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Vos impressions sur le Cambodge? English translation pending
Je reviens d'un mois en Birmanie, sac à dos, ghest houses mini prix, à suivre ma routarde de fille. (elle voyage 1 an la veinarde !)
Trop bien ! Je ne parle pas de politique (nous avons eues qq aperçus désagréables), mais du peuple, des contacts, des aventures de transport (train incroyable, bus, mini bus bondés, trishaw, moto...), de notre guide pour le treck ...
Par contre, j'ai passé 10 jours au Cambodge (un peu court, mais c'est la faute de Bangkok !!!) . Bien sûr, Ankor est magnifique. Bien sûr, Phnom Penh est super interessant, mais j'ai moins aimé le contact avec la population, du moins la population avec laquelle nous devions avoir un rapport commercial.
J'aimerais avoir votre avis car je ne veux pas rester sur une mauvaise impression, n'étant pas restée suffisemment longtemps pour arrèter mon jugement. Merci de me répondre. Amitiés MF
Trop bien ! Je ne parle pas de politique (nous avons eues qq aperçus désagréables), mais du peuple, des contacts, des aventures de transport (train incroyable, bus, mini bus bondés, trishaw, moto...), de notre guide pour le treck ...
Par contre, j'ai passé 10 jours au Cambodge (un peu court, mais c'est la faute de Bangkok !!!) . Bien sûr, Ankor est magnifique. Bien sûr, Phnom Penh est super interessant, mais j'ai moins aimé le contact avec la population, du moins la population avec laquelle nous devions avoir un rapport commercial.
J'aimerais avoir votre avis car je ne veux pas rester sur une mauvaise impression, n'étant pas restée suffisemment longtemps pour arrèter mon jugement. Merci de me répondre. Amitiés MF
Travailler et voyager English translation pending
bonjour ! alors depuis quelques temps je me pose une question...sans doute tres bête mais voilà...
je suis étudiante et ayant presque 4 mois de vacances l'été ( ça a du bon la vie etudiante !!!) je peux facilement partir 6-7 semaines en voyage puis bosser le reste des vacances.
Mais voilà je me demandais donc...une fois qu'on est plus étudiant, qu'on a trouvé du boulot, qu'on a un salaire qui permet de voyager...où trouve t'on le temps de voyager? Car avec les cinq semaines de congés payés par an, admettons que l'on prenne une semaine à Noel, une semaine à fevrier ou Paques ça laisse seulement trois semaines l'été! Trois semaines, c'est peu pour vraiment découvrir un pays non??
alors je me suis toujours dit que une fois mes études finies je ne pourais plus voyager comme maintenant, ça ne sera que des petits voyages...
mais quand je lis vos posts je me rend compte que si, c'est possible de voyager tout en travaillant...alors question: comment faites vous? vous partez juste genre 2-3 semaines l'été en étant un peu frustré parce que c'est trop court, vous partez 5 semaines l'été en bossant comme des dingues le reste de l'année... ou vs avez des boulots qui vs permettent d'avoir plus de vacances?
voilà bon c'est sans doute une question un peu stupide néanmoins si vous pouviez m'éclairer un peu sur comment concilier "vie active" et voyages ben merci ...🙂
Itinéraire de deux semaines au Brésil fin janvier: Rio de Janeiro - Ilha Grande - Florianpolis English translation pending
Je pars dans 4 semaines j'arrive à RIO j'irai très certainement à Ilha Grande et mon voyage se terminera à floripa,
mais es ce que tu conseilles Ilha Grande pour un jeune celibataire? est il facile de trouver des endroits frequenter par des backpackers ou des routards? un budget de 50 € par jour semble ok j'ai deja pas bcp voyage mais je n'arrive pas à me faire une idée du budget
Merci de votre aide
Bruxelles
S'expatrier dans la région de Tidikelt ou Tam en Algérie: travail, logement? English translation pending
bonjour à tous,
je souhaiterais m'expatrier en algérie dans la région de tidikelt ou tam, j'aurais donc besoin d'informations sur le travail sur place (humanitaire ou social j'ai un diplôme, même aide aux guides touristiques parlant allemand et anglais).ainsi que d'informations sur le logement, sachant que je ne peux aller ni chez des particuliers, ni auberge de jeunesse, j'aurais besoin de mon propre logement.
je recherche donc toutes les infos necessaires à la réalisation de ce projet.
d'avance merci😉
Ce que vous n'avez pas aimé à Madagascar English translation pending
moi je n'ai pas aimer l'augmentation du visas et le rhum a la mangue😠😠😠
Idée de destination pour huit jours aux Etats-Unis? English translation pending
Bonjour cher amis de la communauté vf...
Voilà, j 'envisage de me rendre aux Etats unis pour 8 jours, fin fevrier 2009! Le pti hic, c'est que je n'ai aucune idée de la ville, ni même de l "Etat ou me rendre... Malgré mes recherches je ne trouve pas veritablement d avis pouvant satifaire ma question... Voila pourquoi ja solicite votre aide.... Je pars seul, pour une une grosse semaine donc... Si vous avez des conseils, je les attends.. merci a tous
Jerem
Voilà, j 'envisage de me rendre aux Etats unis pour 8 jours, fin fevrier 2009! Le pti hic, c'est que je n'ai aucune idée de la ville, ni même de l "Etat ou me rendre... Malgré mes recherches je ne trouve pas veritablement d avis pouvant satifaire ma question... Voila pourquoi ja solicite votre aide.... Je pars seul, pour une une grosse semaine donc... Si vous avez des conseils, je les attends.. merci a tous
Jerem
Surclassement en classe affaires chez Air France? English translation pending
bonjour, comment peux t on être surclassé à l'embarquement en affaires sur air france, outre le fait qu'il faut de la disponibilité, est-ce selon le statut FB ou à la tête du client, faut-il le demander à l'enregistrement
merci
La situation du tourisme en Birmanie English translation pending
Bonjour,
Je viens de fini, touner le pays, hier.La situation est vraiment terrible pour les gens qui travaillent pour le torisme.
C'est la saison touristique ici, mais pas bc de tourists sur place, comme les sites majeurs, Mandalay, bagan, le lac inlay.
A cause de la manque des clients, les vols ne peuvent pas partir regulierement et a cause d'irregularite de vols, les tourists n'ont pas choisi certains sites.C'est comme un cycle.
Les gens attendent les etrangers, pour gagner la vie, pour travailler!
Les grandes hotels, manquent des clients, les restaurants vides, attendent patiemmement les gens.
Le jour ou je suis alle a Mandalay, il n'y avait que trois etrangers dans l'avion (c'est en 4 decembre).
Pour le lac inlay, il n'y avait quelque vingtaine des pirogues(pour les tourists) qui circulent.
A Bagan, les terrases des pagodes sont libres, normalement, avec groupes des tourists qui attendent le coucher du soleil.
Voila la situation actuelle du tourisme ici.
Merci d'avance pour vos suggestion,
cordialement,
zaw naing tun
Amour de voyage, amour de passage...? English translation pending
Comme un certain nombre d'entre vous je suppose, ce n'est pas la première fois que je "craque", quand je suis libre et disponible, pour une personne rencontrée en voyage, avec qui j'ai beaucoup parlé, sympatisé, et qui ressent une attirance pour moi.Si elle est empreinte de tendresse, la rencontre devient parfois charnelle. Parfois décevante, parfois passionnée, c'est la vie! Je m'autorise cette liberté et en meme temps je suis pleine de questions à ce sujet..bien sur, celà aggrave le "syndrome du retour", à quoi bon se faire souffrir et etre à l'origine de la meme souffrance chez l'autre ? Vaut il mieux vivre intensément un élan que l'on sait "à durée déterminée" ou se l'interdire à chaque fois.? Parfois je me dis que j'étais trop sage quand j'étais très jeune, que je n'ai pas assez saisi ces occasions, et maintenant je me demande si la balance est bien équilibrée entre le bonheur du moment et la "facture" après..Quant à rester en contact et retourner sur place, ou inviter un bref moment la personne chez soi, il me semble que ça prolonge les dégats..? Quel type d'état d'esprit faut il pour pouvoir vivre celà sans masochisme..? Cynisme ? Simple détachement ? Regard vers la non permanence chère aux bouddhistes ? Merci de partager votre vécu dans ce domaine.
De retour de Thaïlande avec l'avion du gouvernement English translation pending
Bonjour a tous je suis de retour de Bangkok avec l'avion du gouvernement qui a atteri hier soir.
On a fait un vol direct avec escale a Vienne causse de malade.
Merci Gulf Air qui nous à bien laissé tomber a Bangkok.😏
Installation au Canada et au Québec: les liens English translation pending
Bonjour a tous,
Il y a beaucoup de questions sur le sujet de L’installation au Canada et au Quebec.
Allez donc voir sur ces liens et prenez le temps de naviguer avant de poser des questions.
Je sais qu’il n’est pas facile de s’expatrier et que l’on ne sait plus comment gérer toutes les questions que l’on se pose lorsque l’idée de partir s’est installée.
Avant de partir et surtout de larguer votre travail ou de rendre les clefs à votre proprio, renseignez vous en allant directement a la bonne adresse. Vous éviterez ainsi les réponses farfelues à vos messages.
Pour commencer : Moteur de recherche principal pour le Canada : http://www.google.ca/ Cochez la case « pages Canada » et poser votre question. Si vous naviguez à partir de google.fr, le résultat sera moins précis
Immigrer et s’installer au Canada : http://www.cic.gc.ca/francais/index.asp Immigrer et s’intaller au Quebec : http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/index.asp Travailler temporairement au Canada : http://www.cic.gc.ca/francais/travailler/prolonger.asp Venir en programme Vacances/Travail au Canada http://www.dfait-maeci.gc.ca/canada-europa/france/relations_uni/prog_mobilite-fr.asp Venir étudier au Quebec : http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/informations/etudier-vivre/index.html Importer ses effets personnels au Canada y compris un véhicule : http://www.cbsa-asfc.gc.ca/publications/pub/rc4151-fra.html#P007 Chercher un logement au Quebec Chercher un logement à Montréal : http://www.toutmontreal.com/logements/ Chercher a Louer un Logement ou acheter direct du proprio : http://location.duproprio.com/ Bureau d’assurance du Canada : http://www.ibc.ca/fr/index.asp Départ du Canada : http://www.cra-arc.gc.ca/tx/nnrsdnts/ndvdls/lvng-fra.html
Et enfin ! L’histoire du QUEBEC. Il est bon de connaitre le pays qui vous acceuil. http://home.ican.net/~galandor/histoire.htm
Il y en a encore une multitude mais attention aux sites bidon. Beaucoup ouvrent des sites internet sans même être renseignés sur le contenu qu’ils y mettent.
Voila. Bonne ballade sur la toile et après, posez des questions pertinentes.
Je conseil aussi aux Français qui résident au Québec d’aller visiter ces sites et de répondre en suite aux questions du Forum. Surtout, de ne pas oublier que vous aussi avez eu un jour l’envie de partir. Le savoir se transmet. Le partager est une belle chose. Allez donc voir dans les cimetières touts ceux qui pensaient être indispensables et regarder ou vous avez les pieds. Sur Terre et elle tourne toujours sur le même axe. Mes excuses pour cette parenthèse qui ne s’adresse qu’à quelque uns mais je lis parfois des réponses pas très sympa.
Voila. Bonne ballade sur la toile et après, posez des questions pertinentes et si d'autres ont de bons liens, n'hésitez pas à les partager.
Salut, Thierry
Pour commencer : Moteur de recherche principal pour le Canada : http://www.google.ca/ Cochez la case « pages Canada » et poser votre question. Si vous naviguez à partir de google.fr, le résultat sera moins précis
Immigrer et s’installer au Canada : http://www.cic.gc.ca/francais/index.asp Immigrer et s’intaller au Quebec : http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/index.asp Travailler temporairement au Canada : http://www.cic.gc.ca/francais/travailler/prolonger.asp Venir en programme Vacances/Travail au Canada http://www.dfait-maeci.gc.ca/canada-europa/france/relations_uni/prog_mobilite-fr.asp Venir étudier au Quebec : http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/informations/etudier-vivre/index.html Importer ses effets personnels au Canada y compris un véhicule : http://www.cbsa-asfc.gc.ca/publications/pub/rc4151-fra.html#P007 Chercher un logement au Quebec Chercher un logement à Montréal : http://www.toutmontreal.com/logements/ Chercher a Louer un Logement ou acheter direct du proprio : http://location.duproprio.com/ Bureau d’assurance du Canada : http://www.ibc.ca/fr/index.asp Départ du Canada : http://www.cra-arc.gc.ca/tx/nnrsdnts/ndvdls/lvng-fra.html
Et enfin ! L’histoire du QUEBEC. Il est bon de connaitre le pays qui vous acceuil. http://home.ican.net/~galandor/histoire.htm
Il y en a encore une multitude mais attention aux sites bidon. Beaucoup ouvrent des sites internet sans même être renseignés sur le contenu qu’ils y mettent.
Voila. Bonne ballade sur la toile et après, posez des questions pertinentes.
Je conseil aussi aux Français qui résident au Québec d’aller visiter ces sites et de répondre en suite aux questions du Forum. Surtout, de ne pas oublier que vous aussi avez eu un jour l’envie de partir. Le savoir se transmet. Le partager est une belle chose. Allez donc voir dans les cimetières touts ceux qui pensaient être indispensables et regarder ou vous avez les pieds. Sur Terre et elle tourne toujours sur le même axe. Mes excuses pour cette parenthèse qui ne s’adresse qu’à quelque uns mais je lis parfois des réponses pas très sympa.
Voila. Bonne ballade sur la toile et après, posez des questions pertinentes et si d'autres ont de bons liens, n'hésitez pas à les partager.
Salut, Thierry
Valeur du baht? (début décembre 2008) English translation pending
Salut,
Comme tout le monde dans ces moments là, je regarde ces derniers jours le cours du Bath puisque, ( enfin j’espère) pourvoir partir bientôt.
Je ne comprends rien à la Bourse, mais enfin ! …nous venons de voir en direct le désordre que vient de passer la Thaïlande. Je sais ! certains diront, le tourisme représente 6, ou 8% du PIB …mais si Air France devait vivre la même chose…c’est la clef sous la porte immédiatement…
Nous savons aussi, et c’est cela le pire, que rien n’est résolu, et que ce n’est pas prêt de l’être. Je pense aux investisseurs…
Nous sommes en pleine crise mondiale, quand le Japon s’enrhume l’Asie éternue etc…
Comment se fait-il que le Bath n’a pas bougé d’un « yotta » ou presque, malgré la crise ???
45, 59 le 26/11 45, 67 le 27/11 45, 20 le 28/11 45, 03 le 01/12 45, 15 le 02/12
( Source Banque de France )
PS : Je suis fin prêt pour un p’tit cours.😉
Comme tout le monde dans ces moments là, je regarde ces derniers jours le cours du Bath puisque, ( enfin j’espère) pourvoir partir bientôt.
Je ne comprends rien à la Bourse, mais enfin ! …nous venons de voir en direct le désordre que vient de passer la Thaïlande. Je sais ! certains diront, le tourisme représente 6, ou 8% du PIB …mais si Air France devait vivre la même chose…c’est la clef sous la porte immédiatement…
Nous savons aussi, et c’est cela le pire, que rien n’est résolu, et que ce n’est pas prêt de l’être. Je pense aux investisseurs…
Nous sommes en pleine crise mondiale, quand le Japon s’enrhume l’Asie éternue etc…
Comment se fait-il que le Bath n’a pas bougé d’un « yotta » ou presque, malgré la crise ???
45, 59 le 26/11 45, 67 le 27/11 45, 20 le 28/11 45, 03 le 01/12 45, 15 le 02/12
( Source Banque de France )
PS : Je suis fin prêt pour un p’tit cours.😉
Trek solo au Pamir (Tadjikistan)... ou comment s'en sortir seul avec un oedème pulmonaire! English translation pending
Trek au Pamir, Juillet 2008
En route... Dans mon avion pour le Tadjikistan, seuls trois touristes : des alpinistes qui vont faire le Pic Karl Marx au Sud du Pamir. Le reste des places est occupé par des travailleurs d'ONG principalement américains, et quelques tadjiks retrouvant leurs familles. Nous arrivons à 3 heures du matin à Dushambe. J'ai décidé de partir le matin même pour le Pamir et Khorog. D'après mes informations, des voitures partent vers 6h; j'ai donc du temps, et j'en profite pour discuter avec le tadjik qui me change des euros contre des somonis : il veut que je vienne dormir chez lui, on discute des origines de nos religions respectives. Le jour levé, je marche pour trouver une voiture allant dans le Pamir. Il est tout juste 5 heures, et déjà de nombreuses femmes balayent et arrosent le sol devant leurs maison. La ville est tranquille, le soleil encore sous l'horizon, mais il fait déjà chaud à Dushambe. Je trouve rapidement cinq autres Pamiris pour partager une voiture, et me voici déjà en route... En ce début d'été, de nombreux Pamiris habitant Dushambe retournent dans leurs familles. C'est pourquoi il est très difficile d'obtenir une place d'avion, et il faut se convaincre que les 20 heures de route sont bien mieux pour faire des liens sociaux que les quelques minutes d'avion ! La vue est vraiment belle, et nous longeons rapidement la frontière afghane. Je retrouve les vallées vertigineuses du Ladakh, ainsi que les torrents -tels l'Indus- tumultueux et marrons, drainant la poussière des montagnes sèches.
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0847.jpg
Nous nous arrêtons manger souvent, de la soupe grasse au mouton à chaque fois, accompagnée de nombreux abricots. Habituellement peu soucieux au niveau sanitaire, je suis cette fois sur mes gardes au Tadjikistan. J'achète une bouteille d'eau minérale qu'un jeune m'apporte bien fraîche. Curieux de savoir d'où elle vient, je vais voir vers l'arrière du magasin... Je connais mes classiques : Dans "le Théorème de la peur", Greg Child raconte comment il est tombé malade comme un chien au Pakistan à cause d'une bouteille "rafraîchie" dans des eaux pas très claires qui passent dans tout le village. C'est bien le cas ici aussi, et je laisserai la bouteille à mes compagnons qui ne sont pas du tout tracassés par mes soucis d'occidental fraîchement arrivé. Nous arrivons à Khorog, "capitale" du Pamir, en pleine nuit, ce qui est toujours idéal quand on ne connaît pas du tout la ville. Des jeunes me conduisent heureusement vers un endroit pour dormir. Durant ma courte nuit, j'ai décidé de tenter un autre trek que celui que j`avais prévu initialement : départ de Alichur sur la "Pamir Highway", en passant par le lac Yachilkul, pour commencer, ensuite peut-être route vers le lac Sarez... ou peut-être pas ! Entre les réserves apportées d'Europe et les achats au marché de Khorog (effectué avec une fille tadjik qui m'a bien aidé), je pense avoir une bonne dizaine de jours d'autonomie. Après une matinée ubuesque où je me confronte à l'emprunte soviétique de la bureaucratie afin de me faire enregistrer par les autorités, j'aurai réactivé mes quelques phrases de russe. Pour me rendre à Alichur, je trouve une vieille UAZ (4x4 soviétique) à partager avec des kirghizes forts sympatiques se rendant vers Murgab. Nous sommes 8 au total dans cette petite voiture, le rêve ! La route s'élève rapidement jusqu'à des cols vers 4000m, et nous sommes entourés de montagnes encore plus hautes aux sommets enneigés. Si le trajet devait être parcouru en 5h environ, c'était sans compter les nombreux arrêts : Pour faire le plein d'essence avec une boîte de conserve et un entonnoir fin (une bonne demi heure) Après chaque grosse côte pour refroidir le moteur et enduire une partie du moteur de boue humide avec de l'herbe (technique très répendue ici) Aider une autre voiture qui a crevé ou avec un problème moteur Crever à notre tour et s'arrêter pour changer la roue...
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0841.jpg
L'arrêt le plus imprévu fut la pause à des sources chaudes : perdu au milieu du désert d'altitude, à des heures de tout village digne de ce nom, nous nous arrêtons avec mes amis kirghizes pour nous baigner dans des eaux thermales brûlantes. C'est le pied, juste avant d'affronter la première nuit fraîche dans le Pamir à 4000m : en effet il est déjà bien tard et il nous reste 2 grosse heures de route... Nous arriverons finalement en Alichur au milieu de la nuit. Je dois trouver un toit pour la nuit, et mes compagnons de route veulent faire une pause avant de continuer vers Murgab. On va donc chez des amis à eux, qui peuvent m'héberger, et nous faire un repas au milieu de la nuit : poissons frits, pain et beurre, à volonté ! J'en profite le mieux possible en vue des jours à venir... Après avoir dit au revoir aux kirghizes continuant vers Murghab, je discute un peu avec le père de la famille, puis m'endors rapidement. Je suis plutôt excité de me retrouver si "vite" au milieu du Pamir, accueilli chaleureusement dans un petit village au milieu de la nuit. Je prévoit de partir tôt demain, pour faire une grosse journée de marche jusqu'au lac peut-être...
Marchons...
Le lendemain, réveillé à 5h30 par un soleil puissant à travers la grande fenêtre de ma chambre, je n'ai envie que d'une chose : aller marcher dans le Pamir ! Je partage le petit déjeuner avec la famille. Avant de me mettre en route, je découvre dans la lumière du matin le village, qui est constitué de quelques maisons pamiris blanches à toit plat, éparpillées sur le plateau poussiéreux. La simplicité même, mais pour l'isolation, ça ne doit pas rigoler l'hiver !
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0849.jpg
Je me sens frais, motivé, le sac semble léger malgré les 10 jours de réserves. Je m'éloigne rapidement du village, en suivant la rivière, vers l'ouest. Très vite je n'aurai plus de repère humain en vue, seulement la poussière sous mes pas. En dehors de la rivière, aucune source d'eau, aucun signe de vie non plus. J'avance sûr de moi, une pause chaque heure pour boire et manger ; l'espace qui m'entoure semble si grand que marcher 1 heure représente un saut de puce. Le soleil est puissant, des nuages pointent au nord, je les surveille attentivement, n'ayant pas spécialement envie de connaître immédiatement les joies d'un orage au Pamir !
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0883.jpg
Dans ma tête je ne pense pas à l'Europe, mais à ce qui m'attend les jours prochains. Et je calcule les jours et les heures à marcher pour arriver à ces petits lacs au nord, et le lac Sarez peut-être. Questions : comment seront les torrents à franchir ? Cela peut tellement varier d'une année à l'autre, d'un jour à l'autre; j'en ai repéré au moins 5 sur mon chemin. Je devrais peut-être retourner sur mes pas ? Dans un méandre de la rivière se tient une yourte. Première habitation en vue depuis le début. La famille est hélas de l'autre côté de la rivière, que je n'ai pas envie de franchir maintenant. Je salue à distance et continue mon chemin. Quelques heures plus tard, le sac me paraît déjà bien plus lourd qu'au début, mais j'avance encore à bonne allure. J'ai l'impression d'approcher du lac Yachilkul, il ne doit pas être si loin que ça... Cela fait plus de 12 heures que je suis parti ce matin, j'ai parcouru près de 30km avec mon gros sac, il faudrait que je pose la tente. Et ce lac qui ne doit pas être loin... tant pis pour le bivouac sur le lac pour ce soir, il faudra attendre encore un peu ! Je franchi la rivière pour m'installer sur une jolie plage de la rive opposée. La tente est montée machinalement, puis je m'écroule de fatigue, sans bouger pendant une heure. Je ne me relèverai que pour manger un peu, car il le faut bien, même si la faim n'est pas là. Je sais que l'altitude me coupe souvent un peu la faim, ce n'est pas très grave. Malgré ma fatigue physique, je n'arrive pas très bien à dormir. J'ai très mal aux muscles des jambes. J'ai dû faire une grosse journée quand même...
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0864.jpg
Le jour se lève, je plie la tente et recommence à marcher... la rivière s'élargit vite en un delta verdoyant, pour laisser rapidement (2 heures de marche tout de même) place au lac. Il est bordé à l'est par une immense plage de sable blanc de laquelle s'élève de véritables tornades, le tout sur fond de hauts sommets glacés. Le vent souffle effectivement fort, face à moi, incessant. Il brûle les lèvres, les yeux, les tornades passent et repassent, il faut se protéger à chaque fois... Je réussi malgré tout à faire une petite sieste au milieu de ce vacarme.
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0915.jpg
Je progresse ensuite lentement sur la rive nord. Le bleu du lac est profond, sombre et intense. Le vent rend tout ce paysage beau, extrêmement beau, mais brutal et inhospitalier. J'ai l'impression d'être arrivé à mon premier but, mais en même temps d'être nul part. Je suis bien au milieu de nul part, je me souviens des cartes satellites observées attentivement avant mon départ ne montrant que quelques minuscules villages distants de plusieurs jours de marche, séparés par des rivières et des cols... et des glaciers si par hasard je me trompais de vallée.
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_1072.jpg
Mais une carte satellite ne montre pas le bruit des vagues du lac agité, ne fais pas sentir les lèvres brûlées par le vent qui ne donne aucun répis de la première heure de jour jusqu'au couché du soleil, et enfin ne permet pas de voir qu'en plusieurs heures de marche, les montagnes qui nous entourent ont à peine changé leur perspective... Je marcherai le plus possible, ajoutant à chaque fois 30 minutes de marche quand je pensais m'arrêter. Je ferai finalement bivouac au milieu de la rive nord, vraiment épuisé. J'espérai peut-être trouver une habitation, un berger, dans cet endroit où une rivière venant du nord se jette dans le lac, je n'ai trouvé qu'une ruine abandonnée. Je me force encore une fois à manger avant de m'endormir, alors que le soleil n'est pas encore couché. Je me réveille, après quelques heures de mauvais sommeil. J'ai mal à la tête, c'est indéniable. Une alarme se déclenche en moi: je pense pour la première fois au mal des montagnes, et à un oedème pulmonaire. Pour vérifier cela, par réflex j'expire et vide mes poumons. Le verdict est sans appel : j'entend ce gargouillis si caractéristique, signifiant que mes poumons sont en train de se remplir d'eau. Je regarde ma montre, il est 22h30. Tout va très vite dans ma tête, j'évalue ma situation, clairement mauvaise : je suis seul, la nuit vient de commencer, je suis à 45km de mon point de départ, et n'ai rencontré aucun village depuis, seule une famille dans une yourte non loin d'Allichur, ainsi qu'une yourte vide dans le delta à l'extrémité est du lac. Ce début d'oedème pulmonaire signifie qu'il me reste environ 24h avant que les choses ne s'aggravent irrémédiablement. Dans 24h au plus je DOIS être à moins de 3000m. Le problème est que sur ce plateau du Pamir, le premier point en dessous de cette altitude se situe à plus de 150km de là... D'une manière ou d'une autre quelqu'un devra m'aider...
En route... Dans mon avion pour le Tadjikistan, seuls trois touristes : des alpinistes qui vont faire le Pic Karl Marx au Sud du Pamir. Le reste des places est occupé par des travailleurs d'ONG principalement américains, et quelques tadjiks retrouvant leurs familles. Nous arrivons à 3 heures du matin à Dushambe. J'ai décidé de partir le matin même pour le Pamir et Khorog. D'après mes informations, des voitures partent vers 6h; j'ai donc du temps, et j'en profite pour discuter avec le tadjik qui me change des euros contre des somonis : il veut que je vienne dormir chez lui, on discute des origines de nos religions respectives. Le jour levé, je marche pour trouver une voiture allant dans le Pamir. Il est tout juste 5 heures, et déjà de nombreuses femmes balayent et arrosent le sol devant leurs maison. La ville est tranquille, le soleil encore sous l'horizon, mais il fait déjà chaud à Dushambe. Je trouve rapidement cinq autres Pamiris pour partager une voiture, et me voici déjà en route... En ce début d'été, de nombreux Pamiris habitant Dushambe retournent dans leurs familles. C'est pourquoi il est très difficile d'obtenir une place d'avion, et il faut se convaincre que les 20 heures de route sont bien mieux pour faire des liens sociaux que les quelques minutes d'avion ! La vue est vraiment belle, et nous longeons rapidement la frontière afghane. Je retrouve les vallées vertigineuses du Ladakh, ainsi que les torrents -tels l'Indus- tumultueux et marrons, drainant la poussière des montagnes sèches.
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0847.jpg
Nous nous arrêtons manger souvent, de la soupe grasse au mouton à chaque fois, accompagnée de nombreux abricots. Habituellement peu soucieux au niveau sanitaire, je suis cette fois sur mes gardes au Tadjikistan. J'achète une bouteille d'eau minérale qu'un jeune m'apporte bien fraîche. Curieux de savoir d'où elle vient, je vais voir vers l'arrière du magasin... Je connais mes classiques : Dans "le Théorème de la peur", Greg Child raconte comment il est tombé malade comme un chien au Pakistan à cause d'une bouteille "rafraîchie" dans des eaux pas très claires qui passent dans tout le village. C'est bien le cas ici aussi, et je laisserai la bouteille à mes compagnons qui ne sont pas du tout tracassés par mes soucis d'occidental fraîchement arrivé. Nous arrivons à Khorog, "capitale" du Pamir, en pleine nuit, ce qui est toujours idéal quand on ne connaît pas du tout la ville. Des jeunes me conduisent heureusement vers un endroit pour dormir. Durant ma courte nuit, j'ai décidé de tenter un autre trek que celui que j`avais prévu initialement : départ de Alichur sur la "Pamir Highway", en passant par le lac Yachilkul, pour commencer, ensuite peut-être route vers le lac Sarez... ou peut-être pas ! Entre les réserves apportées d'Europe et les achats au marché de Khorog (effectué avec une fille tadjik qui m'a bien aidé), je pense avoir une bonne dizaine de jours d'autonomie. Après une matinée ubuesque où je me confronte à l'emprunte soviétique de la bureaucratie afin de me faire enregistrer par les autorités, j'aurai réactivé mes quelques phrases de russe. Pour me rendre à Alichur, je trouve une vieille UAZ (4x4 soviétique) à partager avec des kirghizes forts sympatiques se rendant vers Murgab. Nous sommes 8 au total dans cette petite voiture, le rêve ! La route s'élève rapidement jusqu'à des cols vers 4000m, et nous sommes entourés de montagnes encore plus hautes aux sommets enneigés. Si le trajet devait être parcouru en 5h environ, c'était sans compter les nombreux arrêts : Pour faire le plein d'essence avec une boîte de conserve et un entonnoir fin (une bonne demi heure) Après chaque grosse côte pour refroidir le moteur et enduire une partie du moteur de boue humide avec de l'herbe (technique très répendue ici) Aider une autre voiture qui a crevé ou avec un problème moteur Crever à notre tour et s'arrêter pour changer la roue...
http://explore-photo.com/informations-recits/tadjikistan/images/pamir/DSC_0841.jpg
L'arrêt le plus imprévu fut la pause à des sources chaudes : perdu au milieu du désert d'altitude, à des heures de tout village digne de ce nom, nous nous arrêtons avec mes amis kirghizes pour nous baigner dans des eaux thermales brûlantes. C'est le pied, juste avant d'affronter la première nuit fraîche dans le Pamir à 4000m : en effet il est déjà bien tard et il nous reste 2 grosse heures de route... Nous arriverons finalement en Alichur au milieu de la nuit. Je dois trouver un toit pour la nuit, et mes compagnons de route veulent faire une pause avant de continuer vers Murgab. On va donc chez des amis à eux, qui peuvent m'héberger, et nous faire un repas au milieu de la nuit : poissons frits, pain et beurre, à volonté ! J'en profite le mieux possible en vue des jours à venir... Après avoir dit au revoir aux kirghizes continuant vers Murghab, je discute un peu avec le père de la famille, puis m'endors rapidement. Je suis plutôt excité de me retrouver si "vite" au milieu du Pamir, accueilli chaleureusement dans un petit village au milieu de la nuit. Je prévoit de partir tôt demain, pour faire une grosse journée de marche jusqu'au lac peut-être...
Marchons...
Le lendemain, réveillé à 5h30 par un soleil puissant à travers la grande fenêtre de ma chambre, je n'ai envie que d'une chose : aller marcher dans le Pamir ! Je partage le petit déjeuner avec la famille. Avant de me mettre en route, je découvre dans la lumière du matin le village, qui est constitué de quelques maisons pamiris blanches à toit plat, éparpillées sur le plateau poussiéreux. La simplicité même, mais pour l'isolation, ça ne doit pas rigoler l'hiver !
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Je me sens frais, motivé, le sac semble léger malgré les 10 jours de réserves. Je m'éloigne rapidement du village, en suivant la rivière, vers l'ouest. Très vite je n'aurai plus de repère humain en vue, seulement la poussière sous mes pas. En dehors de la rivière, aucune source d'eau, aucun signe de vie non plus. J'avance sûr de moi, une pause chaque heure pour boire et manger ; l'espace qui m'entoure semble si grand que marcher 1 heure représente un saut de puce. Le soleil est puissant, des nuages pointent au nord, je les surveille attentivement, n'ayant pas spécialement envie de connaître immédiatement les joies d'un orage au Pamir !
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Dans ma tête je ne pense pas à l'Europe, mais à ce qui m'attend les jours prochains. Et je calcule les jours et les heures à marcher pour arriver à ces petits lacs au nord, et le lac Sarez peut-être. Questions : comment seront les torrents à franchir ? Cela peut tellement varier d'une année à l'autre, d'un jour à l'autre; j'en ai repéré au moins 5 sur mon chemin. Je devrais peut-être retourner sur mes pas ? Dans un méandre de la rivière se tient une yourte. Première habitation en vue depuis le début. La famille est hélas de l'autre côté de la rivière, que je n'ai pas envie de franchir maintenant. Je salue à distance et continue mon chemin. Quelques heures plus tard, le sac me paraît déjà bien plus lourd qu'au début, mais j'avance encore à bonne allure. J'ai l'impression d'approcher du lac Yachilkul, il ne doit pas être si loin que ça... Cela fait plus de 12 heures que je suis parti ce matin, j'ai parcouru près de 30km avec mon gros sac, il faudrait que je pose la tente. Et ce lac qui ne doit pas être loin... tant pis pour le bivouac sur le lac pour ce soir, il faudra attendre encore un peu ! Je franchi la rivière pour m'installer sur une jolie plage de la rive opposée. La tente est montée machinalement, puis je m'écroule de fatigue, sans bouger pendant une heure. Je ne me relèverai que pour manger un peu, car il le faut bien, même si la faim n'est pas là. Je sais que l'altitude me coupe souvent un peu la faim, ce n'est pas très grave. Malgré ma fatigue physique, je n'arrive pas très bien à dormir. J'ai très mal aux muscles des jambes. J'ai dû faire une grosse journée quand même...
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Le jour se lève, je plie la tente et recommence à marcher... la rivière s'élargit vite en un delta verdoyant, pour laisser rapidement (2 heures de marche tout de même) place au lac. Il est bordé à l'est par une immense plage de sable blanc de laquelle s'élève de véritables tornades, le tout sur fond de hauts sommets glacés. Le vent souffle effectivement fort, face à moi, incessant. Il brûle les lèvres, les yeux, les tornades passent et repassent, il faut se protéger à chaque fois... Je réussi malgré tout à faire une petite sieste au milieu de ce vacarme.
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Je progresse ensuite lentement sur la rive nord. Le bleu du lac est profond, sombre et intense. Le vent rend tout ce paysage beau, extrêmement beau, mais brutal et inhospitalier. J'ai l'impression d'être arrivé à mon premier but, mais en même temps d'être nul part. Je suis bien au milieu de nul part, je me souviens des cartes satellites observées attentivement avant mon départ ne montrant que quelques minuscules villages distants de plusieurs jours de marche, séparés par des rivières et des cols... et des glaciers si par hasard je me trompais de vallée.
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Mais une carte satellite ne montre pas le bruit des vagues du lac agité, ne fais pas sentir les lèvres brûlées par le vent qui ne donne aucun répis de la première heure de jour jusqu'au couché du soleil, et enfin ne permet pas de voir qu'en plusieurs heures de marche, les montagnes qui nous entourent ont à peine changé leur perspective... Je marcherai le plus possible, ajoutant à chaque fois 30 minutes de marche quand je pensais m'arrêter. Je ferai finalement bivouac au milieu de la rive nord, vraiment épuisé. J'espérai peut-être trouver une habitation, un berger, dans cet endroit où une rivière venant du nord se jette dans le lac, je n'ai trouvé qu'une ruine abandonnée. Je me force encore une fois à manger avant de m'endormir, alors que le soleil n'est pas encore couché. Je me réveille, après quelques heures de mauvais sommeil. J'ai mal à la tête, c'est indéniable. Une alarme se déclenche en moi: je pense pour la première fois au mal des montagnes, et à un oedème pulmonaire. Pour vérifier cela, par réflex j'expire et vide mes poumons. Le verdict est sans appel : j'entend ce gargouillis si caractéristique, signifiant que mes poumons sont en train de se remplir d'eau. Je regarde ma montre, il est 22h30. Tout va très vite dans ma tête, j'évalue ma situation, clairement mauvaise : je suis seul, la nuit vient de commencer, je suis à 45km de mon point de départ, et n'ai rencontré aucun village depuis, seule une famille dans une yourte non loin d'Allichur, ainsi qu'une yourte vide dans le delta à l'extrémité est du lac. Ce début d'oedème pulmonaire signifie qu'il me reste environ 24h avant que les choses ne s'aggravent irrémédiablement. Dans 24h au plus je DOIS être à moins de 3000m. Le problème est que sur ce plateau du Pamir, le premier point en dessous de cette altitude se situe à plus de 150km de là... D'une manière ou d'une autre quelqu'un devra m'aider...
Voyage en Chine: est-ce bien raisonnable? English translation pending
Bonsoir à tous,
Surfant sur le forum j'ai que plusieurs d'entre vous souhaites se rendre en Chine, voyage certes surement magnifique mais ne pose-t-il pas pour vous un problème d'éthique?
Je m'explique :
Vous n'êtes surement pas sans savoir les différentes position politique adopté par le gouvernement chinois?
Je m'entends sur la question de l'occupation pure et simple du territoire d'un pays voisin, le Tibet pour ne pas citer de noms, ainsi que celle du respect des droits de l'homme à l'intérieure de ces frontières.
Alors cela ne pose-t-il pas de problèmes de partir faire du tourisme dans ce pays et ainsi enrichir une dictature? Certains me répondront que si on ne va plus dans ce pays ça ne fera que appauvrire des populations déjà pauvres mais pensez-vous vraiment que le permis de circulation imposé au étrangers serve vraiment à construire des écoles et des dispensaires?
Vous pouvez penser que ces arguments ne sont pas recevables mais bon qui serait partit visiter Berlin en 1942?
Pourquoi la plus part des gens trouvent tout à fait normal le fait de déclarer la guerre à l'Allemagne quand elle envahit la Pologne et pas à la Chine quand elle envahit le Tibet? Et les similitudes sont troublantes! Nous sommes dans les deux cas en présence de dictature...
Je pense donc que de partir dans de tels pays dans le simple but d'y faire du tourisme va à l'encontre de l'éthique du voyageur qui prone la liberté et le respect de l'autre et de ses cultures.
Je voudrait soulignés aussi que le gouvernement chinois a fait détruire plus de 6000 monastères et ceux restants ne sont pas là dans le but de conserver une culture mais simplement d'attirer des touristes.
Je ne souhaites pas blâmer les routards qui vont visiter ce magnifique pays mais juste vous faire réfléchir sur la conséquence de vos actes, je n'espère pas non plus une déclaration de guerre qui n'arrangerait rien mais simplement que chaqu'un nous pouvons changer les choses en boycottant simplement ce pays du moins dans sa façon conformiste en s'entassant dans des bus pour aller photographier un soi-disant moine dans son monastère bien entretenu par le gouvernement...
Et oui je suis pour ma part, et ça n'engage que moi, pour une visite du pays clandestine sans verser vos euros durement gagner à cette dictature mais plutôt à son peuple alors dites non à ce gouvernement et oui à la liberté de plusieurs peuples!
Je souhaiterais ajouter que j'ai été choqué plusieurs fois en lisant mots pour mots que "le Tibet est une belle region du pays chinois"...
Merci de m'avoir lu et ces mots n'engage que moi...à bon entendeur!😛
Entrée en Palestine? English translation pending
Bonjour à toutes et à tous,
j'en appel à vous pour savoir si vous avez expérimentez ce cas :
Après avoir découvert ce pays, je retourne en Syrie avec une amie l'été prochain. Nousa vons visité le Liban, la Jordanie et la Turquie sans aucun pb. Cette fois ci nous aimerions visiter Jérusalem ainsi que d'autre lieu historique, biblique et musulman qui sont autant en Israël qu'en Cisjordanie.
Je sais que l'on peu entrer en Israël par la Jordanie et qu'il peuvent ne pas tamponner nos passeports (passeports français), car nous devons revenir en Syrie après! Mais nous sommes de confession musulmane et nous sommes voilées, pouvons nous avoir des problèmes ?? Pouvons nous entrer en Cisjordanie avec un passeport français ? Avons nous besoin d'un visa pour Israël, pour la Cisjordanie?
Si vous avez des pistes, merci de m'en informer... Bonne soirée à tous !!!😎
j'en appel à vous pour savoir si vous avez expérimentez ce cas :
Après avoir découvert ce pays, je retourne en Syrie avec une amie l'été prochain. Nousa vons visité le Liban, la Jordanie et la Turquie sans aucun pb. Cette fois ci nous aimerions visiter Jérusalem ainsi que d'autre lieu historique, biblique et musulman qui sont autant en Israël qu'en Cisjordanie.
Je sais que l'on peu entrer en Israël par la Jordanie et qu'il peuvent ne pas tamponner nos passeports (passeports français), car nous devons revenir en Syrie après! Mais nous sommes de confession musulmane et nous sommes voilées, pouvons nous avoir des problèmes ?? Pouvons nous entrer en Cisjordanie avec un passeport français ? Avons nous besoin d'un visa pour Israël, pour la Cisjordanie?
Si vous avez des pistes, merci de m'en informer... Bonne soirée à tous !!!😎
Où trouver du vrai safran et de l'huile d'argan non trafiqués au Maroc? English translation pending
quelqu'un connait il un endroit au Maroc on l'on peut trouver du vrai safran ainsi que l'huile d'argan non trafiqués a prix correct autre que dans les grandes surfaces
cordialement
Français bloqués à Bangkok English translation pending
Bonjour a tous
Etant donnee l'attitude des autorites Francaises qui se defaussent sur les compagnies aeriennes, elles memes non reactives depuis le 26 novembre, nous creons ce message afin de recenser les Francais bloques a Bangkok et rassembler les diverses informations obtenues par chacun.
Envoyez nous vos coordonnees : nom, prenom, email, compagnie aerienne, date de retour prevue, a l'adresse suivante : francaisbloquesabangkok@gmail.com Nous creons une mailing liste afin de vous tenir au courant.
Nous vous proposons de nous rencontrer demain matin lundi 1er decembre a 9 heures devant l'ambassade de France (35 avenue Charoen Krung). Venez nombreux.
Etant donnee l'attitude des autorites Francaises qui se defaussent sur les compagnies aeriennes, elles memes non reactives depuis le 26 novembre, nous creons ce message afin de recenser les Francais bloques a Bangkok et rassembler les diverses informations obtenues par chacun.
Envoyez nous vos coordonnees : nom, prenom, email, compagnie aerienne, date de retour prevue, a l'adresse suivante : francaisbloquesabangkok@gmail.com Nous creons une mailing liste afin de vous tenir au courant.
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Pâques 2009 en Vendée: l'Afrique que nous aimons English translation pending
Bonjour à tous ...😉
Cette discussion faisant suite à...
" Aux amoureux de Madagascar et de l'Afrique...",
je vous informe qu'il reste encore quelques places disponibles pour cette rencontre qui se déroulera du 10 au 15 Avril 2009, et dont voici la liste actuelle des participants...
Les couples... Jipi et sa charmante bretonne Gérard (Cartagho) et son épouse
- Karakory et sa compagne
Les autres personnes ayant plutôt choisi le Wend en célibataire... Jean Marc Lionel Guylaine Valérie Pierre Yves Alex Patou Lisane Artchi
Et en attente de confirmation... Acer PoteaunoirMadafrance
Total 18 personnes dont 3 en attente de confirmation !!!
Bienvenue à tous...😎
Afin de respecter les règles de VoyageForum, je rappelle que les post "gadget" pouvant s'apparenter à du chat ainsi que la publicité dans les échanges sont strictement interdits...!!!
Pour toutes informations complémentaires, n'hésitez pas à me poser vos questions en mode "messages privés".
Très belle journée ...!!!
Cette discussion faisant suite à...
" Aux amoureux de Madagascar et de l'Afrique...",
je vous informe qu'il reste encore quelques places disponibles pour cette rencontre qui se déroulera du 10 au 15 Avril 2009, et dont voici la liste actuelle des participants...
Les couples... Jipi et sa charmante bretonne Gérard (Cartagho) et son épouse
- Karakory et sa compagne
Les autres personnes ayant plutôt choisi le Wend en célibataire... Jean Marc Lionel Guylaine Valérie Pierre Yves Alex Patou Lisane Artchi
Et en attente de confirmation... Acer PoteaunoirMadafrance
Total 18 personnes dont 3 en attente de confirmation !!!
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Très belle journée ...!!!
D'autres photos à découvrir English translation pending
la question sera donc :
qui est ce ?.
😛
qui est ce ?.
😛
Budget pour un tour d'un an en Amérique du Sud? English translation pending
bonjour a tous!
je prévois de partir été 2009 faire le tour de l'Amérique du sud.je pense y rester un an au moins!quelque obligation a résoudre avant... attérrissage au pérou pr commencer et détour en bolivie..etc..
j'ai besoin de tte information pratique concernant les préparatifs avant de partir.
quelle démarches a faire avnt mon départ?
que mettre ds mon sac?
quel budget a prévoir y inclus les démarches de passeport, visa, billet aller retour?
quel assurance?
possibilité de trouver du travail facilement si besoin est?
HEBERGEMENT:faciliter chez l'habitant?
j'ai mener ma petite enquete mais j'ai besoin d'avoir confirmation par l'expérience vécu deja😛
merci d'avance de vos réponses!! a bientot
je prévois de partir été 2009 faire le tour de l'Amérique du sud.je pense y rester un an au moins!quelque obligation a résoudre avant... attérrissage au pérou pr commencer et détour en bolivie..etc..
j'ai besoin de tte information pratique concernant les préparatifs avant de partir.
quelle démarches a faire avnt mon départ?
que mettre ds mon sac?
quel budget a prévoir y inclus les démarches de passeport, visa, billet aller retour?
quel assurance?
possibilité de trouver du travail facilement si besoin est?
HEBERGEMENT:faciliter chez l'habitant?
j'ai mener ma petite enquete mais j'ai besoin d'avoir confirmation par l'expérience vécu deja😛
merci d'avance de vos réponses!! a bientot
Faire le bon choix de la saison pour Madagascar English translation pending
Bonjour!!!!!!!!!!🙂
Je voulais absolument faire ce post concernant le choix à faire pour la saison lorsque l'on veut aller à Madagascar; car je vois que bcp de personnes posent leurs vacances ou prennent leur billet d'avion sans connaitre la période qui peut nuire à la réussite de son trip et cela est dur car ce pays est un des plus beaux sur notre belle planète!!!!!!!🙂
Il faut savoir que de fin novembre à mi avril; il y a un risque important de se retrouver confronter à des pluies plus ou moins importantes et surtout en janvier février et mars et cela principalement sur la façade est de l'ile et qu'il peut aussi y avoir des cyclones durant ces trois mois et voir même sur la première quinzaine d'avril qui est déjà plus rare!!!!!!!!!😕
Amicalement😉
Je voulais absolument faire ce post concernant le choix à faire pour la saison lorsque l'on veut aller à Madagascar; car je vois que bcp de personnes posent leurs vacances ou prennent leur billet d'avion sans connaitre la période qui peut nuire à la réussite de son trip et cela est dur car ce pays est un des plus beaux sur notre belle planète!!!!!!!🙂
Il faut savoir que de fin novembre à mi avril; il y a un risque important de se retrouver confronter à des pluies plus ou moins importantes et surtout en janvier février et mars et cela principalement sur la façade est de l'ile et qu'il peut aussi y avoir des cyclones durant ces trois mois et voir même sur la première quinzaine d'avril qui est déjà plus rare!!!!!!!!!😕
Amicalement😉
Prendre des traitements antipaludéens pour un séjour à Saly? (Sénégal) English translation pending
En premier, merci a tous et toutes qui ont eu la gentillesse de me renseigner pour mon séjour a saly, voilà ma soeur et moi partons en janvier, loc ok, avion ok😎, yapuka...
pensez vous vraiment utile de faire des traitements préventifs ???
merci pour vos réponses 😛
pensez vous vraiment utile de faire des traitements préventifs ???
merci pour vos réponses 😛
Mai 2008, d'une saison à l'autre dans l'Ouest américain (1re partie) English translation pending
Le site MaBul qui hébergeait les images est définitivement en panne et a perdu tous les fichiers... 🏴☠️ Désormais, pour voir les photos, il faut uniquement passer par le site:
http://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_11.html
Cette année nous avons choisi d'atterrir à Los Angeles pour retourner dans le sud de l'Arizona, que nous avions parcouru en 2000. Notre itinéraire nous a menés jusqu'a San Francisco en passant par Tucson, Sedona, Grand Canyon, Moab, Vernal, Escalante, Zion, Bryce, la traversée du Nevada pour rejoindre Lee Vining et Yosemite. Nous avons mixé motels et nuit sous la tente ou dans le 4 x 4.
Merci encore à Philippe Schuler (Sedonax) pour ses précieux conseils. Merci également à Jean-Luc (vazyvite), pour son aide cartographique.
Les balises jaunes correspondent aux nuits en camping. Les « primitive campgrounds », de quelques emplacements, n'ont ni eau ni électricité, seulement des w-c chimiques.

01/5 : Los Angeles 02/5 03/5 : Joshua Tree (White Tank, primitive campground) 04/5 : Tucson 05/5 06/5 07/5 : Apache Trail (camping à Lost Dutchman) 08/5 : Sedona 09/5 10/5 11/5 12/5 : Grand Canyon 13/5 14/5 : Bluff 15/5 : Moab 16/5 : Dinosaur N.M. (primitive campground de Echo Park) 17/5 : Vernal 18/5 : Goblin Valley (camping) 19/5 : Escalante 20/5 : Paria Station (White House, primitive campground) 21/5 : Page 22/5 : Bryce Canyon (Sunset campground) 23/5 24/5 : Extraterrestrial Hwy 25/5 : Lee Vining 26/5 : Yosemite (Curry Village) 27/5 28/5 : San Francisco 29/5 30/5 31/5 : Départ…
Première partie
De Los Angeles à Grand Canyon
Jeudi 1er mai
Le chauffeur de taxi qui nous conduit à Roissy roule comme un malade, 140 à l’heure même quand c’est limité à 70, tout en balançant constamment sa tête d’une épaule à l’autre en mouvements violents et saccadés… Il avait décidé de mettre vingt minutes de porte à porte (au lieu d’une heure habituellement…). On a bien cru ne jamais arriver ! Puis à l’aéroport, une hôtesse particulièrement molle et peu aimable nous annonce qu’il n’y a aucune trace de notre enregistrement sur le vol. Elle nous parle de surbooking... Vingt minutes plus tard et après une grosse montée d’adrénaline, il ressort qu’elle s’est trompée, il reste seize places disponibles ; nous serons sous l’écran et pourrons, luxe suprême, étendre nos jambes ! Je suis assise à côté d’un jeune pilote d’Air France, et je ne manque pas, à chaque tressaillement de l’avion, de lui demander ce qui se passe… Il me rassure en me parlant des différentes manœuvres, du train d’atterrissage, des turbulences, etc., dix fois plus efficace qu’un tranquillisant ! Puis subitement, quelques rangées derrière nous, une dispute éclate. Une matrone, qui n’accepte pas que le passager devant elle – tout aussi détestable – incline son siège, se lève et se plante dans l’allée en criant : « Appelez le capitaine ! Appelez le capitaine ! » On est morts de rire !
Los Angeles. Nous prenons enfin le seul Trailblazer du parking d’Avis et trois heures après avoir atterri nous arrivons au Super8 de Culver City, sur W. Washington Boulevard, haut de gamme de la chaîne (89 $ + taxes, soit 99, 68 $). Quelques courses chez Vons (carte Safeway), à côté, et nous nous couchons épuisés à 21 heures.
Vendredi 2 mai
Réveil à 4 h 45. Balade à Venice et sur les canaux. Très jolis, très calmes, juste le chant des étourneaux.


Au fait, comment dit-on? Véniché? Vinaïce? Venisse? Après avoir tout entendu, on aura la réponse à la fin du voyage, à San Francisco: Venisse!


Le J-P Getty Center Museum, planté sur une colline de Brentwood, est gigantesque (d’ailleurs tout est gigantesque : les travaux ont duré douze ans, ont coûté un milliard de dollars, et sa superficie atteint 88 000 mètres carrés !), avec une architecture trop massive à mon goût. Nous sommes déçus par la disproportion entre les œuvres exposées et la taille du musée. Beaux cactus, eau claire qui chante au milieu de toute cette blancheur. Nous mangeons quelques galettes de la Mère Poulard et partageons une micro-boîte de thon « fat free ». Infecte. L’entrée n’était pas chère : 8 $ pour le parking souterrain, la navette qui nous hisse au sommet de la colline et le musée. Retour à Venice Beach. Palmiers, vélos, terrains de sport et de musculation. Surfeurs dans les immenses rouleaux du Pacifique. Finalement, nous n’avons pas trouvé de glacière de taille normale et pas de réchaud non plus. Juste une casserole. Nous mangeons dans la chambre de délicieuses quesadillas bio au fromage avec de la salade, et… dodo ! Il est 20 h 30.
Samedi 3 mai
Nous nous trompons en partant pour Joshua… c’est infernal ! Toutes les autoroutes sont surchargées, les camions roulent comme des malades et Los Angeles n’en finit pas de s’étirer comme un chewing-gum. De l’autoroute nous apercevons un Wall-Mart et sortons à Moreno Valley. Nous achetons glacière, réchaud, recharge de gaz, Tupperwares, chaussettes, de l’eau pour 40 $ ! qui dit mieux ?
Au Visitor Center de Palm Springs, tenu par des Indiens pas vraiment aimables, nous achetons nos billets d’entrée pour les Indian Canyons (7 $). Andreas Canyon est très beau et très étrange. Les palmiers (Washingtonia filifera) portent de longues jupes de paille laissant apercevoir par endroits des troncs qui vont du gris à l’ocre, totalement quadrillés d’entailles. Les Indiens en ramassaient les fruits pour faire de la farine et se servaient aussi des feuilles comme chaume. Un petit torrent se faufile à leurs pieds, clair comme du cristal, et d’immenses palmes, comme au Mexique, poussent sur ses berges. La fin du canyon est fermée par un grillage. Au-delà, sur le flanc de la montagne de pierre, deux ou trois bâtisses.




Il fait trop chaud pour Murray Canyon. Nous allons au Trading Post, au bout d’une étroite route sinueuse qui grimpe au flanc de la montagne. Rien d’intéressant. Nous en profitons pour descendre dans Palm Canyon, tapissé de sable, malgré un écriteau avertissant le visiteur du grand nombre de rattlesnakes qui se prélassent dans le coin. Nous pensons que c’est surtout pour décourager le randonneur. L’endroit est agréable mais ressemble quand même trop à une promenade du dimanche.


Nous reprenons la route pour Joshua, sur la Hwy 10, encore et toujours. Je suis très étonnée de voir que l’entrée du parc n’est pas en plein désert mais dans une agglomération !... qui s’étire, elle aussi. Mais après le Visitor Center et la guérite des rangers, il n’y a plus que de la roche et des Joshua Trees (Yucca brevifolia). Ce sont les Mormons qui, en traversant le désert de Mojave, nommèrent ainsi ces grands yuccas parce qu’ils leur évoquaient Josué levant ses mains au ciel. Leur croissance est extrêmement lente, une dizaine de centimètres par an seulement, mais ils peuvent vivre jusqu’à deux cents ans. Nous passons Hidden Valley et poursuivons vers « Jumbo Rocks » pour (pensons-nous) planter notre tente au milieu d’une forêt de Joshua Trees avant le coucher du soleil. Surprise ! le camping, qui a pourtant 125 places, est plein, et ressemble à celui de Big Sur : trop grand à notre goût ! Nous sommes samedi soir et nous n’y avons pas pensé une seule seconde… Nous repérons deux autres campings sur la carte ; le premier, « Belle », petit, est plein lui aussi. Il nous reste le dernier, « White Tank »… qui est complet, ce qui n’est pas étonnant car il a peu d’emplacements. Suivant les conseils de Philippe en pareil cas, nous décidons de dormir là. Nous garons le 4 x 4 à l’ombre de gros rochers, sous un panneau d’interdiction de 10 heures p.m. à 6 heures a.m. Parfait, ça veut donc dire que des visiteurs peuvent se balader sans attirer l’attention. Lorsque la nuit tombe nous le déplaçons de quelques mètres, de l’autre côté du chemin de sable, histoire de ne pas se faire épingler deux fois par les rangers : une fois pour dormir « illégalement » dans le camping, une deuxième pour être garés sous un panneau d’interdiction. Nous mangeons un morceau, faisons un tour au milieu des gros rochers dorés par le soleil couchant




et nous installons pour la nuit.

Nous passons tous les sacs à l’avant, abaissons les sièges et nous allongeons à même la moquette, sans sortir matelas ni duvets, attendant la lampe électrique du ranger braquée sur nos visages à travers les vitres. En fait, c’est le froid qui nous fera réintégrer nos sacs de couchage bien chauds. Mais on dort très bien dans un Trailblazer, à condition de ne pas faire plus d'1, 80 mètre. La moquette est épaisse, si si, presque aussi bien qu'un Therm-A-Rest, à tel point que par la suite on ne déroulera plus nos matelas.
Dimanche 4 mai
A 5 h 30 nous plions bagage et partons pour Tucson dans le soleil levant. Nous nous arrêtons peu après à « To surprise sunrise » pour admirer les montagnes rosées.



Sur la route, nous croisons d'étranges créatures...



Cholla (prononcer choy-ya) Cactus Garden. Ces cactus (Cylindropuntia bigelovii) qui ressemblent à des peluches sont en fait redoutables. Leurs épines, munies de microscopiques barbes, se détachent très facilement et une fois dans la peau se mettent à voyager et n’en ressortent plus.





Leur squelette est aussi étonnant que celui des saguaros...


et leurs fruits ne sont pas mal non plus...

Nous voyons aussi quelques ocotillos (Fouquieria splendens) à la floraison flamboyante.

Arrivés à la jonction avec la Hwy 10, nous avons la bonne surprise de constater qu’elle est beaucoup moins encombrée que la veille, pour cause de dimanche matin.
Traversée de Phoenix puis arrivée à Tucson. Nous ne reconnaissons pas la ville, au développement exponentiel, saturée par la circulation. Le Super8 est moyen, surtout après celui de Los Angeles. L’accueil est sale, le gérant crasseux avec des cheveux comme de gros spaghettis qui dégoulinent dans son cou. Il ne manque que la sauce tomate. Sa chemise est infecte et en plus il a une toux grasse à couper l’appétit à tout un régiment. Quant à la chambre… elle est correcte et propre si on n’est pas trop regardants… Vers 19 heures nous partons pour la librairie Barnes & Noble.
Lundi 5 mai
Longue nuit de 20 heures à 6 h 30. Saguaro National Park West. Le désert est un véritable jardin naturel de cactées. Certains saguaros (Carnegiea gigantea) de deux cents ans atteignent près de vingt mètres de hauteur et pèsent plus de huit tonnes. Leur croissance est excessivement lente : à quinze ans ils ne dépassent pas trente centimètres, à cinquante ans deux mètres. Leurs premiers bras apparaissent aux environs de soixante-quinze ans de même que leurs premières fleurs, d’un délicat blanc-crème. Les Amérindiens récoltaient leurs fruits et employaient leur squelette dans la construction (on peut en voir notamment dans les toits des cloîtres de San Xavier Mission).


Le Hugh Norris Trail grimpe raide (ce ne sont que des marches jusqu’au sommet) au milieu d’une belle « forêt » de saguaros couronnés de fleurs de cire, surveillée à mi-hauteur par un gros ours de pierre, dodu à souhait. Il fait chaud, le soleil tape déjà fort, mais rien à voir avec le plein été.


Au col, le manque d’eau nous pousse à faire demi-tour. C’est la saison des palos verdes (Parkinsonia – Cercidium – aculeata) en fleur. Ce petit arbre au tronc et aux rameaux toujours verts est parfaitement adapté au climat torride du sud de l’Arizona ; il perd ses minuscules feuilles et ses ramifications en été, pour offrir le moins de prise au dessèchement. Il y a des centaines de ces gros bouquets qui éclaboussent de jaune d’or la plaine en contrebas, au-dessus de laquelle flotte une brume laiteuse.

Petit arrêt au Visitor Center – cartes et miel pour Alain –, puis nous poursuivons jusqu’à Signal Hill pour les pétroglyphes gravés dans le basalte, un demi-mile aller et retour. Sur la Hohokam Road, l’incroyable Kick Boxer Cactus, photographié par Philippe dans Photographing the Southwest, nous attend au bord du chemin, toujours aussi combatif.

Petite balade sur Discovery Nature Trail. En revenant sur Tucson, nous poursuivons directement sur Saguaro National Park East pour faire le Cactus Forest Drive. Belle lumière et belle balade sur le Freeman Homestead Trail.

Avec toujours les palos verdes en fleur...

et une une multitude de fleurs de cactus (de l'espèce Cholla).


A baby...

Tucson commence à manquer d’eau à cause de son développement galopant. Retour au motel en passant par Fry’s pour acheter trois bouteilles de trois litres d’eau. Il y a assez peu de gallons, finalement. Dîner avec salade et ananas. Le soir, alors que nous sommes couchés et que nous lisons, j’aperçois du coin de l’œil quelque chose d’énooorme et de noir qui traverse le plafond à toute vitesse. Je fais un bond, c’est un cafard géant !!! Il a été occis vite fait bien fait. On aime bien les bestioles de toute sorte mais là, non, vraiment, non…
Mardi 6 mai
Ce matin, sous une lumière laiteuse, nous allons visiter San Xavier Mission, au sud de Tucson. Les photos que nous avions vues, prises bien sûr sous le bon angle, étaient trompeuses. La mission, en cours de ravalement, n’est pas en pleine nature mais borde une réserve indienne – qui, comme souvent, est sinistre et poussiéreuse – et le mélange des styles est à notre goût particulièrement inesthétique. A l’intérieur, des saints, des saintes… ce qui n’est pas étonnant vu le contexte, une frise de cubes en perspective assez jolie. Une famille d’Indiens arrive avec une couronne de fleurs blanches. Le père est extrêmement noir de peau et la mère très typée, plutôt mexicaine, mais pas maya. Nous ne nous attardons pas plus longtemps. J’ai hâte de revoir le petit cimetière de Tombstone et ses croix de bois, alors pour couper nous prenons la 62 qui passe près de Greaterville – apparemment le « bout du monde » pour les locaux… – et rejoint la 83, qui, très rapidement, au niveau de l’embranchement de Box canyon, se transforme en dirt road. Tout est très mal indiqué ou pas indiqué du tout. La piste est bordée de très belles fleurs blanches au cœur de pistils jaune d’or ressemblant à des pavots sur des tiges de chardon, des Pricklepoppies (Argemone pleiacantha), appelées aussi, entre autres, Cowboy’s Fried Egg… Assez surprenant pour une fleur mais finalement pas si mal trouvé.

Je marrête pour les photographier et j’entends un bruit bizarre au niveau de la caisse, un genre de chuintement. Alain n’entend rien et on redémarre. Je m’arrête à nouveau pour cueillir une fleur et la faire sécher (je ne savais pas à ce moment-là que toutes les parties de la plante sont du poison) et j’entends à nouveau le même bruit, ressemblant fort à un pneu qui se dégonfle… Quelques kilomètres plus loin, le signal de crevaison s’allume au tableau de bord ! Bon, on est frais, il ne doit pas passer une voiture par jour sur cette piste qui semble rebuter les gens du coin et il reste encore un sacré paquet de kilomètres avant de rejoindre la civilisation. On descend, et moins d’une minute plus tard un gros pick-up de l’Arizona Engineering Company s’arrête derrière nous, il ne peut pas faire autrement d’ailleurs puisqu’on prend toute la largeur de la piste.
Nous cherchons le cric et la manivelle, bien cachés sous le siège arrière, et les deux Américains se proposent avec le sourire pour changer la roue, ce qui n’arriverait pas en France. Ça a l’air tout simple : une fois emmanchées les différentes parties de la manivelle à rallonge, il faut à l’aide d’une lampe électrique viser, par un petit trou dans le pare-chocs, le boulon sous la caisse et dévisser, dévisser, dévisser pour faire descendre la roue de secours… On a apparemment été chanceux car neuf fois sur dix ladite roue est bloquée par les nombreux chocs qu’elle a reçus en tapant sur des pierres. Bref, une demi-heure plus tard nous repartons avec une roue qui en a vu d’autres si l’on en croit sa magnifique rondelle de plastique orange, toujours suivis du pick-up, et nous nous séparons à l’embranchement de la 83 avec de grands sourires et de grands signes de la main.
A Tombstone, la lumière est toujours blanche et poussiéreuse, l’atmosphère complètement différente d’août 2000. Les croix de bois du cimetière de Boot Hill ont été remplacées par d’horribles choses en métal peintes en beige, les allées sont recouvertes de gravier style ponts-et-chaussées, les cactus sont devenus rares… ou alors mes souvenirs sont déformés. Même les montagnes sont plus lointaines… Un tour dans Main Street...



Nous abandonnons la randonnée prévue dans les Chiricahuas, la fois précédente nous étions basés à Bisbee, mais de Tucson c’est beaucoup trop loin. De retour au motel, par la 80 nord puis la Hwy 10, nous trouvons une agence Avis sur Broadway, au 5950, où nous expliquons que nous avons crevé sur le parking de la San Xavier Mission. Ils sont très aimables. Le pneu est trop abîmé pour être réparé, ils n’ont pas de TrailBlazer mais il en reste un à l’aéroport, le dernier, où nous filons dare-dare. Nous changeons notre 4 x 4 prune pour un bleu marine, avec un plein d’essence gratuit alors que le réservoir de l’ancien était vide.

Mercredi 7 mai
La route pour Globe, qui paraissait petite sur la carte, est saturée de camions… mais très belle dans sa seconde partie, lorsqu’elle traverse des forêts entières d’Organ Pipes. Le ciel devient de plus en plus bleu au fur et à mesure qu’on remonte vers le nord. Toujours les magnifiques palos verdes en fleur. Nous faisons quelques courses au petit Safeway de Globe et prenons la bifurcation pour l’Apache Trail. Belle vue sur le Roosevelt Lake depuis Tonto National Monument.

Splendide, la piste sinue au milieu de montagnes qui surplombent la Salt River et de nombreux lacs de barrage. Le contraste des saguaros, plantes du désert, et de l’eau verdâtre est étrange.





Tortilla Flat : saloon hors du temps, au bord de la piste. L’intérieur est entièrement tapissés de billets. Sous le porche nous constatons que le bon goût est universel : des lunettes de w-c placées verticalement attendent le client qui passera le visage par l’ouverture pour se faire photographier…



Lost Dutchman (emplacement 40, 12 $): camping de rêve à l’abri des Superstitions Mountains, désert. Nous installons la tente sous les cascades de fleurs dorées d’un palo verde, face au mont Flatiron, et partons pour Syphon Draw. Le massif est splendide dans la lumière cuivrée du jour qui tombe.



En redescendant, la plaine de Phoenix s'étend à nos pieds, et le contraste est grand entre le silence qui règne ici et la ville tentaculaire, si proche...

C'est vraiment un des plus beaux campings qu'on connaisse, et en plus il n'y a personne. On n'a que l'embarras du choix.






En prime un magnifique nuage dit « en peigne ».

Repas sur la table en bois puis balade sous les millions d’étoiles.
Jeudi 8 mai
En partant nous faisons un tour au saloon au-dessus...

et à la petite gare juste à côté.


Après avoir erré tant et plus dans Apache Junction, et vu un curieux spécimen,

avoir été envoyés dans des directions opposées par des gens à qui nous demandions notre chemin, nous trouvons enfin la 87 North (Idaho Bvd, Superstitions Mountains Drive, puis Ellesport Road, qui portait un autre nom sur Mapquest), grâce à l’amabilité d’un vendeur, dans un magasin, qui nous a imprimé une carte sur Internet. Très belle route jusqu’à l’autoroute.
Sedona est infiniment étendue désormais et ressemble à un grand chantier. Nous passons au Sugarloaf Motel, qui apparemment ne paye pas de mine mais qui est vraiment très bien. La chambre (60 $) est toute neuve, double vitrage, porte-fenêtre blanche à petits carreaux, table à repasser, réfrigérateur, etc., et un lit excellent ! Piscine sur l’arrière en prime.
West of Oak Creek, beau canyon encaissé entièrement boisé. Lupin bleu, fougères d’un vert très tendre, falaises abruptes ocre-rouge et crème, filet d’eau claire, chemin sablonneux.




Bien que marchant à un rythme soutenu nous ne voyons jamais poindre le subway et des randonneurs que nous croisons nous disent qu’il n’y a pas de fin, qu’on peut aller jusqu’à Flagstaff. Retour 3 h 30 plus tard au point de départ pour filer voir le coucher de soleil à Crescent Moon. Le temps de traverser Sedona, il disparaît déjà derrière les montagnes. Dommage…
Vendredi 9 mai
Courte nuit encore une fois. Réveil à 5 heures. Nous avons rendez-vous à 9 heures avec Kent & Sue au Frontier Market, un supermarché bio, à deux blocs du motel. Les retrouvailles sont chaleureuses, comme toujours, nous achetons quelques paquets de chips de riz bio au wasabi, au citron ou à la moutarde douce de Dijon et prenons la route pour Red Rock Crossing. La lumière n’est pas bonne du tout et le ciel laiteux de la fumée des feux de Sedona, Tusayan et Payson. (Nous y sommes passés hier, à Payson, et n’avons rien vu.) A peine arrivés sur le parking, nous n’avons même pas le temps de poser un pied par terre que deux énergumènes dans une espèce de cafougnette hérissée de balais et de rateaux nous sautent dessus pour réclamer les 8 $ d’entrée…
Les rives d’Oak Creek regorgent de mini-cairns construits avec les galets charriés par les flash floods – c’est étrange, c’est vraiment la Cairn Country – ; nous apercevons deux très beaux canards qui font la sieste sur les rochers au milieu du courant. L’eau est haute, nous devons nous déchausser pour la traverser et rejoindre les rochers plats qui forment une île en plein milieu. Un homme avec son chien se fait bronzer. Puis nous décidons d’aller à Robber’s Roost, des ruines indiennes indiquées par Philippe, perchées sous le sommet d’un dôme de grès rouge. Ce n’est pas tout simple apparemment car les pistes sont assez mal indiquées, mais nous faisons totalement confiance au sens de l’orientation de Kent et au guide fait par des amis à eux. Nous garons le 4 x 4 en face, à un demi-mile environ et prenons le sentier bordé de Sego Lily et de magnifiques boutons floraux d’agaves.


Nous nous faufilons entre les Prickly Pears aux dents acérées et arrivons dans la grotte ocre rouge, véritable nid d���aigle, trouée sur le côté d’une ouverture parfaitement ronde, qui donne sur le désert en contrebas.

Kent...


Nous pique-niquons sommairement et profitons du silence absolu… On pourrait rester des heures ici. Retour sur Sedona en empruntant d’autres pistes, au pied des montagnes pourpre et or.
Clarkdale, à vingt minutes de Sedona. La nouvelle maison de Sue & Kent est très grande, leurs neuf chats magnifiques... Ils nous invitent au restaurant à Jerome, ancienne petite ville minière voisine, accrochée au flanc de Mingus Mountain. La rue principale est très étroite, un peu « à la française », et très animée. Au sommet, l’Asylum, un ancien hôpital transformé en restaurant. Repas très cher.
Samedi 10 mai
Petit déjeuner au Mammossa – champagne et jus d’oranges (des orangers de la mère de Sue) pressées –, muffins, jus de pamplemousse avant de partir à Tuzigoot, que nous n’avons jamais vu, à deux miles de Clarkdale (5 $ l’entrée). Au Visitor Center, exposition de belles pierres, poteries, et outres. Tuzigoot (mot apache pour Crooked Water) surplombe la Verde River d’une quarantaine de mètres et étage ses damiers ceinturés de pierre sur les flancs d’une petite colline comme la lave s’écoule du volcan. Les ruines du pueblo occupé il y a sept cents ans environ par les Sinagua sont bien conservées. A l’origine, il y avait soixante-dix-sept chambres au rez-de-chaussée et par endroits deux étages, très peu de portes comme toujours, puisqu’on entrait au moyen d'échelles glissées par une ouverture du toit. Pendant une centaine d’années la population se stabilisa à une cinquantaine de personnes puis doubla vers 1200 lorsque des cultivateurs fuyant la sécheresse s’y installèrent.


Nous enchaînons sur Jerome que Kent tient à nous montrer, de jour cette fois-ci – où nous pique-niquons –, puis grimpons au sommet de Mingus Mountain. Beaux points de vue, mais nous n’en finissons pas de prendre une piste puis l’autre… Nous laissons le 4 x 4 sur le bas-côté et suivons Kent au pas de charge sur une « autoroute forestière ». Alain et moi, lessivés par cet après-midi de voiture, avons hâte de rentrer à la maison. La fin d’après-midi nous paraît vraiment délicieuse, à nous reposer tranquillement dans le patio. Le soir, Kent, qui fait habituellement la cuisine, nous prépare un succulent repas : limonade avec des petits samossas au crabe et wasabi, crème d’épinard et tacos. Puis thon au barbecue parfaitement cuit et moelleux, riz et maïs. Excellent. Le dessert, le préféré de Kent, vient plus tard : icecake bleu turquoise avec une couche de gâteau au chocolat à l’intérieur…
Dimanche 11 mai
A 11 heures nous partons tous les quatre pour Secret Canyon avec notre 4 x 4. Les pistes sont assez difficiles pour y arriver, mais le canyon est magnifique, longé par un chemin de sable rose bordé de manzanitas en fleur. Deux lézards à collier (Crotaphytus collaris) se battent férocement, peut-être à mort, en plein milieu du chemin et s’enfuient à notre approche, toujours accrochés l’un à l’autre, aucun ne voulant lâcher le morceau.

Kent file comme un lapin, presque au pas de course. Le canyon est assez resserré et pas vraiment propice à la photo mais il est splendide.



L'écorce des manzanitas a de belles couleurs violines.


Vie et mort d'une agave...


Au bout de deux heures, nous nous arrêtons pour pique-niquer à l’aplomb d’une falaise, puis comme Sue et Kent s’étaient donné quatre heures maximum pour faire la balade, nous faisons demi-tour. Retour à la voiture vers 16 heures. Le soir nous les invitons dans le restaurant de leur choix, en l’occurrence le Taverne Grill à Cottonwood. Bon repas. Kent, avec un des chats, Kelty, part ensuite directement dans la nuit pour Phoenix où il travaille plusieurs jours par semaine.
Lundi 12 mai
Départ pour Grand Canyon. En passant à Flagstaff nous prenons de l’essence dans un froid de canard qui nous suit jusqu’au Maswick Lodge où nous arrivons vers 14 h 30. De gros nuages de pluie traversent le ciel immense, poussés par un vent glacial, ce qui ne nous décourage pas pour autant. Comme la chambre n’est pas encore prête nous reprenons le 4 x 4 avec tous les bagages à l’intérieur et partons pour Yaki Point d’où part le South Kaibab Trail, mais nous avions oublié qu’on ne peut y accéder qu’en navette ! On hésite à laisser la voiture sur le petit parking proche de la route, sous les arbres, puis on décide que l’endroit est quand même moins sûr que le fin fond de l’Utah, qu’il n’y a pas que des Américains qui visitent le Canyon, et on retourne au départ de la navette devant le Maswick. On en profite pour prendre la chambre, moins bien que la dernière fois au premier étage dans les grands pins. Il est 16 h 45. Retour sur le South Kaibab avec les deux navettes, la bleue et la verte. On est complètement gelés, d’autant qu’on n’a pas pris de polaires. On fait la descente en courant presque, c’est très beau, il commence à pleuvoir. Frigorifiés, on fait demi-tour.


Repas de salades, dans la chambre, achetées à New Frontier à Sedona.
Mardi 13 mai
Réveil à 5 h 30. Je m’extraie de sous les couvertures pour jeter un œil derrière le rideau et voir si le ciel est bleu… Surprise ! tout est recouvert d’une épaisse couche de neige ! C’est magnifique et surprenant ! Noël au mois de mai, on n’en espérait pas tant !

Je fais un tour dehors, prends quelques photos inhabituelles d’agaves sous la neige ou de la voie ferrée dans un décor hivernal,

rentre prendre un thé avec Alain, deux trois biscuits bio apportés de Paris et nous partons sac au dos dans un froid glacial pour le Bright Angel Trail et les Indian Gardens (9, 2 miles aller retour et 3000 pieds de dénivelée, c'est-à-dire en langage clair une quinzaine de kilomètres et 930 mètres). Il est 8 heures. Sue espérait pouvoir nous rejoindre pour cette randonnée mais ce sera pour une autre fois, dommage… On n’a aucune vue pour l’instant, tout est dans les nuages, mais la neige disparaît très vite,




seules restent les flaques d’eau boueuse qui comblent chaque petite dépression derrière les marches de bois. Il est assez difficile de descendre comme ça, en jouant les équilibristes, toujours sur l’extrémité droite ou gauche de chaque marche.

Nous dépassons la première resthouse, faisons une petite pause de cinq minutes à la deuxième, et nous repartons. Au fur et à mesure de la descente, le ciel se dégage, les fleurs se font plus nombreuses et plus variées. Nous retrouvons là les si belles Pricklepoppies du Sud, des asters, des saxiphrages, des agaves utahensis, etc. Les nuages laissent par endroits passer un rayon de soleil, c’est vraiment superbe.

L’oasis d’Indian Gardens étale sa verdure juste au-dessous de nous, le chemin devient plat et nous nous glissons sous les immenses peupliers de Virginie pour pique-niquer auprès de la fontaine. A peine installés, nous avons la visite des écureuils qui n’attendaient que nous pour se mettre à table, mais malheureusement pour eux nous ne sommes pas de ceux qui nourrissent la faune locale…

Une heure et demie plus tard nous remontons à notre rythme, c’est-à-dire celui du montagnard en haute montagne, lent.


Nous sommes régulièrement doublés par des randonneurs qui foncent tête baissée et que l’on retrouve systématiquement un ou deux virages plus haut, affalés sur le bas-côté, alors que nous pouvons monter sans nous arrêter si nous le voulons et en n’éprouvant absolument aucune fatigue. Les dépassements successifs se répéteront ainsi jusqu’au sommet que nous atteignons vers 16 heures. Il y règne toujours un froid glacial mais la neige a maintenant complètement fondu. Très belle journée. Repas correct à la cafétéria.
Mercredi 14 mai
Nous partons pour Bluff en nous arrêtant çà et là sur le rim

et notamment au musée Tusayan pour voir si notre copain le-plus-intelligent-des-oiseaux, le raven (grand corbeau), est toujours au rendez-vous, d’une année sur l’autre... Eh bien oui, il est là, perché sur une branche dans un froid de canard et sous un vilain voile blanchâtre que le vent fort ne parvient pas à dissiper, et penche la tête pour nous regarder... Nous en profitons pour relire les avertissements concernant le puma que l'on connaît par cœur.

La lumière n’est vraiment pas propice à la photo et nous dissuadera de faire le détour de cent kilomètres pour un site isolé que nous avait indiqué Philippe. La route est longue et les paysages quelconques jusqu’à Kayenta, village navajo, sinistre s’il en est…

La suite ici: http://voyageforum.com/..._2e_partie_D2152941/
http://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_11.html
Cette année nous avons choisi d'atterrir à Los Angeles pour retourner dans le sud de l'Arizona, que nous avions parcouru en 2000. Notre itinéraire nous a menés jusqu'a San Francisco en passant par Tucson, Sedona, Grand Canyon, Moab, Vernal, Escalante, Zion, Bryce, la traversée du Nevada pour rejoindre Lee Vining et Yosemite. Nous avons mixé motels et nuit sous la tente ou dans le 4 x 4.
Merci encore à Philippe Schuler (Sedonax) pour ses précieux conseils. Merci également à Jean-Luc (vazyvite), pour son aide cartographique.
Les balises jaunes correspondent aux nuits en camping. Les « primitive campgrounds », de quelques emplacements, n'ont ni eau ni électricité, seulement des w-c chimiques.

01/5 : Los Angeles 02/5 03/5 : Joshua Tree (White Tank, primitive campground) 04/5 : Tucson 05/5 06/5 07/5 : Apache Trail (camping à Lost Dutchman) 08/5 : Sedona 09/5 10/5 11/5 12/5 : Grand Canyon 13/5 14/5 : Bluff 15/5 : Moab 16/5 : Dinosaur N.M. (primitive campground de Echo Park) 17/5 : Vernal 18/5 : Goblin Valley (camping) 19/5 : Escalante 20/5 : Paria Station (White House, primitive campground) 21/5 : Page 22/5 : Bryce Canyon (Sunset campground) 23/5 24/5 : Extraterrestrial Hwy 25/5 : Lee Vining 26/5 : Yosemite (Curry Village) 27/5 28/5 : San Francisco 29/5 30/5 31/5 : Départ…
Première partie
De Los Angeles à Grand Canyon
Jeudi 1er mai
Le chauffeur de taxi qui nous conduit à Roissy roule comme un malade, 140 à l’heure même quand c’est limité à 70, tout en balançant constamment sa tête d’une épaule à l’autre en mouvements violents et saccadés… Il avait décidé de mettre vingt minutes de porte à porte (au lieu d’une heure habituellement…). On a bien cru ne jamais arriver ! Puis à l’aéroport, une hôtesse particulièrement molle et peu aimable nous annonce qu’il n’y a aucune trace de notre enregistrement sur le vol. Elle nous parle de surbooking... Vingt minutes plus tard et après une grosse montée d’adrénaline, il ressort qu’elle s’est trompée, il reste seize places disponibles ; nous serons sous l’écran et pourrons, luxe suprême, étendre nos jambes ! Je suis assise à côté d’un jeune pilote d’Air France, et je ne manque pas, à chaque tressaillement de l’avion, de lui demander ce qui se passe… Il me rassure en me parlant des différentes manœuvres, du train d’atterrissage, des turbulences, etc., dix fois plus efficace qu’un tranquillisant ! Puis subitement, quelques rangées derrière nous, une dispute éclate. Une matrone, qui n’accepte pas que le passager devant elle – tout aussi détestable – incline son siège, se lève et se plante dans l’allée en criant : « Appelez le capitaine ! Appelez le capitaine ! » On est morts de rire !
Los Angeles. Nous prenons enfin le seul Trailblazer du parking d’Avis et trois heures après avoir atterri nous arrivons au Super8 de Culver City, sur W. Washington Boulevard, haut de gamme de la chaîne (89 $ + taxes, soit 99, 68 $). Quelques courses chez Vons (carte Safeway), à côté, et nous nous couchons épuisés à 21 heures.
Vendredi 2 mai
Réveil à 4 h 45. Balade à Venice et sur les canaux. Très jolis, très calmes, juste le chant des étourneaux.


Au fait, comment dit-on? Véniché? Vinaïce? Venisse? Après avoir tout entendu, on aura la réponse à la fin du voyage, à San Francisco: Venisse!


Le J-P Getty Center Museum, planté sur une colline de Brentwood, est gigantesque (d’ailleurs tout est gigantesque : les travaux ont duré douze ans, ont coûté un milliard de dollars, et sa superficie atteint 88 000 mètres carrés !), avec une architecture trop massive à mon goût. Nous sommes déçus par la disproportion entre les œuvres exposées et la taille du musée. Beaux cactus, eau claire qui chante au milieu de toute cette blancheur. Nous mangeons quelques galettes de la Mère Poulard et partageons une micro-boîte de thon « fat free ». Infecte. L’entrée n’était pas chère : 8 $ pour le parking souterrain, la navette qui nous hisse au sommet de la colline et le musée. Retour à Venice Beach. Palmiers, vélos, terrains de sport et de musculation. Surfeurs dans les immenses rouleaux du Pacifique. Finalement, nous n’avons pas trouvé de glacière de taille normale et pas de réchaud non plus. Juste une casserole. Nous mangeons dans la chambre de délicieuses quesadillas bio au fromage avec de la salade, et… dodo ! Il est 20 h 30.
Samedi 3 mai
Nous nous trompons en partant pour Joshua… c’est infernal ! Toutes les autoroutes sont surchargées, les camions roulent comme des malades et Los Angeles n’en finit pas de s’étirer comme un chewing-gum. De l’autoroute nous apercevons un Wall-Mart et sortons à Moreno Valley. Nous achetons glacière, réchaud, recharge de gaz, Tupperwares, chaussettes, de l’eau pour 40 $ ! qui dit mieux ?
Au Visitor Center de Palm Springs, tenu par des Indiens pas vraiment aimables, nous achetons nos billets d’entrée pour les Indian Canyons (7 $). Andreas Canyon est très beau et très étrange. Les palmiers (Washingtonia filifera) portent de longues jupes de paille laissant apercevoir par endroits des troncs qui vont du gris à l’ocre, totalement quadrillés d’entailles. Les Indiens en ramassaient les fruits pour faire de la farine et se servaient aussi des feuilles comme chaume. Un petit torrent se faufile à leurs pieds, clair comme du cristal, et d’immenses palmes, comme au Mexique, poussent sur ses berges. La fin du canyon est fermée par un grillage. Au-delà, sur le flanc de la montagne de pierre, deux ou trois bâtisses.




Il fait trop chaud pour Murray Canyon. Nous allons au Trading Post, au bout d’une étroite route sinueuse qui grimpe au flanc de la montagne. Rien d’intéressant. Nous en profitons pour descendre dans Palm Canyon, tapissé de sable, malgré un écriteau avertissant le visiteur du grand nombre de rattlesnakes qui se prélassent dans le coin. Nous pensons que c’est surtout pour décourager le randonneur. L’endroit est agréable mais ressemble quand même trop à une promenade du dimanche.


Nous reprenons la route pour Joshua, sur la Hwy 10, encore et toujours. Je suis très étonnée de voir que l’entrée du parc n’est pas en plein désert mais dans une agglomération !... qui s’étire, elle aussi. Mais après le Visitor Center et la guérite des rangers, il n’y a plus que de la roche et des Joshua Trees (Yucca brevifolia). Ce sont les Mormons qui, en traversant le désert de Mojave, nommèrent ainsi ces grands yuccas parce qu’ils leur évoquaient Josué levant ses mains au ciel. Leur croissance est extrêmement lente, une dizaine de centimètres par an seulement, mais ils peuvent vivre jusqu’à deux cents ans. Nous passons Hidden Valley et poursuivons vers « Jumbo Rocks » pour (pensons-nous) planter notre tente au milieu d’une forêt de Joshua Trees avant le coucher du soleil. Surprise ! le camping, qui a pourtant 125 places, est plein, et ressemble à celui de Big Sur : trop grand à notre goût ! Nous sommes samedi soir et nous n’y avons pas pensé une seule seconde… Nous repérons deux autres campings sur la carte ; le premier, « Belle », petit, est plein lui aussi. Il nous reste le dernier, « White Tank »… qui est complet, ce qui n’est pas étonnant car il a peu d’emplacements. Suivant les conseils de Philippe en pareil cas, nous décidons de dormir là. Nous garons le 4 x 4 à l’ombre de gros rochers, sous un panneau d’interdiction de 10 heures p.m. à 6 heures a.m. Parfait, ça veut donc dire que des visiteurs peuvent se balader sans attirer l’attention. Lorsque la nuit tombe nous le déplaçons de quelques mètres, de l’autre côté du chemin de sable, histoire de ne pas se faire épingler deux fois par les rangers : une fois pour dormir « illégalement » dans le camping, une deuxième pour être garés sous un panneau d’interdiction. Nous mangeons un morceau, faisons un tour au milieu des gros rochers dorés par le soleil couchant




et nous installons pour la nuit.

Nous passons tous les sacs à l’avant, abaissons les sièges et nous allongeons à même la moquette, sans sortir matelas ni duvets, attendant la lampe électrique du ranger braquée sur nos visages à travers les vitres. En fait, c’est le froid qui nous fera réintégrer nos sacs de couchage bien chauds. Mais on dort très bien dans un Trailblazer, à condition de ne pas faire plus d'1, 80 mètre. La moquette est épaisse, si si, presque aussi bien qu'un Therm-A-Rest, à tel point que par la suite on ne déroulera plus nos matelas.
Dimanche 4 mai
A 5 h 30 nous plions bagage et partons pour Tucson dans le soleil levant. Nous nous arrêtons peu après à « To surprise sunrise » pour admirer les montagnes rosées.



Sur la route, nous croisons d'étranges créatures...



Cholla (prononcer choy-ya) Cactus Garden. Ces cactus (Cylindropuntia bigelovii) qui ressemblent à des peluches sont en fait redoutables. Leurs épines, munies de microscopiques barbes, se détachent très facilement et une fois dans la peau se mettent à voyager et n’en ressortent plus.





Leur squelette est aussi étonnant que celui des saguaros...


et leurs fruits ne sont pas mal non plus...

Nous voyons aussi quelques ocotillos (Fouquieria splendens) à la floraison flamboyante.

Arrivés à la jonction avec la Hwy 10, nous avons la bonne surprise de constater qu’elle est beaucoup moins encombrée que la veille, pour cause de dimanche matin.
Traversée de Phoenix puis arrivée à Tucson. Nous ne reconnaissons pas la ville, au développement exponentiel, saturée par la circulation. Le Super8 est moyen, surtout après celui de Los Angeles. L’accueil est sale, le gérant crasseux avec des cheveux comme de gros spaghettis qui dégoulinent dans son cou. Il ne manque que la sauce tomate. Sa chemise est infecte et en plus il a une toux grasse à couper l’appétit à tout un régiment. Quant à la chambre… elle est correcte et propre si on n’est pas trop regardants… Vers 19 heures nous partons pour la librairie Barnes & Noble.
Lundi 5 mai
Longue nuit de 20 heures à 6 h 30. Saguaro National Park West. Le désert est un véritable jardin naturel de cactées. Certains saguaros (Carnegiea gigantea) de deux cents ans atteignent près de vingt mètres de hauteur et pèsent plus de huit tonnes. Leur croissance est excessivement lente : à quinze ans ils ne dépassent pas trente centimètres, à cinquante ans deux mètres. Leurs premiers bras apparaissent aux environs de soixante-quinze ans de même que leurs premières fleurs, d’un délicat blanc-crème. Les Amérindiens récoltaient leurs fruits et employaient leur squelette dans la construction (on peut en voir notamment dans les toits des cloîtres de San Xavier Mission).


Le Hugh Norris Trail grimpe raide (ce ne sont que des marches jusqu’au sommet) au milieu d’une belle « forêt » de saguaros couronnés de fleurs de cire, surveillée à mi-hauteur par un gros ours de pierre, dodu à souhait. Il fait chaud, le soleil tape déjà fort, mais rien à voir avec le plein été.


Au col, le manque d’eau nous pousse à faire demi-tour. C’est la saison des palos verdes (Parkinsonia – Cercidium – aculeata) en fleur. Ce petit arbre au tronc et aux rameaux toujours verts est parfaitement adapté au climat torride du sud de l’Arizona ; il perd ses minuscules feuilles et ses ramifications en été, pour offrir le moins de prise au dessèchement. Il y a des centaines de ces gros bouquets qui éclaboussent de jaune d’or la plaine en contrebas, au-dessus de laquelle flotte une brume laiteuse.

Petit arrêt au Visitor Center – cartes et miel pour Alain –, puis nous poursuivons jusqu’à Signal Hill pour les pétroglyphes gravés dans le basalte, un demi-mile aller et retour. Sur la Hohokam Road, l’incroyable Kick Boxer Cactus, photographié par Philippe dans Photographing the Southwest, nous attend au bord du chemin, toujours aussi combatif.

Petite balade sur Discovery Nature Trail. En revenant sur Tucson, nous poursuivons directement sur Saguaro National Park East pour faire le Cactus Forest Drive. Belle lumière et belle balade sur le Freeman Homestead Trail.

Avec toujours les palos verdes en fleur...

et une une multitude de fleurs de cactus (de l'espèce Cholla).


A baby...

Tucson commence à manquer d’eau à cause de son développement galopant. Retour au motel en passant par Fry’s pour acheter trois bouteilles de trois litres d’eau. Il y a assez peu de gallons, finalement. Dîner avec salade et ananas. Le soir, alors que nous sommes couchés et que nous lisons, j’aperçois du coin de l’œil quelque chose d’énooorme et de noir qui traverse le plafond à toute vitesse. Je fais un bond, c’est un cafard géant !!! Il a été occis vite fait bien fait. On aime bien les bestioles de toute sorte mais là, non, vraiment, non…
Mardi 6 mai
Ce matin, sous une lumière laiteuse, nous allons visiter San Xavier Mission, au sud de Tucson. Les photos que nous avions vues, prises bien sûr sous le bon angle, étaient trompeuses. La mission, en cours de ravalement, n’est pas en pleine nature mais borde une réserve indienne – qui, comme souvent, est sinistre et poussiéreuse – et le mélange des styles est à notre goût particulièrement inesthétique. A l’intérieur, des saints, des saintes… ce qui n’est pas étonnant vu le contexte, une frise de cubes en perspective assez jolie. Une famille d’Indiens arrive avec une couronne de fleurs blanches. Le père est extrêmement noir de peau et la mère très typée, plutôt mexicaine, mais pas maya. Nous ne nous attardons pas plus longtemps. J’ai hâte de revoir le petit cimetière de Tombstone et ses croix de bois, alors pour couper nous prenons la 62 qui passe près de Greaterville – apparemment le « bout du monde » pour les locaux… – et rejoint la 83, qui, très rapidement, au niveau de l’embranchement de Box canyon, se transforme en dirt road. Tout est très mal indiqué ou pas indiqué du tout. La piste est bordée de très belles fleurs blanches au cœur de pistils jaune d’or ressemblant à des pavots sur des tiges de chardon, des Pricklepoppies (Argemone pleiacantha), appelées aussi, entre autres, Cowboy’s Fried Egg… Assez surprenant pour une fleur mais finalement pas si mal trouvé.

Je marrête pour les photographier et j’entends un bruit bizarre au niveau de la caisse, un genre de chuintement. Alain n’entend rien et on redémarre. Je m’arrête à nouveau pour cueillir une fleur et la faire sécher (je ne savais pas à ce moment-là que toutes les parties de la plante sont du poison) et j’entends à nouveau le même bruit, ressemblant fort à un pneu qui se dégonfle… Quelques kilomètres plus loin, le signal de crevaison s’allume au tableau de bord ! Bon, on est frais, il ne doit pas passer une voiture par jour sur cette piste qui semble rebuter les gens du coin et il reste encore un sacré paquet de kilomètres avant de rejoindre la civilisation. On descend, et moins d’une minute plus tard un gros pick-up de l’Arizona Engineering Company s’arrête derrière nous, il ne peut pas faire autrement d’ailleurs puisqu’on prend toute la largeur de la piste.
Nous cherchons le cric et la manivelle, bien cachés sous le siège arrière, et les deux Américains se proposent avec le sourire pour changer la roue, ce qui n’arriverait pas en France. Ça a l’air tout simple : une fois emmanchées les différentes parties de la manivelle à rallonge, il faut à l’aide d’une lampe électrique viser, par un petit trou dans le pare-chocs, le boulon sous la caisse et dévisser, dévisser, dévisser pour faire descendre la roue de secours… On a apparemment été chanceux car neuf fois sur dix ladite roue est bloquée par les nombreux chocs qu’elle a reçus en tapant sur des pierres. Bref, une demi-heure plus tard nous repartons avec une roue qui en a vu d’autres si l’on en croit sa magnifique rondelle de plastique orange, toujours suivis du pick-up, et nous nous séparons à l’embranchement de la 83 avec de grands sourires et de grands signes de la main.
A Tombstone, la lumière est toujours blanche et poussiéreuse, l’atmosphère complètement différente d’août 2000. Les croix de bois du cimetière de Boot Hill ont été remplacées par d’horribles choses en métal peintes en beige, les allées sont recouvertes de gravier style ponts-et-chaussées, les cactus sont devenus rares… ou alors mes souvenirs sont déformés. Même les montagnes sont plus lointaines… Un tour dans Main Street...



Nous abandonnons la randonnée prévue dans les Chiricahuas, la fois précédente nous étions basés à Bisbee, mais de Tucson c’est beaucoup trop loin. De retour au motel, par la 80 nord puis la Hwy 10, nous trouvons une agence Avis sur Broadway, au 5950, où nous expliquons que nous avons crevé sur le parking de la San Xavier Mission. Ils sont très aimables. Le pneu est trop abîmé pour être réparé, ils n’ont pas de TrailBlazer mais il en reste un à l’aéroport, le dernier, où nous filons dare-dare. Nous changeons notre 4 x 4 prune pour un bleu marine, avec un plein d’essence gratuit alors que le réservoir de l’ancien était vide.

Mercredi 7 mai
La route pour Globe, qui paraissait petite sur la carte, est saturée de camions… mais très belle dans sa seconde partie, lorsqu’elle traverse des forêts entières d’Organ Pipes. Le ciel devient de plus en plus bleu au fur et à mesure qu’on remonte vers le nord. Toujours les magnifiques palos verdes en fleur. Nous faisons quelques courses au petit Safeway de Globe et prenons la bifurcation pour l’Apache Trail. Belle vue sur le Roosevelt Lake depuis Tonto National Monument.

Splendide, la piste sinue au milieu de montagnes qui surplombent la Salt River et de nombreux lacs de barrage. Le contraste des saguaros, plantes du désert, et de l’eau verdâtre est étrange.





Tortilla Flat : saloon hors du temps, au bord de la piste. L’intérieur est entièrement tapissés de billets. Sous le porche nous constatons que le bon goût est universel : des lunettes de w-c placées verticalement attendent le client qui passera le visage par l’ouverture pour se faire photographier…



Lost Dutchman (emplacement 40, 12 $): camping de rêve à l’abri des Superstitions Mountains, désert. Nous installons la tente sous les cascades de fleurs dorées d’un palo verde, face au mont Flatiron, et partons pour Syphon Draw. Le massif est splendide dans la lumière cuivrée du jour qui tombe.



En redescendant, la plaine de Phoenix s'étend à nos pieds, et le contraste est grand entre le silence qui règne ici et la ville tentaculaire, si proche...

C'est vraiment un des plus beaux campings qu'on connaisse, et en plus il n'y a personne. On n'a que l'embarras du choix.






En prime un magnifique nuage dit « en peigne ».

Repas sur la table en bois puis balade sous les millions d’étoiles.
Jeudi 8 mai
En partant nous faisons un tour au saloon au-dessus...

et à la petite gare juste à côté.


Après avoir erré tant et plus dans Apache Junction, et vu un curieux spécimen,

avoir été envoyés dans des directions opposées par des gens à qui nous demandions notre chemin, nous trouvons enfin la 87 North (Idaho Bvd, Superstitions Mountains Drive, puis Ellesport Road, qui portait un autre nom sur Mapquest), grâce à l’amabilité d’un vendeur, dans un magasin, qui nous a imprimé une carte sur Internet. Très belle route jusqu’à l’autoroute.
Sedona est infiniment étendue désormais et ressemble à un grand chantier. Nous passons au Sugarloaf Motel, qui apparemment ne paye pas de mine mais qui est vraiment très bien. La chambre (60 $) est toute neuve, double vitrage, porte-fenêtre blanche à petits carreaux, table à repasser, réfrigérateur, etc., et un lit excellent ! Piscine sur l’arrière en prime.
West of Oak Creek, beau canyon encaissé entièrement boisé. Lupin bleu, fougères d’un vert très tendre, falaises abruptes ocre-rouge et crème, filet d’eau claire, chemin sablonneux.




Bien que marchant à un rythme soutenu nous ne voyons jamais poindre le subway et des randonneurs que nous croisons nous disent qu’il n’y a pas de fin, qu’on peut aller jusqu’à Flagstaff. Retour 3 h 30 plus tard au point de départ pour filer voir le coucher de soleil à Crescent Moon. Le temps de traverser Sedona, il disparaît déjà derrière les montagnes. Dommage…
Vendredi 9 mai
Courte nuit encore une fois. Réveil à 5 heures. Nous avons rendez-vous à 9 heures avec Kent & Sue au Frontier Market, un supermarché bio, à deux blocs du motel. Les retrouvailles sont chaleureuses, comme toujours, nous achetons quelques paquets de chips de riz bio au wasabi, au citron ou à la moutarde douce de Dijon et prenons la route pour Red Rock Crossing. La lumière n’est pas bonne du tout et le ciel laiteux de la fumée des feux de Sedona, Tusayan et Payson. (Nous y sommes passés hier, à Payson, et n’avons rien vu.) A peine arrivés sur le parking, nous n’avons même pas le temps de poser un pied par terre que deux énergumènes dans une espèce de cafougnette hérissée de balais et de rateaux nous sautent dessus pour réclamer les 8 $ d’entrée…
Les rives d’Oak Creek regorgent de mini-cairns construits avec les galets charriés par les flash floods – c’est étrange, c’est vraiment la Cairn Country – ; nous apercevons deux très beaux canards qui font la sieste sur les rochers au milieu du courant. L’eau est haute, nous devons nous déchausser pour la traverser et rejoindre les rochers plats qui forment une île en plein milieu. Un homme avec son chien se fait bronzer. Puis nous décidons d’aller à Robber’s Roost, des ruines indiennes indiquées par Philippe, perchées sous le sommet d’un dôme de grès rouge. Ce n’est pas tout simple apparemment car les pistes sont assez mal indiquées, mais nous faisons totalement confiance au sens de l’orientation de Kent et au guide fait par des amis à eux. Nous garons le 4 x 4 en face, à un demi-mile environ et prenons le sentier bordé de Sego Lily et de magnifiques boutons floraux d’agaves.


Nous nous faufilons entre les Prickly Pears aux dents acérées et arrivons dans la grotte ocre rouge, véritable nid d���aigle, trouée sur le côté d’une ouverture parfaitement ronde, qui donne sur le désert en contrebas.

Kent...



Nous pique-niquons sommairement et profitons du silence absolu… On pourrait rester des heures ici. Retour sur Sedona en empruntant d’autres pistes, au pied des montagnes pourpre et or.
Clarkdale, à vingt minutes de Sedona. La nouvelle maison de Sue & Kent est très grande, leurs neuf chats magnifiques... Ils nous invitent au restaurant à Jerome, ancienne petite ville minière voisine, accrochée au flanc de Mingus Mountain. La rue principale est très étroite, un peu « à la française », et très animée. Au sommet, l’Asylum, un ancien hôpital transformé en restaurant. Repas très cher.
Samedi 10 mai
Petit déjeuner au Mammossa – champagne et jus d’oranges (des orangers de la mère de Sue) pressées –, muffins, jus de pamplemousse avant de partir à Tuzigoot, que nous n’avons jamais vu, à deux miles de Clarkdale (5 $ l’entrée). Au Visitor Center, exposition de belles pierres, poteries, et outres. Tuzigoot (mot apache pour Crooked Water) surplombe la Verde River d’une quarantaine de mètres et étage ses damiers ceinturés de pierre sur les flancs d’une petite colline comme la lave s’écoule du volcan. Les ruines du pueblo occupé il y a sept cents ans environ par les Sinagua sont bien conservées. A l’origine, il y avait soixante-dix-sept chambres au rez-de-chaussée et par endroits deux étages, très peu de portes comme toujours, puisqu’on entrait au moyen d'échelles glissées par une ouverture du toit. Pendant une centaine d’années la population se stabilisa à une cinquantaine de personnes puis doubla vers 1200 lorsque des cultivateurs fuyant la sécheresse s’y installèrent.


Nous enchaînons sur Jerome que Kent tient à nous montrer, de jour cette fois-ci – où nous pique-niquons –, puis grimpons au sommet de Mingus Mountain. Beaux points de vue, mais nous n’en finissons pas de prendre une piste puis l’autre… Nous laissons le 4 x 4 sur le bas-côté et suivons Kent au pas de charge sur une « autoroute forestière ». Alain et moi, lessivés par cet après-midi de voiture, avons hâte de rentrer à la maison. La fin d’après-midi nous paraît vraiment délicieuse, à nous reposer tranquillement dans le patio. Le soir, Kent, qui fait habituellement la cuisine, nous prépare un succulent repas : limonade avec des petits samossas au crabe et wasabi, crème d’épinard et tacos. Puis thon au barbecue parfaitement cuit et moelleux, riz et maïs. Excellent. Le dessert, le préféré de Kent, vient plus tard : icecake bleu turquoise avec une couche de gâteau au chocolat à l’intérieur…
Dimanche 11 mai
A 11 heures nous partons tous les quatre pour Secret Canyon avec notre 4 x 4. Les pistes sont assez difficiles pour y arriver, mais le canyon est magnifique, longé par un chemin de sable rose bordé de manzanitas en fleur. Deux lézards à collier (Crotaphytus collaris) se battent férocement, peut-être à mort, en plein milieu du chemin et s’enfuient à notre approche, toujours accrochés l’un à l’autre, aucun ne voulant lâcher le morceau.

Kent file comme un lapin, presque au pas de course. Le canyon est assez resserré et pas vraiment propice à la photo mais il est splendide.



L'écorce des manzanitas a de belles couleurs violines.


Vie et mort d'une agave...


Au bout de deux heures, nous nous arrêtons pour pique-niquer à l’aplomb d’une falaise, puis comme Sue et Kent s’étaient donné quatre heures maximum pour faire la balade, nous faisons demi-tour. Retour à la voiture vers 16 heures. Le soir nous les invitons dans le restaurant de leur choix, en l’occurrence le Taverne Grill à Cottonwood. Bon repas. Kent, avec un des chats, Kelty, part ensuite directement dans la nuit pour Phoenix où il travaille plusieurs jours par semaine.
Lundi 12 mai
Départ pour Grand Canyon. En passant à Flagstaff nous prenons de l’essence dans un froid de canard qui nous suit jusqu’au Maswick Lodge où nous arrivons vers 14 h 30. De gros nuages de pluie traversent le ciel immense, poussés par un vent glacial, ce qui ne nous décourage pas pour autant. Comme la chambre n’est pas encore prête nous reprenons le 4 x 4 avec tous les bagages à l’intérieur et partons pour Yaki Point d’où part le South Kaibab Trail, mais nous avions oublié qu’on ne peut y accéder qu’en navette ! On hésite à laisser la voiture sur le petit parking proche de la route, sous les arbres, puis on décide que l’endroit est quand même moins sûr que le fin fond de l’Utah, qu’il n’y a pas que des Américains qui visitent le Canyon, et on retourne au départ de la navette devant le Maswick. On en profite pour prendre la chambre, moins bien que la dernière fois au premier étage dans les grands pins. Il est 16 h 45. Retour sur le South Kaibab avec les deux navettes, la bleue et la verte. On est complètement gelés, d’autant qu’on n’a pas pris de polaires. On fait la descente en courant presque, c’est très beau, il commence à pleuvoir. Frigorifiés, on fait demi-tour.


Repas de salades, dans la chambre, achetées à New Frontier à Sedona.
Mardi 13 mai
Réveil à 5 h 30. Je m’extraie de sous les couvertures pour jeter un œil derrière le rideau et voir si le ciel est bleu… Surprise ! tout est recouvert d’une épaisse couche de neige ! C’est magnifique et surprenant ! Noël au mois de mai, on n’en espérait pas tant !

Je fais un tour dehors, prends quelques photos inhabituelles d’agaves sous la neige ou de la voie ferrée dans un décor hivernal,

rentre prendre un thé avec Alain, deux trois biscuits bio apportés de Paris et nous partons sac au dos dans un froid glacial pour le Bright Angel Trail et les Indian Gardens (9, 2 miles aller retour et 3000 pieds de dénivelée, c'est-à-dire en langage clair une quinzaine de kilomètres et 930 mètres). Il est 8 heures. Sue espérait pouvoir nous rejoindre pour cette randonnée mais ce sera pour une autre fois, dommage… On n’a aucune vue pour l’instant, tout est dans les nuages, mais la neige disparaît très vite,




seules restent les flaques d’eau boueuse qui comblent chaque petite dépression derrière les marches de bois. Il est assez difficile de descendre comme ça, en jouant les équilibristes, toujours sur l’extrémité droite ou gauche de chaque marche.

Nous dépassons la première resthouse, faisons une petite pause de cinq minutes à la deuxième, et nous repartons. Au fur et à mesure de la descente, le ciel se dégage, les fleurs se font plus nombreuses et plus variées. Nous retrouvons là les si belles Pricklepoppies du Sud, des asters, des saxiphrages, des agaves utahensis, etc. Les nuages laissent par endroits passer un rayon de soleil, c’est vraiment superbe.

L’oasis d’Indian Gardens étale sa verdure juste au-dessous de nous, le chemin devient plat et nous nous glissons sous les immenses peupliers de Virginie pour pique-niquer auprès de la fontaine. A peine installés, nous avons la visite des écureuils qui n’attendaient que nous pour se mettre à table, mais malheureusement pour eux nous ne sommes pas de ceux qui nourrissent la faune locale…

Une heure et demie plus tard nous remontons à notre rythme, c’est-à-dire celui du montagnard en haute montagne, lent.


Nous sommes régulièrement doublés par des randonneurs qui foncent tête baissée et que l’on retrouve systématiquement un ou deux virages plus haut, affalés sur le bas-côté, alors que nous pouvons monter sans nous arrêter si nous le voulons et en n’éprouvant absolument aucune fatigue. Les dépassements successifs se répéteront ainsi jusqu’au sommet que nous atteignons vers 16 heures. Il y règne toujours un froid glacial mais la neige a maintenant complètement fondu. Très belle journée. Repas correct à la cafétéria.
Mercredi 14 mai
Nous partons pour Bluff en nous arrêtant çà et là sur le rim

et notamment au musée Tusayan pour voir si notre copain le-plus-intelligent-des-oiseaux, le raven (grand corbeau), est toujours au rendez-vous, d’une année sur l’autre... Eh bien oui, il est là, perché sur une branche dans un froid de canard et sous un vilain voile blanchâtre que le vent fort ne parvient pas à dissiper, et penche la tête pour nous regarder... Nous en profitons pour relire les avertissements concernant le puma que l'on connaît par cœur.

La lumière n’est vraiment pas propice à la photo et nous dissuadera de faire le détour de cent kilomètres pour un site isolé que nous avait indiqué Philippe. La route est longue et les paysages quelconques jusqu’à Kayenta, village navajo, sinistre s’il en est…

La suite ici: http://voyageforum.com/..._2e_partie_D2152941/
Trouver une destination semblable au Vietnam? English translation pending
bonjour à tous,
nous sommes allés au vietnam en 2002 et ns avons adoré : les gens🙂🙂🙂, les paysages🙂🙂🙂🙂, l'architecture🙂, l'artisanat🙂🙂. Depuis, ns avons fait le rajasthan et la chine du sud. Nous recherchons une destination qui ressemble au vietnam pour partir en décembre 09 ou février 2010 (j'aime bien potasser avt de partir). avez vs une destination qui ressemble au vietnam à me conseiller?
merci à tous
nous sommes allés au vietnam en 2002 et ns avons adoré : les gens🙂🙂🙂, les paysages🙂🙂🙂🙂, l'architecture🙂, l'artisanat🙂🙂. Depuis, ns avons fait le rajasthan et la chine du sud. Nous recherchons une destination qui ressemble au vietnam pour partir en décembre 09 ou février 2010 (j'aime bien potasser avt de partir). avez vs une destination qui ressemble au vietnam à me conseiller?
merci à tous
Entre deux chez soi English translation pending
Ca fait maintenant pres de deux ans que je vis sur la cote Ouest des Etats-Unis, loin de mon Quebec natal et je trouve etrange ce sentiment d'etre toujours entre deux "chez moi" sans jamais me sentir vraiment chez moi. Je n'ai pas grandi aux Etats-Unis et bien que je connaisse la langue et l'histoire, je serai jamais vraiment Americaine, je n'ai pas le "background" culturel, je suis etrangere, immigrante. Et maintenant que je ne vis plus au Quebec (j'y retourne une ou deux fois par anne pour visiter) je ne sens plus que je fais parti de cette culture-la non plus. Bon, je me sens plus chez moi au Quebec qu'ici mais meme au Quebec je me sens "depassee". Je ne suis plus au courant de ce qui se passe, je ne regarde pas les nouvelles emissions, je ne connais pas les nouveaux bands, les nouveaux scandales, mon hiver a moi n'est plus blanc mais gris...
Ca m'attriste un peu, c'est comme un perte d'identite. D'un autre cote, je crois que c'est bien de ne pas trop s'associer a une societe, c'est un peu comme se debarasser d'une etiquette. Si je ne suis ni quebecoise, ni americaine, je suis moi tout simplement. Tout de meme ca me fait me sentir un peu seule parfois.
Il y en a d'autres qui partagent se sentiment "d'entre-deux" ??
Ca m'attriste un peu, c'est comme un perte d'identite. D'un autre cote, je crois que c'est bien de ne pas trop s'associer a une societe, c'est un peu comme se debarasser d'une etiquette. Si je ne suis ni quebecoise, ni americaine, je suis moi tout simplement. Tout de meme ca me fait me sentir un peu seule parfois.
Il y en a d'autres qui partagent se sentiment "d'entre-deux" ??
Je voulais aller à Bali au printemps 2009, mais... English translation pending
bonjour,
j'avais prévu de partir 2 semaines à Bali en avril 2009 (petit circuit libre en louant une voiture sur place), mais depuis l'exécution des terroristes, je ne sais plus si c'est une bonne idée.
qu'en pensez vous?
je suis tellement déçue, je me faisais une joie de découvrir ce pays qui a l'air magnifique et qui apparemment enchante tout le monde!
à bientôt
Fin de séjour à Jomtien en Thaïlande English translation pending
bonjour a tous
je part pour 15 jours en thailande et mon circuit se termine par 3 jour sur jomtien (sud pattaya )nous séjournerons a l'hotel rabbit resort et pour profiter au maximum de ma fin de séjour je souhaiterai savoir ou se situe le marché de nuit de jomtien, et si quelqu'un peu m'indiquer 2/3 bons resto fruits de mer, sur la plage je suis preneuse, de préference dans jomtien svp, je souhaiterai éviter pattaya et son agitation!!!!!!!!!!!merci a tous
Dernières nouvelles d'un voyage de deux mois dans le nord-est de Madagascar English translation pending
Bonjour à tous,
Nous voyageons depuis 2 mois maintenant, en ayant le temps de faire le tour des possibilités de transport, d'hébergement et de bons plans en général, voici des infos qui pourraient être utiles à ceux ou celles qui préparent un itinéraire Nord-est (je pense à Tamerlan95 entre autres).
Nous le faisons du sud au nord (possible et quasi identique en sens inverse):Tamatave/Maroantsetra via Soanierana-Ivongo et Mananara en taxi-brousse 4x4. Possible quand il n'a pas plu beaucoup depuis quelques temps. Bon en ce moment même. Voyage ultra-éprouvant si on ne réserve pas de places à l'avant du 4X4 (25h de route défoncée, plein de bacs à traverser). 80.000ar/pers. Départ Tamatave vers 18h, avec arrêt (obligatoire) à Soanierana Ivongo le premier soir pour repartir de grand matin vers Mananara. L'arrivée se fait en fin de journée et nouveau départ le lendemain matin pour Maroantsetra. Penser à reserver les places 1, 2 voire 3 jours à l'avance. Difficile de pouvoir "grimper en route" si départ de Soanierana Ivongo, ou Foulpointe ou Fenerive. Départ de Tamatave, Mananara ou Maroantsetra obligatoirement. Parc Masoala, m'envoyer un mail perso pour plus de détail, ça mérite le détour... Je suis resté 3 semaines dans la région, j'ai plein de tuyaux et de contacts intéressant pour préparer plusieurs sortes de petites (ou de grandes) aventures. En deux mots: un bijou! Sortir de Maroantsetra par le nord (Antalaha) à pied - 4 jours plutôt difficiles, suivant les précipitations: nombreuses traversées de rivières, boue, rizières, etc. Il faut un guide pour traverser le parc Masoala dans sa partie la plus étroite, droit d'entrée 10.000ar/pers et environ 15.000ar/jour pour le guide. Porteur pour 12.000ar/jour. La marche est éprouvante, même pour des jeunes gens plutôt sportifs. Possible en 5 jours. Juste avant Antalaha, taxi brousse possible (environ 3h pour 7.000ar/pers), évitant ainsi 7h de marche. Le parcours est superbe et inoubliable. Les guides connaissent les petits hotel où dormir pour 5.000ar/nuit et où manger pour 2.000ar par repas. Possibilité de contourner la péninsule Masoala en bateau suivant l'état de la mer (mauvaise suivant la saison ou même l'horaire de la journée en saison calme), compter 50.000ar/pers pour trajet Maroantsetra/Antalaha (sécurité hasardeuse). Antalaha/Sambava, taxi-brousse pour 5000Ar/pers. RAS, route nickel. Andapa + Marojejy, voir la question de Florence qui souhaite préparer son trip à Andapa, j'ai posté une réponse tout à l'heure. Sinon pour les frais de transport, compter environ 8.000ar/pers de Sambava à Andapa et 5.000ar/pers pour revenir sur ses pas et s'arrêter au Marojejy. Possible de faire Sambava/Marojejy direct pour environ 7.000ar/pers. Sambava/Vohémar(8.000ar/pers)/Sambava/Ambilobe(40.000ar/pers), Sambava/Diego(50.000ar/pers) en taxi brousse 4x4. Trajet rude (comme Tamatave/Maroantsetra, mais moins long), 15h de route défoncée et impossible en saison des pluies. Départ vers 16h de Sambava, arrivée Vohémar le soir. Ensuite, trajet de nuit jusqu'à Ambilobe pour arriver le matin vers 9h. Arrivée Diego 12h. Ambilobe/Ankarana: taxi-brousse environ 3.000ar/pers en négociant un peu. Ankarana ultra cher, comparativement aux parcs et réserves précédants. Droits d'entrée une journée= 25.000ar, 2 jours=37.000ar, 3 jours=50.000. Guidage pour une journée et suivant le circuit: 25.000ar, 30.000ar, 40.000ar. C'est à dire que par exemple, pour deux personnes: 50.000ar d'entrée ANGAP + le cicuit court et circuit long le même jour (incluant le moyen), compter 95.000ar, soit une journée à 145.000ar sans nourriture ni hébergement! Chacun jugera... Mais il est vrai que le parc est de toute beauté et que les chauves souris et mygales valent le détour. En plus, guides et ambiance à l'ANGAP super sympa, demander Aurélien pour un peu tout organiser sans se ruiner! Ankarana/Diego: 9.000ar/pers en taxi brousse, 3h de temps. Voilà, n'hésiter pas à m'envoyer un post pour plus de détails ou d'impressions sur telle ou telle partie, nous sommes à Mada encore pour un mois, descendant tranquillement vers Majunga. Alors si vous êtes en route vous aussi, on pourrait se croiser! Notre blog avec récit de périple et photos: www.benerika.travelblog.fr
Nous le faisons du sud au nord (possible et quasi identique en sens inverse):Tamatave/Maroantsetra via Soanierana-Ivongo et Mananara en taxi-brousse 4x4. Possible quand il n'a pas plu beaucoup depuis quelques temps. Bon en ce moment même. Voyage ultra-éprouvant si on ne réserve pas de places à l'avant du 4X4 (25h de route défoncée, plein de bacs à traverser). 80.000ar/pers. Départ Tamatave vers 18h, avec arrêt (obligatoire) à Soanierana Ivongo le premier soir pour repartir de grand matin vers Mananara. L'arrivée se fait en fin de journée et nouveau départ le lendemain matin pour Maroantsetra. Penser à reserver les places 1, 2 voire 3 jours à l'avance. Difficile de pouvoir "grimper en route" si départ de Soanierana Ivongo, ou Foulpointe ou Fenerive. Départ de Tamatave, Mananara ou Maroantsetra obligatoirement. Parc Masoala, m'envoyer un mail perso pour plus de détail, ça mérite le détour... Je suis resté 3 semaines dans la région, j'ai plein de tuyaux et de contacts intéressant pour préparer plusieurs sortes de petites (ou de grandes) aventures. En deux mots: un bijou! Sortir de Maroantsetra par le nord (Antalaha) à pied - 4 jours plutôt difficiles, suivant les précipitations: nombreuses traversées de rivières, boue, rizières, etc. Il faut un guide pour traverser le parc Masoala dans sa partie la plus étroite, droit d'entrée 10.000ar/pers et environ 15.000ar/jour pour le guide. Porteur pour 12.000ar/jour. La marche est éprouvante, même pour des jeunes gens plutôt sportifs. Possible en 5 jours. Juste avant Antalaha, taxi brousse possible (environ 3h pour 7.000ar/pers), évitant ainsi 7h de marche. Le parcours est superbe et inoubliable. Les guides connaissent les petits hotel où dormir pour 5.000ar/nuit et où manger pour 2.000ar par repas. Possibilité de contourner la péninsule Masoala en bateau suivant l'état de la mer (mauvaise suivant la saison ou même l'horaire de la journée en saison calme), compter 50.000ar/pers pour trajet Maroantsetra/Antalaha (sécurité hasardeuse). Antalaha/Sambava, taxi-brousse pour 5000Ar/pers. RAS, route nickel. Andapa + Marojejy, voir la question de Florence qui souhaite préparer son trip à Andapa, j'ai posté une réponse tout à l'heure. Sinon pour les frais de transport, compter environ 8.000ar/pers de Sambava à Andapa et 5.000ar/pers pour revenir sur ses pas et s'arrêter au Marojejy. Possible de faire Sambava/Marojejy direct pour environ 7.000ar/pers. Sambava/Vohémar(8.000ar/pers)/Sambava/Ambilobe(40.000ar/pers), Sambava/Diego(50.000ar/pers) en taxi brousse 4x4. Trajet rude (comme Tamatave/Maroantsetra, mais moins long), 15h de route défoncée et impossible en saison des pluies. Départ vers 16h de Sambava, arrivée Vohémar le soir. Ensuite, trajet de nuit jusqu'à Ambilobe pour arriver le matin vers 9h. Arrivée Diego 12h. Ambilobe/Ankarana: taxi-brousse environ 3.000ar/pers en négociant un peu. Ankarana ultra cher, comparativement aux parcs et réserves précédants. Droits d'entrée une journée= 25.000ar, 2 jours=37.000ar, 3 jours=50.000. Guidage pour une journée et suivant le circuit: 25.000ar, 30.000ar, 40.000ar. C'est à dire que par exemple, pour deux personnes: 50.000ar d'entrée ANGAP + le cicuit court et circuit long le même jour (incluant le moyen), compter 95.000ar, soit une journée à 145.000ar sans nourriture ni hébergement! Chacun jugera... Mais il est vrai que le parc est de toute beauté et que les chauves souris et mygales valent le détour. En plus, guides et ambiance à l'ANGAP super sympa, demander Aurélien pour un peu tout organiser sans se ruiner! Ankarana/Diego: 9.000ar/pers en taxi brousse, 3h de temps. Voilà, n'hésiter pas à m'envoyer un post pour plus de détails ou d'impressions sur telle ou telle partie, nous sommes à Mada encore pour un mois, descendant tranquillement vers Majunga. Alors si vous êtes en route vous aussi, on pourrait se croiser! Notre blog avec récit de périple et photos: www.benerika.travelblog.fr
Hygiène au Vietnam avec deux enfants? (3 ans et 5 ans) English translation pending
Bonsoir,
nous partons pour passer un mois au Viet Nam (dec Janv) avec nos deux petits gars (3 ans et 5 ans).
Ils ont l'habitude de voyager, mais jusqu'à présent uniquement en europe.
Pour ma part je connais bien l'Inde et un peu l'asie du sud est. Je suis sur d'aimer ce coin du monde, et très heureuse de faire partager cette découverte à toute ma famille.
Mon seul petit souci est au niveau de l'hygiène. Est-ce facile de voyager avec des enfants en bas age au Viet nam? Quels sont les risques sanitaires ? est-ce facile de louer une maison a Hanoi (pour une semaine ou 10j) afin d'atterrir en douceur, est-ce une bonne idée ?
Faut-il avoir recour à des guides pour se déplacer ou bien le train est un transport sur et confortable? Je suis prenante pour tous vos conseils de voyages, de bon plans, et meme de galère, sur place.
Merci
Premiers pas à Pétra English translation pending
J'ai laissé Amman sans avoir vu grand chose de la ville
mais sans regrets tant la ville semble inaccessible au voyageur pressé et averti.
Tout indiquait de tout façon que les sites dignes d'émerveillement n'y pululent pas.
En plus, la perspective de gagner Petra emporte tout sur son passage.
Pour aller à petra depuis Amman, ça peut sembler un jeu d'enfants. Tous les touristes circulants en Jordanie étants pour le moins obligés de faire la liaison, on peut se dire que des armées de car transitent entre les deux localités et ce, à longueur de journée. Et bien, ce serait comme se mettre le doigt dans l'oeil. Dans les faits, rares sont les visiteurs qui font le chemin en transports publics, tous sont bien trop occupés à suivre un ou plusieurs guides à la fois, bien sagements assis dans des bus climatisés et réservés à l'avance. Pour ceux qui comme moi ne réservent rien et se risquent à de longues heures d'attentes ou à des quiproquos à rallonge, il n'y a que deux minibus par jour et tous les deux partent d'Amman entre 6h30 et 7h du matin. Il convient donc de ne pas le rater sous peine de désillusion pendant 24h.
Le rendez-vous avec Martha et Jamal est à 6h. Plus de crampes de paupières, plus de douleurs derrière les genous, même plus envie de remettre une couche de sommeil, je suis un matinal accompli! Jamal qui partage ma piaule est lui encore du genre à ne pas pouvoir mettre un pied devant l'autre avant 11h du matin, c'est donc à moi qu'il revient maintenant de mettre sa machine en route, qui l'eu cru il y a encore quelques semaines? Quand j'arrive à la réception, le veilleur de nuit dort aussi. Il me revient donc aussi de le réveiller, incroyable!! Théoriquement la mise en place du petit déjeuner de l'hotel est effective dès 6h du matin mais ce matin-là, pour ceux qui prendront le bus de bonne heure, ce sera plutôt à base de biscuits achetés dans une superette. Il est en réalité trop tôt pour tout le monde sauf pour moi.
On attrape un taxi sans soucis, idem pour le minibus pour lequel nous sommes les premiers à attendre. On attrape les sacs qu'on grimpe entre le chauffeur et le siège passager et on s'assoit juste derrière. Les sacs feront un parfait appui pour nos jambes quand le sommeil se fera inévitablement sentir. Tout ce passe comme prévu, les biscuits se suivent jusque dans ma bouche, le sommeil me rattrape tout juste après avoir lancer quelques regards sur la route qui défile. A mesure que l'on descend dans le sud de la Jordanie, le paysage toujours aussi sec dévoile des dénivelés plus impressionnants. Les montagnes alentours ne sont pas forcéments hautes mais sont toutes assez escarpées pour qu'on ai l'impression d'être à 3000m d'altitude. En fait, Amman comme Petra est à environ 600m d'altitude donc on serpente entre les montagnes sans forcément monter ni descendre. Ici et là, on devine le lit d'une rivière, mais peine perdue pour elles, elles ont l'air à sec depuis la nuit des temps.
Le réveil final arrive alors que l'on est à quelques encablures de Petra. Rien autour n'a changé, c'est intriguant. Le village à côté s'appelle Wadi Musa ce qui est aussi le nom de Petra en arabe et, alors qu'on l'aperçoit pour la première fois depuis la route qui en arrivant le surplombe, on ne peut manquer le fait que la montagne prend tout à coup des formes plus alambiquées et torturées. Géologiquement parlant, la différence est frappante, nul doute qu'on est arrivé. Effectivement, quelques tours de roues plus tard, le minibus se stoppe, on est arrivé. Bienvenue à Wadi Musa! Il est 11h du matin et la journée s'annonce radieuse, le soleil brille et le thermomètre approche les 25°, température idéale pour le farniente comme pour la grimpette. Ne reste plus qu'à trouver notre hotel. Comme nous sommes trois, un taxi ne fera pas de mal sachant qu'on peut facilement partager la note. Charge au chauffeur de savoir où se trouve notre nouveau refuge, pas de problèmes pour lui, Wadi Musa est un village à taille humaine et les hotels pas chers se comptent sur les doigts de 3 mains, sachant que sans le savoir nous avons choisi le plus populaire d'entres eux. Nous choisissons la moins chère des propositions proposées à savoir partager un dortoir de 8 lits. Il y a juste assez de place pour nous, 5 lits sont déjà pris. Le temps de poser nos affaires et à l'unanimité nous choisissons d'investir le site de Petra dans la seconde. Je n'ai pas le monopole de l'impatience et ça fait plaisir à voir!!! Le temps d'acheter de quoi manger une fois sur place et de grimper dans un nouveau taxi, nous voilà partis! En 3 minutes et 1 euro, nous voilà déposés devant l'entrée principale. A nouveau 3 options "s'offrent" à nous. Le ticket pour 1 journée à 25 euros. Le ticket pour 2 jours à 30 euros. Le ticket à 35 euros pour 3 jours et plus... Est-ce utile de préciser que le choix n'est pas aussi cornélien qu'il y parait? Le ticket pour 3 jours et plus s'est imposé de lui-même... Comme une évidence...
On pénètre dans Petra par un large chemin. La gauche du chemin est dévoué aux anes, aux chevaux et aux charioles transportants les touristes à mobilité réduit et aux portes-feuilles à rallonge. D'ailleurs, en entrant, impossible de ne pas s'entendre dire "horse?", "charriot?", "I make good prize for you!", "do you understand?". Mais que nenni, quitte à découvrir, autant prendre son temps... Après avoir quittés les hordes de cavaliers, on avance vers les montagnes jusqu'à être entourés par elles. Au bout du chemin à ciel ouvert, on se retrouve face à une paroi dans laquelle émerge une ouverture large de quelques mètres, c'est le Siq. Le Siq est un canyon, une entaille de 1, 2 km de long (1, 2km, tu te rends compte!!!!!!!!?), large de 3 à une quinzaine de mètres, enserrée par 2 parois aux formes voluptueuses hautes de 40 mètres (40 mètres, je me répète mais tu te rends compte!!!!!!?). Il faut environ quinze minutes non-stop pour parcourir le Siq de part en part. Pendant ces 15 minutes, on ne sait où poser le regard tellement les perspectives sont étonnantes, parfois on ne peut apercevoir le ciel au dessus de nos têtes tant le passage est étroit et tant les parois s'inclinent l'une vers l'autre. La hauteur donne le vertige. L'étroitesse peut entraîner la claustrophobie. Chez moi, ça ne provoque que l'émerveillement et c'est déjà beaucoup. En plus, question émerveillement, ce n'est que le début. Le Siq débouche en effet sur le Trésor. Au détour des virages, une silouhette monumentale se laisse entrevoir. On devine une première colonne, une première statue, un fronton. L'image qui trottait dans ma tête depuis des années laisse la place à la réalité du lieu. Chaque pas nous rapprochant de la sortie du Siq nous dévoile un peu plus de la façade exquise. Comme un riff' de guitare qui accouche d'un solo, on quitte le Siq les yeux aimantés par le spectacle de l'entrée magnifique d'une ville 2 fois millénaire. Seul bémol, l'endroit concentre à juste titre tous les touristes que compte la Jordanie. C'est bienvenue à la Foirefouille, ça grouille, ça photographie, ça parle, ça crie sur fond de chameaux et de vendeurs de bouteilles de sables de couleurs représentant la célèbre façade sculptée. Ici les cameliers ont remplacé les cavaliers, sans doute pour des questions de concurrence, de la même façon qu'en cours de maths on apprend qu'on ne peut multiplier des choux et des carottes ou quelque chose comme ça. Il sera temps de s'émerveiller de ce monument dans les jours qui viennent en arrivant par exemple au lever du soleil vu qu'à cette heure, les touristes téléguidés attendent encore qu'un buffet leur soit servi.
On laisse le trésor sur notre gauche pour s'enfoncer encore un peu plus sur le site. De part et d'autre, de nouveaux batiments s'invitent à notre regard, tout épouse la forme des montagnes. Plus avant, un amphithéâtre est taillé d'un seul tenant dans le roc. A vue de nez, de part mon expérience théâtrale de ces dernières semaines, celui-ci doit compter environ 4000 places ce qui est loin d'être ridicule considérant qu'ici tout est creusé dans la paroi! Après avoir passé le théatre, l'espace débouche sur une large vallée. Mais pas question pour les nabatéens de se laisser aller à la paresse, à nouveau des grottes ont été creusées, de nouvelles façades apparaissent, les restes d'un temple surgissent d'une colline, et partout autour de larges montagnes se dressent. Seulement ici, les montagnes ont un profil particulier, elles ne s'articulent pas autour de flancs évasés, elles partent vers le ciel, leurs flancs presques verticaux. Pas question de s'y aventurer aujourd'hui cependant, il est déjà 13h et la route "principale" ne s'arrête pas là. Traverser la vallée prend une bonne heure et on débouche sur le musée de Petra. Pas grand chose à dire et c'est presque tant mieux. Le musée est composé de seulement deux salles qui étallent de rares étagères sur lesquelles tronent vaguement quelques objets de petite taille. C'en est presque étonnant vu la taille du sîte qu'ils n'y exposent que si peu de choses. La visite est rapidement terminée. En quittant le musée, on laisse derrière soi la vallée principale pour s'enfoncer sur une voie nettement plus abrupte. Ca devrait écrémer la masse des touristes car c'est ici un peu comme un entonoir. Seuls les plus à même de grimper peuvent poursuivre l'aventure, les autres n'ont qu'à rebrousser chemin. La voie s'enfonce dans la montagne et remonte le long de celle-ci en suivant des escaliers aux marches inégales que le sable rend glissantes. Les marches se comptent par centaines et nos conversations avec Martha et Jamal s'interrompent rapidement après avoir commencer l'ascension. On grimpe comme ça pendant 45 minutes, c'est long et assez gratifiant. Je me rend compte une nouvelle fois que j'en ai dans le coffre quand après quelques minutes d'effort j'ai déjà distancé mes compagnons d'échappée. Au terme de la montée, suant malgré tout à grosses gouttes, on arrive face à une nouvelle façade ressemblant comme deux gouttes d'eau au Trésor, c'est le Monastère. Ca a la couleur du Trésor, le gout du Trésor, mais ce n'est pas le Trésor. C'est perché tout là-haut et ça fait une énorme différence! De plus la lumière du soleil commence à décroître, exacerbant les couleurs de la montagne. Impossible de rester insensible au spectacle offert par le nabatéens et magnifié par le soleil couchant. Mais le soleil se couchant et notre aller n'étant pas tout à fait terminé, il ne nous reste plus qu'à faire quelques centaines de mètres pour profiter de ce qui s'appelle "the sacrifice point of view", pas besoin de traduire. Le chemin continue de grimper; comme à mon habitude, je ne regarde que mes pieds pour ne lever les yeux qu'une fois l'endroit rêvé atteint. Au juste moment, il est temps de récolter le fruit de mon dur labeur. Le panorama est à tomber à la renverse, sauf que si ici on tombe à la renverse, on atterrit 200 mètres plus bas, au fond d'un gouffre paraissant sans fond. De là-haut, on surplombe la vallée suivante qui n'est que à-pics, parois verticales, et autres perspectives renversantes. De plus, tous les autres grimpeurs sont déjà sur le chemin de la redescente, personne n'a eu l'idée stupide de profiter du coucher de soleil. Là où nous sommes c'est à dire tout en haut de la montagne, le point de plus éloigné de l'entrée principale, se trouve encore un vendeur de souvenirs dans sa boutique branlante. Le type s'appelle Musa, comme l'endroit où nous sommes, Wadi Musa signifiant en arabe "vallée de Musa". Musa est né dans la vallée et est un des rares vendeurs à dormir dans la montagne dans une grotte creusée voilà 2000 ans qui le protège lui et ses deux ânes "Bob Marley" et "Mickael Jackson" des intempéries. Musa nous invite à boire un thé bienvenue d'autant qu'un vent frais souffle et que la chaleur décroit. il nous propose aussi de nous raccompagner personnellement car cette nuit-là musa dort au village en contrebas. Cette proposition est évidemment accompagnée de clameurs de notre part car il devient évident qu'il va faire bientôt nuit et que la descente des marches promet d'être rock n'roll pour ne pas dire plus. On finira d'abord de regarder le coucher de soleil nous sachant dorénavant escortés jusqu'en bas. En partant, Musa attelle "Bob Marley" et nous voilà parti. Le chemin du retour nous ramène devant le Monastère. Et comme on suit Musa, pas de questions à poser. Celui-ci se met subitement à tourner en direction du monastère, on contourne la structure pour se retrouver aux pieds de gros rochers montants le long du Monastère. Ici trône un paneau "No climbing" ou "interdiction de grimper" mais comme Musa commence à grimper, on ne peut rien faire d'autre que de le suivre. De toute façon, j'ai trop envie d'en découvrir davantage pour rester planté là les bras ballants. On commence à grimper, tous en fait sauf Jamal qui ne sent pas trop ce coup-là. Mal lui en a pris. Ce petit bout d'escalade nous mène tout droit sur le toit du monastère. Le moment est privilégié et le mot n'est pas trop fort. La lumière est un peu faible pour les photos mais l'essentiel est ailleurs. Ces deux minutes passées à cet endroit d'ordinaire interdit sont plus qu'un temps fort supplémentaire, nous sommes les derniers sur le sîte et le panorama est épique. Revers de la médaille, comme nous sommes les derniers, il doit bien y avoir une raison. Il est largement temps de lever le camp où on va finir par dormir dans la montagne ce qui ne serait finalement pas pour me déplaire mais bref, on doit y aller.
Alors qu'on commence la descente, le soleil est déjà couché et la lumière approximative. Les premières marches se dévalent car on peut encore deviner là où elles sont placées mais tout le monde sait qu'on y verra bientôt plus rien. Le rythme est élevé et Jamal en retard. Heureusement pour lui, Musa possède une lampe ce qu'on avait pas prévu de prendre du fait qu'on aurait jamais imaginé rentrer après la nuit. Plus on descend et moins on distingue quoi que ce soit. A mi-parcours, on est dans le noir et le rythme s'en ressent. Et là, heuseusement encore, des collègues bédoins de Musa se trouvent encore sur le chemin avec leur âne. Tous ne sont comme nous pas équipés de vision nocturne mais en revanche pourvus de lampes-torches. Chacun d'entre-nous se fait finalement guidé dans l'obscurité par son guide personnel. L'ambiance est excellente et on est rapidement sur le plancher des chameaux (pas de vaches à l'horizon). Notre caravane transite à travers la nuit jusqu'à une sortie annexe, pas le temps de rejoindre la sortie principale, encore à plus d'une heure de marche. On retrouve la route goudronnée qui après les marches fait un bien fou. Malheureusement ou pas, la route est encore bien vallonnée et on arrivera rincés de cette journée éprouvante mais formidable dans le village bédouin vers 19h soi près de 2 heures après le crépuscule.
Musa a été pour nous un guide incroyable et lui dire au revoir sera un déchirement pour tout le monde, grâce lui soit rendu ici. Un taxi plus tard pour faire le trajet entre le village bédouin et Wadi Musa et nous voilà à l'hotel. On partagera le taxi avec une japonnaise fraichement installée au village bédouin qui nous dit qu'elle a du shopping à faire au village. Voilà qui est bien étrange, du shopping au village après 19h? En fait, elle se rend aussi dans notre hotel qui est en fait l'endroit du coin où l'alcool est le moins cher. Ceci explique cela... Mais pour moi, ce soir là, ça n'aura que peu d'incidence, je tombe de fatigue, Martha et Jamal itou. On dîne à l'hotel et bien nous en prend car on sert ici un buffet où l'on mange jusqu'à plus faim. A 19h30, une table de 5 mètres de long est garnie de plats divers et variés. Il y en a vraiment pour tous les gouts et les efforts fournis m'inciteront à remplir quatre fois mon assiette. Comme on dit, quand on aime, on ne compte pas! Pendant le repas, on échaffaude le programme du lendemain. Tout le monde est d'accord pour une tentative de lever avant l'aube pour profiter de Petra avant le flux des visiteurs très nombreux. Le réveil sonnera à 5h40, juste assez tard pour qu'on puisse dormir une huitaine d'heures. Je m'endors comme une pierre qui coule, personne ne ronfle dans le dortoir, c'est toujours ça de pris.
Pour aller à petra depuis Amman, ça peut sembler un jeu d'enfants. Tous les touristes circulants en Jordanie étants pour le moins obligés de faire la liaison, on peut se dire que des armées de car transitent entre les deux localités et ce, à longueur de journée. Et bien, ce serait comme se mettre le doigt dans l'oeil. Dans les faits, rares sont les visiteurs qui font le chemin en transports publics, tous sont bien trop occupés à suivre un ou plusieurs guides à la fois, bien sagements assis dans des bus climatisés et réservés à l'avance. Pour ceux qui comme moi ne réservent rien et se risquent à de longues heures d'attentes ou à des quiproquos à rallonge, il n'y a que deux minibus par jour et tous les deux partent d'Amman entre 6h30 et 7h du matin. Il convient donc de ne pas le rater sous peine de désillusion pendant 24h.
Le rendez-vous avec Martha et Jamal est à 6h. Plus de crampes de paupières, plus de douleurs derrière les genous, même plus envie de remettre une couche de sommeil, je suis un matinal accompli! Jamal qui partage ma piaule est lui encore du genre à ne pas pouvoir mettre un pied devant l'autre avant 11h du matin, c'est donc à moi qu'il revient maintenant de mettre sa machine en route, qui l'eu cru il y a encore quelques semaines? Quand j'arrive à la réception, le veilleur de nuit dort aussi. Il me revient donc aussi de le réveiller, incroyable!! Théoriquement la mise en place du petit déjeuner de l'hotel est effective dès 6h du matin mais ce matin-là, pour ceux qui prendront le bus de bonne heure, ce sera plutôt à base de biscuits achetés dans une superette. Il est en réalité trop tôt pour tout le monde sauf pour moi.
On attrape un taxi sans soucis, idem pour le minibus pour lequel nous sommes les premiers à attendre. On attrape les sacs qu'on grimpe entre le chauffeur et le siège passager et on s'assoit juste derrière. Les sacs feront un parfait appui pour nos jambes quand le sommeil se fera inévitablement sentir. Tout ce passe comme prévu, les biscuits se suivent jusque dans ma bouche, le sommeil me rattrape tout juste après avoir lancer quelques regards sur la route qui défile. A mesure que l'on descend dans le sud de la Jordanie, le paysage toujours aussi sec dévoile des dénivelés plus impressionnants. Les montagnes alentours ne sont pas forcéments hautes mais sont toutes assez escarpées pour qu'on ai l'impression d'être à 3000m d'altitude. En fait, Amman comme Petra est à environ 600m d'altitude donc on serpente entre les montagnes sans forcément monter ni descendre. Ici et là, on devine le lit d'une rivière, mais peine perdue pour elles, elles ont l'air à sec depuis la nuit des temps.
Le réveil final arrive alors que l'on est à quelques encablures de Petra. Rien autour n'a changé, c'est intriguant. Le village à côté s'appelle Wadi Musa ce qui est aussi le nom de Petra en arabe et, alors qu'on l'aperçoit pour la première fois depuis la route qui en arrivant le surplombe, on ne peut manquer le fait que la montagne prend tout à coup des formes plus alambiquées et torturées. Géologiquement parlant, la différence est frappante, nul doute qu'on est arrivé. Effectivement, quelques tours de roues plus tard, le minibus se stoppe, on est arrivé. Bienvenue à Wadi Musa! Il est 11h du matin et la journée s'annonce radieuse, le soleil brille et le thermomètre approche les 25°, température idéale pour le farniente comme pour la grimpette. Ne reste plus qu'à trouver notre hotel. Comme nous sommes trois, un taxi ne fera pas de mal sachant qu'on peut facilement partager la note. Charge au chauffeur de savoir où se trouve notre nouveau refuge, pas de problèmes pour lui, Wadi Musa est un village à taille humaine et les hotels pas chers se comptent sur les doigts de 3 mains, sachant que sans le savoir nous avons choisi le plus populaire d'entres eux. Nous choisissons la moins chère des propositions proposées à savoir partager un dortoir de 8 lits. Il y a juste assez de place pour nous, 5 lits sont déjà pris. Le temps de poser nos affaires et à l'unanimité nous choisissons d'investir le site de Petra dans la seconde. Je n'ai pas le monopole de l'impatience et ça fait plaisir à voir!!! Le temps d'acheter de quoi manger une fois sur place et de grimper dans un nouveau taxi, nous voilà partis! En 3 minutes et 1 euro, nous voilà déposés devant l'entrée principale. A nouveau 3 options "s'offrent" à nous. Le ticket pour 1 journée à 25 euros. Le ticket pour 2 jours à 30 euros. Le ticket à 35 euros pour 3 jours et plus... Est-ce utile de préciser que le choix n'est pas aussi cornélien qu'il y parait? Le ticket pour 3 jours et plus s'est imposé de lui-même... Comme une évidence...
On pénètre dans Petra par un large chemin. La gauche du chemin est dévoué aux anes, aux chevaux et aux charioles transportants les touristes à mobilité réduit et aux portes-feuilles à rallonge. D'ailleurs, en entrant, impossible de ne pas s'entendre dire "horse?", "charriot?", "I make good prize for you!", "do you understand?". Mais que nenni, quitte à découvrir, autant prendre son temps... Après avoir quittés les hordes de cavaliers, on avance vers les montagnes jusqu'à être entourés par elles. Au bout du chemin à ciel ouvert, on se retrouve face à une paroi dans laquelle émerge une ouverture large de quelques mètres, c'est le Siq. Le Siq est un canyon, une entaille de 1, 2 km de long (1, 2km, tu te rends compte!!!!!!!!?), large de 3 à une quinzaine de mètres, enserrée par 2 parois aux formes voluptueuses hautes de 40 mètres (40 mètres, je me répète mais tu te rends compte!!!!!!?). Il faut environ quinze minutes non-stop pour parcourir le Siq de part en part. Pendant ces 15 minutes, on ne sait où poser le regard tellement les perspectives sont étonnantes, parfois on ne peut apercevoir le ciel au dessus de nos têtes tant le passage est étroit et tant les parois s'inclinent l'une vers l'autre. La hauteur donne le vertige. L'étroitesse peut entraîner la claustrophobie. Chez moi, ça ne provoque que l'émerveillement et c'est déjà beaucoup. En plus, question émerveillement, ce n'est que le début. Le Siq débouche en effet sur le Trésor. Au détour des virages, une silouhette monumentale se laisse entrevoir. On devine une première colonne, une première statue, un fronton. L'image qui trottait dans ma tête depuis des années laisse la place à la réalité du lieu. Chaque pas nous rapprochant de la sortie du Siq nous dévoile un peu plus de la façade exquise. Comme un riff' de guitare qui accouche d'un solo, on quitte le Siq les yeux aimantés par le spectacle de l'entrée magnifique d'une ville 2 fois millénaire. Seul bémol, l'endroit concentre à juste titre tous les touristes que compte la Jordanie. C'est bienvenue à la Foirefouille, ça grouille, ça photographie, ça parle, ça crie sur fond de chameaux et de vendeurs de bouteilles de sables de couleurs représentant la célèbre façade sculptée. Ici les cameliers ont remplacé les cavaliers, sans doute pour des questions de concurrence, de la même façon qu'en cours de maths on apprend qu'on ne peut multiplier des choux et des carottes ou quelque chose comme ça. Il sera temps de s'émerveiller de ce monument dans les jours qui viennent en arrivant par exemple au lever du soleil vu qu'à cette heure, les touristes téléguidés attendent encore qu'un buffet leur soit servi.
On laisse le trésor sur notre gauche pour s'enfoncer encore un peu plus sur le site. De part et d'autre, de nouveaux batiments s'invitent à notre regard, tout épouse la forme des montagnes. Plus avant, un amphithéâtre est taillé d'un seul tenant dans le roc. A vue de nez, de part mon expérience théâtrale de ces dernières semaines, celui-ci doit compter environ 4000 places ce qui est loin d'être ridicule considérant qu'ici tout est creusé dans la paroi! Après avoir passé le théatre, l'espace débouche sur une large vallée. Mais pas question pour les nabatéens de se laisser aller à la paresse, à nouveau des grottes ont été creusées, de nouvelles façades apparaissent, les restes d'un temple surgissent d'une colline, et partout autour de larges montagnes se dressent. Seulement ici, les montagnes ont un profil particulier, elles ne s'articulent pas autour de flancs évasés, elles partent vers le ciel, leurs flancs presques verticaux. Pas question de s'y aventurer aujourd'hui cependant, il est déjà 13h et la route "principale" ne s'arrête pas là. Traverser la vallée prend une bonne heure et on débouche sur le musée de Petra. Pas grand chose à dire et c'est presque tant mieux. Le musée est composé de seulement deux salles qui étallent de rares étagères sur lesquelles tronent vaguement quelques objets de petite taille. C'en est presque étonnant vu la taille du sîte qu'ils n'y exposent que si peu de choses. La visite est rapidement terminée. En quittant le musée, on laisse derrière soi la vallée principale pour s'enfoncer sur une voie nettement plus abrupte. Ca devrait écrémer la masse des touristes car c'est ici un peu comme un entonoir. Seuls les plus à même de grimper peuvent poursuivre l'aventure, les autres n'ont qu'à rebrousser chemin. La voie s'enfonce dans la montagne et remonte le long de celle-ci en suivant des escaliers aux marches inégales que le sable rend glissantes. Les marches se comptent par centaines et nos conversations avec Martha et Jamal s'interrompent rapidement après avoir commencer l'ascension. On grimpe comme ça pendant 45 minutes, c'est long et assez gratifiant. Je me rend compte une nouvelle fois que j'en ai dans le coffre quand après quelques minutes d'effort j'ai déjà distancé mes compagnons d'échappée. Au terme de la montée, suant malgré tout à grosses gouttes, on arrive face à une nouvelle façade ressemblant comme deux gouttes d'eau au Trésor, c'est le Monastère. Ca a la couleur du Trésor, le gout du Trésor, mais ce n'est pas le Trésor. C'est perché tout là-haut et ça fait une énorme différence! De plus la lumière du soleil commence à décroître, exacerbant les couleurs de la montagne. Impossible de rester insensible au spectacle offert par le nabatéens et magnifié par le soleil couchant. Mais le soleil se couchant et notre aller n'étant pas tout à fait terminé, il ne nous reste plus qu'à faire quelques centaines de mètres pour profiter de ce qui s'appelle "the sacrifice point of view", pas besoin de traduire. Le chemin continue de grimper; comme à mon habitude, je ne regarde que mes pieds pour ne lever les yeux qu'une fois l'endroit rêvé atteint. Au juste moment, il est temps de récolter le fruit de mon dur labeur. Le panorama est à tomber à la renverse, sauf que si ici on tombe à la renverse, on atterrit 200 mètres plus bas, au fond d'un gouffre paraissant sans fond. De là-haut, on surplombe la vallée suivante qui n'est que à-pics, parois verticales, et autres perspectives renversantes. De plus, tous les autres grimpeurs sont déjà sur le chemin de la redescente, personne n'a eu l'idée stupide de profiter du coucher de soleil. Là où nous sommes c'est à dire tout en haut de la montagne, le point de plus éloigné de l'entrée principale, se trouve encore un vendeur de souvenirs dans sa boutique branlante. Le type s'appelle Musa, comme l'endroit où nous sommes, Wadi Musa signifiant en arabe "vallée de Musa". Musa est né dans la vallée et est un des rares vendeurs à dormir dans la montagne dans une grotte creusée voilà 2000 ans qui le protège lui et ses deux ânes "Bob Marley" et "Mickael Jackson" des intempéries. Musa nous invite à boire un thé bienvenue d'autant qu'un vent frais souffle et que la chaleur décroit. il nous propose aussi de nous raccompagner personnellement car cette nuit-là musa dort au village en contrebas. Cette proposition est évidemment accompagnée de clameurs de notre part car il devient évident qu'il va faire bientôt nuit et que la descente des marches promet d'être rock n'roll pour ne pas dire plus. On finira d'abord de regarder le coucher de soleil nous sachant dorénavant escortés jusqu'en bas. En partant, Musa attelle "Bob Marley" et nous voilà parti. Le chemin du retour nous ramène devant le Monastère. Et comme on suit Musa, pas de questions à poser. Celui-ci se met subitement à tourner en direction du monastère, on contourne la structure pour se retrouver aux pieds de gros rochers montants le long du Monastère. Ici trône un paneau "No climbing" ou "interdiction de grimper" mais comme Musa commence à grimper, on ne peut rien faire d'autre que de le suivre. De toute façon, j'ai trop envie d'en découvrir davantage pour rester planté là les bras ballants. On commence à grimper, tous en fait sauf Jamal qui ne sent pas trop ce coup-là. Mal lui en a pris. Ce petit bout d'escalade nous mène tout droit sur le toit du monastère. Le moment est privilégié et le mot n'est pas trop fort. La lumière est un peu faible pour les photos mais l'essentiel est ailleurs. Ces deux minutes passées à cet endroit d'ordinaire interdit sont plus qu'un temps fort supplémentaire, nous sommes les derniers sur le sîte et le panorama est épique. Revers de la médaille, comme nous sommes les derniers, il doit bien y avoir une raison. Il est largement temps de lever le camp où on va finir par dormir dans la montagne ce qui ne serait finalement pas pour me déplaire mais bref, on doit y aller.
Alors qu'on commence la descente, le soleil est déjà couché et la lumière approximative. Les premières marches se dévalent car on peut encore deviner là où elles sont placées mais tout le monde sait qu'on y verra bientôt plus rien. Le rythme est élevé et Jamal en retard. Heureusement pour lui, Musa possède une lampe ce qu'on avait pas prévu de prendre du fait qu'on aurait jamais imaginé rentrer après la nuit. Plus on descend et moins on distingue quoi que ce soit. A mi-parcours, on est dans le noir et le rythme s'en ressent. Et là, heuseusement encore, des collègues bédoins de Musa se trouvent encore sur le chemin avec leur âne. Tous ne sont comme nous pas équipés de vision nocturne mais en revanche pourvus de lampes-torches. Chacun d'entre-nous se fait finalement guidé dans l'obscurité par son guide personnel. L'ambiance est excellente et on est rapidement sur le plancher des chameaux (pas de vaches à l'horizon). Notre caravane transite à travers la nuit jusqu'à une sortie annexe, pas le temps de rejoindre la sortie principale, encore à plus d'une heure de marche. On retrouve la route goudronnée qui après les marches fait un bien fou. Malheureusement ou pas, la route est encore bien vallonnée et on arrivera rincés de cette journée éprouvante mais formidable dans le village bédouin vers 19h soi près de 2 heures après le crépuscule.
Musa a été pour nous un guide incroyable et lui dire au revoir sera un déchirement pour tout le monde, grâce lui soit rendu ici. Un taxi plus tard pour faire le trajet entre le village bédouin et Wadi Musa et nous voilà à l'hotel. On partagera le taxi avec une japonnaise fraichement installée au village bédouin qui nous dit qu'elle a du shopping à faire au village. Voilà qui est bien étrange, du shopping au village après 19h? En fait, elle se rend aussi dans notre hotel qui est en fait l'endroit du coin où l'alcool est le moins cher. Ceci explique cela... Mais pour moi, ce soir là, ça n'aura que peu d'incidence, je tombe de fatigue, Martha et Jamal itou. On dîne à l'hotel et bien nous en prend car on sert ici un buffet où l'on mange jusqu'à plus faim. A 19h30, une table de 5 mètres de long est garnie de plats divers et variés. Il y en a vraiment pour tous les gouts et les efforts fournis m'inciteront à remplir quatre fois mon assiette. Comme on dit, quand on aime, on ne compte pas! Pendant le repas, on échaffaude le programme du lendemain. Tout le monde est d'accord pour une tentative de lever avant l'aube pour profiter de Petra avant le flux des visiteurs très nombreux. Le réveil sonnera à 5h40, juste assez tard pour qu'on puisse dormir une huitaine d'heures. Je m'endors comme une pierre qui coule, personne ne ronfle dans le dortoir, c'est toujours ça de pris.