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J'adoooooooooore traîner mes guêtres à Louxoooooor English translation pending
by Simplybrice · 2009-04-21 · 4 replies
Voilà près de 2 mois que j'ai quitté le territoire national comme on dit quand on est ministre de l'intérieur j'imagine. Déjà les souvenirs se bousculent, les prénoms appris se multiplient, tout comme le nombre de fois où j'ai écrit les mots bus ou gare routière dans mon récit. Et comme rien ne ressemble plus à une gare routière qu'une autre gare routière, j'ai déjà oublié ce à quoi ressemble celle de Louxor. Pour dire la vérité, j'ai même oublié à quelle heure je m'y suis rendu en chemin depuis Assouan. La seule chose que je sais, c'est que c'était le vendredi 21 et c'est déjà pas mal!!

Ca y est, je met un insert car la mémoire me revient 15 minutes après avoir écrit le 1er paragraphe. La seule raison pour laquelle j'ai oublié à quoi ressemble la gare routière de Louxor est que je n'y ai jamais mis les pieds, pas même un bout d'orteil. J'ai fait le trajet entre Assouan et Louxor en train, en 2ème classe. C'était très confortable et j'étais à nouveau le seul gringo des environs. J'étais en plus ravi car je pouvais enfin monter dans autre chose qu'un bus.

(retour au texte)

Disons, pour faire simple, que je suis arrivée à Louxor à la mi-journée, je n'ai rien fait depuis l'avant-veille et il me tarde d'arpenter à nouveau le pavé. Je n'ai pas eu trop de travail à faire pour trouver mon nouvel hotel. J'y ai rendez-vous 2 jours plus tard pour le petit déjeuner avec Dominica qui en aura alors fini avec Assouan et sera elle aussi sur la route du nord. Elle m'a donné toutes les indications pour que je ne sois pas perdu en arrivant en ville. A l'hotel, la première chose que je fais après avoir choisi ma chambre est d'aller découvrir la terrasse. Elle domine la ville et bien qu'on soit à trois patés d'immeuble du Nil, je peux voir celui-ci sur toute sa longueur, enfin presque. Sur la terrasse parresse Adam, il est anglais et on voit tout de suite que c'est un voyageur au long cours. On discute de tout et de rien jusqu'à se qu'il me décrive son itinéraire jusque là. Traversée de l'europe en stop, Turquie, IRAK, Iran, Syrie, Jordanie et Egypte jusqu'à présent. Il me montre son passeport authentifiant le fait qu'il est allé en Irak, je reste sur le cul... Et dire qu'il y en a qui s'inquiète de mon sort! Après il va au Soudan et en Somalie, rien que ça... Le garçon n'est pas très rock n'roll mais au moins son itinéraire l'est pour lui. On reste perché là-haut pendant pas loin de deux heures. Pour moi, c'en est déjà trop, il faut que je me dégourdisses les jambonneaux.

J'ai deux jours devant moi amputés d'une partie de ce vendredi. A Louxor, 2 choses sont incontournables pour le visiteur : sur la rive Est (celle sur laquelle se situe l'hotel ainsi que la majeure partie de la ville), le temple de Karnak, sur la rive ouest, la vallée des rois, des reines et tout le tremblement qui fait de Louxor la capitale touristique de l'Egypte. Le temple sera pour aujourd'hui et j'espère pouvoir faire le tour du reste sur la journée de demain. On verra bien... Comme Adam est aussi nouveau que moi en ville, on fait la paire pour rejoindre Karnak. Il suffit de suivre le Nil, impossible de se perdre, même pour moi!! En chemin, on est constamment alpagués, suivis, limite harcelés par tout un tas de gens qui ont tous une boutique, une fellouque, une chariole tiré par un âne à vendre ou à louer. Impossible de s'arrêter pour tous, c'est à en devenir dingo. Même pour moi qui n'arrive pourtant jamais à détourner la tête pour esquiver quelqu'un qui m'interpelle, je suis saoulé et dès que quelqu'un autour prononce les mots "vendre" ou "pour toi, bon marché", j'accélère le pas et passe la surmultipliée. Je n'envisage même pas de sortir des cartons jaunes ou rouges car les types seraient bien capables de me dire qu'ils en ont des moins chers en magasin.

On arrive au temple de Karnak après 1/2 heure d'esquive rotative. En arrivant, on comprend tout. Sur le parking sont garés des cars par dizaines. C'est bien simple, on se croirait chez le consessionnaire. Et s'ils sont là, c'est qu'ils ont déjà dû déverser leurs occupants, ça risque d'être noir de monde. En effet, passés la guérite où on vend les tickets, c'est une marée humaine qui nous attend. Le temple a beau être impressionnant, impossible de s'ôter de l'esprit que les sandales+chaussettes sont partout. Je suis entouré de colonnes dont il faudrait une dizaine de personnes main dans la main pour en faire le tour, les obélisques se dressent jusque haut dans le ciel, le mur du temple est plus épais que mon appartement était grand, et pourtant ça grouille à un point qu'une partie du plaisir s'est déjà suicidée. Avec Adam, on aura beau se dire que les gens finiront par partir, chaque fois qu'un équipage s'en va, c'est comme si une nouvelle paire arrivait. La partie est perdue d'avance, tout le monde s'aglutine pour le coucher de soleil. Lessivés de bruit et de poussière, on rentre finalement avant tout le monde. On part de Karnak sans gloire vers 16h. Et alors qu'on retourne dans le centre-ville par la corniche, on est doublé par une ribambelle de calèche. Mais c'est pas possible, ils font tout en convoi, même les calèches!!!!

Le soleil se couche sur le Nil, on rentre à l'hotel. Sur le chemin, on passe devant un "liqueur shop". Je vous écris pas ce que vend le type, c'est comme le porc-salut, c'est écrit dessus. Adam, en bon anglais qu'il est, achète 6 grandes canettes de bière locale, je n'en achète QUE 4, c'est déjà ça, ça fait tout de même 2 litres de liquide à ingurgiter. La beuverie, ma première depuis bien longtemps, s'organise sur la terrasse. On se sent vite comme à la maison, l'euphorie et le ciel étoilé en prime. Adam liquide son stock en 2 heures et file se coucher. Il m'en faudra une de plus, en ce qui concerne la bière, je suis un petit joueur. Sur le chemin de ma chambre, je m'arrête par l'ordinateur mis à disposition des clients de l'hotel. 5 minutes après m'y être installé, quelqu'un sort de la chambre juste derrière moi. Brice, it's unbelievable!!!Jamal, my man, what the F... are you doing here?

C'est Jamal avec qui j'ai marché en compagnie de Marte à Petra. La soirée qui paraissait s'arrêter ici n'en fut que plus longue et festive. Et comme Jamal ne boit pas une goutte d'alcool, je l'accompagnait sur le chemin de la sobriété. L'extinction des feux vint finalement vers 2 heures. Moi qui prévoyais de me lever aux aurores, il va falloir repenser tout ça...

Le son du clairon retentit le lendemain juste avant 10h pour profiter du petit dèj' inclus dans le prix de la chambre. A cette heure, Jamal dort encore comme à son habitude. De toute façon, il a déjà foulé la rive ouest du fleuve avec un tour organisé la veille. Adam est tout ramolli. Je vais donc la jouer en solo. Pour le Braïce cependant, pas de tour organisé, j'ai déjà vu ce que cela donne pour la journée à Abou Simbel, et à partir de maintenant c'est "merci c'est gentil mais non merci". Pour traverser le Nil, la solution la plus économique consiste à prendre les transports locaux, un bon vieux bac fait la traversée pour moins de 20 centimes d'euro. En m'y rendant, je n'aurais de cesse de le répéter à tous les vendeurs à la sauvette qui veulent me proposer une fellouque ou un tour en voiture en empruntant un pont à plusieurs kilomètres de la ville. Certains font mine de ne pas comprendre, carton jaune, certains me suivent pendant plusieurs dizaines de mètres, carton rouge. Au bout d'un moment, je suis tellement saoulé que je mets mes écouteurs. C'est pas quelque chose que je fais avec plaisir, mais à Louxor, il n'y a pas de règles pas de lois. Le ferry est là malgré ce que m'ont dit plusieurs personnes en chemin ("mais non il n'y a pas de ferry" ou "mais le ferry il a brûlé"), je traverse sans problèmes.

Sur la rive ouest, le sport continue. "Tu cherches un taxi?", "J'ai une boutique où on loue des vélos.", "Tu cherches un taxi pour trouver un vélo?", "J'ai un âne à deux pas qui n'est pas cher et qui court à 200 à l'heure." J'en passe et des pires... La meilleure solution est de grimper dans un pick-up qui fait la navette avec le bureau qui vend les tickets d'entrée pour la majorité des sîtes. J'y arrive encore une fois sans peine malgré ce qu'on peut entendre : "mais le pick-up il a brulé" ou "mais le pick-up c'est 200$". 2 livres, soit 0, 30 euros, voilà ce que ça coute... J'arrive au guichet général à midi, le tenancier propose une dizaine de tickets correspondant à une dizaine de sîtes différents, le plus souvent des tombes. Chaque ticket coute entre 5 et 12 euros, il va s'agir de choisir judicieusement, le gouvernement égyptien étant très enclin à me dépouiller de mes sesterces. Premier choix, le temple d'Habu, sur la carte ça a l'air d'être plus grand que grand et à pieds ça n'a pas l'air bien loin. En m'y rendant, je tombe sur des enfants qui joue à Tarzan, non pas avec une liane mais avec un fil électrique qui pend de son poteau. On dirait qu'ils savent ce qu'ils font mais ça fout quand même les chocottes.

J'arrive au temple d'Habu en un seul morceau. Les touristes n'y sont pas légions, profitons-en. Le temple n'est pas loin d'avoir les mêmes dimensions que celui de Karnak. Une fois de plus, les gravures succèdent aux colonnes qui succèdent aux hyéroglyphes. C'est beau, c'est grand ET c'est tranquille. Seul un gardien tente de m'extorquer un bakshish en me montrant une gravure illustrant des singes que j'aurais fini par apercevoir, carton jaune. Je reste chez Habu pas loin d'une heure mais "the show must go on", je retourne au vendeur de billets.

2ème choix : Deir Al-Medina. C'est encore pas loin de l'office, 20 minutes de marche tout au plus. Ici, les vestiges d'une ville morte s'étalent. Il y a aussi deux tombes que l'on peut visiter et un petit temple. Les tombes sont creusées dans le sol. On y pénètre par un large trou d'où descendent des escaliers. En bas, la température est 10° plus chaude qu'à l'extérieur, on se croirait dans un sauna. Les murs de la scépulture sont couverts de bas-reliefs qui ont, à l'inverse de tout ce qu'on peut trouver à l'extérieur, conservés toutes leurs couleurs. Du rouge au bleu en pasant par le vert, tout l'arc-en-ciel y passe. Ca donne un supplément d'âme au tout, si j'ose dire (dans une tombe)...

Pas loin de 14h30 à ma montre, pas le temps de lambiner. Sur le chemin du retour, un chauffeur de taxi se met à ma hauteur. Je l'ai déjà vu plusieurs fois aujourd'hui mais n'ai jamais daigné m'arrêter. Cette fois-ci, de mon oreille attendrie je l'écoute. Il dit qu'il a huit enfants à nourrir, que ce soir ils devaient manger du poulet, mais que comme il n'a pas eu un client de la journée, ils risquent de n'avoir à dîner que des flageolets. Humain comme je suis, je suis désemparé. Je lui demande son prix pour me conduire le reste de l'après-midi, et voilà que le type me prend pour la poule aux oeufs d'or. Il me sort un prix qui ferait même bondir un américain! Je trace ma route, il en a les larmes aux yeux. Bref après moultes turpitudes, il descend son prix à un niveau acceptable, j'ai maintenant un chauffeur.

En route donc vers la vallée des reines!! Nouveau droit d'entrée à s'acquitter. Ca commence à faire ch(i)er! J'entre dans la vallée des reines comme on fait un pèlerinage, dans le recueuillement et la modestie. L'entrée passée, de chaque côté du chemin sont creusés de larges trous béants. il n'y a rien à y voir, ça devait être un galop d'essai pour les chercheurs. Un peu plus loin, les trous sont toujours là mais on peut pénètrer dans deux d'entre eux. Ce sont les tombeaux de reines aux noms imprononçables à l'exception de Titi. A l'intérieur, un large couloir d'où partent plusieurs salles. Tout est scuplté, peint de toutes les couleurs. Seulement, n'étant pas particulièrement connaisseur en la matière, à la manière des vestiges romains vus en Turquie, quand on a vu une tombe, plus ça va et plus j'ai l'impression qu'on les a toutes vues! Le pèlerin se transforme en profane!!! J'achève rapidement le tour du propriétaire et me met à la recherche de la tombe de Néfertari, femme de Ramsès II, dont on dit que c'est la plus belle et la plus chargée des tombes de la vallée des reines. Et bien, pas de bol, cette tombe là est fermée au public depuis un bail et j'ai déjà fait le tour de ce qui était à voir ici! Je reste sur ma faim... Et ça creuse...

15h45, je n'ai plus que le temps de faire des concessions dans mon emploi du temps. Compte tenu de ce que j'ai vu (ou de ce que je n'ai pas vu) à la vallée des reines, je décide purement et simplement de tirer un trait sur la vallée des rois. RE-profane. Un sentiment de culpabilité me fait dire qu'on ne vient pas à Louxor sans voir la vallée des rois; et bien si!! La preuve!! En sueur et en os!!! Je suis désolé pour Ramsès III, V, VI, et IX, Amenhotep II et les autres mais ce sera pour une autre fois in sha' Allah!! A la place, je ne veux pas rater le temple d'Hatshepsut (le premier qui dit "à tes souhaits", c'est carton jaune). C'est un monument construit en terrasse sur 3 niveaux. Ca peut sembler bizarre comme choix mais ça l'est tout de suite moins quand je te dis que la terrasse fait la taille d'un terrain de football. Qui plus est, le batiment est lové en contrebas d'un à-pic d'au moins trente mètres, le long de la montagne sur laquelle sont disséminés tous les sîtes de la rive ouest de Louxor. L'impression de grandeur qui se dégage des lieux n'est pas qu'une impression, on se sent tout petit devant tant de démesure. Surtout, qui a déjà entendu parler d'Hatshepsut? Vous pourrez voir les photos qui devraient être en ligne en même temps que cet article, ça sent la grosse tête ou je m'y connais pas!! Ca devait pas être le genre modeste, Hatshepsut! Je reste pas loin d'une heure à vaquer dans cette merveille architecturale, juste assez longtemps pour croiser la meute qui vient à nouveau s'abreuver du coucher de soleil. Il est temps de hisser les voiles. Le chauffeur m'attend, son poulet va refroidir... Il trouve même le moyen de me dire que je suis en retard et que j'ai pris trop de temps... Bref, Louxor...

Il est temps de retourner sur l'autre rive, c'est comme si le bac n'attendait que moi. Pendant la traversée, le orange se bat avec le rouge pour savoir de quelle couleur le soleil se couche, c'est beauuuuuu.

Au retour à l'hotel, Jamal et Adam sont sur la terrasse, fatigués de n'avoir rien fait de leur journée. Je les envie un peu mais demain est un autre jour et peut-être sera-t-il temps pour moi de ne rien faire à mon tour. Je sais juste que j'ai rencart avec Dominica pour le petit déjeuner. D'ici là, on dîne à trois dans un restaurant classieux où je commande mon premier couscous du voyage. Divin. Délicieux. Je pourrais revenir en Egypte juste pour remanger la même chose! Je souhaîte une bonne nuit à mes camarades sur ses appréciations culinaires, l'écriture n'attend pas. Disons plutôt pour être honnète qu'elle a déjà trop attendu, voire qu'elle prend un sérieux retard... Bordel!!

Dimanche matin (23 novembre), le réveil sonne les 9h15. On dirait que j'ai plus de dimanches!!! Dominica est à l'heure au rendez-vous, il va s'agir de savoir où s'occuper la semaine qui vient. On est tous les deux d'accord pour aller voir du côté des oasis, c'est ce qui était prévu. Il y a deux choix possibles : 4 oasis différentes qui s'étalent à des kilomètres les unes des autres autour des déserts blancs et noirs, l'oasis de Siwa qui est la porte vers la grande mer de sable. Comment choisir? C'est un affreux dilemne. J'ai toujours voulu aller voir le désert blanc, les rares images que j'ai en tête sont tout simplement magiques. Seulement avec le temps dont on dispose, impossible financièrement de passer 5 jours dans le désert. Ca a beau être le désert, c'est cher de louer un 4X4, conduit par un guide, qui s'arrange pour te nourrir 3 fois par jour pendant 5 jours. On pourrait aussi bien n'y passer qu'une journée et se la couler douce dans les oasis mais tout le monde dit, y compris le LP, que Siwa est la plus belle des oasis et que quite à passer 5 jours à lézarder, autant aller lézarder là-bas. En plus et de toutes façons, la grande mer de sable, ça doit pas être dégueux comme paysage (sic). Le seul bémol, c'est que rejoindre Siwa depuis Louxor, c'est comme aller de Strasbourg à Marseille, en passant par Biarritz!!!! Il faut prendre le train de nuit de Louxor à Alexandrie pendant un peu plus de douze heures puis enchaîner avec neuf heures de bus jusqu'à Siwa. Faîtes le calcul vous-même, ce genre de mathématiques me file le bourdon. Mais bon de toutes façons, ça y est, on s'est fait une raison, on a rien sans rien. Ca se mérite du temps à rien faire! En plus pour ne rien faire, on a déjà toute la journée devant nous puisque le train est un train de nuit, qu'on est que le matin et que Louxor et la terrasse de l'hotel nous appartiennent. On profite donc de ces quelques heures pour aller une dernière fois sur internet, pour révasser, pour boire un coup... Le moment venu, on prend nos affaires, Adam n'est pas là et je dis "à bientôt" à Jamal, on se sait jamais... Dominica et moi quittons Louxor lourds des 24 heures qui nous attendent. Juste le temps de saluer le Nil et on est parti. Quant à la vallée des rois...
Conduire un camping-car poids lourd avec un permis B? English translation pending
by Marietheha · 2009-04-17 · 85 replies
bonjour, lu dans le dernier camping car magazine "les camping caristes titulaires d'un permis B obtenu antéreurement au 20 janvier 1975 peuvent désormais conduire un camping car poids lourd superieur à 3, 5 tonnes en toute légalité" quelqu'un a t-il confirmation ??? la préfecture me dit que ce n est pas vrai; qui a raison ??
Avis sur itinéraire de huit jours en Écosse du 18 au 26 août 2009 English translation pending
by Guy78 · 2009-04-16 · 14 replies
Bonjour,

Que c'est difficile !!!. Au vu de forums et des superbes endroits à visiter en Ecosse, 8 jours est malheureusement insuffisant. Ci-dessous l'tineraire prevu pour un sejour du 18 au 26 aout 09. Arrivée Edimbourg - location d'une voiture - logement en B&B

Je suis essentiellement interessé par les highlands, le nord ouest et les iles. Amateur de Whisky, ma preference va pour l'ile d'Islay au lieu de la Speyside

- mar-18-août Trajet: Edimbourg (arrivée 22h20) - Nuit à Edimbourg mer-19-août Trajet: Edimbourg- Inverness - Nuit à Inverness jeu-20-août Trajet: Inverness -coldbackie - Durness - ullapool. Nuit à Ullapool ven-21-août Trajet: Ullapool - Ile de Skye. Nuit à Ile de Skye sam-22-août Trajet: Ile de Skye. Nuit à: Ile de Skye dim-23-août Trajet: Portree-Oban. Nuit à Oban lun-24-août Trajet: Oban - Islay (Port Askaig) - Ferry 13h00. Nuit à Port Ellen mar-25-août Trajet: Islay (Port Ellen) - Edimbourg - Ferry à 09h45. Nuit: Edimbourg mer-26-août Edimbourg (départ vers 19h00) Certaines etapes ne sont elles pas trop longues (Exemple: jour 3 et 4) ? N'est il pas preferable de supprimer 1 etape pour reduire les distances ?

Merci pour votre retour

Cordialement

Guy
Traversée des Pyrénées à pied, seul English translation pending
by Lucbertrand · 2009-02-23 · 8 replies
Traversée des Pyrénées juin 2006

Je vais avec plus de deux ans de recul relater ma traversée des Pyrénées effectuée sur 22 jours, essentiellement au mois de juin, commencée à Banyuls et terminée début juillet à Cambo-les-Bains.

Comme souvent cette aventure a commencé par un trajet en train au départ de Lyon. Pour me laisser le temps, tout en prévoyant un programme très ambitieux, j'avais dit à ma famille que je partais pour deux mois. N'ayant pas essuyé de reproches directs quant à cette durée somme toute longue surtout en été, j'ai cependant bien vu dans certains regards de l'étonnement et peut-être aussi un peu de peur. Pourquoi grand dieu a-t-il besoin de partir seul dans les montagnes? L'absence de question évite toute justification. D'ailleurs quelle est la justification au fait de partir seul? Y en a-t-il une ou plusieurs? Je ne saurais donner de réponse certaine car les idées restent assez confuses dans mon cerveau. Peut-être à la cinquantaine se prouver que le corps est encore jeune, vivre une aventure tout en restant dans des normes connues, n'avoir à s'occuper que de soi, une recherche relative de solitude? Probablement un mélange de tout cela. Bien sûr avant de partir, j'éprouve des doutes et aussi des remords, car je sais que certaines personnes ressentent ces moments du départ avec douleur, à la manière d'un abandon. Mais inexorablement j'essaie de durcir ma carapace et de ne pas trop réfléchir. Puis le premier pas étant effectué, le cœur devient plus léger.

Le trajet en train, direction le sud, permet de m'absorber d'une part dans une lecture intéressante en espagnol, car le gros de ma traversée je compte la faire dans le pays de Don Quichotte, et d'autre part dans la contemplation du paysage et tout spécialement du Rhône. Ce fleuve exerce sur moi une véritable attirance. De grands écrivains, comme Bosco ou Clavel, en ont fait des descriptions époustouflantes et y ont situé certains de leurs romans. Je me souviens aussi des parties de pêche effrénées avec mon frère dans notre jeunesse, où nous attrapions toutes sortes de poissons en particulier de gros brochets, pêchés de façon tout à fait irrégulière. En effet dans le port Edouard Herriot à Lyon pendant les grandes chaleurs de l'été de gros poissons s'immobilisaient à la surface. Traîtreusement, avec des cannes au lancer équipées de gros hameçons triples, après avoir bien visé nous les crochetions en travers du corps, pas très académique comme procédé mais très efficace. Heureusement ces poissons avaient pratiquement toujours la vie sauve, car leur chair sentait horriblement le pétrole. Il nous arrivait parfois de les ramener à la maison et de squatter la baignoire où durant quelques jours ces habitants du Rhône se trouvaient emprisonnés à la grande colère de notre mère et dans la joie dissimulée de notre père. Puis un jour les bornes ont été dépassées, le nombre de gros brochets et autres carnassiers attrapés étant tel, que nous sommes allés dérober mon frère et moi un fût de deux cents litres vide, qui se trouvait sur le chantier dans la rue au pied de notre appartement. Nous l'avons installé au milieu de ma chambre, rempli d'eau et y avons mis nos gros poissons. Sans doute attiré par nos exclamations de joie, notre père est entré dans la chambre et a marqué l'arrêt devant ce gros bidon rouge pour le moins pas très propre. Puis rapidement reprenant ses esprits, contrairement à la baignoire qui le faisait rire, dans le cas présent son visage exprimait plutôt de la colère et de la consternation devant la stupidité de ses enfants. Nous eûmes l'ordre impératif et exécutoire dans les plus brefs délais de rapporter notre aquarium sur son chantier et de nettoyer par la même occasion la grosse tache de goudron ou d'hydrocarbure qui marquait le centre de la chambre. Tous ces souvenirs de lecture ou d'histoires vécues me permettent de m'éloigner par la pensée des miens et d'oublier ma culpabilité en les abandonnant.

Contrairement à l'année dernière le trajet se passe sans problème. En effet au cours du mois de septembre 2005, j'avais accompli une randonnée d'une semaine à partir de ce joli petit port méditerranéen. J'avais loupé la correspondance en gare de Béziers, à cause de ce que l'on appelle pudiquement un accident de personne. Deux heures d'attente, que j'avais mises à profit pour me promener dans la ville. Il est étrange de penser que l'on profite d'une opportunité de découvrir un lieu parce qu'une personne qui n'avait plus la force ou l'envie de vivre s'est jetée sous un train. Me voilà donc vers les 13 heures en gare de Banyuls. Bien que la première étape soit longue pour un après-midi, je prends mon temps. Je descends sur la plage et vais au contact de l'eau. J'y trempe la main et les pieds mais n'ai pas le courage de me baigner. On ressent toujours une impression étrange, mélange d'appréhension de doute et d'excitation, au moment de partir seul dans un projet d'une certaine ampleur. Surtout, comme je l'ai, dit mon plan est assez ambitieux. Je compte suivre la HRP jusque vers Puigcerda, puis mettre le cap sur la Serra des Cadi et musarder par la suite dans certains massifs espagnols comme le Cotiella, puis rattraper la HRP du côté de Gavarnie et je projette même de remonter la plage de la frontière jusqu'à Arcachon. Mais rapidement, ce que je n'avais pas anticipé, c'est que pour le moral, indépendamment du temps qui souvent n'a pas été de la partie, j'ai besoin de voir sur ma carte la distance se creuser derrière moi et diminuer en direction de l'Atlantique. Toute ma vie j'ai été conditionné pour ne pas prendre le temps et on ne change pas facilement. J'ai presque honte de dire que durant cette traversée, ma plus grande joie bien souvent consistait à visualiser sur ma carte routière au 1 000 000 le trajet de la journée et de constater que cela représentait un espace très significatif à cette échelle d'un pays. Donc progressivement, me trouvant un certain nombre d'excuses, le temps, la famille, mes parents, mon fils qui commençait un stage à Lyon vers le 10 juillet, ce fut la ligne droite ou presque qui dicta mon itinéraire. Ce mode de pensée ne s'est pas imposé immédiatement mais s'est insinué lentement au cours de la première semaine.

Premier jour GR 10 de Banyuls au refuge au pied du Pic Neulos

Vers les 14 heures je démarre. Cet après-midi je compte rejoindre le refuge au pied du Pic Neulos en suivant le GR 10. Je connais l'itinéraire pour l'avoir suivi l'an dernier. Aujourd'hui le temps est beau et stable alors que la fois précédente rapidement je fus pris dans le brouillard et la pluie. J'avais trouvé la cabane à la nuit tombante, alors que se déclenchait un orage d'une violence extrême. J'apprendrai plus tard que cette nuit de septembre 2005, les départements environnants avaient été mis en vigilance rouge. Un grand arbre avait été fracassé par la foudre à proximité de l'abri. Dire qu'il s'en était fallu de peu que je le trouve, alors que j'errais dans le brouillard, la nuit et la pluie. Cette étape est longue, plus de mille mètres de dénivelé et il me faut 6 heures à un bon rythme pour y parvenir. A part un couple doublé, que je reverrai trois jours plus tard sur le Canigou, je ne rencontre personne. Une fois arrivé, croyant que le couple me rejoindrait pour la nuit je m'installe dans un coin. Personne ne vient. Je suis et resterai seul, avec une vue magnifique sur la Méditerranée qui s'étale à l'infini. Au cours de cette traversée ce sera la seule nuit où je n'aurai pas de compagnie. Bien souvent, lors de grandes étapes les journées se dérouleront dans la solitude mais le soir il y aura toujours une âme qui vive avec qui discuter, sauf pour cette première étape. La fois précédente, la nuit de l'orage, il y avait cinq personnes, quatre jeunes Hollandais et un saltimbanque qui terminait la traversée des Pyrénées par le GR 10. Son périple avait duré deux mois avec un sac de 20 kilogrammes. Il s'arrêtait dans les villages pour présenter des spectacles et se faire quelque argent pour continuer son voyage. Nous avions passé une nuit merveilleuse à se raconter une multitude d'histoires vécues, et le matin chacun était reparti sur son chemin, de brouillard et de pluie pour une semaine en ce qui me concernait. Maintenant un an plus tard, la nuit est paisible, troublée par nul bruit.

Deuxième Jour GR 10 du refuge au pied du Pic Neulos aux Illas

Lever matinal, temps superbe, l'étape du jour me conduira aux Illas. L'humeur est au beau fixe, s'éveiller dans cette cabane aux quatre vents sans un bruit, seul avec le soleil distillant déjà sa chaleur bienfaisante. Je contourne le Pic Neulos par une trace plus qu'une sente. Seules quelques vaches paissent tranquillement dans ce terrain raide et broussailleux. Une fois sur la crête comme l'année précédente je me fais entraîner sur ce qui me semble un détournement de GR pour passer devant un gîte. A six heures du soir le détour qui invite à l'arrêt très bien, mais à sept heures du matin c'est moins agréable. En effet cet itinéraire détourné me force à suivre sur plusieurs kilomètres une route goudronnée. Heureusement il est possible par endroits de couper directement à travers la forêt. Donc me voilà pour une bonne distance sur la route, comme consolation cela permet d'étalonner le podomètre. Le mien est pas mal, à vingt mètres près il correspond aux bornes kilométriques, et cela sur presque dix kilomètres. Seul agrément je passe deux sources bien fraîches auxquelles je me désaltère avec bonheur. Arrivée au col du Perthus, que de monde!!! De véritables files d'autobus s'entassent sur les parkings, desquels se déverse une multitude se ruant sur cigarettes et alcools. Dans un gigantesque supermarché je m'achète deux petites boîtes et quelques fruits pour mon repas de midi. En effet, ce soir aux Illas je compte aller au restaurant du bourg dont je garde un très bon souvenir. Vite je reprends mon chemin, ça grimpe dur dans les ruelles. Enfin je suis sorti et emprunte une petite route qui passe au pied du fort de Bellegarde. Un petit cimetière m'interpelle, j'y entre par un portillon qui grince. Comme il est étrange! Les tombes, toutes très vieilles, sont alignées le long du mur d'enceinte, laissant de ce fait un immense espace libre, comme si le lieu n'avait pas encore servi ou presque. Les tombes sont presque toutes surmontées de hautes et maigres croix auxquelles sont accrochées des cocardes tricolores. Mon étonnement est grand lorsque je constate que les dates indiquées remontent à la révolution et manifestement la plupart des défunts sont des militaires. Quelques tombes sont minuscules et dévoilent la présence d'enfants. Que ce lieu est étrange et calme, si proche cependant de la folie consommatrice. Je quitte l'endroit quelque peu songeur. Un peu plus loin j'aperçois des ruines. Il s'agit de la voie romaine qui allait en Espagne. De nombreux vestiges sont visibles, très bien conservés pour certains. Le plus impressionnant, ce sont les traces de roues de char encore bien visibles sur le rocher. En moins d'un kilomètre deux sites exceptionnels méritent une visite. Je m'arrête, mange mes boîtes de sardines et mes fruits. Le chemin pour aller jusqu'aux Illas n'est pas très agréable, large piste serpentant à flanc, succession de montées dans la poussière. L'arrivée au village se fait par une grande descente en lacets, cela semble interminable. Le gîte est loué à un groupe, donc ce sera camping sur un petit terrain communal, où je serai seul. La douche je la prendrai sous le pont du village, là où la rivière fait une petite mare. Le lieu est assez discret, de plus il n'y a pas grand monde. Cette traversée des Pyrénées qui va me prendre vingt deux jours, je ne pensais pas y rencontrer si peu de monde. En effet à part quelques sites connus comme le Canigou, les Aiguilles Tortes ou la vallée d'Ordesa, les étapes seront très souvent solitaires, et si elles ne le sont pas complètement, les humains rencontrés se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui me marqueront, ce sont les marcheurs solitaires. J'en croiserai cinq, quatre qui traversent les Pyrénées dans l'autre sens, trois Anglais et un Français, et le cinquième un vieil Allemand qui emprunte la voie du Somport vers Saint Jacques de Compostelle. Ces rencontres sont toujours des moments de grande émotion. J'aurai l'occasion d'y revenir. Il est étonnant comme ces trajets, seul, à travers les montagnes laissent une marque profonde en soi. En effet cela fait maintenant plus de deux ans que j'ai effectué ce périple, et bien, le fait de le dérouler en l'écrivant, une multitude de sensations et de détails me reviennent à l'esprit. Je suis stupéfait de voir que malgré le recul du temps, le fil ténu et éphémère mais de plus de sept cents kilomètres, de ma trace dans ces montagnes s'est incrusté à ce point en mon esprit. L'exercice d'écriture est d'autant plus difficile, que je n'ai pratiquement pas fait de photos. En effet, ces dernières sont un outil prodigieux pour la narration d'un récit. Mais c'est peut-être un peu tricher, car longtemps après, écrit-on par rapport aux sensations que ces photos évoquent à l'instant où on les regarde, ou bien font-elles réellement remonter le vécu et la perception au moment de leur prise? Sans doute un peu des deux. Mais si on n'en possède pas, le fil d'Ariane de la piste fait ressurgir les émotions du moment de l'action, le récit en est sans doute plus véridique. Donc comme prévu, petit repas gastronomique aux Illas dans une auberge à la salle grande et bien aménagée, une ancienne grange restaurée de main de maître. Après cet agréable moment, je fais un tour pour localiser le chemin du lendemain. Je repère un monument à la mémoire des personnes qui rejoignaient l'Angleterre via l'Espagne durant la deuxième guerre mondiale, car le village était l'un des lieux de passage, cela me remémore de nombreux livres et films.

Troisième jour Les Illas, frontière espagnole, Pic de France, Arles-sur-Tech

L'étape sera longue, je compte remonter la belle forêt qui domine le village, passer en Espagne, rejoindre le Roc de France par l'ermitage de la Salinas puis terminer l'étape à Arles-sur- Tech. La montée en sous-bois est magnifique tôt le matin lorsque les rayons du soleil sont encore obliques. Début juin, les feuilles sont encore toutes jeunes et présentent un joli vert tendre. Je ne peux m'empêcher de scruter les touffes de mousse, car je verrais bien des giroles s'y cacher. Une fois en Espagne, une piste large et de bonne inclinaison conduit à l'ermitage. Il est désert mais plus embêtant, la source est tarie et moi qui comptais m'y ravitailler … Tant pis, direction le Rocher de France. Après quelques petites hésitations dans les broussailles, je n'ai pour le moment que la carte au cent millième de l'IGN, je tombe sur un bon chemin qui me conduit sur le petit sommet à 1450 mètres. J'en profite pour me restaurer en contemplant le versant qui doit me conduire à l'étape du soir. Il a l'air immense et plein de replis. En effet cette descente jusqu'à la petite rivière, le Tech, est interminable. Heureusement en pleine chaleur de l'après-midi je rencontre une source qui suinte d'un rocher, que cette eau fraîche est agréable. Cela donne un bon coup de fouet au moral. J'arrive dans la ville d'Amélie-les-bains. Ce fond de vallée est très chaud, le goudron fond. Je commence par suivre la route, mais rapidement du fait de la chaleur et du trafic important je rejoins le lit de la rivière et continue à même les galets. Le rivage par endroits présente de véritables murs de végétation, il me faut donc marcher dans l'eau heureusement peu profonde. Cela procure une sensation étrange de se dire que l'on est en train de traverser les Pyrénées à pied et de se traîner à un rythme d'escargot à glisser sur des pierres moussues en essayant de ne pas piquer une tête. Je finis par abandonner et pars à la perpendiculaire à travers les fourrés à la recherche d'un chemin. Rapidement je tombe sur une multitude de traces praticables. A l'entrée de Arles-sur-Tech je retrouve le GR 10. Cette petite cité est superbe, le chemin se faufile dans des lieux pittoresques, en particulier des petits jardins potagers. Halte dans un camping dans le haut du village, il n'y a presque personne. Le mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Je mets mes sandales et retourne me promener dans le village. J'y fais quelques emplettes et vais m'installer à la terrasse d'un restaurant à l'architecture superbe, une ancienne bâtisse en pierre rénovée. La soirée sera nostalgique, car durant l'après-midi mon maudit portable m'a appris la mort d'une personne qui m'était chère. Il y a des moments dont on se souvient toute sa vie eh bien je me souviendrai toujours exactement du lieu et de l'instant où cette triste nouvelle m'a atteint. Je mange cependant avec appétit une gigantesque pizza suivie d'une grosse glace. Je remonte à mon camping sous l'orage qui menace et rapidement m'endors.

Quatrième jour GR 10 de Arles au refuge de Bonne-Aigue

Lever matinal, pas un bruit, petit déjeuner froid englouti rapidement et tout de suite l'immense dénivelé de la journée commence. J'ai l'intention de rejoindre la HRP en passant par le Serra del Roc Nègre à 2714 mètres alors que mon point de départ se situe juste à 300 mètres. Je chemine par des chemins qui se faufilent parmi les restes de vieilles mines, excavations et charpentes métalliques en ruines. Rapidement la chaleur est suffocante, le temps est à l'orage. Je dénivelle rapidement mais je souffre. Le sac me semble pesant, les crêtes apparaissent lointaines, et cela d'autant plus que l'air est saturé d'humidité et prend un aspect laiteux qui augmente l'impression d'éloignement. Le sentiment d'avoir vu trop grand pour la journée commence à m'effleurer. Cependant le rythme rapide me permet de garder le moral. Toujours cette horrible habitude d'avoir les yeux rivés sur la montre et l'altimètre et en déduire des dénivelés horaires. Au moins cela a la vertu d'occuper l'esprit. J'envie ce garçon qui lorsqu'il part pour de grands périples ne s'encombre d'aucun instrument même pas d'une montre, quelle liberté il doit éprouver! Mais pourquoi je n'arrive pas à en faire autant ? La végétation change, des prairies parsemées de jolies fleurs remplacent la garrigue. Un petit ruisseau que je longe, et hop! une jolie truite détale. J'atteins la route qui conduit au col de Cirière. Au gîte en réfection un peu en-dessous je me ravitaille en eau et me renseigne sur l'évolution du temps pour l'après-midi. Rien de rassurant, mais rien d'étonnant, des orages violents sont attendus. S'engager sur les crêtes ne serait pas raisonnable. Je décide donc de rester sur le GR10 et me lancer dans le contournement du Canigou. Le col est rapidement rejoint. Ensuite le chemin s'accroche au versant nord-est de la montagne. Que le lieu est impressionnant ! Le Canigou est vraiment la sentinelle des Pyrénées bien avancée dans les plaines. Les flancs sont très raides et travaillés. Par endroits je traverse de petites gorges au fond desquelles coulent des ruisseaux. Par temps de grosse pluie le passage ne doit plus être praticable sans risque. J'arrive à une petite bâtisse devant laquelle se trouve une magnifique fontaine. J'aurais pu éviter de transporter mes deux ou trois litres d'eau. Un peu plus loin je rejoins le couple vu la première journée, je ne les avais pas reconnus, eux par contre me remettent bien. Il y a quelques promeneurs sur ce magnifique sentier. Je double deux femmes qui me cèdent leur énorme chien blanc, genre Patou, pas méchant mais très collant. Bivouaquer en se serrant dans son poil volumineux doit être agréable, mais je n'en ai pas l'intention. Arrive un croisement de chemins, où le refuge des Cortalets est indiqué par deux itinéraires. Je choisis le plus haut. Alors que je remonte une crête vers les 2300 mètres, un orage violent s'abat. Je dépasse un couple de Belges qui s'abrite dans une petite anfractuosité et mon gros Patou décide de rester avec eux. Une très violente averse de grêle me force à m'arrêter sous le premier sapin et à mettre mon sac à dos sur ma tête. Le tonnerre gronde autour de moi, quelques arbres foudroyés montrent que l'endroit est malsain. Mais la grosseur des grêlons est telle que je n'ose bouger malgré le risque lié à la foudre. L'averse est si violente que mon arbre ne me protège pas vraiment et les morceaux de glace rebondissent dans tous les sens et m'attaquent par le bas. Très rapidement, n'étant pas très habillé la déperdition de chaleur est importante et je commence à me sentir en danger si cela devait durer. Je décide malgré la tourmente de repartir en courant au mieux, car au moins je produirai un peu de chaleur. Heureusement quelques minutes plus tard aussi rapidement qu'elle était apparue la grêle s'arrête. Il était temps, cela a duré une vingtaine de minutes. La montagne est magnifique dans son hostilité, sur les sommets environnants le tonnerre roule en faisant vibrer jusqu'au sol. Après la traversée de quelques pierriers instables et glissants j'arrive au refuge. Une foule immense s'y trouve. En effet c'est la fête des feux de la Saint Jean. Demain tout ce beau monde montera son bois au sommet du Canigou pour faire un immense feu de joie. Les Catalans sont comme les Basques, le bois ils aiment ça, et ils se mettent à plusieurs pour monter des bûches énormes. Très vite je me rends compte que je n'ai pas du tout envie de passer la nuit ici. Il n'est que quatre ou cinq heures, je continue donc jusqu'au refuge de Bonne-Aigue petite cabane qui doit être moins peuplée. On me conseille cependant de prendre de l'eau car la source de Bonne-Aigue, contrairement à son nom, n'est pas toujours bonne fille et peut se montrer avare, ce qui sera le cas. Encore une ou deux heures de chemin escarpé, durant lesquelles je chemine presque accroché au ciel en dominant la plaine, située très loin en-dessous. Enfin au détour d'un pli du terrain le petit abri se dévoile sur son éperon. J'y suis seul. Une vue magnifique sur le sommet du Canigou s'offre au regard. Heureux d'arriver, ce sera l'une des plus longues étapes de ma traversée et la plus éprouvante, à cause du temps d'abord étouffant et puis cet orage très impressionnant. Je cherche la source et la découvre enfin juste devant le refuge, mais elle est à sec. J'ai été bien inspiré de prendre trois litres d'eau au refuge précédent. Je m'installe, fais un feu dans le fourneau et me cuisine une grosse purée et bien au chaud dans mon duvet je poursuis la lecture de Croisières et Caravanes d'Ella Maillard. C'était quand même autre chose quand elle traversait dans les années trente l'Asie à pied en dormant deux semaines durant dehors en hiver dans l'Himalaya, en ayant pour tout refuge le flanc de son chameau. Je me dis que mes petites souffrances c'est de la rigolade. Alors qu'il fait encore bien jour, j'entends du bruit. Je ne serai pas seul cette nuit. Un couple de jeunes gens arrive. Voyant l'exiguïté des lieux, ils décident d'aller planter leur tente sur un replat à proximité. Après s'être installés ils viennent me chercher et m'invitent à partager une bouteille de blanquette de Limoux. Assis dans l'herbe à côté de leur tente nous avons une discussion animée. Incroyable, lui vient de faire une thèse sur les mafias albanaises. Je ne dirais pas que je suis très fort sur ce sujet mais j'ai habité trois ans en Albanie et donc le thème m'intéresse. Cette soirée mémorable et très sympathique me revigore et me laissera un souvenir impérissable. La nuit tombée depuis un bon moment, nous rejoignons chacun notre sac de couchage.

Cinquième jour GR 10 du refuge de Bonne-Aigue au hameau du Mantet

Après une bonne nuit, je me sens en pleine forme, la longue marche d'hier n'a laissé aucune trace. Mes amis dorment toujours, je laisse un petit mot de remerciements sur l'un de leurs sacs et leur souhaite une bonne montée au Canigou. Comme toujours lorsque je suis un GR, je pars bille en tête sans rien regarder, sauf dans le cas présent, un dernier regard à ce minuscule refuge agrémenté d'une petite tente. Rapidement je traverse un éboulis et fais détaler toute une harde d'isards. Le chemin pénètre en forêt. Il semble peu utilisé, bizarre pour un GR. Mais l'ambiance est tellement extraordinaire et mystérieuse que pris par l'envoûtement du lieu je m'y enfonce toujours plus profondément. De plus en plus de branches obstruent la sente de plus en plus étroite. Je finis par perdre toute trace. De toute évidence je ne suis plus sur le chemin. Cependant ma carte au 100 000 ne me dit pas si je me situe au-dessus ou au-dessous de mon itinéraire . Le plus simple, faire marche arrière jusqu'à ce que je retrouve la sacro-sainte trace rouge et blanche. En effet je n'aurais pas dû traverser la zone d'éboulis. Le chemin à cet endroit monte une petite crête très raide et poursuit en pente très soutenue. Mais comme souvent, cette erreur m'a permis d'abord de voir de très près ces beaux animaux que sont les isards et de passer une heure dans une forêt mystérieuse très peu fréquentée. J'atteins un collet haut perché que je distinguais très bien du refuge, et je bascule sur un autre versant de la montagne, toujours aussi joli et aérien. Rapidement je rejoins l'un des itinéraires qui conduisent au point culminant. De ce fait je croise de nombreuses personnes qui s'y rendent. Le refuge de Mariailles apparait. Je suis un peu déçu, il a l'air d'être jeté à même le bord du chemin. J'en avais une idée magnifique, ayant lu un article particulièrement élogieux sur sa gardienne, ce qui tout naturellement me rendait le lieu très sympathique. Je ne m'y arrête pas et descends à un bon rythme jusqu'à Farga. Que ce petit hameau est accueillant, des fleurs partout, des champs remplis d'immenses herbes bien vertes, et une fontaine. Une eau fraîche agréable à boire, mais il serait préférable qu'elle soit plus chaude, car on en absorbe plus facilement une grande quantité, et lorsqu'on fait des efforts c'est par litre qu'il faut s'hydrater. Ensuite par une grosse chaleur je remonte au col de Mantet. 900 mètres de dénivelé en zigzaguant avec la route goudronnée par des petits raidillons. Le col fait très pelé, le village du même nom est blotti quelques centaines de mètres plus bas. Un gîte très agréable m'accueille. La soirée est particulièrement exquise. L'hôtesse cuisine très bien, et à quatre, un couple étant présent, nous refaisons le monde jusque tard dans la nuit. Je rejoins un lit moelleux et je tombe sur un livre de Troyat, dont je ne me souviens plus du titre, mais il me passionne tellement que j'en lis les trois quart avant de m'endormir.

Sixième jour GR 10 du Mantet aux Planes

Le temps semble beau, après un petit déjeuner copieux me voilà parti à travers les alpages. Le paysage est très différent de ce que j'ai vu sur le tour du Canigou. On retrouve la moyenne montagne que je qualifierai de classique. Rapidement je passe le col del Pal, qui domine le village de 900 mètres. Je redescends au refuge de la Carança. Il est au confluent de plusieurs vallées, et les vaches innombrables l'assaillissent littéralement. On m'avait prévenu que la source pouvait être contaminée du fait du grand nombre de bovins. Je constate que j'ai perdu l'une de mes superbes sandales, achetées 70 euros au Vieux Campeur. Je suis très mécontent, je les ai attachées sur mon sac. Alors s'est-elle décrochée ou dans la précipitation du départ l'ai-je oubliée au gîte? Cela me perturbe, comme quoi il ne faut pas grand chose. Alors dans ma colère à partir du refuge j'accélère et remonte un joli vallon. Je ne croise pas grand monde puis viennent face à moi des pêcheurs. Tiens c'est bizarre! Mon itinéraire de la journée ne comporte pas de lac. Je leur demande d'où ils arrivent. Bien évidemment de l'étang de la Carança. C'est le bouquet, je n'ai pas pris la bonne vallée. Il faudrait bien que je finisse par prendre l'habitude de regarder la carte de temps en temps de façon plus rigoureuse. En effet je suis juste sous le lac j'ai bien dû faire quatre cents mètres de dénivelé. Pas de panique, c'était très joli. Je m'arrête donc et commence à casser la croûte. Au moment de reprendre le chemin du refuge un autre pêcheur descend. Nous engageons la conversation et j'aurai droit à un superbe cours sur la truite fario de souche pyrénéenne. Il m'explique tout sur sa reproduction et sa pêche. Encore une fois l'erreur est très bénéfique. De retour au refuge je reprends mon chemin qui est franchement très évident. Le col se situe 600 mètres plus haut. Son accès est raide, coupant en permanence une piste qui fait de grands détours. Une fois arrivé, un vent froid et désagréable m'enlève toute envie de faire une pause. Ce temps pour le moins pas très agréable, je vais le subir quasiment jusqu'à l'Atlantique. Je prends cependant le temps de regarder ma carte et de constater que le Gr fait une immense boucle en fond de vallée. Je décide de traverser directement et de rejoindre le chemin sur le mouvement de terrain suivant. Je visualise l'itinéraire que je veux suivre et c'est parti. Arrivé en fond de vallon, j'attaque directement la pente en face et après une bonne suée je retrouve les traces rouges et blanches. Il ne me reste plus qu'à me laisser conduire au village de Planes. Le gîte est ouvert. Je bois une bière en compagnie d'un habitué de la région. Il me raconte une histoire étonnante qui corrobore ce que j'ai vécu trois jours auparavant. Il me fait part de son expérience des chutes de pression très brutales du côté du Pic de Costabonne. Effectivement lorsque j'étais près du Pic de France, mon altimètre affichait des variations d'altitude très brusques et importantes. J'ai tout de suite pensé qu'il ne fonctionnait plus. Eh bien non, il s'agissait du phénomène que l'on me décrit. Pas étonnant, m'a-t-il dit, que j'ai subi un orage aussi violent sur le Canigou. Le repas du soir sera moins raffiné que celui de la veille. Je me trouve avec un Canadien qui finit ses vacances et qui repart le lendemain. Il éclate de rire quand il constate que je n'ai qu'une sandale et un pied nu. Nous passons la soirée devant la télévision, coupe du monde oblige. La France va gagner, et ce n'est pas le dernier match que je regarderai.

Septième jour Les Planes à Puigcerda et village de Ger par chemins et route (N260)

L'étape du jour doit me conduire en Espagne, pays dans lequel je resterai jusqu'au pays Basque. L'itinéraire remonte le vallée de Mont Louis jusqu'à la frontière. Manifestement j'ai une baisse de moral, pourtant tout va bien physiquement. Le chemin parcouru jusqu'à présent était très beau, la marche agréable, les haltes du soir toujours bonnes et souvent pleines de surprises. Eh bien non, malgré ces 6 jours prometteurs d'une belle traversée je suis envahi par un coup de blues. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas pourquoi. Allez, ne pas se poser de question et marcher, on verra après. J'abandonne le GR 10 à partir d'aujourd'hui pour ne le retrouver que vers Saint-Jean-Pied-de-Port. La marche en forêt est plaisante. De l'autre côté de la vallée j'aperçois le fameux four solaire d'Odeillo. Ayant coupé mon téléphone portable depuis hier matin, je l'ouvre, des fois que ma famille s'inquiète en ne pouvant me contacter. J'ai effectivement un message d'un camarade qui me propose des activités professionnelles à Lyon et Paris. De toute évidence cela attendra mon retour. Je savoure l'immense privilège que cela représente de ne plus être soumis au dictat de devoir gagner sa vie et de vivre sans peur excessive du lendemain. Après tout, cela dépend aussi de ses envies et du niveau auquel on fixe ses besoins. Mais la contrepartie de ne plus se sentir tendu vers un but professionnel, c'est peut-être de devoir occuper son temps libre. C'est sans doute là que se niche une partie de mon vague à l'âme. L'allure n'est pas très rapide. Je fais une halte à même le tapis d'aiguilles de pins et engage une longue conversation téléphonique avec une personne qui m'est chère et qui me connait bien. Sans doute suis-je à la recherche d'un appui dans la signification de la traversée que je fais? En tout cas la discussion porte ses fruits. Je trouve une interlocutrice qui est un avocat sans concession de la poursuite de l'entreprise. Plus de doute, debout et marche. Je m'arrête dans le village de Eyne et mange la boîte de thon que je traîne depuis Tech. C'est pénible car on se met de l'huile partout et ensuite il faut trouver une poubelle, car pas question de remettre dans le sac cette boîte de conserve toute dégoulinante. N'en voyant pas dans les environs, je mets le tout dans un sac plastique que j'accroche sur le sac à dos. Dans ce village, l'année précédente, j' avais pris le fameux train jaune, expérience très intéressante. J'étais le seul voyageur sur le quai, le train est arrivé à faible allure et s'arrêta. Le chauffeur sortit la tête et me demanda si je voulais monter. Je lui répondis par l'affirmative et il m'enguirlanda presque en me faisant remarquer que normalement le train ne marque l'arrêt en gare que si on lui fait signe, et qu'il n'est pas devin et ne peut connaître mes intentions. Je devais donc m'estimer heureux qu'il se soit arrêté car de plus c'était le dernier de la journée. Après ce rappel de mes souvenirs, je repars. Avec la journée qui avance, la chaleur augmente. Après m'être perdu dans des champs cultivés, qui de toute évidence se sont appropriés le chemin, n'osant pas couper directement parmi les épis de blé, je fais moult détours. J'arrive enfin à Bourg Madame et passe la frontière. Manifestement les douaniers regardent les gens, est-ce dû au contrôle de l'immigration clandestine en Europe ? A Piugcerda je m'arrête et me mets à l'ombre dans un café. Pour ce sacro-saint moral à retrouver et à consolider, je sens qu'il faut que j'avance un grand coup, comme cela je serai irrémédiablement lancé dans l'aventure. Donc première décision, je laisse tomber le long détour par la Serra de Cadi et je file directement sur La Seu d'Urgel, en partie sur la route et en partie par des chemins qui traversent de petites villes un peu désaxées. L'important c'est qu'il n'y ait pas trop de montées et que le mouvement vers l'ouest soit significatif. A la sortie de l'agglomération, je distingue très nettement à une vingtaine de kilomètres au sud la barre impressionnante de la Serra des Cadi, sur une trentaine de kilomètres elle se lève d'est en ouest en une vague toujours au-dessus des 2000 mètres, et même pour sa moitié ouest toujours au-dessus des 2500 mètres. Résolument je m'engage sur la route à grande circulation, je vois un panneau qui indique 60 km alors que ma carte en indique un peu plus de 50 pour la ville de La Seu D'Urgel. Un super marché, j'achète une bouteille de banga de deux litres que je descends presque d'un coup, cela fait repas et boisson. Sur le goudron c'est une véritable canicule, avec la réverbération de la chaleur, les 35 degrés sont à mon avis atteints. Un grand magasin de chaussures dans une zone commerciale, j'en profite pour m'acheter des tongs pour remplacer mes sandales. Il y a des soldes, j'ai deux paires pour 7 euros mais je n'en veux qu'une. Dans mon espagnol hésitant j'explique qu'une seule suffit et que je ne désire pas en porter deux jusqu'à l'Atlantique. La charmante vendeuse finit par m'en vendre une paire pour 4 euros. Je retourne dans la fournaise avec l'intention de bien avancer avant le soir. Après une dizaine de kilomètres je me laisse tenter par le joli village de Ger qui domine la route, et pars à la recherche d'un logement. Le bistrot, dans lequel j'entre, loue des chambres certes à des prix non-modiques, mais de qualité. Pour une journée sans moral l'étape a été cependant importante. Je me promène dans cette petite cité toute en pente et termine dans un petit estanco. On est bien en Espagne et l'ambiance est très sympathique.

Huitième jour Principalement route de Ger N260 direction ouest

Au réveil, il fait presque nuit, cela ne provient pas de l'heure matinale mais de l'épaisseur des nuages. Je reprends la route à grande circulation sur une dizaine de kilomètres et me dirige vers la petite ville de Bellver de Cerdanya. Jolie agglomération à l'architecture de cachet avec ses belles maisons en pierre, ses magasins bien achalandés et sa foule qui se presse dans les rues. Une brume épaisse tombe, assortie d'une bruine tenace. Une route très peu fréquentée me permet de gagner dix kilomètres loin du raffut de la circulation. Cela me donne l'occasion de découvrir la belle église de Santà Eugènia de Nerellà. Vers les treize heures, retour sur la grand route à l'entrée de la ville de Martinet. Dans un bistrot comme on en trouve dans toutes les grandes cités européennes je profite d'une accélération des précipitations pour faire une pause. Sensation étonnante que de faire de longues distances à pied le long de grands axes routiers. Je pense à tous ces récits de voyage où durant des semaines voire plus l'itinéraire se déroule dans le souffle et les aspersions des camions lancés à toute allure. Je me remémore en particulier un pèlerin parti de Lyon pour Jérusalem et qui avait traversé une bonne partie de l'Italie dans ces conditions, ou encore Bernard Ollivier qui au cours de sa longue marche appréhendait la traversée des tunnels non éclairés quelque part au fond de l'Asie. Ma carte au 50 000 me permet de voir qu'un petit chemin se faufile entre la montagne et la rivière sur la rive opposée à la route, encore quelques kilomètres de gagnés loin des monstres d'acier puants et bruyants. Ensuite, après un bref retour sur cette N260 apparaît un camping à même le bord de la route. Bien qu'il ne soit pas tard je décide de m'y arrêter. Le temps s'est amélioré et rapidement la chaleur sèche le sol. Manifestement il n'y a pas grand monde, à tel point qu'il est impossible d'acheter quoique ce soit, le restaurant et l'épicerie étant fermés, donc ce soir mon réchaud me servira pour chauffer ma purée soupe, habituelle dans ces circonstances. C'est très simple à faire, c'est comestible, ça cale sérieusement, que demander de plus? Je m'installe au bord de la rivière sous un rayon de soleil et je m'y trouve très bien. J'observe les petits verrons qui farfouillent les gravillons dans quelques centimètres d'eau un peu à l'écart du courant principal du cours d'eau. Soudain, sortant des profondeurs agitées par le courant, une belle truite fait un passage rapide mais ne réussit pas à attraper une proie. Être le témoin d'une scène de ce type, somme toute banale dans la nature, me remplit de joie, et c'est très bon pour le moral.

Neuvième jour N260 jusqu'à la Seu D'Urgel puis GR7 jusqu'à la Farga des Moles

L'étape de ce jour doit me conduire au moins à La Seu D'Urgel. Afin de continuer à bien avancer tout se fera par la route. D'ailleurs, vu l'endroit où je me trouve, il n'y a pas d'autre choix. La vallée est encaissée, la route domine d'assez haut, aucune possibilité de progression près de la rivière et le versant raide ne permet pas de prendre des chemins en amont. Donc je me lance sur le bitume, tôt le matin peu de circulation et température clémente. Surprenant je trouve du plaisir à avancer comme cela sur une route nationale. D'ailleurs par endroits les points de vue sont magnifiques. Un seul tunnel se présente, évitable par l'ancienne route. Par endroits l'espace derrière le rail de sécurité ne permet pas de marcher, car il y a presque directement le vide. J'avance donc sur la route bien collé au bord métallique, m'immobilisant lorsque un camion arrive, ou même j'enjambe le rail et attends qu'il soit passé pour revenir sur le goudron. A un moment, marchant sur la chaussée, je vois arriver face à moi un cycliste et derrière lui à vive allure un camion survient. Vu l'étroitesse des lieux je réalise que si le vélo fait un écart pour m'éviter, il court un grand risque de se faire écraser par le bolide lancé à 100 à l'heure. Je saute précipitamment le rail, le cycliste y reste collé et le camion le frôle dans un grondement. Vers les onze heures j'atteins la petite ville désirée depuis avant-hier. L'entrée se fait le long de belles allées verdoyantes qui longent le cours d'eau. Je traverse cette agglomération qui s'étale sur un bon kilomètre, puis près de la sortie je fais une halte dans un restaurant. Il se situe à un carrefour particulièrement passant, en effet l'une des routes remonte directement au Pas de la Case. Bien qu'ayant bu deux bières et mangé comme un boa, je repars sous le cagnard. J'emprunte le GR7 sur une dizaine de kilomètres. Bien que remontant la vallée qui conduit au Pas de la Case, le trafic n'est pas gênant, le chemin étant souvent à bonne distance de l'asphalte. Un embranchement de vallées apparaît, et là se niche la Farga de Moles et son camping. Site agréable dans un décor verdoyant. Le mois de juin est une période propice à la balade car les fonds de vallées ne sont pas encore brûlés par les chaleurs et les sécheresses de l'été. Ce soir, encore un match de foot, je ne me souviens plus quelles étaient les équipes en compétition.

Dixième jour petite route et hors chemin balisé jusqu'au village de Tirvia

Aujourd'hui l'aventure reprend. En effet je vais essayer de rejoindre au mieux le Val D'aran en dehors de tout itinéraire balisé. Pour corser la chose, il me manque un bout de carte sur une bonne distance. Mais de la fin de ma première carte je devrais voir une montagne caractéristique qui se trouve sur la seconde. Tout commence par une petite route qui serpente dans une vallée étroite. Un gros chien décide de m'accompagner, il me suivra deux bonnes heures. Passé un premier village, j'arrive à Civis et prends une sente qui monte raide. Alors je dis à mon compagnon à quatre pattes de retourner chez lui. Il n'en fallait pas plus pour qu'il fasse demi-tour, à moins que de lui-même il ait décidé de s'arrêter à la fin du goudron. Le chemin suit des flancs arides et escarpés, la solitude est vraiment présente. Le col de Confluent est atteint, un peu plus de 2000 mètres d'altitude, et je suis en bout de carte. Très bien, est-ce que mon pronostic s'avère exact ? Effectivement, une vallée se présente avec un large débouché vers la gauche et une montagne sur la droite avec un petit col, qui doit correspondre à celui que je compte rejoindre. Dans la partie manquante je rencontre même un hameau désert, mais équipé d'une belle fontaine, qui est la bienvenue car je manque d'eau depuis plusieurs heures. Une fois près d'une rivière je repars à l'assaut du versant opposé vers le col identifié. Étant dans la forêt sur le flanc de la montagne, évidemment mon lieu de passage désiré disparaît du champ de vision. Il me faut partir à l'estime, dans un immense versant encombré d'arbres abattus à enjamber. J'ai le sentiment que je ne vais pas y arriver. Je me traîne de tronc en tronc en essayant de les escalader le plus rapidement possible sans dépenser trop d'énergie et sans me blesser. Après un moment qui me semble une éternité, les troncs s'espacent et je pressens la fin du calvaire. J'atteins une prairie encaissée dans un vallon, au fond duquel court un ruisseau. Je décide de le suivre, en effet il monte c'est bien et de plus le cheminement est dégagé. Ce sont déjà des éléments très favorables. Mais est-ce que de plus ce vallon aura le bon goût de conduire là où je veux aller ? En tout cas après le supplice que je viens de vivre, avancer à bonne vitesse sur une herbe souple procure un grand plaisir. Certes la pente est raide et irrégulière d'où un champ de vision très restreint. La direction me semble bonne, et de fait après une petite heure de montée je tombe pile sur un collet qui se découvre au tout dernier moment. Je sors ma nouvelle carte et miracle, ce que je vois devant moi correspond exactement à ce qui est décrit. Dans la vallée tout en bas deux villages Burg et Tirvia. Ce dernier aux environs des 900 mètres, donc quelques 1400 mètres en aval. A vol d'oiseau la distance est de l'ordre de huit kilomètres. Ma carte n'indique qu'une vague piste en pointillé, que je ne trouve pas. Mais la descente se fait à travers prés et broussailles. Toujours un passage se découvre au dernier moment, un vrai bonheur, une petite trace de ci delà laissée par des animaux sauvages ou domestiques et hop quelques mètres de gagnés. Au détour d'une ruine noyée dans de grandes herbes, une grosse couleuvre me détale dans les pieds. L'après-midi est beau, quelques petits nuages épars signe de stabilité, pas d'orage à craindre, le vent froid qui m'accompagne un jour sur deux est absent. Cette étape avec son caractère particulier est l'une de celles qui me laissera un des meilleurs souvenirs. Sur la trentaine de kilomètres, voire plus, parcourus, je n'ai rencontré qu'une femme le matin en passant un premier village. Nos montagnes européennes, dès que l'on sort des grands axes de randonnée à la mode, sont presque désertes. J'aurai l'occasion de le constater encore au cours d'étapes à venir dans des variantes du GR 11. Arrivée au village de Tirvia, écrasé sous la chaleur de milieu d'après-midi. Euréka!! Il y a un petit hôtel à la façade sympathique qui donne sur la place centrale. Je commence par boire une bonne bière, car l'eau a été rare aujourd'hui. En effet, j'ai évité de faire le plein à la rivière, n'utilisant les cachets qu'à la dernière extrémité. L'eau en montagne, je la bois sans traitement lorsqu'elle sort de terre ou de la roche, considérant que le passage dans le sol est un filtre. De même je la bois à l'air libre lorsqu'elle court au-dessus de la zone de végétation si elle ne provient pas d'un lac. Soirée agréable, menu de qualité, il faut dire qu'après un effort comme celui d'aujourd'hui tout aliment a la saveur de ce que Bocuse vous propose. Le propriétaire est tout étonné de ma réponse lorsqu'il me demande où je vais. De toute évidence je suis en dehors des routes habituelles de la traversée des Pyrénées.

Onzième jour de Tirvia hors chemin puis route et chemin jusqu'à Espot

De l'hôtel, je distingue très bien en face, de l'autre côté de la vallée le début de mon étape. Ma carte m'indique qu'une sente conduit au petit pic qui nous domine fièrement. D'abord rejoindre le fond de la vallée. Soit suivre la route qui fait un détour ou couper directement dans la pente qui donne directement sur la rivière. Je m'avance au bout du plateau sur lequel se trouve le village pour me faire une idée de la praticabilité d'un passage direct. Une grosse centaine de mètres dans une pente très raide, mais de nombreux arbres. L'affaire semble jouable. En effet la végétation et le sol meuble me permettent de rejoindre le lit de la rivière facilement. Une fois en bas pas d'autre possibilité que de traverser, heureusement la profondeur et le courant sont faibles. La petite zone à la confluence de quatre vallées est prestement traversée et je m'engage dans la forêt qui doit me conduire au Pic de l'Orri, quelques six cents mètres plus haut. De toute évidence ce sentier n'attire pas les foules. De temps à autre une vague trace, mais le plus souvent la progression est conduite par les zones de moindre résistance végétale. Je débouche à un collet, j'y laisse mon sac et continue. J'ai un peu l'impression d'être le premier à fouler ce sommet modeste qui culmine à 1444 mètres. Je découvre un vaste panorama. Mon belvédère est de tout premier ordre pour visualiser le reste de mon étape du jour. Cela commence par plusieurs kilomètres à flanc parmi buissons et épines sans cheminement bien établi. Au gré des zones aérées je zigzague avec par endroits de petits soucis, car ça pique vite et fort. Pourvu que je ne soit pas obligé de rebrousser chemin. En effet je distingue bien une route dans la vallée bien plus bas, mais la descente directe me semble particulièrement exposée sur des terrains raides où la chute serait sans doute mortelle. Donc persévérer sur cet immense pente de montagne. J'aperçois un reste de chemin creusé à même la roche. Je l'atteins en me hissant à travers piquants et ronces. Je le suis quelques dizaines de mètres et soudain au niveau d'une gorge, il n'est plus praticable et toute progression est interdite. Demi-tour dans cette jungle. Je sens que le village aperçu du sommet n'est plus très loin, il y a forcément un passage, car je constate de nombreuses traces d'ovins et de bovins. En effet, une rupture de pente de quelques mètres me donne accès au fond de cette petite gorge escarpée, et rapidement sur l'autre versant un bon chemin s'amorce et me conduit en quelques centaines de mètres au centre d'un joli bourg bien restauré. Je fais une pause au lavoir, bien au frais. Mon horizon s'éclaircit. Une route aérienne descend lentement vers la grande vallée que je dois remonter quelque temps avant de rejoindre sur le versant opposé la station estivale d'Espot, l'un des points d'entrée dans ce magnifique parc national d'Aigüestortes. Encore quelques heures de marche sans histoire mais fort agréables avant d'arriver à Espot. J'en profite pour m'acheter un bâton, qui malheureusement n'est pas très solide malgré son prix, et qui ne durera que le temps d'une étape un tiers. Je le garderai cependant bien qu'ayant perdu le quart inférieur. A la sortie du village, un camping accueillant presque désert, même dans des endroits touristiques comme celui-là au mois de juin ce n'est pas encore les vacances. Avec la majorité des quinquas européens à la retraite je m'attendais à trouver plus de monde. Le camping dans ces conditions de faible affluence est une activité très supportable même agréable. Seul petit ennui, ma tente est mono-paroi et la condensation est importante même toute ouverte, donc cela nécessite durant la journée de guetter un rayon de soleil pour faire sécher le tout. En été cela ne pose généralement pas de problème.

Douzième jour GR 11 de Espot au refuge du Montardo (Restanca)

Quelques gouttes durant la nuit ont claqué sur la toile, mais rien de grave. Ce matin le temps est correct. Départ matinal. Deux gentilles dames me proposent de me déposer au bout de la route, avec le sourire je refuse. Il faut bien reconnaître que cette piste de 4 ou 5 kilomètres qui conduit au parking de départ de randonnées magnifiques n'est pas des plus intéressantes, mais la traversée doit se faire intégralement à pied. Enfin arrive la barrière d'interdiction de passage des véhicules. Peu de distance après, le premier lac, il est de belle taille. Je le longe par la droite et vers le fond le chemin s'élève dans des escarpements. Ces zones granitiques où gros blocs et sapins alternent sont magnifiques. En une succession de montées et descentes je passe de nombreux lacs de toutes formes. Les petits cols que je franchis, sont à chaque fois de magnifiques points d'observation de cette région exceptionnelle. Au bord d'une étendue d'eau perchée je fais une halte, le site est vraiment extraordinaire, de toutes parts des lacs s'étalent. La zone est si vaste qu'il est facile de s'éloigner du chemin balisé et de se déplacer sur de larges plaques granitiques qui offrent un cheminement généralement aisé et qui permettent des vues plongeantes sur les plans d'eau. Une dernière montée raide avant de descendre sur le refuge de la Restanca, situé juste au pied du Montarto, magnifique montagne du sommet de laquelle on peut apercevoir jusqu'à 80 lacs. Il y a bien longtemps, j'y étais monté en hiver, tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, je ne peux donc pas confirmer que l'on peut vraiment en compter 80. Le refuge est bondé, étant seul je suis accepté, par contre généralement en groupe l'hébergement demande de l'anticipation. Si j'étais courageux je me contenterais d'y manger et repartirais dormir plus haut sur un replat de la HRP. Mais le temps qui se couvre et la pluie qui s'annonce m'enlèvent tout courage et je vais choisir la nuit dans un petit dortoir bondé.

Treizième jour HRP puis GR 11 jusqu'à la cabane de Coronas (pied de l'Aneto)

Nuit difficile entre bruit de pluie violente et raclements de gorges multiples, au matin les désagréments de la surpopulation, malgré une envie pressante pas moyen de trouver des toilettes libres, donc courir à l'extérieur se cacher au moins mal et si possible au plus loin du refuge. Je fuis rapidement une fois le petit déjeuner pris. Sur cette portion de la HRP je suis seul car le temps n'est pas beau, il pleut mais la visibilité reste correcte. Une demi-heure après être parti je tombe sur mon premier solitaire en sens inverse. Il s'agit d'un Anglais qui vient de se faire saucer toute la nuit pratiquement sans matériel. Il est tellement trempé qu'il est en short et tee-shirt, mais ça le fait rigoler et sa volonté d'atteindre la Méditerranée n'est pas entamée. Nous discutons une dizaine de minutes et reprenons chacun notre chemin. Je suis plein d'admiration pour ces British que rien n'émeut. Le parcours de la HRP, c'est souvent magnifique. J'en connais quelques passages en particulier ceux d'Ariège vers le Mont Rouch, grandiose. Aujourd'hui ce tronçon par temps hostile fait ressortir toute la beauté de ce monde de pierre et d'eau. Les cairns sont assez nombreux et il n'y a aucun problème de cheminement, il faut dire que le fait de longer des lacs facilite l'orientation. Passage raide pour arriver à un col à 2510 mètres, la pluie s'intensifie. La descente est glissante, attention de ne pas aller trop vite. Encore des lacs et retour sur le Gr 11, où de nouveau je croise quelques groupes de randonneurs sous leur cape. Je constate que mon bâton est tordu et qu'il me manque la partie inférieure, tant pis il m'est toujours possible de m'y appuyer. Je longe le lac de Rius et m'engage dans une longue descente sous une forte pluie. Le fond de la vallée est atteint, le chemin débouche à proximité de l'entrée du tunnel de Viehla. Il n'est que midi ou un peu plus, vais-je rester dans cet endroit en attendant des conditions meilleures? Par ce temps il est exclu de continuer par la HRP, et le GR11 passe deux cols dont le plus haut est à 2720, ce qui fait pour l'après-midi un dénivelé cumulé de plus de 1800 mètres. J'hésite, vais visiter le refuge, et l'impatience me dominant, je décide de partir, il sera toujours temps de redescendre ou de m'arrêter dans le petit refuge d'Anglos perdu quelque part entre deux lacs à 2300 mètres. C'est parti, je descends la grand route jusqu'à un lac de barrage. A droite l'itinéraire escalade une forêt raide. Les nuages accrochent tous les reliefs, cependant la pluie cesse. Je quitte le goudron à treize heures trente, ce qui laisse de la marge avant la nuit. Immédiatement j'adopte un bon rythme sur ce sentier qui monte droit. Je me sens bien, l'air est frais, le cadre est grandiose et un peu mystérieux. En une heure j'abats plus de 600 mètres de dénivelé sans vraiment forcer, je commence à croire que je peux basculer ce soir du côté de Benasque. Sans que mon allure ne se modifie j'atteins le premier lac et je vois la petite cabane d'Anglos. Effectivement par temps de brouillard elle doit être difficile à trouver, mais cet après-midi on s'oriente vers une embellie. Je croise un couple de Hollandais. Ils viennent de faire une étape épuisante et espèrent rejoindre le fond de la vallée ce soir. Les lacs se succèdent, vu du haut ils ont des reflets lugubres à cause des nuages, et comme la pierre les entourant est sombre et mouillée l'ambiance est particulièrement austère. J'aborde la zone où seule la caillasse survit. Le premier col se présente. De ce lieu, je vois très nettement le second, pente de cailloux raide. Pour le rejoindre il me faut redescendre à un petit lac qui apparaît comme un trou noir. Que la montagne est belle dans ces conditions. Au niveau du lac une abondante source sourd de sous de grosses pierres, je m'abreuve longuement. La remontée pour atteindre le col de Ballibierna à 2720 mètres me demande presque une heure, la fatigue commençant à se faire sentir. La vue s'étend à un immense vallon dominé par l'Aneto. Les Pyrénées de toute évidence sont de hautes montagnes. Ce coin est très sauvage. Une pause bien méritée me permet de m'imprégner de l'esprit du lieu. Il n'y a rien de tel qu'un peu de stress engendré par des conditions douteuses pour déclencher le turbo. Maintenant retour au calme, pas de doute je dormirai dans la vallée qui conduit à Benasque. La descente promet d'être longue. Elle commence par un incroyable chaos de gros blocs qui obligent à de nombreux sauts. Attention de ne pas glisser sur la pierre détrempée car la chute est souvent très mauvaise et une fracture de la jambe ici risque d'être particulièrement inconfortable. Je contourne un lac toujours au milieu de ce chaos de blocs, presque de l'escalade au-dessus de l'eau. Avec un peu de neige le passage doit être scabreux. Enfin j'arrive sur un terrain un peu plus conforme à la randonnée, une immense descente commence. Ce versant sud de l'Aneto est très vaste et l'on ne prend pas bien conscience des distances. Je rentre dans une forêt de pins clairsemés. Sur le bord du chemin un couple de jeunes est assis, je leur demande si le refuge de Coronas est encore loin, ils me disent que j'y suis presque. Cependant il me faut encore un temps que je trouve interminable pour le rejoindre. Enfin, le voilà, il s'agit d'une cabane carrée sans aménagement aucun, mais au moins elle est propre. Souvent je passe de petits abris dans un état de saleté repoussant, encombrés d'une multitude d'objets hétéroclites, et il ne me viendrait pas à l'idée d'y dormir, à moins d'être confronté à des conditions apocalyptiques. Dans le cas présent rien de tel, le lieu est accueillant, deux Espagnols y sont déjà installés. Après les avoir salués, un petit tour à la rivière pour me laver et par chance juste sous un rayon de soleil réapparu. Un peu plus tard une bande de jeunes Français arrive. Demain ils veulent faire l'Aneto. La soirée sera agréable à discuter de choses et d'autres, en particulier d'études et de métiers. Je suis frappé par les remarques et la désillusion d'une fille d'une vingtaine d'années qui est sûre que ses études ne lui donneront aucun débouché dans la vie. Pourquoi avoir choisi cette filière et y persévérer ? Mystère !!!

Quatorzième jour GR 11 de la cabane de Coronas au gîte de Biados

Les Français partent très tôt pour leur ascension, un peu plus tard les Espagnols suivent le Gr11 en direction de l'est. Je me retrouve seul, vers les sept heures je reprends mon chemin. Tout d'abord une piste en fond de vallée me conduit jusqu'au Rio Esera. Un peu au-dessus de Benasque, arrêt dans un camping où il est possible de se ravitailler. Le chemin contourne par l'est et le nord l'impressionnant massif des Posets qui culmine à 3369 mètres. L'air est froid et le vent âpre. Quelques rares randonneurs croisés, la montagne a décidé d'être sinon hostile tout au moins désagréable. Apparaît le refuge d'Estos, j'y bois un coca-cola à l'abri du froid puis en avant direction le Puerto de Gistain. Les dernières centaines de mètres sont enneigées, mais la portance est bonne et l'allure n'est pas ralentie. Ce col perdu à plus de 2600 mètres a un petit air de lointain, mais les courants d'air ne me donnent aucune envie de m'attarder. Je me hâte de descendre au refuge de Biados. La carte présente une imprécision, en effet le chemin est indiqué rive gauche, alors je m'entête à progresser de ce côté mais la marche devient difficile et dangereuse, alors que de l'autre côté se trouve un beau sentier. Après avoir joué les funambules sur des roulements à billes pentus, je retourne traverser la rivière en amont et rejoins après quelques kilomètres le refuge de Biados. Il est temps d'arriver, un orage se déclenche. En face dans ces nuées, les Posets sont très impressionnants. L'accueil est sympathique le repas copieux et au diable la tempérance, je bois entièrement ma superbe bouteille de Rioja. Donc évidemment pour plusieurs raisons la nuit sera excellente, de plus je suis seul dans le dortoir.

Quinzième jour GR 11 de Biados à Bielsa puis route jusqu'à la vallée de Pineta

Départ de bonne heure par beau temps, l'air est frais et toujours cette bise désagréable. Je reste sur le GR11, le seul col de la journée se trouve 800 mètres au-dessus. Après avoir cheminé dans une forêt à l'abri du vent je me trouve de nouveau confronté à ses assauts. Le seul avantage, on n'a pas trop chaud, dans le fond le rythme doit en être amélioré. Au cours de la montée deux jeunes sont arrêtés pour se faire chauffer du thé. Ils sont en train de galérer sur la HRP, affublés de sacs énormes, et la nuit qu'ils viennent de vivre n'a pas été très confortable. Je leur souhaite bon courage pour la suite et me remets en route. A proximité du col je rencontre mon deuxième solitaire. Il s'agit d'un pur et dur. Bien qu'ayant dépassé la soixantaine il porte un sac de 20 kilogrammes et met un point d'honneur à passer toutes les nuits sous tente. Cette dernière est d'ailleurs particulièrement robuste et pèse dans les trois kilos. Nous entamons la conversation, ayant eu des métiers assez proches, nous nous découvrons des connaissances communes, le monde est petit. Il me met en garde concernant la variante qui passe dans le flanc sud-est du Mont Perdu. C'est justement là que j'espère passer. Il s'avérera que son évaluation était un peu alarmiste, tout du moins par temps correct. Nous envisageons même de casser la croûte ensemble, mais la fraîcheur ambiante nous rappelle vite à l'ordre. Nous reprenons donc chacun notre chemin. Le col, qui domine un petit lac, est vite atteint. Le lieu est austère. Je croise deux personnes et me dépêche dans la descente pour me réchauffer. 1000 mètres de dénivelé me mènent à la route de Bielsa pas très loin du tunnel frontière. En fond de vallée la température est plus clémente. Ne comptant pas faire tous les détours du GR, je prends la route jusqu'à Bielsa afin de rejoindre directement la vallée de Pineta. Durant cette dernière partie un automobiliste s'arrête et me propose de monter, je lui explique ma démarche, et le gratifie d'un grand merci. Même si je refuse cela fait toujours plaisir. Au milieu de cette magnifique vallée je m'arrête dans un camping. Après m'être installé et avoir pris une douche chaude, la première depuis quatre jours, je vais m'installer dans la grande salle de restauration. Là, rapidement, je comprends la raison de l'excitation générale, ce soir il y a Espagne France. Je constate que je suis le seul Français. Après avoir mangé, tout le monde se retrouve devant le poste de télévision. Je sens que ça va être chaud. Le match commence. Les Espagnols marquent le premier but, déclenchement de hurlements. Ça se calme, le match continue. Les Français égalisent, je marque ma joie en levant les bras. Une vingtaine de têtes à la mine sombre me regarde d'un air réprobateur, presque hostile. J'abandonne immédiatement mon sourire. Le match continue, les Français marquent une deuxième fois, toutes les têtes se tournent à nouveau vers moi, je fais bien attention de ne manifester aucun signe de joie. Le match continue, les Français mettent un troisième but, je fais comme si je ne l'avais pas vu, par contre tous les Espagnols s'en vont, il est vrai que nous sommes pratiquement en fin de partie. Lorsque presque tout le monde a déserté la pièce et que la partie s'achève effectivement, une vieille dame s'approche et me dit avec un fort accent belge «ah! c'est bien ils ont gagné». Il y avait donc au moins deux supporters dans la salle. Je rejoins ma tente tout joyeux, mais c'est sous une averse que je m'endors. Cela est un peu inquiétant, car l'étape de demain par mauvais temps cela risque d'être scabreux.

Seizième jour GR11 jusqu'au col de Niscles, variante pied Mont Perdu, vallée d'Ordesa

Je me lève avec le jour, ayant bien l'intention de profiter de la plus petite fenêtre de beau temps. Tout est calme, mais à l'humidité dans l'air on sent bien que cela n'est que provisoire. Le décor est fantastique, ces trois vallées que sont Pineta, Ordessa et la Niscle représentent pour moi parmi les sites de montagne les plus beaux que j'ai vus dans ma vie. Et justement l'étape de ce jour me permettra de les côtoyer toutes les trois, si la visibilité se maintient. Les cinq ou six kilomètres de goudron sont rapidement avalés, presque au pas de course. Au niveau du refuge de Pineta, 90 degrés gauche et direction l'immense paroi à remonter pour accéder au col de Niscle, 1300 mètres plus haut. Il me faut d'abord traverser le rio Cinca en enlevant mes chaussures, et la montée débute. Le sentier est époustouflant, la pente démarre raide pour ne faiblir qu'au col. Immense moment de bonheur que de parcourir ce chemin aérien avec le soleil qui apparaît à l'horizon, tout baigné de teintes rouges qui ne sont pas annonciatrices de beau temps. Je suis seul, depuis le réveil je n'ai vu personne, même sur les kilomètres de route pas une voiture. Heureusement d'ailleurs car je crois bien que je me serais laissé tenté, tant je suis pressé de passer avant la pluie, au moins arriver au refuge de Goriz. Le plaisir prend le dessus, par endroits il est obligatoire de mettre les mains pour progresser. Parfois en regardant au-dessus on reste perplexe quant à l'itinéraire tellement le flanc de la montagne est escarpé. Mais au fur et à mesure de la progression un chemin toujours tracé se dévoile. La montée est rapide et le panorama s'élargissant à vue d'œil procure une sensation très agréable. Arrivée au col vers les huit ou neuf heures du matin. Le décor d'un côté sur Pineta et de l'autre sur la Niscle est très impressionnant. Malgré le temps qui évolue, je marque un arrêt pour profiter de ce spectacle rare. Le Gr11 plonge directement, tandis que mon itinéraire part sur la droite pour aller se faufiler entre des barres rocheuses sur les flancs du Mont Perdu. D'ici cela semble vertigineux, mais je sais que l'équipement facilitera grandement la tâche. Un peu avant le câble je croise trois personnes, dont l'une de toute évidence a été très impressionnée. Je me hâte car le temps se couvre et par temps de brouillard sur le versant sud du Mont Perdu ça devient ''paumatoire''. J'arrive au fameux passage contre lequel mon solitaire d'hier m'avait mis en garde. J'y croise un groupe de Français, originaires du Puy-En-Velay, la veille ils ont gravi le Mont Perdu. Bien évidemment il n'est question que du match de foot d'hier, car au refuge ils se sont sentis très frustrés sans télévision. On en profite pour rigoler un grand coup, puis avec empressement nous reprenons notre chemin. J'aborde de grandes zones de pierriers dans lesquelles il est facile de perdre le sentier tout en gardant la bonne direction, lorsque la visibilité est bonne. Plus j'avance, pratiquement à niveau en tournant autour du Mont Perdu, plus la grande faille comme coupée d'un grand coup de sabre d'Ordesa prend de l'ampleur. Il me semble distinguer sur le versant droit de cette gorge grandiose la fameuse ''fara des flores'' sur laquelle je ne souviens avoir bivouaqué à côté d'un isard à moins que ce ne soit un bouquetin, en effet je garde le souvenir d'un animal de belle taille. Manifestement j'étais à un endroit qu'il affectionnait, car il ne voulait pas partir, à son corps défendant l'herbe était douce malgré l'altitude et le sol plat. Je me souviens aussi que dans ces grands à pics par endroits la densité d'édelweiss était telle qu'il n'était pas toujours possible d'éviter de les fouler. La pluie qui commence à marteler le sol me tire de ma rêverie. Me hâter d'arriver au refuge, pour le moment la visibilité est toujours bonne. Je prends réellement conscience que dans le brouillard dans ces parages, il faut coller à l'altimètre en espérant buter sur le refuge. Heureusement je ne suis pas acculé à ces extrémités. Enfin je l'aperçois. Je m'y engouffre, il est bondé. Il n'est pas loin de midi, je déjeune avec appétit, la matinée a été bien remplie. Le mauvais temps s'installe franchement, mais plus rien à craindre, un très bon chemin sans risque d'erreur va me permettre de descendre. J'espère ce soir être sorti de ce lieu magnifique mais très touristique. Je parcours une quinzaine de kilomètres entre cascades et parois géantes, le tout dans une foule presque compacte et sous des cataractes avec de temps en temps le tonnerre qui se répercute entre les montagnes. Enfin j'arrive au parking, incroyable, il y a des centaines de voitures et de cars. Il faut bien reconnaître que le site est époustouflant par son gigantisme. Malgré la pluie je n'ai pu m'empêcher de scruter sous tous ses angles ce miracle de la nature. Heureusement que le brouillard ne s'est pas mis de la partie, le spectacle en aurait été vraiment affecté, et j'en aurais ressenti une grande frustration. Une fois les aires de stationnement dépassées, vite m'éloigner, d'après ma carte un chemin se faufile sous la route. Je ne le trouve pas, donc encore 4 ou 5 kilomètres de goudron dans un trafic important. Une conductrice s'arrête pour me prendre et dans mon espagnol hésitant je lui répète que je veux aller de la Méditerranée à l'Atlantique uniquement à pied. Je la remercie et elle me gratifie d'un joli sourire. Une fois arrivé à la naissance de la vallée d'Ordesa, je tourne à droite direction le nord, et j'abandonne le gros du flot de touristes qui prend la direction opposée. D'un pas alerte je remonte une gorge encaissée. Et là je tombe sur mon troisième arpenteur solitaire. Il s'agit d'un Anglais plus très jeune, élégamment habillé à la langue parfaite d'Oxford ou de Cambridge. En tous cas il parle très distinctement et la langue de Shakespeare dans ces conditions c'est un vrai plaisir. Il a une connaissance encyclopédique des montagnes françaises, et il agrémente sa conversation de petits éclats de rire francs et sonores. Il ne fait pas vraiment dans le flegme. A regret je reprends ma route, j'aurais bien passé la soirée avec lui à l'écouter me conter ses aventures alpestres. Quelques kilomètres plus haut je tombe sur un petit camping très accueillant. Manifestement l'endroit a aussi eu sa ration d'eau aujourd'hui. Trouver une place pas complètement mouillée pour installer ma tente relève de la gageure. Pas grave, ma tente est bien étanche, trop d'ailleurs. Le restaurant est une merveille, le cadre et le menu ainsi que la gentillesse du personnel me ravissent. Quand je pense aux deux premiers solitaires rencontrés, je me rends compte que contrairement à eux je ne voyage pas à la dure et me laisse vite tenter par les petits plaisirs mis sur ma route. J'en aurai une autre preuve encore plus éclatante dans deux jours, en croisant un vieil Allemand. Je comprendrai toute la signification du mot Sparsamkeit (économie). Pour le moment sans complexe je m'empiffre de mets délicieux, charcuterie fine, légumes cuits juste ce qu'il faut, une magnifique côte bien épaisse et saignante, le tout arrosé d'un Rioja capiteux et fruité d'une belle longueur en bouche. Une fois le repas terminé, baigné d'une douce torpeur, j'essaie de me glisser dans ma tente sans trop me mouiller. Je m'endors sans doute vite, car je n'ai plus aucun souvenir de cette nuit.

Dix-septième jour variante GR 11 Sierras Turbon et Tendegnera, ville de Escarrill

Je me réveille bien reposé mais passablement humide, l'air étant tellement saturé en humidité que par capillarité ou autre phénomène physique il a imprégné tous les tissus. Pas de panique, ce n'est pas ce matin que je peux faire sécher mes affaires. Deux possibilités, soit vers midi je me trouve à un endroit bien ensoleillé et au cours d'une sieste d'une heure j'étale le tout, à moins d'arriver relativement tôt cet après-midi et tout aérer à ce moment. Le temps est très beau, le ciel limpide, il fait frais, de bons critères de beau temps. L'étape de ce jour va être particulière sauvage. Je vais longer par le nord les sierras Turbon et Tendegnera ( j'écris gn à la place de n avec tilde, car mon clavier ne comporte pas ce signe). Je ne vais pas voir une seule personne de toute la journée. A vrai dire pour être précis j'apercevrai dans le lointain deux personnes en train d'atteindre le pic de Tendegnera. Je commence par remonter la route une petite heure et je bifurque à gauche dans un magnifique vallon à l'herbe grasse et aux fleurs nombreuses. La fleur qui va m'accompagner tout au long de cette traversée c'est l'iris des Pyrénées au bleu mauve profond, sans oublier quelques exemplaires jaunes. Je suis encadré de belles faces rocheuses éclatantes parfois aux teintes très claires. Je distingue bien sur le bord droit du vallon le col que je veux atteindre. Je rejoins le petit refuge d'Otal, qui est un véritable taudis et à partir de là le chemin disparaît. Peu de temps auparavant j'ai bien vu quelques vagues traces rouges et blanches certes bien abimées mais bien réelles. Devant moi une pente raide de 500 mètres de dénivelé au-dessus de laquelle un replat semble conduire au col. J'attaque directement, l'herbe se met à glisser. Par endroits je rejoins de petites zones rocheuses qui me permettent de mieux me stabiliser, mais ce n'est jamais difficile bien que les cent derniers mètres deviennent très raides. Comme par miracle je débouche sur un petit replat où une sente mène au col. Un fois arrivé à ce lieu de passage, j'embrasse du regard toute la Sierra Tendegnera. Immenses parois calcaires sombres presque noires couvertes de stries horizontales, quelle austérité cette chaîne dégage ! Comme tout grimpeur j'essaie d'imaginer des itinéraires dans ces murs lugubres, rarement montagnes m'ont inspiré cette sorte d'effroi. Il fait bon, j'ai bien avancé je m'octroie une pause dans cet endroit enchanté entouré de roches de toutes les couleurs, cela me rappelle un lieu magique côtoyé comme dans un rêve en Afghanistan. Par un temps qui se maintient au beau fixe, j'entreprends la descente d'un immense vallon, d'abord à travers pierriers puis par une sente qui serpente dans l'herbe et les cailloux. Au-dessus de moi en permanence les grandes faces sombres striées en forme de pelles de la Sierra Tendegnera jettent un regard froid. Une petite stèle adossée à un rocher rappelle la mémoire d'un jeune Anglais qui a voulu dompter ses murs froids. Et toujours pas âme qui vive dans cette nature grandiose. Un petit refuge en bord de chemin montre le même état de saleté que ceux croisés jusqu'à maintenant. L'altitude diminue et la chaleur augmente. Vers les quatorze heures je quitte le royaume désert de la montagne pour me trouver subitement précipité dans le monde bruyant des hommes. Sans transition ou presque je passe des prairies fleuries à une grande carrière surchauffée dans laquelle de nombreux camions soulèvent des nuages de poussière. Me voilà sur le bitume et en quelques kilomètres sous une chaleur torride je rejoins la petite ville d'Escarrill. A l'entrée de l'agglomération je m'assois à l'abri dans le premier bistrot. Je commande une grande bière. Le serveur est un grand noir avenant, et bien évidemment la conversation s'engage au sujet du prochain match, France Brésil. Il est sceptique sur la capacité des Français à triompher de cette équipe mythique, bien qu'ils aient déjà joliment réussi cet exploit en 1998 par 3-0 en finale. On verra bien, l'épreuve se déroule dans deux jours. Pour le moment je reprends la marche et traverse cette petite ville endormie sous la chaleur d'un soleil vertical. A l'extrémité nord de cette cité, un grand camping étale sa multitude de mobilhomes et de grandes tentes. Une place m'est indiquée, j'y déploie mes affaires, qui vont sécher rapidement. Ma tente montée ressemble à un microbe au milieu de mastodontes.

Dix-huitième jour hors chemin balisé jusqu'au col de Escarra puis GR 11 vers Somport

Très bonne nuit, aucun bruit, le camping est presque désert, pourtant le mois de juillet n'est pas loin et vu les infrastructures nous sommes dans une région touristique. Peut-être cette ville sert-elle de dortoir au profit de la petite station de ski traversée hier ? Ce matin tout est très sec, ayant dormi tente grande ouverte la condensation est faible. Temps superbe, il me faudra vite quitter ce fond de vallée avant la chaleur. Le temps moyen et froid que j'ai eu jusqu'à présent m'a rendu l'entreprise plus facile. En effet, souvent au cours de narrations concernant le versant sud des Pyrénées ce qui ressort c'est la chaleur présentée comme un facteur de souffrance. Au moins je ne peux pas dire la même chose. Sac rapidement bouclé j'abandonne le camping encore endormi. En quelques centaines de mètres une piste matérialisée sur ma carte est atteinte. Elle suit une petite rivière au pied d'une barre rocheuse. Plein d'espoir sur la beauté des kilomètres à venir, à l'idée que le chemin passe en plein dans cette jolie falaise. Je traverse le cours d'eau sur un barrage. La sente devient minuscule et puis elle disparaît complètement. J'insiste, et commence à escalader des rochers moussus dans une forêt d'arbustes agressifs. Après une demi-heure de bagarre, trempé de sueur et constellé d'épines de toutes sortes je fais demi-tour. De toute évidence pas de chemin. En regardant la falaise qui me domine, je me dit que si un itinéraire s'y faufilait j'en verrais bien quelques traces. Quand on ne sent vraiment pas la chose il ne faut pas s'entêter et avoir le courage de tout reprendre à zéro. Donc je rebrousse chemin et me retrouve devant mon camping une heure plus tard. Une route étroite et tortueuse part à l'ouest et me permet d'avancer dans le flanc de montagne qui doit me donner accès à un grand lac. Donc pas de panique, en faisant un azimut brutal plein ouest je tombe forcément sur ce plan d'eau de belle dimension. La route bifurque au sud, je pars plein champs dans des pentes raides. Je rejoins le lit aride d'un petit torrent qui me permet de déniveler rapidement malgré l'instabilité du sol. J'atteins un collet, duquel un vaste panorama se découvre. Ouf! mon lac est bien là. Mais au fond presque à l'infini je distingue le col par lequel je compte passer. La distance m'apparait énorme, un instant de doute me saisit, d'autant plus que je dois commencer par faire le tour du lac, qui fait quelques kilomètres. Comme toujours dans ces moments de doute, en écartant les doigts sur la carte, je me rassure en constatant que mon col est à moins de dix kilomètres topo. Ce serait bien le diable si en trois heures de marche rapide je n'y arrivais pas. Le calvaire du contournement commence, pas trop mal, même plutôt bien jusqu'au barrage, où je m'arrête pour contempler quelques poissons. Mais une fois de l'autre côté une sente boueuse inclinée vers le lac et complètement défoncée par les troupeaux de vaches va me donner le plaisir d'une bonne partie de glissades et de ''tordages'' de chevilles, toujours avec le risque de piquer au mieux une tête dans la boue et au pire la bouse. Enfin le supplice prend fin. Le collado de Escarra du haut de ses deux mille trois cent et quelques mètres semble déjà plus près. En deux petites heures avec parfois des doutes sur l'itinéraire, j'y suis. La dernière demi-heure est interminable à me casser les mollets sur de grosses mottes de terre. Ces Sierras espagnoles sont absolument magnifiques, jaillissements minéraux sauvages. Aujourd'hui encore je n'ai pas aperçu un être humain, seulement de loin de nombreuses vaches, mais à part cela pas un être vivant mis à part quelques grands oiseaux. Des rochers aux formes étranges ornent les crêtes qui m'entourent. Le contraste entre les fonds de vallons verts et fleuris et ces crêtes arides et déchiquetées est frappant. La rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à l'autre est aussi source d'étonnement. Encore une immense vallée se présente à moi. Quelques deux kilomètres plus bas je retrouve le GR 11, mais pas plus de monde. La gorge se resserre en ondulant, ce qui est du meilleur effet esthétique. La grande vallée perpendiculaire conduisant au Somport n'est plus très loin. Un peu avant de la rejoindre, le Gr 11 d'après ma carte tourne à droite en restant en hauteur. J'en perds la trace et me dirige vers un petit fort gardé par des militaires en armes, afin de me renseigner. Ils n'ont pas l'intention de me parler et me signifient sans ambigüité de m'arrêter à distance. Assurent-ils la protection d'explosifs, me prennent-ils pour un représentant de l'ETA prêt à remplir mon sac de pains de dynamite? Le problème du terrorisme est bien réel en Espagne, j'obtempère immédiatement et m'éloigne. Mais alors où passer? Une route part plein sud rejoindre la vallée mais quel détour pour moi qui remonte au nord. Le fort est sur un terre-plein duquel en contre-bas je vois le Rio Aragon. En piquant directement, je peux le rejoindre en une centaine de mètres. Mais c'est raide et instable. Dans ma jeunesse j'étais champion de course sur pierriers pentus, c'est le moment de voir si j'ai perdu le sens de l'équilibre au milieu d'un flot de caillasses dégoulinantes. C'est parti, je reste debout et j'y mets tout mon honneur, car du haut de leurs remparts les militaires m'observent, donc il n'est pas question de m'étaler. Ça se maîtrise bien, de plus la taille des cailloux augmente, ce qui améliore les appuis et hop je me récupère en-bas, et les têtes sont toujours là-haut. Je leur tirerais bien la langue tout heureux de ne pas leur avoir donné la joie de m'étaler tout au long de cette pente sévère. Un sentier comme je les aime en bord de rivière, protégé du soleil me remet en direction du col du Somport. De temps à autre des raidillons en caillasses raides et brûlantes me font suer. Et là, dans un passage en plein soleil je rencontre mon quatrième solitaire. Il ne s'agit pas d'un ''traverseur'' de Pyrénées, mais d'un pèlerin vers Saint-Jacques de Compostelle par la voie du Somport. Il est d'âge avancé, à mon sens au moins soixante dix ans et de nationalité allemande. Son matériel semble dater de Mathusalem, et de toute évidence il peine sous la charge et la chaleur. Nous engageons la conversation, il m'explique sa démarche. Je perçois toute la force des mots Sparsamkeit et Armut (économie et pauvreté), lorsqu'elles sont subies volontairement. Cet homme dégageait une force et une sérénité dans son adversité, j'en suis resté tout chaviré. Manifestement nous ne faisons pas tous les mêmes voyages! Au contact de tels êtres j'ai presque honte de ce que je fais. Faut-il pratiquer le voyage en faisant vœu de pauvreté pour toucher au sublime, peut-être ? Cela demande-t-il beaucoup de courage ou une grande foi ? Peut-être les deux ? Ce contact restera gravé en moi de façon indélébile, pourtant nous n'avons pas parlé plus de cinq minutes. De la vertu des chemins que l'on ne trouve pas. Moi, le touriste pressé à la démarche stakhanoviste je repars un peu ébranlé. Plongé dans mes pensées, j'arrive devant un ouvrage de captation qui laisse couler un grand jet frais. Je m'en arrose et bois à satiété. Peu après, en faisant un court détour j'arrive à un petit camping perché, il est adorable et, comble de bonheur, je suis le seul client. Je m'installe dans l'herbe constellée de fleurs, que demander de plus ? Je rejoins le petit bistrot et le patron me raconte une multitude de choses, que j'écoute religieusement en descendant quelques bières. J'essaie de ne pas trop penser au vieil Allemand pour ne pas avoir mauvaise conscience, mais la bière fraîche c'est quand même bon. Dans la conversation, je lui demande s'il fait à manger. Il me répond par la négative mais il me vante la qualité du Parador qui se trouve un ou deux kilomètres plus bas. Entre ma purée soupe et une petite marche à pied, mon cœur ne balance pas longtemps, en avant. Ce monumental bâtiment de l'époque franquiste me fait penser à certains pays ex-communistes. L'accueil est très correct, le personnel stylé, le menu offre un large choix et la nourriture est de qualité et le Rioja toujours aussi facile à boire, le tout pour un rapport qualité-prix imbattable et sans doute introuvable en France, qui n'est pourtant pas loin. Donc une fois encore je m'en mets plein la lampe et, la nuit bien avancée, tout guilleret, je rejoins ma tente.

Dix-neuvième jour GR 11 du Somport à Zuriza

Les montagnes qui dominent le camping sur le versant opposé sont extraordinaires. Hier du fait du contre-jour, je ne les avais pas vraiment vues telles qu'elles sont. Aujourd'hui toutes éclairées par le soleil du matin, elles montrent une multitude de recoins, et leurs formes tourmentées et acérées montent à l'assaut du ciel. Jusqu'au col du Somport, c'est à dire durant une petite heure je suis sur le sentier de Compostelle en sens inverse. Je croise donc quelques pèlerins, dont un, un peu excentrique, qui commence à me questionner et à noter mes réponses. Aïe aïe aïe ! je suis loin de mon vieil Allemand économe entre autre de ses paroles. Les installations du col sont vastes, je les traverse et poursuis plein ouest par le Gr11. La marche est agréable. Le chemin fait un immense détour au fond d'une gorge boisée. Un peu avant le lac d'Estanes, je rencontre mon dernier solitaire. Encore un Anglais qui suit la HRP. La traversée du pays basque avec vingt mètres de visibilité dans un terrain sans point vraiment caractéristique lui a laissé un souvenir profond. Le contournement du lac est pittoresque et très agréable. Je débouche à un petit collet et pris par le rythme, mon attention focalise une trace qui va m'éloigner de l'itinéraire. Je traverse un pierrier sous une barre rocheuse. Il semble qu'une vire la parcoure une cinquantaine de mètres plus haut. Des fois on prend ses désirs pour des réalités. Le chemin doit être sur cette vire. Je remonte une pente caillouteuse raide et attaque la paroi. Les pieds sont en adhérence et il faut me tracter avec les bras, mais je continue. Une pierre siffle. Je lève la tête et vois une harde d'isards sur une pente à ma verticale qui me lance des pierres. Je reprends mes esprits. Mais qu'est-ce que je fais en train de faire de l'escalade à la recherche du GR ? Je fatigue !!! Je redescends en faisant attention. De toute évidence au collet j'ai loupé l'itinéraire qui devait plonger devant la grosse pierre que j'ai contournée. Mais je ne fais pas demi-tour. Je continue sur le pierrier précité et j'oblique vers la falaise au-dessus de laquelle je me trouve pour essayer d'y trouver un passage. Une gorge profonde et très pentue donne accès à la large plaine que je dois suivre. Les premiers mètres presque verticaux sont en terre avec quelques végétaux, puis j'aborde des rochers très raides mais d'excellente qualité, encore de l'escalade mais les prises sont franches. Un petit passage vertical et un dernier pas nécessitant de s'étirer au maximum, et pour moi qui ne suis pas souple c'est le calvaire, et enfin je prends pied au fond de cette gorge austère et rejoins l'herbe. Il serait temps que je fasse un peu plus attention, ne pas être capable de suivre un chemin somme toute bien balisé, il y a du souci à se faire. Là encore l'erreur m'a fait parcourir des recoins très jolis. Je descends cette large vallée, orientée au nord, peuplée de vaches s'égayant au milieu de zones marécageuses. Je croise de nombreux promeneurs. Coude à 90 degrés gauche vers l'ouest, un petit à pic et au-dessous une piste au terminus de laquelle de nombreuses voitures s'entassent. Durant cinq ou six kilomètres je la suis. Elle est poussiéreuse et exposée en plein soleil. Le rendement baisse et je fais un sérieux effort pour avancer. Arrivé au bout de cette vallée, le chemin part plein ouest. Je suis la route, orientée au sud, qui descend trois kilomètres plus bas à un camping. Un peu avant d'y arriver une source jaillit d'un rocher. Je me mouille la tête et bois largement. Une fois au camping, le coin est délabré et à l'abandon. Une très mauvaise sensation me submerge, ce lieu m'est très hostile. Bien qu'il soit seize ou dix-sept heures, marche arrière et je retourne chercher le chemin et pars directement sur l'étape suivante. Incroyable, l'esprit mobilisé par l'étape nouvelle, la fatigue disparaît et je me sens comme neuf. Une fois de plus je perds mon itinéraire, attiré dans le vallon qui conduit aux aiguilles d'Ansabère. Un berger me confirme l'erreur. En tirant directement dans la pente plein sud et en gardant le cap parfois à la boussole tellement ce vallon à tendance à me ramener trop à droite, je finis par retrouver le bon vallon et le col de Petraficha. La lumière est extraordinaire, le temps change, un orage se prépare, que la montagne est belle dans ces conditions, surtout lorsqu'on est seul. Du col, la Sierra d'Alano se dévoile dans toute la splendeur de ses multiples faces blanches. Je vis un grand dépaysement sur ce chemin. Je passe un petit refuge dans lequel un jeune couple se prépare à passer la nuit. Il est sordide et son état lamentable me dissuade de m'y arrêter. La pluie arrive, je presse le pas. Le village de Zuriza n'est plus qu'à quelques kilomètres. Je fonce tant que je peux sur la piste. La pluie s'accélère et à nouveau de véritables trombes. Je vais faire quelque chose à ne pas faire. Un petit pont, je m'abrite dessous. J'enlève mon sac mais je guette en amont si le flux d'eau n'augmente pas brusquement, ayant repéré une petite pente pour fuir à la première alerte. Effectivement le niveau monte mais de quelques centimètres seulement, enfin le déluge s'interrompt. Je reprends la piste et arrive dans le village. Je m'imaginais au bout du monde et bien non, une foule compacte se presse au camping. Mais d'où sortent-ils? En trois heures de marche je n'ai vu que quatre personnes en comptant le berger. De toute évidence c'est un lieu prisé des Espagnols. Une fois encore je m'installe sur un terrain complètement détrempé. Mais que la région est jolie, des près bien verts couverts de fleurs, et le tout entouré de magnifiques montagnes bien rangées en ligne, toutes brillantes de pluie sous le soleil du soir. Vite une télé, c'est France Brésil! Un chahut incroyable dans une immense salle, la plupart n'étant plus intéressés depuis l'élimination de l'Espagne, mais tout le monde passe et repasse les bras chargés de nourriture et de gros bocks de bière. Dans le fond j'aime bien ces foules bruyantes secouées de gros rires. Il n'est pas toujours facile de suivre dans ce mouvement permanent le déroulement de la partie.

Vingtième jour route, chemin non balisé et GR 11 de Zuriza à Ochagavia

Une journée magnifique s'annonce. Vite sur pied, c'est parti pour la journée. Mais d'où sortent tous ces gens. Au collet où je dois quitter la route à quelque distance du camping, de nombreuses voitures stationnent. Le chemin commence à grouiller de randonneurs. Bien que cette partie de l'itinéraire semble très jolie, une petite route à l'allure plus calme la contourne. Je n'hésite pas longtemps, et c'est comme cela que je parcours quelques kilomètres de goudron avant de plonger dans une jolie gorge en sous-bois, qui me conduit à la charmante petite ville d'Izaba. J'effectue un arrêt sur la place centrale, où des enfants s'amusent. La fontaine est la bienvenue. A la sortie de l'agglomération un sentier pentu mène à l'église ''Nusestra Senora de Idoia''. Nous sommes le premier dimanche de juillet, et c'est le jour de la procession annuelle. De nombreux croyants en habits traditionnels montent à la petite église. J'y pénètre et dépose mon obole. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ma pièce provoque le déclenchement de la lumière, qui éclaire vivement l'espace qui sans cela reste sombre. Moi qui voulais passer inaperçu, c'est loupé. Je ne m'attarde pas. Dès que le mur d'enceinte est dépassé, comme par enchantement je retrouve la solitude qui m'a accompagné sur la majeure partie de ma traversée. Le chemin parcourt une magnifique forêt escarpée, composée d'arbres à feuilles caduques. Le col de Kakueta est atteint. Là, plus de doute le pays basque commence. D'un coup la fin me semble approcher. Les crêtes s'arrondissent et s'adoucissent. La vue se dégage presque jusqu'à l'infini. Le Pic d'Orhy, pyramide culminant à 2017 mètres, marque l'entrée dans la dernière ligne droite, signe psychologique fort que j'attends depuis le départ de Banyuls. Pour le moment il se situe au nord-ouest par rapport à ma position. Au cours d'une marche enthousiaste orientée à l'ouest le long d'une piste entourée de pinèdes, il va se positionner plein nord puis il se déplace vers l'est. Ce mouvement apparent du Pic d'Orhy que je dépasse me procure un immense plaisir, la vie dans le fond c'est pas trop compliqué! Une grande descente donne accès au village d'Ochagavia. Petite bourgade à l'architecture carrée. Les maisons sont magnifiques, massives et bien entretenues. Les portes souvent ouvertes laissent voir des intérieurs raffinés, de jolis meubles en bois et de magnifiques plafonds à la française, dont les poutres bien entretenues donnent un réel cachet à l'ensemble. Je demande si un magasin d'alimentation est ouvert, il m'est répondu «hoy domingo». J'avais oublié. De plus, pas de camping, alors c'est forcé et contraint (tout du moins ma conscience est sauve en pensant au vieil Allemand) que je me dirige vers un charmant petit hôtel au bord de la rivière près du centre. Il est bien dans le style des intérieurs aperçus, cossu et de très bon goût. Toutes les prestations sont de qualité et le prix modique. Un groupe d'Anglais lancés dans la traversée des Pyrénées à vélo y séjourne aussi.

Vingt-et-unième jour GR 11 de Ochagavia à la frontière, jonction et GR10 jusqu'à Estérençuby

Un petit jour triste et brouillardeux se lève. Je n'y couperai pas à la navigation au radar. De plus à partir d'aujourd'hui j'abandonne mes cartes confortables au 50 000 pour passer à la 100 000 de l'IGN numéro 69. Après un copieux petit déjeuner je m'enfonce dans les brumes. Tout relief a disparu. Sans difficulté je rejoins le monastère qui domine sur une petite crête. Puis en avant vers la Sierra de Abodi, vaste croupe orientée est ouest. Un large chemin non mentionné sur ma carte coupe cette montagne à mi-pente. Le Gr le suit. Mais après une bonne heure de marche cela me semble bizarre, j'aurais dû commencer à monter vers le sommet. De toute évidence je l'ai encore perdu. Je fais marche arrière jusqu'à un petit bois et là, la progression à la boussole commence. Les joies du pays basque. Je ne devrais pas tarder à intercepter la crête et en la suivant je devrais couper le chemin. Je n'aurai pas la peine d'atteindre le sommet, je tombe sur un piquet peint aux sacro-saintes couleurs rouge et blanche. Mais une fois de plus l'erreur m'aura été bénéfique. En effet dans un champ, je suis tombé sur des vautours. Au sol ils ressemblent à de gros dindons à long cou. Mais dès qu'ils déploient les ailes et prennent leur envol le spectacle est de toute beauté. Une fois au sommet de cette sierra, le brouillard se déchire par intermittence, ce qui me permet de voir l'immense pan de forêt à descendre. A nouveau le balisage m'échappe, ce n'est pas grave car une rivière et un grand lac doivent me servir de barrière d'arrêt. Dans mon sac, toutes mes affaires sont réparties dans des sachets de congélation de différentes tailles, je dois même pouvoir traverser une rivière à la nage sans mouiller grand chose, mais enfin si possible éviter et localiser le pont. Je retrouve la petite route qui conduit au point de franchissement. Je tombe dans une clairière sur une belle poussée de cèpes de Bordeaux, oui des vrais boletus edulis. Malheur, que faire ! Je ne peux les ramasser, durant la vingtaine de kilomètres que je compte encore parcourir ils seront réduits en bouillie. Il paraît que cru c'est bon, c'est l'occasion d'essayer. J'en repère un joli bien ferme et je le croque à pleines dents. Au début on sent bien ce fumet subtil et fort du cèpe, mais rapidement la consistance en bouche donne une sensation de mélasse un peu cartonneuse difficile à mâcher. Je n'aurais peut-être pas dû en engouffrer un si gros morceau. Mais j'arrive au bout de mon champignon, et en attaque un second. Là par contre, je vais déclarer forfait avant de l'avoir terminé. La mort dans l'âme j'abandonne le reste de la petite troupe à gros pieds. Je me dis qu'ils feront peut-être la joie d'un chercheur, s'il ne tarde pas trop. J'arrive au pont, traverse et longe la rivière jusqu'au lac. Je croise quelques promeneurs. Le brouillard retombe de plus belle. Le chemin suit un bras du plan d'eau, qui vient tangenter la frontière. Cinquante mètres de visibilité c'est rigolo, mais pas trop longtemps. Soit je reste sur le GR 11 et ses mille mètres d'altitude dans la purée de pois, soit je pique sur la France et rejoins le village d'Estérençuby dans la vallée. Option France, je passe par dessus une clôture à vaches et me retrouve sur un petit parking. Plusieurs voitures stationnent. Toutes les plaques d'immatriculation sont françaises, c'est le seul indice qui me confirme que j'ai changé de pays. Le brouillard, lui il s'en fout de la frontière. Par une petite route, encombrée de belles grosses vaches blanches, qui serpente au fond d'une petite dépression je progresse vers le nord. La visibilité baisse de plus en plus. Des points de repère caractéristiques de la carte à proximité de la route restent invisibles. Avec la multitude de courbes je ne me situe plus exactement et pourtant je voudrais bien intercepter le Gr10. Enfin je le vois. Sans encombre il me conduit au village. Par beau temps ce parcours sur de grosses bosses doit être sublime, mais cet après-midi les yeux rivés sur de l'herbe mouillée et glissante dans un paysage fantomatique, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Ne nous plaignons pas, l'ambiance n'en est pas moins superbe avec son petit côté mystérieux qui cache tout au regard. Imaginer sans voir laisse libre cours à tous les phantasmes. Arrivée dans le village, il fait sombre, les maisons serrées dans le brouillard sont presque lugubres. Un petit hôtel, je m'y précipite. Un pur et dur, qui commence une traversée s'est installé au bord de la route, je suis bien content de ne pas faire de même. Ce soir encore, une équipe de cyclistes, français cette fois, est engagée dans la traversée des Pyrénées. Ils espèrent mettre une semaine.

Vingt-deuxième jour route de Estérençuby à Cambo-les-Bains

La météo ne prévoit aucun changement pour les jours à venir, brouillard à partir de 600 mètres d'altitude. Pas de problème j'ai toujours rêvé longer la Nive, car cette rivière comme l'Adour m'a toujours intrigué. Donc je rejoins Saint-Jean-Pied-de-Port et de là je longe la rivière. Déception, pas de chemin, je suis acculé à rester sur la route jusqu'à Cambo-les-Bains. Et là, première semaine de juillet le flot des touristes a commencé. Dans un vacarme permanent je vais rejoindre cette station thermale et d'un coup l'envie s'en va pour de bon. J'ai vraiment quitté les Pyrénées. Rejoindre les plages, et les remonter au milieu des baigneurs avec mon piolet dans le dos, c'est une histoire à me faire mettre la camisole de force et terminer chez les fous. Dans le fond j'ai bien fait de ne pas ''gâcher'' cette superbe balade Biarritz Arcachon par le bord de mer, car je la ferai avec un camarade en février 2008 et nous passerons cinq jours superbes, le jour le long de plages désertes et la nuit durant des bivouacs sous la gelée blanche. L'étape jusqu'à Cambo est longue, le goudron ça finit par casser les pattes. Pour la première fois en trois semaines j'ai des courbatures. La fin du parcours se fait sous la pluie. Cette nuit encore l'hôtel, monter la tente sous des trombes je n'en ai pas envie. Un coup de téléphone pour consulter les horaires de train, et demain en trois changements je rentre chez moi.

En conclusion je dirai qu'en écrivant ce récit avec deux ans et demi de recul, je suis étonné de la fraîcheur des souvenirs que j'en conserve. Sans doute le fait d'être seul y est pour quelque chose. En effet en montagne sans compagnon, on est plus exposé aux aléas et l'accident peut être beaucoup plus lourd de conséquences. Instinctivement on intègre cette situation et les sens sont plus en éveil. Cette concentration accrue favorise un meilleur contact avec la nature, et nous imprègne au delà de ce que l'on pense. Bien sûr je ne ferai pas l'apologie de ce genre de pratiques, qui présentent leurs inconvénients, et qui sont souvent réprouvées, normes de sécurité obligent. Cependant ces grandes balades en solitaire en montagne apportent beaucoup. Partir seul et durant trois semaines, n'avoir à s'occuper que de soi et focaliser toute son attention au point de vue matériel uniquement autour de la dizaine de sacs de congélation que l'on transporte dans son sac à dos, représente un immense repos de l'esprit. Pas de voiture, pas de papiers envahissants, personne avec qui négocier, pas de perte de temps à retourner une masse d'affaires. On ne possède que le strict nécessaire, les déballages et les rangements ne prennent pas de temps. On se sent comme affranchi d'une dimension matérielle, tout en se sachant autonome. Si j'aime partager des joies en montagne devant des paysages fantastiques et faire découvrir les lieux que j'aime, m'y trouver seul m'apporte une émotion qui m'est vitale.
Voyager seul en camping-car English translation pending
by Bobe2506 · 2009-02-07 · 490 replies
Bonjour, Mon épouse est décédé il y a 3 mois, nous avions commencé à sortir début 2008 (en tout 3 sorties). J’aimerais continuer (surtout qu’elle le souhaitait). Partir seul, ou partir avec un couple d’amis je me pose la question. Car il est évident que je ne serais lors de sortie je ne serais pas si disponible en étant seul que mes amis qui sont en couple. En couple les taches se répartissent à deux alors que seul il y a tout à faire. Si vous pouviez me renseigner sur la solution préférable si vous l’avez vécu ou côtoyé, et me donner des astuces. D’avance merci
Conditions de vie aux Philippines? English translation pending
by Crashbdx · 2009-01-25 · 50 replies
Bonjour à tous,

Je suis un français marié à une philippines, nous nous sommes rencontrés au Japon ou j'ai habité pendant 8 mois et ou nous nous sommes mariés.

Nous vivons maintenant en France depuis 1 an, j'espérai trouver une solution pour retourner vivre au Japon mais malheureusement et pour plusieurs raison ce n'est pour l'instant pas possible.

Ma femme aimerai que nous allions vivre au Philippins quelques temps et moi aussi finalement car je veux profiter d'être jeune et sans enfants pour bouger et étant gérant d'une EURL je peux travailler de n'importe ou ( webdesigner ) pour mes clients français et ce serai bien pour elle car elle n'a aucun diplome donc ça lui permettrait d'en passer avant de revenir en france. Malheureusement et c'est ce qui me bloque un peu... je n'ai pas vraiment accroché avec manille et les Phillipines en générale... j'ai trouvé ça très sale... mais faut dire que je n'étais pas non plus dans les beau quartier ( greenbelt etc )... De plus entre les attentats, la pollution, la malaria etc ( oui je suis du genre à penser aux choses auxquels ils ne faut pas trop penser... ) je suis un peu entre les deux... J'ai effectivement apprécié la gentillesse des philippins, les quartier sympa genre victoria, greenbelt etc ( j'aime la ville, les building etc d'ou mon gout pour le japon... ), disons que j'aime la ville, les endroits propre, en gros je suis un capricieux et pas vraiment un aventurier...

Donc j'hésite et j'aimerai déjà savoir si jamais nous partons, est ce qu'il vaut mieux que je garde ma société en france ou j'ai tout à gagner à l'ouvrir au philippines tout en continuant de toute façon de travailler pour mes cliens français ? les charges, les taxes etc c'est plus interressant ?

J'ai cherché des blog de français expat au Philippines mais je n'ai rien trouvé ou quasiment... aucun ne s'en est jamais sorti ? c'est risqué de vivre labas ?... en gros je ne sais pas trop quoi décider... si ce n'est que je vais y retourner passer 1 mois pour voir si je peux m'adapter... car je n'y ai passé qu'une semaine et encore c'était 2 jours à manille et 5 à Bohol dans la belle famille.

Il y a beaucoup de français labas ? quels sont les quartiers qui correspondraient à mon caractère...(de merde oui lol) ? ma femme me parle de eastwood, greebelt, victoria, oriental etc
Cherche photos de côtes, lacs, canaux et étangs English translation pending
by Stephan3114 · 2009-01-19 · 55 replies
Si vous voulez envoyer vos photos : des côtes françaises - des canaux (comme le Canal du Midi, ou de Bourgogne etc) - les lacs (Annecy, Léman, etc) les étangs - également les bâteaux de pêche - pinasses - bâteaux de plaisance - péniches - etc... il y a tant de beaux endroits et de belles régions en France, cela nous permettra de mieux connaître notre pays. Gold

Photos jointes : j'ai pris ces photos de 2 "plates" rentrant le soir et passant devant le port d'Arcachon (les plates sont comme vous le savez des barges à fonds plats qui transportent les poches d'huîtres) - la 3e : cabanes ostréiculteurs et bâteaux de couleur sur le Bassin d'Arcachon à La Teste.
Avis sur itinéraire de vingt jours sur place au Vietnam English translation pending
by Lamperose · 2009-01-18 · 31 replies
Bonjour,

Mon mari et moi allons au Viet Nam en mars avec 20 jours sur place 😎. Apres avoir parcouru les messages, nous nous sommes decides sur l'itineraire suivant, pouvez-vous me dire ce que vous en pensez?: J1: matin - Arrivee a Saigon J2: Sai gon, depart le soir par avion pour Hanoi J3: Ha noi J4: Ha Long avec nuit sur la jonque J5: Ha Long, retour a Ha noi puis train de nuit vers lai chau J6: Sapa mini trek avec nuit soit a sapa soit dans un village (j'avais lu cette option sur un site d'agence mais je ne retrouve plus le nom) J7: toujours Sapa puis retour par train de nuit a Ha Noi J8: Ha Noi J9: matin avion pour Hue J10: Hue J11: Hoi An J12: Hoi An/ Da Nang J13: Da Nang J14: matin - Da Nang/Phu Quoc via Sai Gon J15/16/17: Phu Quoc, depart J17 apres midi pour Sai Gon J18/J19: Delta du Mekong J20: Sai Gon, avion le soir a 20h J21: Retour a la realite :(

Qu'en pensez-vous? Je pense que c'est un itineraire assez classique, peut etre un peu sportif (mis a part phu quoc on ne reste pas plus de deux nuits au meme endroit) mais qui permet d'avoir une vue globale sur le pays?

J'ai aussi une autre question pour vous d'ordre un peu plus personnel, je suis Viet Kieu deuxieme generation, nee et elevee en France (je parle Vietnamien, enfin du langage de tous les jours hein ;), ca ne vole pas bien haut!). C'est ma premiere fois au Viet Nam et j'ai des petites apprehensions. 😊 Quelles sont les reactions des "vrais" vietnamiens vis a vis des viet kieu? S'il y a des viet kieu sur le forum, quelles ont ete vos impressions?

Merci d'avance pour vos reponses
Circuit dans l'Ouest américain en juillet 2009 English translation pending
by Christine30 · 2009-01-16 · 16 replies
salut après avoir lu vos forums sur le sujet depuis quelques semaines, je viens à mon tour soumettre mon projet . Nous partons en famille avec 2 enfants de 10 et 13 ans du 28 juin au 13 juillet prochain avec une arrivée + départ à los angeles . Nous louerons une voiture pendant toute la durée du séjour et nous souhaitons faire los angeles 2 nuits palm springs 1 nuit ( pour aerial tramway ) grand canyon 1 nuit monument valley puis page 2 nuits bryce canyon 1 nuit las vegas 2 nuits vallée de la mort 1 nuit à furnace creek san francisco 3 nuits puis 1 nuit sur la côte en redescendant sur l.a. reste 1 nuit (peut-etre l.a. pour être sur place avant le vol retour)

je ne sais pas trop dans quel ordre organiser tout çà pour que çà ne soit pas trop la course ...j' ai renoncé à yosemite et zion pour ne pas surcharger vos idées et suggestions seront les bienvenues merci d' avance
Adresses pour voyager dans le sud de la France en camping-car? English translation pending
by Mariedu62 · 2009-01-14 · 18 replies
bonjour, j'aimerai avoir quelques adresses pour partir cet été en juillet si possible avec la mer a proximité dans le sud de la france je connais déja celle de narbonne plage ou le tarif est trés intéressant et la mer on ne peut plus prés.Si vous connaissez une aire dans ce style!merci d'avance
Itinéraire, visites et activités pour un mois au Vietnam? English translation pending
by Cirdec · 2008-12-18 · 27 replies
Bonjours,

Dans le cadre d' un voyage d’un mois au Vietnam (durée du 26 Fevrier au 26 Mars).

Je recherche toutes informations permettant de m'aider dans la construction de mon itinéraire ainsi que de bonnes adresses Mon itinéraire pour l’instant se présente de cette facon :

Arrivé à Hanoi (visite de la baie d’along) – Hoa lu – Hué (tombeaux impériaux, rivière des parfums) – Hoi an (ile de Cham, site de My Son), Nha trang – Dalat – Saigon – Can Tho – Saigon

Merci pour votre aide 🙂

Quel est votre coup de coeur cyclo en France? English translation pending
by Michèle101 · 2008-12-15 · 43 replies
En juillet, nous aimerions rouler en France, en cyclo-touristes. Nous sommes à la recherche d'une destination qui permettrait de voir plusieurs petits villages, routes et campings accessibles, pour un trajet d'environ 1000 km. (moyenne de 60km par jour). Nous aurions besoin de suggestions. Niveau de difficulté moyen. Merci de prendre le temps de partager avec nous vos sorties. Michèle
Pâques 2009 en Vendée: l'Afrique que nous aimons English translation pending
by Archimade · 2008-11-28 · 536 replies
Bonjour à tous ...😉

Cette discussion faisant suite à...

" Aux amoureux de Madagascar et de l'Afrique...",

je vous informe qu'il reste encore quelques places disponibles pour cette rencontre qui se déroulera du 10 au 15 Avril 2009, et dont voici la liste actuelle des participants...

Les couples... Jipi et sa charmante bretonne Gérard (Cartagho) et son épouse

- Karakory et sa compagne

Les autres personnes ayant plutôt choisi le Wend en célibataire... Jean Marc Lionel Guylaine Valérie Pierre Yves Alex Patou Lisane Artchi

Et en attente de confirmation... Acer PoteaunoirMadafrance

Total 18 personnes dont 3 en attente de confirmation !!!

Bienvenue à tous...😎

Afin de respecter les règles de VoyageForum, je rappelle que les post "gadget" pouvant s'apparenter à du chat ainsi que la publicité dans les échanges sont strictement interdits...!!!

Pour toutes informations complémentaires, n'hésitez pas à me poser vos questions en mode "messages privés".

Très belle journée ...!!!
Que pensez-vous du Gujarat comme destination touristique? (Inde) English translation pending
by Jaydev · 2008-11-18 · 27 replies
Bonjour a tous,

Je suis un indien francophone habitant a Ahmedabad dans l'etat du Gujarat. Je suis curieux de savoir ce que pensent les voyageurs francais de Gujarat?

Merci

Jaydev
Je voulais aller à Bali au printemps 2009, mais... English translation pending
by Jusdorange · 2008-11-12 · 31 replies
bonjour, j'avais prévu de partir 2 semaines à Bali en avril 2009 (petit circuit libre en louant une voiture sur place), mais depuis l'exécution des terroristes, je ne sais plus si c'est une bonne idée. qu'en pensez vous? je suis tellement déçue, je me faisais une joie de découvrir ce pays qui a l'air magnifique et qui apparemment enchante tout le monde! à bientôt
Tour de la Méditerranée à vélo de cinq mois à partir du mois de mars English translation pending
by Simounb · 2008-11-11 · 26 replies
nous avons comme projet de réaliser le TDMed en 5 mois au mois de mars seulement trois problèmes se posent 1. cinq mois me parait trop court si on veut prendre le temps de faire autre chose que de pédaler 2. le trajet entre le liban et le magreb se ferait en été :on risque de mourir de chaud 3. j'appréhende un peu le passage en libye, israel, syrie, liban....

qu'en pensez vous faites moi part de vos remarques et suggestions merci a bientot
Quelle traversée choisir pour me rendre de l'Espagne au Maroc? English translation pending
by Katetflo · 2008-11-05 · 30 replies
Quelle traversée me conseillez vous pour me rendre de l Espagne au Maroc ! Algesiras almeria tarifa ? arrivée a Ceuta tanger ou nador ? dois je reserver mes billets a l avance ou puis je attendre le dernier moment ? combien coute ces traversées et combien de temps dure t elle ? merci d avance
Visites pour dix jours au Vietnam English translation pending
by Lyrra · 2008-11-04 · 20 replies
Bonjour à tous! Je me rends au vietnam pour la premiere fois du 21 decembre au 01 janvier.Jatteris et repars a Hochiminh.Je sais que cest un saison touristique et jaimerai profiter de vos adresses pour sortir un peu des sentiers battus(fuir la foule quoi).Je pars avec mon copain dont cest le premier"grand" voyage, et il ne reve que de plages.Avez vous des adresses sympas?Autre question, est ce que ça vaut le coup d'aller au cambodge?Je prefererai prendre mon temps et visiter le vietnam mais si vous me dites qune petite excursion la bas vaut le coup..... Merci beaucoup pour vos conseils!
Projet d'étude sur Air France English translation pending
by Koubilaye · 2008-10-21 · 32 replies
Salutation a tous !!

J'ai une démarche assez particuliére qui me méne ici mais ne vous en allez pas !!!!

En fait je suis étudiant en communication visuelle (publicité) et j'ai un projet pro a faire pour mon examen. J'ai choisi comme sujet Air France et mon projet serait de faire une campagne de pub pour promouvoir les voyages de 2 ou 3 jours vers l'Europe (grandes villes Française ou Européennes).

Mais malheureusement je ne suis pas fin connaisseur en compagnie aérienne.

Je voulais savoir si quelqu'un serait prêt a me faire don de ses connaissances afin de m'aider. (type les compagnies qui font ce type de voyages; la différence entre Brit Air et régional (deux groupes Air France) etc...)

En gros mon projet est une campagne mais il faut que je sois en plus de ça complêtement au courant de ce vaste monde qu'est l'aéronautique.

Si quelqu'un se sent d'humeur chevaleresque pour m'aider ce serait tellement gentil que je lui dédierais mon BTS si je l'ai (ah on me fait signe que ce n'est pas un award et que rien ne sera retransmit a la télé?! J'en prend note...) Enfin bon si quelqu'un se sent de m'aider eh bien je serais bien content.
Voyage en Guadeloupe ou Martinique? (1er au 10 novembre) English translation pending
by Scric74 · 2008-08-27 · 24 replies
Bonjour j ai 10 jours debut novembre et je pensais aux caraibes... qqs petites questions: est ce une bonne periode pour plage, baignade et soleil ou je risque de trouver que de la pluie? ne pouvant pas faire les deux iles, que choisir entre guadeloupe ou martinique? peut on eviter de louer une voiture ou c est indispensable pour les deux iles?

merci d avance!
Retour de quatre semaines en Bulgarie English translation pending
by Clane · 2008-08-23 · 49 replies
Nous voilà rentrées de Bulgarie. Moi et mes filles y avons passé presque 4 semaines et sommes très décues, voire écoeurées. Nous en avons fait un voyage utile à défaut d'être un voyage intéressant. Les bulgares sont des gens rustres, des portes blindées qui prennent le touriste pour une vache à lait juste bonne à payer. Des arnaques à toute occasion, des gens qui ne voient de vous que l'argent que vous êtes susceptible de leur laisser. Où est l'âme bulgare ? Je croyais trouver une culture, une foi, une histoire, une âme, une sensibilité ... Je n'ai trouvé que du racisme, du matérialisme, du mépris et de la grossièreté. Ils ont tout à apprendre de l'amour et du respect des gens. Quelques rencontres tout de même, mais qui semblent être l'exception. Les 5% sur lesquels on se console en attendant la date de retour. Voyage utile, je disais plus haut pour les leçons de vie que nous avons reçues par contraste ... un gros zoom sur la bêtise humaine. Une porte blindée que je ne chercherai plus à ouvrir
Retour sur un mois au Cambodge (15 mars - 20 avril 2008) English translation pending
by Gandalilou · 2008-08-14 · 25 replies
Bonjour à Tous,

Nous tennons nous aussi, à porter notre pierre à l'édifice de VoyageForum et remercier les personnes qui nous ont aidé dans l'organisation de notre voyage.

On est parti du 15 mars au 20 avril 2008. On a eu très chaud, dans les 42°C durant les après midi. On est arrivé à Siem Reap. On a fait le visa sur place. Il faut compter 20$US et une photo d'identité (5$US de plus si l'on a pas de photo d'identité).

On a pris la première journée, pour se détendre du trajet avec mon cousin (Christophe du restaurant "Le Malraux"). On s'est installé dans notre Gesthouse, "L'Eurasiane" qu'il nous avez choisi comme camp de base. Puis on a flâné dans le vieux marché.

Promenade dans la campagne environnante de Siem Reap avec découverte d'une toute petite pagode. Une famille de Cambodgien était en train de se faire bénir. On en a profité pour visiter le temple juste en face qui est gratuit et pas très grand. En fait une première approche pour les 7 jours à venir. En effet, on a choisi le pass 7 jours à 60$US.

On avait été tenté par le pass 3 jours à 40$US et notre cousin nous a fait changer pour le pass 7 jours en nous disant si nous voulions en faire un peu plus cela vous coûtera 2 fois 3 jours. Et si nous choisions le pass 7 jours nous serions gagnant et nous pourrons même faire une pause d'un jour durant le pass, pour faire autre chose.

On a commencé par visiter le temple du Bakong qui appartient au groupe du Rolus et on a poursuit par le village de Kampong Phluk (trajet en tuk-tuk puis en moto-dip). Le village était au sec sans eau et les maisons sur pilotis à 10 mètres de haut, cela fait drôle. Et on comprend mieux quand on vous explique le flux et le reflux du Tonle Sap avec le Méhong. Puis on a continué avec une ballage en bateau sur le Tonlé Sap (20$US pour 3 personnes) pour aller voir le village de pêcheurs itinérants et voir leurs viviers à poissons et crocodiles.

Le soir, on a assisté au dîner spectacle "l'Apsara" au théatre d'Angkor Village. Un autre soir on est allé voir un film sur les serpents en 3D dans le marché de nuit.

Les temples que l'on a vu et visité : Banteay Srey (temple des femmes, rose, superbe, à ne pas rater), le Pré Rup, Ta Prohm (le temple avec les racines de fromager, manifique, grandiose), Ta kéo, Angkor Wat (grandiose par sa superficie et ses bas reliefs, le jardin, les arbres et les singes), le Bayon, la porte d'Angkor Thom, le Beng Melea (celui que l'on a le plus préfèré, cause de la faune et la flore encore présentes), le Lolei, la terrasse du roi lépreux, la terrasse des élephants, le Phimeanakas, le Banteay Samre, le Baphuon, la rivière au 1000 lingas (un peu loin, trajet à travers la faune et la flore sous 40°C et une humidité extrème, très dur pour nous, et suprenant à l'arrivée, attention prévoir assez à boire pas de stand en haut à côté du temple), et j'en oublie sûrment quelques uns malgrè le journal de bord que l'on a tenu.

On ne pouvez faire les temples que le matin à la fraîche comme on pourrait dire, l'après midi avec plus de 42°C c'est très dur dans les temples, alors on faisait sieste comme les cambodgiens, pas le choix, ou bien massage. Une après midi, on a fait un tour à dos d'élephants, c'était magique, un régal et un super souvenir pour nous deux.

Puis on est parti en direction de Phmon Phen, en taxi. On s'est arrêté dans le village des tailleurs de pierres, vraiment impressionnant et une tête de bouddha pour 20$US (juste un peu lourd). Nouvel arrêt plus loin dans la zone d'arrêt des bus, et on voit des insectes cuits (crickets, migales, ...) et des fruits de toutes les couleurs.

A Phmon Phen, on a dormi dans un hôtel chinois, le Bur Ly Guest House pour 13$US la nuit avec tout le confort pour nous (douche et clim). Visite du marché russe (attention les tissus sont plein d'accros), visite des antiquaires, du vieux marché et du marché central, promenande sur le Mékhong. On n'a pas pu visiter le palais royal avec la pagode d'argent (un regret). Nous avons effectué nos achats dans une boutique NCDP Retail Outlet Project

Puis un ami à notre cousin, nous a prété sa voiture. On est parti pour Kep, où l'on a mangé du crabe aux poivres de Kampot, un délice, des calamars, etc...

On est allé dormir sur Kampot le long de la rivière au Bokor Lodge. On a demandé s'il était possible d'aller au Bokor et visiter une plantation de poiviers. Le rendez vous est pris pour le lendemain matin pour 8H et pour 60$US. Un chauffeur avec une vieille Camry arrive et nous enmène au Bokor. Que dire, une vue manifique, des paysages à couper le souffle, l'église, le casino avec sa terrasse et sur sa gauche un citronnier énorme plein de citron vert. Par contre, une route en terre en construction, des ponts en béton en cours de création, et des habitations sur le plateau du Bokor et une pagode en construction.

La visite de la plantation de poivriers m'a surprise, les poiviers atteingent 5 métres de haut. Les 500 gr de poivre pour 4$US.

Puis direction Sihanouk Ville, la ville que l'on a le moins aimé du voyage, sauf les îles du bonheur, des plages comme sur des cartes postales, et l'eau, sans commentaire.

Par contre sur les plages de Sihanouk, on se pose sur un transat et plein de jeunes cambodgiens(nes) passent vous voir pour vous proposer des manucures, des épilations, des fruits frais, des nems, des calamars, etc... Il ne faut pas oublier aussi que le transat appartient à un bar restaurant. On voit aussi des très jeunes enfants qui font de la récupération de cannettes vides et de bouteilles platisques vides pour le recyclage.

Nous avons été très touchés par les enfants qui ne quémendaient pas mais travaillaient sous le joug d'un plus grand. Nous avons commandé pour les enfants qui passaient chercher des bouteilles vides des pizzas et on leur donnait avec la bouteille une part de pizza. Ce qui nous a frappé, c'est le dileme qu'ils rencontraient, poursuivre le travail ou prendre le temps de manger et de partager. C'est la première fois où nous nous sommes sentis mal à l'aise et pas à notre place.

Location d'un bâteau pour aller sur les îles avec le repas (crabes, crevettes, mérou) pour toute la journée. Et bien, je dois dire que c'est du bonheur, le bâteau s'arrête pour nous faire nager au dessus d'un récif coralien (prêt de lunettes et de palmes), repas un peu plus loin sur une plage déserte sans personnes d'autres que nous. Trajet sur une autre île, Bambou island (la bière fraîche est la bien venue) et retour le soir pour voir le soleil se coucher sur la plage.

Retour sur Ohmon Phen, puis Siem Reap la veille du Nouvel An Khmer. Une galère pour aller de Phmon Phen à Siem Reap (plus de bus, pas de taxi, et les bâteaux ne naviguent pas par manque d'eau).

Enfin, on arrive à Siem Reap. Surprise pour le Nouvel An Khmer, pas de bruit de voitures de gens qui parlent fort, cela surprend. Même les boutiques de souvenirs sont quasiment toutes fermées. On passe trois jours à aider notre cousin Christophe dans son Restaurant "Le Malraux". Christophe a donné congès à tout son personnel pour cette occasion. Alors on joue les apprentis barman, serveur, plonge, etc. Et bien c'est dur sous 40°C et en plus, on n'a plus l'habitude de travailler.

Retour en France.

Juste quelques regrets, manque d'eau pour aller à Battambang, faire le trajet Phmon Phen / Siem Reap en bateau, et aller sur Katrie pour voir les dauphins, visite de l'île de Kodach. Mais ce n'est que partie remise...

Si vous avez des questions, ne pas hesiter, si je peux vous répondre, je le ferai sans aucun problème.

Une chose est sûre, on a tellement aimé que l'on projette de repartir l'année prochaine pour 3 mois avec la visite des pays limitophes.

Salutations à tous Jean-Bernard et Kati
Programme à Madagascar du 23 août au 8 septembre English translation pending
by Michel92 · 2008-08-12 · 17 replies
Bonsoir,

Merci de me dire se que vous pensez de ce programme. Il s' agit du séjour de deux amis. Trop dense, trop varié ...? Une partie sera faite avec voiture et chauffeur. Deux personnes. 23/08 : arrivee a Tana (vol Air France) 24/08 : Tana / antsirabe rizières, ses villages typiques 25/08 : antsirabe / ambositra / fianarantsoa hauts plateaux étagés de rizières, pays des Betsiléo. Arrêt à Ambositr 26/08 : fianarantsoa / manakara en train 27/08 : manakara / ranomafana 28/08 : ranomafana / fianarantsoa / ambalavao / isalo 29/08 : isalo randonnée dans les canyons (makis/ rats) et si 2 jours piscine naturelle et/ou cascade des nymphes 30/08 : isalo / tulear - Ifaty (a determiner) randonnée dans les canyons (makis/ rats) et si 2 jours piscine naturelle et/ou cascade des nymphes 31/08 : isalo / tulear - Ifaty (a determiner) 01/09 : Tulear : départ pour morondava en avion 02/09 : morondava / bekopaka journée au parc national des "Tsingy de Bemaraha" et / ou Découverte des « Grands Tsingy 03/09 : tsingy / manambaola journée au parc national des "Tsingy de Bemaraha" et / ou Découverte des « Grands Tsingy 04/09 : tsingy / manambaola journée au parc national des "Tsingy de Bemaraha" et / ou Découverte des « Grands Tsingy 05/09 : bekopaka / morondava découverte en pirogue de gorges et de grottes. Puis, route pour Morondava. Passage par « allée des baobabs » 06/09 : Morondava / tana en avion 07/09 : Tana ...depart pour Paris dans la nuit du 07 au 08 Merci de votre patience et de vos conseils. Mes amis ne sont pas "accrochés " à ce circuit et peuvent le changer. Cordialement.😉
Faisabilité d'un itinéraire à Madagascar (côte Est) English translation pending
by Cha1000 · 2008-08-11 · 36 replies
Bonjour à tous,

Je pars avec une amie sur Mada du 23 sept au 13 octobre.

Ce sera sac à dos et taxi brousse...

La plus grande partie de notre itinéraire est prêt (Tana-Antsirabe-Fiana-Manajary-Tamatave-St Marie) mais je me pose la question sur la faisablilité de la partie:

Mananjary - Tamatave en taxi brousse le long de la côte.

Avez vous pris cette route, quel est son etat? et combien de temps/jours faut il prévoir pour faire cela ?

Merci par avance à tous ceux qui auront des conseils.

Charlotte
Premier périple à vélo en solo: matériel, itinéraire, cartes...? English translation pending
by Marlinou · 2008-08-10 · 21 replies
bonjour à tous !! 🙂

je viens d'arriver sur le forum ! je suis Seine et Marnaise (77) j'ai 34 ans et j'aime bien les activités de pleine nature..BREF !! Plus je lis ce forum et plus la motivation augmente pour vivre un périple vélo ! c'est pourquoi j'ai besoin de votre aide sur la préparation de cette aventure qui pourrait bien me démanger por les prochaines vacances d'été. besoin de conseils divers sur équipement du vélo même. matériel autres. les itinéraires et quelles cartes utilisées...et la préparation physique !! Voila !!! Merci d'avance à tous les baroudeurs !! 😉 au fait j'ai un VTT avec Fourche télescopique devant et amortisseurs central au milieu du cadre : puis-je utiliser ce genre de vélo pour voyager ? et quelles genres de sacoches mettre, remorque ou pas... j'ai lu pour les cartes itinéraires que les cartes michelin étaient mieux ! votre avis ?

Marlinou
Quel est le budget moyen pour la Nouvelle-Calédonie? English translation pending
by RoroetLolo · 2008-08-05 · 25 replies
bonjour à tous,

Je souhaiterais aller en nouvelle calédonie vers février - mars 2009, je rêve de ce pays depuis un petit moment. Je m'apprête à franchir le as, mais est-il possible de se loger à bas prix et bien en nouvelle calédonie??

Et quel est le budget moyen qsue je dois prévoir pour un couple là bas? Quels sont les prix des transports? Des restaurants, ...

Merci infiniment pour votre aide à tous.
Visite de la forêt des Landes (France) English translation pending
by Bolter · 2008-08-02 · 10 replies
Bonjour,

J'ai 20 ans, et ces derniers temps ont étés très dur. Sur un coup de tête, j'ai décidé d'enfourcher mon âme aventureuse et de partir en voyage seul pendant une ou deux semaines pour me retrouver, et oublier un temps soit peu mes problème dans la nature. D'après ce que j'ai put lire, la forêt des landes est une forêt avec ses pistes cyclable, et la mer à proximité, est un coin agréable à visiter en vélo. J'ai un peu de sous sur mon compte en banque mais je ne veux pas dépenser tout. Avant quels sont les objets indispensables pour ce genre d'expériences ? Ou puis je m'informer des circuits ? Quelle genre de paysages peut on découvrir, sont ils beaux et diversifiés ? Où se trouve la gare la plus proche de la forêt ?

Merci de me répondre, aidez moi, j'ai vraiment besoin de partir.
Rencontre pique-nique le vendredi 12 septembre 2008 en soirée, au bord du lac du Bourget (Aix-les-Bains) English translation pending
by Songhai73 · 2008-07-30 · 183 replies
bonjour après le pique-nique sympa au bord du lac d'Annecy, je propose la même rencontre au bord du lac du BOURGET, Aix les Bains, le 12 sept . il y a déja quelques vifistes intéressés, j'espère que nos amis d'Annecy seront la . je propose la plage des Mottets, vers l'aéroport, au rond-point du magasin Intermarché, vers 18h00 ..... j'attend vos réponses, plus de " fous du voyage" nous serons, mieux ce sera ! bel été a tous francia

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