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Compagnie de bus Eurolines English translation pending
Bonjour, je pars probablement d'ici 3-4 jours à Valencia (espagne) depuis Bruxelles, en bus eurolines. Comme j'ai entendu parler, comme tt le monde, des accidents de bus, dus aux horaires de fous imposés aux chauffeurs etc. j'ai pas envie de faire la parano, mais je compte pas me retrouver ds un ravin non plus. Donc : Est-ce que la compagnie eurolines est sérieuse à ce niveau, est-ce qu'il y a bcp de pauses et éventuellement un changement de chauffeur ? Je préfère un voyage un peu plus long mais qui comporte un peu plus de pauses, pr le chauffeur et pr me dégourdir les jambes aussi. je vois pas vraiment d'indications sur le trajet et les étapes des bus eurolines sur le site web, donc si qq'1 a déjà fait cette route, ou si qq'1 connait bien cette compagnie, vos infos sont les bienvenues !!!
Voilà, merci !!
Ps : les accidents dont on a entendu parler en Espagne, c'était quelle compagnie ?
Les cinq plus belles villes françaises English translation pending
Pour moi c'est Paris en 1er évidemment mais derrière ?
Lille Strasbourg Dinant Vannes
Certes mon choix est subjectif et je compte sur vos avis pour me faire connaitre d'autres villes.
Lille Strasbourg Dinant Vannes
Certes mon choix est subjectif et je compte sur vos avis pour me faire connaitre d'autres villes.
Corse, sur le sentier Mare a Mare Centre English translation pending
L’Ile de Beauté est notre destination favorite. Nous y avons déjà séjourné trois fois en été (1 mois) et deux fois à l’automne (1 semaine). Nous y avons souvent randonné, mais toujours à la journée. Alors ce nouveau séjour sera une première à plus d’un titre : la saison : première fois au printemps. le type de randonnée : première fois en randonnée itinérante avec portage. le type d’hébergement : première fois en gîte d’étape.
Pour notre premier trek en Corse et avant de songer à entreprendre la traversée de l’île par le mythique GR20, nous avons choisi le sentier « Mare a Mare Centre » qui relie Ghisonaccia sur la côte est à Porticccio sur la côte ouest en 7 étapes.
Ce sentier est l’un des moins connus et des moins fréquentés de Corse. Il traverse des régions parmi les plus reculées de l’île : le Fiumorbo et le Taravo, puis l’arrière-pays d’Ajaccio. De beaux moments en perspective !!

La version accompagnée de plus de photos est ici :
sites.google.com/...abuleuxvoyagescorse/
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Jour 1 : Paris – Bastia – Ghisonaccia.
Notre séjour commence par un vol Air France Paris – Bastia le mercredi 2 mai 2007 à 9h05. Après le décollage, le pilote annonce un temps légèrement nuageux avec des risques d’orage dans la journée et une température de 19°.
Le soleil nous accueille à Bastia, même si de gros nuages sont accrochés aux montagnes. Nous avons tout juste le temps d’attraper la navette de 11h05 qui nous conduit dans le centre-ville. Là, nous profitons de ce beau temps inespéré pour nous installer sur le bord de mer et pique-niquer. Puis une petite ballade dans le vieux port,
et vers la citadelle.
Les nuages se font de plus en plus menaçants et l’orage éclate en début d’après-midi. Nous passons un moment dans un café avant de prendre le car jusqu’à Ghisonaccia où nous arrivons à 18h. Le temps s’est amélioré en allant vers le sud.
A Ghisonaccia, la « Casa di Maria Cicilia » est notre maison d’un soir, et au restaurant de l’hôtel, nous sommes les seuls pensionnaires. Pour notre première soirée, nous nous régalons avec pour 2 : une tarte fine de coquilles saint jacques aux cèpes, un carpaccio d’espadon aux légumes de Provence, suivis d’un filet de bœuf au foie gras, d’une brochette de gambas grillées, puis deux nougats glacés. Repas agrémenté d’un Patrimonio de chez Orsini. Excellent et service impeccable !!
Bastia
Jour 2 : Ghisonaccia – Serra-di-Fiumorbo (460m).
La pluie est au rendez-vous à notre réveil. Hésitation…. Mais après le petit-déjeuner, l’horizon paraît moins bouché et « Corse Matin » annonce un temps encore plus mauvais pour l’après-midi. Alors nous nous mettons en route vers 9h30 en espérant pouvoir profiter d’une fenêtre météo favorable pendant quelques heures, puisque cette étape est courte (3h30 et 450m de dénivelé). Afin d’éviter un début de parcours le long de la N198, nous décidons de « couper » directement vers l’ouest, admirant de ci de là orangers et néfliers, humant les senteurs des chèvrefeuilles, nous attardant devant des passiflores, prêtant l’oreille au chant d’un coucou. De temps en temps, nous enfilons nos capes de pluie pour éviter quelques gouttes et avons, ainsi équipés, des airs de Quasimodo et de Fée Carabosse.
Une 2CV s’arrête et son conducteur nous propose gentiment de nous véhiculer jusqu’à Serra-di-F (nous le reverrons plus tard, c’est le voisin du gîte). L’accueil corse n’est pas une légende. Nous déclinons aimablement la proposition, nous sommes là pour en « découdre » avec la montagne.
Au bout de 2h, nous rattrapons le « Mare a Mare » tout juste avant la première montée de notre étape, montée que le guide Lonely Planet qualifie de cassante. Finalement, nous la montons tranquillement à notre rythme. Le maquis est en fleurs, pose photos.
Une petite erreur de parcours nous amène à nous frayer un passage dans des broussailles mouillées. Résultat : nous sommes trempés jusqu’à la taille ! Un coq qui chante, un chien qui aboie, le grondement d’une scie électrique… le village n’est pas loin. En effet, nous débouchons rapidement sur une route qui nous amène au gîte vers 12h30. Ici aussi nous sommes les seuls occupants et nous nous installons à deux dans un dortoir pour cinq. Après le déjeuner, petit tour dans le village : son église, son cimetière,
le calme absolu, l’ambiance de la montagne corse et l’odeur du maquis.
Pour le dîner, la maîtresse de maison nous sert du jambon corse, des lasagnes à la bonifacienne, du fromage et de la tarte aux pommes.
Cimetière de Serra-di-Fiurmobo
Jour 3 : Serra-di- Fiumorbo (460m) – Catastaju (523m).
Le soleil est au rendez-vous ce matin et à 8h15, nous démarrons notre randonnée. Cap sur Catastaju. 4 à 5h de marche, point culminant 957m. Nous laissons le village derrière nous. Le chemin s’élève lentement et progressivement vers la crête.
Cistes, belliums, digitales pourpres, bruyères composent le maquis.
Au détour d’un chemin, rencontre avec un troupeau de vaches.
Mon bâton de marche les effraie et elles se sauvent au galop. Depuis la crête, la vue s’étend jusqu’à la mer d’un côté, et de l’autre côté, sur de petits villages tapis au fond de la vallée comme autant de touches pointillistes. Puis la montée se poursuit au milieu des pins et des chênes verts. Par moments, l’humidité ambiante sur ce sentier dévoré par les taillis nous rappelle la Réunion ou la Guadeloupe. Plus loin, de gros rochers nous font penser à Fontainebleau.
Arrêt pique-nique sur les rochers près de la Bocca di Juva (957m). Après le col, nous arrivons dans une petite clairière parsemée de touffes d’asphodèles.
Puis c’est le début de la descente dans un paysage grandiose cerné par les montagnes. Nous traversons une forêt de pins et la descente, tantôt raide, tantôt plus douce nous amène vers Catastaju. Le grondement du torrent se fait de plus en plus proche. Ca y est, l’Abatesco est en vue. Il nous reste à traverser la passerelle et nous voilà au gîte. Dénivelé total de l’étape : 450m. Après nous être installés (nous sommes toujours seuls), nous explorons les alentours. Pose photo près du torrent. Hervé sursaute…une couleuvre ondule sur la rive.
Après cette belle randonnée, quoi de plus réconfortant qu’une bonne soupe corse servie avec une assiette de crudités et charcuterie, du fromage (corse bien sûr !) et un pudding maison.
Vers Catatasju
Jour 4 : Catastaju (523m) – col de Laparo (1525m) – Cozzano 727m.
Nous nous réveillons avec le beau temps et nous mettons en route peu avant 9h. Mille mètres de dénivelé sur la première partie de l’étape et 6-7h de marche nous attendent.
Le sentier monte lentement et régulièrement en suivant le ruisseau Macini. Deux belles cascades retiennent notre attention. La deuxième nous invite à un petit détour pour l’admirer de plus près. Nous progressons toujours dans notre montée : on se croirait dans une allée paysagère d’un jardin botanique, avec des touffes de fleurs jaunes, blanches ou violettes plantées au milieu des rocailles.
Un premier passage de ruisseau nous pose quelques difficultés techniques. En effet, le ruisseau est en crue et les seules pierres émergées rendues glissantes par la pluie ne nous permettent pas de prendre le risque de traverser à gué. Alors il faut enlever les chaussures et se mouiller les pieds. L’eau glaciale nous anesthésie jusqu’aux mollets, mais nous revigore pour la suite de l’ascension, d’abord dans une jolie pinède, puis dans une hêtraie.
Au pied d’un arbre, rencontre avec une jolie salamandre.
Bientôt le ciel s’obscurcit. Les nuages couvrent cette forêt de hêtres et donnent à ce paysage un air de forêt de Brocéliande.
Nous nous arrêtons aux bergeries de la Scanciatella baignés par la brume.
Peu après c’est la pluie qui se met à tomber. La montée devient pénible, j’ai le moral dans les chaussettes et je n’arrive plus à avancer. Nous décidons de faire un détour par le refuge de Laparo afin de nous mettre au sec pour pique-niquer. Il fait froid !!! Nous rajoutons une couche de vêtements. Nous regrettons de n’avoir pas pris de briquet pour nous faire un café chaud. Après le déjeuner nous reprenons notre ascension toujours sous la pluie. Bientôt la délivrance ! Nous arrivons au col de Laparo (1525m), mais il est dans les nuages. Quel dommage pour la vue !!!
Nous amorçons alors notre descente vers Cozzano dans une forêt au feuillage vert tendre.
La pluie ne va pas cesser, tantôt soutenue, tantôt plus fine jusqu’à notre arrivée au village après moult passages à gué de ruisseaux quelque peu acrobatiques. Nous arrivons fourbus et trempés au gîte peu avant 18h. Tiens, nous ne sommes pas seuls… Deux randonneurs américains et une randonneuse française descendus du GR20 ainsi qu’un vététiste anglais, font également étape ici.
Randonner, ça creuse et c’est avec appétit que nous faisons honneur au dîner : soupe aux vermicelles, ragoût aux petits légumes, fromage et flan caramel.
Vers Cozzano
Jour 5 : Cozzano (727m) – Guitera-les-Bains (620m).
A 6h du matin, le ciel bleu et le soleil nous remontent le moral. Mais nous attendons 9h l’ouverture de l’épicerie du village pour démarrer notre étape. Les nuages commencent à être plus nombreux. Il faut se dépêcher pour profiter de l’éclaircie. Durée prévue : 4h30 à 5h de marche. Point culminant : 955m.
Le faible dénivelé (par rapport à la veille !) pourrait faire croire à un itinéraire plat. Que nenni !!! C’est une succession de montées et de descentes : descente jusqu’au Taravo (torrent qui a donné son nom à toute la région) sur un sentier champêtre.
puis montée en direction du petit village de Sampolo sur un chemin bordé de fougères et de genêts.
Ensuite descente vers Giovivacce dans le lit d’un ruisseau : la gadoue, la gadoue, la gadoue avec arrêt sous un châtaignier remarquable.
Dans ce village, pause pique-nique à côté de l’église. Au moment de poser son sac, Hervé sursaute (encore !)…une couleuvre (encore une !) disparaît dans un trou.
Les nuages se font de plus en plus nombreux. Nous décidons de modifier notre itinéraire, car en direction de Tasso, le mauvais temps menace. Cap sur Guitera via la D28. La pluie finit par nous rattraper et nous arrivons trempés au village. Quel temps de cochon !!!
Dénivelé total : 400m au lieu des 550m prévus, car étape écourtée pour cause de pluie.
Heureusement au gîte de Guitera un bon feu flambe dans la cheminée et l’accueil est vraiment très chaleureux. Pour le dîner, M. et Mme Lanfranchi nous invitent à leur table avec trois autres randonneurs. Au menu : soupe corse, ragoût de sanglier avec polenta et pennes sautés, tarte à la noisette ou tiramisu. A 20h01, les pétards annoncent le résultat des élections présidentielles et les commentaires vont bon train autour de la table.
Genêts au bord du sentier
Jour 6 : Guitera-les-Bains (620m) – Quasquara (721m).
Comme les jours précédents, le soleil est de la partie ce matin, mais les nuages ne sont pas loin. Pourvu que ça dure ! Durée prévue : 3h30 à 4h, point culminant 1086m. L’étape commence par une bonne grimpette sur un large chemin rocailleux bordé de genêts qui s’enfonce ensuite dans la forêt. Un panneau indique le Castellu di Bozzi (d’où la vue par temps clair s’étend jusqu’au golfe d’Ajaccio). Nous croisons les doigts pour que le temps se maintienne et attaquons cette montée abrupte. Plus tard, nous arrivons à une première esplanade, le fameux Castellu (1080m) où nous jouissons déjà d’une belle vue, mais il est possible de poursuivre jusqu’aux crêtes (1237m). Nous laissons alors nos sacs à dos coincés entre deux branches, hors de portée des cochons sauvages pour continuer jusqu’au sommet.
Là-haut, la vue est à la mesure de nos efforts. Grandiose !!! Je voulais voir la mer, j’ai vu la mer… et aussi le village de Guitera, blotti au pied de la montagne et les crêtes environnantes.
Des senteurs aromatiques nous chatouillent les narines.
Déjà il faut redescendre, cette fois par un chemin défoncé et labouré par les sangliers. Tout à coup, nous entendons une respiration bruyante dans les taillis. Probablement un sanglier ! Hervé brandit le bâton de marche, mais l’animal ne se montre pas. Nous nous arrêtons dans une vaste clairière pour pique-niquer. Après manger, Hervé va voir des cochons en liberté un peu plus loin et leur donne nos croûtes de fromage et nos trognons de pomme. Voilà que toute la horde le suit et nous sommes obligés de lever le camp. Nous continuons à descendre et atteignons Frassetto, joli hameau où de grandes maisons en pierre semblent évoquer un passé prestigieux.
Quelques gouttes de pluie accompagnent notre montée vers Quasquara où nous débouchons dans une superbe châtaigneraie tapissée de fougères. Je joue à cache-cache dans le tronc évidé d’un châtaignier pluri centenaire.
Les premières maisons de Quasquara sont en vue. Nous arrivons à destination à 15h et avons encore une fois le gîte pour nous tout seuls. Dénivelé total de l’étape : 700m. Au dîner, la maîtresse de maison nous sert une tourte aux blettes et jambon, une côte de porc accompagnée de pommes de terre sautées, une salade de fruits et de la tarte aux pommes.
Détour vers Castellu di Bozi
Jour 7 : Quasquara (721m) – Col Saint Georges (757m).
Grand soleil et aucun nuage à l’horizon à notre réveil. Une vraie belle journée s’annonce. Durée prévue de l’étape : 5h à 5h30 de marche ; point culminant 1150m. A 8h30, nous nous lançons à l’assaut des crêtes sur un sentier étroit bordé de fougères, de bruyères et de genêts.
Une barrière nous oblige à une petite gymnastique matinale. Le chemin continue à grimper et passe par deux fois dans de vastes châtaigneraies avec quelques beaux spécimens…
et de drôles de champignons (?).
Au bout d’1h30, nous atteignons la Bocca di Foce (1150m), nous profitons de la vue sur les deux versants : en face de nous, le Rotondo et le Monte d’Oro dont les sommets sont encore enneigés.
Nous entendons des voix…quelle surprise…depuis notre départ de Ghisonaccia, c’est la première fois que nous croisons du monde sur le chemin. Et il y a du monde, 7 personnes : 5 jeunes suivis de 2 messieurs. Les premiers s’entraînent pour la course du dimanche 13 mai au départ de Santa Maria-di-Siché (18kms à travers la montagne et 1500 m de dénivelé que les meilleurs couvrent en 2-3h). Les suivants sont des organisateurs chargés du balisage de l’épreuve.
Nous voyons tout ce petit monde escalader la Punta d’Urghiavari 1339m (notre itinéraire devait longer le flanc de cette montagne). Les voir grimper jusque là-haut nous donne très envie de faire ce détour afin de profiter d’une vue encore plus saisissante. Nous abandonnons nos sacs à dos et commençons l’ascension en nous servant par endroits de nos mains et aussi d’une corde prévue à cet effet. La montée est un peu vertigineuse, il vaut mieux que je ne regarde pas trop en bas.
190m plus haut, la vue est époustouflante !!! Le golfe d’Ajaccio, les pistes d’atterrissage de l’aéroport et toute la chaîne des montagnes corses de la Tafunata à l’Incudine en passant par le Rotondo et le Monte d’Oro.
Nous en prenons plein les yeux puis redescendons par un chemin plus facile qui rejoint le Mare a Mare plus loin, mais nous oblige à faire une boucle pour récupérer nos sacs à dos.
De retour à la Bocca di Foce, il faut repartir. Le chemin zigzague dans le maquis pendant un long moment, entre les asphodèles, les ellébores et même les pivoines sauvages.
Les rochers de la crête ont des formes bizarres, sculptées par l’érosion.
Après plusieurs montées et descentes successives, nous posons les sacs sur les rochers de la Bocca San Antonu pour l’habituel pique-nique.
Après manger, nous poursuivons notre route et arrivons au pied de le Punta Maggioli. L’ascension est cruelle sous le soleil du début d’après-midi. Arrivés là-haut, quelques nuages nous rafraîchissent un peu avant d’amorcer une longue descente, d’abord au milieu des fleurs de ciste et des chênes, puis dans la forêt.
Nous débouchons enfin sur une large piste en terre et là, nous perdons la trace du balisage. Hervé continue malgré tout espérant retrouver le chemin plus loin. Mauvaise option, nous nous éloignons et nous retrouvons devant un grand portail fermé à proximité de la Nationale. Une seule solution : l’escalader pour passer de l’autre côté. Deux alternatives s’offrent alors à nous : rejoindre le col St Georges par la Nationale ou prendre un hypothétique chemin qui devrait nous ramener sur le Mare a Mare. Va pour la deuxième solution ! Nous voici sur un sentier tracé par les cochons au milieu de la forêt dans les broussailles, les ronces et la boue, guidés par le GPS ! Quand enfin nous sortons de cette jungle, il reste à remonter un grand talus envahi par les graminées et les orties. Je remets les bas de mon pantalon pour affronter cette végétation hostile…. Trop tard, j’ai déjà les jambes zébrées d’égratignures !!! Ca y est, nous revoilà sur le Mare a Mare et après être passés dans un sous-bois, nous arrivons à destination à 17h30 après bien des tours et des détours, fatigués mais enchantés par les paysages que nous avons vus.
Dénivelé total : 1200m au lieu des 900 prévus. Durée de marche : 9h (arrêts compris). Nous avons réservé une chambre à l’Auberge du col St Georges. Nous sommes comblés : chambre moderne, confortable, meublée et décorée avec beaucoup de goûts. Très agréable !!! La salle du restaurant est tout aussi cosy. Le menu du dîner est copieux : assiette de charcuterie corse (dont pâté de sansonnet), côtelettes d’agneau avec pommes de terre sautées, salade et fromage, en dessert tiramisu et crème brûlée glacée. Très bonne adresse !!!
Rochers remarquables !
Jour 8: Col St Georges (757m) – Porticcio.
Ca y est ! Le beau temps est durablement installé et à 8h, nous sommes dehors. Pour une étape qui doit nous amener au niveau de la mer, il faut commencer par monter. Le comble !!! Durée prévue : 5-6h de marche. Point culminant : 890m. 11km à vol d’oiseau, bien plus par le chemin. Bref une étape qui s’annonce longue.
Alors en avant sur un sentier escarpé ! Bientôt nous traversons un champ d’asphodèles.
La rosée matinale sur leurs feuilles nous rafraîchit les mollets griffés par les ronces hier. Nous poursuivons notre ascension jusqu’au point culminant. De là-haut, nous avons une très belle vue sur le golfe d’Ajaccio.
Il est 10h. La descente commence, tantôt lente quand le chemin est raviné et caillouteux, tantôt plus rapide quand le terrain est moins accidenté, tantôt à l’ombre des sous-bois, tantôt au soleil. Les genoux sont mis à rude épreuve !!!
Nous débouchons alors sur une route que nous longeons pendant 2, 5km. Cette marche le long de la départementale pourrait s’avérer pénible. Or elle est plutôt agréable. Elle permet d’accélérer la cadence et surtout de profiter du spectacle de toutes ces variétés de fleurs qui tapissent les bas-côtés.
C’est là que nous croisons les 2 premiers vrais touristes randonneurs. Ils font le Mare e Monti dont la trace fusionne à cet endroit avec le Mare a Mare. Au lieu-dit « Buselica », nous quittons la route pour reprendre un petit chemin. Une buse tournoie au-dessus de nos têtes. Nous pique-niquons à l’ombre d’un chêne vert et repartons vers 13h.
Tout au long de cette dernière partie, nous profitons de vues magnifiques sur le golfe. Bientôt, nous arrivons au cimetière de Porticcio qui marque la fin du sentier. Nous prenons la route bitumée jusqu’à la plage que nous atteignons à 14h. Dénivelé total de l’étape : 300m. La mer est agitée. Je me contente de tremper les doigts de pied.
Mais il fait très bon sur la plage (22°) : petite sieste, bronzette, bonne glace, lecture…Il est déjà l’heure de prendre le taxi pour l’aéroport. Nous quittons Ajaccio par le vol Air France de 18h50 pour Paris Orly.
Fin (ou début) du sentier
EPILOGUE
Nous sommes très fiers d’avoir accompli cette traversée d’est en ouest, de la Mer Thyrénéenne à la Mer Ligurienne. A vol d’oiseau cela fait 52 kms. Par le Mare a Mare nous avons parcouru entre 12 et 20kms par jour, ce qui fait un total d’environ 100kms sur l’ensemble du parcours. En dénivelé nous avons fait en moyenne 650m par jour, ce qui fait un dénivelé cumulé d’environ 4500m. Un Mont-Blanc. Pas mal quand même à notre âge : plus d’un siècle à nous 2 !!!
Nos conclusions sur :
=> Les capacités nécessaires : Etre capable de marcher entre 5 et 9h et de faire +/- 1000m de dénivelé par jour en portant un sac de +/- 10kg, cela pendant 7 jours consécutifs.
=> Le matériel : Ont été utiles entre autres : poncho, poche à eau « Camel », briquet, serviette « Packtowel », sac à viande.
=> L’intérêt du sentier. Ce sentier ne présente aucune difficulté particulière. En alternant des étapes +/- longues, il permet de doser les efforts. Mais du coup l’intérêt et la beauté des étapes sont très inégaux. Si on pouvait attribuer des étoiles, sur 5*, voilà quel serait notre classement : incontestablement, Quasquara / Col St Georges 4* Catastaju/ col de Laparo/ Cozzano 3* A cause des nuages, nous n’avons certainement pas pu apprécier cette étape à sa juste valeur. Serra-di-Fiumorbo/Catastaju 2* Col St Georges / Porticcio 2* Guitera/Quasquara 2 * à cause de la Punta di Bozzi qui vaut le détour. Sinon beaucoup de passage en sous-bois, sans vue, peu d’intérêt. Cozzano/Guitera 1* mais nous n’avons pas fait la partie Tasso - Guitera en raison de la pluie…alors ? Ghisonaccia/Serra-di-Fiumorbo 1*, étape de mise en jambe…sans plus.
Plus généralement, le fond des vallées est moins intéressant, et plus on monte, plus c’est beau.
=> L’hébergement. L’accueil a été très sympathique dans tous les gîtes. Les gîtes pratiquent tous la demi-pension et peuvent préparer un panier-repas ou des sandwichs pour l’étape du lendemain (qualités très inégales). Le ravitaillement est possible à Ghisonaccia (au départ), à San Gavino-di-Fiumorbo (mais le village est à 45mn à pied du gîte de Catastaju), à Cozzano et à Porticcio (à l’arrivée). Pas de paiement par carte bancaire dans les gîtes. Pour le couchage, il y a des couvertures partout, prévoir un « sac à viande ». Les deux hôtels que nous avions réservés étaient à la hauteur de nos attentes. Nous avons également très bien mangé (et 2kg de plus en rentrant !!!). Une mention toute particulière pour le gîte de Guitera-les-Bains où en plus de la qualité de l’hébergement et de la nourriture, nous avons passé une très agréable soirée à la table de M. et Mme Lanfranchi.
=> La météo Nous n’avons pas eu très beau temps dans l’ensemble, sauf les deux dernières journées qui ont été chaudes et ensoleillées. Le jour 4 a été très pluvieux, les autres jours nous avons pu bénéficier d’éclaircies +/- longues.
=> La saison. Nous avons pu apprécier la Corse au printemps et pu voir toutes ces variétés de fleurs que nous n’avions jamais vues en été ou en automne.
Alors en guise de bouquet final nous vous offrons cette brassée de fleurs de Corse et vous remercions de nous avoir lus jusqu'ici.

FIN
Pour notre premier trek en Corse et avant de songer à entreprendre la traversée de l’île par le mythique GR20, nous avons choisi le sentier « Mare a Mare Centre » qui relie Ghisonaccia sur la côte est à Porticccio sur la côte ouest en 7 étapes.
Ce sentier est l’un des moins connus et des moins fréquentés de Corse. Il traverse des régions parmi les plus reculées de l’île : le Fiumorbo et le Taravo, puis l’arrière-pays d’Ajaccio. De beaux moments en perspective !!

La version accompagnée de plus de photos est ici :
sites.google.com/...abuleuxvoyagescorse/
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Jour 1 : Paris – Bastia – Ghisonaccia.
Notre séjour commence par un vol Air France Paris – Bastia le mercredi 2 mai 2007 à 9h05. Après le décollage, le pilote annonce un temps légèrement nuageux avec des risques d’orage dans la journée et une température de 19°.
Le soleil nous accueille à Bastia, même si de gros nuages sont accrochés aux montagnes. Nous avons tout juste le temps d’attraper la navette de 11h05 qui nous conduit dans le centre-ville. Là, nous profitons de ce beau temps inespéré pour nous installer sur le bord de mer et pique-niquer. Puis une petite ballade dans le vieux port,
et vers la citadelle.
Les nuages se font de plus en plus menaçants et l’orage éclate en début d’après-midi. Nous passons un moment dans un café avant de prendre le car jusqu’à Ghisonaccia où nous arrivons à 18h. Le temps s’est amélioré en allant vers le sud.
A Ghisonaccia, la « Casa di Maria Cicilia » est notre maison d’un soir, et au restaurant de l’hôtel, nous sommes les seuls pensionnaires. Pour notre première soirée, nous nous régalons avec pour 2 : une tarte fine de coquilles saint jacques aux cèpes, un carpaccio d’espadon aux légumes de Provence, suivis d’un filet de bœuf au foie gras, d’une brochette de gambas grillées, puis deux nougats glacés. Repas agrémenté d’un Patrimonio de chez Orsini. Excellent et service impeccable !!
Bastia

Jour 2 : Ghisonaccia – Serra-di-Fiumorbo (460m).
La pluie est au rendez-vous à notre réveil. Hésitation…. Mais après le petit-déjeuner, l’horizon paraît moins bouché et « Corse Matin » annonce un temps encore plus mauvais pour l’après-midi. Alors nous nous mettons en route vers 9h30 en espérant pouvoir profiter d’une fenêtre météo favorable pendant quelques heures, puisque cette étape est courte (3h30 et 450m de dénivelé). Afin d’éviter un début de parcours le long de la N198, nous décidons de « couper » directement vers l’ouest, admirant de ci de là orangers et néfliers, humant les senteurs des chèvrefeuilles, nous attardant devant des passiflores, prêtant l’oreille au chant d’un coucou. De temps en temps, nous enfilons nos capes de pluie pour éviter quelques gouttes et avons, ainsi équipés, des airs de Quasimodo et de Fée Carabosse.
Une 2CV s’arrête et son conducteur nous propose gentiment de nous véhiculer jusqu’à Serra-di-F (nous le reverrons plus tard, c’est le voisin du gîte). L’accueil corse n’est pas une légende. Nous déclinons aimablement la proposition, nous sommes là pour en « découdre » avec la montagne.
Au bout de 2h, nous rattrapons le « Mare a Mare » tout juste avant la première montée de notre étape, montée que le guide Lonely Planet qualifie de cassante. Finalement, nous la montons tranquillement à notre rythme. Le maquis est en fleurs, pose photos.
Une petite erreur de parcours nous amène à nous frayer un passage dans des broussailles mouillées. Résultat : nous sommes trempés jusqu’à la taille ! Un coq qui chante, un chien qui aboie, le grondement d’une scie électrique… le village n’est pas loin. En effet, nous débouchons rapidement sur une route qui nous amène au gîte vers 12h30. Ici aussi nous sommes les seuls occupants et nous nous installons à deux dans un dortoir pour cinq. Après le déjeuner, petit tour dans le village : son église, son cimetière,
le calme absolu, l’ambiance de la montagne corse et l’odeur du maquis.
Pour le dîner, la maîtresse de maison nous sert du jambon corse, des lasagnes à la bonifacienne, du fromage et de la tarte aux pommes.
Cimetière de Serra-di-Fiurmobo

Jour 3 : Serra-di- Fiumorbo (460m) – Catastaju (523m).
Le soleil est au rendez-vous ce matin et à 8h15, nous démarrons notre randonnée. Cap sur Catastaju. 4 à 5h de marche, point culminant 957m. Nous laissons le village derrière nous. Le chemin s’élève lentement et progressivement vers la crête.
Cistes, belliums, digitales pourpres, bruyères composent le maquis.
Au détour d’un chemin, rencontre avec un troupeau de vaches.
Mon bâton de marche les effraie et elles se sauvent au galop. Depuis la crête, la vue s’étend jusqu’à la mer d’un côté, et de l’autre côté, sur de petits villages tapis au fond de la vallée comme autant de touches pointillistes. Puis la montée se poursuit au milieu des pins et des chênes verts. Par moments, l’humidité ambiante sur ce sentier dévoré par les taillis nous rappelle la Réunion ou la Guadeloupe. Plus loin, de gros rochers nous font penser à Fontainebleau.
Arrêt pique-nique sur les rochers près de la Bocca di Juva (957m). Après le col, nous arrivons dans une petite clairière parsemée de touffes d’asphodèles.
Puis c’est le début de la descente dans un paysage grandiose cerné par les montagnes. Nous traversons une forêt de pins et la descente, tantôt raide, tantôt plus douce nous amène vers Catastaju. Le grondement du torrent se fait de plus en plus proche. Ca y est, l’Abatesco est en vue. Il nous reste à traverser la passerelle et nous voilà au gîte. Dénivelé total de l’étape : 450m. Après nous être installés (nous sommes toujours seuls), nous explorons les alentours. Pose photo près du torrent. Hervé sursaute…une couleuvre ondule sur la rive.
Après cette belle randonnée, quoi de plus réconfortant qu’une bonne soupe corse servie avec une assiette de crudités et charcuterie, du fromage (corse bien sûr !) et un pudding maison.
Vers Catatasju

Jour 4 : Catastaju (523m) – col de Laparo (1525m) – Cozzano 727m.
Nous nous réveillons avec le beau temps et nous mettons en route peu avant 9h. Mille mètres de dénivelé sur la première partie de l’étape et 6-7h de marche nous attendent.
Le sentier monte lentement et régulièrement en suivant le ruisseau Macini. Deux belles cascades retiennent notre attention. La deuxième nous invite à un petit détour pour l’admirer de plus près. Nous progressons toujours dans notre montée : on se croirait dans une allée paysagère d’un jardin botanique, avec des touffes de fleurs jaunes, blanches ou violettes plantées au milieu des rocailles.
Un premier passage de ruisseau nous pose quelques difficultés techniques. En effet, le ruisseau est en crue et les seules pierres émergées rendues glissantes par la pluie ne nous permettent pas de prendre le risque de traverser à gué. Alors il faut enlever les chaussures et se mouiller les pieds. L’eau glaciale nous anesthésie jusqu’aux mollets, mais nous revigore pour la suite de l’ascension, d’abord dans une jolie pinède, puis dans une hêtraie.
Au pied d’un arbre, rencontre avec une jolie salamandre.
Bientôt le ciel s’obscurcit. Les nuages couvrent cette forêt de hêtres et donnent à ce paysage un air de forêt de Brocéliande.
Nous nous arrêtons aux bergeries de la Scanciatella baignés par la brume.
Peu après c’est la pluie qui se met à tomber. La montée devient pénible, j’ai le moral dans les chaussettes et je n’arrive plus à avancer. Nous décidons de faire un détour par le refuge de Laparo afin de nous mettre au sec pour pique-niquer. Il fait froid !!! Nous rajoutons une couche de vêtements. Nous regrettons de n’avoir pas pris de briquet pour nous faire un café chaud. Après le déjeuner nous reprenons notre ascension toujours sous la pluie. Bientôt la délivrance ! Nous arrivons au col de Laparo (1525m), mais il est dans les nuages. Quel dommage pour la vue !!!
Nous amorçons alors notre descente vers Cozzano dans une forêt au feuillage vert tendre.
La pluie ne va pas cesser, tantôt soutenue, tantôt plus fine jusqu’à notre arrivée au village après moult passages à gué de ruisseaux quelque peu acrobatiques. Nous arrivons fourbus et trempés au gîte peu avant 18h. Tiens, nous ne sommes pas seuls… Deux randonneurs américains et une randonneuse française descendus du GR20 ainsi qu’un vététiste anglais, font également étape ici.
Randonner, ça creuse et c’est avec appétit que nous faisons honneur au dîner : soupe aux vermicelles, ragoût aux petits légumes, fromage et flan caramel.
Vers Cozzano

Jour 5 : Cozzano (727m) – Guitera-les-Bains (620m).
A 6h du matin, le ciel bleu et le soleil nous remontent le moral. Mais nous attendons 9h l’ouverture de l’épicerie du village pour démarrer notre étape. Les nuages commencent à être plus nombreux. Il faut se dépêcher pour profiter de l’éclaircie. Durée prévue : 4h30 à 5h de marche. Point culminant : 955m.
Le faible dénivelé (par rapport à la veille !) pourrait faire croire à un itinéraire plat. Que nenni !!! C’est une succession de montées et de descentes : descente jusqu’au Taravo (torrent qui a donné son nom à toute la région) sur un sentier champêtre.
puis montée en direction du petit village de Sampolo sur un chemin bordé de fougères et de genêts.
Ensuite descente vers Giovivacce dans le lit d’un ruisseau : la gadoue, la gadoue, la gadoue avec arrêt sous un châtaignier remarquable.
Dans ce village, pause pique-nique à côté de l’église. Au moment de poser son sac, Hervé sursaute (encore !)…une couleuvre (encore une !) disparaît dans un trou.
Les nuages se font de plus en plus nombreux. Nous décidons de modifier notre itinéraire, car en direction de Tasso, le mauvais temps menace. Cap sur Guitera via la D28. La pluie finit par nous rattraper et nous arrivons trempés au village. Quel temps de cochon !!!
Dénivelé total : 400m au lieu des 550m prévus, car étape écourtée pour cause de pluie.
Heureusement au gîte de Guitera un bon feu flambe dans la cheminée et l’accueil est vraiment très chaleureux. Pour le dîner, M. et Mme Lanfranchi nous invitent à leur table avec trois autres randonneurs. Au menu : soupe corse, ragoût de sanglier avec polenta et pennes sautés, tarte à la noisette ou tiramisu. A 20h01, les pétards annoncent le résultat des élections présidentielles et les commentaires vont bon train autour de la table.
Genêts au bord du sentier

Jour 6 : Guitera-les-Bains (620m) – Quasquara (721m).
Comme les jours précédents, le soleil est de la partie ce matin, mais les nuages ne sont pas loin. Pourvu que ça dure ! Durée prévue : 3h30 à 4h, point culminant 1086m. L’étape commence par une bonne grimpette sur un large chemin rocailleux bordé de genêts qui s’enfonce ensuite dans la forêt. Un panneau indique le Castellu di Bozzi (d’où la vue par temps clair s’étend jusqu’au golfe d’Ajaccio). Nous croisons les doigts pour que le temps se maintienne et attaquons cette montée abrupte. Plus tard, nous arrivons à une première esplanade, le fameux Castellu (1080m) où nous jouissons déjà d’une belle vue, mais il est possible de poursuivre jusqu’aux crêtes (1237m). Nous laissons alors nos sacs à dos coincés entre deux branches, hors de portée des cochons sauvages pour continuer jusqu’au sommet.
Là-haut, la vue est à la mesure de nos efforts. Grandiose !!! Je voulais voir la mer, j’ai vu la mer… et aussi le village de Guitera, blotti au pied de la montagne et les crêtes environnantes.
Des senteurs aromatiques nous chatouillent les narines.
Déjà il faut redescendre, cette fois par un chemin défoncé et labouré par les sangliers. Tout à coup, nous entendons une respiration bruyante dans les taillis. Probablement un sanglier ! Hervé brandit le bâton de marche, mais l’animal ne se montre pas. Nous nous arrêtons dans une vaste clairière pour pique-niquer. Après manger, Hervé va voir des cochons en liberté un peu plus loin et leur donne nos croûtes de fromage et nos trognons de pomme. Voilà que toute la horde le suit et nous sommes obligés de lever le camp. Nous continuons à descendre et atteignons Frassetto, joli hameau où de grandes maisons en pierre semblent évoquer un passé prestigieux.
Quelques gouttes de pluie accompagnent notre montée vers Quasquara où nous débouchons dans une superbe châtaigneraie tapissée de fougères. Je joue à cache-cache dans le tronc évidé d’un châtaignier pluri centenaire.
Les premières maisons de Quasquara sont en vue. Nous arrivons à destination à 15h et avons encore une fois le gîte pour nous tout seuls. Dénivelé total de l’étape : 700m. Au dîner, la maîtresse de maison nous sert une tourte aux blettes et jambon, une côte de porc accompagnée de pommes de terre sautées, une salade de fruits et de la tarte aux pommes.
Détour vers Castellu di Bozi

Jour 7 : Quasquara (721m) – Col Saint Georges (757m).
Grand soleil et aucun nuage à l’horizon à notre réveil. Une vraie belle journée s’annonce. Durée prévue de l’étape : 5h à 5h30 de marche ; point culminant 1150m. A 8h30, nous nous lançons à l’assaut des crêtes sur un sentier étroit bordé de fougères, de bruyères et de genêts.
Une barrière nous oblige à une petite gymnastique matinale. Le chemin continue à grimper et passe par deux fois dans de vastes châtaigneraies avec quelques beaux spécimens…
et de drôles de champignons (?).
Au bout d’1h30, nous atteignons la Bocca di Foce (1150m), nous profitons de la vue sur les deux versants : en face de nous, le Rotondo et le Monte d’Oro dont les sommets sont encore enneigés.
Nous entendons des voix…quelle surprise…depuis notre départ de Ghisonaccia, c’est la première fois que nous croisons du monde sur le chemin. Et il y a du monde, 7 personnes : 5 jeunes suivis de 2 messieurs. Les premiers s’entraînent pour la course du dimanche 13 mai au départ de Santa Maria-di-Siché (18kms à travers la montagne et 1500 m de dénivelé que les meilleurs couvrent en 2-3h). Les suivants sont des organisateurs chargés du balisage de l’épreuve.
Nous voyons tout ce petit monde escalader la Punta d’Urghiavari 1339m (notre itinéraire devait longer le flanc de cette montagne). Les voir grimper jusque là-haut nous donne très envie de faire ce détour afin de profiter d’une vue encore plus saisissante. Nous abandonnons nos sacs à dos et commençons l’ascension en nous servant par endroits de nos mains et aussi d’une corde prévue à cet effet. La montée est un peu vertigineuse, il vaut mieux que je ne regarde pas trop en bas.
190m plus haut, la vue est époustouflante !!! Le golfe d’Ajaccio, les pistes d’atterrissage de l’aéroport et toute la chaîne des montagnes corses de la Tafunata à l’Incudine en passant par le Rotondo et le Monte d’Oro.
Nous en prenons plein les yeux puis redescendons par un chemin plus facile qui rejoint le Mare a Mare plus loin, mais nous oblige à faire une boucle pour récupérer nos sacs à dos.
De retour à la Bocca di Foce, il faut repartir. Le chemin zigzague dans le maquis pendant un long moment, entre les asphodèles, les ellébores et même les pivoines sauvages.
Les rochers de la crête ont des formes bizarres, sculptées par l’érosion.
Après plusieurs montées et descentes successives, nous posons les sacs sur les rochers de la Bocca San Antonu pour l’habituel pique-nique.
Après manger, nous poursuivons notre route et arrivons au pied de le Punta Maggioli. L’ascension est cruelle sous le soleil du début d’après-midi. Arrivés là-haut, quelques nuages nous rafraîchissent un peu avant d’amorcer une longue descente, d’abord au milieu des fleurs de ciste et des chênes, puis dans la forêt.
Nous débouchons enfin sur une large piste en terre et là, nous perdons la trace du balisage. Hervé continue malgré tout espérant retrouver le chemin plus loin. Mauvaise option, nous nous éloignons et nous retrouvons devant un grand portail fermé à proximité de la Nationale. Une seule solution : l’escalader pour passer de l’autre côté. Deux alternatives s’offrent alors à nous : rejoindre le col St Georges par la Nationale ou prendre un hypothétique chemin qui devrait nous ramener sur le Mare a Mare. Va pour la deuxième solution ! Nous voici sur un sentier tracé par les cochons au milieu de la forêt dans les broussailles, les ronces et la boue, guidés par le GPS ! Quand enfin nous sortons de cette jungle, il reste à remonter un grand talus envahi par les graminées et les orties. Je remets les bas de mon pantalon pour affronter cette végétation hostile…. Trop tard, j’ai déjà les jambes zébrées d’égratignures !!! Ca y est, nous revoilà sur le Mare a Mare et après être passés dans un sous-bois, nous arrivons à destination à 17h30 après bien des tours et des détours, fatigués mais enchantés par les paysages que nous avons vus.
Dénivelé total : 1200m au lieu des 900 prévus. Durée de marche : 9h (arrêts compris). Nous avons réservé une chambre à l’Auberge du col St Georges. Nous sommes comblés : chambre moderne, confortable, meublée et décorée avec beaucoup de goûts. Très agréable !!! La salle du restaurant est tout aussi cosy. Le menu du dîner est copieux : assiette de charcuterie corse (dont pâté de sansonnet), côtelettes d’agneau avec pommes de terre sautées, salade et fromage, en dessert tiramisu et crème brûlée glacée. Très bonne adresse !!!
Rochers remarquables !

Jour 8: Col St Georges (757m) – Porticcio.
Ca y est ! Le beau temps est durablement installé et à 8h, nous sommes dehors. Pour une étape qui doit nous amener au niveau de la mer, il faut commencer par monter. Le comble !!! Durée prévue : 5-6h de marche. Point culminant : 890m. 11km à vol d’oiseau, bien plus par le chemin. Bref une étape qui s’annonce longue.
Alors en avant sur un sentier escarpé ! Bientôt nous traversons un champ d’asphodèles.
La rosée matinale sur leurs feuilles nous rafraîchit les mollets griffés par les ronces hier. Nous poursuivons notre ascension jusqu’au point culminant. De là-haut, nous avons une très belle vue sur le golfe d’Ajaccio.
Il est 10h. La descente commence, tantôt lente quand le chemin est raviné et caillouteux, tantôt plus rapide quand le terrain est moins accidenté, tantôt à l’ombre des sous-bois, tantôt au soleil. Les genoux sont mis à rude épreuve !!!
Nous débouchons alors sur une route que nous longeons pendant 2, 5km. Cette marche le long de la départementale pourrait s’avérer pénible. Or elle est plutôt agréable. Elle permet d’accélérer la cadence et surtout de profiter du spectacle de toutes ces variétés de fleurs qui tapissent les bas-côtés.
C’est là que nous croisons les 2 premiers vrais touristes randonneurs. Ils font le Mare e Monti dont la trace fusionne à cet endroit avec le Mare a Mare. Au lieu-dit « Buselica », nous quittons la route pour reprendre un petit chemin. Une buse tournoie au-dessus de nos têtes. Nous pique-niquons à l’ombre d’un chêne vert et repartons vers 13h.
Tout au long de cette dernière partie, nous profitons de vues magnifiques sur le golfe. Bientôt, nous arrivons au cimetière de Porticcio qui marque la fin du sentier. Nous prenons la route bitumée jusqu’à la plage que nous atteignons à 14h. Dénivelé total de l’étape : 300m. La mer est agitée. Je me contente de tremper les doigts de pied.
Mais il fait très bon sur la plage (22°) : petite sieste, bronzette, bonne glace, lecture…Il est déjà l’heure de prendre le taxi pour l’aéroport. Nous quittons Ajaccio par le vol Air France de 18h50 pour Paris Orly.
Fin (ou début) du sentier

EPILOGUE
Nous sommes très fiers d’avoir accompli cette traversée d’est en ouest, de la Mer Thyrénéenne à la Mer Ligurienne. A vol d’oiseau cela fait 52 kms. Par le Mare a Mare nous avons parcouru entre 12 et 20kms par jour, ce qui fait un total d’environ 100kms sur l’ensemble du parcours. En dénivelé nous avons fait en moyenne 650m par jour, ce qui fait un dénivelé cumulé d’environ 4500m. Un Mont-Blanc. Pas mal quand même à notre âge : plus d’un siècle à nous 2 !!!
Nos conclusions sur :
=> Les capacités nécessaires : Etre capable de marcher entre 5 et 9h et de faire +/- 1000m de dénivelé par jour en portant un sac de +/- 10kg, cela pendant 7 jours consécutifs.
=> Le matériel : Ont été utiles entre autres : poncho, poche à eau « Camel », briquet, serviette « Packtowel », sac à viande.
=> L’intérêt du sentier. Ce sentier ne présente aucune difficulté particulière. En alternant des étapes +/- longues, il permet de doser les efforts. Mais du coup l’intérêt et la beauté des étapes sont très inégaux. Si on pouvait attribuer des étoiles, sur 5*, voilà quel serait notre classement : incontestablement, Quasquara / Col St Georges 4* Catastaju/ col de Laparo/ Cozzano 3* A cause des nuages, nous n’avons certainement pas pu apprécier cette étape à sa juste valeur. Serra-di-Fiumorbo/Catastaju 2* Col St Georges / Porticcio 2* Guitera/Quasquara 2 * à cause de la Punta di Bozzi qui vaut le détour. Sinon beaucoup de passage en sous-bois, sans vue, peu d’intérêt. Cozzano/Guitera 1* mais nous n’avons pas fait la partie Tasso - Guitera en raison de la pluie…alors ? Ghisonaccia/Serra-di-Fiumorbo 1*, étape de mise en jambe…sans plus.
Plus généralement, le fond des vallées est moins intéressant, et plus on monte, plus c’est beau.
=> L’hébergement. L’accueil a été très sympathique dans tous les gîtes. Les gîtes pratiquent tous la demi-pension et peuvent préparer un panier-repas ou des sandwichs pour l’étape du lendemain (qualités très inégales). Le ravitaillement est possible à Ghisonaccia (au départ), à San Gavino-di-Fiumorbo (mais le village est à 45mn à pied du gîte de Catastaju), à Cozzano et à Porticcio (à l’arrivée). Pas de paiement par carte bancaire dans les gîtes. Pour le couchage, il y a des couvertures partout, prévoir un « sac à viande ». Les deux hôtels que nous avions réservés étaient à la hauteur de nos attentes. Nous avons également très bien mangé (et 2kg de plus en rentrant !!!). Une mention toute particulière pour le gîte de Guitera-les-Bains où en plus de la qualité de l’hébergement et de la nourriture, nous avons passé une très agréable soirée à la table de M. et Mme Lanfranchi.
=> La météo Nous n’avons pas eu très beau temps dans l’ensemble, sauf les deux dernières journées qui ont été chaudes et ensoleillées. Le jour 4 a été très pluvieux, les autres jours nous avons pu bénéficier d’éclaircies +/- longues.
=> La saison. Nous avons pu apprécier la Corse au printemps et pu voir toutes ces variétés de fleurs que nous n’avions jamais vues en été ou en automne.
Alors en guise de bouquet final nous vous offrons cette brassée de fleurs de Corse et vous remercions de nous avoir lus jusqu'ici.

FIN
Conseils pour itinéraire en Océanie English translation pending
Au mois d'octobre je dois partir à Nouméa chez une amie.C'est mon rêve depuis longtemps et j'ai envie de profiter de ce lointain voyage (environ 2 mois) pour voir d'autres îles alentour. J'aimerais faire un stop en Australie, au moins à Sydney, mais pour les autres stops je compte sur vous chers Vfistes pour m'aiguiller, car je ne connais pas bien ce côté de l'hémisphère !
Je commence juste mes recherches. Que me conseillez-vous comme billets d'avion, quelle compagnie. Y-a-t-il un site internet qui me faciliterait la tâche.
Mercu d'avance pour vos tuyaux.
Petit coup de de gueule! English translation pending
Bonjour à tous
Mon coup de gueule est petit pour l'instant car je ne dois pas avoir toutes les cartes en main, je m'explique... Cette rubrique s'apelle "faire le tour du monde" et la plupart des tourdemondistes ne passent pas par le continent africain et je dirais même qu'ils osent dire qu'ils font le tour du monde alors qu'ils omettent ce gros détail... Alors je voudrais savoir pourquoi vous n'allez pas en afrique?? est-ce que c'est parce que vous n'aimez pas la culture? est-ce que c'est parce que vous craignez une certaine insécurité?? Est-ce que vos billets d'avion vous l'empêchent?? J'ai pourtant l'impression que comme les autres ce continent est unique !! Pour moi un tour du monde c'est pas seulement faire le tour d'une boule mais aller fourrer son nez au moins sur les 5 continents !! Je trouve ça dommage que personne n'inclut l'afrique dans son itinéraire et je voulais appuyer là-dessus pour pas l'oublier... voilà alors suis-je ignorant ou ai-je raison de pousser cette petite gueulante?? merci a+
Mon coup de gueule est petit pour l'instant car je ne dois pas avoir toutes les cartes en main, je m'explique... Cette rubrique s'apelle "faire le tour du monde" et la plupart des tourdemondistes ne passent pas par le continent africain et je dirais même qu'ils osent dire qu'ils font le tour du monde alors qu'ils omettent ce gros détail... Alors je voudrais savoir pourquoi vous n'allez pas en afrique?? est-ce que c'est parce que vous n'aimez pas la culture? est-ce que c'est parce que vous craignez une certaine insécurité?? Est-ce que vos billets d'avion vous l'empêchent?? J'ai pourtant l'impression que comme les autres ce continent est unique !! Pour moi un tour du monde c'est pas seulement faire le tour d'une boule mais aller fourrer son nez au moins sur les 5 continents !! Je trouve ça dommage que personne n'inclut l'afrique dans son itinéraire et je voulais appuyer là-dessus pour pas l'oublier... voilà alors suis-je ignorant ou ai-je raison de pousser cette petite gueulante?? merci a+
Vos projets cyclistes English translation pending
Coucou à tous
Je voulais juste savoir comment vous "fonctionnez" pour vos projets cyclistes, si certains d'entre vous marchent au feeling sans jamais savoir où ils vont partir d'une année sur l'autre, ou si d'autres on fait une liste + ou - exhaustive de tous les coins qu'ils souhaitent visiter dans les 20 ans à venir, et qu'ils "piochent" tous les ans dans ce vivier en fonction du temps et du budget dispo, et aussi des envies du moment.
PS : si certains ont fait des listes, envoyez les c'est toujours interessant de voir.
Merci à tous pour vos réponses !
Mifanfouette
Je voulais juste savoir comment vous "fonctionnez" pour vos projets cyclistes, si certains d'entre vous marchent au feeling sans jamais savoir où ils vont partir d'une année sur l'autre, ou si d'autres on fait une liste + ou - exhaustive de tous les coins qu'ils souhaitent visiter dans les 20 ans à venir, et qu'ils "piochent" tous les ans dans ce vivier en fonction du temps et du budget dispo, et aussi des envies du moment.
PS : si certains ont fait des listes, envoyez les c'est toujours interessant de voir.
Merci à tous pour vos réponses !
Mifanfouette
De Lyon à Bordeaux à vélo en famille English translation pending
bonjour,
cet été (début août), je vais emmener ma petite famille sur la côte atlantique... à vélo bien sûr🙂...
quelqu'un a-t-il déjà fait Lyon-Bordeaux à vélo...? j'avoue que j'ignore totalement cette partie🙂...
j'aimerais avoir vos suggestions: par où passer...? les endroits à ne pas manquer...? combien de temps faut-il prévoir...?
pour compliquer le tout, on aura deux remorques à tracter: les enfants pour moi, les bagages pour ma femme😉...
tous vos conseils seront les bienvenus...
cet été (début août), je vais emmener ma petite famille sur la côte atlantique... à vélo bien sûr🙂...
quelqu'un a-t-il déjà fait Lyon-Bordeaux à vélo...? j'avoue que j'ignore totalement cette partie🙂...
j'aimerais avoir vos suggestions: par où passer...? les endroits à ne pas manquer...? combien de temps faut-il prévoir...?
pour compliquer le tout, on aura deux remorques à tracter: les enfants pour moi, les bagages pour ma femme😉...
tous vos conseils seront les bienvenus...
Ile bretonne (France) avec nombreux sentiers de randonnée English translation pending
Bonjour amis des iles bretonnes,
Je cherche une ile avec peu d'habitations, encore moins de voitures, mais avec de nombreux sentiers de randonnée (pour un séjour d'une semaine en mars).
Si cette ile existe vous voulez-bien m'en parler ? Merci.........
Dolma
Je cherche une ile avec peu d'habitations, encore moins de voitures, mais avec de nombreux sentiers de randonnée (pour un séjour d'une semaine en mars).
Si cette ile existe vous voulez-bien m'en parler ? Merci.........
Dolma
Les GP chez Air France English translation pending
Bonjour,
Ma fille travail à Air France, je bénéficie donc des billets GP. J'ai vu ceci sur un site
Billet accompagnant:Un quota pour tous ( que l’on soit marié, pacsé, concubin, conjoint) de 4 R1 ou R2 A/R, pour les accompagnants de son choix. Avec comme obligation de voyager avec l’ayant droit, mais la possibilité de le faire en fonction ou en MEP, et utilisables pour 2 personnes maximum, et par voyage.
Comment cela marche ? Puis-je faire voyager n'importe qui avec moi en lui faisant profiter de mon tarif GP ? Et si oui comme obtenir ce billet ? De plus j'ai plus de 60 ans savez vous s'il existe d'autre avantage pour moi ? merci à vous et bon weekend
Billet accompagnant:Un quota pour tous ( que l’on soit marié, pacsé, concubin, conjoint) de 4 R1 ou R2 A/R, pour les accompagnants de son choix. Avec comme obligation de voyager avec l’ayant droit, mais la possibilité de le faire en fonction ou en MEP, et utilisables pour 2 personnes maximum, et par voyage.
Comment cela marche ? Puis-je faire voyager n'importe qui avec moi en lui faisant profiter de mon tarif GP ? Et si oui comme obtenir ce billet ? De plus j'ai plus de 60 ans savez vous s'il existe d'autre avantage pour moi ? merci à vous et bon weekend
Recherche jeunes bénévoles pour 2007 et vidéo humanitaire du Bénin en 2006 English translation pending
Bonjour à tous,
je m'appelle fabien et je vis dans le sud ouest de la France (DAX). J'ai 22ans et cet été je suis parti avec une amie au bénin pour réaliser une mission humanitaire. Je voulais donc partager mon expérience avec les personnes que cela intéresse. Notre vidéo est disponible sur www.video.google.fr en tapant le mot clé "bénin" choisissez "la mission humanitaire de fabien et karine". Sinon cliquez directement sur le lien :
http://video.google.fr/videoplay?docid=-3452961475394147473&q=b%C3%A9nin
Nous sommes revenus mi septembre 2006 et nous avons créé une association humanitaire : association Ahémé. Nous recherchons donc des personnes susceptibles de partir pour mener des missions. Notre domaine est l'animation (centre de loisirs), l'éducation (soutien scolaire), le médical selon les compétences de chacun, dans le village de Possotomè au Bénin. Si vous avez envie de créer une mission (si elle est compatible avec le village et nos contacts) ou de participer à une déjà existante vous êtes le bienvenu.
A bientôt, Fabien, président de l'association Ahémé
http://video.google.fr/videoplay?docid=-3452961475394147473&q=b%C3%A9nin
Nous sommes revenus mi septembre 2006 et nous avons créé une association humanitaire : association Ahémé. Nous recherchons donc des personnes susceptibles de partir pour mener des missions. Notre domaine est l'animation (centre de loisirs), l'éducation (soutien scolaire), le médical selon les compétences de chacun, dans le village de Possotomè au Bénin. Si vous avez envie de créer une mission (si elle est compatible avec le village et nos contacts) ou de participer à une déjà existante vous êtes le bienvenu.
A bientôt, Fabien, président de l'association Ahémé
Petites aventures en famille dans l'Ouest américain en juillet 2006 English translation pending
Pour découvrir ce voyage plus en détails, cliquez ici : si belle la terre
PETITES ZAVENTURES EN FAMILLE DANS L’OUEST AMERICAIN : JUILLET 2006
Après un voyage passionnant en Namibie l’année dernière (voir notre carnet de voyage en passant par mon profil), nous nous sommes décidés finalement pour l’ouest américain cette année. Comme d’habitude, nous voyageons en famille avec nos enfants Marion, Arnaud et Caroline, maintenant âgés de 10, 11 et 13 ans. Comme pour la Namibie, les membres de VF nous ont été d’une grande aide dans la préparation de ce voyage. Je les en remercie et j’espère à mon tour donner des idées aux futurs voyageurs qui voudraient un jour visiter le (grand) coin.
Tout ce qui se trouve à l’ouest du Grand Canyon a été délibérément zappé, ce qui nous a permis en 23 jours de découvrir et de randonner (à nos yeux, c’est ainsi que l’on s’imprègne réellement d’un paysage) dans les coins suivants : Great Desert Basin, Grands Tetons, Yellowstone, Capitol Reef, Escalante Grand Staircase, Bryce Canyon, Grand canyon Rive Nord puis Sud, Lake Powell, canyon de Betatakin, Monument Valley, Valley of the Gods, Canyonland the Needles puis Island in the Sky, Arches, Manti la Sal Mountain.
LES BONNES SURPRISES DU VOYAGE : La possibilité de trouver des coins perdus, magnifiques, sans personne (cf plus loin Great Desert Basin, Yellow Rock et Coyotte Butte South) La commodité des réservations par le net : toutes ont été honorées, aucun problème, chek-in : 5 min, check-out : 1 min. Notre capacité à randonner malgré la chaleur : c’est si beau que ça donne des ailes.
UNE PETITE DECEPTION : La foule de Yellowstone (mais c’était un des rares grands WE des américains), ceci dit tout est dimensionné pour accueillir cette foule : on se gare facilement, on n’attend nulle part. c’est surtout une gêne « intellectuelle ».
SI C’ETAIT A REFAIRE Eh ben, je crois qu’on ne changerait rien ! On avait juste pris trop de trucs chauds : une fourrure polaire + surveste imperméable suffisent.
BUDGET POUR 5 : AVION (Lyon, Londres, Denver) 3665 LOC VOITURE chez Dollar 1469 CAMPING CABIN HOTEL 985 ESSENCE 670 NOURRITURE 1400
TOTAL 8189 EURO pour nous 5.
AVION : avec British Airways, service correct à bord, 1h de retard pour le retour, 4 jours de retard pour les bagages (heureusement) au retour.
VOITURE : finalement on a changé au dernier moment le van initialement prévu pour un 4X4 Dodge Durango ce qui nous a permis- d’une part de caser nos 2 tentes, 5 matelas et sacs de couchage, et tutti quanti -et d’autre part d’aller dans quelques coins paumés mais superbes (voir plus loin). Aucun problème sauf une crevaison dès le 1er jour ! Consommation de 14l/100 km quand même ! 7500 km en tout.
LOGEMENT : aux motels impersonnels nous avons préféré les cabins dans les parcs nationaux ou le camping (sauvage ou non). Nous avons passé les 4 dernières nuits à Moab dans une cabin climatisée du Archview resort : sympa avec des boules Quiès. Nous nous sommes félicités de ne pas avoir à camper au Yellowstone car il a plu quasi tous les soirs (grosses pluies d’orage). A Moab, mieux valait avoir la clim : tous les jours au moins 40°C, jusqu’à 48°C plusieurs fois et une fois 53°C à l’ombre !
NOURRITURE : Nous avons acheté un frigo 12V (37 USD) (marque Rubbermaid, modèle Travel Cooler and Warmer 10, 5 L acheté au rayon camping plein air dans un Wall Mart) que nous laissions branché nuit et jour dans le coffre, très efficace, et un petit réchaud Coleman (environ 40USD). Cela nous a évité de courir après des glaçons et nous permettait une autonomie totale de 2 voire 3 jours sans ravitaillement. Au menu : lait ( pas de UHT donc à garder au froid, pas pratique) et céréales le matin, pain de mie et confiture, crudités (bonnes) et viandes grillées (bonnes et pas chères), jambon, salade de riz, pâtes, chips et bretzels pour leur apport en sel (on a transpiré des litres sur les sentiers, aucune crampe), cookies pour les en-cas, fromage blanc, jaune ou orange…., fruits, yaourts, eau minérale et du robinet (aucun pb) et coca glacé au retour des ballades. Rien de très gastronomique mais on n’a pas la papille aventureuse (surtout les enfants). Pas de problème d’approvisionnement, il y a partout des épiceries avec en général un peu de tout, ouvertes toute la journée et tous les jours, mais c’est pas donné. On a tous un peu maigri mais on a pas mal crapahuté…
LE VOYAGE ET QUELQUES RANDO PLUS EN DETAIL
J1, mercredi 28/06 : arrivée à Denver (CO) à 18h30, petite virée en ville, nuit à l’hôtel (ce sera la seule) près de l’aéroport (Days’s Inn Business Place, 90 USD, très calme, piscine)
J2, jeudi 29/06 : GREAT DIVIDE BASIN

Ce haut plateau désertique se trouve au nord de l’Interstate 80, en fait sur la route la plus courte vers les Grands Tetons depuis Denver. La piste (en bon état) fait environ 90 miles et nous ne rencontrerons personne. Le paysage est presque mystique avec quelques montagnes tabulaires ponctuant un désert où nous aurons la chance de rencontrer les fameux chevaux sauvages. En fait les points d’eau sont très rares et les animaux (il y a aussi des biches) n’en sont jamais très loin. C’est 1 mile avant la fin de cette piste qui nous fusillerons un pneu, changé sans difficulté le lendemain à Lander (WY) après notre première nuit en camping sauvage juste après Atlantic City (WY), pseudo-ville fantôme, ancienne mine d’or reconvertie dans le tourisme historique (aux USA, tout ce qui a plus de 50 ans est historique). Ce haut plateau est très beau mais très sauvage, les pistes sont très mal voire pas indiquées, boussole indispensable.
J3, vendredi 30/06 : Arrivée aux Grands tetons.

La route qui mène aux Grands Tetons depuis Dubois est très belle, très « far west » avec quelques belles maisons-ranch très cosy dans un décor de roches rouges sur fond de ciel bleu profond.

C’est fou le nombre de biches qu’on voit de partout ! Arrivés en début d’après-midi à Colter Bay (partie nord des Grands Tetons), nous prenons possession de notre tent-cabin où nous allons passer 2 jours. « Chouette, on dirait un pénitencier comme dans Lucky Luke» s’exclame Arnaud. Hum, mouais… Il s’agit d’une tente, certes, en toile plastifiée anti-feu, pas étanche aux moustiques, avec des grabats en planche tenus par des chaînes. Pas très douillet même s’il y a un petit poêle. Finalement on a pu monter nos 2 tentes à l’intérieur, c’est déjà mieux…A éviter donc !! (40 USD/nuit, très mauvais rapport qualité/prix)

L’après-midi, nous faisons une grande balade en canoé sur le Jackson Lake, en longeant les rives, nous voyons des biches à plusieurs reprises. Nous terminons la journée avec le Heron Pond Trail, jolie balade de 3 miles, au milieu des étangs décorés de nénuphars, avec qq pélicans, pas mal de canards et d’oies et pas trop de moustiques…
J4, samedi 01/07 : Grands Tetons Tôt le matin, nous filons vers le sud pour profiter du lever de soleil sur les sommets : il fait grand beau temps depuis notre arrivée, c’est splendide.

Puis nous prenons la route à l’est de Blacktail Butte vers Mormon Row et nous y trouvons plein de bisons. Nous faisons une très belle randonnée printanière jusqu’au sommet de la butte : les prairies sont en fleurs, on a de cet endroit une vue privilégiée sur les sommets, nous sommes seuls, c’est super.

En redescendant, on rencontre 2 coyottes très craintifs (je crois que la chasse est autorisée dans les Grands Tetons à la différence du Yellowstone).

Après ces quelques heures de marche, rien de tel qu’un bon bain chaud : à Kelly Warm Spring (à l’est de Gros Ventre) l’eau est à 27°C avec vue sur les sommets, le petit étang est juste au bord de la route (très peu fréquentée), ça sent un peu le souffre, c’est normal il y a plein de petites bulles de gaz chaud qui crèvent au fond de l’étang. Vraiment sympa.

C'est à Schwabacher Landing (zone de mise à l'eau des rafts sur la Snake River) que nous découvrons ce barrage de castors en amont duquel un élan broute paisiblement.

Merci Vilcanota pour tes cartes qui nous ont permis de découvrir ce coin, elles nous ont d’ailleurs aussi été très utiles dans le Yellowstone. Ragaillardis, nous décidons de faire un tour à Jackson Hole, ville très touristique que nous arpentons sans grand enthousiasme. Après une petite balade au bord de String Lake (la foule), nous retournons passer la nuit dans notre pénitencier après avoir visité le musée Indien de Colter Bay (gratuit, certainement bien achalandé mais un peu glauque et étouffant à notre goût)
J5, dimanche 02/07 : Yellowstone, sud-ouest Départ pour le Yellowstone qui est tout près puisque les 2 parcs se touchent presque. Comme nous l’avions remarqué les jours précédents, il fait ici moins beau, le ciel est un peu couvert.

Nous voyons nos premiers geysers, fumerolles, mares gargouillantes etc… Les zones de volcanisme actif sont bien plus étendues qu’en Islande mais le paysage est plus banal : prairies, forêts (très souvent dévastées par le gigantesque incendie de 1988 qui dura 4 mois, une désolation). Après Midway Geyser Basin, nous faisons une micro-balade sympa au-dessus de la route de Firehole Lake Drive en remontant un ruisseau fumant. Ca nous permet de constater que dès que l’on marche 5 minutes, il n’y a plus personne. Ici, c’est LA FOULE (c’est le grand WE du 04 juillet, fête nationale) : il y a peu de routes dans le parc, aucune piste secondaire alors tout le monde tourne à la queue leu-leu sur l’espèce de 8 que forment les routes dans le parc. Grr ! Il va falloir ruser. On avise un départ de randonnée juste à l’ouest de la Firehole Lake Drive : le Culex trucmuche trail. Jolie balade le long d’une rivière dans une verte prairie avec qq fumerolles, des chiens de… prairie, un castor, un gros bison, et …plein de moustiques (eh oui, culex, ça veut dire moustique en latin mais on n’en était pas sûr …). Bon, positivons, on était tout seuls : on n’a pas vu d’ours mais des traces de grosses griffes sur les troncs d’arbres. Retour à la voiture.

Rapidement gavés par la foule motorisée qui tourne inlassablement, nous décidons de nous poser au bord de la Firehole River (juste au sud de Firehole Canyon), qui, devinez quoi, …est chaude : 25°C environ dans un beau décor de prairie à bisons avec un beau ciel d’orage derrière. L’eau est peu profonde, heureusement car il y a pas mal de courant. Baignade très amusante sous les premières gouttes de l’orage ! Je me demande maintenant si ce n’était pas interdit car on était tout seuls !?
Nuit à Old Faithfull en cabin rustique sympa (tout en bois, douches collectives un peu plus loin, lavabo, 75 USD)

Alors que je suis occupée à scruter des bisons à la jumelle dans la prairie en contrebas des cabins, Arnaud arrive surexcité : « maman, viens voir, ‘y a un bison devant la cabane !! ». En effet, il se promène nonchalamment, bientôt pisté par les gens des cabins qui le photographient à bout portant. Ca change des innombrables petits écureuils gourmands dont les enfants ne se lassent pas.
J6, lundi 03/07 : de Old Faithfull à Lake Yellowstone en passant par Norris On adopte définitivement une stratégie de sauvageons. On privilégie les coins les moins fréquentés et on visite rapidement les « monuments » (on ne va quand même pas délibérément les zapper !)

Superbe balade à Monument Geyser Basin (2h en prenant son temps) : grimpette de 180 m de dénivelée puis on arrive sur un plateau avec plein de fumerolles, cheminées, mares glougloutantes, pas du tout aménagé, on est tout seul et on peut déambuler partout. Belle vue sur Elk Park en contrebas au nord où nous verrons un peu plus tard en effet de beaux cerfs.

Nous parcourons Artist Paint Pot au pas de course sur les pontons aménagés… Vers 10h00 nous nous arrêtons sur l’aire de pique-nique à l’est de Norris où coule un petit ruisseau (frais) où les enfants ont bien joué, sieste tranquille, pas de moustiques, pas d’humains (tout le monde arrivera vers midi, comme un seul homme…) Ensuite, nous roulons jusqu’à Canyon Junction et partons vaillamment pour Cascade Lake Trail (8 km A/R) malgré le ciel menaçant : balade facile, sans dénivelée mais paysage brûlé, jusqu’à un …lac où nous subissons un orage de grêle. Pas mal de monde, qq bisons, des écureuils comme partout, pas extraordinaire.

Il nous reste à parcourir la très belle route de Hayden Valley (je l’ai adorée : belle rivière serpentant au milieu de prairies vallonnées, troupeaux de bisons, oiseaux d’eau) jusqu’à Lake Lodge cabin (très confortable mais assez moche, vue sur le lac en coupant qq arbres, 145USD)
J7, mardi 04/07 : de Lake Yellowstone à Tower en passant par le rodéo de Cody On commence la journée avec une petite balade à Pelican Bay (0, 5 miles, ponton passant au-dessus des marais, amusante, avec 2 ! pélicans) juste à l’est de Lake Lodge

puis on enchaîne avec le très beau Storm Point Trail (une de mes 2 ou 3 balades préférées à Yellowstone) sur la rive est du Lac Yellowstone, pas de dénivelée, 3 miles).
Des chiens de prairies bien grassouillets ont élu domicile dans ce coin magnifique. On les comprend!

Nous grimpons jusqu’à Lake Butte Overlook en voiture (de là, on voit les Grands Tetons) et en redescendant on a la chance de voir un grizzli à 20 m de la route (surveillé par un ranger) : il broute paisiblement, indifférent à l’attroupement qui commence à se former.
La route jusqu’à Cody est très belle (comme celle qui nous avait menés aux Gds Tetons depuis Dubois). Cody nous a bien plu : ville de cowboys plus authentique à notre goût que Jackson Hole, gros pick-up, grands chapeaux, qq maisons relativement anciennes.

Nous avons adoré Old Trail Town : on peut se balader dans plein de cabanes « d’époque » : école, saloon, maréchal-ferrant, général store, trappeur, fermier. Elles sont présentées avec tout plein d’accessoires, de véhicules, outils, vêtements. Il y a aussi plein de vêtements, bijoux, armes, outils, indiens, bien mieux qu’au musée de Colter Bay selon nous. Bref, on s’y croirait !

A 17h pétantes, c’est l’ouverture du rodéo : hymne américain a-capella, super émouvant après l’évocation des victimes de la guerre en Irak, ferveur du public, la main et le Stetson sur le cœur, puis aussitôt défilé publicitaire à cheval où sont mélangés des banques, marques de voitures et « go-army », organisme de recrutement ! Les enfants ont adoré le rodéo, nous aussi mais en plus on a aimé observer le public : défilé permanent des uns et des autres pour aller acheter des trucs gluants, dégoulinants, rose, verts, multicolores… Un spectacle dans le spectacle…
Nous reprenons ensuite la route pour le nord-ouest du Yellowstone, un poil moins belle que celle du sud et nous installons dans notre roughrider cabin à Tower Roosevelt (sympa mais pas de lavabo dans la cabin, petit poêle très efficace par contre, douches tout près, 60 USD) où nous passerons 2 nuits.
J8, mercredi 05/07 : Nord ouest du Yellowstone

Nous avons fait ce jour-là une splendide balade le long du canyon de la rivière Yellowstone, en descendant jusqu’à celle-ci. Le départ se trouve au niveau de l’aire de pique-nique située sur la route qui va vers Lamar Valley, juste à l’est de Tower. Orgues de basalte le long du canyon, mountain goats, puis descente un peu raide jusqu’à la rive nord de la rivière, sol volcanique jaune et blanc, oies, bois de cerf entiers que nous avons du laisser (pas de place dans la voiture, pas le droit ?) au très grand dam des enfants.

8 miles environ sans voir âme qui vive. A recommander donc.

Après une petite sieste à la cabin nous roulons vers le sud pour visiter le Grand canyon du Yellowstone, sous la pluie ce qui a fait fuir bon nombre de touristes. Les couleurs sont magnifiques et on a qd même un petit rayon de soleil fugace. Il pleut toute la nuit, vive la cabin et son poêle (de grosses galettes de bois + résine sont fournies)
J9, jeudi 06/07 : Mammoth et Norris

Les terrasses de Mammoth ne sont pas bien loin et nous en profitons avant la foule, avec le soleil !
Nous enchaînons avec le Beaver Pond Trail : belle balade au milieu des prairies en fleurs, puis d’une forêt intacte pour arriver à un petit étang, sympa, qq personnes au début et à la fin de la balade. (4, 5 miles loop). Nous roulons ensuite jusqu’à Noris Geyser Basin, très étendu, pas trop de monde car le temps est très nuageux (positivons !) puis retournons à Mammoth

où nous découvrons notre cabin (très agréable, au milieu des biches, 80 USD, lavabo, douches tout près)
J10, vendredi 07/07 : Yellowstone-Capitol Reef Journée de transition, 900 km d’une très bonne et belle route, départ 6h30, arrivée au Thousand Lakes Campground de Torrey à l’entrée de Capitol Reef à 17h15. Emplacement petit mais camping très bien tenu. Les enfants profitent de la piscine en arrivant car 900 km plus au sud, il fait plus chaud ! Nous faisons un ravitaillement à Torrey car demain nous partons « à l’aventure ». Village rigolo fait de bric et de broc avec plein de petits détails qu’on ne peut découvrir qu’à pied.
J10, samedi 08/07 : Cathedral Valley De bonne heure nous faisons une petite balade dans Capitol Gorge et the Tanks (sympa, personne) puis faisons le Hickman Bridge Trail (bien aussi, qq randonneurs). Nous pique-niquons ensuite à Fruita où nous faisons provision de délicieux abricots bien mûrs. Ensuite, bien que le temps soit menaçant nous prenons la piste qui mène à Cathedral Valley.

Je ne remercierai jamais assez Philippe Schuler (Sedonax sur VF) : ses précieuses informations nous ont convaincus de louer un 4X4 (il est vraiment nécessaire !!) pour pouvoir accéder à ce joyau de la géologie.
Nous dégustons chaque mile de la piste et en 3 ou 4 h environ, parvenons au Cathedral Valley Campground, camping d’état gratuit avec juste des toilettes mais pas d’eau, nous sommes seuls avec la vue sur la vallée. Sublimissime !

Les enfants se dispersent pour ramasser du bois et plus tard, alors qu’un bon feu crépite, je découvre une affiche sur la porte des toilettes signalant la présence d’un mountain lion (cougar) dans le coin !!! Glups ! Précision est donnée qu’ils attaquent de préférence les jeunes enfants et qu’un randonneur en Californie a pu sauver son fils de 11 ans en attaquant le cougar à coup de pierres. Ambiance !!
J’ai très mal dormi dans ce cadre enchanteur à cause …du silence. Pas un bruissement, pas un grillon, rien de rien. Je me disais que tous les animaux étaient planqués à cause du cougar… Fred et les enfants ont dormi comme des charmes ! Au fait, on n’a vu en tout et pour tout qu’un groupe de qq 4X4 au loin qui partait vers l’ouest.
Il faut préciser que dans ces régions les pistes peuvent se transformer radicalement en cas de pluies et devenir impraticables car la terre devient très collante et glissante donc prudence !
J11, dimanche 09/07 : Cathedral Valley –Escalante

Petite rando très belle jusqu’au pied des monolithes. Puis retour à la route 24 en prenant la piste la plus à l’est cette fois. Un peu moins belle me semble-t-il (on devient difficile) que celle de l’ouest, en passant par Temple of the Moon and of the Sun. Le Visitor Center à Torrey(ouvert le WE) ou à Fruita, vend, 50cts ou 1 dollar, un road book de toute la piste très bien fait. On descend la 12 vers le sud et à Boulder on tourne à Gauche sur la Burr Trail Road (goudronnée au moins au début) jusqu’à Long Canyon à 12, 4 miles de Boulder : canyon rouge de 7 miles de long. Pas mal mais ce serait mieux sans… la route ! On continue jusqu’à Calf Creek Recreation Area où nous arrivons en fin d’après-midi.
Balade de Lower Calf Creek (6 miles A/R) : longe une petite rivière le + souvent enfouie sous la végétation jusqu’à une belle cascade se jetant dans une vasque d’eau très fraîche ! On est dimanche soir, on croise une foule de gens qui rentrent et en arrivant au bout, on est seuls ! Pas mal car l’eau est rare dans le coin. Il fait presque nuit quand nous arrivons au camping de Escalante State Park, bien situé au bord d’un petit lac.
J12, lundi 10/07 : Devils Garden puis Bryce canyon

De bonne heure nous partons sur la Hole in the Rock Road (bonne piste au moins au début) pour aller voir Devil’s Garden à quelques miles de la route 12 : gros blocs rocheux torturés par l’érosion où les enfants se sont fait une bonne partie de cache-cache, plein de lapins, des traces de gros chats ?? Vraiment sympa. Puis nous repassons par la galerie Serenidad à Escalante où nous achetons un livre recommandé par Philippe : « Photographing the Southwest » vol.1 « a guide to the natural landmarks of Southern Utah » de Laurent Martrès. Une mine d’informations précises de tous les coins et recoins de la région, sensass.
Ensuite nous filons vers Bryce canyon où nous enchaînons Peekabo+Navajo+Queensgarden sous les nuages. 6, 5 miles.

Peekabo est crevant car ça monte et ça descend sans arrêt mais ça vaut le coup. Navajo et Queensgarden sont beaucoup plus tranquilles et très beaux aussi.
De retour en haut, nous patientons car le ciel semble vouloir se dégager. Et la lumière fut !!!
Super ! On fait en voiture les différents points de vue, vraiment très beau !!
Nous passons la nuit dans un tipi du Ruby’s Inn à 10 m de la route, pas inoubliable….
J13, mardi 11/07 : Cottonwood Canyon Road (CCR) et Old Paria Nous espérons pouvoir passer par la CCR dont l’état est très variable et consciencieusement nous informons auprès du visitor center de Cannonville : « impassable » nous dit la préposée que visiblement nous dérangeons dans une conversation téléphonique passionnée. Bizarre quand même, il n’a presque pas plu depuis au moins 48h que nous sommes dans le coin. Bon…

On va jusqu’à Kodachrome Basin, beau petit parc peu fréquenté du moins à cette heure matinale. A tout hasard on repose la même question au ranger de l’entrée : « no problem » !! La c… !!! J’en étais sûre, elle a eu la flemme de se renseigner ! On fait le très facile mais très beau Nature Trail (0, 5 miles) puis Grand Parade Trail pas mal non plus (3 miles A/R).

Plus au sud sur le CCR, nous admirons Grosvenor Arch, belle arche solitaire.

Nous poursuivons vers le sud jusqu’à Yellow Rock, un massif rocheux…jaune à l’ouest de la route dont les photos vues sur le net avant de partir nous ont fascinés.

Suivant encore une fois les indications de Philippe, nous empruntons une piste très raide qui monte sur le versant opposé de la vallée et la montagne nous apparaît entièrement : magnifique et étonnant !! Il faut qu’on y monte !!! Mais il fait 40°C et le soleil est encore très haut.

On décide alors d’aller voir Old Paria (bonne piste à partir de la 89), ancien décor de cinéma dans des badlands très colorés, le site est très chouette, on a bien joué dans ce décor de western. Attention, le site a entièrement brûlé fin août 2006, sera-t-il reconstruit et quand? A suivre...

On retourne ensuite au pied de la Yellow Rock : il est 19h, toujours 40°C !! Que fait-on ? On n’a jamais randonné avec une telle chaleur ! Bon, on y va doucement avec les chapeaux, plein d’eau, à manger. On pourra toujours faire demi-tour si ça ne va pas.



Lentement mais sûrement on arrive au sommet en 1h15, un peu avant le coucher du soleil. Quelques flaques d’eau limpide nous rafraîchissent au long de la montée.
C’est idyllique, magique !!!

Euphoriques, on redescend sans problème (bien se repérer à la montée car il n’y a qu’un passage) et on décide de camper entre de gros rochers de l’autre côté de la piste.

Bien sûr, on est tout seuls.

Au matin, en démontant la tente je découvre que j’ai dormi sur un scorpion !! Désormais, les enfants mettent volontiers leurs chaussures pour marcher dans le sable…
J14, mercredi 12/07 : Toadstool Hoodoos puis Houserock Valley Road et Coyotte Butte South (CBS)

De bonne heure, nous faisons une petite balade (1h) dans les Toadstool Hoodoos juste au nord de la 89, à l’ouest de son croisement avec la CCR : pas mal sans plus (on devient blasés, c’est terrible !) Nous passons ensuite à la Paria Ranger Station faire le plein d’eau et discuter avec le ranger de l’état de la piste pour aller à Coyotte Butte South (permis nécessaire). La piste la plus directe est très aléatoire (mieux vaut passer plus au sud), c’est ce que nous avait dit Philippe.

Nous faisons ensuite la belle balade de Wire Pass (permis à prendre sur place avec un système d’enveloppe) qui permet de découvrir un impressionnant slot canyon (2 à 3h A/R) : le trailhead est accessible le + souvent avec une voiture normale (gué difficile ce jour là), c’est aussi le départ de la rando jusqu’à la fameuse The Wave. Il fait très chaud, 42°C, il est trop tôt pour aller à CBS voir les Cottonwood Teepees.

Après une petite sieste réparatrice, nous décidons d’aller voir le Colorado à Lees Ferry. La piste de House Rock Valley Road est très bonne, la route 89 A, très belle, longe les Vermillions Cliffs. 46°C !!! (à l’ombre bien sûr) à Lees Ferry avec un vent chaud suffocant : un (tout) petit tour au bord du Colorado, quelques pas sur le pont à Marble Canyon et nous retournons sur la House Rock Valley Road. (Heureusement que finalement nous avions décidé de ne pas camper à Lees Ferry, c’est intenable, en plus pas d’ombre au camping !!! )
De retour à l’embranchement sur la House Rock Valley Road menant à CBS (aucune indication, à repérer avec un GPS, j’avais trouvé les coordonnées sur le net), nous parvenons en un peu plus d’une heure au plus près des Cottonwood Teepees (attention : trajet à préparer avec soin avant : point GPS des intersections à repérer, aucune indication, pas mal de pistes dans tous les sens car ancien lieu d’élevage et corral abandonné, et SURTOUT SABLE TRES PROFOND sur plusieurs km et personne à au moins 10 km à la ronde et encore avec de la chance et grosse chaleur.)






Mais ça vaut le coup…. Après avoir marché pendant quelques heures au milieu des tipis, la nuit tombe, c’est l’heure de regagner la voiture (bien noter sa position au GPS). Alors qu’Arnaud ouvre la marche, je le vois soudain faire demi-tour à toutes jambes et fondre en larmes dans mes bras. « Un serpent à sonnettes ! » Je l’entends mais ai du mal à le repérer dans l’obscurité naissante. On en parlait depuis si longtemps qu’Arnaud avait fantasmé au point de croire que la bête allait lui sauter dessus ! Bien fatigués par toutes ces émotions esthétiques et autres… nous plantons les tentes sur la piste (après le scorpion de la veille, on préfère voir où on met les pieds) juste à la sortie du parc, toute proche. Très bonne nuit, bercés par les hurlements des coyottes. Le lendemain, il y a plein de traces tout autour des tentes !! Coyotte Butte porte bien son nom ! Bref, on a adoré ce coin. Je dirais que ces 2 journées (Yellow Rock et Coyotte Butte) ont été nos préférées durant ce voyage.
J15, jeudi 13/07 : Grand Canyon North Rim Nous faisons la piste sableuse en sens inverse, un peu plus détendus qu’à l’aller puisque qu’on sait maintenant ce qui nous attend. La rive nord du Grand canyon n’est pas très loin. La route qui y mène passe au milieu de vertes prairies en fleurs et de forêts de conifères. Quel changement en quelques miles ! L’atmosphère est assez brumeuse, il a fait très chaud ces derniers jours et on a vu quelques incendies au loin… Notre cabin du Grand Canyon Lodge (106 USD) est idéalement située au bord du canyon dont elle n’est séparée que par quelques arbres. Nous avons 2 chambres et une SDB, le grand luxe, quoi ! Nous faisons de courtes marches vers les différents points de vue.
J16, vendredi 14/07 : Horseshoe Bend- Lake Powell-Grand Canyon South Rim

Après être allés voir le lever du soleil à Bright Angel, nous filons vers l’est pour arriver à Horseshoe Bend vers 10h00 : on n’est pas déçus ! Puisque nous n’en sommes pas loin, allons quand même voir ce fameux Lake Powell que nous allons rebaptiser Lake Power !! Le site est en effet splendide mais quel vacarme ! On trouve difficilement une crique pour se baigner (l’eau est à peu près à 26°C, l‘air à 42°C). Les voileux que nous sommes n’ont pas été emballés par l’endroit, véritablement pollué par les bateaux à moteurs ! Pas une voile à l’horizon (faut dire que c’est la pétole, mais en allant à Cody on a longé un autre superbe lac bien venté : que des bateaux à moteur aussi !)

Nous roulons ensuite jusqu’à la rive sud du Grand Canyon où Philippe nous avait conseillé, pour bien percevoir l’immensité du canyon, de descendre par le South Kaibab Trail jusqu’à Cedar Ridge, 347 m + bas.

En effet, c’est impressionnant et on apprécie la balade malgré la chaleur (34°C en haut en fin d’après-midi) La rive sud est en effet plus impressionnante que la rive nord, c’est… très beau. Il fait nuit quand nous plantons nos tentes à Mather Campground, bien ombragé, mais douches à perpète.
J17, samedi 15/07 : Canyon de Betatakin, Monument valley

Journée tranquille après le marathon d’hier, nous faisons la petite rando de Sandal trail (1 mile) pour voir les très belles ruines de Betatakin, puis poursuivons notre route vers Monument Valley. Un peu avant Kayenta, un gros bouchon sur la route nous décide à suivre des locaux qui tournent vers une piste secondaire. Très gentiment ils nous guideront par les pistes jusqu’à Kayenta. Ce détour nous permet de mesurer la misère des navajos : mobilhomes déglingués, décharges à ciel ouvert dans les petits canyons, vieilles bagnoles même pas dignes d’abriter qq poules, souvent ni eau ni électricité donc pas de clim sous le cagnard, pas d’arbres non plus.

Seuls de rares hogans (habitations traditionnelles en bois et terre, gardant la fraîcheur) subsistent.
On se demande de quoi vivent les gens : pas d’agriculture, quasi pas d’élevage… On arrive finalement à Monument Valley. On pose (à défaut de pouvoir planter) nos tentes au Goulding’s Campground et après un petit plouf on file visiter Monument Valley.

C’est très beau, dommage qu’on n’ait pas le droit de s’y promener à pied. La piste, merdique, est faisable en voiture normale.
Si vous avez eu la patience de me lire jusqu'ici, vous trouverez la suite dans un deuxième post: http://voyageforum.com/v.f?post=678335;
A tout de suite...
PETITES ZAVENTURES EN FAMILLE DANS L’OUEST AMERICAIN : JUILLET 2006
Après un voyage passionnant en Namibie l’année dernière (voir notre carnet de voyage en passant par mon profil), nous nous sommes décidés finalement pour l’ouest américain cette année. Comme d’habitude, nous voyageons en famille avec nos enfants Marion, Arnaud et Caroline, maintenant âgés de 10, 11 et 13 ans. Comme pour la Namibie, les membres de VF nous ont été d’une grande aide dans la préparation de ce voyage. Je les en remercie et j’espère à mon tour donner des idées aux futurs voyageurs qui voudraient un jour visiter le (grand) coin.
Tout ce qui se trouve à l’ouest du Grand Canyon a été délibérément zappé, ce qui nous a permis en 23 jours de découvrir et de randonner (à nos yeux, c’est ainsi que l’on s’imprègne réellement d’un paysage) dans les coins suivants : Great Desert Basin, Grands Tetons, Yellowstone, Capitol Reef, Escalante Grand Staircase, Bryce Canyon, Grand canyon Rive Nord puis Sud, Lake Powell, canyon de Betatakin, Monument Valley, Valley of the Gods, Canyonland the Needles puis Island in the Sky, Arches, Manti la Sal Mountain.
LES BONNES SURPRISES DU VOYAGE : La possibilité de trouver des coins perdus, magnifiques, sans personne (cf plus loin Great Desert Basin, Yellow Rock et Coyotte Butte South) La commodité des réservations par le net : toutes ont été honorées, aucun problème, chek-in : 5 min, check-out : 1 min. Notre capacité à randonner malgré la chaleur : c’est si beau que ça donne des ailes.
UNE PETITE DECEPTION : La foule de Yellowstone (mais c’était un des rares grands WE des américains), ceci dit tout est dimensionné pour accueillir cette foule : on se gare facilement, on n’attend nulle part. c’est surtout une gêne « intellectuelle ».
SI C’ETAIT A REFAIRE Eh ben, je crois qu’on ne changerait rien ! On avait juste pris trop de trucs chauds : une fourrure polaire + surveste imperméable suffisent.
BUDGET POUR 5 : AVION (Lyon, Londres, Denver) 3665 LOC VOITURE chez Dollar 1469 CAMPING CABIN HOTEL 985 ESSENCE 670 NOURRITURE 1400
TOTAL 8189 EURO pour nous 5.
AVION : avec British Airways, service correct à bord, 1h de retard pour le retour, 4 jours de retard pour les bagages (heureusement) au retour.
VOITURE : finalement on a changé au dernier moment le van initialement prévu pour un 4X4 Dodge Durango ce qui nous a permis- d’une part de caser nos 2 tentes, 5 matelas et sacs de couchage, et tutti quanti -et d’autre part d’aller dans quelques coins paumés mais superbes (voir plus loin). Aucun problème sauf une crevaison dès le 1er jour ! Consommation de 14l/100 km quand même ! 7500 km en tout.
LOGEMENT : aux motels impersonnels nous avons préféré les cabins dans les parcs nationaux ou le camping (sauvage ou non). Nous avons passé les 4 dernières nuits à Moab dans une cabin climatisée du Archview resort : sympa avec des boules Quiès. Nous nous sommes félicités de ne pas avoir à camper au Yellowstone car il a plu quasi tous les soirs (grosses pluies d’orage). A Moab, mieux valait avoir la clim : tous les jours au moins 40°C, jusqu’à 48°C plusieurs fois et une fois 53°C à l’ombre !
NOURRITURE : Nous avons acheté un frigo 12V (37 USD) (marque Rubbermaid, modèle Travel Cooler and Warmer 10, 5 L acheté au rayon camping plein air dans un Wall Mart) que nous laissions branché nuit et jour dans le coffre, très efficace, et un petit réchaud Coleman (environ 40USD). Cela nous a évité de courir après des glaçons et nous permettait une autonomie totale de 2 voire 3 jours sans ravitaillement. Au menu : lait ( pas de UHT donc à garder au froid, pas pratique) et céréales le matin, pain de mie et confiture, crudités (bonnes) et viandes grillées (bonnes et pas chères), jambon, salade de riz, pâtes, chips et bretzels pour leur apport en sel (on a transpiré des litres sur les sentiers, aucune crampe), cookies pour les en-cas, fromage blanc, jaune ou orange…., fruits, yaourts, eau minérale et du robinet (aucun pb) et coca glacé au retour des ballades. Rien de très gastronomique mais on n’a pas la papille aventureuse (surtout les enfants). Pas de problème d’approvisionnement, il y a partout des épiceries avec en général un peu de tout, ouvertes toute la journée et tous les jours, mais c’est pas donné. On a tous un peu maigri mais on a pas mal crapahuté…
LE VOYAGE ET QUELQUES RANDO PLUS EN DETAIL
J1, mercredi 28/06 : arrivée à Denver (CO) à 18h30, petite virée en ville, nuit à l’hôtel (ce sera la seule) près de l’aéroport (Days’s Inn Business Place, 90 USD, très calme, piscine)
J2, jeudi 29/06 : GREAT DIVIDE BASIN

Ce haut plateau désertique se trouve au nord de l’Interstate 80, en fait sur la route la plus courte vers les Grands Tetons depuis Denver. La piste (en bon état) fait environ 90 miles et nous ne rencontrerons personne. Le paysage est presque mystique avec quelques montagnes tabulaires ponctuant un désert où nous aurons la chance de rencontrer les fameux chevaux sauvages. En fait les points d’eau sont très rares et les animaux (il y a aussi des biches) n’en sont jamais très loin. C’est 1 mile avant la fin de cette piste qui nous fusillerons un pneu, changé sans difficulté le lendemain à Lander (WY) après notre première nuit en camping sauvage juste après Atlantic City (WY), pseudo-ville fantôme, ancienne mine d’or reconvertie dans le tourisme historique (aux USA, tout ce qui a plus de 50 ans est historique). Ce haut plateau est très beau mais très sauvage, les pistes sont très mal voire pas indiquées, boussole indispensable.
J3, vendredi 30/06 : Arrivée aux Grands tetons.

La route qui mène aux Grands Tetons depuis Dubois est très belle, très « far west » avec quelques belles maisons-ranch très cosy dans un décor de roches rouges sur fond de ciel bleu profond.

C’est fou le nombre de biches qu’on voit de partout ! Arrivés en début d’après-midi à Colter Bay (partie nord des Grands Tetons), nous prenons possession de notre tent-cabin où nous allons passer 2 jours. « Chouette, on dirait un pénitencier comme dans Lucky Luke» s’exclame Arnaud. Hum, mouais… Il s’agit d’une tente, certes, en toile plastifiée anti-feu, pas étanche aux moustiques, avec des grabats en planche tenus par des chaînes. Pas très douillet même s’il y a un petit poêle. Finalement on a pu monter nos 2 tentes à l’intérieur, c’est déjà mieux…A éviter donc !! (40 USD/nuit, très mauvais rapport qualité/prix)

L’après-midi, nous faisons une grande balade en canoé sur le Jackson Lake, en longeant les rives, nous voyons des biches à plusieurs reprises. Nous terminons la journée avec le Heron Pond Trail, jolie balade de 3 miles, au milieu des étangs décorés de nénuphars, avec qq pélicans, pas mal de canards et d’oies et pas trop de moustiques…
J4, samedi 01/07 : Grands Tetons Tôt le matin, nous filons vers le sud pour profiter du lever de soleil sur les sommets : il fait grand beau temps depuis notre arrivée, c’est splendide.

Puis nous prenons la route à l’est de Blacktail Butte vers Mormon Row et nous y trouvons plein de bisons. Nous faisons une très belle randonnée printanière jusqu’au sommet de la butte : les prairies sont en fleurs, on a de cet endroit une vue privilégiée sur les sommets, nous sommes seuls, c’est super.

En redescendant, on rencontre 2 coyottes très craintifs (je crois que la chasse est autorisée dans les Grands Tetons à la différence du Yellowstone).

Après ces quelques heures de marche, rien de tel qu’un bon bain chaud : à Kelly Warm Spring (à l’est de Gros Ventre) l’eau est à 27°C avec vue sur les sommets, le petit étang est juste au bord de la route (très peu fréquentée), ça sent un peu le souffre, c’est normal il y a plein de petites bulles de gaz chaud qui crèvent au fond de l’étang. Vraiment sympa.

C'est à Schwabacher Landing (zone de mise à l'eau des rafts sur la Snake River) que nous découvrons ce barrage de castors en amont duquel un élan broute paisiblement.

Merci Vilcanota pour tes cartes qui nous ont permis de découvrir ce coin, elles nous ont d’ailleurs aussi été très utiles dans le Yellowstone. Ragaillardis, nous décidons de faire un tour à Jackson Hole, ville très touristique que nous arpentons sans grand enthousiasme. Après une petite balade au bord de String Lake (la foule), nous retournons passer la nuit dans notre pénitencier après avoir visité le musée Indien de Colter Bay (gratuit, certainement bien achalandé mais un peu glauque et étouffant à notre goût)
J5, dimanche 02/07 : Yellowstone, sud-ouest Départ pour le Yellowstone qui est tout près puisque les 2 parcs se touchent presque. Comme nous l’avions remarqué les jours précédents, il fait ici moins beau, le ciel est un peu couvert.

Nous voyons nos premiers geysers, fumerolles, mares gargouillantes etc… Les zones de volcanisme actif sont bien plus étendues qu’en Islande mais le paysage est plus banal : prairies, forêts (très souvent dévastées par le gigantesque incendie de 1988 qui dura 4 mois, une désolation). Après Midway Geyser Basin, nous faisons une micro-balade sympa au-dessus de la route de Firehole Lake Drive en remontant un ruisseau fumant. Ca nous permet de constater que dès que l’on marche 5 minutes, il n’y a plus personne. Ici, c’est LA FOULE (c’est le grand WE du 04 juillet, fête nationale) : il y a peu de routes dans le parc, aucune piste secondaire alors tout le monde tourne à la queue leu-leu sur l’espèce de 8 que forment les routes dans le parc. Grr ! Il va falloir ruser. On avise un départ de randonnée juste à l’ouest de la Firehole Lake Drive : le Culex trucmuche trail. Jolie balade le long d’une rivière dans une verte prairie avec qq fumerolles, des chiens de… prairie, un castor, un gros bison, et …plein de moustiques (eh oui, culex, ça veut dire moustique en latin mais on n’en était pas sûr …). Bon, positivons, on était tout seuls : on n’a pas vu d’ours mais des traces de grosses griffes sur les troncs d’arbres. Retour à la voiture.

Rapidement gavés par la foule motorisée qui tourne inlassablement, nous décidons de nous poser au bord de la Firehole River (juste au sud de Firehole Canyon), qui, devinez quoi, …est chaude : 25°C environ dans un beau décor de prairie à bisons avec un beau ciel d’orage derrière. L’eau est peu profonde, heureusement car il y a pas mal de courant. Baignade très amusante sous les premières gouttes de l’orage ! Je me demande maintenant si ce n’était pas interdit car on était tout seuls !?
Nuit à Old Faithfull en cabin rustique sympa (tout en bois, douches collectives un peu plus loin, lavabo, 75 USD)

Alors que je suis occupée à scruter des bisons à la jumelle dans la prairie en contrebas des cabins, Arnaud arrive surexcité : « maman, viens voir, ‘y a un bison devant la cabane !! ». En effet, il se promène nonchalamment, bientôt pisté par les gens des cabins qui le photographient à bout portant. Ca change des innombrables petits écureuils gourmands dont les enfants ne se lassent pas.
J6, lundi 03/07 : de Old Faithfull à Lake Yellowstone en passant par Norris On adopte définitivement une stratégie de sauvageons. On privilégie les coins les moins fréquentés et on visite rapidement les « monuments » (on ne va quand même pas délibérément les zapper !)

Superbe balade à Monument Geyser Basin (2h en prenant son temps) : grimpette de 180 m de dénivelée puis on arrive sur un plateau avec plein de fumerolles, cheminées, mares glougloutantes, pas du tout aménagé, on est tout seul et on peut déambuler partout. Belle vue sur Elk Park en contrebas au nord où nous verrons un peu plus tard en effet de beaux cerfs.

Nous parcourons Artist Paint Pot au pas de course sur les pontons aménagés… Vers 10h00 nous nous arrêtons sur l’aire de pique-nique à l’est de Norris où coule un petit ruisseau (frais) où les enfants ont bien joué, sieste tranquille, pas de moustiques, pas d’humains (tout le monde arrivera vers midi, comme un seul homme…) Ensuite, nous roulons jusqu’à Canyon Junction et partons vaillamment pour Cascade Lake Trail (8 km A/R) malgré le ciel menaçant : balade facile, sans dénivelée mais paysage brûlé, jusqu’à un …lac où nous subissons un orage de grêle. Pas mal de monde, qq bisons, des écureuils comme partout, pas extraordinaire.

Il nous reste à parcourir la très belle route de Hayden Valley (je l’ai adorée : belle rivière serpentant au milieu de prairies vallonnées, troupeaux de bisons, oiseaux d’eau) jusqu’à Lake Lodge cabin (très confortable mais assez moche, vue sur le lac en coupant qq arbres, 145USD)
J7, mardi 04/07 : de Lake Yellowstone à Tower en passant par le rodéo de Cody On commence la journée avec une petite balade à Pelican Bay (0, 5 miles, ponton passant au-dessus des marais, amusante, avec 2 ! pélicans) juste à l’est de Lake Lodge

puis on enchaîne avec le très beau Storm Point Trail (une de mes 2 ou 3 balades préférées à Yellowstone) sur la rive est du Lac Yellowstone, pas de dénivelée, 3 miles).

Des chiens de prairies bien grassouillets ont élu domicile dans ce coin magnifique. On les comprend!

Nous grimpons jusqu’à Lake Butte Overlook en voiture (de là, on voit les Grands Tetons) et en redescendant on a la chance de voir un grizzli à 20 m de la route (surveillé par un ranger) : il broute paisiblement, indifférent à l’attroupement qui commence à se former.
La route jusqu’à Cody est très belle (comme celle qui nous avait menés aux Gds Tetons depuis Dubois). Cody nous a bien plu : ville de cowboys plus authentique à notre goût que Jackson Hole, gros pick-up, grands chapeaux, qq maisons relativement anciennes.

Nous avons adoré Old Trail Town : on peut se balader dans plein de cabanes « d’époque » : école, saloon, maréchal-ferrant, général store, trappeur, fermier. Elles sont présentées avec tout plein d’accessoires, de véhicules, outils, vêtements. Il y a aussi plein de vêtements, bijoux, armes, outils, indiens, bien mieux qu’au musée de Colter Bay selon nous. Bref, on s’y croirait !

A 17h pétantes, c’est l’ouverture du rodéo : hymne américain a-capella, super émouvant après l’évocation des victimes de la guerre en Irak, ferveur du public, la main et le Stetson sur le cœur, puis aussitôt défilé publicitaire à cheval où sont mélangés des banques, marques de voitures et « go-army », organisme de recrutement ! Les enfants ont adoré le rodéo, nous aussi mais en plus on a aimé observer le public : défilé permanent des uns et des autres pour aller acheter des trucs gluants, dégoulinants, rose, verts, multicolores… Un spectacle dans le spectacle…
Nous reprenons ensuite la route pour le nord-ouest du Yellowstone, un poil moins belle que celle du sud et nous installons dans notre roughrider cabin à Tower Roosevelt (sympa mais pas de lavabo dans la cabin, petit poêle très efficace par contre, douches tout près, 60 USD) où nous passerons 2 nuits.
J8, mercredi 05/07 : Nord ouest du Yellowstone

Nous avons fait ce jour-là une splendide balade le long du canyon de la rivière Yellowstone, en descendant jusqu’à celle-ci. Le départ se trouve au niveau de l’aire de pique-nique située sur la route qui va vers Lamar Valley, juste à l’est de Tower. Orgues de basalte le long du canyon, mountain goats, puis descente un peu raide jusqu’à la rive nord de la rivière, sol volcanique jaune et blanc, oies, bois de cerf entiers que nous avons du laisser (pas de place dans la voiture, pas le droit ?) au très grand dam des enfants.

8 miles environ sans voir âme qui vive. A recommander donc.

Après une petite sieste à la cabin nous roulons vers le sud pour visiter le Grand canyon du Yellowstone, sous la pluie ce qui a fait fuir bon nombre de touristes. Les couleurs sont magnifiques et on a qd même un petit rayon de soleil fugace. Il pleut toute la nuit, vive la cabin et son poêle (de grosses galettes de bois + résine sont fournies)
J9, jeudi 06/07 : Mammoth et Norris

Les terrasses de Mammoth ne sont pas bien loin et nous en profitons avant la foule, avec le soleil !
Nous enchaînons avec le Beaver Pond Trail : belle balade au milieu des prairies en fleurs, puis d’une forêt intacte pour arriver à un petit étang, sympa, qq personnes au début et à la fin de la balade. (4, 5 miles loop). Nous roulons ensuite jusqu’à Noris Geyser Basin, très étendu, pas trop de monde car le temps est très nuageux (positivons !) puis retournons à Mammoth

où nous découvrons notre cabin (très agréable, au milieu des biches, 80 USD, lavabo, douches tout près)
J10, vendredi 07/07 : Yellowstone-Capitol Reef Journée de transition, 900 km d’une très bonne et belle route, départ 6h30, arrivée au Thousand Lakes Campground de Torrey à l’entrée de Capitol Reef à 17h15. Emplacement petit mais camping très bien tenu. Les enfants profitent de la piscine en arrivant car 900 km plus au sud, il fait plus chaud ! Nous faisons un ravitaillement à Torrey car demain nous partons « à l’aventure ». Village rigolo fait de bric et de broc avec plein de petits détails qu’on ne peut découvrir qu’à pied.
J10, samedi 08/07 : Cathedral Valley De bonne heure nous faisons une petite balade dans Capitol Gorge et the Tanks (sympa, personne) puis faisons le Hickman Bridge Trail (bien aussi, qq randonneurs). Nous pique-niquons ensuite à Fruita où nous faisons provision de délicieux abricots bien mûrs. Ensuite, bien que le temps soit menaçant nous prenons la piste qui mène à Cathedral Valley.

Je ne remercierai jamais assez Philippe Schuler (Sedonax sur VF) : ses précieuses informations nous ont convaincus de louer un 4X4 (il est vraiment nécessaire !!) pour pouvoir accéder à ce joyau de la géologie.
Nous dégustons chaque mile de la piste et en 3 ou 4 h environ, parvenons au Cathedral Valley Campground, camping d’état gratuit avec juste des toilettes mais pas d’eau, nous sommes seuls avec la vue sur la vallée. Sublimissime !

Les enfants se dispersent pour ramasser du bois et plus tard, alors qu’un bon feu crépite, je découvre une affiche sur la porte des toilettes signalant la présence d’un mountain lion (cougar) dans le coin !!! Glups ! Précision est donnée qu’ils attaquent de préférence les jeunes enfants et qu’un randonneur en Californie a pu sauver son fils de 11 ans en attaquant le cougar à coup de pierres. Ambiance !!
J’ai très mal dormi dans ce cadre enchanteur à cause …du silence. Pas un bruissement, pas un grillon, rien de rien. Je me disais que tous les animaux étaient planqués à cause du cougar… Fred et les enfants ont dormi comme des charmes ! Au fait, on n’a vu en tout et pour tout qu’un groupe de qq 4X4 au loin qui partait vers l’ouest.
Il faut préciser que dans ces régions les pistes peuvent se transformer radicalement en cas de pluies et devenir impraticables car la terre devient très collante et glissante donc prudence !
J11, dimanche 09/07 : Cathedral Valley –Escalante

Petite rando très belle jusqu’au pied des monolithes. Puis retour à la route 24 en prenant la piste la plus à l’est cette fois. Un peu moins belle me semble-t-il (on devient difficile) que celle de l’ouest, en passant par Temple of the Moon and of the Sun. Le Visitor Center à Torrey(ouvert le WE) ou à Fruita, vend, 50cts ou 1 dollar, un road book de toute la piste très bien fait. On descend la 12 vers le sud et à Boulder on tourne à Gauche sur la Burr Trail Road (goudronnée au moins au début) jusqu’à Long Canyon à 12, 4 miles de Boulder : canyon rouge de 7 miles de long. Pas mal mais ce serait mieux sans… la route ! On continue jusqu’à Calf Creek Recreation Area où nous arrivons en fin d’après-midi.

Balade de Lower Calf Creek (6 miles A/R) : longe une petite rivière le + souvent enfouie sous la végétation jusqu’à une belle cascade se jetant dans une vasque d’eau très fraîche ! On est dimanche soir, on croise une foule de gens qui rentrent et en arrivant au bout, on est seuls ! Pas mal car l’eau est rare dans le coin. Il fait presque nuit quand nous arrivons au camping de Escalante State Park, bien situé au bord d’un petit lac.
J12, lundi 10/07 : Devils Garden puis Bryce canyon

De bonne heure nous partons sur la Hole in the Rock Road (bonne piste au moins au début) pour aller voir Devil’s Garden à quelques miles de la route 12 : gros blocs rocheux torturés par l’érosion où les enfants se sont fait une bonne partie de cache-cache, plein de lapins, des traces de gros chats ?? Vraiment sympa. Puis nous repassons par la galerie Serenidad à Escalante où nous achetons un livre recommandé par Philippe : « Photographing the Southwest » vol.1 « a guide to the natural landmarks of Southern Utah » de Laurent Martrès. Une mine d’informations précises de tous les coins et recoins de la région, sensass.
Ensuite nous filons vers Bryce canyon où nous enchaînons Peekabo+Navajo+Queensgarden sous les nuages. 6, 5 miles.

Peekabo est crevant car ça monte et ça descend sans arrêt mais ça vaut le coup. Navajo et Queensgarden sont beaucoup plus tranquilles et très beaux aussi.
De retour en haut, nous patientons car le ciel semble vouloir se dégager. Et la lumière fut !!!
Super ! On fait en voiture les différents points de vue, vraiment très beau !!
Nous passons la nuit dans un tipi du Ruby’s Inn à 10 m de la route, pas inoubliable….J13, mardi 11/07 : Cottonwood Canyon Road (CCR) et Old Paria Nous espérons pouvoir passer par la CCR dont l’état est très variable et consciencieusement nous informons auprès du visitor center de Cannonville : « impassable » nous dit la préposée que visiblement nous dérangeons dans une conversation téléphonique passionnée. Bizarre quand même, il n’a presque pas plu depuis au moins 48h que nous sommes dans le coin. Bon…

On va jusqu’à Kodachrome Basin, beau petit parc peu fréquenté du moins à cette heure matinale. A tout hasard on repose la même question au ranger de l’entrée : « no problem » !! La c… !!! J’en étais sûre, elle a eu la flemme de se renseigner ! On fait le très facile mais très beau Nature Trail (0, 5 miles) puis Grand Parade Trail pas mal non plus (3 miles A/R).

Plus au sud sur le CCR, nous admirons Grosvenor Arch, belle arche solitaire.

Nous poursuivons vers le sud jusqu’à Yellow Rock, un massif rocheux…jaune à l’ouest de la route dont les photos vues sur le net avant de partir nous ont fascinés.

Suivant encore une fois les indications de Philippe, nous empruntons une piste très raide qui monte sur le versant opposé de la vallée et la montagne nous apparaît entièrement : magnifique et étonnant !! Il faut qu’on y monte !!! Mais il fait 40°C et le soleil est encore très haut.

On décide alors d’aller voir Old Paria (bonne piste à partir de la 89), ancien décor de cinéma dans des badlands très colorés, le site est très chouette, on a bien joué dans ce décor de western. Attention, le site a entièrement brûlé fin août 2006, sera-t-il reconstruit et quand? A suivre...

On retourne ensuite au pied de la Yellow Rock : il est 19h, toujours 40°C !! Que fait-on ? On n’a jamais randonné avec une telle chaleur ! Bon, on y va doucement avec les chapeaux, plein d’eau, à manger. On pourra toujours faire demi-tour si ça ne va pas.



Lentement mais sûrement on arrive au sommet en 1h15, un peu avant le coucher du soleil. Quelques flaques d’eau limpide nous rafraîchissent au long de la montée.
C’est idyllique, magique !!!

Euphoriques, on redescend sans problème (bien se repérer à la montée car il n’y a qu’un passage) et on décide de camper entre de gros rochers de l’autre côté de la piste.

Bien sûr, on est tout seuls.

Au matin, en démontant la tente je découvre que j’ai dormi sur un scorpion !! Désormais, les enfants mettent volontiers leurs chaussures pour marcher dans le sable…
J14, mercredi 12/07 : Toadstool Hoodoos puis Houserock Valley Road et Coyotte Butte South (CBS)

De bonne heure, nous faisons une petite balade (1h) dans les Toadstool Hoodoos juste au nord de la 89, à l’ouest de son croisement avec la CCR : pas mal sans plus (on devient blasés, c’est terrible !) Nous passons ensuite à la Paria Ranger Station faire le plein d’eau et discuter avec le ranger de l’état de la piste pour aller à Coyotte Butte South (permis nécessaire). La piste la plus directe est très aléatoire (mieux vaut passer plus au sud), c’est ce que nous avait dit Philippe.

Nous faisons ensuite la belle balade de Wire Pass (permis à prendre sur place avec un système d’enveloppe) qui permet de découvrir un impressionnant slot canyon (2 à 3h A/R) : le trailhead est accessible le + souvent avec une voiture normale (gué difficile ce jour là), c’est aussi le départ de la rando jusqu’à la fameuse The Wave. Il fait très chaud, 42°C, il est trop tôt pour aller à CBS voir les Cottonwood Teepees.

Après une petite sieste réparatrice, nous décidons d’aller voir le Colorado à Lees Ferry. La piste de House Rock Valley Road est très bonne, la route 89 A, très belle, longe les Vermillions Cliffs. 46°C !!! (à l’ombre bien sûr) à Lees Ferry avec un vent chaud suffocant : un (tout) petit tour au bord du Colorado, quelques pas sur le pont à Marble Canyon et nous retournons sur la House Rock Valley Road. (Heureusement que finalement nous avions décidé de ne pas camper à Lees Ferry, c’est intenable, en plus pas d’ombre au camping !!! )
De retour à l’embranchement sur la House Rock Valley Road menant à CBS (aucune indication, à repérer avec un GPS, j’avais trouvé les coordonnées sur le net), nous parvenons en un peu plus d’une heure au plus près des Cottonwood Teepees (attention : trajet à préparer avec soin avant : point GPS des intersections à repérer, aucune indication, pas mal de pistes dans tous les sens car ancien lieu d’élevage et corral abandonné, et SURTOUT SABLE TRES PROFOND sur plusieurs km et personne à au moins 10 km à la ronde et encore avec de la chance et grosse chaleur.)






Mais ça vaut le coup…. Après avoir marché pendant quelques heures au milieu des tipis, la nuit tombe, c’est l’heure de regagner la voiture (bien noter sa position au GPS). Alors qu’Arnaud ouvre la marche, je le vois soudain faire demi-tour à toutes jambes et fondre en larmes dans mes bras. « Un serpent à sonnettes ! » Je l’entends mais ai du mal à le repérer dans l’obscurité naissante. On en parlait depuis si longtemps qu’Arnaud avait fantasmé au point de croire que la bête allait lui sauter dessus ! Bien fatigués par toutes ces émotions esthétiques et autres… nous plantons les tentes sur la piste (après le scorpion de la veille, on préfère voir où on met les pieds) juste à la sortie du parc, toute proche. Très bonne nuit, bercés par les hurlements des coyottes. Le lendemain, il y a plein de traces tout autour des tentes !! Coyotte Butte porte bien son nom ! Bref, on a adoré ce coin. Je dirais que ces 2 journées (Yellow Rock et Coyotte Butte) ont été nos préférées durant ce voyage.
J15, jeudi 13/07 : Grand Canyon North Rim Nous faisons la piste sableuse en sens inverse, un peu plus détendus qu’à l’aller puisque qu’on sait maintenant ce qui nous attend. La rive nord du Grand canyon n’est pas très loin. La route qui y mène passe au milieu de vertes prairies en fleurs et de forêts de conifères. Quel changement en quelques miles ! L’atmosphère est assez brumeuse, il a fait très chaud ces derniers jours et on a vu quelques incendies au loin… Notre cabin du Grand Canyon Lodge (106 USD) est idéalement située au bord du canyon dont elle n’est séparée que par quelques arbres. Nous avons 2 chambres et une SDB, le grand luxe, quoi ! Nous faisons de courtes marches vers les différents points de vue.
J16, vendredi 14/07 : Horseshoe Bend- Lake Powell-Grand Canyon South Rim

Après être allés voir le lever du soleil à Bright Angel, nous filons vers l’est pour arriver à Horseshoe Bend vers 10h00 : on n’est pas déçus ! Puisque nous n’en sommes pas loin, allons quand même voir ce fameux Lake Powell que nous allons rebaptiser Lake Power !! Le site est en effet splendide mais quel vacarme ! On trouve difficilement une crique pour se baigner (l’eau est à peu près à 26°C, l‘air à 42°C). Les voileux que nous sommes n’ont pas été emballés par l’endroit, véritablement pollué par les bateaux à moteurs ! Pas une voile à l’horizon (faut dire que c’est la pétole, mais en allant à Cody on a longé un autre superbe lac bien venté : que des bateaux à moteur aussi !)

Nous roulons ensuite jusqu’à la rive sud du Grand Canyon où Philippe nous avait conseillé, pour bien percevoir l’immensité du canyon, de descendre par le South Kaibab Trail jusqu’à Cedar Ridge, 347 m + bas.

En effet, c’est impressionnant et on apprécie la balade malgré la chaleur (34°C en haut en fin d’après-midi) La rive sud est en effet plus impressionnante que la rive nord, c’est… très beau. Il fait nuit quand nous plantons nos tentes à Mather Campground, bien ombragé, mais douches à perpète.
J17, samedi 15/07 : Canyon de Betatakin, Monument valley

Journée tranquille après le marathon d’hier, nous faisons la petite rando de Sandal trail (1 mile) pour voir les très belles ruines de Betatakin, puis poursuivons notre route vers Monument Valley. Un peu avant Kayenta, un gros bouchon sur la route nous décide à suivre des locaux qui tournent vers une piste secondaire. Très gentiment ils nous guideront par les pistes jusqu’à Kayenta. Ce détour nous permet de mesurer la misère des navajos : mobilhomes déglingués, décharges à ciel ouvert dans les petits canyons, vieilles bagnoles même pas dignes d’abriter qq poules, souvent ni eau ni électricité donc pas de clim sous le cagnard, pas d’arbres non plus.

Seuls de rares hogans (habitations traditionnelles en bois et terre, gardant la fraîcheur) subsistent.

On se demande de quoi vivent les gens : pas d’agriculture, quasi pas d’élevage… On arrive finalement à Monument Valley. On pose (à défaut de pouvoir planter) nos tentes au Goulding’s Campground et après un petit plouf on file visiter Monument Valley.

C’est très beau, dommage qu’on n’ait pas le droit de s’y promener à pied. La piste, merdique, est faisable en voiture normale.
Si vous avez eu la patience de me lire jusqu'ici, vous trouverez la suite dans un deuxième post: http://voyageforum.com/v.f?post=678335;
A tout de suite...
Combien de kilomètres par jour? English translation pending
Bonjour à tous,
voici la naïve question d'une grande débutante de la pédalette... débutante oui mais pleine de bonne volonté 😛: Alors voilà, j'envisage de voyager à vélo/pédalette (linguistiquement, c'est pareil j'vous jure). Au début, ce serait à la petite semaine avant d'envisager, pourquoi pas, un tour de plusieurs semaines. Hier, j'ai fait une rando de 84 bornes, très chouette mais au retour j'avais les cuisses en feu (sans double sens). Des bons étirements une fois Pédalette rangée et ce matin, mes jambes étaient OK. Mais savoir si sur un rythme de plusieurs jours, je pourrais maintenir un pareil kilométrage quotidien... bof 🤪.
D'où la question: quand vous partez pour plusieurs jours, combien de kilomètres par jour pédalez-vous? Disons que terrain est plat, faux-plat et un peu pentu parfois, mais roulable... je ne parle ni de pistes africaines ni de pistes islandaises (encore que...), mais juste d'un petit terrain bien de chez nous avec ses hauts et ses bas...
Autre question: au bout de combien de jours atteignez-vous une saturation physique, genre gros besoin de pause musculaire? Bon je dis ça mais peut-être que ça n'arrive jamais... je ne sais pas... d'où ces questions dont les réponses me seront fort utiles pour préparer un périple d'une semaine en septembre sans me prendre pour wonderwoman, ni finir par divorcer d'avec Pédalette (que je trouve très chouette même si tout est à refaire dessus).
MERKI!!
Saint Vincent et les Grenadines: à la découverte d'un volcan English translation pending
Nous revenons de Saint Vincent et les Grenadines ou nous avons passé un mois chez mon frère qui vit là-bas.
Nous avons vu et fait des choses fantastiques, des montagnes de Vermont aux plongées sous-marines, de quoi écrire bien des pages…
Mais s’il y a bien une chose qui m’a marqué, une journée dont je me souviendrai toute ma vie, ça a été l’escalade du volcan la Soufrière de St Vincent et la descente dans son cratère.
Il n’y a pas eu d’exploit ce jour là, ni d’accident, ni quoi que ce soit qui fasse scandale ! Juste une ode à la nature, le simple récit d’une journée pas comme les autres.
Pour vous mettre dans le contexte, au mois de juin la saison des pluies commence sur les Caraïbes. Vous pouvez vous endormir avec le beau temps et être réveillé le matin par les trombes de pluie sur les carreaux. On nous a dit que si on voulait escalader le volcan, il ne fallait pas le programmer. Y aller un jour où il ne fait pas beau n’est pas intéressant, on ne voit rien !C’est le point culminant de l’île et les nuages s’y accrochent. Il faut attendre un matin de ciel bleu et vite y monter… Ce n’était pas notre cas, le temps nous manquait, nous n’avions qu’un samedi de libre pour le faire et quand est venu le jour J, le ciel était gris.
Nous avons donc commencé l’ascension du volcan coté sud-est à 8h du matin, sous une légère bruine mais avec un enthousiasme délirant à l’idée d’escalader un volcan !! Il y a plusieurs étages de végétation sur les versants du volcan. Le premier c’est de la forêt tropicale mélangée à de la forêt de bambou. La terre volcanique est une terre riche, les bambous atteignent des diamètres et des hauteurs incroyables, je n’avais jamais vu ça. La forêt est magnifique avec un vert foncé dominant très intense. Le brouillard des premiers nuages que nous avons atteint se faufilait entre les arbres et nous plongeait dans une ambiance plus refermée, des colibris fluos surgissaient du brouillard et y retournaient des qu’il nous voyaient, des papillons énormes, avec chaque aile grosse comme une main, filaient entre les arbres et les lianes à des vitesses pas possibles, les massifs de bambous grinçaient et craquaient partout autour de nous, sous l’effet des bourrasques de vent. Je m’attendais à voir sortir un animal préhistorique, comme si nous explorions l’île de King Kong… Puis en une petite centaine de mètres de dénivelé, la végétation a diminué en hauteur jusqu'à ne pas dépasser la taille. Evidemment le champ visuel ne dépassait pas les 20 m à cause du brouillard. En fait, comme nous, les nuages remontent le versant poussés par les alizés de l’atlantique. Il nous arrivait de voir plus loin entre deux nuages, on pouvait distinguer les ravines de cette terre qui devient de plus en plus noire et rocailleuse, la végétation qui diminuait et se clairsemait petit à petit. Lentement mais sûrement la caillasse prenait le dessus et la végétation n’était plus constituée que de petites plantes grasses au ras du sol, de celles increvables qui ont du peupler la terre à ses débuts…
Et puis, dans ce brouillard épais, alors que rien ne le laisse pressentir, le sol disparaît brutalement, et s’ouvre à nos pieds un trou, un gouffre, le cratère du volcan… Les nuages qui remontent comme nous le flan, en passant la crête, continuent à s’envoler et ne vont pas s’engouffrer dans le cratère, et nous qui marchions depuis trois heures avec une visibilité réduite, concentrés sur nos pas dans ces cailloux friables, c’est un véritable abîme vert qui s’ouvre à nos pieds, dans lequel le vent veut nous jeter. Moi qui n’ai jamais le vertige, je crois que j’ai du en ressentir les prémisses, c’était immense, le trou béant mesure plus d’ 1.5 kilomètre de diamètre pour 180 mètres de profondeur, en bas le sol est plat mais au milieu, en plein centre, se trouve un dôme de lave sèche, tout arrondi, son diamètre est de 150 m pour 50 m de haut, sur toute une partie de son flan sud, le dôme laisse évaporer des gaz blanchâtres, du dioxyde de souffre. La dernière éruption date de 1979, trente ans après la végétation a recolonisée le cratère et les saisons des pluies ont laissé leur trace aussi, de petites méandres se dessinent au fond comme de petits deltas survolés d’avions et se rejoignent toutes en un lac, qui est, s’il vous plait, en forme de cœur ! C’est splendide ! La Soufrière de St Vincent est considéré comme l’un des plus beaux volcans de par la délimitation de sa crête et la forme de son cratère. Et nous longeons cette crête par le sud, et plus nous marchons moins il y a de nuages, plus le paysage se découvre, plus on hallucine ! De nous retrouver coté sud du cratère, c’est voir les nuages arriver de droite, à l’est, de l’endroit où nous sommes montés. Dès qu’ils passent la crête ils tourbillonnent, s’enroulent, se déroulent, s’entremêlent, comme s’ils poussaient pour rentrer dans l’entonnoir, mais ils ne font que passer et disparaissent à l’ouest pour redescendre sur la mer des Caraïbes. Le soleil jaillit parfois, des faisceaux de lumière filent sur les parois et le fond du trou, multipliant le temps de leur trouée, le contraste entre ces herbes si vertes et cette roche si noire. Il nous a fallu une bonne heure et demie pour parcourir un quart du diamètre et enfin arriver au seul passage possible pour descendre dans l’antre. Une tranchée tombant à pic creusée dans une pente plutôt régulière, profonde de la hauteur d’un homme. Une antique barre de fer plantée dans la roche et rongée par la rouille supporte une paire de cordages usés, plus vieux qu’elle. A première vue, c’était assez flippant, mais on s’est lancés, à la file indienne, après avoir instauré des codes d’urgence en cas de chutes de pierres ou autres. Nous nous sommes donc doucement enfoncés dans le gosier de la Soufrière, béant sous un ciel bleu maintenant, de petits Haroun Tazieff en herbes, convaincus d’atteindre l’estomac du monde… La suite est chimérique, difficile à imaginer seul dans ma petite tête. Il n’y que nous, cette grande muraille circulaire, ce dôme de lave aberrant crachant sa fumée blanche et le ciel. On ne peut pas se cacher du soleil, on ne peut se cacher de rien. C’est immense et petit à la fois, claustrophobes et agoraphobes, nous sommes au centre du monde et coupés de tout ! De petits êtres égarés, recueillis dans l’arène des dieux. Nous avons crié s’amusant de notre écho! Nous avons fait silence s’étonnant du calme de l’endroit ! Plus nous marchions, plus nous nous éloignions les uns des autres, besoin inconscient d’occuper toute la plaine, de fixer des rapports de taille dans notre champ de vision. Les effluves de souffre ont empli l’air, l’odeur est forte et infecte, on soulevait nos tee-shirts pour se couvrir le nez. Nous avons marché jusqu’au bord du lac, lui aussi était devenu démesuré et noir. Nous nous sommes posés sur de gros rochers tombés des parois et nous avons avalé notre casse-croûte, ahuris du panorama sous le beau temps clément. Puis nous avons fait demi-tour parce que le dôme sur son côté Nord rejoint la paroi du cratère, on ne peut donc pas le contourner. Nous sommes donc remontés, plus rapidement qu’à l’aller. Là haut le vent soufflait si fort qu’il nous retenait quand on se penchait près du vide. De la crête le paysage est grandiose, la fosse d’un coté, de l’autre le versant qui descend doucement plonger dans la mer des Caraïbes. Nous avons marché 5 heures de plus pour atteindre la première ville.
Au final, nous avons marché 9h30 dans cette journée, nous ne nous sommes arrêtés que pour grignoter nos sandwichs et pourtant je n’ai jamais ressenti la fatigue submergé que j’étais par mes émotions. Nous nous sommes tous dépassés sans même nous en rendre compte. Je n’avais jamais vu de près ou de loin un volcan. Ca a été une expérience unique, ça vous remet a votre place… La nature m’a encore montré que c’est moi qui appartient au monde et non l’homme qui possède la terre. Alors certain penseront que j’exagère, une bonne rando dans la montagne et la visite d’un gros cirque…Je vous promets pourtant que lancer un caillou en l’air et sentir le sol vibrer et sonner creux ! comprendre ce qu’il y a sous nos pieds, être entouré de ces remparts de verdure, admirer ces cheminées géantes de souffre, prendre conscience de l’endroit où l’on se trouve, se sentir vivre dans tout cet ensemble ! à ce moment la, vous mesurez quelle est votre place… Je pense que c’est avant tout la conclusion de cette journée et le message à faire passer. Le voyage est fantastique pour ça, on ne revient jamais chez soi comme on l’a quitté. (Enfin chez soi…là ou la terre veut bien nous garder !!!).
Et si vous aussi vous avez eu le bonheur de monter la Soufrière ou un autre volcan, n'hésitez pas ! dites moi tout !!🙂
Antho
Pour vous mettre dans le contexte, au mois de juin la saison des pluies commence sur les Caraïbes. Vous pouvez vous endormir avec le beau temps et être réveillé le matin par les trombes de pluie sur les carreaux. On nous a dit que si on voulait escalader le volcan, il ne fallait pas le programmer. Y aller un jour où il ne fait pas beau n’est pas intéressant, on ne voit rien !C’est le point culminant de l’île et les nuages s’y accrochent. Il faut attendre un matin de ciel bleu et vite y monter… Ce n’était pas notre cas, le temps nous manquait, nous n’avions qu’un samedi de libre pour le faire et quand est venu le jour J, le ciel était gris.
Nous avons donc commencé l’ascension du volcan coté sud-est à 8h du matin, sous une légère bruine mais avec un enthousiasme délirant à l’idée d’escalader un volcan !! Il y a plusieurs étages de végétation sur les versants du volcan. Le premier c’est de la forêt tropicale mélangée à de la forêt de bambou. La terre volcanique est une terre riche, les bambous atteignent des diamètres et des hauteurs incroyables, je n’avais jamais vu ça. La forêt est magnifique avec un vert foncé dominant très intense. Le brouillard des premiers nuages que nous avons atteint se faufilait entre les arbres et nous plongeait dans une ambiance plus refermée, des colibris fluos surgissaient du brouillard et y retournaient des qu’il nous voyaient, des papillons énormes, avec chaque aile grosse comme une main, filaient entre les arbres et les lianes à des vitesses pas possibles, les massifs de bambous grinçaient et craquaient partout autour de nous, sous l’effet des bourrasques de vent. Je m’attendais à voir sortir un animal préhistorique, comme si nous explorions l’île de King Kong… Puis en une petite centaine de mètres de dénivelé, la végétation a diminué en hauteur jusqu'à ne pas dépasser la taille. Evidemment le champ visuel ne dépassait pas les 20 m à cause du brouillard. En fait, comme nous, les nuages remontent le versant poussés par les alizés de l’atlantique. Il nous arrivait de voir plus loin entre deux nuages, on pouvait distinguer les ravines de cette terre qui devient de plus en plus noire et rocailleuse, la végétation qui diminuait et se clairsemait petit à petit. Lentement mais sûrement la caillasse prenait le dessus et la végétation n’était plus constituée que de petites plantes grasses au ras du sol, de celles increvables qui ont du peupler la terre à ses débuts…
Et puis, dans ce brouillard épais, alors que rien ne le laisse pressentir, le sol disparaît brutalement, et s’ouvre à nos pieds un trou, un gouffre, le cratère du volcan… Les nuages qui remontent comme nous le flan, en passant la crête, continuent à s’envoler et ne vont pas s’engouffrer dans le cratère, et nous qui marchions depuis trois heures avec une visibilité réduite, concentrés sur nos pas dans ces cailloux friables, c’est un véritable abîme vert qui s’ouvre à nos pieds, dans lequel le vent veut nous jeter. Moi qui n’ai jamais le vertige, je crois que j’ai du en ressentir les prémisses, c’était immense, le trou béant mesure plus d’ 1.5 kilomètre de diamètre pour 180 mètres de profondeur, en bas le sol est plat mais au milieu, en plein centre, se trouve un dôme de lave sèche, tout arrondi, son diamètre est de 150 m pour 50 m de haut, sur toute une partie de son flan sud, le dôme laisse évaporer des gaz blanchâtres, du dioxyde de souffre. La dernière éruption date de 1979, trente ans après la végétation a recolonisée le cratère et les saisons des pluies ont laissé leur trace aussi, de petites méandres se dessinent au fond comme de petits deltas survolés d’avions et se rejoignent toutes en un lac, qui est, s’il vous plait, en forme de cœur ! C’est splendide ! La Soufrière de St Vincent est considéré comme l’un des plus beaux volcans de par la délimitation de sa crête et la forme de son cratère. Et nous longeons cette crête par le sud, et plus nous marchons moins il y a de nuages, plus le paysage se découvre, plus on hallucine ! De nous retrouver coté sud du cratère, c’est voir les nuages arriver de droite, à l’est, de l’endroit où nous sommes montés. Dès qu’ils passent la crête ils tourbillonnent, s’enroulent, se déroulent, s’entremêlent, comme s’ils poussaient pour rentrer dans l’entonnoir, mais ils ne font que passer et disparaissent à l’ouest pour redescendre sur la mer des Caraïbes. Le soleil jaillit parfois, des faisceaux de lumière filent sur les parois et le fond du trou, multipliant le temps de leur trouée, le contraste entre ces herbes si vertes et cette roche si noire. Il nous a fallu une bonne heure et demie pour parcourir un quart du diamètre et enfin arriver au seul passage possible pour descendre dans l’antre. Une tranchée tombant à pic creusée dans une pente plutôt régulière, profonde de la hauteur d’un homme. Une antique barre de fer plantée dans la roche et rongée par la rouille supporte une paire de cordages usés, plus vieux qu’elle. A première vue, c’était assez flippant, mais on s’est lancés, à la file indienne, après avoir instauré des codes d’urgence en cas de chutes de pierres ou autres. Nous nous sommes donc doucement enfoncés dans le gosier de la Soufrière, béant sous un ciel bleu maintenant, de petits Haroun Tazieff en herbes, convaincus d’atteindre l’estomac du monde… La suite est chimérique, difficile à imaginer seul dans ma petite tête. Il n’y que nous, cette grande muraille circulaire, ce dôme de lave aberrant crachant sa fumée blanche et le ciel. On ne peut pas se cacher du soleil, on ne peut se cacher de rien. C’est immense et petit à la fois, claustrophobes et agoraphobes, nous sommes au centre du monde et coupés de tout ! De petits êtres égarés, recueillis dans l’arène des dieux. Nous avons crié s’amusant de notre écho! Nous avons fait silence s’étonnant du calme de l’endroit ! Plus nous marchions, plus nous nous éloignions les uns des autres, besoin inconscient d’occuper toute la plaine, de fixer des rapports de taille dans notre champ de vision. Les effluves de souffre ont empli l’air, l’odeur est forte et infecte, on soulevait nos tee-shirts pour se couvrir le nez. Nous avons marché jusqu’au bord du lac, lui aussi était devenu démesuré et noir. Nous nous sommes posés sur de gros rochers tombés des parois et nous avons avalé notre casse-croûte, ahuris du panorama sous le beau temps clément. Puis nous avons fait demi-tour parce que le dôme sur son côté Nord rejoint la paroi du cratère, on ne peut donc pas le contourner. Nous sommes donc remontés, plus rapidement qu’à l’aller. Là haut le vent soufflait si fort qu’il nous retenait quand on se penchait près du vide. De la crête le paysage est grandiose, la fosse d’un coté, de l’autre le versant qui descend doucement plonger dans la mer des Caraïbes. Nous avons marché 5 heures de plus pour atteindre la première ville.
Au final, nous avons marché 9h30 dans cette journée, nous ne nous sommes arrêtés que pour grignoter nos sandwichs et pourtant je n’ai jamais ressenti la fatigue submergé que j’étais par mes émotions. Nous nous sommes tous dépassés sans même nous en rendre compte. Je n’avais jamais vu de près ou de loin un volcan. Ca a été une expérience unique, ça vous remet a votre place… La nature m’a encore montré que c’est moi qui appartient au monde et non l’homme qui possède la terre. Alors certain penseront que j’exagère, une bonne rando dans la montagne et la visite d’un gros cirque…Je vous promets pourtant que lancer un caillou en l’air et sentir le sol vibrer et sonner creux ! comprendre ce qu’il y a sous nos pieds, être entouré de ces remparts de verdure, admirer ces cheminées géantes de souffre, prendre conscience de l’endroit où l’on se trouve, se sentir vivre dans tout cet ensemble ! à ce moment la, vous mesurez quelle est votre place… Je pense que c’est avant tout la conclusion de cette journée et le message à faire passer. Le voyage est fantastique pour ça, on ne revient jamais chez soi comme on l’a quitté. (Enfin chez soi…là ou la terre veut bien nous garder !!!).
Et si vous aussi vous avez eu le bonheur de monter la Soufrière ou un autre volcan, n'hésitez pas ! dites moi tout !!🙂
Antho
Vivre et travailler en Corse English translation pending
voila je pars en corse cet été et j'aimerai bcq m'y installé pour ces paysages, sa beauté!
croyez vous qu'il est difficile de trouver du boulot la bas et de s'y installé??
j'aimerai m'installer dans un coin paisible assez loin de la ville pour etre a l'air libre et profiter de la nature!!
sinon quelles sont les coins a voir absolument en corse?
merci pour tt renseignements
merci pour tt renseignements
Circuit et bons plans en Argentine English translation pending
A tous les internautes qui connaissent l'argentine!
C'est une demande d information tres serieuse:je pars la semaine prochaine en argentine et je n'y connais rien
Quelqu un peut il me conseiller un circuit et des adresses?🙂
merci de vos reponses
Le Sénégal en camping-car English translation pending
Bonjour à tous!
Ayant à plusieurs reprise effetué la descente sur le sènègal avec divers véhicule, cette fois ci je compte m'y rendre en camping-car .Donc je pose la question est-ce possible et y a t'il déjà des personnes qui l'aurait tenté ? si oui j'attend des conseils.Merci.
Amicalement .SENEGAULOIS
Restaurant 2 euros à volonté à Bangkok English translation pending
un des nombreux restaurant ( non touristiques ) a Bangkok ou l'on peut manger a volonté
Pour moins de 2 euros par personne .. ( sans les boissons )
il y a un principe a respecter .. est que il faut manger tout ce que vous prenez .. si il y a des restes sur la table il y a forcement amende ... le plus près de kaosan se trouve de l'autre cote de la rivière a 15 20 minutes a pied ...
( pas besoin de vraiment parler thaïe .. il faut choisir une table .. commander la boisson .. puis aller du cote du buffet et faire son choix .. ne pas oublier les petites différentes sauces qui l'accompagne ...
dans un coin il y a glace a volonté .. également .... bon appétit ...
voir photos
Pour moins de 2 euros par personne .. ( sans les boissons )
il y a un principe a respecter .. est que il faut manger tout ce que vous prenez .. si il y a des restes sur la table il y a forcement amende ... le plus près de kaosan se trouve de l'autre cote de la rivière a 15 20 minutes a pied ...
( pas besoin de vraiment parler thaïe .. il faut choisir une table .. commander la boisson .. puis aller du cote du buffet et faire son choix .. ne pas oublier les petites différentes sauces qui l'accompagne ...
dans un coin il y a glace a volonté .. également .... bon appétit ...
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itinéraire pour traversée de la France à vélo English translation pending
Bonjour bonjour,
Je projete de faire une petite traversée de la France en vélo pour l'été prochain, et suis donc à la recherche d'itinéraires.
Or, lors d'un de mes derniers périples, en passant par la voie verte du coté de Cluny en bourgogne, j'avais justement rencontré un Belge flamand qui se faisait une traversée Pyrénées-Belgique en 3 semaines (genre départ de Tarbes, passage par la bourgogne, puis plein nord pour la belgique). Et il tirait son itinéraire complet d'un bouquin écrit par un Hollandais, qui parrait-il est pas mal connu (en Hollande du moins...) pour avoir écrit plusieurs itinéraires comme ça, de plusieurs semaines à travers l'Europe.. Est ce que par hasard quelqu'un connaitrait ces bouquins, et ces itinéraires ??? Sinon, si vous avez entendu parler d'autres itinéraires complets sympa pour se traverser la france (genre Nord-Sud Ouest), je suis evidement preneur...
Merci de l'aide..
Et bicyclettement votre..
Je projete de faire une petite traversée de la France en vélo pour l'été prochain, et suis donc à la recherche d'itinéraires.
Or, lors d'un de mes derniers périples, en passant par la voie verte du coté de Cluny en bourgogne, j'avais justement rencontré un Belge flamand qui se faisait une traversée Pyrénées-Belgique en 3 semaines (genre départ de Tarbes, passage par la bourgogne, puis plein nord pour la belgique). Et il tirait son itinéraire complet d'un bouquin écrit par un Hollandais, qui parrait-il est pas mal connu (en Hollande du moins...) pour avoir écrit plusieurs itinéraires comme ça, de plusieurs semaines à travers l'Europe.. Est ce que par hasard quelqu'un connaitrait ces bouquins, et ces itinéraires ??? Sinon, si vous avez entendu parler d'autres itinéraires complets sympa pour se traverser la france (genre Nord-Sud Ouest), je suis evidement preneur...
Merci de l'aide..
Et bicyclettement votre..
A380: Décollage mercredi! English translation pending
Cà y est, c' est mercredi que l' A380 va faire son premier décollage. Il y aura à l' intérieur deux pilotes d' essai, un s' occupera du décollage l' autre de l' atterrissage, ils auront chacun un parachute...🏴☠️. A l' intérieur des bonbones d' eau seront placées pour remplacer le poids des passagers. Celà fait des années qu' ils préparent ce projet fabuleux, on peut dire que mercredi sera l' aboutissement de tout leur travail. On imagine les sensations que vont vivre ces deux hommes, surtout au moment d' envoyer les gaz.... Bonne chance les gars...
La Russie vue du ciel! English translation pending
Alors voila, j'ai un rêve c'est de piloter, j'ai un autre rêve c'est d'aller en Russie alors je me suis dis pourquoi pas concilier les deux ! Mais je suis encore trop jeune, je suis élève pilote sur HR200 (pour ce qui connaissent...) je compte avoir mon brevet de base et ma licence de pilote dans les deux prochaines années et j'aurai aimé savoir quels sont les coins de Russie les plus interessants vus du ciel ? Quelle est la réglementation aéronautique russe en cas de survol du territoire par des étrangers ? Quels visa etc faut il ? Y-a-t-il des licence russe à passer pour voler en Russie ? Est-ce que l'on peut utiliser un appareil immatriculé en France ? La radio se fait bien en anglais ou le mieux c'est que j'essaie en russe ?
Enfin bref, j'ai plein beaucoup de questions 😛
Alors si un pilote passe par là et qu'il a 5 minutes...🙂
Enfin bref, j'ai plein beaucoup de questions 😛
Alors si un pilote passe par là et qu'il a 5 minutes...🙂
Les Caraïbes quel endroit choisir? English translation pending
😎 Bonjour, 😎
Nous souhaitons partir l’an prochain nous pensions au Mexique, ou autre ?……, nous connaissons la république Dominiquaine.
Vous qui avez voyager quel endroit des caraïbes choisir ?
Nous ne sommes pas des grands aventuriers nous recherchons le dépaysement et le repos, nous ne recherchons pas forcément un endroit ou faire des multitudes d’excursions et d’animations, bien sur nous souhaitons tout de même visiter un peu……
Bref un coin paradisiaque, avec des gens accueillants, un hôtel propre ou on mange bien une plage magnifique et 2 ou 3 excurtions sympa
Hé oui nous sommes bien exigeants c’est pourquoi nous nous renseignons dès maintenant
Conseillez nous sur un pays, un lieu, un hôtel………….
1000 mercis
Nous souhaitons partir l’an prochain nous pensions au Mexique, ou autre ?……, nous connaissons la république Dominiquaine.
Vous qui avez voyager quel endroit des caraïbes choisir ?
Nous ne sommes pas des grands aventuriers nous recherchons le dépaysement et le repos, nous ne recherchons pas forcément un endroit ou faire des multitudes d’excursions et d’animations, bien sur nous souhaitons tout de même visiter un peu……
Bref un coin paradisiaque, avec des gens accueillants, un hôtel propre ou on mange bien une plage magnifique et 2 ou 3 excurtions sympa
Hé oui nous sommes bien exigeants c’est pourquoi nous nous renseignons dès maintenant
Conseillez nous sur un pays, un lieu, un hôtel………….
1000 mercis
Algérie avril 2004: morceaux choisis English translation pending
Bonjour,
Suite à un voyage en Algérie j’ai rédigé quelques textes relatant des épisodes de ce voyage qui m’ont particulièrement marqués.
Tout ça histoire de faire partager à d’autres voyageurs ce que j’ai vécu. Mais aussi pour donner une idée de voyage : l’Algérie est un pays magnifique et singulier. Les algériens que j’ai rencontrés sont généreux, intelligents. Différents de l’image que l’on peut en avoir ici. A ceux qui hésitent à s’y rendre, je dirais : allez-y ! C’est un pays où le voyageur est vraiment considéré comme tel.
Je voudrais remercier deux membres du forum qui m’ont aidé pour la préparation de ce voyage. Il s’agit de Sourires75 et de Camelito. Grand merci à eux.
Bonne route à tous,
guillaume
L’université populaire de Damous
Damous est une petite ville située à 130 km à l’Est d’Alger, coincée entre mer et montagnes.
A trois heures de l’après midi, nous mangeons des spaghettis avec une sauce tomate maison. Normal, notre hôte, David, est italien. « Ail et huile d’olive que j’ai ramenés d’Italie » précise t-il. Le tout accompagné de vin italien lui aussi. La porte de la petite maison est ouverte. Dehors, le soleil brille généreusement. On entend le ressac des vagues. La mer est à quelques mètres, en contrebas. Les voisins sont à une centaine de mètres, plus haut. Après le café (italien) de rigueur, nous prenons la route de Ténès afin de trouver un port ou un marché. Car nous voulons manger du poisson. Le soleil se couche, la route est sinueuse, les collines qui se jettent dans la mer sont couvertes de pins. L’eau de la mer Méditerranée est d’une belle couleur bleue. La cote des Dahras est vraiment magnifique. Après une vingtaine de km, nous trouvons un petit port, niché dans une crique. Quelques pécheurs sont assis par terre et raccommodent des filets. Leurs yeux sont braqués sur le gros 4X4 brillant et sur les trois occupants au look européen qui en sortent. Peu de paroles échangées. Les pêcheurs semblent être sur la défensive. « On croyait que c’était l’ONU » lâche l’un d’entre eux. Le commerce va mal, la région s’est dépeuplée avec les années de terrorisme. Au moment de reprendre la route de Damous, nous croisons un garde communal qui, fusil à l’épaule, marche sur un sentier, en direction des montagnes. Derrières celles-ci se trouvent la ville de Chlef, qui souffre encore d’une réputation d’insécurité.
Quelques instants plus tard, les rougets grillent. Après le rituel du café, la discussion se poursuit devant des bouteilles de vin et de bière. Thème de la soirée : pourquoi les humains ont-ils besoin de la religion ? Bouzid, kabyle ne croyant pas en Dieu expose sa thèse : « c’est parce qu’il faut aux hommes une béquille, quelque chose à quoi se raccrocher. » Kamel, le chauffeur du jour, a parcouru plus de 200 Km : il s’endort. Mohamed, le gardien de la maison, musulman mais buveur de vin, reste silencieux. David, fort de son expérience de biologiste, expose son idée : « c’est une réaction normale face à l’immensité et la complexité du monde. » La discussion s’achève avec l’explication d’un verset du coran… Notre cerveau agité par les idées et l’alcool sera bercé par le bruit des vagues qui se brisent contre les rochers. Assis devant la maison, face à la mer, on voit les lumières des gros cargos et des petites embarcations de pêche qui mouillent au large. Derrière nous, c’est la montagne et les forets de pins : leur noirceur nous donne l’impression d’être sur une île.
Le matin, odeurs d’iode et de café cohabitent dans la cuisine.
Vers Béjaia
Voilà presque trois heures que nous roulons. Nous avançons plutôt bien car la circulation est faible. Nous sommes pourtant mardi. Mais aujourd’hui c’est le 20 avril, jour du printemps berbère. Dans toute la Kabylie on commémore le 20 avril 1981. Ca tombe bien, nous sommes en Kabylie ! Il y a 23 ans, Mouloud Mammeri se voyait refuser la tenue d’une conférence à Tizi Ouzou. Des émeutes suivirent.
Aujourd’hui, quelques marches pacifiques sont prévues. Et la grève générale décrétée pour l’occasion remporte un franc succès. Depuis Bordj Ménaïel, nous ne voyons plus de commerces ouverts. Les rues de Tizi Ouzou sont désertes, tous les rideaux de fer ont été baissés. Aux endroits où les embouteillages sont (presque) perpétuels, les véhicules circulant se comptent sur les doigts d’une main. Dans les petits villages, le café ou l’épicerie restent ouverts. Mais une atmosphère de week-end flotte dans les ruelles.
Après la ville d’Azazga, la route monte et s’enfonce dans une belle forêt de chênes. Des singes sont groupés autour des véhicules garés au bord du bitume. En ce jour ‘’férié’’, beaucoup d’habitants des villes ont décidé de quitter leur appartement pour aller faire un tour dans la nature. Autant profiter de cet environnement magnifique et du beau soleil qui brille dans un ciel bleu exempt de tout nuage… La route sinueuse découvre de beaux points de vue sur de petites montagnes recouvertes de verdure. Le paysage ainsi que cette atmosphère particulière rendent le trajet très agréable.
Nous trouvons quand même un restaurant ouvert. Caché au bout d’un petit sentier poussiéreux, c’est une cabane faite de morceaux de bois plus ou moins pourris. D’ailleurs, rien n’indique qu’il s’agit d’un restaurant. Nous entrons dans ce lieu sombre dépourvu de fenêtres. Une petite dizaine d’hommes sont assis sur des chaises en plastique, en train de boire ou de manger. D’autres sont accoudés au comptoir : c’est une grande planche de bois brut sentant encore la résine. Nous saluons tout le monde et commandons de la viande et des frites. Nous sirotons une bière pendant que le patron s’affaire devant ces casseroles. Il est trois heures de l’après-midi et il n’a pas été surpris lorsque nous lui avons annoncé que nous voulions manger. C’est prêt et nous nous asseyons devant deux appétissantes assiettes. Perdu en pleine foret, à l’écart de la route, on ne soupçonne pas qu’il existe ici, un lieu convivial ou l’on mange plutôt bien. Inutile de vérifier s’il figure dans un guide touristique. Je regarde ces hommes discuter entre eux. Ils boivent de la bière ou du vin. Un vieux, aveugle, est assis juste en face de moi. Il parle fort même si tous se taisent dès qu’il ouvre la bouche. Apparemment, il raconte une histoire. L’attention se fait de plus en plus vive et le silence de plus en plus profond. Jusqu’à ce que l’assistance (sauf moi car je ne comprend pas le kabyle) éclate de rire. Un peu frustré, je demande la traduction à l’ami qui m’accompagne : « on a resservit à ce vieux un verre de vin. Quelqu’un a payé à sa place. Il est aveugle alors les gens sont sympas avec lui. Il a donc dit que cela lui faisait plaisir, mais que celui qui lui offre du vin devrait aussi le ramener chez lui, car bientôt il ne tiendrait plus debout. »
Finissant mes frites et ma bière, je regarde encore une fois ces hommes. Ils ont le regard franc et semblent heureux d’être ici, ensembles. Ce restaurant est un lieu paisible. Il y a quelques heures encore, j’étais à Alger, dans le bruit, les encombrements, la foule. On se rassemblait devant les vitrines pour admirer les nouveaux téléphones portables. On se tassait dans des bus poussifs. On s’avachissait dans les profonds fauteuils du Hilton. Alors, comment ne pas être content de respirer l’air pur et de côtoyer une autre facette de ce pays ?
Nous avons repris la route à travers la foret. Au fil des kilomètres, les villages se font de plus en plus rares. Les collines de plus en plus abruptes. Puis la route commence sa descente en lacets vers Béjaia. Au bout, on tombe sur la Méditerranée.
Quelques minutes encore et nous allons retrouver les monts des Babors, recouverts d’une végétation luxuriante, l’oued asséché. Les habitants y prennent allègrement du gravier sans se soucier des conséquences en cas de crue.
Arrivée à destination. Je prends mes quartiers dans la chambre du fils cadet. Coup d’œil par la fenêtre : toujours là les bananiers, les poules et les chèvres. Des gosses jouent sur le chemin de terre défoncé.
Désormais, je serais membre de la famille et non invité, m’a t-on prévenu. Tant mieux, je me sens un peu chez moi dans cette belle campagne.
Soirée d’adieux
Ce soir, je dois passer chez Hicham pour récupérer mon sac. Je dormirais chez Amine, qui habite tout près de la gare routière. Demain matin, une fois sorti du lit, je serais dans le bus pour Constantine.
Je monte rapidement à l’étage de la grande maison pour prendre mes affaires. Je me rappelle la soirée d’hier, passée dans cette chambre. Après avoir parlé littérature française avec Mouloud (le père), Yassine (un des fils) a joué de la mandole accompagné de Karim (un cousin de Yassine) à la derbouka. Au programme, des chansons kabyles et du chaabi.
Fini les songes, il faut y aller. Mon barda est jeté dans le coffre de la 206. Je salut Mouloud, Yassine et Souad (une des filles), les remercie pour l’hébergement, les repas etc... Mais Hicham, qui doit me « taxier » jusque chez mon nouvel hôte, ne se décide pas à partir. Qu’est-ce qu’il attend ? La mère vient me dire au revoir, puis c’est la petite Nawel (la cadette) qui est là avec un grand sourire. Quelques minutes encore à rester planté devant la maison et je m’aperçois que toute la famille est réunie sur le seuil de porte pour me faire ses adieux. Tous ont l’air triste de me voir partir. Je ne peux pas longtemps résister : j’ai le cœur gros et les larmes qui montent, inexorablement. Pourtant, je ne peux pas rester éternellement à Béjaia ! Je suis là pour voyager, pas pour m’encroûter ! Mais devant tous ces yeux tournés vers moi, je me demande pourquoi je vais à Constantine. Encore des poignées de mains. Prenant un air solennel, Mouloud m’assure que j’ai une deuxième famille ici et que je peux revenir quand je veux. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?
Dix minutes après, je suis dans une autre famille. La maîtresse de maison a préparé un succulent couscous et veut que je mange, que je mange encore et encore.
Son fils Amine m’amènera à la gare routière le lendemain, à six heures du matin. Le souvenir de tous les visages aperçus la veille m’accompagnera pendant tout le long voyage en bus. Ils m’accompagnent encore aujourd’hui …
Où suis-je ?
Dans le hall du théâtre, l’ambiance est celle de ‘’l’avant spectacle’’. Toutes les personnes qui patientent sont bien habillées. Plusieurs d’entre elles s’apostrophent. On parle un français châtié : « comment allez-vous cher ami ? » « Avez vous fait bon voyage ? » A travers les baies vitrées sales, on voit la rue. A cette heure là, l’activité se meurt. Des hommes sont négligemment assis sur les marches du théâtre. La plupart portent des vêtements sales. Les changeurs d’argent et les vendeurs de téléphones portables ont déserté la grande place toute proche.
Vingt heures, le concert va commencer. Une petite foule se dirige vers les places de l’orchestre. Un lourd lustre éclaire péniblement la salle. La décoration est pâle, les couleurs des peintures sont un peu fanées. Les dorures sont légèrement moisies. Il s’agit d’un vrai petit opéra en miniature. Sans doute construit au temps de la colonisation française. Des personnes se placent au 1er balcon, d’autres, dans la baignoire. Dans une ambiance très cordiale et légèrement guindée. Pas d’agitation, politesse presque exagérée.
Sur la scène, de lourd tapis ont été installés. Sur ces derniers s’installent trois femmes parées de voiles fins, bleus et brillants. Le spectacle va débuter et les applaudissements accompagnent l’entrée d’Athmane Baly. Sa profession est médecin, mais il est plus connu en tant que joueur de luth et chanteur. Il habite Djanet (sud est de l’Algérie) depuis toujours. L’artiste propose au public un voyage dans le grand sud algérien.
Lorsque la musique commence à raisonner dans le vieux théâtre, la magie opère et tout le monde est transporté vers la région du Tassilli. Au bout de quelques minutes, de nombreuses personnes frappent dans leurs mains et sont debout. Fini la bienséance de tout à l’heure ! Entre chaque morceau, Athmane Baly raconte une histoire. Le plus souvent vraies, ces anecdotes sont à la base de sa poésie. Il raconte en tamashek puis traduit en français. Silence. Ses doigts caressent les cordes du luth et nous nous retrouvons instantanément à 1500 kilomètres plus au sud. Je me pose la question : ou suis-je ? Dans un théâtre français ? A Constantine ? A Djanet ? Sensation étrange qu me poursuit jusqu’à la fin du récital.
A 22h30, les rues sont désertes et tristes. Je suis à Constantine, c’est sûr. Ce petit voyage musical était très agréable. Mais l’imagination ne me suffit pas : six heures de bus sont au programme de demain, cinq heures le surlendemain et ensuite, ce sera le grand départ pour le désert. Un vrai voyage dans l’espace. Sans musique. Le ‘’chef’’ de cette petite ‘’expédition’’ l’a certifié : il n’y a pas d’autoradio dans le 4X4. « Nous écouterons le bruit des quarts métalliques qui s’entrechoquent à chaque irrégularité du bitume » s’amuse t-il. Avec le sable, un lecteur de CD risque d’être rapidement hors d’usage.
Une journée sur la RN1
A 6h05, un soleil rouge est juste au-dessus de l’horizon. Je regarde par la baie vitrée cette ville dite « blanche » qui devient de plus en plus lumineuse. Ce lever de soleil, vu depuis le 10ème et dernier étage d’un immeuble situé sur les hauteurs d’Alger, à une saveur très particulière. Aujourd’hui, c’est cap au sud, par la transsaharienne. En 12 heures nous passerons de la mer au désert, des plages aux dunes, des champs de blé au reg…. Le soleil est mon compagnon de la matinée, il me caresse doucement le bras. Il disparaît lorsque nous passons dans les gorges de Chiffa, longues de 9 km et couvertes d’une végétation dense. La route suit le tracé de l’oued qui a creusé cette fabuleuse entaille. Le tableau serait idyllique s’il n’y avait pas tous les 200 mètres un blindé de l’armée posté là, seulement pour gâcher le paysage ! Mais la nuit, mieux vaut éviter de circuler à cet endroit.
A Médéa, nous contemplons les montagnes, les cultures parsemées de coquelicots, des forets de résineux. J’emmagasine la splendide couleur verte de ce paysage en prévision des jours à venir. Ici ou là un mirador, des maisons abandonnées : vestiges bien récents, qui ne se visitent pas.
Le soleil, toujours lui, est déjà très haut lorsque nous nous arrêtons sur le bord de la route pour manger. A l’ombre d’un arbre, tout près d’un café abandonné. Autour de nous s’étend la steppe. Des touffes d’herbe émergent du sable. Plus que quelques kilomètres et nous arriverons à Laghouat.
Cette lande morne et uniforme s’achève au village de Berriane, situé un peu avant Ghardaia. Les murs en pisé rouge, les enfants avec la peau presque noire qui jouent sur le bord de la route, les palmiers par centaines, l’eau qui ruisselle dans de petites rigoles, le sable, de plus en plus présent. Le Sud arrive, doucement mais sûrement.
Je n’aurais jamais imaginé boire du vin, assis sur une dune, derrière une église. Et pourtant, c’est ce que je suis en train de faire ! L’église est celle d’El Golea, ville situé à 900 Km au sud d’Alger. Nous fêtons notre entrée dans le désert. Les dunes sont juste derrière l’édifice religieux. Un avant goût du grand erg occidental, qui commence quelques kilomètres plus loin. Le lendemain matin, une lumière douce enveloppe l’étendue de sable, les palmiers et le clocher rougeâtre… Réveil dans un autre monde, très différent de la région d’Alger ou de la kabylie. Sommes-nous encore en Algérie ?
M’Guiden plage
Quelques minutes à s’amuser dans les premières dunes du grand erg occidental, à une trentaine de km au sud d’El Golea : voilà la seule distraction de la matinée. Maintenant, un sol jaune uniformément plat s’étend sur des kilomètres. Rien qui puisse accrocher le regard. Pas une touffe d’herbe, ni une grosse pierre. Ca n’en finit pas, les 200 kilomètres sont interminables. En outre, la route est peu fréquentée. Le silence s’est imposé dans l’habitacle de la ‘’Toy’’. Plongé dans un demi-sommeil, nous nous arrêtons en face d’un café aux portes clauses. Aujourd’hui c’est la fête de Mouloud et ce jour est férié. La présence du café nous indique que nous sommes arrivé au village de M’Guiden, situé à 215 kilomètres d’El Golea et à 130 kilomètres de Timimoun. Les habitations sont un peu éloignées de la route. Autour de deux cafés et de l’habituelle caserne, rien. Seulement le ruban de bitume qui s’étire à perte de vue. Le 2ème café est ouvert. Nous buvons un thé en regardant la décoration originale : photos de New York et de Long Island, de Dauphins, de bord de mer. Ici, la première vague est à 1000 kilomètres et il est vain de chercher l’ombre d’un arbre. Le silence règne aussi dans le café. On mange quelques gâteaux on se rafraîchit le visage avec l’eau brûlante qui coule d’un robinet placé dehors. Une fois sur la route, le policier posté au barrage, nous fait signe d’y aller après avoir vérifié de visu que nous sommes tous algériens… Timimoun n’est pas très loin. 130 kilomètres seulement, mais 130 km de vide, de plat. On peut toujours s’assoupir en rêvant à une île de Polynésie ou à une sirène...
Adrar la kabyle
Adrar est située à 1500 km au sud ouest d’Alger au milieu d’une région du Sahara dénommée le Touat.
Après avoir fait 50 km de route, nous apercevons cette ville. Un barrage de police est dressé à l’entrée de la ville. Nous passons puis longeons l’université Patrice Lumumba. Des bus garés devant la fac déversent les étudiants sur des trottoirs poussiéreux. Adrar a été construite par les français. Avant l’installation d’une caserne au début du siècle, seuls existaient des villages. Celui de Timmi, qui se trouve dorénavant dans la banlieue du chef lieu de wilaya est un village caractéristique de la région du Touat. Dans les rues tortueuses et étroites passent des rigoles destinées à l’alimentation en eau des maisons et des palmeraies. La couleur rouge des murs contraste avec le vert des palmiers ou le jaune des haïks couvrant les femmes. Dans Adrar, les rues sont larges et se coupent à angle droit. La place centrale, immense et déserte, est bétonnée. L’entrée d’un des deux marchés est l’imitation d’un mur de bordj. Quelques maisons ne sont plus que des gravats. Les pluies torrentielles tombées peu avant notre arrivée ont fait beaucoup de dégâts. Aux sorties de la ville se dressent des camps de toiles de tente ou logent des sinistrés qui ont perdu leur habitation.
Nous entrons dans un café afin d’y prendre un petit déjeuné. Ce matin, nous n’avons pu prendre qu’un maigre café, notre maison, isolée en plein désert, est privée d’eau et d’électricité suite au grand vent de sable qui a soufflé la veille. A cette heure matinale, la terrasse du café est déserte. A l’intérieur, surprise ! Dans un coin de la pièce est accrochée une photo de Lounès Matoub. Plusieurs posters à l’effigie du chanteur kabyle trônent près du comptoir ou de la télé. Le patron nous salue en kabyle. Il est venu ici il y a deux ans pour monter un café. « Avant mon arrivée, il n’y avait rien ici explique t-il. J’ai construit la terrasse, mis des fleurs et des plantes. Maintenant, c’est agréable. » Baptisé JSK2, du nom de l’équipe de foot kabyle Jeunesse Sportive de Kabylie (2 parce que la ville compte déjà un café JSK) les tables se remplissent au fur et à mesure que l’heure avance.
Après avoir bu un ‘’crème’’ (un café au lait), passage au Taxiphone d’a coté. Tiens, j’ai déjà vu cette photo quelque part… C’est encore Lounès Matoub ! Au moment de payer la communication, je regarde les cartes postales à vendre. Des cartes de Tizi Ouzou, du Djurdjura, de Bejaia. Le patron du Taxiphone vient de Kabylie lui aussi. Il m’explique les raisons de sa venue : « au Nord, tu ne trouves pas de travail et au Sud, les habitants ne savent pas tenir un commerce. Tu peux y monter ton affaire et en vivre pas trop mal. Ici, la vie est un peu moins chère qu’au Nord. »
Quelques heures plus tard, retour à la terrasse du JSK2 en compagnie de plusieurs autres ‘’expatriés’’ ayant un commerce ou une plantation dans la région. On discute de la chaleur qui, en ce début mai, commence à arriver. « Dans deux mois nous serons chez nous, sûr et certain. C’est impossible de rester ici l’été. Trop chaud, et puis, notre pays nous manque tellement… » dit l’un d’entre eux, songeur. 1500 kilomètres nous séparent des montagnes kabyles.
Comme si un autre temps surgissait
Un petit village. Quelques faibles ampoules orange éclairent ici où là les rues entièrement recouvertes de sable. On avance dans une demi obscurité, croisant des silhouettes de femmes silencieuses, ressentant le souffle d’enfants qui courent. Nous suivons Abderhamane à travers un labyrinthe fait de murs de pisé rouge. La chaleur de la journée s’est estompée. Nous passons une petite porte en fer et entrons dans un jardin. Sur le sol, entre quelques palmiers et tout prêt d’un bassin, des tapis sont installés. Nous nous déchaussons et nous asseyons. Le silence se fait. On entend l’eau couler doucement dans le bassin. Entre les feuilles des palmiers, on aperçoit les étoiles qui commencent à apparaître. La maison se trouve juste à coté, a demi enterrée dans le sol. Plus loin c’est encore le jardin. Plongé dans l’obscurité, il garde ses mystères… Le couscous se prépare, l’eau du thé va bientôt bouillir, nous sommes allongés, goûtant à ce moment de calme. On se laisse aller doucement à la rêverie. Bien être et bonheur de se retrouver dans un endroit qui semble tout droit sorti d’une légende. Un peu les mille et une nuits.
Des dattes en guise d’entrée. Abderhamane nous donne davantage de précisons sur cette maison : « elle appartient à ma belle-famille. C’est une belle maison dotée d’un grand jardin. Malheureusement pas entretenu comme il le faudrait. En revanche, nous prenons soin de cette demeure, qui appartient à la famille depuis plusieurs générations. C’est une maison de notable, elle est grande et il y a quelques dizaines d’année, c’était le grand luxe de posséder une demeure comme celle-ci. Mais tout est fragile. Certaines règles de base sont à respecter : ne pas faire de réparation ou d’agrandissement n’importe comment. Faire attention à l’usage de l’eau à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. Ne pas laisser s’abîmer les murs. Il s’agit de simples précautions. Mais elles ne sont plus respectées. Car c’est un peu contraignant. Aujourd’hui, les gens veulent avoir du temps libre. La conservation des habitations traditionnelles demande un peu de temps. Si cet entretient est bâclé, la bâtisse risque de s’effondrer au premières pluies fortes. C’est ce qui s’est passé récemment. »
Les enfants apportent le couscous dans un grand plat en bois appelé ksab. Tout le monde piochera dedans. Puis c’est au tour du thé. La nuit est devenue bien noire, les histoires liées au désert s’enchaînent. Souvenirs d’égarement, de rencontres, de trouvailles… Quelques blagues aussi, sur la religion ou le sexe. Abderhamane évoque une journée passée dans la demeure d’un homme raffiné. Celui-ci prenait le thé plusieurs fois par jour. A chaque fois dans un lieu différent défini à l’avance. C’était il y a 15 ans, et notre ôte ignore si cet homme riche et oisif est encore en vie.
Les montres sont rangées au fond de nos sacs. Ce soir, nous n’avons plus de montres, mais nous avons le temps. Les étoiles ont bougé depuis tout à l’heure : c’est un rythme qui convient bien à cet endroit.
Lorsque nous sortons du jardin, nous retrouvons la rue comme nous l’avions laissée. Une petite fête vient de se terminer et toutes les familles rentrent chez elles sans se presser.
Sur la route du retour à notre lieu de villégiature, le compteur est bloqué sur 100 km/h. Dans la lumière des phares apparaît une bicoque carrée et sans fenêtres. C’est là que nous passons nos nuits. Ceux qui choisissent de dormir à l’intérieur doivent supporter la chaleur. Ceux qui préfèrent la terrasse se préparent à supporter les hurlements des renards. Je regrette de n’être pas rester dans le jardin, quels doux rêves aurais-je pu faire !
Suite à un voyage en Algérie j’ai rédigé quelques textes relatant des épisodes de ce voyage qui m’ont particulièrement marqués.
Tout ça histoire de faire partager à d’autres voyageurs ce que j’ai vécu. Mais aussi pour donner une idée de voyage : l’Algérie est un pays magnifique et singulier. Les algériens que j’ai rencontrés sont généreux, intelligents. Différents de l’image que l’on peut en avoir ici. A ceux qui hésitent à s’y rendre, je dirais : allez-y ! C’est un pays où le voyageur est vraiment considéré comme tel.
Je voudrais remercier deux membres du forum qui m’ont aidé pour la préparation de ce voyage. Il s’agit de Sourires75 et de Camelito. Grand merci à eux.
Bonne route à tous,
guillaume
L’université populaire de Damous
Damous est une petite ville située à 130 km à l’Est d’Alger, coincée entre mer et montagnes.
A trois heures de l’après midi, nous mangeons des spaghettis avec une sauce tomate maison. Normal, notre hôte, David, est italien. « Ail et huile d’olive que j’ai ramenés d’Italie » précise t-il. Le tout accompagné de vin italien lui aussi. La porte de la petite maison est ouverte. Dehors, le soleil brille généreusement. On entend le ressac des vagues. La mer est à quelques mètres, en contrebas. Les voisins sont à une centaine de mètres, plus haut. Après le café (italien) de rigueur, nous prenons la route de Ténès afin de trouver un port ou un marché. Car nous voulons manger du poisson. Le soleil se couche, la route est sinueuse, les collines qui se jettent dans la mer sont couvertes de pins. L’eau de la mer Méditerranée est d’une belle couleur bleue. La cote des Dahras est vraiment magnifique. Après une vingtaine de km, nous trouvons un petit port, niché dans une crique. Quelques pécheurs sont assis par terre et raccommodent des filets. Leurs yeux sont braqués sur le gros 4X4 brillant et sur les trois occupants au look européen qui en sortent. Peu de paroles échangées. Les pêcheurs semblent être sur la défensive. « On croyait que c’était l’ONU » lâche l’un d’entre eux. Le commerce va mal, la région s’est dépeuplée avec les années de terrorisme. Au moment de reprendre la route de Damous, nous croisons un garde communal qui, fusil à l’épaule, marche sur un sentier, en direction des montagnes. Derrières celles-ci se trouvent la ville de Chlef, qui souffre encore d’une réputation d’insécurité.
Quelques instants plus tard, les rougets grillent. Après le rituel du café, la discussion se poursuit devant des bouteilles de vin et de bière. Thème de la soirée : pourquoi les humains ont-ils besoin de la religion ? Bouzid, kabyle ne croyant pas en Dieu expose sa thèse : « c’est parce qu’il faut aux hommes une béquille, quelque chose à quoi se raccrocher. » Kamel, le chauffeur du jour, a parcouru plus de 200 Km : il s’endort. Mohamed, le gardien de la maison, musulman mais buveur de vin, reste silencieux. David, fort de son expérience de biologiste, expose son idée : « c’est une réaction normale face à l’immensité et la complexité du monde. » La discussion s’achève avec l’explication d’un verset du coran… Notre cerveau agité par les idées et l’alcool sera bercé par le bruit des vagues qui se brisent contre les rochers. Assis devant la maison, face à la mer, on voit les lumières des gros cargos et des petites embarcations de pêche qui mouillent au large. Derrière nous, c’est la montagne et les forets de pins : leur noirceur nous donne l’impression d’être sur une île.
Le matin, odeurs d’iode et de café cohabitent dans la cuisine.
Vers Béjaia
Voilà presque trois heures que nous roulons. Nous avançons plutôt bien car la circulation est faible. Nous sommes pourtant mardi. Mais aujourd’hui c’est le 20 avril, jour du printemps berbère. Dans toute la Kabylie on commémore le 20 avril 1981. Ca tombe bien, nous sommes en Kabylie ! Il y a 23 ans, Mouloud Mammeri se voyait refuser la tenue d’une conférence à Tizi Ouzou. Des émeutes suivirent.
Aujourd’hui, quelques marches pacifiques sont prévues. Et la grève générale décrétée pour l’occasion remporte un franc succès. Depuis Bordj Ménaïel, nous ne voyons plus de commerces ouverts. Les rues de Tizi Ouzou sont désertes, tous les rideaux de fer ont été baissés. Aux endroits où les embouteillages sont (presque) perpétuels, les véhicules circulant se comptent sur les doigts d’une main. Dans les petits villages, le café ou l’épicerie restent ouverts. Mais une atmosphère de week-end flotte dans les ruelles.
Après la ville d’Azazga, la route monte et s’enfonce dans une belle forêt de chênes. Des singes sont groupés autour des véhicules garés au bord du bitume. En ce jour ‘’férié’’, beaucoup d’habitants des villes ont décidé de quitter leur appartement pour aller faire un tour dans la nature. Autant profiter de cet environnement magnifique et du beau soleil qui brille dans un ciel bleu exempt de tout nuage… La route sinueuse découvre de beaux points de vue sur de petites montagnes recouvertes de verdure. Le paysage ainsi que cette atmosphère particulière rendent le trajet très agréable.
Nous trouvons quand même un restaurant ouvert. Caché au bout d’un petit sentier poussiéreux, c’est une cabane faite de morceaux de bois plus ou moins pourris. D’ailleurs, rien n’indique qu’il s’agit d’un restaurant. Nous entrons dans ce lieu sombre dépourvu de fenêtres. Une petite dizaine d’hommes sont assis sur des chaises en plastique, en train de boire ou de manger. D’autres sont accoudés au comptoir : c’est une grande planche de bois brut sentant encore la résine. Nous saluons tout le monde et commandons de la viande et des frites. Nous sirotons une bière pendant que le patron s’affaire devant ces casseroles. Il est trois heures de l’après-midi et il n’a pas été surpris lorsque nous lui avons annoncé que nous voulions manger. C’est prêt et nous nous asseyons devant deux appétissantes assiettes. Perdu en pleine foret, à l’écart de la route, on ne soupçonne pas qu’il existe ici, un lieu convivial ou l’on mange plutôt bien. Inutile de vérifier s’il figure dans un guide touristique. Je regarde ces hommes discuter entre eux. Ils boivent de la bière ou du vin. Un vieux, aveugle, est assis juste en face de moi. Il parle fort même si tous se taisent dès qu’il ouvre la bouche. Apparemment, il raconte une histoire. L’attention se fait de plus en plus vive et le silence de plus en plus profond. Jusqu’à ce que l’assistance (sauf moi car je ne comprend pas le kabyle) éclate de rire. Un peu frustré, je demande la traduction à l’ami qui m’accompagne : « on a resservit à ce vieux un verre de vin. Quelqu’un a payé à sa place. Il est aveugle alors les gens sont sympas avec lui. Il a donc dit que cela lui faisait plaisir, mais que celui qui lui offre du vin devrait aussi le ramener chez lui, car bientôt il ne tiendrait plus debout. »
Finissant mes frites et ma bière, je regarde encore une fois ces hommes. Ils ont le regard franc et semblent heureux d’être ici, ensembles. Ce restaurant est un lieu paisible. Il y a quelques heures encore, j’étais à Alger, dans le bruit, les encombrements, la foule. On se rassemblait devant les vitrines pour admirer les nouveaux téléphones portables. On se tassait dans des bus poussifs. On s’avachissait dans les profonds fauteuils du Hilton. Alors, comment ne pas être content de respirer l’air pur et de côtoyer une autre facette de ce pays ?
Nous avons repris la route à travers la foret. Au fil des kilomètres, les villages se font de plus en plus rares. Les collines de plus en plus abruptes. Puis la route commence sa descente en lacets vers Béjaia. Au bout, on tombe sur la Méditerranée.
Quelques minutes encore et nous allons retrouver les monts des Babors, recouverts d’une végétation luxuriante, l’oued asséché. Les habitants y prennent allègrement du gravier sans se soucier des conséquences en cas de crue.
Arrivée à destination. Je prends mes quartiers dans la chambre du fils cadet. Coup d’œil par la fenêtre : toujours là les bananiers, les poules et les chèvres. Des gosses jouent sur le chemin de terre défoncé.
Désormais, je serais membre de la famille et non invité, m’a t-on prévenu. Tant mieux, je me sens un peu chez moi dans cette belle campagne.
Soirée d’adieux
Ce soir, je dois passer chez Hicham pour récupérer mon sac. Je dormirais chez Amine, qui habite tout près de la gare routière. Demain matin, une fois sorti du lit, je serais dans le bus pour Constantine.
Je monte rapidement à l’étage de la grande maison pour prendre mes affaires. Je me rappelle la soirée d’hier, passée dans cette chambre. Après avoir parlé littérature française avec Mouloud (le père), Yassine (un des fils) a joué de la mandole accompagné de Karim (un cousin de Yassine) à la derbouka. Au programme, des chansons kabyles et du chaabi.
Fini les songes, il faut y aller. Mon barda est jeté dans le coffre de la 206. Je salut Mouloud, Yassine et Souad (une des filles), les remercie pour l’hébergement, les repas etc... Mais Hicham, qui doit me « taxier » jusque chez mon nouvel hôte, ne se décide pas à partir. Qu’est-ce qu’il attend ? La mère vient me dire au revoir, puis c’est la petite Nawel (la cadette) qui est là avec un grand sourire. Quelques minutes encore à rester planté devant la maison et je m’aperçois que toute la famille est réunie sur le seuil de porte pour me faire ses adieux. Tous ont l’air triste de me voir partir. Je ne peux pas longtemps résister : j’ai le cœur gros et les larmes qui montent, inexorablement. Pourtant, je ne peux pas rester éternellement à Béjaia ! Je suis là pour voyager, pas pour m’encroûter ! Mais devant tous ces yeux tournés vers moi, je me demande pourquoi je vais à Constantine. Encore des poignées de mains. Prenant un air solennel, Mouloud m’assure que j’ai une deuxième famille ici et que je peux revenir quand je veux. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?
Dix minutes après, je suis dans une autre famille. La maîtresse de maison a préparé un succulent couscous et veut que je mange, que je mange encore et encore.
Son fils Amine m’amènera à la gare routière le lendemain, à six heures du matin. Le souvenir de tous les visages aperçus la veille m’accompagnera pendant tout le long voyage en bus. Ils m’accompagnent encore aujourd’hui …
Où suis-je ?
Dans le hall du théâtre, l’ambiance est celle de ‘’l’avant spectacle’’. Toutes les personnes qui patientent sont bien habillées. Plusieurs d’entre elles s’apostrophent. On parle un français châtié : « comment allez-vous cher ami ? » « Avez vous fait bon voyage ? » A travers les baies vitrées sales, on voit la rue. A cette heure là, l’activité se meurt. Des hommes sont négligemment assis sur les marches du théâtre. La plupart portent des vêtements sales. Les changeurs d’argent et les vendeurs de téléphones portables ont déserté la grande place toute proche.
Vingt heures, le concert va commencer. Une petite foule se dirige vers les places de l’orchestre. Un lourd lustre éclaire péniblement la salle. La décoration est pâle, les couleurs des peintures sont un peu fanées. Les dorures sont légèrement moisies. Il s’agit d’un vrai petit opéra en miniature. Sans doute construit au temps de la colonisation française. Des personnes se placent au 1er balcon, d’autres, dans la baignoire. Dans une ambiance très cordiale et légèrement guindée. Pas d’agitation, politesse presque exagérée.
Sur la scène, de lourd tapis ont été installés. Sur ces derniers s’installent trois femmes parées de voiles fins, bleus et brillants. Le spectacle va débuter et les applaudissements accompagnent l’entrée d’Athmane Baly. Sa profession est médecin, mais il est plus connu en tant que joueur de luth et chanteur. Il habite Djanet (sud est de l’Algérie) depuis toujours. L’artiste propose au public un voyage dans le grand sud algérien.
Lorsque la musique commence à raisonner dans le vieux théâtre, la magie opère et tout le monde est transporté vers la région du Tassilli. Au bout de quelques minutes, de nombreuses personnes frappent dans leurs mains et sont debout. Fini la bienséance de tout à l’heure ! Entre chaque morceau, Athmane Baly raconte une histoire. Le plus souvent vraies, ces anecdotes sont à la base de sa poésie. Il raconte en tamashek puis traduit en français. Silence. Ses doigts caressent les cordes du luth et nous nous retrouvons instantanément à 1500 kilomètres plus au sud. Je me pose la question : ou suis-je ? Dans un théâtre français ? A Constantine ? A Djanet ? Sensation étrange qu me poursuit jusqu’à la fin du récital.
A 22h30, les rues sont désertes et tristes. Je suis à Constantine, c’est sûr. Ce petit voyage musical était très agréable. Mais l’imagination ne me suffit pas : six heures de bus sont au programme de demain, cinq heures le surlendemain et ensuite, ce sera le grand départ pour le désert. Un vrai voyage dans l’espace. Sans musique. Le ‘’chef’’ de cette petite ‘’expédition’’ l’a certifié : il n’y a pas d’autoradio dans le 4X4. « Nous écouterons le bruit des quarts métalliques qui s’entrechoquent à chaque irrégularité du bitume » s’amuse t-il. Avec le sable, un lecteur de CD risque d’être rapidement hors d’usage.
Une journée sur la RN1
A 6h05, un soleil rouge est juste au-dessus de l’horizon. Je regarde par la baie vitrée cette ville dite « blanche » qui devient de plus en plus lumineuse. Ce lever de soleil, vu depuis le 10ème et dernier étage d’un immeuble situé sur les hauteurs d’Alger, à une saveur très particulière. Aujourd’hui, c’est cap au sud, par la transsaharienne. En 12 heures nous passerons de la mer au désert, des plages aux dunes, des champs de blé au reg…. Le soleil est mon compagnon de la matinée, il me caresse doucement le bras. Il disparaît lorsque nous passons dans les gorges de Chiffa, longues de 9 km et couvertes d’une végétation dense. La route suit le tracé de l’oued qui a creusé cette fabuleuse entaille. Le tableau serait idyllique s’il n’y avait pas tous les 200 mètres un blindé de l’armée posté là, seulement pour gâcher le paysage ! Mais la nuit, mieux vaut éviter de circuler à cet endroit.
A Médéa, nous contemplons les montagnes, les cultures parsemées de coquelicots, des forets de résineux. J’emmagasine la splendide couleur verte de ce paysage en prévision des jours à venir. Ici ou là un mirador, des maisons abandonnées : vestiges bien récents, qui ne se visitent pas.
Le soleil, toujours lui, est déjà très haut lorsque nous nous arrêtons sur le bord de la route pour manger. A l’ombre d’un arbre, tout près d’un café abandonné. Autour de nous s’étend la steppe. Des touffes d’herbe émergent du sable. Plus que quelques kilomètres et nous arriverons à Laghouat.
Cette lande morne et uniforme s’achève au village de Berriane, situé un peu avant Ghardaia. Les murs en pisé rouge, les enfants avec la peau presque noire qui jouent sur le bord de la route, les palmiers par centaines, l’eau qui ruisselle dans de petites rigoles, le sable, de plus en plus présent. Le Sud arrive, doucement mais sûrement.
Je n’aurais jamais imaginé boire du vin, assis sur une dune, derrière une église. Et pourtant, c’est ce que je suis en train de faire ! L’église est celle d’El Golea, ville situé à 900 Km au sud d’Alger. Nous fêtons notre entrée dans le désert. Les dunes sont juste derrière l’édifice religieux. Un avant goût du grand erg occidental, qui commence quelques kilomètres plus loin. Le lendemain matin, une lumière douce enveloppe l’étendue de sable, les palmiers et le clocher rougeâtre… Réveil dans un autre monde, très différent de la région d’Alger ou de la kabylie. Sommes-nous encore en Algérie ?
M’Guiden plage
Quelques minutes à s’amuser dans les premières dunes du grand erg occidental, à une trentaine de km au sud d’El Golea : voilà la seule distraction de la matinée. Maintenant, un sol jaune uniformément plat s’étend sur des kilomètres. Rien qui puisse accrocher le regard. Pas une touffe d’herbe, ni une grosse pierre. Ca n’en finit pas, les 200 kilomètres sont interminables. En outre, la route est peu fréquentée. Le silence s’est imposé dans l’habitacle de la ‘’Toy’’. Plongé dans un demi-sommeil, nous nous arrêtons en face d’un café aux portes clauses. Aujourd’hui c’est la fête de Mouloud et ce jour est férié. La présence du café nous indique que nous sommes arrivé au village de M’Guiden, situé à 215 kilomètres d’El Golea et à 130 kilomètres de Timimoun. Les habitations sont un peu éloignées de la route. Autour de deux cafés et de l’habituelle caserne, rien. Seulement le ruban de bitume qui s’étire à perte de vue. Le 2ème café est ouvert. Nous buvons un thé en regardant la décoration originale : photos de New York et de Long Island, de Dauphins, de bord de mer. Ici, la première vague est à 1000 kilomètres et il est vain de chercher l’ombre d’un arbre. Le silence règne aussi dans le café. On mange quelques gâteaux on se rafraîchit le visage avec l’eau brûlante qui coule d’un robinet placé dehors. Une fois sur la route, le policier posté au barrage, nous fait signe d’y aller après avoir vérifié de visu que nous sommes tous algériens… Timimoun n’est pas très loin. 130 kilomètres seulement, mais 130 km de vide, de plat. On peut toujours s’assoupir en rêvant à une île de Polynésie ou à une sirène...
Adrar la kabyle
Adrar est située à 1500 km au sud ouest d’Alger au milieu d’une région du Sahara dénommée le Touat.
Après avoir fait 50 km de route, nous apercevons cette ville. Un barrage de police est dressé à l’entrée de la ville. Nous passons puis longeons l’université Patrice Lumumba. Des bus garés devant la fac déversent les étudiants sur des trottoirs poussiéreux. Adrar a été construite par les français. Avant l’installation d’une caserne au début du siècle, seuls existaient des villages. Celui de Timmi, qui se trouve dorénavant dans la banlieue du chef lieu de wilaya est un village caractéristique de la région du Touat. Dans les rues tortueuses et étroites passent des rigoles destinées à l’alimentation en eau des maisons et des palmeraies. La couleur rouge des murs contraste avec le vert des palmiers ou le jaune des haïks couvrant les femmes. Dans Adrar, les rues sont larges et se coupent à angle droit. La place centrale, immense et déserte, est bétonnée. L’entrée d’un des deux marchés est l’imitation d’un mur de bordj. Quelques maisons ne sont plus que des gravats. Les pluies torrentielles tombées peu avant notre arrivée ont fait beaucoup de dégâts. Aux sorties de la ville se dressent des camps de toiles de tente ou logent des sinistrés qui ont perdu leur habitation.
Nous entrons dans un café afin d’y prendre un petit déjeuné. Ce matin, nous n’avons pu prendre qu’un maigre café, notre maison, isolée en plein désert, est privée d’eau et d’électricité suite au grand vent de sable qui a soufflé la veille. A cette heure matinale, la terrasse du café est déserte. A l’intérieur, surprise ! Dans un coin de la pièce est accrochée une photo de Lounès Matoub. Plusieurs posters à l’effigie du chanteur kabyle trônent près du comptoir ou de la télé. Le patron nous salue en kabyle. Il est venu ici il y a deux ans pour monter un café. « Avant mon arrivée, il n’y avait rien ici explique t-il. J’ai construit la terrasse, mis des fleurs et des plantes. Maintenant, c’est agréable. » Baptisé JSK2, du nom de l’équipe de foot kabyle Jeunesse Sportive de Kabylie (2 parce que la ville compte déjà un café JSK) les tables se remplissent au fur et à mesure que l’heure avance.
Après avoir bu un ‘’crème’’ (un café au lait), passage au Taxiphone d’a coté. Tiens, j’ai déjà vu cette photo quelque part… C’est encore Lounès Matoub ! Au moment de payer la communication, je regarde les cartes postales à vendre. Des cartes de Tizi Ouzou, du Djurdjura, de Bejaia. Le patron du Taxiphone vient de Kabylie lui aussi. Il m’explique les raisons de sa venue : « au Nord, tu ne trouves pas de travail et au Sud, les habitants ne savent pas tenir un commerce. Tu peux y monter ton affaire et en vivre pas trop mal. Ici, la vie est un peu moins chère qu’au Nord. »
Quelques heures plus tard, retour à la terrasse du JSK2 en compagnie de plusieurs autres ‘’expatriés’’ ayant un commerce ou une plantation dans la région. On discute de la chaleur qui, en ce début mai, commence à arriver. « Dans deux mois nous serons chez nous, sûr et certain. C’est impossible de rester ici l’été. Trop chaud, et puis, notre pays nous manque tellement… » dit l’un d’entre eux, songeur. 1500 kilomètres nous séparent des montagnes kabyles.
Comme si un autre temps surgissait
Un petit village. Quelques faibles ampoules orange éclairent ici où là les rues entièrement recouvertes de sable. On avance dans une demi obscurité, croisant des silhouettes de femmes silencieuses, ressentant le souffle d’enfants qui courent. Nous suivons Abderhamane à travers un labyrinthe fait de murs de pisé rouge. La chaleur de la journée s’est estompée. Nous passons une petite porte en fer et entrons dans un jardin. Sur le sol, entre quelques palmiers et tout prêt d’un bassin, des tapis sont installés. Nous nous déchaussons et nous asseyons. Le silence se fait. On entend l’eau couler doucement dans le bassin. Entre les feuilles des palmiers, on aperçoit les étoiles qui commencent à apparaître. La maison se trouve juste à coté, a demi enterrée dans le sol. Plus loin c’est encore le jardin. Plongé dans l’obscurité, il garde ses mystères… Le couscous se prépare, l’eau du thé va bientôt bouillir, nous sommes allongés, goûtant à ce moment de calme. On se laisse aller doucement à la rêverie. Bien être et bonheur de se retrouver dans un endroit qui semble tout droit sorti d’une légende. Un peu les mille et une nuits.
Des dattes en guise d’entrée. Abderhamane nous donne davantage de précisons sur cette maison : « elle appartient à ma belle-famille. C’est une belle maison dotée d’un grand jardin. Malheureusement pas entretenu comme il le faudrait. En revanche, nous prenons soin de cette demeure, qui appartient à la famille depuis plusieurs générations. C’est une maison de notable, elle est grande et il y a quelques dizaines d’année, c’était le grand luxe de posséder une demeure comme celle-ci. Mais tout est fragile. Certaines règles de base sont à respecter : ne pas faire de réparation ou d’agrandissement n’importe comment. Faire attention à l’usage de l’eau à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. Ne pas laisser s’abîmer les murs. Il s’agit de simples précautions. Mais elles ne sont plus respectées. Car c’est un peu contraignant. Aujourd’hui, les gens veulent avoir du temps libre. La conservation des habitations traditionnelles demande un peu de temps. Si cet entretient est bâclé, la bâtisse risque de s’effondrer au premières pluies fortes. C’est ce qui s’est passé récemment. »
Les enfants apportent le couscous dans un grand plat en bois appelé ksab. Tout le monde piochera dedans. Puis c’est au tour du thé. La nuit est devenue bien noire, les histoires liées au désert s’enchaînent. Souvenirs d’égarement, de rencontres, de trouvailles… Quelques blagues aussi, sur la religion ou le sexe. Abderhamane évoque une journée passée dans la demeure d’un homme raffiné. Celui-ci prenait le thé plusieurs fois par jour. A chaque fois dans un lieu différent défini à l’avance. C’était il y a 15 ans, et notre ôte ignore si cet homme riche et oisif est encore en vie.
Les montres sont rangées au fond de nos sacs. Ce soir, nous n’avons plus de montres, mais nous avons le temps. Les étoiles ont bougé depuis tout à l’heure : c’est un rythme qui convient bien à cet endroit.
Lorsque nous sortons du jardin, nous retrouvons la rue comme nous l’avions laissée. Une petite fête vient de se terminer et toutes les familles rentrent chez elles sans se presser.
Sur la route du retour à notre lieu de villégiature, le compteur est bloqué sur 100 km/h. Dans la lumière des phares apparaît une bicoque carrée et sans fenêtres. C’est là que nous passons nos nuits. Ceux qui choisissent de dormir à l’intérieur doivent supporter la chaleur. Ceux qui préfèrent la terrasse se préparent à supporter les hurlements des renards. Je regrette de n’être pas rester dans le jardin, quels doux rêves aurais-je pu faire !
Conseils sur voyage au Portugal English translation pending
hello! je projete de partir au portugal cet été en voiture avec des copines. quels coins st sympas a voir? y'a t-il des campings pas tro cher aux alentours de porto et lisbonne? quelques conseils et experiences a me faire partager?
Looking for recent info on Kalimantan
Hi,
On September 1st, we're heading to Kalimantan for six weeks, probably from Pontianak to the Derawan Islands.
I've scoured this site, which is usually my go-to 😉, and others like VoyageForum, but recent info is pretty scarce.
I'd love any tips on places you've visited—our itinerary is still a work in progress.
We're two couples traveling with backpacks, using buses, boats, guesthouses, and homestays.
Thanks in advance!
3 weeks in Laos, stress-free
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions... So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted. Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some! Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.

In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to. From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km! Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites. We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized. We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line! At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris. You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter. To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
A whimsical taste of coming back!
I left my heart’s country eight days ago and returned to my adopted one—or was it the other way around? Scotland-Morvan, Morvan-Scotland, I’m not quite sure anymore.
After a quarter without dragging my slippers around here, even though I’d loudly declared I had no interest left in this site, here I am again!
My imagination never stays fallow for long. Just enough time for my inner land to rest. It gets overgrown with fresh nettles, the kind you can pick without getting stung. Then, it’s time to till the fragrant earth and let the story grow.
I hesitated over where to set this story. Maybe the Highlands, maybe the Hebrides, maybe the Orkney Islands, maybe the Shetland Islands. All of Scotland is myth—easy to embroider. But in the end, no. I’d almost be too afraid to bare my soul.
The story will take place at home. Simple, practical.
1)
This morning, I was up well before dawn, feeling a bit grumpy, but nothing a bowl of coffee won’t fix. I love my bowl, and no one dares take it. It’s porcelain, edged with intertwined blue flowers. On the bottom, it says "Revol." The factory has existed long before the Revolution. It was my great-grandmother’s bowl. She drank roasted barley from it during the war, then her Leroux chicory.
Last year, a little guy dropped it. My bowl broke into three pieces. A black anger vibrated deep inside me. The little boy was so upset, on the verge of tears. How could I scold him!
I picked up the three pieces and took Little Boy in my arms. His hair smelled of the light, sweet sweat of toddlers. A gentle hug that healed—his budding sorrow and my anger—everything vanished, and time carried on.
Today, my bowl is even prettier. Man fixed it using the traditional kintsugi technique, except he didn’t use gold powder or lacquer but superglue, and he delicately painted the cracks with woad blue. And my bowl is even more beautiful now.
I’m lingering, I can tell—it’s just that a story wraps itself in life, and life can’t be told in the snap of a finger. Life is long. Like in architecture, you start with a rough sketch, called a "sous-cul" (the initial pencil drawing), then you make a tracing, which is the work itself, the one you later carefully roll up in a wooden tube. Life is like that: you erase, you start over, you use the nub of the pencil until it’s tiny, but you keep going—dreaming, loving.
"Living is a full-time occupation, a unique adventure. Always a surprise and a wonder, which sometimes turns into astonishment. And, from time to time, happiness."*
Alright, enough digressing—this introduction is definitely too long. Tomorrow, I’ll get to the heart of the matter. (I hate that expression; it feels like I’m cutting into someone’s skin.)
*Jean d’Ormesson
2)

After a quarter without dragging my slippers around here, even though I’d loudly declared I had no interest left in this site, here I am again!
My imagination never stays fallow for long. Just enough time for my inner land to rest. It gets overgrown with fresh nettles, the kind you can pick without getting stung. Then, it’s time to till the fragrant earth and let the story grow.
I hesitated over where to set this story. Maybe the Highlands, maybe the Hebrides, maybe the Orkney Islands, maybe the Shetland Islands. All of Scotland is myth—easy to embroider. But in the end, no. I’d almost be too afraid to bare my soul.
The story will take place at home. Simple, practical.
1)
This morning, I was up well before dawn, feeling a bit grumpy, but nothing a bowl of coffee won’t fix. I love my bowl, and no one dares take it. It’s porcelain, edged with intertwined blue flowers. On the bottom, it says "Revol." The factory has existed long before the Revolution. It was my great-grandmother’s bowl. She drank roasted barley from it during the war, then her Leroux chicory.
Last year, a little guy dropped it. My bowl broke into three pieces. A black anger vibrated deep inside me. The little boy was so upset, on the verge of tears. How could I scold him!
I picked up the three pieces and took Little Boy in my arms. His hair smelled of the light, sweet sweat of toddlers. A gentle hug that healed—his budding sorrow and my anger—everything vanished, and time carried on.
Today, my bowl is even prettier. Man fixed it using the traditional kintsugi technique, except he didn’t use gold powder or lacquer but superglue, and he delicately painted the cracks with woad blue. And my bowl is even more beautiful now.
I’m lingering, I can tell—it’s just that a story wraps itself in life, and life can’t be told in the snap of a finger. Life is long. Like in architecture, you start with a rough sketch, called a "sous-cul" (the initial pencil drawing), then you make a tracing, which is the work itself, the one you later carefully roll up in a wooden tube. Life is like that: you erase, you start over, you use the nub of the pencil until it’s tiny, but you keep going—dreaming, loving.
"Living is a full-time occupation, a unique adventure. Always a surprise and a wonder, which sometimes turns into astonishment. And, from time to time, happiness."*
Alright, enough digressing—this introduction is definitely too long. Tomorrow, I’ll get to the heart of the matter. (I hate that expression; it feels like I’m cutting into someone’s skin.)
*Jean d’Ormesson
2)

Off on an adventure in Sri Lanka
Day 1 – December 6
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
Requirements for travel to Russia and Mongolia
Hi there,
I’m planning a trip to Russia and Mongolia, starting from France.
Crossing the border at Poland/Belarus or Georgia/Russia—other borders seem either closed or complicated.
Tourist visas for 3 months with multiple entries.
Do you have any info on Russian companies that cover a 4x4 vehicle for 3 months, and what prices in rubles or euros you’ve paid?
Which bank did you use for expenses? (EuroMastercard and Visa cards no longer work.)
Regarding Russian SIM cards, a new system called "Gosuslugi" has been introduced. How long did it take you to get one, and what steps did you follow?
Thanks
Which bank did you use for expenses? (EuroMastercard and Visa cards no longer work.)
Regarding Russian SIM cards, a new system called "Gosuslugi" has been introduced. How long did it take you to get one, and what steps did you follow?
Thanks
Kattegat Tour and Norway’s Majestic Fjords – 32 Days (Denmark, Sweden, Norway)
Kattegat isn’t just the name of the village in the TV series *Vikings*—it’s also the stretch of water separating Denmark from Sweden... the sea, basically! And further north, you’ve got Norway and its fjords!
Originally, I’d planned to just do a loop around Kattegat, with the *Under* restaurant in Lindesnes as our anniversary treat... but along the way, we thought, why not "push" a little further north, keeping an eye on the budget since we’d chosen to travel by car in June 2025 through Scandinavia.

Why by car when most travelers opt for a camper van, while others prefer the comfort of cruises? Well, because we don’t own a camper van, renting one is pricey, and then you’ve got to add fuel costs (those things guzzle gas!), ferry fees, and other "tolls." All things considered, we went for mostly rentals—especially since there were four of us at the start of the trip. We spent the first week in Denmark with our daughter and son-in-law. Then they flew back to Belgium, and we continued our adventure as a couple. For accommodation, we mainly booked Airbnb apartments, which helped keep costs down and, most importantly, let us prepare our own meals (diet, diet!). In this travel journal, you’ll discover (or rediscover, for those who followed my older ones) our unbridled love for theme parks, museums, unique experiences, and—especially in Denmark—Legos! Unfortunately, we didn’t do any hikes this year because the unpredictable weather had made the trails slippery, and since I’d already taken three tumbles during the trip, I didn’t want to risk another! In the end, we traveled for 32 days, covered 6,200 km, and most importantly, discovered the charming country of Denmark, marveled at Norway’s breathtaking fjords—all without suffering the heatwave that hit France and Belgium that June! If you’ve got any questions, don’t hesitate to ask!

Why by car when most travelers opt for a camper van, while others prefer the comfort of cruises? Well, because we don’t own a camper van, renting one is pricey, and then you’ve got to add fuel costs (those things guzzle gas!), ferry fees, and other "tolls." All things considered, we went for mostly rentals—especially since there were four of us at the start of the trip. We spent the first week in Denmark with our daughter and son-in-law. Then they flew back to Belgium, and we continued our adventure as a couple. For accommodation, we mainly booked Airbnb apartments, which helped keep costs down and, most importantly, let us prepare our own meals (diet, diet!). In this travel journal, you’ll discover (or rediscover, for those who followed my older ones) our unbridled love for theme parks, museums, unique experiences, and—especially in Denmark—Legos! Unfortunately, we didn’t do any hikes this year because the unpredictable weather had made the trails slippery, and since I’d already taken three tumbles during the trip, I didn’t want to risk another! In the end, we traveled for 32 days, covered 6,200 km, and most importantly, discovered the charming country of Denmark, marveled at Norway’s breathtaking fjords—all without suffering the heatwave that hit France and Belgium that June! If you’ve got any questions, don’t hesitate to ask!

From Bangkok to Krabi, Thailand by Car!
This first trip of 2025 will have the taste of Asia.
More precisely, Thailand!
It’s not my first time—I’ve often traveled across Southeast Asia between 2000 and 2015. (This travel journal, for example...)
But it’ll be my partner’s first steps in this part of the world.
The itinerary we’ve chosen will alternate between familiar sights for me and new discoveries for both of us.
I’ll get to see how the country has changed in 20 years—and what’s stayed the same!
We were torn between the north and the south of the kingdom. Fears of smoke from slash-and-burn farming and a desire to relax on the sand tipped the scales toward the south...
What if we rented a car?
I think driving in sprawling Bangkok would be a bit ambitious, so we’ll only book our vehicle from Hua Hin to return it in Surat Thani.
Other transportation will range from tuk-tuks to overnight trains and ride-hailing services.
And of course, the plane!
I’d love to travel from Auvergne to Bangkok by road, but 15 days wouldn’t be enough...
Plus, the current geopolitical situation isn’t exactly favorable...
So, once again, we’ll be stuck for hours in the less-than-comfortable economy class of Qatar Airways.
The arrival time was on schedule, entry formalities were quick, and all our luggage made it.
We left Lyon in wind and cold—now we’re breathing in the warm, humid air of กรุงเทพมหานคร.
To reach our hotel, we first took the metro, which dropped us off in the city center in about 30 minutes for the incredible price of 1.18 €.
A few taps on the GRAB app, and we booked a ride-hailing service for the last few kilometers.
We waited a while for our driver due to insane traffic in the area, but once in the 4x4, we were at our lodging in no time.
We chose this small hotel for its riverside location, tranquility, and price.
It’ll do the job perfectly—the only downside is the weak breakfast.
The room is inviting, and we collapse onto the bed for a well-deserved short nap.
Wake-up call in an hour for our first visits!
See you soon...

More precisely, Thailand!
It’s not my first time—I’ve often traveled across Southeast Asia between 2000 and 2015. (This travel journal, for example...)
But it’ll be my partner’s first steps in this part of the world.
The itinerary we’ve chosen will alternate between familiar sights for me and new discoveries for both of us.
I’ll get to see how the country has changed in 20 years—and what’s stayed the same!
We were torn between the north and the south of the kingdom. Fears of smoke from slash-and-burn farming and a desire to relax on the sand tipped the scales toward the south...
What if we rented a car?
I think driving in sprawling Bangkok would be a bit ambitious, so we’ll only book our vehicle from Hua Hin to return it in Surat Thani.
Other transportation will range from tuk-tuks to overnight trains and ride-hailing services.
And of course, the plane!
I’d love to travel from Auvergne to Bangkok by road, but 15 days wouldn’t be enough...
Plus, the current geopolitical situation isn’t exactly favorable...
So, once again, we’ll be stuck for hours in the less-than-comfortable economy class of Qatar Airways.
The arrival time was on schedule, entry formalities were quick, and all our luggage made it.
We left Lyon in wind and cold—now we’re breathing in the warm, humid air of กรุงเทพมหานคร.
To reach our hotel, we first took the metro, which dropped us off in the city center in about 30 minutes for the incredible price of 1.18 €.
A few taps on the GRAB app, and we booked a ride-hailing service for the last few kilometers.
We waited a while for our driver due to insane traffic in the area, but once in the 4x4, we were at our lodging in no time.
We chose this small hotel for its riverside location, tranquility, and price.
It’ll do the job perfectly—the only downside is the weak breakfast.
The room is inviting, and we collapse onto the bed for a well-deserved short nap.
Wake-up call in an hour for our first visits!
See you soon...
