Results for "Delhi+et+moto+|+7+>+8"
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Cadre INTEC M1 + groupe + jante English translation pending
Bonjour
J'ai pour projet de me lancer dans le montage d'un ou (2)vélo pour balade a la journée + rando camping dans un futur proche .
Pour ma p'tite femme 1,55cm j'ai vu le INTEC M1 en taille 42cm , j'ai un p'tit doute quand a la hauteur de la barre horizontal mais cela devrait allez , entrejambe 68 environ
Le même pour moi en Taille 50 , 175cm .
Pour les possesseurs du Intec M1, quelle choix de Groupe , de jante et autre avez vous fait , c'est la dessus que je sèche un peut .
J'ai vu des groupe Alivio M4000 3x9 V qui me semble correct , aussi des déore en 2x10 V cassette 36/24 , vous en pensez quoi ?
J'utilise un R7 de chez DKT et je ne me sert pas du grand plateau
Des Jantes Shimano pour V-brake , mais pas vu avec moyeux dynamo N72 N80 voire XT
Bref je débute et j'ai bien besoin de vos lumières
Pascal ...Castres...Tarn
Poste frontière Mauritanie - Sénégal de Diama à vélo English translation pending
Bonjour,
J'ai pour projet de faire à vélo le trajet Fance/Sénégal/Mali début septembre.
Je n'ai pas un très bon souvenir du poste frontière (Mauritanie/Sénégal) de Rosso. Aussi je me demande si faire le trajet à vélo jusqu'au poste frontière de Diama est possible sans trop de problèmes style pistes sableuses ou autre.
Concernant les visas : - Mauritanie : il est bien possible maintenant de le prendre au poste frontière de Gouargarate ? - Sénégal : visa possible à Diama ? Quelle sont les modalité ?
Merci d'avance
Concernant les visas : - Mauritanie : il est bien possible maintenant de le prendre au poste frontière de Gouargarate ? - Sénégal : visa possible à Diama ? Quelle sont les modalité ?
Merci d'avance
Evénements à Nosy Be English translation pending
Les évènements - apparemment particulièrement sordides - qui semblent être survenus depuis hier à NOSY BE ne vous sans doute pas améliorer la fréquentation touristique, ni inciter les malgaches à se montrer mieux disposés à l'égard des étrangers.
J'ai eu un compte-rendu assez détaillé d'une personne fiable sur place.
D'autres en ont-ils ?
J'ai eu un compte-rendu assez détaillé d'une personne fiable sur place.
D'autres en ont-ils ?
Coût de la vie au Sri Lanka? English translation pending
Bsr ! je penses aller bientôt visiter le SRI LANKA, mais je suis perplexe à la lecture de certains posts qui parlent d'une brutale augmentation des prix ds ce pays , sans citer de chiffres récents !! aussi, qqu'un pt-il éclairer ma lanterne sur le prix "moyen" d'une chambre d'hotel avec sdbs privée, clim. TV, de bon confort quoi !! me donner qques chiffres, une fourchette de prix ; ainsi que pr la nourriture , le tout ds les prix "petits budgets", comme sur les guides de L.PL. par ex; çà me permettrait de me décider , mieux informé ! merçi de vos réponses "précises" autt que possible !!
L'Ouest américain des plus de 60 ans English translation pending
Bonjour!
J'aimerai faire un petit sondage parmi vous afin de mieux construire mon prochain voyage.
Pour mon 4e voyage dans l'ouest, je souhaite emmener mes parents afin de leur faire découvrir ces endroits que j'aime tant ! Pour la construction de ce voyage, plusieurs problème se posent à moi.
En premier lieu, j'aurai tendance à orienter le trip selon mes goûts (c'est à dire deep into the wild 😎😛). Pourtant, mes parents n'ont pas de réelle expérience de voyage, encore moins dans l'ouest et dans le wilderness.
Aussi, je me demande comment on supporte, apprécie et perçoit les roadtrip à plus de 60 ans. Quels sont les parcs préféré des jeunes seniors, ce qu'ils recherchent ou non...
Du coup, j'apprécierai beaoucoup si les personnes ayant le même profil qu'eux ou ceux qui ont fait un trip avec leurs parents pouvaient me faire un retour d'expérience.
Mes parents ont plus de 60 ans, ils ne sont pas sportifs, ma mère a même quelques problèmes de santé qui peuvent restreindre parfois sa capacité à se déplacer.
Vous l'aurez compris, je cherche à créer le voyage parfait pour leurs attentes et leurs goût 🙂.
Merci d'avance pour vos retours!
Cha
J'aimerai faire un petit sondage parmi vous afin de mieux construire mon prochain voyage.
Pour mon 4e voyage dans l'ouest, je souhaite emmener mes parents afin de leur faire découvrir ces endroits que j'aime tant ! Pour la construction de ce voyage, plusieurs problème se posent à moi.
En premier lieu, j'aurai tendance à orienter le trip selon mes goûts (c'est à dire deep into the wild 😎😛). Pourtant, mes parents n'ont pas de réelle expérience de voyage, encore moins dans l'ouest et dans le wilderness.
Aussi, je me demande comment on supporte, apprécie et perçoit les roadtrip à plus de 60 ans. Quels sont les parcs préféré des jeunes seniors, ce qu'ils recherchent ou non...
Du coup, j'apprécierai beaoucoup si les personnes ayant le même profil qu'eux ou ceux qui ont fait un trip avec leurs parents pouvaient me faire un retour d'expérience.
Mes parents ont plus de 60 ans, ils ne sont pas sportifs, ma mère a même quelques problèmes de santé qui peuvent restreindre parfois sa capacité à se déplacer.
Vous l'aurez compris, je cherche à créer le voyage parfait pour leurs attentes et leurs goût 🙂.
Merci d'avance pour vos retours!
Cha
Fouta-Djalon (massif) en Guinée: informations récentes? English translation pending
il y a quelques années nous avons parcouru a velo quelques pays de afrique de l ouest a velo b f togo benin notre envie de revenir c est focalisee sur cette région de guinée mais les renseignements dates un peu si quelques personnes ont des infos récentes ce serait avec plaisir
.
nos dates( flexible) de voyages en gros fin decembre pour 1 bon mois minimum merci a tous
Koh Phi Phi: deux jeunes québécoises mortes (16 juin 2012) English translation pending
Bonjour, je viens de lire que deux jeunes québécoises ont été retrouvées mortes dans leur chambre d’hôtel à Phi Phi... un empoisonnement serait suspecté... Il semble que ce n'est pas la première fois que des touristes meurent à Phi Phi d'empoisonnement, selon ce que j'ai lu.
La nouvelle est sur le de Phuket news : http://www.phuketgazette.net/...12/article16196.html
Pesticides? : http://www.maxisciences.com/pesticide/thailande-des-pesticides-a-l-039-origine-de-deces-mysterieux_art16364.html
Assez intriguant non?
La nouvelle est sur le de Phuket news : http://www.phuketgazette.net/...12/article16196.html
Pesticides? : http://www.maxisciences.com/pesticide/thailande-des-pesticides-a-l-039-origine-de-deces-mysterieux_art16364.html
Assez intriguant non?
Retour d'un tour d'Australie en camion (prête à partager) English translation pending
Si vous vous apprêté à partir, ou bien l'avez déjà fait...posez moi des questions sur tout...!!!!même sur vos opinions sur la colonisation des aborigènes etc...
Voyage en Afrique de l'Ouest English translation pending
A chacun son aventure
Tout voyage est une aventure, une entreprise plus ou moins hasardeuse, tout au moins une rupture avec ses habitudes, son quotidien. Tout voyage en Afrique est une Aventure, c’est un projet où la part de l’imprévu est toujours très grande. Voyager sur ce continent, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre en utilisant un ou différents modes de transport. Voyager, ce n’est pas seulement prendre son billet, se présenter à l’heure prévue pour partir, lire un bon livre pendant le trajet et arriver à destination frais et dispos pour commencer de nouvelles découvertes. Non, voyager en Afrique, c’est dès l’achat de son titre de transport se lancer dans une aventure dont on ne sait jamais très bien à l’avance où elle vous mènera. C’est non seulement une aventure du fait des bouleversements, des changements de dernière minute, des évènements favorables ou contraires, c’est aussi et surtout une aventure humaine. C’est partir à la rencontre des gens, de personnages et c’est enfin se rencontrer soi-même, apprendre à mieux se connaître, à éprouver sa patience, sa capacité à se sortir de situations inédites, à improviser. C’est en tout cas être bousculé au sens propre comme au sens figuré. Préparatifs ou le voyage en théorie
08 Mai 1999, il est 16h30 à Dalaba, bourgade au cœur du Fouta Djalon en Guinée et rien ne laisse présager les grandes décisions que nous allons prendre et qui vont bouleverser nos vies, …, quoique ! ? Attablés autour d’une « Skol », ou peut-être bien de plusieurs, dans le restaurant le « Silence », quartier Sily, je me trouve en face de Aliou, mon ami togolais, propriétaire dudit restaurant. A cette heure là, une petite bière bien fraîche, comme on dit « ça passe ». Bon, c’est vrai les bières ne sont en fait pas très fraîches, le courant étant encore rare à cette époque de l’année à Dalaba, mais peu importe, on en est plus vraiment à ça près. D’ailleurs, avec bière fraîche ou non, notre discussion s’auto abreuve de nos déboires respectifs. Il faut dire que l’on forme à nous deux une fine équipe. Aliou est menacé de prison suite à un conflit commercial avec un concurrent guinéen, qui a pris une ampleur à peine croyable. Il est en fait accusé d’avoir détourné une partie de la clientèle de l’hôtel du Fouta. L’affaire est remontée jusqu’au Préfet et au Palais de Justice. Il a même été mis en garde à vue pour quelques heures. Bref il ne fait pas bon être étranger à Dalaba en cas de conflit avec un ressortissant guinéen. Quant à moi, j’ai été poussé à démissionner de mon poste de responsable de l’Office de Tourisme. Je suis par ailleurs poursuivi par le percepteur local suite aux accusations de mes anciens collègues et accusé d’avoir détourné de l’argent du projet que j’ai largement financé sur fonds propres. Je me sui entendu dire plus d’une fois : « tu n’es pas d’ici, si tu n’es pas content il faut rentrer chez toi ». Bref l’ambiance est vraiment lourde. Quelques jours auparavant, nous nous étions déjà retrouvés et nous avions envisagé de changer d’air, de quitter Dalaba pour quelque temps, son air devenant vraiment irrespirable pour nous. Aujourd’hui, l’idée a mûri et est devenue projet : nous quitterons Dalaba la première quinzaine de juillet pour un voyage à travers l’Afrique de l’ouest dont l’objectif ultime sera d’atteindre Vogan au Togo, village natal de Aliou. Nous envisageons même de nous installer dans ce pays ou un pays limitrophe, si des opportunités existent. Nous portons un toast à notre voyage en le ponctuant comme il se doit d’un « inch Allah » convaincu. Y’a plus qu’à !
De retour chez moi, mon premier réflexe est de consulter le guide du routard sur l’Afrique noire pour mieux visionner le trajet à suivre, connaître les frontières que nous aurons à traverser et envisager les différents parcours et modes de transport possibles. Premier constat : Vogan c’est vraiment pas la porte à coté. Plus de 2000 kilomètres à travers quatre pays : Guinée, Cote d’Ivoire, Ghana, Togo. Enfin peu importe tant qu’à partir, autant voir le maximum du vaste monde.
Deuxième constat, il va falloir se préparer un peu, … beaucoup ! avant de se lancer dans ce qui s’annonce déjà comme une sacrée aventure.
C’est dans cette optique que deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau. Cette fois-ci, nous sommes quatre pour discuter un peu plus en avant des modalités pratiques de notre voyage. Mme Aliou et Oumou, mon amie se sont jointes à nous. Elles aussi seront de l’aventure. Un premier dilemme se pose à nous : la deuxième semaine de juillet, la saison des pluies est déjà bien avancée en Guinée et dans la sous-région. Peut-on alors envisager de passer par la route en empruntant un taxi pour traverser la Guinée du Nord au Sud et entrer en Côte d’Ivoire, sachant que les pistes risquent d’être difficiles ou est-il plus prudent d’envisager un voyage par la route jusqu’à Conakry, de prendre l’avion Conakry-Abidjan pour éviter les mauvaises pistes du sud guinéen et de l’ouest ivoirien, même si le coût du voyage serait alors beaucoup plus élevé. Bison futé n’ayant pas encore traversé la mer et Buffle rusé n’ayant pas encore vu le jour sous les tropiques, la seule solution est de se référer aux expériences passées des uns et aux témoignages des autres pour se faire une idée des risques encourus. Bref rien de très sur mais en l’occurrence des témoignages pas très engageants recueillis par Mr et Mme Aliou, du style : « entre truc et la frontière c’est bon, mais après quelques kilomètres c’est l’enfer. Des trous partout, plein de flotte. En plus il y a plein de camions qui creusent la piste et qui parfois la bloquent en s’embourbant. Mais enfin avec un bon taxi, sous entendu un bon véhicule et un bon chauffeur, ça passe jusqu’à « machin ». Si, si je vous assure ! Inch Allah ! ». Sur la base de ces récits, le choix concernant le mode de transport sur ce tronçon de notre voyage est donc reporté à plus tard, mais l’idée d se renseigner plus précisément sur les vols Conakry – Abidjan est, elle, acquise. Pour ce qui concerne, le parcours entre Abidjan et Lomé, pas de problème : la compagnie de bus « STIF » assure des liaisons régulières entre ces deux villes à des tarifs abordables. Adopté sans discussion. Là les témoignages sont vraiment convaincants. Le seul petit détail dont on se mordra les doigts plus tard, c’est que les infos datent un peu.
Autre aspect pratique qui nous préoccupe pour ce voyage, c’est bien sur les passeports, visas et laissez-passer nécessaires aux uns et aux autres pour pouvoir traverser les frontières sans trop de soucis notamment financiers. Décision est donc prise de se rendre tous ensemble à Conakry pour régler ce problème au début du mois de juin. Ce sera aussi l’occasion de prendre tous les renseignements concernant les vols vers Abidjan.
10 Juin 99, nous voici à Conakry, comme prévu trois semaines plus tôt. Nos premières démarches nous amènent chez un parent de Aliou qui doit nous servir d’intermédiaire avec le Consul du Togo à Conakry pour avoir les laissez-passer pour Aliou et sa femme et un visa pour moi, d’ailleurs non nécessaire d’après un document sur le Togo fourni par notre intermédiaire. Faut pas chercher à comprendre ! Nous lançons malgré tout le processus moyennant bien sur quelques billets de 5.000 FG et des photos d’identité. Rendez-vous est pris début juillet pour récupérer tous ces documents. Pour Oumou, pas besoin de visa. Il lui suffit d’avoir un passeport de la CEDEAO pour entrer dans tous les pays que nous aurons à visiter. Reste plus qu’à se procurer ce passeport, ce qui à priori ne semble pas évident surtout connaissant l’administration locale. Et là surprise ! Oumou nous parle d’un de ses oncles qui peut lui procurer ce document rapidement. Un peu incrédules, nous partons le rencontrer pour lui présenter notre projet. Après les présentations d’usage, nous exposons le but de notre visite. Sans hésitation, il nous donne rendez-vous pour le lendemain dans un bureau de l’administration. Il connaît quelqu’un qui devrait pouvoir nous aider. A l’heure dite, nous nous retrouvons comme prévu. Après quelques démarches dont entre autre l’achat d’un certificat médical, sans visite, à l’hôpital, quelques prises de contact dans différents bureaux de la capitale, nous voilà au ministère de l’intérieur accompagné d’un cadre de la dite administration. Après avoir remis la somme et les papiers demandés ainsi que deux photos, à notre bon samaritain, nous le voyons disparaître dans un bureau. Moins d’une heure plus tard, il ressort avec un passeport de la CDEAO au nom de Oumou. Je dois dire que je suis complètement bluffé. Mais ce n’est qu’une confirmation de plus de l’importance des relations et de la capacité de pouvoir les mobiliser au moment voulu ! Après moult remerciements à l’oncle, nous nous séparons en promettant de venir le voir à notre retour pour lui raconter nos aventures. Il ne nous reste plus qu’à nous renseigner sur les vols vers Abidjan. Direction l’avenue de la République où se concentre l’ensemble des agences des compagnies aériennes présentes en Guinée. Après avoir pris des renseignements dans les agences d’Air Ivoire, d’Air Afrique et Air Guinée, il apparaît qu’Air Ivoire propose les tarifs les plus attractifs. Ne pouvant ni réserver, ni payer les billets à l’avance, nous remettons à notre prochain voyage à Conakry la conclusion de nos démarches.
Ayant fait le tour des problèmes que nous étions venus traiter à Conakry, nous décidons de repartir vers Dalaba.
La saison des pluies est maintenant bien installée. A Dalaba, c’est synonyme de froid et d’humidité persistante. On peut passer des journées entières dans le brouillard sans voir le soleil et la température peut baisser jusqu’à 10 ou 12°C. Un pull s’impose alors notamment en début ou fin de journée. De plus l’humidité est tellement présente que rien ne sèche et bien au contraire tout à tendance à moisir. Il faut profiter du moindre rayon de soleil. Les petits fourneaux sont bien utiles dans les maisons pour assécher l’atmosphère. Bref c’est une période de l’année pas très réjouissante.
Dans cette ambiance quelque peu déprimante, un mois se passe, agrémenté de rencontres au « Silence » où nous échafaudons des projets d’avenir, hors de Guinée. Pour moi, c’est devenu un mal nécessaire et pour Aliou la pression ne se relâchant pas, l’idée de quitter définitivement la Guinée se fait de plus en plus précise.
Enfin l’heure de prendre la route a sonné. Je décide donc de revendre tout ce que je peux et c’est vraiment rageant quand je pense au temps qu’il m’a fallu pour acquérir tout ça. Je solde l’essentiel : moto, vélos, groupe électrogène et je donne l’autre partie dont mon lecteur radio-cassette, l’antenne parabolique que j’ai acheté pour l’installer à l’hôtel reste en place. Je ramasse les quelques affaires qui me restent et qui tiennent dans un sac et une valise non compris mon ordinateur portable qui a sa propre sacoche. Nous prenons la route en cette première semaine de juillet pensant bien ne plus remettre les pieds à Dalaba. Le destin en décidera autrement.
A l’arrivée à Conakry, après un voyage sans histoire, nous nous arrêtons comme à chaque passage au kilomètre 36. D’ailleurs on n’a pas le choix. Mais là surprise, après un premier contrôle de nos papiers d’identité, un deuxième homme en uniforme se présente. Il veut à son tour contrôler nos pièces arguant qu’il fait partie de la brigade de lutte contre le trafic de drogue. Devant notre peu d’empressement à lui présenter nos papiers, il s’impatiente. Il veut maintenant fouiller tous les bagages. Début de discussions interminables où chacun reste sur ses positions. L’homme en tenue ne veut pas lâcher prise surtout qu’un « blanc » en l’occurrence moi, est impliqué. L’occasion est trop belle de gagner le « prix des cigarettes », voire plus. Finalement nous descendons nos bagages à main et les sacs du coffre (les valises sur la galerie resteront en place) pour la fouille qui se fait dans un petit bureau sombre où règne un « chef », qui s’y croit vraiment. Mon tour arrive, l’agent chargé de la fouille relève ses manches et me présente ses bras, l’air de dire vous voyez je n’ai pas de petits sachets de poudre à glisser subrepticement dans votre sac. Il fouille le sac et en retire mon vieil opinel qu’il tend à son chef. Devant mes interrogations, le chef me dit calmement et avec tout son sérieux : « avec les troubles dans les pays voisins et l ‘entrée de rebelles en Guinée, il est devenu interdit de circuler avec des armes blanches. Votre couteau est confisqué ». J’essaye de protester mollement mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. Là encore, un billet me permettrait certainement de récupérer mon « arme blanche », mais comme elle n’a pas beaucoup de valeur je préfère en rester là. Diouma, mon collègue de travail qui a fait la route avec nous, est resté dans le bureau pour négocier. Il est très attaché à son couteau suisse, qu’il a reçu en cadeau. Après 3, 4 minutes de discussions, il ressort avec son couteau. 5.000 FG lui ont permis d’avoir un passe-droit pour circuler avec son « arme blanche », tout au moins de le récupérer. Au final je retiendrais de cette expérience une règle essentielle à ne jamais oublier : un homme en tenue a toujours raison, même quand il a tord et mieux vaut le respecter, même si lui oublie bien souvent le respect de son propre uniforme. Mais là n’est pas le problème. Le système est bien en place et vouloir le mettre en cause surtout pour un étranger est non seulement utopique mais risqué voire dangereux. Bref, l’incident clos après environ 1 heure d’attente et de discussion, nous reprenons enfin la route pour le centre ville de Conakry. Nous retournons au « Tanois », petit hôtel tenu par un Ivoirien, situé dans un quartier calme proche de l’aéroport (Matoto, près de la station Mobil). C’est en fait une maison de particulier qui a été réaménagée en hotel-restaurant. Pas le grand luxe, mais enfin le minimum de confort et de propreté pour un prix raisonnable. Et puis on y mange de très bons poissons braisés avec aloko et athiéké. Bien sur il faut être un peu patient, car le plus souvent les produits pour préparer le repas demandé sont achetés sur le marché voisin selon la commande passé. Il est donc assez prudent de s’y prendre un peu à l ‘avance. Après une nuit paisible, nous nous rendons à Air Guinée. Suite à différentes démarches et prises de contact réalisées par Mme Aliou, il semble qu’Air Guinée propose des tarifs vraiment très intéressants. Le fait de connaître un agent ou tout au moins d’être recommandé auprès de lui a déclenché une baisse assez sensible des tarifs. Pourquoi, comment, à qui cela profite-t-il ? Cela restera quelque peu mystérieux et un peu inquiétant : jusqu’à notre départ effectif, je me poserai la question de savoir si on aura bien une place. Mais pour le moins la gestion de cette compagnie ne semble pas vraiment répondre aux critères de la bonne gestion couramment acceptés. Il suffit pour s’en convaincre de rentrer dans le bureau de la responsable d’agence : malgré un toc-toc d’usage avant d’entrer, nous la trouvons allongée pour ne pas dire vautrée sur une banquette de son bureau en train de faire la causette avec une autre personne et elle ne daigne pas faire le moindre mouvement pour nous saluer. Le bureau est par ailleurs vierge de tout dossier, document, matériel informatique : étonnant ! Finalement après une attente assez courte, nous payons nos billets en liquide, l’argent étant encaissé directement par l’agent, dans une sacoche qu’il promène en permanence avec lui. Surprenant, mais bon l’essentiel pour nous est d’avoir nos billets à un tarif raisonnable et surtout de partir le plus vite possible. Notre départ est prévu un jeudi midi.
Il ne nous reste plus qu’à récupérer nos laisser-passer et visas pour le Togo qui sont censés, nous permettre de traverser Cote d’Ivoire et Ghana pour arriver au Togo. A un détail prêt, cela se vérifiera ! Quand nous arrivons, tout est prêt. Nous récupérons nos papiers. Pour ce qui me concerne, c’est une feuille à en-tête du consulat du Togo, demandant aux autorités sur place de me faciliter l’obtention d’un visa pour séjourner dans ce pays. Pas grand chose à voir avec un visa ou un laisser-passer, mais en l’occurrence je laisse passer sans faire-part de mes doutes quant à la validité de ce papier pour traverser Cote d’Ivoire et Ghana. Quelle erreur !
Nous sommes donc enfin prêts pour la grande aventure.
Entre temps, Aliou et sa femme Claudine se sont fait toute une scène à base de jalousie, de problème d’argent et j’en passe et des meilleurs. Bref, elle ne partira pas avec nous.
Le voyage : de la théorie à la pratique
Deux jours plus tard pour nous trois, c’est le départ. Rendez-vous à l’aéroport avec notre bienfaiteur de l’agence Air Guinée qui nous aide à faire passer nos kilos en trop à la douane. Mais il faudra quand même en payer quelques-uns uns car le dépassement est vraiment trop important. On s’exécute et bien sur sans facture et en liquide … L’embarquement se passe bien avec très peu de retard, de même que le décollage. Au programme un peu plus d’une heure de vol dans un avion qui a justement quelques heures de vol au compteur. L’équipement intérieur est vraiment délabré et c’est à vrai dire un peu angoissant. A la grâce de Dieu. Durant ce vol, un feuilleté fourré et chaud nous est servi emballé dans un papier alu. Pas de fioriture, mais à vrai dire ma préoccupation reste centrée sur notre arrivée. D’ailleurs va-t-on arriver ? Si l’on voulait prendre un équivalent terrestre de notre avion, il correspondrait à une de ces vieilles 404 sans age qui roule vaille que vaille sur les routes de Guinée.
1ère étape : Abidjan Et bien oui, on est arrivé sans encombres. Débarqués dans une chaleur étouffante, nous nous dirigeons à pied vers l’aérogare où nous attend l’épreuve du passage de la douane. Il faut bien dire qu’à ce moment précis, j’ai l‘estomac qui fait des nœuds et je me demande à quelle sauce je vais être « mangé » par les douaniers ivoiriens. Après le traditionnel remplissage des formulaires et une longue attente, me voilà au niveau du box des douanes. L’heure de vérité est arrivée. Je tends alors mon passeport et je déplie mon beau papier aux couleurs du Togo. La sentence est immédiate : « mais ce papier n’est pas valable, Monsieur, pour rentrer en Cote d’Ivoire ! » Ce qui devait arriver s’est effectivement produit. Merci le consul du Togo à Conakry qui a au passage encaissé quelques milliers de FG. Je me sens vraiment très petit et tout con. J’essaye fébrilement de discuter et de dire ma bonne foi. Mais rien n’y fait ! Je me vois mal reprendre le prochain avion en sens inverse surtout que Aliou et Oumou sont passés sans problème et qu’ils ont été écartés de moi. Je me décide donc à poser la question fatidique : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Le douanier très tranquillement me dit alors : « on va s’arranger, mettez-vous de coté en attendant que tout le monde passe ». Je m’exécute en me demandant combien cela va me coûter. Le dernier voyageur passe. L’heure des négociations est donc venue. Je sais que ma marge de manœuvre n’est vraiment pas large, mais aussi qu’il ne faut pas que je me laisse bouffer tout cru. Le douanier sans détours et d’ailleurs pourquoi en faire, me demande 50.000 francs CFA pour fermer les yeux. Au jeu des annonces, je réponds que je peux payer 20.000 CFA. La balle est dans son camp et lui relance en réclamant 40.000 minimum, à prendre ou à laisser. Je termine en jurant que je ne peux payer plus de 30.000 CFA, qu’il accepte finalement. Il faut dire qu’avec cette somme, il a bien gagné sa journée. La négociation étant terminée, il faut payer. Et alors là, panique. J’ai tellement bien caché mes billets de CFA, qu’il me faut plusieurs minutes pour sortir la bonne liasse, qui comble de malchance est agrafée. L’opération qui demandait discrétion et rapidité, s’éternise donc et attire l’attention du douanier occupant le box voisin. Il n’est pas dupe et a très bien vu notre petit manège. A peine ai-je tendu les 30.000 CFA à mon interlocuteur, le voilà qui m’interpelle en ces termes : « il faut me faire avorter ! ». Moi qui croyait en avoir fini, je vois soudain l’engrenage dans lequel je suis pris et l’angoisse m’étreint de nouveau. Je bafouille alors quelques mots d’excuses , arguant que vraiment je ne peux plus cracher au bassinet et là heureusement, mon premier interlocuteur intervient pour dire à son collègue de laisser. Il faut dire, mais ça je m’en rendrai compte plus tard, qu’il avait très bien gagné sa journée. En effet croyant lui tendre 30 000 CFA , je lui avais en fait remis 60 000 Francs CFA. L’habitude des coupures de 5 000 FG m’avait induit en erreur. Pensant avoir en main six billets de 5 000, j’avais six billets de 10 000. Au final, je me sors donc de cette délicate sans trop de dommages à la différence de mon portefeuille. Nous n’en sommes qu’au tout début de notre périple, et il s’annonce déjà sous les meilleurs auspices … ! D’autant qu’à cet instant précis, j’ai certes passé la douane, mais je n’ai toujours aucun visa, ni papier m’autorisant à être dans ce pays. Je suis clandestin en Côte d’Ivoire. Sensation bizarre, où l’on se sent soudain vulnérable, à la merci d’un contrôle policier pouvant avoir de plus ou moins graves conséquences. Je ne suis pas très à l’aise dans mes baskets, même si je sais par ailleurs que tout peut se négocier.
Après avoir enfin retrouvé mes camarades qui ont déjà récupéré nos bagages, nous sortons enfin de l ‘aéroport. Après la discussion d’usage avec un chauffeur de taxi pour nous amener en ville et trouver un hôtel (« combien pour nous amener à l’hôtel ?»), nous prenons la route d’Abidjan et plus particulièrement du quartier « Deux plateaux ». L’une des rares occasions qui nous permet de découvrir la ville d’Abidjan avec ses grandes avenues, ses buildings, ses feux rouges qui fonctionnent (incroyable). Bref, une grande capitale africaine moderne. Plus d’une heure d’attente dans les embouteillages et quelques recherches plus tard, notre chauffeur nous dépose dans un petit hôtel « les Rosiers », simple, pas trop cher et tout à fait correct. Enfin du repos, de la tranquillité ! Après un repas, poulet grillé avec sauce, banane plantain et atiéké préparé par des nigériens sur le bord de la route (tout à fait excellent), nous pouvons nous laisser bercer par la nuit ivoirienne. Le lendemain en début de matinée, en route pour « STIF », la société de bus qui nous a été si vivement recommandée depuis la Guinée. Les bureaux de la société se situent dans un quartier chaud d’Abidjan, Adjamé, à proximité d’un marché, là où les braquages et vols à mains armées sont fréquents paraît-il. Notre chauffeur de taxi nous conseille de ne pas trop prolonger notre visite au-delà du nécessaire. Dès notre arrivée sur place, nous prenons les renseignements utiles à la suite de notre voyage. Une chose est sure, il me faudra me procurer un visa pour traverser le Ghana. Nous sommes vendredi matin et un bus doit partir le lendemain pour Lomé. Autant dire qu’il nous reste peu de temps pour l’obtenir. Ca tombe bien, nous ne comptions pas nous attarder dans le coin. Notre taxi ayant patienté (nous sommes de bons clients !?!), nous prenons la direction de l’ambassade du Ghana. Après quelques recherches, nous trouvons l’ambassade dans laquelle nous entrons pour exposer notre problème. Heureusement Aliou est là. Il n’hésite pas à forcer carrément la situation d’autant que nous avons rencontré sur place un togolais en charge d’établir les dossiers pour les visas. Finalement, un visa normalement délivré en 48 heures contre une somme de 4.000 CFA, nous l’obtenons en 4 heures de temps contre une somme de 7.000 CFA et grâce à un petit tour de passe-passe (un dossier anti-daté de 48 heures). Qui a dit que l’efficacité était absente d’Afrique ? Dans notre malheur, nous avons en fin de compte de la chance. Une dernière soirée à Abidjan, une dernière nuit, samedi est là et nous sommes fin prêts pour partir. Oui mais voilà, STIF ne semble pas être dans les mêmes rails que nous. Après l’achat de nos billets, une heure, deux heures, quatre heures passent. La pagaille augmente, mais toujours aucun signe de mise en route et d’autant moins que notre bus n’est toujours pas arrivé. Devant la pagaille ambiante et l’absence d’informations fiables, plusieurs passagers potentiels demandent à être remboursés et quittent la gare routière. Après plus de six heures, un bus arrive enfin. La ruée est à la hauteur de l’attente : démesurée. Pourtant l’information étant inexistante, personne ne sait exactement quelle doit être sa destination. Seuls les initiés semblent y comprendre quelque chose et tirent leur épingle du jeu, que nous ne trouvons vraiment pas drôle du tout. Le bus se remplit après une foire d’empoigne sans nom et part nous laissant sur le carreau. C’est là toute notre chance, il semble que son terminus était Accra au Ghana. L’épisode STIF continue donc et l’attente aussi. La nuit tombe et toujours aucune certitude quand à notre départ. La fatigue s’accumule et l’angoisse monte surtout que certains voyageurs quittent la gare routière en nous conseillant de faire de même : « vous savez ici ce n’est pas sur la nuit, les bandes armées rodent, plusieurs fois la gare a été attaquée ». Ambiance ! Mon ordinateur, mon argent de poche, qui représente quand même l’équivalent de 25.000 francs français ce jour là, en frémissent encore. Quant à moi, je ne fais pas le fier. Nous décidons finalement après une heure d’attente vaine de retourner à l’hôtel que nous avons quitté le matin pour passer le reste de la nuit. Prudence, prudence. Aliou lui préfère rester à la gare au cas où la situation se décanterait. Epuisés de cette journée à rebondissements, nous nous retrouvons donc à hôtel « les rosiers » espérant bien passer une nuit tranquille en attendant de nous replonger dans la pagaille. Oui mais voilà, à peine deux heures après nous être couchés, Aliou débarque d’un taxi pour nous ramener à la gare voiture, soit disant qu’on ne sait jamais le départ pourrait bien avoir lieu plus rapidement que prévu. Nous revoilà donc de nouveau en route vers la gare STIF, complètement dans les brumes d’un sommeil interrompu un peu rapidement et allégé de 10.000 CFA pour une nuit de deux heures ! A la gare STIF, rien n’a changé. Les voyageurs en attente sont installés pour dormir, tant bien que mal sur les bancs en bois et par terre. Il ne nous reste pas beaucoup de place pour nous poser, tout juste de quoi nous asseoir. Mais enfin on en n’est plus à cela prêt. L’attente reprend donc et toujours pas de bus en vue., ni de personnel STIF . Par contre le ciel ivoirien nous a réservé une petite surprise. Il se met en effet à pleuvoir et de plus en plus fort. Une pluie comme on en voit souvent en cette saison sous les latitudes tropicales. Heureusement nous sommes à l’abri, du moins c’est ce que nous pensons, jusqu’au moment où à l’extérieure nous voyons le niveau d’eau monter dangereusement. Après plusieurs minutes de déluge, l’eau commence à s’engouffrer dans la gare voiture, malgré les louables efforts des gardiens censés nous protéger contre les bandits et qui se retrouvent à écoper le « navire en perdition ». L’eau, plus que douteuse, chasse donc les dormeurs installés à même le sol et tout le monde se retrouve debout sur les bancs essayant de protéger bagages et autres colis. L’eau monte inexorablement et la pluie de continuer à tomber. Nous commençons sérieusement à envisager le pire et notamment à redouter de bientôt ne plus pouvoir rester au sec. Ce ne serait que la suite logique des événements de ces derniers jours !? Ambiance de catastrophe. Les éléments sont plus forts. Rien ne semble pouvoir arrêter la pluie. Mais non, notre pessimisme est finalement démenti par le ciel. La pluie cesse et la montée des eaux avec. Elle n’aura atteint que 15/20 cm de hauteur dans la gare. L’évacuation de l’eau et le nettoyage (boue et déchets divers) peuvent commencer dans la bonne humeur retrouvée, enfin presque. Cet épisode aura eu au moins un avantage, ils nous aura occupé et fait un peu oublier cette attente qui s’éternise. Jusqu’aux premières lueurs du jour, nous ne verrons aucun employé de STIF, mis à part nos compagnons d’infortune, les gardiens.
Est toujours récompensé qui sait attendre. Telle pourrait être la conclusion de cette épreuve pour les plus philosophes. Pour ma part ce serait plutôt du genre : « et bien, p… c’est pas trop tôt, quelle bande d’enf… ces gens de STIF ». Bref. Un bus est enfin entré dans le parc quasiment 24 heures après notre arrivée. L’info est toujours aussi floue quant à sa destination et à l’heure de son départ, mais « ce ne peut être que le nôtre ». Arrive aussi notre hôtesse STIF qui doit nous accompagner tout au long de notre voyage vers le Togo. Elle nous confirme que le bus en gare est bien le nôtre et c’est déjà pas si mal. Le départ est imminent ! enfin presque. Il faudra quand même attendre encore que les bagages soient chargés, que le chauffeur soit présent pour que, à notre tour, nous commencions à embarquer. Et là surprise. Ce qui, tout au moins je le pensais (quel naïf) devait se passer dans le calme et l’ordre se transforme de nouveau en foire d’empoigne. STIF au travers de ses employés se distingue de nouveau par son incompétence en matière d’organisation. Pourtant les billets sont nominatifs, et il eut été si simple d’appeler les passagers les uns après les autres. Solution beaucoup trop simple semble-t-il. Nos amis de STIF nous regardent donc nous bousculer en nous encourageant même à plus d’ardeur. « Si vous voulez monter, il va falloir pousser » me dit un des gardiens de la nuit qui se tient à la porte du bus. Etant entouré de femmes et d’enfants, j’ai quelques scrupules, mais qui s’effacent assez vite sous la pression physique des uns et des autres. Heureusement Aliou, qui lui n’a pas hésité une seconde, est monté depuis longtemps et quand nous pénétrons enfin dans le véhicule, il nous a réservé deux places. Quelques passagers restent sur le carreau ; visiblement le surbooking est une pratique courante ici aussi. Il faut dire qu’au vu des conditions avant et pendant l’embarquement, les désistements doivent être nombreux. L’essentiel pour nous, c’est que l’épreuve est enfin terminée, le voyage peut se poursuivre. Nous prenons la route de la frontière ghanéenne à travers une forêt dense. Tout se passe très bien tout au long du trajet, y compris aux différents barrages dressés par des hommes en tenue en pleine forêt au milieu de nulle part. A la frontière du Ghana, l’arrêt est un peu plus long. Vérification d’usage des passeports, mais aussi des carnets de vaccination (avec ou sans tout le monde doit payer sauf les blancs), et fouille des bagages en soute. Rien de vraiment extraordinaire donc. Nous traversons le pays sans problème et sans arrêt jusqu’à Accra. Les villes ghanéennes sont comme beaucoup de villes africaines, mais se distinguent par le hérissement d’antennes de télévision qui émergent au dessus des toits des maisons. Pourquoi de façon si systématique et caractéristique, cela reste un mystère pour nous. A Accra nous faisons un arrêt à la gare STIF, où nous retrouvons un bus parti 36 heures avant nous qui est tombé en panne. Les passagers sont donc resté bloqués là deux nuits dans des conditions pour le moins sommaires. Chacun semble prendre son mal en patience. Ainsi vont les voyages en Afrique de l’ouest.
Après environ 8 heures de route à un rythme soutenu, nous approchons de la frontière togolaise. Il faut dire que notre chauffeur n’a pas fait dans la dentelle. Malgré le mauvais état de certaines routes, il n’a à aucun moment relâché la pression sur l’accélérateur faisant le yoyo sur son siège monté sur ressorts. Malheureusement, nous n’avions pas les mêmes fauteuils ! Malgré tout, notre hôtesse de choc nous fait part de son inquiétude de ne pas arriver à temps pour pouvoir passer les douanes. Gloups ! Nous nous voyons déjà en train de bivouaquer au bord de la route avec nos copains les moustiques. Et c’est bien sur, à ce moment là que la panne survient. Dans le dernier village ghanéen avant la frontière, notre chauffeur s’arrête préoccupé. Les freins ne répondent plus normalement. Arrêt au bord de la route, tous les passagers descendent inquiets de cet incident. Le chauffeur sort deux ou trois outils qui constituent sa seule panoplie pour réparer. Il se glisse alors sous le bus et commence à opérer au niveau des freins arrière. Une odeur de caoutchouc brûlé s’échappe de cette partie du bus. Oh, oh, pas normal ça ! Nous prenons une fois de plus notre mal en patience en commençant à envisager avec un peu d’appréhension une nuit dans des conditions délicates !? Après 15, 20 minutes, l’issue semble en vue. Et effectivement 30 minutes après notre arrêt, nous regagnons tous notre place et reprenons la route. Direction la frontière. Enfin elle est en vue et miracle ! elle est encore ouverte. Soulagement général. Après les formalités douanières, sans problèmes particuliers, nous voilà à Lomé Togo.
2ème étape : Lomé La chasse au taxi s’ouvre alors, pour nous suivre à la gare STIF et nous emmener en ville. De nombreux taxi-moto se pressent autour de nous pour nous proposer leur service ne voyant pas nos bagages à nos cotés. S’il pouvait, ils nous tireraient sur leur selle pour nous accompagner là où nous n’allons pas. Tout cela reste cependant très bon enfant. Pendant notre attente, nous observons tout ce qui se passe autour de nous et notamment les « changeurs de monnaie ». Aliou nous explique comment ils arnaquent leur client en pliant en deux les billets dans les liasses. Ils comptent ainsi deux fois le même billet. Détail bon à connaître ! Après quelques minutes, Aliou a réussi à négocier avec un taximan qui est prêt à nous accompagner. Arrivés à la gare STIF, nous sommes vraiment pressés de récupérer nos bagages et d’en finir avec cette compagnie qui nous aura, comme on dit « fatigué ». Mais nos amis de STIF en ont décidé autrement. Ils nous font poireauter plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à ouvrir les soutes. La tension monte, mais tout le monde est tellement fatigué que rien de grave ne se passe. Nous récupérons finalement nos affaires et les chargeons jusqu’à la gueule dans la taxi qui nous a malgré tout attendu. En route pour le centre de Lomé, à la recherche d’un hôtel. Aliou ayant quitté le pays depuis plus de dix ans déjà, nous nous en remettons aux connaissances de notre chauffeur. Nous recherchons un hôtel pas trop cher, mais avec un confort minimum. La fatigue aidant et la nuit étant tombée depuis un bon moment déjà, nous choisissons l’un des premiers établissements auquel le chauffeur nous a accompagné. La nuit est à 10.000 CFA avec climatisation, douche et télévision. Les chambres sont mal foutues et très exiges (quand on allume la clim située juste au-dessus de la tête du lit, on a l’impression d’être entouré d’un régiment de ronfleurs enrhumés) , mais enfin pour une nuit peu importe. Dernière épreuve de la journée, trouver à manger. Nous désignons Aliou pour relever le défi. Sa quête à l’extérieur de l’hôtel ne dure pas longtemps : il revient avec un plat de riz accompagné d’un mélange de légumes peu appétissant. Notre faim s’en trouve soudain fortement diminuée. Nous nous couchons donc le ventre quasi vide et saoulés de fatigue. Le lendemain nous nous rendons au ministère de l’intérieur où je dois faire prolonger mon visa. Nous trouvons difficilement le lieu qui est en fait situé à coté de l’ancienne primature à l’abandon. Les bureaux sont, comme dans beaucoup d’administration d’Afrique, mal équipés (seulement quelques tables et chaises et d’antiques machines à écrire mécanique), mal organisés et beaucoup de personnel qui n’a pas l’air surchargé de boulot. Après quelques hésitations pour trouver le bon bureau, nous arrivons enfin à avoir les renseignements sur les pièces à fournir pour l’obtention du précieux sésame. Il faut des photos d’identité, le passeport, remplir plusieurs fiches et bien sur encore payer. Ce n’est que la troisième fois que l’on me demande de l’argent pour entrer et rester au Togo ?! Malgré les protestations de Aliou qui essaye d’expliquer mon cas et les démarches que nous avons déjà menées, nous devons nous plier aux règles établies. D’ailleurs, la personne que nous avons en face de nous ne semble pas disposée à discuter et se montre même assez cassante. Comme dira Aliou en sortant : « de toute manière ce gars est du Nord (du pays), la région du Président et moi du Sud, on ne peut pas se comprendre ». Nous repartons donc faire les photos, que je n’avais pas prévu, pensant naïvement que le papier délivré par le consul du Togo à Conakry faciliterait la procédure ici. Un aller-retour chez le photographe plus tard, nous arrivons juste à temps avant la fermeture des bureaux. Notre interlocuteur prend quand même mes papiers, tout en me faisant bien comprendre qu’il me fait une faveur car l’heure est dépassée. Peu importe finalement, l’essentiel étant d’avoir des papiers en règle. Nous devons revenir 3 jours plus tard.
En attendant, nous décidons de partir directement pour Vogan, le village natal de Aliou. Après quelques coups de téléphone à certains de ses parents, nous voilà donc de nouveau sur la route en taxi. Nous couvrons la distance qui nous sépare de Vogan sans encombres avec bien sûr quelques arrêts aux différents points de contrôle policier où il s’agit d’expliquer ce que nous venons faire par-là.
3ème étape : Vogan A l’arrivée à Vogan, comme nous en avons pris l’habitude maintenant, nous nous mettons à la recherche de notre logement pour les jours à venir. Après une visite à la maison d’accueil de la Mairie où il n’y a qu’une chambre de libre, nous nous rendons dans un petit hôtel qui nous plait d’emblée : il est propre, calme avec le confort minimum (douche, WC, ventilateur) et possibilité de manger sur place, et tout cela pour un prix raisonnable (6.000 CFA la nuit). Affaire conclue. Il est temps pour nous d’aller rendre visite à la famille de Aliou. L’heure des grandes retrouvailles à sonner. Le fils aventurier qui a quitté son pays depuis plus d’une décennie, revient au village. Il n’a certes pas fait fortune, mais il est tout de même en bonne santé. Nous pénétrons dans la concession familiale après quelques hésitations de la part de Aliou pour reconnaître les lieux. Nous traversons un dédale de bâtisses en terre séchée avant d’entrer dans une petite cour entourée de cases : c’est là que nous rencontrons d’abord des jeunes sœurs de Aliou, puis son frère et enfin sa mère. Les retrouvailles se font dans la joie et la retenue.
On a un peu l’impression que sa mère a du mal à croire ce qu’elle voit et à reconnaître son fils. Il faut dire que physiquement il a bien changé. Il a très nettement prospéré durant son séjour comme l’atteste d’anciennes photos. Pour Aliou, on sent que ses retrouvailles sont un peu pénibles. Revoir sa famille, sa mère, son père, ses frères, sœurs et les nombreux jeunes enfants des uns et des autres qui vivent dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de les aider comme il le souhaiterait, le met visiblement mal à l’aise. Mais que faire ? Après les présentations d’usage, on nous fait asseoir sur des fauteuils sortis d’une des cases. L’échange est un peu difficile car mis à part son jeune frère qui a fait les bancs comme on dit ici pour désigner un élève, personne ne parle couramment français et encore moins poular. De plus toute la maisonnée est surprise par notre arrivée inopinée. Les enfants se rassemblent autour de nous curieux de voir ces étrangers et surtout ce blanc, sans doute le premier à venir s’asseoir parmi eux. Le dialogue se fait donc plus à travers des regards et des mimiques que par des paroles. Après quelques minutes durant lesquelles Aliou a pu échanger des nouvelles avec ses parents, nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain pour partager un repas et nous dirigeons alors vers la ville. En quittant la concession, nous remarquons de multiples traces de sacrifices (fiente de volailles, monticules en terre, ….) qui sont autant de témoins des pratiques vaudou, très courantes dans cette région. Nous croiserons des personnes circulant quasiment nues en ville et des traces de sacrifices en pleine rue, preuve que toute la ville est imprégnée du vaudou. C’est à la fois intriguant et un peu inquiétant. Nous profitons de cette balade pour rendre visite à un vieil ami de Aliou avec lequel il a fait les 400 coups étant jeune. Nous le retrouvons chez lui dans une concession un peu à l’écart du centre ville. Il travaille au « syndicat » qui gère la gare voiture (gare d’où partent tous les taxis et minibus). Cette rencontre est bien sur l’occasion pour les deux vieux amis de se remémorer le passé, pour Aliou d’avoir des nouvelles des uns et des autres, de ses « ex » et de se raconter leur vie durant ces dix dernières années. Au travers de son parcours et de son expérience, nous comprenons mieux la difficulté de vivre à Vogan et trouvons aussi des explications à la morosité qui semble envelopper et peser sur tout le village. Nous nous quittons finalement après être allés boire un coup dans un bar-dancing tristounet, tout en nous donnant rendez-vous au lendemain pour déguster un porcelet grillé, une des spécialités culinaires locales. Après une bonne nuit et une journée juste agrémentée d’une balade dans la ville et d’un repas dans la famille de Aliou, nous nous retrouvons donc le soir à notre hôtel autour du fameux porcelet grillé préparé par l’ami de Aliou. Nous sommes une dizaine, Aliou ayant invité quelques uns de ses amis avec leur copine. Nous passons une soirée agréable sur la terrasse de l’hôtel, même si c’est un peu difficile pour moi et Oumou d’être totalement à l’aise parmi ces vieux amis qui se retrouvent et qui bien souvent parlent dans leur langue. Après deux jours passés à Vogan, il nous tarde de quitter cet endroit vraiment déprimant. Le retour sur Lomé se passe sans trop de problèmes, mis à part un ralentissement du à l’effondrement de la route sous l’effet d’une forte et brutale montée d’une rivière la jouxtant. Nous sommes invités à descendre du taxi, qui passe au ralenti sur le bout d’asphalte encore en place en priant pour que l’eau n’emporte pas tout à ce moment là. La chance est avec nous. Nous traversons à notre tour et remontons en voiture pour la fin du trajet.
4ème étape : Lomé bis Arrivé à Lomé, nous mettons à contribution notre chauffeur du jour pour nous trouver un nouvel hôtel. Il semble bine connaître la ville et nous conduit directement vers un petit hôtel tenu par un couple de français, tout proche du bord de mer dans une ruelle très calme. Nous adoptons aussitôt l’endroit, d’autant plus aisément que le patron nous fait un prix sur le tarif des chambres (6.000 Cfa la nuit par chambre).
Nous occupons avec Oumou une chambre dans une maison située juste à côté de l’hôtel, grande chambre avec ventilateur, une salle de bain à part avec une douche (eau froide uniquement), ce qui est largement suffisant étant donné la température extérieure douce pour le pays mais malgré tout raisonnable (environ 30°). Aliou quant à lui est dans une petite chambre à l’étage de l’hôtel avec douche. Nous nous installons donc et profitons de la fin d’après midi pour découvrir un peu le quartier qui s’avère être assez résidentiel avec dans l’ensemble des baraques occupées par des étrangers. Nous allons faire un tour jusqu’à la plage qui est à 100 mètres de l’hôtel. La mer est superbe, par contre la plage à cet endroit n’est vraiment pas très propre et semble peu entretenue. Il faut dire que la mer est paraît-il très dangereuse et qu’il est impossible de s’y baigner, les superbes rouleaux écumeux en sont un signe. Les gens qui veulent profiter du bord de mer et de l’eau vont plus loin sur la côte. La plage est donc occupée par quelques squatters sous des abris de fortune, par de jeunes fouteux ou par des pêcheurs au filet. Pas de touristes avec serviette et crème solaire et donc peu d’intérêt à nettoyer la plage.
Tout en longeant le bord de mer, nous observons les familles de pêcheurs qui opèrent depuis le rivage. Leur pratique est vraiment très intéressante à suivre. La pêche démarre par l’amarrage d’une extrémité du filet à un cocotier de la plage et par la mise à l’eau d’une pirogue qui doit emmener le filet à quelques encablures du rivage. Cette opération assez dangereuse, du fait des forts courants et des rouleaux impressionnants qui s’abattent avec force et fracas sur le sable, peut être assez longue. Une fois la barrière écumeuse franchie, la pirogue décrit un arc de cercle le plus large possible en mer avant de revenir sur le rivage pour déposer la deuxième extrémité du filet formant ainsi une nasse prenant au piège les poissons tout au moins est-ce le but recherché. A partir de ce moment là, ce sont les hommes à terre qui prennent le relais. Ils s’emparent du cordage ramené à terre par la pirogue et commencent à le haler vers la plage. Cette phase de la pêche demande une importante main d’œuvre composée le plus souvent des membres d’une même famille. Elle nécessite du temps, de la force et de la coordination. En effet, il faut que les 15 ou 20 haleurs voire plus tirent en même temps pour que le résultat soit probant. Souvent les chants rythment ce travail, les femmes restant à côté dans l’espoir de la pêche miraculeuse. De toute manière miraculeuse ou pas, ce sont elles qui s’occuperont du tri des poissons et de la vente sur le marché. Finalement la fin de journée approchant nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous référant au guide du routard, nous nous dirigeons vers le « fifty-fifty ». Nous découvrons un petit resto installé à même le trottoir, avec de grandes tables et des bancs sur lesquels on s’installe en fonction de la place. Une jeune femme vient alors prendre votre commande pour la nourriture suivie d’une autre pour les boissons (chacune son business). Athiéké, khôn, brochettes, poissons, salades de crudités/pâtes, … sont au menu. Rien d’extraordinaire, mais la nourriture est correcte et le service généralement rapide. De plus, le repas est régulièrement agrémenté par de jeunes artistes qui viennent proposer leur animation : le chanteur solitaire avec juste deux morceaux de bois pour rythmer son chant (Moustique, moustique si tu me piques , …), le groupe de ghanéens qui jouent du reggae avec force djimbé, marakass, … et dont le leader fait des tours de passe-passe, … Un coin sympa où il y a toujours du monde. Malheureusement les animations ne se renouvellent pas beaucoup. Alors au bout de trois ou quatre fois, ça devient un peu saoûlant. Nous revenons assez tôt à l’hôtel et entamons donc une partie de cartes sur la terrasse de l’hôtel avant d’aller nous coucher. Cela nous donne l’occasion d’un peu mieux connaître la clientèle de l’établissement. Elle est essentiellement composée de coopérants étrangers qui trouvent là une cuisine européenne (le cuisinier est d’ailleurs français ), une ambiance familiale et la possibilité de venir taper le carton. Un bon nombre de ces clients sont visiblement des habitués et des vieux briscards de l’Afrique accompagnés comme il se doit de jeunes et jolies « autochtones ». En discutant un peu avec le patron de l’hôtel, nous apprenons qu’il a eu l’occasion de venir en Guinée quelques années plus tôt pour récupérer un véhicule. Cette expérience lui a laissé un souvenir plutôt mitigé voire carrément négatif, notamment à cause des problèmes administratifs qu’il a rencontrés et des nombreux pots de vin qu’il a dû verser. Cette impression peu favorable sur la Guin2e nous sera confirmée quelques jours plus tard au Burkina Faso. La Guinée est semble-t-il considéré comme un pays à part, peu attractif pour des personnes ayant vécues dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il faudra certainement encore de nombreuses années avant que ces a priori négatifs soient effacés, même s’il est vrai que la Guinée a déjà commencé à évoluer depuis la mort de Sékou Touré. Mais que de chemin à parcourir encore pour changer les mentalités.
Le lendemain matin, nous nous rendons au ministère pour récupérer mon visa, ce qui se fait sans difficultés, puis nous nous mettons à la recherche de l’office de tourisme qui est mentionné sur le Routard. Après de vaines recherches (il semble s’être volatilisé de même que les touristes !), nous reprenons la direction de l’hôtel , où nous devons retrouver l’un des frères de Aliou qui vit à Lomé. En route, nous croisons des groupes de motocyclistes euphoriques qui laissent éclater leur joie. Nous comprenons assez rapidement grâce à Aliou la cause de cette liesse populaire : on annonce le retour tant attendu de Gilchrist Olympio dans la capitale togolaise (il est l’un des plus farouches opposants de régime et s’est expatrié au Ghana suite à une tentative d’assassinat dont il a réchappé par miracle) pour participer à une table ronde pouvoir-opposition. L’effervescence monte dans la capitale. En nous rapprochant de l’hôtel, nous constatons qu’une grande foule se dirige vers la frontière toute proche pour accueillir l’opposant. Parallèlement se met en place un quadrillage policier très strict du quartier. Nous décidons donc de rester à l’hôtel en attendant de voir ce qui va se passer. Finalement après plusieurs heures d’incertitudes, on apprend que Mr Olympio a renoncé à rentrer à Lomé car il n’a pu obtenir toutes les garanties qu’il souhaitait pour sa sécurité. Le reflux de la foule se fait dans le calme et sans incidents, et la chappe de plomb qui nous semble peser sur la ville depuis notre arrivée, retombe.
Entre-temps nous avons retrouvé le jeune frère de Aliou qui est professeur dans un lycée privé protestant. Il est venu avec sa fiancé, qui est commerçante. Elle vend des fripes au marché. Ils sont tous deux très croyants et semblent très engagés dans leur église, une des nombreuses présentes dans ce pays.. Aliou profite de l’occasion pour demander à sa future belle sœur de bien vouloir nous préparer nos repas de midi. Elle accepte très volontiers, mais avait-elle vraiment le choix. Comme nous dira plus tard Aliou : « elle ne pouvait pas me refuser en tant que future femme de mon frère ! » Et oui, ainsi vont les mentalités qui ont beaucoup de mal à évoluer pour ce qui est de la considération des femmes dans ces sociétés. Dire merci serait quasiment une injure enfin du point de vue de Aliou tout au moins. Rendez-vous est pris pour le lendemain midi. Je dois dire que je suis un peu gêné notamment du fait qu’elle habite à l’autre bout de la ville et que pour nous préparer ces repas elle va devoir laisser sa table au marché. Mais je suis assez mal placé pour dire ce que j’en pense, même s’il est vrai c’est moi qui donne l’argent pour acheter le nécessaire. Aliou de toute manière ne me demande pas mon avis. Nous avons opté pour de grosses crevettes roses avec du riz pour le lendemain. L’après-midi, nous allons nous promener dans le quartier des artisans et du marché. Nous y découvrons un artisanat assez varié, venant pour beaucoup ou tout au moins originaire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal, …).
Nous trouvons des colliers de perles, des sculptures et autres objets en bois (awalés), de nombreux djimbés, des objets en cuir et en argent dont les spécialistes sont les touaregs, des batiks venant du Burkina. Cette promenade est l’occasion de discuter un peu avec les artisans ou tout au moins les vendeurs d’artisanat, notamment un peul sénégalais avec lequel Oumou échange quelques mots de poular. Nous n’achetons rien mais promettons de revenir un autre jour en amenant les exemplaires de tissus guinéens. Nous poursuivons notre balade dans le grand marché de Lomé. Nous retrouvons cette ambiance toujours aussi animée des grands marchés africains avec une profusion de produits bien souvent de qualité médiocre mais à des prix défiants toute concurrence et notamment de pâles copies de produits de luxe étrangers (copie de Lacoste, jeans, montres de toutes marques, …). Merci les Chinois ! Quant à la foule compacte et bruyante, elle est bien présente et un peu oppressante. Nous décidons finalement de rentrer vers l’hôtel en empruntant un mode de locomotion très usité ici : le mototaxi. Nous cherchons donc trois motos pour nous ramener. L’attente n’est pas longue et nous enfourchons donc chacun une moto, direction le Galion. Ce mode de transport est plutôt sympa, même si pas toujours très rassurant selon le chauffeur et la circulation. Il faut bien dire que parfois, on serre les fesses !
Le soir, nous décidons de rester à l’hôtel et de prendre un repas « à la française ». Le choix de la carte de l’hôtel est assez varié pour des prix certes un peu élevé mais enfin, au diable l’avarice. Nous ne regrettons pas ce petit repas ponctué par une vraie glace à la vanille et au chocolat. Nous finissons cette soirée par une longue partie de cartes durant laquelle Aliou nous annonce qu’il doit repartir le lendemain vers Vogan pour quelques jours et nous demande de l’accompagner. Il faut bien dire que nous ne sommes pas très chauds après notre premier séjour. Il partira donc seul. Il retourne dans son village avec un objectif bien précis : celui de se procurer une protection pour pouvoir revenir à Dalaba sans crainte et prêt à affronter d’éventuels ennemis. Il est très important pour lui de ne pas revenir comme cela en Guinée, sans une protection contre ses adversaires et un moyen de les écarter, définitivement s’il le faut. Nous ne saurons jamais exactement en quoi consiste cette protection sauf qu’il doit aller le chercher dans le village natal de sa mère dans les environs de Vogan et qu’il lui faudra plusieurs jours pour l’obtenir. Devant sa détermination, je dois dire que je suis assez impressionné même si pas très convaincu de l’efficacité d’une telle démarche. Mais ce n’est pas le plus important. Pour lui cette démarche est quasiment une question de vie ou de mort, elle doit lui permettre de montrer à ses ennemis qui est Aliou, la supériorité des ressortissants de Vogan. Même si on n’en a pas encore vraiment discuté dans les détails à ce moment là, l’idée de revenir tous ensemble vers la Guinée est acquis depuis plusieurs jours. Nos grands projets de nous installer au Togo pour travailler et nous lancer dans une nouvelle aventure sont déjà oubliés. Il faut dire que les signes positifs pouvant nous inciter à pousser plus loin dans cette voie sont quasi inexistants. Oumou et moi, nous profiterons donc des deux jours à venir pour mettre au point notre voyage de retour. Dès le lendemain, nous allons au centre ville pour acheter le guide du routard Afrique Noire, que nous avons bien du mal à trouver d’ailleurs. Nous cherchons également l’ambassade du Burkina-Faso et du Mali pour connaître les démarches à suivre pour obtenir des visas pour moi afin de pouvoir traverser ces pays dans notre voyage retour. En effet nous envisageons de prendre la route du Burkina en nous arrêtant à Ouagadougou, de poursuivre vers le Mali et de rentrer en Guinée par le nord-est. Nous apprenons alors que le Burkina est représenté à Lomé par la France. Quant au Mali, il n’a plus de représentant officiel ici. Nous engageons donc les démarches au consulat de France. J’obtiens sans problème mon visa en 24 heures. Pour le visa Mali, nous ne pourrons l’obtenir qu’à Ouagadougou. Nous sommes donc quasiment prêts pour partir en direction du Nord vers le Burkina. Aliou doit, dès son retour du village, se renseigner sur les bus à destination de Ouaga. Nous mettons à profit le temps qu’il nous este en attendant le retour de Aliou, pour retourner au marché voir ce que l’on appelle ici les « plaqués » (bijoux en plaqué or, venant du Bénin voisin). Les prix sont très intéressants comparativement à Conakry et nous envisageons donc d’en acheter pour les revendre en Guinée, notamment Aliou qui à ce point du voyage est d éjà à sec financièrement. Nous traversons aussi le marché des féticheurs : un vrai capharnaüm où se mêlent gris-gris de toutes sortes, têtes de singes, peaux diverses et variées, poudres « magiques », … A vrai dire on n’a pas vraiment envie de s’attarder dans cet endroit pourtant tout à fait typique. Nous profitons de cette visite sur le marché pour essayer de trouver des amateurs pour nos tissus « made in Guinée ». Mais les commerçants sont peu intéressés par nos bandes de tissus d’un seul tenant , qui ne sont même pas cousues en pagne. Et puis nous sommes au pays des mama benz, alors les tissus ici on connaît. Nos échantillons n’ayant rien d’extraordinaires par rapport à ce qu’on peut trouver sur place, si ce n’est l’originalité de leur couleur et des motifs, nous ne trouvons pas d’amateurs. On nous conseille seulement de les faire coudre en pagnes pour augmenter nos chances de les vendre. Ce que nous faisons sur place dans le marché des féticheurs où nous trouvons grâce à notre « guide » un tailleur.
Malgré tous nos efforts, nous ne trouverons pas d’amateurs pour nos échantillons d’artisanat guinéen que nous ramènerons jusqu’à Dalaba. On ne s’improvise pas commerçant ! Nous repassons voir les vendeurs d’artisanat pour acheter quelques objets (une broche en argent, un awélé, des colliers et boucles d’oreilles en terre cuite, …) pour faire des cadeaux à notre retour. Chez le vendeur sénégalais, nous réussissons en fin de compte à échanger un de nos tissus contre l’awélé. En voilà un au moins qui ne repartira pas au pays. Mais que ce fut dur ! Durant notre visite du marché, nous découvrons un petit restau tenu par des guinéens et notamment une femme peule qui en est la patronne. L’occasion est trop belle. Nous nous arrêtons pour manger une sauce arachide avec du poisson. Les plats sont corrects et à des prix raisonnables. 24 heures plus tard , Aliou revient de son village où il n’a pu obtenir que partiellement les protections qu’il recherchait. Il lui aurait fallu rester plus longtemps sur place pour avoir la « panoplie » complète. Il semble déçu mais prêt à repartir à Dalaba pour se réinstaller, confiant malgré tout dans ses nouvelles protections. Concernant notre voyage de retour, il a obtenu les informations que nous recherchions pour les cars partant vers le Burkina. La gare est située à proximité du domicile du frère de Aliou. Les départs ont lieu chaque jour tout au moins officiellement . Nous décidons de ne pas prolonger notre séjour à Lomé et de prendre si possible la route dès le lendemain avec l’idée d’atteindre le plus rapidement possible Ouagadougou. Malheureusement, nous n’avons pas le temps et surtout les moyens de nous arrêter pour visiter un peu le Togo, qui présente pourtant une certaine diversité géographique et quelques sites intéressants. Ce sera pour une autre fois !?! Le lendemain, fin prêts, nous partons vers la gare voiture avec tout notre chargement, qui s’est cependant un peu réduit, Aliou ayant laissé pas mal d’affaies à sa famille. C’est surtout moi qui suis un peu « chargé » avec ma valise, mon sac de voyage, mon ordinateur portable, et surtout l’équivalent de 15.000 francs français sous différentes formes (chèques voyage, dollars, francs CFA et francs français) qui vont peser très lourd dans mes poches durant les étapes entre le Togo et le Burkina et entre le Mali et la Guinée. Arrivés à la gare voiture, nous prenons nos billets, confiants dans notre départ rapide, et nous nous installons sur des bancs dans l’attente que l’on nous appelle pour le départ. Nous déchantons assez rapidement. La valse des mini-bus et autres cars est permanente, mais malheureusement celui qui doit nous emmener ne se présente toujours pas. Et bien sûr, il est impossible d’avoir des renseignements précis. Il faut dire que le principe reste toujours le même : tant que le bus n’est pas plein, pas de départ ! A ce jeu là, l’attente peut s’avérer assez longue. En fait tout se passe comme d’habitude !Rien de très surprenant , mais c’est vrai que c’est un peu usant à force. Nous passons donc la journée dans l’attente d’un hypothétique départ, nous demandant même si nous n’allons pas passer la nuit sur place. Notre bus est semble-t-il arrivé depuis le milieu de l’après-midi. C’est en tout cas l’information qui circule. Enfin après plus de 8 heures d’attente, le chargement des bagages commence et l’espoir renaît. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Sans trop savoir pourquoi, l’attente se prolonge. Certainement que la compagnie espère des clients de dernière minute. Nous partons finalement à la nuit tombée. Le car est dans un état correct, mais pas très confortable pour passer la nuit. En fait c’est un vieux bus de transport en commun de ville. Il est donc notamment impossible d’appuyer sa tête pour éventuellement dormir, sauf sur une barre de fer. On fait plus confortable. Mais bon l’essentiel au stade où nous en sommes est de partir et peu importe dans quel état nous arriverons. Toute la nuit nous roulons vers le Nord en direction de la frontière avec le Burkina. Malheureusement nous ne profitons donc pas des paysages togolais, notamment vers le Nord beaucoup plus accidenté qu’au Sud. Arrivé à la frontière, au petit matin, nous devons tous descendre du bus pour les formalités de passage de la frontière. Une grosse pluie s’abat sur nous juste à ce moment là, histoire de nous réveiller ou plutôt de nous éviter de somnoler. Une de ces grosses pluie bien dense qui vous trempe en quelques secondes mais qui ne dure pas. Au poste de douane, tout se passe bien avec comme bien souvent quelques passagers rackettés pour défaut de carnet de vaccination. Et oui ce carnet jaune est une aubaine pour tous les douaniers aux frontières : il leur procure des revenus complémentaires faciles ! Comme quoi, on ne soupçonne pas toujours les conséquences de mesures à priori positives mais inadaptée aux réalités locales. Quant à moi, j’ai toujours quelques palpitations à l’idée qu’un douanier trop zélé découvre mon ordinateur et me demande des papiers de passage en douane. A vrai dire je n’en ai aucun qui soit en règle ayant fait rentré l’ordinateur en Guinée sans aucune déclaration. Cela pourrait me créer quelques problèmes et surtout quelques billets ! Mais c’est la quatrième frontière que nous traversons et jusque là pas de douanier trop zélé ! A la sortie des bureaux de la douane, surprise ! le bus a traversé la frontière sans nous attendre et il se trouve à plus de 500 mètres. Sympa, alors que la pluie redouble de violence. Le voyageur est vraiment traité à peine mieux qu’une marchandise dans ce genre de compagnie. Le client roi ! Ca veut dire quoi d’abord ? Il faut dire aussi que le prix du transport est peu élevé. Ceci explique sans doute en partie cela. Mais quand même ! Nous attendons donc une peu que la pluie veuille bien se calmer avant de nous lancer à la poursuite de notre véhicule en pataugeant allégrement dans les flaques de boue latéritique. De nouveau à bord, un peu humide et après avoir acheté quelques bricoles pour manger, nous poursuivons la route, direction le poste frontière burkinabé. C’es dans cette portion du trajet que nous entendons parler avec une certaine angoisse des coupeurs de route qui dévalisent les voyageurs. Ils profitent souvent de la proximité des frontières pour réaliser leur méfait et pouvoir plus facilement échapper aux poursuites enfin très hypothétiques poursuites. Parmi les passagers, se trouvent notamment plusieurs femmes commerçantes qui ont l’habitude de faire ce parcours entre Togo et Burkina. Elles évoquent les mésaventures d’autres voyageurs qui ont eu à croiser la route de bandits sur la route et qui ont tout perdu lors de ces malencontreuses rencontres. Mais disent-elles, ils, les coupeurs de route, s’attaquent plus volontiers à une autre compagnie de transport plus « luxueuse », qui est plus fréquentée par les commerçantes ; sous entendu avec notre compagnie les risques sont moins grands. Il n’en reste pas moins que ces histoires font monter la tension d’un cran dans le bus. Pour ce qui me concerne , je dois dire que je ne me sens vraiment pas très à l’aise avec mon ordinateur portable sur les genoux et ma ceinture ventrale pleine de devises. Je me surprends à regarder beaucoup plus fréquemment à l’extérieur du bus comme si j’allais ainsi écarter toute mauvaise rencontre. Bref ! il fallait bien rajouter un peu de piment à ce voyage un peu trop tranquille, pépère. Nous poursuivons malgré tout notre route vers Ouaga que nous atteignons à la nuit tombée sous une averse. Rien d’étonnant nous sommes en pleine saison des pluies.
5ème étape : Ouagadougou Comme nous en avons maintenant l’habitude , il s’agit pour nous de trouver un hôtel pour passer la nuit. La consultation du guide du routard, nous a permis d’avoir quelques adresses. Reste à aller voir sur place. Nous trouvons assez facilement un taxi et commençons notre tournée des « grands hôtels » de Ouagadougou. Les 2 ou 3 premiers que nous visitons sont vraiment pas très attirants, notamment un qui ressemble plus à un bouge qu’à autre chose.
Finalement fatigués et le taximan perdant patience, nous choisissons un hôtel, l’hôtel Belle vue, un peu au-dessus de nos moyens en se disant que le lendemain nous aurons tout loisir de trouver un endroit plus adapté à nos moyens et à nos souhaits. Nous passons une nuit sans histoire, enfin presque. Toute la soirée et jusqu’à une heure assez avancée de la nuit nous profitons du poste de télévision qui est allumé dans le hall d’entrée, le son au maximum. Suivre un film grâce à sa bande son uniquement ce n’est vraiment pas terrible. Enfin au petit matin, sans même prendre un petit déjeuner nous quittons l’hôtel laissant nos bagages sur place pour partir à la recherche d’un autre lieu de villégiature. Nous trouvons un taxi pour nous emmener dans les quartiers Nord de la ville. D’après le guide du routard, plusieurs bonnes adresses y sont regroupées. Nous commençons par le « Pavillon vert ».
L’hôtel est charmant et très animé. On entre dans un grand patio avec terrasse, kiosque d’artisanat et beaucoup de verdure. La première impression est vraiment sympa. Malheureusement nous déchantons très vite : l’hôtel est plein, pas même une chambre pour trois. Les gérants nous orientent alors vers un établissement tout proche tenu par un Suisse : « Le Dapoore ». Nous y trouvons une chambre pour nous trois, l’une des dernières, avec une douche. L’endroit est moins convivial que le « Pavillon vert », mais il est propre et calme, avec un restaurant couvert d’un toit en paille qui nous rappelle les cases du Fouta. Nous repartons donc vers le centre ville pour récupérer nos bagages et découvrir un peu la capitale du Burkina-Faso. La ville est très sympa avec de grandes avenues bordées d’arbres, de grands carrefours occupés de fontaine hors service. La plupart des maisons sont construites sur un niveau. Les routes sont le domaine des deux roues ou presque. Une vraie ville sahélienne qui a bien des égards me fait penser à N’Djamena. De retour dans les quartiers Nord, nous nous installons dans notre chambre du Dapoore. Nous profitons de la fin d’après midi pour marcher un peu dans le quartier et chercher un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous découvrons notamment un petit restau tenu par des togolais dans lequel nous mangeons un poulet yassa. Le lendemain, le programme est chargé : nous devons tout d’abord trouver un moyen de nous rendre à Bamako. Plusieurs sociétés de bus existent dont certaines sont référencées dans le guide du routard. Le problème est d’arriver à trouver celle qui voyage sur Bamako et surtout le jour et l’heure (enfin au moins approximative !) du départ. La première où nous nous rendons n’a pas de départ prévu dans les jours à venir. On nous renvoie vers une autre société. Mais quant à savoir comment la trouver en ville, dur, dur. Finalement avec beaucoup de patience et un peu de chance nous trouvons un taxi pour nous amener à bon port. Après prise de renseignements dans la cour auprès de différentes personnes, on nous annonce un départ pour le lendemain matin à 6 heure. Parfait, c’est tout à fait ce qu’il nous faut, mais pas de vente de billets à l’avance. Dans l’enceinte du parc, de nombreuses personnes sont installées comme pour un bivouac à même le sol avec tous leurs bagages et cela nous inquiète un peu, mais enfin cela n’a rien de très exceptionnel. Nous repartons donc relativement confiant, rendez-vous est pris pour le lendemain matin vers 5 h 30. Le problème du transport réglé, reste celui de mon visa pour le Mali. Heureusement nous avons l’adresse et le numéro de téléphone de l’ambassade sur le guide du routard (que ferions nous sans lui !?). Nous prenons donc d’abord des renseignements par téléphone pour connaître les modalités de délivrance des visas de transit. Et là bonne surprise, on nous informe que le visa peut être délivré dans les deux heures après le dépôt du dossier. Incrédule, nous nous rendons à l’ambassade. Nous y trouvons un groupe de touristes américains qui attendent leur visa. Moyennant un formulaire à remplir, 20.000 CFA et 2 photos, on me délivre en à peine deux heures de temps un visa en bonne et due forme. Comme quoi avec un peu de volonté politique motivée par un intérêt économique bien compris, l’organisation suit. Soulagés de nous être sorti rapidement de ces différentes démarches, nous nous réjouissons de pouvoir aller faire tranquillement le tour du marché central, du centre artisanal de Ouaga. Notre premier arrêt nous permet d’apprécier la grande diversité et la qualité de l’artisanat local. Le centre artisanal est un modèle du genre avec une boutique principale où est vendue la palette des différents produits réalisés dans les ateliers situés juste à côté. On peut donc apprécier à la fois les produits et les techniques de fabrication, discuter avec les artisans au travail. Une visite très enrichissante pour nous touristes et très instructive quant à l’approche du client/visiteur. On mesure mieux tout le travail qui est à faire à Dalaba. Nous traversons tout d’abord la boutique, très bien achalandée pour trouver quelques souvenirs, mais aussi des idées d’objets qui pourraient être réalisés à Dalaba avec les techniques locales. Nous achetons notamment des petites broches faites en calebasse, des pendentifs « djimbé ». Nous passons ensuite dans les différents ateliers : les sculpteurs, les artisans du bronze, les fabricants de balafons et de djimbés, les artistes du batik, etc. Auprès de ces derniers, nous nous attardons un peu plus pour avoir des détails sur le processus de fabrication et nous leur achetons deux « toiles » , non sans avoir, bien sûr, négocié le prix. Nous repartons enchanté par notre visite. Autour du centre de nombreuses échoppes proposent toute sorte de produits artisanaux. Les commerçants nous hèlent gentiment pour nous vendre qui un sac en tissu, qui un djimbé, etc. Nous finissons par acheter quelques cartes peintes à la main avant de repartir en direction du marché central. Au marché, nous cherchons d’abord le secteur des tissus, car nous ne désespérons pas de trouver un acquéreur pour nos tissus « made in Guinée ». Nous arpentons les allées, sans très bien savoir comment nous orienter. Mais peu importe, nous découvrons un marché bien organisé où il est agréable de se promener. Nous n’arrivons pas à placer notre marchandise, mais nous trouvons des ensembles baye fall assez sympas. Finalement la fatigue et la faim nous poussent hors du marché. Y’a un temps pour tout ! Nous regagnons notre quartier nord et notre « petit chalet savoyard ». Après une sieste bien méritée, nous profitons de la fin de journée et d’une température extérieure plus clémente pour aller nous promener à pied dans le quartier. Nous retournons au Pavillon vert pour boire un coca frais. Nous profitons de l’occasion pour proposer aux employées du bar restaurant les plaqués or achetés à Lomé. Pour une fois, nous trouvons des clientes intéressées. Malheureusement, elles ne peuvent payer cash. Nos rêves de bonnes affaires s’envolent donc. Quant à moi, j’ai repéré un batik qui orne le devant du kiosque de produits artisanaux et je m’approche du vendeur pour engager la négociation. A vrai dire je suis prêt à payer le prix qu’il veut mais l’habitude aidant j’essaye de gagner quelques CFA. J’emporte la partie pour 9.000 CFA, très content de mon achat. De retour au restau de notre hôtel, nous nous offrons un petit extra en dînant sur place. Notre dernier vrai repas sur le sol burkinabé. Le lendemain, nous reprenons la route. Nous prenons donc rendez-vous avec un taximan pour 5 heure du matin, pas très sûr de le voir respecter son engagement. Quelques heures plus tard, sur le pied de guerre, nous sortons du Dapoore. Surprise le taxi nous attend. Nous embarquons, avec quelques difficultés pour entrer tous nos bagages et nous-même, direction la gare routière. Sur place, pas de départ en vue et pas d’informations très précises. Nous prenons malgré tout un petit déjeuner sur le bord de la route dans la poussière et les gaz d’échappement en attendant de voir. Au menu lait concentré sucré dilué dans de l’eau avec café, pain baguette caoutchouc et mayonnaise pour les amateurs. « Le pain sec c’est bon, merci !» Après ces agapes, nous nous remettons en quête d’informations. Après avoir interrogé diverses personnes, il nous faut nous rendre à l’évidence : pas de départ pour Bamako aujourd’hui. Cependant on nous indique une autre compagnie susceptible de voyager le jour même. Il nous faut nous rendre dans un autre quartier de Ouaga assez distant pour vérifier cette hypothèse. Et c’est reparti : il nous faut trouver un taxi qui connaisse le lieu et qui puisse charger tous nos bagages et nous-mêmes, négocier le prix et espérer … Quelques embouteillages plus tard, nous arrivons sur une autre gare routière ou en tout cas ce qui en tient lieu. Renseignement pris, un départ est imminent … ou presque. Nous payons nos billets et patientons sur un vieux banc en bois carrément bancal et surtout sous un soleil qui commence à taper sérieusement. Cette attente nous permet d’observer des réparateurs de deux roues qui ont leur atelier juste à côté : le système D au service de la mécanique. Enfin le départ est annoncé et notre bus avancé. Désillusion, ce n’est pas le beau bus qui trônait à l’entrée du parc mais un vieux car en fin de vie qui pétarade et crache de gros nuages noirs. De toute façon, comme qui dirait, nous n’avons pas le choix.
La route de Ouaga à Bobo-Dioulasso est certes goudronnée, mais elle est également parsemée de nids de poule. Dans un quatre-quatre bien amorti avec un chauffeur attentif et prudent, ça ne pose pas trop de problèmes. Mais prenez un vieux car, bondé, muni d’amortisseurs sans doute d’origine (mais peut-être étaient-ils en option sur ce modèle ?), mettez au volant un « Fangio » revu et corrigé mode Burkinabé genre je fonce et advienne ce que Dieu décidera ; et vous pourrez imaginer la promenade de santé ?!? Nos appels répétés à l’adresse du chauffeur pour le faire ralentir ou tout au moins pour qu’il prenne en pitié nos dos n’aura eu aucun effet.
6ème étape : Bobo-Dioulasso Nous arrivons donc à Bobo-Dioulasso complètement fourbus, mais contents d’être arrivés entiers Quoique. Au départ de Ouaga, nous avions acheté des billets Ouaga-Bamako. Nous pensions donc légitimement poursuivre notre route vers la frontière malienne, après une petite pause réparatrice. L’après-midi étant déjà bien avancée, ils nous semblaient important de ne pas trop traîner pour passer la frontière avant la nuit. La pause se prolongeant, nous essayons d’avoir des informations sur la suite de notre voyage. Quand repart-on ? Pourra-t-on passer au Mali aujourd’hui ? Nous obtenons des demies réponses peu satisfaisantes, mais il faut bien s’en contenter. Finalement, un mini bus vient nous prendre à la gare et nous emmène quelques kilomètres plus loin sur une grande artère de Bobo. Notre chauffeur s’arrête sous quelques manguiers et nous invite à descendre. Un banc en bois, modèle de base largement répandu dans la sous-région, d’un confort plus que sommaire nous est proposé pour nous reposer et patienter en attendant un éventuel départ. L’attente commence. Les heures passent. Nous passons du banc à une natte qui nous a été gentiment installée à proximité. Le soleil se couche. Toujours aucun signe d’un départ prochain. Il paraît que nous attendons un (ou deux, selon ! ) passager pour pouvoir partir. En fait le chauffeur ne veut pas prendre la route tant que son minibus n’est pas rempli. Et quand je dis rempli, c’est rempli ! 11 passagers plus le chauffeur et les bagages pour un véhicule prévu pour 7 à 8 personnes avec un confort correct. Oublié donc le confort. Les sardines sont battues !?! L’attente devenant vraiment longue et les moustiques de plus en plus nombreux, nous nous abritons dans un bus garé à proximité et essayons tant bien que mal de dormir plié en quatre sur deux fauteuils. Malheureusement les moustiques eux n’ont pas décidé d’aller se coucher et ils nous « divertissent » de leur ronde de nuit. Une fois de plus c’est quand on ne l’attend plus vraiment que le départ est annoncé. Il fait nuit noire et les derniers passagers ont surgi soudain de nulle part. Mystère. Le temps de tous nous « encastrer » dans le véhicule et nous voilà sur la route, direction la frontière. Nous nous engageons rapidement sur une piste en pleine brousse. Tout au moins le devine-t-on car la nuit est très sombre. Après quelques heures de voyage sans soucis, nous nous arrêtons au beau milieu de la brousse. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. A quelques mètres devant nous, une barrière en bois et une casemate, à peine éclairée par une lampe à pétrole où somnole le douanier en chef, nous indique que nous sommes arrivés au poste de douane. Chaque passager est contrôlé et doit s’acquitter d’un « droit de passage » déguisé. En fait le chef de poste réclame à chacun 1000 CFA pour cause de non-vaccination contre la fièvre jaune, carnet de vaccination en règle ou pas. Le règne de l’arbitraire et de l’argent. Pour ce qui me concerne, touriste étranger en voyage au Mali, je suis exonéré de cette taxe. Il semble que la sensibilisation par rapport aux touristes ait porté au moins partiellement ses fruits En attendant, une de nos passagères visiblement anglophone et sans papier, qui est restée dissimulée au fond du bus, réussit à passer la frontière certes un peu inquiète d’être découverte, mais finalement sans ennuis. Nous filons droit sur Sikasso que nous atteignons après 6h30 de voyage. Nous débarquons dans une gare voiture et encore une foi nous comprenons que nous allons devoir changer de véhicule. Nous mettons à profit ce nouvel intermède pour prendre un petit déjeuner dans un café à ciel ouvert, tenu par un Guinéen. Café, lait concentré sucré, eau pour la boisson, pain et mayonnaise ou margarine pour la nourriture. Décidément, ce sera pain nature merci. Entre temps un bus grand luxe est arrivé et le départ pour Bamako semble vouloir s’organiser assez rapidement. Et effectivement après un délai raisonnable pour le chargement des bagages et des passagers appelés les uns après les autres (comme quoi l’organisation est juste une question de volonté), nous prenons la route de Bamako. 6 heures de route sans problème durant lesquelles nous suivons un film sur l’écran télé installé à l’avant du bus. Et oui incroyable, il fonctionne. L’arrivée à Bamako se fait sous une grosse pluie d’orage.
7ème étape : Bamako, ses faubourgs Nous apercevons la ville depuis une hauteur. Nous n’en verrons pas plus. Nous prenons aussitôt arrivé la direction de la gare voiture pour la Guinée. Notre taxi nous dépose à l’extérieur de la gare car elle est noyée sous l’eau et inaccessible pour une petite voiture.
Nous trouvons malgré tout assez rapidement un véhicule qui doit partir pour la frontière guinéenne. C’est ce qu’on appelle un « bâché », c’est à dire un véhicule avec une cabine de 3 ou 4 places et une benne arrière aménagée sommairement avec des bancs et couverte d’une bâche où l’on entasse comme du bétail entre quinze et vingt personnes. Les bagages et autres animaux (poules, moutons, etc.) sont amarrés sur la bâche.
Le scénario habituel se répète une nouvelle fois : on va bientôt partir, il nous manque juste un passager pour être au complet, etc., etc. . La fin de journée approchant à grands pas, nos futurs compagnons de route s’inquiètent un peu. Il semble que la route ne soit pas très sure et que les coupeurs de route, encore eux, affectionnent particulièrement ce tronçon. Parmi eux, un jeune d’une vingtaine d’années en rajoute même et finit par vraiment nous inquiéter. Il ne nous reste plus qu’à espérer un départ rapide ou le report du départ au lendemain. Mais la chance nous sourit, enfin si l’on peut dire. Nous sommes au complet et le départ s’organise un peu avant la tombée de la nuit. Nous nous installons tant bien que mal dans la benne en essayant de garder des places le plus possible à l’air libre, vers l’arrière du véhicule. Le plus délicat dans l’opération est d’arriver à se caler les uns par rapport aux autres car nous avons tous un vis-à-vis avec lequel il faut s’entendre pour placer ses genoux. Une fois tous montés à bord plus personne ne peut bouger. Et en fait, comme nous le constaterons plus loin sur la piste, ça n’est pas plus mal ainsi. Le véhicule s’ébranle finalement. Ca relève du miracle vu la surcharge, mais bon ainsi va le transport en commun dans la région : A la grâce de Dieu !
Nous nous engageons sur une piste très accidentée, en pleine brousse. Très rapidement on a l’impression d’être loin de tout et de s’en aller vers nulle part. Cette impression devient vraiment oppressante quand la nuit tombe, noire, brutale. Je me rappelle alors les paroles échangées avant le départ et une nouvelle fois je sers un peu plus contre moi mon ordinateur et ma ceinture ventrale pleine de devises. Le voyage se poursuit cependant au rythme des secousses plus ou moins fortes selon les trous rencontrés, des averses et orages, des arrêts improvisés pour le confort des passagers. On essaye de fermer les yeux en espérant que le sommeil viendra et fera paraître le temps moins long. Mais peine perdue vu les conditions. Prendre notre mal en patience, telle est la bonne devise pour ce trajet. Après 6 heures de piste, nous arrivons à la frontière avec la Guinée.
8ème étape : Kourémalé, frontière Mali-Guinée Nous sommes à Kourémalé, tout au moins le devine-t-on car il fait très sombre et ce n’est pas les quelques rares lampes tempêtes allumées de-ci delà qui nous permettraient d’y voir quelque chose. Les douaniers nous demandent de déposer nos passeports au poste et de venir les rechercher le lendemain matin, une fois qu’ils auront été visés et tamponnés par le chef de poste, qui dort pour le moment. Nous passons donc la barrière frontière et entrons en Guinée. Nous nous préoccupons immédiatement de trouver un endroit pour dormir. Dans ce noir, nous ne sommes pas très optimistes sur nos chances de trouver un lit, mais Aliou fait comme d’habitude en la matière des merveilles. Il nous dégote un « hôtel 4 étoiles ». Nous nous retrouvons pour cause d’économie (un quatre étoiles, c’est pas donné !?!) tous les trois dans une chambre de 6 m² environ avec pour seul mobilier un lit double avec matelas en paille, une bougie et une chaise. Ah j’oubliais un drap recouvre le matelas, quand même. Nous sommes bien contents que l’obscurité ne nous permette pas de voir son état. Et puis, nous sommes vraiment tous les trois épuisés. Nous prenons donc place sur ce lit, tout habillé, en nous mettant dans le sens de la largeur, les jambes pendant dans le vide. La fatigue fait accepter tout et n’importe quoi. Après quelques heures de sommeil, enfin si l’on peut dire, nous nous levons alors que le jour pointe à peine le bout de son nez. Il fait frais et d’autant plus que nous sommes en pleine saison des pluies. Nous nous dirigeons chacun notre tour vers la « salle de bain » tout confort : trois murs en terre plus une tôle et bassine d’eau froide. A 6 heures du matin, réveil garanti. Fin prêts, nous décidons de laisser nos affaires à l’hôtel et d’aller chercher nos passeports ainsi que de quoi remplir nos estomacs. Nous tombons au poste frontière sur un douanier très zélé. Il trouve suspect le document que Aliou lui présente. C’est un laisser-passé établi sur papier à en-tête du consulat du Togo qui est valable pour l’aller retour entre la Guinée et le Togo. Suite à toutes les frontières que nous avons traversées, il est par ailleurs couvert de tampons. Mais non pour l’agent guinéen, il n’est pas valable. Les explications/négociations commencent. Mais Aliou ne lâche pas le morceau et il récupère carte d’identité et laisser-passer sans rien donner. Nous pouvons enfin aller manger. Nous en profitons pour prendre des renseignements pour la suite du voyage vers Siguiri. Nous trouvons des taxis en attente et réservons donc trois places. Le temps d’aller chercher nos affaires à l’hôtel et de régler la note, nous sommes de retour à la gare voiture, où comme toujours le voyage commence par une longue attente. Nous comprenons assez rapidement que pour une fois, la cause de ce retard est indépendante de la volonté du chauffeur ou des passagers. En fait, la route est coupée à la sortie du village par une brusque montée des eaux de la rivière. Le passage des voitures est impossible, tout au moins nous semble-t-il. Les quelques piétons qui s’aventurent dans la rivière ont l’eau qui leur monte jusqu’à l’entrejambe voir jusqu’à la taille. Sur l’autre rive des véhicules arrivent en provenance de Siguiri. Les taxis font descendre leurs passagers avec tous leurs bagages et font demi-tour. L’idéal pour nous serait que l’un d’eux veuillent bien nous attendre pour repartir vers Siguiri. Il suffirait pour cela que nous traversions tous à pied avec nos bagages. Mais les taxis en attente à Kourémalé ne sont pas trop d’accord de perdre leur clientèle, même s’ils voient bien que la situation est bloquée. Notre chauffeur, plus téméraire que les autres ou peut-être parce que sa voiture ne craint pas grand chose, se décide à tenter la traversée des flots. Il organise le déchargement complet de sa 504 familiale, puis il prépare le moteur à une immersion totale : il bouche tous les orifices avec des chiffons, sans oublier le pot d’échappement et le réservoir d’essence. Rapidement la voiture amphibie est prête. Entre temps un quatre-quatre rehaussé avec pot d’échappement au dessus de la cabine a tenté la traversée. Le chauffeur a renoncé voyant l’eau pénétrer dans la cabine par le bas des portes. Notre pilote tout terrain ne se décourage pas pour autant. La traversée se prépare avec le recrutement des pousseurs qui doivent accompagner la voiture dans la rivière pour éviter qu ‘elle ne soit emportée par le courant . Quant à nous, nous sommes invités à traverser à pied. Des jeunes du village se proposent pour faire traverser nos bagages ainsi que les personnes qui le souhaitent contre rémunération. Toute occasion est bonne à saisir dans ce coin perdu, loin de tout. Nous acceptons de bon cœur pour ce qui est des bagages. Aliou et moi-même préférons traverser sur nos propres pieds. Nous enlevons chaussures, chaussettes et pantalon et nous apprêtons à entrer dans l’eau. Oumou, elle est beaucoup moins pressée de se lancer. Mais elle hésite encore entre nous suivre et grimper sur les épaules d’un des passeurs improvisés. Les deux solutions présentent des risques pour elle : d’un coté, elle a très peur de l’eau et du courant, de l’autre l’éventualité d’une chute du haut des épaules de sa « monture » ne la rassure pas trop. Cruel dilemme ! Finalement nous ayant vu traverser devant elle, elle choisit la solution du porteur. La première étape est alors de grimper sur les épaules de son aide. L’opération se passe tant bien que mal avec l’aide d’un troisième acolyte. La traversée peut alors commencer. L’avancée est lente du fait du niveau de l’eau et du courant qui est quand même assez fort. Aussi, quasiment au milieu du cours d’eau, notre jeune porteur a une soudaine inspiration, qui pourrait bien lui permettre de gagner un peu plus : il s’arrête prétextant une trop grande fatigue et déclare vouloir transférer Oumou sur le dos d’un de ses amis pour finir la traversée. Evidemment aussitôt Oumou se met à hurler et lui propose d’augmenter son « salaire » s’il l’amène à bon port. Le stratagème a marché et notre passeur de reprendre la traversée comme si de rien n’était. De nouveau réuni tous les trois avec les autres passagers, nous assistons depuis l’autre rive à la traversée de notre taxi. Elle se fait sans souci majeur même si le capot du moteur émerge à peine de l’eau. Enfin au sec, il s’agit maintenant de vider l’eau qui est à l’intérieur; cette opération se fait « automatiquement » grâce aux trous que la rouille a percés dans la caisse. Pour ce qui est du moteur, l’opération est un peu plus longue. Ses premiers soubresauts sont assez peu encourageants, mais ça ne décourage pas notre chauffeur. Finalement, après un temps d’attente pour l’ « essorage » plus quelques coups de marteau et tours de tournevis, le doux ronronnement du moteur de notre 504 parvient à nos oreilles. Tout est possible, tout est réalisable ! Le départ est proche. Aussitôt les bagages chargés, nous prenons place sur les banquettes détrempées. Mais peu importe, car l’essentiel pour nous est de poursuivre la route, direction : Siguiri.
9ème étape : Vers Mamou et Dalaba La piste est correcte mais sans plus. Il faut dire qu’en saison des pluies toutes les pistes souffrent et de nombreux nids de poule se forment. Un peu plus de deux heures plus tard, nous atteignons Siguiri sans soucis particuliers, le fondement humide. Direction la gare voiture pour trouver le véhicule qui nous amènera jusqu’à Mamou. La fin du voyage approche et nous sommes maintenant tous les trois pressés d’arriver entier à destination. Nous passons quasiment tout l’après-midi à la gare voiture dans l’attente du départ. Nous en profitons pour manger quelques bricoles dont des beignets avec une sauce pimentée. Ce n’est qu’en fin de journée que le départ se dessine. Nous prenons place dans une 505 familiale qui à l’air plutôt correcte. Quelques kilomètres après notre départ, nous nous arrêtons pour prendre deux passagers supplémentaires, la femme et l’enfant du chauffeur qui viennent prendre place à l’avant. Ce qui porte à 5 les passagers avant. La conduite dans ces conditions relève de l’exploit et de l’inconscience portée au-delà de l’imaginable. Mais que dire, que faire ? Nous qui sommes déjà entassés à l’arrière, sans possibilité de bouger, nous n’espérons qu’une chose c’est arriver le plus vite possible et indemne autant que faire se peut. Le voyage se poursuit donc. Allah Akbar ! Soudain un violent orage nous surprend sur la route. Un épais rideau de pluie s’abat sur nous, le ciel est d’un noir d’encre. Rapidement les bas cotés sont transformés en lacs éphémères, mais impressionnants. On voit de l’eau partout et on se demande si l’on roule ou si l’on flotte. Notre chauffeur lui ne semble pas plus perturbé que cela. La visibilité est réduite à quelques mètres et cela d’autant plus que ses essuies-glaces ont une efficacité très relative. Mais il poursuit sa route imperturbable sans lever le pied de l’accélérateur. Le silence est lourd ; tout le monde semble faire des prières pour que l’on reste sur la route, sans rencontrer d’autres véhicules. Après quelques kilomètres dans cette ambiance oppressante enfin la pluie tombe moins fort à l’extérieure. Par contre à l’intérieur, nous sommes soumis à un déluge de gouttelettes, tout au moins certains passagers installés aux mauvaises places ?! Le chauffeur ne s’en émeut pas plus que cela et file toujours plus vite en direction de Mamou. Il fait nuit maintenant. Pour ce qui me concerne cela accroît mon inquiétude car les routes guinéennes de jour ne sont déjà pas très sures, mais alors de nuit ?! avec les voitures dont les « yeux » partent dans tous les sens, voire borgnes ou carrément aveugles. Les croisements entre véhicules sont toujours un moment d’angoisse intense. « Pourvu que ça passe ! ». Quelques kilomètres avant Mamou, nous tombons sur un barrage de militaires, signalé juste par quelques lampes tempête. Autrement dit il n’est vraiment pas très visible. Une corde est tendue en travers de la route sensée arrêter tous les véhicules. Plus dangereux qu’autre chose. Des hommes en tenue contrôlent le chauffeur, son véhicule et les passagers à la lampe torche. Ces barrages sont présents sur toutes les routes de l’intérieure du pays. Officiellement pour éviter l’intrusion de rebelles et accessoirement pour faire de réel contrôle. Mais en fait ils sont surtout un bon moyen pour les hommes en kaki de se faire de l’argent sur le dos des voyageurs et des chauffeurs de taxi. Tout est prétexte pour vous faire payer. C’est d’autant plus facile que chauffeurs et passagers n’ont bien souvent pas tous leur papier. C’est bien sur le cas pour notre chauffeur. Nous sommes donc bloqués au barrage et les discussions s’éternisent. Aliou, notre « avocat » de service essaye d’amadouer les militaires, mais rien à faire. Il faut dire que les chauffeurs de Haute-Guinée ont mauvaise réputation auprès des hommes en tenue car ils leur tiennent tête. La preuve nous en est donné d’ailleurs durant notre halte. Alors que les discussions vont bon train et que nous sommes au bord de la route, un taxi arrive au barrage sans même ralentir et arrache la corde, qui part comme un élastique sur le coté de la route où nous sommes garés. Heureusement notre véhicule est un peu en retrait et la corde part dans le vide. Mais cet incident jette un froid. On est passé très prêt d’un accident. Très rapidement cependant on en revient à notre situation et les palabres, interminables, reprennent. Finalement après un compromis dont nous ne connaîtrons pas tous les éléments, nous sommes autorisés à reprendre la route, direction Mamou centre. Nous atteignons la gare voiture de Mamou alors que l’aube s’annonce tout doucement. La boucle est quasiment bouclée, il ne nous reste plus qu’à trouver un chauffeur pour nous conduire sur les 50 kilomètres nous séparant encore de Dalaba. Par chance nous trouvons un jeune chauffeur de Dalaba qui souhaite rentrer chez lui après un voyage sur Conakry. Nous nous entendons pour partir rapidement sans attendre d’autres passagers.
Nous rentrons à Dalaba au petit matin du 06 Aout 1999, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’ouest : un grand voyage avec tous les ingrédients pour en faire une belle Aventure. Inoubliable !
Tout voyage est une aventure, une entreprise plus ou moins hasardeuse, tout au moins une rupture avec ses habitudes, son quotidien. Tout voyage en Afrique est une Aventure, c’est un projet où la part de l’imprévu est toujours très grande. Voyager sur ce continent, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre en utilisant un ou différents modes de transport. Voyager, ce n’est pas seulement prendre son billet, se présenter à l’heure prévue pour partir, lire un bon livre pendant le trajet et arriver à destination frais et dispos pour commencer de nouvelles découvertes. Non, voyager en Afrique, c’est dès l’achat de son titre de transport se lancer dans une aventure dont on ne sait jamais très bien à l’avance où elle vous mènera. C’est non seulement une aventure du fait des bouleversements, des changements de dernière minute, des évènements favorables ou contraires, c’est aussi et surtout une aventure humaine. C’est partir à la rencontre des gens, de personnages et c’est enfin se rencontrer soi-même, apprendre à mieux se connaître, à éprouver sa patience, sa capacité à se sortir de situations inédites, à improviser. C’est en tout cas être bousculé au sens propre comme au sens figuré. Préparatifs ou le voyage en théorie
08 Mai 1999, il est 16h30 à Dalaba, bourgade au cœur du Fouta Djalon en Guinée et rien ne laisse présager les grandes décisions que nous allons prendre et qui vont bouleverser nos vies, …, quoique ! ? Attablés autour d’une « Skol », ou peut-être bien de plusieurs, dans le restaurant le « Silence », quartier Sily, je me trouve en face de Aliou, mon ami togolais, propriétaire dudit restaurant. A cette heure là, une petite bière bien fraîche, comme on dit « ça passe ». Bon, c’est vrai les bières ne sont en fait pas très fraîches, le courant étant encore rare à cette époque de l’année à Dalaba, mais peu importe, on en est plus vraiment à ça près. D’ailleurs, avec bière fraîche ou non, notre discussion s’auto abreuve de nos déboires respectifs. Il faut dire que l’on forme à nous deux une fine équipe. Aliou est menacé de prison suite à un conflit commercial avec un concurrent guinéen, qui a pris une ampleur à peine croyable. Il est en fait accusé d’avoir détourné une partie de la clientèle de l’hôtel du Fouta. L’affaire est remontée jusqu’au Préfet et au Palais de Justice. Il a même été mis en garde à vue pour quelques heures. Bref il ne fait pas bon être étranger à Dalaba en cas de conflit avec un ressortissant guinéen. Quant à moi, j’ai été poussé à démissionner de mon poste de responsable de l’Office de Tourisme. Je suis par ailleurs poursuivi par le percepteur local suite aux accusations de mes anciens collègues et accusé d’avoir détourné de l’argent du projet que j’ai largement financé sur fonds propres. Je me sui entendu dire plus d’une fois : « tu n’es pas d’ici, si tu n’es pas content il faut rentrer chez toi ». Bref l’ambiance est vraiment lourde. Quelques jours auparavant, nous nous étions déjà retrouvés et nous avions envisagé de changer d’air, de quitter Dalaba pour quelque temps, son air devenant vraiment irrespirable pour nous. Aujourd’hui, l’idée a mûri et est devenue projet : nous quitterons Dalaba la première quinzaine de juillet pour un voyage à travers l’Afrique de l’ouest dont l’objectif ultime sera d’atteindre Vogan au Togo, village natal de Aliou. Nous envisageons même de nous installer dans ce pays ou un pays limitrophe, si des opportunités existent. Nous portons un toast à notre voyage en le ponctuant comme il se doit d’un « inch Allah » convaincu. Y’a plus qu’à !
De retour chez moi, mon premier réflexe est de consulter le guide du routard sur l’Afrique noire pour mieux visionner le trajet à suivre, connaître les frontières que nous aurons à traverser et envisager les différents parcours et modes de transport possibles. Premier constat : Vogan c’est vraiment pas la porte à coté. Plus de 2000 kilomètres à travers quatre pays : Guinée, Cote d’Ivoire, Ghana, Togo. Enfin peu importe tant qu’à partir, autant voir le maximum du vaste monde.
Deuxième constat, il va falloir se préparer un peu, … beaucoup ! avant de se lancer dans ce qui s’annonce déjà comme une sacrée aventure.
C’est dans cette optique que deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau. Cette fois-ci, nous sommes quatre pour discuter un peu plus en avant des modalités pratiques de notre voyage. Mme Aliou et Oumou, mon amie se sont jointes à nous. Elles aussi seront de l’aventure. Un premier dilemme se pose à nous : la deuxième semaine de juillet, la saison des pluies est déjà bien avancée en Guinée et dans la sous-région. Peut-on alors envisager de passer par la route en empruntant un taxi pour traverser la Guinée du Nord au Sud et entrer en Côte d’Ivoire, sachant que les pistes risquent d’être difficiles ou est-il plus prudent d’envisager un voyage par la route jusqu’à Conakry, de prendre l’avion Conakry-Abidjan pour éviter les mauvaises pistes du sud guinéen et de l’ouest ivoirien, même si le coût du voyage serait alors beaucoup plus élevé. Bison futé n’ayant pas encore traversé la mer et Buffle rusé n’ayant pas encore vu le jour sous les tropiques, la seule solution est de se référer aux expériences passées des uns et aux témoignages des autres pour se faire une idée des risques encourus. Bref rien de très sur mais en l’occurrence des témoignages pas très engageants recueillis par Mr et Mme Aliou, du style : « entre truc et la frontière c’est bon, mais après quelques kilomètres c’est l’enfer. Des trous partout, plein de flotte. En plus il y a plein de camions qui creusent la piste et qui parfois la bloquent en s’embourbant. Mais enfin avec un bon taxi, sous entendu un bon véhicule et un bon chauffeur, ça passe jusqu’à « machin ». Si, si je vous assure ! Inch Allah ! ». Sur la base de ces récits, le choix concernant le mode de transport sur ce tronçon de notre voyage est donc reporté à plus tard, mais l’idée d se renseigner plus précisément sur les vols Conakry – Abidjan est, elle, acquise. Pour ce qui concerne, le parcours entre Abidjan et Lomé, pas de problème : la compagnie de bus « STIF » assure des liaisons régulières entre ces deux villes à des tarifs abordables. Adopté sans discussion. Là les témoignages sont vraiment convaincants. Le seul petit détail dont on se mordra les doigts plus tard, c’est que les infos datent un peu.
Autre aspect pratique qui nous préoccupe pour ce voyage, c’est bien sur les passeports, visas et laissez-passer nécessaires aux uns et aux autres pour pouvoir traverser les frontières sans trop de soucis notamment financiers. Décision est donc prise de se rendre tous ensemble à Conakry pour régler ce problème au début du mois de juin. Ce sera aussi l’occasion de prendre tous les renseignements concernant les vols vers Abidjan.
10 Juin 99, nous voici à Conakry, comme prévu trois semaines plus tôt. Nos premières démarches nous amènent chez un parent de Aliou qui doit nous servir d’intermédiaire avec le Consul du Togo à Conakry pour avoir les laissez-passer pour Aliou et sa femme et un visa pour moi, d’ailleurs non nécessaire d’après un document sur le Togo fourni par notre intermédiaire. Faut pas chercher à comprendre ! Nous lançons malgré tout le processus moyennant bien sur quelques billets de 5.000 FG et des photos d’identité. Rendez-vous est pris début juillet pour récupérer tous ces documents. Pour Oumou, pas besoin de visa. Il lui suffit d’avoir un passeport de la CEDEAO pour entrer dans tous les pays que nous aurons à visiter. Reste plus qu’à se procurer ce passeport, ce qui à priori ne semble pas évident surtout connaissant l’administration locale. Et là surprise ! Oumou nous parle d’un de ses oncles qui peut lui procurer ce document rapidement. Un peu incrédules, nous partons le rencontrer pour lui présenter notre projet. Après les présentations d’usage, nous exposons le but de notre visite. Sans hésitation, il nous donne rendez-vous pour le lendemain dans un bureau de l’administration. Il connaît quelqu’un qui devrait pouvoir nous aider. A l’heure dite, nous nous retrouvons comme prévu. Après quelques démarches dont entre autre l’achat d’un certificat médical, sans visite, à l’hôpital, quelques prises de contact dans différents bureaux de la capitale, nous voilà au ministère de l’intérieur accompagné d’un cadre de la dite administration. Après avoir remis la somme et les papiers demandés ainsi que deux photos, à notre bon samaritain, nous le voyons disparaître dans un bureau. Moins d’une heure plus tard, il ressort avec un passeport de la CDEAO au nom de Oumou. Je dois dire que je suis complètement bluffé. Mais ce n’est qu’une confirmation de plus de l’importance des relations et de la capacité de pouvoir les mobiliser au moment voulu ! Après moult remerciements à l’oncle, nous nous séparons en promettant de venir le voir à notre retour pour lui raconter nos aventures. Il ne nous reste plus qu’à nous renseigner sur les vols vers Abidjan. Direction l’avenue de la République où se concentre l’ensemble des agences des compagnies aériennes présentes en Guinée. Après avoir pris des renseignements dans les agences d’Air Ivoire, d’Air Afrique et Air Guinée, il apparaît qu’Air Ivoire propose les tarifs les plus attractifs. Ne pouvant ni réserver, ni payer les billets à l’avance, nous remettons à notre prochain voyage à Conakry la conclusion de nos démarches.
Ayant fait le tour des problèmes que nous étions venus traiter à Conakry, nous décidons de repartir vers Dalaba.
La saison des pluies est maintenant bien installée. A Dalaba, c’est synonyme de froid et d’humidité persistante. On peut passer des journées entières dans le brouillard sans voir le soleil et la température peut baisser jusqu’à 10 ou 12°C. Un pull s’impose alors notamment en début ou fin de journée. De plus l’humidité est tellement présente que rien ne sèche et bien au contraire tout à tendance à moisir. Il faut profiter du moindre rayon de soleil. Les petits fourneaux sont bien utiles dans les maisons pour assécher l’atmosphère. Bref c’est une période de l’année pas très réjouissante.
Dans cette ambiance quelque peu déprimante, un mois se passe, agrémenté de rencontres au « Silence » où nous échafaudons des projets d’avenir, hors de Guinée. Pour moi, c’est devenu un mal nécessaire et pour Aliou la pression ne se relâchant pas, l’idée de quitter définitivement la Guinée se fait de plus en plus précise.
Enfin l’heure de prendre la route a sonné. Je décide donc de revendre tout ce que je peux et c’est vraiment rageant quand je pense au temps qu’il m’a fallu pour acquérir tout ça. Je solde l’essentiel : moto, vélos, groupe électrogène et je donne l’autre partie dont mon lecteur radio-cassette, l’antenne parabolique que j’ai acheté pour l’installer à l’hôtel reste en place. Je ramasse les quelques affaires qui me restent et qui tiennent dans un sac et une valise non compris mon ordinateur portable qui a sa propre sacoche. Nous prenons la route en cette première semaine de juillet pensant bien ne plus remettre les pieds à Dalaba. Le destin en décidera autrement.
A l’arrivée à Conakry, après un voyage sans histoire, nous nous arrêtons comme à chaque passage au kilomètre 36. D’ailleurs on n’a pas le choix. Mais là surprise, après un premier contrôle de nos papiers d’identité, un deuxième homme en uniforme se présente. Il veut à son tour contrôler nos pièces arguant qu’il fait partie de la brigade de lutte contre le trafic de drogue. Devant notre peu d’empressement à lui présenter nos papiers, il s’impatiente. Il veut maintenant fouiller tous les bagages. Début de discussions interminables où chacun reste sur ses positions. L’homme en tenue ne veut pas lâcher prise surtout qu’un « blanc » en l’occurrence moi, est impliqué. L’occasion est trop belle de gagner le « prix des cigarettes », voire plus. Finalement nous descendons nos bagages à main et les sacs du coffre (les valises sur la galerie resteront en place) pour la fouille qui se fait dans un petit bureau sombre où règne un « chef », qui s’y croit vraiment. Mon tour arrive, l’agent chargé de la fouille relève ses manches et me présente ses bras, l’air de dire vous voyez je n’ai pas de petits sachets de poudre à glisser subrepticement dans votre sac. Il fouille le sac et en retire mon vieil opinel qu’il tend à son chef. Devant mes interrogations, le chef me dit calmement et avec tout son sérieux : « avec les troubles dans les pays voisins et l ‘entrée de rebelles en Guinée, il est devenu interdit de circuler avec des armes blanches. Votre couteau est confisqué ». J’essaye de protester mollement mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. Là encore, un billet me permettrait certainement de récupérer mon « arme blanche », mais comme elle n’a pas beaucoup de valeur je préfère en rester là. Diouma, mon collègue de travail qui a fait la route avec nous, est resté dans le bureau pour négocier. Il est très attaché à son couteau suisse, qu’il a reçu en cadeau. Après 3, 4 minutes de discussions, il ressort avec son couteau. 5.000 FG lui ont permis d’avoir un passe-droit pour circuler avec son « arme blanche », tout au moins de le récupérer. Au final je retiendrais de cette expérience une règle essentielle à ne jamais oublier : un homme en tenue a toujours raison, même quand il a tord et mieux vaut le respecter, même si lui oublie bien souvent le respect de son propre uniforme. Mais là n’est pas le problème. Le système est bien en place et vouloir le mettre en cause surtout pour un étranger est non seulement utopique mais risqué voire dangereux. Bref, l’incident clos après environ 1 heure d’attente et de discussion, nous reprenons enfin la route pour le centre ville de Conakry. Nous retournons au « Tanois », petit hôtel tenu par un Ivoirien, situé dans un quartier calme proche de l’aéroport (Matoto, près de la station Mobil). C’est en fait une maison de particulier qui a été réaménagée en hotel-restaurant. Pas le grand luxe, mais enfin le minimum de confort et de propreté pour un prix raisonnable. Et puis on y mange de très bons poissons braisés avec aloko et athiéké. Bien sur il faut être un peu patient, car le plus souvent les produits pour préparer le repas demandé sont achetés sur le marché voisin selon la commande passé. Il est donc assez prudent de s’y prendre un peu à l ‘avance. Après une nuit paisible, nous nous rendons à Air Guinée. Suite à différentes démarches et prises de contact réalisées par Mme Aliou, il semble qu’Air Guinée propose des tarifs vraiment très intéressants. Le fait de connaître un agent ou tout au moins d’être recommandé auprès de lui a déclenché une baisse assez sensible des tarifs. Pourquoi, comment, à qui cela profite-t-il ? Cela restera quelque peu mystérieux et un peu inquiétant : jusqu’à notre départ effectif, je me poserai la question de savoir si on aura bien une place. Mais pour le moins la gestion de cette compagnie ne semble pas vraiment répondre aux critères de la bonne gestion couramment acceptés. Il suffit pour s’en convaincre de rentrer dans le bureau de la responsable d’agence : malgré un toc-toc d’usage avant d’entrer, nous la trouvons allongée pour ne pas dire vautrée sur une banquette de son bureau en train de faire la causette avec une autre personne et elle ne daigne pas faire le moindre mouvement pour nous saluer. Le bureau est par ailleurs vierge de tout dossier, document, matériel informatique : étonnant ! Finalement après une attente assez courte, nous payons nos billets en liquide, l’argent étant encaissé directement par l’agent, dans une sacoche qu’il promène en permanence avec lui. Surprenant, mais bon l’essentiel pour nous est d’avoir nos billets à un tarif raisonnable et surtout de partir le plus vite possible. Notre départ est prévu un jeudi midi.
Il ne nous reste plus qu’à récupérer nos laisser-passer et visas pour le Togo qui sont censés, nous permettre de traverser Cote d’Ivoire et Ghana pour arriver au Togo. A un détail prêt, cela se vérifiera ! Quand nous arrivons, tout est prêt. Nous récupérons nos papiers. Pour ce qui me concerne, c’est une feuille à en-tête du consulat du Togo, demandant aux autorités sur place de me faciliter l’obtention d’un visa pour séjourner dans ce pays. Pas grand chose à voir avec un visa ou un laisser-passer, mais en l’occurrence je laisse passer sans faire-part de mes doutes quant à la validité de ce papier pour traverser Cote d’Ivoire et Ghana. Quelle erreur !
Nous sommes donc enfin prêts pour la grande aventure.
Entre temps, Aliou et sa femme Claudine se sont fait toute une scène à base de jalousie, de problème d’argent et j’en passe et des meilleurs. Bref, elle ne partira pas avec nous.
Le voyage : de la théorie à la pratique
Deux jours plus tard pour nous trois, c’est le départ. Rendez-vous à l’aéroport avec notre bienfaiteur de l’agence Air Guinée qui nous aide à faire passer nos kilos en trop à la douane. Mais il faudra quand même en payer quelques-uns uns car le dépassement est vraiment trop important. On s’exécute et bien sur sans facture et en liquide … L’embarquement se passe bien avec très peu de retard, de même que le décollage. Au programme un peu plus d’une heure de vol dans un avion qui a justement quelques heures de vol au compteur. L’équipement intérieur est vraiment délabré et c’est à vrai dire un peu angoissant. A la grâce de Dieu. Durant ce vol, un feuilleté fourré et chaud nous est servi emballé dans un papier alu. Pas de fioriture, mais à vrai dire ma préoccupation reste centrée sur notre arrivée. D’ailleurs va-t-on arriver ? Si l’on voulait prendre un équivalent terrestre de notre avion, il correspondrait à une de ces vieilles 404 sans age qui roule vaille que vaille sur les routes de Guinée.
1ère étape : Abidjan Et bien oui, on est arrivé sans encombres. Débarqués dans une chaleur étouffante, nous nous dirigeons à pied vers l’aérogare où nous attend l’épreuve du passage de la douane. Il faut bien dire qu’à ce moment précis, j’ai l‘estomac qui fait des nœuds et je me demande à quelle sauce je vais être « mangé » par les douaniers ivoiriens. Après le traditionnel remplissage des formulaires et une longue attente, me voilà au niveau du box des douanes. L’heure de vérité est arrivée. Je tends alors mon passeport et je déplie mon beau papier aux couleurs du Togo. La sentence est immédiate : « mais ce papier n’est pas valable, Monsieur, pour rentrer en Cote d’Ivoire ! » Ce qui devait arriver s’est effectivement produit. Merci le consul du Togo à Conakry qui a au passage encaissé quelques milliers de FG. Je me sens vraiment très petit et tout con. J’essaye fébrilement de discuter et de dire ma bonne foi. Mais rien n’y fait ! Je me vois mal reprendre le prochain avion en sens inverse surtout que Aliou et Oumou sont passés sans problème et qu’ils ont été écartés de moi. Je me décide donc à poser la question fatidique : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Le douanier très tranquillement me dit alors : « on va s’arranger, mettez-vous de coté en attendant que tout le monde passe ». Je m’exécute en me demandant combien cela va me coûter. Le dernier voyageur passe. L’heure des négociations est donc venue. Je sais que ma marge de manœuvre n’est vraiment pas large, mais aussi qu’il ne faut pas que je me laisse bouffer tout cru. Le douanier sans détours et d’ailleurs pourquoi en faire, me demande 50.000 francs CFA pour fermer les yeux. Au jeu des annonces, je réponds que je peux payer 20.000 CFA. La balle est dans son camp et lui relance en réclamant 40.000 minimum, à prendre ou à laisser. Je termine en jurant que je ne peux payer plus de 30.000 CFA, qu’il accepte finalement. Il faut dire qu’avec cette somme, il a bien gagné sa journée. La négociation étant terminée, il faut payer. Et alors là, panique. J’ai tellement bien caché mes billets de CFA, qu’il me faut plusieurs minutes pour sortir la bonne liasse, qui comble de malchance est agrafée. L’opération qui demandait discrétion et rapidité, s’éternise donc et attire l’attention du douanier occupant le box voisin. Il n’est pas dupe et a très bien vu notre petit manège. A peine ai-je tendu les 30.000 CFA à mon interlocuteur, le voilà qui m’interpelle en ces termes : « il faut me faire avorter ! ». Moi qui croyait en avoir fini, je vois soudain l’engrenage dans lequel je suis pris et l’angoisse m’étreint de nouveau. Je bafouille alors quelques mots d’excuses , arguant que vraiment je ne peux plus cracher au bassinet et là heureusement, mon premier interlocuteur intervient pour dire à son collègue de laisser. Il faut dire, mais ça je m’en rendrai compte plus tard, qu’il avait très bien gagné sa journée. En effet croyant lui tendre 30 000 CFA , je lui avais en fait remis 60 000 Francs CFA. L’habitude des coupures de 5 000 FG m’avait induit en erreur. Pensant avoir en main six billets de 5 000, j’avais six billets de 10 000. Au final, je me sors donc de cette délicate sans trop de dommages à la différence de mon portefeuille. Nous n’en sommes qu’au tout début de notre périple, et il s’annonce déjà sous les meilleurs auspices … ! D’autant qu’à cet instant précis, j’ai certes passé la douane, mais je n’ai toujours aucun visa, ni papier m’autorisant à être dans ce pays. Je suis clandestin en Côte d’Ivoire. Sensation bizarre, où l’on se sent soudain vulnérable, à la merci d’un contrôle policier pouvant avoir de plus ou moins graves conséquences. Je ne suis pas très à l’aise dans mes baskets, même si je sais par ailleurs que tout peut se négocier.
Après avoir enfin retrouvé mes camarades qui ont déjà récupéré nos bagages, nous sortons enfin de l ‘aéroport. Après la discussion d’usage avec un chauffeur de taxi pour nous amener en ville et trouver un hôtel (« combien pour nous amener à l’hôtel ?»), nous prenons la route d’Abidjan et plus particulièrement du quartier « Deux plateaux ». L’une des rares occasions qui nous permet de découvrir la ville d’Abidjan avec ses grandes avenues, ses buildings, ses feux rouges qui fonctionnent (incroyable). Bref, une grande capitale africaine moderne. Plus d’une heure d’attente dans les embouteillages et quelques recherches plus tard, notre chauffeur nous dépose dans un petit hôtel « les Rosiers », simple, pas trop cher et tout à fait correct. Enfin du repos, de la tranquillité ! Après un repas, poulet grillé avec sauce, banane plantain et atiéké préparé par des nigériens sur le bord de la route (tout à fait excellent), nous pouvons nous laisser bercer par la nuit ivoirienne. Le lendemain en début de matinée, en route pour « STIF », la société de bus qui nous a été si vivement recommandée depuis la Guinée. Les bureaux de la société se situent dans un quartier chaud d’Abidjan, Adjamé, à proximité d’un marché, là où les braquages et vols à mains armées sont fréquents paraît-il. Notre chauffeur de taxi nous conseille de ne pas trop prolonger notre visite au-delà du nécessaire. Dès notre arrivée sur place, nous prenons les renseignements utiles à la suite de notre voyage. Une chose est sure, il me faudra me procurer un visa pour traverser le Ghana. Nous sommes vendredi matin et un bus doit partir le lendemain pour Lomé. Autant dire qu’il nous reste peu de temps pour l’obtenir. Ca tombe bien, nous ne comptions pas nous attarder dans le coin. Notre taxi ayant patienté (nous sommes de bons clients !?!), nous prenons la direction de l’ambassade du Ghana. Après quelques recherches, nous trouvons l’ambassade dans laquelle nous entrons pour exposer notre problème. Heureusement Aliou est là. Il n’hésite pas à forcer carrément la situation d’autant que nous avons rencontré sur place un togolais en charge d’établir les dossiers pour les visas. Finalement, un visa normalement délivré en 48 heures contre une somme de 4.000 CFA, nous l’obtenons en 4 heures de temps contre une somme de 7.000 CFA et grâce à un petit tour de passe-passe (un dossier anti-daté de 48 heures). Qui a dit que l’efficacité était absente d’Afrique ? Dans notre malheur, nous avons en fin de compte de la chance. Une dernière soirée à Abidjan, une dernière nuit, samedi est là et nous sommes fin prêts pour partir. Oui mais voilà, STIF ne semble pas être dans les mêmes rails que nous. Après l’achat de nos billets, une heure, deux heures, quatre heures passent. La pagaille augmente, mais toujours aucun signe de mise en route et d’autant moins que notre bus n’est toujours pas arrivé. Devant la pagaille ambiante et l’absence d’informations fiables, plusieurs passagers potentiels demandent à être remboursés et quittent la gare routière. Après plus de six heures, un bus arrive enfin. La ruée est à la hauteur de l’attente : démesurée. Pourtant l’information étant inexistante, personne ne sait exactement quelle doit être sa destination. Seuls les initiés semblent y comprendre quelque chose et tirent leur épingle du jeu, que nous ne trouvons vraiment pas drôle du tout. Le bus se remplit après une foire d’empoigne sans nom et part nous laissant sur le carreau. C’est là toute notre chance, il semble que son terminus était Accra au Ghana. L’épisode STIF continue donc et l’attente aussi. La nuit tombe et toujours aucune certitude quand à notre départ. La fatigue s’accumule et l’angoisse monte surtout que certains voyageurs quittent la gare routière en nous conseillant de faire de même : « vous savez ici ce n’est pas sur la nuit, les bandes armées rodent, plusieurs fois la gare a été attaquée ». Ambiance ! Mon ordinateur, mon argent de poche, qui représente quand même l’équivalent de 25.000 francs français ce jour là, en frémissent encore. Quant à moi, je ne fais pas le fier. Nous décidons finalement après une heure d’attente vaine de retourner à l’hôtel que nous avons quitté le matin pour passer le reste de la nuit. Prudence, prudence. Aliou lui préfère rester à la gare au cas où la situation se décanterait. Epuisés de cette journée à rebondissements, nous nous retrouvons donc à hôtel « les rosiers » espérant bien passer une nuit tranquille en attendant de nous replonger dans la pagaille. Oui mais voilà, à peine deux heures après nous être couchés, Aliou débarque d’un taxi pour nous ramener à la gare voiture, soit disant qu’on ne sait jamais le départ pourrait bien avoir lieu plus rapidement que prévu. Nous revoilà donc de nouveau en route vers la gare STIF, complètement dans les brumes d’un sommeil interrompu un peu rapidement et allégé de 10.000 CFA pour une nuit de deux heures ! A la gare STIF, rien n’a changé. Les voyageurs en attente sont installés pour dormir, tant bien que mal sur les bancs en bois et par terre. Il ne nous reste pas beaucoup de place pour nous poser, tout juste de quoi nous asseoir. Mais enfin on en n’est plus à cela prêt. L’attente reprend donc et toujours pas de bus en vue., ni de personnel STIF . Par contre le ciel ivoirien nous a réservé une petite surprise. Il se met en effet à pleuvoir et de plus en plus fort. Une pluie comme on en voit souvent en cette saison sous les latitudes tropicales. Heureusement nous sommes à l’abri, du moins c’est ce que nous pensons, jusqu’au moment où à l’extérieure nous voyons le niveau d’eau monter dangereusement. Après plusieurs minutes de déluge, l’eau commence à s’engouffrer dans la gare voiture, malgré les louables efforts des gardiens censés nous protéger contre les bandits et qui se retrouvent à écoper le « navire en perdition ». L’eau, plus que douteuse, chasse donc les dormeurs installés à même le sol et tout le monde se retrouve debout sur les bancs essayant de protéger bagages et autres colis. L’eau monte inexorablement et la pluie de continuer à tomber. Nous commençons sérieusement à envisager le pire et notamment à redouter de bientôt ne plus pouvoir rester au sec. Ce ne serait que la suite logique des événements de ces derniers jours !? Ambiance de catastrophe. Les éléments sont plus forts. Rien ne semble pouvoir arrêter la pluie. Mais non, notre pessimisme est finalement démenti par le ciel. La pluie cesse et la montée des eaux avec. Elle n’aura atteint que 15/20 cm de hauteur dans la gare. L’évacuation de l’eau et le nettoyage (boue et déchets divers) peuvent commencer dans la bonne humeur retrouvée, enfin presque. Cet épisode aura eu au moins un avantage, ils nous aura occupé et fait un peu oublier cette attente qui s’éternise. Jusqu’aux premières lueurs du jour, nous ne verrons aucun employé de STIF, mis à part nos compagnons d’infortune, les gardiens.
Est toujours récompensé qui sait attendre. Telle pourrait être la conclusion de cette épreuve pour les plus philosophes. Pour ma part ce serait plutôt du genre : « et bien, p… c’est pas trop tôt, quelle bande d’enf… ces gens de STIF ». Bref. Un bus est enfin entré dans le parc quasiment 24 heures après notre arrivée. L’info est toujours aussi floue quant à sa destination et à l’heure de son départ, mais « ce ne peut être que le nôtre ». Arrive aussi notre hôtesse STIF qui doit nous accompagner tout au long de notre voyage vers le Togo. Elle nous confirme que le bus en gare est bien le nôtre et c’est déjà pas si mal. Le départ est imminent ! enfin presque. Il faudra quand même attendre encore que les bagages soient chargés, que le chauffeur soit présent pour que, à notre tour, nous commencions à embarquer. Et là surprise. Ce qui, tout au moins je le pensais (quel naïf) devait se passer dans le calme et l’ordre se transforme de nouveau en foire d’empoigne. STIF au travers de ses employés se distingue de nouveau par son incompétence en matière d’organisation. Pourtant les billets sont nominatifs, et il eut été si simple d’appeler les passagers les uns après les autres. Solution beaucoup trop simple semble-t-il. Nos amis de STIF nous regardent donc nous bousculer en nous encourageant même à plus d’ardeur. « Si vous voulez monter, il va falloir pousser » me dit un des gardiens de la nuit qui se tient à la porte du bus. Etant entouré de femmes et d’enfants, j’ai quelques scrupules, mais qui s’effacent assez vite sous la pression physique des uns et des autres. Heureusement Aliou, qui lui n’a pas hésité une seconde, est monté depuis longtemps et quand nous pénétrons enfin dans le véhicule, il nous a réservé deux places. Quelques passagers restent sur le carreau ; visiblement le surbooking est une pratique courante ici aussi. Il faut dire qu’au vu des conditions avant et pendant l’embarquement, les désistements doivent être nombreux. L’essentiel pour nous, c’est que l’épreuve est enfin terminée, le voyage peut se poursuivre. Nous prenons la route de la frontière ghanéenne à travers une forêt dense. Tout se passe très bien tout au long du trajet, y compris aux différents barrages dressés par des hommes en tenue en pleine forêt au milieu de nulle part. A la frontière du Ghana, l’arrêt est un peu plus long. Vérification d’usage des passeports, mais aussi des carnets de vaccination (avec ou sans tout le monde doit payer sauf les blancs), et fouille des bagages en soute. Rien de vraiment extraordinaire donc. Nous traversons le pays sans problème et sans arrêt jusqu’à Accra. Les villes ghanéennes sont comme beaucoup de villes africaines, mais se distinguent par le hérissement d’antennes de télévision qui émergent au dessus des toits des maisons. Pourquoi de façon si systématique et caractéristique, cela reste un mystère pour nous. A Accra nous faisons un arrêt à la gare STIF, où nous retrouvons un bus parti 36 heures avant nous qui est tombé en panne. Les passagers sont donc resté bloqués là deux nuits dans des conditions pour le moins sommaires. Chacun semble prendre son mal en patience. Ainsi vont les voyages en Afrique de l’ouest.
Après environ 8 heures de route à un rythme soutenu, nous approchons de la frontière togolaise. Il faut dire que notre chauffeur n’a pas fait dans la dentelle. Malgré le mauvais état de certaines routes, il n’a à aucun moment relâché la pression sur l’accélérateur faisant le yoyo sur son siège monté sur ressorts. Malheureusement, nous n’avions pas les mêmes fauteuils ! Malgré tout, notre hôtesse de choc nous fait part de son inquiétude de ne pas arriver à temps pour pouvoir passer les douanes. Gloups ! Nous nous voyons déjà en train de bivouaquer au bord de la route avec nos copains les moustiques. Et c’est bien sur, à ce moment là que la panne survient. Dans le dernier village ghanéen avant la frontière, notre chauffeur s’arrête préoccupé. Les freins ne répondent plus normalement. Arrêt au bord de la route, tous les passagers descendent inquiets de cet incident. Le chauffeur sort deux ou trois outils qui constituent sa seule panoplie pour réparer. Il se glisse alors sous le bus et commence à opérer au niveau des freins arrière. Une odeur de caoutchouc brûlé s’échappe de cette partie du bus. Oh, oh, pas normal ça ! Nous prenons une fois de plus notre mal en patience en commençant à envisager avec un peu d’appréhension une nuit dans des conditions délicates !? Après 15, 20 minutes, l’issue semble en vue. Et effectivement 30 minutes après notre arrêt, nous regagnons tous notre place et reprenons la route. Direction la frontière. Enfin elle est en vue et miracle ! elle est encore ouverte. Soulagement général. Après les formalités douanières, sans problèmes particuliers, nous voilà à Lomé Togo.
2ème étape : Lomé La chasse au taxi s’ouvre alors, pour nous suivre à la gare STIF et nous emmener en ville. De nombreux taxi-moto se pressent autour de nous pour nous proposer leur service ne voyant pas nos bagages à nos cotés. S’il pouvait, ils nous tireraient sur leur selle pour nous accompagner là où nous n’allons pas. Tout cela reste cependant très bon enfant. Pendant notre attente, nous observons tout ce qui se passe autour de nous et notamment les « changeurs de monnaie ». Aliou nous explique comment ils arnaquent leur client en pliant en deux les billets dans les liasses. Ils comptent ainsi deux fois le même billet. Détail bon à connaître ! Après quelques minutes, Aliou a réussi à négocier avec un taximan qui est prêt à nous accompagner. Arrivés à la gare STIF, nous sommes vraiment pressés de récupérer nos bagages et d’en finir avec cette compagnie qui nous aura, comme on dit « fatigué ». Mais nos amis de STIF en ont décidé autrement. Ils nous font poireauter plusieurs dizaines de minutes avant de se décider à ouvrir les soutes. La tension monte, mais tout le monde est tellement fatigué que rien de grave ne se passe. Nous récupérons finalement nos affaires et les chargeons jusqu’à la gueule dans la taxi qui nous a malgré tout attendu. En route pour le centre de Lomé, à la recherche d’un hôtel. Aliou ayant quitté le pays depuis plus de dix ans déjà, nous nous en remettons aux connaissances de notre chauffeur. Nous recherchons un hôtel pas trop cher, mais avec un confort minimum. La fatigue aidant et la nuit étant tombée depuis un bon moment déjà, nous choisissons l’un des premiers établissements auquel le chauffeur nous a accompagné. La nuit est à 10.000 CFA avec climatisation, douche et télévision. Les chambres sont mal foutues et très exiges (quand on allume la clim située juste au-dessus de la tête du lit, on a l’impression d’être entouré d’un régiment de ronfleurs enrhumés) , mais enfin pour une nuit peu importe. Dernière épreuve de la journée, trouver à manger. Nous désignons Aliou pour relever le défi. Sa quête à l’extérieur de l’hôtel ne dure pas longtemps : il revient avec un plat de riz accompagné d’un mélange de légumes peu appétissant. Notre faim s’en trouve soudain fortement diminuée. Nous nous couchons donc le ventre quasi vide et saoulés de fatigue. Le lendemain nous nous rendons au ministère de l’intérieur où je dois faire prolonger mon visa. Nous trouvons difficilement le lieu qui est en fait situé à coté de l’ancienne primature à l’abandon. Les bureaux sont, comme dans beaucoup d’administration d’Afrique, mal équipés (seulement quelques tables et chaises et d’antiques machines à écrire mécanique), mal organisés et beaucoup de personnel qui n’a pas l’air surchargé de boulot. Après quelques hésitations pour trouver le bon bureau, nous arrivons enfin à avoir les renseignements sur les pièces à fournir pour l’obtention du précieux sésame. Il faut des photos d’identité, le passeport, remplir plusieurs fiches et bien sur encore payer. Ce n’est que la troisième fois que l’on me demande de l’argent pour entrer et rester au Togo ?! Malgré les protestations de Aliou qui essaye d’expliquer mon cas et les démarches que nous avons déjà menées, nous devons nous plier aux règles établies. D’ailleurs, la personne que nous avons en face de nous ne semble pas disposée à discuter et se montre même assez cassante. Comme dira Aliou en sortant : « de toute manière ce gars est du Nord (du pays), la région du Président et moi du Sud, on ne peut pas se comprendre ». Nous repartons donc faire les photos, que je n’avais pas prévu, pensant naïvement que le papier délivré par le consul du Togo à Conakry faciliterait la procédure ici. Un aller-retour chez le photographe plus tard, nous arrivons juste à temps avant la fermeture des bureaux. Notre interlocuteur prend quand même mes papiers, tout en me faisant bien comprendre qu’il me fait une faveur car l’heure est dépassée. Peu importe finalement, l’essentiel étant d’avoir des papiers en règle. Nous devons revenir 3 jours plus tard.
En attendant, nous décidons de partir directement pour Vogan, le village natal de Aliou. Après quelques coups de téléphone à certains de ses parents, nous voilà donc de nouveau sur la route en taxi. Nous couvrons la distance qui nous sépare de Vogan sans encombres avec bien sûr quelques arrêts aux différents points de contrôle policier où il s’agit d’expliquer ce que nous venons faire par-là.
3ème étape : Vogan A l’arrivée à Vogan, comme nous en avons pris l’habitude maintenant, nous nous mettons à la recherche de notre logement pour les jours à venir. Après une visite à la maison d’accueil de la Mairie où il n’y a qu’une chambre de libre, nous nous rendons dans un petit hôtel qui nous plait d’emblée : il est propre, calme avec le confort minimum (douche, WC, ventilateur) et possibilité de manger sur place, et tout cela pour un prix raisonnable (6.000 CFA la nuit). Affaire conclue. Il est temps pour nous d’aller rendre visite à la famille de Aliou. L’heure des grandes retrouvailles à sonner. Le fils aventurier qui a quitté son pays depuis plus d’une décennie, revient au village. Il n’a certes pas fait fortune, mais il est tout de même en bonne santé. Nous pénétrons dans la concession familiale après quelques hésitations de la part de Aliou pour reconnaître les lieux. Nous traversons un dédale de bâtisses en terre séchée avant d’entrer dans une petite cour entourée de cases : c’est là que nous rencontrons d’abord des jeunes sœurs de Aliou, puis son frère et enfin sa mère. Les retrouvailles se font dans la joie et la retenue.
On a un peu l’impression que sa mère a du mal à croire ce qu’elle voit et à reconnaître son fils. Il faut dire que physiquement il a bien changé. Il a très nettement prospéré durant son séjour comme l’atteste d’anciennes photos. Pour Aliou, on sent que ses retrouvailles sont un peu pénibles. Revoir sa famille, sa mère, son père, ses frères, sœurs et les nombreux jeunes enfants des uns et des autres qui vivent dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de les aider comme il le souhaiterait, le met visiblement mal à l’aise. Mais que faire ? Après les présentations d’usage, on nous fait asseoir sur des fauteuils sortis d’une des cases. L’échange est un peu difficile car mis à part son jeune frère qui a fait les bancs comme on dit ici pour désigner un élève, personne ne parle couramment français et encore moins poular. De plus toute la maisonnée est surprise par notre arrivée inopinée. Les enfants se rassemblent autour de nous curieux de voir ces étrangers et surtout ce blanc, sans doute le premier à venir s’asseoir parmi eux. Le dialogue se fait donc plus à travers des regards et des mimiques que par des paroles. Après quelques minutes durant lesquelles Aliou a pu échanger des nouvelles avec ses parents, nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain pour partager un repas et nous dirigeons alors vers la ville. En quittant la concession, nous remarquons de multiples traces de sacrifices (fiente de volailles, monticules en terre, ….) qui sont autant de témoins des pratiques vaudou, très courantes dans cette région. Nous croiserons des personnes circulant quasiment nues en ville et des traces de sacrifices en pleine rue, preuve que toute la ville est imprégnée du vaudou. C’est à la fois intriguant et un peu inquiétant. Nous profitons de cette balade pour rendre visite à un vieil ami de Aliou avec lequel il a fait les 400 coups étant jeune. Nous le retrouvons chez lui dans une concession un peu à l’écart du centre ville. Il travaille au « syndicat » qui gère la gare voiture (gare d’où partent tous les taxis et minibus). Cette rencontre est bien sur l’occasion pour les deux vieux amis de se remémorer le passé, pour Aliou d’avoir des nouvelles des uns et des autres, de ses « ex » et de se raconter leur vie durant ces dix dernières années. Au travers de son parcours et de son expérience, nous comprenons mieux la difficulté de vivre à Vogan et trouvons aussi des explications à la morosité qui semble envelopper et peser sur tout le village. Nous nous quittons finalement après être allés boire un coup dans un bar-dancing tristounet, tout en nous donnant rendez-vous au lendemain pour déguster un porcelet grillé, une des spécialités culinaires locales. Après une bonne nuit et une journée juste agrémentée d’une balade dans la ville et d’un repas dans la famille de Aliou, nous nous retrouvons donc le soir à notre hôtel autour du fameux porcelet grillé préparé par l’ami de Aliou. Nous sommes une dizaine, Aliou ayant invité quelques uns de ses amis avec leur copine. Nous passons une soirée agréable sur la terrasse de l’hôtel, même si c’est un peu difficile pour moi et Oumou d’être totalement à l’aise parmi ces vieux amis qui se retrouvent et qui bien souvent parlent dans leur langue. Après deux jours passés à Vogan, il nous tarde de quitter cet endroit vraiment déprimant. Le retour sur Lomé se passe sans trop de problèmes, mis à part un ralentissement du à l’effondrement de la route sous l’effet d’une forte et brutale montée d’une rivière la jouxtant. Nous sommes invités à descendre du taxi, qui passe au ralenti sur le bout d’asphalte encore en place en priant pour que l’eau n’emporte pas tout à ce moment là. La chance est avec nous. Nous traversons à notre tour et remontons en voiture pour la fin du trajet.
4ème étape : Lomé bis Arrivé à Lomé, nous mettons à contribution notre chauffeur du jour pour nous trouver un nouvel hôtel. Il semble bine connaître la ville et nous conduit directement vers un petit hôtel tenu par un couple de français, tout proche du bord de mer dans une ruelle très calme. Nous adoptons aussitôt l’endroit, d’autant plus aisément que le patron nous fait un prix sur le tarif des chambres (6.000 Cfa la nuit par chambre).
Nous occupons avec Oumou une chambre dans une maison située juste à côté de l’hôtel, grande chambre avec ventilateur, une salle de bain à part avec une douche (eau froide uniquement), ce qui est largement suffisant étant donné la température extérieure douce pour le pays mais malgré tout raisonnable (environ 30°). Aliou quant à lui est dans une petite chambre à l’étage de l’hôtel avec douche. Nous nous installons donc et profitons de la fin d’après midi pour découvrir un peu le quartier qui s’avère être assez résidentiel avec dans l’ensemble des baraques occupées par des étrangers. Nous allons faire un tour jusqu’à la plage qui est à 100 mètres de l’hôtel. La mer est superbe, par contre la plage à cet endroit n’est vraiment pas très propre et semble peu entretenue. Il faut dire que la mer est paraît-il très dangereuse et qu’il est impossible de s’y baigner, les superbes rouleaux écumeux en sont un signe. Les gens qui veulent profiter du bord de mer et de l’eau vont plus loin sur la côte. La plage est donc occupée par quelques squatters sous des abris de fortune, par de jeunes fouteux ou par des pêcheurs au filet. Pas de touristes avec serviette et crème solaire et donc peu d’intérêt à nettoyer la plage.
Tout en longeant le bord de mer, nous observons les familles de pêcheurs qui opèrent depuis le rivage. Leur pratique est vraiment très intéressante à suivre. La pêche démarre par l’amarrage d’une extrémité du filet à un cocotier de la plage et par la mise à l’eau d’une pirogue qui doit emmener le filet à quelques encablures du rivage. Cette opération assez dangereuse, du fait des forts courants et des rouleaux impressionnants qui s’abattent avec force et fracas sur le sable, peut être assez longue. Une fois la barrière écumeuse franchie, la pirogue décrit un arc de cercle le plus large possible en mer avant de revenir sur le rivage pour déposer la deuxième extrémité du filet formant ainsi une nasse prenant au piège les poissons tout au moins est-ce le but recherché. A partir de ce moment là, ce sont les hommes à terre qui prennent le relais. Ils s’emparent du cordage ramené à terre par la pirogue et commencent à le haler vers la plage. Cette phase de la pêche demande une importante main d’œuvre composée le plus souvent des membres d’une même famille. Elle nécessite du temps, de la force et de la coordination. En effet, il faut que les 15 ou 20 haleurs voire plus tirent en même temps pour que le résultat soit probant. Souvent les chants rythment ce travail, les femmes restant à côté dans l’espoir de la pêche miraculeuse. De toute manière miraculeuse ou pas, ce sont elles qui s’occuperont du tri des poissons et de la vente sur le marché. Finalement la fin de journée approchant nous nous mettons à la recherche d’un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous référant au guide du routard, nous nous dirigeons vers le « fifty-fifty ». Nous découvrons un petit resto installé à même le trottoir, avec de grandes tables et des bancs sur lesquels on s’installe en fonction de la place. Une jeune femme vient alors prendre votre commande pour la nourriture suivie d’une autre pour les boissons (chacune son business). Athiéké, khôn, brochettes, poissons, salades de crudités/pâtes, … sont au menu. Rien d’extraordinaire, mais la nourriture est correcte et le service généralement rapide. De plus, le repas est régulièrement agrémenté par de jeunes artistes qui viennent proposer leur animation : le chanteur solitaire avec juste deux morceaux de bois pour rythmer son chant (Moustique, moustique si tu me piques , …), le groupe de ghanéens qui jouent du reggae avec force djimbé, marakass, … et dont le leader fait des tours de passe-passe, … Un coin sympa où il y a toujours du monde. Malheureusement les animations ne se renouvellent pas beaucoup. Alors au bout de trois ou quatre fois, ça devient un peu saoûlant. Nous revenons assez tôt à l’hôtel et entamons donc une partie de cartes sur la terrasse de l’hôtel avant d’aller nous coucher. Cela nous donne l’occasion d’un peu mieux connaître la clientèle de l’établissement. Elle est essentiellement composée de coopérants étrangers qui trouvent là une cuisine européenne (le cuisinier est d’ailleurs français ), une ambiance familiale et la possibilité de venir taper le carton. Un bon nombre de ces clients sont visiblement des habitués et des vieux briscards de l’Afrique accompagnés comme il se doit de jeunes et jolies « autochtones ». En discutant un peu avec le patron de l’hôtel, nous apprenons qu’il a eu l’occasion de venir en Guinée quelques années plus tôt pour récupérer un véhicule. Cette expérience lui a laissé un souvenir plutôt mitigé voire carrément négatif, notamment à cause des problèmes administratifs qu’il a rencontrés et des nombreux pots de vin qu’il a dû verser. Cette impression peu favorable sur la Guin2e nous sera confirmée quelques jours plus tard au Burkina Faso. La Guinée est semble-t-il considéré comme un pays à part, peu attractif pour des personnes ayant vécues dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il faudra certainement encore de nombreuses années avant que ces a priori négatifs soient effacés, même s’il est vrai que la Guinée a déjà commencé à évoluer depuis la mort de Sékou Touré. Mais que de chemin à parcourir encore pour changer les mentalités.
Le lendemain matin, nous nous rendons au ministère pour récupérer mon visa, ce qui se fait sans difficultés, puis nous nous mettons à la recherche de l’office de tourisme qui est mentionné sur le Routard. Après de vaines recherches (il semble s’être volatilisé de même que les touristes !), nous reprenons la direction de l’hôtel , où nous devons retrouver l’un des frères de Aliou qui vit à Lomé. En route, nous croisons des groupes de motocyclistes euphoriques qui laissent éclater leur joie. Nous comprenons assez rapidement grâce à Aliou la cause de cette liesse populaire : on annonce le retour tant attendu de Gilchrist Olympio dans la capitale togolaise (il est l’un des plus farouches opposants de régime et s’est expatrié au Ghana suite à une tentative d’assassinat dont il a réchappé par miracle) pour participer à une table ronde pouvoir-opposition. L’effervescence monte dans la capitale. En nous rapprochant de l’hôtel, nous constatons qu’une grande foule se dirige vers la frontière toute proche pour accueillir l’opposant. Parallèlement se met en place un quadrillage policier très strict du quartier. Nous décidons donc de rester à l’hôtel en attendant de voir ce qui va se passer. Finalement après plusieurs heures d’incertitudes, on apprend que Mr Olympio a renoncé à rentrer à Lomé car il n’a pu obtenir toutes les garanties qu’il souhaitait pour sa sécurité. Le reflux de la foule se fait dans le calme et sans incidents, et la chappe de plomb qui nous semble peser sur la ville depuis notre arrivée, retombe.
Entre-temps nous avons retrouvé le jeune frère de Aliou qui est professeur dans un lycée privé protestant. Il est venu avec sa fiancé, qui est commerçante. Elle vend des fripes au marché. Ils sont tous deux très croyants et semblent très engagés dans leur église, une des nombreuses présentes dans ce pays.. Aliou profite de l’occasion pour demander à sa future belle sœur de bien vouloir nous préparer nos repas de midi. Elle accepte très volontiers, mais avait-elle vraiment le choix. Comme nous dira plus tard Aliou : « elle ne pouvait pas me refuser en tant que future femme de mon frère ! » Et oui, ainsi vont les mentalités qui ont beaucoup de mal à évoluer pour ce qui est de la considération des femmes dans ces sociétés. Dire merci serait quasiment une injure enfin du point de vue de Aliou tout au moins. Rendez-vous est pris pour le lendemain midi. Je dois dire que je suis un peu gêné notamment du fait qu’elle habite à l’autre bout de la ville et que pour nous préparer ces repas elle va devoir laisser sa table au marché. Mais je suis assez mal placé pour dire ce que j’en pense, même s’il est vrai c’est moi qui donne l’argent pour acheter le nécessaire. Aliou de toute manière ne me demande pas mon avis. Nous avons opté pour de grosses crevettes roses avec du riz pour le lendemain. L’après-midi, nous allons nous promener dans le quartier des artisans et du marché. Nous y découvrons un artisanat assez varié, venant pour beaucoup ou tout au moins originaire d’autres pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Sénégal, …).
Nous trouvons des colliers de perles, des sculptures et autres objets en bois (awalés), de nombreux djimbés, des objets en cuir et en argent dont les spécialistes sont les touaregs, des batiks venant du Burkina. Cette promenade est l’occasion de discuter un peu avec les artisans ou tout au moins les vendeurs d’artisanat, notamment un peul sénégalais avec lequel Oumou échange quelques mots de poular. Nous n’achetons rien mais promettons de revenir un autre jour en amenant les exemplaires de tissus guinéens. Nous poursuivons notre balade dans le grand marché de Lomé. Nous retrouvons cette ambiance toujours aussi animée des grands marchés africains avec une profusion de produits bien souvent de qualité médiocre mais à des prix défiants toute concurrence et notamment de pâles copies de produits de luxe étrangers (copie de Lacoste, jeans, montres de toutes marques, …). Merci les Chinois ! Quant à la foule compacte et bruyante, elle est bien présente et un peu oppressante. Nous décidons finalement de rentrer vers l’hôtel en empruntant un mode de locomotion très usité ici : le mototaxi. Nous cherchons donc trois motos pour nous ramener. L’attente n’est pas longue et nous enfourchons donc chacun une moto, direction le Galion. Ce mode de transport est plutôt sympa, même si pas toujours très rassurant selon le chauffeur et la circulation. Il faut bien dire que parfois, on serre les fesses !
Le soir, nous décidons de rester à l’hôtel et de prendre un repas « à la française ». Le choix de la carte de l’hôtel est assez varié pour des prix certes un peu élevé mais enfin, au diable l’avarice. Nous ne regrettons pas ce petit repas ponctué par une vraie glace à la vanille et au chocolat. Nous finissons cette soirée par une longue partie de cartes durant laquelle Aliou nous annonce qu’il doit repartir le lendemain vers Vogan pour quelques jours et nous demande de l’accompagner. Il faut bien dire que nous ne sommes pas très chauds après notre premier séjour. Il partira donc seul. Il retourne dans son village avec un objectif bien précis : celui de se procurer une protection pour pouvoir revenir à Dalaba sans crainte et prêt à affronter d’éventuels ennemis. Il est très important pour lui de ne pas revenir comme cela en Guinée, sans une protection contre ses adversaires et un moyen de les écarter, définitivement s’il le faut. Nous ne saurons jamais exactement en quoi consiste cette protection sauf qu’il doit aller le chercher dans le village natal de sa mère dans les environs de Vogan et qu’il lui faudra plusieurs jours pour l’obtenir. Devant sa détermination, je dois dire que je suis assez impressionné même si pas très convaincu de l’efficacité d’une telle démarche. Mais ce n’est pas le plus important. Pour lui cette démarche est quasiment une question de vie ou de mort, elle doit lui permettre de montrer à ses ennemis qui est Aliou, la supériorité des ressortissants de Vogan. Même si on n’en a pas encore vraiment discuté dans les détails à ce moment là, l’idée de revenir tous ensemble vers la Guinée est acquis depuis plusieurs jours. Nos grands projets de nous installer au Togo pour travailler et nous lancer dans une nouvelle aventure sont déjà oubliés. Il faut dire que les signes positifs pouvant nous inciter à pousser plus loin dans cette voie sont quasi inexistants. Oumou et moi, nous profiterons donc des deux jours à venir pour mettre au point notre voyage de retour. Dès le lendemain, nous allons au centre ville pour acheter le guide du routard Afrique Noire, que nous avons bien du mal à trouver d’ailleurs. Nous cherchons également l’ambassade du Burkina-Faso et du Mali pour connaître les démarches à suivre pour obtenir des visas pour moi afin de pouvoir traverser ces pays dans notre voyage retour. En effet nous envisageons de prendre la route du Burkina en nous arrêtant à Ouagadougou, de poursuivre vers le Mali et de rentrer en Guinée par le nord-est. Nous apprenons alors que le Burkina est représenté à Lomé par la France. Quant au Mali, il n’a plus de représentant officiel ici. Nous engageons donc les démarches au consulat de France. J’obtiens sans problème mon visa en 24 heures. Pour le visa Mali, nous ne pourrons l’obtenir qu’à Ouagadougou. Nous sommes donc quasiment prêts pour partir en direction du Nord vers le Burkina. Aliou doit, dès son retour du village, se renseigner sur les bus à destination de Ouaga. Nous mettons à profit le temps qu’il nous este en attendant le retour de Aliou, pour retourner au marché voir ce que l’on appelle ici les « plaqués » (bijoux en plaqué or, venant du Bénin voisin). Les prix sont très intéressants comparativement à Conakry et nous envisageons donc d’en acheter pour les revendre en Guinée, notamment Aliou qui à ce point du voyage est d éjà à sec financièrement. Nous traversons aussi le marché des féticheurs : un vrai capharnaüm où se mêlent gris-gris de toutes sortes, têtes de singes, peaux diverses et variées, poudres « magiques », … A vrai dire on n’a pas vraiment envie de s’attarder dans cet endroit pourtant tout à fait typique. Nous profitons de cette visite sur le marché pour essayer de trouver des amateurs pour nos tissus « made in Guinée ». Mais les commerçants sont peu intéressés par nos bandes de tissus d’un seul tenant , qui ne sont même pas cousues en pagne. Et puis nous sommes au pays des mama benz, alors les tissus ici on connaît. Nos échantillons n’ayant rien d’extraordinaires par rapport à ce qu’on peut trouver sur place, si ce n’est l’originalité de leur couleur et des motifs, nous ne trouvons pas d’amateurs. On nous conseille seulement de les faire coudre en pagnes pour augmenter nos chances de les vendre. Ce que nous faisons sur place dans le marché des féticheurs où nous trouvons grâce à notre « guide » un tailleur.
Malgré tous nos efforts, nous ne trouverons pas d’amateurs pour nos échantillons d’artisanat guinéen que nous ramènerons jusqu’à Dalaba. On ne s’improvise pas commerçant ! Nous repassons voir les vendeurs d’artisanat pour acheter quelques objets (une broche en argent, un awélé, des colliers et boucles d’oreilles en terre cuite, …) pour faire des cadeaux à notre retour. Chez le vendeur sénégalais, nous réussissons en fin de compte à échanger un de nos tissus contre l’awélé. En voilà un au moins qui ne repartira pas au pays. Mais que ce fut dur ! Durant notre visite du marché, nous découvrons un petit restau tenu par des guinéens et notamment une femme peule qui en est la patronne. L’occasion est trop belle. Nous nous arrêtons pour manger une sauce arachide avec du poisson. Les plats sont corrects et à des prix raisonnables. 24 heures plus tard , Aliou revient de son village où il n’a pu obtenir que partiellement les protections qu’il recherchait. Il lui aurait fallu rester plus longtemps sur place pour avoir la « panoplie » complète. Il semble déçu mais prêt à repartir à Dalaba pour se réinstaller, confiant malgré tout dans ses nouvelles protections. Concernant notre voyage de retour, il a obtenu les informations que nous recherchions pour les cars partant vers le Burkina. La gare est située à proximité du domicile du frère de Aliou. Les départs ont lieu chaque jour tout au moins officiellement . Nous décidons de ne pas prolonger notre séjour à Lomé et de prendre si possible la route dès le lendemain avec l’idée d’atteindre le plus rapidement possible Ouagadougou. Malheureusement, nous n’avons pas le temps et surtout les moyens de nous arrêter pour visiter un peu le Togo, qui présente pourtant une certaine diversité géographique et quelques sites intéressants. Ce sera pour une autre fois !?! Le lendemain, fin prêts, nous partons vers la gare voiture avec tout notre chargement, qui s’est cependant un peu réduit, Aliou ayant laissé pas mal d’affaies à sa famille. C’est surtout moi qui suis un peu « chargé » avec ma valise, mon sac de voyage, mon ordinateur portable, et surtout l’équivalent de 15.000 francs français sous différentes formes (chèques voyage, dollars, francs CFA et francs français) qui vont peser très lourd dans mes poches durant les étapes entre le Togo et le Burkina et entre le Mali et la Guinée. Arrivés à la gare voiture, nous prenons nos billets, confiants dans notre départ rapide, et nous nous installons sur des bancs dans l’attente que l’on nous appelle pour le départ. Nous déchantons assez rapidement. La valse des mini-bus et autres cars est permanente, mais malheureusement celui qui doit nous emmener ne se présente toujours pas. Et bien sûr, il est impossible d’avoir des renseignements précis. Il faut dire que le principe reste toujours le même : tant que le bus n’est pas plein, pas de départ ! A ce jeu là, l’attente peut s’avérer assez longue. En fait tout se passe comme d’habitude !Rien de très surprenant , mais c’est vrai que c’est un peu usant à force. Nous passons donc la journée dans l’attente d’un hypothétique départ, nous demandant même si nous n’allons pas passer la nuit sur place. Notre bus est semble-t-il arrivé depuis le milieu de l’après-midi. C’est en tout cas l’information qui circule. Enfin après plus de 8 heures d’attente, le chargement des bagages commence et l’espoir renaît. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Sans trop savoir pourquoi, l’attente se prolonge. Certainement que la compagnie espère des clients de dernière minute. Nous partons finalement à la nuit tombée. Le car est dans un état correct, mais pas très confortable pour passer la nuit. En fait c’est un vieux bus de transport en commun de ville. Il est donc notamment impossible d’appuyer sa tête pour éventuellement dormir, sauf sur une barre de fer. On fait plus confortable. Mais bon l’essentiel au stade où nous en sommes est de partir et peu importe dans quel état nous arriverons. Toute la nuit nous roulons vers le Nord en direction de la frontière avec le Burkina. Malheureusement nous ne profitons donc pas des paysages togolais, notamment vers le Nord beaucoup plus accidenté qu’au Sud. Arrivé à la frontière, au petit matin, nous devons tous descendre du bus pour les formalités de passage de la frontière. Une grosse pluie s’abat sur nous juste à ce moment là, histoire de nous réveiller ou plutôt de nous éviter de somnoler. Une de ces grosses pluie bien dense qui vous trempe en quelques secondes mais qui ne dure pas. Au poste de douane, tout se passe bien avec comme bien souvent quelques passagers rackettés pour défaut de carnet de vaccination. Et oui ce carnet jaune est une aubaine pour tous les douaniers aux frontières : il leur procure des revenus complémentaires faciles ! Comme quoi, on ne soupçonne pas toujours les conséquences de mesures à priori positives mais inadaptée aux réalités locales. Quant à moi, j’ai toujours quelques palpitations à l’idée qu’un douanier trop zélé découvre mon ordinateur et me demande des papiers de passage en douane. A vrai dire je n’en ai aucun qui soit en règle ayant fait rentré l’ordinateur en Guinée sans aucune déclaration. Cela pourrait me créer quelques problèmes et surtout quelques billets ! Mais c’est la quatrième frontière que nous traversons et jusque là pas de douanier trop zélé ! A la sortie des bureaux de la douane, surprise ! le bus a traversé la frontière sans nous attendre et il se trouve à plus de 500 mètres. Sympa, alors que la pluie redouble de violence. Le voyageur est vraiment traité à peine mieux qu’une marchandise dans ce genre de compagnie. Le client roi ! Ca veut dire quoi d’abord ? Il faut dire aussi que le prix du transport est peu élevé. Ceci explique sans doute en partie cela. Mais quand même ! Nous attendons donc une peu que la pluie veuille bien se calmer avant de nous lancer à la poursuite de notre véhicule en pataugeant allégrement dans les flaques de boue latéritique. De nouveau à bord, un peu humide et après avoir acheté quelques bricoles pour manger, nous poursuivons la route, direction le poste frontière burkinabé. C’es dans cette portion du trajet que nous entendons parler avec une certaine angoisse des coupeurs de route qui dévalisent les voyageurs. Ils profitent souvent de la proximité des frontières pour réaliser leur méfait et pouvoir plus facilement échapper aux poursuites enfin très hypothétiques poursuites. Parmi les passagers, se trouvent notamment plusieurs femmes commerçantes qui ont l’habitude de faire ce parcours entre Togo et Burkina. Elles évoquent les mésaventures d’autres voyageurs qui ont eu à croiser la route de bandits sur la route et qui ont tout perdu lors de ces malencontreuses rencontres. Mais disent-elles, ils, les coupeurs de route, s’attaquent plus volontiers à une autre compagnie de transport plus « luxueuse », qui est plus fréquentée par les commerçantes ; sous entendu avec notre compagnie les risques sont moins grands. Il n’en reste pas moins que ces histoires font monter la tension d’un cran dans le bus. Pour ce qui me concerne , je dois dire que je ne me sens vraiment pas très à l’aise avec mon ordinateur portable sur les genoux et ma ceinture ventrale pleine de devises. Je me surprends à regarder beaucoup plus fréquemment à l’extérieur du bus comme si j’allais ainsi écarter toute mauvaise rencontre. Bref ! il fallait bien rajouter un peu de piment à ce voyage un peu trop tranquille, pépère. Nous poursuivons malgré tout notre route vers Ouaga que nous atteignons à la nuit tombée sous une averse. Rien d’étonnant nous sommes en pleine saison des pluies.
5ème étape : Ouagadougou Comme nous en avons maintenant l’habitude , il s’agit pour nous de trouver un hôtel pour passer la nuit. La consultation du guide du routard, nous a permis d’avoir quelques adresses. Reste à aller voir sur place. Nous trouvons assez facilement un taxi et commençons notre tournée des « grands hôtels » de Ouagadougou. Les 2 ou 3 premiers que nous visitons sont vraiment pas très attirants, notamment un qui ressemble plus à un bouge qu’à autre chose.
Finalement fatigués et le taximan perdant patience, nous choisissons un hôtel, l’hôtel Belle vue, un peu au-dessus de nos moyens en se disant que le lendemain nous aurons tout loisir de trouver un endroit plus adapté à nos moyens et à nos souhaits. Nous passons une nuit sans histoire, enfin presque. Toute la soirée et jusqu’à une heure assez avancée de la nuit nous profitons du poste de télévision qui est allumé dans le hall d’entrée, le son au maximum. Suivre un film grâce à sa bande son uniquement ce n’est vraiment pas terrible. Enfin au petit matin, sans même prendre un petit déjeuner nous quittons l’hôtel laissant nos bagages sur place pour partir à la recherche d’un autre lieu de villégiature. Nous trouvons un taxi pour nous emmener dans les quartiers Nord de la ville. D’après le guide du routard, plusieurs bonnes adresses y sont regroupées. Nous commençons par le « Pavillon vert ».
L’hôtel est charmant et très animé. On entre dans un grand patio avec terrasse, kiosque d’artisanat et beaucoup de verdure. La première impression est vraiment sympa. Malheureusement nous déchantons très vite : l’hôtel est plein, pas même une chambre pour trois. Les gérants nous orientent alors vers un établissement tout proche tenu par un Suisse : « Le Dapoore ». Nous y trouvons une chambre pour nous trois, l’une des dernières, avec une douche. L’endroit est moins convivial que le « Pavillon vert », mais il est propre et calme, avec un restaurant couvert d’un toit en paille qui nous rappelle les cases du Fouta. Nous repartons donc vers le centre ville pour récupérer nos bagages et découvrir un peu la capitale du Burkina-Faso. La ville est très sympa avec de grandes avenues bordées d’arbres, de grands carrefours occupés de fontaine hors service. La plupart des maisons sont construites sur un niveau. Les routes sont le domaine des deux roues ou presque. Une vraie ville sahélienne qui a bien des égards me fait penser à N’Djamena. De retour dans les quartiers Nord, nous nous installons dans notre chambre du Dapoore. Nous profitons de la fin d’après midi pour marcher un peu dans le quartier et chercher un endroit pour manger à un prix raisonnable. Nous découvrons notamment un petit restau tenu par des togolais dans lequel nous mangeons un poulet yassa. Le lendemain, le programme est chargé : nous devons tout d’abord trouver un moyen de nous rendre à Bamako. Plusieurs sociétés de bus existent dont certaines sont référencées dans le guide du routard. Le problème est d’arriver à trouver celle qui voyage sur Bamako et surtout le jour et l’heure (enfin au moins approximative !) du départ. La première où nous nous rendons n’a pas de départ prévu dans les jours à venir. On nous renvoie vers une autre société. Mais quant à savoir comment la trouver en ville, dur, dur. Finalement avec beaucoup de patience et un peu de chance nous trouvons un taxi pour nous amener à bon port. Après prise de renseignements dans la cour auprès de différentes personnes, on nous annonce un départ pour le lendemain matin à 6 heure. Parfait, c’est tout à fait ce qu’il nous faut, mais pas de vente de billets à l’avance. Dans l’enceinte du parc, de nombreuses personnes sont installées comme pour un bivouac à même le sol avec tous leurs bagages et cela nous inquiète un peu, mais enfin cela n’a rien de très exceptionnel. Nous repartons donc relativement confiant, rendez-vous est pris pour le lendemain matin vers 5 h 30. Le problème du transport réglé, reste celui de mon visa pour le Mali. Heureusement nous avons l’adresse et le numéro de téléphone de l’ambassade sur le guide du routard (que ferions nous sans lui !?). Nous prenons donc d’abord des renseignements par téléphone pour connaître les modalités de délivrance des visas de transit. Et là bonne surprise, on nous informe que le visa peut être délivré dans les deux heures après le dépôt du dossier. Incrédule, nous nous rendons à l’ambassade. Nous y trouvons un groupe de touristes américains qui attendent leur visa. Moyennant un formulaire à remplir, 20.000 CFA et 2 photos, on me délivre en à peine deux heures de temps un visa en bonne et due forme. Comme quoi avec un peu de volonté politique motivée par un intérêt économique bien compris, l’organisation suit. Soulagés de nous être sorti rapidement de ces différentes démarches, nous nous réjouissons de pouvoir aller faire tranquillement le tour du marché central, du centre artisanal de Ouaga. Notre premier arrêt nous permet d’apprécier la grande diversité et la qualité de l’artisanat local. Le centre artisanal est un modèle du genre avec une boutique principale où est vendue la palette des différents produits réalisés dans les ateliers situés juste à côté. On peut donc apprécier à la fois les produits et les techniques de fabrication, discuter avec les artisans au travail. Une visite très enrichissante pour nous touristes et très instructive quant à l’approche du client/visiteur. On mesure mieux tout le travail qui est à faire à Dalaba. Nous traversons tout d’abord la boutique, très bien achalandée pour trouver quelques souvenirs, mais aussi des idées d’objets qui pourraient être réalisés à Dalaba avec les techniques locales. Nous achetons notamment des petites broches faites en calebasse, des pendentifs « djimbé ». Nous passons ensuite dans les différents ateliers : les sculpteurs, les artisans du bronze, les fabricants de balafons et de djimbés, les artistes du batik, etc. Auprès de ces derniers, nous nous attardons un peu plus pour avoir des détails sur le processus de fabrication et nous leur achetons deux « toiles » , non sans avoir, bien sûr, négocié le prix. Nous repartons enchanté par notre visite. Autour du centre de nombreuses échoppes proposent toute sorte de produits artisanaux. Les commerçants nous hèlent gentiment pour nous vendre qui un sac en tissu, qui un djimbé, etc. Nous finissons par acheter quelques cartes peintes à la main avant de repartir en direction du marché central. Au marché, nous cherchons d’abord le secteur des tissus, car nous ne désespérons pas de trouver un acquéreur pour nos tissus « made in Guinée ». Nous arpentons les allées, sans très bien savoir comment nous orienter. Mais peu importe, nous découvrons un marché bien organisé où il est agréable de se promener. Nous n’arrivons pas à placer notre marchandise, mais nous trouvons des ensembles baye fall assez sympas. Finalement la fatigue et la faim nous poussent hors du marché. Y’a un temps pour tout ! Nous regagnons notre quartier nord et notre « petit chalet savoyard ». Après une sieste bien méritée, nous profitons de la fin de journée et d’une température extérieure plus clémente pour aller nous promener à pied dans le quartier. Nous retournons au Pavillon vert pour boire un coca frais. Nous profitons de l’occasion pour proposer aux employées du bar restaurant les plaqués or achetés à Lomé. Pour une fois, nous trouvons des clientes intéressées. Malheureusement, elles ne peuvent payer cash. Nos rêves de bonnes affaires s’envolent donc. Quant à moi, j’ai repéré un batik qui orne le devant du kiosque de produits artisanaux et je m’approche du vendeur pour engager la négociation. A vrai dire je suis prêt à payer le prix qu’il veut mais l’habitude aidant j’essaye de gagner quelques CFA. J’emporte la partie pour 9.000 CFA, très content de mon achat. De retour au restau de notre hôtel, nous nous offrons un petit extra en dînant sur place. Notre dernier vrai repas sur le sol burkinabé. Le lendemain, nous reprenons la route. Nous prenons donc rendez-vous avec un taximan pour 5 heure du matin, pas très sûr de le voir respecter son engagement. Quelques heures plus tard, sur le pied de guerre, nous sortons du Dapoore. Surprise le taxi nous attend. Nous embarquons, avec quelques difficultés pour entrer tous nos bagages et nous-même, direction la gare routière. Sur place, pas de départ en vue et pas d’informations très précises. Nous prenons malgré tout un petit déjeuner sur le bord de la route dans la poussière et les gaz d’échappement en attendant de voir. Au menu lait concentré sucré dilué dans de l’eau avec café, pain baguette caoutchouc et mayonnaise pour les amateurs. « Le pain sec c’est bon, merci !» Après ces agapes, nous nous remettons en quête d’informations. Après avoir interrogé diverses personnes, il nous faut nous rendre à l’évidence : pas de départ pour Bamako aujourd’hui. Cependant on nous indique une autre compagnie susceptible de voyager le jour même. Il nous faut nous rendre dans un autre quartier de Ouaga assez distant pour vérifier cette hypothèse. Et c’est reparti : il nous faut trouver un taxi qui connaisse le lieu et qui puisse charger tous nos bagages et nous-mêmes, négocier le prix et espérer … Quelques embouteillages plus tard, nous arrivons sur une autre gare routière ou en tout cas ce qui en tient lieu. Renseignement pris, un départ est imminent … ou presque. Nous payons nos billets et patientons sur un vieux banc en bois carrément bancal et surtout sous un soleil qui commence à taper sérieusement. Cette attente nous permet d’observer des réparateurs de deux roues qui ont leur atelier juste à côté : le système D au service de la mécanique. Enfin le départ est annoncé et notre bus avancé. Désillusion, ce n’est pas le beau bus qui trônait à l’entrée du parc mais un vieux car en fin de vie qui pétarade et crache de gros nuages noirs. De toute façon, comme qui dirait, nous n’avons pas le choix.
La route de Ouaga à Bobo-Dioulasso est certes goudronnée, mais elle est également parsemée de nids de poule. Dans un quatre-quatre bien amorti avec un chauffeur attentif et prudent, ça ne pose pas trop de problèmes. Mais prenez un vieux car, bondé, muni d’amortisseurs sans doute d’origine (mais peut-être étaient-ils en option sur ce modèle ?), mettez au volant un « Fangio » revu et corrigé mode Burkinabé genre je fonce et advienne ce que Dieu décidera ; et vous pourrez imaginer la promenade de santé ?!? Nos appels répétés à l’adresse du chauffeur pour le faire ralentir ou tout au moins pour qu’il prenne en pitié nos dos n’aura eu aucun effet.
6ème étape : Bobo-Dioulasso Nous arrivons donc à Bobo-Dioulasso complètement fourbus, mais contents d’être arrivés entiers Quoique. Au départ de Ouaga, nous avions acheté des billets Ouaga-Bamako. Nous pensions donc légitimement poursuivre notre route vers la frontière malienne, après une petite pause réparatrice. L’après-midi étant déjà bien avancée, ils nous semblaient important de ne pas trop traîner pour passer la frontière avant la nuit. La pause se prolongeant, nous essayons d’avoir des informations sur la suite de notre voyage. Quand repart-on ? Pourra-t-on passer au Mali aujourd’hui ? Nous obtenons des demies réponses peu satisfaisantes, mais il faut bien s’en contenter. Finalement, un mini bus vient nous prendre à la gare et nous emmène quelques kilomètres plus loin sur une grande artère de Bobo. Notre chauffeur s’arrête sous quelques manguiers et nous invite à descendre. Un banc en bois, modèle de base largement répandu dans la sous-région, d’un confort plus que sommaire nous est proposé pour nous reposer et patienter en attendant un éventuel départ. L’attente commence. Les heures passent. Nous passons du banc à une natte qui nous a été gentiment installée à proximité. Le soleil se couche. Toujours aucun signe d’un départ prochain. Il paraît que nous attendons un (ou deux, selon ! ) passager pour pouvoir partir. En fait le chauffeur ne veut pas prendre la route tant que son minibus n’est pas rempli. Et quand je dis rempli, c’est rempli ! 11 passagers plus le chauffeur et les bagages pour un véhicule prévu pour 7 à 8 personnes avec un confort correct. Oublié donc le confort. Les sardines sont battues !?! L’attente devenant vraiment longue et les moustiques de plus en plus nombreux, nous nous abritons dans un bus garé à proximité et essayons tant bien que mal de dormir plié en quatre sur deux fauteuils. Malheureusement les moustiques eux n’ont pas décidé d’aller se coucher et ils nous « divertissent » de leur ronde de nuit. Une fois de plus c’est quand on ne l’attend plus vraiment que le départ est annoncé. Il fait nuit noire et les derniers passagers ont surgi soudain de nulle part. Mystère. Le temps de tous nous « encastrer » dans le véhicule et nous voilà sur la route, direction la frontière. Nous nous engageons rapidement sur une piste en pleine brousse. Tout au moins le devine-t-on car la nuit est très sombre. Après quelques heures de voyage sans soucis, nous nous arrêtons au beau milieu de la brousse. Un peu inquiets, nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. A quelques mètres devant nous, une barrière en bois et une casemate, à peine éclairée par une lampe à pétrole où somnole le douanier en chef, nous indique que nous sommes arrivés au poste de douane. Chaque passager est contrôlé et doit s’acquitter d’un « droit de passage » déguisé. En fait le chef de poste réclame à chacun 1000 CFA pour cause de non-vaccination contre la fièvre jaune, carnet de vaccination en règle ou pas. Le règne de l’arbitraire et de l’argent. Pour ce qui me concerne, touriste étranger en voyage au Mali, je suis exonéré de cette taxe. Il semble que la sensibilisation par rapport aux touristes ait porté au moins partiellement ses fruits En attendant, une de nos passagères visiblement anglophone et sans papier, qui est restée dissimulée au fond du bus, réussit à passer la frontière certes un peu inquiète d’être découverte, mais finalement sans ennuis. Nous filons droit sur Sikasso que nous atteignons après 6h30 de voyage. Nous débarquons dans une gare voiture et encore une foi nous comprenons que nous allons devoir changer de véhicule. Nous mettons à profit ce nouvel intermède pour prendre un petit déjeuner dans un café à ciel ouvert, tenu par un Guinéen. Café, lait concentré sucré, eau pour la boisson, pain et mayonnaise ou margarine pour la nourriture. Décidément, ce sera pain nature merci. Entre temps un bus grand luxe est arrivé et le départ pour Bamako semble vouloir s’organiser assez rapidement. Et effectivement après un délai raisonnable pour le chargement des bagages et des passagers appelés les uns après les autres (comme quoi l’organisation est juste une question de volonté), nous prenons la route de Bamako. 6 heures de route sans problème durant lesquelles nous suivons un film sur l’écran télé installé à l’avant du bus. Et oui incroyable, il fonctionne. L’arrivée à Bamako se fait sous une grosse pluie d’orage.
7ème étape : Bamako, ses faubourgs Nous apercevons la ville depuis une hauteur. Nous n’en verrons pas plus. Nous prenons aussitôt arrivé la direction de la gare voiture pour la Guinée. Notre taxi nous dépose à l’extérieur de la gare car elle est noyée sous l’eau et inaccessible pour une petite voiture.
Nous trouvons malgré tout assez rapidement un véhicule qui doit partir pour la frontière guinéenne. C’est ce qu’on appelle un « bâché », c’est à dire un véhicule avec une cabine de 3 ou 4 places et une benne arrière aménagée sommairement avec des bancs et couverte d’une bâche où l’on entasse comme du bétail entre quinze et vingt personnes. Les bagages et autres animaux (poules, moutons, etc.) sont amarrés sur la bâche.
Le scénario habituel se répète une nouvelle fois : on va bientôt partir, il nous manque juste un passager pour être au complet, etc., etc. . La fin de journée approchant à grands pas, nos futurs compagnons de route s’inquiètent un peu. Il semble que la route ne soit pas très sure et que les coupeurs de route, encore eux, affectionnent particulièrement ce tronçon. Parmi eux, un jeune d’une vingtaine d’années en rajoute même et finit par vraiment nous inquiéter. Il ne nous reste plus qu’à espérer un départ rapide ou le report du départ au lendemain. Mais la chance nous sourit, enfin si l’on peut dire. Nous sommes au complet et le départ s’organise un peu avant la tombée de la nuit. Nous nous installons tant bien que mal dans la benne en essayant de garder des places le plus possible à l’air libre, vers l’arrière du véhicule. Le plus délicat dans l’opération est d’arriver à se caler les uns par rapport aux autres car nous avons tous un vis-à-vis avec lequel il faut s’entendre pour placer ses genoux. Une fois tous montés à bord plus personne ne peut bouger. Et en fait, comme nous le constaterons plus loin sur la piste, ça n’est pas plus mal ainsi. Le véhicule s’ébranle finalement. Ca relève du miracle vu la surcharge, mais bon ainsi va le transport en commun dans la région : A la grâce de Dieu !
Nous nous engageons sur une piste très accidentée, en pleine brousse. Très rapidement on a l’impression d’être loin de tout et de s’en aller vers nulle part. Cette impression devient vraiment oppressante quand la nuit tombe, noire, brutale. Je me rappelle alors les paroles échangées avant le départ et une nouvelle fois je sers un peu plus contre moi mon ordinateur et ma ceinture ventrale pleine de devises. Le voyage se poursuit cependant au rythme des secousses plus ou moins fortes selon les trous rencontrés, des averses et orages, des arrêts improvisés pour le confort des passagers. On essaye de fermer les yeux en espérant que le sommeil viendra et fera paraître le temps moins long. Mais peine perdue vu les conditions. Prendre notre mal en patience, telle est la bonne devise pour ce trajet. Après 6 heures de piste, nous arrivons à la frontière avec la Guinée.
8ème étape : Kourémalé, frontière Mali-Guinée Nous sommes à Kourémalé, tout au moins le devine-t-on car il fait très sombre et ce n’est pas les quelques rares lampes tempêtes allumées de-ci delà qui nous permettraient d’y voir quelque chose. Les douaniers nous demandent de déposer nos passeports au poste et de venir les rechercher le lendemain matin, une fois qu’ils auront été visés et tamponnés par le chef de poste, qui dort pour le moment. Nous passons donc la barrière frontière et entrons en Guinée. Nous nous préoccupons immédiatement de trouver un endroit pour dormir. Dans ce noir, nous ne sommes pas très optimistes sur nos chances de trouver un lit, mais Aliou fait comme d’habitude en la matière des merveilles. Il nous dégote un « hôtel 4 étoiles ». Nous nous retrouvons pour cause d’économie (un quatre étoiles, c’est pas donné !?!) tous les trois dans une chambre de 6 m² environ avec pour seul mobilier un lit double avec matelas en paille, une bougie et une chaise. Ah j’oubliais un drap recouvre le matelas, quand même. Nous sommes bien contents que l’obscurité ne nous permette pas de voir son état. Et puis, nous sommes vraiment tous les trois épuisés. Nous prenons donc place sur ce lit, tout habillé, en nous mettant dans le sens de la largeur, les jambes pendant dans le vide. La fatigue fait accepter tout et n’importe quoi. Après quelques heures de sommeil, enfin si l’on peut dire, nous nous levons alors que le jour pointe à peine le bout de son nez. Il fait frais et d’autant plus que nous sommes en pleine saison des pluies. Nous nous dirigeons chacun notre tour vers la « salle de bain » tout confort : trois murs en terre plus une tôle et bassine d’eau froide. A 6 heures du matin, réveil garanti. Fin prêts, nous décidons de laisser nos affaires à l’hôtel et d’aller chercher nos passeports ainsi que de quoi remplir nos estomacs. Nous tombons au poste frontière sur un douanier très zélé. Il trouve suspect le document que Aliou lui présente. C’est un laisser-passé établi sur papier à en-tête du consulat du Togo qui est valable pour l’aller retour entre la Guinée et le Togo. Suite à toutes les frontières que nous avons traversées, il est par ailleurs couvert de tampons. Mais non pour l’agent guinéen, il n’est pas valable. Les explications/négociations commencent. Mais Aliou ne lâche pas le morceau et il récupère carte d’identité et laisser-passer sans rien donner. Nous pouvons enfin aller manger. Nous en profitons pour prendre des renseignements pour la suite du voyage vers Siguiri. Nous trouvons des taxis en attente et réservons donc trois places. Le temps d’aller chercher nos affaires à l’hôtel et de régler la note, nous sommes de retour à la gare voiture, où comme toujours le voyage commence par une longue attente. Nous comprenons assez rapidement que pour une fois, la cause de ce retard est indépendante de la volonté du chauffeur ou des passagers. En fait, la route est coupée à la sortie du village par une brusque montée des eaux de la rivière. Le passage des voitures est impossible, tout au moins nous semble-t-il. Les quelques piétons qui s’aventurent dans la rivière ont l’eau qui leur monte jusqu’à l’entrejambe voir jusqu’à la taille. Sur l’autre rive des véhicules arrivent en provenance de Siguiri. Les taxis font descendre leurs passagers avec tous leurs bagages et font demi-tour. L’idéal pour nous serait que l’un d’eux veuillent bien nous attendre pour repartir vers Siguiri. Il suffirait pour cela que nous traversions tous à pied avec nos bagages. Mais les taxis en attente à Kourémalé ne sont pas trop d’accord de perdre leur clientèle, même s’ils voient bien que la situation est bloquée. Notre chauffeur, plus téméraire que les autres ou peut-être parce que sa voiture ne craint pas grand chose, se décide à tenter la traversée des flots. Il organise le déchargement complet de sa 504 familiale, puis il prépare le moteur à une immersion totale : il bouche tous les orifices avec des chiffons, sans oublier le pot d’échappement et le réservoir d’essence. Rapidement la voiture amphibie est prête. Entre temps un quatre-quatre rehaussé avec pot d’échappement au dessus de la cabine a tenté la traversée. Le chauffeur a renoncé voyant l’eau pénétrer dans la cabine par le bas des portes. Notre pilote tout terrain ne se décourage pas pour autant. La traversée se prépare avec le recrutement des pousseurs qui doivent accompagner la voiture dans la rivière pour éviter qu ‘elle ne soit emportée par le courant . Quant à nous, nous sommes invités à traverser à pied. Des jeunes du village se proposent pour faire traverser nos bagages ainsi que les personnes qui le souhaitent contre rémunération. Toute occasion est bonne à saisir dans ce coin perdu, loin de tout. Nous acceptons de bon cœur pour ce qui est des bagages. Aliou et moi-même préférons traverser sur nos propres pieds. Nous enlevons chaussures, chaussettes et pantalon et nous apprêtons à entrer dans l’eau. Oumou, elle est beaucoup moins pressée de se lancer. Mais elle hésite encore entre nous suivre et grimper sur les épaules d’un des passeurs improvisés. Les deux solutions présentent des risques pour elle : d’un coté, elle a très peur de l’eau et du courant, de l’autre l’éventualité d’une chute du haut des épaules de sa « monture » ne la rassure pas trop. Cruel dilemme ! Finalement nous ayant vu traverser devant elle, elle choisit la solution du porteur. La première étape est alors de grimper sur les épaules de son aide. L’opération se passe tant bien que mal avec l’aide d’un troisième acolyte. La traversée peut alors commencer. L’avancée est lente du fait du niveau de l’eau et du courant qui est quand même assez fort. Aussi, quasiment au milieu du cours d’eau, notre jeune porteur a une soudaine inspiration, qui pourrait bien lui permettre de gagner un peu plus : il s’arrête prétextant une trop grande fatigue et déclare vouloir transférer Oumou sur le dos d’un de ses amis pour finir la traversée. Evidemment aussitôt Oumou se met à hurler et lui propose d’augmenter son « salaire » s’il l’amène à bon port. Le stratagème a marché et notre passeur de reprendre la traversée comme si de rien n’était. De nouveau réuni tous les trois avec les autres passagers, nous assistons depuis l’autre rive à la traversée de notre taxi. Elle se fait sans souci majeur même si le capot du moteur émerge à peine de l’eau. Enfin au sec, il s’agit maintenant de vider l’eau qui est à l’intérieur; cette opération se fait « automatiquement » grâce aux trous que la rouille a percés dans la caisse. Pour ce qui est du moteur, l’opération est un peu plus longue. Ses premiers soubresauts sont assez peu encourageants, mais ça ne décourage pas notre chauffeur. Finalement, après un temps d’attente pour l’ « essorage » plus quelques coups de marteau et tours de tournevis, le doux ronronnement du moteur de notre 504 parvient à nos oreilles. Tout est possible, tout est réalisable ! Le départ est proche. Aussitôt les bagages chargés, nous prenons place sur les banquettes détrempées. Mais peu importe, car l’essentiel pour nous est de poursuivre la route, direction : Siguiri.
9ème étape : Vers Mamou et Dalaba La piste est correcte mais sans plus. Il faut dire qu’en saison des pluies toutes les pistes souffrent et de nombreux nids de poule se forment. Un peu plus de deux heures plus tard, nous atteignons Siguiri sans soucis particuliers, le fondement humide. Direction la gare voiture pour trouver le véhicule qui nous amènera jusqu’à Mamou. La fin du voyage approche et nous sommes maintenant tous les trois pressés d’arriver entier à destination. Nous passons quasiment tout l’après-midi à la gare voiture dans l’attente du départ. Nous en profitons pour manger quelques bricoles dont des beignets avec une sauce pimentée. Ce n’est qu’en fin de journée que le départ se dessine. Nous prenons place dans une 505 familiale qui à l’air plutôt correcte. Quelques kilomètres après notre départ, nous nous arrêtons pour prendre deux passagers supplémentaires, la femme et l’enfant du chauffeur qui viennent prendre place à l’avant. Ce qui porte à 5 les passagers avant. La conduite dans ces conditions relève de l’exploit et de l’inconscience portée au-delà de l’imaginable. Mais que dire, que faire ? Nous qui sommes déjà entassés à l’arrière, sans possibilité de bouger, nous n’espérons qu’une chose c’est arriver le plus vite possible et indemne autant que faire se peut. Le voyage se poursuit donc. Allah Akbar ! Soudain un violent orage nous surprend sur la route. Un épais rideau de pluie s’abat sur nous, le ciel est d’un noir d’encre. Rapidement les bas cotés sont transformés en lacs éphémères, mais impressionnants. On voit de l’eau partout et on se demande si l’on roule ou si l’on flotte. Notre chauffeur lui ne semble pas plus perturbé que cela. La visibilité est réduite à quelques mètres et cela d’autant plus que ses essuies-glaces ont une efficacité très relative. Mais il poursuit sa route imperturbable sans lever le pied de l’accélérateur. Le silence est lourd ; tout le monde semble faire des prières pour que l’on reste sur la route, sans rencontrer d’autres véhicules. Après quelques kilomètres dans cette ambiance oppressante enfin la pluie tombe moins fort à l’extérieure. Par contre à l’intérieur, nous sommes soumis à un déluge de gouttelettes, tout au moins certains passagers installés aux mauvaises places ?! Le chauffeur ne s’en émeut pas plus que cela et file toujours plus vite en direction de Mamou. Il fait nuit maintenant. Pour ce qui me concerne cela accroît mon inquiétude car les routes guinéennes de jour ne sont déjà pas très sures, mais alors de nuit ?! avec les voitures dont les « yeux » partent dans tous les sens, voire borgnes ou carrément aveugles. Les croisements entre véhicules sont toujours un moment d’angoisse intense. « Pourvu que ça passe ! ». Quelques kilomètres avant Mamou, nous tombons sur un barrage de militaires, signalé juste par quelques lampes tempête. Autrement dit il n’est vraiment pas très visible. Une corde est tendue en travers de la route sensée arrêter tous les véhicules. Plus dangereux qu’autre chose. Des hommes en tenue contrôlent le chauffeur, son véhicule et les passagers à la lampe torche. Ces barrages sont présents sur toutes les routes de l’intérieure du pays. Officiellement pour éviter l’intrusion de rebelles et accessoirement pour faire de réel contrôle. Mais en fait ils sont surtout un bon moyen pour les hommes en kaki de se faire de l’argent sur le dos des voyageurs et des chauffeurs de taxi. Tout est prétexte pour vous faire payer. C’est d’autant plus facile que chauffeurs et passagers n’ont bien souvent pas tous leur papier. C’est bien sur le cas pour notre chauffeur. Nous sommes donc bloqués au barrage et les discussions s’éternisent. Aliou, notre « avocat » de service essaye d’amadouer les militaires, mais rien à faire. Il faut dire que les chauffeurs de Haute-Guinée ont mauvaise réputation auprès des hommes en tenue car ils leur tiennent tête. La preuve nous en est donné d’ailleurs durant notre halte. Alors que les discussions vont bon train et que nous sommes au bord de la route, un taxi arrive au barrage sans même ralentir et arrache la corde, qui part comme un élastique sur le coté de la route où nous sommes garés. Heureusement notre véhicule est un peu en retrait et la corde part dans le vide. Mais cet incident jette un froid. On est passé très prêt d’un accident. Très rapidement cependant on en revient à notre situation et les palabres, interminables, reprennent. Finalement après un compromis dont nous ne connaîtrons pas tous les éléments, nous sommes autorisés à reprendre la route, direction Mamou centre. Nous atteignons la gare voiture de Mamou alors que l’aube s’annonce tout doucement. La boucle est quasiment bouclée, il ne nous reste plus qu’à trouver un chauffeur pour nous conduire sur les 50 kilomètres nous séparant encore de Dalaba. Par chance nous trouvons un jeune chauffeur de Dalaba qui souhaite rentrer chez lui après un voyage sur Conakry. Nous nous entendons pour partir rapidement sans attendre d’autres passagers.
Nous rentrons à Dalaba au petit matin du 06 Aout 1999, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’ouest : un grand voyage avec tous les ingrédients pour en faire une belle Aventure. Inoubliable !
Tour d'Asie Centrale en camion d'avril 2011 à février 2012 English translation pending
Salut salut!!!
Depuis quelques temps, l'idée d'un voyage en cam's nous trotte dans la tête. Depuis septembre on a pris la décision de partir pour un an vers la Mongolie !!
Le départ se ferait vers le début avril 2011 pour un retour vers février 2012.
Voici le trajet envisagé, à partir de la Turquie. Avant on ferait 15 jrs dans les pays de l'est.
puis : Turquie, Géorgie, , Azerbaïdjan, (traversée de la Caspienne), Turkménistan, Ouzbékistan Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakstan, Russie (en transit), Mongolie, Russie, Kazakhstan, Russie et soit la Géorgie pour un retour par la Turquie (c'est le plan A) , ou bien l'Ukraine et les pays de l'est.
Comme n'importe lequel des voyages, sa demande un peu d'organisation et des fois c'est un peu dure de trouver des infos présises, donc nous faisons appel au voyageurs qui auraient fait un périple similaire ..
Voilou ou ont bloque pas mal : sur les visas (et surtt le visa russe), on va avoir quelques info par rapport à sa donc on vous transmettra tt sa puis sur l'état des routes et plus précisément au Tadjikistan et au Kirghizstan après le Turkménistan on souhaiterai passer par Douchanbé pour chopper le permis GBAO (véritable clé du paradis) qui nous permettrais d'empreinter la route du pamir : de douchambé on prendrai la M41 jusqu'à Khorog puis après grosse question, comment sont l'état des routes : 1 par la valée du chokh dara, ou bien la route qui longe la frontière Afghane (cette route ne craint pas trop pour dormir dans son cams ?), puis passer par mourgab et suivre la M41 jusqu'à Och au kirghistan..
voilou si des personne on fait cette route merci d'éclairer notre lanterne !
Merci d'avance Love&Light Mael et Jany
Depuis quelques temps, l'idée d'un voyage en cam's nous trotte dans la tête. Depuis septembre on a pris la décision de partir pour un an vers la Mongolie !!
Le départ se ferait vers le début avril 2011 pour un retour vers février 2012.
Voici le trajet envisagé, à partir de la Turquie. Avant on ferait 15 jrs dans les pays de l'est.
puis : Turquie, Géorgie, , Azerbaïdjan, (traversée de la Caspienne), Turkménistan, Ouzbékistan Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakstan, Russie (en transit), Mongolie, Russie, Kazakhstan, Russie et soit la Géorgie pour un retour par la Turquie (c'est le plan A) , ou bien l'Ukraine et les pays de l'est.
Comme n'importe lequel des voyages, sa demande un peu d'organisation et des fois c'est un peu dure de trouver des infos présises, donc nous faisons appel au voyageurs qui auraient fait un périple similaire ..
Voilou ou ont bloque pas mal : sur les visas (et surtt le visa russe), on va avoir quelques info par rapport à sa donc on vous transmettra tt sa puis sur l'état des routes et plus précisément au Tadjikistan et au Kirghizstan après le Turkménistan on souhaiterai passer par Douchanbé pour chopper le permis GBAO (véritable clé du paradis) qui nous permettrais d'empreinter la route du pamir : de douchambé on prendrai la M41 jusqu'à Khorog puis après grosse question, comment sont l'état des routes : 1 par la valée du chokh dara, ou bien la route qui longe la frontière Afghane (cette route ne craint pas trop pour dormir dans son cams ?), puis passer par mourgab et suivre la M41 jusqu'à Och au kirghistan..
voilou si des personne on fait cette route merci d'éclairer notre lanterne !
Merci d'avance Love&Light Mael et Jany
Caravane ou cellule? Tractée par un 4x4 English translation pending
Bonsoir à tous,
Je ne suis pas sûre de poster mon message dans la bonne rubrique, veuillez m'en excuser si ce n'est pas le cas.
Avec ma copine, nous aimerions faire le tour de l'Europe, de l'Amérique puis pourquoi pas le reste du monde par la suite..
Nous hésitons beaucoup sur le type d'attelage à choisir, nous nous demandons s'il vaut mieux acheter une caravane autonome tractée par un 4x4 ou installer une cellule amovible sur un 4x4 pick-up?
Sachant que nous aimerions sortir un peu quand même des routes pour explorer les sentiers battus, en restant raisonnables.
Donc, nous voulions votre avis sur l'attelage à choisir, ainsi que de quelques marques de 4x4 si possible?
En vous remerciant d'avance, nous sommes impatients de lire vos réponses.
Cordialement, Jonathan et Amandine
Je ne suis pas sûre de poster mon message dans la bonne rubrique, veuillez m'en excuser si ce n'est pas le cas.
Avec ma copine, nous aimerions faire le tour de l'Europe, de l'Amérique puis pourquoi pas le reste du monde par la suite..
Nous hésitons beaucoup sur le type d'attelage à choisir, nous nous demandons s'il vaut mieux acheter une caravane autonome tractée par un 4x4 ou installer une cellule amovible sur un 4x4 pick-up?
Sachant que nous aimerions sortir un peu quand même des routes pour explorer les sentiers battus, en restant raisonnables.
Donc, nous voulions votre avis sur l'attelage à choisir, ainsi que de quelques marques de 4x4 si possible?
En vous remerciant d'avance, nous sommes impatients de lire vos réponses.
Cordialement, Jonathan et Amandine
Arnaque à Poipet: frontière du côté cambodgien English translation pending
Bonjour à tous...
Dans la série arnaque aux frontières il y en a une nouvelle à éviter.. Côté cambodgien quand vous arrivez de Thailande à Poi Pet pour vous rendre soit à Phnon Pehn où à Siem Rap.
Le bus thai ( vous pouvez le prendre pour pas trés cher -126 baths -à la station Bus Terminal près de l'aéroport--> Navette gratuite depuis l'aéroport) vous aménera très prés de la frontière.
Vous pouvez aisément faire le petit kilomètre qui sépare les 2 pays à pied.
Mais attention...!
Première tentative d'arnaque.. Les rabatteurs.
Ils vous emménnent à une petite cahute qui n'est qu'en fait une agence de voyage habilement déguisée et qui ne vous délivrera que le timbre du visa pour une somme supérieure à son prix vu les commissions. Facile de flairer le coup tant les rabatteurs sont pressés de vous "rendre service"....
Deuxième tentative d'arnaque.. Les douaniers eux mêmes..!
Plus difficile à prévoir , car sur la guérite à côté de laquelle vous allez passer vous aurez une grande inscription.. VISA ON ARRIVAL C'est donc très officiel et on ne se méfie pas..
Forts d'avoir déjoué la première arnaque vous ne pensez pas tomber dans une seconde. On vous remettra donc le fameux timbre sur votre passeport et.... on vous demandera 100 Baths pour ce service en prétextant que c'est un service rapide ou d'urgence.!!! C'est FAUX.. Les Thais ne payent pas et les Cambodgiens non plus.
Et bien sûr ils vous demanderont cette somme après vous avoir délivré le timbre. Or, nulle part il est visible que ce service coûte de l'argent et la somme exigée est encore moins indiquée.
Sentant l'arnaque , j'ai donc récupéré mon passeport et suis allé voir , à la grande surprise du corrompu qui croyait que j'allais sortir mes baths, le groupe de Thais juste à coté. Réponse édifiante: " NON..!! nous ne payons rien."
Alors, sans autre forme de procès, j'ai ramassé mon sac et suis parti devant l'air éberlué du douanier qui perdait son sourire. " It's free for the visa form " Sorry.. ! Il m'a laissé partir. Surpris ou dans l'incapacité de faire quoi que ce soit..? De légal bien sûr.!!
Au poste frontière, que vous atteindrez 2 ou 3 minutes plus tard, il faudra attendre, comme les autres, dans la chaleur. Mais vous pouvez aussi obtenir votre visa à cet endroit même s'ils font mine de vous renvoyer à la guérite précédente.. Les bénéfices doivent être partagés sans doute..! Aspect mafieux.
Alors ..? Une fois de plus la même histoire. C'est banal et fatigant. Ce sont des individus qui profitent de la méconnaissance, de la crainte ou de la gentillesse des touristes. Il n'y a aucune raison de céder à ce trafic puant.
Bien sur, j'entends d'ici les bien-pensants qui affirmeront que 100 baths c'est pas grand-chose ( et c'est vrai) et qui penseront qu'il faut savoir faire preuve de générosité. Je suis totalement d'accord avec le principe de générosité. ...Mais certainement pas avec ces individus qui vous trompent avec une détestable hypocrisie.Il ya des gens au Cambodge qui méritent notre générosité. Mais certainement pas eux. Ce ne sont que des escrocs. indignes de l'uniforme qu'ils portent. Mais c'est une autre histoire.
Ne vous laissez pas intimider. REAGISSEZ.
Dans la série arnaque aux frontières il y en a une nouvelle à éviter.. Côté cambodgien quand vous arrivez de Thailande à Poi Pet pour vous rendre soit à Phnon Pehn où à Siem Rap.
Le bus thai ( vous pouvez le prendre pour pas trés cher -126 baths -à la station Bus Terminal près de l'aéroport--> Navette gratuite depuis l'aéroport) vous aménera très prés de la frontière.
Vous pouvez aisément faire le petit kilomètre qui sépare les 2 pays à pied.
Mais attention...!
Première tentative d'arnaque.. Les rabatteurs.
Ils vous emménnent à une petite cahute qui n'est qu'en fait une agence de voyage habilement déguisée et qui ne vous délivrera que le timbre du visa pour une somme supérieure à son prix vu les commissions. Facile de flairer le coup tant les rabatteurs sont pressés de vous "rendre service"....
Deuxième tentative d'arnaque.. Les douaniers eux mêmes..!
Plus difficile à prévoir , car sur la guérite à côté de laquelle vous allez passer vous aurez une grande inscription.. VISA ON ARRIVAL C'est donc très officiel et on ne se méfie pas..
Forts d'avoir déjoué la première arnaque vous ne pensez pas tomber dans une seconde. On vous remettra donc le fameux timbre sur votre passeport et.... on vous demandera 100 Baths pour ce service en prétextant que c'est un service rapide ou d'urgence.!!! C'est FAUX.. Les Thais ne payent pas et les Cambodgiens non plus.
Et bien sûr ils vous demanderont cette somme après vous avoir délivré le timbre. Or, nulle part il est visible que ce service coûte de l'argent et la somme exigée est encore moins indiquée.
Sentant l'arnaque , j'ai donc récupéré mon passeport et suis allé voir , à la grande surprise du corrompu qui croyait que j'allais sortir mes baths, le groupe de Thais juste à coté. Réponse édifiante: " NON..!! nous ne payons rien."
Alors, sans autre forme de procès, j'ai ramassé mon sac et suis parti devant l'air éberlué du douanier qui perdait son sourire. " It's free for the visa form " Sorry.. ! Il m'a laissé partir. Surpris ou dans l'incapacité de faire quoi que ce soit..? De légal bien sûr.!!
Au poste frontière, que vous atteindrez 2 ou 3 minutes plus tard, il faudra attendre, comme les autres, dans la chaleur. Mais vous pouvez aussi obtenir votre visa à cet endroit même s'ils font mine de vous renvoyer à la guérite précédente.. Les bénéfices doivent être partagés sans doute..! Aspect mafieux.
Alors ..? Une fois de plus la même histoire. C'est banal et fatigant. Ce sont des individus qui profitent de la méconnaissance, de la crainte ou de la gentillesse des touristes. Il n'y a aucune raison de céder à ce trafic puant.
Bien sur, j'entends d'ici les bien-pensants qui affirmeront que 100 baths c'est pas grand-chose ( et c'est vrai) et qui penseront qu'il faut savoir faire preuve de générosité. Je suis totalement d'accord avec le principe de générosité. ...Mais certainement pas avec ces individus qui vous trompent avec une détestable hypocrisie.Il ya des gens au Cambodge qui méritent notre générosité. Mais certainement pas eux. Ce ne sont que des escrocs. indignes de l'uniforme qu'ils portent. Mais c'est une autre histoire.
Ne vous laissez pas intimider. REAGISSEZ.
Traversée du Kazakhstan à vélo? English translation pending
Salut a tous,
bloque a Bishkek pour le moment, sans pouvoir passer en Ouzbekistan en raison de problemes de frontieres, je dois envisager de passer par le Kazakhstan, d'Almaty jusqu'a la mer Caspienne. Je me pose cependant plusieurs questions bien pratiques : la traversee du pays est-elle vraiment realisable, au niveau des ravitaillements en EAU (pas de filtre avec moi, on boit d'habitude l'eau caire sans la traiter) et en nourriture ? Le climat est-il supportable, surtout dans les deserts de l'ouest ? La route qui rejoint Almaty et Aktau est-elle roulable ou fort frequentee ? Les paysages sont-ils sympa ? Grosses questions qui peuvent paraitre un peu bateau, mais je vais devoir me decider d'ici un ou deux jours pour faire mon visa kazakh et je ne sais pas ou trouver des renseignements plus fiables qu'ici 😉 Et puis encore une question a laquelle je n'espere qu'a moitie une reponse : est-il possible d'obtenir le visa azeri dans le PORT de Bakou ? Aucune discussion terminee sur ce sujet sur VF...
Merci a vous !
bloque a Bishkek pour le moment, sans pouvoir passer en Ouzbekistan en raison de problemes de frontieres, je dois envisager de passer par le Kazakhstan, d'Almaty jusqu'a la mer Caspienne. Je me pose cependant plusieurs questions bien pratiques : la traversee du pays est-elle vraiment realisable, au niveau des ravitaillements en EAU (pas de filtre avec moi, on boit d'habitude l'eau caire sans la traiter) et en nourriture ? Le climat est-il supportable, surtout dans les deserts de l'ouest ? La route qui rejoint Almaty et Aktau est-elle roulable ou fort frequentee ? Les paysages sont-ils sympa ? Grosses questions qui peuvent paraitre un peu bateau, mais je vais devoir me decider d'ici un ou deux jours pour faire mon visa kazakh et je ne sais pas ou trouver des renseignements plus fiables qu'ici 😉 Et puis encore une question a laquelle je n'espere qu'a moitie une reponse : est-il possible d'obtenir le visa azeri dans le PORT de Bakou ? Aucune discussion terminee sur ce sujet sur VF...
Merci a vous !
"Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa, Florès, Sumba) English translation pending
Bon, je ne vais pas refaire les présentations...
Enfin, si, un peu quand même...
Il y a 2 ans, j'ai fait une rencontre qui a bouleversé ma façon de voyager, avec un pêcheur de l'île Lombok, qui est mon p'tit frère maintenant. J'ai pu raconter tout ça, les anciens de VF s'en souviendront, dans mon premier carnet "Sasak story".
Même tempérament, même passion pour la géographie, même rêves de voyages (sauf que moi j'ai la chance de pouvoir en réaliser pas mal!), même goûts pour les endroits isolés, même signe astrologique (j'y crois pas mais là quand même...), même philosophie de la vie permettant de se détacher pas mal du matériel pour se consacrer à l'Essentiel, évidemment deux têtes-en-l'air comme c'est pas permis, enfin plein de mêmes et j'en oublie !
Par contre pas du tout les mêmes vies. Lui, son bureau comme il dit, c'est la mer. Il est éleveur de langoustes et cultivateur d'algues.

Tour à tour, on se prête mutuellement à un jeu qu'on aime bien, une sorte de "Vis ma Vie" pour reprendre l'émission de télé...
En 2007, je lui ai fait découvrir un peu son île, Lombok, car il n'avait jamais pu sortir de son village, faute de moyens de transport dans cette région isolée du sud de Lombok. Faute de moyens tout court aussi...
La vie de touriste: il a trouvé ça pas mal ! C'était toujours très rigolo: des regards curieux du genre "qu'est ce qu'ils foutent ensemble ces 2 là?", et moi qui répondais à chaque fois, histoire de mettre un peu plus le trouble: "bah, touriste français, touriste sasak"! Et ça finissait immanquablement en éclats de rire, en "viens boire le café", "viens manger à la maison", etc...
Et puis ça a un petit peu démystifié ses idées sur les touristes, puisqu'il pensait jusque là que nous étions tous comme les milliardaires des séries B Indonésiennes qui passent à longueur de temps... Il a l'esprit naturellement grand ouvert, mais ces petites échappées l'ont certainement ouvert un peu plus.
Les mois ont passé... Je suis revenu dans son village en février 2008, où là j'ai fait le "vis ma vie" dans l'autre sens: 2 semaines au village, embourbé dans la saison des pluies, pour vivre avec les villageois, à leur rythme. Un voyage sans programme, sans réellement grand chose à visiter, je n'y allais pas pour ça. Mais juste pour vivre une vie qui m'est si lointaine... j'ai raconté ça dans mon autre carnet "hello Mister Loïc", puisque bien sûr maintenant on ne dit plus "Hello Mister", ou "Hello tourist", ou "Hello Bule"... je suis le français le plus connu du village 😉
Alors ben depuis, les liens se forcément tissés avec les habitants, particulièrement avec mon p'tit frère bien sûr, puisqu'on peut dire qu'on a gardé les vaches langoustes ensemble !
Ah, au fait, pour ceux qui connaissent pas, il s'appelle Rumaji mon petit frère.
De longs mois ont passé... et je suis revenu l'été 2008 tenir la promesse que j'avais faite un an avant: je lui avais proposé cette idée folle de voyager ensemble pendant 1 mois, de réaliser son rêve, ou plutôt notre rêve. Car moi aussi je rêve, c’est une nouvelle forme de Voyage pour moi : voyager avec un local, mais pas un guide professionnel, un simple pêcheur, un touriste Sasak qui baroude avec un touriste Français, comme 2 frères… voyager avec un Indonésien, c’est voyager comme je n’ai jamais voyagé auparavant, une découverte d’un pays qui va m’ouvrir ses portes encore plus facilement.
Le rêve du pêcheur.
Pendant un an, je lui ai téléphoné régulièrement, en lui posant à chaque fois la question : « Tu es toujours partant pour partir 1 mois ensemble en juin prochain ? » « Oui, bien sûr » me répondait-il à chaque fois
Mais j’avais toujours l’appréhension qu’il finisse par me dire non, car ce n’est pas facile de stopper son travail, de vivre sans sa famille, de changer de vie, pendant 1 mois. A plusieurs reprises, je lui ai dit de bien anticiper son absence, notamment confier la gestion des langoustes et des algues à son frère et à son père. Je craignais qu’il finisse par se rendre à l’évidence qu’il lui est impossible de partir si loin et si longtemps.
Lorsque je suis arrivé dans son village, oui, il était prêt, fin prêt, encore plus prêt que je ne pouvais l’espérer : dans sa maison, je retrouve mes photos accrochées au mur, le planisphère que je lui ai offert et j’ai même droit à un message de bienvenue :

Il a également pris soin de vendre toutes ses langoustes et toutes ses algues avant que j’arrive…
« Ainsi nous pouvons partir l’esprit libre. Je n’ai pas besoin de payer quelqu’un pour s’occuper de mes langoustes ! »
Tout vendre… Je n’y avais même pas pensé. Il ira loin ce petit.
Alors justement nous allons partir loin. En scooter de location, nous allons parcourir 3000km pendant 5 semaines, nous menant, à travers les routes défoncées et au gré des ferrys schedules, vers les îles de Sumbawa, Komodo, Florès et Sumba.
A suivre....
Enfin, si, un peu quand même...
Il y a 2 ans, j'ai fait une rencontre qui a bouleversé ma façon de voyager, avec un pêcheur de l'île Lombok, qui est mon p'tit frère maintenant. J'ai pu raconter tout ça, les anciens de VF s'en souviendront, dans mon premier carnet "Sasak story".
Même tempérament, même passion pour la géographie, même rêves de voyages (sauf que moi j'ai la chance de pouvoir en réaliser pas mal!), même goûts pour les endroits isolés, même signe astrologique (j'y crois pas mais là quand même...), même philosophie de la vie permettant de se détacher pas mal du matériel pour se consacrer à l'Essentiel, évidemment deux têtes-en-l'air comme c'est pas permis, enfin plein de mêmes et j'en oublie !
Par contre pas du tout les mêmes vies. Lui, son bureau comme il dit, c'est la mer. Il est éleveur de langoustes et cultivateur d'algues.

Tour à tour, on se prête mutuellement à un jeu qu'on aime bien, une sorte de "Vis ma Vie" pour reprendre l'émission de télé...
En 2007, je lui ai fait découvrir un peu son île, Lombok, car il n'avait jamais pu sortir de son village, faute de moyens de transport dans cette région isolée du sud de Lombok. Faute de moyens tout court aussi...
La vie de touriste: il a trouvé ça pas mal ! C'était toujours très rigolo: des regards curieux du genre "qu'est ce qu'ils foutent ensemble ces 2 là?", et moi qui répondais à chaque fois, histoire de mettre un peu plus le trouble: "bah, touriste français, touriste sasak"! Et ça finissait immanquablement en éclats de rire, en "viens boire le café", "viens manger à la maison", etc...
Et puis ça a un petit peu démystifié ses idées sur les touristes, puisqu'il pensait jusque là que nous étions tous comme les milliardaires des séries B Indonésiennes qui passent à longueur de temps... Il a l'esprit naturellement grand ouvert, mais ces petites échappées l'ont certainement ouvert un peu plus.
Les mois ont passé... Je suis revenu dans son village en février 2008, où là j'ai fait le "vis ma vie" dans l'autre sens: 2 semaines au village, embourbé dans la saison des pluies, pour vivre avec les villageois, à leur rythme. Un voyage sans programme, sans réellement grand chose à visiter, je n'y allais pas pour ça. Mais juste pour vivre une vie qui m'est si lointaine... j'ai raconté ça dans mon autre carnet "hello Mister Loïc", puisque bien sûr maintenant on ne dit plus "Hello Mister", ou "Hello tourist", ou "Hello Bule"... je suis le français le plus connu du village 😉
Alors ben depuis, les liens se forcément tissés avec les habitants, particulièrement avec mon p'tit frère bien sûr, puisqu'on peut dire qu'on a gardé les vaches langoustes ensemble !
Ah, au fait, pour ceux qui connaissent pas, il s'appelle Rumaji mon petit frère.
De longs mois ont passé... et je suis revenu l'été 2008 tenir la promesse que j'avais faite un an avant: je lui avais proposé cette idée folle de voyager ensemble pendant 1 mois, de réaliser son rêve, ou plutôt notre rêve. Car moi aussi je rêve, c’est une nouvelle forme de Voyage pour moi : voyager avec un local, mais pas un guide professionnel, un simple pêcheur, un touriste Sasak qui baroude avec un touriste Français, comme 2 frères… voyager avec un Indonésien, c’est voyager comme je n’ai jamais voyagé auparavant, une découverte d’un pays qui va m’ouvrir ses portes encore plus facilement.
Le rêve du pêcheur.
Pendant un an, je lui ai téléphoné régulièrement, en lui posant à chaque fois la question : « Tu es toujours partant pour partir 1 mois ensemble en juin prochain ? » « Oui, bien sûr » me répondait-il à chaque fois
Mais j’avais toujours l’appréhension qu’il finisse par me dire non, car ce n’est pas facile de stopper son travail, de vivre sans sa famille, de changer de vie, pendant 1 mois. A plusieurs reprises, je lui ai dit de bien anticiper son absence, notamment confier la gestion des langoustes et des algues à son frère et à son père. Je craignais qu’il finisse par se rendre à l’évidence qu’il lui est impossible de partir si loin et si longtemps.
Lorsque je suis arrivé dans son village, oui, il était prêt, fin prêt, encore plus prêt que je ne pouvais l’espérer : dans sa maison, je retrouve mes photos accrochées au mur, le planisphère que je lui ai offert et j’ai même droit à un message de bienvenue :

Il a également pris soin de vendre toutes ses langoustes et toutes ses algues avant que j’arrive…
« Ainsi nous pouvons partir l’esprit libre. Je n’ai pas besoin de payer quelqu’un pour s’occuper de mes langoustes ! »
Tout vendre… Je n’y avais même pas pensé. Il ira loin ce petit.
Alors justement nous allons partir loin. En scooter de location, nous allons parcourir 3000km pendant 5 semaines, nous menant, à travers les routes défoncées et au gré des ferrys schedules, vers les îles de Sumbawa, Komodo, Florès et Sumba.
A suivre....
Qualité des pneus vélo Schwalbe? English translation pending
J'ai constaté des fissures dans mon pneu arrière. Un Schwalbe modèle "Marathon" de base
ce pneu n'a pas 2000 km
les fissures ne sont pas n'importe où. elles sont sur une limite entre 2 zones graphiques ; quand on regarde la roue par le travers, de la jante vers l'extérieur on voit une succession de bande (zone) ayant un graphisme (relief ou couleur) différent. C'est à la limite entre le flanc lisse et une bande hachurée de traits verticaux en relief que se situent les fissures.
d'autre part j'ai constaté distribuées au hasard des toutes petites fissures (craquelures) à différents endroits. ça ressemble à un vieillisement du pneu.
il me semble avoir rencontré il y a pas mal de temps quelqu'un qui avait le même souci sur ce forum.
ce pneu n'a pas 2000 km
les fissures ne sont pas n'importe où. elles sont sur une limite entre 2 zones graphiques ; quand on regarde la roue par le travers, de la jante vers l'extérieur on voit une succession de bande (zone) ayant un graphisme (relief ou couleur) différent. C'est à la limite entre le flanc lisse et une bande hachurée de traits verticaux en relief que se situent les fissures.
d'autre part j'ai constaté distribuées au hasard des toutes petites fissures (craquelures) à différents endroits. ça ressemble à un vieillisement du pneu.
il me semble avoir rencontré il y a pas mal de temps quelqu'un qui avait le même souci sur ce forum.
Insécurité à Madagascar: braquage à main armée en plein jour... English translation pending
Revenant de Madagascar on souhaite porter à la connaissance des futurs voyageurs la mésaventure pas si exceptionnelle qui nous est arrivée.
En effet on a failli se faire buter. Dans un endroit super touristique, dans la forêt des baobabs de Ifaty, dans la région de Tuléar, qui est dans tous les guides touristiques le samedi 17 novembre 2007 à 16h, en plein soleil, accompagnés d'un guide local (le serveur de notre hôtel) et d'un chauffeur de charette à zébus.
4 mecs armés chacun d'un pistolet, avec également une carabine, un coupe-coupe et un bidon d'essence sont arrivés sur nous d'un pas décidé, à visage découvert. On a juste eu le temps de se dire qu'ils avaient une sale gueule et que ça ne sentait pas bons que nos guides étaient à genoux et qu'ils demandaient l'argent. Nos 2 guides se sont retrouvés avec un pistolet contre la tempe et le doigt sur la gâchette !!!! Bien sûr on a donné le peu d'argent qu'on avait sur nous (environ 15 euros), et ils n'avaient pas l'air contents d'un si maigre butin. Ils nous ont fait également mettre à genoux et nous ont fouillé. Ils ont pris l'étui à lunettes et l'ont jeté. Ils ont pris l'appareil photo croyant que c'était un téléphone portable. On a demandé à notre guide qu'il leur demande de nous donner la carte mémoire (car nos agresseurs ne parlaient pas français). Comme ils étaient crétins, ils ne savaient pas de quoi il s'agissait et n'avaient pas l'air de savoir comment fonctionnait un appareil photo! Ils nous ont demandé si nous avions nos passeports, nos billets d'avion... heureusement tout était resté dans la valise fermée à clef à l'hôtel (ce qui est indspensable là-bas....). On redemande au guide pour la carte mémoire, et l'un de nos agresseurs lui shoote dans la tête comme dans un ballon de football lui faisant exploser ses lunettes. Ils nous ont pris nos lunettes de soleil et nos montres. Et puis ils débattaient entre eux. Là, on n'en menait pas large car on s'est dit qu'on allait se faire tabasser: on n'avait rien d'autre à donner..... Ils ont ensuite voulu voler la chevalière en argent de notre guide malgache et comme elle ne passait pas, on a vu un regard vers le coupe-coupe qui nous a fait frémir...
Bien que nous ayons tout donné ils restaient là en nous tenant sous la menace de leurs armes, discutaient de nous séparer des Malgaches, mettaient le pistolet sur la tempe du guide et disaient "boum boum". Le guide suait à grosse gouttes car il comprenait ce qu'ils disaient.On n'a compris qu'un mot: Vazaha ("étranger"), dans la discussion (le guide nous a raconté ensuite qu'il leur avait dit "vous ne pouvez pas faire ça à des vazaha").Manifestement ils discutaient de notre sort. On a demandé au guide ce qui se passait, il nous a dit de nous taire. Nous sommes bien restés 10 mn les genoux à terre attendant d'être fixés sur notre sort... Là on s'est vraiment sentis en danger de mort.On se disait chacun de notre côté que ce n'était pas possible, qu'ils ne pouvaient pas nous butter, que c'était absurde, que notre vie ne pouvait pas s'arrêter là, comme ça bêtement... On sentait vraiment une très forte tension chez eux. Le danger d'une arme à feu est que le coup peut partir et ça peut vite dégénérer et devenir un vrai carnage. Tout à coup 3 des agresseurs sont partis laissant le 4e nous tenir en joue pendant qu'ils séloignaient. Avaient-ils entendu quelque chose? Nous étions trop stressés pour avoir eu l'oreille à l'écoute des bruits environnants. Toujours est-il que 15 secondes après ils ont appelé le 4e qui a décroché. A ce moment, on a entendu à moins de 50 mètres un cri de femme (une touriste)et un coup de feu. On a déguerpi vers le village en courant à travers les broussailles. Ayant rejoint le chemin vers le village, on a croisé quelques touristes avec leurs guides et leurs appareils photos qui se dirigeaient vers la forêt. Ils ont bien entendu rebroussé chemin.
On est arrivés à notre hôtel vers 17 heures alors qu'on avait de la route à faire avant la tombée de la nuit! On avait prévu de partir pour Tuléar à 30 km de piste, on ne voulait pas rester dans nos bungalows isolés en bord de mer sans aucune sécurité (3 gendarmes sans voiture et sans aucun moyen pour surveiller cette station balnéaire très touristique....) Arrivés vers 19h et quelques, on est allé poser nos affaires à l'hôtel puis faire notre déposition à la gendarmerie. L'aventure continue: au fond d'une basse cour sans électricité au milieu des poules et des canards, un mec (un gendarme?) nous a accueillis en maillot de corps dans le noir, à la bougie! Quand on a vu les moyens, on s'est dit que tout le pays devait être aussi dangereux car l'impunité devait être reine! On raconte notre histoire et il nous donne un papier et un stylo pour faire nous mêmes la déclaration par écrit. Ce qu'on fait. Un gradé arrive, en bel uniforme, nous demande ce qu'il y a. Après notre récit il nous incite à ne pas porter plainte. On lui explique que pour l'assurance, on a besoin d'un papier tamponné de leurs services. "Alors si c'est pour l'assurance, faites une déclaration de perte!" On était stupéfaits et on a répondu que c'était hors de question. Il nous a dit alors de mettre en en-tête de la déclaration "à l'attention de Monsieur le commandant de la Brigade de Gendarmerie Nationale de Madagascar de la région de Tuléar"... C'était totalement grotesque et surréaliste! Evidemment pas d'électricité = pas de photocopie. Nous sommes donc retournés le lendemain matin, dimanche 18 novembre, pour apporter un double de notre déclaration que nous avions recopiée à la main, afin d'apposer les fameux tampons. Le gendarme n'était plus le même et il n'était au courant de rien !!!! On recommence notre laïus. Il sort le tampon et l'encrier: encre sèche!!!! Notre chauffeur va chercher de l'eau dans la voiture pour humidifier le tampon encreur et on a notre sésame. Le gendarme nous rend les 2 exemplaires. On lui dit qu'un exemplaire est pour la gendarmerie comme convenu la veille. Il nous répond "pourquoi faire"!!!! Texto. On insiste, il prend la feuille en disant "si ça peut vous faire plaisir". On imagine que le papier est passé à la poubelle dès que nous sommes sortis!
Comme ce braquage est arrivé le 2e jour de notre séjour à Mada, avec une telle réaction des autorités locales, vous imaginez bien comme on a pu se sentir en sécurité pendant les 11 jours suivants de notre séjour... Nous avons tout simplement parié sur le fait qu'on ne pouvait pas avoir la guigne une 2e fois!!!!!
A notre retour à Tana, nous sommes allés voir le conseiller sécurité de l'ambassade. Heureusement que c'était le dernier jour! Il nous a dit que ça arrivait à peu près une fois par semaine partout dans le pays mais que les autorités Malgaches étant très susceptibles il leur était très difficile de communiquer sur la réalité de l'insécurité à Mada. D'ailleurs il a quand même réussi à faire inscrire sur le site su Quai d'Orsay qu'il y avait à Madagascar des attaques par des bandes armées parfois d'une rare violence.... Il y a un an et demi par exemple, le premier secrétaire de l'ambassade (le n°2) organisait dans sa résidence privée dans un quartier central de Tana et plein de diplomates, gardé par la police Malgache, un diner avec le président de la banque mondiale, des huiles internationales et d'autres ambassades. Et bien 10 mecs armés de Kalachnikov ont débarqué et ont dépouillé tout le monde!!! Par ailleurs, il nous a également raconté que lorsque les gens avaient des accidents de la route, la première chose que faisaient le gens y compris les flics c'était de dépouiller les victimes!!! Pas d'appeler les secours... Charmant.
Vous comprendrez bien que dans ces conditions on déconseille vivement de se rendre à Madagascar malgré la beauté des paysages et des rencontres chaleureuses avec des malgaches très sympathiques. En discutant avec les gens sur place on a appris également qu'un bus de touriste s'est fait attaquer également à main armée il y a 5 mois à la fenêtre d'Issalo (également recommandée dans tous les guides) et que peu après notre attaque un grand hôtel de Nosy Be a aussi fait les frais d'un braquage à main armée... On ne peut donc se sentir en sécurité dans aucun endroit de l'ile, les autorités locales faute de moyen sont complétement inefficaces et étouffent les informations pour ne pas nuire au développement du tourisme....
On a encore bien d'autres histoires de vol, arnaques de flics sur la route... mais on préfère s'arrêter là...
En effet on a failli se faire buter. Dans un endroit super touristique, dans la forêt des baobabs de Ifaty, dans la région de Tuléar, qui est dans tous les guides touristiques le samedi 17 novembre 2007 à 16h, en plein soleil, accompagnés d'un guide local (le serveur de notre hôtel) et d'un chauffeur de charette à zébus.
4 mecs armés chacun d'un pistolet, avec également une carabine, un coupe-coupe et un bidon d'essence sont arrivés sur nous d'un pas décidé, à visage découvert. On a juste eu le temps de se dire qu'ils avaient une sale gueule et que ça ne sentait pas bons que nos guides étaient à genoux et qu'ils demandaient l'argent. Nos 2 guides se sont retrouvés avec un pistolet contre la tempe et le doigt sur la gâchette !!!! Bien sûr on a donné le peu d'argent qu'on avait sur nous (environ 15 euros), et ils n'avaient pas l'air contents d'un si maigre butin. Ils nous ont fait également mettre à genoux et nous ont fouillé. Ils ont pris l'étui à lunettes et l'ont jeté. Ils ont pris l'appareil photo croyant que c'était un téléphone portable. On a demandé à notre guide qu'il leur demande de nous donner la carte mémoire (car nos agresseurs ne parlaient pas français). Comme ils étaient crétins, ils ne savaient pas de quoi il s'agissait et n'avaient pas l'air de savoir comment fonctionnait un appareil photo! Ils nous ont demandé si nous avions nos passeports, nos billets d'avion... heureusement tout était resté dans la valise fermée à clef à l'hôtel (ce qui est indspensable là-bas....). On redemande au guide pour la carte mémoire, et l'un de nos agresseurs lui shoote dans la tête comme dans un ballon de football lui faisant exploser ses lunettes. Ils nous ont pris nos lunettes de soleil et nos montres. Et puis ils débattaient entre eux. Là, on n'en menait pas large car on s'est dit qu'on allait se faire tabasser: on n'avait rien d'autre à donner..... Ils ont ensuite voulu voler la chevalière en argent de notre guide malgache et comme elle ne passait pas, on a vu un regard vers le coupe-coupe qui nous a fait frémir...
Bien que nous ayons tout donné ils restaient là en nous tenant sous la menace de leurs armes, discutaient de nous séparer des Malgaches, mettaient le pistolet sur la tempe du guide et disaient "boum boum". Le guide suait à grosse gouttes car il comprenait ce qu'ils disaient.On n'a compris qu'un mot: Vazaha ("étranger"), dans la discussion (le guide nous a raconté ensuite qu'il leur avait dit "vous ne pouvez pas faire ça à des vazaha").Manifestement ils discutaient de notre sort. On a demandé au guide ce qui se passait, il nous a dit de nous taire. Nous sommes bien restés 10 mn les genoux à terre attendant d'être fixés sur notre sort... Là on s'est vraiment sentis en danger de mort.On se disait chacun de notre côté que ce n'était pas possible, qu'ils ne pouvaient pas nous butter, que c'était absurde, que notre vie ne pouvait pas s'arrêter là, comme ça bêtement... On sentait vraiment une très forte tension chez eux. Le danger d'une arme à feu est que le coup peut partir et ça peut vite dégénérer et devenir un vrai carnage. Tout à coup 3 des agresseurs sont partis laissant le 4e nous tenir en joue pendant qu'ils séloignaient. Avaient-ils entendu quelque chose? Nous étions trop stressés pour avoir eu l'oreille à l'écoute des bruits environnants. Toujours est-il que 15 secondes après ils ont appelé le 4e qui a décroché. A ce moment, on a entendu à moins de 50 mètres un cri de femme (une touriste)et un coup de feu. On a déguerpi vers le village en courant à travers les broussailles. Ayant rejoint le chemin vers le village, on a croisé quelques touristes avec leurs guides et leurs appareils photos qui se dirigeaient vers la forêt. Ils ont bien entendu rebroussé chemin.
On est arrivés à notre hôtel vers 17 heures alors qu'on avait de la route à faire avant la tombée de la nuit! On avait prévu de partir pour Tuléar à 30 km de piste, on ne voulait pas rester dans nos bungalows isolés en bord de mer sans aucune sécurité (3 gendarmes sans voiture et sans aucun moyen pour surveiller cette station balnéaire très touristique....) Arrivés vers 19h et quelques, on est allé poser nos affaires à l'hôtel puis faire notre déposition à la gendarmerie. L'aventure continue: au fond d'une basse cour sans électricité au milieu des poules et des canards, un mec (un gendarme?) nous a accueillis en maillot de corps dans le noir, à la bougie! Quand on a vu les moyens, on s'est dit que tout le pays devait être aussi dangereux car l'impunité devait être reine! On raconte notre histoire et il nous donne un papier et un stylo pour faire nous mêmes la déclaration par écrit. Ce qu'on fait. Un gradé arrive, en bel uniforme, nous demande ce qu'il y a. Après notre récit il nous incite à ne pas porter plainte. On lui explique que pour l'assurance, on a besoin d'un papier tamponné de leurs services. "Alors si c'est pour l'assurance, faites une déclaration de perte!" On était stupéfaits et on a répondu que c'était hors de question. Il nous a dit alors de mettre en en-tête de la déclaration "à l'attention de Monsieur le commandant de la Brigade de Gendarmerie Nationale de Madagascar de la région de Tuléar"... C'était totalement grotesque et surréaliste! Evidemment pas d'électricité = pas de photocopie. Nous sommes donc retournés le lendemain matin, dimanche 18 novembre, pour apporter un double de notre déclaration que nous avions recopiée à la main, afin d'apposer les fameux tampons. Le gendarme n'était plus le même et il n'était au courant de rien !!!! On recommence notre laïus. Il sort le tampon et l'encrier: encre sèche!!!! Notre chauffeur va chercher de l'eau dans la voiture pour humidifier le tampon encreur et on a notre sésame. Le gendarme nous rend les 2 exemplaires. On lui dit qu'un exemplaire est pour la gendarmerie comme convenu la veille. Il nous répond "pourquoi faire"!!!! Texto. On insiste, il prend la feuille en disant "si ça peut vous faire plaisir". On imagine que le papier est passé à la poubelle dès que nous sommes sortis!
Comme ce braquage est arrivé le 2e jour de notre séjour à Mada, avec une telle réaction des autorités locales, vous imaginez bien comme on a pu se sentir en sécurité pendant les 11 jours suivants de notre séjour... Nous avons tout simplement parié sur le fait qu'on ne pouvait pas avoir la guigne une 2e fois!!!!!
A notre retour à Tana, nous sommes allés voir le conseiller sécurité de l'ambassade. Heureusement que c'était le dernier jour! Il nous a dit que ça arrivait à peu près une fois par semaine partout dans le pays mais que les autorités Malgaches étant très susceptibles il leur était très difficile de communiquer sur la réalité de l'insécurité à Mada. D'ailleurs il a quand même réussi à faire inscrire sur le site su Quai d'Orsay qu'il y avait à Madagascar des attaques par des bandes armées parfois d'une rare violence.... Il y a un an et demi par exemple, le premier secrétaire de l'ambassade (le n°2) organisait dans sa résidence privée dans un quartier central de Tana et plein de diplomates, gardé par la police Malgache, un diner avec le président de la banque mondiale, des huiles internationales et d'autres ambassades. Et bien 10 mecs armés de Kalachnikov ont débarqué et ont dépouillé tout le monde!!! Par ailleurs, il nous a également raconté que lorsque les gens avaient des accidents de la route, la première chose que faisaient le gens y compris les flics c'était de dépouiller les victimes!!! Pas d'appeler les secours... Charmant.
Vous comprendrez bien que dans ces conditions on déconseille vivement de se rendre à Madagascar malgré la beauté des paysages et des rencontres chaleureuses avec des malgaches très sympathiques. En discutant avec les gens sur place on a appris également qu'un bus de touriste s'est fait attaquer également à main armée il y a 5 mois à la fenêtre d'Issalo (également recommandée dans tous les guides) et que peu après notre attaque un grand hôtel de Nosy Be a aussi fait les frais d'un braquage à main armée... On ne peut donc se sentir en sécurité dans aucun endroit de l'ile, les autorités locales faute de moyen sont complétement inefficaces et étouffent les informations pour ne pas nuire au développement du tourisme....
On a encore bien d'autres histoires de vol, arnaques de flics sur la route... mais on préfère s'arrêter là...
De New York au Far West (1) English translation pending
Vous trouverez ci dessous le récit de notre voyage (un mois été 2007) : quatre jours à New York suivis de quatre semaines dans l'Ouest de Salt Lake City à San Francisco.

Pour voir davantage de photos, allez directement ici :
sites.google.com/...uxvoyagesnyouestusa/
========================================================================== Présentation
Le rêve américain est devenu réalité pour nous cet été grâce à ce voyage que nous avions soigneusement et longuement préparé. Après 4 jours passés à New York, il nous a mené 4 semaines à travers le Southwest, de Salt Lake City à San Francisco, en passant par les grands Parcs Nationaux et en incluant des sites en dehors des sentiers battus dans un circuit classique. Notre objectif était de randonner un maximum afin de découvrir au plus près les merveilles de cette région et de nous imprégner au mieux des paysages.
Nos étapes, dans l'Ouest, ont été : Arches Canyonlands Capitol Reef (dont Cathedral Valley) Escalante Grand Staircase Bryce canyon Page (dont Coyote Buttes et the Wave) Grand Canyon Nord Zion Death Valley Yosemite Sequoia Côte Pacifique
Avant de vous emmener sur nos traces, je tiens à remercier celles et ceux qui m’ont aidée à construire cet itinéraire au travers de leurs sites Internet, carnets de voyages, échanges de messages sur VF et discussions téléphoniques.
Enfin une pensée toute particulière à tous nos amis et familles qui en avril 2006, à l’occasion d’un évènement familial, nous ont offert un compte voyage, compte qui a servi lors de l’achat des vols. Nous les remercions encore chaleureusement.
Maintenant à nous l’Amérique !
New York, découverte
J1 (16 juillet 2007)
Nous arrivons à New York JFK à 10h30 heure locale à bord du vol Air France AF22. Nous avions réservé un transfert par Supershuttle (15$ par pers, plus avantageux qu’un taxi pour 2), système de taxi collectif. Nous sommes les premiers à monter à bord, mais nous ne serons pas les seuls, le shuttle s’arrête à plusieurs terminaux afin de prendre d’autres voyageurs et une fois plein, s’élance vers New York. Cela nous permet une première virée dans la ville, le temps de déposer tout ce petit monde. Voilà enfin notre hôtel, le Wellington. Bien placé, tout près de Times Square…mais la chambre est décevante : tout petite, un peu vieillotte, une clim bruyante et impossible à régler. Bah ! Ça n’est que pour dormir, alors tant pis !
Afin de profiter tout de suite de la Big Apple et s’offrir une vue d’ensemble, j’avais prévu une croisière en bateau autour de Manhattan à 15h30. Il est déjà 14h, il ne faut donc pas perdre de temps. Nous voilà lancés à pied dans les rues de New York, le nez en l’air jusqu’à l’embarcadère Pier 83. Nous achetons nos City Pass (65$ pour 6 attractions dont une croisière de 2h). Et c’est parti ! Le temps est plutôt couvert, avec quelques éclaircies en fin d’après-midi.
Quelques vues de Manhattan depuis le bateau :
Après la croisière, la journée n’est pas finie. Hervé a dans l’idée de s’acheter un nouvel appareil photo. Nous courons donc dans le plus grand magasin de photos de New York (B&H Photo Vidéo 420 9th Av) où il trouve son bonheur avec un Pentax K10d. Il se renseigne aussi pour un second objectif mais n’arrive pas à se décider avant l’heure de fermeture (19h). Il faudra revenir !
Je commence à avoir le tournis dans cette ville grouillante et il est l’heure de se poser pour diner. Non, nous n’avons pas loué cette limousine.
Et c’est encore by foot que nous déambulons jusqu’au restaurant (trouvé dans le guide Lonely Planet) : 44&X – Hell’s Kitchen « classiques américains réinventés ». Nous avons très bien mangé genre nouvelle cuisine mais l’addition pour 2 plats et 2 verres de vin est tout de même un peu salée.
Dans une « pièce » du resto : laquelle ? Une idée ?
Enfin le retour à l’hôtel, toujours à pied, après un passage par Times Square. Une première journée bien remplie !
J2 (17/07/07)
A 7h nous sommes dans la rue, décalage horaire oblige ! La plupart des boutiques, restos et fast-foods sont déjà ouverts. Nous prenons un petit-déjeuner rapide à côté de l’hôtel et en route vers l’Empire State Building (compris dans le City Pass). Times Square s’éveille !
Ça y est voilà l’Empire State Building !
Il est 7h45 et nous sommes parmi les tout premiers à monter à l’ouverture à 8h.
Le temps est légèrement brumeux car il est tôt. Munis d’un audio guide en français nous faisons le tour de la terrasse du 86ème étage en écoutant les commentaires et anecdotes et en profitant des vues sur le quartier et bien plus loin encore.
Après cette visite, Hervé veut retourner chez B&H pour son objectif. Qu’à cela ne tienne, nous ne sommes pas si loin de la 9th Av. Une fois l’achat réalisé, nous pouvons continuer notre expédition. Un petit saut à l’hôtel puis objectif musées pour l’après-midi. Nous empruntons la très belle 5ème avenue et longeons Central Park jusqu’au Guggenheim. Le musée est surtout réputé pour son architecture extérieure ; manque de chance, il est actuellement emballé pour travaux. Voilà une vue de l’intérieur.
Déjeuner à la cafétéria du musée puis traversée de Central Park en direction du musée d’histoire naturelle. Les collections sont fabuleuses et le musée gigantesque. Nous n’avons bien sûr pas pu tout visiter mais nous avons été tout particulièrement impressionnés par les salles consacrées aux mammifères d’Amérique du Nord, à la faune des océans et aux dinosaures.
Après cette journée marathon une petite sieste sur la pelouse de Central Park s’impose !!
Puis la journée s’achève en assistant à un concert dans Central Park donné par le New York Philarmonic Orchestra. L’ambiance est unique ! Tous les New Yorkais se donnent rendez-vous là entre amis chacun amenant couverture et vivres pour un pique-nique géant. Nous ne sommes pas vraiment organisés : d’abord assis sur un sac plastique nous acceptons avec plaisir le drap prêté par nos voisins de gazon. La foule se fait de plus en plus dense et quand le concert débute il ne reste plus un cm2 de libre sur Great Lawn. La soirée se finira par un feu d’artifice. Quant à nous, nous nous éclipsons à l’entracte car la faim nous tenaille et la fatigue nous gagne, contents d’avoir partagé un vrai moment de la vie new yorkaise.
Croisière à Manhattan
New York, approfondissement J3 (18/07/07)
L’orage est au rendez-vous ce matin, nous obligeant à modifier nos projets : Liberty et Ellis Islands seront pour demain.
Aujourd’hui, tant qu’il ne pleut pas trop, retour dans le quartier de Midtown afin de visiter plus en détails ce quartier aperçu depuis la terrasse de l’Empire State Building.
La Cathédrale Saint Patrick.
Quelques immeubles remarquables.
La pluie redouble ! Les ponchos sont bien utiles. Nous nous engouffrons trempés dans le magasin CompUSA où Hervé espère trouver la carte topo USA pour son GPS Garmin. Il ne trouve pas exactement ce qu’il recherche mais décide tout de même de faire l’achat d’un DVD couvrant tous les USA au 24 000ème.
La pluie n’a pas cessé au dehors, mais nous décidons de nous rendre à la gare centrale où nous pourrons nous abriter un moment. Grand Central Terminal est une merveille technologique et architecturale !
Où se mettre au sec maintenant ? Au Moma qui ouvre à 10h30. En chemin, nous nous attardons devant le Rockfeller Center dont la tour est dans les nuages et profitons d’une accalmie devant ce parterre de fleurs. Une belle touche de couleur dans cette journée maussade !
A l’approche du Moma, la file d’attente est interminable et en plus, nous avons oublié nos Pass. Voilà une bonne raison pour passer à l’hôtel et s’octroyer un peu de repos.
Nous modifions nos plans et optons pour une après-midi au Metropolitan Museum, nous déplaçant en métro cette fois-ci. Il fait une chaleur étouffante dans les couloirs du métro mais ô délice, les rames sont climatisées.
Le MET est aussi un musée gigantesque : nous n’avons pas l’ambition de tout voir. Nous visitons quelques salles en solo, puis nous nous joignons à une visite guidée (en anglais !) qui nous présente quelques œuvres majeures du musée.
A la sortie du musée nous retournons en métro près de Grand Central Terminal, Hervé espérant pouvoir échanger son achat non satisfaisant du matin car la cartographie « Delorme » est visible sur ordinateur mais non transférable sur GPS. Puis en passant sur Times Square un petit crochet par l’hôtel Marriott Marquis et son bar panoramique tournant. Un petit coup d’œil sur les menus et les prix nous suffit ! Sûr, ce n’est pas là que nous finirons la soirée, mais plus modestement au restaurant de l’hôtel. Plats et prix honnêtes !
En soirée, nous apprenons à la télé l’explosion d’une canalisation de vapeur près de la gare centrale (1 mort, plusieurs blessés) à peine une demi-heure après que nous y soyons passés !
J4 (19/07/07)
Nous avons un peu de mal à émerger ce matin et ce n’est qu’à 9h30 que nous parvenons à Battery Park pour prendre le ferry pour Liberty et Ellis Islands (11, 50$ /pers pour le ferry + 6$ pour l’audioguide).
Incroyable, il n’y a pas d’attente ! Et pour cause ! Un épais brouillard couvre Manhattan. Tant pis, on y va quand même en espérant que le brouillard se lève.
Le ferry avance tout doucement en actionnant sa corne de brume, au loin on distingue à peine les gratte-ciel de Manhattan.
Quand le bateau accoste à Liberty Island, le brouillard est si dense que l’on ne peut pas voir la statue. Nous décidons de rester à bord et d’aller à Ellis Island.
La visite du musée de l’immigration est très intéressante. Grâce à l’audio guide, nous profitons des nombreux témoignages d’immigrants passés par cette île. J’ai une pensée émue pour les frères et sœurs de mon arrière arrière grand-mère qui, entre 1840 et 1870, ont quitté l’Alsace pour venir vivre aux Etats-Unis. J’imagine qu’elles devaient être à la fois leurs angoisses et leurs espérances en arrivant dans le Nouveau Monde. Leurs bagages ressemblaient probablement à ceux-ci.
Après la visite du musée, nous retournons à Liberty Island. Le brouillard s’est maintenant quelque peu levé et la statue se dresse fièrement derrière nous.
Après un déjeuner au fast-food au pied de la tour (pas fameux ! à éviter, mais pas d'autre choix), retour à Manhattan.
Encore de l’émotion devant la Sphère, sculpture endommagée pendant les attentats et déplacée ici après le 11 septembre en hommage aux victimes.
Puis enfin devant Ground Zero !
Ce soir, nous dînons dans notre chambre : au menu, un délicieux repas acheté au rayon « deli » d’un petit supermarché du quartier.
Il ne nous reste alors plus qu’à faire les valises : demain le vol pour Salt Lake City est prévu à 7h05, le shuttle vient nous prendre à 4h (eh !oui, il doit faire le tour de plusieurs hôtels). Petite nuit en perspective !
Gratte-ciel et reflets
La ruée vers l'Ouest
J5 (20/07/07)
Réveil aux aurores et attente interminable ! En effet, l’avion part avec 3h de retard. Nous arrivons finalement à 12h30 heure locale à Salt Lake City, température extérieure 37°, mais air sec. Nous nous dirigeons tout de suite vers le bureau Avis pour réceptionner notre 4x4 : un Mitsubishi Endeavor (pas de Trailblazer diponible). Le temps de le prendre en mains (mais où est le frein à mains ?) et nous voilà partis.
Notre hôtel (Best Western Garden Inn) est facile à trouver. Nous sommes agréablement surpris : grande chambre, très propre, piscine, laverie automatique (ça tombe bien, on a une valise pleine de linge sale !).
Une fois le linge dans la machine, nous partons au supermarché faire l’achat de l’indispensable glacière et des provisions pour le lendemain.
Puis retour à l’hôtel et quelques brasses dans la piscine ! Quelle chaleur ! Finalement, la clim, c’est pas mal aussi pour le reste de l’après-midi.
Pour le dîner, nous choisissons dans la documentation de l’hôtel le restaurant " Encore Grill ". Il n’est pas tout près, cela nous donne l’occasion de traverser la ville (en voiture). Nos impressions : des rues très très très larges, plein de bâtiments mormons, quelques personnes déguisées (c’est le carnaval mormon) et une foule qui se presse vers un concert. Nous n’aurons pas l’occasion d’en voir davantage.
Au restaurant la viande est excellente, la soupe réconfortante car la différence de température entre dehors et dedans est saisissante. Pas de vin ni de bière ce soir, nous sommes chez les Mormons !
J6 (21/07/07)
Nous nous mettons en route à 8h, très vite impressionnés par les espaces et les paysages de canyons que nous traversons.
Pour notre première journée de route, nous choisissons d’emblée de faire un détour par un endroit où personne ne va. Nebo Loop Road ou Sego Canyon ? Le journal du matin ayant annoncé des feux dans la région de Nephi, ce sera donc la deuxième destination qui sera retenue.
Sur l’I70 nous passons la bifurcation vers Moab et sortons à celle de Thompson Springs pour atteindre le canyon quelques miles plus loin afin d’y voir de drôles de pétroglyphes.
Nous allons d’abord beaucoup trop loin et ce n’est qu’au retour que nous les trouvons. C’est pourtant facile, le site se trouve à l’endroit où la route asphaltée s’arrête, après c’est de la piste. Bah ! Ça nous aura donné l’occasion de faire un peu de tout-terrain !
Voilà ces drôles de personnages :
Après cet intermède, route vers Moab. Déjeuner dans un grill, courses et installation au Pack Creek Ranch, à une quinzaine de miles plus au sud, au pied des "La Sal Mountains". Nous avons réservé une petite cabine " Orchard House ", au confort simple, mais plein de charme et entièrement équipée, dans un environnement très verdoyant, loin de la foule de Moab.
Un havre de paix qu’il faut tout de même quitter si nous voulons commencer à explorer Arches.
A 16h, nous franchissons la guérite d’entrée du parc après avoir acheté le National Pass (80$ valable 1 an pour tous les passagers d’une voiture).
Sous un ciel légèrement couvert et en espérant éviter l’orage, nous allons de découvertes en découvertes.
Park Avenue, d’abord.
Marcher au bas de ces " gratte-ciels " de pierre nous démange…allez, nous parcourons une partie du trail.
Puis un peu plus loin, le tour du Balanced Rock.
Et encore Windows Section.
Il est près de 19h. Quelques gouttes de pluie et un ciel de plus en plus couvert nous font hésiter un moment avant d’entamer la rando vers Delicate Arch (5kms, 2h). Mais nous parions sur une éclaircie et partons à l’assaut de la plus belle arche du monde.
Sous l’arche, un touriste joue un air de flûte : tout le monde fait silence. Ambiance magique ! Au retour nous nous laissons enivrer par ces paysages qui s’étendent à perte de vue. Finalement l'orage se sera dissipé !
Et nous rentrons au Ranch, comblés !
Delicate Arch
Les arches de Devil's Garden
J7 (22/07/07)
Ce matin petit déjeuner sur le seuil de notre cabine : dans le verger gambadent lapins et chiens de prairie.
Aujourd’hui la journée est consacrée à la découverte des arches dans Devil’s Garden. Mais avant, sur la route, nous en profitons pour photographier certaines curiosités qui s’apprécient mieux le matin : The Three Gossips et Courthouse Towers.
Et c’est à 9h30 que nous quittons le parking pour notre grande randonnée qui nous mènera absolument à toutes les arches à partir de Tunnel Arch jusqu’à Double O Arch en passant par Landscape Arch, la plus longue et Navajo Arch, la plus intime.
Et ce n’est pas fini : en randonneurs acharnés, nous poursuivons jusqu’à Dark Angel (pas un seul touriste sur ce tronçon !!!) où nous profitons de l’ombre du rocher pour pique-niquer.
Nous voilà requinqués pour attaquer le retour. Bien sûr, pas par le chemin classique mais par sa variante, le Primitive Trail et encore un dernier détour par Private Arch, impressionnante de tranquillité.
Guère de randonneurs sur ce chemin ! Tant mieux, nous profitons pleinement de ce « désert solitaire ».
Puis en revenant sur le chemin principal, nous retrouvons le monde et la voiture à 14h30. Super rando !!! (12kms, 5 heures)
Pour aujourd’hui, ce sera tout. De retour à la cabine, nous nous précipitons dans la piscine, plus fraîche que prévu mais ô combien bienfaisante après notre journée de marche.
L’approche d’un orage nous amène à lever le camp non sans oublier de profiter de ces couleurs pour photographier « notre petite maison dans la prairie ».
Pine Tree Arch
Au pays des aiguilles et des canyons
J8 (23/07/07)
Nous sommes partis de bonne heure ce matin car la route est longue jusqu’à l’entrée des Needles (70 miles = 120 kms env. de Moab), mais les paysages extraordinaires valent le déplacement.
C’est un peu avant 9h que nous laissons la voiture au parking d’Elephant Hill, équipés chacun de 4l d’eau (et ils ont été nécessaires jusqu'à la dernière goutte!), prêts à entamer la randonnée de Chesler Park via Joint Trail. 18kms, une journée de randonnée.
Mais quelle randonnée ! Un parcours très varié et ludique passant tour à tour au pied d'aiguilles striées de rouge et de blanc : les fameuses Needles
de gros rochers en forme de hamburger,
ou de champignons géants
de passages très étroits
et de grandes prairies herbeuses
Bref des décors dignes de Jurassic Park.
Et on en redemande !!! A la fin du parcours cairné, une erreur nous mène sur Devil's Lane, une autre prairie herbeuse dont je ne vois plus la fin (diabolique!)
qui aboutit à Devil's Kitchen (ouf! un peu de fraîcheur pour se reposer). Puis nous bouclons la boucle en empruntant un chemin réservé aux 4x4 qui nous ramène à Elephant Hill peu après 16h, fourbus mais absolument enchantés ! Et voilà qu'un 4x4 tente de gravir la piste que nous venions d'emprunter. Manifestement le conducteur a sous-estimé la difficulté de la piste ou a surestimé ses capacités : il galère +++. On le comprend, à pied c'était difficile…alors en voiture…! Nous assistons, amusés, au spectacle.
Bilan de la journée : 21kms (plus que prévu en raison de la variante au retour), 7h de marche arrêts compris; 8l d'eau consommés ; seules 2 personnes rencontrées + un très beau lézard, deux corbeaux et surtout des paysages fabuleux.
Au hit-parade de nos coups de cœur sur l'ensemble du voyage cette journée sera n°1.
Rassasiés de marche et de paysages, nous rentrons à Moab et comme d'habitude assistons à un bel orage en soirée.
J9 (24/07/07) Quelques cafouillages ce matin, car nous attendons la réponse de la compagnie aérienne pour faire un survol de Canyonlands jusqu'à Monument Valley. Réponse négative, il faut changer nos plans. Après un faux départ (une fois de plus, nous partons sans notre Pass), nous arrivons enfin à Canyonlands vers 11h après un passage à Dead Horse Point (7$ pour un point de vue certes impressionnant mais pas très photogénique).C'est…trop grand et assez brumeux. Nous faisons les difficiles !
Nous prenons la route jusqu'à Grand View Point et faisons la ballade (petite pour nous : 3kms, 1h) du même nom. Le chemin longe la corniche et nous livre de superbes points de vue.
A la fin du trail, nous nous posons un peu, histoire de profiter du…. silence tout simplement.
Nous ne randonnons pas davantage aujourd'hui, persuadés qu'au cœur du canyon, les sensations seraient plus grandes. Alors retour vers Moab par Shafer Trail et Potash Road (non sans avoir sollicité l'avis des Rangers). Sensationnel !!!
Oui, oui, c'est par là qu'on descend…
Et c'est tout là-bas qu'on arrive.
Par moments on passe tout au bord.
Nous continuons ainsi jusqu'à Mussulman Arch, puis demi-tour non sans aller admirer la vue depuis Gooseneck Overlook. Géniale! Potash Road (goudronnée) nous ramène à Moab vers 16h. Nous nous arrêtons au parking de Negro Bill Canyon, mais le ciel est trop menaçant. D'ailleurs nous avons à peine le temps de rentrer au Ranch avant l'arrivée de l'orage.
En route vers les Needles
De Moab à Boulder
J10 (25/07/07) Réveil spontané à 3h30 du matin ! Il faut en profiter pour voir un lever de soleil remarquable. Ce sera Mesa Arch (Island in the sky). Nous quittons la cabine à 5h (lever du soleil à 6h15). En route nous sommes sceptiques, car il pleut en traversant Moab et le ciel est couvert un peu plus loin. Mais les nuages se fendent…alors ?
Nous arrivons in extrémis sur le parking de Mesa Arch. Hervé se met à courir. Devant l'arche un couple d'Allemands est déjà en bonne place. Plus que quelques secondes….et l'arche "s'enflamme".
Nous poursuivons la route vers Upheaval Dome, un curieux cratère puis nous choisissons de revenir explorer les environs immédiats de Moab. Negro Bill Canyon, une randonnée bucolique de 3h et 6kms A/R) jusqu'à l'imposante Morning Glory Arch, d'où nous voyons descendre en rappel plusieurs grimpeurs.
une petite incursion dans les La Sal Mountains près de Castle Valley pour une petite sieste au frais. la piste d'Onion Creek (en voiture) où les couleurs sont étonnantes, aspect crème glacée pistache café caramel saupoudrée de chocolat.
Enfin à partir de 17h30 la randonnée de Fisher Towers (3h, 7kms A/R) au pied de mégalithes géants, de véritables gratte-ciel, vertigineux et impressionnants.
C'est encore de nuit que nous rejoignons le Ranch après une journée plus que remplie.
J11 (26/07/07) Avant de rejoindre Capitol Reef il nous tient à cœur de passer par un site en dehors des sentiers battus. Nous nous arrêtons alors à Little Wild Horse Canyon, tout près de Goblin Valley State Park pour une balade très amusante dans un slot-canyon. Quand les flaques deviennent trop profondes, nous rebroussons chemin. 2h et 3kms A/R.
Et continuons notre route vers Torrey et Capitol Reef que nous atteignons en début d'après-midi. Le temps est légèrement couvert et venteux. Nous nous installons alors chez Austin's Chuck Wagon (très bien, grande chambre "immaculate" comme l'annonçait le site, wifi, piscine, laverie et environnement très fleuri). Le temps légèrement couvert et surtout venteux n'incite pas trop à la baignade, alors ce sera sieste !
Vers 17h il est temps de voir un peu à quoi ressemble Capitol Reef et surtout d'aller se renseigner sur l'état de la piste de Cathedral Valley pour le lendemain. Au Visitor Center, la rangeresse est catégorique : le gué est infranchissable, la Fremont River est presque en crue. Reste la possibilité de prendre Caineville Wash Road jusqu'à Temple of the Sun, c'est tout, le reste du secteur n'est pas vraiment praticable, selon ses dires. Il va falloir revoir nos plans !
Bon, en attendant, si on allait jusqu'à Capitol Gorge. Au bord de la Scenic Drive j'ai failli me faire dévorer !!!
Cette belle route aboutit dans la gorge de Waterpocket Fold où nous nous garons. Puis c'est à pied que nous dépassons le Pionneer Register, où les premiers pionniers venaient graver leurs noms sur les murs. La plupart des touristes que nous croisons sont sur le retour, c'est vrai qu'il est déjà tard et nous sommes bientôt seuls dans le canyon. Tout d'un coup nous restons figés : devant nous un mouflon traverse le chemin et avec une agilité impressionnante escalade les rochers pour disparaître derrière la montagne.
Mais pas définitivement ! Le temps de grimper nous aussi là-haut (eh! oui nous sommes moins agiles) et nous le retrouvons. Sa destination est en fait la même que la nôtre : les Tanks, citernes naturelles creusées dans la roche
où nous le revoyons en train de s'abreuver. Une très jolie rencontre qui nous aurait presque fait oublier l'heure. Durée de la randonnée : 2h, 3kms A/R. Il est déjà 20h passés et un coup d'œil à notre guide (ici le Routard) nous fait réaliser que Capitol Reef Inn & Cafe ferme à 21h. Alors, fonçons ! Ouf, nous arrivons à l'heure pour un excellent dîner.
J12 :(27/07/07)
Nous sommes dans l'expectative ce matin : Cathedal Valley or not Cathedral Valley ? Camping or not camping pour la nuit suivante ? Nos projets auraient dû nous mener au camping primitif de Cathedral Valley via Caineville Wash Road et le lendemain retour vers la Hwy 24 via Hartnet Road. Nous décidons de faire le plein de vivres et d'eau pour être équipés pour camper. Mais où ? Ce n'est pas encore très clair en quittant Chuck Wagon Inn ce matin. Nous voulons avoir un nouvel avis sur l'évolution des conditions dans Cathedral Valley puis nous aviserons.
Au Visitor Center on nous tient les mêmes propos que la veille. Nous sommes à présents fixés. Nous irons jusqu'à Temple of the Sun ce matin (tant que le temps est sec) puis reviendrons sur la 24 pour continuer la visite de Capitol Reef puis poursuivre vers Boulder où nous pourrions camper !
La piste de Caineville est très bonne et sans problème jusqu'à Temple of the Sun. Nous admirons les deux géants : Temple of the Sun et Temple of the Moon ainsi que cette drôle de butte au premier plan : Glass Mountain.
L'envie de continuer un peu nous démange ! Allez, on avance encore un peu puis on fera demi-tour. C'est à ce moment-là qu'on croise un autre 4x4 qui nous assure qu'il ne devrait pas y avoir de problème, en toisant notre "SUV" du haut de son vrai 4X4, jusqu'au "campground", que les wash sont certes un peu humides et boueux mais passables ! Alors c'est décidé, on y va mais sans camper (temps trop incertain), nous sortirons immédiatement par la piste de Thousand Lake Mountain.
Nous poursuivons donc, pas sans être un peu tendus à chaque passage de wash, d'autant que le ciel commence à se couvrir.
Les cathédrales de pierre se dressent bientôt devant nous. Une randonnée est possible au pied des monolithes, mais nous ne prenons pas ce risque en raison de la menace orageuse.
Quand la route prend un peu d'altitude, Hervé souffle : nous voilà sortis de la zone des wash; même s'il se mettait à pleuvoir, nous ne risquerions plus rien. Nous profitons alors pleinement de la vue.
Et de la table de pique-nique près de Upper Cathedral Valley Overloook. Il est midi et le casse-crôute est bienvenu pour nous remettre de nos émotions. Pas un chat à l'horizon. Nous sommes seuls dans cette immensité. Le temps se maintient pour le moment.
Après manger nous attaquons Thousand Lake Mountain Road, cassante par endroits. La piste nous éloigne peu à peu du désert et grimpe dans la Fishlake National Forest jusqu'à 2500 m d'altitude. La vue est assez irréelle: dans les rétroviseurs de la voiture, le désert… et devant nous une forêt bien verte, des bouleaux, des fleurs sauvages…et la pluie qui commence à tomber.
Et voilà que nous arrivons dans une zone marécageuse ! Pas le temps de s'affoler ! La voiture….hoquète, patine, puis….ouf ! passe de justesse. On a eu chaud !
Et c'est avec un certain soulagement que nous atteignons la route 72 aux environs de Fremont. Nous traversons Loa puis Torrey avec un petit arrêt douceurs chez Cafe & Candy à Torrey (divin!!!) et décidons de nous rapprocher de notre étape suivante Escalante en empruntant la très belle route 12 jusqu'à Boulder (69kms). Nous avons repéré sur ce trajet le camping de Deer Creek sur le Burr Trail où nous pensons nous arrêter pour la nuit.
Ce qui est dit est fait. Nous nous posons à Deer Creek, un camping rudimentaire (emplacements pique nique + toilettes, pas d'eau) au bord de la rivière, 4$ dans une enveloppe, notre nuitée la plus économique.
Après avoir scruté le ciel, essuyé quelques gouttes, le besoin de randonner est impérieux ce soir. Nous voilà partis pour 2h d'exploration des alentours (une pancarte nous avertit que nous évoluons dans le wilderness, domaine des serpents, des scorpions et autres bestioles). La vue est magnifique en haut de cette butte.
De retour au camping nous organisons une séance douche en plein air (l'équivalent d'une bouteille d'eau chacun, pas plus !). Au dîner nous avons la mauvaise surprise de découvrir que la boîte de maïs pévue pour une salade composée contient du maïs à la crème. Beurkk, on se méfiera la prochaine fois ! Vaisselle au bord de la rivière, installation des couchages dans notre 4x4. Ca y est : tout est prêt pour passer une bonne nuit !
Cathedral Valley
Autour d'Escalante
J13 (28/07/07) Nous nous réveillons dans notre voiture avec le soleil à 6h15 et à 7h nous sommes déjà sur le Burr Trail jusqu'à Long Canyon. Au bout de cet impressionnant canyon nous faisons demi-tour afin de revenir sur l'US12 et poursuivre vers Escalante. Les paysages sur cette route sont à nouveau époustouflants de beauté.
Entre Boulder et Escalante nous ne voulons pas rater la randonnée menant aux Lower Calf Creek Falls. Un sentier d'interprétation de la nature (11kms, 3hA/R) longe la rivière au pied de belles falaises de grès nous amenant à voir des écureuils en pagaille, des marmottes, des oiseaux mouches, des truites….ainsi que des ruines indiennes et des pétroglyphes.
Et au bout du sentier, après avoir eu bien chaud, la délivrance : une cascade dégringole de la falaise
dans un bassin aux eaux rafraîchissantes (15°) dans lesquelles je me plonge avec bonheur.
Nous restons une bonne heure sur place profitant tour à tour de la fraîcheur de l'eau et de la chaleur de la petite plage avant de reprendre le chemin du retour. Hervé flâne et fait quelques clichés macro.
Après un pique nique à Calf Creek Recreation Area nous poursuivons cette route 12 toujours aussi belle jusqu'à Escalante et le Rainbw Country B&B. L'accueil est formidable (merci Philippe pour cette adresse) et Catherine est aux petits soins. Le sous-sol bien frais de sa maison est réservé à ses hôtes : un grand salon décoré d'objets chinés et plusieurs chambres. La nôtre est décorée sur le thème de la Pionnier Cabin. On y est tellement bien qu'on n'a pas envie de bouger tout de suite.
En fin d'après-midi, ressentant le besoin d'une petite promenade vespérale, nous allons à Petrified Forest State Park (6$ système d'enveloppe). Nous suivons le sentier d'interprétation de la nature (1mile) qui nous laisse sur notre faim, mais en optant pour le sentier complémentaire "Trail of Sleeping Rainbows" (0, 75 miles) assez pentu nous découvrons en nombre de très beaux spécimens.
Cette balade nous a ouvert l'appétit et nous nous régalons au Cow Boy Blues Restaurant : soupe du southwest à la tomate, prime ribs/légumes, brownie sunday pour moi, crumble fruits rouges "à la mode" pour Hervé.
J14 (29/07/07) Après un petit déjeuner américain plus que copieux, nous voilà calés pour une bonne partie de la journée et prêts à explorer les sites le long de la Hole-in-the- Rock Road. Il faut tenir compte du temps qui peut se dégrader en cours de journée. C'est pourquoi, nous commencerons d'abord par explorer Dry Fork et Peekaboo Gulch. Catherine nous a prévenu qu'il pourrait y avoir de l'eau, nous avons mis des chaussures qu'on ne craint pas de mouiller.
Et c'est parti pour une trentaine de miles sur la piste. Les paysages sont magnifiques.
Dry Fork est un slot-canyon très agréable.
Nous le parcourons sur une centaine de mètres quand, soudain, je pousse un cri, j'écarte les pieds, tout juste à temps pour laisser passer….un serpent.
Nous continuons notre progression, un peu plus vigilants et là un autre serpent nous barre la route, plus gros (c'est un serpent à sonnette) et en position d'attaque.
Bon, ben, on n'ira pas plus loin. Sans regrets, il paraît que les premières centaines de mètres sont les plus photogéniques, dixit ouestusa.fr
Allons voir Peekaboo Gulch. "L'entrée et certains passages dans le canyon sont assez acrobatiques et nécessitent de s'aider de ses mains, des éléments naturels et d'avoir un bon grip" préviennent Thierry et Philippe sur leur site. En arrivant devant l'entrée, je comprends … Hervé se hisse en premier et je reste au pied de l'entrée à réfléchir un bon moment avant de m'y attaquer. Car il a fallu tirer, pousser, grimper, ramper, se contorsionner, se hisser, sauter, s'écorcher, se mouiller…pour y arriver, mais ça vaut le coup ! Et je suis fière de l'avoir fait malgré mes genoux et mes coudes écorchés.
Finalement c'est encore un "rattlesnake" qui va nous arrêter dans notre exploration. Nous abandonnons alors les slot-canyons et décidons, comme il fait toujours beau, de poursuivre la piste jusqu'à Willow Gulch Trailhead pour faire la randonnée jusqu'à Broken Bow.
Au trailhead pas une voiture. Personne ne s'est enregistré sur le cahier (depuis combien de temps ?) Il fait très chaud, c'est l'heure du midi. Nous emportons nos provisions, l'arche étant un endroit idéal pour pique-niquer. Nous descendons dans le wash et avançons sur un mile environ.
Mais nous ne sommes pas vraiment tranquilles : pas de traces d'un passage récent, crainte d'un orage soudain et surtout des marques sur le sable qui ont l'air d'être celles d'un gros félin . En arrivant à la confluence avec Willow Gulch, le wash devient de plus en plus boueux et glissant, encombré par des branches et des troncs charriés par un orage récent. C'est décidé, il devient de moins en moins prudent de continuer! Il faut faire demi-tour. Au pied de la remontée, nous nous attardons un moment pour manger au frais sous la falaise.
De retour à la voiture nous observons au loin des orages qui commencent à se former. Nous sommes à 40 miles d'Escalante. Il faut retourner au plus vite.
Nous faisons la course avec les orages. Devant nous les éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre gronde, mais peut-être passerons nous à côté. Nous recevons les premières gouttes près de Devil's Garden, puis c'est tout…l'orage s'éloigne. Nous explorons alors ce Jardin du Diable, très amusant. Nous y trouvons cette ribambelle de petits nains
Et cette imposante arche. Cherchez le lapin.
L'orage s'étant définitivement éloigné, nous avons envie, pour finir cette journée, de voir à quoi ressemble le "Dinausor Track Site" sur la Left Hand Collet Road. 4x4 indispensable signale la pancarte au début de la piste. Nous avançons sans problème nous demandant un moment si l'avertissement n'était pas un peu exagéré quand un énooorme wash nous arrête dans notre élan. Non, l'avertissement n'était pas vain, mais nous ne prendrons pas le risque d'essayer de passer. Tant pis, nous ne verrons pas les traces de dinosaures mais irons sur la terrasse de notre B&B observer les oiseaux mouches. Le spectacle est magique !!!
Pour le dîner nous mangeons chez Escalante Outfitters "la meilleure pizza maison de tout l'Utah" d'après le guide LP. Je dirai même plus : je n'ai jamais mangé une aussi bonne pizza de ma vie. Même celle que j'ai l'habitude de faire n'est pas aussi bonne. Vous voilà prévenus ! En plus on peut profiter gratuitement de l'accès Internet pour donner des nouvelles à nos enfants.
Calf Creek Falls
Pour la suite du voyage, de Escalante à San Francisco en passant par Bryce Canyon, Coyote Buttes, Lake Powell, Grand Canyon Nord, Zion, Las Vegas, Death Valley, Yosemite, Sequoia et la côte Pacifique, voir... ICI

Pour voir davantage de photos, allez directement ici :
sites.google.com/...uxvoyagesnyouestusa/
========================================================================== Présentation
Le rêve américain est devenu réalité pour nous cet été grâce à ce voyage que nous avions soigneusement et longuement préparé. Après 4 jours passés à New York, il nous a mené 4 semaines à travers le Southwest, de Salt Lake City à San Francisco, en passant par les grands Parcs Nationaux et en incluant des sites en dehors des sentiers battus dans un circuit classique. Notre objectif était de randonner un maximum afin de découvrir au plus près les merveilles de cette région et de nous imprégner au mieux des paysages.
Nos étapes, dans l'Ouest, ont été : Arches Canyonlands Capitol Reef (dont Cathedral Valley) Escalante Grand Staircase Bryce canyon Page (dont Coyote Buttes et the Wave) Grand Canyon Nord Zion Death Valley Yosemite Sequoia Côte Pacifique
Avant de vous emmener sur nos traces, je tiens à remercier celles et ceux qui m’ont aidée à construire cet itinéraire au travers de leurs sites Internet, carnets de voyages, échanges de messages sur VF et discussions téléphoniques.
Enfin une pensée toute particulière à tous nos amis et familles qui en avril 2006, à l’occasion d’un évènement familial, nous ont offert un compte voyage, compte qui a servi lors de l’achat des vols. Nous les remercions encore chaleureusement.
Maintenant à nous l’Amérique !
New York, découverte
J1 (16 juillet 2007)
Nous arrivons à New York JFK à 10h30 heure locale à bord du vol Air France AF22. Nous avions réservé un transfert par Supershuttle (15$ par pers, plus avantageux qu’un taxi pour 2), système de taxi collectif. Nous sommes les premiers à monter à bord, mais nous ne serons pas les seuls, le shuttle s’arrête à plusieurs terminaux afin de prendre d’autres voyageurs et une fois plein, s’élance vers New York. Cela nous permet une première virée dans la ville, le temps de déposer tout ce petit monde. Voilà enfin notre hôtel, le Wellington. Bien placé, tout près de Times Square…mais la chambre est décevante : tout petite, un peu vieillotte, une clim bruyante et impossible à régler. Bah ! Ça n’est que pour dormir, alors tant pis !
Afin de profiter tout de suite de la Big Apple et s’offrir une vue d’ensemble, j’avais prévu une croisière en bateau autour de Manhattan à 15h30. Il est déjà 14h, il ne faut donc pas perdre de temps. Nous voilà lancés à pied dans les rues de New York, le nez en l’air jusqu’à l’embarcadère Pier 83. Nous achetons nos City Pass (65$ pour 6 attractions dont une croisière de 2h). Et c’est parti ! Le temps est plutôt couvert, avec quelques éclaircies en fin d’après-midi.
Quelques vues de Manhattan depuis le bateau :
Après la croisière, la journée n’est pas finie. Hervé a dans l’idée de s’acheter un nouvel appareil photo. Nous courons donc dans le plus grand magasin de photos de New York (B&H Photo Vidéo 420 9th Av) où il trouve son bonheur avec un Pentax K10d. Il se renseigne aussi pour un second objectif mais n’arrive pas à se décider avant l’heure de fermeture (19h). Il faudra revenir !
Je commence à avoir le tournis dans cette ville grouillante et il est l’heure de se poser pour diner. Non, nous n’avons pas loué cette limousine.
Et c’est encore by foot que nous déambulons jusqu’au restaurant (trouvé dans le guide Lonely Planet) : 44&X – Hell’s Kitchen « classiques américains réinventés ». Nous avons très bien mangé genre nouvelle cuisine mais l’addition pour 2 plats et 2 verres de vin est tout de même un peu salée.
Dans une « pièce » du resto : laquelle ? Une idée ?
Enfin le retour à l’hôtel, toujours à pied, après un passage par Times Square. Une première journée bien remplie !
J2 (17/07/07)
A 7h nous sommes dans la rue, décalage horaire oblige ! La plupart des boutiques, restos et fast-foods sont déjà ouverts. Nous prenons un petit-déjeuner rapide à côté de l’hôtel et en route vers l’Empire State Building (compris dans le City Pass). Times Square s’éveille !
Ça y est voilà l’Empire State Building !
Il est 7h45 et nous sommes parmi les tout premiers à monter à l’ouverture à 8h.
Le temps est légèrement brumeux car il est tôt. Munis d’un audio guide en français nous faisons le tour de la terrasse du 86ème étage en écoutant les commentaires et anecdotes et en profitant des vues sur le quartier et bien plus loin encore.
Après cette visite, Hervé veut retourner chez B&H pour son objectif. Qu’à cela ne tienne, nous ne sommes pas si loin de la 9th Av. Une fois l’achat réalisé, nous pouvons continuer notre expédition. Un petit saut à l’hôtel puis objectif musées pour l’après-midi. Nous empruntons la très belle 5ème avenue et longeons Central Park jusqu’au Guggenheim. Le musée est surtout réputé pour son architecture extérieure ; manque de chance, il est actuellement emballé pour travaux. Voilà une vue de l’intérieur.
Déjeuner à la cafétéria du musée puis traversée de Central Park en direction du musée d’histoire naturelle. Les collections sont fabuleuses et le musée gigantesque. Nous n’avons bien sûr pas pu tout visiter mais nous avons été tout particulièrement impressionnés par les salles consacrées aux mammifères d’Amérique du Nord, à la faune des océans et aux dinosaures.
Après cette journée marathon une petite sieste sur la pelouse de Central Park s’impose !!
Puis la journée s’achève en assistant à un concert dans Central Park donné par le New York Philarmonic Orchestra. L’ambiance est unique ! Tous les New Yorkais se donnent rendez-vous là entre amis chacun amenant couverture et vivres pour un pique-nique géant. Nous ne sommes pas vraiment organisés : d’abord assis sur un sac plastique nous acceptons avec plaisir le drap prêté par nos voisins de gazon. La foule se fait de plus en plus dense et quand le concert débute il ne reste plus un cm2 de libre sur Great Lawn. La soirée se finira par un feu d’artifice. Quant à nous, nous nous éclipsons à l’entracte car la faim nous tenaille et la fatigue nous gagne, contents d’avoir partagé un vrai moment de la vie new yorkaise.
Croisière à Manhattan

New York, approfondissement J3 (18/07/07)
L’orage est au rendez-vous ce matin, nous obligeant à modifier nos projets : Liberty et Ellis Islands seront pour demain.
Aujourd’hui, tant qu’il ne pleut pas trop, retour dans le quartier de Midtown afin de visiter plus en détails ce quartier aperçu depuis la terrasse de l’Empire State Building.
La Cathédrale Saint Patrick.
Quelques immeubles remarquables.
La pluie redouble ! Les ponchos sont bien utiles. Nous nous engouffrons trempés dans le magasin CompUSA où Hervé espère trouver la carte topo USA pour son GPS Garmin. Il ne trouve pas exactement ce qu’il recherche mais décide tout de même de faire l’achat d’un DVD couvrant tous les USA au 24 000ème.
La pluie n’a pas cessé au dehors, mais nous décidons de nous rendre à la gare centrale où nous pourrons nous abriter un moment. Grand Central Terminal est une merveille technologique et architecturale !
Où se mettre au sec maintenant ? Au Moma qui ouvre à 10h30. En chemin, nous nous attardons devant le Rockfeller Center dont la tour est dans les nuages et profitons d’une accalmie devant ce parterre de fleurs. Une belle touche de couleur dans cette journée maussade !
A l’approche du Moma, la file d’attente est interminable et en plus, nous avons oublié nos Pass. Voilà une bonne raison pour passer à l’hôtel et s’octroyer un peu de repos.
Nous modifions nos plans et optons pour une après-midi au Metropolitan Museum, nous déplaçant en métro cette fois-ci. Il fait une chaleur étouffante dans les couloirs du métro mais ô délice, les rames sont climatisées.
Le MET est aussi un musée gigantesque : nous n’avons pas l’ambition de tout voir. Nous visitons quelques salles en solo, puis nous nous joignons à une visite guidée (en anglais !) qui nous présente quelques œuvres majeures du musée.
A la sortie du musée nous retournons en métro près de Grand Central Terminal, Hervé espérant pouvoir échanger son achat non satisfaisant du matin car la cartographie « Delorme » est visible sur ordinateur mais non transférable sur GPS. Puis en passant sur Times Square un petit crochet par l’hôtel Marriott Marquis et son bar panoramique tournant. Un petit coup d’œil sur les menus et les prix nous suffit ! Sûr, ce n’est pas là que nous finirons la soirée, mais plus modestement au restaurant de l’hôtel. Plats et prix honnêtes !
En soirée, nous apprenons à la télé l’explosion d’une canalisation de vapeur près de la gare centrale (1 mort, plusieurs blessés) à peine une demi-heure après que nous y soyons passés !
J4 (19/07/07)
Nous avons un peu de mal à émerger ce matin et ce n’est qu’à 9h30 que nous parvenons à Battery Park pour prendre le ferry pour Liberty et Ellis Islands (11, 50$ /pers pour le ferry + 6$ pour l’audioguide).
Incroyable, il n’y a pas d’attente ! Et pour cause ! Un épais brouillard couvre Manhattan. Tant pis, on y va quand même en espérant que le brouillard se lève.
Le ferry avance tout doucement en actionnant sa corne de brume, au loin on distingue à peine les gratte-ciel de Manhattan.
Quand le bateau accoste à Liberty Island, le brouillard est si dense que l’on ne peut pas voir la statue. Nous décidons de rester à bord et d’aller à Ellis Island.
La visite du musée de l’immigration est très intéressante. Grâce à l’audio guide, nous profitons des nombreux témoignages d’immigrants passés par cette île. J’ai une pensée émue pour les frères et sœurs de mon arrière arrière grand-mère qui, entre 1840 et 1870, ont quitté l’Alsace pour venir vivre aux Etats-Unis. J’imagine qu’elles devaient être à la fois leurs angoisses et leurs espérances en arrivant dans le Nouveau Monde. Leurs bagages ressemblaient probablement à ceux-ci.
Après la visite du musée, nous retournons à Liberty Island. Le brouillard s’est maintenant quelque peu levé et la statue se dresse fièrement derrière nous.
Après un déjeuner au fast-food au pied de la tour (pas fameux ! à éviter, mais pas d'autre choix), retour à Manhattan.
Encore de l’émotion devant la Sphère, sculpture endommagée pendant les attentats et déplacée ici après le 11 septembre en hommage aux victimes.
Puis enfin devant Ground Zero !
Ce soir, nous dînons dans notre chambre : au menu, un délicieux repas acheté au rayon « deli » d’un petit supermarché du quartier.
Il ne nous reste alors plus qu’à faire les valises : demain le vol pour Salt Lake City est prévu à 7h05, le shuttle vient nous prendre à 4h (eh !oui, il doit faire le tour de plusieurs hôtels). Petite nuit en perspective !
Gratte-ciel et reflets

La ruée vers l'Ouest
J5 (20/07/07)
Réveil aux aurores et attente interminable ! En effet, l’avion part avec 3h de retard. Nous arrivons finalement à 12h30 heure locale à Salt Lake City, température extérieure 37°, mais air sec. Nous nous dirigeons tout de suite vers le bureau Avis pour réceptionner notre 4x4 : un Mitsubishi Endeavor (pas de Trailblazer diponible). Le temps de le prendre en mains (mais où est le frein à mains ?) et nous voilà partis.
Notre hôtel (Best Western Garden Inn) est facile à trouver. Nous sommes agréablement surpris : grande chambre, très propre, piscine, laverie automatique (ça tombe bien, on a une valise pleine de linge sale !).
Une fois le linge dans la machine, nous partons au supermarché faire l’achat de l’indispensable glacière et des provisions pour le lendemain.
Puis retour à l’hôtel et quelques brasses dans la piscine ! Quelle chaleur ! Finalement, la clim, c’est pas mal aussi pour le reste de l’après-midi.
Pour le dîner, nous choisissons dans la documentation de l’hôtel le restaurant " Encore Grill ". Il n’est pas tout près, cela nous donne l’occasion de traverser la ville (en voiture). Nos impressions : des rues très très très larges, plein de bâtiments mormons, quelques personnes déguisées (c’est le carnaval mormon) et une foule qui se presse vers un concert. Nous n’aurons pas l’occasion d’en voir davantage.
Au restaurant la viande est excellente, la soupe réconfortante car la différence de température entre dehors et dedans est saisissante. Pas de vin ni de bière ce soir, nous sommes chez les Mormons !
J6 (21/07/07)
Nous nous mettons en route à 8h, très vite impressionnés par les espaces et les paysages de canyons que nous traversons.
Pour notre première journée de route, nous choisissons d’emblée de faire un détour par un endroit où personne ne va. Nebo Loop Road ou Sego Canyon ? Le journal du matin ayant annoncé des feux dans la région de Nephi, ce sera donc la deuxième destination qui sera retenue.
Sur l’I70 nous passons la bifurcation vers Moab et sortons à celle de Thompson Springs pour atteindre le canyon quelques miles plus loin afin d’y voir de drôles de pétroglyphes.
Nous allons d’abord beaucoup trop loin et ce n’est qu’au retour que nous les trouvons. C’est pourtant facile, le site se trouve à l’endroit où la route asphaltée s’arrête, après c’est de la piste. Bah ! Ça nous aura donné l’occasion de faire un peu de tout-terrain !
Voilà ces drôles de personnages :
Après cet intermède, route vers Moab. Déjeuner dans un grill, courses et installation au Pack Creek Ranch, à une quinzaine de miles plus au sud, au pied des "La Sal Mountains". Nous avons réservé une petite cabine " Orchard House ", au confort simple, mais plein de charme et entièrement équipée, dans un environnement très verdoyant, loin de la foule de Moab.
Un havre de paix qu’il faut tout de même quitter si nous voulons commencer à explorer Arches.
A 16h, nous franchissons la guérite d’entrée du parc après avoir acheté le National Pass (80$ valable 1 an pour tous les passagers d’une voiture).
Sous un ciel légèrement couvert et en espérant éviter l’orage, nous allons de découvertes en découvertes.
Park Avenue, d’abord.
Marcher au bas de ces " gratte-ciels " de pierre nous démange…allez, nous parcourons une partie du trail.
Puis un peu plus loin, le tour du Balanced Rock.
Et encore Windows Section.
Il est près de 19h. Quelques gouttes de pluie et un ciel de plus en plus couvert nous font hésiter un moment avant d’entamer la rando vers Delicate Arch (5kms, 2h). Mais nous parions sur une éclaircie et partons à l’assaut de la plus belle arche du monde.
Sous l’arche, un touriste joue un air de flûte : tout le monde fait silence. Ambiance magique ! Au retour nous nous laissons enivrer par ces paysages qui s’étendent à perte de vue. Finalement l'orage se sera dissipé !
Et nous rentrons au Ranch, comblés !
Delicate Arch

Les arches de Devil's Garden
J7 (22/07/07)
Ce matin petit déjeuner sur le seuil de notre cabine : dans le verger gambadent lapins et chiens de prairie.
Aujourd’hui la journée est consacrée à la découverte des arches dans Devil’s Garden. Mais avant, sur la route, nous en profitons pour photographier certaines curiosités qui s’apprécient mieux le matin : The Three Gossips et Courthouse Towers.
Et c’est à 9h30 que nous quittons le parking pour notre grande randonnée qui nous mènera absolument à toutes les arches à partir de Tunnel Arch jusqu’à Double O Arch en passant par Landscape Arch, la plus longue et Navajo Arch, la plus intime.
Et ce n’est pas fini : en randonneurs acharnés, nous poursuivons jusqu’à Dark Angel (pas un seul touriste sur ce tronçon !!!) où nous profitons de l’ombre du rocher pour pique-niquer.
Nous voilà requinqués pour attaquer le retour. Bien sûr, pas par le chemin classique mais par sa variante, le Primitive Trail et encore un dernier détour par Private Arch, impressionnante de tranquillité.
Guère de randonneurs sur ce chemin ! Tant mieux, nous profitons pleinement de ce « désert solitaire ».
Puis en revenant sur le chemin principal, nous retrouvons le monde et la voiture à 14h30. Super rando !!! (12kms, 5 heures)
Pour aujourd’hui, ce sera tout. De retour à la cabine, nous nous précipitons dans la piscine, plus fraîche que prévu mais ô combien bienfaisante après notre journée de marche.
L’approche d’un orage nous amène à lever le camp non sans oublier de profiter de ces couleurs pour photographier « notre petite maison dans la prairie ».
Pine Tree Arch

Au pays des aiguilles et des canyons
J8 (23/07/07)
Nous sommes partis de bonne heure ce matin car la route est longue jusqu’à l’entrée des Needles (70 miles = 120 kms env. de Moab), mais les paysages extraordinaires valent le déplacement.
C’est un peu avant 9h que nous laissons la voiture au parking d’Elephant Hill, équipés chacun de 4l d’eau (et ils ont été nécessaires jusqu'à la dernière goutte!), prêts à entamer la randonnée de Chesler Park via Joint Trail. 18kms, une journée de randonnée.
Mais quelle randonnée ! Un parcours très varié et ludique passant tour à tour au pied d'aiguilles striées de rouge et de blanc : les fameuses Needles
de gros rochers en forme de hamburger,
ou de champignons géants
de passages très étroits
et de grandes prairies herbeuses
Bref des décors dignes de Jurassic Park.
Et on en redemande !!! A la fin du parcours cairné, une erreur nous mène sur Devil's Lane, une autre prairie herbeuse dont je ne vois plus la fin (diabolique!)
qui aboutit à Devil's Kitchen (ouf! un peu de fraîcheur pour se reposer). Puis nous bouclons la boucle en empruntant un chemin réservé aux 4x4 qui nous ramène à Elephant Hill peu après 16h, fourbus mais absolument enchantés ! Et voilà qu'un 4x4 tente de gravir la piste que nous venions d'emprunter. Manifestement le conducteur a sous-estimé la difficulté de la piste ou a surestimé ses capacités : il galère +++. On le comprend, à pied c'était difficile…alors en voiture…! Nous assistons, amusés, au spectacle.
Bilan de la journée : 21kms (plus que prévu en raison de la variante au retour), 7h de marche arrêts compris; 8l d'eau consommés ; seules 2 personnes rencontrées + un très beau lézard, deux corbeaux et surtout des paysages fabuleux.
Au hit-parade de nos coups de cœur sur l'ensemble du voyage cette journée sera n°1.
Rassasiés de marche et de paysages, nous rentrons à Moab et comme d'habitude assistons à un bel orage en soirée.
J9 (24/07/07) Quelques cafouillages ce matin, car nous attendons la réponse de la compagnie aérienne pour faire un survol de Canyonlands jusqu'à Monument Valley. Réponse négative, il faut changer nos plans. Après un faux départ (une fois de plus, nous partons sans notre Pass), nous arrivons enfin à Canyonlands vers 11h après un passage à Dead Horse Point (7$ pour un point de vue certes impressionnant mais pas très photogénique).C'est…trop grand et assez brumeux. Nous faisons les difficiles !
Nous prenons la route jusqu'à Grand View Point et faisons la ballade (petite pour nous : 3kms, 1h) du même nom. Le chemin longe la corniche et nous livre de superbes points de vue.
A la fin du trail, nous nous posons un peu, histoire de profiter du…. silence tout simplement.
Nous ne randonnons pas davantage aujourd'hui, persuadés qu'au cœur du canyon, les sensations seraient plus grandes. Alors retour vers Moab par Shafer Trail et Potash Road (non sans avoir sollicité l'avis des Rangers). Sensationnel !!!
Oui, oui, c'est par là qu'on descend…
Et c'est tout là-bas qu'on arrive.
Par moments on passe tout au bord.
Nous continuons ainsi jusqu'à Mussulman Arch, puis demi-tour non sans aller admirer la vue depuis Gooseneck Overlook. Géniale! Potash Road (goudronnée) nous ramène à Moab vers 16h. Nous nous arrêtons au parking de Negro Bill Canyon, mais le ciel est trop menaçant. D'ailleurs nous avons à peine le temps de rentrer au Ranch avant l'arrivée de l'orage.
En route vers les Needles

De Moab à Boulder
J10 (25/07/07) Réveil spontané à 3h30 du matin ! Il faut en profiter pour voir un lever de soleil remarquable. Ce sera Mesa Arch (Island in the sky). Nous quittons la cabine à 5h (lever du soleil à 6h15). En route nous sommes sceptiques, car il pleut en traversant Moab et le ciel est couvert un peu plus loin. Mais les nuages se fendent…alors ?
Nous arrivons in extrémis sur le parking de Mesa Arch. Hervé se met à courir. Devant l'arche un couple d'Allemands est déjà en bonne place. Plus que quelques secondes….et l'arche "s'enflamme".
Nous poursuivons la route vers Upheaval Dome, un curieux cratère puis nous choisissons de revenir explorer les environs immédiats de Moab. Negro Bill Canyon, une randonnée bucolique de 3h et 6kms A/R) jusqu'à l'imposante Morning Glory Arch, d'où nous voyons descendre en rappel plusieurs grimpeurs.
une petite incursion dans les La Sal Mountains près de Castle Valley pour une petite sieste au frais. la piste d'Onion Creek (en voiture) où les couleurs sont étonnantes, aspect crème glacée pistache café caramel saupoudrée de chocolat.
Enfin à partir de 17h30 la randonnée de Fisher Towers (3h, 7kms A/R) au pied de mégalithes géants, de véritables gratte-ciel, vertigineux et impressionnants.
C'est encore de nuit que nous rejoignons le Ranch après une journée plus que remplie.
J11 (26/07/07) Avant de rejoindre Capitol Reef il nous tient à cœur de passer par un site en dehors des sentiers battus. Nous nous arrêtons alors à Little Wild Horse Canyon, tout près de Goblin Valley State Park pour une balade très amusante dans un slot-canyon. Quand les flaques deviennent trop profondes, nous rebroussons chemin. 2h et 3kms A/R.
Et continuons notre route vers Torrey et Capitol Reef que nous atteignons en début d'après-midi. Le temps est légèrement couvert et venteux. Nous nous installons alors chez Austin's Chuck Wagon (très bien, grande chambre "immaculate" comme l'annonçait le site, wifi, piscine, laverie et environnement très fleuri). Le temps légèrement couvert et surtout venteux n'incite pas trop à la baignade, alors ce sera sieste !
Vers 17h il est temps de voir un peu à quoi ressemble Capitol Reef et surtout d'aller se renseigner sur l'état de la piste de Cathedral Valley pour le lendemain. Au Visitor Center, la rangeresse est catégorique : le gué est infranchissable, la Fremont River est presque en crue. Reste la possibilité de prendre Caineville Wash Road jusqu'à Temple of the Sun, c'est tout, le reste du secteur n'est pas vraiment praticable, selon ses dires. Il va falloir revoir nos plans !
Bon, en attendant, si on allait jusqu'à Capitol Gorge. Au bord de la Scenic Drive j'ai failli me faire dévorer !!!
Cette belle route aboutit dans la gorge de Waterpocket Fold où nous nous garons. Puis c'est à pied que nous dépassons le Pionneer Register, où les premiers pionniers venaient graver leurs noms sur les murs. La plupart des touristes que nous croisons sont sur le retour, c'est vrai qu'il est déjà tard et nous sommes bientôt seuls dans le canyon. Tout d'un coup nous restons figés : devant nous un mouflon traverse le chemin et avec une agilité impressionnante escalade les rochers pour disparaître derrière la montagne.
Mais pas définitivement ! Le temps de grimper nous aussi là-haut (eh! oui nous sommes moins agiles) et nous le retrouvons. Sa destination est en fait la même que la nôtre : les Tanks, citernes naturelles creusées dans la roche
où nous le revoyons en train de s'abreuver. Une très jolie rencontre qui nous aurait presque fait oublier l'heure. Durée de la randonnée : 2h, 3kms A/R. Il est déjà 20h passés et un coup d'œil à notre guide (ici le Routard) nous fait réaliser que Capitol Reef Inn & Cafe ferme à 21h. Alors, fonçons ! Ouf, nous arrivons à l'heure pour un excellent dîner.
J12 :(27/07/07)
Nous sommes dans l'expectative ce matin : Cathedal Valley or not Cathedral Valley ? Camping or not camping pour la nuit suivante ? Nos projets auraient dû nous mener au camping primitif de Cathedral Valley via Caineville Wash Road et le lendemain retour vers la Hwy 24 via Hartnet Road. Nous décidons de faire le plein de vivres et d'eau pour être équipés pour camper. Mais où ? Ce n'est pas encore très clair en quittant Chuck Wagon Inn ce matin. Nous voulons avoir un nouvel avis sur l'évolution des conditions dans Cathedral Valley puis nous aviserons.
Au Visitor Center on nous tient les mêmes propos que la veille. Nous sommes à présents fixés. Nous irons jusqu'à Temple of the Sun ce matin (tant que le temps est sec) puis reviendrons sur la 24 pour continuer la visite de Capitol Reef puis poursuivre vers Boulder où nous pourrions camper !
La piste de Caineville est très bonne et sans problème jusqu'à Temple of the Sun. Nous admirons les deux géants : Temple of the Sun et Temple of the Moon ainsi que cette drôle de butte au premier plan : Glass Mountain.
L'envie de continuer un peu nous démange ! Allez, on avance encore un peu puis on fera demi-tour. C'est à ce moment-là qu'on croise un autre 4x4 qui nous assure qu'il ne devrait pas y avoir de problème, en toisant notre "SUV" du haut de son vrai 4X4, jusqu'au "campground", que les wash sont certes un peu humides et boueux mais passables ! Alors c'est décidé, on y va mais sans camper (temps trop incertain), nous sortirons immédiatement par la piste de Thousand Lake Mountain.
Nous poursuivons donc, pas sans être un peu tendus à chaque passage de wash, d'autant que le ciel commence à se couvrir.
Les cathédrales de pierre se dressent bientôt devant nous. Une randonnée est possible au pied des monolithes, mais nous ne prenons pas ce risque en raison de la menace orageuse.
Quand la route prend un peu d'altitude, Hervé souffle : nous voilà sortis de la zone des wash; même s'il se mettait à pleuvoir, nous ne risquerions plus rien. Nous profitons alors pleinement de la vue.
Et de la table de pique-nique près de Upper Cathedral Valley Overloook. Il est midi et le casse-crôute est bienvenu pour nous remettre de nos émotions. Pas un chat à l'horizon. Nous sommes seuls dans cette immensité. Le temps se maintient pour le moment.
Après manger nous attaquons Thousand Lake Mountain Road, cassante par endroits. La piste nous éloigne peu à peu du désert et grimpe dans la Fishlake National Forest jusqu'à 2500 m d'altitude. La vue est assez irréelle: dans les rétroviseurs de la voiture, le désert… et devant nous une forêt bien verte, des bouleaux, des fleurs sauvages…et la pluie qui commence à tomber.
Et voilà que nous arrivons dans une zone marécageuse ! Pas le temps de s'affoler ! La voiture….hoquète, patine, puis….ouf ! passe de justesse. On a eu chaud !
Et c'est avec un certain soulagement que nous atteignons la route 72 aux environs de Fremont. Nous traversons Loa puis Torrey avec un petit arrêt douceurs chez Cafe & Candy à Torrey (divin!!!) et décidons de nous rapprocher de notre étape suivante Escalante en empruntant la très belle route 12 jusqu'à Boulder (69kms). Nous avons repéré sur ce trajet le camping de Deer Creek sur le Burr Trail où nous pensons nous arrêter pour la nuit.
Ce qui est dit est fait. Nous nous posons à Deer Creek, un camping rudimentaire (emplacements pique nique + toilettes, pas d'eau) au bord de la rivière, 4$ dans une enveloppe, notre nuitée la plus économique.
Après avoir scruté le ciel, essuyé quelques gouttes, le besoin de randonner est impérieux ce soir. Nous voilà partis pour 2h d'exploration des alentours (une pancarte nous avertit que nous évoluons dans le wilderness, domaine des serpents, des scorpions et autres bestioles). La vue est magnifique en haut de cette butte.
De retour au camping nous organisons une séance douche en plein air (l'équivalent d'une bouteille d'eau chacun, pas plus !). Au dîner nous avons la mauvaise surprise de découvrir que la boîte de maïs pévue pour une salade composée contient du maïs à la crème. Beurkk, on se méfiera la prochaine fois ! Vaisselle au bord de la rivière, installation des couchages dans notre 4x4. Ca y est : tout est prêt pour passer une bonne nuit !
Cathedral Valley

Autour d'Escalante
J13 (28/07/07) Nous nous réveillons dans notre voiture avec le soleil à 6h15 et à 7h nous sommes déjà sur le Burr Trail jusqu'à Long Canyon. Au bout de cet impressionnant canyon nous faisons demi-tour afin de revenir sur l'US12 et poursuivre vers Escalante. Les paysages sur cette route sont à nouveau époustouflants de beauté.
Entre Boulder et Escalante nous ne voulons pas rater la randonnée menant aux Lower Calf Creek Falls. Un sentier d'interprétation de la nature (11kms, 3hA/R) longe la rivière au pied de belles falaises de grès nous amenant à voir des écureuils en pagaille, des marmottes, des oiseaux mouches, des truites….ainsi que des ruines indiennes et des pétroglyphes.
Et au bout du sentier, après avoir eu bien chaud, la délivrance : une cascade dégringole de la falaise
dans un bassin aux eaux rafraîchissantes (15°) dans lesquelles je me plonge avec bonheur.
Nous restons une bonne heure sur place profitant tour à tour de la fraîcheur de l'eau et de la chaleur de la petite plage avant de reprendre le chemin du retour. Hervé flâne et fait quelques clichés macro.
Après un pique nique à Calf Creek Recreation Area nous poursuivons cette route 12 toujours aussi belle jusqu'à Escalante et le Rainbw Country B&B. L'accueil est formidable (merci Philippe pour cette adresse) et Catherine est aux petits soins. Le sous-sol bien frais de sa maison est réservé à ses hôtes : un grand salon décoré d'objets chinés et plusieurs chambres. La nôtre est décorée sur le thème de la Pionnier Cabin. On y est tellement bien qu'on n'a pas envie de bouger tout de suite.
En fin d'après-midi, ressentant le besoin d'une petite promenade vespérale, nous allons à Petrified Forest State Park (6$ système d'enveloppe). Nous suivons le sentier d'interprétation de la nature (1mile) qui nous laisse sur notre faim, mais en optant pour le sentier complémentaire "Trail of Sleeping Rainbows" (0, 75 miles) assez pentu nous découvrons en nombre de très beaux spécimens.
Cette balade nous a ouvert l'appétit et nous nous régalons au Cow Boy Blues Restaurant : soupe du southwest à la tomate, prime ribs/légumes, brownie sunday pour moi, crumble fruits rouges "à la mode" pour Hervé.
J14 (29/07/07) Après un petit déjeuner américain plus que copieux, nous voilà calés pour une bonne partie de la journée et prêts à explorer les sites le long de la Hole-in-the- Rock Road. Il faut tenir compte du temps qui peut se dégrader en cours de journée. C'est pourquoi, nous commencerons d'abord par explorer Dry Fork et Peekaboo Gulch. Catherine nous a prévenu qu'il pourrait y avoir de l'eau, nous avons mis des chaussures qu'on ne craint pas de mouiller.
Et c'est parti pour une trentaine de miles sur la piste. Les paysages sont magnifiques.
Dry Fork est un slot-canyon très agréable.
Nous le parcourons sur une centaine de mètres quand, soudain, je pousse un cri, j'écarte les pieds, tout juste à temps pour laisser passer….un serpent.
Nous continuons notre progression, un peu plus vigilants et là un autre serpent nous barre la route, plus gros (c'est un serpent à sonnette) et en position d'attaque.
Bon, ben, on n'ira pas plus loin. Sans regrets, il paraît que les premières centaines de mètres sont les plus photogéniques, dixit ouestusa.fr
Allons voir Peekaboo Gulch. "L'entrée et certains passages dans le canyon sont assez acrobatiques et nécessitent de s'aider de ses mains, des éléments naturels et d'avoir un bon grip" préviennent Thierry et Philippe sur leur site. En arrivant devant l'entrée, je comprends … Hervé se hisse en premier et je reste au pied de l'entrée à réfléchir un bon moment avant de m'y attaquer. Car il a fallu tirer, pousser, grimper, ramper, se contorsionner, se hisser, sauter, s'écorcher, se mouiller…pour y arriver, mais ça vaut le coup ! Et je suis fière de l'avoir fait malgré mes genoux et mes coudes écorchés.
Finalement c'est encore un "rattlesnake" qui va nous arrêter dans notre exploration. Nous abandonnons alors les slot-canyons et décidons, comme il fait toujours beau, de poursuivre la piste jusqu'à Willow Gulch Trailhead pour faire la randonnée jusqu'à Broken Bow.
Au trailhead pas une voiture. Personne ne s'est enregistré sur le cahier (depuis combien de temps ?) Il fait très chaud, c'est l'heure du midi. Nous emportons nos provisions, l'arche étant un endroit idéal pour pique-niquer. Nous descendons dans le wash et avançons sur un mile environ.
Mais nous ne sommes pas vraiment tranquilles : pas de traces d'un passage récent, crainte d'un orage soudain et surtout des marques sur le sable qui ont l'air d'être celles d'un gros félin . En arrivant à la confluence avec Willow Gulch, le wash devient de plus en plus boueux et glissant, encombré par des branches et des troncs charriés par un orage récent. C'est décidé, il devient de moins en moins prudent de continuer! Il faut faire demi-tour. Au pied de la remontée, nous nous attardons un moment pour manger au frais sous la falaise.
De retour à la voiture nous observons au loin des orages qui commencent à se former. Nous sommes à 40 miles d'Escalante. Il faut retourner au plus vite.
Nous faisons la course avec les orages. Devant nous les éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre gronde, mais peut-être passerons nous à côté. Nous recevons les premières gouttes près de Devil's Garden, puis c'est tout…l'orage s'éloigne. Nous explorons alors ce Jardin du Diable, très amusant. Nous y trouvons cette ribambelle de petits nains
Et cette imposante arche. Cherchez le lapin.
L'orage s'étant définitivement éloigné, nous avons envie, pour finir cette journée, de voir à quoi ressemble le "Dinausor Track Site" sur la Left Hand Collet Road. 4x4 indispensable signale la pancarte au début de la piste. Nous avançons sans problème nous demandant un moment si l'avertissement n'était pas un peu exagéré quand un énooorme wash nous arrête dans notre élan. Non, l'avertissement n'était pas vain, mais nous ne prendrons pas le risque d'essayer de passer. Tant pis, nous ne verrons pas les traces de dinosaures mais irons sur la terrasse de notre B&B observer les oiseaux mouches. Le spectacle est magique !!!
Pour le dîner nous mangeons chez Escalante Outfitters "la meilleure pizza maison de tout l'Utah" d'après le guide LP. Je dirai même plus : je n'ai jamais mangé une aussi bonne pizza de ma vie. Même celle que j'ai l'habitude de faire n'est pas aussi bonne. Vous voilà prévenus ! En plus on peut profiter gratuitement de l'accès Internet pour donner des nouvelles à nos enfants.
Calf Creek Falls

Pour la suite du voyage, de Escalante à San Francisco en passant par Bryce Canyon, Coyote Buttes, Lake Powell, Grand Canyon Nord, Zion, Las Vegas, Death Valley, Yosemite, Sequoia et la côte Pacifique, voir... ICI
Cuba: pourquoi l'embargo depuis 48 ans? English translation pending
Est ce que quelqu'un pourrais m'expliquer pourquoi il y a un embargo depuis 48 ans??🙁
qu'est ce que Cuba peut bien avoir fait aux État Unis pour que cette embargo perdure année après année??
Jaimerais bien comprendre?? merci pour vos commentaire!🙂
Quelle serais la solution d'arrêter d'allé en tout inclus? pour boycoté! (allé dans une autre destination comme R.D)??
Brésil: quelques conseils pour voyager tranquillement English translation pending
Voici quelques astuces pour voyager tranquillement au Brésil :
1) Assurez-vous d’avoir votre passeport en ordre. 2) Prenez toujours votre carte d’identité nationale car elle vous sera exigée par votre ambassade en cas de problème sur place. 3) Vous avez droit à 90 jours de visa touristique en arrivant mais vous pouvez le faire faire prolonger de 90 jours au service passeport de la Policia Federal située dans chaque grande ville et capitale d’état. Il vous en coûtera +/- 23 Reals de taxe que vous devrez payer dans une banque et retournez avec votre reçu pour récupérer votre passeport prolongé de 90 jours. « Lors de votre entrée sur le territoire brésilien, vous recevez un papier cacheté par la Policia Federal avec votre date d’entrée sur le territoire. Ne le perdez surtout pas car il vous sera demandé lors de la prolongation des 90 jours sur place et lorsque vous allez quittez le territoire brésilien. » 4) Pour un séjour de plus de deux mois, je vous conseille d’aller dans une Banco do Brasil pour faire faire votre CPF qui est un numéro fiscal qui vous sera exigé pour presque tout. Exemple : Garantie d’appareil, Activation d’une carte de Gsm pré payé, payement on-line d’un billet d’avion d’une ligne intérieur Gol via le net autre que par Americain Express, etc…
Pour chaque pays étranger, il existe un code fiscal pour le CPF (exemple : Belgique 086). Vous pourrez imprimer le formulaire d’inscription avec le code fiscal de votre pays d’origine sur ce lien : http://www.receita.fazenda.gov.br/Aplicacoes/ATCTA/CpfEstrangeiro/fcpf.asp
Une fois la première année passée, n’oubliez pas de refaire revalider votre CPF à partir de août jusqu’à novembre sur le site Web de la Receita Federal http://www.receita.fazenda.gov.br
Si vous êtes sur place, beaucoup de Cyber Cafés vous proposerons de faire votre déclaration annuelle du CPF pour la modique somme de 1 Real !!! Si non, il vous en coûtera 4, 50 Reals dans une Banco do Brasil, Correio, Caixa Federal.
N.B. : « Petit conseil perso » : Lors de votre demande de CPF à Banco do Brasil, ils vont vous demandez pourquoi vous voulez avoir ce CPF ? Vous répondez tout simplement que c’est pour ouvrir un compte ou immatriculer un véhicule même si c’est pas votre cas car après cela, vous serrez tranquille car sans le CPF vous ne faites pas grand-chose au Brésil. Vous trouverez votre fiche d’inscription à faire valider par Banco do Brasil avec une taxe de 4, 50 Reals à payer en espèces sur place et vous rendre après à la Receita Federal pour faire valider votre inscription. Une adresse facultative au Brésil (maison d’un ami, hôtel où vous résidez, etc…) vous sera exigée pour la réception de votre carte CPF via la poste dans les 30 jours qui suivent la validation de votre inscription. En attendant, gardez le reçu avec votre numéro car vous pourriez déjà en faire usage.
5) Prenez une carte pré payé pour téléphone mobile chez un revendeur (tous sauf Vivo qui n'est pas compatible avec les Gsm). Elle vous coûtera 19 Reals en moyenne selon l’opérateur de votre choix. Mais attention ! Ne laissez pas le revendeur enregistrer votre numéro Imei de votre Gsm européen car vous ne pourrez plus qu’utiliser le réseau avec lequel le revendeur a fiché votre numéro d’Imei ! Faites uniquement l’inscription de la carte SIM pré payé et glissez la vous-même dans votre téléphone mobile. À chaque fois que vous allez changer de zone téléphonique, allez acheter une nouvelle carte SIM (appelé "CHIP") avec un numéro local car si non, pour chaque appel reçu, vous serrez facturé comme en étant en roaming étant donné que vous ne serrez plus dans le même préfixe ! Exemple: Esperito Santo (préfixe 27) et São Paulo Interior (Préfixe 16 ou 19).
Les opérateurs brésiliens font régulièrement des promotions, donc à vous de choisir la meilleure.
Pour les sms vers l’Europe, prenez l’opérateur Claro car c’est le seul qui va vous les facturer au prix d’un sms national. 0, 30 Real/sms au lieu de 1, 50 Real en moyenne avec les autres opérateurs.
Pour les communications vers l’Europe, prenez une carte pré payé (cartão pre pago 21) d’Embratel car c’est le moins chers que vous trouverez pour appeler vos amis ou votre famille en Europe. Vous en trouverez au Correio (la Poste) ou achetez un micro casque et des crédits Skype 0ut et appelez l’Europe pour 4 Euros Cents la minute via Internet.
Pour les communications nationales, composez le 0 + choix de l’opérateur, plus le préfixe plus le numéro du correspondant. Exemple : Mr X à Rio : 0xx(21) 123456789
Pour les communications locales, le choix de l’opérateur n’est pas nécessaire et pour les communications internationales le 00xx + le code du pays est exigé.
6) Pour les retraits d’argent local, utilisez Master Card, Maestro, Cirrus, Visa, Americain Express dans les distributeurs HSBC (1000Reals maxi), Bradesco (600 Reals maxi), Banco 24 horas (500Reals maxi).
Pour le cours du change du jour, consultez http://www.x-rates.com/d/BRL/table.html
Pour les transferts via la Western Union, n’importe quelle Banco do Brasil vous offrira ce service. Mais attention ! Encore une fois, faites faire votre CPF avant d’encaisser votre dû de la Western Union car si non, vous devriez attendre des heures pour l’encaisser uniquement sous présentation de votre passeport !
Inutile de vous rappelez aussi qu’il va de soit d’être extrêmement prudent avec vos retraits d’argent car les banques des grandes villes restent la cible favorite des pickpockets et des agresseurs ! Petit conseil : Retirez par 500Reals et gardez une partie planquée à l’hôtel et l’autre en petites coupures de 1, 2, 5, 10 Reals dans une poche bien fermée.
Évitez de répondre avec gentillesse aux mendiants ou autres personnes vous interpellant en rue car vous serrez vite une proie facile pour eux surtout lorsqu’ils verront que vous n’êtes pas du coin dû à votre accent et aussi, évitez de porter des bijoux ou autres objets de valeurs et ceci, surtout dans les grande villes...
7) Pour ce qui est des transports en communs, le Brésil n’est vraiment pas chers du tout ! Il vous coûtera une moyenne de 15 centimes de Real du Km. Mais parfois, pour 20 ou 30 Reals en plus, vous pouvez vous rendre à votre destination en avion plutôt qu’en Bus.
En ville, pour économiser, faites appel à une « moto taxi » qui est 4x mois chers qu’un taxi normal ou empreintez les transports en communs comme les bus, le métro.
8) Visa de tourisme : Le visa pour le Brésil n’est pas nécessaire dans les cas de voyages touristique ou d’affaires, pour un séjour n’excédant pas 90 jours, pour les ressortissants des pays suivants: Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chili, Corée du Sud, Costa Rica, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Honduras, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Luxembourg, Macao (*), Maroc, Monaco, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ordre S.M. Malte, Paraguay, Pays Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume Unis, Saint Marin, Saint Siège, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Surinam, Thaïlande, Trinité et Tobago, Tunisie, Turquie et Uruguay.
Le séjour peut être prolongé de 90 jours, avec l'autorisation préalable de la Police Fédérale brésilienne. Les démarches doivent être faites au Brésil, auprès de la Police Fédérale. Le séjour ne peut pas excéder 180 jours par an.
Un passeport d'une validité minimum de 6 mois à compter de votre entrée au Brésil.
9) Shopping : Prenez un minimum de vêtements quand vous partez car le Brésil est très bon marché pour tout ce qui n’est pas importé. Chemises, Costumes, Cravates, Bermudas, Shorts, T-shirts, Vestes en Cuir, Pantalons classiques, Mocassins. N.B. : Chaussures de sport de marques américaines et Jeans de marques américaines, À ÉVITER !!! Plus chers qu’en Europe !!!
10) Nourritures : Je vous conseille de fréquenter des «Churrascaria» qui sont des restaurants grils brésiliens où vous payez un forfait et des serveurs passent en continu avec de grands morceaux de viandes grillés. Si non, je vous conseille d’essayer la « Pastel » qui est de la viande de bœuf, poulet, jambon, fromage, etc… enrobés dans une pâte feuilletée et cuite dans l’huile. C’est délicieux ! Vous pouvez aussi trouver toutes sortes de snacks et fast foods pour un prix très démocratique ! N.B. : Évitez les marchants ambulants qui vendent des brochettes cuitent au barbecue car la qualité de la viande et sa provenance n’est jamais sûr !!!
11) Régions à visiter sans vaccins quelconques : Je vous conseille de voyager en dehors de Rio de Janeiro et de São Paulo pour plus de sécurité et plus de calme car ce sont deux grandes métropoles où il faut quand même être bien habitué et bien savoir ce qu’il ne faut faire et pas faire avant de s’y aventurer ! Je vous conseillerais vivement le littoral Sud (de décembre à mai), Sud-Est (toute l’année) et Nord-Est (toute l’année) du Brésil avec les états de Rio Grande do Sul, Santa Catarina avec sa célèbre plage de Camburiu, la ville balnéaire de Buzios (le St Tropez du Brésil) dans l’état de Rio de Janeiro, la ville à l’ambiance nocturne de Franca dans l’état de São Paulo, la ville historique de Vila Velha dans l’état du Esperito Santo, la ville de Salvador avec son plus vieux port de tout le pays, les états du Recife et Maranhão où vous pourriez trouver des plages et des dunes de sables blancs comme si vous étiez sur une île du Pacifique. Conseil Perso: Évitez vraiment la région de Goiânia-Goiás Velho car elle n’est vraiment pas très accueillante du tout et voir même très raciste envers les étrangers européens ou autres et ceci ne reflète vraiment pas la bonne image qu’on peut avoir de ce si beau pays qui est le Brésil !!!
Voilà, j’espère que ces conseils personnels vous porteront chance et j’espère que tout comme moi vous saurrez appréciez la beauté de ce pays et l’accueille chaleureux de ses habitants…
1) Assurez-vous d’avoir votre passeport en ordre. 2) Prenez toujours votre carte d’identité nationale car elle vous sera exigée par votre ambassade en cas de problème sur place. 3) Vous avez droit à 90 jours de visa touristique en arrivant mais vous pouvez le faire faire prolonger de 90 jours au service passeport de la Policia Federal située dans chaque grande ville et capitale d’état. Il vous en coûtera +/- 23 Reals de taxe que vous devrez payer dans une banque et retournez avec votre reçu pour récupérer votre passeport prolongé de 90 jours. « Lors de votre entrée sur le territoire brésilien, vous recevez un papier cacheté par la Policia Federal avec votre date d’entrée sur le territoire. Ne le perdez surtout pas car il vous sera demandé lors de la prolongation des 90 jours sur place et lorsque vous allez quittez le territoire brésilien. » 4) Pour un séjour de plus de deux mois, je vous conseille d’aller dans une Banco do Brasil pour faire faire votre CPF qui est un numéro fiscal qui vous sera exigé pour presque tout. Exemple : Garantie d’appareil, Activation d’une carte de Gsm pré payé, payement on-line d’un billet d’avion d’une ligne intérieur Gol via le net autre que par Americain Express, etc…
Pour chaque pays étranger, il existe un code fiscal pour le CPF (exemple : Belgique 086). Vous pourrez imprimer le formulaire d’inscription avec le code fiscal de votre pays d’origine sur ce lien : http://www.receita.fazenda.gov.br/Aplicacoes/ATCTA/CpfEstrangeiro/fcpf.asp
Une fois la première année passée, n’oubliez pas de refaire revalider votre CPF à partir de août jusqu’à novembre sur le site Web de la Receita Federal http://www.receita.fazenda.gov.br
Si vous êtes sur place, beaucoup de Cyber Cafés vous proposerons de faire votre déclaration annuelle du CPF pour la modique somme de 1 Real !!! Si non, il vous en coûtera 4, 50 Reals dans une Banco do Brasil, Correio, Caixa Federal.
N.B. : « Petit conseil perso » : Lors de votre demande de CPF à Banco do Brasil, ils vont vous demandez pourquoi vous voulez avoir ce CPF ? Vous répondez tout simplement que c’est pour ouvrir un compte ou immatriculer un véhicule même si c’est pas votre cas car après cela, vous serrez tranquille car sans le CPF vous ne faites pas grand-chose au Brésil. Vous trouverez votre fiche d’inscription à faire valider par Banco do Brasil avec une taxe de 4, 50 Reals à payer en espèces sur place et vous rendre après à la Receita Federal pour faire valider votre inscription. Une adresse facultative au Brésil (maison d’un ami, hôtel où vous résidez, etc…) vous sera exigée pour la réception de votre carte CPF via la poste dans les 30 jours qui suivent la validation de votre inscription. En attendant, gardez le reçu avec votre numéro car vous pourriez déjà en faire usage.
5) Prenez une carte pré payé pour téléphone mobile chez un revendeur (tous sauf Vivo qui n'est pas compatible avec les Gsm). Elle vous coûtera 19 Reals en moyenne selon l’opérateur de votre choix. Mais attention ! Ne laissez pas le revendeur enregistrer votre numéro Imei de votre Gsm européen car vous ne pourrez plus qu’utiliser le réseau avec lequel le revendeur a fiché votre numéro d’Imei ! Faites uniquement l’inscription de la carte SIM pré payé et glissez la vous-même dans votre téléphone mobile. À chaque fois que vous allez changer de zone téléphonique, allez acheter une nouvelle carte SIM (appelé "CHIP") avec un numéro local car si non, pour chaque appel reçu, vous serrez facturé comme en étant en roaming étant donné que vous ne serrez plus dans le même préfixe ! Exemple: Esperito Santo (préfixe 27) et São Paulo Interior (Préfixe 16 ou 19).
Les opérateurs brésiliens font régulièrement des promotions, donc à vous de choisir la meilleure.
Pour les sms vers l’Europe, prenez l’opérateur Claro car c’est le seul qui va vous les facturer au prix d’un sms national. 0, 30 Real/sms au lieu de 1, 50 Real en moyenne avec les autres opérateurs.
Pour les communications vers l’Europe, prenez une carte pré payé (cartão pre pago 21) d’Embratel car c’est le moins chers que vous trouverez pour appeler vos amis ou votre famille en Europe. Vous en trouverez au Correio (la Poste) ou achetez un micro casque et des crédits Skype 0ut et appelez l’Europe pour 4 Euros Cents la minute via Internet.
Pour les communications nationales, composez le 0 + choix de l’opérateur, plus le préfixe plus le numéro du correspondant. Exemple : Mr X à Rio : 0xx(21) 123456789
Pour les communications locales, le choix de l’opérateur n’est pas nécessaire et pour les communications internationales le 00xx + le code du pays est exigé.
6) Pour les retraits d’argent local, utilisez Master Card, Maestro, Cirrus, Visa, Americain Express dans les distributeurs HSBC (1000Reals maxi), Bradesco (600 Reals maxi), Banco 24 horas (500Reals maxi).
Pour le cours du change du jour, consultez http://www.x-rates.com/d/BRL/table.html
Pour les transferts via la Western Union, n’importe quelle Banco do Brasil vous offrira ce service. Mais attention ! Encore une fois, faites faire votre CPF avant d’encaisser votre dû de la Western Union car si non, vous devriez attendre des heures pour l’encaisser uniquement sous présentation de votre passeport !
Inutile de vous rappelez aussi qu’il va de soit d’être extrêmement prudent avec vos retraits d’argent car les banques des grandes villes restent la cible favorite des pickpockets et des agresseurs ! Petit conseil : Retirez par 500Reals et gardez une partie planquée à l’hôtel et l’autre en petites coupures de 1, 2, 5, 10 Reals dans une poche bien fermée.
Évitez de répondre avec gentillesse aux mendiants ou autres personnes vous interpellant en rue car vous serrez vite une proie facile pour eux surtout lorsqu’ils verront que vous n’êtes pas du coin dû à votre accent et aussi, évitez de porter des bijoux ou autres objets de valeurs et ceci, surtout dans les grande villes...
7) Pour ce qui est des transports en communs, le Brésil n’est vraiment pas chers du tout ! Il vous coûtera une moyenne de 15 centimes de Real du Km. Mais parfois, pour 20 ou 30 Reals en plus, vous pouvez vous rendre à votre destination en avion plutôt qu’en Bus.
En ville, pour économiser, faites appel à une « moto taxi » qui est 4x mois chers qu’un taxi normal ou empreintez les transports en communs comme les bus, le métro.
8) Visa de tourisme : Le visa pour le Brésil n’est pas nécessaire dans les cas de voyages touristique ou d’affaires, pour un séjour n’excédant pas 90 jours, pour les ressortissants des pays suivants: Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chili, Corée du Sud, Costa Rica, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Honduras, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Luxembourg, Macao (*), Maroc, Monaco, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ordre S.M. Malte, Paraguay, Pays Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume Unis, Saint Marin, Saint Siège, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Surinam, Thaïlande, Trinité et Tobago, Tunisie, Turquie et Uruguay.
Le séjour peut être prolongé de 90 jours, avec l'autorisation préalable de la Police Fédérale brésilienne. Les démarches doivent être faites au Brésil, auprès de la Police Fédérale. Le séjour ne peut pas excéder 180 jours par an.
Un passeport d'une validité minimum de 6 mois à compter de votre entrée au Brésil.
9) Shopping : Prenez un minimum de vêtements quand vous partez car le Brésil est très bon marché pour tout ce qui n’est pas importé. Chemises, Costumes, Cravates, Bermudas, Shorts, T-shirts, Vestes en Cuir, Pantalons classiques, Mocassins. N.B. : Chaussures de sport de marques américaines et Jeans de marques américaines, À ÉVITER !!! Plus chers qu’en Europe !!!
10) Nourritures : Je vous conseille de fréquenter des «Churrascaria» qui sont des restaurants grils brésiliens où vous payez un forfait et des serveurs passent en continu avec de grands morceaux de viandes grillés. Si non, je vous conseille d’essayer la « Pastel » qui est de la viande de bœuf, poulet, jambon, fromage, etc… enrobés dans une pâte feuilletée et cuite dans l’huile. C’est délicieux ! Vous pouvez aussi trouver toutes sortes de snacks et fast foods pour un prix très démocratique ! N.B. : Évitez les marchants ambulants qui vendent des brochettes cuitent au barbecue car la qualité de la viande et sa provenance n’est jamais sûr !!!
11) Régions à visiter sans vaccins quelconques : Je vous conseille de voyager en dehors de Rio de Janeiro et de São Paulo pour plus de sécurité et plus de calme car ce sont deux grandes métropoles où il faut quand même être bien habitué et bien savoir ce qu’il ne faut faire et pas faire avant de s’y aventurer ! Je vous conseillerais vivement le littoral Sud (de décembre à mai), Sud-Est (toute l’année) et Nord-Est (toute l’année) du Brésil avec les états de Rio Grande do Sul, Santa Catarina avec sa célèbre plage de Camburiu, la ville balnéaire de Buzios (le St Tropez du Brésil) dans l’état de Rio de Janeiro, la ville à l’ambiance nocturne de Franca dans l’état de São Paulo, la ville historique de Vila Velha dans l’état du Esperito Santo, la ville de Salvador avec son plus vieux port de tout le pays, les états du Recife et Maranhão où vous pourriez trouver des plages et des dunes de sables blancs comme si vous étiez sur une île du Pacifique. Conseil Perso: Évitez vraiment la région de Goiânia-Goiás Velho car elle n’est vraiment pas très accueillante du tout et voir même très raciste envers les étrangers européens ou autres et ceci ne reflète vraiment pas la bonne image qu’on peut avoir de ce si beau pays qui est le Brésil !!!
Voilà, j’espère que ces conseils personnels vous porteront chance et j’espère que tout comme moi vous saurrez appréciez la beauté de ce pays et l’accueille chaleureux de ses habitants…
Rentrer au sénégal avec une voiture de plus de 5 ans sans carnet de douane? English translation pending
Bonjour, j'ai l'intention d'aller au Sénégal en voiture pdt le mois de septembre puis aller revendre le vénicule en Mauritanie ou au mali car il a + de 5 ans.
On m'a dit que l'on pouvait rentrer au Sénégal sans carnet de douane, pour cela, il faut adresser une lettre de demande d'admission temporaire exceptionnelle au Directeur général des douanes avec une copie de la carte grise du véhicule.
Je pourrais ainsi venir avec pour 3 mois maximum et après, il faudra que le véhicule soit réexporté ou alors il sera confisqué par la douane et vendu aux enchères.
Est-ce que cette information est-exacte? De quel directeur général des douanes s'agit-il?
Merci d'avance tanck
On m'a dit que l'on pouvait rentrer au Sénégal sans carnet de douane, pour cela, il faut adresser une lettre de demande d'admission temporaire exceptionnelle au Directeur général des douanes avec une copie de la carte grise du véhicule.
Je pourrais ainsi venir avec pour 3 mois maximum et après, il faudra que le véhicule soit réexporté ou alors il sera confisqué par la douane et vendu aux enchères.
Est-ce que cette information est-exacte? De quel directeur général des douanes s'agit-il?
Merci d'avance tanck
Tadjikistan: M41 fermée English translation pending
Bonjour,
une info transmise par le site Ariane :
ARIANE TADJIKISTAN 20/07/2015
A la suite de brusques inondations aux proportions catastrophiques frappant depuis le 15 juillet une partie de la région autonome du Haut-Badakhchan dans le Pamir (vallée du Piandj et vallées adjacentes), les routes sont fermées (M41 notamment) et l’électricité coupée. Tout déplacement dans la région de Khorog, Ichkachim et Mourghâb est à proscrire jusqu’à nouvel ordre :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/tadjikistan/
En cas d’urgence pendant les heures de bureau, l’Ambassade de France au Tadjikistan peut être jointe au +992 37 221 50 37. En cas d’urgence en dehors des horaires de bureau, le Consulat général de France à Almaty pourra être joint au +7 777 227 72 04. En cas d’urgence vitale l’Ambassade de France à Douchanbé peut être jointe au (+992) 935 142 052.
ARIANE TADJIKISTAN 20/07/2015
A la suite de brusques inondations aux proportions catastrophiques frappant depuis le 15 juillet une partie de la région autonome du Haut-Badakhchan dans le Pamir (vallée du Piandj et vallées adjacentes), les routes sont fermées (M41 notamment) et l’électricité coupée. Tout déplacement dans la région de Khorog, Ichkachim et Mourghâb est à proscrire jusqu’à nouvel ordre :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/tadjikistan/
En cas d’urgence pendant les heures de bureau, l’Ambassade de France au Tadjikistan peut être jointe au +992 37 221 50 37. En cas d’urgence en dehors des horaires de bureau, le Consulat général de France à Almaty pourra être joint au +7 777 227 72 04. En cas d’urgence vitale l’Ambassade de France à Douchanbé peut être jointe au (+992) 935 142 052.
Delhi et Ladakh en Inde English translation pending
bonjour,
je pars cet été en inde avec une copine direction le ladakh puis le rajahstan.
concernant le ladakh on se pose qqes questions.. Peut être que certains pourront me répondre
faut il réserver un billet dehli/leh ou peut-on s'en procurer rapidement une fois arrivé à dehli ? (je dis bien rapidement puisqu'on souhaite partir au ladakh 2 jours après notre arrivée à dehli, histoire de ne pas perdre de temps). Quelle compagnie propose des billets dehli/leh ?
Est-il préferable d'aller au ladakh en avion et de redescendre ensuite sur dehli en bus ou bien de faire l'inverse (aller en bus et retour en avion )? on a eu des échos un peu divergents sur cette question.
merci d'avance à ceux qui pourront me renseigner.
Anne
je pars cet été en inde avec une copine direction le ladakh puis le rajahstan.
concernant le ladakh on se pose qqes questions.. Peut être que certains pourront me répondre
faut il réserver un billet dehli/leh ou peut-on s'en procurer rapidement une fois arrivé à dehli ? (je dis bien rapidement puisqu'on souhaite partir au ladakh 2 jours après notre arrivée à dehli, histoire de ne pas perdre de temps). Quelle compagnie propose des billets dehli/leh ?
Est-il préferable d'aller au ladakh en avion et de redescendre ensuite sur dehli en bus ou bien de faire l'inverse (aller en bus et retour en avion )? on a eu des échos un peu divergents sur cette question.
merci d'avance à ceux qui pourront me renseigner.
Anne
Delhi-Kathmandu et visa de transit English translation pending
Salut à tous !
Mon tout premier message sur ce forum...reste poli et ne te mets pas les doigts dans le nez 😇 Bref...
Pour vous raconter un peu ma vie... J'ai booké un vol pour Delhi, départ prévu le 4 janvier 2008, sachant que l'idée est ensuite de rejoindre le Népal par voie terrestre ! Partir de Delhi jusque Bénares (Varanasi) en train puis ensuite de Bénares à Kathmandu en bus.
Jusque là ça va...mon soucis est d'ordre administratif, j'ai cru comprendre (corrigez moi si je me trompe) que pour ma "p'tite" traversée je vais avoir besoin d'un visa de transit et que pour obtenir ce dernier je dois justifier le caractère transitoire de mon passage en Inde....Seulement voilà j'ai vu qu'il était possible de booker le billet de train, en ligne, jusque Benares (Varanasi) mais qu'il n'en était pas de même pour le voyage en bus !
J'en appelle à vous voyageurs terrestres, ayant effectués le même trajet que celui que j'entreprends début 2008, afin de savoir comment vous vous y êtes pris, avoir vos avis, conseils et impressions !
Merci beaucoup de l'aide que vous pourrez m'apporter !!
Bon vent
TOf
Mon tout premier message sur ce forum...reste poli et ne te mets pas les doigts dans le nez 😇 Bref...
Pour vous raconter un peu ma vie... J'ai booké un vol pour Delhi, départ prévu le 4 janvier 2008, sachant que l'idée est ensuite de rejoindre le Népal par voie terrestre ! Partir de Delhi jusque Bénares (Varanasi) en train puis ensuite de Bénares à Kathmandu en bus.
Jusque là ça va...mon soucis est d'ordre administratif, j'ai cru comprendre (corrigez moi si je me trompe) que pour ma "p'tite" traversée je vais avoir besoin d'un visa de transit et que pour obtenir ce dernier je dois justifier le caractère transitoire de mon passage en Inde....Seulement voilà j'ai vu qu'il était possible de booker le billet de train, en ligne, jusque Benares (Varanasi) mais qu'il n'en était pas de même pour le voyage en bus !
J'en appelle à vous voyageurs terrestres, ayant effectués le même trajet que celui que j'entreprends début 2008, afin de savoir comment vous vous y êtes pris, avoir vos avis, conseils et impressions !
Merci beaucoup de l'aide que vous pourrez m'apporter !!
Bon vent
TOf
New Delhi et la pollution English translation pending
Bonjour à tous!
Je compte effectuer un circuit au Rajasthan avec comme point de départ et final la capitale indienne.
Ma question est: Même en étant jeune (la 20ene) et en bonne santé, est ce qu'il y a des risques pour la santé liés à la pollution en restant à New Delhi au maximum 24h?
Merci d'avance pour vos futures réponses 🙂
Je compte effectuer un circuit au Rajasthan avec comme point de départ et final la capitale indienne.
Ma question est: Même en étant jeune (la 20ene) et en bonne santé, est ce qu'il y a des risques pour la santé liés à la pollution en restant à New Delhi au maximum 24h?
Merci d'avance pour vos futures réponses 🙂
Train et taxi Delhi-Agra le soir et sécurité? English translation pending
Bonjour,
Je pars avec mon copain en Inde pour qq jours. Nous arrivons en fin d'apres midi a Delhi et prendrons directement le train pour Agra vers 19h.
Compte tenu des derniers evenements en Inde (agression, viols..) je voulais savoir si le trajet Delhi - Agra en train le soir était sûr ou au contraire déconseillé (sinon, quels sont les conseils pour voyager en toute sécurité). Egalement, lorsque nous arriverons à Agra, il sera environ 23h, est-ce facile de trouver un taxi à la gare, et une fois encore est-ce dangereux?
Merci par avance pour votre aide et conseils.
Je pars avec mon copain en Inde pour qq jours. Nous arrivons en fin d'apres midi a Delhi et prendrons directement le train pour Agra vers 19h.
Compte tenu des derniers evenements en Inde (agression, viols..) je voulais savoir si le trajet Delhi - Agra en train le soir était sûr ou au contraire déconseillé (sinon, quels sont les conseils pour voyager en toute sécurité). Egalement, lorsque nous arriverons à Agra, il sera environ 23h, est-ce facile de trouver un taxi à la gare, et une fois encore est-ce dangereux?
Merci par avance pour votre aide et conseils.
Transit et visa à Delhi? English translation pending
Bonjour à tous et à toutes,
J'ai quitter l'Inde le 4 avril dernier pour le Vietnam et je dois retourner à Delhi le 30 mai pour reprendre mon avion. On m'a dit que si j'arrivais par avion le même jour, je pouvais reprendre mon vol depuis Delhi vers mon pays sans probleme( c'est à dire même si cela ne fait pas deux mois que j'ai quitter). Les aéroports étant des zones internationales, j'utiliserais Delhi comme un simple transit. Mais l'Inde étant l'Inde je veux m'assurer que cela est possible? Qu'en est il des bagages? Ne faut-il pas passer les douanes pour les récupérés? Ouff! Merci beaucoup! Marlene
J'ai quitter l'Inde le 4 avril dernier pour le Vietnam et je dois retourner à Delhi le 30 mai pour reprendre mon avion. On m'a dit que si j'arrivais par avion le même jour, je pouvais reprendre mon vol depuis Delhi vers mon pays sans probleme( c'est à dire même si cela ne fait pas deux mois que j'ai quitter). Les aéroports étant des zones internationales, j'utiliserais Delhi comme un simple transit. Mais l'Inde étant l'Inde je veux m'assurer que cela est possible? Qu'en est il des bagages? Ne faut-il pas passer les douanes pour les récupérés? Ouff! Merci beaucoup! Marlene
Delhi: visa, nourriture et visites? English translation pending
Bonjour a tous !!!
Je pars pour Delhi vers le 10 nov avec ma femme, mes fils de 20 mois et 5 mois et mes parents pour assister a un mariage et je voudrais en savoir plus sur
- déja ce foutu visa a 64€ par personne serait il moins chère avec un passeport mauricien et quelle est la démarche a faire car j'ai vu et entendu beaucoup de versions différentes ?
- j'ai peur avec la nourriture car je reste une dizaine de jour et j'ai eu trop de perosnnes autour de moi qui ont eu des problemes gastriques en inde donc ou manger pour manger en sécurité car ma femme allaitera le bébé donc pas piquant et pas malade sinon mon bébé le sera aussi ?
- ensuite que visitez a Delhi et aussi ou trouver des saree pas chères ?
Merci !!!
Merci !!!
Rajasthan, Delhi et Âgrâ en janvier 2010 English translation pending
J'ai enfin terminé le récit de mon voyage de 15 jours de Delhi à Udaïpur en passant par des villes magnifiques !
Voyage en indépendante, à deux, trajets en train (et une fois en bus...)
http://photine.blog.lemonde.fr/2010/11/28/inde-1/
Bon et beau voyage à tous !
Voyage en indépendante, à deux, trajets en train (et une fois en bus...)
http://photine.blog.lemonde.fr/2010/11/28/inde-1/
Bon et beau voyage à tous !
Vol Montréal-Delhi à la fin juin English translation pending
Bonjour à tous!
J'aimerais savoir quelle est la compagnie aérienne la plus abordable pour un vol aller-retour Montréal-Delhi. J'aimerais partir dans les environs du 27 juin, et ce, pour revenir 5 semaines plus tard. Connaissez-vous une agence de voyage qui présente de bons prix pour ces dates ?
merci infiniment et bonne journée :)
J'aimerais savoir quelle est la compagnie aérienne la plus abordable pour un vol aller-retour Montréal-Delhi. J'aimerais partir dans les environs du 27 juin, et ce, pour revenir 5 semaines plus tard. Connaissez-vous une agence de voyage qui présente de bons prix pour ces dates ?
merci infiniment et bonne journée :)
Aéroport Delhi et infos sur le Ladakh English translation pending
Bonjour, 😊 Nous arriverons à Delhi, Lundi 25 juillet vers minuit heure locale et nous devons nous rendre à l'autre aéroport qui est situé à 7 km (pour partir à Leh vers 5 heures du mat). J'ai lu qu'il y a des bus - navettes fonctionnant la journée, mais comment fait-on en pleine nuit ? (groupe de 17 personnes). Autre question : en revenant (vers le 18 août), nous voudrions, aller à Agra, voir le Taj Mahal mais nous serons à Delhi un jeudi soir, est-vrai que le Vendredi est jour de fermeture pour ce monument et nous devons repartir pour la France le samedi matin. Dommage ! Ceci dit, certains voudront tout de même aller à Agra. Notre hôtel sera pas loin de la gare de New-Delhi, doit-on prendre son billet la veille pour aller de Delhi à Agra ou le matin est-ce possible, ceci pour y passer une journée seulement... malheureusement ! Dernière question (ouf !) sur le Ladakh : 13 d'entre nous font un trek dans la vallée de la Zanskar de Lamayuru à Darsha en passant par Padum où je les rejoint par la route pour faire la dernière partie du trek - mais les 3 autres, qui viennent aussi à Padum, plutôt que de retourner par la route à Darsha, via Kargil, Lamayuru et Leh, voudraient faire la route de Kargil à Srinagar, peut-être Chandigarh et redescendre ensuite pour rejoindre le groupe sur la route de Manali à Delhi au retour. 1 -Qu'en est-il des problèmes de "tensions" pakistanaises - indiennes après Kargil, est-ce agréable ou voyage galère ? 2 - Autre solution : prendre un avion de Srinagar vers Chandigarh ou Jammu et rentrer vers Delhi en visitant. Savez-vous-vous si les liaisons aériennes sont fréquentes et si l'été des places seront disponibles facilement. Ceux, grands voyageurs et connaisseurs de cette région peuvent-ils nous donner des infos de leur expérience ou des sites suceptibles de nous renseigner. Merci beaucoup d'avance. Je ne suis jamais allée en Inde, mais à lire beaucoup de messages de ce forum, je suis ravie d'y partir. Poune