les autres (en RV ce n’est pas trop grave mais pour les tentes, pas terrible), aucune vue (normal, le camping est caché dans la forêt, ce qui est louable), des toilettes et un robinet. Point positif, il est au bord du lit de la Teklanika (je précise le lit car la rivière, gringalette, est finalement assez éloignée) : l’hôtesse, très sympa, nous rappelle les consignes de sécurité (il y aurait un ours et un lynx qui rôderaient dans le coin, pas vus en ce qui nous concerne…) On pose le camping car et on saute dans le bus pour notre première balade, pas loin (il est déjà 14h) Après 45 minutes de bus (et un arrêt-pipi au bout de 10 mn, pour ceux qui viennent de l’entrée…), le chauffeur nous débarque à Cathedral Mountain, en même temps d’ailleurs qu’une autre famille avec 3 enfants. Aussitôt, la moyenne d’âge dans le bus remonte en flèche ! Pas beaucoup d’enfants au Denali… Ce sont des habitués et ils nous indiquent le chemin, qui finalement est facile à trouver car assez fréquenté. Il n’y a quasiment pas de sentiers officiels au Denali (sauf à l’entrée du parc) Dans les endroits assez fréquentés, on trouve des sentiers. Ailleurs et le plus souvent, c’est du hors-piste, pas toujours facile du fait de la végétation. Pas de chasse bien sûr dans le parc, si bien que l’on peut facilement approcher les animaux, qui ne nous ont toutefois pas semblé beaucoup plus nombreux qu’ailleurs. On contourne une curieuse montagne de sable ocre pour finalement surplomber une impressionnante vallée glaciaire. Au loin, en contrebas, on entend soudain hurler : bear ! bear ! On ne voit pas l’ours mais on voit bien 2 randonneurs remonter la pente à toute vitesse ! Finalement ils ne planteront pas leur tente près de la rivière mais un peu plus haut au bord d’un lac. On peut bivouaquer partout dans le parc (à au moins 1 mile de la route), à condition d’avoir préalablement demandé un permis au WAC car le nombre maxi de campeurs par zone est contingenté. Pas facile d’improviser donc… Les enfants deviennent experts ès/crottes et baies ! Belle balade, sans soleil, dommage car la couleur de cette montagne est étonnante. En attendant le bus on remarque ce panneau : le vandalisme existe donc aussi chez les animaux ?! On peut monter et descendre à sa guise du bus où l’on veut dans le parc : il suffit de faire signe au chauffeur. En fin de journée, les bus qui retournent vers l’entrée du parc sont bien remplis et seul Arnaud peut grimper dans le 1er bus. On attend donc une vingtaine de minutes le suivant qui nous prend tous les 4. Nuit très calme (les générateurs des camping- cars doivent être arrêtés à 20h. De toute façon, il est indiqué sur le mode d’emploi du nôtre que le générateur n’est pas capable de recharger la batterie. Il ne sert donc que pour avoir ponctuellement du 110V, par exemple pour le micro-ondes. En arrêtant le chauffage durant la nuit, car le ventilateur est bruyant et doit consommer pas mal, nous aurons assez d’électricité pour ces 4 jours au Denali. Heureusement nous avons nos sacs de couchage car nous aurions eu un peu froid en n’utilisant que les couvertures fournies.)
J2 dans le Denali NP ( Sa 21/08) J’ai réservé le bus jusqu’à Wonder Lake, situé presqu’au bout de la piste, mais d’un commun accord nous décidons de ne pas aller jusque là : trop de bus ! A 7h30 on grimpe dans le bus et 1h30 plus tard, après avoir croisé quelques mooses imposants, admiré de belles montagnes derrière la vitre du bus (grrr…), nous demandons au chauffeur de nous laisser à Highway Pass. Les autres occupants du bus nous regardent un peu comme des bêtes curieuses quand nous descendons à ce col, où il n’y a « rien » (ni visitor center ni toilettes !) Enfin, rien d’autre que des montagnes de sable rouge encore un peu enneigées en cette fin d’été qui font face à des vallées sauvages et encaissées. On fait une belle balade au soleil (dommage on ne quitte pas la vue de la piste où les bus se succèdent à intervalles réguliers), il fait très bon, pas un souffle de vent. Fred et Arnaud, devant, aperçoivent des renards, on observe un moment un combat aérien entre un corbeau et un rapace tout en bullant au soleil : toujours pas le moindre moustique, quelle chance ! On a même la chance d’apercevoir le sommet du Denali ! Nous rejoignons enfin la piste et hélons un bus qui nous amène jusqu’au visitor center de Eielson où nous remplissons les gourdes. Au-delà de cet endroit, la piste redescend au fond de la vallée vers Wonder Lake. Il nous a semblé qu’au-delà le paysage devenait moins accidenté donc moins intéressant. Nous rebroussons donc chemin vers l’est et lors de l’arrêt à Toklat River,
demandons au chauffeur de nous déposer vers Polychrome Pass (un peu à l’ouest du mile 47). Il semble sceptique, nous expliquant que ça descend très raide depuis la route vers la rivière qui est en contrebas et que nous voulons longer. En effet ! Ca descend bien raide mais le sol est meuble donc c’est sans problème. En contrebas de la route, on ne soupçonne absolument pas sa présence, on ne voit et n’entend rien d’autre que le bruit du ruisseau et c’est bien agréable ! Les couleurs nous épatent, mélange de rouge, jaune, bleu du ciel (ahhhh !) ponctué de jolis nuages ! Tiens qu’est-ce donc que ce truc gris ?! Une bonne grosse marmotte prête à bientôt affronter les privations de l’hiver. Il y a une multitude d’empreintes le long de la rivière. Des crottes aussi bien sûr… Glou, glou, glou ! On les entend avant de les voir : des lagopèdes… Fred repère plus haut des mouflons de Dall (facile, ils sont d’un blanc immaculé), qui ont l’air de descendre vers la rivière : quelle chance. En effet, nous les retrouvons un peu plus loin au pied de la falaise. Ils se laissent très facilement approcher si bien qu’on va passer 1 ou 2 h en leur compagnie ! Quelle expérience ! Comment avec un tel pelage peuvent-ils échapper à leurs prédateurs ? Toujours plein de traces qui stimulent notre imagination : on essaie de reconstituer la scène du crime… En descendant la vallée on est régulièrement amené à sauter plusieurs petits affluents et on finit par être obligés de se faufiler dans le bush. Pas facile ! Pourvu qu’on ne se trouve pas nez à nez avec un grizzly. « Promenons-nous dans les bois… » Finalement on trouve un endroit pour traverser la rivière et rejoindre la piste. On émerge sur celle-ci en haut d’un raidillon : il n’y a plus qu’à attendre le bus, enfin plutôt les bus car encore une fois nous devons nous diviser en 2 groupes : d’abord les enfants puis Fred et moi. Sur le trajet du retour, la lumière est de toute beauté et ça fait vraiment l’œuf d’être dans ce bus ! Comme nous sommes 5 nous ne prenons pas le risque de prendre le dernier ou l’avant dernier bus pour rentrer car s’ils sont pleins, il faut attendre qu’un véhicule vienne nous chercher depuis l’entrée du parc, ce qui nécessite au bas mot quelques heures ! On retrouve les enfants au camping car : ils ont vu 3 ours sur une colline, les veinards !
J3 dans le Denali NP (Di 22/08) On les revoit ce matin : une maman grizzly et ses 2 petits. Plus loin on retrouve « nos » mouflons d’hier : depuis le bus, l’effet n’est pas le même ! Cette fois on se fait déposer à Stony Dome. Pas de soleil mais il ne pleut pas, c’est déjà ça…. Après avoir traversé une petite rivière, on remonte une petite vallée pleine de marmottes avant d’arriver à un col. Monter jusqu’au sommet ne nous apporterait pas grand-chose de plus car le temps est assez couvert. On préfère chercher un passage pour faire une boucle vers une très belle vallée que nous avons repérée en passant en bus. Hélas, elle est inaccessible ! C’est assez difficile dans le Denali (et en Alaska en général) de se faire une idée précise des reliefs car les cartes sont peu détaillées. Demi-tour donc, c’est plus prudent ! Le temps se couvre de plus en plus. Superbe arc en ciel près de Toklat River ! Malgré le temps, on décide d’aller explorer une vallée colorée que nous avons repérée sur Polychrome Mountain : elle nous a tapé dans l’œil à Caroline et moi. Un signe au chauffeur et hop, on descend ! On essuie quelques gouttes, rien de méchant et on grimpe dans la vallée jusqu’à apercevoir un groupe de « mouflettes » de Dall. Ces dames sont bien plus sauvages que les mâles, impossible de les approcher : elles sont toutes effarouchées et disparaissent finalement derrière un col. Cette fois le ciel s’assombrit de partout : demi-tour ! On se poste au bord de la route : 1er bus : 1 place seulement. Arnaud y monte (le veinard, il va voir un loup qui va trottiner au bord de la route pendant au moins 2 km !) On attend un bon moment le 2ème bus, le fond de l’air est de plus en plus frais mais on ne veut pas marcher le long de la route pour nous réchauffer car il pleut de partout sauf au-dessus de nos têtes ! Drôle d’impression ! Les sommets tout proches seront même blanchis. 2ème bus : 2 places, pfff… Fred et Caro y montent avec pour mission de commencer à faire les lasagnes ! 3ème bus : Marion et moi aurons finalement attendu 1h15 avant de pouvoir monter dans un camper bus : atmosphère d’ailleurs très sympa, il ramène des gens qui ont campé à Wonder Lake. Ce n’est pas le même public que dans les autres bus où on a vu des gens roupiller ou lire sur leur ipad ! Il y a d’autres randonneurs complètement trempés et frigorifiés qui visiblement ont attendu le bus un bon moment sous la flotte. On a eu plus de chance ! En conclusion ce système de bus est tout de même très contraignant : c’est un crève-cœur de perdre matin et soir plusieurs heures dans les transports, juste au moment où la lumière est la plus belle. Le dernier jour entre la fin de la balade, l’attente du bus et l’arrivée au camping de Teklanika, nous avons mis 3 heures (pour une vingtaine de miles )! (Auxquelles il faut ajouter 2h le matin pour aller à Stony Dome) Il est vrai que les paysages du Denali sont vraiment très beaux : c’est un mélange de larges vallées glaciaires austères, gorges profondes, montagnes colorées, glaciers, sommets enneigés mais je trouve l’organisation du parc vraiment trop pesante pour avoir envie d’y retourner. Voilà c’est dit ! Je dois dire aussi que je tenais tout de même à voir ce parc pour me faire mon idée, pas de regrets donc ! Je pense que pour bien profiter du parc (sans avoir une impression de métro/rando/dodo) il faut pouvoir partir camper quelques jours loin de la piste ce qui implique de porter un gros sac. Pas facile non plus pour une première visite dans le parc de bien cerner où s’y balader….et vu qu’il faut dire à l’avance au WAC dans quel secteur on va bivouaquer, impossible de se décider au vu des paysages rencontrés depuis le bus.
Denali NP, Anchorage (Lu 23/08) Il y a un peu plus de 400 km jusqu’à Anchorage, où nous reprenons l’avion demain.Ce matin dans le parc, le ciel est couvert mais les couleurs d’automne commencent tout de même à flambloyer. Plus au sud, ça se dégage et la vue de Denali Viewpoint South est à tomber ! On aperçoit en contrebas la Chulitna où nous sommes passés quelques jours plus tôt dans le brouillard. A Trapper Creek (à la hauteur de Talkeetna) nous prenons la Petersville Road qui file vers l’ouest. Cette route nous permet d’apercevoir le Denali sous un autre angle : elle n’a pas vraiment d’autre intérêt. Comme il fait beau nous décidons de repasser par Hatcher Pass mais comme la dernière fois, le temps se couvre finalement. Ce détour nous permet de rencontrer une nouvelle fois la femelle élan et son petit. Cette piste (non autorisée par le loueur ce qui signifie que l’on n’y est pas assuré) ne présente pas de difficulté ce jour là. La descente est assez raide et le frein moteur bien utile. On passe à Anchorage Downtown : la ville est en fait assez petite. Il y a des quertiers qui semblent très agréables à vivre avec plein de belles maisons en bois. La ville est idéalement située entre mer et montagnes. Nous allons passer la nuit sur les hauteurs de la ville à Glen Alp, dans le Chugach State Park. Il y a un monde fou ici : c’est un départ de randos à quelques minutes de la ville et la vue y est magnifique. On assiste à un coucher de soleil wagnérien sur Anchorage, ponctué de quelques averses bien drues ! Au loin, l’écume des vagues éclairée par le soleil couchant souligne la côte d’un trait presque fluorescent. Derrière nous, un ultime nuage rose avant que la nuit ne tombe définitivement.
Adieu Alaska et Denali ! (Ma24/08) Magnifique cadeau d’adieu ce matin : le Denali se détache parfaitement sur l’horizon ! Il est à plus de 200 km à vol d’oiseau ! On est scotché par ce spectacle mais il nous faut rendre le camping car avant 10h. En 10 mn, c’est chose faite et la navette nous conduit à l’aéroport, duquel d’ailleurs nous apercevons toujours le Denali. On décolle en début d’après-midi et très rapidement on vole « à côté » du Denali : magnifique ! Je constate non sans une pointe de satisfaction égoïste que la piste du Denali NP est sous les nuages, comme tout le flanc nord du massif. Moi qui était déjà en train d’échafauder des plans pour retourner en Alaska à l’automne et dans le nord, je réalise que le beau temps est rare partout en Alaska, pas uniquement sur la côte !
CONCLUSION Avant d’opter finalement pour l’Alaska, j’avais étudié la possibilité d’un voyage au Kamchatka, son voisin de l’est ! J’étais attirée par ses paysages sauvages, ses volcans, ses ours, ses rivières et rêvait d’y randonner ou d’y faire une descente en raft ou canoë. Malheureusement cette région ne s’est ouverte au tourisme qu’en 1992 au moment de la Perestroïka et les infrastructures y sont encore peu développées. Il est très difficile d’y voyager sans guide (et encore plus si on ne parle pas le russe) et les devis demandés auprès des agences locales y étaient absolument exorbitants. Conditions de confort spartiates, nécessité de porter d’énormes sacs pour y trekker (je ne pense pas que les russes soient déjà initiés à la philosophie MUL), impossibilité d’y être autonome, manque de réactivité des agences locales pour répondre à mes mails. Bref, je décidai finalement de me tourner vers l’Alaska et là tout a été ultra-simple : on trouve plein d’infos, cartes, récits, photos sur le net qui permettent de préciser ses attentes. Les américains ont un sens du service qui nous épate à chaque fois ! On avait un timing assez serré et tout a marché comme sur des roulettes, ils sont très pro ! Pas facile cependant vu la taille de l’état de faire des choix : il mérite à coup sûr plusieurs voyages ! On a fait un voyage passionnant même si la météo aurait pu, si elle avait été complice, le rendre absolument époustouflant !
Nos plus forts souvenirs (après sondage familial) seront : La rencontre rapprochée avec le grizzly L’ours noir sur la plage L’adorable loutre à Valdez et les loutres en général, trop mignonnes Les aigles à tous les coins de forêts et les phoques La « pêche au saumon », morts de rire ! Le Denali dans toute sa splendeur Les mouflons de Dall La pluie !!! La (très) grosse trouille en raft contre la souche
BUDGET ALASKA
J'ai profité en décembre 2009 d'un euro avantageux par rapport au dollar (1$ = 1,50 euro à l'époque) pour payer le ferry, la location du camping-car, les accomptes pour le kayak et le raft, le camping/Tek Pass/entrée au Denali, Child's glacier campground. J'avais aussi acheté en décembre des dollars pour payer sur place le solde kayak/raft, les hébergements, restaurants, bouffe. Bref, il n'y a que la location de voiture et le carburant qu'on a payés avec un dollar un peu moins avantageux (1$ = 1,29 euro) Vu le prix des prestations en Alaska, il n'y a pas de petits profits!
Avion pour 5, vol direct Francfort-Anchorage avec Condor4880 euro
Location 2 kayaks doubles+1 simple pour 7 jours1085$ Transferts en watertaxi 1880$ Total kayak :3035$ soit 2154 euro
Location raft 4 jours pleins 400$280 euro Navette pour dépose raft250$175 euro Total raft : 650$455 euro
Location VHF 7jours70$47 euro Location tél satellite 2 semaines150$ 106 euro Location bear spray 2 semaines 50$ 35 euro Clôture anti ours120 euro Total sécurité308 euro
Location minivan 14javec plein assur maxi732$567 euro Essence minivan 40$31 euro Total minivan 14j598 euro
Camping car 25' 10 jours, assurance maxi1592$1114 euro Propane40$28 euro Essence camping car 26l/100 km 1700 km459$355 euro Total 10j camping car 1497 euro
2 nuits 5 pers AJ Girdwood240$168 euro 2 nuits Talkeetna Roadhouse284$200 euro Childs's glacier campground avec résa34$25 euro 3 nuits à Teklanika campground (Denali)73$49 euro Total hébergements 442 euro
Ferry Whittier/Cordova/valdez CC+5P1091$722 euro
TEK Pass pour 3 jours pour 5 (bus dans Denali)92$61 euro
Ravitaillements, gaz, pêche 25j à 51000$670 euro Restos, fast food300$200 euro Total Bouffe, divers sur placeenviron 1000 euro
TOTAL pour 25j à 512117 euro
BIBLIOGRAPHIE ALASKA
Le Milepost est un énorme annuaire contenant une masse d'informations diluées au milieu de publicités. Nécessite un temps d'adaptation avant de s'y retrouver. Très utile pour le voyageur motorisé. Poids rédhibitoire pour les autres.
Lonely Planet Alaska : bien, pas mal d'idées de randonnées, pas mal de cartes.
55 Ways of the Wilderness in South Central Alaska, 5th edition de Helen D. Nienhueser and John Wolfe Jr : plein d'idées de rando, cartes succintes.
The Alaska River Guide de Karen Jettmar : la référence pour choisir sa rivière.
Denali National Park Guide to Hiking, Photography and Camping de Ike Waits. Plein d'idées de randos dans le Denali NP. Topos pas très précis mais difficile de faire mieux vu qu'il n'y a pas de sentiers. Cartes très grossières.
Cartes du National Geographic : Prince William Sound West (utilisée en kayak) 1/110000ème Prince William Sound East (pour la région de Cordova) 1/105600 Denali 1/225000ème On est loin de nos cartes IGN au 1/25000ème mais ces cartes sont agréables à lire et plastifiées. Au moins un bivouac de kayak indiqué qui n'existe pas sur PWS West. Je ne crois pas qu'il existe des cartes papier plus détaillées de toute façon. Il faut donc un peu « d'inspiration » pour lire le terrain plutôt que la carte, pas toujours facile.
Cartes GPS On a téléchargé des cartes topo gratuites pour Garmin. Attention il en existe (au moins) 2 types : pour l'un des 2 impossible de transférer les cartes et les waypoints sur le GPS donc mieux vaut faire un essai avant de rentrer tous les waypoints et de piquer une crise quand ça coince! On a utilisé ça : http://www.gpsfiledepot.com/maps/view/302/ Bien utile pour évaluer la distance parcourue en kayak ou en raft et s'assurer qu'on est bien là où on croit! Amusant aussi pour mesurer la vitesse en raft : record 14,8 km sans donner un coup de pagaie!
Scats and Tracks of Alaska de James C. Halfpenny : crottes et traces d'Alaska, bien fait, léger, les enfants le connaissent par coeur.
Alaska Wild Berries and berry-like fruit de Verna E. Pratt pratique, léger, bien utile vu l'abondance de baies diverses et variées.
On aurait du acheter ces 2 petits livrets au début du voyage mais l'occasion ne s'en est présentée que plus tard. Si vous les trouvez sur le net, n'hésitez pas!
Pour le récit illustré, cliquez ici
Bonne lecture!
ALASKA ! Enfin ! L’idée d’aller en Alaska nous turlupinait, Fred et moi, depuis longtemps. On n’avait cependant pas envie de survoler superficiellement cet immense état américain (le plus grand, 3X la France) On voulait le découvrir sous son aspect le plus sauvage, loin de la civilisation, loin des routes, au plus près de la nature. Pas facile en 3 semaines de vacances. Pas facile avec 3 enfants. Il nous a donc fallu attendre patiemment qu’ils grandissent, physiquement mais aussi dans leur tête, car nous nous doutions que le wilderness sous ces latitudes est vraiment très « wild ». Bref, nous (Marie, Fred, Caroline 17 ans, Arnaud 15 ans et Marion 14 ans) débarquons enfin à Anchorage ce 01/08/10 et récupérons nos 180 kg de bagages… 180 kg !? Oui, on prévoit de commencer par une semaine de camping itinérant en kayak de mer, suivie de 4 jours de descente en raft : tout ça nécessite un sacré fourbi, d’autant que nous emmenons notre canoë gonflable. Comme je me doute que notre résistance à la rude vie au grand air alaskan risque d’avoir ses limites, je choisis de terminer notre voyage par la location d’un camping car pendant 10 jours. Avec un tel programme nous n’allons découvrir qu’une infime partie de l’Alaska, à notre rythme. Ce sera l’occasion d’y retourner !
Cogitations/préparatifs Pour les prix, voir dans la partie budget à la fin VOL Pour le vol, rien de bien compliqué : Condor Airlines, filiale lowcost de Lufthansa, opère des vols directs pour Anchorage depuis Francfort. 2h30 de route de Nancy, aéroport très pratique. Bien que cher (presque 1000 euro A/R) on n’hésite pas longtemps devant l’attrait d’un vol direct et le prix de toute façon assez élevé aussi des vols avec escale (pb des retards, correspondances ratées, bagages perdus, passage de douane…) passant par les US ou le Canada. KAYAK DE MER On avait adoré notre virée en kayak au Groenland et bien envie de recommencer. Le but était de se balader dans des espaces vierges, sans trop d’humains, sans ferry, bateau de pêche, vedettes à moteur… Bref sans autre bruit que celui des cascades, du vent et de la mer, des animaux et du crépitement des glaçons mêlé aux craquements sinistres des glaciers.. Euh….j’avais oublié celui de…la pluie ! Après avoir comparé les mérites respectifs de Valdez, Seward, Homer et Whittier (dans tous ces endroits on trouve à louer des kayaks de mer), je choisissai finalement cette dernière. Whittier est un endroit absolument glauque, le pot de chambre de l’Alaska avec une pluviométrie record, mais c’est une bonne base de départ vers la partie ouest du PWS (Prince William Sound : gigantesque baie parsemée d’îles, située au SE d’Anchorage) qui est une zone très abritée de la houle océanique du fait de la présence de nombreuses îles. Bien sûr il y a des endroits avec plus de glaciers (Valdez), plus d’animaux (Seward), mais cette zone me parait réunir pas mal d’atouts : protégée de la houle, quelques glaciers, de bonnes chances d’y voir des animaux, pas trop de difficulté pour y bivouaquer (la forêt pluviale, exubérante vient souvent jusqu’à la limite de la haute mer) Après quelques échanges de mail, je retenai Epicchartesr (Brooke le patron n’a pas été avare d’informations sur le coin) pour louer les kayaks : 2 doubles+1 simple. S’éloigner de la civilisation a un coût certain en Alaska car l’absence de route sur la plus grande partie de cet état nécessite le recours à un avion, hydravion ou bateau. En l’occurrence c’est en « watertaxi » (toujours avec Epiccharters) que nous nous ferons déposer à environ 75 km au sud de Whittier (au-delà des zones de pêche), puis récupérer un peu plus loin une semaine plus tard. Pourquoi ne pas prendre un tour guidé ? Ben… parce que quand on ne peut compter que sur soi-même, les sensations sont décuplées !
RAFT C’est précisément pour éviter le coût non négligeable d’une dépose aérienne (à 5+ matos de camping+bateaux il faut 2 rotations car les coucous sont minuscules) que je choisissai finalement de descendre la Chulitna. Après avoir demandé des devis pour accéder à des rivières perdues dans le nord de l’état, je réalisais que, d’une part cela ferait exploser le budget, d’autre part cela nous demanderait d’y consacrer beaucoup de temps (il faut le temps de monter là-haut et d’en redescendre+journée de sécurité pour le vol de dépose, idem pour la reprise) 3 ou 4 jours me semblaient la bonne durée : assez longue pour bien entrer dans l’ambiance du trip, assez courte pour ne pas engendrer de monotonie. Les enfants voulaient que ça bouge un peu (on a été servi…) Je ne voulais pas d’une rivière trop près d’une route. Je ne voulais pas de portage. Je voulais enfin avoir la possibilité de voir des animaux et de beaux paysages. Je jetai donc mon dévolu sur la Chulitna pour laquelle le point de mise à l’eau est accessible par la George Parks Highway et qui après 77 miles passe – comme c’est pratique- dans le village de Talkeetna. La Chulitna passe dans la même vallée que la George Parks Highway, à une distance de plusieurs km si bien qu’on ne perçoit pas sa présence (sauf sur qq km au début où l’on entend un peu la circulation). En cas de problème il ne faut toutefois pas trop compter pouvoir rejoindre la route car le terrain est difficile : forêt impénétrable, marais, ravins… Elle longe sur son flanc est tout le massif du Denali, plus haut sommet d’Amérique du nord qui culmine à 6029m. Elle court ainsi dans une vallée glaciaire du nord vers le sud, recevant plusieurs affluents qui augmentent considérablement son débit (de 1 à 4 entre le début et la fin de notre parcours) Cette rivière étant classée II+ voir III en cas de fort débit, je préférai louer un raft plutôt que des canoës gonflables . (Bien m’en a pris, boudiou !) Craignant que les enfants ne s’ennuient sur le raft, je décidai d’amener notre canoé gonflable (super bonne idée) Je réservai donc un raft Aire de 15’chez Alaska Raft Connection (à Anchorage) dont le patron Brian est très réactif. J’ajoutai dans nos bagages une galerie gonflable Handyrack et des sangles car transporter un raft et ses avirons n’est pas une sinécure.
VOITURE Après plusieurs jours de recherche sur le net, je tombai enfin sur un tarif tout à fait raisonnable (pour l’Alaska hein !) pour la location d’un Dodge Grand Caravan chez Alamo. C’est fou, les prix vont de 1 à 5 ! Bien chercher avant de se décider donc. Pourquoi louer une voiture pour faire du kayak et du raft ?! Ben, pour les transferts pardi ! En fait, les transports en communs pour 5 sont + chers qu’une location et en plus impraticables avec tout notre fourbi. Pas le choix donc, même si ça fait râler de louer une voiture pour la laisser 7+4 jours au parking… Voiture quasi neuve, 12000 miles au compteur, récupérée en 5 minutes en arrivant à l’aéroport.
CAMPING CAR Bien moins cher à partir du 15 août, on a sauté sur l’occasion. On a donc loué pour 10 jours chez Great Alaskan Holidays un camping car de 25’, nécessaire et suffisant pour 5 personnes. On ne voulait pas plus grand afin de pouvoir rester relativement « agile »… Organisation parfaite, camping car étincelant. Il y a PLEIN de camping cars en Alaska et ça se comprend : on peut s’arrêter où on veut, en « pleine nature », en toute légalité (ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres états américains). Vu les distances, la rareté et le coût de l’hôtellerie, la qualité de la « restauration » tout-venant, c’est une solution qui serait presqu’idéale si ces bestiaux ne consommaient pas 25 l/100 km minimum (26 en ce qui nous concerne en roulant hypercool)
SECURITE Rassurez-vous je ne parle pas des Américains, en général vraiment sympas mais de la Nature et de ses Habitants. Prévoyant de nous balader dans des coins perdus, en bonne santé mais pas à l’abri d’une gamelle, crise d’appendicite - que sais-je encore - dans une nature réputée pour sa population d’ours (noir et grizzly) je préférai louer (chez Alaska raft Connexion toujours) un téléphone satellite et un bear spray (spray répulsif contre les ours) pour la partie kayak et raft. Je louai aussi (cette fois chez Epiccharters) une VHF (finalement inutile car il n’y avait pas un chat là où nous avons fait du kayak et la portée de cet appareil est très limitée) Enfin je décidai de fabriquer une « bear fence », clôture électrique anti-ours (destinée à entourer la tente), afin de pouvoir dormir un peu plus sereinement. J’ai trouvé tous les ingrédients en Europe (je ne voulais pas commander aux US à cause des frais de douane+dossier éventuels) Evidemment cet attirail ne dispense pas de respecter aussi scrupuleusement que possible les consignes pour éviter des rencontres trop rapprochées avec les ours. La rando en kayak se déroulant dans la Chugach National Forest, Epiccharters avait récupéré pour nous auprès du visitor center cinq boîtes anti-ours destinées à stocker la nourriture et les trucs odoriférants qui pourraient intéresser ces gourmands. Bien pratiques pour s’asseoir mais d’un volume insuffisant pour une semaine d’autonomie. Un peu encombrantes dans les kayaks même si heureusement elles tenaient verticalement entre nos jambes. Pas étanches, dommage.
Le voyage (Dim 01/08/10) Ouf, l’hôtesse de l’enregistrement ne moufte pas quand elle nous voit enregistrer 8 sacs pour 5 personnes. Depuis peu la franchise de bagages en soute est limitée à 1 sac de 23kg/personne mais comme les billets ont été achetés l’année dernière, nous bénéficions encore des 2X23kg. On décolle enfin avec 3h de retard (on s’est donc levé à 4h du mat pour rien…) 8h45 plus tard, après avoir survolé le Groenland puis (chance !) aper��u le Denali émergeant d’une mer de nuages, nous nous posons vers 14h à Anchorage. Il fait gris mais il ne pleut pas, environ 17°C. On récupère la voiture au terminal domestique en un clin d’œil et après nous être trompés d’adresse (j’avais noté l’adresse postale, ne nous énervons pas… une adorable commerçante nous a retrouvé la bonne adresse sur le net), on déniche enfin Alaska Raft Connection, dans un hangar près de Lake Hood juste à côté de l’aéroport pour récupérer le tél satellite et le bear spray. Le dépaysement est immédiat car ce lac sert en fait d’aérodrome pour les hydravions. Il y en a des centaines, garés sur l’eau ou sur les parkings. Si le trafic sur le gros aéroport parait modeste, ici, ça turbine ! Ce spectacle nous occupe bien en attendant que notre téléphone atterrisse ! Enfin, il arrive : une famille de Suédois (avec un garçon de 15 ans et une fille de 18 ans) vient de rentrer en hydravion d’une randonnée de plusieurs jours en raft sur la Talachulitna River. Ils ont attendu leur hydravion pendant plus de 24h à cause du mauvais temps et sont affamés. Ils ont eu de la pluie quasiment en permanence… On compatit… « I wouldn’t do it again » dit sobrement la maman. Bien, bien, bien… Je me rassure en me disant que la météo a l’air tout à fait correcte pour les jours à venir. Ils ont tout de même vu un ours, un lynx, des élans et pas mal de moustiques (ça m’inquiète un peu cette appréciation, surtout venant de Suédois !) Brian nous explique que le mois de juillet a battu tous les records de pluviométrie. Bon…ça ne peut que s’améliorer en août, pas vrai ? Bref, ils avaient 2 tél satellite (on n’est jamais trop prudent mais j’avoue que ça ne m’était pas venu à l’idée. Peut-être avaient-ils des impératifs professionnels ou familiaux nécessitant de fréquents appels) On récupère celui qui n’a pas servi et dont la batterie est pleine. Direction ensuite le Wal Mart pour les courses de bouffe et achat de gaz : on vide le rayon de ses 4 dernières petites cartouches. Enfin nous prenons la route en direction de Girdwood , petit village situé à environ 1h de route d’Anchorage en direction de Whittier, le long du Turnagain Arm, gigantesque bras de mer entre Anchorage et la Péninsule de Kenai. Le temps est bouché, je suis cuite, ça circule énormément, pas de photos. Il y a un monde fou sur cette route mais les chambres que j’ai réservées dans l’AJ de Girdwood : GABI (Girdwood Alaska Backpacker Inn) sont au calme sur l’arrière. A 20h après 26h de route/avion/courses/route, on s’écroule enfin !
En route vers Point Nowell (Prince William Sound PWS) Lu 02/08 Avec 10h de décalage horaire, on est réveillé à l’aube et ça tombe bien car on a RDV à 7h45 avec Epiccharters. Pas le temps de profiter de l’auberge, pourtant bien sympathique. On passe le tunnel (12$, circulation alternée sur une seule voie pour les voitures et le train) sans attente si bien qu’on a le temps de visiter Whittier et ses alentours (il n’y a que qq km de routes) Sous la pluie, dans le brouillard, on aperçoit notre premier aigle pêcheur, ravis. On se rend compte qu’avec la fatigue d’hier on a mal compté le nombre de jours de bouffe à acheter : du coup on rachète à prix d’or un ou deux paquets de nouilles à la petite épicerie du coin et on se laisse tenter par une machette/scie qui plait bien aux garçons. Quelle bonne idée ! Les kayaks nous attendent, parfaitement préparés, disposés sous un auvent (ça tombe bien il pleut toujours) juste en haut de la passerelle qui mène au ponton où est amarré le bateau. Matériel impeccable (2 Seda Tango et un Prijon Seayak ), rien ne manque. On récupère la VHF. Grand déballage de printemps, on retire tous les emballages inutiles, emballe tout ou presque dans des sacs étanches. Pas le temps de vérifier que ça rentre dans les kayaks, faudra bien ! Après avoir signé moult décharges, embarqué les kayaks sur le watertaxi, écouté comme dans l’avion les consignes de sécurité (difficile de ne pas sourire discrètement), c’est parti pour 1h30 de navigation tape-cul à fond avec les 2 moteurs de 200 CV. Le GPS indique 55 km/h. Faites le calcul… Sur le trajet on ne voit pas grand-chose, brouillard… On arrive un peu groggy sur la plage (de galets hein !) de Point Nowell : en un clin d’œil nous voilà débarqués avec armes et bagages. « Enjoy ! » nous lance Brooke puis le bateau disparait très vite dans le brouillard. Bon ben, ‘y a plus qu’à ! Le tour du propriétaire est vite fait : la plage fait 300 m de long, 30 de large (3 à marée haute), au-delà la côte est faire de rochers infranchissables. Sur toute sa longueur elle est bordée d’une épaisse forêt pluviale. Seul 2 ou 3 endroits permettent de planter une tente à sa lisière. On choisit le plus plat, juste suffisant pour notre tente de 6 personnes. On n’y voit pas à 10 m dans cette forêt et moi qui depuis des mois lis tous les jours des histoires d’ours, je n’en mène pas large ! Les autres me prennent pour une parano, à jeter sans arrêt des coups d’oeil dans tous les coins. En plus il y a des crottes d’ours un peu partout ! Très vite, on retrouve nos habitudes de bivouac en famille : Caroline et moi montons la tente tandis qu’Arnaud et Marion ramassent du bois pour faire un feu (heureusement il y a plein de bois flotté, pas besoin d’aller farfouiller dans cette forêt touffue pleine d’ours) et Fred se lance dans la popote. Repus, crevés par le voyage et le décalage horaire, nous décidons à l’unanimité de ne pas bouger aujourd’hui et les enfants et moi filons faire la sieste tandis que Fred, fidèle à son habitude, s’oblige à adopter de suite les bons horaires. Bien lui en a pris car un peu plus tard il nous appelle : 2 ou 3 baleines croisent à quelques centaines de mètres, on entend même leur souffle, chouette ! Après cette digression, on resombre dans le coma et on n’émerge que pour le repas du soir. Il fait très bon, pas de vent, pas de moustique à ma grande surprise, pas vu d’ours non plus pour le moment. Tiens, un lion de mer vient nous rendre une petite visite. Pas fait de photo vu le manque de lumière, persuadée qu’on en verrait d’autres après : mais nan ! J’insiste pour attacher la bouffe en hauteur ; pas facile de trouver un endroit propice. Ce serait ballot de se faire piquer la bouffe dès le 1er jour ! Depuis, j’ai vu des vidéos qui m’ont convaincue qu’un ours noir est capable d’acrobaties auxquelles notre installation n’aurait pas résisté longtemps… Nuit pas vraiment réparatrice du fait du décalage horaire et du sentiment de claustrophobie généré par cette épaisse forêt qui nous entoure. De plus il y a eu un bourdonnement continuel de bateaux à moteur qui ne s’est interrompu qu’au milieu de la nuit. La mer est très calme, bordée de côtes montagneuses et le bruit porte très loin.
Vers Ewan Bay (Ma 03/08) On se lève avec le jour et le soleil nous gratifie d’un magnifique spectacle ! Quel silence, les pêcheurs sont au lit ! On profite de la chaleur du soleil pour faire sécher la tente, la lumière est incroyable. On a bien fait de se lever tôt car à 6h30 le soleil disparait. C’est tout pour aujourd’hui ! J’inaugure le sac étanche Ewa Marine pour l’appareil photo. J’ai comme objectif un 24-105 mais dans ce sac je ne peux que déclencher : impossible de zoomer, toutes les photos sont donc prises au 24 mm, ni de régler quoi que ce soit. De plus il faut de la persévérance pour réussir à appuyer sur le déclencheur à travers cet épais plastique. Enfin il faut plusieurs minutes pour entrer/sortir l’appareil photo du sac. Seule qualité du bazar : c’est vraiment étanche ( a trempé pendant des jours dans l’eau stagnant dans la jupe). Si c’était à refaire j’achèterais plutôt un compact étanche. Je suis très déçue par la qualité des photos, souvent « voilées » par la partie en verre qui recouvre l’objectif qu’on ne peut pas garder propre (embruns, pluie). Le fait de ne pas pouvoir zoomer est évidemment très gênant. Pour le caméscope Fred utilise un caisson étanche qui l’autorise à utiliser toutes les fonctions du cam mais il a de gros problèmes de condensation, malgré l’utilisation de silicagel. On est sur l’eau à 7h15, pas mal ! Après une bonne heure de pagaie nous approchons de Junction Island où Brooke nous a indiqué une colonie de phoques. En effet, jusqu’ici nous avions croisé quelques phoques épars mais sitôt viré un premier caillou, c’est la débandade ! Il y en a partout, des dizaines. Certains disparaissent discrètement sous l’eau sans un frémissement tandis que d’autres manifestent leur mécontentement d’être ainsi dérangés par de violents coups de reins avant de plonger. Ils s’éloignent d’une vingtaine de mètres tout au plus et-curieux- nous observent attentivement. Trop mignons s’exclament les enfants. Oh les bonnes têtes, regarde çui-là ! Et là derrière, il nous suit ! Bref, un régal. On débarque sur « leur plage » jonchée de crottes de phoques (je vous passe les détails mais ça p… autant que des crottes d’oiseaux) Ils sont là tout autour de l’île à nous observer patiemment. Dès que nous réembarquons, ils reprennent possession de leur territoire : bon débarras les perturbateurs ! (à notre décharge, il nous fallait ajuster les cales-pieds…) Nous longeons ensuite la côte ouest de Chenega Island, et c’est un régal. On se faufile entre la côte et une multitude d’îlots touffus qui donnent l’air de déborder de végétation. Malgré le ciel couvert, l’eau vert émeraude contraste avec le jaune des algues et le vert profond des forêts. A cet endroit la côte est particulièrement découpée et c’est une surprise renouvelée au détour de chaque îlot ou de chaque baie. Nous qui sommes plutôt des voileux apprécions vraiment de pouvoir jouer au rase-cailloux sans souci de tirant d’eau. Encore plus mignonnes que les phoques, les loutres égaient notre journée. Plus on va vers le sud, plus elles sont nombreuses. On rencontre plein de mamans qui font la planche avec leur petit sur le ventre. Parfois elles rêvassent ou elles dorment et on peut s’en approcher à quelques mètres puis, surprises, elles s’enfoncent dans les flots après un petit sursaut. Brooke m’a indiqué au fond de Ewan Bay la présence d’une cascade d’eau salée. Lors du gros tremblement de terre de 1964, un décalage est apparu entre une toute petite crique et le reste de la baie si bien qu’à certaines heures de la marée cette crique se vide par une cascade d’eau de mer ce qui crée une mousse identique à celle générée par une tempête. Nous nous dirigeons donc vers le fond d’Ewan Bay quand il se met à pleuvoir. Après cette première matinée de pagayage on en a plein les bras et on décide de se trouver d’abord un endroit pour la nuit car les opportunités sont plutôt rares. Miraculeusement on trouve un endroit que Brooke nous avait indiqué, sur une petite île dans un endroit relativement dégagé qui me plait infiniment plus que notre emplacement d’hier. Ici, ni trace ni crotte d’ours. Comme hier, il n’y a pas de ruisseau à proximité mais nous avons 2 bidons de 15 litres donc une autonomie d’au moins 3 ou 4 jours. Une fois la tente montée, il pleut de plus belle et nous préférons remettre au lendemain la visite de la cascade, située à 2 ou 3 km. Fred s’installe pour faire à manger : rien à faire, le réchaud (Primus Omnifuel ) ne veut pas démarrer ! Lui qui avait fonctionné comme une horloge au Groenland refuse obstinément de s’allumer alors que j’ai choisi cette fois d’utiliser du gaz plutôt que de l’essence car cela pose théoriquement moins de problème. Hier il a marché au poil… Gros coup de stress : nous voilà bien avec nos kilos de pâtes et de riz prévus pour toute la semaine. Bien sûr on a un téléphone satellite et la possibilité de nous faire récupérer par Epiccharters mais ce serait trop la honte, dès le 2ème jour ! Pas question ! « On va faire un feu, histoire de conjurer le sort ! Ca va faire marcher le réchaud ! » Ben voyons… Fred le démonte et le remonte X fois de A à Z, je tente aussi ma chance, des fois que… Niet ! Il pleut toujours : on se dépêche de ramasser bois et brindilles encore pas trop mouillés pour allumer le feu, tandis que Fred autopsie encore le réchaud. Quelle bonne idée on a eu d’acheter cette machette à Whittier ! On envisage la possibilité de cuisiner midi et soir au feu de bois mais s’il continue à pleuvoir ainsi, ça va être impossible sans allume feu. M…. de m… Quelle c… de ne pas avoir pris un 2ème réchaud ! C’est quand même le B.A.BA quand on va dans un coin perdu ! Du coup on n’a même plus faim, sauf les enfants ! Alors que le feu démarre enfin nous percevons soudain un ronflement puissant : ça marche ! Enfin si on peut dire : jouant le tout pour le tout, Fred a élargi le trou de la buse et la flamme ressemble maintenant à celle de la fusée Ariane mais elle se maintient. Ouf, sauvés ! Il consomme certainement plus mais on a prévu large en gaz. Aujourd’hui nous n’avons ni vu ni entendu le moindre bateau !
Vers Gaamak Cove (Me 04/08) Il pleut toute la nuit et au petit matin nous réalisons que nous avons douillettement dormi sur un lit de tourbe à présent totalement imbibée d’eau. Heureusement la tente est bien étanche. Après cogitation nocturne, je réalise que ce matin la marée n’est pas propice pour voir la cascade. Tant pis on laisse tomber d’autant plus que je ne sais pas trop où nous pourrons trouver à bivouaquer pour la prochaine étape. La carte mentionne bien un bivouac au sud de Jackpot Bay mais Brooke a l’air de douter de son existence. Nous replions le camp sous une pluie persistante et c’est reparti ! On se faufile le long de la côte, toujours au plus près des rochers, croisant des dizaines de loutres. On ne se les signale même plus, elles sont devenues banales. Idem pour les aigles pêcheurs, très faciles à repérer avec leur tête blanche. Moins banal cet ours noir que l’on aperçoit s’enfuyant dans une zone herbeuse, pour une fois non envahie par la forêt. Je pense que nous l’avons effrayé, ce qui nous rassure, ainsi que sa petite taille. On dirait un gros chien s’exclament les enfants. Oui, disons un gros terre neuve, c’est vrai. Un peu plus loin, nous remarquons un arbre qui se balance en cadence alors qu’il n’y a pas la moindre brise : un ours noir y est grimpé et ne nous a pas vus, il a l’air de bien s’amuser. Nous l’observons quelques dizaines de secondes puis il disparait dans la forêt. A présent il pleut des cordes et ça dégouline de partout : des cascades éphémères, qui pour certaines ont un débit impressionnant. Elles se succèdent tout au long de la côte alors qu’hier, avant la pluie, nous n’en avons pas vu une seule. Bien que la visibilité soit des plus réduites, nous reconnaissons bientôt nos premiers icebergs. Plus nous avançons vers le sud, plus ils sont nombreux. Ils ont l’air de fondre à toute vitesse. Comme je le craignais le bivouac espéré et indiqué sur la carte au sud de Jackpot Bay n’existe pas. Il y a bien une grande plage de galets mais la forêt occupe tout l’espace jusqu’à la mer. Ca fait déjà quelques heures que l’on pagaie sous la flotte, les garçons sont trempés, on débarque en vain en plusieurs autres endroits sans succès. Pas le moindre recoin pour la tente. Bon, ben, Gaamak Cove est à 8 km, on en a pour 2 heures, allons-y, ça va nous réchauffer. Le vent se lève, de face bien sûr et on utilise au mieux les reliefs de la côte pour s’en abriter, pas toujours possible. Heureusement avec cette pluie (positivons) il reste faible. On arrive enfin en vue du bivouac, situé sur une île reliée au continent par un isthme étroit à marée basse. Les craquements du glacier (situé au-delà) sont de plus en plus intenses. On adore ! Nous sommes accueillis par les cris de centaines de mouettes. Une cascade magnifique tombe de la falaise où se trouve la colonie d’oiseaux. Il pleut des cordes, on ne passe pas tout près (rappelez-vous que je n’ai que mon 24 mm), ça manque de lumière, j’en ai plein les pattes : je ferai une belle photo demain... Ce bivouac est du tonnerre ! Pas étonnant qu’il ait l’air relativement fréquenté : l’herbe est « usée ». Tiens, il y a plein de traces et de crottes d’ours partout, hum ! Du bout du pied, en tâtonnant, on se choisit l’endroit qui fait le moins sploutch quand on prend appui. La vue est dégagée, il y a de l’espace pour se promener un peu et on est au milieu des fleurs et des glaçons. Ne manque que le soleil ou au moins l’absence de pluie (à la longue, on devient moins exigeant) On monte le tarp pour se changer. Alors que nous portons des combinaisons théoriquement étanches et respirantes, Fred et Arnaud sont trempés jusqu’à l’os (Fred a une vieille combin’ Helly Hansen et Arnaud une combin’ Rasdex comme Marion mais moins imperméable, pourquoi ?), Marion a les épaules humides et Caroline et moi sommes sèches (c’est nous 2 qui avons les combin’ les plus simples et les moins chères pourtant, des Typhoon Racer drysuits) Ce serait bien que la pluie cesse un jour afin de pouvoir un peu faire sécher le matériel. A la longue, l’humidité commence à s’infiltrer un peu partout. Heureusement la tente est bien ventilée mais il est pourtant impossible avec cette humidité ambiante d’y faire sécher quoi que ce soit. On verra bien demain. Pas de feu ce soir, tout est absolument détrempé ! Comme on a bien avancé (20 km à vol d’oiseau sous la flotte) on décide de rester là 2 nuits. Il n’y a en ligne directe qu’une trentaine de km entre l’endroit où on s’est fait déposer et celui où nous allons être récupérés. Le but n’est pas d’aligner les km mais de découvrir cette région tranquillement à notre rythme en explorant criques et baies. Les américains ont d’ailleurs pour habitude de se faire déposer avec tout le confort moderne (glacière, bières, barbecue, grande tente moustiquaire, fauteuils…) dans un endroit sympa et de rayonner à partir de là. Compte-tenu des aléas météorologiques, je ne voulais pas d’un parcours trop ambitieux qui nous aurait obligés à forcer ou à prendre des risques pour être au RDV à la fin de la semaine.
Gaamak Cove-Nassau Fjord-Chenega Glacier (Je 05/08) Il a plu toute la nuit, pfff… Enfin, la pluie finit par s’arrêter en début de matinée, il était temps. Le moral remonte avec le baromètre : on va peut-être enfin découvrir les sommets qui nous entourent ? On profite de l’accalmie pour « recharger les batteries » : une grande opération séchage est décrétée mais pour cela, à défaut de soleil, il nous faut un bon feu. Il n’a pas fallu moins de 1h30 à Fred, armé de son réchaud supersonique, pour obtenir enfin un vrai bon feu qui chauffe. Pendant ce temps-là on se disperse tous azimuts en chantant « promenons-nous dans les bois… « (enfin, surtout moi) pour trouver du bois. C’est moins facile qu’ailleurs car l’endroit est régulièrement fréquenté. Inutile de dire que le bois est trempé. C’est alors que je réalise que ma belle cascade au débit si impressionnant est désormais réduite à un mince filet d’eau insignifiant. Flûte ! Je comprends aussi que le ruisseau tout proche repéré hier et auquel je comptais refaire le plein doit lui aussi se réduire de minute en minute : en effet, il n’y coule plus que quelques gouttes d’une eau teintée de tourbe. J’y recueille péniblement quelques décilitres puis abandonne. On a encore quelques litres en réserve. En début d’après-midi le temps se lève et on aperçoit du ciel bleu : en route donc pour explorer Nassau fjord, tout proche, où se jette le Chenega glacier. On n’oublie pas de prendre les bidons, fermement décidé à trouver enfin de l’eau. C’est marée haute et on peut donc prendre le petit raccourci au milieu des glaçons. On profite de l’étale pour remonter le fjord, sans oser s’approcher trop près du glacier. Nous en sommes là à 2 km d’après le GPS et ça nous semble bien suffisant. Nous dérangeons quelques phoques vautrés sur les icebergs. On va faire le plein dans ce petit chenal où on a enfin dégoté une cascade relativement accessible où on peut remplir un bidon sans se faire doucher en même temps. Puis le courant s’inverse et nous nous retrouvons sur un véritable tapis roulant d’icebergs qui nous emmène lentement mais sûrement vers notre bivouac. En plus on a un peu de vent dans le dos. Cool ! D’autant plus que le soleil arrive ENFIN. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Ca fait du bieeeeeeeennnnnnnnn ! Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Que c’est bôôôôôôôô ! Non ! Caroline ne s’est pas transformée en Shiva. Elle a simplement récupéré la pagaie perdue par Fred, tout absorbé qu’il était par le maniement du caméscope qui avec la chaleur du soleil se remplit de buée ! Petit arrêt Twix au soleil, mmmmhhhh ! On fait le tour de notre îlot pour aller voir cette colonie d’oiseaux de plus près. Ils sont des centaines à virevolter au-dessus de nos têtes par vagues coordonnées. Curieusement et à notre grande satisfaction, nous ne recevrons aucun « cadeau » On approche les nids de tout près (heureusement, avec l’objectif que j’ai…), il n’y a pas de houle et on est vraiment au pied de la falaise. Je fais plein de photos, espérant en avoir quelques unes qui soient nettes vu que je ne peux pas régler la vitesse. On quitte finalement cette colonie assourdissante pour pagayer vers notre bivouac situé juste au-dessus de la plage sur laquelle j’aperçois soudain… un ours noir, encore un ! Il déambule tranquillement, totalement indifférent à notre présence, pourtant c’est sûr il a du nous voir, nous sommes à 150 m tout au plus. Youpi !! M….. ! Full card !!! Ma carte mémoire est pleine de photos d’oiseaux floues ! Pas trop de regret tout de même car on est trop loin pour le 24 mm et on ne veut pas s’approcher de peur de faire fuir la bestiole. Fred « l’attrape » au caméscope. Il prend son temps, zigzague, renifle, gratouille le sable et parcourt finalement toute la plage d’un bout à l’autre pour traverser le petit chenal avant d’aller longuement inspecter une zone herbeuse sur « le continent » où on l’observe encore un bon moment avant qu’il ne disparaisse. On est tout content de cette apparition mais aussi un peu inquiet car, en gros, vu sa trajectoire, il venait sans doute de notre campement. Dans quel état allons-nous le retrouver ? Intact ! Il faut dire que la bouffe est dans des sacs ou bidons étanches ce qui doit limiter les odeurs. On avait aussi allumé la clôture électrique qui protège la tente, pas envie de se retrouver « à la rue » avec ce climat ! Ouf ! Quelle journée ! Le glacier, les icebergs, les oiseaux et pour finir cet ours et tout ça avec du soleil ! La fin d’après-midi se passe à buller au soleil. Pour une fois il y a quelques mouches et moustiques si peu nombreux que Fred néglige de mettre du produit anti-moustiques. Il le paiera cher avec l’apparition, curieusement quelques jours plus tard, de dizaines de piqûres douloureuses dans le dos, sur les jambes et les bras. On découvre émerveillé le paysage qui nous entoure, c’est grandiose et poétique en même temps. Arnaud et Marion fourbissent leurs armes (des bâtons taillés en pointe) pour les chamallows grillés de ce soir. Avons-nous été repérés à cause de l’épaisse fumée générée par notre feu de bois mouillé ? Vers 20h30, nous voyons arriver 3 kayakistes dans « notre baie », scrogneugneu. Très vite, nous somme rassurés, ils doivent être aussi sauvages que nous car ils vont s’installer sur le continent, précisément là où l’ours avait longuement reniflé l’herbe avant de disparaitre. Faut-il les prévenir ? Bah, de toute façon tout le monde ici sait qu’il y a des ours : le coin est jonché de traces et crottes. Ce sont des grands garçons, laissons les tranquilles. Très bonne nuit sans pluie !
Vers Dual Head (Ve 06/08) Il fait « beau », c’est-à-dire qu’il ne pleut pas mais il n’y a pas de soleil. Au moment où nous chargeons les kayaks, un de nos voisins vient nous dire bonjour (c’est marée basse et le chenal est à sec) Ils ont eu ce matin la visite de l’ours qui heureusement s’est révélé » très timide ». Il nous demande des infos sur la quantité de glace dans le Nassau Fjord où ils comptent aller aujourd’hui. Apparemment l’endroit a l’air assez piégeux : Brooke nous avait d’ailleurs déconseillé d’y bivouaquer car selon le vent et le courant il arrive que l’on puisse y rester bloqué par la glace. Ils se sont fait déposer sur Knight Island et se feront récupérer dans quelques jours à Point Nowell. Aujourd’hui nous avons une courte étape jusqu’à Dual Head, lieu de RDV pour notre « pick-up ». Nous allons y passer 2 nuits ce qui nous permettra d’explorer un peu les environs. Les rencontres avec des baleines y sont parait-il fréquentes… je lève le suspense de suite : on n’en verra pas malgré la fréquentation d’Orca Cove et de Whale Bay. On aurait peut-être du aller jusqu’à Humpback Cove ou Mink Cove ! Faut dire que vu la pluie qui s’est remise à tomber dès midi on n’a pas été très courageux et on a passé l’après-midi au coin du feu. On est si bien sur notre petite presqu’île perso. Pas de place à Dual Head ! La foule du mois d’août sans doute : il y a 3 tentes et plus de place. Heureusement qu’on a trouvé ce petit lopin un peu plus loin. Comme personne ne vient jamais là, il y a plein de bois. Ca tombe bien Arnaud a entrepris de défricher l’Alaska. Il y a du boulot ! Un peu glissantes ces boîtes à ours !
Dual Head. Orca Cove (Sa 07/08) Ce matin il y a dans la tente une luminosité tout-à-fait inhabituelle qui me fait me lever d’un bond! Mais wouihhh il y a du soleil ! Quelques nuages aussi d’ailleurs et c’est tant mieux ! Nan ? C’est marée basse et notre périmètre d’action passe donc de 50 à 500 mètres. La forêt en arrière plan est comme d’habitude absolument impénétrable et on ne peut que longer la mer si le relief le permet. En l’occurrence je repère une belle cascade et en profite pour un récurage complet avant le retour demain à la civilisation ! Ah, ça fait du bien et ça me fait un alibi pour ne pas participer au ramassage des ridicules petites moules (en Amérique tout est grand sauf les moules) avec lesquelles Fred compte améliorer l’ordinaire (rappelez-vous notre erreur de calcul en faisant les courses) Au fil de la matinée, le soleil finit par s’imposer et nous en profitons pour à nouveau jouer les fées du logis. Marion bouquine, Arnaud continue de défricher, tandis que Caroline perd notre 10ème et dernier leurre. J’avais bien dit que le fil était trop fin pour les gros poissons d‘Alaska mais Fred avait décrété qu’on verrait bien. Comme je n’aime ni pêcher, ni tuer, ni nettoyer les poissons, je n’ai pas insisté. On a bien vu ! Il y a maintenant une dizaine de pauvres poissons qui se baladent avec un piercing. Festin de moules à midi, bravo Fred, elles sont petites mais excellentes ! Après ça, nous partons pour un ultime tour en kayak vers Orca Cove. J’adore me faufiler dans ces petites criques où on a l’impression de naviguer dans une prairie. On arrive enfin au fond de la baie d’Orca Cove et on y découvre une belle rivière pleine de saumons. Ca frétille de partout là-dedans. L’herbe des berges est toute aplatie et il y a plein de crottes d’ours partout. A moitié rassuré on remonte un peu la rivière puis la végétation s’épaissit et on préfère faire demi-tour. Un superbe aigle-pêcheur surveille nos allées et venues. L’eau est peu profonde, on n’a plus qu’un maigre paquet de nouilles pour ce soir, c’en est trop, Fred n’y résiste pas ! Sus aux saumons ! On peut réellement parler de pêche sportive, même si elle n’est pas très élégante…. Ames sensibles, abstenez-vous de regarder cette vidéo ! L’aigle d’ailleurs s’est envolé à tire d’aile ! En vue du camp, la pluie se remet à tomber : on devient d’autant plus philosophe que le camp est déjà installé. Dans la soirée on voit passer 2 kayakistes avec lesquels nous échangeons quelques mots : ils nous avertissent de l’arrivée de vents forts pour demain après-midi et nous les rassurons en leur disant que nous rentrons en water taxi demain matin. Eux prévoient de pagayer jusqu’à Whittier en une dizaine de jours. Ils sont venus avec le ferry Kennicott qui dessert Chenega Bay sur Ewans Island. C’est une solution bien plus économique que le water taxi mais les dates du ferry (voir le site de Alaska Ferry Adventures) ne nous convenaient pas. Pas envie non plus de pagayer près de Whittier, au milieu des bateaux à moteur. Nous sommes bien contents d’échapper à cette tempête : au total on n’aura pratiquement jamais eu ni vent ni la moindre houle, des conditions idéales pour le kayak si on fait abstraction de la pluie ! Je profite du téléphone satellite pour prévenir Epiccharter de notre position puisque nous ne sommes pas tout à fait au lieu de RDV prévu. Heureusement l’endroit est tout à fait propice pour beacher le bateau. Nous passons la soirée à alimenter un feu d’enfer avec tout ce qu’Arnaud a coupé. Dernière séance chamallows grillés, sous la pluie.
Retour à la civilisation (Di 08/08) A 9h pile, le bateau d’Epiccharters accoste et nous embarquons – sous la pluie et dans le brouillard. 2h plus tard, nous débarquons, réglons le solde de la location+transferts (ils nous font une remise de 100$ car « tout s’est bien passé ». Je crois qu’ils étaient un peu inquiets. Ils nous ont dit que c’était rare que des européens s’aventurent ainsi sans guide) et renonçons à la randonnée vers Portage Pass, que j’avais envisagée car…il pleut et le ciel est bien bas. Nous repassons par le tunnel pour aller jusqu’à Girdwood et son AJ, dans le jardin de laquelle nous mettons à sécher tente, duvets et combinaisons (mais oui, il ne pleut plus !) puis nous passons une paire d’heures à regarder les pêcheurs de la rivière voisine. On a l’impression que certains attrapent plusieurs fois le même poisson, qu’ils relâchent à chaque fois ! Une sorte de contrat entre le poisson qui gagne un ver ( ?) à chaque fois et le pêcheur qui satisfait son ego ! Bonne douche ramollissante puis grosse lessive à Girdwood, nous sommes fin prêts pour la suite de nos aventures.
Vers Talkeetna (Lun 09/08) Ca souffle très fort ce matin sur le Turnagain Arm, on est bien content de ne pas être dans nos kayaks… Après un ravitaillement au Wal Mart (où nous achetons un 2ème réchaud Coleman et des cartouches Coleman, il n’y a plus de cartouches pour le Primus…), nous arrivons chez Alaska Raft Connection en fin de matinée. Il ne nous faut pas moins de 1h30 pour réussir à charger la voiture : après différents essais, on met les avirons et 3 sacs sur le toit et le raft et les autres sacs à l’intérieur. On laisse 2 sacs pleins d’affaires inutiles chez Brian. La route vers Talkeetna est facile mais monotone, entre deux rangées d’épinettes (faut dire que vu le temps on ne voit rien mais je ne suis pas sûre qu’il y ait grand-chose à voir !) : il nous faut un peu plus de 3h car il y a des travaux. J’ai réservé la Little Cabin in the Back de la Talkeetna Roadhouse. On y arrive en milieu d’après-midi ce qui nous laisse le temps d’aller repérer l’endroit le plus propice pour notre arrivée en raft (facile, il n’y en a qu’un) et de préparer notre matériel. C’est alors que Fred réalise que les cartouches Coleman ne vont pas sur le réchaud Coleman !! Enfer et damnation ! Pas de panique, Talkeetna est la ville qui sert de point de départ pour les ascensions du Denali, on va forcément trouver ce qu’il nous faut… Bah non, le village, pas bien grand et très touristique compte plusieurs mignonnes petites boutiques mais on n’y trouve que des « souvenirs » et rien de vraiment utile. Pas plus de chance à la groceries. Tout le monde est vraiment désolé, farfouille un peu partout, en vain. Grmbl ! Je prends la voiture pour retourner à la jonction avec la Parks Highway (14 miles X2) où se trouve un supermarché : ils explorent leurs stocks de fond en comble, rien, que des cartouches identiques à celles qu’on a et qui ne vont pas ! Impossible de partir sans gaz d’autant que la météo prévoit un temps pourri pour les 3 prochains jours. Je suis d’ailleurs un peu inquiète quant au niveau de la rivière. C’est alors que je me rappelle que Tom Waite de Denali Overland, qui doit nous véhiculer jusqu’au départ de notre parcours en raft m’avait écrit qu’il était un ancien guide de raft. Peut-être a-t-il du matos outdoor ? Je l’appelle et 5 mn plus tard il arrive avec les cartouches tant espérées : on est sauvé ! J’en profite pour lui demander ce qu’il pense de la rivière. Il me dit l’avoir descendue la semaine dernière et que c’était « nice ». Ce qui me chiffonne un peu est qu’il ne semble pas avoir connaissance du logjam (amoncellement d’arbres) qui bloque la rivière au mile 3,1 (J’ai eu cette info sur Alaska Outdoors Forums et elle est toute fraiche -moins de 2 semaines) Bizarre… Peut-être quelqu’un a-t-il récemment dégagé cet obstacle finalement (sur le forum précité quelqu’un avait parlé de dynamiter le tas de bois, un autre voulait l’attaquer à la tronçonneuse !) Très sympa cette Roadhouse, assez dans son jus, avec plein de photos accrochées un peu partout aux murs des différentes expéditions vers le Denali, des revues du National Geographic plus vieilles que moi, un vieux piano désaccordé et une cuisine roborative et bon marché qui attire une clientèle d’habitués assez haute en couleur. La Little Cabin est tout en rondins, très douillette mais il faut faire quelques pas pour les sanitaires qui sont dans la maison principale.
En route vers East Fork of the Chulitna RAFT J1 (Ma 10/08) A 9h00 comme prévu, Bill, le collègue de Tom nous emmène dans son gros van au départ de la descente en raft, 80 miles et 1h20. Il nous faudra 3 ou 4 jours pour redescendre. Je sens qu’il est inquiet, il nous demande si on a déjà fait du raft, si on a un téléphone satellite, des allumettes, quel jour on compte arriver, etc.…. C’est là qu’on comprend qu’on ne part pas pour une balade de santé…. Bref, nous arrivons enfin au bord de la rivière, aux environs du mile 185 de la George Parks Highway et il nous fait ses adieux. Inutile de préciser qu’il pleut toujours : on commence donc par monter le tarp pour casser une petite croûte et mettre nos combinaisons sèches (façon de parler, hum !) On gonfle le raft et le canoë, on met le matériel dans le raft et c’est parti pour 77 miles (123 km) : Arnaud et Caroline dans le canoë, Fred, Marion et moi dans le raft. J’ai lu partout que c’était les 7 premiers miles les plus amusants, ceux que l’ont effectue sur East Fork of the Chulitna, qui n’est pas une rivière glaciaire (donc théoriquement limpide, sans limon) et qu’il faut prendre son temps pour la déguster. En effet, Caroline et Arnaud se sont bien amusés avec le canoë mais en raft, quelle galère ! La rivière est en fait trop étroite par rapport à la largeur du raft et de ses avirons, si bien qu’on est le jouet des flots, gonflés par la pluie qui dure depuis plusieurs jours, ce qui donne le sentiment d’être une bille dans un flipper. On se fait violemment projeter de rocher en tronc d’arbre sans pouvoir y faire grand-chose. On n’en mène pas large d’autant plus que je guette ce fameux barrage de bois. Heureusement je sais qu’en étant attentif on l’aperçoit à temps et qu’il est facile à contourner. En effet, nous le passons facilement en tirant le raft sur les galets ronds pendant une trentaine de mètres. Je réalise alors que Tom n’a pas descendu récemment cette partie de la rivière…. Bon… bah, on verra bien. Après l’obstacle, Marion préfère embarquer sur le canoë tellement on est balloté sur le raft. On parcourt encore quelques miles jusqu’à la jonction avec West Fork of the Chulitna : à partir de là, le débit double et ça devrait aller mieux. On essaie de positiver même si avec la pluie et le ciel bouché, on a un peu de mal !
Chulitna RAFT J2 (Me 11/08) Pluie…. Quel dommage, on passe entre des falaises ocre sur lesquelles un rayon de soleil serait du plus bel effet. Idem pour une partie en canyon…. On se débrouille mieux, la rivière étant plus large, mais on se fait tout de même une belle frayeur en se faisant drosser contre une paroi rocheuse. Le raft prend de la gîte, pas plus de 45°C, ça dure quelques secondes puis nous nous échappons. Le raft est autovideur, heureusement ! Marion est revenue dans le raft car le canoë est plus difficile à manœuvrer à 3. On avance vite car le courant est puissant : le GPS nous indique à un moment 14,8 km/h sans donner un coup d’aviron. Fred, aux avirons, et les grands dans le canoë n’ont pas froid mais Marion et moi, inactives, sommes obligées de faire de grands moulinets avec les bras pour nous réchauffer, ce qui ne manque pas de susciter quelques fous rires et par la suite d’engendrer quelques courbatures ! Il faut dire qu’en plus de la pluie on a maintenant le vent dans le nez. Dire que j’ai choisi cette rivière pour ses paysages ! Le plafond nuageux est à 100m ! A part quelques aigles et canards, pas le moindre animal à l’horizon (bouché il est vrai) Avec ce temps le paysage est absolument lugubre : la rivière s’étale sur plusieurs centaines de mètres et se divise en différents bras qui se faufilent entre des gravières grisâtres. L’eau est chargée de limon si bien qu’il est impossible de détecter la présence de rochers ou de hauts-fonds. Le lit de la rivière est jonché de souches d’arbres immenses que nous avons parfois bien du mal à éviter. Certains dérivent parfois au fil de l’eau. Le niveau de la Chulitna est si haut qu’il faut prendre garde de ne pas se laisser embarquer dans une veine qui passe carrément dans des forêts denses de saules. Vive les vacances ! Je voulais du wild, on est servi ! Après 30 miles parcourus à un train d’enfer, on pose le camp à la jonction avec Fountain River. De mieux en mieux : le brouillard tombe, tout baigne ! Fred, qui en vraiment plein les biscottos (manier un raft est bien plus physique qu’un kayak ou un canoë !) trouve comme d’habitude le courage de nous préparer un bon repas qui a pour vertu de remonter le moral des troupes. Un bon petit feu, quelques chamallows, une tente douillette et ça va mieux !
Chulitna RAFT J3 (JE 12/08) C’est le pompon ! Il y a un brouillard à couper au couteau à tel point qu’on a peur de se perdre de vue d’un bateau à l’autre. A part ça, il pleut mais ça c’est normal… On est à peu près à mi-chemin, il reste une quarantaine de miles… La rivière s’élargit de plus en plus et on a du mal à choisir notre route entre les multiples bras : on fait ça à l’instinct puisqu’on n’y voit pas à 50 m. On reste dans la veine du courant le plus fort et ça marche bien jusqu’au moment où celui-ci nous emmène irrémédiablement vers un arbre sur la souche duquel, pointée vers l’amont, nous venons violemment buter. Une des racines vient se coincer dans la ligne de vie qui entoure le raft, il me faut quelques secondes pour la dégager mais c’est trop tard : le courant plaque le raft à la verticale contre la souche, nous nous cramponnons tous les 3 aux racines pour ne pas passer à l’eau. Arnaud depuis le canoë nous hurle de tout lâcher mais il n’est en pas question ! Pas envie de nous retrouver dans une eau à moins de 5°C, même avec les combinaisons étanches et les gilets. Je réfléchis à 200 à l’heure : pas d’idée là, m…alors ! Je crois bien que c’est la première fois que ça m’arrive et c’est très désagréable ! Au bout de ce qui nous a semblé une éternité (mais sans doute pas plus de 30 secondes), la pression du courant emporte les sacs rangés à l’avant, retenus heureusement par un bout de sécurité assez long : tout ça part à l’eau, le courant pousse dessus et cette force supplémentaire fait pivoter la souche et libère le raft ! Ouah la trouille ! Ne reste plus qu’à récupérer la glacière et les 2 bidons d’eau qui n’étaient pas assurés. On se rendra compte le soir qu’on a perdu nos 2 gourdes, on s’en sort bien ! Quelques centaines de mètres plus loin la rivière retrouve un lit plus étroit : il n’y a qu’un flux unique, on avance bien à tel point qu’on envisage un moment d’aller d’une traite jusqu’à Talkeetna pour en finir au plus vite avec cette rivière ! Mais ça nous ferait naviguer jusqu’à la tombée de la nuit et avec la fatigue accumulée et nos récentes émotions, ça ne nous parait finalement pas prudent. Quelques km après le pont situé à proximité du Denali Princess Lodge (soit après 20 miles de navigation), nous installons le bivouac sur une petite île. L’endroit ne m’emballe pas car nous sommes très près du niveau de l’eau et je me méfie avec toute cette pluie d’une éventuelle montée de la rivière pendant la nuit. On amarre soigneusement les bateaux et on range du mieux qu’on peut les affaires pour un éventuel départ précipité dans la nuit. Je place un repère au bord de l’eau : ça a l’air de plutôt descendre. Ouf, pourvu que ça dure ! Il nous reste une vingtaine de miles jusqu’à Talkeetna, qui devraient ne pas poser de problème, aussi nous festoyons en liquidant nos dernières victuailles. Après ça je vais faire la vaisselle à une trentaine de mètres en amont. Fred et les enfants font griller des chamallows en me tournant le dos pour éviter la fumée car il y a un peu de vent. Je suis là, à 4 pattes au bord de l’eau quand malgré le grondement de la rivière, je perçois un bruit de voix. Alors que nous n’avons vu personne depuis 3 jours, arrive un raft bien chargé dont les occupants me saluent en passant. Je leur réponds d’un signe de la main quand je les vois s’agiter de plus en plus : qu’ils sont chaleureux et conviviaux ces américains tout de même! Le chien aussi, qui se met même à aboyer, sympa ! C’est alors que j’entends la petite voix de Marion : « Maman, il y a un ours derrière toi ! » Bon sang ! Mais à quelle distance ?! Pensé-je le temps de me retourner ! Quelle journée ! Un grizzly avance droit sur moi, il est à 20m. Habillée de gris anthracite, à 4 pattes au bord de l’eau, je comprends qu’il a du me prendre pour un animal. Je m’empresse de lui prouver qu’il se trompe en me redressant de toute ma hauteur et en lui parlant (je ne sais plus ce que je lui ai dit) tout en suggérant aux autres de trouver le bear spray au plus vite ! Ah ben oui, tiens, ils n’y avaient même pas pensé : Fred s’est précipité sur son caméscope, Marion sur l’appareil photo. Nan mais j’vous jure, des vrais touristes ! A défaut de bear spray je me saisis de ma gamelle fraîchement lavée dans la rivière, tend la poêle à Arnaud et nous les frappons énergiquement avec des galets. Caroline déniche enfin le bear spray (dire que les premiers jours je le mettais à la ceinture !) Le raft providentiel (on peut le dire) disparait très vite dans le brouillard : ses occupants nous hurlent sans doute quelques conseils auxquels on ne comprend rien. On les remercie en vitesse avant de nous retourner vers notre ours, qui n’a pas du tout envie de partir. En rang serré on avance vers lui en criant et en frappant nos gamelles : à contrecoeur il finit par faire demi-tour, traverse un petit chenal et quitte très lentement notre île pour disparaitre un peu plus loin dans la forêt. Glups, on est déstabilisé par son sang-froid : il n’a absolument pas peur de nous, c’est clair. On envisage un moment de déplacer le camp mais il est déjà 21h et nous n’aurions pas le temps de nous réinstaller avant la nuit. Fred suggère de monter des tours de garde mais avec ce brouillard, c’est complètement illusoire, on n’y voit rien ! Le temps d’installer la clôture anti-ours autour de la tente (bah oui on avait décidé de ne pas la mettre pour la dernière nuit, déçus de ne pas avoir vu un seul ours pendant toute la descente), le voilà qui revient tranquillement ! M…. !!! Il commence à faire très sombre, il est maintenant vraiment impossible de déménager, il faut jouer le tout pour le tout et lui faire vraiment peur, mais comment ?! C’est Marion qui aura le dernier mot : alors qu’elle l’avait trouvé très mignon la 1ère fois, elle commence à en avoir vraiment marre ce coup-ci et le lui fait savoir de sa voix haut perchée ! Bingo, il n’aime pas les aigus ! On le course en poussant des cris perçants, tout en restant à bonne distance pour ne pas l’acculer et il se précipite en courant dans la rivière dont le courant l’emporte bien loin en aval du camp. Il prend pied (patte) sur la berge opposée et disparaît dans la forêt ! Ouf, cette fois-ci c’est bon, il a compris à qui il avait à faire, non mais ! Enfin, on espère…. On installe tout de même la bouffe à bonne distance de la tente, c’est plus prudent.
4ème et dernier jour de raft sur la Chulitna (Ve 13/08) Pas de pluie cette nuit, tous les espoirs sont permis ! Pas d’ours non plus, la bouffe n’a pas bougé ! En route pour les 20 derniers miles jusqu’à Talkeetna ! Au moment où nous mettons à l’eau arrivent 3 rafts chargés de touristes qui font une descente à la journée. On se dit que ça doit être tranquille dorénavant vu la moyenne d’âge des passagers. Ils viennent du Denali Princess Lodge et sont tout étonnés que l’on vienne de East Fork. Tiens… Le lit de la rivière s’élargit à nouveau mais avec le temps qui se dégage l’impression est toute autre que les jours précédents : une nature vierge, sauvage et préservée. En dehors des agglomérations qui s’apparentent le plus souvent à des casse-autos, la nature en Alaska est absolument indemne de toute cochonnerie, que ce soir dans l’intérieur du pays ou sur les côtes. Bon, ne parlons pas du pétrole et des pipelines !!! C’est une nature puissance 10 par rapport à ce que nous connaissons en Europe. On peut pagayer en mer ou sur les rivières pendant des jours sans croiser ni route, ni ligne électrique, ni barrage, ni maison, ni bouteille en plastique, ni morceau de filet de pêche, ni boite de conserve, ni cannette, ni rien qui vienne nous rappeler qu’il y a des hommes quelque part sur la planète. Et en plus, quand il fait moche, qu’il pleut, que le temps est couvert, on ne voit pas non plus les avions et leurs traces ! Positivons ! Au détour d’un méandre, nous avons soudain une apparition ! Le Mont Denali dans toute sa splendeur, illuminé par le soleil du matin. 6194 mètres (c’est le plus haut sommet d’Amérique du Nord) qui émergent d’un coup de la toundra et c’est ce qui le rend vraiment impressionnant. Quand on le cherche dans le ciel ennuagé, habitué à nos sommets entourés de chaînes secondaires, type Préalpes par exemple, on est à chaque fois surpris de le trouver si haut sur l’horizon. Certes le Denali fait partie de l’Alaska Range, magnifique chaîne de montagnes qui s’étire d’est en ouest sur plus de 600 km mais cette chaîne est très étroite si bien que la montagne semble littéralement jaillir de la plaine. Il faut dire aussi que le 2ème sommet de la chaîne, le Mount Foraker, voisin du Denali est presque 1 km moins haut. Bref l’effet est saisissant ! Ce relief énorme crée un microclimat qui fait qu’on ne peut voir le sommet que moins de 20% du temps ce qui a pour effet de placer son observateur dans un état d’euphorie exaltée ! Et c’est exactement ce qui nous arrive ! On oublie (presque) les épreuves des jours passés et on profite à 200% de ces heures privilégiées. Faut dire qu’on ne les a pas volées ! Je suis sûre que la vue du Denali ne procure pas le même effet à ces touristes des autres rafts qui ont passé une confortable nuit au Denali Princess Lodge ! Nous passons au pied des falaises de sable dont Tom nous a dit qu’elles étaient à une heure de Talkeetna. Il faut maintenant bien tenir notre gauche pour ne pas louper le village. Un dernier effort pour croiser le flux de la Susitna puis de la Talkeetna River et nous voilà déjà arrivés ! Ralalala, si seulement on avait pu avoir une autre journée comme celle-là ! Mais bon, qui ne tente rien… Nous portons le raft et le matériel jusqu’à la voiture, remballons le tout (tout est trempé et plein de sable limoneux gris très fin, mmmhhh) et allons prendre nos quartiers à la Roadhouse. Qui voit-on arriver bientôt ? Bill le chauffeur qui est tout content de nous voir là ! Nous aussi ! Douche, lessive, internet…. Comme c’est bon le confort moderne, même si la nuit a été perturbée par un générateur qui n’a cessé de tourner : au moins ça m’a permis de bien profiter du contact des draps frais et de l’impression de nid douillet dégagée par les murs en rondins.
Retour sur Anchorage (SA 14/08) Il pleut, tiens ! A vrai dire ça m’aurait vraiment fait râler qu’il fasse beau en partant ! On a RDV à 14h30 chez Brian pour rendre le raft donc on a le temps de faire un petit détour par Hatcher Pass (piste d’environ 50 miles entre Willow et Palmer, qui passe dans la montagne, bien plus belle que la route normale par Wassilia)d’autant plus qu’en allant vers le sud, le temps s’arrange. Dès les premiers miles de cette route, nous rencontrons une femelle élan et son petit, chouette ! La piste est facile et les paysages agréables. Il y a plein de campeurs motorisés installés pour le WE avec gros 4X4, grosses remorques pleines de quad, grosses caravanes, gros barbecues, gros chiens, grosses glacières, qui sont là pour pêcher (de gros poissons ?) Ils nous font penser à des pionniers des temps modernes, même si ce n’est que pour un WE. Certains semblent installés plus durablement : je pense que ce sont des chercheurs d’or car on croise régulièrement des pancartes indiquant qu’ici ou là c’est un claim réservé. Finalement nous n’aurons pas de soleil plus haut dans la montagne… Après le col nous hésitons à visiter Independance Mine mais avec ce temps gris, visiter des vestiges miniers ne nous emballe pas. On préfère refaire un tour vers les hydravions : on adore ce spectacle inhabituel pour nous. Après avoir rendu le raft, le téléphone satellite et le bear spray, nous filons déposer les enfants et le matos chez Great Alaskan Holidays (GAH, le loueur de camping car) avant d’aller rendre la voiture à l’aéroport en 2 mn chrono, où la navette de GAH vient nous chercher aussitôt. Le camping car est quasiment neuf, impeccable. On laisse 2 sacs en consigne chez GAH et habitué au camping car, on prend immédiatement nos marques. En route vers le Wal Mart où nous dévalisons les rayons de fruits et légumes ! Ras le bol de la mauvaise bouffe américaine (il doit exister de bons restaurants mais on n’est pas là pour ça !), des pâtes et du riz ! Le camping car est bien équipé (le four n’a jamais servi !), profitons-en ! On prend demain à 16h00 à Whittier le ferry pour Cordova (et son fameux Child’s Glacier. Cordova n’est pas reliée au réseau routier), nous ne devons donc pas trop nous éloigner. J’ai repéré une balade au-dessus de Hope que nous pourrions faire demain. Nous avançons donc jusqu’à Portage Lake où nous trouvons un coin pour dormir près de la rivière. Il pleut mais ça ne nous fait plus le même effet qu’avant !
Hope, Palmer Creek, Cordova (Di 15/08) Surprise ! Il fait beau ! La chance aurait-elle enfin tourné ? On roule jusqu’au lac pour prendre le petit déjeuner puis nous prenons la route vers Hope. On voit enfin le Turnagain Arm avec le soleil ! Au loin les Chugach Mountains. Hope serait un charmant petit hameau si ses habitants n’avaient pas fait le choix de créer un parking/camping pour RV (= camping car) juste en front de mer. Nous prenons la piste qui grimpe sur les hauteurs de Hope au-delà des arbres. C’est splendide ! Ca fait un bien fou de s’affranchir de ces arbres qui si souvent en Alaska ferment l’horizon. Heureusement que compte- tenu de la latitude de cet état, il suffit de monter de quelques centaines de mètres pour qu’ils disparaissent. C’est parti pour 3h d’une superbe balade au milieu des fleurs et des petits ruisseaux jusqu’à 2 mignons lacs glaciaires. On essaie de boucler la boucle mais le ferry ne nous attendra pas : il nous faut redescendre ! Nous voilà tout ragaillardis par cette belle randonnée ensoleillée. Tout ça nous donne bien envie une autre fois de découvrir la péninsule de Kenaï que nous allons zapper cette fois-ci. En quittant Hope, nous croisons 2 ours noirs qui traversent la route ! En arrivant à Whittier, il….. (Quel suspense…)…..pleut ! A 15h, l’embarquement sur le ferry, assez laborieux (on n’est pas en Norvège) commence. J’ai réservé les billets sur le site de Alaska Marine Highway il y a très longtemps. Le ferry est en fait loin d’être plein, sans doute à cause du temps… A 16h, on appareille sous la pluie et ça continue pendant toute la traversée. Le ferry très récent marche à 38 nœuds ! A 19h15, après avoir parcouru les 150 km de large du Prince William Sound, nous arrivons à Cordova avec un timide rayon de soleil. Pas vu le moindre animal marin pendant la traversée… Il y a pourtant à bord du ferrry une rangerette équipée de jumelles qui traque la bestiole mais rien… Nous prenons la route vers le sud qui mène à Hartney Bay (car j’envisage demain si le temps le permet de faire le Heney Ridge Trail et nous serons ainsi à pied d’œuvre) et découvrons la baie sous une lumière divine. Vite, vite, on se gare près du pont pour en profiter. Quelle surprise ! C’est marée haute et il ya quelques phoques qui chassent le saumon dans la baie, passant et repassant sous le pont où nous nous tenons. On voit distinctement un saumon essayer de se cacher dans les anfractuosités de la berge pour échapper à son prédateur. Pour une fois, il y a pas mal de moustiques au point que l’un d’entre nous doit s’arracher à ce spectacle pour aller chercher le répulsif. On se trouve un coin au bord de l’eau juste à côté du pont pour passer la nuit. De nos fenêtres (non équipées de double vitrage, dommage car la buée est très gênante) nous observons les phoques qui chassent.
Cordova, Child’s Glacier (Lu 16/08) C’est râpé pour la rando, tout est dans les nuages et… il pleut. Du coup on prend notre temps avant de filer vers l’est et le Child’s Glacier. On fait quelques courses, un petit tour dans l’Ilanka Cultural center. En route vers Child’s Glacier on fait un petit détour vers Alaganik Slough où la passerelle qui permet d’observer les marais est en travaux… On arrive enfin après un parcours d’environ 50 miles (dont les ¾ de piste facile) au campground de Child’s Glacier. Les craquements du glacier sont très impressionnants, ça résonne dans toute la cage thoracique et en plus ils sont très fréquents. On gare le camping car et on file voir le glacier ! C’est tout juste si on peut en apercevoir un bout ! Le temps est exécrable ! D’ailleurs à part l’host du camping (que nous ne verrons même pas) et une tente, il n’y a que nous ! Les autres ont été plus malins et attendent un meilleur créneau météo, ce qui se conçoit vu le prix du ferry ! Si c’était à refaire je ne prendrais des billets qu’au dernier moment, en fonction de la météo, au risque de ne pas avoir de place… Consolons-nous, à défaut de voir le glacier on l’entend et on le perçoit (je pense que la sensation pour un aveugle doit être terrible !) Allons voir à quoi ressemble ce fameux Million Dollar Bridge ! Il s’agit d’un pont construit vers 1945 sur la Copper River dans le but de relier Chitina et la Richardson Highway à la Copper Highway et Cordova (pour le moment Cordova reste donc inaccessible par la route) Ce pont a été endommagé par le fameux tremblement de terre de 1964 et du coup le projet de route a avorté. En 2005 les autorités ont renforcé le pont, craignant qu’il ne s’abime encore plus en posant 2 piles métalliques de part et d’autre de la zone où le tablier du pont s’est décalé d’environ 70 cm. Bref, on peut passer dessus en toute sécurité (tiens je viens de lire dans le Milepost qu’il est limité à 6600lbs, notre camping car faisait bien 4,5T mais on n’a pas vu de panneau…). On essaie de continuer la piste aussi loin que possible mais au bout de quelques km les bas côtés sont envahis par la végétation qui nous empêche de passer. Soirée crêpes rythmée par les grondements du glacier.
Child’s Glacier, Cordova (Ma 17/08) Le vent dilue un peu le brouillard : on voit mieux le (bas du) glacier ce matin. Sans interruption, des séracs s’écroulent dans la Copper River, c’est fascinant. Ca génère des vagues d’à peine une quarantaine de cm de haut qui sont vite freinées par le courant de la rivière. On a du mal à imaginer la taille des séracs qui ont pu générer les vagues énormes, de véritables tsunamis qui sont indiqués sur ce panneau. On repasse le Million Dollar Bridge, la vue est moins brumeuse qu’hier. On tente une petite balade à droite juste avant le pont mais on trouve d’énormes traces de grizzly toutes fraîches, accompagnées de traces de bébé ours et la végétation est si dense qu’on a vraiment peur de se trouver nez à nez avec leurs propriétaires. Demi-tour donc, de toute façon… il… pleut ! On reprend la piste vers Cordova : un énorme élan mâle s’enfuit dans la forêt clairsemée inondée par la Copper River, magnifique animal, fugace apparition. J’ai repéré quelques randonnées dans le coin mais avec ce temps il est inutile de grimper, on serait dans les nuages. En route donc pour Saddlebag Trail : 10 km A/R dont la première moitié dans une forêt aux arbres couverts de mousse, assez monotone. La 2ème moitié est un peu plus variée, elle chemine dans une vallée encaissée où court un petit ruisseau. Il y a des dizaines de crottes d’ours, on n’en a jamais vu autant. « Promenons-nous dans les bois, tralalalala… !» On arrive finalement à un petit lac où se jette un glacier moribond. Bof… Pas de pluie durant cette rando, mais on a les jambes trempées à cause de la végétation. De retour au camping car, elle reprend…. On va voir à quoi ressemble le coin d’Orca Road, au nord de Cordova, glauque… Demi-tour vers Hartney Bay et comme l’avant-veille, on a droit à un petit rayon de soleil. On aime cet endroit ! On dort là !
Ferry pour Valdez, Denali Highway (Me 18/08) A 8 h30, le ferry appareille : on quitte Cordova sous le soleil. Je suis dégoûtée car il a plu quasiment sans interruption pendant les presque 72 h passées sur la péninsule. Pfff… On découvre des sommets dont seule la carte nous laissait soupçonner l’existence ! Toujours pas d’animaux marins (à part des loutres et des phoques) durant le trajet en ferry (2h45, environ 120 km) vers Valdez, mais de beaux paysages. Valdez se situe au fond d’un fjord qui semble emprisonner les nuages. Le terminal pétrolier (celui où le fameux Exxon Valdez était venu remplir ses soutes avant de faire naufrage, causant cette marée noire historique que tout le monde a encore en mémoire. C’était en 89…) a le bon goût de rester pudiquement caché dans le brouillard. On se gare sur le port pour y faire un petit tour et on tombe aussitôt sur cette adorable loutre qui batifole au fond du port, là où les gens mettent leurs bateaux à l’eau, sans la perturber le moins du monde. Trop mignonne ! Il faut dire que c’est la belle vie ici pour elle (faisons abstraction des résidus d’essence qui flottent à la surface de l’eau) car elle récupère sans effort les restes des saumons qui sont nettoyés sur le quai. Les mouettes aussi en profitent. Valdez nous a bien plu (avec du soleil, c’est plus facile) : on y trouve un mélange sympathique de bateaux de travail, de plaisance (il y a même quelques voiliers) et même quelques kayaks. Le tout au pied des montagnes ! Nous y faisons un gros ravitaillement (c’est bien plus cher qu’à Anchorage) car nous devons être autonomes pour les 5 jours à venir. Le trajet jusqu’au Denali National Park via la Richardson Highway puis la Denali Highway ne passe que dans des hameaux de quelques maisons. On ne trouve pas non plus grand-chose à l’entrée du Denali NP… Les 50 premiers km après Valdez sont agréables, très montagneux et spectaculaires. On redescend ensuite dans une plaine monotone (encore les épinettes qui forment un rideau continu de part et d’autre de la route) pendant une bonne centaine de km avant d’arriver à Paxson, point de départ de la fameuse Denali Highway. Nous y faisons le plein et c’est parti pour 135 miles (216 km) d’une piste superbe qu’on a adorée ! (attention, je crois que certains loueurs de camping cars ne l’autorisent pas) A cette latitude, la limite forêt/toundra n’est pas bien haute, environ 600 m. Nous allons longer toute la chaîne de l’Alaska Range sur son versant sud. La journée est déjà bien avancée, l’été se termine, c’est déjà le début de l’automne et les couleurs sont superbes. Quelle chance d’avoir du beau temps ! On se pose pour la nuit un peu après Tangle Lakes (dont la piste d’accès est fermée pour travaux).
Denali Highway (Je 19/08) On décolle de bonne heure, tout émoustillés par ce qui nous attend. Nous passons devant les trailhead de Landmark Gap Lake (rando en A/R jusqu’à un lac, au fond d’une large vallée) et Glacier Lake (très humide parait-il) pour monter jusqu’à Mac Larren Summit, plus haut point de la piste (1245 m) où nous allons nous balader. Bien pratique le popotin blanc des caribous pour les repérer de loin ! Voici enfin l’occasion de faire sécher la tente que nous transportons mouillée depuis presqu’une semaine. Il est encore tôt et comme nous sommes les premiers aujourd’hui sur ce sentier, nous rencontrons plein de caribous ! Les jeunes sont très curieux, comme celui-ci que je n’avais pas remarqué ! La toundra commence à prendre ses couleurs d’automne et c’est superbe ! On surplombe une vaste plaine qui curieusement me fait penser à une savane africaine. Nous cheminons entre des petits lacs d’origine glaciaire et y remarquons ces étranges tracés semi-circulaires. A la périphérie des cercles, les cailloux les plus gros, au milieu les petits. Bizarre ! J’ai lu que c’est la conséquence du gel et de la neige mais sans bien comprendre le détail de leur formation. Si quelqu’un sait ? Tout est beau ici, jusqu’au moindre détail ! Sur le chemin du retour, nous croisons des américains qui voyagent à 4 ou 5 camping cars (ils sont 20, de New York) avec plein d’enfants. Les montagnes ici sont déjà si impressionnantes qu’ils me demandent si c’est le Denali ! En fait on en est encore à 200 km et les montagnes ici ne font « qu’un peu plus de 4000m » ! Nous reprenons la piste, traversons la Susitna (nous l’avions déjà traversée en raft quelques jours plus tôt mais bien plus en aval, juste avant Talkeetna) et remontons ensuite sur un plateau qui offre une vue absolument époustouflante sur l’Alaska Range. On en reste scotché, à tel point qu’on décide de dormir là ! On est absolument hypnotisé par le spectacle. Bouquet final !
Denali Highway, J1 au Denali NP (Ve 20/08) Après un tel coucher de soleil, pas question de rater le lever! Le thermomètre doit être faux, il indique -3°C mais il n’y a pas de givre. Disons que le fond de l’air est frais. D’ailleurs, ça fume, tout là-bas, au niveau des lacs et rivières. Il doit y en avoir des animaux dans cette vallée (on est à 20 km des montagnes, selon le GPS) D’ailleurs il y a pas mal de chasseurs en quad (la chasse a rouvert le 15/08) mais on n’entend quasiment pas de coups de feu, tant mieux ! On croise puis on longe ensuite pendant un moment la Nenana River, que j’avais un moment envisagé de descendre en partie en canoë mais le temps nous manque car il faut une grande journée (20 miles, classe I. Il faut pagayer mais il parait que c’est très « scenic ») pour aller de son croisement avec la Denali Highway à celui sur la George Parks Highway. La Denali Highway descend finalement dans la plaine pour rejoindre la George Parks Highway. Cette Denali Highway était jusqu’à la construction de la George Parks Highway en 1972, la seule voie d’accès au Denali NP. Un hors d’œuvre magnifique ! 50 km plus au nord, nous entrons dans le Denali National Park. J’ai pas mal hésité à aller dans ce NP un peu particulier. Contrairement aux autres NP américains que l’on peut sillonner librement en voiture, celui-ci est très réglementé. Il y a une unique piste de 89 miles de long qui longe le massif du Denali sur son flanc nord. On peut aller avec son propre véhicule jusqu’au mile 15. Avec une réservation pour 3 nuits minimum au Teklanika River campground (mile 29) on peut y conduire son véhicule mais on n’a plus le droit d’y toucher jusqu’à ce qu’on quitte le parc. C’est le choix que nous avons fait. Au-delà, il faut marcher, pédaler, ou prendre le bus. Vu les distances, on opte pour le bus ! Il s’agit de bus très rustiques, la vitesse est limitée à 30 mph, ils font de nombreux arrêts pour voir les animaux, des arrêts-pipi toutes les 1h30 à 2h00… Bref, pour faire toute la piste aller-retour de l’entrée du parc à Wonder Lake, il faut… 11h ! Passer nos vacances dans un bus ne nous tentait pas vraiment mais s’il fallait en passer par là pour découvrir la faune et les paysages de ce parc, ben, on allait tenter l’expérience. Au pire, si ça nous gave trop, on pourrait toujours quitter le parc avant les 3 nuits. Après les formalités rapidement effectuées au WAC (Wilderness Access Center. NB : en cette fin août, il y avait de la place dans tous les campgrounds sauf Wonder lake, celui qui est au bout de la piste), nous prenons la route et au bout de quelques km, croisons un grizzly qui vient de couper la route à un bus ! Sur la route vers le Teklanika Campground, nous croisons quelques caribous. Camping pas terrible, un parking arboré disons, on est les uns sur les autres (en RV ce n’est pas trop grave mais pour les tentes, pas terrible), aucune vue (normal, le camping est caché dans la forêt, ce qui est louable), des toilettes et un robinet. Point positif, il est au bord du lit de la Teklanika (je précise le lit car la rivière, gringalette, est finalement assez éloignée) : l’hôtesse, très sympa, nous rappelle les consignes de sécurité (il y aurait un ours et un lynx qui rôderaient dans le coin, pas vus en ce qui nous concerne…) On pose le camping car et on saute dans le bus pour notre première balade, pas loin (il est déjà 14h) Après 45 minutes de bus (et un arrêt-pipi au bout de 10 mn, pour ceux qui viennent de l’entrée…), le chauffeur nous débarque à Cathedral Mountain, en même temps d’ailleurs qu’une autre famille avec 3 enfants. Aussitôt, la moyenne d’âge dans le bus remonte en flèche ! Pas beaucoup d’enfants au Denali… Ce sont des habitués et ils nous indiquent le chemin, qui finalement est facile à trouver car assez fréquenté. Il n’y a quasiment pas de sentiers officiels au Denali (sauf à l’entrée du parc) Dans les endroits assez fréquentés, on trouve des sentiers. Ailleurs et le plus souvent, c’est du hors-piste, pas toujours facile du fait de la végétation. Pas de chasse bien sûr dans le parc, si bien que l’on peut facilement approcher les animaux, qui ne nous ont toutefois pas semblé beaucoup plus nombreux qu’ailleurs. On contourne une curieuse montagne de sable ocre pour finalement surplomber une impressionnante vallée glaciaire. Au loin, en contrebas, on entend soudain hurler : bear ! bear ! On ne voit pas l’ours mais on voit bien 2 randonneurs remonter la pente à toute vitesse ! Finalement ils ne planteront pas leur tente près de la rivière mais un peu plus haut au bord d’un lac. On peut bivouaquer partout dans le parc (à au moins 1 mile de la route), à condition d’avoir préalablement demandé un permis au WAC car le nombre maxi de campeurs par zone est contingenté. Pas facile d’improviser donc… Les enfants deviennent experts ès/crottes et baies ! Belle balade, sans soleil, dommage car la couleur de cette montagne est étonnante. En attendant le bus on remarque ce panneau : le vandalisme existe donc aussi chez les animaux ?! On peut monter et descendre à sa guise du bus où l’on veut dans le parc : il suffit de faire signe au chauffeur. En fin de journée, les bus qui retournent vers l’entrée du parc sont bien remplis et seul Arnaud peut grimper dans le 1er bus. On attend donc une vingtaine de minutes le suivant qui nous prend tous les 4. Nuit très calme (les générateurs des camping- cars doivent être arrêtés à 20h. De toute façon, il est indiqué sur le mode d’emploi du nôtre que le générateur n’est pas capable de recharger la batterie. Il ne sert donc que pour avoir ponctuellement du 110V, par exemple pour le micro-ondes. En arrêtant le chauffage durant la nuit, car le ventilateur est bruyant et doit consommer pas mal, nous aurons assez d’électricité pour ces 4 jours au Denali. Heureusement nous avons nos sacs de couchage car nous aurions eu un peu froid en n’utilisant que les couvertures fournies.)
J2 dans le Denali NP ( Sa 21/08) J’ai réservé le bus jusqu’à Wonder Lake, situé presqu’au bout de la piste, mais d’un commun accord nous décidons de ne pas aller jusque là : trop de bus ! A 7h30 on grimpe dans le bus et 1h30 plus tard, après avoir croisé quelques mooses imposants, admiré de belles montagnes derrière la vitre du bus (grrr…), nous demandons au chauffeur de nous laisser à Highway Pass. Les autres occupants du bus nous regardent un peu comme des bêtes curieuses quand nous descendons à ce col, où il n’y a « rien » (ni visitor center ni toilettes !) Enfin, rien d’autre que des montagnes de sable rouge encore un peu enneigées en cette fin d’été qui font face à des vallées sauvages et encaissées. On fait une belle balade au soleil (dommage on ne quitte pas la vue de la piste où les bus se succèdent à intervalles réguliers), il fait très bon, pas un souffle de vent. Fred et Arnaud, devant, aperçoivent des renards, on observe un moment un combat aérien entre un corbeau et un rapace tout en bullant au soleil : toujours pas le moindre moustique, quelle chance ! On a même la chance d’apercevoir le sommet du Denali ! Nous rejoignons enfin la piste et hélons un bus qui nous amène jusqu’au visitor center de Eielson où nous remplissons les gourdes. Au-delà de cet endroit, la piste redescend au fond de la vallée vers Wonder Lake. Il nous a semblé qu’au-delà le paysage devenait moins accidenté donc moins intéressant. Nous rebroussons donc chemin vers l’est et lors de l’arrêt à Toklat River,
demandons au chauffeur de nous déposer vers Polychrome Pass (un peu à l’ouest du mile 47). Il semble sceptique, nous expliquant que ça descend très raide depuis la route vers la rivière qui est en contrebas et que nous voulons longer. En effet ! Ca descend bien raide mais le sol est meuble donc c’est sans problème. En contrebas de la route, on ne soupçonne absolument pas sa présence, on ne voit et n’entend rien d’autre que le bruit du ruisseau et c’est bien agréable ! Les couleurs nous épatent, mélange de rouge, jaune, bleu du ciel (ahhhh !) ponctué de jolis nuages ! Tiens qu’est-ce donc que ce truc gris ?! Une bonne grosse marmotte prête à bientôt affronter les privations de l’hiver. Il y a une multitude d’empreintes le long de la rivière. Des crottes aussi bien sûr… Glou, glou, glou ! On les entend avant de les voir : des lagopèdes… Fred repère plus haut des mouflons de Dall (facile, ils sont d’un blanc immaculé), qui ont l’air de descendre vers la rivière : quelle chance. En effet, nous les retrouvons un peu plus loin au pied de la falaise. Ils se laissent très facilement approcher si bien qu’on va passer 1 ou 2 h en leur compagnie ! Quelle expérience ! Comment avec un tel pelage peuvent-ils échapper à leurs prédateurs ? Toujours plein de traces qui stimulent notre imagination : on essaie de reconstituer la scène du crime… En descendant la vallée on est régulièrement amené à sauter plusieurs petits affluents et on finit par être obligés de se faufiler dans le bush. Pas facile ! Pourvu qu’on ne se trouve pas nez à nez avec un grizzly. « Promenons-nous dans les bois… » Finalement on trouve un endroit pour traverser la rivière et rejoindre la piste. On émerge sur celle-ci en haut d’un raidillon : il n’y a plus qu’à attendre le bus, enfin plutôt les bus car encore une fois nous devons nous diviser en 2 groupes : d’abord les enfants puis Fred et moi. Sur le trajet du retour, la lumière est de toute beauté et ça fait vraiment l’œuf d’être dans ce bus ! Comme nous sommes 5 nous ne prenons pas le risque de prendre le dernier ou l’avant dernier bus pour rentrer car s’ils sont pleins, il faut attendre qu’un véhicule vienne nous chercher depuis l’entrée du parc, ce qui nécessite au bas mot quelques heures ! On retrouve les enfants au camping car : ils ont vu 3 ours sur une colline, les veinards !
J3 dans le Denali NP (Di 22/08) On les revoit ce matin : une maman grizzly et ses 2 petits. Plus loin on retrouve « nos » mouflons d’hier : depuis le bus, l’effet n’est pas le même ! Cette fois on se fait déposer à Stony Dome. Pas de soleil mais il ne pleut pas, c’est déjà ça…. Après avoir traversé une petite rivière, on remonte une petite vallée pleine de marmottes avant d’arriver à un col. Monter jusqu’au sommet ne nous apporterait pas grand-chose de plus car le temps est assez couvert. On préfère chercher un passage pour faire une boucle vers une très belle vallée que nous avons repérée en passant en bus. Hélas, elle est inaccessible ! C’est assez difficile dans le Denali (et en Alaska en général) de se faire une idée précise des reliefs car les cartes sont peu détaillées. Demi-tour donc, c’est plus prudent ! Le temps se couvre de plus en plus. Superbe arc en ciel près de Toklat River ! Malgré le temps, on décide d’aller explorer une vallée colorée que nous avons repérée sur Polychrome Mountain : elle nous a tapé dans l’œil à Caroline et moi. Un signe au chauffeur et hop, on descend ! On essuie quelques gouttes, rien de méchant et on grimpe dans la vallée jusqu’à apercevoir un groupe de « mouflettes » de Dall. Ces dames sont bien plus sauvages que les mâles, impossible de les approcher : elles sont toutes effarouchées et disparaissent finalement derrière un col. Cette fois le ciel s’assombrit de partout : demi-tour ! On se poste au bord de la route : 1er bus : 1 place seulement. Arnaud y monte (le veinard, il va voir un loup qui va trottiner au bord de la route pendant au moins 2 km !) On attend un bon moment le 2ème bus, le fond de l’air est de plus en plus frais mais on ne veut pas marcher le long de la route pour nous réchauffer car il pleut de partout sauf au-dessus de nos têtes ! Drôle d’impression ! Les sommets tout proches seront même blanchis. 2ème bus : 2 places, pfff… Fred et Caro y montent avec pour mission de commencer à faire les lasagnes ! 3ème bus : Marion et moi aurons finalement attendu 1h15 avant de pouvoir monter dans un camper bus : atmosphère d’ailleurs très sympa, il ramène des gens qui ont campé à Wonder Lake. Ce n’est pas le même public que dans les autres bus où on a vu des gens roupiller ou lire sur leur ipad ! Il y a d’autres randonneurs complètement trempés et frigorifiés qui visiblement ont attendu le bus un bon moment sous la flotte. On a eu plus de chance ! En conclusion ce système de bus est tout de même très contraignant : c’est un crève-cœur de perdre matin et soir plusieurs heures dans les transports, juste au moment où la lumière est la plus belle. Le dernier jour entre la fin de la balade, l’attente du bus et l’arrivée au camping de Teklanika, nous avons mis 3 heures (pour une vingtaine de miles )! (Auxquelles il faut ajouter 2h le matin pour aller à Stony Dome) Il est vrai que les paysages du Denali sont vraiment très beaux : c’est un mélange de larges vallées glaciaires austères, gorges profondes, montagnes colorées, glaciers, sommets enneigés mais je trouve l’organisation du parc vraiment trop pesante pour avoir envie d’y retourner. Voilà c’est dit ! Je dois dire aussi que je tenais tout de même à voir ce parc pour me faire mon idée, pas de regrets donc ! Je pense que pour bien profiter du parc (sans avoir une impression de métro/rando/dodo) il faut pouvoir partir camper quelques jours loin de la piste ce qui implique de porter un gros sac. Pas facile non plus pour une première visite dans le parc de bien cerner où s’y balader….et vu qu’il faut dire à l’avance au WAC dans quel secteur on va bivouaquer, impossible de se décider au vu des paysages rencontrés depuis le bus.
Denali NP, Anchorage (Lu 23/08) Il y a un peu plus de 400 km jusqu’à Anchorage, où nous reprenons l’avion demain.Ce matin dans le parc, le ciel est couvert mais les couleurs d’automne commencent tout de même à flambloyer. Plus au sud, ça se dégage et la vue de Denali Viewpoint South est à tomber ! On aperçoit en contrebas la Chulitna où nous sommes passés quelques jours plus tôt dans le brouillard. A Trapper Creek (à la hauteur de Talkeetna) nous prenons la Petersville Road qui file vers l’ouest. Cette route nous permet d’apercevoir le Denali sous un autre angle : elle n’a pas vraiment d’autre intérêt. Comme il fait beau nous décidons de repasser par Hatcher Pass mais comme la dernière fois, le temps se couvre finalement. Ce détour nous permet de rencontrer une nouvelle fois la femelle élan et son petit. Cette piste (non autorisée par le loueur ce qui signifie que l’on n’y est pas assuré) ne présente pas de difficulté ce jour là. La descente est assez raide et le frein moteur bien utile. On passe à Anchorage Downtown : la ville est en fait assez petite. Il y a des quertiers qui semblent très agréables à vivre avec plein de belles maisons en bois. La ville est idéalement située entre mer et montagnes. Nous allons passer la nuit sur les hauteurs de la ville à Glen Alp, dans le Chugach State Park. Il y a un monde fou ici : c’est un départ de randos à quelques minutes de la ville et la vue y est magnifique. On assiste à un coucher de soleil wagnérien sur Anchorage, ponctué de quelques averses bien drues ! Au loin, l’écume des vagues éclairée par le soleil couchant souligne la côte d’un trait presque fluorescent. Derrière nous, un ultime nuage rose avant que la nuit ne tombe définitivement.
Adieu Alaska et Denali ! (Ma24/08) Magnifique cadeau d’adieu ce matin : le Denali se détache parfaitement sur l’horizon ! Il est à plus de 200 km à vol d’oiseau ! On est scotché par ce spectacle mais il nous faut rendre le camping car avant 10h. En 10 mn, c’est chose faite et la navette nous conduit à l’aéroport, duquel d’ailleurs nous apercevons toujours le Denali. On décolle en début d’après-midi et très rapidement on vole « à côté » du Denali : magnifique ! Je constate non sans une pointe de satisfaction égoïste que la piste du Denali NP est sous les nuages, comme tout le flanc nord du massif. Moi qui était déjà en train d’échafauder des plans pour retourner en Alaska à l’automne et dans le nord, je réalise que le beau temps est rare partout en Alaska, pas uniquement sur la côte !
CONCLUSION Avant d’opter finalement pour l’Alaska, j’avais étudié la possibilité d’un voyage au Kamchatka, son voisin de l’est ! J’étais attirée par ses paysages sauvages, ses volcans, ses ours, ses rivières et rêvait d’y randonner ou d’y faire une descente en raft ou canoë. Malheureusement cette région ne s’est ouverte au tourisme qu’en 1992 au moment de la Perestroïka et les infrastructures y sont encore peu développées. Il est très difficile d’y voyager sans guide (et encore plus si on ne parle pas le russe) et les devis demandés auprès des agences locales y étaient absolument exorbitants. Conditions de confort spartiates, nécessité de porter d’énormes sacs pour y trekker (je ne pense pas que les russes soient déjà initiés à la philosophie MUL), impossibilité d’y être autonome, manque de réactivité des agences locales pour répondre à mes mails. Bref, je décidai finalement de me tourner vers l’Alaska et là tout a été ultra-simple : on trouve plein d’infos, cartes, récits, photos sur le net qui permettent de préciser ses attentes. Les américains ont un sens du service qui nous épate à chaque fois ! On avait un timing assez serré et tout a marché comme sur des roulettes, ils sont très pro ! Pas facile cependant vu la taille de l’état de faire des choix : il mérite à coup sûr plusieurs voyages ! On a fait un voyage passionnant même si la météo aurait pu, si elle avait été complice, le rendre absolument époustouflant !
Nos plus forts souvenirs (après sondage familial) seront : La rencontre rapprochée avec le grizzly L’ours noir sur la plage L’adorable loutre à Valdez et les loutres en général, trop mignonnes Les aigles à tous les coins de forêts et les phoques La « pêche au saumon », morts de rire ! Le Denali dans toute sa splendeur Les mouflons de Dall La pluie !!! La (très) grosse trouille en raft contre la souche
BUDGET ALASKA
J'ai profité en décembre 2009 d'un euro avantageux par rapport au dollar (1$ = 1,50 euro à l'époque) pour payer le ferry, la location du camping-car, les accomptes pour le kayak et le raft, le camping/Tek Pass/entrée au Denali, Child's glacier campground. J'avais aussi acheté en décembre des dollars pour payer sur place le solde kayak/raft, les hébergements, restaurants, bouffe. Bref, il n'y a que la location de voiture et le carburant qu'on a payés avec un dollar un peu moins avantageux (1$ = 1,29 euro) Vu le prix des prestations en Alaska, il n'y a pas de petits profits!
Avion pour 5, vol direct Francfort-Anchorage avec Condor4880 euro
Location 2 kayaks doubles+1 simple pour 7 jours1085$ Transferts en watertaxi 1880$ Total kayak :3035$ soit 2154 euro
Location raft 4 jours pleins 400$280 euro Navette pour dépose raft250$175 euro Total raft : 650$455 euro
Location VHF 7jours70$47 euro Location tél satellite 2 semaines150$ 106 euro Location bear spray 2 semaines 50$ 35 euro Clôture anti ours120 euro Total sécurité308 euro
Location minivan 14javec plein assur maxi732$567 euro Essence minivan 40$31 euro Total minivan 14j598 euro
Camping car 25' 10 jours, assurance maxi1592$1114 euro Propane40$28 euro Essence camping car 26l/100 km 1700 km459$355 euro Total 10j camping car 1497 euro
2 nuits 5 pers AJ Girdwood240$168 euro 2 nuits Talkeetna Roadhouse284$200 euro Childs's glacier campground avec résa34$25 euro 3 nuits à Teklanika campground (Denali)73$49 euro Total hébergements 442 euro
Ferry Whittier/Cordova/valdez CC+5P1091$722 euro
TEK Pass pour 3 jours pour 5 (bus dans Denali)92$61 euro
Ravitaillements, gaz, pêche 25j à 51000$670 euro Restos, fast food300$200 euro Total Bouffe, divers sur placeenviron 1000 euro
TOTAL pour 25j à 512117 euro
BIBLIOGRAPHIE ALASKA
Le Milepost est un énorme annuaire contenant une masse d'informations diluées au milieu de publicités. Nécessite un temps d'adaptation avant de s'y retrouver. Très utile pour le voyageur motorisé. Poids rédhibitoire pour les autres.
Lonely Planet Alaska : bien, pas mal d'idées de randonnées, pas mal de cartes.
55 Ways of the Wilderness in South Central Alaska, 5th edition de Helen D. Nienhueser and John Wolfe Jr : plein d'idées de rando, cartes succintes.
The Alaska River Guide de Karen Jettmar : la référence pour choisir sa rivière.
Denali National Park Guide to Hiking, Photography and Camping de Ike Waits. Plein d'idées de randos dans le Denali NP. Topos pas très précis mais difficile de faire mieux vu qu'il n'y a pas de sentiers. Cartes très grossières.
Cartes du National Geographic : Prince William Sound West (utilisée en kayak) 1/110000ème Prince William Sound East (pour la région de Cordova) 1/105600 Denali 1/225000ème On est loin de nos cartes IGN au 1/25000ème mais ces cartes sont agréables à lire et plastifiées. Au moins un bivouac de kayak indiqué qui n'existe pas sur PWS West. Je ne crois pas qu'il existe des cartes papier plus détaillées de toute façon. Il faut donc un peu « d'inspiration » pour lire le terrain plutôt que la carte, pas toujours facile.
Cartes GPS On a téléchargé des cartes topo gratuites pour Garmin. Attention il en existe (au moins) 2 types : pour l'un des 2 impossible de transférer les cartes et les waypoints sur le GPS donc mieux vaut faire un essai avant de rentrer tous les waypoints et de piquer une crise quand ça coince! On a utilisé ça : http://www.gpsfiledepot.com/maps/view/302/ Bien utile pour évaluer la distance parcourue en kayak ou en raft et s'assurer qu'on est bien là où on croit! Amusant aussi pour mesurer la vitesse en raft : record 14,8 km sans donner un coup de pagaie!
Scats and Tracks of Alaska de James C. Halfpenny : crottes et traces d'Alaska, bien fait, léger, les enfants le connaissent par coeur.
Alaska Wild Berries and berry-like fruit de Verna E. Pratt pratique, léger, bien utile vu l'abondance de baies diverses et variées.
On aurait du acheter ces 2 petits livrets au début du voyage mais l'occasion ne s'en est présentée que plus tard. Si vous les trouvez sur le net, n'hésitez pas!
Australie et Nouvelle-Zélande en Van? English translation pending
Bonjour tt le monde,
je voudrais partir début janvier pour un mois en nouvelle zélande, faire l'ile du sud et l'ile du nord, 15jours chacune.
puis faire l'australie sur un mois minimum(ca dependra du budget), en esperant pouvoir faire une partie de la cote ouest, et faire kelkes jours a sydney.
et les deux voyages si possible les faire en van pour economiser un max pour pouvoir faire pleins de choses.
si vous avez des conseils a me donner, concernant ces deux voyages, je suis preneuse.
et si ca vous dis de tenter l'aventure, n'hésitez pas a me contacter.
a plusieurs, c toujours plus simpa.
mélanie
Visiter les chutes Victoria depuis la Namibie en 4x4? English translation pending
Salut à tous,
Je pars en octobre en Namibie, et j'aimerais bien aller aux chutes victoria. J'ai loué un 4*4 pour la durée de mon voyage (22 jours de loc), et j'ai déjà payé le permis de passage de frontière pour le Botswana (je compte revenir à Windhoek en passant par l'Okavango), mais pas pour le zimbabwé ni pour la zambie, justement parce que je voudrais avoir vos avis sur la chose. Je compte rallier les chutes côté zimbabwéen par la bande de Caprivi. On me dit que passer la frontière avec un véhicule est un pur moment de folklore africain, avec temps perdu, taxes exhorbitantes en tout genre et paperasses dignes du courrier à trier de Gaston Lagaffe. Est-ce que certains d'entre vous ont déjà tenté l'expérience, et si oui, est-elle vérifiée? C'est vraiment la galère avec un 4*4?
2 - On me dit aussi qu'il vaut mieux laisser la voiture du côté Namibien à l'endroit où on loge (camping ou lodge, pourvu que ça soit un endroit privé) et passer par une agence pour aller passer 1 ou 2 jours à victoria falls, au Zimbabwé. Y en a-t-il parmi vous qui ont tenté ce truc? C'est réalisable facilement? C'est financièrement correct, ou ça coûte une défense d'éléphant? Si oui, pouvez-vous me donner des tuyaux sur les lodges, camping ou agences permettant de le faire?
Merci d'avance à tous, et à bientôt. Préparez tous bien vos voyages! On n'a qu'une vie, c'est pas pour perdre notre temps à la gagner...
Je pars en octobre en Namibie, et j'aimerais bien aller aux chutes victoria. J'ai loué un 4*4 pour la durée de mon voyage (22 jours de loc), et j'ai déjà payé le permis de passage de frontière pour le Botswana (je compte revenir à Windhoek en passant par l'Okavango), mais pas pour le zimbabwé ni pour la zambie, justement parce que je voudrais avoir vos avis sur la chose. Je compte rallier les chutes côté zimbabwéen par la bande de Caprivi. On me dit que passer la frontière avec un véhicule est un pur moment de folklore africain, avec temps perdu, taxes exhorbitantes en tout genre et paperasses dignes du courrier à trier de Gaston Lagaffe. Est-ce que certains d'entre vous ont déjà tenté l'expérience, et si oui, est-elle vérifiée? C'est vraiment la galère avec un 4*4?
2 - On me dit aussi qu'il vaut mieux laisser la voiture du côté Namibien à l'endroit où on loge (camping ou lodge, pourvu que ça soit un endroit privé) et passer par une agence pour aller passer 1 ou 2 jours à victoria falls, au Zimbabwé. Y en a-t-il parmi vous qui ont tenté ce truc? C'est réalisable facilement? C'est financièrement correct, ou ça coûte une défense d'éléphant? Si oui, pouvez-vous me donner des tuyaux sur les lodges, camping ou agences permettant de le faire?
Merci d'avance à tous, et à bientôt. Préparez tous bien vos voyages! On n'a qu'une vie, c'est pas pour perdre notre temps à la gagner...
John Muir et les parcs nationaux English translation pending
John Muir et les parcs nationauxCet article est surtout un hommage à l'un des pionniers qui a, par sa ténacité et sa vision, compris qu'il fallait sauver certaines régions des Etats-Unis des effets d'une civilisation galopante.Quand vous visitez un parc, si bien organisé, ayez une pensée pour celui qui s'est battu pour garder ce lieu si magique. Quand vous entrez au Yosemite Park, n('oubliez pas que, sans John Muir, le parc n'existerait pas.Voyager de par le monde doit inclure ce genre de pensées envers celles ou ceux qui ont consacré leur vie à la défense de sites sacrés.Caltecor a choisi : l’île en deux est coupée.
La plaine et le plateau sont à l’agriculture. La partie sauvage, par la faune occupée, S’étend au Nord : elle est refuge et sépulture A tous les animaux qui librement s’ébattent, Chassent, tuent le gibier par instinct prédateur. Naturelle est leur mort : le froid, un coup de patte, Non la lâche visée dans un collimateur. Celui qui s’aventure au risque de sa vie Est responsable seul de son vaillant retour. Sans armes et sans poudre, il n’a de sa survie Pas toujours le destin : qu’il regarde alentour : Immense est la nature et l’homme par la ruse L’a souvent dominée et l’a même réduite A un charnier puant dont le spectacle accuse L’humanité de son exécrable conduite. Le danger va de pair avec la vraie beauté. La profonde forêt révèle à tous moments D’admirables profils qu’il soit peine d’ôter, Si grand serait le risque, aux soupirs des amants. Caltecor 5127, Vision XI 2, André Girod 1978
Quel plus bel hommage pourrait être rendu à un seul homme qui, par sa vision, son action, sa témérité et sa persévérance, transforma l’Amérique dans les années 1870. Un nom à retenir : John Muir, véritable naturaliste et écologiste par sa façon de voir la nature et de vivre en son sein.
« Only by going alone in silence, without bagage, can one truly get into the heart of the wilderness. All other travel is mere dust and hôtels and bagage and chatter. »
( C’est seul et dans le silence, sans bagage, que l’on peut aller dans le cœur de la nature sauvage. Tout autre voyage n’est que poussière et hôtels et bagage et bavardages.)
Radicalement influencé par le poète écossais Robbie Burns dont il lisait souvent les œuvres, puis plus tard par Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson dont il avait une copie dans son sac, John Muir va s’enfoncer, loin de toute civilisation, dans la forêt profonde. Il rappelle, bien qu’il en ait vaguement entendu parler, le parcours du philosophe suisse, Jean Jacques Rousseau. Si je dis suisse, c’est qu’à l’époque de John Muir, Rousseau était considéré comme un philosophe suisse de Genève. L’idée de s’accaparer de son œuvre par les Français, n’a jamais convaincu les anglo-saxons de la véritable identité de Jean Jacques !
John Muir aurait bien pu écrire, tout comme Rousseau dans les « Rêveries » :
« Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. » Ou : « Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi que dans les voyages que j’ai faits seul et à pieds. »
On est loin du raffut des hélicoptères, avions, équipes techniques, cirque Barnum des écologistes reporters de notre époque : imaginez Hulot et Arthus Bertrand, Pernoud et bien d’autres sauver la nature sans leurs cinq étoiles, voyages première classe, 4X4 tonitruants et armada de véhicules ! Pauvre John Muir, qui sans un sou, a réussi à faire plus pour sauver la nature et défendre les vastes étendues sauvages de l’Amérique que ne feront jamais nos pieds-nickelés verts ! Avec ses seuls carnets, ses crayons, ses jambes et son courage, il s’est dressé contre tous et a gagné. Son influence restera à jamais gravée dans le cœur des Américains !
Ce fut surtout le pionnier dans le domaine de la préservation de la beauté de Yosemite.
Né en Ecosse en 1838, il émigra aux Etats-Unis à l’âge de onze ans (1849). Sa famille s’installa dans une ferme dans le Wisconsin : « Fountain Lake Farm ». Puis il alla à l’université du Wisconsin à Madison et eut son premier cours de botanique :
« Ce petit cours m’a envoûté et m’a fait voler par-delà les forêts et les prairies avec un enthousiasme sauvage. »
Pas à la Yann Arthus-Bertrand, en hélicoptère et en avion mais spirituellement sans pollution !
En 1868, il arrive dans une magnifique vallée qu’il veut explorer : Yosemite Valley. Il est simplement subjugué par la vue et l’émotion le prend au corps :
« Aucun temple construit de la main de l’homme ne peut être comparé à Yosemite. » écrira-t-il dans son carnet de notes.
Mais les dangers rôdent : exploitation du bois, pâturages pour moutons qui détruisent tout sur leur passage, ignorance du grand public, cynisme et critiques des scientifiques et des politiques. Alors il prend une plume virulente et s’élève contre ceux qui, pour un appât de gains, détruisent les arbres millénaires à coups de dynamite :
« Any fool can destroy a tree.
Any fool can destroy trees. They cannot run away ; and if they could, they would still be destroyed – chased and hunted down as long as fun or a dollar could be got out their bark hides, branching horns or magnificent bole backbones. Few that fell trees plant them ; nor would planting avail much toward getting back anything like the noble primeval forests…. God has cared for these trees… but he cannot save them from fools – only Uncle Sam can do that. »
( N’importe quel idiot peut détruire un arbre : Ils ne peuvent pas se sauver et s’ils le pouvaient , ils seraient quand même détruits, chassés et poursuivis tant qu’un dollar peut être obtenu de leur peau en écorce, de leurs branches en forme de cornes, de leur magnifique colonne vertébrale. Peu de ceux qui abattent les arbres en replantent. Cela ne servirait à rien pour retrouver les nobles forêts primales. Dieu a pris soin de ces arbres mais il ne peut pas les sauver de ces idiots –seul l’oncle Sam peut le faire ! »
John Muir n’était pas du tout aveuglé par sa religion : il connaissait les limites de Dieu qui avait tout créé à ses yeux mais ne pouvait rien sauver !
Pourtant son courage et sa persévérance vont réussir à protéger ce paradis. En 1890, sur le modèle du premier parc national créé au monde: Yellowstone Park, une loi déclare Yosemite Valley, un parc national. C’est le deuxième en Amérique.
Grâce à une vision nouvelle de certains hommes explorateurs, la société va réfléchir à la défense de sites encore vierges et naturels, qui existent intacts sur terre depuis des millions d’années. La Nature dans toute sa splendeur et son aspect sauvage. L’Amérique était le seul pays à pouvoir le faire, l’Europe étant ravagé depuis des siècles par une civilisation rampante.
Pendant que Napoléon partait à la conquête sanglante de l’Europe en 1806, un homme se retrouvait seul dans un endroit encore inexploré des Etats-Unis : John Colter était le premier blanc d’origine européenne à observer les éléments géothermiques de la région : fumerolles, sources d’eau chaude, émanations de soufre, geysers. A la suite de nombreuses expéditions, le Président des Etats-Unis, Ulysses Grant signe le décret qui déclare Yellowstone, premier parc national, le 1er mars 1872.
Quant à John Muir, bien déterminé à sauver Yosemite des griffes des investisseurs et des forestiers, il se battra toute sa vie pour y parvenir. Avec succès surtout lorsqu’il passa une nuit à la belle étoile avec le président des Etats-Unis, Théodore Roosevelt. Ce dernier comprit l’importance de mettre de côté des pans du pays et les protéger d’une civilisation destructrice galopante.
Les parcs, à leur instauration, étaient encore des lieux sacrés, accessibles uniquement à des aventuriers qui avaient le courage de défier la nature : le froid, les animaux sauvages (ours, bisons, loups), la solitude, le risque d’accidents. John Muir était l’un d’eux. Il partait dans les coins les plus reculés de Yosemite, seul, sans armes, avec juste ses vêtements et un peu de pain dur. Il devait camper dans les forêts, entretenant un feu en se réveillant toutes les demi-heures. La pénétration de cette nature sauvage n’était pas le privilège des riches mais des téméraires, des hommes peu attachés aux choses matérielles.
Le dictionnaire Larousse de 1875, trois ans après l’instauration du premier parc américain, rappelle qu’aimer la nature, c’est faire comme Rousseau :
« Rousseau donne le premier exemple aux touristes par ses longs voyages pédestres en Suisse et en Italie (il est banni de France), qu’il accomplissait le sac au dos et le bâton à la main, se nourrissant de pain bis, de laitage et de cerises, en véritable enfant de la nature. »
Mais Rousseau, tout comme Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, est un doux rêveur, pas un homme d’action, comme le sera John Muir. Ce n’est pas avec de vagues réflexions sur son désarroi devant la société qu’il la changera. Quand Thoreau écrit ; « I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life. »
( Je suis allé dans les bois parce que je voulais vivre selon mon désir, n’affronter que les actes essentiels de la vie)
ou quand Emerson déclare : « Do not go where the path may lead, go instead where there is no path and leave a trail. »
( Ne va pas où mène le sentier, va plutôt où il n’y a pas de sentier et laisse ta trace. »
ce ne sont que des réflexions qui inspireront sans doute les autres mais ne changeront rien au comportement des hommes.
Au contraire, John Muir s’enfoncera dans la forêt, non pas uniquement pour fuir la société mais surtout pour la défendre des prédateurs qui commençaient à la dépecer. Et il y réussira brillamment, ce qui n’était nullement dans les intentions de nos pacifistes
« sauvages ».
Hélas, trois fois hélas ! C’est là que ma modeste personne entre en jeu !
Mais encore une fois parlons chiffres avant.
Le progrès envahit tout et n’a aucun respect pour ce qui peut être exploité. En 1880, une ligne de chemin de fer est construite à proximité de Yellowstone. Le reste du trajet se fait encore à cheval ou en diligence. Le nombre de visiteurs est donc restreint. On en a compté, dans l ‘année 1872, trois cents, un par jour à peine. L’itinéraire correspondait à une véritable expédition. Mais en 1883, la horde commence à apparaître, des touristes qui n’auraient jamais parcouru plus d’un kilomètre à pied. Ils sont plus de cinq mille en 1883. On fait pire pour améliorer le tourisme de masse : en 1908, une deuxième ligne est construite par la « Union Pacific Railroad » : elle conduit directement à l’entrée du parc. Ce sera la déferlante surtout qu’une route avait été taillée dans les parois de la vallée, la « Grand Loop Road », en 1905. Avec l’ère de la voiture, c’est un tsunami de métal et de caoutchouc qui submerge le parc. En 1915, plus de mille véhicules, pétaradant et polluant entrent dans le parc.
Rengaine, routine, suite prévisible de cette invasion. Il y a besoin de construire d’autres routes, des hôtels, des magasins, des restaurants, des aires de stationnement, des terrains de camping, des toilettes et les concessions se distribuent comme des pains bénits. Un village sera même construit en 1966 pour accommoder ce qui est devenu un torrent de roues. Maintenant, 3700 employés travaillent dans le parc, 2 238 chambres sont disponibles dans 9 hôtels. Les stations-services sont présentes. Tout ce trafic rapportait 80 millions de dollars au Parc en 2001, laissés par trois millions de visiteurs.
Mais la circulation et l’arrivée du tourisme de masse a fait inscrire le parc sur la liste du « patrimoine mondial en péril » en 1995. Et personne ne sait ou ne veut enrayer ce raz de marée.
Comme tout le long de ce livre, j’apporte un témoignage direct et vécu.
En 1960, ma femme et moi, après notre session au NDEA à l’université de Kansas en juillet et août 1960, décidâmes de nous rendre à San Francisco avant de partir pour l’Australie. A bord d’une Ford Falcon, nous nous dirigeâmes vers l’ouest en prenant des petites routes de traverse. A cette époque, une grande partie du réseau d’autoroutes fédérales n’était pas encore construite. Par la 30 puis la fameuse 66, nous approchâmes des Montagnes Rocheuses, site des plus beaux parcs nationaux : Grand Canyon, Yellowstone, Bryce Canyon, Yosemite, Sequoia park. L’un après l’autre, nous les explorâmes.
Je me rappelle ( voir Flammes du père inconnu, Publibook) que nous étions rentrés dans le Yellowstone, accueillis par une famille d’ours. La mère faisait la manche au bord de la route tandis que ses oursons, accrochés aux branches d’un arbre proche, surveillaient la scène. Quelques mètres plus loin, deux adultes fouillaient dans une poubelle. A la fin du séjour dans le parc, on ne s’est même plus arrêtés pour les photographier tellement ils étaient nombreux. Nous passâmes deux nuits inconfortables à dormir dans la voiture puisqu’il n’y avait pas d’accommodations en ce temps-là. Au milieu de la nuit, un bruit énorme nous réveilla : deux grizzlis se disputaient le contenu de bagages qu’un touriste inconscient avait retirés du coffre ! Puis ils vinrent rôder autour de notre véhicule et je pouvais distinguer nettement leur museau, leurs yeux et surtout leurs crocs !
Mais 1960 marque un tournant : la prospérité s’accélère, les autoroutes apparaissent, des aéroports sont construits à proximité et de quelques milliers en 1960, le nombre passera à trois millions de visiteurs en 2001.
Par la suite j’y retournai souvent, visite incontournable pour les enfants. En 1980, 1985, 2000, 2 001 et trois ans de suite en 2004, le parc s’était métamorphosé en cirque. L’été, il est parfois impossible de stationner dans les parkings prévus à cet effet et les gens s’arrêtent n’importe où. Les embouteillages valaient ceux de l’entrée à Paris un jour de semaine. Les queues sont partout : aux toilettes, dans les cafétérias, pour acheter une carte postale, une boisson. Même la file de voitures à l’entrée payante ( $ 20.00) du parc qui attendent le signal des rangers pour avancer. Ces derniers, par talkie walkie, attendent que des touristes ressortent à l’autre bout pour dégager la voie ! Les parcs étaient devenus les lieux de visite privilégiés des Américains : 80% des entrées. Evidemment une autre conséquence me saute aux yeux tout de suite : ceux qui vous accueillent portent un chapeau et sont munis de badges. Les ours, pendant tout le parcours, se cachent au fond des bois et il ne reste plus que quelques caribous de service, loin dans une vallée. La faune a totalement disparu. Je suis heureux d’avoir pu connaître les parcs, non comme Colter ou Muir mais au moins presqu’encore en privé. John Muir conclut sans illusion pourtant : « Devotees of ravaging commercialism, instead of lifting their eyes to the God of the mountains, lift them to the Almighty Dollar. » ( Ces dévoués de la commercialisation ravageuse, au lieu de lever les yeux vers le Dieu des montagnes, les lèvent vers le Dollar Tout-Puissant.)
Par la suite j’y retournai souvent, visite incontournable pour les enfants. En 1980, 1985, 2000, 2 001 et trois ans de suite en 2004, le parc s’était métamorphosé en cirque. L’été, il est parfois impossible de stationner dans les parkings prévus à cet effet et les gens s’arrêtent n’importe où. Les embouteillages valaient ceux de l’entrée à Paris un jour de semaine. Les queues sont partout : aux toilettes, dans les cafétérias, pour acheter une carte postale, une boisson. Même la file de voitures à l’entrée payante ( $ 20.00) du parc qui attendent le signal des rangers pour avancer. Ces derniers, par talkie walkie, attendent que des touristes ressortent à l’autre bout pour dégager la voie ! Les parcs étaient devenus les lieux de visite privilégiés des Américains : 80% des entrées. Evidemment une autre conséquence me saute aux yeux tout de suite : ceux qui vous accueillent portent un chapeau et sont munis de badges. Les ours, pendant tout le parcours, se cachent au fond des bois et il ne reste plus que quelques caribous de service, loin dans une vallée. La faune a totalement disparu. Je suis heureux d’avoir pu connaître les parcs, non comme Colter ou Muir mais au moins presqu’encore en privé. John Muir conclut sans illusion pourtant : « Devotees of ravaging commercialism, instead of lifting their eyes to the God of the mountains, lift them to the Almighty Dollar. » ( Ces dévoués de la commercialisation ravageuse, au lieu de lever les yeux vers le Dieu des montagnes, les lèvent vers le Dollar Tout-Puissant.)
Hôtel au Nicaragua, monter à cheval, excursions? English translation pending
bonjour
je me rends en amerique centrale cette année pour la premiere fois j'ai pas mal lu le forum et je crois que je vais allée au nicaragua si qu'elqu'un pouvait me donnée quelque plan d'hotel pas chere mis à part le barcelo et la siesta
si l'on peut monter à cheval si il y a de belles excursions à faire
et pour la mer je suis plus plongée que surf
merci